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Freins à tambour et freins à disque
by Loupgris13 · 2014-05-28 · 20 replies
😉 Manosenti à vous.Je vais m'adresser à ceux qui ont eu des freins à tambour ET des freins à disques;c'est les seuls qui ayant utilisé ces deux systèmes peuvent répondre de façon objective.Questions: 1° freins à tambour:fiabilité, durée de vie des mâchoires, échauffement des tambours (routes de montagnes)facilité d'entretien et échange des mâchoires ou garnitures 2° freins à disque:fiabilité, durée de vie des plaquettes, échauffement des disques (rutes de montagnes)facilité d'entretien et échanges des plaquettes; du disque?? Merci de vos avis et à bientôt. Kénaz à vous. Loup Gris 13
Canal du Midi, choix d'itinéraire
by Flodesoibes · 2014-05-04 · 26 replies
Bonjour,

Nous projetons de sillonner quelques jours le canal du midi à vélo avec notre fille (1 an et demi) au mois de juin prochain (Bézier-Carcassonne) Nous voulions louer des vélos et une remorque mais, d'après les premières informations que j'ai pu trouver, il n'est pas toujours évident de circuler avec une remorque, le chemin étant parfois étroit et assez bosselé. Je voudrais donc avoir des avis et savoir si certain tronçons sont plus praticables que d'autres avec une remorque.

Merci pour vos réponses.

Florian
Fin de l'histoire de la mafia policière de Koh Samui
by Flavia · 2014-04-02 · 59 replies
Bonsoir à tous !

Eh bien me revoilà parmis vous pour vous informer qu'aprèq plusieurs demande de reportage au gré de toutes ces années passés, , j'ai accepté de témoigner de notre folle histoire à propos de l'emprisonnement de mon mari pour un accident de voiture.. les journalistes m'on déjà bien interwiewé pour la préparation de l'émission sur France 2.. La préparation suit son cours, , et je devrais recevoir la confirmation de ma participation à cett émission très regardée en france..l'après midi... je peux désormais parler de cette terrible aventure avec un sourire certain puisque le temps à passé 9 ans déjà.. la blessure psychologique est derrière nous maintenant et nous sommes malgré tout , toujours étonnés par nos histoire; J espère que mon récit fera prendre conscience aux futurs voyageur qu'il ne faut pas baisser la garde et de se défendre par tous les moyens léguaux qui peuvent faire avancer les affaires de ce genre, y compris sur des actes illégaux auxquels nous les farangs n'aurions jamais imaginé faire un jour dans ce genre de situation comme la nôtre..

Certains du forum me parlait de faire un film de notre histoire, d'autre souhaitais qu'elle soit racontée dans la presse locale, nous nous y étions refusé car nous ne savions pas la teneur de l'impact auprès de certains thais qui sont vraiment charmant et à qui on ne souhaitait rien de leur bonheur.. En revance, il va être traité la manère dont tout cela s'est passé est noamment au niveau financier et la redistribution de l'argent réclamé en caution mulitiples et de sommes a-hallucinantes qui avaient été versé aux divers intervenant pour accéler la sortie de prison de mon époux.. croyez bien que si on me pose ce gentre de questions sur mon sentiment en thailande je ne serais pas gênée de raconter la véritable histoire; les journalistes ont déjà conctacter l'ambassade aux fins de vérification, puisqu'il certainement dans leur archives tout le dossier ( que j'ai fini moi même à détruire après 5 ou 6 ans et qui m'apportait plus rien que des frissons)

je tiendrais un discours sincères honnête et direct sur cette triste expérience mais je détaillerai bien comme la police et ou ses juges arrivent à se procurer de l'argent propre sur le dos d'une famille honnête et tranquille... j'avais comme une petite voie au fond qui me disait qu'un jour ou l'autre çà sortirai sur les médias... et bien il s'en est fallu des années pour qu'on en termine enfin .. une fin de thérapie en quelque sorte et que cette expérience serve de "garde fous" aux prochains visiteurs de ce pays...

Donc semaine prochaine enregistrement de l'émission à Paris... ensuite je vous dirai comment cela c'est passé et l'attitude des personnes qui sont sur le plateau TV..(réaction peut être ?) je n'en sais pas plus sinon que la Mafia Policière va avoir les oreiiles qui siffent

En tout cas je remercie tous les internautes dont les conseils et post ont été utiles, je les en remercie très sincèrement ainsi que tous ceux (et vous avez été nombreaux à croire à mon histoire sans autre trouvle.... je devrais être sur le plateau dans quelques jours... mais je n'ai pas encore la date de diffusion.. Encore mille mercis et bonne soirée à vous tous !
Autotour en Floride avec 2 enfants en bas âge
by Shelsy67 · 2014-02-19 · 6 replies
Bonjour tout le monde

je viens de m'inscrire ici car une idée (un peu folle peut être) m'a traversé l'esprit. Et si pour les vacances cette année nous partions en Floride pour un autotour de 14 jours avec nos 2 enfants (3 ans et 18 mois cet été). Au début cela me paraissait totalement fou puis je me suis rendue compte que les distances entre les villes ne sont pas si énormes en Floride et qu'en plus il y a de nombreux parcs dans le coin.

Pour resituer nous adorions ce genre de voyage avant nos enfants mais à force d'écouter les gens nous diasnt qu'il n'était pas raisonnable de tenter ce genre de voyage avec des enfants nous avions l'an dernier opté pour des vacances en all inclusive en grèce mais même les enfants n'avaient pas vraiment apprécié de passer des journées entières entre mer et piscine. De plus nous avions payé 3500 euros pour une semaine de farniente en Grèce alors que je me rend compte qu'en gonflant un peu le budget on peut viser des destinations plus lointaines pour 2 semaines.

Alors ma question est-ce totalement déraisonnable de tenter ce voyage avec 2 enfants en bas âges?

J'aurais également besoin de suggestions sur comment choisir notre vol en fonction du tarif et non en fonction d'une date précise. De plus nous ne sommes pas non plus figés sur un aéroport de départ bien précis car habitant en Alsace nous avons facilement accès aux Aéroport de Suisse et d'Allemagne également. Nous tablons large sur les dates aussi en gros soit fin mai soit fin juin soit fin aout (retour au plus tard pour septembre pour l'école ;) )

J'ai vu que Zürich Miami par exemple semblait donner de bon prix mais y a t -il un aéroport à partir duquel la Floride est moins chère? Même paris ne nous pose pas de soucis si nous réservons le tgv en avance.

Sinon vous me conseillez quoi comme itinéraire avec des enfants en bas âge?

Merci pour vos conseils
Projet tour du monde en famille
by Lucanino · 2014-02-02 · 21 replies
Bonjour à tous, Nous projetons de faire le tour du monde en famille d'ici 2-3ans. Rien d'original sur ce forum ! Nos enfants ont 4 et 7 ans à ce jour. Nous pouvons partir un an, de janvier à janvier. Notre budget est entre 40-50K€ tout compris. Possibilité d'acheter un Camping car et le revendre après (hors budget mentionné ci-dessus) Aujourd'hui nous nous posons deux questions : - Trip en camping car en totale liberté et plutôt improvisé avec comme itinéraire Europe du sud, Turquie, moyen orient, inde, asie du sud-est jusqu'à Singapour (3mois env.), traversée jusqu'en Australie (3/4 mois), puis USA (4/5 mois). - Ou trip bcp plus planifié avec le fameux billet tour du monde, USA, Australie Océanie, Asie du sud-est puis retour à la maison. Avec de longues escales par exemple 1 mois à NYC, 1 mois à San Francisco, 1 mois à Sydney.... Ce qui m'intéresse c'est de connaître vos retours d'expériences en terme de coût, de facilité pour les cours des enfants.... Tout conseil est le bienvenu.

Nous avons une préférence pour le camping car mais ça à l'air un peu compliqué pour le choix du véhicule, les équipements supplémentaires, les cours de mécanique indispensable, les embarquements sur les cargos, puis il y a certains pays inévitables à traverser comme l'Iran, la Syrie, le Pakistan, qui ne m'inspirent pas confiance.... A côté de ça c'est la liberté ; je vais presque où je veux, presque quand je veux !

Un grand merci par avance de nous donner un coup de main pour préparer le voyage de notre vie qui restera à jamais un souvenir impérissable j'en suis sur !

bon vent ! lorenzo - montpellier
Déçu du Cambodge
by Meltingpot13 · 2013-12-10 · 132 replies
De retour de trois semaines au Cambodge et bien ''bof bof'' C est un pays qui débute dans le tourisme mais qui a déjà prit le vis et le tournevis des pays hyper touristique. -prix a la tête du client -arnaque en tout genre -impression d être qu'un dollar -mendicité enorme Et pourtant le compte n'y est pas, hormis les temples d'angkor qui valent le détour, le reste : -plat pays sans montagne ou presque -état de saleté des rues énorme -éclairage des rue le soir dangereux Ce n est pas en construisant des hôtels des bars et resto en surnombre qu'un pays devient touristique sachant que la plupart des hôtels bars et resto sont quasi vide faute de touriste. Sihanoukville station balnéaire du Cambodge mdr c est ''bidon'' . Concentration de bars et restos sur une partie de la ''plage '' musique a fond, bière pas chère , jeunesse anglo en majorité qui se bourre la gueule au milieu des locaux qui font les poubelles pour survivre. Les îles autour dont koh rong, c est déjà fini avant d avoir commencé. Nul. Ponton betonné et je vous parle pas du reste. Bcp m'ont dit '' c est la futur Thaïlande, dans dix ans au plus. Mdr le Cambodge le nouvel eldorado hihihi. Quand au resto et bars français ils ne marche pas et pour certain qui sont la bas depuis plus de dix ils ne parlent pas un mot de cambodgien. Ah si que les formules de politesse et les gros mots m'ont il dit. Beau modèle d intégration. Siem reap rien a voir Ph nom penh a 22h c est le couvre feu hormis la rue 51 dite pasteur qui bouge assez par rapport au reste. bref '' petit poucet a voulu grandir trop vite''
Itinéraire en 4x4 en famille Namibie/Botswana juillet 2014
by Yet31 · 2013-11-01 · 73 replies
Bonjour,

Nous pensons partir en Namibie et au Botswana en juillet. 2 adultes et 3 enfants 14,13, 9 ans en 4x4 avec tentes sur le toit Voici le détail des étapes prévues, pouvez vous nous aider a l améliorer ? Windhoek Kalahari Fish river canyon Route 707 Sossusvlei Namib park Swakopmund 2 nuits Twyfelfontein Etosha 2nuits Rundu Mahango 2 nuits Kongola 2 nuits Kasane 3 nuits Gweta Moreni Maun Zelda Windhoek

Merci d avance pour vos conseils
Dévaluation du yen: le Japon abordable?
by Funlovin · 2013-10-03 · 41 replies
Salut à tous, J'ai récemment entendu que le gouvernement japonais prévoyait de dévaluer le yen et que par conséquent il serait intéressant de voyager courant 2014 au pays du soleil levant.

