Les Australes: un archipel singulier et méconnu

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VA
A A la découverte de RAIVAVAE, l' île de passion

INTRO

Je sais que beaucoup parmi vous seront intéressés par la série de carnets de voyage aux Îles Australes - ou Tuha'a Pae en langue polynésienne- qui va suivre. Vous pourrez ainsi faire vos choix et programmer d'intégrer une ou deux îles à votre itinéraire, trois peut-être au grand maximum, lors de votre prochain voyage en Polynésie Française.

Pour nous qui résidons ici depuis 30 ans, c'est aussi la première fois que nous partons dans cette direction, cap au sud. Ce n' est pas une destination facile en termes de climat, souvent instable et imprévisible, de longueur de séjour et de moyens financiers.

Air Tahiti propose un Pass 4 îles qui est quasiment inutilisable sauf à rester trois semaines ou un mois et dépenser une fortune. La raison : des liaisons inter-îles rares et irrégulières et très chères, y compris pour les îliens eux-mêmes qui ont des tarifs-résident pour aller et venir entre leur île et Tahiti mais paient plein tarif pour les déplacements entre les îles. Exemple : Un vol Raivavae - Tubuai, d'une durée de 25 minutes est facturé 38000 FCP ( = 340 euros ) !

Nous avons décidé de consacrer du temps et un peu d'argent à cet archipel cette année. Ce premier carnet concerne Raivavae, la plus méridionale des îles disposant d'un aéroport ( ce qui place Rapa - à deux jours de bateau plus au sud- hors champ ). Le prochain qui sera posté mi-mars, en continuation de celui-ci, concernera Tubuai et Rurutu. Il restera Rimatara que nous visiterons fin avril.

UN PEU DE GEOGRAPHIE Raivavae - anciennement nommée Vavitu - se situe à 730 kms au sud-est de Tahiti. Elle appartient à l' archipel des Australes, au même titre que Rurutu, Tubuai, Rimatara, Rapa et Marotiti , île inhabitée proche de Rapa où - selon certains écrits- l'on déportait autrefois les récalcitrants, les violents ou simplement les rebelles à l' autorité du chef. Raivavae est une île volcanique d'environ 16 km2 de terres émergées, dotée d'un lagon superbe par sa forme et ses couleurs qui rappelle celui de Bora-Bora en plus petit, ourlé de 28 motu éparpillés le long de la barrière de corail. Elle culmine au mont Hiro à 432 m d'altitude. L'île compte actuellement 970 habitants environ, répartis sur 4 villages : Rairua, Mahanatoa, Anatonu et Vaiuru. Notre pension Ataha se trouve dans ce dernier village cité, le long de la route circulaire qui borde le lagon. On parle à Raivavae un dialecte particulier ainsi que le tahitien et le français bien sur. Que signifie le nom Raivavae ? Etymologiquement, ce nom provient de ' ra'i ', le ciel et de ' vavae ' qui veut dire 'se frayer un chemin'. L' ensemble signifie donc ' se frayer un chemin dans le ciel ' et , par extension, ' à ciel ouvert '.

UN PEU D'HISTOIRE Raivavae fut découverte en 1775 par le navigateur espagnol Thomas Gayangos voyageant à bord de la frégate l' Aguila. On remarque que certains résidents ont les yeux très clairs, gris ou pers, comme cela se retrouve chez des habitants de Galice et d'Andalousie. Le séjour de Gayangos et de son équipage à Raivavae donne peut-être la raison de cette particularité physique. Maintenant pourquoi l' île de passion ? Dans les écrits anciens datant d'avant le christianisme et l' évangélisation protestante , quand on mentionne Raivavae, on évoque une île de guerriers en permanence engagés dans des combats de clans affreux et sanguinaires, on évoque aussi des rituels érotiques très poussés et des célébrations païennes inédites et uniques en leur genre. En d'autres termes, Raivavae fut , à une certaine époque, l'île de l' amour et de la mort confondus. Rien de tel aujourd'hui... L' île a un rythme de vie alangui et tranquille, surtout le dimanche. La vie reste assez communautaire à Raivavae et on est censé partager avec les autres, une spécificité partagée avec Rapa.

RAPA Petite digression sur Rapa dont on ne parle jamais. C'est une île isolée et coupée du monde, où le communautarisme voire le collectivisme est érigé en mode de vie sous le contrôle du Conseil des Sages ( = les anciens ) qui , entre autres, refuse la construction d'un aérodrome depuis des années ! En d'autres termes, chacun est sous surveillance de l' autre, parent, ami, pasteur, maire. On ne fait pas ce que l'on veut comme on veut. On s'adapte, on obéit et on s'incline. Et , si on transgresse, on paie cher son audace. Un exemple ? Vous êtes surpris en train de pêcher au fusil dans une baie de l' île où la pêche a été proscrite pendant 5 ans, vous méritez donc une punition ! La mairie va vous couper l' électricité pendant des semaines, voire des mois, ce qui va compliquer votre vie quotidienne ! Autre détail qui surprendra : Le dimanche, la Mairie coupe l' électricité dans l' île entière...sauf au temple, histoire d' encourager - le terme est faible - tout le monde à se précipiter au culte ! Pas évident donc de vivre dans une île comme Rapa, dans une forme de huis-clos social et religieux. Toute forme d'individualisme est proscrite, ce qui explique pourquoi les jeunes ont tendance à se désintéresser du religieux et finalement à partir, même si les perspectives de vie et de travail à Tahiti ne sont pas fantastiques. Déjà, il n' y a pas de collège sur île et les collégiens - dès la 6 ème - en sont éloignés pendant l' année scolaire; ils font leur scolarité au Collège de Tubuai, pour continuer leurs études ensuite, éventuellement dans l'un des lycées de Tahiti. Le maire a rétabli il y a quelques années le ' rahui ' , à savoir un système traditionnel polynésien visant à exploiter de manière raisonnée et préserver durablement les richesses marines. Ce système est officiellement levé pour le bien général de manière occasionnelle. Quand la pêche a lieu, elle est collective, ouverte à tous et éco-responsable, et le poisson pêché est distribué aux familles en fonction du nombre de personnes qui les composent. Même chose d'ailleurs pour la viande qui est prélevée sur les troupeaux de cochons, chèvres et vachettes sauvages. C'est plutôt positif écologiquement parlant, même si c'est vécu comme très contraignant. L 'île est tempérée, la seule du genre en Polynésie. Tous nos légumes et nos arbres fruitiers européens du genre cerisier ou pommier y pousseraient sans mal, mais l'innovation n' est pas le fort de la population, ni surtout du conseil des sages qui ne veut rien changer à rien. Les maisons y sont équipées de cheminées et on y dort le plus souvent sous couette surtout en hiver austral. Temps souvent froid, humide, venteux sous une montagne glacée. Mer froide et agitée. On est loin des lagons bleus et tièdes. On parle à Rapa un dialecte particulier que l'on comprend très difficilement si l'on est polynésien d'ailleurs. Le français demeure la langue unitaire. Difficile de séjourner à Rapa moins de deux mois, le temps que le cargo - alias le Tuhaa Pae -qui livre le frêt et transporte des passagers, aille à Tahiti et en revienne ! La liaison avec Rapa n' est pas hebdomadaire mais beaucoup plus irrégulière. Pas de pensions de famille, on trouvera cependant à se loger chez l' habitant. Le voyage en cargo reste une expérience unique. On peut soit dormir sur le pont ou bien se réserver une cabine - plutôt confortable - quand le navire assure la liaison maritime jusqu'à Rapa ! L' armateur ne permet le passage qu'à douze passagers par voyage uniquement. Escales plus ou moins longues dans les 4 premières îles, puis à Rapa où l'on arrive à l'aube et où on peut trouver des prestataires qui vont vous balader pendant toute la journée. Le navire reste à quai toute la journée et repart en soirée direction Tahiti, sans escale cette fois. Parfois il reste à quai une journée de plus... Attention : Mer très agitée et tempétueuse dans ces contrées. Le bateau est à l' ancienne et n' a pas de stabilisateurs; il roule et tangue énormément. A déconseiller à ceux qui n'ont pas le pied marin. A part cela, on déjeune et l'on dîne ( très bien, dit-on ) à la table du capitaine. Excellents retours de voyage de ceux qui ont tenté l' aventure. Compter une dizaine de jours en mer et en escale plus ou moins prolongée. Deux mois si on tente le séjour long... Fin de ma longue digression.

NOTRE ESCAPADE

Billet Air Tahiti ( avec carte de fidélité ) : 66000 FCP pour deux personnes. Durée du vol ( sans escale ) : 1 H 50. Sur ATR 72. Se munir d'argent liquide ( FCFP ) ou d'un carnet de chèques local. Pas de DAB sur l' île. Pas de règlement en carte bancaire. Il y a un bureau de Poste uniquement.



Vendredi 18 janvier

Départ à midi 30 / Arrivée à 14 h 20. Nous sommes attendus avec le collier de fleurs traditionnel par Odile, propriétaire de la pension Ataha. Nous aurons aussi l' occasion de rencontrer son mari Terani qui s'occupe du bricolage, du bateau ( pour les excursions ) et du fa'a'pou ( jardin familial ), une institution dans chaque famille de l'île, si l'on veut manger des légumes et des fruits frais. Dans le jardin familial, un espace est réservé à la tarodière, le taro étant à la base de beaucoup de plats cuisinés à Raivavae, mais aussi dans les autres îles australes. La route de ceinture est bétonnée et en assez mauvais état. On circule à 40 km à l' heure maxi. La pension est à 3 kms environ, on est donc arrivé tout de suite. Nous nous installons et partons faire une longue balade à pied le long de cette unique route circulaire. ( Il y a aussi une route traversière bordée de quelques maisons ou hameaux). Rares sont en fait les terrains plats pouvant servir aux cultures maraîchères et fruitières, sauf derrière les maisons construites côté montagne uniquement. Les ' fare ' sont assez sommaires, certains un peu vieux et déglingués, du moins ceux qui bordent la route, alors que de nouvelles constructions sont apparues à l' arrière. Surprenant que ces vieilles maisons - avec rideaux tirés et portes fermées à clé- ne soient pas démolies... J' en demande la raison et obtiens une réponse inattendue : ces anciens ' fare ' servent en fait de tombeaux aux anciens. Il parait même que certaines familles enterrent leurs morts sous le carrelage du salon de leur maison neuve... ! Raison ultime : il n' y a jamais eu de cimetière municipal à Raivavae. On cherche actuellement un terrain pour en construire un, enfin.... Cela devrait prendre encore du temps !



Le long de la route aussi, des cochons attachés par une patte ( chaque famille en ayant de 1 à 3 ). Une tradition bien ancrée ici aussi, semble-t-il. Depuis peu, les gens ont obligation de les transférer côté montagne, de sorte que le lagon ne soit pas indirectement pollué. Les cochons sont engraissés pour les fêtes religieuses de fin d'année mais aussi celles du mois de mai, mois festif et religieux entre tous à Raivavae. Autre chose encore qui attire l'oeil : les régimes de bananes suspendus à des poteaux de bois fichés dans le sable au bord du lagon. Cela surprend de prime abord, mais est en fait astucieux. Les bananes, encore vertes, préalablement lavées, brossées et nettoyées abondamment dans l' eau de mer, ne seront de ce fait attaquées ni par les oiseaux, ni par les rats, ni par les fourmis, ni par les insectes piqueurs du genre guêpe. Elles murissent tranquillement et parfaitement ainsi. Il fallait y penser, mais je n' ai jamais vu procéder ainsi dans une autre île polynésienne. II fait beau et pas trop chaud en ce vendredi après-midi. La balade de plusieurs kilomètres terminée, nous rentrons à la pension pour une douche, un peu d'internet ( dans la salle commune ) et le dîner à 19 heures tapantes. Internet a changé et facilité la vie des gens dans ce genre d'île isolée. Tout a commencé avec la construction de l' aérodrome en 2003, l' installation du courant électrique et l' apparition des téléphones fixe et portable. Une vraie révolution qui permet à ceux qui aiment le calme et la nonchalance de la vie aux îles de profiter des beautés de Raivavae tout en restant connecté. Avant, c'était une autre époque ! Un huis-clos un peu difficile, d'après ce que j' ai compris. La population, dans l' ensemble, vit modestement car très peu salariée. De 20 à 30 personnes ( sur 970 ) ont de vrais revenus. Les anciens reçoivent chacun 70000 FCP par mois, ce qui fait vivre souvent une famille entière. Décision ( tout de même un peu électoraliste ) prise il y a des années par le gouvernement Flosse mais rien n' a changé depuis et tout continue comme avant... Pas d'impôts sur le revenu, pas de taxe foncière ou d'habitation. Ce n' est pas le cas pour ces deux dernières taxes, je le signale, à Rurutu et Tubuai, plus prospères que Raivavae. Rapa fonctionne comme Raivavae à ce niveau, au ralenti et à l' exception.

Pour revenir à l'isolement de ces îles, il faut comprendre qu'elles ont vécu en autarcie complète avec leurs traditions spécifiques et leurs systèmes politiques chapeautés par des royautés guerrières, pendant des siècles. Leurs habitants n' hésitaient pas à prendre la mer et ont donc fini par découvrir qu'il y avait des îles voisines qui méritaient qu'on s'y intéresse, moins pour tenter de les conquérir que pour rechercher le contact et s'ouvrir au monde. Aux Îles sous le Vent, aux îles du Vent, aux Tuamotu, aux Marquises ou aux Gambier, les îles sont proches les unes des autres et s'aperçoivent à l'oeil nu. Les guerres entre clans ont perduré dans ces archipels, bien sur, mais des contacts plus enrichissants ont aussi eu lieu. L' unicité des Australes, c'est aussi l' unicité de chaque île composant cet archipel.

La modernité et l' ouverture vers l' extérieur n'ont été possibles que grâce aux aéroports qui desservent parfois de tout petits atolls, grâce à la Légion Etrangère qui a fait l' éreintant travail de terrassement sous le soleil, aux efforts des gouvernements locaux successifs pour désenclaver un maximum d' 'îles sur un territoire grand comme l' Europe de l' Ouest, grâce enfin aux technologies nouvelles.

Le changement à Raivavae est donc très récent et ne date que d'une quinzaine d'années. Il reste très peu impacté par un tourisme balbutiant. La destination est rare et demeure chère.







Samedi 19 janvier Réveil en fanfare à 5 heures du matin ( il fait jour ) : d'abord un scooter qui pétarade sur la route proche, puis un chien qui aboie puis enfin un coq qui pousse un cri perçant sous la fenêtre ouverte. Il est temps de se lever, tôt comme tout le monde ici ou presque.

Nous nous sommes entendus avec Terani et Odile pour un tour de l'île en bateau jusqu'à la mi-journée suivi d'un déjeuner au motu Vaiamanu, dit motu-piscine. Il fait un temps magnifique, le lagon est une splendeur. Chatoiements du soleil sur l'eau qui frise, couleurs et limpidité de l'eau exceptionnelles comme cela se voit dans les îles éloignées et exemptes de pollution. Cela, c'est ce qui rend la Polynésie incontournable en termes de beauté naturelle. Difficile de trouver aussi beau ailleurs. Ce lagon est vraiment à la hauteur de sa réputation. Sur le trajet, joyau vert émeraude dans son écrin bleu foncé, le motu Hotuatua, planté face à la pointe Hopa, sauvage et interdit d'accès car réserve naturelle protégée d'oiseaux divers dont les sternes blanches et surtout les frégates occupées à leurs parades amoureuses ( les mâles arborent d'énormes jabots rouges ) et à la construction de leurs nids. Un milliardaire américain a tenté d'acheter ce motu mais en vain, les terrains n' étant pas cessibles à des non-résidents. On ne comprend pas trop bien les motivations de ce monsieur, car le motu n' est pas très grand, il est recouvert d'une végétation dense et luxuriante et y construire une habitation tiendrait de l' exploit. On dira que c'était un caprice de riche qui pense pouvoir tout acheter !

La montagne est bien dégagée, les photos seront parfaites. A la mi-journée, nous rejoignons le motu-piscine où se trouvent déjà d'autres visiteurs venus d'autres pensions. nous sommes 9 en tout. Un jeune couple dynamique originaire de l'île, Irène et Patrick Tamaititahio, est revenu de Tahiti pour s'installer durablement dans leur île d'origine avec le projet de faire table ouverte au motu tous les jours sauf le dimanche. Ils comptent même prochainement ouvrir un camping. A suivre donc ! La famille de Patrick possède le motu, les pensions se déchargent sur le couple des obligations culinaires, les visiteurs ( y compris les résidents de l île qui le désirent ) profitent du repas, des installations, du panorama, du farniente et de la mer. Nous allons rester sur place tout l' après-midi. Une merveille, même pour nous qui en avons vu quelques autres dans ce pays ! Au début des années 2000, le Territoire a tenté de racheter l' endroit à ses propriétaires pour y construire un hôtel de luxe. Refus catégorique de la population malgré de fortes incitations et la promesse ( tenue... ) de construire un aéroport pour désenclaver l'île et lui apporter des touristes. Encore faut-il savoir à qui on achète, les terres en Polynésie - à la cession ou par voie d' héritage- étant en indivision totale. Quand le gouvernement français a, dans les années 50, et dans un but de modernisation du pays, modifié par décret la loi sur l' héritage en se gardant la possibilité d' exproprier ( pour le bien public ), le vote de la loi - comme souvent - a été acquis au Parlement sans que l'on fasse mention des TOM. Calcul ou stratégie délibérée ? Sans doute les deux pour éviter les problèmes et des rigidités insulaires impossibles et dangereuses à gérer à 18.000 kms de distance de la métropole. De même, la loi Veil - pour ménager les Eglises locales très influentes et traditionalistes - n' a été validée sur le Territoire qu'il y a quelques années seulement.

