Delhi
Un petit clin d’œil de Bharat Mata pour mon arrivée : dans Paharganj, des tambours se font entendre, puis quelques cuivres ; c’est pourtant pas la saison des mariages, si ? Intrigué, je zigzague à travers la rue principale, évitant vaches, bouses, rickshaws et « you remember me my friend ? » (yes, i remember you my friend! last time you gave me this fantastic kurta for only 20 rupees!-grands sourires…) pour aller voir la cause de tout ce raffut…sur un char, deux trônes richement décorés portent deux enfants, l’un en Shiva, d’un sérieux à toute épreuve, tenant fermement son trident, l’autre en Parvati, saluant les passants ; tout de suite après, un deuxieme char, et des gamins qui distribuent des bananes-prasad, suivi de l’orchestre puis d’une cinquantaine de femmes dans leurs beaux sarees, toutes portant un pot sur la tête..quand, fatigués de les suivre, je m’arrête pour demander à un vieil homme la raison de la procession, il m’explique que tous reviennent d’Haridwar avec de l’eau du Gange, qui va être versée sur le lingam de leur temple.
Haridwar étant mon prochain arrêt, je prends ça comme un bon présage !
Delhi-Bienvenue !
Une heure du mat, le taxi me dépose à l’hotel recommandé dans tout les guides pour son sérieux et ses prix ; fatigué de ma nuit blanche à Charles de Gaulle et du trajet en avion, j’entre dans la chambre réservée à l’avance par internet, bien content de pouvoir poser mon sac et impatient de me vider un seau d’eau froide sur la tête ; je récupère la clé, et une fois seul, j’entre dans la salle de bains (que, dans ma grande et naive confiance, je n’ai pas vérifiée) pour découvrir de la merde partout, mais vraiment partout, et pas une goutte d’eau..j’éclate de rire, me voila revenu au niveau zéro du touriste en Inde, c’est ma faute, j’aurais du vérifier !
Haridwar- Small world
Une heure et demie de bus depuis Dehradun, en plein après midi, après avoir perdu subjectivement bien 10 litres de flotte, j’ai trop chaud…une seule envie en arrivant, trouver un hotel et aller me baigner direct ! Je pose mes bagages dans le cinquieme ou sixieme hotel, prend ma serviette, direction les ghats.. traversée du pont à Vishnou ghat, de l’autre coté je me trouve une petite place sur les marches, me désape et hop ! dans l’eau ! elle est fraiche, haute, et le courant très rapide ; je lache la barrière et me laisse porter par le Gange sur une centaine de metres, revient, recommence, ah que c’est bon ! et quel plaisir de retrouver cette ville et ce fleuve !
Puis, une fois sec, je reprends mon sac, m’aprete à partir, quand je vois, debout sur un banc, un vieux baba couvert de cendres, ses dreads touchant le sol, une belle barbe blanche, qui me fait signe ;
« Ananda ? »
« Bahut ananda ! »
Apres un petit moment de discussion, on se rend compte que l’on a une connaissance en commun, et à partir de là…je suis complètement pris en charge ; le baba m’envoie avec un de ses amis faire le tour des temples de la ville, je n’ai pas le droit de payer le rickshaw, ni même les quelques roupies d’offrandes dans les temples ; je découvre des ghats dont je n’aurais jamais soupçonné l’existence si j’avais été seul, des ghats privés et d’autres pour lesquels il faut prendre des petites ruelles très étroites, passer sous de petites voutes, pour enfin se retrouver dans un calme et une tranquillité qui contrastent avec l’agitation permanente de la ville..un régal
Manali blues
Manali, et un resto au niveau du pont qui mène à Old Manali dans lequel je vais prendre mon petit dèj…au bout de quelques minutes, la musique s’allume, Britney Spears…
Manali, Hello my friend come in my shop, Manali “hello Saffran”,
Manali, continental food et expresso coffee,
Manali et les cernes sous les yeux d’israéliens hagards d’avoir trop fumé,
Manali et « good morning sir » à une heure de l’aprem,
Manali et toutes ces boutiques de fringues néo hippies,
Manali roof top resto,
Manali mini shorts/décolletés et « ho ces indiens ils sont teeeeellement gentils et souriants ! » - on est toujours gentil et souriant avec quelqu’un que l’on prend pour une grosse cochonne… (« mais tu sais, on est là pour faire évoluer les mentalités… » non, je sais pas, non..)
Manali
« no other bus to Leh »
“sure? And local bus?”
“local bus, yes, but…full of Indian people, you know…”
“so what?????”
Manali, si c’était pas pour aller à Leh…bon sang mais qu’est ce que je fous là!!!
Manali-Leh
Dans le bus (local), quelques français, quelques israéliens, espagnols et une argentine, des familles indiennes, et ladakhies ; un petit vieux qui fait tourner son moulin à prière en répetant des mantras, à chaque passage difficile ou d’aspect dangereux-ce qui fait qu’on ne peut pas oublier la route ; dès que je commence à m’assoupir, le fait d’entendre tout d’un coup le vieux marmonner me réveille instantanément et me pousse à regarder le ravin par la fenêtre..sa peur est communicative !
Quelques checkpoints et pauses chai au milieu de nulle part, dans des décors surnaturels.
Un bébé dans un hamac suspendu aux portes bagages ; à chaque virage ou secousse, le hamac balance dangereusement de droite à gauche, menaçant de cogner son contenu contre les barres métalliques ; un bras se lève de temps à autre pour retenir le hamac, il n’empeche qu’il se cogne plusieurs fois ; un dépassement à quelques millimètres du précipice, suivi d’applaudissements soulagés, qui reprendront dès l’arrivée à Leh ; de long passages sans goudron, des hauts plateaux (Sarchu…aaaah Sarchu !), des cheminées de fées immenses, à couper le souffle, des couleurs toujours changeantes
Une des plus belle route du monde…
Pangong Tso – Le mystère des pigeons
Trois ans plus tot, par manque de temps, je n’étais resté qu’à Leh ; mais je revais de voir ce lac, plus haut et plus grand d’asie, à la frontière tibétaine ; cette fois, pas d’hésitations, je pars à la recherche du permis ; après plusieurs tentatives infructueuses (les agences rechignent parce que je suis seul, ou veulent me faire payer des 500, 600 roupies) et une fin de non-recevoir au DC office, je trouve enfin une agence malhonnete qui accepte de me mettre sur la meme liste que d’autres touristes-que je ne verrais jamais- pour 150.. j’apprends également que je peux éviter la jeep en prenant un bus local ; seul hic, il n’y en a un que le dimanche, retour le lundi..pas si grave
4h du mat, rejoindre la gare routière dans la nuit, les chiens barrent la route, tout fous et excités, mais je maitrise le coup de la pierre à présent (se baisser, faire mine de chopper une pierre, les chiens abandonnent)… 8 heures et un trajet magnifique plus tard-et un enlisement dans une rivière de fonte-, l’arrivée au lac…c’est tout simplement magique, je ne peux pas repartir le lendemain ! je ferais du stop …
Il me faut ma journée pour balader le long de la rive, seul au monde, juste le bruit des vaguelettes, et tout le long des lagunes toutes différentes, qui retiennent l’eau et lui donne à chaque fois une couleur différente, des langues de sables, et au dessus du petit village, une stupa, des drapeaux de prières qui claquent au vent, quelques cranes de yaks et quelques cadavres de bouteilles aussi (whisky, bien sur, meme ici), des goélands, et…des pigeons ! bah m…. alors, faire autant de kilometres, monter aussi haut pour retrouver ces rats du ciel !
J’aurais la réponse à ce mystère ailleurs, dans la vallée de la Nubra, ou je rencontre un ornithologue qui m’explique : « c’est normal, le pigeon vient des himalayas au départ ..c’est ceux d’Europe qui sont immigrés »
Pardonnez mon inculture !
Panamik- Clandestin
Après Diskit et Hunder, me voilà à Panamik, dans l’autre branche de la Nubra ; je décide d’aller jusqu’au pont qui mène au monastère, de l’autre coté du fleuve ; j’ai la journée devant moi, alors c’est parti pour la rando ! Seulement, en sortant de Panamik et en arrivant au niveau du pont, je m’arrete dans un petit magasin pour m’acheter mes clopes ; ici, un militaire en faction qui me demande ou je vais (les touristes n’ont pas le droit d’aller plus loin que Panamik) ; une fois le militaire rassuré, je repars ..et je l’entends qui me coure apres ! « sir, show me your permit », bien sur, sans probleme..je n’avais pas fais attention au permis, j’ai demandé une semaine, cela ne fait que 5 jours que je suis là…et là, surprise ! mon permis s’arrete aujourdhui !
« you have to go back Leh »
Ben, pas de pont, et pas de balade alors; je quitte ma super guesthouse pour retourner sur Diskit, d’où, me dit-on, j’aurais plus de chance de stopper un camion ou une jeep (parce que forcément j’ai raté le bus)
Diskit, 17heure, apres moult refus et de longues heures d’attente, j’abandonne ; tant pis, je prendrais le bus demain, quitte à m’expliquer au checkpost avec des yeux larmoyants histoire d’attendrir les vilains militaires ; le lendemain, pas de bus, j’avais oublié : la route n’est ouverte qu’un jour sur deux, pour éviter les croisements dangereux au col …bon, encore un jour illégal à Diskit, si j’avais su je serais resté une nuit de plus à Panamik, bien plus sympa
Mais à Diskit, je rencontre 3 israéliens (des gentils) avec qui je joue ma place dans leur jeep au Jenga ; je gagne, une fois, le jeune veut rejouer, je regagne, et quitte avec eux Diskit le lendemain, plus riche de 75 roupies ! (ce sera mon seul jeu d’argent, faudrait pas que ça devienne une habitude)
Au check post, aucun contrôle, j’aurais bien pu rester 10 jours de plus…
Sospol/Leh –Les abricots
Neuf heures du soir : je le jure, si le repas n’est pas servi bientôt, je me mets à dévorer les abricots qui sèchent sur le toit ! Je n’en peux plus !
La cause de mon épuisement est cette tentative de Baby Trek avec un couple de français ; nous sommes partis le matin de Likir, après la cérémonie dans le monastère ; confiants (aucune raison de ne pas l’être : nous avons une carte) , nous prenons le petit chemin au départ du vieux village, puis rejoignons la route d’où nous prenons un premier raccourci qui descend jusqu’à la rivère ; de là, nous nous orientons grâce à la carte, décidons que nous sommes allés trop bas, et prenons ce que nous croyons être un raccourci en montant en ligne droite une grande pente caillouteuse/sableuse en face de nous ; en haut, pas de signe d’un quelconque chemin, mais on ne perd pas espoir et on continue, montons encore…
après une heure, nous nous mettons d’accord : on s’est planté..mieux vaut revenir en arrière ; le couple redescend jusqu’à la rivière par une pente vertigineuse, que je ne me sens pas capable de prendre ; je fais donc un détour, qui me prendra une heure de plus, et toute l’énergie qu’il y avait dans mes jambes, parce que, quand on monte trois metres pour en redescendre deux, avec le sol qui cède sous chaque pas, la peur de tomber, un peu de vertige et le soleil qui cogne, ça vide..
Au moment ou je retrouve le couple, nous repartons par la route, en montant, mais tres vite je me rend compte que je ne peux pas les suivre : je m’arrête tout les dix mètres, essouflé, la tete qui tourne, envie de vomir..épuisé, je décide de faire demi tour, de descendre vers un village aperçu plus bas, mais meme en descente ça ne vas pas, il fait trop chaud, je m’allonge à l’ombre d’un gros rocher, me relève, répète l’opération cent mètres plus bas, puis, à ¼ d’heure du village, dans un état lamentable – plus d’eau depuis un moment- suis obligé de m’arreter dans une sorte d’école désaffectée pour attendre que le soleil tombe…
Arrivé dans le village, je vois un hôpital, je m’y engouffre en espérant trouver un lit, un fauteuil, n’importe quoi, mais il n’y a personne. Je continue de descendre, trouve, ô miracle , une petite guesthouse, il est 19 heure, rien mangé depuis ce matin, et ces abricots qui sèchent sur le toit…
Lendemain matin, prendre le minibus pour Leh, déjà bondé avec des gens qui dépassent de la porte ; bon, ce ne sera pas mon premier trajet sur un toit ! j’arrive en haut, déjà cinq gamins sont là, sans compter une dizaine de caisses, il faut se serreer, et bien s’accrocher ! le trajet se passe en chansons, hindies et ladakies, et quelques frissons quand le bus passe 300 mètres au dessus de l’Indus…puis un des gamins plonge la main dans une des caisses, et y chaparde des abricots, bien murs , juteux et sucrés à souhait, qu’il distribue à toute l’équipe du toit…un régal, et une grande réserve de sourires !
Leh- Changspa or not Changspa ?
Changspa, censément petit village tranquille qui prolonge Leh jusqu’à la Shanti stupa, blindé de touristes, de continental food, etc (cf Manali blues) ; sur les murs de l’école moravienne, les affiches de quelques enfants dans le cadre d’un projet appellé « go green », dont une montre Leh avant/après, avant, des champs, des forets, des enfants qui jouent…apres, des voitures, des hotels, les arbres coupés, et un couple de touriste, l’homme dessiné avec une casquette sur le coté et la clope au bec, la femme, blonde, avec un sac à shopping
Une autre affiche et un enfant face à un gros hote qui crie « no place to play !»
Et aussi « food we eat, not cement ! »
Outre le développement spectaculaire (mais un mauvais spectacle) de Changspa, la ville de Leh, du moins l’axe principal, est infernale ; ça pue l’essence, le bruit des motos est incessant, beaucoup de traffic, plus un arbre…merci l’aéroport qui a désenclavé cette région du monde et permis l’afflux massif de touristes et de marchandises !
D’où le dilemme , entre dormir dans Leh meme et avoir le bruit, ou dormir dans Changspa et avoir les falafels etles « chocolete crossants »…finalement, à partir de la mosquée, en s’enfoncant dans les ruelles du vieux Leh, il y a une super guesthouse tenue par une famille adorable, et meme si à 5 heure du mat les chants boudhistes me réveillent, et meme si, 10 minutes plus tard quand j’essaie de me rendormir, c’est au tour du muezzin de faire son show, c’est un endroit super et très calme le reste du temps…
Leh- Krishna appelle
La veille de la fête de l’indépendance, dans les rues de la villes, je me fais inviter à boire une sorte de sirop par des indiens ultra souriants ; puis, vingt metres plus loin, la meme chose ; qu’est-ce qu’il se passe ? c’est l’anniversaire de Krishna, me répond-on…et effectivement, quelques heures plus tard un cortège rassemblant les quelques rares hindous de la ville traverse Leh, à grand coups de chants dévotionnels, de cris et de danses frénétiques…les visages sont souriants, exubérants, heureux, les prasads distribués à chaque coins de rue, et quelques occidentaux se joignent , au grand plaisir des hindous, aux danses..cela fait trois semaines que je suis au Ladakh, je prends ça comme un appel à retrouver l’Inde (parce que vraiment, le Ladakh est un pays à part); c’est décidé, je repars demain !
les plus:
Nebula Guesthouse, Panamik (Nubra Valley), de 150 a 300 rs la chambre, confortable, tres joli jardin et la famille est adorable
Old Ladakh Guesthouse, Leh: de 150 (dans la maison) a 300 (chambre tout en haut, vue panoramique sur le vieux Leh), charmante, de meme que la famille, et tres calme
Old Likir guesthouse, Likir, 250rs, petit dej et diner inclus, seulement deux chambres, situees sur le toit, assez grandes (trois lits) et tres confortables, de tres grandes fenetres ce qui laisse une vue fantastique sur les montagnes et la nourriture tout droit du jardin
Lala s cafe : dans le vieux Leh, un tout petit toit tres peu frequente, tres calme, et les deux soeurs sont en plus ravissantes
Manali Leh: Bus local toutes les heures chaque matin jusqu a 11 heures, 100 rs jusqu a Keylong, 475 de Keylong a Leh depart 4 ; 30du mat, splendide
les moins
Namaskar hotel, Paharganj, Delhi: de la merde, plein partout, pas sympas du tout en plus de ca
et
Manali, Shiva s place: venir en Inde pour entendre du Britney Spears...quelle tristesse
Rebonjour
J'avais essayé de faire ça quand j'étais en Inde, et très vite, j'ai laissé tomber, autre chose à faire que d'aller sur internet, et puis je me disais, qui ça va interresser? Mais bon, maintenant que j'ai du temps, je vais essayer d'au moins mener ce projet à bien (ma spécialité: commencer des trucs sans jamais aller au bout); ça prendra le temps que ça prendra, mais j'écrirai des petits bouts de trucs sur ces superbes douze mois passés là bas
merci à tout ceux qui sont passés jeter un oeuil au cours de cette année, et merci à ceux qui liront ceci
Pang et le mystère des deux Kazakhs
Pourquoi faut-il que ces fichus bus partent toujours si tot le matin? Ce n'est pas de me lever qui pose problème, c'est de traverser le vieux Leh, sans un lampadaire, jusqu'à la station de bus..et d'affronter les meutes de chiens. J'ai une légère phobie-c'est à dire que je me paralyse complètement lorsqu'au bout de la rue j'entends un groupe de 5 ou 6 chiens beugler, je ne peux plus bouger, je ne sais pas quoi faire, j'avance prudemment..heureusement cette fois, en plus de la technique du faux lancer de cailloux, j'ai fait une provision de chapatis que je me mets à lancer hystériquement dans tout les sens pour me débarrasser de ces bestioles...ça marche, je rejoins la grande route et enfin la gare de bus..un départ plein de nostalgie (déjà!) pour ces si belles montagnes, et plein d'excitation à l'idée du voyage qui continue...
