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Magnifique Malaisie, jour après jour English translation pending
En 2008, nous avions parcouru la Thaïlande en version routard, sac au dos. Cette région d’Asie nous avait enchantés. Eté 2009, nous continuons notre exploration de cette partie du Globe, départ pour la Malaisie… Avec nos jumelles Natacha et Lauriane, 16 ans, mais sans Mathieu qui du haut de ses 18 ans décide de rester en Suisse.
Mardi 30 juin et mercredi 1er juillet 09
Départ de Genève vers les 09h30 pour notre premier vol, direction Francfort, avec Lufthansa qui partage le vol pour Kuala Lumpur avec Qatarairways. A peine une heure de vol tranquille plus tard, nous voici en transit dans cet énorme aéroport. Pas de souci pour trouver la porte de notre prochain embarquement sur un A 330 de Qatar. L’avion n’est qu’à moitié plein et le vol est sans histoire jusque dans la péninsule arabique. Départ pour une longue escale à Doha, due aux modifications d’horaires intervenues après que nous ayons acheté nos billets. Au premier étage de l’aérogare, il y a un self service qui offre des repas, simples mais bons, aux passagers qui ont un transit de plus de 5 heures, ce qui est notre cas. Ce n’est marqué nulle part, nous tombons dessus par hasard. Nous tuons le temps avec des parties de cartes qui auront lieu tout au long de notre périple. Le jass, version suisse de la belotte, que nos filles de 16 ans maîtriseront relativement bien au retour. L’aéroport est actif toute la nuit, puisque des vols décollent et atterrissent sans interruption. Au final, nos parties de cartes auront bien meublé l’attente. Nous embarquons à l’heure pour la deuxième partie du voyage dans un autre A 330, mais qui sera archi-plein celui-là. Pas un siège de libre. Il faut dire que Kuala Lumpur ne sera qu’une escale puisque la destination finale de l’avion est Bali. Les premières heures du vol seront parfaites, mais dès notre entrée dans le Golfe du Bengale et la fin du sous-continent indien, nous voila partis pour 3 bonnes heures de turbulences plus ou moins importantes. Les repas sont souvent retardés, le personnel de bord part s’attacher fréquemment, les regards se font parfois inquiets. Le vol Rio-Paris a laissé des traces, même s’il n’y a aucune raison d’y penser. Finalement, l’approche du continent calme les ardeurs du Dieu Eole et nous nous posons sans dommage à Kuala Lumpur. Bienvenue en Malaisie ! 90 minutes de queue et d’attente pour passer les contrôles de l’immigration. Des panneaux et même un poste sanitaire font de la prévention sur le virus H1N1. Les fonctionnaires féminines sont voilées, ce qui nous rappelle que ce pays est majoritairement musulman. Après nos périples au Maroc, en Jordanie, à Oman ou encore en Turquie, nous sommes habitués. Vu le retard pris pour arriver au tapis des bagages, retrouverons-nous nos sacs ? Le tapis a cessé de tourner depuis longtemps, mais une employée gardait sérieusement une série de sacs dont les 4 nôtres. Pour rejoindre KL, nous optons pour le Airport Coach (10 RM p.pers.) qui nous amène à la gare centrale (KL Sentral). Vraiment simple, l’arrêt de bus se trouve au niveau 1, tout en bas du bâtiment de l’aéroport, sur la droite dès la sortie. De toute façon, des hommes « racolent » les voyageurs pour emprunter le bus, mais sans insistance ou agressivité. Notre but est la Red Palm GH. Nous pourrions prendre le Sky Train pour y parvenir, mais les heures de voyage nous incitent à nous y rendre au plus vite alors ce sera le taxi, plus simple et pas forcément plus cher à 4. Sur le même quai que l’arrivée des bus, il y a un comptoir où l’on annonce sa destination, le prix est fixé selon l’adresse donnée, un coupon nous est remis, un chauffeur est hélé. Pas de négociation, pas d’arnaque. Le taxi nous pose pile devant la Red Palm. L’endroit est routard à souhait. 2 chambres et un dortoir, toilettes et douche à l’étage. Le tout est propre, même si nous sommes étonnés par le plafond qui est en fait une sorte de rideau-bâche qui recouvre tout l’étage. En rajoutant l’épaisseur minime des murs (qui s’apparentent presque plus à du carton…), l’intimité ne sera pas de mise. Mais la convivialité des lieux, la gentillesse de la patronne et de son staff, l’emplacement idéal de la Red Palm, le prix raisonnable (70 RM la chambre pour 2) nous feront vraiment apprécier cet endroit. Une fois installés, nous partons dans Jalan Butik Bintang pour acheter une carte SIM. Comme l’an dernier, j’ai embarqué un vieux téléphone portable qui sera notre allié le plus précieux tout au long du voyage. 30 RM la carte, auxquels je rajoute 70 RM de crédit, cela nous fera tout le mois, avec plusieurs appels en Suisse. Les estomacs réclament pitance, nous mangeons dans la rue à proximité. Les stands extérieurs et les terrasses sont nombreux, nous reprenons nos habitudes de l’an dernier en Thaïlande. La nourriture est un peu plus chère, mais le choix est immense, dû à la diversité des communautés qui peuplent la Malaisie : Chinois, Malais, Thaïs, Indiens, Indonésiens, tous avec leur culture et leur cuisine. Nous voyons nos premiers rats, de belles pièces ! KL serait-elle plus sale que Bangkok ? La nuit est tombée depuis longtemps, la fatigue est là, mais nous ne pouvons nous empêcher d’aller admirer le spectacle fascinant des tours Petronas, éclairées et mises en valeur. Deux flèches de lumières qui montent vers le ciel … 20 minutes à pied nous sont suffisantes depuis la Red Palm pour nous y rendre. Nous y restons, prenons quantité de photos, sous tous les angles, on en fait le tour, des tours, détours. Cette fois, nous avons le compte, nous rentrons à la GH, pour une bonne nuit, enfin on l’espère. Premier jour, mais notre esprit est déjà en Asie, Genève est loin, en kilomètres, mais aussi dans nos têtes. Ce continent nous fascine.
Jeudi 2 juillet 09
La nuit aura tout de même été un peu bruyante, entre la rue et le manque d’isolation de la GH. Mais nous avons tout de même réussi à bien dormir. Nous descendons à la cuisine où le petit-dèj est à dispo, compris dans le prix de la chambre. Chacun peut se servir dans le frigo, faire son thé, café, griller ses toasts, faire son bol de céréales ou éplucher sa banane. Système très convivial, mais il faut faire sa vaisselle après. Une fois rassasiés, nous partons dans les énormes centres commerciaux à proximité de Bukit Bintang, les fameux « malls » qui font la réputation de KL. Les clients du Moyen-Orient sont nombreux. Puis ce sera direction Little India en prenant le Monorail. Le ticket s’achète à un comptoir en fonction de la destination. Nous faisons 3 arrêts pour RM 1, 60 p. pers.. Nous surplombons les rues, faisant fi des bouchons et de la circulation. Le Lonely Planet (ci après LP) donne une balade à faire dans le quartier et nous suivons l’itinéraire proposé. Ce sont surtout les commerces, d’or et de tissus qui sont Indiens, on ne se croirait pas à Mumbai. Les restaurants en plein air et autres gargottes pullulent et nous testons plusieurs sortes de beignets délicieux. Notre périple nous amène à Merdaka square, place où l’indépendance de la Malaisie fut proclamée. Un vaste et très bel endroit avec une grande pelouse et de beaux bâtiments. Après une petite pause à l’ombre, nous décidons de nous rendre aux Batu Caves, à une quinzaine de km au nord de la ville. Il nous faut à peine 10 min. à pied depuis Merdaka pour rejoindre un arrêt de bus à l’angle de Tun Lee et Petaling, au début de Chinatown. Le bus 11 qui va sur place s’apprête à partir et nous y montons in extremis. Le billet se prend directement dans le véhicule (2 RM). 45 min. plus tard, nous voilà sur le site. Il y a 272 marches, relativement raides, à monter. Mais avant, nous allons nous régaler dans un des restos indiens qui bordent l’endroit. Menus végétariens, dans une feuille de banane, sans couteau, ni fourchette. A la commande, nous ne savons pas trop ce que nous choisissons, mais tout sera bon et pas trop épicé. Il y a largement assez, pour à peine 20 RM à 4. Batu Caves est une énorme grotte qu’il faut atteindre par un escalier, lequel est sérieusement gardé par une grande statue à ses pieds. Des singes peu farouches peuplent l’endroit, mais ne sont pas agressifs envers les humains. A l’intérieur de la grotte, divinités indiennes et 2 temples. Nous reprenons ensuite le bus 11 jusqu’à Chowkit, où il y a un arrêt du monorail qui nous ramènera vers notre GH. Internet, jus de fruit frais, douche, nous faisons une pause. Il fait chaud (env. 35 °), le ciel est brumeux, mais c’est surtout l’humidité qui nous fait transpirer. Comme l’an dernier, il nous faudra quelques jours pour nous y faire. Le but de ce soir sera Chinatown, à environ 20 min. à pied de la GH. La rue de Jelan Petaling est entièrement dédiée au business, une sorte de Khao San Road local. T-shirts, sacs à main, montres, tout est contrefaçons. Les clients sont arabes, occidentaux, malais, japonais, vive la mixité ethnique lorsqu’il s’agit d’achats… Le site est suffisamment grand pour y passer quelques heures. On voit même des francophones remplir des sacs … Ikea ! Nous succomberons comme tout le monde à la tentation et après d’âpres marchandages, nous achèterons quelques vêtements. Les Chinois sont moins souriants que les Thaïs, en tous les cas quand il faut négocier ! Nous mangeons également sur place, sur la terrasse d’un établissement chinois. Excellent. Les prix sont par contre plus élevés que chez le voisin du Nord, ce sera la tendance générale tout au long du voyage. Retour vers la GH, parties de cartes sur la terrasse et finalement retour dans nos lits.
Vendredi 3 juillet 09
Nous récupérons du décalage horaire et nous nous levons vers les 09h30. Petit-dèj, vaisselle et nous allons acheter nos billets à la gare routière qui est à 10 min. à pied : 4 billets pour les Cameron Highlands pour 90 RM, départ à 10h30 le lendemain. Nous continuons vers le Central Market. Ici, pas de contrefaçons, mais de l’artisanat local, des tissus, de l’art. Nous voulons visiter la mosquée Masjid Jamek, mais nous sommes vendredi et tous les fidèles sont à la prière. Le lieu est donc fermé aux non-musulmans. Petite pause boisson, on étudie la suite de l’après-midi. Finalement, on part dans le quartier de Kampung Baru, au nord des Petronas. Dès la sortie du métro, il faut prendre sur la droite et nous trouvons de nombreux petits restos en plein air qui servent de la nourriture malaise en buffet. Chaque fois que l’on met un nouveau plat dans l’assiette, l’addition monte. Mais rien de dramatique, puisque 2 assiette suffisantes pour 4 ont coûté 10 RM ! Nous traversons le quartier à pied, sans voir l’ombre d’un Occidental. Le paysage contraste avec le centre-ville. Ici, pas de circulation infernale, pas de bus puant le gasoil, pas de klaxon, juste de petites maisons et ruelles tranquilles. Nous débouchons sur le marché de Chow Kit, là aussi très local. On y trouve surtout de la nourriture, viande, poisson, légumes, fruits, attention aux odeurs ! Mais cela reste très typique, là aussi sans Occidentaux. Retour ensuite à la GH, se poser un peu et préparer la suite. Nous passons quelques coups de fil pour réserver des chambres ou se renseigner sur des prix. Parties de carte, petit tour sur le net, nous profitons de la petite terrasse de la Red Palm. L’air est toujours aussi moite, la température ne bouge pas. Et pas de pluie, ni orage. Nous repartons manger dans les stands en plein air proche du métro de Bukit Bintang. Retour ensuite à la GH. Il faut dire que Wimbledon arrive à son terme et que notre « Rodger » national est toujours en lice, en passe de battre un record historique. Ce sera donc soirée télé ! Rodger a gagné, nous pouvons monter nous coucher l’esprit serein.
Samedi 4 juillet 09
Nous nous levons vers 09h00, histoire d’être prêts pour prendre notre bus direction les Cameron. Dernier petit-dèj, quelques photos avec la très sympathique patronne et nous prenons la direction de la gare routière avec nos sacs. Notre bus, assez vétuste, est là et nous attend. Nous chargeons et c’est le départ. Nous sortons de KL par de larges autoroutes où la circulation est aisée et tranquille. Les routes se font plus étroites et, comme en Thaïlande, un arrêt est prévu pour se restaurer. Les chauffeurs de bus respectent leurs heures de conduite apparemment. A Tapeh, visiblement notre bus a un problème et nous devrons attendre qu’un autre véhicule vienne nous prendre en charge. Dès Tapeh, la route commence à grimper et le nouveau (mais pas neuf) bus à peiner … Le reste du chemin sera long et très sinueux. Mais cela ne vaudra jamais les 1864 virages entre Chang Maï et Mae Hong Son de l’an dernier ! En arrivant à Tanah Ratah, un minivan nous attend, résultat de notre coup de fil de la veille à la Cameronian Inn GH pour annoncer notre heure d’arrivée. Le trajet est court, l’endroit est à 10 min. à pied du centre du village. La GH est très bien tenue et nous avons réussi à avoir la Family Room à 4 lits (100 RM). Il y a toute sorte de service, notamment la lessive. Il est temps de donner quelques habits à laver. Nous partons à pied acheter quelques succulents beignets de banane à un stand que nous avions repéré en venant et nous revenons les manger sur la terrasse avec un thé local. Le thé, nous en ferons une cure. Nous le boirons avec du lait condensé, comme les Malais, chaud ou froid. Le petit jardin est accueillant pour quelques partis de carte. Le soir commence à tomber et nous réalisons que nous sommes à prêt de 2000m. d’altitude, nous allons donc sortir nos jaquettes pour la seule fois du périple. Il fait frais ! Un petit orage éclate même, mais rien de bien terrible. Notre premier repas dans les montagnes sera chinois. Un Steamboat (fondue chinoise) avec toute sorte d’aliments à faire cuire dans le bouillon : crevettes, poissons, poulet, légumes, etc… A notre retour, la pluie s’est remise à tomber. Ce sera parfait pour aller dormir.
Dimanche 5 juillet 09
Aujourd’hui, ce sera un tour organisé avec une agence locale, proposé à la réception de la GH. Bien sûr, les plantations de thé peuvent se visiter seul, mais on se coupe des explications avisées d’un guide. Donc vers 09h00, une Jeep vient nous chercher. Notre guide du jour, Ravi, est originaire du Tamil Nadu en Inde. Bel exemple de la mixité des ethnies et religions qui peuplent la Malaisie. Il parle un anglais quasi parfait. Nous serons accompagnés de 2 autres couples, des Autrichiens et des Hollandais, pas très causants. Première visite de la journée, une explication en bordure d’une plantation de thé, sur l’origine, le fonctionnement et le développement de la culture du thé dans cette région du pays. Très intéressant. Puis, nous montons en Jeep proche du sommet du Gunung Brinchang, le plus haut du coin. L’air est vif. Nous faisons une petite marche en forêt pour atteindre un point de vue et Ravi nous explique l’usage de certaines plantes ou fleurs, inconnues sous nos latitudes. Puis, nous poussons jusqu’au sommet où il y a malheureusement pour le paysage d’énormes antennes TV. Une petite tour nous permet de prendre encore un peu de hauteur pour admirer les environs. Descente ensuite sur la Boh Teh Plantation. On peut visiter l’usine où les feuilles sont amenées pour la fabrication du thé. Les informations données sont instructives. La vue sur les collines environnantes est magnifique, avec tous ces buissons verts qui suivent les douces courbes du terrain. Un magasin permet d’acheter la production locale, le choix est vaste. La suite du programme : la Butterfly Farm où à part d’énormes papillons, il y a aussi une petite collection d’insectes et de reptiles. L’avantage d’avoir le guide est qu’il peut ouvrir les cages et que nous pouvons toucher ou prendre dans les mains des sauterelles géantes, d’énormes scarabées, des insectes ressemblant parfaitement à des feuilles d’arbres et même des scorpions. Les papillons sont effectivement assez gros et colorés. Bref la visite vaut la peine. Nous revenons à Tanah Ratah pour le repas de midi pris chacun de notre côté. Nous nous posons sur la terrasse d’un petit stand local pour une nouvelle dégustation de beignets (banane, patate douce, légumes) et de thé, sucré avec du lait … L’après-midi, nous sommes censés visiter un village Orang Asli, une ethnie qui vivait dans la forêt il y a encore peu et que le gouvernement malaisien sédentarise peu à peu. Ce sera le gros point noir du tour organisé. En terme de village, il s’agit en fait de 3 bicoques au bord de la route principale de Tapah. Un « pseudo-chef » de village, en habits traditionnels, fait un simulacre de démonstration de chasse à la sarbacane, proche d’une cascade. Evidemment, cela donne quelques belles photos, mais alors rien d’authentique ! Rien. Puis, nous rejoignons une poignée d’hommes dans une hutte, pour l’exécution d’une danse traditionnelle. Aucune réelle conviction et comme on les comprend. Cela ressemble fortement à de la prostitution touristique et cela nous met mal à l’aise. Seul moment plus divertissant : nous avons pu essayer à tour de rôle la sarbacane sur un panneau en bois disposé à 7-8 mètres de distance. Pas facile à viser. Petite anecdote, un des Orang Asli est un sosie quasi parfait de Michael Jackson, avant ses nombreuses opérations esthétiques… Il se donne d’ailleurs le prénom de Michael. C’est bon, la civilisation a rattrapé les Orang Asli. Bref, le tour était vraiment sympa le matin, mais la partie de l’après-midi n’est pas nécessaire. Elle permettra néanmoins aux Orang Asli de gagner quelques Ringitts, c’est tout. Nous nous arrêtons encore à la Bee Farm, où il y a une grosse ruche en démo. Nous n’y trouvons pas la Reine et quittons les lieux après quelques achats (savon au miel, thé au miel, etc…). Vers 17h00, retour à la GH. Notre guide aura été très sympathique et efficace. Après la douche, le repas du soir. Ce soir, ce sera indien et notre choix se porte sur le Chennai Curry House, dans la rue centrale, qui propose un Tandoori Set très alléchant pour 7 RM. Avec un magnifique Lassi, ce sera parfait. Au total, un excellent repas indien pour 45 RM à 4. Ce soir, pas de prolongation en ville, c’est la finale du tournoi de Wimbledon avec … Rodger bien sûr. Notre héros national a la bonne idée de faire traîner les choses et nous devons attendre 3 heures du matin pour le voir savourer la victoire.
Lundi 6 juillet 09
Vu l’heure du coucher, nous nous levons vers 11h00. Après le petit-dèj, nous étudions les chemins de randos dans les environs. Nous optons pour le T4 et le T6 qui offrent environ 3 heures de balade dans la forêt. La GH a un panneau avec les indications utiles et j’en fais une photo pour pouvoir les avoir avec moi lors de la marche. Le chemin démarre derrière la gare routière. Cela tombe bien, nous en profitons pour réserver nos billets pour KL pour demain (90 RM). Nous empruntons le chemin choisi et c’est parti pour 3 heures de balade. Il fait plus frais sous les arbres, mais cela ne nous empêche pas de transpirer abondamment. Le chemin est bien tracé et grâce à ma photo, nous trouvons facilement les embranchements. Mais on pourrait aussi se perdre facilement… D’ailleurs en partant en rando, il faut toujours donner son itinéraire à sa GH afin de pouvoir être plus facilement localisé au cas où on viendrait à s’égarer dans l’immensité de la forêt. Certains ont passé la nuit dehors et doivent encore s’en souvenir. Si les chemins sont tracés, il n’y a par contre aucune indication. Nous ne voyons aucun animal, même si la nature est belle et sauvage. De retour au village, nous stoppons dans un resto indien pour des Lassis bien mérités, ainsi que, soyons fous, des crêpes aux cacahuètes et à la noix de coco. Les prix de ces restos sont dérisoires et la nourriture est excellente. Retour à la GH où nous profitons du soleil de cette fin d’après-midi en jouant aux cartes. Avant de sortir manger, douche, vérification des mails, un petit thé (au lait sucré). La jaquette sera de nouveau de mise ce soir. Nous mangeons chinois. Indien à midi, chinois le soir, les amoureux de la cuisine asiatique que nous sommes sont comblés.
Mardi 7 juillet 09
Notre destination du jour est Malacca, mais il n’y a aucun bus direct. Nous devons de toute manière redescendre sur KL et c’est là que nous changerons de bus. Le patron de la GH nous pousse en voiture à la gare routière. Le bus redescend la route sinueuse des Cameron, c’est le même véhicule qu’à l’aller. Cela se voit, arrivés en plaine, nous devons faire un stop pour réparer un problème avec la pédale d’accélérateur. C’est un gamin de 12 ans qui part sous le bus avec des outils pour resserrer 2-3 boulons … Puis, ce sera l’autoroute jusqu’à KL. Les voies s’entrecroisent, les sorties sont nombreuses, je ne me verrais pas en voiture de location là au milieu. A la gare routière, j’achète 4 billets pour Malacca (52 RM), le départ est prévu dans moins d’une heure. Pour les bus, le système est différent de la Thaïlande. De nombreuses compagnies privées de transport se disputent les lignes et les clients, racolant le voyageur dès son entrée dans la gare routière. Difficile de faire un choix, pourquoi telle compagnie plutôt qu’une autre ? Les prix restent sensiblement les mêmes, mais ensuite il y a encore le choix entre les bus normaux, les VIP, les super VIP … Ceci fait que la gare routière de KL est une véritable ruche. Heureusement, un guichet d’information renseigne efficacement à quel guichet se rendre pour la destination voulue. Pour Malacca, malgré ce que le vendeur nous avait dit, le bus n’est pas direct et nous faisons des détours dans la campagne environnante. Une fois à Malacca, nous rejoignons notre GH en taxi. Là, c’est plus simple : c’est comme à KL, on achète son billet à un comptoir en fonction de la destination et un chauffeur est désigné pour nous conduire. C’est ainsi que nous arriverons à la Samudra Inn, une GH au dernier étage d’un petit immeuble. Cela ressemble à un énorme appartement divisé en chambres et organisé en petite GH. Nous aurons une chambre avec salle de bains et une autre sans, mais côte à côte. C’est simple, mais propre. Le proprio, en première apparence un peu froid et distant, se révèle en fait très sympa et plein de bons conseils. Nous sortons ensuite manger au Madinah Restoran où les plats sont excellents et bon marché. Il y a une place vers l’église St-Paul où une fête se déroule pour honorer le premier anniversaire de l’inscription de Malacca au patrimoine de l’UNESCO. Les différentes communautés de la ville (chinoise, indienne, malaise, portugaise) ont organisé des danses, des chants, des petits sketchs. Tout le gratin de la ville est là, de même que de nombreux habitants. Les danses indiennes ont un petit air de Bollywood, les costumes sont splendides et nous passons un excellent moment. Vers minuit, retour à pied à la GH en 10 min.
Mercredi 8 juillet 09
Nous prenons le petit-dèj en face de la GH, où il y a un resto qui fait tout à fait l’affaire. A 8h30 précises, Alias, le boss de Melakaonbike est là pour nous prendre en charge. Ce matin, ce sera VTT au programme. 20 minutes de transport plus tard, nous arrivons chez lui, dans la campagne environnante, où il a son stock de vélos. Et c’est parti pour 3 bonnes heures de randonnée écologique. Nous traversons des plantations de palmiers à huile où nous pouvons voir les ouvriers cueillir les énormes grappes de fruits au sommet des arbres. Ils utilisent une très longue perche (entre 5-7 mètres) qu’ils n’arrivent pas à lever d’un seul coup sans faire levier sur un tronc. La grappe de fruit découpée de l’arbre fait un bruit très sourd en tombant au sol. Normal, elle peut peser jusqu’à 50 kilos ! Alias nous explique comment on tire ensuite l’huile de ces petits fruits rouges. Il faut dire que la Malaisie a fait du palmier à huile sa culture principale, n’hésitant pas à arracher ou déforester d’autres plantations. Rentabilité …Puis ce sera les plantations d’arbres à caoutchouc, où l’on voit également des femmes venir faire des entailles dans les troncs pour que le caoutchouc liquide puisse se déverser dans de petits pots. Notre guide prend un peu de ce liquide blanc et nous confectionne en quelques minutes une balle qui fait des rebonds impressionnants. Plus loin dans la plantation, nous allons au dépôt où le caoutchouc est récolté et mélangé à de l’ammoniac pour le maintenir liquide. Nous assistons à ces opérations effectuées par des travailleurs indiens ou du Bangladesh, peu payés, mais semble-t-il heureux d’avoir un emploi en Malaisie. Tous sont très souriants et acceptent sans souci d’être pris en photo en plein labeur. Nous quittons ensuite les plantations pour pédaler sur les chemins de campagne. Les bords des routes sont remplis d’arbres fruitiers ou de plantes diverses utilisées en cuisine. Alias s’arrête souvent pour que l’on goûte des fruits ou pour nous expliquer l’utilisation de telle ou telle plante. C’est vraiment instructif et agréable. Vers 14h00, Alias nous ramène vers notre GH. Son éco-tour vaut vraiment la peine, alors j’y vais de mon petit coup de pub : www.melakaonbike.com , 80 RM p. pers. Seule précaution, mettre des manches longues et éventuellement des pantalons pour se prémunir des moustiques, très nombreux sous les arbres. Le resto du petit-dèj propose maintenant un énorme buffet pour le repas de midi, alors départ ! L’après-midi sera consacrée à la visite du centre de Malacca, ses églises portugaise et hollandaise, cette dernière en briques rouges. Nous parcourons aussi Chinatown qui a un ou deux temples magnifiques. En fin de journée, nous montons à la gare routière avec le bus 17 pour acheter nos billets de bus pour Mersing où nous partirons demain (22, 8 RM p. pers.). Retour à la GH, quelques courses au centre commercial Carrefour (eh oui…), puis on prend un verre pour souffler un peu de cette active journée. Vers 19h00, je me rends dans une laverie chinoise où nous avions déposé notre linge sale la veille (3, 5 RM le kilo). Il est vraiment facile de laver son linge dans ce pays, comme l’an passé. Cela permet de voyager vraiment léger, pas besoin de remplir les sacs. On ne change pas nos bonnes habitudes et nous mangeons encore au même resto en face de la GH. Il faut dire que le buffet est si varié qu’il faudrait une semaine pour tout goûter. Résultat : encore un excellent repas pour 27 RM pour 4. Depuis notre arrivée à Malacca, les gens nous paraissent plus ouverts, plus souriants et plus sympathiques. KL avait le défaut des grandes villes, impersonnelles et individualistes, les Cameron étaient en montagne, comme chez nous les gens sont certainement un peu plus « bourrus », mais là, vraiment la population est charmante. Les gens cherchent le contact, la discussion, veulent savoir d’où l’on vient, etc… Le soir, nous retournons sur la place des festivités où les spectacles continuent. Un homme a vu mon t-shirt rouge à croix blanche et a même pu me parler de la date du 1er août, fête nationale de notre Helvétie natale ! Un autre a pu me citer 4 ou 5 villes suisses, ce que pas mal d’Européens sont incapables de faire. Malacca nous a enchantés.
Jeudi 9 juillet 09
Notre bus est à 12h45, nous avons le temps. Nous partons prendre le petit-dèj, de l’argent à un ATM et nous cherchons aussi une pharmacie pour le plein d’anti-moustique. Il faut dire que Dominique est particulièrement visée par les insectes. Ils vont tous sur elle et elle est pas mal parsemée de piqûres. Après une menace d’orage, le temps s’est mis sur beau et il y a un air qui souffle, rendant l’atmosphère nettement respirable qu’à KL. Nous quittons Malacca avec la satisfaction d’avoir vu une ville agréable, avec des touches européennes, une recherche d’esthétisme, des décors nocturnes et en plus avec la chance d’avoir pu assister au festival des communautés. Maintenant, direction l’île de Tioman et le début de la partie balnéaire. Nous reprenons le bus 17 pour aller à la gare routière, le long de la grande route à la sortie de la GH. Il suffit de héler le bus sur le bord du trottoir, on monte et paie son billet dans le bus au chauffeur. Nous sommes un peu en avance, nous faisons le tour des nombreuses boutiques et commerces qui peuplent la grande gare routière de Malacca. Départ. Notre chauffeur se croit rapidement au GP de Malaisie au volant d’un bolide. Conduite rapide, dépassements risqués, nous sommes tout à l’arrière, mais pas rassurés. Arrêt de 30 minutes à Kluang, juste de quoi se dégourdir les jambes et acheter quelques beignets de banane, toujours aussi délicieux. Puis suite de la route jusqu’à Mersing, toujours à vive allure. Le paysage est assez monotone, palmiers, palmiers, palmiers … pour l’huile. Cette culture prend vraiment le pas sur toutes les autres, économie oblige, très rentable semble-t-il. Arrivés à Mersing, le bus fait un premier stop à un rond-point et un homme monte pour savoir qui prend le bateau pour Tioman. En fait, il racole les passagers et essaient de vendre des billets avant tout le monde pour sa propre agence, mais sans le dire bien sûr. Etant les seuls Occidentaux dans le bus, il s’adresse directement à nous. Je n’aime pas être forcé et connaissant la combine, je lui réponds que nous ne savons pas encore si nous prendrons le bateau demain ou après-demain. Il donne alors le nom de son agence … Direction l’hôtel Embassy où nous passerons la nuit pour embarquer demain matin. Nous avions réservé 2 chambres par téléphone (55 RM la double) et l’endroit est vraiment bien. Bonne literie, clim, douche et toilettes. Nous allons à la jetée nous renseigner pour nos billets de bateau. Plusieurs agences proposent des billets pour Tioman, tous au même prix d’ailleurs (35 RM le trajet, donc 70 RM A/R). Le choix se fait donc au feeling et pas besoin de chercher la meilleure opportunité. La différence est que les agences essaient aussi de vendre l’hébergement de leur choix, souvent leurs propres établissements. Pour notre part, nous irons sur Juara, où le Rainbow Chalets nous attend. Encore une réservation par téléphone. Finalement, nous prendrons nos billets à l’agence Larossa, au guichet 13. Le patron, sa femme et son fils sont très sympas et n’essaient pas de nous forcer pour quoi que ce soit. Vendu. Nous prendrons nos billets de retour en open, il suffira de confirmer la veille de la traversée pour avoir une place (mais ne pas oublier car le bateau est souvent plein me dit-on). Une fois nos billets en poche, nous passons une heure sur le net au meilleur prix rencontré dans le pays (1, 5 RM), avant d’aller prendre un succulent repas indien au Al Arif restoran où nous mangeons de délicieuses Murtabak (crêpes fourrées au poulet ou au bœuf) à tremper dans une sauce au curry. 30 RM pour 4, boissons comprises (jus de fruits frais et … thé au lait sucré). Dernières parties de cartes avant une bonne nuit.
Vendredi 10 juillet 09
Excellente nuit, dans une bonne literie, rafraîchis par la clim. Cet hôtel est imbattable rapport qualité-prix. Notre vendeur de billets vient nous chercher avec son van, comme convenu, ce qui nous évite la marche avec nos sacs jusqu’à la jetée. Là, suivant les conseils de la patronne, nous l’attendons pour qu’elle nous mène à l’embarquement, erreur. Car premiers arrivés, premiers montés à bord. Les bateaux ne sont pas grands. En arrivant, il faut s’inscrire sur une liste avec son nom et son numéro de passeport. Une fois la liste complète, on est recalé directement sur le prochain bateau. Ce qui a été notre cas. Du coup, 1h15 d’attente au port. Il faut encore s’acquitter d’une taxe de 5 RM p. pers. pour le fonds de conservation des parcs marins de Tioman. Sans cette taxe, pas de bateau. Bref, en gros, arriver en avance à la jetée et s’inscrire le plus vite possible sur la liste des passagers. Finalement, nous embarquons pour Tekek, sur la côte ouest de Tioman. 2 petites heures de traversée, nous voilà sur l’île. Le bateau commence par aller tout au nord, vers Salang où la majorité des gens quittent le navire. Le bateau redescend ensuite la côte pour finalement arriver à Tekek. Un chauffeur nous attend pour nous faire traverser l’île en voiture, direction la plage de Juara. 30 minutes de trajet, sur une route entièrement bétonnée, mais avec de fortes déclivités. La plage de Juara est quasi déserte, il faut dire qu’il y a peu d’hébergements ici et qu’ils sont bien espacés. Quelques restaurants aussi, mais rien qui va provoquer une surabondance de touristes. C’est ce que nous recherchons et ce sera parfait. Les Rainbow’s Chalets sont tout simples : un lit, une moustiquaire, WC et douche, ventilo au plafond, 50 RM la nuit, le tout sous les cocotiers, à 30 mètres de la mer. Ah oui, et une super petite terrasse pour se tenir à regarder les flots. L’endroit est calme, serein, reposant. Nous y serons bien pour quelques jours. Premier bain, l’eau est chaude et bizarrement peu salée. Pour le repas du soir, nous prendrons nos quartiers au Sunrise Café voisin où la nourriture est excellente et variée. Pour 60 RM à 4, nous prenons un très bon repas. Dès 21h00, le vent se met à souffler fort et l’orage arrive. La température baisse, le tonnerre gronde, les éclairs zèbrent l’obscurité. A l’abri sur notre terrasse, nous assistons à la colère du ciel. Une vraie averse tropicale. Le ventilo sera tout de même nécessaire pur passer une bonne nuit.
Samedi 11 juillet 09
Journée plage et farniente. Nous continuons de prendre nos repas au Sunrise, à 25 m. de notre bungalow, vu la gentillesse du personnel et la qualité de la nourriture. Puis, ce sera baignade et snorkelling. La plage est idéale pour profiter de l’eau, mais il n’y a pas grand-chose à voir sous la surface. Malgré une protection solaire de 30, le coup de soleil n’est pas évité pour le dos de Bibi. Pourtant, j’avais prévu un t-shirt dévolu exclusivement au masque-tuba, t-shirt que je n’ai pas mis… Au milieu de l’après-midi, grosse averse tropicale et nous restons sous les gouttes bien fraîches, les bras lever au ciel. Et le ciel bleu de revenir rapidement … Re-baignade, entrecoupées de parties de carte sur notre terrasse. Délassement. La marée est descendante, ce qui permet de faire un petit jogging le long de la plage, sur le sable dur avec Lauriane. Le repas du soir ? Au Sunrise. Les éclairs se rapprochent de Tioman, mais pas de pluie, seul le vent qui souffle fort… Au milieu de la nuit, la pluie s’en donnera à cœur joie, les grosses gouttes frappant notre toit en tôle, comme pour nous bercer.
Dimanche 12 juillet 09
Au réveil vers 10h00, le ciel est encore brumeux, hésitant entre nuages et soleil. J’ai 43 ans aujourd’hui. Cela fait presque 15 ans que je n’aurai pas fêté mon anniversaire en Suisse. Un petit vent rafraîchit l’atmosphère et la plage est déserte. Un si beau lieu et personne, pourvu que ce petit paradis ne succombe pas aux promoteurs. Le temps reste couvert, mais sec, toute la journée. Que du farniente, des baignades, des promenades le long de la plage, des parties de carte. Ce rythme nous convient. Pour ne pas déroger à nos (bonnes) habitudes, nous mangerons le soir au Sunrise : curry de poulet, poisson grillé, crevettes et les boissons, toujours pour 60 RM pour 4. Les filles présentent pas mal de petits boutons rouges qui démangent. Les mouches de sable. Inévitables ici. On ne sent rien sur le moment, c’est le soir que les boutons apparaissent et commencent à gratter. Et cela dure sur plusieurs jours. Mais comme toute piqûre, cela finit par passer. Il paraît qu’il ne faut pas s’étendre sur le sable pour éviter les désagréments.
Lundi 13 juillet 09
Nous allons changer de côte, histoire de voir Tioman version ouest. Direction ABC Beach. Les filles n’ont pas trop envie de marcher (vive les ados…) alors elles iront en taxi, mais s’occuperont de nos sacs. Et pour Dominique et moi, ce sera le Jungle Trekk. Le temps est plutôt beau, légèrement venteux. Dommage de partir, de belles vagues viennent casser sur Juara. Le taxi emmène nos filles pour les déposer au Marine Park, de l’autre côté de l’île. Il nous prend un bout, histoire de gagner un peu de bitume, la première partie de la traversée de l’île étant sans intérêt. Puis nous prenons le sentier, très bien tracé. Nous croisons quelques touristes qui font le chemin depuis Tekek. Nettement plus dur, ça grimpe sec dans l’autre sens … Les bruits de la forêt sont parfois inquiétants, la nature nous fait sentir tout petit. Ecureuils, lézards, geckos, fourmis géantes, nous observons la faune. Mais aucun singe. L’endroit est bien sauvage, bien plus que dans les Cameron. Après environ 2 heures de marche à un rythme tranquille, nous atteignons Tekek. Il nous faut encore rejoindre le Marine Park, à quelques centaines de mètres. C’est le bout de la route avant ABC. Les filles sont là, nous mangeons un petit repas, avant de mettre le cap sur les bungalows de Mokhtar’s Place que nous avions contactés la veille. L’endroit est conforme à notre philosophie de voyage, simple, mais propre. En plus, il y aura un accès internet. La plage en contrebas est de sable, mais très vite, le fond de l’eau est envahi de petits rochers ou de coraux, ce qui rend la baignade quasi impossible. Le seul endroit où se tremper est facile sur ABC est devant Nazri 1, tout au début de la plage côté Tekek. Déception. Nous sommes devant nos bungalows, sur le sable, lorsque deux gros varans déboulent sur la plage en se poursuivant. Le premier va dans l’eau pour échapper à son agresseur. C’est assez impressionnant, ces bêtes doivent mesurer dans les 1m50-1m80 avec leur longue queue. Nous pouvons facilement les photographier, mais selon les autochtones, il vaut mieux éviter d’essayer de les toucher. Petit tour ensuite sur le chemin bétonné qui suit la plage au milieu des bungalows. Envers du décor : le nombre incroyable de détritus qui jonchent les abords du chemin. L’avantage de cette côte est qu’il y a un beau coucher de soleil, pour autant que le ciel soit dégagé. Pour le repas du soir, il n’y a finalement pas énormément de choix et ce sera la terrasse du Mawar’s Beach. Bonne nourriture, un peu plus chère que sur Juara. Un petit air souffle, c’est agréable.
Mardi 14 juillet 09
Lever assez tard et petit-dèj au Mawar. Vers midi, nous partons à pied vers Panuba Beach, à environ 20 min. d’ABC. Le chemin monte un promontoire et redescend sur Panuba, dans la jungle. Comme sur ABC, à peine entrés dans l’eau, il n’y a plus de sable mais des rochers. Par contre, l’endroit est nettement mieux pour le snorkelling. Nous partons vers les rochers en bord de plage et nous voyons plein de poissons aux belles couleurs. Panuba est isolé. Un seul resto et aucune possibilité de passer sur ABC le soir, le sentier dans la forêt n’est pas éclairé. Vers le milieu de l’après-midi, les filles restent sur cette plage et avec Dom, je pars direction Monkey Bay. Nous décidons d’y aller en bateau et de revenir à pied, par le chemin dans la forêt. 15 min. de trajet sur l’eau et notre taxi nous dépose dans la baie. Nous y sommes seuls, sur une large plage. Aucune infrastructure, l’isolement total. Par contre, l’arrière-plage est vraiment sale, jonché de détritus soit laissés là par les visiteurs, soit rejetés par la mer. Le plastique est une véritable catastrophe écologique en matière de pollution. Après une baignade dans une eau transparente, nous reprenons le chemin de Panuba. Nous avions fait attention de ne pas laisser notre sac sans surveillance trop longtemps. Non pas qu’il y ait des voleurs humains ici, mais bien des singes chapardeurs. Des témoignages affirmaient que certains touristes snorkellaient et que les singes sont descendus de leurs arbres pour prendre les sacs laissés sur la plage. Avec argent, passeports, téléphones … Le sentier est relativement bien tracé et il suit toujours la ligne électrique. Nous atteignons rapidement Monkey Beach, une autre plage isolée et encore plus belle que Monkey Bay. Le sable y est doré et l’eau vraiment claire. Le trekk est plus sportif que celui de Juara, il faut souvent escalader, contourner, passer sous des arbres tombés en travers du chemin. Nous voyons quelques singes au long du parcours, notamment une femelle qui porte son petit sous son ventre, et évidemment les habituels lézards qui nous font souvent sursauter en filant dans les buissons à nos pieds. 90 minutes plus tard, nous arrivons sur ABC, trempés de sueur. Sans être exceptionnelle, la promenade était bien sauvage. Le long du chemin qui longe la plage, sur un pont, nous voyons notre premier serpent en Malaisie : un python de belle taille, posé et enroulé dans les branches d’un arbre à une dizaine de mètres des bungalows de Mawar, dont certains ont la fenêtre ouverte ! Une dernière baignade rafraîchissante vers Nazri 1 et nous nous douchons pour aller manger. Ce soir, le coucher de soleil nous joue son show. Couleurs splendides, photos réussies. Repas au Mawar et dessert au Nazri. Puis, il sera temps de rentrer préparer les sacs, nous partons demain tôt, le bateau est à 08h00. Cherating ? Lac Chini ? Nous n’avons guère eu le choix. Nous pensions aller au lac Chini, mais un coup de fil chez Rajan Jones nous apprend que sa GH est overbookée pour au moins une semaine. Des groupes scolaires. Il est contrarié, mais on sent qu’il veut nous être serviable. Selon lui, il pourrait nous loger chez l’habitant dans le village, mais sans assurance de pouvoir nous accompagner dans la jungle. Ce sera donc Cherating.
Mercredi 15 juillet 09
Nous nous levons tôt pour ne pas manquer notre bateau. Nous ne pouvons prendre le suivant, car notre bus pour Kuantan et Cherating part à midi de Mersing. La mer est ce matin assez agitée, la traversée sera quelque peu secouée. L’air conditionné est poussé à fond, il fait même froid dans le bateau. En arrivant à Mersing, nous allons directement récupérer nos billets de bus à l’agence Larossa, que nous avons appelée depuis Tioman pour confirmer notre achat. Les billets sont là, nous payons. Service efficace et avec le sourire. Le trajet pour Kuantan coûtera 17 RM p. pers. Nous prenons notre repas à la jetée où il y a 2-3 restos avant de foncer à un ATM dans le centre de Mersing pour reprendre de l’argent. Le patron de l’agence Larossa nous amène avec son minibus à la gare routière, nouvelle et désormais hors de la ville. Nous sommes en avance ou notre bus est en retard. Cela nous laisse le temps d’aller au petit marché qui est derrière la gare routière. Produits locaux, légumes, fruits, volailles et poissons. Un vendeur me laisse prendre un petit requin pour faire une photo, pas de souci et toujours un grand sourire. Notre bus arrive. En fait, il passe par Cherating, pas besoin de changer à Kuantan, bonne nouvelle. Il me suffit de payer un petit supplément. Les chauffeurs se relaient après une pause repas sur le bord de la route. Ils sont prudents et conduisent parfaitement. Après quelques heures, il nous dépose sur la route nationale, à 500 mètres à pied du village de Cherating. Nous trouvons rapidement la Payung GH qui propose une dizaine de bungalows dans un joli jardin, tous avec douche et WC, ventilo et moustiquaire, très propre, pour 40 RM. Nous avions réservé par téléphone, deux d’entre eux seront pour nous. Personne n’est à la réception, pas grave, nous laissons nos sacs à dos sur place et partons pour la plage. Une énorme plage de sable. La marée est basse, nous pouvons marcher sur le sable dur, sous un ciel voilé et sans soleil. Nous faisons le tour de Cherating, petit village sans vraiment d’animation, avant de revenir à la GH prendre possession de nos chalets. Douche et lavage à fond. Une laverie est en face de la GH, nous y amenons notre linge sale : 3, 70 RM le kilo. Le soir, nous faisons une excursion sur la rivière qui passe derrière la GH. Ce tour est proposé à l’entrée de la Payung. Le but, observer les milliers de lucioles qui bordent le cours d’eau. Nous passons une heure en pleine obscurité, dans une petite barque. Les lucioles sont là, telles des guirlandes animées. Notre guide les attire avec une lampe rouge et elles viennent virevolter au-dessus de nos têtes, le spectacle est fantastique, des centaines de fées clochettes issues d’un conte de Disney. Le batelier doit connaître la rivière par cœur, car il n’a aucune lumière pour se guider dans le noir. Au retour, nous nous posons pour le repas du soir dans les gargottes en face de la Payung. Les Malaisiens mangent là, très peu de touristes, l’assurance d’avoir un bon repas. La literie est bonne, nous passerons une bonne nuit.
Jeudi 16 juillet 09
A notre lever, nous cherchons quelque chose d’ouvert pour le petit-dèj. Quasiment tout est fermé. Cherating donne l’impression d’un village abandonné, d’une époque touristique florissante désormais révolue, comme si les étrangers, pressés de rejoindre les Perenthians oubliaient de s’arrêter ici. Pourtant, Cherating a beaucoup à offrir à ses visiteurs. Une plage superbe et sure, une rivière avec une faune bien présente, un sanctuaire aux tortues accessible à pied. Nous trouvons finalement de quoi nous sustenter et nous partons à la plage où les vagues nous permettent de nous amuser. Aucun caillou, ni rocher, que du sable. L’eau est brassée par le courant et n’est donc pas transparente. Mais elle est claire. La marée est à nouveau descendante et on peut marcher un long bout dans l’eau. Même problème que ce matin pour le repas de midi. Tout semble fermé. Il nous faut faire le village à pied pour trouver un petit resto, sans carte, où nous mangeons ce qui est proposé. Nous connaissons la rivière de nuit, nous y retournons, mais de jour ! 2 heures de découverte de la faune locale en compagnie d’un guide sur sa barque. Oiseaux aux belles couleurs, lézards de belles tailles, serpents de la mangrove enroulés dans les arbres (belles couleurs, noir et jaune fluo, magnifique, mais inquiétant car très venimeux paraît-il) et même des loutres qui nous font le spectacle, sautant et nageant autour de notre embarcation. Le guide a l’œil, il voit des choses que nous n’apercevons pas. Retour pour prendre une douche et notre repas au Matahari. Hasard, le cuistot était notre guide tout à l’heure. Le poisson se choisit à l’entrée de la terrasse et se paie au poids (5 RM les 100 gr.). Il est ensuite cuit dans une feuille de banane et agrémenté de la sauce choisie. Délicieux. La fin de la soirée se fera au Payung Café, à écouter de l’excellente musique.
Vendredi 17 juillet 09
Ce matin, lever tôt pour Bibi, car je vais pêcher en mer avec 2 autres personnes, des Chinois de Hong-Kong. Nous passons plus de 4 heures en mer et finalement sur la rivière, sans une seule touche ! Pourtant, nous avons vu des poissons, mais voler à côté du bateau, à faire des bonds inouïs, comme pour nous narguer de venir tenter de les arracher au monde du silence. Des méduses aussi, de belles tailles, mais au large. Heureusement qu’elles ne s’approchent pas des plages, la baignade serait impossible. En fin de matinée, je rejoins les filles à la plage, ces dames font bronzette. Cet après-midi, nous irons au sanctuaire aux tortues qui se trouvent à côté du Club Med. Car oui, il y a un Club Med à Cherating. Enfin, pas dans le village même, mais à quelques centaines de mètres, 30 minutes à pied. D’ailleurs, on ne voit personne de ce repaire venir à Cherating, ce genre de touristes préférant sans doute se calfeutrer dans leur retraite bien occidentale. Il est vrai que les pêcheurs-restauteurs de Cherating sont sans doute bien moins lookés que ceux de l’établissement. Bref, en 30 minutes de marche nous voilà aux portes du sanctuaire. Et soudainement, un gigantesque sanglier sort des buissons à une vingtaine de mètres devant nous. Il nous regarde, grogne et tape son sabot sur le sol. Il est prêt à charger et nous ne faisons pas trop les malins. Un sanglier sauvage ! Et en pays musulman, il ne risque pas grand-chose, personne ne le mangera. Nous serons sauvés par une moto pétaradante qui passe à toute allure et qui fait fuir l’animal dans la forêt. La diversité de la faune est incroyable dans ce pays. Autant l’an dernier nous n’avions vu que très peu d’animaux, autant cette année les rencontres sont fréquentes. L’accès au sanctuaire est gratuit. Il y a là 3 bassins avec de magnifiques tortues dont la carapace ressemble à du bois. En demandant à un préposé, il nous amène à l’endroit où les nids sont protégés dans une sorte de serre grillagée. En regardant la date de ponte, il découvre un nid en creusant le sable et nous voyons de minuscules tortues âgées d’à peine 2 mois tenter de remonter la pente pour partir à l’aventure. Le garde recouvre rapidement le nid de sable empêchant toute fuite. Il nous apprend que les tortues viennent pondre sur la plage, mais que le sanctuaire récolte les œufs pour les mettre en sûreté dans la serre, à l’abri des prédateurs. Puis, les petites tortues sont relâchées dans la mer. Le guide nous propose de relâcher des tortues prêtes à affronter la mer. Bien sûr ! Nous partons sur la plage déserte et il nous amène alors un bac avec une cinquantaine de ces petites bêtes. Nous pouvons les prendre dans la main, les poser dans le sable et observer leur obstination à regagner la mer. Toutes ne survivront pas, mais chacune a réussi à partir dans les vagues. Grand moment. Nous aurons vu des tortues pondre sur une plage du Sultanat d’Oman et nous en aurons relâchées en Malaisie. Nous apprenons que l’on peut laisser l’adresse de la GH (et le No de son bungalow) et les responsables du sanctuaire peuvent venir vous réveiller la nuit si des tortues arrivent sur la plage pour pondre. La possibilité de faire un don est laissée à notre libre appréciation et nous ferons donc un geste pour cette noble cause. Retour à Cherating. Il fait chaud, la marche est pénible. Alors nous essayons le stop. Rapidement, un jeune qui passe par là nous embarque et nous amène avec le sourire dans notre village, nous faisant économiser 30 minutes de marche en bord de route. Nous préparons la suite de notre voyage et il y a dans le village une agence de voyage qui fait aussi cybercafé. Nous y achetons nos billets de bus pour Kota Bahru et profitons pour aller vérifier nos mails. Le repas du soir est pris au Matahari, vu la qualité des plats et de l’accueil. Encore une bien belle journée.
Samedi 18 juillet 09
Journée tranquille, qui débute vers midi, vu l’heure à laquelle nos filles se lèvent. Le propriétaire de notre GH propose de nous conduire à Kemaman, une ville à 20 km au nord. Cela tombe bien, il nous faut prendre de l’argent et il n’y a pas d’ATM à Cherating. Nous ne voyons aucun touriste sur place et nous prenons la direction du marché (le long de la rivière, après la gare routière) pour faire le plein de fruits (mangue, bananes, ramboutan, mangosteen, etc..). Nous trouvons aussi notre ATM et faisons le plein de fruits et d’argent. Notre prochaine étape sera les Perenthians et là-bas non plus, pas d’ATM. Les gens sont aimables et nous saluent facilement. Il faut dire que nous avons du succès avec nos filles jumelles. Apparemment, ici c’est un honneur particulier. Le patron de la GH ne nous a pas attendus, ce qui n’était d’ailleurs pas prévu. Pour rentrer, ce sera donc le bus local. Cela nous rappelle un peu les bus thaïs, vieux et poussifs. Nous montons dans le bus, nous sommes les seuls Occidentaux dans un véhicule bondé. Nous payons nos tickets à un vieux monsieur. Il reste quelques places à l’arrière et des gens nous font signe pour venir nous asseoir. Pas de ventilation, pas de climatisation, nous sommes en sueur. L’arrière du bus est plein de gosses qui rentrent de l’école. Les éclats de rire fusent, nous devons être l’objet de plaisanteries … Des « Hello » ou «How are you » aussi, premiers mots pour un premier contact. Pour descendre du bus, facile. Une sonnette que l’on actionne et le chauffeur stoppe. Pas d’arrêts fixes. Arrivés à Cherating, sur le haut du village sur la route nationale, nous utilisons la technique malaisienne et nous descendons avec des signes de main aux autres passagers. Nous regagnons la GH et commençons à nous gaver de nos fruits. Départ pour la plage, où la marée est à nouveau basse. De loin, nous voyons deux sortes de camping-car, le long des arbres. Nous partons voir. Un Allemand et un Suisse ! Ce dernier nous explique avoir mis son véhicule sur un cargo et il compte rentrer au pays … dans 2-3 ans, qui sait ! C’est un habitué des périples, son fourgon Mitsubishi a déjà traversé les Amériques, de l’Alaska à la Patagonie. Nous profitons des vagues, en même temps que pas mal de jeunes. La plupart des filles se baignent habillées et voilées, religion oblige. Et toujours cet excellent repas au Matahari, avec du poisson frais, cuisiné dans une feuille de banane et accompagné de sauce Sambal bien épicée. Nous aurons vraiment passé du bon temps ici. Nous ne pensions rester qu’une nuit, vive la flexibilité du routard.
Dimanche 19 juillet 09
Les réveils s’étalent sur la matinée. Nous prenons notre petit-dèj en face de la GH. 7 Canai (petites crêpes, pour lesquelles j’ai un faible, surtout celles au citron) et boissons (thé au lait sucré, jus d’orange frais) pour 7 RM. Puis, nous partons à la plage. Moins de vagues, mais par contre sans doute quelques méduses puisque qu’avec Nat, nous nous faisons piquer dans le dos. Sans gravité, juste une petite sensation de brûlure. On regarde dans l’eau , on ne voit rien. A midi, nous allons au Muda Café, directement sur la plage, petite cahutte tenue par un monsieur d’une soixantaine d’année qui fait quelques plats simples, telles que des nouilles ou du riz frit. C’est un personnage que nous avons là, toujours à rire. Il nous initie au bricolage en fabriquant des sauterelles et crevettes géantes à l’aide de feuilles de bananiers. Toute la famille s’y met et les filles démontrent une belle dextérité. Le temps est brumeux, voire couvert. Venteux sur la plage, chaud et humide dès le bord de la mer abandonné. Nous revenons à la GH vers les 16h30 pour ranger nos affaires, préparer nos sacs, récupérer une lessive. La soirée se déroulera au rythme de Cherating, tranquille. Repas dans un resto local, et pour finir un thé au Payung Café à écouter une radio Rock.
Lundi 20 juillet 09
Il fallait bien que cela m’arrive au moins une fois, grosse indigestion pendant la nuit. Une belle série de crampes intestinales, mais sans vomissement ni diarrhées. Le réveil est pénible vu le manque de sommeil et j’évite donc le petit-dèj pendant que les filles se gavent de Roti Canai. Il nous faut être à 08h30 sur la route nationale, 500 mètres plus haut, pour attraper notre bus. Vers 08h45, soit pile à l’heure, notre bus Transnacional arrive. Il suffit de faire signe pour qu’il s’arrête, mais apparemment le chauffeur savait qu’il devait embarquer des passagers à Cherating. Direction Jerteh, où nous descendrons pour aller ensuite à Kuala Besut, port d’embarquement pour les Perenthians. Tout a été organisé par téléphone avec Aziz, le propriétaire des Mama’s Chalets. Un taxi nous attendra à Jerteh, puis nous prendrons nos billets de bateau. 6 heures de route plus tard et d’une conduite irréprochable (avec une pause repas), nous arrivons à Jerteh. Le bus nous dépose sur la route principale, il nous faut marcher 10 minutes pour rejoindre la gare routière où notre taxi doit nous prendre en charge. 4 occidentaux qui marchent avec leurs sacs, on devrait nous reconnaître. Les chauffeurs de taxi nous sollicitent, mais sans agressivité et sourient lorsque nous déclinons l’invitation. Un homme s’approche, il porte une pancarte avec notre nom, c’est notre chauffeur. Il nous conduit à Kuala Besut (30 RM le trajet) et nous amène devant le Mama’s Holidays office où nous prenons nos tickets de bateau (35 RM le trajet p. pers., soit 70 RM A/R). Dans tous les guides, il est fait mention de bateau lent ou de ferry, mais ce type de transport ne doit plus exister. Nous avons le temps de prendre un petit repas avant le départ pour les îles. Nous discutons avec les 2 employées du bureau qui sont très sympathiques et qui veulent savoir beaucoup de choses, surtout nos âges. Voici le temps d’embarquer, nous nous rendons à la jetée. Comme pour Tioman, il faut s’acquitter d’une taxe de 5 RM p. pers. pour la conservation des fonds marins. Puis nous montons dans le bateau. Bateau ? En fait une grosse barque avec une bâche. Un panneau indique que l’embarcation est faite pour 12 personnes, nous sommes 18 à bord, les bagages en plus. Au port, la mer semblait bien calme, mais une fois la digue franchie, les flots sont légèrement agités. Plein gaz pilote. Apparemment, cela ne gêne pas le marin qui surfe plus qu’il ne navigue. Les sauts sont nombreux et vu que nous sommes à l’avant, on déguste. Rien de dangereux, mais cela tape fort parfois dans le dos ou la nuque. Les Perenthians sont rapidement en vue et il nous faut 40 minutes pour les atteindre. Après avoir déposé quelques passagers sur d’autres plage, nous voici devant le Mama’s et une barque plus petite vient nous chercher car il n’y a pas de ponton pour débarquer. Aziz nous accueille personnellement, je le remercie pour l’arrangement de notre transport jusqu’ici. Nos bungalows seront parfaits. Bon lit, douche et WC, ventilo, petite terrasse, classique. Ils sont dans un petit jardin et ne donne pas sur la mer. Ce sera 60 RM l’unité, alors que ceux qui sont au bord de l’eau ont la clim, mais sont à 180 RM ! Nous avions vraiment bien fait de réserver, car tout est plein et il y a même des gens qui arrivent avec leurs sacs à dos et qui doivent repartir en bateau faute de place. Petite déception quand même : il n’y a pas de plage devant le Mama’s. Juste une fine bande de sable, rapidement remplacée par du corail ou des rochers qui cisaillent les pieds. Avec la marée descendante, ces coraux sont même hors de l’eau. C’est la fin de l’après-midi, nous n’allons pas chercher une plage maintenant, alors nous trouvons un petit coin pour nous tremper tout de même. Ce soir, nos testerons le resto de notre emplacement, le … Mama’s ! Nous comprenons le pourquoi de ce nom. Apparemment, c’est la cheffe de famille qui règne en maître sur les lieux et le reste de la troupe a chacun son rôle, la caisse, le service, la réception. Les prix du resto sont corrects, mais tout de même plus chers que sur le continent. Normal. Il faut dire que l’authenticité malaise de Cherating a disparu. Il n’y a que des Occidentaux ici ou des Chinois, mais tous avec un porte-monnaie de touriste. Il faut nous réhabituer à voir autant de voyageurs. Il va nous falloir un jour, on verra demain. En sortant de notre bungalow, nous nous retrouvons nez à nez avec un beau varan, et dans l’arbre en face de notre terrasse, à moins de deux mètres, il y a de belles chauves-souris. La Malaisie est finalement bien présente.
Mardi 21 juillet 09
Le lever est tardif pour les filles, j’ai donc le temps de me prendre un léger petit-dèj avant de partir à pied en exploration pour les plages. Je file au sud, direction Abdul’s Chalet par le Jungle Trekk qui commence derrière le petit club de plongée. Après 15 minutes dans la forêt, il faut longer différent resorts, par la plage, et je trouve mon bonheur, après 25 minutes à pied environ. Les touristes s’entassent sur la portion de sable devant leurs chalets, mais en marchant un peu, tout au bout du chemin, il y a une plage de rêve, déserte, sable blanc et eau limpide. C’est LA plage. Et en plus, il y a un petit bistrot pour les boissons et un petit repas de midi. Courte baignade dans une eau transparente et je reviens sur mes pas, faire part de ma découverte. Je retrouve les filles en train de manger. Je vais vers Aziz pour louer masques et tuba (5 RM par jour et p.pers.) et une fois tout le monde prêt, départ. La marche n’est pas pénible et nous atteignons facilement mon petit coin de paradis. Il n’y a personne. Baignade, snorkelling dans les rochers qui bordent la plage. L’endroit est un véritable aquarium, les poissons sont nombreux, multicolores, n’ont pas peur de l’homme et viennent même si près que nous pouvons les effleurer. Nous testerons le petit resto pour un repas simple, du riz frit. Retour vers 18h00 pour une douche et se poser un peu après ces bains d’eau de mer et de soleil. L’endroit était idéal, mais pendant la marche du retour, nous avons à nouveau été confronté à ce tourisme de masse, qui passe sa journée sur une chaise longue, entassés sur un bout de plage. Pour cela Tioman et surtout Juara était bien différente, même si la clarté de l’eau et la blancheur du sable n’étaient pas comparables. En soirée, ce sera la rencontre avec la famille Foletti, dont Caroline est une inconditionnelle du site voyageforum.com. Cela fait de nombreux mois que nous correspondons par message interposé et le hasard a fait que cette année, nos dates et destinations de vacances coïncidaient ici. Bornéo pour eux, la péninsule pour nous, mais point commun, les Perenthians. Rencontre avec Jean-Paul, leurs enfants. Discussions, le verre de fin de soirée, l’amitié n’est plus virtuelle. Au moment de se coucher, un bel orage éclate. Il pleut très fort, les éclairs déchirent le ciel, le tonnerre est assourdissant.
Mercredi 22 juillet 09
Au lever, plus de pluie, mais un ciel brumeux et gris, comme souvent le matin. Il faut avouer que cela enlève un peu de magie aux paysages de ces îles. Le petit-dèj du Mama’s est bien moins cher et tout aussi correct ailleurs, c’est notre base culinaire. Nous prenons la direction de notre plage sauvage que nous faisons découvrir à Caro et ses enfants. Une bonne heure de snorkelling où nous admirons coraux, poissons, anémones (et ses petits némos qui se laissent chatouiller les flancs). Toujours aussi peu de monde, c’est incompréhensible, vu la beauté de la plage et des fonds marins. Un petit repas à la gargotte, puis vers le milieu de l’après-midi, nous prenons le chemin de la plage du Perenthians Island Resort, à l’inverse vers le Nord, après le Coral View. La plage est énorme, d’un sable blanc immaculé et l’eau d’une transparence exceptionnelle. Il y a un petit ponton à quelques dizaines de mètres du bord, d’où on aperçoit parfois des tortues. Par contre, pas trop de snorkelling ici, le fond est sableux et le bord vers les rochers n’est pas très intéressant. Fin de journée, douche pour tout le monde. Il faut se décider assez rapidement pour les restos, car les tables se remplissent vite. Vers 22h00 par contre, tout commence à fermer et nous sommes les derniers à table. La pluie recommence à tomber, non pas sous forme d’orage, mais fine et régulière.
Jeudi 23 juillet 09
Lever assez tard, comme d’habitude sur ces îles. Après un petit repas, retour vers notre plage préférée, nous ne nous en lassons pas, sans les filles qui dorment encore. Le ciel est bleu, dégagé. Nous rencontrons Caroline et une de ses amies. Nous partons snorkeller, vers un petit cap qui s’appelle Shark Point et où les bateaux qui font le tour de l’île s’arrêtent. Le paysage sous-marin est vivant, habité et splendide. Il y a des centaines de poissons et même des bancs de petits calamars. Et soudain, tout à la pointe, un requin de récif, suivi bientôt d’un deuxième. Un des deux doit bien faire 1m50, il est plus gros que ceux que j’avais vus l’an dernier à Koh Tao. Nous restons à les observer raser le fond. Ils sont parfois à moins de 3 mètres de nous, spectacle fascinant. Le petit moment d’appréhension passé, nous essayons de les suivre et admirons l’ondulation de leur queue. Après ce magnifique spectacle, petit repas au resto de la plage, nous sommes désormais des habitués. Je m’aperçois après avoir mangé que j’ai oublié mon porte-monnaie au Mama’s. Je suis bon pour me faire les 25 minutes de marche de retour. Dom m’attend, mais pour revenir ce sera un taxi-boat ! Pour la fin de la journée, nos regagnons l’autre plage qui s’apparente presque à une piscine géante. Les filles sont là, avec les enfants Foletti. Elles ont vu une tortue peu avant notre arrivée. Et même peut-être un requin. Le planning est rôdé, vers 18h30 douche pour tout le monde et une heure plus tard nous sommes installés à la terrasse du Mama’s, au bord de l’eau. Tout comme hier, la pluie s’est remise à tomber.
Vendredi 24 juillet 09
Un touriste m’ayant signalé une bande de singe dans les arbres qui bordent l’arrière du Mama’s, je m’y rends dès mon lever. Aucun animal en vue. J’apprendrai plus tard qu’une tribu de singes noirs, avec le contour des yeux blancs, faisaient les fous quasiment sur les terrasses des bungalows du Coral View. La famille Foletti les a même photographiés. Ce matin, snorkelling sur la plage du Perenthians Island Resort, rien de spécial, si ce n’est un gros baliste que nous n’avons pas pu approcher. Nous resterons sur cette plage toute la journée, avec juste un intermède pour le repas de la mi-journée. Mer translucide, sable fin, soleil, que demander de plus pour cette fin de périple. Ce soir, nous prenons une bière et le repas avec les Foletti au Paradise Restaurant, sur des petites tables directement au bord de l’eau. Le ciel est partiellement nuageux et offre de belles couleurs pour le coucher du soleil. On ne voit pas l’astre disparaître dans mer, car l’île d’en face fait écran. Néanmoins, le ciel prend des teintes rosées, puis orangées. Plus tard dans la soirée, le ciel se couvrira et un violent orage éclatera finalement en milieu de nuit.
Samedi 25 juillet 09
Quelques gouttes tombent encore à notre lever, le ciel est bien couvert. Nous repartons vers notre plage isolée dans le but de voir les requins. Nous nous rendons à la nage à Shark Point et malgré que nous restions presque une heure dans l’eau, aucun squale ne montre le bout de son aileron. Nous profitons de l’eau avant de changer de plage après le repas de midi. Journée baignade. Repas au Mama’s le soir et nous finissons au Paradise avec les Foletti, en achetant une bouteille de whisky malaisien (l’équivalent du Mékong thaï) que l’on mélangera avec du coca. C’est une des rares fois où nous aurons bu de l’alcool dans ce pays. Discussions, nous apprenons à nous connaître, invitations : rendez-vous est pris à Bordeaux !
Dimanche 26 juillet 09
Le départ approche, c’est notre dernier jour sur ces îles avant le retour sur l’Europe. Pas de baignade ce matin, mais lever tard, petit-dèj et remplissage des sacs. Notre bateau pour Kuala Besut est prévu à midi. Petite séance d’au revoir avec nos amis bordelais. Nous embarquons plus ou moins à l’heure avec une famille de Danois pour prendre la direction d’autres plages afin de remplir l’embarcation. Le bateau est plein, la mer est calme. Cela ne secoue pas trop, bien moins qu’à l’aller. Par contre, il pleut, une pluie fine et légère, qui fouette le visage avec la vitesse du bateau. Nous avions été serrer la main à tout l’aimable personnel du Mama’s et un des serveurs est même avec nous sur le bateau. A Kuala Besut, nous croisons un autre serveur au port, il avait pris un autre bateau. C’est celui qui était venu nous chercher le jour de notre arrivée avec une petite barque. Très souriant il avait souvent ouvert la discussion avec nous, et évidemment surtout avec nos filles… Il était vraiment sympa et sur le quai de Kuala Besut, nous procédons à un échange de t-shirt. Mon « Swiss » jaune et vert contre un maillot de foot de Barcelone !!! C’est Lauriane qui a insisté et cela se fait très naturellement, avec photo … Un taxi nous attend après la jetée, commandé par Aziz. L’organisation est parfaite. Il nous emmènera à Kota Bahru (70 RM le trajet) en une petite heure de route. Il nous dépose devant la KB GH où nous laisserons nos sacs en dépôt (2 RM le sac), le temps de visiter une partie de la ville. Il n’y a pas grand-chose à voir. L’ambiance nous fait penser un peu à une ville du Moyen-Orient. Il faut dire que Kota Bahru s’est autoproclamée « the Islamic City of Malaysia ». Mais attention, toujours dans l’esprit tolérant du pays, pas d’extrêmisme affiché. Les magasins de tissus sont nombreux, nous faisons un ou deux supermarchés. Il n’y a rien à acheter de spécial. Nous allons tout de même au centre culturel, près du stade de foot, où il y a quelques spectacles gratuits. Lorsque nous y sommes passés, c’était des percussions. Nous profitons d’envoyer nos derniers mails depuis un cybercafé. Il est bientôt l’heure de rejoindre l’aéroport pour notre vol Air Asia à destination de KL, vol réservé en mars dernier pour le prix de 10 Euros par personne… Devant la KB GH, il y a des gens qui racolent le touriste en se présentant comme taxi. Le gérant de la KB nous dit qu’on peut y aller les yeux fermés, donc nous acceptons la proposition d’un homme qui peut nous conduire à l’aéroport pour 20 RM, ce qui semble être le tarif local. Pas de borne de taxi, ni même d’inscription sur les portières, mais une voiture privée bien pourrie, visiblement bientôt au bout du rouleau. En 25 minutes, nous arrivons à l’aéroport sans encombre. Nous sommes un peu en avance. Nous avisons alors un petit resto local, pile en face de l’aéroport, il n’y a que la grande route à traverser. On s’y rend pour déguster nos dernières Roti Canai malaisiennes, avec des thés au lait sucré. Notre vol est à l’heure, l’avion est plein. Comme l’an dernier, Air Asia propose des Airbus visiblement neufs avec sièges en cuir. Une petite heure de vol bien tranquille, je devise durant le trajet avec mon voisin qui veut savoir ce que nous avons pensé de la Malaisie. Au moment d’atterrir, nous survolons KL et nous avons la chance de passer quasiment à la verticale des tours Petronas. Nous les aurons vraiment vues sous tous les angles ! Une fois à KL, nous arrivons au terminal des vols domestiques (LCCT) et même si les vols empruntent les mêmes pistes, le bâtiment des vols internationaux (KLIA) n’est pas le même. Dès la sortie, il y a une navette qui nous conduit au bon endroit (1.50 RM p. pers.), un bus vert avec le sigle KLIA sur le pare-brise. Une fois dans ce terminal, nous avons le temps, notre vol Qatarairways ne décolle qu’à 03h15 du matin. C’est le dernier à partir…comme si nous voulions profiter de chaque minute dans ce pays. Nous anticipons notre retour en Occident en mangeant au Kentucky Fried Chicken, seul établissement encore ouvert. Au moment d’embarquer, nous sommes assez peu dans la salle d’attente. Notre A 330 sera-t-il plein ? Oui, car il arrive de Bali et la plupart des sièges sont déjà occupés. Jusqu’à Doha, le vol sera cette fois tranquille et nous arrivons un peu en avance au Qatar. Quelques courses au Duty Free et nous embarquons vers Genève. Hormis quelques turbulences au-dessus d’Istanbul, notre vol est sans histoire. Nous posons à l’heure, c’est le retour à la maison.
Il nous faudra quelques jours pour prendre du recul et apprécier à sa juste valeur ce que la Malaisie nous a offert. La Thaïlande nous avait enchantés, mais cette année, notre enchantement est encore plus grand. Plus d’authenticité, peut-être de sincérité dans les rapports humains, une faune exceptionnelle, une fréquentation occidentale moins marquée. Oui, la Malaisie est une destination exceptionnelle pour les amoureux de ce type de périple et du continent asiatique. Comme pour tous nos voyages, nos têtes sont pleines de souvenirs, que la lecture de nos carnets de route ou la vision de nos photos nous rappellent avec délice.
Mardi 30 juin et mercredi 1er juillet 09
Départ de Genève vers les 09h30 pour notre premier vol, direction Francfort, avec Lufthansa qui partage le vol pour Kuala Lumpur avec Qatarairways. A peine une heure de vol tranquille plus tard, nous voici en transit dans cet énorme aéroport. Pas de souci pour trouver la porte de notre prochain embarquement sur un A 330 de Qatar. L’avion n’est qu’à moitié plein et le vol est sans histoire jusque dans la péninsule arabique. Départ pour une longue escale à Doha, due aux modifications d’horaires intervenues après que nous ayons acheté nos billets. Au premier étage de l’aérogare, il y a un self service qui offre des repas, simples mais bons, aux passagers qui ont un transit de plus de 5 heures, ce qui est notre cas. Ce n’est marqué nulle part, nous tombons dessus par hasard. Nous tuons le temps avec des parties de cartes qui auront lieu tout au long de notre périple. Le jass, version suisse de la belotte, que nos filles de 16 ans maîtriseront relativement bien au retour. L’aéroport est actif toute la nuit, puisque des vols décollent et atterrissent sans interruption. Au final, nos parties de cartes auront bien meublé l’attente. Nous embarquons à l’heure pour la deuxième partie du voyage dans un autre A 330, mais qui sera archi-plein celui-là. Pas un siège de libre. Il faut dire que Kuala Lumpur ne sera qu’une escale puisque la destination finale de l’avion est Bali. Les premières heures du vol seront parfaites, mais dès notre entrée dans le Golfe du Bengale et la fin du sous-continent indien, nous voila partis pour 3 bonnes heures de turbulences plus ou moins importantes. Les repas sont souvent retardés, le personnel de bord part s’attacher fréquemment, les regards se font parfois inquiets. Le vol Rio-Paris a laissé des traces, même s’il n’y a aucune raison d’y penser. Finalement, l’approche du continent calme les ardeurs du Dieu Eole et nous nous posons sans dommage à Kuala Lumpur. Bienvenue en Malaisie ! 90 minutes de queue et d’attente pour passer les contrôles de l’immigration. Des panneaux et même un poste sanitaire font de la prévention sur le virus H1N1. Les fonctionnaires féminines sont voilées, ce qui nous rappelle que ce pays est majoritairement musulman. Après nos périples au Maroc, en Jordanie, à Oman ou encore en Turquie, nous sommes habitués. Vu le retard pris pour arriver au tapis des bagages, retrouverons-nous nos sacs ? Le tapis a cessé de tourner depuis longtemps, mais une employée gardait sérieusement une série de sacs dont les 4 nôtres. Pour rejoindre KL, nous optons pour le Airport Coach (10 RM p.pers.) qui nous amène à la gare centrale (KL Sentral). Vraiment simple, l’arrêt de bus se trouve au niveau 1, tout en bas du bâtiment de l’aéroport, sur la droite dès la sortie. De toute façon, des hommes « racolent » les voyageurs pour emprunter le bus, mais sans insistance ou agressivité. Notre but est la Red Palm GH. Nous pourrions prendre le Sky Train pour y parvenir, mais les heures de voyage nous incitent à nous y rendre au plus vite alors ce sera le taxi, plus simple et pas forcément plus cher à 4. Sur le même quai que l’arrivée des bus, il y a un comptoir où l’on annonce sa destination, le prix est fixé selon l’adresse donnée, un coupon nous est remis, un chauffeur est hélé. Pas de négociation, pas d’arnaque. Le taxi nous pose pile devant la Red Palm. L’endroit est routard à souhait. 2 chambres et un dortoir, toilettes et douche à l’étage. Le tout est propre, même si nous sommes étonnés par le plafond qui est en fait une sorte de rideau-bâche qui recouvre tout l’étage. En rajoutant l’épaisseur minime des murs (qui s’apparentent presque plus à du carton…), l’intimité ne sera pas de mise. Mais la convivialité des lieux, la gentillesse de la patronne et de son staff, l’emplacement idéal de la Red Palm, le prix raisonnable (70 RM la chambre pour 2) nous feront vraiment apprécier cet endroit. Une fois installés, nous partons dans Jalan Butik Bintang pour acheter une carte SIM. Comme l’an dernier, j’ai embarqué un vieux téléphone portable qui sera notre allié le plus précieux tout au long du voyage. 30 RM la carte, auxquels je rajoute 70 RM de crédit, cela nous fera tout le mois, avec plusieurs appels en Suisse. Les estomacs réclament pitance, nous mangeons dans la rue à proximité. Les stands extérieurs et les terrasses sont nombreux, nous reprenons nos habitudes de l’an dernier en Thaïlande. La nourriture est un peu plus chère, mais le choix est immense, dû à la diversité des communautés qui peuplent la Malaisie : Chinois, Malais, Thaïs, Indiens, Indonésiens, tous avec leur culture et leur cuisine. Nous voyons nos premiers rats, de belles pièces ! KL serait-elle plus sale que Bangkok ? La nuit est tombée depuis longtemps, la fatigue est là, mais nous ne pouvons nous empêcher d’aller admirer le spectacle fascinant des tours Petronas, éclairées et mises en valeur. Deux flèches de lumières qui montent vers le ciel … 20 minutes à pied nous sont suffisantes depuis la Red Palm pour nous y rendre. Nous y restons, prenons quantité de photos, sous tous les angles, on en fait le tour, des tours, détours. Cette fois, nous avons le compte, nous rentrons à la GH, pour une bonne nuit, enfin on l’espère. Premier jour, mais notre esprit est déjà en Asie, Genève est loin, en kilomètres, mais aussi dans nos têtes. Ce continent nous fascine.
Jeudi 2 juillet 09
La nuit aura tout de même été un peu bruyante, entre la rue et le manque d’isolation de la GH. Mais nous avons tout de même réussi à bien dormir. Nous descendons à la cuisine où le petit-dèj est à dispo, compris dans le prix de la chambre. Chacun peut se servir dans le frigo, faire son thé, café, griller ses toasts, faire son bol de céréales ou éplucher sa banane. Système très convivial, mais il faut faire sa vaisselle après. Une fois rassasiés, nous partons dans les énormes centres commerciaux à proximité de Bukit Bintang, les fameux « malls » qui font la réputation de KL. Les clients du Moyen-Orient sont nombreux. Puis ce sera direction Little India en prenant le Monorail. Le ticket s’achète à un comptoir en fonction de la destination. Nous faisons 3 arrêts pour RM 1, 60 p. pers.. Nous surplombons les rues, faisant fi des bouchons et de la circulation. Le Lonely Planet (ci après LP) donne une balade à faire dans le quartier et nous suivons l’itinéraire proposé. Ce sont surtout les commerces, d’or et de tissus qui sont Indiens, on ne se croirait pas à Mumbai. Les restaurants en plein air et autres gargottes pullulent et nous testons plusieurs sortes de beignets délicieux. Notre périple nous amène à Merdaka square, place où l’indépendance de la Malaisie fut proclamée. Un vaste et très bel endroit avec une grande pelouse et de beaux bâtiments. Après une petite pause à l’ombre, nous décidons de nous rendre aux Batu Caves, à une quinzaine de km au nord de la ville. Il nous faut à peine 10 min. à pied depuis Merdaka pour rejoindre un arrêt de bus à l’angle de Tun Lee et Petaling, au début de Chinatown. Le bus 11 qui va sur place s’apprête à partir et nous y montons in extremis. Le billet se prend directement dans le véhicule (2 RM). 45 min. plus tard, nous voilà sur le site. Il y a 272 marches, relativement raides, à monter. Mais avant, nous allons nous régaler dans un des restos indiens qui bordent l’endroit. Menus végétariens, dans une feuille de banane, sans couteau, ni fourchette. A la commande, nous ne savons pas trop ce que nous choisissons, mais tout sera bon et pas trop épicé. Il y a largement assez, pour à peine 20 RM à 4. Batu Caves est une énorme grotte qu’il faut atteindre par un escalier, lequel est sérieusement gardé par une grande statue à ses pieds. Des singes peu farouches peuplent l’endroit, mais ne sont pas agressifs envers les humains. A l’intérieur de la grotte, divinités indiennes et 2 temples. Nous reprenons ensuite le bus 11 jusqu’à Chowkit, où il y a un arrêt du monorail qui nous ramènera vers notre GH. Internet, jus de fruit frais, douche, nous faisons une pause. Il fait chaud (env. 35 °), le ciel est brumeux, mais c’est surtout l’humidité qui nous fait transpirer. Comme l’an dernier, il nous faudra quelques jours pour nous y faire. Le but de ce soir sera Chinatown, à environ 20 min. à pied de la GH. La rue de Jelan Petaling est entièrement dédiée au business, une sorte de Khao San Road local. T-shirts, sacs à main, montres, tout est contrefaçons. Les clients sont arabes, occidentaux, malais, japonais, vive la mixité ethnique lorsqu’il s’agit d’achats… Le site est suffisamment grand pour y passer quelques heures. On voit même des francophones remplir des sacs … Ikea ! Nous succomberons comme tout le monde à la tentation et après d’âpres marchandages, nous achèterons quelques vêtements. Les Chinois sont moins souriants que les Thaïs, en tous les cas quand il faut négocier ! Nous mangeons également sur place, sur la terrasse d’un établissement chinois. Excellent. Les prix sont par contre plus élevés que chez le voisin du Nord, ce sera la tendance générale tout au long du voyage. Retour vers la GH, parties de cartes sur la terrasse et finalement retour dans nos lits.
Vendredi 3 juillet 09
Nous récupérons du décalage horaire et nous nous levons vers les 09h30. Petit-dèj, vaisselle et nous allons acheter nos billets à la gare routière qui est à 10 min. à pied : 4 billets pour les Cameron Highlands pour 90 RM, départ à 10h30 le lendemain. Nous continuons vers le Central Market. Ici, pas de contrefaçons, mais de l’artisanat local, des tissus, de l’art. Nous voulons visiter la mosquée Masjid Jamek, mais nous sommes vendredi et tous les fidèles sont à la prière. Le lieu est donc fermé aux non-musulmans. Petite pause boisson, on étudie la suite de l’après-midi. Finalement, on part dans le quartier de Kampung Baru, au nord des Petronas. Dès la sortie du métro, il faut prendre sur la droite et nous trouvons de nombreux petits restos en plein air qui servent de la nourriture malaise en buffet. Chaque fois que l’on met un nouveau plat dans l’assiette, l’addition monte. Mais rien de dramatique, puisque 2 assiette suffisantes pour 4 ont coûté 10 RM ! Nous traversons le quartier à pied, sans voir l’ombre d’un Occidental. Le paysage contraste avec le centre-ville. Ici, pas de circulation infernale, pas de bus puant le gasoil, pas de klaxon, juste de petites maisons et ruelles tranquilles. Nous débouchons sur le marché de Chow Kit, là aussi très local. On y trouve surtout de la nourriture, viande, poisson, légumes, fruits, attention aux odeurs ! Mais cela reste très typique, là aussi sans Occidentaux. Retour ensuite à la GH, se poser un peu et préparer la suite. Nous passons quelques coups de fil pour réserver des chambres ou se renseigner sur des prix. Parties de carte, petit tour sur le net, nous profitons de la petite terrasse de la Red Palm. L’air est toujours aussi moite, la température ne bouge pas. Et pas de pluie, ni orage. Nous repartons manger dans les stands en plein air proche du métro de Bukit Bintang. Retour ensuite à la GH. Il faut dire que Wimbledon arrive à son terme et que notre « Rodger » national est toujours en lice, en passe de battre un record historique. Ce sera donc soirée télé ! Rodger a gagné, nous pouvons monter nous coucher l’esprit serein.
Samedi 4 juillet 09
Nous nous levons vers 09h00, histoire d’être prêts pour prendre notre bus direction les Cameron. Dernier petit-dèj, quelques photos avec la très sympathique patronne et nous prenons la direction de la gare routière avec nos sacs. Notre bus, assez vétuste, est là et nous attend. Nous chargeons et c’est le départ. Nous sortons de KL par de larges autoroutes où la circulation est aisée et tranquille. Les routes se font plus étroites et, comme en Thaïlande, un arrêt est prévu pour se restaurer. Les chauffeurs de bus respectent leurs heures de conduite apparemment. A Tapeh, visiblement notre bus a un problème et nous devrons attendre qu’un autre véhicule vienne nous prendre en charge. Dès Tapeh, la route commence à grimper et le nouveau (mais pas neuf) bus à peiner … Le reste du chemin sera long et très sinueux. Mais cela ne vaudra jamais les 1864 virages entre Chang Maï et Mae Hong Son de l’an dernier ! En arrivant à Tanah Ratah, un minivan nous attend, résultat de notre coup de fil de la veille à la Cameronian Inn GH pour annoncer notre heure d’arrivée. Le trajet est court, l’endroit est à 10 min. à pied du centre du village. La GH est très bien tenue et nous avons réussi à avoir la Family Room à 4 lits (100 RM). Il y a toute sorte de service, notamment la lessive. Il est temps de donner quelques habits à laver. Nous partons à pied acheter quelques succulents beignets de banane à un stand que nous avions repéré en venant et nous revenons les manger sur la terrasse avec un thé local. Le thé, nous en ferons une cure. Nous le boirons avec du lait condensé, comme les Malais, chaud ou froid. Le petit jardin est accueillant pour quelques partis de carte. Le soir commence à tomber et nous réalisons que nous sommes à prêt de 2000m. d’altitude, nous allons donc sortir nos jaquettes pour la seule fois du périple. Il fait frais ! Un petit orage éclate même, mais rien de bien terrible. Notre premier repas dans les montagnes sera chinois. Un Steamboat (fondue chinoise) avec toute sorte d’aliments à faire cuire dans le bouillon : crevettes, poissons, poulet, légumes, etc… A notre retour, la pluie s’est remise à tomber. Ce sera parfait pour aller dormir.
Dimanche 5 juillet 09
Aujourd’hui, ce sera un tour organisé avec une agence locale, proposé à la réception de la GH. Bien sûr, les plantations de thé peuvent se visiter seul, mais on se coupe des explications avisées d’un guide. Donc vers 09h00, une Jeep vient nous chercher. Notre guide du jour, Ravi, est originaire du Tamil Nadu en Inde. Bel exemple de la mixité des ethnies et religions qui peuplent la Malaisie. Il parle un anglais quasi parfait. Nous serons accompagnés de 2 autres couples, des Autrichiens et des Hollandais, pas très causants. Première visite de la journée, une explication en bordure d’une plantation de thé, sur l’origine, le fonctionnement et le développement de la culture du thé dans cette région du pays. Très intéressant. Puis, nous montons en Jeep proche du sommet du Gunung Brinchang, le plus haut du coin. L’air est vif. Nous faisons une petite marche en forêt pour atteindre un point de vue et Ravi nous explique l’usage de certaines plantes ou fleurs, inconnues sous nos latitudes. Puis, nous poussons jusqu’au sommet où il y a malheureusement pour le paysage d’énormes antennes TV. Une petite tour nous permet de prendre encore un peu de hauteur pour admirer les environs. Descente ensuite sur la Boh Teh Plantation. On peut visiter l’usine où les feuilles sont amenées pour la fabrication du thé. Les informations données sont instructives. La vue sur les collines environnantes est magnifique, avec tous ces buissons verts qui suivent les douces courbes du terrain. Un magasin permet d’acheter la production locale, le choix est vaste. La suite du programme : la Butterfly Farm où à part d’énormes papillons, il y a aussi une petite collection d’insectes et de reptiles. L’avantage d’avoir le guide est qu’il peut ouvrir les cages et que nous pouvons toucher ou prendre dans les mains des sauterelles géantes, d’énormes scarabées, des insectes ressemblant parfaitement à des feuilles d’arbres et même des scorpions. Les papillons sont effectivement assez gros et colorés. Bref la visite vaut la peine. Nous revenons à Tanah Ratah pour le repas de midi pris chacun de notre côté. Nous nous posons sur la terrasse d’un petit stand local pour une nouvelle dégustation de beignets (banane, patate douce, légumes) et de thé, sucré avec du lait … L’après-midi, nous sommes censés visiter un village Orang Asli, une ethnie qui vivait dans la forêt il y a encore peu et que le gouvernement malaisien sédentarise peu à peu. Ce sera le gros point noir du tour organisé. En terme de village, il s’agit en fait de 3 bicoques au bord de la route principale de Tapah. Un « pseudo-chef » de village, en habits traditionnels, fait un simulacre de démonstration de chasse à la sarbacane, proche d’une cascade. Evidemment, cela donne quelques belles photos, mais alors rien d’authentique ! Rien. Puis, nous rejoignons une poignée d’hommes dans une hutte, pour l’exécution d’une danse traditionnelle. Aucune réelle conviction et comme on les comprend. Cela ressemble fortement à de la prostitution touristique et cela nous met mal à l’aise. Seul moment plus divertissant : nous avons pu essayer à tour de rôle la sarbacane sur un panneau en bois disposé à 7-8 mètres de distance. Pas facile à viser. Petite anecdote, un des Orang Asli est un sosie quasi parfait de Michael Jackson, avant ses nombreuses opérations esthétiques… Il se donne d’ailleurs le prénom de Michael. C’est bon, la civilisation a rattrapé les Orang Asli. Bref, le tour était vraiment sympa le matin, mais la partie de l’après-midi n’est pas nécessaire. Elle permettra néanmoins aux Orang Asli de gagner quelques Ringitts, c’est tout. Nous nous arrêtons encore à la Bee Farm, où il y a une grosse ruche en démo. Nous n’y trouvons pas la Reine et quittons les lieux après quelques achats (savon au miel, thé au miel, etc…). Vers 17h00, retour à la GH. Notre guide aura été très sympathique et efficace. Après la douche, le repas du soir. Ce soir, ce sera indien et notre choix se porte sur le Chennai Curry House, dans la rue centrale, qui propose un Tandoori Set très alléchant pour 7 RM. Avec un magnifique Lassi, ce sera parfait. Au total, un excellent repas indien pour 45 RM à 4. Ce soir, pas de prolongation en ville, c’est la finale du tournoi de Wimbledon avec … Rodger bien sûr. Notre héros national a la bonne idée de faire traîner les choses et nous devons attendre 3 heures du matin pour le voir savourer la victoire.
Lundi 6 juillet 09
Vu l’heure du coucher, nous nous levons vers 11h00. Après le petit-dèj, nous étudions les chemins de randos dans les environs. Nous optons pour le T4 et le T6 qui offrent environ 3 heures de balade dans la forêt. La GH a un panneau avec les indications utiles et j’en fais une photo pour pouvoir les avoir avec moi lors de la marche. Le chemin démarre derrière la gare routière. Cela tombe bien, nous en profitons pour réserver nos billets pour KL pour demain (90 RM). Nous empruntons le chemin choisi et c’est parti pour 3 heures de balade. Il fait plus frais sous les arbres, mais cela ne nous empêche pas de transpirer abondamment. Le chemin est bien tracé et grâce à ma photo, nous trouvons facilement les embranchements. Mais on pourrait aussi se perdre facilement… D’ailleurs en partant en rando, il faut toujours donner son itinéraire à sa GH afin de pouvoir être plus facilement localisé au cas où on viendrait à s’égarer dans l’immensité de la forêt. Certains ont passé la nuit dehors et doivent encore s’en souvenir. Si les chemins sont tracés, il n’y a par contre aucune indication. Nous ne voyons aucun animal, même si la nature est belle et sauvage. De retour au village, nous stoppons dans un resto indien pour des Lassis bien mérités, ainsi que, soyons fous, des crêpes aux cacahuètes et à la noix de coco. Les prix de ces restos sont dérisoires et la nourriture est excellente. Retour à la GH où nous profitons du soleil de cette fin d’après-midi en jouant aux cartes. Avant de sortir manger, douche, vérification des mails, un petit thé (au lait sucré). La jaquette sera de nouveau de mise ce soir. Nous mangeons chinois. Indien à midi, chinois le soir, les amoureux de la cuisine asiatique que nous sommes sont comblés.
Mardi 7 juillet 09
Notre destination du jour est Malacca, mais il n’y a aucun bus direct. Nous devons de toute manière redescendre sur KL et c’est là que nous changerons de bus. Le patron de la GH nous pousse en voiture à la gare routière. Le bus redescend la route sinueuse des Cameron, c’est le même véhicule qu’à l’aller. Cela se voit, arrivés en plaine, nous devons faire un stop pour réparer un problème avec la pédale d’accélérateur. C’est un gamin de 12 ans qui part sous le bus avec des outils pour resserrer 2-3 boulons … Puis, ce sera l’autoroute jusqu’à KL. Les voies s’entrecroisent, les sorties sont nombreuses, je ne me verrais pas en voiture de location là au milieu. A la gare routière, j’achète 4 billets pour Malacca (52 RM), le départ est prévu dans moins d’une heure. Pour les bus, le système est différent de la Thaïlande. De nombreuses compagnies privées de transport se disputent les lignes et les clients, racolant le voyageur dès son entrée dans la gare routière. Difficile de faire un choix, pourquoi telle compagnie plutôt qu’une autre ? Les prix restent sensiblement les mêmes, mais ensuite il y a encore le choix entre les bus normaux, les VIP, les super VIP … Ceci fait que la gare routière de KL est une véritable ruche. Heureusement, un guichet d’information renseigne efficacement à quel guichet se rendre pour la destination voulue. Pour Malacca, malgré ce que le vendeur nous avait dit, le bus n’est pas direct et nous faisons des détours dans la campagne environnante. Une fois à Malacca, nous rejoignons notre GH en taxi. Là, c’est plus simple : c’est comme à KL, on achète son billet à un comptoir en fonction de la destination et un chauffeur est désigné pour nous conduire. C’est ainsi que nous arriverons à la Samudra Inn, une GH au dernier étage d’un petit immeuble. Cela ressemble à un énorme appartement divisé en chambres et organisé en petite GH. Nous aurons une chambre avec salle de bains et une autre sans, mais côte à côte. C’est simple, mais propre. Le proprio, en première apparence un peu froid et distant, se révèle en fait très sympa et plein de bons conseils. Nous sortons ensuite manger au Madinah Restoran où les plats sont excellents et bon marché. Il y a une place vers l’église St-Paul où une fête se déroule pour honorer le premier anniversaire de l’inscription de Malacca au patrimoine de l’UNESCO. Les différentes communautés de la ville (chinoise, indienne, malaise, portugaise) ont organisé des danses, des chants, des petits sketchs. Tout le gratin de la ville est là, de même que de nombreux habitants. Les danses indiennes ont un petit air de Bollywood, les costumes sont splendides et nous passons un excellent moment. Vers minuit, retour à pied à la GH en 10 min.
Mercredi 8 juillet 09
Nous prenons le petit-dèj en face de la GH, où il y a un resto qui fait tout à fait l’affaire. A 8h30 précises, Alias, le boss de Melakaonbike est là pour nous prendre en charge. Ce matin, ce sera VTT au programme. 20 minutes de transport plus tard, nous arrivons chez lui, dans la campagne environnante, où il a son stock de vélos. Et c’est parti pour 3 bonnes heures de randonnée écologique. Nous traversons des plantations de palmiers à huile où nous pouvons voir les ouvriers cueillir les énormes grappes de fruits au sommet des arbres. Ils utilisent une très longue perche (entre 5-7 mètres) qu’ils n’arrivent pas à lever d’un seul coup sans faire levier sur un tronc. La grappe de fruit découpée de l’arbre fait un bruit très sourd en tombant au sol. Normal, elle peut peser jusqu’à 50 kilos ! Alias nous explique comment on tire ensuite l’huile de ces petits fruits rouges. Il faut dire que la Malaisie a fait du palmier à huile sa culture principale, n’hésitant pas à arracher ou déforester d’autres plantations. Rentabilité …Puis ce sera les plantations d’arbres à caoutchouc, où l’on voit également des femmes venir faire des entailles dans les troncs pour que le caoutchouc liquide puisse se déverser dans de petits pots. Notre guide prend un peu de ce liquide blanc et nous confectionne en quelques minutes une balle qui fait des rebonds impressionnants. Plus loin dans la plantation, nous allons au dépôt où le caoutchouc est récolté et mélangé à de l’ammoniac pour le maintenir liquide. Nous assistons à ces opérations effectuées par des travailleurs indiens ou du Bangladesh, peu payés, mais semble-t-il heureux d’avoir un emploi en Malaisie. Tous sont très souriants et acceptent sans souci d’être pris en photo en plein labeur. Nous quittons ensuite les plantations pour pédaler sur les chemins de campagne. Les bords des routes sont remplis d’arbres fruitiers ou de plantes diverses utilisées en cuisine. Alias s’arrête souvent pour que l’on goûte des fruits ou pour nous expliquer l’utilisation de telle ou telle plante. C’est vraiment instructif et agréable. Vers 14h00, Alias nous ramène vers notre GH. Son éco-tour vaut vraiment la peine, alors j’y vais de mon petit coup de pub : www.melakaonbike.com , 80 RM p. pers. Seule précaution, mettre des manches longues et éventuellement des pantalons pour se prémunir des moustiques, très nombreux sous les arbres. Le resto du petit-dèj propose maintenant un énorme buffet pour le repas de midi, alors départ ! L’après-midi sera consacrée à la visite du centre de Malacca, ses églises portugaise et hollandaise, cette dernière en briques rouges. Nous parcourons aussi Chinatown qui a un ou deux temples magnifiques. En fin de journée, nous montons à la gare routière avec le bus 17 pour acheter nos billets de bus pour Mersing où nous partirons demain (22, 8 RM p. pers.). Retour à la GH, quelques courses au centre commercial Carrefour (eh oui…), puis on prend un verre pour souffler un peu de cette active journée. Vers 19h00, je me rends dans une laverie chinoise où nous avions déposé notre linge sale la veille (3, 5 RM le kilo). Il est vraiment facile de laver son linge dans ce pays, comme l’an passé. Cela permet de voyager vraiment léger, pas besoin de remplir les sacs. On ne change pas nos bonnes habitudes et nous mangeons encore au même resto en face de la GH. Il faut dire que le buffet est si varié qu’il faudrait une semaine pour tout goûter. Résultat : encore un excellent repas pour 27 RM pour 4. Depuis notre arrivée à Malacca, les gens nous paraissent plus ouverts, plus souriants et plus sympathiques. KL avait le défaut des grandes villes, impersonnelles et individualistes, les Cameron étaient en montagne, comme chez nous les gens sont certainement un peu plus « bourrus », mais là, vraiment la population est charmante. Les gens cherchent le contact, la discussion, veulent savoir d’où l’on vient, etc… Le soir, nous retournons sur la place des festivités où les spectacles continuent. Un homme a vu mon t-shirt rouge à croix blanche et a même pu me parler de la date du 1er août, fête nationale de notre Helvétie natale ! Un autre a pu me citer 4 ou 5 villes suisses, ce que pas mal d’Européens sont incapables de faire. Malacca nous a enchantés.
Jeudi 9 juillet 09
Notre bus est à 12h45, nous avons le temps. Nous partons prendre le petit-dèj, de l’argent à un ATM et nous cherchons aussi une pharmacie pour le plein d’anti-moustique. Il faut dire que Dominique est particulièrement visée par les insectes. Ils vont tous sur elle et elle est pas mal parsemée de piqûres. Après une menace d’orage, le temps s’est mis sur beau et il y a un air qui souffle, rendant l’atmosphère nettement respirable qu’à KL. Nous quittons Malacca avec la satisfaction d’avoir vu une ville agréable, avec des touches européennes, une recherche d’esthétisme, des décors nocturnes et en plus avec la chance d’avoir pu assister au festival des communautés. Maintenant, direction l’île de Tioman et le début de la partie balnéaire. Nous reprenons le bus 17 pour aller à la gare routière, le long de la grande route à la sortie de la GH. Il suffit de héler le bus sur le bord du trottoir, on monte et paie son billet dans le bus au chauffeur. Nous sommes un peu en avance, nous faisons le tour des nombreuses boutiques et commerces qui peuplent la grande gare routière de Malacca. Départ. Notre chauffeur se croit rapidement au GP de Malaisie au volant d’un bolide. Conduite rapide, dépassements risqués, nous sommes tout à l’arrière, mais pas rassurés. Arrêt de 30 minutes à Kluang, juste de quoi se dégourdir les jambes et acheter quelques beignets de banane, toujours aussi délicieux. Puis suite de la route jusqu’à Mersing, toujours à vive allure. Le paysage est assez monotone, palmiers, palmiers, palmiers … pour l’huile. Cette culture prend vraiment le pas sur toutes les autres, économie oblige, très rentable semble-t-il. Arrivés à Mersing, le bus fait un premier stop à un rond-point et un homme monte pour savoir qui prend le bateau pour Tioman. En fait, il racole les passagers et essaient de vendre des billets avant tout le monde pour sa propre agence, mais sans le dire bien sûr. Etant les seuls Occidentaux dans le bus, il s’adresse directement à nous. Je n’aime pas être forcé et connaissant la combine, je lui réponds que nous ne savons pas encore si nous prendrons le bateau demain ou après-demain. Il donne alors le nom de son agence … Direction l’hôtel Embassy où nous passerons la nuit pour embarquer demain matin. Nous avions réservé 2 chambres par téléphone (55 RM la double) et l’endroit est vraiment bien. Bonne literie, clim, douche et toilettes. Nous allons à la jetée nous renseigner pour nos billets de bateau. Plusieurs agences proposent des billets pour Tioman, tous au même prix d’ailleurs (35 RM le trajet, donc 70 RM A/R). Le choix se fait donc au feeling et pas besoin de chercher la meilleure opportunité. La différence est que les agences essaient aussi de vendre l’hébergement de leur choix, souvent leurs propres établissements. Pour notre part, nous irons sur Juara, où le Rainbow Chalets nous attend. Encore une réservation par téléphone. Finalement, nous prendrons nos billets à l’agence Larossa, au guichet 13. Le patron, sa femme et son fils sont très sympas et n’essaient pas de nous forcer pour quoi que ce soit. Vendu. Nous prendrons nos billets de retour en open, il suffira de confirmer la veille de la traversée pour avoir une place (mais ne pas oublier car le bateau est souvent plein me dit-on). Une fois nos billets en poche, nous passons une heure sur le net au meilleur prix rencontré dans le pays (1, 5 RM), avant d’aller prendre un succulent repas indien au Al Arif restoran où nous mangeons de délicieuses Murtabak (crêpes fourrées au poulet ou au bœuf) à tremper dans une sauce au curry. 30 RM pour 4, boissons comprises (jus de fruits frais et … thé au lait sucré). Dernières parties de cartes avant une bonne nuit.
Vendredi 10 juillet 09
Excellente nuit, dans une bonne literie, rafraîchis par la clim. Cet hôtel est imbattable rapport qualité-prix. Notre vendeur de billets vient nous chercher avec son van, comme convenu, ce qui nous évite la marche avec nos sacs jusqu’à la jetée. Là, suivant les conseils de la patronne, nous l’attendons pour qu’elle nous mène à l’embarquement, erreur. Car premiers arrivés, premiers montés à bord. Les bateaux ne sont pas grands. En arrivant, il faut s’inscrire sur une liste avec son nom et son numéro de passeport. Une fois la liste complète, on est recalé directement sur le prochain bateau. Ce qui a été notre cas. Du coup, 1h15 d’attente au port. Il faut encore s’acquitter d’une taxe de 5 RM p. pers. pour le fonds de conservation des parcs marins de Tioman. Sans cette taxe, pas de bateau. Bref, en gros, arriver en avance à la jetée et s’inscrire le plus vite possible sur la liste des passagers. Finalement, nous embarquons pour Tekek, sur la côte ouest de Tioman. 2 petites heures de traversée, nous voilà sur l’île. Le bateau commence par aller tout au nord, vers Salang où la majorité des gens quittent le navire. Le bateau redescend ensuite la côte pour finalement arriver à Tekek. Un chauffeur nous attend pour nous faire traverser l’île en voiture, direction la plage de Juara. 30 minutes de trajet, sur une route entièrement bétonnée, mais avec de fortes déclivités. La plage de Juara est quasi déserte, il faut dire qu’il y a peu d’hébergements ici et qu’ils sont bien espacés. Quelques restaurants aussi, mais rien qui va provoquer une surabondance de touristes. C’est ce que nous recherchons et ce sera parfait. Les Rainbow’s Chalets sont tout simples : un lit, une moustiquaire, WC et douche, ventilo au plafond, 50 RM la nuit, le tout sous les cocotiers, à 30 mètres de la mer. Ah oui, et une super petite terrasse pour se tenir à regarder les flots. L’endroit est calme, serein, reposant. Nous y serons bien pour quelques jours. Premier bain, l’eau est chaude et bizarrement peu salée. Pour le repas du soir, nous prendrons nos quartiers au Sunrise Café voisin où la nourriture est excellente et variée. Pour 60 RM à 4, nous prenons un très bon repas. Dès 21h00, le vent se met à souffler fort et l’orage arrive. La température baisse, le tonnerre gronde, les éclairs zèbrent l’obscurité. A l’abri sur notre terrasse, nous assistons à la colère du ciel. Une vraie averse tropicale. Le ventilo sera tout de même nécessaire pur passer une bonne nuit.
Samedi 11 juillet 09
Journée plage et farniente. Nous continuons de prendre nos repas au Sunrise, à 25 m. de notre bungalow, vu la gentillesse du personnel et la qualité de la nourriture. Puis, ce sera baignade et snorkelling. La plage est idéale pour profiter de l’eau, mais il n’y a pas grand-chose à voir sous la surface. Malgré une protection solaire de 30, le coup de soleil n’est pas évité pour le dos de Bibi. Pourtant, j’avais prévu un t-shirt dévolu exclusivement au masque-tuba, t-shirt que je n’ai pas mis… Au milieu de l’après-midi, grosse averse tropicale et nous restons sous les gouttes bien fraîches, les bras lever au ciel. Et le ciel bleu de revenir rapidement … Re-baignade, entrecoupées de parties de carte sur notre terrasse. Délassement. La marée est descendante, ce qui permet de faire un petit jogging le long de la plage, sur le sable dur avec Lauriane. Le repas du soir ? Au Sunrise. Les éclairs se rapprochent de Tioman, mais pas de pluie, seul le vent qui souffle fort… Au milieu de la nuit, la pluie s’en donnera à cœur joie, les grosses gouttes frappant notre toit en tôle, comme pour nous bercer.
Dimanche 12 juillet 09
Au réveil vers 10h00, le ciel est encore brumeux, hésitant entre nuages et soleil. J’ai 43 ans aujourd’hui. Cela fait presque 15 ans que je n’aurai pas fêté mon anniversaire en Suisse. Un petit vent rafraîchit l’atmosphère et la plage est déserte. Un si beau lieu et personne, pourvu que ce petit paradis ne succombe pas aux promoteurs. Le temps reste couvert, mais sec, toute la journée. Que du farniente, des baignades, des promenades le long de la plage, des parties de carte. Ce rythme nous convient. Pour ne pas déroger à nos (bonnes) habitudes, nous mangerons le soir au Sunrise : curry de poulet, poisson grillé, crevettes et les boissons, toujours pour 60 RM pour 4. Les filles présentent pas mal de petits boutons rouges qui démangent. Les mouches de sable. Inévitables ici. On ne sent rien sur le moment, c’est le soir que les boutons apparaissent et commencent à gratter. Et cela dure sur plusieurs jours. Mais comme toute piqûre, cela finit par passer. Il paraît qu’il ne faut pas s’étendre sur le sable pour éviter les désagréments.
Lundi 13 juillet 09
Nous allons changer de côte, histoire de voir Tioman version ouest. Direction ABC Beach. Les filles n’ont pas trop envie de marcher (vive les ados…) alors elles iront en taxi, mais s’occuperont de nos sacs. Et pour Dominique et moi, ce sera le Jungle Trekk. Le temps est plutôt beau, légèrement venteux. Dommage de partir, de belles vagues viennent casser sur Juara. Le taxi emmène nos filles pour les déposer au Marine Park, de l’autre côté de l’île. Il nous prend un bout, histoire de gagner un peu de bitume, la première partie de la traversée de l’île étant sans intérêt. Puis nous prenons le sentier, très bien tracé. Nous croisons quelques touristes qui font le chemin depuis Tekek. Nettement plus dur, ça grimpe sec dans l’autre sens … Les bruits de la forêt sont parfois inquiétants, la nature nous fait sentir tout petit. Ecureuils, lézards, geckos, fourmis géantes, nous observons la faune. Mais aucun singe. L’endroit est bien sauvage, bien plus que dans les Cameron. Après environ 2 heures de marche à un rythme tranquille, nous atteignons Tekek. Il nous faut encore rejoindre le Marine Park, à quelques centaines de mètres. C’est le bout de la route avant ABC. Les filles sont là, nous mangeons un petit repas, avant de mettre le cap sur les bungalows de Mokhtar’s Place que nous avions contactés la veille. L’endroit est conforme à notre philosophie de voyage, simple, mais propre. En plus, il y aura un accès internet. La plage en contrebas est de sable, mais très vite, le fond de l’eau est envahi de petits rochers ou de coraux, ce qui rend la baignade quasi impossible. Le seul endroit où se tremper est facile sur ABC est devant Nazri 1, tout au début de la plage côté Tekek. Déception. Nous sommes devant nos bungalows, sur le sable, lorsque deux gros varans déboulent sur la plage en se poursuivant. Le premier va dans l’eau pour échapper à son agresseur. C’est assez impressionnant, ces bêtes doivent mesurer dans les 1m50-1m80 avec leur longue queue. Nous pouvons facilement les photographier, mais selon les autochtones, il vaut mieux éviter d’essayer de les toucher. Petit tour ensuite sur le chemin bétonné qui suit la plage au milieu des bungalows. Envers du décor : le nombre incroyable de détritus qui jonchent les abords du chemin. L’avantage de cette côte est qu’il y a un beau coucher de soleil, pour autant que le ciel soit dégagé. Pour le repas du soir, il n’y a finalement pas énormément de choix et ce sera la terrasse du Mawar’s Beach. Bonne nourriture, un peu plus chère que sur Juara. Un petit air souffle, c’est agréable.
Mardi 14 juillet 09
Lever assez tard et petit-dèj au Mawar. Vers midi, nous partons à pied vers Panuba Beach, à environ 20 min. d’ABC. Le chemin monte un promontoire et redescend sur Panuba, dans la jungle. Comme sur ABC, à peine entrés dans l’eau, il n’y a plus de sable mais des rochers. Par contre, l’endroit est nettement mieux pour le snorkelling. Nous partons vers les rochers en bord de plage et nous voyons plein de poissons aux belles couleurs. Panuba est isolé. Un seul resto et aucune possibilité de passer sur ABC le soir, le sentier dans la forêt n’est pas éclairé. Vers le milieu de l’après-midi, les filles restent sur cette plage et avec Dom, je pars direction Monkey Bay. Nous décidons d’y aller en bateau et de revenir à pied, par le chemin dans la forêt. 15 min. de trajet sur l’eau et notre taxi nous dépose dans la baie. Nous y sommes seuls, sur une large plage. Aucune infrastructure, l’isolement total. Par contre, l’arrière-plage est vraiment sale, jonché de détritus soit laissés là par les visiteurs, soit rejetés par la mer. Le plastique est une véritable catastrophe écologique en matière de pollution. Après une baignade dans une eau transparente, nous reprenons le chemin de Panuba. Nous avions fait attention de ne pas laisser notre sac sans surveillance trop longtemps. Non pas qu’il y ait des voleurs humains ici, mais bien des singes chapardeurs. Des témoignages affirmaient que certains touristes snorkellaient et que les singes sont descendus de leurs arbres pour prendre les sacs laissés sur la plage. Avec argent, passeports, téléphones … Le sentier est relativement bien tracé et il suit toujours la ligne électrique. Nous atteignons rapidement Monkey Beach, une autre plage isolée et encore plus belle que Monkey Bay. Le sable y est doré et l’eau vraiment claire. Le trekk est plus sportif que celui de Juara, il faut souvent escalader, contourner, passer sous des arbres tombés en travers du chemin. Nous voyons quelques singes au long du parcours, notamment une femelle qui porte son petit sous son ventre, et évidemment les habituels lézards qui nous font souvent sursauter en filant dans les buissons à nos pieds. 90 minutes plus tard, nous arrivons sur ABC, trempés de sueur. Sans être exceptionnelle, la promenade était bien sauvage. Le long du chemin qui longe la plage, sur un pont, nous voyons notre premier serpent en Malaisie : un python de belle taille, posé et enroulé dans les branches d’un arbre à une dizaine de mètres des bungalows de Mawar, dont certains ont la fenêtre ouverte ! Une dernière baignade rafraîchissante vers Nazri 1 et nous nous douchons pour aller manger. Ce soir, le coucher de soleil nous joue son show. Couleurs splendides, photos réussies. Repas au Mawar et dessert au Nazri. Puis, il sera temps de rentrer préparer les sacs, nous partons demain tôt, le bateau est à 08h00. Cherating ? Lac Chini ? Nous n’avons guère eu le choix. Nous pensions aller au lac Chini, mais un coup de fil chez Rajan Jones nous apprend que sa GH est overbookée pour au moins une semaine. Des groupes scolaires. Il est contrarié, mais on sent qu’il veut nous être serviable. Selon lui, il pourrait nous loger chez l’habitant dans le village, mais sans assurance de pouvoir nous accompagner dans la jungle. Ce sera donc Cherating.
Mercredi 15 juillet 09
Nous nous levons tôt pour ne pas manquer notre bateau. Nous ne pouvons prendre le suivant, car notre bus pour Kuantan et Cherating part à midi de Mersing. La mer est ce matin assez agitée, la traversée sera quelque peu secouée. L’air conditionné est poussé à fond, il fait même froid dans le bateau. En arrivant à Mersing, nous allons directement récupérer nos billets de bus à l’agence Larossa, que nous avons appelée depuis Tioman pour confirmer notre achat. Les billets sont là, nous payons. Service efficace et avec le sourire. Le trajet pour Kuantan coûtera 17 RM p. pers. Nous prenons notre repas à la jetée où il y a 2-3 restos avant de foncer à un ATM dans le centre de Mersing pour reprendre de l’argent. Le patron de l’agence Larossa nous amène avec son minibus à la gare routière, nouvelle et désormais hors de la ville. Nous sommes en avance ou notre bus est en retard. Cela nous laisse le temps d’aller au petit marché qui est derrière la gare routière. Produits locaux, légumes, fruits, volailles et poissons. Un vendeur me laisse prendre un petit requin pour faire une photo, pas de souci et toujours un grand sourire. Notre bus arrive. En fait, il passe par Cherating, pas besoin de changer à Kuantan, bonne nouvelle. Il me suffit de payer un petit supplément. Les chauffeurs se relaient après une pause repas sur le bord de la route. Ils sont prudents et conduisent parfaitement. Après quelques heures, il nous dépose sur la route nationale, à 500 mètres à pied du village de Cherating. Nous trouvons rapidement la Payung GH qui propose une dizaine de bungalows dans un joli jardin, tous avec douche et WC, ventilo et moustiquaire, très propre, pour 40 RM. Nous avions réservé par téléphone, deux d’entre eux seront pour nous. Personne n’est à la réception, pas grave, nous laissons nos sacs à dos sur place et partons pour la plage. Une énorme plage de sable. La marée est basse, nous pouvons marcher sur le sable dur, sous un ciel voilé et sans soleil. Nous faisons le tour de Cherating, petit village sans vraiment d’animation, avant de revenir à la GH prendre possession de nos chalets. Douche et lavage à fond. Une laverie est en face de la GH, nous y amenons notre linge sale : 3, 70 RM le kilo. Le soir, nous faisons une excursion sur la rivière qui passe derrière la GH. Ce tour est proposé à l’entrée de la Payung. Le but, observer les milliers de lucioles qui bordent le cours d’eau. Nous passons une heure en pleine obscurité, dans une petite barque. Les lucioles sont là, telles des guirlandes animées. Notre guide les attire avec une lampe rouge et elles viennent virevolter au-dessus de nos têtes, le spectacle est fantastique, des centaines de fées clochettes issues d’un conte de Disney. Le batelier doit connaître la rivière par cœur, car il n’a aucune lumière pour se guider dans le noir. Au retour, nous nous posons pour le repas du soir dans les gargottes en face de la Payung. Les Malaisiens mangent là, très peu de touristes, l’assurance d’avoir un bon repas. La literie est bonne, nous passerons une bonne nuit.
Jeudi 16 juillet 09
A notre lever, nous cherchons quelque chose d’ouvert pour le petit-dèj. Quasiment tout est fermé. Cherating donne l’impression d’un village abandonné, d’une époque touristique florissante désormais révolue, comme si les étrangers, pressés de rejoindre les Perenthians oubliaient de s’arrêter ici. Pourtant, Cherating a beaucoup à offrir à ses visiteurs. Une plage superbe et sure, une rivière avec une faune bien présente, un sanctuaire aux tortues accessible à pied. Nous trouvons finalement de quoi nous sustenter et nous partons à la plage où les vagues nous permettent de nous amuser. Aucun caillou, ni rocher, que du sable. L’eau est brassée par le courant et n’est donc pas transparente. Mais elle est claire. La marée est à nouveau descendante et on peut marcher un long bout dans l’eau. Même problème que ce matin pour le repas de midi. Tout semble fermé. Il nous faut faire le village à pied pour trouver un petit resto, sans carte, où nous mangeons ce qui est proposé. Nous connaissons la rivière de nuit, nous y retournons, mais de jour ! 2 heures de découverte de la faune locale en compagnie d’un guide sur sa barque. Oiseaux aux belles couleurs, lézards de belles tailles, serpents de la mangrove enroulés dans les arbres (belles couleurs, noir et jaune fluo, magnifique, mais inquiétant car très venimeux paraît-il) et même des loutres qui nous font le spectacle, sautant et nageant autour de notre embarcation. Le guide a l’œil, il voit des choses que nous n’apercevons pas. Retour pour prendre une douche et notre repas au Matahari. Hasard, le cuistot était notre guide tout à l’heure. Le poisson se choisit à l’entrée de la terrasse et se paie au poids (5 RM les 100 gr.). Il est ensuite cuit dans une feuille de banane et agrémenté de la sauce choisie. Délicieux. La fin de la soirée se fera au Payung Café, à écouter de l’excellente musique.
Vendredi 17 juillet 09
Ce matin, lever tôt pour Bibi, car je vais pêcher en mer avec 2 autres personnes, des Chinois de Hong-Kong. Nous passons plus de 4 heures en mer et finalement sur la rivière, sans une seule touche ! Pourtant, nous avons vu des poissons, mais voler à côté du bateau, à faire des bonds inouïs, comme pour nous narguer de venir tenter de les arracher au monde du silence. Des méduses aussi, de belles tailles, mais au large. Heureusement qu’elles ne s’approchent pas des plages, la baignade serait impossible. En fin de matinée, je rejoins les filles à la plage, ces dames font bronzette. Cet après-midi, nous irons au sanctuaire aux tortues qui se trouvent à côté du Club Med. Car oui, il y a un Club Med à Cherating. Enfin, pas dans le village même, mais à quelques centaines de mètres, 30 minutes à pied. D’ailleurs, on ne voit personne de ce repaire venir à Cherating, ce genre de touristes préférant sans doute se calfeutrer dans leur retraite bien occidentale. Il est vrai que les pêcheurs-restauteurs de Cherating sont sans doute bien moins lookés que ceux de l’établissement. Bref, en 30 minutes de marche nous voilà aux portes du sanctuaire. Et soudainement, un gigantesque sanglier sort des buissons à une vingtaine de mètres devant nous. Il nous regarde, grogne et tape son sabot sur le sol. Il est prêt à charger et nous ne faisons pas trop les malins. Un sanglier sauvage ! Et en pays musulman, il ne risque pas grand-chose, personne ne le mangera. Nous serons sauvés par une moto pétaradante qui passe à toute allure et qui fait fuir l’animal dans la forêt. La diversité de la faune est incroyable dans ce pays. Autant l’an dernier nous n’avions vu que très peu d’animaux, autant cette année les rencontres sont fréquentes. L’accès au sanctuaire est gratuit. Il y a là 3 bassins avec de magnifiques tortues dont la carapace ressemble à du bois. En demandant à un préposé, il nous amène à l’endroit où les nids sont protégés dans une sorte de serre grillagée. En regardant la date de ponte, il découvre un nid en creusant le sable et nous voyons de minuscules tortues âgées d’à peine 2 mois tenter de remonter la pente pour partir à l’aventure. Le garde recouvre rapidement le nid de sable empêchant toute fuite. Il nous apprend que les tortues viennent pondre sur la plage, mais que le sanctuaire récolte les œufs pour les mettre en sûreté dans la serre, à l’abri des prédateurs. Puis, les petites tortues sont relâchées dans la mer. Le guide nous propose de relâcher des tortues prêtes à affronter la mer. Bien sûr ! Nous partons sur la plage déserte et il nous amène alors un bac avec une cinquantaine de ces petites bêtes. Nous pouvons les prendre dans la main, les poser dans le sable et observer leur obstination à regagner la mer. Toutes ne survivront pas, mais chacune a réussi à partir dans les vagues. Grand moment. Nous aurons vu des tortues pondre sur une plage du Sultanat d’Oman et nous en aurons relâchées en Malaisie. Nous apprenons que l’on peut laisser l’adresse de la GH (et le No de son bungalow) et les responsables du sanctuaire peuvent venir vous réveiller la nuit si des tortues arrivent sur la plage pour pondre. La possibilité de faire un don est laissée à notre libre appréciation et nous ferons donc un geste pour cette noble cause. Retour à Cherating. Il fait chaud, la marche est pénible. Alors nous essayons le stop. Rapidement, un jeune qui passe par là nous embarque et nous amène avec le sourire dans notre village, nous faisant économiser 30 minutes de marche en bord de route. Nous préparons la suite de notre voyage et il y a dans le village une agence de voyage qui fait aussi cybercafé. Nous y achetons nos billets de bus pour Kota Bahru et profitons pour aller vérifier nos mails. Le repas du soir est pris au Matahari, vu la qualité des plats et de l’accueil. Encore une bien belle journée.
Samedi 18 juillet 09
Journée tranquille, qui débute vers midi, vu l’heure à laquelle nos filles se lèvent. Le propriétaire de notre GH propose de nous conduire à Kemaman, une ville à 20 km au nord. Cela tombe bien, il nous faut prendre de l’argent et il n’y a pas d’ATM à Cherating. Nous ne voyons aucun touriste sur place et nous prenons la direction du marché (le long de la rivière, après la gare routière) pour faire le plein de fruits (mangue, bananes, ramboutan, mangosteen, etc..). Nous trouvons aussi notre ATM et faisons le plein de fruits et d’argent. Notre prochaine étape sera les Perenthians et là-bas non plus, pas d’ATM. Les gens sont aimables et nous saluent facilement. Il faut dire que nous avons du succès avec nos filles jumelles. Apparemment, ici c’est un honneur particulier. Le patron de la GH ne nous a pas attendus, ce qui n’était d’ailleurs pas prévu. Pour rentrer, ce sera donc le bus local. Cela nous rappelle un peu les bus thaïs, vieux et poussifs. Nous montons dans le bus, nous sommes les seuls Occidentaux dans un véhicule bondé. Nous payons nos tickets à un vieux monsieur. Il reste quelques places à l’arrière et des gens nous font signe pour venir nous asseoir. Pas de ventilation, pas de climatisation, nous sommes en sueur. L’arrière du bus est plein de gosses qui rentrent de l’école. Les éclats de rire fusent, nous devons être l’objet de plaisanteries … Des « Hello » ou «How are you » aussi, premiers mots pour un premier contact. Pour descendre du bus, facile. Une sonnette que l’on actionne et le chauffeur stoppe. Pas d’arrêts fixes. Arrivés à Cherating, sur le haut du village sur la route nationale, nous utilisons la technique malaisienne et nous descendons avec des signes de main aux autres passagers. Nous regagnons la GH et commençons à nous gaver de nos fruits. Départ pour la plage, où la marée est à nouveau basse. De loin, nous voyons deux sortes de camping-car, le long des arbres. Nous partons voir. Un Allemand et un Suisse ! Ce dernier nous explique avoir mis son véhicule sur un cargo et il compte rentrer au pays … dans 2-3 ans, qui sait ! C’est un habitué des périples, son fourgon Mitsubishi a déjà traversé les Amériques, de l’Alaska à la Patagonie. Nous profitons des vagues, en même temps que pas mal de jeunes. La plupart des filles se baignent habillées et voilées, religion oblige. Et toujours cet excellent repas au Matahari, avec du poisson frais, cuisiné dans une feuille de banane et accompagné de sauce Sambal bien épicée. Nous aurons vraiment passé du bon temps ici. Nous ne pensions rester qu’une nuit, vive la flexibilité du routard.
Dimanche 19 juillet 09
Les réveils s’étalent sur la matinée. Nous prenons notre petit-dèj en face de la GH. 7 Canai (petites crêpes, pour lesquelles j’ai un faible, surtout celles au citron) et boissons (thé au lait sucré, jus d’orange frais) pour 7 RM. Puis, nous partons à la plage. Moins de vagues, mais par contre sans doute quelques méduses puisque qu’avec Nat, nous nous faisons piquer dans le dos. Sans gravité, juste une petite sensation de brûlure. On regarde dans l’eau , on ne voit rien. A midi, nous allons au Muda Café, directement sur la plage, petite cahutte tenue par un monsieur d’une soixantaine d’année qui fait quelques plats simples, telles que des nouilles ou du riz frit. C’est un personnage que nous avons là, toujours à rire. Il nous initie au bricolage en fabriquant des sauterelles et crevettes géantes à l’aide de feuilles de bananiers. Toute la famille s’y met et les filles démontrent une belle dextérité. Le temps est brumeux, voire couvert. Venteux sur la plage, chaud et humide dès le bord de la mer abandonné. Nous revenons à la GH vers les 16h30 pour ranger nos affaires, préparer nos sacs, récupérer une lessive. La soirée se déroulera au rythme de Cherating, tranquille. Repas dans un resto local, et pour finir un thé au Payung Café à écouter une radio Rock.
Lundi 20 juillet 09
Il fallait bien que cela m’arrive au moins une fois, grosse indigestion pendant la nuit. Une belle série de crampes intestinales, mais sans vomissement ni diarrhées. Le réveil est pénible vu le manque de sommeil et j’évite donc le petit-dèj pendant que les filles se gavent de Roti Canai. Il nous faut être à 08h30 sur la route nationale, 500 mètres plus haut, pour attraper notre bus. Vers 08h45, soit pile à l’heure, notre bus Transnacional arrive. Il suffit de faire signe pour qu’il s’arrête, mais apparemment le chauffeur savait qu’il devait embarquer des passagers à Cherating. Direction Jerteh, où nous descendrons pour aller ensuite à Kuala Besut, port d’embarquement pour les Perenthians. Tout a été organisé par téléphone avec Aziz, le propriétaire des Mama’s Chalets. Un taxi nous attendra à Jerteh, puis nous prendrons nos billets de bateau. 6 heures de route plus tard et d’une conduite irréprochable (avec une pause repas), nous arrivons à Jerteh. Le bus nous dépose sur la route principale, il nous faut marcher 10 minutes pour rejoindre la gare routière où notre taxi doit nous prendre en charge. 4 occidentaux qui marchent avec leurs sacs, on devrait nous reconnaître. Les chauffeurs de taxi nous sollicitent, mais sans agressivité et sourient lorsque nous déclinons l’invitation. Un homme s’approche, il porte une pancarte avec notre nom, c’est notre chauffeur. Il nous conduit à Kuala Besut (30 RM le trajet) et nous amène devant le Mama’s Holidays office où nous prenons nos tickets de bateau (35 RM le trajet p. pers., soit 70 RM A/R). Dans tous les guides, il est fait mention de bateau lent ou de ferry, mais ce type de transport ne doit plus exister. Nous avons le temps de prendre un petit repas avant le départ pour les îles. Nous discutons avec les 2 employées du bureau qui sont très sympathiques et qui veulent savoir beaucoup de choses, surtout nos âges. Voici le temps d’embarquer, nous nous rendons à la jetée. Comme pour Tioman, il faut s’acquitter d’une taxe de 5 RM p. pers. pour la conservation des fonds marins. Puis nous montons dans le bateau. Bateau ? En fait une grosse barque avec une bâche. Un panneau indique que l’embarcation est faite pour 12 personnes, nous sommes 18 à bord, les bagages en plus. Au port, la mer semblait bien calme, mais une fois la digue franchie, les flots sont légèrement agités. Plein gaz pilote. Apparemment, cela ne gêne pas le marin qui surfe plus qu’il ne navigue. Les sauts sont nombreux et vu que nous sommes à l’avant, on déguste. Rien de dangereux, mais cela tape fort parfois dans le dos ou la nuque. Les Perenthians sont rapidement en vue et il nous faut 40 minutes pour les atteindre. Après avoir déposé quelques passagers sur d’autres plage, nous voici devant le Mama’s et une barque plus petite vient nous chercher car il n’y a pas de ponton pour débarquer. Aziz nous accueille personnellement, je le remercie pour l’arrangement de notre transport jusqu’ici. Nos bungalows seront parfaits. Bon lit, douche et WC, ventilo, petite terrasse, classique. Ils sont dans un petit jardin et ne donne pas sur la mer. Ce sera 60 RM l’unité, alors que ceux qui sont au bord de l’eau ont la clim, mais sont à 180 RM ! Nous avions vraiment bien fait de réserver, car tout est plein et il y a même des gens qui arrivent avec leurs sacs à dos et qui doivent repartir en bateau faute de place. Petite déception quand même : il n’y a pas de plage devant le Mama’s. Juste une fine bande de sable, rapidement remplacée par du corail ou des rochers qui cisaillent les pieds. Avec la marée descendante, ces coraux sont même hors de l’eau. C’est la fin de l’après-midi, nous n’allons pas chercher une plage maintenant, alors nous trouvons un petit coin pour nous tremper tout de même. Ce soir, nos testerons le resto de notre emplacement, le … Mama’s ! Nous comprenons le pourquoi de ce nom. Apparemment, c’est la cheffe de famille qui règne en maître sur les lieux et le reste de la troupe a chacun son rôle, la caisse, le service, la réception. Les prix du resto sont corrects, mais tout de même plus chers que sur le continent. Normal. Il faut dire que l’authenticité malaise de Cherating a disparu. Il n’y a que des Occidentaux ici ou des Chinois, mais tous avec un porte-monnaie de touriste. Il faut nous réhabituer à voir autant de voyageurs. Il va nous falloir un jour, on verra demain. En sortant de notre bungalow, nous nous retrouvons nez à nez avec un beau varan, et dans l’arbre en face de notre terrasse, à moins de deux mètres, il y a de belles chauves-souris. La Malaisie est finalement bien présente.
Mardi 21 juillet 09
Le lever est tardif pour les filles, j’ai donc le temps de me prendre un léger petit-dèj avant de partir à pied en exploration pour les plages. Je file au sud, direction Abdul’s Chalet par le Jungle Trekk qui commence derrière le petit club de plongée. Après 15 minutes dans la forêt, il faut longer différent resorts, par la plage, et je trouve mon bonheur, après 25 minutes à pied environ. Les touristes s’entassent sur la portion de sable devant leurs chalets, mais en marchant un peu, tout au bout du chemin, il y a une plage de rêve, déserte, sable blanc et eau limpide. C’est LA plage. Et en plus, il y a un petit bistrot pour les boissons et un petit repas de midi. Courte baignade dans une eau transparente et je reviens sur mes pas, faire part de ma découverte. Je retrouve les filles en train de manger. Je vais vers Aziz pour louer masques et tuba (5 RM par jour et p.pers.) et une fois tout le monde prêt, départ. La marche n’est pas pénible et nous atteignons facilement mon petit coin de paradis. Il n’y a personne. Baignade, snorkelling dans les rochers qui bordent la plage. L’endroit est un véritable aquarium, les poissons sont nombreux, multicolores, n’ont pas peur de l’homme et viennent même si près que nous pouvons les effleurer. Nous testerons le petit resto pour un repas simple, du riz frit. Retour vers 18h00 pour une douche et se poser un peu après ces bains d’eau de mer et de soleil. L’endroit était idéal, mais pendant la marche du retour, nous avons à nouveau été confronté à ce tourisme de masse, qui passe sa journée sur une chaise longue, entassés sur un bout de plage. Pour cela Tioman et surtout Juara était bien différente, même si la clarté de l’eau et la blancheur du sable n’étaient pas comparables. En soirée, ce sera la rencontre avec la famille Foletti, dont Caroline est une inconditionnelle du site voyageforum.com. Cela fait de nombreux mois que nous correspondons par message interposé et le hasard a fait que cette année, nos dates et destinations de vacances coïncidaient ici. Bornéo pour eux, la péninsule pour nous, mais point commun, les Perenthians. Rencontre avec Jean-Paul, leurs enfants. Discussions, le verre de fin de soirée, l’amitié n’est plus virtuelle. Au moment de se coucher, un bel orage éclate. Il pleut très fort, les éclairs déchirent le ciel, le tonnerre est assourdissant.
Mercredi 22 juillet 09
Au lever, plus de pluie, mais un ciel brumeux et gris, comme souvent le matin. Il faut avouer que cela enlève un peu de magie aux paysages de ces îles. Le petit-dèj du Mama’s est bien moins cher et tout aussi correct ailleurs, c’est notre base culinaire. Nous prenons la direction de notre plage sauvage que nous faisons découvrir à Caro et ses enfants. Une bonne heure de snorkelling où nous admirons coraux, poissons, anémones (et ses petits némos qui se laissent chatouiller les flancs). Toujours aussi peu de monde, c’est incompréhensible, vu la beauté de la plage et des fonds marins. Un petit repas à la gargotte, puis vers le milieu de l’après-midi, nous prenons le chemin de la plage du Perenthians Island Resort, à l’inverse vers le Nord, après le Coral View. La plage est énorme, d’un sable blanc immaculé et l’eau d’une transparence exceptionnelle. Il y a un petit ponton à quelques dizaines de mètres du bord, d’où on aperçoit parfois des tortues. Par contre, pas trop de snorkelling ici, le fond est sableux et le bord vers les rochers n’est pas très intéressant. Fin de journée, douche pour tout le monde. Il faut se décider assez rapidement pour les restos, car les tables se remplissent vite. Vers 22h00 par contre, tout commence à fermer et nous sommes les derniers à table. La pluie recommence à tomber, non pas sous forme d’orage, mais fine et régulière.
Jeudi 23 juillet 09
Lever assez tard, comme d’habitude sur ces îles. Après un petit repas, retour vers notre plage préférée, nous ne nous en lassons pas, sans les filles qui dorment encore. Le ciel est bleu, dégagé. Nous rencontrons Caroline et une de ses amies. Nous partons snorkeller, vers un petit cap qui s’appelle Shark Point et où les bateaux qui font le tour de l’île s’arrêtent. Le paysage sous-marin est vivant, habité et splendide. Il y a des centaines de poissons et même des bancs de petits calamars. Et soudain, tout à la pointe, un requin de récif, suivi bientôt d’un deuxième. Un des deux doit bien faire 1m50, il est plus gros que ceux que j’avais vus l’an dernier à Koh Tao. Nous restons à les observer raser le fond. Ils sont parfois à moins de 3 mètres de nous, spectacle fascinant. Le petit moment d’appréhension passé, nous essayons de les suivre et admirons l’ondulation de leur queue. Après ce magnifique spectacle, petit repas au resto de la plage, nous sommes désormais des habitués. Je m’aperçois après avoir mangé que j’ai oublié mon porte-monnaie au Mama’s. Je suis bon pour me faire les 25 minutes de marche de retour. Dom m’attend, mais pour revenir ce sera un taxi-boat ! Pour la fin de la journée, nos regagnons l’autre plage qui s’apparente presque à une piscine géante. Les filles sont là, avec les enfants Foletti. Elles ont vu une tortue peu avant notre arrivée. Et même peut-être un requin. Le planning est rôdé, vers 18h30 douche pour tout le monde et une heure plus tard nous sommes installés à la terrasse du Mama’s, au bord de l’eau. Tout comme hier, la pluie s’est remise à tomber.
Vendredi 24 juillet 09
Un touriste m’ayant signalé une bande de singe dans les arbres qui bordent l’arrière du Mama’s, je m’y rends dès mon lever. Aucun animal en vue. J’apprendrai plus tard qu’une tribu de singes noirs, avec le contour des yeux blancs, faisaient les fous quasiment sur les terrasses des bungalows du Coral View. La famille Foletti les a même photographiés. Ce matin, snorkelling sur la plage du Perenthians Island Resort, rien de spécial, si ce n’est un gros baliste que nous n’avons pas pu approcher. Nous resterons sur cette plage toute la journée, avec juste un intermède pour le repas de la mi-journée. Mer translucide, sable fin, soleil, que demander de plus pour cette fin de périple. Ce soir, nous prenons une bière et le repas avec les Foletti au Paradise Restaurant, sur des petites tables directement au bord de l’eau. Le ciel est partiellement nuageux et offre de belles couleurs pour le coucher du soleil. On ne voit pas l’astre disparaître dans mer, car l’île d’en face fait écran. Néanmoins, le ciel prend des teintes rosées, puis orangées. Plus tard dans la soirée, le ciel se couvrira et un violent orage éclatera finalement en milieu de nuit.
Samedi 25 juillet 09
Quelques gouttes tombent encore à notre lever, le ciel est bien couvert. Nous repartons vers notre plage isolée dans le but de voir les requins. Nous nous rendons à la nage à Shark Point et malgré que nous restions presque une heure dans l’eau, aucun squale ne montre le bout de son aileron. Nous profitons de l’eau avant de changer de plage après le repas de midi. Journée baignade. Repas au Mama’s le soir et nous finissons au Paradise avec les Foletti, en achetant une bouteille de whisky malaisien (l’équivalent du Mékong thaï) que l’on mélangera avec du coca. C’est une des rares fois où nous aurons bu de l’alcool dans ce pays. Discussions, nous apprenons à nous connaître, invitations : rendez-vous est pris à Bordeaux !
Dimanche 26 juillet 09
Le départ approche, c’est notre dernier jour sur ces îles avant le retour sur l’Europe. Pas de baignade ce matin, mais lever tard, petit-dèj et remplissage des sacs. Notre bateau pour Kuala Besut est prévu à midi. Petite séance d’au revoir avec nos amis bordelais. Nous embarquons plus ou moins à l’heure avec une famille de Danois pour prendre la direction d’autres plages afin de remplir l’embarcation. Le bateau est plein, la mer est calme. Cela ne secoue pas trop, bien moins qu’à l’aller. Par contre, il pleut, une pluie fine et légère, qui fouette le visage avec la vitesse du bateau. Nous avions été serrer la main à tout l’aimable personnel du Mama’s et un des serveurs est même avec nous sur le bateau. A Kuala Besut, nous croisons un autre serveur au port, il avait pris un autre bateau. C’est celui qui était venu nous chercher le jour de notre arrivée avec une petite barque. Très souriant il avait souvent ouvert la discussion avec nous, et évidemment surtout avec nos filles… Il était vraiment sympa et sur le quai de Kuala Besut, nous procédons à un échange de t-shirt. Mon « Swiss » jaune et vert contre un maillot de foot de Barcelone !!! C’est Lauriane qui a insisté et cela se fait très naturellement, avec photo … Un taxi nous attend après la jetée, commandé par Aziz. L’organisation est parfaite. Il nous emmènera à Kota Bahru (70 RM le trajet) en une petite heure de route. Il nous dépose devant la KB GH où nous laisserons nos sacs en dépôt (2 RM le sac), le temps de visiter une partie de la ville. Il n’y a pas grand-chose à voir. L’ambiance nous fait penser un peu à une ville du Moyen-Orient. Il faut dire que Kota Bahru s’est autoproclamée « the Islamic City of Malaysia ». Mais attention, toujours dans l’esprit tolérant du pays, pas d’extrêmisme affiché. Les magasins de tissus sont nombreux, nous faisons un ou deux supermarchés. Il n’y a rien à acheter de spécial. Nous allons tout de même au centre culturel, près du stade de foot, où il y a quelques spectacles gratuits. Lorsque nous y sommes passés, c’était des percussions. Nous profitons d’envoyer nos derniers mails depuis un cybercafé. Il est bientôt l’heure de rejoindre l’aéroport pour notre vol Air Asia à destination de KL, vol réservé en mars dernier pour le prix de 10 Euros par personne… Devant la KB GH, il y a des gens qui racolent le touriste en se présentant comme taxi. Le gérant de la KB nous dit qu’on peut y aller les yeux fermés, donc nous acceptons la proposition d’un homme qui peut nous conduire à l’aéroport pour 20 RM, ce qui semble être le tarif local. Pas de borne de taxi, ni même d’inscription sur les portières, mais une voiture privée bien pourrie, visiblement bientôt au bout du rouleau. En 25 minutes, nous arrivons à l’aéroport sans encombre. Nous sommes un peu en avance. Nous avisons alors un petit resto local, pile en face de l’aéroport, il n’y a que la grande route à traverser. On s’y rend pour déguster nos dernières Roti Canai malaisiennes, avec des thés au lait sucré. Notre vol est à l’heure, l’avion est plein. Comme l’an dernier, Air Asia propose des Airbus visiblement neufs avec sièges en cuir. Une petite heure de vol bien tranquille, je devise durant le trajet avec mon voisin qui veut savoir ce que nous avons pensé de la Malaisie. Au moment d’atterrir, nous survolons KL et nous avons la chance de passer quasiment à la verticale des tours Petronas. Nous les aurons vraiment vues sous tous les angles ! Une fois à KL, nous arrivons au terminal des vols domestiques (LCCT) et même si les vols empruntent les mêmes pistes, le bâtiment des vols internationaux (KLIA) n’est pas le même. Dès la sortie, il y a une navette qui nous conduit au bon endroit (1.50 RM p. pers.), un bus vert avec le sigle KLIA sur le pare-brise. Une fois dans ce terminal, nous avons le temps, notre vol Qatarairways ne décolle qu’à 03h15 du matin. C’est le dernier à partir…comme si nous voulions profiter de chaque minute dans ce pays. Nous anticipons notre retour en Occident en mangeant au Kentucky Fried Chicken, seul établissement encore ouvert. Au moment d’embarquer, nous sommes assez peu dans la salle d’attente. Notre A 330 sera-t-il plein ? Oui, car il arrive de Bali et la plupart des sièges sont déjà occupés. Jusqu’à Doha, le vol sera cette fois tranquille et nous arrivons un peu en avance au Qatar. Quelques courses au Duty Free et nous embarquons vers Genève. Hormis quelques turbulences au-dessus d’Istanbul, notre vol est sans histoire. Nous posons à l’heure, c’est le retour à la maison.
Il nous faudra quelques jours pour prendre du recul et apprécier à sa juste valeur ce que la Malaisie nous a offert. La Thaïlande nous avait enchantés, mais cette année, notre enchantement est encore plus grand. Plus d’authenticité, peut-être de sincérité dans les rapports humains, une faune exceptionnelle, une fréquentation occidentale moins marquée. Oui, la Malaisie est une destination exceptionnelle pour les amoureux de ce type de périple et du continent asiatique. Comme pour tous nos voyages, nos têtes sont pleines de souvenirs, que la lecture de nos carnets de route ou la vision de nos photos nous rappellent avec délice.
Vol Air France 174 Paris-Bangkok-Hanoï, quel appareil est utilisé? English translation pending
Bonjour.
Je dois prendre le vol AF 174 paris/Bangkok/Hanoi le 25 aout.
Je sais qu' AF utilise des A340-300 pour ces rotations, mais je cherche l'avion en question précisement.
Sur lr site d'air fleet on a la liste précise des A 340 d'AF avec les immatriculations des 30 avions utilisés par la compagnie, mais n'ayant pas les références de l'avion en question, je n'arrive pas à trouver l'appareil.
En fait je m'interesse à l'age de l'appareil que je vais prendre sachant que les A 340 d'AF sont assez vieux ( entre 1993 et 2001 ), et notamment savoir quels équipements va t-on trouver à bord.
Spécialistes de l'aviation civile, merci pour vos lumières !
Nazim
Je dois prendre le vol AF 174 paris/Bangkok/Hanoi le 25 aout.
Je sais qu' AF utilise des A340-300 pour ces rotations, mais je cherche l'avion en question précisement.
Sur lr site d'air fleet on a la liste précise des A 340 d'AF avec les immatriculations des 30 avions utilisés par la compagnie, mais n'ayant pas les références de l'avion en question, je n'arrive pas à trouver l'appareil.
En fait je m'interesse à l'age de l'appareil que je vais prendre sachant que les A 340 d'AF sont assez vieux ( entre 1993 et 2001 ), et notamment savoir quels équipements va t-on trouver à bord.
Spécialistes de l'aviation civile, merci pour vos lumières !
Nazim
L'essentiel à visiter au Nicaragua? English translation pending
Bonjour a tous..
Je pars avec mon amie entre décembre et janvier pour 3 semaines en Amérique centrale...le but est de faire Nicaragua - Costa Rica et repartir depuis le Panama. Pour ce je sollicite votre aide pour le premier pays..a savoir le Nicaragua...Pour ceux qui y ont déjà été n'Hésitez pas à mettre les choses qu'il ne faut manquer sous aucun pretexte...! Le voyage est complétement modulable...Merci d'avance...
Sac photo + sac de trek, dilemne! English translation pending
Salut à tous !!
Je repars bientôt pour la Russie et depuis la dernière fois, j'ai changé de sac pour mon appareil photo .. aujourd'hui j'ai un sac à dos lowepro rigide qui me permet de tout embarquer et même un trépied ... Il y a deux ans quand je suis parti faire un voyage en mongolie et russie j'ai fait la bêtise de prendre un sac de trek de 80 LITRES !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Bon j'étais assez peu expérimenté ! Et pour être honnête je le remplissais à fond les ballons ! ben oui quand on part trois mois et qu'on a jamais voyagé alors on prend 4 pentalons, 10 paires de chaussette, un jean ! Bref !! Avec la tente et le sac de couchage vous voyez le genre ! Bon j'avais ptètre pas assez trainé sur le forum à l'époque ...
A l'époque, je tenais mon reflex numérique dans un sac minuscule et de très mauvaise qualité de 2 L de contenance lol ! COmme il était foutu au retour j'ai pris le lowepro plus pratique costaud et tout et tout ... malheureusement je me vois très mal partir avec un sac de trek ( j'hésite à en racheter un moins gros vu le prix ... il me suffirait peut être de moins le bourrer ! ) et ce sac à dos photo .. c'est un peu délicat .. Surtout pour la marche , un dans le dos, un sur le ventre c'est pas terrible et très inconfortable ... Je ne sais pas quoi faire bon sang !!! lol
C'est bien sûr peu imaginable de glisser le lowepro dans le sac de trek même de 80 litres pendant le transport ...
Avez vous des conseils ... ??
Merci pour votre temps !!
john
Je repars bientôt pour la Russie et depuis la dernière fois, j'ai changé de sac pour mon appareil photo .. aujourd'hui j'ai un sac à dos lowepro rigide qui me permet de tout embarquer et même un trépied ... Il y a deux ans quand je suis parti faire un voyage en mongolie et russie j'ai fait la bêtise de prendre un sac de trek de 80 LITRES !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Bon j'étais assez peu expérimenté ! Et pour être honnête je le remplissais à fond les ballons ! ben oui quand on part trois mois et qu'on a jamais voyagé alors on prend 4 pentalons, 10 paires de chaussette, un jean ! Bref !! Avec la tente et le sac de couchage vous voyez le genre ! Bon j'avais ptètre pas assez trainé sur le forum à l'époque ...
A l'époque, je tenais mon reflex numérique dans un sac minuscule et de très mauvaise qualité de 2 L de contenance lol ! COmme il était foutu au retour j'ai pris le lowepro plus pratique costaud et tout et tout ... malheureusement je me vois très mal partir avec un sac de trek ( j'hésite à en racheter un moins gros vu le prix ... il me suffirait peut être de moins le bourrer ! ) et ce sac à dos photo .. c'est un peu délicat .. Surtout pour la marche , un dans le dos, un sur le ventre c'est pas terrible et très inconfortable ... Je ne sais pas quoi faire bon sang !!! lol
C'est bien sûr peu imaginable de glisser le lowepro dans le sac de trek même de 80 litres pendant le transport ...
Avez vous des conseils ... ??
Merci pour votre temps !!
john
Peur de l'avion English translation pending
Bonjour à tous et à toutes,
Dans quelque semaines, je vais prendre pour la première fois l'avion. Quand j'étais petite j'ai déjà monté dans des petits avion privé, ulm et j'ai même déjà fais du planeur 😉. ( c'était trop classe ) Mais la, je ressent une forte angoisse de prendre un gros avion ( boeing 747 de chez Ryanair) . Certains dise que Ryanair propose des prix bas grâce au manque d'entretiens et de sécurité et d'autre me dise que c'est simplement grâce au services à bord qu'ils font payer.
De plus avec les récents évenements de Airbus, j'hésite à annuler mon voyage. Mais je me dis que je n'ai que 2h d'avion et que je dois affronter ma peur et peut être tout ce passera bien.
Rien qu'a l'idée de prendre l'avion, j'ai des crises d'angoisse et des cauchemards ( je réve souvent que je suis dans un avion qui va s'écraser ... Bref ce genre de chose ).
Merci a tous ceux qui voudront bien m'apporter leur aide. Bisous
Rien qu'a l'idée de prendre l'avion, j'ai des crises d'angoisse et des cauchemards ( je réve souvent que je suis dans un avion qui va s'écraser ... Bref ce genre de chose ).
Merci a tous ceux qui voudront bien m'apporter leur aide. Bisous
Voyage en Thaïlande: avis sur le parcours, vol avec Etihad English translation pending
Bonjour à toutes et à tous,
Voici pour moi un premier message au sein de ce forum, nous partons la semaine prochaine pour 3 semaines en Thailande.Je ne sais pas si je vais faire les choses comme il faut, peu importe, je me lance! Ceci est notre premier voyage en Asie, notre parcours : 3 jours à BKK puis remontée vers le nord (train ) vers Chiang Mai (avec stop aux . - Première question : j'ai cru comprendre qu'il était facile d'acheter des tickets de train sur place, c'est ce que je pense faire à notre arrivée à l'aeroport de BKK, pas de soucis pour obtenir à si court délai des premières classes selon vous? Nous pensions partir en train le 23/06 (nous prendrions le premier train du matin et serions en mode "sac à dos")durant la journée, s'arrêter aux classiques Ayuthaya et Lopburi et à chaque fois remonter dans le train? Est-ce possible?Faut-il un seul ticket ou tickets multiples? Nous nous arrêterons finalement à Pitshanuloke et remonterons pour 2 nuits à Sukhotai, notre première base d'ou nous visiterons la ville et Pitshanuloke égalementdurant ces deux jours (cela nous fera "retourner en arrière" mais bon, ce n est pas trop loin visiblement +- 1 heure) Ensuite, retour à la gare de Pitshanuloke pour partir vers Chiang Mai notre seconde base ou nous resterons un peu. visite dans le environs etc... Nous prendrons ensuite l'avion (BKK airways) vers Kho samui pour une semaine de repos et retour avec BKK airways vers Bangkok ou nous attendra l avion de départ vers Bxl Que pensez-vous de ce trajet pour une première? - Deuxième question : le sujet à été maintes fois abordé je sais mais soyez indulgents! Etihad vole de Bxl à Abu Dhabi avec des airbus A330, mon "moi" hyper stressé les a contacté hier, call center visiblement à Abu dhabi, j ai demandé ce qu ils avaient l intention de prendre comme action sur leurs avions suite à l'accident de l'airbus d'air france ( oui...je suis morte de honte...) la gentille dame m'a dit texto ; you should not worry as you will not be flying over the atlantic....???!!! voilà, elle avait l'air super formée et super informée.... bref, je cauchemarde depuis ce malheureux accident en cause :nous allons voler avec le même type d'avion, en plus en ce moment, c est la saison des pluies qui sait quel temps nous allons rencontrer là haut... Bref j'ai super peur, cette histoire de capteur, je la resasse encore et encore, je ne mets pas etihad en cause je crois comprendre que c est une bonne compagnie mais .... Pfffff.... donnez moi votre avis...Ou le call center de Etihad me prendra bientôt pour une dingue....MERCI!
Voici pour moi un premier message au sein de ce forum, nous partons la semaine prochaine pour 3 semaines en Thailande.Je ne sais pas si je vais faire les choses comme il faut, peu importe, je me lance! Ceci est notre premier voyage en Asie, notre parcours : 3 jours à BKK puis remontée vers le nord (train ) vers Chiang Mai (avec stop aux . - Première question : j'ai cru comprendre qu'il était facile d'acheter des tickets de train sur place, c'est ce que je pense faire à notre arrivée à l'aeroport de BKK, pas de soucis pour obtenir à si court délai des premières classes selon vous? Nous pensions partir en train le 23/06 (nous prendrions le premier train du matin et serions en mode "sac à dos")durant la journée, s'arrêter aux classiques Ayuthaya et Lopburi et à chaque fois remonter dans le train? Est-ce possible?Faut-il un seul ticket ou tickets multiples? Nous nous arrêterons finalement à Pitshanuloke et remonterons pour 2 nuits à Sukhotai, notre première base d'ou nous visiterons la ville et Pitshanuloke égalementdurant ces deux jours (cela nous fera "retourner en arrière" mais bon, ce n est pas trop loin visiblement +- 1 heure) Ensuite, retour à la gare de Pitshanuloke pour partir vers Chiang Mai notre seconde base ou nous resterons un peu. visite dans le environs etc... Nous prendrons ensuite l'avion (BKK airways) vers Kho samui pour une semaine de repos et retour avec BKK airways vers Bangkok ou nous attendra l avion de départ vers Bxl Que pensez-vous de ce trajet pour une première? - Deuxième question : le sujet à été maintes fois abordé je sais mais soyez indulgents! Etihad vole de Bxl à Abu Dhabi avec des airbus A330, mon "moi" hyper stressé les a contacté hier, call center visiblement à Abu dhabi, j ai demandé ce qu ils avaient l intention de prendre comme action sur leurs avions suite à l'accident de l'airbus d'air france ( oui...je suis morte de honte...) la gentille dame m'a dit texto ; you should not worry as you will not be flying over the atlantic....???!!! voilà, elle avait l'air super formée et super informée.... bref, je cauchemarde depuis ce malheureux accident en cause :nous allons voler avec le même type d'avion, en plus en ce moment, c est la saison des pluies qui sait quel temps nous allons rencontrer là haut... Bref j'ai super peur, cette histoire de capteur, je la resasse encore et encore, je ne mets pas etihad en cause je crois comprendre que c est une bonne compagnie mais .... Pfffff.... donnez moi votre avis...Ou le call center de Etihad me prendra bientôt pour une dingue....MERCI!
Lorsque l'armée chinoise tira dans la foule (4 juin 1989) English translation pending
Une pensée particulière en ce jour de commémoration du massacre de Tian an Men.


