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Air France Premium Voyageur avec un bébé: compte rendu du vol Papeete-Los Angeles-Paris CDG - Toulouse
Premier voyage à trois, 2 adultes et un bébé de 2 mois qui fait son baptême de l’air, en classe Premium Voyageur Air France, Papeete - Los Angeles - Paris CDG - Toulouse.
J’avais déjà testé cette classe en mai 2010, TR ici
Achat des billets 6 mois à l’avance, places avec nacelle réservées dès l’achat pour les tronçons long courrier (un seul emplacement en théorie en PV)
Accès aux salons grâce à mon statut FB platinum.
PPT-LAX, AF673, 11 décembre 2010 8h25, B777-200, Cabine Premium Voyageur, durée vol 8h
Enregistrement :
Enregistrement sur internet non disponible avec un bébé de moins de 2 mois. Présentation au guichet 2h avant décollage, peu de monde, file d’enregistrement prioritaire avec un seule personne devant. Bon accueil du personnel. Un ESTA pose soucis. L’impression de l’autorisation accordée que j’avais pris soin d’emporter règle vite le problème. Passage des douanes très rapide, les pax nous laissent passer en priorité avec le bébé.
Salon :
Salon de l’aéroport de PPT commun à toutes les compagnies. Accueil sympathique comme toujours. Pas grand monde à cette heure là, 2 vols prévus le matin, AF vers LAX-CDG et ATN vers AKL un peu après. Un café (il n’y a plus de machine Nespresso ?) quelques viennoiseries et macarons pour patienter. Embarquement retardé de 20 minutes suite à l’arrivée tardive de l’appareil, conséquence du mauvais temps à Paris les jours précédents.
Embarquement :
Rapide par la file d’accès prioritaire, installation dans nos sièges, coté droit de la cabine (22 K et L) au premier rang de la cabine. 24 sièges au total, 21 sont occupés puis 2 passagers montent de la cabine arrière après comptage des passagers. Retard final au décollage de 35 minutes en raison de l’attente de passagers en retard…
Confort de la cabine :
Tout a déjà été dit, de l’espace supplémentaire et du calme bien appréciable par rapport à l’éco, au siège un peu trop dur et position allongée insuffisante. Le premier rang (22) offre beaucoup d’espace pour les jambes, surtout les rangées latérales (22A/B et K/L). 3 hublots pour ces sièges. Le cordon de l’écouteur me semble avoir été rallongé depuis mon expérience du mois de mai (ou bien n’est ce qu’une impression ?). La tablette à sortir de l’accoudoir est 2x plus petite au premier rang qu’aux autres.
IFE :
Ecran à sortir de l’accoudoir, grande taille appréciable. Grand choix de films comme d’habitude sur AF. Pas de soucis de fonctionnement.
Catering :
Le point faible de la PV, catering éco. Repas curry d’agneau ou thon au poivre vert. Qualité quelconque. Seul avantage de la PV à ce niveau, être servi en premier donc choix tjs disponible.
PNC :
Vraiment très bien sur ce vol, détendus, sympathiques, serviables. Plus présents en cabine PV que ce que j’avais vu en mai. Très attentifs au confort du bébé, nacelle vite installée après le décollage, Une bouteille d’eau nous est apportée pour le bébé sans que nous n’ayons rien demandé.
Enquête de satisfaction AF :
Une PNC me propose de remplir un questionnaire de satisfaction avant la fin du voyage, ce que j’accepte bien volontiers. Je discute un peu avec elle en lui rendant mon enveloppe. La distribution de ces questionnaires est elle ciblée sur certains passagers, tirage au sort, au bon vouloir des PNC ? En fait des numéros de sièges sont prédéfinis en début de vol pour ces enquêtes proposées aux pax, et si la personne refuse, c’est le siège derrière qui se voit proposer ce questionnaire.
Transit à LAX
L’enfer !!!!
Aucune file prioritaire à l’arrivée aux douanes pour les jeunes enfants. Au moins 3 avions en même temps. Après une demie heure et les formalités d’immigration effectuées (pas très long finalement pour LAX), la galère commence.
La poussette qui devait être débarquée pour le transit ne l’est finalement pas. Bébé reste dans les bras. Il y a une file d’attente que je n’avais jamais vu pour sortir de la salle des bagages. Pour ceux qui connaissent, la file commence tout a gauche de la salle, serpente en accordéon entre les carrousels sur toute la longueur et la largeur de la salle avant de déboucher sur la sortie. A vue de nez je dirais dans les 200 mètres de file d’attente. Aucune file prioritaire pour les enfants. Heureusement un personnel au sol Air France nous amène directement vers la sortie et nous fraye un passage rapide.
La suite n’est pas mieux, il faut remonter au hall départ et repasser les filtres de sécurité. Gros afflux de pax en même temps, c’est le bazar et il faut faire bloc à 2 pour protéger le petit pour qu’il ne prenne pas de coup dans la bousculade. Difficile aussi de franchir le barrage de la file premium, la personne en charge est dépassée par les évènements et ne laisse passer personne. Il faut du temps et on finit par franchir tous les barrages. Heureusement le bébé a dormi dans les bras pendant tout ce temps !
Transit 3h10.
LAX-CDG, AF073, 11 décembre 2010, 21h40, B777-300ER, cabine Premium Voyageur, durée vol 10h30
Salon :
Un peu de monde, mais on trouve une place assise. Pas le temps d’en profiter, il ne reste pas beaucoup de temps avant l’embarquement et il faut changer le bébé.
Embarquement :
Passage très rapide par la file prioritaire. Sièges 19E/F, coté gauche de la partie centrale, premier rang pour le bloc de sièges EFGH. Sur les cotés A/B et K/L il existe un rang supplémentaire (18) devant les issus de secours, pas de hublot pour ces places. Remplissage 27/28.
Retard au décollage 25 minutes du à un incident avec un couple en éco : Un jeune couple avec un bébé est placé au milieu des 4 sièges centraux (F/G) en plein milieu de la cabine sans emplacement nacelle, alors qu’une place adaptée avait été réservée semble-t-il. Le couple demande à changer de place, les PNC veulent faire décoller l’avion et arranger ça après, le couple veut être changé de place avant, le ton monte avec la chef de cabine qui les menace de les débarquer, le couple demande effectivement à être débarqué, la chef de cabine menace d’appeler les forces de l’ordre… Tout le monde se calme quand un couple sans enfant devant un emplacement nacelle propose gentiment de laisser sa place.
Confort de la cabine :
Pas mal de place pour les jambes. Les places 19E/F/G/H sont devant la cloison des toilettes, la nacelle est accrochée à cette cloison ce qui occasionne des vibrations à chaque visite. Toujours difficile de dormir dans ces sièges PV (vol de nuit).
IFE :
Idem premier vol, pas de dysfonctionnement.
Catering :
Repas : choix entre parmentier de bœuf (finalement pas mauvais pour du catering éco malgré l’aspect) ou pâtes sauce tomate et vin. Un petit déjeuner est servi avant l’atterrissage.
PNC :
Peu présents pour ce vol (de nuit), mais toujours disponibles et sympathiques.
Transit à CDG
La bonne surprise !!!
Sortie rapide de l’avion, terminal 2E. Passage des formalités de douanes rapide grâce à la file prioritaire et les pax qui nous cèdent leur place en voyant le bébé. On ne cherche pas la poussette cette fois ci sachant maintenant qu’elle ne ressortirait qu’à Toulouse. Repassage des filtres de sécurité très rapide terminal 2F, peu de monde, le personnel nous fait passer en priorité.
Transit 1h30.
CDG-TLS, AF7788, 12 décembre 2010, 18h45, A320
Salon terminal 2 F :
Là aussi pas le temps d’en profiter, juste le temps de changer le bébé, boire un verre et il faut embarquer
Vol :
Embarquement à l’heure, pas de file prioritaire car 2 vols embarquent en même temps à la même porte mais un agent d’embarquement nous fait passer devant. Sièges 1A/B (la classe, mais bon c’est que Paris-Toulouse…). Sièges ancienne livrée sur cet A320, toujours pas essayer ces nouveaux sièges en vol domestique. PNC sympathiques.
Débarquement :
Très rapide. Peu d’attente pour la livraison des bagages. Arrivée des valises dans le désordre, prioritaire ou pas.
Conclusion
Le gros point noir de ce voyage a été le transit à LAX.
Concernant la PV, comme cela a été dit par beaucoup de monde, c’est un produit acceptable quand on monte Y>W (comme moi) mais pas pour ceux qui veulent descendre J>W, la différence de confort semble être énorme (je n’ai jamais pris la J).
Je regrette le rapport qualité/prix que je juge moyen même si je prends cette classe de voyage pour la 2° fois pour du très long courrier. On peut espérer un peu plus de confort pour le prix demandé, ou bien espérer un prix un peu plus abordable.
Cabine PV avec un bébé : la présence de notre petit bout n’a pas dérangé nos voisins. Le bébé est resté globalement calme mais quand il lui arrivé de pleurer, les autres personnes n’ont pas paru l’entendre. Sur le premier tronçon les gens n’ont même pas tourné la tête. Sur le 2° tronçon, notre voisin immédiat ne l’a même pas entendu pleurer alors qu’il dormait à moins d’un mètre de la nacelle (avec le casque sur les oreilles) : « il a été calme dites donc votre bébé. Ah bon il a pleuré ? J’ai rien entendu ! »
Comparaison cabine PV B772 et B773 : j’ai une préférence pour le 772, l’avion est plus petit, la cabine plus calme (pas de toilettes dans la cabine donc moins de passage), plus de hublots disponibles pour ceux qui aiment ça. Lors de mon précédent voyage j’avais eu l’impression (forcément subjective) d’avoir moins de place pour les jambes entre 2 sièges (je ne parle pas du premier rang). Je ne pense pas pourtant qu’il y ait un pitch différent entre B772 et B773, cette caractéristique devrait être la même quel que soit le type d’appareil. J’en ai parlé avec une PNC, elle n’avait pas notion d’une différence mais n’avait volé qu’une fois sur B773. J’ai bien regardé dans les 2 avions et je n’ai pas eu d’impression visuelle de différence notable (mais je n’ai pas mesuré non plus). Je ne sais pas si je me suis trompé la dernière fois ou si d’autre personne ont déjà eu cette impression ?
Photos : surtout pour le premier tronçon PPT LAX, la fatigue du transit à LAX m’a achevé pour la suite.
1 à 5 salon à Papeete
6 à 12 PPT LAX B777-200
13 à 18 LAX CDG B777-300ER
J’avais déjà testé cette classe en mai 2010, TR ici
Achat des billets 6 mois à l’avance, places avec nacelle réservées dès l’achat pour les tronçons long courrier (un seul emplacement en théorie en PV)
Accès aux salons grâce à mon statut FB platinum.
PPT-LAX, AF673, 11 décembre 2010 8h25, B777-200, Cabine Premium Voyageur, durée vol 8h
Enregistrement :
Enregistrement sur internet non disponible avec un bébé de moins de 2 mois. Présentation au guichet 2h avant décollage, peu de monde, file d’enregistrement prioritaire avec un seule personne devant. Bon accueil du personnel. Un ESTA pose soucis. L’impression de l’autorisation accordée que j’avais pris soin d’emporter règle vite le problème. Passage des douanes très rapide, les pax nous laissent passer en priorité avec le bébé.
Salon :
Salon de l’aéroport de PPT commun à toutes les compagnies. Accueil sympathique comme toujours. Pas grand monde à cette heure là, 2 vols prévus le matin, AF vers LAX-CDG et ATN vers AKL un peu après. Un café (il n’y a plus de machine Nespresso ?) quelques viennoiseries et macarons pour patienter. Embarquement retardé de 20 minutes suite à l’arrivée tardive de l’appareil, conséquence du mauvais temps à Paris les jours précédents.
Embarquement :
Rapide par la file d’accès prioritaire, installation dans nos sièges, coté droit de la cabine (22 K et L) au premier rang de la cabine. 24 sièges au total, 21 sont occupés puis 2 passagers montent de la cabine arrière après comptage des passagers. Retard final au décollage de 35 minutes en raison de l’attente de passagers en retard…
Confort de la cabine :
Tout a déjà été dit, de l’espace supplémentaire et du calme bien appréciable par rapport à l’éco, au siège un peu trop dur et position allongée insuffisante. Le premier rang (22) offre beaucoup d’espace pour les jambes, surtout les rangées latérales (22A/B et K/L). 3 hublots pour ces sièges. Le cordon de l’écouteur me semble avoir été rallongé depuis mon expérience du mois de mai (ou bien n’est ce qu’une impression ?). La tablette à sortir de l’accoudoir est 2x plus petite au premier rang qu’aux autres.
IFE :
Ecran à sortir de l’accoudoir, grande taille appréciable. Grand choix de films comme d’habitude sur AF. Pas de soucis de fonctionnement.
Catering :
Le point faible de la PV, catering éco. Repas curry d’agneau ou thon au poivre vert. Qualité quelconque. Seul avantage de la PV à ce niveau, être servi en premier donc choix tjs disponible.
PNC :
Vraiment très bien sur ce vol, détendus, sympathiques, serviables. Plus présents en cabine PV que ce que j’avais vu en mai. Très attentifs au confort du bébé, nacelle vite installée après le décollage, Une bouteille d’eau nous est apportée pour le bébé sans que nous n’ayons rien demandé.
Enquête de satisfaction AF :
Une PNC me propose de remplir un questionnaire de satisfaction avant la fin du voyage, ce que j’accepte bien volontiers. Je discute un peu avec elle en lui rendant mon enveloppe. La distribution de ces questionnaires est elle ciblée sur certains passagers, tirage au sort, au bon vouloir des PNC ? En fait des numéros de sièges sont prédéfinis en début de vol pour ces enquêtes proposées aux pax, et si la personne refuse, c’est le siège derrière qui se voit proposer ce questionnaire.
Transit à LAX
L’enfer !!!!
Aucune file prioritaire à l’arrivée aux douanes pour les jeunes enfants. Au moins 3 avions en même temps. Après une demie heure et les formalités d’immigration effectuées (pas très long finalement pour LAX), la galère commence.
La poussette qui devait être débarquée pour le transit ne l’est finalement pas. Bébé reste dans les bras. Il y a une file d’attente que je n’avais jamais vu pour sortir de la salle des bagages. Pour ceux qui connaissent, la file commence tout a gauche de la salle, serpente en accordéon entre les carrousels sur toute la longueur et la largeur de la salle avant de déboucher sur la sortie. A vue de nez je dirais dans les 200 mètres de file d’attente. Aucune file prioritaire pour les enfants. Heureusement un personnel au sol Air France nous amène directement vers la sortie et nous fraye un passage rapide.
La suite n’est pas mieux, il faut remonter au hall départ et repasser les filtres de sécurité. Gros afflux de pax en même temps, c’est le bazar et il faut faire bloc à 2 pour protéger le petit pour qu’il ne prenne pas de coup dans la bousculade. Difficile aussi de franchir le barrage de la file premium, la personne en charge est dépassée par les évènements et ne laisse passer personne. Il faut du temps et on finit par franchir tous les barrages. Heureusement le bébé a dormi dans les bras pendant tout ce temps !
Transit 3h10.
LAX-CDG, AF073, 11 décembre 2010, 21h40, B777-300ER, cabine Premium Voyageur, durée vol 10h30
Salon :
Un peu de monde, mais on trouve une place assise. Pas le temps d’en profiter, il ne reste pas beaucoup de temps avant l’embarquement et il faut changer le bébé.
Embarquement :
Passage très rapide par la file prioritaire. Sièges 19E/F, coté gauche de la partie centrale, premier rang pour le bloc de sièges EFGH. Sur les cotés A/B et K/L il existe un rang supplémentaire (18) devant les issus de secours, pas de hublot pour ces places. Remplissage 27/28.
Retard au décollage 25 minutes du à un incident avec un couple en éco : Un jeune couple avec un bébé est placé au milieu des 4 sièges centraux (F/G) en plein milieu de la cabine sans emplacement nacelle, alors qu’une place adaptée avait été réservée semble-t-il. Le couple demande à changer de place, les PNC veulent faire décoller l’avion et arranger ça après, le couple veut être changé de place avant, le ton monte avec la chef de cabine qui les menace de les débarquer, le couple demande effectivement à être débarqué, la chef de cabine menace d’appeler les forces de l’ordre… Tout le monde se calme quand un couple sans enfant devant un emplacement nacelle propose gentiment de laisser sa place.
Confort de la cabine :
Pas mal de place pour les jambes. Les places 19E/F/G/H sont devant la cloison des toilettes, la nacelle est accrochée à cette cloison ce qui occasionne des vibrations à chaque visite. Toujours difficile de dormir dans ces sièges PV (vol de nuit).
IFE :
Idem premier vol, pas de dysfonctionnement.
Catering :
Repas : choix entre parmentier de bœuf (finalement pas mauvais pour du catering éco malgré l’aspect) ou pâtes sauce tomate et vin. Un petit déjeuner est servi avant l’atterrissage.
PNC :
Peu présents pour ce vol (de nuit), mais toujours disponibles et sympathiques.
Transit à CDG
La bonne surprise !!!
Sortie rapide de l’avion, terminal 2E. Passage des formalités de douanes rapide grâce à la file prioritaire et les pax qui nous cèdent leur place en voyant le bébé. On ne cherche pas la poussette cette fois ci sachant maintenant qu’elle ne ressortirait qu’à Toulouse. Repassage des filtres de sécurité très rapide terminal 2F, peu de monde, le personnel nous fait passer en priorité.
Transit 1h30.
CDG-TLS, AF7788, 12 décembre 2010, 18h45, A320
Salon terminal 2 F :
Là aussi pas le temps d’en profiter, juste le temps de changer le bébé, boire un verre et il faut embarquer
Vol :
Embarquement à l’heure, pas de file prioritaire car 2 vols embarquent en même temps à la même porte mais un agent d’embarquement nous fait passer devant. Sièges 1A/B (la classe, mais bon c’est que Paris-Toulouse…). Sièges ancienne livrée sur cet A320, toujours pas essayer ces nouveaux sièges en vol domestique. PNC sympathiques.
Débarquement :
Très rapide. Peu d’attente pour la livraison des bagages. Arrivée des valises dans le désordre, prioritaire ou pas.
Conclusion
Le gros point noir de ce voyage a été le transit à LAX.
Concernant la PV, comme cela a été dit par beaucoup de monde, c’est un produit acceptable quand on monte Y>W (comme moi) mais pas pour ceux qui veulent descendre J>W, la différence de confort semble être énorme (je n’ai jamais pris la J).
Je regrette le rapport qualité/prix que je juge moyen même si je prends cette classe de voyage pour la 2° fois pour du très long courrier. On peut espérer un peu plus de confort pour le prix demandé, ou bien espérer un prix un peu plus abordable.
Cabine PV avec un bébé : la présence de notre petit bout n’a pas dérangé nos voisins. Le bébé est resté globalement calme mais quand il lui arrivé de pleurer, les autres personnes n’ont pas paru l’entendre. Sur le premier tronçon les gens n’ont même pas tourné la tête. Sur le 2° tronçon, notre voisin immédiat ne l’a même pas entendu pleurer alors qu’il dormait à moins d’un mètre de la nacelle (avec le casque sur les oreilles) : « il a été calme dites donc votre bébé. Ah bon il a pleuré ? J’ai rien entendu ! »
Comparaison cabine PV B772 et B773 : j’ai une préférence pour le 772, l’avion est plus petit, la cabine plus calme (pas de toilettes dans la cabine donc moins de passage), plus de hublots disponibles pour ceux qui aiment ça. Lors de mon précédent voyage j’avais eu l’impression (forcément subjective) d’avoir moins de place pour les jambes entre 2 sièges (je ne parle pas du premier rang). Je ne pense pas pourtant qu’il y ait un pitch différent entre B772 et B773, cette caractéristique devrait être la même quel que soit le type d’appareil. J’en ai parlé avec une PNC, elle n’avait pas notion d’une différence mais n’avait volé qu’une fois sur B773. J’ai bien regardé dans les 2 avions et je n’ai pas eu d’impression visuelle de différence notable (mais je n’ai pas mesuré non plus). Je ne sais pas si je me suis trompé la dernière fois ou si d’autre personne ont déjà eu cette impression ?
Photos : surtout pour le premier tronçon PPT LAX, la fatigue du transit à LAX m’a achevé pour la suite.
1 à 5 salon à Papeete
6 à 12 PPT LAX B777-200
13 à 18 LAX CDG B777-300ER
GR70, chemin de Stevenson: budget, gîtes/campings?
Bonjour à tous,
J'ai pour projet de partir sur les traces de Stevenson au mois d'aout 2009 ..
Je pense le parcourir en 15 jours, auriez vous une idée du budget à prévoir ?! Comment se passe la réservation des gîtes ou camping ?! Réservation à l'avance ou le matin même ?!
C'est ma première rando seule, envie de nature et de liberté ! Pensez vous que je fais le bon choix en choississant le GR70?! Y'a t-il des risque à partir seule ?!
Merci de vous réponses, hésitez pas à partagez votre expérience sur ce parcours, j'aimerai beaucoup avoir quelques avis avant de partir ..
Mon Paris-Hendaye stoppé au but de 2 jours: récit
Un Paris-Hendaye en solo, 13-14 août 2004, stoppé le deuxième jour- Récit
J’étais sur le depart depuis deux-trois jours. Des courriers à faire, des factures à payer, des bricoles pour le voyage…
Finalement je suis parti vendredi très tard, le soir vers 18-19 heures.
j’étais très decalé dans mes heures de sommeil ces derniers jours, et considerant que s’il me fallait patienter jusqu’au retablissement d’horaires normaux, l’arrêt des orages, ceci cela, bref : je suis parti.
Le tracé de mon parcours fût tout simple, trop simple : j’ai tracé une ligne droite entre Paris-Porte de St Cloud et Hendaye. j’ai voulu faire au plus court.
J’ai ensuite choisi les voies semblant les moins frequentées par les autos quand c’était possible à proximité de cette ligne.
j’ai essayé d’éviter la forêt de Meudon menant à Velizy, pour ceux qui connaisent, à cause de fortes côte incompatibles avec les rapports de vitesse sur mon vélo.
Je n’ai pas les rapports plateaux/pignons qu’il me faudrait pour rouler sans forcer dans ce genre de côtes.
Je suis donc passé par le Pont de Billancourt (Boulogne-Issy les Moulineaux), puis pris une côte relativement modeste pour quelqu’un d’un peu entrainé comme moi, mais ne m’obligeant pas trop forcer sur mes pauvres genoux à cause des lacunes de mon vélo. c’est un des Hics dans ce voyage. vélo pas fait pour ça.
Clamart, Plessis Robinson, Bievres, Igny, Saclay et ça a commencé à me plaire beaucoup car c’est là il me semble que j’ai vu mon premier champs, la campagne, l’espace, la lumière !
moi qui vit dans un environnement hyper urbain, complètement saturé par les voitures, le bruit, dans l’ombre des immeubles.
J’ai suivi une piste cyclable longeant une departementale à vitesse rapide, à moins que ce ne soit une autoroute. C’est décidement tres long de sortir de la grande ville tentaculaire.
Gif sur Yvette (j’espere qu’il prennent leur pied tous les 2 au moins), puis je passe dans la forêt : St Rémy de Chevreuse, - C’est beau ! je comprends maintenant pourquoi tant de cyclistes parisiens vont rouler là-bas. La route est tres belle. Des côtes ‘sympas ‘ aussi.
Les Molières, Limours, encore des bois … apres j’ai un trou, je sais que je suis passé dans Ablis, puis pres de St Arnoult.
Le temps a été parfait pour rouler. Un ciel un peu menaçant mais par conséquent pas de chaleur etouffante, pas trop de vent. j'ai eu droit à un magnifique arc-en-ciel que j’ai pris en photo. Quelques gouttes de pluie, rien de méchant.
Que du bonheur. la belle lumière de la fin du jour sur les paysages : un régal pour les yeux.
j'etais compeletement euphorique dans l’effort .
Vers Ablis/St Arnoult donc il faisait presque nuit. Il devait être dans les 21h30.
Plus que temps de me poser la question ‘ où vais je planter la tente ?’
En réalité tout en roulant j’avais envisagé de camper dans la nature, mais quelque chose me poussait chaque fois à continuer ma route. Probablement mon départ en fin de journée,
mais aussi le fait que je n’avais pas envie de me retrouvé isolé pour ma premiere nuit dehors.
Au bord de la route, dans Ablis, je vois un homme chaussant des pantoufles roses promener un petit chien . Savez-vous s’il y aurait un camping dans le coin svp ? Oui, il y en a un tout pres. vous continuer, à droite. J’aime beaucoup vos pantoufles roses Ce sont celles de ma femme Ah je vois.
J’ai peut-être parcouru 1 km et je suis tombé sur l’entrée d’un petit camping. C’était comme magique. il faisait presque nuit, je n’avais aucune idée d’où j’allais bivouaquer, et d’un coup je me trouve tout étonné devant l’entrée d’un camping !
Ce camping se trouve apparament dasn la localité de St Arnoult (cachet sur la facture).
j'ai monté ma tente - ultralight T2 Decath - avec l’aide du gars du camping, et d’une jeune fille qui nous a gentiment eclairés avec une grosse lampe.
Je suis aller faire un tour histoire de me frotter un peu au groupe d’humains.
Les gens étaient réunis dans un coin-pétanque. J’ai un peu bavardé, puis je suis allé me preparer de délicieuses pâtes complètes dans mon bol/popotte. Degustation sous les étoiles, abrité du froids par une veste de cycliste epaisse, qui venait alourdir pas mal mes bagages mais qui se revelait mainetenant bien indispensable.
J’avais aussi emmené un pull fin au cas où. Le fameux principe du ‘muticouches’ à vélo.
J’ai évoqué mes problèmes de synchro question sommeil. Je me suis donc forcé à dormir.
Le résultat fût un mauvais sommeil de quelques heures seulement dans cette situation tres inhabituelle pour moi en outre. Dormir sous une tente exigüe, moi qui suit legerment claustrophobe.
Les conséquences furent catastrophique pour le lendemain.
Reveil bien avant le lever du jour.
J’allais me faire du thé, mais la boîte d’allumette était fichue, trempée. De l’eau avait dégouliné du sac plastique contenant le bol/gamelle apres la vaisselle du soir.
Je n’ai pas fait de scoutisme dans ma jeunesse moi. Les erreurs du débutant j’imagine.
Pas de pain. Pas envie de manger des sardines à l’huile sans pain à 7 heures du mat.
Tout le monde dort autour de moi. Je vais me laver.
J’aurais du le faire avant de me coucher. Grosse erreur.
C’est mieux avant de se glisser dans le sac de couchage je pense. Dorenavent je me doucherai le soir quitte à eventuellment omettre de le faire le matin, me dis-je.
Ah oui, j’ai oublié le petit sac avec le (demi) savon, la brosse à dent à la maison.
Zut.
Mais tout ceci ne stoppe pas un véritable aventurier, n’est ce pas ?
Je me douche sans savon.
Je me seche avec une sorte de torchon que j’ai pris à la place d’une serviette dans le but d’alleger le paquetage (lu sur le web).
Je jette le truc à la poubelle en me disant que c’était une mauvaise idée. C’est nul, ça sèche pas et ça brûle la peau ce machin. J’acheterai une petite serviette à la premère occasion
je remonte sur mon velo sans trop de mal, mais pas du tout reveillé. En réalité complètement endormi.
Ensuite 10 km contre le vent à une vitesse d'escargot et dans la souffrance.
Manque de sommeil implique pas d'influx nerveux. Les muscles fonctionnent mais l’electronique, les commandes de la machine sont défaillantes. C’est ce qui arrive par exemple quand on fait la nouba et qu’on va travailler le lendemain sans avoir dormi : c’est l’horreur, le moindre geste est penible, le moindre bruit raisonne dans la tête.
Bon, là je suis à Ablis donc. J’ai fait 10 Km en 45 minutes !
la journée commence tres mal pour moi.
C’est samedi matin, y’a pratiquement personnne sur cette jolie place.
je hèle un jeune gars devant la poste. Lui demande s’il accepterait de me vendre un briquet. il me l'offre.
je me fais du thé dans le bol en alu qui me sers à la fois de gamelle et de bol (attention : l’alu pèse moins que l’inox, mais c’est probablement tres nefaste pour notre santé. Je déconseille. La conso d’alu augmenterait considérablement les risques d’Alzheimer à la longue.
en plus il n’est pas tres secure ce bol. la base est etroite et je risque de m’eboullanté en cas de chute. Mauvaise pioche).
Là je constate que vu la température matinale plus que fraîche mon rechaud met beoucoup de temps à chauffer le bol d’eau.
le garçon au briquet m’a dit que tout était fermé ! boulangerie, supermarché …
C’est catastrophique. Moi qui rêve depuis le levé d’acheter du pain et de me taper un enorme sandwich. quand je suis crevé je dévore !
En plus je devrais probablement dévier de ma route sur des km pour trouver un magasin, me dis-je. ReZut.
Je bois goulument un thé tres sucré.
Hummm ! c’est bon. Ça rechauffe, ça reveille.
C’est alors que je prends soudain conscience de quelque chose de tres important :
j’ai roulé avec un cuissard court – plus ma chaude veste de vélo - mais je suis en réalité mort de froid.
je réalise que j’ai froid, que j’ai faim, et que j’ai sommeil ! ! !
La totale.
Incroyable : Je ne m’en étais pas rendu compte jusque là, à cause de mon état d’endormissement.
Alors je retire mon cuissard - en slip au milieu de la place du village ! hihi - et j’enfile mon cuissard long.
Oh là ! ça va mieux. J’étais vraiment transis de froid.
Je ressens intensément un bien être.
Quelques autochtones apparaissent et se dirigent vers le grand supermarché du village que l’on voit depuis la grande place. Le jeune au briquet s’est trompé.
Je suis drôlement content, je vais pouvoir acheter de la nourriture et de l’eau ! super.
Apres avoir avalé un second bol de thé, il est 9 heures 10, le supermarché est ouvert, je m’y rends. Je rentre le vélo dans le magasin et apres un premier regard sevère la responsable fait preuve de comprehension vu l’impressionant volume de bagages sur le vélo. Impossible de tout decharger, attacher le vélo, tout porter dans le magasin. Et pas question de le laisser dehors sans surveillance. Jamais.
En principe je prends toujours la sacoche-avant avec moi (appareil photo, parpiers…) mais là je suis à coté de mes pompes, il faut bien le reconnaître.
j'achète de l'eau, du pain, des abricots, un petit savon de maseille, (vendu par deux. j'en abandonne un sur un banc après), brosse à dent ( dont j'ai coupé la moitié du manche), une boîte de spaghetti bolognese pas terrible par definition à la sauce tomate grasse…(que je devore froid avec du pain plus tard sur la place comme un festin) .
j'achète un petit tube de dentifrice à la pharmacie huste après, et quand la phamacienne charmante me donne un detail sans interêt à propos de du produit – j’ai demandé un tube de petite taille – je lui dit retorque avec un ton sec ‘J’men fiche, j’veux juste me brosser les dents avec !’
