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Peuples de l'Asie (suite)
by GeorgesOZ · 2009-11-22 · 172 replies
Bonjour aux braves!

Il y a trois mois, j’ai commencé un poste intitulé Peuples de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, dont voici le lien ci-dessous :

http://voyageforum.com/...ie_sud_est_D2833480/

Ce poste a gagné une certaine popularité et a maintenant dépassé 500 messages. L’équipe de VF m’a donc demandé de le clore parce que cela n’est plus gérable au point de vue informatique. Sur quoi a porté cette longue discussion qui a fait monter l’aiguille du serveur VF dans le rouge ?

Nous avons tout d’abord passé l’histoire de la Chine en revue, car elle a conditionné en très grande mesure les mouvements de populations de la Chine du Sud vers l’Asie du Sud-Est, et au-delà. Nous avons beaucoup parlé des pressions répétées sur la Chine par divers peuples évoluant au-delà de ses frontières septentrionales, des migrations Malayo-Polynésiennes issues de Taiwan et plus loin dans le temps de la Chine du Sud, des Hmong-Mien, des Khmer etc…. En route, j’ai tenu à introduire des explications concernant les familles linguistiques de ces peuples et leurs filiations génétiques. Nous en étions arrivés aux Thaï.

J’ai beaucoup apprécié les contributions d’un petit groupe de lecteurs que je remercie chaudement pour leur fidélité et la qualité de leurs interventions. À vrai dire, je pense avoir largement couvert le sujet que je m’étais donné au départ et je pourrais m’arrêter là. Cependant, il me reste quelques « fils à remonter », qui probablement ne demanderont pas une autre discussion de 500 messages, mais sait-on jamais ?

Voici donc la suite.
Compte-rendu de notre croisière sur le GEM (8-15 novembre 2009)
by Bruno06220 · 2009-11-16 · 247 replies
bonjour à tous. aprés notre amie véro34 qui a commencé dés hier soir le sien, je m'y colle à mon tour. les photos sont en cours de téléchargement sur le PC de mon épouse. je n'en dispose pas encore.

l'impatience du départ était grande et nous avions hâte d'y être.

l'impression générale de cette croisière sur le Gem est bonne et je repartirais avec NCL sans problème. mais je ne rejette pas costa que je connais bien. il y a eu du meilleur que costa mais aussi du moins bien. je vais pouvoir faire un C/R objectif sans dénigrer l'une ou l'autre des compagnies.

nous sommes donc partis le samedi vers 5 h du matin et nous sommes arrivés à Barcelone vers midi. nous sommes allé directement sur la colline de montjuic pour voir le bateau de la haut. il y a avait devant nous le voyager of the sea. gigantesque. nous avion emmené un pic nic et nous avons mangé à montjuic. il y a plein de travaux et c'e n'est pas accessible en voiture ou difficilement. on est resté plus bas et monté à pieds. aprés quelques photos du GEM et du voyager, on est allé repéré les lieux pour embarquer. on a pris le pont et comme on c'est fait refoulé au contrôle, on a fait style que l'on c'était trompé de route. pas de souci, on fait demi tour. ca nous a permis de mesurer la distance à faire à pieds depuis le parking. ca fait un bout de chemin...🤪

programmation du GPS et direction l'hotel IBIS. on a pris possession d ela chambre, garé la voiture et direction les ramblas en métro. on est allés aussi voir la cathédrale (pas la sagrada) et on a mangé des tapas vers 18 h. ca nous a fait le repas. à 20 h on était de retour à l'hotel car la fatigue se faisait sentir.

nos amis d'albi nous on rejoint vers 9 h à l'hotel et direction une nouvelle fois montjuic pour leur montrer le bateau. vers 10 h on est allés à l'embarquement. on a déjà pu déposer les bagages. on nous a annoncé le début d'enregistrement 20 mn plus tard donc on a attendu pour être dans les premiers. lorsque ce fut fait on a repris les voitures pour aller au parking vinci en bas de l'avenue parral-lel. pas trés loin du bord de mer. 70 € pour la semaine. on a ensuite pris un taxi (11, 60 €) pour rejoindre l'embarquement. le chauffeur faisait la tronche car c'était pas assez loin et il perdait sa place dans la file pour pas grand chose... désolé monsieur de ne pas vous avoir demandé de nous ballader pour 200 € 😛

nouvelle arrivée au terminal et il devait être 11h30 à peu prés ou 11 h 45 je ne sais plus trop. on a embarqué de suite. j'ai réussi mon pari d'être à bord pour midi. les cabines n'étant pas prêtent avant 14 h, on est allés de suite au buffet. déco trés jolie mais comme l'a dit vero, on est trop entassés. pas moyen de passer entre les tables sans bousculer quelqu'un. et dire que la moitié des passagers n'avaient pas embarquer. cette foule nous a agassés dés le 1er jour. on y est plus retourné à midi pendant toute la croisière. mais j'y reviendrais dans les positifs ou négatifs.

aprés le repas, on est partis visiter le bateau, puis pris possession de nos cabines vers 15/16 h rangement des vétements dans les armoires et nous voila repartis sur le pont. nous avons assisté à la réunion francophone avec l'hotesse Sylvia. ce fut le seul membre du personnel qui comprennait le Français. heureusement car on m'aurait abandonner en plein centre de new york, c'était pareil. personne d eparle un seul mot de Français. je parlais mieux anglais que eux français... c'est dire...

puis un ridicule exercice de sécurité installés dans le théâtre, avec des consignes débitées en anglais. ca amusait bcp le personnel chargé de le faire. visiblement ils ne se sentaient pas concernés. j'ai même piqué un petit somme en attendant que ca passe... rien à voir avec les exercices costa qui sont bien plus sérieux et encadrés.

le soir, premier repas au grand pacific. comme l'a dit véro. les restos sont trops peu éclairés. surtout le magenta.

si vous partez sur NCL, ne pas oublier une lampe électrique pour aller manger...

voila pour le premier jour...

à suivre avec les + et - de la croisière.
Retour de voyage au Pérou (5 au 21 août 2009)
by Cmtm · 2009-11-03 · 9 replies
Bonjour,

je viens d'effectuer un voyage au Pérou (sud) avec ma famille. Vu le temps pris pour organiser, j'ai pensé que cela pourrait intéresser de futurs voyageurs.

Contexte :

- 1er contact avec le Pérou

- dates : 5 août au 21 août 2009

- 2 adultes + 2 garçons (19 et 14 ans)

- Etapes : Lima (2), Paracas (1) Nazca (1) Arequipa(3) Puno/Taquile (3) Cuzco (3) Vallée Sacrée (1) Aguas Calientes (1)

- Hôtels charme ou moyen de gamme, trajet en bus, train ou avion

- Pas d’agence sauf sur place pour le lac titicaca

Budget pour 4 pour 14j : 1000€ par personne hors transport Paris Lima et hors achats:

- hôtels : 1030€,

- bus : 170€,

- train: 890€,

- avion intérieur: 460€,

- visites : 530€

- repas : 830€

Retour sur les Etapes :

D’une manière générale, nous avons trouvé les péruviens très aimables et aidant, content de rencontrer des touristes, pas du tout accrocheur (sauf à Cuzco) encore moins agressifs. Je n’ai pas senti qu’ils profitaient de la situation. A titre d’exemple à l’arrivée à Arequipa en pleine nuit dans le froid glacial à 4 avec 4 valises, le chauffeur de taxi nous a demandé 4 soles (1€) pour faire les quelques km entre la gare routière et notre hôtel, autant dire qu’il ne profite pas de la situation ! Les gens sont très attentionnés dans les restaurants, les transports, les lieux de visites. Ils font des efforts pour vous comprendre (mon self-learned espagnol doit contenir 50 mots, dont les ¾ mal prononcés le reste se fait avec les mains).

Les distances entre les points d’intérêts sont longues, ce qui donne des trajets, principalement en bus, assez long. J’avais cherché à louer une voiture pour tout le trajet entre Lima et Arequipa mais le prix exorbitant pour laisser la voiture dans une ville différente du retrait (Arequipa vs Lima) m’a fait renoncé à cette solution – je ne le regrette pas.

Le logement et l’alimentation sont bien moins chers qu’en Europe. Ainsi nous avons rencontré deux jeunes routards économes qui se logeaient dans des hôtels propres avec eau chaude et sanitaires privatifs pour moins de 40s/ par jour (10€) la double et se restauraient pour 10€ par jour (un repas complet est à 7s/ dans les picantallas, les pains individuels à 8 pains pour 1s/, l’eau à 1s/ les 500ml, les 4 bananes pour 1s/). Une famille comme nous tournait à environ 100 € la nuit pour 4 en hôtel de charme et se restaurait pour 70€ par jour avec un vrai resto par jour. Les bus et taxi sont très abordables (compter entre 3 et 5s/ dans les villes, un peu plus à Lima). Le vrai poste de cout, ce sont les visites, notamment à Cuzco et dans la vallée sacrée, là on atteint des niveaux qui dépassent les prix européens.

BUS : Les bus sont une véritable institution, il y a de nombreuses compagnies et différentes classes. Nous avons fait 4 trajets en classe « executive » avec 4 compagnies différentes (Soyuz, Cruz del Sur, Ormeno, Julsa). Elles fonctionnent toutes sur le même principe :

- réservation à l’avance (la veille à minima en période touristique) et placement (le billet indique le n° de place). Vous pouvez choisir le siège. La réservation se fait soit directement à la compagnie (en gare routière ou bureaux en ville), soit en agence de voyage.

- le jour du départ, rdv à la gare routière de la compagnie 15mn en avance. chargement des bagages, et embarquement. Bien garder les billets à disposition car certaines compagnies contrôlent 4 ou 5 fois sur le trajet

- confort plus que correct, idem pour la propreté

- à l’intérieur projection de films récents (anges et démons, blood diamond, ..), le plus souvent en anglais sous titré espagnol (mais avec Soyuz c’était en espagnol et nous avons demandé les sous titres en français), le son est diffusé au dessus du siège et pas moyen de le baisser donc vous en profitez que vous le vouliez ou non.

- hôtesse à bord qui fourni eau, couvertures, repas (bas de gamme) le cas échéant

- toilettes (propreté très moyenne)

- sur les bus à 2 étages, le bas a des sièges type fauteuil, il n’y a que quelques places, vous ressentez les vibrations et entendez les passagers du hauts quand ils se baladent ainsi que les bagages de la soute, le haut a des sièges confortables avec de la place pour les jambes, et une vue en cinémascope sur la route pour ceux qui sont sur les premiers sièges.

- les bagages sont mis en soute. Ils agrafent un billet avec n° unique sur chaque bagage et vous donnent le reçu. Ceci étant, à l’arrivée, seul Julsa a contrôlé que je prenais les bagages correspondant à mon reçu. Pour les sacs que vous gardez avec vous en cabine, tous recommandent une vigilance maximum car c’est là que les vols sont les plus nombreux.

- Côté sécurité, Cruz Del Sur affirme que ses conducteurs ne conduisent pas plus de 4h et passent un test d’alcoolémie avant de prendre le volant

- Côté fiabilité, nous avons été déçu par Ormeno sur le Nazca – Arequipa (départ retardé de 45mn à Nazca, arrivée avec plus de 2h de retard à Arequipa – sur un trajet de 10h, c’est dur !)

- Le budget est relativement modeste :

o Soyuz : Lima – Pisco (3h30) : 25 s/ par personne en executive

o Cruz del Sur : Paracas – Nazca (3h30) : 35 s/ par personne en executive

o Ormeno : Nazca – Arequipa (10h) : 70 s/ par personne en executive

o Julsa : Arequipa – Puno ( 5h) : 40 s/ par personne en executive

- Au niveau de la qualité, le bilan familial est 1 : Cruz del Sur, 2 : Soyuz, 3 : Ormeno, 4 : Julsa.

TRAIN : comme la plupart des touristes qui se rendent au Machu Picchu, nous nous sommes faits plumés par Pérurail qui a l’unique concession de train sur Cuzco – Aguas Calientes : Nous avons testé le « backpacker » à l’aller et le « vistadome » au retour. Le backpacker est en fait un une classe qui indique que le train circule de nuit, qui ne permet pas de voir le paysage. De ce fait le tarif est moindre (30$ /personne dans notre cas). A noter un très faible éclairage, pour lire ou pour jouer, autant avoir sa lampe torche. Au retour nous avons pris le vistadome. C’est le même train, simplement il circule le jour et vous profitez, si vous êtes placés du bon coté et (fenêtre), de la jolie vue sur le cours d’eau (Urubamba) que longe le train. La le tarif est plus élevé (60$/ personne) mais pour ce prix la vous avez le droit à un sandwich + verre d’Inca Cola, et un défilé de mode (les 3 jeunes qui représentent le seul personnel à bord, enlèvent dans les toilettes leur habit de steward pour revêtir des vêtements en Alpaga qu’ils proposent à la vente – c’est top kitch !).

Nous avons aussi pris le « Andean Explorer » entre Puno et Cuzco. Un vieux rêve d’Orient Express était passé par là et nous nous sommes lancés dans cette dépense hors du commun par rapport au reste du voyage (220$ par personne). Ce train n’a que 2 voitures de passagers. Les voitures sont habillées de bois et de jolies nappes. Les passagers bénéficient d’un wagon bar et d’un wagon ouvert qui permet d’admirer les paysages d’une manière exceptionnelle. Inclus dans le prix du billet : un pisco sour proposé autour de 11h du matin, un déjeuner (très moyen, qualité douteuse – mon épouse a été malade – verre de vin) et un thé accompagné de 2 mini mini sandwiches et d’une mini mini pâtisserie servi avant l’arrivée. Autant dire que le charme de ce trajet provient 1/ du paysage que révèle pleinement le dernier wagon 2/ de l’aspect intérieur années 30 avec les voitures passagers habillées de bois (y/c les toilettes !). En revanche, Perurail tue facilement le rêve en 1/ diffusant de la musique techno ou dance, à volume assez élevé dans l’ensemble des wagons 2/ proposant des activités ou show très kitch à plusieurs moments du voyage (démonstration du barman, défilé de « mode », musiciens péruviens), 3/ en fournissant un déjeuner très basique (soupe, blanc de poulet ou lasagnes de légumes, mousse de fruits, café américain, vin bas de gamme) 4/ en faisant preuve d’une vrai volonté de plumer le touriste un peu plus (un expresso au lieu du café américain à la fin du repas = supplément, prix du bar sans commune mesure avec les prix pratiqués à Lima, Cuzco ou Arequipa). On peut noter que dans notre cas, seule une des 2 voitures était occupée, l’autre était vide ce qui a limité l’affluence de passagers dans le très apprécié wagon ouvert. Le système de réservation ne prend pas en compte le plan de la voiture, résultat : des familles ou des couples dispersés qui doivent ensuite négocier avec d’autres passagers pour se retrouver ensemble. Un seul stop permet de descendre du train : La Raya – ou gare la plus haute du monde, immortalisée dans le Grand Bleu de Luc Besson. Au final, nous avons bien profité de ce trajet en passant une grande partie du trajet dans le wagon ouvert à regarder le paysage évoluer mais nous trouvons que PeruRail n’est pas à la hauteur et que le billet est bien cher pour le service fourni.

AVION : Nous avons pris LAN pour aller de Cuzco à Lima. L’ensemble était très pro, de la réservation à la livraison des bagages. Enregistrement rapide, bonne restauration à bord en éco, bagages livrés rapidement. En revanche sur Lima – Paris via Amsterdam avec Air France KLM, la compagnie leader a égaré nos 4 bagages, nous a fait poireauter à CDG pendant 4h avec un service client minable. Finalement nous avons récupéré nos bagages le lendemain à 20h. C’est quand même un comble de faire le tour du Pérou en bus, train, avion sans rien égarer et se faire perdre ses bagages par Air France KLM sur un transfert archi courant.

HOTELS : en général nous recherchons le charme plus que le luxe, à un prix raisonnable qui peut paraitre dispendieux pours les plus jeunes ou les routards, ou économe pour les inconditionnels du luxe. En préalable, je dois préciser un point qui peut se révéler important pour ceux qui comme moi sont sensibles au bruit : les péruviens conduisent « au klaxon ». Ils annoncent leur arrivée (à un carrefour, près d’un cycliste, ..) de manière sonore et ce à toute heure du jour ou de la nuit. Résultat, si votre chambre est exposée sur une rue, il y a de grande chance que ces bruits permanents vous dérangent car les doubles vitrages n’existent pas. De même les hôtels dont les chambres sont organisées autour d’un patio font subir à chacun les bruits du patio aller/venues, téléphone, ..). Ceci étant dit, voici notre appréciation des hôtels dans lesquels nous avons séjournés.

- Lima : B&B « Second Home Peru » : le meilleur souvenir hôtelier de notre voyage. C’est la demeure de Victor Delfin, artiste péruvien réputé, âgé de plus de 80 ans. La maison, en haut d’une falaise avec vue sur mer en plein Barranco est superbe, parsemée de peintures, de sculptures et d’objets en tout genre de M. Delfin, elle a un grand charme, une âme qui ne peut pas laisser indifférent. En prime, vous pouvez demander à visiter l’atelier de l’artiste, qui continue jour après jour à peindre, sculpter, créer. Un homme charmant et un atelier qui respire la création. Nous avions cru venir ici pour nous loger, en fait ce fut notre meilleure expérience à Lima.

L’océan est omniprésent et vous réveille le matin du bruit des vagues agitées. Le petit dej (pain, beurre, confiture maison jus de fruit frais, papaye et boisson chaude) est servi sur une table commune dans la cuisine ancienne attenant à la maison avec un four à bois qui réchauffe.

Prix : 85 $ la chambre double vue océan et terrasse, ptit dej inclue

Niveau de satisfaction : 5 sur 5

- Paracas : Un hôtel triste, bruyant mais propre. Conseillé par notre taxi. Aucun intérêt. Trop cher pour la qualité. Les klaxons des voitures sous les fenêtres, les aboiements des chiens errant vous empêcheront de dormir.

Prix : 70S/ (=23$) la chambre double, ptit dej non inclus

Niveau de satisfaction : 2 sur 5

- Nazca : Hôtel « Oro Viejo » : chambre quadruple spacieuse, simple et propre, belle déco des parties communes avec des objets du passé, piscine, super petit dej américain. Un seul vrai défaut : le coq voisin qui commence à chanter à 4h du mat.

Prix : 73$ la chambre quadruple, petits dej inclus.

Niveau de satisfaction : 4 sur 5

- Arequipa : boutique hôtel « Casa Arequipa » : petite chambre quadruple assez classe avec une très bonne literie. Un petit dej royal servi sur une terrasse ensoleillée (le meilleur du séjour). Un GROS défaut : toutes les chambres donnent sur le grand hall de réception qui sert de cage de résonnance. Résultat des bruits constant des gens qui entrent et sortent et discutent, du téléphone, de la sonnerie de l’entrée, et ce à toute heure du jour et de la nuit. Comme la plupart des chambres donnent sur une des deux rues passagères dont la maison fait le coin, on bénéficie aussi des klaxons des voitures.

Prix : 85$ la chambre quadruple, petit dej inclus

Niveau de satisfaction : 4 sur 5

- Puno : Hôtel « Mosoq Inn » : chambre quadruple très spacieuse dans un hôtel récent, moderne, bien agencé dont les plus grandes chambres donnent sur une rue passagère. Personnel vraiment attentionné, aux petits soins. Petit dej quelconque en buffet.

Prix : 70$ la chambre quadruple, petit dej inclus

Niveau de satisfaction : 4 sur 5.

- Amantani : chez l’habitant (Elizabeth) : l’usine à touristes. Pour 25 S/ par personne la nuit sur/sous des couvertures dans un local frigo, vous avez aussi 1 soupe de légume pour le dej, 1 soupe de légume pour le diner et un sandwich œuf pour le ptit dej. 0 hygiène, 0 sympathie, 0 attention, 0 communication. Une mécanique huilée qui enchaine chaque jour le logement chez l’habitant pour des centaines de touristes qui se rendent sur Amantani. A faire sans illusions car vous n’êtes qu’un numéro. En revanche, l’alternative pour explorer le lac titicaca rend cette formule la « moins pire » car l’aller-retour sur Taquile ou Amantani à la journée prend au mieux 6h. Reste l’aller-retour sur les îles en roseau à 25 minutes de l’embarcadère. Ca se fait rapidement en une demi-journée et ça perd du coup tout son charme.

Prix : 25$ la nuit pour 4

Niveau de satisfaction : 2 sur 5 mais ya pas mieux !)

- Aguas Calientes : Hôtel « las terrasas », chambre quadruple, trouvée à 20h30 après être arrivé à Aguas Calientes, et avoir visité différentes chambres de différents hôtels. La chambre donnait sur le cours d’eau. Petit déjeuner simple (pain, beurre, café/thé) à 5h00 du matin avant de partir au Machu Picchu

Prix : 40$ la nuit pour 4 avec petit dej.

Niveau de satisfaction : 3 sur 5

- Ollantaytambo : B&B « El Albergue » à Ollantaytambo. 2 belles chambres doubles (n°1 et 2) au premier étage dont une avec une belle vue sur la montagne. bonne literie, bon petit déjeuner avec pancake ou œufs, meubles en bois, parquet, joli jardin. Pisco Sour offert à l’arrivée. Possibilité de bien diner. Le train n’est pas dérangeant. Beaucoup de charme pour ce B&B qui est plutôt un petit hôtel, directement implanté dans la gare d’Ollantaytambo.

Prix : 74$ la chambre double (soit 148$ pour 4) petit déjeuner inclus

Niveau de satisfaction : 5 sur 5

- Cuzco : Hôtel « Los Ninos 1 ». Un hôtel particulier situé dans une vieille demeure avec un beau patio central, des chambres simples mais très propres. L’Hôtel s’inscrit dans le cadre d’une association d’aide aux enfants, les bénéfices de l’hôtel sont reversés à cette association (cf. leur site
http://www.ninoshotel.com). Là encore le principal défaut concerne le bruit car le patio central véhicule les bruits de la réception, le téléphone, la sonnerie de porte d’accès et le va et vient des occupants. Sans côté les rues attenantes.

Les étapes :

J1 : arrivée Lima dans l’après midi, balade et diner à Barranco

J2 : Lima. Visite dans le centre historique, Miraflores, Parque del amor, falaises, Barranco.

J3 : Lima – Pisco/Paracas: balade sur le port, coucher tôt

J4 : Iles Ballestas à 8h depuis Paracas, puis bus pour Nazca, survol des lignes et diner à Nazca

J5 : Balade dans Nazca, marché puis visite du cimetière de Chauchilla, départ pour Arequipa à 15h30 (arrivée 1h du mat)

J6 : Arequipa : balade dans la ville + couvent de Santa Catalina, shopping

J7 : Arequipa : balade dans la ville + couvent de San Francisco.

J8 : départ pour Puno – arrivée à Puno en fin de journée, balade dans la ville, réservation séjour Amantani/Taquilé

J9 : départ à 8h pour Amantani via agence avec d’autres touristes. Stop sur les iles Uros après 30mn de navigation puis départ pour Amantani (3h de navigation), arrivée à Amantani à 15h00, dispatch dans les familles, balade sur Amantani, diner aux bougies

J10 : réveil tôt, balade sur Amantani puis départ pour Taquile à seulement 1h de navigation. Balade sur Taquile, déjeuner sur Taquile puis départ pour Puno (3h) et arrivée vers 16h à Puno. Balade dans Puno.

J11 : train « Andean Explorer » à 8h pour Cuzco. Stop à la Raya, déjeuner dans le train, thé dans le train et arrivée à 18h à Cuzco. Balade nocturne dans Cuzco. Réservation de taxi pour la Vallée Sacrée

J12 : départ à 8h en Taxi : visite de Sacsayhuamá, Kenko, Pisac, Ollantaytambo. Départ en train pour Aguas Calientes à 18h50 et arrivée à 20h30.

J13 : Visite du Machu Picchu – bus à 5h30, arrivée sur site à 6h, longue visite avec de grandes poses (contemplation, jeux, repos). Départ vers 15h et retour à Aguas Calientes. Train à 16h50 pour Ollantaytambo.

J14 : départ à 8h en Taxi pour les salineras de Maras, puis Moray, Chinchero et arrivée à Cuzco à 13h30. Balade dans le Cuzco historique, visite de la cathédrale, balade nocturne à San Blas.

J15 : Visite de Cuzco et shopping

J16 : Balade matinale dans Cuzco, petit dej gargantuesque chez Heidi Sanja, et départ en taxi pour l’aéroport pour vol à 12h50 Cuzco Lima, à Lima vol pour Amsterdam à 18h, à Amsterdam vol pour Paris à 14h10.

Lima : ville triste, recouverte d’une brume qui cache le soleil notamment en aout. Peu de choses intéressantes à voir. La place d’armes est banale dans son style (rien à voir avec les places d’armes d’Espagne, de la Havane, d’Arequipa ou de Cuzco). Miraflores est sans intérêt. Le jardin de l’amour est à voir, avec des bancs recouverts de céramique (à la Gaudi comme à Barcelone) et une belle statue d’amoureux de Victor Delfin, le tout plongeant sur la mer avec vue sur les falaises environnantes. La balade le long des falaises est agréable et abouti à un petit centre commercial avec vue sur l’océan. Enfin Barranco dégage une ambiance plaisante, notamment le soir, on peut s’y promener et y diner. En synthèse une journée à Lima est amplement suffisante pour visiter une ville qui manque de charme en aout avec cette brume envahissante.

Pisco : ville désolée, complètement ravagée par le tremblement de terre de 2007. La ville se redresse peu à peu mais c’est vraiment, en 2009, encore une désolation (rues trouées et impraticables, habitations en ruines, ..). Aucun intérêt touristique.

Paracas : petit port tranquille avec un certain charme. L’intérêt principal vient des iles Ballestas, dites « Galápagos du pauvre ». On y va en 2h aller/retour (35 s/ par personne) en sortie bateau organisée par les agences de voyage locales – départ à 8h pour toutes les agences. On n’y débarque pas mais on observe quantité d’oiseaux (par milliers), d’otaries (par dizaines), de manchots (par dizaines) depuis l’embarcation. Sur le trajet, vue sur le candélabre de 200m de long tracé dans la montagne par on ne sait pas qui (les indiens, les colons, les militaires, les extra terrestres ?!). L’agence Zarcillos est fiable, a sa propre embarcadère, ses propres bateaux et est par ailleurs officiellement représentant de Cruz del Sur à Paracas. Le bus pour Ica / Nazca part à 10h30 donc il est possible, comme nous l’avons fait de faire la sortie aux iles Ballestas et de prendre le bus au retour pour Ica / Nazca à 10h30. Certains restent aussi l’après midi pour faire le tour de la réserve de Paracas.

Paracas revêt donc un intérêt limité qui selon nous ne justifie pas la nuit. Idéalement, il faudrait pouvoir y arriver tôt le matin, partir pour les iles Ballestas, déjeuner sur le port et repartir ensuite pour Ica/Nazca.

Nazca : la ville est sympa, sa place d’arme jouit d’une bonne animation, le marché est assez pittoresque et, bien sur, toute l’activité touristique tourne autour des fameuses lignes de Nazca. A peine arrivés à 14h00 depuis Paracas, nous avons survolé les lignes en 35mn chrono avec Aeroparacas pour 59$ par personne. Ca va vite et ça secoue car l’avion penche vraiment pour faire les virages et approcher les lignes. 35 mn c’est bien suffisant. Le pilote, entre 45 et 55 ans nous est apparu très pro et sans hésitation. Vous n’êtes pas obligés de passer par une agence et vous pouvez vous rendre directement à l’aéroport. Même en plein mois d’aout il n’y a pas foule et vous pouvez comparer sur place entre les différentes compagnies. Attention suite à l’accident de 2008 et à différents atterrissages forcés, deux compagnies, Aéorica et Aerocondor ont reçu des avertissements. L’organisation de l’aviation civile internationale (OACI), après mission d’inspection de l’aérodrome de Nazca au mois de mai 2008, a émis un certain nombre de recommandations qui peuvent être consultées (en espagnol) sur le lien suivant . Nous avons aussi visité le cimetière de Chauchilla en plein désert à 15Km de Nazca . De vraies momies, en situation, sur un site bien préservé pour 7$ par personne (taxi, guide et visite). Enfin, nous avons profité du marché du dimanche, très étendu et pittoresque. Le marché le plus authentique que nous ayons visité au cours de ce voyage car absolument pas destiné aux touristes. Au final Nazca a été un stop intéressant que nous ne regrettons pas.

Arequipa : que de charme dans cette ville qui aborde le tourisme avec soin et discrétion. Ne loupez sous aucun prétexte le couvent de Santa Catalina et prévoir d’y passer au moins trois heures (vous pouvez d’ailleurs déjeuner à la cafétéria du couvent en plein cœur du site, c’est très bon et très frais). Pour le reste la plazza de armas est splendide et la ville se parcourt dans tous les sens à pied. En haut de la ville, vous pourrez aussi visiter en toute tranquillité, (peu de monde va jusque là) le couvent de San Francisco, son cloitre et sa très belle bibliothèque (ouverte que 15mn par heure – horaires à consulter avant d’y aller). Un point spécial concernant les achats. C’est à Arequipa que sont implantées les principales sociétés de couture spécialisées dans les vêtements en Alpaga. Vous y trouverez donc des boutiques de fabricants proposant des produits de grande qualité à des prix soldés que vous ne retrouverez plus ensuite ni à Cuzco, ni à Lima à ces prix là. Ces boutiques sont concentrées dans les deux cloîtres de la Compania. Une mention spéciale à Alpaca 911, société de couture locale qui édite la célèbre marque Kuna que vous retrouverez partout dans le pays et dans les aéroports péruviens, ici à des prix parfois incroyables.

Puno : La ville de Puno a en soit très peu d’attraits touristiques et son intérêt, hormis celui d’être le point de départ de toutes les excursions sur le lac titicaca, réside dans l’authenticité de ce que peut être une ville péruvienne de taille moyenne aujourd’hui (idem Nazca) : plazza de armas où les générations se rassemblent, marché couvert... Ceci étant, elle ne justifie pas qu’on lui consacre une journée entière. Les touristes remplissent la ville en fin d’après-midi au retour de leurs excursions sur les îles Amantani, Taquile et Uros. Pour aller sur ces îles, le plus simple est de passer par une agence prévoyant la prise en charge sur deux jours avec départ tôt le matin, stop sur les îles Uros (roseaux), visite et nuit sur l’île d’Amantani (logement, repas du midi, du soir et petit déjeuner inclus), visite de Taquile (repas du midi non inclus) le lendemain pour un retour vers 15-16h. Tout cela demeure très impersonnel (cf. logements). Nous avons choisi l’agence Inkatours qui a organisé le tour pour 70 NS par personne, le guide faisant preuve de beaucoup de professionnalisme. Bref, une machine bien huilée dont on espère qu’elle profite à tout le monde. En même temps, l’alternative pour explorer le lac titicaca rend cette formule la « moins pire » car l’aller-retour en bateau sur Taquile ou Amantani à la journée prend au mieux 6h sans compter la visite. Au regard du temps passé dans les bus pour relier les villes entre elles, c’est un peu dommage de s’infliger une nouvelle journée de transport. Reste l’aller-retour sur les îles Uros à 25 minutes en bateau de l’embarcadère. Ca se fait rapidement en moins d’une demi-journée et autant le dire, ça peut se révéler assez frustrant car on ne s’aventure pas très loin dans la partie péruvienne du lac.

Cuzco : ici le tourisme est roi. La ville est splendide avec son envoutante plazza des armas, sa cathédrale et les deux églises attenantes (toutes les trois sont TRES richement décorées et se visitent ensemble – près de 20$ le billet), ses anciens murs Incas et ses maisons coloniales. A noter le quartier San Blas, à 5 mn à pied de la plazza de armas et son petit côté bohème. Cuzco a cependant un TRES gros défaut, elle réuni ce qu’il y a de pire dans le tourisme de masse : des boutiques de bibelots bas de gamme en tout genre qui envahissent les rues, des rabatteurs, des vendeurs de rue qui passent leur temps à vous solliciter avec beaucoup d’insistance (jusqu’à 30 sollicitations à l’heure) pour vendre des objets que vous trouvez partout, pour proposer des massages, pour se faire prendre en photo moyennant argent, pour vous proposer un restaurant…). A la fin cela devient très très pénible. Toutes les visites d’églises sont payantes à des prix prohibitifs.

Vallée Sacrée : Cuzco est aussi le départ de la vallée sacrée qui regroupe des sites archéologiques principalement inca (les plus beaux sont Sacsayhuamán, Pisac et Ollantaytambo) des marchés quasi exclusivement touristiques (Pisac et Chinchero), de beaux villages (Ollantaytambo et Chincero), de superbes paysages de vallée avec les paysans dans les champs et les charrues à bœufs, et les fameuses Salineras de Maras. Autant le dire tout de suite, les prix des visites sont prohibitifs et n’ont plus rien à voir avec ceux indiqués dans les guides (augmentation de plus 200% en 2009 par rapport au prix indiqué par le guide du routard 2008/2009 !). Les sites archéologiques et Chinchero (le village) se visitent avec le bolleto touristico. Attention cependant : soit vous achetez le bolleto « integral » valable 10j pour 130 S/ (soit 32€) par personne et vous pouvez visiter Sacsayhuamán, Pisac, Ollantaytambo, Chinchero et quelques autres de moindre intérêt selon moi (Muray, Kenko, ..), soit vous prenez le billet à la journée (70 S/, 17€) et vous n’avez accès qu’au site dans lequel vous achetez le billet et les quelques sites autour (ex : Sacsayhuamán + Kenko + Pisac mais pas Ollantaytambo ni Chinchero !). Les étudiants (avec carte ISIC) et moins de 16 ans payent moitié prix. Les salineras de Maras (à ne manquer sous aucun prétexte) ne sont pas inclues et l’entrée se paye 5 S/ (soit 1, 25€) par personne. Etant donné les distances, il est difficile de faire tous les sites en une journée. Concernant les marchés de Pisac et Chinchero, ce sont des marchés touristiques avec des vendeurs d’objets artisanaux de qualité plus ou moins bonne. Nous avons regretté de faire Pisac un jour de marché. Du coup on ne voit pas la belle place qui est recouverte des boutiques en toiles des marchants. Chinchero est dans doute le plus beau village visité lors de notre voyage et l’église est superbe. Attention pour entrer dans le village, il faut le bolleto.

Si c’était à refaire, je ne ferai pas Sacsayhuamán, Kenko, Pisac qui sont tous trois des sites archéologiques Incas certes superbes. Avec Machu Picchu, Ollantaytambo, Moray et Chinchero, notre famille aurait déjà eu sa dose de plongée dans le monde Inca par la visite de ruines et pouvait se passer de Pisac (même si c’est le second en terme d’importance après Machu Picchu) et des autres. Après coup mon itinéraire préféré aurait été de faire Cuzco – Chinchero – Moray – Salineras de Maras – Ollantaytambo avec un bolleto à la journée pris à Chinchero.

Machu Picchu : autant le dire, le Machu Picchu se mérite. Il faut du temps pour y arriver et un budget conséquent. Je parle ici de l’accès principal. Vous trouverez sur des forums un itinéraire permettant de ne pas passer par Perurail mais cela m’a paru trop hasardeux pour notre famille. Donc le premier point consiste à se rendre à Aguas Calientes, dernier village – exclusivement touristique et de passage – avant le Machu Picchu. Pour s’y rendre nous avons pris le train à Ollantaytambo (cf. point sur le train plus haut dans le compte rendu). Là c’est entre 30$ et 60$ en fonction de l’heure, pour les étrangers. Il y a plusieurs trains dans la journée. Ensuite il faut trouver une nuit à Aguas Calientes. Les hôtels sont nombreux et standardisés, nous avons visités des chambres sur place (aucun problème pour loger 4 personnes en plein mois d’aout) et comparé les prix avant de choisir. Ensuite il faut prendre le bus (17$ par personne aller/retour) ou y aller à pied et se tuer dans une ascension de plusieurs heures). Si vous visitez tôt le Machu Picchu, le premier bus est à 5h30 mais les premiers visiteurs sont à l’arrêt de bus dès 4h du mat ! A 5h30, il y a déjà plusieurs centaines de personnes à la queuleuleu. L’attente n’est cependant pas très longue car les bus s’enchainent sans horaires précis, dès qu’un bus est rempli il part et il y en a des dizaines. Vous pouvez acheter les billets dès 5h sur place. 3 raisons principales pour se lever tôt : 1/ profiter de la lumière du matin (pas le lever de soleil car le soleil est levé depuis au moins une heure quand il surgit des montagnes et envahie le site vers 7h), 2/ voir le site avec peu de gens (mais quand même quelques centaines) et prendre la photo du point le plus haut avec un site quasi vide, et surtout, pour ceux qui sont intéressés, 3/ courir au Wayna Picchu, qui ne peut accueillir que 400 visiteurs en même temps (à l’entrée une décharge est à signer car l’ascension comporte des risques) – nous ne l’avons pas fait. Sinon on peut facilement arriver en début de matinée et rester jusqu’à la fermeture à 17h (quand nous sommes partis vers 15h, le site se vidait). L’entrée du Machu Picchu est à 130 s/ (32€) et 70 s/ pour les étudiants (carte ISIC) et les moins de 16 ans. Le billet peut s’acheter la veille jusque 22h à Aguas Calientes. La visite du Machu Picchu c’est donc environ 360 s/ de train + 30 s/ d’hôtel + 130s/ de visite + 70 s/ de bus soit 590 s/ (200€) par personne hors boissons et repas (à l’entrée du site c’est très cher). Enfin si vous désirez bien comprendre sur place, ajoutez les prestations d’un guide (car rien n’est indiqué), nous nous sommes contenté de nos guides papiers (routard, ulysse, gallimard) et c’était suffisant d’autant que bien des théories circulent sur le lieu et les guides (humains comme papier) se contredisent ! Sur place le site est splendide, alterne les zones ensoleillées et ombragées ce qui permet de faire des poses (certains font même la sieste) et d’y passer une grosse partie de la journée. L’ascension au point le plus haut n’est pas très dure et la vue est mythique. Une dizaine de lamas se promène sur le site. Si c’était à refaire : je referai exactement pareil malgré le coût prohibitif. Enfin il faut noter que nous avons entendu un guide indiquer qu’à partir de 2011, une partie du site pourrait être fermée à cause des nuisances créées par l’affluence de gens, info ou intox ?

Voilà, j’espère que ce message vous sera été utile, auquel cas je serais sensible à un message témoignant que je n’ai pas écrit tout cela pour rien.

De même si vous avez des questions supplémentaires, n’hésitez pas à me contacter.

Bon voyage.
Les grandes boucles nord-est et nord-ouest du Nord Vietnam
by Larsay · 2009-09-16 · 54 replies
Bonjour

Il y a un an, j'ai poste 2 longs messages "Grand tour du nord-est du Vietnam" et "Grand tour du NO du Vietnam". Depuis ce temps, je ne cesse de continuer a sillonner le nord avec mon fidele chauffeur Minh, de decouvrir de nouveaux endroits, de nouveaux "trucs" a faire -et a ne pas faire, a dormir dans de nouveaux hotels, etc. A chaque retour, j'ai complete mes notes (en fait, encore aujourd'hui). Je pense qu'il est donc temps de vous communiquer toutes ces infos, bien plus completes qu'il y a un an. Donc, VOILA ! 😏

LE NORD-EST DU VIETNAM

Le lac Babe Langson / Cao Bang et les chutes de Ban Gioc Les H’mongs noirs de Dong Van

Cette boucle du Nord-Est vous emmène dans 3 endroits magiques : le lac Babe, la route entre Cao Bang et les chutes de Ban Gioc, et la route des nids d’aigles des H’mongs noirs (Ha Giang-Dong Van-Meo Vac). Toute la région est complètement différente du Nord-Ouest. Alors que celle-ci ressemble aux Alpes (les français l'appelaient d'ailleurs "Les Alpes tonkinoises"), plus on s'approche de la frontière chinoise, plus le Nord-Est ressemble aux Dolomites, mais des Dolomites couvertes de jungle, un capharnaüm de pitons calcaires de toutes tailles et formes sur des milliers de kilomètres carrés, avec de petites vallées verdoyantes où l'on cultive surtout le mais et le tabac. Peu de touristes dans des paysages spectaculaires qui font parfois penser à une autre "Baie d'Along Terrestre". La région au nord de Ha Giang, un désert minéral de pierres noires et de canyons vertigineux, est une des plus sauvages qu’il soit au monde.

LE LAC BABE

Le lac Babe est un endroit magique, heureusement hors des circuits touristiques organisés. Il s’agit de 3 « pétales » (d’où le nom Ba Be, “Trois baies”) relié par un goulet, dans lesquelles se jettent des pitons calcaires couverts d’une jungle impénétrable – donc pas de route pour en faire le tour- ce qui explique son isolement relatif. Sur les bords, un seul village, sans aucun intérêt : Po Lu.

Y ALLER

Pas de tours organisés en minibus. C’est donc la voiture privée, la moto, ou les bus publics. En 3 jours Hanoï-Babe-Hanoï, il y a un circuit à faire, très beau, que voici :

- A l’aller, prendre la route No 3 Hanoï-Tay Nguyen. Partir de bonne heure pour voir à Tay Nguyen le magnifique Musée des Minorités, 2 fois plus grand que celui de Hanoï, et complètement ignoré des touristes (5000 dong). Attention : il est fermé de 11h30 à 14h et le lundi, il faut donc partir de Hanoï vers 7h pour pouvoir visiter le musée le matin ; si vous le visitez l’après-midi, vous arrivez à Babe à la nuit tombée. Continuez ensuite sur Bac Kan et Phu Thong, où vous bifurquez sur la 258 direction Cho Ra. La route entre Bac Kan et Cho Ra est très sinueuse, mais très belle (compter 4h). Les guides Lonely Planet et Co, toujours aussi pleins d’informations trompeuses, vous disent qu’il y a des hôtels à Cho Ra; oubliez, c’est a 17 km du lac et le seul moyen d’aller sur le lac, ce sont les moto-taxis a 70 000 dong aller simple (beaucoup plus si vous ne savez pas négocier). De Cho Ra, prendre la petite route direction Babe, descendre la montagne, tourner à droite après le pont, et s’arrêter à Pac Ngoi, village thaï plein de charme où passer d’excellentes nuits.

- Au retour, suivre la route longeant la rivière de Pac Ngoi et rester sur votre droite. Après un petit col (magnifique panorama), la route serpente entre rizières et montagnes, sans un touriste en vue, et arrive à Bang Lung (Cho Don) -sale manie vietnamienne d’avoir des villes avec 2 noms, celui de la ville et celui du canton, changeant selon les panneaux aussi bien que les cartes, d’où nécessité de connaître les 2. Prendre ensuite la 254 direction Yen Do, où vous rejoignez la 3 pour Tay Nguyen et Hanoï.

En bus public, c’est très compliqué. Je recommande donc de faire le circuit de 3 jours en 4x4/chauffeur.

- A l’aller, prendre le bus (6h – 55 000 dong) pour Bac Kan, où vous arrivez 4 heures plus tard. Il y a aussi un bus à midi, mais vous ratez la connexion Bac Kan-Cho Ra et devez passer une nuit à Bac Kan. A Bac Kan, bus pour Cho Ra (70 000 dong), puis mototaxi pour Pac Ngoi (70 000 dong).

- Au retour, un minibus passe –en principe- à Pac Ngoi à 7h30 (70 000 dong) et vous emmène à Bac Kan où vous prenez le bus pour Hanoï. Sinon, c’est la moto sur Cho Ra et retour Bac Ha-Hanoi.

OU DORMIR ET MANGER

Chez les Thaïs blancs à Pac Ngoi. Charmant petit village de maisons sur pilotis au bord de la rivière. Les villageois vous reçoivent chez eux. Je dors toujours à la Maison Duy Tho, (tel. 0281 389 4133). Patron super sympa baragouinant quelques mots d’anglais et français, lits avec matelas (et non nattes en bambou) en dortoir et chambres séparées, et, surtout, la patronne est une cuisinière émérite (et le dîner copieux). Je me régale à chaque fois ! Prix par personne : chambre 60 000 dong ; pt déjeuner 30 000, déjeuners et dîners à 60 000. Bicyclettes gratuites pour se ballader le long de la rivière (succession de petites plages toute mignonnes). Le patron a son bateau pour l’excursion à faire.

QUOI VOIR

Une magnifique journée en bateau commençant par la traversée du lac du sud au nord. Le bateau coûte 3-400 000 dong quelque soit le nombre de personnes, donc, essayer de le partager avec d’autres touristes sur place. Vous remontez la rivière Nang jusqu’à un endroit extraordinaire, la grotte de Hang Phuong, un gigantesque tunnel de 300m de long par 30m de haut que la Nang a creusé pour traverser la montagne. Impressionnant travail de la Nature ! Vous descendez ensuite la rivière -un rêve de photographe- pour aller aux chutes de Dau Dang, à 2 km à pied d’un petit village-bout-du-monde où vous déjeuner chez la fameuse Pirath, une maîtresse-femme célèbre comme la meilleure cuisinière de la région (essayer ses saucisses fumées ; divines !). Depuis juin 2009, Pirath peut coucher des touristes ; le calme intégral et l’authenticité idem !

POUR LES AVENTURIERS

Ca faisait un bout de temps que je me doutais qu’il y avait des choses passionnantes à voir dans les montagnes au nord du parc national (pas dans le parc à cause du permis et du guide obligatoires). Je ne m’étais pas trompé ! Donc, voilà le topo (emmener une boussole):

1) Prendre le bateau vers la grotte et s’arrêter au débarcadère avant d’arriver à la grotte , prendre la route en terre jusqu’au village, et y acheter local bière, café, et sucre, car les habitants du village Dao où l’on peut coucher dans les montagnes, Cao Trung, sont très pauvres et rien n’est vraiment organisé pour les touristes. Acheter aussi du thé pour les locaux qui vous invitent chez eux au passage, ainsi que des bonbons/biscuits/stylos pour les enfants ; vous serez accueillis comme des dieux ! Traverser le pont et, en face à gauche, prendre la piste qui démarre tout droit vers le nord à flanc de colline ; vous allez tomber sur un dédale de pistes, donc demandez « Cao Choung » à des gens de passage, ils pointeront la direction. Ça ne grimpe pas trop dur, et les paysages deviennent de plus en plus beaux. Au bout de 2 heures et demie-3 heures plein nord, on arrive en plein Moyen Age dans un village de carte postale, Cao Trung. Authenticité garantie ! Le chef du village, monsieur TRUNG (tel : 0281 322 12422) vous accueille chez lui ; lits confortables, douche froide dehors, toilettes à la turc, le tout pour 50 000 dong par personne. Repas corrects, à l’alcool de riz, que le chef aime beaucoup (même prix). Pour plus de sûreté, demander à Duy Tho de Pac Ngoi d’appeler M. Trung pour le prévenir de votre arrivée

2) Le lendemain, continuez la piste et restez sur votre droite pour grimper tout en haut de la montagne, chez les H’mongs ; vous leur demandez à manger (20 000 dong fera l’affaire). Paysages absolument magnifiques à perte de vue. Redescendre sur le village Dao, puis retour sur la rivière Nang par la même piste. A mi-chemin, vous appelez le patron du bateau pour venir vous chercher et vous ramener à Pac Ngoi.