Dans le bus, un couple de français, un allemand qui dort par terre, un vieux berger que tout le monde veut mettre sur le toit à cause de l'odeur, quelques indiens..et sinon, c'est quasi vide. C'est le jour de la fête nationale, pas grand monde sur la route, ça va être un trajet moins fatiguant qu'à l'aller.
Arrivés à Pang (trois tentes-dhaba, un checkpost, un paysage rocailleux majestueux), deux personnes rejoignent le bus; une mère et sa fille, qui viennent du Kazakstan, en vacances..pourquoi montent-elles ici? Nous le saurons plus tard.
La route est comme à l'aller un véritable enchantement, gigantesques montagnes et plateaux, cheminées de fées aux allures de villes fortifiées, des nuages fantastiques, des pauses chai/beedees, et de discussions en roupillons éphémères, nous arrivons enfin à Keylong..malheureusement le village est plein à craquer, tout est complet partout, nous nous résignons à dormir dans la station de bus-pas grave, de toute façon celui que nous devons prendre pour Manali part à 4h du mat..
On va voir les deux kazak et leur proposons de rester avec nous, ce sera plus sur..
l'ambiance? Des indiens bourrés, partout, ça geule, ça se bastonne sévère à un moment, on se fait petits..et les deux nous racontent: elles étaient sur la oute pour Leh, quand leur chauffeur à fait un anévrisme..dont il est mort. Elles se sont retrouvées à Pang pour une déposition, et retournaient donc à Manali pour une seconde déposition , aupres de la police cette fois..pas de bol, vraiment.
Je sors mon césame, un jeu de Jenga que je trimballe partout (les règles sont simples, tout le monde peut jouer, ça crée du lien) et on enchaine les parties dans cette gare..jusqu'à ce qu'un de nous se rende compte que les deux ont disparues..panique, un indien nous dit qu'il les a vues partir avec un autre indien, bon, pourquoi pas..nous ne les reverronsjamais. Elles ont laissé leur couverture...on ne peut s'empecher d'envisager le pire, et le malaise s'installera jusqu'à l'arrivée .
Mandi, la petite Varanasi de l'Himachal
L'idée, c'était de casser le trajet Manali Haridwar par un arret, n'importe ou; j'avais entendu beaucoup de bien de Mandi, alors hop hop hop, c'est parti..après douze heures de bus, une petite crevaison, et le bus s'arrete un peu plus loin devant un garage; 3/4 d'heure de pause improvisée, un épi de mais grillé et deux trois discussions avec des étudiants plus tard, le bus repart...pour s'arreter 2 kilomètres plus loin, à..la gare de bus de Mandi! Bon sang si j'avais su je serais parti à pied! Le sourire jusqu'aux oreilles (bah oui, ça fait partie des trucs qui me font rire dans ce pays, pas un rire méprisant, juste un rire surpris d'être encore surpris) je descends...et rhalala que c'est chouette! Des temples, partout, en vieilles pierres, des petites ruelles, des ponts médiévaux, un gros Hanuman au bord de la rivière, une ambiance jeune, moderne et étudiante mélée aux odeurs et couleurs de l'Inde éternelle... Elle n'a pas volé son surnom!
Mandi, Tower game et passe-partout
En me baladant dans les petites rues, je passe devant un magasin de saris tenu par un sikh d'age moyen qui, lorsqu'il me voit, se précipite sur moi pour m'inviter à prendre le chai. Allez zou, c'est reparti! Il voulait discuter voyage, un négociant déjà parti en Thailande, Corée, Hong Kong, très heureux de pouvoir échanger ses impressions..au bout d'un moment, je sors mon jeu, et lorsque les règles sont comprises, il vide son présentoir de toutes les fringues qu'il y a dessus ("this is good game, i dont want to work") et nous voilà embarqués pour une heure de grande concentration..évidemment très vite l'attroupement habituel se forme, et chacun y va de son commentaire, de son conseil ou de ses encouragements.
Mon hote sera après ça aux petits soins, m'emmenant visiter le Gurudwara, puis le lac Rewalsar, à une heure de là (joli petit coin pour se reposer, très tranquille, plein de singes), et les différentes Aarti de différents temples..bref Mandi, un séjour très agréable, comme à la maison
Aarti
L'aarti est la prière du soir, prière du feu qui dissipe l'ignorance et les voiles de l'illusion, offrande quotidienne aux dieux locaux, et se pratique dans toute l'Inde (du Nord au moins, je ne sais pas pour le sud); soit dans les temples, soit devant les autels familiaux dans les maisons en possédant. Ce soir là à Mandi, après avoir fait le tour de tout les gardiens du temple_Ganesh, Hanuman, Durga aussi, tiens, et Kali_ devant le lingam central, un pretre commence à chanter avec son chandelier (je ne sais pas comment appeller ça autrement) qu'il fait tourner autour du lingam, puis autour de toutes les autres divinités; un homme sonne la cloche du temple à toute berzingue, pendant que des gamins tapent sur des tambours comme si leur vie en dépendait – ils me le pretent un moment, mais je leur rend vite, c'est leur boulot et ils en sont fiers_ et à la fin, le pretre distribue des laddus..
Exaltant, que l'on soit croyant ou pas, de voir une telle ferveur..ferveur qui se reproduit 5 minutes plus tard dans le temple d'à coté, puis à coté, puis..ça sonne de partout, et une odeur d'encens envahit les ruelles attenantes. Un régal. Après quelques jours comme ça, me voilà pret à quitter les montagnes pour de bon
Haridwar-de la bonne utilisation des musiques de film
Début septembre, je dois rejoindre une petite école associative à Dehradun, mais je veux avant retourner à Haridwar (et j'y retournerais encore bien des fois au cours du voyage) me baigner et aller visiter les deux déesses qui surplombent la ville. Me voilà en chemin, traversant le grand pont au dessus du Gnge, direction la colline d'en face, où le temple est perché, quand j'entends derrière moi des "hey angreeeeez!" et des rires moqueurs...bon, deux jeunes en week end/pelerinage, surexcités de voir un "anglais" bon sang, je vais pas me les taper jusqu'en haut quand même?
Après 5 minutes de moqueries, je me retourne brusquement et leur balance "arey yaar, mera nam angrez nehi hai" (je ne m'appelle pas "anglais")
Ah le regard ébahi qui a suivi valait tout l'or du monde
- alors comment tu t'appelle?
- pardesi ( littéralement "pas du pays")
sur ce je me mets à leur chanter, avec un grand sourire, cette incontournable chanson, et là les rires, de moqueurs, sont passés à francs et ouverts, et j'ai gagné deux amis. Les chansons, futurs touristes en Inde, les chansons sont là clé de toutes les portes!
Nous avons fait la montée ensemble, pris tout les raccourcis, et fait le tour de tout les autels du temple. Attention toutefois quand vous vous faites des amis: il sera très dur ensuite de refuser ce qu'ils vous offriront..un jus ici, un chai là, puis un lassi, puis un thali...ils auraient pris comme une insulte le fait que je sorte ne serait-ce que dix roupettes pour trois clopes, et parfois il est plus dur de recevoir que de donner, je vous le garantis.
Haridwar et la claque du dieu singe
Dans ce temple que nous avons visités avec les deux potes, chacun avec notre sac-puja (des fleurs, une noix de coco, des rice krispies, des boules de sucre, un ruban imprimé d'une prière) il y avait des prêtres devant chaque statue, chacun attendant son offrande; moi je ne donne qu'à la déesse!
"mais si faut que tu viennes voir celui là, il est trop bien"
Celui là, c'est Hanuman, le serviteur dévoué de Rama, le dieu singe.. devant l'autel, un prêtre, et une file de petites vieilles qui font la queue pour aller donner dix ou vingt roupies et avoir la tikka et le bracelet qui va avec..et se prendre une énorme claque sur le dos! Bah oui, j'imagine qu'Hanuman étant aussi le dieu de la force physique, ça doit avoir du sens..je me prête au jeu, devant les petites vieilles pliées en deux par ma (fausse) réticence, me prend la claque sacrée, et mes deux potes m'emmènent alors devant l'autel suivant..à peu de choses prêt la même chose, si ce n'est que là le prêtre donne sa claque à l'aide d'une batte de cricket..alors là non, les gars!je veux bien tout le reste, mais là non! On redescend en rigolant, détendus et heureux..
La quête du meilleur samossa
C'est à Haridwar que cette quête s'est terminée...entamée six ans plus tot, j'en ai gouté des bons et des moins bons , dans des restos ou dans la rue..Quand on arrive en Inde pour la première fois, le samossa surprend: on est habitué en France aux samossas réunionnais ou chinois, dans les deux cas fins et croustillants; en Inde, le samossa est gros, rempli de patate , étouffant...mais là, à Haridwar, pas loin de Har ki Pauri se trouve le Graal de l'amateur de samossas: il faut y être vers trois ou quatre heure de l'aprèm, quand ils viennent juste d'être fait; en plus de la patate et des épices, il y a des noix de cajou, et du paneer, et des raisins secs, et une sauce tellement bonne qu'un seul ne peut pas suffire..le bonheur, je vous dis.
Les plus:
Les différentes Aarti dans les temples de pierres de Mandi, et le coté vieille ville médiévale
(incapable de me souvenir du nom de l’hôtel ou j'ai dormi, mais pour 300, double plus salle de bain, vue sur temple, nickel)
Haridwar, le Raj Hotel sur Vishnu Ghat, 250 roupettes avec salle de bain et vue directe sur le Gange, parfaitement placé en face d'un stand (DU stand ) de pakodas
Alors voilà, après ce mois et demi de balade, je rejoins la petite assoc' à Dehradun. J'étais assez critique sur le travail des ONG, sur la nécessité d'aller "aider" les pauvres du monde entier, je me disais "qui es-tu pour prétendre aller aider qui que ce soit, toi le gentil blanc?"
Puis, lors d'un précédent voyage en Inde, après 4 mois de rencontres fantastiques ou j'ai été vraiment considéré comme un invité dans ce pays, ou que j'aille tout m'était offert, je n'en pouvais plus. Je me disais "tu viens ici, tu te balades, tout va bien pour toi, on te donne tout, et toi, qu'est-ce que tu donnes?" Un grand sentiment d'indécence, vraiment..
J'ai pris la décision de donner en retour. Et je ne l'ai pas regretté, loin de là.
Dehradun, capitale de l'Uttarkhand (anciennement Uttaranchal, anciennement partie de l'Uttar Pradesh), grande ville étudiante, ne présente pas grand interet pour les touristes ci ce n'est les fanas de boudhisme tibétain -petite colonie, grande stupa- et pour visiter un ou deux temples et la belle mosquée de Taxil...mais c'est là que se trouve l'association.
Des centaines de familles ont quitté le Bihar au fil des années et des sécheresses, laissant tout (presque rien) derrière elles, à la recherche d'une vie meilleure dans un endroit plus chanceux..ce sont les enfants de ces familles dont l'asoc' s'occupe; il y a donc un professeur indien, pour leur apprendre l'hindi, et les bénévoles sont là pour l'anglais, les maths, et les jeux; l'objecti de départ était de mettre les enfants à niveau, de manière à ce qu'ils puissent intégrer une école normale; une fois l'école intégrée, l'action des bénévole consiste à les prendre en charge après l'école, pour les devoirs et des exercices.
Les conditions de boulot? pas facile... une famille riche du bidonville nous prete son parvis, qui donne sur la rue; pas de tables, pas de chaises, pas de toit (une toute petite salle pour les cours d'hindi) et quand il pleut, mousson oblige, c'est la catastrophe car il faut sauver les cahiers...les autres enfants du coin passent et repassent devant nous à longueur de journée, les mamans viennent voir ce qu'il se passe, bref, des conditions difficiles..mais on avance..
"Attends, attend, t'as dit une famille riche du bidonville?" C'est vrai, ça parait contradictoire, alors voilà comment ça se passe: au fur et à mesure que la ville s'agrandit, de nouveaux secteurs sont ouverts à la construction, un peu "à l'arrache", ces nouveaux secteurs sont appelés "colonies"; les premiers riches arrivent, les terrains coutent pas très chers..puis, comme en général ils préfèrent l'argent au jardinage, ils divisent leurs terrains en minuscules parcelles (9, 8, 6 metres carré) qu'ils louent aux pauvres qui affluent dans la ville, pour la modique somme de 6 à 700 roupies par mois.
Et c'est ça qui rend la situation étrange: voir des grandes baraques à colonnades, trois étages, toutes blanches, bordées de baraquements en toles ou briquettes premier prix, et ces classes sociales mélangées, les deux extrèmes réunis..
Le quartier: une zone assez large autour de la rivière-égout (un mince filet d'eau noire sentant l’œuf moisi et l'urine, les berges constituées de tas de déchets plastique) où les plus jeunes déambulent, un sac de toile noir de crasse à l'épaule, guettant ce qui est récupérable pour aller le revendre au poid au recycleur du coin ; une seule pompe à eau pour des centaines de personne, qui ne fonctionne que quelques heures par jour; des truies vautrées dans les petites allées du labyrinthe des petites ruelles, des chiens, de l'eau croupie, partout; et, de ci de là, une grande belle maison...
Bandhara
Samedi midi, nous avons fini les devoirs, le groupe des petits est déjà parti, au tour des grands..sur la route, je vois passer, l'un après l'autre, les petits de l'école, d'abord dans un sens, puis, dans l'autre sens un peu plus tard, mais les bras chargés de halva sur une feuille de bananier...je demande au plus grand, c'est un bandhara? il me regarde , sourit, se frotte le ventre et répond oui. Nous sommes trois bénévoles, on a bien travaillé aujourdhui, je me tourne vers la maitresse et demande si je peux y accompagner le grand avec on petit frère..chouette!
Un bandhara, c'est une offrande de nourriture faite par une famille à l'occasion d'un évènement spécial, soit un mariage, soit une fête religieuse particulière; en Inde offrir de la nourriture fait partie des devoirs sacrés de chaque hindou (et par extension des sikhs et jains aussi)..et effectivement un peu plus haut, devant le petit gurudwara, 50 à 60 personnes sont assises par terre, en ligne, et une famille sikh fait la distribution..il y a presque tout les enfants de l'école, surpris et morts de rire de me voir là, qui viennent me dire le nom de tout ce que je mange (ah oui, ils m'ont pas fait attendre, seul blanc, je suis la star et suis servi aussitot arrivé..ça me gene terriblement mais bon je ne bouderais mon plaisir qu'une minute), "puri", "sabjee', "dahi"..."chai, chai!" Jouons la surprise:)
Un moment chaleureux énorme, ou je soupçonne la famille sikh d'avoir essayé de me faire exploser, avec la complicité des enfants, qui insistaient, "prend encore, prend encore"...je retourne à l'école en titubant, les rires des enfants dans les oreilles.