Retour à la pension en fin d'après-midi. Terani est venu nous chercher d'un coup de bateau. il ne faut que 10 mn entre marina et motu. Le lagon est navigable, ce qui est un plus. En revanche, il n' est pas aussi poissonneux que ceux des atolls des Tuamotu. On ne peut pas pêcher son poisson sur le trajet du motu et l'y faire cuire dans la foulée. De très beaux coraux branchus d'un jaune intense, d'autres coraux dits encroûtants, bleus, gris et violets recouvrant par plaques des rochers entiers, parsèment les fonds entre les îlots et bancs de sable proches du récif. Beaucoup de coraux choux-fleurs également, d'un bleu électrique. Ce sont des variétés adaptées aux changements de température de la mer, que l'on ne trouve pas dans les Îles de la Société. Les coraux semblent se développer en corolles plus ramassées et à la dentelle moins fine. La qualité de l' eau est exceptionnelle, ce qui explique cette santé éclatante des coraux et autres communautés lagunaires et récifales. L'eau est cristalline et scintille comme le diamant sous le soleil le long des bancs de sable immaculés. Il y a également une profusion de bénitiers - ou ' pahua ' en tahitien - énormes aux lèvres de toutes les couleurs aux abords du récif, dans les ' hoa ' ( chenaux qui irriguent et oxygènent le lagon en eau océanique ), entre les ' motu ' . Raivavae est connue pour ses bénitiers que l'on ramasse de manière raisonnée, sans qu'ils soient exportés en masse vers Tahiti comme cela a pu se faire à Tahaa ou Raiatea ces vingt dernières années. L'île à bénitiers, cela reste, malgré tout, Rapa où l'on aurait comptabilisé 80 millions de ces mollusques autour de l'île : de quoi permettre à tous d'en manger tous les jours ! Rapa, je le signale, ne compte que 520 habitants, une population en baisse ! Lors de notre déjeuner sous les ' aito ' ( ou filaos ou arbres de fer), la chair de bénitier sera servie en entrée ( crue macérée dans l' eau de mer / crue macérée au citron ) puis cuite à la sauce au curry ). Ensuite grosse carangue bleue grillée, poissons-chats locaux ( un peu comme des rougets rallongés dotés de barbillons ), poulet grillé, pain coco fait maison par Irène, pastèques et bananes en dessert. Eau de coco et eau minérale comme boissons. Iréne et son mari protègent aussi les plants de bois de santal qui poussent en quantité sur leur motu. Raivavae, à une certaine époque, était une étape obligée pour les bateaux santaliers qui s'y ravitaillaient en bois précieux. Cette époque est oubliée, mais on essaie de faire prospérer ces arbres magiques et odorants qui poussent si lentement et avec tant de difficulté.

Dimanche 20 janvier : Après une nuit orageuse ( c'est cela aussi les Australes ! ), nous nous réveillons sous la pluie. Et il va pleuvoir dru jusqu' en milieu d'après-midi. Aïe ! Ce n' était pas prévu, ni attendu d'ailleurs ! Nous devions faire l' escalade du mont Hiro ce matin. Ce n' est même pas la peine d'y penser quand on voit les trombes d'eau qui descendent du ciel. C'est même déconseillé car dangereux.

Quelques infos cependant. Compter 4 heures environ AR. Un sentier privé monte derrière la pension Ataha. D'autres départs de sentiers ailleurs bien sur. Pente très raide au départ dans une brousse dense plantée de ' purau ' (ou hibiscus) de goyaviers, de bois de fer ( ou ' aito ' en tahitien ) , laissant progressivement place à des étendues de roseaux et de hautes fougères. On finit par déboucher sur un espace en pente douce ouvert et gazonné qui mène en se rétrécissant à la crête. Du haut du mont Hiro, on a un panorama à 360° sur sommets avoisinants, motu et étendues lagunaires en camaïeux de bleus.

Nous sommes forcément déçus de devoir attendre si longtemps la fin de ce mauvais temps passager. En outre, c'est dimanche et la route de ceinture est absolument déserte. Il n' y a que les quatre temples où se concentre la vie villageoise : à chaque fois, une foule clairsemée de paroissiens habillés tout de blanc et qui vont, ce jour-là, passer sept longues heures assis à écouter les prêches du pasteur et à chanter des hymnes. Pourquoi un culte aussi long ? Simplement parce que, en ce 3ème dimanche de janvier, on commémore chaque année une journée cataclysmique ( pluies diluviennes, glissements de terrain, 'fare' emportés, personnes disparues ) de la fin janvier 1959. Ceux qui ne sont pas au temple doivent dormir... Autant dire que le milieu de journée est un peu tristounet !

L' amélioration météo espérée va arriver en fin d'après-midi avec des teintes de ciel et mer superbes au fur et à mesure que la lumière baisse. Le lagon est plat et lisse, silence total bien avant l' arrivée de la nuit. Le temps est suspendu. Et il semble que la pluie se soit arrêtée pour de bon...? Mais non, il va re-pleuvoir, à partir de 23 h00, mais plus régulièrement, toute la nuit, jusqu' à 5 heures du matin environ. Même si on élude beaucoup les discussions sur la météo à Raivavae, on aura compris que ce temps instable est très courant à Raivavae. Et donc....? Vous allez me dire, mais à quelle période faut-il venir pour être sur d'avoir du beau temps ? Eh bien, c'est simple, la fenêtre est étroite, il faut voyager aux Australes en février et mars, plus précisément encore de mi-février à fin mars. On sécurise beau temps calme et mer chaude. De février à avril à Rimatara, car cette île est la plus proche de la Société et donc moins marquée australe, d'un point de vue météorologique, que les 3 autres. Dans notre malheur, nous avons de la chance. L'avion de retour ne part que lundi 21 en fin d'après-midi. Nous avons donc encore une journée quasi entière à consacrer à la découverte de Raivavae.

Lundi 21 janvier Et voilà que, vers 7-8 heures, le ciel bleu apparait, avec soleil un peu incertain. Tout cela va s'arranger joliment en milieu de matinée et pour toute la journée. Nous avons à prendre des décisions sur la façon d'occuper la journée agréablement.

Pas de mont Hiro ce matin non plus, il a trop plu pendant la nuit. Un tour de l'île en vélo est possible, mais la route est très abîmée et pleine de nids-de-poule et je n' ai pas envie de partir seul. Mon épouse a déclaré forfait, suite à une chute accidentelle sur un genou.

Il y a bien des grottes telles la grotte Ana Poiri, mais celle-ci n 'est pas impressionnante comme celles de Rurutu que nous verrons obligatoirement en mars. On attendra donc.

On peut également aller voir l'unique tiki souriant qui est demeuré à Raivavae tandis que deux autres étaient transportés à Tahiti dans les années 30, et que le troisième est au fond du lagon dans lequel il est tombé par mégarde lors du transbordement.

Les marae de l'île, aux dires de notre hôtesse, n'ont rien de remarquable. Ils sont accessibles facilement de la route mais délaissés : mara'e Pua Pua Tiare, mara'e Mauna Oto, mara'e Vaimano. Problème : ils sont généralement situés sur des terrains privés et plus ou moins barricadés, et on ne rentre pas chez les gens comme cela ! La municipalité a vraiment du travail à faire et à donner pour les rendre attractifs. Ceci étant, il y a un grand marae sur l'îlot Marae Atoni qui, semble-t-il, mérite une visite.

Il reste le motu Rani, un autre coin de nature sauvage et préservée, propriété de la famille de notre hôte Terani. il nous propose de nous y emmener jouer les Robinson. C'est tentant et nous n' allons pas regretter. Odile et Terani ont construit des petits bungalows très simples sur le motu pour y accueillir des visiteurs en recherche de vie tranquille au bord du lagon et sous les étoiles ( quand il ne pleut pas, bien sur... ). Il parait qu'ils ont beaucoup de succès ! La nourriture est apportée en bateau de l'île. Tarifs un peu plus élevés qu'à la pension Ataha. Attention à la saison fraîche, juillet et août. Il peut faire un froid relatif ( pas de moustiques ) , il faut se couvrir, et la mer au motu est à 18-19° seulement ! Comme en Bretagne nord en juillet ! Contre 26° en ce moment, de janvier à début avril. Les touristes canadiens adorent Raivavae en juillet, parait-il. Température de la mer comme au Nouveau Brunswick en été.

Retour à la pension vers 15h 30 pour une douche rapide. Transfert à l' aéroport à 16 heures. Départ à 16H 55. ( l' avion a déjà fait escale à Tubuai ). Décollage, moteurs rugissant à fond et sur les chapeaux de roues : la piste est courte comme à Maupiti. Arrivée à Tahiti-Faa'a à 18 heures 50 comme prévu.

Ainsi se termine notre escapade à Raivavae. Nos prochains séjours dans les autres îles permettront de compléter le tableau des activités intéressantes - certaines plus sportives - à privilégier d'une île à l' autre. Vous aurez compris que Raivavae est surtout une île-détente de premier choix.

ADDENDUM Quelques tarifs qui, forcément vous intéresseront et peut-être vous feront sursauter... La nuit en demi-pension est facturée 13000 FCP pour deux personnes. C' est une constante partout en PF ( entre 12500 et 15000 FCP en demi-pension ) La journée au motu-piscine ( avec déjeuner inclus ) est facturée 5000 FCP par personne. Le tour de l'île en bateau est facturé 10000 FCP par personne ( environ 3 heures ). Notre séjour à la pension Ahata nous a coûté 77000 FCP pour deux. A rajouter aux billets d'avion. Il faut donc compter -en euros- environ 350 euros par jour à deux, vol compris.

On peut imaginer de faire une île en 3 jours, 2 îles en 6 jours, 3 îles en 10-12 jours, 4 îles en 15 jours minimum. Pour réduire - paradoxalement - le coût global, il faut envisager de visiter 2 ou 3 îles avec le Pass. Il semble assez facile de combiner - au moins - Raivavae et Tubuai en un séjour. Attention : les horaires changent 2 fois l'an.

Moana

PS Si vous voulez en lire davantage sur les Australes, déroulez le menu... On continue avec quelques infos et deux légendes sur RAIVAVAE. Ensuite ce sera TUBUAI...
VM
VA
ENCORE QUELQUES INFOS

Il me restait quelques infos à vous faire passer concernant les possibilités d'hébergement sur l'île de Raivavae et quelques photos supplémentaires ( en particulier celles du motu Rani ) à rajouter à celles déjà postées dans le carnet initial.

HEBERGEMENTS

1 / Pension Ataha Contact : Odile Tamaititahio Village de Vaiuru Site Internet : www.pensionataha.com Email : pension.ataha@live.fr

Notre pension pendant le séjour. Odile et Terani sont sympathiques et chaleureux. Chambre avec salle de bain dans un grand bâtiment en dur qui en compte 4 dont une avec cuisine. Salle de bain exigüe, surtout le coin WC. Il manque une moustiquaire même si celle-ci n' est pas nécessaire à la saison fraîche ( entre juin et septembre ) sur le lit. Lit un peu étroit également et dur. Dîners variés où le taro tient une place importante ( tubercule d'un côté et les feuilles de l' autre qui servent à préparer le ' fafa'. ( comme des épinards hachés ) Nous avons mangé du poulet-fafa, un classique en Polynésie. Excellent poisson aussi, en particulier du très gros poisson-perroquet. Un délice !

Tarifs un tantinet élevés pour une prestation correcte ( en termes de confort global ), mais on n' a pas vraiment le choix !

2 / Pension Linda Contact : Linda Tumare Village de Vaiuru Site Internet : www.pensionlindaraivavae.fr Email : chezlinda_pension_raivavae@hotmail.com

3 / Pension Vaimano Contact : Clarisse Paulin Village de Vaiuru Email : vaimano@outlook.fr

4 / Raivavae Tama Resort Contact : Eléonore White Village de Anatonu Site Internet : www.raivavaetama.com Email : raivavae.tama@hotmail.com

Pour terminer, une histoire vraie directement rattachée à Raivavae, et une légende que l'on aime raconter sur place.

A HISTOIRE DU TIKI SOURIANT

Autrefois, il existait 4 tiki sur l'île, mais un seul subsiste actuellement : un tiki souriant haut de 1 mètre environ et situé près du village de Mahanatoa. Les trois autres furent déplacés en 1933 vers Tahiti, mais l'un d'eux tomba dans le lagon lors du chargement sur le bateau, sans qu'il fût possible de le récupérer. Les deux autres furent transportés d'abord vers l' avenue Bruat à Papeete, puis à Mamao puis enfin au Musée Paul Gauguin de Papearii. Jusqu'à présent, rien que de très banal, sauf que la quasi totalité des marins - mais aussi des ouvriers - qui touchèrent et manipulèrent les tiki lors du chargement et du transbordement d'une île à l' autre et d'un lieu à l' autre à Tahiti moururent brutalement dans d'étranges circonstances. Depuis lors, personne ne s'aventure à mettre la main sur les tiki du Musée, dont on pense qu'ils sont chargés d'un ' mana ' maléfique destiné à punir ceux qui ont osé les arracher à leur île initiale, Raivavae.

B LEGENDE VISANT A AFFIRMER LA SUPERIORITE DES FEMMES SUR LES HOMMES

Cette légende rappelle dans sa formulation la fable de La Fontaine, le Lièvre et la Tortue, version polynésienne.

Les femmes seraient supérieures aux hommes d'abord parce qu'il existe des preuves, à savoir un caillou, appelé Ruatara placé sur la plage au pied du Mont Araua, l'autre caillou, plus gros et imposant, étant le motu Hotuatua situé dans le prolongement de la Pointe Hopa. Au départ, il s'agissait de choisir un chef de clan incontesté pour sa force. Les femmes du village de Vaiuru, ayant décidé qu'elles étaient plus fortes que les hommes du village de Anatonu décidèrent de régler le problème en faisant s'affronter un homme et une femme de chaque camp, de nuit, lors d'une épreuve visant à faire descendre un rocher du haut du mont Hiro pour le poser dans le lagon, avant le chant du coq qui annonce la fin de la nuit et un jour nouveau. L' homme, doté d'une force surhumaine - et un peu sorcier -, escalada le mont Hiro en un rien de temps, en détacha un énorme roc et commença la descente avec facilité et agilité. Très vite, il fut seul au pied de la montagne, sur la plage, avant l' aube, et y déposa le rocher. Ne voyant pas arriver la femme, et donc confiant en lui-même, mais épuisé par l' effort qu'il venait de faire, il finit par s'assoupir longuement, sans remarquer, à un certain moment, que la femme - rusée et un peu magicienne- avait réussi , elle aussi, à re-descendre du haut de la montagne à son propre rythme et en ménageant sa peine, pour atteindre la plage, puis le lagon où elle planta son rocher très profondément. Ayant terminé son épreuve, revigorée par son exploit et apercevant l' homme endormi sur la plage, la femme imita alors le cri du coq qui réveilla l' homme, puis tous les coqs des deux villages ainsi que leurs habitants. Ceux-ci accoururent pour constater que la femme avait posé son rocher dans la mer tandis que l'homme avait tenté de protéger son rocher des premiers rayons du soleil, sans y réussir et avait fini par laisser tomber son rocher Ruatua en contrebas du mont Araua. On déclara officiellement l' homme vaincu par la femme, et, à Raivavae, depuis cet évènement épique et exceptionnel, on tend à considérer désormais - du moins certaines femmes - que les femmes sont supérieures aux hommes. Le motu Hotuatua est au coeur de cette légende vivace encore aujourd'hui.

A NOTER ENFIN

Puisque l'on parle beaucoup de couleurs de l' eau en Polynésie, vous devez savoir qu'il y a beaucoup de mots pour qualifier la couleur de l' eau liée à la profondeur. Quelques -uns ci-dessous Bleu foncé outremer : moana océan sombre : moana uriuri Bleu vert : ninamu matie Eau peu profonde : papa'u Eau claire : pape teatea





PS On déroule le menu pour TUBUAI... A suivre donc.

Moana
VM
LE
Bonsoir,

Un grand merci à vous de partager votre récit et ces magnifiques photos qui nous vont voyager.

Bonne soirée.
MA
Salut Moana,

Chouette ça va me faire une super lecture pour ce week-end [:P]

En plus je suis très intéressé, j'aimerais vraiment y aller [:)]

Merci pour le carnet [:)]
https://apprentisvoyageurs.com
RJ
Oh la bonne nouvelle, le retour de Moana avec des carnets sur la Polynésie [:)]
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
MU
Merci pour ce carnet [:)]. Je comprends qu'il y ait tout un vocabulaire spécifique pour qualifier les bleus de l'océan! Les photos les rendent très bien, les couleurs de l'eau sont magnifiques! Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
RJ
Je viens de lire ton récit Moana, comme JF j'attendais le week-end pluvieux pour le faire, magnifique et plein d'informations [:)]

Est-il possible de louer une voiture sur l’île ?
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

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VA
Bonjour Régis,

Je ne pense pas... Et puis pourquoi faire exactement ? Soit tu empruntes un vélo à la pension, soit tu te fais conduire à un marae ou au tiki souriant. Ce qui est intéressant est côté lagon.

Moana
VM
VA
Encore moi Régis

J' ai quand même vérifié. La réponse est non. Idem à Ua Pou et à Ua Huka aux Marquises et sur la multitude de petits atolls des Tuamotu dont on fait le tour à pied en 2 heures. De toute façon, l'interêt est limité et la traversière n' est pas suffisamment en altitude pour voir quelque chose. Les deux activités majeures sont d'une part la journée au motu-piscine et d'autre part l' ascension du mont Hiro. Comme dans beaucoup d'îles moyennement hautes, Raivavae se révèle au regard et aux prises de vues à partir du lagon ou des motu. Aller au motu Rani est un privilège réservé à ceux qui logent à la pension Ataha. On y est hors du temps... dans une autre dimension !

Amicalement

Moana
VM
VA
Bonjour Muriel,

Merci à toi. j' ai du plaisir à écrire mes petits carnets, Ils m' aident aussi à fixer définitivement des choses que l'on finit par oublier. Je vois que tu prévois un voyage à Oman et un autre au Laos. Nous aussi.... Oman, c'est assez facile de mettre en place un itinéraire, le Laos c'est plus compliqué. Si tu as des suggestions... Je tourne un peu en rond.

A +

Moana
VM
RJ
Merci Moana, je ne me rendais pas compte de la taille de l'île. Je pensais à location de voiture par apport à ce qu'a fait JF.

Encore merci ne nous partager tes expériences [;)]
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MU
Bonjour Moana

Oman fait partie des "pourquoi pas l'an prochain?" qui, à chaque fois, finissent pas être remplacés par une autre destination ....comme par exemple le Laos, ça c'est pour dans moins de 2 semaines . Nous n'en verrons qu'une petite partie très classique: atterrissage à Luang Prabang, quelques jours un peu plus au nord (Nong Khiaw/Muang Ngoi), retour à Luang Prabang et direction Vientiane (pour y reprendre l'avion) avec un arrêt à Vang Vieng. De Vientiane, on revient sur Bangkok (on part d'ici avec la Thaï) et nous passerons quelques jours en mode farniente à la plage. Comme nous ne partons que 2 semaines et que les transports ne sont pas très rapides, ça me paraissait difficile de rajouter une autre partie du Laos sans courir (ex: Boloven, 4000 îles). J'ai un peu hésité à arriver de la Thailande par le nord ouest et monter jusque Phongsali avant de redescendre vers Luang Prabang (et on a finalement choisi les petits poissons à la fin; c'est vrai qu'en vivant à Tahiti, on ne ferait pas forcément le même choix [;)]).