3) Fantastique pour les plus hardis : partir de bonne heure (pas après 8h) de Cao Trung et continuer la piste qui traverse le village. A la boussole, dirigez-vous vers l’ouest ; vous naviguez entre les Thaïs, les Dao, et les H’mongs en pleine sauvagerie (dans le village H’mong où on m’a offert une tasse de thé –quel sens de l’hospitalité, ces H’mongs ; Ils sont vraiment merveilleux ! ils n’avaient jamais vu des lunettes de soleil... Toute la famille les a essayées et, après, ils sont allés chercher les voisins). C’est un labyrinthe de pistes, donc, en route, demandez « Dau Dang » et on vous pointe la direction. Vous débouchez sur une grande vallée ; passer de l’autre côté ; quand vous voyez une falaise sur votre gauche, prendre la piste qui y conduit (vous descendez maintenant plein sud pour rejoindre la Nang un peu avant les chutes). La piste grimpe à flanc de falaise jusqu’à une échancrure et vous redescendez de l’autre côté, sur la rivière. ATTENTION, la descente est très dure, à flanc de falaise avec juste une trace de piste pendant une bonne heure ; n’essayez surtout pas de couper tout droit au sud, c’est la chute de 100-200m garantie ; rester sur le semblant de piste. On n’est bien content de voir la rivière. A cause de cette descente infernale, RESERVÉ AUX BONS TREKKERS, mais ça vaut chaque minute ... et Sapa !

LA RÉGION DE CAO BANG

LANGSON

La route No 1, la fameuse Route Mandarine qui commence à Camau dans l’extrême Sud, mène à Langson, une des portes de la Chine et, pour les historiens, le Sedan français du Vietnam avec la défaite contre les Pavillons noirs qui a provoqué la chute du gouverne-ment Jules Ferry en 1872, le massacre de la garnison française par les japonais en 1945, et le désastre de Cao Bang -voir plus loin- en octobre 1950. La route Hanoi-Langson n'est pas très intéressante et il a peu à visiter à Langson (une pagode et une grotte), mais j'y ai découvert un endroit étonnant:

je savais par mes nombreuses lectures que, du temps des français, Lang Son était imprenable –d’où la honte de son évacuation après le désastre de Dong Khé en octobre 1950- à cause des formidables fortifications dominant la ville. Après de multiples bunker phap o dau ? (« où sont les bunkers français ? »), j’ai fini par trouver, et c’est époustouflant. En plus de la vue magnifique de toute la vallée, même concassés –par les chinois en 1979- les restes sont impressionnants de puissance, avec de gigantesques morceaux de parois de blockhaus de 2-3 mètres d’épaisseur et ses casemates sous-terraines bétonnées. Il faut « admirer » la puissance des explosifs modernes pour projeter en l’air de gigantesques blocs pareils ! Donc, à faire si vous traînez dans le coin… Pour y aller, trouvez la grande rue Trang Hang dans la banlieue ouest de Lang Son puis tourner à gauche sur la petite rue Duong Déo Giang ; elle serpente dans les montagnes (vous en aurez une sur votre gauche avec 2 grandes tours radio) et contourne celle où il y avait le fort, invisible à distance ; à un moment, la route monte et, en plein milieu à droite d’un virage gauche avant un grand panneau indicateur bleu foncé dont les indications sont illisibles, vous avez un petit chemin de terre menant à une aire de parking ; vous marchez en haut du mont, contournez les vestiges du fort pour passer par derrière et grimpez entre des blocs monstrueux jusqu’à la plateforme supérieure.

Si vous devez passer une nuit à Langson, voilà les 2 meilleures adresses :

- Hotel Van Xuan, au bord du lac. Chambres impeccables à 250 000 dong simple/double, 300 000 triple. Celles en bout de couloir (206, 306, 406, etc.) ont un balcon sur le lac et les pics calcaires. 09 12 19 03 60 vanxuanhotel@hn.vnn.vn

- Restaurant New Century, à 2 pas du Van Xuan, avec terrasse sur le lac. Une institution avec un menu invraisemblable incluant même des abeilles frites et du steak de chameau chinois. Attention, le menu en anglais n’a pas les prix, et certains poissons coûtent 350 000 dong le kilo, donc demander les 2 menus, en viet (qui a les prix) et en anglais.

DONG KHÉ

La RC 4 commence à être belle à partir de That Khé. Le cadre de Dong Khé est très beau, avec ses pics calcaires. C’est là qu’en octobre 1950 a sonné le glas de la Guerre d’Indochine :

Beaucoup de touristes font la route de Langson à Cao Bang sans trop savoir –ou pas du tout- ce qui s’y est passé en 1950. Et pourtant, le 7 octobre 1950 devrait être une date capitale dans l’histoire du monde moderne : en effet, pour la première fois, un peuple colonisé en rébellion a fait subir à une armée de colonisateurs une défaite sanglante qui, en ce qui concerne la France, a annoncé la conclusion inéluctable, reculée de 4 ans par la bêtise des gouvernements de l’époque : Dien Bien Phu. En fait, la Guerre d’Indochine a été perdue le 7 octobre 1950.

LES ACTEURS: Du coté asiatique: Ho Chi Minh et Giap, qui sont enfouis dans les calcaires du Nord Est, des bandes Vietminh sans rien, et Mao qui est en train de repousser les troupes de Chang Kai Check sur la frontière sino-vietnamienne.

Du coté français, un gouvernement ignorant tout de l’Indochine, mais aimant beaucoup les milliards qu’elle rapporte, des gros capitalistes installés en Indochine (Banque d’Indochine, Brasseries et Glacières d’Indochine, Michelin -les plantations de caoutchouc- etc.), bien pourris, qui bloquent toutes réformes pour continuer à se remplir les poches, et un Corps Expéditionnaire, les meilleures troupes du monde de l’époque -45% d’anciens SS dans la Légion, tous les Seigneurs de la Guerre qui deviendront célèbres: Bigeard, Jean-Pierre, Faulques, Elie de Saint Marc, Ponchardier (ben oui, le future auteur des romans de la Série Noire “Le Gorille”), Vandenberg, “Le Seigneur du delta”, etc. , anciens résistants ou troupes de la 2e DB de Leclerc et de la 1ère Armée de de Lattre, sans oublier les redoutables guerriers qu’étaient les Tabors marocains. Malheureusement pour eux, ce merveilleux outil militaire est commandé par une nullité, mais très doué pour magouiller au Ministère de la Guerre, le Général Carpentier, que de Lattre avait viré pour incompétence en 1944. Cet énergumène considère qu’il n’a à connaître ni le terrain, pourtant capital dans une guerre comme celle-là, ni la troupe : c’est l’affaire des subalternes. Lui, il doit rester dans son bureau climatisé de Saigon et faire des synthèses, superbes rapports bien léchés expliquant au gouvernement que tout allait de mieux en mieux (curieux comme l’histoire se répète ; ce sont les mêmes mensonges perpétrés par les généraux US pendant la Guerre du Vietnam, avec les mêmes résultats). En fait, juste avant le désastre, ce crétin affirmait au gouvernement qu’il “avait la situation bien en main et pourrait vraisemblablement renvoyer des troupes en France sous peu”. Le résultat de cette nullité : en 1950, il n’avait encore jamais mis les pieds au Tonkin, sauf pour une rapide visite de Hanoï.

LE CADRE Le Nord-Est, qui, à partir de Dong Khé, est un capharnaüm de pics calcaires couverts de jungles et truffés de grottes, sillonnées de petites routes et de pistes qui ne sont que d’immenses coupe-gorges. L’artère principale, c’est la fameuse Route Coloniale No. 4 (RC4) qui longe toute la frontière de Chine de Monkai, au nord de la Baie d’Along, jusqu’à Cao Bang. C’est une route super-stratégique car elle contrôle les 3 seules portes de la Chine au nord du Tonkin: Mon Cai près du Golfe du Tonkin, Lang Son au centre, et Cao Bang au nord-est. Qui la contrôle bloque tout le trafic routier entre la Chine et le Tonkin. De Langson à Dong Khé, à mi-chemin entre Langson et Cao Bang, la route sillonne une vallée bordées de collines cultivées, et ne présente pas de points particulièrement dangereux. A partir de Dong Khé, c’est le coupe-gorge intégral : la route longe la rivière avec, à plomb sur la route à gauche, les pics calcaires couverts de jungle, et à droite, idem sur la rivière. Toute manoeuvre y est impossible. Un petit canon de montagne dans une grotte dominant la route –et il y en a des centaines- détruisant les camions de tête et de queue d’un convoi, et BOOM, plus de convoi. C’est ce que Giap savait bien, et Carpentier pas du tout, vu qu’il n’y avait jamais mis les pieds et, de toute façon, refusait d’écouter les nombreux officiers, eux bien au courant de la situation, qui prédisaient une catastrophe et préconisaient l’évacuation.

LES PREMICES Début 1950, les troupes de Mao arrivent à la frontière du Vietnam, repoussant les troupes nationalistes au Nord Tonkin, que les français parviennent à désarmer, et en Thaïlande du Nord, où elles s’installent dans le Triangle d’or, et en plus des plantations de thé, organisent le trafic d’opium, dont elles contrôleront 80% de la production mondiale dans les années 60-80. Mao a maintenant récupéré les gigantesques dépôts d’armement américains et les camps du Yunnan, où il invite Giap à former des divisions entières, entraînées et surarmées par ses généraux. Les services secrets français, pas plus nuls que les autres, sont parfaitement au courant de la situation et en informent l’Etat Major, qui ne fait rien à part envoyer la Légion à Cao Bang (le célèbre 2e BEP sous les ordres d’un célèbre guerrier, le Colonel Charton) et dans les postes le long de la RC4, que le Vietminh ne cesse de harceler. Certains convois de ravitaillement perdent jusqu’à 80% de leurs camions entre Dong Khé et Cao Bang.

LE DRAME Le 17 septembre 1950, c’est le coup de semonce : les viets s’emparent de Dong Khé et coupent la RC4 en deux. Carpentier décide donc de l’évacuer jusqu’à Langson, ce qui était fort possible par pont aérien, mais, toujours aussi futé, il décide que cela se fera….par la route. Son plan est qu’une colonne dirigée par Lepage, un colonel d’artillerie (!!!!) remontera la route à partir de Langson, reprendra Dong Khé, et rencontrera ensuite la colonne de Cao Bang. Donc, tout ce beau plan repose sur le fait que Dong Khé sera repris.

Charton quitte donc Cao Bang en emmenant tous les civils –ce qui explique en grande partie l’échec de l’évacuation, et il le savait mais avait refusé de les abandonner à un sort certain. Bien entendu, rien ne passe comme prévu : Lepage ne peut pas reprendre Dong Khé, malgré l’héroïsme des parachutistes du 3e BPC, et la route reste donc coupée ; de plus, Lepage se fait tronçonner par des Vietminh super-entraînés et, au lieu de secourir Charton, c’est maintenant lui qui lui demande de venir à son secours. Charton quitte la RC4 pour prendre une piste contournant Dong Khé avec ses 2000 civils, dont pas un seul ne réchappera, le rendez-vous des deux colonnes devant se faire dans la petite vallée de Coc Xa. C’est le rendez-vous de la mort. Cerné par le Vietminh, les 2 colonnes y sont anéanties le 7 octobre 1950 -d’où le terme militaire bien connu « se faire coxé ». Une dizaine d’hommes parviendront à rejoindre Langson après avoir erré des semaines dans la jungle ; quant aux autres, ils sont morts, ou connaîtront les terribles camps vietminh dont de Saint Marc, qui a connu les deux, dira qu’ils étaient pires que les camps de concentration nazis; seuls quelques officiers et hommes de troupe squelettiques -surtout nord-africains, maintenant bien endoctrinés à la guerre anti-coloniale- seront libérés en 1951 à l’arrivée de Lattre, nommé Commandant en Chef et Gouverneur de l’Indochine, où lui et son fils Bernard laisseront l’un sa santé, et l’autre sa vie sur le piton de No Nuoc à Ninh Binh.

LA HONTE Après le drame, la honte intégrale, la panique noire des français. Alors que Langson était imprenable, Carpentier décide de l’abandonner « par surprise », donc en ne faisant sauter ni les énormes forts ceinturant la ville, ni les dépôts de tout, qui sont tellement gigantesques qu’ils suffiront à alimenter les troupes de Giap pendant 1 an. De Lattre sauvera la situation en 2 batailles sanglantes : Vin Yenh à l’ouest de Hanoï et Mao Khé au nord, mais, dès le 7 octobre, la guerre est perdue, Giap contrôlant maintenant toute la zone nord-est d’où hommes -y compris de nombreux techniciens chinois et même, de l’avis de beaucoup, des troupes- et surtout convois de ravitaillement passeront sans problème jusqu’à Dien Bien Phu.

UNE PETITE REVANCHE : L’OPÉRATION HIRONDELLE (17 juillet 1953) Donc, le Vietminh est, depuis octobre 1950, bien retranché dans les formidables fortifications de Lang Son, où il a accumulé tout le matériel chinois qu’il faut. En 1953, le général Navarre, nouveau commandant-en-chef du Corps Expéditionnaire décide d’une opération aéroportée qui fait encore le sujet d’un enseignement dans les écoles de guerre du monde entier. Le 17 juillet à 8h, 2 bataillons de parachutistes, le 6e BPC de Bigeard et le 8e Choc de Tourret, sautent par surprise sur la ville, foncent sur les grottes où est entassé le matériel vietminh, et en détruisent plus de 5000 tonnes. A 16 heures, tout est terminé et les parachutistes rentrent à Hanoi par la route, accompagnés de centaines de civils Viets pas plus heureux que ça du Paradis Communiste. Fou de rage, le général Giap rappelle ses divisions d’élite pour leur couper la route, mais il est trop tard

Il ne reste rien des forts français de Dong Khé à part un petit blockhaus en moëllons (il faut dire que les chinois ont tout fait sauter tout le long de la frontière quand ils ont évacué la région –moins 50 000 hommes- en 1979). Par contre, à 17 km au nord du bourg, j’ai visité un endroit très intéressant, le QG de Ho Chi Minh et Giap pendant la bataille de la RC4. Une belle route (très bien indiquée par un immense panneau au milieu de Dong Khé), qui sillonne entre les pitons calcaires de la région, mène à un petit village, Duc Long, où se trouve un beau musée des évènements, avec photos d’époque ; dans la montagne à gauche, couverte de jungle, un immense complexe de grottes abritait le QG ; indétectable par avion ! Un joli détour si vous faites Lang Son – Cao Bang en 1 jour.

Pour les curieux de l’histoire, on peut aller à Coc Xa, une très belle petite vallée entourée de pitons calcaires ; la piste en terre part à gauche à 2 km après Dong Khé, mais elle est très mauvaise sur toute la montée.

CAO BANG

DORMIR:

Rarement vu une ville aussi sale, laide, et ennuyeuse! Je signale que l’hôtel Than Loan fait payer les touristes 120 000 dongs de plus que les vietnamiens pour les mêmes chambres (en plus, une femme de chambre m’a volé le chargeur de ma caméra, croyant sans doute que c’était un chargeur de portable, donc facile à “mettre au clou”). Je conseille donc un nouvel hôtel, le Huang Sen, juste avant le grand marché couvert, à 5mn à pied du pont. Tel 85-46-54. 8 étages donnant sur la rivière et un petit jardin public. Ascenseur. Les chambres sur le jardin ont un grand balcon. Calme assuré. Pas d'anglais. Les prix ($10-20) n'incluent pas le petit déjeuner, mais restaurant au rez-de-chaussée.

MANGER

Le problème, c'est pour manger. Curieusement, Cao Bang compte de nombreux bars-karaokes, tous décorés avec des guirlandes de petites ampoules multicolores, mais aucun restaurant digne de ce nom. Etant resté 4 nuits, j'ai tout de même trouvé les 2 meilleurs :

- Men Quyen, le plus populaire de Cao bang, juste derrière le marché couvert. Large choix de plats vietnamiens. Personne ne parle anglais, mais les plats principaux sont sous présentoir en verre; il suffit donc de les pointer du doigt. Nous recommandons le canard (vit). Compter 10 000-15 000 dong par plat.

- Restaurant de l'hôtel Huong Sen : comme pour le précédent, pas d'anglais et on pointe du doigt ce que l'on veut manger. Bon poisson frit, et une rareté au Vietnam : d'excellentes rondelles de pommes de terre sautées a l'ail.

ATTENTION: dans toute la région, on se couche avec les poules; si vous vous pointez dans un restau après 20h, vous aurez droit aux restes...s’il y en a !

A VOIR AUTOUR DE CAO BANG

Il faut rester au moins 2 nuits à Cao Bang pour voir les environs, qui sont magnifiques, avec trois points forts : les lacs de Thang Hen, les chutes de Ban Gioc, et Pac Bo.

** Les 36 lacs de Thang Hen (26 km au nord de Cao Bang).

La légende des 36 lacs

La légende veut que la mère d'un jeune homme beau et intelligent, Chang Sung, ait rêvé que son fils devienne mandarin de l'empereur et marie une très belle jeune fille. Le fils passe brillamment l'examen du mandarinat et est convoqué à la Cour. Pour finaliser son rêve, la mère choisit la femme de Chang Sung, Blooc Luong ("Fleur Jaune") et arrange hâtivement un grand mariage. Très occupé avec la belle Luong, le jeune homme oublie la convocation de l'empereur jusqu'à la veille de l'entrevue. Il demande donc aux forces magiques de lui donner le pouvoir de sauter à grandes enjambées jusqu'au palais. Hélas, sans doute déboussolé par ses nuits de noce, il saute 36 fois dans tous les sens, créant 36 cratères et finissant épuisé en haut du col de Ma Phuc, où il meurt et est transformé en rocher. Les cratères se remplissent d'eau à la saison des pluies et deviennent les 36 lacs de Thang Hen.

En fait, les 36 lacs n'existent qu'à la saison des pluies. En temps normal, seul le plus grand reste. Son niveau descend au point où il découvre l'entrée d'une très grande grotte accessible par bateau de l'hôtel (100 000 dong pour 2h de ballade). Très belle excursion et, pour les amoureux du calme, de la nature, de belles promenades dans les calcaires.

La route principale continue vers Tra Linh et le poste frontière de Hang Pao, devenant de plus en plus épouvantable. Sans intérêt, a part le marché aux buffles de Tra Linh tous les 5 jours.

Pour y aller (et y séjourner) : Traverser le pont de Cao Bang et prendre la direction du col de Ma Phuc (excellente route - # 3 - toute neuve, offrant un panorama spectaculaire), puis à gauche direction Tra Linh. A quelques kilomètres de l'intersection, large panneau à gauche indiquant les lacs de Thang Hen (4km de petite route superbe). Péage juste avant la fin de la route (10 000 dong). On arrive dans un complexe de maisons thaïes flambant neuf : chambres (120 000 dongs pour les petites, 160 000 pour les grandes), restaurant (menus de 80 000 a 150 000 dongs), bar-terrasse, le tout dominant le lac principal. Très bel endroit; calme intégral; sûrement de belles ballades à faire autour. J'ai regretté d'avoir laissé les bagages à Cao Bang.

** Les chutes de Ban Gioc (96 km au nord-est de Cao Bang).

L'un des sites les plus célèbres du Vietnam. Une route TRES spectaculaire arrive dans une vallée au milieu de laquelle les chutes s'étalent en trois niveaux sur plus de 300 mètres de large. La frontière chinoise passe au milieu des chutes et de la rivière, donc passeport obligatoire. Il n'est plus besoin de payer le permis (100 000 dong) au poste de police de Cao Bang (où ils prennent d'ailleurs 60 000 dong de plus !). On produit son passeport et paie au poste frontière en face des chutes. Si le côté chinois est super-organisé (hôtels, restaurants, escaliers, etc.), il n'y a rien du côté vietnamien, à part des cahutes de curios (mais il y a maintenant un petit restaurant à droite du poste, donc plus besoin de préparer un panier pique-nique à Cao Bang). La partie gauche des chutes étant partiellement cachée, des radeaux de bambou vous emmène au milieu de la rivière (et pas un millimètre plus loin : c'est en Chine!) pour les voir dans toute leur splendeur.

Au retour, tourner à gauche (petit panneau) au milieu du premier petit village pour visiter la grotte de Ngom Ngao. Enorme, elle s'étend sur 3 kilomètres, jusqu'aux chutes. On ne visite que les 400 premiers mètres, avec guide (50 000 dong), mais, si vous insistez, il vous emmènera jusqu'a "l'entrée secrète" des chutes (2 heures de marche AR).

Pour y aller : reprendre le col de Ma Phuc et, après le col, prendre la route de droite jusqu'a Quang Huyen, puis la No. 206 direction Trung Khanh-Ban Gioc.

La cave de Ho Chi Minh à Pac Bo (56 km de Cao Bang).

Pour les passionnés d'histoire. Grotte-refuge d'Ho Chi Minh pendant la 2e Guerre mondiale. Bonne route, mais moins belle que les 2 précédentes, dans une vallée de champs de maïs et de tabac. La route se termine à Pac Bó. A gauche de l'entrée du parking, petit musée de photos et "possessions" d'Ho Chi Minh. Le parking, où se pressent marchands de nourriture, boissons, et curios, est bordé par une petite rivière baptisée "Rivière Lénine" par l'Oncle Ho (le pic calcaire la dominant étant le "Pic Karl Marx" !!!). Un chemin mène à la hutte du révolutionnaire. Curieusement, elle est en Chine -bien pratique pour échapper aux français au cas où...-. Pour éviter les embrouilles, je vs conseille tout de même de passer la “frontière” (un petit panneau l’indique) que s’il n’y a pas de viets autour; on ne sais jamais! En redescendant, un escalier à droite monte à la grotte (celle-là au Vietnam), une fente dans le piton calcaire. Pas étonnant que les français ne l’aient jamais trouv��e ! C’est là qu’en 1946, HCM a réuni les cadres du Vietminh et déclaré l’indépendance du Vietnam -et décidé le massacre systématique de tous les nationalistes vietnamiens non communistes, notamment les Daï Viet (petit détail ignoré des livres d’histoire « bien-pensants »).

Pour y aller : Prendre la route de gauche après le pont de Cao Bang (Route # 203) jusqu'au bout.

Note : en partant tôt le matin, il est possible de faire les lacs de Thang Hen et Pac Bo dans la journée, à condition d'avoir les reins solides pour aller de Tra Linh a Pac Bo.

HA GIANG– DONG VAN – COL DE MA PI LENG - MEO VAC LES NIDS D’AIGLE DES H’MONG NOIRS

Le bout du monde vietnamien ! Région extrêmement sauvage de pitons calcaires, aiguilles de granit noir (les locaux les appellent les “forêts de pierre”), canyons vertigineux, panoramas époustouflants, et des H’mong noirs. Les hommes y sont tous habillés en noir, parfait camouflage au milieu des rocs de granit, et beaucoup portent un béret basque; une race de guerriers durs, indomptables, farouches partisans des français durant toute la guerre d’Indochine, qui ont défendu leurs vallées complètement isolées contre les vietnamiens, leurs ennemis traditionnels, jusqu’en 1959, 5 ans après Dien Bien Phu, et ont été vaincus seulement à cause du manque de munitions. A voir absolument, surtout pour la portion Dong Van-Meo Vac, reconnue à juste titre comme la route la plus spectaculaire du Vietnam; on se croirait parfois au plus haut des Andes péruviennes.

ATTENTION : La région est sous contrôle militaire. Pour pénétrer à l’intérieur, il faut donc un permis ($10). Le permis ne peut s’acheter qu’à Ha Giang. Présenter son passeport au Service de l’immigration de Ha Giang, situé à gauche de l'Office du Tourisme. Ne vous amusez pas à y pénétrer sans permis, il n’y a pas de contrôle sur les routes, mais il est exigé dans les hôtels et les fklics, toujours très bien renseignés au Vietnam, peucvent faire irruption dans votre chambre à n'importe quelle heure pour vous sortir manu militari.

HANOI - HA GIANG - HANOI

Au départ de Hanoi

- En véhicule privé : Bonne route direction Vinh Yen, Vietri (Route No. 2), mais sans grand intérêt, traversant la plaine de la Rivière Rouge. La route ne devient belle que lorsque les montagnes commencent.

- En bus publics : Bus de nuit (150 000 D) flambant neufs très confortables (couchettes) partant de la gare de My Dinh à 21h ; retour Ha Giang-Hanoï à 21h. Attention: les bus de nuit sont gérés par une compagnie privée, donc les bus Ha Giang-Hanoi partent non pas de la station de bus de Ha Giang, mais en face des bureaux de la société au 405 rue Nguyen Thai Hoc : Réservations indispensables (Tél. 0913 271 384 et 0979 384 384). Les bus Ha Giang-Hanoi s’arrêtent à My Dinh (banlieue ouest de Hanoi), Luong Yen (dans Ha Noi) et Gia Lam (banlieue est) ; vous devez donc demander l’arrêt à Luong Yen(mototaxi Luong Yen-Hoan kiem 30 000 D).

- Au départ de Cao Bang : Excellente et magnifique route (No. 34), refaite en 2009 (voir le grand paragraphe ci-dessous "un itinéraire fantastique : Ha Giang - Dong Van - Meo vac - Babe). A noter après Tinh Tu une gigantesque excavation, une mine d’étain exploitée depuis des temps immémoriaux. Si vous y aller en bus publics, ce sont de vieux bus donc attention aux reins !

- Lao Cai – Ha Giang : bus de jour à la station de Ha Giang ; départ à 6h30 (80 000 D). En voiture privée, la route passant par Hoang Su Phi est extraordinaire, mais actuellement en pleins travaux, donc vérifier à Lao cai si elle est praticable. Sinon, c'est la route No. 4E sur Pho Lu, No. 70 Sud sur Pho Rang, No. 279 Pho Rang-Viet Quang (65 km) qui rejoint la # 2 Hanoï-Ha Giang à Viet Quang.

LA VILLE DE HA GIANG

Jolie capitale régionale au bord de la rivière Lo. Etape obligatoire avant de pénétrer dans le pays H’mong Noir de Dong Van-Meo Vac.

Office du Tourisme

103 Duong Tran Hung Dao. Tel. 0219 3875 288. Pas d’anglais et des brochures en chinois et en viet: L’office organise des excursions en Chine de 1 jour (Ma Ly Po) à 3 jours (Ma Li Po-Chau Van Son-Pho Gia Hac) et plus; documentation en vietnamien, donc voir avec l’hôtel.

Dormir et manger

Une trouvaille récente (sept 09), le nouvel hôtel Ha Giang Resort & Spa, à 5 km du centre de Ha Giang sur la route de Dong Van. 5 (10 en mai 2010) grands (20m2) bungalows avec terrasse sur la rivière et les montagnes, restaurant (terrasse et intérieur) dans une maison thaïe en bois, centre Spa avec sauna (30 000 D), massages et bain d’herbes (60 000 chaque), le tout au milieu de beaux jardins. Bungalows sur la rivière : 260 000 et 280 000 D: petits-déjeuners 30 000 D, dîner 80 000 D. Location de motos 200 000 D, kayaks 60 000 D/h. Le directeur parle bien l’anglais.

Pour vous régaler, je recommande également le restaurant Thuy Son, à la sortie de Ha Giang sur la route de Dong Van. Excellents poissons, et, si vous y allez vers 18h, le “Tout Ha Giang ” s’y retrouve pour boire de la bière à la pression –et dîner, donc il est préférable que vous y alliez vers 19h.

BOUCLE HA GIANG -DONG VAN-MEO VAC-HA GIANG (333 km)

A partir de Ha Giang, une bonne route goudronnée, la # 4C, monte sur Dong Van, situé à 158 km. On monte un premier col: en haut du col, une étroite tranchée dans la montagne permet le passage dans la région de Dong Van ; panorama époustouflant s’ouvrant sur une magnifique vallée –d’où le nom du passage : Quan Ba – “La Porte du Paradis”- et les montagnes à perte de vue. A 15 km avant Dong Van, une petite route à gauche monte sur 24 km au village de Lung Co; pour les curieux, c’est le village le plus au nord du Vietnam. Tout de suite après cette intersection, dans la petite vallée a droite, un lieu extrêmement intéressant à visiter :

** Le Palais de Vuong Chin Duc, Roi des H’mongs.

Grand ami des français, Chin Duc s’est fait construire sur une petite butte un palais sur le modèle d’un yamen chinois : bâtiments en bois de 2 étages entourant 4 cours intérieures. Aux deux coins faisant face à la route, petit donjon en granit. Entre la nombreuse famille du roi, les serviteurs, et la garnison, plus de 100 personnes vivaient à l’intérieur de la forteresse. A l’entrée, deux tombes. Dans celle de gauche repose une des quatre femmes du roi, dans l’autre Vuong Chi Sinh, fils ainé du roi et le mouton noir de la famille puisqu’il rejoignit le Vietminh en 1945 (ce qui explique sans doute que la résidence n’ait pas été détruite et est actuellement en parfait état). Une descendante de Chin Duc vous fait les honneurs de la maison pour 5000 dong (la plupart de la famille a émigré en France et au Canada). On ne s’attend pas à voir un tel complexe dans une région aussi isolée.

DONG VAN

Petit village pittoresque dominé par deux pics calcaires. Au sommet du plus haut, le fortin français de Pu Lo, construit en 1890, évacué en 1945, et parfaitement conservé. On y accède par un petit chemin bétonné prenant derrière le marche couvert (1/2 heure de grimpette et une vue magnifique sur la vallée).

DORMIR ET MANGER

Etant donné qu’il n’y a que 2 hôtels, le choix est vite fait : soit le Hoang Ngoc ; toutes les chambres ont un balcon ; prendre celles de l’arrière, qui donnent sur les rizières et les montagnes, soit le Khai Hoan, en face de l’autre, . Même prix dans les deux : 220 000 D simple/dble, 250 000 triple.Il n’y a qu'un restaurant fréquentable, en face du Khai Hoan ; ne pas y arriver après 19h, sinon, il ne reste rien.

Le Khai Hoan arrange un trekking guidé d'une journée chez les H’mong noirs, Lolos, etc. en pleine sauvagerie; 200 000 dong

Dong Van est surtout la “porte d��entrée” de la route la plus extraordinaire qu’il m'ai été donné de voir en 40 ans de bourlinguage, Dong Van-Meo Vac. 13km de bonne route étroite en lacets accrochée a flanc de montagne monte le col de Ma Pi Leng. FABULEUX!!!! Sur les pentes, ça et là, une maison H’mong en pierres noires à peine visible au milieu des rocs de granit; aucune piste ne semble y conduire. Pas étonnant que les locaux aient pu résister si longtemps au Vietminh. En contrebas, un gouffre de 800 mètres, les gorges de la Rivière Ngo Qué. On peut y descendre par une piste en terre et arriver au village de Sam Pun à la frontière chinoise ; celle-là, je me suis bien promis de la faire un jour, elle doit être fantastique. Tout le coin, c’est vraiment la nature dans toute sa sauvagerie naturelle. Impressionnant “Bout du monde” !

Meo Vac est sans grand intérêt (mais nombreuses nha nghi, car c’est un gros marché). On fait donc, dans la journée, Dong Van-Meo Vac-Ha Giang sans problème. Si vous avez le temps, une petite route conduit de Meo Vac au village H’mong de Khau Vai, célèbre dans tout le Vietnam pour son “Marché de l’Amour” : c’est là que les jeunes H’mongs hommes et femmes de toute la région se regroupent pour trouver l’âme soeur; ce curieux marché était interdit aux étrangers jusqu'à récemment, mais il leur est maintenant ouvert, hélas !!!!!!

UN ITINÉRAIRE FANTASTIQUE : HA GIANG-DONG VAN- MEO VAC-BABE (OU MEO VAC - CAO BANG - BAN GIOC - CAO BANG - BABE)

Pour aller de la région de Ha Giang à Babe, il fallait autrefois faire la boucle Ha Giang-Dong Van-Meo Vac et revenir à Ha Giang, descendre plein sud sur Tuyen Quang pour traverser ouest-est par Na Ho/Cho Chu, et remonter ensuite sur Babe par Bang Lung, un détour de presque 200 km. Un pont tout neuf ayant été ouvert, on peut maintenant faire la route magnifique suivante, qui monte et descend “non stop” :

- Ha Giang-Cao Bang : A partir de Ha Giang, prendre la 34. Magnifiques panoramas. Ca se fait dans la journee

- Ha Giang-Babe : prendre la 34 et plonger plein sud avant Thin Tuc (voir ci-dessous). Ca se fait une longue journée

- Dong Van-Cao Bang : Dong Van-Cao Bang se fait dans la journée, mais c’est très long.

- Dong Van- Babe : Il faut 2 jours. le meiux, c'est Dong van-Méo vac le 1er jour, pour profiter pleinement de cette fabuleuse région, et Méo Vac-Babe le lendemain en couopant plein sud avant Thin Tuc (avant, Bao Lac était impec à mi-chemin, mais l'hôtel est maintenant un taudis). Quelques kilomètres AVANT Tinh Tuc, dans une descente, ne ratez pas le panneau en plein milieu d’un virage gauche indiquant une fourche Cao Bang 41 km / Phan Than 4 km; vous prenez la direction Phan Than (Route 212), plein sud, qui vous amène sur la fameuse 279 (j’écris “fameuse”, car elle existe bien sur les cartes, mais en fait, certaines portions ne sont accessibles qu’en moto, et encore !). Cette route conduit à Na Phac mais, 10 km avant, tournez à droite au panneau Cho Ra 18 km. Vous arrivez à Cho Ra et descendez sur Pac Ngoi (21 km), le village thai où vous dormez chez Duy Tho). Attention: à l’entrée du Parc national de Babe, il faut acheter un permis (20 000 dong/pers.).

LE NORD-OUEST DU VIETNAM

UNE EXCURSION SUPER D’UNE JOURNÉE PRÈS DE HA NOI : Les pagodes de Chua Tay et Chua Tay Phuong, et le parc national de Ba Vi

Pour une journée, beaucoup de touristes choisissent la Pagode des parfums, intéressante, mais ça ne vaut pas Tam Coc. Je connais bien mieux pour ceux qui font ensuite Tam Coc (et infiniment moins bourré de touristes), les pagodes Chua Tay et Chua Tay Phuong.

Chua Tay (Thien Phuc)

C’est un immense complexe de pagodes au milieu d’un village entouré de rizières –nous sommes encore en plein dans le delta- Le village est d’ailleurs tellement charmant que certaines scènes du film Indochine y ont été tournées. Devant le complexe, un petit lac bordé de maisons multicolores et de terrasses de cafés –et marchands de souvenirs- avec un joli petit pagodon et deux ponts couverts en dos d’âne. Au pied de la colline calcaire qui domine le village, premier ensemble de jolies pagodes avec des cours intérieures pleines de plantes et fleurs. A gauche de cet ensemble, un long escalier raide monte en haut de la colline ; on arrive à mi-pente dans une deuxième complexe tout aussi beau, dont une étonnante grotte-pagode –dont l’entrée est à moitié cachée par de longues racines de fromager- et ses multiples statuettes en bois couleur cuivre. On continue l’escalier et arrive au dernier palier du complexe. Le tout est de loin le plus étonnant complexe de pagodes que j’ai visité dans le Nord (Bai Dinh non inclus) ; c’est gigantesque et demande 1 bonne heure de visite.

Il y a aussi dans cette colline une grotte où Ho Chi Minh s’est caché des français en février-mars 1947, avec le petit musée de circonstance. Il en a fait, des grottes !

Chua Tay Phuong (Sung Phuc)

10km plus loin, un autre complexe étonnant, beaucoup plus petit : trois pagodes consécutives en haut d’une autre pic calcaire, dont la plus ancienne date du XIIIe. Magnifiques sculptures polychromes en bois du XVIIe-XVIIIe représentant « Les conditions humaines », et la statue de Quan Am, la déesse aux mille bras.

Entrée 5000 dong pour chaque pagode.

Le parc national de Ba Vi

A une vingtaine de kilomètres des 2 pagodes, un énorme massif culminant à 1276 m, le massif du Ba Vi (3 sommets) domine le Delta. C’est une ancienne station climatique du temps des français. Une route de 12 km grimpe à flanc de montagnes jusqu’à une aire de parking avec restaurant, d’où partent 2 escaliers : un de 1230 marches grimpant au sommet du Bai Vi, avec un temple dédié à Ho Chi Minh, et un autre de 500 marches conduisant à un autre temple, les deux offrant un panorama époustouflant de toute la région.

Pas de bus publics pour aller à ces 3 sites (enfin, si, il y a un bus pour la pagode Thay, mais rien pour aller à l’autre). Donc, c’est la voiture avec chauffeur. Je peux vous arranger ça avec mon fidèle chauffeur Minh. La visite des 3 sites font une journée exceptionnelle à 25-35 km de Hanoi.

TAM COC (LA BAIE D’ALONG TERRESTRE DE NINH BINH)

Tous les guides insistent sur Ninh Binh ; je me demande parfois si leurs auteurs ont vraiment visité la région ! Ninh Binh est moche, et les hôtels idem. Pourquoi tous ces guides ne conseillent pas de séjourner à Tam Coc, à 5km de la ville, reste pour moi un mystère.

Y ALLER :

- Tour organisé d’une journée. Prise en charge à l’hôtel de Hanoï vers 8h, visite de Hoa Lu, déjeuner à Tam Coc, puis ballade en bateau à travers les Tam Coc (3 tunnels) et retour à Hanoï a 18h. Sympa, mais vu la beauté du site, on pleure en partant !

- Bus public Hanoï-Ninh Binh : toutes les ½ h et cadeau (42 000 dong), 2h1/2 de route moche et encombrée (vous êtes sur la Mandarine), puis mototaxi station-Tam Coc (6 km – 40 000 dong). Si vous avez une résa d’hôtel, ils viennent vous chercher.

- Train Hanoï-Ninh Binh : horaires peu pratique. Je vous signale que si vous faites Hanoï-Hué, vous pouvez prendre le train de Hué à Ninh Binh après votre séjour à Tam Coc. Horaires : 14h et 18h

- Jeep avec chauffeur : environ $70 par jour mais on ne l’utilise que très peu sur place, donc, à faire si vous voulez faire la boucle Hanoï-Hoa Lu-Tam Coc-Phat Diem ou si vous continuez sur Mai Chau.

Y COUCHER ET MANGER

On couche et mange évidemment Chez Loan, où la maîtresse de maison, la belle et célèbre -voir les commentaires sur le Forum- Madame Loan, beaucoup de classe et d’une suprême élégance, francophone comme on en fait plus, Cordon bleu (cours de cuisine vietnamienne sur demande - 30 000 dong), est rapidement devenue célèbre par son sens inné de l’hospitalité. Petit hôtel tout neuf de 10 chambres très mignonnes au milieu des rizières, à quelques minutes à pied (ou en bicyclette, gratuite) de l’embarcadère. Toutes les chambres sont climatisées et ont la WiFi. 2 chambres à $12 au rez-de-chaussée, les autres sont à $15-$18). Le meilleur restaurant de Tam Coc, avec salle intérieure et terrasse. Internet et bicyclettes gratuites.

QUOI Y FAIRE ?

- La balade en bateau : 60 000 dongs par personne payables à la cabane en face du débarcadère (90 000 si vous êtes seul). N’oubliez-pas l’ambre solaire et un chapeau, ça tape dur ! Les guides signalent que les batelières essaient un peu trop de vendre leurs borderies à bord. Et alors ? Business is business, même au Vietnam ! Un « Non, merci » ferme...avec le sourire... marche très bien. Ceci dit, elles rament dur –essayez pour voir Donc, si vous n’achetez rien, donnez un pourboire (10 000 dong minimum).

- Les 2 pagodes de chaque côté de Tam Coc, Bich Dong et Thai Vi : 1km de chaque côté de la rivière (faite le tour en bicyclette au milieu des rizières). Au début de la route en terre menant à Thai Vi, un groupe de 20 maisons d’époques différentes reconstituées ; celles du fond contiennent de très intéressantes antiquités de la période du bronze de Dong Son, qui n’est qu’à 20km de Tam Coc. En fait, c’est maintenant (juin 2009) également un hôtel assez extraordinaire, mais qui cherche son identité (groupes ou individuels ?).

A voir absolument :

- La pagode de Hang Mua. Rarement visitée (450 marches, trop dur pour les guides, qui n’aiment pas se fatiguer). On peut la voir en haut d’un piton calcaire sur la gauche quand on fait la ballade en bateau : petit pagodon et un dragon qui serpente le long de la crête ; très curieux vu de loin ! 5 km en vélo. Prendre la voie royale conduisant à Ninh Binh (quelle idée d’avoir construit ça !) : après les 2 grands hôtels à gauche, passer de l’autre côté, sur l’ancienne petite route ; au gros banyan et petit bassin, tourner à gauche pour traverser le village et continuer tout droit. Vous vous baladez dans les rizières et tourner à gauche pour arriver au pied du pic ; 20 000 dong par personne avant d’arriver, la grimpette des marches, et une vue époustouflante à 180° de toute la région. Derrière le grand bassin, une petite grotte traverse la montagne et vous débouchez sur la rivière aux bateaux.

- L’ancienne capitale de Hoa Lu et ses 2 temples. Si vous avez les jambes après Hang Mua (ou un autre jour), retourner sur la petite route, tourner à gauche, et continuer sur 13 km jusqu’à Hoa Lu. La petite route passe dans des paysages somptueux ; vous allez tomber sur une horrible autoroute en béton qui va attirer les masses (quelle plaie que le développement!), vous traversez cette horreur pour continuer la petite route ; elle s’arrête sur l’autoroute, que vous prenez à droite ; vous arrivez à un pont, vous continuez sur votre droite et arrivez à la zone des temples. Sur la droite avant le parking, arrêtez-vous pour déjeuner à la Nha hang dac san ve (Thang Guong), délicieux restaurant. A Hoa Lu, visite des 2 temples : Dinn Thien Hoang, construit pour honorer le premier roi de la dynastie des Dinh (968-980) et ses 3 fils, et Le Dai Han, dédié aux rois de la dynastie des Premiers Le (980-1009). Retour à Tam Coc par la même petite route.

- PHAT DIEM : à voir absolument à 32 km de Ninh Binh. Prendre le bus public de Ninh Binh, un taxi ($40), ou louer une moto à l’hôtel (FORTEMENT déconseillée ; la route est très étroite et envahie de motos et bicyclettes ; si vous le faites, allez TRES doucement). L’étonnante cathédrale de Phat Diem est une merveille architecturale sino-gothique aux proportions énormes (80m x 24m x 16m), dessinée et construite par un prêtre vietnamien, le Père Six, et complétée en 1891. Excellent petit restau pas cher au bout de la rue à gauche de la cathédrale.

PS. Si vous avez le temps, ou en allant à Phat Diem en moto ou auto, arrêtez-vous absolument au beau milieu de Ninh Binh pour visiter la pagode Non Nuoc, perchée sur un monticule qui domine la ville d’un côté, la rivière Van et le delta du Fleuve Rouge de l’autre (entrée 2000 dong). Splendide ! A gauche, statue du jeune étudiant nationaliste qui a hissé un drapeau vietnamien sur un bâtiment public et a été guillotiné par les français. Derrière, le grand blockhaus contrôlant le passage de la rivière ; à droite, le pagodon au pied duquel Bernard de Lattre, fils du Maréchal de Lattre de Tassigny, a été tué -80 blessures- en 1951, et le 2e blockhaus, dominant la ville, mais concassé au bazooka.

HANOÏ-HOA BINH - MAI CHAU - SONLA-DIEN BIEN PHU-PHONG TO-SAPA

La route commence à être belle à partir de Hoa Binh, avec un col aux paysages magnifiques débouchant sur la très belle vallée de Mai Chau.

MAI CHAU

A la sortie de Mai Chau, prenez la petite route à droite, direction le village thaï de Ban Lac ; une expérience à ne pas manquer SAUF EN WEEK END où c’est le zoo avec les touristes étrangers + les Viets + les groupes d’étudiants (pour dormir, bonjour !). Ce n’est plus ce que c’était hélas. C’est devenu l’usine à groupes. Ceci dit, je le recommande pour ceux qui n'ont pas le temps d'aller dans la Haute Régiopn de Sapa/Bac Ha/etc. car les paysages sont très similaires (mais pas aussi époustouflants tout de même !), d’autant plus que c’est près de Hanoï donc parfait pour une excursion de 2 jours.

Ban Lac est un très charmant petit village thaï avec une vue imprenable sur les magnifiques montagnes cernant la grande rizière centrale. Chaque maison sur pilotis est une maison d’hôtes très bien organisée, avec douches communes –eau chaude- restaurant en terrasse, et paillasse (sur un plancher en bambou, donc on y dort très bien), excellents petits repas préparés par la maîtresse de maison, et pas de télé/téléphone/Internet/karaoké. Très sympa pour 60 000 dongs par personne, incluant petit déjeuner complet (autres –copieux- repas : 60 000 dongs). Le soir, il y a toujours un TO qui a organisé une séance de danses locales ; vous faites pas partie du groupe, mais allez-y quand même, personne ne vous jettera ; jolis costumes, jolies danses, et TRES jolies danseuses.

Je vous recommande la maison No. 6 dont la patronne est une excellente cuisinière ; quant au patron…un coin de la grande salle commune est couvert de ses photos avec toute sortes de médailles : un vieux de la vieille qui s’est tapé la Guerre d’Indochine et du Vietnam du côté Viet (hélas : il ne veut pas parler; lorsque j'ai commencé, il m'a sorti « Français moi pas connaître », alors qu’il le connaît sûrement fort bien).

