Retour aux Marquises: les îles méridionales Hiva Oa, Tahuata et Fatu Iva

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INTRO En ces temps épidémiques troublés, la Polynésie Française - et en particulier l' archipel des Marquises - ont des atouts exceptionnels en matière de tourisme. A ce jour, l' épidémie de Coronavirus a juste effleuré le Territoire -presque uniquement Tahiti et Moorea - dont les îles éloignées ont été strictement confinées dès le départ, les offres sanitaires et hospitalières sur place étant très limitées. Pour l' instant, la situation est sous contrôle. Le tourisme retrouve lentement ses marques depuis la mi-juillet. Il s'agit actuellement plus de tourisme local que de tourisme international, bien que la destination Polynésie / Marquises soit attirante : beauté et unicité des paysages, authenticité d'un archipel, certes situé à 4 heures d'avion ATR de Tahiti, mais que l' on peut facilement découvrir en solo et donc en dehors de la très onéreuse croisière sur l' Aranui, sécurité physique mais aussi sanitaire. Les Européens - dont une majorité de Français - arrivent... Ils avaient déjà leurs billets depuis des mois et l' entrée sur le territoire est facilitée. Nous devions faire ce second voyage aux Marquises en mai dernier, mais il fut annulé jusqu'à la reprise progressive des vols en interne. Nous avons simplement acheté un billet Air Tahiti en ligne, sans utiliser le Pass Marquises qui ne permet pas de visiter les deux îles les plus méridionales, à savoir Tahuata et Fatu Iva, dépourvues d'aéroport. On ne peut y aller qu' en bateau, en excursion à la journée ( ou plus bien sur ) pour Tahuata et en navette municipale au départ de Hiva Oa pour aller à Fatu Iva. Les horaires changeant fréquemment, la première chose à faire est de se renseigner sur les jours de passage vers Fatu Iva. En ce moment, il y en a trois : le lundi ( départ à 2 heures du matin ), le mardi ( départ à 6 heures ) et le samedi ( départ à 6 heures également ). Mais tout cela aura peut-être changé dans 3 mois. Il faut donc une stratégie d'approche ! On peut rajouter la visite de ces deux îles à celles qui sont incluses dans le Pass, à savoir Nuku Hiva, Ua Pou, Ua Huka et Hiva Oa. Prévoir alors une extension de 8 jours environ, à partir de Hiva Oa. Pourquoi vouloir absolument visiter ces deux îles peu accessibles ? Justement parce qu'il faut les mériter ! Elles demeurent très différentes. L' une, Tahuata, a un lagon, des plages de sable blanc, des falaises abruptes, des baies échancrées ourlées d'une végétation luxuriante, des couleurs uniques dans les bleus et turquoise et culmine à plus de 1000 mètres. L' autre, Fatu Iva , est une beauté sauvage et altière avec ses à-pics qui dévalent vers l' océan bleu outremer ( ou 'moana' en tahitien ), connue surtout pour sa fameuse baie des Vierges, considérée par beaucoup - en particulier les navigateurs - comme la plus belle île de Polynésie. Dans mon premier carnet sur les Marquises, j' avais déjà mentionné notre séjour à Hiva Oa, un peu trop court. Cette fois, entre notre arrivée et notre retour, nous passerons 4 nuits à Hiva Oa et 4 nuits à Fatu Iva. Une journée et demie sera consacrée aussi à Hiva Oa. Avant de partir à la découverte de ces îles polynésiennes lointaines et peu visitées, quelques chiffres édifiants qui montrent que les Marquises ont échappé de peu à l' oubli, à la perte de leur identité singulière et à la disparition de leur culture. L' archipel comptait 20000 habitants en 1842, seulement 2000 en 1920, environ 8000 actuellement en 2020. Au début des années 1920, c'est grâce à la politique nataliste du Dr Rollin, administrateur des Marquises de l' époque, que la situation commença lentement à s' améliorer. Ensuite et paradoxalement, ce fut un évêque, Mgr Lecleac'h, qui s'érigea en animateur engagé du réveil identitaire, via la sauvegarde du patrimoine, la reconnaissance de la langue marquisienne ( et non tahitienne ), les danses ( jugées trop lascives par les missionnaires ), les chants, le tatouage, enfin l' artisanat inspiré des motifs et des symboles de la culture ancienne. L' icône du renouveau marquisien est sans conteste le tiki, demi-dieu et créateur de l' homme. En lui réside la divinité et les ancêtres légendaires.



TAHUATA ou Île Lumière

DANS LA LEGENDE DES MARQUISES C' est la plus petite île habitée des Marquises dont le nom signifie l' aube en marquisien. J' aurai, plus tard, l' occasion de revenir sur la légende de la création des Marquises : dans cette légende, Tahuata représente le dernier acte de la construction avant l' aube. La symbolique de son nom est liée à l' arrivée de la lumière du jour, signifiant la fin de la construction de la 'Grande Maison', alias l' archipel des Marquises.

UN PEU DE GEOLOGIE Tahuata et Fatu Iva sont soeurs géologiquement parlant. Ce sont des îles plus jeunes que celles du nord de l' archipel ( de 5, 5 millions d'années au Nord-Ouest à seulement 1,2 million d'années au Sud-Est ) L' activité volcanique passée s' est matérialisée sous la forme de volcans dits boucliers, différents des volcans hawaiïens ou tahitiens, qui , suite à des secousses sismiques violentes et répétées, se sont peu à peu effondrés, disparaissant sous les flots de la moitié voire davantage des boucliers initiaux. Résultat : les calderas sont imbriquées l'une dans l' autre , la caldeira initiale étant dotée d'un volcan interne plus petit et plus récent. C 'est le cas à Fatu Iva par exemple.

UN PEU DE GEOGRAPHIE

Située à seulement 4 kms de Hiva Oa , on ne peut rejoindre Tahuata que par mer après 40 à 60 mn de navigation selon le temps ( il existe un catamaran communal, le Tahuata Nui mais qui est souvent en panne pour une durée indéterminée... ). On choisira entre l' excursion à la journée ou le passage simple en speedboat privé, assez cher. Ou si l' on doit résider à Tahuata, on s'arrangera au préalable avec la pension de famille choisie pour discuter des modalités et du prix de la course aller-retour entre Tahuata et Hiva Oa. Le canal dit du Bordelais qui est emprunté par les bateaux peut être extrêmement agité par des courants violents et rallonger un peu la course. (Petite digression sur ce fameux canal du Bordelais... Qui est donc ce Bordelais ? Un certain Joseph Capri ( ou Kabri ou Kabris ), originaire de Bordeaux même, initialement matelot de son état sur un bâtiment baleinier qui fait naufrage sur la côte de Nuku Hiva. Kabri , capturé par les guerriers du roi anthropophage de NH, s'apprête à mourir et à finir rôti à la broche, mais est sauvé in extremis par la fille du roi qui demande sa grâce. Celle-ci est accordée, il épouse la belle dans la foulée, le roi tatoue son gendre lui-même, lui offre des parures en tapa et mousse et le nomme grand juge du pays. Il tue, torture, garrotte, découpe en morceaux. Il pacifie à sa manière ! La vie est douce et belle, il a six enfants de sa princesse marquisienne ... Et puis un jour où il sommeille dans la nature, il est kidnappé par le navigateur russe Krunsenstern qui, à coups de knout, le ramène au navire puis à St Petersbourg pour y être interrogé et jugé. Kabri parvient à s' échapper vers Paris, demande à rencontrer Louis XVIII qu'il traite comme son cousin. Ce dernier - contre toute attente - le reçoit et lui donne un peu d'argent, mais la chance a définitivement tourné pour Kabri qui se retrouve à Valenciennes, gagnant son pain comme bête de foire. Il mourra à 42 ans, épuisé et sans avoir pu repartir vers son île marquisienne et vers sa famille nombreuse. Les autorités lui éviteront post mortem l' infamie d'une exhumation et d'un empaillage, son tatouage corporel et facial ayant conquis un amateur !!! JB Kabri le Tatoué, dessin publié dans le livre de Von Langsdorff

Retour à Tahuata... L' île n'est entourée que partiellement de récifs coralliens ( comme Mangareva aux îles Gambier ) , et est agrémentée de magnifiques plages de sable blanc, en particulier celle de Hanamoenoa. Avec ses versants escarpés se terminant en falaises, des vallées étroites et profondes ouvrant sur des baies échancrées à la végétation dense telles celles jumelles de Iva Iva Nui et de Iva Iva Iti, Tahuata surprend et attire. ' C'est une des rares fois où j' eus le désir de posséder de la terre ', écrivit en son temps le navigateur Alain Gerbault, conquis par une île qu'il qualifiait d'enchanteresse. Son relief est très accidenté et les communications terrestres - sur des pistes improbables - entre les vallées sont difficiles. L' île culmine au Mont Tumu-Mea-Ufa à 1050 m. Sa superficie est de 60 km2, avec une population de 650 à 700 habitants environ. L' île comporte 4 villages : Vaitahu, petit port historique, avec son église aux murs de galets et un magnifique vitrail, son musée d'art et d'histoire, et sa proximité avec des sites archéologiques; Hapatoni, autre village avec sa voie pavée ou ' allée de la reine ', construite sur ordre de la reine Vaekehu II au 19ème siècle, bordée d'arbres centenaires de tamanu plantés par les anciens , et ses ' me'ae ' ( ou ' marae ' en tahitien). Egalement Motopu et Hanatetena, deux plus petits villages. Il y a d'autres chemins pavés dans l' île, à Hapatoni en particulier, et des pétroglyphes à Hanatahua. On peut donc passer plus d'une journée à Tahuata, y séjourner dans l' une de ses pensions. Les chemins et pistes de l' île se prêtent parfaitement à la randonnée pédestre.