J'ai vaguement cherché, mais ne connaissant pas le cours normal du yen, ni le coût de la vie(chère semble-t-il), je n'ai pas trop de repères.

Avez-vous des infos, des news ? Est-ce déjà abordable ?

Par avance, merci.

Amitiés, Alex
18 jours en solitaire aux Etats-Unis
by Slash1654 · 2013-09-21 · 217 replies
Bonjour à tous !

Une semaine plus tôt j'ai présenté une courte vidéo de 2 minutes regroupant essentiellement les time-lapses que j'ai capturés durant mon périple en solitaire aux Etats-Unis; vous pouvez la visionner sur YouTube via ce lien:
http://www.youtube.com/watch?v=-1aQD1Ja_3s

Après en avoir discuté sur le topic associé (http://voyageforum.com/...etats-unis-d6173621/), j'ai choisi de publier chaque semaine le récit illustré d'une journée de cet incroyable voyage !

Pour les personnes qui ne sont pas passées par ce topic, je me présente en quelques points:Matthieu20 ans, 4 moisEtudiant en Prépa au Lycée Faidherbe de Lille, filière MPPassionné de voitures, d'aéronautique et de nouvelles technologies Je vous joins préalablement mon Roadbook qui vous donnera une bonne idée de mon trajet: https//skydrive.live.com/redir?resid=79AB5337927...

Ceci étant fait, je vous souhaite une bonne lecture ! Notez que le premier jour est très peu illustré; il en sera tout autre pour les suivants.

SOMMAIREJour 1 en page 1: De Lille à San Francisco avec escale: du pâté jusqu'à Minneapolis...Jour 2 en page 1: San Francisco et de la compote de piedsJour 3 en page 2: Deux sommets, un musée plein de mange-fric, et des transports publiques atypiques Jour 4 en page 3: Un gros caprice chez HertzJour 5 en page 3: Course contre le SoleilJour 6 en page 4: Sur les lacs salés de Bonneville Jour 7 en page 4: Au bord du gouffre Jour 8 en page 4: Un fer à chevalJour 9 en page 5: Une journée au Grand Canyon Jour 10 en page 6: Une ville pas comme les autresJour 11 en page 7: 120°FJour 12 en page 7: La boucle est bouclée Jours 13 à 15 en page 8: Retrouvailles Jour 16 en page 8: ChicagoJours 17 et 18 en page 9: Dernière journée Les Etats-Unis ne me sont pas totalement inconnus; j'ai eu deux occasions d'y aller: une fois en 2009 avec les parents sur la côte Est (NYC, DC, Chicago) et une autre fois en 2010 dans le cadre d'un échange scolaire, dans le Wisconsin.

On m'a souvent reproché d'avoir l'esprit manuel d'une otarie, ce que je veux bien concevoir. En particulier, retenez que "l'ouverture facile" d'un paquet de gruyère râpé suffit à me dégouter de la vie...

Par ce voyage en solo, j'ai donc décidé de montrer que je pouvais me débrouiller seul. En fait j'aime me dire que ça fera office de service militaire, en plus cool bien sûr, bien que mon père ne soit pas trop de mon avis bizarrement !

Pour l'occasion, j'ai également prévu un matériel vidéo complet pour conserver le meilleur souvenir de cette expérience atypique. Un petit diagramme pour illustrer:



Bref, après une longue préparation, c'est le grand départ, le mercredi 7 août 2013.



JOUR 1 (7 août 2013): De Lille à San Francisco avec escale: du pâté jusqu’à Minneapolis…

Il est 4:20. Réveil, douche, déjeuner, dents, dernières vérifications : passeport, billet, tête etc. Voilà ça c’est fait ! Départ pour la gare Lille Europe où je prends mon TGV en direction de CDG à 6:02. Un dernier au revoir à Maman qui s’inquiète déjà alors que je trépigne intérieurement d’impatience à l’idée de partir vers l’inconnu; me voilà livré à moi-même !

Arrivé à CDG, je suis accueilli par un premier afficheur géant avec la liste des avions. Je cherche AF9300…. AF9300. Je trouve rien, je commence à paniquer, je vois un paquet de gruyère râpé dans ma tête, et puis je finis par me rendre compte du problème : « Et m*rde c’est écrit des deux côtés de l’afficheur ». Bref, je trouve finalement mon vol, Terminal 2E.



A la zone d’enregistrement, je remarque que tous les comptoirs Air France sont encore fermés tandis que Delta fait déjà circuler du monde. J’attends 15 minutes, 30 minutes… eh mais attendez : mon vol Air France est effectué par Delta ? Qu’est-ce que je fiche devant les comptoirs vides d’Air France ?!

Au moins j’arrive à prendre le train automatique sans me tromper de direction (facile en partant du terminus me direz-vous). Me voilà donc rapidement devant ma porte d’embarquement, deux heures avant l’embarquement prévu à 10:35. Mon avion est un Airbus A330-200. J’aurais préféré un B777 qui fait un peu plus « badass » avec ses deux énormes moteurs GE, mais après tout, l’A330 est mieux réputé pour sa fiabilité : je vais aux Etats-Unis, pas au sud du Groenland…



Ça n’empêche pas mon vol de partir presqu’une heure en retard faute de cabine pas prête. Cela promet pour l’escale à Minneapolis ! Le décollage se fait sans encombres. Je comprends toujours pas POURQUOI « all your electronic devices must be turned off » . Enfin bon, je savoure toujours autant le décollage; ah l’avion, quelle incroyable machine !

Plus tard j’apprends en discutant avec mon passager que celui-ci est un ancien policier de Los Angeles – dès lors je suis content d’avoir obéi aux ordres concernant les appareils électroniques… On discute un peu de nos voyages respectifs: lui revenait d’un périple en Europe et vantait le vin français !

Le service de Delta est correct sans plus; AirFrance fait mieux à mon gout. Surtout, on arrive une heure en retard à Minneapolis et juste APRES un avion chinois à l’immigration. Heureusement j’avais déjà parcouru VoyageForum donc aucun stress de mon côté. Pas le cas de tout le monde. J’essaye de rassurer quelques français ou bien je leur traduis les messages des agents Delta lorsqu’ils ne les comprennent pas. Je décide de rester avec un couple de français très sympa qui allait aussi à SFO.

A l’immigration j’ai eu beaucoup plus de questions que d’habitude !! « Why are you coming to the US? », « why are you traveling alone? », « do you have friends in the area? », « how are you renting a car? » etc.

Bref, je finis par passer, je récupère ma valise et j’attends le couple de français. Malheureusement Madame avait emporté du pâté de France, donc à la douane ça passe pas (d'où le titre du jour 1) ! Le couple m'incite à ne pas les attendre et je poursuis donc seul jusqu’au dépose bagage suivant. Au contrôle de sécurité je crois halluciner en voyant les énormes scanners corporels ! A la sortie du scanner, un agent me lance « You did a high score ! ». Peu importe la signification, j’étais surtout préoccupé par ma correspondance. Je réenfile tout à vitesse V puis sur les écrans, je lis à côté de ma correspondance : « departed ».

Reste donc à trouver le comptoir Delta pour transférer mon vol. Au début je demande sans le savoir au comptoir du lounge privé de Delta. On me répond gentiment: « If you do it here you’ll have to pay ». Je trouve finalement le comptoir pour les AUTRES gens, et on me transfert sur un vol pour SFO à 18:00… alors que ma correspondance était normalement prévue à 14:00. Je contacte donc l’hôtel pour prévenir de mon arrivée tardive et j’attends. Heureusement j’ai internet sur mon porta… j’ai rien dit. Bref j’attends.

Le couple de Français qui avait été bloqué à la douane me retrouve finalement. Un peu de compagnie c’est toujours plaisant ! On embarque finalement sur un Boeing 767-300 vieillissant. Fait amusant, je me retrouve en classe bétaillère côté hublot tandis que le couple de Français est placé en Business ! Durant le vol, j'aperçois au sol les grandes zones désertiques du Nevada que j'allais traverser quelques jours plus tard...



Après quatre heures de vol j’arrive ENFIN à San Francisco. Je trouve l’aéroport super ! Visiblement pas trop grand et très pratique; je trouve le BART facilement, quoique je me gratte un instant la tête en voulant prendre un ticket. $8.25 plus tard je pars pour le centre de SF. En sortant du BART vers 22:00 je dégaine ma GoPro et tandis que je filme, un passant me lance « Welcome to California ». C’est à croire que j’ai l’air d’un touriste avec mon backpack, ma grosse valise et ma caméra à la main !!

Je trouve aisément le Grant Plaza Hotel et je suis déjà surpris par le degré de la pente pour y accéder. Premier check-in de ma vie sans soucis, j’ai plus qu’à m’écrouler sur le lit. Ce que je ne sais pas encore, c'est que la vue me réserve une surprise...
Retour d'une première randonnée vélo au long cours (bilan)
by Cimmérien · 2013-09-03 · 18 replies
Après avoir passé beaucoup de temps à lire les expériences des autres sur ce forum, et suite à un changement de cap professionnel qui m'a permis de prendre congé tout l'été, je m'étais destiné à accomplir un tour de France. Malheureusement, les circonstances m'ont obligé à revoir le périple à la baisse avec quand même au final une superbe première expérience qui m'a conduit de la Belgique à l'Ile de Ré puis à un tour de Bretagne. Voici mes réflexions qui pourront peut-être aider les débutants en quête de conseils.

1. Le vélo: mon biclou est mon vélotaf, un cadre alu avec fourche suspendue de 17 ans d'âge, pas un foudre de guerre, un vélo décent que j'ai payé 190 euros en seconde main, équipé petit à petit d'une potence haute, d'un guidon papillon, de garde-boue décents, de pédales plates. Le gros budget étant pour une paire de pneus Schwalbe Marathon Tour Plus. Plus que suffisant, les premiers jours étaient durs, mais je me suis habitué à rouler chargé relativement vite, pas d'ennuis mécaniques si ce n'est une vilaine cassure de 5 rayons qui m'a obligé à écourter le voyage. Pas besoin d'un Surly ou d'un Koga, mon vélo quelconque a très bien fait l'affaire.

