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Jour de deuil international pour les voyageurs
by Loopkin · 2004-11-05 · 110 replies
Avec deux jours de retard dus au fait que j'etais perdu sur une plage pour le moment preservee du capitalisme betonnant, une plage paradisiaque perdue dans une nature intacte du Nicaragua, je poste ce message qui me tient a coeur, que j'avais ecrit sur mon carnet de route le jour meme, ecoeure.

Je sais, certains vont penser: pas de politique sur VF, ou encore, ce post n'a pas sa place ici.

Et comment qu'il a sa place ici! Il ne s'agit plus de politique a ce niveau la, mais d'une immense levee de boucliers de tous les voyageurs que nous sommes, tous concernes par ce qu'il vient de se passer, menaces, nous, ainsi que le vaisseau que nous visitons, ainsi que ses habitants que nous rencontrons, et que nous souhaitons les plus heureux possibles, et culturellement "intacts".

Aujourd'hui, une nouvelle fois, le voyageur, la Terre et ses peuples sont gravement menaces. Nous repartons pour quatre ans de guerre entre d'une part une oligarchie de quelques centaines de personnes morales et physiques que sont les multinationales et le futur gouvernement de monsieur Bush, et de l'autre cote, des peuples qui cherchent ou chercheront a preserver leur liberte, leur culture, et leurs droits, des especes animales et vegetales qui ne demandent qu'une chose, le droit d'exister, des littoraux qui cherchent a se preserver du beton, bref, pour resumer, le parti des enfants, des baleines, de la Terre et de l'eau, comme dirait l'autre.

Nous, en tant que voyageurs, ne pouvons que nous emouvoir des futurs problemes que cette desastreuse reconduction de la haine, de l'arrogance et de la betise va apporter, en extrapolant aisement les quatre ans deja ecoules.

Nous, en tant que voyageurs, ne pouvons pas rester neutres, et choisir son camp coule de source. Je n'ai rencontre, en quatre mois de voyage en Amerique Centrale, qu'un seul pro-Bush parmi les autres voyageurs, et il voyageait d'une maniere un peu differente des autres.

Nous, en tant que voyageurs concernes et responsables, condamnons fermement la reelection de monsieur Bush a la tete du pays le plus puissant de la planete, et condamnons tout aussi fermement la societe des Etats Unis d'Amerique du Nord, qui, par ses rouages, a permis que plus de la moitie des habitants de plus de la moitie des etats croit judicieux de donner leur voix a monsieur Bush une nouvelle fois.

J'imagine que des mouvements spontannes vont naitre un peu partout dans le monde reel et virtuel. Des sites importants vont sans doute proposer des sortes de petitions, ou d'autres formes de protestations. Je l'espere de tout coeur. J'invite par avance tous les voyageurs a aller voir ces sites, a s'INFORMER, et a signer s'ils leurs paraissent serieux.

En attendant, j'ecris, persiste et signe, je m'appelle Serge Mang
Terre de la Teranga (Sénégal 10.04)
by Simba · 2004-11-02 · 46 replies
Je réalise ce carnet de manière un peu différente de ceux que j’ai posté précédemment. Je ne suis restée qu’une semaine (bien trop court j’avoue) mais il y a tant de choses à dire que je le scinderais par journée, au risque de me et de vous étourdir avec un texte continu. Je le ponctuerais de photos également …L’apprentissage du numérique ayant ravivé nos (à JP et moi) ardeurs pour cette autre passion qui est la photo.

Depuis mon enfance jusqu’à ce jour j’ai eu la chance de vivre en Afrique centrale, de flâner dans les plaines herbeuses de l’Afrique de l’Est, d’effleurer l’Afrique Australe avec la péninsule africaine (South Africa) avant de plonger mon regard sur la terre Ocre de l’Afrique de l’Ouest …

Mon « Out of Africa à moi » se décline donc de manière transversale et le Sénégal est bien la terre de la Teranga (l’accueil en Wolof)

Je ne reprendrais pas ici les péripéties « made in Sénégal Airways » 😉 …Le départ chaotique et le retour épique sont déjà plus qu’illustrés dans le Forum sur les Compagnies aériennes …

L’essentiel pour moi était de partir …et rien que poser mes pieds sur le tarmac de Dakar à suffit à effacer ces longues heures d’attente …

Acte 1,

Une première paupière s’ouvre après 4 heures de sommeil …il est 8h00 du mat (heure locale, 2 h de moins qu’en Europe), je sens déjà le soleil percer au travers de la moustiquaire, j’entends le chant des oiseaux … j’ouvre la seconde, pressée de sortir du bungalow, ne fut ce que pour palper de plus près le bleu du ciel, sentir ce 1er contact qui se caractérise par une chaleur oppressante … la multiplicité des couleurs revêt les plus beaux atours des fleurs exotiques (hibiscus, bougainvilliers …), quelques agames grimpent sur le mur, j’entends le fracassement des vagues de l’océan Atlantique …

Salamaleikum … Aleikum Salam, j’y suis ! 😊

Cette journée se déclinera sous les signes du farniente (c’est que le voyage de la veille fut plus long qu’un Cape Town-Paris, alors que le Sénégal n’est qu’à 5h30 de vol de la France ) et de la découverte des premiers alentours …

Au dehors, première rencontre avec une villageoise de Saly : Jacqueline. Les gens ici sont d’une gentillesse incroyable, se saluer est tout naturel (Mon Dieu qu’on est bien loin de l’Europe et du pincement aux lèvres 🤪 de ceux qui ont peur de louper leur métro dans la course au temps. Nous autre occidentaux avons une montre dans le ventre, mais ici le temps n’a pas de prise … Et c’est pour cela que je l’aime tant ce continent de latérite), bras dessus, bras dessous elle m’entraîne à l’entrée du village, sort de ses vieux sachets, son artisanat local qu’elle étale à grands coups de rire à même le sol 😏 Elle déplie son boubou et on prend place pour la première tractation de la bonne vieille technique du marchandage ….J’ai, un peu perdu la main (moi qui connaît pourtant ces petits rouages) .Je me retrouve donc rapidement avec une multitude de bracelets et colliers en mains (aux couleurs du pays (vert, jaune, rouge) ou arborant le Kori (coquillage, première monnaie du Sénégal et super Gri-gri), sans pouvoir m’en défaire. De bonne grâce et toujours avec le sourire, je lui prends plus de choses que ce dont j’ai réellement besoin mais finalement qu’importe, puisque cela servira à une bonne cause : l’achat du riz pour le repas familial de ce soir. C’est qu’une majeure partie de la population Sénégalaise est musulmane et que le Ramadan a débuté le 15 de ce mois.

Deuxième et fabuleuse rencontre : Andala 😊😊 (originaire de Dakar, il vit actuellement à Saly). Grand et d’une élégance rare … Cet homme deviendra notre ami tant il est plaisant d’être en sa compagnie. Il dégage une telle simplicité et générosité.

Absorber ses paroles c’est comme boire un bon jus de Bissap (boisson à base de fleurs d’hibiscus).😛 Humble et bien aux fait des réalités du terrain, c’est lui qui le premier nous fera découvrir son pays sous un regard différent (il nous parlera des conditions sanitaires (il est le représentant local de l’Association humanitaire ANTA (qui porte le nom de sa fille), de la vie du village, des travers de la station trop touristique de Saly Portugal …).

Comme bien des habitants de la petite côte, il vit principalement du tourisme (sacré guide local et vente d’artisanat).

Il nous entraîne au cœur du village, la nuit est tombée et chaussée de mes éternelles tongs, je sens la terre ocre (qui a pris toute la chaleur du soleil de la journée), pénétrer entre mes orteils … Je n’y vois pas grand chose, le village est à peine éclairé mais cette sensation physique du contact avec le sol m’apaise.

Andala s’arrête près d’un Baobab (véritable symbole du Sénégal) et nous explique qu’avant la construction du dispensaire, les femmes accouchaient entre les énormes racines de ce géant, un pagne recouvrant le corps pour permettre un minimum d’intimité, le ventre couvert de beurre de Karité pour atténuer les douleurs afin de mettre au monde une petite frimousse couleur ébène.

Après avoir déambulé dans les diverses ruelles du village, on s’assied sur "le banc du bonheur" (comme ils l’appellent ici) au cœur de sa petite boutique. Au dessus de la porte moult Gri-gri (quoiqu’il en porte autant sur lui 😉 : aux doigts, au cou, au bras, à la ceinture … Véritable empreintes locales pour se protéger des mauvais sorts et pour rencontrer la chance et l’amour). C’est que les Marabouts (appelés aussi Serigne) sont légion au Sénégal. Il ne s’agit pas ici, comme vous vous en doutez du grand oiseau des marais d’Afrique, mais de ces hommes que les villageois consultent régulièrement pour se protéger des influences maléfiques ! A ne pas confondre avec les « Mara – bout – de ficelle » 😛, pseudo sorciers et petits escros !

Pour ma part, je suis parée, j’ai un Kori autour du cou !🙂

On rencontre, plein de gens qui voyant « de nouveaux toubabs » (les tout blancs !) arrivent en masse pour faire connaissance. Bien que nous ne soyons pas français, la France est un sujet régulièrement évoqué lors des discussions (histoire oblige). "Quand la France à un rhume, c’est le Sénégal qui tousse !" nous dit un homme … A méditer !

L’artisanat d’Andala est magnifique et je craque complètement pour les 7 masques de la semaine (hé Phil ! Y aura même des croquis si si !!! 😄), il nous en explique les significations qui caractérisent bien la vie, comme elle se déroule au cœur de ses villages. Les masques Passeports sont superbes aussi (mais la bourse n’est pas extensible 😐).Ils permettaient jadis de passer d’un pays à l’autre (Gambie, Sénégal, Mali etc …). De l’achat que l’on fera, une partie de la somme sera reversée directement dans la caisse de la communauté du village et servira à la scolarité des enfants et à l’équipement du dispensaire (bel exemple de solidarité !).

Le retour se fera par l’autre bord du village qui donne sur la plage, les pirogues des pêcheurs sont là, elles dorment paisiblement sous les lueurs de la pleine lune.

Un bon repas pour terminer cette première journée et surtout la découverte du Groupe musical de Xalaat (la pensée en Wolof – voir le post dans le Forum Musique du Monde)

Aaahhhh la reprise de Dibi Dibi Rek d’ Ismaël Lô quel régal …😊😊😊 Je peux refermer mes paupières et rêver déjà à demain ...
Afrique, où?
by Poco · 2004-10-17 · 26 replies
Bonjour... Je suis actuellement en train de refléchir à ma prochaine destination. L'Afrique m'attire bien, mais je ne connais pas du tout. C'est vaste, alors quel pays choisir? Alors quel pays vous a le plus marqué, que me conseilleriez vous sachant que je serai certainement seule? Merci d'avance pour vos suggestions

Poco
Sénégal Airways en octobre
by Simba · 2004-09-30 · 34 replies
Un grand besoin de respirer (qui l'aurais cru!!!😏) et un peu à la bourre ...Pour booker mon voyage (dans 2, 3 semaines) ...je me rends de bonne heure (après une conférence de presse pour mon boulot) dans une agence de la ville ... Je demande : "Un A/R pour le Sénégal ..." ? Pas le temps de laisser mon fessier longtemps sur la chaise, pour m'entendre dire : "dsl tt est fool jusque au 31.10!" 🤪🤪 M****!! 😕 Mes congés sont bookés (je peux pas les déplacer : mission quasi impossible vu le tempérament de mon directeur "adoré"!) ...Hummmf, c'est vrai je m'y prends un peu tard ...Changer de destination, bof pas trop envie, depuis 2 jours je rêve déjà du Sénégal ...

Je saute dans ma tuture ...il est midi ...je vais utiliser ma 1/2 h de table a courrir les agences, histoire qu'on me confirme ou m'infirme la donne.

Je pousse donc la porte de la 2ème ...même discours : "UN A/R siouplait 😊😊 Pour Dakar" ...La Demoiselle tapote sur son engin ...même réponse : "tt est booké jusqu'au 31.10 au départ de Zaventem" ...A ma mine doublement déconcertée ...Elle me dit : "attendez j'ai entendu parler d'une nouvelle ligne au départ de Charleroi (ou Bruxelles Sud) vers Dakar ...Hé hé! Bien sûr que j'attends! 🙂 de pieds fermes même ...Elle passe un petit coup de fil et je l'entends s'exclamer tt naturellement : "Mais c'est génial génial" ... Mon coeur commence à pomper ...😏😏 : Y a de la place - Mieux que ça!!!

Amis voyageurs si vous partez de Charleroi sur Dakar les 16, 23 ou 30.10.04 avec Sénégal Airways ...UN BILLET ACHETE (dont le prix est inférieur de 115 € par rapport au billet normal) = UN BILLET OFFERT!!! A utiliser avant le 28.05.04.

Donc voilà dans 3 semaines : Cap sur le Sénégal et un deuxième billet en poche pour 2005!

Wayouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu😊😊😊

Quelle belle journée! Oufti!😛
Traversée Mauritanie vers le Sénégal
by Ion · 2004-08-28 · 32 replies
J'enquête pour le compte de Nathalie et son fiston Thomas (7ans aujourd'hui), qui, au départ de Marseille, partent 9 mois à Dakar en fin octobre .

Ils voulaient au départ y aller en voiture, mais apparemment 2 choses les freinent : le prix de la traversée voiture au départ de Marseille et du dédouanement, La traversée de la Mauritanie, car parait il qu'il n'y a "qu'une route sableuse, praticable uniquement lorsque le marée est basse"....😕

Qui peut éclairer notre lanterne ?

D'avance, merci de nous donner vos infos, toutes bonnes à prendre, et pourquoi pas un co voiturage s'il se présentait ? (Ils sont trés sympas tous les deux)

ion ion
Pourquoi vous voulez faire de l'humanitaire?
by Ivo · 2003-10-04 · 241 replies
Voila, c'est une question qui me travaille, non pas que j'ai qlque chose à reprocher à tout ça, bien au contraire. Mais tout le monde (presque ...) à un moment ou un autre semble avoir envie d'aider son prochain, de preference à l'etranger, avec toutes les convictions et motivations que cela implique. Qu'est ce c'est pour vous l'humanitaire, comment vous voyez ça, pour ceux qui l'ont vécu, pour ceux qui souhaitent le vivre ... allez, faisons tourner le moulin.
Quel pays d'Afrique pour une ethnomusicienne?
by Sugarglider · 2003-07-13 · 18 replies
Bonjour!

