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Quel mois partez-vous aux Etats-Unis?
by LeTigre · 2013-06-27 · 176 replies
Ce sujet est la suite d'une discussion récente entre amis. Certains disaient que le haut de la période touristique était en juin et d'autre que c'était en septembre, je vous propose donc un sondage sur VF.

Je commence, je pars en septembre dans l'ouest US
Voyage dans l'Ouest américain: avis aux spécialistes!
by Orionide · 2013-03-16 · 62 replies
Bonjour à tous,

Je viens demander l'avis des spécialistes de ce forum sur mon itinéraire 2013. Petite présentation rapide : Nous sommes 2 adultes et 2 ados de 14 et 17 ans plutôt sportifs et marcheurs, ce n'est pas notre premier voyage aux USA et connaissons plutôt bien les parcs majeurs. Dans cet itinéraire, nous retournons parfois dans des lieux qui ne nous sont pas inconnus mais nous désirons y faire une ou plusieurs randos qui nous avaient échappé les voyages précédents. Voici donc notre ébauche d'itinéraire (très flexible car à part NY et la Floride je n'ai rien réservé pour l'instant) Nous partons du 16 juillet au 28 août (donc orages hautement probables dans l'ouest)

J1 à J4 : New-York

J5: trajet NY-Denver, arrivée vers 10h, prise en charge d'un SUV type jeep grand cherokee, courses et direction Fisher Towers avec nuit sur place en camping. J'ai fait un peu l'inventaire des campings primitifs autour, il n'y a pas beaucoup de places offertes, est-ce quelqu'un a tenté le coup une fois, était-ce plein .... ? J6: Randos Corona et Bow Tie Arches, Poison Spider Mesa et direction Deadhorse Point State Park, coucher de soleil et nuit sur place (camping)

J7: Lever de soleil dans le parc, puis direction Mule Canyon, puis Road Canyon, soir nuit à Blanding dans un hôtel avec douches et piscine (le luxe quoi !).

J8: Direction Natural Bridges, petite rando le matin, puis direction Leprechaun Canyon et Little Egypt, nuit au camping de Goblin Valley State Park.

J9: Crack Canyon, Little Wild Horse Canyon et retour à Goblin Valley pour une seconde nuit

J10: Horse shoe Canyon puis 3ème nuit à Goblin Valley

J11: Direction Capitol Reef, randos + sunset , nuit au camping de Thousand lake à Torrey

J12 et J13 Cathedral Valley (si météo favorable) + rando en fin d'après midi dans le parc.

J14: Morceau du Burr Trail jusqu'au Stike Valley Overlook, peut-être plus si terrain et météo favorables...nuit ?

J15 : Rando Calf Creek ou Escalante River. Sur le papier elles ont l'air assez similaires, si vous les avez faites, qu'en pensez-vous ?

J16: Peekaboo Gulch, Broken Bow Arch, Sunset Arch et Devil's Garden Nuit ?

J17 : Neon Canyon, j'ai lu que la piste est très cassante pour le véhicule, est-ce que mon véhicule (Jeep Grand Cherokee) sera suffisant ? (avec une météo favorable bien sûr) Nuit ?

J18: Zebra Slot Canyon Nuit ?

J19: Grosvenor Arch, Willis Creek puis retour Kodachrome Basin avec nuit sur place

J20: Mossy Cave et Red Canyon et nuit à Kanab.

A partir de là pas mal d'inconnu car je vais bientôt participer au tirage au sort de la rando the Wave, si on ne l'obtient pas via internet, voici le programme:

J21: Loterie sur place puis rando Edmaier's Secret

J22: Loterie sur place puis Toadstool Hoodos et White Rocks

J23: Loterie sur place puis Lower Antelop Canyon, Waterholes Canyon et baignade Lac Powell

J24 : Loterie sur place puis Buckskin Gulch ou rando bateau Lee's Ferry

J25: Direction Zion pour la rando du Subway si permis acquis via loterie ou rando à Zion à définir

J26: Water Canyon et route vers Valley of fire, rando White Domes et nuit sur place

J27: Valley of fire : je veux voir la Fire wave, est-ce mieux pour l'éclairage le matin ou la fin de l'après-midi ? Départ vers Vegas

J28: Vegas et 2ème nuit sur place

J29: Départ Vegas, route 66 et direction le parking Havasupaï, où dormir le plus proche ?

J30: descente dans le canyon, nuit au camping de la réserve

J31 : remontée du Canyon puis route jusqu'à Sedona

J32: Sedona et randos autour

J33 : Route vers le Blue Canyon, tentative de nuit sur place

J34: Route vers Farmington

J35: Bisti Badlands

J36: Black Canyon of the Gunisson

J37: Black Canyon puis route vers Denver

J38: Départ de Denver pour Miami

J39 à J43: Floride (baignades et parcs d'attractions + Everglades)

La fin est un peu bâclée, j'ai juste fait l'itinéraire en gros sans me pencher sérieusement sur les balades...

Merci d'avance pour vos réponses et commentaires !
Images satellite de l'état des glaces en Antarctique
by Joska · 2012-12-28 · 14 replies
Bonjour

Trouvé ce matin sur le blog du MS Fram :

http://mvfram.blogspot.be/

deux images satellite de l'état des glaces en ce moment, hier précisémment, en mer d'Ecosse sur le trajet depuis la Géorgie du sud vers les iles Shetlands du sud. Il semblerait que trois navires ont navigué sur ce trajet les derniers jours et on été contraint de se détourner de l'itinéraire directe habituel. Quelqu'un pourrait-il m'indiquer de quels sites url sont extrait ces deux images satellites mises sur le blog du Fram ? (J'ai fait deux fois ce trajet et une fois en sens inverse depuis les Sandwich du Sud vers la Géorgie du sud et jamais jamais il n' y avait autant de glaces- banquise + icebergs-) Il y a accord sur le fait que la banquise Antarctique a atteint un record --maximum-- cet hiver antarctique 2012, doù ??? cette extension record pour fin décembre ? En annexe les deux images satellite en question. Merci d'avance des lumières :-)))
Le SouthWest avant l’Hiver
by Itat · 2012-11-17 · 234 replies
Après un voyage dans le Grand Nord Américain cet été, l’appel des déserts du Southwest était fort ! Il faut dire que c’est une région qui en a envoûté et qui en envoûtera encore beaucoup !

Après avoir lu différents carnets (ils se reconnaîtront ;)), il s’est avéré que la période octobre/novembre pouvait être excellente pour ces contrées. Bingo, c’était décidé, mi-août je réservais tout. : vols moins chers qu’en été, hôtels moins chers, déjà ça commençait bien.

Sur place, moins de monde dans les parcs, sur les routes en général (sauf à Los Angeles où l’on a eu beaucoup plus de bouchons que d’habitude), et du beau temps du début à la fin, un temps très doux, largement ensoleillé, juste quelques nuages de temps en temps pour ne pas faire trop envier ceux restés dans l’Hexagone. Et surtout pas un brin de vent, ce vent que je redoutais tant, plus que le froid en fait, ce vent désagréable qui a bien gêné Ninou lors de son roadtrip de 2011, mais c’était eu printemps.

Autre point positif, les lumières que j’ai trouvé plus belles plus longtemps qu’en été. Petit point négatif, les jours forcément plus courts, il faut donc prévoir un planning en conséquence, pas trop chargé. Mais nous aurons été gênés par cela qu’une seule journée, en fait où j’ai été trop gourmand, ou c’est que nous avons été trop flemmards ?

Je me lance donc dans ce récit de 2 semaines dont 11 jours pleins sur place.

J1 - Samedi 27 Octobre : Objectif rallier Paris en TGV

Pourquoi je relate cela ici ? Parce qu’une grève était annoncée depuis quelques jours. Bon, elle devait se terminer la veille normalement mais j’avais quand même quelques appréhensions.

Finalement tout s’est bien passé, train avec un léger retard mais nous avions une nuit prévue du côté de l’aéroport comme je fais d’habitude. Ainsi moins de stress à savoir si notre train sera à l’heure ou pas.

Arrivée à Paris, ouchhh un temps à ne pas mettre un frileux dehors ! Gris et surtout froid, un froid glacial comme j’ai rarement connu en octobre ! Et par-dessus le marché du vent… Autant dire que les quelques visites effectuées à Paris ne seront pas une partie de plaisir pour moi… A ce moment-là je regarde la météo annoncée les jours suivant dans les lieux que nous traverserons et je croise les doigts pour qu’ils ne se trompent pas : que du soleil et des températures très agréables de l’ordre de 25° en journée. Fingers crossed !

J2 – Dimanche 28 Octobre : Objectif rallier Los Angeles sans encombres

Pourquoi cet objectif ? Parce qu’une grève était annoncée à Air France là aussi depuis quelques jours. J’avais cependant lu des propos rassurants, il ne s’agissait que des personnels au sol, et ils ne prévoyaient pas beaucoup de perturbations, juste quelques retards.

Finalement, nous décollerons bien à l’heure sous la grisaille et dans l’A380. Places choisies toujours côté hublot, pour moi le voyage commence vraiment à travers la petite fenêtre de l’avion.

L’inconvénient, dans la plupart des vols Air France je pense, c’est cette configuration 3 places du côté du hublot. Quand on a une envie pressante et que la personne côté couloir dort la plupart du temps, ce n’est pas génial…

Bref, décollage réussi, la grisaille va nous suivre jusqu’à ce que l’on survole le Groenland. Je me dis qu’en France ils n’en ont pas fini avec le mauvais temps ces prochains jours… Survol du Groenland qui me fascine toujours autant :



Puis de nouveau la grisaille au-dessus du Canada. Les films de l’écran individuel permettent de passer le temps.

Cela commence à sentir bon, nous survolons les Black Hills, toujours de la grisaille. Puis la banlieue de Salt Lake City, ça y-est le soleil est là !



Les terres rouges commencent à se dévoiler. Puis voilà Las Vegas qui parait minuscule ! Nous survolons le Strip et ses hôtels bien connus, qui saura les reconnaître sur la photo ?

L’avion entame déjà sa descente au-dessus de zones totalement désertiques. On devine déjà l’immensité de l’Ouest américain, ces paysages à l’infini sans âme qui vive que j’aime tant.



Vient enfin Los Angeles et son interminable banlieue.



Puis après près de 11h30 de vol, nous touchons la piste ! USA nous revoilà ! Mais d’abord trois étapes pas toujours très agréables à passer : l’immigration puis la douane et enfin la location de voiture.

Une heure d’attente environ à l’immigration, mais le passage devant l’officier va très vite à ma grande surprise ! « Vacations ? », « Yes », tampon ok passez ! Même pas d’empreintes ni de photos !

Les valises sont déjà arrivées. La douane, encore 30 minutes d’attente. Là aussi le passage devant le douanier est rapide. « Food ? », « No », ok passez.

Navette pour la location de voiture, nous avions réservé auprès de DriveFTI, la navette est pleine mais tous les gens vont à National. Nous sommes les seuls chez Alamo, on passe donc instantanément. Encore à ma grande surprise, aucune pression pour prendre d’autres assurances ou pour accepter un « upgrade » de notre véhicule. En 5 minutes c’est réglé !

Nous avons le choix entre plusieurs véhicules de la catégorie Midsize SUV, beaucoup de Jeep que je sais assez gourmandes, une Nissan et une Hyundai Tucson. Notre choix se portera sur cette dernière, les pneus ont l’air ok, elle a 17 000 miles au compteur mais elle a l’air nickel. Elle s’avèrera nickel tout le long du circuit.

Voilà les vraies vacances peuvent commencer !

Voulant faire le parc Disney Anaheim ainsi que Universal lors de la soirée d’Halloween (Halloween Horror Night), j’avais réservé un hôtel à peu près à mi-chemin entre ces deux parcs, plus précisément à Downey.

Ce choix s’avèrera pas mal pour Disney, mais pour se rendre dans le secteur d’Hollywood ou de Santa Monica, nous aurons pratiquement à chaque fois à faire à de sérieux bouchons… Repas rapide dans le quartier de l’hôtel puis dodo dès 19h30, on ne fait jamais long feu lors de notre arrivée sur le sol américain.

Lundi 29 Octobre – Journée à Disney

Réveil très matinal, 4h, comme d’habitude le premier jour. Nous devons patienter un petit peu avant de prendre le petit déjeuner de l’hôtel à 6h.

Ensuite direction Disney, à 20 minutes de là, sans bouchons. Mais en cette heure matinale il y a déjà de forts ralentissements.

Finalement, arrivée à Disney, on se parque puis c’est parti pour une journée que je prévois harassante.

Eh bien, finalement, pas tant que redouté ! Moins de monde que la dernière fois que nous étions allés au mois de juin 2011. Cela se voit que dans de nombreux états américains, ce n’est pas la période des vacances scolaires. Les pires queues : 30 minutes. C’est déjà beaucoup mais je m’attendais à des 45 minutes voire 1 heure comme il y a un an et demi.

Ce que j’ai beaucoup aimé :

· La nouvelle attraction de Cars dans Radiator Canyon. Toute une partie du parc a été reconstruite sur le thème de Cars, route 66 et roches rouges. C’est nouveau, nous y sommes allés dès l’ouverture, déjà 3O minutes d’attente.



· Le simulateur 3D qui nous fait survoler les paysages de la Californie : San Francisco, Yosemite, Le Lake Tahoe, les Sequoias, la côte autour de Big Sur, Los Angeles bien sûr… C’est très bien fait, les odeurs en prime.

· Les rapides sur des bouées de Grizzly River, ça mouille, heureusement qu’il fait chaud ! · L’attraction du Pirate des Caraïbes que je trouve bien mieux qu’à Paris.

Petite déception pour l’attraction d’Indiana Jones qui est fermée pour travaux jusqu’en décembre.

Voici quelques photos prises dans le parc à l'aide d'un téléphone portable:

Buena Vista Street le matin personne!



Quelques affiches sur Paradise Pier:





La maison hantée aux couleurs d'Halloween



Le soir nous assistons au spectacle « World Of Color », plus impressionnant que les Fontaines du Bellagio. Un son et lumières saisissant.



C’est bien sûr exténués que nous rejoignons notre hôtel à Downey et nous ne faisons pas long feu.

Mardi 30 Octobre : Hollywood et plages et… bouchons !

Ce matin nous voulions faire un tour aux Studios Fox situés sur Pico Boulevard à Los Angeles.

http://www.foxstudios.com/

Nous mettrons un temps infini pour y parvenir… Freeways bloquées, artères principales bloquées et des feux non synchronisés.

Par-dessus le marché, arrivés aux Studios, pas de visites, pas d’endroits aisés pour se garer à proximité, on sait qu’il y a un « shop » mais le gars à l’entrée ne semble pas connaître ou n’a pas compris notre demande… Bref après plusieurs tours du pâté de maisons (un pâté de maison = 1 ville en France LOL) nous décidons de renoncer. Une matinée presque perdue…

Nous nous dirigeons alors vers une valeur sûre, Hollywood en passant par Beverly Hills où nous ne nous arrêterons pas cette fois-ci. Circulation encore très dense.

Nous mangeons un bout sur Sunset puis nous décidons d’arpenter la Mullholland Drive.

Nous nous arrêtons à Runyon Canyon pour parcourir les sentiers qui redescendent jusque dans le quartier d’Hollywood.

Nous voyons les fameuses lettres d’Hollywood qui sont en pleine réfection.



Et la vue sur Los Angeles est sublime, malgré la pollution dont on mesure ici toute l’ampleur.





De nombreux joggeurs arpentent ces sentiers. Je trouve toujours bizarre et agréable d’être dans la Nature aussi rapidement dans une aussi grande ville. Celle-ci s’étale, immense, à nos pieds et l’on entend seulement de temps en temps la sirène d’une ambulance ou de la police locale. A part ça, le silence.

La végétation est hyper sèche. J’imagine aisément la violence des incendies par ici lorsqu’un feu se déclare malheureusement dans ces collines.

Après quelques kilomètres à travers ces sentiers à forts dénivelés, nous décidons d’aller terminer l’après-midi à Venice Beach. A priori en 25 à 30 minutes on devrait être rendus, nous mettrons plus de 45 minutes pour parvenir à cette plage mythique.

Toujours une ambiance particulière ici, entre vendeurs « docteurs » en cannabis, artistes déjantés, bodybuilders et autres skateurs baba cool.



Moi le calme de la plage, et le soleil qui se couche sur le Pacifique suffit à mon bonheur.



A noter que par rapport à Hollywood où il faisait assez chaud, assez en tout cas pour nous faire suer sur les sentiers de Runyon Canyon, autant ici en bord de mer on supporte une petite veste. D’autant plus que le soir tombe très rapidement !

Mercredi 31 Octobre : Halloween !

Une fois n’est pas coutume, en cette journée d’Halloween nous avons décidé de faire les Studio Universal qui ouvrent spécialement pour l’occasion pour la soirée et la nuit jusqu’à 2h du matin pour les « Halloween Horror Night ».

Le ticket n’est pas le même que celui que l’on achète si on veut passer la journée dans le parc. Pour un Front Of Line Pass, nous avons payé 89$ TTC par personne.

Toutes les attractions ne sont pas ouvertes pour l’occasion. Pas de King Kong 3D, pas de Waterworld, pas de Schrek. Mais à la place plusieurs « maisons de l’horreur », des décors et des comédiens jouant à nous faire peur dans tout le parc. Bref, une bien belle soirée d’Halloween mais j’y reviendrai plus bas.

Pour passer la journée j’avais prévu le « trail » qui mène au Mount Lee afin de voir le Hollywood Sign de derrière.

Nous accédons en voiture au Hollywood Ranch puis nous commençons l’ascension. Problème, au niveau d’une bifurcation il est noté que le trail est fermé et que tout contrevenant sera poursuivi… Gloups… Déception.

Mais nous décidons d’attendre pour voir si des locaux outrepassent cette interdiction. Quelques minutes après un gars bien du coin avec son chien nous dit qu’il n’y a pas de problèmes, que l’on peut y aller… Comme d’habitude très sympa, il nous demande d’où on vient, ce qu’on a prévu de faire et nous montre 2 ou 3 coins qui ont servi aux tournages de films, notamment à un vieux Batman. Il nous chante même le générique pour nous aider à nous souvenir du titre !

http://www.youtube.com/watch?v=Sg5yRDeGw2A

Bon, le truc c’est que lui redescend et qu’on a quand même les chocottes de nous retrouver au poste pour la nuit. Drôle de soirée d’Halloween !

On y va quand même, sur nos gardes. Des personnes redescendent. On leur demande. Elles nous confirment que c’est ok, mais comme ils sont en train de repeindre le Hollywood Sign, nous ne pourrons pas monter jusqu’en haut, mais par contre nous aurons une très belle vue de face en prenant la route vers le bas.

Oui mais la vue de face on connait déjà… Tant pis, on se résigne, la vue de derrière ça sera pour une autre fois, je n’ai pas vraiment envie de jouer au français naïf qui n’avait rien compris des panneaux d’interdiction…

Nous allons donc admirer ses lettres de face, on se retrouve en fait à l’endroit même où nous étions allés en voiture pour les admirer pour la première fois en 2009 !



On se dit un peu « tout ça pour ça » mais tant pis, cela nous aura permis au moins de marcher dans ces belles collines et d’éliminer les quelques burgers que nous avions mangé jusqu’ici LOL.

Nous redescendons pour manger au Denny’s sur Sunset. Toujours pas de déception pour cette chaîne. Ce n’est pas gastronomique mais le rapport qualité prix est bon, j’avais en plus un bon de 20% imprimé avant le départ sur internet. De toute façon nous ne sommes pas venus pour faire un circuit basé sur la grande gastronomie.

Pour l’après-midi nous décidons de retourner en bord de mer, assez agréable à cette époque (loin du brouillard toujours assez présent en été), santa Monica cette fois-ci. Nous mettrons encore plus de temps que prévu par le GPS pour y parvenir.

Au moment de nous garer au parking situé à proximité du « Pier » un américain vient taper à notre fenêtre : il nous donne son ticket qui est encore valable pour près de 2h ! Super sympa !





Nous ne ferons pas un tour sur la grande roue car ce soir nous aurons notre dose d’attractions. Ambiance toujours sympa au bord de mer et où la petite laine est de rigueur.



17h, je me dis qu’il est grand temps de rejoindre Universal qui ouvre ses portes à 19h pour le Hollywood Horror Night. D’autant plus que l’on veut manger avant afin d’éviter les prix pas très doux des restaurants situés à l’intérieur du Parc ou sur City Walk.

Bien nous en a pris de partir tôt ! Car nous mettrons 1h15 pour faire 10km ! Les habitants de Los Angeles sont de sortie en cette soirée d’Halloween ! Mais restons zen, comme tous les autres dans leur voiture. En France, on aurait déjà eu droit à des quolibets et autres noms d’oiseaux… Ce qui ne fait pas avancer plus vite, soit dit en passant ! D’ailleurs, j’adore rouler aux Etats-Unis en fait, alors que je déteste ça en France… Bref…

Nous nous arrêtons chez Arby’s pour manger puis nous arrivons, après encore quelques bouchons au parking d’Universal à 19h15, le parc est déjà ouvert… Tant pis, nous avons de toute façon le Front Of Line Pass. Et heureusement, quel monde !

La palme : 1h15 d’attente à Transformers et 2h d’attente à une maison de l’horreur dont je ne sais plus le nom… Nous passerons à chaque attraction en moins de 5 minutes. Ce qui fait que nous sommes très relax !

En tout cas une ambiance de fou ! Plein de figurants jouant à vous faire peur dans tout le parc, avec des tronçonneuses, des maquillages horribles. Pour ceux qui ont déjà fait « Horror House » à Universal, il y en a des tas comme ça pour l’occasion mais puissance 10 ! Une vraie réussite, nous ne regrettons absolument pas.

A la place du tour des Studios, ils ont mis en place le « Terror Tram » qui nous amène dans la forêt. De là, une marche de quelques centaines de mètres dans la pénombre la plus totale. On marche également devant Bates Motel et Psycho House, à travers les décors de la Guerre des Mondes. Evidemment dans tous les recoins il y a des monstres pour vous faire peur.

Pas de photos, celles prises avec le téléphone ne sont pas terribles (de nuit c'est compliqué) et je n'avais pas pris mon appareil photos.

A 23h et sans nous presser, nous avons fini. Finalement nous rentrons plus tôt que prévus à l’hôtel, d’autant plus que la circulation est maintenant fluide. Cela tombe bien, demain c’est le vrai début du Roadtrip avec le départ pour Lone Pine et ses Alabama Hills au pied du Mount Whitney.

Jeudi 1er Novembre : Alabama Hills

Départ sous le soleil et bizarrement pas de ralentissements pour sortir de Los Angeles malgré une circulation toujours très dense. Puis les maisons se font de plus en plus rares, les 2 fois 6 voies laissent placent à une « modeste » deux fois deux voies. Je retrouve les grands espaces que j’affectionne tant !

Nous traversons les beaux paysages de Red Canyon State Park, mais nous ne nous arrêterons pas. Je veux avoir assez de temps dans les Black Hills et je sais qu’à 17h il commence déjà à faire nuit. Et accessoirement je n’ai pas envie de payer l’accès à un State Park pour y rester finalement que 10 minutes… Une prochaine fois là aussi car vu de la route ça a l’air sympa.

A l’arrivée à Lone Pine le ciel est voilé voire fortement nuageux plus au Nord et vers les sommets. Nous sommes agréablement surpris par l’ambiance qui se dégage de cette petite bourgade coincée entre la Vallée de la Mort et les sommets culminant à plus de 4000m de la Sierra Nevada.

Après le check-in tôt à l’hôtel, mais possible, nous prenons sans tarder la direction des proches Alabama Hills via la Whitney Portal Road. Je suis tout de suite charmé malgré le manque de soleil qui aurait dû illuminer un peu plus les paysages, notamment le Mount Whitney majestueux en arrière-plan mais qui bizarrement ne nous donne pas l’impression d’être si haut.



Nous bifurquons sur Movie Road qui est non goudronnée, mais qui est une piste en très bon état. Par contre à partir de là et jusqu’à la fin de notre voyage, notre voiture blanche ne sera plus très propre…





Et voilà le fameux Mount Whitney, plus haut sommet des USA, hors Alaska.



Nous nous arrêtons fréquemment en bord de piste et marchons au hasard entre les cailloux voire même escaladons les cailloux. En effet, pas d’indication ici. Il y a bien un plan facilement trouvable sur internet avec notamment les diverses arches que l’on peut trouver ici, mais une fois sur place c’est entièrement de la débrouille ou alors il faut avoir un GPS…

Mais nous aimons bien la découverte au petit bonheur la chance.



Le fait de ne pas forcément voir les coins les plus photographiés notamment Moebius Arch (que l’on n’aura pas trouvé mais que l’on n’aura pas forcément cherché LOL) ne me pose pas vraiment problème. Nous sommes contents des sites que l’on découvre.

Les couleurs de l’automne sont bien présentes sur les rares arbres que l’on croise. Et dire que je m'attendais (préparais) à une ambiance hivernale pour ce circuit! Finalement les grosses estes ne servirons jamais.



Finalement pas de coucher du soleil puisque le ciel s’obscurcit de plus en plus mais il ne pleuvra finalement pas.

Superbe journée, seuls ou presque, à arpenter ces Alabama Hills qui sont très spéciales. Bien sûr en plein été et en pleine journée, l’intérêt de doit pas être le même. Nous finirons la journée au Pizza Factory du coin.

Vendredi 2 Novembre : Death Valley puis Sin City

Notre chambre du Comfort Inn de Lone Pine donne sur le Mount Whitney, nous assistons donc au lever du soleil depuis notre fenêtre.



Puis c’est parti pour Death Valley, un court passage est prévu avec la visite de quelques points stratégiques. Dès que nous quittons Lone Pine, nous circulons à travers des paysages incroyables, c’est le désert mais un « beau désert ».

Ensuite, avant de pénétrer dans le Parc de Death Valley il faut franchir plusieurs cols, la température a nettement fraîchi mais nous sortons quand même admirer les points de vue.



S’ensuit la route en montagnes russes, très amusante pour le conducteur voulant faire quelques sensations à son passager. Enfin, nous arrivons au fond de la vallée proprement dit au niveau de Stovepipe Wells où l’on avait dormi 2 nuits en juin 2011.

Je vais acheter mon pass des parcs nationaux puis on part pour Mosaic Canyon non loin de là. Avant notre arrivée, des crues avaient défoncé plusieurs pistes de la Death Valley. Eh bien visiblement une piste réputée facile en porte encore les stigmates ! J’aurai quelques sueurs froides à la parcourir : de beaux trous mais surtout une myriade de cailloux bien pointus la parsème. Je n’irai pas plus vite que 10 miles à l’heure… Heureusement elle est assez courte, nous sommes vite rendus à la sortie du canyon.

Vue côté vallée :

Pour photographier le canyon, ce n’est pas vraiment la meilleure heure mais il fait très bon et nous nous régalerons à parcourir ce canyon pratiquement seuls une fois de plus.

D’abord large, il se rétrécit très franchement ensuite puis redevient large par la suite.





Nous continuons encore un peu puis rebroussons chemin. Au retour sur la piste nous croiserons un camping-car ! Je devrai me garer pour le laisser passer. Il y a vraiment des aventureux… (Pour ne pas dire fous LOL).

Non loin de là nous nous arrêtons pour gambader un peu dans les dunes de Mesquite. Ici beaucoup plus de monde, mais ça reste largement acceptable.





Nous marcherons quelque peu dans les dunes mais le soleil commence à taper fond, il n’est pas loin de midi. Nous reprenons notre chemin en direction de Furnace Creek.

Arrêt rapide à Zabriski Point que j’aime toujours autant. Il est possible de ne pas se contenter seulement du point de vue mais de marcher dans les Badlands. Au lever ou coucher du soleil cela doit être une bien belle expérience.



Pour finir notre petite excursion dans la vallée, nous prenons la longue route vers Dante’s View. Celle-ci ne monte franchement que vers la fin. Longue route mais qui vaut vraiment le coup car le point de vue est sublime, il fait assez frais, eh oui nous sommes bien montés en altitude.

Ne pas se contenter du point de vue directement sur le parking mais se diriger vers la gauche et le point de vue accessible après quelques centaines de mètres.





Après ce saisissant point de vue, nous prenons la direction de Las Vegas via Pahrump. Où nous ferons notre plein d’essence. Après le gallon à plus de 4$ en Californie voire 4$50 suivant les quartiers de L.A., nous trouvons ici une station dont le gallon est à 3.49. Nous ne trouverons pas moins cher du séjour jusqu’à Phœnix où nous croiserons une station où le prix était de 3.45$. D’une manière générale le prix du gallon variera entre 3.60 et 3.75 dans les coins où nous mettrons nos pieds ces jours prochains.

Après avoir pris un rafraîchissement dans cette charmante ville de Pahrump avec ses non moins charmants habitants où je ne passerai pas mes vacances nous partons pour Las Vegas. Bon, après réflexion, ceci mérite une explication… J’avais une envie pressante, à l’endroit où nous nous étions arrêtés pour nous désaltérer je pousse la porte des toilettes, et qu’elle ne fut pas ma surprise de voir quelqu’un sur le trône me laissant un regard de tueur et me rugissant à la figure « vous auriez pu frapper ». Oui mais je n’étais pas sensé savoir que les toilettes ne fermaient pas ou que cette personne n’avait pas verrouillé la porte… Et il s’avérait que cette personne était un serveur du restaurant… Bref ça m’a fait passer l’envie, je me soulagerai à Vegas…

Arrivée à Vegas, nous retrouvons la circulation dense. Notre hôtel, le Stratosphere, excentré mais dans le prix de la chambre était compris l’ascension de la Tour (chère sinon, 15 ou 20$ par personne sinon) que je voulais refaire et un buffet offert pour un buffet acheté (ce qui fait que le buffet nous reviendra à 10$ par personne ce soir-là). En plus nous sommes vendredi soir et les prix des hôtels n’étaient pas doux.

Je ne regrette pas. Nous avions une chambre « remodeled » donnant sur le derrière et Red Rock Canyon. Le buffet était sympa, sauf les desserts. La montée à la Tour est toujours aussi impressionnante.



Nous irons ensuite nous garer au Bellagio, assisterons au spectacle des Fontaines





Puis nous remonterons tout le Strip à pieds jusqu’au New York. A noter que l’Imperial Palace est en travaux, qu’ils ne vont pas tarder à démolir le Sahara et que j’ai l’impression qu’il y a de nouvelles passerelles et que l’on ne traverse plus les rues autant de fois qu’avant. Cela doit être bien pour la circulation, mais en tant que piéton c’est crevant, d’autant plus que cela nous oblige à rentrer dans les hôtels où l’on n’avait pas prévu d’aller.

Nous allons à la boutique Coca Cola afin de goûter aux Coca Cola du monde, chose que nous n'avions jamais faite après plusieurs passages à Vegas.



Eh bien, c'est bien déguelasse, à deux nous n'arriverons pas à boire la moitié de ce qu'on nous avait servi. Mention spécial à la mixture italienne... Mais le reste n'est pas top non plus. En tout cas mon palais n'est pas fan.

Coucher exténué. Vegas ça crève toujours, heureusement demain on repart pour les parcs !
I wanted to be a part of it - again. New York, New York!
by Virginath · 2012-10-09 · 93 replies
Hello hello,

Voici donc un petit retour sur ces 5 jours à New York. Rien de bien révolutionnaire à vous faire découvrir, mais peut-être 2-3 petits bons plans sympas et infos à partager.

Le vol :

J’ai voyagé sur Brussels Airlines. Rien de particulier à signaler, plutôt du positif dans l’ensemble. Offre de divertissement assez étoffée (dommage qu’il n’y ait qu’un épisode par série et que le programme soit le même à l’aller et au retour…), pas de caméra embarquée (ou du moins, elle n’a pas été allumée) mais des cartes animées intéressantes, repas plutôt bon (gros point positif : la distribution, après le repas, d’eskimos Ijsboerke, célèbre marque de glaces belge – délicieux – et de spéculoos Destrooper – bien évidemment délicieux également. J’ai beaucoup aimé ce côté « patriotisme culinaire » .) Ce qui est pénible, ce sont les annonces en 3 langues, qui prennent un temps fou. Mais vu l’espace pour les jambes (je suis petite donc le « pitch » n’est jamais un problème pour moi, mais ici, c’était vraiment très confortable) et les autres points positifs, c’est vraiment un petit bémol. Ah oui, pas de masque pour les yeux et casques pour les oreilles par confortables du tout et de mauvaise qualité. Bref, ayez votre petit kit perso !







(passons sur l’épisode de l’immigration : atterrissage à 12h30, file d’attente pour l’immigration dès la sortie de la passerelle – soit dans le couloir menant à la grande salle où se trouve les agents – foire d’empoigne avec les passagers du vol Air France arrivé juste après nous et qui essayaient de s’immiscer dans notre queue car leur porte débouchait dans celle-ci, salle non climatisée, monde fou, frustration maximale, queue pour sortir de l’aéroport…. 🏴‍☠️🏴‍☠️🏴‍☠️ Bref : à 16h00 (oui, 16h00 !!!), j’étais devant les taxis, trop épuisée pour prendre le métro. Heureusement, pas trop d’attente pour les taxis (60 dollars avec pourboire. Pas excessif, finalement.). Arrivée dans Manhattan à 17h45, sous une grisaille déprimante, après être passée par des quartiers un peu morts et par Brooklyn. Enfin bon, rien de bien intéressant là-dedans, c’est juste pour me faire plaindre. 😏)

La queue rien que pour passer la douane (après les 3 heures d’attente à l’immigration) (la file de droite s’étend jusqu’au bout du terminal. Interminable.)



Et derrière moi :









Sur place :

J’ai eu la chance d’être hébergée chez une amie à Hoboken. Je suis totalement tombée sous le charme de cette petite ville qui, en plus d’être très pittoresque, se situe juste en face de Manhattan. Un peu le pendant de Brooklyn, mais de l’autre côté, dans le New Jersey. Ici, pas de métro, mais le PATH. Les voitures du PATH sont les mêmes que le subway de Manhattan, on se croirait dans le métro. En un arrêt, on est à Christopher St. La ligne se poursuit jusqu’à 14st, 23st et 33st. Il y a aussi une ligne pour le World Trade Center. On sort au pied (ce n’est pas une image !) de la Freedom Tower. Autant dire qu’on va partout dans Manhattan très facilement. Je reste adepte du logement dans Manhattan même, surtout pour un premier ou court séjour, mais Hoboken a beaucoup d’atouts. Et notamment une superbe vue sur la skyline de Manhattan. Vue encore plus impressionnante depuis la ville voisine de Weehawken. J’avoue que ce fut ma grande découverte du séjour, cette calme bourgade typique si proche de la bouillonnante Big Apple. Bon à savoir : la carte du PATH peut être utilisée dans le subway de New York, mais l’inverse n'est pas vrai. Tout aussi bon à savoir : hormis le Westin et son panorama de rêve, pas d’hôtel à Hoboken. Il doit cependant certainement y avoir des bed and breakfast ou chambres d’hôtes. Une option à envisager sérieusement, donc.

Depuis Hoboken (une longue promenade longe le bord de l’Hudson, c’est super sympa) :



Depuis Weehawken :



(« léger » problème d’appareil photo… du coup, je me suis offert le TZ-19, ou plutôt le zs-19 comme il s’appelle là-bas )







Hoboken :













J’ai repris le New York Pass. Je vous le dis tout de suite : je ne l’ai pas amorti, mais je ne regrette pas pour autant. Il m’a bien servi de coupe-file (je n’ai aucune patience !) et m’a une nouvelle fois poussée à faire des visites auxquelles je n’aurais pas pensé.