Oh là ! qu’est ce qui m’arrive ? J’ajoute immediatement ‘Excusez-moi, je manque de sommeil’
J’ai les nerfs en vrilles, c’est clair.
Finalement je repars.
Au fait : la boussole c'est génial. faut pas oublier la boussole. on navigue super bien à la boussole une fois qu’on connais le cap (environ 220 degré dans mon cas).
je l'avais oubliée l'année derniere en rando en Normandie, ça m’avait joué des tours.
Erreurs de routes, pertes de temps. Avec une boussole c’est parfait. Pas la peine d’en prendre une grosse encombrante… encore que si on n’a pas les dregrés dessus … hmmm, à voir.
samedi j'ai donc vécu UNE DES PIRES JOURNEE DE MON EXISTENCE
mais maintenant je réalise la chance que j’ai eu !
J’expliquerai plus loin.
J’ai souffert d’un impitoyable manque de sommeil, donc, allié au fait que j’ai roulé à travers ce qu’on appelle ….
… la Beauce.
des routes départementales peu frequentées, pratiquement toutes droites, pas trop de pente mais interminables avce un paysage monotone : Des champs immenses, de blé la plupart du temps, et un vent (de face dans mon cas) tout le temps, tout le temps, tout le temps
LE DESERT ! PAS UN ENDROIT OU S’ALLONGER D0 L'OMBRE, PAS UN ARBRE ! RIEN ! et bien sûr le cagnard total dès 10 heures du mat ce samedi 14 août !
de temps en temps on passe dans un petit village, presque desert à cette epoque de l’année apparament.
A un moment donné, éxtenué, je suis entré dans une immense ferme, à pied avec le velo à la main. je pressentait LE chien qui allait m'aggresser, comme d’hab. quoi.
finalement un enorme mollosse m’aboyais dessus appuyé sur la porte grllagée d’une sorte de chenil où il était enfermé heureusement.
à par lui, personne. je voulais demander la permission de m’allonger un moment sur un coin d'herbe ombragé.
je repars sous les aboiements menaçants.
je vois des humains passer dans la cours d’une petite maison. je demande à une dame s’il elle connaitrait un endroit où je pourrais m’allonger un moment à l’ombre car je tombe de fatigue.
elle me dit ‘NON’ avec une voix détruite de fumeuse inveterée.
je lui demande, lui suggere à demi-mot si je ne pourrais pas eventuellement m'allonger dans sa cours. ‘Et vous n’auriez pas un coin d’herbe dans votre cours ?… " quelque chose comme ça:
elle dit NON. ‘je ne reçois personne chez moi !’
elle se dirige vers la porte de la maison et lance à son compagnon, j’imagine, , toujours de sa voix ‘destroy’ (p etre la cousine de Dark Vador jene sais pas) quelque chose comme " he, tu sais quoi : y’a un mec qui veut venir s’allonger chez nous ! "
Misère !
La situation ne s’ameliore pas pour moi on dirait.
Je remonte en selle, dépité, en marmonant sans forces un ‘Mais non madame, je n’ai pas dis ça. Excuser-moi pour le dérangement’
Le calvaire continue, dans cette chaleur étouffante.
je roule, j'en peux plus, mais que faire d'autre sous ce soleil de plomb, au mileu de nulle pars ?
c'est ‘marche où crève’.
je demande à Dieu de m'éviter une crevaison : ce serait le sommet de l'horreur.
Je crois que le cagnard a débuté vers 10 h. c'est à dire 8 heures du matin heures solaire !
En effet en été lheure officilelle se situe 2 heures avant la ‘vraie’ heure solaire.
C’est à dire quele soleil est la verticale à 14 heures et non à midi heure oficielle en fait ).
Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé quand j’ai vu un agriculteur travaillant son champs près de la route coté opposé.
je l'ai interpelé en levant peniblement la main, un peu comme quand on lève le doigt à l’école.
c'était un homme jeune et apparament ouvert.
je lui dit mon problème, et lui demande la permission de m’allonger un moment entre son champs et le voisin.
il me dit ‘pas de probleme’, et que le proprio d'à coté à son avis "s'en fiche aussi certainement’.
Le coup de chance si je puis dire c’est qu’il y avait une sorte de chemin de 5-6 metres de large entre ces deux champs. D’un coté du maïs, de l’autreet là … je ne sais pas, moi qui suit de la ville.
A part ce chemin marqué par les passages d’un gros tracteur, rien, aucun endroit où camper.
mais je me repete.
La Beauce quoi !
J’ai laborieusement poussé mon vélo dans le passage jusqu’à atteindre unn certaine distance, afin de m’éloigner un peu de la route.
Et j’ai monter la tente, oui, car que faire d'autre pour m'abriter, essayer de dormir un peu ?
J’y ai mis toutes mes affaires, sacoches, etc, attaché le velo.
je me suis allongé en sous vêtement dans minuscule tente : une vraie fournaise !
Un peu de ce vent qui me ralentissait dans ma progression venait me rafraichir un petiti peu de temps à autre, mais c'était pas terrible.
Voilà. J’'étais en slip, allongé dans une minuscule tente de randonneur, sous le cagnard, avec un air etouffant, au milieu de nulle part et c’etéiat INSUPPORTABLE !
je n'arrivais pas apaiser les pensées qui s'entrechoquaient dans mon esprit, ma nervosité m'enpechait de me reposer, de trouver un appaisement.
C’est comme ça que je fonctionne. Quand je suis privé de sommeil je deviens super nerveux comme ‘pour assurer’.
Je sentais aussi les rayons du soleil sur ma peau, si bien que j’ai pensé mettre ma carte (IGN 1 :100 000) sur moi. Ce que je fit. Mais j’aurais pu faire beaucoup mieux : J’avais une couverture de survie au fond d’une sacoche ! j’y ai pas pensé. Il paraît que c’est tres efficace.
apres un certain temps dans cette situation etrange - peut-être une heure, ou peut-être un
peu moins - apres une espece de mauvais sommeil plein de pensées bizarres, angoissantes, j'ai soudain eu la sensation intense d'etouffer, et le sentiment que j’allais mourrir de suite !!!
je me redresse, je me parle à haute voie pour me rassurer. je me rhabille lentement il est midi. toujours ce soleil qui m'écrase.
toujours ce ciel bleu gigantesques nuages blancs comme du coton, presque tous identiques alignées comme sur du paier peint.
Je regarde au loin et on dirait que ce groupe de nuages bougent les uns par rapport aux autres ! s’éloignent d’une façon biezarre. C’est comme dans certaines effets spéciaux à la télé !
Ma parole j’ai des hallucination ou quoi ?
C’est la fatigue. Quelle galère, j’te jure.
Je ne regarde plus les nuages, ça me fait flipper.
je defais la tente, remet tout le paquetage sur le vélo et repars doucement.
je sens quand même un certain mieux en me remettant à pédaler apres ce repos
alors pendant un temps qui me semble infini je roule face au vent à une vitesse de limace, ne dépassant jamais les 12-15 km/h, le vent me freine toujours.
le cauchemard continue.
dans ma tête je me demande si je ne devrais pas abandonner completement mon voyage jusqu'en Espagne ! avec ces conditions climatiques, ce vélo qui me fait des douleurs au dessus des genoux- oui j’ai oublié d’en parler, j’avais déjà forcé avant de partir, et j’avais déjà des reserves je n’étais pas dutout sur de moi à cause de ces problemes musculaires et tendineux, car j’ai aussi des sequelles de tendinites aux 2 coudes qui m’ont obligé à stopper complement tout sport durant 5 mois. J’ai repris le vélo il y a 1 mois et demi environ.
Le fait qu’il n’y ait pas de rapports de vitesses suffisement connfortables sur ma machine pour les pentes tres raides semble donc décidement redhibitoire.
je suis finalement arrivé au croisement d'une nationale qui me permettrait de remonter vers la ville de Chartres si je le décidais. Qui dit ville, dit gare sncf.
Que faire ? j'hésite.
je suis trop épuisé. je décide de rentrer chez moi, de rallier mon Q.G. !
je suit donc la Nationale 154 et me tape 20 km horriblement penibles là encore j'avais du vent, une progression toujours aussi minable. J’ai dû mêttre au moins une heure et demi je pense.
C’est une nationale que je déconseille aux cyclistes
Je n’en ai croisé aucun d’ailleurs, ni là ni sur les departementale. y’a peu d’inconscients comme moi apparament !
Je ne connaissais pas ‘la Beauce’. c’est chose faite.
La N 154 est trés etroite, de nombreuses voitures qui roulaient à des vitesses de fusées ce week end du 15 août ! sûrement des departs vers la mer. Y’avait même un effet de souffle sur moi et mon velo avec les vehicule de gros gabarit.
Heureusemlent j’ai un truc formidable : un gilet jaune fluo, avec des bandes reflechissantes pour la nuit, dit gilet ‘haute visibilité’
N’en cherchez pas dans le magasins de sport : y’en a pas. Ça se trouve dans le magasins de ‘vêtements professionnels’, environ 15 €, et c’est vachement efficace !
mettez ce gilet et vous verrez de suite la difference sur les routes. La plupart des automobilistes se tiennent naturellement à distance. Ça les interpellent de voir un gars avec ça. Ils se posent pas plus de question, l gardent des distances.
Le vêtement n’est pas vraiment beau, mais je m’en fiche. Ce que je veux c’est resté en vie.
Quand on sent la puissance des voitures lancée à des vitesse delirantes - bien au delà des autorisées - on est forcés d’avoir la frousse. Un choc et la fête est finie pour de bon.
En arrivant sur Chartres il y a avait un ralentissement !
Je suis entré dans un MacDo et moi qui ne mange habituellment que du poulet et ne bois que de l‘eau et du thé - en fait plus par necessisté que par vertu car j’ai des problemes d’estomac - là j’ai devoré une enorme BeukMac (gras + sucre) avec un grand Caca Cola.
Je me sentais comme un nauvragé ayant dérivé pendant des jours sur un radeau perdu au milieu de l’océan et venant d’être miraculeusment hissé sur un navire de passage.
Ensuite j’ai à nouveau commandé la même chose !
ça allait mieux : mon esprit critique était de retour.
J’essayais d’imiter les aboiements grotesques de la responsable du MacDo surses subalternes dociles en lui passant la commande.
(Si vous ne me croyez pas allez y elle y est surement encore).
Elle ne semblait pas comprendre mon message. Alors je terminais pas un " Garde à vous ! "
en regardant ailleurs. Pardon ? " me dit-elle enfin. Rien, je plaisante.
J’imaginais les employés à sa botte, lui hurlant un ‘Chef !Oui Chef !’ au garde à vous, façon meurinzs U.S. !
La réalité depasse tres souvvent la fiction.
Apres m’être grassement restauré je suis repartie sur le boulevard peripherique de Chartres, une ville toute en pente, au sommet de laquelle trône une cathédrale tres ancienne. Ils rouletn comme des ouf là aussi.
J’ai remarqué plein de mobylettes et scooters avec des pots d’chappements trafiqués faisant un tintammare infernal. et aussi des decoletés affolant chez pluesieurs gamines e 14-16 ans (dans 2 quartiers diffrents). Doit y avoir une mode en ce moment là-bas je suppose.
Je decidais finalement de chercher un hebergement et de faire un tour le lendemain.
mais je quittais la ville dès le lendemain matin finalement apres une ballade improvisée autour de la cathedrale le soir même.
Je suis allé à l’auberge de jeunesse de Chartres, toute proche de là où je me trouvait alors.
J’y ai i pris une douche brûlante - oui, en été l’eau est bouillante dans les douches de cet etablissement.
En revanche ils ont un ingenieux système permettant de fermer les portes des chambres et des toilettes automatiquement.
Ça fonctionne tres bien.
La seule chose c’est que quand vous essayez de dormir ….vous entendez les portes claquer sans arrêt jusqu’à une heure tardive : ‘PRRRRRRRR’ !
mais il est possible d’empêcher la porte de claquer si on souhaite menager le voisinage des voyageurs fatigués. Suffit de la retenir… et une fois que la porte est presque close … ‘PRRRRRRRR!’ euh … oui, c’est pratiquement impossible d’empecher le truc. Ça ne sert à rien. Ça claque. Hihi !
Enfin perso je ne me plains pas car j’ai eu la chance d’avoir une chambre avec seulement un voisin de lit. Un jeune homme musulman tres pratiquant. je respecte.
Quand je sus entré dans la chambre il priait assis sur un beau tapis devant la fenêtre.
Comme chacun sait les chambres des ADJ en France sont souvent minuscules avec 3 lits superposés double (6 lits en tout) dans 9m². ça s’appelle une cage à lapin quoi.
En plus on crevait de chaud là-dedans, mais mon colocataire d’un soir ne voulait pas dormir fenêtre ouverte à cause ‘du bruit le matin’.
Malgré mon respect pour le sacré je dois dire qu’il m’a legerement incommodé quand même quand il a refait une prière avant de se coucher – je dormais quand il est rentré – lumiere allumée et malgré qu’il recitait à voie basse. Ça a duré 10 environ minutes.
Ce sont des choses qui arrivent.
(Un ami musulman m’expliqué hier qu’il doivent faire 5 prières quoridienne)
Mais donc avant ça, je suis sorti me ballader aux alentours de la cathédrale apres ma douche, avec dusavon cette fois.
J’ai pris quelques photos.
Je suis rentré à l’ADJ et me suis collé une demi heure devant les idioties habituelles de la télé, le samedi soir, avant d’aller me coucher car je m ‘endormais.
Sur la Une justement un animateur-producteur tres connu introduit en ce moment le concept de la troupe de nanas sexys, concept qui sévitt au quotidien dur les chaines italiennes berlusconienns notamment. Le spectacteur-voyeurs-mâle prends ainsi progressivement la malsaine habitude d’allumer le poste dans le but de se rincer l’œil abondament et libidineusement.
Regardez une chaine italienne du câble, vous comprendrez. C’est pas désagréable d’ailleurs.
Donc je pense que ça ça va marcher en France.
Merci à ces gens qui nous encouragent dans ce qui il y a de meilleur en nous.
Justement la troupe de danceuses-potiches-idiotes-sexy dont je parlais su Tf1 est grimée en meurinzs US et crie en cheour tous les samedis " Chef, oui Chef ! " à cet Ani-Mateur, en réponse à une question pretexte. lui même semble tres libidineux. Dans la version quotidienne de ce ‘jeu’ il met constament les mains sur les candidates !
C’est vrai j’invente rien : regardez par vous même.
Enfin ça rassure de se planter devant la télé apres une journée pareille.
je dois dire que pour ma part j’ai recement fichue mon poste de télé à la poubelle car je suis moi-même un être faible.
Si je me contente de la mettre en quarantaine il y a toujours un bon pretexte qui apparaît pour la remettre en place et la rallumer. Mais j’ai enormement de mal à l’éteindre.
une methode radicale s’imposait en consequence.
Pour en revenir à mon périple, je suis rentré dimanche matin. J’ai limpression d’être parti une semaine !
Pour fini, mes conclusions :
1 - Mon vélo ne me permet pas de réaliser ce voyage sans me faire mal. (Genoux) manque un troisieme plateau plus petit, plus grand pignon. Déjà l’énnée derniere, le dernier jour d’une semaine de vélo en Normandie j’avais une douleur au genoux. Y’a un soucis avec le matos.
2 - Je pense partir la prochaine fois au printemps ou en automne (en septembre ou octobre) pour un voyage au long court pour eviter de crever de chaleur. C’est insupportable.
3- Le sommeil est aussi important que la nourriture, l’eau, la temperature.
Et je ne peux pas faire un voyage pareil si je suis incapable de dormir à des heures ‘normales‘.
4 - J‘ai mal choisi mon itineraire. Pas de bois, pas un arbre sur des km, donc pas d’ombre pour s’abriter le cas echeant.
5 - Partir avec déjà des (petites) douleurs musculaires et/ou articulaires est insensé.
6 - Qu’est ce qu’on peut passer comme temps sur un ordinateur à relater un petit periple qui n’interrdse probablement que soi d’ailleurs.
7 - j’aime pas Arthur.
8 - Au final, etonnement, je réalise que j’ai une grande chance d’avoir vécue cette journée infernale.
J’en ressors avec une super envie de VIVRE, et j’ai beaucoup appris sur moi-même.
Bien sûr je ne dis qu’il faut se faire volontairement du mal à ce point là . Ce serait absurde.
je ne fais pas de la rando pour me détruire au contraire, faut que je m’amuse, même s’ il y a parfois des journées dures, ça reste globalement du bonheur. c’est pourquoi j’ai stoppé mon ‘aventure’. Reportée plus exactement.
‘L’envie’ de Goldman (c'est chanté par ’Jauni à l’idée’)
Qu'on me donne l'obscurité puis la lumière Qu'on me donne la faim la soif puis un festin Qu'on m'enlève ce qui est vain et secondaire Que Je retrouve le prix de la vie... enfin !
Qu'on me donne la peine pour que j'aime domir Qu'on me donne le froid pour que j'aime la flamme Pour que j'aime ma terre qu'on me donne l'exil Et qu'on m'enferme un an pour rêver à... des femmes !
On m'a trop donné bien avant l'envie J'ai oublié les rêves et les merci Toutes ces choses qui avaient un prix Qui font l'envie de vivre et le désir Et le plaisir aussi.. qu'on me donne l'envie L'envie d'avoir envie... qu'on allume ma vie !
Qu'on me donne la haine pour que j'aime l'Amour La solitude aussi pour que j'aime les gens Pour que j'aime le silence qu'on me fasse des discours Et toucher la misère pour respecter... l'argent !
Pour que j'aime etre sain, vaincre la maladie Qu'on me donne la nuit pour que j'aime le jour Qu'on me donne le jour pour que j'aime la nuit Pour que j'aime aujourd'hui oublier les... "toujours" !
On m'a trop donné bien avant l'envie J'ai oublié les rêves et les merci Toutes ces choses qui avaient un prix Qui font l'envie de vivre et le désir Et le plaisir aussi... qu'on me donne l'envie L'envie d'avoir envie, qu'on... Rallume ma vie !
J’étais sur le depart depuis deux-trois jours. Des courriers à faire, des factures à payer, des bricoles pour le voyage…
Finalement je suis parti vendredi très tard, le soir vers 18-19 heures.
j’étais très decalé dans mes heures de sommeil ces derniers jours, et considerant que s’il me fallait patienter jusqu’au retablissement d’horaires normaux, l’arrêt des orages, ceci cela, bref : je suis parti.
Le tracé de mon parcours fût tout simple, trop simple : j’ai tracé une ligne droite entre Paris-Porte de St Cloud et Hendaye. j’ai voulu faire au plus court.
J’ai ensuite choisi les voies semblant les moins frequentées par les autos quand c’était possible à proximité de cette ligne.
j’ai essayé d’éviter la forêt de Meudon menant à Velizy, pour ceux qui connaisent, à cause de fortes côte incompatibles avec les rapports de vitesse sur mon vélo.
Je n’ai pas les rapports plateaux/pignons qu’il me faudrait pour rouler sans forcer dans ce genre de côtes.
Je suis donc passé par le Pont de Billancourt (Boulogne-Issy les Moulineaux), puis pris une côte relativement modeste pour quelqu’un d’un peu entrainé comme moi, mais ne m’obligeant pas trop forcer sur mes pauvres genoux à cause des lacunes de mon vélo. c’est un des Hics dans ce voyage. vélo pas fait pour ça.
Clamart, Plessis Robinson, Bievres, Igny, Saclay et ça a commencé à me plaire beaucoup car c’est là il me semble que j’ai vu mon premier champs, la campagne, l’espace, la lumière !
moi qui vit dans un environnement hyper urbain, complètement saturé par les voitures, le bruit, dans l’ombre des immeubles.
J’ai suivi une piste cyclable longeant une departementale à vitesse rapide, à moins que ce ne soit une autoroute. C’est décidement tres long de sortir de la grande ville tentaculaire.
Gif sur Yvette (j’espere qu’il prennent leur pied tous les 2 au moins), puis je passe dans la forêt : St Rémy de Chevreuse, - C’est beau ! je comprends maintenant pourquoi tant de cyclistes parisiens vont rouler là-bas. La route est tres belle. Des côtes ‘sympas ‘ aussi.
Les Molières, Limours, encore des bois … apres j’ai un trou, je sais que je suis passé dans Ablis, puis pres de St Arnoult.
Le temps a été parfait pour rouler. Un ciel un peu menaçant mais par conséquent pas de chaleur etouffante, pas trop de vent. j'ai eu droit à un magnifique arc-en-ciel que j’ai pris en photo. Quelques gouttes de pluie, rien de méchant.
Que du bonheur. la belle lumière de la fin du jour sur les paysages : un régal pour les yeux.
j'etais compeletement euphorique dans l’effort .
Vers Ablis/St Arnoult donc il faisait presque nuit. Il devait être dans les 21h30.
Plus que temps de me poser la question ‘ où vais je planter la tente ?’
En réalité tout en roulant j’avais envisagé de camper dans la nature, mais quelque chose me poussait chaque fois à continuer ma route. Probablement mon départ en fin de journée,
mais aussi le fait que je n’avais pas envie de me retrouvé isolé pour ma premiere nuit dehors.
Au bord de la route, dans Ablis, je vois un homme chaussant des pantoufles roses promener un petit chien . Savez-vous s’il y aurait un camping dans le coin svp ? Oui, il y en a un tout pres. vous continuer, à droite. J’aime beaucoup vos pantoufles roses Ce sont celles de ma femme Ah je vois.
J’ai peut-être parcouru 1 km et je suis tombé sur l’entrée d’un petit camping. C’était comme magique. il faisait presque nuit, je n’avais aucune idée d’où j’allais bivouaquer, et d’un coup je me trouve tout étonné devant l’entrée d’un camping !
Ce camping se trouve apparament dasn la localité de St Arnoult (cachet sur la facture).
j'ai monté ma tente - ultralight T2 Decath - avec l’aide du gars du camping, et d’une jeune fille qui nous a gentiment eclairés avec une grosse lampe.
Je suis aller faire un tour histoire de me frotter un peu au groupe d’humains.
Les gens étaient réunis dans un coin-pétanque. J’ai un peu bavardé, puis je suis allé me preparer de délicieuses pâtes complètes dans mon bol/popotte. Degustation sous les étoiles, abrité du froids par une veste de cycliste epaisse, qui venait alourdir pas mal mes bagages mais qui se revelait mainetenant bien indispensable.
J’avais aussi emmené un pull fin au cas où. Le fameux principe du ‘muticouches’ à vélo.
J’ai évoqué mes problèmes de synchro question sommeil. Je me suis donc forcé à dormir.
Le résultat fût un mauvais sommeil de quelques heures seulement dans cette situation tres inhabituelle pour moi en outre. Dormir sous une tente exigüe, moi qui suit legerment claustrophobe.
Les conséquences furent catastrophique pour le lendemain.
Reveil bien avant le lever du jour.
J’allais me faire du thé, mais la boîte d’allumette était fichue, trempée. De l’eau avait dégouliné du sac plastique contenant le bol/gamelle apres la vaisselle du soir.
Je n’ai pas fait de scoutisme dans ma jeunesse moi. Les erreurs du débutant j’imagine.
Pas de pain. Pas envie de manger des sardines à l’huile sans pain à 7 heures du mat.
Tout le monde dort autour de moi. Je vais me laver.
J’aurais du le faire avant de me coucher. Grosse erreur.
C’est mieux avant de se glisser dans le sac de couchage je pense. Dorenavent je me doucherai le soir quitte à eventuellment omettre de le faire le matin, me dis-je.
Ah oui, j’ai oublié le petit sac avec le (demi) savon, la brosse à dent à la maison.
Zut.
Mais tout ceci ne stoppe pas un véritable aventurier, n’est ce pas ?
Je me douche sans savon.
Je me seche avec une sorte de torchon que j’ai pris à la place d’une serviette dans le but d’alleger le paquetage (lu sur le web).
Je jette le truc à la poubelle en me disant que c’était une mauvaise idée. C’est nul, ça sèche pas et ça brûle la peau ce machin. J’acheterai une petite serviette à la premère occasion
je remonte sur mon velo sans trop de mal, mais pas du tout reveillé. En réalité complètement endormi.
Ensuite 10 km contre le vent à une vitesse d'escargot et dans la souffrance.
Manque de sommeil implique pas d'influx nerveux. Les muscles fonctionnent mais l’electronique, les commandes de la machine sont défaillantes. C’est ce qui arrive par exemple quand on fait la nouba et qu’on va travailler le lendemain sans avoir dormi : c’est l’horreur, le moindre geste est penible, le moindre bruit raisonne dans la tête.
Bon, là je suis à Ablis donc. J’ai fait 10 Km en 45 minutes !
la journée commence tres mal pour moi.
C’est samedi matin, y’a pratiquement personnne sur cette jolie place.
je hèle un jeune gars devant la poste. Lui demande s’il accepterait de me vendre un briquet. il me l'offre.
je me fais du thé dans le bol en alu qui me sers à la fois de gamelle et de bol (attention : l’alu pèse moins que l’inox, mais c’est probablement tres nefaste pour notre santé. Je déconseille. La conso d’alu augmenterait considérablement les risques d’Alzheimer à la longue.
en plus il n’est pas tres secure ce bol. la base est etroite et je risque de m’eboullanté en cas de chute. Mauvaise pioche).
Là je constate que vu la température matinale plus que fraîche mon rechaud met beoucoup de temps à chauffer le bol d’eau.
le garçon au briquet m’a dit que tout était fermé ! boulangerie, supermarché …
C’est catastrophique. Moi qui rêve depuis le levé d’acheter du pain et de me taper un enorme sandwich. quand je suis crevé je dévore !
En plus je devrais probablement dévier de ma route sur des km pour trouver un magasin, me dis-je. ReZut.
Je bois goulument un thé tres sucré.
Hummm ! c’est bon. Ça rechauffe, ça reveille.
C’est alors que je prends soudain conscience de quelque chose de tres important :
j’ai roulé avec un cuissard court – plus ma chaude veste de vélo - mais je suis en réalité mort de froid.
je réalise que j’ai froid, que j’ai faim, et que j’ai sommeil ! ! !
La totale.
Incroyable : Je ne m’en étais pas rendu compte jusque là, à cause de mon état d’endormissement.
Alors je retire mon cuissard - en slip au milieu de la place du village ! hihi - et j’enfile mon cuissard long.
Oh là ! ça va mieux. J’étais vraiment transis de froid.
Je ressens intensément un bien être.
Quelques autochtones apparaissent et se dirigent vers le grand supermarché du village que l’on voit depuis la grande place. Le jeune au briquet s’est trompé.
Je suis drôlement content, je vais pouvoir acheter de la nourriture et de l’eau ! super.
Apres avoir avalé un second bol de thé, il est 9 heures 10, le supermarché est ouvert, je m’y rends. Je rentre le vélo dans le magasin et apres un premier regard sevère la responsable fait preuve de comprehension vu l’impressionant volume de bagages sur le vélo. Impossible de tout decharger, attacher le vélo, tout porter dans le magasin. Et pas question de le laisser dehors sans surveillance. Jamais.
En principe je prends toujours la sacoche-avant avec moi (appareil photo, parpiers…) mais là je suis à coté de mes pompes, il faut bien le reconnaître.
j'achète de l'eau, du pain, des abricots, un petit savon de maseille, (vendu par deux. j'en abandonne un sur un banc après), brosse à dent ( dont j'ai coupé la moitié du manche), une boîte de spaghetti bolognese pas terrible par definition à la sauce tomate grasse…(que je devore froid avec du pain plus tard sur la place comme un festin) .
j'achète un petit tube de dentifrice à la pharmacie huste après, et quand la phamacienne charmante me donne un detail sans interêt à propos de du produit – j’ai demandé un tube de petite taille – je lui dit retorque avec un ton sec ‘J’men fiche, j’veux juste me brosser les dents avec !’
Oh là ! qu’est ce qui m’arrive ? J’ajoute immediatement ‘Excusez-moi, je manque de sommeil’
J’ai les nerfs en vrilles, c’est clair.
Finalement je repars.
Au fait : la boussole c'est génial. faut pas oublier la boussole. on navigue super bien à la boussole une fois qu’on connais le cap (environ 220 degré dans mon cas).
je l'avais oubliée l'année derniere en rando en Normandie, ça m’avait joué des tours.
Erreurs de routes, pertes de temps. Avec une boussole c’est parfait. Pas la peine d’en prendre une grosse encombrante… encore que si on n’a pas les dregrés dessus … hmmm, à voir.
samedi j'ai donc vécu UNE DES PIRES JOURNEE DE MON EXISTENCE
mais maintenant je réalise la chance que j’ai eu !
J’expliquerai plus loin.
J’ai souffert d’un impitoyable manque de sommeil, donc, allié au fait que j’ai roulé à travers ce qu’on appelle ….
… la Beauce.
des routes départementales peu frequentées, pratiquement toutes droites, pas trop de pente mais interminables avce un paysage monotone : Des champs immenses, de blé la plupart du temps, et un vent (de face dans mon cas) tout le temps, tout le temps, tout le temps
LE DESERT ! PAS UN ENDROIT OU S’ALLONGER D0 L'OMBRE, PAS UN ARBRE ! RIEN ! et bien sûr le cagnard total dès 10 heures du mat ce samedi 14 août !
de temps en temps on passe dans un petit village, presque desert à cette epoque de l’année apparament.
A un moment donné, éxtenué, je suis entré dans une immense ferme, à pied avec le velo à la main. je pressentait LE chien qui allait m'aggresser, comme d’hab. quoi.
finalement un enorme mollosse m’aboyais dessus appuyé sur la porte grllagée d’une sorte de chenil où il était enfermé heureusement.
à par lui, personne. je voulais demander la permission de m’allonger un moment sur un coin d'herbe ombragé.
je repars sous les aboiements menaçants.
je vois des humains passer dans la cours d’une petite maison. je demande à une dame s’il elle connaitrait un endroit où je pourrais m’allonger un moment à l’ombre car je tombe de fatigue.
elle me dit ‘NON’ avec une voix détruite de fumeuse inveterée.
je lui demande, lui suggere à demi-mot si je ne pourrais pas eventuellement m'allonger dans sa cours. ‘Et vous n’auriez pas un coin d’herbe dans votre cours ?… " quelque chose comme ça:
elle dit NON. ‘je ne reçois personne chez moi !’
elle se dirige vers la porte de la maison et lance à son compagnon, j’imagine, , toujours de sa voix ‘destroy’ (p etre la cousine de Dark Vador jene sais pas) quelque chose comme " he, tu sais quoi : y’a un mec qui veut venir s’allonger chez nous ! "
Misère !
La situation ne s’ameliore pas pour moi on dirait.
Je remonte en selle, dépité, en marmonant sans forces un ‘Mais non madame, je n’ai pas dis ça. Excuser-moi pour le dérangement’
Le calvaire continue, dans cette chaleur étouffante.
je roule, j'en peux plus, mais que faire d'autre sous ce soleil de plomb, au mileu de nulle pars ?
c'est ‘marche où crève’.
je demande à Dieu de m'éviter une crevaison : ce serait le sommet de l'horreur.
Je crois que le cagnard a débuté vers 10 h. c'est à dire 8 heures du matin heures solaire !
En effet en été lheure officilelle se situe 2 heures avant la ‘vraie’ heure solaire.
C’est à dire quele soleil est la verticale à 14 heures et non à midi heure oficielle en fait ).
Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé quand j’ai vu un agriculteur travaillant son champs près de la route coté opposé.
je l'ai interpelé en levant peniblement la main, un peu comme quand on lève le doigt à l’école.