Je suis étudiante en ethnomusicologie, et prévois faire un voyage en Afrique pour étudier les instruments et la musique d'une communauté.

Je suis aux premières planifications de mon voyage et j'hésite entre quelques pays africains. Si quelques uns d'entre vous aviez des suggestions de pays intéressants, ça me serait très utile. Je cherche bien sûr un pays riche au plan musical, mais aussi un pays où le français est assez répandu...

Merci beaucoup!

Sarah
Projet Afrique de l'Ouest
by Totance · 2003-03-06 · 26 replies
Salut ami(e)s voyageurs(ses), Je voudrais réaliser un rêve, qui est de partir en Afrique pour une période de 6 mois environ, en passant par les pays tels que le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, Bénin, Togo.... Sur place, je voudrais avoir des points de chutes dans des associations, communautés.. à qui je proposerais mon aide pendant 1 à 3 semaines en échange d'être nourri et logée. Si vous avez des conseils, infos, renseignements, idées, adresses, contacts... je suis preneuse! Si mon projet aboutit, je compte partir soit vers janvier 2004, soit septembre 2004. Pour l'instant, je partirai seule donc si quelqu'un est intéressé........ Merci d'avance 😉!!!! A bientôt!!!
Africa: A Heartfelt Love for a Continent
by Taamaden · 2026-05-06 · 7 replies
“When the Whites came to Africa, we had the land and they had the Bible. They taught us to pray with our eyes closed: when we opened them, the Whites had the land and we had the Bible.” Jomo Kenyatta (p.7)

The Maggi cube, an unchallenged hegemony, and so much more

“The hopeless continent,” headlined The Economist, a British magazine, in July 2000 about Africa. Eleven years later, the same magazine headlined “Africa rising” instead. Images of Africa in the prosperous North constantly oscillate between apocalyptic scenarios and enthusiastic projections. A key issue with such images lies in the generalization they entail. If you look at the continent, considerable contrasts emerge depending on space and time. It’s no surprise that a region of the world encompassing such diverse ecological zones, maintaining such varied ties with other continents, comprising nearly fifty nation-states in sub-Saharan Africa alone, and characterized by a great diversity of languages, belief systems, and historical paths, doesn’t share a single destiny.

And yet, for many people outside Africa, as well as for many Africans, the continent constitutes a single entity, defined by criteria such as skin color, a colonial past, poverty, and the art of survival. Until now, these perspectives were generally accompanied by the idea that Africa had to—or should have—followed a single path together, sometimes called development, sometimes modernization, sometimes liberation, then a market economy. None of these paths delivered on their promises.

The two writers Alain Mabanckou and Abdourahman Waberi—one from Congo, the other raised in Djibouti, both long settled in France and now professors at renowned North American universities (Los Angeles, Washington)—have had enough of pessimistic scenarios: “We are aware that Africa is in the world and the world is in Africa. The same goes for all other continents, as our destinies are inextricably linked for better or worse. We refuse to see Africa as a reservoir of misfortunes or a continent cursed by atavistic misfortune and characterized by ethnic conflicts. [...] It’s this passionate flame we wanted to capture in a book [...] a kind of stroll through African cultures, without any demands, each letter of the alphabet leading us to a notion, a practice, a concept, a moment in history, literature, painting, politics, economics, cuisine, etc.” (p.10-11). Africa, they write, is on the verge of “imposing a signature, a style, a way of being in the world and in relation to the rest of the world.” (p.11) To put words to the continent’s diversity and dynamism, the two authors created a “rambling ABC,” a kind of portrait—or more precisely, a mythography—that lets you see and feel the pulse of a vast continent whose cultural power is unfolding before our eyes. Once marginalized or even mocked, the voice and importance of the Continent in global affairs are now undeniable” (p.11), containing over a hundred entries, mostly concise, written in a relaxed and casual style. The optimistic, even exuberant tone is set from the brief introduction. The duo of authors wants to “sing a love song to the cultures of our continent, to its inhabitants past and present, to its exceptional resources and its spectacular globalization despite a certain pollution that still clouds our skies due to the unmatched duration of dictatorships in some of our regions.” (p.12) In doing so, they don’t want to be too distracted by today’s Afewerki-Biya-Bongo-Déby & Co. ...

Of course, you’ll find tributes to great precursors like Frantz Fanon (“[...] it was a love story and admiration that wasn’t dimmed by the four decades separating his birth from ours. Let’s add that we were born while the native of Fort-de-France had left the world’s stage four years earlier, in the prime of life” p.141), Mongo Beti (“You must read and reread Mongo Beti, a genius who used his fame to support often just causes in Africa, like defending oppressed groups. His place is already in History. His oppressors, like the dictators Ahmadou Ahidjo and Paul Biya, can’t compete in the same category” p.64), the Malian Amadou Hampâté Bâ

(“Posterity remembers him mainly as an tireless defender of African cultures. His plea for the collection and preservation of traditional African knowledge remains a major event for all men and women of good will. One day in 1960, at the UNESCO podium, the native of Bandiagara sounded the alarm: ‘[...] Since we’ve admitted that the humanity of each people is the heritage of all humanity, if African traditions aren’t collected in time and written down, they’ll one day be missing from the universal archives of humanity.’” p.51),

Kwame Nkrumah, “one of the founders of Pan-Africanism, father of Ghana’s independence” (p.239), as well as the historian Cheikh Anta Diop, the writer, poet, and politician Aimé Césaire, and the economist and thinker Samir Amin, but also very warm tributes to certain contemporary African intellectuals like Souleymane Bachir Diagne and Achille Mbembe

(“A few years ago, in dominant economic circles, a rumor often resurfaced, usually disguised as a cold and scientifically proven analysis: Africa is useless. It’s a burden for the rest of the human community. With its 2% share in world trade, it would disappear from stock market radars without anyone noticing. So? Maybe it’ll be pulled up by other continents. Wanting to surpass itself is a crazy bet for Africans, they concluded. Arrogant or clueless, President Nicolas Sarkozy declared before an audience of students and teachers at Cheikh Anta Diop University in Dakar: ‘The African man hasn’t entered history enough [...] He only knows the eternal repetition of time marked by the endless repetition of the same gestures and words.’ That was in 2007. For decades, armed only with reason, an intellectual often steps up to debunk prejudices, lazy readings, and dishonest frameworks used as false fronts by those who, like Nicolas Sarkozy or former journalist Stephen Smith, out of ignorance, contempt, or condescension, distort African reality. This intellectual is none other than the historian and political scientist Achille Mbembe. This heir of Frantz Fanon, Amílcar Cabral, Jean-Marc Ela, and Fabien Eboussi-Boulaga was born in 1957 in Cameroon, in the Bassa region. Marked early by the upheavals of a fratricidal war, Achille Mbembe became the guardian of the memory of martyrs. After brilliant studies in Paris, he went on to teach at the best American universities, but the call of the Continent was stronger than anything else. In Dakar, he once directed CODESRIA (Council for the Development of Social Science Research in Africa) before joining the University of the Witwatersrand in Johannesburg, South Africa. Even though the author of *Critique of Black Reason* (Éditions La Découverte, 2015) spends a few months at Duke University in North Carolina, his observation post remains South Africa. From Johannesburg, Achille Mbembe scrutinizes Africa and the whole world. A lucid observer with an elegant and generous pen, Achille Mbembe knows how to blend big and small history: ‘I was born one day in July, as the month was drawing to a close. It was 1957, in that part of Africa recently named ‘Cameroon,’ a memory of the wonder that seized Portuguese sailors in the 15th century when, sailing up the river near Douala, they couldn’t help but note the presence of a multitude of crustaceans, and named it *Rio dos Camarões*, meaning ‘River of Shrimp.’ I grew up in the shadow of this nameless land, since, in a way, the name it bears is only the product of someone else’s astonishment: a lexical mistake, if you will.’ From this mistake or wound, he made leaven, a springboard to compose a rich work, recognized worldwide. To denounce barriers and barbarians too. But that’s not enough. Among his peers in circles of thought and action, Achille Mbembe passionately and consistently defends human dignity and the beauty of the world. In doing so, he fulfills the mission Frantz Fanon entrusted to him.” (p.227-229),

as well as entries dedicated to lesser-known artists and intellectuals, like the French journalist and activist Rokhaya Diallo, daughter of Senegalese and Gambian parents, or the Ethiopian filmmaker Haile Gerima, who has long lived in the United States. Other names from politics, sports, music, art, and literature: Kofi Annan, p.36; Barack Obama, p.243; Thomas Sankara, p.277; Ousmane Sow, p.285; Yambo Ouologuem, p.250; Léopold Sédar Senghor, p.282; Muhammad Ali, p.30; Nuruddin Farah, p.146; Salif Keita, p.203; Ahmadou Kourouma, p.206; Ngũgĩ wa Thiong’o, p.236; Winnie Mandela, p.224; Kylian Mbappé, p.226 ...

The authors, who resolutely commit to a “mythography” (p.11) of Africa, also pay special attention to local social movements, cultural events, and aspects of daily life. *Y’en a marre*, “which also meant ‘we’re fed up with sitting on our hands’” (p.320-321), emerged about a decade ago in Senegal as a citizen movement of peaceful resistance and symbolizes, the authors emphasize, the fact that African youth are increasingly fed up “with the political circus deployed in Africa since independence, as our parents would say, ‘since the White man left’...” (p.321). A full entry is dedicated to the Maggi bouillon cube, which has flooded African markets for about forty years and enjoys immense popularity (“It’s everywhere in Africa, from Dakar to Djibouti, and from Tangier to Cape Town. It’s in every pot, every stew. Little hands put it in every sauce, every local or adapted dish. An unchallenged hegemony! You’ll find it in diasporas too. The culinary strolls in Paris, in the [...] neighborhood” p.90). Critics blame it not only for impoverishing the aromatic diversity of local dishes but also for being harmful to health. And yet, “he poorest Africans, those who eat only once a day, a few spoonfuls of white beans and a ball of *foufou*, for example, are the most fervent users of the magic cube.” (p.92-93)

For *fonio*, “the new trendy cereal. [...] From the millet family, fonio is probably the oldest cereal cultivated in West Africa, and mainly in its sub-Saharan part, for millennia. [...] Easy to grow, water-efficient, fonio grows everywhere except on clay soils. Long neglected because it was considered the poor man’s crop, fonio is now a source of pride for the farmers who cultivate it and cherish it like the apple of their eye” (p.156-157), the authors immediately offer a detailed recipe, letting the reader know that “e can’t resist sharing this fonio with chicken recipe from Mali with you:

Ingredients: 1 chicken 3 large ripe red tomatoes 4 tbsp tomato paste 4 large onions 1 garlic clove 1/2 cup oil 2 Maggi cubes or salt 2 large carrots 1 turnip 1 large cabbage 2 large potatoes 1 celery stalk 1 packet pre-cooked fonio 4 okra (or okra powder) salt, pepper

Preparation: 1. Prepare the sauce: wash and cut the chicken. Peel the onions, garlic, and vegetables. 2. In a pot, fry the chicken pieces. 3. Dice the onions, tomatoes, carrots, and turnip very small and add them to the pot. 4. Add the tomato paste, salt, and pepper. 5. Simmer for 15 min, then add 2 L of water and the cooked chicken pieces. 6. Simmer for 30 min, then add the crushed garlic and celery, plus the cabbage cut into 4 and the potatoes cut in half. 7. Prepare the fonio: cover it with warm water, let it rest for 15 min, and cook it over low heat. 8. In a small pot, boil the okra and crush them. 9. Mix the crushed okra with the cooked fonio, then salt. Serve hot.” (p.158-159)

The comedy *Black Mic Mac*, released in French theaters in 1986 and addressing France’s increasingly restrictive immigration policy at the time, also gets an entry, as do *Tintin in the Congo*, the popular comic, and *Jip’s Café* (“[...] a little Africa in the heart of Paris, with passersby stopping to admire the ‘ambianceurs’ on the dance floor or attend the cultural events offered by the place” (p.194), an African establishment in Paris that Alain Mabanckou already immortalized in one of his novels.

The duo of authors also tackles thorny subjects like jihadism (p.119), the Rwandan genocide (p.272), the CFA franc (p.82), and dictatorship (p.110). While the two strike the right tone here, many entries leave a slightly bitter taste. Two examples: why doesn’t the text on Barack Obama mention the great disappointment of many people in Africa, who expected more from the African policy of the first U.S. president with African roots than just occasional warm words? Why do the comments on Winnie Mandela gloss over the fact that she was a highly controversial icon of the anti-apartheid movement due to her involvement in kidnappings, acts of torture, and murders of alleged apartheid collaborators? Instead, there’s a compassion that brings tears to the eyes: “She was often reduced to a secondary role, the wife of a great man” or “When victory came, she didn’t taste its fruits. Divorced, isolated. She would never be a ‘first lady’ in an evening gown, posing before a bed of chrysanthemums. They’d keep her far from the circles of power” (p.224-225). At this point, I would’ve liked the authors to take a slightly more critical stance...

That said, these “weaknesses” (if you can call them that) shouldn’t overshadow the book as a whole. It remains an informative, sometimes very entertaining, and often even original work in its own way.

Book information (the original French and the German translation):

Alain Mabanckou/Abdourahman Waberi. Dictionnaire enjoué des cultures africaines. Fayard, 2019. Alain Mabanckou/Abdourahman Waberi. Der Puls Afrikas. Eine Liebeserklärung von A bis Z. Reclam, 2022.

Hery
That's Kenya too...
by Solene40 · 2025-05-16 · 150 replies
Hey fellow travelers,

I'm back in the "travel journal" section to share our 15-day adventure in Kenya in November 2024. It was pretty much our first time in East Africa (since Zanzibar doesn’t really count 😜).

As usual, I’m sharing the journal I made for our loved ones—still as casual and cheerful as ever, just to give them a little break from their tough workdays 😄.

We organized the whole trip ourselves, and to be original here LOL, we took some *very* well-trodden paths: Naivasha, Tsavo, and Diani. But what I loved about this country is that it’s so easy to go off the beaten track—even on the "tourist highways" 😉.