Vous voulez voir comment on faisait des briques au Moyen Age ? Tourner à gauche à l’entrée du village, passer le petit pont et prenez le chemin de droite ; au bout de 1 km, vous verrez 2 immenses tours en brique ; c’est là (attention, il y en a une petite briqueterie avant, mais c’est pas celle-là) ; passionnant à voir comment on entasse 120 000 briques à la main ! Si vous êtes en forme, continuer le chemin, ça finit par grimper dur de montagnes en montagnes en longeant un petit torrent ; je pense que c’est la fameuse piste de 18 km qui mène à des villages Dao, mais je n’en suis pas sûr ; il y aurait des guides, mais les guides, c’est pas pour moi, donc demander à la maison d’hôtes.

Ne manquez pas le petit marché de Mai Chau le matin, c’est marrant.

AUTOUR DE MAI CHAU

La rivière Ma : Si vous continuez la route de Mai Chau, vous tombez sur la rivière Ma, un très bel endroit. Curieusement, toutes les montagnes environnantes sont couvertes de forêts de bambou, donc la grande activité au village principal, Cu Luong (20 km de Ban Lac), est la fabrication de baguettes et de cure-dents. Vous pouvez visiter une fabrique, c’est très intéressant, et ça montre que les ouvriers européens ne sont pas à plaindre ; il faut voir dans quelles conditions d’hygiène et de non-protection de sécurité toutes ces femmes travaillent –Tiens, où sont les hommes ? Une seconde d’inattention aux machines et ce sont les 5 doigts qui partent au lieu des baguettes !!!! Beaucoup de maisons flottantes au bord de la rivière. En plein milieu du village, des marches descendent sur la maison flottante du petit malin qui organise les balades en bateau sur la rivière (40 mn pas bon marché vu qu’il a le monopole ; 300 000 dongs = 15$) ; de l’autre côté de la rivière, un petit trek de 6 km AR vs emmène dans des villages alentours.

Le lac de retenue de Hoa Binh : Vous reprenez la route de Son La et prenez la 1ère route à droite à un rond-point. On suit une très jolie petite vallée qui arrive sur les bords du lac de retenue de Hoa Binh. La vue est très belle.

Le massif de Hang Kia : vous continuez la route de Son La (vous pouvez faire la visite précédente et celle-ci si vous allez à Son la et continuez sur DBP/Sapa), montez un col aux magnifiques panoramas et, au bout de 20 km, arrivez dans le village de h’mongs noirs de Pa Co. Vous prenez la route à gauche, traversez le village, et prenez à gauche pour arriver dans un hameau de maisons au milieu de vergers de pêchers, la grande spécialité du coin (avec l’alcool de maïs of course !). Un tas de pistes partent de là pour aller au village de Hang Kia, d’où partent plus de 100 km de pistes de trekking (vous pouvez aussi aller à Hang Kia par la petite route). Hélas, je n’ai pas pu y aller, car il est tombé un brouillard terrible, avec petit crachin et 12 degrés.

MAI CHAU - SONLA

La route traverse le plateau de Moc Chau ; on se croirait dans le Jura ; c’est le « grenier à vaches » du Nord Vietnam ; il parait que le lait est très bon, hélas, pas de lait frais, et tous les vendeurs de lait pasteurisé en boite (berk !) du bord de route sont tout étonnés qu’on en demande. A une trentaine de kilomètres avant d’arriver à Sonla, arrêtez-vous au petit aéroport de Hat Lot (100 m à gauche de la route) pour un cours d’histoire franco-vietnamienne.

Pour comprendre Dien Bien Phu, il faut savoir ce qui s’est passé à Hat Lot, plus connu du temps des français sous le nom de Na San, une cuvette de 5km sur 2 entourée de montagnes. En 1952, le Général Salan, alors Commandant-en-chef en remplacement de de Lattre mourant, apprend que les divisions vietminh font route vers le Lao pour faire leur jonction avec les Pathet Lao (les communistes laotiens) et, donc, couper le Tonkin en deux. Connaissant la région comme sa poche pour l’avoir sillonnée à cheval dans les années Trente comme jeune lieutenant en charge de dresser des cartes, il décide de construire un point fortifié à Na San, pensant que Giap ne résisterait pas à « refaire le coup de Cao Bang » de 1950, c’est-à-dire à massacrer les français, ce qui est « de bonne guerre ». Pendant 2 mois, une noria de Dakotas –un toutes les 10 minutes- apporte plus de 3000 tonnes de matériel installé par près de 15 000 hommes, le plus grand pont aérien depuis la guerre de Corée. Comme prévu, le 30 novembre 1952, Giap attaque avec ses meilleures divisions…et se retire le 3 décembre en laissant plus de 500 morts sur le terrain. La raison du succès français : le terrain d’aviation intact permettant le ravitaillement et l’évacuation des blessés, Giap ne pouvant arrêter le trafic faute d’artillerie lourde.

En 1954, pour la même raison des Viets approchant le Nord Laos, Navarre a simplement voulu « refaire le coup de Na San » (sans écouter Salan qui lui avait dit qu’il ne pourrait pas tenir Dien Bien Phu sans tenir Na San). Seulement voilà, Giap, lui, avait appris sa leçon : pas de victoire sans détruire l’aéroport, donc sans artillerie lourde, ce qui explique qu’il ait attendu d’avoir tout en place pour attaquer Dien Bien, et qu’il ait commencé par rendre la piste d’atterrissage impraticable.

A Sonla, l’hôtel Cong Doan Trade Union, recommandé par tous les guides, est un affreux bazar en béton avec des chambres tristes à mourir et le restau encore plus (par contre, on y mange bien), le tout pour 240 000 et 300 000 dongs. L’hôtel Sunrise est un excellent 2 étoiles sans restaurant.

Le pénitencier, la honte du colonialisme français avec l’île de Poulo Condor, est intéressant à voir, surtout le petit musée face aux cellules, avec les lettres du Gouverneur du Tonkin expliquant comment il fallait traiter les prisonniers. La seule chose qui manque, c’est des explications sur la façon dont le Vietminh traitait les siens là-dedans (opposants politiques viets au communisme) après 1954; on peut pas tout avoir, n’est-ce-pas, et pourtant, il y a beaucoup à dire sur le sujet ! La maison du Directeur est maintenant un excellent musée (archéologie en bas, ethonologie en haut).

A faire si vous avez le temps : la tour radio : prenez le chemin juste à gauche du Trade Union, et tapez-vous les 715 marches (je les ai comptées) taillées dans le roc. La vue à 360 degrés de toute la région est absolument magnifique (le bas des marches est jonché de seringues et d’ampoules de novocaïne 3 mg ; apparemment, les flics locaux ne savent pas que c’est la shooting gallery de Sonla, à moins que...)

SON LA - DIEN BIEN PHU

Avec la route Ha Giang-Dong Van et celle des chutes de Ban Gioc, la route Sonla-DBP est la plus belle que j’ai faite au Vietnam, mais elles est en pleins travaux (août 2010), donc pleine de problèmes. Donc, compter la journée entière pour faire Sonla-Dien Bien (en octobre 2007, j’ai mis 11 heures incluant la visite suivante) :

A faire absolument : le QG de Giap

A une dizaine de kilomètres avant Dien Bien, prenez à gauche au village de Na Nhan (2 larges panneaux bleus signalent en vietnamien le grand barrage et lac de retenue à 4km de là). Une très belle route en lacets longeant en partie le lac vous conduit au village de Muong Phong (20km de Na Nhan), prés duquel est enfoui le QG de Giap pendant la bataille. Il faut savoir que, pour juger de la situation en toute clarté, Giap n’a jamais mis les pieds à DBP pendant toute la bataille ; il étudiait la situation de Muong Phong au reçu des rapports de ses officiers. Visite très intéressante guidée par quelques adorables gamines thaïes gazouillant en anglais. Après la visite, continuer la route et vous traversez 25km de très beaux paysages montagneux parsemés de petits villages thaïs pour arriver à Dien Bien. Un bien agréable -et instructif- petit détour.

DIEN BIEN PHU

A voir pour se rendre compte de l’insondable bêtise militaire ; comme l’a dit Bigeard, qui ne mâchait pas ses mots, au général Cogny, « C’est pas une cuvette, c’est un pot de chambre » : Les fameuses collines, c’est des buttes dont la plus haute, Eliane 2, doit pas faire 50 m de haut ; il ne faut pas être Napoléon pour comprendre, en voyant les hautes montagnes couvertes de jungle à quelques kilomètres, que c’était le vrai piège à cons. On se demande comment les français (enfin c’est beaucoup dire, il y avait plus de 10 races y compris des tahitiens et des malgaches !!!!) ont pu tenir 56 jours de bombardement jour et nuit !

Du champ de bataille, il ne reste rien à part le PC de de Castries et Eliane 2 à gauche du cimetière Viet, où les Viets ont reconstitué les tranchées…en béton (même les sacs de sable sont en béton !!!) ; en haut, un gigantesque cratère, une mine de 500kg de dynamite posée par les viets et qui a explosé la nuit ; regardez-le bien et imaginez les soldats français subissant ça en pleine nuit, suivi d’une attaque par des milliers de bodoi !

Très beau cimetière viet, mais le français…. à pleurer -d’ailleurs, j’ai failli ! Une toute petite stèle, et payée par un ancien légionnaire, allemand en plus, les gouvernements français se foutant complètement des 150 000 morts pour rien de la Guerre d’Indochine.

Le fameux hôtel Muong Thanh vient d'être (juillet 2010) entièrement refait. Autre choix : le Dien Bien Phu-Hanoi Hotel, sans charme mais impec.

DIEN BIEN - LAI CHAU (MUANG SAY)

A partir de là, le nom des bourgs est un casse-tête…viet ! Le magnifique Lai Chau que tout le monde veut voir s’appelle maintenant Muang Say, et il y a un nouveau Lai Chai, hideux, qui était autrefois Tam Duong et Tam Duong est devenu…je ne sais même plus quoi ! De toute façon, il n’y a plus de Lai Chau/Muang Say, condamnés à disparaitre sous les eaux du barrage en construction, et le célèbre hôtel Lanh Anh a été démonté. Donc, on n’en parle plus jusqu’à ce que le nouveau village et des ponts soient construits. Donc, que vous veniez de DBP ou de Son La, il faut maintenant aller directement à Phong To et coucher au Lanh Anh 2 (voir ci-dessous).

A faire : Deo Van Long

Traverser le pont suspendu après Lan Anh, tourner à droite et suivre la route jusqu’aux berges de la rivière Da (1,5km). Des pirogues à moteur vous emmènent de l’autre coté, où est situé le village, pour 5000 dongs. On peut aussi y accéder en voiture par le nouveau pont construit à la sortie de la ville, mais la traversée en bateau est préférable pour se rendre compte de la puissance du fleuve…et de l’habileté diabolique des bateliers. Il ne reste rien du palais du maître des lieux, Deo Van Long, juste quelques ruines à gauche de ce qui est maintenant l’école, à gauche de « l’embarcadère ». Tyran sanguinaire (bien qu’ayant fait le Lycée à Paris avec Vincent Auriol), on dit, ce qui est possible connaissant le personnage, que, lorsqu’il a évacué Lai Chau en 1953, il a fait tuer tous ses serviteurs pour ne pas qu’ils le trahissent et empoisonner les concubines qu’il ne voulait pas emmener. En tout cas, c’est grâce à lui, soutenu à fond par la France, que les tribus entourant Dien Bien, pressurées par le personnage depuis des décennies, ont, pour se venger, laissé passer les troupes de Giap au lieu de les harceler, ce qui aurait probablement empêché sa victoire.

Une expédition que je me suis promis de faire : Muong Thé. Réservé aux aventuriers : une route magnifique –elle longe toute la Rivière Da- mais épouvantable de 92 km conduit au village thaï de Muong Té, un des postes les plus reculés du Vietnam. C’est vraiment le bout du monde, garanti sans touristes….. Un immense parc national -75 000 ha- est en développement autour du village de Muong Nhé, en pleine sauvagerie, mais il parait que les routes sont impraticables sauf en moto. A Muong Thé, petit hôtel d’état avec restau. Si ça vous tente, la frontière chinoise est à 7 jours de jungle montagneuse…à cheval. Idéal pour les Robinsons !

MUANG SAY (LAI CHAU) - PHONG THO - SAPA

Attention: sur certaines cartes, et pour les Thaïs locaux, Phong Tho s’appelle aussi Paso, nom de la partie thaïe de la ville située de l’autre coté du pont, et sur les nouvelles cartes, Phong Tho a aussi déménagé !!!!

Arrêt dîner et nuit au Lan Anh 2, sur les bords de la rivière. Elégantes chambres dans de grandes maisons en bois, avec lit à baldaquin (douches seulement). Trois grandes et belles terrasses (bar, coin télé, et restaurant). Grande carte de plats vietnamiens délicieux, et service sans reproche.

En route pour Sapa, traversez le pont et prenez la petite route à droite, qui mène à Muang Tho, ancienne « capitale » de Deo Van Anh, le cousin de Deo Van Long (j’ai oublié de vous dire, l’ancêtre de toute cette belle famille était le terrible pirate chef des fameux Pavillons Noirs qui ont donné tant de mal aux français au 19e ; pas des Viets, des chinois !) ; le père de Van Anh, il s’est pas cassé la tête pour prendre le pouvoir : il a assassiné le roi local –qui était son oncle- et épousé sa femme !!!!!. Van Anh était célèbre pour être un bon vivant « auteur » de 83 enfants. Son palais est maintenant l’école (allez-y ; les élèves, beaucoup en costume des tribus locales, doivent voir 10 touristes par an et vous font fête pas possible). En face, 2 pitons calcaires ; sur le plus pointu, un invraisemblable blockhaus français a donné bien du mal aux Vietminh ; Deo Van Anh l’a fait sauter quand il a évacué la région, mais on comprend pourquoi le vieux pirate s’était installé là ; imprenable, le fortin! Traverser le pont et grimper le chemin à droite pour avoir une très belle vue du village. Dommage qu’il n’y ait pas encore d’hôtel, j’y serais bien resté 2-3 jours. Continuer la route et vous retrouvez celle de Sapa.

Phong Tho est à 94 km de Sapa. Route goudronnée traversant la grande plaine de Tam Duong, une grande ligne droite et, ensuite, 20 km de route en lacets ; ça grimpe dur. Magnifique paysage. Les derniers kilomètres avant le haut du col et un peu après sont en réfection complète –souvent à une voie-, donc, calculez bien votre coup ; en octobre 2007, il m’a fallu plus d’une heure pour les faire.

SAPA

On parle beaucoup de Sapa, en bien (cadre magnifique, minorités, super trekking) et en mal (trop de touristes. Voilà mes impressions après 3 séjours :

Ce que j’ai aimé :

- Le cadre, magnifique. Ce n’est pas pour rien que les français avaient baptisé la région « Les Alpes tonkinoises » !

- Les vendeuses en costume tribal, H’mongs (costume noir) et Dao (grande coiffe rouge). Les râleurs qui se plaignent d’un harassement ne comprennent visiblement pas que la vente de produits artisanaux est la principale ressource de ces gens, pauvres et qui ne bénéficient que d’une récolte de riz par an (sauf dans la vallée longée par la route de Lao Cai). Un « non merci » avec un sourire suffit généralement ; sinon, vous dites « toi co roy » (prononcer « toï co zoï » - J’en ai déjà) et le manège s’arrête. J’ai d’ailleurs observé de nombreux touristes qui s’amusaient beaucoup à être entourés de locaux, tout le monde bavardant et riant.

- Le grand choix d’hôtel. J’en ai visité beaucoup par curiosité. Voici mes préférés :

- BUDGET : Le Friendly Hotel, qui mérite bien son nom. Jeune patron très sympa et attentif à ses clients, excellent restau décoré comme un bistrot européen, et 12 chambres pour tous les prix : $10 (vue sur l’arrière), $15 (fenêtre ou balcon vue vallée et montagnes) et $20 (grandes chambres balcon même vue). Toutes les chambres ont un sèche-cheveux, la télé et un minibar (ce dernier pas dans celles à $10). Terrasse sur le toit avec tables et chaises longues, Internet gratuit. Location de motos et VTT ($10 – Même prix pour les 2 car les vélos reviennent souvent en mauvais état – ou ne reviennent pas du tout vu l’état des pistes).

- PLUS CHER : Le Holiday Sapa, ex-Royal View (attention : le Royal View est maintenant plus loin, à gauche avant le marché), qui méritait également ce nom vu que l’hôtel est à flanc de montagnes face au massif du Fansipan, donc vues époustouflantes imprenables de toutes les chambres. $30 (40 pour 3) pour une petite chambre avec fenêtre, $50 (60 pour 3) pour de grandes chambres avec balcon + fenêtre et cheminée, $55 (70 pour 3/4) avec balcon, et $80 (100 pour 3/4) pour des suites de 2 pièces avec une énorme terrasse.

- POUR LES AMATEURS DE CHALETS : un norvégien a repris une ancienne maison coloniale et l’a transformée en une copie conforme d’un Relais de campagne de luxe bien de chez nous, le Chapa Garden : 4 chambres très élégantes avec balcon (2 petites à $65, 2 grandes à 80) ; seul problème : pas de triple, il faut ajouter un lit supplémentaire à $15. Je n’y ai pas mangé, mais on dit le restaurant vraiment gastronomique. Jardin-terrasse. A noter qu’avec 4 chambres seulement, il est demandé de garantir la réservation avec une carte de crédit.

- Le grand choix de restaurants. On mange mieux à Sapa qu’à Hanoï, et c’est tout de même sympa de pouvoir déguster une excellente cuisine italienne un soir (le Delta), une aussi délicieuse indoue le lendemain (le Bombay), de la succulente viande d’Australie/Nlle Zélande le surlendemain (le T-Bone Steak), et de la cuisine locale le dernier jour (Chapa Restaurant ou le Gerbera), le tout dans la même rue et sans avoir à négocier son passage entre tous les tarés de Viets en moto de Hanoï.

- Le trekking. Alors là, j’ai été bien content, car j’ai constaté ce que je savais déjà : que l’on peut passer des journées entières de trekking autour de Sapa sans rencontrer un touriste. Même pour aller à Ta Van, mon ami guide Cédric nous a amené sur une piste empierrée qui part à gauche de la route goudronnée 1,5 km après Sapa ; on monte un long col (vues époustouflantes des montagnes et des hordes de touristes de la vallée) pour arriver dans un petit village Dao ; avant la dernière maison, on prend une petite piste à gauche qui continue a longer la vallée, et on arrive sur un large promontoire rocheux sur lequel sont disséminés ce que je savais exister par centaines dans toutes les vallées autour de Sapa : de gros rochers lisses couverts de pétroglyphes dont les plus anciens datent du XIe siècle ; preuve que nous sortons tous du même « tonneau », l’un est un homme stylisé avec un soleil en guise de tête : comme on retrouve la même figurine dans le Hoggar et le Tassili des Ajjers au Sahara, dans les Andes, et sûrement ailleurs, les fondamentalistes auront du mal à m’expliquer que…. n’est-ce-pas ? On arrive très haut au-dessus de Ta Van et descend à travers les rizières en terrasses ; retour par la vallée à pied ou par la route en moto-taxi (30 000 dong).

- Mes 2 amis guides, Cédric de Sapatrek et olivier, indépendant. Je ne les connaissais que comme–ça ; je viens de passer 5 jours avec eux et je peux dire que, contrairement à ce que prétend un certain membre du Forum –sans les connaître comme d’habitude ! ils connaissent très bien la région, et pour cause : ils sont mariés –ou en voie de…- avec des locales et parlent leur langue (Olivier m’a soufflé à parler et le H’mong et le Dao couramment au marché), et leurs femmes, qui parlent anglais, sont guides également. D’ailleurs, pour un trek de 2 jours, la femme d'Olivier vous emmène carrément dans la maison de ses beaux-parents Dao à 3km de Ta Phin, et vous serez donc les seuls du coin !

Ce que j’ai moins aimé

Le grand désordre à la gare de Lao Cai. Visiblement, les « autorités » locales n’ont pas encore compris que le tourisme était une grosse source de revenus : les employés sont aimables comme des portes de prison locale, la plupart ne parlent pas un mot d’anglais, et toutes les annonces au haut-parleur sont en Viet ; j’ai passé 2 heures d’attente à secourir des touristes complètement perdus là-dedans, y compris 2 jeunes qu’une employée revêche dirigeait vers le mauvais train avec un aplomb remarquable. En plus, ils cadenassent la porte du quai entre deux trains et la plupart restent sur le quai pour ne pas être embêtés par les touristes perdus dans ce bazar. Visiblement, on dérange ! A noter que les portes des toilettes des wagons sont verrouillées, donc bien prendre ses précautions avant.

Pour les fortunés, je signale que la société LIVITRANS a un train de luxe avec des cabines VIP de 2 lits (et un bar commun) pour 1 140 000 dongs et les autres de 4 lits à 420 000. Horaire : Hanoï-Lao Cai : départ 20h40, arrivée 5h : Lao Cai-Hanoï : départ 19h30, arrivée 4h30. livitrans115@vnn.vn

Les minibus Lao Cai-Sapa sont maintenant à 50 000 dong, les taxis à 300 000.

BAC HA

Alors, j’ai été soufflé ! Rien à voir avec Sapa pour un tas de raisons :

- Pas de touristes en semaine, à part quelques aventuriers. Ils arrivent le samedi soir ou le dimanche vers 10-11h pour le marché du dimanche (et repartent vers 14-15h).

- Des paysages époustouflants, complètement différents de ceux de Sapa. Les montagnes sont beaucoup moins hautes (point culminant 1800m alors que le Fansipan est à 3148m), donc, à perte de vue, leurs flancs sont couverts de terrasses à riz et maïs. J’ai passé 3 jours stupéfait du travail de Titan réalisé par les H’mongs Fleurs ; quel peuple admirable de courage ! - Le marché du dimanche. Je m’attendais à un Disneyworld avec un touriste pour deux h’mongs ; pas du tout ! C’est tout simplement renversant ! Imaginez des milliers de femmes habillées d’un costume époustouflant : ample jupe tout en minces bandes de tissu multicolores, corsage en tissu chatoyant mauve ou noir, et gilet/turban avec les mêmes bandes multicolores (plus des bijoux de toute sorte en argent) ; le gilet de certaines est couvert de perles de verre et/ou de résilles. Il faut de 4 à 6 mois pour faire un costume complet. Les hommes sont bien moins attrayants : habillés tout en noir, et beaucoup ont de sérieuses têtes d’alcoolique, ce qui ne m’a pas étonné du tout après avoir goûté à l’excellent alcool de maïs local (meilleur que l’alcool de riz de Sapa), qui doit faire au moins 40°. Donc, il y a beaucoup de touristes, mais ils sont noyés dans la masse. Gigantesque marché où on vend de tout. C’est surtout pour les locaux une occasion de se retrouver (il faut voir les ripailles dans les immenses restaurants ; ayant auparavant vu les étals de boucherie, je me suis abstenu !). Parmi toutes ces H’mongs, vous verrez quelques très belles femmes, grandes, minces, élancées, au fin visage, et habillées d’un très élégant pantalon noir, veste noire avec une mince ceinture rouge, et une petit turban multicolore à dominante rouge : ce ne sont pas des H’mongs, mais des Dao Kim Mien.

- Les balades à faire aux alentours.

En règle générale, se balader en moto dans les montagnes, c’est magique. Mais ce n’est pas pour tout le monde dès que l’on sort des routes, les pistes étant souvent très dures à négocier.

Voici le tour que j’ai fait le 1er jour : prendre la route qui monte sur Si Ma Cai (aucune pancarte indiquant « Can Cau », SMC est la principale bourgade avant la Chine) ; à 6km sur le long col montant sur Can Cau, piste avec panneau indicateur sur la droite montant au village de Lung Phin : elle est bonne sur 800m, après, c’est la galère. J’ai donc continué la route. Quelques kilomètres plus loin, nouvelle piste à droite avec panneau « Xa Lung Sui – 5km » : prenez-la, elle est bonne et les paysages ont magnifiques. Retour sur la route. Vous verrez sur la gauche une sorte d’esplanade avec un immense panneau en béton « Welcome to Si Ma Chai » : une piste prend sur la gauche : vous la prenez au retour pour un « trek » époustouflant. Continuer la route jusqu’à Can Cau (moche, mais il paraît que le marché du samedi est très chouette). Continuer ensuite jusqu’à Si Ma Cai –les panoramas deviennent extraordinaires. Curieuse ville où la vietnamisation va bon train (contrairement à ce que prétend un certain membre de ce Forum : il doit être aveugle, vu que, où que vous alliez en pays H’mong, tous les business et l’administration sont au main des Viets, à part quelques locaux-potiches dans l’administration, sans aucun pouvoir de décision, pour la forme). Grosse bourgade avec un énorme développement immobilier en train, destiné à y installer tous les Viets possibles et imaginables. A noter un hôtel presque fini, le Hong Ngung (tel : 0974 384 044) ; il faudra acheter un permis à Bac Ha pour y séjourner. Retour sur Can Cau et prendre la piste à droite du panneau en béton (petit panneau « Ta Van chu 2 km »). Alors là, j’ai été soufflé ! Vous continuez la piste après Ta Van Chu, jusqu’à ce que vous arriviez à un T : tout de suite avant, tourner à gauche au coin d’une maison avec 2 côtés en mur blanc ; la piste retourne sur Bac Ha parmi des paysages presque aussi époustouflants que ceux de Dong Van-Mao Vac, mais je vous préviens, certains passages sont très durs, complètement défoncés dans les descentes. C’est tellement extraordinaire que j’ai remis ça le lendemain !

2e jour : en grand historien, j’avais toujours rêvé d’aller à Pha Long. Pourquoi ? C’était le QG d’un personnage hors du commun, le général H’mong Chao Quang Lo.

L’épopée du général Chao Quang Lo

Au lendemain du coup de force japonais du 9 mars 1945 –massacre des garnisons françaises, sauf celles qui ont pu s’échapper en pays H’mong (où elles ont été receuillies au péril de la vie des locaux) ou en Chine (où les américains les ont désarmées et enfermées dans des camps sordides en tant que « Vichystes » alors qu’ils venaient de se battre comme des lions contre les Japs), les H’mongs locaux ont élu des comités régionaux chargés de l’administration, dont l’un, celui de Pha Long, dirigé par Chao Quand Lo. Les japs s’étant conduits comme à leur habitude lorsqu’ils sont arrivés là-haut, il organise la lutte armée et tient la région après l’évacuation des japs.

Lorsque les français ont évacué toute la Haute Région, de Lao Cai à Cao Bang, après le désastre de la RC4 en octobre 1950, les H’mongs ont refusé de nous suivre. Le Vietminh est arrivé et ne s’est pas beaucoup mieux conduit que les japs. Chao Quang Lo, après avoir essayé de leur expliquer en vain que les H’mongs n’avaient rien contre le Vietminh et reconnaîtraient une indépendance sous leur contrôle, mais tenaient à ce que ce soient les H’mongs qui administrent leur région, il n’a eu d’autre choix que de reprendre les armes –qu’il avait cachées. Le Vietminh a attaqué Pha Long le 30 octobre 1950, et a pris une énorme volée, Chao Quand Lo se révélant un extraordinaire chef de guerre. Il avait d’ailleurs à l’époque un jeune lieutenant qui se révèlera aussi talentueux dans « l’Art de la Guerre », au Nord Laos envahi par les Viets, le célèbre général Van Pao.

Ravitaillé par les français, Chao Quang Lo ne cesse de battre les Viets à plate couture ; en désespoir de cause, ceux-ci n’ont plus que le choix de demander aux chinois de les aider (la Chine était à l’époque la grande alliée du Vietminh). Voilà donc toute la région envahie par une nuée de sauterelles chinoises. Les H’mongs en ont massacré des milliers dans d’atroces batailles -les chinois ont fini par baptiser CQL « Le dragon terrestre »- mais ont succombé sous le seul nombre, et Pha Long a finalement été pris fin mars 1952 (donc après 3 ans de guerre féroce – quels guerriers, ces H-mongs !).

Chao Quang Lo s’est alors réfugié dans les montagnes et a continué la lutte. Il est mort d’une façon horrible en avril 1952. Les chinois avaient appris qu’il avait trouvé un petit chinois de 3 ans, abandonné et couvert de gale, et l’avait adopté. Ce fils, Tach Pao, avait plus de 20 ans quand les chinois l’ont persuadé de trahir son père adoptif, sous la promesse qu’ils le reconnaîtrait comme « Roi des H’mongs » ; il leur a donc indiqué la cachette de son père, qui a succombé après s’être battu comme un tigre et avoir failli rompre l’encerclement ; bien entendu, les chinois se sont ensuite débarrassés du fils.

Même maintenant, Chao Quand Lo est une légende parmi les H’mongs, à l’instar de son ancien lieutenant Van Pao. Ce dernier vit dans une ferme du Montana et a été récemment mis en prison pour ‘activisme’, vu qu’il protestait contre l’épouvantable massacre des H’mongs du Nord Laos, à coup de bombes, napalm, et gaz asphyxiants. Ca doit être pour le remercier des immenses services qu’il a rendus aux américains pendant la Guerre du Vietnam !

Hélas, je n’ai pas pu y arriver. La route est absolument épouvantable à partir de Si Ma Cai, et débouche sur la large vallée encaissée de la rivière Song Chay, où un grand viaduc en béton est en construction ; j’aurai pu traverser en bateau, mais il y avait encore 18km à faire. Prévu dès que le pont est fini, en passant une nuit à Si Ma Cai. Du coup, je suis retourné sur la piste de Ta Van Chu, aussi émerveillé que le 1er jour.

Les hôtels et restaurants de Bac Ha

- Le Cung Fu, tout neuf, et que je n’ai pas visité (pas eu le temps). Il parait qu’il est bien aussi, mais il donne sur des terrains vagues utilisés le jour du marché pour la foire aux animaux : buffles, chevaux, chiens, et oiseaux.

- Budget : Le Ngan Nga, en face du marché. Aile ancienne avec des chambres correctes pour $10, et surtout patrons super sympas, mignonnes serveuses parlant anglais, et le meilleur restaurant de Bac Ha (terrasse sur la rue pour admirer les H’mongs Fleurs tout en se régalant). Il y a également une aile toute neuve avec des chambres à $20.

- Autre restaurant : le Hoang Nge, juste en face du Sao Mai Hotel, dans une jolie maison en bois avec petite terrasse. Le patron, M. Ngeh, se présente comme l’Office du tourisme de Bac Ha. Il vous fait les résas de train et de bus, notamment le Bac Ha-Lao Cai -50 000 dong : 9h, 12h, 14h 9 (prendre ce dernier pour le train de nuit Lao Cai-Hanoi, mais il y a 4 heures rasantes à passer à Lao Cai avant de se battre à la gare. Taxi : $40).

Je vous signale qu’il y a un bus de nuit tout moderne Bac Ha-Hanoi (180 000 dong) qui part à 21h dans les 2 sens.

Une curiosité à voir à Bac ha : le « château » du Roi-Chat (Vua Meo). Contrairement à ce qu’écrivent le LP et le Routqrd, il n’a pas été « construit par les français pour complaire au chef H’mong Hoang A Tuong » (ils n’ont pas dû lire les explications en anglais hilarant), mais par ce dernier, un Tay, après avoir hérité de la fortune de son bandit de père, Hoang Yen Chao. Celui-ci, ayant compris qu’il y avait de gros sous à faire dans le coin, a acheté des terres qu’il faisait cultiver par des ouvriers agricoles H’mong Fleurs exploités à mort, et s’est lancé dans tous les trafics possibles et imaginables, dont les armes et l’opium. Le fils s’est fait construire ce grand palais baroque de plus de 10 000 m2, très bien restauré et en passe de devenir un musée local (entrée gratuite).

A faire absolument : du trekking fantastique dans la région

M. Ngeh, le propriétaire du Hoang Nge, organise des treks super de 1, 2 et 3 jours, sur les pistes que j’ai faites en moto.Pour 1 jour, je recommande le Bac Ha-Lung Phin-Ta Van Chu ; pour 2 jours, le Bac Ha-Ta Van Chu-Lu Than en semaine et le Bac Ha-Can Cau-Ta Van chu-Bac Ha le samedi (pour le marché de Can Cau). Il organise aussi au départ de la gare de Lao Cai un trek époustouflant de 6 jours dans toute la région. Pas facile à organiser, donc, me contacter si ça vous intéresse.

Pour aller à Bac Ha

- Train de nuit Hanoi-Lao Cai, puis bus public Lao Cai-Bac Ha (ou vous louez une moto chez M. Hai)

- Bus de nuit tout moderne Hanoi- Bac Ha (180 000 dong) qui part à 21h dans les 2 sens. Attention: ce ne sont pas des couchettes, mais des sièges inclinables

- Bus Sapa-Bac Ha (ou excursion organisée pour le marché du dimanche, départ de Sapa 7h30)

Je vous signale également que la route qui mène de Lao Cai à Coc Ly (marché du mardi, renommé mais il parait que ça ne vaut pas le détour) est fermée pour cause de construction de barrage (tout le Nord du Vietnam se couvre de barrages : Sonla, Lai Chau, Coc Ly, Ha Giang, etc.) ; le seul moyen d’y aller est de remonter jusqu’à 1km de Bac Ha pour redescendre ensuite 27 km jusqu’à Coc Ly.

MINH, MON CHAUFFEUR DE 4X4 AU VIETNAM DU NORD De tous les moyens de visiter un pays aussi beau que le Vietnam, mais où les routes sont souvent aussi infernales que les bus locaux, le mieux, si on a les moyens, c’est la 4x4 avec chauffeur. J’ai fait une dizaine de voyages (y compris 5 de plus de 15 jours) avec un chauffeur extraordinaire qui est devenu mon ami, Minh. D’une parfaite éducation, très serviable, extrêmement prudent, il n’hésite pas une seconde à prendre les petites routes et à s’arrêter où vous voulez, quitte à arriver plus tard à la fin de la journée. En plus, il commence à bien se faire comprendre en anglais et apprend rapidement le français. Sur la demande de nombreux lecteurs de ces notes, je me suis mis à leur élaborer des tours époustouflants empruntant au maximum les petites routes que j’ai parcourues avec Minh, juste pour rendre service.

ATTENTION: Minh n'est pas un guide: il vs emmène partout où il faut aller + les coins qu'il connaît qui ne sont pas dans les bouquins + ceux que j'ai découverts (je vois une petite route a droite que mon grand nez de bourlingueur invétère sent être intéressante et hop, mon Minh tourne à droite sans discuter; j'ai découvert des trucs super comme ca!), mais il ne vs explique pas les musées et les histoires d'Ho Chi Minh. Sa voiture est une 4x4 Mitsubishi Pronto qui peut emmener 5 passagers à l’aise.

PRIX

La Jeep appartient à Minh, donc c'est moins cher que par une agence sérieuse. Se méfier des prix d’agences trop bas, à 40-70 dollars/jour ; les chauffeurs en font le minimum, car, pour faire tout de même des profits, ces agences les les chauffeurs une misère alors qu’ils se sont endettés jusqu’au cou pour acheter leur véhicule et paient tous leurs frais, hôtels et restaux compris, et elles vous mettent dans des hôtels et restaux qui commissionnent, donc souvent pas les meilleurs.

Les prix de Minh dépendent du kilométrage total et surtout des difficultés de la route (pour faire Cao Bang-Ha Giang, 220km en 11h, ce n’est pas le même prix que pour Hanoï-Tam Coc). Compter $70-80 par jour pour des itinéraires faciles (Tam Coc, Halong City) et $90/jour pour les grands tours dans le nord (Ha Giang, Hanoï-DBP-Laichau-Sapa, etc.) où de longues portions de route sont des enfers sur lesquels la moyenne est 30km/h (mais les paysages extraordinaires), et où 8 heures ou plus de conduite très éprouvante pour le chauffeur est la norme.

Le prix inclue la Jeep, l’essence, et tous les frais de Minh (hôtels et repas). Il n’inclue pas vos hotels, repas, et entrées aux monuments et parcs nationaux. Vos frais sont minimes : $15-20 la chambre ($30 dans une 3 étoiles comme le Cong Fu à Bac Ha), $5-8 par repas, donc le tout fait une moyenne raisonnable pour des tours hors du commun.

MARCHE A SUIVRE

Minh parle assez anglais –et prend maintenant des cours de français- pour se faire comprendre, mais pas assez pour discuter itinéraire et prix. Vous m'envoyez donc votre itinéraire par en message privé (si vous êtes sur un Forum) ou en e-mail. S'il me paraît OK, je vous donne le prix. S'il ne me paraît pas OK, ce qui est la plupart du temps sauf avec les touristes qui savent que la moyenne en montagne est de 30km/h- je vous explique pourquoi et vous fais des suggestions. Quand on est d'accord sur le trajet, je vous donne le prix. Dans les 2 cas, une fois le prix accepté, je vous fais toutes les résas hôtels, QUE VOUS PAYEZ VOUS-MÊME, donc pas de commissions cachées.

PAIEMENT

Vous payez Minh en totalité, en dollars US, euros ou dongs à votre choix, lors de la réunion que j’organise entre vous, généralement à votre hôtel, 1 ou 2 jours avant le départ, pour vous le présenter et revoir en détail l'itinéraire.

Ci-après des messages reçus de membres à qui j’ai recommandé Minh :

1) Bonsoir jacques, je suis Murielle, celle qui est partie avec mon ami Gilles au Vietnam. Je tenais vraiment à te remercier pour la belle rencontre que nous avons eue grâce à toi: Minh! Gilles et moi étions de la même génération que lui, et nous avons vraiment super bien accrochés ensemble ; même si notre communication orale était limitée, nous n’avions pas besoin de blablater pour comprendre ou sentir les choses. Merci à toi.

2) Le voyage avec Minh s'est très très bien passé : Minh est adorable (super conducteur, attentif à nos attentes, toujours prêt à rendre service!!), les paysages étaient magnifiques et les gens super sympas. Les points les positifs : > Le fait que Minh s'arrête dans les villages sur la route, ça permet de discuter le bout de gras (enfin surtout avec les mains) avec les habitants et plus généralement (mais je l'ai déjà dit)

> Sa gentillesse et le confort de sa voiture (on tient à 5 sans problème avec les bagages). J'espère d'ailleurs que nous ne l'avons pas fait trop souffrir à parler tout le temps dans la voiture, à vouloir faire des pauses pipis tout le temps, etc...

Minh continue d'apprendre le français : on s'est relayé pour lui filer quelques cours puis on lui a offert notre dico franco-viet du Lonely Planet ... Au rythme où il progresse et avec la volonté qu'il y met (il nous rappelait à l'ordre quand c'était l'heure de la leçon!!!), il est bilingue dans un an !!!

Dans tous les cas merci pour nous avoir mis en contact avec Minh, je recommande sans problème ses services si tu as besoin de recommandations auprès de nouveaux clients!

3) Minh est fantastique. Il s'arrete partout ou il y a quelque chose d'interessant, y compris de nombreux endroits non signales dans les guides, et il est d'une patience angelique avec ses passagers, meme quand ils veulent s'arreter sans arret pour prendre des photos. Nous avons surtout apprecie qu'il ne "fasse pas la course" pour arriver le plus tot possible a l'hotel, comme le font les autres chauffeurs (nous avons rencontre plusieurs personnes qui se plaignaient de ça). Always in a good mood and highly helpful. Thank you jacques for a beautiful encounter !

4) bonjour

de retour de notre voyage et nous tenions a vous remercier pour ce periple dans le nord qui fut merveilleux et surtout l'accompagnement de minh qui est un excellent chauffeur car les routes et je dirai des chemins completement defoncees n'a jamais rebrousse chemin tjrs delicat etc... toujours la pour nous satisfaire s'arrete a tout moment pour que nous faisions des photos fait egalement role de guide nous a appris beaucoup de choses tjs dans l'objectif de nous satisfaire;dans le respect que nous le comprenions et minh est avive de comprendre le francais enfin c'etait merveilleux et nous avons eu du mal a nous quitter. encore merci et croyez moi je ferai de la pub pour lui aupres des personnes qui envisagerons de voir ce pays. marie noelle

5) Bonjour Jacques. J'espère que tout va bien pour vous et que vous avez bien profité de votre escapade à Bac Ha. Nous sommes tout juste de retour en Europe. Nous avons fait un super tour avec Minh, vraiment ! On s'est bien entendu avec lui, il est très à l'écoute de ce que nous voulions faire mais sans rien imposer, c'était parfait! Nous repartirons sans aucun doute avec lui et le recommanderons à nos amis.

. PS1. Je tiens bien à préciser que je ne suis pas une agence ou autre « commissionnaire » (je suis conseiller en marketing international et traducteur expert français-anglais). Je ne fais tout cela que pour le plaisir d’aider mon ami Minh, et de me faire des amis parmi ceux qui m’écoutent.

PS 2. Si vous voulez un guide parlant français, j’en connais plusieurs excellents. Compter $30-35 par jour. Je n’en ai toutefois jamais vu l’utilité.

ADDITION FEVRIER 2011 : LA VILLE IMPERIALE DE HUE

Je viens de passer 9 jours à sillonner Hué et les alentours en vélo et moto, donc voilà un petit rapport. Certains écriront peut-être « trop de touristes » ; c’est vrai qu’il y en a beaucoup, et pour une bonne raison : comme Halong ou Angkor, c’est unique au monde, en tout cas pour ceux que la Culture en général et l’Histoire en particulier intéressent. De plus, c’est comme partout ailleurs : il y a les « Incontournables » et tous les très beaux sites où personne ou pas grand monde ne va par manque de temps ou fainéantise.

Première impression un peu décevante. On arrive dans la « Ville moderne », sans charme à part l’avenue Le Loi longeant la rivière des parfums ; de l’autre côté de la rivière, on voit surtout d’immenses panneaux publicitaires pour la bière locale HUDA (délicieuse) et autres. Heureusement, c’est tout de suite compensé par le sourire et la politesse des locaux – qui changent agréablement de Hanoi - et par la fameuse légende –qui n’en est pas une – comme quoi les filles de Hué sont les plus belles du Vietnam ; on dit que c’est parce que beaucoup d’habitants sont des descendants des familles impériales et aristocratiques, ce qui est sûrement vrai : le seul empereur Ming Mang avait 30 femmes, plus de 300 concubines –sans compter les maîtresses occasionnelles- et a reconnu 142 enfants, qui ont tous fait des petits. En tout cas, que de beautées !!!!!!

Hué se visite en 2 jours pleins minimum, 3 si vous voulez vraiment voir les sites plus éloignés comme le mausolée de Gia Long. J’ai passé le 1er jour de visites dans la Cité impériale, en partie détruite par les français en 1947 et les américains pendant le Têt 1968. Elle est entourée de douves, et j’ai pu constater hélas que la bonne habitude viet de balancer des ordures partout est aussi vivace à Hué qu’ailleurs. C’est vraiment désespérant ! A part ça, cette Cité devait être fantastique avant. D’ailleurs, à l’intérieur gauche du Palais du Trône, un écran géant présente d’une façon remarquable la reconstitution de l’original ; je vous conseille de le regarder avant de commencer la visite, qui prend 3 bonnes heures. Des hôtels de Le Loi, il y a un bon kilomètre et demi pour accéder à l’entrée, la magnifique Porte du Midi (rien que le pont fait 400 m de long) ; la bicyclette est parfaite pour ce jour-là ($1 à $1,50/jour dans tous les hôtels). Après la visite, baladez-vous dans les rues de la vieille ville, c’est très sympa. Beaucoup de restaurants de rue, et quelques restaux-jardins, comme le célèbre Y Tao (3 rue Thach Han – Patronne francophone), où on mange d’ailleurs fort bien (à la carte et menus fixes $10 et $15). Vous longez ensuite en vélo les berges de la rivière pour aller voir la pagode Thien Mu (beaucoup de touristes font la descente en bateau) et vous « poussez » jusqu’au Temple de la littérature, qui n’a rien à voir avec celui de Hanoi : une porte d’entrée et 2 longue galeries qui abritent les stèles sur tortue habituelles listant le nom des mandarins diplômés.

Le musée des Beaux-Arts , qui a déménagé dans l’ancien palais de Bao Dai sur Le Loi (le palais originel dans la vieille ville est fermé pour restauration), est très décevant par rapport aux richesses culturelles de la ville. Par contre, le marché de Dong Ba est super !

Le (ou les) jours suivants, visite des « tombeaux ». Plusieurs possibilités :

- Le tour en bateau, mais vous ne verrez que les « incontournables » Khai Dinh/Tu Duc/Ming Mang ;

- En solo en bicyclette (même remarque – compter 30 km et ça grimpe parfois) ;

- Louer une moto sans chauffeur ($5/jour dans tous les hôtels), mais il faut savoir que rien n’est indiqué, sauf à de rares exceptions près, donc, c’est souvent très difficile à trouver dès que vous sortez des principaux sites ; tout les professionnels du tourisme local râlent depuis des années, mais les « Autorités » ne bougent pas - dixit le Directeur d’un hôtel de grand luxe que j’ai visité

- Ce que je recommande pour les gens ‘pressés » : louer une moto avec chauffeur par une agence, en précisant où vous voulez aller en plus des incontournables.

En fait de « tombeaux », fausse appellation, ce sont des mausolées, grands complexes (celui de Gia Long couvre plus de 3000 ha), avec murailles, pagodes, temples, lacs, etc. et …. un tombeau ; certains (Tu Duc, Ming Mang) ont même servi de résidence occasionnelle à l’empereur jusqu’à sa mort. C’est de la mégalomanie avec un grand M, qui a coûté des fortunes et des rivières de sang (3 révoltes d’ouvriers réprimées avec une extrême violence pour la construction de celui de Tu Duc, qui a eu le culot de baptiser le temple principal « Palais de la modestie »). Certains sont fermés pour cause de restauration (Dong Khan au sud de Tu Duc, Thieu Ri au sud de Dong Khan). Mon préféré : Ming Mang, pour les somptueux paysages qui l’entourent ; après, c’est Gia Long, mais pour y aller, c’est une galère : 4 heures de bateau ou la moto –Aucune indication quelle qu’elle soit !. Dans tous ces lieux, c’est 55 000 dong pour rentrer + 5 000 pour garer la moto ; quand on les fait tous comme moi, ça finit par coûter cher !!!!

