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N'hésitez plus si vous allez au Myanmar
by Annebleue · 2009-12-24 · 97 replies
Bonjour a tousles forumistes MINGALABA - Bonjour Je reviens du MYANMAR et vous dis ALLEZ Y je nepense qu a une chose y retourner l an prochain c est le pays du sourire

Voyage de 28 jours aupres d une population qui a besoin de voir des touristes INDIVIDUELS qui ne passent pas par grandes agences d europe et qui ainsi ne donnent rien a qui vous savez!!!!!!!!! ils sont heureux de nous voir, de nous aider toujours avec le sourire et la generosite, des larmes dans les yeux quand nous les quittons. Ils souffrent bcp et si vous etesseuls ils vous parleront mais surtout ne lancez jamais la conversation il y a des espions qui n attendent quecela pour les coffrer....

voici mon voyage en bref yangon ne pas y rester longtemps c est dur dur MOTHERLAND ils viennent vous chercher a l aeroport prendre le train qui fait le tour de la ville pour 1 doll et met 3 h

c est super on est avec les paysans

trajet aeroport ville 4000 k le jour 7000 k le matin tot

le doll a chute donc le change est moins bon surtout ne pas changer dans la rue AUTOUR DE LA SULE PAGODA vous risquez de vous retrouver avec des billets photocopies ou le changeur disparait changer dans le grand marche BOGYOKE= pere de la dame blanche ils vous proposent de bons taux

CYBER en face du TRADER CYBER WORLD cela marche ils bidouillent pour obtenir HOTMAIL... car cela ne passe pas toujours NE JAMAIS PARLER DE LA J dans vos mails car ils sont lus CENSURE OBLIGE 600 k l heure

PAYA SCHEWDAGON le matin magique : animation assuree SCHWE = or

si vous le pouvez prenez les vols interieurs les routes sont epouvantables SURTOUT PAS MYAMAR airways Air Bagan fonctionne bien

mandalay PEACOCK LODGE super avec jardin et couple ADORABLE++++ ils se mettent en 4 pour vous, sont aux petits soins ils ont un blue car a louer pour la journee 25 doll pour la voiture entre 5 h30 du matin retour 19 h il faut aller aux alentours U BEIN BRIDGE le matin aucun touriste avant 6 h le soir il ya des cars et des 100000000000 de touristes allez discuter avec des moines du monastere d amarapoura assister au repas...???? si vous aimez le ZOO et des touristes qui prennent des photos sous le nez des 1300 moines Une honte certains n otent meme pas leurs chqussures tant ils sont presses d aller faire des photos sous le nez des pauvres moines

alentours INWA et le monastere ancien en teck un joyaux avec le master qui enseigne aux enfants des environs

le tout en voiture a cheval

RESTO NEPALI FOOD bon et pas cher

bateau MANDALAY BAGAN - 10 doll payables uniquement en doll en bon etat car ils les regardent de tres pres..... en slow boat pas plus lent que le speed et au moins vous serez avec des birmans qui partagent fruits et vos victuailles leur font plaisir achetez des bananes et distribuez les a vosvoisins. echanges au cours des 13 ou 14 h de trajet mais cela passe tres vite il y a un petit bar sur le bateau pour siroter bieres ou the

BAGAN a votre arrivee vous etes delestes de 10 doll pour entretenirle site archeo.........!!!! qui est en mauvais etat depuis que l unesco en a ete chasse no comment

Hotel KADAY ANG a new bagan tres confort avec piscine et petit dej pas loin des sites mais si vous preferez l agitation allez a NIANG U 12 doll pout 1 16 pour 2 cela parait stupide mais se plonger dans la piscine le soir vaut le detour car on est assez fatigue en fin de journee

visite des sites a velo, charrette - 17 doll entre le lever dusoleill et le coucher on peut y monter a 3 sans le lever de soleil 8000 k la journee depart vers 9 h enfin a vous de voir

tous les moyens sont bons pour arpenter ce site a pied c est trop etendu dc impossible le ver de soleil magique tous les horse men connaissent les bons coins negocier mais pas trop.... MONT POPA mauvaise route mais beaux paysages 50 doll la journee arret en route - SALAY- pour voir une tres beau monastere en teck

SI VOUS VOULEZ AIDER UNE FAMILLE QUI A ETE EXPULSEE IL Y A 9 MOIS DE SA BOUTIQUE situee en face du musee -requisitionnee par la J et offerte au chef de la police de BAGAN : aller manger au resto santhidar ENTRE new et old bagan sur la route nationale Village de MYINGABAR dites au proprietaire que vous avez eu l adresse par sa soeur francaise Anne ils sont adorables++++ le fils PYI SONE parle bien l anglais et ainsi vous l aiderez a poursuivre ses etudes cout mensuel des cours 10 doll ce n est rien pour nous mais pour eux.....

Location du resto suite a l explusion manu militari 30 doll la encore ce n est rien pour nous mais pour la famille il faut en vendre des repas... Ce n est qu un conseil... A vous de voir....mais j ai fait leur connaissance grace a un couple de NANCY Salut Amande et gernain qui m avait chargee de leur remettre des doll ceque j ai fait et je les ai quittes les larmes aux yeux tant ils m ont prise en affection

BAGAN- LAC INLE bus 10500 k une epreuve qui peut durer 12 ou 14 h voire + surtout quand le pneu eclate il vous laisse au carrefour et vous devez prendre un trikshaw encore une heure de route jusqu a nyangschwe 1000k

LAC INLE A ne pas rater BATEAU :

locationtoute la journee 10 a 13 doll a paartager le soir seulement entre 3000 et 4000 K a partager

si vous voulez faire un treck un conseil : faites le de NIANGSCHWE vous ne rencontrerez pas de touristes de KALAW tous les trecks en partent.... et il y a bcp de monde NIANGSCHWE : guest house AQUQUARIUS mais toujours plein et que des resas par tel sinon MAY GUEST HOUSE super propre et un jardin pour prendre le petit dej Hotel de charme 15/20 doll la nuit beau jardin au calme AUNG MINGALAR

TEACKWOOD guest house tres commercial et la patronne n est pas des plus sympa elle pousse a la conso sans sourire aucun chinoise d origine seul les doll l interesse et la v ente de tours dont elle ponctionne vos doll certains n ont pas aime du tout RESTO : LOTUS super - poisson cuit sur feuille de bananier avec citronnelle ou smiling moon restaurant dans le rue centrale DRUM sur le canal sympa et le resto de pate et de pizza pour les nostalgiques!!! 4 sisters sur le canal vous payez ce que vous voulez... conso a payer dans tous les cas fait aussi guest house

Couturiere GOLDEN NET pres dune pagode du centre ville tout le monde la connait tissus et vetements sur mesure

Pour louer bateau, treck enfin tout ce dont vous avez besoin : une MINE D OR

THU THU AGENCY dans la rue centrale pres du marche

une jeune femme toujours souriante qui se met en 4 pour reprondre a toutes vos questions - allez y de ma part Anne de France cheveux blancs... 61 years!!!! organise trecks moins cher que chez SMILING MOON AGENCY mais le treck avec smiling etait super j ai couche dans une famille adorable ils me nous attendais pas...... pas de portable bien sur!!!! maison tres tres propre un regal cuisine faite avec la jeune fille de la famille legumes du jardin

treck a l est du lac avec nuit chez l habitant vous y etes heberges, vous y mangez et en plus ils vousoffrent leur sourire et des fruits en partant ou du the il y fait froid la nuit mais il y a des couvertures et on s y sent bien Attention aux couches tard on est au lit a 19.15!!!!!!!!!! lever avec le soleil pour petit dej compose de riz et de legumes du jardin ecolo tout cela

PINDAYA Journee 55 dol a partager vaut le detour 8000 bouddhas... route superbe et marches en route

LE LAC INLE Allez y le matin, dans la journee, le soir.....

Si vous allez a NGAPALY tout y est cher car tout vient par avion et le groupe electro fonctionne tous les soirs mais c est super ROYAL BEACH MOTEL pres du village des pecheurs y aller lematin au retour des bateaux j y ai apporte 100 photos d enfants et de pecheurs prises par une forumiste de Lyon Salut CHISTELLE... C etait la folie que de bons souvenirs LIN THAR OO hotel sympa mais plus loin des pecheurs. petit RESTO : LE TREASURE en face du grand resort ANAKA un petit couple la encore souriant et gentil excellente cuisine allez dans la cuisine faiteau charbon de bois et regardez la cuisiniere faire ses sauces - un regal

tout y est bon pas cher

sinon les 2 brothers bien mais plus cher et pas mieux trop chic a mon gout le poisson est toujours frais et les sourires au rendez vous

Un seul imperatif au myanmar Avoir la totalite de largent que l on compte depenser LA CARTE BLEUE INUTILISABLE sauf dans un grand hotel de YANGON - se renseigner - avec 8 ou 9 pour cent de commission en cas de besoin uniquement et bien sur si l on est a YANGON sinon c est impossible.

EN BREF j ai ete touchee par ce peuple qui souffre etque nous pouvons aider en allant les voir. Si vous voulez d autres renseignements n hesitez pas je suis sous le charme et compte bien y retourner l an prochain en esperant que certaines zones seront ouvertes..... j ai ennuye bon nombres de touristes en route sur les chemins de la thailande en leur disant ALLEZ AU MYANMAR pays magique

annebaum@hotmail.com par mail car je suis au LAOS et les connections sont lentes donc je n irai pas sur VF

DJEZOUBE - merci Anne sur les chemins de l Asie du Sud est
Quoi faire en dix semaines en Europe?
by MaximeRG · 2009-12-21 · 112 replies
Bonjour à tous. Je suis en train de voir à mon voyage en Europe. Malheureusement je ne pourrai pas prendre 5-6 mois comme je le voulais dû à l'université. Par contre, je vais prendre entre 9 et 10 semaines de vacances à la fin de mon étude collégiales et j'aimerais ne pas manquer les HOT SPOTS de certains endroits que je vais visiter. Tous commentaires sont bienvenues, que ce soit sur mes choix d'endroits, ou trucs à faire ou voir.

Alors moi et 2 potes allons faire notre petit voyage en Europe de Fin juin à Fin aout et voici ce que nous avions en tête. Italie: Rome, Milan, Naples, Florence, Pise France: la Loire, St-Denis, Paris, Avignon, Marseille Espagne: Barcelone Pays-Bas: Amsterdam Suisse: Genève Corse: Ajaccio

Nous pensions également faire un petit tour en Belgique, tant qu'à aller à Amsterdam! En vaut-il la peine? Si oui, où est-il préférable d'aller?

En Corse, nous voulions aller en Corse car se semblait une belle place chaude et avec de belles plages, y a-t-il quelque chose à savoir? Expériences?

Barcelone, choses à ne pas manquer s.v.p.?

Milan et Florence valent-il la peine? Y-a-t'il des villes que je devrais rajouter en Italie?

En France, y-a-t'il des villes que je devrais rajouter?

En Suisse, Genève en vaut-il la peine, où une autre ville serait mieux?

Nous avons également penser à aller voir Londres, par contre il faut traverser la manche, cela en vaut-il le détour? Si oui, trucs à voir, à faire et temps suggérer ?

Ne vous gêner surtout pas à partager vos expériences et opinions et suggestions, cela serait très utile à mes amis et moi pour la réalisation de notre projet.!

Merci beaucoup!
Le tour du monde, un concept qui m'énerve
by Tsk · 2009-12-20 · 293 replies
quelle est cette maladie contagieuse qui s'appelle TDM? ce doit être Jules Verne l'instigateur de cette folle pandémie.

quel est le mode de propagation? est-ce le challenge? est-ce le plaisir de dire ensuite "je l'ai fait! est-ce pour se la raconter en société?

parce que derrière la phrase courte "j ai fait le tour du monde", il y en a une autre qui se cache : "j'ai vu le monde! je porte en moi la connaissance du monde!"

alors que comme chacun le sait, la terre est une boule, et il y a donc beaucoup de chemins pour en faire le tour.

alors que, j en ai vu des tour-du-mondistes, hé ben! c 'est pas la gloire! la moitié du temps dans les aéroports, l'autre a prendre des photos et à les charger sur le blog! "ouère iz ze cybercafé?"

jamais le temps de prendre le temps. un voyage en mode supermarché.

la encore, c est ce maudit Jules Verne, avec ses 80 jours!
Ressenti à mon retour de Pattaya
by Rely23 · 2009-12-02 · 179 replies
Bonjour à tous,

Ayant eu à aller à Pattaya dans le cadre de mon boulot je tenais à en écrire mon ressenti après mon retour, à savoir que j'en ai été malade....sick Psychologiquement parlant, j'y étais déjà venu avec ma chère et tendre et n'avait pas ressenti cela, d'y avoir été seul, ça m'a détruit...

Mon dieu comment pouvez vous dire que vous appréciez cette ville (en dehors d'y venir pour du sexe)... je sais que je risque d'apporter de l'eau dans le moulin mais vraiment je m'en suis senti mal, à tel point que je devait rester 2 nuits de plus mais ayant terminé mon taf en avance j'ai aussitôt pris la fuite pour revenir à Bangkok.

Pattaya c'est un flot continu de vieux, souvent torse poil (merci du cadeau... on pourrait s'en passer) plus ou moins avec un bide prononcé, en meute ou seul à guetter les petites futurs proies et au bras de leur "proie" en question (même si la proie n'est pas forcément celui ou celle que l'on croit). Beaucoup de vieux aussi avec de jeunes "gay" l'impression que la Thailande dévoile leur sexualité caché...

J'ai changer d'hotel par raison de commodité lors de mon séjour, si le premier était très bien le second m'a annoncé la couleur lors du check in, "si vous ramenez une fille...." je l'ai coupé sec en lui disant que je n'était pas là pour ça, mais elle relance et je la recoupe encore, je me suis senti profondément insulté par cette réduction du "farang + seul + pattaya = sex with thai girl"

De plus voir circuler des couples dans le lobby pour les voir redescendre 20min plus tard, et ce de bon matin alors que tu prend encore ton petit dej... et ce toute la journée... c'est plus un hotel c'est une véritable maison close...

Quand tu marches le long de la plage c'est une pluie de parasol le long de la dite plage (donc moche et sans intérêt), plus toute les prostitués attendant gentillement sous les arbres, les vendeurs de para-sail proposant accessoirement de la drogue direct dans la rue...

Je pourrais continuer comme ça longtemps mais je me jure de ne jamais remettre les pieds dans ce bordel ouvert...

En plus, Pattaya c'est une ville sous la coupe de la mafia russe, à tel point que beaucoup de panneau, menu et autres sont affichés en russe, je me demandait parfois si j'étais bien en Thailande...

Pour ceux qui aiment cette ville, allez s'y pourrissez moi, sortez vos arguments, mais vous ne me ferez jamais croire que c'est une ville "agréable".
Pourquoi et où partez vous à vélo?
by Sakouski · 2009-11-28 · 25 replies
Salut à tous,

Bravo pour ce forum ! Je m'interroge quand même de voir autant de " post " aussi divers et aussi riches sur la question du voyage à vélo .

Cyclo tranquille depuis très longtemps, j'ai l'impression qu'il y a maintenant des destinations un peu à la mode, des pays qui se sont ouverts, des routes qui font rêver, et des boucles qui peuvent être bouclées. Des vélos et accessoires qui se fabriquent pour répondre à la demande de plus en plus grandissante. Des blogs qui foisonnent, des bouquins et des films qui naissent chaque instant, des festivals pour rassembler et s'exposer.

Le monde du voyage et du vélo est en plein essor. J'aurais envie d'en savoir plus sur les cyclos ... occasionnels, passionnés, fanatiques...etc.

Alors si vous avez envie de répondre cela pourrait lancer une discussion sur la sociologie du voyage à vélo.

Quel genre de cyclo êtes vous ?

Si vous deviez partir pour une première expérience cyclo , seul(e), à deux, en famille, en groupe. Quel serait votre premier désir ?

Qu'est ce qui vous fait rêver le plus ?

Quelle a été votre première expérience ?

Si vous deviez partir une deuxième fois . Ou iriez vous cette fois ci ?

En général qu'attendez vous d'un voyage à vélo ?

Qu'est ce qui vous pousse à avoir ce désir ?

Qu'est ce qui vous fait revenir ?

Pourquoi partir maintenant ?

Merci d'avance.🙂

Sak
Vos dix plus belles routes du Maroc?
by Lacalo · 2009-11-28 · 65 replies
Bonjour à tous !

Je reviens d’un court voyage dans l’Anti Atlas et j’en ai encore plein les yeux de tous ces beaux paysages, de ces beaux villages traversés.

En particulier ces deux somptueuses routes qui relient Igherm à Tata !

Aussi me vient à l’idée de lancer un top 10 des plus belles routes du Maroc que vous avez pu emprunter.

Toutes régions confondues …

Que je puisse déjà commencer à rêver à mon prochain trip …
Belgique: interdiction de fumer dans les cafés et autres tavernes en 2012
by Lexav · 2009-11-14 · 265 replies
Alors que la majorité des pays européens ont intérdits de fumer dans tous les lieux publics, mon pays, celui de la biére , aurait l'intention d'interdire l'usage du tabac en 2012 dans les cafés et autres tavernes, je vous donne donc RDV en 2012 pour déguster une bonne trapiste sans fumée...🏴‍☠️

Patience ...🤪
Jour de l'an 2010 à Prague
by Kaeme · 2009-11-02 · 43 replies
Bonjour, avec un ami nous allons passer notre jour de l'an en République Tcheque à Prague plus précisement. Tout d'abord, l'accés au pays par la route n'est -il pas trop difficile en hiver (neige ?) ? Une fois sur place, quelles sont les habitudes des Tchéques pour le jour de l'an ? Se rejoignent-ils à un endroit particulier ? Si vous même avez déja passé le jour de l'an la bas quels seraient vos conseils ? Connaissez vous des hotels sympa, pas trop loin du coeur de ville ? Tous les conseils sont les bienvenus :)

Si vous avez le meme projet, n'hesitez pas à me contacter pour echanger un peu de nos connaissance !!!

à bientôt et merci d'avance
Peut-on vivre sans un poste de télévision?
by Geob · 2009-09-30 · 108 replies
Mais oui, sans problèmes ! Sauf pour les impôts ! Si par étourderie, on oublie de cocher la case idoine sur la déclaration des revenus , l'état vous demande vite fait 118 € ! Car l'état a dû mal à admettre que vous ne possédiez pas de télévision. Du temps où la redevance n'était pas lié à la déclaration des revenus, j'ai souvent reçu du courrier du service de contentieux du recouvrement de la redevance audiovisuelle ! Genre : comme vous ne figurez pas sur nos registres, veuillez nous retourner ce formulaire en cochant la case adéquate. Vivre dans une société organisée consiste donc à passer son temps à cocher des cases ! Et il m'est même arrivé d'ajouter quelques mots en retournant le courrier, genre : puisque le fait que je ne possède pas de télévision dépasse votre entendement, je vous invite à venir vérifier la véracité de mon affirmation en me rendant visite entre 12 h et 14h. En dehors de cette fourchette horaire, vous n'avez aucune chance de me rencontrer, étant pris par des contingences quotidiennes qui ne doivent pas dépasser votre entendement. Veuillez agréer...etc, etc. On m'a souvent demandé, d'un air horrifié : - Tu n'as pas la télé ? mais comment tu fais ? On me regardait comme un être complètement à la ramasse, encore plus quand je répondais : - Mais je lis ! Ce qui ne laissait pas d'étonner ! -
"École de campagne" à Cuba: le saviez-vous?
by Liniaz · 2009-09-20 · 116 replies
nous venons d'apprendre que ma petite belle sœur (12 ans)devra obligatoirement participer le mois prochain a l'école de campagne horaire et planning 5 heures du mat debout pas au clairon mais bien avec une grosse cloche 5 heures 30 petit dej tasse de café + fongo sorte de banane écrasée 6 heures/ 13 heures travail obligatoire au champs , désherbage , récolte de fruits , divers taches agricole avec quota de production 13 heures retour a l'établissement dit scolaire et repas genre potage eau claire 13 / 17 heures cours 17h30 repas 18 heures dodo , bien mérité dans un dortoir type militaire lit métallique superposé comme dans les bons vieux film des années 50 visite des parents une fois par semaine , en générale avec de l'alimentation pour leur progéniture durée du séjour club med entre un et quatre mois , tout inclus , bien entendu sans le moindre salaire n'hésitez pas donner votre opinion

c'est la réalité , ce n'est pas un canular
Cargo pour Baltimore ou Halifax: récupérer le camping-car, formalités?
by Laetb · 2009-09-02 · 25 replies
bonjour,

nous preparons un voyage de 2 ans en camping car avec nos 2 enfants sur l'amerique du canada en argentine. nous avons trouver une compagnie de cargo sea bridge qui assure la traversee ves l'amerique du nord, nous souhaitions arriver sur baltimore(usa); mais nous avons lu recemment qu'il était compliqué de récupérer son camping car car il faut , depuis janvier , une escorte et pas mal de paperasse.

savez vous s'il est plus facile de récuperer son camping car sur halifax (canada)ou si ce sont les memes demarches ? les demarches a baltimore sont elles si compliquees, peut on reserver a l'avance une escorte?

merci pour vos reponses

laetitia et greg
Pistes d'amélioration pour les compagnies
by ThoRi · 2009-08-12 · 71 replies
Oui, je sais, d'une part le sujet est vaste, d'autre part on est en période de crise et les compagnies rognent sur tout au lieu de s'améliorer. Mais à défaut de mettre en place des améliorations pendant la crise, les compagnies pourraient au moins y réfléchir pour plus tard... Quelles sont, selon vous, en général ou par compagnie, pour toutes les classes ou pour une classe particulière, les améliorations qui pour vous feraient la différence avec d'autres compagnies, et vous pousseraient à choisir celle-là plutôt qu'une concurrente, même si son tarif est plus élevé (éventuellement, quelle différence de tarif vous êtes prêts à payer pour cette amélioration)?

De mon côté je pense au traitement des bagages, tant il est abominable un peu partout (chutes de plusieurs mètres, pertes, vols), mais je ne sais pas dans quelle mesure les compagnies y peuvent quelque chose. En tous cas s'il était possible d'y remédier cela vaudrait plusieurs dizaines d'euros par voyage!
Quelques vérités à rétablir à propos de Madagascar
by OcéanI · 2009-08-08 · 117 replies
Bien que nouveau sur ce forum, je voudrais réagir à certains posts qui tendent à vouloir faire passer Gabian2 " - c.f. Témoinage sur une situation actuelle à Madagascar" -, pour un négligent qui, somme toute, n'a récolté sur les routes malgaches, que ce qu'il était imprudemment allé y chercher.