Mes bons plans :

J’ai découvert le « water taxi » (inclus dans le New York Pass), tous les avantages d’une (courte) croisière, la rapidité et les escales en plus. On va tout près de la Statue de la Liberté et du Brooklyn Bridge, on peut descendre à Brooklyn, à Pier 17, dans Midtown et à Christopher Street, c’est par-fait ! 🙂

Quand on descend à Brooklyn, il ne faut que quelques pas pour se retrouver sous le pont et de là, bénéficier d’une vue magnifique sur Manhattan. Y aller le matin, pour avoir le soleil dans le dos. On peut aussi marcher jusqu'au Manhattan Bridge, tout proche.

Quand on descend à Christopher Street, c’est impeccable pour faire la High Line. Il suffit de remonter par un très agréable parc le long de l’Hudson (avec vue imprenable sur… Hoboken ! Et la Freedom Tower dans le dos).

Bref, que du bon, ce water taxi ! (Je précise que comme sur une croisière, il y un guide et des commentaires. Les 2 guides que j’ai eus étaient excellents !)















Vue d’Hoboken depuis Manhattan :















J’ai aussi découvert… les bus. 😏 Pas les touristiques, que je connais et que je recommande chaudement, mais les bus « normaux ». Un jour, il pleuvait tellement que je me suis lancée (le métro est trop loin quand on est dans la 5ème avenue en haut de Central Park), me disant que je connaissais assez New York pour ne pas me perdre et me retrouver je ne sais où. 😏 Plutôt pas mal (la carte illimitée de métro fonctionne dans les bus), en tout cas… on visite au sec ! Mais il y a de la buée sur les vitres ! 😏

L’une des raisons qui font que je n’ai pas amorti le NY Pass, c’est que je voulais faire du vélo dans Central Park, mais arrivée à l’agence de location de vélos, quand j’ai vu la queue, j’ai vite fait demi-tour (dois-je rappeler que je ne suis pas patiente ? 😏). Je me suis dirigée vers Central Park où pullulent les loueurs « informels ». Bref, pour 15 dollars, j’ai eu 2 heures de vélo « banalisé », sans avoir à donner le moindre papier d’identité, à signer quoi que ce soit ni à payer d’avance. Les pauvres gars, j’espère qu’ils n’ont pas trop souvent de mauvaises surprises… 😕

Le vélo à Central Park, donc… l’idée est sympa, évidemment. Sauf qu’on ne peut rouler que sur la route principale. Qui fait un genre de « périphérique » autour du parc. Et le dimanche matin, ça a vraiment tout du périphérique parisien en semaine. 🤪 On zigzague entre les calèches, les joggeurs, les gens à rollers, les pousse-pousse et les autres vélos bien sûr (certains n’ont pas peur d’aller à contre-courant !). Et on oublie les petits sentiers et recoins cachés, à moins de marcher le vélo à la main. Un peu lassant, au bout d’un moment. Dommage donc. Et comme je ne me sentais pas de faire tout le tour de Central Park (par moments, ça monte, si si !!), je suis sortie dans la 5ème avenue au niveau du Réservoir, et j’ai donc remonté celle-ci jusqu’à la 59ème pour aller rendre mon vélo. Grosse interrogation : les vélos doivent-ils s’arrêter aux feux rouges ? (la plupart du temps, la rue était déserte !) Ne voulant pas risquer une petite papote avec la police, j’ai respecté scrupuleusement le code de la route (tel que je le connais). Mais j’ai vu par la suite au cours de mon séjour que les vélos n’hésitent pas à prendre des avenues à contre-sens, roulent sans casque, sans lumière, sans catadioptres… Étonnant ! Et il y a vraiment beaucoup de vélos maintenant ! Par moment, c’était (presque) la Hollande ! Les USA, l’autre pays du vélo ? 😏

Photo prise à un moment calme :













Chouette découverte shopping : Burlington sur Union Square, qui a remplacé Filene’s Basement. La vue est toujours aussi top, et les affaires me semblent encore meilleures. Extra pour les blousons. Des prix incroyables et de vrais beaux blousons (habillés ou ski) et manteaux. Genre une doudoune Calvin Klein pour 59 dollars. Mais vraiment au hasard, hein. 😛 Et s’il vous reste des sous, juste en dessous : DSW, le lieu de perdition par excellence pour les chaussures. Genre de superbes bottes Guess en cuir pour 100 dollars. Mais vraiment au hasard aussi, hein. 😛 Et ne revenons pas sur l’épisode Shoegasm. 😇😎



Moyen bon plan shopping : le fameux Macy’s, en travaux. Je n’accroche pas. Et encore moins quand j’apprends que les pulls que j’achète chez Hilfiger ne font pas l’objet des 10% de réduction accordés aux détenteurs du New York Pass (ou aux touristes en général) parce que leur prix finit par .98. « Ce sont les prix les plus bas, pas de réduction. ». Damn it. 🏴‍☠️ Saluons cependant l’efficacité des vendeuses du rayon chaussures, qui vous ramènent votre taille en 30 secondes chrono. Impressionnant. Non, je n’ai rien acheté. 😛J’ai seulement repéré une paire que j’ai achetée ensuite à Times Square. (Ils font de ces ballerines confortables les Américains, le rêve !) 😇😎

Le TOP bon plan pour le trajet entre aéroport-ville : le LIRR. Que je n’ai tenté qu’au retour, donc. J’avais lu un message à ce sujet sur le forum, ça m’avait interpellée, j’ai voulu essayer et… je confirme, c’est extra. Penn Station-Jamaica en 20 minutes ! 😎 Bon, impossible de savoir quel train il faut prendre à moins d’avoir une connaissance pointue de la géographie de l’état de New York 😏, mais la dame au guichet d’information vous indiquera le train à prendre. Les billets sont à acheter aux distributeurs automatiques. Les prix varient selon que vous voyagiez en heure de pointe ou pas. « Off peak » : 6.25 dollars. Peak hours : dans les 8 dollars si je me souviens bien. On sort du LIRR juste à côté du métro à Jamaica. À partir de là, on suit exactement le même parcours que les gens qui sortent du métro et se sont tapé 1h30 de transport, à savoir les tourniquets puis l’Air Train. Vraiment une solution extra, bien que légèrement plus chère que le métro. But totally worth it.

Comme la pluie ne m’a pas épargnée et que j’avais le New York Pass, j’ai fait des musées (c’est aussi pour cela que je l’ai pris, sans cela, je crois qu’une nouvelle fois, je n’y aurais pas mis les pieds 😊). Le New York City Museum (bof, à part la vidéo sur l’histoire de la ville, mais qui défile très rapidement et avec des images différentes sur 3 écrans, donc difficile à suivre). Le Met (énorme, un monde fou, on s’y perd, le plan est mal foutu, ai-je dit que c’était énorme ? Mais intéressant et très riche !). Et le MoMA. Mégabof. Déjà, plein d’œuvres ne sont pas exposées, on nous prévient dès la caisse (c'est déjà ça). Et les 3ème et 4ème étages, la peinture, ce qui m’intéressait : réduits à leur plus simple expression, autrement dit 2 petites salles d’ouvertes à chaque étage ! Franchement honteux, et surtout frustrant ! Contente de ne pas avoir fait la queue à la caisse et d’avoir payé à l’avance un prix global pour le NY Pass, ça me fait mieux avaler la pilule. Pas fait le Guggenheim, dont paraît-il une bonne partie des salles étaient fermées à cause de l’expo Picasso qui ouvrait… le jour de mon départ. Pas d’bol. 😕



Le toujours bon plan : le Top of the Rock, toujours peu d’attente, et vue toujours aussi belle, même si je n’ai pas eu un aussi beau coucher de soleil que l’année dernière. Pas eu l’occasion d’aller à l’ESB alors que c’était prévu, mais la pluie a gâché mes plans.





Très sympa aussi : la visite de Grand Central Terminal avec audio-guide (inclus dans le NY Pass). J’ai découvert le marché (où on a envie de tout acheter !) et l’étage inférieur, avec les restos. Pas mal !

That's all Folks ! 😉

Ajout le 11/10 : Puisque c'était loin d'être ma première visite à NY, j'avais prévu de faire des choses... jamais faites auparavant. Ben finalement, le manque d'envie et la météo auront eu raison de moi. 🏴‍☠️ J'avais prévu : - Coney Island : finalement, 2 heures de métro pour ça, j'ai dit NON. J'irai sans doute un jour, mais quand je suis sûre d'avoir du beau temps. - le Roosevelt Island Tramway : la météo a eu raison de moi. - Nations Unies : l'assemblée générale a eu raison de moi aussi. - Messe gospel : quelque chose me dérange dans le fait d'aller observer des gens sur leur lieu de culte et de prendre cela pour un spectacle. Puis j'ai déjà assisté à de vraies messes aux USA avec ma famille américaine il y a des années. - J'aurais aimé faire plus de vélo (il y a de plus en plus d'endroits où c'est possible), mais là aussi, la météo... 🏴‍☠️
Réflechissez bien avant d'acheter votre billet d'avion pour l'Inde
by Lemichson · 2012-08-16 · 34 replies
Vous avez décidé comme ça de partir en Inde, vous avez vu de beaux reportages à la télé, vous avez reçu le numéro spécial Inde de votre magazine photo ou voyage préféré et vous vous dites : j'y vais ! Avant d'acheter votre billet, prenez le temps de bien vous renseigner sur ce que vous recherchez dans un voyage et ce que vous êtes capable d'accepter. J'ai à mon actif une douzaine de voyages dont six en totale autonomie sur 6 semaines. (Chine, Cambodge, Thaïlande, Mexique, ...). Mes points d'intérêts sont le dépaysement, les beaux paysages (montagnes, mers, lacs, forêt, ...), les belles architectures (temples, forts, ...), les merveilles de la nature, la faune, la flore luxuriante, la rencontre avec le peuple. J’ai trouvé cela dans chacun de mes voyages avec des différences bien sûr.

Je suis en train de terminer un voyage de cinq semaines dans le Rajasthan et le sud de Delhi (Khajuraho, Orchha, Gwalior, Agra) et je dois dire que je suis très déçu. Trois de mes cinq sens sont agressés constamment : l’ouïe : les klaxons me rendent dingue, tout le monde l’utilise dès que quelqu’un d’autre qu’eux se retrouve sur la même route (c'est-à-dire tout le temps !). Je sais même que certains l’utilisent dès qu’ils voient un touriste. L’odorat : soyez prêt à vivre dans les poubelles dès que vous sortez de votre hôtel. Mais tout ça est tout à fait normal, les vaches, les cochons, les chèvres, et tous les autres animaux (ça c'est plutôt sympathique) qui sont dans la rue ne peuvent faire autrement que de s’alléger dans la rue (c'est la nature). Remarquez que je n’ai pas dit « trottoirs », ce n’est pas une erreur … cela n’existe pas ! Tout le monde jette ses ordures dans la rue, ce qui nourrit d’ailleurs les animaux précités. D’ailleurs les magazines scientifiques devraient faire une étude sur le recyclage tout à fait particulier des déchets en Inde.Comment la vache peut faire du lait en bouffant des ordures, du carton, du plastique, … ? Quels sont les effets sur les caractéristiques du lait ?Je ne vous parle même pas de la qualité de la viande des cochons (c’est pas du bio), et contrairement à ce que l’on veut bien nous faire croire, des millions d’Indiens bouffent des cochons qui bouffent de la xxxxx. J’ai une pensée toute émue pour ces milliards de rats qui à cause de concurrence déloyale ne peuvent se nourrir tranquillement dans les rues. Enfin voilà, pour clore sur les odeurs et leurs origines, si c’est ça que vous recherchez, vous n’allez pas êtres déçu. Il y a même des odeurs que je n’avais pas senties avant ! La vue : tous les paysages sont gâchés par les ordures. Exemple : les lacs d’Udaipur avec ses lavandières (comme les cite un certain guide touristique) … en train d’œuvrer au milieu des poubelles flottantes. Il faut être très bon photographe ou expert en retouche d’image pour faire illusion mais les guides et les magazines sont très fort pour ça.Il y a bien entendu de belles choses à voir mais au final, la balance n’est pas équilibrée. Même le contact avec les gens est incomparable avec les merveilleux Cambodgiens, Thaïlandais, Mexicains, … Mis à part les enfants de moins 10 ans, tous les autres sourires, « Hello », « Bonjour comment ça va ? », … sont réalisés afin d’alléger votre porte-monnaie. Les grosses nouilles caucasiennes et naïves ne se reconnaîtront pas dans ce que je dis. Il arrive parfois que ce soit franc mais allez faire un tour au Cambodge et vous comprendrez ce que gentillesse, compassion, humanité, respect de l’autre veulent dire. J’ai tout compris lorsque l’on m’a expliqué pourquoi les Indiens roulaient comme des dingues, c’est tout simple, ils n’ont pas peur de mourir. Et oui, ça change tout ! Ils ont d'ailleurs encore moins peur de la mort des autres 🤪. J’ai assisté à une scène où un couple de personnes très âgées tentait de traverser la route. En France, une voiture sur deux se serait arrêtée (si si, vu leur état j’vous jure) et bien là, le tuctuc dans lequel j’étais les poussait avec sa roue avant ! J’ai cru que j’allais lui en mettre une. Petite précision : il y avait 20 cm d’eau boueuse sur la route.

Je ne regrette pas d’être venu en Inde, je regrette simplement que quelqu’un n’ait pas écrit ça avant moi. J’aurais peut être été convaincu d’acheter un billet d’avion pour une des nombreuses autres destinations de notre merveilleuse planète. J'ai rencontré un français qui travaille depuis deux ans à Delhi, nous avons beaucoup discuté, je lui ai fait part de mes impressions sur le pays et il m'a dit que beaucoup de touristes pensaient la même chose sans jamais vraiment l'avouer pour certains (pas facile de dire que ses vacances n'étaient pas terribles). Il m'a dit que le sud du pays est plus civilisé et mieux organisé. S’il est encore temps pour vous, alors partez à la chasse aux renseignements et pensez à d’autres destinations. Je sais que ce post va recevoir une avalanche de contestations. Certains ont une expérience de 4, 5 voir des dizaines de voyages en Inde et vont dire que ce que je dis est faux (concernant l’attaque des sens, ils ne pourront pas dire ça) ou mal perçu. Peut-être que ceux là auraient dû aller visiter d’autres pays et ne pas se concentrer sur un seul. C’est ce que je préfère faire et, si certains pays, sont si beaux que j’y retournerai, je sais pour la première fois de ma vie que je ne reviendrai plus jamais en Inde.

(j'ai employé le "je" mais nous étions trois, mon épouse (41 ans) et notre fille (14 ans)).
Jordanie: itinéraire pour cinq jours de voyage?
by Annaftb · 2012-03-25 · 15 replies
Bonjour,

Nous allons partir en Jordanie pour la première fois le mois de mai prochain, et nous aimerions profiter de vos expériences et suggestions pour composer notre voyage. Nous avons très peu de temps, 5 jours sur place, et nous voulons trouver un itinéraire qui nous permet de profiter au mieux de ce pays.

Nous allons arriver à l'aéroport d'Amman à 3h du matin, le temps de passer le contrôle, il sera 4h, j'imagine.

Nous avons loué une voiture, l'idée est de partir directement à Madaba.

Nous aurions aimé visiter Jerash, mais il me semble difficile de visiter ce site au nord d'Amman et de partir vers la route du roi dans la même journée. Nous partons donc à Madaba, pour la route du roi la première journée. L'idée c'est d'être à Petra le soir.

Nous avons réserve deux jours pour la visite de Petra, on nous a dit que le site est énorme et que ce n'est pas possible de le visiter en moins de deux jours.

Cela veut dire que nous allons limiter notre visite à Wadi Rum. Une journée, voir même une demi journée de visite, et avec un peu de chance, on terminera la journée au bord de la mer rouge...

Cinquième et dernière journée, on remonte par la route qui longe la frontière jusqu'à la mer morte. Si nous avons le temps, nous avons pensé à la visite du mond nebo, ou alors enfin aller jusqu’à Jerash.

Une autre question; est-ce nécessaire de réserver les hôtels d'avance pour cette période en Jordanie? On me dit que le parc hôtelier est grand, mais que pendant la haute saison, il est souhaitable de réserver si on veut avoir des tarifs corrects...

Je vous remercie d’avance pour tout renseignement.
Où partir voyager en sac à dos seule? (21 ans) premier voyage, quelle destination?
by Akeos · 2012-02-02 · 56 replies
Bonjour,

Tout d'abord, je suis vraiment heureuse de tomber sur un site aussi agréable a lire, qui reunit des gens experimentais ou dans le meme etat d'esprit que moi.

Je souhaite partir car je réalise chaque jour un peu plus comme je souhaite sortir du sentier battu du "metro boulot dodo", j'ai réalisé ce que la vie representer vraiment, et quon est libre de la vivre comme on le souhaite soi-même. Il suffit d'oser! J'ai compris que la seule chose qui nous met des barrieres, se joue aussi par le biais de nos sociétés: par les peurs quon peut avoir de partir rencontrer le monde alors quon ne devrait pas le craindre. Je veux partir pour m'affranchir, me retrouver face a moi, pour grandir encore un peu plus; pour rencontrer des gens, d'autres cultures façon de penser, etc. Je veux vivre ma vie comme je l'entedn et quand je l'entend, et ne pas me conformer, pour devenir un robot qui rentre une fois de plus dans la machine de production qui bousille le monde un peu plus. C'est aussi une bonne maniére de faire un choix de liberté, et de libre controle sur ma vie. Je ressortirai surment plus riche que pauvre (en tout cas jy compte bien), d'avoir vu le monde sous une autre forme. Bien sur c'est pas evident faut s'y preparer, mais ça fait longtemps que je muris le sujet, et jai compris que les chaines ne sont plus aux pieds mais dans la tête.

Malgré la peur l'excitation prends le dessus. Mais jai pleinement conscience que ça se prépare un minimum. ça dit je souhaiterai, dans la limite du possible, et au dela du cout du billet, etre autonome le plus possible (avec bien sur un minimum d'argent pour manger). je souhaiterai partir pour dormir principalement en tente, de temps en temps pour me laver et faire un break aussi: une auberge de jeunesse. Je souhaite aussi me faire un parcours, un circuit (peut etre même traverser plusieurs pays), mais il me faut le B-A bas, pour etre autonome en voyage. Je voudrais principalement marcher, et me poser de temps en temps, pour profiter des endroits magnifiques. Je souhaiterai un voyage où le cout de la vie n'est pas excessif donc, comme je souhaite depenser que pour le strict neccessaire. Auriez vous des avis, des commentaires, de l'experience a faire partarger, et surtout des desinations a me proposer afin de reunir toutes les conditions neccessaires, pour un voyage allant de 2 a 5 mois reussis (juste pour le premier voyage car mon reve cest de faire ca toute ma vie (si vraiment ca me plais) merci de votre comphrehension. Ps: vaut il mieux que je parte accompagné ou pas, autour de moi personne ne veux s'y ""risquer"", ou puis je vraiment le faire seule, suivant la destination?

Merci cordialement.
Visiter Valley of Fire
by Jonanaclem · 2011-11-19 · 369 replies
Bonjour,

Lors de notre circuit dans les parcs de l'ouest américain en juillet prochain avec notre fils de tout juste 7 ans, j'avais d'abord zappé valley of fire;

En effet, je m'étais dit qu'après le yellowstone, le grand canyon, bryce canyon, antelope canyon et zion, nous foncerions directement vers las végas pour y passer 1 jour et demi avant notre départ!

Mais voilà, je viens de découvrir sur un site allemand, l'existence de "The fire wave", soit disant un site comme the wave dans CBS mais sans permis et assez proche de la route qui traverse le parc...

du coup, moi qui rêvait faire the wave mais c'était impossible avec la loterie et surtout avec la marche et la chaleur pour mon fils de 7 ans; je me dis, faire un petit détour par valley of fire pour voir cette vague me dirait bien!!!🙂

donc, tout d'abord: - quelqu'un connait-il ce site dans valley of fire? est-ce vraiment facile d'accès? comment le trouver? y a-t-il une carte? - 2ème: comment organiser la visite de valley of fire: à part cette vague, quels sont les arrêts incontournables? on sera en fin de circuit, je ne sais pas si ce sera l'overdose de pierres rouges pour nous et surtout notre fils! Combien de temps prévoir pour faire la route avec seulement quelques points de vue, pas de rando sauf pour aller à cette fameuse vague!

Le seul moment où on peut caser cette visite supplémentaire, c'est après Zion, en partant vers las vegas.

Nous serons à Zion depuis la veille, nous comptons faire en fin de matinée la balade riverside walk, manger à zion et ensuite, nous devions partir vers las vegas pour y passer la fin d'aprem et la soirée. Nous avons encore une journée complète et une soire à LV.

Donc, ça veut dire qu'on serait à valley of fire vers 16h...n'est-cepas trop tôt? trop chaud?

Bref, je me suis emballée à la vue de cette vague🙂 mais est-ce raisonnable de rajouter cette visite à ce moment là? et surtout, comment la trouver cette vague?!!😛

merci d'avance
Traversée à pied en Alaska de Barrow à Fairbanks
by AmSuddirect · 2011-11-02 · 19 replies
Salut à tous, Je suis en train de réunir un max d'infos en vue de traverser l'Alaska à pied, en partant de Barrow jusqu'à Fairbanks. J'ai pas mal de questions, si certains d'entre vous ont quelques réponses, je vous en remercie par avance: 1) A quel point faut il craindre les ours? 2) A quels endroits les Brooks Range sont elles le plus facilement traversables? Anaktuvuk pass? 3) Comment traverser les étendues d'eau avec le minimum de matériel (je serai en sac à dos)? 4) Que savez vous des "back country permit" ou autre "permis de randonnée"? Obligatoire ou facultatif? 5) Est ce que les rivières de l'Alaska permettent une pêche abondante et facile (je ne suis pas un grand pêcheur et je ne disposerai pas de matériel) ou il me faudra trouver un autre moyen pour m'alimenter? 6) Quel est selon vous le matériel indispensable? 7) Même si je sais qu'on ne traverse pas l'Alaska comme on traverse l'Europe, il y a-t-il des tracés, topos, chemins, trails qui me permettraient de faciliter mon avancée? Jusque où descend la toundra? 8) Est-il facile de rejoindre Barrow depuis Fairbanks? Je pense réaliser ce projet en été, soit en 2012 si j'ai toutes les infos nécessaires d'ici là, soit en 2013... Merci à tous pour vos infos 🙂
Compte rendu en direct sur le Costa Luminosa (Capitales de la Baltique) du 03 au 10 septembre 2011
by Philou971 · 2011-09-05 · 78 replies
Bonjour Tout d'abord merci à tous les membres de ce forum qui m'ont permis de construire mes 2 dernières croisières. Je me devais donc de rendre à tous le bénéfice de ces informations en espérant que les miennes vous serviront. Je suis à Tallinn et faute de connections internet, je vous envoie les impressions et vécu des 2 premiers jours de croisière. Je continuerai dès que la connection reprendra.

J1 : Copenhague, samedi 3 septembre 2011 Arrivés depuis 2 jours dans cette superbe capitale via Air France depuis Paris, nous rejoignons le port où le Luminosa nous attend (+ les 2824 autres passagers…). La température est fraiche (16 degrés) pour des habitués comme nous à la douceur tropicale ( il faisait 32 degrés quand nous sommes partis de Guadeloupe il y a 5 jours). 2ième croisière Costa… nous avons attrapé, ma « doudou » et moi, le virus « croisière » l’an passé lors de notre 1ère avec le Costa Victoria (Adriatique et Grèce) fin juin. Arrivés à 13h à l’embarquement, tout se passe très vite : à 14h nous sommes dans notre mini-suite ( 5315) , les bagages suivent 15mn plus tard, la carte Costa « aquamarine » est là avec les fruits et la bouteille de proseco offerte. La cabine est assez spacieuse, mini suite oblige et le balcon semblable à celui de notre cabine balcon de l’an passé. Une surprise : la salle d’eau est mieux agencée et beaucoup plus « neuve » avec un pare douche plus agréable que la vieille cabine de douche du Victoria, dont l’écoulement laissait à désirer. Ensuite découverte du bateau, plus moderne et plus pratique semble t-il par rapport au Victoria. Une déco plus « lumineuse » et surtout plus moderne et conviviale selon nous. Ensuite visite des ponts « restaurants » et direction le manager pour essayer d’avoir une table pour 2...peine perdue même au 2ième service ! Déjà 8 couples en liste d’attente... aucune chance sauf miracle. Alors je repense aux conseils des forumeurs … essayer le restaurant Samsara…on nous dit de revenir à 19h ! Après un apéro « jus de fruit » nous visitons le spa et ses services avec Astrid, sa directrice ( charmante française du Mans). Nous serons devant le restaurant Samsara vers 19h15 où nous aurons une table pour 2 en bordure de fenêtre et surtout au calme pendant tout le repas, puisqu’il n’y aura que 4 tables occupées (environ 14 personnes) . Seul inconvénient le tarif : 20 euros/personne ! Mais ça valait la peine : Excellent menu (sur demande je peux l’annexer) et service attentionné dans une atmosphère sereine…parfait pour nous. Après le repas , nous irons au spectacle de danse « Flash » avec les Starlight dancers : divertissement sympa avec de beaux costumes et jeux de lumières ( Luminosa oblige !) …petit tour au grand bar Elettra pour admirer quelques danseurs amateurs qui se « déhanchent » au son d’une chanteuse agréable sous tous rapports ! Nous remplissons la carte « petit déjeuner » en chambre et demandons un service entre 8h30 et 9h. Pour copier l’humour « PAPesque » …au dodo pour rejouer… « retour vers le futur » …ceux qui suivent le forum comprendront ! Nuit calme mais courte à cause du changement d’heure (- 1h ).

J2 : En mer, dimanche 4 septembre 2011.

8h15…toc toc…le petit déj ! Dur dur le lever en sursaut ! Mais quel plaisir de déguster un café « américain » pas terrible et des viennoiseries sèches comme un coup de trique ! Ne soyons pas trop difficiles…et apprécions ce premier matin tranquille. 10h : exercice d’alerte ! on commence à s’habituer…sauf le nombre de traductions (6) ! Nous n’avons pas hâte que les croisières se « démocratisent » trop avec 45 nationalités à bord ne parlant pas la même langue ! 12h : Visite du bar à chocolat …merci aux forumeurs pour nous avoir suggéré la « fraise enrobée de chocolat »…un régal. 12h40 : Séance au cinéma 4D : frissons garanties pendant 14 mn …histoire de la visite d’une vieille mine d’or hantée…à 6 euros chacun ! Efficace mais ça fait cher le poil hérissé ! Mais nous sommes masos et nous y retournerons demain soir…à suivre. 13h : Repas buffet…dans la foule et le brouhaha avec des serveurs souriants mais débordés : nous aurons notre bouteille d’eau …au dessert ! Cependant excellente Paëlla au buffet. 14h15 : Petit tour vers Astrid (service Samsara ). Nous testerons le sauna, le hammam, le bain à remous, les lits chauffants et la salle de relaxation avec vue sur le grand large pour la « modique » somme de 38 euros chacun pour la journée ( on peut revenir autant de fois que l’on veut). Mais 2h de bien-être et de chaleur assurés…pas mal au beau milieu de la mer Baltique en septembre. De plus presque personne dans chaque pièce et le silence…où sont les 2824 autres croisiéristes ? 16h : Benoit notre sympathique hôte francophone nous attend à sa permanence pour nous annoncer qu’il a réussi à nous faire annuler et rembourser l’excursion de mercredi après midi à St Petersbourg, car nous avons prévu aussi la soirée à l’Ermitage, ce qui risquait d’être trop juste a/n horaire. Merci Benoit. 18h30 : On va zapper l’apéro de la soirée de gala avec le commandant…on a déjà eu droit à celui réservé aux « Vip » ce matin. 19h15 : On retente le restaurant Samsara et là surprise, notre table au bord de la fenêtre nous attend…même serveuse et même environnement, un coucher du soleil magnifique en prime. Excellent repas et service attentionné : une serveuse philippine, un serveur indien, sommelier brésilien et assistant maître d’hôtel italien ! tout ça pour nous et les 3 tables qui nous entourent. Que du bonheur. Pendant ce temps la soirée de gala bat son plein dans le restaurant Taurus rempli à ras bord. Nous reviendrons demain soir après la visite de Tallinn. La soirée se terminera après le spectacle très agréable d’une chanteuse italienne à la voix de « Dalida » et d’un acrobate athlète qui fait les intermèdes. Puis dodo version PAPpesque « A l’Est rien de nouveau ». Demain il faut se lever tôt car la visite de Tallinn est à 9h. Avant de fermer l’œil , remplissage de la fiche petit déjeuner avec service demandé pour 7h30/8h.
Quinze jours en voiture en Suède en août
by Kevrad · 2011-05-06 · 22 replies
Bonjour Apres avoir longuement parcouru ce forum tres pratique, je me permets d'ouvrir un topic concernant mon projet de voyage, car j'ai quelques questions dont je n'ai pas trouvé les reponses sur le forum.

Voila nous sommes 4 amis et nous pensions partir en gros du 15 au 30 aout prochain en Suede. L'idée serait d'arriver sur stockholm, d'y louer une voiture et de monter vers le nord tout en dormant sous tente ou alors guest house. Mais voila, j'ai lu par ci par là que fin aout le temps commencait à se gater, est ce donc inutile ou dommage d'aller dans le nord d'apres vous? Nous pensions à arriver au moins jusqu'à Kiruna. Aussi, faut il mieux privilegier le sud du pays à cette epoque? Faire le retour par la Norvege est il réellement interessant? Notre envie est vraiment de se retrouver en pleine nature, libres... Je reviens d'Inde et du monde j'en ai vu ca va! J'ai deja regarder les billets et les prix sont tout à fait correct (150€ a/r via l'allemagne, 180 en direct) pour Paris-Stockholm, retour de Goteborg, Oslo ou Helsinki quasi au meme prix... J'espere que mon sujet ne fait pas trop doublon. Merci d'avance Kevrad
Utiliser la compagnie aérienne Aeroflot pour voler vers Cuba?
by Raiatea78 · 2011-02-02 · 67 replies
Bonjour,

J'ai pris mes billets pour La Havane avec Aeroflot, vol Paris-Moscou, Moscou-La Havane.

Avez-vous déjà utilisé cette compagnie sur ce trajet et qu'en pensez-vous en terme de fiabilité / Sécurité / Confort et qualité générale?

Merci pour vos retours!
Scandinavie en août 2011: logement et trajets?
by Evadiet · 2010-12-20 · 11 replies
Bonjour,

Nous sommes deux étudiantes françaises. Nous avons pour projet de découvrir la Scandinavie (Seulement Dannemark, Suede, Norvege) pendant un mois (le mois d'aout prochain). Nous pensions à l'itinéraire suivant: - Arrivée en avion à Copenhague (1 journée) - Copenhague - Malmo (question: quelle traversée la plus économique?) - Malmo - Stockholm - Stockholm - Umea - Umea - Lulea (pour connaitre la Laponie et ses aurores bauréales si énormément de chance! Mais du moins ses journées infinies et ses paysages à perte de vue) - Continuer à traverser la Laponie (Des conseils?) pour arriver en Norvège - Visiter ensuite Loften islands - Continuer par les fjords norvégiens avec la région de Bergen - Finir ensuite par Oslo pour rentrer en avion.

Auriez vous des conseils concernant les logements et le trajet, les plus économiques possible? Concernant la Laponie surtout... Nous pensions au camping sauvage car nous ne savons pas vraiment où trouver de logement!

Merci pour vos réponses !
Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites en dehors des sentiers battus (Partie n°6)
by Sedonax · 2010-11-05 · 26 replies
Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef

JOUR 20 : Grand Staircase Escalante National Monument

Après un convivial petit déjeuner avec Harriet et Philip, je prends congé de mes amis en espérant qu’à la prochaine rencontre ma femme Elisabeth sera également présente.

Ce matin il fait beau mais les prévisions météo annoncent des orages pour l’après-midi. Je dois abandonner l’idée de faire le grand loop passant par Bighorn Canyon et Zebra Slot (ce dernier étant inondé) mais également renoncer au plan B de Neon Canyon et Golden Cathedral (puisque d’après les rangers la route d’accès est impraticable). Même si j’avais déjà visité ces endroits il y a quelques années, j’aurais eu plaisir à les revoir et à les photographier avec un appareil photo numérique.

Je me rabats donc sur les classiques Peek-A-Boo et Spooky slot canyons, où je ne suis pas retourné depuis 5 ans, car ils restent a priori accessibles.

En passant devant le trailhead de Zebra slot sur la Hole In The Rock Road, je me remémore ma première visite en mai 2002 avec Laurent Martres, alors qu’on trouvait à l’époque très peu de photos et encore moins d’indications concernant ce site. Sur le chemin du slot canyon, nous avions rencontré un groupes de trois personnes : deux amis de Floride récemment retraités et devenus « serious photographers », portant chacun un gros sac à dos et un matériel photographique top-niveau coûtant plusieurs dizaines de milliers de dollars, et leur guide tout aussi bien équipé, un talentueux photographe (comme nous l’avons découvert plus tard) qui vivait quelques mois par an à Boulder et n’accompagnait occasionnellement que des passionnés de photos (pour le plaisir et non par besoin puisque le reste de l’année il officiait à Denver en temps que chirurgien réputé). Ils étaient fort surpris de rencontrer ici ces deux Français décontractés, avec un habillement et un équipement ultralight et sans outfitter pour les guider. Après avoir discuté avec eux un bout de chemin et convenu de dîner ensemble le soir même à Escalante pour partager nos expériences, Laurent et moi avions accéléré le pas de manière à ne pas nous gêner tous les cinq à photographier dans le court et étroit slot canyon et nous ne les avions plus croisés qu’une seule fois, alors qu’ils entraient dans Zebra slot tandis que nous en ressortions pour nous rendre à Tunnel slot.

Le soir, alors que nous nous préparions pour le dîner, nous avons été surpris d’être appelés au Rainbow Country Bed & Breakfast par le guide qui demandait si l’un des deux photographes n’était pas avec nous car il l’avait perdu entre Zebra slot et Tunnel slot : la descente dans ce dernier canyon étant trop raide pour lui, un des deux photographes avait cherché un accès plus facile un peu plus loin mais n’avait plus reparu, le guide et l’autre photographe l’avaient cherché pendant des heures mais ne l’avaient pas trouvé et ils espéraient que l’égaré nous avait rejoints.

Au lieu d’aller nous rassasier au restaurant comme prévu, Laurent et moi nous étions retrouvés à patrouiller en SUV jusqu’à plus de minuit sur toutes les pistes environnant la zone des slots canyons, tandis que le guide et l’autre photographe étaient repartis chercher à pied leur compagnon pendant une partie de la nuit avec de puissantes lampes torche empruntées à Escalante. Le photographe égaré n’ayant pas été retrouvé le lendemain matin, l’équipe de « search & rescue » d’Escalante avait pris le relais, et comme cela n’avait rien donné, le surlendemain c’étaient des chiens spécialement dressés pour la recherche qui avaient été dépêchés sur place puis un hélicoptère avec caméra thermique avait patrouillé tout le secteur sans succès. Ce n’est que le jour suivant, soit après trois jours et trois nuits seul dans le wilderness, que le photographe avait été retrouvé errant sur une piste secondaire, épuisé mais finalement en bonne santé car il avait trouvé de l’eau au creux de rochers et dans un wash, il n’avait pas eu froid grâce à son suréquipement vestimentaire et il avait pu grignoter les barres de céréales qu’il portait dans son sac. Il a expliqué que lorsqu’il s’était perdu, il était immédiatement remonté sur une hauteur pour essayer de retrouver à distance ses compagnons (un réflexe courant selon les rangers), pendant que ceux-ci le cherchaient logiquement au fond des canyons qu’ils étaient venus visiter. Les appels vocaux n’avaient servi à rien car la voix ne porte pas sur ces terrains accidentés (un sifflet aurait peut-être été plus efficace). Ensuite, son très mauvais sens de l’orientation et la panique l’avaient fait tourner en rond, lorsqu’il ne restait pas à l’ombre à attendre les secours, ce qui l’avait le plus angoissé étant le cri des coyotes qui rodaient autour de lui durant la nuit. Après seulement deux jours de repos, il était reparti avec son ami continuer leur trip photographique dans le Southwest.