So, if you're a safari fanatic or after stunning wildlife photos, you might be disappointed. But if you want to discover other sides of Kenya, you might just find what you're looking for 😉.

Looking forward to sharing this fun journey with you all 😊.

9-day road trip from Melbourne to Sydney
by Marieno75 · 2024-10-23 · 10 replies
Hi everyone, What great news to read that Voyage Forum is back up and running—I’m so happy! 🙂 I need some advice for a trip we’re planning in 2025: New Caledonia and Australia.

We’ll arrive in Australia on September 1, 2025, and the plan is to spend 2 nights in Melbourne to explore the city, then rent a car to drive from Melbourne to Sydney, where we’ll arrive on September 12. Unfortunately, we won’t have time for the Great Ocean Road

I’ve checked several blogs for this route and here’s the itinerary I’ve put together:

9/4: Melbourne to Philip Island (140 km) – 1 night 9/5: Philip Island to Wilsons Promontory National Park – 2 nights 9/7: Raymond Island (free ferry to cross a 200 m sea channel) – Lakes Entrance – 1 night 9/8: Drive to Narooma (stop at Quarry Beach) – 1 night at "Bodalla Park Forest Rest Area" 9/9: Batemans Bay – Pebbly Beach – Dolphin Point – Jervis Bay – 1 night (to be found) 9/10: Jervis Bay and surroundings – 1 night at Bendeela Picnic Area 9/11: Blue Mountains National Park (1 hour from Sydney) – 1 night (to be found) 9/12: Arrival in Sydney

I know we won’t be able to see everything, and this 9-day route is just a starting point. The goal is to avoid rushing—if we see a place we like, we’ll stop, even if it means seeing less. A vacation where we don’t watch the clock too much! 🙂 Does this route (a mix of several blogs where not all stops are noted) seem realistic or too ambitious? Are there certain spots that are more worth prioritizing over the ones I’ve listed? For example, in one of the blogs I read, travelers skipped Blue Mountains National Park because they chose another site (which I’ve forgotten 😎).

For accommodation, we’ll likely be camping (free or paid), so if you have any suggestions, I’d love to hear them! 😎

Our arrival in Sydney on September 12 depends on my hope to participate in the marathon on September 15, 2025. After that, we’ll leave Sydney on September 17 for Ayers Rock.

Thanks in advance for your tips and ideas—it’s always tricky to plan a route from a distance when time is limited.

And long live this site, which I’ve missed so much since 2020! 😎🙂
Retour aux Marquises: les îles méridionales Hiva Oa, Tahuata et Fatu Iva
by Vaikeaiti · 2020-08-07 · 34 replies
INTRO En ces temps épidémiques troublés, la Polynésie Française - et en particulier l' archipel des Marquises - ont des atouts exceptionnels en matière de tourisme. A ce jour, l' épidémie de Coronavirus a juste effleuré le Territoire -presque uniquement Tahiti et Moorea - dont les îles éloignées ont été strictement confinées dès le départ, les offres sanitaires et hospitalières sur place étant très limitées. Pour l' instant, la situation est sous contrôle. Le tourisme retrouve lentement ses marques depuis la mi-juillet. Il s'agit actuellement plus de tourisme local que de tourisme international, bien que la destination Polynésie / Marquises soit attirante : beauté et unicité des paysages, authenticité d'un archipel, certes situé à 4 heures d'avion ATR de Tahiti, mais que l' on peut facilement découvrir en solo et donc en dehors de la très onéreuse croisière sur l' Aranui, sécurité physique mais aussi sanitaire. Les Européens - dont une majorité de Français - arrivent... Ils avaient déjà leurs billets depuis des mois et l' entrée sur le territoire est facilitée. Nous devions faire ce second voyage aux Marquises en mai dernier, mais il fut annulé jusqu'à la reprise progressive des vols en interne. Nous avons simplement acheté un billet Air Tahiti en ligne, sans utiliser le Pass Marquises qui ne permet pas de visiter les deux îles les plus méridionales, à savoir Tahuata et Fatu Iva, dépourvues d'aéroport. On ne peut y aller qu' en bateau, en excursion à la journée ( ou plus bien sur ) pour Tahuata et en navette municipale au départ de Hiva Oa pour aller à Fatu Iva. Les horaires changeant fréquemment, la première chose à faire est de se renseigner sur les jours de passage vers Fatu Iva. En ce moment, il y en a trois : le lundi ( départ à 2 heures du matin ), le mardi ( départ à 6 heures ) et le samedi ( départ à 6 heures également ). Mais tout cela aura peut-être changé dans 3 mois. Il faut donc une stratégie d'approche ! On peut rajouter la visite de ces deux îles à celles qui sont incluses dans le Pass, à savoir Nuku Hiva, Ua Pou, Ua Huka et Hiva Oa. Prévoir alors une extension de 8 jours environ, à partir de Hiva Oa. Pourquoi vouloir absolument visiter ces deux îles peu accessibles ? Justement parce qu'il faut les mériter ! Elles demeurent très différentes. L' une, Tahuata, a un lagon, des plages de sable blanc, des falaises abruptes, des baies échancrées ourlées d'une végétation luxuriante, des couleurs uniques dans les bleus et turquoise et culmine à plus de 1000 mètres. L' autre, Fatu Iva , est une beauté sauvage et altière avec ses à-pics qui dévalent vers l' océan bleu outremer ( ou 'moana' en tahitien ), connue surtout pour sa fameuse baie des Vierges, considérée par beaucoup - en particulier les navigateurs - comme la plus belle île de Polynésie. Dans mon premier carnet sur les Marquises, j' avais déjà mentionné notre séjour à Hiva Oa, un peu trop court. Cette fois, entre notre arrivée et notre retour, nous passerons 4 nuits à Hiva Oa et 4 nuits à Fatu Iva. Une journée et demie sera consacrée aussi à Hiva Oa. Avant de partir à la découverte de ces îles polynésiennes lointaines et peu visitées, quelques chiffres édifiants qui montrent que les Marquises ont échappé de peu à l' oubli, à la perte de leur identité singulière et à la disparition de leur culture. L' archipel comptait 20000 habitants en 1842, seulement 2000 en 1920, environ 8000 actuellement en 2020. Au début des années 1920, c'est grâce à la politique nataliste du Dr Rollin, administrateur des Marquises de l' époque, que la situation commença lentement à s' améliorer. Ensuite et paradoxalement, ce fut un évêque, Mgr Lecleac'h, qui s'érigea en animateur engagé du réveil identitaire, via la sauvegarde du patrimoine, la reconnaissance de la langue marquisienne ( et non tahitienne ), les danses ( jugées trop lascives par les missionnaires ), les chants, le tatouage, enfin l' artisanat inspiré des motifs et des symboles de la culture ancienne. L' icône du renouveau marquisien est sans conteste le tiki, demi-dieu et créateur de l' homme. En lui réside la divinité et les ancêtres légendaires.



TAHUATA ou Île Lumière

DANS LA LEGENDE DES MARQUISES C' est la plus petite île habitée des Marquises dont le nom signifie l' aube en marquisien. J' aurai, plus tard, l' occasion de revenir sur la légende de la création des Marquises : dans cette légende, Tahuata représente le dernier acte de la construction avant l' aube. La symbolique de son nom est liée à l' arrivée de la lumière du jour, signifiant la fin de la construction de la 'Grande Maison', alias l' archipel des Marquises.

UN PEU DE GEOLOGIE Tahuata et Fatu Iva sont soeurs géologiquement parlant. Ce sont des îles plus jeunes que celles du nord de l' archipel ( de 5, 5 millions d'années au Nord-Ouest à seulement 1,2 million d'années au Sud-Est ) L' activité volcanique passée s' est matérialisée sous la forme de volcans dits boucliers, différents des volcans hawaiïens ou tahitiens, qui , suite à des secousses sismiques violentes et répétées, se sont peu à peu effondrés, disparaissant sous les flots de la moitié voire davantage des boucliers initiaux. Résultat : les calderas sont imbriquées l'une dans l' autre , la caldeira initiale étant dotée d'un volcan interne plus petit et plus récent. C 'est le cas à Fatu Iva par exemple.

UN PEU DE GEOGRAPHIE

Située à seulement 4 kms de Hiva Oa , on ne peut rejoindre Tahuata que par mer après 40 à 60 mn de navigation selon le temps ( il existe un catamaran communal, le Tahuata Nui mais qui est souvent en panne pour une durée indéterminée... ). On choisira entre l' excursion à la journée ou le passage simple en speedboat privé, assez cher. Ou si l' on doit résider à Tahuata, on s'arrangera au préalable avec la pension de famille choisie pour discuter des modalités et du prix de la course aller-retour entre Tahuata et Hiva Oa. Le canal dit du Bordelais qui est emprunté par les bateaux peut être extrêmement agité par des courants violents et rallonger un peu la course. (Petite digression sur ce fameux canal du Bordelais... Qui est donc ce Bordelais ? Un certain Joseph Capri ( ou Kabri ou Kabris ), originaire de Bordeaux même, initialement matelot de son état sur un bâtiment baleinier qui fait naufrage sur la côte de Nuku Hiva. Kabri , capturé par les guerriers du roi anthropophage de NH, s'apprête à mourir et à finir rôti à la broche, mais est sauvé in extremis par la fille du roi qui demande sa grâce. Celle-ci est accordée, il épouse la belle dans la foulée, le roi tatoue son gendre lui-même, lui offre des parures en tapa et mousse et le nomme grand juge du pays. Il tue, torture, garrotte, découpe en morceaux. Il pacifie à sa manière ! La vie est douce et belle, il a six enfants de sa princesse marquisienne ... Et puis un jour où il sommeille dans la nature, il est kidnappé par le navigateur russe Krunsenstern qui, à coups de knout, le ramène au navire puis à St Petersbourg pour y être interrogé et jugé. Kabri parvient à s' échapper vers Paris, demande à rencontrer Louis XVIII qu'il traite comme son cousin. Ce dernier - contre toute attente - le reçoit et lui donne un peu d'argent, mais la chance a définitivement tourné pour Kabri qui se retrouve à Valenciennes, gagnant son pain comme bête de foire. Il mourra à 42 ans, épuisé et sans avoir pu repartir vers son île marquisienne et vers sa famille nombreuse. Les autorités lui éviteront post mortem l' infamie d'une exhumation et d'un empaillage, son tatouage corporel et facial ayant conquis un amateur !!! JB Kabri le Tatoué, dessin publié dans le livre de Von Langsdorff

Retour à Tahuata... L' île n'est entourée que partiellement de récifs coralliens ( comme Mangareva aux îles Gambier ) , et est agrémentée de magnifiques plages de sable blanc, en particulier celle de Hanamoenoa. Avec ses versants escarpés se terminant en falaises, des vallées étroites et profondes ouvrant sur des baies échancrées à la végétation dense telles celles jumelles de Iva Iva Nui et de Iva Iva Iti, Tahuata surprend et attire. ' C'est une des rares fois où j' eus le désir de posséder de la terre ', écrivit en son temps le navigateur Alain Gerbault, conquis par une île qu'il qualifiait d'enchanteresse. Son relief est très accidenté et les communications terrestres - sur des pistes improbables - entre les vallées sont difficiles. L' île culmine au Mont Tumu-Mea-Ufa à 1050 m. Sa superficie est de 60 km2, avec une population de 650 à 700 habitants environ. L' île comporte 4 villages : Vaitahu, petit port historique, avec son église aux murs de galets et un magnifique vitrail, son musée d'art et d'histoire, et sa proximité avec des sites archéologiques; Hapatoni, autre village avec sa voie pavée ou ' allée de la reine ', construite sur ordre de la reine Vaekehu II au 19ème siècle, bordée d'arbres centenaires de tamanu plantés par les anciens , et ses ' me'ae ' ( ou ' marae ' en tahitien). Egalement Motopu et Hanatetena, deux plus petits villages. Il y a d'autres chemins pavés dans l' île, à Hapatoni en particulier, et des pétroglyphes à Hanatahua. On peut donc passer plus d'une journée à Tahuata, y séjourner dans l' une de ses pensions. Les chemins et pistes de l' île se prêtent parfaitement à la randonnée pédestre.

UN PEU D HISTOIRE

Plusieurs édifices du village de Vaitahu commémorent un passé souvent tragique. On peut y voir les trois stèles érigées en souvenir de l' arrivée des Espagnols en 1595, puis de celle de militaires français en 1838 et enfin de la prise de possession de l' archipel par l' amiral Abel Dupetit-Thouars en 1842. Alvaro de Mendaña y Neira jeta l' ancre à Vaitahu en 1595, un premier contact avec ceux que l' on appelait à l' époque dans les mers du Sud et ailleurs ' les naturels ' qui tourna rapidement au massacre par les soldats espagnols de 200 villageois, guerriers et civils mélangés. On peut comprendre, dans ce contexte, que l' arrivée d'Occidentaux au 18ème siècle et au début du 19ème siècle ait suscité beaucoup de méfiance, d'animosité et d'hostilité de la part des habitants de Tahuata, et des autres îles également. Les premières tentatives d' évangélisation protestante d'abord en 1797 puis catholique en 1839 se soldèrent par un échec retentissant ( le gouvernement français avait l' habitude d'envoyer les missionnaires en éclaireurs afin de tâter le terrain.. ). Le religieux ayant failli à sa mission, il restait donc le politique et le militaire : l' expédition Dupetit-Thouars arrive en vue de Tahuata mi - avril 1842. Les Français sont dans un premier temps plutôt bien reçus par le chef / roi Iotete qui a récemment subi la pression de la marine américaine et qui se dit que la France le protégera. On attribue donc un terrain en hauteur aux Français pour la construction d'un fortin et d'une garnison. Dupetit-Thouars veut aller vite et propose à Iotete de se mettre sous la protection du roi de France, Louis-Philippe. Iotete accepte et, le 1er mai, est organisée une cérémonie pour la prise de possession officielle des îles Sud de l' archipel des Marquises - et par extension de tout l' archipel - par la France en présence des missionnaires et du neveu de Iotete, Maheono, également chef de Hanatetena. Et puis rapidement, un malaise grandissant s'installe, l' ambiance se dégrade, Iotete devient peu accommodant et versatile, ne supportant pas de se voir privé de son autorité de chef incontesté. Il fugue dans la montagne, organise la résistance aux Français que l' on vient pourtant de fêter, et finit par assiéger le fortin à moitié achevé avec ses guerriers. Résultat : des morts et des blessés des deux côtés et un chaos inattendu. Après palabres et promesses, l' amiral, fidèle à sa stratégie initiale, convainc Iotete - contacté et ramené à la raison par son neveu - de revenir à la table des négociations, et les termes d' une paix durable sont établis définitivement. Iotete a tenté de lutter mais a perdu et la guerre et son pouvoir, son ' mana '. Il mourra l' année suivante, une fin triste et sans avenir pour un chef qui ne sera pas élevé au rang de dieu le jour de ses funérailles.