Je ferai probablement un retour sur le forum et un récit sur mon site. Cordialement Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
YE
Une île de plus sur ce petit coin de paradis où j'espère bien faire un petit tour un de ces jours Merci Moana de nous faire partager tes découvertes [;)] Laurence
On est la somme de nos rencontres
MI
Bonjour Moana,

Quel plaisir de lire ton carnet d'une rare qualité et richement documenté, comme on en voit peu!

Et puis le plaisir est doublé, puisque tu me permets de revivre notre agréable séjour d'une petite semaine à Raivavae il y a une douzaine d'années. Il faut croire que je recherche les lieux singuliers et méconnus, car c'est par cette île hors du temps que nous avons choisi de débuter notre séjour en Polynésie, après une seule nuit à Papeete et avant d'entreprendre la croisière aux Marquises sur l'Aranui (j'avais hésité avec Maupiti). C'était en novembre et nous avions été gâtés par l'état du ciel. A l'époque, pas d'internet.

Nous avions été accueillis très chaleureusement avec le collier de fleurs, par Eléonore de la pension Tama, qui nous a embrassés, comme si elle retrouvait de vieux amis qu'elle n'avait pas vus depuis longtemps!

Ta description est très fidèle à notre expérience : lagon aux multiples nuances de bleus à faire pâlir de jalousie Bora-Bora, dégustation des bénitiers sur un motu sauvage où l'on a pu jouer aux Robinson, avec pour seul voisinage les paille-en-queue et les bernard-l'ermite, baignade dans le fameux motu-piscine, panorama circulaire depuis le mont Hiro que nous avons eu la chance de gravir, tour de l'ile à vélo, randonnée sur la traversière, le tiki souriant, le vieux banian sacré, etc.

Le dimanche, toute activité est suspendue sur cette île très puritaine, comme tu le dis. Nous avions donc dû renoncer à une excursion en bateau et avions assisté au culte au temple protestant, ce qui fut très apprécié (nous avions même eu l'honneur d'être présentés aux fidèles par la célébrante ). Le culte est l'occasion pour ces dames d'exhiber leurs plus beaux chapeaux ! Je ne peux joindre une photo, car je suis actuellement en voyage .

Concernant les fare abandonnés, nous avions eu la même information, assez étonnante en effet. Tu dis que le lagon n'est pas très poissonneux. On nous a affirmé que c'est à cause de la construction de la piste de l'aéroport sur le lagon.

Concernant Rapa Iti, nous avons eu l'opportunité de rencontrer son maire, puisque Éléonore recevait les cinq maires de cet archipel au cours d'un dîner !

Pour les amateurs de croisières, je complète ton information sur la possibilité d'atteindre Rapa. Il y a quelques années, l'Aranui avait organisé une croisière dans les Australes en janvier, y compris Rapa. Ce n'était pas dans mon budget et nous avions d'autres projets. Je vois d'après Tahiti-infos que la compagnie récidive cette année, avec Raivavae, Rapa, Pitcairn et les Gambier.

Voir ici : www.tahiti-infos.com/...en-2019_a175179.html#

aranui.com/pitcairn-cruise/

Enfin grand merci pour ton récit, grâce auquel j'ai pu apprendre beaucoup sur cet archipel sur le plan historique et culturel !

Bien cordialement

Michel
MI
Encore moi!

le Laos c'est plus compliqué. Si tu as des suggestions... Je tourne un peu en rond.

J'ai commis il y a quelques années un carnet sur Luang Prabang. Si ça peut t'aider... voyageforum.com/v.f?post=6669678;

Amicalement

Michel
MU
J'ai commis il y a quelques années un carnet sur Luang Prabang. Si ça peut t'aide

En tout cas, moi, il m'a aidée... Départ demain pour Luang Prabang . Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
MI
Bonjour de Colombie et bon voyage! [:)] Amicalement Michel
FR
Merci de nous avoir fait voyager "par la pensée" :)
GreG de l'ouest de Lyon

J'aime voyager, en particulier visiter les Disneyland tout autour de la planète.
ME
Bonjour Moana,

Merci pour ce superbe récit qui me rappelle d'excellents souvenirs d'il y a seulement quelques mois [:)]

Merci aussi pour toutes ces informations sur Râpa qui m'attire beaucoup ! Tu dis qu'ils sont équipés de cheminées mais y a t'il beaucoup de forêt pour faire du bois de chauffage ?

Si tu veux des infos sur le Laos n'hésite pas j'y étais 4 semaines l'année dernière du Sud au nord des 4000 îles jusqu'à la frontière avec le Vietnam 🇻🇳 En passant par les bolovens, la boucle de Thakek, Vang Vieng, Vientiane, Luang Prabang et quelques petits villages perdus [:)]
Il faut se perdre pour trouver l’introuvable, sinon tout le monde trouverai l’introuvable.

Jack Sparrow
VA
SUITE DU CARNET SUR LES AUSTRALES

UN ARCHIPEL SINGULIER ET MECONNU

2) A la découverte de TUBUAI, l'île de pierre(s)

INTRO

Je poursuis ma présentation des îles australes accessibles par avion, commencée avec Raivavae, la plus méridionale des 4 ( si on ne compte pas Rapa dont les habitants refusent la construction d'un aéroport et où il est également difficile, vu la configuration géographique de l' île, de construire une piste), et qui continue, aujourd'hui, avec Tubuai. J' avais indiqué dans le carnet précédent que l'on pouvait combiner, dans un Pass Australes de la compagnie Air Tahiti, au moins deux îles, voire trois. La découverte conjointe de Raivavae et de Tubuai est facile, celle de Tubuai et de Rurutu est également facile. Les vols à partir de Tahiti vers les 3 îles ne sont jamais directs, il y a toujours une escale. En ce moment, on peut visiter 3 îles en 9 jours. Exemple de ce qu'il est possible de faire : Départ de Tahiti pour Raivavae le lundi, arrivée en milieu d'après-midi. On ne reste que le mardi , le temps de passer la journée au motu-piscine, de voir le tiki souriant et un ou deux ' marae '. Départ le mercredi pour Tubuai où l'on restera jusqu'au dimanche. Puis vol pour Rurutu en milieu d'après-midi. Retour vers Tahiti le mercredi soir. Il y a un centre de plongée uniquement à Tubuai, depuis peu.

UN PEU DE GEOGRAPHIE Tubuai se situe à environ 570 kms au sud de Tahiti. Sa superficie est de 45 km2. Elle compte un peu plus de 2000 habitants, ce qui en fait l' île la plus peuplée, mais également le centre administratif et économique et chef-lieu des Tuha'a Pae. Il s'agit d' une île volcanique dont le relief est constitué de deux chaînes volcaniques très érodées et donc peu escarpées, séparées par le col de Huahine; elle culmine au mont Taita à 422 mètres. L'île s' est formée à partir d'un point chaud nommé McDonald. Ce qui fait la particularité de Tubuai est son immense et superbe lagon qui double sa superficie globale, d'une couleur tirant plutôt vers le turquoise et le jade. Le récif frangeant est agrémenté de cinq ' motu ' : One, Rautaro, Moena, Tapatavae et Mutiha. L' île dispose d'une route circulaire mi-goudronnée, mi-cimentée de 24 kms, et d'une route traversière également cimentée. Si on en fait le tour, on passera successivement dans les villages de Mataura, le centre névralgique ( avec habitat éparpillé ) de l' île avec ses 900 âmes, Taahuaia qui compte environ 600 habitants et enfin Mahu qui en regroupe 500. A savoir : l' assise de cette route a été faite au début du 20ème siècle avec les pierres de quelque 400 ' marae ' ( il y en avait de très petits un peu partout, correspondant à une idée ou un mot ) ) avec la complicité des églises installées sur l' île. Une façon radicale d' éradiquer les lieux-témoins de la civilisation ancienne. Son climat est subtropical du Tropique du Capricorne. Tubuai est une île tournée vers l' agriculture d'abord de subsistance, puis d'exportation qui prospère grâce à un climat plus frais qu'à Tahiti de 2 à 5°. Est privilégiée la culture des légumes tels le taro, la patate douce, le chou, la carotte, et des fruits tels les papayes, bananes, goyaves, pamplemousses, etc... sans oublier le fruit-phare de l'île, le litchi. Tous ces produits se retrouvent sur le marché de Papeete... quand il n' y a pas de complications administratives ou autres, relatives au transport vers Tahiti qui n' est souvent pas assuré avec sérieux et régularité par le bateau desservant les Australes. Résultat : Cette année par exemple, 9 tonnes de litchis ont été perdues à Tubuai uniquement par manque de bateau ou d'avion-cargo disponible au bon moment ! Un arbre local, aux feuilles épineuses, qui peut pousser jusqu'à 7 mètres de hauteur, le pandanus ou ' fara ' en tahitien, le plus utilisé après le cocotier, fournit aux artisans le matériau de base pour la confection de chapeaux et autres sacs et pochettes. Pendant l' hiver austral, à savoir de juin à août, il peut faire gris, pleuvoir ou crachiner, il peut venter aussi et la température peut tomber à 10°-12° en extérieur le matin avec de la rosée, 20-22° dans la journée,18-20° dans le lagon. On voit même parfois des phoques et des otaries remonter du sud antarctique et longer le récif de Tubuai ( ou celui de Rurutu ) à cette saison, et souvent s'y faire drosser par les vagues. Ces animaux sont alors une proie facile pour les requins, surtout quand ils sont blessés. A partir de mai, l' eau du lagon est froide ... pour les frileux en tout cas. On est ni aux Tuamotu ni aux Marquises, il faut le savoir. La meilleure période pour visiter Tubuai reste l' été austral, entre janvier et mars. Mais on n' est jamais à l' abri d'une période de mauvais temps, même en ' belle ' saison !







Tubuai, ( il existe les variantes Tupua'i, Tumurai et Tubouai ) s' appelait Moutou au moment de sa découverte par James Cook. Un autre nom, que l' on entend prononcer lors des ' orero ' - qui sont des performances oratoires et déclamatoires - et des spectacles de danse, et qui semble davantage réservé aux initiés, est ' Raro'ata ', qui veut dire ' île dans les nuages ', ce qui rapproche Tubuai de la Nouvelle Zélande actuelle ( ou Ile du Long Nuage Blanc en langue maori ). Le début de la colonisation polynésienne à Tubuai remonte aux années 700 de notre ère. Celle-ci s'est prolongée jusqu'aux années 1200 environ. Ensuite, c'est Samuel Wallis qui est le premier à faire mention de l' île en 1767, mais sans y faire escale. James Cook fera de même en 1777, croisant au large de Tubuai lors de son second voyage sans l' envie d'y faire escale. Petite histoire : après avoir quitté Rurutu, il décide de tester les capacités de son accompagnateur polynésien Tavaroa, de lignée royale rurutu et rencontré à Tahiti, à naviguer au ciel, aux nuages, aux saisons, aux oiseaux de mer et aux étoiles vers une île qui, elle, est déjà cartographiée : il s'agit de Raivavae. Tavaroa passe le test haut la main. Le bateau de Cook arrivera bien en vue de Raivavae après avoir longé Tubuai, qui, en ce jour d' hiver austral, se trouvait totalement sous une épaisse cloche de brouillard. Ne voyant que les quelques ' motu ', il pense passer près d'un atoll , hésite mais ne s'attarde pas. A noter : James Cook était déjà accompagné lors de son premier voyage par Tupaia, grand prêtre et chef-deuilleur de l' île de Raiatea, également expert en navigation, cartographe, traducteur et négociateur habile. Tupaia quitta son île en août 1769 pour accompagner Cook dont il sauva la vie lors d'une escale dangereuse en Nouvelle-Zélande, en palabrant en maori avec une farouche délégation de chefs bien décidés à le trucider. Hélas, sur le chemin du retour vers la Grande Bretagne, il mourut en mer et Cook eut la chance, lors de son second voyage, de rencontrer son deuxième guide-accompagnateur Tavaroa.

Tupaia dessinait superbement, alors qu'il n' avait aucune formation et n' avait jamais quitté la Polynésie ! On pourra voir les dessins originaux de Tupaia à la British Library à Londres. On fête cette année en Nouvelle Zélande le 250ème anniversaire du premier contact entre Maoris et européens grâce à Tupaia Tuia, Tuia comme le lien ou l' unité.

Ce sont les marins - et futurs mutinés - de la Bounty qui vont bouleverser l' histoire de Tubuai et la faire entrer dans le monde moderne de l' époque- avec violence et dans le sang. Ces forbans savent en 1789 - de par le récit de Cook - que l'île existe , idéalement située à l' écart des circuits maritimes et donc loin de la vindicte britannique qui les poursuit pour mutinerie en mars 1789 contre leur tyrannique capitaine William Bligh dont la mission officielle était de rapporter des plants d'arbres à pain de Tahiti vers les Antilles Britanniques. Ils décident par sécurité de s'installer une première fois à Tubuai pour deux mois entre avril et juin 1789, puis une seconde fois, plus longuement, le temps de construire le Fort George. La première fois, la confrontation est violente avec les autochtones et se solde par la mort de dizaines de Tubuai qui n' avaient que leurs lances pour affronter les mousquets d'un équipage hyper-armé et prêt à tout. Ils repartent pour quelques mois à Tahiti, séduits par la douceur de vivre polynésienne puis décident de revenir à Tubuai, Tahiti étant un lieu de séjour plus risqué pour eux qui sont devenus des hors-la-loi recherché activement par la Marine anglaise. La seconde fois, les 42 marins de la Bounty sont reçus amicalement comme si de rien n' était, on les aide même à construire le Fort George, on les fête. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que Tahiti, entre leurs deux visites, a prévenu Tubuai du retour imminent du navire, leur donnant le temps de mettre au point une stratégie de revanche et de ruse. L'idée est de garder les marins tous ensemble enfermés dans le fort, et, le moment venu, de les y assiéger et de les tuer tous pour venger les morts de la rencontre initiale. Finalement, les marins anglais finissent par ressentir un climat d' hostilité grandissante et par réaliser que le fort est, pour eux, et face à des milliers de guerriers résolus à en découdre, un piège mortel à terme. Le fort est donc brutalement abandonné, et il est décidé de reprendre la mer au plus vite. La Bounty repart définitivement de Tubuai en septembre 1789, et les marins vont de nouveau se mutiner, mais cette fois contre William Fletcher, leur chef et ancien second de Bligh. Une folie meurtrière s'empare de l' équipage, des hommes sont tués. La Bounty cingle en direction de Pitcairn où 9 rescapés britanniques et 18 polynésiens débarquent le 15 janvier 1790. Le refuge est idéal. La Bounty sera incendiée et une nouvelle colonie sera fondée dans l' isolement le plus total. Beaucoup de marins anglais et d'hommes tahitiens décéderont rapidement, ne laissant sur place qu' un vrai miraculé, John Adams, qui fera souche, entouré de femmes tahitiennes et d' une marmaille impressionnante.

A PROPOS DE PITCAIRN Pitcairn est un minuscule territoire britannique situé à 2300 kms au sud-est de Tahiti, à 540 kms au nord-est de Mangareva dans l' archipel des Gambier et à 2000 kms à l' ouest de l' île de Pâques. Sa superficie est de 45 km2. Elle n'a actuellement que 42 habitants, dont chacun occupe plusieurs emplois gouvernementaux. C 'est une île aux versants escarpés, aux falaises impressionnantes et aux vallée fertiles, un paradis perdu, sauvage et un peu inquiétant, qui demeure l' escale la plus surprenante de tout voyage dans le Pacifique Sud. Remontons un peu le temps... Pitcairn fut peuplée en 1100 après JC par des navigateurs venus de Mangareva, échangeant l' obsidienne de Pitcairn contre des surplus alimentaires mangaréviens. On peut dire que sans le commerce avec Mangareva, il aurait été impossible de survivre à Pitcairn. On y trouve des vestiges de cette civilisation ancienne sous forme de pétroglyphes, de plateformes cérémonielles et habitations en pierre, et aussi d' arbres à pain ( ou ' uru ' en tahitien) si précieux pour toute survie sur un îlot perdu au milieu de l' océan. L' île ne dispose ni d'aéroport ni de port naturel et le Zodiac, qui a remplacé la baleinière d'antan, est le seul moyen d'accoster quand le temps le permet uniquement. Elle n' est ravitaillée par cargo que 4 fois l' an dans des conditions parfois acrobatiques. Une zone d'accostage existe dans Bounty Bay, là où le bateau fut coulé. Un unique village, Adamstown. Pas de voitures, mais des quads. Sur la place centrale du village, une église adventiste du 7ème jour, une salle publique, un dispensaire ( et un médecin ), un bureau de poste et l' ancre de la Bounty, récupérée dans la baie en 1957. Un peu plus loin, une école de 2 élèves seulement. Sur les hauteurs, une grotte appelée Fletchers Cave où l' on dit que Fletcher passait des heures à scruter nerveusement l' horizon et à guetter l' improbable arrivée de vaisseaux britanniques. L' avenir de Pitcairn est incertain car seuls deux résidents ont moins de 30 ans et seulement dix naissances ont été enregistrées lors des vingt dernières années. Pitcairn est peut-être un paradis mais uniquement pour ceux qui ont suffisamment de courage et de résilience pour en supporter l' isolement et le mode de vie.

Revenons maintenant à tire-d'aile vers Tubuai la belle... Bien après les navigateurs pré-cités arrivent, au début des années 1820, des missionnaires anglais de la London Protestant Society. Déjà durablement installés à Tahiti, ils sont partis évangéliser à Rururu, puis à Raivavae et Rapa. Serviteurs de Dieu zélés et habiles, ils poursuivent avec méthode leur mission à Tubuai, mais trop tard et ils se feront doubler in fine par les Mormons, arrivés pourtant en 1844, presque 25 ans plus tard ! Résultat étonnant de cette course à l' évangélisation : Tubuai est la seule île des Australes non protestante majoritairement, mais à 80 % mormone ! Un cas unique même en Polynésie ! Anglophones, les missionnaires ne cessent également de faire de la politique et manoeuvrent pour faire tomber Tubuai, mais aussi Rurutu et Rimatara dans le giron de la Grande-Bretagne, comme cela s'est déjà passé aux îles Cook, en instrumentalisant les chefferies et royautés locales. Mais Londres - qui gère déjà avec succès son pré-carré dans le Pacifique Sud- ne veut pas d' incident diplomatique avec Paris qui vise de son côté à élargir le protectorat français aux Australes. Celles-ci deviendront donc françaises et non anglaises ! A signaler que les royautés de Rurutu et de Rimatara se maintiendront, au delà de la cession officielle de Tahiti et de ses dépendances à la France, jusqu'à leur intégration tardive dans l' ensemble du territoire annexé.