Je me garderais bien de me gausser de sa mésaventure qui peut arriver à tout le monde, la preuve étant que l’année suivante j’ai perdu ma fille (16 ans) dans le secteur de Waterhole Canyon : au retour de la visite de la partie aval du slot canyon (aujourd’hui interdite) elle était passée devant moi tandis que je photographiais, elle avait foncé dans le canyon et loupé l’endroit de la remontée mais en avait trouvé une autre au bout du canyon et, pendant que je la cherchais désespérément à l’intérieur du canyon et sur le chemin de la voiture, elle errait en haut au bord du rim. Cela m’avait valu une heure et demie d’angoisse (ne s’était-elle pas fait mordre par un rattlesnake ?) tandis que de son côté elle avait fini par rencontrer un jeune Navajo qui l’avait obligeamment ramenée à la voiture sans toutefois lui adresser un seul mot.

Pour illustrer cette évocation de Zebra Slot, voici une photo que j’ai prise en y retournant en mai 2010, avec un petit élément supplémentaire qu’on ne doit pas y rencontrer souvent :



Revenons en mai 2009, au moment où j’arrive à Peek-A-Boo slot canyon et où je constate qu’à cause des pluies récentes il y a une profonde mare d’eau au pied de son entrée surélevée de quelques mètres. Ne renonçant pas pour si peu, je rentre dans l’eau froide et en longeant le bord de la falaise je progresse dans l’élément liquide jusqu’au ventre. Avec les chaussures pleines d’eau, la montée est glissante malgré les entailles dans la roche mais j’arrive sans encombre au sommet du premier obstacle. J’avais oublié qu’il y avait une grande cuvette juste derrière et celle-ci est totalement remplie d’eau (sans qu’il soit possible d’en déterminer la profondeur) et comme pour passer le second obstacle il n’y a pas d’entailles dans la roche, je sais que ce sera peine perdue avec mes chaussures trempées et très risqué pour mon équipement photographique qui n’est pas waterproof.



Je rebrousse donc chemin et je vais me replonger à nouveau avec délice dans la mare d’eau froide à l’entrée du slot, pour utiliser la solution de contournement qui consiste à monter une dune sur la gauche de l’entrée du canyon puis à suivre des cairns qui permettent de redescendre un peu plus loin dans le slot, car je voudrais au moins photographier sa double arche caractéristique. Hélas, arrivé sur place je constate que c’est la totalité du slot canyon qui s’avère remplie d’eau et après un essai de progression dans l’élément liquide et sur la roche glissante, où j’échappe de peu à la chute et à l’immersion de mon appareil photo, je suis dans l’obligation de renoncer.

Tant pis pour la boucle Peek-A-Boo / Spooky, je me rends donc par le wash à l’entrée de Spooky dont le fond sableux est sec et sans aucun obstacle liquide.





Le slot canyon se rétrécit de plus en plus en largeur (il faut passer de profil en portant son sac à dos devant soi)…





…mais il offre une belle lumière réfléchie….









…avant de devenir encore plus sombre et resserré.





Même s’il peut alors mériter son nom de Spooky (« qui donne la chair de poule »), je trouve que l’exploration de ce slot canyon reste fort ludique tout en offrant de belles opportunités photographiques, à condition de n’être ni claustrophobe ni de trop fort gabarit.

Après ce plaisant aller/retour dans Spooky sans rencontrer personne, qui contraste avec la galère de Peek-A-Boo, je remonte les narrows plus conventionnels de Dry Fork canyon jusqu’à sa sortie à partir de laquelle je rentre directement « cross country » jusqu’au parking où commencent à arriver d’autres véhicules. Il va bientôt y avoir du monde dans Spooky et il ne sera pas facile de s’y croiser !





Pour l’après-midi, j’ai prévu la visite d’un endroit peu connu, récemment décrit sur un site web allemand et qui porte le nom à consonance navajo de Aetschi Baetschi Valley. Mais auparavant je veux tester l’état de la piste pour Harris Wash car le lendemain j’envisage de démarrer de ce trailhead pour une grande boucle passant par les narrows de Red Breaks puis l’étonnant « Volcano ».

La piste comporte quelques courts passages encore boueux que mon Toyota 4Runner permet de négocier sans trop de problèmes en position 4x4, mais dans le dernier quart de la piste je rencontre une zone profondément boueuse de presque 100 mètres de long, avec de très profondes ornières remplies d’eau. Il est visible que c’est ici qu’un SUV 4x4 s’est récemment embourbé et les abords de la piste eux aussi labourés de profondes ornières faites par des pneus très larges montrent que la dépanneuse a eu bien du mal à désembourber le SUV. Comme il faudra plusieurs jours pour que l’eau se résorbe et que la boue sèche, je renonce à mon projet du lendemain.

J’emprunte la piste pour Aetschi Baetschi Valley qui comporte aussi de courts passages boueux restant tout juste négociables. De l’endroit où il faut se garer, j’observe la vallée avec ses badlands colorés, la haute tour qui monte la garde et les goblins que l’on devine plus qu’on ne les voit. Mais le temps se couvre de plus en plus et le ciel est devenu très menaçant. Comme j’estime la balade à environ trois heures, la pluie risque de tomber avant que je n’aie terminé et la piste déjà difficilement praticable à l’aller le serait encore bien davantage au retour. Comme je ne veux pas me retrouver dans la situation du SUV embourbé près d’Harris Wash, je trouve plus prudent de renoncer et je retourne sur la plus sécurisante Hole In The Rock Road.

Au cours de mon voyage de mai 2010, j’ai pu visiter tranquillement Aetschi Baetschi Valley dont voici une photo prise à cette occasion et montrant l’imposante tour d’environ trente mètres de haut.



J’apprendrai au cours de ce même voyage que le nom Aetschi Baetschi n’a rien de navajo mais est en réalité une expression germanique qu’a malicieusement détournée Helge, l’auteur du site web allemand qui a fait connaître ce lieu et ce surnom semble devenir le nom d’usage (un peu comme cela est déjà arrivé pour Edmaier’s Secret). L’expression Aetschi Baetschi est notamment utilisée en Allemagne quand quelqu'un fait miroiter quelque chose mais ne le donne pas en taquinant son interlocuteur voire en lui tirant la langue. Helge a fait un parallèle avec ce qui se passait à l’époque pour White & Red Canyon dont nous étions quelques-uns à montrer les photos sans en donner la localisation et cela lui a suggéré le nom ironique (mais sonnant très local) de Aetschi Baetschi quand il a découvert ce secteur encore non documenté.

C’est Helge lui-même qui me l’a expliqué de vive voix en mai 2010, quand nous nous sommes rencontrés par hasard (avec mon ami John) en plein milieu du wilderness à plus d’une heure et demie de toute route goudronnée, au trailhead pour se rendre à une petite ruine indienne restée encore confidentielle pour préserver son état de conservation exceptionnelle. Quelle ne fut pas notre étonnement réciproque de nous retrouver ici alors que nous nous attendions à n’y voir personne ! En m’approchant d’Helge et de son amie, après avoir observé leur look et ce qu’ils mangeaient, je les avais salué en ajoutant « Vous devez certainement être allemands » mais Helge m’avait surpris en me répondant du tac au tac « Oui et vous êtes Philippe Schuler ». Il se trouve que Helge suit de près mes publications de photos, mes interventions sur le web et dans les forums (y compris les premières parties de ce carnet de voyage), il m’a même écrit des e-mails comme d’autres Allemands pour découvrir à son tour les sites encore confidentiels que mes amis et moi montrons en photo, c’est pourquoi il m’avait reconnu. Nous avons immédiatement sympathisé et c’est ainsi que nous apprendrons que c’est le même Américain, qui est une des très rares personnes à avoir publié une photo de la ruine en question, qui nous en a indiqué la localisation après s’être assuré que nous étions des amoureux de l’Ouest et en nous faisant promettre de ne pas diffuser l’information. Mais ce qui est incroyable, c’est que Helge et son amie, ainsi que John et moi, nous sommes rendus le même jour et à la même heure sur ce site reculé si rarement visité !

Le temps très menaçant sur tout un pan du ciel qui m’a fait renoncer à la visite d’Aetschi Baetschi me laisse très peu d’autres possibilités de visite autour de la Hole In The Rock Road, sauf à prendre des risques inconsidérés. Aussi je me rabats sur une énième visite à Devil’s Garden, cette fois-ci dans une optique photographique en espérant une belle lumière et un ciel intéressant.

Dans un premier temps, je me balade et je photographie aux confins du site….









Puis je reviens vers les formations rocheuses qui ont fait le succès de Devil’s Garden, en essayant de trouver des angles photographiques moins classiques.











Les photos précédentes ne reflètent pas la météo sur place car je n’ai photographié que la partie du ciel qui est restée bleue tandis que l’autre partie se couvre de plus en plus et que je ne dispose que de courts moments pour composer et déclencher tant le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Le soleil finit par disparaître définitivement derrière les nuages mais je constate qu’il subsiste une petite bande de ciel clair juste au-dessus de l’horizon et si le soleil pouvait y apparaître au coucher du soleil, cela devrait donner un bel éclairage. Je vais donc attendre sur place et pour une fois je dîne à l’heure américaine (vers 19 heures) sur une des tables de l’agréable aire de pique-nique de Devil’s Garden.

La chance est avec moi car, comme je l’avais espéré, le soleil réapparaît dans la dernière demi-heure précédant son coucher, diffusant une superbe lumière dorée sur les formations rocheuses dont certaines font penser à des statues de l’île de Pâques, le tout mis en valeur par le contraste avec des nuages omniprésents. Je suis alors pris d’une crise de « photographite convulsive », courant d’un endroit à l’autre pour essayer de capter ces instants magiques mais fugaces où la nature se pare de si belles couleurs. Par moment, je dois me forcer à laisser de côté mon appareil photo, de manière à prendre le temps d’apprécier pleinement ce spectacle.

























Je termine cette séance photo par Metate Arch où se sont installées les deux seules autres personnes présentes sur le site, des photographes dotés de trépieds imposants sur lesquels sont fixés des boîtiers et objectifs professionnels. Contrairement à moi, qui aie couru à plusieurs endroits pour prendre des photos à main levée, ils ont préféré rester au même endroit et se concentrer sur un seul sujet pour réussir au mieux « The » photo. Mon absence de trépied me permet de me glisser entre eux sans les gêner pour également profiter du meilleur angle, dans une ambiance de satisfaction partagée pour ces couleurs chaudes dont nous bénéficions.





Quand le soleil a disparu, nous nous mettons à discuter et ils se présentent comme des Hollandais particulièrement fans du Southwest. Au bout de quelques instants, l’un d’entre eux me demande si je ne suis pas Philippe Schuler et sort de son sac à dos deux volumes de Photographing the Southwest annotés et hérissés de post-it ainsi qu’une pochette où se trouvent des impressions de mes photos de 2007 de « Red Canyon » sur la réserve navajo, secteur qu’ils vont essayer de découvrir et d’explorer durant la suite de leur voyage (je leur souhaite de ne pas rencontrer comme moi le Navajo hostile, voir la partie 3 de ce carnet de voyage). C’est en surfant sur le web, en particulier sur phschuler.com et ouestusa.fr, à la recherche de nouveaux endroits photogéniques, qu’ils ont fait ma connaissance « virtuelle ». Bien que je ne puisse leur en dire davantage sur « Red Canyon », ce qu’ils comprennent bien, nous échangerons longtemps sur nos passions respectives, ne nous interrompant que pour prendre quelques derniers clichés au crépuscule et même de nuit.







Comme il se fait tard et qu’il commence à faire froid, les deux photographes hollandais retournent à leur motel à Escalante (le Circle D Motel, un bon rapport qualité/prix depuis qu’il a été refait dans un style Santa Fe), tandis que je me trouve une place de camping sauvage dans une zone autorisée en retrait de la Hole In The Rock road près de la Highway 12, le camping sauvage étant interdit à Devil’s Garden.

JOUR 21 : Grand Staircase Escalante National Monument

Ce matin, je me lève très tôt car j’ai envie de compléter le beau coucher de soleil de la veille sur Devil’s Garden par un lever de soleil sur ce même site.

Les premiers rayons du soleil semblent transformer en flammes certains rochers.





La belle lumière du lever du soleil est cependant beaucoup plus fugitive que celle de son coucher et la durée disponible pour capturer cet éclairage photogénique est très courte.









Je quitte Devil’s Garden non sans avoir salué le curieux personnage ci-dessus et avoir petit-déjeuné sur place.

En remontant la Hole In The Rock Road, je fais un détour pour me rendre au pied de Cedar Wash Arch que je me suis jusqu’à présent contenté d’observer de l’overlook comme la plupart de ses visiteurs.

La descente dans le wash se termine par la désescalade d’un tronc opportunément installé pour franchir un petit ressaut rocheux. Des petits lapins à cul blanc et des jackrabbits à longues oreilles m’accompagnent dans ce wash peu fréquenté mais ils sont si rapides que je ne parviens pas à les photographier !

L’arche est plus impressionnante vue du dessous que de l’overlook et je ne regrette pas cette courte balade.





Sur le chemin de retour dans le wash, au lieu des sympathiques petits lapins je rencontre un beau rattlesnake qui, après s’être bruyamment annoncé par son bruit de crécelle caractéristique, s’enroule sur lui-même et me tire désobligeamment la langue.



Je ne m’approche pas de trop près pour le photographier car je sais qu’il peut se détendre à la vitesse de l’éclair des 2/3 de sa longueur, pour mordre une proie ou un prédateur. Certes, quand ils mordent pour se défendre, les rattlesnakes peuvent ne pas injecter de venin (dans environ 1/4 des cas) mais les jeunes et fougueux rattlesnakes comme celui-ci injectent systématiquement le leur, seuls les rattlesnakes expérimentés étant capables de l’économiser en commençant par une morsure de semonce car ils ont besoin de ce venin (lent à se régénérer) pour que les proies dont ils se nourrissent ne leur échappent pas.

J’ai rencontré des rattlesnakes dans plus de la moitié de mes voyages (mais il est vrai que je randonne souvent dans des endroits où ils seraient censés ne pas être dérangés) et ils m’ont toujours prévenu à l’avance et bruyamment de leur présence, sauf une fois lors d’une randonnée dans le secteur des Kolob canyons à Zion : alors que je marchais d’un bon pas sans discontinuer depuis au moins vingt minutes en regardant le paysage et rarement mes pieds, je m’aperçois soudain que mon père ne me suit pas aussi vite et perd de la distance, aussi je décide de l’attendre en prenant une photo. C’est seulement en sortant l’appareil de son étui que je me rends compte qu’un énorme rattlesnake traverse lentement le sentier et qu’au prochain pas j’aurais inévitablement marché dessus. Lui non plus ne m’a pas senti arriver car il ne s’est mis à agiter bruyamment sa queue que lorsque je me suis arrêté. Pourquoi n’avais-je pas fait un pas de plus et m’étais-je arrêté juste à temps sans en avoir conscience ? Peut être uniquement parce que c’était mon jour de chance…

Il ne faut pas confondre les rattlesnakes avec les bull snakes (appelés aussi gopher snakes) comme celui de la photo suivante, rencontré plus tard sur un parking. Quand ils se sentent en danger, ils font tout pour ressembler à un rattlesnake (même attitude, imitation avec leur bouche du bruit de crécelle…), mais eux ne sont pas venimeux. Même s’il me tirait aussi la langue, ce bull snake restait tout de même un peu plus souriant que le rattlesnake rencontré précédemment.



Quant à celui qui suit, il était carrément amical et voulait absolument faire un bout de chemin avec moi, jusqu’à en être trop insistant puisqu’il s’invitait de force et montait sans autorisation dans mon véhicule ! Il a fallu que j’insiste pour qu’il accepte de me laisser continuer seul mon voyage…



Ne pouvant pas faire le grand loop incluant la visite de The Volcano tel que je l’avais prévu, en raison de l’état de la piste d’Harris Wash, je me rends au Volcano en faisant une randonnée plus courte accessible à partir de la Old Sheffield Road qui reste praticable.

Cette randonnée se situe dans un cadre sauvage où le parcours direct au travers de grandes étendues de slickrock s’apparente souvent à des montagnes russes, avec quelques beaux reflets dans des flaques d’eau.





Après moins de deux heures, je tombe soudain sur The Volcano sans que rien n’ait laissé présager sa présence, le GPS s’avérant bien utile pour y parvenir directement. Cette curiosité récemment découverte fait effectivement penser à un volcan, avec son grand trou en forme de cratère partiellement rempli de sable orange vif entourant un gros rocher isolé, mais ce n’est absolument pas un volcan du point de vue géologique. Peu importe, car ce faux Volcano est vraiment spectaculaire et même assez étrange dans cet environnement de slickrock qui s’étend à perte de vue.

Je découvre The Volcano d’abord en le surplombant puis en prenant tout mon temps pour en faire le tour presque complet et l’admirer ainsi sous plusieurs angles. Le sable au fond du « cratère » est particulièrement coloré car il est encore très humide compte tenu des récentes pluies.

















A l’extrême gauche de l’avant-dernière photo, on peut voir l’avancée de slickrock un peu moins pentu qui descend vers le sable et permet d’accéder à l’intérieur du cratère. Mais sans les entailles qui ont été récemment creusées dans la roche, toute remontée serait impossible car sur ce slickrock lisse il n’y a aucune prise qui pourrait aider à sortir un visiteur solitaire piégé au fond du cratère. Espérons pour les futurs visiteurs que ces entailles ne s’éroderont pas trop vite et ne deviendront pas glissantes avec le temps.



Les parois à l’intérieur du cratère sont ornées de beaux motifs naturels qui ressortent grâce à la lumière réfléchie par le sable coloré. Roche et sable forment une intéressante complémentarité qui me rappelle certains endroits de la Tadrart dans le Sahara, région que j’affectionne également beaucoup.













Il n’y a pas une seule trace de pas à l’intérieur de ce cratère encore peu visité et je ne pense pas y trouver des traces d’autres mammifères mais je me trompe car j’y rencontre bientôt un chipmunk qui se balade au milieu de moqui marbles. N’est-il pas tombé involontairement dans le cratère et peut-il vraiment en sortir ? De quoi se nourrit-il ? Je me le demande encore…



Les moqui marbles sont de petites boules de pierre que l’on trouve essentiellement dans le Grand Staircase Escalante National Monument… mais le robot explorateur Opportunity en a aussi découvert sur la planète Mars ! D’une taille comprise entre une bille et une balle de base-ball, ces sphères presque parfaites (mais quelquefois elliptiques ou agglomérées à 2 ou 3) sont le résultat d’une synthèse minéralogique très particulière o�� un cœur de grès compacté s’est progressivement entouré d’une carapace plus ou moins épaisse d’hématite (composée essentiellement de fer), le phénomène se produisant à l’intérieur de certaines couches de slickrock (et non pas à l’air libre). L’érosion a fait peu à peu disparaître le slickrock environnant, ce qui a dégagé ces billes plus résistantes que le grès dans laquelle elles étaient enchâssées, puis une fois « libérées » elles ont souvent roulé pour se regrouper en fonction de la configuration du terrain. Les Indiens vivant dans le secteur (appelés Moquis par les colonisateurs espagnols) utilisaient ces pierres auxquelles ils prêtaient des vertus chamaniques, d’où le nom de moqui marbles. Une légende hopi raconte que les esprits des ancêtres jouent avec ces billes lorsqu'ils reviennent le soir sur terre et lorsqu’au matin ils doivent retourner dans leur royaume, ils laissent derrière eux ces étranges pierres pour laisser une trace de leur passage.

Malheureusement, leurs prétendues vertus médicinales, magnétiques, ésotériques, mystiques (« les moqui marbles sont très efficaces pour le réalignement des corps énergétiques » peut-on lire sur le web) ont conduit à leur ramassage dans un but mercantile, toutefois freiné depuis qu’il a été strictement interdit à partir de 1996 de les ramasser (même une ou deux à titre de souvenir personnel) sur la totalité du territoire couvert par le Grand Staircase Escalante National Monument. Malgré cette interdiction, quand je suis revenu récemment sur deux « gisements » de moqui marbles où je m’étais rendu en 2002, j’ai constaté que leur nombre avait diminué sensiblement….

Sur les photos suivantes, les moqui marbles tombées sur le sable proviennent de la paroi du Volcano et on peut en voir d’autres encore enchâssées qui apparaissent progressivement :





Je reste un bon moment à « The Volcano », un site que j’apprécie particulièrement pour son originalité, son esthétique et le sentiment de solitude qu’on peut y ressentir.

Comme j’ai pris mes repères à l’aller, au retour je peux me passer de mon GPS et choisir un autre chemin un peu plus long mais avec moins de dénivelés successifs, ce qui me permet de mettre un peu moins de temps pour revenir à mon véhicule. Par hasard, je tombe sur une petite concentration de moqui marbles parmi lesquelles un beau cactus a élu domicile.



Quand je reviens sur la Highway 12 et que je me balade aux alentours, je constate qu’un gros orage progresse dans ma direction.







Comme il n’est pas question d’emprunter des pistes qui pourraient devenir piégeuses avec la pluie, j’envisage la classique balade de Lower Calf Creek que je n’ai pas refaite depuis près de 10 ans. A l’entrée de cette « recreational area », je vais d’abord saluer et remercier les « hosts » qui ont généreusement fourni Harriet en œufs biologiques dont je me suis plusieurs fois régalé sous forme de scrambled eggs au petit déjeuner. Mais la randonnée de Lower Calf Creek prend près de 3 heures (avec le détour par les petroglyphs) au fond d’un canyon, ce qui n’est pas idéal car l’orage semble toujours se rapprocher. Je change donc d’avis pour me rendre à Upper Calf Creek, une balade plus courte et moins encaissée mais plus pentue.

De la superbe route de crête qui est un des musts de la Highway 12, je jette un coup d’œil au canyon menant à Lower Calf Creek et que j’ai failli arpenter.



Après avoir descendu la pente de slickrock qui mène à Upper Calf Creek, je commence par me rendre au-dessus de la chute. Lors d’une précédente visite, j’y avais vu des jeunes locaux se baigner dans les trous d’eau en amont…







… en prenant soin de rester tout de même loin de la chute fatale !





D’autres cairns mènent au pied de la chute qui est dans l’ombre à cette heure-ci, mais l’absence de lumière trop directe permet de faire ressortir les verdoyants jardins suspendus et les coulures rougeoyantes sur la roche.













Je remonte jusqu’au parking dans la douce lumière de fin de journée qui éclaire les centaines de petits blocs arrondis échoués sur le slickrock.





Un dernier coup d’œil de la Highway 12…



… et je rejoins Boulder puis le Burr Trail où, avant de descendre vers Long Canyon, je trouve un endroit propice pour une nuit de camping sauvage.

JOUR 22 : de Long Canyon à Capitol Reef

Après le lever de soleil sur les falaises bordant le Burr Trail et un petit déjeuner pris tranquillement car aujourd’hui je ne prévois pas un programme chargé….



… j’entre dans Long Canyon où j’ai envie de consacrer un peu de temps à la photographie, alors que d’habitude je le parcours plutôt rapidement.





L’objectif, en ce début de matinée, est de profiter de la belle lumière réfléchie projetée par la face éclairée du cayon sur la face opposée, en n’hésitant pas à m’éloigner du véhicule pour chercher des compositions.

















De manière étonnante, les seules personnes que je rencontre sont un couple d’Amish en costume traditionnel qui viennent de Pennsylvanie (pas en carriole mais en voiture, ce ne sont donc pas des « purs et durs »). Ils sont très réservés et n’acceptent pas que je les prenne en photo, ce que je regrette car devant un tel décor et avec leur look hors du temps, il y avait matière à faire des clichés intéressants.

Juste à la sortie de Long Canyon se trouvent de spectaculaires badlands colorés qui rappellent ceux d’Old Paria movie set (entre Page et Kanab).









Je fais demi-tour à ce niveau car la visite de sites accessibles plus loin sur le Burr Trail est planifiée pour un autre jour et j’ai toujours plaisir à faire un aller / retour dans Long Canyon.

La météo est beaucoup plus favorable que les jours précédents et, si des nuages ne sont pas à exclure dans l’après-midi, la pluie n’est plus à craindre. C’est l’occasion de se rendre à Capitol Reef pour faire une randonnée que j’ai inscrite dans ma « wish list » depuis un certain temps mais qui nécessite une absence totale de pluie ou d’orage car elle se déroule au fond du canyon de Sulphur Creek où l’eau coule en permanence et il ne ferait pas bon s’y trouver lors d’un flash flood.

La randonnée « one way » dans le canyon de Sulphur Creek débute au trailhead de Chimney Rock et finit au Visitor Center dans l’oasis de Fruita. Quand on n’a qu’un seul véhicule et qu’on ne veut pas marcher pendant presque 5 km sur la Highway 24 pour atteindre le trailhead, la solution est de faire de l’auto-stop à partir du Visitor Center. L’auto-stop ne fonctionne pas bien aux USA, la plupart des Américains ne se sont jamais arrêtés spontanément pour prendre un auto-stoppeur levant le pouce (mais ils s’arrêteront généralement pour porter secours à quelqu’un qui serait en panne), beaucoup ont peur de l’agression et il est même de larges zones où l’auto-stop est interdit (notamment autour des centre pénitentiaires). C’est pourquoi je pratique ce que je nomme « l’auto-stop actif » quand j’ai besoin d’un « lift » pour me rendre à un début de randonnée « one way » (par opposition à un « loop » qui revient au point de départ). Cela consiste à me poster à un endroit où les automobilistes se sont arrêtés d’eux-mêmes (panneau stop, parking en bord de route, station service…) et vont forcément dans la direction qui m’intéresse, puis à me présenter à la fenêtre d’un véhicule avec mon plus grand sourire et une carte topographique à la main, en choisissant exclusivement les véhicules où j’ai une chance d’être pris (place suffisante disponible, pas de femme seule ou de jeunes enfants…). Si le conducteur pensait juste répondre à une demande de renseignement (suggérée par la carte que j’ai à la main), il est très rare qu’ensuite il refuse de me prendre dans son véhicule quand je lui explique précisément mon besoin avec mon accent typiquement français, même s’il ne l’aurait jamais fait spontanément. Je n’utilise cette technique qu’en plein jour et uniquement pour me rendre au départ de la randonnée (et non pour revenir à mon véhicule car s’il était trop tard dans la journée ou que je ne trouvais personne, ce serait la galère).

Cette fois-ci, je me poste au panneau stop à la jonction de la Highway 24 et de le scenic drive près du Visitor Center et je m’adresse au conducteur du premier véhicule répondant aux critères adéquats, un monospace de sept places avec quatre passagers entre deux âges, qui clignote dans la bonne direction. Lorsque j’ai exprimé ma demande, je lis la surprise sur les visages du conducteur et des passagers, avec un visible manque d’enthousiasme à prendre un inconnu avec eux, mais je les assure ne pas être un « serial killer », ce qui les fait sourire et après un rapide conciliabule entre eux je suis accepté. Ce sont des membres d’un groupe religieux baptiste qui se rendent à une cérémonie et en profitent pour faire du tourisme en chemin. Ils s’avèrent charmants et nous discutons tant et si bien qu’ils resteront encore un bon quart d’heure avec moi à destination et que l’on se quitte avec de grands signes comme si nous avions passé la journée ensemble. Je fais toujours la conversation à ceux qui me prennent en stop, avec deux thèmes possibles : quand il s’agit de locaux je dois généralement répondre à des questions sur la France, les Français (et ce qu’ils pensent des Américains), quand il s’agit de touristes je leur indique des visites « hors des sentiers battus » dans le secteur qu’ils sillonnent, ce qui crée une relation « gagnant / gagnant ».

Après une partie assez courte dans un wash à sec, la randonnée de Sulphur Creek entre dans le vif du sujet avec l’apparition d’un ruisseau et de hautes falaises assez colorées qui se resserrent progressivement.





A partir de là, j’alterne la marche au bord de l’eau ou dans le ruisseau lui-même (avec généralement de l’eau jusqu’à la cheville, sans passages obligatoires dépassant le genou). Même si les falaises ne sont pas les plus spectaculaires de la région, la balade est très agréable et rafraîchissante, d’autant plus qu’aujourd’hui il fait plus chaud.

L’intérêt augmente avec la rencontre de jolies petites cascades qu’il faut contourner en pratiquant un peu de désescalade facile. Je n’ai pas spécialement envie de me baigner aujourd’hui mais il n’en serait pas de même si c’était la canicule du plein été durant laquelle cette balade sera certainement prisée par les familles avec enfants qui apprécieront de s’amuser dans l’eau (à condition que l’orage ne menace pas, à cause des flash floods).







La balade se poursuit avec la présence d’un peu de verdure…





… avant d’atteindre un corridor où l’eau s’accélère jusqu’à une dernière cascade.







Au pied de la cascade, se reposent deux jeunes locaux qui sont venus directement du Visitor Center (relativement proche) pour se baigner et être tranquilles (je n’ai effectivement vu personne d’autre durant cette randonnée).

Je retrouve mon véhicule au Visitor Center et, après une pause ombragée à la très agréable aire de pique-nique de Fruita, je pars me garer au trailhead où on m’avait déposé ce matin, mais cette fois-ci je fais la randonnée en boucle de Chimney Rock.

Une montée assez courte suivie d’une marche relativement étale sur un plateau permettent de bénéficier d’une vue panoramique sur les falaises particulièrement colorées de Capitol Reef tout en s’immergeant vraiment dans le paysage, ce qui ne peut pas être le cas quand on regarde ce même paysage à partir des points de vue aménagés au bord de la Highway.











En fin d’après-midi, je me rends successivement à l’émouvante petite école des pionniers qui avaient fait prospérer les vergers de l’oasis, …



… puis aux panels de pétroglyphes gravés par les indiens Anasazi qui avaient précédé les pionniers il y a longtemps, …



… puis à Hickman Bridge via une agréable balade, …



… avant d’apprécier paisiblement la fin de la journée face à Pectol’s Pyramid sur le Rim Overlook Trail.









Ce soir, pour dîner, je fais une exception et je vais à Torrey au restaurant Capitol Reef Inn & Cafe que j’apprécie depuis longtemps pour ses salades aussi fraîches que bien garnies (parmi les meilleures que j’aie mangées). A noter que j’ai déjà testé cet établissement en tant que motel et, si le bâtiment ne paye pas de mine de l’extérieur, les petites chambres sont propres et claires pour un tarif peu élevé.

A défaut de l’agréable camping ombragé de Fruita dont la seule partie ouverte à cette date est complète, je trouve sans difficulté un endroit pour faire du camping sauvage immédiatement avant l’entrée ouest du parc de Capitol Reef, dans un secteur que j’avais repéré et qui est visiblement prisé pour cela.

Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Stockholm en décembre!
by Ithyakor · 2010-10-27 · 22 replies
Bonjour a tous! Je souhaite partir a Stockholm du 25 au 30 décembre 2010! Jaimerai avoir le plus de renseignements possibles😛 Quelles sont les températures ainsi que le climat en décembre? Qui a t il a voir, a faire absolument! Y a t il des vols, des compagnies moins chères? Bref j'ai besoin de toutes les infos possibles! Merci d'avance!!😉
Ouest USA: Erosion Fusion Passion (2ème Partie)
by Laurence49b · 2010-09-24 · 64 replies
Vous l'avez rêvé... vous l'avez demandé... tant pis pour vous !

Bali - Balo... Chapi – Chapo... Chapeau l'artiste; Je vais essayer de faire aussi bien !! (Patrick)

Le 16 juin



Aujourd'hui … Destination mythique de l'Ouest : The Wave... Gagnée pour la 3 ème fois consécutive par Laurence: ce qui défie toutes les lois de la statistique. Je ne vais pas m'en plaindre.

Nous allons chercher les permis à la station of Paria.

D'emblée, je suis surpris par l'atmosphère de recueillement et de silence qui règne dans cette pièce malgré un nombre important de personnes... Il faut dire que nous sommes à 5 mn du fameux tirage au sort et de l'obtention du fameux sésame...

Permis in the pocket, nous prenons la piste qui mène au parking et trailhead de «The Wave»

GPS en état de marche..Eau...Nourriture (fruits pour moi et cochonneries diverses pour Laurence)

Le trail, un mélange de sable et de slickrock ne nous paraît pas difficile, l'entraînement à Escalante paye, et puis la destination vaut bien cette marche si pénible soit-elle (amen)

Laurence ouvre la marche, elle connait ..comme si elle était dans son propre jardin...

La fameuse fissure en point de mire... droit dessus. Nous sommes seuls comme d'habitude.

Au bout de 1h30 heure de promenade, nous arrivons à... (peut-on encore trouver des qualificatifs à ce lieu)

… un bijou protégé par un écrin pour le moins aussi fabuleux... Un endroit qui défie toute imagination inventée par Dame Nature.









3 personnes sur le lieu... aucun souci pour prendre les photos... nous prenons notre temps.. cet endroit l'impose et nous l'impose... j'imagine la joie et le dilemme des premiers explorateurs (fallait-il garder ce point secret ?)

Nous prenons la direction de Second Wave... remarquable à ne pas manquer...



Nous essayons la «Sedonax way» pour atteindre Melody Arch sur le plateau. Impossible d'accéder, la voie nous paraît bien trop difficile... et avouons-le nous manquons d'expérience en escalade... Qu'importe ... plan B ... Nous décidons de redescendre vers le wash en direction de Boneyard et contournement de la vague... 150m de descente vers des roches multicolores...



un régal pour les yeux.. Nouvelle discussion, nous décidons de suivre le petit canyon un sympathique endroit sableux.



(Attention, pour les non sportifs, il y a un muret de 2m de haut, construit par je ne sais qui, à sauter) puis nous contournons «The wave» et poursuivons vers les «Teepees» pour aller admirer le fameux «Big Mac»

une randonnée entièrement dans le sable ! Et une grimpette en direction du plateau... vent et soleil nous accompagnent.





La Melody Arch doit-être dans le coin mais raisonnablement nous n'aurons pas le temps de chercher plus..Il faut songer à entrer. 6H de crapahutage commencent à avoir raison de nous. Il nous reste les 1h30 de retour...

Sur le chemin, nous rattrapons 2 jeunes randonneurs.

Sur le parking, ils nous demandent si nous pouvons les ramener au départ de la piste. Ils avaient laissé leur voiture là bas... ce que nous manquons pas de faire avec plaisir... solidarité du Wilderness oblige...

Ils nous apprennent qu'ils ont fait toute la piste à l'aller, à pied, pas trouvé de voiture !!!

Je comprends alors que nous les ayons rattrapés facilement... Ils ont toute mon admiration de spartiate.

Le surlendemain, une situation prouve leur sage décision, car une berline était bien plantée dans le sable à 20m de l'endroit où leur voiture était stationnée. Preuve qu'il ne faut pas faire n'importe quoi dans le wilderness!

Le 17 juin

BEE PLANT Cleome serrulata & COMMON SUNFLOWER Helianthus annuus & PHLOX longifolia

Edmaïer’s Secret.. Un endroit encore assez méconnu, mais pour combien de temps encore.

De nouveau sur la piste de House Rock Valley Road où nous rejoignons le wash.

1h de randonnée dans le sable sans aucune difficulté particulière.

Nous atteignons le point stratégique dit «les chenilles»





Nous grimpons le flanc du RIM et déjà nous apercevons ce qui fait la particularité de ce lieu... Une trame de pointes façonnées par le vent, un mélange de sable et de roches. Ce rempart de sarisses semble défendre cette place intemporelle.