Pour ceux qui ont le temps (3 jours), voilà une superbe balade à faire en moto (avec ou sans chauffeur) : longez la rive droite de la rivière et arrêtez-vous au passage à 2 charmants endroits sans touristes (gratuits) : l’Arène aux tigres (Ho Quyen), où les empereurs organisaient des combats entre un tigre aux griffes limées et attaché à une longue corde, et un éléphant, qui gagnait à chaque fois, sauf 2 –le tigre a cassé la corde- donc, 100 m plus loin, le très charmant petit temple Voi Ré est dédié aux 2 seuls éléphants vaincus. Continuez plein sud sur Huyen Tran Cong Cha, à travers la campagne, et vous arrivez en-dessous du grand pont neuf qui traverse la rivière. Vous suivez la rivière, traversez un village et, au bout, une petite pancarte manuscrite à droite indique « Boat for Gia Long » (incroyable mais vrai, c’est la seule indication entre Hué et le tombeau !!!!) ; vous traversez un des 2 bras de la rivière avec la moto sur le bateau (le tombeau est dans une péninsule) ; de l’autre côté, vous prenez à gauche et traversez sur 3-4 km un charmant paysage de bananiers et petites maisons qui rappellent beaucoup les îles du delta du Mékong ; au milieu d’une large rizière, prenez à droite au coin d’un « bar » et vous arrivez dans le complexe de Gia Long (si vous pensez être perdu, vous dîtes juste zia long et on vous pointe la direction du doigt).

Pour revenir, avant le pont, vous tourner à droite et arrivez au tombeau de Khai Dinh, à l’extraordinaire décor intérieur très « kitsch ». Petite parenthèse pour les historiens : plusieurs documents récemment trouvés prouvent que le dernier empereur, Bao Dai, n’est pas, comme il est écrit partout dans les histoires officielles, le fils de Khai Dinh, impuissant, par sa concubine No. 3, Tu Cung, mais le fils de cette dernière et du duc Huong D, probablement en accord avec Khai Dinh pour « assurer la descendance ».

Comme toujours, il y a un tas d’endroits très beaux et rarement ou jamais visités par les touristes, les agences se contentant du circuit Cité impériale/bateau sur Thien Mu/Mausolées Tu Duc-Khai Dinh-Ming Mang/Point final. En plus de Gia Long évidemment, où personne ne va, le mausolée de Thieu Tri, la pagode de Tu Hieu (où vivent plus de 80 moines), les 9 blockhaus français de Chim Ham, transformés en une effrayante prison par le régime Diem, l’immense et moderne temple de la princesse Huyen Tran (impressionnant de taille, mais sans charme), tout cela relié par de petites routes de campagne bien sympathiques. A voir, mentionné dans aucun guide –donc pas de touristes : 300 m avant le mausolée de Tu Duc, un panneau bleu à droite indique Belvédère Van Canh. On arrive au sommet d’un monticule au milieu d’une pinède, « couronné » par 4 blockhaus, 3 français et un américain, du haut duquel on a une vue magnifique de la vallée de la Rivière des parfums et des montagnes avoisinantes. Que ce très bel endroit ne soit mentionné dans aucun guide est un mystère !!!!

Le pont Than Hoa, le seul vieux pont couvert du Vietnam avec celui de Hoi An, est suprêmement élégant, mais c’est aussi toute une histoire pour y aller, vu qu’il n’y a aucun panneau indicateur. Prendre la Route No 1 (panneaux « QL1 ») sur 4 km, jusqu’au bout du parapet de sécurité médian (immense panneau publicitaire « HUONG THUY » sur votre droite) ; juste après le bout du parapet, prendre la petite route à gauche, qui traverse les grandes rizières, et tourner à gauche à la fourche (petit panneau « Thien Toan »).

Je suis allé par curiosité à l’interminable (plus de 40 km) plage de Thuan An (13 km de Hué) ; curieusement, je n’ai repéré aucune nha gni sur la plage. Par contre, un 5 étoiles de la chaîne Ana Mandara vient d’ouvrir ; je ne vous dis pas les prix, mais, pour ceux que ça intéresse, une bonne nouvelle : pour toute l’année 2011, c’est plus que moitié-prix, donc vous pouvez avoir une très grande chambre luxe pour $65 et un immense duplex de 200 m2 pour $85.

J’ai aussi fait une journée de moto AR pour arriver à la frontière du Laos, à A Luoi (63 km de Hué par une belle route traversant la Cordillère annamite). C’est la capitale de la minorité des Co Tu ou Ka Tu, une curieuse tribu à la peau plus foncée que la « normale », et qui pratique encore l’achat de la femme, ce qui permet aux plus aisés d’être légèrement polygames. A Luoi est sans charme, allongée au bord de ce qui est maintenant l’Autoroute Ho Chi Minh, un des plus grands travaux du monde, destinée à désenclaver tout l’intérieur du Vietnam de Saigon (Route 13) à 2)29 km au sud de Son Tay (28 km à l’ouest de Hanoi) ; c’est l’autoroute que vous traversez quand vous allez de Mai Chau à Tam Coc. La ville est dans une grande plaine de rizières qui rappelle étonnamment celle de Dien Bien Phu. Grand point de passage de la Piste Ho Chi Minh, l’armée US y avait une base et les montagnes alentours ont été le théâtre de féroces batailles, dont celle de la fameuse Hamburger Hill ; voir l’effrayant film américain du même nom, qui provient du fait que les marines se sont faits hachés menu pendant 3 jours et 3 nuits ; comme pendant toute la Guerre du Vietnam, des centaines de morts et de blessés pour rien du tout, les Viets ayant simplement déménagé de colline après une victoire US très chèrement payée. Il y a évidemment des tunnels vietcong, ceux de Lam Son. Une agence de Hué, Responsible Travel Group, organise un tour dans le coin (village Co Tu et la Hamburger Hill – Tour RTG 06)

Ne reste plus qu’à vous raconter les hôtels et restaux. J’en ai visité beaucoup, et voici mes préférés (subjectif bien entendu !). Pour s’y retrouver dans les adresses, se souvenir que les ruelles latérales s’appellent non pas ngo comme à Hanoi, mais kiet, et que l’adresse 66/7 Le Loi veut dire le No 7 de la ruelle No 66, qui prend au coin du No 66 de l’avenue Le Loi.

- Dans le « Rue des guest-houses » (Kiet 66 Le Loi) : en 1 étoile, le Hoang Huong (66/2 Le Loi) est impec, avec des chambres-dortoirs en bas à $3 le lit (donc moitié moins cher que le Hue Backpackers Hostel) et des chambres lumineuses sur balcon à $10. Une des 2 patronnes était prof d’anglais et la 2e baragouine le français, donc pas de problème de langue.

En 2 étoiles, je recommande fortement l’Impression Hotel (66/7), au fond d’un jardin avec une belle piscine toute neuve : $10 pour les chambres sans balcon, $15 avec balcon sur le jardin, et $20 pour de grandes chambres avec 2 grands lits. Petits-déjeuners à $2 dans le restaurant-terrasse.

En 3 étoiles, le Phuong Hoang, en face du Hoang Huong, est impec : $10 sans balcon, $25 avec balcon, $30 pour une grande quad.

- Pour les fortunés, le Huang Giang est très bien pour des prix somme toute raisonnables pour la qualité, la Résidence est aussi somptueuse que les prix (de 260 à 612$), et le Pilgrimage Village de la chaîne Vandana, sur la route de Ming Mang, hors de prix également.

- Dans la rue parallèle à la Kiet 66, celle des restaurants (Pham Ngu Lao), l’Asia Hotel est le meilleur 3 étoiles de Hué : superbes chambres (il y a même un coffre-fort électronique dans chaque), très bon restau avec terrasse sur la rue, le Caramel, spa au rez-de-chaussée, et surtout, au 7e étage, une grande salle de petits-déjeuners également très élégante et piscine surélevée dont tout le côté extérieur est grand ouvert, donc superbe panorama de tout Hué. C’est plus proche d’un 4 étoiles que d’un 3 ! Prix (très « négociables », une VF vient de payer $37 pour la chambre à 60 !!!!!) : Chbres de luxe $60, Executive de luxe vue ville $80, Executive de luxe vue rivière $90, Suites junior (salon et baignoire jacuzzi) vue rivière $110.

Dans la même rue, le Hue Backpackers Hostel (même société que les Hanoi Backpackers Hostels). 10 Pham Ngu Lao St. Tél. 054 382 65 67 hue@backpackershostel.com . Chambres à 6 et 10 lits à $6 le lit. Bar (très fréquenté et bruyant le soir !!!)-restau sur rue.

- Quelques nha ngi dans la vieille ville. Le Thanh Noi, 57 Dang Dung, est impec, avec jardin et petite piscine, dans un bâtiment colonial + petits pavillons dans le jardin, où se trouve aussi le restaurant Imperial Garden. Chbres standard à $22, supérieures à $25, deluxe à $30 et 1 suite à $50. Ce n’est pas loin d’être mon préféré.

Je vous signale également la maison d’hôtes Villa Bella Garden, dans une petite rue calme (15/131 Tran Phu, près du petit tombeau de Duc Duc), tenue par M. Tran Van Hoang, très célèbre à Hué comme guide-historien complètement francophone, et sa charmante femme. Puits de connaissances sur Hué, il donne à ses clients un petit livre qu’il a écrit racontant des histoires inédites des empereurs Nguyen (en vente partout), ainsi qu’un fascicule sur les monuments à visiter, également remplis d’anecdotes historiques. A cause de son âge, il ne fait plus guide que pour ses clients et la Cité impériale ($25 pour la journée). $15 pour chambre standard, $25 avec balcon sur jardin, et grande chambre 3 pers. $30 et 4 pers. $40 (plus pt-déj. $1,50).

Nombreux restaurants dans la même rue Pham Ngu Lao : la Carambole (élégant - $4-6 le plat), Ushi (moins cher et très bon), Little Italy (au bout de la rue, très bien car plats bons-très copieux-pas cher), Little Saigon, Why Not, etc. J’ai mal mangé au restaurant hindou.

Hué est célèbre pour ses restaurants-jardins. Outre le Y Tao déjà cité, je recommande le Biet Phu Thai Nhi sur Thon Cu Chanh, et surtout 2 restaurants dans le quartier ultra-chic de Kim Long sur la rive gauche de la rivière (c’était le quartier des aristocrates du temps des empereurs ; superbes villas cachées !) : le super-luxueux Ancient Hue sur Kim Long Kiet 104 (pas cher pour le cadre somptueux, avec des menus à $15/18/22/27), et surtout le Vin Thu, impossible à trouver car aucune indication (tourner à droite au No. 12 sur Nguyen Phuc Nguyen, le prolongement de Kim Long : le restaurant est au fond de l’impasse, sans panneau) ; vous êtes reçu par une vraie descendante impériale (la grande classe !), qui vous sert chez elle ce qui est paraît-il une des meilleures cuisines du Vietnam, pour $35 menu fixe ; célèbre parmi « les Initiés », donc réservation 3 ou 4 jours à l’avance indispensable, hélas pour moi qui s’y est pris trop tard.

Côté vie nocturne, c’est le désert ! Tout le monde se retrouve au bar du Backpackers Hostel, et ensuite au Bar DMZ au coin de Pham Ngu Lao et Le Loi ; ça fait pas lourd pour les fêtards !!!! Le DMZ a aussi une agence de voyage pour ceux qui ne veulent pas s’embêter, avec des tours en groupe d’une journée Cité impériale et Thien Mu ($7,50 + entrées), les tombeaux en bateau ($5) et la DMZ (les tunnels de Vinh Moc etc. $12.50 + entrées).

Je vous rappelle que pour ceux qui font d’abord le Nord, le « truc » à faire est de terminer le Nord chez la belle Loan à Tam Coc et ensuite de prendre le train de nuit Ninh Binh-Hue (Loan vous fait la résa) ; Départ 22h40, arrivée à Hué vers 10h ; 550 000 dongs couchettes molles.

Voici quelques prix de transport à partir de Hué :

- En train : $5 pour la plage de Lang Co, $6 pour Danang, $28 pour Nha Trang, 38 pour Saigon (départ 19h07, arrivée Saigon 15h05).

- En bus : $5 pour Danang/Hoi An. En couchette, Nha Trang 30$, Saigon 1 stop $30 / 2 stops $34 / 3 stops $36. Bus de jour Savanhaket $20 et Vientiane $27.
Inde - Cartes postales
by Thartampion · 2009-09-03 · 55 replies
Inde : Cartes Postales

premier mois

Delhi Un petit clin d’œil de Bharat Mata pour mon arrivée : dans Paharganj, des tambours se font entendre, puis quelques cuivres ; c’est pourtant pas la saison des mariages, si ? Intrigué, je zigzague à travers la rue principale, évitant vaches, bouses, rickshaws et « you remember me my friend ? » (yes, i remember you my friend! last time you gave me this fantastic kurta for only 20 rupees!-grands sourires…) pour aller voir la cause de tout ce raffut…sur un char, deux trônes richement décorés portent deux enfants, l’un en Shiva, d’un sérieux à toute épreuve, tenant fermement son trident, l’autre en Parvati, saluant les passants ; tout de suite après, un deuxieme char, et des gamins qui distribuent des bananes-prasad, suivi de l’orchestre puis d’une cinquantaine de femmes dans leurs beaux sarees, toutes portant un pot sur la tête..quand, fatigués de les suivre, je m’arrête pour demander à un vieil homme la raison de la procession, il m’explique que tous reviennent d’Haridwar avec de l’eau du Gange, qui va être versée sur le lingam de leur temple. Haridwar étant mon prochain arrêt, je prends ça comme un bon présage !

Delhi-Bienvenue ! Une heure du mat, le taxi me dépose à l’hotel recommandé dans tout les guides pour son sérieux et ses prix ; fatigué de ma nuit blanche à Charles de Gaulle et du trajet en avion, j’entre dans la chambre réservée à l’avance par internet, bien content de pouvoir poser mon sac et impatient de me vider un seau d’eau froide sur la tête ; je récupère la clé, et une fois seul, j’entre dans la salle de bains (que, dans ma grande et naive confiance, je n’ai pas vérifiée) pour découvrir de la merde partout, mais vraiment partout, et pas une goutte d’eau..j’éclate de rire, me voila revenu au niveau zéro du touriste en Inde, c’est ma faute, j’aurais du vérifier !

Haridwar- Small world Une heure et demie de bus depuis Dehradun, en plein après midi, après avoir perdu subjectivement bien 10 litres de flotte, j’ai trop chaud…une seule envie en arrivant, trouver un hotel et aller me baigner direct ! Je pose mes bagages dans le cinquieme ou sixieme hotel, prend ma serviette, direction les ghats.. traversée du pont à Vishnou ghat, de l’autre coté je me trouve une petite place sur les marches, me désape et hop ! dans l’eau ! elle est fraiche, haute, et le courant très rapide ; je lache la barrière et me laisse porter par le Gange sur une centaine de metres, revient, recommence, ah que c’est bon ! et quel plaisir de retrouver cette ville et ce fleuve !

Puis, une fois sec, je reprends mon sac, m’aprete à partir, quand je vois, debout sur un banc, un vieux baba couvert de cendres, ses dreads touchant le sol, une belle barbe blanche, qui me fait signe ; « Ananda ? » « Bahut ananda ! » Apres un petit moment de discussion, on se rend compte que l’on a une connaissance en commun, et à partir de là…je suis complètement pris en charge ; le baba m’envoie avec un de ses amis faire le tour des temples de la ville, je n’ai pas le droit de payer le rickshaw, ni même les quelques roupies d’offrandes dans les temples ; je découvre des ghats dont je n’aurais jamais soupçonné l’existence si j’avais été seul, des ghats privés et d’autres pour lesquels il faut prendre des petites ruelles très étroites, passer sous de petites voutes, pour enfin se retrouver dans un calme et une tranquillité qui contrastent avec l’agitation permanente de la ville..un régal

Manali blues Manali, et un resto au niveau du pont qui mène à Old Manali dans lequel je vais prendre mon petit dèj…au bout de quelques minutes, la musique s’allume, Britney Spears… Manali, Hello my friend come in my shop, Manali “hello Saffran”, Manali, continental food et expresso coffee, Manali et les cernes sous les yeux d’israéliens hagards d’avoir trop fumé, Manali et « good morning sir » à une heure de l’aprem, Manali et toutes ces boutiques de fringues néo hippies, Manali roof top resto, Manali mini shorts/décolletés et « ho ces indiens ils sont teeeeellement gentils et souriants ! » - on est toujours gentil et souriant avec quelqu’un que l’on prend pour une grosse cochonne… (« mais tu sais, on est là pour faire évoluer les mentalités… » non, je sais pas, non..) Manali « no other bus to Leh » “sure? And local bus?” “local bus, yes, but…full of Indian people, you know…” “so what?????” Manali, si c’était pas pour aller à Leh…bon sang mais qu’est ce que je fous là!!!

Manali-Leh Dans le bus (local), quelques français, quelques israéliens, espagnols et une argentine, des familles indiennes, et ladakhies ; un petit vieux qui fait tourner son moulin à prière en répetant des mantras, à chaque passage difficile ou d’aspect dangereux-ce qui fait qu’on ne peut pas oublier la route ; dès que je commence à m’assoupir, le fait d’entendre tout d’un coup le vieux marmonner me réveille instantanément et me pousse à regarder le ravin par la fenêtre..sa peur est communicative ! Quelques checkpoints et pauses chai au milieu de nulle part, dans des décors surnaturels. Un bébé dans un hamac suspendu aux portes bagages ; à chaque virage ou secousse, le hamac balance dangereusement de droite à gauche, menaçant de cogner son contenu contre les barres métalliques ; un bras se lève de temps à autre pour retenir le hamac, il n’empeche qu’il se cogne plusieurs fois ; un dépassement à quelques millimètres du précipice, suivi d’applaudissements soulagés, qui reprendront dès l’arrivée à Leh ; de long passages sans goudron, des hauts plateaux (Sarchu…aaaah Sarchu !), des cheminées de fées immenses, à couper le souffle, des couleurs toujours changeantes Une des plus belle route du monde…

Pangong Tso – Le mystère des pigeons Trois ans plus tot, par manque de temps, je n’étais resté qu’à Leh ; mais je revais de voir ce lac, plus haut et plus grand d’asie, à la frontière tibétaine ; cette fois, pas d’hésitations, je pars à la recherche du permis ; après plusieurs tentatives infructueuses (les agences rechignent parce que je suis seul, ou veulent me faire payer des 500, 600 roupies) et une fin de non-recevoir au DC office, je trouve enfin une agence malhonnete qui accepte de me mettre sur la meme liste que d’autres touristes-que je ne verrais jamais- pour 150.. j’apprends également que je peux éviter la jeep en prenant un bus local ; seul hic, il n’y en a un que le dimanche, retour le lundi..pas si grave 4h du mat, rejoindre la gare routière dans la nuit, les chiens barrent la route, tout fous et excités, mais je maitrise le coup de la pierre à présent (se baisser, faire mine de chopper une pierre, les chiens abandonnent)… 8 heures et un trajet magnifique plus tard-et un enlisement dans une rivière de fonte-, l’arrivée au lac…c’est tout simplement magique, je ne peux pas repartir le lendemain ! je ferais du stop … Il me faut ma journée pour balader le long de la rive, seul au monde, juste le bruit des vaguelettes, et tout le long des lagunes toutes différentes, qui retiennent l’eau et lui donne à chaque fois une couleur différente, des langues de sables, et au dessus du petit village, une stupa, des drapeaux de prières qui claquent au vent, quelques cranes de yaks et quelques cadavres de bouteilles aussi (whisky, bien sur, meme ici), des goélands, et…des pigeons ! bah m…. alors, faire autant de kilometres, monter aussi haut pour retrouver ces rats du ciel ! J’aurais la réponse à ce mystère ailleurs, dans la vallée de la Nubra, ou je rencontre un ornithologue qui m’explique : « c’est normal, le pigeon vient des himalayas au départ ..c’est ceux d’Europe qui sont immigrés » Pardonnez mon inculture !

Panamik- Clandestin Après Diskit et Hunder, me voilà à Panamik, dans l’autre branche de la Nubra ; je décide d’aller jusqu’au pont qui mène au monastère, de l’autre coté du fleuve ; j’ai la journée devant moi, alors c’est parti pour la rando ! Seulement, en sortant de Panamik et en arrivant au niveau du pont, je m’arrete dans un petit magasin pour m’acheter mes clopes ; ici, un militaire en faction qui me demande ou je vais (les touristes n’ont pas le droit d’aller plus loin que Panamik) ; une fois le militaire rassuré, je repars ..et je l’entends qui me coure apres ! « sir, show me your permit », bien sur, sans probleme..je n’avais pas fais attention au permis, j’ai demandé une semaine, cela ne fait que 5 jours que je suis là…et là, surprise ! mon permis s’arrete aujourdhui ! « you have to go back Leh » Ben, pas de pont, et pas de balade alors; je quitte ma super guesthouse pour retourner sur Diskit, d’où, me dit-on, j’aurais plus de chance de stopper un camion ou une jeep (parce que forcément j’ai raté le bus) Diskit, 17heure, apres moult refus et de longues heures d’attente, j’abandonne ; tant pis, je prendrais le bus demain, quitte à m’expliquer au checkpost avec des yeux larmoyants histoire d’attendrir les vilains militaires ; le lendemain, pas de bus, j’avais oublié : la route n’est ouverte qu’un jour sur deux, pour éviter les croisements dangereux au col …bon, encore un jour illégal à Diskit, si j’avais su je serais resté une nuit de plus à Panamik, bien plus sympa Mais à Diskit, je rencontre 3 israéliens (des gentils) avec qui je joue ma place dans leur jeep au Jenga ; je gagne, une fois, le jeune veut rejouer, je regagne, et quitte avec eux Diskit le lendemain, plus riche de 75 roupies ! (ce sera mon seul jeu d’argent, faudrait pas que ça devienne une habitude) Au check post, aucun contrôle, j’aurais bien pu rester 10 jours de plus…

Sospol/Leh –Les abricots Neuf heures du soir : je le jure, si le repas n’est pas servi bientôt, je me mets à dévorer les abricots qui sèchent sur le toit ! Je n’en peux plus !

La cause de mon épuisement est cette tentative de Baby Trek avec un couple de français ; nous sommes partis le matin de Likir, après la cérémonie dans le monastère ; confiants (aucune raison de ne pas l’être : nous avons une carte) , nous prenons le petit chemin au départ du vieux village, puis rejoignons la route d’où nous prenons un premier raccourci qui descend jusqu’à la rivère ; de là, nous nous orientons grâce à la carte, décidons que nous sommes allés trop bas, et prenons ce que nous croyons être un raccourci en montant en ligne droite une grande pente caillouteuse/sableuse en face de nous ; en haut, pas de signe d’un quelconque chemin, mais on ne perd pas espoir et on continue, montons encore… après une heure, nous nous mettons d’accord : on s’est planté..mieux vaut revenir en arrière ; le couple redescend jusqu’à la rivière par une pente vertigineuse, que je ne me sens pas capable de prendre ; je fais donc un détour, qui me prendra une heure de plus, et toute l’énergie qu’il y avait dans mes jambes, parce que, quand on monte trois metres pour en redescendre deux, avec le sol qui cède sous chaque pas, la peur de tomber, un peu de vertige et le soleil qui cogne, ça vide..

Au moment ou je retrouve le couple, nous repartons par la route, en montant, mais tres vite je me rend compte que je ne peux pas les suivre : je m’arrête tout les dix mètres, essouflé, la tete qui tourne, envie de vomir..épuisé, je décide de faire demi tour, de descendre vers un village aperçu plus bas, mais meme en descente ça ne vas pas, il fait trop chaud, je m’allonge à l’ombre d’un gros rocher, me relève, répète l’opération cent mètres plus bas, puis, à ¼ d’heure du village, dans un état lamentable – plus d’eau depuis un moment- suis obligé de m’arreter dans une sorte d’école désaffectée pour attendre que le soleil tombe…

Arrivé dans le village, je vois un hôpital, je m’y engouffre en espérant trouver un lit, un fauteuil, n’importe quoi, mais il n’y a personne. Je continue de descendre, trouve, ô miracle , une petite guesthouse, il est 19 heure, rien mangé depuis ce matin, et ces abricots qui sèchent sur le toit… Lendemain matin, prendre le minibus pour Leh, déjà bondé avec des gens qui dépassent de la porte ; bon, ce ne sera pas mon premier trajet sur un toit ! j’arrive en haut, déjà cinq gamins sont là, sans compter une dizaine de caisses, il faut se serreer, et bien s’accrocher ! le trajet se passe en chansons, hindies et ladakies, et quelques frissons quand le bus passe 300 mètres au dessus de l’Indus…puis un des gamins plonge la main dans une des caisses, et y chaparde des abricots, bien murs , juteux et sucrés à souhait, qu’il distribue à toute l’équipe du toit…un régal, et une grande réserve de sourires !

Leh- Changspa or not Changspa ? Changspa, censément petit village tranquille qui prolonge Leh jusqu’à la Shanti stupa, blindé de touristes, de continental food, etc (cf Manali blues) ; sur les murs de l’école moravienne, les affiches de quelques enfants dans le cadre d’un projet appellé « go green », dont une montre Leh avant/après, avant, des champs, des forets, des enfants qui jouent…apres, des voitures, des hotels, les arbres coupés, et un couple de touriste, l’homme dessiné avec une casquette sur le coté et la clope au bec, la femme, blonde, avec un sac à shopping Une autre affiche et un enfant face à un gros hote qui crie « no place to play !» Et aussi « food we eat, not cement ! » Outre le développement spectaculaire (mais un mauvais spectacle) de Changspa, la ville de Leh, du moins l’axe principal, est infernale ; ça pue l’essence, le bruit des motos est incessant, beaucoup de traffic, plus un arbre…merci l’aéroport qui a désenclavé cette région du monde et permis l’afflux massif de touristes et de marchandises ! D’où le dilemme , entre dormir dans Leh meme et avoir le bruit, ou dormir dans Changspa et avoir les falafels etles « chocolete crossants »…finalement, à partir de la mosquée, en s’enfoncant dans les ruelles du vieux Leh, il y a une super guesthouse tenue par une famille adorable, et meme si à 5 heure du mat les chants boudhistes me réveillent, et meme si, 10 minutes plus tard quand j’essaie de me rendormir, c’est au tour du muezzin de faire son show, c’est un endroit super et très calme le reste du temps…

Leh- Krishna appelle La veille de la fête de l’indépendance, dans les rues de la villes, je me fais inviter à boire une sorte de sirop par des indiens ultra souriants ; puis, vingt metres plus loin, la meme chose ; qu’est-ce qu’il se passe ? c’est l’anniversaire de Krishna, me répond-on…et effectivement, quelques heures plus tard un cortège rassemblant les quelques rares hindous de la ville traverse Leh, à grand coups de chants dévotionnels, de cris et de danses frénétiques…les visages sont souriants, exubérants, heureux, les prasads distribués à chaque coins de rue, et quelques occidentaux se joignent , au grand plaisir des hindous, aux danses..cela fait trois semaines que je suis au Ladakh, je prends ça comme un appel à retrouver l’Inde (parce que vraiment, le Ladakh est un pays à part); c’est décidé, je repars demain !

les plus: Nebula Guesthouse, Panamik (Nubra Valley), de 150 a 300 rs la chambre, confortable, tres joli jardin et la famille est adorable

Old Ladakh Guesthouse, Leh: de 150 (dans la maison) a 300 (chambre tout en haut, vue panoramique sur le vieux Leh), charmante, de meme que la famille, et tres calme

Old Likir guesthouse, Likir, 250rs, petit dej et diner inclus, seulement deux chambres, situees sur le toit, assez grandes (trois lits) et tres confortables, de tres grandes fenetres ce qui laisse une vue fantastique sur les montagnes et la nourriture tout droit du jardin

Lala s cafe : dans le vieux Leh, un tout petit toit tres peu frequente, tres calme, et les deux soeurs sont en plus ravissantes

Manali Leh: Bus local toutes les heures chaque matin jusqu a 11 heures, 100 rs jusqu a Keylong, 475 de Keylong a Leh depart 4 ; 30du mat, splendide

les moins Namaskar hotel, Paharganj, Delhi: de la merde, plein partout, pas sympas du tout en plus de ca et Manali, Shiva s place: venir en Inde pour entendre du Britney Spears...quelle tristesse
Assistance avec une agence locale au Vietnam?
by Catounette · 2009-09-01 · 19 replies
bonjour!

Je fais appel à ceux qui font appel à une agence locale pour organiser leur séjour au Vietnam:

J'ai de bonne propositions de certaines agences ( on ne sait pas si c'est vraiment fiable et ça fait un peu peur qd meme!). Dans le cas où on concrétiserait ce circuit avec une agence, comment cela se passe t-il si il y a des problémes? ( rapatriement sanitaire , hopital ou tout simplement annulation de séjour?

Ces agences disent inclure les assurances mais comment cela se passe t-il vraiment?

Une agence française inclue aussi les assurances diverses ( si on paye pour ça ) et en principe en cas d eproblèmes , on fait appel à elle mais là-bas, ce n'est pas la meme chose!

alors pouvez vous m'éclairer chers forumistes expérimentés?

Connaissez vous l'hotel yen Nhi à Tam Coc, ? une agence me le propose et c'est un deux étoiles, merci de me donner des infos!
Carnet de voyage: Californie, Arizona et Utah en juin 2009 Partie 2
by Mokahlki · 2009-08-06 · 55 replies
De retour depuis 1 mois je continue a revivre quotidiennement ce voyage en enviant beaucoup celles et ceux qui sont sur le départ.

Cette deuxième partie de mon carnet de voyage est consacrée à ce que je considère maintenant comme étant les plus belles routes et les plus belles régions que j'ai parcourues dans le Sud-Ouest







Du pied de la montée du Moki Dugway, déjà évoquée, jusqu'à notre arrivée à Page 6 jours plus tard nous découvrirons une région réellement splendide. Paysages somptueux, calmes et reposants, loin des foules au moins en cette période de l'année.

Bryce Canyon bien qu'étant un peu plus fréquenté lors de notre passage nous a réellement séduits.

De plus l'ambiance si particulière, sereine et détendue des petites villes telles que Torrey et Escalante nous ont agréablement surpris. No-Stress et accueil sympa de rigueur.

Mes seuls regrets demeurent de n'avoir pas eu le temps de visiter Cathedral Valley, Coyote Buttes North et South. Ceci nécessitera donc de revenir dans ce fabuleux terrain de découvertes que constitue le sud de l'Utah et le nord de l'Arizona de part et d'autre de leur frontière.

De plus la visite de Kodachrome Basin, le passage à Grosvenor Arch suivis de la descente du Cottonwood Canyon Road pour arriver en soirée à Page nous ont contraint à renoncer à visiter Yellow Rock, White Rock, Toadstool et Wahwaeap Hoodoos pourtant en bordure de la route 89.

Je suis seul responsable de ces manquements, puisque j'ai préparé le Road Book, et j'ai donc expliqué à mon épouse que je prendrais toutes mes responsabilités. En guise de punition je me condamne à retourner très rapidement sur place afin d'effacer ces erreurs.

18 juin, En fin d'après midi nous quittons à regret Factory Butte car le ciel est bien gris et des coups de tonnerre se font entendre. Et puis il est l'heure de partir à la recherche d'un motel pour la nuit et d'un resto.

A l'approche de Fruita quelques gouttes de pluie nous attendent et c'est de notre voiture que nous contemplerons le Navajo Dome.



A quelques miles de Torrey nous passons jeter un premier coup d'œil sur Capitol Reef depuis Goosenecks Viewpoint situé à gauche de la route 24



Le soleil nous revient et nous reprenons la route de Torrey.



A l'entrée de la ville, un Best Western semble nous attendre. L'équipage menace de sédition, pas un café d'avalé depuis ce matin et les estomacs commencent à se manifester.

Nous nous arrêtons et je laisse au fond de ma petite tête l'idée de faire halte au Chuck Wagon.

Après nous être installés nous profiterons d'un coucher de soleil depuis la terrasse des chambres qui donnent sur l'arrière du motel.



Nous prendrons notre repas dans le cabanon situé en face de l'hôtel et pompeusement nommé Pizzeria. A oublier rapidement.

Ensuite petit tour à Torrey et visite de l'épicerie du Chuck-Wagon. Je jette un coup d'œil au motel, vraiment il à l'air sympa……….bon, une autre fois peut être.

19 juin, au petit matin nous sommes réveillés par tout un groupe de motard qui se prépare à rejoindre Mexican-Hat sur leur Harley



Au programme aujourd'hui, visite de Capitol reef et de la Scenic Road jusqu'à Egyptian Temple, grimpette du Cassidy Arch Trail, les Petroglyphs et la promenade de Hickman-Bridge.

Après un court arrêt à Fruita et son Visitor Center nous descendons la Scenic Road jusqu'au parking de l'entrée du Cassidy Arch trail.

Les enfants s'amusent avec un reste de boue dans le Wash



Après la récréation, il est 10h30 et le soleil se fait déjà bien sentir lorsque nous entamons notre ballade.



Le sentier grimpe régulièrement et sans grande difficultés. La vue sur la vallée est superbe et nous sommes quasiment seuls. Encore un dôme avant d'arriver sur l'Arch qui aurait servie de repaire au célèbre Cassidy. Il devait quand même avoir fait de sérieuses "bètises" pour devoir venir se planquer dans un coin pareil.





Il fait très chaud sur cette dalle rocheuse, pas un coin d'ombre et nous redescendons rapidement.

Retour à Fruita dans l'oasis de verdure pour notre pique-nique avant de reprendre la route vers Egyptian Temple.



Impressionnant et étrange et surveillé par une drôle de créature!



Il est l'heure de remonter vers la route 24 pour nous approcher des Petroglyphs et revoir en passant la toute petite école créée par les premiers fermiers Mormons.

Plein soleil, il est 16h00 et certains Petroglyphs sont difficiles a apercevoir depuis la passerelle en bois qui permet de les approcher.

Tiens un visiteur célèbre (homonyme ?) s'est permis d'orner ces magnifiques dessins d'un graffiti.

D'autres ont semble t'il prit ces représentations pour des extra terrestres et les ont copieusement arrosé de plomb !!





Direction Hickman-Bridge, belle ballade également qui commence en bordure de la route 24 le long de la Fremont River.

Arrivés sur le plateau nous contemplons longuement les amas de roches éruptives noires et le contraste qu'elles donnent au Navajo Dome/Knobs.



En face c'est la Pyramide !



Nous poursuivons notre chemin vers Hickman-Bridge quand nous rencontrons deux couples de Texans installés à l'ombre de deux petites arches/passerelles en bordure du sentier.

Nous engageons la conversation, le temps de se désaltérer, et nous comprenons rapidement que nous sommes en train de faire une bourde.

Les deux hommes avaient vendu à leurs épouses respectives ces petites arches comme étant le fameux Hickman-Bridge !!



Trop pressés de redescendre prendre une bière sans doute.

Heureusement pour nous les Texans ne sont plus (toujours) armés de nos jours et c'est en traînant les pieds qu'ils nous ont accompagnés jusqu'au pied de la vraie arche.



20 juin, nous prenons ce matin la direction d'Escalante et c'est à Torrey que nous quittons la route 24 pour la 12.



Sur le chemin nous visiterons le petit musée du Anasazi Indian State Park qui mérite le détour et quelques instants d'attention. Trop pressés de filer vers le point fort de la journée: Burr Trail si souvent évoqué avant le voyage.

Arrivés à Boulder nous obliquons vers l'est et entrons immédiatement sur cette route.

L'entrée est sympa, belle ferme avec en arrière plan une majestueuse Sand-stone.



Mais le temps n'est pas de la partie, quelques gouttes de pluie et un ciel bien chargé. Nous savons que la première partie du trail est goudronnée et nous décidons d'aller au moins au bout de ce tronçon.

Avant d'y accéder nous admirerons longuement une perspective du Long Canyon.



La traversée du Long Canyon est très agréable, aux parois abruptes succéderont bientôt des roches aux formes tourmentées de presque Hoodos.



Puis nous avons la visite d'une très jolie "Antelope" qui nous gratifiera de quelques bonds gracieux sur la route et dans les rochers avant de s'arrêter pour nous observer longuement.



La fin de la partie goudronnée nous amène dans un paysage qui rappelle quelque peu les monticules du Painted Desert entre Flagstaff et Gallup.



Une longue portion de piste assez monotone s'ensuivra avant que nous arrivions aux abords du Switchback et du point de jonction entre le Burr Trail et le Nottom Bullfrog.

Mais avant cela le décor prend des allures fantasmagoriques sous le ciel voilé.







Nous approchons les contreforts du Waterpocket et nous retrouvons finalement en haut du Switchback.



Nous nous répétons que cet endroit doit être fabuleux avec un grand soleil, le ciel bleu et la vue dégagée. Nous profitons quand même du paysage avant de descendre jusqu'au carrefour du Nottom Bullfrog.



Rien de bien périlleux dans cette descente.



Le ciel devient de plus en plus menaçant et nous abandonnons l'idée de poursuivre notre route vers le Lac Powell.

Nous rebroussons chemin et de retour à Boulder nous reprenons la 12 vers le sud pour Escalante par une magnifique route de crête sur laquelle nous arrêterons pour déguster un vrai café au Kiwakoffeehouse. Excellente adresse pour les amateurs de café.!



Nous nous installerons pour 3 nuits au Prospector Inn, choisi un peu au hasard et quelques instants après avoir posé nos valises nous ne regretterons pas d'avoir quitté rapidement la piste du Burr Trail. L'orage qui menaçait s'est enfin produit et ce sont des trombes d'eau qui se sont abattues dans les rues.



Dans la soirée un occupant du motel arrivera sur le parking, son SUV couvert de boue et nous dira avoir connu la peur de sa vie alors qu'il était dans les parages de Devil's Garden lorsque l'orage l'a surpris et que la piste s'est transformée en patinoire en quelques minutes.

Ca tombe bien, Devil's Garden et Hole in the Rock c'est demain pour nous !!

Repas au Cow Boy Blues, ambiance relax et Fajitas correctes.

20 juin, au réveil la météo est rassurante, soleil au rendez-vous et absence de nuages aujourd'hui.

Nous prenons la route de Hole in the Rock avec dans l'idée de visiter Devil's Garden et de nous promener dans les parages de Dry Fork / Slot Canyon et de Peek a Boo.

La piste est bien sèche malgré l'orage de la veille au soir et il ne reste qu'un peu d'eau dans le fond des Wash que nous traversons sans difficultés.

Arrivés à Devil's Garden nous passons beaucoup de temps a arpenter ce site, nous sommes seuls et nous profitons pleinement du paysage.



Au-delà des rochers aux formes spectaculaires j'ai bien aimé la petite promenade faite dans le canyon qui se trouve en contrebas de Devil's garden et ensuite la perspective sur ce même canyon une fois remonté sur la dalle rocheuse.



Poursuite de la piste qui au-delà de Devil's Garden se transforme en véritable tôle ondulée, ça secoue vraiment et pendant 2 ou 3 miles. Nous essayons tout, rouler à gauche, à droite , au milieu, lentement, plus vite……ça secoue toujours autant.

La piste se divise et nous prenons à gauche pour arriver après environ 2 miles au parking du Dry Fork.

Là nous sommes surpris car il y a déjà un dizaine de 4X4. Un pupitre métallique attire notre attention et nous y trouvons les permis de bivouac ainsi qu'une liste d'inscription pour les marcheurs de la journée. Disciplinés nous nous inscrivons avant de descendre vers les Slot Canyon que l'on devine de notre point de départ.



Nous parcourons quelques centaines de mètres dans le Slot, il y fait frais et le début du parcours est le plus impressionnant car les murailles sont plus élevées.

Nous avions l'idée de poursuivre par le Peek a Boo mais malheureusement mon épouse ne supporte pas la chaleur, elle est essoufflée, elle frissonne puis a trop chaud.

Coup de chaleur, insolation….après lui avoir laissé le temps de se reposer et de se rafraichir nous décidons d'abréger notre parcours d'autant plus que la remontée vers le parking l'angoisse sérieusement. Lentement nous rejoindront la voiture et rentrons à Escalante.

Je suis tout content de voir mon épouse se remettre.

Ce sera une première alerte.

21 juin, aujourd'hui c'est le tant attendu Bryce Canyon. Nous quittons Escalante après le petit déjeuner et par la route n°12 nous traversons Henrieville, Cannonville et Tropic.

Cette route est bien agréable et les 50 miles qui nous séparent de Bryce sont vite avalés.



A l'entrée de Bryce quelques vieux tacots se sont donnés rendez-vous et se font entendre.

Klaxons enroués et d'époque.



Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur ce parc.

Je me contenterais de confirmer, grandiose, impressionnant et les couleurs…





Nous parcourons l'agréable Navajo Loop avant le pique nique.



Ensuite, compte tenu de la forte chaleur et des évènements de la veille, nous visiterons les différents points de vue avec notre voiture.





Avant de reprendre la route n°12 nous nous arrêterons au Ruby's Inn General Store pour faire quelques emplettes et chercher un petit souvenir.

Retour à Escalante pour y déguster l'excellente pizza et les très bon Capuccino de l'Escalante Outfitters.

Demain, c'est le Cottonwood Canyon Road et nous avons hâte d'y être🙂
Improvisation Nomade (9) Pakistan
by Nicodilo · 2009-07-30 · 3 replies
Mauvais présage

Une brise légère inclinait les jeunes pousses de blé dans la plaine. Le printemps rendait son vert à la végétation et le soleil resplendissait sur la route que nous parcourions en vélo pour rallier la frontière pakistanaise distante maintenant de quelques kilomètres seulement. Devant les bureaux de la douane, peu de personnes attendaient. Quelques familles, séparées depuis cinquante ans, comme par le mur de Berlin, et qui, depuis peu, avaient le droit de se rendre visite… La région du Pendjab fut partagée en deux pour créer le Pakistan, un nouvel état regroupant les musulmans de l’Inde, lors de l’indépendance en 1947. Cela ne se fit pas tout seul. En effet, sur cette route, dix à quinze millions de réfugiés traversèrent la frontière, juste tracée sur les cartes d’un manuscrit des bureaux de la Royal British Compagnie, en Angleterre, dans les cris d’assassinats et de brûlés vifs. Cinq cent mille morts. Hindous et musulmans. Tous Indiens pourtant mais qui se déchiraient alors entre eux, malgré les discours de réconciliation du Mahatma Gandhi. Dans les bureaux de la douane, le fonctionnaire inspecta nos passeports et nos visas qui prenaient fin le jour même, puis leur donna un coup de tampon avant de nous laisser libres. Mais, en sortant, le vent enragé s’engouffra par la porte ouverte. Dehors, un ciel nébuleux s’écrasait sur l’horizon violet bourdonnant de tension. Un tourbillon de sable et de pluie balayait l’espace et envolait les tôles arrachées aux toits. Le vent pleurait comme un nouveau-né. Nous n’osâmes pas sortir. L’ouragan nous tenait enfermés dans les bâtiments administratifs de la frontière comme un mauvais présage. La nuit avant la nuit, l’impossibilité de sortir, l’atmosphère d’une frontière militaire colorée d’uniformes, les portes qui s’ouvraient toutes seules et laissaient rugir le vent dans le hall, rendaient nos âmes méfiantes quant à l’avenir et répandaient sur nous l’angoisse et la tristesse de partir… Sans doute avions-nous oublié quelque chose. Peut-être de leur dire adieu. Alors adieu, peuple indien, enfant peureux et sage qui nous a toujours respectés, appris, entraînés dans ses rires et ses joies de tous les jours, quelles que soient les circonstances. Nous reviendrons un jour, mais aujourd’hui, malgré la peur, nous ne pouvons pas faire demi-tour. Devant nous, la tempête s’apprête à nous emporter et derrière, la porte s’est refermée... Si ce temps, arrêté ici, nous est alloué pour, une dernière fois, te rendre hommage, je m’assois dans le coin de ce mur, sur mon sac, et, en attendant que la colère du ciel s’estompe, je pense à toi… Combien de fois m’as-tu fait pleurer de rire, au réveil, avec tes enfantillages, ton insouciance et ta simplicité ? Je te revois chaque journée me parler, négocier et mentir toujours sans sérieux, sans gravité, tout en te méprenant et feignant de ne pas t’en rendre compte. Peuple de l’Inde, heureux tous les jours, sous le soleil, sous la pluie, dans l’opulence comme dans la misère, nous t’avons laissé un peu de nous-mêmes, gisant dans la poussière, contre tout ce que tu nous as donné, appris : à savoir qu’on a tout et qu’il ne tient qu’à nous d’être heureux. Encore merci et adieu. Le cœur chargé de ces émotions qui nous ont secoués et marqués à jamais, nous avons repris la route avec Daoud, mon ami, mon frère, mon compagnon. D’un bond, nous avons franchi la porte et couru sous la pluie et le vent, dans la zone de no man’s land avant d’atteindre les bureaux de la douane pakistanaise. Un autre monde se dessinait déjà à travers les visages que nous ne reconnaissions pas. Puis, le compte à rebours s’enclencha de nouveau, au moment ou le tampon d’entrée s’écrasait sur nos passeports. Un bus grillagé nous emmenait déjà autre part pour nous abandonner dans une ville rendue grise et sale par la pluie, sans chaleur, une pluie dans les rues comme dans notre cœur. Pieds nus, courbés sous la capuche de nos sacs, pataugeant dans la boue, on devait trouver un refuge, un lieu où on serait accueilli et où on pourrait reprendre haleine et confiance. Enfin posés et calmes, nous apercevoir que ce n’était pas plus un mauvais présage qu’un orage. Nous étions au Pakistan.