Je suis né à Madagascar et j'y ai passé, à ce jour, à peu près la moitié de ma vie. J'ai toujours pris le parti de parler de ce pays sans faux-fuyants, avec passion et respect certes, mais aussi avec objectivité et réalisme, les seuls sujets sur lesquels je répugne à m'exprimer étant la politique et la conduite des affaires de l'État.

Il apparaît qu'il existe, à propos de Madagascar, une forme "d'angélisme" qui consiste souvent à minimiser ou à excuser certains des "côtés" les moins engageants du pays du style "ce genre de mésaventures et de désagréments n'arrive pas qu'à Madagascar" ou "s'il avait été plus prudent, cela ne lui serait pas arrivé".

Il est d'ailleurs paradoxal de constater que cette tendance semble animée par des personnes qui connaissent peu ou mal le pays, si ce n'est par "clavier interposé".

Donc, oui, Madagascar est un pays compliqué. Oui, l'insécurité - qu'elle soit physique ou qu'elle concerne les biens et les intérêts privés - y a parfois cours. Oui, la crise politique de ce début d'année 2009 a accentué encore un peu plus la paupérisation de la population. Oui, on n'y voit, en ce moment, guère de touristes et cela se comprend - le fait que les statistiques officielles, généralement "gonflées", annoncent, pour 2009, 150.000 touristes, veut tout dire -.

On sent bien, ne serait-ce qu'à la lecture de certains posts qu'il y a, aujourd'hui, un engouement assez prononcé pour Madagascar. Certains projettent de s'y établir et d'y travailler, d'autres d'y passer leur retraite.

Mon propos n'est pas de les dissuader, simplement de leur faire prendre conscience que leur projet ne sera pas un simple "havre de paix".
Location de voitures en Amérique du Nord
by Thx113867 · 2009-07-31 · 38 replies
Toujours en pleine organisation de mon voyage du 2 au 19 septembre, je suis entrain de prospection pour la voiture de loc. Niveau catégorie, je me suis tourné vers un mid size SUV de type Chevrolet Equinox (mais dans l'espoir d'obtenir un Ford Edge). Nous ne sommes que 2 mais nous privilégions le confort et l'espace pour les bagages et les achats à venir.

J'ai donc fai le tour de tous les loueurs les plus connus (autoescape, elocationdevoitures, hertz, etc....) et les tarifs flirtent avec les 500 euros , pour meme les dépaser des fois. Et puis j'ai trouvé locationdevoiture.fr. Chez eux, les midsize SUV (de type chevrolet equinox) est facturé 400 euros tout rond, avec assurance tous risques et couverture responsabilité civile jusqu'à 1 million de $. La location se fait avec DriveFTI et Alamo.

La différence est énorme, où est l'arnaque? Est-ce trop beau pour etre vrai?
Un mois en Namibie - juillet 2009
by Noirdez · 2009-07-31 · 17 replies
Petit compte rendu d’un voyage en Namibie – juillet 2009

Pour situer : 5 personnes, dont 4 d’une même famille + un ami Le père, qui jouera chauffeur et banquier pour le mois + responsable grillade sur feu de bois La mère, qui cuisinera, dégotera des éléphants … qui s’avèreront être des girafes ^^ La fille, 20 ans, qui sera la co-pilote, ayant auparavant organisé le voyage (et qui écrit en ce moment ce carnet de voyage J) Le fils, 18 ans, nommé monteur de tente et ramasseur de bois, ainsi que œil de lynx pour répérer les animaux L’ami du fils, 18 ans, qui sera également nommé monteur de tente, aide-vaisselle, … et bien d’autres

D’un point de vue chiffre : 5 personnes pour une 4*4 Nissan 28 jours de location de voiture 5200 km parcouru 737 L d’essence pour 5262 N$ 0 crevaison 0 pare brise cassé 27 nuits sur place pour 15395 N$ pour 5 personnes 18 camping différents 3 hotels différents 2 ‘game drive’ pour 4075 N$ pour 5 personnes 4375 N$ pour 7 restos pour 5 personnes 9800 N$ de courses bouffe pour 5 personnes 3050 N$ pour les entrées des parcs/réserves pour 5 personnes

D’un point de vue pratique : · Voiture Nissan 4*4 équipée camping, louée vers février (ou mars ??) chez Camping car Hire, après avoir checké les prix chez d’autres loueurs. Le prix total de la location revenait à N$ 27203.50 + les frais du deuxième chauffeur Voiture vraiment nickel (y compris les pneus) et avec à peine 20 000km au compteur. Nous n’avons eu aucun soucis, ni crevaison, ni problème de moteur, ni … rien en fait J Le ‘kit camping’ est nickel. Cela va des essuies vaisselles, à l’ouvre-boite, au pèle-patate, aux éponges, savons, allumettes, bouteille de gaz, corde, pinces à linge …. Il ne manquait rien ! Les tentes de toit (je n’y ai pas dormi, j’avais la tente de sol, vu qu’on était 5) sont faciles à monter/démonter. Les matelas sont apparemment assez durs. Question sac de couchage, nous avions pris les nôtres. Cette agence est donc vraiment à conseiller !

· Nuits

o Windhoek – 30 juin 2009 – réservé à l’avance Pension Uhland Une double pour 550 N$ et une triple pour 670 N$. Chambres très propres, petit déj inclus. !! Nous nous sommes fait agresser au couteau par 2 personnes à 20m de l’hotel. Notre voyage aurait très bien pu s’arrêter ici. On a toujours du mal a comprendre les circonstances et l’avis de la boss de l’hotel « Very very safe place, you can walk to a restaurant situated at 200m from here. Very very safe ». J’ouvrirai p-e un post plus tard pour expliquer « en détails » cette soirée…

o Mariental – 1 juillet Anib lodge Camping pour 125 N$ par personne. ! Il y a seulement 4 emplacements, nous avons eu par chance le dernier. Superbe situation. Bloc avec douche chaude, toilette et évier pour vaisselle à chaque emplacement.

o Keetmanshop – 2 juillet Quivertree forest rest camp Camping pour 75 N$ par personne. Juste à l’entrée de la quivertree forest (45N$ par personne), et à 5km du Giant’s playground (compris dans l’entrée de 45N$). Camping le long de la route. Très peu de monde notre nuit. Beaucoup de bloc de douches (eau chaude). Accueil très moyen. Mais bonne situation ! Surtout pour le magnifique coucher de soleil dans la forêt de Kokerboom !

o Fish River Canyon – 3 et 4 juillet Hobas camp Camping pour 55 N$ par personne/nuit Situé à une dizaine de km du point de vue principal du canyon. Accueil vraiment sympathique. Première nuit avec le passage du Renault Trucks – Cape to cape, donc un peu bruyante. Deuxième nuit avec le passage d’une chorale ‘en tournée’. Très chouette moment ! Sanitaires propres avec eau chaude par moment, emplacements bien ombragés !

o Lüderitz – 5 juillet Shark Island Camping pour 50 N$ par personne. Au bord de l’eau, donc très très humide, mais vraiment belle vue !

o Aus – 6 juillet Namib Garage Le Klein-Aus Vista était complet, on s’est donc rabattu sur ce ‘camping’ situé en face de la pompe à essence (et beaucoup de passage la nuit). Petit camping sans charme (ni vue… ni rien), mais parfait pour dépanner !

o Sesriem – 7 et 8 juillet – réservé à l’avance Sesriem camp site Camping pour 210N$ par personne/nuit Situé au mieux pour le lever du soleil sur les dunes. Chacals trainant dans le camping :) Superbe vue, sanitaires assez propres. Petit magasin avec quelques boites de conserves, à boire, du pain et quelques souvenirs.

o ‘Naukluft’ – 9 juillet Hauchabfontein Camping Camping pour 100N$ par personne. Très chouette emplacement avec superbe vue sur les ‘montagnes’ environnantes. Douches, eau chaude, très soignées (bougies etc) à certains moments de la journée. A conseiller !

o ‘Gamsberg Pass’ – 10 juillet Hakos Guestfarm Camping pour 80 N$ par personne. Situé au bout d’une piste de 7km bien caillouteuse. Belle vue, mais énorme brouillard le matin. Nuit bien froide ! Sanitaires ‘bloc-de-béton-sans-électricité-ni-eau-chaude’.

o Swakopmund – 11 et 12 juillet Villa Wiese Backpacker

Double pour 385 N$ et chambre triple pour 480 N$. Endroit très sympa. Dispose d’un bar ouvert jusque 22h (ou 23h ?!). Petit dej inclus. Possède un parking gardé pouvant acceuillir quelques voitures.

o Spitzkoppe – 13 juillet Spitzkoppe rest camp Camping pour 45 N$ par personne. Superbes emplacements au pied du Spitzkoppe. Camp très très basique (pas d’eau, pas de douches, ….) mais superbe pour le coucher de soleil !

o Twyfelfontein – 14 juillet Aba Huab camp site Camping pour 60 N$ par personne. C’était un camping géré par une communauté, mais il a été racheté par un particulier. Le long de la rivière (assechée… avec des éléphants !). Douches ‘dans les arbres’ vraiment bien faites ! A quelques km des organ pipes et des gravures rupestres. Petit bar à l’entrée. A conseiller !

o Palmwag – 15 juillet Palmwag Lodge Camping pour 100 N$ par personne. Il y a peu d’emplacements, et nous avons eu la chance d’avoir le dernier ‘Overflow’. On peut disposer de toutes les facilités du lodges, dont la piscine. Le camping en soit n’a rien d’extraordinaire (bien que très bien équipé), mais c’est pratique pour faire un game-drive !

o Warmquelle – 16 juillet Ongongo Camp site Camping pour 70 N$ par personne. Situé au bout d’une piste accidentée et d’un passage dans une rivière assez surprenant. Non faisable sans 4*4… surtout pour le retour ou il faut remonter ‘à pic’. Des sud-af présents la même nuit que nous ont aidé des slovènes qui s’étaient aventurés trop loin sans 4*4 ! Petit bassin avec cascade juste à côté du camping très chouette pour une petite baignade. Chauves-souris sous les rochers du bassin :) ! pas facile facile pour trouver un emplacement plat pour des tentes de sols !

o Opuwo – 17 juillet Opuwo country lodge Camping pour 75 N$ par personne. Emplacements assez petits. Belle vue sur la vallée. On peut profiter de toutes les facilités du lodge (y compris la piscine à débordement …. À 15°c… dur dur !). Sanitaires propres et eau chaude par moment. ! Nuits bruyantes car on entends les habitants d’opuwo et de la musique toute la nuit.

o Epupa – 18 et 19 juillet … je ne me souviens plus du nom, mais c’est le premier qu’on voit en arrivant aux chutes. Camping pour 60 N$ par personne. Superbe situation sous les palmiers, et au bord de la rivière ! On peut observer des singes et des crocos sur la rive opposée/dans la rivière ! Douche nickel, et avec eau chaude. Petit bar à disposition avec très belle vue !

o Opuwo – 20 juillet Opuwo country lodge Voir précédemment

o Kamanjab – 21 juillet Kamanjab rest camp & game park Camping pour 65 N$ par personne. Grands emplacements. Possibilité de se déplacer avec son propre véhicule dans la propriété et d’observer giraffes, kudus, springboks, … Douches chaudes, sanitaires propres. Seul inconvénient : des mouchettes à ne plus savoir qu’en faire, qui vous tournent autours jusqu’à la tombée de la nuit.

o Etosha – Okaukuejo – 22 juillet – réservé à l’avance Okaukuejo rest camp. Le camping à 5 revient à 140 N$ par nuit par pers. Sans doute le meilleur des 3 camps d’étosha. Emplacement bien délimité. Superbe point d’eau pour le soir. Sanitaires avec eau chaude très bien. Piscine (froide), bar, resto, …. Il y a beaucoup de chacals qui rodent la nuits :)

o Etosha – Halali – 23 et 24 juillet – réservé à l’avance Halali rest camp Le camping à 5 revient à 140 N$ par nuit par personne. Sans doute le moins sympathique des 3 camps. Les emplacements sont poussiereux, petits, …. Les blocs sanitaires sont nombreux et moyennement entretenu comparé aux précédents. Point d’eau plus distant qu’à Okaukuejo, mais sympa. Piscine (froide), bar, resto, …

o Etosha – Namutoni – 25 juillet – réservé à l’avance Namutoni rest camp Le camping à 5 revient à 140 N$ par nuit par personne. Emplacement sur du gazon, très grand. Sanitaires nickel. Piscine (froide), bar, resto, …

o Windhoek – 26 juillet – réservé au cours du voyage Pension Steiner. Double pour 685 N$ et triple pour 815 N$, petit dej inclus. Vu la soirée passée à Uhland le premier soir, on a préféré changer d’hotel pour le retour. Accueil plus chaleureux. Bonnes indications sur la sécurité. Chambres très propres.

· Equipement à prendre

On était 5, on avait donc prévu des sangles afin d’attacher un kit-bag (pour la tente de sol) sur le toit de la voiture. C’est pratique, et cela laisse plus de place pour les bagages/la bouffe.

Pour le froid, on a fabriqué des sacs à viande en polaire en utilisant des petites couvertures. Et ce fut bien utile, car certaines nuits sont très froides !

Et sinon, équipement habituel comme lampe frontale, tong pour les douches ‘douteuses’, de quoi écrire (pour les carnets de voyages :)), ….

D’un point de vue …. Littéraire :)

J1 – Arrivée Windhoek Après plus de 24h, 3 vols (Bruxelles-Londres-Jo’burg-Windhoek), nous voilà arrivés. Le ‘chauffeur’ de Camping Car Hire nous attends et «Nous voilà parti pour de nouvelles aventures ». Sur la route vers la ville, il voit des Kudus… Evidemment, avec nos yeux de novices, nous n’arriveront pas à les distinguer ! Une petite demi-heure plus tard, nous sommes chez le loueur. Explications concernant l’assurance (nous n’avons pas racheté la franchise, et vu que nous partons pour un mois, prendre une assurance pneus et vitre reviendrait à payer l’équivalent d’un pneu neuf…. Croisons les doigts pour qu’il ne nous arrive rien !), le matos de camping, les tentes de toit, le mode 4*4 et nous voilà parti ! Arrêt au Pick & Pay du coin pour faire les premières courses. C’est vraiment grand, et puis fourni ! Ensuite, direction Uhland, situé juste à l’extérieur du centre. On s’installe, organisons la voiture de manière la plus pratique, et direction resto la marmitte sur les conseils de la boss. Excellent mafe de poulet ! Sur le chemin du retour (« very very safe » dixit la boss), nous aurons notre première vraie « aventure »… Un homme nous attaque au couteau à 20m de l’entrée de l’hotel. Je pourrais écrire un roman par rapport à cette soirée qui nous laissera vraiment perplexe quant à l’honnêteté des propriétaires de l’hotel…. Un post sera p-e créé plus tard à ce sujet. Soit, pas de blessés au final (et on ne comprends toujours pas comment le couteau qui a troué le pull n’a pas fait plus de dégats que quelques égratinures… ), mais des jumelles, un appareil photo, des lunettes de soleil et d’autres petits choses en moins. On espère que cette aventure ne nous ‘pourrira’ pas le reste du voyage, car si c’est pour vivre un mois sous le stresss…. Ça risque d’être difficile ! On s’endort difficilement, en ayant hâte de quitter cette ville.

J2 – De Windhoek à Mariental Debout vers 7h pour un petit dej avant de partir sur la B1 en direction du sud. On décide d’annuler notre nuit réservée dans ce même hotel pour le dernier jour du voyage, les souvenirs ne sont pas très bons ici. 8h30, départ pour Mariental. Sur la route, pas vraiment d’animaux (on a du mal à savoir dans quel ordre de grandeur chercher). On croisera toutefois une ordre de babouins. On préfère quand même les voir ici qu’à l’intérieur du camping :D Arrivés au camping, on préfère profiter de notre première soirée que de faire le game drive proposé par le lodge. On a encore un mois pour voir des animaux, autant monter notre tente et faire notre premier repas à l’aise :)



J3 – de Mariental à Keetmanshoop La nuit fut froide, et on ne regrette vraiment pas nos sac-à-viande en polaire ni nos sous-pull pour dormir ! La route pour Keetmanshoop est plutôt courte. Après avoir pic-niqué au camping, nous nous dirigeons vers la Giant’s Playground. La lumière est vraiment belle, et je n’imaginais pas cela aussi grand. Le coucher de soleil sur la forêt de kokerboom à côté de notre campement est superbe !

J4 – De Keetmanshoop au Fish River Canyon Deuxième courses du séjour. On a quand même du mal à trouver des fruits et légumes en bon état dans le supermarché. On fera donc des boites de conserves… pendant presque toutes les vacances ! A quelques km de Keetmanshoop, on quitte la B1 pour rouler sur nos premières gravel road. La moyenne baisse, et ayant lu les conseils de sécurité un peu partout, nous ne roulons pas plus vite qu’à du 80km/h. La route est vraiment belle, surtout la dernière partie. On y verra nos premières autruches (quelle excitation !), oryx (de loin), springboks, … qu’est ce qu’on en a revé ! Arrivée au camp en début d’après midi, on décide de n’aller visiter le fish river canyon que le lendemain matin. La soirée sera plus bruyante que les précédentes, un groupe d’une 60aine de personnes participants au Renault Trucks- Cape to Cape ayant investi le camping.

J5 – Fish river Canyon Lever ‘quand-on-se-réveille-mais-malgré-tout-pas-très-tard-vu-le-potin-des-voisins’, et direction le fish river canyon en personne. N’ayant jamais vu le grand canyon (contrairement au padre), je suis vraiment vraiment impressionnée ! On ira au 3 points de vue, et nous marcherons le long pour jouir de vues encore différentes.

Après midi relax au camping… On est en vacances ! Le soir, petit retour au point de vue principal du canyon, mais la lumière (ou plutôt le soleil) n’est pas situé idéalement. Ce matin, cela donnait beaucoup mieux ! Soirée au camping, à griller un ‘texan steak’ de 2kg. Les hommes seront ravis, nous on n’est pas si fan de viande, mais faut avouer qu’elle est plutôt bonne J Cela sera accompagné d’épis de maïs grillés. J’adore !

J6 – Du fish river canyon à Aus (ou plus…) La route n’est pas de tout repos ajd (surtout qu’il n’y a qu’un chauffeur officiel. La maman n’aimant pas conduire à gauche, et moi n’ayant pas les 23 ans obligatoires pour l’assurance…). Le début de la gravel road est toujours aussi beau. Et vu qu’on est parti plus tôt, plus d’animaux ! On montera au Hartmann’s viewpoint pour avoir une très belle vue d’ensemble.



Arrivé à Aus, on constate que le camping Klein-Aus vista est plein, et que l’autre camping n’est quand même pas très joyeux pour passer une après midi+une nuit+une autre nuit. On décide donc de continuer pour faire les 125 km qui nous séparent de Lüderitz. Et quelle route ! Vraiment magnifique. En s’approchant de Lüderitz, le paysage devient lunaire. Et au loin, le début du désert du Namib et ses grandes dunes. On campera au bord du bord de la mer, sur la shark island. Ce n’est pas l’idéal question temps/vent/température/… mais quelle belle situation !





J7 – De Lüderitz à Aus Aujourdhui, on visite Kolmanskop (un peu de culture ne fait jamais de mal). A 9h30 nous y sommes. La visite me semble longue, et la guide n’est pas du plus sympathique. Je m’attendais à mieux, mais c’est néanmoins intéressant de savoir le pourquoi du comment de cette ville ‘engloutie’ par le sable !



Après cela, petit tour par la péninsule pour observer flamands roses, otaries (ou phoques ?), …. Le paysage est lunaire, pas archi passionnant, mais impressionnant !



Courses dans le Spar de la ville. On rempli le caddy pour les 4 jours à venir…. Tout en étant à côté d’habitants achetant 2 tomates ou 1 demi pain. On est quand même mal à l’aise … La route vers Aus se fera en fin d’après midi. La lumière est encore plus belle qu’à l’aller ! Et sur le chemin, quelle surprise, nous croiserons un couple d’autruches et une 20aine d’autruchons. Re-excitation :)



La nuit se fera au Namib Garage, avec un défilé de voiture à la pompe à essence.

J8 – De Aus à Sesriem Le réveil matinal pour une route qui promet d’être longue (et à 5 dans la voiture (avec les deux gaillards de 18ans qui font presque 1m90…) pas confort confort tout le temps !). J’adore vraiment cette route !



D’abord de la savane et des plateaux, puis plus montagneux puis des lignes droites à n’en plus finir (avec des panneaux de girafes (que nous ne verrons pas)). Arrivé au camping, petit couac dans les dates, on est sensé arriver demain. Heureusement on aura notre place en ‘Overflow’ et donc on pourra acceder aux dunes en même temps que les autres campeurs ! La vue du camp est magnifique ! Savane, montagnes d’un côté, dunes de sable rouge de l’autre… Premier chacal. Un peu effrayant au début, puis on s’habitue à ces cris et ces yeux luisants dans la nuit.

J9 – Sesriem Réveil archi matinal, pour pouvoir voir le lever du soleil sur les dunes. Pour faire comme tout le monde…. On monte la dune 45. On a beau ne pas être arrivé les premiers (les fous du volants qui font du 120 à l’heure…), on rattrape vite les premiers et profitons du lever de soleil assez loin sur la crête. Quelle lumière. Les dunes qui rougissent petit à petit. Superbe !





Et quel bonheur ensuite de redescendre en courant ! Ensuite, direction dead vlei. Arrivé au ‘parking’, c’est l’interrogation : Allons-nous tenter les 4km seuls ? Au final oui, on n’a quand même pas loué une 4*4 pour rien ! Les mains du père-chauffeur, n’ayant jamais conduit dans ses conditions auparavant, se font un peu plus … moite ! Mais ça passera ! Non sans un peu de doute quand à la bonne piste, mais nous y arriverons sans ensablement ! Direction Dead Vlei donc.