Mais ce ne sont que des remparts de dentelles fragiles. Nous retrouvons cette architecture disséminée le long du rim. Nous faisons attention à ne pas les briser en faisant de larges détours pour éviter de marcher dessus.

Nous crapahutons et nous avons en ligne de mire la fameuse fissure de «The Wave». C’était hier déjà!!













A l’aller comme au retour, je suis à la recherche du secret, mais impossible de le trouver. Des Teepees, des hoodoos aux roches noircies se dévoilent... Ce lieu vaut que l’on s’y attarde.

Pour moi, le secret d’Edmaîer restera un mystère !!!

(Laurence) : en fait, Patrick a cherché pendant ces 4H ( j’exagère un peu ! ) un lieu photographié par Philippe et repart d' Edmaîer’s avec une touche d’amertume; quant à moi je ne cherchais rien en particulier donc heureuse comme à l'accoutumée…

Le retour se fait par le même chemin où l’on rencontre enfin une personne... Elle nous interpelle : aurait-elle besoin d’aide ? En fait, non !! Nous continuons notre chemin, une progression toute tranquille.

Parking : nous reprenons nos forces en nous restaurant, bientôt rejoints par le randonneur. Un chercheur de pétroglyphs, tout content de les avoir trouvés autour du wash et canyon adjacent. Amateurs de pétroglyphs… Cherchez !!! Il y en a dans le coin !! Ne cherchez plus, Sedonax a sûrement les coordonnées !!

Nous reprenons la piste jusqu’au parking de «The Wave» direction Wire Pass et Buckskin Gulch… petite randonnée d’1/2h pour accéder au slot canyon. Nous pénétrons dans l’antre, une petite dénivellation à franchir (facile et amusant)... hein ! qui m'a traité de gosse ! ... On a connu pire avec Crack Canyon et Peek-A-Boo Canyon !

Ce slot canyon est agréable à parcourir, nous arrivons au confluent avec cette vaste alcôve où des pétroglyphs se mélangent avec des noms plus récents.. Dommage, que ces vestiges archéologiques ne soient pas respectés comme il se doit..



Nous continuons un peu... 12 miles (mais non ! c’est la longueur total du canyon Je vous ai fait peur hein !! ) … quelques centaines de mètres et c’est le retour.

A l’avenir, je voudrais bien le parcourir sur une plus longue distance.

Comme il nous restait quelques forces (surtout Laurence), moi j'étais épuiiiisééé !!! une petite visite chez nos amis les Toadstools Hoodoos





Le 18 Juin

SPIDERWORT Tradescantia occidentalis

Une rude mais belle journée nous attend.. CBS et White Pocket.

Rendez-vous sur le parking de Outpost of Paria avec Steeve notre guide.

Steeve et Susan, le couple sympa d'outfitters propriétaire du Bed & Breakfast «Outpost of Paria» n'est plus à présenter, du moins sur ce forum...

La piste très sablonneuse qui mène à CBS/White Pocket nécessite un vrai 4*4.

Le trail est à l'image de la piste... du sable et encore du sable.

Steeve, un solide texan marche d'un bon pas : histoire peut-être de tester le «bétail». D'instinct, je lui colle à la roue (mais là, pas de roue de chariot)... Alors, je lui file au train (mais le train ne siffle pas, même pas 3 fois)... De guerre lasse, je lui colle aux basques (mais pas de Basques à l'horizon)... Je le suis pas à pas, et sa respiration m'indique qu'il n'ira pas plus vite...bonne nouvelle.

...resteront la chaleur et la soif à gérer... Mais ça, maintenant, nous savons le faire.

Au fait, et Laurence? … Laurence, tranquillement en arrière, occupée à photographier ses « feufleurs »... Elle va avoir un sacré bouquet à force d'en photographier.

CBS se dévoile... Dame Nature s'est déchainée sur ce lieu.. Des sentinelles de roc aux contours ciselés, striés, des gardes aux nervures dessinées par des millénaires de vent, de pluies et d'orages se dressent impassibles.

Nous déambulons au milieu de ces roches tourmentées, multicolores. Le sol , un mélange de slickrock et de sable participe également par ses couleurs pastels, à la magie du lieu. Epoustoufflant !!!

Sous un soleil de plomb, s'offre à nous, un chef d'œuvre de sculptures et de couleurs ouvert sur un horizon sans limite.

…Pour moi, le plus bel endroit de l'ouest américain...









La 3ème vague..



The Frog..







plus un petit trésor archéologique caché par Steeve (une flèche d'indien, une vraie !!!) Des souvenirs d'enfance remontent..du temps où l'on jouait aux indiens et aux cow-boy et pas derrière une console.

Puis, nous retournons au parking. A l'abri du soleil, protection bien maigre fournie par quelques arbres, nous nous restaurons de sandwichs «typical» américains... made in Susan... je bois même un coca.. ça faisait au moins 20 ans que je n'avais pas bu de coca... j'en avais oublié le goût... ça pique !! hein ! qui m'a traité de sale gosse !! donc, à dans 20 ans le prochain coca.

Comptez une bonne heure pour accéder à White Pocket...

Une colline d'un blanc presque immaculée se détache de l'horizon. C'est un contraste étonnant avec CBS et ses débauches de couleurs.



Mais au fur et à mesure que nous progressons dans la chaleur de l'après midi augmentée par la réverbération du lieu, des coulures aux couleurs chatoyantes jaune, orange, rouge et brun font leur apparition.. White pocket cachait bien son jeu.



Nous marchons au milieu de ce qui semble être l'atelier d'un maître pâtissier qui aurait laissé ses œuvres fondre au soleil.. un régal pour nos sens.. et nos sens régalés par cette pépite naturelle au milieu de nulle part.





Une journée sublime, où la fatigue n'aura pas de prise. Cela tombe bien, car nous avons RDV ce soir à Page au Ken's Old West, avec UTAFAN et ses amis : forumers que nous ne connaissons pas.. et MADSEB que je connais pour avoir savourer quelques pichets à Moabrewery en 2009 et 4x4 sur Top of the world!!

Une journée mémorable et une soirée toute autant !!!

Le 19 juin :

LUPINE Lupinus pusillus & MAIDENHAIR SUD FERN Adiantum capillus-veneris & PHLOX Phlox longifolia

Nous allons nous laisser traîner... pour une fois en 19 jours.

Départ prévu à la Marina à 7 h30. Autant dire que la levée du corps est pénible après la soirée au Ken’s Old West où nous avons fait presque la fermeture.. Merci à Utafan et sa bande sans oublier Madseb et sa petite famille.

Nous sommes en retard sur le timing.. Ca bouchonne déjà à l’entrée de Glen Canyon National Recreation Area

Bon à savoir, le pass « National Park » est valide pour rentrer à la Marina. Autrement, il faut payer uniquement en ca$h... normal, il faut payer en liquide pour le lac !

Heureusement que je connaissais les lieux, je n’ai pas à chercher le point de RDV qui est Marina Resort Hotel. C’est juste, mais le bateau nous attendait.. ouf !!!

Nous voilà sur « la baignoire » en direction de Rainbow bridge. 2h de traversée..

Plus de 100 m de profondeur qui cachent à tout jamais quelques vestiges archéologiques. Bien que son niveau ait baissé, la trace blanche de calcite en témoigne, le lac Powel demeure immense avec son dédale de canyons noyés.

Autrefois, ce dédale avait servi à sauver une famille de Navajos de la déportation organisée par Kit Carson.

Accostage et accès par pontons flottants, un aménagement typiquement à l’américaine nous mène à un petit sentier de randonnée. Autant dire que nous ne sommes pas seuls au monde. Ça nous change !!

Le Rainbow Bridge se dresse entre les deux rives tel un arc-en-ciel de roc, imposant majestueux. Je comprends que cet endroit soit sacré pour les indiens: aucun Navajo d’ailleurs ne passe en dessous.



55 mn pour apprécier, c’est peu ! Suffisant pour le touriste Lamda, mais l’accès est limité par la loi de la réserve. Nous ne pouvons pas vadrouiller aux alentours. Dommage !!! et frustrant.. mais respectons la loi tribale... puis c’est le retour vers Page.

Le lac s’est animé, jets boat et jets ski s’amusent à traverser notre sillage histoire d’avoir des sensations. Accostage au ponton de la Marina à 12h30.

Rainbow Bridge reste tout de même un endroit à visiter pour ceux qui s’arrêtent à Page.

Nous avons du temps: nous profitons de ce moment de répit pour faire le ravitaillement, lessive et nous restaurer.

Puis nous fonçons en direction d’Alstrom Point. Sur la route , nous faisons halte à Hanging Garden, un petit trail qui mène à un mur de végétation d’un vert prononcé abrité sous une alcôve. Ce lieu est à la fois particulier, rafraîchissant et sympa.



Direction Big Water.. après quelques hésitations, nous trouvons la piste, très roulante à ses débuts au milieu d’un paysage lunaire, mais à certains endroits sur la fin, elle se perd sur le slickrock, nous obligeant à des petites recherches.





Ici, le vent est maître des lieux, nous décidons de ne pas aller jusqu’au bout, et nous réfugier dans un endroit protégé, dominant le lac.

Des a-pics de roches rouges tombant sur le bleu du lac et la bande blanche omniprésente les séparant, renforcent la magnificence du lieu.



Bientôt, les eaux s’endorment, les lumières s’allument sur les bateaux amarrés dans les criques. Le lac devient paisible au coucher de soleil, plus rien ne vient troubler sa surface. Nous profitons des ces instants propices aux rêves… et à la rêverie…





Laurence souligne :

Patrick étant très peu loquace côté expression sensation; j’ose vous préciser avant de me réfugier dans un sommeil profond, le spectacle est d’un haut niveau, les couleurs contrastées bleu et colorado (oui ! celle-ci existe) /blanc cassé sont merveilleusement belles et inattendues. Grands moments aussi, inoubliables !

Le 20 juin

Vers Coal Mine

PHLOX Phlox longifolia



Debout pour assister aux premières lueurs de l'aube sur le lac, tout est paisible... Le soleil ne tarde pas à darder ses rayons, les eaux et les roches reprennent progressivement leurs couleurs diurnes. Il reste encore des lieux et des moments de calme dans ce monde... instants privilégiés... instants magiques.



Dans quelque temps tout va s'animer et reprendre vie.

Petit déjeuner frugal..toilette minimaliste , tout est rangé dans le 4*4... un dernier regard porté sur ce site magnifique. Let's go !

Direction Page et en route pour Coal Mine Canyon, cette journée ne devrait pas poser de difficulté particulière... Highway et pistes d'accès faciles.

En effet, nous atteignons sans problème grâce à son éolienne facilement repérable de la route, le 1er point de vue de ce canyon.

Quelques tables, quelques bancs, ce site est manifestement aménagé. Pour qui ? Vu que l'accès est simplement toléré et que randonner au fond du canyon est interdit pour qui n'est pas Navajo.

Ceci dit, le site ne manque de charme, et le canyon révèle ses trésors... des couleurs blanches, rouges et noires, des rochers déchirés des pitons aiguisés... au loin, nous devinons un Hole in the rock.

Nous déambulons le long du rim dans la limite de ce qui est autorisé... quoique nous ne voyons pas de limites dessinées.





Il est temps de rechercher le 2ième point de vue, nous essayons de repérer la «Gate» qui correspond au point GPS... Point de porte au point GPS !! mal-en-point !! est-ce le point final ?... Non point. Nous repérons un accès qui semble correspondre. Allez! Franco ! Franchissement!

Au passage, je remarque des cadenas, Tiens ! c'est inhabituel.. mais bon, nous continuons sur la piste....au fur et à mesure de notre progression, nous distinguons bien être un ranch, et des personnes y travaillant... Aucun doute possible, la piste y mène tout droit. Il m'est difficile de faire demi tour, et Laurence n'y tient pas particulièrement...

J'évalue rapidement la situation:

- Nous sommes en plein Navajoland. - Forte chance que cela soit une propriété Navajo dans laquelle nous allons débarquer sans y être invités! - Pas d'armes fatales: genre Galettes Saint Michel ! (Méthode éprouvée par Sedonax !!) - On nous «invitera» certainement à déguerpir. Je n'ose imaginer par quel moyen !

Voilà, nous apercevons moutons et chevaux... toute la panoplie d'un ranch et naturellement... Navajo !!!

Un sacré bonhomme bien portant, pas souriant.. un Navajo pure souche. Très tranquille; il s'approche (pas d'arme; c'est toujours cela de pris, au pire l'option coups de botte dans la portière)

A voir nos visages un peu contrits; très calme, il entame la conversation.Tout indiquant... que nous sommes dans sa propriété... forcément et très honnêtement, nous lui disons que nous en sommes désolés. Il devine que nous cherchons Coal Mine Canyon et indique la direction... Mais nous fait savoir, que nous pouvons admirer Coal Mine de chez lui, au bord du rim.

Avons-nous nous bien entendu, bien compris avec notre anglais un peu sommaire (enfin surtout moi)??? Pas de problème pour lui, il nous y invite!

Nous marchons encore surpris, au bord de la falaise et au milieu des crottes de moutons, puis nous décidons de ne pas abuser de l'hospitalité quelque peu impromptue de notre Hôte.

Nous reprenons la voiture.

D'un geste calme, il nous fait signe d'arrêter. Aie !!! Ça va être le moment de payer !! Il nous demande si nous avons du papier, un stylo. Laurence lui tend son carnet de voyage et tout de go, il dessine les accès pour Coal Mine et … tout de go... nous donne son nom car il est sur Facebook... et pas Nous... Nous éclatons de rire et après une bonne poignée de mains !! Promis, on se contacte par delà l'océan.

Imaginez la situation: nous sommes en Arizona.. en plein milieu de Navajoland et pénétrant dans une propriété privée sans y être invités et tranquillement ce Navajo nous donne l'occasion de nous faire partager ses idées , sa façon de voir le monde... bref : d'échanger.

Une situation cocasse, avec une dimension humaine, en toute simplicité et humilité, riche en émotion. Peut-être avons nous eu de la chance !!

Ironie du sort, malgré ses indications, nous n'avons pas trouvé la piste qui mène au second point de vue.

Mais peu importe, nous avons gagné un ami commun Laurence et moi sur Facebook où nous nous sommes inscrits depuis !!!!!

Donc ami (es) forumeurs, si vous débarquez un jour chez lui, dîtes lui que vous venez de la part de Laurence et Patrick «the lost frenchies» et lost, vous aussi par la même occasion!...Ca devrait bien se passer !!!

Aparté



Aujourd'hui, direction Red and White Canyon.

Par respect pour la tribu propriètaire de ce terrain, nous ne dévoilerons aucune indication

Le secret du lieu s'étiole au fil du temps, pour ne devenir bientôt plus qu'un secret de polichinel.

Nous jettons de la poudre de perlimpimpin pour encore garder le secret intact.

Une piste d'un accès aisée. Le canyon se dessine très vite à l'horizon et nous reconnaissons sa caractéristique spécifique qui donne à cet endroit son aspect unique.

Si à CBS et CBN, la nature a su montrer sa folie créatrice, Red & White est sans aucun doute, l'oeuvre conjointe d'un architecte et d'un décorateur.

Des strates bien définies, aux couleurs bien séparées, nous distinguons des figures, des formes, des fusions de roches. Des stries et des zébrures ornent des rocs qui s'entrelacent.









Nous repèrons « the Sedonax Castle » où une tour a chuté, le temps a fait son oeuvre et le propriètaire ne fait pas beaucoup d'entretien !





Fusion et entrelacs

Conscients d'être encore des privilégiés, nous adorons déambuler tout en discrétion sur le terrain plat du wash.. un lieu magique, digne de Merlin l'enchanteur et des chevaliers de la table ronde...

Magique ! Assurément.... mais...pour encore combien de temps ?

21 juin

PRINCE PLUME Stanleya pinnata

Plus particulièrement aujourd’hui, Laurence a une pensée pour sa fille qui passe le BAC de français.

Nous, nous plongeons dans l’immense bac à sable qu’on ne présente plus. Ce lieu représente «THE MYTHE» du Far-West : Monument Valley. Connu et reconnu de par le monde.

Tout a été dit et redit. Tout a été photographié et re-photographié, filmé et re-filmé depuis John Ford.

Mais nous aimons toujours autant ces paysages… Souvenirs de notre enfance vus au travers des écrans de cinéma et de télévision.

Monument Valley dans la brume !



La classique Piste Valley Drive: - Three Sisters - Totem Pole - Artist’s Point - John Ford Point







Nous envisageons de rejoindre la HWY 160 par la piste 6440. Une piste très roulante au moins au début.

De très belles vues sur Monument Valley et de Gypsum Creek. La piste se rétrécit au fur et à mesure et nous sommes bloqués par des sablons. Impossible d’aller plus loin. Nous décidons de faire demi-tour et nous reprenons la route classique.

Nous passons la frontière de l’état de l’Arizona, et roulons au travers de bourgs pauvres et tristes. Nous traversons une tempête de sable… Appelé un «grain» dans le langage marin... Nous traversons alors un «Grain de sable» !!!

Nous arrivons vers 18h30 à Chinle… Check in et en avant pour Rim South de Chelly et sa petite ballade du dimanche vers les ruines impressionnantes de White House (1h30). Il y a du monde sur la piste.

Je m’amuse des efforts déployés par certains et certaines pour remonter et je suis en admiration pour d’autres qui grimpent au pas de course.



Puis nous fonçons sur la vue imprenable de Spider Rock. Sous le coucher de soleil, il ressemble à un obélisque coiffé d’un pyramidion de rayons lumineux orange.



Ce canyon est vraiment imposant, dommage que nous ne puissions pas le parcourir seuls.





Le 22 juin

DESERT PLANTS

Nous prenons la rim North et stoppons à Antelope House Overlook dans le Del Muerto. Ce canyon est profond, immense et bien vert dans le fond.



Dommage que nous ne puissions pas l’aborder d’une autre façon et vadrouiller à notre guise.

Nous continuons notre route par Lukachukaï- Shiprock-Farmington en passant par le col ?? dont on n'a pas retrouvé le nom. Laurence est ravie, retrouvant ses paysages préférés (montagne, sapins, … la verdure)

En direction de Farmington... Shiprock



RDV à Farmington avec Lindy, la manager du Kokopelli B&B . On se convient d’un second RDV le soir vers 19h. Je ne sais pas pourquoi ? Je le comprendrais plus tard.

Nous profitons pour foncer vers Ah Shi Sle Pah. Le GPS est nécessaire pour trouver la dernière piste.

Sur le parking, rien ne se dévoile à nos yeux, il va falloir descendre en se faufilant dans des dépressions (des mini ravins) pour accéder au wash. La progression est aisée, sans aucune difficulté, c’est plaisant même...

Nous atteignons le wash et déjà nous apercevons les Hoodoos de couleur grisâtre, des piliers de cendre chapeautés d’une pierre blanche. Le silence règne. Nous sommes seuls, malgré un couple qui nous avait rejoint sur le parking.







Nous nous promenons le long du wash à la recherche des Hoodoos jaunes. Nous déambulons au hasard de ces formations... enchantés… Encore un lieu particulier du wilderness... des terres grisâtes séparées par une couche de cendre. Des Hoodoos de toutes les tailles, de toutes les formes, du bois pétrifié… un bonheur... un de plus !

Yellow Hoodoos





Round Rocks



A l'ombre des géants !



Assurément, Ah Shi Sle Pah est un ravissement de plus… Un lieu, vers lequel nous retournerons volontiers.

Sur le retour, une petite visite à Angel Peak.. sans plus…. Kokopelli Cave nous attend !! surtout Lindy la manager du Kokopelly Cave.

Lizzard & Tamias & Kokopelli

Il n’est pas dans la tradition de montrer en images les hôtels dans les carnets de voyage. Mais ce Bed & Breakfast est classé en 3ième position parmi les 10 endroits les plus particuliers dans le monde. Un endroit insolite, paisible. Vous êtes seuls au monde.

Il est un excellent souvenir pour nous deux.

Imaginez : un véritable appartement, une grotte creusée de main d’homme, à flanc de falaise à 100m de hauteur.

Imaginez: un énorme pilier au milieu de la grotte qui sert à la fois de soutien et de séparation des pièces ; chambre sur vue, cuisine, salon, salle de bain avec jacuzzi (s'il vous plait), kiva. Le tout équipé à l’américaine, il ne manque rien. Même les animaux sauvages des parages (écureuils, rings tail) ont leur nourriture entreposée dans leur frigo perso. Les propriétaires avaient vécu là auparavant.

Joliment décoré avec délicatesse et finesse par la maîtresse des lieux et ses filles, reprenant le thème du Kokopelli. Des Kokopelli partout ….

Donc RDV à 19h chez Lindy… Une personne assez frêle, énergique qui respire la joie de vie et la décontraction, (ce qui ne l’empêche pas de contrôler l’exactitude de ma CB ) et aussi… très bavarde... oui très très bavarde !

Moi, qui préfère l’action aux parlottes, je suis servi... très vite je décroche (mon anglais est plus que limité). Laurence semble suivre (normal, elles sont entre femmes !)

Lindy m’envoie vanne sur vanne, et malheur je ne peux répliquer.. je suis désarmé…Argh

Après une bonne heure de discutaille, elle nous fournit des Talky Walky, et nous voilà partis (enfin !) chacun dans sa voiture vers Kokopelli’s Cave.

Nous comprenons l’utilité de ce matériel, Lindy tout en conduisant commente les lieux traversés.

Arrivés sur le lieu retiré, autant dire que le 4x4 est conseillé et GPS devient indispensable si vous voulez retrouver ce lieu enchanteur.

Et c’est reparti pour un tour… le tour du propriétaire avec commentaires et vannes à profusion..

Bref, si vous êtes pressés ou fatigués, ne réservez pas !

Enfin, des mots que je comprends.. Lindy pour souhaiter la bienvenue, nous offre une bouteille de vin rouge : le choix .. Merlot ou Cabernet... au hasard... Merlot..

Lindy me tend la bouteille demandée et m’offre également la seconde... voici le style du personnage.

Ce n’est pas Lindy mais Super Lindy et son show bien rôdé! Une charmante personne rigolote sympathique que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

Il est à peu près 21h30 lorsque nous goûtons enfin le calme du lieu…. !!!!

2h30 mn de check-in... record à battre !!











Kokopelli

Pour les curieux et surtout les curieuses !: Qui est, ... ce Kokopelli ?

Kokopelli est un personnage mythique souvent représenté comme un joueur de flûte bossu, issu des anciennes croyances amérindiennes du Sud-Ouest des Etats Unis, il a plus de 3000 ans. Kokopelli était une image de la mythologie des Indiens Anasazi, symbole de fertilité, de joie, de fête, de longue vie. C’est aussi un ménestrel, un esprit de la musique, un conteur, un voyageur de commerce, un faiseur de pluie, un guérisseur, un professeur, un magicien farceur, un séducteur, un fertilisateur (il a d’ailleurs aussi comme autres noms "le Casanova Anasazi" ou "Cassanova of the Cliff Dwellers" car il est parfois représenté avec un attribut mâle d’une taille exagérée). Kokopelli possède la sagesse de l’âge. Ce voyageur joyeux a une leçon pour chacun. Sa plus grande leçon semble être de nous montrer que nous ne devrions pas prendre la vie trop au sérieux. Il est plus particulièrement présent dans le pays du « Four corners », Néanmoins des peintures rupestres le représentant ont été trouvées au Canada et au Pérou.

Dans certains mythes, la bosse de Kokopelli contient des graines, des plantes, des bébés, des mocassins et des couvertures, des sacs de chansons, des objets sacrés ou médicinaux, le tout étant destiné à être offert aux personnes qu'il souhaite séduire ou contenter. Tout en semant les graines cachées au creux de sa bosse, il chante et il joue de la flûte. Il insuffle, ainsi, dans les semences, le souffle de la vie. Il est le bienvenu pendant la saison des plantations de maïs et il est recherché par les épouses stériles. Dans d’autres mythes, il parle au vent et au ciel. On entend sa flûte dans la brise de printemps, apportant la chaleur après le froid d'hiver. Il incarne donc aussi la pureté et le spirituel de la musique. Selon cette légende, Kokopelli apporte la bonne fortune et la prospérité à celui qui écoute ses chansons. Sa flûte annonce sa venue et à son départ la récolte est abondante et toutes les femmes sont enceintes. (Laurence a dormi dans un endroit avec plein de Kokopelli... mince alors) Dans d’autres enfin, il possède un phallus proéminent voire détachable qui flotte en aval et qui, non détecté, imbibe les demoiselles se baignant dans le fleuve. C’était un grand honneur pour une femme de l’avoir comme « compagnon d’un temps de rêve » lors de sa venue dans un village. Kokopelli est donc une divinité positive, adorée des indiens, Son nom est composé de « KOKO » pour le bois et « Pilau » pour la bosse en langue Navajo et se prononce kô kô pel´ lê. Une autre étymologie en langue Zuni rapproche « Koko » de Dieu et « Pelli » du nom d’une mouche voleuse de dessert qui porte aussi une bosse et une trompe nasale proéminente. Il porte aussi d’autres noms tels que « Kokopilau », « Kokopele », « Kokopetiyot » et "Olowlowishkya".

Je laisse les femmes rêver du Kokopelli et le voyage continue........
Alaska!
by Mlefevre · 2010-09-19 · 91 replies
Bonsoir à tous, Voici le récit de notre voyage de cet été 2010 en Alaska. Ce ne fut pas toujours un long fleuve tranquille!

Pour le récit illustré, cliquez ici

Bonne lecture!

ALASKA ! Enfin ! L’idée d’aller en Alaska nous turlupinait, Fred et moi, depuis longtemps. On n’avait cependant pas envie de survoler superficiellement cet immense état américain (le plus grand, 3X la France) On voulait le découvrir sous son aspect le plus sauvage, loin de la civilisation, loin des routes, au plus près de la nature. Pas facile en 3 semaines de vacances. Pas facile avec 3 enfants. Il nous a donc fallu attendre patiemment qu’ils grandissent, physiquement mais aussi dans leur tête, car nous nous doutions que le wilderness sous ces latitudes est vraiment très « wild ». Bref, nous (Marie, Fred, Caroline 17 ans, Arnaud 15 ans et Marion 14 ans) débarquons enfin à Anchorage ce 01/08/10 et récupérons nos 180 kg de bagages… 180 kg !? Oui, on prévoit de commencer par une semaine de camping itinérant en kayak de mer, suivie de 4 jours de descente en raft : tout ça nécessite un sacré fourbi, d’autant que nous emmenons notre canoë gonflable. Comme je me doute que notre résistance à la rude vie au grand air alaskan risque d’avoir ses limites, je choisis de terminer notre voyage par la location d’un camping car pendant 10 jours. Avec un tel programme nous n’allons découvrir qu’une infime partie de l’Alaska, à notre rythme. Ce sera l’occasion d’y retourner !

Cogitations/préparatifs Pour les prix, voir dans la partie budget à la fin VOL Pour le vol, rien de bien compliqué : Condor Airlines, filiale lowcost de Lufthansa, opère des vols directs pour Anchorage depuis Francfort. 2h30 de route de Nancy, aéroport très pratique. Bien que cher (presque 1000 euro A/R) on n’hésite pas longtemps devant l’attrait d’un vol direct et le prix de toute façon assez élevé aussi des vols avec escale (pb des retards, correspondances ratées, bagages perdus, passage de douane…) passant par les US ou le Canada. KAYAK DE MER On avait adoré notre virée en kayak au Groenland et bien envie de recommencer. Le but était de se balader dans des espaces vierges, sans trop d’humains, sans ferry, bateau de pêche, vedettes à moteur… Bref sans autre bruit que celui des cascades, du vent et de la mer, des animaux et du crépitement des glaçons mêlé aux craquements sinistres des glaciers.. Euh….j’avais oublié celui de…la pluie ! Après avoir comparé les mérites respectifs de Valdez, Seward, Homer et Whittier (dans tous ces endroits on trouve à louer des kayaks de mer), je choisissai finalement cette dernière. Whittier est un endroit absolument glauque, le pot de chambre de l’Alaska avec une pluviométrie record, mais c’est une bonne base de départ vers la partie ouest du PWS (Prince William Sound : gigantesque baie parsemée d’îles, située au SE d’Anchorage) qui est une zone très abritée de la houle océanique du fait de la présence de nombreuses îles. Bien sûr il y a des endroits avec plus de glaciers (Valdez), plus d’animaux (Seward), mais cette zone me parait réunir pas mal d’atouts : protégée de la houle, quelques glaciers, de bonnes chances d’y voir des animaux, pas trop de difficulté pour y bivouaquer (la forêt pluviale, exubérante vient souvent jusqu’à la limite de la haute mer) Après quelques échanges de mail, je retenai Epicchartesr (Brooke le patron n’a pas été avare d’informations sur le coin) pour louer les kayaks : 2 doubles+1 simple. S’éloigner de la civilisation a un coût certain en Alaska car l’absence de route sur la plus grande partie de cet état nécessite le recours à un avion, hydravion ou bateau. En l’occurrence c’est en « watertaxi » (toujours avec Epiccharters) que nous nous ferons déposer à environ 75 km au sud de Whittier (au-delà des zones de pêche), puis récupérer un peu plus loin une semaine plus tard. Pourquoi ne pas prendre un tour guidé ? Ben… parce que quand on ne peut compter que sur soi-même, les sensations sont décuplées !

RAFT C’est précisément pour éviter le coût non négligeable d’une dépose aérienne (à 5+ matos de camping+bateaux il faut 2 rotations car les coucous sont minuscules) que je choisissai finalement de descendre la Chulitna. Après avoir demandé des devis pour accéder à des rivières perdues dans le nord de l’état, je réalisais que, d’une part cela ferait exploser le budget, d’autre part cela nous demanderait d’y consacrer beaucoup de temps (il faut le temps de monter là-haut et d’en redescendre+journée de sécurité pour le vol de dépose, idem pour la reprise) 3 ou 4 jours me semblaient la bonne durée : assez longue pour bien entrer dans l’ambiance du trip, assez courte pour ne pas engendrer de monotonie. Les enfants voulaient que ça bouge un peu (on a été servi…) Je ne voulais pas d’une rivière trop près d’une route. Je ne voulais pas de portage. Je voulais enfin avoir la possibilité de voir des animaux et de beaux paysages. Je jetai donc mon dévolu sur la Chulitna pour laquelle le point de mise à l’eau est accessible par la George Parks Highway et qui après 77 miles passe – comme c’est pratique- dans le village de Talkeetna. La Chulitna passe dans la même vallée que la George Parks Highway, à une distance de plusieurs km si bien qu’on ne perçoit pas sa présence (sauf sur qq km au début où l’on entend un peu la circulation). En cas de problème il ne faut toutefois pas trop compter pouvoir rejoindre la route car le terrain est difficile : forêt impénétrable, marais, ravins… Elle longe sur son flanc est tout le massif du Denali, plus haut sommet d’Amérique du nord qui culmine à 6029m. Elle court ainsi dans une vallée glaciaire du nord vers le sud, recevant plusieurs affluents qui augmentent considérablement son débit (de 1 à 4 entre le début et la fin de notre parcours) Cette rivière étant classée II+ voir III en cas de fort débit, je préférai louer un raft plutôt que des canoës gonflables . (Bien m’en a pris, boudiou !) Craignant que les enfants ne s’ennuient sur le raft, je décidai d’amener notre canoé gonflable (super bonne idée) Je réservai donc un raft Aire de 15’chez Alaska Raft Connection (à Anchorage) dont le patron Brian est très réactif. J’ajoutai dans nos bagages une galerie gonflable Handyrack et des sangles car transporter un raft et ses avirons n’est pas une sinécure.

VOITURE Après plusieurs jours de recherche sur le net, je tombai enfin sur un tarif tout à fait raisonnable (pour l’Alaska hein !) pour la location d’un Dodge Grand Caravan chez Alamo. C’est fou, les prix vont de 1 à 5 ! Bien chercher avant de se décider donc. Pourquoi louer une voiture pour faire du kayak et du raft ?! Ben, pour les transferts pardi ! En fait, les transports en communs pour 5 sont + chers qu’une location et en plus impraticables avec tout notre fourbi. Pas le choix donc, même si ça fait râler de louer une voiture pour la laisser 7+4 jours au parking… Voiture quasi neuve, 12000 miles au compteur, récupérée en 5 minutes en arrivant à l’aéroport.

CAMPING CAR Bien moins cher à partir du 15 août, on a sauté sur l’occasion. On a donc loué pour 10 jours chez Great Alaskan Holidays un camping car de 25’, nécessaire et suffisant pour 5 personnes. On ne voulait pas plus grand afin de pouvoir rester relativement « agile »… Organisation parfaite, camping car étincelant. Il y a PLEIN de camping cars en Alaska et ça se comprend : on peut s’arrêter où on veut, en « pleine nature », en toute légalité (ce qui n’est pas le cas dans beaucoup d’autres états américains). Vu les distances, la rareté et le coût de l’hôtellerie, la qualité de la « restauration » tout-venant, c’est une solution qui serait presqu’idéale si ces bestiaux ne consommaient pas 25 l/100 km minimum (26 en ce qui nous concerne en roulant hypercool)

SECURITE Rassurez-vous je ne parle pas des Américains, en général vraiment sympas mais de la Nature et de ses Habitants. Prévoyant de nous balader dans des coins perdus, en bonne santé mais pas à l’abri d’une gamelle, crise d’appendicite - que sais-je encore - dans une nature réputée pour sa population d’ours (noir et grizzly) je préférai louer (chez Alaska raft Connexion toujours) un téléphone satellite et un bear spray (spray répulsif contre les ours) pour la partie kayak et raft. Je louai aussi (cette fois chez Epiccharters) une VHF (finalement inutile car il n’y avait pas un chat là où nous avons fait du kayak et la portée de cet appareil est très limitée) Enfin je décidai de fabriquer une « bear fence », clôture électrique anti-ours (destinée à entourer la tente), afin de pouvoir dormir un peu plus sereinement. J’ai trouvé tous les ingrédients en Europe (je ne voulais pas commander aux US à cause des frais de douane+dossier éventuels) Evidemment cet attirail ne dispense pas de respecter aussi scrupuleusement que possible les consignes pour éviter des rencontres trop rapprochées avec les ours. La rando en kayak se déroulant dans la Chugach National Forest, Epiccharters avait récupéré pour nous auprès du visitor center cinq boîtes anti-ours destinées à stocker la nourriture et les trucs odoriférants qui pourraient intéresser ces gourmands. Bien pratiques pour s’asseoir mais d’un volume insuffisant pour une semaine d’autonomie. Un peu encombrantes dans les kayaks même si heureusement elles tenaient verticalement entre nos jambes. Pas étanches, dommage.