Dans notre quartier
Nous logeons dans une autre "colony", à l'autre bout de la ville; même mélange de genre, grandes maisons/cabanes en briques/tôle; nous sommes dans une petite maison sympa, à deux pas du même genre de rivière (cf photo), et c'est un plaisir que de rester dans un endroit plus de quelques jours, dans un cadre "normal"; les voisins sont adorable, des cerfs volants jouent dans le ciel tout les soirs, les vaches font le tour des maisons le matin, en quête de leur roti quotidien; on peut voir les femmes sortir, un plateau à la main, distribuer leur pain, rentrer..routine du quotidien..la mosquée toute proche qui nous chante le réveil très tôt tout les matins, le recycleur qui passe en vélo, criant en anglais lorsqu'il passe à notre hauteur, "plastic bottles paper glass plaaaaaaaastic bottles!" un peu plus tard la charrette à légumes, "gobhi aloo brinjal piaaaaaaag"! et sa voix nasillarde (chou fleur, patates aubergine oignon) et ce mystère: toute les nuits, vers 11h ou minuit, on entend de loin en loin des coups de sifflets qui réveillent tout les chiens du quartier..
Nous ne découvrirons que plus tard ce que c'était; un matin un homme en vélo s'arrete devant le portail, demandant 20 roupies..après quelques palabres broken english/broken hindi, on finit par comprendre..c'est lui qui siffle! toutes les nuits, c'est le veilleur, il passe pour dire que tout va bien..nous lui donnons volontiers, s'il y a bien une chose que je ne ferais jamais, c'est aller exciter les chiens la nuit..je l'admire, et le trouve bien courageux, c'est pas son petit baton qui suffira si ces bestioles décident d'attaquer..
La vie suit son cours, préparation des exercices, aller faire les courses pour cuisiner chez notre petite vieille préférée_sur sa charrette, toute la journée; elle nous rajoute toujours une poignée de piments verts, plus que nous ne pouvons en manger_, papoter avec la voisine, qui parle bien anglais, faire rire les gamins de notre rue avec des salaam aleikum (ooh ! you speak hindi? no, it's arabic...no it's hindi..pourquoi pas:), et se laisser bercer par les musiques de temples le soir, chants de mosquée le matin..
la suite, plus tard, en espérant ne pas trop vous gonfler (m'en fiche je continuerais quand même)
photo 1: la rivière
photo 4: au portail de notre maison, des curieuses..remplacées aussitot par un groupe de minot turbulents...remplacés par une maman qui les chasse à grand cris..
et je rajoute trois quatre photos en attendant la suite
la seconde : après le controle
la quatrième: une de nos visiteuse surprise, du clan répandu dans tout le pays des "porteuses de petit frère"
la cinquieme: les gens du bandhara, au moment du départ
Mi septembre. En arrivant ce matin là à l'école, nous n'y trouvons que la maitresse et deux des élèves. Elle nous explique, c'est un jour spécial, un festival de caste en l'honneur du dieu des outils que les familles des élèves utilisent, ces outils qui leur permettent de gagner leur vie; néanmoins, le responsable indien de l'assoc' ne veut pas que les petits prennent du retard, et nous a demandé de les récupérer..je demande aux deux qui sont là, "ils sont ou les autres? -home...you come?"
_"bilkul! (bien sur!)
et là elles se regardent , un sourire surpris aux lèvres, me prennent chacune par la main en riant et m'entrainent en bas de cette route qui mène au bidonville; et on va chercher les petits un par un, chez eux...en quelques minutes une foule de gosses surexcités nous courent autour, et mes deux guides, fières comme pas possible, les repoussent avec les cris que les adultes utilisent envers eux (ou envers les chiens aussi, d'ailleurs); pas le temps de m'arreter, elles me tirent, "là c'est Raja, là c'est Tanu" ; au fur et à mesure que je les réupère, les enfants de l'école se mettent en formation défensive autour de moi, de manière à repousser les surexcités..
Au détour d'une ruelle, tiens, voilà Rani, 8 ans, en train de faire la vaisselle dans le caniveau; quelques mettre plus loin, c'est le petit Ravi, qui défèque dans ce même caniveau, sous les exclamations de ses potes, lui même les larmes aux yeux de rire; les parents sont souriants, voudraient que je m'arrête, mais avec cette petite foule je n'ose pas, je dérange déjà trop..un peu plus loin un vieux baba m'arrête, me dit dans un très bon anglais qu'il peut lire mon avenir et qu'il voit des choses dont il doit me parler; une maman me fait discrètement le signe universel signifiant "il est fou", ce qui fait éclater de rire les gamins, qui lancent des "pagaal"à mon intention ("fou")
Je suis bouleversé..tout ces momes, leurs conditions de vie..c'est quelquechose que l'on voit tout les jours quand on balade dans ce pays, par la fenêtre d'un train ou d'un bus, dans une gare, au hasard de ruelles..on les voit forcément ces ramasseurs de plastique, ces mendiants, ces porteuses de petits frères..mais là, il y a un contact plus direct, et tout ce que j'en ai ressenti, c'est de la bienveillance; celle des parents, celle des vieux, et la joie de ceux de l'école qui veulent tout me montrer ("c'est là qu'on prend l'eau! c'est là les bonbons! ça c'est un cochon! ça c'est un chien!")
Et nous déboulons, toute la petite troupe, à l'école, comme si nous revenions d'une sortie à la mer, tous souriants et pleins d'énergie, prets à nous replonger dans les laborieuses tables de multiplication
Un peu plus tard, avec le responsable de l'assoc:
"tu sais , il faudrait éviter d'aller dans le bidonville..
- c'est dangereux?
- oui, mais aussi...tu sais, ça dérange, les gens n'ont pas l'habitude, alors tout le monde s'attroupe, ça perturbe le cours des choses, ça fait du bruit..
- oui, je comprends..je le referais plus..
- et puis tu sais, il y a autre chose..pour quelques parents, cette association n'est qu'un moyen de récupérer des sous pour leurs enfants..ils ne voient pas le travail que vous faites, ils vous voient venir, repartir au bout d'un certain temps, d'autres arrivent, repartent..certains disent du mal, pensent qu'il y a une part de voyeurisme..ils n'aiment pas cette intrusion"
bah merde alors..suis-je vraiment à ce point idiot pour ne pas avoir réalisé que ce n'était pas si anodin que ça? tout ce que j'ai vu, c'était des sourires, sans même imaginer la souffrance ou l'humiliation qu'il pouvait y avoir derrière (pas chez les enfant, ça c'est sur, mais chez les parents), et je me sens plus bas que terre..et quand le lendemain la grande Pooja me demande, après les cours, "you come?" les yeux pleins d'espoir, je suis obligé de lui dire, pas cette fois, désolé...et de lui redire le jour d'après, et après , et après...
aaaaah les bonnes intentions du petit blanc! bam dans les dents!
10h00, départ pour l'école.
Comme chaque matin nous grimpons dans un rickshaw à l'arret, attendant que trois autres personnes viennent completer. Ici, pas de marchandage, nous connaissons les prix, 5 roupies par personnes à 6, trente tout seul, pour rejoindre le centre ville, et comme il y a toujours du mouvement nous sommes rapidement 6.
Arrivés à Tassil/Taxil (je ne sais toujours pas l'écrire), nous marchons un peu pour rejoindre l'arrêt du vikram qui nous amène à l'école, quand, voulant sortir ma sacoche de mon sac pour payer je me rends compte
1-que mon sac est ouvert
2-que je n'ai plus de sacoche!
Il n'y avait que 50 roupettes dedans, mais aussi ma carte bleue..et mon passeport.
La claque.
Je suis consterné.
J'ai déjà passé plus de 8 mois dans ce pays sans jamais utiliser de chaine ou de cadenas dans les hotels/trains /bus, jamais mis de ceinture high tech avec poche intérieure, je ne me suis jamais rien fait voler; j'en étais à dire à mes proches que je me sentais plus en sécurité à Delhi qu'à Marseille..j'imagine qu'il faut une première fois à tout. Et qu'il faut bien redescendre de son nuage de temps à autre.
Après une petite morale du responsable de l'assoc' (qui m'énerve pas mal parce que bon, le mec qui a fait ça a été super discret, je n'ai rien senti, et je ne vois pas comment j'aurais pu l'éviter), nous partons au commissariat.
Chaï, where you from, how you like India...
bon, d'accord, c'est plus cool que le commissariat de la canebière, mais j'aimerais bien porter plainte maintenant; devant l'attitude ultra révérencieuse de mon hôte, je décide qu'il ne vaut mieux pas montrer de signe d'énervement.
Une demi-heure plus tard, après avoir répété mon histoire dix fois, un gros gradé entre en scène, me tend un papier, et m'explique que j'ai perdu mon passeport, ce à quoi je proteste énergiquement en clamant haut et fort que non, on me l'a bien volé..
Là je vois le regard de l'accompagnateur, qui supplie silencieusement mon indignation (légitime) de se calmer; puis je me souviens d'une mésaventure avec la police d'Allahabad quelques années plus tôt et décide de signer le papier qui m'est présenté plutôt que de passer la journée au poste.
Mais quand même..grrr...
De retour à Delhi
Donc voilà, je panique complet..parce que quand même, j'avais prévu de rester un an, j'ai plus de passeport ni de visa, plus d'argent..je suis temporairement illégal. Heureusement on me prete des sous pour que je puisse aller à Delhi faire les démarches administratives.
Un conseil: Evitez, autant que faire se peut , de rejoindre Delhi en bus. Le trajet se déroule sans encombre, mais l'arrivée prend bien deux heures, deux heures d'embouteillages, de klaxons, de secousses, de fumée..et en plus le bus ne vous laisse pas à la gare de bus (d'ou il est facile de récupérer le métro), non, le bus vous largue sur une espèce de bretelle dans un décor chaotique d'autoroute et de zone...zonesque qui, après les 7 heures de trajet, ne vous incite pas à la bonne humeur. (c'était un bus d'état, je ne sais pas ce qu'il en est des bus privés)
Bref, après avoir cherché une demi heure, récolté mon lot quotidien de fausses informations, et finalement trouvé le métro, ("le métro a brulé....arey bahia, kya bolte tum? hey frangin qu'est ce que tu racontes?" grand sourire, et enfin la bonne direction) me voilà de retour à Paharganj, épuisé, stressé, avec un bon seau d'eau en tête.
Problème: aucun hotel n'accepte de me prendre sans pièce d'identité..retour au Namaskar, qui normalement devrait avoir une photocopie de mon passeport
Oui ils l'ont..parmi 500 autres papiers!
Après une heure de fouille, aidé par un des deux frères, enfin j'ai mon sésame pour une chambre, qu'ils me louent à crédit (je leur ai expliqué la situation et ils auraient très bien pu refuser) et je retire tout ce que j'ai dit dans mon premier post sur cet hotel. Ils sont sympas, serviables, compréhensifs, bref je les aime et je voudrais danser la samba avec eux.
Dans la ruelle, quelques attrape-touristes kashmiris sont au courant de la situation, et du coup ne me harcèlent plus (par contre c'est chaï obligatoire tout les jours) et s'enquièrent régulièrement de ma situation.
Oui, parce que récupérer un foutu passeport a été un long parcours, du principalement à la mauvaise volonté de ma préfecture d'origine-car les services de l'ambassade sont vraiment super, rien à dire de ce coté là- qui m'a pris dix jours, de nombreux allez retour jusqu'à Shanti path en bus, de nombreux égarements aussi-combien de fois ai-je pris le mauvais bus et me suis retrouvé à pèrpète sans la moindre idée de comment rentrer!
Dix jours donc, en post mousson (pleuvait encore pas mal) couronnés par l'achat, le 6ème jour, d'un pantalon à ma taille:
- combien vous faites?
- 36
- non, on va mesurer
- ...
- voyez, j'avais raison, vous faites du 30
- ...mmm..ok?
avec lequel je me retrouve perdu à l'autre bout de la ville, sous une pluie battante, à devoir traverser la route en courant car le tunnel piéton est inondé-de l'eau jusqu'à la taille- et au moment d'enjamber la barrière au milieu de la route, un grand craaaaaac-mon pantalon vient de me lacher.
Bordel...
Heureusement, trois jours plus tard, je récupère ce superbe passeport d'urgence vert qui me vaudra tant de regards étranges de la part de patrons de guest houses ("made in India..but you're french, no?"), passeport qui me permet de récupérer un virement western union et de repartir à Dehradun finir ce passage à l'école..la carte bleue arrivera à Didoune (c'est le surnom local: D-Doon) en toute sécurité, et bientôt, jusqu'à la fin des six premiers mois, ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir..
Oooooh le FFRO!
Comment ne pas parler du FFRO!
Non, mieux vaut ne pas..
si parfois le contact avec l'administration indienne peut être horripilante pour le nouvel arrivant en Inde, que ce soit par le biais d'une Poste Officeuse obtuse ou d'un employé de gare particulièrement borné, le FFRO en est le paroxysme. Je ne connais pas mieux/pire.
Là, si vous n'êtes pas prévenus, vous pouvez sérieusement péter un plomb-mauvaise idée!
Surtout rester calme, yes sir, toujours, le calme et la politesse, et si on vous dit de revenir demain avec le papier manquant, même si on ne vous avait jamais signalé qu'il fallait le fichu papier, revenez demain! et si le lendemain on vous dit encore de repasser avec la photo, qu'on ne vous avait pas demandé la veille, et ce après grosso modo 4 heures d'attente, et bien baissez la tête, et répondez d'un yes sir poli!
et si le lendemain..bref. 4 jours pour refaire le visa, alors qu'au final il suffisait juste d'un coup de fil à l'aéroport.
Heureusement j'ai mis à profit ces 10 jours pour balader un peu, Old Delhi me plait beaucoup, la Jama Masjid est fantastique, et les petites ruelles..ben comme d'hab, ça perche un max. Le temps d'un chaï, posé, pour regarder passer trois vaches et faire rire des étudiants avec mes roulées, beedies par ci et re chaï et partout des bons sourires...rien à voir avec les smile de Paharganj (je généralise, il y a aussi de très beaux sourires..mais il faut plus de temps)
Troisième passage à Delhi, et pas le dernier..je repars (en train) avec quand même un certain soulagement à l'idée d'être autonome de nouveau
Sur la route de Delhi,
Il y a des cris, des pleurs, des "regarde" et la pluie,
Quelques vaches, des rizières, une femme en saree
Jaune et rouge écarlate, encore une fois l'incendie
brule mes yeux, brule mon coeur, et doucement irradie
une calme lueur qui clame une paix à tout prix
a toute heure
A toute heure il y a des crimes et des gamins qui sourient,
des bousculades, odeurs de merde et des "hello one rupee"
tout n'est pas toujours rose au pays de Gandhi
Et quand vient mon heure de prendre cette route je m'enfuis
cherchant de vertes cascades pour mon coeur démoli
Mais bien en vain je cours après de cruels paradis
qui jamais ne m'atteignent et toujours se défilent
ou que mes pas me mènent , il faut que j'y revienne,
Elle m'attire, que veux tu? je dois être maudit
Je reviendrais encore sur la route de Delhi.
rho l'autre hé y s'prend pour un pouet!
les photos sont pas top, par la suite y'en aura des mieux, si, si, je vous promet!
On arrive au mois d'octobre, il me reste encore 9 mois..va falloir raccourcir un peu.
Les neuf déesses
La fête de Navratri à Dehradun, des chars, partout, avec des sonos épuisantes et grésillantes, ces guirlandes de pétards qui claquent partout, ces fanfares qui trompettent à qui mieux mieux, sur le haut de Taxil les familles qui profitent de l'occasion pour offrir à leurs enfants des tournées de glaces et de halva, les jeunes qui dansent comme des dératés et ces couleurs kitshouilles qui comme d'hab recouvrent des statues énormes faites en...serait-ce du papier maché? ça m'en à tout l'air
Au quartier des gosses, j'emmène la petite Ranjina faire sa pooja devant un stand qui parait bien modeste en comparaison des fastes du centre ville, dans lequel une statue de Durga en carton et un brahmane qui officie, faisant la tikka à toute vitesse à une file de petites vieilles, une petite stéréo qui crache des "Jai mata di" en boucle, et le prêtre quand il me voit avec une Ranjina hilare, vient en souriant lui faire la bénédiction et tiens, moi aussi par là même occasion;
Dans notre quartier, le temple est rempli de femmes qui chantent tout l'après midi; je m'assois dans la cour intérieure, un petit moment pour écouter, un vieil homme arrive, le sourire du bon grand père sur le visage, et s'assied sans un mot à mes cotés, détendu et lui aussi à l'écoute; une jeune vient lui parler, sa petite fille, il me la présente puis l'envoie me chercher des laddus; il se lance ensuite dans une grande explication sur le fait qu'il faut absolument que j'aille voir un temple en dehors de la ville, et grace à lui je découvrirais Tapkeshwar..nous passons encore une bonne heure, dans cette ambiance de chants, d'odeurs d'encens et de visages avenants..les cloches d'aarti commencent à sonner..