Il n’y a pas encore trop de monde et on peut profiter de la fraicheur du matin. Je décide de grimper une dune, un peu au hasard, et surtout, à pic, sans suivre la crête. Au bout de 25 minutes d’effort intense (1 pas en avant, 2 pas en arrière !), j’y arrive. La vue est vraiment magique !



On distingue à peine les gens se baladant sur le vlei ! Il est temps de redescendre, la petite famille s’impatiente en bas (et la température monte !). Nous n’irons pas jusque Sossusvlei, par manque de courage dans cette chaleur. Retour au camp, et après-midi détente, après avoir déplacé le camp sur notre ‘vrai’ emplacement. Vers 16h, on décide de partir vers la dune Elim.



C’est un peu une course contre la montre qui commence lorsque nous commençons l’’assenssion’ car nous sommes parti un peu tard. Nous arriverons au sommet 2-3 minutes avant que le soleil ne passe de l’autre côté de l’horizon. Ouf ! Deuxième nuit à Sesriem, avec en berceuse, les cris des chacals :)

J10 – De Sesriem au ‘Naukluft’ Réveil ‘quand-on-se-réveille’. Pour une famille de dormeur en vacances, quoi de mieux ? Vers 8h30, tout le monde est debout, et une tempète de sable vient perturber le déjeuner. On pense à ceux qui sont sur les dunes en ce moment… Heureusement pour nous, c’était hier ! Un peu flou quant à ce qu’on va faire avant Swakop qui est prévu dans 2 nuits. Après un coup de fil à NWR pour savoir ce qu’il en est de leur camping, on se résout à aller dormir autre part. On finira dans un camping à 80 km de Sesriem. La vue est vraiment belle !



Et en prime, une rivière à quelques 10aine de metres. L’eau est froide donc nous ne nous y baignerons pas. Après-midi détente. Le soir, le propriétaire du lodge vient allumer des bougies vers le chemin des douches en bambous. Chouette ambiance !

J11 – Du ‘Naukluft’ au Gamsberg Pass On avait prévu une deuxième nuit dans la région du Naukluft, mais on décide finalement d’aller vers le Gamsberg pass. La route est plutôt longue, et moins droite qu’auparavant. Camping au bout de 7 (ou 10 ?) km de piste très caillouteuse. Nous aurons droit à un magnifique coucher de soleil sur les petites montagnes environnantes !



J12 – Du Gamsberg pass à Swakopmund Le réveil est dur. Un épais brouillard nous empèche de voir plus loin que 2-3m. On a du mal à se réchauffer, malgré le feu du matin ! Vite vite quitter ce camping. La route est longue, mais belle et changeante. Moins de collines au fur et à mesure qu’on avance, pour laisser place à cette savane jaune que j’aime tant voir. Oryxs, Springboks, Kudus, autruches… un défilé ! On décide de passer par Walvis Bay pour réserver une matinée en bateau pour le lendemain. Malheureusement, il n’y a personne aux bureau de Levo, et nous ‘conclurons’ l’affaire par téléphone. Arrivé à Swakop, nous trouvons notre hotel réserver quelques jours plus tôt par téléphone. Cosy, coloré, tout ce qu’il nous faut après une nuit très humide. On se balade en ville. On se croirait… je ne sais pas trop où, mais pas en Afrique. En Allemagne peut-être ? On n’est toujours pas 100% à l’aise dans les rues, mais ça s’améliore petit à petit. Cette ville est étrange. On est samedi après-midi, tout est fermé, désert même. Quand on longe la mer, et qu’on arrive vers le phare, il y a un peu plus de monde. Les noirs sur le trottoir, les blancs aux terrasses. Cette différence archi présente en Namibie me déplait vraiment. La Namibie est indépendante depuis 1992 (si je ne me trompe pas), et pourtant, on a l’impression que tout est géré par des blancs. Je pourrais écrire un roman sur cette impression. Peut-être un futur post. Il faut dire que je suis sans doute plus sensible à cette différence que la majorité des gens, étant avec un homme noir (et bien bien noir J comparé à la vraie blanche de peau que je suis) depuis 3 ans. Passons, c’est juste que ça a sans doute été un des points les plus négatifs de mon séjour, vivre cette différence. Le soir, passage dans notre premier resto du sejour. Le lighthouse je-ne-sais-plus-quoi. Là encore, le boss est blanc, les serveurs sont noirs. Mais passons j’ai dit. Dodo pas trop tard, car demain matin, ‘croisière’ en mer au départ de Walvis Bay.

J13 – Swakopmund et Walvis Bay Réveil tôt, petit déj, et nous voilà parti. Le père ne nous accompagnera pas, ayant été victime du mal de mer à Madagascar et ayant vidé son estomac sur les plongeurs, il préfèrera ne pas nous imposer cela à nouveau J Le départ est vraiment magique. Une dizaine de pélicans nous suivent, si proche que leurs ailes touchent presque le bateau. C’est vraiment superbe !



Ensuite ce sera des dauphins que nous verrons près de la plage, puis le dos d’une baleine qui joue un peu à cache cache. Suivi des dauphins qui précèdent le bateau qui file à toute vitesse. C’est une première pour nous les dauphins, et quel plaisir de voir ça ! Et pour terminer en beauté, un phoque (ou otarie ??) monte sur le bateau. Vraiment belle matinée en mer ! Et même les huitres qu’on craignait un peu question « sécurité estomac » se sont avérées délicieuse, et n’ont fait qu’un aller simple J L’après midi sera calme à Swakop… Dommage qu’on soit dimanche et que tout soit fermé !

J14 – De Swakopmund au Spitzkoppe



Petit détour par Cape cross au programme. Après avoir passé l’entrée (40N$/pers), on roule quelques centaines et mètres, et on y est. Des otaries. Partout, vraiment partout ! On les sent, on les entend, on les voit. Légère impression d’overdose.



On fait un tour, on observe quelques individus plus précisément. Et 30minutes plus tard, nous partons. C’est impressionnant, ça vaut le détour, mais on en a vite fait le tour. Et l’odeur n’aide pas à vouloir rester :) Cap sur le Spitzkoppe donc. A plus de 80 km du but, on l’aperçoit déjà. C’est dingue comme l’air est ‘transparent’. On voit si loin ! Début d’après-midi, nous y sommes. On choisit notre emplacement, en essayant de penser à la course du soleil, et c’est parti pour une petite ascension. Cet endroit est vraiment superbe. Et le coucher de soleil encore plus. J’avais eu pas mal de questions de la part de la famille du style : Mais il y a quoi au Spitzkoppe ? Et finalement, ils ont l’air plutôt enchanté.



Le camping est archi basic, pas d’eau, pas d’électricité. Mais quel silence. Quel ciel. Le bonheur !

J15 – Du Spitzkoppe à Twijfelfontein Aujourd’hui, cap sur le camping communautaire tant vanté par nos amis venu en Namibie 2 ans plus tôt. Sur la route, nous ‘longeons’ le Brandberg. Petit arrêt essence à Uis, quelques sandwich, et c’est reparti. Après une route qui passe plutôt vite, nous sommes au camping. Celui-ci n’est plus communautaire, il s’est fait racheté par une compagnie. Nous prenons un emplacement au bord de la rivière asséchée. Après renseignements à l’acceuil du camping, on apprend que les éléphants ne sont plus venus par ici depuis 4 jours… Dommage. On file donc vers les organes pipes… qui ne nous enchanteront pas plus que ça. Oui, c’est joli, mais sans grand plus. Petit tour vers les gravures rupestres. Se dire qu’elles sont là depuis entre 2000 et 6000ans, c’est quand même assez fou. La faune ne semble pas avoir beaucoup changé en autant de temps. On peut distinguer sur les gravures des girafes, des lions, et même un animal marin. De retour au camping, on décide de remonter le lit de la rivière. Ca serait dommage de la rater s’ils ne sont qu’à quelques km. C’est sablonneux. Deuxième justification de la 4*4 :)

On se fixe une limite de 5km, car on n’avance pas vite. Et on est vite au milieu de nulle part ici. Les km passent, les crottes d’éléphants sont bien présentes, ainsi que les traces (énormes pattes !), mais pas de pachydermes à l’horizon. Arrivé à nos 5km, le fils décide qu’il va quand même aller voir à pied un rien plus loin. Et là, juste là, l’éléphant.

Notre premier. Plutôt loin, mais quelle excitation ! Il semble nous voir, et se rapproche doucement. Il y a quand même un peu de stress. On est dans un lit de rivière, plein de sable, dans lequel on ne roule pas plus vite que du 20km/h, et au pire, on peut même sensabler. Donc ce n’est pas trop le moment de faire les malins J On le laisse encore un peu s’approcher et puis on décide d’être sage et de repartir. On fêtera ça avec une Windhoek au bar du camping ! La préparation du dîner se fera dans une mini tempête de sable. Et on mangera un délicieux poulet grillé sur feu de bois par le padre. La douche est dans les arbres, ça donne vraiment bien !

J16 – De twijfelfontain à Palmwag On hésitait à aller directement sur Warmquelle/Sesfontein, on a décidé que s’il y avait de la place au lodge de Palmwag, on s’y arrêterait pour la nuit afin de profiter du premier game drive du séjour. Après avoir passé la barrière vétérinaire sans encombre (malgré une tentative de nous vendre des noix, nous n’avons pas ‘cédé’ quand l’homme nous a demandé « what’s your name ? »), nous voilà au lodge de palmwag. Il reste une dernière place en Overflow, mais plus de place pour le game drive de l’après midi… Nous irons donc avec celui du lendemain matin. La fin de journée se passe calmement (et chaudement ! Première fois qu’on a si chaud. Cela fait du bien J) au bord de la piscine à écrire des cartes postales, jouer au whist, … Le coucher de soleil, avec les palmiers du lodges, est vraiment sublime ! Qu’on est bien ici…



Le soir, les garçons cuisinent. Ce sera le deuxième énorme steak du séjour, accompagné de riz, comme d’habitude :).

J17 – De Palmwag à Warmquelle Le réveil est matinal. Le game drive comment vers 7h du matin, et il faut remballer tout le camp + déjeuner. Dans la 4*4 qui nous emmène, nous serons juste 6 : le guide et nous 5. On aperçoit assez vite nos premières girafes ! Génial ! Ensuite, nos premiers zèbres.



Et comme à l’habitude, des springboks, kudus, …. Au bout de quelques temps, le guide nous dégotte 2 hyènes. Il a l’air aussi content que nous. Il s’obstine à se rapprocher encore et encore. On finira à 2m d’elles.



Il parait que c’est plutôt rare de les voir de si près, car ce sont des animaux assez craintifs vis-à-vis de l’homme. Elles nous tourneront autour pendant quelques minutes, et il faut dire que le stress était quand même là. Le tour continue… On espère toujours les éléphants, mais nous ne les verrons finalement pas. Beau premier game drive, malgré le vent. Retour au lodge, on récupère la voiture, et direction Warmquelle. Au bout d’une heure, on s’arrête pour pic-nicquer. On ne s’éloigne pas trop de la voiture, ne sait-on jamais qu’un animal de grosse taille soit dans les parages. On reprend la route, et quelques centaines de mètres plus loin, la mère aperçoit des éléphants…. Qui seront, vérification faite à la jumelle, des girafes :) Le fils dit à moitié en rigolant qu’il s’approcherait bien d’elles pour les voir de plus près. Et après inspection à la jumelle…. On découvre deux guépards pas très loin des girafes ! Heureusement que personne n’est sorti de la voiture pour observer les girafes de plus près ! On les observe pendant une dizaine de minutes avant qu’ils ne déguerpissent. Waw ! Une heure plus tard, après avoir descendu le chemin à pic qui mène au camping, nous y sommes. Petite baignade bien sympathique dans le bassin d’eau (en compagnie de chauves-souris :)).



Très chouette journée !

J18 – De Warmquelle à Opuwo Après avoir été observer les Sud-af qui aident une 2*4 trop aventureuse sur ce chemin à pic menant au camping, nous partons pour Opuwo. Petit détour par Sesfontein afin de remplir le réservoir. Cette ville est d’un poussiéreux ! C’est impressionnant. Il est indiqué qu’il a environ 7500 habitants ici. On se demande bien où ils sont tous passés. La route est plutôt longue, et dans les montées, la moyenne tombe ! Arrivé à Opuwo, on se met à la recherche du camping communautaire. On suit les flèches, qui nous emmènent dans un drôle de quartier. On ne trouvera pas ce camping. P-e a-t-il disparu depuis l’écriture du guide… On se rabat donc sur le camping du lodge surplombant la vallée. Le prix est tout à fait raisonnable, et on peut même profiter de la piscine à débordement (froide) ! On fait nos courses au supermarché. C’est assez surprenant comme ville. Himbas, Hereros, blancs, …. Tout se mélange. Cette ville est vraiment étrange, mais je m’y sens beaucoup mieux que dans ces villes aux aspects ‘allemands’ comme Lüderitz ou Swakop… On y fait le plein de bouffe pour les 2 jours d’Epupa. De retour à l’hotel, on s’essaiera à la piscine. Juste le temps de faire quelques photos :) La nuit sera bruyante, on entend les ‘boites de nuits’ de la ville jusqu’au camping situé sur la colline.

J19 – D’Opuwo à Epupa La route sera bien meilleure que prévue. Tout est faisable sans 4*4, malgré quelques passages caillouteux. Arrivés à destination, à nouveau aucune trace du camping communautaire… On ira donc dans celui situé le plus près des chutes. La vue est vraiment belle. Des palmiers, quelques singes dans les arbres d’en face, le bruit des chutes (et parfois de la pompe du camp….), ce ciel toujours bleu…. Le pied !

L’après midi, balade vers les chutes. On a beau partir du camping vers 15h30, il fait encore très chaud !



Les baobabs s’insinuent entre les chutes et la roche. Ce n’est p-e pas Victoria falls (… qu’on ne verra pas cette fois ci), mais c’est vraiment beau ! On continue plus loin sur le chemin, et arrivons sur un banc de sable. Là, sur la rive d’en face, un beau croco. Et dire que ma tente est à quelques mètres de la rivière…. :) En rentrant au camping, on verra un magnifique iguane d’un petit mètre de long. A première vue, avant de savoir que ce n’était pas un bébé croco vu furtivement, il nous causera quelques ‘frayeurs’. Le soir c’est la grande discussion : rester une deuxième nuit à Epupa, ou filer vers Opuwo, sachant qu’on a encore 3 nuits avant de rejoindre Etosha (réservé depuis la Belgique). On décidera qu’on est en vacances, et qu’il faut profiter du temps qu’on a : On reste ici une nuit de plus. En parlant avec pas mal de touristes, on a bien l’impression qu’on fait la Namibie de manière la plus relax !

J20 – Epupa Journée calme. Cartes, baignade dans la rivière, achat de 2-3 souvenirs, bouquinage, petite balade en amont de la rivière. C’est ça aussi les vacances ! Et le chauffeur attitré ne se plaindra pas de ne pas prendre le volant pendant un jour ! On décidera de ne pas aller voir de village Himba. Visiter un village comme on visite un zoo, ou presque… Non, très peu pour nous. C’est peut-être une mauvaise façon de voir la chose. Je ne doute pas que si le village est un vrai village, et que si le guide est vraiment passionné par ce qu’il raconte, ça peut être intéressant… Mais nous n’avons pas envie de nous retrouver dans un pseudo village, où les gens n’attendent que de l’argent en se faisant prendre en photo, etc…

J21 – D’Epupa à Opuwo On a donc décidé de passer une nuit à Opuwo, et une autres dans les environs de Kamanjab avant de rejoindre Etosha pour les 4 nuits réservées. La route se fait assez rapidement. Arrivés au camping, on reprend le même emplacement. Petit tour en ville pour les news sur internet. Ce soir, c’est buffet du lodge. Trois semaines qu’on ne mange pas grand-chose d’autre que les 3-4 types de boites de conserves… on commence un peu à saturer. Premier ‘gouttage’ de kudu, et c’est vraiment bon ! Et comme dessert… du pudding encore chaud. On ne pouvait pas rêver mieux :) La nuit sera tout aussi bruyante que celle passée ici il y a 3 jours. Et dire qu’on pensait qu’ils faisaient la fête car on était vendredi. Apparemment le lundi est un jour festif également :)

J22 – D’Opuwo à Kamanjab La route est belle, et en longeant la partie ouest du parc d’étosha, on voit (de près cette fois ci) plusieurs girafes le long de la route ! Kamanjab n’est pas vraiment une ville, plutôt un ensemble de quelques barraques, une pompe à essence et un supermarché. Le père se fait vendre 3 noix gravées de nos noms… Le camping se trouve à 3 km de là, sur un terrain privé, qui ‘héberge’ girafes, kudus, springbok. Avant de partir à la découverte des animaux, on pic-nicque au milieu de milliers de mouchettes. Cela ne va pas être facile de tenir jusqu’à ce soir avec elles ^^ On mange super vite et c’est parti pour un tour en voiture dans la propriété. Effectivement, on verra 7 girafes, et quelques kudus/springbok.



Au retour, partie de carte dans la ‘salle resto’, pour éviter un maximum les satanées mouchettes !

J23 – De Kamanjab à Etosha (Okaukuejo) Nos dernières gravel road ! Arrivé à Etosha, nous filons au point d’eau après avoir mangé : un éléphant en part et il y a des zèbres et des springbok. C’est vraiment chouette ce point à côté du camping !



On décide de partir visiter d’autre points d’eau. Okondeka, plus au nord, nous permettra de voir springbok, zebre, gnou, giraffe, oryx… Et en quittant, un groupe de girafes traverse la route.



Quel beau début de séjour à Etosha ! On part pour Olifantsbad, réputé pour … ses éléphants. Sur le chemin, un individu broute patiemment devant une groupe de 5 voitures. Il n’est même pas à 2m de la route. Après bien un quart d’heure à l’observer (c’est ‘bizarre’, il a une balise autour du cou…), nous passerons doucement devant lui afin de continuer notre route. A Olifantsbad, nous ne verrons rien… Le soir, on campe au point d’eau. A tour de rôle, on va grignoter qqch à la voiture, on fait de la soupe (en sachet of course… ), …. On est paré pour rester au point d’eau un bon bout de temps.



Ce sera un vrai défilé. Tout d’abord les rhino (ils finiront au nombre de 6 ! dont un petit), ce sont nos premiers. Re-re-re-re-excitation :) Puis il y aura 2 éléphants, une huitaine de girafes… et pendant quelques minutes, la venue de 2 lions ! C’est vraiment incroyable ce point d’eau !

On y restera encore pas mal de temps. Les lions feront fuir les girafes, les lions partiront, les girafes reviendront. Quelques antilopes tenteront une percée parmis les rhinos… C’est magnifique !

J24 – Etosha (d’Okaukuejo à Halali) Réveil peinard. Aujourd’hui, on aimerait tant voir un troupeau d’éléphant… On se dirige donc vers Olifantsbad, en passant par Gembsbokvlakte (rien de chez rien !). A l’arrivée, pas un éléphant. On se dirige donc vers le point d’eau Aus… et là rien non plus. Pas découragés pour autant, nous reprenons la route pour Olifantsbad, ils finiront bien par montrer le bout de leur nez ces éléphants ! Mais non, toujours rien…. On fait une pause au coin toilette/picnic… Et 15 min plus tard, en repassant à Olifantsbad : 24 éléphants ! 24 ! Des grands, moyens, petits, dans l’eau, autour de l’eau… Des zèbres, des phacochères, des antilopes. Super !



Quelques minutes plus tard, 14 autres éléphants décident de faire leur apparition ! 38 donc. On n’en espérait pas tant !



C’est vraiment impressionnant. Et dans les nouveaux arrivants, il a y vraiment un tout petit éléphant !

Au bout d’une heure, et le départ de quelques éléphants, nous levons le camp. On en a pris plein les yeux ! On se rend donc à Halali. L’emplacement est coincé entre 3 autres, tout est poussiereux, …. On regrette déjà Okaukuejo. Le trou d’eau du camping est un peu plus loin, et nos différentes tentatives d’observer des animaux sont vaines. Le soir, nous apercevrons quand même quelques rhinos ! Et le padre, plus patient (on était là depuis bien 2h….) verra des hyènes.

J25 – Etosha (Halali) Aujourd’hui, cap sur le pan. On veut voir ça de plus près ! Question animaux, ça ne sera pas très particulier, mais c’est quand même toujours beau à voir !



Le soir, des rhinos pendant un bon bout de temps …. Et un léopard ! Que seul le padre, encore et toujours plus patient, verra.

J26 – Etosha (d’Halali à Namutoni) Dernier jour dans Etosha, car demain la route pour Windhoek sera longue. On décide d’aller ‘directement’ vers le camp, mais en s’arrêtant bien sur si des animaux sont sur la route ou dans les alentours. Au bout de quelques temps, on voit 2 éléphants sur le bord de la route. Ils mangent calmement. On s’arrête, bien décidé à attendre qu’ils traversent la route :) Au bout de quelques minutes c’est chose faite (et pas sans une once de stress dans la voiture, lorsque l’éléphant s’agite brutalement à quelques mètres de nous !). Quel beau spectacle !

Le deuxième passe… et c’est reparti vers Namutoni. Quelques centaines de mètres plus tard, le fils demande au père-chauffeur de s’arrêter. Il croit avoir aperçu un rhino (ou du moins une masse grisâtre y ressemblant) à quelques dizaines (centaines ?!) de mètres. Confirmation aux jumelles, c’est bien ça. On recule de quelques mètres pour mieux l’observer. Il se dirige dans notre direction. L’excitation monte ! Un rhino de jour, ça serait vraiment fou qu’il traverse devant nous ! Il s’approche, s’approche, on fait signe à une voiture de s’arrêter. Il est derrière les feuillages, mais on peut bien le distinguer. Il se rapproche encore. La tension dans la voiture monte, c’est que c’est gros un rhino ! Et un coup de corne doit sans doute faire pas mal de dégât. Quelques minutes plus tard, il se décide à traverser. On retient notre respiration dans la voiture, c’est fou ! Les vitres sont ouvertes, c’est un peu flippant.



Le rhino s’arrêtera au milieu de la route, nous regardera (toisera même :)), le stress est à son comble. Va-t-il bien continuer son chemin ? Il finira au bout de quelques secondes (qui sont passées relativement lentement !) par continuer son chemin. Waw ! Waw ! Impressionnant de voir un rhino de si près, on n’osait même pas en rêver :) Ca y est, on peut dire que notre journée est réussie ! Go pour le camp, qui s’avèrera être mieux qu’Halali. Les emplacements sont pourvus d’herbe (diminution de la poussière J), les sanitaires nickels, …

Petit tour au point d’eau pour notre dernier coucher de soleil dans ce parc. Superbe ! Des girafes dans le soleil rougissant.