A380 Singapore Airlines à Paris English translation pending
Ah y est, il est arrivé !
Qqn peut nous dire finalement où il est stationné ?
(j'ai encore des doutes de croire que ce mastodonte est casable au T1 vu comme ca terminal est encombré... A moins de faire un créneau 😊)
Qqn peut nous dire finalement où il est stationné ?
(j'ai encore des doutes de croire que ce mastodonte est casable au T1 vu comme ca terminal est encombré... A moins de faire un créneau 😊)
Projet d'un séjour de photos très spécial au Brésil English translation pending
Bonjour à tous ! Je recherche des conseils pour un voyage un peu spécial…😛
Avec ma femme, nous comptions un jour ou l’autre, visiter le Brésil en touristes cools.
Mais, contre toute attente, en septembre prochain, c’est dans des conditions très particulières que nous allons découvrir ce pays.
Elle est administratrice d’un orchestre symphonique et cet orchestre (+ une centaine d’enfants, soit un groupe global de près de 200 personnes !) va se rendre là-bas, pour une série de concerts avec le chanteur Lenine, pendant 10 jours. Du 4 au 14 septembre prochains.
10 jours pour quatre villes : Brasilia - Bel Horizonte - Sao Paulo – Recife
Ce n’est donc pas vraiment un plan farniente !😕
Moi, je l’accompagne et je « suis le mouvement ».
Si elle, va avoir beaucoup d’obligations sur place, j’aurai, pour ma part, un petit peu plus de liberté.
Question 1 : Que puis-je en profiter pour voir prioritairement dans ces 4 villes ou dans leur très proche environnement ? (J’aurai rarement l’occasion de m’éloigner trop et trop longtemps du groupe)
Question 2 : Je suis photographe et, en voyage, je n’imagine pas une seconde, de me promener autrement que mon appareil (Nikon D80) en permanence à la main… Avec le numérique, je fais facilement 300 photos par jour (dont évidemment, je supprime un grand nombre plus tard !).
Or, j’ai bien compris que le Brésil est un peu le pays de tous les dangers…🏴☠️ pour qui étale trop sa richesse d’européen…
Selon vous, devrais-je :
- Laisser mon Nikon chez moi et me sentir frustré pendant tout ce voyage ?
- Le prendre malgré tout en ayant la sagesse de ne pas le sortir n’importe quand et n’importe où ?
- Trouver sur place un brésilien de confiance 😎qui m’accompagnera à l’occasion dans mes « escapades photographiques » les plus risquées ?
Merci d’avance à tous ceux qui me donnerons de bons conseils.
Avec ma femme, nous comptions un jour ou l’autre, visiter le Brésil en touristes cools.
Mais, contre toute attente, en septembre prochain, c’est dans des conditions très particulières que nous allons découvrir ce pays.
Elle est administratrice d’un orchestre symphonique et cet orchestre (+ une centaine d’enfants, soit un groupe global de près de 200 personnes !) va se rendre là-bas, pour une série de concerts avec le chanteur Lenine, pendant 10 jours. Du 4 au 14 septembre prochains.
10 jours pour quatre villes : Brasilia - Bel Horizonte - Sao Paulo – Recife
Ce n’est donc pas vraiment un plan farniente !😕
Moi, je l’accompagne et je « suis le mouvement ».
Si elle, va avoir beaucoup d’obligations sur place, j’aurai, pour ma part, un petit peu plus de liberté.
Question 1 : Que puis-je en profiter pour voir prioritairement dans ces 4 villes ou dans leur très proche environnement ? (J’aurai rarement l’occasion de m’éloigner trop et trop longtemps du groupe)
Question 2 : Je suis photographe et, en voyage, je n’imagine pas une seconde, de me promener autrement que mon appareil (Nikon D80) en permanence à la main… Avec le numérique, je fais facilement 300 photos par jour (dont évidemment, je supprime un grand nombre plus tard !).
Or, j’ai bien compris que le Brésil est un peu le pays de tous les dangers…🏴☠️ pour qui étale trop sa richesse d’européen…
Selon vous, devrais-je :
- Laisser mon Nikon chez moi et me sentir frustré pendant tout ce voyage ?
- Le prendre malgré tout en ayant la sagesse de ne pas le sortir n’importe quand et n’importe où ?
- Trouver sur place un brésilien de confiance 😎qui m’accompagnera à l’occasion dans mes « escapades photographiques » les plus risquées ?
Merci d’avance à tous ceux qui me donnerons de bons conseils.
Comment partir en humanitaire en Afrique pendant l'année scolaire? English translation pending
Bonjour,
J'ai 21 ans, je termine une licence de droit et j'ai comme projet d'arrêter mes études un an pour partir en mission humanitaire en Afrique pendant 3 mois durant l'année scolaire prochaine. J'ai vu que pas mal de mission étaient proposées et organisées pour l'été, mais pour partir pendant l'année scolaire, c'est plus périlleux. J'ai fait des recherches sur internet, j'ai trouver différentes associations ou organismes qui proposent d'envoyer des bénévoles (afrique positive, Aquarius, Abroad projects, etc.) mais c'est souvent très cher (plus de milles euros par mois) ou très vague sur les projets proposés, il est parfois difficile de trouver un témoignage de quelqu'un qui est déjà parti dans ces associations. J'aimerai pouvoir recevoir des conseils de personnes qui sont déjà parti, avec quels organismes, dans quelles conditions (la mission, le budget, l'hebergement, etc.).
Merci pour votre aide!
J'ai 21 ans, je termine une licence de droit et j'ai comme projet d'arrêter mes études un an pour partir en mission humanitaire en Afrique pendant 3 mois durant l'année scolaire prochaine. J'ai vu que pas mal de mission étaient proposées et organisées pour l'été, mais pour partir pendant l'année scolaire, c'est plus périlleux. J'ai fait des recherches sur internet, j'ai trouver différentes associations ou organismes qui proposent d'envoyer des bénévoles (afrique positive, Aquarius, Abroad projects, etc.) mais c'est souvent très cher (plus de milles euros par mois) ou très vague sur les projets proposés, il est parfois difficile de trouver un témoignage de quelqu'un qui est déjà parti dans ces associations. J'aimerai pouvoir recevoir des conseils de personnes qui sont déjà parti, avec quels organismes, dans quelles conditions (la mission, le budget, l'hebergement, etc.).
Merci pour votre aide!
Chaque pays a son odeur! English translation pending
Bonjour,
En voyage, êtes-vous sensibles aux odeurs ?
Sans avoir le sens olfactif aussi développé que celui de Jean-Baptiste GRENOUILLE ! (personnage principal du fameux roman "Le Parfum"), je suis très réceptif aux odeurs rencontrées ici ou là, et me suis rendu compte depuis le temps que je voyage, que chaque pays avait sa propre odeur ?
Les épices, aromates et ingrédients utilisés en cuisine, les senteurs et parfums de la nature, les cosmétiques, huiles et onguents utilisés par tel ou tel peuple, tout cela mélangé fait que chaque pays a une odeur qui lui est propre et que j'ai avec le temps, appris à reconnaitre, même les yeux fermés !!!
Qu'en pensez-vous ?
En voyage, êtes-vous sensibles aux odeurs ?
Sans avoir le sens olfactif aussi développé que celui de Jean-Baptiste GRENOUILLE ! (personnage principal du fameux roman "Le Parfum"), je suis très réceptif aux odeurs rencontrées ici ou là, et me suis rendu compte depuis le temps que je voyage, que chaque pays avait sa propre odeur ?
Les épices, aromates et ingrédients utilisés en cuisine, les senteurs et parfums de la nature, les cosmétiques, huiles et onguents utilisés par tel ou tel peuple, tout cela mélangé fait que chaque pays a une odeur qui lui est propre et que j'ai avec le temps, appris à reconnaitre, même les yeux fermés !!!
Qu'en pensez-vous ?
Trajet en bateau Pucallpa-Iquitos-Tarapoto (Pérou) English translation pending
bonjour tout le monde,
une portion de mon prochain voyage, passe par iquitos arrivé depuis pucallpa, et depart de iquitos pour tarapoto.(en bateau) cela se fera entre le 20 juillet et le 5 aout (environ). Si quelqu'un a des infos sur les temps de trajet a cette periode, sur les excursions a iquitos voir plus loin qu'iquitos!! Et si par hasard des personnes se trouvent dans cette region, pourquoi pas ne pas partager un bout de chemin. a bon voyageur, salut.
merci d'avance... jerome
une portion de mon prochain voyage, passe par iquitos arrivé depuis pucallpa, et depart de iquitos pour tarapoto.(en bateau) cela se fera entre le 20 juillet et le 5 aout (environ). Si quelqu'un a des infos sur les temps de trajet a cette periode, sur les excursions a iquitos voir plus loin qu'iquitos!! Et si par hasard des personnes se trouvent dans cette region, pourquoi pas ne pas partager un bout de chemin. a bon voyageur, salut.
merci d'avance... jerome
Préparation d'un itinéraire de tour du monde English translation pending
Bonjour a tous,
J'ai un grand besoin de votre aide concernant mon itinéraire tour du monde départ juillet 2010. Je suis un peu perdu au niveau saison et timming dans chaque pays.
Voila ou j'en suis:
Départ de Paris Avion Brésil du 15 juillet au 15 septembre Avion Pérou du 15 septembre au 15 octobre Chili du 15 octobre au 15 novembre Argentine du 15 novembre au 15 décembre Avion Polynésie française du 15 décembre au 15 janvier Avion Australie du 15 janvier au 15 mars Avion Nouvelle Callédonie du 15 au 30 mars Avion Japon du 30 mars au 15 avril Avion Laos du 15 avril au 15 mai Vietnam du 15 mai au 5 juin Thailande du 5 juin au 31 juin Avion Inde du 31 juin au 20 aout Retour a Paris
Pouvez vous me dire si cet itinéraire est possible avec un pass aérien et s'il est vivable au niveau climatique? Et une dernière question, sachant que nous somme un couple et que nous souhaiterions privilégié l'hotel au camping, combien pensez vous qu'un tel tour du monde peut couté au total ( avion, hebergement, alimentation, transport, loisirs...)
Merci beaucoup, j'attend vos réponses avec impatience!!
Départ de Paris Avion Brésil du 15 juillet au 15 septembre Avion Pérou du 15 septembre au 15 octobre Chili du 15 octobre au 15 novembre Argentine du 15 novembre au 15 décembre Avion Polynésie française du 15 décembre au 15 janvier Avion Australie du 15 janvier au 15 mars Avion Nouvelle Callédonie du 15 au 30 mars Avion Japon du 30 mars au 15 avril Avion Laos du 15 avril au 15 mai Vietnam du 15 mai au 5 juin Thailande du 5 juin au 31 juin Avion Inde du 31 juin au 20 aout Retour a Paris
Pouvez vous me dire si cet itinéraire est possible avec un pass aérien et s'il est vivable au niveau climatique? Et une dernière question, sachant que nous somme un couple et que nous souhaiterions privilégié l'hotel au camping, combien pensez vous qu'un tel tour du monde peut couté au total ( avion, hebergement, alimentation, transport, loisirs...)
Merci beaucoup, j'attend vos réponses avec impatience!!
Itinéraire de notre tour du monde avec One World English translation pending
Coucou tout le monde!
J'aimerais avoir l'avis de personnes qui ont déjà l'expérience d'un tour du monde ou qui ont beaucoup voyagé...
Nous partons faire le tour du monde début 2010, pour une année avec les billets One World, et nous avons (après plusieurs jours et heures passées sur le site de One World) choisis notre itinéraire. Encore rien n'est réservé.
Nous aimerions avoir votre opinion sur cet itinéraire vas-t-on voir suffisamment de choses? les segments terrestres sont-ils réalisables en sachant que nous n'avons pas spécialement d'expérience en la matière (notre dernier voyage était l'année passé à Bangkok ou nous avons passé 10 jours). Avez-vous une idée sur la durée de chaque étape? Et pour les segments terrestres, combien de temps ? J'ai mis une idée de la durée, mais c'est vraiment pas encore étudié... c'est juste une idée...
Londres - Mumbai Mumbai - Delhi (terrestre) (1 mois) Delhi - Bangkok (1-2 jours, on connais déjà) Bangkok - Bali (terrestre) (2 mois) Bali - Hong Kong (seulement quelques jours) Hong Kong - Cairns Cairns - Melbourne (terrestre) (là nous pensons louer un camping car et longer la côte. Est ce envisageable et cela vaut il la peine de faire un gros détour part Ayers Rock?) (là nous ne savons vraiment pas le temps que nous devons compter pour pouvoir bien visiter la côte sans se stresser... 3 mois? C'est cher 3 mois de location de camping car?) Melbourne - Aukland (3 semaines en boucle jusqu'à Queenstown) Aukland - Santiago (là on pense voyager un bout contre le sud, jusqu'à Ushuaia c'est possible? puis revenir a Santiago) (1 mois) Santiago - Buenos Aires (1 semaine) Buenos Aires - Lima Lima - Sao Paulo (terrestre) (2 mois)
voila... J'attends avec grande impatience vos commentaires!
J'aimerais avoir l'avis de personnes qui ont déjà l'expérience d'un tour du monde ou qui ont beaucoup voyagé...
Nous partons faire le tour du monde début 2010, pour une année avec les billets One World, et nous avons (après plusieurs jours et heures passées sur le site de One World) choisis notre itinéraire. Encore rien n'est réservé.
Nous aimerions avoir votre opinion sur cet itinéraire vas-t-on voir suffisamment de choses? les segments terrestres sont-ils réalisables en sachant que nous n'avons pas spécialement d'expérience en la matière (notre dernier voyage était l'année passé à Bangkok ou nous avons passé 10 jours). Avez-vous une idée sur la durée de chaque étape? Et pour les segments terrestres, combien de temps ? J'ai mis une idée de la durée, mais c'est vraiment pas encore étudié... c'est juste une idée...
Londres - Mumbai Mumbai - Delhi (terrestre) (1 mois) Delhi - Bangkok (1-2 jours, on connais déjà) Bangkok - Bali (terrestre) (2 mois) Bali - Hong Kong (seulement quelques jours) Hong Kong - Cairns Cairns - Melbourne (terrestre) (là nous pensons louer un camping car et longer la côte. Est ce envisageable et cela vaut il la peine de faire un gros détour part Ayers Rock?) (là nous ne savons vraiment pas le temps que nous devons compter pour pouvoir bien visiter la côte sans se stresser... 3 mois? C'est cher 3 mois de location de camping car?) Melbourne - Aukland (3 semaines en boucle jusqu'à Queenstown) Aukland - Santiago (là on pense voyager un bout contre le sud, jusqu'à Ushuaia c'est possible? puis revenir a Santiago) (1 mois) Santiago - Buenos Aires (1 semaine) Buenos Aires - Lima Lima - Sao Paulo (terrestre) (2 mois)
voila... J'attends avec grande impatience vos commentaires!
Croisière transatlantique Costa en septembre 2009 English translation pending
bjrs bjrs!!
avec mon ami ns faisons la croisiere transatlantique costa croisiere a depart de savone le 16sept et a destination de quebec. on aimerais savoir si bcp de couples ou de français font la mme croisiere que nous?
a tres bientot!
avec mon ami ns faisons la croisiere transatlantique costa croisiere a depart de savone le 16sept et a destination de quebec. on aimerais savoir si bcp de couples ou de français font la mme croisiere que nous?
a tres bientot!
Ouest USA: De Seattle à San Francisco automne 2008 (deuxième partie) English translation pending
La première partie est là : http://voyageforum.com/...ere_partie_D2234412/
Voici la suite et la fin ...
12 septembre 2008 SEATTLE 13 septembre 2008 BONNERS FERRY 14 septembre 2008 LAKE GLACIER NP 15 septembre 2008 HELENA 16 septembre 2008 GARDINER 17 septembre 2008 GARDINER 18 septembre 2008 GARDINER 19 septembre 2008 OLD FAITHFUL 20 septembre 2008 OLD FAITHFUL 21 septembre 2008 JACKSON HOLE 22 septembre 2008 PROVO 23 septembre 2008 MOAB 24 septembre 2008 MOAB 25 septembre 2008 MOAB 26 septembre 2008 MOAB 27 septembre 2008 DURANGO 28 septembre 2008 MONUMENT VALLEY 29 septembre 2008 MONUMENT VALLEY 30 septembre 2008 TORREY 1 octobre 2008 TORREY 2 octobre 2008 BRYCE 3 octobre 2008 BRYCE 4 octobre 2008 PAGE 5 octobre 2008 PAGE 6 octobre 2008 GRAND CANYON 7 octobre 2008 GRAND CANYON 8 octobre 2008 SEDONA 9 octobre 2008 CHINLE 10 octobre 2008 ALBUQUERQUE 11 octobre 2008 ALBUQUERQUE 12 octobre 2008 ALBUQUERQUE 13 octobre 2008 RUIDOSO 14 octobre 2008 RUIDOSO 15 octobre 2008 DEMING 16 octobre 2008 TUCSON 17 octobre 2008 TUCSON 18 octobre 2008 TUCSON 19 octobre 2008 SAN DIEGO 20 octobre 2008 SAN DIEGO 21 octobre 2008 SAN DIEGO 22 octobre 2008 PALM SPRINGS 23 octobre 2008 LOS ANGELES 24 octobre 2008 LOS ANGELES 25 octobre 2008 LOS ANGELES 26 octobre 2008 LAS VEGAS 27 octobre 2008 LAS VEGAS 28 octobre 2008 LAS VEGAS 29 octobre 2008 LAS VEGAS 30 octobre 2008 FURNACE CREEK 31 octobre 2008 SOUTH LAKE TAHOE 1 novembre 2008 YOSEMITE 2 novembre 2008 YOSEMITE 3 novembre 2008 MONTEREY 4 novembre 2008 MONTEREY 5 novembre 2008 SAN FRANCISCO 6 novembre 2008 SAN FRANCISCO 7 novembre 2008 SAN FRANCISCO 8 novembre 2008 SAN FRANCISCO 9 novembre 2008 SAN FRANCISCO 10 novembre 2008 AVION