c'était un homme jeune et apparament ouvert.
je lui dit mon problème, et lui demande la permission de m’allonger un moment entre son champs et le voisin.
il me dit ‘pas de probleme’, et que le proprio d'à coté à son avis "s'en fiche aussi certainement’.
Le coup de chance si je puis dire c’est qu’il y avait une sorte de chemin de 5-6 metres de large entre ces deux champs. D’un coté du maïs, de l’autreet là … je ne sais pas, moi qui suit de la ville.
A part ce chemin marqué par les passages d’un gros tracteur, rien, aucun endroit où camper.
mais je me repete.
La Beauce quoi !
J’ai laborieusement poussé mon vélo dans le passage jusqu’à atteindre unn certaine distance, afin de m’éloigner un peu de la route.
Et j’ai monter la tente, oui, car que faire d'autre pour m'abriter, essayer de dormir un peu ?
J’y ai mis toutes mes affaires, sacoches, etc, attaché le velo.
je me suis allongé en sous vêtement dans minuscule tente : une vraie fournaise !
Un peu de ce vent qui me ralentissait dans ma progression venait me rafraichir un petiti peu de temps à autre, mais c'était pas terrible.
Voilà. J’'étais en slip, allongé dans une minuscule tente de randonneur, sous le cagnard, avec un air etouffant, au milieu de nulle part et c’etéiat INSUPPORTABLE !
je n'arrivais pas apaiser les pensées qui s'entrechoquaient dans mon esprit, ma nervosité m'enpechait de me reposer, de trouver un appaisement.
C’est comme ça que je fonctionne. Quand je suis privé de sommeil je deviens super nerveux comme ‘pour assurer’.
Je sentais aussi les rayons du soleil sur ma peau, si bien que j’ai pensé mettre ma carte (IGN 1 :100 000) sur moi. Ce que je fit. Mais j’aurais pu faire beaucoup mieux : J’avais une couverture de survie au fond d’une sacoche ! j’y ai pas pensé. Il paraît que c’est tres efficace.
apres un certain temps dans cette situation etrange - peut-être une heure, ou peut-être un
peu moins - apres une espece de mauvais sommeil plein de pensées bizarres, angoissantes, j'ai soudain eu la sensation intense d'etouffer, et le sentiment que j’allais mourrir de suite !!!
je me redresse, je me parle à haute voie pour me rassurer. je me rhabille lentement il est midi. toujours ce soleil qui m'écrase.
toujours ce ciel bleu gigantesques nuages blancs comme du coton, presque tous identiques alignées comme sur du paier peint.
Je regarde au loin et on dirait que ce groupe de nuages bougent les uns par rapport aux autres ! s’éloignent d’une façon biezarre. C’est comme dans certaines effets spéciaux à la télé !
Ma parole j’ai des hallucination ou quoi ?
C’est la fatigue. Quelle galère, j’te jure.
Je ne regarde plus les nuages, ça me fait flipper.
je defais la tente, remet tout le paquetage sur le vélo et repars doucement.
je sens quand même un certain mieux en me remettant à pédaler apres ce repos
alors pendant un temps qui me semble infini je roule face au vent à une vitesse de limace, ne dépassant jamais les 12-15 km/h, le vent me freine toujours.
le cauchemard continue.
dans ma tête je me demande si je ne devrais pas abandonner completement mon voyage jusqu'en Espagne ! avec ces conditions climatiques, ce vélo qui me fait des douleurs au dessus des genoux- oui j’ai oublié d’en parler, j’avais déjà forcé avant de partir, et j’avais déjà des reserves je n’étais pas dutout sur de moi à cause de ces problemes musculaires et tendineux, car j’ai aussi des sequelles de tendinites aux 2 coudes qui m’ont obligé à stopper complement tout sport durant 5 mois. J’ai repris le vélo il y a 1 mois et demi environ.
Le fait qu’il n’y ait pas de rapports de vitesses suffisement connfortables sur ma machine pour les pentes tres raides semble donc décidement redhibitoire.
je suis finalement arrivé au croisement d'une nationale qui me permettrait de remonter vers la ville de Chartres si je le décidais. Qui dit ville, dit gare sncf.
Que faire ? j'hésite.
je suis trop épuisé. je décide de rentrer chez moi, de rallier mon Q.G. !
je suit donc la Nationale 154 et me tape 20 km horriblement penibles là encore j'avais du vent, une progression toujours aussi minable. J’ai dû mêttre au moins une heure et demi je pense.
C’est une nationale que je déconseille aux cyclistes
Je n’en ai croisé aucun d’ailleurs, ni là ni sur les departementale. y’a peu d’inconscients comme moi apparament !
Je ne connaissais pas ‘la Beauce’. c’est chose faite.
La N 154 est trés etroite, de nombreuses voitures qui roulaient à des vitesses de fusées ce week end du 15 août ! sûrement des departs vers la mer. Y’avait même un effet de souffle sur moi et mon velo avec les vehicule de gros gabarit.
Heureusemlent j’ai un truc formidable : un gilet jaune fluo, avec des bandes reflechissantes pour la nuit, dit gilet ‘haute visibilité’
N’en cherchez pas dans le magasins de sport : y’en a pas. Ça se trouve dans le magasins de ‘vêtements professionnels’, environ 15 €, et c’est vachement efficace !
mettez ce gilet et vous verrez de suite la difference sur les routes. La plupart des automobilistes se tiennent naturellement à distance. Ça les interpellent de voir un gars avec ça. Ils se posent pas plus de question, l gardent des distances.
Le vêtement n’est pas vraiment beau, mais je m’en fiche. Ce que je veux c’est resté en vie.
Quand on sent la puissance des voitures lancée à des vitesse delirantes - bien au delà des autorisées - on est forcés d’avoir la frousse. Un choc et la fête est finie pour de bon.
En arrivant sur Chartres il y a avait un ralentissement !
Je suis entré dans un MacDo et moi qui ne mange habituellment que du poulet et ne bois que de l‘eau et du thé - en fait plus par necessisté que par vertu car j’ai des problemes d’estomac - là j’ai devoré une enorme BeukMac (gras + sucre) avec un grand Caca Cola.
Je me sentais comme un nauvragé ayant dérivé pendant des jours sur un radeau perdu au milieu de l’océan et venant d’être miraculeusment hissé sur un navire de passage.
Ensuite j’ai à nouveau commandé la même chose !
ça allait mieux : mon esprit critique était de retour.
J’essayais d’imiter les aboiements grotesques de la responsable du MacDo surses subalternes dociles en lui passant la commande.
(Si vous ne me croyez pas allez y elle y est surement encore).
Elle ne semblait pas comprendre mon message. Alors je terminais pas un " Garde à vous ! "
en regardant ailleurs. Pardon ? " me dit-elle enfin. Rien, je plaisante.
J’imaginais les employés à sa botte, lui hurlant un ‘Chef !Oui Chef !’ au garde à vous, façon meurinzs U.S. !
La réalité depasse tres souvvent la fiction.
Apres m’être grassement restauré je suis repartie sur le boulevard peripherique de Chartres, une ville toute en pente, au sommet de laquelle trône une cathédrale tres ancienne. Ils rouletn comme des ouf là aussi.
J’ai remarqué plein de mobylettes et scooters avec des pots d’chappements trafiqués faisant un tintammare infernal. et aussi des decoletés affolant chez pluesieurs gamines e 14-16 ans (dans 2 quartiers diffrents). Doit y avoir une mode en ce moment là-bas je suppose.
Je decidais finalement de chercher un hebergement et de faire un tour le lendemain.
mais je quittais la ville dès le lendemain matin finalement apres une ballade improvisée autour de la cathedrale le soir même.
Je suis allé à l’auberge de jeunesse de Chartres, toute proche de là où je me trouvait alors.
J’y ai i pris une douche brûlante - oui, en été l’eau est bouillante dans les douches de cet etablissement.
En revanche ils ont un ingenieux système permettant de fermer les portes des chambres et des toilettes automatiquement.
Ça fonctionne tres bien.
La seule chose c’est que quand vous essayez de dormir ….vous entendez les portes claquer sans arrêt jusqu’à une heure tardive : ‘PRRRRRRRR’ !
mais il est possible d’empêcher la porte de claquer si on souhaite menager le voisinage des voyageurs fatigués. Suffit de la retenir… et une fois que la porte est presque close … ‘PRRRRRRRR!’ euh … oui, c’est pratiquement impossible d’empecher le truc. Ça ne sert à rien. Ça claque. Hihi !
Enfin perso je ne me plains pas car j’ai eu la chance d’avoir une chambre avec seulement un voisin de lit. Un jeune homme musulman tres pratiquant. je respecte.
Quand je sus entré dans la chambre il priait assis sur un beau tapis devant la fenêtre.
Comme chacun sait les chambres des ADJ en France sont souvent minuscules avec 3 lits superposés double (6 lits en tout) dans 9m². ça s’appelle une cage à lapin quoi.
En plus on crevait de chaud là-dedans, mais mon colocataire d’un soir ne voulait pas dormir fenêtre ouverte à cause ‘du bruit le matin’.
Malgré mon respect pour le sacré je dois dire qu’il m’a legerement incommodé quand même quand il a refait une prière avant de se coucher – je dormais quand il est rentré – lumiere allumée et malgré qu’il recitait à voie basse. Ça a duré 10 environ minutes.
Ce sont des choses qui arrivent.
(Un ami musulman m’expliqué hier qu’il doivent faire 5 prières quoridienne)
Mais donc avant ça, je suis sorti me ballader aux alentours de la cathédrale apres ma douche, avec dusavon cette fois.
J’ai pris quelques photos.
Je suis rentré à l’ADJ et me suis collé une demi heure devant les idioties habituelles de la télé, le samedi soir, avant d’aller me coucher car je m ‘endormais.
Sur la Une justement un animateur-producteur tres connu introduit en ce moment le concept de la troupe de nanas sexys, concept qui sévitt au quotidien dur les chaines italiennes berlusconienns notamment. Le spectacteur-voyeurs-mâle prends ainsi progressivement la malsaine habitude d’allumer le poste dans le but de se rincer l’œil abondament et libidineusement.
Regardez une chaine italienne du câble, vous comprendrez. C’est pas désagréable d’ailleurs.
Donc je pense que ça ça va marcher en France.
Merci à ces gens qui nous encouragent dans ce qui il y a de meilleur en nous.
Justement la troupe de danceuses-potiches-idiotes-sexy dont je parlais su Tf1 est grimée en meurinzs US et crie en cheour tous les samedis " Chef, oui Chef ! " à cet Ani-Mateur, en réponse à une question pretexte. lui même semble tres libidineux. Dans la version quotidienne de ce ‘jeu’ il met constament les mains sur les candidates !
C’est vrai j’invente rien : regardez par vous même.
Enfin ça rassure de se planter devant la télé apres une journée pareille.
je dois dire que pour ma part j’ai recement fichue mon poste de télé à la poubelle car je suis moi-même un être faible.
Si je me contente de la mettre en quarantaine il y a toujours un bon pretexte qui apparaît pour la remettre en place et la rallumer. Mais j’ai enormement de mal à l’éteindre.
une methode radicale s’imposait en consequence.
Pour en revenir à mon périple, je suis rentré dimanche matin. J’ai limpression d’être parti une semaine !
Pour fini, mes conclusions :
1 - Mon vélo ne me permet pas de réaliser ce voyage sans me faire mal. (Genoux) manque un troisieme plateau plus petit, plus grand pignon. Déjà l’énnée derniere, le dernier jour d’une semaine de vélo en Normandie j’avais une douleur au genoux. Y’a un soucis avec le matos.
2 - Je pense partir la prochaine fois au printemps ou en automne (en septembre ou octobre) pour un voyage au long court pour eviter de crever de chaleur. C’est insupportable.
3- Le sommeil est aussi important que la nourriture, l’eau, la temperature.
Et je ne peux pas faire un voyage pareil si je suis incapable de dormir à des heures ‘normales‘.
4 - J‘ai mal choisi mon itineraire. Pas de bois, pas un arbre sur des km, donc pas d’ombre pour s’abriter le cas echeant.
5 - Partir avec déjà des (petites) douleurs musculaires et/ou articulaires est insensé.
6 - Qu’est ce qu’on peut passer comme temps sur un ordinateur à relater un petit periple qui n’interrdse probablement que soi d’ailleurs.
7 - j’aime pas Arthur.
8 - Au final, etonnement, je réalise que j’ai une grande chance d’avoir vécue cette journée infernale.
J’en ressors avec une super envie de VIVRE, et j’ai beaucoup appris sur moi-même.
Bien sûr je ne dis qu’il faut se faire volontairement du mal à ce point là . Ce serait absurde.
je ne fais pas de la rando pour me détruire au contraire, faut que je m’amuse, même s’ il y a parfois des journées dures, ça reste globalement du bonheur. c’est pourquoi j’ai stoppé mon ‘aventure’. Reportée plus exactement.
‘L’envie’ de Goldman (c'est chanté par ’Jauni à l’idée’)
Qu'on me donne l'obscurité puis la lumière Qu'on me donne la faim la soif puis un festin Qu'on m'enlève ce qui est vain et secondaire Que Je retrouve le prix de la vie... enfin !
Qu'on me donne la peine pour que j'aime domir Qu'on me donne le froid pour que j'aime la flamme Pour que j'aime ma terre qu'on me donne l'exil Et qu'on m'enferme un an pour rêver à... des femmes !
On m'a trop donné bien avant l'envie J'ai oublié les rêves et les merci Toutes ces choses qui avaient un prix Qui font l'envie de vivre et le désir Et le plaisir aussi.. qu'on me donne l'envie L'envie d'avoir envie... qu'on allume ma vie !
Qu'on me donne la haine pour que j'aime l'Amour La solitude aussi pour que j'aime les gens Pour que j'aime le silence qu'on me fasse des discours Et toucher la misère pour respecter... l'argent !
Pour que j'aime etre sain, vaincre la maladie Qu'on me donne la nuit pour que j'aime le jour Qu'on me donne le jour pour que j'aime la nuit Pour que j'aime aujourd'hui oublier les... "toujours" !
On m'a trop donné bien avant l'envie J'ai oublié les rêves et les merci Toutes ces choses qui avaient un prix Qui font l'envie de vivre et le désir Et le plaisir aussi... qu'on me donne l'envie L'envie d'avoir envie, qu'on... Rallume ma vie !
France: randonnée en autonomie de cinq jours en novembre?
Bonsoir,
adorant randonner mais ayant prévu un voyage "classique" cet été, je compte me récupérer lors de cet automne, qui me semble t'il est une très belle saison en montagnes.
Tout d'abord, j'ai de quoi bivouaquer et de quoi être autonome, sans craindre le froid, mais un peu moins l'humidité.
J'ai un peu regardé sur le web les destinations possibles pour 5 jours, en accédant via les transports en commun. Voici ce qui en ressort: - Cévennes depuis Villefort ou Bleymard, retour depuis St Jean du Gard: mont lozere, gorges du tarn (en partie), causses méjan, mont aigoual: à la louche, itinéraire de 120kms, largement modulable en fonction du terrain et du temps. - Volcans du Cantal: depuis Murat ou le Lioran, pas vraiment regardé mais il y a de quoi faire sur 5 jours en "boucle". - PACA: j'ai entendu parlé du verdon ou encore de la traversée des pré-alpes, mais je ne sais pas trop ce que ça donne au niveau paysages et surtout accès TEC.
Au niveau solitude et sauvage, les cévennes paraissent un cran au dessus, mais ça va ptet manquer un peu de "grimpette", de crêtes et de vues dégagées. il y aurait à priori pas mal de forêts, ce qui n'est pas trop ma tasse de thé. par contre, sauf épisode cévennol, le massif devrait être sec.
Si les paysages "ouverts" m'intéressent plus, c'est plus les volcans du cantal, mais bon, j'ai pas trop d'avis là dessus, de plus la météo me semble encore plus incertaine et les possibilités d'abri nettement moindres que dans les cévennes.
Je suis preneur de toutes infos pour toute rando sur 5 jours réalisable en PACA: haut verdon ? lubéron ? autre ? ce coin m'est totalement inconnu sauf le mercantour mais je sais pas si c'est encore vraiment accessible début novembre.
Des retours par ici ?
Merci beaucoup.
adorant randonner mais ayant prévu un voyage "classique" cet été, je compte me récupérer lors de cet automne, qui me semble t'il est une très belle saison en montagnes.
Tout d'abord, j'ai de quoi bivouaquer et de quoi être autonome, sans craindre le froid, mais un peu moins l'humidité.
J'ai un peu regardé sur le web les destinations possibles pour 5 jours, en accédant via les transports en commun. Voici ce qui en ressort: - Cévennes depuis Villefort ou Bleymard, retour depuis St Jean du Gard: mont lozere, gorges du tarn (en partie), causses méjan, mont aigoual: à la louche, itinéraire de 120kms, largement modulable en fonction du terrain et du temps. - Volcans du Cantal: depuis Murat ou le Lioran, pas vraiment regardé mais il y a de quoi faire sur 5 jours en "boucle". - PACA: j'ai entendu parlé du verdon ou encore de la traversée des pré-alpes, mais je ne sais pas trop ce que ça donne au niveau paysages et surtout accès TEC.
Au niveau solitude et sauvage, les cévennes paraissent un cran au dessus, mais ça va ptet manquer un peu de "grimpette", de crêtes et de vues dégagées. il y aurait à priori pas mal de forêts, ce qui n'est pas trop ma tasse de thé. par contre, sauf épisode cévennol, le massif devrait être sec.
Si les paysages "ouverts" m'intéressent plus, c'est plus les volcans du cantal, mais bon, j'ai pas trop d'avis là dessus, de plus la météo me semble encore plus incertaine et les possibilités d'abri nettement moindres que dans les cévennes.
Je suis preneur de toutes infos pour toute rando sur 5 jours réalisable en PACA: haut verdon ? lubéron ? autre ? ce coin m'est totalement inconnu sauf le mercantour mais je sais pas si c'est encore vraiment accessible début novembre.
Des retours par ici ?
Merci beaucoup.
Occitanie, Catalogne, Pays basque: transports entre les villes?
Bonjour je par pour la france en septembre 1 semaine environ, apres espagne jusqu au Portugal. Je pars avec un copain. La derniere semainedu voyGE je serrai seul et je voudrais vraiment pouvoir visiter ne serait-ce que 2 ou 3 villes soit occitanes ou basques. (Nous allons à Barcelone pour ce qui est de la ville catalane, par contre je serrais davantage intéressé de visiter une ville catalane francaise) Bon je suis concient que je n ai pas forcément beaucoup de temps(1 semaine environ) alors je voudrais bien de vos avis! et aussi sur ce qui est des transports entre villes( je reprend un avion a Paris pour retourner au Canada)
J ai considéré, aussi, la galice.
Des suggestions? 🙂
Merci
Quelle étape après Conques sur le chemin Saint-Jacques-de-Compostelle?
bonjour,
Après avoir fait une partie du Saint Jacques, Le Puy- Conques en 12 jours, il y a trois ans ; nous sommes tentés de le continuer, en partant de Conques, cette année au mois d'août.
Questions en vrac pour ceux qui l'ont déjà parcouru :
Pour des marcheurs moyens (et surtout trés moyennement entrainés...) jusqu'où peut on compter aller en 14 jours ? histoire de commencer à penser au moyen de regagner l'Aveyron pour rentrer ... Et ce n'est pas le coin le mieux desservi par les transports .... 😕
Quid au niveau du bitume ? beaucoup ou trés peu comme sur les Causses ( quel régal ! LES CAUSSES / pas le bitume)
Cette partie du GR est elle aussi préquentée que la première, faut il anticiper les hébergements ? ( nous partons à deux )
et bien sûr tout autres avis ou ressenti sur cette partie du G. R est le bienvenu ... Merci à ceux et celles qui prendront le temps de me répondre
et bien sûr tout autres avis ou ressenti sur cette partie du G. R est le bienvenu ... Merci à ceux et celles qui prendront le temps de me répondre
De Lyon à Bordeaux à vélo en famille
bonjour,
cet été (début août), je vais emmener ma petite famille sur la côte atlantique... à vélo bien sûr🙂...
quelqu'un a-t-il déjà fait Lyon-Bordeaux à vélo...? j'avoue que j'ignore totalement cette partie🙂...
j'aimerais avoir vos suggestions: par où passer...? les endroits à ne pas manquer...? combien de temps faut-il prévoir...?
pour compliquer le tout, on aura deux remorques à tracter: les enfants pour moi, les bagages pour ma femme😉...
tous vos conseils seront les bienvenus...
cet été (début août), je vais emmener ma petite famille sur la côte atlantique... à vélo bien sûr🙂...
quelqu'un a-t-il déjà fait Lyon-Bordeaux à vélo...? j'avoue que j'ignore totalement cette partie🙂...
j'aimerais avoir vos suggestions: par où passer...? les endroits à ne pas manquer...? combien de temps faut-il prévoir...?
pour compliquer le tout, on aura deux remorques à tracter: les enfants pour moi, les bagages pour ma femme😉...
tous vos conseils seront les bienvenus...
Une dizaine de jours dans le Gard
Bonjour,
Breton, je vais me baser une dizaine de jours à Connaux dans le Gard à la mi septembre avec quelques amis.
Nous serons 6.
Nous sommes assez éclectiques et indépendants : 4 en voiture et 2 à moto, 4 assez agiles et 2 contemplatifs qui le sont fort peu.
Nous ne détestons pas faire des choses ensemble dans la journée, bien loin de là quand c’est possible, mais notre grand plaisir est en toutes hypothèses de partager nos soirées.
Je pense à priori que nous devrions pouvoir rayonner chaque jour dans un rayon maximum d’une centaine de km, en sachant bien sûr que l’objectif n’est pas de cumuler ces km.
Evidemment, j’ai consulté la documentation touristique accessible par internet et je dois recevoir bientôt un peu de complément par courrier : je me sens donc « armé » pour les « fondamentaux ».
Mais je suis à la recherche de projets plus originaux, plus insolites, éventuellement plus relationnels car je suis convaincu que le sel des voyages ce sont les rencontres.
Toute suggestion serait très bienvenue.
A charge de revanche… ;-)
Breton, je vais me baser une dizaine de jours à Connaux dans le Gard à la mi septembre avec quelques amis.
Nous serons 6.
Nous sommes assez éclectiques et indépendants : 4 en voiture et 2 à moto, 4 assez agiles et 2 contemplatifs qui le sont fort peu.
Nous ne détestons pas faire des choses ensemble dans la journée, bien loin de là quand c’est possible, mais notre grand plaisir est en toutes hypothèses de partager nos soirées.
Je pense à priori que nous devrions pouvoir rayonner chaque jour dans un rayon maximum d’une centaine de km, en sachant bien sûr que l’objectif n’est pas de cumuler ces km.
Evidemment, j’ai consulté la documentation touristique accessible par internet et je dois recevoir bientôt un peu de complément par courrier : je me sens donc « armé » pour les « fondamentaux ».
Mais je suis à la recherche de projets plus originaux, plus insolites, éventuellement plus relationnels car je suis convaincu que le sel des voyages ce sont les rencontres.
Toute suggestion serait très bienvenue.
A charge de revanche… ;-)
Voyage d'une semaine dans le nord-ouest de la France et une semaine en Belgique
J'aimerais visiter en juillet 2009 quelques beaux endroits en Bretagne, Basse-Normandie, Haute-Normandie et Nord-Pas-de Calais et aussi en Belgique. Je me rends ensuite chez ma fille qui sera en Hollande.
Je prépare mon itinéraire et j'ai besoin de vos conseils. Mes intérêts vont vers les bords de mer( avec plage), l'architecture des beaux villages ou villes de la côte. Je voyagerai seule en train ou en autobus, je n'ai pas encore acheté mon billet alors devrais-je arriver à Paris et m'y rendre en tgv ou ailleurs? Je me suis inscrite à Hospitality Club mais j'attends la confirmation d'inscription. Est-que quelqu'un connaît ce club où l'on offre un logis à des voyageurs et où on peut aussi en trouver un pour nous gratuitement partout dans le monde.
Je prépare mon itinéraire et j'ai besoin de vos conseils. Mes intérêts vont vers les bords de mer( avec plage), l'architecture des beaux villages ou villes de la côte. Je voyagerai seule en train ou en autobus, je n'ai pas encore acheté mon billet alors devrais-je arriver à Paris et m'y rendre en tgv ou ailleurs? Je me suis inscrite à Hospitality Club mais j'attends la confirmation d'inscription. Est-que quelqu'un connaît ce club où l'on offre un logis à des voyageurs et où on peut aussi en trouver un pour nous gratuitement partout dans le monde.
Cherche véhicule France-Mali pour emmener un carton
bonjour la tribu,
j'ai besoin d'un coup de main!
j'aide des maliens a créer leur emploi dans leur pays (par le biais de l'asso. "couleurs du monde", blog bientot en ligne!) et pour économiser les frais de frêt ou les envois par poste incertain, je sollicite votre aide.
Olivia de l'auberge Ménata à Nouakchott (à recommander)a déjà descendu une caméra et un appareil photo argentique à un jeune qui couvre maintenant les évènements autour de lui (mariage, bapteme, fêtes...)et un pote a descendu dernièrement des cartons de bouquins pédagogiques pour des instituteurs de plusieurs écoles autour de Gogui.
Là j'ai personne en vue avant février alors si quelqu'un descend bientôt, j'ai promis à deux femmes de Bamako qui ont déjà un terrain au bord du Niger et qui veulent vendre des légumes sur les marchés de leur faire descendre une pompe à eau à essence et diverses variétés de graines achetées chez Kokopelli (allez voir leur site et n'hésitez pas à les soutenir!), voilà, ça représente un carton assez lourd...
et bientôt du materiel médical de base: stétoscopes, tensiomètres...
je suis prés du Perthus, frontière espagnol côté méditerranée; si vous passez par là et que vous pensez pouvoir nous aider merci de me contacter, je vous enverrai mon mail en message privé.
merci merci merci...
Petit tour à vélo dans des départements du bout du monde août 2020
Le voyage pourquoi ? Chacun sa définition en fonction de ses envies et de ses aspirations. Le plaisir, le bonheur de la découverte, aller regarder les grandes merveilles du monde, dont on nous dit qu’il faut les avoir vues dans sa vie au moins une fois, un peu à la manière de la Rolex de Séguéla. Certes, au cours d’une interview plusieurs années plus tard, il a répondu que ce jour-là, il avait dit la plus grosse connerie de sa vie !
Le cyclo-voyageur ajoute une dimension particulière au voyage. En quelque sorte son déplacement constitue son voyage. Il ne se rend pas en un lieu pour le visiter, il pérégrine en recherchant les routes, les chemins ou les pistes les moins courues, et il en fait son voyage. L’itinéraire, lorsqu’on le parcourt à la force de ses mollets, on change l’esprit du déplacement. Bien sûr l’idée de challenge est toujours, plus ou moins, sous-jacente.
Ce type de réflexion, tout naturellement m’a conduit à envisager de partir à la découverte de la France profonde à travers les départements suivants, la Haute-Marne, la Meuse et la Meurthe-et-Moselle. Bien évidemment, nous sommes nombreux à y être passés, mais en voiture dans nos traversées browniennes, où l’on ne souffre pas le moindre retard, les yeux rivés sur le compteur, en essayant d’être toujours un peu au-dessus de la limite, à l’orée de déclencher les radars. Entre le compteur optimiste et la petite tolérance, sur route 90 affiché au compteur et 140 sur autoroute, généralement tout se passe bien. Mais les grands axes sont devenus une jungle, où toute notre attention est absorbée. Donc, même si nous avons traversé ces départements 52, 55 ou 54 que connaissons nous des campagnes profondes qui s’y cachent ? C’est justement à leur découverte, hors des voies habituelles du tourisme, que je veux m’aventurer quelques jours. Certes, les départements agricoles j’en ai une petite idée, ayant habité en Haute-Saône et ayant beaucoup parcouru à pied tout le sud-ouest de la France, en particulier le département du Gers, très impressionnant par ses moutonnements de terres cultivées qui se succèdent jusqu’à l’infini. Mais voilà, tous les départements ne se ressemblant pas, c’est donc plein de curiosité et aussi d’attentes que je me lance dans un « petit tour » de 400 kilomètres à partir de chez moi.
Je vais renouer avec le bikepacking, terme barbare qui signifie que l’on part avec un matériel allégé, avec des sacoches au look futuriste qui n’ont pas besoin de porte-bagages pour être accrochées. Bien évidemment la contenance en est moindre. Mais on se déplace toujours avec beaucoup trop d’affaires, qu’il s’agisse d’habits ou d’appareils électroniques en tous genres, sans parler des matériels de bivouac trop volumineux. Evidemment, ces derniers il en existe de poids et volume réduits, mais il faut oser passer le pas et mettre au rebus un équipement que l’on considère toujours efficace. Et puis, il faut s’adapter aux saisons et aux lieux. Cela conduit à avoir une tente pour l’été en Europe, une pour l’hiver, éventuellement celle de l’été suffit, mais pour les voyages lointains dans des pays au climat très hostile, là pas le choix du très costaud s’impose. Le voyage à vélo, afin de s’équiper de façon optimale selon les différentes options demande des moyens financiers.
Comme à chaque fois, que je pars pour un voyage engagé de longue durée sur un autre continent ou pour un petit tour de côté de chez moi, alors l’appel de la route s’impose. J’ai perdu l’habitude (à vrai dire je ne l’ai jamais eue) d’organiser mes affaires en bikepacking, il s’agit seulement de ma deuxième expérience, et de plus je pars dans l’euphorie de la première. En effet, j’avais effectué le premier jour 230 kilomètres, alors j’envisage avec un esprit tranquille mon étape initiale de 130 kilomètres. Quelle erreur ! 6h30, je prends la piste cyclable direction Remiremont. Les 25 premiers kilomètres sont rapidement expédiés. Les bosses apparaissent dès la sortie ouest de la ville et elles vont être nombreuses. Je ne serai pas en mesure d’en faire la somme des dénivelés cumulés, mon compteur va me lâcher aux environs des 80 kilomètres. Je prends la direction de Bains-les -Bains. Tout va bien, la forme semble bonne, la circulation est peu dense. Je me fais doubler au moment où je m’arrête par un couple de voyageurs équipés de vélos électriques. Evidemment je ne les rattraperai pas.
Pause-café, plutôt capuccino à Bains-les -Bains. Sur la terrasse on est autorisé à s’installer sans porter le masque. Sur mon vélo au milieu de la campagne déserte j’oublie rapidement la présence de la pandémie, mais dès que je pénètre dans une agglomération, les visages masqués me rappellent la situation que nous subissons à l’échelle mondiale. Sur cette terrasse, un homme m’aborde et me pose quelques questions sur mon périple. Il me donne une information intéressante concernant la piste cyclable qui longe le canal de l’est et qui passe à proximité. Je ne le savais pas et ma carte Michelin au 1/150 000ème couvrant les départements Haute-Saône et Vosges ne la mentionne pas.