Bom! et que vive la déesse!
Tower game
Comme je l'avais déjà dit, j'ai emmené un jeu avec moi, un Jenga..je ne joue pas de guitare ni de flute, ni ne sait suffisamment jongler, mais j'aime l'idée de partager quelque chose là ou je passe, alors à défaut d'un instrument, un jeu fit l'affaire!
Dans notre quartier, il y avait un modeste dhaba chez qui j'allais prendre mon chaï régulièrement et à l'occasion une assiette de chowmein (les prix, chers lecteurs invisibles: le chai à 3, le chowmein à 14);
Personne n'y parlait anglais, et mon broken hindi n'était pas suffisant pour de longues discussions, mais après deux ou trois jours je faisais partie des meubles, et me sentis assez à l'aise pour sortir le jeu...ça allait vite devenir notre petit rituel quotidien, après l'école, retour au quartier et chaï/tower game.
A tel point que le patron s'y est mis aussi, quitte à refuser des clients (tu vois pas que je joue? je suis concentré) quand la partie était trop avancée
Un jeu, c'est magique: ça crée des liens, ça anime, ça fait rire, crier, ça enthousiasme..j'ai adoré ces moments là, et ces jeunes à moto qui s'arretaient puis qui finalement revenaient chaque jour, chotu qui en profitait pour s'arrêter un peu de travailler, les conseils que se donnaient les joueurs pendant dix minutes sur la pertinence d'enlever telle ou telle pièce, et encore les rires..
Le parc
Samedi, c'est décidé, on amène les gamins au parc; ben oui quoi, il ne sortent jamais de leur quartier, alors pour une fois..trois vikrams viennent nous chercher à l'école, on s'entasse comme on peut, les gosses ont surexcités..pourtant vraiment pas de quoi casser trois pattes à un canard: un petit parc, deux balançoires trois toboggans et des manèges, quelque tristes animaux en cages (des oies, des paons et une panthère neurasthénique et squelettique)..
Mais c'est déjà Ailleurs.
Les chauffeurs de vikram sont morts de rire, ils mettent la musique à fond en voyant que ça fait danser les enfants, parlent avec eux dans la bonne humeur;
Devant chaque temple que nous croisons, les enfants se signent, en portant leur main à leur front..
et l'arrivée au parc..wahou, je ne les ai jamais vus autant surexcités et joyeux!
Pique nique fait de samossas et de bananes, interrompu pour notre plus grand bonheur par une attaque de singes qui provoque des hurlements chez les filles, crises de fous rires chez les gars, et regarde par là, et regarde ici, et pousse plus fort, on veut aller plus vite, encore encore encore!
C'était vraiment bon..
Départ
Je passerais sur les ruelles autour de la mosquée, sur le lassi de dingue de la rue de la viande (à défaut d'avoir retenu son nom), sur les jeunes barbiers pas loin de la maison, et d'autres à même la rue, sur le lait frais et les jus de fruits, sur l'agréable sensation d'être dans un nouveau chez moi et les petites habitudes qui s'installent, sur l'au revoir de la voisine ou les chansons à l'école...pour insister sur cet étrange sentiment de tristesse, non seulement à l'idée de les quitter mais aussi en me rendant compte que deux mois ne servent à rien..c'est deux ans, vingt ans, toute une vie qu'il faudrait rester, c'est toute une vie que je quitte, et je me pose à ce moment sans cesse la question de l'utilité et du sens, question qui finalement se dissipe quand je revois leurs sourires et que je repense à Pooja qui ferme les yeux quand je lui fait faire l'hélicoptère et les bagarres avec Beaju et finalement tout a toujours du sens, c'est toi qui choisis camarade.
Dans le rickshaw, deux jeunes musulmans me baptisent, je serais dorénavant Suhil, et j'ai un frisson en pensant à toute cette gentillesse qui s'est écoulée autour de moi durant ces deux mois et je pars bizarrement le coeur lourd et léger à la fois.
merci Karpat pour le feedback:)
je continue alors.
Viré des ghats
Comme d'habitude, retrouver Haridwar est un vrai plaisir; sitôt arrivé, je pars à la recherche de Shivaraj Giri, le baba mentionné dans mon premier post, et qui avait fait de mon premier passage un moment fantastique; traversée du pont, balade au bord de l'eau, un arrêt à la statue d'Hanuman sous un banian pour en récupérer un peu de peinture rouge histoire de me tikka-iser, et j'approche de son grand arbre et de sa duna (la tente)..je ne le vois nulle part, mais un groupe de 4 à 5 jeunes babas m'acceuillent
- Il est pas la, Shivaraj?
- non, mais nous sommes ses chelas (disciples), welcome!
- il y a des chances de le recroiser plus tard?
- noooooon....c'est un mauvais baba -et là je vous le fait en anglais, c'est plus marrant;
- this baba no good, this baba fucking fucking with tourist girl, so a lot fighting fighting, not allowed Haridwar, this fucking fucking no good
Ah ben mince alors, surprise, c'est un homme comme les autres! Je joue le choc, mais je retiens un sourire en coin..
ça me rappelle ce qu'un brahmane m'avait dit un jour à Ahmedabad: je lui racontais ma surprise devant ces espèces de grelots que j'avais vus attachés au service trois pièces d'un jeune naga de 17 balais, et il m'avait répondu..."you know, what naga baba can do..they can undo"
Toujours est-il qu'en tout cas, il s'est fait virer, (mais absolument pas pour la raison indiquée-je ne saurais la vérité que plus tard) et je n'aurais pas la chance de passer un moment avec lui; mais ses chelas sont sympas comme tout, le chaï est là, et il est toujours possible de laisser mon sac pour aller me baigner en paix dans cette adorable déesse, alors hey, la vie est douce..
Munni, la loi du silence
Je repasse voir les chelas après l'aarti sur Har ki Pauri, et avec eux se trouve un baba blanc, qu'il me semble reconnaitre; je l'avais croisé 6 ans auparavant sur les ghats de Rishikesh, un suisse-allemand qui était fier de montrer sa photo parue dans un journal indien; lui et son groupe nous (j'étais accompagné) avait invité à manger et à dormir et on avait passé un moment très agréable à parler de tout et de rien; n'étant pas sur, je m'approche, m'incline en lui touchant le genou, reçoit la bénédiction puis m'assied.
- tu viens d'ou?
- ...
Voyant qu'il ne souhaite pas répondre (et comme je le comprends: ce sont les questions les plus fatigantes en voyage, à tel point qu'on en arrive à répondre n'importe quoi tellement ça n'a pas de sens..et peu d'interet) je tente, en hindi,
- tu viens d'ici?
Il sourit, dodeline de la tête, fait tourner le shilom
Un autre baba m'interpelle, et me fait comprendre par geste que ce baba là ne parle pas.
C'est un muni, c'est à dire qu'il a fait voeu de silence..mais si vous voyiez son regard!
Plus expressif, je ne connais pas. Une grande douceur émane de chacun de ses gestes, assis en lotus, le dos droit, le regard qui porte au loin..Ne pas parler pour ne pas faire de mal, conscient que chaque parole que l'on émet peut être mal reçue, peut perturber, déranger, agresser..et donc générer du mauvais karma; peut être aussi par conscience de la futilité de prendre part à une discussion qui finalement n'est que maya? que les choses les plus simples ne nécessitent aucunes paroles? ou simplement par pénitence..
En tout cas je suis bluffé, d'autant plus qu'arrive un collègue à lui, indien cette fois, muni également, et qu'à eux deux leurs regards me racontent tant de choses.
J'idéalise, ou je flatte mon penchant au romantisme, peut être. N'empêche. z'étaient beaux.
Le lendemain, après avoir apporté la dakshina (quelques fruits et paquets de gold flakes), il m'écrit un nom sur un bout de papier : Neelkant giri..Neelkanth, la gorge de Shiva imbibée de poison après qu'il ait sauvé le monde de la catastrophe en buvant la mer entière et en la filtrant, ça fait sens. Neelkanth que j'irais visiter pendant la kumbh mela quelques mois plus tard.
Cache le jeu!
Un ami d'une amie, médecin à la retraite parlant super bien anglais, m'emmène balader vers Mayadevi (un temple au milieu de la ville); j'aime passer du temps avec ce vieil homme car il raconte tellement bien les histoires d'Haridwar, et il est tellement enthousiaste sur le Gange, que quand il en parle on sent que ce n'est pas un fleuve, c'est une déesse. "Ganga is not polluted..how can you pollute a goddess?"
Il me montre l'endroit ou se tiendra le campement de la Juna akhara, l'akhara des naga babas durant la kumbh mela; puis, il m'emmène voir des amis; nous descendons trois marches et nous retrouvons dans une petite cave inondée d'encens dans laquelle deux vieux pandits sont en train de jouer aux échecs tandis qu'un troisième lit tranquillement le journal.
Leur boulot? tenir les registres de certaines familles, consigner quand qui est venu faire le pelerinage, et donner la bénédiction; manifestement nous sommes en heures creuses!
Je sors mon jeu, et aussitôt une partie houleuse s'engage; houleuse car celui qui lisait le journal se mèle de chaque décision de ses collègues, ce qui les énerve au plus haut point; ils donnent l'impression de se disputer continuellement (mais les indiens parlent toujours fort, et de manière théatrale; on s'habitue) quand soudain, on entend une cloche sonner et tous m'ordonnent , en panique, de vite cacher le jeu!
On pousse toutes les pièces sous le lit, je m'assieds vite dessus, on me demande de garder le silence..une famille arrive. Très surprise de me voir là. Génés aussi, peut être même énervés. Les hommes viennent de se faire raser la tête, les pandits sortent des registres énormes dont le papier donne l'impression de dater du siècle dernier, et pendant un quart d'heures des questions sont posées à la famille, de manière ultra solennelle , d'ou vous venez, quel est votre nom, qui est votre père, etc..
A moitié géné, à moitiè envahi par un fou rire, quand ils partent je fais mine de repartir, mais un des trois vieux me retient par la manche: "on a pas fini le building game"...gros sourire, et nous voilas repartis
Le ghat aux vaches
Avant d'arriver sur Har ki Pauri, il y a cette petite place, remplie de vaches, toujours animée, Kusha ghat; les pèlerins y viennent pour se faire raser la tête et aussi (et surtout) pour venir y nourrir les vaches; il y a donc forcément un métier qui va avec, c'est vendeur d'herbe (kusha) pour vaches; 5 roupies et voilà une mini botte de foin, que l'on va respectueusement proposer à des vaches si bien nourries qu'il leur arrive de dédaigner votre offrande pour simplement entamer leur sieste digestive; des gamins jouent au cricket, perdent leur balle dans l'eau; des indiens de bonne famille font la grimace quand les odeurs d'urine et de bouse leur agressent le nez; des petits vieux en kurta , beedie au bec, rasent à la chaine, de la musique tirée des vidéos cd de la ville est crachotée par les quelques boutiques de bibelots religieux, le chaï wallah ne s'arrête jamais, le paan wallah plie ses feuilles, la bouche d'un rouge écarlate, il y a tant à voir que j'y passe toujours une petite heure..un régal.
et le soir...après l'aarti, un des brahmanes vendeur d'herbe et quelques uns de ses amis s'installent sur le ghat à proprement parler, harmonium, petites cymbales, et tambours, et au milieu des chiloms qui bien évidemment tournent sans interruption des bhajans se laissent chanter pendant une heure ou deux, les voix d'une vingtaine de personnes se mèlent pour louer Ram, Shiva ou Durga, quelques frissons..
Quelques frissons
Un soir, je retrouve le brahmane du ghat aux vaches plus quelques amis sur un ghat privé, réservé aux fidèles d'un baba mort il y a bien longtemps mais dont l'ashram continue d'attirer beaucoup de pèlerins; il fait nuit, de la nourriture est distribuée, ça chante doucement, des conversations s'entament de part et d'autres, il y a une mixité sociale interressante, brahmanes, chauffeurs de rickshaws, barbiers..tout se passe agréablement bien, je suis assis au bord de la déesse, elle coule et son clapotis m'apaise et me laisse songeur...quand un des convives s'approche et commence à me parler:
- si tu meurs, combien de temps crois tu que tes parents vont pleurer? combien de temps crois tu que tes amis vont pleurer? oui ils pleureront, mais ça ne les empechera pas de refaire la fête quelques jours après..quelle importance la famille! regarde...c'est Ganga...il y a a boire, à manger, et Ganga..de quoi as-tu besoin d'autre?
Il ne sait pas à quel point ce qu'il dit me touche..il me le dit pile au moment ou je commencais à me faire la même reflexion..c'est beau, c'est simple, et je voudrais à ce moment me laisser emporter, d'une force! il y a dans ce pays une étrange manière que la vie a de faire écho à un ressenti ou un état d'esprit, des signes, des indices, des pistes...et c'est le début d'un léger pétage de plomb, qui commence tout en douceur et me poussera en quelques semaines à un flip total-mais heureusement passager.
Super ton récit Thartampion!
J'attends la suite avec impatience.
Tu nous dira la raison réelle pour laquelle Shivaraj Giri s'était fait virer?
J'ai eu le plaisir de le rencontrer pendant la Khumb mela. Un sacré personnage!
Merci carmensita, oui tu auras le fin mot de l'histoire, mais plus tard..
Parvat, tu dois déjà être repartie, mais merci de ton passage..trop court, d'acc, je vais rallonger , c'était prévu:)
Debout!
Réveillé avec cette sensation de "premier jour du reste de ma vie"..
Chaque jour devrait être perçu comme ça!
Un grand vent balayait Laxman Julla, frais, encore dans l'ombre, et de nouveau ce sentiment enfoui sous l'habitude d'être resté trop longtemps au même endroit, sentiment d'être loin, perdu, avec tout un pays à découvrir...sentiment de première fois, et l'Inde est et reste encore ma première fois.
Tout est neuf aujourd'hui; les temples, le gange, les charrettes, les femmes, tout est neuf, tout m'émerveille, je suis loin, très loin de chez moi, sans racines et flotte dans le vent.
Avant Dehradun, l'école était ma destination. Maintenant que j'en suis parti il ne me reste plus que des directions. Je ne sais pas encore ou je vais demain, et cela remplit mon coeur de joie..Gangotri? Varanasi? Un bout dans le sud?
De nouveaux rivages, un horizon renouvelé constamment, un sourire qui allume le mien
Un coeur léger, partout ou aller, des routes, bonnes ou mauvaises, seulement l'instinct et l'envie, terrifiante liberté qui me saoule en ce premier jour et m'émerveille, encore et encore.
Rester assis, voir la vie..
Et aimer.
Juste une phrase
Une simple phrase au dos d'un bouquin a suffi à me replonger dans une espèce de hiérophanie béate:
"Life is a gift. It has been given to you for no reason at all"
18h00, Aarti de Ram Jullah; cette phrase en tête, je replonge dans le Mystère. A quel point le son d'une simple cloche peut nous faire voyager? Ce son de cloche évoque pour moi la concentration du moine zen dans "Baraka" et bientot je me sens complètement emporté, léger comme l'air.
Face à moi, les ghats, toujours cette belle déesse Ganga, la statue de Shiva, et le coucher de soleil, soleil qui nous apporte la vie, qui bientôt nous quitte pour revenir le lendemain, éternel mystère de la création; et bientôt les chants commencent, et c'est la tête emplie de ces naives considérations pseudo-spirituelles, et d'admiration devant l'acte tout simple de faire offrande de chants et de prières à une rivière que je frissonne à chaque contre chant, célébration de la vie, c'est beau, nom d'un pingouin, c'est beau, et j'oublie le monde, il y a juste ces chants, les cloches, la nuit qui tombe, le bruit de l'eau qui coule; réconciliation avec tout, des millions d'idées qui me traversent, sur fond de "life is a gift. it has been given for no reason at all", si ça c'est pas un motif de réjouissance!