Vendredi 3/10/08 : Debout à 6h et je fonce à Sunrise point, il fait 3 ou 4°, je croise quelques mule-deer mais pas de tamïas qui attendront les premiers rayons de soleil pour se lever et se réchauffer devant le pas de porte de la chambre! Nous devons être une grosse dizaine, un pro de la photo avec 3 appareils motorisés sur pieds qui tirent un cliché chacun toutes les 2" environs. Le ciel est un peu couvert, du coup quelques ombres dans l'amphithéatre. Ca se dégagera tout au long de la matinée qui nous emploierons à parcourir la totalité de la route jusqu'à Rainbow Point en faisant à peu près tous les stops. Petites ballades tranquilles, pour cause de dos douloureux, madame a annulé celle à cheval. En fin d'après-midi nous irons faire un tour au Ruby's Inn pour quelques courses alimentaires et deux lessives/sêchages. La boutique alimentation souvenirs habillements équipements du Ruby's est pas mal achalandée et très fréquentée par les hordes descendues des bus. Repas idem la veille pour moi, madame repose et grignote à la chambre. Etant seul, je me retrouve à table avec deux allemandes qui font leur petit circuit dans l'ouest elles-aussi. Heureusement l'une d'entre elles parle un très bon français, nous passerons un moment bien agréable à comparer nos impressions sur Vegas et Grand Canyon, nous les recroiserons sur le parking à Horseshoebend près de Page. D'un solide appétit elles aussi, nous prendrons dessert et café. Avec tout ça, je rentre un peu tard et madame dort ...
Samedi 4/10/08 : La pluie a commencé dans la nuit, lever froid et humide donc. Cela remet en cause la Cottonwood pour Page, nous ferons donc la boucle par Kanab. Arrêt au Happy Trails Café, attablés, une dizaine de fermiers/éleveurs discutent dur, deux trois "gueules" dont une réincarnation de Buffalo Bill d'environ 80 ans en 'tiag et stetson. Un peu plus loin deux pauvres chevaux se sont mis à l'abri dans une petite excavation rocheuse, la pluie redouble. Le vent pousse de gros nuages noirs, à l'intersection de la Cottonwood il y a une barrière mobile qui ferme l'accès.