Apprendre de l’infini en accord avec le temps Pendant cinq jours, nous ne sommes pas sortis de l’hôtel. Ou si peu. Nos rapides passages dans les rues nous ont refroidis. En effet, ce n’est pas l’atmosphère bon enfant de l’Inde. Le sourire est remplacé par la grimace sévère et le mépris. Mais j’espère que nous nous trompons. Il faut apprendre ce nouveau pays, cette atmosphère différente avant de s’y sentir bien. Le choc des civilisations est sensible. Tout le monde nous souriait en Inde pour une raison ou une autre. Personne ne sourit ici. Du moins, personne ne m’a encore souri. Pas de flatterie naïve, de politesse anticipée et de phrase puérile, inutile ou intempestive. Nous sommes revenus chez les hommes fiers et durs. La péninsule est si large qu’il est difficile, en Inde, d’imaginer que cette terre rouge puisse cesser quelque part, pour laisser place à d’autres pays. Les principales frontières sont formées par deux océans immenses de chaque côté et l’Himalaya infranchissable au nord. L’Inde est un monde isolé qui se suffit à lui-même. D’ailleurs, il est difficile de discuter avec la plupart des Indiens qui n’ont en général que très peu d’idée de notre civilisation. Les problèmes internationaux leur échappent le plus souvent. De cinématographie ; ils ne connaissent que la leur. Enfin, poser des questions sur leur culture relève du défit tant elle est confuse et incomparable. À l’inverse, les Pakistanais sont sur la même planète que nous, ils s’intéressent aux même choses, ils ont les mêmes préoccupations et une vision sur le monde entier que les Indiens n’ont pas. Ils ont, par ailleurs, des origines perses en plus d’être ouverts au nord sur les peuples d’Asie centrale et de Chine grâces aux anciennes routes commerciales comme celle de la soie. Enfin, les rapports privilégiés qu’ils entretiennent aujourd’hui avec les Américains, les font pénétrer directement dans le champ international, vers la globalisation. Malick Internet Inn

L’hôtel est situé au carrefour de l’avenue Jinnah et du Régal cinéma. Un petit écriteau au-dessus d’une porte située au fond d’une impasse indique son entrée. D’un côté, le parfum des chapatis brûlants du boulanger. De l’autre, un magasin de type occidental où l’on trouve les choses de chez nous que nous n’avions pas vues depuis longtemps, comme la mayonnaise et le chocolat. En face, les excellentes glaces à la fraise attirent toute la ville dans un magasin spacieux mais toujours bondé. Et qui aurait dit qu’au Pakistan, les barbus, avec leurs turbans sur la tête, aiment à se délecter d’un sorbet ? C’est une image qui, pour moi, semblait contradictoire... Enfin, l’escalier de l’hôtel monte au deuxième étage et vous sort de toute cette agitation. Dans cet hôtel, il n’y que des étrangers et des voyageurs. Une vingtaine de lits. C’est le point de rassemblement de Lahore. La journée, chacun vaque à ses occupations, organise la prochaine étape de son voyage et visite la ville. Le soir, ils préparent de quoi manger et souvent restent ensemble pour bavarder, échanger des renseignements et se donner mutuellement des conseils. L’ambiance est sympa. Venus de tous les horizons, voyageurs acharnés, back packers, globe trotters, travellers, appelez-les comme vous voulez, ils ont tous une expérience de voyage au moins comparable à la nôtre. David, un Suisse que nous avions déjà rencontré à Delhi, a été le premier à brandir les drapeaux lors de la manifestation anti-américaine de Quetta dans le Baloutchistan, avant de se dire finalement, sous les regards menaçants de la population, ce n’est peut être pas ma place… Armand, un Français, aussi grand voyageur que fainéant, barbu et chevelu à l’extrême, musicien passionné, cultivé, beau gosse, est sur la route depuis 4 ans. Julie, son amie, le rejoignait au Pakistan quand nous les avons rencontrés… Michel arrive en vélo de Genève… Bénédicte s’est mis dans la tête, en l’écoutant, de traverser le Karakorum - versant nord-ouest de l’Himalaya avec le 2ème sommet le plus haut du monde - en vélo, pour rejoindre la Chine. Je n’ai jamais eu de nouvelles quant à la réussite de son entreprise mais cette petite blonde est partie pour une sacrée aventure, sans avoir jamais fait de vélo de sa vie sur des distances aussi longues que pentues. Voilà pour les francophones. Ensuite, il y a Tess, la jolie Suédoise qui vient de traverser l’Inde en moto, seule, en 2 ans… Chen, dans son business de pierres précieuses avec Taiwan… Siren, une Norvégienne éprise de langues étrangères… Un couple d’architectes sur les traces des plus anciennes civilisations... Un pigiste danois, avec qui je serais bien parti quelques semaines pour me rendre compte de son travail. Il nous explique par ailleurs que ses articles ne se vendent pas bien, si ils ne décrivent pas uniquement la haine, le scandale et la misère ; Cette infime partie de la réalité qui, une fois répandue par les médias, devient une généralité… Enfin, d’autres encore, comme nous, sans véritable but, si ce n’est de parcourir le monde et de glaner, ici et là, les pièces du puzzle universel. Ensemble, nous échangeons nos expériences, nos idées et nos grandes théories dans des discussions parfois animées. Nous croisons les chemins, les aventures, les pays, les cultures et les anecdotes dans une cohabitation fructueuse. Certes, chacun a son point de vue sur toutes les choses du monde, hélas, personne n’a la science infuse. Les voyageurs se la racontent. Le peu de savoir acquis doit être dit plus haut et plus fort que les autres comme une vérité établie… En m’écartant un peu du groupe, en montant sur le muret qui domine la ville et en sentant le brouhaha sourd qui monte jusqu’ici, je me demande quand même ce que, tous, nous faisons au Pakistan à nous imaginer tout savoir parce qu’on a pris un peu la route… La plupart d’entre nous, comme moi, ne savent même pas quel est le régime politique du pays, ni même le nom du président ou militaire dictateur. Le risque est pourtant réel. La population ne soutient pas, en majorité, le gouvernement imposé par l’armée et sous tutelle américaine. Les talibans, dont les responsables sortent d’écoles théologiques pakistanaises, ont déjà su unifier les différentes ethnies sous les drapeaux d’un islam radical dans le pays voisin. Leurs militants, formés par Al Qaïda, s’assemblent toujours dans les zones tribales incontrôlées par l’état, pour préparer la guerre sainte. Avec nos petits sacs de voyage sur le dos, notre idéalisme sous le bras, nous n’avons pas pleinement conscience des dangers qui nous menacent ici. Nous n’avons jamais connu ni la haine, ni la guerre, ni même la misère. Dans une ambiance désinvolte, ce soir, nous préparons des crêpes… Un journaliste anglais d’origine pakistanaise nous donne sa vision des choses quant à l’histoire et la politique pakistanaise actuelles. Cela nous éclaire un peu. Nous l’écoutons tous religieusement mais bientôt les rigolades reprennent. En bons Gaulois qui se retrouvent, les blagues idiotes fusent et me font rire. Je suis bientôt, moi aussi, décontracté, heureux de retrouver l’esprit français, son humour sarcastique et un peu méprisant. Il ne nous arrivera rien, voilà tout. Et ce n’est pas le moment d’y penser. Quand on se retrouve une bonne tablée de franchouillards aussi loin de son pays, il faut se rappeler d’où l’on vient, revenir aux sources, aux bonnes blagues qui ne font rire que nous. Armand prépare les crêpes mais ses souvenirs se sont dissipés car je ne crois pas qu’en France, elles soient si épicées. Il ne manque que l’apéro pour se sentir chez soi mais l’alcool ne se trouve pas dans les épiceries pakistanaises. Alors que le shit, si. Des joints tournent et me tournent la tête, si bien que je n’ai bientôt plus rien à dire. J’écoute ces gens parler, je les regarde s’agiter, se convaincre. Quand j’ai fumé, les mots sont si légers qu’ils n’ont plus de sens et seules les attitudes me fascinent. Marco est le plus drôle, il parle avec les mains, les bras et tout son corps. Il rejoint la réputation de dragueur qu’ont les Italiens et la petite Coréenne devant lui garde les yeux ronds, fait des « Oh ! » et des « Ah ! » à la façon asiatique si singulière et passe de la fascination au désintérêt sans détourner le regard et sans savoir qu’il peut la tenir ainsi toute la nuit. Sten regarde sa guitare comme si elle avait les cheveux longs, et parfois nous joue quelques accords de ses propres chansons. Je m’aperçois alors que je ne comprends rien à l’anglais des Anglais. J’utilise la langue, parle avec tout le monde mais lui, qui utilise beaucoup d’expressions, j’ai des difficultés à le comprendre… Sauf quand il imite les Français avec ses : « Putain, enculé » et son accent de bourgeois pédant. C’est assez difficile mais passionnant de comparer une personnalité, une idée, un état d’esprit par rapport à une origine. Dire par exemple que les Français se retrouvent dans tel comportement, les Anglais dans tel autre. Un ensemble de généralités qui pourrait caractériser un peuple mais je sens que je vais dire des conneries… Un Japonais vient nous rejoindre. Ils sont discrets les Japonais mais dans un village perdu d’Afrique, vous en trouverez toujours un, car ce sont, et de loin, les plus grands voyageurs de notre époque. Celui-ci, avec son air niais, son sourire figé et ses mouvements de tête pour toujours dire oui, nous fait une démonstration de danse entre acrobatie et lévitation qui me laisse sur le cul. Good night petit Japonais. Good night tout le monde.

Dans la rue

Quelques promenades dans la ville me permettent peu à peu de me familiariser avec son ambiance. Après cette sensation de froid et de méfiance, du fait d’un certain honneur qu’il ne faut pas défier, les Pakistanais se comportent à notre égard avec discrétion et respect, avant d’exprimer intérêt et cordialité. Les discussions s’animent rapidement puisqu’ils sont encore plus curieux et plus intéressés que nous-mêmes. Ce que je prenais pour du mépris, le fait de nous ignorer, était en réalité de la considération. Ils ont moins de préjugés sur nous que nous sur eux. Ils ne nous ignorent pas mais nous matent moins que les Indiens. On ne regarde pas les gens comme des bêtes sauvages, ce que faisaient certains Indiens totalement fascinés par notre présence. Contrairement à ce que j’imaginais d’une ville pakistanaise, Lahore est beaucoup plus occidentalisée que tout ce qu’on a pu voir de l’Inde. Pas de vache dans les rues, pas de mendiant, pas de sans abri, pas de manifestation religieuse tous les jours, d’exubérance à tous les coins de rues. La vie y est plus monotone dans les petites voitures japonaises qui mènent au travail dans les industries à la périphérie de la ville. J’ai aussi entendu des jeunes écouter du rap américain, et de la musique occidentale se diffuse dans les rues commerçantes. Les femmes ne portent pas de bourka ici, à Lahore, et pour certaines jeunes, pas même de voile. Elles conduisent, se promènent entre elles, travaillent dans les administrations et nous retrouvent parfois chez le glacier. Je les sens beaucoup plus épanouies, plus vivantes, plus respectées, plus humaines qu’en Inde où le système les avilit dix fois plus encore. Ici, les femmes croisent notre regard. Pas en Inde ! Par contre, les bus, les restaurants, les mosquées, les salles publiques et tout ce que l’on peut imaginer de lieux sont partagés en deux : un côté pour les hommes seuls et l’autre pour les femmes et les familles. Lahore est la ville moderne et culturelle du pays et donc plus libre que les autres villes visitées où les femmes dans la rue sont encore moins nombreuses. Non mais alors ! Dans les villes plus isolées ou conservatrices comme Quetta, il n’y a pratiquement pas de femme visible. Et si elles sortent, personne ne s’adressera à elles dans la rue. Les hommes n’ont pas le droit de parler aux femmes, m’a-t-on dit, si elles ne sont leur mère ou leur sœur. Et les femmes n’adressent pas la parole aux hommes, si ce n’est, avec respect, à leur mari. Tête basse, elles partent au marché, plus discrètes que les chats. Julie, avec ses longs cheveux blonds dont une mèche s’échappe gracieusement du voile, s’est fait siffler par des jeunes dans la rue, à Quetta justement. Une promenade à ses côtés devient plus menaçante. Les hommes la regardent tous, parfois avec dédain, avec mépris et d’autres fois avec fougue. Pour se rassurer, on pense qu’ils respectent d’une autre manière les femmes et qu’ils n’oseront jamais, ni lui parler, ni la toucher. Aller savoir… Au retour, Armand prend l’un d’eux par la chemise et le secoue jusqu’à ce qu’il s’excuse. « Est-ce que je siffle ta femme dans la rue ? » il crie au gars accroché au bout de ses bras…

Au marché de Landa Bazar, spécialisé dans les affaires d’occasion, nous achetons avec Daoud l’équipement traditionnel complet : la shawar kamiz. Une longue chemise unie, ouverte sur un col brodé, qui tombe sur les genoux d’un pantalon très large où on peut tenir à plusieurs dans les plis et qui se referme aux chevilles comme celui des clowns, sans les couleurs. Ainsi vêtus, nous partons à pied vers le centre de la ville. Les ruelles sont en soie entremêlées d’architecture musulmane des siècles passés. Minuscules et sinueuses, elles nous emmènent sous des arcades de voûtes en céramique, dans les cours dissimulées de mosquées calmes et magnifiques, comme celle de Wazir Khan… Enfin, la porte nord de la vieille ville s’ouvre sur l’étendue qu’entoure le fort, de la même couleur de grès rouge que l’immense mosquée Badshahi, en face, l’une des plus grandes du monde. En direction de la gare, le trafic s’intensifie dans la poussière. Les commerces des rues alternent entre roulements à billes, pneus et tout ce que l’on peut imaginer de pièces de camions. En sortant de l’agitation, dans une petite rue, un canal s’est perdu et tari dans l’huile et les ordures ménagères. Un peu plus loin, la place fleurie devant la pelouse verdoyante d’un monument datant de l’ère britannique contraste avec l’ensemble. Enfin, le petit bureau solitaire et sans bousculade de la extension visa registration nous ouvre ses portes et nous délivre sans palabre une prolongation de visa d’un mois. Nous n’aurons pas fait le déplacement pour rien. L’administration pakistanaise est moins pointilleuse que celle des ses voisins indiens qui, pour la même demande, nous a fait revenir trois fois.

Sur le chemin du retour, dans une rue encombrée, un cheval me mord à l’épaule. La surprise est plus grande que le mal. Nombreux au Pakistan, ces pauvres bêtes ne sont pas ménagées. On les fait travailler avec acharnement. Sans prêter le moindre intérêt à eux avant l’incident, je ne pouvais pas les voir, cachés sous leurs œillères, porter de lourds fardeaux sur leur charrette, se frayer un chemin dans les carrefours pollués, se faire klaxonner par les camions, baver dans l’effort et souffrir sous les coups de fouet… Vivement que les Pakistanais se mettent au nucléaire… Ce soir, notre hôte si généreux, dit-il, et prouvant encore sa notoriété, organise un concert sur la terrasse de l’hôtel. Un chanteur pakistanais reconnu, avec son groupe, nous fait l’honneur de sa présence toute la soirée. Les musiciens excellent et nous offrent un grand moment musical bien que je ne puisse malheureusement pas décrire les nombreuses influences que contiennent ces airs. Le pays commence à me plaire, ses coutumes… comme, le moment tant attendu de jeter les billets sur la vedette jusqu’à la recouvrir. Il a été déçu : les voyageurs que nous sommes comptent les sous comme des diamants… Juste le temps d’arriver à l’heure pour mon rendez-vous, dans une petite rue derrière l’hôtel, avec Meriem… sur Internet. Elle me montre sa frimousse dans la webcam et j’ai envie d’embrasser l’écran. C’est terrible les moyens qu’on a aujourd’hui pour se faire mal. Dans ce sous-sol, où ça pue la sueur d’homme qui a passé trop de temps à s’émouvoir devant l’écran, je m’évade à des milliers de kilomètres pour la retrouver dans un petit village… de l’Himalaya. Elle me raconte ses balades avec un certain Dalaï-lama. Elle essaie de me rendre jaloux, sans doute… Mais plus elles sont chiantes, plus on les aime.

Toutes les femmes n’ont pas cette prestance que tu as, même pas les hommes bien sûr. C’est la vie qui nous fait, notre naissance, notre éducation, notre destin. Le tien déjà a été grand, parfois périlleux, incertain et puis heureux finalement. Il t’a fait toi. Meriem. L’aînée, la voyageuse, l’opiniâtre. Toi qui ne te ménages pas, qui n’offres pas la charité de ton âme, pas même à moi. Que dis-je, surtout pas à moi ! Montrer une larme serait un châtiment. Ne serait-ce qu’un sentiment effleurant ton visage et tu serais blessée à mort dans ton orgueil. Pas de sentiment, ni pour toi-même, ni pour les autres. Un exemple pour moi, dont les traits me trahissent chaque fois. Et d’autres exemples encore qui me laissent émerveillés. Tout cet orgueil sans pourtant de mépris, juste un peu d’arrogance, de cynisme mais surtout d’humour pour justifier les défaillances de notre chair faible, à nous les hommes, à nous qui sommes sensibles. Pourquoi m’as-tu choisi moi qui suis le plus faible de tous les hommes ? Un homme fort tu voulais, tu m’as initié à cela. Montré comme on devient un homme. Un homme fier et sûr de lui, de son mérite. Son mérite juste d’être un homme. Un peu honnête, un peu sage. Juste de quoi être respectable, digne d’estime. Quelqu’un qui peut se regarder dans la glace sans baisser les yeux parce qu’il sait qu’il a fait ce qu’il devait faire et ce qu’il a dit, il n’y avait rien d’autre à dire. Quelqu’un qui se respecte, je le répète. Qui ne passe pas son temps à avoir des remords, des regrets de choses du passé auxquelles il pense. C’est fini le passé, il faut regarder l’avenir. Le regarder avec les yeux de celui qui va escalader une montagne et qui va y arriver parce qu’il en a la détermination. Il le sait. Un pas devant l’autre. Tranquillement mais sûrement. C’est bien ça ce que tu m’as dit. Arrête de penser, arrête de creuser, de dépecer, de remémorer les choses faites. Elles sont faites. On ne reviendra plus dessus, jamais. Relève la tête, avance. Sois fier car cela va t’aider. Un homme doit être fort et ensuite fier. Je veux que tu sois cet homme. Merci, Meriem. Merci de ta confiance. On a tous besoin d’être fort pour quelqu’un, et c’est toujours cette personne qui fait qu’on l’est. Qu’on retrouve l’assurance, la sérénité et la confiance en soi ! Le bonheur est dans la certitude. Pourtant, je ne ressemblerai jamais à ton père…

Pour reprendre mes esprits, dans l’agitation et le bruit des pays de l’Orient, j’ai pris l’habitude de me diriger vers les lieux de culte, quels qu’ils soient, et de me poser dans le silence. C’est toujours un moment utile et agréable où je me retrouve, comme si je sortais la tête de l’eau et que les choses m’apparaissaient, pour un instant, sans trouble. Je me dirige donc vers le premier lieu venu. Une église. Je m’en réjouis en pensant qu’au Pakistan, j’allais être le seul à l’intérieur. Mais ma surprise est grande en entrant. L’église, que dis-je, la cathédrale, souvenir de la reine Victoria, est pleine à craquer, et la musique et les chants à la gloire de Jésus, en latin et en ourdou, montent jusqu’au ciel, avec une ferveur que je n’ai jamais trouvée en France, ni même en Europe… En effet, le Pakistan contient une communauté de chrétiens, évangélisés pendant la colonisation britannique. Ils ne se sont pas tous donné rendez-vous aujourd’hui dans cette église, mais sont présents dans tout le Pakistan, en minorité. Pas plus menacés à Lahore que dans d’autres villes, nous trouverons parfois tout un quartier chrétien avec l’église, le plus souvent récente, en son centre. Et puis, au Pakistan, comme vous allez le voir, il y a toute une panoplie de minorités. Et je dirais même plus : le Pakistan est un regroupement de minorités. Festival soufi

Un bus, un rickshaw et nous voilà de l’autre côté de la ville. Une banlieue au bout d’une grande avenue où les maisons commencent à avoir la couleur du sable et où l’électricité fait défaut. Ici, se déroule un festival en souvenir de prestigieux soufis, philosophes mystiques de l’islam, sur leur propre tombe. Musiciens, danseurs et spectateurs se sont installés à travers le cimetière de la ville, sur les dalles et les tombeaux mortuaires, à la clarté sinistre de la pleine lune. Au fond, une fête foraine avec des manèges artisanaux dans lesquels je ne monterais pour rien au monde. Un tonneau de plusieurs mètres de haut, en tôle, renferme une quantité de fausses blondes et de travestis. En avant pour le spectacle qui consiste à admirer une moto tourner et monter avec la force centrifuge, à l’extrémité du tonneau, au-dessus des strip-teaseuses qui n’en sont pas car elles n’enlèvent rien. Ce ne sont que des potiches. Applaudissements avant de continuer la balade dans la foule à travers les feux de joie et les affiches en ourdou que je ne comprends pas. Je m’installe dans un enclos du cimetière, envahi par la foule, devant un spectacle de percussions où les danseurs entrent progressivement en transe. Je suis seul, Daoud doit être quelque part, ici ou ailleurs, nous nous retrouverons demain, mais j’aurais bien voulu qu’il soit avec moi ce soir. Tout le monde ici roule des joints. Ça fume énormément. Les Pakistanais prennent deux cigarettes, les vident, font le mix et les emplissent ensuite avec dextérité. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas. Assis par terre, l’homme âgé à mes côtés m’en offre une. Ils en roulent toujours deux en même temps : une pour eux et une pour le voisin... Derrière moi, quelques gros pachas sont installés sur des coussins. En anglais, ils commencent à me poser des questions, puis pleins de questions sans que je puisse moi-même leur demander quoi que ce soit. Qui suis-je, d’où viens-je et pourquoi t’es là ? Finalement ils me proposent des filles... Comme je ne suis pas intéressé, leur propre intérêt s’atténue et j’en profite pour bouger… Inopinément, je retrouve David, le Suisse. Un coup de chance dans cette cohue. Plusieurs milliers de personnes réunies. On ne peut pas le manquer, remarque. Il est bien grand et bien blanc. Une bonne tête d’occidental avec une guirlande de fleurs autour du cou. On sort. À l’écart de la foule, nous pouvons parler. Incroyable de se retrouver ici, dans les chemins de ce cimetière qui s’étant à perte de vue. Partout, ça grouille. De plus en plus de monde. Ça s’agite, ça se bouscule, ça se bat. On avance en essayant de ne pas se perdre. Là, un bon concert. J’aimerais regarder plus longuement et, pour ne pas être emporté par la foule, je m’accroupis et me tiens le long d’un poteau. Vraiment, un bon concert. En levant la tête, je remarque à côté de moi, au bord du flot houleux formé par la foule, le squat de quelques marginaux. Peut-être des soufis. Ils portent des vêtements comparables aux sâdhus indiens mais ont des têtes et des attitudes de Tsiganes. L’un d’entre eux tient un bâton levé et écarte la foule qui menace, en se bousculant, de tomber sur leurs tapis et leur feu. Me voyant là, tout près de lui, tentant d’échapper au mouvement, il m’invite à m’installer derrière le feu avec eux et me trouve une place entre un soufi travesti et une bande de morveux. Ok pour moi. Je suis avec un ami. Le voici. Il prend place, lui aussi, près du feu. Pendant ce temps, la foule s’épaissit encore dans ce couloir qui se rétrécit juste où les musiciens ont choisi de se placer. Trois ou quatre Tsiganes sont debout avec des bâtons pour les écarter. Tous les gens nous regardent en passant puisque nous sommes en vitrine et parfois avec des regards douteux. A ce moment-là, je sens que le travesti derrière moi est bien près. Je ne veux pas être parano mais il me fait les poches. Un regard pour le tenir tranquille. Cet air flegmatique... Si tu crois que je ne t’ai pas vu venir avec tes grosses mains pleines de doigts… Les gens dans la foule nous regardent parfois avec haine. Je n’en ai plus de doute... Aucun contact, du moins oral, avec les Tsiganes. Ils ne sourient pas. Ils semblent nous protéger. Contre quoi ? Contre qui ? Contre eux ! Sans sourire, sans parole échangée, ils nous offrent l’hospitalité. Déjà quelques joints. Et puis, comme David ne fume pas de tabac mais aimerait bien fumer quand même le bon shiras, le shit afghan et pakistanais. L’un d’eux retourne une tasse, met dessus une braise, roule une paille avec un bout de papier. Puis, il place un morceau de shiras pur sur la braise qui se consume comme de l’encens et on fait tourner la paille. Puis voici les chapatis avec les dals (lentilles) et le curry, puis enfin le tchaï, le même qu’en Inde. À côté le concert continue, terrible, à coup de clarinettes, de tablas et de cuivres. Les gens sont agglutinés, bousculés, écrasés à trois pas de nous, derrière les bâtons des Tsiganes pendant que nous sommes vautrés sur des coussins à manger et fumer gratis ! C’est dommage, au lieu d’être apaisé et profiter pleinement, je stresse. Je n’aime pas le regard que portent certaines personnes sur nous, dans la foule. Peut-être n’aiment-ils pas les Tsiganes. Peut-être ne nous aiment-ils pas nous. Peut-être qu’ils ne nous aiment pas en compagnie des soi-disant soufis. En tout cas, je ne me trouve pas bien brave. Alors parfois, je les fixe moi aussi, durement, et ils baissent le regard. Mais quel regard ! Je n’aime pas ce regard. Je le sens, il faut qu’on se casse ! J’ai un moment de panique, le sentiment d’angoisse se diffuse dans mon corps et une sueur froide parcourt mon dos. Qui, des Tsiganes ou de la foule si fervente à ce festival islamique où nous n’avons rien à foutre, sont les plus dangereux pour deux petits Européens naïfs ? Allez, on bouge. Je tape dans le coude de notre ami suisse qui lui, se trouve très bien, évidemment. Sans doute suis-je peureux ? Enfin, une fois dans la foule, je me sens mieux. Le contact des corps qui se bousculent, même si parfois des poings partent, me rassure. Il n’y a ici, que des hommes. QUE DES HOMMES ! Nous refaisons un tour. Ça va vraiment mieux. Bien content de voir ça. Allez, on retourne dans la furie des percussions, des gens en transe qui tournent toujours plus vite, des feux brûlants où sont balancées des idoles, dans tous les chemins bordés de tombes de cet affreux cimetière. Bientôt minuit. Que va-t-il se passer alors ? Rien, la fête continue, les joints scintillent au-dessus des tombeaux. La foule de plus en plus dense est au comble de l’agitation. Les gens sont surexcités. Jamais vu une foule pareille ! Sur une estrade, un jeune garçon bouge son cul dans un jean serré. Il danse en bougeant ses fesses comme seule le ferait une femme, pour vous dans l’intimité, aguichant les hommes qui le sifflent à ne plus pouvoir. L’homosexualité n’est pas un mythe dans les pays de l’islam. Les femmes sont surveillées et les hommes proches. Perso, j’aime pas trop beaucoup ça. Et pendant que David danse comme un forcené, je me dis qu’il serait raisonnable de rentrer. Trop tard, derrière nous, un énorme bonhomme nous prend un bras à chacun. My friend ! Il gueule. Et ne veut plus nous lâcher. Il rentre dans la foule, qu’il pousse de son gros corps, en nous tirant par les bras, nous fait sauter et danser devant les percussions et nous fait crier Pakistan Zindabad ! Longue vie au Pakistan. Putain, on est tombés sur une bande de lourds. Moi qui voulais passer inaperçu et qui serais bien rentré peinard, sans encombre. Nous voilà accompagnés de ce gros lourdaud avec ses potes qui ont des gueules que je n’aime pas. Ils sont surexcités et me pelotent le cul dans la foule. J’aimerais bien me barrer mais David est encore accroché au gros qui lui tient fermement la main. Il ne peut lui échapper et je sens bien que lui aussi s’agace de se faire peloter le cul… Enfin, comme on grogne fort et qu’on veut partir, ces messieurs décident de nous raccompagner. Super. Putain, ce n’est pas que je n’aie pas confiance mais là, vraiment, je n’ai pas confiance ! Retour dans leur voiture pourrie, avec deux hippopotames et trois espèces de Tsiganes édentés. Évidemment, sur la route, ces cons roulent vite et vont bientôt s’emplafonner dans un dos d’âne qu’ils n’avaient pas vu. Ce n’était pas prévu. Ça calme. Ils sont plus dangereux que des mecs bourrés… Assis entre deux des gars, je sens la pression monter. Au moins 25 ans, sans être mariés et donc puceaux, du moins avec les femmes, ils ont envie de baiser. Me le font comprendre en me montrant leur doigt avant de se le mettre dans le cul. Et, bavant et ricanant de façon cynique, ils me demandent si j’aime ça, les doigts dans le cul. Faut voir leur tête. Ces gars-là sont archi frustrés. Ils vont nous attraper ! Quelle galère, putain, je vais me faire enculer par des gros porcs dans ce putain de pays ! Non, il faut trouver une solution… Que faire… Où mène cette route ? Où nous emmènent-ils ? Ça vous dit une glace, j’demande… silence… Eh ! Ça vous dit une glace ?… deux fois… Et puis c’est un oui général ! On va bouffer une glace avant de baiser, ça c’est cool !

Siren

Je ne sais pas comment s’écrit son nom, exactement. C’est la Norvégienne… Nous sommes restés tous les deux après que tout le monde s’est couché. On fume des clopes en discutant. Elle a trente-deux ans, parle français correctement et dit qu’en Norvège, on est plus libre et plus ouvert. C’est vrai, sans doute. Mais là. Elle a surtout envie de moi. Elle se caresse les épaules, ouvre sa chemise chaque fois d’un bouton de plus et me laisse entrevoir ses seins. On est tous les deux bien près. Qu’est-ce que je fais ? C’est incroyable, je n’ai pas envie de la baiser ! Enfin, si, j’ai envie, on pourrait aller là, juste derrière, sur une couverture avec une petite bougie. Je n’ai qu’à me lever, la prendre par les épaules et lui caresser délicatement les seins. Même pas besoin de l’embrasser. Elle est fine, plutôt jolie fille… Hier, les gros porcs m’ont dégoûté. J’aime pas les mecs parfois. J’aime pas leur esprit basique. J’aime pas baiser les filles. J’aime pas. Elle veut. Je pense à toi, Meriem. Je vois ta gueule dans la webcam. Je pense à demain. À chaque fois que je passe la nuit avec des filles, comme ça, vite fait, j’ai des remords. Surtout quand je bois. Je me sens dégueulasse. Pourtant, c’est ce qu’elles veulent. C’est ça, le pire. Une autre clope… de quoi on pourrait parler ? Elle croit que je n’ose pas. Si je reste là. Près d’elle. Elle va me sauter dessus. Je me lève et articule : « Salut, je vais me coucher. Bonne nuit. »

Balade enturbannée Route d’Islamabad

Des choses que je n’explique pas… Sur la belle autoroute, dans le bus, on nous a passé un film indien dans un genre que je n’avais pas encore vu. Et surtout pas en Inde. Ou alors en privé… Le film peut se résumer ainsi : dernière Audi, Porsche, rencontre, plage et baise ! C’est là le hic. Dans le bus, les barbus rouspètent. Alors on a avancé la scène. Mais les barbus n’ont plus regardé le film. Ils ont prié. Qui regardait alors ? Qui sont les barbus plus barbus que les autres ? Qui aime ces films ? Deux mondes… Ceux qui veulent que ça change. Ceux qui ne veulent surtout pas que ça dégénère. Qui gagnera ? Ça va changer ou pas ? À côté de ça, les Pakistanais ont tellement la foi ! Même s’ils ne sont pas tous pratiquants, ils respectent les règles du Coran qui organisent leur vie de tous les jours. À côté, en Afghanistan, il y a les talibans, Au Pakistan, des groupes islamistes puissants, À Lahore, partout, il y a l’Amérique. On aime l’Amérique à Lahore. Alors, ça va changer ou pas ? Moi, perso, on ne me demande pas mon avis. D’ailleurs, je ne suis pas d’ici et pas musulman mais si on me le demandait, je dirais que j’aime bien les barbus. Ils ont raison. Il y a des choses indécentes. Suis-je extrémiste ? Les gens aiment les films de merde. Ils aiment les films de cul. Mais là, il y a des enfants dans le bus. N’y a-t-il pas de compromis possible entre libéralisme et fondamentalisme ? Être libre sans extrême, ça n’existe pas ? Trouver des limites morales à l’indécence… On a besoin d’eux, de leur sagesse, Que nous nous bornons à dissimuler.

Pakistan Zindabad !

Islamabad

Quartier G7. Ciel bleu clair puis teinte orange de la nuit. Lumières blanches des lampadaires. Pas un souffle de vent. Vastes étendues de jeux, saules et peupliers, enchevêtrés. Pieds de cannabis sauvages, poilus comme des orties. Fontaines, ruisseaux, vallées silencieuses. Chemins recouverts de feuilles. Maisons sans étage. Sans fenêtre. Places comme patio, dissimulées entre les murs, autour d’un eucalyptus. Vendeurs ambulants. Glaces à l’eau. Poussettes. Femmes et filles dans les ruelles. Vieillards silencieux, ridés au coin d’un mur. Tout est tranquille. Atmosphère paisible. Il fait doux, de cette douceur d’un soir printanier. Les enfants courent, crient, chahutent. Les hommes, dans la plaine, jouent au criquet. Sueur, cris, formes discordantes de robes blanches. Glissement de babouches. Ombres de la nuit. Sommeil tranquille. Sérénité. Apaisement… Gronde. Vibre. Là-bas. La montagne. Dieu qui rendra fou la terre, tuera, démolira la vie, fera pleurer les hommes sur les corps meurtris de leurs enfants…

Tremblement de terre au Pakistan

De retour en France, j’apprenais les tristes nouvelles du Pakistan. Aux informations, défilaient les images d’Islamabad ravagée avec des blessés encore enfouis sous les décombres et des morts par dizaines de milliers. Il faut les aider. Le Pakistan connaît aujourd’hui une transformation idéologique qui sort le pays de l’arriération sociale et économique et le mène vers des valeurs que nous prônons, celles de la démocratie, de l’éducation, du respect des droits de l’homme et de l’émancipation des femmes. Si nous sommes solidaires aujourd’hui, plutôt nous que certaines institutions mal venues, ils croiront définitivement en notre sollicitude, en nos valeurs, qui sont celles de l’entraide internationale pour un développement économique à l’échelle mondiale. La balance est prête à basculer en notre faveur. À l’inverse, si nous les laissons tomber, ils se tourneront une nouvelle fois vers Dieu, avec les conséquences que cela implique dans le contexte actuel… Islamabad a été construite dans les cinquante dernières années, à partir de la création du nouvel Etat. Elle n’est heureusement pas une ville très peuplée, ni culturelle, ni historique mais une capitale qui n’existait pas et qu’on a placé volontairement au centre du pays. 500 mille habitants vivaient à Islamabad. Rawalpindi, à 20 km seulement, est une mégapole de plusieurs millions d’habitants qui n’a heureusement pas été touchée. Au moment où j’écris ces lignes, je ne peux pas m’empêcher de revoir la vie tranquille qui se déroulait là-bas. Dans un espace compris entre les rivières et les forêts attelées aux montagnes, Islamabad était une bien jolie ville. Calme, moderne, climat agréable, végétation luxuriante, on y trouvait les plus belles voitures du pays et des hommes d’affaires ayant échangé le costume traditionnel contre la chemise et la cravate. Les différentes zones professionnelles et commerciales, les quartiers résidentiels et présidentiels, les grands hôtels internationaux se partageaient les quartiers, séparés par de vastes boulevards fleuris. Islamabad est détruite aujourd’hui. C’est la deuxième catastrophe au Pakistan depuis que j’ai quitté le pays. La première fut une collision de train qui fit plus de cinq cents morts au mois de juillet. Chaque fois, je suis touché bien plus que si je ne m’y étais jamais rendu. J’ai beaucoup aimé ce pays et ses merveilleux habitants. En France, pendant la catastrophe, j’entendais les gens marmonner qu’ils n’enverraient jamais d’argent là-bas malgré leur compassion car ils craignaient qu’il soit détourné et enrichisse le terrorisme. C’est peut-être encore ce que je penserais si je ne m’y étais pas rendu. Heureusement, les terroristes sont bien peu nombreux par rapport à l’ensemble d’une population dénuée d’ambition guerrière, généreuse comme aucune autre et acharnée au travail pour, comme partout dans le monde, donner à ses enfants une vie décente. Tous ces sourires, cette sincérité, cette générosité m’ont, pour toujours, prouvé que les Pakistanais ne méritaient pas leur triste réputation. Bien sûr, il faut les soutenir ; la population est faite d’hommes, de femmes et d’enfants comme nous, et il n’y aura jamais assez d’argent pour tout reconstruire, organiser et multiplier les infrastructures. La pauvreté, la peur et l’ignorance sont les véritables responsables de la haine. Le gouvernement pakistanais est surveillé de près par la communauté internationale, et l’argent de la banque mondiale leur parvient sous certaines conditions, comme notamment : la chasse aux terroristes, poursuivis, dénoncés et arrêtés tous les jours. Le Pakistan n’est pas un pays conquérant mais un pays en voie de développement. Il faut l’aider.

Peshawar

Notre arrivée à la station de bus est fracassante avec nos visages effarés et perdus sous nos gros sacs, au milieu de tous ces pachtounes enturbannés. Un petit groupe se forme bientôt autour de nous, avec sourires de bienvenue, et nous aide en expliquant au conducteur du rickshaw comment nous emmener à l’hôtel où nous avons rendez-vous avec des voyageurs déjà croisés à Lahore. Le rickshaw traverse la ville puis nous dépose dans la rue indiquée. Un chemin, une cour derrière une boulangerie après un étroit passage où des jeunes jouent au criquet. Une arcade sur l’entrée d’un patio fleuri, des jeans et des tee-shirts qui sèchent sur un bout de nylon : c’est bien là. Nos amis sont installés sur une table en bois brut, gravée de noms, de dates et entourée de fauteuils, sous une pergola de vigne, en cette journée ensoleillée du 1er avril. Derrière, une porte à battants ouvre sur un dortoir où s’enfonce une quinzaine de lits dans la fraîcheur et la pénombre, clairsemée de minuscules fenêtres. Le proprio, un vieux monsieur à la barbe blanche, a des yeux de loup qui nous traversent en silence quand il circule en dandinant son corps bien portant, les mains croisées derrière son dos. Cette personne, à l’allure si sage, vend un peu d’opium et d’héroïne. Juste pour arranger. C’est pourquoi, les deux jeunes Danois qui sont là depuis une semaine n’ont pas décollé de leur lit. Ensuite, ils prendront un avion pour se déchirer avec de la coke en Colombie ou avec du crack en Thaïlande. Chacun son voyage. C’est vrai que le prix de l’héroïne incite à consommer, surtout qu’elle est pure. Et je sais bien que c’est bon, cette merde là. Certains diront que c’est dommage, mais je n’en prendrai pas. Quelques pipes d’opium, déjà, me gardent au lit jusqu’à des heures sans nom… Pour me bouger, je dois faire appel à la gourmandise, attisée par le parfum de spécialités délicieuses que je ne sens pourtant pas, mais que j’imagine tant je sais qu’elles m’attendent. Alors, c’est seulement en sortant de la boulangerie, le menton dans la crème, que j’aperçois la rue, la ville et me dis qu’il est temps de faire autre chose que de rêver… Nous sommes à Peshawar. La première ville en venant de Kaboul, en Afghanistan, par le seul passage praticable : la passe de Kyber dans les montagnes de l’Indu Kuch. Tous les envahisseurs, ainsi que les explorateurs, sont venus de par-là, puis par Peshawar. Des choses incroyables se voient encore ici aujourd’hui, dans cet espace multiculturel : fief des Pathans ou Pachtounes qui sont majoritaires dans la région, Peshawar est une ville d’affluence. Des Penjâbis viennent de la vallée de l’Indus, des Sindhis remontent du port de Karachi au sud, sur la côte de l’océan indien et quelques nomades Baloutches descendent des montagnes arides et désertiques de l’ouest, en direction de l’Iran. Voilà pour les Pakistanais. Ensuite, viennent les ethnies afghanes tout aussi nombreuses. On trouve des Tadjiks aux yeux bridés qui descendent des régions proches de la Chine. Des Hazaras, des Nouristanis et des Ismaéliens du Centre et du Nord-Est de l’Afghanistan. Enfin venus des plaines du nord, les Turkmènes, Kirghizes et Ouzbeks se promènent, eux aussi, dans la ville marchande. Des peuples hétérogènes s’organisent donc ici, largement identifiables grâce à leurs traits et leur costume caractéristique mais aussi, quoique de façon moins visible, par leur langue et leur alphabet. L’ourdou est le langage officiel du Pakistan mais les Baloutches et les Afghans, pour ne citer qu’eux, utilisent l’alphabet arabe et écrivent en farsi. Le Pakistan et l’Afghanistan sont peuplés de minorités ethniques et confessionnelles. Leur Etat ne parvient pas à les cimenter en une unité nationale car toutes luttent encore entre elles, soit pour le pouvoir, soit pour l’indépendance ou encore, même, quelquefois pour la simple légitimité d’exister. Et cela contribue, comme on l’a vu, à renforcer les organisations islamiques, puisque l’islam est le seul drapeau qui puisse les rassembler. Le général Mousharaf, maître actuel du pays, s’est lancé, aux côtés des Etats Unis, dans la guerre contre les talibans et Al Qaïda. Son pouvoir est contesté par une partie de la population, ainsi que l’appui des Etats-Unis, mais il est maintenu au pouvoir grâce à une force armée imposante. Cela lui permet de recevoir l’aide de la communauté internationale et ainsi, de persévérer dans la démocratie, la lutte contre le grand banditisme, le terrorisme et la corruption tout en favorisant le développement économique. Le Pakistan a une croissance annuelle d’environ 6%. La France, en comparaison, a aujourd’hui une croissance de 0, 2%, autant dire nulle. L’Afghanistan, quant à lui, a une croissance en augmentation, mais l’argent provient pour un tiers des dérivés du pavot, sans réelle culture de substitution rentable… Les tirs de mitraillettes qu’on entend la nuit ne nous rassurent pas, même si notre hôte reste tranquille et dit qu’il n’y a pas de danger. Forcément, lui se remplit les poches. Dans le journal, assassinats, règlements de comptes et prises d’otages sont quotidiens. Le grand banditisme, comme partout, n’a pas intérêt à ce que le gouvernement s’impose. Il tente de créer la discorde pour continuer tranquillement ses affaires. Aujourd’hui, c’est la grève. Une nouvelle grève pour protester contre des réformes institutionnelles. Nous préférons ne pas sortir. Ambiance décontracte. Pression diffuse. Pakistan, le 02 avril 2005.

Petite promenade ce matin dans le vieux bazar de Peshawar. Il fait chaud, les ruelles étroites s'effilochent comme des brins de soie de toutes les couleurs. Pour passer plus inaperçu, j'ai mis le déguisement complet avec le chapeau pachtoune et je me promène au hasard du centre ville... Je vois les femmes en bourka choisir leurs strings et leurs petites tenues coquines… Elles ne doivent pas avoir grand chose dessous et puis, on ne voit que leurs yeux, mais quels yeux ! Voici, cachée, l'entrée d'un joli jardin qu’entoure un temple chrétien orthodoxe du XIIIème siècle. Je montre mon passeport. La kalache se baisse. Le sourire du gardien : – Christian ? – Yes, I'm French. – Ok come. Me voilà sur les bancs de ce petit temple dans un silence apaisant, avec un garde du corps, kalachnikov en bandoulière. Mais ici, même les magasins sont parfois protégés par des gardes armés. Et non pas seulement les temples. Ce garde règle seulement l’entrée du lieu. Chrétiens, en effet, nous sommes à l’honneur chez les Pakistanais puisque nous sommes des gens du Livre et Jésus est pour eux, lui aussi, un prophète… Cet après-midi, je vais pousser jusqu’au Smuggler Bazar dans la zone tribale, là où se vend, au kilo, le fameux haschich appelé shiras et, là aussi, où se fabriquent les armes. Alors, j’organiserai leur acheminement, par le réseau de contrebande libanaise, jusqu'en France où je ferai, cet été, mon coup d'Etat. Mais en attendant, je m'achète, au kilo, des fraises délicieuses, les trempe dans la crème et après ça les dévore délicatement une à une. Puis, je sirote une tasse de kawa, le thé vert de Chine aromatisé de cardamomes que j’accompagne d’un de leurs petits pétards tout frais qui rendent si léger et gai. Le tout, de la terrasse qui surplombe la petite place de Saddar Bazar. Pour le coup d'Etat, on verra demain...