UN PEU D HISTOIRE

Plusieurs édifices du village de Vaitahu commémorent un passé souvent tragique. On peut y voir les trois stèles érigées en souvenir de l' arrivée des Espagnols en 1595, puis de celle de militaires français en 1838 et enfin de la prise de possession de l' archipel par l' amiral Abel Dupetit-Thouars en 1842. Alvaro de Mendaña y Neira jeta l' ancre à Vaitahu en 1595, un premier contact avec ceux que l' on appelait à l' époque dans les mers du Sud et ailleurs ' les naturels ' qui tourna rapidement au massacre par les soldats espagnols de 200 villageois, guerriers et civils mélangés. On peut comprendre, dans ce contexte, que l' arrivée d'Occidentaux au 18ème siècle et au début du 19ème siècle ait suscité beaucoup de méfiance, d'animosité et d'hostilité de la part des habitants de Tahuata, et des autres îles également. Les premières tentatives d' évangélisation protestante d'abord en 1797 puis catholique en 1839 se soldèrent par un échec retentissant ( le gouvernement français avait l' habitude d'envoyer les missionnaires en éclaireurs afin de tâter le terrain.. ). Le religieux ayant failli à sa mission, il restait donc le politique et le militaire : l' expédition Dupetit-Thouars arrive en vue de Tahuata mi - avril 1842. Les Français sont dans un premier temps plutôt bien reçus par le chef / roi Iotete qui a récemment subi la pression de la marine américaine et qui se dit que la France le protégera. On attribue donc un terrain en hauteur aux Français pour la construction d'un fortin et d'une garnison. Dupetit-Thouars veut aller vite et propose à Iotete de se mettre sous la protection du roi de France, Louis-Philippe. Iotete accepte et, le 1er mai, est organisée une cérémonie pour la prise de possession officielle des îles Sud de l' archipel des Marquises - et par extension de tout l' archipel - par la France en présence des missionnaires et du neveu de Iotete, Maheono, également chef de Hanatetena. Et puis rapidement, un malaise grandissant s'installe, l' ambiance se dégrade, Iotete devient peu accommodant et versatile, ne supportant pas de se voir privé de son autorité de chef incontesté. Il fugue dans la montagne, organise la résistance aux Français que l' on vient pourtant de fêter, et finit par assiéger le fortin à moitié achevé avec ses guerriers. Résultat : des morts et des blessés des deux côtés et un chaos inattendu. Après palabres et promesses, l' amiral, fidèle à sa stratégie initiale, convainc Iotete - contacté et ramené à la raison par son neveu - de revenir à la table des négociations, et les termes d' une paix durable sont établis définitivement. Iotete a tenté de lutter mais a perdu et la guerre et son pouvoir, son ' mana '. Il mourra l' année suivante, une fin triste et sans avenir pour un chef qui ne sera pas élevé au rang de dieu le jour de ses funérailles.

Prise de possession officielle de Tahuata De g. à d. : Maheono, Iotete ( en habit militaire d'apparat à galons d'or époque Louis XV ), le père Baudichon, Abel Dupetit-Thouars

Iotete le 1er Mais 1842 ( portrait par Max Radiguet ) Iotete le 1er mai 1842 ( portrait par Max Radiguet )

Maheono, neveu de Iotete et son saisissant tatouage facial

Guerriers marquisiens 19ème siècle

L' amiral repart bientôt sur son navire La Reine Blanche vers Tahiti où il va obtenir le 9 septembre 1842 de la reine Pomaré IV son acceptation formelle de placer son île sous protectorat français. C' est ainsi que Les Marquises alias La Terre des Hommes ( ou Te Fenua Enata en marquisien ) devient la première colonie française dans le Pacifique Sud un peu avant Tahiti.

FAUNE ET FLORE Depuis sa disparition de Hiva Oa, suite à l' introduction malheureuse d'un rapace nocturne, le grand-duc de Virginie ( ou Bubo Virginiasus en latin ), la seule population survivante de ' pahi ' ou martin-chasseur des Marquises, vit à Tahuata, en grand danger d'extinction, car en déclin lent mais constant. il ne resterait que 300 individus au mieux. La destruction du grand-duc est autorisée à cause de son impact fatal sur la faune aviaire locale. Des excursions à pied et à cheval, en excursion à la demi-journée ou à la journée entière, à la découverte du ' pahi ' sont possibles. Contacter le comité de tourisme de Tahuata.

ACTIVITES TRADITIONNELLES

Il y a à Tahuata plusieurs centres d'artisanat et ce dernier est le plus réputé des Marquises, en particulier pour la sculpture sur os. Dans l' île, on est souvent sculpteur de père en fils; les hommes travaillent le bois de rose, l' os de cheval, de chèvre et de mouton et le rostre d'espadon. Dans la vallée d'Hapatoni, ce sont surtout d' expertes sculptrices qui sont à l' oeuvre, souvent depuis des années. Au travail de l' os ou du rostre d'espadon, elles ajoutent la confection de bijoux originaux. La culture du coprah est bien présente à Tahuata et permet aux agriculteurs de gagner un revenu fixe. Les cultures vivrières et les récoltes d'agrumes tels les pamplemousses, très réputés permettent l' autosuffisance alimentaire des habitants de l' île et un peu d'exportation vers le marché et les supermarchés de Papeete ( via la diaspora marquisienne installée à Tahiti ). Pêche et chasse participent également, pleinement, de ce désir d'autosuffisance. La nature est généreuse et tout pousse à profusion et l' on vit simplement mais plutôt bien à Tahuata comme ailleurs aux Marquises, d'autant que désormais, les cargos mixtes apportent régulièrement de Tahiti ce qui manque aux îliens.

Fatu Iva L' île de tous les superlatifs / L'île érotique





Guerrier marquisien tatoué originaire de Fatu Iva 19ème siècle On notera sur sa poitrine les motifs reconstitués d'une tête de tiki, que l' on retrouve aussi sur la crosse du casse-tête ( ou ' u'u ' en marquisien ), arme réservée au guerrier. Cette tête est supposée augmenter le ' mana ' ( alias la puissance ), les yeux en amande évoquent cette puissance surnaturelle tandis que la bouche étirée où apparaissent parfois langue et dents, est censée défier l' adversaire.

SELON LA LEGENDE Dans la légende de la construction de l' archipel des Marquises, selon laquelle chaque île est partie intégrante de la Maison des Dieux, Fatu Iva représente la toiture faite de 9 ( Iva ) tresses ( Fatu ) de feuilles de palmier. Elle s'est aussi appelée Santa Magdalena, nom donné par Alvaro de Mendaña en l' honneur de la sainte du même nom.

UN PEU DE GEOGRAPHIE Fatu Iva est une île située à 75 kms de Hiva Oa, d'une superficie de 84 km2. Longue de 10 kilomètres et large de 4, elle a la forme d'un croissant ou d'un haricot. Elle culmine au Mont Touaouoho à 960 mètres et héberge une population d'environ 600 habitants. C' est l' île la plus australe de l' archipel, la plus isolée aussi car il est impossible d'y construire un aéroport en raison du relief accidenté ou même un aérodrome comme à Ua Pou par exemple. C' est aussi la plus pluvieuse, étant la plus proche du tropique du Capricorne. Les pluies étant abondantes, l' île est recouverte d'une végétation luxuriante en particulier en son centre où prospère une forêt primaire tropicale dense. C' est aussi l'île la plus sauvage et la plus spectaculaire de l' archipel. Géologiquement parlant, elle est constituée de deux caldeiras volcaniques enchâssées l' une dans l' autre. La première date de 2 millions d'années environ, la seconde, deux fois plus petite est née d'une énorme éruption, comme en témoignent les massives chandelles basaltiques qui montent au ciel tout autour de la baie de Hanavave, dite baie des Vierges. Initialement appelée baie des Verges par les Marquisiens, elle a été rebaptisée par de pudibonds missionnaires, effarouchés par l' imagerie locale et ses sous-entendus. Fatu Iva n' a que deux villages situées chacun sur le bord extérieur des deux caldeiras : Hanavave aux colonnes basaltiques et Omoa, chef-lieu de l' île , village surplombé par un piton rocheux qui surprend par son profil rappelant la tête d'un moai de l' île de Pâques.