Page : nous allons manger au Denny's (copieux et correct comme partout pour le prix), puis un petit tour dans Page, un bon expresso au Beans Gourmet Coffee House. Juste à côté une échoppe avec pas mal d'artisanat Navajo et notamment des articles pour chevaux, quelques selles d'occasion et neuves. Un vieux navajo tient là boutique de sellier. Un crochet par le Supercenter Walmart, immense, une grande majorité de navajos pour la clientèle. Une appartée sociale sur les bienfaits du libéralisme, 8 ans donc que je n'étais pas venu aux USA et je constate que l'on voit toujours et encore plus de "retraités", qui font bien leurs 65/70 printemps, au travail dans les emplois de services, super-marché et restauration, je ne parle pas des bénévoles qui officient en tant que "guide" dans les parks et musées. La réservation au Lake Powell Ressort fonctionne, chambre avec vue sur le lac, le ciel se dégage un peu laissant entrevoir un peu de soleil, malgré ça les couleurs des roches et de l'eau sont tristes. J'avais gardé un plus beau souvenir du lieu, de plus les eaux ont bien baissé en 8 ans, l'impression est moins saisissante. Repas du soir au Dam Bar Grill, bonne viande, un verre de Pinot, ambiance musicale et des écrans TV pour les matchs de Football US, accueil très sympa, le serveur nous reconnaissant le lendemain nous offrira une part de tarte comme dessert. Retour à la chambre et sur la pelouse devant la baie vitrée une famille de lapins prend le frais dans le noir.