Tu crois en Dieu
- De toute façon moi je crois pas en Dieu, alors..
- Peut-être. Peut-être que vraiment tu ne crois pas en dieu. Mais peut-être que dieu est un mot derrière lequel tu mets tant de chose, tant de concepts hérités de ta culture occidentale ou de ton éducation que "dieu" ne peut que te rebuter; peut-être que derrière dieu tu mets un bonhomme à barba blanche, vengeur, et qui contrôle tout depuis le ciel, peut-être que derrière dieu tu mets quelque force qui dirige la vie des hommes, peut-être que tu y rajoutes l'oppression des femmes, le martyre, les croisades, tout le sang versé, peut être aussi que tu y rajoutes des organisations politiques, le Vatican, le Jihad.. "Dieu" est un mot usé jusqu'à la corde, plus capable de toucher nos consciences, peut être qu'on y ajoute bien trop de nos imaginaires malades et avides de pouvoir, qu'on y met des histoires pour enfants, et cet absurde nous rebute..
Mais, pas besoin de miracles, de marcheurs d'eau ou d'archers fantastiques, de guérisseurs et de lévitationneurs..Tu te dit athée. Soit.
Pourquoi pas. Mais s'il suffisait de remplacer le mot "dieu" par "vie", ou mieux, par "mystère"?
- mmm..ça pourrait...Je crois en la vie, au mystère de la vie; pas besoin de barbe blanche, pas besoin de religion bien précise : je crois juste au mystère de la vie, à la phénoménale diversité de l'expérience humaine, et à la grande complexité et hasard qui a permis de réunir sur cette planète les conditions nécessaires à l'apparition de la consience; je crois que chaque édifice religieux est un marqueur, un signe de la volonté des hommes de comprendre et un hommage à tout ce que nous ne comprenons pas;
Je crois aux mystères de plus en plus improbables que dévoile la physique quantique, et je crois que ce mystère s'épaissit; je crois que chaque temple, chaque mosquée, chaque église, chaque stupa est le signe du mouvement de la conscience d'elle même vers elle même, et par conséquent m'incline devant eux; je crois que si la vie est un tel mystère c'est pour que nous allions à sa rencontre, je ne crois en rien, et en tout, je crois que l'univers est fractal, de même que la conscience, je crois que la conscience est l'univers est la conscience, que la matière n'existr pas...
Je crois que la terre est un squelette, la biomasse un corps et la somme de toute les consciences un seul esprit; je crois qu'il y a des milliards de réalités, qu'aucune interprétation n'est correcte mais que toutes sont vraies, je crois à la coproduction interdépendante, à dieu, au diable, à l'enfer, au paradis, et rien de tout cela; je crois en la Perle Blanche et au village du bout du temps, et à la rivière d'or..
- bé alors en fin de compte, t'es pas athée..
- faut croire que non..
This dirty area
Balade matinale le long des ghats , direction ou destination? ma direction était Rishikesh, mais hop hop hop, petite ruelle sur la gauche qui me conduit à de nouveaux ghats, j'y croise ma vendeuse de prières, toujours souriante, ça fait toujours plaisir, puis clope partagée au bord de l'eau avec un étudiant (j'adore..l'anglais scolaire des étudiants indiens me déstabilise parfois, mais je le comprends mieux que l'anglais des irlandais ou des australiens).. reprise de la marche, découverte d'un autre ghat, duquel une langue de sable court jusqu'au milieu du fleuve, vision fantastique de marcheurs d'eau; puis je remonte les marches, et, tiens, je reconnais ces petites ruelles aux maisons basses, dont les peintures à la chaux peinent à couvrir le fait que de simples briquettes bon marché les composent, rivières-égouts, terrains vagues, plastiques, porcs chèvres vaches...autant de signes indiquant la proximité d'une boucle-bidonville de la grande fractale; un vieux ravi de parler anglais m'intercepte, pour me signaler, face à l'évidence , "this way, dirty dirty area"
Je sais bien, chacha, je sais bien, mais j'ai pas peur.
Et hop! un petit tour tout indiqué vers cette notion de "poverty porn"
Poverty porn
("porno de la pauvreté", expression employée par la superstar de Bollywood Amitabh Bachan à propos du film "slumdog millionnaire")
Des questions que je me pose ce jour là, suite à ce passage improbable dans ce bidonville de Rishikesh; je me dis qu'il y a peut être une espèce de coté malsain à marcher dans un bidonville, une sorte de fascination morbide, un voyeurisme déplacé..mais l'humanité est faite de multiples composantes, la misère et la pauvreté en sont une, et qui plus est, une des composantes principales au regard de cette seule donnée: aujourd'hui, une personne sur 6 vit en bidonville
Un milliard d'humains, c'est pas rien quand même...
alors quoi? je devrais fermer les yeux et ne regarder que cette Inde "parfaite" que veulent nous vendre les plus riches du pays, cette "plus grande démocratie du monde" qui oublie si facilement ses opérations militaires et paramilitaires contre de simples paysans en Assam, Andhra Pradesh, Bengale, Madhya et autres au service des interets des multinationales; cette Inde si parfaite que les pauvres y sont considérés comme quantité négligeable (et méprisable) par les indiens de haute caste que vous pourrez rencontrer sur votre chemin? je devrais passer mon chemin, et ne surtout pas aller plus loin que mon parc à touriste avec coca et crèpe à la banane, acheter mon bouquin d'analyse new age des upanishads et écouter tranquillement budha bar en sirotant un jus de fruits?
De la même façon que les plus pauvres sont fascinés par la richesse, se peut-il qu'en tant que "riche" (je gagne difficilement 1000 euros en france, mais bon..vous m'avez compris) je sois à l'inverse fasciné par la pauvreté..pourquoi pas?
La conscience , pour s'agrandir, doit ouvrir toutes les portes et si l'aventure humaine doit réussir c'est en ayant conscience de ses problèmes et de sa diversité.
"poverty porn" implique qu'il est sale de regarder, ou de représenter la misère, c'est même de l'ordre du péché; quant à moi je pense que c'est plutot le contraire : les riches qui s'aveuglent et ne veulent pas voir la réalité, ça c'est malsain, et je trouve beaucoup plus pornographique les émissions constantes sur le mode de vie des riches, de la jet-set, les publicité, films et séries qui valorisent un certain mode de vie faisant l'apologie de la richesse que la mise en lumière de la pauvreté...
J'ai aimé me balader dans le bidonville de Kanwali road, pas pour les déchets, pas pour l'eau stagnante, mais pour la beauté qui en sort, comme le lotus est indissociable de la boue...et les sourires, et la gentillesse, et l'impression de prendre contact avec une autre partie de moi-même..
* **
Et il y a toutes ces choses, ces impressions passagères, ces moments de beauté fugitive; la beauté d'un saree flamboyant qui apparait dans une ruelle assombrie par l'orage qui guette, la beauté d'un mur de briques recouvert de mousse, d'un échange de sourire, d'un mouvement de tête, d'un chant dévotionnel dans le silence d'une impasse, d'un cerf volant qui cascade, d'un jeune qui aide un vieux, plein de pépites, de trésors.
A force de voir tant de merde, et de misère, les yeux se font plus attentifs et se rendent plus vite compte des raisons inépuisables de se réjouir..ces trente gamins hier autour de moi, hurlant, cauchemar..les adultes les dispersent, ouf, puis "hello?" mes deux chouchous de la rue, les sourcils se défroncent...
(ps: j'ai bien conscience que tout cela tient plus de l'introspection que du carnet de voyage, et je m'en excuse..mais c'est l'état d'esprit dans lequel je me trouvais sur le moment, et je voulais le retranscrire tel quel..puis de toute façon je fais ce que je veux!; je me rends bien compte aussi que tout ce qui est dit ici peut paraitre à la fois naif, choquant/stupide ou idéaliste..mais c'est moi. On grandit tous, hein, mais faut le temps)
à suivre: diwali à Varanasi et plongée dans ce village décrit par certains comme "the real stuff of india"
Nom d'un pingouin! Ton texte est beau!
J'aime ta façon de partager tes perceptions et tes émotions et me sens très proche de ton ressenti.
Belle introspection dont tu as nullement à t'excuser, bien au contraire, et ma foi, je trouve que pour ton age tu es déjà bien grand!
je t'ai pas dit merci!
venant de toi, ça me touche!
les gens qui passent par là, allez lire "la saison des illusions" pour un bon carnet de voyage, vous ne serez pas déçus.
à suivre: diwali à Varanasi et plongée dans ce village décrit par certains comme "the real stuff of india.......................on attend!!!!!!!!!!!!!!!!avec impatience!!!!!😉
Bon, après de multiples remises au lendemain qui se sont transformées en remises au surlendemain, je m'y remets. S'il y en a encore qui suivent.
Aussi, après les dernières tartines, je vais essayer de reprendre l'idée de faire seulement des petits paragraphes. C'était le but, à la base.
"Ils sont fous, ces indiens!"
Combine de fois cette exclamation sort-elle de la bouche du touriste en Inde, je ne saurais le dire; mais une chose est sure, on ne peut s'empêcher de le penser, à un moment ou un autre. Il arrive qu'on le dise surpris, étonné; choqué, souvent; terrifié, émerveillé, bref, cette phrase selon les circonstances peut se mettre à toute les sauces; en arrivant à Varanasi, ce soir là, j'ai bien du me la répéter une dizaine de fois, l'impression d'être ce lourdaud d'Obélix en pays inconnu.
La raison de cet effroi/émerveillement: la fête de Diwali. Pour ceusses d'entre vous qui ne connaissent pas, c'est la fête qui commémore le retour de Rama après ses 14 ans d'absence (allez lire le Ramayana si vous en avez le courage pour plus de précisions), et le triomphe du Bien sur le Mal; des bougies sont allumées partout pour symboliser ça, c'est beau, c'est chouette, tout le monde est joyeux, les maisons sont propres pour que Lakshmi puisse venir, et les gamins sont surexcités, car c'est aussi l'équivalent de Noël..Vont recevoir plein de cadeaux, les petits monstres..
Petits monstres pourquoi? Parce que, comme pour toutes les fêtes, c'est l'occasion d'allumer des pétards par centaines..Mais attention, rien à voir avec nos petit pétards pour débutants, non non mââme Michu, il y en a des énormes, il y en a par grappes, il y a de véritables bombes sonores; et rejoindre Kedar Ghat via Bengali tola tient du sport extrême ce soir là..fatigué par le train, un sac bien trop lourd, il faut sans cesse courir, sauter, faire un pas de coté, ça pète dans tout les sens, c'est l'enfer; je ris, mais nerveusement, je flippe de m'en prendre dans l’œil , c'est une mitraillade, l'état de siège, c'est la guerre mââme Michu, et les quelques faits divers lus les jours précédents tournent dans ma tête comme un mantra maléfique.."Gurgaon: 15 morts dans l'explosion d'une fabrique artisanale de pétards / Lucknow: 6 morts dans l'explosion, etc, etc.."
Ils sont fous ces indiens..Une fois le Bagage (vu sa taille à présent, il mérite une majuscule) déposé dans la chambre (Shiva lodge, Kedar Ghat, 400rs, balcon perso sur le Gange_nickel), je ressors, dans un état d'esprit plus conciliant...des tambours, une sono qui crache, un char et une belle Kali sur son trone, entourée de guirlande, allez zou, je suis la procession. Une cinquantaine d'indiens dansent autour de kali, mais, chose surprenante pour une ville sacrée, ils sont tous bourrés comme des coins et arrosent copieusement la déesse et leur gosiers (pas forcément dans cet ordre) de cet alcool fort et ignoble qu'ils appellent "wine" (du whisky? de la liqueur de ??? aucune idée)avant de s'arrêter dur Kedar Ghat, au bord du Gange...Ils dansent encore, complètement possédés, criant, hurlant, sautant, et buvant copieusement, des sabres tournoient, et Kali part en bateau se faire noyer dans le Gange.
Le temps presse, et je ne pourrais jamais finir ce texte, alors je vais terminer en images..
Petit village sacré décrit dans le Guide comme "the real stuff of India", la meilleure surprise de cette année
A quelques kilomètres, une colline, Rama incarné, bordée de temples, d'ashrams et de pèlerins
Ecrire les noms de Ram et Sita avec ses doigts..
Offrandes et rituels à tout les coins de colline
A 12 km, le lieu ou Rama a médité pendant 12 ans (ou bien était-ce 14?)
retour sur ces superbes ghats, SANS bateau à moteur (incroyable mais vrai)
Quitter cet endroit a été bien difficile..
Un conseil que je donne gratos à ceux qui retournent en Inde (ceux qui y vont pour la première fois, suivez le Guide. Si, Si, c'est pas pour rien que ces villes et villages sont dedans: ils valent le détour. Oui, même Pushkar, quel que soit le mal que l'on puisse en dire parfois): mettez la main sur le Indian Road Map. 30 ou 40 roupettes bien investies, sur chaque carte des dizaines de petits points bleus qui marquent autant de lieux saint/d'interêt architecturaux/de grande cuisine/de panoramas interessants non repertoriés par ailleurs. Une mine d'or.
Par manque de temps, je passerais donc sur
- l'épisode d'extrème paranoïa à Khajuraho
- la douce redescente/réconciliation à Orcha, et ses bandhara du Ramlilla
- l'épisode Rainbow complètement déjanté de Gokarna et l'incroyable douceur de ce village
(et les seules épaules dénudées que je verrais pendant le voyage)
- Je passerais sur la déception sri lankaise après le chaos indien (qu'il me suffise de dire Kandy/disneyland/KFC pour résumer mes impressions)
- Le mariage fabuleux d'un ami à Jodhpur (aaaah ces robes..ce buffet de maharajah...) et Sidnath Mahadev
- Les trois semaines de kumbh-mela en folie (meilleur souvenir à égalité, complètement dingue)
Imaginez cette foule de naga-babas en train de crier des "Har Har mahadev"..électrique)
Holi chez les sadhus, le panard!
couverts de bouse sacrée
Ma préférée, vous m'en direz des nouvelles (si vous z'êtes encore là)
toujours la bouse de vache , séchée cette fois et brulée pendant une heure..il faut rester stoïque
Je passerais sur Varanasi, le Népal, l'himachal (et ces touristes indiens première classe dans leurs grosses 4*4 qui balancent leurs bouteilles partout), l'échec de Gangotri, pour vous laisser sur mon dernier regard , Paharganj avant les jeux...
Voilà..au bout des 11 mois, j'étais épuisé, exténué, vidé..trop plein de tout.
Ce que j'ai retiré de ce voyage? plein d'images évidemment, la gentillesse des gens, la folie de quelques évènements (et une espèce de folie générale), ce sentiment de liberté, liberté de pouvoir se déplacer à ma guise, et en somme un déphasage complet vis à vis de ma vie en France..
Merci à ceux qui ont suivi, je continuerais ici, dans un mois ou un an, qui sait?
Pour le départ:
- un sac 30 litres (fini la tortue)
- un nikon d40
- un appareil de prise de son
- un lecteur mp3
- quelques fringues
- et un bouquin.
le reste? au fur et à mesure, sur place!
Franchement un tout grand merci d'avoir partagé ces merveilles avec nous !
Si j'ai bien compris, tu repars bientôt . Je te souhaite un excellent voyage , riche en émerveillement . Un voyage qui aide dans la vie à être heureux.
Moushika
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
Thartampion .... Je ne sais pas quand tu liras ce message mais je voudrais te remercier .... Je projette de partir à pied en Inde et ma présence sur ce site est de trouver un compagnon de route ... J ai lus ton récit comme on lit un livre ... Tu aurais écris 15 pags je les aurais toutes lus ... (et je n aurais pas était le seul je pense...)
Donc je disais merci ... Pour m avoir donné encore plus envie de partir à la rencontre du monde car ce monde ou (faits divers) un homme tombe sur les rails du métro et un autre le dépouille au lieu de le sauver et que celui ci se fait couper la jambe par le dit métro ... Ce monde là ne me convient plus ....