UN PEU D'HISTOIRE Comme les autres îles de l' archipel, Fatu Iva fut initialement peuplée par des Polynésiens venus de l' ouest. Les rivalités entre tribus étaient au départ incessantes et donnèrent lieu à des batailles sanglantes. C' est en juillet 1595 que l'île - tout comme celle de Tahuata - fut abordée pour la première fois par un occidental, le navigateur espagnol Alvaro de Mendaña de Neira , le premier du genre à avoir établi des contacts avec des populations polynésiennes. Mais il n' y débarqua pas. Il crût tout d'abord avoir découvert les Iles Salomon, le but ultime de son voyage, mais se rendit rapidement compte qu' il avait découvert une nouvelle terre dans un archipel d' îles auxquelles il donna le nom de ' Marquesas de Mendoza ' pour remercier le Vice-Roi du Pérou - alias Garcia Hurtado de Mendoza y Maurique, IV marquis de Cañete - qui l' avait aidé à monter et financer son expédition, et pour honorer en même temps son épouse et ses filles. En 1935, l' anthropologue norvégien Thor Heyerdahl - et futur aventurier du Kon Tiki - aborda Fatu Iva avec l' idée bien ancrée d' en faire son éden. Il y vécut un an avec sa femme, d'abord à Omoa, puis à Ouia, une vallée inconfortablement située sur la côte au vent et désormais retournée à l' état naturel, ayant été abandonnée par ses quelques habitants. Heyerdahl avait à l' époque avancé l' hypothèse erronée que les Maori descendaient des Indiens d'Amérique du Sud alors qu'ils sont originellement arrivés en pirogue de l' Asie du Sud-Est, et plus particulièrement de Taïwan. ( Je vous renvoie à mon carnet sur Taïwan où j' aborde ce sujet )

De 1960 à 1966, une majorité d'hommes de Fatu Iva partirent travailler au CEP de Mururoa, participant ainsi de l' émigration économique ayant commencé à l' époque, et s'étant poursuivie jusqu'à nos jours, les perspectives en termes d' emploi étant plus que limitées si l' on ne veut pas rester ou devenir agriculteur ou coprahculteur comme ses parents ou grands-parents.

FAUNE ET FLORE L' île est une terre d'abondance pour les agrumes, les fruits en général et les fleurs... Tout pousse ou presque. Elle possède une espèce endémique très menacée aujourd'hui : le Monarque ( ou oma'o ke'eke'e en marquisien ', dont il ne restait il y a peu que 6 couples au monde ! Le rat noir et le chat haret ont littéralement décimé cette espèce, dévorant oeufs, oisillons et même femelles en couvaison. Un programme de sauvegarde de l' espèce a été mis en place, avec des résultats encourageants, le nombre de couples ayant augmenté ces dernières années.

ECONOMIE L' île est ravitaillée uniquement par bateau. Une unique route partiellement bétonnée des deux côtés, et partiellement à l' état de piste, et longue de 17 kilomètres relie les deux villages. On peut également aller d'un village à l' autre par la mer en un quart d'heure de navigation. Le secteur primaire prévaut à Fatu Iva, en particulier la culture du coprah, et puis la pêche au thon, à l' espadon et au thazard. On y a cultivé le noni à outrance à une certaine époque mais celle-ci est un peu révolue, les bienfaits miraculeux du noni n' ayant pas vraiment été prouvés scientifiquement. Comme à Rurutu, on a abandonné la culture du café qui était pourtant prometteuse il y a une quarantaine d'années. En revanche, on trouve davantage de vergers et des vanillières. La chasse aux cochons et aux chèvres permet l' auto-suffisance en viande quand le ravitaillement venu de Tahiti vient à manquer ou arrive irrégulièrement. L' artisanat s'est développé grâce au tourisme et aux expositions semestrielles organisées à Papeete. La spécialité - principalement féminine - de Fatu Iva est le tapa dont les dessins s'inspirent des anciens tatouages marquisiens. La sculpture sur bois ou os ou noix de coco est plutôt réservée aux hommes, nourrie des anciennes figures et des symboles centenaires : tikis sculptés en bois de rose ou en bois noir, casse-tête, plats de présentation.

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MA
Hello Denis,

Là tu fais original, un carnet avant même de partir [;)]

Bon voyage à tous les deux [:)]
https://apprentisvoyageurs.com
VA
Bonjour Jean-François,

Tu n' as pas tout à fait tort.... C 'est exceptionnel ! Disons que je tourne autour du voyage ... Et puis tu as vu que je n' ai abordé que les généralités qui sont intemporelles. Sur place, il sera difficile d'avoir une connexion correcte et donc tout sera plus ou moins gelé pendant une semaine. Le prix à payer pour l' éloignement. Et là, il est réel et tangible. Et puis 4 jours après notre retour à Tahiti, nous repartons de nouveau, plus loin... Nous courons après le temps.

Amicalement

Moana
VM
CA
Bonjour Moana Tu nous diras ce qu'il en ai de la connexion internet aux Marquises, je pense qu'elle a été sérieusement améliorée avec le câble onotua ou autre!
LI
Bonsoir Moana

C 'est avec un grand plaisir que je vais te suivre aux Marquises. Nous avons fait une croisière sur l'Aranui en novembre dernier, nous avons adoré les Iles Marquises nous aimerions y retourner mais en séjournant quelques jours sur les Iles. A bientôt Liliane
Croisière Spitzberg - Groenland Nord Est - Islande https://voyageforum.com/discussion/croisiere-spitzberg-groenland-nord-est-islande-d7660320/ Carnets de voyages et croisières http://www.carnetsdelili.fr/
VA
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HISTOIRE ET ECONOMIE ( suite en photos )

u'u ancien exposé au Musée de Metz Métropole

Casse-tête moderne ( artisanat )

Tiki ancien en bois de uru. Musée de la Castre, Cannes. Gravure représentant un habitant de La Magdalena, alias Fatu Iva 19ème siècle

Patrice, chef de danse à Hiva Oa



Sculpture moderne Mairie de Ua Huka

DETAILS PRATIQUES

Billet acheté en ligne à 43200 FCP par personne ( avec réduction résident senior ). Ce n' est pas donné, mais les Marquises sont loin, très loin...

Les Marquises sont à 4 heures d' avion de Tahiti et il convient donc de bien réfléchir à ce que l' on doit emporter avec soi pour une semaine de séjour, outre les vêtements légers habituels pour régions tropicales. D 'abord de la crème solaire car le soleil tape fort, de l' anti-moustiques, une crème antibiotique, de la Biafine pour les coups de soleil. Il y a des nonos dans certaines îles, sur certaines plages. Il n' y en a pas à Fatu Iva, et, à ma connaissance, pas non plus à Hiva Oa. ( Il y en a à Nuku Hiva en revanche... ) Ensuite des protections efficaces contre les ampoules aux pieds qui peuvent vite gâcher une randonnée voire un séjour entier. Se prémunir contre les ampoules aux talons ou entre les orteils en se protégeant avant le départ en randonnée. De bonnes chaussures sont donc un atout majeur. Prévoir des chaussettes, voire des chaussures plus légères pour marcher sur les rochers ou dans l' eau de mer. Et des chaussettes + chaussures en plastique pour traverser les rivières à gué, souvent vaseuses ou boueuses. Il n' y a pas d' agences bancaires hors Nuku Hiva et Hiva Oa. On peut retirer de l' argent liquide sur place ( à Hiva Oa, à la SOCREDO, banque locale. Distributeur de billets disponible ). Prévoir par précaution un retrait à l' avance à Tahiti, en ville ou à l' aéroport même.

On pourra payer les pensions par virement ( à partir de France ) ou par chèque local ou en liquide. Virement improbable pour Tahuata et Fatu Iva.