La zone tribale

À quelques kilomètres de la ville, une semi-frontière indique le passage dans la zone tribale non administrée par le Pakistan. Elle s’étend jusqu’à la véritable frontière, sur la passe de Kyber, où sont regroupés les réfugiés afghans qui ont fui les talibans aussi bien que les bombardements américains. C’est dans cette zone que sont recrutés les terroristes et organisés des camps d’entraînement. C’est là aussi, tout près, qu’on a encore dernièrement bombardé un village, faisant une vingtaine de morts civils, pour atteindre, d’après un communiqué de presse américain, un des organisateurs des attentats du 11 septembre, qui se cachait là. C’est ici enfin, que sont fabriquées les drogues à base d’opium et les armes, dans des entreprises, et c’est le comble, que nous pouvons visiter… Un petit magasin, tout ce qui il y a de commun, avec en rayons, différents produits. Le patron, chauve et rasé, a une tête de Russe ou au moins de Kazakh. Il est habillé à l’occidental et ne quitte pas son téléphone portable. Pour faire le malin, il me met un kilo de haschich dans une main et un autre d’opium dans l’autre, pour que je goûte, avant de me demander, tout sourire, combien de kilos j’en veux. Après avoir choisi quelques grammes de chaque, que je paye une misère, et bien défoncé par tous les joints que ses acolytes roulent là dedans, le gentil monsieur m’annonce de faire extrêmement attention en sortant, et plus encore à la frontière, si je ne veux pas me retrouver en prison. Des policiers du gouvernement, en civil, se promènent partout et évidemment, choisissent les petits rigolos comme moi, pour leur faire cracher des tunes. Merci du conseil, mec, ça me rassure. Et en plus, vu que j’ai fumé, je n’ai pas du tout tendance à être parano... Il aurait mieux valu ne rien me dire et que j’avise, confronté à la situation, plutôt que d’y penser sans cesse et qu’en fait il n’arrive rien. Je sors du magasin par la porte de derrière, comme on m’indique, et je pars tête basse à travers le marché pour arrêter le premier bus en partance. Je ne fais pas le malin, cela va sans dire, mais enfin me voilà dans le bus et bientôt la frontière est passée. Le gars à côté de moi, un jeune aux yeux bleus avec une grande barbe blonde, me fixe depuis un moment entre consternation et émerveillement, pour finalement me marmonner du fond de la gorge : I’am al Qaïda ! Le pauvre gars n’avait certainement jamais vu d’occidentaux et ne s’attendait pas à en trouver un, assis à côté de lui dans ce bus. Il me sourit maintenant qu’il a craché son morceau, bien que d’une façon un peu troublante… Un espion américain en train de se foutre de ma gueule ?! Comme j’essaie d’entamer la discussion, je me rends compte qu’il ne sait rien dire d’autre en anglais. Mais mes questions attirent l’attention d’un autre gars debout qui, lui, parle parfaitement anglais. Je veux qu’il fasse l’interprète, enthousiasmé que je suis de rencontrer un membre supposé de la fameuse organisation, mais ils s’embrouillent très vite et le jeune étudiant debout a bien trop de questions à me poser pour perdre son temps avec l’autre qui paraît finalement peu intéressant. Je ne sais pas, d’ailleurs, s’il m’apprendrait quelque chose que les médias n’aient pas déjà raconté, amplifié. Je ne sais pas si je n’en sais pas sur Al Quaïda plus que lui-même car la presse ne parle que de ça depuis les attentats. Terrorisme par-ci, islam par-là ! Enfin, il n’a pas de haine puisqu’il me regarde avec un sourire ravi, heureux de me rencontrer, comme si nous devions bientôt disputer une partie de criquet et que nous appartenions chacun au camp opposé. Soit il se fout de ma gueule, soit je ne comprends rien et on nous raconte des conneries. Mais je pense surtout que nous prenons ça trop au sérieux. Ce gars-là n’ira pas poser des bombes dans nos pays. La pression monte à force d’en parler tout le temps, la pression monte comme si on voulait d’autres bombes, comme si on cherchait des ennemis pour nous faire la guerre. Oui, c’est exactement ce que nous faisons car, partout dans le monde, on suit les mêmes informations, qui en rajoutent tout le temps, qui montrent le pire et je me demande si ce n’est pas ça qui nous excite tous… Afghan de Kaboul, l’autre jeune ainsi rencontré, étudie l’informatique dans l’université de Peshawar, avec une petite bourse de l’Etat qui lui permet de louer un appartement où il m’emmène boire le thé. Nous passons la soirée à discuter vivement de tout ce que je viens de vous raconter, si bien qu’il veut m’emmener le lendemain dans sa famille à Kaboul, me promettant qu’il n’y a rien à craindre, que son magnifique pays, encore sous perfusion financière internationale, va sortir du sous-développement grâce à la motivation des jeunes universitaires et surtout, s’ils ne sont pas abandonnés aux mains des extrémistes. J’étais d’accord évidemment pour me rendre à Kaboul avec lui, mais nous avons oublié une chose importante : le visa ! Il n’y a pas moyen de passer la frontière en disant simplement, je vais faire un tour et reviens dans quelques jours. Il faut un tas de paperasses, plusieurs jours d’attente et aussi, une bonne vieille prise de sang !? Quelle idée détestable ces frontières politiques qui séparent des peuples communs et réunissent des ennemis irréconciliables…

À Peshawar, comme partout au Pakistan, on ne peut pas demander un renseignement sans être immédiatement conduits où on veut aller, sans être invité à boire le thé et, toujours, sans possibilité aucune de rendre quoi que ce soit. Hospitalité, solidarité, personne ne vous laissera tomber. Au contraire, chacun prendra un peu de son temps pour vous faciliter les choses, vous aider du mieux qu’il peut… Je cherchais un magasin de chapeau. En voulais un pachtoune, depuis que les médias français ont fait des documentaires sur le commandant Massoud - toujours avec son chapeau - que nous avons financé pour la lutte contre les Soviétiques et ensuite contre les talibans, avant qu’il ne se fasse exécuter la veille des attentats du 11 septembre. Il était l’idole de la résistance afghane, candidat de la démocratie et surtout le plus grand opposant aux talibans contre qui il tentait de rassembler une nouvelle fois le peuple. L’attentat qui l’a tué, le 10 septembre 2001, est une coïncidence qui n’en est pas une… Bref, je voulais ce chapeau, que beaucoup portent ici mais je ne trouvais pas, dans les ruelles commerçantes du centre ville, de magasins qui en vendaient. C’est ainsi que nous avons rencontré un grand monsieur, homme de prestance, dignitaire de la région, qui est venu avec nous à travers la ville, s’est engagé dans les négociations sur le prix du chapeau - je ne sais même plus qui, de nous ou de lui, a payé - puis il nous a emmenés dans une tchaïkhane prendre le thé et discuter paisiblement. Enfin, il voulait nous raccompagner jusqu’à notre hôtel en bus, même si, discrètement, il regardait sa montre. Tout ce temps pris pour nous servir, alors qu’il devait avoir tant de choses importantes à faire, montre à quel point les Pakistanais ne sont pas des barbares comme veut bien le dire la presse, et comme ils sont passés maîtres de l’hospitalité. Nous avons eu bien du mal à lui refuser de nous raccompagner et il nous a serré chaleureusement la main avant de disparaître dans la foule. C’est ainsi chaque fois que vous demandez un renseignement et c’est avec un énorme plaisir qu’on vous répond et vous aide. C’est un devoir pour eux de pratiquer l’hospitalité, c’est exact, mais c’est tellement rentré dans les mœurs qu’ils y prennent un plaisir immense et en obtiennent une satisfaction profonde.

Notre temps à Peshawar est écoulé. Demain matin, nous reprenons la route d’Islamabad pendant que d’autres poursuivent leurs démarches pour se rendre en Afghanistan. Un Argentin, notamment, qui profite de l’hospitalité des mosquées où il dort le plus souvent, pour continuer son apprentissage théologique de l’Islam. J’ai beaucoup de regret de ne pas me rendre en Afghanistan après nous être tant attachés aux Pakistanais. Le voyage promettait d’être exceptionnel car les Afghans que nous voyons et que nous rencontrons semblent eux aussi très chaleureux. Enfin, ce sera pour un autre voyage. Nous ne verrons pas Kaboul, non plus Mazâr-E Charif, Kandahar… Mais, nous verrons Quetta, ensuite les villes légendaires de Chiraz, d’Ispahan en Iran, si demain nous avons notre visa. Et puis on ne peut pas tout voir. Apprendre à se satisfaire ! Apprendre à se satisfaire ! Ça ne rentrera pas !

Retour à Islamabad.

Notre passage dans la capitale, à l’aller, a été rapide. Le temps de déposer notre demande de visa à l’ambassade d’Iran et nous repartions sur la route de Peshawar. Une amie d’une amie d’une amie iranienne a proposé de nous donner ses coordonnées à Téhéran. L’ultime chance de rentrer dans ce pays qui n’accepte pas facilement de donner un visa touristique à des occidentaux, tout en promouvant le tourisme dans les pays arabes davantage susceptibles d’apprécier à sa juste valeur l’art perse… Nous verrons bien et sinon, nous trouverons une autre solution... La prise de sang pour l’Afghanistan… Ou bien, le visa de transit qu’on ne peut normalement pas nous refuser une fois arrivés à la frontière iranienne. Mais ce visa ne nous laissera que sept jours pour traverser le pays, ce qui serait regrettable. Le minibus nous dépose à Rawalpindi sur une vaste plaine où les véhicules motorisés ont remplacé définitivement les caravanes de dromadaires qui y ont pourtant séjourné durant des siècles. Les temps changent. Aujourd’hui, ils changent très vite. Ainsi, tous les voyageurs qui sont passés ici ont vécu une histoire différente, bien que cet itinéraire ait été parcouru et raconté des centaines de fois. En voilà une de plus… Visa iranien obtenu. 5 .000 roupies pour un bout de papier collé sur notre passeport. On s’offre le plus prestigieux restaurant de la ville. Arrivés en taxi devant l’hôtel Palace, nous empruntons l’allée illuminée jusqu’à l’entrée du grand hall où une nuée de pétasses nous ouvrent les portes du luxueux salon. Derrière des fontaines et des lumières tamisées, des hommes traitent leurs affaires. Ces barbus en cravate et lunettes teintées me font penser aux mafieux bulgares affichant sans crainte leurs magouilles et leur fortune. Prière de nous asseoir autour d’une table dignement dressée. Le repas est frugal. Une gorgée d’eau avalée est immédiatement remplacée. Dommage qu’ils ne servent pas de vin. 600 roupies chacun, environ 10 euros pour pas grand-chose. Les kilos égarés le long de ce voyage ne seront pas repris ici. Il faudra attendre de rentrer chez maman…

Retour sur mon lit. Tombent en s’émiettant, virevoltant, les morceaux de peinture du plafond, sur mes mains comme des mots. Sur mes yeux fermés. Mes rêves sont agités. Islamabad est un carrefour. Au nord, en s’enfonçant dans les montagnes, on rejoint Gilgit puis la Chine. Deux semaines, tout au moins. Arrêtés parfois par des éboulements. Des ponts écroulés dans l’écume de la fonte des neiges. Par l’armée. La montagne. Le froid et l’hiver. La boue et la misère. Je ne veux pas aller au nord. J’abandonne Daoud et prends la route de l’ouest. Te rejoindre. Nos chemins ne se croiseront pas, m’as-tu écrit. « Je ne t’attendrai pas. Je n’aime pas attendre. Je suis impatiente... » Et moi, tu me saoules. Je ne vais pas te courir après. Je ne vais pas te rejoindre sur un coup de tête. Nous sommes maintenant séparés depuis un mois. Et encore deux mois minimum de terre inconnue restent à franchir pour tes beaux yeux. Des yeux que je verrai dans les céramiques de Mechhed, dans les eaux pures des oasis, dans les mirages du désert. Ça me suffira. Où sont les belles promesses d’une relation qui devait être libre dans l’espace et dans le temps. Nos chemins ne se croiseront pas, alors. Va te faire foutre si tu n’es pas capable de poireauter sur une chaise longue de la Méditerranée, que je te retrouve nue et bronzée un soir de printemps turc ou grec. Va ton chemin et ne m’écris plus pour me dire que tu t’ennuies de moi, que tu te morfonds de solitude, que tu as envie de me voir maintenant et peut-être plus, bientôt. Crois-tu que je serais assez con pour traverser l’Iran, sans la voir, pour une femme qui m’abandonnera dès qu’elle sera lasse... Oui, je suis assez con. Oui, je prends la route de l’ouest. Le train traverse la moitié du pays, les palmeraies des confluents de l’Indus, le blé vert du printemps dans les plaines, les champs de coton de Faisalabad, les marchés de Sukkur, l’entrée dans les roches dorées du Baloutchistan, les précipices de Sibi, les tunnels, les check points, les barbes et les kalachnikovs. Autant de paysages qui défilent comme les sentiments de mon cœur. Rien de meilleur qu’une ouverture dans un compartiment de train pour les jeter un à un dans l’oubli. En arrivant à Quetta. J’ai changé d’avis. Tu feras bien ce que tu veux. Et moi aussi.

Baloutchistan Quetta.

Daoud est finalement resté avec moi. Armand et Julie, partis quelques jours avant nous, nous accueillent à la gare de cette ville qui nous effrayait tant, dans l’ordonnancement de notre voyage. Depuis Istanbul, nous parlions de la ville des talibans au Pakistan. La ville anti-occidentale… Et puis… Nous y sommes. Quelles gueules ils ont, c’est impressionnant ! Ces regards, ces visages, ce style ! Longs turbans qui tombent, barbes superbement taillées, yeux clairs sur peau tannée, cisaillée, couleur de cendres. Dignes comme des boucs, balafrés, sévères… et puis souriants, une paille dans la bouche sirotant un coca cola ! Une image incrustée dans ma mémoire mais que j’aurais bien voulu montrer au monde qui m’entoure. Ces vieux bougres, taillés dans le roc de la montagne, dont les mains sont plus larges que des pelles, la barbe mouillée par des bulles de coca cola ! Il faut traverser des paysages lunaires, des champs de rocs et de sable, des montagnes hirsutes, déchirées sous un ciel bleu piqué de vautours, pour boire ça ! Du coca cola ! Une terre inhospitalière dans un monde séparé du monde à l’infini des montagnes et du désert. Un canal ensablé et vibrant de moustiques, l’ombre de quelques arbres et le terminus d’une gare suffisent, dans ces lieux, pour établir une ville plus légère qu’un songe dans un cirque de montagnes absolument nues et disproportionnées. Une ville éparse, légère, pleine de répit, où d’innombrables pacotilles arrivées là à mesure des années s’accumulent comme dans un grenier poussiéreux. L’échine de la ville, Jinnah Road, l’avenue principale, semble appartenir à un décor de western avec ses bâtiments sans étage et ses vitrines en bois vernis. Des vieillards enturbannés, de grande prestance, flottent sur des vélos silencieux*. De vieilles roulottes en bois, séchées à craquer par le soleil, promènent des épaisseurs de tissus en forme de femmes dont les yeux sont les fenêtres des prisons. Quetta : 1.800 mètres d’altitude, 200.000 âmes, et quelques chameaux. La Perse dort dans son manteau de sable à 800 km à l’ouest d’un désert hostile. Au nord, une petite route militaire traverse la zone des cultures, s’engage dans une plaine aride puis s’élève jusqu’au col de Kodjak et aux massifs de la frontière afghane. Au nord-est, un embranchement de la voie ferrée gagne Fort Sandeman au pied des Monts du Waziristân. Quelques clans Pathans les habitent avec leurs troupeaux de chèvres et de chameaux qui, la transhumance venue, gagnent la passe de Bolan sur la route du sud et descendent dans les prairies douces de l’automne. Voilà pour les points cardinaux. Rien ne pèse sur la ville solitaire, distante de plusieurs centaines de kilomètres de tout autre rassemblement humain*. Elle vit donc à l’écart du monde, dans une échelle de temps étendue comme le désert, et dont la quiétude est seulement bouleversée lors de tremblements de terre…

À l’heure dite, une douzaine de croyants, tout en barbe et en prière, s’agenouillent sur un carré de pelouse, dans la cour de l’hôtel. Le thé servi, on reprendra la discussion où on l’avait laissée. Daoud et Armand chatouillent la guitare dans la chambre et je l’entends rire. Julie s’est attelée aux Cavaliers de Kessel. J’essaie de faire des ronds de fumée, sans pour autant y parvenir, accoudé à la rambarde de l’étage, tantôt plongé dans l’observation de la montagne, derrière lesquelles le soleil disparaît dans les champs de prières, tantôt dans le théâtre de la rue où quelques bergers nomades, droits sur leur monture et suivis de leurs chèvres, défilent en soulevant la poussière. Poussière aussitôt déposée sur les fruits et légumes de l’épicier iranien, aussitôt soufflée par son boy de dix ans qui ressemble à mon petit frère. Quand je descends prendre le thé, il s’assoit en face de moi, tout sourire, pour partager ses bonbons, partager son plaisir… Il me ramène à des milliers de kilomètres, là où j’ai laissé mon enfance, dans cette petite chambre qui n’aura pas changé, loin derrière ces montagnes où, déjà, la nuit est tombée. Alors, je revois la maison, les rivières, les champs, les forêts qui m’ont vu grandir et qu’il me tarde de redécouvrir. Le voyage m’a montré finalement à quoi ressemblait chez moi, de quoi était faite ma vie et quels étaient les gens qui comptaient pour moi. Par comparaison, avec la distance, on s’éloigne seulement pour mieux voir, pour apprécier davantage ce que nous avions trop vu et trop entendu.

Voyager. Être nomade. Chaque semaine entrer dans une nouvelle atmosphère, découvrir un autre monde. Si longtemps. Tant de fois. Perdus dans les paysages, dans les villes. Survoler les hommes, leur environnement, leurs motivations et leurs âmes. Vivre de leurs illusions. Partager leurs univers. Au moins quelques instants. Mais rien de tout cela ne t’appartient. Ce n’est que la vie des autres. La tienne ne peut être faite de tous ces morceaux qui, ensemble, n’ont aucun sens. Tout s’agite et tu restes là, à contempler. Indifférent. Inutile. L’eau reflète sans même se troubler. Miroir, voleur d’images et d’émotions. Le décor te prête un instant ses couleurs…Devenir invisible. S’oublier. Apprendre de l’infini en accord avec le temps. Et puis rentrer. Rentrer avec tout ce désordre. Avec toutes ces idées. Ces rêves qui seront comme ceux d’un autre…Ce n’est pas un retour, seulement un autre lieu du voyage où l’on est déjà passé. La vie est un voyage. Ce n’est pas un retour mais une nouvelle arrivée. La vie, là-bas, aura changé à jamais. Ce qu’on a connu ne se matérialisera plus. Il n’y a plus rien de stable. Rien, depuis si longtemps, à quoi s’accrocher. Tout se ressemble. Rien ne s’assemble. Tout s’est écroulé. Quelque chose renaîtra derrière. Une nouvelle personne est née…

À qui sait attendre.

Les têtes d’agneaux sont entassées sur une table, tirant la langue aux passants, les yeux clos. À côté, quelques marchands de maigres légumes, d’épices essentielles et de vieilles étoffes dans un marché oublié au fond d’un quartier. Puis des armes, lasses de faire la guerre, qui se reposent allongées les unes contre les autres. Nous sommes au marché du quartier des réfugiés afghans qui sont nombreux dans la ville de Quetta proche de celle de Kandahar. Avec ces armes, autres déserteurs d’une guerre qui n’en finit pas : ceintures, casques, chaussures, drapeaux américains. Puis encore, ici et là, babouches retapées, chemises défraîchies, rapiécés et… broderies, dentelles sur étoffes raffinées, mêlées aux chiffons… Mes yeux ne lâchent plus ce bout de tissu camouflé sous les nippes. Je l’en sors, l’admire, telle une fragile princesse oubliée dans un monde de guerriers. Broderies vraiment fines. Long travail sur un tissu de qualité qui, si nous n’étions pas dans ce taudis, passerait aisément pour de la soie. En fouillant bien, nous dégotons quelques robes uniques au monde. Combien pour celle-ci ? Oh, pas grand-chose. Ce bazar ne vend que les biens de démunis qui ne désirent plus que manger. Le commerçant voisin, avisé des singuliers visiteurs, vient dire bonjour. Assis sur les tapis devant la devanture de planches, nous buvons le thé ensemble en bavardant car ici, le commerce est avant tout une relation sociale. Puis, chacun des commerçants vient nous présenter ce qu’il a de plus beau en robes. Souvent, ce qui leur semble beau ne nous plaît pas et ce que nous choisissons leur paraît dénué de valeur. Finalement, nous achetons cinq robes dentelées, brodées et colorées. Les Afghans sont contents, ils ne pensaient jamais les vendre. Aujourd’hui, à Kandahar, on ne porte plus ce style car il laisse la nuque nue... En France, nous n’en sommes pas là. Elles seront portées avec fierté. Leur prix est moins élevé que celui du nettoyage. Au pressing, l’homme nous dévisage de toute sa moustache. Combien pour nettoyer cette robe ? Il déplie, regarde, réfléchit : « 100 roupies. » « Non, non, c’est plus cher que le prix d’achat, nous en avons cinq alors combien pour le lot ? » « 500 roupies. » Le bougre ne veut rien lâcher. Il est froid et intransigeant. Sur son visage semble marqué, si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs. Il n’y pas d’ailleurs. On essaie de négocier encore mais il n’y a rien à faire. Ok alors, pour 500 roupies. Mais tachez que ce soit bien fait. « Quand pourrons-nous venir les chercher ? » « Demain. » Le lendemain, nous achetons cinq nouvelles robes en retournant au marché afghan. Les marchands nous les avaient mises de côté après les avoir retrouvées dans leur souk. Discussion, thé, nous retournons ensuite à ce que l’on pourrait appeler le pressing. Le monsieur nous reçoit toujours sans sourire. Les robes ne sont pas prêtes. Combien pour les cinq nouvelles ? 500 roupies de plus, il dit comme si on était vraiment des cons. Pas moyen de négocier à nouveau. Heureusement qu’on ne les a pas payées cher. Nous devons revenir le lendemain. Elles seront prêtes. Nous repoussons donc notre départ. Déjà plus d’une semaine que nous sommes dans cette ville. En attendant, les jeunes du café Internet me font écouter de la musique dans la journée et, le soir, on parle ensemble de tout et de rien mais aussi de politique, de religion alors que ces sujets sont assez tabous. Celui qui tient le café a fait ses études à Karachi, la plus grande ville du pays sur la côte de l’océan indien, qu’il compare à une ville américaine. Puis il est revenu dans sa ville natale où il tente aujourd’hui d’organiser de petites manifestations culturelles autres que religieuses. Une nouvelle personne qui aimerait que ça change mais il sait devoir laisser le temps au temps. Les anciens demeurent ceux qu’on doit avant tout respecter. On ne bouscule pas des mœurs millénaires en une journée. À la fin de sa vie, il énumérera les choses qui auront changé. Et lui-même devra alors être à son tour respecté. Ainsi, rien ne doit aller trop vite, plus vite que le cycle des générations… Pourtant, chez nous, les anciens disent souvent être dépassés. Il est minuit passé quand je le quitte. Le lendemain, nous nous rendons au pressing, nous attendant à trouver les mêmes visages fermés et méprisants. Mais c’est tout le contraire qui arrive. Les robes sont prêtes, emballées très proprement. Nous sommes priés de passer derrière le comptoir du magasin. Alors, on nous paie le thé, l’incontournable joint de haschich et on s’ouvre enfin, jusqu’à nous traduire les messages des infos régionales de la télévision qui se divulguent au moment même. Avant de partir, gênés, nous recevons en cadeau deux shawar kamiz neuves qui valent, chacune d’elle, plus que le prix des robes et des nettoyages réunis… Dernier jour à Quetta

À l’étage enfumé d’une tchaïkhane, dans le brouhaha de voix d’hommes, quelques jeunes chrétiens entreprennent de monopoliser notre attention. Rien ne permet de les différencier des autres personnes avec qui nous bavardons car tous portent la barbe. Ce n’est qu’une fois sortis du bar, alors qu’ils insistent pour nous emmener dans leur quartier, qu’ils nous montrent une petite croix sur leur torse, accrochée au bout d’une chaînette. Nous sommes en effet, nous aussi, chrétiens de culture mais rien ne permet d’affirmer que nous le sommes encore aujourd’hui… Ce serait long de leur expliquer. Nous les suivons donc à travers les rues et allons visiter en premier la petite église qui n’est rien d’autre qu’une salle de classe avec un tas d’ornements peints et dessinés par la population jusqu’au tableau de Jésus qui arbore, ce qui est rare, un grand sourire. Dans la rue, nous partageons une partie de baby-foot avec les gamins du quartier. Il est assez rare en Inde et au Pakistan de trouver des adeptes du football. Il y en avait à Goa seulement, sans doute après la longue présence portugaise. Les footballeurs se ressemblent malgré tout de par le monde. Très vite, la partie se transforme en un match capital de world cup entre la France et le Pakistan. Les jeunes supporters sont au comble de l’agitation et une bagarre de petits poings éclate bientôt entre les enfants, nombreux autour du jeu. Les acclamations pour Zidane résonnent mais trop tard. C’est l’échec ; la France perd. Et il n’y aura pas de match retour cette année. Le calme revient et le championnat de rue pakistanais peut reprendre… L’étage d’une maison de la même rue sert de salle de musique. On nous fait visiter puis nous asseoir, avant de nous servir le thé pour patienter, le temps que des enfants courent chercher des musiciens pour improviser un concert. Toute la rue est au courant de notre présence et les enfants, surtout, se montrent derrière la petite fenêtre pour nous regarder. Le concert est vraiment sympathique. Mélange de musique traditionnelle pakistanaise, de chansons d’églises et…la musique du film Titanic. Original. Original aussi de se trouver ici, adoptés, invités à manger, à dormir et à rester indéfiniment. Un autre regard sur la religion chrétienne laissée à l’abandon dans ce coin du monde. Dans la nuit avancée, nous traversons une dernière fois cette ville pour rejoindre l’hôtel. J’ai le sentiment de les avoir abandonnés. En marchant dans la rue, les images de nos journées se superposent à celles de cette nuit. La ville est nue sous les étoiles, les rues balayées par le vent piquant, le quartier chrétien sans les enfants, le marché afghan sans couleur et sans vie, le boulevard des banques et des hôtels sous la lumière fade des néons. Abandonnés à jamais, puisque demain nous partons.

Khuda hafiz Pakistan.

En quittant Quetta en fin d’après-midi, le soleil effleurait déjà l’horizon et rendait aux roches pourpres la couleur des cendres rougeoyantes. La route s’élançait tel un rail de fête foraine entre les crêtes monumentales, s’ouvrant et se refermant, montait aux cols et dévalait les plaines sans fin. Je regrettais déjà de traverser le désert du Baloutchistan de nuit... Que n’avais-je pas vu : assurément montait aux astres, la Lune, d’une rondeur et d’une clarté qui, du fait de notre altitude, m’hypnotisait comme une prodigieuse illusion. J’ai su alors que ma nuit serait blanche. Plaines de sable, de cendres, roches striées, acérées, géantes, villages confondus, troupeaux dispersés, ombres enturbannées, barbes dessinées. Le tout d’un gris léger et doux sous l’œil fascinant de notre corps céleste. Paysages époustouflants ! Notre bus filait à travers les ornières. Les heures s’écoulaient sans qu’un bâillement ne fasse cligner mes paupières. Mes pensées de clair de Lune emplissaient mon esprit d’une sérénité à toute épreuve. Une nuit d’amour ! Le bleu sombre de la nuit s’éclaircissait déjà en rose humide du matin. Les bras écartés au vent, le visage rafraîchi par les ablutions, je n’étais que béatitude et ma prière à moi n’en était que plus profonde. Un matin de voyage où, plus prompt que le soleil lui-même, j’embrassais cette journée née devant moi. Mon désir de la vivre me brûlait plus encore que les premiers rayons aveuglants du soleil blanc des déserts. Nous rentrions triomphants, ivres de nouvelles connaissances, dans cet énigmatique pays qu’est l’Iran ! Rien ne pouvait me rendre plus vivant et plus libre qu’une telle nuit. Un souvenir me revint alors, une question, une seule, qui fit s’effondrer en moi l’espoir, ce jour-là, avec celle que je souffrais d’aimer : Que vas-tu chercher là-bas que tu n’as pas ici ? Sans rien dire, je suis parti. Les mots ne pourront jamais décrire ne serait-ce que le parfum du vent et son corps remplacer les sensations que j’éprouve en voyageant.

* Nicolas Bouvier
Voyage aux Îles de la Madeleine depuis Montréal en octobre 2009
by Jordane64 · 2009-07-29 · 41 replies
Bonjour!!!

Je vais etre a Montreal (que je connais deja bien) au mois d'octobre, et si mon copain arrive a prendre une semaine de vacances nous aimerions partir 10 jours.

En faisant des recherches je viens de tomber sur les iles de la Madeleine, ca a l'air vraiment magnifique!

Du coup je me pose plusieurs questions, j'espere que vous pourrez m'aider!!

Tout d'abord est ce une bonne saison pour y aller?

Ensuite je me pose des questions concernant le trajet. Je viens de regarder les billets par Air Canada, j'en ai pour environ 560 dollars US l'AR par personne. Je me dis que sur 10 jours on pourrait peut etre aller jusqu'a Souris en voiture, je suis sure que le trajet doit etre tres beau, en prenant 3 jours pour le faire par exemple. Qu'en pensez vous? Si au retour on roule pas mal on peut faire le retour en 2 jours, ce qui nous laisserait 5 jours sur l'ile....est ce assez? Est ce une perte de temps de vouloir le faire en voiture?

Voila, merci d'avance pour vos reponses! 😉
Parcours pour trois semaines au Vietnam
by Laurent25196 · 2009-07-17 · 14 replies
Je pars trois semaines au vietnam fin decembre pouvez m'aider un faire mon parcours et me donner des conseilles si 'il faut passer par des agences par ou commencer le voyage nord ou sud et le budjet merci a tous
Votre image de la Corée du Sud?
by Somuchtosee · 2009-05-30 · 62 replies
Salut a tous,

Ca fait plusieurs fois que je lis, sur ce forum ou sur d'autres, et que j'entend des personnes, dans des situations de tous les jours, parler de la Coree (du Sud) comme si c'etait quasiment un pays du tiers-monde. C'est a y croire que certaines personnes qui prevoient y faire un tour se demandent des questions aussi stupides et ignorantes tels que "est-ce qu'il y a de l'eau courante" en Coree (du Sud).

Je ne sais pas d'ou provient une telle image de ce pays (de la part des "blancs", europeens et nord-americains principalement) et je ne sais pas pourquoi tant de personnes sont si ignorantes, mais c'est assez frustrant. Pour ceux qui ne le savent pas, la Coree du Sud est un des pays les plus "avances" au monde. C'est un des pays les plus eduques au monde, incontestablement, et chaque famille, en moyenne, depense plus d'argent pour l'education de leur enfants que n'importe ou ailleurs au monde.

Le systeme medical est aussi un des meilleurs qui se trouve, avec la fine pointe de la technologie et des docteurs et chirurgiens en demande internationale.

L'economie de la Coree se base entre autres, mais principalement, sur le secteur tertiaire, avec une production de haute technologie surpassee nulle part ailleurs. L'internet est le plus rapide au monde, et d'ici 2012 ils prevoient d'augmenter la vitesse a 1Gbps, une veritable innovation technologique, alors que bien des pays ("industrialises") sont toujours a 50kbps, faites le compte. Sans compter la nano technologie, la production d'automobiles (Hyundai, Kia, daewoo, Ssang-yong, Samsung), la production de milliers d'appareils electroniques par des marques reconnues internationalement (Samsung, LG, etc), et parmi les meilleurs compagnies de constructions au monde. Ils ont construits, juste pour donner un example, les tours petronas en Malaisie qui etaient jusqu'a recemment les tours jumelles les plus hautes au monde.

La Coree est parti de virtuellement rien, ils ont eu a subir un demi-siecle de domination et de torture japonaise et des annees de guerres, mais avec leur intelligence, leur passion et leur perseverance ils sont devenus un pays incroyable, alors que la plupart des pays europeens doivent leur presante richesse par leurs crimes passes, donc leur imperialisme, etablissement de colonies, esclavage, et jen passe.

La Coree est aussi un pays tres "sur", sans danger. Les drogues et les armes a feux sont, pour dire, quasiment inexistantes.

Desole si je semble rude, mais je suis tout simplement fatigue d'entendre des commentaires condescendants face a la Coree, ou aux autres pays asiatiques en general, la plupart du temps bien sur par des blancs. Si vous avez dans les projets d'aller en Coree, essayez d'en apprendre le plus que vous pouvez sur ce pays, sur leur culture, leur merveilles culinaires, leur musique, etc. C'est certes, un pays a decouvrir et a connaitre.

Il est tres triste que les deux superpuissances, USA et USSR aient separe et dechire ce pays en deux lors de la guerre de Coree en 1950... dois-je dire la guerre froide. Si jamais vous voyez aux nouvelles des grand titres sur la Coree du Nord, rappelez-vous aussi que tout cela est entierement la faute des Etats-Unis et de la Russie, encore une fois des criminels internationaux.

J'espere que vous aurez trouvez mon message interessant, et je suis ouvert aux commentaires et discussions.

Bien a vous
C'était mieux avant
by Mahadeva45 · 2009-04-14 · 112 replies
Bonjour Je viens dans cette rubrique pour vous faire part d'un petit coup de gueule;

Voilà, en tant que "jeune" voyageur inexpérimenté (seulement deux au compteur, un troisième pour l'année 2009/2010) il m'est arrivé des dizaines de fois de rester ébahi, époustouflé, impressionné, choqué, amusé, ému, touché par les ambiances, les gens, l'architecture, la culture, les gouts, les couleurs, les odeurs, etc...des lieux ou j'arrivais, que cela fut des grandes villes aussi bien que des petits villages.

Mon regard était neuf, forcément, peut être un peu "corrompu" par des lectures préalables, ne serait-ce que celle des guides papiers, mais quand meme neuf...le regard de celui qui rencontre l'Autre pour la première fois

Or il se trouve qu'à chaque fois, sys-té-ma-ti-que-ment, et surtout dans les petits villages peu touristiqués, je suis tombé sur de "vieux" routards; pas forcément des papies, mais des voyageurs qui avaient "fait" tel pays x fois, tel autre x fois..aussi enrichissantes que purent être ces rencontres, il arrivait toujours un stade dans la conversation ou j'entendais cette phrase (avec si possible un peu de condescendance)

"tu sais fiston, aujourdhui ça n'a plus rien à voir...il y a 20 ans, là c'était quelquechose, oui, mais aujourdhui...pfff... c'était mieux avant"

Ah le choc! mon regard neuf, mon ébahissement, epoustouflement, etc...réduit en miettes par les déclarations d'un vieux français-anglais-espagnol-(peu importe) aigri d'avoir perdu les repères de sa jeunesse! ah mon enthousiasme, pourquoi vouloir le démolir de cette façon? non, je n'ai pas connu telle ou telle époque, et alors? je n'y peux rien! je suis de la génération qui a grandi avec la télévision et les jeux vidéos, alors quand bien meme tel ou tel village aurait (un peu) changé, cela reste quand meme une découverte pour moi!.

pourquoi ces Anciens, vieux sages de la route, se rencontrent de partout et prennent un malin plaisir à casser l'enthousiasme des ptits jeunes! bien sur que j'aurais voulu connaitre -- quand personne n'y allait, hé bé c'est trop tard! et je ne peux que le déplorer, regretter, et me dire: "oui c'est vrai, ce coin est pas mal..mais c'est trop tard, j'ai raté le bon moment"

aargh (voilà c'est tout, fallait que ça sorte...des bibis à tous)
Retour d'un itinéraire de quinze jours au Costa Rica
by Sweepette · 2009-04-13 · 8 replies
Pura Vida ! Quel beau pays... Les Ticos sont parmi les gens les plus charmants que j'ai eu le plaisir de rencontrer lors de mes nombreux voyages... Ils sont souriants, intéressés à vous et toujours près à vous aider. Notre plus gros regret fut de ne pas parler espagnol... Nous aurions tellement aimé pouvoir discuter avec eux davantage. Les routes sont beaucoup mieux que ce à quoi on s'attendait... Avis à tous les gens du Québec ! Les routes sont souvent bien pires chez nous !

Je veux remercier tous les gens qui m'ont aidée à organiser ce merveilleux périple et je vous invite à mon tour à vous donner un petit coup de main si vous avez des questions...

Voilà l'itinéraire que nous avons fait:

1- Arrivée à Alajuela, visite de la ville autour du parc central à regarder les enfants jouer autour de la fontaine et ballade à l'intérieur du marché central. Ballade dans les rues animées de la ville... premier contact avec les costa ricains... peuple vraiment sympatique. Dodo chez Pierre au Rio Segundo. Si je n'avais pas donné ma parole à Pierre pour la réservation de cette chambre, j'aurais essayé de dormir ailleurs. Ce fut la seule déception de notre voyage... L'endroit, bien que propre et très près de l'aéroport, est totalement sans charme. La maison est à quelques mètres de la route principale, il n'y a pratiquement pas de terrain ... beaucoup de bruit, rien à faire aux alentours. Impossible de relaxer sur les lieux... trop de bruit ! On avait de la difficulté à s'entendre parler et nous n'avons pas été capable de dormir même avec des bouchons dans les oreilles ! Nous n'avons pas pu déjeuner à l'hôtel bien qu'il devait être inclus dans le prix puisqu'il n'y avait personne à l'hôtel quand nous nous sommes levés au petit matin... Un appel de dernière minute de la part de Pierre nous a permis de trouver la clé pour sortir de l'hôtel qui est entouré d'une grille fermée à clé. Avant cet appel, nous nous demandions comment nous allions escalader la clotûre pour sortir de là puisque nous étions seuls dans la petite maison. Pierre semble un homme charmant et aidant mais son hôtel, lui, ne l'est pas.

2-Départ pour Tortuguero, dodo au Laguna Lodge. Très bel endroit, belle piscine, beaux jardins entre la plage et la lagune. Guides sympatiques.

3-Tortuguero, tour dans les lagunes. Superbe ! Nous y avons vu plusieurs espèces de singes, de caïmans, d'alligators, de tortues, de lézards et d'oiseaux. On se croirait en Amazonie.

4-Retour à Guapiles, prise du 4X4, Target rental car (service impec... aucun problème avec eux et le prix était bien. Départ vers la vallée d'Orosi par Turrialba... route magnifique, dodo au Chalet Orosi de Frank... Coup de coeur ! Merci Frank pour ce charmant séjour chez toi, les bons conseils, le petit tour guidé autour de la vallée, les belles attentions, les fruits, les fleurs, les petites chandelles, les confitures et le pain de Marie-Claire. Il y a plusieurs choses à faire et à voir dans la région. Un charmant endroit où rester dans la vallée... feu de foyer, spa sur la terrasse avec une petite coupe de vin à la lueur des chandelles... Magnifique petit nid douillet et des hôtes vraiment sympas! Ces gens-là ont mis tout leur coeur dans la construction de ces jolies chalets et on le sent bien tout au long de notre séjour... Je le recommande à tous !
http://www.chaletorosi.com/index.html

5-Journée rafting sur le Pacuare avec la compagnie Tico River et notre hôte, Frank, qui nous a gentillement accompagné. Magnifique journée d'aventure! Excellent diner costa ricain... Miam miam... le guacamole !

6-Visite du Volcan Irazu vers 8h30am... complètement dégagé, vue extraordinaire ! Petit arrêt à Cartago et direction San Gerardo de Dota, dodo au Savegre Lodge. Sublime endroit où l'on prend le petit déjeuner avec des tas de colibris un peu partout. La route est sublime... Le chemin de terre pour se rendre au lodge est un peu sportif... Avis au coeur sensible... 4X4 recommandé!

7- Route à travers le Cerro de la Muerte le point le plus haut du Costa Rica... Hallucinant ! On roule à travers les nuages... Dodo à l'Hacienda Baru... possibilité de dormir la nuit dans la jungle dans un tente... Tout près d'une plage magnifique et du village de Dominical et de son ambiance cool de surfeurs!

8-Ballade à cheval jusqu'au chutes de Nauyaca... Magnifique journée. Attention à ceux qui n'ont jamais fait d'équitation !!! Il se pourrait que vous ne vous sentiez pas à l'aise. Aucune information n'est donné aux gens tout au long de la ballade. Les guides sont insouciants des dangers qui pourraient survenir. Comme je connais bien les chevaux, je me suis souvent sentie en charge des gens qui se mettaient à paniquer puisque les guides étaient peu à leur affaire. Certains chevaux sont nerveux et les falaises très hautes. Je ne le recommande pas pour les gens qui sont à leur première expérience d'équitation. La ballade est vraiment belle et se baigner au pied de cette chute est paradisiaque... Pour les plus téméraires... vous pouvez y plonger du haut de la falaise ! Route vers Manuel Antonio, dodo à Cabina Espadilla... Très charmant, tout près de la plage, moins de 5 minutes à pied.

9-Journée dans le parc Manuel Antonio... Très beau parc... Les petits singes curieux qui viennent jouer tout autour de vous pendant une ballade dans la jungle ! Garder toujours un oeil sur votre sac ! Ce sont de petits voleurs ! Ils ont senti notre collation de loin et sont venus piquer notre repas sans que nous ayons eu le temps de les rattraper : ) Bien que certains reprochent à ce parc qu'il y ait beaucoup de touristes... il est magnifique et si vous vous donnez la peine de marcher un peu dans le parc, vous y trouverez des petites plages presque désertes ! Route vers Playa Herradura, dodo à Villa Caletas. Magnifique vue ! Espiègle Toucan au petit déjeuner juste en face de notre chambre... La vue que l'on a de notre terrasse vaut le prix de la chambre... Personnel très amical et attentionné... Ils se sont précipités pour nous aider à changer le pneu de notre 4x4 qui était à plat !

10-Route vers Monteverde en passant par le pont de Tarcoles... Immenses crocros sous le pont ! Magnifique route pour se rendre dans la réserve... beaucoup moins éprouvante que ce que l'on peut en dire ! En très bonne état pour une route de terre et de gravier. La vue y est époustoufflante tout le long de la montée. Dodo au Cabinas Los Pinos. Magnifique endroit dans un chalet rustique... Très propre. Jardin hyper bien entretenu... Les chalets sont à l'écart l'un de l'autre pour une sensation d'y être seul... Tranquille. Entre la réserve de Monteverde et le village de Santa-Elena... Plusieurs restos à proximité pouvant se faire facilement à pied... Ne manquez pas le resto pizzeria Johny... Miam Miam! Prenez votre repas sur la terrasse extérieur... Service et bouffe impeccable... Bon prix !

11- Journée dans la réserve de Monteverde... Canopy tour, zip lines, ponts suspendus et corde de Tarzan au Selvatura parc... Le seul endroit où nous avons rencontré des Ticos qui n'étaient pas souriants : ( L'expérience fait oublier le manque d'enthousiasme des guides... On se sent un peu bousculé... Ne manquez surtout pas de faire le Tarzan swing ! Le must du tour ! Si nous avions à refaire cette expérience, nous essayerions avec une autre compagnie à cause de l'attitude un peu moche du personnel... Mais nous avons adoré faire cette activité

12- Route vers Arenal où l'on a eu la chance de le voir complètement dégagé durant les trois jours où nous y étions... Route un peu plus en mauvais état que la route depuis la côte pacifique. Mais très faisable. Le paysage y est tout aussi majestueux... ce qui fait que les trous et les bosses nous semblent moins pénibles. Dodo au Tabacon Hot springs... Soirée passée à se prélasser dans les différentes piscine du magnifique site... Le prix d'entrée pour les sources thermales vaut son prix selon moi... Mais ne payez pas le surplus pour y prendre le repas pour le buffet à $35 us par personne... ça ne les vaut pas !

13-Journée à faire du rappel (canyoning) avec la compagnie Desafio Adventures dans le Lost Canyon ! Aucune expérience requise... Très facile... on se sent presque comme un pro après notre première descente !!! À ne pas manquer sous aucun prétexte !!!! Les guides sont tout à fait charmants et attentionnés ! Ils ont du plaisir avec nous et ils aiment leur travail, c'est évident ! Nous avons complètement adoré l'aventure ! Retour aux sources thermales de Tabacon et nuit à l'Arenal Observatory Lodge... Effectivement le meilleur endroit pour observer le volcan même pendant votre sommeil où les grandes baies vitrées de la chambre vous offre une vue époustoufflante sur le monstre qu'on entend gronder à tout moment... On y voit les roches toutes rouges déboulées sur la pente... Hallucinant !

14-Avant-midi à regarder le volcan se découvrir sous l'épaisse couche de nuage... Après deux heures sans le voir et ne pas savoir où il se trouve... il se dégage complètement pour se laisser voir en entier avec la fumée constante qui souffle à son sommet ! Un cadeau avant de partir ! Route pour le retour à Alajuela... Nous sentons que San Jose est plus près puisque le traffic augmente et il y a de plus en plus de camions... Nous sommes heureux de nous être éloignés de cette ville pendant notre voyage. Dodo au Rio Segundo de Pierre pour notre dernière nuit... où nous n'avons pas pu dormir plus que notre première nuit à cause du bruit des autos, camions, motocyclettes et avions qui passaient pratiquement dans notre chambre...

15-Retour à Montréal... : ( Nous ne gardons que de bons souvenirs de ce pays et de ses habitants. Bien sûr, le Costa Rica est devenu très touristique, donc les prix sont en conséquence... mais j'y retournerais n'importe quand !

Pura Vida ! Je suis dispo si vous avez des questions
Idées pour itinéraire de trois semaines seule au Vietnam?
by JulieA1985 · 2009-04-12 · 75 replies
Bonjour à tous!

J'ai décidé de partir 3 semaines au Vietnam au mois de juillet 2009, même si je sais que ce n'est pas la bonne période pour y aller (surtout dans le Sud) je n'ai pas le choix malheureusement! J'aimerai découvrir le pays du Nord au Sud; j'imagine que c'est audacieux dans le sens où je ne pourrais pas tout voir mais ça me donnera sûrement l'envie d'y retourner...

Je compte partir seule avec mon sac à dos (avec le strict minimum). J'ai cru comprendre que le Vietnam était assez sûr donc j'espère que je n'aurai pas de mésaventures à vous raconter à mon retour.

J'aimerai avoir quelques conseils pour préparer mon séjour. Je voudrais prendre un aller Paris Hanoi et un retour HCM Paris. Voilà toutes les villes que j'aimerai traverser: Hanoi Hoa Lu/Lao Cai/Sapa Bac Ha Halong Hue Danang My son Hoian Danang Buon Me Thuot Lac lak Dalat Nha Trang HCM Cai Be Vinh Long Cantho Cai Rang Phuong Dien

Est-ce réalisable en une vingtaine de jours? Quel budget prévoir (hôtel, nourriture, transport)? Puis-je trouver facilement un guide (de préférence francophone mais anglophone irait aussi) pour les premiers jours? Est-ce facile de se débrouiller sur place et d'aller d'une ville à l'autre? Avez-vous des hôtels à me conseiller? Des coins à me déconseiller? Des trucs, astuces?

Je vous remercie par avance.

Julie
Avoir et le temps et l'argent pour voyager?
by Lio85 · 2009-03-08 · 320 replies
Bonjour simple question que je me pose quand je vois avec envie que certains membres de ce forum parviennent a beaucoup voyager, est ce un véritable choix de vie?, un cumul volontaire de congés spécialement pour cela?, congé sabbatique ou autre possibilitée? comment faites vous pour avoir et le temps et les finances pour cela? merci beaucoup pour vos réponses.😉
Sud-est marocain en famille
by Guillemine · 2009-02-22 · 24 replies
Ayant largement bénéficié de l'aide du forum pour la conception de notre périple, je tiens à faire un petit compte-rendu à mon tour. Nous sommes vraiment enchantés de ce voyage: grande variété de paysages et découverte (souvent surprenante) de la vie des marocains. Partout nous avons été bien reçus, et jamais à souffrir de l'instance de vendeurs ou de guide. Pour couronner le tout, le beau temps a été au rendez-vous, après un hiver rigoureux (pour nous et pour eux)

L'itinéraire

C'est notre premier voyage au Maroc, donc nous nous sommes cantonnés à du très classique. Sans compter que partir avec les enfants (sept, de deux à seize ans) nous paraissait un challenge suffisant pour le moment. Donc arrivée sur Marrakech, col du Tichka, Aït Benhaddou, gorges du Dadès, gorges du Todra, Merzouga, Tazzarine, Agdz, puis retour pour une journée à Marrakech. J'ai craint le trop de kilomètres (surtout pour le dernier qui n'est pas fan de voiture) mais je pense qu'un retour par Tazenakht et le Tizi-n-test aurait été possible dans le même timing, même si le passage par le Tichka est si joli que nous n'avons pas souffert de le prendre à l'aller et au retour.

Le véhicule

Alors là franchement ça a été difficile de trouver un neuf places sans chauffeur. Apparemment seul Europcar propose un tel véhicule, le Hyundaï H1, véhicule poussif mais confortable, au coffre sommaire, mais qui a permis de caser nos trois gros sacs+2 sacs à dos.



8 février : le départ

Déjà, rejoindre Orly (depuis Brest), en voiture (pas de train le matin, vive la province...) dépot à Parcorly (je suis un peu trouillarde, je voulais pouvoir réserver 😊), prestations nickel, sympa et rapide. Le vol Transavia part à l'heure, c'est un peu cheap par rapport à Air-France mais question tarif il n'y avait pas photo. Baptême de l'air pour les quatre derniers (ravis), trois heures de vol qui passent vite, et à l'arrivée, il fait doux !