Tubuai sera donc annexée par la France dans une stratégie de conquête qui vise l' ensemble de la Polynésie Française actuelle. C 'est un joli tour politique de passe-passe que joue la France lorsque le roi de Tahiti Pomare V transmet son pouvoir aux autorités françaises en 1881, après avoir été forcé d' abdiquer en 1880. Quand certains pensent qu' il ne s'agit que de Tahiti, les autorités françaises pensent Tahiti ET toutes ses îles environnantes au sens large !!! Cela mènera à des situations cocasses car, pendant encore des décennies - on n' est pas à l' heure des réseaux sociaux -, beaucoup d' îlots un peu éloignés et peu au fait des jeux politiques qui se trament à Paris et Tahiti - aux Tuamotu par exemple - ignoreront qu'ils sont devenues français par la seule vertu d'un paraphe royal, celui du roi de Tahiti qui, de toute façon, n' avait jamais eu autorité que sur son île! La France a vu grand, les fameuses dépendances couvrent un territoire immense comme l' Europe !!!

TUBUAI AUJOURD'HUI L' île est accessible plusieurs fois par semaine au départ de Tahiti grâce à un aérodrome construit en 1976. Les atouts de Tubuai sont son lagon, ses multiples ' marae ' qui se présentent sous forme d' énormes dalles de pierre couchées ou dressées selon les cas, délimitant des plateformes dallées, elles-mêmes piquées de plus petites pierres ( mais pas toujours ) Tubuai vit non seulement du tourisme mais aussi - comme Rurutu - de son artisanat varié et dynamique.

NOTRE ESCAPADE Billet Air Tahiti acheté au Salon du Tourisme de début février ( pour des vols uniquement disponibles entre les dates du Salon et le 30 avril ) et pensions réservées également sur place avec réductions Salon. Vol Air Tahiti en ATR 72. Départ 12h 30 et arrivée 15 h 20. Via Raivavae, ce qui explique la durée du vol : 2 h 50. 1 h 50 de vol, puis 20 mn d'escale, puis 40 mn de vol à nouveau pour rejoindre Tubuai. Le billet est un billet double pour Tubuai puis Rurutu. La réduction Salon de 50 % s'applique sur les vols directs entre Tahiti et les îles, mais pas pour les liaisons inter-îles pour lesquelles nous aurons une réduction Senior de 30 %. Prix payé : 76000 FCP pour deux. En tout 6 jours et 5 nuitées. A Tubuai : 15000 FCP la nuitée en demi-pension ( au lieu de 18500 FCP habituellement ), à savoir donc 30000 FCP pour deux nuits. 13000 FCP à deux pour une journée - motu avec déjeuner inclus. 6000 FCP à deux pour une matinée - visite de ' marae '. Le séjour à Tubuai nous est donc revenu à 49000 FCP.

Vendredi 1 mars Départ à midi 30. Il faudra presque 3 heures, avec une escale à Raivavae, pour rejoindre enfin Tubuai. Des airs, on est d'emblée surpris par la superficie du lagon et, par contraste, par la taille relativement modeste de l' île elle-même. L' ensemble, vu du ciel ou de la barrière, est harmonieux. Nous sommes accueillis avec chaleur par Willson Doom - dit Wipa- qui nous conduit en quelques minutes à la pension qu'il dirige, en bord de route circulaire, côté montagne bien sur. Car il est interdit de construire quoi que ce soit côté lagon. C'est peu pratique, pas très écologique non plus, et, de toute façon, dangereux en cas de cyclone comme en 2011, quand la côte de l' île s'est retrouvée battue par des vagues d'une hauteur de 6 à 8 mètres ! La nature peut être généreuse, elle est aussi parfois impitoyable ! Nous nous installons et partons immédiatement pour un petit tour en vélo, vers le village de Mataura tout proche et au delà, ainsi que le long d' une partie de la traversière. Les bords de route sont impeccables, minutieusement tondus sur une grande largeur, des fleurs ont été plantées, la route de ceinture est en bon état. Le maire est mormon, et, aux dires de notre hôte, ceci expliquerait cela, à savoir ce souci de netteté et de propreté dans la commune. Le lagon est toujours agité. Il y a un premier récif immergé tout près de la côte, et un second beaucoup plus loin, au large, que l'on voit franger. Pourquoi cette agitation permanente ? Simplement parce qu'il y a des marées à Tubuai avec dénivellations de 1 à 2 mètres selon la période, les marées d' équinoxe étant les plus impressionnantes. Et puis le récif extérieur est plus immergé qu' ailleurs et laisse passer les vagues qui peuvent être si destructrices en cas de tempête tropicale ou de cyclone. C' est spécifique à Tubuai. Il fait très beau, nous avons de la chance. Tubuai reste une île où le climat est instable et où il pleut fréquemment. La saison est bonne cependant. Retour à la pension avant la nuit tombante. Nous sommes trois à la table de Willson pour le dîner. Grande pièce conviviale. Une gouvernante , Brenda, très charmante, s'occupe de la cuisine et de l' entretien. On se sent tout de suite à l'aise, comme en famille, avec Willson qui connait son île comme personne.

Samedi 2 mars Il a plu pendant la nuit, mais les nuages s'enfuient en début de matinée et nous nous préparons pour une journée au motu. Willson prépare son bateau que nous allons tracter jusqu'à la marina. Très belle journée. Il faut une grosse demi-heure pour rejoindre le motu sur un lagon qui clapote. En revanche, à l' arrivée, il y a une magnifique étendue d'eau turquoise, calme car à l' abri du vent. L' eau est fraîche et parfaitement limpide. De grosses patates de corail immergées révèlent la présence d'une multitude de bénitiers énormes, aux lèvres de toutes les couleurs, tous les verts du plus clair au plus foncé, et puis du bleu, du violet, du rouge. Des coraux aussi, en petits bouquets branchus, et coraux encroûtants de toutes textures, certains d'une couleur encore jamais vue, moutarde orangé. Peu de poissons par contre aussi près du motu. Celui-ci est planté d'immenses arbres. D'autres sont tombés pendant le dernier cyclone; il y a aussi des pandanus, tout cela a un air de forêt secondaire. Le cyclone de 2011 a recouvert le motu d'eau pendant plus de 24 heures, un cataclysme rare et violent qui a eu le mérite de tuer tous les rats et tous les chats sauvages qui s'y trouvaient. Du coup, les oiseaux de mer - paille-en-queue, noddis, sternes blanches - sont revenus en nombre nidifier au sommet des grands arbres. Ce motu est vraiment un bel endroit préservé. Au menu du déjeuner, poisson grillé dont un énorme baliste. Exquis.

Retour vers 16 heures à terre et à la pension. Nous repartons en balade, à pied cette fois ( les vélos chinois sans rétro-pédalage sont un vrai poème .... ) vers la traversière. Nous reviendrons par le même chemin au crépuscule. Samedi soir calme à Tubuai. Les gens prennent le frais devant leurs maisons. L'épicerie chinoise est encore ouverte, et un mariage se prolonge de façon surprenante à la Mairie. Dîner toujours à quatre avec Willson qui trône en bout de table. Au menu, préparation bénitiers - légumes divers au curry accompagnée de riz ( toujours... ), de pommes de terre et de taro.

Dimanche 3 mars La nuit a été étoilée, il fait un temps superbe. Pas un nuage ! Rare à Tubuai, selon les avis de ceux qui nous entourent. Willson, grand spécialiste, va nous guider sur la route des ' marae ', la route des pierres sacrées, de son île pendant presque 4 heures. Le premier arrêt a lieu en bord de mer, là où se trouvait le Fort George construit par l' équipage de la Bounty, et, très curieusement, avec l' aide des Tubuai eux-mêmes. Naturellement il n' en reste rien, d'autant que la mer a grignoté la côte de l' île qui a reculé de plus de 100 mètres en 30 ans, et de davantage encore en deux siècles. Même il y a 30 ans, il ne restait aucune trace de ce fort, construit en bord de lagon au bout d'un chenal qui permettait d'ancrer le navire au plus près. Les douves creusées tout autour du fort étaient censées prévenir toute attaque-surprise, les Polynésiens ne sachant pas nager !



On repart sur la route de ceinture pour emprunter côté montagne une ancienne route de terre qui traverse l' île, et qui était la voie de communication initiale des habitants de l' île.

MARAE TUPAPARAU On passe tout d'abord le long du ' marae ' Tupaparau ( mot qui signifie ' on remet tout à plat ' ) et qui était réservé aux personnes handicapées au plan physique ou mental, souvent des victimes de la consanguinité qui faisait des ravages dans la population polynésienne de l' époque. Il y avait même des sentiers réservés aux aveugles qui pouvaient savoir et sentir où ils se trouvaient au contact de leurs pieds sur des pierres placées à dessein sur leur chemin. A noter que, pour tenter de circonscrire les ravages de la consanguinité, les Polynésiens eurent recours du 15ème au 17ème siècle , au cannibalisme, bien sur sans aucun effet positif. Une période qui correspond aussi à une sédentarité des populations dans leurs îles respectives. La fin du cannibalisme correspond, en gros, à un nouvel interêt pour la mobilité et les contacts extérieurs et à l' arrivée des missionnaires. Ce ' marae ' très spécial est envahi par la végétation et n' a pas encore été libéré de la gangue d'arbustes et de végétation dense qui l' encombrent.

MARAE MATARAU Ensuite, c'est le ' marae ' Matarau, mot qui veut dire ' celui qui voit tout ', mais également ' celui qui nettoie tout '. Mais il se prononce aussi Vaitarau, ce qui veut dire ' accoucher dans l' eau ', et également ' Croire en l' Invisible '. On y faisait accoucher les femmes, accroupies, dans l' eau. On s' y lavait et on s' y purifiait. Pourquoi toutes ces significations différentes ? Simplement parce que l' élite ( ceux que les Européens appelaient les nobles ou ' arii ' en tahitien ) utilisaient un langage codé qui permettait de lire à l' endroit et à l' envers, ne serait-ce qu' en rajoutant une consonne entre deux voyelles. A noter que le statut supérieur de noble n' était pas héréditaire, mais était octroyé au mérite, à l'intelligence et à la sagesse.

MARAE HAUNARE Cette randonnée-découverte se poursuit avec le ' marae ' Haunare ' qui signifie ' la joie qui vient d'ailleurs / de l'invisible '. Tous ces marae se présentent sous forme de grandes pierres ou dalles levées ou couchées, délimitant des plateformes qui autrefois étaient piquetées de plus petites pierres. Certaines de ces pierres sont gravées de pétroglyphes. L' une d'elles, dressée et immense, à l' entrée du dernier ' marae ' cité, a été travaillée dans la largeur et entaillée 7 fois, pour indiquer les 7 classes sociales existant dans la société de l' époque.



MARAE TAPUTAPUATEA On peut aussi mentionner le ' marae' de Taputapuatea, le plus grand de l' île, et antérieur à celui de Raiatea dont la structure est faite de pierres anciennes, mais pas bâti à la manière des Anciens. Ce dernier date du 16ème siècle seulement ( autour des années 1530 ), celui de Tubuai de plusieurs siècles auparavant. ' Taputa ' veut dire ' palais de justice '. Les guerriers y venaient pour être sondés et interrogés dans le but de savoir s'ils étaient - toujours - dignes d'appartenir à l' élite. Ils étaient formés par des maîtres à la sagesse suprême, ils devaient être exemplaires. On venait d'autres îles pour les rencontrer, on envoyait régulièrement des ambassadeurs pour s'inspirer de leur ouverture d'esprit et de leur grandeur d' âme. Contrairement à l'idée générale, c'est le site sacré de Tubuai et non celui - iconique actuellement - de Raiatea qui était réservé à l' élite suprême. La décision - particulièrement frustrante pour l'orgueil des chefs et chamans de Raiatea - de partir en exploration vers ce qui est aujourd'hui la Nouvelle Zélande a été prise à Tubuai et non à Raiatea.

Il y a d' autres ' marae ' à découvrir sur l' île, si l'on a du temps ... et un guide qui veut bien vous promener pendant quelques heures supplémentaires. Willson Doom sera votre homme ...

MARAE TAHIRIURA Servait de tribunal dans l' île.

MARAE HAENA Etait, selon la légende, le lieu de résidence d'une ogresse se repaissant de jeunes enfants.

MARAE TONOHAE Face à la passe Tearamoana et à la Baie Sanglante ( là où eut lieu la première confrontation des guerriers Tubuai avec l' équipage du Bounty ). Servait de lieu de guet en cas d'arrivée d'ennemis.

MARAE NARAI Porte le nom d'un ancien guerrier mentionné dans les légendes de Tubuai. Servait de lieu de rencontre et de palabre entre les chefs de guerre dans le but de faire la paix.

MARAE TARAREA Servait aux chefs de lieu de rencontre pour préparer des embuscades et décider du sort des prisonniers.

L' excursion dure depuis 3 heures, les sites sacrés sont protégés par une végétation dense et la lumière diffuse crée une ambiance particulière, un peu comme sur les sites maya que l'on trouve dans la forêt primaire du Peten au Guatemala. Ils sont infestés de moustiques, ce que nous n' avions pas vraiment prévu... La visite se termine. La route intérieure aboutit après quelques kilomètres à la route circulaire récente, nous la suivons sur quelques kilomètres et faisons halte à l' entrée d'une propriété nommée ' Hermitage Sainte Hélène ' pour y voir le tombeau - façon Pomaré, c'est à dire grandiose - de Noël Ilari, personnage controversé de la politique franco-polynésienne, doté d'un ego sur-dimensionné, ancien administrateur colonial devenu - surtout par calcul politique - l ' un des chantres de l' autonomie interne dans les années 50, puis brièvement Président de l' Assemblée Territoriale, inquiété par l' Etat pour malversations et finalement mis en résidence surveillée à Tubuai sur cette propriété que l'on ne peut plus arpenter à loisir car elle est de nouveau occupée par la famille. On notera dans l' épitaphe gravée sur le tombeau la référence vindicative à ' son ingrate patrie '. Ilari fera prospérer sa propriété grâce à la culture du café, mais la plantation sera finalement abandonnée, ainsi que la culture du café dans toute l'île. Dommage car celle-ci serait une niche intéressante actuellement, avec une réelle ouverture commerciale vers Tahiti voire plus loin. Les cafés insulaires sont généralement d'excellente qualité; on prendra comme exemple Hawaii et la Nouvelle-Calédonie.

Retour à la pension. Déjeuner léger, puis Willson nous conduit à l' aéroport. L' avion vient directement de Tahiti, arrive avec un peu de retard, repart avec encore du retard pour des problèmes de documents de bord et nous atterrissons à Rururu 45 mn plus tard. Le temps de rencontrer notre hôte et de rejoindre la pension située sur la côte ouest, le soleil se couche déjà sur la mer au dessus du récif frangeant et écumant, tout proche de la plage.

PS Ce n' est pas encore la fin... Il faut dérouler le menu plus avant....

On clique sur 2... et c'est parti.

Moana
VM
VA
2 / A la découverte de TUBUAI, l'île de pierre(s)

SUITE DU CARNET

A / DETAILS PRATIQUES Tarifs et infos réactualisés au Salon du Tourisme de début février 2019. Si l'on arrive directement de France ( ou d'ailleurs ) il est conseillé de se munir d' argent liquide avant de prendre l' avion pour les îles à Tahiti. Paiement possible aussi par chèque local ou par transfert bancaire .

B / A FAIRE 1 / L'ascension du mont Taitaa 2 / S'arrêter sur le site du Fort George 3 / Passer une journée sur le lagon et au motu 4 / Marcher ou courir sur la route traversière 5 / Visiter quelques ' marae ' iconiques 6 / Faire halte à l'entrée de l' Hermitage Sainte-Hélène, vaste propriété ayant appartenu à Noël Ilari, mentionné plus haut. Rachetée à un Hollandais en 1935, elle sera, dans les années 40-50, dédiée à l' élevage du bétail et à la culture du café. 8000 pieds de caféier seront plantés dans les années 50. Entreprise intéressante, mais sans suite, hélas, comme souvent dans nos îles...

C / QUELQUES DERNIERES PHOTOS





D / HEBERGEMENT

1 / Pension Wipa Lodge

Contact : Gisèle et Willson DOOM Lieu : Village de Mataura Email : maletdoom@mail.pf Site internet : www.tubuaiwipalodge.com

Tel : 40932240 40737310

Aux dires des connaisseurs, la meilleure pension de l'île ( où nous étions ). Mais il est préférable de s'enquérir de la présence de Willson pendant le séjour. Sans lui, ce n' est plus pareil...

2 / Pension Taitaa

Contact : Nathalie et Nariiorono DOOM Lieu : Mataura Email : nathdoom@mail.pf

La pension est tenue par le neveu de Willson. Elle se trouve au début de la route traversière, côté Mataura.

Tel : 40950150 87222232 ( mobile )

E / PHOTOS DE PITCAIRN L'ILE PERDUE





F / L'UN DES DESSINS DU TALENTUEUX TUPAIA



G / DEUX LEGENDES

1 / LEGENDE DE LA PIEUVRE ORAVA Cette légende raconte l'origine de la pêche - spécifique à l' île de Tubuai - des poissons-perroquets à l' encre de pieuvre, appelée en tahitien ' tutae fee '.