Nous logeons chez Tania à la Pension Kanahau à Hiva Oa. Tania est efficace, charmante et bonne cuisinière. Bungalows en hauteur donnant sur la rade. Nous nous connaissons depuis plusieurs années et nous nous voyons régulièrement lors des Salons du Tourisme à Papeete. Adresse à recommander. Prendre contact par E-mail et /ou par téléphone. E-mail : tania.tania@live.fr Tel : +689 87701626 Tarif pour un bungalow en demi-pension : environ 60.000 FCP (= 500 euros ) Nous logeons chez Lionel à Omoa, Fatu Iva. Un seul bungalow avec salle de bain privée et trois chambres avec salle de bain partagée. Prendre également contact par E-mail et téléphone. Nuitée en bungalow à 13500 FCP en demi-pension pour deux personnes + 2000 FCP de transfert. Tarif pour 4 nuits : 67.000 FCP ( = 560 euros ) E-mail : chezlionel@mail.pf

1 / Pour visiter Hiva Oa soit on loue une petite voiture, soit on prend un guide ( recommandé mais pas obligatoire pour la visite du grand site cérémoniel à moins d'être un expert incollable sur l' histoire archéologique des Marquises ). Tarif à la journée à deux : 20000 FCP. Je conseille Robert ( dit Pifa ) O' Connor E-mail : pifavae1980@gmail.com Tel : +689 87727633

OU son frère Brian Blight O' Connor ( et sa femme Bernadette ou Monette ) qui loue aussi de petites voitures. Brian organise également des excursions à Tahuata à la journée alliant le culturel et l' agréable. Tel : Blight : +689 87269576 tel : Monette : +689 87797039

2 / Pour visiter Tahuata, soit on s' y rend en excursion à la journée, soit on décide d'y résider un ou deux jours, ou plus. Pour le logement chez l' habitant, contacter la Mairie ( demander Solange ) au +689 40929219. Pour les pensions, il faudra choisir entre : Pension Amatea dans le centre du village de Vaitahu Tel : +689 40929284 Pension Hanahevane chez Jeanne Hanamoenoa à Vaitahu en bord de mer.Tel : +689 40929319 Pension Chez Tehina et Léonne ( deux soeurs ) à Hapatoni : Tel : +689 40929228 Tehina et Léonne proposent des repas pour ceux que cela intéresse. Leur Fare est grand, dispose de 3 chambres et peut loger 6 personnes.

Pour une location de speedboat simple, contacter Léo Rohi E-mail : rohi.leo@mail.pf Tel : +689 40927657 Compter 15000 FCP environ le passage ( 120 euros ).





Tahuata en 1774 ( Baie de la Résolution à Vaitahu ) Huiles et gravures de William HODGES, peintre-paysagiste de l' Amirauté britannique dont les oeuvres ont servi à agrémenter les carnets de voyage de Cook. On notera le traitement d' expert ' à la Turner ' de la lumière spécifique de l' hémisphère sud.

3 / Pour visiter Fatu Iva, il faut nécessairement prendre la navette municipale de la CODIM. Renseignements : www.codim.pf Réservations : reservation@codim.pf OU ( plus rapide ) Tel : +689 40927307 ( CODIM Hiva Oa ) Paiement à bord de la navette en chèque local ou en espèces ( FCP ). Attention aux jours de passage qui changent et ne sont pas fixes dans la durée. Il faut réserver sa place sur la navette une dizaine de jours à l' avance par téléphone. Il y a 75 kms de pleine mer à couvrir en 4 heures environ. C 'est une aventure ! il faut aimer la mer, voire la houle... et faire confiance au pilote, très expérimenté. Départ dans la nuit ou à l' aube. ( voir document joint ). Demander à la pension de famille choisie à Hiva Oa ou Fatu Iva d' envoyer en pièce jointe le planning des passages en navette à la période qui intéresse.

Planning des rotations actuelles de la navette de la CODIM vers Fatu Iva / Hiva Oa via Tahuata.

La Baie des Vierges en 1915

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NOTRE VOYAGE

1 / Dimanche 16 août

Départ de Papeete-Faa'a à 7 h 20. Vol direct vers Atuona, à Hiva Oa. le vol va se poursuivre ensuite vers Nuku Hiva, puis Fakarava aux Tuamotu avant de revenir à Tahiti. Vol d' environ 3 heures et demie. Une demi-heure de décalage horaire en plus. Nous allons donc arriver à 11 h 30 locales environ. Beau temps dégagé sur tout le trajet et survol de superbes atolls des Tuamotu-Ouest et des Tuamotu - Est. Tania Amaru de la pension Kanahau nous attend, fidèle, souriante et volubile comme à l' accoutumée. Nous allons nous installer dans notre bungalow, puis elle nous propose de nous conduire au village d'abord pour y déjeuner puis pour nous y promener dans l' après-midi. Retour à pied à la pension qui surplombe la plage du port et la baie dans laquelle celui-ci a été construit. Nous sommes surpris par la luxuriance des vallées et des pentes des montagnes qui dévalent vers la mer. Atuona n' a pas changé depuis 3 ans, sauf que la mer est plus agitée et arrive en grosses vagues écumantes vers le bord de plage, faisant rouler les gros galets dans un bruit assourdissant. Nous allons assister au bain , d'abord en mer, puis dans la rivière qui s'écoule vers la plage, de chevaux de randonnée. Un spectacle typiquement marquisien et un moment privilégié pour les chevaux.



Plage de Atuona, idéale pour le surf



Village d'Atuona dans son écrins de montagnes et mamelons verdoyants



Plat typiquement marquisien : chèvre sauvage cuite au lait de coco avec son accompagnement de riz et de frites



Centre administratif de Atuona en terrasse

Temple protestant 'Petera ' de Atuona ( = pierre en marquisien )









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Lundi 17 août Départ pour Tahuata à 8 h 30. Nous allons être 6 pour la journée. Un déjeuner est prévu dans un petit restaurant à Vaitahu, le chef-lieu de l' île. Il a plu assez fort depuis 5 heures du matin, même si c'est par averses intermittentes et on se demande comment la journée va démarrer.. et finir ! La pluie s'est arrêtée au moment de notre départ en bateau, nous sortons du petit port de Hiva Oa et sommes pris quasi immédiatement dans la lessiveuse du canal du Bordelais entre HO et Tahuata. Les creux ne sont pas très profonds mais des courants contraires s'affrontent. Nous longeons les falaises de Hiva Oa au pied desquelles les vagues montent dans des gerbes d'écume. Tout cela est très impressionnant, ce sont les Marquises, côté rude ! Il faut environ 40 mn pour atteindre notre destination, le village de Hapatoni à Tahuata. Nous allons longer une côte magnifique, sauvage dont l' origine volcanique est évidente. on devine encore sur la paroi vertigineuse les coulées de lave. Cette côte déchiquetée a en outre été modelée par le temp et la mer qui cogne interminablement. par contraste, les hauts de l' île sont plats et pelés même si l' on devine une montagne culminant à plus de 1000 mètres. il reste peu de végétation dense, du moins sur cette côte de l' île. Arrivée dans la baie du village de Hapatoni. le temps est toujours instable, il pleut ou crachine deux ou trois minutes puis on est tranquille pour un moment, et puis cela reprend à nouveau.Mais c' est supportable... La luminosité n' est pas ce qu'elle pourrait être. L' allée de 'tamanu ' centenaires est réduite à s plus simple expression, beaucoup d'arbres ayant été coupés ou étant en mauvaise santé. Au coeur du village, des pae pae, des plateformes de galets de toutes tailles sur lesquelles vivaient les anciens marquisiens dans de petites maisons. Ces plates-formes ont généralement été édifiées dans les fonds de vallées ou plus en hauteur, mais pas ici. L' église et ses dépendances a été construite à côté de ces plates-formes toujours existantes, c'est à dire sur le site même de ces constructions dont une partie a donc été détruite. Nous allons visiter le centre d'artisanat qui présente de belles pièces en bois uniquement marquisien, des rostres d'espadon finement sculptés et des bijoux en os et en graines végétales locales. Nous reprenons le bateau pour rejoindre en 15 mn le village principale de Vaitahi, chef-lieu de l' île avec ses 200 habitants. C 'est là que nous allons déjeuner Chez Jimmy, unique snack - restaurant du village. Un repas typique avec frites d'uru, poisson cru mariné au lait de coco et poulet du jardin, alias les coqs et poules qui peuplent tous les villages de Polynésie et font beaucoup de bruit... Certains y perdent le sommeil, réveillés dès 2 heures du matin par les vocalises stridentes des coqs dit de jungle ( car originaires d'Indonésie / de Java et Sumatra ). Jolie église aux murs de galets et au très beau et unique grand vitrail. Sa réfection a été prise en charge il y a quelques années directement par le Vatican. Balade dans les rues du village. Le site, encaissé est magnifique, avec, comme toujours, les superbes montagnes marquisiennes comme écrin. Nous sommes en début d'après-midi. Après une longue averses pendant le repas, le soleil est revenu et va nous permettre de profiter de la plage où le bateau va nous conduire pour un moment de détente de plus de 2 heures. Plage de Koku, un endroit préservé dont la plage de sable fin est une merveille, des bancs de carangues tout près du bord, une eau limpide à 28°, un paysage intemporel de début du monde. On peut tenter d'imaginer ce qu'ont pu penser les découvreurs et autres navigateurs longeant ces côtes sauvages et se demandant comment ils seraient reçus par les autochtones... En fait, les insulaires ne s'attendaient sans doute pas a être canonnés par les vaisseaux de l' escadre de Alvaro de Mendaña, une façon curieuse de vouloir faire connaissance. La population ayant fui dans les montagnes environnantes, les soldats espagnols découvrirent les corps sans vie de nombreux habitants, et notèrent qu'ils étaient morts en bonne santé, en pleine force physique et ayant une dentition parfaite. Ce fut le premier contact des Européens avec une île marquisienne...