Prise de possession officielle de Tahuata De g. à d. : Maheono, Iotete ( en habit militaire d'apparat à galons d'or époque Louis XV ), le père Baudichon, Abel Dupetit-Thouars

Iotete le 1er Mais 1842 ( portrait par Max Radiguet ) Iotete le 1er mai 1842 ( portrait par Max Radiguet )

Maheono, neveu de Iotete et son saisissant tatouage facial

Guerriers marquisiens 19ème siècle

L' amiral repart bientôt sur son navire La Reine Blanche vers Tahiti où il va obtenir le 9 septembre 1842 de la reine Pomaré IV son acceptation formelle de placer son île sous protectorat français. C' est ainsi que Les Marquises alias La Terre des Hommes ( ou Te Fenua Enata en marquisien ) devient la première colonie française dans le Pacifique Sud un peu avant Tahiti.

FAUNE ET FLORE Depuis sa disparition de Hiva Oa, suite à l' introduction malheureuse d'un rapace nocturne, le grand-duc de Virginie ( ou Bubo Virginiasus en latin ), la seule population survivante de ' pahi ' ou martin-chasseur des Marquises, vit à Tahuata, en grand danger d'extinction, car en déclin lent mais constant. il ne resterait que 300 individus au mieux. La destruction du grand-duc est autorisée à cause de son impact fatal sur la faune aviaire locale. Des excursions à pied et à cheval, en excursion à la demi-journée ou à la journée entière, à la découverte du ' pahi ' sont possibles. Contacter le comité de tourisme de Tahuata.

ACTIVITES TRADITIONNELLES

Il y a à Tahuata plusieurs centres d'artisanat et ce dernier est le plus réputé des Marquises, en particulier pour la sculpture sur os. Dans l' île, on est souvent sculpteur de père en fils; les hommes travaillent le bois de rose, l' os de cheval, de chèvre et de mouton et le rostre d'espadon. Dans la vallée d'Hapatoni, ce sont surtout d' expertes sculptrices qui sont à l' oeuvre, souvent depuis des années. Au travail de l' os ou du rostre d'espadon, elles ajoutent la confection de bijoux originaux. La culture du coprah est bien présente à Tahuata et permet aux agriculteurs de gagner un revenu fixe. Les cultures vivrières et les récoltes d'agrumes tels les pamplemousses, très réputés permettent l' autosuffisance alimentaire des habitants de l' île et un peu d'exportation vers le marché et les supermarchés de Papeete ( via la diaspora marquisienne installée à Tahiti ). Pêche et chasse participent également, pleinement, de ce désir d'autosuffisance. La nature est généreuse et tout pousse à profusion et l' on vit simplement mais plutôt bien à Tahuata comme ailleurs aux Marquises, d'autant que désormais, les cargos mixtes apportent régulièrement de Tahiti ce qui manque aux îliens.

Fatu Iva L' île de tous les superlatifs / L'île érotique





Guerrier marquisien tatoué originaire de Fatu Iva 19ème siècle On notera sur sa poitrine les motifs reconstitués d'une tête de tiki, que l' on retrouve aussi sur la crosse du casse-tête ( ou ' u'u ' en marquisien ), arme réservée au guerrier. Cette tête est supposée augmenter le ' mana ' ( alias la puissance ), les yeux en amande évoquent cette puissance surnaturelle tandis que la bouche étirée où apparaissent parfois langue et dents, est censée défier l' adversaire.

SELON LA LEGENDE Dans la légende de la construction de l' archipel des Marquises, selon laquelle chaque île est partie intégrante de la Maison des Dieux, Fatu Iva représente la toiture faite de 9 ( Iva ) tresses ( Fatu ) de feuilles de palmier. Elle s'est aussi appelée Santa Magdalena, nom donné par Alvaro de Mendaña en l' honneur de la sainte du même nom.

UN PEU DE GEOGRAPHIE Fatu Iva est une île située à 75 kms de Hiva Oa, d'une superficie de 84 km2. Longue de 10 kilomètres et large de 4, elle a la forme d'un croissant ou d'un haricot. Elle culmine au Mont Touaouoho à 960 mètres et héberge une population d'environ 600 habitants. C' est l' île la plus australe de l' archipel, la plus isolée aussi car il est impossible d'y construire un aéroport en raison du relief accidenté ou même un aérodrome comme à Ua Pou par exemple. C' est aussi la plus pluvieuse, étant la plus proche du tropique du Capricorne. Les pluies étant abondantes, l' île est recouverte d'une végétation luxuriante en particulier en son centre où prospère une forêt primaire tropicale dense. C' est aussi l'île la plus sauvage et la plus spectaculaire de l' archipel. Géologiquement parlant, elle est constituée de deux caldeiras volcaniques enchâssées l' une dans l' autre. La première date de 2 millions d'années environ, la seconde, deux fois plus petite est née d'une énorme éruption, comme en témoignent les massives chandelles basaltiques qui montent au ciel tout autour de la baie de Hanavave, dite baie des Vierges. Initialement appelée baie des Verges par les Marquisiens, elle a été rebaptisée par de pudibonds missionnaires, effarouchés par l' imagerie locale et ses sous-entendus. Fatu Iva n' a que deux villages situées chacun sur le bord extérieur des deux caldeiras : Hanavave aux colonnes basaltiques et Omoa, chef-lieu de l' île , village surplombé par un piton rocheux qui surprend par son profil rappelant la tête d'un moai de l' île de Pâques.

UN PEU D'HISTOIRE Comme les autres îles de l' archipel, Fatu Iva fut initialement peuplée par des Polynésiens venus de l' ouest. Les rivalités entre tribus étaient au départ incessantes et donnèrent lieu à des batailles sanglantes. C' est en juillet 1595 que l'île - tout comme celle de Tahuata - fut abordée pour la première fois par un occidental, le navigateur espagnol Alvaro de Mendaña de Neira , le premier du genre à avoir établi des contacts avec des populations polynésiennes. Mais il n' y débarqua pas. Il crût tout d'abord avoir découvert les Iles Salomon, le but ultime de son voyage, mais se rendit rapidement compte qu' il avait découvert une nouvelle terre dans un archipel d' îles auxquelles il donna le nom de ' Marquesas de Mendoza ' pour remercier le Vice-Roi du Pérou - alias Garcia Hurtado de Mendoza y Maurique, IV marquis de Cañete - qui l' avait aidé à monter et financer son expédition, et pour honorer en même temps son épouse et ses filles. En 1935, l' anthropologue norvégien Thor Heyerdahl - et futur aventurier du Kon Tiki - aborda Fatu Iva avec l' idée bien ancrée d' en faire son éden. Il y vécut un an avec sa femme, d'abord à Omoa, puis à Ouia, une vallée inconfortablement située sur la côte au vent et désormais retournée à l' état naturel, ayant été abandonnée par ses quelques habitants. Heyerdahl avait à l' époque avancé l' hypothèse erronée que les Maori descendaient des Indiens d'Amérique du Sud alors qu'ils sont originellement arrivés en pirogue de l' Asie du Sud-Est, et plus particulièrement de Taïwan. ( Je vous renvoie à mon carnet sur Taïwan où j' aborde ce sujet )

De 1960 à 1966, une majorité d'hommes de Fatu Iva partirent travailler au CEP de Mururoa, participant ainsi de l' émigration économique ayant commencé à l' époque, et s'étant poursuivie jusqu'à nos jours, les perspectives en termes d' emploi étant plus que limitées si l' on ne veut pas rester ou devenir agriculteur ou coprahculteur comme ses parents ou grands-parents.

FAUNE ET FLORE L' île est une terre d'abondance pour les agrumes, les fruits en général et les fleurs... Tout pousse ou presque. Elle possède une espèce endémique très menacée aujourd'hui : le Monarque ( ou oma'o ke'eke'e en marquisien ', dont il ne restait il y a peu que 6 couples au monde ! Le rat noir et le chat haret ont littéralement décimé cette espèce, dévorant oeufs, oisillons et même femelles en couvaison. Un programme de sauvegarde de l' espèce a été mis en place, avec des résultats encourageants, le nombre de couples ayant augmenté ces dernières années.

ECONOMIE L' île est ravitaillée uniquement par bateau. Une unique route partiellement bétonnée des deux côtés, et partiellement à l' état de piste, et longue de 17 kilomètres relie les deux villages. On peut également aller d'un village à l' autre par la mer en un quart d'heure de navigation. Le secteur primaire prévaut à Fatu Iva, en particulier la culture du coprah, et puis la pêche au thon, à l' espadon et au thazard. On y a cultivé le noni à outrance à une certaine époque mais celle-ci est un peu révolue, les bienfaits miraculeux du noni n' ayant pas vraiment été prouvés scientifiquement. Comme à Rurutu, on a abandonné la culture du café qui était pourtant prometteuse il y a une quarantaine d'années. En revanche, on trouve davantage de vergers et des vanillières. La chasse aux cochons et aux chèvres permet l' auto-suffisance en viande quand le ravitaillement venu de Tahiti vient à manquer ou arrive irrégulièrement. L' artisanat s'est développé grâce au tourisme et aux expositions semestrielles organisées à Papeete. La spécialité - principalement féminine - de Fatu Iva est le tapa dont les dessins s'inspirent des anciens tatouages marquisiens. La sculpture sur bois ou os ou noix de coco est plutôt réservée aux hommes, nourrie des anciennes figures et des symboles centenaires : tikis sculptés en bois de rose ou en bois noir, casse-tête, plats de présentation.

Suivez-moi en page 2.....
Atoll de Fakarava (Polynésie Française)
by Lecoeurestun · 2020-04-23 · 19 replies
Bonjour,

Je n'arrête pas de changer d'avis mais comme je veux rester 3 semaines au même endroit, il faut que je vise juste.

J'étais restée sur le choix de Hiva Oa mais ce qui m'embête c'est d'une part le prix du vol Papeeti-Hiva Oa et le fait que cette île n'est pas propice à la baignade. Or, aller dans ces sublimes lagons sans pouvoir se baigner.... J'en serais frustrée. Je ne pratique pas la plongée.

Deux d'entre vous qui avez échangé m'ont poussée à retourner voir dans mes guides. Il s'agit de Fakarava. Là bas, ça semble l'idéal pour nager. Plages plages et plages....

Une pension me fait de l'oeil, vaiama village. Si certains d'entre vous y sont allés quelques jours, j'aimerais bien avoir un retour. Je suis allée sur trip advisor. A priori, les critiques sont très bonnes.

Y a t-il des randos à faire à Fakarava ?

Vous remerciant de votre patience.

Nathalie
Discussions du concours "Les édifices religieux dans le monde"
by Megapixel · 2019-11-02 · 399 replies
C'est ici que l'on discute dans la bonne humeur et le respect de l'autre du concours du mois de novembre.😏 C'est aussi ici que l'on partage des photos en "OFF du concours" avant d'avoir trouver "la" bonne photo pour le concours. Retour au concours de novembre: voyageforum.com/...5795;live=1;#9805795
Itinéraire en janvier pour environ 4 semaines en Australie
by Andrebart · 2019-02-05 · 22 replies
Bonjour Nous avons séjourné quelques jours sur Sydney en février 2018 .Nous sommes en réflexion sur un voyage itinérant En Australie et examinons des circuits à construire .Nous souhaiterions vos conseils et suggestions sachant que, par exemple en NZ ( ile du sud) nous avions loué une voiture et logement soit chez l'habitant ou motel .Merci par avance de vos informations .
Les Australes: un archipel singulier et méconnu
by Vaikeaiti · 2019-01-24 · 53 replies
A A la découverte de RAIVAVAE, l' île de passion

INTRO

Je sais que beaucoup parmi vous seront intéressés par la série de carnets de voyage aux Îles Australes - ou Tuha'a Pae en langue polynésienne- qui va suivre. Vous pourrez ainsi faire vos choix et programmer d'intégrer une ou deux îles à votre itinéraire, trois peut-être au grand maximum, lors de votre prochain voyage en Polynésie Française.

Pour nous qui résidons ici depuis 30 ans, c'est aussi la première fois que nous partons dans cette direction, cap au sud. Ce n' est pas une destination facile en termes de climat, souvent instable et imprévisible, de longueur de séjour et de moyens financiers.

Air Tahiti propose un Pass 4 îles qui est quasiment inutilisable sauf à rester trois semaines ou un mois et dépenser une fortune. La raison : des liaisons inter-îles rares et irrégulières et très chères, y compris pour les îliens eux-mêmes qui ont des tarifs-résident pour aller et venir entre leur île et Tahiti mais paient plein tarif pour les déplacements entre les îles. Exemple : Un vol Raivavae - Tubuai, d'une durée de 25 minutes est facturé 38000 FCP ( = 340 euros ) !

Nous avons décidé de consacrer du temps et un peu d'argent à cet archipel cette année. Ce premier carnet concerne Raivavae, la plus méridionale des îles disposant d'un aéroport ( ce qui place Rapa - à deux jours de bateau plus au sud- hors champ ). Le prochain qui sera posté mi-mars, en continuation de celui-ci, concernera Tubuai et Rurutu. Il restera Rimatara que nous visiterons fin avril.