Le voyage (Dim 01/08/10) Ouf, l’hôtesse de l’enregistrement ne moufte pas quand elle nous voit enregistrer 8 sacs pour 5 personnes. Depuis peu la franchise de bagages en soute est limitée à 1 sac de 23kg/personne mais comme les billets ont été achetés l’année dernière, nous bénéficions encore des 2X23kg. On décolle enfin avec 3h de retard (on s’est donc levé à 4h du mat pour rien…) 8h45 plus tard, après avoir survolé le Groenland puis (chance !) aperçu le Denali émergeant d’une mer de nuages, nous nous posons vers 14h à Anchorage. Il fait gris mais il ne pleut pas, environ 17°C. On récupère la voiture au terminal domestique en un clin d’œil et après nous être trompés d’adresse (j’avais noté l’adresse postale, ne nous énervons pas… une adorable commerçante nous a retrouvé la bonne adresse sur le net), on déniche enfin Alaska Raft Connection, dans un hangar près de Lake Hood juste à côté de l’aéroport pour récupérer le tél satellite et le bear spray. Le dépaysement est immédiat car ce lac sert en fait d’aérodrome pour les hydravions. Il y en a des centaines, garés sur l’eau ou sur les parkings. Si le trafic sur le gros aéroport parait modeste, ici, ça turbine ! Ce spectacle nous occupe bien en attendant que notre téléphone atterrisse ! Enfin, il arrive : une famille de Suédois (avec un garçon de 15 ans et une fille de 18 ans) vient de rentrer en hydravion d’une randonnée de plusieurs jours en raft sur la Talachulitna River. Ils ont attendu leur hydravion pendant plus de 24h à cause du mauvais temps et sont affamés. Ils ont eu de la pluie quasiment en permanence… On compatit… « I wouldn’t do it again » dit sobrement la maman. Bien, bien, bien… Je me rassure en me disant que la météo a l’air tout à fait correcte pour les jours à venir. Ils ont tout de même vu un ours, un lynx, des élans et pas mal de moustiques (ça m’inquiète un peu cette appréciation, surtout venant de Suédois !) Brian nous explique que le mois de juillet a battu tous les records de pluviométrie. Bon…ça ne peut que s’améliorer en août, pas vrai ? Bref, ils avaient 2 tél satellite (on n’est jamais trop prudent mais j’avoue que ça ne m’était pas venu à l’idée. Peut-être avaient-ils des impératifs professionnels ou familiaux nécessitant de fréquents appels) On récupère celui qui n’a pas servi et dont la batterie est pleine. Direction ensuite le Wal Mart pour les courses de bouffe et achat de gaz : on vide le rayon de ses 4 dernières petites cartouches. Enfin nous prenons la route en direction de Girdwood , petit village situé à environ 1h de route d’Anchorage en direction de Whittier, le long du Turnagain Arm, gigantesque bras de mer entre Anchorage et la Péninsule de Kenai. Le temps est bouché, je suis cuite, ça circule énormément, pas de photos. Il y a un monde fou sur cette route mais les chambres que j’ai réservées dans l’AJ de Girdwood : GABI (Girdwood Alaska Backpacker Inn) sont au calme sur l’arrière. A 20h après 26h de route/avion/courses/route, on s’écroule enfin !

En route vers Point Nowell (Prince William Sound PWS) Lu 02/08 Avec 10h de décalage horaire, on est réveillé à l’aube et ça tombe bien car on a RDV à 7h45 avec Epiccharters. Pas le temps de profiter de l’auberge, pourtant bien sympathique. On passe le tunnel (12$, circulation alternée sur une seule voie pour les voitures et le train) sans attente si bien qu’on a le temps de visiter Whittier et ses alentours (il n’y a que qq km de routes) Sous la pluie, dans le brouillard, on aperçoit notre premier aigle pêcheur, ravis. On se rend compte qu’avec la fatigue d’hier on a mal compté le nombre de jours de bouffe à acheter : du coup on rachète à prix d’or un ou deux paquets de nouilles à la petite épicerie du coin et on se laisse tenter par une machette/scie qui plait bien aux garçons. Quelle bonne idée ! Les kayaks nous attendent, parfaitement préparés, disposés sous un auvent (ça tombe bien il pleut toujours) juste en haut de la passerelle qui mène au ponton où est amarré le bateau. Matériel impeccable (2 Seda Tango et un Prijon Seayak ), rien ne manque. On récupère la VHF. Grand déballage de printemps, on retire tous les emballages inutiles, emballe tout ou presque dans des sacs étanches. Pas le temps de vérifier que ça rentre dans les kayaks, faudra bien ! Après avoir signé moult décharges, embarqué les kayaks sur le watertaxi, écouté comme dans l’avion les consignes de sécurité (difficile de ne pas sourire discrètement), c’est parti pour 1h30 de navigation tape-cul à fond avec les 2 moteurs de 200 CV. Le GPS indique 55 km/h. Faites le calcul… Sur le trajet on ne voit pas grand-chose, brouillard… On arrive un peu groggy sur la plage (de galets hein !) de Point Nowell : en un clin d’œil nous voilà débarqués avec armes et bagages. « Enjoy ! » nous lance Brooke puis le bateau disparait très vite dans le brouillard. Bon ben, ‘y a plus qu’à ! Le tour du propriétaire est vite fait : la plage fait 300 m de long, 30 de large (3 à marée haute), au-delà la côte est faire de rochers infranchissables. Sur toute sa longueur elle est bordée d’une épaisse forêt pluviale. Seul 2 ou 3 endroits permettent de planter une tente à sa lisière. On choisit le plus plat, juste suffisant pour notre tente de 6 personnes. On n’y voit pas à 10 m dans cette forêt et moi qui depuis des mois lis tous les jours des histoires d’ours, je n’en mène pas large ! Les autres me prennent pour une parano, à jeter sans arrêt des coups d’oeil dans tous les coins. En plus il y a des crottes d’ours un peu partout ! Très vite, on retrouve nos habitudes de bivouac en famille : Caroline et moi montons la tente tandis qu’Arnaud et Marion ramassent du bois pour faire un feu (heureusement il y a plein de bois flotté, pas besoin d’aller farfouiller dans cette forêt touffue pleine d’ours) et Fred se lance dans la popote. Repus, crevés par le voyage et le décalage horaire, nous décidons à l’unanimité de ne pas bouger aujourd’hui et les enfants et moi filons faire la sieste tandis que Fred, fidèle à son habitude, s’oblige à adopter de suite les bons horaires. Bien lui en a pris car un peu plus tard il nous appelle : 2 ou 3 baleines croisent à quelques centaines de mètres, on entend même leur souffle, chouette ! Après cette digression, on resombre dans le coma et on n’émerge que pour le repas du soir. Il fait très bon, pas de vent, pas de moustique à ma grande surprise, pas vu d’ours non plus pour le moment. Tiens, un lion de mer vient nous rendre une petite visite. Pas fait de photo vu le manque de lumière, persuadée qu’on en verrait d’autres après : mais nan ! J’insiste pour attacher la bouffe en hauteur ; pas facile de trouver un endroit propice. Ce serait ballot de se faire piquer la bouffe dès le 1er jour ! Depuis, j’ai vu des vidéos qui m’ont convaincue qu’un ours noir est capable d’acrobaties auxquelles notre installation n’aurait pas résisté longtemps… Nuit pas vraiment réparatrice du fait du décalage horaire et du sentiment de claustrophobie généré par cette épaisse forêt qui nous entoure. De plus il y a eu un bourdonnement continuel de bateaux à moteur qui ne s’est interrompu qu’au milieu de la nuit. La mer est très calme, bordée de côtes montagneuses et le bruit porte très loin.

Vers Ewan Bay (Ma 03/08) On se lève avec le jour et le soleil nous gratifie d’un magnifique spectacle ! Quel silence, les pêcheurs sont au lit ! On profite de la chaleur du soleil pour faire sécher la tente, la lumière est incroyable. On a bien fait de se lever tôt car à 6h30 le soleil disparait. C’est tout pour aujourd’hui ! J’inaugure le sac étanche Ewa Marine pour l’appareil photo. J’ai comme objectif un 24-105 mais dans ce sac je ne peux que déclencher : impossible de zoomer, toutes les photos sont donc prises au 24 mm, ni de régler quoi que ce soit. De plus il faut de la persévérance pour réussir à appuyer sur le déclencheur à travers cet épais plastique. Enfin il faut plusieurs minutes pour entrer/sortir l’appareil photo du sac. Seule qualité du bazar : c’est vraiment étanche ( a trempé pendant des jours dans l’eau stagnant dans la jupe). Si c’était à refaire j’achèterais plutôt un compact étanche. Je suis très déçue par la qualité des photos, souvent « voilées » par la partie en verre qui recouvre l’objectif qu’on ne peut pas garder propre (embruns, pluie). Le fait de ne pas pouvoir zoomer est évidemment très gênant. Pour le caméscope Fred utilise un caisson étanche qui l’autorise à utiliser toutes les fonctions du cam mais il a de gros problèmes de condensation, malgré l’utilisation de silicagel. On est sur l’eau à 7h15, pas mal ! Après une bonne heure de pagaie nous approchons de Junction Island où Brooke nous a indiqué une colonie de phoques. En effet, jusqu’ici nous avions croisé quelques phoques épars mais sitôt viré un premier caillou, c’est la débandade ! Il y en a partout, des dizaines. Certains disparaissent discrètement sous l’eau sans un frémissement tandis que d’autres manifestent leur mécontentement d’être ainsi dérangés par de violents coups de reins avant de plonger. Ils s’éloignent d’une vingtaine de mètres tout au plus et-curieux- nous observent attentivement. Trop mignons s’exclament les enfants. Oh les bonnes têtes, regarde çui-là ! Et là derrière, il nous suit ! Bref, un régal. On débarque sur « leur plage » jonchée de crottes de phoques (je vous passe les détails mais ça p… autant que des crottes d’oiseaux) Ils sont là tout autour de l’île à nous observer patiemment. Dès que nous réembarquons, ils reprennent possession de leur territoire : bon débarras les perturbateurs ! (à notre décharge, il nous fallait ajuster les cales-pieds…) Nous longeons ensuite la côte ouest de Chenega Island, et c’est un régal. On se faufile entre la côte et une multitude d’îlots touffus qui donnent l’air de déborder de végétation. Malgré le ciel couvert, l’eau vert émeraude contraste avec le jaune des algues et le vert profond des forêts. A cet endroit la côte est particulièrement découpée et c’est une surprise renouvelée au détour de chaque îlot ou de chaque baie. Nous qui sommes plutôt des voileux apprécions vraiment de pouvoir jouer au rase-cailloux sans souci de tirant d’eau. Encore plus mignonnes que les phoques, les loutres égaient notre journée. Plus on va vers le sud, plus elles sont nombreuses. On rencontre plein de mamans qui font la planche avec leur petit sur le ventre. Parfois elles rêvassent ou elles dorment et on peut s’en approcher à quelques mètres puis, surprises, elles s’enfoncent dans les flots après un petit sursaut. Brooke m’a indiqué au fond de Ewan Bay la présence d’une cascade d’eau salée. Lors du gros tremblement de terre de 1964, un décalage est apparu entre une toute petite crique et le reste de la baie si bien qu’à certaines heures de la marée cette crique se vide par une cascade d’eau de mer ce qui crée une mousse identique à celle générée par une tempête. Nous nous dirigeons donc vers le fond d’Ewan Bay quand il se met à pleuvoir. Après cette première matinée de pagayage on en a plein les bras et on décide de se trouver d’abord un endroit pour la nuit car les opportunités sont plutôt rares. Miraculeusement on trouve un endroit que Brooke nous avait indiqué, sur une petite île dans un endroit relativement dégagé qui me plait infiniment plus que notre emplacement d’hier. Ici, ni trace ni crotte d’ours. Comme hier, il n’y a pas de ruisseau à proximité mais nous avons 2 bidons de 15 litres donc une autonomie d’au moins 3 ou 4 jours. Une fois la tente montée, il pleut de plus belle et nous préférons remettre au lendemain la visite de la cascade, située à 2 ou 3 km. Fred s’installe pour faire à manger : rien à faire, le réchaud (Primus Omnifuel ) ne veut pas démarrer ! Lui qui avait fonctionné comme une horloge au Groenland refuse obstinément de s’allumer alors que j’ai choisi cette fois d’utiliser du gaz plutôt que de l’essence car cela pose théoriquement moins de problème. Hier il a marché au poil… Gros coup de stress : nous voilà bien avec nos kilos de pâtes et de riz prévus pour toute la semaine. Bien sûr on a un téléphone satellite et la possibilité de nous faire récupérer par Epiccharters mais ce serait trop la honte, dès le 2ème jour ! Pas question ! « On va faire un feu, histoire de conjurer le sort ! Ca va faire marcher le réchaud ! » Ben voyons… Fred le démonte et le remonte X fois de A à Z, je tente aussi ma chance, des fois que… Niet ! Il pleut toujours : on se dépêche de ramasser bois et brindilles encore pas trop mouillés pour allumer le feu, tandis que Fred autopsie encore le réchaud. Quelle bonne idée on a eu d’acheter cette machette à Whittier ! On envisage la possibilité de cuisiner midi et soir au feu de bois mais s’il continue à pleuvoir ainsi, ça va être impossible sans allume feu. M…. de m… Quelle c… de ne pas avoir pris un 2ème réchaud ! C’est quand même le B.A.BA quand on va dans un coin perdu ! Du coup on n’a même plus faim, sauf les enfants ! Alors que le feu démarre enfin nous percevons soudain un ronflement puissant : ça marche ! Enfin si on peut dire : jouant le tout pour le tout, Fred a élargi le trou de la buse et la flamme ressemble maintenant à celle de la fusée Ariane mais elle se maintient. Ouf, sauvés ! Il consomme certainement plus mais on a prévu large en gaz. Aujourd’hui nous n’avons ni vu ni entendu le moindre bateau !

Vers Gaamak Cove (Me 04/08) Il pleut toute la nuit et au petit matin nous réalisons que nous avons douillettement dormi sur un lit de tourbe à présent totalement imbibée d’eau. Heureusement la tente est bien étanche. Après cogitation nocturne, je réalise que ce matin la marée n’est pas propice pour voir la cascade. Tant pis on laisse tomber d’autant plus que je ne sais pas trop où nous pourrons trouver à bivouaquer pour la prochaine étape. La carte mentionne bien un bivouac au sud de Jackpot Bay mais Brooke a l’air de douter de son existence. Nous replions le camp sous une pluie persistante et c’est reparti ! On se faufile le long de la côte, toujours au plus près des rochers, croisant des dizaines de loutres. On ne se les signale même plus, elles sont devenues banales. Idem pour les aigles pêcheurs, très faciles à repérer avec leur tête blanche. Moins banal cet ours noir que l’on aperçoit s’enfuyant dans une zone herbeuse, pour une fois non envahie par la forêt. Je pense que nous l’avons effrayé, ce qui nous rassure, ainsi que sa petite taille. On dirait un gros chien s’exclament les enfants. Oui, disons un gros terre neuve, c’est vrai. Un peu plus loin, nous remarquons un arbre qui se balance en cadence alors qu’il n’y a pas la moindre brise : un ours noir y est grimpé et ne nous a pas vus, il a l’air de bien s’amuser. Nous l’observons quelques dizaines de secondes puis il disparait dans la forêt. A présent il pleut des cordes et ça dégouline de partout : des cascades éphémères, qui pour certaines ont un débit impressionnant. Elles se succèdent tout au long de la côte alors qu’hier, avant la pluie, nous n’en avons pas vu une seule. Bien que la visibilité soit des plus réduites, nous reconnaissons bientôt nos premiers icebergs. Plus nous avançons vers le sud, plus ils sont nombreux. Ils ont l’air de fondre à toute vitesse. Comme je le craignais le bivouac espéré et indiqué sur la carte au sud de Jackpot Bay n’existe pas. Il y a bien une grande plage de galets mais la forêt occupe tout l’espace jusqu’à la mer. Ca fait déjà quelques heures que l’on pagaie sous la flotte, les garçons sont trempés, on débarque en vain en plusieurs autres endroits sans succès. Pas le moindre recoin pour la tente. Bon, ben, Gaamak Cove est à 8 km, on en a pour 2 heures, allons-y, ça va nous réchauffer. Le vent se lève, de face bien sûr et on utilise au mieux les reliefs de la côte pour s’en abriter, pas toujours possible. Heureusement avec cette pluie (positivons) il reste faible. On arrive enfin en vue du bivouac, situé sur une île reliée au continent par un isthme étroit à marée basse. Les craquements du glacier (situé au-delà) sont de plus en plus intenses. On adore ! Nous sommes accueillis par les cris de centaines de mouettes. Une cascade magnifique tombe de la falaise où se trouve la colonie d’oiseaux. Il pleut des cordes, on ne passe pas tout près (rappelez-vous que je n’ai que mon 24 mm), ça manque de lumière, j’en ai plein les pattes : je ferai une belle photo demain... Ce bivouac est du tonnerre ! Pas étonnant qu’il ait l’air relativement fréquenté : l’herbe est « usée ». Tiens, il y a plein de traces et de crottes d’ours partout, hum ! Du bout du pied, en tâtonnant, on se choisit l’endroit qui fait le moins sploutch quand on prend appui. La vue est dégagée, il y a de l’espace pour se promener un peu et on est au milieu des fleurs et des glaçons. Ne manque que le soleil ou au moins l’absence de pluie (à la longue, on devient moins exigeant) On monte le tarp pour se changer. Alors que nous portons des combinaisons théoriquement étanches et respirantes, Fred et Arnaud sont trempés jusqu’à l’os (Fred a une vieille combin’ Helly Hansen et Arnaud une combin’ Rasdex comme Marion mais moins imperméable, pourquoi ?), Marion a les épaules humides et Caroline et moi sommes sèches (c’est nous 2 qui avons les combin’ les plus simples et les moins chères pourtant, des Typhoon Racer drysuits) Ce serait bien que la pluie cesse un jour afin de pouvoir un peu faire sécher le matériel. A la longue, l’humidité commence à s’infiltrer un peu partout. Heureusement la tente est bien ventilée mais il est pourtant impossible avec cette humidité ambiante d’y faire sécher quoi que ce soit. On verra bien demain. Pas de feu ce soir, tout est absolument détrempé ! Comme on a bien avancé (20 km à vol d’oiseau sous la flotte) on décide de rester là 2 nuits. Il n’y a en ligne directe qu’une trentaine de km entre l’endroit où on s’est fait déposer et celui où nous allons être récupérés. Le but n’est pas d’aligner les km mais de découvrir cette région tranquillement à notre rythme en explorant criques et baies. Les américains ont d’ailleurs pour habitude de se faire déposer avec tout le confort moderne (glacière, bières, barbecue, grande tente moustiquaire, fauteuils…) dans un endroit sympa et de rayonner à partir de là. Compte-tenu des aléas météorologiques, je ne voulais pas d’un parcours trop ambitieux qui nous aurait obligés à forcer ou à prendre des risques pour être au RDV à la fin de la semaine.

Gaamak Cove-Nassau Fjord-Chenega Glacier (Je 05/08) Il a plu toute la nuit, pfff… Enfin, la pluie finit par s’arrêter en début de matinée, il était temps. Le moral remonte avec le baromètre : on va peut-être enfin découvrir les sommets qui nous entourent ? On profite de l’accalmie pour « recharger les batteries » : une grande opération séchage est décrétée mais pour cela, à défaut de soleil, il nous faut un bon feu. Il n’a pas fallu moins de 1h30 à Fred, armé de son réchaud supersonique, pour obtenir enfin un vrai bon feu qui chauffe. Pendant ce temps-là on se disperse tous azimuts en chantant « promenons-nous dans les bois… « (enfin, surtout moi) pour trouver du bois. C’est moins facile qu’ailleurs car l’endroit est régulièrement fréquenté. Inutile de dire que le bois est trempé. C’est alors que je réalise que ma belle cascade au débit si impressionnant est désormais réduite à un mince filet d’eau insignifiant. Flûte ! Je comprends aussi que le ruisseau tout proche repéré hier et auquel je comptais refaire le plein doit lui aussi se réduire de minute en minute : en effet, il n’y coule plus que quelques gouttes d’une eau teintée de tourbe. J’y recueille péniblement quelques décilitres puis abandonne. On a encore quelques litres en réserve. En début d’après-midi le temps se lève et on aperçoit du ciel bleu : en route donc pour explorer Nassau fjord, tout proche, où se jette le Chenega glacier. On n’oublie pas de prendre les bidons, fermement décidé à trouver enfin de l’eau. C’est marée haute et on peut donc prendre le petit raccourci au milieu des glaçons. On profite de l’étale pour remonter le fjord, sans oser s’approcher trop près du glacier. Nous en sommes là à 2 km d’après le GPS et ça nous semble bien suffisant. Nous dérangeons quelques phoques vautrés sur les icebergs. On va faire le plein dans ce petit chenal où on a enfin dégoté une cascade relativement accessible où on peut remplir un bidon sans se faire doucher en même temps. Puis le courant s’inverse et nous nous retrouvons sur un véritable tapis roulant d’icebergs qui nous emmène lentement mais sûrement vers notre bivouac. En plus on a un peu de vent dans le dos. Cool ! D’autant plus que le soleil arrive ENFIN. Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Ca fait du bieeeeeeeennnnnnnnn ! Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Que c’est bôôôôôôôô ! Non ! Caroline ne s’est pas transformée en Shiva. Elle a simplement récupéré la pagaie perdue par Fred, tout absorbé qu’il était par le maniement du caméscope qui avec la chaleur du soleil se remplit de buée ! Petit arrêt Twix au soleil, mmmmhhhh ! On fait le tour de notre îlot pour aller voir cette colonie d’oiseaux de plus près. Ils sont des centaines à virevolter au-dessus de nos têtes par vagues coordonnées. Curieusement et à notre grande satisfaction, nous ne recevrons aucun « cadeau » On approche les nids de tout près (heureusement, avec l’objectif que j’ai…), il n’y a pas de houle et on est vraiment au pied de la falaise. Je fais plein de photos, espérant en avoir quelques unes qui soient nettes vu que je ne peux pas régler la vitesse. On quitte finalement cette colonie assourdissante pour pagayer vers notre bivouac situé juste au-dessus de la plage sur laquelle j’aperçois soudain… un ours noir, encore un ! Il déambule tranquillement, totalement indifférent à notre présence, pourtant c’est sûr il a du nous voir, nous sommes à 150 m tout au plus. Youpi !! M….. ! Full card !!! Ma carte mémoire est pleine de photos d’oiseaux floues ! Pas trop de regret tout de même car on est trop loin pour le 24 mm et on ne veut pas s’approcher de peur de faire fuir la bestiole. Fred « l’attrape » au caméscope. Il prend son temps, zigzague, renifle, gratouille le sable et parcourt finalement toute la plage d’un bout à l’autre pour traverser le petit chenal avant d’aller longuement inspecter une zone herbeuse sur « le continent » où on l’observe encore un bon moment avant qu’il ne disparaisse. On est tout content de cette apparition mais aussi un peu inquiet car, en gros, vu sa trajectoire, il venait sans doute de notre campement. Dans quel état allons-nous le retrouver ? Intact ! Il faut dire que la bouffe est dans des sacs ou bidons étanches ce qui doit limiter les odeurs. On avait aussi allumé la clôture électrique qui protège la tente, pas envie de se retrouver « à la rue » avec ce climat ! Ouf ! Quelle journée ! Le glacier, les icebergs, les oiseaux et pour finir cet ours et tout ça avec du soleil ! La fin d’après-midi se passe à buller au soleil. Pour une fois il y a quelques mouches et moustiques si peu nombreux que Fred néglige de mettre du produit anti-moustiques. Il le paiera cher avec l’apparition, curieusement quelques jours plus tard, de dizaines de piqûres douloureuses dans le dos, sur les jambes et les bras. On découvre émerveillé le paysage qui nous entoure, c’est grandiose et poétique en même temps. Arnaud et Marion fourbissent leurs armes (des bâtons taillés en pointe) pour les chamallows grillés de ce soir. Avons-nous été repérés à cause de l’épaisse fumée générée par notre feu de bois mouillé ? Vers 20h30, nous voyons arriver 3 kayakistes dans « notre baie », scrogneugneu. Très vite, nous somme rassurés, ils doivent être aussi sauvages que nous car ils vont s’installer sur le continent, précisément là où l’ours avait longuement reniflé l’herbe avant de disparaitre. Faut-il les prévenir ? Bah, de toute façon tout le monde ici sait qu’il y a des ours : le coin est jonché de traces et crottes. Ce sont des grands garçons, laissons les tranquilles. Très bonne nuit sans pluie !

Vers Dual Head (Ve 06/08) Il fait « beau », c’est-à-dire qu’il ne pleut pas mais il n’y a pas de soleil. Au moment où nous chargeons les kayaks, un de nos voisins vient nous dire bonjour (c’est marée basse et le chenal est à sec) Ils ont eu ce matin la visite de l’ours qui heureusement s’est révélé » très timide ». Il nous demande des infos sur la quantité de glace dans le Nassau Fjord où ils comptent aller aujourd’hui. Apparemment l’endroit a l’air assez piégeux : Brooke nous avait d’ailleurs déconseillé d’y bivouaquer car selon le vent et le courant il arrive que l’on puisse y rester bloqué par la glace. Ils se sont fait déposer sur Knight Island et se feront récupérer dans quelques jours à Point Nowell. Aujourd’hui nous avons une courte étape jusqu’à Dual Head, lieu de RDV pour notre « pick-up ». Nous allons y passer 2 nuits ce qui nous permettra d’explorer un peu les environs. Les rencontres avec des baleines y sont parait-il fréquentes… je lève le suspense de suite : on n’en verra pas malgré la fréquentation d’Orca Cove et de Whale Bay. On aurait peut-être du aller jusqu’à Humpback Cove ou Mink Cove ! Faut dire que vu la pluie qui s’est remise à tomber dès midi on n’a pas été très courageux et on a passé l’après-midi au coin du feu. On est si bien sur notre petite presqu’île perso. Pas de place à Dual Head ! La foule du mois d’août sans doute : il y a 3 tentes et plus de place. Heureusement qu’on a trouvé ce petit lopin un peu plus loin. Comme personne ne vient jamais là, il y a plein de bois. Ca tombe bien Arnaud a entrepris de défricher l’Alaska. Il y a du boulot ! Un peu glissantes ces boîtes à ours !

Dual Head. Orca Cove (Sa 07/08) Ce matin il y a dans la tente une luminosité tout-à-fait inhabituelle qui me fait me lever d’un bond! Mais wouihhh il y a du soleil ! Quelques nuages aussi d’ailleurs et c’est tant mieux ! Nan ? C’est marée basse et notre périmètre d’action passe donc de 50 à 500 mètres. La forêt en arrière plan est comme d’habitude absolument impénétrable et on ne peut que longer la mer si le relief le permet. En l’occurrence je repère une belle cascade et en profite pour un récurage complet avant le retour demain à la civilisation ! Ah, ça fait du bien et ça me fait un alibi pour ne pas participer au ramassage des ridicules petites moules (en Amérique tout est grand sauf les moules) avec lesquelles Fred compte améliorer l’ordinaire (rappelez-vous notre erreur de calcul en faisant les courses) Au fil de la matinée, le soleil finit par s’imposer et nous en profitons pour à nouveau jouer les fées du logis. Marion bouquine, Arnaud continue de défricher, tandis que Caroline perd notre 10ème et dernier leurre. J’avais bien dit que le fil était trop fin pour les gros poissons d‘Alaska mais Fred avait décrété qu’on verrait bien. Comme je n’aime ni pêcher, ni tuer, ni nettoyer les poissons, je n’ai pas insisté. On a bien vu ! Il y a maintenant une dizaine de pauvres poissons qui se baladent avec un piercing. Festin de moules à midi, bravo Fred, elles sont petites mais excellentes ! Après ça, nous partons pour un ultime tour en kayak vers Orca Cove. J’adore me faufiler dans ces petites criques où on a l’impression de naviguer dans une prairie. On arrive enfin au fond de la baie d’Orca Cove et on y découvre une belle rivière pleine de saumons. Ca frétille de partout là-dedans. L’herbe des berges est toute aplatie et il y a plein de crottes d’ours partout. A moitié rassuré on remonte un peu la rivière puis la végétation s’épaissit et on préfère faire demi-tour. Un superbe aigle-pêcheur surveille nos allées et venues. L’eau est peu profonde, on n’a plus qu’un maigre paquet de nouilles pour ce soir, c’en est trop, Fred n’y résiste pas ! Sus aux saumons ! On peut réellement parler de pêche sportive, même si elle n’est pas très élégante…. Ames sensibles, abstenez-vous de regarder cette vidéo ! L’aigle d’ailleurs s’est envolé à tire d’aile ! En vue du camp, la pluie se remet à tomber : on devient d’autant plus philosophe que le camp est déjà installé. Dans la soirée on voit passer 2 kayakistes avec lesquels nous échangeons quelques mots : ils nous avertissent de l’arrivée de vents forts pour demain après-midi et nous les rassurons en leur disant que nous rentrons en water taxi demain matin. Eux prévoient de pagayer jusqu’à Whittier en une dizaine de jours. Ils sont venus avec le ferry Kennicott qui dessert Chenega Bay sur Ewans Island. C’est une solution bien plus économique que le water taxi mais les dates du ferry (voir le site de Alaska Ferry Adventures) ne nous convenaient pas. Pas envie non plus de pagayer près de Whittier, au milieu des bateaux à moteur. Nous sommes bien contents d’échapper à cette tempête : au total on n’aura pratiquement jamais eu ni vent ni la moindre houle, des conditions idéales pour le kayak si on fait abstraction de la pluie ! Je profite du téléphone satellite pour prévenir Epiccharter de notre position puisque nous ne sommes pas tout à fait au lieu de RDV prévu. Heureusement l’endroit est tout à fait propice pour beacher le bateau. Nous passons la soirée à alimenter un feu d’enfer avec tout ce qu’Arnaud a coupé. Dernière séance chamallows grillés, sous la pluie.

Retour à la civilisation (Di 08/08) A 9h pile, le bateau d’Epiccharters accoste et nous embarquons – sous la pluie et dans le brouillard. 2h plus tard, nous débarquons, réglons le solde de la location+transferts (ils nous font une remise de 100$ car « tout s’est bien passé ». Je crois qu’ils étaient un peu inquiets. Ils nous ont dit que c’était rare que des européens s’aventurent ainsi sans guide) et renonçons à la randonnée vers Portage Pass, que j’avais envisagée car…il pleut et le ciel est bien bas. Nous repassons par le tunnel pour aller jusqu’à Girdwood et son AJ, dans le jardin de laquelle nous mettons à sécher tente, duvets et combinaisons (mais oui, il ne pleut plus !) puis nous passons une paire d’heures à regarder les pêcheurs de la rivière voisine. On a l’impression que certains attrapent plusieurs fois le même poisson, qu’ils relâchent à chaque fois ! Une sorte de contrat entre le poisson qui gagne un ver ( ?) à chaque fois et le pêcheur qui satisfait son ego ! Bonne douche ramollissante puis grosse lessive à Girdwood, nous sommes fin prêts pour la suite de nos aventures.

Vers Talkeetna (Lun 09/08) Ca souffle très fort ce matin sur le Turnagain Arm, on est bien content de ne pas être dans nos kayaks… Après un ravitaillement au Wal Mart (où nous achetons un 2ème réchaud Coleman et des cartouches Coleman, il n’y a plus de cartouches pour le Primus…), nous arrivons chez Alaska Raft Connection en fin de matinée. Il ne nous faut pas moins de 1h30 pour réussir à charger la voiture : après différents essais, on met les avirons et 3 sacs sur le toit et le raft et les autres sacs à l’intérieur. On laisse 2 sacs pleins d’affaires inutiles chez Brian. La route vers Talkeetna est facile mais monotone, entre deux rangées d’épinettes (faut dire que vu le temps on ne voit rien mais je ne suis pas sûre qu’il y ait grand-chose à voir !) : il nous faut un peu plus de 3h car il y a des travaux. J’ai réservé la Little Cabin in the Back de la Talkeetna Roadhouse. On y arrive en milieu d’après-midi ce qui nous laisse le temps d’aller repérer l’endroit le plus propice pour notre arrivée en raft (facile, il n’y en a qu’un) et de préparer notre matériel. C’est alors que Fred réalise que les cartouches Coleman ne vont pas sur le réchaud Coleman !! Enfer et damnation ! Pas de panique, Talkeetna est la ville qui sert de point de départ pour les ascensions du Denali, on va forcément trouver ce qu’il nous faut… Bah non, le village, pas bien grand et très touristique compte plusieurs mignonnes petites boutiques mais on n’y trouve que des « souvenirs » et rien de vraiment utile. Pas plus de chance à la groceries. Tout le monde est vraiment désolé, farfouille un peu partout, en vain. Grmbl ! Je prends la voiture pour retourner à la jonction avec la Parks Highway (14 miles X2) où se trouve un supermarché : ils explorent leurs stocks de fond en comble, rien, que des cartouches identiques à celles qu’on a et qui ne vont pas ! Impossible de partir sans gaz d’autant que la météo prévoit un temps pourri pour les 3 prochains jours. Je suis d’ailleurs un peu inquiète quant au niveau de la rivière. C’est alors que je me rappelle que Tom Waite de Denali Overland, qui doit nous véhiculer jusqu’au départ de notre parcours en raft m’avait écrit qu’il était un ancien guide de raft. Peut-être a-t-il du matos outdoor ? Je l’appelle et 5 mn plus tard il arrive avec les cartouches tant espérées : on est sauvé ! J’en profite pour lui demander ce qu’il pense de la rivière. Il me dit l’avoir descendue la semaine dernière et que c’était « nice ». Ce qui me chiffonne un peu est qu’il ne semble pas avoir connaissance du logjam (amoncellement d’arbres) qui bloque la rivière au mile 3,1 (J’ai eu cette info sur Alaska Outdoors Forums et elle est toute fraiche -moins de 2 semaines) Bizarre… Peut-être quelqu’un a-t-il récemment dégagé cet obstacle finalement (sur le forum précité quelqu’un avait parlé de dynamiter le tas de bois, un autre voulait l’attaquer à la tronçonneuse !) Très sympa cette Roadhouse, assez dans son jus, avec plein de photos accrochées un peu partout aux murs des différentes expéditions vers le Denali, des revues du National Geographic plus vieilles que moi, un vieux piano désaccordé et une cuisine roborative et bon marché qui attire une clientèle d’habitués assez haute en couleur. La Little Cabin est tout en rondins, très douillette mais il faut faire quelques pas pour les sanitaires qui sont dans la maison principale.

En route vers East Fork of the Chulitna RAFT J1 (Ma 10/08) A 9h00 comme prévu, Bill, le collègue de Tom nous emmène dans son gros van au départ de la descente en raft, 80 miles et 1h20. Il nous faudra 3 ou 4 jours pour redescendre. Je sens qu’il est inquiet, il nous demande si on a déjà fait du raft, si on a un téléphone satellite, des allumettes, quel jour on compte arriver, etc.…. C’est là qu’on comprend qu’on ne part pas pour une balade de santé…. Bref, nous arrivons enfin au bord de la rivière, aux environs du mile 185 de la George Parks Highway et il nous fait ses adieux. Inutile de préciser qu’il pleut toujours : on commence donc par monter le tarp pour casser une petite croûte et mettre nos combinaisons sèches (façon de parler, hum !) On gonfle le raft et le canoë, on met le matériel dans le raft et c’est parti pour 77 miles (123 km) : Arnaud et Caroline dans le canoë, Fred, Marion et moi dans le raft. J’ai lu partout que c’était les 7 premiers miles les plus amusants, ceux que l’ont effectue sur East Fork of the Chulitna, qui n’est pas une rivière glaciaire (donc théoriquement limpide, sans limon) et qu’il faut prendre son temps pour la déguster. En effet, Caroline et Arnaud se sont bien amusés avec le canoë mais en raft, quelle galère ! La rivière est en fait trop étroite par rapport à la largeur du raft et de ses avirons, si bien qu’on est le jouet des flots, gonflés par la pluie qui dure depuis plusieurs jours, ce qui donne le sentiment d’être une bille dans un flipper. On se fait violemment projeter de rocher en tronc d’arbre sans pouvoir y faire grand-chose. On n’en mène pas large d’autant plus que je guette ce fameux barrage de bois. Heureusement je sais qu’en étant attentif on l’aperçoit à temps et qu’il est facile à contourner. En effet, nous le passons facilement en tirant le raft sur les galets ronds pendant une trentaine de mètres. Je réalise alors que Tom n’a pas descendu récemment cette partie de la rivière…. Bon… bah, on verra bien. Après l’obstacle, Marion préfère embarquer sur le canoë tellement on est balloté sur le raft. On parcourt encore quelques miles jusqu’à la jonction avec West Fork of the Chulitna : à partir de là, le débit double et ça devrait aller mieux. On essaie de positiver même si avec la pluie et le ciel bouché, on a un peu de mal !