II était une fois une île verdoyante, Tumurai, qui surgit de l' océan et se retrouva peuplée d' hommes et de femmes de belle stature et d'une beauté incroyable qui les faisait ressembler à des dieux. Dans l' un des villages de Tumurai , il y avait un couple du nom de Maraetoa. Un jour, l' homme se dirigea vers la rivière Vaiharuru pour remplir sa calebasse d' eau en prévision du repas. En se penchant vers la surface de l' eau, il aperçut un chose de la taille d'une calebasse qui flottait au fil du courant. Curieux, il s' en saisit, la retourna plusieurs fois entre ses mains en cherchant à savoir ce qui pouvait se trouver à l' intérieur. A l'aide d'une pierre aigüe, il fendit la coque et découvrit à l'intérieur une petite pieuvre qu'il fit passer dans sa propre calebasse préalablement remplie d'eau de mer. Puis il courut montrer l' animal à sa femme. Tous deux étaient sensibles aux signes de la nature, et ils prirent la décision de l' élever, de la protéger et de la laisser grandir au bord de l'océan jusqu' à ce qu'elle devînt un objet de curiosité pour tout le village, puis un objet sacré et digne d'être vénéré. On éleva alors la pieuvre au rang de déesse et on procéda à la désignation et à l'inauguration d'un ' marae ' en l' honneur de la nouvelle déesse Orava, baptisée Tearamoana. Deux jeunes gens, garçon et fille, Titoarii et Heinatoa, furent choisis en offrande à la nouvelle déesse et attachés au rocher Natitai en surplomb de l' océan. C 'est à ce moment que l' on vit arriver le grand requin Ma'o-Tuanui, jaloux du privilège insigne accordé à Tearamoana et bien décidé à la tuer. Une lutte sans merci s'engagea et tous deux finirent par sombrer au fond de la mer. Le requin se noya tandis que Tearamonana perdit toute son encre qui assombrit l'océan, et dont l'odeur infecte et paralysante fit remonter à la surface une multitude de poissons divers. Depuis cette époque, la pêche à l' encre de pieuvre reste très spécifique à l'île de Tubuai. Aux dernières nouvelles, elle se révèle très peu fructueuse... il reste la légende !

2 / LA SORCIERE DE TUBUAI

Il était une fois une sorcière originaire de Raivavae qui venait régulièrement héler les pêcheurs au bord de la plage du motu Miti A Tipi Hara. Ceux , trop confiants, qui s' approchaient d' elle étaient tués et mangés, de sorte que plus personne n' osait débarquer sur l'îlot de peur d' être attaqué et d' y perdre la vie. La sorcière, affamée, décida alors de s'éloigner du ' motu ' et rencontra deux pêcheurs. Ceux-ci, plus courageux et plus rusés que les autres, lui proposèrent de manger des bénitiers ( ou ' pahua ' en tahitien ) qu' ils avaient ramassés dans leurs grands paniers ( ou ' hapee ' ). Elle accepta leur offre, dévora les bénitiers offerts sans qu'ils l' aient totalement rassasiée. C' est alors que les deux pêcheurs, toujours sur le qui-vive, lui indiquèrent de loin comment pêcher des bénitiers facilement, en attendant que les deux valves de l' animal soient bien ouvertes et en saisissant rapidement la chair se trouvant à l' intérieur. La sorcière plongea immédiatement dans le lagon, fit ce qui lui avait été conseillé et se retrouva les deux mains coincées entre les valves du bénitier. Les deux pêcheurs - qui étaient en embuscade - s'approchèrent alors d'elle, la saisirent à bras-le-corps promptement et l' assommèrent avec une grosse pierre. La sorcière se trouve aujourd'hui au fond du lagon de Tubuai.

Fin du carnet sur TUBUAI.

PS Ce n' est pas fini... Il y a 4 îles ! Il faut donc encore dérouler pour passer à la troisième île, RURUTU. Cliquez...
VM
VA
Suite du carnet sur : LES AUSTRALES, UN ARCHIPEL SINGULIER ET MECONNU

3 / A LA DECOUVERTE DE RURUTU, L' ILE TROGLODYTE AUX BALEINES

INTRO

Cette fois, il s' agit de la présentation de Rurutu que l'on connait surtout comme étant l' île aux baleines, mais qui recèle bien d'autres atouts culturels et touristiques. Rurutu peut faire l' objet d'une visite unique à partir de Tahiti ou le voyage à Rurutu peut être facilement jumelé à celui vers Tubuai. On peut utiliser alors le pass d' Air Tahiti ou un ' package ' de Séjours Dans Les Îles ( voir sur le site internet d'Air Tahiti ) dans un pension choisie et payée à l' avance. Cela évitera d'avoir à transporter trop d' argent liquide, nécessaire cependant car il faut bien régler les excursions sur place. Comme on va le voir, Rurutu est une île à part, qui ne ressemble pas aux autres australes même si elles ont toutes des caractéristiques en commun. On y parle le ' reo rurutu ', une langue vernaculaire locale sensiblement différente du tahitien.

UN PEU DE GEOGRAPHIE L' île de Rurutu, d'une superficie d'environ 33 km2 ( 10 kms de long sur 5 de large ) se situe à 572 kms au sud de Tahiti. La forme de l'île évoque celle de l' Afrique en minuscule.

Géologiquement parlant, au sein des îles du Pacifique Sud, Rurutu est proche des Îles Cook, et, dans l' archipel des Australes, a, en commun avec Rimatara d'avoir subi, à distance relativement proche, il y a un million d'années, des soubresauts et bouleversements volcaniques majeurs. C'est une île de corail soulevé, comme Makatea dans les Tuamotu ou comme l' île - état de Niue proche de Fidji : en tahitien, on dit justement ' makatea ' pour nommer ce corail tranchant et déchiqueté. Elle est née il y a quelque 10 millions d'années au point chaud McDonald, s'est érodée au fil du temps, aurait pu devenir un atoll, mais est passée sur un second point chaud il y a un million d'années, qui a soulevé violemment la croûte terrestre et exhaussé l'île au dessus de l'océan à nouveau d'environ 150 m, transformant le premier récif corallien en falaises basaltiques et rocheuses abruptes, truffées de grottes. D'où son nom ' Rurutu ' . Traduction : la roche jaillissante. Mais un autre nom originel est mentionné : 'Rurutu Tu Noa ', qui signifierait alors ' rassembler et se lever ensemble '. Ce n' est pas exactement la même chose, mais, comme d'habitude, la langue tahitienne est multi-directionnelle. L'île est habitée par un peu plus de 2000 âmes, réparties principalement sur les villages de Unaa, Avera, Hauti, Paparai et Narui et enfin Moerai, bourgade et centre névralgique de l'île.

LES GROTTES L' île est connue pour ses grottes uniques, anciennement sous-marines, désormais ornées de stalactites, qui ont protégé les premiers habitants de l' île et servi, dans l' urgence, de maisons naturelles, puis de tombes ancestrales jusqu'à l' arrivée des missionnaires au début du 19ème siècle. La grotte Ana A' eo est à part, car elle seule, semble-t-il, servait de lieu de culte. Cette dernière grotte est connue, non par son nom d'origine -' Ana A' eo ' - mais par son nom d' emprunt, grotte ' Mitterrand ' ou grotte du Président, depuis la visite de celui-ci en 1990. Mais il y en a d'autres qui méritent la visite, telles -- La grotte de Peva et ses ' perles des cavernes ', dépôts de calcite entourant un noyau, à la pointe Arei. -- Ou encore la grotte de Tupumai avec son plafond décoré de coquillages et de coraux -- Ou celle d' Otare dont la légende dit qu'elle contiendrait des objets sacrés que le roi avait fait dissimuler là à l' arrivée des missionnaires pour éviter leur éventuelle destruction.

L' île possède aussi de belles plages, la plus belle et la plus connue se situant au sud de l'île près du village de Na'airoa. Il s'agit de la plage de Toatanatara devant laquelle on aperçoit cinq petits îlots calcaires dans la mer.

Rurutu culmine à un peu moins de 400 m, au mont Taatio'e ( 389 m ), au mont Manureva ( 385 m ) et au mont Teape ( 369 m )



UN PEU D'HISTOIRE

Les récits légendaires évoquent le premier peuplement de l'île par des Polynésiens venant de Punaauia sur la côte sud de Tahiti, les Oropa'a, à bord de deux grandes pirogues. Ils nommèrent alors cette terre inconnue ' Eteroa ' , qui signifie ' long panier ', comme les paniers de provisions qu'ils avaient apportés avec eux lors de cette longue traversée. On dit également qu'une autre pirogue serait venue d'Amérique du Sud, amenant des gens d'origine inca, à la peau cuivrée, nommés les A' ura, fuyant des terres devenues hostiles à la suite de la ' Conquista '. Ils auraient - par les armes - affirmé leur supériorité sur les premiers arrivants et seraient les ancêtres des familles de l'île dont les noms se terminent par ' oeura '. On dit encore que de nombreuses personnes venues des Îles Cook et des Îles Tonga auraient fait souche à Rurutu, qui, à vol d'oiseau, est proche de ces territoires - anglophones - faisant encore partie du triangle polynésien. Des fouilles archéologiques menées à Vitaria feraient remonter le peuplement originel aux années 700 / 800 de notre ère. A la mairie de Moerai, se trouve une copie d'une sculpture célèbre et iconique, hélas sortie des Australes et actuellement exposée au British Museum de Londres : il s'agit du dieu-tiki A' a, ancêtre des dieux de Rurutu.

Après cela, il y eut une période européenne. Ce fut l' explorateur britannique James Cook qui découvrit l' île le premier, par hasard ( l' île n' étant pas répertoriée sur sa carte ) alors qu'il cinglait vers la Nouvelle Zélande appelée ''Te Ao Tea Roa ' en langue maori , traduction en français ' Pays du Long Nuage Blanc ' ). Estimant - à la lunette - la population à environ 25000 habitants, il décida de mettre les chaloupes à la mer dans la passe étroite d' Avera, mais dut finalement renoncer à son projet en raison de l' attitude menaçante et guerrière de la population, et des roulements de tambours assourdissants qui ameutaient tous les habitants de l' île. Pour son expédition dans le Pacifique Sud, Cook était épaulé par Tavaroa ( ou Ta'aroa ), son guide d'origine rurutu de lignée royale, rencontré à Tahiti dont il allait tester, après la déconvenue de Rurutu, les capacités à naviguer au ciel, aux oiseaux et aux étoiles vers Raivavae, île dont il connaissait déjà l' existence. A noter que Tavaroa mourut subitement en Indonésie lors du second retour vers l' Europe et que Cook tenta une troisième fois de mettre pied à terre à Rurutu, mais en vain, car, ne voyant plus Tavaroa, les guerriers soupçonnèrent à tort Cook de l' avoir tué ! Le navire repartit pour Raivavae et longea la côte ( et les ' motu ' ) de Tubuai, sans que Cook décide d'y faire escale. L' île étant entièrement dissimulée derrière un épais brouillard de pluie, il crut que ce n' était qu'un atoll sans interêt.

En 1821, des missionnaires de la London Missionary Society à Londres, déjà bien installés à Tahiti, s'implantèrent à Rurutu. Avec la christianisation vint la destruction des anciens lieux de culte ( ou ' marae ' ) qui étaient aussi des espaces culturels, sociaux et politiques et dont il ne reste que des vestiges, le mieux préservé étant le ' marae ' Tavaroa à Vitaria ( en fait, sur la propriété de notre hôte Viriamu... ). On enterra également les objets sacrés relevant du culte ancien dans les fondations de l' église protestante de Moerai sur ordre supérieur, les rendant ainsi tabous pour l' éternité. Les attributs du pouvoir des chefs furent, quant à eux, enterrés quelque part dans une ou plusieurs grottes. il ne reste donc rien de la civilisation d'avant, à part le tiki du dieu A' a conservé au British Museum de Londres . L' histoire de cette statue datant de la fin du 16ème siècle, faite de bois de santal et haute de 117 cm est passionnante. Le 9 août 1821, la divinité est remise aux missionnaires en échange de la promesse d'une vie meilleure sur terre et pour l' éternité. C 'est un moment solennel car il faut prouver au monde que les habitants de Rurutu ne sont plus des adorateurs d'idoles mais sont prêts à vénérer l'unique Christ-Dieu. La statue doit être brûlée, mais finalement est expédiée à Londres à la maison-mère de la société, à des fins de propagande religieuse. En effet, les missionnaires espèrent récupérer des fonds pour poursuivre leur oeuvre et montrer aux païens la Lumière. La statue, devenue encombrante, sera finalement cédée au British Museum en 1911. C 'est un chef-d'oeuvre intemporel et unique en son genre.

A noter - et ce n' est pas le moindre paradoxe - que les Polynésiens étaient monothéistes et le sont restés mais en changeant tout simplement de Dieu sous l' influence des missionnaires. On peut penser que le succès de l'évangélisation des populations polynésiennes tient à cette particularité !

En 1842, la France établit son protectorat sur le royaume de Tahiti ainsi que sur les Marquises. Mais, bizarrement, Rurutu va garder une forme d'indépendance ( sous contrôle tout de même ) et garder son ou ses roi(s) de 1852 à 1889, à savoir pendant 37 ans ! Le drapeau du royaume de Rurutu flotte en même temps que le drapeau français pendant toute cette période sur les bâtiments officiels de l' île. A noter que le drapeau photographié ci-dessous existait déjà à l'époque, mais avait été abandonné au fil des décennies. C 'est Jacques Chirac qui avait demandé lors d'une visite officielle à Gaston Flosse alors Président de la Polynésie, que l'on remette à l' honneur les étendards de chaque île polynésienne, tels qu'ils existaient avant leur annexion par la France. En 1889, le protectorat est étendu à Rurutu; l'île est annexée définitivement aux Etablissements Français de l' Océanie en 1900.



Ci - après deux photos La première représente la famille royale de Rurutu avec, au deuxième rang, au centre, le petit roi Teuruarii IV qui intégra son royaume dans l' ensemble français un an avant Rimatara. A noter : Les royautés insulaires furent vite dépassées par les évènements et les jeux politiques d'influence entre la Grande-Bretagne et la France dans le Pacifique Sud. Le roi de Rurutu alla demander le protectorat britannique aux îles Cook, il fit même le voyage de Londres pour signer un vague document reconnaissant la pré-éminence de l' Angleterre sur Rurutu, mais sans effet durable, Londres se refusant in fine à créer un incident diplomatique avec la France.

La seconde photo représente une vue du village de Moerai en 1889.



L'installation des commerçants chinois marque le passage de Rurutu au 20ème siècle, mais sans que cela nuise aux charmes authentiques de l'île. Comme Tubuai, Rurutu bénéficie d'un climat tempéré une partie de l' année, et tropical le reste du temps, ce qui favorise les cultures maraîchères et fruitières. Comme à Tubuai toujours, la vannerie est une spécialité des femmes de l' île.

RURUTU AUJOURD'HUI

L' île est facilement accessible de Tahiti plusieurs fois par semaine. L' authenticité de l' île, sa culture préservée, ses plages et ses grottes attirent une clientèle internationale à l' année. C'est ce qui fait sa singularité par rapport aux îles australes voisines. On y vit de l' agriculture et de la pêche ( en auto-suffisance ), de l' exploitation du bois, de l' artisanat ( vannerie à base de fibre de pandanus, tressage, confection de ' tifaifai ' , fabrication d' objets à base de bois précieux locaux comme le ' miro ' ( ou bois de rose d'Océanie ) et le ' purau ' ( ou bois d'hibiscus appelé ' cotton-tree en Australie ), le ' tou ' ( ou noyer d' Océanie ) ainsi que l' acajou et enfin le kaori. Il y a aussi l' éco- tourisme bien sur, dont le pivot essentiel, pendant 3 mois environ, est la présence de baleines - beaucoup de mères avec leurs baleineaux et de jeunes adultes mâles qui s'affrontent - aux alentours de l' île. Rurutu est aussi appelée l'île aux baleines. Celles-ci étaient chassées pour leur huile, leur chair et leur peau. La chasse, dangereuse, se faisait à partir de pirogues instables à l' aide de harpons sommaires. Elle était initiatique pour les adolescents, mais le prélèvement était raisonné, pas plus de quelques baleines par an, de quoi nourrir une population isolée géographiquement et recherchant une viande bien protéinée. Quand il n' existait pas encore de liaisons satellites, ni de balises GPS ni de téléphones portables, les anciens regardaient un arbre, l' atae, alors que ses fleurs rouge vif commençaient à éclore. C' était alors le signal de la chasse à la baleine. On ne chasse plus la baleine ni à Rurutu ni ailleurs ( sauf au Japon et en Norvège... ) mais on peut les voir au plus proche du rivage avec leurs baleineaux qui naissent dans les eaux plus chaudes des Australes ( ce que les Anglo-saxons appellent ' whale-watching ' ) - et l'on peut même nager avec elles, sous contrôle bien sur. Rurutu reste un des rares endroits au monde où cela reste encore possible. C' est un privilège que l'on peut goûter de juillet à octobre. Ceci dit, on voit aussi beaucoup de baleines à Tahiti ou à Moorea. Au second semestre 2018, on a vu autant de baleines aux Iles de la Société qu' à Rurutu... Il ne faut donc pas fantasmer sur les baleines et se préparer à ne pas en voir même si l'on se déplace aussi loin que Rurutu uniquement pour cela ! Il faudra faire contre mauvaise fortune bon coeur.

Au début des années 50, Rurutu était le lieu de résidence du navigateur Eric de Bisschop que les autorités françaises avaient chargé de cadastrer l' île. Après son décès subit aux Iles Cook lors de l' expédition Tahiti Nui à la fin des années 50, son corps fut rapatrié - comme il l' avait souhaité - à Rurutu et inhumé au cimetière de Moerai où l' on peut voir sa tombe.

NOTRE ESCAPADE

Vol inter-îles Air Tahiti Tubuai - Rurutu : durée 45 mn. Pension Teautamatea : 3 nuits en demi-pension à prix Salon : 37125 FCP. Tour de l' île ( premier jour ) : 13000 FCP pour deux personnes.

Dimanche 3 mars :



Arrivée tardive - juste avant le coucher du soleil- à la pension. Viriamu est venu nous accueillir avec les colliers d'usage, et nous rencontrons Elin, son épouse d'origine galloise, dont nous allons apprécier, dès ce premier repas du soir, les qualités de cuisinière. Ils ont trois jeunes enfants. La maison, située à Vitaria, est vaste, le terrain qui s'étend jusqu'au pied de la montagne comporte deux ' marae ' privés. Il y en a quelques autres ici ou là, mais la plupart ont été détruits. Viriamu est de lignée royale rurutu, lointain descendant de Ta'aroa, le guide polynésien du capitaine Cook. Il a eu, lors d'un voyage à Londres, le droit insigne de caresser le bois du tiki représentant le dieu A'a, exposé au British Museum et normalement protégé derrière une vitre blindée et sous alarme.