Neuf fiches à remplir (pas fournies durant le vol) trois quart d'heure pour les passeports, alors là pas cool, les petits commençaient à courir partout 🤪

Prise en main de la voiture (déjà payée) et nous voilà de nuit jetés au milieu des mobylettes, ânes, chars à bras et autres voitures, mais on trouve sans problème le Toulousain pour notre première nuit. Repas sans façon dans le premier resto trouvé, tajines et premier thé à la menthe, avec une once de fleurs d'oranger je pense, car légèrement fleuri.

(les deux petits endormis)

Le Toulousain fait vraiment vieille gloire décatie, nos chambres avaient 5m de plafond ! en revanche c'est propre, et facile d'accès et pour se garer. Très calme vis à vis de la rue, moins en ce qui concerne les autres clients.

9 février

On retire un peu de liquide, on achète des bouteilles d'eau et des oranges et c'est parti ! La montée au col du Tichka est très belle, collines de cactus, puis très vite paysage de montagne.



Arrêt bataille de boules de neige et bonhomme de neige, et puis repas Chez Ahmed à Taddert ou pour 400 dh nous nous régalons de brochettes, côtelettes d'agneau, ou tajine...



On arrive au col, où on se prend en photo devant le signal, les marchands du temple nous attendent de pied ferme, mais se rendent vite compte qu'il n'y aura rien à tirer de nous. Pas d'animosité pour autant, la conversation se poursuit amicalement, et lorsque nous partons, un car de japonais arrive qui aura sans doute été de meilleur rapport... (il en manque un sur la photo, tiens...)



Descente vers Aït Benhaddou, paysage qui change à chaque virage, des ânes partout, la lessive dans la rivière, les femmes chargées de lourds ballots d'herbe...



Visite de la kasbah, à l'heure où le soleil décline, on doit être une vingtaine de touristes (y compris nous neuf) c'est royal.



Et on rejoint trois kilomètres plus haut l'auberge Ayouze, où Zoé nous fait un accueil très sympathique, chambres simples mais confortables et jolies, demi-pension copieuse et excellente, un rapport qualité/prix imbattable !

Une vue de la terrasse où nous avons pris le petit déjeuner...

10 février

Nous montons à Tamdaght nous balader dans les jardins, c'est vraiment splendide, amandiers en fleurs à l'odeur de miel, réseau savant d'irrigation, cultures de fèves, de luzerne. Puis petites courses à Ouarzazate, dont des gâteaux à la pâtisseries des Habouss à se damner ! et pique-nique dans les environs:



Arrivée à Skoura, chez Talout, qui nous montre sa nouvelle kasbah (quel entrepreneur cet homme !) avant de nous confier à Sofiane qui est extraordinairement gentil et soucieux de nous en apprendre le plus sur son pays. C'est un peu cher, la cuisine est bonne et copieuse mais sans plus, mais cet accueil et la vue à 360° de la terrasse (les photos ne peuvent lui rendre justice) le valent largement. On accède à la palmeraie directement, et nous faisons une chouette balade en revenant par le village et le marabout.



Repas au coin du feu, s'il fait très bon dans la journée, le soir le frais tombe vite !

11 février

Nous continuons vers Boumalne, les gorges du Dadès par une très jolie route, puis Tinerir et les gorges du Todra, que nous préférons : plus riante plus gaie, et surtout, difficile de s'arrêter aux gorges du dadès avec les enfants, des précipices partout 🤪 bon je ne mets pas de photos, parce qu'on en voit partout ...

Nuit à la kasbah tabohrite, où l'on accède par un petit pont suspendu, au milieu de la palmeraie. très grandes chambres, deux nous suffiront. Moment de détente un peu décalé au salon devant un Charlot, 'les temps modernes' projeté par un client espagnol, où les petits français rient de concert avec le personnel marocain.

12 février Balade superbe avec un guide de l'hôtel, Aziz, pour parcourir à travers la palmeraie et le village de Tabia le chemin qui mène aux gorges. Le Todra est cristallin (rien à voir avec le Dadès) c'est un enchantement et la fin est superbe.



Aziz nous propose au passage de boire un thé chez ses parents, et comme on est d'excellente humeur et qu'on sait qu'on ne pourra pas repartir du Maroc sans notre tapis 😛, on dit oui. Donc thé, essais de noeuds sur le métier à tisser, explications sur les pigments les laines les usages et négociation avec le sourire de notre beau tapis jaune/orangé, tissé brodé. Je n'en sais rien si c'est le prix (1600dh), en tout cas c'est un prix qui nous a convenu.

Avec tout ça on n'est pas trop en avance car il faut rejoindre Merzouga avant 17h 🤪, là vraiment on a manqué d'une étape à Tinejdad par exemple, qui nous aurait permis de voir le musée et de prendre plus de temps pour admirer les rhettaras sur le chemin:

A Rissani, pas de faux ni de vrais guides qui se jettent sous nos roues, et les panneaux pour Merzouga/Taouz sont à leur place.

J'ai bien compris que l'erg Chebbi est un truc à touristes, mais ça tombe bien, nous sommes des touristes et franchement on est ravis : c'est beauauau !

pour

On arrive juste à temps à la kasbah Mohayut, très jolie, un peu genre mexicain, où on nous laisse mettre nos affaires dans une chambre (très chouette, je regrette de ne pas y avoir prévu une nuit de plus !) et on nous sert un thé en attendant que nos montures soient prêtes. Nous pourrions dire que cette méharée de deux heures pour rejoindre le bivouac c'est pour les enfants, mais ce serait trahir notre excitation à nous les parents 😛. C'est tout à fait confortable (deux heures hein, huit je ne sais pas) et la nuit tombe doucement sur les dunes, des milliards d'étoile apparaissent, le bonheur...le bivouac apparait, deux tentes pour quatre, c'est intime et confortable, les gamins chahutent dans la nuit, on arrive à tous les rattrapper pour le meilleur tajine poulet que j'aie mangé au Maroc

13 février lever de soleil, chahut de la tribu

et thé, méharée retour, bonne douche, et superbe petit déjeuner sur la terrasse de la kasbah Mohayut.

Nous partons vers Tazzarine par une route qui s'appellerait "Scenic highway" en d'autres lieux, montagnes et accacias, plantes grasses...



et arrivons à l'Oasis de Mezgarne.

Accueil par Bilal et Toufik qui sera notre guide. C'est très sommaire (matelas de 5cm, et on a eu froid la première nuit, ça a été mieux la seconde avec des couvertures en plus, douches chaudes mais sanitaires vétustes sinon délabrés, lumière au groupe donc coupée le soir) donc j'ai trouvé l'hébergement un peu cher (117 euros la nuit en demi-pension, le même prix qu'à Ayouze !), mais c'était vraiment authentique et les excursions proposées étaient vraiment top. Visite de la Médina, du Marabout avec explications très intéressantes, découverte de l'association d'alphabétisation... et achat de chèches, pas par coquetterie, mais ça tape !

14 février

On devait faire une excursion à la journée, mais l'un de nos petits a un peu de fièvre, et donc Toufik nous propose de ne partir qu'à la demi-journée qu'on ne s'éloigne pas trop. Top là, les grands sur les dromadaires, le petit fièvreux en écharpe cuvant son doliprane c'est parti pour la dune, des dizaines de fossiles par terre,

Thé chez le chamelier dans son petit village, une chouette balade !



Le pique-nique sera pris à Mezgarne, et comme le petit va mieux, nous embarquons Toufik pour aller voir les gravures néolithiques d'Aït-Ouazik, 15km de piste praticable avec notre H1. La vallée en elle-même est très belle, le gardien du site est très intéressant et même si on est furieux d'apprendre que de nombreuses gravures ont été volées, il en reste assez pour être émerveillé: rhinocéros, boeufs, gazelles, caméléons, éléphants, girafes d'un trait pur et harmonieux témoignent d'un passé luxuriant;



La vallée:

Et le soir festin: un méchoui de chèvre délicieux, (où on a pu voir les vrais courageux de la famille qui ont osé goûté les délicieux testicules de chevreau 😉), et au moment où l'on finit les fruits, le battement du tambour dans la nuit, musique gnaoua autour du feu de bois, un chouette moment !

une escale à recommander même si un peu "roots"

15 février

On quitte Tazzarine, on passe un petit moment au souk débordant d'acivité de N'Kob puis rejoint la majestueuse palmeraie du Drâa à Tansikht (juste après le pont, il y a à l'hôtel une épicerie où on a acheté nos meilleures dattes, pour trois fois rien, on a regretté de ne pas en avoir pris plus !)

On pique-nique, vite rejoints par trois gamins qui trouvent nos mets à leur goût ( cacahuètes, gâteaux de cacahouètes, oranges, dattes, et bonbons !)

Et nous voilà à Agdz où nous posons nos bagages au très joli Dar Qamar, situé en plein douar. Le jardin est splendide, mais la piscine m'empêchera d'en profiter avec quiétude, avec nos petits ! les chambres sont très jolies, les salles de bain en tadelakt, avec des produits à la délicieuse odeur (d'argan je pense, j'ai oublié de demander) Balade à Tamnougalt avec un guide pas trop intéressant, rien de vraiment différent des villages que nous avons visité jusqu'à présent, bref on a trouvé que ça ne valait pas sa réputation.



Point de vue à Agdz sur la théière



et pendant que les grands se prélassent, épuisés, nous sortons dans le douar et dans la palmeraie, avec les petits, c'est plein de gens qui rentrent tranquillement des jardins, de femmes qui nous abordent, veulent embrasser les petits, qui ont beaucoup de succès aussi auprès des petites filles ! trop marrant !

16 février

Journée cool où nous repassons par Ouarzazate (pour la pâtisserie des Habouss 😊) par le très joli tizi-n-tinififft

On jette un coup d'oeil au centre artisanal, les prix sont indiqués mais quand on part sans acheter (on l'a déjà notre tapis !) on nous propose un rabais sur un tapis qu'on avait considéré avec un certain intérêt 😉 (mais niet de ma part, en tant que ministre des finances)

et retour à l'auberge Ayouze pour un superbe couscous. (et crise de colère mémorable du petit dernier 😕)

17 février

Retour par le Tizi-n-tichka toujours aussi beau Avec les mêmes scènes de vie tout partout

et arrivée au riad Aguerzame à marrakech, avec les précieuses indications d'Antoine.

Le riad est beau, stucs, tadelakts, photos et peintures superbes, le jardin dans le patio un hâvre de calme et de zénitude, mais le mieux est encore l'accueil d'Antoine, qui va nous guider dans le quartier, et nous fournir mille détails passionants sur Marrakech. Table d'hôte très raffinée, et conversation passionante, une vraie maison d'hôte !

18 février

Ville ahurissante qunad même, quel dédale cette médina. Ce n'est pas ce que j'ai préféré au Maroc...tout de même souks où nous trouvons des chaussons (enfin des babouches 😛) pour toute la famille, très belle medersa ben youssef. déjeuner au restaurant berbère près de la place, puis palais de la Bahia, vraiment admirablen dommage que ce ne soit pas mis en valeur par un peu de mise en scène (comme meubler un appartement)





un peu de repos au riad, et on ressort pour dîner sur l'excitante place jema el fnaa, donc je m'étonne qu'on puisse dire que c'est un truc à touristes, puisqu'il y au moins 90% de marocains, à écouter les bonimenteurs, la musique ou déguster les escagots et autres têtes de mouton... (on a jeté quant à nous notre dévolu sur de délicieuses crevettes frites, et un dernier thé à la menthe)

19 février

Dernier réveil par le muezzin, mais ce coup ci on ne se rendort pas, c'est l'heure du départ, on récupère la voiture au parking, duement lavée, et on rejoint l'aéroport, une heure presque de retard pour le vol de transavia, mais c'est un avion militaire en bout de piste qui est encause.

Bilan

Très positif ! enfants( partout très bien accueillis) et parents, on a tous des souvenirs superbes.

Budget

416 euros d'avion (résa six mois à l'avance, vol à 1 euro + taxes 😛) 1100 euros de voiture 100 euros d'essence 3400 hébergements/visites/repas Autour de 5000 euros donc pour 10-11 jours à neuf, sans se priver de rien.
Carnet de voyage à Bali en septembre 2009
by Moutarde68 · 2009-02-11 · 5 replies
voici le voyage que nous avons fait l'année dernière avec mon épouse... en rouge ce qui était prévu, en noir ce que nous avont réellement fait... bonne lecture (les pages font référence au lone.planete) PROGRAMME

-le Mardi 16/09: Arrivée à 12h00. Faire nos visas à l’aéroport. Wayan vient nous chercher et nous dépose à notre hôtel : WAKA MAYA.

Profiter de notre piscine privée et nous reposer. Nous aurons un afternoon tea. Nous verrons la plage de sable blanc de Sanur. Se restaurer : -meilleur milk shake à la banane de Bali : » café Batu Jimbar » - restaurant « Telega Naga » superbe réservation conseillée : 281234 1ère nuit à Sanur.

En réalité :

Voyage épuisant, nous n’avons presque pas dormi, par contre je conseille aux personnes qui voyage avec Singapour Airlines d’apprendre des rudiments d’Indonésien, la méthode est ludique et cela fait toujours plaisir de sortir quelques phrases au douanier ou au guide, c’est déjà un bon moyen pour se faire gratifier d’un sourire. Escale à Singapour, ne faites pas la même erreur que nous, n’échangez pas des euros contre des roupies, le taux de change n’est pas aussi bon qu’à Bali (pour info, les prix affichés dans l’aéroport de Singapour sont en dollars…mais des dollars cingalais !). Nous achetons un parfum à 36 euros (42 euros en dutty-free à Paris).après 2h20 de vol nous voilà enfin à Denpasar, la capitale de Bali, le deuxième avion est beaucoup plus vieux mais la nourriture y est de meilleur qualité. Le passage en douane est bouclé en moins d’un quart d’heure montre en main. Il faut juste penser au prix du visa 10 euros pour 10 jours, 20 euros au-delà. Desak est à l’heure comme prévue, ce petit bout de femme pétillante est né au Laos. Elle a failli mourir d’une polio à l’âge d’un an et demi, elle a 29 ans et deux enfants. Elle nous conduit d’abord chez l’organisateur de l’import. Il nous accueille les bras ouvert et veut nous inviter à déjeuner, invitations que nous refusons gentiment…son tarif semble correct, mais sur les conseils de Desak, nous attendons de voir avant de travailler ensemble. Puis nous nous rendons au SPA pour y commander les lulurs huiles et compagnies, 28 kilos de marchandises qui vont déjà nous encombrer. Après ces palabres épuisantes nous nous rendons enfin à notre hötel « Waka Maya »… une chambre de toute beauté, toit de chaume, sol en teck ou autre bois exotique, meuble balinais, piscine privative, salle de bains extérieur, baignoire en marbre, tout n’est que luxe et volupté. En soirée la voiture de l’hotel nous dépose au centre de Sanur. Après une petite promenade sur la plage nous mangeons dans un resto chinois « « pour 410 000 roupies nous mangeons comme des rois.

- le Mercredi 17/09. Wayan vient nous prendre le matin vers 10h pour partir vers l’Est de l’île. Nous visiterons une fabrique de batik à Gianyar. Nous visiterons (p 205) le temple de Pura Kehen un des plus beaux de l’Est balinais. Puis nous irons visiter le village de Bukit Demulih (p 207) sur le chemin une route latérale descend abruptement vers Tirta Buana, une piscine publique au creux de la vallée. Puis nous prendrons la route de Sidemen pour admirer les rizières. Puis dépôt à Ubud dîner et nuit à notre hôtel NATURA RESORT.

En réalité :

Première journée dans l’ambiance balinaise. Nous visitons une fabrique de sarongs. Les tissus sont de toutes beautés, mais un peu cher à notre goût (70 000 pièces). Pascale a besoin de 30 pièces, malheureusement il n’y a pas de stock (comme souvent dans les magasins). Visite d’un temple dans un jolie village Bukit Demulih, repas à 120 000 roupies et départ pour notre hôtel le « natura resort ».l’hôtel est luxueux, piscine privée, salle de bain intérieur et extérieur, lit extérieur, lecteur DVD et CD, machine à café….également dans le prix la navette pour UBUD car nous sommes à trois kilomètres du centre. Ce soir nous dinons au « lotus café », dans un cadre magnifique, au bord d’un plan d’eau (rempli de lotus, évidemment). Repas de brochette de poulet 160 000 roupies. Nous faisons un petit tour dans la ville avant de reprendre la navette.

- Le Jeudi 18/09 : Wayan vient nous chercher le matin vers 10h : Nous partirons vers l’Est. A ne pas rater les chutes de Tirta Gangga. .. Voir les plantations de caféiers et cacaotiers. Direction Candidasa déjeuner au « Water Garden Cafe » (p 225) puis nous prendrons la route principale qui part à l’Est de Candidasa jusqu’au col du Pura Gamang . Puis arrêt sur la splendide plage avec baignade de Pasir Putih (panneau indiquant Virgin beach Club ( p 225) retour vers l’hôtel.

Profiter de la fin de la journée pour se baigner dans notre piscine. Dîner au « lotus Cafe » (p 187).

En réalité :

Après un sommeil réparateur nous prenons notre petit déjeuner sur la terrasse du restaurant avec une vue magnifique sur la jungle. Desak vient nous chercher à l’heure pour nous rendre à Tirtaganga…calou est vraiment malade, elle souffre tellement qu’elle tombe dans les pommes…et qui doit ramasser les pommes ? Les restaurateurs du « benta bali » nous viennent en aide et offre un thé salé, remède efficace car calou reprends des couleurs après avoir bu cette mixture. Pour les remercier nous mangeons chez eux, le repas est bon et peu cher 70 000 roupies pour nous deux. Le Tirtaganga est dans un cadre idyllique avec un panorama sur la mer et les rizières. Après quelques kilomètres qui se transforment souvent en heure, nous allons à Pasir Putih. L’endroit est paradisiaque, la plage est un peu comme sur une carte postale des Seychelles, malheureusement la baignade est dangereuse les rouleaux sont méchants. Nous réussissons quand même à nous baigner entre deux séries de vagues. Je casse mes claquettes en courant dans une petite descente, les boutiques sont à des kilomètres je me retrouve nues-pieds sur du sol brulant. Puis direction GIANYAR et son marché où nous trouvons des tongs Hugo Boss à 30 000 roupies. Nous en profitons pour gouter une des spécialités balinaise le Bakso, boulettes de poulet mélangées à de la farine..Succulent. Nous trouvons également des batiks et négocions 30 pièces pour 2.250.000. Retour à l’hôtel pour y manger sur la terrasse, le repas est bon, surtout le dessert, nem de banane au chocolat avec confiture de groseille et glace à la fraise, entrée ;poisson fumé, salade verte, tomate, concombre, plat principal ;poulet sur petits légumes confits, pâtes de riz frit, carotte, courgette, mangue….

- Le Vendredi 19/09 : Journée libre à Ubud. Dépôt dans un SPA « Zen Bali Spa » pour une fin de journée détente (pour Kiki :Mandi Susu, pour Calou : exfoliating body scrubs traditinnal javanaise + herbal aromatic facial) Herbal Aromatic Facial - 1 hour This age-old procedure softens, moisturizes and firms the skin while promoting new cell growth.

First, a refreshing milk cleansing, peeling, and exfoliation treatment with natural herbal scrub, followed by a face, neck/shoulder massage and steam treatment. Then, relax deeply for 15 minutes while the facemask does its wonder! The treatment concludes with an application of refreshing iced towel and moisturizing cream. Rp. 75, 000 Honey - Cucumber Facial - 1 hour Literally the same as above except for the facemask that is an application of honey and fresh cucumber. Rp. 80, 000

puis diner » au tree monkey » puis spectacle au Palais d’Ubud ( p191) - En réalité :

Journée repos à l’hôtel, après le déjeuner nous allons au spa ZEN. Première surprise les prix ont sensiblement augmentés par rapport à l’année dernière, nous négocions ferme car nous avions réservé de France et personne ne nous avait signalé ce changement…le soin n’est pas terrible et les cabines sont défraîchies…puis diner au « casa luna », pour moi une paella indonésienne et pour calou du poulet cuit dans des feuilles de bananier et des haricots kilomètres au lait de coco…délicieux. Ensuite nous allons assister au spectacle de danse balinaise au palais d’Ubud. Le Samedi 20/09 : Wayan vient nous chercher vers 9h puis direction le Sud d’Ubud. Vers Batulan nous verrons des sculpteurs sur pierre, puis nous irons à Singapadu voir des artisans spécialisés dans la production de masque .

Ensuite direction Sukawati pour son « pasar seni » : marché quotidien sur 2 étages où on fabrique des ombrelles. Retour déjeuner à l’hôtel puis repos et détente pour un massage au Spa de l’hôtel. Puis dîner au « Casa Luna » (p 187).

En réalité :

Aujourd’hui nous allons à Sukavati et nous y trouvons des ombrelles à 260.000 les deux. Sur le même marché nous trouvons des cadeaux pour les enfants 325.000 puis retour sur Ubud pour acheter des statues du TIMOR 4.100.000. Retour à l’hôtel pour un massage d’1h45, pas exceptionnel. A 18h00 nous partons pour Ubud, puis petit tour et enfin diner au « trazo » d’un nasi goreng pour calou et d’un agneau australien pour moi. En dessert nous prenons chacun un fondant au chocolat…à fondre de plaisir !

-Le Dimanche 21/09 : Wayan vient nous chercher vers 10h direction le Nord d’Ubud. Nous irons faire du shopping chez les grossistes à Tengalalan puis direction Bedugul pour faire le marché aux fleurs, épices et artisanat. Puis promenade parmi les rizières environnantes. Déjeuner au « blue Yogi Cafe » ( p 198) Nous passerons devant les lacs Bratan, le temple Pura Ulun Danu sur le lac Tamblingan. Retour à notre hôtel. Dîner au « Ketut’s Place » (p 189).

En réalité :

Aujourd’hui, idée très originale de Desak nous nous déplaçons en moto. C’est vraiment grisant, nous sommes libres de nous arrêter où bon nous semble (location de la moto 50 000 par jour, un litre d’essence 8000). Nous allons à Tengalalan pour y acheter quelques bricoles. Nos dépenses en tout et pour tout, 100 000 verres, 50 000 les éléphants, 20 000 le sarong, 200 000 les plats en noix de coco, 10 000 les parkings. Au temple de Tirtha Empul nous nous baignons en compagnie de tous les bouddhistes dans les eaux sacrées, c’est un moment solennel et plein d’émotions. Puis nous partons nous balader dans les rizières sur des routes chaotiques…heureusement que nous avons les motos il serait impossible de passer en voiture. Retour à l’hôtel avec Desak et son mari Elie, pour boire un thé devant notre piscine. En soirée, toujours avec la moto, nous allons faire un tour à la forêt des singes et dans un petit village au nord d’UBUD. Après cette promenade nous allons boire un milkshake au « terazo » 65 000 puis prendre notre repas au « ketu’s place » qui n’est pas vraiment un restaurant mais plutôt une table d’hôtes…d’ailleurs il faut attendre tout le monde avant d’aller au buffet, buffet composé uniquement de mets balinais cuisinés dans les règles de l’art, c’est beau, bon, mais un peu épicé (prix 280 000 pour deux). Retour à l’hôtel vers les 20h30, il fait nuit noire depuis longtemps (le soleil se couche aux environs de 18h30), et c’est toujours aussi agréable de pouvoir se déplacer sur la moto !

- Le Lundi 22/09 : Wayan vient nous chercher pour visiter le Nord vers Lovina. Nous partirons vers Kintamani, et le Mt Batur 2ème volcan encore en activité à Bali.

Nous traverserons un splendide paysage de rizières en terrasses, des villages typiques. Arrêt pour visiter, le temple de Pejeng, le temple de Gunung Kawi et celui de Tirtha Empul. Les bassins sacrés et temple de Tampaksiring. Déjeuner au « Blu Yogi Café » (p 198), visite des sites intéressants, puis dépôt à notre hôtel à Lovina. Le Damai Lovina

En réalité :

Départ à 9h30 nous quittons notre hôtel pour celui de Lovina. En route nous faisons encore et toujours du shopping. Nous trouvons une lampe à 470 000. il est 11h30 et nous avons encore 3 heures de route. En prenant la direction des montagnes nous passons devant les greniers de Bali, culture en terrasse de tous les fruits et légumes qui se trouvent sur l’île. Nous déjeunons dans un self d’une cuisine typique pour 220 000 à trois personnes. Puis c’est la visite du temple Pura Ulun Danu sur le lac Tamblingan. En redescendant vers la mer nous nous arrêtons à Git-Git pour nous baigner dans une cascade. Une corde est tendu au-dessus de l’eau ce qui nous permets de nous prendre pour Tarzan le temps de quelques sauts. En remontant je donne au guide 30 000 car il me semble sympa et qu’il n’a apparemment pas beaucoup d’argent. Nous arrivons au Damai à 18h00. Le temps de prendre possession de notre chambre calou décide de vouloir une vue sur la mer, donc on déménage ! La nouvelle chambre est spacieuse, comme l’autre, avec un coin salon, un jacuzzi et une douche extérieur, comme l’autre….mais la différence c’est la vue….dont nous ne profitons pas ! Nous dinons au bord de la piscine d’un repas gastronomique que nous ne payons heureusement pas (compris dans le séjour, sinon 360 000 par tête de pipe). La présentation est superbe mais le repas n’a rien d’exceptionnel…

- Le Mardi 23/09 : Nous profiterons de la journée pour nous reposer. visiter Lovina.

En réalité :

Aujourd’hui, et pour deux jours, nous avons loué une moto à 110 000, l’expérience que nous avions faites à Ubud était tellement merveilleuse que nous voulions réitérer la chose. Cela nous permet d’aller où bon nous semble. D’abord Singaraja, ancienne capitale du temps des colonies et des invasions hollandaises. Nous allons au supermarché faire quelques emplettes, pour 26 000 ; 2 mangues, 1 pastèque, 3 petites bouteilles de lait, 1 gel cheveux. Puis retour sur Lovina, la route est assez dangereuse, il y a énormément de trafic, Singaraja est la deuxième plus grande ville de Bali et évidemment beaucoup de motos circulent sur ces routes chaotiques, donc prudence ! Au « Tanjung Alan » nous sirotons un verre de jus de mangue avec une vue sur la mer, puis nous enfourchons à nouveau la moto pour prendre notre repas au « spouky’s », nous sommes les seuls à table et mangeons un marlin un peu sec mais avec des légumes gouteux. Nous retournons au Damai pour profiter de la piscine et du jacuzzi. Je redescends à Lovina pour récupérer le linge que nous avions déposé la veille (15 000 pour 13 pièces, c'est-à-dire environ 1 euro 20 ! lavé repassé). Puis nous dinons dans notre chambre d’une salade composée (verte, tomate, concombre, maïs) et d’un nasi-goreng, tout est excellent.

-Le Mercredi 24/09 : Nous partirons tôt voir les dauphins, puis journée détente avec 1H de massage et dîner à l’hôtel.

En réalité

Comme c’était prévu nous partons très tôt, 6h00, pour aller voir les dauphins. A partir de Lovina il faut bien une demi-heure en bateau pour nous rendre sur le lieu en question. Nous profitons du levé de soleil sur les montagnes aux alentours, c’est de toute beauté. Les dauphins sont au rendez-vous, et les autres touristes aussi, mais pas dans les proportions que nous avions imaginées, il y a au maximum 20 bateaux et au moins 30 dauphins qui nous font tourner en bourrique. Ils plongent et ressortent la tête de l’eau pour respirer à des endroits inattendus. C’est une course poursuite sans arrêt pour être les premiers à les voir sortir. Après 1 heure de chasse nous retournons sur le rivage l’estomac dans les talons car nous n’avons pas véritablement déjeuner. Après un petit déjeuner bien consistant nous nous promenons dans les collines environnantes et déjeunons au « Kwizien » d’un gado-gado et d’un morceau de steak, le tout pour 131 000. Je remets de l’essence pour la dernière fois (20 000) et nous allons à « air Panas Banjar » des sources d’eaux chaudes soufrées (3000 x2 + le parking 1000) …l’eau y est vraiment très chaude mais ce n’est pas désagréable, des balinais batifolent avec nous mais ce ne sont pas d’excellent nageur, on dirait même qu’ils ont plutôt l’air d’avoir peur de l’eau. Nous enfourchons à nouveau notre deux roues et nous nous perdons un peu dans les collines…par hasard nous tombons sur un temple bouddhiste, avec un cheddi et quelques boudhas, mais le clou du spectacle est tout en haut, sous un cheddi en pierre se cache une belle salle en marbre sculpté de toute beauté…il s’agit de « Brahma Vihara Arama », l’entrée n’est pas payante mais nous faisons un don de 20 000 et payons le parking 1000. Puis nous redescendons à Lovina pour y manger une mangue et trouver un petit dauphin en bois (40 000 le tout). Nous retournons à l’hôtel pour profiter une dernière fois de la piscine et dinons au bord de celle-ci d’une bouillabaisse et d’un fondant au chocolat.

- Le Jeudi 25/09. Wayan vient nous chercher pour aller à Singaraja ancienne capitale du temps de la colonisation hollandaise, puis direction Sawang, village de forgerons spécialisés dans la fabrication des Gongs. partir pour l'Ouest nous resterons 2 nuits au Waka Shorea.

En réalité

Après notre dernière nuit dans cet hôtel nous prenons la direction du Waka Shorea. Nous ne faisons pas appel à Desak puisque le transfert d’un hôtel à l’autre est gratuit. Avant de partir il faut payer le solde 1 000 000 de roupies. Il faut bien 1h30 pour rejoindre le Waka, le chauffeur est un nerveux il use et abuse de son klaxon ! Nous arrivons à bon port, je lui donne 50 000 roupies pour la course même si ce n’est pas obligatoire. La réception du Waka est à l’opposé des infrastructures, il n’y a pas de route pour y aller, nous sommes obligé de prendre une navette fluviale. C’est l’occasion de traverser un lagon magnifique aux eaux cristallines. Les chambres ne sont pas à la hauteur de nos espérances, elles sont assez rudimentaires (le luxe nous manque, on s’habitue à ce confort !). Sur cette partie du monde le personnel est jeune et livré à lui-même. Les repas ne sont fameux, heureusement que la mer et les fonds marins sont là pour faire passer la pilule ! Nous passons la plupart de notre temps dans l’eau à barboter avec les poissons, c’est un véritable aquarium, les poissons multicolores sont à portés de nos mains, même calou qui avait une appréhension à nager au milieu des poissons se jette à l’eau…elle en sort ravie et n’a plus peur quand les poissons s’approche. Par contre un conseil, quand vous vous baignez n’oubliez pas de vous protéger, la crème solaire ne suffit pas, avec la réverbération du soleil il faut absolument nager avec un t-shirt !

- Le Vendredi 26/09 : Nous profiterons de cette journée pour visiter les alentours grâce aux guides locaux, baignades. Si c’est possible aller à Pematuran voir » Reen Seef Turtle » et terminer notre journée par un massage de 45mn.

En réalité

La deuxième journée au Waka ressemble à la première. A noter que vous êtes dans un parc protéger, il y a des animaux en liberté, des singes dans les arbres, des phacochères, des cerfs…la cohabitation est facile et tout le monde reste dans son petit monde. Par contre l’envers du décor laisse un peu à désirer, en effet, quand nous sommes allé nous promener derrière les chambres sur pilotis nous sommes tombés sur les services techniques de l’hôtel et là ce n’est pas très reluisant : des montagnes d’ordures sont laissées sur le sol et certainement depuis déjà quelques mois ! ce n’est pas vraiment un endroit que nous conseillons, même si les fonds sont superbe, nous ne restons sur notre faim.

- Le Samedi 27/09 Wayan viendra nous chercher le matin pour visiter la partie Sud .Nous irons en direction de Tabanan pour découvrir les forêts de bambous géants, plantations Cacaotiers et Girofliers. Voir le temple de Pura Tanah Lot. Dépôt des bagages à notre hôtel. Puis voir au coucher du soleil un spectacle de danse Kecak au temple Pura Luhur Watu. Nous pourrons nous restaurer sur le marché de nuit de Séminiak puis retour à notre hôtel Sesari bali.

En réalité

C’est sans regret que nous quittons le Waka tôt le matin du 27.09, pour retrouver Elie. Nouveau périple vers notre ultime destination le « sesari Bali » à Seminiak. Avant de partir nous réglons la note pour les deux repas du Waka 270 000. Donc direction « pura tanah lot », nous déjeunons sur place d’un repas sympathique, Elie prend un buffet végétarien, calou et moi nous nous contentons d’un plat de poisson chacun (232 000). Nous visitons le temple le plus célèbre de Bali, avec l’entrée la plus cher également 25 000 (10 000 par personne et 5000 de parking), mais cela vaut le détour, le site est vraiment grandiose. Nous continuons notre route vers Seminiak et nous arrêtons dans une pâtisserie, une vraie à la française, pour acheter des gourmandises pour 40 000. Un peu plus loin nous tombons sur une fabrique de statues en pierre de lave et achetons deux lampes pour 450 000. C’est sur les coups de 16h00 que nous arrivons à l’hôtel qui entre notre réservation et aujourd’hui a changé de nom. Il s’appelle maintenant l’ « aston bhavana villas », cela ne change rien, les villas sont vraiment de toute beauté, avec piscine privé, coin salon, coin cuisine, chambre immense, salle de bain extérieure, douche intérieur et extérieur, le luxe à son paroxysme …. Elie revient nous chercher le soir pour nous déposer au « ganestia café », nous avons juste le temps de filmer le couché de soleil et de nous installer sur la plage…une plage noir de monde, les tables s’alignent à perte de vue. Puis nous allons choisir la langouste dans le vivier, pour 2 deux kilos et à l’arrivée une addition salée (1 405.000) ! Pendant le repas des musiciens viennent nous chanter la sérénade, nous leurs donnons un gros pourboire (100 000) raison pour laquelle ils nous chantent trois chansons…la soirée était merveilleuse, les photophores sur les tables ont donné à la plage l’impression d’être sur une avenue au milieu d’un embouteillage.

- Le Dimanche 28/09 : Wayan viendra nous chercher pour visiter Denpasar. Se faire masser par un non-voyant au « Kube Dharma Bakti » (p 162). Le soir, nous dînerons sur la plage de Jimbaran, un plat de fruits de mer.Et là nous quitterons Wayan.

En réalité

Aujourd’hui nous allons dans la capitale, Denpasar n’est pas très belle mais le marché est vraiment une étape incontournable. Les couleurs, les senteurs se mélangent, le choix niveau fruits, légumes, épices, vêtements est incroyable, il faut plusieurs heures pour le tour du marché, nous y passons une partie de la matinée avant d’aller nous faire masser par les non-voyants. Pour la propreté il ne faut pas trop être regardant, nous sommes tous les trois dans la même pièce qui doit faire dans les alentours de 15 mètres carrés…le massage est assez violant, nous piquons des fous-rires à chaque cris, car chacun à notre tour nous subissons les fortes pressions des pouces qui s’enfoncent dans nos muscles. Dans l’après-midi nous allons dans une caverne d’ali baba, une boutique sur trois étages où l’on trouve toutes absolument de tout. Geneva, puisque c’est son nom, est le condensé de tous les cadeaux souvenirs que l’on peut rapporter de Bali. Le soir Elie vient nous chercher à l’hôtel pour aller diner chez lui. Nous passons une agréable soirée en compagnie d’autres clients, le repas est composé de mets épicés, de crevettes, poissons, poulets et riz parfumé. Nous terminons sur une note sucrée en mangeant des mangues.

- le Lundi 29/09 : Nous profiterons de notre piscine puis irons au gré de nos envies. Dîner au « Saté Bali » (p 122).

En réalité

Après une matinée passé à buller dans la villa et un déjeuner également à l’hôtel ( bami goreng et fusilli au poulet…un régal 114 000), nous retournons à Denpasar pour faire nos derniers achats. Une lampe pour Cathy, Des pots pour les massages des pieds (300 000) au « duta orchid », deux lampes pour le jardin 350 000 au buddha metta à Kuta. Puis nous retournons à Nusa Dua pour y récupérer les lulur, huiles et autres produits cosmétiques. Vu le poids de l’ensemble nous décidons de mettre la majorité de nos achats au cargo. Elie a l’habitude de travailler avec LIMAJARI, en affréteur français installé depuis de nombreuses années à Bali. Leurs tarifs sont corrects, environ 230 dollars le mètre cube (dégressif si vous avez plusieurs m3). Ils livrent soit à Fos-sur-Mer soit au Havre. En tout et pour tout nous en avons pour 1.5 m3, cela nous coûte 284 dollars, quand la marchandise arrive en France à ce prix il faut rajouter ; les frais portuaires, de déchargement, dédouanement, livraison, rechargement dans le camion…) en fin de compte la note est plutôt salé ; 500 euros + les 284 dollars. Mais c’est toujours moins cher que d’acheter la même marchandise en métropole…un petit conseil, quand vous acheter vos objets demander deux factures, la facture officielle et celle que vous présentez à la douane (au minimum -50%). Nous allons également à Jenggala Keramik, une boutique de céramique de luxe….avec des tarifs équivalent à nos boutiques française, ou presque… Le soir nous dinons au restaurant Italien qui fait l’angle de la rue où se trouve « aston villa » …j’ai carrément oublié son nom. Le repas est un peu quelconque mais nous mangeons pour deux francs six sous.

Le Mardi 30/09 : Vol prévu à 20h05, ce qui nous laisse le temps de profiter de notre chambre, visiter Denpasar, l’hôtel se charge de notre transfert.

En réalité

Voilà c’est fini….et nous n’avons pas envie que cela se termine, nous trainons les pieds pour faire nos valises et nous nous levons le plus tard possible pour profiter encore un peu des lieux. Le déjeuner n’est pas une réussite mais le restaurant où nous mangeons est le seul ouvert à cette heure ci…Elie vient nous chercher pour faire un dernier tour sur la plage, nous allons dans l’enclave de la baie de SAnur… pour faire un plouf dans la grande bleue et un petit tour dans la piscine d’un hôtel…il est déjà l’heure de partir, un dernier couché de soleil sur Denpasar et Elie nous dépose à l’aéroport. Nous dépensons nos dernières roupies en cacahuètes et autres cochonneries. Le vol est prévu à 20h05 arrivée à destination à 9h00 le lendemain matin. Ensuite RER jusqu’à la gare de l’est pour prendre notre TGV à 11h24. Nous arrivons à destination à 14h28 à la gare de Colmar. Le voyage fut long…trop long, il nous a fallu quelques jours pour reprendre le rythme, mais le lendemain il fallait malgré tout retourner travailler.

l'année prochaine nous partons pour les philippines ( il faut juste que l'on mette de l'argetn de coté...et ça c'est pas gagné😉)
Deux Marseillais à Rio
by Stef2Mars · 2009-01-17 · 41 replies
« Deux Marseillais à Rio »

Dimanche 26 octobre Galeão, 5h30 du mat. Les bagages récupérés, nous cherchons la sortie. A l’extérieur, il fait lourd. Nous ne supportons plus nos vestes. Le soleil n’a pas encore fait son apparition, mais la température dépasse déjà les 20° ! Nous voilà dans le bain. Impossible d’échapper aux sollicitations des taxis à l’affût de potentiels clients. Nous repoussons poliment leurs avances, préférant aux voitures jaunes l’autocar, plus économique. Vingt minutes plus tard, la navette de la compagnie Real pointe son nez. Santa Clara, Copacabana. C’est ce que je me contente de glisser au chauffeur qui hoche la tête. En espérant qu’il ait compris, je viens m’asseoir à côté d’Anne. Derrière les vitres défile la proche banlieue de la « cidade ». Et pour le moment, elle n’a vraiment rien de « maravilhosa » avec ses favelas où s’étale la misère. Cramponnés à nos fauteuils, nous faisons connaissance avec la conduite à la brésilienne. Je me souviens avoir évoqué les automobilistes italiens sur Voyage Forum. Un post qui m’avait d’ailleurs attiré les foudres d’un membre sans doute originaire de la botte et visiblement froissé par mes propos. Ce dernier louait mon culot, soulignant qu’un Marseillais été bien mal placé pour critiquer la façon de conduire des transalpins. Et bien, qu’il soit rassuré ! Car si Naples et Rome sont cauchemardesques pour les piétons, ce n’est rien en comparaison de Rio ! Dépassements dangereux, vitesse excessive, feux rouges grillés… Je vous en passe et des meilleures. Ayrton Senna a visiblement fait des émules dans son pays, et pas seulement sur les circuits de F1. Moins d’une heure de trajet et l’on nous dépose sains et saufs sur l’Avenida Atlantica. Nos sacs sur le dos, nous pénétrons dans Santa Clara. J’ai mon plan du quartier dans les mains mais je n’hésite pas toutefois pas à demander mon chemin. Un marchand de journaux nous explique clairement où trouver la rua Lacerda Coutinho. Au numéro 45, le Bamboo Rio Hostel, une adresse discrète adossée au pied d’une colline. Nous sommes bien en avance sur l’horaire prévu. A la réception, un imbroglio administratif nous attend… Un bug a semble-t-il perturbé notre réservation en ligne. Résultat des courses, la première nuit a été enregistrée mais pas les deux suivantes. Idem pour la seconde partie du séjour à Rio prévue ici même. Dans un anglais qu’elle manie difficilement, la réceptionniste nous invite à laisser nos bagages dans le hall, d’aller faire un tour et de revenir d’ici deux heures afin qu’elle puisse trouver une solution avec le gérant. Vu les options qui nous sont offertes, nous nous exécutons. A deux pas du Bamboo, découverte de l’Apolo, une sorte de boulangerie où nous prenons place pour un petit déj qui commençait à se faire désirer. Café pour Anne, chocolat chaud pour moi, et gâteaux pour tout le monde. C’est acté, ce sera notre squat pour les matinées à venir. Rassasiés, nous ne pouvons pas faire autrement que de prendre la direction de la plage. Ciel bleu et soleil sont présents. Peaux blanches et jeans baskets, on ne passe pas inaperçus. Autant déambuler avec une pancarte « TOURISTE » autour du cou. Les vendeurs à la sauvette se succèdent tous les 50 mètres, arborant bracelets, t-shirts, casquettes et bibelots en tous genres. L’un d’eux, moyennant 15R$, réussi à me refourguer un paréo aux couleurs de la « bandeira brasileira ». Une courte pause sur un banc ne tarde pas à se transformer en petite sieste pour Anne qui essaye de terminer sa nuit. Au terme de Copa, nous tournons les talons et rentrons à l’hôtel. Nous avons enfin une chambre, du moins pour la nuit à venir. Nous installons donc nos quartiers dans une pièce exiguë occupée par deux lits superposés et une salle d’eau. Nous y déballons le minimum car il faudra déménager dès le lendemain matin. De toute façon, nous disposons de si peu d’espace que le problème ne se pose même pas. Une douche salvatrice pour nous requinquer et nous quittons nos pénates. Il est 14h passé, nos estomacs se manifestent. A l’angle de l’Avenida Atlantica et de Santa Clara, un resto au nom bien franchouillard : « la Maison ». Pour pas cher, nous mangeons si copieusement que nous ne viendrons jamais à bout de nos assiettes. En guise de digestion, une balade s’impose. Anne et moi optons pour traîner sur Copacabana le restant de la journée. Pas très rassuré jusqu’à lors par tout ce que j’avais pu lire sur la dangerosité de Rio, j’hésite encore à sortir mon numérique. Mais l’envie l’emportant sur la précaution, je me décide à réaliser mes premiers clichés. J’entame une longue série de photos par des sculptures de sable. Anne ne tient plus le coup, elle souhaite rentrer pour se reposer. Je l’accompagne jusqu’à Santa Clara puis guide mes pas vers le Othon Palace, un établissement de luxe planté au milieu de l’Avenida Atlantica. Un ascenseur me hisse au dernier étage qui héberge un bar et une piscine. Mais c’est surtout un point de vue imprenable sur la plus célèbre plage du monde que je découvre. Vagues de mosaïques, palmiers, parasols multicolores, écume de l’océan… Rien n’échappe à mon appareil. Le soleil disparaît lentement. Je m’en vais rejoindre Anne. Elle a un peu dormi, mais pas suffisamment pour reprendre des forces, et ne trouve pas le courage de sortir à nouveau. Je me charge donc d’aller acheter de quoi grignoter dans le quartier. Ainsi prend fin notre première soirée à Rio. Nous avons vraiment besoin de repos. Demain, nous attaquons les visites…