Je vais la suivre une dizaine de kilomètres, parcours très agréable où je croise plusieurs voyageurs à vélo, dont deux familles lourdement équipées. Je rencontre aussi plusieurs bateaux, certains dans mon sens donc je les dépasse. J’éprouve toujours un grand plaisir à suivre les berges d’un cours d’eau ou d’un canal. Ce dernier insuffle la sérénité. Parfois la piste est cernée par l’eau. Mais tout a une fin, je reprends la route au village de Selle. En traversant des villages du bout du monde ou presque, tels que Regnévelle, Godoncourt ou Ainville je me dirige vers mon point de chute la ville de Montigny-le-Roy.

A vélo on passe rapidement de tout va bien à rien ne va plus. Mais il y a une explication à toutes choses. Sans doute l’absence d’entraînement depuis 18 mois, mais je ne me suis jamais entraîné avant de partir en balade. Peut-être l’âge ? mais plus probablement un mixte entre grosse chaleur et une très mauvaise gestion boisson nourriture. Il faut dire que dans ces coins durant les cinq jours de mon périple je ne rencontrerai quasiment aucun commerce ni bistrot. On a beau avoir une longue expérience en matière de voyage à vélo, les conneries de base on les fait encore parfois. Eh oui, cette idée de faire « seulement » 130 kilomètres m’a mis dans un état d’imprévoyance, m’imaginant que cela serait facile, et boum le coup de barre.
Je m’arrête dans un village asphyxié sous une chappe de chaleur, et à l’abri d’un mur, installé sur un petit carré de pelouse grillée je mange les deux œufs durs que j’ai pris la précaution d’emmener, ainsi que l’une des deux bananes que je possède. Je remplis mes bidons au magnifique lavoir.