Lundi 4 mars Tour de l île en 8 heures Viriamu nous a proposé un tour de l' île complet agrémenté de la visite de 3 grottes ainsi que d'un moment - détente baignade dans le sud de l' île un peu avant le village d' Auti, sur une jolie plage sauvage. Nous commençons par la grotte 'Ana A' eo ', toute proche, là où l'on avait organisé pour le président français une cérémonie grandiose à l' ancienne. Contrairement à ce qui a pu se dire ou s' écrire , il n' y a pas de chauves-souris dans les grottes de Rurutu ni ailleurs en Polynésie d'ailleurs. Ce qui surprend d'emblée, ce sont les stalactites, certains énormes, faits de calcite. L' endroit est calme et tranquille, verdoyant et fleuri. Aucun panneau sur la route de ceinture ne signale sa présence- discrète - à cet endroit de l'île, et ce sera ainsi partout où nous irons.



Puis nous repassons dans l' autre sens devant la propriété de notre hôte à Vitaria ( côte ouest donc ) et piquons vers le sud vers les impressionnantes falaises de Matotea. Avera est le second plus gros village où nous allons faire halte successivement au centre artisanal, puis au temple, puis au creux de la petite vallée située derrière le village et où les villageois ont en commun leurs tarodières, enfin à l' épicerie locale où nous achèterons un pique-nique. La passe Opupu est très étroite et très agitée, on a du mal à imaginer que c' est en cet endroit, derrière le récif, que Cook avait ancré son navire...



Nous repartons vers le sud, et nous arrêtons le long d'une plage sauvage, celle de Narui délimitée à un bout par une falaise basaltique abrupte, la pointe Teutu. Le récif est proche du bord, les vagues s' y écrasent dans un bruit sourd, puissant et répétitif qui fait penser aux turbines d'un avion. Impossible de se baigner à cause de l' agitation et des courants. Vous l' aurez compris, on ne va pas à Rurutu pour son lagon tranquille et clair où l'on admire les poissons en faisant du ' snorkeling '...! Ce qui caractérise le mieux Rurutu, c'est, en revanche, l' alliance de ce côté rude et sauvage de la côte et de la mer, et des vagues qui tonnent sur le récif, avec des vallées intérieures ordonnées, riantes, luxuriantes, dédiées aux cultures vivrières. La route des plateaux de l' est - dont je parle plus bas - est encore empierrée, on y circule lentement, le long de petites plantations. Elle est bordée, sur des kilomètres, de tarodières ( plutôt en contrebas de la route dans des petits vallons ) et, à portée de main, d'arbres fruitiers tels les litchis, les papayers, les bananiers, les manguiers, les goyaviers, les orangers, les pamplemoussiers, les avocatiers, les citronniers, les caféiers, sur lesquels on peut se servir sans crainte car ils appartiennent à la communauté. Seule restriction : ils ne sont pas à vendre, juste à consommer de façon privée. Rurutu, c'est un vrai jardin d'Eden, comme on en voit nulle part ailleurs. Et les hauteurs aussi, sont magnifiques, plantées de conifères, dont les sous-bois sont riches en diversité biologique. Y dominent les fougères géantes et fougères arborescentes, beaucoup de plantes épiphytes et des fleurs et feuilles qui dégagent des odeurs sucrées et poivrées à la fois.

Pique-nique derrière le rideau de végétation qui délimite la plage dans sa partie haute. Puis quelques photos et nous repartons en direction de la Pointe Toataratara et de la petite plage sauvage de Toataratara à Na'airoa au sud de l' île, où nous allons nous relaxer et nous baigner un moment. L' eau est chaude mais agitée et trouble, cinq blocs énormes de corail soulevé et tranchant se dressent à quelques mètres du bord ; beaucoup de cailloux aussi sous l' eau et peu de sable. Une falaise bloque la plage sur un côté, faite de basalte érodé mais coupant et troué.



Après la séance-baignade, nous remontons côte est, via les plateaux de Pupuhi et de Paparai vers le village d' Auti. Cette route de l' abondance est à faire en voiture ou même à pied par beau temps ensoleillé, c'est une merveille naturelle et culturelle ! Le village d' Auti se distingue, lui, tristement par ses vilains murets en béton et un front de mer qui a été dénaturé par l' abattage stupide et irraisonné de grands filaos, remplacés par une immense muraille de béton censée empêcher la mer d'éroder la côte. Une aberration ! C'est en fait tout le contraire qui se produit... Le sable est reparti vers la mer et la plage est hérissée de rochers pointus ! Le maire - c'est classique - a imposé son point de vue à ses administrés, et des murs ' politiques ' sans interêt mais qui ont l' avantage de renflouer les caisses de la Mairie et celles du parti majoritaire.. Exemple d'abord de mauvais goût, mais surtout de clientélisme, un fléau typique de nos belles îles polynésiennes ! Nous continuons notre remontée de la côte est vers la falaise Ana Mou'o, puis le plateau Taero et le village principal de Moerai. On s'arrête souvent en route, Viriamu connait tout le monde et parle volontiers ! Arrêt à l' épicerie principale où nous faisons quelques provisions pour demain mardi 5 mars où l'on fête l' arrivée de l' Evangile : tous les commerces seront fermés à partir de midi ! Arrêt à la grotte Taneuapoto le long de la route. Puis on longe l' aéroport dont une issue côté plage vient d' être grillagée car on trouvait sur la piste d'atterrissage chiens, coqs, poules et cochons, ce qui était problématique, même s'il n' y a que 4 vols par semaine en provenance de Tahiti... Au niveau de l' aéroport, Viriamu oblique à gauche sur un petit chemin, et nous mène en quelques minutes à une petite grotte - sans nom particulier - dont le plafond est tapissé de coquillages et coraux. Cela nous évitera de retourner visiter d'autres grottes - dont celle de Tupumai - demain mardi, similaire à celle-ci mais plus grande. En effet, les visites des autres grottes sont plus sportives, elles se font souvent via la plage en marchant dans l' eau puis en escaladant la falaise plus ou moins au dessus du vide. Il ne faut pas avoir le vertige, nous prévient Viriamu. Et justement, nous sommes tous les deux facilement sujets au vertige. Pas question de prendre des risques inutiles car nous ne sommes pas suffisamment entraînés pour ce genre de randonnées. Et puis nous avons décidé d'aller marcher sur les plateaux toute la journée de demain. Viriamu nous déposera à un endroit donné de la traversière et nous reviendrons à la pension à pied. Retour à la pension. Dîner soigné préparé par Elin et soirée tranquille sur la terrasse. La connexion Internet ne fonctionne pas ce soir. Cela est relativement fréquent dans les îles.

Mardi 5 mars Balade de 14 kms environ / 7 heures ) Nous allons randonner aujourd'hui, comme conseillé par Viriamu et Elin. Elin nous conduit en hauteur à un point précis de l 'île à partir duquel deux chemins mènent l'un vers le mont Manureva et l' autre vers le mont Pito ( 211 m ). Les points de vue vers la mer ou vers l'intérieur de l'île sont de toute beauté. Nature sauvage. Aucun autre randonneur en vue, pas de voitures, juste la nature, le silence, quelques oiseaux, des papillons endémiques, des orchidées sauvages, des fougères immenses qui montent à 4 mètres de hauteur. La forêt de pins a été plantée par le Territoire ( pas seulement à Rurutu d'ailleurs ) il y a environ 25 ans et est prêt pour une coupe raisonnée. Celle-ci a déjà commencé à Tubuai où il y a une scierie. Pas de scierie à Rurutu, tout est à faire et à imaginer. En allant vers le mont Pito ( et le mont Erai, site éolien ), on longe le domaine Atai où se trouve une grande bergerie désaffectée et qui, autrefois, produisait du fromage de chèvre. Celles-ci ont été tuées un jour par une meute de molosses introduite de nuit dans la bergerie par le Maire de Rurutu lui-même, jaloux du succès commercial inattendu rencontré lors de la vente quotidienne des fromages frais de brebis. Le propriétaire, écoeuré, a jeté l' éponge et quitté l' île. Re-descente abrupte vers le village d' Avera, où nous pique-niquerons à l' abri des grands filaos. Des jeunes surfent dans leurs pirogues sur les vagues et courants qui viennent du récif proche. D'autres villageois se reposent à l' abri du soleil sous les grands filaos, certains vaquent tranquillement à leurs occupations en ce jour férié. C'est le charme intemporel de la vie des îles.

Retour à la pension, suivi d'une longue baignade dans la mer, de l' autre côté de la route. Nous ne sommes pas seuls. En cette journée fériée, beaucoup de familles sont venues à la plage avec les enfants. Dîner tranquille et de qualité.

Mercredi 6 mars

Nous avons une matinée tranquille avant le départ pour Tahiti à 14 heures.

Fin du carnet sur RURUTU.

PS Le carnet général continue... Il faut donc encore dérouler le menu pour quelques infos et deux légendes.

MOANA
VM
VA
3 / QUELQUES INFOS SUPPLEMENTAIRES A la découverte de RURUTU, l' île troglodyte aux baleines

DETAILS PRATIQUES

Les mêmes que ceux indiqués pour la découverte de Tubuai.

A FAIRE

1 / Ascension du mont Manureva et du mont Pito 2 / Visite des grottes préalablement citées dans le carnet 3 / Plage et plongée avec les baleines 4 / Balade équestre sur les plateaux de l' ouest avec Viriamu, le seul à proposer cette prestation. 5 / Visite du centre artisanal d' Avera ( fermé le dimanche ) 6 / Arpenter une tarodière

QUELQUES PHOTOS SUPPLEMENTAIRES (Correspondant à la fin du tour de l' île ( deux dernières grottes ) et à la randonnée en montagne.









HEBERGEMENT

A / PENSION TEAUTEMATEA Contact : Elin et Viriamu TEURUARII Lieu : Village de Vitaria Email : pension.teautematea@mail.pf Tel : Dom : 40930293 / Port : 87703465 Blog : http:/teautematea.blogspot.com

A noter : Elin est galloise d'origine et son blog est en anglais.

B / CHAMBRES D'HOTES CHEZ HEIATA Contact : Anatira MATEAU et Rudy TEINAORE Lieu : village de Moerai Email : cdheiata@gmail.com

Et maintenant deux légendes

A LEGENDE DU ROCHER O' EO

Rimatara, île voisine de Rurutu, était, il y a longtemps, gouvernée par un roi plein de dépit et de jalousie car les montagnes de Rurutu culminaient beaucoup plus haut que l' endroit le plus élevé de son île, à quelque 80 mètres seulement de hauteur. Il décida d' invoquer les dieux pour qu'ils lui permettent de réussir à voler, pendant la nuit et avant le lever du jour, une falaise du haut de laquelle il pourrait surveiller l' océan. Il partit secrètement pour Rurutu avec une troupe de guerriers, décrocha la falaise et commença à la faire descendre vers la mer. Mais l' énorme fracas réveilla une guerrière de Rurutu qui, pour empêcher ce vol, imita le chant du coq, réussissant ainsi à tromper la troupe ennemie en lui faisant croire que l' aube allait poindre rapidement. Les voleurs de falaise prirent la fuite sur le champ, laissant sur la plage cet énorme rocher dit O'eo que l'on peut encore voir aujourd'hui. On raconte que, depuis cette histoire de vol de rocher avorté, les coqs sont totalement déréglés, chantant jour et nuit, car ils ont oublié à quelle heure se lève le soleil.

B LEGENDE DE TUIVA'O, GRAND CHASSEUR DE BALEINES

Dans les temps anciens, Tuiva'o était célèbre pour son habileté et son courage à la chasse à la baleine, d'abord auprès des siens qui ne manquaient jamais de nourriture, mais aussi auprès des dieux qui le remarquèrent et lui enjoignirent d' aller pêcher des poissons en quantité. Tuiva'o saisit son harpon et sa corde en bourre de coco et descend vers le bord de mer. Là, il aperçoit une énorme carangue qui file entre les patates de corail, il s'en approche en sautant de rocher en rocher. Et soudain, le rocher sur lequel il a pris pied se met à bouger et à tanguer, et s' éloigne à grande vitesse vers le large. Le rocher n' en avait que l' apparence, c'était une baleine ! Tuiva'o ne panique pas, ni ne perd son sang-froid mais attache sa corde à la queue du cétacé pour ne pas perdre l' équilibre. La baleine file à vive allure pour finalement se rapprocher d'un îlot et Tuiva'o en profite pour lui fausser compagnie et mettre pied sur le sable. Et là, il n' est pas seul mais s'étonne de rencontrer une jeune femme qui passe son temps à s' occuper des baleines. Elle lui demande de la seconder dans sa tâche quotidienne. Il obtempère mais ne cesse de s'inquiéter pour sa famille, et pour la pêche qu'il n' a pas encore pu faire à la demande des dieux. Son désespoir croît au fil des jours qui passent, à tel point que la jeune femme lui propose de retourner à Rurutu sur le dos d'une baleine. Dès qu'il sera proche du récif, il devra sauter à la mer, passer la barrière et nager jusqu'à la plage, en laissant la baleine rejoindre le large. Tuiva'o a de nouveau accroché sa corde à la queue du cétacé, mais, à l' approche du récif, il décide de lutter avec la bête et, après un combat acharné, de la faire échouer. Après avoir réussi cet exploit, Tuiva'o se rend au ' marae ' où se trouvent les anciens qui non seulement sont surpris de le voir - car ils le croyaient mort - mais lui reprochent d'arriver les mains vides, sans un seul poisson. Tuiva'o les invite alors à le suivre jusqu' au bord de mer et leur montre avec fierté la baleine qu'il a vaincue au combat. Il sait aussi que les dieux seront contents de lui et de sa bravoure. Depuis lors, la renommée de Tuiva'o n' a jamais pâli et il n' a jamais cessé d' être considéré par tous comme le meilleur chasseur de baleines de Rurutu.

Fin du carnet sur Rurutu.

PS Le carnet global n' est pas encore clos. Il faut donc toujours dérouler le menu pour lire le carnet ( en double ) sur RIMATARA qui suit après quelques commentaires...

Moana
VM
RJ
Merci Moana pour le up, vu que tu avais modifié tes précédentes pages je n'avais pas eu d'alerte. Je me suis régalé à lire ta prose. Toute cela donne très envie d'y venir mais ce sera pour plus tard.

Si je puis me permettre 2 remarques :

Il est préférable, à mon avis, d'ouvrir de nouveaux posts dans le carnet plutôt que de modifier un post existant, j'ai mis un moment à comprendre où ils étaient et puis comme ça on est prévenu Dernière remarque un truc qui marche bien quand tu ouvres un nouveau carnet c'est de mettre le lien vers le nouveau dans ton dernier carnet, comme ça tous tes "suiveurs" sont au courant

En tout cas merci pour le partage [:)]
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
MU
Dernière remarque un truc qui marche bien quand tu ouvres un nouveau carnet c'est de mettre le lien vers le nouveau dans ton dernier carnet, comme ça tous tes "suiveurs" sont au courant

C'est donc ce que je fais aussi dorénavant [;)].

Moana, comme tu n'avais pas suivi mon carnet "Ouganda" mais que tu m'as posé des questions sur le Laos, mon carnet est commencé [:)]. Quant aux Australes, je garde les infos mais (soyons réalistes) je pense que si on va à Tahiti, on n'ira pas jusque là [:/]. Mais rêver, c'est bien aussi .... Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
VA
Bonjour Muriel,

J' apprends encore à maîtriser ma participation écrite au forum. Je vois que tu as en fait réagi à la réponse de Rjulie95. On progresse...

Je vais aller voir ton carnet sur le Laos, de ce pas !

Merci pour le contact

Moana
VM
VA
LES AUSTRALES : UN ARCHIPEL SINGULIER ET MECONNU

D / A LA DECOUVERTE DE RIMATARA, LA PERLE CACHEE DES AUSTRALES

INTRO Ce carnet sur Rimatara va clore le carnet général sur les Australes. Rimatara est facile d'accès en solo Ceci dit, un jumelage ( Pass Australes ) de Rimatara avec Rurutu est possible car, comme je l' ai déjà dit, on ne va jamais aux Australes en vol direct. il y a presque toujours une escale, sauf si la première île de destination est l' escale ! Donc ( je me répète, mais c'est compliqué et difficile à mettre sur pied à distance ), pour une séjour ' deux îles ', ce sera, très aisément Rimatara + Rurutu ou Tubuai + Raivavae ou encore Tubuai + Rurutu. Un séjour ' 3 îles ' est plus complexe à cause des liaisons inter-îles parfois incertaines ou différentes selon les moments de l' année, mais c'est faisable. Astuce : si l'on veut discuter en direct au téléphone avec un agent d' Air Tahiti, choisir l' agence de l' aéroport de Tahiti-Faa'a, plus performante que l' agence en ville. C' est ainsi !

UN PEU DE GEOGRAPHIE Rimatara est la plus petite des îles australes avec ses 9 km2 de superficie. Elle est située à environ 560 kms au sud-ouest de Tahiti. C'est un atoll surélevé presque circulaire, issu d'un plateau volcanique. Elle a subi les contrecoups de la seconde éruption volcanique ayant rehaussé de 150 m l' île de Rurutu, il y a un million d'années, ne se soulevant elle-même que de 15 mètres environ. Les sculptures naturelles faites de corail déchiqueté appelées ' feo ' en tahitien, nombreuses le long de la côte sud, témoignent de cette intense activité géologique. Le nouveau récif frangeant, créé à la suite de ce cataclysme naturel, est très proche de la côte , voire carrément au bord de la plage. La mer reste donc souvent agitée comme à Rurutu, sauf sur la côte sud où l'on peut nager le long de deux ou trois superbes plages ou plagettes agrémentées de ' feo '. Il y a aussi des grottes, regroupées auprès de l' aéroport, en particulier celle nommée Ruatavae, la plus spectaculaire., mais, hélas, les services de l' Aviation Civile, viennent d'en interdire l' accès pour raisons de sécurité. Un peu difficile à comprendre quand on sait qu'il n' y a que 3 vols par semaine, à des horaires parfaitement identifiables. SI vous voulez visiter des grottes, ce sera donc Rurutu ou rien du tout !

L' île culmine au mont Uahu, à seulement 84 m d'altitude. Le lagon est quasi inexistant, le récif se trouvant à quelques mètres de la côte. Avant la construction de l' aéroport en 2006-2007 et sa mise en service en 2008, l' accès à l' île était interdit à tout navire ou voilier sinon par baleinières, le cargo mixte, débarquant marchandises et voyageurs, restant ancré en pleine eau derrière le récif. L' aéroport a désenclavé l' île et changé la vie des quelque 870 habitants y résidant. Ils sont répartis entre 3 villages : Anapoto, Motuaura et Amaru, ce dernier étant le chef-lieu. Les îles Maria voisines, inhabitées, dépendent officiellement d' Amaru. Les habitants de Rimatara parlent un dialecte particulier, le ' reo rimatara '. Une singularité dans cette langue vernaculaire - par rapport au ' reo mahoi ' , est l' absence du 'f '. Ainsi ' fare ' ( ou maison en tahitien ) se prononce ' hare ' en ' reo rimatara '.