Lundi 27 octobre La nuit a été des plus bénéfiques. La chambre jouxtant la forêt, le chant des oiseaux nous tire doucement des bras de Morphée. Une douche rapide et nous filons à l’Apolo. Le planning de la journée n’est pas encore établi. Mais d’ores et déjà, Corcovado et Pain de Sucre sont à exclure, car le ciel laiteux qui plane sur nos têtes ne s’y prête guère. Ce sera donc le Jardin Botanique. Je consulte la liste des lignes d’autobus que j’ai déniché sur le web avant le départ. Mon papier m’indique le 572, mais outre le numéro, je ne dispose pas davantage d’indices. Et trouver le bon transport se révèle être un sacré casse-tête. Les principales lignes sont circulaires, il y a plusieurs abribus sur une même rue et certains n’affichent aucune information ! On se fait indiquer par des passants l’arrêt correspondant sur Barata Ribeiro, une quatre voies à sens unique comme la majorité des artères de Copa. La circulation automobile y est dense, composée en grande partie de taxis et de bus. Le notre ne tarde pas. Cela devient une habitude, je demande confirmation de la destination auprès du chauffeur, sait-on jamais. Un receveur encaisse nos piécettes et nous fait passer par un tourniquet. Original. Un petit quart d’heure de route et l’on nous fait signe de descendre. Nous y voilà. 4R$ chacun pour entrer, c’est cadeau. Cet espace de verdure, deux fois centenaire, s’étend sur plus de 130 hectares entièrement dédiés à la flore mondiale. On ne peut être qu’impressionné par les allées de palmiers impériaux, dont la cime semble tutoyer les cieux. Des héliconias écarlates font briller les yeux d’Anne, fervente amatrice de fleurs tropicales. Cet endroit respire le calme. Seuls le crissement des bambous géants caressés par le vent et des mélodies d’oiseaux parviennent à troubler cette quiétude. La minuscule silhouette du Cristo Redentor peine à se détacher d’un ciel qui tend désormais vers le gris. Soudain, au détour d’un chemin, sous le regard amusé de privilégiés, deux puis trois singes « macaco-prego » descendent des branches les plus hautes en quête de nourriture. Ils viennent chiper un morceau des énormes fruits jaunâtres du jacquier, un arbre tropical qui prolifère dans le parc. Un peu plus loin, ce sont deux ouistitis qui cherchent de quoi se ravitailler près d’un banc abandonné par des enfants. Le Jardin Botanique est tout proche de Tijuca, la plus grande forêt urbaine du monde. Approcher aussi facilement des singes en liberté n’est donc pas si surprenant. Nous sortons du jardin pour nous rendre au Lagoa Rodrigo de Freitas, une immense étendue d’eau située à quelques minutes de marche. Mais il nous faut traverser une route pour y accéder. Etre un piéton, c’est pourtant si simple partout ailleurs. Oui, partout, sauf à Rio. Sûrement le troisième sport national après le foot et le volley… Sans avoir manqué de laisser nos vies sur le bitume, l’obstacle est victorieusement franchi. Les ventres commencent à gargouiller, il est temps pour nous de les remplir. Un resto snack en bordure du lac fera l’affaire. Nous tombons par hasard sur le siège du Clube de Regatas do Flamengo. Créé à l’origine pour la pratique de l’aviron, ce club a vu sa section football devenir au fil des décennies l’une des plus titrées du Brésil. Anne et moi entrons pour jeter un œil. Piscines, terrains d’entraînement et courts de tennis agrémentent ce joli complexe sportif. Dans la salle des trophées s’alignent les coupes et les récompenses glanées dans chaque discipline. Le rayon foot n’est pas en reste avec notamment la prestigieuse Coupe Intercontinentale remportée en 1981 par la bande à Zico face aux Anglais de Liverpool. Notre itinéraire se poursuit naturellement jusqu’à Ipanema, l’autre fameuse plage de Rio. Les fesses incrustées dans le sable fin, le Morro Dois Irmãos pour décor, nous prenons la pose à tour de rôle pour une petite séance photo. Puis on s’attable un instant sur le front de mer pavé de mosaïques pour plonger une paille dans une coco bien fraîche. Un artiste expose ici diverses peintures inspirées des beautés de Rio. L’une de ses œuvres attise notre envie, mais le prix nous refroidi un peu. Entre hésitations et marchandages, nous repartons finalement avec la toile qui trouvera sa place dans notre salon. Nous atteignons tranquillement la Pedra do Arpoador, belvédère naturel séparant Copacabana et Ipanema. En contrebas, les surfeurs défient les vagues de l’océan qui s’échouent sur la Praia do Diabo. Arpoador semble être le coin romantique par excellence. Le coucher de soleil depuis ce promontoire rocheux est réputé magnifique, mais nous n’aurons hélas pas le loisir de le vérifier. Les nuages qui tapissent l’horizon empêchent l’astre du jour de nous offrir ses plus belles couleurs. Deux ou trois clichés tout de même, mais on ne campe pas bien longtemps. Le spectacle ne sera pas pour ce soir. On reviendra si l’occasion se présente et à condition que le ciel veuille bien y mettre un peu du sien. Ce soir, pas de prise de tête pour le dîner. Nous échouons dans un fast food. Dernier petit détour par l’Othon afin d’admirer la vue panoramique, avec Anne cette fois-ci. La nuit est tombée sur la ville. Parasols et paréos ont déserté le sable refroidi. Eclairés par les lampadaires de l’Avenida Atlantica, quelques gamins courent après un ballon. Jusqu’à quelle heure vont-il encore taper le cuir ? Pour nous en revanche, la journée s’achève…

Mardi 28 octobre Petit flash-back. Fin septembre, rivé sur mon ordi, je navigue sur le web. Je suis en pleine préparation du voyage. Mais j’ai un peu de mal à dénicher des infos très précises sur le football brésilien. Google me renvoie vers le blog d’un dénommé Sergio. C’est un passionné de football qui vit à Rio et qui supporte Flamengo. Il propose ses services en qualité de guide pour assister à un match ou tout simplement pour répondre aux questions des internautes. Je crois que j’ai trouvé la bonne personne. Je lui envoie un mail afin qu’il m’aide dans mes investigations. Il me répond très gentiment et, dans un français remarquable, m’explique précisément à quelles rencontres je peux assister lors de mon séjour, où et comment me procurer les billets, les tarifs, etc… Retour à Rio, un mois plus tard. En ce mardi matin, je reçois un mail signé Sergio. Il m’informe de l’ouverture officielle de la billetterie pour Flamengo-Portuguesa, match du championnat brésilien qui doit se tenir dans quatre jours. Ce qui tombe bien, car la visite du Maracanã étant au menu du jour, autant faire d’une pierre deux coups. Si le bus est de loin la meilleure option pour accéder aux principales attractions touristiques de la ville, le métro s’avère en revanche plus approprié pour rallier des points plus éloignés tel que le stade. A la station Siqueira Campos, la plus proche du Bamboo, nous empruntons pour la première fois les couloirs souterrains de Rio. Achats de cartes magnétiques que la machine avale dès la première validation. Les rames sont très spacieuses, rien à voir avec les wagons étriqués des métros européens. Changement à Estacio, unique carrefour des deux lignes que compte la ville. Le stade est cerné par les bidonvilles. Il y en aurait plus de 700 dans la seule ville de Rio ! Des agences de voyage proposent même à leurs clients des excursions dans Rocinha, la plus grande favela d’Amérique du Sud. Un peu trop malsain pour nous, on se contentera des classiques. Nous voici donc devant les grilles de l’Estadio Jornalista Mario Filho, mondialement connu sous le nom de Maracanã. Depuis le temps que j’en rêvais ! Mais je ne m’extasie pas bien longtemps. Ma bien-aimée est là pour me rappeler que la priorité du moment, ce sont les billets pour la rencontre de samedi. Les infos de Sergio sous le nez, Anne me suit à la recherche des précieux sésames. Ne me demandez pas comment on s’y est pris, mais une heure et deux tours de stade plus tard (et croyez-moi qu’il est grand !), nous n’avions toujours pas trouvé le guichet en question. Finalement, c’est chose faite grâce aux indications des supporters présents autour des grilles, et auprès desquels nous avons parlementé dans un spanglish approximatif. Le fameux guichet 8, ce sont en fait deux petits fenestrons creusés dans un mur (à l’époque médiévale, on aurait appelé ça des meurtrières…) par lesquels des employés cachés délivrent les tickets. Cela nous revient à 30R$ par personne, soit une dizaine d’euros. Le « futbol » est un sport grandement populaire au Brésil, et assister à un match ne coûte pas bien cher. Nos poches sont désormais vides. Nous visitons le quartier voisin dans l’espoir d’y trouver une banque. Nous questionnons une passante qui nous renvoie à une autre. Cette dernière habite ici et parle un peu français. Quelle chance ! Elle pourrait se contenter de nous indiquer où retirer de l’argent, mais elle nous prend en main et se propose de nous accompagner. Nous suivons donc Marisa - c’est son prénom - dans la première agence bancaire qui se présente. Elle se renseigne auprès d’un employé pour savoir si nos cartes de retrait peuvent y être utilisées. Raté ! Deuxième essai un peu plus loin. Idem. Nous poussons alors la porte d’une station service dans laquelle se trouve un distributeur « 24 Horas ». Le sigle Visa est apposé sur la machine, c’est bon signe. Nous tirons de quoi tenir plusieurs jours. Sourires aux lèvres, nous rejoignons Marisa qui faisait le guet à l’entrée. Nous redescendons la rue pour revenir là où nous l’avions rencontré. Nous l’embrassons et la couvrons de remerciements. Sans son aide, je pense qu’on aurait pu galérer bien longtemps. Nous pouvons maintenant partir à l’assaut du stade. Mon numérique s’attarde sur les plaques du « Hall of Fame » qui fleurissent à l’entrée. Garrincha, Romario, Ronaldo... Les plus grands joueurs de la Seleção ont laissé ici leurs empreintes de pieds. La visite débute par la présentation de Flamengo, Fluminense, Botafogo et Vasco. L’histoire et les principaux faits d’armes des quatre grands clubs cariocas sont retracés via une expo photo. Sur un mur voisin, une énorme plaque rend hommage à l’équipe nationale qui remporta la Coupe du Monde en 1958, la toute première pour le Brésil et pour un gamin de 18 ans, un certain Pelé. Après avoir découvert les vestiaires et la salle d’échauffement, nous abordons un couloir décoré des portraits géants des idoles de tout un pays. Anne me mitraille alors que je pose aux côtés de Ronaldinho et de Kaka. Au bout du tunnel, l’arène nous attend. C’est étrange, mais du bord de la pelouse, ce colosse de béton n’en n’impose pas tant que ça. Bâti pour la Coupe du Monde de 1950 que le Brésil perdit face à l’Uruguay (un véritable drame national !), il pouvait alors contenir jusqu’à 200.000 personnes ! Mais après des années de travaux et de mises aux normes, sa capacité fut réduite à 95.000 places. De nouveaux chantiers sont prévus très bientôt car le Brésil organisera la Coupe du Monde de 2014. Mais pour l’heure, le Maracanã accueille certains matchs de la Seleção, mais surtout les rencontres des meilleurs ennemis de Rio, Flamengo et Fluminense. D’ailleurs, les derbies entre ces deux équipes, les « Fla-Flu » comme on les surnomme ici, déclenchent la passion de toute une ville ! Anne et moi posons pour une photo souvenir. Il nous faut grimper dans les tribunes pour mieux apprécier l’immensité de l’enceinte. En temps normal, nous devrions pouvoir admirer le Cristo Redentor, mais le sommet du Corcovado est noyé sous d’épais nuages… Le soleil n’est encore pas de la partie aujourd’hui. Nous ne tardons pas à déserter les abords du stade. Non sans avoir au passage relevé dans le hall d’entrée une citation de Mario Filho. Le journaliste y a résumé avec humour l’engouement que le football peut susciter auprès du peuple brésilien : « E mais dificil deixar de amar um clube do que uma mulher ». Traduisez par : « Il est plus difficile d’arrêter d’aimer un club qu’une femme ». La gente féminine appréciera… Un rapide trajet en métro jusqu’à la station Carioca. Il est presque 14h30. Nous déjeunons dans un Bob’s, le Mc Do local. Bon, c’est vrai, de la malbouffe à la sauce carioca, ça reste de la malbouffe ! Sur mon plan, j’ai repéré deux ou trois curiosités à voir dans le coin. Autant vous le dire tout de suite, le Centro n’est pas le quartier le plus touristique de la ville, loin s’en faut. Nous improvisons une balade qui nous amène pour commencer à la Nossa Senhora de la Candelaria. Nous y entrons brièvement pour l’admirer. Nous arrivons ensuite devant une autre église, celle attenante au Monastère de São Bento. Mais l’intérieur est si sombre que même avec mon flash je ne réussis pas à capturer d’images potables. Ce qui m’amuse davantage, c’est ce que nous apercevons de l’autre côté de la rue. Un terrain de football sur le toit d’un parking ! J’adore ! Je shoote sans retenue. L’insolite, nous le rencontrons également un peu plus tard lorsqu’un groupe de jeunes, armés de palangrottes artisanales, s’amuse à ramener d’énormes poissons des eaux de Guanabara. On s’en voit même proposer… Euh, sans façon non ! Notre vadrouille s’achève sur la Praça XV, en référence au 15 novembre 1889, date de la proclamation de la République. On y trouve le modeste Paço Imperial, ancien palais reconverti en musée, ainsi que la statue équestre un peu altérée du Général Osorio, un politique brésilien. La station Carioca est toute proche, la boucle est bouclée. Nous tirons jusqu’à la route menant à Lapa. Derrière l’immense cube de métal qui abrite le siège de la Petrobras, la Catedral Metropolitana nous dévoile sa surprenante structure conique. Le cœur de cet édifice est illuminé par quatre vitraux vertigineux qui s’élancent jusqu’au sommet, un immense cercle serti d’une croix translucide. Anne et moi continuons sur l’Avenida Republica do Paraguai d’où nous apercevons les Arcos de Lapa, un ancien aqueduc sur lequel circule désormais le vieux tramway de Santa Teresa. Justement, nous décidons de finir la journée par une virée en tram. Nous sommes parmi les premiers à monter à bord de cette machine d’un autre temps. Et nous faisons bien, car le wagonnet jaune se rempli rapidement de nouveaux passagers. Les plus chanceux se serrent sur les banquettes de bois, les retardataires devant se contenter du marchepied. Après une longue attente, le « bondinho » se réveille brutalement. Le franchissement périlleux des Arcos de Lapa marque le début d’un circuit d’une heure à travers les rues sinueuses de Santa Teresa. Nous en revenons enchantés, tant et si bien que nous convenons de renouveler l’expérience au retour d’Iguaçu. Il est 19h30. L’obscurité s’est emparée de la ville. Un copieux dîner dans un resto de Santa Clara conclura parfaitement une journée riche en émotions...

Mercredi 29 octobre Depuis notre arrivée à Rio, nous cherchons de quelle manière rallier l’aéroport en autocar. En vain. Sur Copa, nous en avons vu passer plusieurs, mais impossible de savoir d’où ils viennent et surtout où ils s’arrêtent. Nous ne prendrons pas de risques, c’est un taxi qui nous amènera à Galeão. Ce matin, on s’est levé plus tôt que d’habitude. Nos bagages bouclés depuis la veille, nous faisons une halte à l’Apolo avant d’attraper un taxi sur Santa Clara. Il nous demande 40R$. C’est ce que nous avions prévu, nous embarquons. La circulation est fluide, l’aéroport est bientôt en vue. L’enregistrement des bagages vite expédié, nous nous accordons une séance de lèche-vitrine avant le décollage. A 10h20 et des poussières, l’appareil s’élance, cap à l’ouest. Pour tuer le temps, on s’adonne au rituel des cartes postales. Au terme de trois heures de vol, ponctuées d’une escale à Curitiba, l’avion atterrit sur le tarmac détrempé du champêtre aéroport de Foz do Iguaçu. Il tombe des cordes. Décidément, la météo est bien cruelle avec nous. Nos sacs sur les épaules, Anne et moi nous dirigeons vers la sortie. Le guide de l’agence Brésil Découverte nous guette, nos noms inscrits sur un panneau. Il se présente à nous dans un français hésitant, et sur le ton de la plaisanterie : « Je m’appelle Edio, attention pas idiot !». Sur ce coup-là, il aura perdu l’occasion de se taire… A l’extérieur, un van nous récupère. Edio ne m’a pas encore réclamé les vouchers, ce qui m’étonne un peu. Mais bon, je me dis qu’il doit avoir l’habitude, ça ne m’inquiète pas davantage. Le chauffeur décharge tout son petit monde devant les portes du San Martin Hotel. Edio nous abandonne aussi vite. Il nous récupèrera dans une petite heure pour nous emmener au Parc des Oiseaux Tropicaux. Nous voilà seuls à nous débrouiller avec le réceptionniste. Mais le type à beau feuilleter à plusieurs reprises les pages de son registre, nos noms ne figurent nulle part ! Troublé, je sors mes papiers. Nous ne sommes pas au bon endroit. Pas de panique. Nous stockons les bagages dans le hall et, affamés, nous prenons une table au restaurant de l’hôtel pour déguster un repas chaud. Edio se pointe avec un léger retard. Nous lui expliquons son erreur. Les sacs à dos réintègrent le coffre du van. Un court trajet et on nous dépose sur le parking du site. La pluie est plus que jamais présente. Et nous n’avons pas l’ombre d’un parapluie ! Edio, en bon guide qu’il est, nous achète nos billets et nous lâche à l’entrée. Colibris, ibis rouges, toucans, perroquets et aras multicolores cohabitent au cœur de cette réserve tropicale. Tropical l’est tout autant le déluge qui s’abat sur nos têtes, nous empêchant de profiter pleinement de la visite. Des rares photos que je tente de faire, le résultat s’avèrera désastreux. Nous retrouvons Edio dans une boutique après une bonne heure et demie sous la flotte. Trempés jusqu’aux os, le van nous rapatrie jusqu’au bon logement cette fois-ci. L’Iguassu Charm Suites est une belle pousada proche du centre ville de Foz do Iguaçu. La chambre est spacieuse, elle nous convient parfaitement. Premier réflexe en arrivant, nous débarrasser de nos vêtements humides. Nous tentons de les faire sécher avec les moyens dont nous disposons, c'est-à-dire pas grand-chose. Pendant que certaines fringues pendent sur des cintres, je m’attaque au jean gorgé d’eau de ma chère Anne avec un sèche-cheveux branché sur du 110 ! Au bout d’une demi-heure, le résultat n’est guère encourageant, je stoppe mes efforts. Des habits secs sur le dos, nous partons dîner dans le centre. Nous trouvons facilement un restaurant. Nous y mangeons abondamment et ce à un prix raisonnable. Le repas terminé, on se contente d’une petite flânerie dans le supermarché local, plus par curiosité que par nécessité. D’ailleurs, nous en ressortons les bras vides. Cette soirée aurait dû s’achever de la sorte, mais c’était sans compter sur un évènement inattendu. Figurez-vous qu’on ne trouva plus notre chemin ! A l’aller, encore éclairés par un soleil couchant, nous avions dévalé avec insouciance une longue avenue menant au centre ville. Mais la nuit est apparue et nous voilà bêtement piégés par l’obscurité. Au bout d’une bonne demi-heure de déambulations et d’inquiétude, nous décidons de frapper à la porte d’une maison. Par chance, j’avais gardé dans la poche de ma veste un papier avec les coordonnées de notre hôte, informations qu’Anne aussi bien que moi n’avions même pas pensé à retenir. Une femme se présente à nous et nous indique la direction à suivre. Nous n’étions en réalité pas si perdus que ça, encore fallait-il connaître les lieux. Encore une péripétie à classer au rayon des anecdotes. Remis de nos frayeurs, nous ne tarderons pas à nous endormir…

Jeudi 30 octobre La nuit s’est très bien passée. Dans la salle à manger, une multitude de gâteaux, pains et fruits sont dispersés sur une grande table. Il n’y a que l’embarras du choix. Alors que je me restreins au classique cacao et tartines de confiture, Anne ne peut s’empêcher de goûter à toutes les sortes de pâtisseries qui sont à sa portée. Le ventre plein, nous rejoignons le van stationné devant la pousada. La pluie de la veille a cessé, mais les nuages eux, n’ont pas disparu. Une petite demi-heure de route est nécessaire pour atteindre le Parc National d’Iguazu. Le passage de la frontière brésilo-argentine se fait sans aucun souci. A l’entrée du site, je me procure un plan, histoire de suivre le déroulement de la journée. Edio nous amène jusqu’à une petite gare. Il nous faut en effet emprunter un train puis marcher un petit kilomètre pour approcher l’une des principales attractions, la Garganta del Diablo (Gorge du Diable). Depuis le belvédère stratégiquement placé, Anne et moi sommes émerveillés par cette cascade de 90 mètres, la plus haute du parc. Ces tonnes d’eau qui se déversent forment des embruns, rendant la prise de photos délicate. De petits malins exploitent à merveille la situation en faisant commerce de cirés et de parapluies ! Après être revenus sur nos pas, la visite se poursuit par le circuit inférieur qui permet d’explorer les chutes d’en bas. Nous y croisons de nombreuses personnes avec un maillot de bain comme unique vêtement. Et pour cause, ils vont se placer au plus près des torrents pour une douche 100% naturelle. L’expérience est tentante, mais nous n’avons pas l’équipement pour les imiter. 11h50. Après avoir conversé avec un employé posté à un guichet, Edio nous remet les tickets pour la balade en bateau. Comme à son habitude, il ne nous donne aucune explication, si ce n’est qu’il nous attendra au terme de notre parcours d’environ une heure trente. Il aurait pu par exemple nous dire que notre embarcation partait à 12h ! Nous descendons prudemment la petite voie pentue menant à la rivière, et alors que nous nous apprêtons à intégrer le zodiac, on se fait gentiment refouler. Je suis furieux lorsque je comprends que la navette de midi vient de nous passer sous le nez ! Maudissant Edio pour cette nouvelle bourde, je suis Anne dans la remontée du sentier jusqu’au guichet. Là, l’employé nous confirme qu’il nous faudra patienter une petite heure pour le prochain départ. C’est parfait, ça me laisse assez de temps pour me calmer. 13h. Cette fois-ci, c’est la bonne. Nous ôtons chaussures, chaussettes, et retroussons les pantalons dans le but de limiter les dégâts. Quelle naïveté de notre part ! Nos effets à l’abri dans des pochettes étanches, nous sommes prêts pour le moment fort de la journée. Le zodiac démarre bientôt, garni d’une trentaine de passagers, et s’approche doucement des torrents. En quelques secondes, la foule se retrouve noyée sous des trombes d’eau. Le pilote prend plaisir à zigzaguer d’une cascade à l’autre avant de ramener une deuxième puis une troisième fois son embarcation sous une nouvelle rincée. Nous voilà trempés comme si on avait plongé dans l’eau tout habillés. A peine les pieds posés sur la terre ferme, nous enchaînons par une traversée de la forêt à bord d’un camion. Afin de savoir dans quelle langue elle va s’exprimer, la guide qui nous accueille questionne les participants sur leur nationalité. Et elle ne va pas être déçue. Français, Italiens, Espagnols, Britanniques, Argentins, etc… Bon, alors ce sera anglais pour tout le monde. Tandis que le véhicule s’enfonce dans l’épaisse jungle, elle délivre à son auditoire diverses explications sur les espèces végétales qui peuplent cet espace naturel préservé. En mauvais élève, je n’écoute que d’une demi oreille son discours et concentre mon attention sur ce qui nous entoure. 14h30. Le camion stoppe sa course. Evidement, Edio n’est pas un brin surpris de nous voir réapparaître avec une bonne heure de retard. Mais le meilleur reste à venir… Alors que nous manifestons auprès de lui une faim insistante, nous le suivons vers un établissement qu’il nous dit connaître à deux pas de là. Il va enfin nous être utile ! Je ravale vite mes pensées. Il nous fait sortir puis semble aussi surpris que nous de ne trouver trace d’un quelconque restaurant. Là, il ose nous proposer de rentrer à notre hébergement pour y déjeuner. Mais lorsque ma chère et tendre le questionne sur le programme de l’après-midi, il ne se démonte pas en lui répondant que les visites de la journée s’arrêtent là. Pour Anne, qui a fait preuve jusqu’à présent d’un sang-froid admirable, c’est la goûte d’eau qui fait déborder le vase. Elle me prend le plan des mains pour le coller sous le nez d’Edio et lui fait remarquer preuve à l’appui qu’il a omis l’un des itinéraires. Gêné, il nous fait donc réintégrer le parc pour trouver un snack. Anne donne sèchement congé à notre guide afin que nous puissions manger en paix. Enervée, elle grommelle que s’il avait l’intention de profiter du restant de l’après-midi en nous lâchant à Foz, il a eu tout faux. Et elle a bien l’intention de squatter les lieux pour en découvrir les moindres recoins. Le repas achevé, Edio nous conduit jusqu’au petit sentier où débute le parcours supérieur des chutes. Il se propose de patienter là et de nous laisser continuer seuls. Nous le plantons, soulagés de nous débarrasser pour un temps d’un guide plus encombrant qu’autre chose. Et le temps, nous le prenons ! Suivant une passerelle qui domine et enjambe les cascades, nous pouvons les admirer sous un angle nouveau mais tout aussi merveilleux. Mon numérique est en pleine effervescence devant l’impressionnant mur d’eau formé par le Salto San Martin. Une fois n’est pas coutume, les nuages gris en suspension au-dessus des torrents se fondent bien dans ce décor sauvage. Papillons aux couleurs éclatantes posent également devant mon objectif. Edio nous aura attendu 90 bonnes minutes au final. Mais avant de partir, passage obligé par les boutiques de souvenirs. Le hic, c’est que nous nous trouvons en territoire argentin. Certes, nous pouvons régler en réals brésiliens, mais c’est en pesos que la monnaie nous est rendue… S’ensuit alors pour Anne et moi une séance de calcul mental à vous filer une migraine. Mais je perds vite patience à jongler entre les devises et tente de convaincre Anne de freiner sa fièvre acheteuse. Il est 17h30 environ quand nous retrouvons le proche Brésil. De retour à la pousada, nous convenons avec Edio d’un horaire pour le lendemain. Nous partons ensuite en direction du centre. Pour éviter de nous paumer une nouvelle fois, nous prenons un ou deux repères. Nos pas nous mènent un peu plus loin que la veille, en chasse d’une curiosité à se mettre sous les yeux. Mais Foz n’est définitivement pas d’un grand intérêt touristique. Principalement dédiée à l’hôtellerie, elle ne semble exister que par la présence des Cataratas voisines. En cette douce soirée, nous nous contenterons seulement d’un dîner en terrasse. Nous faisons ainsi nos adieux à cette ville, sans vraiment de regrets…

Vendredi 31 octobre Le soleil daigne enfin se montrer. Ca tombe bien, nous repartons cet après-midi ! Notre hôte nous fait part de l’existence d’une boutique de souvenirs à la sortie de la ville. Frustrés du peu d’emplettes que nous avons eu le loisir d’effectuer jusqu’ici, l’info est la bienvenue. Nous demandons à Edio d’y faire une halte avant de nous rendre aux chutes. Le magasin en question, au nom évocateur de « Tres Fronteiras », est en fait un véritable hypermarché. Du calendrier illustré des « Cataratas » aux toucans de bois, en passant par les produits artisanaux sud-américains, il y a ici de quoi ravir le plus exigeant des touristes. On nous laisse quartier libre une petite demi-heure, plus qu’il n’en faut pour faire marcher la carte bancaire. L’exploration du côté brésilien est assez courte. 90 minutes nous suffisent pour sillonner le chemin balisé qui fait face à l’Argentine. Ce sont des vues inédites qui se dévoilent devant nous. Aidé par un soleil radieux, je parviens à réaliser de superbes images, agrémentées pour la plupart d’arcs-en-ciel féeriques ! Je capture également une petite dizaine de séquences vidéo de la grandeur du spectacle dont nous sommes les témoins. Une passerelle de bois et de métal permet au visiteur d’accéder au cœur de la rivière. Cernés de part et d’autre par des torrents assourdissants, Anne et moi nous y aventurons pour un ultime frisson. A l’extrémité du promontoire, on peine à distinguer la Garganta del Diablo derrière un rideau de vapeur d’eau. Les photos y sont très difficiles à faire. Alors on se contente d’admirer la puissance de la nature. Les yeux écarquillés par tant de beauté, nous prenons congé des merveilles d’Iguaçu pour rejoindre l’aéroport. Nous disons au revoir à Edio, sans regrets et sans pourboire. Le vol est prévu pour 14h, nous avons le temps de prendre un repas avant d’embarquer. Nous nous installons dans une cafétéria pour reprendre des forces avant les trois heures de voyage qui nous attendent. Avec un peu de retard sur l’horaire, nous finissons par décoller. Derrière le hublot, la nature nous offre un dernier récital. Un fleuve couleur ocre serpente à travers une verte et dense jungle, ce qui est du plus bel effet. 17h30. L’appareil effleure les toits des favelas avant de se poser sur la piste de Galeão. Pour rallier Santa Clara, nous attrapons un autocar Real qui se retrouve bientôt piégé dans les embouteillages. La soirée sera des plus calmes. Dans notre fast food préféré de Copa, nous faisons un passage éclair pour un dernier casse-croûte avant de rentrer. Quelques mails vers la France, puis nous allons dormir. Demain, c’est une grande journée qui s’annonce…

Samedi 1er novembre En préparant le voyage, j’ai découvert l’existence d’une curiosité située non loin du Centro. En cette grise matinée, Lapa est donc notre première destination. Aux pieds des Arcos, nous questionnons les passants. Le coin n’est pas très fréquentable, nous y croisons un groupe de toxicos défoncés. Une habitante du quartier semble avoir deviné le but de notre visite. Elle nous indique une ruelle escarpée qu’Anne et moi gravissons sous une pluie fine. Puis, sur notre gauche, se déroule un escalier… Nous y sommes ! L’Escadaria Manuel Carneiro, rebaptisé Selaron par l’artiste qui l’a métamorphosé en œuvre d’art. Il est chilien et son look soigneusement travaillé n’est pas sans rappeler un certain Dali. Son travail a vu le jour en 1990. Il a commencé par décorer les marches de mosaïques bleues, vertes et jaunes, aux couleurs du Brésil. Et depuis, il n’a cessé de transformer son œuvre, grâce notamment aux petits carreaux que les visiteurs lui apportent des quatre coins de la planète. Une œuvre qu’il qualifie lui-même de « rêve unique et fou qui ne prendra fin que le jour de sa mort ». Le résultat est spectaculaire. Dans un troquet tout proche, nous demandons si quelqu’un sait où vit l’auteur de cet ouvrage. Un jeune se lève. Il nous demande de patienter avant d’avaler une bonne dizaine de marches. Posté devant une fenêtre, il se met à hurler « Selaron ! Selaron ! ». L’épaisse moustache de notre artiste fait son apparition. Il nous convie dans une minuscule pièce qui lui sert d’atelier. De nombreuses peintures recouvrent les murs et le sol. Autoportraits, femmes enceintes et vues de Rio constituent ses principales sources d’inspiration. Nous lui remettons un carreau déniché à Marseille, illustré du Vieux Port et de la Bonne Mère. Pour nous remercier, il nous fait cadeau de jolies cartes postales, puis nous présente fièrement les nombreuses photos et articles de presse relatant son histoire et son travail. On y apprend que les escaliers ont servi de décor pour des séries télévisées et même pour des clips de U2 ou de Snoop Dogg. Nous le suivons ensuite à l’extérieur où il s’improvise en guide pour nous expliquer la provenance de ses plus beaux carreaux, dont certains sont rares et précieux. Il y en a du monde entier. La France y est bien sûr représentée. Notre surprise est totale lorsqu’on tombe nez à nez avec deux tuiles estampillées « MARSEILLE » qui se mélangent aux centaines de mosaïques. Je multiplie les clichés avant que nous posions avec Selaron devant les marches colorées. Nous le quittons bientôt, satisfait de notre rencontre avec ce drôle de personnage. La Confeitaria Colombo est l’étape suivante. Ce somptueux salon de thé situé dans une ruelle du Centro arbore marbres et vitraux. Pendant que je m’attarde pour une poignée de photos, Anne s’en va acheter des pâtisseries qui lui font de l’œil. Le tram n’est pas très loin, autant refaire un tour de Santa Teresa. Dans la file d’attente, les pasteis de chez Colombo nous aident à patienter. Ces petits flans sont délicieux, mais rien à voir avec ceux de Belém que nous avions goûté à Lisbonne lors de notre escapade portugaise. A bord du tram, nous nous rappelons des sensations ressenties quatre jours auparavant. Le chauffeur se plait à divertir ses passagers, bringuebalant son jouet dans les virages les plus serrés. La bruyante carcasse peine à avaler les pentes du quartier perché entre les favelas. Elle souffle un court instant devant un Corcovado toujours embrumé. Tout au long du trajet, des jeunes s’amusent à attraper le véhicule en marche. Folklorique au possible ! Lorsque la virée prend fin, on s’engouffre dans le métro pour en ressortir à Copa. On y avale un bon repas avant de retrouver le Bamboo. Nous avons rendez-vous avec Sergio à 16h30. A Siqueira Campos, les couleurs rouges et noires commencent à fourmiller. Station après station, ils sont de plus en plus nombreux. Le temple du football brésilien se dessine bientôt derrière les vitres de notre rame. Drapeaux et maillots contrefaits s’étalent autour de l’enceinte. Parmi les supporters agglutinés devant le socle de la statue de Bellini, je reconnais facilement Sergio. Il parle aussi bien le français qu’il ne l’écrit. Il nous présente un couple de touristes finlandais qui, comme nous, viennent pour la première fois voir un match dans ce stade mythique. Nous suivons Sergio jusqu’à l’entrée. En habitué des lieux, il nous place au cœur de l’ « arquibancada verde », un peu à l’écart des supporters les plus chauds. Près de l’ambiance mais loin des embrouilles. C’est parfait ! En l’espace d’un an et demi, je réalise mes deux plus grands rêves footballistiques. Après avoir vu jouer le Barça au Nou Camp, me voici donc dans les gradins du Maracanã. Je suis comme un gosse ! Le coup d’envoi est donné à 18h30. Les « Mengão » ouvrent rapidement le score. Un but superbe qui fait s’enflammer le stade. Dans la tribune que nous occupons, c’est du délire ! Les supporters « Rubro Negra » font le show. J’immortalise l’instant par quelques photos et vidéos. Après ça, Flamengo joue moins bien et la rencontre perd de son intensité. A la mi-temps, les deux équipes se séparent sur ce score de 1-0 en faveur des locaux. Sur l’un des écrans géants s’affiche le nombre de spectateurs. Il dépasse à peine les 44.000. C’est peu, moins de la moitié des places ont trouvé preneur. Dès le retour des vestiaires, le match prend une autre tournure. Portuguesa fait parler son réalisme et inscrit deux buts en moins de cinq minutes. C’est la douche froide pour Sergio. Les supporters commencent à siffler leurs joueurs. A cinq minutes du coup de sifflet final, Flamengo égalise pour le plus grand bonheur des torcidas. Malgré ce sursaut d’orgueil, ce résultat nul n’est pas une bonne opération pour le club carioca. Le titre de champion semble s’éloigner… Alors que le stade se vide, Sergio nous propose de terminer la soirée avec lui. Nous acceptons bien volontiers. Il est tellement sympa que c’est un plaisir d’être en sa compagnie. Il dépose les deux finlandais devant leur hôtel et trace en direction d’Ipanema. Dans le resto où il nous entraîne, nous faisons connaissance avec ses amis, Jean-Michel et Caro. Ce couple de français n’en est pas à sa première expérience en terre brésilienne. Ils nous racontent de petites anecdotes de leurs nombreux voyages à travers le pays. D’ailleurs, leur prochaine destination s’appelle… Iguaçu ! Comme nous, ils ont acheté un pack auprès de l’agence Brésil Découverte. Nous leur relatons les exploits de notre fameux guide, leur souhaitant de ne pas tomber sur le même. Aux dernières infos de Sergio, ils y auront échappé… Le repas terminé, Sergio nous dépose à Santa Clara. Nous le remercions pour cette soirée inoubliable, la plus belle de notre séjour dans la Cidade Maravilhosa…

Dimanche 2 novembre Nous entamons la journée par une image insolite. Depuis la fenêtre de notre chambre, nous assistons au ballet d’une petite dizaine de ouistitis débarqués des branches. Des pensionnaires du Bamboo prennent leur petit dej en terrasse et les singes de la forêt voisine s’y sont invités. Le soleil brille enfin ! Il faut en profiter, on ne sait pas trop si ça va durer. Un petit tour à l’Apolo comme tous les matins, puis nous attrapons le 511 qui trace vers Urca. Même pas besoin de demander au chauffeur si c’est la bonne ligne. On constate rapidement qu’il n’y a que des touristes à bord. Le trajet n’est pas très long. Le bus décharge tous ses occupants près de la Praia Vermelha. Le téléphérique du Pain de Sucre apparaît bientôt. Il n’y a pas encore foule. La première cabine qui se présente à nous est la bonne. En quelques minutes, nous voilà à mi-chemin du sommet. La vue y est splendide mais nous ferons des photos plus tard. Pour l’heure, c’est l’un des grands moments du voyage qui nous attend. C’est ici que se trouve l’un des héliports destiné aux touristes. Auprès du stand qui gère les vols, nous choisissons un circuit parmi ceux qui nous sont proposés. Le notre durera 11 à 12 minutes pour la modique somme de… 120€ par personne ! Je vous l’accorde, c’est pas donné. Avant de quitter la France, j’étais très hésitant quant à l’utilité d’une telle dépense. J’avais d’ailleurs questionné des membres de VF qui, avant moi, avaient déboursé une petite fortune pour découvrir Rio depuis le ciel. Est-ce que ça valait le coup de sortir tant d’argent pour une visite aussi courte ? Tous m’avaient répondu de manière positive. Et bien, je peux maintenant confirmer leurs propos. Oui, il faut le faire ! Notre hélicoptère se pose, mais il ne stationne guère longtemps. Nous prenons place, Anne derrière, moi aux côtés du pilote, prêt à filmer. Nous décollons dans la foulée. Première étape du circuit, le stade. Après une longue ligne droite, l’appareil fait un lent virage au-dessus d’un Maracanã plus impressionnant que jamais ! Puis il prend la direction du Corcovado. Anne et moi sommes subjugués par l’image de carte postale que nous découvrons. Arrivant derrière le Cristo Redentor, la baie de Rio s’offre à nos yeux émerveillés. Une rotation autour de la statue colossale, puis nous traçons vers l’océan. Nos regards sont braqués sur Ipanema et Copa, dont on peut mesurer toute la beauté. Magique ! De retour sur Terre, Anne et moi échangeons nos premières impressions. Tous deux sommes d’accord, c’était fantastique. On se remet doucement de nos émotions pour continuer la visite des lieux. Dans une petite salle de projection, un film passe en boucle. Il raconte l’histoire du téléphérique et de sa construction. Un projet qui a semble-t-il suscité beaucoup de doutes et d’interrogations lors de son lancement au début des années 1900. D’après les interviews et les archives, l’idée même qu’on puisse relier le sommet du pic rocheux par des cabines semblait relever de la pure folie. Près d’un siècle plus tard, à en juger par l’affluence touristique présente sur le site, force est de constater que les précurseurs avaient vu juste. On a jamais été aussi proches du Pain de Sucre. Avant que nous empruntions le second tronçon, je shoote ce symbole de la ville, encore et encore. La cabine nous dépose bientôt au sommet. Nous dominons les plages et les îles qui baignent dans la baie. Anne et moi posons devant ces jolis décors. Nous errons là près d’une heure, à la recherche de vues toujours plus belles. Revenus 400 mètres plus bas, nous battons le pavé de l’Avenida Pasteur. Dans une station service, on se pose le temps d’avaler un morceau et de décider de la suite des opérations. Le ciel est avec nous aujourd’hui, nous n’hésitons pas longtemps. Le Corcovado n’attend que nous. Botafogo est toute proche. De nombreux bateaux sont amarrés dans cette paisible plage sur laquelle semble veiller le Pain de Sucre. Je jette un œil sur mon papelard. Le hasard faisant bien les choses, le bus dont nous avons besoin passe par là. Mais le problème est toujours le même. On a le numéro mais pas l’arrêt. Nous sollicitons à nouveau la gentillesse des cariocas. Mais ils semblent aussi pommés que nous. C’est finalement escortés par un flic bien sympa que nous débusquons le bon abribus. Le 583 nous ouvre bientôt ses portes. Un bus qui se videra presque entièrement devant la gare de Cosme Velho, point de départ du train à crémaillère. Le wagon rouge transperce la dense forêt de Tijuca pour nous emmener au sommet du Corcovado. Le trajet compte quelques étapes, où passagers entrent et sortent. Les « Bom de Samba » s’invitent bientôt à bord. C’est un groupe de musiciens qui, plusieurs fois par jour, vient égayer le court voyage des visiteurs contre quelques réals. La vidéo est à faire. Je filme Anne pendant qu’elle s’essaye à la pratique du ganza, un instrument à percussion que l’un des musiciens lui a prêté. Mais bon, n’est pas « sambista » qui veut… « Bem-vindo ao Cristo Redentor ». C’est ce qu’indique un écriteau. On emprunte un escalier pour accéder au sommet. Au fur et à mesure des marches, le panorama se dévoile. L’hippodrome, proche du Jardin Botanique, est le premier à se mettre en évidence. La statue, de dos, se dresse droit devant. Nous sommes bientôt à ses pieds. Nous pouvons alors contempler la Cidade. Sur notre droite, le Lagoa Rodrigo de Freitas dont les eaux verdâtres contrastent avec le bleu de l’Atlantique. La plage se cache derrière les immeubles d’Ipanema. Nous découvrons aussi le Morro dos Cabritos, l’énorme colline boisée au flanc de laquelle se trouve le Bamboo. A notre gauche, le paysage est moins glamour. Des favelas qui s’entassent ici et là, triste écrin pour l’ovoïde Maracanã facilement repérable. Le Christ Rédempteur ouvre ses bras face à la baie, comme pour protéger la cité carioca. Anne s’impatiente pendant que je fais tourner mon numérique à plein régime, capturant des clichés de l’imposante statue sous tous les angles. En vrai gosse, je demande à Anne de me tirer le portrait les bras en croix devant le colosse. Ça fait touriste de base mais j’assume ! D’ailleurs, je me demande encore comment j’ai convaincu Anne d’en faire autant. Non, en réalité, elle faisait des essais de pose pour moi quand je l’ai shootée à son insu… En éternel insatisfait de mes photos, je propose à ma chère et tendre de revenir ici même le lendemain matin pour de nouveaux clichés. En effet, j’ai le soleil en pleine poire et le rendu des images n’est pas à la hauteur de mes espérances. De toute façon, le programme du séjour est bouclé, autant continuer en roue libre jusqu’au départ. Avant de retrouver le train, courte halte par le socle, occupé par une petite chapelle. Bus et métro pour Copa. Sur un marché nocturne face à la plage, nous achetons deux ou trois souvenirs avant d’aller dîner. On dînera asiatique ce soir. Aussitôt quitté le resto, il commence à pleuvoir. C’est bientôt un déluge qui s’abat sur nos têtes. C’est ça les averses tropicales, il tombe des cordes, mais ça ne dure jamais bien longtemps. Je ne me doutais pas à quel point le ciel pouvait être capricieux. Sitôt passée cette rincée, nous regagnons notre chambre…

Lundi 3 novembre Nous commençons la journée par… une grasse matinée. Nous n’émergeons réellement qu’attablés à l’Apolo pour un petit dej un peu tardif. Puis, comme convenu, nous retrouvons les sentiers menant au Corcovado pour un pèlerinage photographique. Nous aurons finalement dû attendre les ultimes jours pour bénéficier d’un soleil brésilien digne de ce nom. Aux pieds du Cristo, je m’attarde pour des photos. Comme la veille, Anne est presque déçue par la taille de la statue. A l’été 2007, nous avions visité le Cristo Rei à Lisbonne, une statue inspirée de celle de Rio, deux mètres plus petite. Ce qui explique qu’elle s’attendait à une œuvre plus impressionnante. L’heure passe, il fait faim. Nous déjeunons sur place. Dans le train qui nous rapatrie vers Cosme Velho, nous tombons par hasard sur le couple de Finlandais rencontré lors du match. Ils ne sont toujours pas très causants… Les « Bom de Samba » sont de retour. Cette fois, je me porte volontaire pour faire vibrer le ganza. Anne se saisit du numérique pour immortaliser la scène. L’après-midi est déjà bien entamé. Et nous n’avons pas encore en notre possession tous les souvenirs que nous comptons ramener à nos proches et… à nous-mêmes. C’est à Copa que nous trouvons de quoi étancher notre soif d’achats. Les échoppes se suivent et se ressemblent, mais chaque fois que nous entrons dans une boutique, nous trouvons quelque chose que la précédente n’avait pas. La carte bleue chauffe, le porte-monnaie se vide. Drapeaux, bracelets, posters, magnets… Nous trouvons presque tout ce que nous cherchons, voire même ce que nous ne cherchons pas. Pour nous remettre de cette séance de shopping intensive, nous nous asseyons pour siroter nos premiers « sucos ». Du coup, on enrage de ne pas avoir testé avant ces délicieux jus de fruits qu’il est possible de déguster à chaque coin de rue. La soirée s’achève comme souvent sur la plage. Dans le marché nocturne de l’Avenida Atlantica, les dernières emplettes finissent de nous plumer. Nous squattons Santa Clara pour le dîner avant de rentrer. Demain soir, l’aventure brésilienne prendra fin…

Mardi 4 novembre Nous terminons notre séjour comme il avait commencé, sur la plage de Copa. Le soleil brille, la balade est plaisante. Le thermomètre affiche 27°. De courageux joggers brûlent leurs calories sur l’Avenida Atlantica. Les inflexibles marchands ambulants ont bien du mal à écouler leurs stocks de paréos. Anne et moi errons en suivant le dessin du littoral pour rejoindre Ipanema. Nous n’avons encore jamais pris de bain depuis notre arrivée au Brésil. Anne avait bien approché les eaux de l’océan le premier jour, tentative avortée par un orteil trop frileux. Cette fois-ci, c’est moi qui m’y colle. Anne s’est calée à l’ombre d’un palmier. J’hésite un peu avant de me jeter dans les rouleaux. Je la trouve à mon goût, si bien que ma chère et tendre ne me reverra réapparaître qu’une bonne demi-heure plus tard ! Ici, les ballons roulent et volent à longueur de journée. Après la baignade, j’aimerai bien taquiner le cuir comme le font les cariocas. On stagne un moment devant une partie de foot-volley prenante. Têtes, ailes de pigeon, amortis poitrine… C’est un vrai récital de gestes techniques ! Cela à l’air si facile. A l’air seulement… Je ne me démonte pas. Aussitôt la partie terminée, je demande la permission de prendre part à la suivante. Ni une, ni deux, me voilà tout fier, planté dans le sable d’Ipanema. Je rattrape ou tente de rattraper ce que je peux, conseillé que je suis par une équipière désabusée mais compréhensive. Malgré quelques rares ballons bien négociés, mon niveau me trahit rapidement et cause l’inéluctable défaite du binôme improvisé. Je remercie les jeunes pour la leçon, et c’est encore essoufflé que je suis Anne dans le quartier jouxtant la plage pour y casser la croûte. Nous ne ferons pas grand-chose du restant de la journée. Nous errons dans les rues jusqu’à remonter à l’hôtel. Sur le trajet, nous nous délectons d’un dernier jus de mangue « do Brasil ». En passant devant Arpoador, nous distinguons le Morro Dois Irmãos perdu dans la brume. Nous faisons ainsi le deuil d’un beau coucher de soleil. Nous quittons définitivement Santa Clara à bord d’un taxi. Galeão est atteint dans la nuit tombante. Dans le hall, des fresques représentant le Corcovado, le Pain de Sucre et le Maracanã nous font prendre conscience de ce que nous laissons dans notre sillage. En 1999, l’aéroport a été rebaptisé Antonio Carlos Jobim, en mémoire d’un grand compositeur brésilien. Mon dernier cliché est destiné à une plaque qui lui rend hommage, et sur laquelle on peut lire les paroles de sa chanson « Samba do Avião » : « Minha alma canta Vejo o Rio de Janeiro Estou morrendo de saudade Rio, teu mar, praias sem fim Rio, você foi feito pra mim ».

« Mon âme chante Je vois Rio de Janeiro Je me meurs de mélancolie Rio, ta mer, tes plages sans fin Rio, tu a été faite pour moi ».

Tout est dit…

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