2. Les sacoches: des Air avant et arrière de chez Julien, achetées sur son site cyclo-randonnée, montées sur des porte-bagages Zéfal, le tout pour un budget plancher, elles se sont révélées parfaites, la pluie de juillet n'a pas réussi à percer le tissu, les housses sont bien pensées, le tout offrant un volume important, et surtout, elles sont faciles à laver après plusieurs jours de boue/poussière. J'avais voulu économiser sur la sacoche de guidon en bricolant un système d'attache de mon sac photo, étant photographe amateur passionné, mais ça n'a pas tenu et j'ai dû acheter une sacoche Vaude Road I de 6L à l'arrache, payée très cher et d'un volume qui n'est pas adapté à mon Nikon D7000. Une économie qui m'aura coûté cher au final...

3. La tente et le matos camping: une Coleman de 46 euros sur Amazon, volume ample, très bonne tenue au vent, parfaitement étanche, qui a séché au vent en quelques minutes sous le soleil d'après-midi après avoir dû la rouler trempée le matin. Un matelas thermarest d'occase payé 10 euros (de 10 ans!) qui a très bien fait l'affaire, un sac de couchage Meru acheté en Allemagne l'été précédent que j'ai plus utilisé comme duvet. Les rares nuits froides, un T-shirt supplémentaire a fait l'affaire. Tout le petit matos de camping était souvent du premier prix de chez D4 et a parfaitement marché, exception faite de la lanterne à piles qui pesait une tonne et qui a très peu servi, la nuit tombant tard l'été et j'étais alors souvent endormi.

4. Les vêtements: grosse erreur... J'avais emporté beaucoup trop de vêtements, mal adaptés (3 cuissards, 2 shorts, 5 T-shirts, batterie de sous-vêtements) qui ont monopolisé une sacoche entière. À refaire, un tiers de ce que j'avais emporté aurait largement suffi. Cantonné à la France, il m'était possible de laver le linge partout en peu de temps, voire de trouver un D4 pour acheter à moindre coût ce qui m'aurait manqué. Heureusement, ma compagne m'a retrouvé sur l'Ile de Ré et j'ai pu me débarrasser du superflu. J'ai gardé un pantalon long et une chemise pour mes visites de villes.

5. La planification du trajet: J'ai repris l'an dernier des études, et les examens et les stages pratiques de mai et juin ne m'ont pas permis de peaufiner mon trajet. De plus, mon budget final était nettement moindre que prévu. J'ai dû revoir le trajet complet, refait en une soirée et sans recherches trop approfondies. Cela m'a un peu déçu, car je suis passé à côté de quelques sites et villes qui auraient valu le détour. Je m'étais cantonné à circuler sur les départementales, un Michelin plastifié m'a amplement suffi, les cartes détaillées m'étant fournies gratuitementau fur et à mesure aux offices de tourisme des régions traversées.
Cap Nord en fourgon avec nos enfants de 1 et 3 ans
by Pierre · 2013-08-20 · 128 replies
Bonjour à tous, voici mon dernier carnet... Je posterai petit à petit, le nouveau système de publication des photos ne me simplifie pas la tâche...

Un fourgon, une famille, deux enfants de 1 an et 3 ans, 8 m² pour vivre et se déplacer, huit pays, 41 jours, 7615 photos et 10 017 km. Voici en quelques chiffres les contours de notre petit périple vers le Cap Nord, au-delà du cercle polaire et sous le soleil de minuit. Récit en images et en mots d’une aventure familiale riche et pleine de vie. J’aurais pu intituler ce récit « Tour de Scandinavie des toboggans et autres balançoires » ou « record du monde de lancers de cailloux dans les lacs, rivières et mers d’Europe du Nord »… En route pour le Cap Nord…
Pelni La (pou) Belle (Indonésie 1999)
by Naps · 2013-07-13 · 9 replies
Un texte tiré de mon blog, je me suis bien marré à l'écrire et j'espère que vous en ferez de même à le lire...