Voilà mon projet est de partir à pied et stop vers l Inde du sud ... De remonter l Inde et de rentrer en France en longeant le sud de la Russie et arriver en France vers la Norvège etc ...
Je n ai pas de limite de temps pour ce voyage ... Je veux juste kiffer la vie ...
Il ne me reste plus qu'à trouver un compagnon de voyage ;)...
Bonne route à toi en espérant te recroiser sur ce site ou encore mieux en voyage ;)
j interviens pour une petite rectification: l indian road atlas n est plus a 30 roupies mais 100 (incroyable) et ce ne sont plus les points bleus mais les etoiles rouges qu il faut y chercher..
aussi,
car ce monde ou (faits divers) un homme tombe sur les rails du métro et un autre le dépouille au lieu de le sauver et que celui ci se fait couper la jambe par le dit métro ... Ce monde là ne me convient plus ....
tu sais...c est peut-etre pire ici😕 ne t attends pas a trouver un pays peace and love! et desole a tout ceux a qui j ai pu donner cette impression!
Oui je sais que le monde entier est fait de telles choses mais aussi de merveilles que je veux voir de mes yeux et plus seulement à la télé ...
Et le but de mon voyage est simplement de voir le monde, je ne veux pas quitter ce monde avec des regrets et je veux simplement être libre ... Comme toi je pense ... Nan ?
Petit village sacré décrit dans le Guide comme "the real stuff of India", la meilleure surprise de cette année
Peut-être ai-je mal lu, mais j'ai l'impression que tu n'as pas cité le dit village.
Ne serait-ce pas Chitrakot / Chitrakoot, à cheval entre Uttar Pradesh et Madya Pradesh (la rivière marquant la frontière) ?
Si c'est le cas, j'ai aussi beaucoup apprécié.
Ram ghât sans bateau à moteur, mais aussi sans la moindre inscription en caractère latin, uniquement du devanagari (hormis une inscription murale "lodge", mais j'ai mis beaucoup de temps à la trouver). S'il y a des touristes, ce sont quasi exclusivement des indiens.
Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Indienne007 : très peu actif en ce moment, j'aime toutefois venir jeter un œil de temps à autres, et je continuerais ces cartes postales dès que la nostalgie du voyage se refera sentir
(donc dans les semaines qui viennent)
J'aurais du préciser que les 4 photos représentant des scènes le long du Ram Ghât (rive nord, côté Uttar Pradesh) ont été prises au zoom depuis la rive opposée, au même endroit.
Avec cette sélection de 4 photos, on peut d'une certaine manière suivre les mêmes personnages.
Pour cela, concentrer l'attention sur les saris qui aident à reconnaître les femmes.
D'une certaine manière, la rive sud (côté Maddhya Pradesh, à l'ombre le matin et désertée) permet d'observer tranquillement la vie des indiens sur un ghât : ablutions, baignades, lessive, vaisselle...
Beaucoup plus tranquille qu'une excursion en bateau à Varanasi, sans la moindre commercialisation. Pas de vendeurs désagréables, pas de harcèlement, pas de bruits de moteur donc relativement au calme... un excellent souvenir.
Fabrice
P.S. : restant "voyeur" ainsi plus d'une 1/2 h à mon discret point d'observation, j'ai pris bien d'autres photos mais ne les publie pas car les personnes pourraient être reconnues.
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Je découvre votre carnet seulement aujourd'hui, 6 ans après que vous l'ayez écrit. Merci de votre récit palpitant, qui nous plonge dans l'Inde que vous avez traversé. Merci de ce témoignage, qui nous met en lumière votre rencontre avec ces enfants de l'association, qui vivent dans une misère criante et qui malgré tout ont la joie de vivre.
Merci de ce partage de votre virée au Ladakh.
Merci, merci, merci, tout ce travail n'a pas été fait en vain.
Un an plus tard, merci à toi! J'ai rien un peu lâché Internet et ne suis donc plus régulier du tout sur ces forums, j'intermittentise, aussi ne m'en veux pas pour le retard:)
J'ai rien un peu lâché Internet et ne suis donc plus régulier du tout sur ces forums, j'intermittentise, aussi ne m'en veux pas pour le retard:)
T'inquiète pas. Entre temps, je suis allée au Ladakh.😏
Nous avons passé une semaine à Delhi en mode repos au retour et j'ai retrouvé sur place cette misère que tu décrivais si bien.
juste un message pour vous remercier tous qui avez lu mes mots; vous avez apprécié? alors je reposte des cartes postales dans les jours qui viennent; cet hiver je suis parti à Omkareshwar, et j'ai plein de choses à en dire! om namo narayan !
J'ai beaucoup aimé les paysages, les gompas, mais pas la nourriture qui m'a fait passer des nuts compliquées. Bref, ce fut un voyage en demi teinte. 😊
carnet
Me voilà de retour des Indes... et voici mon carnet de voyage de Bombay à Madras en voiture de fin octobre à début décembre 2008. PREPARATION: -Les Mercis:…
22 mars 2013 - Nous voici à Goa pour une petite semaine, après un tour au Rajasthan en voiture avec chauffeur. Très relaxant, après 2 semaines magnifiques mais…
L'ascension d'un 6000 m, et le plus haut col du monde à VTT! Ce genre de défi, c'est plutôt réservé aux jeunes, mais nous, retraités sexagénaires plutôt…
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Ce matin, 9 heures. Dans ma boîte aux lettres, ce que j'attendais: Qualipixe, mon labo en ligne, me livre mes photos d'un pays inoubliable: l'Inde. Je reprends…
From Southern Shikoku, between land and sea, to the blue waters of Miyakojima and finally Tokyo’s megacity
Hi everyone,
I have to admit, I really hesitated before deciding to write this travel journal... Writing one takes a lot of time and energy, and since this is my 4th trip, I wondered if it would even interest anyone other than myself (both for the discovery and the writing). But after a few people asked, "Are you going to write a journal?" and especially after rediscovering the joy of reading other travelers’ journals about Japan or elsewhere on this forum, I’ve decided to share my 4th installment in the Land of the Rising Sun here.
The itinerary:
27 full days, from late May to late June 2025, right in the middle of the rainy season, including:
-->13 days in Shikoku, from Kochi (Kochi Prefecture) to Matsuyama (Ehime Prefecture)
-->7 days in Miyakojima (Okinawa Prefecture)
-->7 days in Tokyo
The trip was decided on fairly last-minute again this year.
Since I regularly check flight prices to track fluctuations for this destination even without concrete plans, stumbling upon a slightly cheaper direct flight (900 €) than what I’d seen in previous months (around 1,200–1,400 € on average) for a Paris-Tokyo route with Japanese airline ANA was too tempting to resist the urge to return to this enchanting country. After much hesitation between exploring the San’in region (Matsue, Tottori, Yamaguchi) and Southern Shikoku, the decision was made—I took the plunge! The ticket is booked: Paris to Kochi with a layover in Tokyo, all with ANA, the airline I’d been dreaming of... for 1,120 € per person. Okay, it’s not cheap, but it’s better than in 2023.
Departure in 2 weeks! Now I just have to get everything ready!
Intense prep work over these next 2 weeks to:
finalize a more precise itinerary and reach an agreement—yep, because even though we both love Japan, our preferences differ slightly, and we have to choose between exploring new places or revisiting beloved spots...
decide how much time to spend in each area without rushing while still exploring
research places that might interest us and watch videos about Japan
book accommodations: yes, it’s possible to do this on the spot, but last year, we realized that last-minute options were pretty expensive, so we’re booking ahead—though we’ll keep a few options open in case better deals pop up later
reserve rental cars
order yen
check the weather regularly and wonder if choosing the *tsuyu* (rainy season) was really a good idea—are we going to be drenched the whole time???
"What hard work," you might say! Going to Japan for a month—what a tough life!
Despite this being my 4th trip, the excitement is just as intense as the first time.
The only small downside is that when we booked the flight, there weren’t many seats left, so we’re only sitting together on the international return flight. Plus, on the way there, we have middle seats.
Another lingering question: what French-language films will be available? According to the internet, the selection seems limited.
Oh well, these are just minor details—it’s already time to fly!
PS: I’ll be posting slowly and irregularly... so for those interested, be patient, and maybe set an alert...
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rentals kept making me postpone the project.
And then, everything fell into place—I told myself, now’s the time!
Preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not?
Yes, in the end.
Pre-book or play it by ear?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela on this destination (the guide has been updated since).
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You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(‘Beefsteak’ for my partner’s mischievous nephews...)
Hazaribagh
I’ve got a meet-up with Adam Iman, a guide and painter. He picks me up from the hotel at 10 AM. Another traveler from Bangalore is supposed to join us, but while we wait for him to arrive, Adam takes me to see the paintings his mother and sister created at Hazaribagh station.
The town became famous thanks to these murals, which can also be found in several surrounding villages. This art form has earned recognition and is now protected, a sign of its cultural importance.
Once the visit is over, we go to pick up the other traveler and then head to our first village: Belwara, where Sohrai art is practiced. At the entrance, a sign proudly announces that we’re entering an artists’ village, where this art is created by women organized into micro-enterprises. Some even offer workshops for those who’d like to learn this tradition.
Sohrai art is tied to the harvest season, from October to mid-November. The motifs, in natural colors, celebrate fertility and abundance. The artists use pigments from the earth: red oxides, ochre, white kaolin, and black manganese. On the walls, you’ll see animals, fish, birds—all symbols of life and prosperity.
As I look closer at the murals, I start to realize that each motif tells a story. Large animals like cows or bulls often take center stage. Their bodies are filled with intricate, almost hypnotic patterns. They symbolize wealth and prosperity for the household, as well as the deep respect for cattle, which are essential to daily life. On some facades, elephants stand out—massive and decorated with the same precision. They evoke quiet strength and protection.
But it’s when I stop in front of one of the houses that I really take the time to look. The wall, a soft ochre, is entirely covered in murals. Two large animals stretch out on either side of the door, their elongated bodies fitting the length of the wall. Their silhouettes are filled with geometric patterns and incredibly fine curved lines, as if every space was patiently filled. Around them, stylized plants, flowers, and small decorative elements fill every gap. The door, dark and worn, becomes almost the silent center of the composition, framed by these living, protective forms. To the right, a more colorful motif catches the eye—a flower or a stylized lamp—like a touch of light on the earth. The whole thing gives an impression of perfect balance, between the rigor of the patterns and the freedom of the gesture.
Elsewhere, birds and freer forms bring movement. Peacocks, recognizable by their stylized silhouettes, embody beauty and vitality, while fish symbolize water, fertility, and the continuity of life.
On some paintings, the scenes become almost narrative: you can make out figures, everyday gestures, like a memory of the village inscribed in the walls. The decorative frames around the doors aren’t left to chance either—they symbolically protect the house, like a boundary between the inside and the outside world.
During the Sohrai festival, cattle are led into the jungle in the morning. Meanwhile, the women finish the *aripans*—these floor paintings—and continue the wall murals. Around noon, the animals return to the village, and the bulls’ horns are anointed with oil and vermilion in a gesture of gratitude, amid the vibrant colors adorning the houses.
We visit several artists, including Parvat Devi, a well-known woman who has received many awards. Her arms are adorned with intriguing tattoos, which I’ll talk about in more detail later.
On another wall, the style changes completely. Here, no massive animals—just birds occupying the space, light and graceful, as if caught in mid-movement. Two silhouettes face each other, their long necks arched almost like mirrors, while their outstretched wings seem to vibrate with the patterns that compose them.
The design is more graphic, almost airy. The lines are smoother, more fluid, as if drawn in one confident stroke. The birds’ bodies aren’t solid—they’re filled with repetitive motifs like scales, stylized feathers, and spirals, giving a sense of continuous movement. Around them, everything comes to life: flowers burst open, arabesques swirl, and even the simplest shapes seem alive.
What strikes me here is the sense of lightness. Where the large animals evoked stability and grounding, these birds bring something freer, almost joyful. They seem to embody movement, the circulation of life, like a breath flowing through the village.
The colors remain the same—deep reds, intense blacks, and chalky white—but the rhythm is different. Faster, more spontaneous. As if each wall had its own personality, while still speaking the same language.
That’s probably why I’m so moved. I’d heard about these paintings from my friend Raja, and last year, I saw an exhibition in a village near my home. That first encounter made me want to come here. But seeing them in person is a whole different experience.
These paintings are unique. This ancient art is passed down from mother to daughter, or mother-in-law to daughter-in-law, in a quiet, deeply living continuity. At first glance, it might seem almost childlike in its simplicity and pared-down forms. And yet, everything is thought out, balanced, mastered. Nothing is left to chance.
That apparent simplicity, combined with such rich symbolism, touches me deeply. There’s something sincere and essential in these walls—and that’s what moves me.
Here’s a little clip we filmed in November–December 2019 (just before Covid) of a trip from Hanoi to Cat Ba Bay and then on to Xishuangbanna via Luang Namtha.
Here we go!!!
I left home at 4 AM on October 31st and headed to Barcelona. Driving through Barcelona on the ring road stresses me out a bit, but at 6 AM the traffic is smooth, and I arrive at the airport without any issues. I call the valet, who quickly comes to pick up my car. He takes photos of it from all angles before letting me go.
Baggage check-in hasn’t started yet, and there are already several of us waiting.
Once free, everything happens very quickly. The flight to Abu Dhabi is on time and goes smoothly. I’ve never had any problems with this airline, which I’ve been using for several years.
The flight to Bangkok arrives at 7 AM as scheduled. This is my first time in Thailand and Bangkok. I’m used to traveling in India, and I notice that everything here is well organized—the customs process is quick, and the luggage is already on the carousel.
I booked a taxi on Booking. All I have to do is find the right exit and door based on the agency’s instructions. A large sign with the names of people who booked is posted on a wall. A hostess greets me and calls the taxi, which arrives 5 minutes later. I booked one night at the Lost Inn BKK hotel in the Phra Nakhon district, and we arrive at 9 AM. The welcome isn’t warm, and I have to wait until noon, sitting on a chair, before I can check into my room. I’m exhausted, and sleeping sitting up isn’t ideal. Noon finally arrives—the room is small but clean, which is fine for one night. I quickly take a shower to wake up because I plan to spend the afternoon visiting the Grand Palace. First, I need to exchange some money, and the banks are all close together on the same street, which is very convenient. When I enter one, a hostess gives me a ticket and invites me to sit down. There are about twenty counters, and I wait quietly until my number is called. The exchange is quick, so I can head out to find the Royal Palace. It’s actually very easy, and the walk is pleasant.
Entry to the Royal Palace (500 baht).
It’s magnificent and grand, and there are quite a few of us visiting. The sky is gray, it’s very humid, and a shower interrupts the visit. It’s a vast complex of temples and palaces. The buildings are colorful and sparkling, with a great sense of serenity (without the tourists, of course). I quietly enjoy the place and try to take photos without tourists, which isn’t easy.
Very close to the Grand Palace is Wat Pho, one of the oldest Buddhist temples in the capital.
It’s very famous for its 46-meter-long reclining Buddha statue.
Walking around the temple, you can see different representations of Buddha, all covered in gold leaf.
Inside the temple, on one side, monks recite their prayers, while the other side is reserved for tourists who come to meditate in silence.
Before returning to the hotel, I have dinner at an Indian restaurant. I go to bed early because tomorrow’s wake-up call will be very early again.
Saturday, November 2nd
Wake-up at 4 AM, departure from the hotel at 4:30 AM. The taxi I booked via Booking is waiting for me and takes me to the airport. The trip is fairly quick—he takes small roads, and at this hour, there’s no traffic.
The flight to Phnom Penh is on time. Before boarding, I realize I left my fleece jacket on the carousel, but it’s too late to go back for it.
The flight goes well, and customs is quick.
At the exit, I take a tuk-tuk to Julieka’s GH near the museum. The welcome is friendly. I won’t be able to check into my room until noon, so I take the opportunity to exchange some euros on the market street. The street is lined with restaurants, and I’ll have my first meal there.
The museum is right across the street, so I don’t waste any time visiting it.
The representations of Hindu deities are very different from those in India, and I don’t recognize them. Many beautiful Buddhas are on display.
The museum is very pleasant, and there aren’t too many people, which is a plus.
At the exit, I return to the GH, settle into my room—which is decent and clean.