Chulitna RAFT J2 (Me 11/08) Pluie…. Quel dommage, on passe entre des falaises ocre sur lesquelles un rayon de soleil serait du plus bel effet. Idem pour une partie en canyon…. On se débrouille mieux, la rivière étant plus large, mais on se fait tout de même une belle frayeur en se faisant drosser contre une paroi rocheuse. Le raft prend de la gîte, pas plus de 45°C, ça dure quelques secondes puis nous nous échappons. Le raft est autovideur, heureusement ! Marion est revenue dans le raft car le canoë est plus difficile à manœuvrer à 3. On avance vite car le courant est puissant : le GPS nous indique à un moment 14,8 km/h sans donner un coup d’aviron. Fred, aux avirons, et les grands dans le canoë n’ont pas froid mais Marion et moi, inactives, sommes obligées de faire de grands moulinets avec les bras pour nous réchauffer, ce qui ne manque pas de susciter quelques fous rires et par la suite d’engendrer quelques courbatures ! Il faut dire qu’en plus de la pluie on a maintenant le vent dans le nez. Dire que j’ai choisi cette rivière pour ses paysages ! Le plafond nuageux est à 100m ! A part quelques aigles et canards, pas le moindre animal à l’horizon (bouché il est vrai) Avec ce temps le paysage est absolument lugubre : la rivière s’étale sur plusieurs centaines de mètres et se divise en différents bras qui se faufilent entre des gravières grisâtres. L’eau est chargée de limon si bien qu’il est impossible de détecter la présence de rochers ou de hauts-fonds. Le lit de la rivière est jonché de souches d’arbres immenses que nous avons parfois bien du mal à éviter. Certains dérivent parfois au fil de l’eau. Le niveau de la Chulitna est si haut qu’il faut prendre garde de ne pas se laisser embarquer dans une veine qui passe carrément dans des forêts denses de saules. Vive les vacances ! Je voulais du wild, on est servi ! Après 30 miles parcourus à un train d’enfer, on pose le camp à la jonction avec Fountain River. De mieux en mieux : le brouillard tombe, tout baigne ! Fred, qui en vraiment plein les biscottos (manier un raft est bien plus physique qu’un kayak ou un canoë !) trouve comme d’habitude le courage de nous préparer un bon repas qui a pour vertu de remonter le moral des troupes. Un bon petit feu, quelques chamallows, une tente douillette et ça va mieux !

Chulitna RAFT J3 (JE 12/08) C’est le pompon ! Il y a un brouillard à couper au couteau à tel point qu’on a peur de se perdre de vue d’un bateau à l’autre. A part ça, il pleut mais ça c’est normal… On est à peu près à mi-chemin, il reste une quarantaine de miles… La rivière s’élargit de plus en plus et on a du mal à choisir notre route entre les multiples bras : on fait ça à l’instinct puisqu’on n’y voit pas à 50 m. On reste dans la veine du courant le plus fort et ça marche bien jusqu’au moment où celui-ci nous emmène irrémédiablement vers un arbre sur la souche duquel, pointée vers l’amont, nous venons violemment buter. Une des racines vient se coincer dans la ligne de vie qui entoure le raft, il me faut quelques secondes pour la dégager mais c’est trop tard : le courant plaque le raft à la verticale contre la souche, nous nous cramponnons tous les 3 aux racines pour ne pas passer à l’eau. Arnaud depuis le canoë nous hurle de tout lâcher mais il n’est en pas question ! Pas envie de nous retrouver dans une eau à moins de 5°C, même avec les combinaisons étanches et les gilets. Je réfléchis à 200 à l’heure : pas d’idée là, m…alors ! Je crois bien que c’est la première fois que ça m’arrive et c’est très désagréable ! Au bout de ce qui nous a semblé une éternité (mais sans doute pas plus de 30 secondes), la pression du courant emporte les sacs rangés à l’avant, retenus heureusement par un bout de sécurité assez long : tout ça part à l’eau, le courant pousse dessus et cette force supplémentaire fait pivoter la souche et libère le raft ! Ouah la trouille ! Ne reste plus qu’à récupérer la glacière et les 2 bidons d’eau qui n’étaient pas assurés. On se rendra compte le soir qu’on a perdu nos 2 gourdes, on s’en sort bien ! Quelques centaines de mètres plus loin la rivière retrouve un lit plus étroit : il n’y a qu’un flux unique, on avance bien à tel point qu’on envisage un moment d’aller d’une traite jusqu’à Talkeetna pour en finir au plus vite avec cette rivière ! Mais ça nous ferait naviguer jusqu’à la tombée de la nuit et avec la fatigue accumulée et nos récentes émotions, ça ne nous parait finalement pas prudent. Quelques km après le pont situé à proximité du Denali Princess Lodge (soit après 20 miles de navigation), nous installons le bivouac sur une petite île. L’endroit ne m’emballe pas car nous sommes très près du niveau de l’eau et je me méfie avec toute cette pluie d’une éventuelle montée de la rivière pendant la nuit. On amarre soigneusement les bateaux et on range du mieux qu’on peut les affaires pour un éventuel départ précipité dans la nuit. Je place un repère au bord de l’eau : ça a l’air de plutôt descendre. Ouf, pourvu que ça dure ! Il nous reste une vingtaine de miles jusqu’à Talkeetna, qui devraient ne pas poser de problème, aussi nous festoyons en liquidant nos dernières victuailles. Après ça je vais faire la vaisselle à une trentaine de mètres en amont. Fred et les enfants font griller des chamallows en me tournant le dos pour éviter la fumée car il y a un peu de vent. Je suis là, à 4 pattes au bord de l’eau quand malgré le grondement de la rivière, je perçois un bruit de voix. Alors que nous n’avons vu personne depuis 3 jours, arrive un raft bien chargé dont les occupants me saluent en passant. Je leur réponds d’un signe de la main quand je les vois s’agiter de plus en plus : qu’ils sont chaleureux et conviviaux ces américains tout de même! Le chien aussi, qui se met même à aboyer, sympa ! C’est alors que j’entends la petite voix de Marion : « Maman, il y a un ours derrière toi ! » Bon sang ! Mais à quelle distance ?! Pensé-je le temps de me retourner ! Quelle journée ! Un grizzly avance droit sur moi, il est à 20m. Habillée de gris anthracite, à 4 pattes au bord de l’eau, je comprends qu’il a du me prendre pour un animal. Je m’empresse de lui prouver qu’il se trompe en me redressant de toute ma hauteur et en lui parlant (je ne sais plus ce que je lui ai dit) tout en suggérant aux autres de trouver le bear spray au plus vite ! Ah ben oui, tiens, ils n’y avaient même pas pensé : Fred s’est précipité sur son caméscope, Marion sur l’appareil photo. Nan mais j’vous jure, des vrais touristes ! A défaut de bear spray je me saisis de ma gamelle fraîchement lavée dans la rivière, tend la poêle à Arnaud et nous les frappons énergiquement avec des galets. Caroline déniche enfin le bear spray (dire que les premiers jours je le mettais à la ceinture !) Le raft providentiel (on peut le dire) disparait très vite dans le brouillard : ses occupants nous hurlent sans doute quelques conseils auxquels on ne comprend rien. On les remercie en vitesse avant de nous retourner vers notre ours, qui n’a pas du tout envie de partir. En rang serré on avance vers lui en criant et en frappant nos gamelles : à contrecoeur il finit par faire demi-tour, traverse un petit chenal et quitte très lentement notre île pour disparaitre un peu plus loin dans la forêt. Glups, on est déstabilisé par son sang-froid : il n’a absolument pas peur de nous, c’est clair. On envisage un moment de déplacer le camp mais il est déjà 21h et nous n’aurions pas le temps de nous réinstaller avant la nuit. Fred suggère de monter des tours de garde mais avec ce brouillard, c’est complètement illusoire, on n’y voit rien ! Le temps d’installer la clôture anti-ours autour de la tente (bah oui on avait décidé de ne pas la mettre pour la dernière nuit, déçus de ne pas avoir vu un seul ours pendant toute la descente), le voilà qui revient tranquillement ! M…. !!! Il commence à faire très sombre, il est maintenant vraiment impossible de déménager, il faut jouer le tout pour le tout et lui faire vraiment peur, mais comment ?! C’est Marion qui aura le dernier mot : alors qu’elle l’avait trouvé très mignon la 1ère fois, elle commence à en avoir vraiment marre ce coup-ci et le lui fait savoir de sa voix haut perchée ! Bingo, il n’aime pas les aigus ! On le course en poussant des cris perçants, tout en restant à bonne distance pour ne pas l’acculer et il se précipite en courant dans la rivière dont le courant l’emporte bien loin en aval du camp. Il prend pied (patte) sur la berge opposée et disparaît dans la forêt ! Ouf, cette fois-ci c’est bon, il a compris à qui il avait à faire, non mais ! Enfin, on espère…. On installe tout de même la bouffe à bonne distance de la tente, c’est plus prudent.

4ème et dernier jour de raft sur la Chulitna (Ve 13/08) Pas de pluie cette nuit, tous les espoirs sont permis ! Pas d’ours non plus, la bouffe n’a pas bougé ! En route pour les 20 derniers miles jusqu’à Talkeetna ! Au moment où nous mettons à l’eau arrivent 3 rafts chargés de touristes qui font une descente à la journée. On se dit que ça doit être tranquille dorénavant vu la moyenne d’âge des passagers. Ils viennent du Denali Princess Lodge et sont tout étonnés que l’on vienne de East Fork. Tiens… Le lit de la rivière s’élargit à nouveau mais avec le temps qui se dégage l’impression est toute autre que les jours précédents : une nature vierge, sauvage et préservée. En dehors des agglomérations qui s’apparentent le plus souvent à des casse-autos, la nature en Alaska est absolument indemne de toute cochonnerie, que ce soir dans l’intérieur du pays ou sur les côtes. Bon, ne parlons pas du pétrole et des pipelines !!! C’est une nature puissance 10 par rapport à ce que nous connaissons en Europe. On peut pagayer en mer ou sur les rivières pendant des jours sans croiser ni route, ni ligne électrique, ni barrage, ni maison, ni bouteille en plastique, ni morceau de filet de pêche, ni boite de conserve, ni cannette, ni rien qui vienne nous rappeler qu’il y a des hommes quelque part sur la planète. Et en plus, quand il fait moche, qu’il pleut, que le temps est couvert, on ne voit pas non plus les avions et leurs traces ! Positivons ! Au détour d’un méandre, nous avons soudain une apparition ! Le Mont Denali dans toute sa splendeur, illuminé par le soleil du matin. 6194 mètres (c’est le plus haut sommet d’Amérique du Nord) qui émergent d’un coup de la toundra et c’est ce qui le rend vraiment impressionnant. Quand on le cherche dans le ciel ennuagé, habitué à nos sommets entourés de chaînes secondaires, type Préalpes par exemple, on est à chaque fois surpris de le trouver si haut sur l’horizon. Certes le Denali fait partie de l’Alaska Range, magnifique chaîne de montagnes qui s’étire d’est en ouest sur plus de 600 km mais cette chaîne est très étroite si bien que la montagne semble littéralement jaillir de la plaine. Il faut dire aussi que le 2ème sommet de la chaîne, le Mount Foraker, voisin du Denali est presque 1 km moins haut. Bref l’effet est saisissant ! Ce relief énorme crée un microclimat qui fait qu’on ne peut voir le sommet que moins de 20% du temps ce qui a pour effet de placer son observateur dans un état d’euphorie exaltée ! Et c’est exactement ce qui nous arrive ! On oublie (presque) les épreuves des jours passés et on profite à 200% de ces heures privilégiées. Faut dire qu’on ne les a pas volées ! Je suis sûre que la vue du Denali ne procure pas le même effet à ces touristes des autres rafts qui ont passé une confortable nuit au Denali Princess Lodge ! Nous passons au pied des falaises de sable dont Tom nous a dit qu’elles étaient à une heure de Talkeetna. Il faut maintenant bien tenir notre gauche pour ne pas louper le village. Un dernier effort pour croiser le flux de la Susitna puis de la Talkeetna River et nous voilà déjà arrivés ! Ralalala, si seulement on avait pu avoir une autre journée comme celle-là ! Mais bon, qui ne tente rien… Nous portons le raft et le matériel jusqu’à la voiture, remballons le tout (tout est trempé et plein de sable limoneux gris très fin, mmmhhh) et allons prendre nos quartiers à la Roadhouse. Qui voit-on arriver bientôt ? Bill le chauffeur qui est tout content de nous voir là ! Nous aussi ! Douche, lessive, internet…. Comme c’est bon le confort moderne, même si la nuit a été perturbée par un générateur qui n’a cessé de tourner : au moins ça m’a permis de bien profiter du contact des draps frais et de l’impression de nid douillet dégagée par les murs en rondins.

Retour sur Anchorage (SA 14/08) Il pleut, tiens ! A vrai dire ça m’aurait vraiment fait râler qu’il fasse beau en partant ! On a RDV à 14h30 chez Brian pour rendre le raft donc on a le temps de faire un petit détour par Hatcher Pass (piste d’environ 50 miles entre Willow et Palmer, qui passe dans la montagne, bien plus belle que la route normale par Wassilia)d’autant plus qu’en allant vers le sud, le temps s’arrange. Dès les premiers miles de cette route, nous rencontrons une femelle élan et son petit, chouette ! La piste est facile et les paysages agréables. Il y a plein de campeurs motorisés installés pour le WE avec gros 4X4, grosses remorques pleines de quad, grosses caravanes, gros barbecues, gros chiens, grosses glacières, qui sont là pour pêcher (de gros poissons ?) Ils nous font penser à des pionniers des temps modernes, même si ce n’est que pour un WE. Certains semblent installés plus durablement : je pense que ce sont des chercheurs d’or car on croise régulièrement des pancartes indiquant qu’ici ou là c’est un claim réservé. Finalement nous n’aurons pas de soleil plus haut dans la montagne… Après le col nous hésitons à visiter Independance Mine mais avec ce temps gris, visiter des vestiges miniers ne nous emballe pas. On préfère refaire un tour vers les hydravions : on adore ce spectacle inhabituel pour nous. Après avoir rendu le raft, le téléphone satellite et le bear spray, nous filons déposer les enfants et le matos chez Great Alaskan Holidays (GAH, le loueur de camping car) avant d’aller rendre la voiture à l’aéroport en 2 mn chrono, où la navette de GAH vient nous chercher aussitôt. Le camping car est quasiment neuf, impeccable. On laisse 2 sacs en consigne chez GAH et habitué au camping car, on prend immédiatement nos marques. En route vers le Wal Mart où nous dévalisons les rayons de fruits et légumes ! Ras le bol de la mauvaise bouffe américaine (il doit exister de bons restaurants mais on n’est pas là pour ça !), des pâtes et du riz ! Le camping car est bien équipé (le four n’a jamais servi !), profitons-en ! On prend demain à 16h00 à Whittier le ferry pour Cordova (et son fameux Child’s Glacier. Cordova n’est pas reliée au réseau routier), nous ne devons donc pas trop nous éloigner. J’ai repéré une balade au-dessus de Hope que nous pourrions faire demain. Nous avançons donc jusqu’à Portage Lake où nous trouvons un coin pour dormir près de la rivière. Il pleut mais ça ne nous fait plus le même effet qu’avant !

Hope, Palmer Creek, Cordova (Di 15/08) Surprise ! Il fait beau ! La chance aurait-elle enfin tourné ? On roule jusqu’au lac pour prendre le petit déjeuner puis nous prenons la route vers Hope. On voit enfin le Turnagain Arm avec le soleil ! Au loin les Chugach Mountains. Hope serait un charmant petit hameau si ses habitants n’avaient pas fait le choix de créer un parking/camping pour RV (= camping car) juste en front de mer. Nous prenons la piste qui grimpe sur les hauteurs de Hope au-delà des arbres. C’est splendide ! Ca fait un bien fou de s’affranchir de ces arbres qui si souvent en Alaska ferment l’horizon. Heureusement que compte- tenu de la latitude de cet état, il suffit de monter de quelques centaines de mètres pour qu’ils disparaissent. C’est parti pour 3h d’une superbe balade au milieu des fleurs et des petits ruisseaux jusqu’à 2 mignons lacs glaciaires. On essaie de boucler la boucle mais le ferry ne nous attendra pas : il nous faut redescendre ! Nous voilà tout ragaillardis par cette belle randonnée ensoleillée. Tout ça nous donne bien envie une autre fois de découvrir la péninsule de Kenaï que nous allons zapper cette fois-ci. En quittant Hope, nous croisons 2 ours noirs qui traversent la route ! En arrivant à Whittier, il….. (Quel suspense…)…..pleut ! A 15h, l’embarquement sur le ferry, assez laborieux (on n’est pas en Norvège) commence. J’ai réservé les billets sur le site de Alaska Marine Highway il y a très longtemps. Le ferry est en fait loin d’être plein, sans doute à cause du temps… A 16h, on appareille sous la pluie et ça continue pendant toute la traversée. Le ferry très récent marche à 38 nœuds ! A 19h15, après avoir parcouru les 150 km de large du Prince William Sound, nous arrivons à Cordova avec un timide rayon de soleil. Pas vu le moindre animal marin pendant la traversée… Il y a pourtant à bord du ferrry une rangerette équipée de jumelles qui traque la bestiole mais rien… Nous prenons la route vers le sud qui mène à Hartney Bay (car j’envisage demain si le temps le permet de faire le Heney Ridge Trail et nous serons ainsi à pied d’œuvre) et découvrons la baie sous une lumière divine. Vite, vite, on se gare près du pont pour en profiter. Quelle surprise ! C’est marée haute et il ya quelques phoques qui chassent le saumon dans la baie, passant et repassant sous le pont où nous nous tenons. On voit distinctement un saumon essayer de se cacher dans les anfractuosités de la berge pour échapper à son prédateur. Pour une fois, il y a pas mal de moustiques au point que l’un d’entre nous doit s’arracher à ce spectacle pour aller chercher le répulsif. On se trouve un coin au bord de l’eau juste à côté du pont pour passer la nuit. De nos fenêtres (non équipées de double vitrage, dommage car la buée est très gênante) nous observons les phoques qui chassent.

Cordova, Child’s Glacier (Lu 16/08) C’est râpé pour la rando, tout est dans les nuages et… il pleut. Du coup on prend notre temps avant de filer vers l’est et le Child’s Glacier. On fait quelques courses, un petit tour dans l’Ilanka Cultural center. En route vers Child’s Glacier on fait un petit détour vers Alaganik Slough où la passerelle qui permet d’observer les marais est en travaux… On arrive enfin après un parcours d’environ 50 miles (dont les ¾ de piste facile) au campground de Child’s Glacier. Les craquements du glacier sont très impressionnants, ça résonne dans toute la cage thoracique et en plus ils sont très fréquents. On gare le camping car et on file voir le glacier ! C’est tout juste si on peut en apercevoir un bout ! Le temps est exécrable ! D’ailleurs à part l’host du camping (que nous ne verrons même pas) et une tente, il n’y a que nous ! Les autres ont été plus malins et attendent un meilleur créneau météo, ce qui se conçoit vu le prix du ferry ! Si c’était à refaire je ne prendrais des billets qu’au dernier moment, en fonction de la météo, au risque de ne pas avoir de place… Consolons-nous, à défaut de voir le glacier on l’entend et on le perçoit (je pense que la sensation pour un aveugle doit être terrible !) Allons voir à quoi ressemble ce fameux Million Dollar Bridge ! Il s’agit d’un pont construit vers 1945 sur la Copper River dans le but de relier Chitina et la Richardson Highway à la Copper Highway et Cordova (pour le moment Cordova reste donc inaccessible par la route) Ce pont a été endommagé par le fameux tremblement de terre de 1964 et du coup le projet de route a avorté. En 2005 les autorités ont renforcé le pont, craignant qu’il ne s’abime encore plus en posant 2 piles métalliques de part et d’autre de la zone où le tablier du pont s’est décalé d’environ 70 cm. Bref, on peut passer dessus en toute sécurité (tiens je viens de lire dans le Milepost qu’il est limité à 6600lbs, notre camping car faisait bien 4,5T mais on n’a pas vu de panneau…). On essaie de continuer la piste aussi loin que possible mais au bout de quelques km les bas côtés sont envahis par la végétation qui nous empêche de passer. Soirée crêpes rythmée par les grondements du glacier.

Child’s Glacier, Cordova (Ma 17/08) Le vent dilue un peu le brouillard : on voit mieux le (bas du) glacier ce matin. Sans interruption, des séracs s’écroulent dans la Copper River, c’est fascinant. Ca génère des vagues d’à peine une quarantaine de cm de haut qui sont vite freinées par le courant de la rivière. On a du mal à imaginer la taille des séracs qui ont pu générer les vagues énormes, de véritables tsunamis qui sont indiqués sur ce panneau. On repasse le Million Dollar Bridge, la vue est moins brumeuse qu’hier. On tente une petite balade à droite juste avant le pont mais on trouve d’énormes traces de grizzly toutes fraîches, accompagnées de traces de bébé ours et la végétation est si dense qu’on a vraiment peur de se trouver nez à nez avec leurs propriétaires. Demi-tour donc, de toute façon… il… pleut ! On reprend la piste vers Cordova : un énorme élan mâle s’enfuit dans la forêt clairsemée inondée par la Copper River, magnifique animal, fugace apparition. J’ai repéré quelques randonnées dans le coin mais avec ce temps il est inutile de grimper, on serait dans les nuages. En route donc pour Saddlebag Trail : 10 km A/R dont la première moitié dans une forêt aux arbres couverts de mousse, assez monotone. La 2ème moitié est un peu plus variée, elle chemine dans une vallée encaissée où court un petit ruisseau. Il y a des dizaines de crottes d’ours, on n’en a jamais vu autant. « Promenons-nous dans les bois, tralalalala… !» On arrive finalement à un petit lac où se jette un glacier moribond. Bof… Pas de pluie durant cette rando, mais on a les jambes trempées à cause de la végétation. De retour au camping car, elle reprend…. On va voir à quoi ressemble le coin d’Orca Road, au nord de Cordova, glauque… Demi-tour vers Hartney Bay et comme l’avant-veille, on a droit à un petit rayon de soleil. On aime cet endroit ! On dort là !

Ferry pour Valdez, Denali Highway (Me 18/08) A 8 h30, le ferry appareille : on quitte Cordova sous le soleil. Je suis dégoûtée car il a plu quasiment sans interruption pendant les presque 72 h passées sur la péninsule. Pfff… On découvre des sommets dont seule la carte nous laissait soupçonner l’existence ! Toujours pas d’animaux marins (à part des loutres et des phoques) durant le trajet en ferry (2h45, environ 120 km) vers Valdez, mais de beaux paysages. Valdez se situe au fond d’un fjord qui semble emprisonner les nuages. Le terminal pétrolier (celui où le fameux Exxon Valdez était venu remplir ses soutes avant de faire naufrage, causant cette marée noire historique que tout le monde a encore en mémoire. C’était en 89…) a le bon goût de rester pudiquement caché dans le brouillard. On se gare sur le port pour y faire un petit tour et on tombe aussitôt sur cette adorable loutre qui batifole au fond du port, là où les gens mettent leurs bateaux à l’eau, sans la perturber le moins du monde. Trop mignonne ! Il faut dire que c’est la belle vie ici pour elle (faisons abstraction des résidus d’essence qui flottent à la surface de l’eau) car elle récupère sans effort les restes des saumons qui sont nettoyés sur le quai. Les mouettes aussi en profitent. Valdez nous a bien plu (avec du soleil, c’est plus facile) : on y trouve un mélange sympathique de bateaux de travail, de plaisance (il y a même quelques voiliers) et même quelques kayaks. Le tout au pied des montagnes ! Nous y faisons un gros ravitaillement (c’est bien plus cher qu’à Anchorage) car nous devons être autonomes pour les 5 jours à venir. Le trajet jusqu’au Denali National Park via la Richardson Highway puis la Denali Highway ne passe que dans des hameaux de quelques maisons. On ne trouve pas non plus grand-chose à l’entrée du Denali NP… Les 50 premiers km après Valdez sont agréables, très montagneux et spectaculaires. On redescend ensuite dans une plaine monotone (encore les épinettes qui forment un rideau continu de part et d’autre de la route) pendant une bonne centaine de km avant d’arriver à Paxson, point de départ de la fameuse Denali Highway. Nous y faisons le plein et c’est parti pour 135 miles (216 km) d’une piste superbe qu’on a adorée ! (attention, je crois que certains loueurs de camping cars ne l’autorisent pas) A cette latitude, la limite forêt/toundra n’est pas bien haute, environ 600 m. Nous allons longer toute la chaîne de l’Alaska Range sur son versant sud. La journée est déjà bien avancée, l’été se termine, c’est déjà le début de l’automne et les couleurs sont superbes. Quelle chance d’avoir du beau temps ! On se pose pour la nuit un peu après Tangle Lakes (dont la piste d’accès est fermée pour travaux).

Denali Highway (Je 19/08) On décolle de bonne heure, tout émoustillés par ce qui nous attend. Nous passons devant les trailhead de Landmark Gap Lake (rando en A/R jusqu’à un lac, au fond d’une large vallée) et Glacier Lake (très humide parait-il) pour monter jusqu’à Mac Larren Summit, plus haut point de la piste (1245 m) où nous allons nous balader. Bien pratique le popotin blanc des caribous pour les repérer de loin ! Voici enfin l’occasion de faire sécher la tente que nous transportons mouillée depuis presqu’une semaine. Il est encore tôt et comme nous sommes les premiers aujourd’hui sur ce sentier, nous rencontrons plein de caribous ! Les jeunes sont très curieux, comme celui-ci que je n’avais pas remarqué ! La toundra commence à prendre ses couleurs d’automne et c’est superbe ! On surplombe une vaste plaine qui curieusement me fait penser à une savane africaine. Nous cheminons entre des petits lacs d’origine glaciaire et y remarquons ces étranges tracés semi-circulaires. A la périphérie des cercles, les cailloux les plus gros, au milieu les petits. Bizarre ! J’ai lu que c’est la conséquence du gel et de la neige mais sans bien comprendre le détail de leur formation. Si quelqu’un sait ? Tout est beau ici, jusqu’au moindre détail ! Sur le chemin du retour, nous croisons des américains qui voyagent à 4 ou 5 camping cars (ils sont 20, de New York) avec plein d’enfants. Les montagnes ici sont déjà si impressionnantes qu’ils me demandent si c’est le Denali ! En fait on en est encore à 200 km et les montagnes ici ne font « qu’un peu plus de 4000m » ! Nous reprenons la piste, traversons la Susitna (nous l’avions déjà traversée en raft quelques jours plus tôt mais bien plus en aval, juste avant Talkeetna) et remontons ensuite sur un plateau qui offre une vue absolument époustouflante sur l’Alaska Range. On en reste scotché, à tel point qu’on décide de dormir là ! On est absolument hypnotisé par le spectacle. Bouquet final !

Denali Highway, J1 au Denali NP (Ve 20/08) Après un tel coucher de soleil, pas question de rater le lever! Le thermomètre doit être faux, il indique -3°C mais il n’y a pas de givre. Disons que le fond de l’air est frais. D’ailleurs, ça fume, tout là-bas, au niveau des lacs et rivières. Il doit y en avoir des animaux dans cette vallée (on est à 20 km des montagnes, selon le GPS) D’ailleurs il y a pas mal de chasseurs en quad (la chasse a rouvert le 15/08) mais on n’entend quasiment pas de coups de feu, tant mieux ! On croise puis on longe ensuite pendant un moment la Nenana River, que j’avais un moment envisagé de descendre en partie en canoë mais le temps nous manque car il faut une grande journée (20 miles, classe I. Il faut pagayer mais il parait que c’est très « scenic ») pour aller de son croisement avec la Denali Highway à celui sur la George Parks Highway. La Denali Highway descend finalement dans la plaine pour rejoindre la George Parks Highway. Cette Denali Highway était jusqu’à la construction de la George Parks Highway en 1972, la seule voie d’accès au Denali NP. Un hors d’œuvre magnifique ! 50 km plus au nord, nous entrons dans le Denali National Park. J’ai pas mal hésité à aller dans ce NP un peu particulier. Contrairement aux autres NP américains que l’on peut sillonner librement en voiture, celui-ci est très réglementé. Il y a une unique piste de 89 miles de long qui longe le massif du Denali sur son flanc nord. On peut aller avec son propre véhicule jusqu’au mile 15. Avec une réservation pour 3 nuits minimum au Teklanika River campground (mile 29) on peut y conduire son véhicule mais on n’a plus le droit d’y toucher jusqu’à ce qu’on quitte le parc. C’est le choix que nous avons fait. Au-delà, il faut marcher, pédaler, ou prendre le bus. Vu les distances, on opte pour le bus ! Il s’agit de bus très rustiques, la vitesse est limitée à 30 mph, ils font de nombreux arrêts pour voir les animaux, des arrêts-pipi toutes les 1h30 à 2h00… Bref, pour faire toute la piste aller-retour de l’entrée du parc à Wonder Lake, il faut… 11h ! Passer nos vacances dans un bus ne nous tentait pas vraiment mais s’il fallait en passer par là pour découvrir la faune et les paysages de ce parc, ben, on allait tenter l’expérience. Au pire, si ça nous gave trop, on pourrait toujours quitter le parc avant les 3 nuits. Après les formalités rapidement effectuées au WAC (Wilderness Access Center. NB : en cette fin août, il y avait de la place dans tous les campgrounds sauf Wonder lake, celui qui est au bout de la piste), nous prenons la route et au bout de quelques km, croisons un grizzly qui vient de couper la route à un bus ! Sur la route vers le Teklanika Campground, nous croisons quelques caribous. Camping pas terrible, un parking arboré disons, on est les uns sur les autres (en RV ce n’est pas trop grave mais pour les tentes, pas terrible), aucune vue (normal, le camping est caché dans la forêt, ce qui est louable), des toilettes et un robinet. Point positif, il est au bord du lit de la Teklanika (je précise le lit car la rivière, gringalette, est finalement assez éloignée) : l’hôtesse, très sympa, nous rappelle les consignes de sécurité (il y aurait un ours et un lynx qui rôderaient dans le coin, pas vus en ce qui nous concerne…) On pose le camping car et on saute dans le bus pour notre première balade, pas loin (il est déjà 14h) Après 45 minutes de bus (et un arrêt-pipi au bout de 10 mn, pour ceux qui viennent de l’entrée…), le chauffeur nous débarque à Cathedral Mountain, en même temps d’ailleurs qu’une autre famille avec 3 enfants. Aussitôt, la moyenne d’âge dans le bus remonte en flèche ! Pas beaucoup d’enfants au Denali… Ce sont des habitués et ils nous indiquent le chemin, qui finalement est facile à trouver car assez fréquenté. Il n’y a quasiment pas de sentiers officiels au Denali (sauf à l’entrée du parc) Dans les endroits assez fréquentés, on trouve des sentiers. Ailleurs et le plus souvent, c’est du hors-piste, pas toujours facile du fait de la végétation. Pas de chasse bien sûr dans le parc, si bien que l’on peut facilement approcher les animaux, qui ne nous ont toutefois pas semblé beaucoup plus nombreux qu’ailleurs. On contourne une curieuse montagne de sable ocre pour finalement surplomber une impressionnante vallée glaciaire. Au loin, en contrebas, on entend soudain hurler : bear ! bear ! On ne voit pas l’ours mais on voit bien 2 randonneurs remonter la pente à toute vitesse ! Finalement ils ne planteront pas leur tente près de la rivière mais un peu plus haut au bord d’un lac. On peut bivouaquer partout dans le parc (à au moins 1 mile de la route), à condition d’avoir préalablement demandé un permis au WAC car le nombre maxi de campeurs par zone est contingenté. Pas facile d’improviser donc… Les enfants deviennent experts ès/crottes et baies ! Belle balade, sans soleil, dommage car la couleur de cette montagne est étonnante. En attendant le bus on remarque ce panneau : le vandalisme existe donc aussi chez les animaux ?! On peut monter et descendre à sa guise du bus où l’on veut dans le parc : il suffit de faire signe au chauffeur. En fin de journée, les bus qui retournent vers l’entrée du parc sont bien remplis et seul Arnaud peut grimper dans le 1er bus. On attend donc une vingtaine de minutes le suivant qui nous prend tous les 4. Nuit très calme (les générateurs des camping- cars doivent être arrêtés à 20h. De toute façon, il est indiqué sur le mode d’emploi du nôtre que le générateur n’est pas capable de recharger la batterie. Il ne sert donc que pour avoir ponctuellement du 110V, par exemple pour le micro-ondes. En arrêtant le chauffage durant la nuit, car le ventilateur est bruyant et doit consommer pas mal, nous aurons assez d’électricité pour ces 4 jours au Denali. Heureusement nous avons nos sacs de couchage car nous aurions eu un peu froid en n’utilisant que les couvertures fournies.)

J2 dans le Denali NP ( Sa 21/08) J’ai réservé le bus jusqu’à Wonder Lake, situé presqu’au bout de la piste, mais d’un commun accord nous décidons de ne pas aller jusque là : trop de bus ! A 7h30 on grimpe dans le bus et 1h30 plus tard, après avoir croisé quelques mooses imposants, admiré de belles montagnes derrière la vitre du bus (grrr…), nous demandons au chauffeur de nous laisser à Highway Pass. Les autres occupants du bus nous regardent un peu comme des bêtes curieuses quand nous descendons à ce col, où il n’y a « rien » (ni visitor center ni toilettes !) Enfin, rien d’autre que des montagnes de sable rouge encore un peu enneigées en cette fin d’été qui font face à des vallées sauvages et encaissées. On fait une belle balade au soleil (dommage on ne quitte pas la vue de la piste où les bus se succèdent à intervalles réguliers), il fait très bon, pas un souffle de vent. Fred et Arnaud, devant, aperçoivent des renards, on observe un moment un combat aérien entre un corbeau et un rapace tout en bullant au soleil : toujours pas le moindre moustique, quelle chance ! On a même la chance d’apercevoir le sommet du Denali ! Nous rejoignons enfin la piste et hélons un bus qui nous amène jusqu’au visitor center de Eielson où nous remplissons les gourdes. Au-delà de cet endroit, la piste redescend au fond de la vallée vers Wonder Lake. Il nous a semblé qu’au-delà le paysage devenait moins accidenté donc moins intéressant. Nous rebroussons donc chemin vers l’est et lors de l’arrêt à Toklat River,

demandons au chauffeur de nous déposer vers Polychrome Pass (un peu à l’ouest du mile 47). Il semble sceptique, nous expliquant que ça descend très raide depuis la route vers la rivière qui est en contrebas et que nous voulons longer. En effet ! Ca descend bien raide mais le sol est meuble donc c’est sans problème. En contrebas de la route, on ne soupçonne absolument pas sa présence, on ne voit et n’entend rien d’autre que le bruit du ruisseau et c’est bien agréable ! Les couleurs nous épatent, mélange de rouge, jaune, bleu du ciel (ahhhh !) ponctué de jolis nuages ! Tiens qu’est-ce donc que ce truc gris ?! Une bonne grosse marmotte prête à bientôt affronter les privations de l’hiver. Il y a une multitude d’empreintes le long de la rivière. Des crottes aussi bien sûr… Glou, glou, glou ! On les entend avant de les voir : des lagopèdes… Fred repère plus haut des mouflons de Dall (facile, ils sont d’un blanc immaculé), qui ont l’air de descendre vers la rivière : quelle chance. En effet, nous les retrouvons un peu plus loin au pied de la falaise. Ils se laissent très facilement approcher si bien qu’on va passer 1 ou 2 h en leur compagnie ! Quelle expérience ! Comment avec un tel pelage peuvent-ils échapper à leurs prédateurs ? Toujours plein de traces qui stimulent notre imagination : on essaie de reconstituer la scène du crime… En descendant la vallée on est régulièrement amené à sauter plusieurs petits affluents et on finit par être obligés de se faufiler dans le bush. Pas facile ! Pourvu qu’on ne se trouve pas nez à nez avec un grizzly. « Promenons-nous dans les bois… » Finalement on trouve un endroit pour traverser la rivière et rejoindre la piste. On émerge sur celle-ci en haut d’un raidillon : il n’y a plus qu’à attendre le bus, enfin plutôt les bus car encore une fois nous devons nous diviser en 2 groupes : d’abord les enfants puis Fred et moi. Sur le trajet du retour, la lumière est de toute beauté et ça fait vraiment l’œuf d’être dans ce bus ! Comme nous sommes 5 nous ne prenons pas le risque de prendre le dernier ou l’avant dernier bus pour rentrer car s’ils sont pleins, il faut attendre qu’un véhicule vienne nous chercher depuis l’entrée du parc, ce qui nécessite au bas mot quelques heures ! On retrouve les enfants au camping car : ils ont vu 3 ours sur une colline, les veinards !