Retour vers 17 h 00 à Hiva Oa. La mer est toujours aussi formée dans le canal du Bordelais. La journée s' est terminée magnifiquement. Nous avons été pris en charge par Monette O'Connor et son beau-frère Pifa, tous les deux guides assermentés à HO. Monette et son compagnon Brian louent également des voitures. Tarif à la journée, repas compris : 10.000 FCP, à savoir environ 80 euros.









Rue principale du village de Hapatoni entre mer et sites archéologiques



pae-pae dans la verdure

Petite et charmante église de Hapatoni dans son écrin de verdure

Eglise Ste Marie Mère de Dieu à Vaitahu

Unique vitrail qui réunit dans ses couleurs l' ancienne et la nouvelle religion



En quittant la baie de Vaitahi



Plage de Kokuu

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VM
NI
Bonjour Moana,

Un grand merci à toi pour ce carnet rédigé sur place. Toujours aussi instructif. J'attends avec impatience ton retour sur l'île de Fatu Hiva. Nous avons effectivement peaufiné notre itinéraire en PF pour juillet août 2021et nous envisageons Hiva Oa avec, je l'espère, Fatu Hiva.

https://voyageforum.com/discussion/tergiversations-diverses-propos-periple-en-polynesie-d10106998/
MA
Tania Amaru de la pension Kanahau nous attend, fidèle, souriante et volubile comme à l' accoutumée

La pension la plus réputée de l'île, ça commence bien [;)]

Les paysages sont toujours aussi beaux ... et la nourriture donne toujours autant envie
https://apprentisvoyageurs.com
VA
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Mardi 18 août Départ pour Fatu Iva par la navette municipale de la CODIM à 6 heures du matin. Lever à 4 heures et demie. petit déjeuner à 5 heures et présentation au port à 5 h 30. Tarif Aller / Retour : 4000 FCP par personne. Durée du trajet : environ 3 heures pour parcourir 75 kms en mer.

Nous partons à l' heure. Toujours pas de carnets à souches pour les billets alors que le précédent capitaine a été remercié pour détournement de fonds.... On ne comprend pas très bien ! La mer est très formée, les creux sont de 2 à 3 mètres et les vagues sont croisées et écumeuses. Le bateau roule et tangue. Cette traversée n' est pas faite pour les gens qui ont peur de la mer ou / et qui ont le mal de mer. Les WC ont été bouclés pour problème technique. il ne reste plus qu' à attendre la fin du voyage. il a plu sporadiquement pendant la nuit, mais le petit matin est plutôt clair et il va faire beau sur le trajet.; sauf à l' arrivée à Fatu Iva, baie des Vierges où nous manœuvrons sous un grain. Nous sommes venus directement en piquant au sud entre Tahuata et une île haute de belle taille, très difficile d'accès que l' on appelle l' île aux moutons. Elle est préservée, peuplée par un cheptel de moutons retournés à l' état sauvage, parfois chassés pour leur viande sur autorisation spéciale. Petite digression...D' une manière générale, les Marquisiens gèrent dans la durée et avec intelligence les réserves de gibier ( cochons, chèvres et vaches ) dont ils disposent dans les fonds de vallées et en hauteur ( de plus en plus ) dans la montagne. Quand on longe en bateau les falaises, on voit les taches noires et mouvantes des chèvres plantées au dessus des à-pics et sur les arêtes basaltiques aigües. A Hiva Oa, il n' est pas rare de tirer les chèvres à partir de la mer, de sorte qu'elles tombent directement au bas des murailles. il arrive aussi que les animaux s'écrasent sur les rochers et soient inconsommables ou disparaissent dans le ventre des requins à l' affût d'un festin facile.

Retour à Fatu Iva. nous arrivons aux alentours de 9 heures du matin. Il y a foule sur le quai où l' on attend amis, famille et frêt. Lionel est là pour nous recevoir. Il a une grande propriété bien entretenue et plantée d'arbres fruitiers ( pamplemoussiers, caramboliers, citronniers... ). Nous avons réservé un bungalow à deux pas de la maison principale. Lionel qui a 76 ans nous annonce qu'il va arrêter de faire pension prochainement et l' adresse ne sera donc plus disponible. il ne restera plus, pour ceux que la destination intéresse, que la pension Chez Léonie et une autre en cours d'installation. Après avoir pris contact avec Lionel et son épouse, nous partons à pied vers le bord de mer que nous avons vu rapidement ce matin en débarquant où l'on nous a indiqué un petit snack. Nous allons y déguster un poisson cru exquis. Le thon est d'une fraîcheur incomparable. Ce plat unique - et copieux - est à 1000 FCP. A noter que le thon se vend 500 FCP le kilo dans cette île un peu hors circuits. Retour vers la pension, en faisant un détour dans la cocoteraie qui s'accroche à des pentes plutôt raides et où les agriculteurs récoltent le coprah, s'occupent de leurs ruches et de petite élevages de cochons très noirs ( et mâtinés de race sauvage ), nourris à la noix de coco qui donne une saveur incomparable à la chair. Nous recherchons une grande pierre plate sur laquelle se trouvent des pétrographes. Nous allons la trouver en hauteur. on peut imaginer qu'il y en a d'autres non répertoriées. Celle-ci dévoile un poisson de belle taille gravé dans la pierre noire, très probablement, vu la forme, une énorme carangue. Nous rentrons à la pension définitivement. Nous avons prévu de faire la traversière entre les deux villages ( 17 kms ) à partir de Omoa, mais en nous faisant transporter dans la montée ( abrupte ) jusqu'au col par Lionel. C 'est la descente vers le village niché au fond de la Baie des Vierges qui est panoramique. Le fils de Lionel viendra nous récupérer dans la baie un peu avant 17 heures, au coucher de soleil sur l' un des endroits les plus mythiques de Polynésie.









Vanillière en bord de route, sans le couvert végétal habituel

Début bétonné de la route qui s'enfonce sur plusieurs kilomètres dans la vallée de Taiu



Eglise catholique de Omoa



Piton basaltique très érodé en forme de tête de moai de l' île de Pâques



Pétroglyphes sur table basaltique

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Retour aux Marquises ( page 7 )

Mercredi 19 août

Nuit ventée avec quelques averses. Vent, houle et pluie sont les caractéristiques de cette saison ( juin juillet et août ). Du coup, il y a aussi peu de moustiques. Pas de nonos sur l' île. Nous sommes réveillés par une ribambelle de coqs et de poules dès 4 heures et demie. Difficile de dormir ensuite sinon par à-coups. C 'est ainsi dans les îles, très souvent. Il ne faut pas espérer faire la grasse matinée ! On se lève tôt par habitude.

Il est prévu que nous empruntions la route traversière entre Omoa et Hanavave, les deux villages de l' île, mais sans parcourir à pied la totalité du trajet de 17 kms, d'autant que la montée vers le col offre peu d' ouvertures panoramiques. Nous partons vers 9 heures. Lionel a prévu de monter jusqu'au col mais nous allons finalement nous arrêter au début de la piste ( et la fin de la route bétonnée ) car la montagne est coiffée d' une cloche de brume qui s'effiloche sur les versants et nous envoie déjà de grosses gouttes de pluie. Inutile d'insister, la journée va être à la grisaille avec quelques apparitions furtives du soleil. Nous n' allons pas redescendre à pied vers Hanavave ( et la baie des Vierges ) au risque de ne rien voir. Nous décidons donc de repousser à demain ou après-demain cette excursion majeure. Lionel nous quitte et nous redescendons la côte tranquillement en profitant du temps frais et des quelques échappées panoramiques vers la plage, le port, le village d'Omoa, la mer et les falaises qui séparent Omoa de l' autre village. Nous retournons déjeuner au même snack qu' hier avant de rentrer à la pension. Un peu de repos, et nous allons ressortir, cette fois pour prendre le chemin de la vallée qui remonte doucement vers l' intérieur à partir de la pension. celle-ci est la dernière propriété bâtie avant que la nature ne reprenne ses droits. Cette île, la plus méridionale des Marquises et la plus tropicale aussi, est stupéfiante par sa luxuriance, et la densité de la végétation qui monte à l' assaut des versants, cocotiers compris alors que ces derniers poussent généralement beaucoup plus bas. Tout au dessus, une forêt de falcatas, de très beaux arbres qui poussent en corolles mais aussi étouffent le reste de la végétation. Ici, à Fatu Iva, on essaie de s'en débarrasser ( en ôtant l' écorce à la base du tronc sur une hauteur de 20 cms environ ) pour permettre à la végétation endémique de prospérer. Un captage d'eau de source a été réalisé en hauteur pour alimenter le village en contrebas, mais aussi les parcelles cultivées et quelques maisons un peu plus haut. La canalisation suit les virages de la petite route bétonnée. La rivière coule abondamment, l' eau est cristalline. Il est rare de voir dans les îles polynésiennes une aussi belle nature, d'autant qu' il n' y a aucun moustique. Il fait frais avec un peu de vent, la montagne est toujours nuageuse, des agriculteurs s' affairent dans leurs parcelles, et l' on sent l' odeur sucrée de la noix de coco dont les coques brûlent ici et là en gros tas. Des plants de vanille ont été plantés en bord de route, ce qui est original. Beaucoup de plantes épiphytes qui colonisent tous les arbres, y compris les cocotiers recouverts de mousse vert clair épaisse. Cette vallée abrite les derniers couples de monarques, des oiseaux dont la préservation est mise en péril par l' appétit féroce des rats et des chats sauvages pour les oeufs et les oisillons. beaucoup d'arbres fruitiers sont également bagués pour empêcher que les rats y grimpent et croquent dans les fruits. La leptospirose est, hélas, toujours un risque dans les endroits humides tels que les bords de rivière ou les cailloux humides qui s'y trouvent. Retour à la maison avant que ne tombe la pluie, j' allais dire enfin... En espérant qu' après une nuit qui sera humide, la journée prochaine nous permette de faire notre grande randonnée. Mais rien n'est sur, les prévisions météo ne sont pas fameuses. Sinon demain, il restera vendredi.