La soirée se passera au buffet du camp. Ca ne vaut pas celui d’Opuwo, mais qu’est ce que c’est bon après un mois de boites de conserves :)

J27 – D’Etosha à Windhoek Lever bien matinal, car 500km de route nous attendent aujourd’hui. Et c’est pas qu’on n’aime pas arriver de nuit en ville… mais bon :) Petit tour par les points d’eau aux alentours, pour essayer de voir nos derniers animaux. Ce ne sera pas concluant. Mais bon, ne rallons pas, on a vu des merveilles pendant ces 4 jours à Etosha ! Les 500 km seront fort fort longs. On s’arrêtera à côté d’une charrette tirée par des ânes, avec un couple de vieux namibiens et un enfant, afin de leur donner le reste de nos victuailles : 2kg de riz, des pâtes, 5-6 boites de conserves, des kelloggs, … ils ont vraiment l’air content :) Arrivés à Windhoek, nous allons à la Pension Steiner. La dame est charmante, nous indique un resto (et un taxi ‘hors de prix’, mais bon, on ne joue plus avec la sécurité ….). Dernière soirée à Windhoek. Voyage superbe question nature ! Et hate d’être à Bruxelles, car penser à ces prochaines 30h d’avions….

Les + Tout ou presque :) La nature et sa diversité Le silence Les vues des campings Les quelques bonnes grillades

Les – Pas grand chose en fait, si ce n’est l’agression du début qui nous a mis par la suite mal à l’aise dans pratiquement toutes les villes. Et aussi cette énorme différence entre noirs/blancs qui me gène énormément.

En tout cas, c’est un voyage qu’on n’oubliera pas ! On l’a fait plutôt relax (5200km en 27 jours) comparé à certains tour operator (on a entendu un touriste dire 4800km en 14jours !), et franchement, on ne le regrette pas du tout. On aurait pu faire plus de km, mais ce sont quand même des vacances. Il faut profiter du temps. Si c’est pour arriver à la tombée de la nuit tous les jours… c’est dommage !

Si vous avez des commentaires/questions…. :)

Bon voyage à ceux qui sont en partance !
Contrôle abusif à l'aéroport Roissy sur un vol El Al (compagnie aérienne nationale israélienne)
by Almasy · 2009-07-29 · 256 replies
Bonjour,

J'ai pris un vol ElAl ce matin (Paris => Jérusalem), j'ai fait l'objet d'un contrôle sans fin à Roissy. Ca a duré plus d'1 heure, tout s'est passé en anglais (les gars ne parlaient pas français), ils ont voulu que je leur montre mes relevés de comptes bancaires, mes mails perso, mails pro pour prouver tout ce que je disais.

En fait pour la plupart des questions ils me demandaient si j'avais de quoi prouver ce que j'avançais, via un mail par exemple. Comme j'ai répondu oui ils m'ont amené dans une salle derrière les bureaux d'enregistrements et m'ont demandé de leur montrer depuis un ordinateur.

La discussion a pris des disgressions hallucinantes : Lui : ou êtes vous parti à l'étranger pour la dernière fois Moi : Los Angles Lui : pourquoi Moi : business Lui : vous avez rencontré qui ? Moi : mon avocat (je bosse dans la production ciné) Lui : quel est son nom, à quoi il ressemble, vous avez un échange de mail pour prouver cette rencontre.

Tout ca a duré plus d'une heure et ça a commencé avant même l'enregistrement de mon bagage, ils ont des espèces de comptoires (Roissy 2A) pour les vérifications de routines mais là on allait bien au delà des questions du genre "avez vous fait votre bagage tout seul". J'ai été le seul à qui ils ont posé toutes ces questions, en même temps je me suis aperçu une fois dans l'avion que j'étais peut-être le seul goy.

Bref, ca me serait arrivé à Tel Aviv j'aurai compris mais là je ne comprends pas comment un type qui ni policier ni même français peut se permettre d'éplucher les mails et les comptes bancaires des passagers sur le sol français, ce type n'est qu'un employé d'ElAl et apparemment j'étais le cobaye pour sa formation (il allait reporter à son boss toutes les 10 minutes). Tout s'est passé en anglais, aucun des deux ne parle français.

S'il y a des juristes sur le forum ca vous semble pas un peu limite ? J'ai peut être trop regardé la TV mais il m semble qu'un policier français a besoin d'un mandat pour aller fouiller dans les données perso d'un citoyen lambda, un type de la sécurité d'ElAl qui n'est ni policier ni français est il au dessus des lois ? La zone du comptoir d'enregistrement à Roissy est elle sous juridiction israëlienne ?

A Tel Aviv le passe de la sécurité à pris 5 secondes montre en main (> "First time in Israel", >> "yes", > "ok, have a nice trip").

Info sur mon 'profil' : 29 ans, pas mal de tampons sur mon passeports, certains un peu exotiques (Namibie, Lesotho, Colombie, Panama...) d'autres moins (USA) mais aucun de leur "axe du mal" (Syrie, Iran...).

Merci à ceux qui ont quelques compétences juridiques pour leurs avis,

A+
Réflexion sur la solidarité "occidentale"
by Nicodilo · 2009-07-20 · 67 replies
«C’est bien ce que vous faites, il y a tellement à faire partout dans le monde »

« Donner faites un don, et déduisez le des impôts »

« Donner une image solidaire à votre société »

« Grâce à vous, l’enfant parrainé aura la chance d’être sauvé de la misère, d’aller à l’école, de se soigner, d’être protéger, de s’habiller.. »

- --

Ce que le capitalisme prend, la solidarité le redonne au compte goutte !

Pourquoi aller aider ou « éduquer » des villages perdus au fin fond d’un pays du sud ? En quoi serions-nous supérieur au point de devoir les influencer ? Ces villages qui existent depuis des millénaires ne nous ont pas attendu pour survivre bon grés mal grés même si leur vie pourrait être améliorée sans aucun doute (rendement agricole, égalité des sexes, santé…)

Notre exemple occidental fondu d’individualisme, n’étant pas parfait et de loin, ne nous permet pas d’aller donner des leçons, et par le biais d’ONG, d’aller mettre des pansements sur des plaies que nous, notre mode de vie, et nos dirigeants, avons fait et continuons de faire.

Comme le dit un certain prophète, vous ne convertirez pas par la parole mais naturellement par l’exemple louable d’une vie sainte. Est-ce que notre exemple est à ce point convaincant ?

Quand est-il , au niveau sociologique, de tous ces petits jeunes et moins jeunes occidentaux, dont les problèmes personnels, sociaux, familiaux ne sont pas résolus et qui s’investissent dans la solidarité international : asile pour européens blasés.

De plus, en permettant à chacun de monter sa propre association, d’aller et venir pour traiter tous les maux avec de l’argent, des idées et du matériel, ne peut-on pas craindre une expansion encore plus rapide de la mondialisation et une occidentalisation encore plus importante alors que c’est cela même qui pousse, pour une partie, les gens à s’expatrier ?

Ne vit-on pas mieux dans un village paumé, aux cultures maraîchères seines, à l’élevage limité, dans une société familiale, solidaire que dans nos pays même si ce village ne possède pas la télé, le téléphone, l’électricité… Je dirai même si ce village à un taux de mortalité infantile élevé et si la maladie, les inondations provoquent de grands malheurs.

Il est vrai que dans ce monde, parfois, nous devons nous mêler des affaires des autres pays car leurs activités nous concernent directement. Je pense notamment à la gestion de l’eau, de la pêche, de la déforestation…

Mais pourtant, avant d’aller dans les villages leur expliquer qu’il faut arrêter de couper le bois, même si c’est pour se préparer à manger, nous ferions mieux de lutter dans nos propres pays qui polluent le plus et changer nos modes de vie à nous qui les tuons bien plus sûrement.

Je comprends aussi qu’on ne peut rester insensible devant le spectacle de pauvreté dans certain pays du sud et que ça démange de leur apporter des médicaments, de la nourriture, des habits, mais est-ce une solution à long terme. N’est-il pas à leur gouvernement d’améliorer le sort de leurs individus et encore une fois à nous de changer notre mode de vie qui les exploite indirectement.

Je comprends aussi qu’en temps de guerre, dans les camps de réfugiés, les génocides, ou aussi lors de catastrophes naturelles, la solidarité internationale s’ébroue et c’est sans doute à ce moment que les ONG sont nécessaires. Mais leurs actions devraient se limiter à cela, ponctuellement et avec une organisation globale qui éviterai les détournements de fond, prises de positions politique, acheminement d’armes et autres vols d’enfants !

Finalement, la grande partie de nos aides aux ONG ne sert qu’à asservir les populations qui restent la plus part du temps esclaves de nos dons. Comme le disait Thomas Sankara (président du Burkina Faso dans les années 80) : « Notre pays produit suffisamment pour nous nourrir tous, malheureusement, par manque d’organisation, nous sommes obligés de tendre la main pour demander des aides alimentaires. Ces aides alimentaires qui nous bloquent, qui installent dans nos esprits cette habitude, ce reflex de mendiant, d’assisté… »

Voilà, ce texte n’est qu’une ébauche d’un point de vue personnel que j’aimerai bien faire évoluer grâce à vous, à vos points de vue, à vos critiques, mais aussi aux auteurs, livres, articles, sites Internet que vous voudrez bien me faire partager.

Nico
Espaces Affaires et Premiere sur Air France (Suite 2)
by Esteban100 · 2009-07-10 · 529 replies
Le précédent post atteignant les 500 messages, voici de quoi continuer à nous exprimer.

Et comme j'ai l'honneur de le lancer, puis je nous souhaiter de nous exprimer dans la courtoisie, le respect et la sympathie.

N'oubliez pas qu'un TR se veut objectif, critique, admiratif, et que si vous n'en n'êtes pas satisfait, la meilleure des choses reste de contacter son auteur par message privé au lieu de bonder un topic de messages ne faisant en rien avancer la caravane. 😛

Donc bref, ici on est là pour discuter des classes Affaires et Premiere d'Air France uniquement, merci !
Premier voyage à vélo, tour de Corse et Sardaigne
by Lucbertrand · 2009-06-12 · 2 replies
Corse Sardaigne à vélo

Un mois à vélo à travers ces deux îles, projet très tentant que j'ai tout de suite accepté. Il faut dire qu'avec Jean on est sûr que ça va «rouler», en effet il a une très bonne expérience des grands voyages à vélo, tour de l'Adriatique, tour de Turquie etc... Le plan est simple: en partant de Bastia remonter le Cap Corse puis descendre la Corse par sa côte ouest, prendre le bateau à Bonifacio pour Santa Teresa, puis longer la côte ouest de la Sardaigne jusqu'à Oristano, mettre le cap sur le centre de l'île, grimper le point culminant au passage, rejoindre la côte est et la remonter jusqu'à Santa Teresa, rejoindre à nouveau Bonifacio, d'où direction Porto Vecchio et de là attaquer directement à travers les montagnes jusqu'à Bastia par Zonza, Ghisoni et la Castagniccia en escaladant une multitude de cols. Le tout devant durer à peu près un mois. Les deux parties du trajet en Corse seront effectuées à deux et le parcours en Sardaigne à quatre. Les deux autres protagonistes arriveront et partiront de Porto Torres. La longueur des étapes, en fonction des conditions météorologiques, des dénivelés et autres facteurs variera de 50 à 110 kilomètres. L' hébergement sera principalement effectué en camping. Autant les côtes sont assez bien pourvues en terrains de camping, autant le centre des îles n'en possède pas beaucoup, surtout aux mois d'avril et mai beaucoup ne sont pas encore ouverts. En effet le départ de Bastia est fixé le 26 avril et l'arrivée à cette même ville est prévu aux environs de la dernière semaine de mai.

C'est mon premier voyage à vélo. Pour le matériel, celui que j'emporte pour de grandes randonnées à pied devrait suffire. Pourtant, malgré ce principe de base simple, au lieu des 10 kilogrammes habituels, je me retrouve avec plus du double. Deux sacoches arrières sur lesquelles je pose mon sac north face, une petite sacoche de guidon et tout tient sans problème, mais l'ensemble dépasse largement les 20 kilos. Mon vélo un trek cadre alu, sur lequel le vendeur de cycles m'a mis un très bon matériel en particulier des roues particulièrement solides aux pneus de petite section mais renforcés kévelar, avec des roulements performants. Dans les descentes mes camarades pédalant je me contenterai souvent de me laisser aller en roue libre. Je précise que ce vendeur de cycles sur les quais de la Saône à Lyon j'y suis allé grâce à une question posée sur Voyage Forum.

Rendez-vous fixé avec Jean le 24 avril chez ma cousine à Nice. Le lendemain nous rejoignons le bateau qui part à 14heures30. Pour la première fois de ma vie je pilote un vélo avec sacoches. Au cours des premiers kilomètres pour se rendre au port en pleine ville, je donne sans doute l'impression d'être un peu éméché, en effet la maîtrise de l'engin avec quelques 25 kilogrammes sur le porte-bagages n'est pas innée. Sans incident cependant nous atteignons le point d'embarquement. Heureusement que nous voyageons avec Corsica Ferries car la compagnie française concurrente est en grève. La traversée s'effectue sans encombre par beau temps, mais un peu couvert en arrivant, prémices de mauvais temps pour les jours à venir. Débarquement de nuit, je ne trouve pas ma frontale et je n'ai pas d'éclairage, mes roues sont sous-gonflées, toutes les erreurs basiques du néophyte! Les 6 premiers kilomètres en direction du Cap Corse sont un calvaire, je ne vois pas les trous et aspérités sur la chaussée, de plus ma jante cogne en écrasant la chambre à air. Heureusement le supplice ne dure pas, car un camping nous accueille exactement à 5, 5 kilomètres de notre point d'arrivée. Pas grand monde, nous passons une bonne nuit après avoir avalé notre ration de pâtes. Première nuit d'une longue série au cours desquelles les oiseaux nocturnes puis les diurnes au lever du jour nous régaleront de leurs chants aux multiples modulations. Pas un éveil au cours de ce mois sans ces concerts quotidiens, certains même pour ne pas se réveiller dès cinq heures mettront des boules quiès!

26 avril

Un jour blafard se lève, bien en accord avec les prévisions météo des plus pessimistes. Nous avons le temps de plier nos affaires avant la pluie, mais tout juste. En effet dès que mon vélo est prêt je cours me mettre à l'abri en le poussant. Après quelques mètres la roue arrière est bloquée. Que se passe-t-il? Aïe! Un tendeur accroché dans les rayons, le crochet aux trois quarts arraché, le tout enroulé plusieurs fois autour des pignons. Le métier de cyclotouriste rentre par ce genre de petites erreurs. Un tendeur qui pend ça ne pardonne pas.

L'étape prévue est conséquente, en effet nous espérons rejoindre Saint-Florent en passant par le Cap Corse, une bonne centaine de kilomètres. La température est fraîche, idéale pour le vélo. La végétation est luxuriante, signe qu'il a beaucoup plu cette année. Le bord des routes aussi bien en Corse qu'en Sardaigne sera un enchantement permanent du fait des myriades de fleurs qui tel un tapis merveilleux nous accompagneront au cours des 1900 kilomètres de notre périple. La route domine la mer, ce qui permet un joli spectacle sur les flots gris couleur de plomb, ponctués de temps à autre de touches vert pâle trahissant la présence de bancs de sable. Les premières gouttes ne tardent pas à faire leur apparition, mais notre moral n'est pas entamé. Les sacoches et mon sac sont étanches, tout du moins c'est ce que je crois, et je n'ai pas pris la précaution de répartir mes affaires dans des sacs plastiques. Eh oui! Il faut que le métier rentre. Nous passons une magnifique crique au sable noir, dominée d'un joli village aux couleurs vives, qui rehaussent la grisaille de ce premier matin d'un mois d'errance. La pluie se renforce. On s'arrête dans un bistrot , boire un café et faire le point. Deux couples de Canadiens aux vélos bien équipés passent et ne semblent pas perturbés par le temps, à entendre leurs éclats de rire. On ne va peut-être pas pousser jusqu'au Cap Corse dans ces conditions. Nous coupons par le col de Santa Lucia, à peu près aux deux tiers de la distance du cap. Première montée, 380 mètres de dénivelé. Malgré les 25 kilogrammes de bagages ça se passe bien, petit plateau grand pignon, tranquillement à 8 à l'heure le terrain défile. Mais je n'ai pas vraiment le loisir de contempler le paysage, j'ai comme on dit la tête dans le guidon. Le col atteint, une belle descente nous attend, mais la pluie guette aussi, et le froid se fait tout de suite sentir avec la vitesse. Une fois sur la côte ouest, le spectacle est magnifique. La pluie, les nuages accrochés, les rochers frangés d'écume et la mer sombre donnent une touche d'austérité au paysage. A midi complètement trempés nous effectuons une halte dans un restaurant suspendu au-dessus de la mer, qui possède une salle voûtée de belle facture. Un bon steak nous réchauffe. Retour sous la pluie qui diminue et s'arrête lors de notre arrivée à Saint-Florent. Cette première étape de 85 kilomètres n'a occasionné aucune fatigue. Mon vélo me semble très bien , souvent j'ai plus l'impression de glisser que de rouler tellement le mouvement est souple. Installation dans un camping à l'entrée de la ville, à cette époque les clients ne se bousculent pas encore . Notre arrivée est l'occasion d'une bonne rigolade. En effet l'homme à la réception me demande ma carte d'identité, en lisant ma nationalité française, il me regarde et dit « Vous êtes français comme moi» et il rit franchement. Je reste dubitatif ne sachant pas si c'est du lard ou du cochon (un comble en Corse). Cependant lorsque je relate l'anecdote à Jean on se marre un bon coup. Sans bagage, donc très légers, nous partons visiter la ville. La citadelle, grosse bâtisse circulaire, qui domine le golfe, permet une belle vue circulaire. Construite en 1440, elle fut au gré des périodes génoise, aragonaise, française, anglo-corse, italienne et aussi bien sûr corse. Comme la plupart des villes de Corse et de Sardaigne que nous allons visiter, nous constatons que ces régions étaient très convoitées et que de nombreux peuples se les sont disputées, chacun les possédant de temps à autre en fonction des fortunes de guerre et des alliances. Qu'il est doux de déambuler à vélo par un temps somme toute redevenu clément, bien que de gros nuages sombres rôdent encore sur les reliefs. Revenons à des questions plus terre à terre, avec quoi notre repas du soir sera-t-il arrosé? Jean a la bonne idée d'acheter du Patrimonio au détail, mais n'ayant pas de bouteille, il met ce magnifique vin rouge dans son bidon. La soirée et le dîner sont agréables et le litre de Patrimonio passe de vie à trépas.

27 avril

Après une bonne nuit, le réveil aux chants des oiseaux est un régal, de plus il ne pleut pas. Aujourd'hui début de parcours par la traversée du Désert des Agriates. En montant le premier col, Bocca di Vezzu, qui culmine à 311 mètres une bruine légère commence à tomber. Progressivement elle évolue vers le déluge. Moi qui pensais qu'un désert était garant de sécheresse! La descente sur Île Rousse est un supplice face à un vent violent, cinglés par des gouttes énormes. 50 kilomètres à l'heure sur chaussée détrempée nécessite de l'attention, mais une seule idée me hante, que ce calvaire s'arrête le plus vite possible. Le froid me tétanise, on est beaucoup plus sensible à ces variations de température à vélo qu'à pied, tout particulièrement en descente. Les derniers kilomètres avant la ville en bord de mer sont éprouvants, arque boutés sur les pédales, complètement essorés nous nous traînons lamentablement à 10 à l'heure tellement les rafales de vent et de pluie sont puissantes. Au centre du village arrêt d'urgence dans un petit bar qui nous fait à manger. Les rues se sont transformées en rivières et aucun signe d'apaisement n'est en vue. L'étape d'aujourd'hui s'arrête ici avec seulement 47 kilomètres enregistrés au compteur. Nous prenons une chambre d'hôtel et faisons sécher nos affaires. Je constate que mes sacoches et mon sac ne sont pas totalement étanches, et il va me falloir revoir ma stratégie de conditionnement de mes habits et de mon matériel de couchage, le métier rentre doucement, les petits revers sont formateurs. Les Corses au cours de cet après-midi de fin du monde nous diront qu'ils n'ont jamais vu un temps pareil. Il pleut maintenant depuis six mois. Si ça doit continuer on a du souci à se faire pour notre balade. De plus le tonnerre s'y met! Nous nous endormons bercés par les gouttières qui débordent.

28 avril

Il ne pleut pas. La journée commence bien, le patron très gentiment nous offre le café. L'étape de ce jour sera musclée. Il nous faut récupérer la distance non faite hier, donc au programme arriver à Porto. Rapidement Calvi est atteinte. Nous prenons le temps de visiter cette magnifique cité. La citadelle haut perchée sur son rocher offre une vue époustouflante. Après un pique-nique rapide 85 kilomètres nous attendent, constitués de beaucoup de côtes et en prime avec le vent dans le nez. Nous optons pour les petites routes et prenons la D81, serpentant au-dessus de rochers acérés qui plongent dans la mer. Ce vent qui nous freine, ce qu'il est bon de le sentir sur son visage, ses bras et sur tout le corps. Le voyage en s'exposant aux aléas du climat apporte réellement une dimension de plus à l'expérience. Il n'y a pas que l'effort physique qui procure du plaisir mais aussi ce contact sensuel avec les éléments. Il faut garder toute sa vigilance pour résister aux coups de boutoir du vent, qui arrivent de façon aléatoire. Derrière une vitre de voiture le spectacle est le même mais il manque ce tutoiement avec la planète et ses caprices. Les lendemains de tempête, l'air a une limpidité qui fait ressortir les couleurs et accentue leurs contrastes. En particulier, les très nombreuses fleurs dans ce décor encore tout humide brillent de mille feux, où domine le jaune ponctué des tâches rouges des coquelicots. Cette départementale, très sauvage et peu parcourue à cette époque longe la mer puis s'enfonce dans les terres. Elle est en permanence coupée de petits ruisseaux, conséquence des très fortes précipitations de ces deux derniers jours. Ce qui est extraordinaire sur ces routes corses, c'est que tout en longeant la mer, on peut contempler à proximité de belles montagnes enneigées, qui se découpent sur le ciel.