PREMIER TOME, CHAPITRE III

La frontière indo-malaise... Je la passai sans peine, à bord d'un beau bateau en bois. Le douanier moustachu m'appose le tampon d'entrée, tout va bien, il ne me reste plus qu'à attendre le ferry qui est censé m'emmener, pour ceux qui dormaient lors du précédent chapitre, de Bornéo à Sulawesi. Ch'ais pas pourquoi mais je me dis qu'il va être en retard... En me promenant dans le port j'avise un panneau où il est écrit « désolé, le bateau est en retard de... », mais rien de précisé. M'ouais, pour qu'ils soient allés jusqu'à faire un panneau à ce sujet m'est avis que les retards en question doivent pas être rares et même fréquents, ça confirme mes craintes. Et, le temps s'écoulant sans voir le bout d'une proue pointer le bout de son nez, mes craintes se trouvent en effet, et justifiées, et confirmées, et entérinées. La salle d'attente est bondée d'une joyeuse pagaille. Ça clope bien sûr dans tous les coins et dans tous les sens, ça tchatche assis sur les bancs en plastiques durs ou par terre, la marmaille crie et court un peu partout, les déchets, jetés n'importe où et n'importe comment, s'amoncellent rapidement. J'avise une place de libre et m'installe, espérons que l'attente ne dure pas trop parce que le plastique dur précédemment cité n'est pas très confortable pour mes petites fesses qui, pour jolies qu'elles soient aux dires de certaines, n'en sont pas moins pas très rembourrées. Je suis le seul pâlot et bien sûr je ne passe pas inaperçu, et très vite me voilà à donner quelques interviews car les indonésiens sont extrêmement curieux à notre sujet. Les sujets évoqués sont souvent les mêmes, à savoir en premier lieu de quel pays on vient, son nom, si on est marié et si on a des enfants ; et en second lieu des questions d'ordre plus général sur la vie dans les pays occidentaux, notamment l'histoire des quatre saisons. J'ai remarqué que ça les travaillait beaucoup car eux n'en ont que deux, la sèche et la mouillée, et puis ils ont du mal à conceptualiser la notion d'hiver. Quand je leur explique que c'est comme le compartiment à glace d'un frigo mais à grande échelle, et que, s'ils veulent venir un jour dans nos pays (vu que ça aussi ça revient souvent dans les conversations et que c'est même carrément un de leurs grands rêves), il faut qu'ils commencent par s'entraîner à dormir dans ledit compartiment, je déclenche des mouvements d'horreur, eux qui ont froid dès que la température descend en dessous des 28 degrés. Tout d'un coup ça commence à s'agiter et je comprends que le paquebot est là. J'ai dit paquebot ironiquement, mais en fait c'en est bel et bien un qui s'offre à mon regard médusé, j'en tombe à la renverse ! Oui, un bateau de croisière, comme dans la série bien connue, un vrai de vrai avec sept ou huit ponts, ben ça alors, j'aurais pas cru... Made in Allemagne m'apprend-on fièrement, gage, s'il en est, de sérieux. Et de maintenance indonésienne, ajouté-je en mon for intérieur, là ça doit être un peu moins sérieux à mon avis... Le bateau accoste, bon, allez, on y va. Mais en fait non, on peut pas y aller, l'accès à la jetée est barrée par de grandes grilles. Toute la foule se presse, dans une ambiance très cage aux fauves, et ça pousse, ça pressurise, ça bain de foule à qui mieux mieux, mais en pure perte car ça passe quand même pas, c'est bel et bien bloqué d'une barrière infranchissable en métal forgé à toute épreuve d'un bon quatre mètres de haut. Des gens commencent à descendre et certains indos, des jeunes bien sûr, escaladent déjà les grilles et se précipitent à l'assaut. J'en vois même un qui est en train de grimper par la corde d'amarrage, ça n'a l'air de rien en le disant mais imaginez-vous quand même que la corde en question n'est pas droite mais en position oblique (donc le gars monte couché les quatre fers en l'air), et que le fier pourfendeur des océans fait huit étages de haut... Puis soudain comme une clameur, on vient de lâcher les fauves, les grilles ont été ouvertes ! Ça court dans tous les sens, ça se précipite à hue et à dia, la bousculade est inimaginable pour l'occidental non averti et seuls les hommes valides y participent, on n'y voit ni un vieillard, ni une femme, ni un gamin. C'est qu'il faut être costaud pour cette confrontation, t'as pas intérêt à tomber mon pote car tu te retrouverais piétiné en deux-deux. Tu joues ta vie quoi... Vu d'en haut ça ferait comme un grand V à l'envers formé de centaines d'individus, V qui se rétrécit devant la passerelle d'abordage et ondule au gré, non pas du vent, mais des efforts des composants du V pour se frayer un passage. La raison de cet empressement c'est qu'ils veulent tous choper un bon coin dans la classe économie, et quand on sait que la compagnie vend plus de tickets qu'il n'y a de places on comprend cet empressement. On le comprend par contre moins quand on voit la fameuse classe mais n'anticipons pas, nous n'en sommes pas encore arrivés à ce stade du récit... Kelas ekonomi comme ils disent, pas cher, pas de numéro, pas de lit, pas de matelas, compter dix euros ou moins par vingt quatre heures, c'est la classe qu'utilisent la majorité des indos. Si vous aviez vu la tête que je faisais au milieu de tout ça ! C'est que je m'étais bêtement laissé happer par la marée humaine et n'avais plus eu d'autre choix que de suivre la vague, une fois entré dans le maelström on ne le quitte plus... Une petite anecdote mignonne : sur les escaliers qui mènent au saint des saints (le pont économie) il y a un garde avec un gros bâton qui latte tout le monde sans distinction. Bim Bam Boum, tiens père/oncle/frère aîné et le reste de la famille, ça va t'apprendre à vivre ! Comme dit plus haut vu que j'étais encore bleusaille dans cet exercice de survie en milieu hostile je m'étais mis dans la première mêlée, sans réfléchir, l'instinct grégaire du mouton de Panurge à l'état pur quoi. Et je vois le moustachu avec son bâton, mal engagée l'affaire. Arrive mon tour, il lève son bâton, je me crispe pour accompagner le coup et... il m'épargne, magnanimité probablement due au fait que je suis un bule (prononcez boulé, ça veut dire albinos ou face de craie, c'est comme ça qu'ils nous appellent). En tout cas, quand on voit ça alors qu'il s'agit simplement de monter à bord, on peut imaginer ce qu'il se passerait s'il y avait un vrai problème et que leurs vies étaient réellement en jeu. Remarque, si le bateau coulait je verrais assez bien les employés fermer les portes du pont économie (comme dans Titanic) parce que de toute façon il n'y a pas assez de places dans les canoës de sauvetage. Ils le font d'ailleurs tout le temps lors du contrôle des billets après chaque escale, au mépris de toutes les règles de sécurité (il faut dire à leur décharge qu'il y a beaucoup de gruge), une raison de plus qui explique pourquoi lors de mes voyages ultérieurs j'avais intégré qu'il valait mieux dormir au niveau du pont supérieur. Ben oui, s'il y a un problème pas de cohue, je suis juste à côté des chaloupes, il a l'air bête comme ça le naps mais il gamberge quand même un peu des fois. Une raison de plus dis-tu naps ? Mais quelles étaient les raisons premières ? Ah c'est bien, y en a au moins qui suit ! Les raisons premières, elles sont évoquées, et même dévoilées, n'ayons pas peur des mots, dans ce qui suit... À force d'embarquements tous plus chaotiques les uns que les autres, et après certaines expériences de voyage dont il va être question, j'avais fini par comprendre qu'en fait il faut laisser passer la première vague de locaux et que ça ne sert a rien de s'affoler pour les places. Parce que tu dors où tu peux, mais surtout pas au pont économie. Ça crie et ça braille jusqu'à pas d'heure, et à cinq heures et demi du mat' ça redémarre avec la télé à fond, le premier réveillé l'allume. C'est parti, tout le monde se lève, retour à la case cris et braillage. Ils fument tous comme des pompiers, crachent partout et jettent leurs détritus où bon leur semble, et si t'es pas loin des chiottes t'as gagné le pompon, tu pourras chanter de tête « le bruit et l'odeur » à la fin de la traversée. Ça pue, il fait chaud, vraiment pas l'idée qu'on se fait d'une croisière dans l'archipel indonésien qui, comme il est pourtant écrit dans les prospectus touristiques qui se respectent, est « le plus grand archipel du monde dont chaque île est comme une perle qui s'égrène sur une mer d'émeraude ». Z'ont pas du voir les employés balancer les sacs d'ordures à la baille ceux qui ont écrit ça ! Je me rappelle, la première fois que je les ai vus faire... Le gars ficelle de gros sacs poubelle, après avoir balayé un peu partout et réuni, sans mentir ou presque, des tas d'ordures si hauts qu'on dirait des immeubles, puis, par une écoutille au préalable ouverte, balance le tout à l'eau. J'ouvre des yeux effarés et le gars me regarde, ben quoi, qu'est ce qu'il y a le bule, t'as jamais vu ça ou quoi ? Ben non, j'avais jamais vu ça... Un peu partout dans le bateau il y a des panneaux où il est écrit « ne jetez pas les ordures à la mer », mais je crois qu'ils auraient dû ajouter « laissez nous donc le faire pour vous, chers estimables et estimés passagers ». Et plus tard, en discutant avec des gens qui habitent des îles plus ou moins sur le parcours de ces tas de ferraille et d'immondices flottants, j'apprendrai que souvent les sacs en question se retrouvent éventrés sur les plages, sympa... Une fois que tu t'es trouvé une place peinarde dans un couloir tu y installes ta natte que tu avais achetée au préalable, et là tu es déjà un peu plus au calme (si tant est que tu as réussi à trouver un coin pas trop bondé). T'as pas de natte ? Quel étourdi tu fais ! Ben va falloir dormir à même le sol alors... Remarque normalement d'après le règlement, qu'il m'a été donné de lire, chaque passager en classe économie a droit à un matelas gratuitement. Mais tu connais la différence entre la théorie et la pratique, et souvent l'équipage les loue. Quoique des fois en la jouant fine j'ai eu réussi à en obtenir un sans payer, mais encore faut-il qu'il en reste car c'est loin d'être toujours le cas. Bon, après tout ça y a le problème de la bouffe... Il faut avant la traversée avoir eu la présence d'esprit d'acheter des provisions, sinon on est condamné à faire la queue misérablement, dans une atmosphère de réfectoire de prison et de loi de la jungle car ça coupe la file d'attente à tout va, pour obtenir le Saint Graal, à savoir : un peu de riz blanc, deux haricots cuisinés à l'eau et une tête de poisson. La visite des cuisines est par contre hautement recommandée si on a sa bouffe et en conséquence pas besoin de manger ce qui sort de ladite cuisine. Notamment les cuistots, bottes en caoutchouc aux pieds, ça vaut le coup d'œil ! Ensuite, la douche... Les douches économie font plus penser à des chiottes qu'autre chose, là par contre je te les recommande pas. Les douches des troisième classe, un peu mieux mais encore assez réminiscentes d'un lieu d'aisance, le problème étant que les indos, quand ils ne pissent pas directement dans l'entrée (sur le mur ou par terre, ça dépend de la sensibilité de chacun et tous les goûts sont dans la nature), ont la sale habitude de pisser dans la douche (sans la rincer bien sûr), au lieu d'aller pisser dans les toilettes qui sont juste à côté, va comprendre pourquoi. La bonne combine : les douches de l'équipage au deuxième pont. Les seules à être relativement propres, car d'une part comme ce sont les leurs ils y font gaffe, et d'autre part la populace ignorant leur existence se trouve par là même dans l'incapacité d'y exporter son incontinence. Une fois ces formalités accomplies tu vas voir venir à toi les locaux, si ce n'était déjà fait. Ils travaillent en équipe, quand l'une a fini de t'interviewer une autre arrive, l'ennui étant que les questions sont quasiment toujours les mêmes. Au début c'est rigolo mais au bout de la dixième escouade ça lasse un peu dirais-je. Le problème c'est que je n'ai pas le cœur de les rabrouer. Déjà ils ont de tels sourires désarmants que je n'arrive pas à les envoyer promener, et puis je me dis que je suis dans leur pays, qu'ils n'ont pas souvent, si jamais, l'occasion de rencontrer un étranger, qui plus est un spécimen qui parle leur langue, et aussi que, si pour moi c'est la ixième interview, pour le ou les gars qui sont en face c'est la première. Soupir, allons-y... Et ne crois pas y échapper en faisant semblant de lire. J'ai essayé, ça les arrête pas, le keum te chope le bras : hé mister, mister s'appelle comment ? Mister vient d'où ? etc. Si tu fais style tu dors ça peut marcher, mais c'est pas gagné non plus. La seule chose qui les stoppe à coup sûr c'est si tu manges, parce que chez eux c'est pas poli de parler à quelqu'un en train de se sustenter, sauf que tu imagines bien qu'on ne peut pas se livrer à cette activité toute la journée, surtout si on a vu les cuisines quelques lignes plus haut. Après, des fois on rigole, et pas qu'un peu ! Un petit pot pourri des sujets de discussion ? Je vous préviens, ça va chauffer, j’espère que les enfants sont couchés. Et quand à vous, tenez-vous bien... Donc après les questions d'usage sur la famille etc. (voir plus haut), ça dégénère assez vite sur en dessous de la ceinture, sujet qui les intéresse vivement s'il en est, on pourrait même dire que ça les passionne (normal vu qu'il s'agit de passion). Pour commencer ils te demandent souvent si c'est vrai que chez nous les filles sont gratuites et que l'amour est libre. Et de là ça enchaîne... Dis mister, chez toi quand vous faites Tac Tac, vous faites ça n'importe où dans la rue ? Meuhhh non, quand même, on n'est pas des animaux ! Hé mister, c'est vrai que vous les bules vous avez des bicous plus gros que les nôtres (ça, ça les travaille à mort) ? Ben je sais pas, j'ai jamais vu les vôtres... Le mien, il est comme mon gros orteil mister ! Et moi mister, le mien il fait 12 centimètres ! Ah oui, en effet... Mais toi mister le tien il est comme le bras, je l'ai vu dans les films ! Attention, les gars que t'as vu dans ces films c'était pas moi, et puis moi il est comme ma cuisse, comme le bras c'est petite taille ! Là le mec te regarde avec des yeux mi-admiratifs, mi-horrifiés, et tu te sens obligé de lui dire que tu plaisantais... Une autre : mister, comment on fait pour tenir longtemps quand on fait Boum Boum ? Parce que moi deux minutes et c'est fini, j'arrive pas plus... Du coup on se lance dans un petit cours sur le sujet, mais que je ne rapporterai pas ici parce que je sens que je vais me faire engueuler. Des fois ça dérive sur le : mister connaît l'huile de cobra ? Nan, c'est quoi ? C'est de l'huile qui vient des USA, on s'en badigeonne le tchitchou et il devient plus gros. Je viens d'en acheter une bouteille, qu'est-ce que mister en pense ? Fais voir... Sur la bouteille on lit les précautions et recommandations d'usage mais, même si les ricains prennent parfois des libertés avec la version oxfordienne de leur langue, c'est écrit dans un si mauvais anglais que je doute que ça provienne des États-Unis... Autre variante, bio celle-là : mister, tu connais les feuilles de l'arbre machin chose qu'ils ont en Irian Jaya ? Non, c'est pour quoi ? Ben tu t'en enveloppes le zbibou et après un moment il double de taille ! Ça a l'air pas mal, père devrait essayer ! Non, ma femme est plus toute jeune la pauvre (car le type en question devait bien avoir la cinquantaine), je peux pas lui faire ça !