Dimanche 5/10/8 : Ciel dégagé! Barrage de Page, un groupe de bikers avec l'intendance qui suit en pick-up 4x4, des bateaux/mobil-home sur des camions.


Pour s'accrocher avec les orteils !

Petit bateau ....
Passage par Horseshoebend, http://www.pbase.com/brianowski/horseshoe, une bonne vingtaine de touristes sur le site, nous sommes les seuls français, un couple de russes qui à force de faire approcher leur fille d'une quinzaine d'années du bord lui feront tellement peur qu'elle en pleurera, idiot. Nous allons ensuite vers Navajo Bridge, ou se côtoient donc le vieux et le récent pont, vertige pour moi même au milieu de la chaussée!


Avant - Après


Nous continuons jusqu'à Lee's Ferry. C'est le lieu de départ des embarcations, barques bois ou canots pneumatiques de 2 à 6 places en plus du rameur, qui descendent le Colorado en tout ou partie. Nous en verrons quelques uns démarrer après un long briefing et une sérieuse vérification des équipements. A cet endroit, le fleuve est encore bleu vert du fait de la proximité du barrage, il se charge d'alluvions beaucoup plus bas, l'eau doit être aux alentours de 8/10°.
http://www.youtube.com/watch?v=YSNzPLYXMFM




Nous arrivons à Antelope Lower vers 13h30, nous sommes une dizaine, à 14h le guide nous conduit à l'entrée de la faille qui descend dans le canyon nous laissant libre de prendre notre temps. Le soleil un peu bas et le ciel un peu voilé les couleurs ne seront pas éclatantes, mais le charme opère quand même, surtout à pouvoir le faire dans le silence et pratiquement seul, chacun se laissant distancer. A pas mal d'endroit le sol est bien humide avec parfois quelques flaques, la pluie de la veille. Nous y passerons une bonne heure. Même en le revoyant je trouve cet endroit toujours aussi féerique, l'usure du temps, l'eau et le vent ont vraiment sculpté des formes fantastiques.
On rentre là !


Pause café à Page, retour à la chambre, mail, courrier, .....
La trace blanche sur la roche marque à peu près le niveau du lac tel que je l'avais découvert en 1998.
Repas au Dam. Bière en musique. Lapins. Dodo.
Lundi 6/10/09 : Petit déj au Beans à Page, un expresso au soleil, un vieux navajo profite du wifi avec son portable en terrasse. Ce soir nous coucherons au Grand Canyon, route donc vers Cameron en passant par Kaibito la 98, la 160, pause casse-croute à Tuba City, petit tour au Trading Post, marché du temple pour touristes, avec quelques rares jolies choses d'artisanat Navajo. Puis la route bifurque à droite pour petit à petit approcher de la faille, arrêts aux différents points de vue, soleil, pas trop de brume, avant de rejoindre le El Tovar ou nous passerons deux nuits, direction Papillon à Tusayan, pour réserver le Grand Tour. Au loin dans la direction sud-ouest un immense nuage dû à un feu de forêt pousse dans un ciel tout bleu.
Incendie
Rendez-vous le surlendemain à 9h pour vol vers 10h, pas de place pour demain. Nous prenons la chambre, magnifique vue depuis le balcon sur le canyon à gauche, la Hopi House en face.



Pause café thé cigarettes sur les transats au soleil. Ballade et photos le long de la Rim Trail, pas trop de monde, le lieu semble inciter les gens à un certain silence. Hermits Rest Road est fermée pour travaux, on ne peut pas aller plus loin que Maricopa Point. Repas du soir au resto Coronado Room du Best Western Squire Inn à Tusayan, ambiance cosy, bonne cuisine, accueil et service souriant et un brin stylé. Une longue pause au bord du canyon avant d'aller au lit, deux trois lumière dans le lointain vers le fond de la gorge. Pas un bruit si ce n'est celui de la nuit et de quelques rongeurs qui fouillent les poubelles pas encore vidées par une employée en train de le faire à preque 23h !
Mardi 7/10/08 : Madame dort, je me lève, 6h30, sur la pelouse du El Tovar et aux abords immédiats, des mule-deer finissent leur nuit couchés en rond, le regard curieux et attentif, ils se laissent filmer en confiance. Les écureuils sont déjà debouts, et s'agitent sur le petit mur bordant le canyon.




Ballades aux alentours jusqu'au Kolb Studio sympa, puis nous partons vers Williams après petit déj au Jennifers Bakery & Internet, petites tables extérieures au soleil. Stop en route au Planes of Fame Air Museum qui semble fermé. Une petite heure à tourner dans Williams pour photos. Midi nous grignotons à Flagstaff et promenons en ville, quelques jolies boutiques d'antiquités, de nombreux bars et restos, pas mal de jeunesse en terrasses, il fait très beau. Petit détour vers la vieille gare, un train long comme un jour sans pain passe et hurle (92 wagons). Retour à Grand Canyon par la 180, petit tour en forêt. Re coup d'oeil depuis la Rim Trail. Repas du soir au Yippee-Ei O Steakhouse, c'est l'usine, qualité moyenne, copieux, que du touristes étrangers en majorité.
Loco du Grand Canyon Railway
Dodo.
Mercredi 8/10/08 : Vol hélico ce matin, beau temps, pas de vent, la pesée au comptoir pour l'attribution des places dans la soucoupe volante, le film pour les consignes de sécurité (anglais ou espagnol), un peu d'attente, puis distribution des tickets numérotés, madame est chanceuse car ayant le plus petit gabarit elle gagne le N°1 à côté du pilote, moi derrière lui, nous sommes 6 passagers en tout, deux couples allemands avec nous. Huit ans après le vol est toujours aussi beau et impressionnant (même musique "Ainsi parla Zarathoustra" pour l'arrivée au surplomb), différence par rapport à Mai 2000, il ne neige pas sur la North Rim, et la forêt a de magnifiques couleurs automnales. On peut avoir le sentiment d'être dans une usine à touristes, les rotations s'enchaînent à un rythme effréné, mais je retrouve la même impression de professionnalisme et de sécurité. C'est après le vol de Canyonlands le deuxième à faire si on peut se le permettre. Pas d'esbroufe de "champagne" californien en bas, peu de turbulences comparé à l'avion et surtout une vue de beaucoup moins haut de la partie Est, la plus grandiose.
Confluent du Little Colorado (bleu clair) et du Colorado

Une fois l'émotion digérée et le plaisir savouré nous cassons une petit croute après deux courses au Minimart de Tusayan. Route vers Sedona par la 64, la 89et la 89A. Beaucoup de circulation entre Flagstaff et Sedona, la route est belle en forêt et serpente beaucoup, pleins de petits motels cachés sous les arbres le long de la rivière entre Slide Rock SP (quelques baigneurs dans les petits bassins)et Oak Creek Vista.


Nous logerons au BW Arroyo Roble & Creekside, jolie chambre sur l'arrière avec belle vue sur les rochers rouges flamboyants qui dominent Sedona. Petit tour en ville, mais il est tard et les boutiques ferment, j'essaie de retrouver l'une d'entre elles ou j'avais vu une sculpture peu travaillée faite dans un morceau de racine et tronc de cactus représentant une tête de chef indien avec sa coiffe de plumes. Je ne trouverais rien de semblable, en tout cas rien en bois de cactus. Sedona ne dépérit pas, beaucoup de monde, beaucoup plus de "galeries d'art"... Nous déambulons jusqu'à la nuit tombée. Nous mangerons au Cowboy Club, mojito et filet mignon de porc excellent. Service un peu long mais beaucoup de monde. Café et au lit.
Jeudi 9/10/08 : Aujourd'hui direction Chinle, petit détour par Mormon Lake que j'avais vu sous la neige en Avril 98, joli petit coin paisible et verdoyant, puis direction Holbrook par la 40/180, petite ville me faisant penser à Williams mais encore plus abandonnée, beaucoup de batiments, stations, garages, motels plus ou moins à l'abandon. On s'arrête dans un bric à brac vendant du bois pétrifié, des VHS d'occase, des vinyles, ..., le maître des lieux (look de Walter Brenan dans Rio Bravo) nous affirme même pouvoir en livrer un camion en France mais gaffe au prix! On repart avec notre petit morceau 15$. Traversée de Petrified Forest depuis le sud, Visitor Center, passage par Blue Mesa Scenic Drive, pratiquement personnes tout au long de la route qui remonte au nord jusqu'à Painted Desert, beaucoup de vent, un peu froid.




Pause à une petite aire de repos, une vieille carcasse de voiture évocation de la Mother Road aux environs de Pinta.


A Chambers, direction nord par la 191. Route en assez mauvais état, rainurée transversalement sur des dizaines kilomètres, on se croirait en train ta-da-dam ta-da-dam ....Des paysages assez désolés, beaucoup de poussière soulevée par un vent violent qui voile un soleil de moins en moins tonique, des terres grises. C'est l'heure de la sortie à Ganado, plein de jeunes navajos marchent un peu vers nulle part le long de la route d'ou l'on aperçoit quelques pauvres mobil-home perdus dans le lointain comme dans les environs de Page en allant vers Cameron.


Il est un peu plus de 16h30 quand nous arrivons à Chelly, les points de vue du haut de la rive sud du canyon, pas un chat, un vent qui devient glacial. Le soleil est trop bas pour un bon éclairage du canyon. Madame découvre et se régale, je suis moins séduit que la première fois.


L'ours ?

Accueil sans fioriture au Thunderbird Lodge, chambre nickel, j'aurais pu ne pas réserver, à priori moins de la moitié du lieu est occupée. L'endroit est agréable, planté de nombreux arbres. Nous mangerons simple genre tacos/fajitas aux milieux de familles navajos au grand complet, grands-parents, enfants, au resto style Denny's du Best Western de Chinle ...10 ans que je n'étais pas venu et toujours le même aspect d'une région pauvre et désolée, dévastée par la pauvreté, de quoi vivent ils, la réponse comme dit le Routard est sûrement à chercher dans les nombreux centres d'aide sociale des Affaires Indiennes. J'avais eu ce même ressenti à Kayenta en 98, mais là, la proximité de Monument Valley si sublime de grandeur et de beauté avait atténué cette sensation de malaise, mal-être qui me vient ici. Un café/cigarette devant la porte de la chambre dans la nuit noire, le vent est tombé, il fait moins froid.
Vendredi 10/10/08 : Nous quittons Chinle pour Albuquerque et son International Balloon Fiesta. Passage par Gallup, Ramah, El Morro, Grants. Beaucoup de route dans les paysages plats et assez monotones du Nouveau-Mexique nord, végétation faite de résineux éparpillés et rabougris.

Changement de véhicule à l'aéroport agence Hertz, nous laissons notre Ford Expedition avec 20183 miles au compteur, pour hériter d'une Cadillac DTS (25692 miles au compteur, GPS là aussi) dans laquelle nous aurons quelques difficultés à loger nos valises.

Nous nous installons pour trois nuits au Club House Inn & Suites, belle chambre avec petit salon séparé donnant sur le jardin intérieur avec piscine. L'hôtel est situé tout près d'une voie rapide mais hyper calme grâce à une bonne isolation. Après installation, internet pour les news familiales nous partons pour la Fiesta. Au programme ce soir, feu d'artifice après la Glowdeo, moment ou à la tombée de la nuit les ballons à air chaud sont gonflés au sol et les flammes les éclairants illuminent la nuit de plein de couleurs. Entrée gratuite, beaucoup de monde, des familles entières, très bon-enfant, ambiance kermesse, pique-nique sur les pelouses, des allées complètes de snacks divers et variés, un seul point de vente de bière, clos par de petites barrières, on ne sort pas avec son verre à la main, consommation sur place obligatoire, la police d'Albuquerque patrouille sur d'énormes chevaux paisibles avec un certain succès.



Un énorme tacos à emporter, nous déambulons entre des tas d'exposants, de marchands de souvenirs, tee-shirts, jouets, ... Un peu plus loin, une scène, un groupe rock, chanteuse style Janis Joplin, sympa. Mais pas la météo, qui se gâte, gros nuages noirs sur la montagne au sud, et un vent à décorner une Long Horne. Du coup par mesure de sécurité il n'y aura que deux tentatives de gonflages, quelques participants font un peu le spectacle en allumant les bruleurs qui crachent bruyamment des flammes de 4/5 mètres de haut. Feu d'artifice sympa pour clôturer la soirée.



Nous allons nous coucher en croisant les doigts pour que la météo soit plus favorable Dimanche matin, en effet j'ai réservé et payé un vol avec Rainbow Riders en ballon à air depuis Décembre 2007.
Samedi 11/10/08 : Debout 5h, 45mn après arrivée sur le site, il fait encore nuit mais, le vent souffle déjà fort, trop ! En effet au fur et à mesure de la matinée, ayant acheté l'Albuquerque Journal, nous apprendrons que la veille un accident mortel à eu lieu aux abords du site, un ballon rabattu par le vent a brulé en touchant une ligne électrique, du coup tous les vols sont annulés, aucune compétition sauf amélioration de la météo, mais sans espoir vraiment avant demain(http://www.nowpublic.com/...loon-fiesta-accident ) . Après la déconvenue de Glacier Park, celle-ci est costaud! Le vol du lendemain matin est donc en suspend. Il est aux environs de 9h30 quand nous rentrons à l'hôtel le moral en a pris un coup, depuis tant d'années, je rêvais de voir ces dizaines de ballons flamboyants dans un ciel pur bleu ... Pour se consoler, direction le buffet petit-déj, copieux et bon.
http://www.youtube.com/watch?v=XMWNcONE01g




Nous décidons alors d'aller jusqu'à Santa Fé, "grâce" au vent le ciel est dégagé! Tour en ville, boutiques, galeries avec toujours autant de belles œuvres, du monde, pour cause de messe en cours impossible de visiter la cathédrale. Le cœur de la ville n'a pas vraiment changé en 8 ans, les natives vendent toujours leur production plus ou moins belle et artistique sous les arcades du Palace of the Governor, les constructions en adobe sont toujours la règle au moins aux alentours immédiats de la place qui a conservé son kiosque à musique.


En écoutant une des radios locales, nous avons confirmation que toutes les manifestations du soir sont annulées. Un détour par Taos petite place centrale bordées de vieilles maisons converties en boutiques à souvenirs touristiques et autres. Nous rentrons donc en fin de soirée sur l'hôtel, repas en cours de route au San Felipe's Casino situé sur une réserve indienne, quelques pièces puis dodo.
Dimanche 12/10/08 : Idem hier matin, nous allons direct au chapiteau de Rainbow Riders, c'est bon pour la réservation, les vols sont complets. Durant l'enregistrement on nous fait remplir l'éternelle décharge, contrôle identité, nous sommes divisés en groupe de 6, il y a semble t'il 8 ballons en tout, présentation faite du pilote, on nous indique l'emplacement du notre sur le pré d'ou l'on s'envole. Il est 6h45, rendez-vous 7h30, ils attendent confirmation de la part des autorités de l'autorisation de voler. Un petit café rapide dans un des stands, un peu inquiet je ne vois pas beaucoup d'équipage privé en cours de préparatif. 7H30 nous revenons, attendrons jusqu'a 8h30 et là comme pressenti, tout est annulé. ( http://www.kob.com/...tories/s616536.shtml ) Rainbow Riders nous propose le remboursement ou le report du vol au Mardi, nous serons rembourser par virement sur CB deux jours après sans frais et même avec un petit bénéfice dû au cours du $ plus avantageux que lors de l'achat. Retour sur l'hôtel, deux courses pour grignoter dans la chambre (micro-onde) pour midi, petite sieste matinale en attendant le repas. 13H on se réchauffe donc notre cuisine chinoise et nous partons vers le Old Town et la Plaza. Quartier plus ou moins typique du vieil Albuqueruqe, beaucoup de monde, nous sommes Dimanche, devant une des innombrables boutiques, 6 vétérans Navajos dédicacent leur livres, ce sont eux les Windtalkers qui ont inspiré le film avec Nicolas Cage. Nous en achèterons un que chacun d'entre eux signera en entourant son visage sur quelques photos de l'époque ou ils étaient dans les Marines. Repas du soir à La Hacienda sur la Plaza, cuisine mexicaine très copieuse, correct pour le prix sans plus, beaucoup de gens d'ici en famille, des repas de groupes qui chantent et boivent.
Lundi 13/10/08 : Ce matin départ pour Ruidoso par la 85 et la 380. J'avais envie de passer deux jours dans ces montagnes du Nouveau Mexique, ou l'on fait du ski l'hiver (Station Ski Apache gérée par la tribu des Mescaleros). En quittant Albuquerque, la route traverse des paysages toujours aussi secs, ciel bleu, peu de vent (Rrrrrrrrrrrrrrr !!!). Nous traverserons la partie nord du White Sands Missile Testing Court et en sortirons vivants. A l'approche de Carrizozo, pause ballades et casse croute au Valley of Fires State Park : grande zone d'environ 50km de long sur 5 à 10 de large couverte de lave noire ou poussent différents types de cactus et autres plantes à épines. Quelques points sont aménagés pour les RV avec des BBQ, abris et tables. Un arrêt café à Carrizozo ....


La route commence alors à monter gentiment aux travers des sapins, les alentours de Ruidoso ressemble bien à une zone de villégiature aisée, de belles propriétés et maisons cachées dans la forêt. Nous coucherons deux nuits au Inn of the Mountain Gods, bel hôtel casino niché au creux d'un vallon au bord d'un lac, reposant, vert. Un parcours de golf en borde une partie. La température se fait plus fraiche sur le soir. Belle chambre, vaste, qui donne sur le plan d'eau, avec juste en face au loin deux tepees à la lisière de la forêt.


Nous mangerons au buffet du casino, très bien. Nous discuterons un peu avec une jeune cuisinière américaine qui venait de passer un an en Italie dans un restaurant pour parfaire sa formation. Elle se désolait un peu du manque de diversité de la cuisine proposée ici. Elle tenait le "stand" fruit de mer, et préparait les plats selon les désirs des clients. J'ai choisi une poêlée de crevettes et petits supions sautés ail et huile d'olive. Quelques cents pour les bandits en sirotant un mojito et dodo.
Mardi 14/10/08 : Debout vers 8h, une brume épaisse enrobe tout le coin, un vent glacial la pousse au dessus du lac, la journée est consacrée à la visite de petites villes aux alentours.


Nous partons donc sous la pluie et un ciel très bas pour dans l'ordre :Capitan (Smokey Beat Historical SP), Lincoln (souvenir de Billy the Kid, pas âme qui vive, le peu qui est à voir ou visiter est fermé), Hondo, San Patricio, Mescalero, Tularosa, La Luz, Cloudroft (jolie petite ville, quelques beaux bâtiments notamment le Lodge), puis la Cox Canyon Hwy jusqu'à Mayhill qui traverse la Lincoln NF puis retour à Ruidoso par la 82 et 244, un expresso au Starbuck avant l'hôtel. Journée un peu gâchée par la météo, mais malgré tout de belles routes au travers de forêts, prairies.
Repas au resto Wendell's de l'hôtel, bon steackhouse. Re-mojito, re-piéces, dodo.
Mercredi 15/10/08 : Au programme aujourd'hui, l'Air Space Museum d'Alamogordo, sympathique évocation des campagnes spatiales US, mais aussi de nombres de leurs missiles. Le musée domine la ville vers l'ouest, dans le lointain une grosse couche nuages ou de brouillard recouvre le bas de Kaylor Mountain. Nous entrons dans White Sands Nat Mont en milieu de matinée le Ranger nous informe que le park ferme à12h30, pour cause de tirs de missiles entre 13 et 14h. Nous avons donc un peu plus de deux heures pour marcher, photographier (ce n'est pas la meilleure heure avec le soleil au zénith) et grignoter. Sont aménagées de petites guérites en tôle ondulée pour s'installer, nous croiserons trois bus scolaires qui visitaient le park. Le sable est vraiment blanc, avec la luminosité on se croirait au ski! La végétation est assez rare, mais quelques arbustes et fleurs roses et jaunes parsèment ces étendues presque immaculés.



Nous roulons ensuite vers Las Cruces, stop pour se désaltérer, puis jusqu'à Deming. Petite ville perdue au milieu de rien en bordure de la Highway 10/70. Dodo au BW Mimbres Valley, correct, et repas dans un petit resto familial (pseudo italien) Palma's, deux trois familles du coin et quelques personnes âgées qui repartent avec la moitié de leur repas dans l'éternel doggy-bag. 19H il fait nuit, retour hôtel, télé, internet pour les news et rideaux.
Jeudi 16/10/08 : Ce soir nous nous arrêtons pour trois nuits à Tucson. Aujourd'hui encore je prendrais ma dose de routes rectilignes, de prairies séchées de fin d'été, de cactus, de roches, de montagnes à l'horizon, j'aime ça aussi rouler rouler ... Passage donc par Lordsburg Rodeo Apache Douglas(ville frontière avec le Mexique, le mur, les grillages, la poussière qui vole, la pauvreté). Direction ensuite Bisbee (qui semble ne pas dépérir au cours des années, toujours la brulerie de café qui parfume l'air à certaines heures me rappelant mon enfance au Marché Victor Hugo avec le café Baquié, quelques vieux bâtiments restaurés en plus de puis 8 ans, le Cooper Qeen ou j'avais dormi et bien mangé est toujours là, la serveuse étudiante connaissait même Toulouse y ayant passé 15j lors de son séjour d'un an à Paris) puis remontée par Nicksville, Sierra Vista, Whetstone, Benson, et enfin Tucson. Trois nuits donc au JW Marriot Starr Pass, bel hôtel sur une colline dominant Tucson, des Saguaros partout autour, piscines, bars, restaurants. Beaucoup de monde, un congrès, des touristes américains en majorité. Très beau parcours de golf attenant, fréquenté très tôt le matin, 7h déjà les voiturettes circulent et les balles volent! Petite virée au Desert Diamond Casino, repas au buffet, bien.



Vendredi 17/10/08 : Un aller et retour sur Tombstone (boutiques pour ramener des queues de Rattlesnake, bar musical et ses quelques figurants pour une bière, peu de monde, le cimetière, je revois tout ça et je n'y reviendrais pas), puis direction le Pima Air Museum (9, 75$/pers), immense, des centaines d'avions civils et militaires, dedans dehors restaurés fatigués, un régal mais grosse chaleur à la longue dehors, les hangars eux sont climatisés.
Le cimetière de Tombstone ...

L'autre cimetière de Tombstone ....
Les rues se vident avant les duels ...

B 17G
Drôle de guêpe !



Passage par le Davis Monthan Graveyard AFB, pas mal de tours et détours pour approcher les grillages et faire des photos de ces centaines ou milliers d'avions stockés là en attente de destruction ou réutilisation pour quelques uns parait-il. Impressionnant cet amoncèlement de machines de guerre qui dorment ou meurent là.




Nous restons dans les alentours de l'hôtel pout profiter des derniers rayons de soleil qui embrasent ciel et collines. Soirée idem la veille.
Samedi 18/10/08 : Petit-déj sur la terrasse devant l'hôtel, le soleil du matin cogne déjà, quand soudain une musique m'accroche l'oreille: c'est Carla qui nous poursuit jusqu'ici en effet, son "amoureux" rencontre Bush à Washington. Nous partons faire un tour dans le centre de Tucson, St Augustin Cathedral, El Barrio Historico District, El Presidio Park & District, Congress Street, Broadway Bvd, les petites rues environnantes, puis nous passerons l'après-midi dans Saguaro West Park, ballades, visite de l'Arizona Sonora Desert Museum (13$/pers), instructif, agréable, beaucoup de bénévoles expliquent la vie au sens large (serpents, colibris, fleurs, cactus, ...) dans le désert environnant. Coucher de soleil dans les montagnes. Repas du soir, très bon steackhouse dans un ancien garage réaménagé, belle déco, service souriant et attentionné, mais impossible de remettre la main sur le nom (sur la même avenue qu'Olive).







Dimanche 19/10/08 : Aujourd'hui nous quittons le Nouveau Mexique pour San Diego, pas loin de 700km par la 10 et la 8, toujours vers l'ouest et le pacifique au bout. La radio calée sur les stations country qui se succèdent au fur et à mesure, en essayant d'éviter les nombreuses émissions religieuses du Dimanche matin. Route monotone juqu'à El Centro, commencent alors des dunes puis à partir d'Ocotillo on s'élève dans une région montagneuse toute de pierres rondes(un énorme chaos de Targasone!) . Après plusieurs stops cafés, repas, repos, "dégourdissage" de jambes, nous arrivons vers 17h à notre hôtel Dana Inn on Mission Bay pour trois nuits. La chambre (2203)donne par un balcon sur un bras de mer qui mène au port, pelouse verte et palmiers, mouettes et pélicans sous les yeux.

On pose les valises, petite douche pour se "réveiller" et nous allons par le gigantesque pont vers l'Hôtel Coronado situé sur l'ile faisant face à la ville, ballade au bord de l'océan sur le sable, points de vue sur San Diego, un porte-avion, des voiliers, les avions en approche de l'aéroport semblant passer entre les gratte-ciel.




19h, la nuit est tombée, nous allons diner au Sea Port Village, quelconque lieu piège à touristes avec ses boutiques à souvenirs, peu de monde. Nous mangerons au Harbor House Seafood Restaurant, huitres pas fraiches, poisson peu copieux, propreté du lieu douteuse, de temps en temps une blatte traverse la nappe, à éviter donc !! Un petit tour en ville en voiture avant d'aller au lit.
Lundi 20/10/08 : Pour se réveiller, un détour par Ocean Beach ce matin, petite brume sur le pacifique, quelques jeunes surfent déjà, il est 8h. D'autres rangent leur sac de couchage après une nuit dehors et grattent déjà leur guitare, au bout de Abbott Street et Newport Avenue nous buvons un double expresso face à au pacifique, le Starbucks est juste à côté en face un hostel un peu délabré. D'ailleurs le quartier semble un peu à la limite du "marginal", ou du moins très hippies baba surf tatouage, plein de petites boutiques de fringues et restos/bars, tout ce petit monde s'éveille sourit, sympa comme impression.


A la taille de la planche.
La majeure partie de la journée sera consacrée au Seaworld, toujours aussi agréable avec de beaux spectacles et des tas d'animaux bien mis en valeurs, on peut accessoirement nourrir des otaries, des dauphins, caresser des raies, ... La météo nous offre une douce chaleur qui doit durer au moins la semaine.



Passage par La Jolla qui me semble de plus en plus résidentiel, petite ballade en bord de "falaise" les pélicans font du rase-mer. Puis direction Gaslamp, on traine un peu dans les rues, beaucoup de jeunesse, des tas de restos et bars musicaux, un magasin de voitures de collection avec des répliques d'AC Cobra, Spider Porsche, une vraie Traction-Avant moyennement restaurée à 35 000 $ et une Smart d'occase à 27 000 $ !! Nous irons manger chez Croce's, deux douzaines d'huitres excellentes avec un verre de Chardonnay, ça fait du bien et ça change de la viande souvent très bonne mais enfin un peu de diversité dans les repas. On tourne encore un peu pour profiter de cette animation et retour à l'hôtel.
Mardi 21/10/08 : Re petit-dèj à Ocean Beach, on a bien aimé cette ambiance le matin, puis journée au Zoo. J'avais visité le WildLife il y a 8 ans, bien mais pas envie de rouler autant. Le Zoo est toujours aussi beau, du monde, ours blancs et hippopotames à voir, pleins d'autres animaux dans un parc luxuriant et proprement présenté, les pandas sont plus nombreux mais dorment toujours beaucoup.


En fin d'après-midi, Balboa Park puis retour vers le centre, Old Town, Horton Plaza, le stade de base-ball, repas japonais moyen dans Gaslamp, une bière au Whiskey Grill, dodo.




Mercredi 22/10/08 : Route vers Palm-Springs aujourd'hui en passant par Alpine, Descanso, Julian (jolie petite ville), Ocotillo Wells (la traversée de Anza Borrego Desert est sauvage et désertique), Salton Sea (Salton City catastrophe écologique les berges sont couvertes de millions de petits et gros poissons morts desséchés et de coquillages dans le même état, quelques habitations fatigués motor-home délabrés, c'est sinistre, mais je voulais voir), La Quinta, Indian Wells. Plus l'on approche de cette dernière partie du trajet, plus on voit de palmeraie et d'immenses zones irriguées pour la production maraichère.



Pause d'une nuit au Spa Resort. Après dépose des valises, petit tout en ville ou se déroule la parade des écoles de la ville, élèves déguisés, profs et directeurs en décapotables en famille, majorettes, équipes de basket ... amusant et impensable en France, très bon enfant et festif.



Repas du soir au buffet de l'hôtel, un mojito au bar et dodo.
Jeudi 23/10/08 : Toujours grand beau temps et ça dure depuis Ruidoso. Direction la traversée de Joshua Tree NP pour terminer à Los Angeles ce soir. Quelques photos à la sortie ouest de la ville pour les éoliennes, puis route à l'est.

Nous entrerons par le sud Cottonwood Visitor Center juste avant Chiriaco Summit pour sortir du park à Joshua Tree, après avoir fait différents stops : Cholla Cactus Garden, Keys View, Hidden Valley, Park Boulevard...

Pause repas dans un Burger King le long de la route, des frites d'un autre monde en forme de ressort juste comestibles ...
Frite-ressort ....

Nous prenons ensuite la 62 et la 10 pour rejoindre Los Angeles ou nous coucherons trois nuits. Pour la deuxième fois, le GPS va nous être plus qu'utile, pour se retrouver. Il va nous servir durant ces trois jours, car l'enchevêtrement des différentes voies rapides et autoroutes dans LA n'est pas très évident, de plus à certaines heures la circulation est assez dense et dépasse bien de 10 à 15 miles/heure la limitation (gros changement depuis 8 ans).

Nous nous posons donc au Westin Bonaventure, belle chambre (2607) avec coin salon au 26° étage avec vue sur l'Observatoire et la colline d'Hollywood au loin. On y accède par des ascenseurs extérieurs intégralement vitrés offrant une belle et impressionnante vue en cours de la montée. L'intérieur de l'hôtel est magnifique, immense atrium, jets d'eau, bars, restaurants, salle gym, construction toute en courbes et niveaux ....




Vers les 20h nous partons pour Santa Monica, promenade dans le quartier piéton, ou il est interdit entre autre de fumer, repas huitres poisson au Boa Steackhouse, très bien.
3th Sreet Santa Monica



Retour hôtel.
Vendredi 24/10/08: Journée aux Studios Universal, nous y sommes à l'ouverture, on commence par le tour en "train" de quelques décors plus ou moins attractions (métro, dents de la mer, ....). Puis tranquillement, nous passerons d'un spectacle à l'autre, j'éviterais perso les attractions style montagne-russe, madame adore. Pas trop de monde donc peu de temps d'attente. Beaucoup de français et d'italiens.
Cuisse de dinde au grill
Kiss ...

Dérision ...
Direction l'Observatoire ( buste de James Dean) et Griffith Park pour la tombée de la nuit. La vue est toujours aussi époustouflante, la nuit est claire, la vue s'étant à des dizaines kilomètres, un dirigeable, les avions qui arrivent et repartent de LAX, et la ville quadrillée par les rues, avenues, highways et freeways saturées de milliers de voitures qui scintillent. L'accès au park ferme vers les 21/22h, il renferme des clubs d'équitations apparemment assez fréquentés en fin d'après-midi.

De retour à l'hôtel, comme il se fait tard, nous y mangerons : italien, escalope au Marsala et spaghettis, au Marcello's.
Samedi 25/10/08 : Ce matin après un bon café au Starbucks du coin, montée au plus haut de Mulholland Drive, photo des célèbres lettres de l'Hollywood Sign sur fond de ciel bleu, les petites routes serpentes dans cet ensemble de collines qui dominent Hollywood et Beverly Hills, cela me rappelle certains coins de la Côte d'Azur vers Eze village, entre les différentes corniches, de belles maisons cachées, quelques architectures notables, des points de vue rares. Ballade en voiture dans les beaux quartiers sous les alignements de palmiers aussi fins que hauts.
Du haut de Mulholland Drive
Nous redescendons vers le Grauman's Chinese Theater, beaucoup, trop de monde, difficile de faire quelques photos des empreintes et étoiles. Petit tour sur Hollywood Boulevard, moins sale et limite glauque qu'il y a 10 ans. Ayant ramené madame qui se repose à l'hôtel, je vais faire un tour dans le quartier du Angels Flight Railway, sur South Broadway, quartier très Amérique du Sud, boutiques vêtements pas chers, des robes de mariées aux couleurs roses et bleues incroyables, un marché couvert typique avec de la cuisine guatémaltèque vénézuélienne mexicaine, une pharmacie chinoise traditionnelle, un salon de massage chinois, des maraichers, d'infinis étals de piments. Quartier populaire, un Mc Do' ou une vieille dame asiatique sans âge débarrasse et nettoie les tables en échange d'un repas, des marchands de téléphones portables à même le trottoir, un immense portrait d'Anthony Queen sur un mur de briques, la sortie d'une chapelle pentecôtiste d'une mariée mexicaine ....