The Royal Palace is 1 km away. I walk along a garden, and at the end of the street is the Tonlé Sap, but I turn right. I arrive at a large esplanade and see the buildings with tiered roofs and glazed tiles. The entrance to the palace is a little further away.
At the entrance, I notice there isn’t the same crowd as at the one in BKK.
Khmer architecture is magnificent. The complex consists of gardens, palaces, pagodas with golden roofs, and slender spires.
The Silver Pagoda houses the small Emerald Buddha, which is actually made of jade. The silver flooring is covered with carpets. Photos are not allowed.
The walls surrounding the pagoda are covered with frescoes depicting scenes from the Ramayana.
March 2nd — Departure by bus from Latour at 6:50 AM. The journey isn’t direct: we pass through Elne then Corneilla. In Perpignan, I switch to a BlablaBus heading to Barcelona’s northern bus station. Before reaching Le Perthus, French police stop us to check IDs. Several people aren’t in order, but after about fifteen minutes, we’re on our way again. We’re checked again at La Jonquera: this time, the wait lasts almost forty-five minutes while police identify those in violation and wait for a vehicle to pick them up. The driver then tries to make up for lost time; we finally arrive at our destination half an hour late.
I quickly head to the Arc de Triomphe metro station, located 200 meters away: you have to cross the bridge along the bus parking lot, then walk through a large garden; the station is on the right before the garden entrance. The trip to the airport isn’t direct: I have to change at Tomasso and take the line to the airport, where I arrive at 1 PM.
At the Emirates counter, I learn my flight was just canceled due to the war in Iran; they offer me another flight for the next day. I have to wait at the airport until 7 PM before being taken to a hotel; the next morning, I’ll take a flight to Vienna (with an 8-hour layover), then an Air India flight to Delhi, and finally a flight to Kolkata. I agree: I don’t know Vienna, so it’ll be an unexpected discovery.
At 7 PM, a small group is taken to the hotel, 35 minutes from the airport, where we’re served a light dinner upon arrival.
March 3rd — A taxi picks me up at 6:30 AM; the flight to Vienna takes off at 9:30 AM and arrives at noon. I’m free until 7 PM; the metro is direct to the city center. The weather is pleasant and not too cold, luckily, since my clothes are light.
When I exit the metro, I spot the St. Stephen’s Cathedral tower in the distance and approach it: the roof, made of glazed tiles, is remarkable.
Entry is free, and the interior, a mix of Gothic and Baroque styles in the center, is stunning.
Not far from there is St. Anne’s Church
, also Baroque, adorned with beautiful frescoes
—a music concert adds an enchanting atmosphere to the visit.
I continue my walk at random through the pedestrian streets lined with magnificent buildings: I’m charmed by the city.
Before heading back to the airport, I stop at a lovely tea salon. My flight will eventually leave with a delay.
Wednesday, March 4th — Delhi and a little luggage scare
We arrive in Delhi shortly after noon. Immigration is quick, and good news: my bag was checked through from Barcelona to Kolkata. I head to the connecting terminal and arrive half an hour before boarding: the flight goes smoothly. Upon arrival, the luggage comes out quickly… except mine. After filing a report, I’m told my bag is in Delhi—I have to retrieve it before taking another flight. I didn’t know (or had forgotten): with the delays, I wouldn’t have had time to pick it up and make the connection.
I take a taxi to the Ichamati Hotel. The welcome is warm, and the room is clean but very small. Without my bag, I feel a bit lost—I have nothing to change into.
Tonight, I’m dining with Raja and his friends at a beautiful restaurant, an old colonial house turned into a hotel.
We’re happy to see each other and have a comforting evening together.
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
I’m sharing our three-week trip to Japan from late October to mid-November 2025. There were four of us—my partner and a couple of friends.
I’ve traveled often with my friend Christian (Bolivia, Argentina, Costa Rica, Namibia, Laos), but this time our partners joined us.
The rough itinerary:
Arrival in Tokyo. Visiting Shinjuku/Shibuya districts + day trip to Kamakura
5 days in the Japanese Alps, from Matsumoto to Kanazawa (via Kamikochi, Hirayu Onsen, and Takayama)
5 days in Kyoto
Nara, Osaka, Koyasan
Return to Tokyo (Asakusa district), with a day trip to Nikko
We booked our flights well in advance (9 months ahead): the flight cost 1086 € per person. Compared to over 2000 € if we’d booked for the same dates just 3 months prior.
For accommodations, we mostly used Booking.com. The onsen was booked via Japanican, and in Kyoto, we stayed in an Airbnb.
We also made 5 train reservations a month in advance on Klook or directly on the train’s website.
Day 1: Departure from Brussels (October 24, 2025)
Early morning takeoff at 6 AM to Munich (1.5-hour layover) with Lufthansa, then a 12-hour flight with ANA, arriving the next morning at 7 AM at Tokyo Haneda.
Day 2: Arrival in Tokyo
Airport formalities were quick. The eSIM we bought before leaving activated as soon as we landed (10 GB plan with Saily—more than enough for our mobile internet needs, mainly Google Maps and Google Translate).
We’d received 4 ICOCA cards from our neighbors, which we loaded with 15000 ¥ each.
We took the Keihin train, then the Yamanote Line. It’s easy to navigate since everything is in English, and each station is announced on scrolling displays in English too.
We got off the Yamanote Line at the station just after Shinjuku because it’s easier to exit that massive station with our luggage. So we ended up in Shin-Okubo, right in the Korean district.
A 10-minute walk took us to Villa Fontaine Hotel. A great hotel, well-located north of the Kabukichō district. The room even seemed bigger than we’d expected.
It was 15°C, but it rained—and kept raining on and off all day. Belgian weather, basically.
We went for a walk in Shinjuku Gyoen Park. Not as pretty in the rain, but the big greenhouse was interesting.
Then our first ramen (hearty and for 1000 ¥—pretty much the price of all our ramen during the trip).
We headed back to the hotel since check-in was after 3 PM. Shower and relax before going out for dinner.
Dinner was barbecue at Shichirin Yakiniku Anan (1700 ¥ each—good and cheap). Ordering via tablet wasn’t easy, but luckily it was in English.
We ended the evening with a stroll through Kabukichō before a well-deserved sleep.
Namaste!
Here I am live from Delhi, past midnight, at least 30 degrees....
I wanted to post the start of this France travel journal but couldn’t find the time, so here it is live!
Off we go for a third trip, but this time for double the duration—6 weeks with the goal of discovering Ladakh and Spiti, starting with a detour to Varanasi to meet up with Babeli and her family.
I'm starting my first travel journal since VF reopened!
This will mostly be to share my impressions and some photos, with a few days' delay, but I'm starting this journal while I'm still here.
First, I'd like to thank those who helped me prepare for this trip.
I was able to organize this stay in one of the most expensive countries in the world thanks to the home-exchange principle. Not necessarily a direct swap, but through a points system, which is more practical for choosing where you want to go without it having to be a reciprocal exchange.
For this trip, there will already be two different accommodations. We'll see how it goes after that.
The first place is near Yverdon-les-Bains, close to Lake Neuchâtel.
So, we're going to explore this area!
We arrived under capricious weather that won’t leave us for the next few days!
We had dinner at a pizzeria recommended by *Le Routard* in Yverdon, then took a little nighttime stroll through the town center before heading inland to settle into our accommodation.
We discovered a very large, quiet house—and especially the cat that stayed behind! Funny for a couple of mice! He’ll be sleeping with us 😹
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
We did the Langtang trek (hike) from September 10th to 17th, with the first and last days being the trip from Kathmandu and back—so 6 days of actual walking. It’s a fairly well-known trek but certainly not as famous or crowded as those in the Annapurna or Everest regions, which is why we chose it.
In theory, it’s mandatory to have a guide for this trek. In reality, it seems there are ways to bypass the regulations: we met at least two people hiking without a guide—a South Korean, a New Zealander, and possibly also a couple of English women and an American couple, though we’re not sure if they had a guide.
The agency we booked with had told us it was an affordable trek for relatively older people in good shape—which is our case (I’m 72 myself). I have to say upfront that we found it quite challenging, maybe because we didn’t have good weather—it was the end of the monsoon season. To be clear, no matter your fitness level, I’d say doing this trek in the middle of the monsoon season would be suicidal.
Day 1 – Journey from Kathmandu to Syapru Besi
On Monday, September 8th, there had been violent protests in Kathmandu against the government, which had, among other things, blocked access to social media and been accused of nepotism and corruption. There were 19 deaths. The situation was very tense on the day of our departure, Wednesday the 10th. The agency warned us that public transport was very unreliable. So, we decided to take a jeep, at an additional cost of $100 ($160 minus what was already budgeted for the bus).
We left a little before 7 a.m. and it took us a good hour just to reach the outskirts of Kathmandu. Along the way, we saw several houses and vehicles set on fire by protesters.
The road to Syapru Besi is only 120 km, but it’s frankly awful. It’s always narrow, winds through endless mountains, and the shoulders range from bad to confusing to nonexistent. Several sections are just dirt tracks. We didn’t regret opting for the jeep, as we could stop several times at our convenience—if only to let Y (my Thai partner) throw up everything she had. She’d taken her usual motion sickness medication, but the constant turns, accelerations, and braking eventually made her terribly carsick.
In Nuwakot, we stopped for breakfast at a nice little restaurant, Jimbu. It was around 8:30 a.m., and we’d barely covered 60 km. The restaurant has a lovely garden overlooking the Trishuli Ganga, the river flowing down from Syapru Besi. First photo: the river in the bottom right corner, mist and clouds over the mountain on the other side.
An hour later, my second photo: the hills along the Trishuli Ganga. You can see the different crops—lush green rice paddies in the lower right and corn, already yellowed and likely harvested, in the foreground on the left. And of course, the mist and clouds through which you can glimpse the mountain on the other side of the river.
Summer 2022 left me with a sense of unfinished business, so here I am back in Swedish Lapland for summer 2024, ready to attempt the Sarek crossing again—and this time, tackle part of the Kungsleden too.
After much hesitation, my partner Jean Marie and I decided to start with the Kungsleden, which is, from what we’ve read, stunning but very busy (and it really is!!), and finish with the wilder option: SAREK! This park is known as Europe’s last true wilderness—sounds like a dream, right?!
The downside of this plan is that there’s no way to resupply in Sarek, and the Kungsleden isn’t exactly set up for long-distance trekking either, so we’ll have to carry a lot of food for the first part of the trip with Sarek in mind. Oh well, we’re motivated!
Our plan is to start in Abisko (the classic route), head to Vakkotavare (also classic, but with some variations to avoid the official trail and the crowds), then continue the Kungsleden from Saltoluokta. Before reaching Aktse, we’ll set off on an east-to-west crossing of Sarek (weather-dependent, since aside from the Skarja hut in the center of the park, there’s no shelter if conditions turn bad).
At least we’ll be on the right side of the park to climb Skierfe and enjoy the jaw-dropping view of Rappaladen if we have to bail on Sarek.
All in all, that’s 17 days of trekking, including 1 rest day and 1 buffer day for weather delays.
So if you’re interested, I invite you to follow our fully packed backpacks!
08/03 - Abisko – 5km before Abiskojaure
Some info (guides we used for prep, SFT map, sending food to Saltoluokta)
08/04 – 5km before Abiskojaure - on the east shore of Lake Alisjavri
08/05 – East shore of Lake Alisjavri – just before Tjaktja
08/06 – Just before Tjaktja – above the Salka hut via Nallo
08/07 - Salka – just past Singi + side trip to Djalson Lake
08/08 - Singi – Teusajaure
08/09 - Teusajaure - Vakkotavare (end of the first section of the Kungsleden)
08/10 – rest day in Saltoluokta + round trip to the Sámi village of Pietjaure
08/11 – Saltoluokta – Sitojaure
08/12 - Sitojaure - Skierfe - Sarek or no Sarek?
08/13 – Skierfe – somewhere above Rapadalen
08/14 – Somewhere above Rapadalen – above the Skarki hut
08/15 – Above the Skarki hut - Skarja
08/16 – Camping at Skarja
08/17 – Ruohtesvagge
08/18 – Ruohtesvagge - Padjelantaleden
08/19 – Padjelantaleden - Ritsem – End of the trek
08/20–24 - End of the trip (Lullea - Stockholm)
And of course, the recap
June 2024.
While hiking with my brother on the GR 36 Tour du Morvan, I catch sight now and then of strange rectangular markers fixed to tree trunks. Against a bright orange background, a deep black Greek tau topped with a white dove. My first encounter with the Assisi Way.
The Way of St. Francis: a pilgrimage route linking Vézelay in Burgundy to Assisi in Italy, covering nearly 1,800 km.
It felt like an obvious next step—I immediately knew I’d take it on, attempt the adventure solo.
In the months that followed, I talked about my project to everyone—family, friends, my partner. An avalanche of comments, more or less the same but varying depending on each person’s character and life experiences. But deep down, it all boiled down to one legitimate question: why?
And the answers?
Hesitant, awkward, partial, even confused. I quickly realized they weren’t so easy to find. It was as if my project seemed more like a whim, a kind of intimate caprice, rather than a well-thought-out plan.
Of course, I knew the reasons that pushed me to leave—you always have to give some. Loved ones need to understand to feel reassured, and that’s understandable.
But I fear that when I list them, they’ll sound like the same old checklist anyone embarking on this kind of journey might give.
Of all the reasons I could mention, I’ll highlight just one here: the call of the road, the solo adventure that brings a powerful sense of freedom.
A bit like Monsieur Seguin’s goat, who from her comfortable pen gazes longingly at the unconstrained horizon of the mountain.
But if I’m being honest, I think I didn’t really know what I was looking for—or, more importantly, what I’d find. Deep down, when I reflect on it, one word keeps coming up that explains nothing and everything at once: desire.
Now well past sixty, I know that when I ask myself who I am or where I’m going, two things bring me fully back to myself: hiking and writing.
And my intention was also to anchor this adventure through words, day by day. Writing down my feelings, emotions, discoveries, and reflections each evening. The famous travel journal that grounds the daily experience in reality.
When I discovered the app "Polarstep," which was initially just meant to keep my loved ones updated and reassured, inform them of my progress, and maintain a connection, I found an opportunity to do it a little differently than usual.
No retrospective notes polished up after returning, but spontaneous writing—recounting everything that crossed my mind during the day and publishing it immediately. A journey lived in real time.
This text is the exact transcription of my daily writings. Rereading them, I didn’t change a thing—just corrected a few mistakes and tweaked some awkward phrasing here and there. Short texts, fitting the format imposed by this kind of app. Writing as if addressing others.
Now, all that was left was to walk.
April 18, 2026 – Vézelay.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of a year at most in Thailand, and I’m no great expert.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to deliver a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who feel nostalgic about it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guardians for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big yard. Be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t all that made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though? Much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been full of holes for years.
You’ll often see dogs sleeping on the roadside, sometimes right on the road. When you approach, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, reminding visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. When you see a small pack roaming freely in the countryside, you think twice about running into them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at death’s door in temples, enduring terrible suffering with no one to help. The image (and the smell) of one of them, agonizing and exuding the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The animal, well-fed, quickly became a happy and enormous beast with its own garden. Yet it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water there for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not just for fun—these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
This travel journal summarizes a trip I took in March to Argentine and Chilean Patagonia. It starts in El Calafate and ends in Ushuaia. During my planning, I considered looking into the Australis cruise from Punta Arenas to Ushuaia, as well as the W trek in Torres del Paine National Park. In both cases, I was put off by the prices. Instead of the cruise, I found two interesting wildlife excursions from Punta Arenas: whale watching in the Strait of Magellan and observing king penguins in Tierra del Fuego. The journey to Ushuaia was by bus. For Torres del Paine, things were a bit confusing, so I reached out to two agencies. In the end, I went with a rental car option, overnight stays on-site, and day hikes. I shared my full itinerary with the agency and ended up being taken care of by a local Argentine agency and a Chilean one.
So, here we go...
Kattegat isn’t just the name of the village in the TV series *Vikings*—it’s also the stretch of water separating Denmark from Sweden... the sea, basically! And further north, you’ve got Norway and its fjords!
Originally, I’d planned to just do a loop around Kattegat, with the *Under* restaurant in Lindesnes as our anniversary treat... but along the way, we thought, why not "push" a little further north, keeping an eye on the budget since we’d chosen to travel by car in June 2025 through Scandinavia.