Je sens la déshydratation assécher mon corps. En France, je n’avais jamais ressenti cela. Je ne crains pas le soleil, sans doute du fait de mon atavisme du sud de la Méditerranée, mais aujourd’hui je me sentirais presque en danger. Il me reste une trentaine de kilomètres pour boucler mon étape prévue. Généralement, je ne suis pas à cheval quant au respect de la planification, je peux sortir ma tente et m’installer dans le premier bosquet un peu à l’abri des regards. Mais aujourd’hui j’ai l’impression de cuire et je crains que sous la tente ce soit l’enfer. Donc je vais m’astreindre à rejoindre la ville afin de chercher un hôtel, en quête d’un peu de fraîcheur. Les derniers kilomètres sont un calvaire comme je n’en avais jamais connu. Les ultimes côtes, même pas très raides, je suis dans l’obligation de pousser mon vélo, bien qu’il soit en carbone et hyper léger, et même de m’arrêter sur le bas-côté et me vautrer dans l’herbe du talus à l’abri de l’ombre d’un arbre.
Cette première journée me laisse un peu dubitatif. J’ai eu l’impression de pédaler dans quelque pays exotique. Les jours à venir ne seront pas plus cléments, les prévisions météorologiques annoncent des pics de chaleur encore plus importants. Bon, nous verrons bien. Première mesure essayer de continuer à rouler très tôt et puis limiter les étapes à 70 kilomètres. Voilà il faut s’adapter, le corps commande et surtout rester à son écoute, ce que je n’ai pas vraiment fait aujourd’hui.
J’ai plusieurs amis qui sont des spécialistes du déplacement à vélo de nuit, en particulier au moment de la pleine lune, ils en parlent avec des trémolos dans la voix. Ce serait bien le moment d’essayer, la configuration actuelle de notre satellite s’y prête. Mais dans un premier temps j’aspire à une bonne nuit et, surtout à réhydrater mon corps. Ma devise « toujours pisser blanc » est mise à mal, mes urines sont d’un jaune plus que prononcé malgré les 4 litres d’eau de la journée. Je ne me souviens pas avoir subi de telles difficultés à avancer, conjonction d’erreurs et de canicule. Toujours très intéressant d’aller assez prêt de ses limites physiques, je me rends compte qu’il ne faut pas grand-chose pour dérègler la machine.
De la terrasse de l’hôtel, je regarde vers le nord, tout est jaune, desséché. Cela est presque inquiétant, on pourrait se croire quelque part au sud de l’Espagne, mais non il s’agit bien de la Haute-Marne. Demain je vais me contenter d’une étape de 60 kilomètres en rejoignant Neufchâteau, qui se trouve dans le département des Vosges.