UN PEU D' HISTOIRE LOCALE Rimatara était appelée autrefois Nuiova, de par la configuration de ses hauts-fonds. C 'est le capitaine Samuel Pinder Henry qui fit mention de Rimatara, pour la première fois, en 1811. Ce fut la dernière à être découverte. A l' époque, elle était gouvernée par le roi Tamaeva II. Dix ans plus tard, en 1821, deux pasteurs protestants anglais, Orsmond et Thelkeld , assistés de Faarava et de Oo, natifs de Bora-Bora, viennent établir une mission sur l' île. Ils arrivent de Londres, comme ceux qui se sont déjà établis à Rurutu et à Rapa. Comme à Rurutu, ils ne vont cesser d' intriguer pour faire tomber l' île dans le giron britannique, en particulier en facilitant le déplacement de la jeune reine Tamaeva IV ainsi que du jeune roi de Rurutu à Rarotonga aux Îles Cook où les Britanniques avaient un consul. Celui-ci les aide à rédiger une requête directement adressée à la reine Victoria demandant leur passage sous protectorat anglais. Tous ces efforts seront finalement vains, la France rappelant diplomatiquement mais fermement à Londres que la position géographique des deux îles en faisait logiquement de futures possessions françaises, alors que Raivavae et Tubuai se trouvaient déjà sous protectorat. Celui-ci sera établi le 29 mars 1889 sous l' autorité du gouverneur Etienne Lacascade sans que la jeune reine, âgée alors de 14 ans et sa régente, la future Tamaeva V perdent leurs prérogatives royales. On trouvera ci-après des copies de documents historiques 1 / procès-verbal de l' avis officiel de mise sous protectorat français de Rimatara en 1889 2 / photo à bord du navire ' La Dives ' des participants. 3 / Accueil d'une délégation de l' Eglise protestante sur la plage d'Amaru en mars 1889 4 / Photo de la reine Tamaeva V ( ex-régente ayant pris le pouvoir ) avec son fils, le grand juge et une de ses petites-filles en 1892



UN PEU D HISTOIRE ROYALE ( OU RIFIFI A LA COUR ) A Rimatara régnait la dynastie des Tamaeva, semble-t-il, originaire de Raiatea, le fils d'un grand chef ayant dérivé dans sa pirogue des Îles sous le Vent jusqu'à Rimatara et décidé à l' arrivée de rester définitivement dans l' île, s'y marier et unifier ses habitants sous son autorité royale toute guerrière. Tamaeva est logiquement suivi de ses successeurs Tamaeva I puis Tamaeva II de 1807 à 1865 et Tamaeva III de 1866 à 1876. C 'est alors que les choses se compliquent car Tamaeva III n' a pas d' héritier mâle et c'est sa fille, Tamaeva IV, âgée alors de 6 ans, qui hérite du trône. C' est une enfant et sa tante Heimataura, fille du roi Tamaeva II , s'impose alors comme régente à 46 ans, soutenue par les protestants avec qui elle compose habilement et qu'elle laisse édicter en son nom un code de lois compatibles avec la présence occidentale et les impératifs de l' évangélisation qui bat son plein. De plus, les relations sont bonnes avec l' île voisine de Rurutu et les missionnaires, alliés objectifs des Britanniques dans la région, espèrent pouvoir encore renforcer l'indépendance de ces deux îles par rapport à l' administration coloniale française. Les choses se passent finalement autrement et ce sera la jeune reine de 14 ans, assistée de 7 chefs locaux, qui signera l' accord de protectorat avec la France en 1889. Les années passent : en 1892, Tamaeva IV a alors 16 ou 17 ans et s'affranchit peu à peu de la tutelle de sa tante. Intelligente et autoritaire, elle compte bien gouverner seule désormais. C 'est alors que survient ce qui ressemble à une intrigue de palais : apparemment en bonne santé, elle meurt brutalement, en 1892, justement au moment où elle est parvenue à consolider son pouvoir ! Et qui lui succède immédiatement ? Sa tante, la régente qui prend le titre de reine sous le nom de Tamaeva V, à l' âge de 62 ans et régnera jusqu'en 1923, demeurant la dernière reine des Etablissements Français d' Océanie, bien après l' annexion officielle de l' île par la France. On a beaucoup supputé sur la cause de ce décès subit : chute fatale, maladie infectieuse, grippe ? Ceci dit, une tradition orale persistante rapporte que la jeune fille portait des marques de strangulation au cou après sa mort. On peut donc imaginer que sa tante, elle-même très intrigante, ait conspiré à la faire disparaître... !

PETITE HISTOIRE DES PERRUCHES Il reste une population d' environ 900 à 1200 individus soit plus que d'habitants, et celle-ci croît régulièrement. Cette perruche appelée ' Ura Vaero ' par les habitants de Rimatara, lori de Kühl -ou Vini Kuhlii, son nom scientifique - par les ornithologues, est la star incontestée de l' île. Elle est protégée - et déclarée ' tabu ' depuis le règne de la dernière reine de Rimatara qui en interdit la chasse - on prélevait les plumes rouges pour confectionner des coiffes d'apparat - dès la fin du 19ème siècle. C' est une perruche, un oiseau de taille modeste mais de la grande famille des perroquets dont la livrée rouge, vert, jaune et bleu est magnifique. Cette perruche, qui avait disparu des Iles Cook, a été ré-introduite sur l' île d' Atiu, aussi appelée Enuamanu, troisième plus grande île de l' archipel des Cook, île surélevée également comme Rimatara. (A noter que, sur une carte, les îles Cook sont très proches et de Rimatara et de Rurutu. Elles ont subi des bouleversements géologiques de même nature dans un passé très lointain) Vingt-sept loris ont été offerts par les habitants de Rimatara à ceux d' Atiu en 2007, et ils ont prospéré. Une seule condition à Rimatara comme à Atiu : empêcher l' arrivée intempestive via le frêt-bateau du rat noir sur les deux îles. Celui-ci est une nuisance connue dans les îles polynésiennes. Sur les 67 îles habitées de Polynésie Française, seules deux sont exemptes du rat noir, Rimatara aux Australes et Ua Huka aux Marquises.Le rat est une menace mortelle non seulement pour le lori mais aussi pour un autre oiseau endémique de l' île, la rousserolle qui, en taille et livrée, s'apparente à une grive européenne. Il est agressif, détruit les nids, mange les oeufs et les oisillons. En outre, la présence du rat noir fait tomber au moins de moitié la production annuelle de coprah. Exemple plus que parlant : Rimatara, sur ses 9 km2, a produit 180 tonnes de coprah par an de 2010 à 2013 pour un gain de 25 millions de FCP, tandis que Fatu Iva aux Marquises, île de 84 km2, n' a produit, à la même période, que 98 tonnes de coprah pour un gain réduit de 14 millions de francs CP. Différence entre les deux îles : le rat est présent à Fatu Iva ! A Rimatara, on essaie donc de rester vigilant et vertueux écologiquement. Des mini- conteneurs bariolés ont été placés stratégiquement aux 4 coins de l' île de façon à collecter canettes, bouteilles plastique et verre. Enfin, la mairie a investi 20000 euros environ dans l' achat d'un chien spécialement dressé à débusquer les rats, venu tout droit de Nouvelle Zélande, et qui inspecte le contenu du cargo mixte à chaque transbordement. Les deux quais ou débarcadères nord de Taanini et sud de Matuaura sont actuellement en réfection, mais, pour des raisons techniques ( mer agitée et houle conséquente ) et des raisons de préservation écologique de l' île, il n' est pas prévu d'accostage.



RIMATARA AUJOURD'HUI L' île a un rythme de vie tranquille et décontracté, traditionnel aussi. Les vallons et creux du centre de l' île ( car , même si elle ne culmine qu' à moins de 100 mètres, elle n' est jamais plate ! ) sont dédiés aux tarodières tandis que s'alignent le long des routes bananeraies et cocoteraies exploitées pour le coprah, exporté vers Tahiti ( en particulier pour y fabriquer de l' huile de qualité ainsi que du monoi ). Le prix du coprah est fixé par le gouvernement territorial à 140 FCP le kilo ( c'est à dire 140000 FCP la tonne ) de manière à permettre aux agriculteurs d' avoir ou de compléter un petit revenu. On considère que l' agriculteur moyen rimatara pourra , d'une année sur l' autre, vendre de 1 à 2 tonnes de coprah. Beaucoup de pamplemoussiers également à Rimatara dont les fruits sont, à mon avis, les meilleurs de Polynésie, également des goyaviers, souvent sauvages. Si vous décidez d' aller marcher le long de la piste traversière en terre, vous pourrez cueillir quelques fruits le long du chemin et vous régaler. Tout est bio ! Rimatara est aussi connue pour ses plantations de pandanus où s'activent hommes et femmes. C'est l' île australe où l'on récolte le plus de feuilles de pandanus, de plusieurs variétés, certaines étant très recherchées pour leur forme ou leur texture, au plus près géographiquement ( Rurutu et Tahiti ) aussi bien qu' au plus loin ( Hawaii ou Paris dont les fleuristes raffolent des feuilles de pandanus pour leurs bouquets ). La feuille est coupée, débarrassée de sa nervure centrale, puis mise à sécher à plat ou accrochée à un mur au soleil deux ou trois jours. Puis les feuilles sont roulées minutieusement les unes avec les autres, à raison de 100 dans un rouleau qui sera vendu 2000 FCP. On confectionne chapeaux, sacs, pochettes, ceintures, couronnes de bienvenue, coiffes et parures de danse traditionnelle tahitienne - et hawaïenne- avec ces feuilles, mais on peut aussi en faire des objets de décoration sophistiqués. La pêche est pratiquée par les hommes, obligatoirement en mer, vu l' étroitesse ou la quasi inexistence du lagon. Quand la mer se calme et que l' on peut marcher sur ou aux abords du récif, on récolte alors des algues endémiques , très vertes et torsadées, qui sont un vrai délice, consommées tout simplement avec un jus de citron vert. Même si l' aéroport a révolutionné le mode de vie des habitants ( en apportant aussi le téléphone portable, la wi-fi et Internet ), Rimatara reste peut-être l' île qui a gardé le plus ses traditions et un mode de vie authentiquement polynésien.

NOTRE SEJOUR Lundi ( de Pâques ) 22 avril Départ à 6 H 30 à destination de Rimatara via Rurutu où l' escale sera de 20 minutes. Arrivée à 9 H 05 à Rimatara. Le temps était au beau au départ de Tahiti, et s'était chargée de gros nuages un peu avant l' arrivée à Rurutu où il pleuvait. On commençait à s'inquiéter des conditions météorologiques à Rimatara ( à seulement 30 mn d' avion ), mais non, miracle, il fait beau à Rimatara. Inutile de trop s'inquiéter du temps qui varie sur ces petites îles perdues au milieu d'un vaste océan. Le mauvais temps passe vite, et le soleil remplace la pluie, parfois en quelques minutes ! Nous sommes reçus avec chaleur par notre hôte Kenji - avec qui nous avions fait connaissance au Salon du Tourisme de février - et son épouse. Un autre couple vient s'ajouter à nous pour le séjour à venir; ils resteront deux jours de plus, ne repartant que vendredi alors que nous rentrons mercredi. Kenji - comme son prénom l' indique - a un ancêtre japonais, débarqué d'un bateau et jamais reparti. Il a aussi un ancêtre hollandais... Un métissage assumé ! De toute façon, la race pure - rêvée par certains - n' existe plus depuis longtemps dans les îles polynésiennes où l 'on avait deviné depuis longtemps - et à la suite des ravages physiques et mentaux de la consanguinité - que le métissage était garant de la survie de la race. Quelques minutes de trajet pour sortir de l' aéroport, et rejoindre la route de ceinture ainsi que la pension. Nous déposons nos bagages et Kenji nous propose un tour de l' île en voiture, histoire de repérer les endroits qu'il nous intéresserait de revoir plus tard en solo. Nous allons faire tout cela à petite vitesse avec arrêts photos. Profitons du soleil, du ciel bleu, des couleurs du lagon, du récif tout proche où écument d'énormes vagues, des tarodières ordonnées d'un vert tendre, des plantations de pandanus d'un vert sombre. L' île est belle et avenante, on l' imaginait plate, elle est toute en contours et montagnes russes, avec creux et vallons humides. Ceux-ci occupent en fait l' espace du mini- lagon initial, disparu lors du second séisme géologique.



Un peu avant midi, Kenji nous laisse, en bord de mer sur la côte sud, la plus belle, aux mains de Nelly Iotua, déjà rencontrée à l' aéroport, et prestataire de déjeuners ( cuisine traditionnelle uniquement ) à la bonne franquette, soit sur la plage près de chez elle, soit devant le lagon. Nous serons une douzaine au final car viennent s'ajouter à nous un groupe d' infirmiers et infirmières en activité et en stage, réunis à Rimatara autour du we de Pâques. Le repas est plus que copieux : du taro bien sur sous plusieurs formes, de la banane aussi, et puis les fameuses algues, du poulpe, du poisson bien sur, des papayes, du lait de coco... nous allons trop manger, c' est excellent. 1500 FCP par personne. Je conseille donc la formule pour encadrer, en milieu de journée, tout séjour à Rimatara. D'une certaine manière, vous n' aurez pas d'autre choix, sinon de jeuner, ce qui serait vraiment dommage ! Après le repas, nous allons rentrer la pension à pied. Il fait beau, mais pas trop chaud, et il y a du vent. On approche du changement de saison qui commence en mai. Dîner léger et retour au bungalow. Grand lit à la balinaise avec moustiquaire enveloppante. Les moustiques arrivent en début de soirée ( rien n' est parfait ), ce sont de gros moustiques un peu lents et en fait peu actifs. Certains parviendront quand même à rentrer sous la moustiquaire pendant la nuit ! On les retrouve au petit matin au sommet interne de la moustiquaire. On a été piqué, mais on n' a rien senti... Nous aurons tout de même très bien dormi, sans hurlements de chien ou cocoricos sonores autour du bungalow en pleine nuit. C' est rare en Polynésie Française et donc à noter très positivement.

Mardi 23 avril Nous avons décidé de faire un tour complet de l' île à pied pendant la matinée en attendant de revoir notre cuisinière préférée, dans un cadre de bord de mer proche de sa maison. De toute façon, la randonnée est reine à Rimatara, une île comme un mouchoir de poche ! On rencontre les locaux dans leurs tarodières, dans les plantations de pandanus, dans les bananeraies, sous les cocotiers à ramasser les noix, dans leurs jardins à faire sécher le coprah au soleil. Le plaisir justement est de s' arrêter pour discuter et échanger. Les habitants de Rimatara sont des gens très ouverts, souriants, diserts et sympathiques. On n' a plus ce contact privilégié avec la population dans les Îles de la Société ! Au départ de la Pension A la Perruche Rouge où nous résidons, nous allons d' abord aller vers le village principal d'Amaru où il y a , en cette matinée d'après long week-end pascal, un peu d'animation, que ce soit à la Mairie, à la gendarmerie, ou au dispensaire. Durée de la randonnée complète en prenant son temps ( et en prenant un bain dans une eau claire et courante à 24° ) : un peu moins de 3 heures ! Le temps de rejoindre Nelly pour un second déjeuner en bord de mer. Elle va nous décliner toutes les façons de présenter le taro ( = le pain des habitants des Australes ) sous toutes ses formes ! L' une de ses cousines est là pour montrer comment l' on tresse le pandanus... Dans le village principal d' Amaru, côté mer, se trouve le cimetière ancien, celui des grands tombeaux dont ceux des derniers rois et reines de Rimatara.

VM
VA
SUITE DE

A LA DECOUVERTE DE RIMATARA, LA PERLE CACHEE DES AUSTRALES

Retour dans l' après-midi à la pension, mais, avant cela, nous allons parcourir la traversière qui a l' avantage d'être courte et sur pente douce et herbue. Nous en rapporterons à la pension des goyaves ramassées sur des arbres sauvages ainsi que d'énormes pamplemousses que nous allons garder pour notre retour à Tahiti. Ils sont cueillis sur l' arbre et délicieux.

Mercredi 24 avril Nous avons une matinée de libre avant le retour. Après un début de matinée un peu brumeux, le ciel devient soudain tout bleu avec quelques cirrus d'altitude et la température, fraîche jusque là, remonte brutalement. Nous allons refaire une longue randonnée, en évitant cette fois le village d'Amaru, et en coupant par l' intérieur. Nelly a, une fois encore, préparé un repas à 5 au bord de la plage, avec des nouveautés par rapport aux deux derniers jours. Le plat de résistance est un énorme baliste cuit au four, tandis qu' en entrée nous dégustons des algues de nouveau, des bénitiers pré-cuits au citron vert, et une rareté, des ' rauri ' ou holothuries, sortes de saucisses un peu spongieuses que l'on trouve au fond du lagon et dont raffolent les gourmets chinois ( en soupe ). Nelly a préparé la bête au lait de coco et citron vert, le goût n' est pas génial, et la texture est élastique. Une expérience tout de même ! Notre hôte Kenji viendra nous chercher vers 13 heures pour récupération des bagages et leur enregistrement à l' aéroport. Quand nous arrivons, il n' y a presque personne à part un petit groupe de chanteurs et chanteuses à la voix douce et mélodieuse. Tout cela est typique des îles où la vie reste insouciante et où l' on a toujours le temps. Départ avec un peu de retard, escale de 15 mn à Rurutu et envol pour Tahiti où nous arriverons à la nuit tombante. C 'est aussi la fin de ce long carnet plein de méandres sur les quatre îles des Australes, qui, je l' espère, vous aura fait rêver et , qui sait ? , décider d'inclure cet archipel à votre prochain voyage en Polynésie.

4 / INFOS UTILES Se munir d'argent liquide pour un séjour à Rimatara. Pas de distributeur de billets, pas de paiement possible en carte, pas de paiement souhaité non plus en chèque. Se munir également de produit anti-moustiques pour la peau ou pour la moustiquaire. Objectivement, tout cela ne sert pas à grand chose...