Passage par Old Plazza et El Pueblo (caserne pompier, gare), Chinatown (rien à voir avec celui de San francisco), puis retour à l'hôtel pour ranger, trier, sauvegarder photos et vidéos. En fin d'après-midi, retour sur Santa Monica, beaucoup de monde, bord de mer, quelques homeless dorment sur les pelouses, pier, rues piétonnes ou se pressent des artistes divers et variés, des stands de Bush et Obama.



Homeless


Attirés par le nom "Anisette", nous mangerons là. Belle brasserie tenue par Alain Giraud (chef français) et son chef Joshua Smith, au choix tables ou bar, clientèle plutôt jeune et aisée. Installés au bar nous prendrons pour changer, des huitres et une superbe bourride de lotte à la sétoise accompagnée d'un Picpoul de Pinet (on se ressource, j'apprécie ce vin depuis plus de 20 ans !). Très étonné de trouver ce vin, j'en discute avec la serveuse (une bombe mexicaine croisée de Speedy Gonzalez) qui ira chercher le sommelier très aimable, originaire de Bretagne. Il expliquera son choix, par le fait qu'il veuille faire découvrir de bons crus régionaux français à des prix abordables du fait de leur moindre renommée sur une carte aux tarifs qui grimpent nettement plus haut. Nous aurons la surprise de nous voir offert le pichet de vin (4 verres) !! A nos côtés c'est installé un couple de Gallois, ces dames discutent un peu mi français mi anglais, il est ferrailleur, ils connaissent et fréquentent régulièrement la côte languedoc-roussillon et donc Sète et sa région. Bon repas et moment sympathique. Retour hôtel par les freeways très fréquentées en ce samedi soir.
Dimanche 26/10/08: Ce matin nous partons pour Tehachapi (5000 éoliennes), Barstow ou nous faisons un stop pour courses pique-nique, puis la 15 direction Las Vegas (dans le sens opposé des milliers de véhicules roulent au ralenti direction LA, c'est la fin du week-end). A nouveau des paysages désertiques, la chaleur, des massifs montagneux à l'horizon, stop à Primm pour des achats au Fashion Outlets (Jean's Lee ou Wrangler à 15$, Polo et Chemise Ralph Laurens de 25 à 39$), nous trainons un peu volontairement car je veux arriver de nuit à Vegas, je trouve cela plus "magique". Nous nous installons pour quatre nuits au Bellagio (Cypress Room).Magnifique chambre, 10° étage pile au milieu du bâtiment, salle de bains pour elle avec baignoire spa, l'autre pour moi avec douche hammam, un côté salon Tv, et un côté lit (un écran plat escamotable au pied) face à une baie vitrée donnant sur le lac, ses jets d'eau, et la Tour Eiffel du Paris.
http://www.youtube.com/watch?v=DeZcltt-5wA

Soirée dans l'hôtel, repas excellent au Fix avec un carré d'agneau et verre de Merlot. Un tour pour les jeux et les jeux d'eau sur le lac (3.5 hectares) sur des airs de Sinatra, Bocceli, Dion, ... On s'endort la Tour Eiffel entre les orteils ...





Lundi 27/10/08 : Journée sans voiture, nous ferons le tour des quelques grands casinos côté sud, à pied, métro aérien, Monte Carlo MGM Luxor Paris .... Quelques achats souvenirs. Nous réservons des places pour le Rêve demain soir et Ô le lendemain. Repas du soir au buffet du Bellagio, belle qualité et beau choix, nous allons ensuite à Fremont Street pour l'Experience (spectacle lumineux sympa) puis passage par le sommet du Stratosphère, quelle vue, mais quelle parano pour y accéder, fouille et papiers d'identités. Sur le retour arrêt au spectacle du Treasure Island que j'ai trouvé assez nul (c'est la Star Ac) en comparaison de l'ancien lorsque le bateau pirate coulait après la bataille navale. Quelques pièces aux manchots et mojitos offerts comme nous jouons au bar du Bellagio. Coucher tard.
Mardi 28/10/08 : Lever tard, Red Rock puis direction outlet, différent de celui de Primm, d'avantage de boutiques de marque mais plus cher et plus chic. Beaucoup d'européens et de japonais. Repas de midi au, cuisine asiatique, buffet d'une extraordinaire fraicheur, tout est préparé devant vous, sushis excellents (les cuisiniers découpent les poissons entiers et les poulpes sont vivants avant d'être conditionnés ou cuisinés). Après-midi sur le strip, repas au buffet du Wynn, qui vaut le tarif élevé, nous craquons sur les plats asiatiques et les pattes de crabe gigantesques. Spectacle Le Rêve, placé en haut de la salle, nous avons eu vue magnifique, un régal absolu vraiment, une mise scène qui exploite l'espace de manière géniale, et des effets scéniques époustouflants avec un plateau qui fait office de plancher ou de bassin autorisant des plongeons très risqués. La salle circulaire est comble.Quelques extraits trouvés sur You Tube : http://www.youtube.com/watch?v=45SW5LdYGZ0
Retour à l'hôtel en passant par Le Venetian que je trouve le plus beau et le plus réussi dans le genre reconstitution d'un lieu ou évocation d'un thème. En route pour une bonne nuit de sommeil, journée un peu fatigante, il fait chaud.
Mercredi 29/10/08 : Journée de repos complète pour madame qui traine un peu la patte, du coup je ne reviendrais pas à Valley of Fire SP, l'ayant visité deux fois, je manque de motivation. Une barge navigue sur le lac, avec des plongeurs effectuant la maintenance des jets d'eau, le tout sous l'œil d'un canard attentif.

Nous allons voir Ô, bel et bon spectacle, plus poétique et moins enlevé que Le Rève que j'ai préféré, la salle est comble là aussi, mais de forme classique. Quelques numéros débutent dans le public (clowns). Repas au Fix comme le premier soir, moins de monde, nous sommes en semaine.
Jeudi 30/10/08 : En route pour Death Valley, en passant par Mountain Springs, Tecopa, Shoshone (pause pique-nique). Départ sous le soleil mais petit à petit il nous abandonne et plus nous nous enfonçons dans le désert du park plus le ciel s'assombrit, les sommets lointains de la Sierra Nevada disparaissent un peu dans les nuages, je suis inquiet pour la Tioga Pass, elle était ouverte hier... Passage par les classiques Badwater, Dante's View, Zabriskie Point.

Orage sur Death Valley



Nous arrivons à Furnace Creek Ranch, du monde à la réception, No Vacancy, j'avais réservé une chambre en rez de chaussée donnant sur la pelouse faisant face à la piscine, elle est refaite à neuf, d'ailleurs les travaux sur les plus près de l'entrée sont encore en travaux.

Je reviens à la réception pour des infos sur la Tioga, j'apprends qu'elle est fermée pour cause de neige mais la Sonora 108 est encore ouverte. Repas au Wrangler Steackhouse, correct, puis une bière au 49'er Café. Il fait quelques gouttes et le vent c'est levé.
Vendredi 31/10/08 : Il a plu cette nuit et ça continue ce matin. C'est la troisième fois que je viens ici, les fois précédentes (avril 98, mai 2000) j'avais eu aussi droit à deux orages mais de quelques minutes seulement. Café pris au petit supermarché de l'entrée, puis nous faisons la boucle d'Artist Drive, Stovepipe Wells, Sand Dunes. De grosses gouttes encore, mais ça se calme, il fait presque froid avec le vent (22°).




A partir de Lone Pine, la route suit la vallée, dans les nombreuses descentes du trajet à la sortie de Death Valley, je trouve les freins un peu moux et la voiture vibre beaucoup. Les sommets que l'on aperçoit sur la gauche sont enneigés. J'avais prévu de dormir à Lee Vining pour Bodie et Mono Lake, mais sans réserver. A Bishop, après avoir vu sur des panneaux routiers que la Tioga Passet la Sonora Pass étaient fermées, je m'arrête au bureau des Rangers en sortie de ville. Le Ranger de permanence très serviable téléphonera et me confirme que la Ebbets Pass est également fermée depuis le matin, il a beaucoup neigé toute la nuit.


Devant être demain soir à Yosemite (réservation faite au Ahwahnee pour deux nuits) nous traçons jusqu'à South Lake Tahoe. La Luther Pass est dégagée mais de la neige subsiste sur les bas côtés, dans la descente les vibrations augmentent. Sur le GPS je trouve la station Hertz à l'hôtel Harvey's, nous y prenons une chambre, mais le bureau Hertz ferme à 18h, il est 19h passé. Appel au numéro d'assistance qui me dit qu'une voiture sera disponible demain matin à l'hôtel en remplacement. La nuit, la pluie, la fatigue, on a pas mal roulé aujourd'hui, tout cela fait que nous dinerons au buffet du Harvey's, au milieu de pas mal de clients déguisés Halloween oblige. On ne trainera pas ce soir, au lit à 22h.
Samedi 1/11/08 : Un café devant le bureau Hertz qui ouvre à 9h, l'homme très aimable vérifie mes dires sur son terminal et 15mn après, l'échange de véhicule est fait sans aucun soucis, nous avons fait 2785 miles depuis Albuquerque. Nous héritons d'une Mercury Grand Marquis, moins cossue que la Cadillac mais au coffre plus fonctionnel pour nos valises (27896 miles au compteur) Départ donc pour Yosemite, nous passerons par Sutter Creek, Angels City (repas, café Starbuck), Sonora, Jamestown, et la 120 jusqu'à l'hôtel. Cette route traverse une partie de la Gold County, avec une succession de villes et villages au charme certain, plus ou moins touristiques et qui ont gardé un côté authentique bien agréable. Nous arrivons dans la vallée sous la pluie, le ciel est bas (Valley View), on ne voit pas les hauteurs de Yosemite Falls, El Capitan et Half Dome. Nous prenons possession de la chambre pour deux nuits, propre et confortable. Le Ahwahnee est situé en bout de route au fond de la vallée, magnifique bâtiment, tout en pierre et bois, grande cheminée dans le vaste salon meublé et décoré de vieux meubles et anciennes tapisseries et tapis datant de l'ouverture de l'hôtel.



On ressort pour se ballader un peu dans Curry Village et Yosemite Village (Visitor Center, Chapel, ...). Repas du soir au bar de l'hôtel. Un mariage anglo-australien est installé dans une salle privée avec orchestre.




Dimanche 2/11/08 : Café du matin dans la chambre, la marque je n'y crois pas, est "Toulouse", il n'en est pas meilleur! Ciel bouché et petite pluie, Yosemite Falls est dégagée nous allons donc au pied, ça "brumise" un maximum, gros débit, comparable à ce que j'avais eu en avril et mai les années précédentes. On croise quelques promeneurs, mule-deer et écureuils.

Pas la peine de monter jusqu'à Glacier Point, c'est dans la purée de pois. Dommage car la vision est unique depuis ce belvédère. Nous irons jusqu'à Mariposa Groove, ou la boucle en voiture est fermée, tout ce fait à pied maintenant, quelques fumeroles aux détours du sentier et de la route, des feux récents donc. Les séquoias sont toujours aussi majestueux, mais le lieu autant que je m'en souvienne a souffert des incendies, beaucoup d'arbres tombés, abimés, calcinés.

Stop à Wawona sur le retour (pause casse-croute à l'abri dans la voiture), Tunnel View ou le ciel est un peu plus clément, les nuages partent en lambeaux et laissent passer quelques rayons de soleil. Au coin fumeur à l'entrée de l'hôtel, nous ferons connaissance de Friday, jeune femme vivant à Santa Monica, elle semble peu attirée par les festivités du mariage qui se poursuivent. On discute de notre voyage et évoquant notre future étape à Monterey, elle nous recommande chaudement le Plaza Hotel. Elle repart à la fête et nous au bar pour le repas du soir, un petit cocktail et un duo de poissons fumés avec salade.
Lundi 3/11/08 : Un peu découragé par le mauvais temps, nous remontons vers Monterey pour deux nuits en supprimant l'étape à Morro Bay. Nous quittons la vallée par El Portal, Merced, route agréable. Puis nous traversons la plaine centrale de la Californie, zone de culture maraichère à perte de vue, des troupeaux de bétail dans des stabulations gigantesques, des champs de coton, trajet "instructif" mais pas très beau. Passé Los Banos le paysage change en bien, la météo aussi et l'on attaque la chaine côtière séparant la plaine centrale du Pacifique. La végétation est quand même rare, beaucoup de collines couvertes de prairies jaunies par la sécheresse de l'été finissant.


Grand soleil à Monterey ou nous suivons les conseils de Friday. Belle chambre côté mer Bay View, dépose bagages, les loutres nagent sous les fenêtres au milieu d'immense étendues de kelp http://www.youtube.com/watch?v=DPwfWyawebg . Nous repartons pour une ballade à pied jusqu'à l'aquarium en traversant the Cannery, les phoques, otaries, sea-lions, mouettes se font entendre, peu de monde.


Le soir ballade au Fischerman's Warf, comme à San Francisco, une plateforme flottante est aménagée dans le port, les phoques jouent des coudes pour s'y tenir, petit tour des boutiques pas terribles, repas chez Domenico, nous dégusterons des abalones (ormeau) avec une sauce échalotes et chardonnay, excellente découverte de ce fruit de mer.





Quand nous reprenons la voiture, je découvre un PV pour stationnement interdit, étant arrivé de nuit, je n'avais pas vu, ce sont des emplacements pour les véhicules de pêcheurs, on devait être 3 ou 4 garés là sur 20 places, mais bon, c'est la loi, 20$. De la chambre, fenêtres ouvertes, la nuit est remplie du bruit de la mer et des cris des divers mammifères marins.


Mardi 4/11/08 : L'Amérique se lève pour voter aujourd'hui, le sentiment qui se dégage depuis presque deux mois que nous sommes là et qu'une majorité de gens espère un changement, un besoin de justice, une attitude plus sociale de leur gouvernement. Petit-déj sur le balcon au soleil, ça fait du bien, une mouette pas farouche sur la balustrade nous chiperait bien un croissant. Au programme pour nous, Aquarium (toujours magnifique), Carmel, 17 Miles Drive, Lone Cypress, marcher sur la plage, grimper sur les rochers, croiser les écureuils au bord de l'eau, ...









Retour au Fisherman's pour le repas, madame se fait accoster par un serveur de l'Isabella (jeune homme d'origine allemande) qui lui offre le menu en français (traduction approximative faite sûrement sur le net, ce qui donne des plats à la composition farfelue et parfois incompréhensible). Peine perdue nous revenons chez Domenico pour notre cure d'iode avec quelques huitres et un verre de Sauvignon blanc. Demain dernière ligne droite qui nous mènera à San Francisco, la fin approche ... On se couche avec comme dernières nouvelles l'élection probable d'Obama, comme un vent d'espoir se lève ...
Mercredi 5/11/08 : Le journal du jour porté avec le petit-déjeuner confirme, Obama est élu. C'est décrit comme un plébiscite, des états à priori non favorables ont quand même basculé vers les démocrates. On longe la côte par Santa Cruz (agréable station balnéaire), puis visite de Ano Nuevo SP, avec plus d'une centaine de sea-lions (éléphant de mer) dont quelques jeunes mâles qui se défient dans l'eau en bord de plage. Deux "rangers" bénévoles sont là pour surveiller que les visiteurs n'aillent pas trop loin vers les bébêtes, plein d'explications (beaucoup de femelles, peu de jeunes mâles, les vieux viennent en février, il y a alors de gros combats). L'un d'eux est un ancien ingénieur des pétroles, originaire de Suède, il connait bien la France entre autre, ayant énormément voyagé pour son travail. Le sentier qui mène à ce point depuis le parking, traverse une zone de dunes et de landes, on croise des américains heureux de l'élection d'Obama et qui semblent aussi apprécier notre "énervé de président" ...
http://www.youtube.com/watch?v=aQKg3uaLkVk





La route qui suit la côte, la mer en contre-bas, traverse parfois des champs entiers de citrouilles multicolores ou de fraisiers.



Je retrouve sans trop de problème le Parc 55 Renaissance (déjà séjourné en 98, en 2000 j'avais été au Hilton tout proche, mais très déçu par la chambre), nous prenons la chambre au 32° étage, jolie vue vers Dowtown, Macy's, Transamerica...



Soirée classique avec ballade à pied, câble-car, Union Square, repas au Lori's Diner, amusant par le décor, moins par la cuisine, correct pour le prix.
Jeudi 6/11/08 : Petit-déj en plein air au Câble Car Coffee, juste à côté du Visitor Center de Market Street. Lieu de passage, c'est la sortie du Bart Muni, nous voyons passé toute la diversité de San Francisco qui va travailler. Coin sympa pour un café expresso cigarette pour se réveiller.

Journée dans le centre avec ChinaTown, vraiment dépaysant, des gens, des visages, des épiceries, des odeurs, un repas de midi dans un tout petit resto avec quelques "blancs", nous gouterons du vin chinois servi chaud (pour le moins surprenant, ça pourrait ressembler à un mauvais porto blanc chaud).












Après-midi, soirée et repas au Fisherman's Warf au Crab House, crabe entier grillé au four servi avec un beurre à l'ail. Retour câble-car, toujours aussi sympa.
Vendredi 7/11/08 : Ce matin route vers Sausalito pour le vol en hydravion, beau temps, pas de vent, madame toujours aux premières loges à côté du pilote. On survole Tiburon, Muir Woods, Pacifique, Golden Gate (ça le fait bien), la baie avec SF sur la droite, virage au-dessus de Treasure Island, amerrissage, sympa je recommande. http://www.youtube.com/watch?v=mvIZBHm-OAE








Après-midi ballade à pied au Presidio, Fort Point, Marine Drive, Fort Mason.


Go Cars, bonjour les mollets 😉
De retour à l'hôtel je tente de payer mon amende sur le site de la ville de Monterey, mais aucune référence ne fonctionne (N° PV, N° immatriculation, ...) Peut-être est ce trop tôt, nous verrons demain. Repas à côté de l'hôtel au Tian Sing Chinese Restaurant, dim sum de luxe mais excellent.
Samedi 8/11/08 : N'arrivant toujours pas à régler mon PV, je demande de l'aide à la Concierge de l'hôtel, qui n'y arrivant pas, me propose très gentiment de le payer avec un de ses chèques en échange de liquide, ce que nous ferons, j'ai le sentiment que je ne dois pas être le premier à qui elle rend ce service. Ce matin, temps frais brumeux, presque de circonstances pour la visite d'Alcatraz, que je ne connais pas. Places réservées depuis jeudi (pas de place plus tôt), visite avec guide audio très intéressante, bonne évocation du lieu et des conditions de vie, au débarcadère il subsiste des traces de l'occupation de l'ile par les mouvements des natives qui ne faisaient que revendiquer la reconnaissance de leur droits. Retour en taxi à l'hôtel, un chauffeur indou en sari et nu-pieds, voiture usée jusqu'à la corde, des freins qui couinent, conduite sportive dans les montées et descente de downtown, grand moment.




Cet après-midi direction Berkeley, ballade dans le campus et rues environnantes (librairie, disquaire, resto/cantine, bar, tatoueur)un nombre significatif d'étudiants porte un tee-shirt Obama Yes we can, ça grouille de jeunesse non conventionnelle dans la tenue. Amusant d'ailleurs de voir s'afficher le soutient à tel ou tel candidat aux élections nationales et autres, sur nombre de véhicules, maisons, fenêtres. Comme dans les petits villages ou banlieues, pour symboliser la présence sous les drapeaux d'un membre de la famille, on accroche un drapeau américain. A l'aller comme au retour nous empruntons Oakland Bay Bridge qui sera bientôt doublé/remplacé par un nouveau pont en construction (début côté Berkeley, presqu'au niveau de Treasure Island à ce jour). Madame n'ayant pas faim, je retourne au Lori's, puis ballade tout le long de Market Street ou en ce samedi soir, il y a quelques chanteurs et groupes sur les trottoirs. Un tour par le Virgin pour quelques CD, mais les prix ne sont pas hyper compétitifs.
Dimanche 9/11/08 : Petit-dèj toujours au même endroit, puis Messe à la Glide Church, malheureusement entre l'heure tardive et je pense l'élection d'Obama, seule la pièce attenante du bas avec grand écran est ouverte. C'est moins prenant comme ambiance, mais les gens présents chantent là aussi. Les discours d'espoir, de lutte, les prières se succèdent sur la scène et les chants montent, accompagnés d'un orchestre digne de James Brown. Ca reste pour moi toujours un grand moment d'émotion avec ce mélange de ferveur de musique de lutte et de solidarité. Sur Market Street une manifestation contre le gouvernement chinois par des membres de la secte Falun Gong, et une autre des anciens prisonniers de guerre des philippines et de leur descendants.






Nous reprendrons la voiture dans l'après-midi pour rouler et se faire un remake de Bullitt en plus paisible bien sûr (Russian Hill, Nob Hill, Telegraph Hill, Pacific Heights, Cliff House, ...). Nous finirons pour le coucher de soleil au Marin Headlands, Point Bonita et Fort Baker.



Repas au Crab House pour notre dernier soir aux US. Retour à l'hôtel pour finir les valises que nous avions commencées auparavant.
Lundi 10/11/08 : Voilà c’est bientôt la fin, un dernier regard sur San Francisco depuis le 32ième étage, grand beau ce matin, un dernier double expresso au Câble Car Coffee, Bob Marley chante déjà. Départ de l’hôtel pour rouler un peu en ville, descendre Market Street, suivre la baie jusqu’au Presidio, descendre Lombard, Washington Square, revenir vers Powell, suivre un cable-car, rejoindre Cliff House et suivre le bord de mer jusqu’à Daly City et finalement l’aéroport pour rendre la voiture (29101 miles au compteur). Nous aurons parcouru 10216 miles au total soit 16440 km pour 1200$ (conso moyenne un peu plus de 10 li/100km).
A peine arrêté un coup de pistolet laser sur l’étiquette collée sur la vitre et le préposé de Hertz me donne la note, les valises sur un chariot nous prenons une petite navette aérienne pour arriver dans l’aérogare, rapide et simple. Nous avons une grosse demi-heure avant le début de l’enregistrement, café, cigarette, et on y va. Pesée des 3 grosses valises, une fait 37kg (limite à 32), il faut répartir le poids et finalement ça passe en chargeant un peu plus les deux qui restent avec nous en cabine. Passage à la sécurité, un tour au duty free pour parfum et cigarettes que l’on nous donne dans des poches transparentes scellées. On partage une pizza et l’embarquement commence.
Décollage à l’heure prévue, vers le sud, virage à droite pour se retrouver au dessus du Pacifique, puis large virage encore à droite pour passer pratiquement à l’aplomb du Golden Gate Bridge, San Francisco disparaît sous l’aile droite, magnifique, quelques instants après on reconnaît le Lake Tahoe et la Sierra Nevada bien enneigée, l’hôtesse nous sert un deuxième verre de champagne. Quelques heures de sommeil et deux films plus tard, un repas moyen nous est offert, nous arrivons à Paris puis enfin à Toulouse ou le ciel est gris et la température bien fraiche. Voila, c'est fini, il a fallut reprendre dès le lendemain, un peu difficile avec le décalage horaire. Ce fût extraordinaire, il en reste des milliers d'images, de moments rares, de couleurs et de formes, d'une nature immense sauvage et préservée, de villes folles, de gens accueillants, de lieux mythiques certains décevants d'autres magnifiques. Bref comme les fois précédentes, l'envie d'y revenir s'incruste, pour découvrir d'autres états et approfondir certains afin de savourer au mieux des sites et des parcs dont je ne me lasse pas. Encore merci aux "forumeurs" et à ceux et celles qui m'ont aidé à réaliser ce rêve à deux.
Voici la suite et la fin ...
12 septembre 2008 SEATTLE 13 septembre 2008 BONNERS FERRY 14 septembre 2008 LAKE GLACIER NP 15 septembre 2008 HELENA 16 septembre 2008 GARDINER 17 septembre 2008 GARDINER 18 septembre 2008 GARDINER 19 septembre 2008 OLD FAITHFUL 20 septembre 2008 OLD FAITHFUL 21 septembre 2008 JACKSON HOLE 22 septembre 2008 PROVO 23 septembre 2008 MOAB 24 septembre 2008 MOAB 25 septembre 2008 MOAB 26 septembre 2008 MOAB 27 septembre 2008 DURANGO 28 septembre 2008 MONUMENT VALLEY 29 septembre 2008 MONUMENT VALLEY 30 septembre 2008 TORREY 1 octobre 2008 TORREY 2 octobre 2008 BRYCE 3 octobre 2008 BRYCE 4 octobre 2008 PAGE 5 octobre 2008 PAGE 6 octobre 2008 GRAND CANYON 7 octobre 2008 GRAND CANYON 8 octobre 2008 SEDONA 9 octobre 2008 CHINLE 10 octobre 2008 ALBUQUERQUE 11 octobre 2008 ALBUQUERQUE 12 octobre 2008 ALBUQUERQUE 13 octobre 2008 RUIDOSO 14 octobre 2008 RUIDOSO 15 octobre 2008 DEMING 16 octobre 2008 TUCSON 17 octobre 2008 TUCSON 18 octobre 2008 TUCSON 19 octobre 2008 SAN DIEGO 20 octobre 2008 SAN DIEGO 21 octobre 2008 SAN DIEGO 22 octobre 2008 PALM SPRINGS 23 octobre 2008 LOS ANGELES 24 octobre 2008 LOS ANGELES 25 octobre 2008 LOS ANGELES 26 octobre 2008 LAS VEGAS 27 octobre 2008 LAS VEGAS 28 octobre 2008 LAS VEGAS 29 octobre 2008 LAS VEGAS 30 octobre 2008 FURNACE CREEK 31 octobre 2008 SOUTH LAKE TAHOE 1 novembre 2008 YOSEMITE 2 novembre 2008 YOSEMITE 3 novembre 2008 MONTEREY 4 novembre 2008 MONTEREY 5 novembre 2008 SAN FRANCISCO 6 novembre 2008 SAN FRANCISCO 7 novembre 2008 SAN FRANCISCO 8 novembre 2008 SAN FRANCISCO 9 novembre 2008 SAN FRANCISCO 10 novembre 2008 AVION

Vendredi 3/10/08 : Debout à 6h et je fonce à Sunrise point, il fait 3 ou 4°, je croise quelques mule-deer mais pas de tamïas qui attendront les premiers rayons de soleil pour se lever et se réchauffer devant le pas de porte de la chambre! Nous devons être une grosse dizaine, un pro de la photo avec 3 appareils motorisés sur pieds qui tirent un cliché chacun toutes les 2" environs. Le ciel est un peu couvert, du coup quelques ombres dans l'amphithéatre. Ca se dégagera tout au long de la matinée qui nous emploierons à parcourir la totalité de la route jusqu'à Rainbow Point en faisant à peu près tous les stops. Petites ballades tranquilles, pour cause de dos douloureux, madame a annulé celle à cheval. En fin d'après-midi nous irons faire un tour au Ruby's Inn pour quelques courses alimentaires et deux lessives/sêchages. La boutique alimentation souvenirs habillements équipements du Ruby's est pas mal achalandée et très fréquentée par les hordes descendues des bus. Repas idem la veille pour moi, madame repose et grignote à la chambre. Etant seul, je me retrouve à table avec deux allemandes qui font leur petit circuit dans l'ouest elles-aussi. Heureusement l'une d'entre elles parle un très bon français, nous passerons un moment bien agréable à comparer nos impressions sur Vegas et Grand Canyon, nous les recroiserons sur le parking à Horseshoebend près de Page. D'un solide appétit elles aussi, nous prendrons dessert et café. Avec tout ça, je rentre un peu tard et madame dort ...
Samedi 4/10/08 : La pluie a commencé dans la nuit, lever froid et humide donc. Cela remet en cause la Cottonwood pour Page, nous ferons donc la boucle par Kanab. Arrêt au Happy Trails Café, attablés, une dizaine de fermiers/éleveurs discutent dur, deux trois "gueules" dont une réincarnation de Buffalo Bill d'environ 80 ans en 'tiag et stetson. Un peu plus loin deux pauvres chevaux se sont mis à l'abri dans une petite excavation rocheuse, la pluie redouble. Le vent pousse de gros nuages noirs, à l'intersection de la Cottonwood il y a une barrière mobile qui ferme l'accès.

Page : nous allons manger au Denny's (copieux et correct comme partout pour le prix), puis un petit tour dans Page, un bon expresso au Beans Gourmet Coffee House. Juste à côté une échoppe avec pas mal d'artisanat Navajo et notamment des articles pour chevaux, quelques selles d'occasion et neuves. Un vieux navajo tient là boutique de sellier. Un crochet par le Supercenter Walmart, immense, une grande majorité de navajos pour la clientèle. Une appartée sociale sur les bienfaits du libéralisme, 8 ans donc que je n'étais pas venu aux USA et je constate que l'on voit toujours et encore plus de "retraités", qui font bien leurs 65/70 printemps, au travail dans les emplois de services, super-marché et restauration, je ne parle pas des bénévoles qui officient en tant que "guide" dans les parks et musées. La réservation au Lake Powell Ressort fonctionne, chambre avec vue sur le lac, le ciel se dégage un peu laissant entrevoir un peu de soleil, malgré ça les couleurs des roches et de l'eau sont tristes. J'avais gardé un plus beau souvenir du lieu, de plus les eaux ont bien baissé en 8 ans, l'impression est moins saisissante. Repas du soir au Dam Bar Grill, bonne viande, un verre de Pinot, ambiance musicale et des écrans TV pour les matchs de Football US, accueil très sympa, le serveur nous reconnaissant le lendemain nous offrira une part de tarte comme dessert. Retour à la chambre et sur la pelouse devant la baie vitrée une famille de lapins prend le frais dans le noir.



Dimanche 5/10/8 : Ciel dégagé! Barrage de Page, un groupe de bikers avec l'intendance qui suit en pick-up 4x4, des bateaux/mobil-home sur des camions.


Pour s'accrocher avec les orteils !
Petit bateau ....Passage par Horseshoebend, http://www.pbase.com/brianowski/horseshoe, une bonne vingtaine de touristes sur le site, nous sommes les seuls français, un couple de russes qui à force de faire approcher leur fille d'une quinzaine d'années du bord lui feront tellement peur qu'elle en pleurera, idiot. Nous allons ensuite vers Navajo Bridge, ou se côtoient donc le vieux et le récent pont, vertige pour moi même au milieu de la chaussée!


Avant - Après

Nous continuons jusqu'à Lee's Ferry. C'est le lieu de départ des embarcations, barques bois ou canots pneumatiques de 2 à 6 places en plus du rameur, qui descendent le Colorado en tout ou partie. Nous en verrons quelques uns démarrer après un long briefing et une sérieuse vérification des équipements. A cet endroit, le fleuve est encore bleu vert du fait de la proximité du barrage, il se charge d'alluvions beaucoup plus bas, l'eau doit être aux alentours de 8/10°.
http://www.youtube.com/watch?v=YSNzPLYXMFM




Nous arrivons à Antelope Lower vers 13h30, nous sommes une dizaine, à 14h le guide nous conduit à l'entrée de la faille qui descend dans le canyon nous laissant libre de prendre notre temps. Le soleil un peu bas et le ciel un peu voilé les couleurs ne seront pas éclatantes, mais le charme opère quand même, surtout à pouvoir le faire dans le silence et pratiquement seul, chacun se laissant distancer. A pas mal d'endroit le sol est bien humide avec parfois quelques flaques, la pluie de la veille. Nous y passerons une bonne heure. Même en le revoyant je trouve cet endroit toujours aussi féerique, l'usure du temps, l'eau et le vent ont vraiment sculpté des formes fantastiques.
On rentre là !

Pause café à Page, retour à la chambre, mail, courrier, .....
La trace blanche sur la roche marque à peu près le niveau du lac tel que je l'avais découvert en 1998.Repas au Dam. Bière en musique. Lapins. Dodo.
Lundi 6/10/09 : Petit déj au Beans à Page, un expresso au soleil, un vieux navajo profite du wifi avec son portable en terrasse. Ce soir nous coucherons au Grand Canyon, route donc vers Cameron en passant par Kaibito la 98, la 160, pause casse-croute à Tuba City, petit tour au Trading Post, marché du temple pour touristes, avec quelques rares jolies choses d'artisanat Navajo. Puis la route bifurque à droite pour petit à petit approcher de la faille, arrêts aux différents points de vue, soleil, pas trop de brume, avant de rejoindre le El Tovar ou nous passerons deux nuits, direction Papillon à Tusayan, pour réserver le Grand Tour. Au loin dans la direction sud-ouest un immense nuage dû à un feu de forêt pousse dans un ciel tout bleu.
IncendieRendez-vous le surlendemain à 9h pour vol vers 10h, pas de place pour demain. Nous prenons la chambre, magnifique vue depuis le balcon sur le canyon à gauche, la Hopi House en face.



Pause café thé cigarettes sur les transats au soleil. Ballade et photos le long de la Rim Trail, pas trop de monde, le lieu semble inciter les gens à un certain silence. Hermits Rest Road est fermée pour travaux, on ne peut pas aller plus loin que Maricopa Point. Repas du soir au resto Coronado Room du Best Western Squire Inn à Tusayan, ambiance cosy, bonne cuisine, accueil et service souriant et un brin stylé. Une longue pause au bord du canyon avant d'aller au lit, deux trois lumière dans le lointain vers le fond de la gorge. Pas un bruit si ce n'est celui de la nuit et de quelques rongeurs qui fouillent les poubelles pas encore vidées par une employée en train de le faire à preque 23h !
Mardi 7/10/08 : Madame dort, je me lève, 6h30, sur la pelouse du El Tovar et aux abords immédiats, des mule-deer finissent leur nuit couchés en rond, le regard curieux et attentif, ils se laissent filmer en confiance. Les écureuils sont déjà debouts, et s'agitent sur le petit mur bordant le canyon.




Ballades aux alentours jusqu'au Kolb Studio sympa, puis nous partons vers Williams après petit déj au Jennifers Bakery & Internet, petites tables extérieures au soleil. Stop en route au Planes of Fame Air Museum qui semble fermé. Une petite heure à tourner dans Williams pour photos. Midi nous grignotons à Flagstaff et promenons en ville, quelques jolies boutiques d'antiquités, de nombreux bars et restos, pas mal de jeunesse en terrasses, il fait très beau. Petit détour vers la vieille gare, un train long comme un jour sans pain passe et hurle (92 wagons). Retour à Grand Canyon par la 180, petit tour en forêt. Re coup d'oeil depuis la Rim Trail. Repas du soir au Yippee-Ei O Steakhouse, c'est l'usine, qualité moyenne, copieux, que du touristes étrangers en majorité.
Loco du Grand Canyon RailwayDodo.
Mercredi 8/10/08 : Vol hélico ce matin, beau temps, pas de vent, la pesée au comptoir pour l'attribution des places dans la soucoupe volante, le film pour les consignes de sécurité (anglais ou espagnol), un peu d'attente, puis distribution des tickets numérotés, madame est chanceuse car ayant le plus petit gabarit elle gagne le N°1 à côté du pilote, moi derrière lui, nous sommes 6 passagers en tout, deux couples allemands avec nous. Huit ans après le vol est toujours aussi beau et impressionnant (même musique "Ainsi parla Zarathoustra" pour l'arrivée au surplomb), différence par rapport à Mai 2000, il ne neige pas sur la North Rim, et la forêt a de magnifiques couleurs automnales. On peut avoir le sentiment d'être dans une usine à touristes, les rotations s'enchaînent à un rythme effréné, mais je retrouve la même impression de professionnalisme et de sécurité. C'est après le vol de Canyonlands le deuxième à faire si on peut se le permettre. Pas d'esbroufe de "champagne" californien en bas, peu de turbulences comparé à l'avion et surtout une vue de beaucoup moins haut de la partie Est, la plus grandiose.
Confluent du Little Colorado (bleu clair) et du Colorado
Une fois l'émotion digérée et le plaisir savouré nous cassons une petit croute après deux courses au Minimart de Tusayan. Route vers Sedona par la 64, la 89et la 89A. Beaucoup de circulation entre Flagstaff et Sedona, la route est belle en forêt et serpente beaucoup, pleins de petits motels cachés sous les arbres le long de la rivière entre Slide Rock SP (quelques baigneurs dans les petits bassins)et Oak Creek Vista.


Nous logerons au BW Arroyo Roble & Creekside, jolie chambre sur l'arrière avec belle vue sur les rochers rouges flamboyants qui dominent Sedona. Petit tour en ville, mais il est tard et les boutiques ferment, j'essaie de retrouver l'une d'entre elles ou j'avais vu une sculpture peu travaillée faite dans un morceau de racine et tronc de cactus représentant une tête de chef indien avec sa coiffe de plumes. Je ne trouverais rien de semblable, en tout cas rien en bois de cactus. Sedona ne dépérit pas, beaucoup de monde, beaucoup plus de "galeries d'art"... Nous déambulons jusqu'à la nuit tombée. Nous mangerons au Cowboy Club, mojito et filet mignon de porc excellent. Service un peu long mais beaucoup de monde. Café et au lit.
Jeudi 9/10/08 : Aujourd'hui direction Chinle, petit détour par Mormon Lake que j'avais vu sous la neige en Avril 98, joli petit coin paisible et verdoyant, puis direction Holbrook par la 40/180, petite ville me faisant penser à Williams mais encore plus abandonnée, beaucoup de batiments, stations, garages, motels plus ou moins à l'abandon. On s'arrête dans un bric à brac vendant du bois pétrifié, des VHS d'occase, des vinyles, ..., le maître des lieux (look de Walter Brenan dans Rio Bravo) nous affirme même pouvoir en livrer un camion en France mais gaffe au prix! On repart avec notre petit morceau 15$. Traversée de Petrified Forest depuis le sud, Visitor Center, passage par Blue Mesa Scenic Drive, pratiquement personnes tout au long de la route qui remonte au nord jusqu'à Painted Desert, beaucoup de vent, un peu froid.




Pause à une petite aire de repos, une vieille carcasse de voiture évocation de la Mother Road aux environs de Pinta.


A Chambers, direction nord par la 191. Route en assez mauvais état, rainurée transversalement sur des dizaines kilomètres, on se croirait en train ta-da-dam ta-da-dam ....Des paysages assez désolés, beaucoup de poussière soulevée par un vent violent qui voile un soleil de moins en moins tonique, des terres grises. C'est l'heure de la sortie à Ganado, plein de jeunes navajos marchent un peu vers nulle part le long de la route d'ou l'on aperçoit quelques pauvres mobil-home perdus dans le lointain comme dans les environs de Page en allant vers Cameron.


Il est un peu plus de 16h30 quand nous arrivons à Chelly, les points de vue du haut de la rive sud du canyon, pas un chat, un vent qui devient glacial. Le soleil est trop bas pour un bon éclairage du canyon. Madame découvre et se régale, je suis moins séduit que la première fois.


L'ours ?
Accueil sans fioriture au Thunderbird Lodge, chambre nickel, j'aurais pu ne pas réserver, à priori moins de la moitié du lieu est occupée. L'endroit est agréable, planté de nombreux arbres. Nous mangerons simple genre tacos/fajitas aux milieux de familles navajos au grand complet, grands-parents, enfants, au resto style Denny's du Best Western de Chinle ...10 ans que je n'étais pas venu et toujours le même aspect d'une région pauvre et désolée, dévastée par la pauvreté, de quoi vivent ils, la réponse comme dit le Routard est sûrement à chercher dans les nombreux centres d'aide sociale des Affaires Indiennes. J'avais eu ce même ressenti à Kayenta en 98, mais là, la proximité de Monument Valley si sublime de grandeur et de beauté avait atténué cette sensation de malaise, mal-être qui me vient ici. Un café/cigarette devant la porte de la chambre dans la nuit noire, le vent est tombé, il fait moins froid.
Vendredi 10/10/08 : Nous quittons Chinle pour Albuquerque et son International Balloon Fiesta. Passage par Gallup, Ramah, El Morro, Grants. Beaucoup de route dans les paysages plats et assez monotones du Nouveau-Mexique nord, végétation faite de résineux éparpillés et rabougris.

Changement de véhicule à l'aéroport agence Hertz, nous laissons notre Ford Expedition avec 20183 miles au compteur, pour hériter d'une Cadillac DTS (25692 miles au compteur, GPS là aussi) dans laquelle nous aurons quelques difficultés à loger nos valises.

Nous nous installons pour trois nuits au Club House Inn & Suites, belle chambre avec petit salon séparé donnant sur le jardin intérieur avec piscine. L'hôtel est situé tout près d'une voie rapide mais hyper calme grâce à une bonne isolation. Après installation, internet pour les news familiales nous partons pour la Fiesta. Au programme ce soir, feu d'artifice après la Glowdeo, moment ou à la tombée de la nuit les ballons à air chaud sont gonflés au sol et les flammes les éclairants illuminent la nuit de plein de couleurs. Entrée gratuite, beaucoup de monde, des familles entières, très bon-enfant, ambiance kermesse, pique-nique sur les pelouses, des allées complètes de snacks divers et variés, un seul point de vente de bière, clos par de petites barrières, on ne sort pas avec son verre à la main, consommation sur place obligatoire, la police d'Albuquerque patrouille sur d'énormes chevaux paisibles avec un certain succès.



Un énorme tacos à emporter, nous déambulons entre des tas d'exposants, de marchands de souvenirs, tee-shirts, jouets, ... Un peu plus loin, une scène, un groupe rock, chanteuse style Janis Joplin, sympa. Mais pas la météo, qui se gâte, gros nuages noirs sur la montagne au sud, et un vent à décorner une Long Horne. Du coup par mesure de sécurité il n'y aura que deux tentatives de gonflages, quelques participants font un peu le spectacle en allumant les bruleurs qui crachent bruyamment des flammes de 4/5 mètres de haut. Feu d'artifice sympa pour clôturer la soirée.