A 15 heures, nous arrivons à proximité de Galéria qui se situe dans un cul de sac. Le chemin pour Porto est encore long. Une grimpette de 11km pour quatre cents mètres de dénivelé nous fait peiner. Ensuite il reste plus de quarante kilomètres à parcourir qui ne sont pas uniquement en descente. Alors que nous sommes encore à trente deux kilomètres de Porto, son petit golfe semble tout proche. C'est compter sans les interminables détours le long des courbes de niveau. C'est digne du nord de l'Albanie, et si moi je ne l'ai parcouru qu'en voiture, Jean lui a circulé dans ces contrées reculées à vélo. Un peu avant d'arriver à Porto la route passe entre de grandes falaises de roche rouge, du porphyre, permettant par endroits des points de vue vertigineux sur une côte déchiquetée et frangée d'écume. Le gros avantage du vélo sur la voiture, le long de ces routes très étroites et tortueuses, consiste dans le fait que l'on peut toujours s'arrêter pour profiter d'un beau point de vue. Les derniers kilomètres nous donnent bien du mal en nous opposant des pentes rudes. Enfin la petite ville de Porto se trouve à nos pieds. Qu'elle est belle avec sa baie envahie de grosses vagues et sa tour sarrasine sur son éperon rocheux! L'étape a été de 109 kilomètres et le plaisir d'être arrivés est évident. Dernier supplice, rejoindre le camping par un chemin de grande raideur, je pousse le vélo. Soirée agréable, comme précédemment, à cette époque les campings sont presque déserts. Juste au-dessus de nous le Capu d'Ortu, culminant à 1294 mètres pratiquement sur la mer, nous laisse admirer sa vaste face ouest éclairée par le soleil couchant.

29 avril

Durant la nuit il a un peu plu, pourvu que le déluge des premiers jours ne fasse pas un retour. Le ciel reste chargé mais aucune goutte ne se fera sentir de toute la journée. Le départ est brutal et sans mise en jambe. Au cours des six premiers kilomètres la route s'élève de cinq cents mètres, mais petit plateau et grand pignon, tranquillement ça monte. Le lieu est l'un des plus touristiques de l'Île de Beauté, les fameuses Calanches de Piana. Beaucoup de monde, motos, voitures et cars ainsi que deux autres vélos. Je décide de m'arrêter pour faire une photo, je n'arrive pas à décliper mes pédales et je fais ma première chute. L'arrivée au sol est violente, mais heureusement les bagages amortissent en partie le choc, cependant je me blesse légèrement à la jambe avec les plateaux. Je n'arrive pas à me relever car mon pied reste rivé à la pédale. Un grand balèze qui a assisté au spectacle, me prend dans ses bras et me remet sur pieds, mais il manque me lâcher avant que ma chaussure soit décoincée, donc il était moins deux pour que je remette cela. Je le remercie en lui disant «Comme il est bon de se trouver dans les bras d'un grand costaud». Tout le groupe qui l'accompagne éclate de rire. Le site est splendide, d'immenses parois nous surplombent alors que celles situées sous la route dominent la mer de plusieurs centaines de mètres. Des rochers aux formes étranges ajoutent au pittoresque du lieu.

Le parcours jusqu'à Ajaccio se passe sans encombre sur une route toujours splendide. L'arrivée dans la ville est rébarbative à cause d'une circulation dense. Nous fuyons et rejoignons, par une route à circulation rapide très désagréable, un camping à proximité de l'aéroport. L'étape de ce jour est de 92 kilomètres.

30 avril

Aujourd'hui encore une très belle étape par une petite route peu fréquentée nous attend. Dans ces conditions le vélo est un sport très agréable et un moyen de voyager génial, même s'il ne procure pas le degré de liberté de la marche, qui elle s'affranchit de la route. Grosse forme, je pars comme un «calu», Jean qui a l'expérience sait que cela n'aura qu'un temps. Je découvre le plaisir de pédaler à un bon rythme, et de voir défiler les kilomètres. Ce matin cette vitesse est d'autant plus agréable, que nous avons un vent favorable et que la route longe le bord de mer depuis Porticcio. Nous quittons le bord de l'eau et une première côte sévère bloque net le mouvement. Puis contre toute attente nous entamons une descente raide et assez mal pavée, et nous voilà de nouveau sur la plage. Interrogation? Nous nous sommes trompés dans la montée du col de Cortonu. Que faire? Remonter? Ma carte au 100 000, datant de 1985, indique qu'un chemin contourne par l'ouest le col et conduit de nouveau sur la D55a un peu plus loin. Après tout, nous cherchons les petites routes et bien allons-y! Jean est toujours fana pour ce genre de variantes, ça lui rappelle ses virées dans des contrées lointaines. Oui nous le trouvons notre chemin, mais depuis vingt ans le progrès est passé par là et il est goudronné. Cependant son tracé est resté le même, et souvent les chemins ça ne cherchent à faire des détours, il attaque tout droit dans la pente à plus de 10%. Jean s'envole, je mets un point d'honneur à ne pas mettre pied à terre et appuie sur les pédales. Ne pas tomber en dessous de six à l'heure car la limite de l'équilibre se situe à 5, 5 voire cinq, et un déséquilibre avec les pieds rivés j'en connais le résultat! Là les 25 kilos de bagages je les sens. Je n'en reviens pas, pourquoi je suis capable de traverser les Pyrénées à pied avec moins de 10 kilos et que je me retrouve ici chargé comme un camion? Les besoins sont presque les mêmes à pied et à vélo, le couchage et les habits le reste c'est du superflu. Il faut peut-être dire que j'ai de quoi pêcher ainsi que masque et tuba, et aussi plusieurs livres. À pied on restreint le matériel de façon plus drastique. De petites dérives en petits excès on se retrouve accablé comme une mule. Le plus cocasse c'est que pour la norme cyclotouristique je ne suis pas tellement chargé.

Enfin nous voilà de retour sur la route initialement prévue, mais que ce détour était joli. Là, à vélo et à pied je fais la même constatation, au cours des erreurs d'itinéraire on voit généralement de très belles choses et on ne regrette surtout pas de s'être trompé. Une belle descente se présente, logique le col est derrière, et c'est reparti grand braquet, que du plaisir. Nous arrivons à Acqua Doria toute petite localité perchée. Une épicerie bar nous accueille, quelques achats et un café pris sur la terrasse offrant un panorama vaste dans toutes les directions. Je découvre sur une étagère de cette petite échoppe un vin qui m'intrigue tellement que je fais la photo de l'étiquette. Sur cette dernière on peut lire: vin de Merde, le pire... cache le meilleur. On y croit pas à la première lecture et donc on recommence! Mais si c'est bien écrit cela. Pour compléter, des fois que l'on ait pas compris, dans le coin droit de l'étiquette se trouve une belle grosse mouche bleue sans doute du meilleur et non du pire effet! Un peu plus loin nous faisons une halte et pique-niquons bien installés au soleil, moment très agréable passé à se raconter une multitude d'histoires. En effet si nous pratiquons des sports généralement différents actuellement, nous sommes tous les deux alpinistes au départ, et plusieurs dizaines d'années d'escalade ça formate. Nous repartons par de minuscules routes à travers une campagne verdoyante, on ne se fait pas cette idée de la Corse. Les pluies qui s'abattent sur l'île depuis des mois lui donnent un côté luxuriant et partout de grandes herbes bien vertes envahissent les espaces libres et les champs. Retour en bord de mer, Propriano apparaît au fond de sa baie turquoise au sable clair, entourée de montagnes. Que ces grands espaces sont jolis lorsqu'ils sont presque déserts. A l'entrée de la ville nous trouvons un camping en hauteur. Pour rejoindre notre emplacement 500 mètres d'une raideur extrême, ces derniers coups de collier sont un vrai supplice, bien que le compteur ne comptabilise que 62 kilomètres pour la journée. Comme toujours pas grand monde , nous sommes presque seuls à part quelques chats affamés qui viennent quémander. J'évalue le niveau de faim d'un chat, outre sa maigreur, au fait qu'il mange ou non le pain. Pas de doute ceux-là ont très faim. En tout cas ils ne sont pas farouches l'un d'eux escalade mes sacoches comme s'il désirait continuer avec nous. Les bagages posés, une descente en ville nous permet de découvrir une petite cité agréable surtout par ce temps presque estival.

1 mai

Aujourd'hui l'étape sera moins sympathique. En effet, la seule route pour Bonifacio, c'est la nationale, ce qui est toujours un peu stressant et souvent ça ne sent pas bon. Ça commence dur, une belle montée jusqu'à Sartène et tout les jours ne se ressemblant pas je me sens un peu fatigué, donc avec la chaleur je souffre. Il me suffit de penser à Kazantsakis et sa formule que j'ai faite mienne: un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu. Un raccourci dans la ville elle-même est très raide, une erreur de pignon m'est fatale. Je mets pied à terre et, mon Dieu que le vélo est lourd à pousser dans cette côte qui affiche au moins 12 ou 13 %. Le reste de l'étape ne me laisse pas de souvenir précis, si ce n'est le moment où dans un virage nous avons vu surgir la Sardaigne, que nous rejoindrons demain. Un autre détail me revient en mémoire, nous avons croisé un groupe de Ferraris en vadrouille, elles étaient quatorze, et même si les voitures ne vous intéressent pas c'est pas mal à regarder passer. Après 60 kilomètres, sur les hauteurs de Bonifacio nous nous installons dans un camping agréable dominé de jolis monticules granitiques qui donnent envie de faire de l'escalade. Sans charge la descente est amorcée pour visiter la cité, qui est très pittoresque. Sa citadelle colonise un magnifique promontoire permettant une vue de tout premier plan sur la Sardaigne et le détroit qui protège le port de la pleine mer. Je me souviens y être venu en voilier il y a bien longtemps lors d'une magnifique navigation d'une quinzaine de jours.

2 mai

Ce matin branle-bas très tôt, nous devons être au port au plus tard à 8 heures pour un départ à huit trente. Les cinq kilomètres du camping au port sont exclusivement en descente. Qu'il est bon de se laisser glisser comme cela de bon matin. Les roulements à billes de mes roues sont si performants que j'ai plus l'impression de glisser que de rouler.

Les passagers ne sont pas très nombreux sur le bateau, quelques voitures et motos. Ces dernières tout au long de notre périple nous en verrons des meutes plus ou moins importantes, sauf en finale dans le centre de la Corse en Castanicca, coin enchanteur dont je reparlerai et qui nous fera regretter de mettre fin à notre voyage, comme attirés par une envie d'errance sans fin. Le départ le long de ces grandes falaises blanches, au sommet desquelles se serrent des maisons toutes en hauteur est d'une saisissante beauté. Les goélands, qui planent derrière le navire à la même vitesse, semblent immobiles. Les bateaux m'ont toujours procuré une forte impression de départ vers des contrées lointaines, même si aujourd'hui le trajet n'excède pas une vingtaine de kilomètres et ne dure que cinquante minutes. Cependant pour un prix de vingt euros, j'ai vraiment la sensation de partir.

Après cette traversée agréable nous débarquons en Sardaigne. Cela me fait quelque chose car il y a plusieurs générations déjà, par ma grand-mère paternelle j'ai des gènes qui proviennent de cette île. Nous commençons avec un petit café sur le port. La vie est délicieuse lorsqu'on n'est pas dans l'urgence et autonomes, pas de contrainte concernant le point de chute, tout petit recoin discret peut faire l'affaire, si à huit heures du soir on n'a pas trouvé de lieu d'arrêt dit autorisé.

Cette première étape doit nous conduire à Castelsardo, jolie petite ville chargée d'histoire posée sur un magnifique tertre pyramidal qui s'avance sur la mer. Le relief sur la côte ouest nous semble presque débonnaire après la descente de la Corse. La circulation n'est pas très importante et le déplacement à vélo est agréable. La campagne sarde est un festival de fleurs, qui déroulent leurs corolles par millions à notre passage. Au bout d'une ligne droite quelques centaines de mètres devant, nous voyons deux cyclotouristes. La chasse est lancée, je réussis à m'approcher à une cinquantaine de mètres puis je me fais décrocher. Jean ne semble pas s'être intéressé à la course. Ils reprennent le terrain perdu et finissent par disparaître. Une quinzaine de kilomètres plus loin, nous les retrouvons devant une échoppe de fruits et légumes sur le bord de la route en pleine campagne. Nous en profitons pour faire la halte de midi. Il s'agit de deux Allemands engagés sur le tour de Sardaigne en douze jours avec points de départ et d'arrivée à Olbia, aéroport desservant l'île par des vols low costs. Nous rencontrerons de nombreuses personnes qui utilisent ce point d'entrée. Les Allemands partent avant nous, mais ayant fait un petit détour par une crique qui les a un peu retardés, pour un temps nous les retrouvons. Cela nous donne l'occasion de nous «allumer» sérieusement le long d'une grosse bosse, et je ne suis pas le premier à craquer. Quand on est bête c'est pour la vie, et ça ne risque pas de s'arranger après cinquante ans!

Castelsardo apparaît au détour d'un virage, véritable splendeur que ce tertre qui s'avance sur la mer, coiffé de sa citadelle centenaire au pied de laquelle de petites maisons multicolores serrées les unes contre les autres essaient de monter à l'assaut. Pris par la beauté de ce spectacle je freine et m'arrête, mais je ne pense pas à mes pieds et rebelote deuxième chute, cependant l'expérience aidant je ne me fais cette fois aucune égratignure. Pourtant on n'est jamais à l'abri d'un poignet cassé, il faudra que ça rentre. Ne devient pas cyclotouriste qui veut! Nous montons visiter cette petite cité, c'est raide à vélo, vieille ville charmante aux ruelles calmes et colorées, haut perchées au-dessus de la mer. Mais il n'y a pas de logement hormis les hôtels, il nous faut pousser jusqu'à Porto Torres à une trentaine de kilomètres plus au sud. Cette décision ne soulève pas l'enthousiasme, mais quelle autre alternative? Rapidement nous reprenons plaisir à pédaler, la route domine la mer avec de belles perspectives sur de petites criques, et de plus le vent nous pousse. À une moyenne supérieure à vingt à l'heure nous atteignons notre but, ce qui fait pour la journée 105 kilomètres, mais ils comptent moins que les kilomètres corses. Installés au camping, nous partons faire les courses au supermarché situé à trois cents mètres. Devant le magasin je freine et dix de der, je n'ai pas vu que mes pieds sont clipés. La chute est plus brutale car je n'ai plus de bagage pour amortir. Je suis bien secoué mais une fois de plus rien, cependant il faut que je réagisse cela fait la troisième depuis le départ et la seconde aujourd'hui, à ce rythme les statistiques me disent que je vais finir au mieux avec un plâtre. Retour au camping et qui voyons-nous en train d'arriver? Nos deux Allemands , Josef et Wolfgang. Ils viennent s'installer à côté de nous et ce sera l'occasion d'une soirée sympathique à nous raconter des histoires de vélos. Ce sont de gros rouleurs qui n'hésitent pas à traverser les USA. Demain ils partiront tôt, par contre pour nous ce sera repos car nous devons récupérer deux compagnons qui arrivent par bateau et qui vont nous accompagner durant le tour de Sardaigne. Eh oui! VF a encore sévi.

Nous roulons depuis une semaine, cela me permet de me faire une première idée de cette façon de voyager que je n'imaginais pas utiliser, encore récemment. Le vélo ne donne pas cette impression de liberté que procure la marche, car on reste, sinon prisonnier, tout au moins dépendant de la route. Parfois la circulation est dense et ce n'est pas très agréable, cependant on s'accoutume assez vite. Nous avons franchi 550 kilomètres, cela fait beaucoup plus qu'à pied. On éprouve toujours un certain contentement en regardant une carte sur laquelle on a parcouru de grandes distances à la seule force de son corps, à pied ou à vélo. C'est sans doute un peu puérile mais c'est cependant un petit plaisir et une vie heureuse, paraît-il, est constituée d'une somme de petits plaisirs. Il est vrai qu'en soi la distance ne signifie pas grand chose, donnée relative en fonction de la difficulté ou du mode de déplacement. Que dire d'un parcours en kayak ou de la montée d'une face qui fait «seulement» un kilomètre? Même si le kilométrage n'est qu'un accessoire du voyage, souvent on s'imagine qu'en allant loin on voyage vraiment. Forcément ce genre de conditionnement joue et voilà pourquoi on est tout content de regarder sur la carte une grande distance que l'on vient d'accomplir. Le vélo a un autre gros avantage, il est beaucoup moins traumatisant que la marche à pied. Bien sûr l'effort musculaire a été intense au cours des innombrables montées de la côte ouest de la Corse, mais les contraintes et les chocs sur l'ossature sont moindres. Le soir à l'arrêt la fatigue est différente de celle ressentie à pied, bien moins traumatique, vraie source de bien-être. Je n'en reviens toujours pas, pourvu que cela dure. Il y a maintenant une semaine que je suis rentré chez moi, après un mois de vélo et 1900 kilomètres, et je n'éprouve aucune douleur nulle part. Juste avant de partir, une épaule me faisait mal depuis plusieurs années avec des fourmis dans la main. L'ostéopathe que j'ai vu trois jours avant de rouler m'a dit de partir quand même, et il a eu bien raison. Cet effort présente un véritable effet curatif sur les douleurs articulaires. Donc le voyage à vélo présente indéniablement des avantages et des côtés très agréables, bien que toutes les dimensions de liberté ne soient pas réunies, tout du moins en Europe. J'imagine que dans certains pays lointains sur des pistes peu ou pas fréquentées le vélo devient l'outil le plus sublime pour voyager.

3 mai

Ce matin pas d'impératif, nous voyons les Allemands partir et nous petit-déjeunons tranquillement. Cette journée d'arrêt est la bienvenue car je sens une légère fatigue. Nous devons nous rendre au port attendre Evelyne et Rafik à 19h. En début d'après-midi nous partons pour un tour en ville et la reconnaissance du port. De nombreux restes archéologiques subsistent dans cette ville de 20 000 habitants. En outre, elle est très industrialisée. Le hasard fait bien les choses, nous tombons sur une procession religieuse. Un cortège immense suit la statue de la vierge, comme si toute la cité s'était donnée rendez-vous. Les autorités en premier, maire et autres autorités civiles puis, policiers, carabinieri, pompiers, militaires ouvrent la voie à cette foule interminable qui monte à l'église. En fin d'après-midi nous nous rendons sur le port. Bizarre pas de bateau prévu à 19heures, il y en a bien un à 20 heures mais en partance.

En définitive, ils débarquent bien mais à vingt et une heures. Les dix kilomètres pour rentrer au camping se feront de nuit. Moment d'angoisse avec seulement une frontale qui ne permet pas de bien visualiser la route et ses à-côtés. On m'avait dit que les phares n'étaient pas nécessaires car on roule toujours de jour et on ne se laisse jamais prendre par la nuit. Cela fait déjà deux fois en une semaine. Dès que je rentre chez moi je ferai équiper mon vélo du système d'éclairage adéquate. Là encore c'est le métier qui rentre. Nous leur avons préparé un petit repas d'accueil, simple mais consistant, purée saucisses. Nous faisons connaissance, Evelyne est une coureuse à pied reconvertie au vélo et Rafik est un athlète de haut niveau qui a terminé 17ème au championnat du monde de cross. Première soirée très agréable, et durant les 15 jours l'ambiance restera au beau fixe. Manifestement ce sont des clients de haut niveau. Moi le novice du vélo je n'ai qu'à bien me tenir! Le bilan kilométrique de cette journée se monte à trente, une broutille tandis qu'à pied cela représente une belle étape.

4 mai

Aujourd'hui, il est prévu un trajet de rodage à quatre. A travers la campagne sarde par de petites routes nous comptons rejoindre le Cap Caccia, qui est la pointe sud d'une longue et étroite presque-île bordée de falaises qui dominent le mer d'environ 200 mètres. Cinquante kilomètres sans voiture ou presque dans des paysages paisibles ou le vert des prairies et les couleurs vives des fleurs dominent. Qu'il est paisible de faire ce type de randonnée, là le vélo est un merveilleux moyen de locomotion. Nous rejoignons le bord de mer, et prenons la direction du cap précité. Quelques raidillons carabinés nous permettent d'accéder à un belvédère remarquable, d'où la vue sur d'énormes rochers émergeant de l'eau est saisissante. Un groupe d'Allemands devant leur car nous applaudit dans notre effort final. En remerciement je leur récite les premiers vers de la Lorelei: Was soll es bedeuten, dass ich so traurig bin...

Mais au fait sur ce rocher s'avançant sur la mer nous ne voyons pas de camping, alors qu'il était prévu de s'y arrêter pour la nuit. Un petit sigle triangulaire sur la carte avait été mal interprété. De notre magnifique point de vue dans le lointain après un grand cap blanc se dévoile la ville d'Alghero. Nous comprenons tout de suite que c'est reparti pour trente kilomètres. Après quelques bosses, nous rejoignons des zones plates. Un léger vent arrière transforme les vingt derniers kilomètres en une promenade de plaisir à vive allure. Le premier camping rencontré est fermé, le second se cache sur la plage pratiquement dans la ville. Nous finirons par le dénicher après plusieurs passages et les renseignements des autochtones. Le kilométrage pour ce jour s'élève à 77km. La ville a du cachet avec ses fortifications qui donnent directement sur la mer. On les suit par de larges esplanades. De nombreuses armées d'invasion ont laissé des traces dans cette cité, qui a été convoitée et conquise au cours des siècles par les Italiens, les Carthaginois, les Phéniciens, les Byzantins, les Arabes les Catalans et sans doute d'autres.

5 mai

Ce matin petite forme, deux d'entre nous ont des symptômes concordants, mal de tête et nausées. Avons-nous mangé quelque chose qui n'était pas frais? Nous passons la matinée tranquillement. Le départ a lieu à 11heures 30, l'état des deux malades s'améliorant. Le but de la journée se trouve à 48 kilomètres, il s'agit de la petite bourgade de Bosa. Même si la distance n'est pas très importante, l'étape nous marque d'une part du fait de sa beauté, route en hauteur au-dessus de la mer, et d'autre par à cause de ses pentes particulièrement longues et raides. Enfin après avoir bataillé plusieurs heures, une immense descente nous tend les bras. Elle doit nous conduire au point d'étape prévu. Mais le plaisir sera gâché, car l'orage s'invite à la fête et il est particulièrement violent. Nous ne trouvons pas le moindre abri, et stoïquement nous pédalons sous des trombes d'eau. L'absence de construction le long de cet itinéraire est totale, et sous la pluie cela se remarque d'autant plus. Après une petite heure de grosse rincée, le beau temps revient aussi vite qu'il avait été chassé. L'arrivée dans Bosa se fait au milieu des mares laissées par l'orage.