Encore une : moi mister, quand je taquine la belette je mets deux capotes, comme ça mon truc il est plus gros ! Oui en effet, quelques microns de plus, y a pas de petit gain ! Il est temps de changer de sujet, pas que je me fasse accuser non plus de n'avoir que des conversations d'obsédé : mister, il y a le soleil dans le pays de mister ? Oui, bien sûr ! Et la lune ? De même ! Et les étoiles ? En effet ! Le gars ne dit plus rien, et je vois qu'il gamberge... J'ajoute, pour finir et avant qu'on ne me traite de raciste et/ou de je ne sais quelles bêtises, que je ne me moque pas des indos, je les aime bien, même si leurs manières puériles peuvent devenir un peu fatigantes à la longue. Nous aurions sûrement les mêmes conversations que celles évoquées plus haut si, comme eux, nous n'étions pas ou peu allés à l'école, avions été élevés dans un système où tout est fait pour éviter qu'on s'ouvre l'esprit, et vivions dans des îles où on est loin de tout et n'a aucune ouverture sur l'étranger. Et puis de toute façon, la valeur d'un homme ne se mesure pas au nombre d'années qu'il a passé à l'école, ni à sa fortune. C'est un peuple jeune qui adore se marrer, ils sont très demandeurs à ce niveau avec tout ce que ça implique de bon comme de mauvais (le bon c'est que la vie n'y est pas triste, le mauvais c'est que certains aiment bien se moquer et à fortiori des étrangers, et aussi qu’il y a un énorme manque de sérieux généralisé dans le pays avec les conséquences qu’on devine sans peine), et hyper bon public à tel point que naps et ses vannes à deux balles se prend des fois pour le comique du siècle. Une dernière, pour la route : mais vous savez les gars, chez nous nos femmes elles sont pas faites comme les vôtres en Indo ! Ah bon ? Ben oui, leur truc il est pas vertical mais horizontal ! Mais comment vous faites alors ? On se débrouille, on se met sur le côté, tout ça quoi... Ah dis donc, ça doit pas être évident ! Meuhhh non, je plaisantais voyons ! Et tout finit dans des rires, c'est l'Indonésie... Après tout ça une bonne nuit de récupération quand même, tu l'as bien méritée ! Quoique si tu te sens y a encore la séance de cinéma de vingt heures trente. Annoncée au micro, elle met en scène de belles actrices (dixit le message), et il s'agit ni plus ni moins d'un film de fesses. Oh, pas un gros truc bien hard et bien sale mais une bonne pellicule érotique de derrière les fagots, et de quoi se rincer l’œil comme tu peux imaginer. Je le sais de source sûre car j'en ai été spectateur, et gratuitement en plus, un soir où un membre de l’équipage m'avait invité à visionner l'un de ces chefs-d’œuvre cinématographiques. Ça avait été intéressant, pas pour le film, parce que ce genre de choses ne m’intéressent pas en tant que spectateur (je préfère être acteur, mais sans spectateurs, je sais pas si tu me suis) et que j’étais parti au bout dix minutes, mais bien plutôt pour l'ambiance, très masculine, très moustachue et très enfumée. En indonésien ils appellent ça un échauffement, échauffement pour quoi je ne saurais dire vu la promiscuité qui règne à bord et vu que les toilettes ne sont pas très inspirants pour une galipette à deux ou un soulagement en solo. Il est temps maintenant d'aller te coucher, tu as eu une journée bien remplie ! Vers quatre heures du matin le micro beugle en distorsion l'appel à la prière (où quasi personne ne va mais au moins les apparences sont sauves, faut pas oublier qu'on est en terre musulmane), puis sur le coup des six heures tes voisins d'infortune vont te réveiller car c'est l'heure du petit déj', qu'ils ne manqueraient pour rien au monde et on les comprend : du riz blanc mal cuit, un œuf dur et un peu de sauce qui pique, ça excite les papilles tout ça et il serait dommage que mister loupe ce mets de choix parce qu’il dort. Dans certains bateaux il y a une grande affiche avec des photos de types qui ont la tronche explosée, et pas qu'un peu. Commentaire en bas : voilà ce qui arrive aux pickpockets !!! Discussion avec d'autres passagers : oui, l'autre jour ils ont chopé un voleur et ils l'ont jeté par dessus bord. Mais ils ont quand même prévenu le Kapten (capitaine) le lendemain. Ah bin ça va, sauf que le Kapten il a pas détourné le bateau pour autant. Et même s'il l'avait fait, sans coordonnées GPS tu penses un peu s'il aurait trouvé le pauvre gars... Alors tu multiplies tout ça par le nombre de jours pour lesquels tu as signé et tu obtiens une croisière inoubliable, crois-moi. Surtout que je t'ai pas tout dit (et ne te le dirai pas quoi qu'il en soit, ça remplirait des volumes entiers), il y a aussi les armées de cafards, les escales, et bien sûr le meilleur pour la fin : tous les imprévus genre un moteur qui tombe en panne ou le bateau qui se tanque sur un récif de corail, voilà qui met du piment dans une vie jusque là un peu morne et tristounette... Quoi ? Tu veux que je détaille ? Soupir encore, j'aurais dû rien dire. Bon, allez, c'est reparti ! Alors les cafards, ou les blattes, je sais pas trop (je suis pas entomologiste), sont légions. Les gros on les voit rarement, ils se planquent dans la cale. Par contre il y a donc ces légions de plus petits, sont-ce leurs rejetons, ou sont-ce une autre espèce, va savoir, mais ce que je sais c'est qu'ils courent partout et que contrairement à leurs aînés ou cousins les gros qui, eux, ne sortent pas quand il y a de la lumière (d'où la bonne combine de dormir la lumière allumée quand on est dans une chambre qui en est infestée, merci qui une nouvelle fois ?), ceux-là ont du développer une photophilie et s'adapter au fait que la lumière ne s'éteint jamais à bord (je te l'avais pas dit ? Exact, voici donc l'oubli réparé) et sont actifs vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C'est d'ailleurs à cette époque que j'avais pris le réflexe de vite refermer mon sac après l'avoir ouvert, pas envie d'avoir des passagers clandestins... Ce sont ce genre de choses qui nous rapprochent, nous les hommes des villes où la nature fait cruellement défaut et qui en sommes si cruellement coupés, de la même nature et de ses beautés insondables, sont-y pas mignons les petits cafardous ? Les escales, je m'en étais fait une justement pendant ce voyage et l'embarquement, vu d'en haut, ça valait vraiment le détour. Un ras de marée, un tsunami de têtes aux cheveux noirs essayant de monter à bord dans un beau ballet synchronisé en V majeur. Il y en a, les petits malins, qui essaient de tricher en escaladant la passerelle par les côtés. D'autres, arc-boutés sous leur charge, ne voient pas ce qui se passe devant eux mais poussent de bon cœur. Plus tous le reste de la troupe, sans oublier le moustachu bastonneur. Le plus surprenant étant que ça a l'air de bien leur plaire ce contact humain poussé à l'extrême, car on ne décèle que rarement de l'énervement ou des invectives. Bon et sinon, tu avais été au courant de l'Umsini qui s'était planté sur un récif de corail à Nabire en 2001 ? Je parie que non, en France ça n'avait même pas dû paraître dans la rubrique des chiens écrasés, pourtant ici je t'assure que ça avait été l'événement de l'année. Imagine l'Umsini en question, 140 m de long sur genre 30 ou 40 de large, 8 ponts, 2000 personnes à bord (enfin 2000 places, le nombre de passagers exact restant une inconnue dans cette savante équation), et évidemment tout l’équipement moderne qui va avec, GPS, cartes marines très précises etc. (t'es déjà allé dans la cabine de pilotage ? C'est intéressant), du bon matériel en somme. Seulement voilà, et désolé de persifler à nouveau mais tu commences à y être habitué, les officiers, je les connais les gabarits, ils sont souvent avec des filles. D'où je tiens cette information ? Je la tiens du fait qu'à ma grande époque (c'est à dire l'époque où la topographie de ces bateaux n'a plus eu de secret pour moi) je dormais quasiment à chaque fois dans le havre de paix et de tranquillité recouvert d'une moelleuse moquette qu'offre le petit couloir derrière leurs quartiers (au niveau du pont supérieur, ne t'inquiète pas, quoi qu'il arrive je ne suis jamais loin des chaloupes, je te l'ai déjà dit), et je voyais souvent passer ces messieurs avec des filles disons légères, pour ne pas dire de joie, d'après les locaux elles paient leur voyage en nature. Il m'a bien semblé voir aussi de la bibine, genre l'officier, dans son bel uniforme immaculé, une boutanche à la main et le rire gras, faisant pénétrer une créature (avant de pénétrer dans la créature j'imagine, mais je m'égare), que je subodorais n'être pas de sa famille, dans sa chambre. Et quel rapport avec l’affaire qui nous intéresse ? Patience, j’y viens… Tout ça pour dire que, malgré le GPS et tout le reste, ils ont trouvé moyen de planter leur paquebot sur un récif de corail et le rafiot resta là, plus possible de le bouger. Je subodore encore, et c'est là qu'intervient le persiflage précédemment cité, que le type en charge du bateau à ce moment devait soit être bourré, soit occupé à lutiner une petite, soit les deux à la fois, soit carrément déjà parti au septième ciel et dans ces instants-là, comme chacun sait, les responsabilités sont le cadet de nos soucis, ainsi est faite la race humaine (je me sens obligé de rajouter un peu de philosophie pour ne pas qu'on m'accuse d'évoluer au ras des pâquerettes, vu que je viens quand même de révéler certains aspects on ne peut plus triviaux de nos petites existences terrestres)... Gros titres dans les journaux, et grosse histoire au niveau national. Tentative de sortir le tcharafi, avec six cordes grosses comme le bras (je cite, d'après la feuille de choux), et devine quoi ? Elles ont cassé !!! Ben oui, pense un peu, six cordes pour un bateau comme ça, c'est comme si tu voulais tracter une voiture avec un fil à rôti... Le temps passa et ça a fini par faire une semaine que le machin était tanqué. D'après les journaux les passagers encore à bord (car ils n'avaient pas tous été évacués) avaient tout ce dont ils avaient besoin à disposition (nourriture, eau etc.), ce dont je doute fort. Pourquoi n'avaient-ils pas tous quitté le navire ? Paraît-il que c'était rapport à ce qu'ils avaient payé leur ticket jusqu'à Jayapura (qui était encore à facile un bon jour et demi de traversée) et qu'ils ne voulaient pas le perdre, parce que le service après-vente, tu me suis. Au final ils ont quand même réussi à sortir Umsini de sa prison corallienne, et il est parti à Singapour pour une révision. Pourquoi Singapour ? Ben c'est qu'il avait besoin d'une sacrée remise en état après toutes ces émotions et ma foi, les indos sont peut-être fiers de leur pays mais ils en connaissent aussi les limites au niveau fiabilité, si tu vois ce que je veux dire... L'intéressant c'est que je l'ai repris une fois cet Umsini, un peu après la catastrophe. Ce que j'y ai vu me fait dire qu'à mon humble avis les indos restés à bord lors des événements ont dû stresser, et pas qu'un peu, car tout était cassé, et pas qu'un peu non plus. Je sais que même dans les autres bateaux beaucoup de choses sont hors d'usage, comme les robinets que j'ai remarqué ne pas tenir plus que cinq ans après la mise en service (les ayant presque tous pris leurs tas de ferraille j'ai pu me livrer à quelques comparaisons, dans un esprit évidemment rigoureusement scientifique), les pommeaux de douche disparus, les portes qui ne ferment plus, les pissotières vrillées (ils pissent des cailloux les indos ? Non, je t'ai déjà dit qu'ils pissent dans les douches. Dans les pissotières ils vident leurs bols de nouilles, ça bouche, la maintenance débouche mais ça revide des nouilles et ça rebouche, et fatalement au bout d'un moment la maintenance aussi elle en a plein les nouilles et elle laisse tomber. Ensuite certains malins doivent s'amuser à finir le boulot et ça donne des urinoirs qui pendent sur leur tuyau d'évacuation) etc. ; mais là, c'était pas comparable. Car je l'avais déjà pris avant l'accident cet Umsini et donc je le connaissais, c'est le quatrième plus vieux de la flotte et partant de ce fait il était déjà bien moisi, mais pas à ce point : des tags partout, les lampes explosées, les parois des douches fracassées, les portes dégondées et pour se laver il n'y avait plus qu'un gros jerrycan qu'on remplissait au tuyau... Bon, je vous livre en vrac toutes ces considérations, mais je vais vous en demander à vous aussi de la considération, souvenez-vous qu'à l'époque où ce récit se déroule je n'avais pas été informé de tous ces paramètres vu que je n'en étais encore qu'à mon voyage inaugural. Et en conséquence je vous prierai de ne pas trop vous moquer de la maladresse dont je vais faire preuve dans les pages qui suivent, car j'allais de surprises en surprises, ou plutôt de chocs en chocs, retour à l'action proprement dite. Après avoir passé l'homme au bâton, et après avoir survécu à la montée de la passerelle comme certains survivent à la descente des marches à Cannes, je me retrouvai dans la place. Tout de suite j'essaie de monter sur les ponts supérieurs, probablement mû par une certaine intuition car je vous jure sur la tête de Pelni que je n'avais pas lu le texte ci-dessus. Le satpam (sorte de garde) m'arrête. Hep, mister va où ? Ben en haut, ça se voit pas ? Fais voir ton ticket ! Le voilà monsieur ! Désolé mister, c'est réservé aux passagers classe ! Là, je me sens obligé de faire une petite précision. Il n'a pas insinué que je n'étais pas classe, et n'aurait pas osé d'ailleurs vu ma prestance latine naturelle. Passager classe est une traduction littérale de l'indonésien et ça veut dire passager de première, deuxième ou troisième classe, par opposition au passager de classe économie que je suis et qu'ils appellent passager économie. Ce petit point de détail précisé revenons au récit... M'étant donc fait éconduire poliment il ne me restait plus, tel Daniel entrant dans la cage aux lions, qu'à prendre une grande inspiration et me jeter à l'eau du pont ekonomi. Bobobobobo, le tableau, comment vous décrire ça ? Ça va être dur car le vocabulaire humain est souvent trop limité par rapport la réalité… Il s'agit d'un grand dortoir, avec des séries de genre de strapontins surélevés (normal pour des strapontins me direz-vous, et vous avez raison) sur lesquels s'entassent des grappes humaines. C'est noir de monde, il y en a partout. Sur les promontoires comme j'ai dit, mais aussi à côté, en dessous, dans les couloirs, devant les chiottes, partout vous dis-je ! Plus des gens qui vont et viennent plus ou moins chargés de colis, sacs, ballots et que sais-je encore. Ça braille, ça hèle, ça rigole, ça fuse dans tous les sens, et bien sûr ça se moque de mister qui a l'air bien paumé au milieu de toute cette agitation baignant dans une atmosphère moite, mélange