UN PEU DE GEOGRAPHIE Raivavae - anciennement nommée Vavitu - se situe à 730 kms au sud-est de Tahiti. Elle appartient à l' archipel des Australes, au même titre que Rurutu, Tubuai, Rimatara, Rapa et Marotiti , île inhabitée proche de Rapa où - selon certains écrits- l'on déportait autrefois les récalcitrants, les violents ou simplement les rebelles à l' autorité du chef. Raivavae est une île volcanique d'environ 16 km2 de terres émergées, dotée d'un lagon superbe par sa forme et ses couleurs qui rappelle celui de Bora-Bora en plus petit, ourlé de 28 motu éparpillés le long de la barrière de corail. Elle culmine au mont Hiro à 432 m d'altitude. L'île compte actuellement 970 habitants environ, répartis sur 4 villages : Rairua, Mahanatoa, Anatonu et Vaiuru. Notre pension Ataha se trouve dans ce dernier village cité, le long de la route circulaire qui borde le lagon. On parle à Raivavae un dialecte particulier ainsi que le tahitien et le français bien sur. Que signifie le nom Raivavae ? Etymologiquement, ce nom provient de ' ra'i ', le ciel et de ' vavae ' qui veut dire 'se frayer un chemin'. L' ensemble signifie donc ' se frayer un chemin dans le ciel ' et , par extension, ' à ciel ouvert '.

UN PEU D'HISTOIRE Raivavae fut découverte en 1775 par le navigateur espagnol Thomas Gayangos voyageant à bord de la frégate l' Aguila. On remarque que certains résidents ont les yeux très clairs, gris ou pers, comme cela se retrouve chez des habitants de Galice et d'Andalousie. Le séjour de Gayangos et de son équipage à Raivavae donne peut-être la raison de cette particularité physique. Maintenant pourquoi l' île de passion ? Dans les écrits anciens datant d'avant le christianisme et l' évangélisation protestante , quand on mentionne Raivavae, on évoque une île de guerriers en permanence engagés dans des combats de clans affreux et sanguinaires, on évoque aussi des rituels érotiques très poussés et des célébrations païennes inédites et uniques en leur genre. En d'autres termes, Raivavae fut , à une certaine époque, l'île de l' amour et de la mort confondus. Rien de tel aujourd'hui... L' île a un rythme de vie alangui et tranquille, surtout le dimanche. La vie reste assez communautaire à Raivavae et on est censé partager avec les autres, une spécificité partagée avec Rapa.

RAPA Petite digression sur Rapa dont on ne parle jamais. C'est une île isolée et coupée du monde, où le communautarisme voire le collectivisme est érigé en mode de vie sous le contrôle du Conseil des Sages ( = les anciens ) qui , entre autres, refuse la construction d'un aérodrome depuis des années ! En d'autres termes, chacun est sous surveillance de l' autre, parent, ami, pasteur, maire. On ne fait pas ce que l'on veut comme on veut. On s'adapte, on obéit et on s'incline. Et , si on transgresse, on paie cher son audace. Un exemple ? Vous êtes surpris en train de pêcher au fusil dans une baie de l' île où la pêche a été proscrite pendant 5 ans, vous méritez donc une punition ! La mairie va vous couper l' électricité pendant des semaines, voire des mois, ce qui va compliquer votre vie quotidienne ! Autre détail qui surprendra : Le dimanche, la Mairie coupe l' électricité dans l' île entière...sauf au temple, histoire d' encourager - le terme est faible - tout le monde à se précipiter au culte ! Pas évident donc de vivre dans une île comme Rapa, dans une forme de huis-clos social et religieux. Toute forme d'individualisme est proscrite, ce qui explique pourquoi les jeunes ont tendance à se désintéresser du religieux et finalement à partir, même si les perspectives de vie et de travail à Tahiti ne sont pas fantastiques. Déjà, il n' y a pas de collège sur île et les collégiens - dès la 6 ème - en sont éloignés pendant l' année scolaire; ils font leur scolarité au Collège de Tubuai, pour continuer leurs études ensuite, éventuellement dans l'un des lycées de Tahiti. Le maire a rétabli il y a quelques années le ' rahui ' , à savoir un système traditionnel polynésien visant à exploiter de manière raisonnée et préserver durablement les richesses marines. Ce système est officiellement levé pour le bien général de manière occasionnelle. Quand la pêche a lieu, elle est collective, ouverte à tous et éco-responsable, et le poisson pêché est distribué aux familles en fonction du nombre de personnes qui les composent. Même chose d'ailleurs pour la viande qui est prélevée sur les troupeaux de cochons, chèvres et vachettes sauvages. C'est plutôt positif écologiquement parlant, même si c'est vécu comme très contraignant. L 'île est tempérée, la seule du genre en Polynésie. Tous nos légumes et nos arbres fruitiers européens du genre cerisier ou pommier y pousseraient sans mal, mais l'innovation n' est pas le fort de la population, ni surtout du conseil des sages qui ne veut rien changer à rien. Les maisons y sont équipées de cheminées et on y dort le plus souvent sous couette surtout en hiver austral. Temps souvent froid, humide, venteux sous une montagne glacée. Mer froide et agitée. On est loin des lagons bleus et tièdes. On parle à Rapa un dialecte particulier que l'on comprend très difficilement si l'on est polynésien d'ailleurs. Le français demeure la langue unitaire. Difficile de séjourner à Rapa moins de deux mois, le temps que le cargo - alias le Tuhaa Pae -qui livre le frêt et transporte des passagers, aille à Tahiti et en revienne ! La liaison avec Rapa n' est pas hebdomadaire mais beaucoup plus irrégulière. Pas de pensions de famille, on trouvera cependant à se loger chez l' habitant. Le voyage en cargo reste une expérience unique. On peut soit dormir sur le pont ou bien se réserver une cabine - plutôt confortable - quand le navire assure la liaison maritime jusqu'à Rapa ! L' armateur ne permet le passage qu'à douze passagers par voyage uniquement. Escales plus ou moins longues dans les 4 premières îles, puis à Rapa où l'on arrive à l'aube et où on peut trouver des prestataires qui vont vous balader pendant toute la journée. Le navire reste à quai toute la journée et repart en soirée direction Tahiti, sans escale cette fois. Parfois il reste à quai une journée de plus... Attention : Mer très agitée et tempétueuse dans ces contrées. Le bateau est à l' ancienne et n' a pas de stabilisateurs; il roule et tangue énormément. A déconseiller à ceux qui n'ont pas le pied marin. A part cela, on déjeune et l'on dîne ( très bien, dit-on ) à la table du capitaine. Excellents retours de voyage de ceux qui ont tenté l' aventure. Compter une dizaine de jours en mer et en escale plus ou moins prolongée. Deux mois si on tente le séjour long... Fin de ma longue digression.

NOTRE ESCAPADE

Billet Air Tahiti ( avec carte de fidélité ) : 66000 FCP pour deux personnes. Durée du vol ( sans escale ) : 1 H 50. Sur ATR 72. Se munir d'argent liquide ( FCFP ) ou d'un carnet de chèques local. Pas de DAB sur l' île. Pas de règlement en carte bancaire. Il y a un bureau de Poste uniquement.



Vendredi 18 janvier

Départ à midi 30 / Arrivée à 14 h 20. Nous sommes attendus avec le collier de fleurs traditionnel par Odile, propriétaire de la pension Ataha. Nous aurons aussi l' occasion de rencontrer son mari Terani qui s'occupe du bricolage, du bateau ( pour les excursions ) et du fa'a'pou ( jardin familial ), une institution dans chaque famille de l'île, si l'on veut manger des légumes et des fruits frais. Dans le jardin familial, un espace est réservé à la tarodière, le taro étant à la base de beaucoup de plats cuisinés à Raivavae, mais aussi dans les autres îles australes. La route de ceinture est bétonnée et en assez mauvais état. On circule à 40 km à l' heure maxi. La pension est à 3 kms environ, on est donc arrivé tout de suite. Nous nous installons et partons faire une longue balade à pied le long de cette unique route circulaire. ( Il y a aussi une route traversière bordée de quelques maisons ou hameaux). Rares sont en fait les terrains plats pouvant servir aux cultures maraîchères et fruitières, sauf derrière les maisons construites côté montagne uniquement. Les ' fare ' sont assez sommaires, certains un peu vieux et déglingués, du moins ceux qui bordent la route, alors que de nouvelles constructions sont apparues à l' arrière. Surprenant que ces vieilles maisons - avec rideaux tirés et portes fermées à clé- ne soient pas démolies... J' en demande la raison et obtiens une réponse inattendue : ces anciens ' fare ' servent en fait de tombeaux aux anciens. Il parait même que certaines familles enterrent leurs morts sous le carrelage du salon de leur maison neuve... ! Raison ultime : il n' y a jamais eu de cimetière municipal à Raivavae. On cherche actuellement un terrain pour en construire un, enfin.... Cela devrait prendre encore du temps !



Le long de la route aussi, des cochons attachés par une patte ( chaque famille en ayant de 1 à 3 ). Une tradition bien ancrée ici aussi, semble-t-il. Depuis peu, les gens ont obligation de les transférer côté montagne, de sorte que le lagon ne soit pas indirectement pollué. Les cochons sont engraissés pour les fêtes religieuses de fin d'année mais aussi celles du mois de mai, mois festif et religieux entre tous à Raivavae. Autre chose encore qui attire l'oeil : les régimes de bananes suspendus à des poteaux de bois fichés dans le sable au bord du lagon. Cela surprend de prime abord, mais est en fait astucieux. Les bananes, encore vertes, préalablement lavées, brossées et nettoyées abondamment dans l' eau de mer, ne seront de ce fait attaquées ni par les oiseaux, ni par les rats, ni par les fourmis, ni par les insectes piqueurs du genre guêpe. Elles murissent tranquillement et parfaitement ainsi. Il fallait y penser, mais je n' ai jamais vu procéder ainsi dans une autre île polynésienne. II fait beau et pas trop chaud en ce vendredi après-midi. La balade de plusieurs kilomètres terminée, nous rentrons à la pension pour une douche, un peu d'internet ( dans la salle commune ) et le dîner à 19 heures tapantes. Internet a changé et facilité la vie des gens dans ce genre d'île isolée. Tout a commencé avec la construction de l' aérodrome en 2003, l' installation du courant électrique et l' apparition des téléphones fixe et portable. Une vraie révolution qui permet à ceux qui aiment le calme et la nonchalance de la vie aux îles de profiter des beautés de Raivavae tout en restant connecté. Avant, c'était une autre époque ! Un huis-clos un peu difficile, d'après ce que j' ai compris. La population, dans l' ensemble, vit modestement car très peu salariée. De 20 à 30 personnes ( sur 970 ) ont de vrais revenus. Les anciens reçoivent chacun 70000 FCP par mois, ce qui fait vivre souvent une famille entière. Décision ( tout de même un peu électoraliste ) prise il y a des années par le gouvernement Flosse mais rien n' a changé depuis et tout continue comme avant... Pas d'impôts sur le revenu, pas de taxe foncière ou d'habitation. Ce n' est pas le cas pour ces deux dernières taxes, je le signale, à Rurutu et Tubuai, plus prospères que Raivavae. Rapa fonctionne comme Raivavae à ce niveau, au ralenti et à l' exception.

Pour revenir à l'isolement de ces îles, il faut comprendre qu'elles ont vécu en autarcie complète avec leurs traditions spécifiques et leurs systèmes politiques chapeautés par des royautés guerrières, pendant des siècles. Leurs habitants n' hésitaient pas à prendre la mer et ont donc fini par découvrir qu'il y avait des îles voisines qui méritaient qu'on s'y intéresse, moins pour tenter de les conquérir que pour rechercher le contact et s'ouvrir au monde. Aux Îles sous le Vent, aux îles du Vent, aux Tuamotu, aux Marquises ou aux Gambier, les îles sont proches les unes des autres et s'aperçoivent à l'oeil nu. Les guerres entre clans ont perduré dans ces archipels, bien sur, mais des contacts plus enrichissants ont aussi eu lieu. L' unicité des Australes, c'est aussi l' unicité de chaque île composant cet archipel.

La modernité et l' ouverture vers l' extérieur n'ont été possibles que grâce aux aéroports qui desservent parfois de tout petits atolls, grâce à la Légion Etrangère qui a fait l' éreintant travail de terrassement sous le soleil, aux efforts des gouvernements locaux successifs pour désenclaver un maximum d' 'îles sur un territoire grand comme l' Europe de l' Ouest, grâce enfin aux technologies nouvelles.

Le changement à Raivavae est donc très récent et ne date que d'une quinzaine d'années. Il reste très peu impacté par un tourisme balbutiant. La destination est rare et demeure chère.







Samedi 19 janvier Réveil en fanfare à 5 heures du matin ( il fait jour ) : d'abord un scooter qui pétarade sur la route proche, puis un chien qui aboie puis enfin un coq qui pousse un cri perçant sous la fenêtre ouverte. Il est temps de se lever, tôt comme tout le monde ici ou presque.

Nous nous sommes entendus avec Terani et Odile pour un tour de l'île en bateau jusqu'à la mi-journée suivi d'un déjeuner au motu Vaiamanu, dit motu-piscine. Il fait un temps magnifique, le lagon est une splendeur. Chatoiements du soleil sur l'eau qui frise, couleurs et limpidité de l'eau exceptionnelles comme cela se voit dans les îles éloignées et exemptes de pollution. Cela, c'est ce qui rend la Polynésie incontournable en termes de beauté naturelle. Difficile de trouver aussi beau ailleurs. Ce lagon est vraiment à la hauteur de sa réputation. Sur le trajet, joyau vert émeraude dans son écrin bleu foncé, le motu Hotuatua, planté face à la pointe Hopa, sauvage et interdit d'accès car réserve naturelle protégée d'oiseaux divers dont les sternes blanches et surtout les frégates occupées à leurs parades amoureuses ( les mâles arborent d'énormes jabots rouges ) et à la construction de leurs nids. Un milliardaire américain a tenté d'acheter ce motu mais en vain, les terrains n' étant pas cessibles à des non-résidents. On ne comprend pas trop bien les motivations de ce monsieur, car le motu n' est pas très grand, il est recouvert d'une végétation dense et luxuriante et y construire une habitation tiendrait de l' exploit. On dira que c'était un caprice de riche qui pense pouvoir tout acheter !