Nous sommes hébergés à l'auberge de jeunesse, spartiate mais fonctionnelle, une chambre à quatre avec lits superposés. Rafik et moi partons pêcher. Outre le goût prononcé pour le sport et la course à pied, nous avons d'autres points communs. Lui est d'origine tunisienne et mon père est né en Algérie, certes de père ardéchois, mais cela n'empêche que nous venons du même creuset de la Méditerranée et que tout nous attire en elle, en particulier la pêche. La petite baie de Bosa est abritée par une large digue sur laquelle viennent se fracasser de grosses vagues. Au débouché d'un petit estuaire aux eaux très remuées, les pêcheurs s'agglutinent, taquinant la dorade et le loup. Pour notre part nous n'attrapons qu'un petit sarran, joli poisson de roche bariolé. Je le décroche avec précaution et le remets à l'eau. Certains pourraient me dire pourquoi embêter les poissons, voire plus, si ce n'est que pour le plaisir de les attraper. Sans doute toute la tradition communiquée par mon père qui me racontait avec une passion non assouvie les pêches merveilleuses qu'il faisait dans son enfance sur les côtes algériennes. Dans ces régions méditerranéennes je me sens bien, ce qui peut paraître un peu paradoxal car je ne rêve que de montagnes et de parois raides. En Corse j'ai plutôt tendance à regarder du côté de la montagne, qui jaillit partout, tandis qu'en Sardaigne mon regard va naturellement vers la mer, même si les reliefs sont parfois escarpés et présentent de belles falaises. La Corse pour moi est une extraordinaire montagne dans la mer, et la Sardaigne consiste en une succession de magnifiques sites côtiers tout du moins sur son versant ouest, la côte est étant plus accidentée. Cependant en Corse, même sa côte plate est dominée de magnifiques pics, enneigés plus de la moitié de l'année. Je ne dis pas qu'elle est plus belle que la Sardaigne, ce type de comparaison n'a pas de sens. Je reprendrai seulement les mots d'un grand navigateur qui a arpenté le monde sous toutes ses coutures et qui déclare « de toutes les contrées dans lesquelles j'ai navigué, les deux plus belles sont la Corse et la Bretagne » et il est breton, alors pensez ce que vous voulez de la Corse!

6 mai

Très beau temps, le petit déjeuner servi à l'auberge de jeunesse est frugal, mais heureusement nous ajoutons le complément. De petits ennuis techniques nous retardent. Le départ a lieu vers midi. Le démarrage est brutal, une rampe particulièrement raide ouvre le bal. Halte repas très plaisante sur la place du village de Sennariolo, et nous ne dérogeons pas au rite du petit café final, surtout qu'en Sardaigne il est moins cher qu'en France, généralement 80 centimes. La montée reprend jusqu'au village suivant Cuglieri. Ensuite le parcours est un enchantement, une succession de faux plats en descente avec le vent dans le dos. Je m'en donne à cœur-joie sur le grand braquet, une vingtaine de kilomètres parcourus entre 40 et 55 kilomètres par heure en permanence. Le vélo procure dans ces moments un plaisir intense. L'expression filer comme le vent décrit bien la situation. J'ai vraiment la sensation de vitesse, et je m'y connais un peu ayant conduit de grosses motos de façon souvent déraisonnable. Un arrêt est improvisé à S'Archittu, tellement ce petit golfe couleur turquoise entouré de falaises est magnifique. Nous repartons sur un bon rythme. La grande ville approche avec son cortège habituel, constructions plus nombreuses, route plus large et un trafic toujours plus dense. Nous n'entrons pas dans Oristano mais partons à l'ouest camper à Torre Grande. Aujourd'hui le compteur marque 72 kilomètres, dont pas mal furent un véritable régal. En particulier les dix derniers kilomètres, vent dans le nez, bien abrités derrière Jean qui comme un tracteur maintenait un bon vingt-cinq de moyenne, on ressent tout le bien-fait de l'effort soutenu au bon niveau sans que cela fasse mal. Il faut dire qu'entre lui et Rafik nous avons deux gros costauds du vélo. Evelyne , toute menue qu'elle est, dans les côtes quelque soit leur inclinaison et leur longueur, elle appuie de façon régulière sur les pédales et je la vois systématiquement disparaître, j'en ferai encore l'expérience au cours des jours à venir dans les montagnes. Mon arme secrète pour refaire mon retard c'est de mettre le grand développement dans les descentes et de forcer comme une brute. J'atteins régulièrement les 60 à l'heure, voire parfois beaucoup plus. Cette sympathique émulation se passe dans la bonne humeur et la décontraction.

Nous envisageons de rester deux nuits sur place afin de visiter tout à loisir les environs demain . En effet à une dizaine de kilomètres à l'ouest se trouve le magnifique site archéologique de la ville de Tharros. Cette dernière il y maintenant deux millénaires était la capitale de l'île. Notre camping est «bunkérisé» par de grandes grilles et un haut mur sur le devant, mais agréable une fois à l'intérieur. Comme d'habitude pas d'affluence, cependant un peu plus de monde que les jours précédents, en particulier des groupes de motards. Un cyclotouriste allemand nous aborde et nous narre son périple commencé cinq semaines plus tôt en Allemagne par une traversée des Alpes jusqu'à Nice.

7 mai

Comme prévu départ pour Tharros, mais les petites routes nous conduisent sur les bords d'un immense étang utilisé pour la pisciculture. De toute évidence les poissons grouillent, mais nous sommes perdus parmi les hautes herbes, notre chemin ayant subitement disparu. Nous ne restons pas longtemps seuls. Des gardes forestiers équipés d'un 4x4, nous ayant repérés de loin, nous prenant peut-être pour des braconniers, s'arrêtent à notre hauteur. Nous leur expliquons notre situation. Ces derniers très gentiment nous proposent de les suivre et par un véritable labyrinthe de petits chemins en sous-bois ils nous remettront dans la bonne direction. L'itinéraire n'est pas évident, car à plusieurs reprises à la croisée de sentes nous les voyons hésiter. Ensuite, la route sur une dizaine de kilomètres est une splendeur, entre plans d'eau et explosions de fleurs sur des hectares.

Enfin nous atteignons la très belle église San Giovanni. Tharros est à proximité. Une piste en terre conduit à l'extrémité du cap. Le lieu est magique. On imagine facilement la scène, lorsque les premiers Phéniciens abordèrent ce site sept siècles avant notre ère. Ils en évaluèrent tout de suite le potentiel. En effet jusque vers la fin du premier millénaire après Jésus-Christ, le port fondé prospéra et donna cette très belle cité. Mais les corsaires sarrasins devenant de plus en plus menaçants, un repli vers l'intérieur des terres fut amorcé et la ville périclita. Il en reste des ruines superbes dans un cadre enchanteur, envahies au mois de mai, d'une incroyable densité de fleurs, qui montent à l'assaut du pied de la grande tour ronde bien campée sur la plus haute colline du cap. Site exceptionnel particulièrement surveillé, nous y croisons outre les gardes qui nous ont indiqué notre chemin, des policiers, des carbinieri et des gardes côtes. Je déconseille formellement à quiconque d'avoir l'idée d'y envisager le camping sauvage.

Nous décidons ensuite d'aller visiter Oristano, jolie petite ville au centre très pittoresque. De belles places dallées aux formes inhabituelles font la meilleure impression. En ce début d'après-midi les rues sont désertes, sieste oblige et nous avons l'impression d'avoir la cité pour nous seuls.

Journée agréable de visites, nous avons tout de même parcouru 62 kilomètres, mais sans bagage nous n'avons pas l'impression d'avoir roulé. A croire que la déformation du cyclotouriste arrive plus vite qu'on le pense!

8 mai

Aujourd'hui départ matinal, car l'étape prévue est conséquente. Plus de 100km ponctués de gros dénivelés, avec pour but Fonni, station estivale au pied ou presque de la Punta Marmora, point culminant de l'île. Le mot Punta n'est pas très bien choisi, car si vous imaginez trouver un beau pic vous serez déçu. Il s'agit plutôt du point le plus élevé d'une crête massive, qui pourrait ressembler au Honneck vu sous un certain angle. Donc c'est une belle montagne, en effet je vis avec une Vosgienne, évidemment le Honneck est forcément à l'égal du Daulaghiri, magnifique pyramide qui culmine presque à 8200 mètres!

Nous mettons donc le cap sur le centre de l'île avec la ferme intention d'en atteindre le sommet, qui culmine, certains diront seulement, à 1834 mètres. Cependant se rendre au départ d'une balade à pied en utilisant un vélo ce n'est pas comme s'y rendre en voiture. Cela participe aussi au charme du voyage à bicyclette (je ne sais pas si ce terme fait partie du vocabulaire du cyclo?). Au nord d'Oristano nous ne trouvons pas la petite route repérée sur la carte, c'est donc par une voie à la circulation relativement importante que nous commençons. Rapidement nous réussissons à nous en échapper. Première localité relativement importante, Busachi, les choses sérieuses n'ont pas vraiment débuté. Premier gros incident technique, le dérailleur de Rafik se prend dans les rayons, d'où blocage de la roue et de nombreux dégâts, rayons complètement pliés dérailleur très endommagé. Rafik est un magicien de la mécanique, en une petite heure il remet tout cela d'équerre, et fait notre admiration. La chaleur devient suffocante et la pente raidit. Nous commençons à avoir des doutes quant à la possibilité de rejoindre Fonni ce soir.

Arrêt à l'ombre d'un petit village pour le repas de midi. Comme toujours l'ambiance est très agréable, peu de monde, quelques autochtones attablés sur les minuscules terrasses des débits de boissons. Nous aurons l'occasion de constater aussi bien en Corse qu'en Sardaigne, que les routes côtières sont beaucoup plus fréquentées par les étrangers que les routes intérieures. Ce qui à vrai dire fera notre bonheur. Retour sur les pédales, ça chauffe dur. À la sortie du village de Sorgono nous faisons un arrêt au cimetière pour nous ravitailler en eau. Nos derniers espoirs pour atteindre Fonni ce soir se sont évanouis définitivement. Teti sera notre lieu d'arrêt. Il s'agit d'un magnifique petit village de montagne. Les habitants très gentiment nous permettent de camper sur le terrain communal dédié aux fêtes du village. Ils viendront même nous brancher l'eau.

L'étape du jour ne s'élève qu'à 85 kilomètres mais la forte proportion de côtes raides et la chaleur nous laissent une impression de journée fatigante et très bien remplie. Cette sensation de bonne fatigue, les muscles un peu endormis, et pas ce sentiment de squelette martyrisé que j'ai après une grosse étape à pied, procure un réel bien-être. Jean parle de vélo-thérapie, et c'est exactement cela. Rassurez-vous, je ne cherche pas un prétexte pour laisser tomber les longues marches. Probablement j'intégrerai plus le vélo dans ma manière de voyager, mais certains grands projets qui me tiennent à cœur ne s'envisagent pas à vélo, comme la Haute Route Pyrénéenne ou terminer la traversée des Alpes, et il m'en reste un grand morceau à parcourir, Chamonix à Trieste.

Une fois de plus la soirée se déroule dans la meilleure convivialité, agrémentée d'un décor superbe au milieu de ce terrain accidenté où la vue porte loin de crête en crête. Mes compagnons de voyage ont tous des expériences sportives et de voyages particulièrement intéressantes, et de plus l'humour, la simplicité et la rusticité font partie de leur qualités. Ce sont les ingrédients assurés d'une bonne partie de rigolade sans jamais à avoir à se tracasser quant aux conditions que l'on rencontrera. Il est étonnant de constater, comme dans certaines conditions une relation intime peut s'établir rapidement. J'ai l'impression sinon de toujours les avoir connus, au moins de les connaître de longue date.

9 mai

Aujourd'hui direction Fonni et cet après-midi l'escalade de la Punta Marmora est prévue. La journée commence par une belle descente, mais ça ne dure pas. Il nous faut enchaîner avec la raide route de Fonni, heureusement presque déserte. Le décor est splendide, grands espaces verts, un lac de barrage magnifique. Sous le pont qui l'enjambe une multitude de gros poissons fait des ronds à la surface.

La ville est à mille mètres d'altitude, de ce fait la chaleur n'est pas trop forte. Pour la seule fois de notre périple nous faisons appel à l'agritourisme. Une jolie demeure bien positionnée un peu au-dessus de Fonni en direction de la montagne que nous voulons gravir. Si le site est joli, le prix l'est tout autant. Une chambre à quatre lits pour la modique somme de 140 euros, certes avec le petit-déjeuner. Malgré des tentatives de négociation, rien n'y fera. Le prix annoncé sur le petit futé est moindre. Cette augmentation est la conséquence probable d'une publicité avantageuse. Nous ne sommes pas en mesure de trop insister ou de chercher une autre solution, si nous voulons suivre le programme. Les bagages déposés, nous reprenons nos vélos pour une belle grimpette jusqu'à l'altitude de 1500 mètres. A partir de ce point le sommet s'atteint à pied. Quelques névés subsistent, que nous nous empressons de fouler. Une première crête est atteinte, de laquelle une descente permet d'en rejoindre une seconde qui conduit au point culminant de l'île. Malgré sa faible altitude la vue porte loin sur les plaines environnantes, mais nous n'arrivons pas à distinguer la mer. Cette région montagneuse est austère, elle me fait un peu penser au Mont Lozère, par la couleur sombre de la roche, ses grandes pentes herbeuses et sa désertification. La redescende est effectuée au pas de course. Il ne faut pas grand chose pour qu'avec Rafik, nous courrions comme des dératés. La vigilance est de mise, car mes chaussures de cycliste, de temps à autre du fait des parties métalliques du système d'accrochage ont une fâcheuse tendance à déraper sans prévenir sur le rocher. Rafik possède un coffre invraisemblable, certes il a 10 ans de moins, mais ses références en matière de course à pied en font un véritable OCNI (objet courant non identifié). Le plaisir de me défoncer physiquement restera, tant que mon état le permettra, une source de joie immense. Nous retournons dans notre agritourisme, où l'ambiance n'est pas franchement chaleureuse, et en guise de représailles nous préparons notre popote dans la chambre bien que ce soit interdit. Ayant été pris au dépourvu pour les courses, quelques lyophilisés en secours nous permettent un repas somme toute bon et suffisamment copieux.

L'étape de ce jour se monte à 54 kilomètres à vélo, dont une bonne quarantaine en montée raide, plus deux heures de presque course en montagne. Seul soir où je sens un peu mon dos, preuve que le déplacement à pied, certes en courant, traumatise plus que le vélo.

10 mai

Aujourd'hui nous retrouverons le bord de mer sur la côte est. Nous commençons la journée par un petit-déjeuner original dans une belle salle circulaire surmontée d'une charpente en forme de tente indienne, ce qui donne à la pièce beaucoup de volume et du cachet. Peut-être pour contrebalancer les relations quelque peu conflictuelles de la veille, l'hôtesse nous sert, outre les ingrédients habituels, une magnifique part de ricotta bien nappée de miel, un pur régal!

Nous sommes en pleine forme, pas de doute un lit de temps à autre, cela fait du bien. Après une descente sur Fonni, la route part à l'assaut d'un col sur 15 kilomètres et 300 mètres de dénivelé, presque une formalité. Au col du Monte Pipinari à 1246 mètres il fait frisquet. Nous ne traînons pas et entamons une longue descente. A quelque distance Rafik crève, son pneu est endommagé ainsi que sa gente. Pour cette dernière il s'agit des conséquences de l'incident de l'avant-veille, quand il a du détordre des rayons en forçant.

Nous arrivons sans autre incident après une magnifique étape à un camping idyllique à Tortoli. Les tentes sont installées sur de petites terrasses juste au-dessus d'un golfe à l'eau d'un bleu profond, avec en deuxième plan de grands rochers, plutôt de petites montagnes qui de par leur positionnement donnent toute sa profondeur à cette baie de grande beauté. Pour agrémenter l'ensemble, une magnifique tour sarrasine est érigée juste en face. Elle sera la toute première à recevoir le soleil du matin. Le lieu nous plaisant, et Rafik ayant des réparations importantes à effectuer sur son vélo, nous décidons de passer la journée du lendemain dans cet endroit.

11 mai

Lever 6 heures et c'est parti pour une partie de pêche. Je ne choisis pas tout de suite le meilleur endroit, mais pour le petit déjeuner nous aurons droit à quelques magnifiques poissons de roche, girelles dont une royale de belle taille et sarrans. Si l'idée semblait surprendre au départ, tout le monde a bien apprécié la chair très fine et ferme de la girelle au petit déjeuner, et contre toute attente, cela passe très bien. Nous ne poussons cependant pas le plaisir jusqu'à arroser cette friture d'un coup de blanc! Journée de farniente sauf pour Rafik qui, ayant acheté pneu, gente et chambre à air, remet tout en état, en particulier le dérailleur qui occasionne quelques difficultés de réglage. La réparation sera efficace car il en sera définitivement fini de ses ennuis mécaniques. En fin d'après-midi nouvelle séance de pêche, et petite friture au dîner qui passe aussi bien que celle du matin. Cette journée dans ce camping est d'autant plus agréable que le personnel est très gentil et particulièrement serviable.

12 mai

Nous démarrons tôt, l'étape sera longue et agrémentée de nombreuses montées. Avec regret nous quittons ce camping où il fait si bon séjourner. Après avoir fait quelques détours pour quitter Tortoli, le ton est donné, ça monte et ça dure! Au village de Baunel, un premier arrêt ravitaillement est effectué. En 15 kilomètres l'altitude atteinte est de 480 mètres. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le point de passage le plus élevé se situe à 1017 mètres, mais auparavant quatre cols intermédiaires jalonnent l'itinéraire. La route bien tracée permet une montée régulière sans forcer. Avec l'altitude la végétation change, on pourrait se croire quelque part dans le massif central. Enfin le Passo Gena Silana est atteint. Il nous aura fallu quatre heure pour une quarantaine de kilomètres. On s'attendait à plus difficile.

Au col casse-croûte copieux, des cyclistes de route assez nombreux sont montés par le versant opposé. Une très longue et magnifique descente nous procure un vif plaisir. Le cadre est magnifique, de grandes falaises calcaires étincellent de toutes parts avec la mer en toile de fond. Alors que nous avons quitté la montagne, la route serpente en faux plats descendants au milieu de bocages. Nous profitons de ces conditions très favorables pour se tirer une bourre pas possible, aidés d'un bon coup de vent dans le dos. Que c'est plaisant de débouler à vive allure en ayant mis le grand développement.

Avant d'arriver à Orosei, la route traverse d'immenses carrières de marbre, spectacle impressionnant. En voyant un ouvrier travailler, nous prenons conscience du gigantisme de ces chantiers. La ville d'Orosei, est manifestement très touchée par la proximité des carrières. Le premier camping se trouve à 12 kilomètres. Nous le rejoignons par des pistes, l'accès principal étant fermé à cause d'intempéries récentes. Encore un site étonnant au débouché d'une petite rivière sur une plage de sable blanc, baignée par une mer à l'eau émeraude. Pour ajouter au charme du lieu, le propriétaire est particulièrement accueillant et serviable. Le compteur affiche 106 kilomètres et encore le mien est le plus pessimiste. Nous aurions pu sans fatigue en faire beaucoup plus. C'est peut-être aussi cela le miracle du vélo? A moins que ce soit l'endorphine sécrétée qui commence son travail de fond contre la douleur et pour le bonheur!

13 mai

Lever aux aurores, j'aimerais bien rapporter quelques poissons pour le petit-déjeuner. Avec Rafik, nous partons ramasser quelques appâts le long des rochers. J'ai le plus grand espoir de faire une belle pêche. Mais contre toute attente pas une seule touche, comme si les poissons désertaient certains endroits. Je suis d'autant plus surpris, que j'avais trouvé quelques escavennes, oubliées par un pêcheur. En effet ces vers sont infaillibles, les poissons se jettent généralement dessus, mais pas ce matin. Cela ne nous empêche pas d'assister à une très jolie apparition du soleil sur une mer et des rochers déserts.

Départ à dix heures, une fois de plus le lieu était très agréable et calme avant les vacances. L'étape du jour ne présente pas de difficulté, et une fois de plus nous avons le vent comme allié. Les 56 kilomètres qui nous mènent à San Teodoro sont un vrai plaisir. Dans ces conditions, on a plus l'impression de pratiquer un sport de glisse que le vélo. Les tentes sont montées en bordure de plage, le vent souffle, des surf-skates font des acrobaties et montent très haut. En arrière plan sur la mer se découpent deux petites îles, Molara et Tavolara. La seconde est très impressionnante, elle jaillit des flots à la manière d'une flamme et culmine presque à six cents mètres. Comme toujours les oiseaux sont nombreux et nous gratifient d'une multitude de chants très différents, dont le mélange est un régal pour l'oreille.

14 mai

Ce matin réveil en fanfare par une multitude de corbeaux, et ça dure. Enfin ils décident de s'éloigner et les chants beaucoup plus mélodieux habituels envahissent l'espace. Aujourd'hui, malgré un vent encore favorable, la première partie du trajet sera désagréable. En effet nous approchons d'Olbia et le trafic s'intensifie. Nous avions perdu l'habitude des flots de voitures qui serrent parfois de trop près. La traversée de la ville est heureusement vite effectuée par une voie rapide. Dès la sortie de l'agglomération tout s'arrange, à part le temps qui devient menaçant. Quelques montées bien raides dans un joli décor d'aiguilles granitiques, auxquelles les nuages donnent un air austère du meilleur effet. Pique-nique à l'improviste sur la place du superbe village de San Pantaleo, parmi les maraîchers qui replient leur stands. Ce petit bourg a du cachet de par son architecture et du fait de la proximité d'aiguilles rocheuses, qui semblent émerger directement des toits. Il est des lieux comme celui-là, sans que je définisse très bien pourquoi, qui m' apportent une forme de quiétude ou de plaisir, l'esthétique du site seule ne peut en être la cause. Sans doute une conjonction d'éléments, le village avec ses maisons bien entretenues et le joli pavement de sa place qui est le point haut du bourg, les rochers environnants qui donnent envie de grimper, les maraîchers sympathiques, le temps certes couvert mais clément, ce que nous mangeons qui est très bon, un gros chien gentil un peu collant qui d'un regard concupiscent nous réclame les reliefs de notre repas, le petit bistrot à la terrasse coquette qui nous attend pour le rituel du café, et aussi pour finir cette saine fatigue que distille le vélo dans nos muscles. Le mélange de tous ces facteurs permet d'accéder au nirvana!