Omoa vu du Belvédère

Maison traditionnelle à Omoa









En remontant dans la vallée de Taiu



les falcatas flirtent avec les sommets





Ruines de plates-formes d'habitation anciennes dans la cocoteraie

Suivez-moi en page 8...
VM
NI
Waouh! Voilà qui me motive davantage de visiter Fatu iva même si la traversée est loin d'être de tout repos... Quelle beauté ! Je note qu'il ne sera sans doute pas possible de séjourner chez Lionel durant l'été 2021.
VA
Bonjour Anne Claire,

C est sympa de me suivre aussi fidèlement de jour en jour. Ici on sort vraiment des sentiers battus. C 'est le privilège de la distance et de la difficulté d'accès. On reste en contact...

Moana
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Retour aux Marquises ( page 8 )

Jeudi 20 août

Journée très pluvieuse, la rivière a grossi dans la nuit. Impossible de sortir longuement comme nous l' avions planifié, plutôt des balades plus courtes qui permettent de rester près de la pension et de ne pas se faire tremper comme des soupes ! Du coup, nous en avons profité pour discuter avec des agriculteurs que le temps humide ne rebute pas et qui s'affairent dans leur propriété en bord de route. L' un répare son séchoir à coprah et nous parle de son métier de coprahculteur à plein temps dans une cocoteraie qui remonte sur les pentes de la montagne. il vit seul et travaille dur. Pour rappel, le coprah est subventionné en PF et est acheté aux agriculteurs à 140 FCP le kilo ( le cours mondial est de 65 FCP environ le kg ) par sacs de 26 kilos. Il faut environ 5 jours sans pluie pour faire sécher la chair de coco. Un sac est récolté et conditionné par jour ouvrable environ. On peut donc vivre correctement de son travail dans une île comme Fatu Iva si l' on est tenace.. et travailleur. Pour se détendre - et manger - il reste la chasse au cochon qui se fait souvent au piège ( noeud coulant qui immobilise une patte ) et au couteau. Et il faut faire vite , les cochons étant potentiellement dangereux. une fois le cochon mort, il faut ensuite le redescendre à dos d' homme. Pas évident, sauf pour un Marquisien ! Un autre qui s'est lancé dans la vanille, nous parle de ses 4 enfants ( et petits-enfants ) qui sont en France et qu'il ne voit pas souvent. C 'est courant ici aux Marquises où les jeunes sont souvent partis pour trouver du travail, et / ou ont rejoint l' armée, la gendarmerie ou le service des pompiers en France. La plupart ne reviendront jamais dans leur île natale, sinon à la retraite. Mais, ce n' est pas évident de rentrer définitivement à Fatu Iva pour quelqu'un qui a passé sa vie professionnelle en France et y a lui-même des enfants. Les filles ne sont pas les dernières à s' engager dans l' armée ou la gendarmerie. Les Polynésiens ont la réputation d'être d'excellents militaires et aussi d'excellents tireurs...

Voilà. rien de plus en cette journée et pas de photos exceptionnellement.

Vendredi 21 août

Nous allons finalement - et avec beaucoup de chance car le temps s'est bien amélioré, du moins en matinée - faire ce qui est un incontournable à Fatu Iva, à savoir une randonnée d'un village à l' autre. Si l' on est jeune et dynamique, on parcourra les 17 kms en 4 heures environ, sans les arrêts pique-nique, belvédère du côté de Hanavave et cascade, si celle-ci est alimentée. C' était le cas aujourd'hui mais nous avons laissé tomber l' extension à la cascade car le terrain était vraiment mouillé et glissant et il fallait traverser des ruisseaux et nous n' étions pas équipés. Notre hôte Lionel nous a conduit en voiture jusqu' au col ( environ 4 kms de béton + 3 kms de piste ) et nous avons débuté notre randonnée à cet endroit précis. La piste est plutôt facile, avec des méplats et une ou deux raidillons, puis on redescend doucement vers Hanavave. le centre de l' île est vraiment très beau, sauvage et la nature est immaculée si l' on excepte la saignée de la piste. Avec la pluie qui tombe en abondance, on peut admirer tous les verts de la création. Les pentes des montagnes sont recouvertes de végétation épaisse, les mamelons plus proches recouverts seulement de végétation rase, les vallons encaissés ont laissé pousser arbres et arbustes en groupes serrés qui se protègent des rafales de vent. On aime les échappées sur la mer et bientôt sur la vallée encaissée où se niche le petit village de Hanavave et ses énormes rochers en équilibre, et colonnes basaltiques érodées. Quelques voitures se croisent sur la piste, mais elles se font rares. nous sommes les seuls randonneurs et d'ailleurs les deux seuls touristes sur l' île depuis mardi. Nous apprécions le privilège de pouvoir visiter Fatu Iva dans ces conditions même si le soleil joue avec les averses. Il ne me reste plus qu' à vous laisser découvrir mes photos .











Un rideau de pluie fine descend des sommets par un canyon encaissé vers le village









Suivez moi en page 9 pour une autre série de photos...
VM
CH
Bonjour Anne Claire,

C est sympa de me suivre aussi fidèlement de jour en jour. Ici on sort vraiment des sentiers battus. C 'est le privilège de la distance et de la difficulté d'accès. On reste en contact...

Moana

Elle n'est pas la seule [;)] .... Je suis aussi attentivement tes carnets "polynésiens " toujours très bien rédigés ! J'aime beaucoup les explications que tu expose sur la vie de ces iles : merci
chris06
MA
Waouh! Voilà qui me motive davantage de visiter Fatu iva

pourquoi marcher sous la pluie te motive [;)]
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MA
Salut Denis,

si, sis, on suit religieusement [:P]

Sinon il y a une saison moins pluvieuse ? ... parce que là j'aurais du mal à "vendre" l'île à Valérie ... entre la lessiveuse pour y aller et la pluie sur place

Sinon, plus sérieusement ... que c'est beau [:)]
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VA
Bonjour Jean-François,

Oui, il y a une saison moins pluvieuse même s' il pleut davantage à Fatu Iva qu' ailleurs y compris aux Marquises de part la proximité avec le tropique du Capricorne. C' est l' eau qui tombe du ciel qui donne sa luxuriance à l île. Il faut venir en dehors de la période d'hivernage ( juin/ juillet / août / septembre ). Il fait forcément aussi plus chaud. Depuis notre arrivée, la température ne dépasse pas 27° et tombe à 23° la nuit ( portes ouvertes sur la nature ). Il y a donc de la marge... Pour toi, Jean-François, ( et d'autres sans doute ) le centre de plongée de Hiva Oa, que l' on trouvera sur Internet sous l' appellation MarquisesDiving.com. HO et Nuku Hiva sont les seules îles qui offrent la possibilité de faire de la plongée ( hors lagon ).

Moana
VM
VA
Bonjour Anne-Claire,

Jean-François exagère... nous n' avons pas encore déambulé sous la pluie... sauf un peu aujourd'hui jeudi. Saison oblige, encore qu' une partie de la saison dite pluvieuse ait été sèche !

Moana
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Bonjour Anne-Claire,

Jean-François exagère... nous n' avons pas encore déambulé sous la pluie... sauf un peu aujourd'hui jeudi. Saison oblige, encore qu' une partie de la saison dite pluvieuse ait été sèche !