Après une nuit correcte, au réveil je constate que la journée d’hier a laissé quelques traces et, contrairement à mon habitude, je ne démarre pas au lever du jour mais vers les 9 heures du matin. Très vite, la ville située sur une bosse est quittée et devant moi s’ouvrent à l’infini des prairies et des terres agricoles grillées par la sécheresse et les rayons ardents du soleil. Prendre une carte IGN ou Michelin, qu’elle soit au 1/100 00, 1/150 000 ou 1/175 000 -ème et y tracer son itinéraire le long de départementales matérialisées par un trait blanc bordé de deux lignes noires, alors vous êtes certain du résultat. Vous vous lancez dans une belle aventure loin des voitures, mais proche d’une nature et d’une vie locale que l’on a tendance à ne plus voir. Cette incursion dans le département 52, va me conduire de minuscule village en minuscule village, qui s’égrènent, de bosses en creux, tout au long d’une terre ondulante. Je ne vais y voir pratiquement aucun des êtres vivants que l’on s’attend à rencontrer, ni homme, ni chien, ni chat. Si, une fois, dans l’un de ces hameaux apparemment abandonnés, je vais croiser un homme seul, et il me rappelle que nous sommes en pandémie car il porte le masque, le fameux masque qui fait couler tant d’encre et de salive chez les Gaulois récalcitrants.
A vrai dire je vais côtoyer de nombreuses vaches, qui lorsqu’elles le peuvent s’agglutinent à l’ombre d’un arbre de leur pâture. Elles sont comme de gros points blancs dans cet environnement couleur blond, couleur paille. Les ondulations permanentes de cette terre procurent des contrastes du plus bel effet entre le doré du sol et le bleu du ciel. L’une et l’autre des couleurs ne se mélangent pas comme sur une aquarelle, au contraire elles se maintiennent bien séparées par une ligne horizontale sans accroc. Cette matinée me fait une impression étrange. Ce décor de villages déserts alanguis dans un autre temps, de champs, de vaches, d’odeur de purin et de présence de traces de bouses un peu partout me remémore ma traversée de la Pologne par ses grandes plaines, il y a maintenant une dizaine d’années. Certes, en Pologne l’environnement, les habitations les matériels agricoles étaient plus vétustes, mais je m’y vois presque dans ces immenses plaines où les Allemands livrèrent de dures batailles avant de reculer devant le rouleau compresseur soviétique. D’ailleurs, ironie du sort dans ces hameaux de Haute-Marne, la présence humaine est surtout représentée par les monuments aux morts rappelant les soldats tombés au champ d’honneur pour la France.

Au village de Pompierre je m’arrête vers midi, la température a déjà largement dépassé les 30 degrés, et cela va continuer à monter jusque vers 15 heures. Allongé au bout d’un pont à l’ombre d’un arbre je savoure la brise très ténue créée par le cours d’eau pas encore asséché, mais qui cependant a des airs de moribond qui ne devrait pas tarder à rendre les armes. Un coureur, plus très jeune, passe à trois reprises, suant et harassé sous le soleil vertical le dardant sans pitié. Au troisième passage je l’interroge. Il me répond qu’il vient d’effectuer par 3 fois un parcours de 2,5 kilomètres. Chapeau, car à part l’ombre de mon arbre son circuit se déroule en plein champ. Il me donnerait presque de la vaillance. Après trois quarts d’heure de station allongée, je prends à deux mains, sinon mon courage, du moins mon guidon et j’accomplis les 11 derniers kilomètres qui me séparent de Neufchâteau.
L’ambiance dans les villes est quand même un peu étrange, tout le monde ou presque est masqué. Dès que je descends de vélo je dégaine le mien. Il fait tellement chaud que je n’ai même pas faim. Je me force cependant à ingurgiter les différents éléments du menu que fort gentiment le propriétaire de l’hôtel me propose alors qu’il est déjà 14 heures. En ce troisième jour je compte rejoindre la ville de Commercy dans la Meuse, encore un département très agricole. Vu les conditions de forme pas au top et les conditions météorologiques par contre au top de la chaleur, ce sera le point le plus haut de mon parcours pour une sortie de 5 jours. Dans mon euphorie initiale je me serais bien vu monter au moins jusqu’à la frontière du Luxembourg. Mais voilà, entre ce que l’on désirerait et la réalité, cette dernière gagne généralement.

Comme hier, la même campagne assoiffée se déroule de part et d’autre de mon chemin. Je traverse le village natal de Jeanne-d ’Arc, Domremy-la -Pucelle. Il n’a pas de privilège particulier, lui aussi crie à boire. Puis je traverse une route plus importante et reprends mon itinérance au gré de départementales confidentielles. Je vais croiser quelques voyageurs à vélo, deux solitaires et un couple à vélo électrique. Généralement lorsque je croise d’autres adeptes du voyage à vélo je les intercepte pour discuter. Mais aujourd’hui non, d’ailleurs le bikepacker, bien qu’il se traîne, est-il considéré comme faisant partie de la même tribu ? Le deuxième solitaire rencontré est terriblement chargé, quatre énormes sacoches. Où va-t-il donc, quelle est la durée de son périple ? Tel que je suis équipé, je pourrais continuer beaucoup plus que les cinq jours prévus. J’ai tout pour être autonome, même 250 grammes de riz en cas de bivouac improvisé à la dernière extrémité. Apprendre à être minimaliste n’est pas facile. Je garde en mémoire les conseils d’un camarade spécialiste des grandes traversées en courant, du style Australie ou autre immenses étendues hostiles. Son slogan « si tu oublies quelque chose tu t’en passes ». Je me souviens aussi de ce Chamoniard rencontré au nord de la Thaïlande, qui roulait depuis 7 mois avec deux petites sacoches. Nous avions fait route ensemble quelques centaines de kilomètres et j’avais pu observer son fonctionnement. J’avais beaucoup appris en quelques jours.

En fin de parcours je traverse la Meuse à plusieurs reprises. Non seulement la végétation manque d’eau, mais la rivière aussi souffre de la sécheresse. Son débit est faible, partout affleurent de grands bancs d’algues aux couleurs diverses, mais son eau reste claire. Des différents ponts sur lesquels je m’arrête j’observe des multitudes de poissons. Je n’avais jamais vu une rivière aussi poissonneuse. A mon regard se dévoilent des chevennes, gardons et autres ablettes. Mais s’ils sont si nombreux, à n’en pas douter les carnassiers, comme brochets, sandres ou perches voire truites sont tapis quelque part en attente de les dévorer.

Avant d’atteindre mon but je me perds et fais des détours dans le village de Sorcy-Saint-Martin qui me permettent quelques contacts intéressants avec les rares personnes qui osent affronter le soleil de tout début d’après-midi. Commercy, petite ville avec un centre qui rappelle la place Stanislas de Nancy. Ce soir va s’y dérouler un concert en l’honneur de Johnny. Le chanteur est très bon, on s’y croirait tout à fait. Le contrôle de la police sera effectif en matière de distanciation. En ce quatrième jour je pars à huit heures du matin. Après un kilomètre je passe devant une pharmacie, déjà 28 degrés, il faut s’attendre encore une fois à une grosse attaque de la canicule. Pour le moment il est très agréable de pédaler. Aujourd’hui encore l’eau reste présente sur mon itinéraire. Entre le canal et la Meuse j’ai tout loisir d’observer l’eau et bien évidemment j’y vois des poissons de toutes tailles. Mes lunettes de soleil polarisantes m’aident grandement du fait qu’elles font disparaître les reflets. Je suis comme un intrus voyeur, j’adore ! Les trois premières heures sont un véritable plaisir. J’effectue une cinquantaine de kilomètres. Puis vers les 11 heures la chape de plomb comme les jours précédents s’abat. La moyenne tombe, les efforts deviennent pénibles. Je ne passe pas très loin de la colline de Sion « la colline inspirée » de Maurice Barrès. Le détour à vélo, agrémenté d’une belle côte par une température frisant les 40 degrés, me semble surhumain. Je vais rejoindre rapidement et au plus court la petite ville de Charmes et aller me planquer au frais dans un hôtel un peu au sud. Le soir, discussion sur la terrasse d’une pizzeria avec une Hollandaise qui parcourt à vélo l’itinéraire d’Achern aux Saintes-Maries-de-la Mer. Elle effectue de courtes étapes de l’ordre de 30 à 40 kilomètres, mais elle affronte le bivouac, ce que je n’ai pas le courage de faire.

En ce cinquième et dernier jour, une matinée plus propice au vélo, car un ciel légèrement voilé protège un peu du soleil, par la route au plus court je rejoins Remiremont. De là par la piste cyclable empruntant l’ancienne voie ferrée en 25 kilomètres je remonte la vallée de la Moselotte. Au cours de ce périple qui avoisine les 400 kilomètres les bistrots auront pratiquement été absents du bord de la route. Pour me rattraper, alors que je ne suis plus qu’à 6 kilomètres de chez moi, je m’arrête à l’ancienne gare de Saulxures, transformée en bar-restaurant et je déguste deux panachés. Ce coin m’est particulièrement familier, car souvent j’y laisse ma voiture pour partir assouvir l’une de mes passions la pêche à la mouche.
Belle brochette de vaches vosgiennes en remontant la vallée de la Moselotte, retour chez moi
Cinq jours sur la route, j’ai beaucoup apprécié de me déplacer sur ces routes hors des axes de circulation et aussi un peu hors du temps, ma curiosité toujours aiguisée par ces coins de France déserts. Mais malheureusement, je n’ai pratiquement jamais eu l’impression de me sentir à l’aise, le grand plaisir des kilomètres qui défilent comme si je volais. J’ai toujours ressenti cette impression de forcer excessivement comparativement aux distances accomplies. Espérons qu’il ne s’agisse que de l’effet de la canicule !
Le cyclo-voyageur ajoute une dimension particulière au voyage. En quelque sorte son déplacement constitue son voyage. Il ne se rend pas en un lieu pour le visiter, il pérégrine en recherchant les routes, les chemins ou les pistes les moins courues, et il en fait son voyage. L’itinéraire, lorsqu’on le parcourt à la force de ses mollets, on change l’esprit du déplacement. Bien sûr l’idée de challenge est toujours, plus ou moins, sous-jacente.
Ce type de réflexion, tout naturellement m’a conduit à envisager de partir à la découverte de la France profonde à travers les départements suivants, la Haute-Marne, la Meuse et la Meurthe-et-Moselle. Bien évidemment, nous sommes nombreux à y être passés, mais en voiture dans nos traversées browniennes, où l’on ne souffre pas le moindre retard, les yeux rivés sur le compteur, en essayant d’être toujours un peu au-dessus de la limite, à l’orée de déclencher les radars. Entre le compteur optimiste et la petite tolérance, sur route 90 affiché au compteur et 140 sur autoroute, généralement tout se passe bien. Mais les grands axes sont devenus une jungle, où toute notre attention est absorbée. Donc, même si nous avons traversé ces départements 52, 55 ou 54 que connaissons nous des campagnes profondes qui s’y cachent ? C’est justement à leur découverte, hors des voies habituelles du tourisme, que je veux m’aventurer quelques jours. Certes, les départements agricoles j’en ai une petite idée, ayant habité en Haute-Saône et ayant beaucoup parcouru à pied tout le sud-ouest de la France, en particulier le département du Gers, très impressionnant par ses moutonnements de terres cultivées qui se succèdent jusqu’à l’infini. Mais voilà, tous les départements ne se ressemblant pas, c’est donc plein de curiosité et aussi d’attentes que je me lance dans un « petit tour » de 400 kilomètres à partir de chez moi.
Je vais renouer avec le bikepacking, terme barbare qui signifie que l’on part avec un matériel allégé, avec des sacoches au look futuriste qui n’ont pas besoin de porte-bagages pour être accrochées. Bien évidemment la contenance en est moindre. Mais on se déplace toujours avec beaucoup trop d’affaires, qu’il s’agisse d’habits ou d’appareils électroniques en tous genres, sans parler des matériels de bivouac trop volumineux. Evidemment, ces derniers il en existe de poids et volume réduits, mais il faut oser passer le pas et mettre au rebus un équipement que l’on considère toujours efficace. Et puis, il faut s’adapter aux saisons et aux lieux. Cela conduit à avoir une tente pour l’été en Europe, une pour l’hiver, éventuellement celle de l’été suffit, mais pour les voyages lointains dans des pays au climat très hostile, là pas le choix du très costaud s’impose. Le voyage à vélo, afin de s’équiper de façon optimale selon les différentes options demande des moyens financiers.
Comme à chaque fois, que je pars pour un voyage engagé de longue durée sur un autre continent ou pour un petit tour de côté de chez moi, alors l’appel de la route s’impose. J’ai perdu l’habitude (à vrai dire je ne l’ai jamais eue) d’organiser mes affaires en bikepacking, il s’agit seulement de ma deuxième expérience, et de plus je pars dans l’euphorie de la première. En effet, j’avais effectué le premier jour 230 kilomètres, alors j’envisage avec un esprit tranquille mon étape initiale de 130 kilomètres. Quelle erreur ! 6h30, je prends la piste cyclable direction Remiremont. Les 25 premiers kilomètres sont rapidement expédiés. Les bosses apparaissent dès la sortie ouest de la ville et elles vont être nombreuses. Je ne serai pas en mesure d’en faire la somme des dénivelés cumulés, mon compteur va me lâcher aux environs des 80 kilomètres. Je prends la direction de Bains-les -Bains. Tout va bien, la forme semble bonne, la circulation est peu dense. Je me fais doubler au moment où je m’arrête par un couple de voyageurs équipés de vélos électriques. Evidemment je ne les rattraperai pas.
Pause-café, plutôt capuccino à Bains-les -Bains. Sur la terrasse on est autorisé à s’installer sans porter le masque. Sur mon vélo au milieu de la campagne déserte j’oublie rapidement la présence de la pandémie, mais dès que je pénètre dans une agglomération, les visages masqués me rappellent la situation que nous subissons à l’échelle mondiale. Sur cette terrasse, un homme m’aborde et me pose quelques questions sur mon périple. Il me donne une information intéressante concernant la piste cyclable qui longe le canal de l’est et qui passe à proximité. Je ne le savais pas et ma carte Michelin au 1/150 000ème couvrant les départements Haute-Saône et Vosges ne la mentionne pas.

Je vais la suivre une dizaine de kilomètres, parcours très agréable où je croise plusieurs voyageurs à vélo, dont deux familles lourdement équipées. Je rencontre aussi plusieurs bateaux, certains dans mon sens donc je les dépasse. J’éprouve toujours un grand plaisir à suivre les berges d’un cours d’eau ou d’un canal. Ce dernier insuffle la sérénité. Parfois la piste est cernée par l’eau. Mais tout a une fin, je reprends la route au village de Selle. En traversant des villages du bout du monde ou presque, tels que Regnévelle, Godoncourt ou Ainville je me dirige vers mon point de chute la ville de Montigny-le-Roy.

A vélo on passe rapidement de tout va bien à rien ne va plus. Mais il y a une explication à toutes choses. Sans doute l’absence d’entraînement depuis 18 mois, mais je ne me suis jamais entraîné avant de partir en balade. Peut-être l’âge ? mais plus probablement un mixte entre grosse chaleur et une très mauvaise gestion boisson nourriture. Il faut dire que dans ces coins durant les cinq jours de mon périple je ne rencontrerai quasiment aucun commerce ni bistrot. On a beau avoir une longue expérience en matière de voyage à vélo, les conneries de base on les fait encore parfois. Eh oui, cette idée de faire « seulement » 130 kilomètres m’a mis dans un état d’imprévoyance, m’imaginant que cela serait facile, et boum le coup de barre.
Je m’arrête dans un village asphyxié sous une chappe de chaleur, et à l’abri d’un mur, installé sur un petit carré de pelouse grillée je mange les deux œufs durs que j’ai pris la précaution d’emmener, ainsi que l’une des deux bananes que je possède. Je remplis mes bidons au magnifique lavoir.

Je sens la déshydratation assécher mon corps. En France, je n’avais jamais ressenti cela. Je ne crains pas le soleil, sans doute du fait de mon atavisme du sud de la Méditerranée, mais aujourd’hui je me sentirais presque en danger. Il me reste une trentaine de kilomètres pour boucler mon étape prévue. Généralement, je ne suis pas à cheval quant au respect de la planification, je peux sortir ma tente et m’installer dans le premier bosquet un peu à l’abri des regards. Mais aujourd’hui j’ai l’impression de cuire et je crains que sous la tente ce soit l’enfer. Donc je vais m’astreindre à rejoindre la ville afin de chercher un hôtel, en quête d’un peu de fraîcheur. Les derniers kilomètres sont un calvaire comme je n’en avais jamais connu. Les ultimes côtes, même pas très raides, je suis dans l’obligation de pousser mon vélo, bien qu’il soit en carbone et hyper léger, et même de m’arrêter sur le bas-côté et me vautrer dans l’herbe du talus à l’abri de l’ombre d’un arbre.
Cette première journée me laisse un peu dubitatif. J’ai eu l’impression de pédaler dans quelque pays exotique. Les jours à venir ne seront pas plus cléments, les prévisions météorologiques annoncent des pics de chaleur encore plus importants. Bon, nous verrons bien. Première mesure essayer de continuer à rouler très tôt et puis limiter les étapes à 70 kilomètres. Voilà il faut s’adapter, le corps commande et surtout rester à son écoute, ce que je n’ai pas vraiment fait aujourd’hui.
J’ai plusieurs amis qui sont des spécialistes du déplacement à vélo de nuit, en particulier au moment de la pleine lune, ils en parlent avec des trémolos dans la voix. Ce serait bien le moment d’essayer, la configuration actuelle de notre satellite s’y prête. Mais dans un premier temps j’aspire à une bonne nuit et, surtout à réhydrater mon corps. Ma devise « toujours pisser blanc » est mise à mal, mes urines sont d’un jaune plus que prononcé malgré les 4 litres d’eau de la journée. Je ne me souviens pas avoir subi de telles difficultés à avancer, conjonction d’erreurs et de canicule. Toujours très intéressant d’aller assez prêt de ses limites physiques, je me rends compte qu’il ne faut pas grand-chose pour dérègler la machine.
De la terrasse de l’hôtel, je regarde vers le nord, tout est jaune, desséché. Cela est presque inquiétant, on pourrait se croire quelque part au sud de l’Espagne, mais non il s’agit bien de la Haute-Marne. Demain je vais me contenter d’une étape de 60 kilomètres en rejoignant Neufchâteau, qui se trouve dans le département des Vosges.

Après une nuit correcte, au réveil je constate que la journée d’hier a laissé quelques traces et, contrairement à mon habitude, je ne démarre pas au lever du jour mais vers les 9 heures du matin. Très vite, la ville située sur une bosse est quittée et devant moi s’ouvrent à l’infini des prairies et des terres agricoles grillées par la sécheresse et les rayons ardents du soleil. Prendre une carte IGN ou Michelin, qu’elle soit au 1/100 00, 1/150 000 ou 1/175 000 -ème et y tracer son itinéraire le long de départementales matérialisées par un trait blanc bordé de deux lignes noires, alors vous êtes certain du résultat. Vous vous lancez dans une belle aventure loin des voitures, mais proche d’une nature et d’une vie locale que l’on a tendance à ne plus voir. Cette incursion dans le département 52, va me conduire de minuscule village en minuscule village, qui s’égrènent, de bosses en creux, tout au long d’une terre ondulante. Je ne vais y voir pratiquement aucun des êtres vivants que l’on s’attend à rencontrer, ni homme, ni chien, ni chat. Si, une fois, dans l’un de ces hameaux apparemment abandonnés, je vais croiser un homme seul, et il me rappelle que nous sommes en pandémie car il porte le masque, le fameux masque qui fait couler tant d’encre et de salive chez les Gaulois récalcitrants.
A vrai dire je vais côtoyer de nombreuses vaches, qui lorsqu’elles le peuvent s’agglutinent à l’ombre d’un arbre de leur pâture. Elles sont comme de gros points blancs dans cet environnement couleur blond, couleur paille. Les ondulations permanentes de cette terre procurent des contrastes du plus bel effet entre le doré du sol et le bleu du ciel. L’une et l’autre des couleurs ne se mélangent pas comme sur une aquarelle, au contraire elles se maintiennent bien séparées par une ligne horizontale sans accroc. Cette matinée me fait une impression étrange. Ce décor de villages déserts alanguis dans un autre temps, de champs, de vaches, d’odeur de purin et de présence de traces de bouses un peu partout me remémore ma traversée de la Pologne par ses grandes plaines, il y a maintenant une dizaine d’années. Certes, en Pologne l’environnement, les habitations les matériels agricoles étaient plus vétustes, mais je m’y vois presque dans ces immenses plaines où les Allemands livrèrent de dures batailles avant de reculer devant le rouleau compresseur soviétique. D’ailleurs, ironie du sort dans ces hameaux de Haute-Marne, la présence humaine est surtout représentée par les monuments aux morts rappelant les soldats tombés au champ d’honneur pour la France.

Au village de Pompierre je m’arrête vers midi, la température a déjà largement dépassé les 30 degrés, et cela va continuer à monter jusque vers 15 heures. Allongé au bout d’un pont à l’ombre d’un arbre je savoure la brise très ténue créée par le cours d’eau pas encore asséché, mais qui cependant a des airs de moribond qui ne devrait pas tarder à rendre les armes. Un coureur, plus très jeune, passe à trois reprises, suant et harassé sous le soleil vertical le dardant sans pitié. Au troisième passage je l’interroge. Il me répond qu’il vient d’effectuer par 3 fois un parcours de 2,5 kilomètres. Chapeau, car à part l’ombre de mon arbre son circuit se déroule en plein champ. Il me donnerait presque de la vaillance. Après trois quarts d’heure de station allongée, je prends à deux mains, sinon mon courage, du moins mon guidon et j’accomplis les 11 derniers kilomètres qui me séparent de Neufchâteau.
L’ambiance dans les villes est quand même un peu étrange, tout le monde ou presque est masqué. Dès que je descends de vélo je dégaine le mien. Il fait tellement chaud que je n’ai même pas faim. Je me force cependant à ingurgiter les différents éléments du menu que fort gentiment le propriétaire de l’hôtel me propose alors qu’il est déjà 14 heures. En ce troisième jour je compte rejoindre la ville de Commercy dans la Meuse, encore un département très agricole. Vu les conditions de forme pas au top et les conditions météorologiques par contre au top de la chaleur, ce sera le point le plus haut de mon parcours pour une sortie de 5 jours. Dans mon euphorie initiale je me serais bien vu monter au moins jusqu’à la frontière du Luxembourg. Mais voilà, entre ce que l’on désirerait et la réalité, cette dernière gagne généralement.