Why by car when most travelers opt for a camper van, while others prefer the comfort of cruises?
Well, because we don’t own a camper van, renting one is pricey, and then you’ve got to add fuel costs (those things guzzle gas!), ferry fees, and other "tolls." All things considered, we went for mostly rentals—especially since there were four of us at the start of the trip.
We spent the first week in Denmark with our daughter and son-in-law. Then they flew back to Belgium, and we continued our adventure as a couple.
For accommodation, we mainly booked Airbnb apartments, which helped keep costs down and, most importantly, let us prepare our own meals (diet, diet!).
In this travel journal, you’ll discover (or rediscover, for those who followed my older ones) our unbridled love for theme parks, museums, unique experiences, and—especially in Denmark—Legos!
Unfortunately, we didn’t do any hikes this year because the unpredictable weather had made the trails slippery, and since I’d already taken three tumbles during the trip, I didn’t want to risk another!
In the end, we traveled for 32 days, covered 6,200 km, and most importantly, discovered the charming country of Denmark, marveled at Norway’s breathtaking fjords—all without suffering the heatwave that hit France and Belgium that June!
If you’ve got any questions, don’t hesitate to ask!
Here’s our account of our trip to Malaysia from September 11th to 27th.
I hope our tips can help others as much as this forum has helped us!
Day 0:
Departure from Nantes with a transfer in Amsterdam via KLM (720 €).
Day 1:
We arrive at KLIA1 in the early afternoon.
First challenge: figuring out where to pick up our luggage. Turns out the answer is right under our noses—we need to take the airport’s internal metro!
Once we’ve got our bags, we withdraw some cash from a Maybank ATM right there.
Next up: SIM card! Just outside the arrivals hall, several kiosks offer them. We go for a Celcom 5 GB card (70 RM).
Then it’s taxi time to get to KL, in the Bukit Bintang area—about 85 RM in a slightly old taxi with weak air conditioning.
We check into our Airbnb apartment, which is clean, more spacious than a hotel room, and—best of all—has a charming balcony with a gorgeous nighttime view!
We end up hanging out on that balcony, reviewing our plans for the next day. After dark, we take the monorail just a short walk away to enjoy our first evening on a rooftop at the 34th floor: Hélipad (Raja Chulan station—you have to enter the Menara Tower at the base of the station) with a panoramic view of the city and its iconic towers.
Finally, we head to Jalan Alor to grab a bite in this super busy street.
Big sleep ahead! 😴
After a pretty disastrous weather-wise trip to Gran Canaria, we’re hoping this time the sun will shine in Puglia.
It’s not a sure thing, though—the weather’s been awful all over Europe in early May.
For those who’d like to (re)read the story without the digressions, it’s here.
Saturday, May 16:
This time we’re flying out of Charleroi (Brussels South): the ticket prices, flight times, and proximity all worked for us.
The airport (Ryanair) was recently renovated... but it’s still not very well organized. There are hardly any seats in the boarding areas, and... the restrooms cost money!!!
The flight goes smoothly, though, and we land in Bari a little late.
We quickly pick up our rental car, a very local-looking Pandina (even more so than the Fiat 500 in this region), and hit the Italian roads... and their unique driving quirks (like the fact that the countless road signs along the streets and in towns are purely decorative 😏, and that Italian cars don’t have turn signals 😮... except for rental cars).
About an hour later, we arrive at our first accommodation, right in the middle of the countryside near Monopoli.
The owner isn’t there, but they’ve left us a ton of info via messages and even turned on the space heater, which is a nice touch.
We explore the property:
And the next morning before breakfast, its immediate surroundings:
Sunday, May 17:
After our "seaside" experience in Gran Canaria last weekend (packed with people and locals), we decide to start inland.
After a hearty breakfast,
we head toward Alberobello, a super touristy village famous for its trulli—those stone houses with conical roofs.
We easily find a free parking spot on a street near the Aia Piccola district, where some trulli are still lived in year-round.
We almost immediately come across the Trullo Sovrano (the only two-story one), which you can visit (but we skip it—it’s opening time, and there’s already a line).
From there, we head down toward the Basilica of Cosma e Damiano... but we don’t go in because there’s a mass.
Now we’re on the main Piazza del Popolo, which connects the two districts of Alberobello: Rione Aia Piccola and Rione Monti, the more touristy one.
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
Here’s a little story about my first trip to Japan with my partner.
We went for our first visit from October 29 to November 13, 2024.
I had planned this entire trip back in November 2020, but given the health situation at the time, I had to cancel...
Here’s the classic route we took:
We booked everything ourselves and got a regional pass for the area from Kyoto to Hiroshima.
The hotels were reserved 3 months in advance on Book... and Agod... (1030 € for 2 people for 13 nights = 80 €/night).
For the flight, we chose a Qatar Airways flight with a layover to break up the long journey (950 € per person).
We also got a pass on the same site (Japan-Experience) to take the train connecting Narita Airport to Shibuya Station (the N'EX Narita Express).
Since the airport is 75 km from central Tokyo, we opted for this mode of transport, even though there are cheaper alternatives.
After reading various posts on VoyageForum, I understood how important it was to have a Welcome Suica card to pay for public transport (subway, tram, bus, boat throughout the country), and we were able to buy one at Narita Airport.
It turned out to be super useful!
After a long but smooth journey, we found ourselves at Narita Airport in the evening.
Even though we had a pass for the Narita Express, we had to go to a counter to make a reservation for the train (mandatory).
Then, once we arrived at Shibuya Station, we took the subway for 2 stops and finally reached our hotel, exhausted (Hotel Asia Center of Japan – 270 € for 3 nights with breakfast included).
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
We went to Albania in August 2025.
Our itinerary included adventure (sporty activities, site visits), naps on the beach interspersed with swims, incredible natural sites, and a bit of culture.
I booked all our accommodations on Booking.com. Note: almost all places ask to be paid in cash!! You can obviously withdraw from banks, but the fees are pretty high. Luckily, we had plenty of cash, and the country is very safe. You can pay in euros most of the time, which avoids exchange fees.
We started in Tirana. I’d read a really interesting post about Albania’s bunkers (link in my profile). We chose to visit Bunk’Art with a guide from the agency that wrote the post. It was fascinating—not only to better understand the country’s history but also because her grandfather was repressed by the regime, and she shared her family’s experience with us.
Bunkers are everywhere! In Tirana, Bunk’Art is the most interesting and largest. You’ll see the dictator Enver Hoxha’s office, where he would’ve taken refuge in case of an attack on the country. Bring a sweater—it’s really cold in the underground tunnels and their huge corridors.
You can visit other bunkers around the country, in Tirana and elsewhere. Almost all are just abandoned.
The cable car up Mount Dajti is right next to Bunk’Art. The view is stunning—you realize Tirana is so close to the mountains and the sea... But otherwise, it’s not that exciting for older teens (17 and 19) and their parents.
We picked up a rental car in Tirana—it’d be ours for the next three weeks. We used Goalbania’s agency to avoid any hassles. First, there aren’t many cars available in Albania in summer. Second, French credit cards can be a nightmare abroad. So we preferred to sort that out in advance.
After Tirana, we headed to Permet. Just a heads-up: the roads are in great condition except in the mountains. And Albanian drivers aren’t stressful to deal with. Though you might suddenly encounter a herd of goats crossing the road—haha—but if you’re not going too fast, it’s fine.
In Permet, I’d been dreaming of rafting on the Vjosa, one of Europe’s last wild rivers. And we did it with a local agency! It’s beautiful, accessible to everyone, not too physical but still a bit lively—just how we like it. You can even jump into the river in some spots.
In Permet, we also hiked through a canyon and visited a lovely little church.
And we took a workshop to make their local culinary pride: gliko. It’s a jam with whole fruits inside. We’d seen it on Goalbania’s site, and it was really fun. We were with a family where the secret to making gliko has been passed down for generations...
Next, we headed to Gjirokastër. A city we loved: its old traditional houses (Skendulli and Zekate), its grand castle, the Ali Pasha Bridge. Along the way, we stopped for artisanal ice cream at a little shop run by a grandmother who’s been making it herself for ages.
One afternoon, my husband *had* to go to the coast in the south, to Ksamil (he’d read it was better than Sarandë). Verdict: we didn’t like it. Parking is a nightmare, the beaches are super noisy and crowded. The sea is packed with jet skis, boats, pedalos, and ropes. Avoid it.
On the other hand, we really liked Himarë, where we went next. We stayed at a campsite where we rented tents with mattresses and sheets inside. Right by the sea, on a low cliff (about 2 meters high). You can hear the waves at night... Magical!! To swim, you either jump straight into the sea (almost from the tent) or climb down a ladder, which you’ll need to climb back up to get out.
I was a little worried the campsite wouldn’t be very comfortable, so afterward, I’d booked a small place in Gjilek. Turns out, the place was really tiny (one room for four, no kitchen) and pretty expensive (over 100 € a night). We’d drive to the beach or restaurants—it’s on a steep slope, so not very accessible. Parking near the sea is tricky. But the (private) beaches were nice—we’d rent an umbrella not too close to the music and spend the day there. We also went to a wilder beach, harder to reach, via a long path. Behind the beach, there’s an amazing canyon where we’d sometimes climb using ropes (already in place, no need to bring your own) over big boulders rolled around by the stream, which must swell a lot in spring.
So, the sea in Albania: it’s nice if you like swimming and relaxing, but it’s not the most interesting part of the country. There are so many other amazing things to see and discover—so many stunning sites! Maybe an agency could’ve helped us find more practical accommodations and avoid Ksamil and its surroundings.
We left the coast to head to the beautiful city of Berat and its "thousand windows." We explored the city, its fortress, and its icon museum.
Then we discovered the Osum Canyon—it’s incredible. The view from the top is breathtaking. And at the bottom, it’s magical. There’s little water in summer, so rafting isn’t an option. We weren’t tempted by the big-tube descent offered by an agency—it looked fun, but the group had 40 people. We preferred hiking on our own as a family of four. We scouted the area on Google Maps... and found where to descend. We walked in the water, then it rose to our waists, then our shoulders... We weren’t moving fast. And how to get back up?? Eventually, we followed a group with a guide—the path was hard to find.
After that unforgettable hike, we visited the Bogovë Waterfalls. It’s pretty, and we swam, but the water was *really* cold.
We passed through Tirana again and then headed to Shkodër. We explored a bit—its charming little streets, the Rozafa Fortress. There’s a tiny museum where you can see *huge* Ottoman stone cannonballs. And they tell you the (charming) story of the young woman who was walled alive in the castle’s foundations to ensure its strength...
Shkodër is mostly a stopover to head into the mountains and discover Theth. Our goal: hiking in the Valbona Valley, from Valbona to Theth. We organized the trip ourselves, without an agency, but it took some time to figure everything out. So I’ll save you the trouble—haha. Book your tickets on the Komanilakeferry website. The ticket includes:
🙂 minibus transfer from downtown Shkodër to Koman
🙂 ferry ticket from Koman to Fierze. This ferry ride is *gorgeous*—between mountain slopes covered in pine trees, and sometimes a little house with a few fields...
🙂 minibus ticket from Fierze to Valbona. Now you’re in the mountains! The minibus drops you off near your accommodation—pick one as close as possible to the start of the hike (if that’s your goal!). The ones at the far end of the village add up to 1.5 hours of walking. Our choice: Guesthouse Dioni. The host is really lovely, it’s in the woods, and it’s basic but great.
After a day of hiking, we arrived in Theth. What beautiful mountains! Then we explored Theth and the surrounding area. It’s pretty busy, but you can still enjoy the Blue Eye of Theth and its swim. It’s *so* cold! But so beautiful!
🙂 minibus ticket from Theth back to Shkodër.
After a night in Shkodër, we drove to Kepi i Rodonit. A guidebook (I forget which one) raved about its beauty. And it *is* beautiful!
But the view is ruined by plastic bottles and other trash in the bushes, along the paths, and of course on the beaches. The only peaceful spot: the private beach at Kepi i Rodonit, which is cleaned. You can rent an umbrella and have lunch there. That’s where we spent our last few days—very relaxing.
In short... Albania turned out to be perfect for us and our teens!
I’m diving into a recap of our loop—pretty classic, really—Denver-Yellowstone-Denver this past summer, from July 24 to August 17. Given the sheer number of trip reports already out there (or in the works), and since I don’t have the writing chops or the photography skills of many of you, I’ll keep it practical—well, I’ll try, at least—to share our take on some of the less-visited parks and spots.
First off, a huge thank you to everyone whose trip reports, blogs, websites, comments, and more helped us put together this itinerary. Looking back, it could’ve been even better optimized: a few disappointments when we missed out on some great discoveries, often because we were short on time. Plenty of reasons to come back to the area!
We’re traveling with our four (almost) teens—18, 16, 14, and nearly 12 years old. To keep the trip enjoyable for everyone, we had to make compromises on both sides: cutting a visit short to spend more time swimming, waking up at dawn, and so on. But logistics also played a big role—things like laundry, grocery shopping, and keeping luggage organized could’ve quickly become time-consuming without a little planning.
And honestly, I think we visited every Walmart along the way! Blame it on the lack of fridges in some accommodations and, more importantly, the *very* limited space in the car, which made it impossible to bring a proper cooler. I’ll come back to the car saga later.
For accommodations, this year we alternated between basic cabins in KOA campgrounds and Yellowstone (when staying more than one night in the same place) and hotels. Always with a pool (except in Yellowstone, of course), which let the kids burn off energy—because they always have reserves, even after packed days!—and, let’s be honest, gave us a chance to relax. No Wi-Fi issues either; we all had plans with 25 GB of data (a big thanks to Gilles for the amazing deal at 0.99 €). It worked perfectly, even for texts and calls between phones—no extra charges.
Now, onto our route: as I mentioned, a classic Denver-Yellowstone-Denver loop. To avoid rushing through the parks or spending all our time on the road, we prioritized staying as close to them as possible, with at least two nights in each place. And I’ve got to say, it’s really nice to settle in, even if it’s just for two nights. It also helped us deal with the weather, which wasn’t always great during this trip. The trade-off? With vacation time being limited, some driving days ended up being long. We knew that going in, but since we kept a relaxed pace with no time constraints (don’t ask me for timings—I don’t keep track of the clock on vacation, except in the morning to get everyone up before noon!), we sometimes ended up with marathon days.
With that said, I’ll dive into the trip itself in the next post.
And we still haven’t seen everything!
Before setting off for new horizons at the end of this year, it’s time for me to share my trip to Cape Verde this summer 2025.
I particularly love these spontaneous trips, and our stay in Cape Verde is one of those because it was only at the beginning of April that we decided on this getaway, which had been catching our eye for a while, given our love for the mountains.
As always—well, when it’s open—I turned to VF, and I want to immediately thank Marie, aka ptitortue, who helped me a lot in planning this trip through her travel journals and our exchanges!
Because Cape Verde is both small and vast! We decided not to rush from one airport to another, to enjoy the places and the people, but also to relax, since the work backlog from being stuck in May (see my previous travel journal 😅) had to be caught up on in June.
So, 4 islands will be our winners from 06/28 to 07/19:
Santiago first for logistical reasons, as round-trip flights from the capital Praia were the cheapest (650 €/person from Lyon via Lisbon with TAP, still!)
São Vicente, because it’s the gateway to the next one but ultimately more than that...
Santo Antão, pretty much the main goal of the trip since Marie (and the photos) had really sold it to me.
And finally, Sal Island, for some rest—a non-negotiable condition for my other half—and we’ll see that I should’ve listened to Marie...
That said, what a chatterbox I am—buckle up, flight attendants at the doors, off we go on new beautiful escapes! (Thanks to Sophie for the easy loan)
Last note for my eager fan club 😏: yes, there will be alcohol—how could there not be in the land of grogue!
Hello,
Since I enjoy not only the countryside but also everything related to rail travel, I’m starting this photo thread dedicated to trains in Thailand (I’d guess most of us have taken one at some point...).
Feel free to post your pictures here as long as they fit the theme: rolling stock**, stations**, platforms, tracks (even without a train on them), technical equipment, engineering structures (bridges, viaducts), etc.—all in Thailand.
For each photo, I’ll (or you can) note the station or line where it was taken.
Comments and questions are welcome.