Nous allons nous coucher en croisant les doigts pour que la météo soit plus favorable Dimanche matin, en effet j'ai réservé et payé un vol avec Rainbow Riders en ballon à air depuis Décembre 2007.
Samedi 11/10/08 : Debout 5h, 45mn après arrivée sur le site, il fait encore nuit mais, le vent souffle déjà fort, trop ! En effet au fur et à mesure de la matinée, ayant acheté l'Albuquerque Journal, nous apprendrons que la veille un accident mortel à eu lieu aux abords du site, un ballon rabattu par le vent a brulé en touchant une ligne électrique, du coup tous les vols sont annulés, aucune compétition sauf amélioration de la météo, mais sans espoir vraiment avant demain(http://www.nowpublic.com/...loon-fiesta-accident ) . Après la déconvenue de Glacier Park, celle-ci est costaud! Le vol du lendemain matin est donc en suspend. Il est aux environs de 9h30 quand nous rentrons à l'hôtel le moral en a pris un coup, depuis tant d'années, je rêvais de voir ces dizaines de ballons flamboyants dans un ciel pur bleu ... Pour se consoler, direction le buffet petit-déj, copieux et bon.
http://www.youtube.com/watch?v=XMWNcONE01g




Nous décidons alors d'aller jusqu'à Santa Fé, "grâce" au vent le ciel est dégagé! Tour en ville, boutiques, galeries avec toujours autant de belles œuvres, du monde, pour cause de messe en cours impossible de visiter la cathédrale. Le cœur de la ville n'a pas vraiment changé en 8 ans, les natives vendent toujours leur production plus ou moins belle et artistique sous les arcades du Palace of the Governor, les constructions en adobe sont toujours la règle au moins aux alentours immédiats de la place qui a conservé son kiosque à musique.


En écoutant une des radios locales, nous avons confirmation que toutes les manifestations du soir sont annulées. Un détour par Taos petite place centrale bordées de vieilles maisons converties en boutiques à souvenirs touristiques et autres. Nous rentrons donc en fin de soirée sur l'hôtel, repas en cours de route au San Felipe's Casino situé sur une réserve indienne, quelques pièces puis dodo.
Dimanche 12/10/08 : Idem hier matin, nous allons direct au chapiteau de Rainbow Riders, c'est bon pour la réservation, les vols sont complets. Durant l'enregistrement on nous fait remplir l'éternelle décharge, contrôle identité, nous sommes divisés en groupe de 6, il y a semble t'il 8 ballons en tout, présentation faite du pilote, on nous indique l'emplacement du notre sur le pré d'ou l'on s'envole. Il est 6h45, rendez-vous 7h30, ils attendent confirmation de la part des autorités de l'autorisation de voler. Un petit café rapide dans un des stands, un peu inquiet je ne vois pas beaucoup d'équipage privé en cours de préparatif. 7H30 nous revenons, attendrons jusqu'a 8h30 et là comme pressenti, tout est annulé. ( http://www.kob.com/...tories/s616536.shtml ) Rainbow Riders nous propose le remboursement ou le report du vol au Mardi, nous serons rembourser par virement sur CB deux jours après sans frais et même avec un petit bénéfice dû au cours du $ plus avantageux que lors de l'achat. Retour sur l'hôtel, deux courses pour grignoter dans la chambre (micro-onde) pour midi, petite sieste matinale en attendant le repas. 13H on se réchauffe donc notre cuisine chinoise et nous partons vers le Old Town et la Plaza. Quartier plus ou moins typique du vieil Albuqueruqe, beaucoup de monde, nous sommes Dimanche, devant une des innombrables boutiques, 6 vétérans Navajos dédicacent leur livres, ce sont eux les Windtalkers qui ont inspiré le film avec Nicolas Cage. Nous en achèterons un que chacun d'entre eux signera en entourant son visage sur quelques photos de l'époque ou ils étaient dans les Marines. Repas du soir à La Hacienda sur la Plaza, cuisine mexicaine très copieuse, correct pour le prix sans plus, beaucoup de gens d'ici en famille, des repas de groupes qui chantent et boivent.
Lundi 13/10/08 : Ce matin départ pour Ruidoso par la 85 et la 380. J'avais envie de passer deux jours dans ces montagnes du Nouveau Mexique, ou l'on fait du ski l'hiver (Station Ski Apache gérée par la tribu des Mescaleros). En quittant Albuquerque, la route traverse des paysages toujours aussi secs, ciel bleu, peu de vent (Rrrrrrrrrrrrrrr !!!). Nous traverserons la partie nord du White Sands Missile Testing Court et en sortirons vivants. A l'approche de Carrizozo, pause ballades et casse croute au Valley of Fires State Park : grande zone d'environ 50km de long sur 5 à 10 de large couverte de lave noire ou poussent différents types de cactus et autres plantes à épines. Quelques points sont aménagés pour les RV avec des BBQ, abris et tables. Un arrêt café à Carrizozo ....


La route commence alors à monter gentiment aux travers des sapins, les alentours de Ruidoso ressemble bien à une zone de villégiature aisée, de belles propriétés et maisons cachées dans la forêt. Nous coucherons deux nuits au Inn of the Mountain Gods, bel hôtel casino niché au creux d'un vallon au bord d'un lac, reposant, vert. Un parcours de golf en borde une partie. La température se fait plus fraiche sur le soir. Belle chambre, vaste, qui donne sur le plan d'eau, avec juste en face au loin deux tepees à la lisière de la forêt.


Nous mangerons au buffet du casino, très bien. Nous discuterons un peu avec une jeune cuisinière américaine qui venait de passer un an en Italie dans un restaurant pour parfaire sa formation. Elle se désolait un peu du manque de diversité de la cuisine proposée ici. Elle tenait le "stand" fruit de mer, et préparait les plats selon les désirs des clients. J'ai choisi une poêlée de crevettes et petits supions sautés ail et huile d'olive. Quelques cents pour les bandits en sirotant un mojito et dodo.
Mardi 14/10/08 : Debout vers 8h, une brume épaisse enrobe tout le coin, un vent glacial la pousse au dessus du lac, la journée est consacrée à la visite de petites villes aux alentours.


Nous partons donc sous la pluie et un ciel très bas pour dans l'ordre :Capitan (Smokey Beat Historical SP), Lincoln (souvenir de Billy the Kid, pas âme qui vive, le peu qui est à voir ou visiter est fermé), Hondo, San Patricio, Mescalero, Tularosa, La Luz, Cloudroft (jolie petite ville, quelques beaux bâtiments notamment le Lodge), puis la Cox Canyon Hwy jusqu'à Mayhill qui traverse la Lincoln NF puis retour à Ruidoso par la 82 et 244, un expresso au Starbuck avant l'hôtel. Journée un peu gâchée par la météo, mais malgré tout de belles routes au travers de forêts, prairies.

Repas au resto Wendell's de l'hôtel, bon steackhouse. Re-mojito, re-piéces, dodo.
Mercredi 15/10/08 : Au programme aujourd'hui, l'Air Space Museum d'Alamogordo, sympathique évocation des campagnes spatiales US, mais aussi de nombres de leurs missiles. Le musée domine la ville vers l'ouest, dans le lointain une grosse couche nuages ou de brouillard recouvre le bas de Kaylor Mountain. Nous entrons dans White Sands Nat Mont en milieu de matinée le Ranger nous informe que le park ferme à12h30, pour cause de tirs de missiles entre 13 et 14h. Nous avons donc un peu plus de deux heures pour marcher, photographier (ce n'est pas la meilleure heure avec le soleil au zénith) et grignoter. Sont aménagées de petites guérites en tôle ondulée pour s'installer, nous croiserons trois bus scolaires qui visitaient le park. Le sable est vraiment blanc, avec la luminosité on se croirait au ski! La végétation est assez rare, mais quelques arbustes et fleurs roses et jaunes parsèment ces étendues presque immaculés.



Nous roulons ensuite vers Las Cruces, stop pour se désaltérer, puis jusqu'à Deming. Petite ville perdue au milieu de rien en bordure de la Highway 10/70. Dodo au BW Mimbres Valley, correct, et repas dans un petit resto familial (pseudo italien) Palma's, deux trois familles du coin et quelques personnes âgées qui repartent avec la moitié de leur repas dans l'éternel doggy-bag. 19H il fait nuit, retour hôtel, télé, internet pour les news et rideaux.
Jeudi 16/10/08 : Ce soir nous nous arrêtons pour trois nuits à Tucson. Aujourd'hui encore je prendrais ma dose de routes rectilignes, de prairies séchées de fin d'été, de cactus, de roches, de montagnes à l'horizon, j'aime ça aussi rouler rouler ... Passage donc par Lordsburg Rodeo Apache Douglas(ville frontière avec le Mexique, le mur, les grillages, la poussière qui vole, la pauvreté). Direction ensuite Bisbee (qui semble ne pas dépérir au cours des années, toujours la brulerie de café qui parfume l'air à certaines heures me rappelant mon enfance au Marché Victor Hugo avec le café Baquié, quelques vieux bâtiments restaurés en plus de puis 8 ans, le Cooper Qeen ou j'avais dormi et bien mangé est toujours là, la serveuse étudiante connaissait même Toulouse y ayant passé 15j lors de son séjour d'un an à Paris) puis remontée par Nicksville, Sierra Vista, Whetstone, Benson, et enfin Tucson. Trois nuits donc au JW Marriot Starr Pass, bel hôtel sur une colline dominant Tucson, des Saguaros partout autour, piscines, bars, restaurants. Beaucoup de monde, un congrès, des touristes américains en majorité. Très beau parcours de golf attenant, fréquenté très tôt le matin, 7h déjà les voiturettes circulent et les balles volent! Petite virée au Desert Diamond Casino, repas au buffet, bien.



Vendredi 17/10/08 : Un aller et retour sur Tombstone (boutiques pour ramener des queues de Rattlesnake, bar musical et ses quelques figurants pour une bière, peu de monde, le cimetière, je revois tout ça et je n'y reviendrais pas), puis direction le Pima Air Museum (9, 75$/pers), immense, des centaines d'avions civils et militaires, dedans dehors restaurés fatigués, un régal mais grosse chaleur à la longue dehors, les hangars eux sont climatisés.
Le cimetière de Tombstone ...
L'autre cimetière de Tombstone ....
Les rues se vident avant les duels ...
B 17G
Drôle de guêpe !


Passage par le Davis Monthan Graveyard AFB, pas mal de tours et détours pour approcher les grillages et faire des photos de ces centaines ou milliers d'avions stockés là en attente de destruction ou réutilisation pour quelques uns parait-il. Impressionnant cet amoncèlement de machines de guerre qui dorment ou meurent là.




Nous restons dans les alentours de l'hôtel pout profiter des derniers rayons de soleil qui embrasent ciel et collines. Soirée idem la veille.
Samedi 18/10/08 : Petit-déj sur la terrasse devant l'hôtel, le soleil du matin cogne déjà, quand soudain une musique m'accroche l'oreille: c'est Carla qui nous poursuit jusqu'ici en effet, son "amoureux" rencontre Bush à Washington. Nous partons faire un tour dans le centre de Tucson, St Augustin Cathedral, El Barrio Historico District, El Presidio Park & District, Congress Street, Broadway Bvd, les petites rues environnantes, puis nous passerons l'après-midi dans Saguaro West Park, ballades, visite de l'Arizona Sonora Desert Museum (13$/pers), instructif, agréable, beaucoup de bénévoles expliquent la vie au sens large (serpents, colibris, fleurs, cactus, ...) dans le désert environnant. Coucher de soleil dans les montagnes. Repas du soir, très bon steackhouse dans un ancien garage réaménagé, belle déco, service souriant et attentionné, mais impossible de remettre la main sur le nom (sur la même avenue qu'Olive).







Dimanche 19/10/08 : Aujourd'hui nous quittons le Nouveau Mexique pour San Diego, pas loin de 700km par la 10 et la 8, toujours vers l'ouest et le pacifique au bout. La radio calée sur les stations country qui se succèdent au fur et à mesure, en essayant d'éviter les nombreuses émissions religieuses du Dimanche matin. Route monotone juqu'à El Centro, commencent alors des dunes puis à partir d'Ocotillo on s'élève dans une région montagneuse toute de pierres rondes(un énorme chaos de Targasone!) . Après plusieurs stops cafés, repas, repos, "dégourdissage" de jambes, nous arrivons vers 17h à notre hôtel Dana Inn on Mission Bay pour trois nuits. La chambre (2203)donne par un balcon sur un bras de mer qui mène au port, pelouse verte et palmiers, mouettes et pélicans sous les yeux.

On pose les valises, petite douche pour se "réveiller" et nous allons par le gigantesque pont vers l'Hôtel Coronado situé sur l'ile faisant face à la ville, ballade au bord de l'océan sur le sable, points de vue sur San Diego, un porte-avion, des voiliers, les avions en approche de l'aéroport semblant passer entre les gratte-ciel.




19h, la nuit est tombée, nous allons diner au Sea Port Village, quelconque lieu piège à touristes avec ses boutiques à souvenirs, peu de monde. Nous mangerons au Harbor House Seafood Restaurant, huitres pas fraiches, poisson peu copieux, propreté du lieu douteuse, de temps en temps une blatte traverse la nappe, à éviter donc !! Un petit tour en ville en voiture avant d'aller au lit.
Lundi 20/10/08 : Pour se réveiller, un détour par Ocean Beach ce matin, petite brume sur le pacifique, quelques jeunes surfent déjà, il est 8h. D'autres rangent leur sac de couchage après une nuit dehors et grattent déjà leur guitare, au bout de Abbott Street et Newport Avenue nous buvons un double expresso face à au pacifique, le Starbucks est juste à côté en face un hostel un peu délabré. D'ailleurs le quartier semble un peu à la limite du "marginal", ou du moins très hippies baba surf tatouage, plein de petites boutiques de fringues et restos/bars, tout ce petit monde s'éveille sourit, sympa comme impression.


A la taille de la planche.La majeure partie de la journée sera consacrée au Seaworld, toujours aussi agréable avec de beaux spectacles et des tas d'animaux bien mis en valeurs, on peut accessoirement nourrir des otaries, des dauphins, caresser des raies, ... La météo nous offre une douce chaleur qui doit durer au moins la semaine.



Passage par La Jolla qui me semble de plus en plus résidentiel, petite ballade en bord de "falaise" les pélicans font du rase-mer. Puis direction Gaslamp, on traine un peu dans les rues, beaucoup de jeunesse, des tas de restos et bars musicaux, un magasin de voitures de collection avec des répliques d'AC Cobra, Spider Porsche, une vraie Traction-Avant moyennement restaurée à 35 000 $ et une Smart d'occase à 27 000 $ !! Nous irons manger chez Croce's, deux douzaines d'huitres excellentes avec un verre de Chardonnay, ça fait du bien et ça change de la viande souvent très bonne mais enfin un peu de diversité dans les repas. On tourne encore un peu pour profiter de cette animation et retour à l'hôtel.
Mardi 21/10/08 : Re petit-dèj à Ocean Beach, on a bien aimé cette ambiance le matin, puis journée au Zoo. J'avais visité le WildLife il y a 8 ans, bien mais pas envie de rouler autant. Le Zoo est toujours aussi beau, du monde, ours blancs et hippopotames à voir, pleins d'autres animaux dans un parc luxuriant et proprement présenté, les pandas sont plus nombreux mais dorment toujours beaucoup.


En fin d'après-midi, Balboa Park puis retour vers le centre, Old Town, Horton Plaza, le stade de base-ball, repas japonais moyen dans Gaslamp, une bière au Whiskey Grill, dodo.




Mercredi 22/10/08 : Route vers Palm-Springs aujourd'hui en passant par Alpine, Descanso, Julian (jolie petite ville), Ocotillo Wells (la traversée de Anza Borrego Desert est sauvage et désertique), Salton Sea (Salton City catastrophe écologique les berges sont couvertes de millions de petits et gros poissons morts desséchés et de coquillages dans le même état, quelques habitations fatigués motor-home délabrés, c'est sinistre, mais je voulais voir), La Quinta, Indian Wells. Plus l'on approche de cette dernière partie du trajet, plus on voit de palmeraie et d'immenses zones irriguées pour la production maraichère.



Pause d'une nuit au Spa Resort. Après dépose des valises, petit tout en ville ou se déroule la parade des écoles de la ville, élèves déguisés, profs et directeurs en décapotables en famille, majorettes, équipes de basket ... amusant et impensable en France, très bon enfant et festif.



Repas du soir au buffet de l'hôtel, un mojito au bar et dodo.
Jeudi 23/10/08 : Toujours grand beau temps et ça dure depuis Ruidoso. Direction la traversée de Joshua Tree NP pour terminer à Los Angeles ce soir. Quelques photos à la sortie ouest de la ville pour les éoliennes, puis route à l'est.

Nous entrerons par le sud Cottonwood Visitor Center juste avant Chiriaco Summit pour sortir du park à Joshua Tree, après avoir fait différents stops : Cholla Cactus Garden, Keys View, Hidden Valley, Park Boulevard...

Pause repas dans un Burger King le long de la route, des frites d'un autre monde en forme de ressort juste comestibles ...
Frite-ressort ....
Nous prenons ensuite la 62 et la 10 pour rejoindre Los Angeles ou nous coucherons trois nuits. Pour la deuxième fois, le GPS va nous être plus qu'utile, pour se retrouver. Il va nous servir durant ces trois jours, car l'enchevêtrement des différentes voies rapides et autoroutes dans LA n'est pas très évident, de plus à certaines heures la circulation est assez dense et dépasse bien de 10 à 15 miles/heure la limitation (gros changement depuis 8 ans).

Nous nous posons donc au Westin Bonaventure, belle chambre (2607) avec coin salon au 26° étage avec vue sur l'Observatoire et la colline d'Hollywood au loin. On y accède par des ascenseurs extérieurs intégralement vitrés offrant une belle et impressionnante vue en cours de la montée. L'intérieur de l'hôtel est magnifique, immense atrium, jets d'eau, bars, restaurants, salle gym, construction toute en courbes et niveaux ....




Vers les 20h nous partons pour Santa Monica, promenade dans le quartier piéton, ou il est interdit entre autre de fumer, repas huitres poisson au Boa Steackhouse, très bien.
3th Sreet Santa Monica


Retour hôtel.
Vendredi 24/10/08: Journée aux Studios Universal, nous y sommes à l'ouverture, on commence par le tour en "train" de quelques décors plus ou moins attractions (métro, dents de la mer, ....). Puis tranquillement, nous passerons d'un spectacle à l'autre, j'éviterais perso les attractions style montagne-russe, madame adore. Pas trop de monde donc peu de temps d'attente. Beaucoup de français et d'italiens.
Cuisse de dinde au grill
Kiss ...
Dérision ...Direction l'Observatoire ( buste de James Dean) et Griffith Park pour la tombée de la nuit. La vue est toujours aussi époustouflante, la nuit est claire, la vue s'étant à des dizaines kilomètres, un dirigeable, les avions qui arrivent et repartent de LAX, et la ville quadrillée par les rues, avenues, highways et freeways saturées de milliers de voitures qui scintillent. L'accès au park ferme vers les 21/22h, il renferme des clubs d'équitations apparemment assez fréquentés en fin d'après-midi.

De retour à l'hôtel, comme il se fait tard, nous y mangerons : italien, escalope au Marsala et spaghettis, au Marcello's.
Samedi 25/10/08 : Ce matin après un bon café au Starbucks du coin, montée au plus haut de Mulholland Drive, photo des célèbres lettres de l'Hollywood Sign sur fond de ciel bleu, les petites routes serpentes dans cet ensemble de collines qui dominent Hollywood et Beverly Hills, cela me rappelle certains coins de la Côte d'Azur vers Eze village, entre les différentes corniches, de belles maisons cachées, quelques architectures notables, des points de vue rares. Ballade en voiture dans les beaux quartiers sous les alignements de palmiers aussi fins que hauts.
Du haut de Mulholland DriveNous redescendons vers le Grauman's Chinese Theater, beaucoup, trop de monde, difficile de faire quelques photos des empreintes et étoiles. Petit tour sur Hollywood Boulevard, moins sale et limite glauque qu'il y a 10 ans. Ayant ramené madame qui se repose à l'hôtel, je vais faire un tour dans le quartier du Angels Flight Railway, sur South Broadway, quartier très Amérique du Sud, boutiques vêtements pas chers, des robes de mariées aux couleurs roses et bleues incroyables, un marché couvert typique avec de la cuisine guatémaltèque vénézuélienne mexicaine, une pharmacie chinoise traditionnelle, un salon de massage chinois, des maraichers, d'infinis étals de piments. Quartier populaire, un Mc Do' ou une vieille dame asiatique sans âge débarrasse et nettoie les tables en échange d'un repas, des marchands de téléphones portables à même le trottoir, un immense portrait d'Anthony Queen sur un mur de briques, la sortie d'une chapelle pentecôtiste d'une mariée mexicaine ....






Passage par Old Plazza et El Pueblo (caserne pompier, gare), Chinatown (rien à voir avec celui de San francisco), puis retour à l'hôtel pour ranger, trier, sauvegarder photos et vidéos. En fin d'après-midi, retour sur Santa Monica, beaucoup de monde, bord de mer, quelques homeless dorment sur les pelouses, pier, rues piétonnes ou se pressent des artistes divers et variés, des stands de Bush et Obama.



Homeless

Attirés par le nom "Anisette", nous mangerons là. Belle brasserie tenue par Alain Giraud (chef français) et son chef Joshua Smith, au choix tables ou bar, clientèle plutôt jeune et aisée. Installés au bar nous prendrons pour changer, des huitres et une superbe bourride de lotte à la sétoise accompagnée d'un Picpoul de Pinet (on se ressource, j'apprécie ce vin depuis plus de 20 ans !). Très étonné de trouver ce vin, j'en discute avec la serveuse (une bombe mexicaine croisée de Speedy Gonzalez) qui ira chercher le sommelier très aimable, originaire de Bretagne. Il expliquera son choix, par le fait qu'il veuille faire découvrir de bons crus régionaux français à des prix abordables du fait de leur moindre renommée sur une carte aux tarifs qui grimpent nettement plus haut. Nous aurons la surprise de nous voir offert le pichet de vin (4 verres) !! A nos côtés c'est installé un couple de Gallois, ces dames discutent un peu mi français mi anglais, il est ferrailleur, ils connaissent et fréquentent régulièrement la côte languedoc-roussillon et donc Sète et sa région. Bon repas et moment sympathique. Retour hôtel par les freeways très fréquentées en ce samedi soir.
Dimanche 26/10/08: Ce matin nous partons pour Tehachapi (5000 éoliennes), Barstow ou nous faisons un stop pour courses pique-nique, puis la 15 direction Las Vegas (dans le sens opposé des milliers de véhicules roulent au ralenti direction LA, c'est la fin du week-end). A nouveau des paysages désertiques, la chaleur, des massifs montagneux à l'horizon, stop à Primm pour des achats au Fashion Outlets (Jean's Lee ou Wrangler à 15$, Polo et Chemise Ralph Laurens de 25 à 39$), nous trainons un peu volontairement car je veux arriver de nuit à Vegas, je trouve cela plus "magique". Nous nous installons pour quatre nuits au Bellagio (Cypress Room).Magnifique chambre, 10° étage pile au milieu du bâtiment, salle de bains pour elle avec baignoire spa, l'autre pour moi avec douche hammam, un côté salon Tv, et un côté lit (un écran plat escamotable au pied) face à une baie vitrée donnant sur le lac, ses jets d'eau, et la Tour Eiffel du Paris.
http://www.youtube.com/watch?v=DeZcltt-5wA

Soirée dans l'hôtel, repas excellent au Fix avec un carré d'agneau et verre de Merlot. Un tour pour les jeux et les jeux d'eau sur le lac (3.5 hectares) sur des airs de Sinatra, Bocceli, Dion, ... On s'endort la Tour Eiffel entre les orteils ...





Lundi 27/10/08 : Journée sans voiture, nous ferons le tour des quelques grands casinos côté sud, à pied, métro aérien, Monte Carlo MGM Luxor Paris .... Quelques achats souvenirs. Nous réservons des places pour le Rêve demain soir et Ô le lendemain. Repas du soir au buffet du Bellagio, belle qualité et beau choix, nous allons ensuite à Fremont Street pour l'Experience (spectacle lumineux sympa) puis passage par le sommet du Stratosphère, quelle vue, mais quelle parano pour y accéder, fouille et papiers d'identités. Sur le retour arrêt au spectacle du Treasure Island que j'ai trouvé assez nul (c'est la Star Ac) en comparaison de l'ancien lorsque le bateau pirate coulait après la bataille navale. Quelques pièces aux manchots et mojitos offerts comme nous jouons au bar du Bellagio. Coucher tard.
Mardi 28/10/08 : Lever tard, Red Rock puis direction outlet, différent de celui de Primm, d'avantage de boutiques de marque mais plus cher et plus chic. Beaucoup d'européens et de japonais. Repas de midi au, cuisine asiatique, buffet d'une extraordinaire fraicheur, tout est préparé devant vous, sushis excellents (les cuisiniers découpent les poissons entiers et les poulpes sont vivants avant d'être conditionnés ou cuisinés). Après-midi sur le strip, repas au buffet du Wynn, qui vaut le tarif élevé, nous craquons sur les plats asiatiques et les pattes de crabe gigantesques. Spectacle Le Rêve, placé en haut de la salle, nous avons eu vue magnifique, un régal absolu vraiment, une mise scène qui exploite l'espace de manière géniale, et des effets scéniques époustouflants avec un plateau qui fait office de plancher ou de bassin autorisant des plongeons très risqués. La salle circulaire est comble.Quelques extraits trouvés sur You Tube : http://www.youtube.com/watch?v=45SW5LdYGZ0
Retour à l'hôtel en passant par Le Venetian que je trouve le plus beau et le plus réussi dans le genre reconstitution d'un lieu ou évocation d'un thème. En route pour une bonne nuit de sommeil, journée un peu fatigante, il fait chaud.
Mercredi 29/10/08 : Journée de repos complète pour madame qui traine un peu la patte, du coup je ne reviendrais pas à Valley of Fire SP, l'ayant visité deux fois, je manque de motivation. Une barge navigue sur le lac, avec des plongeurs effectuant la maintenance des jets d'eau, le tout sous l'œil d'un canard attentif.

Nous allons voir Ô, bel et bon spectacle, plus poétique et moins enlevé que Le Rève que j'ai préféré, la salle est comble là aussi, mais de forme classique. Quelques numéros débutent dans le public (clowns). Repas au Fix comme le premier soir, moins de monde, nous sommes en semaine.
Jeudi 30/10/08 : En route pour Death Valley, en passant par Mountain Springs, Tecopa, Shoshone (pause pique-nique). Départ sous le soleil mais petit à petit il nous abandonne et plus nous nous enfonçons dans le désert du park plus le ciel s'assombrit, les sommets lointains de la Sierra Nevada disparaissent un peu dans les nuages, je suis inquiet pour la Tioga Pass, elle était ouverte hier... Passage par les classiques Badwater, Dante's View, Zabriskie Point.

Orage sur Death Valley


Nous arrivons à Furnace Creek Ranch, du monde à la réception, No Vacancy, j'avais réservé une chambre en rez de chaussée donnant sur la pelouse faisant face à la piscine, elle est refaite à neuf, d'ailleurs les travaux sur les plus près de l'entrée sont encore en travaux.

Je reviens à la réception pour des infos sur la Tioga, j'apprends qu'elle est fermée pour cause de neige mais la Sonora 108 est encore ouverte. Repas au Wrangler Steackhouse, correct, puis une bière au 49'er Café. Il fait quelques gouttes et le vent c'est levé.
Vendredi 31/10/08 : Il a plu cette nuit et ça continue ce matin. C'est la troisième fois que je viens ici, les fois précédentes (avril 98, mai 2000) j'avais eu aussi droit à deux orages mais de quelques minutes seulement. Café pris au petit supermarché de l'entrée, puis nous faisons la boucle d'Artist Drive, Stovepipe Wells, Sand Dunes. De grosses gouttes encore, mais ça se calme, il fait presque froid avec le vent (22°).




A partir de Lone Pine, la route suit la vallée, dans les nombreuses descentes du trajet à la sortie de Death Valley, je trouve les freins un peu moux et la voiture vibre beaucoup. Les sommets que l'on aperçoit sur la gauche sont enneigés. J'avais prévu de dormir à Lee Vining pour Bodie et Mono Lake, mais sans réserver. A Bishop, après avoir vu sur des panneaux routiers que la Tioga Passet la Sonora Pass étaient fermées, je m'arrête au bureau des Rangers en sortie de ville. Le Ranger de permanence très serviable téléphonera et me confirme que la Ebbets Pass est également fermée depuis le matin, il a beaucoup neigé toute la nuit.


Devant être demain soir à Yosemite (réservation faite au Ahwahnee pour deux nuits) nous traçons jusqu'à South Lake Tahoe. La Luther Pass est dégagée mais de la neige subsiste sur les bas côtés, dans la descente les vibrations augmentent. Sur le GPS je trouve la station Hertz à l'hôtel Harvey's, nous y prenons une chambre, mais le bureau Hertz ferme à 18h, il est 19h passé. Appel au numéro d'assistance qui me dit qu'une voiture sera disponible demain matin à l'hôtel en remplacement. La nuit, la pluie, la fatigue, on a pas mal roulé aujourd'hui, tout cela fait que nous dinerons au buffet du Harvey's, au milieu de pas mal de clients déguisés Halloween oblige. On ne trainera pas ce soir, au lit à 22h.
Samedi 1/11/08 : Un café devant le bureau Hertz qui ouvre à 9h, l'homme très aimable vérifie mes dires sur son terminal et 15mn après, l'échange de véhicule est fait sans aucun soucis, nous avons fait 2785 miles depuis Albuquerque. Nous héritons d'une Mercury Grand Marquis, moins cossue que la Cadillac mais au coffre plus fonctionnel pour nos valises (27896 miles au compteur) Départ donc pour Yosemite, nous passerons par Sutter Creek, Angels City (repas, café Starbuck), Sonora, Jamestown, et la 120 jusqu'à l'hôtel. Cette route traverse une partie de la Gold County, avec une succession de villes et villages au charme certain, plus ou moins touristiques et qui ont gardé un côté authentique bien agréable. Nous arrivons dans la vallée sous la pluie, le ciel est bas (Valley View), on ne voit pas les hauteurs de Yosemite Falls, El Capitan et Half Dome. Nous prenons possession de la chambre pour deux nuits, propre et confortable. Le Ahwahnee est situé en bout de route au fond de la vallée, magnifique bâtiment, tout en pierre et bois, grande cheminée dans le vaste salon meublé et décoré de vieux meubles et anciennes tapisseries et tapis datant de l'ouverture de l'hôtel.



On ressort pour se ballader un peu dans Curry Village et Yosemite Village (Visitor Center, Chapel, ...). Repas du soir au bar de l'hôtel. Un mariage anglo-australien est installé dans une salle privée avec orchestre.




Dimanche 2/11/08 : Café du matin dans la chambre, la marque je n'y crois pas, est "Toulouse", il n'en est pas meilleur! Ciel bouché et petite pluie, Yosemite Falls est dégagée nous allons donc au pied, ça "brumise" un maximum, gros débit, comparable à ce que j'avais eu en avril et mai les années précédentes. On croise quelques promeneurs, mule-deer et écureuils.

Pas la peine de monter jusqu'à Glacier Point, c'est dans la purée de pois. Dommage car la vision est unique depuis ce belvédère. Nous irons jusqu'à Mariposa Groove, ou la boucle en voiture est fermée, tout ce fait à pied maintenant, quelques fumeroles aux détours du sentier et de la route, des feux récents donc. Les séquoias sont toujours aussi majestueux, mais le lieu autant que je m'en souvienne a souffert des incendies, beaucoup d'arbres tombés, abimés, calcinés.

Stop à Wawona sur le retour (pause casse-croute à l'abri dans la voiture), Tunnel View ou le ciel est un peu plus clément, les nuages partent en lambeaux et laissent passer quelques rayons de soleil. Au coin fumeur à l'entrée de l'hôtel, nous ferons connaissance de Friday, jeune femme vivant à Santa Monica, elle semble peu attirée par les festivités du mariage qui se poursuivent. On discute de notre voyage et évoquant notre future étape à Monterey, elle nous recommande chaudement le Plaza Hotel. Elle repart à la fête et nous au bar pour le repas du soir, un petit cocktail et un duo de poissons fumés avec salade.
Lundi 3/11/08 : Un peu découragé par le mauvais temps, nous remontons vers Monterey pour deux nuits en supprimant l'étape à Morro Bay. Nous quittons la vallée par El Portal, Merced, route agréable. Puis nous traversons la plaine centrale de la Californie, zone de culture maraichère à perte de vue, des troupeaux de bétail dans des stabulations gigantesques, des champs de coton, trajet "instructif" mais pas très beau. Passé Los Banos le paysage change en bien, la météo aussi et l'on attaque la chaine côtière séparant la plaine centrale du Pacifique. La végétation est quand même rare, beaucoup de collines couvertes de prairies jaunies par la sécheresse de l'été finissant.


Grand soleil à Monterey ou nous suivons les conseils de Friday. Belle chambre côté mer Bay View, dépose bagages, les loutres nagent sous les fenêtres au milieu d'immense étendues de kelp http://www.youtube.com/watch?v=DPwfWyawebg . Nous repartons pour une ballade à pied jusqu'à l'aquarium en traversant the Cannery, les phoques, otaries, sea-lions, mouettes se font entendre, peu de monde.


Le soir ballade au Fischerman's Warf, comme à San Francisco, une plateforme flottante est aménagée dans le port, les phoques jouent des coudes pour s'y tenir, petit tour des boutiques pas terribles, repas chez Domenico, nous dégusterons des abalones (ormeau) avec une sauce échalotes et chardonnay, excellente découverte de ce fruit de mer.





Quand nous reprenons la voiture, je découvre un PV pour stationnement interdit, étant arrivé de nuit, je n'avais pas vu, ce sont des emplacements pour les véhicules de pêcheurs, on devait être 3 ou 4 garés là sur 20 places, mais bon, c'est la loi, 20$. De la chambre, fenêtres ouvertes, la nuit est remplie du bruit de la mer et des cris des divers mammifères marins.


Mardi 4/11/08 : L'Amérique se lève pour voter aujourd'hui, le sentiment qui se dégage depuis presque deux mois que nous sommes là et qu'une majorité de gens espère un changement, un besoin de justice, une attitude plus sociale de leur gouvernement. Petit-déj sur le balcon au soleil, ça fait du bien, une mouette pas farouche sur la balustrade nous chiperait bien un croissant. Au programme pour nous, Aquarium (toujours magnifique), Carmel, 17 Miles Drive, Lone Cypress, marcher sur la plage, grimper sur les rochers, croiser les écureuils au bord de l'eau, ...









Retour au Fisherman's pour le repas, madame se fait accoster par un serveur de l'Isabella (jeune homme d'origine allemande) qui lui offre le menu en français (traduction approximative faite sûrement sur le net, ce qui donne des plats à la composition farfelue et parfois incompréhensible). Peine perdue nous revenons chez Domenico pour notre cure d'iode avec quelques huitres et un verre de Sauvignon blanc. Demain dernière ligne droite qui nous mènera à San Francisco, la fin approche ... On se couche avec comme dernières nouvelles l'élection probable d'Obama, comme un vent d'espoir se lève ...
Mercredi 5/11/08 : Le journal du jour porté avec le petit-déjeuner confirme, Obama est élu. C'est décrit comme un plébiscite, des états à priori non favorables ont quand même basculé vers les démocrates. On longe la côte par Santa Cruz (agréable station balnéaire), puis visite de Ano Nuevo SP, avec plus d'une centaine de sea-lions (éléphant de mer) dont quelques jeunes mâles qui se défient dans l'eau en bord de plage. Deux "rangers" bénévoles sont là pour surveiller que les visiteurs n'aillent pas trop loin vers les bébêtes, plein d'explications (beaucoup de femelles, peu de jeunes mâles, les vieux viennent en février, il y a alors de gros combats). L'un d'eux est un ancien ingénieur des pétroles, originaire de Suède, il connait bien la France entre autre, ayant énormément voyagé pour son travail. Le sentier qui mène à ce point depuis le parking, traverse une zone de dunes et de landes, on croise des américains heureux de l'élection d'Obama et qui semblent aussi apprécier notre "énervé de président" ...
http://www.youtube.com/watch?v=aQKg3uaLkVk





La route qui suit la côte, la mer en contre-bas, traverse parfois des champs entiers de citrouilles multicolores ou de fraisiers.



Je retrouve sans trop de problème le Parc 55 Renaissance (déjà séjourné en 98, en 2000 j'avais été au Hilton tout proche, mais très déçu par la chambre), nous prenons la chambre au 32° étage, jolie vue vers Dowtown, Macy's, Transamerica...



Soirée classique avec ballade à pied, câble-car, Union Square, repas au Lori's Diner, amusant par le décor, moins par la cuisine, correct pour le prix.
Jeudi 6/11/08 : Petit-déj en plein air au Câble Car Coffee, juste à côté du Visitor Center de Market Street. Lieu de passage, c'est la sortie du Bart Muni, nous voyons passé toute la diversité de San Francisco qui va travailler. Coin sympa pour un café expresso cigarette pour se réveiller.

Journée dans le centre avec ChinaTown, vraiment dépaysant, des gens, des visages, des épiceries, des odeurs, un repas de midi dans un tout petit resto avec quelques "blancs", nous gouterons du vin chinois servi chaud (pour le moins surprenant, ça pourrait ressembler à un mauvais porto blanc chaud).












Après-midi, soirée et repas au Fisherman's Warf au Crab House, crabe entier grillé au four servi avec un beurre à l'ail. Retour câble-car, toujours aussi sympa.
Vendredi 7/11/08 : Ce matin route vers Sausalito pour le vol en hydravion, beau temps, pas de vent, madame toujours aux premières loges à côté du pilote. On survole Tiburon, Muir Woods, Pacifique, Golden Gate (ça le fait bien), la baie avec SF sur la droite, virage au-dessus de Treasure Island, amerrissage, sympa je recommande. http://www.youtube.com/watch?v=mvIZBHm-OAE








Après-midi ballade à pied au Presidio, Fort Point, Marine Drive, Fort Mason.


Go Cars, bonjour les mollets 😉De retour à l'hôtel je tente de payer mon amende sur le site de la ville de Monterey, mais aucune référence ne fonctionne (N° PV, N° immatriculation, ...) Peut-être est ce trop tôt, nous verrons demain. Repas à côté de l'hôtel au Tian Sing Chinese Restaurant, dim sum de luxe mais excellent.
Samedi 8/11/08 : N'arrivant toujours pas à régler mon PV, je demande de l'aide à la Concierge de l'hôtel, qui n'y arrivant pas, me propose très gentiment de le payer avec un de ses chèques en échange de liquide, ce que nous ferons, j'ai le sentiment que je ne dois pas être le premier à qui elle rend ce service. Ce matin, temps frais brumeux, presque de circonstances pour la visite d'Alcatraz, que je ne connais pas. Places réservées depuis jeudi (pas de place plus tôt), visite avec guide audio très intéressante, bonne évocation du lieu et des conditions de vie, au débarcadère il subsiste des traces de l'occupation de l'ile par les mouvements des natives qui ne faisaient que revendiquer la reconnaissance de leur droits. Retour en taxi à l'hôtel, un chauffeur indou en sari et nu-pieds, voiture usée jusqu'à la corde, des freins qui couinent, conduite sportive dans les montées et descente de downtown, grand moment.




Cet après-midi direction Berkeley, ballade dans le campus et rues environnantes (librairie, disquaire, resto/cantine, bar, tatoueur)un nombre significatif d'étudiants porte un tee-shirt Obama Yes we can, ça grouille de jeunesse non conventionnelle dans la tenue. Amusant d'ailleurs de voir s'afficher le soutient à tel ou tel candidat aux élections nationales et autres, sur nombre de véhicules, maisons, fenêtres. Comme dans les petits villages ou banlieues, pour symboliser la présence sous les drapeaux d'un membre de la famille, on accroche un drapeau américain. A l'aller comme au retour nous empruntons Oakland Bay Bridge qui sera bientôt doublé/remplacé par un nouveau pont en construction (début côté Berkeley, presqu'au niveau de Treasure Island à ce jour). Madame n'ayant pas faim, je retourne au Lori's, puis ballade tout le long de Market Street ou en ce samedi soir, il y a quelques chanteurs et groupes sur les trottoirs. Un tour par le Virgin pour quelques CD, mais les prix ne sont pas hyper compétitifs.
Dimanche 9/11/08 : Petit-dèj toujours au même endroit, puis Messe à la Glide Church, malheureusement entre l'heure tardive et je pense l'élection d'Obama, seule la pièce attenante du bas avec grand écran est ouverte. C'est moins prenant comme ambiance, mais les gens présents chantent là aussi. Les discours d'espoir, de lutte, les prières se succèdent sur la scène et les chants montent, accompagnés d'un orchestre digne de James Brown. Ca reste pour moi toujours un grand moment d'émotion avec ce mélange de ferveur de musique de lutte et de solidarité. Sur Market Street une manifestation contre le gouvernement chinois par des membres de la secte Falun Gong, et une autre des anciens prisonniers de guerre des philippines et de leur descendants.






Nous reprendrons la voiture dans l'après-midi pour rouler et se faire un remake de Bullitt en plus paisible bien sûr (Russian Hill, Nob Hill, Telegraph Hill, Pacific Heights, Cliff House, ...). Nous finirons pour le coucher de soleil au Marin Headlands, Point Bonita et Fort Baker.