Comme hier, la même campagne assoiffée se déroule de part et d’autre de mon chemin. Je traverse le village natal de Jeanne-d ’Arc, Domremy-la -Pucelle. Il n’a pas de privilège particulier, lui aussi crie à boire. Puis je traverse une route plus importante et reprends mon itinérance au gré de départementales confidentielles. Je vais croiser quelques voyageurs à vélo, deux solitaires et un couple à vélo électrique. Généralement lorsque je croise d’autres adeptes du voyage à vélo je les intercepte pour discuter. Mais aujourd’hui non, d’ailleurs le bikepacker, bien qu’il se traîne, est-il considéré comme faisant partie de la même tribu ? Le deuxième solitaire rencontré est terriblement chargé, quatre énormes sacoches. Où va-t-il donc, quelle est la durée de son périple ? Tel que je suis équipé, je pourrais continuer beaucoup plus que les cinq jours prévus. J’ai tout pour être autonome, même 250 grammes de riz en cas de bivouac improvisé à la dernière extrémité. Apprendre à être minimaliste n’est pas facile. Je garde en mémoire les conseils d’un camarade spécialiste des grandes traversées en courant, du style Australie ou autre immenses étendues hostiles. Son slogan « si tu oublies quelque chose tu t’en passes ». Je me souviens aussi de ce Chamoniard rencontré au nord de la Thaïlande, qui roulait depuis 7 mois avec deux petites sacoches. Nous avions fait route ensemble quelques centaines de kilomètres et j’avais pu observer son fonctionnement. J’avais beaucoup appris en quelques jours.

En fin de parcours je traverse la Meuse à plusieurs reprises. Non seulement la végétation manque d’eau, mais la rivière aussi souffre de la sécheresse. Son débit est faible, partout affleurent de grands bancs d’algues aux couleurs diverses, mais son eau reste claire. Des différents ponts sur lesquels je m’arrête j’observe des multitudes de poissons. Je n’avais jamais vu une rivière aussi poissonneuse. A mon regard se dévoilent des chevennes, gardons et autres ablettes. Mais s’ils sont si nombreux, à n’en pas douter les carnassiers, comme brochets, sandres ou perches voire truites sont tapis quelque part en attente de les dévorer.

Avant d’atteindre mon but je me perds et fais des détours dans le village de Sorcy-Saint-Martin qui me permettent quelques contacts intéressants avec les rares personnes qui osent affronter le soleil de tout début d’après-midi. Commercy, petite ville avec un centre qui rappelle la place Stanislas de Nancy. Ce soir va s’y dérouler un concert en l’honneur de Johnny. Le chanteur est très bon, on s’y croirait tout à fait. Le contrôle de la police sera effectif en matière de distanciation. En ce quatrième jour je pars à huit heures du matin. Après un kilomètre je passe devant une pharmacie, déjà 28 degrés, il faut s’attendre encore une fois à une grosse attaque de la canicule. Pour le moment il est très agréable de pédaler. Aujourd’hui encore l’eau reste présente sur mon itinéraire. Entre le canal et la Meuse j’ai tout loisir d’observer l’eau et bien évidemment j’y vois des poissons de toutes tailles. Mes lunettes de soleil polarisantes m’aident grandement du fait qu’elles font disparaître les reflets. Je suis comme un intrus voyeur, j’adore ! Les trois premières heures sont un véritable plaisir. J’effectue une cinquantaine de kilomètres. Puis vers les 11 heures la chape de plomb comme les jours précédents s’abat. La moyenne tombe, les efforts deviennent pénibles. Je ne passe pas très loin de la colline de Sion « la colline inspirée » de Maurice Barrès. Le détour à vélo, agrémenté d’une belle côte par une température frisant les 40 degrés, me semble surhumain. Je vais rejoindre rapidement et au plus court la petite ville de Charmes et aller me planquer au frais dans un hôtel un peu au sud. Le soir, discussion sur la terrasse d’une pizzeria avec une Hollandaise qui parcourt à vélo l’itinéraire d’Achern aux Saintes-Maries-de-la Mer. Elle effectue de courtes étapes de l’ordre de 30 à 40 kilomètres, mais elle affronte le bivouac, ce que je n’ai pas le courage de faire.