J3 dans le Denali NP (Di 22/08) On les revoit ce matin : une maman grizzly et ses 2 petits. Plus loin on retrouve « nos » mouflons d’hier : depuis le bus, l’effet n’est pas le même ! Cette fois on se fait déposer à Stony Dome. Pas de soleil mais il ne pleut pas, c’est déjà ça…. Après avoir traversé une petite rivière, on remonte une petite vallée pleine de marmottes avant d’arriver à un col. Monter jusqu’au sommet ne nous apporterait pas grand-chose de plus car le temps est assez couvert. On préfère chercher un passage pour faire une boucle vers une très belle vallée que nous avons repérée en passant en bus. Hélas, elle est inaccessible ! C’est assez difficile dans le Denali (et en Alaska en général) de se faire une idée précise des reliefs car les cartes sont peu détaillées. Demi-tour donc, c’est plus prudent ! Le temps se couvre de plus en plus. Superbe arc en ciel près de Toklat River ! Malgré le temps, on décide d’aller explorer une vallée colorée que nous avons repérée sur Polychrome Mountain : elle nous a tapé dans l’œil à Caroline et moi. Un signe au chauffeur et hop, on descend ! On essuie quelques gouttes, rien de méchant et on grimpe dans la vallée jusqu’à apercevoir un groupe de « mouflettes » de Dall. Ces dames sont bien plus sauvages que les mâles, impossible de les approcher : elles sont toutes effarouchées et disparaissent finalement derrière un col. Cette fois le ciel s’assombrit de partout : demi-tour ! On se poste au bord de la route : 1er bus : 1 place seulement. Arnaud y monte (le veinard, il va voir un loup qui va trottiner au bord de la route pendant au moins 2 km !) On attend un bon moment le 2ème bus, le fond de l’air est de plus en plus frais mais on ne veut pas marcher le long de la route pour nous réchauffer car il pleut de partout sauf au-dessus de nos têtes ! Drôle d’impression ! Les sommets tout proches seront même blanchis. 2ème bus : 2 places, pfff… Fred et Caro y montent avec pour mission de commencer à faire les lasagnes ! 3ème bus : Marion et moi aurons finalement attendu 1h15 avant de pouvoir monter dans un camper bus : atmosphère d’ailleurs très sympa, il ramène des gens qui ont campé à Wonder Lake. Ce n’est pas le même public que dans les autres bus où on a vu des gens roupiller ou lire sur leur ipad ! Il y a d’autres randonneurs complètement trempés et frigorifiés qui visiblement ont attendu le bus un bon moment sous la flotte. On a eu plus de chance ! En conclusion ce système de bus est tout de même très contraignant : c’est un crève-cœur de perdre matin et soir plusieurs heures dans les transports, juste au moment où la lumière est la plus belle. Le dernier jour entre la fin de la balade, l’attente du bus et l’arrivée au camping de Teklanika, nous avons mis 3 heures (pour une vingtaine de miles )! (Auxquelles il faut ajouter 2h le matin pour aller à Stony Dome) Il est vrai que les paysages du Denali sont vraiment très beaux : c’est un mélange de larges vallées glaciaires austères, gorges profondes, montagnes colorées, glaciers, sommets enneigés mais je trouve l’organisation du parc vraiment trop pesante pour avoir envie d’y retourner. Voilà c’est dit ! Je dois dire aussi que je tenais tout de même à voir ce parc pour me faire mon idée, pas de regrets donc ! Je pense que pour bien profiter du parc (sans avoir une impression de métro/rando/dodo) il faut pouvoir partir camper quelques jours loin de la piste ce qui implique de porter un gros sac. Pas facile non plus pour une première visite dans le parc de bien cerner où s’y balader….et vu qu’il faut dire à l’avance au WAC dans quel secteur on va bivouaquer, impossible de se décider au vu des paysages rencontrés depuis le bus.

Denali NP, Anchorage (Lu 23/08) Il y a un peu plus de 400 km jusqu’à Anchorage, où nous reprenons l’avion demain.Ce matin dans le parc, le ciel est couvert mais les couleurs d’automne commencent tout de même à flambloyer. Plus au sud, ça se dégage et la vue de Denali Viewpoint South est à tomber ! On aperçoit en contrebas la Chulitna où nous sommes passés quelques jours plus tôt dans le brouillard. A Trapper Creek (à la hauteur de Talkeetna) nous prenons la Petersville Road qui file vers l’ouest. Cette route nous permet d’apercevoir le Denali sous un autre angle : elle n’a pas vraiment d’autre intérêt. Comme il fait beau nous décidons de repasser par Hatcher Pass mais comme la dernière fois, le temps se couvre finalement. Ce détour nous permet de rencontrer une nouvelle fois la femelle élan et son petit. Cette piste (non autorisée par le loueur ce qui signifie que l’on n’y est pas assuré) ne présente pas de difficulté ce jour là. La descente est assez raide et le frein moteur bien utile. On passe à Anchorage Downtown : la ville est en fait assez petite. Il y a des quertiers qui semblent très agréables à vivre avec plein de belles maisons en bois. La ville est idéalement située entre mer et montagnes. Nous allons passer la nuit sur les hauteurs de la ville à Glen Alp, dans le Chugach State Park. Il y a un monde fou ici : c’est un départ de randos à quelques minutes de la ville et la vue y est magnifique. On assiste à un coucher de soleil wagnérien sur Anchorage, ponctué de quelques averses bien drues ! Au loin, l’écume des vagues éclairée par le soleil couchant souligne la côte d’un trait presque fluorescent. Derrière nous, un ultime nuage rose avant que la nuit ne tombe définitivement.

Adieu Alaska et Denali ! (Ma24/08) Magnifique cadeau d’adieu ce matin : le Denali se détache parfaitement sur l’horizon ! Il est à plus de 200 km à vol d’oiseau ! On est scotché par ce spectacle mais il nous faut rendre le camping car avant 10h. En 10 mn, c’est chose faite et la navette nous conduit à l’aéroport, duquel d’ailleurs nous apercevons toujours le Denali. On décolle en début d’après-midi et très rapidement on vole « à côté » du Denali : magnifique ! Je constate non sans une pointe de satisfaction égoïste que la piste du Denali NP est sous les nuages, comme tout le flanc nord du massif. Moi qui était déjà en train d’échafauder des plans pour retourner en Alaska à l’automne et dans le nord, je réalise que le beau temps est rare partout en Alaska, pas uniquement sur la côte !

CONCLUSION Avant d’opter finalement pour l’Alaska, j’avais étudié la possibilité d’un voyage au Kamchatka, son voisin de l’est ! J’étais attirée par ses paysages sauvages, ses volcans, ses ours, ses rivières et rêvait d’y randonner ou d’y faire une descente en raft ou canoë. Malheureusement cette région ne s’est ouverte au tourisme qu’en 1992 au moment de la Perestroïka et les infrastructures y sont encore peu développées. Il est très difficile d’y voyager sans guide (et encore plus si on ne parle pas le russe) et les devis demandés auprès des agences locales y étaient absolument exorbitants. Conditions de confort spartiates, nécessité de porter d’énormes sacs pour y trekker (je ne pense pas que les russes soient déjà initiés à la philosophie MUL), impossibilité d’y être autonome, manque de réactivité des agences locales pour répondre à mes mails. Bref, je décidai finalement de me tourner vers l’Alaska et là tout a été ultra-simple : on trouve plein d’infos, cartes, récits, photos sur le net qui permettent de préciser ses attentes. Les américains ont un sens du service qui nous épate à chaque fois ! On avait un timing assez serré et tout a marché comme sur des roulettes, ils sont très pro ! Pas facile cependant vu la taille de l’état de faire des choix : il mérite à coup sûr plusieurs voyages ! On a fait un voyage passionnant même si la météo aurait pu, si elle avait été complice, le rendre absolument époustouflant !

Nos plus forts souvenirs (après sondage familial) seront : La rencontre rapprochée avec le grizzly L’ours noir sur la plage L’adorable loutre à Valdez et les loutres en général, trop mignonnes Les aigles à tous les coins de forêts et les phoques La « pêche au saumon », morts de rire ! Le Denali dans toute sa splendeur Les mouflons de Dall La pluie !!! La (très) grosse trouille en raft contre la souche

BUDGET ALASKA

J'ai profité en décembre 2009 d'un euro avantageux par rapport au dollar (1$ = 1,50 euro à l'époque) pour payer le ferry, la location du camping-car, les accomptes pour le kayak et le raft, le camping/Tek Pass/entrée au Denali, Child's glacier campground. J'avais aussi acheté en décembre des dollars pour payer sur place le solde kayak/raft, les hébergements, restaurants, bouffe. Bref, il n'y a que la location de voiture et le carburant qu'on a payés avec un dollar un peu moins avantageux (1$ = 1,29 euro) Vu le prix des prestations en Alaska, il n'y a pas de petits profits!

Avion pour 5, vol direct Francfort-Anchorage avec Condor4880 euro

Location 2 kayaks doubles+1 simple pour 7 jours1085$ Transferts en watertaxi 1880$ Total kayak :3035$ soit 2154 euro

Location raft 4 jours pleins 400$280 euro Navette pour dépose raft250$175 euro Total raft : 650$455 euro

Location VHF 7jours70$47 euro Location tél satellite 2 semaines150$ 106 euro Location bear spray 2 semaines 50$ 35 euro Clôture anti ours120 euro Total sécurité308 euro

Location minivan 14javec plein assur maxi732$567 euro Essence minivan 40$31 euro Total minivan 14j598 euro

Camping car 25' 10 jours, assurance maxi1592$1114 euro Propane40$28 euro Essence camping car 26l/100 km 1700 km459$355 euro Total 10j camping car 1497 euro

2 nuits 5 pers AJ Girdwood240$168 euro 2 nuits Talkeetna Roadhouse284$200 euro Childs's glacier campground avec résa34$25 euro 3 nuits à Teklanika campground (Denali)73$49 euro Total hébergements 442 euro

Ferry Whittier/Cordova/valdez CC+5P1091$722 euro

TEK Pass pour 3 jours pour 5 (bus dans Denali)92$61 euro

Ravitaillements, gaz, pêche 25j à 51000$670 euro Restos, fast food300$200 euro Total Bouffe, divers sur placeenviron 1000 euro

TOTAL pour 25j à 512117 euro

BIBLIOGRAPHIE ALASKA

Le Milepost est un énorme annuaire contenant une masse d'informations diluées au milieu de publicités. Nécessite un temps d'adaptation avant de s'y retrouver. Très utile pour le voyageur motorisé. Poids rédhibitoire pour les autres.

Lonely Planet Alaska : bien, pas mal d'idées de randonnées, pas mal de cartes.

55 Ways of the Wilderness in South Central Alaska, 5th edition de Helen D. Nienhueser and John Wolfe Jr : plein d'idées de rando, cartes succintes.

The Alaska River Guide de Karen Jettmar : la référence pour choisir sa rivière.

Denali National Park Guide to Hiking, Photography and Camping de Ike Waits. Plein d'idées de randos dans le Denali NP. Topos pas très précis mais difficile de faire mieux vu qu'il n'y a pas de sentiers. Cartes très grossières.

Cartes du National Geographic : Prince William Sound West (utilisée en kayak) 1/110000ème Prince William Sound East (pour la région de Cordova) 1/105600 Denali 1/225000ème On est loin de nos cartes IGN au 1/25000ème mais ces cartes sont agréables à lire et plastifiées. Au moins un bivouac de kayak indiqué qui n'existe pas sur PWS West. Je ne crois pas qu'il existe des cartes papier plus détaillées de toute façon. Il faut donc un peu « d'inspiration » pour lire le terrain plutôt que la carte, pas toujours facile.

Cartes GPS On a téléchargé des cartes topo gratuites pour Garmin. Attention il en existe (au moins) 2 types : pour l'un des 2 impossible de transférer les cartes et les waypoints sur le GPS donc mieux vaut faire un essai avant de rentrer tous les waypoints et de piquer une crise quand ça coince! On a utilisé ça :
http://www.gpsfiledepot.com/maps/view/302/ Bien utile pour évaluer la distance parcourue en kayak ou en raft et s'assurer qu'on est bien là où on croit! Amusant aussi pour mesurer la vitesse en raft : record 14,8 km sans donner un coup de pagaie!

Scats and Tracks of Alaska de James C. Halfpenny : crottes et traces d'Alaska, bien fait, léger, les enfants le connaissent par coeur.

Alaska Wild Berries and berry-like fruit de Verna E. Pratt pratique, léger, bien utile vu l'abondance de baies diverses et variées.

On aurait du acheter ces 2 petits livrets au début du voyage mais l'occasion ne s'en est présentée que plus tard. Si vous les trouvez sur le net, n'hésitez pas!
L'Ouest américain, Le Grand et Mamie-Boulet pour trois mois
by Ninou98 · 2010-09-16 · 508 replies
Bonsoir à tous,

On n'a pas hésité longtemps. On repart !

Durée max : 4 mois

Hébergement : on ne réserve rien, comme la première fois. On ressort notre Home-sweet-home d'il y a 5 ans (tente 2 secondes Decath) et une voiture (4X4 - mais ça c'est Le Grand qui gère) l'important c'est qu'elle soit assez grande pour que je/on puisse dormir dedans : je ne suis toujours pas mure pour dormir sous la tente dans la Death Valley et la solution table préconisée par Sedonax est valable pour Le Grand pas pour moi 😕.

Epoque : départ mi-mars ou fin mars. Ahhhh revoir Mono Lake, mais comme l'ont vu "Les Héros" !

Les impératifs :

Ceux du Grand - retourner à Grand Canyon pour descendre au fond - dormir à la belle étoile dans Death Valley

Les miens - Joshua Tree NP - Carlsbad Caverns NP - Retourner à Canyonlands. Descendre la piste de ouf dans les traces de JF, aller à The Needles pour voir les pétroglyphes et trouver Thelma et Louise Point.

Les nôtres (parce qu'on en a quand même en commun 😛).

Zion : les Narrows

Grand Canyon : Havasupai

Capitol Reef : reprendre la balade où nous avons été obligés de la laisser à cause des orages

Kodachrome Basin

Grand Staircase-Escalante

Canyon de Chelly

Sedona

Garder la dernière semaine pour San Francisco

Garder les trois semaines avant la dernière pour remonter vers le nord :

- 1 semaine à Yellowstone. Ahhhh voir Grand Prismatic comme l'a vu Thibaud 😉

- 2 semaines pour la région de Seattle - pas pour les coups de foudre - mais pour North Cascades NP - Mt Rainier NP - et surtout les Columbia River gorge.

Les autres se sont imposés peu à peu grâce à la lecture des carnets de Thibaud, JC, Sedonax (pas fini 🙁 mais je finirai par trouver le temps) et tous les autres. Merci encore à tous 😎

- la Sierra Nevada avec encore un peu de neige - Bodie - Fisher Towers - Salt Lake City - Antelope Island - Goblin valley - CBN - CBS mais là va falloir m'expliquer cette histoire de tirage au sort. Sur place j'ai bien compris, mais par Internet 😛 - Horseshoe Bend - Antelope Canyon - Dead Horse Point - Chesler Park etc

Voilà, il ne nous reste plus qu'à tout mettre en ordre et vérifier ce qui est à la portée de nos gambettes.

Tous vos conseils seront les bienvenus.

Beaux rêves d'Ouest à tous Ninou
Norvège 2009: partie 2 des îles Vesteralen à la frontière russe
by Jjmmsa · 2010-08-23 · 1 reply
NORVEGE 2009 - DE LA NORMANDIE A LA FRONTIERE RUSSE ET RETOUR

2ème Partie - ÎLES VESTERÅLEN - FRONTIERE RUSSE

Jour 13 - Di 28/06/2009 - Handelsand - Fiskebol - Stø



08 h 00, réveil en pleine nature après une nuit calme et sans histoire. Météo toujours mitigée. Toilette et maquillage "sauvages" avec les moyens du bord.

Au moment du départ, discussion avec l'un des 2 camping-caristes de l'Orne qui font le trajet inverse.

Arrivée à Fiskebol et attente du bac. Ce ferry permet de passer des îles Lofoten vers les Vesterålen. Des Italiens en camping-car pêchent sur l'appontement et… ça mord ! Peu de véhicules dans la file. Ce ferry a perdu quelque peu de son intérêt depuis l'ouverture d'un nouveau tronçon de la E10 qui, avec ponts et tunnels, relie maintenant les îles Vesterålen au continent.

10 h 30, embarquement sur le ferry, démesuré par rapport au nombre de voitures. Vaste salon intérieur avec cafétéria où J-J sacrifie au rituel norvégien en mangeant un hot-dog local. 3 niveaux de ponts extérieurs permettent de profiter au mieux du paysage. En arrière, temps gris sur les Lofoten dont les sommets sont pris dans d'épais nuages bas. A quelques kilomètres vers l'avant, grand soleil sur les Vesterålen. La météo norvégienne n'est pas à une bizarrerie près !

11 h 00, débarquement à Melbu (Hadseløya). Arrêt à l'église rouge octogonale de Hadsel. C'est dimanche, il y a une messe, plein de fidèles à l'intérieur, donc pas de visite possible. Quelques personnes quittent momentanément l'office pour téléphoner ou pour se rendre (aux toilettes, sans doute), dans un bâtiment annexe, curieux !

Peu après nous franchissons le pont de Stokmarknes (Langøya). Nous passerons sous ce pont plus tard avec l'Hurtigruten. Ce port est lié à la fondation de l'Hurtigruten en 1881.

En route, halte à Sortland, agglomération importante des Vesterålen. Complété le plein avec du gas-oil détaxé, apparemment, pas de problèmes. Motivés par notre chasse au soleil de minuit, nous quittons la route principale pour suivre la R820 et nous diriger vers le nord de l'île.

12 h 45, peu avant Myre, pique-nique sur une minuscule aire aménagée d'une table et de bancs en bois, face à la mer. Arrivée à Nyksund, au bout d'une route sinueuse et très étroite, tout au nord de Langøya. Ce village de pêcheurs que ses habitants ont dû abandonner dans les années 1970 était devenu fantomatique au fil des années… Ce qui en faisait un intérêt touristique certain, jusqu'à ce qu'une poignée d'acharnés commence à le réhabiliter et ne remette un à un les hangars et les habitations en état. Le village abandonné, ne l'est plus tant que cela et en en passe de (re)devenir très touristique et un rien branché.... Les mouettes, elles, n'ont jamais déserté l'endroit.

Il reste quand même une impression de bout du monde. Sinon, de beaux hangars sur le port et des quais à 2 étages sur pilotis dans un joli cadre naturel. Nous constatons que l'endroit n'est finalement pas vraiment propice à l'observation du soleil de minuit, nous modifions le programme et nous dirigeons vers Stø, située sur la pointe nord-est de l'île.

16 h 45, arrivée au camping de Stø, situé tout au bout du village. Peu fréquenté et très sommaire, mais bel endroit dans une anse à l'écart du port.

Transfert des films et photos sur l'ordinateur. Dîner, soupe et crêpes.

20 h 30, pêche aux bigorneaux, au pied du Home Espace. Un saladier rempli en 5 minutes. Miraculeux !

Le ciel est clair et le soleil brille partout… sauf à notre nord où un long et épais banc de nuages risque de compromettre la soirée.

A 00 h 00, le soleil est bien au-dessus de ce banc de nuages qui n'a pas bougé d'un pouce et restera masqué, dommage. Néanmoins, entre l'horizon et la base des nuages, nous sommes gratifiés d'une belle lumière avec tous les effets possibles de jaune, de rose ou d'orange. Le contre-jour est magnifique et nous restons presque une heure sur les rochers pour admirer le spectacle. Nous n'avons pas tout perdu.

Au loin, vers le nord-est et à 40 km, nous devinons la silhouette des rochers de Bleik sur l'île d'Andøya. La mer et les falaises au lointain dans une légère brume sont devenues roses sous le soleil de minuit. Etonnant !



Jour 14 - Lu 29/06/2009 - Stø - Andenes - Senja Steinfjord



Le temps a changé durant la seconde partie de la nuit. Au réveil, ciel couvert, sommets dans les nuages, légère bruine et température de 9°C. Nous reprenons la route vers Sortland en faisant un crochet par Alsvåg (après Myre).

10 h 45, arrêt à Sortland dans un grand magasin Coop, intégré dans un centre commercial important. Trouvé la bibliothèque pour envoyer un mail, mais l'Internet ne fonctionne pas.

Passage sur le pont de Sortland (sous lequel nous passerons plus tard avec l'Hurtigruten), et nous suivons la rive ouest de l'île d'Hinnøya, avant de franchir le pont de Risøyhamn, sur Andøya (mêmes éléments, même motif pour le pont). La géographie et la circulation sont plutôt complexes dans ces îles. Peu après Risøyhamn, nous passons sur la rive occidentale d'Andøya, face au large.

12 h 45, entre la route peu fréquentée et le bord de mer, nous trouvons un coin de pique-nique au pied des hautes falaises de Nordmela. Nous faisons un sort aux bigorneaux pêchés hier soir, de jolis spécimens ! Et puis, le soleil revient progressivement et il n'y a plus un souffle de vent.

Nous poursuivons en longeant plus ou moins la mer, en traversant des paysages plats, sablonneux et presque d��sertiques. Nous traversons le village verdoyant de Bleik, avec sa route centrale bordée de hauts arbres de part et d'autre, inhabituel en Norvège.

Après la traversée de Bleik, changement de décor. Nous faisons un arrêt sur une plage de sable absolument blanc. Sans vent, la surface de l'eau est plate comme un miroir. Avec le soleil et de faibles fonds sableux, la mer prend une couleur improbable et difficilement définissable : mélange ou fusion de bleu turquoise et de blanc laiteux. Surprenant !

Une multitude de roches plates émergent à peine, et au fond un énorme pain de sucre jaillit de la mer. Splendide ! Et l'on en vient à penser qu'avec quelques cocotiers, ce pourrait être le paradis. Tout y est, le franc soleil, la mer turquoise, le sable blanc. Eh non, c'est la Norvège !

Juste après cette magnifique plage, la montagne descend en dents de scie jusqu'à la mer au point qu'un tunnel a été creusé pour rejoindre Andenes, à l'extrémité nord d'Andøya et des Vesterålen.

14 h 15, peu de choses à faire dans cette petite ville, si ce n'est chercher la bibliothèque. Après renseignement, nous l'avons trouvée jouxtant l'école. Nous avons rédigé un mail, mais impossible de l'envoyer ! Après plusieurs essais infructueux, la chef-bibliothécaire vient à notre secours et retape notre mail depuis son PC, mais n'a pas pu joindre le texte stocké sur notre clé USB. Elle n'a donc pu envoyer que le texte du mail seul. Très serviable, elle avait surtout envie de parler (!), ou d'entendre parler, français. Son mauvais français mélangé au mauvais anglais de J-J a donné une conversation plutôt surréaliste !

15 h 50, arrivée à l'embarcadère du ferry pour passer sur l'île de Senja. Le départ est dans plus d'une heure, mais il n'y a que 3 ferries par jour en haute saison. Pas question de le rater, sinon c'est demain 9 heures ! Résultat impossible à prévoir à l'avance : 3 voitures, 4 motos et 2 vélos, ça ne se bouscule donc pas !

En attendant, Nelly prépare le goûter sur le parking et fait un cours magistral sur la préparation du café en poudre… immortalisé à jamais en vidéo.

17 h 00, appareillage sur le ferry M/S Lødingen, pas bien grand, ni de la première jeunesse ! Direction Gryllfjord sur la côte ouest de l'île de Senja. 1 heure 40 d'une traversée de rêve, grand soleil, belle visibilité, pas de vent et une mer bleue absolument plate au point que les nuages se reflètent dans l'eau. Vers le nord, difficile de distinguer l'horizon parce qu'il est impossible de séparer la mer du ciel, tout est intensément bleu. Quant à la côte de Senja, très éclairée, elle étale devant nous, sur une cinquantaine de kilomètres, une succession de pointes enneigées. Jamais il n'aurait été possible d'imaginer un tel spectacle en Norvège. Impossible de quitter le pont extérieur du ferry dans de telles conditions. Une traversée idyllique !

18 h 40, arrivée dans le Gryllfjord, toujours sous un généreux soleil. Le fjord est large et peu profond, presqu'en forme de cirque fermé par de hauts sommets qui se découpent sur fond de ciel bleu. Splendide sous un éclairage idéal. En début de soirée, le village de Gryllfjord apparaît illuminé par des couleurs chaudes mettant en valeur chaque maison. Une belle arrivée !

Le ferry accoste au centre du village, et non pas comme souvent au bout d'une route dans un endroit isolé. Pour la première fois, nous voyons des villageois ou des touristes se rassembler sur le quai, pour assister à l'arrivée du bateau. De simples curieux qui n'attendent personne, puisque nous sommes seulement une petite dizaine de passagers étrangers à débarquer.

Là encore, un village du bout du monde, au bout de tout, à l'extrémité ouest de Senja, à l'extrémité de la rive sud du fjord qu'il faut contourner complètement. A l'ombre la majeure partie de l'année au pied de la montagne, sauf l'été bien sûr quand le soleil est le soir au nord. Idyllique l'été, mais l'hiver ? Pour quoi, pour qui ? Difficile de comprendre sans y être né.

Encore plus isolé, le village de Torsken, sur la côte nord de la même montagne, mieux orienté sur la rive d'un autre fjord, mais au bout d'une méchante route longue, sinueuse et très escarpée. Quelques habitations, un appontement, une petite usine de transformation de poisson, c'est tout !

Après Torsken, nous prenons la route vers la côte nord de l'île de Senja, celle face à l'Atlantique, la plus accidentée d'où nous pouvons admirer de beaux paysages de montagnes abruptes et de roches dans l'eau au soleil descendant (ici, impossible de dire couchant !).

Pas (ou si peu), de terrains de camping sur Senja, aussi nous cherchons un coin pour dormir dans la nature cette nuit, si possible, face au soleil de minuit. Cela s'avère difficile, le relief est escarpé, et il y a peu de débouchés intéressants en dehors de la route. Cela devient vite fastidieux et nous gâche quelque peu le plaisir de la découverte de cette île aux paysages magnifiques. Nous roulons, nous roulons, le temps passe (même s'il n'y a pas urgence à cause du jour permanent), nous voudrions bien nous poser quelque part.

21 h 20, nous gravissons un petit col qui mène ensuite vers un tunnel. De ce tunnel, nous débouchons sur l'extrémité du Steinfjord qui semble l'endroit idéal pour passer la nuit. Enfin ! Nous nous arrêtons sur une aire de pique-nique sommairement aménagée en contrebas de la route et juste en bord de mer, face au soleil.

L'endroit rêvé ! Personne d'autre que nous, pas un bruit, même pas une ride sur l'eau, face au soleil qui descend lentement. Idéal ! Dîner au calme sur les tables et bancs en bois : reste des bigorneaux pêchés la veille à Stø, pavés de saumon.

23 h 00, un énorme camping-car occupé par un couple de norvégiens s'installe près de nous. Ils nous prennent en photo face au soleil… descendant !

Et nous passons tout le reste de la soirée à buller face à la mer, sous un ciel clair et bien bleu. La météo est excellente, et cette fois-ci, c'est sûr, nous verrons le soleil à minuit. Malgré l'heure tardive, le soleil est bien haut au-dessus de la mer et brille encore généreusement. S'il ne descend plus, nous le voyons se déplacer lentement vers le nord. A minuit, il brille toujours et à minuit cinq, il passe derrière la rive orientale du fjord. Autour de nous, les montagnes sont copieusement éclairées d'une lumière chaude. Il fait grand jour !

Ces heures-là resterons pour nous un moment exceptionnel et privilégié, qui a lui seul valait tout le voyage et nous venons de vivre, sans aucun doute, la plus belle soirée de notre périple norvégien.

Plage de Bleik - Gryllfjord (Île de Senja)

Jour 15 - Ma 30/06/2009 - Senja Steinfjord - Tromsø

08 h 00, réveil face à la mer toujours aussi calme, pas de vent, toujours du soleil mais il reste encore caché derrière les montagnes. Notre nuit a été plus que tranquille, sans un bruit, sans une alerte, mais finalement très courte et nous avons les têtes de circonstance… Nous serions bien restés plus longtemps dans ce site, face à un tel décor, mais il faut bien avancer, la route est encore longue jusqu'à Kirkenes.

09 h 30, départ et arrêt quelques kilomètres plus loin pour admirer le site de Tungeneset. De hautes falaises verticales plongent de 500 mètres à l'extrémité d'un fjord et se prolongent par une série de pointes acérées. Impressionnant ! (Les qualificatifs vont vite manquer !).

Personne, et si ce point de vue est plutôt bien aménagé, c'est qu'il doit être fréquenté. Depuis la route, un long cheminement en béton et en pente douce permet aux handicapés d'aller presque à la plage. De part et d'autre, un garde-corps en lamelles de bois et puis un local sanitaire aux formes très "design" de grandes dimensions, construit aussi en bois. Ce serait le site spécialement aménagé le plus cher de Norvège (± 3.000.000 de NOK, soit 390.000 € en 2008… ce qui fait grincer certains norvégiens !).

10 h 30, long arrêt au port de Mefjordvær, village de pêcheurs construit au pied de montagnes verticales. De grandes et belles maisons en bois au bord du fjord, une église blanche donnent un air coquet à ce petit port qui semble se vouer au tourisme, on y a même rencontré un français qui y passait ses vacances…

Route jusqu'à Laukvik à la pointe nord de Senja et attente d'un ferry à Botnhamn pour passer sur l'île de Kvaløya. Pique-nique sur le quai.

Cette île de Senja que nous avons effleurée semble particulièrement belle et bizarrement, à l'écart des routes touristiques. Elle est surtout fréquentée par les Norvégiens, et d'après eux, les paysages de Senja sont un résumé des paysages de Norvège. Donc, à visiter plus en détail.

12 h 30, embarquement sur un petit ferry vers Brensholmen en descendant le Malangenfjord durant 45 minutes. Nous vivons là nos dernières heures d'une météo qui nous a favorisés jusqu'alors. Sans le savoir, nous ne reverrons pas le soleil avant longtemps… Le ciel se voile rapidement, le vent se lève et il fait frisquet sur le pont extérieur, ce qui n'empêche pas J-J de profiter du paysage ou de discuter un long moment en "franglais" avec un Norvégien de Stavanger qui venait dans cette région pour la première fois, (il y a plus de 2 000 km de distance entre Stavanger et Tromsø !), il fut aussi question des incursions des Vikings en Normandie et que ce voyage était peut-être pour nous un retour aux sources.

Dès la sortie du ferry, nous voyons un grand renne avec des grands bois déambuler et brouter à travers les maisons. Curieux, il semble bien loin de son biotope habituel, il nous faudra rouler longtemps pour en voir d'autres plus régulièrement vers le nord.

Nous franchissons sur un pont à voie unique pour passer sur Sommarøya, "l'île de l'été". Pause café en surplombant une plage où quelques jeunes se baignent… Il fait un vent glacial et nous sommes en blouson. Nous n'avons rien vu d'extraordinaire sur cette île, sauf un beau paysage d'îlots et de petites plages au sud-ouest, mais sans l'éclairage idoine, cela semble terne.

Nous poursuivons par la côte nord de Kvaløya pour rejoindre Tromsø, la grande ville du Nord, 3ème ville du pays. Le centre ville est situé sur une île au milieu d'un vaste fjord, nous l'atteignons par un réseau de tunnels avec croisements et ronds-points. Nous rejoignons rapidement la bibliothèque, vaste édifice contemporain. A l'intérieur, sur 3 étages très lumineux, les rayonnages sont bien pourvus pour toutes les tranches d'âge : livres, vidéos, DVD, journaux en consultation en norvégien et en anglais, pour les petits et les grands. Et bien sûr, consultation de documents sur PC et des postes pour l'Internet.

Nanti de notre portable, nous nous connectons au réseau Wi-fi gratuit de la bibliothèque et après quelques tâtonnements, nous pouvons rédiger et expédier un mail. C'est beau le progrès !

16 h 30, balade en ville, dans les coins parcourus l'hiver dernier. Le 2 Janvier à la même heure, il faisait nuit. Aujourd'hui, tout est complètement différent, les perspectives et les dimensions ne sont plus les mêmes. Cela paraît plus animé, plus vaste.

Storgata, la rue principale était couverte de neige, les trottoirs à moitié envahis par des tas de neige ; aujourd'hui, c'est une longue et large rue où la foule déambule. De grandes maisons en bois coloré bordent cette rue, elles abritent des vitrines un peu surannées. Mais la magie n'opère pas comme lors de notre passage en Janvier, sans la nuit mystérieuse, sans les illuminations des rues et les décors de Noël… Curieux de revoir les mêmes endroits ou les mêmes boutiques sous un éclairage différent !

Nelly retourne dans la même galerie marchande près du port. Ensuite, nous visitons la cathédrale (Domkirke). Construite en 1861, de couleur café au lait et gris, c'est la plus grande église en bois de Norvège. Nous écoutons la fin d'un concert d'orgue donné sur un bel instrument de style néoclassique en bois peint en blanc et or. S'y trouve également une belle galerie de tableaux des portraits des pasteurs successifs.

18 h 15, nous empruntons le Tromsøbrua pour rejoindre le quartier de Tromsdalen où se trouve le terrain de camping. Celui-ci est quasiment complet, et on nous attribue une place de parking avec un petit bout d'herbe en contrebas de la route d'accès. Ce n'est plus le cadre royal d'hier soir !

Nous prenons notre dîner dans la salle commune du camp et après le repas, nous profitons des infrastructures pour transférer films et photos sur l'ordinateur.

Jour 16 - Me 01/07/2009 - Tromsø - Alta



Petit-déjeuner dans la salle commune du camping, car il a plu dans la nuit et l'herbe est détrempée derrière l'Espace. Le temps est bouché et les sommets environnants sont dans les nuages. D'ores et déjà, l'excursion au Storsteinen "le gros rocher", à 420 m d'altitude en téléphérique est compromise, pas de panorama sur Tromsø et les environs !

Nous visitons la Cathédrale Arctique toute proche. Très beau monument blanc contemporain de forme triangulaire voulant rappeler les arêtes d'un iceberg que l'on aperçoit de toute la ville. Belle étude de la diffusion de la lumière à l'intérieur. Grand vitrail triangulaire de 140 m² au fond et un buffet d'orgue moderne à l'opposé. Droit d'entrée de 30 NOK (3.40 €), pour l'entretien et pour une fois justifié.