d'humidité, de fumée de kretek et d'autres fumets plus ou moins identifiables. Au moins la situation est claire, même si j'avais voulu dormir là-dedans j'aurais pas pu car il n'y a tout bonnement plus une place, sauf peut être un demi mètre carré pile à côté des latrines mais ça va, je passe mon tour. Je traverse tout l'étage, même constat partout. À l'avant du bateau il y a un escalier, mais il est bloqué par une grille cadenassée et les indos me disent : non mister, là c'est pour les passagers classe (même remarque que précédemment) ! Que faire ? Je tente les escaliers extérieurs, ça passe, j'arrive sur le pont supérieur. Je vais et je viens comme dit la chanson, c'est occupé partout sauf à des endroits en plein cagnard. Je compte trois portes, elles donnent sur des halls qui mènent aux escaliers intérieurs. Une a l'avant, elle est fermée à double tour. Une au milieu, elle est ouverte mais c'est, une fois de plus, noir de monde. Une à l'arrière, idem. Pas le choix, on va cuire au soleil… Je déroule mon tapis de sol, et me prépare à goûter un repos bien mérité après toutes ces émotions. De courte durée qu'il sera le repos, car voilà déjà la famille hello mister qui s'annonce. Ça démarre, au début ils me parlent timidement dans un anglais plus qu'approximatif et la plupart du temps limité à « where from ? » (d'où tu es ?) et « what is your name ? », quand pas seulement « name ? ». Puis ils se détendent quand ils voient que je maîtrise leur langue. Chouette, un mister qui parle indonésien ! Pour les conversations voir plus haut, je vais pas recommencer... Remarque, j'avais oublié de mentionner un autre sujet qui les intéresse particulièrement à savoir la question de l'argent. Bon ça va, j'ai compris, je reprends... Combien gagne mister ? Là c'est difficile de répondre. Je ne veux pas mentir mais je ne peux pas non plus le leur dire, pensez donc qu'un mois de SMIC de l'époque ça faisait plus qu'un an de salaire local. Il faut noyer le poisson : euhhhh ben tu sais, si je te disais combien on gagne chez nous ça te semblerait beaucoup, mais faut voir qu'en France tout est cher donc au final c'est un peu pareil, un café ça vaut tant, un paquet de clopes (la référence ultime dans le coin) c'est tant etc., et autres pirouettes du même acabit, la plupart du temps ça marche et ça me permet d'éviter de cracher le morceau. Et un dollar ça fait combien de roupies mister ? Je sais pas trop, chez moi on n'a pas des dollars, on a des francs ! Ah bon ? Je croyais que vous aviez des dollars. Mais vous faites pas partie de l'Amérique alors ? Pourtant vous parlez anglais ? Non, pas vraiment ! L'Amérique c'est le contient américain et nous c'est le continent européen, entre les deux y a genre 6000 bornes d'océan Atlantique. Et quant à la langue, on parle français. Tiens, écoute : je lui baragouine deux trois phrases dans notre belle langue, histoire qu'il comprenne qu'elle n'a rien à voir avec ce pauvre dialecte qu'est l'anglais. S'ils ne sont pas très calés en géopolitique, au niveau foot en revanche ils en savent beaucoup plus que moi qui ne m'intéresse pas du tout, mais alors pas du tout, à ce sport. Ils connaissent les noms de la plupart des joueurs des grandes équipes européennes et sont au courant des derniers matches de la ligue je ne sais quoi. En plus la France avec un grand F venait de gagner la coupe du monde, et le prestige des tricolores rejaillissait en plein sur ma modeste personne. Mister est français ? ZINEDINE ZI-DANE !!!!!!!! Plus connu que Chirac le Zinedine, et en plus il est musulman, d'où admiration-identification encore plus forte. Et ils ne comprennent pas que perso je m'en tamponne le coquillart de tout ça. Mister doit être fier d'être champion du monde ! Fier de quoi ? Moi je suis champion de rien du tout ! Mais si voyons, le pays de mister a gagné la coupe ! Bah ! J'ai rien gagné du tout, et d'une j'étais pas sur le stade, et de deux j'ai pas touché la prime ! Abîme d'incompréhension... Autre sujet d'interrogations, le billet d’avion. Il a coûté combien ? Là c'est plus facile, je dis la vérité tout en néguant (noyer en provençal) le poiscaille : je peux pas dire, je n'ai volé que jusqu'à Bangkok et j'ai fini par la route et la mer, atterrir directement à Jakarta ça revient trop cher ! OK mais quand même mister, vous avez des sous vous autres en Europe ! Oui, mais c’est pas tombé du ciel, figure-toi que par chez moi on bosse. Dans le temps on était aussi pauvres que vous, voire pire parce que chez nous il fait pas chaud toute l'année et que la nature est pas aussi généreuse qu'ici, il y avait même des famines. Ici, on plante une branche dans la terre et sans s'en occuper elle prend racine et donne un arbre. En France si tu veux des récoltes t'as intérêt à te bouger, et t'as intérêt à stocker en vue de l'hiver ! Pourquoi mister ? Pourquoi ? Tout simplement parce que l'hiver y a rien qui pousse, il fait trop froid. Vous ici, vous êtes des fainéants, je le sais, vous dites de vous-mêmes que vous avez la « budaya santai » (culture du laisser aller) ! Gros rires des locaux, ils savent bien que c'est vrai... Quand vous bossez une journée, le temps où vous travaillez vraiment c'est à peine une heure ou deux, et le boulot que vous faites il est pas droit parce que vous vous en foutez, vrai ou faux ? Re-rires... Si aujourd'hui vous avez bien gagné, demain vous n'irez pas travailler et vous vous la coulerez douce tant que les sous dureront, pas vrai ? Et dans les campagnes, souvent vous envoyez les femmes travailler les champs et vous les mecs vous restez au village à fumer la kretek et à boire du café, me trompé-je ? Ah ben dis donc mister, tu connais bien la culture indonésienne ! Connaître bien je sais pas, mais disons que je suis pas aveugle... Bon bien sûr je schématise, mais ce que je veux leur faire comprendre, sans rentrer dans un cours d'économie mondiale appliquée, c'est qu'on n'a rien sans rien et que c'est pas le tout que de vouloir avoir des sous, encore faut-il s'en donner les moyens. Oui, mais ici c'est dur mister, y a la corruption et tout le reste ! En France aussi il y en avait, seulement mes ancêtres se sont battus et ont fait des révolutions, et le gouvernement a été obligé de partager un peu plus équitablement les richesses. Vous ici vous êtes trop dociles, vos dirigeants vous marchent de longue sur la face et vous ne dites jamais rien, tout ce que vous savez faire c'est vos petits plans et vos petites combines en douce ! C'est vrai mister, mais quand même... Quand même de quoi ? Et les chinois alors ? - là j'enfonce le clou - Les chinois, ils sont arrivés ici en Indo à l'époque où la Chine crevait à moitié de faim, et ils avaient pas un radis. Et qu'est ce qu'ils ont fait ? Ils ont travaillé, et travaillé, et travaillé, comme des chinois quoi. Le résultat ? Beaucoup sont devenus riches alors que dans le même temps vous, qui êtes pourtant dans votre pays, vous n'avez rien fait et êtes toujours aussi pauvres, CQFD... Je comprends que vous n'aimiez pas trop bosser, mais dans ce cas il faut en accepter les conséquences et ne pas se plaindre ensuite ! En fait, jusqu'à il n'y a encore pas si longtemps ils acceptaient parfaitement vu qu'ils ne connaissaient que ça. Puis sont arrivés la télé, les films américains à deux balles, les médias, et ils ont commencé à voir comment on vivait dans nos pays. De là la donne a changé, sans parler du fait que tous ces films leur donnent une vision fausse de l'Occident car ce n'est pas tout le monde qui a une limousine de dix mètres de long et vit dans un duplex de 200 mètres carrés. Ils ne me croient d'ailleurs jamais quand je leur dis que je n'ai qu'un vélo, mister est riche et il a une belle voiture, c'est bien connu du reste, tout le monde sait ça en Indo. De nos jours Internet et les téléphones portables en ont remis une couche, mais en 1999 on n'en était pas encore arrivé à ce point et le moment n'est donc pas encore venu d'en parler... Dernier sujet d'importance, la religion. C'est quoi la religion de mister ? Oulalah, question difficile ! Disons que je suis croyant en ce sens que je suis convaincu qu'il existe quelque chose de supérieur à l'homme et que je respecte toutes les religions, mais je n'adhère à aucune ! Pourquoi ? Parce que même si la base est valable je pense que de nos jours elles sont toutes corrompues. Trop d'argent, trop de pouvoir, trop de combines, ça fait bien longtemps que le souffle des origines s'est perdu. Mais alors quand tu seras mort comment tu vas faire ? Elle va aller où ton âme ? Parce que si t'as pas de religion tu vas aller en enfer ! En es-tu bien sûr ? Pour moi on n'est pas jugé vis à vis de sa religion, mais vis à vis du bien et du mal qu'on a fait. J'ai rencontré des tas de croyants qui étaient de sales types, et en contrepartie des athées qui étaient de supers mecs ! Oui mister, mais faut quand même choisir une religion, c'est important ! Je vous fais grâce de la suite de ces discussions hautement théologiques, et notamment de la question de la pertinence ou non de la carotte et du bâton suivant les époques et les civilisations, une fois de plus un abîme d'incompréhension s'ouvre et laissons le Bon Dieu se gratter la tête pour savoir où il va me caser après ma mort... Et ainsi de suite, et ainsi de suite jusqu'à ce que, satisfaits, ils s'en aillent pour laisser la place à leurs confrères. Une équipe, une deuxième, une troisième et au bout de la je sais pas combientième je sature et déclare forfait, je m'allonge et fais celui qui dort... Un peu plus tard, tiens, des occidentaux ! Ils ont du monter à un port antérieur car je ne les avais pas encore vus. En anglais dans le texte : Salut ! Salut ! Les politesses d'usage puis on parle de trucs de blancs, de choses et d'autres comme on dit. Ils me demandent : mais tu dors où ? Ici même, sur ce tapis de sol sur lequel on est assis en train de cuire, et vous ? Nous, on est en première (mazette ! Me dis-je en mon for intérieur). Tu veux venir dans notre cabine ? Tu peux même prendre une douche si tu veux, on a une salle de bain. Ça c'est pas de refus, merci beaucoup, parce que les douches économie j'avais décidé d'en bifurquer ! Pas mal du tout ces cabines de première, si un jour j'ai une cops ça me dirait bien de m'en payer une, c'est romantique à souhait. Petite chambre à deux lits, salle de bain perso, tout ce qu'il faut pour ce genre d'aventure. Mais on n'en est pas là hélas, et après un moment je quitte mes hôtes et retourne à ma solitude (qui n'est pas si solitaire que ça si vous me suivez toujours). Viens l'heure de la graille et je descends à la cantine. Queue d'un kilomètre de long et vas-y que je te pousse et te repousse et te passe devant, sainte patience. Le résultat est une maigre et peu ragoûtante pitance que je mange, pas par plaisir mais parce qu'il faut bien se sustenter. Et ne me dites pas que je suis un blanquet délicat parce que les locaux eux aussi se plaignent, et ils ont raison, le prix du billet est quand même assez élevé en regard des standards locaux et sans aller jusqu'à servir des filets mignon il ne serait pas très difficile de faire un petit effort et de balancer au moins une mauvaise sauce pour donner un peu de goût… Une fois fini ce festin digne d'Épicure je rapporte, comme un bon petit occidental que je suis, le plateau repas en fer cabossé là où je l'ai pris et m'aperçois que je suis bien le seul car les autres ont été abandonnés ici ou là un peu partout, j'en verrai même dans les chiottes. Je remonte à mon palace sur le pont, le soleil a fini par tomber et la température aussi, y a du progrès. Ça repart de plus belle, mister par-ci, mister par-là, impossible d'être tranquille un moment. J'aimerais bien fixer l'horizon, les yeux perdus dans le vague, comme on dit dans les romans, histoire de voir l'effet que ça fait, mais impossible vous dis-je ! Tout d'un coup je me rappelle d'une conversation avec d'autres touristes qui m'avaient dit qu'ils avaient fini dans les cabines de sauvetage. Tiens oui, pas une mauvaise idée ça... Normalement l'accès en est interdit mais comme disent les indos : les règles c'est fait pour être transgressé ! Ahhhhhhhh, quel bonheur, enfin seul ! Je m'allonge et me détends…. Au bout de même pas cinq minutes : hello misterrrrr !!! Oh non, c'est pas possible, y en a qui m'ont suivi... Cette fois ça suffit, tant pis si je passe pour l’étranger mal poli de service mais fini les interviews, j'en peux plus. Les gars m'interrogent, je réponds pas, désolé, j'ai déposé le bilan. Je finis par m'endormir, avec le ciel pour toit, une banquette en fibre pour lit, et une bonne demi-douzaine d'indos autour de moi qui, ayant trouvé la combine bonne, ont décidé de squatter là eux aussi. Je passe sur la journée du lendemain parce qu'on m'a dit que dans les livres il fallait éviter les répétitions, paraît-il que ça lasse les lecteurs. Toujours est-il que les côtes s'annoncent, puis se dessinent pour de bon, et finalement nous voici arrivés au port de Pantoloan, à quelques kilomètres de Palu la capitale de la province de centre Sulawesi. Ça faisait déjà bien une heure que les indos s'entassaient devant les portes et jouaient au pousse-pousse, mais j'avais décliné l'offre et attendis sagement qu'on ait réellement accosté avant de me rejeter dans la mêlée, chat échaudé craint l’eau froide ! Pourquoi naps, pour descendre aussi c'est le foutoir ? D'après vous ? Sans commentaires, surtout que c'est plus coton dans ce sens vu les lois de la gravité... Une fois sur le plancher des vaches moins deux je l'embrasse, à l'instar de l'autre hypocrite que ses amis mafieux vont bientôt canoniser (quoi ? Je suis vraiment vilain de parler ainsi du saint homme et de la sainte institution qu'il représente ? Ouais t'as raison, j'espère qu'ils me donneront l'absolution quand j'expliquerai mieux le fond de ma pensée d'ici quelques chapitres). Je m'abstins toutefois, le sol étant, comme toujours dans ce genre d'endroit, vraiment trop immonde. Un mélange de boue, mégots de clopes, résidus de mouchages à la rugbyman et déchets en tous genres, tant pis pour la sainte canonisation. À ce stade je m'étais juré et, croyez-le ou pas, bien juré, que jamais au grand jamais plus jamais ça ! Sans savoir que c'était loin d'être la dernière, que je finirai par m'y habituer, par devenir un spécialiste de cet exercice de haute voltige, et même, même par apprécier... Et la Pelni me direz-vous ? Je vous l'ai déjà présentée en fait, et il n'a d'ailleurs été question que d'elle tout au long de ce chapitre, c'est le nom de la compagnie qui opère ces bateaux. Bon mais là pour l'instant ma préoccupation était de tracer la route le plus vite que possible, et d'oublier ce traumatisme dans mes petites îles avec vue sur l'équateur...