En ce cinquième et dernier jour, une matinée plus propice au vélo, car un ciel légèrement voilé protège un peu du soleil, par la route au plus court je rejoins Remiremont. De là par la piste cyclable empruntant l’ancienne voie ferrée en 25 kilomètres je remonte la vallée de la Moselotte. Au cours de ce périple qui avoisine les 400 kilomètres les bistrots auront pratiquement été absents du bord de la route. Pour me rattraper, alors que je ne suis plus qu’à 6 kilomètres de chez moi, je m’arrête à l’ancienne gare de Saulxures, transformée en bar-restaurant et je déguste deux panachés. Ce coin m’est particulièrement familier, car souvent j’y laisse ma voiture pour partir assouvir l’une de mes passions la pêche à la mouche.
Belle brochette de vaches vosgiennes en remontant la vallée de la Moselotte, retour chez moiCinq jours sur la route, j’ai beaucoup apprécié de me déplacer sur ces routes hors des axes de circulation et aussi un peu hors du temps, ma curiosité toujours aiguisée par ces coins de France déserts. Mais malheureusement, je n’ai pratiquement jamais eu l’impression de me sentir à l’aise, le grand plaisir des kilomètres qui défilent comme si je volais. J’ai toujours ressenti cette impression de forcer excessivement comparativement aux distances accomplies. Espérons qu’il ne s’agisse que de l’effet de la canicule !
Reims quatre saisons
Campagne autour de Reims au fil des saisons
J'ai habité durant quatre ans dans un petit village au nord du département de la Marne, tout près d'une magnifique rivière l'Aisne. Cette dernière me laisse un souvenir fort. Je me souviens avec précision des promenades que nous effectuions le long de ses berges, lorsqu'elle était en crue. A ces moments, elle s'enflait à la manière d'un véritable fleuve large, rapide, de couleur sombre, qui dévalait en émettant une forme de sifflement, plus exactement de feulement. L'eau était si rapide qu'elle bruissait. Cette anecdote comme entrée en matière pour montrer que ces régions que l'on considère, souvent et à tort, sans caractéristiques particulières sont quand on sait les regarder, de véritables joyaux, qui peuvent faire passer des émotions au même titre que les grandes montagnes ou les mers.
Mon village se situait à 13 kilomètres de mon lieu de travail, au nord de Reims. Très souvent je m'y rendais et revenais à pied ou à vélo tout terrain. Ce qui m'a permis d’observer la succession des saisons au jour le jour, souvent aux moments les plus chargés d'émotion, le lever et le coucher du soleil. Cette région possède un passé historique riche, en particulier du fait des deux guerres mondiales, qui ont amené à deux reprises la destruction totale de mon village.
Tout d'abord au cours de la première guerre mondiale, les Allemands l'ont occupé quatre longues années, de septembre 1914 après la contre-offensive de la Marne qui les a repoussés de Reims, jusqu'en octobre 1918 lors l'offensive américaine. Au cours de cette longue période, les Français qui tenaient Reims les ont bombardés en permanence, réduisant à néant toutes les maisons du hameau. Puis, durant la deuxième guerre mondiale, d'importants combats se sont déroulés en ce lieu et à nouveau le village a été détruit.
On oublie facilement qu'en 1940 l'armée française s'est battue, bien qu'elle ait été submergée. La meilleure preuve, malheureusement de cette résistance, c'est le nombre de militaires français tués au cours de cette courte campagne de France. Ils sont 100 000 à avoir donné leur vie au cours de cette déferlante allemande qui a duré deux mois.
Tous les jours lorsqu'à pied ou à vélo je parcourais cette zone tellement marquée par l'histoire violente de nos deux pays l'Allemagne et la France, outre la joie de l'effort physique dans une nature toujours changeante, je ressentais de l'émotion en me remémorant ce que nos grands-pères et nos pères ont vécu sur cette terre de contraste. Ce préambule historique est indispensable, afin de vous livrer mes sensations et réflexions lors de mes traversées biquotidiennes de ces terres pour lesquelles je garde un amour profond.
Le fait d'avoir un métier qui vous amène à des déménagements fréquents, comporte un certain nombre d'inconvénients, mais cela permet de découvrir en permanence des régions que l'on ne connaissait pas, et même que l'on ne voulait pas connaître, ne leur trouvant aucun attrait. Et puis lorsqu’on s'y trouve, il faut s'adapter. Si l'on sait regarder la nature, l'adaptation se fait toujours beaucoup plus facilement. Et c'est ainsi que j'ai appris à découvrir au jour le jour cette belle région plate et en apparence sans caractéristique du nord du département de la Marne.
Je vais vous faire part de mon vécu au cours des saisons dans ces grands champs qui s'étendent au nord de Reims. Ces périodes pendant lesquelles je me retrouvais seul deux fois par jour à courir ou pédaler à travers la campagne m'ont enrichi sur bien des plans. Tout d'abord, j'ai pris l'habitude de partir par tous les temps et de trouver du plaisir par toutes les conditions. Rapidement le pli est pris et l'on découvre en passant le pas de la porte le vent, le froid, la chaleur, le brouillard, le givre ou la neige, et chacun de ces éléments est différent à chaque fois. Savez-vous que les Esquimaux ont une vingtaine de mots différents pour décrire les divers états de la neige? Eh bien pour chacun des éléments constitutifs de la météorologie il serait possible de trouver de multiples adjectifs descriptifs en fonction des conditions. Une fois passé le pas de la porte et la première surprise des conditions du jour assimilée, le contact avec la nature s'établit, les muscles s'échauffent et le rythme s'installe. Le regard porte loin dans ces régions plates, et rapidement, aux aguets les sens en éveil, j’embrasse de vastes zones aux détails toujours changeants. Mais souvent lorsque le départ se fait de nuit ou par brouillard, les yeux ne pénètrent pas ces zones opaques, cependant l'esprit, lui, imagine ce qui s'étend devant.
Ce voyage en aller-retour effectué chaque jour s'apparente à un rite initiatique, me permettant le matin de me préparer en souplesse à la vie de fou de la journée qui m'attend dans une société qui a tendance à broyer les individus et le soir de me libérer d'une bonne partie du stress accumulé.
Le printemps, la température commence à remonter après les rigueurs de la froide saison. La terre sèche, et cela est très perceptible dans cette région sur laquelle, j'ai tant lu de livres, décrivant la boue, grand fléau, qui engluait, et parfois tuait le poilu. La nature s'éveille et les herbes font craqueler de toutes parts ces immensités de terre nue. Dans cette zone plate, ces nouvelles pousses attirent tout particulièrement l'attention, elles participent au changement de la couleur du sol.
Dès que ces végétaux, s'étant imbibés des premiers rayons de soleil printaniers, atteignent quelque hauteur, la faune en prend possession. Les alouettes les colonisent. On peut les entendre chanter, mais il est difficile de les voir voler au-dessus des champs. De temps en temps de façon furtive il est possible de les apercevoir décoller ou plonger se cacher au ras du sol. Tout comme les animaux, les tracteurs aussi reprennent possession des lieux. La particularité de ces grands champs, qui furent aussi de vastes champs de bataille, tient dans le nombre très important d'obus qu'ils recèlent.
Durant les quatre années, où ces étendues se trouvaient entre les lignes de tranchées, les Allemands et les Français les ont copieusement bombardées au gré des attaques et des contre-attaques auxquelles les deux belligérants se sont livrés. J'aurai l'occasion d'y revenir car c'est souvent plus tard dans l'année, lors des travaux en profondeur dans la terre que ces fruits de mort sont récoltés. Et puis au printemps, comme à l'automne, mes randonnées matinales et vespérales étaient synchronisées avec ces périodes de la journée, particulièrement belles, que sont le lever du soleil et son coucher.
En effet, comme le commun des mortels, en temps normal, mon travail commençait vers les sept heures trente le matin et le soir se terminait généralement autour des 18 ou 19 heures. Donc tout naturellement mes randonnées quotidiennes me laissaient au printemps tout loisir d'observer l'aube et coucher du soleil. Cette saison outre l'éveil de la nature, a gravé en moi un souvenir profond, d’une part de ces départs au moment où la nuit va finir et de ces arrivées, une heure plus tard, en pleine lumière du jour, et d’autre part des retours, après une journée de travail, me permettant de suivre avec attention l'installation de la nuit. Ce miracle chaque jour renouvelé du rougeoiement de l'astre du jour qui se lève et se couche. J'étais un spectateur particulièrement privilégié, toujours seul, je pouvais avoir l'illusion qu'il se livrait à ces démonstrations de beauté pour mon seul plaisir.
Le printemps, c'est aussi la période des giboulées, ces précipitations très caractéristiques et rageuses. Sur la plaine on en distingue les trains plus ou moins importants qui défilent, arrivant droit sur vous ou vous évitant. Lorsqu'elles vous frappent, elles vous font l'effet d'une douche froide et vous forcent à courber l'échine. Que la nature dans ces moments est belle à travers ses contrastes d'ombre et de lumière.
L'été les blés mûrs ondulent à l'infini au gré de leur tête dorée sur cette terre blanche dure comme de la pierre. Effectivement ce sol, qui sait être boue très collante en hiver, se transforme en une matière très compacte en absence de pluie. Alors sur ce terrain ferme, les déplacements à vélo dans les herbes des chemins plats deviennent un véritable plaisir. Le mouvement parmi de grandes tiges à hauteur de guidon donne plus l'impression de flotter et glisser à la manière d'un bateau qui fend de son étrave un flot de graminées. Ces herbes, dans lesquelles on baigne littéralement frôlent et chatouillent les jambes, mais l'absence de pierres et d’aspérités sur ces grandes étendues dégagées laisse tout au plaisir de la progression dans cette substance végétale, qui n'est pas généralement le lieu de prédilection du deux roues. Cependant, la vigilance reste de rigueur, car il est inhabituel de ne pas voir le sol lorsque l'on roule. Il arrive parfois que quelques ornières, traîtreusement cachées, vous déstabilisent, mais étant toujours orientées dans le sens de la progression, le réflexe est vite pris pour les négocier sans difficulté.
Le canal de la Marne, traçant sa ligne droite à travers les cultures, offre aussi tout au long de cette saison de belles émotions à vélo. Le longer en suivant le chemin de halage, au petit matin ou en fin d'après-midi les jours de grosse chaleur, procure une multitude de surprises enthousiasmantes. En effet, la bicyclette de par son mouvement sans vibration sur le sol, permet souvent de voir les poissons avant qu'ils ne vous détectent et ne s'enfuient en laissant un gros remous à la surface. Alors brochets, carpes et autres habitants de ces eaux calmes se laissent entrevoir, de façon très distincte, avant de se dérober au regard curieux en plongeant vers des fonds obscurs. Pouvoir mettre un nom sur le fuyard laissant son gros rond sur le miroir du canal me plaisait énormément.
L'été c'est aussi bien sûr l'époque des orages, et sur ces terres surchauffées, ils peuvent être terribles. Au cours de mes traversées en fin d'après-midi par temps menaçant, il m'arrivait de ressentir un engagement comme lors d'une ascension sur une montagne. On réalise dans ces moments notre petitesse. Avancer entre des trains de nuages, déversant au hasard des éclairs que l'on voit frapper le sol, procure des sensations puissantes. On a beau se dire que statistiquement, la probabilité d'en recevoir un est faible, on a tendance à accélérer le rythme pour rejoindre au plus vite le village dont on voit les toits flotter au loin au-dessus des épis de blé, recouvrant cette terre qui s'étire à l'infini. La grandeur et la brutalité de la nature apparaît dans toute son ampleur, et dans ces instants nul besoin de se trouver en pleine mer ou dans la face nord des Drus pour se sentir vivre.
J'ai découvert ce paradoxe, qu'il était possible dans des contr��es que l'on pense débonnaires de ressentir un engagement face aux caprices de la nature similaire à celui rencontré en montagne. La même sensation de danger vous étreint, tous sens en éveil. Les éclairs claquent dans les champs, très distinctement les traits de foudre atteignent le sol. Dans ces moments, le regard est fixé dans le lointain vers le hameau, qui devient le point de focalisation unique vers lequel on espère trouver la sécurité. Me restent très précisément gravés en mémoires les contrastes entre nuages noirs, blés éclatants et éclairs rajoutant un trait de lumière par-ci par-là au hasard du tableau, dans ce vaste horizon.
L'été c'est aussi les immenses champs de fraises sur les collines au second plan et la foule des ramasseurs à genoux remplissant leurs cageots. Une année nous avions hébergé une Mexicaine d'une famille très aisée. Elle s'imaginait qu'en France, qu'elle considérait, à tort sans doute, comme un pays très riche, le moindre travail devait rapporter un joli pactole. Elle était donc intéressée par le ramassage des fraises. Par des amis nous la faisons embaucher. Après une demi-journée de cueillette elle est revenue éreintée, les genoux griffés et très dépitée de n'avoir récolté à l'époque que quelques francs. Les paysans du coin ont rigolé pendant longtemps des mésaventures de notre belle Mexicaine. En effet, à la voir grande blonde aux yeux clairs on ne se doutait pas de sa nationalité. Elle descendait d'émigrants des pays nordiques.
L'été c'est encore la ronde des énormes moissonneuses batteuses qui se déplacent dans de grands nuages de poussière, remplissant de pleines bennes de grains, sous l'œil interrogateur des cultivateurs qui jugent de la qualité et de la quantité.
Avec l'automne arrivent les premiers rafraîchissements de l'air qui rendent toute sa limpidité à l'atmosphère. Puis viennent les premiers froids qui donnent naissance aux brouillards. J'utilise à dessein le pluriel, car comme les neiges des Esquimaux, ils sont multiples. Je les classerai en deux grandes catégories, ceux de faible hauteur qui permettent de voir par dessus, vous laissant la tête en quelque sorte hors des nuages, et puis ceux dans lesquels l'immersion est totale, et qui limitent plus ou moins en fonction de leur opacité la vision horizontale et verticale.
Cette saison par excellence, c'est celle des illusions, des perceptions de distances erronées, par le jeu de ces brumes aux formes et aux densités très variées. Par exemple le brouillard peut ne constituer qu'une mince couche au sol de quelques centimètres. Au petit matin, en courant sur cette fine pellicule dense il m'arrivait de perdre le sens de la dimension des objets et des êtres. L'un de mes repaires au cours de mes courses matinales était la colline de Brimont, gros tertre boisé légèrement au sud-ouest de mon axe de progression. Un matin froid de fin d'automne au-dessus de cette couche de brume qui masquait le sol, je vis la colline émerger, mais la perspective se modifiant trop rapidement en fonction de mon déplacement, alors je décelai une anomalie. Effectivement, elle était de taille. Ce que je prenais pour la colline de Brimont, située à six ou huit kilomètres, était en fait un tout petit mouvement de terrain dans un champ et se situait à quelques dizaines de mètres seulement. Une autre fois, je regardais une drôle de motte de terre à proximité qui émergeait de ce fin brouillard. Mais aurais-je la berlue! La motte de terre se mit à bouger et sa forme se modifia. Il lui apparut de grandes oreilles et elle détala au pas de course. Il s'agissait d'un lièvre couché à même la terre, dont j'avais pris l'arrondi du dos pour un mouvement de terrain. Si je n'avais pas vécu de telles expériences, je ne pourrais admettre que selon les conditions on puisse avoir de telles illusions.
Ces périodes pleines de sensations étranges, où la nature se jouait de mes sens, étaient les plus propices au travail de l'imagination. Tout naturellement cela me ramenait à la première guerre mondiale, où à cet endroit même Français et Allemands s'étaient âprement affrontés durant quatre ans pour la possession de cette terre. J'imaginais au ras du sol quelques poilus rampant à couvert du brouillard pour s'approcher de la tranchée ennemie afin d'y semer la mort. Dans leur déplacement lent, peut-être ce qu'ils confondaient avec des mouvements de terrain ce n'était pas des lièvres qui avaient déserté ces lieux de bruit et de fracas, mais les corps de camardes ou d'ennemis gisant. Et tout ce monde imaginaire, que je voyais vivre, était rendu d'autant plus réel par les fragments de matériels qui à cette époque de l'année ressortaient du fait des labours et de la récolte des betteraves. Généralement, il s'agissait d'obus que les paysans déposaient en bordure de champ à la manière de petits tas de bûches.
Je me souviens que de mon jardin à l'orée d'un bosquet d'acacias, je distinguais, ce que je croyais être un petit stock de billots de belle dimension, quelques mètres de large et un de hauteur. Puis un jour passant par là à vélo, j'eus la surprise de constater qu'il s'agissait d'un amas de munitions de gros calibre. Pour se faire une idée du nombre d'obus enfouis dans ces coins de France, il suffit d'avoir en mémoire que les deux belligérants les ont copieusement arrosés durant toute la guerre et que l'on considère qu'un obus sur trois n'explosait pas, mais s'enfonçait très profondément dans cette terre en permanence retournée.
Il m'est arrivé aussi de voir autre chose que des obus, des restes de baïonnettes, de pipes, de morceaux de casques troués d'une balle. A ces moments la guerre de 14 me semblait très présente, j'avais l'impression d'y baigner, qu'elle m'imprégnait. Avec beaucoup d'émotion et de gravité je continuais ma course dans ces espaces aux dimensions aléatoires où les époques se télescopaient. Rarement lieu, de l'Himalaya à Persépolis en passant par l'Atlas marocain ou bien une tempête de nuit en mer à bord d'un petit voilier ne m'a laissé un souvenir d'une telle intensité.
Enfin l'hiver, la saison de loin la plus austère, déversait à son tour son lot de sensations. Aux longues périodes de mauvais temps succédaient de puissants anticyclones accompagnés d'un brouillard épais, qui effaçait toute distance. Cependant, à la couleur légèrement gris bleu du ciel on sentait que le soleil n'était pas loin. Mais cela pour beaucoup était un facteur aggravant, car si près et pourtant incessible restait l'astre du jour. La faible durée des journées souvent ne permettait pas la disparition des brumes.
L'hostilité de la saison se caractérisait aussi pour moi, par le fait de faire mes trajets quotidiens entièrement de nuit. Certains jours la boue était tellement épaisse et collante que la pratique du vélo était impossible en dehors des routes, quant à la course à pied, elle se transformait en une véritable épreuve, avec des kilos de terre accrochés sous les semelles. Elle collait un peu à la manière des grosses boules de neige mouillées que l'on roule et qui deviennent démesurées, et surtout d'un poids qui bloque toute possibilité de les déplacer. Très rapidement, de cette boue compacte j'en étais complètement couvert, et il m'arrivait pour y remédier de porter un k-way complet, ce qui permettait plus ou moins à la terre de glisser et de ne pas trop m'alourdir.
Cependant, malgré les apparences ces immersions dans la nuit brouillardeuse et dans la boue me procuraient un vif plaisir. Cela laissait aussi imaginer les conditions endurées en ces lieux durant les longues années de guerre. Dans cette bande d'une dizaine de kilomètres que je traversais tous les jours, l’image des soldats cloués au sol ou errant dans cette zone entre les tranchées était très présente à mon esprit. Des hommes avaient passé de longs hivers dans ces conditions terribles, en danger de mort permanent, et pour eux il n'y avait pas de douche deux fois par jour.
Souvent, je me demande comment ils pouvaient tenir. J'ai lu un livre très intéressant qui s'intitule «Pourquoi ont-ils tenu?». Les raisons en sont multiples et il n'y avait pas que la peur d'être fusillé en cas de désertion ou le patriotisme. Les causes en sont plus subtiles mais la relation entre les hommes et surtout la camaraderie ont joué un grand rôle.
De nuit sans visibilité il ne m'était pas toujours facile de garder le bon cap en direction de la ville. La principale difficulté provenait du fait qu'à cette saison les chemins et les champs cultivés se confondent. La boue qu'elle se trouve dans les uns ou les autres, ça reste de la boue. Sans visibilité, sous un ciel bas de nuit, lancé à l'aventure à travers cette terre uniforme collante et sombre comme du charbon, ayant perdu toute trace de chemin, l'orientation devenait parfois difficile. Alors je m'arrêtais, écoutais et regardais vers l'ouest en direction de la route menant à Reims. À travers le bruit étouffé par le brouillard ou grâce au léger halo de lumière des phares des véhicules, que parfois je distinguais dans le lointain, je réussissais à rester sur mon axe. Il m'est cependant arrivé, rarement, de me retrouver à proximité de la ville avec une forte dérive, que je compensais en suivant les clôtures de la base aérienne. Que cette situation était étrange mais comme j'en tirais du plaisir.
J'ai pu constater au cours de cette saison que les nuits vraiment noires sont très peu nombreuses. J'appelle nuits vraiment noires, celles au cours desquelles, une fois l'accoutumance des yeux à l'obscurité effectuée, on ne discerne pas le contour du moindre objet à plus d'un mètre.
Généralement de nuit, une lumière ténue permet lorsqu'on est vigilant de distinguer très légèrement ce qui se trouve dans un périmètre de quelques mètres. Par nuit vraiment noire, conjonction de mauvais temps, d'absence totale de lune et d'éloignement de toute agglomération, on ne voit vraiment plus rien. Ces conditions de noir total n'étaient réunies que quelques nuits par an.
Tel un aveugle j’avançais au jugé, toujours très tendu à l'idée de buter sur un obstacle. Le long de mon parcours, il arrivait que des cultivateurs laissent des engins agricoles, par exemple des herses. A l'idée de les percuter je redoublais de vigilance et suivant les endroits, je ralentissais mon allure, je retenais mes pas en petites foulées précautionneuses dans l'attente de percuter un obstacle métallique. Dans ces conditions, l'instinct plus que la vision permettait de matérialiser l'environnement. J'avais un peu l'impression de retrouver les perceptions sensorielles plus développées chez nos ancêtres que chez nous, hommes modernes. Dans ces instants je faisais partie intégrante de cette nature hostile, opaque, froide et mouillée. Ces expériences m’ont appris que de conditions adverses naissent les plus belles et grandes émotions.
Lorsque j'arrivais sur mon lieu de travail ou chez moi, je ressemblais à une statue de terre. Nombreux étaient ceux qui me prenaient pour un fou. Mais s'ils avaient pu imaginer le plaisir qui naît de la confrontation avec la nature lorsqu'elle se montre un tant soit peu hostile!
L'hiver c'était aussi ces périodes de gel par temps de brouillard, ou tout obstacle se couvrait d'une magnifique parure de givre. On se serait cru dans un conte fabuleux, et je recherchais les elfes et les Nibelungen. Sur ces terres glacées, comme des ombres gracieuses et furtives, les chevreuils s’élançaient et disparaissaient dans les nuées. Comme j'ai aimé ces balades presque irréelles par des températures très basses, parmi ces fantômes de végétation éclatants de givre surgissant de la grisaille et y replongeant aussitôt, au rythme du coureur. Ces conditions rigoureuses n'enlevaient rien au confort et au bien-être que prodigue la chaleur des muscles en action. Là encore je ressentais que mon corps était bien adapté à l'hiver et à ses rigueurs, ce qui faisait naître une vive sensation de plaisir.
Ce pays aux contrastes accentués, cette terre chargée d'histoire, sachant au gré de l'année prendre des visages très différents, des plus chaleureux aux plus rébarbatifs, je l'ai beaucoup aimée. Ses habitants aussi étaient toujours accueillants. Cette région, je l'ai quittée depuis un peu plus de vingt ans, j’en ai connu beaucoup d'autres très belles en France et à l'étranger, mais je garderai toujours très vivante en moi cette émotion que faisaient naître en moi ces vastes zones plates.
J'ai habité durant quatre ans dans un petit village au nord du département de la Marne, tout près d'une magnifique rivière l'Aisne. Cette dernière me laisse un souvenir fort. Je me souviens avec précision des promenades que nous effectuions le long de ses berges, lorsqu'elle était en crue. A ces moments, elle s'enflait à la manière d'un véritable fleuve large, rapide, de couleur sombre, qui dévalait en émettant une forme de sifflement, plus exactement de feulement. L'eau était si rapide qu'elle bruissait. Cette anecdote comme entrée en matière pour montrer que ces régions que l'on considère, souvent et à tort, sans caractéristiques particulières sont quand on sait les regarder, de véritables joyaux, qui peuvent faire passer des émotions au même titre que les grandes montagnes ou les mers.
Mon village se situait à 13 kilomètres de mon lieu de travail, au nord de Reims. Très souvent je m'y rendais et revenais à pied ou à vélo tout terrain. Ce qui m'a permis d’observer la succession des saisons au jour le jour, souvent aux moments les plus chargés d'émotion, le lever et le coucher du soleil. Cette région possède un passé historique riche, en particulier du fait des deux guerres mondiales, qui ont amené à deux reprises la destruction totale de mon village.
Tout d'abord au cours de la première guerre mondiale, les Allemands l'ont occupé quatre longues années, de septembre 1914 après la contre-offensive de la Marne qui les a repoussés de Reims, jusqu'en octobre 1918 lors l'offensive américaine. Au cours de cette longue période, les Français qui tenaient Reims les ont bombardés en permanence, réduisant à néant toutes les maisons du hameau. Puis, durant la deuxième guerre mondiale, d'importants combats se sont déroulés en ce lieu et à nouveau le village a été détruit.
On oublie facilement qu'en 1940 l'armée française s'est battue, bien qu'elle ait été submergée. La meilleure preuve, malheureusement de cette résistance, c'est le nombre de militaires français tués au cours de cette courte campagne de France. Ils sont 100 000 à avoir donné leur vie au cours de cette déferlante allemande qui a duré deux mois.
Tous les jours lorsqu'à pied ou à vélo je parcourais cette zone tellement marquée par l'histoire violente de nos deux pays l'Allemagne et la France, outre la joie de l'effort physique dans une nature toujours changeante, je ressentais de l'émotion en me remémorant ce que nos grands-pères et nos pères ont vécu sur cette terre de contraste. Ce préambule historique est indispensable, afin de vous livrer mes sensations et réflexions lors de mes traversées biquotidiennes de ces terres pour lesquelles je garde un amour profond.
Le fait d'avoir un métier qui vous amène à des déménagements fréquents, comporte un certain nombre d'inconvénients, mais cela permet de découvrir en permanence des régions que l'on ne connaissait pas, et même que l'on ne voulait pas connaître, ne leur trouvant aucun attrait. Et puis lorsqu’on s'y trouve, il faut s'adapter. Si l'on sait regarder la nature, l'adaptation se fait toujours beaucoup plus facilement. Et c'est ainsi que j'ai appris à découvrir au jour le jour cette belle région plate et en apparence sans caractéristique du nord du département de la Marne.
Je vais vous faire part de mon vécu au cours des saisons dans ces grands champs qui s'étendent au nord de Reims. Ces périodes pendant lesquelles je me retrouvais seul deux fois par jour à courir ou pédaler à travers la campagne m'ont enrichi sur bien des plans. Tout d'abord, j'ai pris l'habitude de partir par tous les temps et de trouver du plaisir par toutes les conditions. Rapidement le pli est pris et l'on découvre en passant le pas de la porte le vent, le froid, la chaleur, le brouillard, le givre ou la neige, et chacun de ces éléments est différent à chaque fois. Savez-vous que les Esquimaux ont une vingtaine de mots différents pour décrire les divers états de la neige? Eh bien pour chacun des éléments constitutifs de la météorologie il serait possible de trouver de multiples adjectifs descriptifs en fonction des conditions. Une fois passé le pas de la porte et la première surprise des conditions du jour assimilée, le contact avec la nature s'établit, les muscles s'échauffent et le rythme s'installe. Le regard porte loin dans ces régions plates, et rapidement, aux aguets les sens en éveil, j’embrasse de vastes zones aux détails toujours changeants. Mais souvent lorsque le départ se fait de nuit ou par brouillard, les yeux ne pénètrent pas ces zones opaques, cependant l'esprit, lui, imagine ce qui s'étend devant.
Ce voyage en aller-retour effectué chaque jour s'apparente à un rite initiatique, me permettant le matin de me préparer en souplesse à la vie de fou de la journée qui m'attend dans une société qui a tendance à broyer les individus et le soir de me libérer d'une bonne partie du stress accumulé.
Le printemps, la température commence à remonter après les rigueurs de la froide saison. La terre sèche, et cela est très perceptible dans cette région sur laquelle, j'ai tant lu de livres, décrivant la boue, grand fléau, qui engluait, et parfois tuait le poilu. La nature s'éveille et les herbes font craqueler de toutes parts ces immensités de terre nue. Dans cette zone plate, ces nouvelles pousses attirent tout particulièrement l'attention, elles participent au changement de la couleur du sol.
Dès que ces végétaux, s'étant imbibés des premiers rayons de soleil printaniers, atteignent quelque hauteur, la faune en prend possession. Les alouettes les colonisent. On peut les entendre chanter, mais il est difficile de les voir voler au-dessus des champs. De temps en temps de façon furtive il est possible de les apercevoir décoller ou plonger se cacher au ras du sol. Tout comme les animaux, les tracteurs aussi reprennent possession des lieux. La particularité de ces grands champs, qui furent aussi de vastes champs de bataille, tient dans le nombre très important d'obus qu'ils recèlent.
Durant les quatre années, où ces étendues se trouvaient entre les lignes de tranchées, les Allemands et les Français les ont copieusement bombardées au gré des attaques et des contre-attaques auxquelles les deux belligérants se sont livrés. J'aurai l'occasion d'y revenir car c'est souvent plus tard dans l'année, lors des travaux en profondeur dans la terre que ces fruits de mort sont récoltés. Et puis au printemps, comme à l'automne, mes randonnées matinales et vespérales étaient synchronisées avec ces périodes de la journée, particulièrement belles, que sont le lever du soleil et son coucher.
En effet, comme le commun des mortels, en temps normal, mon travail commençait vers les sept heures trente le matin et le soir se terminait généralement autour des 18 ou 19 heures. Donc tout naturellement mes randonnées quotidiennes me laissaient au printemps tout loisir d'observer l'aube et coucher du soleil. Cette saison outre l'éveil de la nature, a gravé en moi un souvenir profond, d’une part de ces départs au moment où la nuit va finir et de ces arrivées, une heure plus tard, en pleine lumière du jour, et d’autre part des retours, après une journée de travail, me permettant de suivre avec attention l'installation de la nuit. Ce miracle chaque jour renouvelé du rougeoiement de l'astre du jour qui se lève et se couche. J'étais un spectateur particulièrement privilégié, toujours seul, je pouvais avoir l'illusion qu'il se livrait à ces démonstrations de beauté pour mon seul plaisir.
Le printemps, c'est aussi la période des giboulées, ces précipitations très caractéristiques et rageuses. Sur la plaine on en distingue les trains plus ou moins importants qui défilent, arrivant droit sur vous ou vous évitant. Lorsqu'elles vous frappent, elles vous font l'effet d'une douche froide et vous forcent à courber l'échine. Que la nature dans ces moments est belle à travers ses contrastes d'ombre et de lumière.
L'été les blés mûrs ondulent à l'infini au gré de leur tête dorée sur cette terre blanche dure comme de la pierre. Effectivement ce sol, qui sait être boue très collante en hiver, se transforme en une matière très compacte en absence de pluie. Alors sur ce terrain ferme, les déplacements à vélo dans les herbes des chemins plats deviennent un véritable plaisir. Le mouvement parmi de grandes tiges à hauteur de guidon donne plus l'impression de flotter et glisser à la manière d'un bateau qui fend de son étrave un flot de graminées. Ces herbes, dans lesquelles on baigne littéralement frôlent et chatouillent les jambes, mais l'absence de pierres et d’aspérités sur ces grandes étendues dégagées laisse tout au plaisir de la progression dans cette substance végétale, qui n'est pas généralement le lieu de prédilection du deux roues. Cependant, la vigilance reste de rigueur, car il est inhabituel de ne pas voir le sol lorsque l'on roule. Il arrive parfois que quelques ornières, traîtreusement cachées, vous déstabilisent, mais étant toujours orientées dans le sens de la progression, le réflexe est vite pris pour les négocier sans difficulté.
Le canal de la Marne, traçant sa ligne droite à travers les cultures, offre aussi tout au long de cette saison de belles émotions à vélo. Le longer en suivant le chemin de halage, au petit matin ou en fin d'après-midi les jours de grosse chaleur, procure une multitude de surprises enthousiasmantes. En effet, la bicyclette de par son mouvement sans vibration sur le sol, permet souvent de voir les poissons avant qu'ils ne vous détectent et ne s'enfuient en laissant un gros remous à la surface. Alors brochets, carpes et autres habitants de ces eaux calmes se laissent entrevoir, de façon très distincte, avant de se dérober au regard curieux en plongeant vers des fonds obscurs. Pouvoir mettre un nom sur le fuyard laissant son gros rond sur le miroir du canal me plaisait énormément.
L'été c'est aussi bien sûr l'époque des orages, et sur ces terres surchauffées, ils peuvent être terribles. Au cours de mes traversées en fin d'après-midi par temps menaçant, il m'arrivait de ressentir un engagement comme lors d'une ascension sur une montagne. On réalise dans ces moments notre petitesse. Avancer entre des trains de nuages, déversant au hasard des éclairs que l'on voit frapper le sol, procure des sensations puissantes. On a beau se dire que statistiquement, la probabilité d'en recevoir un est faible, on a tendance à accélérer le rythme pour rejoindre au plus vite le village dont on voit les toits flotter au loin au-dessus des épis de blé, recouvrant cette terre qui s'étire à l'infini. La grandeur et la brutalité de la nature apparaît dans toute son ampleur, et dans ces instants nul besoin de se trouver en pleine mer ou dans la face nord des Drus pour se sentir vivre.
J'ai découvert ce paradoxe, qu'il était possible dans des contr��es que l'on pense débonnaires de ressentir un engagement face aux caprices de la nature similaire à celui rencontré en montagne. La même sensation de danger vous étreint, tous sens en éveil. Les éclairs claquent dans les champs, très distinctement les traits de foudre atteignent le sol. Dans ces moments, le regard est fixé dans le lointain vers le hameau, qui devient le point de focalisation unique vers lequel on espère trouver la sécurité. Me restent très précisément gravés en mémoires les contrastes entre nuages noirs, blés éclatants et éclairs rajoutant un trait de lumière par-ci par-là au hasard du tableau, dans ce vaste horizon.
L'été c'est aussi les immenses champs de fraises sur les collines au second plan et la foule des ramasseurs à genoux remplissant leurs cageots. Une année nous avions hébergé une Mexicaine d'une famille très aisée. Elle s'imaginait qu'en France, qu'elle considérait, à tort sans doute, comme un pays très riche, le moindre travail devait rapporter un joli pactole. Elle était donc intéressée par le ramassage des fraises. Par des amis nous la faisons embaucher. Après une demi-journée de cueillette elle est revenue éreintée, les genoux griffés et très dépitée de n'avoir récolté à l'époque que quelques francs. Les paysans du coin ont rigolé pendant longtemps des mésaventures de notre belle Mexicaine. En effet, à la voir grande blonde aux yeux clairs on ne se doutait pas de sa nationalité. Elle descendait d'émigrants des pays nordiques.
L'été c'est encore la ronde des énormes moissonneuses batteuses qui se déplacent dans de grands nuages de poussière, remplissant de pleines bennes de grains, sous l'œil interrogateur des cultivateurs qui jugent de la qualité et de la quantité.
Avec l'automne arrivent les premiers rafraîchissements de l'air qui rendent toute sa limpidité à l'atmosphère. Puis viennent les premiers froids qui donnent naissance aux brouillards. J'utilise à dessein le pluriel, car comme les neiges des Esquimaux, ils sont multiples. Je les classerai en deux grandes catégories, ceux de faible hauteur qui permettent de voir par dessus, vous laissant la tête en quelque sorte hors des nuages, et puis ceux dans lesquels l'immersion est totale, et qui limitent plus ou moins en fonction de leur opacité la vision horizontale et verticale.
Cette saison par excellence, c'est celle des illusions, des perceptions de distances erronées, par le jeu de ces brumes aux formes et aux densités très variées. Par exemple le brouillard peut ne constituer qu'une mince couche au sol de quelques centimètres. Au petit matin, en courant sur cette fine pellicule dense il m'arrivait de perdre le sens de la dimension des objets et des êtres. L'un de mes repaires au cours de mes courses matinales était la colline de Brimont, gros tertre boisé légèrement au sud-ouest de mon axe de progression. Un matin froid de fin d'automne au-dessus de cette couche de brume qui masquait le sol, je vis la colline émerger, mais la perspective se modifiant trop rapidement en fonction de mon déplacement, alors je décelai une anomalie. Effectivement, elle était de taille. Ce que je prenais pour la colline de Brimont, située à six ou huit kilomètres, était en fait un tout petit mouvement de terrain dans un champ et se situait à quelques dizaines de mètres seulement. Une autre fois, je regardais une drôle de motte de terre à proximité qui émergeait de ce fin brouillard. Mais aurais-je la berlue! La motte de terre se mit à bouger et sa forme se modifia. Il lui apparut de grandes oreilles et elle détala au pas de course. Il s'agissait d'un lièvre couché à même la terre, dont j'avais pris l'arrondi du dos pour un mouvement de terrain. Si je n'avais pas vécu de telles expériences, je ne pourrais admettre que selon les conditions on puisse avoir de telles illusions.
Ces périodes pleines de sensations étranges, où la nature se jouait de mes sens, étaient les plus propices au travail de l'imagination. Tout naturellement cela me ramenait à la première guerre mondiale, où à cet endroit même Français et Allemands s'étaient âprement affrontés durant quatre ans pour la possession de cette terre. J'imaginais au ras du sol quelques poilus rampant à couvert du brouillard pour s'approcher de la tranchée ennemie afin d'y semer la mort. Dans leur déplacement lent, peut-être ce qu'ils confondaient avec des mouvements de terrain ce n'était pas des lièvres qui avaient déserté ces lieux de bruit et de fracas, mais les corps de camardes ou d'ennemis gisant. Et tout ce monde imaginaire, que je voyais vivre, était rendu d'autant plus réel par les fragments de matériels qui à cette époque de l'année ressortaient du fait des labours et de la récolte des betteraves. Généralement, il s'agissait d'obus que les paysans déposaient en bordure de champ à la manière de petits tas de bûches.
Je me souviens que de mon jardin à l'orée d'un bosquet d'acacias, je distinguais, ce que je croyais être un petit stock de billots de belle dimension, quelques mètres de large et un de hauteur. Puis un jour passant par là à vélo, j'eus la surprise de constater qu'il s'agissait d'un amas de munitions de gros calibre. Pour se faire une idée du nombre d'obus enfouis dans ces coins de France, il suffit d'avoir en mémoire que les deux belligérants les ont copieusement arrosés durant toute la guerre et que l'on considère qu'un obus sur trois n'explosait pas, mais s'enfonçait très profondément dans cette terre en permanence retournée.
Il m'est arrivé aussi de voir autre chose que des obus, des restes de baïonnettes, de pipes, de morceaux de casques troués d'une balle. A ces moments la guerre de 14 me semblait très présente, j'avais l'impression d'y baigner, qu'elle m'imprégnait. Avec beaucoup d'émotion et de gravité je continuais ma course dans ces espaces aux dimensions aléatoires où les époques se télescopaient. Rarement lieu, de l'Himalaya à Persépolis en passant par l'Atlas marocain ou bien une tempête de nuit en mer à bord d'un petit voilier ne m'a laissé un souvenir d'une telle intensité.
Enfin l'hiver, la saison de loin la plus austère, déversait à son tour son lot de sensations. Aux longues périodes de mauvais temps succédaient de puissants anticyclones accompagnés d'un brouillard épais, qui effaçait toute distance. Cependant, à la couleur légèrement gris bleu du ciel on sentait que le soleil n'était pas loin. Mais cela pour beaucoup était un facteur aggravant, car si près et pourtant incessible restait l'astre du jour. La faible durée des journées souvent ne permettait pas la disparition des brumes.
L'hostilité de la saison se caractérisait aussi pour moi, par le fait de faire mes trajets quotidiens entièrement de nuit. Certains jours la boue était tellement épaisse et collante que la pratique du vélo était impossible en dehors des routes, quant à la course à pied, elle se transformait en une véritable épreuve, avec des kilos de terre accrochés sous les semelles. Elle collait un peu à la manière des grosses boules de neige mouillées que l'on roule et qui deviennent démesurées, et surtout d'un poids qui bloque toute possibilité de les déplacer. Très rapidement, de cette boue compacte j'en étais complètement couvert, et il m'arrivait pour y remédier de porter un k-way complet, ce qui permettait plus ou moins à la terre de glisser et de ne pas trop m'alourdir.
Cependant, malgré les apparences ces immersions dans la nuit brouillardeuse et dans la boue me procuraient un vif plaisir. Cela laissait aussi imaginer les conditions endurées en ces lieux durant les longues années de guerre. Dans cette bande d'une dizaine de kilomètres que je traversais tous les jours, l’image des soldats cloués au sol ou errant dans cette zone entre les tranchées était très présente à mon esprit. Des hommes avaient passé de longs hivers dans ces conditions terribles, en danger de mort permanent, et pour eux il n'y avait pas de douche deux fois par jour.
Souvent, je me demande comment ils pouvaient tenir. J'ai lu un livre très intéressant qui s'intitule «Pourquoi ont-ils tenu?». Les raisons en sont multiples et il n'y avait pas que la peur d'être fusillé en cas de désertion ou le patriotisme. Les causes en sont plus subtiles mais la relation entre les hommes et surtout la camaraderie ont joué un grand rôle.
De nuit sans visibilité il ne m'était pas toujours facile de garder le bon cap en direction de la ville. La principale difficulté provenait du fait qu'à cette saison les chemins et les champs cultivés se confondent. La boue qu'elle se trouve dans les uns ou les autres, ça reste de la boue. Sans visibilité, sous un ciel bas de nuit, lancé à l'aventure à travers cette terre uniforme collante et sombre comme du charbon, ayant perdu toute trace de chemin, l'orientation devenait parfois difficile. Alors je m'arrêtais, écoutais et regardais vers l'ouest en direction de la route menant à Reims. À travers le bruit étouffé par le brouillard ou grâce au léger halo de lumière des phares des véhicules, que parfois je distinguais dans le lointain, je réussissais à rester sur mon axe. Il m'est cependant arrivé, rarement, de me retrouver à proximité de la ville avec une forte dérive, que je compensais en suivant les clôtures de la base aérienne. Que cette situation était étrange mais comme j'en tirais du plaisir.
J'ai pu constater au cours de cette saison que les nuits vraiment noires sont très peu nombreuses. J'appelle nuits vraiment noires, celles au cours desquelles, une fois l'accoutumance des yeux à l'obscurité effectuée, on ne discerne pas le contour du moindre objet à plus d'un mètre.
Généralement de nuit, une lumière ténue permet lorsqu'on est vigilant de distinguer très légèrement ce qui se trouve dans un périmètre de quelques mètres. Par nuit vraiment noire, conjonction de mauvais temps, d'absence totale de lune et d'éloignement de toute agglomération, on ne voit vraiment plus rien. Ces conditions de noir total n'étaient réunies que quelques nuits par an.
Tel un aveugle j’avançais au jugé, toujours très tendu à l'idée de buter sur un obstacle. Le long de mon parcours, il arrivait que des cultivateurs laissent des engins agricoles, par exemple des herses. A l'idée de les percuter je redoublais de vigilance et suivant les endroits, je ralentissais mon allure, je retenais mes pas en petites foulées précautionneuses dans l'attente de percuter un obstacle métallique. Dans ces conditions, l'instinct plus que la vision permettait de matérialiser l'environnement. J'avais un peu l'impression de retrouver les perceptions sensorielles plus développées chez nos ancêtres que chez nous, hommes modernes. Dans ces instants je faisais partie intégrante de cette nature hostile, opaque, froide et mouillée. Ces expériences m’ont appris que de conditions adverses naissent les plus belles et grandes émotions.
Lorsque j'arrivais sur mon lieu de travail ou chez moi, je ressemblais à une statue de terre. Nombreux étaient ceux qui me prenaient pour un fou. Mais s'ils avaient pu imaginer le plaisir qui naît de la confrontation avec la nature lorsqu'elle se montre un tant soit peu hostile!
L'hiver c'était aussi ces périodes de gel par temps de brouillard, ou tout obstacle se couvrait d'une magnifique parure de givre. On se serait cru dans un conte fabuleux, et je recherchais les elfes et les Nibelungen. Sur ces terres glacées, comme des ombres gracieuses et furtives, les chevreuils s’élançaient et disparaissaient dans les nuées. Comme j'ai aimé ces balades presque irréelles par des températures très basses, parmi ces fantômes de végétation éclatants de givre surgissant de la grisaille et y replongeant aussitôt, au rythme du coureur. Ces conditions rigoureuses n'enlevaient rien au confort et au bien-être que prodigue la chaleur des muscles en action. Là encore je ressentais que mon corps était bien adapté à l'hiver et à ses rigueurs, ce qui faisait naître une vive sensation de plaisir.
Ce pays aux contrastes accentués, cette terre chargée d'histoire, sachant au gré de l'année prendre des visages très différents, des plus chaleureux aux plus rébarbatifs, je l'ai beaucoup aimée. Ses habitants aussi étaient toujours accueillants. Cette région, je l'ai quittée depuis un peu plus de vingt ans, j’en ai connu beaucoup d'autres très belles en France et à l'étranger, mais je garderai toujours très vivante en moi cette émotion que faisaient naître en moi ces vastes zones plates.
Périple à vélo de la France au Tibet
Bonjour,
Avec mon ami nous souhaitons partir en plein road trip spirituel : découvrir des cultures, des croyances, et prendre le temps d'être avec soi, de se découvrir soi-même, méditer, etc. Nous souhaitons partir de chez nous, dans le Sud-Ouest de la France, jusqu'au Tibet. L'idée serait de traverser les pays suivants :France (point de départ)ItalieCroatieHongrieRoumaniefaire les rives de la Mer Noire par le nord : UkraineRussieKazakhstan... ensuite pas encore certains du chemin...IndeNépalet enfin... TIBET !!!On envisage ce road trip spirituel sur un an, en vélo tandem.
Je viens vers vous pour : avoir vos conseils quant à la préparation (physique, médicale, etc.), matériel (vélo, tente, etc.) et légal (passeport, etc.)vos témoignagesvos bons plansMerci d'avance 😄
Avec mon ami nous souhaitons partir en plein road trip spirituel : découvrir des cultures, des croyances, et prendre le temps d'être avec soi, de se découvrir soi-même, méditer, etc. Nous souhaitons partir de chez nous, dans le Sud-Ouest de la France, jusqu'au Tibet. L'idée serait de traverser les pays suivants :France (point de départ)ItalieCroatieHongrieRoumaniefaire les rives de la Mer Noire par le nord : UkraineRussieKazakhstan... ensuite pas encore certains du chemin...IndeNépalet enfin... TIBET !!!On envisage ce road trip spirituel sur un an, en vélo tandem.
Je viens vers vous pour : avoir vos conseils quant à la préparation (physique, médicale, etc.), matériel (vélo, tente, etc.) et légal (passeport, etc.)vos témoignagesvos bons plansMerci d'avance 😄
Votre avis sur la France
La France (j'allais dire notre pays , c'était oublier que le site VF est canadien, enfin c'est pas loin concernant les francophones, il s'agit de nos cousins😎), donc voilà ma réflexion: que vous ayez beaucoup voyagé ou pas, loin ou pas, à vélo, avec sac à dos (certains diraient bagpacker), en solo, en bivouac sauvage, en fréquentant les hôtels deux ou quatre étoiles, avec agence ou autrement, vous situez la France à quel niveau en matière d’intérêt touristique ou de voyage, car selon son point de vue j'ai constaté que l'on peut faire la différence entre touriste et voyageur?
Je vous livre en matière de préambule mon sentiment, la France c'est le top du top et de plus en France il y a un paradis sur Terre (certains diront que c'est un pays indépendant) la Corse. Je précise je ne suis pas corse, mais lyonnais qui ne jure que par les Vosges.
Au plaisir de vous lire Luc
Le sud de la France, pendant tout juillet
Bonjour tout le monde,
Belle folie: je viens tout juste de réserver quatre billets d'avion pour ma petite famille et moi-m��me. Les enfants seront alors âgés de 9 et 11 ans.
Nous aurons trois bonnes semaines pour découvrir le sud de la France, principalement, et nous bouclerons notre périple par quelque 5 jours à Paris. Nous atterrissons à Marseille, que nous souhaitons visiter. Je prévois trois nuitées. Par la suite, tout est ouvert.
Je suis plongée dans mes lectures, mais j'ai envie de vous entendre. J'aimerais bien faire toute la côte: le Languedoc, la Provence et la Côte d'Azur. Puisque Marseille se situe à peu près au centre de tout ça (pas parfaitement, mais bon...), je me demande dans quelle direction partir d'abord, et comment bien utiliser le temps que nous avons à notre disposition.
Mon idéal serait de louer trois maisons dans trois zones différentes et de rayonner chaque fois à partir de ce point de chute. Avec les enfants, on préfère nettement cette formule à des arrêts de 2-3 nuitées dans différents hôtels, qui impliquent de refaire les valises chaque fois. Évidemment, la location d'une voiture est prévue. À voir si on en loue une seule au départ de Marseille, que nous conservons pendant les trois semaines. Ou si on opte pour des locations plus courtes.
Au final, nous prendrons le train pour Paris, puisque ma fille de 11 ans ne peut concevoir aller en France sans voir Paris. Comment la contredire? :)
Nos enfants apprécient l'histoire et les châteaux, les balades dans les petits villages, les musées (oui, je sais, on a de la chance!), mais aussi la plage, bien entendu! Pour ce qui est des adultes, ajoutons à ces intérêts la gastronomie et le bon vin.
Je sais que c'est plutôt impressionniste comme demande de renseignements. Mais je suis persuadée que vos idées et suggestions sauront nourrir et colorer notre périple.
Je lirai attentivement chacune de vos réponses. Et je vous remercie par avance pour le temps que vous prendrez à nous conseiller.
Au plaisir!
Belle folie: je viens tout juste de réserver quatre billets d'avion pour ma petite famille et moi-m��me. Les enfants seront alors âgés de 9 et 11 ans.
Nous aurons trois bonnes semaines pour découvrir le sud de la France, principalement, et nous bouclerons notre périple par quelque 5 jours à Paris. Nous atterrissons à Marseille, que nous souhaitons visiter. Je prévois trois nuitées. Par la suite, tout est ouvert.
Je suis plongée dans mes lectures, mais j'ai envie de vous entendre. J'aimerais bien faire toute la côte: le Languedoc, la Provence et la Côte d'Azur. Puisque Marseille se situe à peu près au centre de tout ça (pas parfaitement, mais bon...), je me demande dans quelle direction partir d'abord, et comment bien utiliser le temps que nous avons à notre disposition.
Mon idéal serait de louer trois maisons dans trois zones différentes et de rayonner chaque fois à partir de ce point de chute. Avec les enfants, on préfère nettement cette formule à des arrêts de 2-3 nuitées dans différents hôtels, qui impliquent de refaire les valises chaque fois. Évidemment, la location d'une voiture est prévue. À voir si on en loue une seule au départ de Marseille, que nous conservons pendant les trois semaines. Ou si on opte pour des locations plus courtes.
Au final, nous prendrons le train pour Paris, puisque ma fille de 11 ans ne peut concevoir aller en France sans voir Paris. Comment la contredire? :)
Nos enfants apprécient l'histoire et les châteaux, les balades dans les petits villages, les musées (oui, je sais, on a de la chance!), mais aussi la plage, bien entendu! Pour ce qui est des adultes, ajoutons à ces intérêts la gastronomie et le bon vin.
Je sais que c'est plutôt impressionniste comme demande de renseignements. Mais je suis persuadée que vos idées et suggestions sauront nourrir et colorer notre périple.
Je lirai attentivement chacune de vos réponses. Et je vous remercie par avance pour le temps que vous prendrez à nous conseiller.
Au plaisir!
Un avion Air France assurant la liaison Rio de Janeiro-Charles de Gaulle disparaît des radars (1er juin 2009)
Un Airbus d'Air France transportant 215 passagers et qui assurait la liaison Rio de Janeiro-Paris-Charles-de-Gaulle a disparu des écrans radars lundi à 06H00 GMT au large des côtes brésiliennes, a-t-on appris de source aéroportuaire à Paris.
AFP
AFP
Pourquoi tant de place pour la côte Ouest?
En navigant sur le forum, j'ai pu constater quelque chose d'assez ahurissant, la côte Ouest accapare 70 % des discussion 😮 ! Le reste des Etats-Unis (à part NY et la Floride) ne semble pas exister.
Que l'on ne se méprenne pas, je ne dis pas que la côte ouest ne vaut pas la peine, c'est un endroit magnifique et unique, mais seulement que :
Premièrement, beaucoup trop de personne ne pense qu'à l’Ouest en faisant disparaître le Mississippi et les grands Lacs, limitant la côte Est à New-York, négligeant le Sud et faisant l'impasse sur le Nord-Ouest.
Deuxièmement, la plupart de ces discussions sont identiques et reviennent à la fin à négliger le travail des forumeurs qui ont déjà fait le travail avant.
Voyageur voulant découvrir les merveilles du Sud-Ouest américain, vous êtes donc invités à, tout d'abord, bien réfléchir avant de commencer la préparation du voyage, les Etats-Unis se rapprochant plus du continent que du pays, n'oubliez donc pas le Sud, l'Est et le Nord-Ouest, souvent moins fréquentés et parfois plus proches de ce que vous désirez; ensuite à lire davantage le forum notamment ce post de Pong : http://voyageforum.com/forum/conseils_etablir_son_circuit_dans_ouest_americain_resume_D5303777/ ainsi que les itinéraires déjà concocté par Bastinj.
Voila, désolé pour ce coup de gueule 😊, mais il fallait que ça sorte !
Que l'on ne se méprenne pas, je ne dis pas que la côte ouest ne vaut pas la peine, c'est un endroit magnifique et unique, mais seulement que :
Premièrement, beaucoup trop de personne ne pense qu'à l’Ouest en faisant disparaître le Mississippi et les grands Lacs, limitant la côte Est à New-York, négligeant le Sud et faisant l'impasse sur le Nord-Ouest.
Deuxièmement, la plupart de ces discussions sont identiques et reviennent à la fin à négliger le travail des forumeurs qui ont déjà fait le travail avant.
Voyageur voulant découvrir les merveilles du Sud-Ouest américain, vous êtes donc invités à, tout d'abord, bien réfléchir avant de commencer la préparation du voyage, les Etats-Unis se rapprochant plus du continent que du pays, n'oubliez donc pas le Sud, l'Est et le Nord-Ouest, souvent moins fréquentés et parfois plus proches de ce que vous désirez; ensuite à lire davantage le forum notamment ce post de Pong : http://voyageforum.com/forum/conseils_etablir_son_circuit_dans_ouest_americain_resume_D5303777/ ainsi que les itinéraires déjà concocté par Bastinj.
Voila, désolé pour ce coup de gueule 😊, mais il fallait que ça sorte !
France-Niger en voiture au mois de juin 2009: dangereux?
Voila j'envisage de partir au mois de juin en voiture jusqu'au Niger nous sommes deux et nous nous demandons si c'est risqué ou pas??
y'aurait il des gens qui partent en voiture en Afrique au meme moment??la traversée de la Mauritanie est dangeureuse faut il partir a plusieurs voitures??
Peut on passer en Mauritanie au Mali et au Burkina librement enfin sans trop de probleme???
J'attend votre avis avec impatience
Itinéraire pour aller à moto en Mongolie depuis le sud de la France?
Bonjour, j'envisage de partir en Mongolie dans quelques mois.Le voyage se fera à deux sur la moto.
Des idées d'itinéraires depuis le sud de la France pour l'aller, le retour et experiences me seront précieuses !!
Merci !!
Retour de Namibie: information sur le trajet en "self-drive" au nord et ouest de la Namibie
Bonjour,
revenons d'un voyage de 10 jours avec voiture de location dans le nord + ouest de la Namibie. Circuit impeccable, facile à faire (bonnes pistes malgré saison des pluies) avec superbes lodges et une superbe recherche du rhino à Grootberg.
Les détails:
J1) Arrivée WDH, prise de la voiture et nuit au Okapuka Game Ranch (80kms) Lodge sympa, à éviter le "lion feeding" - gros chiqué.
J2)Okapuka-Mokuti lodge (450kms) avec arrêt et visite de Okahandja et de Tsumed, villes sympas. Malgré la longueur du trajet en nombre de kms, pas de soucis celà se fait facilement (attention aux radars). Mokuti lodge est au bord du parc d'Etosha-grand hôtel avec piscine, chambres propres, manger ok, un peu bcp de groupes le soir au resto, mais bon).
J3) Etosha park: liberté totale, car nous avons fait notre itinéraire, avons vu les animaux tout seul (pas question de se retrouver avec 1 éléphant et 15 minibus autour, genre Zoo à ciel ouvert qu'est le Kenya). Un peu plus difficile de les trouver en ce moment car ne viennent pas aux points d'eau et sont éparpillés sur tout le parc, mais avons eu de la chance (éléphants, lions, girafes, springbocks, tortues, zèbres............)
j4) Mokuti Lodge-Etosha mountain lodge (290kms) Traversée de tout le parc d'Etosha, donc re-animaux. Aucune route goudronnée, uniquement de la piste, sachant que dans le parc vitesse limitée à 60 - animaux obligent (ça fait drôle la famille de girafes qui traverse juste devant vs) sinon sur les pistes hors parcs moyenne de 90 km/h. Etosha Mountain lodge: le luxe et le confort au milieu de nulle part, avons superbement mangé, excellente cave à vin, piscine sympa, vue imprenable, le rêve quoi.
J5) Etosha Mountain Lodge- Grootberg Lodge: 180 kms. Que de la piste à 100km/h, des paysages magnifiques changeant à tout bout de champ avec une étape à Kamanjab. Arrivée au Grootberg mountain lodge. Le plus beau lodge de notre périple. Imaginez 10 petits chalets individuels en pierre avec terrasse perchés sur une montagne avec une vue époustouflante sur une vallée bordée par d'anciens volcans. Attention, si vous n'avez pas de 4x4 ou si malgré le 4x4 vous êtes un chauffeur des villes, n'essayez pas de monter vers le lodge et demandez plutôt au gardien qu'il demande un transport. Malgré un X-trail avec diff-lock, je me suis planté et ai du refaire le chemin en marche arrière tellement la pente est ardue et le chemin raviné. Pour le personnel du lodge le land et/ou range + leur expérience celà passe (votre véhicule sera à l'abri et gardé donc pas de soucis).
J6) Organisé par le lodge, à la recherche du rhino. Journée exceptionnelle. Nous sommes partis avec un guide/chauffeur et 2 pisteurs dans la vallée. Aucune piste, aucun chemin, nous suivions avec un range retrafiqué le lit des cours d'eau à sec, au milieu des pierres et rochers, aux confins du monde. Départ 07.00 et traque jusqu'à 14 hrs. Plusieurs fois nous avons laissé le véhicule et avons suivi la piste du rhino à pied car endroits inaccessibles en véhicule, mais en vain. Après un pic-nic, nous en avons trouvé un vers 14.30. Je ne vous dis pas comme ce moment restera pour nous inoubliables, se trouver à pied, encadré par des pros à quelques 4 mètres d'un rhino pandant une 30taine de minutes, dans un cadre somptueux........
j7) Grootberg Lodge - Erongo WIlderness Lodge 400kms. Beau périple avec les arrêts obligatoires pour admirer les gravures préhistoriques de Twyfelfontain et la montagne brulée avec détour possible vers la forêt pétrifiée. Nuitée au Erongo Wilderness Lodge. Cadre magnifique mais personnellement pas ravis de cette nuitée sachant que vous dormez sous des tentes-bungalow. Pas notre gout mais bon, comme les couleurs les gouts se discutent.
j8)Erongo- Swakopmund sur l'atlantique (280 kms) route de nouveau très agréable avec le retour du goudron que nous n'avions plus vu depuis le 2ème jour. Lodge the Stiltz, petits bungalows sur pilotis, magnifique. Swakopmund, ancienne ville allemande avec une architecture du début 1900, un OVNI (superbe et mignon) planté en Afrique. Les achats de souvenirs et de cadeaux peuvent se faire sans problème ici.
j9)Sommes allé à Walvis bay, ville sans intérêt sauf à ne pas manquer la croisière otaries et dauphins dans la baie.
J10) retour à Windhoeck, 350 kms, visite de la ville (bof) remise de la voiture et avion pour rentrer.
EN bref: superbe pays, rythme de voyage ok avec une alternance 1-2-1-2 nuits. En période des pluies, préférer un 4x4 ( nous avions réservé une voiture normale, mais Hertz nous a "upgradé" gratuitement sur un X-Trail), car sur la piste il y a eu plusieurs franchissements de gués qui auraient été impossibles avec véhicule normal. Les lodges superbes, luxe charme et tous dispo sur internet pour réservation, en fait voyage qui peut facilement s'organiser sans passage par TO. Attention, densité de population très très faible, il nous est arrivé de rouler pendant 3-4- heures sur la piste sans voir âme qui vive-ni voiture, ni ferme-ni village-ni habitation avec un réseau GSM performant sur les axes principaux, mais sans couverture dans la "pampa"
La Namibie (partie que nous avons fait) est un pays africain au niveau de la faune et de la flore, mais occidental au niveau des infrastructures hotelières. Pas de piqures de moustiques à signaler, donc pas de souci pour faire ce voyage avec des enfants en bas âge.
N'hésitez pas à me contacter pour ttes vos questions, et foncez....
revenons d'un voyage de 10 jours avec voiture de location dans le nord + ouest de la Namibie. Circuit impeccable, facile à faire (bonnes pistes malgré saison des pluies) avec superbes lodges et une superbe recherche du rhino à Grootberg.
Les détails:
J1) Arrivée WDH, prise de la voiture et nuit au Okapuka Game Ranch (80kms) Lodge sympa, à éviter le "lion feeding" - gros chiqué.
J2)Okapuka-Mokuti lodge (450kms) avec arrêt et visite de Okahandja et de Tsumed, villes sympas. Malgré la longueur du trajet en nombre de kms, pas de soucis celà se fait facilement (attention aux radars). Mokuti lodge est au bord du parc d'Etosha-grand hôtel avec piscine, chambres propres, manger ok, un peu bcp de groupes le soir au resto, mais bon).
J3) Etosha park: liberté totale, car nous avons fait notre itinéraire, avons vu les animaux tout seul (pas question de se retrouver avec 1 éléphant et 15 minibus autour, genre Zoo à ciel ouvert qu'est le Kenya). Un peu plus difficile de les trouver en ce moment car ne viennent pas aux points d'eau et sont éparpillés sur tout le parc, mais avons eu de la chance (éléphants, lions, girafes, springbocks, tortues, zèbres............)
j4) Mokuti Lodge-Etosha mountain lodge (290kms) Traversée de tout le parc d'Etosha, donc re-animaux. Aucune route goudronnée, uniquement de la piste, sachant que dans le parc vitesse limitée à 60 - animaux obligent (ça fait drôle la famille de girafes qui traverse juste devant vs) sinon sur les pistes hors parcs moyenne de 90 km/h. Etosha Mountain lodge: le luxe et le confort au milieu de nulle part, avons superbement mangé, excellente cave à vin, piscine sympa, vue imprenable, le rêve quoi.
J5) Etosha Mountain Lodge- Grootberg Lodge: 180 kms. Que de la piste à 100km/h, des paysages magnifiques changeant à tout bout de champ avec une étape à Kamanjab. Arrivée au Grootberg mountain lodge. Le plus beau lodge de notre périple. Imaginez 10 petits chalets individuels en pierre avec terrasse perchés sur une montagne avec une vue époustouflante sur une vallée bordée par d'anciens volcans. Attention, si vous n'avez pas de 4x4 ou si malgré le 4x4 vous êtes un chauffeur des villes, n'essayez pas de monter vers le lodge et demandez plutôt au gardien qu'il demande un transport. Malgré un X-trail avec diff-lock, je me suis planté et ai du refaire le chemin en marche arrière tellement la pente est ardue et le chemin raviné. Pour le personnel du lodge le land et/ou range + leur expérience celà passe (votre véhicule sera à l'abri et gardé donc pas de soucis).
J6) Organisé par le lodge, à la recherche du rhino. Journée exceptionnelle. Nous sommes partis avec un guide/chauffeur et 2 pisteurs dans la vallée. Aucune piste, aucun chemin, nous suivions avec un range retrafiqué le lit des cours d'eau à sec, au milieu des pierres et rochers, aux confins du monde. Départ 07.00 et traque jusqu'à 14 hrs. Plusieurs fois nous avons laissé le véhicule et avons suivi la piste du rhino à pied car endroits inaccessibles en véhicule, mais en vain. Après un pic-nic, nous en avons trouvé un vers 14.30. Je ne vous dis pas comme ce moment restera pour nous inoubliables, se trouver à pied, encadré par des pros à quelques 4 mètres d'un rhino pandant une 30taine de minutes, dans un cadre somptueux........
j7) Grootberg Lodge - Erongo WIlderness Lodge 400kms. Beau périple avec les arrêts obligatoires pour admirer les gravures préhistoriques de Twyfelfontain et la montagne brulée avec détour possible vers la forêt pétrifiée. Nuitée au Erongo Wilderness Lodge. Cadre magnifique mais personnellement pas ravis de cette nuitée sachant que vous dormez sous des tentes-bungalow. Pas notre gout mais bon, comme les couleurs les gouts se discutent.
j8)Erongo- Swakopmund sur l'atlantique (280 kms) route de nouveau très agréable avec le retour du goudron que nous n'avions plus vu depuis le 2ème jour. Lodge the Stiltz, petits bungalows sur pilotis, magnifique. Swakopmund, ancienne ville allemande avec une architecture du début 1900, un OVNI (superbe et mignon) planté en Afrique. Les achats de souvenirs et de cadeaux peuvent se faire sans problème ici.
j9)Sommes allé à Walvis bay, ville sans intérêt sauf à ne pas manquer la croisière otaries et dauphins dans la baie.
J10) retour à Windhoeck, 350 kms, visite de la ville (bof) remise de la voiture et avion pour rentrer.
EN bref: superbe pays, rythme de voyage ok avec une alternance 1-2-1-2 nuits. En période des pluies, préférer un 4x4 ( nous avions réservé une voiture normale, mais Hertz nous a "upgradé" gratuitement sur un X-Trail), car sur la piste il y a eu plusieurs franchissements de gués qui auraient été impossibles avec véhicule normal. Les lodges superbes, luxe charme et tous dispo sur internet pour réservation, en fait voyage qui peut facilement s'organiser sans passage par TO. Attention, densité de population très très faible, il nous est arrivé de rouler pendant 3-4- heures sur la piste sans voir âme qui vive-ni voiture, ni ferme-ni village-ni habitation avec un réseau GSM performant sur les axes principaux, mais sans couverture dans la "pampa"
La Namibie (partie que nous avons fait) est un pays africain au niveau de la faune et de la flore, mais occidental au niveau des infrastructures hotelières. Pas de piqures de moustiques à signaler, donc pas de souci pour faire ce voyage avec des enfants en bas âge.
N'hésitez pas à me contacter pour ttes vos questions, et foncez....