La montagne est bien dégagée, les photos seront parfaites. A la mi-journée, nous rejoignons le motu-piscine où se trouvent déjà d'autres visiteurs venus d'autres pensions. nous sommes 9 en tout. Un jeune couple dynamique originaire de l'île, Irène et Patrick Tamaititahio, est revenu de Tahiti pour s'installer durablement dans leur île d'origine avec le projet de faire table ouverte au motu tous les jours sauf le dimanche. Ils comptent même prochainement ouvrir un camping. A suivre donc ! La famille de Patrick possède le motu, les pensions se déchargent sur le couple des obligations culinaires, les visiteurs ( y compris les résidents de l île qui le désirent ) profitent du repas, des installations, du panorama, du farniente et de la mer. Nous allons rester sur place tout l' après-midi. Une merveille, même pour nous qui en avons vu quelques autres dans ce pays ! Au début des années 2000, le Territoire a tenté de racheter l' endroit à ses propriétaires pour y construire un hôtel de luxe. Refus catégorique de la population malgré de fortes incitations et la promesse ( tenue... ) de construire un aéroport pour désenclaver l'île et lui apporter des touristes. Encore faut-il savoir à qui on achète, les terres en Polynésie - à la cession ou par voie d' héritage- étant en indivision totale. Quand le gouvernement français a, dans les années 50, et dans un but de modernisation du pays, modifié par décret la loi sur l' héritage en se gardant la possibilité d' exproprier ( pour le bien public ), le vote de la loi - comme souvent - a été acquis au Parlement sans que l'on fasse mention des TOM. Calcul ou stratégie délibérée ? Sans doute les deux pour éviter les problèmes et des rigidités insulaires impossibles et dangereuses à gérer à 18.000 kms de distance de la métropole. De même, la loi Veil - pour ménager les Eglises locales très influentes et traditionalistes - n' a été validée sur le Territoire qu'il y a quelques années seulement.

Retour à la pension en fin d'après-midi. Terani est venu nous chercher d'un coup de bateau. il ne faut que 10 mn entre marina et motu. Le lagon est navigable, ce qui est un plus. En revanche, il n' est pas aussi poissonneux que ceux des atolls des Tuamotu. On ne peut pas pêcher son poisson sur le trajet du motu et l'y faire cuire dans la foulée. De très beaux coraux branchus d'un jaune intense, d'autres coraux dits encroûtants, bleus, gris et violets recouvrant par plaques des rochers entiers, parsèment les fonds entre les îlots et bancs de sable proches du récif. Beaucoup de coraux choux-fleurs également, d'un bleu électrique. Ce sont des variétés adaptées aux changements de température de la mer, que l'on ne trouve pas dans les Îles de la Société. Les coraux semblent se développer en corolles plus ramassées et à la dentelle moins fine. La qualité de l' eau est exceptionnelle, ce qui explique cette santé éclatante des coraux et autres communautés lagunaires et récifales. L'eau est cristalline et scintille comme le diamant sous le soleil le long des bancs de sable immaculés. Il y a également une profusion de bénitiers - ou ' pahua ' en tahitien - énormes aux lèvres de toutes les couleurs aux abords du récif, dans les ' hoa ' ( chenaux qui irriguent et oxygènent le lagon en eau océanique ), entre les ' motu ' . Raivavae est connue pour ses bénitiers que l'on ramasse de manière raisonnée, sans qu'ils soient exportés en masse vers Tahiti comme cela a pu se faire à Tahaa ou Raiatea ces vingt dernières années. L'île à bénitiers, cela reste, malgré tout, Rapa où l'on aurait comptabilisé 80 millions de ces mollusques autour de l'île : de quoi permettre à tous d'en manger tous les jours ! Rapa, je le signale, ne compte que 520 habitants, une population en baisse ! Lors de notre déjeuner sous les ' aito ' ( ou filaos ou arbres de fer), la chair de bénitier sera servie en entrée ( crue macérée dans l' eau de mer / crue macérée au citron ) puis cuite à la sauce au curry ). Ensuite grosse carangue bleue grillée, poissons-chats locaux ( un peu comme des rougets rallongés dotés de barbillons ), poulet grillé, pain coco fait maison par Irène, pastèques et bananes en dessert. Eau de coco et eau minérale comme boissons. Iréne et son mari protègent aussi les plants de bois de santal qui poussent en quantité sur leur motu. Raivavae, à une certaine époque, était une étape obligée pour les bateaux santaliers qui s'y ravitaillaient en bois précieux. Cette époque est oubliée, mais on essaie de faire prospérer ces arbres magiques et odorants qui poussent si lentement et avec tant de difficulté.

Dimanche 20 janvier : Après une nuit orageuse ( c'est cela aussi les Australes ! ), nous nous réveillons sous la pluie. Et il va pleuvoir dru jusqu' en milieu d'après-midi. Aïe ! Ce n' était pas prévu, ni attendu d'ailleurs ! Nous devions faire l' escalade du mont Hiro ce matin. Ce n' est même pas la peine d'y penser quand on voit les trombes d'eau qui descendent du ciel. C'est même déconseillé car dangereux.

Quelques infos cependant. Compter 4 heures environ AR. Un sentier privé monte derrière la pension Ataha. D'autres départs de sentiers ailleurs bien sur. Pente très raide au départ dans une brousse dense plantée de ' purau ' (ou hibiscus) de goyaviers, de bois de fer ( ou ' aito ' en tahitien ) , laissant progressivement place à des étendues de roseaux et de hautes fougères. On finit par déboucher sur un espace en pente douce ouvert et gazonné qui mène en se rétrécissant à la crête. Du haut du mont Hiro, on a un panorama à 360° sur sommets avoisinants, motu et étendues lagunaires en camaïeux de bleus.

Nous sommes forcément déçus de devoir attendre si longtemps la fin de ce mauvais temps passager. En outre, c'est dimanche et la route de ceinture est absolument déserte. Il n' y a que les quatre temples où se concentre la vie villageoise : à chaque fois, une foule clairsemée de paroissiens habillés tout de blanc et qui vont, ce jour-là, passer sept longues heures assis à écouter les prêches du pasteur et à chanter des hymnes. Pourquoi un culte aussi long ? Simplement parce que, en ce 3ème dimanche de janvier, on commémore chaque année une journée cataclysmique ( pluies diluviennes, glissements de terrain, 'fare' emportés, personnes disparues ) de la fin janvier 1959. Ceux qui ne sont pas au temple doivent dormir... Autant dire que le milieu de journée est un peu tristounet !

L' amélioration météo espérée va arriver en fin d'après-midi avec des teintes de ciel et mer superbes au fur et à mesure que la lumière baisse. Le lagon est plat et lisse, silence total bien avant l' arrivée de la nuit. Le temps est suspendu. Et il semble que la pluie se soit arrêtée pour de bon...? Mais non, il va re-pleuvoir, à partir de 23 h00, mais plus régulièrement, toute la nuit, jusqu' à 5 heures du matin environ. Même si on élude beaucoup les discussions sur la météo à Raivavae, on aura compris que ce temps instable est très courant à Raivavae. Et donc....? Vous allez me dire, mais à quelle période faut-il venir pour être sur d'avoir du beau temps ? Eh bien, c'est simple, la fenêtre est étroite, il faut voyager aux Australes en février et mars, plus précisément encore de mi-février à fin mars. On sécurise beau temps calme et mer chaude. De février à avril à Rimatara, car cette île est la plus proche de la Société et donc moins marquée australe, d'un point de vue météorologique, que les 3 autres. Dans notre malheur, nous avons de la chance. L'avion de retour ne part que lundi 21 en fin d'après-midi. Nous avons donc encore une journée quasi entière à consacrer à la découverte de Raivavae.

Lundi 21 janvier Et voilà que, vers 7-8 heures, le ciel bleu apparait, avec soleil un peu incertain. Tout cela va s'arranger joliment en milieu de matinée et pour toute la journée. Nous avons à prendre des décisions sur la façon d'occuper la journée agréablement.

Pas de mont Hiro ce matin non plus, il a trop plu pendant la nuit. Un tour de l'île en vélo est possible, mais la route est très abîmée et pleine de nids-de-poule et je n' ai pas envie de partir seul. Mon épouse a déclaré forfait, suite à une chute accidentelle sur un genou.

Il y a bien des grottes telles la grotte Ana Poiri, mais celle-ci n 'est pas impressionnante comme celles de Rurutu que nous verrons obligatoirement en mars. On attendra donc.

On peut également aller voir l'unique tiki souriant qui est demeuré à Raivavae tandis que deux autres étaient transportés à Tahiti dans les années 30, et que le troisième est au fond du lagon dans lequel il est tombé par mégarde lors du transbordement.

Les marae de l'île, aux dires de notre hôtesse, n'ont rien de remarquable. Ils sont accessibles facilement de la route mais délaissés : mara'e Pua Pua Tiare, mara'e Mauna Oto, mara'e Vaimano. Problème : ils sont généralement situés sur des terrains privés et plus ou moins barricadés, et on ne rentre pas chez les gens comme cela ! La municipalité a vraiment du travail à faire et à donner pour les rendre attractifs. Ceci étant, il y a un grand marae sur l'îlot Marae Atoni qui, semble-t-il, mérite une visite.

Il reste le motu Rani, un autre coin de nature sauvage et préservée, propriété de la famille de notre hôte Terani. il nous propose de nous y emmener jouer les Robinson. C'est tentant et nous n' allons pas regretter. Odile et Terani ont construit des petits bungalows très simples sur le motu pour y accueillir des visiteurs en recherche de vie tranquille au bord du lagon et sous les étoiles ( quand il ne pleut pas, bien sur... ). Il parait qu'ils ont beaucoup de succès ! La nourriture est apportée en bateau de l'île. Tarifs un peu plus élevés qu'à la pension Ataha. Attention à la saison fraîche, juillet et août. Il peut faire un froid relatif ( pas de moustiques ) , il faut se couvrir, et la mer au motu est à 18-19° seulement ! Comme en Bretagne nord en juillet ! Contre 26° en ce moment, de janvier à début avril. Les touristes canadiens adorent Raivavae en juillet, parait-il. Température de la mer comme au Nouveau Brunswick en été.

Retour à la pension vers 15h 30 pour une douche rapide. Transfert à l' aéroport à 16 heures. Départ à 16H 55. ( l' avion a déjà fait escale à Tubuai ). Décollage, moteurs rugissant à fond et sur les chapeaux de roues : la piste est courte comme à Maupiti. Arrivée à Tahiti-Faa'a à 18 heures 50 comme prévu.

Ainsi se termine notre escapade à Raivavae. Nos prochains séjours dans les autres îles permettront de compléter le tableau des activités intéressantes - certaines plus sportives - à privilégier d'une île à l' autre. Vous aurez compris que Raivavae est surtout une île-détente de premier choix.

ADDENDUM Quelques tarifs qui, forcément vous intéresseront et peut-être vous feront sursauter... La nuit en demi-pension est facturée 13000 FCP pour deux personnes. C' est une constante partout en PF ( entre 12500 et 15000 FCP en demi-pension ) La journée au motu-piscine ( avec déjeuner inclus ) est facturée 5000 FCP par personne. Le tour de l'île en bateau est facturé 10000 FCP par personne ( environ 3 heures ). Notre séjour à la pension Ahata nous a coûté 77000 FCP pour deux. A rajouter aux billets d'avion. Il faut donc compter -en euros- environ 350 euros par jour à deux, vol compris.

On peut imaginer de faire une île en 3 jours, 2 îles en 6 jours, 3 îles en 10-12 jours, 4 îles en 15 jours minimum. Pour réduire - paradoxalement - le coût global, il faut envisager de visiter 2 ou 3 îles avec le Pass. Il semble assez facile de combiner - au moins - Raivavae et Tubuai en un séjour. Attention : les horaires changent 2 fois l'an.

Moana

PS Si vous voulez en lire davantage sur les Australes, déroulez le menu... On continue avec quelques infos et deux légendes sur RAIVAVAE. Ensuite ce sera TUBUAI...
Première fois en Polynésie française, Olala!
by Nani16 · 2018-12-28 · 135 replies
Bonjour à tous, voici un petit résumé de mon voyage en Polynésie française.

L'idée de ce voyage est venue grâce à une amie qui a eu la superbe idée de partir travailler à Tahiti, forcément j'étais obligée d'aller la voir 😉! Je suis donc partie du 17 octobre au 2 novembre 2018. Pour des raisons personnelles je ne pouvais pas partir plus de 15 jours, mais ce fut tellement dépaysant que j'ai eu l'impression d'être partie plusieurs mois. En ce qui concerne la période c'est théoriquement la fin de la saison sèche, la saison humide commençant en novembre, j'ai donc croisé les doigts et ça a marché 😎!

J1 (17/11) : Départ de Paris Orly avec la nouvelle liaison de French Bee. Escale à San Francisco (environ 2h) mais pas le temps de se poser, il faut récupérer la valise, l'enregistrer, passer les contrôles etc.. Rien à dire sur la compagnie, c'est une low cost donc tout est payant mais au final le billet était 500 euros moins cher que sur Air Tahiti. Vol de 22h, mais en tout l'ensemble du voyage (train pour aller à Paris, navette…) aura pris 33h!! C'est très long mais on va pas se plaindre quand même 🙂.



J2 : Arrivée à 5h du matin à Tahiti, décalage horaire de 12h mais qui ne m'a pas perturbé durant le séjour. Accueil à l'aéroport

L'avantage quand on a quelqu'un sur place c'est qu'on est accueillie comme une reine 🙂. Pour cette première journée, j'ai le droit à la découverte du point de vue magnifique au belvédère de Pirae, au tour complet de l'île et de la presqu'île (le paysage change, des champs et des vaches), visite du jardin d'eau de Vaipahi et une randonnée de 3h qui part du jardin (belle rando dans la forêt avec un super point de vue sur Moorea).

Vue du belvédère Vue de la rando





Premières impressions: chaleur incroyable, couleur de l'eau magnifique, des cocottes partout 😄 et une végétation luxuriante (ce qui m'a le plus impressionné)! On termine la journée avec la découverte (pour moi) des roulottes sur le port de Papeete.

Retour de croisière en Polynésie avec Paul Gauguin Cruises (janvier 2018)
by PapiJP35 · 2018-02-02 · 111 replies
Bonjour Membre de Voyage Forum depuis Novembre 2010 , j'ai énormément utilisé les conseils de membres très actifs faisant profiter de leur expérience pour organiser surtout les escales des croisières que nous avons effectué . De retour de Polynésie , je vais donner à ceux qui seraient tentés par cette destination notre ressenti sur cette croisière effectuée du 17 au 29 Janvier .