Moana

Bonjour Moana,

Non, même si ce n'est pas la période idéale, Jean-François ne nous découragera pas... 😇
VA
Retour aux Marquises ( page 9 )

Quelques photos supplémentaires.



Fond de vallée de Hanavave assombri après la pluie. Les fameuses chandelles basaltiques sont en ombres chinoises...





très modeste église de Hanavave et son presbytère



Retour vers Omoa par la mer, en longeant les falaises et en pêchant à la traîne... le fils de Lionel est venu nous chercher dans son canot en aluminium, moteur 30 chevaux ( un canot qu' il n' hésite pas à utiliser pour partir à la pêche au thazard, au thon et à la bonite en pleine mer à plusieurs milles de l' île. les marquisiens n' ont vraiment peur de rien... car la houle est quasi permanente ! ). nous avons la chance de prendre nos dernières photos de la Baie des Vierges sous un vrai soleil. En fait, il fait plutôt beau sur la mer à seulement un kilomètre des côtes..

Tarif de l' excursion telle que proposée par Lionel : 13000 FCP ( pique-nique non compris ).









Côte sauvage de Fatu Iva entre Hanavave et Omoa. Difficile d' accès ( sauf pour les chasseurs ) elle est le lieu de prédilection des chèvres sauvages perchées sur les rebords des falaises.



Plage de gros galets noirs de Omoa

Notre séjour à Fatu Iva se termine. Départ demain matin samedi pour Hiva Oa.

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Retour aux Marquises ( page 10 )

Samedi 22 août

Retour en navette à Hiva Oa. on ne sait pas si la navette s'est arrêtée à Tahuata en venant de Hiva Oa... Personne n' a téléphoné comme d'habitude... C' est le cas et nous allons donc attendre une heure de plus au port d' Omoa. C 'est un peu un lieu de rendez-vous pour le village et donc attendre n' est pas un problème... Le bateau arrive à 10 H 15, accoste, décharge et charge passagers et frêt en un clin d'oeil, et on repart illico presto... il est arrivé que des touristes loupent le bateau, arrivé en avance et reparti en avance même s'il existe une liste de passagers. On a quand même fait revenir la navette au quai ! De quoi louper son vol international ! Nous partons vers 10 h 30, avec un arrêt à la Baie des Vierges de 10 mn et un autre à Tahuata e 5 mn. Nous allons donc mettre 4 heures pour rentrer à la grande île. La mer est agitée mais sans plus ( et puis on s'habitue au roulage... ) et notre capitaine surfe avec maestria sur la grosse houle. Dans le sens des vagues, c'est moins pénible. La mer étincèle sous le soleil revenu. Les trains de vagues échevelées filent vers l' horizon à une vitesse soutenue ! Il fait beau depuis ce matin et nous allons avoir les plus lumineuses photos du séjour...

Arrivée à l' heure prévue à Hiva Oa. Tania nous attend et va nous conduire en ville au seul magasin ouvert pour que nous puissions préparer le pique-nique de demain. Nous partons en randonnée, à quatre cette fois, avec un couple de métropolitains arrivés d'Avignon et qui commencent tout juste un séjour aux Marquises, réparti entre Hiva Oa et Nuku Hiva.

Navette municipale de de la COVIM arrivant à Fatu Iva

Tahuata version végétale

Tahuata version totalement minérale

Relief tourmenté et verdoyant, falaises et vallées sur océan à Fatu Iva

Baie de Vaitahu, Tahuata sous le soleil revenu

Baie de Vaitahu vue du promontoire stratégique qu'occupaient les Français juste avant la signature du traité de cession

Eglise de Vaitahu, intérieur et vitrail

Fatu Iva, version minérale et végétale

La très iconique et intemporelle Baie des Vierges

Surf sur la longue houle du Pacifique

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C'est bien beau, même sous la pluie ...[;)]
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Oui c'est magnifique, un vrai "bout du monde" luxuriant [:P] ... même sous un ciel gris [;)]
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Retour aux Marquises ( page 11 )

Dimanche 23 août

C' est notre dernier jour aux Marquises avant le retour à Tahiti. Nous avons prévu de faire une randonnée de Hanaiapa vers la plage de Hanatekuua ( ancienne tribu Tafati ). Il faut rejoindre la côte nord de l' île à partir d'Atuona ( route de l' aéroport ). On laisse l' aéroport sur la gauche, puis au rond-point qui suit, on redescend vers le bord de mer sur la gauche. Compter environ 25 kms. 50 kms aller-retour. Sur le trajet, on peut s'arrêter voir le tiki souriant ( panneau en bord de route sur la droite dans la montée vers l' aéroport ). Une rareté aux Marquises où les tiki ont plutôt l' air farouche et la bouche entr'ouverte laissant voir langue et dents. Niveau technique : assez difficile Durée : environ 5 heures aller - retour et un peu moins de 8 kms. Baignade, pique-nique en plus.

Prévoir un pique-nique et de bonnes chaussures de marche. Le chemin est très caillouteux. Randonnée à éviter quand le sentier- parfois très étroit, raviné et partiellement écroulé - est trempé par la pluie car le trajet n' est pas vraiment balisé ni entretenu, les propriétaires des terrains traversés n' étant pas ravis de voir passer les touristes ( au demeurant peu nombreux... ). A ce propos, la loi - littoral métropolitaine s'applique ici aussi en Polynésie ( appelée également les 50 Pas de la Reine ) mais il est parfois difficile de la faire appliquer stricto sensu... On est loin de l' autorité ! Les pensions conseillent donc de prendre un guide, ce qui in fine me semble superflu. Pourquoi dépenser plus quand ce n' est pas vraiment nécessaire ?

En revanche nous avons du louer une petite voiture ( Swift Suzuki ) pour nous rendre à Hanaiapa. Prix de la location à la journée : 7000 FCP. Nous avons partagé cette somme en deux avec nos deux amis touristes. Faire la randonnée à 4 était en plus une bonne idée. Au cas où l'on se blesse ou l' on se foule une cheville. Attention ! Le sentier longe parfois dangereusement la falaise et peut ne pas être évident. Gémir n' est pas de mise aux Marquises, chantait Brel... C 'est d'une évidence !!! Le but de cette randonnée est la superbe plage de sable blanc de Hanatekuua, la plus belle de Hiva Oa. Un endroit magique de toute beauté. On peut se baigner et nager en toute sécurité. Pas de moustiques, pas de nonos. L' eau était à 26°. Une source d'eau douce coule vers la plage et l' on peut donc s'y rincer. Température extérieure parfaite avec un peu d'air frais sous les frondaisons où nous pique-niquons : sandwich au jambon, pamplemousse local ( les pamplemousses marquisiens sont les meilleurs du monde ), caramboles cueillies sur l' arbre et rapportées de Fatu Iva, eau citronnée ( petits citrons cueillis le long du sentier ) et quelques abricots secs pour garder l' énergie... Les montées raides sous le soleil sont un défi ! A l' arrière, les bâtiments d'une petite exploitation de coprah, semble-t-il, et deux canots ancrés à quelques mètres du rivage. Nous étions seuls à profiter du lieu. Privilège. Randonnée à conseiller vivement à de bons marcheurs qui n' ont pas le vertige. Ceci étant, il n' est pas besoin d'être expert confirmé ! Inutile de paniquer à l' avance ! Retour vers 17 heures à Atuona. C' est dimanche soir, le village est plus que tranquille. Nous sommes allés commander une pizza ( par couple ), Tania n' ayant pas envie de cuisiner. Je vous laisse découvrir les photos de la journée...





Baie de Hanapaia avec en son centre le rocher dit Tête de Nègre



Falaise minérale à l' origine volcanique évidente





Bien sur, il y a à Hiva Oa bien d'autres sites à découvrir et d'autres randonnées à faire. Pour rappel, on trouvera à Atuona, le centre culturel Gauguin et un mini-musée dédié à Jacques Brel. Le cimetière catholique où se trouvent leurs tombes domine le village et on s'y rend très facilement à pied. Proche du centre se trouve la baie de Tahauku, avec ses voiliers sur l' eau et en carénage ( il y a beaucoup d'activité en ce moment car les propriétaires vont arriver aux Marquises dès la fin de la saison d'hivernage ) et son débarcadère réservé aux goélettes et à la navette de la CODIM. Digne d'interêt également, le site de pétroglyphes de Tehueto auquel on accède après 40 mn de marche et un passage à gué. Attention en ce moment à la pluie qui fait grossir les cours d'eau en un clin d'oeil. Egalement le site de Taaoa au sud de Atuona, partiellement restauré. Le grand site archéologique incontournable est celui d'Iipona à Puamau. Les autres villages de l' île sont parfois difficiles d'accès au bout de pistes plus ou moins praticables selon le temps, par exemple Hanapaaoa avec ses 40 habitants, ou encore Hanaiapa ou Motuua. les habitants vivent principalement du coprah et de la pêche à la langouste. Le village de Puamau est au bout de la piste.