(à suivre...)
Compte rendu de notre croisière en Écosse et en Irlande sur le MSC Magnifica
by Grandpierreg · 2013-07-11 · 30 replies
Bonjour à tous,

Je vais faire un compte rendu de notre croisière sur le MSC MAGNIFICA en Ecosse et en Irlande, aussi appelée « croisière des iles britanniques »du 21 mai au 1er juin 2013.

L’itinéraire de 12 jours est le suivant: Hambourg / Helgoland / SouthQueensferry / Invergordon / Kirkwall / Belfast / Greenock / Dublin / Cork / En mer / Amsterdam / Hambourg.

Nous avions décidé de faire une croisière chez MSC cette année pour ne pas perdre notre carte de fidélité du MSC CLUB avec tous ses avantages puisqu’il est nécessaire de faire au moins une croisière tous les 3 ans. Notre dernière croisière MSC était sur le MSC SPLENDIDA en septembre 2010.

Nous avons choisi cette croisière pour l’originalité de son itinéraire. Il est assez difficile de trouver une croisière dans cette région, COSTA par exemple ne le propose pas. Je sais que CELEBRITY, CARNIVAL ainsi que TAAJ CROISIERE le propose mais c’est à peu près tout…

Nous étions également attirés par la longueur des escales et par le fait qu’il n’y avait qu’une seul journée en mer. Nous avons acheté cette croisière chez CROISILAND en juillet 2012. Nous voulions une cabine extérieure vue totalement dégagée. En réservant aussi tôt, je pensais avoir largement le choix de l’emplacement de la cabine. Je fus surpris d’apprendre que cette catégorie de cabine était presque complète ! Il ne restait que quelques cabines mal placées à proximité des escaliers et des ascenseurs et UNE cabine (la 5026) bien placée ! Le choix a été vite fait …
Première randonnée à VTC: le matériel
by Fredisdead · 2013-07-06 · 53 replies
Hello,

Ayant repris l'entrainement depuis quelque temps, j'ai décidé d'ici fin aout/début septembre de franchir le pas des randos (avec un Trek 7.2 Fx) sur plusieurs jours. Dans un premier temps ce sera certainement des destinations aux alentours de Lyon sur 3/4 jours.

La ou je coince, c'est sur la multitude de matériel (quand on débute, il faut tout acheter), et surtout sur les différences de prix.

J'ai bien saisi que certaines marques, que ce soit en terme de sacoches, d'éclairages avaient la côte, mais j'ai un budget très serré.

Du coup je serais preneur de bons conseils/bons plans pour m'équiper en :

- éclairage avant / arrière (peu de conduite de nuit en théorie) - la sacoche pour le guidon (sachant qu'il y a de grandes chances que j'y stocke un reflex, forcément étanche donc) - les sacoches arrière (idéalement étanche également) - le porte bagage arrière (un modèle décathlon est suffisant ?) - une tente :) - un sac de couchage (pas besoin d'aller dans les températures abyssales)

et quid du rechargement des smartphones & co quand on voyage en mode camping ?

Voici un premier jet... en tant que novice bien d'autres questions me traversent l'esprit mais l'acquisition de matériel reste très concret :)

Merci d'avance à tous

Fred
Nouveaux avions Thaï Airways
by Tupacamitch · 2013-06-09 · 48 replies
Bonjour à tous,

La Thaï à récemment changé sa flotte depuis Avril au départ de Bruxelles...

Est ce que quelqu un à déjà voyager avec eux depuis ? Quels sont vos commentaires sur le confort, le Catering, le service et bien sur le multimédia (films, dois, musiques)

Bonne journée

Mika
Pushkar il y a quelques années... Nostalgie...
by Migu · 2013-04-11 · 13 replies
Un reour sur les années 70/80

C’est après avoir changé de bus à Ajmer, grande ville musulmane, sans réel intérêt, que Pushkar apparu.