Le redémarrage, après cet arrêt de longue durée, n'est pas très difficile, car nous entamons une descente dans laquelle le grand braquet une fois de plus va faire merveille. Il faut rester très prudent car chargé, le vélo nécessite des distances importantes pour s'arrêter, les freins faisant l'effet de doux ralentisseurs. Les 15 derniers kilomètres sont une splendeur, le long d'une minuscule route qui se tient au plus près de très jolis golfes clairs, en enfilade pour le plaisir de la vue. L'étape se termine à Palau en milieu d'après-midi. Le lieu une fois de plus est merveilleux. Nous campons à quelques mètres de l'eau. En face l'île de la Maddalena coupe la houle. Ce bras de mer ressemble à un lac immobile, duquel surgissent par-ci par-là de gros rochers granitiques aux formes étranges. Cerise sur le gâteau, l'eau est bonne et j'en profite pour aller ramasser quelques douzaines d'oursins dont nous nous régalons sur le champ.

Le temps est à la pluie et les prévisions pour demain sont mitigées. Nous verrons bien, après les trombes corses nous restons sereins, cela ne pourra pas être pire. Une fois de plus, pris sous le charme du lieu, nous décidons de rester sur place un jour supplémentaire. Nous prendrons le temps de visiter le village, surtout que ce sera jour de marché. Un couple d'Allemands cyclotouristes vient s'installer à quelques mètres. La pluie nous chasse au restaurant, dans lequel la soirée sera exquise.

15 mai

Très tôt sur le coup des deux heures, je vais m'installer sur le rocher juste à côté de ma tente. Le spectacle est féérique. La luminosité est suffisante pour discerner de façon précise le panorama qui s'offre au regard. La mer est d'huile, le mot est bien approprié, l'absence de toute ride la rend de consistance épaisse. Les lumières de Palau s'associent à celles de l'île de la Maddalena et dessinent les moindres recoins du rivage. Aucun bruit, sauf le va et vient de la navette reliant les deux îles. Même de nuit le trafic ne s'arrête pas, un bateau de taille conséquente au moins une fois par heure dans chaque sens. Que peuvent-ils transporter?

Ce matin pas de précipitation, au petit déjeuner nous dégustons quelques oursins. Ce subtile goût iodé au réveil excite les papilles et met en appétit. Nous partons visiter la ville et son marché. Il s'agit d'une petite cité balnéaire sans caractéristique architecturale spécifique. Les étals pour les touristes sont nombreux, qu'il s'agisse de vêtements, de colliers ou autres bijoux. Le rouge du corail est très présent. Je peux dire que la poste italienne tout du moins celle de cette petite cité sarde est digne de ce que nous vivons souvent en France. Ne trouvant pas de timbre, je me rabats tout naturellement vers le bureau de poste. Il est organisé exactement comme chez nous. Deux files sont formées devant deux employés, espacés d'un mètre sans séparation entre eux. J'en choisis une et attends. Le temps que les 6 personnes me précédant passent. Cela prend au moins vingt minutes. Arrive enfin mon tour, à ma demande de timbres l'employé me fait signe que c'est le guichet d'à côté, devant lequel stationnent maintenant une douzaine de clients. Si je veux des timbres je dois compter facilement une demie-heure de plus. Je remercie et quitte le lieu sans ce que je venais chercher. La standardisation de l'Europe c'est bien, au moins on ne perd pas ses repaires et ses habitudes, ni ses frustrations!

Retour au camping pour le repas, la pluie ne tarde pas à faire son apparition et dure tout l'après-midi. Nous tuons le temps à jouer à la belote. C'est une découverte pour Evelyne, mais elle se débrouille bien, puisque son équipe gagne. Je profite aussi de ce temps libre, pour avancer dans le livre que j'ai emporté, voyage au bout de la nuit de Céline. À plusieurs reprises dans ma vie je l'avais commencé, mais pour la première fois je vais le lire jusqu'au bout. Grande œuvre, on comprend que cet ouvrage ait fait couler tant d'encre. De cette lecture on ressort différent. On y trouve la même désespérance que dans Cioran, mais abordée, entre autre, sans concession sous l'angle de la condition physiologique de l'être humain, ce qui fait frémir d'horreur. Mais c'est tellement vrai, c'est justement cela le plus gênant.

16 mai

Le temps s'écoule rapidement. Cela fait maintenant vingt jours que nous sommes partis de Bastia avec Jean et 12 que nous arpentons la Sardaigne avec Evelyne et Rafik. Tout a une fin. Aujourd'hui sera notre dernier jour de voyage en commun. Demain matin nos routes se séparent. Nous retournerons en Corse et eux prendront la direction de Porto Torres pour rentrer sur Gênes, leurs vacances se finissant. En tant que retraités nous n'avons plus ce problème, bien que les errances ne peuvent se prolonger à l'infini, famille oblige. Je comprends très bien ceux qui partent sans idée précise de retour, ou ceux qui au moment final au lieu de rentrer repartent pour un tour. Ce qui me plaît dans le voyage, c'est de ne pas savoir où je vais dormir le soir. Surtout ne pas programmer et ne jamais réserver les points de chute. La recherche au dernier moment représente un véritable attrait, qui attise la curiosité et qui permet le contact. C'est une des raisons pour lesquelles je voyage souvent seul à pied. L'errance sans contingence donne à mon sens un vrai goût de liberté, ce n'est peut-être qu'une illusion, cependant la sensation ressentie est formidable. Cette liberté est exacerbée par le dépouillement. En effet, le voyage à vélo, et cela est encore plus vrai à pied, implique de limiter au nécessaire ce que l'on emporte. Le fait de vivre un mois avec un environnement matériel restreint tout en ayant une totale autonomie est très reposant. On prend d'autant plus conscience des masses d'objets, souvent plus que superflus que l'on amasse dans nos maisons et qui nous rendent esclaves. Mon père avait l'habitude de dire que la possession est un asservissement, comme je comprends ses mots en voyage à vélo, et encore plus à pied lorsque tout ce que je possède n'excède pas les 10 kilogrammes.

Revenons au 15 mai. L'objectif du jour est la petite ville de Tempio Pausania. Elle se situe à l'intérieur des terres. Nous allons renouer avec les bonnes grimpettes. Mais avant de démarrer, une visite un lieu très pittoresque qui domine notre camping s'impose. Il s'agit du site de Roccia dell'Orso. Énormes rochers posés au sommet d'un tertre, offrant un large point de vue sur les environs, en particulier sur les îles faisant face à Palau. Les formes de ces blocs géants rappellent différents animaux, ours, dinosaure et autres monstres plus ou moins préhistoriques. Comme ils sont très visibles de la mer, ils ont toujours servi de repère aux marins de l'antiquité. De ce fait, ils sont mentionnés dans des écrits anciens . Nous y montons tôt et sommes seuls. Lorsque nous en descendons les premiers cars déversent leurs flots de visiteurs pour la plupart allemands.

Il est temps de mettre le cap sur Tempio. Effectivement ça grimpe dur, mais la route est agréable, pas trop de trafic, chaleur tempérée et cette verdure qui nous entoure de toutes parts. Vers les treize heures nous effectuons quelques courses et mangeons à l'entrée de la ville. Cet après-midi nous aurons tout loisir pour visiter. Cette cité possède un joli centre, bien regroupé autour d'une petite place. De nombreuses constructions, palais églises en granit donnent du caractère à l'ensemble. Nous déambulons dans des ruelles ombragées, enserrées entre des maisons toute en hauteur, un peu à la manière des villes de montagne, comme dans le Dévoluy par exemple. Le nombre d'édifices religieux est important et leurs dimensions souvent imposantes. La promenade est instructive et fort plaisante.

De toute évidence à part l'hôtel il n'est pas possible de trouver de quoi passer la nuit. Nous reprenons la route vers le village d'Aggius, qui se trouve dans un lieu charmant, verdoyant et vallonné. Deux beaux dômes granitiques dominent les maisons. A la sortie du bourg, juste à côté du cimetière sous une futaie, un coin discret et pratique nous permet de nous installer en toute quiétude, après 67 kilomètres pour ce jour.

La proximité du cimetière est très pratique pour l'eau. Evelyne va s'y laver sommairement. Pour ma part je n'ose pas, ayant peur de déclencher la colère, si je me fais découvrir dévêtu dans ce lieu. Cette dernière soirée a des petits relents de nostalgie. Alors que les pâtes cuisent Rafik découvre une sente, qui monte à l'assaut de l'un des dômes granitiques, en courant nous nous y engouffrons. Très vite cela devient raide, mais une main courante aide au déplacement et assure la sécurité. Une centaine de mètres sous le sommet le terrain se redresse et le chemin équipé prend fin. Devant nous une belle dalle en granit fauve inclinée à 60 degrés, parcourue d'une large fissure à la prise franche nous invite à poursuivre. Nous n'hésitons pas longtemps et la remontons les pieds en adhérence les mains bien calées en empoignant son rebord tranchant. Sur ce granit bien rugueux, à gros grains, qu'il est bon se mouvoir. Bien entendu il est préférable de ne pas glisser, donc garder un peu de vigilance et ne pas succomber à l'euphorie du mouvement et à la sensualité du contact. Je me surprends à imaginer que cette dalle fissurée s'élance sur mille mètres, hélas non! Rapidement le rocher se couche et les mains ne sont plus nécessaires, et après quelques contours le sommet est atteint. Une vue magnifique s'étend sur la région, rochers qui pointent au milieu de zones vertes avec des villages disséminés au gré des mouvements de terrain. Mais au fait, il ne faut pas traîner, nous nous sommes enfuis en cachette à deux, alors que le repas était presque prêt. Vite nous repartons et dévalons ces dalles, sur lesquelles de gros blocs sont disposés en équilibre. Evelyne et Jean nous attendaient patiemment pour notre dernier repas en commun. L'endroit est bien choisi, non seulement il est très discret, mais en plus il offre une table et des bancs, le grand confort!

17 mai

Lever matinal, petit déjeuner gai, nous savons qu'une expérience de deux semaines particulièrement enrichissante dans de nombreux domaines arrive à son terme. Nous réalisons tout étonnés, que cela fait déjà quinze jours que nous roulons ensemble. La fin de cette aventure à quatre est imminente. Pour trois kilomètres, et de plus en descente, notre chemin est encore commun. Ça y est, le voilà le carrefour de la séparation. Nous nous arrêtons, quelques photos sont prises, on se fait tous une grosse bise. Evelyne et Rafik prennent la route de Castelsardo tandis que Jean et moi partons plein nord pour traverser la région de la Gallura par son centre. Un peu tristes, mais ne pas se poser de question, le voyage continue. Dans un paysage de campagne ponctué de gros rochers de granit fauve puis de porphyre rouge nous retombons rapidement sous le charme de cette nature riante. La Gallura est très jolie en son centre, ce que nous n'avions pas perçu lorsque nous l'avions longée par le bord de mer sur la côte ouest. Une grande descente, grand braquet et nous appuyons à en être étourdis. Je bats mon record de vitesse, 73, 5 kilomètres à heure. Le vélo reste bien stable et je n'ai pas vraiment une impression de grande vitesse. Cependant attention, il faut penser à freiner, je vais quasiment à la vitesse des quelques voitures qui me précèdent. Si elles freinent, je n'ai aucune chance d'en faire autant, donc il me faut relâcher. J'aurais peut-être pu gratter un petit quelque chose en plus! Nous rejoignons un peu plus tôt que prévu la grande route en bord de mer, suite à un croisement passé sans doute trop rapidement. Nous débouchons au moment où deux jeunes cyclotouristes allemands passent. Ça y est c'est reparti j'appuie à fond pour les poursuivre. Je faiblis, Jean passe devant et contre le vent garde une bonne vitesse, je m'abrite derrière et le nez dans le guidon je force. Ah là là!! Les vieux ça veut toujours avoir l'illusion que c'est encore jeunes!! J'en connais certaines, qui, si elles me voyaient, ne pourraient s'empêcher de dire que je suis toujours aussi c... que lorsque j'avais vingt ans. C'est peut-être ça le secret de la jeunesse, rester c...? Le trajet jusqu'à San Teresa est enlevé en un temps record. Nous débouchons sur le port vers midi. Le prochain bateau est à 15 heures30. Nous nous installons à l'abri de la chaleur sur le quai et faisons notre dernier repas sarde, avec notre dernière bouteille de vin rouge de l'île. La bouteille y passe aux deux tiers. Est-ce raisonnable? Nous avons encore une trentaine de kilomètres à parcourir en Corse, de Bonifacio à Porto Vecchio. Mais nous avons cinq bonnes heures pour digérer somme toute une quantité de vingt cinq centilitres par tête, même si je pense en avoir bu un peu plus que Jean! A 17 heures nous serons bien en-dessous des 0, 5 fatidiques. En effet attention à vélo c'est le même tarif qu'en voiture en cas de dépassement, ce qui est normal. La police a constaté que de plus en plus de gens qui se rendent à des fêtes, sachant qu'ils allaient boire, utilisent un vélo. Ce qui tout naturellement a entraîné une recrudescence des accidents avec ce moyen de déplacement. Donc maintenant les cyclistes sont dans le collimateur, avis aux amateurs!

En attendant de traverser vers la Corse, nous discutons avec un couple qui vient d'effectuer en voiture un périple de 10 jours en Sardaigne. Ils sont enchantés de leur séjour, mais sont contents de rentrer, car ils en ont assez de trop manger dans les agritourismes. On en arrive à un véritable paradoxe en matière de voyage. Je réalise tout le bien-être que procure le voyage spartiate, en ayant un repas consistant par jour, généralement constitué de riz ou de pâtes. Même de riz de basse qualité, en effet il y a quelques jours une Allemande nous a proposé, car ses vacances arrivaient à leur terme, un paquet de deux kilos de riz de la pire qualité. Eh bien! Ces grains cassés qui cuisent mal je m'en régale, et ce n'est pas une histoire de radinerie, probablement le plaisir de la rusticité maximale.

La traversée a lieu à l'heure prévue. L'arrivée sur les falaises de Bonifacio dans l'après-midi alors que les rayons du soleil les frappent perpendiculairement, en les faisant resplendir, est un spectacle époustouflant. La vue de ces maisons toutes petites, serrées tout en-haut de ce mur blanc stratifié en surplomb donne presque le vertige. On s'attend à les voir basculer dans la mer. Les nombreux gros blocs empilés au pied de la paroi apportent la preuve évidente que la falaise est travaillée par la mer. La rentrée dans le chenal est spectaculaire. Les remparts de la citadelle défilent en nous dominant d'une belle hauteur. Un voilier de grande taille, aux proportions parfaites est à l'escale. Me déplacer en bateau me donne toujours une véritable impression de voyage, surtout lorsqu'on domine d'assez haut les flots. Sur le quai une meute de motos se tient prête à embarquer. Cela réveille chez moi de vieux souvenirs de folie, à l'époque où le permis moto était à seize ans. Dès cet âge mon père m'avait acheté l'une des plus puissantes motos du marché, une T500 Suzuki, gros deux temps, qui m'a donné des émotions dont je garde un souvenir précis presque quarante ans après. Mais et mais de taille, la contre-partie intolérable de cette époque, c'est que nombreux sont mes camarades d'alors, qui n'y ont pas survécu. Ce que l'on retient dans sa vie ce sont surtout ces moments où l'on ne sait pas très bien si on est encore parmi les vivants ou si on a déjà le billet pour l'au-delà en main. L'alpinisme m'a aussi procuré ce genre de sensations mais de façon moins actuelle, l'action étant plus lente, l'analyse de la situation, hors chute de pierres et avalanches, permet de mieux participer au devenir d'une situation qui s'avère hypothétique. En moto l'excès de vitesse est très difficile à gérer, car l'automobiliste, et c'est normal, n'est pas préparé à voir surgir des bolides à des vitesses déraisonnables. J'arrête sur le sujet, car maintenant je suis un adepte inconditionnel du respect de la vitesse sur la route.

Après ces errements philosophico-débiles revenons à la réalité du moment. Le débarquement effectué, nous prenons la direction de Porto Vecchio. Une fois passée la petite montée de sortie de la ville que nous connaissons bien, les vingt cinq kilomètres à venir sont une délectation. Un terrain peu accidenté, agrémenté d'un bon vent favorable, nous permet de filer, je dirais même de nous envoler à plus de vingt de moyenne. Dans les descentes le cinquante est fréquemment atteint et sans forcer, quelle jouissance! En un temps record nous rejoignons un camping à l'entrée de la ville. Le compteur pour ce jour affiche 85 kilomètres. Comme d'habitude l'installation prend quelques minutes, après plus de vingt jours, la manœuvre ne présente plus aucun secret. Et bien entendu encore une fois le site est presque vide. Le mois de mai est un mois idéal, des fleurs partout et presque personne.

Ensuite nous partons visiter cette ville balnéaire pleine de charme. J'y étais venu en novembre de l'année passée pour raison professionnelle et ce mélange des genres me procure une drôle de sensation.

Notre projet pour les jours à venir, est de traverser la Corse par son centre afin de rejoindre Bastia. Comme c'est étrange, depuis que nous avons quitté nos amis et la Sardaigne, j'ai vraiment l'impression d'être engagé dans un voyage nouveau complètement déconnecté de ce que nous venons de vivre. J'imagine facilement que de segmentation en segmentation, on puisse nomadiser un temps non déterminé de découvertes en expériences en perdant la référence au temps. Le secret pour durer et garder sa motivation au cours de ses errances, c'est peut-être de bien connaître son degré de résistance, et rester à un niveau où l'effort est plaisant sans être monotone et sans dépasser sa capacité d'endurance. Bien entendu cela n'exclut nullement un peu de souffrance, due à l'effort ou à la météo, afin de pimenter l'aventure. Alors l'alchimie de l'alliance du corps et de l'esprit, plaisir aidant, fait que l'on n'a plus envie de rentrer à la maison. Je pense au livre de Bruce Chatwin «Anatomie de l'errance», dans lequel il aborde ce thème éternel du chez soi, qu'il est indispensable d'avoir, pour pouvoir le fuir. Paradoxe de l'être humain, peut-être plus présent chez l'homme que chez la femme, différence jamais facile à concilier dans un couple.

18 mai

Nous renouons aujourd'hui avec les étapes avec gros dénivelé. La route doit nous conduire à Zonza, puis au col de Bavella. En quittant Porto Vecchio devant un lycée des élèves attendent le début des cours. Que pensent-t-ils de ces deux individus lourdement chargés qui passent devant eux un lundi matin? Pour ma part en les regardant, je me rappelle ma rentrée en sixième au lycée Ampère à Lyon, il y a longtemps, et pourtant j'ai l'impression que c'était hier. La seule chose à en déduire, profiter du moment présent et ne pas hésiter à vivre, ça passe très vite une vie. Avec Jean au cours de nos discussions nous sommes arrivés à la même constatation: on part toujours malgré, car il y a une multitude de raisons pour ne pas partir, qui vont du mal de dos à la famille qui vit cela comme un abandon.

Très vite nous rentrons dans le vif du sujet. L'Ospédale, petit village perché, mille mètres de dénivelé en 15 kilomètres. L'effort se fait intense, la route semble escalader les montagnes jusque dans le ciel, mais le plaisir demeure. Arrivés au pied du village, je dis à Jean «Nous sommes bientôt arrivés». Alors une voix sort de derrière une haie et rajoute « Le dernier kilomètre vous allez voir, je ne vous dis rien». Nous ne voyons personne, les buissons parlent-ils? En Corse tout est possible. C'est bon, nous sommes avertis. Nous commençons par voir que le kilomètre en fait deux, et effectivement la pente est supérieure à 10% avec des épingles demandant de s'arracher. D'autre part la route est pleine de trous ce qui ne facilite pas l'effort. Et le bouquet, nous contournons le village sans rentrer dedans. Lorsque nous le réalisons il est un peu tard et l'idée de redescendre ne nous effleure pas. Nous arrivons au barrage qui porte le nom du village. Le lieu est magnifique. L'altitude fait que la température est agréable. Un peu plus loin nous décidons d'une halte afin de boire un café dans une buvette. Le gros de l'effort du jour est fait. Pour rejoindre Zonza, nous nous laissons glisser le long d'un itinéraire serpentant dans un décor de rêve, où les montagnes rivalisent de beauté. A un détour de la route, les aiguilles de Bavella apparaissent soudainement, je freine pour pouvoir les admirer. Mes pieds solidarisés à mes pédales sont le dernier de mes soucis, mais pas pour longtemps. Boum! Quatrième chute, et là je me luxe le pouce droit. Ce n'est pas dramatique, j'arrive toujours à tenir fermement mon guidon. Je ne sais pas si tous les cyclotouristes tombent à la même fréquence? Un peu avant Zonza, le camping municipal nous attend, lieu bucolique et accueillant au milieu d'une forêt aux arbres épars. Nous montons nos tentes, déposons nos bagages et partons faire des courses. Le déjeuner sera succulent, constitué de Lonzo et fromage corse, accompagnés de l'incontournable vin rouge corse. L'après-midi est consacré au farniente jusque vers cinq heures. Il est alors temps de s'attaquer au col de Bavella, une dizaine de kilomètres que nous grimpons à un bon rythme. Spectacle sublime que ces aiguilles d'une part granitiques et de l'autre porphyriques. Nous restons une demie-heure à profiter de l'ambiance du lieu. Puis le plaisir de la glissade rapide vers Zonza nous procure de bonnes et belles sensations. Nous avons décidé de revenir sur nos pas, car la descente sur Solenzara, si tentante qu'elle soit, nous aurait éloignés du cœur des montagnes où nous voulons rester. De nouveau à Zonza, l'attrait de la Pietra, la fameuse bière à la châtaigne, est irrésistible. L'étape de demain devrait être dure par des routes peu fréquentées. Nous demandons au barman si la route de Ghisoni est bien celle que nous voyons commencer à quelques mètres de la terrasse du café. Il nous répond surpris « Pas du tout Ghisoni ce n'est pas par là. Il faut passer par la côte». À mon tour d'être étonné. Je lui montre la carte et la route au milieu des montagnes qui passe par les cols de la Vaccia et de Verdé. Alors sa réponse est une répartie d'anthologie «Oh! Mais là c'est le nord, on y va jamais». Le tout avec un accent corse à couper au couteau. Le ton est donné, notre route ne sera pas fréquentée. En quelques kilomètres nous sommes de retour au camping. La nuit sera fraîche, j'aurai un peu froid car depuis notre départ j'ai pris l'habitude de dormir hors de mon sac de couchage. Ce jour nous avons fait 70kilomètres, ce qui semble peu, mais l'effort a été intense et la journée bien remplie.