Plusieurs raisons ( décalage horaire de 11 heures , durée du vol , montant de la facture ) nous avaient jusqu'à présent rebuté . Et puis , la réception à l'automne dernier du message d'une agence faisant l'objet de commentaires souvent peu élogieux nous a amené à nous intéresser au Paul Gauguin . Nous avons donc consulté divers sites Internet et nous sommes aperçu que tous proposaient des tarifs identiques . Dans ces conditions , nous avons choisi d'effectuer notre réservation avec VOYAGE DE LEGENDE , représentant pour la France de Paul Gauguin Cruises . Tout au long du processus de réservation , Clémence , notre interlocutrice exclusive, a su répondre avec justesse et précision à nos diverses questions .

LE BATEAU : Construit en 1997 à St Nazaire et conçu spécialement pour naviguer dans les eaux peu profondes de beaucoup de lagons polynésiens , il mesure ( seulement ) 157 mètres et compte 166 cabines ( dont 70 % avec balcon ) soit une capacité de 332 passagers , servis par 216 membres d'équipage . Trois restaurants sont à la disposition des croisiéristes : - L'Etoile , ouvert seulement le soir . - La Véranda , ouvert pour le petit déjeuner et le déjeuner du midi ainsi que le soir , mais sur réservation seulement . - Le Grill ( au pont 8 ) avec des caractéristiques identiques à celles de La Véranda .

On peut aussi prendre un petit déjeuner continental ( de très bonne heure ) à La Palette, lieu faisant office de bar et de discothèque tout à l'arrière du bateau au pont 8 .

L'ITINERAIRE Le plus souvent , la croisière dure une semaine et se limite aux iles de La Société . Environ un fois tous les 2 mois , cet itinéraire est allongé jusqu'aux Iles Cook . Autre possibilité , le Paul Gauguin monte vers Les Marquises avant de revenir vers les iles de la Société , croisière de 2 semaines . Dernière option , celle que nous avons choisi : l'itinéraire de base avec une escapade vers 2 iles de l'archipel des Tuamotu : Rangiroa et Fakarava pour une durée de 11jours.

Avant de passer au récit de la croisière , il est temps de penser aux crêpes , Chandeleur oblige !

A plus

Jean-Pierre
Tahiti la méconnue
by Vaikeaiti · 2018-01-28 · 199 replies
Je vous propose une série de carnets dans lesquels vous trouverez des suggestions, des conseils et des astuces destinées à faciliter l' organisation de votre voyage et de votre séjour ou vos séjours en Polynésie Française. Elle commence, en forme de clin d'oeil, par un carnet sur Tahiti la belle et s'adresse à tous ceux qui affirment - un peu vite parce qu'ils visitent souvent au pas de charge- qu'il n' y a rien à voir à Tahiti, que la ville est sale et trop urbanisée et la circulation démentielle. Les mêmes se précipitent vers Moorea ou Bora-Bora, les Marquises ou les Tuamotu sans avoir eu la curiosité de faire le tour de la plus grande île du Territoire et d'apprécier ses beautés cachées : musées, sentiers de randonnée, cascades, sites sacrés, activités sportives dans un cadre somptueux, etc..

UN PEU D'HISTOIRE Tahiti est associée au mythe du paradis depuis la visite de Louis Antoine de Bougainville et de son équipage, le 6 avril 1768, sur les deux navires la Boudeuse et l' Etoile. Tout commence en baie de Hitiaa. beaucoup ont nourri le mythe, de Loti à Segalen et à Gauguin bien sur. UN PEU DE GEOGRAPHIE Tahiti - avec sa soeur Moorea - fait partie des Iles du Vent dans l' archipel de la Société. c'est la plus grande île de Polynésie Française avec ses 1042 km2 et ses 190 kms de périmètre. Elle culmine à 2241 m au mont Orohena. Elle compte environ 185000 habitants. C'est au départ une île éminemment volcanique. Le premier volcan, jailli des profondeurs il y a 3 million d'années, a crée Tahiti Nui, la grande partie de l' île. Le second volcan, âgé de 500.000 ans a crée Tahiti Iti, la petite partie de l'île. Ces volcans sont éteints depuis longtemps et sont reliés par l'isthme de Taravao.

Je suis résident en PF depuis 30 ans et le circuit que je vais vous indiquer ici est incontournable, que ce soit le premier jour de votre arrivée, ou en fin de séjour quand vous aurez visité un ou deux autres archipels. Quand on débarque d'un aussi long vol de presque 24 heures d'avion, deux nuits à Papeete permettent de se reposer, retrouver de l' énergie et visiter une île qui réserve de belles surprises. L' aéroport de Tahiti Faa'a est l' entrée officielle par les airs sur le Territoire de Polynésie Française et sur l'île de Tahiti, la première et la dernière étape d'un voyage en Polynésie. Quand on arrive par le vol d' Air France - ou celui d'ATN ou encore celui de French Bee- vers 5 ou 6 heures du matin, on peut conseiller d'aller faire un tour au grand marché sans tarder, en particulier le dimanche ( uniquement Air France ce jour-là ) et s'imprégner d'une ambiance toute polynésienne : couleurs, senteurs et odeurs de cuisine sont au rendez-vous. Mais attention, à 8 h 30, tout est fini ou presque. Papeete n' est pas une ville inoubliable, même s'il est agréable d'y habiter, en particulier sur les hauteurs où il fait moins chaud. On fera le tour de ville en 2 heures : front de mer, temple, cathédrale, petites rues et échoppes autour du marché. La ville est haute en couleur et l' atmosphère générale est très tahitienne. Disons que la ville est typée et est une bonne introduction au voyage qui va suivre.

Excursion d' 1 jour : environ 140 kms Location de voiture à l' aéroport à l' arrivée L' itinéraire que je vous propose est un tour de l'île classique qui commence le matin, pas trop tard, par les côtes est et nord, à savoir Pirae, Arue et puis Mahina où l'on fera la première halte côté pointe Vénus, plage de sable noir et phare historique. L' endroit a été récemment joliment réaménagé et est très plaisant et ombragé. Peu de monde le matin, sauf le week-end, on flâne et on photographie à loisir. Le phare est l'un des rares monuments un peu anciens qui ont résisté sur l' île ( avec la cathédrale de Papeete et la Mairie d'Arue (banlieue de PPT traversée précédemment ), ancienne maison coloniale restaurée superbement comme il y en avait des dizaines dans des parcs immenses le long de la côte. L'histoire de la Pointe Venus, c'est l' arrivée officielle des missionnaires venus évangéliser les populations locales au 19ème siècle. Pas de trace de mission à cet endroit précis, mais il reste le phare qui date de cette époque. On quitte la Pointe Venus pour rejoindre la route de côte, et l'on s'éloigne doucement de Papeete le long d' une jolie route en bord de mer. Pas de lagon de ce côté-ci de Tahiti, la mer se fait entendre et écume sur les rochers. Le week-end surtout, on y voit surfeurs, planchistes et autres amateurs de sensations car les vagues peuvent devenir grosses par temps agité. Et nous voici déjà ( km 22 ) au site de Teruaporea, aussi appelé Trou du Souffleur de Tiarei et anciennement Arahoho ( qui en tahitien veut dire ' la grotte qui hurle ' ). Quand la mer est formée et que les vagues viennent s'écraser sur la muraille, le souffle d'eau vaporisée est puissant. C'est un bel endroit bien ventilé, face à l'océan, proche d'une petite plage sauvage, remuée par les vagues, fréquenté par les bodyboarders qui y trouvent de beaux trains de vagues à surfer. Ensuite, on va rouler tranquillement sur cette même route circulaire, en traversant de petits villages et en admirant les points de vue sur la mer, la montagne et les îlots proches du rivage..

Peu de circulation. On est loin de Papeete. Au bout d'environ une heure, on rejoint la presqu'île de Taiarapu, aussi appelée Tahiti Iti ( ' iti ' en tahitien veut dire ' petit ' ) rattachée au reste de l'île par un isthme au ras de l'eau, avec le lagon d'un côté et la mangrove ( encore visible dans cette partie de île ) de l' autre. La ville principale est Taravao où l'on pourra, le moment venu, venir ou revenir pour déjeuner d'un poisson cru à la tahitienne ou d'un steak frites... Taravao en tant que petite ville n' a pas un interêt majeur, et on filera directement vers le Plateau de Taravao par une route ( qu'il faut trouver... ) très panoramique qui serpente vers les hauteurs et permet d'avoir un point de vue unique sur la grande île, le lagon et la pleine mer. Beaucoup de fermes sur le Plateau se consacrent à l'élevage, et le lait frais que l'on trouve dans les supermarchés de l'île vient de cette partie de l'île. On peut s'arrêter un peu plus longuement pour randonner. Si l'on est randonneur chevronné, la presqu'île est l' endroit rêvé pour des balades un peu plus professionnelles dans ce qu'on appelle le Pari, la partie sauvage ( pas de route d'accès ) de la presqu'île où l'on randonne entre mer et terre. Et si l'on est en plus plongeur, les spots dans cette partie de l'île sont réputés. Se renseigner à Papeete ou à Taravao. Après un déjeuner rapide, on prend la route de Teahupoo, site de la ' vague ' mythique de Tahiti, point de rencontre une fois l'an des surfeurs professionnels du monde entier. La vague peut par gros temps être la plus énorme au monde. Teahupoo, c'est aussi un petit village traditionnel auquel on a accès via un petit pont suspendu. On ira jusqu'au bout du chemin en longeant les modestes ' fare ' et on admirera la rivière de Vaipoiri, claire sous ses nénuphars. Tout cela à 1 km de ' la vague '. On peut pique-niquer ou se livrer à la contemplation dans cet endroit retiré et si tranquille au bord de l' eau.

C'est le bout de la route et il faut revenir par le même chemin vers Taravao ;on se retrouve alors sur la route circulaire mais côte sud, qui va nous ramener tranquillement vers Papeete. Arrêt suivant, 5 mn après avoir quitté le rond-point d'entrée de Taravao : le Musée des îles qui est modeste, mais expose des objets anciens polynésiens et tapas, une rétrospective de l' oeuvre de Paul Gauguin, et des expositions au fil de l' année. Dans le jardin botanique, un arboretum intéressant. On continue notre circuit pour arriver au Jardin d'eau de Vaipahi ( PK 49 à Mataeia / randonnée possible sous les pins jusqu'à un point de vue sur presqu'île et lagon ) ) puis aux grottes de Maraa, le long de la route : des endroits bien indiqués, fleuris et frais. Puis, il convient de faire de nouveau halte au Marae Arahurahu, facile d'accès ( panneau indicateur sur la gauche de la route, côté montagne ) pour y admirer les vestiges ( restaurés et remontés tout de même ) d'un grand ensemble cérémoniel. On continue vers la plage de Vaiava, au km 18, la plus belle plage de Tahiti , sur la commune de Punauauia : sable blanc, eau claire et courante, aucun danger, la barrière de corail accessible à la nage. Je vous conseille donc de ne pas oublier vos maillots de bain, serviettes et crème solaire ( pas d'ombre l' après-midi ). Des douches sont disponibles à la sortie de la plage. Parking aménagé. Un endroit vraiment rêvé après une journée de marche et de voiture. Enfin, on rejoint la ville de Papeete où je vous propose un dernier arrêt en ville, derrière les bâtiments de l' Assemblée Territoriale, aux Jardins de la Reine. C'était là - sur le site actuel de l' Assemblée - que se trouvait autrefois le Palais de la reine Pomaré, dernière reine de Tahiti. Il était entouré d'un parc boisé et de jardins fleuris et ombragés et agrémenté d' une source d' eau douce et fraîche en forme de piscine naturelle où se baignait la Reine. On retrouve tout cela dans cet endroit magiquement calme malgré la circulation urbaine proche. Nous voici en ville, donc revenus au point de départ mais ce circuit peut être agrémenté - à l' aller par exemple - d' un autre détour, par exemple au Belvédère, pour lequel il faut aussi une voiture. L' embranchement se trouve à Arué. La route est étroite et sinueuse et monte à travers les bois. Il faut s'attendre à devoir croiser au moins un véhicule descendant et donc à manoeuvrer comme sur les routes des îles écossaises. Une fois au sommet, on se retrouve sur les grandes hauteurs de Tahiti et la vue est magnifique. Excursion facile et rapide.

L' excursion est terminée, mais le séjour à Tahiti peut se prolonger à loisir et avec plaisir. Les plongeurs - souvent obsédés par Rangiroa ou Fakarava- trouveront pourtant ici, à Tahiti, des spots de rêve et des clubs de plongée professionnels à la hauteur. Je ne plonge pas moi-même mais des amis plongent régulièrement et rapportent des mini-vidéos absolument fabuleuses ( de 15 à 35 m de profondeur, poissons, requins bien sur, raies manta et gorgones fabuleuses ). Utiliser une Go Pro avec flash.

Autre excursion possible : Moorea, l'île soeur que l'on peut rejoindre en catamaran. Partir tôt le matin au premier bateau pour la lumière ( 7h 30 ). On peut louer une Vespa ou une moto ou une voiture bien sur, sur place. On peut aussi passer une voiture de location réservée à Tahiti à la journée ( pour une voiture moyenne, compter environ 8000 FCP AR, à savoir 60 euros ). Les prix ont bien baissé, et la voiture donne de l' autonomie et de la flexibilité. Possibilité aussi, à Moorea, de réserver une journée au Coco Beach, sur un motu en face de l' Intercontinental. C' est un restaurant qui a son propre embarcadère. Le motu est superbe, la nourriture de qualité, les prix très compétitifs, le site exceptionnel. Pour se relaxer, nager, bronzer et faire du snorkeling en toute sécurité. La Polynésie, c'est cela aussi ! Réserver le passage à l' avance de préférence, surtout le we, généralement très chargé, par exemple sur le site www.aremiti.pf.

Encore une excursion à la journée, plutôt le we , sauf en période de vacances scolaires sur le Territoire : l' atoll de Tetiaroa, dit atoll de Marlon Brando ( sur lequel on a construit le Brando, un hôtel de luxe hyper-écologique et très cher), qui était autrefois la résidence d'été de la dernière reine de Tahiti, la reine Pomaré. Journée exceptionnelle, surtout quand le temps est de la partie, le bateau ancre derrière la barrière ( pas de passe ) et l'on franchit le récif sur la vague montante dans un canot pneumatique. Même chose au retour. On peut se baigner à loisir, et marcher le long de la plage dans la partie publique de l'atoll vers l' Île aux Oiseaux où nichent des centaines de sternes et fous de Bassan. Les oeufs sont à même le sol, on se retrouve au contact des bébés fous tout blancs et ahuris dans la végétation basse, avec des plumes dressées sur la tête. Les oiseaux sont en confiance et n' ont pas appris à se méfier de l' homme. Une expérience rare ! Certains touristes se conduisant très mal et sans respect pour ce site de vie et de nidification fragile, il se pourrait que dans un avenir proche, on ne puisse plus - comme autrefois- profiter de cet endroit merveilleux.