Cette ville calme et sereine, construite autour d’un lac sacré est la seule en Inde à abriter un temple dédié au Dieu Brahma. Ville de pèlerinage pour les indiens elle est aussi un havre de paix pour occidentaux paumés. Beaucoup de Hippies, en route pour Katmandou, se donnaient rendez-vous à Pushkar, la consommation autorisée de certaines substances comme l’opium ou le cannabis y était pour beaucoup. Les hôtels bon marché ne manquant pas, il fut aisé de trouver une chambre à louer, non loin du lac, dans la rue principale qui traversait la ville du nord au sud.

De jeunes occidentaux à la dérive, les yeux rougis par la consommation assidue d’opiacées, trainaient leurs guêtres, rasant les murs à la recherche d’un peu d’ombre.

La ville étant petite il était très facile d’en sortir pour s’offrir une balade bucolique dans ses environs. Je décidais de marcher un peu. C’est quelques dizaines de mètres après le temple de Brahma que la campagne reprenait ses droits. Des petits arbustes d’épineux ponctuaient un paysage d’une apparence assez désertique. Quelques Paons bleus excités perchés dans les bosquets, lançaient à gorges déployées leur cri si caractéristique : « Léon … Léon … » en arborant une queue magnifique de couleurs et d’ocelles irisées. Je comprenais la raison pour laquelle cet oiseau sacré était le symbole du Rajasthan.

C’est un peu plus loin qu’une volée de cailloux interrompit ma promenade. La bordée de pierres provenait d’un groupe d’arbuste que je venais de dépasser. Quelques jacassements provenant du sommet des arbres attirèrent mon attention. Une troupe de singes facétieux m’avait pris pour cible. Je pressai le pas m’éloignant rapidement de cette assemblée de chenapans indisciplinés.

Continuant mon chemin sous une chaleur accablante, je cru discerner, au loin, une masse sombre au milieu du sentier. M’approchant doucement je me rendis compte qu’il s’agissait, en fait, du cadavre décomposé d’une vache. Une demi-douzaine de vautours se disputait des lambeaux de chair nauséabondes en se chamaillant vigoureusement. Les oiseaux étaient véritablement impressionnants. C’était la première fois que je pouvais observer d’aussi près un épisode de la vie sauvage. Les rapaces plongeaient, à tour de rôle, leur long cou dénudé dans les entrailles de ce qui restait de l’animal. Ils en ressortaient la tête sanguinolente, serrant dans leur bec puissant des lanières de viande putréfiées. Ma présence ne semblait pas les déranger le moins du monde.

Je devais reconnaitre que, dans ce pays, les hommes et les animaux vivaient en parfaite harmonie, je ne ressentais aucune crainte de la part de ces derniers.

Un peu plus tard, c’est à la terrasse d’un restaurant plein à craquer que nous rencontrâmes Claudia. Les fines boucles de ses cheveux blonds accrochaient orgueilleusement les rayons du soleil, et la profondeur de son regard bleuté nous ravissait. Elle arrivait de Munich en Allemagne, pour rejoindre son mari, médecin à Bangkok. Elle pratiquait elle-même la médecine dans son pays. Elle avait décidé de faire une halte en Inde pour quelques jours ou quelques semaines, elle ne savait pas, avant de rejoindre la Thaïlande.

Par un phénomène curieux, nous nous comportâmes rapidement tous les deux, comme deux vieux amis qui se seraient retrouvées, après une longue séparation. Christian nous observait en silence, il avala sa bière nerveusement, son regard s’était obscurci et son sourire figé. Il s’éclipsa aussitôt prétextant un vague mal de tête.

Je proposais à Claudia une promenade sur les ghâts qui bordaient le lac.

Les ghâts, ce sont ces escaliers qui permettent aux dévots d’atteindre aisément le bord de l’eau pour effectuer le rite bi-journalier des ablutions. A Pushkar, ces marches faisaient, presque, le tour du plan d’eau. Des vaches, placides, couchées au milieu de la rue, observaient d’un œil oblique la circulation, en ruminant lentement. L’air était doux, le soleil descendait doucement à l’horizon, Claudia était ravissante. En me dirigeant vers le lac, je marchais sur un petit nuage.

Nous passâmes devant le temple de Brahma. De nombreux pèlerins montaient paisiblement les marches de l’escalier qui y conduisait. En passant sous la cloche qui se trouvait à l’entrée, ils l’agitaient énergiquement, annonçant ainsi leur visite respectueuse.

L’après-midi était déjà bien avancée et les rues de Puskhar semblaient de plus en plus animées. Des Sâdhus, en quête d’un peu d’argent ou d’un peu de nourriture tendaient leurs petits pots de métal, bénissant les âmes compatissantes. L’un d’entre eux, saisissant vivement le poignet de Claudia, lui attacha un fil de coton orangé au poignet tout en lui apposant sur le front le Tika, signe distinctif des adorateurs de Shiva. Il en fit de même pour moi, je lui glissai dans la main quelques roupies en remerciement.

Beaucoup d’occidentaux s’étaient déjà installés au bord de l’eau. La chaleur diminuait notablement.

Le coucher de soleil était magnifique, la ville semblait émerger du bassin, accompagnant un brouillard qui doucement effaçait ses contours. Nous nous assîmes, en position du lotus, comme beaucoup d’autres l’avaient fait, pour célébrer le crépuscule.

Quelques pèlerins, le corps à demi plongé dans l’eau, pratiquaient les ablutions du soir. Ils disparaissaient sous la surface, l’espace d’un court instant, s’ébrouaient brièvement, replongeaient de nouveau, répétant ce rite trois fois de suite.

Je me disais que si le paradis existait quelque part, il devait ressembler un peu à ça. Rarement je ne m’était senti aussi bien. Claudia, les yeux mi-clos, semblait elle aussi apprécier ce moment magique.

Des musiciens indiens s’étaient installés tout à côté et, bientôt, une mélopée envoutante monta doucement dans l’air calme du soir. L’agitation environnante s’apaisait enfin, tandis que Pushkar s’éclairait doucement. C’était le moment préféré de la plupart des voyageurs occidentaux. Le soleil disparaissait progressivement à l’horizon teintant, brièvement, le ciel et le lac d’une superbe couleur dorée.

De grosses volutes de fumée s’élevaient paresseusement dans l’air, une odeur enivrante de marijuana nous saisit à la gorge.

Je pris mon shilom, que je remplis doucement, puis sortant un bout de tissu de ma poche, je l’enroulai consciencieusement autour de la pipe. Je présentai ensuite l’ensemble à Claudia, qui l’alluma dans un grand sourire. Nous restâmes ainsi, flottant agréablement aux grés des nuages qui défilaient doucement au-dessus de nous. La douceur du moment n’avait d’égal que le bonheur de notre rencontre. C’est ensemble, la nuit étant tombée depuis longtemps, que nous rejoignîmes l’hôtel de Claudia.

Une semaine se passa, Christian semblait fatigué. Il trainait son spleen assis des journées entières, louvoyant d’une terrasse à l’autre, le regard vide et l’esprit ailleurs.

Nous ne nous rendîmes pas compte immédiatement du changement qui était intervenu, tout étourdis que nous étions par ce qui nous arrivait. Quand Claudia annonça qu’elle avait l’intention de se rendre au Pakistan, je décidais de l’accompagner. De son coté, Christian avait décidé de faire un peu de chemin seul, en direction du sud.

Nous continuâmes notre voyage en bus. Il faisait très beau et l’appel de la route était irrésistible.
Voyager avec des enfants aux États-Unis
by Kimy6791 · 2013-02-21 · 33 replies
Bonjour,

J'ai du mal à comprendre toutes les critiques de ces derniers jours (semaines). Nous sommes toujours partis en vacances avec nos enfants, même très jeunes. 😛

Voyager en avion à 5 au début des années 80 était un luxe, alors nous partions en camping (caravane puis camping car) avec nos 3 enfants.

En 1980, nous avons fait la Grèce (7000km AR) avec notre fille âgée de 18 mois... Sur place nous avons eu les mêmes critiques que sur ce forum (les 3ème âges en voyage organisé ne comprenaient pas...). C'est vrai que ma fille ne se souvient pas du voyage, mais sur place elle était très heureuse (piscine ou plage le soir, aller voir les voisins au camping....) Et l'année d'après nous avons fait la Corse en itinérant avec notre fille et notre fils (il avait 6 semaines.....).

En 1991 nous avons commencé à voyager en avion avec nos 3 enfants (12 ans, 10 ans et 6 ans). Nous avons toujours essayé de tenir compte de l'âge des enfants, et tous nos voyages se sont très bien passés. Supers souvenirs pour toute la famille.

Le mois prochain, ma fille partira 1 semaine à NY (et oui, encore NY 🙂 ) avec ses 2 enfants (2 ans et 5 ans). Le petit de 5 ans rêve de découvrir NY, alors ses parents ont voulu lui faire plaisir....

Mais que tous ceux qui partiront prochainement aux USA se rassurent, il n'y aura pas 2 em... de plus dans l'avion, ils ont déjà pris l'avion pour des vols long courrier.

Dans une autre discussion Bastinj a écrit :

Mais apparemment les jeunes parents (qui, en âge, ne sont pourtant plus si jeunes) ne raisonnent plus comme les anciens

Au contraire, je pense qu'ils raisonnent comme leurs parents..... Ces enfants qui ont commencé à voyager très jeunes, prendre plaisirs aux voyages très jeunes, continuent avec leurs enfants.

Mais je comprends très bien qu'un enfant qui n'est jamais parti loin de chez lui étant petit, ne partira pas "à l'autre bout du monde" avec ses enfants. 🏴‍☠️
Croisière "Arc-en-ciel Tropical" à bord du Costa Mediterranea le 18 février 2013
by Liiiiiinouuu · 2013-01-06 · 28 replies
Bonjour,

Le 18 février je vais faire une croisière dans les Caraïbes à bord du Costa Mediterranea. (Arc-en-ciel Tropical) Cette croisière va être la deuxième, la première était en Grèce juillet 2012 sur le Costa Atlantica. J'ai énormément apprécier cette première croisière, il y avait pas mal de français(e)s de mon âge (15 ans). Etant donné que cette croisière se passe dans les Caraïbes je me pose la question si il va y avoir des français ?? Y'a t-il du personnel parlant le français ? (moi et les langues... 🤪) Y'en a t-il parmi vous qui vont aussi faire cette croisière le 18 février ? Ou avez vous peut-être déjà fait la même croisière ? J'aimerais aussi savoir la température qu'il fera en moyenne. S'ennuie t'on lors des journées en mer ? Y'a t-il beaucoup de monde à la piscine/jacuzzi/transat ? On va avoir une suite panorama avec balcon, qu'en pensez vous ? J'aimerais que vous me fassiez part de votre expérience, si vous avez fait une croisière similaire à celle ci... Et si vous avez des conseils ou autres, n'hésitez pas ! J'ai tellement hâte, j'suis super excité lol 😎

Merci

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