19 mai

Lever matinal, il fait froid. Les habits sont les bienvenus pour démarrer. À nouveau la traversée de Zonza, puis nous empruntons la D 420 direction Quenza. Trois autres villages accrochés à la montagne sont traversés avant d'arriver à Aullène. De cet endroit une route minuscule monte en direction du col de la Vaccia. Régulièrement elle suit un fond de vallée puis escalade un pan de montagne à flanc, pour nous conduire vers les 1200 mètres d'altitude au col. Pratiquement personne, seule une moto passe. Nous faisons une pose pour photographier un gros cochon qui paît tranquillement, oui qui paît à la manière d'une vache! D'abord il se montre farouche et ne se laisse pas approcher. Puis de son plein gré, il se rapproche comme s'il avait compris que nous n'allions pas le transformer tout de suite en lonzo et autre coppa. La descente sur le versant opposé est en très mauvais état, goudron déformé et trous partout. Les mains crispées sur les freins, cela devient rapidement un supplice. La chaussée change, de toute défoncée elle passe à toute neuve. L'effet est presque le même, car la couche de gravillons est épaisse. Il est dangereux de rouler sur ce tapis instable, et il indispensable de se servir des freins avec agilité et tact. Tout a un fin, même les tapis de gravillons. Au cours de cette descente nous ne sommes pas allés beaucoup plus vite qu'à la montée. S'offre à nous le village de Zicavo. La halte est la bienvenue. Un groupe de randonneurs est engagé dans la traversée de la Corse d'ouest en est. Après avoir englouti quelques spécialités locales et avoir satisfait au rite du café, malgré la chaleur nous partons à l'assaut du col Verde. Comme pour le précédent, la route monte régulièrement et l'effort demandé n'est jamais brutal. Plus nous montons, plus la vue porte loin, immensité de verdure dans laquelle se cachent de petits villages aux maisons serrées, dominés de montagnes enneigées telles des sentinelles qui veillent et qui contribuent à donner à cette île son caractère unique. Les derniers kilomètres avant le col semblent ne jamais finir, surtout que suite à une mauvaise évaluation, nous nous sommes lancés dans un sprint sur ce qui n'était pas le dernier kilomètre. Enfin le voilà. Un groupe de cyclistes belges à vélo de course avec assistance logistique y stationnent. Nous entamons une discussion animée ponctuée d'éclats de rire. Traditionnellement à cette période de l'année ils partent pour une semaine de vélo. Jean leur indique une route qui les conduira au col de la Vaccia en évitant les gravillons puis les trous. Après avoir pris congé, nous nous laissons emporter dans une descente d'une vingtaine de kilomètres qui nous conduira à Ghisoni. Un peu plus loin nous renseignons deux jeunes cyclotouristes qui verraient d'un bon œil la fin de cette rampe, moment qu'ils attendent avec une certaine impatience. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls fous dans ces contrées reculées. Après une bonne partie de plaisir Ghisoni est atteint. Très gentiment on nous autorise le camping sur un site laissé à l'abandon ou presque. Le cadre est magnifique. De belles aiguilles rougeoyant au soleil couchant nous offrent un spectacle de premier choix. Le compteur affiche 93 kilomètres pour la journée. Perchés sur notre petite terrasse herbeuse au milieu des arbres nous sommes seuls et nous nous trouvons royalement bien. Autour d'une grosse platée de riz et une bouteille de Patrimonio nous refaisons le monde. Ce type d'errance que nous pratiquons depuis presque un mois, est devenu un mode de vie. Montage et démontage de tentes, repas et toutes les contingences de la logistique ne nous posent plus aucun problème. Nous avons même le confort de posséder une dizaine de lyophilisés qui nous permettraient en cas de besoin au moins quarante huit heures d'autonomie. Au fond de nous, c'est avec un peu d'appréhension que nous sentons la fin du voyage arriver. Même par les montagnes et en plein milieu, la Corse se traverse assez vite. Si besoin, un signe qui ne trompe pas, la carte au 100 000 numéro 74 nous la quitterons demain pour sa sœur la 73. Bastia n'est plus qu'à 80 kilomètres à vol d'oiseau, cependant notre itinéraire en comporte cent de plus. Nous allons faire tout notre possible pour rester cachés sur de petites routes loin de tout, en particulier nous ne passerons pas à Corté.

20 mai

La nuit a été excellente, et comme d'habitude le chant des oiseaux nocturnes et diurnes nous a accompagnés. Le temps est très beau ce matin. L'impatience de rouler nous tenaille, poussés par la curiosité. En effet notre itinéraire fait de tels tortillons sur la carte qu'il est difficile d'en évaluer la longueur et la difficulté. Avant de quitter Ghisoni nous effectuons quelques courses dont l'achat d'un magnifique pain. L'itinéraire commence par la descente des profondes gorges qui passent par le défilé de l'Inzecca. Tout est tellement joli que nous marquons des arrêts au moins tous les kilomètres. Une petite rivière, courant sur une roche blanche ponctuée de gros blocs polis, joue à cache cache entre ombre et lumière, et tout autour s'étalent de grandes forêts de pins couronnées de montagnes enneigées.

Un minuscule embranchement au bas des gorges et c'est reparti pour 15 kilomètres de montée bien raide jusqu'au village de Vezzani. Dans cette portion de route, nous croisons des cyclistes lancés sur leur vélo de course. L'un d'eux, en nous voyant arque boutés sur nos pédales avec notre gros chargement, s'écrit « Du vélo comme ça, ah non merci!». C'est gentil! Mais il n'imagine pas à côté de quels plaisirs il passe! Cependant la fatigue se ressent et nous oblige à une pose, qui nous ragaillardit. Puis rapidement nous basculons sur l'autre flanc de la montagne. Que cette Corse profonde est belle. De nombreux villages s'accrochent aux pentes des montagnes ou colonisent leurs crêtes. De nouveau le fond de la vallée est atteint. Corté n'est qu'à une dizaine de kilomètres, mais nous lui tournons résolument le dos et suivons la nationale sur une courte distance. Un pont, juste derrière à gauche, une route confidentielle nous permet de continuer notre itinéraire buissonnier. Après huit kilomètres raides sous le caniard, nous pénétrons dans un village perché. À sa sortie juste avant les dernières maisons, une petite terrasse. Le bar semble fermé, alors le miracle se produit. Le propriétaire, les 80 ans largement dépassés apparaît et nous invite à prendre place. Les deux heures que nous passons en sa compagnie sont un délice. Tout d'abord avec notre lonzo, nous avons droit au vin qu'il produit, très fruité ayant du corps et pas trop d'alcool. Il est la mémoire du temps passé dans cette région reculée. Il nous parle de la vie à l'époque où le village comptait 550 âmes. Les champs n'étaient pas abandonnés au maquis. Des dizaines de paires de bœufs constituaient l'élément moteur de cette agriculture. Il nous relate l'histoire de ce gendarme ayant passé sa carrière ici, et qui vit maintenant dans une cage à lapins à Nice. Il ne se console pas d'avoir quitté la Corse. Il nous raconte aussi la guerre. Les Italiens qui étaient pire que les Allemands. Ces derniers rentraient à l'église désarmés, par contre les Italiens assistaient à la messe avec leurs fusils. Des rancœurs profondes en sont restées. Puis une fois l'île délivrée, ainsi que quelques milliers de jeunes Corses, il a été mobilisé dans les armées alliées. Il finira la guerre quelque part dans la vallée du Doubs. Nous avons droit à un couplet sur les autonomistes, manifestement il ne les porte pas dans son cœur. Leur chef aurait un père italien et donc ne serait même pas corse. Lorsque nous lui demandons ce que veut dire cette inscription à la peinture que l'on a vue plusieurs fois écrite en gros au beau milieu de la route: FRANCIA FORA. D'un air désabusé il nous apprend que cela signifie, la France dehors, ce que nous supputions. Pour finir il nous offre une myrte, c'est excellent, mais attention la route est encore longue et pentue cet après-midi. Nous le remercions vivement avant de prendre congé. En effet pour une somme modique, il nous a procuré un grand moment de plaisir, satisfaisant pleinement notre palais et notre curiosité.

La route serpente dans la montagne et relie entre eux des villages perdus, qui se cachent dans la végétation. La perspective de toits se découpant sur le ciel le long de crêtes avec en arrière-plan de grandes montagnes enneigées est caractéristique de cette Corse sauvage. À Erbajolo à l'entrée du bourg, une église et devant, une route minuscule la D16 part tout droit dans la pente. Nous avons vraiment l'impression de nous diriger vers nulle part. Un petit carrefour à 1000 mètres d'altitude, un éleveur de porc nous renseigne. Une descente d'une raideur inhabituelle, en pleine forêt, permet des perspectives étonnantes. Jean me précède d'une centaine de mètres, j'ai vraiment l'impression qu'il est très très bas. Nous hésitons encore, car la carte ne semble pas en cohérence avec ce que nous a dit l'éleveur. Nous avons l'explication un peu plus tard. La piste que je voulais suivre n'est pas praticable à vélo, car il y a de nombreuses marches pour escalader le col, qui conduit directement au village que nous voulons atteindre. Donc sans aucun remord nous nous engageons sur la route préconisée. Avec le soleil de fin d'après-midi, ce décor de villages agrippés au sommet de rochers est d'une beauté exceptionnelle, le tout baignant dans une lumière diffuse. L'envoutement est total, le charme du lieu nous subjugue. Encore une fois nous avons de la difficulté à avancer tellement à chaque changement de perspective l'émerveillement joue pleinement du fait du spectacle qui se dévoile au regard. Cette féérie est exacerbée par les rayons solaires rasants, qui mettent en relief les couleurs tout en révélant des jeux d'ombres et de lumières à couper le souffle. Il est de ces ambiances exceptionnelles, où l'esprit est complètement accaparé, au point d'en oublier le flot de pensées parasites qui brouille en permanence le fond de l'esprit. On en ressent une forme de plénitude, que l'on aimerait permanente. Mais le charme finit inéluctablement par se rompre. Cela se produit lorsque nous atteignons la très relative grande route D14, à quatre kilomètres de Bustanico, notre point de chute. Le compteur affiche pour ce jour 78 kilomètres et le dénivelé dépasse très probablement les 1200 mètres. Mais comment mesurer dans ce dédale et cet enchevêtrement de routes. Je sais que les puristes me rétorqueront, qu'il suffit d'avoir un GPS. Mais sans doute signe de vieillesse précoce et d'inadaptation au monde moderne, je suis philosophiquement contre. Des arguments je n'en ai pas beaucoup, si ce n'est que les cartes me font rêver et que je revendique le droit de me perdre. D'ailleurs de l'importance de savoir si le dénivelé faisait 1250 ou 1500 mètres? Le village est formé de deux bourgs distants par la route d'un kilomètre, mais quel kilomètre, un bon 12%. Dans la partie haute, un hôtel, niché en pleine pente, nous ouvre ses portes bien que paradoxalement il ne soit pas ouvert. De la chambre, la vue porte en face dans le lointain, sur le massif du Cinto. L'hôtelier est très sympathique et serviable. Le repas typiquement corse qu'il nous concocte est original et fin. En particulier son entrée, dont malheureusement je n'arrive pas à me remémorer le nom. Une pâte au four fourrée d'une multitude d'herbes plus odoriférantes et goûteuses les unes que les autres. L'ensemble de ces saveurs s'alliant, sans s'annihiler mutuellement, pour procurer une explosion de plaisirs en bouche.

21 mai

A la joie de se trouver dans une région aussi extraordinaire, s'oppose insidieusement l'idée que le voyage va bientôt toucher à sa fin. Mais n'y pensons pas. Aujourd'hui nous rentrons au cœur d'une zone mythique, la Castagniccia. Pour les puristes, et tous les Corses le sont, elle commence au col qui nous domine du haut de ses mille et quelques mètres. Notre très sympathique hôte, dont l'établissement est en bordure mais en dehors de la Casatagniccia, nous fait cette remarque quelque peu désabusée: «Elle commence là-haut la Castagniccia, mais des châtaigniers on en a autant qu'eux!». Réplique mortelle qui ne souffre pas la contestation! L'étape du jour sur la carte est encore matérialisée par une multitude de tortillons difficiles à démêler. Je demande son avis à l'hôtelier qui me répond: «Vous savez pas où c'est la Pooorta, vous y êtes jamais allé à la Pooorta, eh bien moi non plus!» Sur ces entrefaites, le petit déjeuner qu'il nous sert est copieux et de grande qualité. Cet hôtel dans la partie haute de Bustanico, juste posé dans un virage, nous le recommandons tout particulièrement. Et pour ceux qui veulent réserver je peux même donner le numéro de téléphone.

Notre dernière journée, perdus dans la montagne corse, commence et nos attentes ne seront pas déçues. Ce jour est le jeudi de l'Ascension, jour férié, et bien nous ne verrons quasiment personne jusqu'au fameux village de la Porta, seulement quelques autochtones toujours très gentils et prompts à la discussion. Cette route déserte en pleine montagne nous semble presque irréelle. Parfois elle s'envole vers le ciel avec des pourcentages de montée à deux chiffres. Mais notre plaisir est tel, que nous ne ressentons aucune difficulté, tout absorbés à nous imprégner de l'esprit de ce pays hors du commun.

Vers 13heures30 sonne le moment de l'arrêt. Dans une minuscule bourgade à l'ombre d'un châtaigner, nous prenons place sur le muret de la route dans un virage et commençons notre repas. Que l'endroit est paisible, une fontaine prodigue une eau fraîche, et les habitants ont poussé l'attention jusqu'à mettre un verre à la disposition du passant. Bien abrités du soleil qui darde ses rayons, nous avons tout loisir de contempler une fois encore vers le centre de l'île de grandes montagnes enneigées. Que ce contraste est étonnant par cette chaleur! De l'autre côté de la chaussée une maison carrée possédant une terrasse, sur laquelle deux dames sont installées. L'une d'elles nous apporte très gentiment sur un plateau deux cafés. Un vieux monsieur arrive d'un petit chemin et cherche quelque chose sur le talus herbeux. Intrigué, je lui demande quel est l'objet de son attention. Alors il m'explique que selon la tradition corse, il recherche l'herbe de l'Ascension. Il s'agit d'une petite plante de quelques centimètres, dont on fait un bouquet et que l'on suspend chez soi, en attendant qu'au cours du mois à venir il fleurisse sous la forme de minuscules fleurs blanches. Il m'offre son premier bouquet, que je protège religieusement dans ma sacoche de guidon. Il est arrivé sans dommage à Lyon. Je l'ai suspendu dans mon jardin et effectivement des petites fleurs ressemblant à des étoiles de mer miniatures à six branches commencent à s'épanouir. Pour le moment elles sont vertes, mais vont sans doute évoluer, car il faut un délai d'un mois et pour le moment cela ne fait que deux semaines. Je les regarde de jour en jour avec un plaisir non dissimulé, pensant à ce vieux Corse qui m'a communiqué sa tradition. Une dame se promène le long de la route, elle s'arrête se désaltérer et engage la conversation avec Jean. Elle n'est pas Corse d'origine, mais il y a bien longtemps que son Lot-et-Garonne natal appartient au passé. Son lieu d'habitation est un minuscule groupe de maisons sur une butte, qu'elle nous montre. Elle y demeure depuis bientôt trente ans. L'idée de partir ne l'a jamais effleurée. Dans ces lieux reculés, la distance la protège de la folie du monde. Son discours révèle toute la passion qu'elle éprouve pour ces montagnes privilégiées. Elle fait une comparaison avec la Haute-Ariège, où elle a habité. En effet, on peut trouver des similitudes entre ces régions de montagnes sauvages et désertifiées. La Haute-Ariège je la connais bien et c'est effectivement une région qui me procure de grandes émotions. J'en ai gravi la plupart des sommets, l'Estat point culminant, qui s'élève à 3143 mètres, et aussi le Rouch sauvage tas de cailloux, le Maubermé qui s'élance, plutôt se cabre sur sa partie finale d'un jet sur au moins 600 mètres de dénivelé, le Certescans qui est aussi mystérieux que son nom, le Vallier, sentinelle avancée, sans doute le plus esthétique, le Pic Rouge de Bassiés mon préféré, et nombre d'autres. Les dénivelés sont toujours importants et jamais en dessous des 1600 mètres et cela va jusqu'à plus de 2000, et cerise sur le gâteau la plupart de ces sommets sont généralement déserts et pas toujours équipés en refuges. Oui de toute évidence ces hautes terres corses et ariègeoises ont des points communs, comme si un même esprit y régnait et rentrait en harmonie avec certains êtres.

Nous restons deux heures et demie sur notre bord de route et nous n'y perdons pas notre temps. Ces rencontres dues au hasard ce sont les plus belles. S'arracher au sortilège du lieu n'est pas facile, cependant nous reprenons notre route. Après une multitude de virages, tout en bas la Porta apparaît. Une route particulièrement tortueuse nous y conduit. Cette magnifique petite bourgade nous accueille sur une place très originale bordée d'une magnifique église baroque flanquée d'un grand campanile. Il s'y déroule sinon un concert d'orgue, tout du moins une démonstration et nous prenons place pour un moment de recueillement. En sortant de l'église, auprès d'un barman je m'enquière des possibilités de camper. Il interpelle une femme assise à la terrasse du café en face: «Oh Ginette ! Où ils peuvent aller camper?» Avant qu'elle ait pu s'exprimer, plusieurs voix s'élèvent et répondent: «Sur le terrain de sport à côté des pompiers, il y a tout ce qu'il faut et même de l'eau». Nous remercions et partons nous installer à l'endroit indiqué. Effectivement le site est superbe et très pratique. Que les gens sont gentils dans tous ces villages corses, avec spontanéité toujours heureux de nous rendre service. C'est le dernier soir, demain Bastia, adieu la montagne corse et ses habitants. Nous terminons la soirée dans un petit restaurant typique. Aujourd'hui nous avons parcouru seulement 42 kilomètres, comme si cette région nous ne voulions pas la quitter, et que nos roues collaient à la route pour nous y retenir.

22 mai

La nuit a été très bonne. Le réveil se fait en fanfare comme si tous les oiseaux de l'Île de Beauté venaient nous dire au revoir. Une multitude de chants différents se superposent et se mélangent. Certains s'apparentent à des sifflements plus ou moins forts sur des modulations diverses, d'autres à des piaillements et certains à de véritables cris presque des hurlements de colère voire des interpellations vindicatives. Je n'avais jamais entendu quelque chose de comparable. Je reste médusé un long moment à écouter tout ce monde animal qui s'éveille. Nous nous levons, prenons le temps de bien petit-déjeuner, comme nous avons pris l'habitude de le faire depuis un mois. Le terrain de foot est entouré jusque haut dans la montagne par des constructions. Une l'église au clocher effilé brille au soleil levant. Le tout est noyé dans la verdure. Et tout là-haut quelques parois rocheuses ajoutent une touche à la beauté du tableau.

Encore une quinzaine de kilomètres et la Castagniccia sera derrière nous. Une magnifique forêt ombragée, garde toute la fraîcheur de la nuit. Nous la parcourons tous sens en éveil, elle nous délivre les derniers parfums. Tout à loisir, nous observons la multitude de porcs se sauvant mollement à notre approche. Cela va du cochon bien rose au sanglier bien gris, avec tous les intermédiaires, tels des patchworks sur pattes. Au fond de la vallée nous voyons grossir la nationale que nous ne voulons pas rejoindre. Aujourd'hui pas de grand braquet dans cette longue descente, mais les freins serrés un peu à la manière du cœur. Inexorablement la grande route approche. Le bruit de la circulation dense se fait de plus en plus prégnant. Et voilà, cette maudite nationale marque la limite de la Castagniccia, que nous quittons bien à regret. Par une succession de montées et de descentes au milieu d'un flot de véhicules dense nous rejoignons Bastia. L'aventure prend fin. Demain départ matinal. Nous passons la nuit dans un camping. Nous nous y sentons mal à l'aise, la transition est trop brutale.

23 mai

Heureusement nous quittons ce lieu aux aurores pour être à l'heure, heureux de fuir cet endroit que nous ressentons comme hostile. Un petit désagrément, nous ne voyons pas comment éviter de nous engager dans un tunnel interdit aux vélos. Mais grand braquet aidant et gros coup de pédale, nous allons presque aussi vite que les bus, tout du moins dans la première partie qui descend légèrement.

Le bateau manœuvre et se met à quai. Les foules embarquent, nous sommes les seuls à vélo. Nous avons la joie de voir des baleines à la hauteur du cap Corse.

Nous débarquons à 15heures30 à Nice. Jean continue à vélo jusqu'à Saint Raphaël, où il compte prendre le train pour Tarbes. Je sens qu'il n'a pas envie de rentrer. Pour ma part, j'aimerais bien prendre le temps de retourner à Lyon par les Alpes ou les Préalpes, en prenant le temps de digérer seul ce mois fabuleux que nous venons de passer. Mais il faut aussi penser aux autres. Ceux, qui restent et attendent, éprouvent un supplice qui n'en finit pas, une sensation de temps comme immobile.

Pour une première expérience à vélo, même si parfois j'ai ressenti la route comme un enchaînement et le trafic comme une menace, j'en retire de multiples satisfactions et je vais renouveler ce genre d'expérience en groupe et seul aussi. Je me verrai bien traverser la France seul uniquement par de toutes petites routes voire des chemins en campant par exemple aux confluents des rivières, endroits généralement aérés presque toujours accueillants. À court terme si tout se passe comme prévu, une grande aventure de deux mois en compagnie de Jean en août et septembre m'attend, mais laissons venir.

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