10 h 40, par un temps mitigé, nous quittons Tromsø par la E8, puis la R91 jusqu'à Breidvikseidet où nous attend le ferry qui nous permet de traverser l'Ullsfjord en 20 minutes. Route de liaison de 20 km pour de nouveau emprunter un autre ferry à Lyngseidet et traverser le Lyngenfjord en 45 minutes. Même si le gain de temps n'est pas significatif, ces 2 ferries successifs permettent d'éviter 150 km de trajet.

Nous pique-niquons dans le salon du 2ème ferry entre Lyngseidet et Olderdalen.

13 h 25, le soleil revenu, nous débarquons du ferry et roulons vers le nord, en longeant le Lyngenfjord avec des vues spectaculaires sur le massif de Lyngen, aux cimes encore bien enneigées plongeant dans l'eau verte du fjord.

Nous voyons le premier panneau indiquant la direction de Kirkenes : 790 km (sans compter le crochet prévu par le Cap Nord !!!). Progressivement, nous abordons le Finnmark. Nous longeons plusieurs fjords. La végétation évolue selon les lieux ou l'altitude, les sapins disparaissent peu à peu, les bouleaux rapetissent et se clarifient, et nous traversons de plus en plus de zones désertiques seulement recouvertes de mousses ou d'arbrisseaux rampants. Vastes paysages de toundra sous un ciel de plus en plus couvert.

Au bord de la route, quelques campements samé (lapons), avec 4x4 et paraboles satellites, et aussi les premiers troupeaux de rennes.

18 h 00, arrivée à Alta, la capitale du Finnmark. Ville déconcertante, toute en longueur avec beaucoup de centres commerciaux peu animés. L'ambiance générale est glaciale, tout comme la température extérieure, 8 à 9°C à cause du vent froid.

19 h 00, installation au camping Alta Strand, au sud de la ville au bord de la rivière Altaelv. Repas de crêpes, soupe, café, Pique-nique très froid.

Transfert des films et photos sur l'ordi dans la salle commune. Discuté avec une suissesse de Neuchâtel, qui revient du Cap Nord où elle a eu très froid et du temps agité. Elle nous donne les prévisions météo : peu engageant.

Paysages du Lyngenfjord

Jour 17 - Je 02/07/2009 - Alta - Honningsvåg - Skarsvåg - Cap Nord



Petit déjeuner dans la salle commune du camping, tant il fait froid et qu'il vente. Puis, départ et plein de gas-oil détaxé à Alta.

La route traverse quelques forêts de bouleaux (de plus en plus rares et de plus en plus chétifs), entrecoupées de plateaux arides, désolés, sans arbres, de vastes zones désertiques à perte de vue, juste agrémentées de larges plaques de neige dans les dépressions du terrain. Il n'y a de végétation qu'au ras du sol, arbrisseaux rampants, bruyère, mousses ou lichens. Vu aussi quelques troupeaux de rennes qui broutent ces maigres plantes tout en marchant. Que ce soit par le paysage ou la météo, nous entrons dans l'antichambre du Cap Nord, et il s'en dégage déjà une profonde impression de désolation. La température extérieure oscille entre 5 et 8°C, et nous subissons de nombreux grains.

Après une longue descente sur le hameau d'Oldenfjord, nous quittons la E6 pour emprunter la E69 qui va nous emmener jusqu'au Cap Nord en suivant le Porsangerfjord, très long (120 km), et très large (20 km), fjord, orienté nord/sud entre Honningsvåg et Lakselv.

Des falaises, où la roche est disposée en strates longues et régulières, tombent à pic dans le fjord et ne laissent juste le passage de la route. Le ciel est bas et le vent est froid et fort. Parfois la mer fume sous les rafales. Les grains violents succèdent aux brèves éclaircies. T° = 5°C. Les approches du Grand Nord ne se font pas sous les meilleurs auspices !

13 h 00, passage du tunnel de Kafjord pour accéder à l'île de Magerøya, l'île du Cap Nord. 6 870 m de longueur, creusé sous la mer jusqu'à 212 m de profondeur, des pentes et rampes de 12% à l'entrée et à la sortie. De la belle ouvrage, chèrement payée (192 NOK, ± 22 € l'aller et autant au retour) ! Le Grand Nord, ça se mérite !

13 h 30, arrivée à Honningsvåg. Pluie, froid, vent, donc pique-nique rapide dans la voiture sur le quai Hurtigruten. (Le MS Vesterålen est en escale). Passage à l'office du tourisme (peu avenant), et à la boutique qui y est accolée. Beaucoup de Français, passagers du paquebot en escale Adriana III, y font leurs achats de souvenirs. Pour notre part, nous achetons des gants en laine (2 Juillet !), qui nous seront bien utiles dans quelques heures.

15 h 30, route vers Skarsvåg, sinueuse, accidentée à travers des hauts plateaux complètement nus, sans un arbre, juste une végétation tapie au ras du sol : Herbe ? Mousse ? Bruyère ? Face à nous, sous un ciel plombé, un paysage noir, de désolation, de bout du monde dans le froid, le crachin et le vent qui cingle.

Installation au Kirkeporten Camping de Skarvåg, le camping le plus septentrional du monde dans le port le plus septentrional du monde. Nous sommes dans une région de superlatifs, toujours le plus au nord… C'est vrai, nous sommes à plus de 71° de latitude Nord.

Il fait froid, il crachine, il y a du vent, nous louons à bon prix une hytte pour 2 nuits pour s'octroyer un peu de confort et nous affranchir des conditions météo. Cela fait 17 jours que nous avons quitté la Normandie, et si nous avons voyagé sans précipitation, nous n'avons jamais perdu de temps non plus. Un petit break nous fera le plus grand bien. Et pendant que la pluie tombe, nous nous accordons une petite sieste réconfortante dans un vrai lit.

Et pour marquer notre arrivée dans le Grand Nord, ce soir, c'est pavé de saumon, vin rosé dans notre hutte bien chauffée.

Nous avions prévu dans notre programme d'effectuer une randonnée pédestre au Knivskjelodden, "la lame de couteau", pour observer tranquillement le soleil à minuit, (18 km de marche aller et retour). En réalité, "la lame de couteau", c'est le véritable Cap Nord géographique situé 1 600 m plus au nord que le Cap Nord touristique hyper fréquenté. En plus de l'intérêt de l'exercice physique, il y a aussi une satisfaction intellectuelle (un peu perverse), à rejoindre cet endroit quasiment ignoré et d'être arrivé encore plus au nord que le touriste lambda.

La climat a vite raison de ces belles intentions, le vent, le crachin, la température (1°C), nous font renoncer à ce projet. La météo est trop incertaine pour s'aventurer seuls sans risques dans la traversée d'une région aussi isolée, d'autant que cela nous aurait pris la majeure partie de… la nuit. L'exploit, certes ; mais le plaisir avant tout ! Et ce soir, les conditions ne sont pas réunies pour que cette randonnée soit agréable. Dommage !

22 h 00, départ pour le Cap Nord (touristique), en roulant dans un paysage de hauts plateaux légèrement vallonnés. Pas un arbre, rien, le vide absolu, le désert du Nord. Sous le ciel bas, c'en est grandiose et sublime de désolation. C'est lunaire, nous roulons dans un environnement de plus en plus hostile avec le sentiment étrange de progresser inexorablement vers une fin. La météo et le paysage nous mettent vraiment en condition : nous nous approchons du bout du monde, du bout de tout.

Mais au bout de la route… nous sommes ramenés à la réalité : l'entrée du site du Cap Nord est payante, et bien payante (ce que nous savions), 215 NOK par personne valable pour 2 visites, soit ± 24 € ! Ce site est pour la Norvège une vraie mine d'or. Où va toute cette manne ? A part le Nordkapphallen, le centre touristique, aucun aménagement spécifique n'a été aménagé pour faciliter la vie des usagers. Parkings en cailloux à peine nivelés ou en terre battue, pas d'installation pour faciliter l'ordinaire des camping-caristes pourtant fort nombreux, rien !

Mais nous y sommes ! Et nous ne sommes pas les seuls : un mur de camping-cars sur 2 ou 3 rangs, déjà des bus déversent leur lot de visiteurs venus des paquebots en escale à Honningsvåg. Et cela ne cesse d'arriver.

Nous supportons facilement notre harnachement vestimentaire : veste polaire, blouson fourré, bonnets et gants en laine. T° = 1°C !

Alors que la majorité des touristes s'engouffre dans le Nordkapphallen, nous allons d'abord à l'écart voir le panorama sur "la lame de couteau" que l'on voulait rejoindre à pied. Le nom est assez bien choisi, il s'agit en effet d'un long cap effilé qui s'avance loin en mer. Devant nous, c'est vraiment le nord du Monde. Plus au nord, il n'y a plus que le Spitzberg et le Pôle ! Nous sommes seuls à contempler ce site, la majorité des touristes qui viennent au cap Nord ignorent sans doute son existence !

Nous sommes arrivés au but ! Nous avons fait 4 800 km pour en arriver là ! Avec le sentiment étrange d'être des privilégiés dans un endroit exceptionnel, au cœur d'un site hors norme. Et pourtant, nous sommes loin d'être les premiers, il y en aura encore bien d'autres après nous, nous n'avons rien fait de surhumain pour en arriver là, mais nous l'avons fait. Cela ne changera rien à la marche du Monde, cela ne changera pas le cours de nos vies, c'est vrai. Mais qu'importe, nous y sommes ! Fiers et heureux de tutoyer les limites de la Terre !

Nous nous dirigeons vers la plate-forme où se trouve le signal du Cap Nord : une armature métallique symbolisant le globe terrestre avec l'équateur, les cercles polaires, les tropiques et les méridiens. Symbolique, mais efficace car tous les visiteurs se précipitent au pied du monument pour se faire photographier et apporter la preuve de leur présence au bout du Monde. Et nous-mêmes, sacrifierons au rituel. Quelques mètres après, c'est le bord de la falaise, un à-pic de 300 m, la mer et plus rien d'autre que le Pôle Nord à 2 100 km au-delà de l'horizon. En fait, c'est vraiment le bout du Monde. C'est attirant et cela attire la foule.

Nous restons un long moment à parcourir ce plateau noir battu par tous les vents du diable, face au large. Nous subissons un petit grain de neige fondue. A l'évidence, il n'y aura pas de soleil à contempler ce soir. Ce qui n'empêche pas les badauds de s'agglutiner le long de la balustrade et d'attendre au plus près l'éclaircie miraculeuse qui ne se produira pas.

Nous visitons le hall touristique, bondé. Ambiance internationale et multilingue, mais beaucoup de Français à cause de l'escale du paquebot Adriana III. On y trouve tout ce qu'il faut pour mettre le touriste à l'aise : une grande boutique de souvenirs, bar, cafétéria, restaurant, bureau de poste ainsi que des gradins permettant, si les conditions sont trop rudes, de contempler le site derrière une grande verrière ; et ce soir, il y a des amateurs !

Un long souterrain en pente douce mène vers une salle de projection et des vitrines où sont exposés des dioramas retraçant l'histoire du Cap, une chapelle, un temple thaï (!?), une salle où est exposée un buste du roi Louis-Philippe (ancien visiteur des lieux). Ce souterrain débouche dans une grotte artificielle avec un bar étagé en gradins où il est de bon ton de boire le champagne face au nord, bien à l'abri derrière une large baie vitrée. L'exploitation commerciale des lieux n'est pas du meilleur goût et s'avère bien décevante par rapport à la symbolique du site. Mais, vu la fréquentation, quel jackpot !

Nous retournons à l'extérieur, près du globe maintenant éclairé. Beaucoup de monde partout. La visibilité est bonne mais le ciel est sombre, donc pas de soleil à espérer.

24 h 00, quelques rayons de soleil réussissent à passer furtivement à travers la masse de nuages et éclairent parcimonieusement la mer. C'est tout pour ce soir. Grosse, très grosse déception !

00 h 30, quelque peu dépités, et quand même frustrés d'un si maigre résultat après tant d'efforts, nous retournons au camping de Skarsvåg. En chemin, la température extérieure tombe à 0°C, et nous savons déjà que demain la météo ne sera pas meilleure !

L'île de Magerøya - Le Cap Nord

Jour 18 - Ve 03/07/2009 - Skarsvåg - Cap Nord

09 h 15, réveil et petit-déjeuner dans la hytte, après une bonne nuit bien au chaud. A l'extérieur, vent, pluie, froid à 3°C.

Dans la matinée, à proximité du port de Skarsvåg, visite et achats à la boutique de Noël, "Nordkapp Jul & Vinterhus", installée dans la maison particulière d'une habitante du village, capharnaüm d'objets divers et variés ayant plus ou moins de rapport avec Noël. Bien sûr, le rouge domine, c'est la couleur préférée des norvégiens et aussi la couleur de Noël. Dans tout le fouillis, Nelly à réussi à trouver avec six mois d'avance quelques décors de Noël à sa convenance ! Ouvert toute l'année, mais ce matin, il n'y a vraiment pas foule.

Retour à la hytte, puis rédaction d'un mail, sélection des photos à joindre, et opération cartes postales… En réalité, bulle et relax. Nous comprenons que nous avions besoin de souffler. Repas : cuisses de canard que Nelly a eu le temps de préparer tranquillement et confortablement. On s'est bien régalé !

15 h 45, balade à pied à la Kirkeporten "la porte de l'église", à l'ouest de Skarsvåg. Un petit chemin grimpe et serpente allègrement avant de redescendre tout autant vers une arche en pierre d'où l'on peut voir l'arrière du plateau du Cap Nord et la pointe du Hornet. La mer bat violemment contre les rochers et explose en larges panaches d'écume. Il pleut, le vent d'ouest est assourdissant et dans les bourrasques, on tient à peine debout au point que nous sommes obligés d'écourter la visite. C'était l'activité du jour, un bon bol d'air !

18 h 00, repas de crêpes… Puis à 18 h 45, départ sous la pluie vers le Cap Nord pour expédier toutes les cartes postales que nous avons rédigées afin qu'elles soient revêtues du tampon spécial du bureau de poste… le plus septentrional du monde.

Nous rencontrons le brouillard en cours de trajet, ce qui nous donne une vision surréaliste du paysage de part et d'autre de la route. Cela devient quelque peu hostile et angoissant. Nous croisons un cycliste solitaire qui revient du Cap et qui émerge de la brume. Une violente bourrasque lui fait faire un écart et manque de le renverser. Ambiance !

19 h 00, tout le plateau du Cap est dans la brume. Beaucoup moins de camping-cars que la veille sur le parking, beaucoup moins de monde dans le Nordkapphallen, qui devient plus respirable. Ce soir la fréquentation est majoritairement coréenne. Nelly en profite pour explorer la boutique sans bousculade, il est vrai que ce n'est pas encore l'heure de pointe.

Personne au pied du globe, que l'on devine plus qu'on ne le voit derrière la grande baie vitrée. En comparaison, le temps hier était radieux.

20 h 00, nous assistons à la projection sur écran panoramique d'un film de 15 minutes résumant le déroulement des saisons dans la région du Cap. Survol plutôt bien fait, avec de belles images et une musique adaptée.

20 h 30, nous nous rendons au pied du globe, nous y sommes quasiment seuls. Vent fort et quelques photos dans la brume.

Sur la route du retour, attendant stoïquement au milieu de nulle part, un type fait du stop. Vu la fréquentation de la route à cette heure et la pluie glaciale, nous le prenons à l'arrière de l'Espace après lui avoir fait un peu de place. On n'a pas tout compris, il nous dit être hongrois et venir de Berlin en vélo. Il est venu ce soir en stop sur le site pour acheter des souvenirs à sa famille et loge dans le même camping que nous. Nous le déposons transi au pied de sa tente. Quel courage !

Conclusion : nous n'avons pas vu le soleil briller à minuit au nord du Monde et nous en sommes bien déçus, car c'était l'un des buts de ce long voyage. La nature qui commande en à décidé autrement. Finalement, le Cap Nord se sera montré à la hauteur de sa réputation. Nous y avons trouvé en plein été des conditions climatiques que nous avons parfois l'hiver en Normandie. Ce qui n'a rien d'étonnant : c'est le nord de la Norvège, à 71° 10' 21'' de latitude nord, à 2 100 km du Pôle. Ce n'est tout de même pas rien !

Jour 19 - Sa 04/07/2009 - Skarsvåg - Honningsvåg - Karasjok

Réveil et petit-déjeuner bien au chaud dans la hutte, puis rangement de celle-ci. Au moment du départ, nous discutons quelques minutes avec un couple d'angevins, montés ici avec chacun leur moto.

09 h 45, départ du camping. Temps bouché, plafond bas, brouillard, vent. Nous roulons sans rien voir. Bifurcation vers Gjesvær, port de pêche (relativement), important à l'ouest de Magerøya. Nous faisons un tour rapide du port et du village où il y a peu d'activité visible. Dans la brume qui se déchire à peine, rien ne semble bien attrayant.

Nous avions prévu de consacrer quelques heures à un "safari oiseaux" à la réserve naturelle de Gjesværstappan située sur un îlot à 15 km à l’ouest du plateau du Cap Nord. Mais vu l'état de la mer aujourd'hui et la brume ambiante, nous renonçons à cette expédition qui aurait pu être spectaculaire.

La visibilité s'améliore ensuite légèrement, mais le ciel reste bien bas. Les derniers kilomètres sur l'île de Magerøya se font dans une ambiance lunaire. Quelle contrée ! Nous nous arrêtons de nouveau à Honningsvåg, c'est la ville la plus importante et le point de rassemblement de toute l'île. C'est un port de pêche actif, une importante escale de l'Hurtigruten, d'ailleurs nous assistons à l'accostage du MS Finnmarken venant du sud. Il y a aussi quelques commerces que Nelly ne manque pas de visiter.

J-J repère la bibliothèque pour expédier un mail, mais celle-ci est fermée le samedi. Tout à côté se trouvent l'église et le cimetière. Par rapport au mois de Janvier dernier où nous étions à la même heure, il fait jour et il ne neige pas, mais il y a autant de vent. Là encore, la nuit hivernale enveloppait la ville d'un côté magique qu'elle n'a plus aujourd'hui.

12 h 30, nous quittons Honningsvåg et nous acquittons du péage avant de reprendre le long tunnel de Kafjord pour rejoindre le continent norvégien. De l'autre côte du tunnel, la météo n'a pas changé. Impossible de pique-niquer à l'extérieur ce midi. Nous prenons juste un casse-croute dans la voiture à Repvåg, port sur une petite presqu'île à l'écart de la E69.

16 h 00, arrêt pour quelques courses dans un magasin REMA 1000 (chaîne de supérettes), à Lakselv, petite agglomération dispersée et sans âme, située à l'extrémité du Porsangerfjord et à l'embouchure de la rivière Lakselv. Arrêt café, au bout d'un petit chemin débouchant sur la rivière.

18 h 00, arrivée à Karasjok après avoir traversé plusieurs plateaux désertiques, puis une grande zone de lacs et de forêts de conifères en parcourant une route de plus en plus rectiligne qui nous donne un avant-goût de la Finlande.

Nous sommes à 18 km de la frontière finlandaise. Cette petite ville est la capitale des Samés (les Lapons), dont elle abrite le Parlement. Hormis une petite église de 1807, bien peu de choses à voir, si ce n'est le Parlement lui-même dont l'architecture moderne s'inspire de la forme conique des tentes laponnes. Visite gratuite (suffisamment rare pour être signalé), mais fermé le samedi. Raté !

Installation au camping, confortable et bien tenu. Dîner dans la salle commune à cause de la température. Ce camping est équipé de Wi-fi, aussi nous envoyons à tous le mail que nous avions rédigé à Skarsvåg, et qui relatait nos exploits au Cap Nord.

Reipvåg

Jour 20 - Di 05/07/2009 - Karasjok (N) - Inari (FIN)

La météo est d'une stabilité exemplaire, donc petit déjeuner dans la salle commune du camping.

Peu après avoir quitté le camping de Karasjok, nous passons sans encombre et sans formalités la frontière finlandaise sans voir aucun garde, ni douanier. Il faut juste avancer la montre d'une heure et se familiariser avec une nouvelle langue, tous les panneaux ou affiches sont bilingues : finlandais et lapon, pas évident au premier abord. Et nous retrouvons la zone euro.

Nous aurions pu rester en Norvège pour rejoindre Kirkenes, mais pour enrichir notre connaissance du monde, nous avons choisi de transiter par le nord de la Finlande. Pour voir… En distance, l'écart entre les deux itinéraires n'est pas significatif. Va donc pour la Finlande…

Contre toute logique, nous nous dirigeons d'abord vers le sud-est en suivant la route 92, une longue ligne droite à perte de vue entre Karasjok et Kaamanen, et bordée à l'infini de forêts de bouleaux et de conifères. Et puis, des lacs, des rivières. Aucun relief pour attirer l'œil.

Nous nous arrêtons en chemin en lisière d'une réserve naturelle pour une courte promenade à pied. Sur des cheminements précaires, nous nous enfonçons dans les bois, parcourus de petits ruisseaux, de zones marécageuses, d'espaces où poussent mousses et lichens. Les moustiques qui s'en donnent à cœur joie depuis notre arrivée nous font vite battre en retraite.

Vers 12 h 30, pique-nique sur un parking à l'écart de la route. Nous dégustons les crevettes achetées hier à Lakselv. Sur les 90 km de trajet jusqu'à Kaamanen, nous n'avons pas vu un seul village, pas une seule maison, que de la forêt.

14 h 00, arrivée à Inari, petite agglomération à l'habitat très dispersé. Nelly fait quelques achats dans un magasin de souvenirs, (en prévision de Noël, il est vrai que la Finlande est le pays du Père Noël, qui réside avec ses rennes à Rovaniemi, 300 km plus au sud).

Le temps froid et maussade n'incite pas à l'exploration des environs.

16 h 00, arrivée au camping d'Inari, dans un joli cadre reposant à l'extrémité du lac d'Inarijärvi (l'un des plus grands lacs de Finlande). Petite plage, appontement, barques ne sont guère fréquentés.

18 h 30, repas de crêpes dans la salle commune.

20 h 00, à cause du vent froid, au lit. Emmitouflée sous la couette dans la voiture, Nelly regarde un film sur le PC. Cette nuit qui s'annonce sera la plus glaciale de tout le voyage.

Au cœur de la forêt finlandaise

Jour 21 - Lu 06/07/2009 - Inari (FIN) - Kirkenes (N) La nuit, en effet, a été particulièrement glaciale et nous réveillons complètement frigorifiés.

10 h 00, nous quittons le camping et roulons, cette fois-ci vers le nord-est pendant 100 km pour retrouver la Norvège en suivant une petite route qui longe le lac d'Inari à peu de distance. Mais nous ne verrons que rarement ce lac pourtant immense, souvent caché par la forêt.

Ce n'est pas le relief qui permet d'avoir des points de vue spectaculaires… Les forêts de bouleaux et de conifères semblent tout absorber. En roulant on ne voit rien d'autre que… des bois. Pas de villages, la grande majorité des rares maisons est souvent cachée derrière les arbres. Seuls, au bord de la route, de curieux petits abris pour protéger les boites à lettres signalent l'existence d'une habitation en retrait.

Ce qui semble être un village sur la carte routière ne correspond à rien de visible sur place. Cette partie de la Finlande nous laisse une impression étrange, celle d'un désert verdoyant, sans activité humaine visible. Seuls quelques troupeaux de rennes animent la matinée, nous en voyons quelques beaux spécimens qui débouchent à l'improviste de la forêt et surgissent sur la route inopinément, dangereux ! Nous essayons de photographier ou filmer les plus beaux, ceux qui portent de grands bois, encore faut-il qu'ils soient en train de paître pour y arriver, car ces animaux se déplacent perpétuellement !

Nous voulions voir la Finlande, nous avons vu… une région sablonneuse peu accidentée, la forêt continue de bouleaux et de conifères, quelques lacs, des étangs et des marécages, de grandes routes rectilignes jusqu'à l'ennui. Et nous n'avons rencontré… personne !

12 h 45, enfin, un petit village ! Arrêt au "Market" (supérette), de Näätämö pour quelques achats alimentaires. Même en euros, les tarifs ne sont pas vraiment attractifs. L'intérêt est surtout pour les Norvégiens qui viennent y faire le plein d'alcool à meilleur compte.

Aussitôt après, nous passons la frontière. Personne pour nous demander quoi que ce soit. Nous sommes de nouveau en Norvège. Une longue descente nous permet de rejoindre Neiden.

Pique-nique dans la voiture près de la Skoltefossen, chute d'eau de peu de hauteur mais d'un gros débit de la rivière Neidenelva.

En roulant, nous sommes presque rassurés et soulagés de retrouver les paysages norvégiens, avec leurs montagnes noires et pelées, même si elles sont dans cette région moins abruptes et moins élevées qu'ailleurs.

15 h 30, arrivée à Kirkenes qui est le but ultime de notre voyage avant de reprendre l'Hurtigruten. Pour cela, nous avons parcouru 5 540 km depuis la Normandie. 5 540 km, on n'imagine pas que le bout de la Terre puisse être si loin ! Quel périple !

Bien peu d'animation dans les rues de Kirkenes ! Comparativement à d'autres, c'est une agglomération importante, qui vivait autrefois de l'extraction du fer et qui s'est reconvertie maintenant dans la pêche au crabe royal et à la réparation navale.

Du fait de l'existence des mines de fer et de la proximité de l'U.R.S.S. Kirkenes à payé un lourd tribut à la Seconde Guerre mondiale lors de l'occupation allemande : destructions, pillages, exactions et incendies y ont été particulièrement sévères. S'il n'en reste plus trace, quelques statues ou monuments érigés par les voisins russes sont là pour rappeler ce passé douloureux.

Kirkenes est maintenant devenue une ville d'échanges avec la Russie toute proche. Il y a des objets russes à vendre dans les boutiques, des femmes russes viennent vendre leurs produits au marché hebdomadaire, les plaques de rues et les panneaux de signalisation sont en double affichage dont le cyrillique et dans les boutiques on parle russe couramment. Etrange, nous avons l'impression de déjà ne plus être en Europe !

Nous parcourrons rapidement la ville et visitons un centre commercial, mais les magasins ferment systématiquement à 16 h 30. On a fait des économies !

17 h 00, arrivée au camping de Kirkenes, à 10 km vers l'aéroport. Comme le temps ne varie pas, nous nous installons dans une hutte pour la soirée et la nuit. L'aménagement du terrain est sommaire.

Jour 22 - Ma 07/07/2009 - Kirkenes - Jakobselv - Kirkenes



Ce jour était prévu comme jour tampon, la marge de sécurité pour compenser un éventuel retard qui aurait pu se produire au cours du voyage : une étape qui s'éternise, un ennui mécanique ou autre. Cette journée permettait rejoindre le bateau sans stress et surtout ne pas le rater.

Le planning prévisionnel concocté avant le départ a pratiquement été respecté tous les jours à quelques kilomètres près… Preuve qu'il avait été bien pensé. Nous venons de parcourir 5 540 km sans hâte, sans précipitation, sans traîner non plus. Jamais nous n'avons eu l'impression de perdre notre temps, jamais nous n'avons eu le sentiment de courir contre la montre. Hormis les activités contrariées par la météo dans le Finnmark, nous avons pu admirer tous les principaux sites que nous avions envie de voir sur notre trajet. Bien sûr, nous ne sommes pas rentrés dans tous les détails, visité tous les musées (en fait, aucun), suivi toutes les manifestations folkloriques, mais nous avons quand même maintenant une vision étendue de la Norvège.

Le Cap Nord était un but que l'on a atteint ; Kirkenes en est un autre où nous sommes aujourd'hui.

Grâce à une si belle organisation, nous nous retrouvons une journée trop tôt à l'embarcadère de l'Hurtigruten, et les occupations paraissant limitées à Kirkenes, nous avons largement le temps de faire une excursion non prévue dans le planning initial.

Quant aux conditions météo, elles n'évoluent guère. Nous n'avons plus vu le soleil depuis l'après-midi du 1er Juillet, la température n'est jamais montée au-dessus de 9°C et le vent du nord souffle continuellement depuis le même soir, il a plu tous les jours. Ce temps désespérément stable dure depuis 6 jours, et ce matin, cela continue… Donc, la journée démarre doucement…

08 h 15, petit-déjeuner bien au chaud dans la hutte, séance de lessive, et un peu de cuisine pour la préparation du pique-nique de midi, rangement et nettoyage de la hytte.

10 h 30, retour à Kirkenes pour se rendre à l'office du tourisme, que l'on avait repéré hier, pour expédier notre mail. Cela se fait rapidement, nous sommes rôdés maintenant à cette pratique. Le clavier Qwerty et les caractères norvégiens n'ont plus de secrets pour nous.

11 h 15, route vers Grense Jakobelv, aux confins de la Norvège. A la sortie d'un rond-point, un immense panneau routier jaune nous indique d'abord en caractères latins et cyrilliques la direction de… Mourmansk. Mourmansk ! 245 km. La destination n'a rien d'exotique, loin s'en faut.

Et ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de se diriger vers Mourmansk… Cela laisse songeur. C'est une fois au pied de ce panneau que nous comprenons que nous sommes vraiment arrivés loin. Encore un pas à faire et nous sommes… en Russie, en Russie ! Que de chemin parcouru depuis Rouen !

A défaut de pénétrer en Russie, (ce que nous est impossible, puisque nous n'avons aucun visa pour le faire), nous allons donc tutoyer la frontière entre les deux pays. 15 km après Kirkenes, nous faisons un léger détour jusqu'au poste frontière de Storskog où nous nous arrêtons. En réalité, à part de grands panneaux bleus multilingues (où il est indiqué "Entrée interdite sauf pour affaires" !), et une échoppe de souvenirs tenue par un Russe, il n'a rien à voir.

Le poste norvégien est lui-même loin en retrait derrière un portail gardé par 2 militaires norvégiens. Pas facile d'accès la Russie ! Quant au poste russe, il est impossible de le voir d'où nous sommes, tant le no man's land doit être important.

Le lieu est hautement symbolique et stratégique. C'est le seul point de passage entre les deux pays. Cet endroit est même vendu comme lieu d'excursion aux passagers d'Hurtigruten en escale. Quelques touristes nous accompagnent, et comme nous, écarquillent les yeux en espérant apercevoir quelque chose d'insolite. Mais rien… L'activité n'y est pas débordante. Visiblement, il n'y a pas beaucoup de volontaires pour passer à l'Est sauf un camion russe qui rentre au pays. Dans l'autre sens, juste une voiture immatriculée en Suisse.

Nous poursuivons sur une petite route tellement fréquentée que des groupes de moutons s'y prélassent au milieu. Puis, nous traversons un vaste plateau, royaume du minéral, camaïeu de larges blocs brun rouge, gris vert, noir, entrecoupés d'une végétation tapissante d’où émergent quelques rares bouleaux qui n'ont guère plus de 1.50 mètre de haut. Quelques lacs gris acier essaient d'animer le décor. Sous le ciel plombé, le paysage est dense, sombre, triste. Un large canyon serpente au milieu de ce plateau, au fond coule la rivière Jakobselv. Pas gai !

Comme au Cap Nord, nous avons ici le sentiment d'arriver au bout du monde, au bout d'un monde. C'est différent, pas tout à fait le bout du monde, mais l'impression d'arriver aux confins non seulement de la Norvège, mais aussi de l'Europe, d'arriver aux confins du monde occidental. La géographie est là, mais il y a aussi le poids de l'Histoire qui influe sur ce que nous ressentons. A quelques kilomètres, c'est l'Est, la Russie, un énorme pays inquiétant, une autre civilisation, d'autres méthodes…

La route se transforme en piste et redescend vers le lit de la rivière Jakobselv qui est à partir d'ici la frontière naturelle avec la Russie. Et maintenant, ça ne rigole plus ! Plusieurs grands panneaux bleus rédigés en norvégien, russe, finlandais et anglais fixent des interdictions strictes. Ce qui déjà, met dans l'ambiance.

Il est interdit :

· De traverser la frontière

· D'avoir des contacts à travers la frontière

· De photographier le personnel militaire russe et les équipements situés en territoire russe

· D'utiliser des téléobjectifs supérieurs à 200 mm et/ou des trépieds

· La pêche dans la rivière ne peut être pratiquée que par des Norvégiens résidant en Norvège

Toute information peut être demandée à la commission de frontière, à la police ou aux gardes frontière

La piste longe maintenant la rivière, et au bout de quelques mètres, les choses se présentent ainsi, un potelet jaune matérialisant le côté norvégien, la rivière Jakobselv, un potelet rayé rouge et vert concrétisant le côté russe. La frontière est l'équidistance ente les deux potelets.

Ceux-ci n'ont pas été plantés au hasard. Conséquence de la seconde guerre mondiale, les frontières entre la Norvège, la Finlande et l'U.R.S.S. ont été rectifiées en 1945. Leur tracé exact à nécessité en son temps la création d'une commission ad-hoc, qui a confirmé contradictoirement chaque point litigieux sur le terrain à l'aide des poteaux, bien mis en évidence et bien entretenus. Apparemment, cette commission est toujours d'actualité.

Nous ne résisterons pas au plaisir de photographier ces poteaux, tant norvégiens que russes (avec un téléobjectif inférieur à 200 mm !), ni de nous faire tirer le portrait près d'un de ces poteaux (norvégien, bien sûr !).

Bien que nous n'ayons rien vu durant notre bref passage, la paranoïa héritée du régime soviétique et la protection de l'espace Schengen font que cette zone est hautement militarisée et doit sans aucun doute être bien surveillée de part et d'autre.

Au fur et à mesure de notre avancée, nous verrons donc quantité de ces potelets sur chaque berge de la rivière. Et de l'autre côté de la Jakobselv, la forêt de bouleaux, les collines noirâtres, c'est la Russie, que nous pourrions presque toucher en tendant le bras tant la rivière est étroite, à peine une trentaine de mètres de largeur. Mais nous sommes bien prévenus, nous n'allons pas nous y risquer.

La conjonction des mises en garde, de la configuration des lieux, de l'austérité du paysage confèrent à cette zone une atmosphère pesante et quelque peu angoissante. Même si ce n'est pas flagrant, il s'en dégage une ambiance particulière, sinistre et inquiétante. Cela est sans doute très subjectif, mais la région n'est pas neutre.

13 h 15, nous arrivons au hameau de Grense Jakobselv, au pied de la chapelle que le roi Oscar II (de Suède-Norvège), fit édifier en 1869 pour (déjà) servir de bastion spirituel contre l'influence orientale et servir d'amer aux pêcheurs des 2 pays qui (déjà) se querellaient sur les zones de pêche.

Ambiance : côté norvégien, une haute colline couronnée d'installations militaires, un estuaire sablonneux et bosselé recouvert d'une végétation rasante, des potelets jaunes bien alignés le long d'une longue plage complètement close, la masse noire des collines russes avec blockhaus, radars et miradors, puis vers le large, l'étendue de la mer de Barents… Nous voilà face à la mer de Barents, face à l'océan Glacial Arctique… Ce ne sont pas des noms qui invitent à l'exotisme !

Quelques mètres encore, nous parvenons à une petite plage battue par le vent, encadrée de gros rochers gris frappés par le violent ressac de la mer de Barents.

Cette fois-ci, nous avons atteint l'extrême limite de ce qu'il était possible d'atteindre, nous ne pouvons plus aller plus loin. Kirkenes, la Russie, la mer de Barents, l'océan Arctique… Des noms qui ne nous sont pas ordinairement familiers… Nous sommes bien parvenus au bout du Monde !

17 h 45, retour au camping de Kirkenes, mais cette nuit nous dormirons dans l'Espace. 19 h 00, dîner dans la salle commune, quelque peu squattée par 3 couples d'allemands, les places sont chères ! Comme à l'accoutumée, la cuisine est fort bien équipée : dans un tiroir, il y a même les couverts à disposition… C'est la Norvège !

Dans les rues de Kirkenes - Le bout du bout... La mer de Barents

A suivre...

1ère Partie -- 3ème Partie -- 4ème Partie

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