HEBERGEMENT

1 / Pension La Perruche Rouge Contact : Kenji et Brenda KATO Lieu : Village d'Anapoto Email : la perrucherouge@mail.pf Site Internet : www.laperrucherouge.com



Pension choisie par nous. Hôtes très sympathiques et empressés. Bonne cuisine ( à base de poisson ou de poulet ) en soirée. Les bungalows auraient besoin d'un petit coup de jeune ( vernis sur les portes intérieures et extérieures, nettoyage des parties hautes ).

2 / Pension UEUE Contact : Claudine et Goerges ATITIO Lieu : Village d' Amaru Email : ueue.rimatara@mail.pf Site Internet : www.pensionueue-rimatara.com

A VOIR ET A FAIRE 1 / Tour de l' île en voiture puis à pied 2 / Visite du cimetière d' Amaru pour ses imposants tombeaux royaux 3 / Observation des perruches rouges et rousserolles dans leur milieu naturel 4 / Baignade sur les petites plages de sable blanc 5 / Atelier-découverte de la préparation du monoi avec et chez Nelly 6 / Atelier-découverte de la transformation du pandanus et de son tressage ( toujours avec et chez Nelly )

Et maintenant quelques dernières photos





Et puis, encore deux jolies légendes !

A / LEGENDE DE LA SIRENE PUNARUA Dans les temps anciens vivait à Rimatara une sirène que l'on pouvait voir, les jours de gros temps, surfer sur les vagues du récif en face de la baie de Motuaura. Elle avait le pouvoir surnaturel de calmer les flots pour protéger le village. Quand on ne la voyait plus, elle se reposait alors au fond d'une grotte de cette même baie. Cette sirène était d'une beauté stupéfiante et sa renommée était parvenue aux oreilles de Hurumanu, un vaillant guerrier originaire d' une île voisine, qui n' eut de cesse de la trouver et de la conquérir. Il navigua seul dans sa pirogue de son île jusqu'à Rimatara, mit pied à terre au nord de l' île à Taanini et courut jusqu'au mont Oromana ( ou Vahu ) pour tenter de l' apercevoir. Elle se baignait, tranquille, près du rocher Toahararo qui est toujours visible aujourd'hui sur un côté de la plage. Sans perdre de temps, il accourut jusqu'à la plage, mais ne trouva pas la sirène qui avait disparu. Se sachant épiée, elle s' était réfugiée au milieu des rochers de Toaroa et cachée dans une grotte nommée Punarua. C' est la raison pour laquelle les anciens nommèrent leur sirène préférée Vahine Punarua.

2 / LEGENDE DES JEUNES AMANTS DE TARA

Cette légende met en exergue le Tamarii A Tara, ce superbe bassin naturel de 6 mètres de diamètre et de 4 mètres de profondeur, bordé de rochers et qui se trouve près du motu Rare Apo sur la côte sud de Rimatara. ( voir photo ). C 'est là que s' est déroulée la belle et triste histoire des enfants de Tara. Au temps anciens des rois vivaient deux adolescents qui s'aimaient en cachette car leurs familles respectives s'opposaient à leur union et les empêchaient d' accéder au village du Roi. Ils décidèrent alors de s'enfuir loin de leurs familles et de se réfugier au milieu des rochers au lieu-dit Hipuna. Les jeunes filles du village connaissaient la cachette des deux amoureux; elles leur rendaient visite chaque jour et apportaient de la nourriture en abondance, tout en donnant pour prétexte aux adultes leur envie de prendre un bain de mer dans cet endroit magnifique. Mais un jour, des pêcheurs surprirent les deux jeunes gens et les poursuivirent jusqu' à la résidence royale. Et là, heureuse surprise, le Roi les accueillit favorablement, leur accorda sa protection et les maria sur le champ malgré l' opposition des familles. Malheureusement, leur union ne dura pas, ils moururent rapidement car ils étaient frère et soeur, enfants de Tara tous les deux. Depuis ce temps-là, le coin secret où ils vécurent heureux s' appelle Na Tamarii A Tara.

Voilà. C' est fini.

Moana
VM
RJ
On se cultive à la lecture de ton carnet et c'est un plaisir de te lire
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
MA
Salut Moana,

Comme Regis j'ai été perturbé par la progression des carnets dont je n'avais pas forcément les notifications, mais c'est bon, maintenant je suis à jour [:)].

Tu nous a gâté avec un texte riche et détaillé reprenant tous les aspects de ces îles que, tu le sais, j'aimerais découvrir [:P].

En plus d'être agréable à lire, accompagné de belles photos qui font rêver, c'est utile pour se faire une opinion et envisager un futur voyage. Par exemple Rurutu qui à l'origine ne m'attirait pas plus que ça, m'attire plus maintenant. J'ai l'impression qu'il y a plus d'activités possibles que sur d'autres îles et le côté luxuriant avec de nombreux fruits et légumes me plait bien. Il faut juste viser la bonne période pour profiter des ces fruits.[:)]

Pour Rimatara tu as parlé de "jardin d’éden" ... ça aussi ça me dit bien [;)]

Merci beaucoup pour ton "travail", car faire un tel carnet prend beaucoup de temps [:)] Bravo
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VA
Bonjour Muriel,

Je reprends au bond ta remarque sur un voyage éventuel à Tahiti et ses îles. Revenant de Rurutu, nous avons rencontré un couple qui , justement, avait choisi de visiter deux îles des Tuamotu et deux îles des Australes en plus du séjour à Tahiti, tout cela avant de repartir par la Nouvelle-Zélande... Et ils étaient encore plus enchantés des Australes que des Tuamotu... Tout cela pour dire que c'est faisable... et enchanteur !

En ce qui concerne le billet dont le prix fait toujours un peu peur, j' ai un ' deal ' via Auckland, en coopération avec Air France, ANZ et ATN qui est vraiment intéressant. Je ne sais plus si j' ai évoqué, à un moment donné, cette possibilité de voyage vers l' Océanie... ?

Bonne journée

Moana
VM
RJ
En ce qui concerne le billet dont le prix fait toujours un peu peur, j' ai un ' deal ' via Auckland, en coopération avec Air France, ANZ et ATN qui est vraiment intéressant.

Ah non, je savais pas que c'était possible, tu peux en dire plus ?
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MU
Bonjour Moana

Je prends bonne note de tout ça ....tout donne envie en Polynésie (mais le budget ne suit pas toujours, hélas, et il faudra bien faire des choix ). En tout cas, je n'exclus pas d'emblée les australes [;)]. Je ré étudierai tout ça dans quelques années, probablement dès que je serai en retraite. Merci en tout cas pour tous ces carnets très enrichissants. Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
VA
Bonjour Régis,

Je te réponds en courrier ouvert, car les infos pourront servir à d'autres. Il ne s'agit pas de voyages que j' ai testés récemment, je veux le signaler. Mais les infos sont sures. Elle sont cependant à vérifier, car ce qui est offert une année - ou pendant 6 mois - peut ne plus être valable l' année suivante.

En fait, il y a trois ' deals ' et pas un seul .

1 / Pour le premier, il faut trouver un package avec la compagnie quatari, au départ de Paris. Passage par Doha à l' aller et au retour ( une nuitée offerte ) et par Auckland à l' aller et au retour ( une nuitée offerte ). Paris CDG - Doha Quatar Airways Doha - Auckland ANZ / QA Auckland - Papeete ANZ / ATN

Même chose au retour. Papeete - Auckland ANZ / ATN Auckland - Doha ANZ / QA Doha - Paris CDG Quatar Airways

Vérifier si ce billet peut aussi être acheté chez NZ également.

2 / Pour le second, il faut contacter le bureau de liaison de ANZ à Paris, la compagnie néo-zélandaise ne proposant pas de vols au départ de France ( uniquement au départ de Londres Heathrow et de Francfort ). Cela vaut le coup d'aller à Paris spécialement chercher son billet.

Vols Aller Paris - Buenos Aires AF Buenos Aires - Auckland ANZ Auckland - Papeete ATN

Vol Retour Papeete - Los Angeles ATN Los Angeles- Londres ANZ Londres - Paris AF

Il faut chercher sur Internet l' adresse de l' officine de ANZ à Paris. Ils ont un très bon service marketing.

Prix : environ 1300 euros AR. Les vols au départ de la province sont à rajouter.

3 / Billet Tour du Monde Air New Zealand ( il s' agit du successeur de l' ancien billet dit ' Commonwealth ' qui permettait d'assurer la continuité territoriale entre la GB et ses anciennes colonies + la PF )

ANZ est l' une des rares compagnies au monde à proposer un vrai Tour du Monde à un prix compétitif avec 5 stop-overs maximum. L'un de ces stop-overs peut être la Polynésie Française.

Départ de Londres ou de Francfort pour Auckland ( via Abu Dhabi ou Singapour ) A partir de là, on peut faire une boucle qui peut englober la PF, mais aussi l' Australie, les îles Fidji, les îles Cook, et, je crois, les Samoa Occidentales ou les Tonga. Même chose au retour. Passage obligatoire par Auckland, of course !

Prix du billet : à suivre sur le site de la compagnie car il varie... Entre 1500 et 2000 euros.

Bonnes et belles recherches

Moana
VM
VA
Salut Jean- François,

Désolé d' avoir écrit des carnets si mystérieux que personne ou presque ne les avait trouvés ! C' était de ma faute. Retour de Rurutu, je suis d'accord avec toi. Rurutu a beaucoup de charme. C' était une île aux chefferies beaucoup plus organisées et sophistiquées que les autres, socialement et culturellement. Son côté communautaire - qui existe dans les autres îles également, mais pas à ce niveau de perfection et de générosité - est plutôt sympathique. L'île a rayonné dans la région. A une certaine époque, les guerriers rurutu, très mobiles, étaient craints. Ils en imposaient... Rurutu ressemble, aux Australes , à l' atoll d' Anaa dans les Tuamotu du centre ( côté ouest à un peu plus de 300 kms de Tahiti ) dont les guerriers ont imposé leur pré-éminence et autorité jusqu'à Rangiroa au nord. Deux cataclysmes naturels ont brisé cette expansion à jamais. Nous y allons en octobre. 1 vol par semaine : il faut donc rester une semaine entière. Autant ne pas se tromper d''île et aimer l' ambiance Tuamotu....

Pour revenir à Rurutu, si tu veux voir les baleines, ce sera de juillet à octobre. Mais il fait plus frais et les cultures, surtout fruitières, sont un peu au repos... Possible de se mettre à l' eau à côté des baleines et de leurs petits, mais uniquement en mode ' snorkeling ', en surface. Pour ce qui est de la plongée en bouteille, rien aux Australes, sauf à Tubuai.

A ce propos, il n' y a plus de club de plongée à Ahe. Le jeune couple qui gérait le club s'est tué dans un accident de voiture en France. Triste....

Moana
VM
MA
Salut Moana,

Désolé d' avoir écrit des carnets si mystérieux que personne ou presque ne les avait trouvés !

pour un nouvel arrivant ils sont parfaits, c'est juste que, comme on suivait sa construction on ne bénéficiait pas des notifications.

Pour ce qui est de la plongée en bouteille, rien aux Australes, sauf à Tubuai.

oui tu me l'avais dit, c'est chouette.

En revanche pour le moniteur de AHE c'est bien triste ... j'espère que quelqu'un reprendra le flambeau
https://apprentisvoyageurs.com
ME
Moana,

Ce carnet est génialissime [:)] Toutes ces infos sur l'histoire des îles sont très enrichissantes !

Je réitère une question que je t'avais posé plus haut concernant l'île de Rapa : tu dis qu'ils sont équipés de cheminées mais y a t'il beaucoup de forêt pour faire du bois de chauffage sur l'île ?
Il faut se perdre pour trouver l’introuvable, sinon tout le monde trouverai l’introuvable.

Jack Sparrow
VA
Bonsoir jérémy,

Désolé de te répondre avec autant de retard. J' avais zappé ta question... Non, il n' y a pas tant que cela de couverture forestière sur l' île de Rapa, mais sans doute suffisamment pour à peine 600 résidents actuellement. Et le froid humide ne sévit que pendant quelques semaines. Mais il est vrai que les habitants de Rapa se font envoyer de Tahiti des couettes pour les nuits de l' hiver austral... Bien à toi

Moana
VM
ME
Moana,

Pas de soucis merci d'avoir répondu [:)]

Je suppose que le bois (comme la viande et le poisson, que tu as précisé dans ton post) est distribué par famille ?

Si tu connais, un site, un livre ou n'importe quoi qui parle de la vie à Rapa je suis preneur [:)]
Il faut se perdre pour trouver l’introuvable, sinon tout le monde trouverai l’introuvable.

Jack Sparrow
RJ
Pour un livre tu as Rapa : Ile du bout du monde, île dans le monde
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

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VA
Bonjour Jérémy,

Pas de problème. On a peu écrit sur cette île qui reste assez mystérieuse en fait, de par son isolement. Je me renseignerai... Comme je l' ai indiqué, on peut s' y rendre en bateau et y séjourner 1 jour... ou 2 mois ! C 'est une expérience !

Bien cordialement

Moana
VM
ME
Regis,

Merci pour le lien [:)]
Il faut se perdre pour trouver l’introuvable, sinon tout le monde trouverai l’introuvable.

Jack Sparrow
ME
Moana,

Oui si tu as d'autres infos, je suis preneur [;)] Ca donne vraiment envie de vivre cette expérience qui est quasiment unique je pense !
Il faut se perdre pour trouver l’introuvable, sinon tout le monde trouverai l’introuvable.

Jack Sparrow
VA
Bonjour Régis,

Je n' ai pas fait comme tu le suggérais, à savoir rajouter des posts à l' infini, ce qui a pour effet d' émietter totalement le carnet présenté. Mais je comprends que les modifications et compléments que je n' ai cessé d' apporter aux différents carnets n' alertent personne sur le moment. Le but de ce court message - qui sera lu par d' autres- est simplement de signaler que le carnet général incluant Rimatara, dernière île visitée, est enfin clos. Je dois dire que je me suis amusé à rédiger tout cela et peut-être à en étonner plus d'un car qui pourrait penser qu'il y a tant à dire sur des îles perdues au milieu du Pacifique ? Cei dit, les Australes, c'est une découverte même pour moi. Lors d'un voyage à Tahiti, inaugural ou non, elles méritent une extension pour au moins deux d'entre elles si le temps est compté. A vous tous de choisir selon votre inclination.

Bien amicalement

Moana
VM
MA
Bonjour Moana,

Merci pour ton petit mot qui a été le signal pour la lecture du dernier opus [:)].

Sympa l'ambiance qui se dégage de Rimatara [:P]

Le hic c'est qu'il va falloir choisir !. Tu as l'une ou l'autre île qui t'as plus "tapé dans l'oeil" ?

Sinon encore un grand merci pour ton travail précis et fouillé bien agrémenté d'agréables photos

Bravo [:)]
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VA
Bonsoir Jean François,

J' étais sur que tu serais le premier à réagir....

Il y a deux îles ' nature ' : Raivavae et Rimatara. Il y a deux îles ' culture et nature ' : Tubuai et Rurutu, avec avantage ' culture ' pour Tubuai tout de même. Il y a une île traditionnelle polynésienne : Rimatara. Raivavae a un trésor : son motu-piscine, une splendeur inégalée, même en Polynésie. Idéal pour une journée lagon. Tour du lagon en bateau recommandé. Rurutu a ses grottes, ses baleines, ses routes intérieures riantes et dédiées aux cultures vivrières et fruitières. Le bord de mer est troublé et rude. Je pourrais continuer ainsi longtemps... Entre toutes, notre coeur balance.

On en reparlera... Tubuai est aussi la seule à avoir un centre de plongée, ce qui serait un plus évident pour toi.

Amicalement

Moana
VM
RJ
Bonjour Moana,

Toujours aussi difficile de retrouver les morceaux de carnet modifié, mais j'ai réussi à les retrouver ce qui est le plus important.

Toujours aussi agréable ces morceaux d'histoire.

Merci pour tout
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
VA
FIN DU CARNET SUR RURUTU

UN PEU DE CULTURE

A / J' ai d'abord réservé cette page à la sublime photo de la précieuse sculpture du dieu A'a vénéré par les Rurutu aux temps anciens. Cette unique sculpture, rescapée des destructions d'idoles de l' ancienne religion organisées avec méthode par les missionnaires, est chère au coeur des Rurutu. Hélas, elle n' est visible qu'au British Museum de Londres.

B / Je rajoute la photo d'un autre objet que l'on peut admirer au Musée des Cinq Continents à Munich. Il s'agit d'une figure féminine tatouée originaire d'Aitutaki aux Îles Cook. Ce personnage fait partie d'un lot de 48 objets acquis par Johann Wagler, un herpétologue ( ou spécialiste des reptiles ) allemand dans une vente aux enchères à Londres en 1825. L' ensemble fut finalement racheté par le roi Louis Ier de Bavière pour la somme de 400 florins en 1827.



C / On continue avec un ti'i à deux têtes, une figure bicéphale unique datant du 18ème siècle. Celle-ci fut collectée à Tahiti par le lieutenant Jervois du HMS Dauntless, un navire ayant fait escale en 1822 dans la baie de Matavai à Tahiti. Pièce acquise par le British Museum en 1955.



D / On termine par un costume de chef-deuilleur de Tahiti, collecté en 1792 par Francis Bond , premier lieutenant sur le Providence dont le capitaine était William Bligh. Ce costume fait 234 cm de hauteur et se compose de nacres, coques de noix de coco, fibres de coco, tissu d'écorce, carapace de tortue et pigments naturels. Les deuilleurs étaient des pleureurs professionnels que l' on engageait pour publiquement pleurer des personnages importants décédés. Le travail d'un deuilleur était de parcourir la propriété du défunt en courant dans tous les sens pour effrayer les mauvais esprits et terroriser ceux qui avaient le malheur de passer tout près d'eux. Ils enduisaient leurs corps de suie et de peinture rouge et blanche et ne portaient qu'un pagne noué autour des reins. C 'était un rituel coûteux. Le costume du deuilleur en chef était également précieux et cher ( A titre d'équivalence, une nacre valait l' équivalent d'un porc et ce costume en comporte 7 !!! ).

Ce costume est visible au Royal Albert Memorial Museum & Art Gallery à Londres.

VM
ME
Moana,

Superbes photos et merci pour les explications [;)]
Il faut se perdre pour trouver l’introuvable, sinon tout le monde trouverai l’introuvable.

Jack Sparrow
RJ
Merci pour cette leçon d'histoire et d'art [:)]
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

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