On peut aussi consacrer une journée à la Traversière, une route / piste facilement inondable et submersible au creux de la caldeira de la vallée de la Vaihiria à la vallée de la Papenoo et qu'il vaut mieux faire en visite guidée avec 4X4. Via le refuge de la Maroto et le village Fare Hape ( et ses sites archéologiques ) et enfin le tunnel qui permet de passer de l' autre côté. On parle ici de 40 kms de découverte. Toutes infos à Papeete et sur Internet bien sur. A / Vaihiria Quad Tahiti . Tel : 87744639 Email : vaihiriaquad@gmail.com B / Tahiti Discovery. Tel : 87771594 Email : teiva.tahitidiscovery@gmail.com C / Tahiti Safari Expedition. tel : 40421415 Email : tahiti.safari@mail.pf D / Ia Ora Na Tahiti Expeditions. tel : 87758807 Email : iaoranaexpeditions@gmail.com

Autre excursion possible à la journée aux ' lava tubes ' ( des tunnels de lave sauvages et préservés sur les hauteurs de Hitiaa ).

Toujours sur la commune de Hitiaa, on pourra randonner le long d'un magnifique ligne de cascades, la Faraura. Chaussures en plastique, genre crocs avec chaussettes conseillées.

Pour les randonneurs aguerris, il y a la longue et sportive ascension de l' Aorai, troisième sommet de l'île. Pour des randonneurs plus ordinaires mais toujours sportifs, on conseillera la randonnée vers le mont Marau ( environ 20 kms AR ). il ne faut pas avoir le vertige car certains passages sont difficiles et possibles uniquement avec cordes. ( Sentier accessible depuis le haut de St Hilaire à Faa'a ou du Lotus à Punaauia )

A / Tahiti Reva Trek. Contacter Angelina Bordas : Tel : 87747720 Email : pirimato@mail.pf B / Aito Rando : Contacter Pierre et Jimmy Leyral : Tel : 87762025 Email : aitorando987@gmail.com C / Vertical Limit : Contacter François Pratique : Tel : 87321549 Email : francoispratique@yahoo.fr

On peut aussi choisir la voie des airs et survoler Tahiti, grâce à une nouvelle compagnie, Tahiti Nui Helicopters. Vols touristiques entre 10 et 30 minutes : vallée de la Fautaua, col de Tiara à 1050 m d'altitude et port de Papeete pour le premier, plateau des orangers, Papenoo, caldeira, cascades et sommets vertigineux pour la seconde, vol entre mer et terre pour la dernière. Tarifs à partir de 16250 FCP. Quatre passagers minimum. Tous les jours de 7 h 00 à 19 h 00. A l' aéroport ( zone nord ). Site Internet : www.tahitinuihelicopers.com Email : commercial@tnh.pf

Trois mara'e sont visibles à Tahiti : le mara'e Ta'ata à Pa'ea ( rattaché au monde marin ), le mara'e Arahurahu déjà cité, rénové et servant d'écrin à des spectacles traditionnels, le mara'e Mahaiatea situé à Papara, moins intéressant car écroulé mais en voie d'aménagement.

Trois musées enfin : celui de la Perle à Papeete ( sur le front de mer ), le Musée de Tahiti et ses Îles au pk 15, à la pointe des Pêcheurs à Punaauia, et le Musée James Norman Hall ( auteur, entre autres du livre ' les révoltés de la Bounty ' -au PK 5 de Arue.

Pour les amateurs de golf : Golf Olivier Bréaud à Atimaono ( 41 kms de Papeete ) Tel : 40574052 Email : egat@egat.pf

Pour les fans de parapente Tahiti Parapente : tel : 87779017 Site Internet : www.tahiti-parapente.com

Pour les fans de mer et de sport ( en particulier le subwing ) Tahiti by Boat . Tel : 87291510

On ne peut quitter Tahiti sans aller voir un spectacle de danse dans un hôtel, principalement l' L'Intercontinental et le Sofitel. Le mercredi soir pour assister à un spectacle de danses marquisiennes à l' Intercontinental, les vendredi et samedi soirs dans ces deux hôtels, avec ou sans dîner. Certains restaurants ont aussi leur propre spectacle de danses, mais les hôtels offrent une scène plus impressionnante et où l'on peut rassembler davantage de danseurs.

Je recommande donc de quitter la France le jeudi pour une arrivée le vendredi matin et -au moins- un week end sur place pour profiter de tout, la plage, le marché, les plages à surf, la presqu'île, les soirées avec danses traditionnelles. Tout est une question de choix et d'équilibre, mais louper Tahiti serait, vous l' avez désormais compris, une erreur monumentale... ! A bientôt

Moana
Trek au coeur des Kimberley: de Kununurra à Broome via la mythique Gibb River Road
by Vaikeaiti · 2018-01-25 · 11 replies
Durée du trek : 8 jours. Saison conseillée : de mi-avril à mi-octobre. Kilométrage : 2000 kms +

On peut facilement combiner ce trek avec la découverte du Nord de l' Australie ( et ses parcs principaux, Kakadu, Lichfield et Katherine Gorge ) ainsi que du Purnululu NP. On peut aussi commencer à Kununurra et terminer à Broome, en rajoutant une escapade découverte vers Coulomb Point et vers le sud de Broome. Je vous propose d'arriver en avion à Kununurra ( ce que j' ai personnellement fait ) via Alice Springs et Darwin au départ de Sydney. Nous n'avons pas fait ce trek en solo mais via une agence spécialisée de K. Le trek ne comportait pas l' extension vers Kalumburu Aboriginal Community sur la mer de Timor. Pour faire la Gibb River Road en solo, il faut être parfaitement équipé et connaître ses points de chute. Il faut aussi avoir à dispo les cartes ( et boussole ) qui conviennent. Ce trek est mythique, il emprunte l'une des plus anciennes voies commerciales et d'échanges multiples en Australie, dont principalement le transport de bétail dans d'énormes road-trains. En même temps, les Kimberley demeurent la région la plus sauvage du pays. Emotions fortes garanties. Ce fut l'un des plus beaux voyages de notre vie de voyageurs aguerris.

A / Kununurra - El Questro Station 226 kms On se retrouve tout de suite en pleine nature sauvage, aux abords des rivières King et Pentecost et à proximité du Cockburn Range. de K. à Wyndham, la route travers une région magnifique de gorges anciennes aux couleurs intenses. Wyndham est un port et la ville la plus septentrionale de l' Etat, également un centre pastoral et minier. L' entrée de la ville est ornée d'une sculpture dite Big Croc qui informe le visiteur de la présence de crocodiles d'estuaire ( ou 'salties' ), agressifs et dangereux, dans le Golfe de Cambridge. Ces animaux féroces ( et qui attaquent l' homme y compris dans une barque ou un canot, cela s'est vu dans le Kakadu avec les conséquences dramatiques que l'on imagine ) ) sont une plaie dans tout le nord du pays, du nord de Rockhampton sur la côte est jusqu'au golfe de Cambridge. Sans parler des parcs où ils ont réussi à s'introduire à la faveur de crues gigantesques ( dénivelés de 10 à 11 mètres ! ). Autant dire qu'il faut toujours se renseigner quand on veut se baigner dans la mer ( déconseillé de toute façon ) ou dans des vasques d'eau dans les parcs ou les gorges. Des grottes ornées de peintures rupestres vous attendent de l'autre côté de la King River Road. Encore un énorme baobab ( en anglais 'boab') ( 8 m + de circonférence ) au début de Old Karunjie Road. L'intérieur de cet arbre ( comme celui du boab de Derby, encore plus gros ) servait autrefois de prison ou de cellule aux Aborigènes récalcitrants ou en cavale. Diggers Rest est un petit ranch privé où l'on peut s'arrêter camper, pêcher et faire des randonnées à pied ou à cheval. En mai et juin, c'est le marquage du bétail qui occupe les ranchers après que les bêtes ont été dirigées vers d'immenses corrals ( " cattle mustering" en anglais ). Assister à cette opération toujours d'envergure ( on utilise hélicoptère, quads et motos tout terrain ) au plus près des rassembleurs de vaches et de marqueurs est un moment privilégié : le marquage se fait au fer rouge et on combine avec la castration des veaux dans la foulée... ) Une fois passé ce ranch, on aborde pour de bon la Gibb River Road, longue de 670 kms. Au coeur de l'outback des Kimberley, se trouve El Questro Station, un ranch-hôtel-camping assez stupéfiant par sa taille et ses prestations. On fera halte en cet endroit agréable et qui permet des tas de randonnées, en particulier vers Emma Gorge.

B / El Questro Station - Miners Pool 294 kms ( uniquement piste ) On s'enfonce dans les Kimberley, région de pâturage extensif, mais aussi relief tourmenté avec des gorges, des rivières, des vasques d'eau claire où se rafraîchir ( sous le regard fixe d'énormes lézards ), des campings. puis c'est la GR Kalumburu Road qui remonte vers le nord jusqu'à Miners Pool , campement situé sur la Drysdale River Station. On peut s'arrêter là avant de repartir vers le sud, ou remonter plus au nord vers la Kalumburu Aboriginal Reserve sur le Mitchell Plateau. La piste peut être dure. La meilleure période pour circuler sur tous ces axes est juin et juillet, quand les machines sont venues gratter la surface et faire disparaître les ornières de poussière rouge traîtresses pour les suspensions et les pneus. On trouvera à se loger à Home Valley Homestead ( = ferme / ranch en anglais australien ), Jacks Waterhole sur le Durack River Homestead et aussi Pentecost Downs Homestead sur la Karunjié Station. Il y a des campings plus sommaires et des zones de pique-nique sur les bords de la Durack et de la Gibb en particulier. Les grosses fermes, plus organisées, organisent des excursions en 4X4 dans le bush.

C / Miners Pool - Mitchell Falls Aucun carburant sur ce trajet. Compter 3 jours. 192 kms de piste. On se rapproche dans cette section des régions côtières les plus reculées des Kimberley. Si la piste vous rebute, vous pouvez toujours essayer de survoler la région : plus cher san doute, mais plus facile, plus rapide et spectaculaire. Les randonnées dans les environs du Mitchell Plateau sont sportives et longues ( 4 à 5 heures ). De manière optionnelle, on peut continuer ( + 256 kms ) vers la côte et Mc Gowans Island. Aux alentours des Mitchell Falls, la végétation est plus dense et plus luxuriante, avec même des lambeaux de forêt primaire sèche ( ou semi-sèche ). Beaucoup de variétés d'arbres ( certains endémiques ) tels les gommiers ou les pandanus ou encore les palmiers. Campings et sites de pique-niques abondent le long de la route et des rivières : le King River Crossing Campsite aux abords de Port Warrender Road, Theda Homestead. Kalumburu Aboriginal Community est un village bâti autour d'une mission nichée au milieu d'immenses manguiers et de cocotiers. La communauté vit des revenus d'une ferme d'élevage, elle organise des balades et des treks limités le long de la côte. Elle autorise aussi le camping à proximité. Piste assez dégradée, en tôle ondulée. Cette partie du voyage est sportive, surtout en Land Rover ! On arrive à l' étape du soir moulu.... Attention aux crocodiles d'eau douce et d'eau de mer. C / Mitchell Falls- Adcock Gorge 400 kms ( uniquement piste ) Au coeur de cette région de pâturages, on passe du département de Wyndham East Kimberley à celui de Derby West Kimberley sur une route qui devient plus facile à négocier après Drysdale River Station Homestead. La Derby GRR offre des perspectives spectaculaires en terme de paysages. A gauche de la route ce sont les Gibb, Barnett et Phillips Ranges, puis quatre gorges ( Barnett, Manning, Galvans et Adcock ) que l'on découvre successivement, avec cascades, vasques d'eau fraîche et piscines naturelles. Toujours des campings disponibles ici et là, certains payants car situés sur des propriétés privées. Pour donner une idée de la taille des propriétés et de la difficulté à réunir le bétail dispersé sur une propriété de grande taille ( cela se fait en 4X4, en moto, en avion, en hélicoptère ), Mt Elisabeth Station a une superficie de 200.000 hectares. Rien à voir avec nos fermes hexagonales... La viande fraîche est prélevée directement sur le bétail en liberté que l'on pourchasse en Land Rover et que l'on abat au fusil. Une grande partie de la carcasse est laissée sur place à disposition des fourmis, les plus grosses et les plus voraces que l'on puisse voir. En 24 heures, tout est nettoyé ! D / Adcock Gorge - Broome 765 kms ( don't 285 de piste ) Ce long parcours traverse un paysage accidenté de gorges qui sont en fait d'anciens récifs autrefois submergés par une immense mer tropicale. On verra donc 3 parcs d'exception le long de ce trajet : les parcs de Windjana Gorge, Tunnel Creek et Geikie Gorge où coulent les rivières du même nom. La flore est unique et diverse le long de ces rivières, les spécialistes apprécieront : gommiers, mangroves d'eau douce, pandanus, figuiers, roseaux et arbres du fruit de la passion sauvages. Dans Windjana Gorge NP, il ne faut pas manquer une randonnée de 3.5 km environ, facile et dans un environnement impressionnant de majesté et de couleurs. Tunnel Creek fait partie du plus ancien ensemble de grottes de l' Etat. J' ai déjà parlé de Geikie Gorge dans un précédent carnet. L'idéal est d'y faire une balade en bateau avec les Rangers, s'il y a suffisamment d'eau dans la rivière bien sur. En fin d'après-midi et le matin, les couleurs des parois en galeries sont magnifiques. Avis aux photographes ! Campings à Bell Gorge et WIndjana Gorge, caravan parks et motels à Fitzroy Crossing. Piste correcte, voire bonne, gravillonnée. ensuite c'est le ruban de goudron jusqu'à Broome. Attention aux crocodiles qui gâchent la vie, mais c'est ainsi !

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