Maintenant quelques dernières photos

Le grand-duc de Virginie, ( très beau ) rapace stupidement introduit à Tahuata et Hiva Oa , prédateur du ' pahi ', et, à ce titre, souvent abattu par les chasseurs

Le ' pahi ' ou martin-chasseur des Marquises

Le monarque de Fatu Iva, de la famille des passereaux





Et puis, comme d'habitude, pour finir, deux légendes...

LEGENDE DES DEUX ANGUILLES

Cette légende, racontée par les anciens de Hanavave à Fatu Iva, est assise sur la rivalité qui a longtemps existé entre deux îles des Marquises : Fatu Iva et Nuku Hiva, représentées par deux dieux sous forme d'anguilles, Ko'e'e nui originaire de Taipivai à Nuku Hiva et Ko'e'e iti qui, elle, réside à Hanavave à Fatu Iva. L' anguille femelle de Fatu Iva se languissait de vivre toujours seule et décida un jour de partir à la rencontre de l' anguille mâle de Nuku Hiva. Cette rencontre fut l' occasion d'un dialogue immédiat et soutenu. A un moment de la conversation, l' anguille de Hanavave demanda à l' autre ce qu'elle mangeait et cette dernière lui répondit qu' elle ne se nourrissait hélas que de boue dans la rivière. L' autre anguille, étonnée, lui rétorqua qu' elle ne consommait que des fleurs parfumées, du pandanus, du ylang-ylang, du jasmin. Pour prouver ses dires, elle fit ses besoins dans l' eau de la rivière, laissant derrière elle une odeur parfumée. L' anguille de Nuku Hiva, conquise, décida alors de suivre sa commère jusqu'à Fatu Iva. A l' arrivée devant le goulet étroit à l' entrée de la rivière qui traverse le village de Hanavave et se jette dans la mer devant la plage, l' anguille originaire du lieu demanda à l' autre de s'engager la première dans le passage rétréci de la rivière. Celle-ci, méfiante, refusa la proposition. C' était finalement une erreur fatale car elle resta finalement coincée au milieu des pierres encombrant le lit de la rivière, empêchant l' eau de s'écouler normalement et suscitant par là la colère des habitants du village, soudain privés d'eau courante. Ils attrapèrent l' anguille, la tuèrent et la firent cuire dans un grand four pour le plaisir de tous les habitants du village. Ko'e'e iti rentra dans son coin de rivière accablée de tristesse car de nouveau seule au monde.

Cette histoire a été à l' origine d'un conflit durable entre les deux îles marquisiennes. Une danse, spécialement créée pour l'occasion, lors des festivals des Marquises qui ont lieu tous les quatre ans dans l' une des îles marquisiennes à tour de rôle, a parfois été exécutée pour rappeler ce différend entre les deux îles. Nuku Iva et Fatu Iva auraient finalement décidé d'enterrer la hache de guerre officiellement en 1989 lors du festival et d'oublier à jamais cette vaine querelle.

LEGENDE DE LA CREATION DES ILES MARQUISES

On dresse deux beaux piliers vers le ciel : Ua Pou. Puis, une longue et large poutre est placée sur ces piliers : Hiva Oa.

Alors il est temps d'assembler solidement les deux piliers et la poutre. Le toit devant et le toit derrière : Te ka'ava ao, te ka'ava tua. Nuku Hiva.

Ensuite on couvre la maison de palmes de cocotiers tressées : Fatu. Et, comme la maison est vaste, il faut neuf tresses ( Iva ) de cocotiers pour la recouvrir entièrement : C' est Fatu Iva.

Le travail est long et épuisant pour solidariser les palmes de cocotiers entre elles avec de la corde faite avec la bourre de coco. Le temps file à tire-d'aile, la construction doit se faire en une nuit et se terminer avant que le jour ne pointe. Oatea, encouragé par sa femme Atanua, travaille d'arrache-pied.

Soudain elle lui crie : " La lumière du jour commence à éclairer le ciel à l' horizon ". C' est Tahuata.

Moho, l' oiseau du matin pousse ses premières trilles. C 'est Mohotani.

Oatea, sans relever la tête, crie à sa femme qu' il a presque fini, et qu'il ne lui reste qu'un trou à creuser pour y enfouir les surplus de feuilles et de bourre de coco. Voici Ua Huka.

Oatea a travaillé dur. Il est épuisé, mais vient de terminer sa maison. Le soleil se lève, resplendissant, et ses rayons obliques illuminent l' océan. Voici donc, se dressant majestueuse, la maison construite par Oatea.

Atanua, émue et concentrée, récite alors : Ei, ei, ua ao, ua ao, c'est Eiao.

Ua Pou,

Hiva Oa,

Nuku Hiva,

Fatu Iva,

Mohotani,

Tahuata,

Ua Huka

Eiao,

Voici, s'offrant au regard des hommes, la Terre Promise, cette magnifique suite d'îles ruisselantes de lumière dans le soleil levant.

Fin du carnet.
VM
DK
C’est qu’elles me font toujours autant d’effet ces Marquises. (J’serai mieux « confiné » là-bas qu’à Bruxelles - on peut se téléporter ?!?)
CH
Belle échappée aux îles Marquises Merci du reportage Vous avez de la chance de vivre sur Tahiti beaucoup de belles choses sont à votre portée 👍
chris06
DR
Bonjour Moana, Merci de nous faire profiter presque en direct de votre superbe voyage. Nous dev(i)ons y aller en novembre mais je pense de plus en plus qu'avec ce satané virus ce sera pour 2021. Je vous souhaite une excellente poursuite de votre voyage, continuez à nous faire rêver ! Cordialement.

Edith
ST
Bravo à vous pour votre carnet, il est magnifique et complet. Ça fait rêver. Vous zavez une p'tite place dans vos bagages pour moi et ma meilleure amie ? [:P]
Pierrette
VA
Bonjour Edith,

N' écoutez surtout pas ce que vous disent les agences de voyage, les compagnies aériennes ou les oiseaux de mauvais augure. S'il y a un territoire où vous pouvez venir sans crainte, facilement, et pratiquement sans contraintes liées au coronavirus, c'est bien la Polynésie. Surtout si vous vous éloignez de Tahiti pour profiter de la plongée aux Tuamotu ou pour découvrir les Marquises comme nous le faisons actuellement. On peut réduire facilement les contacts, et profiter du bon air pur, des randonnées et de la plage... sans le fichu masque. Tout cela pour dire que novembre, c' est très bien. Osez et n' écoutez personne ! A Tahiti et dans les îles, le masque n' est obligatoire que dans les supermarchés, supérettes et administrations, les endroits clos comme les cabines passagers des catamarans faisant la traversée entre Tahiti et Moorea par exemple. En dehors de cela, rien de particulier. On oublie que l' épidémie existe.

Moana
VM
NI
Bonjour Moana,

Ton dernier message fait vraiment plaisir à lire. Heureusement, tous les pays n'adoptent pas les mêmes contraintes face à l'épidémie. Je rentre de Croatie où nous avons un pied à terre. C'était pareil qu'en PF. Je peux dire que le retour en France avec un transfert à Vienne hier fut rude... Ton carnet est une fois de plus, une pépite et je me suis régalée. J'ai bien hâte de découvrir ces lieux...Patience patience... Bien à toi.

Anne-Claire
DR
Bonjour Moana,

D'accord avec vous pour dire que la Polynésie n'impose pas la contrainte du masque partout, mais pour nous pauvres français de métropole, il y a 24 h de voyage avec le masque ! Nous sommes inscrits pour une croisière sur le Gauguin donc la crainte est aussi de voir, comme en juillet, un cas à bord et tout le monde est confiné puis retour à la case départ. Donc pour nous, je pense qu'il sera plus sage de différer notre voyage ; Mais de toute façon ce ne sera que partie remise car un précédent voyage en PF nous a donné l'envie d'y retourner et de visiter les Marquises. Quelle chance vous avez d'être à proximité de toutes ces îles magnifiques, dans une prochaine vie j'irai m'installer en Polynésie ... Cordialement.

Edith
MA
Bonsoir Denis,

Encore merci de nous avoir fait voyager avec vous, presque en direct [:)]

C'est vraiment très beau et donne envie de venir [:P] ... même s'il ne fait pas toujours beau [;)]

A bientôt

JF
https://apprentisvoyageurs.com
VA
Bonsoir Jean-François,

Si, il fait généralement beau en octobre / novembre, puis en début d'année pendant plusieurs mois. Nous n' avions pas choisi la meilleure période même si nous avons vu les îles plus verdoyantes et luxuriantes que jamais. Avantage de Fatu Iva : toujours du vent et donc pratiquement pas de moustiques, et pas de nonos du tout.

On se re-contacte bientôt

Moana
VM

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