Repas au Crab House pour notre dernier soir aux US. Retour à l'hôtel pour finir les valises que nous avions commencées auparavant.
Lundi 10/11/08 : Voilà c’est bientôt la fin, un dernier regard sur San Francisco depuis le 32ième étage, grand beau ce matin, un dernier double expresso au Câble Car Coffee, Bob Marley chante déjà. Départ de l’hôtel pour rouler un peu en ville, descendre Market Street, suivre la baie jusqu’au Presidio, descendre Lombard, Washington Square, revenir vers Powell, suivre un cable-car, rejoindre Cliff House et suivre le bord de mer jusqu’à Daly City et finalement l’aéroport pour rendre la voiture (29101 miles au compteur). Nous aurons parcouru 10216 miles au total soit 16440 km pour 1200$ (conso moyenne un peu plus de 10 li/100km).
A peine arrêté un coup de pistolet laser sur l’étiquette collée sur la vitre et le préposé de Hertz me donne la note, les valises sur un chariot nous prenons une petite navette aérienne pour arriver dans l’aérogare, rapide et simple. Nous avons une grosse demi-heure avant le début de l’enregistrement, café, cigarette, et on y va. Pesée des 3 grosses valises, une fait 37kg (limite à 32), il faut répartir le poids et finalement ça passe en chargeant un peu plus les deux qui restent avec nous en cabine. Passage à la sécurité, un tour au duty free pour parfum et cigarettes que l’on nous donne dans des poches transparentes scellées. On partage une pizza et l’embarquement commence.
Décollage à l’heure prévue, vers le sud, virage à droite pour se retrouver au dessus du Pacifique, puis large virage encore à droite pour passer pratiquement à l’aplomb du Golden Gate Bridge, San Francisco disparaît sous l’aile droite, magnifique, quelques instants après on reconnaît le Lake Tahoe et la Sierra Nevada bien enneigée, l’hôtesse nous sert un deuxième verre de champagne. Quelques heures de sommeil et deux films plus tard, un repas moyen nous est offert, nous arrivons à Paris puis enfin à Toulouse ou le ciel est gris et la température bien fraiche. Voila, c'est fini, il a fallut reprendre dès le lendemain, un peu difficile avec le décalage horaire. Ce fût extraordinaire, il en reste des milliers d'images, de moments rares, de couleurs et de formes, d'une nature immense sauvage et préservée, de villes folles, de gens accueillants, de lieux mythiques certains décevants d'autres magnifiques. Bref comme les fois précédentes, l'envie d'y revenir s'incruste, pour découvrir d'autres états et approfondir certains afin de savourer au mieux des sites et des parcs dont je ne me lasse pas. Encore merci aux "forumeurs" et à ceux et celles qui m'ont aidé à réaliser ce rêve à deux.
Idées, suggestions de spectacles sur Las Vegas? English translation pending
BOnjour / Rebonjour,
de nouveau je fais appel a votre aide, et suggestions, merci d'avance
Nous partons en Juin prochain pour L'ouest americain, et passerons 2 nuits sur las vegas. Avez vous des suggestions pour les sorties: spectacles shows gratuit a vraiment voir spectacles shows payant ( mais pas non plus trop trop cher) qui sont sympa
Merci pour vos retours
Merci pour vos retours
Le Machu Picchu - un rêve financièrement inaccessible pour beaucoup! English translation pending
Parmi les lieux magiques visités lors de mon demi tour du monde, j'ai choisi de vous conter ma visite du Machu Picchu : au lieu de la civilisation inca. Pour les autres sites, je vous invite sur mon site web.
Ce soir, je bois l'apéro avec des amis français Philippe et Stéphanie, grands voyageurs eux aussi. Ils sont allés au Machu Picchu et en sont revenus enchantés. Pour eux, c'est l'un des lieux les plus impressionnants qu'ils ont visité à ce jour. Ils m'ont convaincu d'y aller malgré le tarif exorbitant de la visite, prix spécial touriste !!! Mais bon, on y va qu'une fois dans sa vie et les prix vont encore augmenter alors … je vais casser ma tirelire.
Etant donné le prix de la balade, le Machu Picchu est réservé aux pays riches : Europe, Japon, USA, Canada, Australie pour les autres c'est vraiment trop cher. Le train Cusco - Aguas Calientes, 4h de voyage, 68$ A/R, pour un péruvien 30 Soles. Une nuit d'hôtel à Aguas Calientes, il y en a pour toutes les bourses de 25 Soles à 150 $. Le bus pour se rendre sur le site, 20 mn de transport, 12 $ A/R. L'entrée du site, 79 soles passant à 120 soles au 01/08/06, soit 30 €. Mais si l'on a le temps, qu'on est sportif et qu'on aime l'aventure, on peut réduire le coût de transport. Il faut prendre un bus jusqu'à Santa Teresa, 20 Soles pour 8h de voyage, et passer une nuit dans ce village. Le lendemain prendre un camion jusqu'à la centrale électrique, passer la rivière en tyrolienne puis prendre le train jusqu'à Aguas Calientes, 16 $ A/R, ou faire à pied Santa Teresa - Aguas Calientes, 4 heures. A Aguas Calientes, grimper à pied jusqu'à l'entrée du Machu Picchu, en 2 heures, et prévoir une nuit d'hôtel dans ce petit village type temple du tourisme. On peut aussi s'y rendre à pied par le chemin de l'Inca, mais cette balade de plusieurs jours est aussi payante et hors de prix. Tout est bon pour extraire un maximum de fric aux touristes étrangers !!! Donc pour celles et ceux qui ne visiteront pas le Machu Picchu je vais vous raconter ma visite.
Il est 6h15, j'embarque dans le train Cusco - Aguas Calientes de la Perurail pour une visite de ce site Inca découvert en 1911 par l'archéologue américain Bingham.
Et c'est parti, le train monte en zigzag à travers les quartiers pauvres de la montagne dominant Cuzco. Pour gravir la montagne il n'y a pas de virage en lacet. Le train doit parfois passer sur une voie de transition, un opérateur descend du train, bascule l'aiguillage pour pouvoir continuer la progression en marche arrière jusqu'à l'étage suivant. A ce petit jeu, il faut environ une heure pour sortir de Cuzco. Une fois au sommet, le train file en une heure sur un plateau d'eucalyptus et d'herbes jaunies jusqu'à Ollantaytambo. Ancienne forteresse Inca située au fond de la vallée sacrée, elle contrôlait du haut d'un défilé l'entrée du chemin menant au Machu Picchu 30 kilomètres plus loin dans les montagnes.
Mais où ont-ils pu construire ce fameux Machu Picchu ??? Le train longe le rio Urubamba au creux des cordillères Vilcabamba et Urubamba dont les sommets à plus de 6 000 mètres sont couverts de glaciers et de neiges éternelles : c'est beau !!! Ici et là sur le parcours quelques terrasses Incas, plus le train s'enfonce au cœur des montagnes plus la végétation devient dense et plus le chemin se rétrécit. Déjà, rien que l'approche est assez mystérieuse, énigmatique, on ne sait pas trop où cela va nous mener.

Il est 10h15, le train entre en gare d'Aguas Calientes, tout le monde descend … Aguas Calientes ou le temple du tourisme, à la sortie de la gare on se perd dans le marché artisanal qui sépare le bourg de la gare, impossible d'y échapper avant de passer l'un des ponts menant au village sur l'autre rive du cours d'eau. Il y a très peu de rues et toutes se ressemblent : restaurant - hôtel - souvenirs - épicerie - restaurant -hôtel - souvenirs - épicerie … Il y en a tellement que cela devient difficile de choisir. Je pars à la recherche d'un hôtel où passer la nuit. Je n'ai pas besoin de luxe, c'est juste pour dormir, un bon lit fera l'affaire. Déjà je m'écarte du centre-ville, je monte l'avenue Pachacutec où je trouve l'hostal Ima Sumac à 25 Soles négociés, très bon accueil, douche chaude, wc privé, bonne literie et petit déjeuner inclus, je prends. Je dépose mes petites affaires et décide d'aller faire une première visite du Machu Picchu. J'achète le ticket de bus, entre dans le bus, m'assois, quelques minutes passent quand tout à coup je me rends compte que j'ai oublié d'acheter le ticket d'entrée au Machu Picchu. Mais où ai-je la tête ? Je redescends donc du bus et pars au centre d'informations acheter le fameux sésame. Je remonte dans le bus, regarde le ticket et je m'aperçois qu'il est valable trois jours mais pour une seule entrée sur le site. Ah je n'avais pas compris cela, j'avais cru comprendre que l'on pouvait entrer sur le site pendant trois jours. Ca change tout !!! Je demande confirmation à l'employée du bus qui me confirme qu'il n'est valable qu'une journée. Il est 12h30, le site ferme à 17h, je n'y vais pas aujourd'hui. Je redescends du bus et récupère mon ticket. La contrôleuse a dû se dire que j'étais un peu chiant sur les bords mais tant pis.

Je visite un peu la ville avant de me balader le long de la rivière Urubamba, dans ce défilé entre les parois verticales. Je trouve un superbe endroit pour déjeuner, en pleine végétation, au bord de la rivière. Il doit pleuvoir pas mal par ici ??? Je continue cette agréable balade le long du rio jusqu'au petit village de Machu Picchu (Alt 2 040m) en face, de l'autre côté de la rivière, se dresse la montagne du Machu Picchu. D'ici le site est totalement invisible, les seules traces humaines sont quelques terrasses accrochées au flanc de la montagne là-haut à 2 500 mètres. Allez, courage, je décide de grimper jusqu'à l'entrée du site voir ce qu'il y a, 500 mètres de dénivelé par un chemin de pierres et de marches à travers la végétation luxuriante. Une heure plus tard je suis à l'entrée du site où il n'y a rien à voir à part un hôtel et quelques boutiques. Le site est toujours invisible. Je reprends mon souffle car la montée est assez épuisante. J'essaie d'entrer sur le site au cas où mais rien à faire. Le ciel se couvre, il commence à pleuvoir. Il est temps de redescendre sur Aguas Calientes, une heure de marche et de nouveau 500m de dénivelé. Arrivée au bas de la montagne, j'ai les jambes qui flageolent, toutes ces marches irrégulières m'ont cassé. J'arrive à l'hôtel vidé et trempé, une bonne douche, un bon repas et une bonne nuit pour recharger les batteries car demain je remets cela.

Le 29/06, le ciel est très couvert, vers 6h30 j'entre dans le bus qui va m'amener à l'entrée du site par la piste en lacet tracée à flanc de montagne. A 7h00, je présente mon ticket, longe pendant quelques mètres la paroi de la montagne et enfin je découvre le site de cette mythique cité mystérieuse construite au milieu de nulle part, au sommet d'une montagne, parfaitement invisible de la vallée. De nos jours le Machu Picchu est toujours un mystère. Les scientifiques ne savent toujours pas s'il s'agissait d'une forteresse contre les invasions des tribus amazoniennes, d'une capitale religieuse, d'un lieu de culte consacré au soleil ou de la dernière capitale Inca. Ils pensent qu'il fut construit à partir de 1438 par le 9eme empereur Inca : Pachacutec et que la ville aurait pu servir de dernier refuge à Manco Capac et ses fils lors de leur rébellion contre les espagnols jusqu'en 1572. Jamais les espagnols de Pizzaro ne découvrirent le Machu Picchu.

On entre sur le site par le quartier des agriculteurs et leurs terrasses en gradins dont ils avaient la charge avant de pénétrer dans les ruines de la cité. Là, il faut aimer les ruines et les pierres taillées au millimètre. Le Machu Picchu se divise en quartiers séparés en grande partie par une place centrale, une grande pelouse où broutent les derniers alpagas du Machu Picchu. Dans le sud de la ville protégés par une muraille se trouvent les quartiers de la tour centrale, du temple du soleil, du palais royal, des habitations, des prisons et du temple du condor. Entre le palais royal et le temple du soleil descend la jolie ruelle dite des fontaines composée d'une série de petits bassins disposés en cascade les uns à la suite des autres. A l'est de la place, on découvre le quartier industriel, celui des intellectuels et du temple de la lune. A l'ouest, le quartier religieux : la maison du grand prêtre, le grand temple et la sacristie. Dans le prolongement de ce quartier une série d'escaliers permet d'atteindre le point le plus élevé de la cité : l'Intiwatana, l'observatoire astronomique. Mais je vous avoue que pour faire la différence entre les quartiers il faut avoir beaucoup d'imagination à part les temples et les palais où les pierres ont été travaillées et placées au millimètre près le reste n'est qu'une succession de murs et de pignons sans toiture. Sans toiture car elles devaient être composées de joncs et de palmes. La taille des murs et de certaines pierres est assez impressionnante. Beaucoup de murs comportent des niches et des ouvertures trapézoïdales, la marque de fabrique des Incas. On a recensé 285 maisons permettant d'estimer la population à environ 1200 personnes. Le Machu Picchu n'est pas plat et tous ses quartiers reliés par des escaliers se situent à des niveaux différents donnant au site un certain relief. Au fond de la cité se dressent deux pics dont le Huayna Picchu rendant ce lieu incomparable. Le Huayna Picchu surplombe le Machu Picchu de 200 mètres, il faut une heure pour arriver à son sommet. Allons voir ce que l'on voit de là-haut.

Après une heure de grimpette assez physique d'un chemin tracé dans la végétation sur les pentes de ce pic, j'arrive enfin au sommet du Huayna Picchu, à 2 700m, où je découvre quelques terrasses cultivables et quelques vestiges : temple, mirador, porte ??? Mais le summum reste le panorama grandiose qui s'étale sous mes yeux, c'est magnifique. C'est d'ici que l'on se rend vraiment compte de la beauté de l'environnement du site. Le Huayna Picchu se trouve au centre d'un cirque montagneux. Tout autour de moi ce ne sont que montagnes noires où s'accrochent les nuages. Seuls quelques rayons de soleil arrivent à percer la couche nuageuse comme des projecteurs venant éclairer un pan de montagne. Si je regarde vers le bas, attention au vertige, c'est un à pic de 700 mètres avec là-bas, tout au fond, la rivière Urubamba formant une boucle autour de ce piton merveilleux, c'est grandiose !!!

Mais revenons sur le Machu Picchu car ce piton offre aussi une vue magnifique sur le site où domine la vision des terrasses dont la couleur vert tendre fait ressortir la cité de son environnement. Et, lorsqu'un rayon de soleil vient éclairer le site comme un spot, l'instant devient vraiment magique. Bon ! il est 11h, je resterais bien une heure de plus à contempler ce magnifique panorama mais il est temps de redescendre pour laisser la place aux autres car l'accès au Huayna est réglementé.

De retour sur le Machu Picchu, je traverse le quartier religieux et le centre astronomique où se trouve une énorme pierre angulaire dont on pense qu'il s'agissait d'un calendrier solaire. Je passe sousla porte principale de la citadelle surmontée d'un anneau de pierre et de deux poignées creusées dans la roche pour me rendre au mirador. C'est de cet endroit que toutes les photographies du Machu Picchu sont prises. La plus belle vue du site : les ruines, la place centrale vert pâture puis au fond les deux pitons rocheux se dressant vers le soleil. Dernière petite balade vers le pont de l'Inca pour découvrir la face ouest du site et ses terrasses accrochées à la paroi verticale. C'est impressionnant …

Voilà il est 14h30, l'heure de repartir vers Aguas Calientes prendre le train de 16h15. Je redescends à pied, de nouveau sous la pluie, histoire de bien m'imprégner des lieux. Une visite onéreuse, mais que c'était beau. Ce lieu est magique !!!
Ce soir, je bois l'apéro avec des amis français Philippe et Stéphanie, grands voyageurs eux aussi. Ils sont allés au Machu Picchu et en sont revenus enchantés. Pour eux, c'est l'un des lieux les plus impressionnants qu'ils ont visité à ce jour. Ils m'ont convaincu d'y aller malgré le tarif exorbitant de la visite, prix spécial touriste !!! Mais bon, on y va qu'une fois dans sa vie et les prix vont encore augmenter alors … je vais casser ma tirelire.
Etant donné le prix de la balade, le Machu Picchu est réservé aux pays riches : Europe, Japon, USA, Canada, Australie pour les autres c'est vraiment trop cher. Le train Cusco - Aguas Calientes, 4h de voyage, 68$ A/R, pour un péruvien 30 Soles. Une nuit d'hôtel à Aguas Calientes, il y en a pour toutes les bourses de 25 Soles à 150 $. Le bus pour se rendre sur le site, 20 mn de transport, 12 $ A/R. L'entrée du site, 79 soles passant à 120 soles au 01/08/06, soit 30 €. Mais si l'on a le temps, qu'on est sportif et qu'on aime l'aventure, on peut réduire le coût de transport. Il faut prendre un bus jusqu'à Santa Teresa, 20 Soles pour 8h de voyage, et passer une nuit dans ce village. Le lendemain prendre un camion jusqu'à la centrale électrique, passer la rivière en tyrolienne puis prendre le train jusqu'à Aguas Calientes, 16 $ A/R, ou faire à pied Santa Teresa - Aguas Calientes, 4 heures. A Aguas Calientes, grimper à pied jusqu'à l'entrée du Machu Picchu, en 2 heures, et prévoir une nuit d'hôtel dans ce petit village type temple du tourisme. On peut aussi s'y rendre à pied par le chemin de l'Inca, mais cette balade de plusieurs jours est aussi payante et hors de prix. Tout est bon pour extraire un maximum de fric aux touristes étrangers !!! Donc pour celles et ceux qui ne visiteront pas le Machu Picchu je vais vous raconter ma visite.
Il est 6h15, j'embarque dans le train Cusco - Aguas Calientes de la Perurail pour une visite de ce site Inca découvert en 1911 par l'archéologue américain Bingham.
Et c'est parti, le train monte en zigzag à travers les quartiers pauvres de la montagne dominant Cuzco. Pour gravir la montagne il n'y a pas de virage en lacet. Le train doit parfois passer sur une voie de transition, un opérateur descend du train, bascule l'aiguillage pour pouvoir continuer la progression en marche arrière jusqu'à l'étage suivant. A ce petit jeu, il faut environ une heure pour sortir de Cuzco. Une fois au sommet, le train file en une heure sur un plateau d'eucalyptus et d'herbes jaunies jusqu'à Ollantaytambo. Ancienne forteresse Inca située au fond de la vallée sacrée, elle contrôlait du haut d'un défilé l'entrée du chemin menant au Machu Picchu 30 kilomètres plus loin dans les montagnes.
Mais où ont-ils pu construire ce fameux Machu Picchu ??? Le train longe le rio Urubamba au creux des cordillères Vilcabamba et Urubamba dont les sommets à plus de 6 000 mètres sont couverts de glaciers et de neiges éternelles : c'est beau !!! Ici et là sur le parcours quelques terrasses Incas, plus le train s'enfonce au cœur des montagnes plus la végétation devient dense et plus le chemin se rétrécit. Déjà, rien que l'approche est assez mystérieuse, énigmatique, on ne sait pas trop où cela va nous mener.

Il est 10h15, le train entre en gare d'Aguas Calientes, tout le monde descend … Aguas Calientes ou le temple du tourisme, à la sortie de la gare on se perd dans le marché artisanal qui sépare le bourg de la gare, impossible d'y échapper avant de passer l'un des ponts menant au village sur l'autre rive du cours d'eau. Il y a très peu de rues et toutes se ressemblent : restaurant - hôtel - souvenirs - épicerie - restaurant -hôtel - souvenirs - épicerie … Il y en a tellement que cela devient difficile de choisir. Je pars à la recherche d'un hôtel où passer la nuit. Je n'ai pas besoin de luxe, c'est juste pour dormir, un bon lit fera l'affaire. Déjà je m'écarte du centre-ville, je monte l'avenue Pachacutec où je trouve l'hostal Ima Sumac à 25 Soles négociés, très bon accueil, douche chaude, wc privé, bonne literie et petit déjeuner inclus, je prends. Je dépose mes petites affaires et décide d'aller faire une première visite du Machu Picchu. J'achète le ticket de bus, entre dans le bus, m'assois, quelques minutes passent quand tout à coup je me rends compte que j'ai oublié d'acheter le ticket d'entrée au Machu Picchu. Mais où ai-je la tête ? Je redescends donc du bus et pars au centre d'informations acheter le fameux sésame. Je remonte dans le bus, regarde le ticket et je m'aperçois qu'il est valable trois jours mais pour une seule entrée sur le site. Ah je n'avais pas compris cela, j'avais cru comprendre que l'on pouvait entrer sur le site pendant trois jours. Ca change tout !!! Je demande confirmation à l'employée du bus qui me confirme qu'il n'est valable qu'une journée. Il est 12h30, le site ferme à 17h, je n'y vais pas aujourd'hui. Je redescends du bus et récupère mon ticket. La contrôleuse a dû se dire que j'étais un peu chiant sur les bords mais tant pis.

Je visite un peu la ville avant de me balader le long de la rivière Urubamba, dans ce défilé entre les parois verticales. Je trouve un superbe endroit pour déjeuner, en pleine végétation, au bord de la rivière. Il doit pleuvoir pas mal par ici ??? Je continue cette agréable balade le long du rio jusqu'au petit village de Machu Picchu (Alt 2 040m) en face, de l'autre côté de la rivière, se dresse la montagne du Machu Picchu. D'ici le site est totalement invisible, les seules traces humaines sont quelques terrasses accrochées au flanc de la montagne là-haut à 2 500 mètres. Allez, courage, je décide de grimper jusqu'à l'entrée du site voir ce qu'il y a, 500 mètres de dénivelé par un chemin de pierres et de marches à travers la végétation luxuriante. Une heure plus tard je suis à l'entrée du site où il n'y a rien à voir à part un hôtel et quelques boutiques. Le site est toujours invisible. Je reprends mon souffle car la montée est assez épuisante. J'essaie d'entrer sur le site au cas où mais rien à faire. Le ciel se couvre, il commence à pleuvoir. Il est temps de redescendre sur Aguas Calientes, une heure de marche et de nouveau 500m de dénivelé. Arrivée au bas de la montagne, j'ai les jambes qui flageolent, toutes ces marches irrégulières m'ont cassé. J'arrive à l'hôtel vidé et trempé, une bonne douche, un bon repas et une bonne nuit pour recharger les batteries car demain je remets cela.

Le 29/06, le ciel est très couvert, vers 6h30 j'entre dans le bus qui va m'amener à l'entrée du site par la piste en lacet tracée à flanc de montagne. A 7h00, je présente mon ticket, longe pendant quelques mètres la paroi de la montagne et enfin je découvre le site de cette mythique cité mystérieuse construite au milieu de nulle part, au sommet d'une montagne, parfaitement invisible de la vallée. De nos jours le Machu Picchu est toujours un mystère. Les scientifiques ne savent toujours pas s'il s'agissait d'une forteresse contre les invasions des tribus amazoniennes, d'une capitale religieuse, d'un lieu de culte consacré au soleil ou de la dernière capitale Inca. Ils pensent qu'il fut construit à partir de 1438 par le 9eme empereur Inca : Pachacutec et que la ville aurait pu servir de dernier refuge à Manco Capac et ses fils lors de leur rébellion contre les espagnols jusqu'en 1572. Jamais les espagnols de Pizzaro ne découvrirent le Machu Picchu.

On entre sur le site par le quartier des agriculteurs et leurs terrasses en gradins dont ils avaient la charge avant de pénétrer dans les ruines de la cité. Là, il faut aimer les ruines et les pierres taillées au millimètre. Le Machu Picchu se divise en quartiers séparés en grande partie par une place centrale, une grande pelouse où broutent les derniers alpagas du Machu Picchu. Dans le sud de la ville protégés par une muraille se trouvent les quartiers de la tour centrale, du temple du soleil, du palais royal, des habitations, des prisons et du temple du condor. Entre le palais royal et le temple du soleil descend la jolie ruelle dite des fontaines composée d'une série de petits bassins disposés en cascade les uns à la suite des autres. A l'est de la place, on découvre le quartier industriel, celui des intellectuels et du temple de la lune. A l'ouest, le quartier religieux : la maison du grand prêtre, le grand temple et la sacristie. Dans le prolongement de ce quartier une série d'escaliers permet d'atteindre le point le plus élevé de la cité : l'Intiwatana, l'observatoire astronomique. Mais je vous avoue que pour faire la différence entre les quartiers il faut avoir beaucoup d'imagination à part les temples et les palais où les pierres ont été travaillées et placées au millimètre près le reste n'est qu'une succession de murs et de pignons sans toiture. Sans toiture car elles devaient être composées de joncs et de palmes. La taille des murs et de certaines pierres est assez impressionnante. Beaucoup de murs comportent des niches et des ouvertures trapézoïdales, la marque de fabrique des Incas. On a recensé 285 maisons permettant d'estimer la population à environ 1200 personnes. Le Machu Picchu n'est pas plat et tous ses quartiers reliés par des escaliers se situent à des niveaux différents donnant au site un certain relief. Au fond de la cité se dressent deux pics dont le Huayna Picchu rendant ce lieu incomparable. Le Huayna Picchu surplombe le Machu Picchu de 200 mètres, il faut une heure pour arriver à son sommet. Allons voir ce que l'on voit de là-haut.

Après une heure de grimpette assez physique d'un chemin tracé dans la végétation sur les pentes de ce pic, j'arrive enfin au sommet du Huayna Picchu, à 2 700m, où je découvre quelques terrasses cultivables et quelques vestiges : temple, mirador, porte ??? Mais le summum reste le panorama grandiose qui s'étale sous mes yeux, c'est magnifique. C'est d'ici que l'on se rend vraiment compte de la beauté de l'environnement du site. Le Huayna Picchu se trouve au centre d'un cirque montagneux. Tout autour de moi ce ne sont que montagnes noires où s'accrochent les nuages. Seuls quelques rayons de soleil arrivent à percer la couche nuageuse comme des projecteurs venant éclairer un pan de montagne. Si je regarde vers le bas, attention au vertige, c'est un à pic de 700 mètres avec là-bas, tout au fond, la rivière Urubamba formant une boucle autour de ce piton merveilleux, c'est grandiose !!!

Mais revenons sur le Machu Picchu car ce piton offre aussi une vue magnifique sur le site où domine la vision des terrasses dont la couleur vert tendre fait ressortir la cité de son environnement. Et, lorsqu'un rayon de soleil vient éclairer le site comme un spot, l'instant devient vraiment magique. Bon ! il est 11h, je resterais bien une heure de plus à contempler ce magnifique panorama mais il est temps de redescendre pour laisser la place aux autres car l'accès au Huayna est réglementé.

De retour sur le Machu Picchu, je traverse le quartier religieux et le centre astronomique où se trouve une énorme pierre angulaire dont on pense qu'il s'agissait d'un calendrier solaire. Je passe sousla porte principale de la citadelle surmontée d'un anneau de pierre et de deux poignées creusées dans la roche pour me rendre au mirador. C'est de cet endroit que toutes les photographies du Machu Picchu sont prises. La plus belle vue du site : les ruines, la place centrale vert pâture puis au fond les deux pitons rocheux se dressant vers le soleil. Dernière petite balade vers le pont de l'Inca pour découvrir la face ouest du site et ses terrasses accrochées à la paroi verticale. C'est impressionnant …

Voilà il est 14h30, l'heure de repartir vers Aguas Calientes prendre le train de 16h15. Je redescends à pied, de nouveau sous la pluie, histoire de bien m'imprégner des lieux. Une visite onéreuse, mais que c'était beau. Ce lieu est magique !!!
Musique dans le Nord-ouest argentin? English translation pending
bonjour à tous,
je cherche des renseignements sur la musique en argentine, et plus spécifiquement sur la région du NOA, et en particulier de salta jusqu'à humahuaca. Pouvez vous me dire où l'on peut voir et écouter des groupes typiques (à salta, tilcara, pumamarca, humahuaca ou ailleurs?)? peut être connaissez vous des noms de groupes? des liens? je suis preneuse de toutes infos
merci
fernande
Quatre jours au sein d'une communauté indigène de Bolivie, expérience inoubliable et chouette initiative English translation pending
Piranhas et bananes au petit déjeuner.
Se rendre à Sanandita, petit village de la forêt amazonienne appartenant au Département de Cochabamba (Bolivie), est une véritable aventure et ce dès le commencement. Le responsable du tourisme de la communauté indigène Yuracaré, Juanito Cartagena, est venu nous chercher tôt le matin pour commencer le voyage. Ensemble nous avons effectué les 7 heures de bus nous séparant de notre destination, San Gabriel, sur des routes sans asphalte et pleines de trous et côtoyant les agriculteurs mâchant la coca. Cette petite ville se compose d’une unique rue poussiéreuse bordée de petits commerces dans lesquels on trouve tout le nécessaire pour la vie quotidienne dans la jungle. Nous profitons donc là-bas de la dernière occasion pour nous d’acheter des biens civilisés comme de l’eau en bouteille, fortement recommandée aux vues de l’eau salée du fleuve bue par les natifs. Nous arrivons au “port” dans un taxi délabré qui, de toute évidence, fut trafiqué pour mettre le volant à gauche plutôt qu’à droite, sa place d’origine. Quatorze personnes s’y tassaient sans problème, profitant efficacement de chaque espace disponible. Le canoë que nous empruntons pour finir fut chargé de la même manière, ainsi qu’à chaque mouvement le rebord de l’embarcation s’approchait dangereusement de la surface de l’eau. Par chance, à ce moment là, nous ne savions rien encore des piranhas et des caïmans qui partagent le fleuve avec les indigènes.
Un étroit sentier battu nous mène du port à Sanandita, lointain village encaissé entre un lac et l’impénétrable forêt tropicale. Dix sept familles appartiennent à cette communauté. Leurs cabanes de bois s’alignent sur le bord du fleuve à quelques centaines de mètres les unes des autres. Pour les visiteurs, les habitants du village ont construit une cabane à part, à l’identique des leurs, c’est-à-dire faite de bois et de paille sur pilotis. Et à la question de savoir pourquoi on devait dormir à l’étage de ces cabanes déjà si élevées, étage auquel on accède par une échelle, Juanito nous répondit tranquillement que les Pasancas, énormes araignées velues, restaient au sol et ne grimpaient pas aux hauts murs. Ouf, c’est un moindre mal !
Chances de survie des touristes dans la jungle : sans aide, bien maigres.
La première nuit dans la cabane est insolite : la natte, dure en comparaison d’un matelas, l’obscurité la plus totale mais avant tout le tapage omniprésent de la jungle, remarquable en particulier la nuit. Là-bas, singes hurleurs, oiseaux nocturnes et grillons sans fin se donnent en concert. Le déroulement de la journée est vraiment très simple : levé avec le soleil et couché lorsque le ciel s’obscurcie. En fait, tout est très logique. Dans la jungle on doit renoncer à ce que sont pour nous des commodités normales comme l’électricité, l’eau courante et les installations sanitaires. Le matin, à 8 heures, notre chauffeur Renaldo vient nous chercher pour prendre le petit déjeuner. Leonora, sa femme, a déjà cuisiné au feu de bois le riz avec les bananes et le poisson, qu’elle nous sert alors avec un sourire timide. La première tâche après le petit déjeuner est de pêcher pour le prochain repas. Presque toutes les activités sont liées à l’alimentation. Vu d’un peu plus prêt, cela ne diffère pas tant du monde occidental, seulement, dans la jungle, on note une relation bien plus directe entre le travail et la nourriture. En pêchant dans le fleuve avec une cane à pêche se composant d’une corde et d’un crochet, je me rends compte que mes chances de survie dans la jungle sans l’aide experte de Ronaldo y Leonora seraient vraiment faibles. Je n’ai pas réussi à attraper un seul poisson malgré tous les conseils donnés et suivis avec soins. Je n’ai pas passé non plus le test suivant : la survie dans la jungle. Les fruits, nombreux et appétissants, situés pour la plupart en hauteur, au sommet des palmiers, ne pouvaient être récupérés que difficilement en secouant le tronc de l’arbre. En quelques secondes, Renaldo escalada le tronc qui n’avait pas même de nœuds. Moi aussi j’ai essayé, bien que dans la communauté les tâches soient séparées de façon relativement claire et que ce travail soit exclusivement réservé aux hommes. Par conséquent cela a provoqué un grand ahurissement! Je n’ai pas pu grimper plus trois mètres, ce qui en laissait encore plusieurs autres avant de pouvoir atteindre les fruits tant désirés.
Mais grâce aux capacités de grimpeur de Renaldo, nous découvrions ce jour-ci le paradis des fruits : bananes, papayes, oranges, citrons, cosses de cacao et raisins mettaient en évidence que nous étions en visite dans les tropiques. En plus de grimper aux arbres, la grande connaissance du peuple indigène de son habitat, la forêt amazonienne, ne cessa jamais de nous faire grande impression. Ils savent quelles baies utiliser pour pêcher, celles qui sont comestibles, celles qui sont vénéneuses et celles qui servent de remèdes pour diverses maladies. Et quand il n’y a pas d’endroit pour s’asseoir, ils coupent quelques arbres fins à la machette et en trois minutes les transforment en banc. Dans la jungle, notre «savoir urbain » n’est vraiment d’aucune utilité.
La connexion avec la nature et la mystique des aborigènes. L’étroite relation des Yuracarés avec la nature se note non seulement dans leur comportement vis-à-vis de leur environnement naturel –ils ne prennent jamais plus que le nécessaire et ce qui est renouvelable- mais également dans ses légendes, traditions et histoires mystiques. Bien que les Yuracarés furent christianisés au XVIII° Siècle, ils continuent à croire de façon fervente aux esprits et aux ancêtres. Ainsi, les jaguars et les crocodiles n’attaqueraient jamais un aborigène, tout comme les moustiques ne le piquent pas, car il a un lien très étroit avec les animaux et qu’il pourrait leur parler. Cela se révèle tranquillisant quand on passe la nuit dans une tente au milieu de la jungle et, heureusement, nous n’avons pris conscience que bien plus tard que les animaux ne nous connaissaient pas NOUS…
Susan Griesbach
Chances de survie des touristes dans la jungle : sans aide, bien maigres.
La première nuit dans la cabane est insolite : la natte, dure en comparaison d’un matelas, l’obscurité la plus totale mais avant tout le tapage omniprésent de la jungle, remarquable en particulier la nuit. Là-bas, singes hurleurs, oiseaux nocturnes et grillons sans fin se donnent en concert. Le déroulement de la journée est vraiment très simple : levé avec le soleil et couché lorsque le ciel s’obscurcie. En fait, tout est très logique. Dans la jungle on doit renoncer à ce que sont pour nous des commodités normales comme l’électricité, l’eau courante et les installations sanitaires. Le matin, à 8 heures, notre chauffeur Renaldo vient nous chercher pour prendre le petit déjeuner. Leonora, sa femme, a déjà cuisiné au feu de bois le riz avec les bananes et le poisson, qu’elle nous sert alors avec un sourire timide. La première tâche après le petit déjeuner est de pêcher pour le prochain repas. Presque toutes les activités sont liées à l’alimentation. Vu d’un peu plus prêt, cela ne diffère pas tant du monde occidental, seulement, dans la jungle, on note une relation bien plus directe entre le travail et la nourriture. En pêchant dans le fleuve avec une cane à pêche se composant d’une corde et d’un crochet, je me rends compte que mes chances de survie dans la jungle sans l’aide experte de Ronaldo y Leonora seraient vraiment faibles. Je n’ai pas réussi à attraper un seul poisson malgré tous les conseils donnés et suivis avec soins. Je n’ai pas passé non plus le test suivant : la survie dans la jungle. Les fruits, nombreux et appétissants, situés pour la plupart en hauteur, au sommet des palmiers, ne pouvaient être récupérés que difficilement en secouant le tronc de l’arbre. En quelques secondes, Renaldo escalada le tronc qui n’avait pas même de nœuds. Moi aussi j’ai essayé, bien que dans la communauté les tâches soient séparées de façon relativement claire et que ce travail soit exclusivement réservé aux hommes. Par conséquent cela a provoqué un grand ahurissement! Je n’ai pas pu grimper plus trois mètres, ce qui en laissait encore plusieurs autres avant de pouvoir atteindre les fruits tant désirés.
Mais grâce aux capacités de grimpeur de Renaldo, nous découvrions ce jour-ci le paradis des fruits : bananes, papayes, oranges, citrons, cosses de cacao et raisins mettaient en évidence que nous étions en visite dans les tropiques. En plus de grimper aux arbres, la grande connaissance du peuple indigène de son habitat, la forêt amazonienne, ne cessa jamais de nous faire grande impression. Ils savent quelles baies utiliser pour pêcher, celles qui sont comestibles, celles qui sont vénéneuses et celles qui servent de remèdes pour diverses maladies. Et quand il n’y a pas d’endroit pour s’asseoir, ils coupent quelques arbres fins à la machette et en trois minutes les transforment en banc. Dans la jungle, notre «savoir urbain » n’est vraiment d’aucune utilité.
La connexion avec la nature et la mystique des aborigènes. L’étroite relation des Yuracarés avec la nature se note non seulement dans leur comportement vis-à-vis de leur environnement naturel –ils ne prennent jamais plus que le nécessaire et ce qui est renouvelable- mais également dans ses légendes, traditions et histoires mystiques. Bien que les Yuracarés furent christianisés au XVIII° Siècle, ils continuent à croire de façon fervente aux esprits et aux ancêtres. Ainsi, les jaguars et les crocodiles n’attaqueraient jamais un aborigène, tout comme les moustiques ne le piquent pas, car il a un lien très étroit avec les animaux et qu’il pourrait leur parler. Cela se révèle tranquillisant quand on passe la nuit dans une tente au milieu de la jungle et, heureusement, nous n’avons pris conscience que bien plus tard que les animaux ne nous connaissaient pas NOUS…
Susan Griesbach
Croisière transatlantique Brésil-Savone sur le Costa Magica en mars 2010 English translation pending
Bonjour
Mon mari et moi avons réservé la transatlantique Brésil / Savone sur le Costa Magica en mars 2010; nous aimerions avoir des contacts avec les personnes qui ont déjà effectué cette traversée et qui pourraient nous donner des conseils sur les excursions à faire au Brésil et leurs impressions sur ce voyage.
D'avance merci
Shopping à Las Vegas? English translation pending
Bonsoir tout le monde
Je pars a Las Vegas du 30 MARS AU 8 AVRIL et j'aurais voulu avoir quelques astuces shopping pour depenser quelques dollars
Nottement sur les outlet ;quel est le meilleur pour le sportwear et les marques types nike timberland converse.... ?
l'ordre de prix est il vraiment avantageux?
merci d'avance et si vous avez d'autres filons a las vegas je suis a l'ecoute
Avis sur circuit de quinze jours en Andalousie English translation pending
Bonjour à tous,
Nous partons 15 jours en Andalousie du 29 juin au 13 juillet. Nous voyagerons avec Transavia et avons loué une voiture sur place à partir du 2 juillet.
Voici la 1ère mouture de notre itinéraire:
lundi 29 juin: Arrivée en début de soirée à Séville (Nous avons déjà réservés 3 nuits à La Hostería de Doña Lina, dans le quartier du Bario de Santa Cruz) mardi 30 juin: Visite de Séville mercredi 01er juillet: visite de Séville jeudi 02 juillet: Départ de Séville le matin pour Cordoue avec stop à Carmona(Nuit à Cordoue) vendredi 03 juillet: Cordoue samedi 04 juillet: Départ le matin de Cordoue vers Ubeda/Baeza. Nuit sur place dimanche 5 juillet: Départ le matin de Baeza ou Ubeda vers Grenade via Jaen. Nuit à Grenade lundi 6 juillet: Grenade mardi 7 juillet: Départ de Grenade pour Malaga avec stop à Frigiliana(Nuit à Malaga) mercredi 8 juillet: Malaga jeudi 9 juillet: Malaga vers Marbella. Journée plage.(Nuit à Marbella) vendredi 10 juillet:Départ le matin pour Ronda en passant par la route des "villages blancs". Nuit à Ronda samedi 11 juillet: Visite de Ronda et alentours puis trajet vers Cadix. (Nuit à Cadix) dimanche 12 juillet:Cadix lundi 13 juillet: Départ de Cadix en début de matinée vers Séville avec stop à Jerez de la Frontera. Aprés-midi à Séville et retour France(vol à 20h30)
Nos questions:Où et quand assister à une corrida?Bons plans logement dans chacune des villes étapes, sauf Séville, sachant que l'on budgettent maxi 50-60 euros/nuits?Est-ce une bonne chose de zapper Gibraltar et Tarifa?Que ne faut-il absolument pas rater?
Bref, nous sommes preneur de toute bonne info ou conseil. Merci d'avance! :-)
lundi 29 juin: Arrivée en début de soirée à Séville (Nous avons déjà réservés 3 nuits à La Hostería de Doña Lina, dans le quartier du Bario de Santa Cruz) mardi 30 juin: Visite de Séville mercredi 01er juillet: visite de Séville jeudi 02 juillet: Départ de Séville le matin pour Cordoue avec stop à Carmona(Nuit à Cordoue) vendredi 03 juillet: Cordoue samedi 04 juillet: Départ le matin de Cordoue vers Ubeda/Baeza. Nuit sur place dimanche 5 juillet: Départ le matin de Baeza ou Ubeda vers Grenade via Jaen. Nuit à Grenade lundi 6 juillet: Grenade mardi 7 juillet: Départ de Grenade pour Malaga avec stop à Frigiliana(Nuit à Malaga) mercredi 8 juillet: Malaga jeudi 9 juillet: Malaga vers Marbella. Journée plage.(Nuit à Marbella) vendredi 10 juillet:Départ le matin pour Ronda en passant par la route des "villages blancs". Nuit à Ronda samedi 11 juillet: Visite de Ronda et alentours puis trajet vers Cadix. (Nuit à Cadix) dimanche 12 juillet:Cadix lundi 13 juillet: Départ de Cadix en début de matinée vers Séville avec stop à Jerez de la Frontera. Aprés-midi à Séville et retour France(vol à 20h30)
Nos questions:Où et quand assister à une corrida?Bons plans logement dans chacune des villes étapes, sauf Séville, sachant que l'on budgettent maxi 50-60 euros/nuits?Est-ce une bonne chose de zapper Gibraltar et Tarifa?Que ne faut-il absolument pas rater?
Bref, nous sommes preneur de toute bonne info ou conseil. Merci d'avance! :-)
Les Américains English translation pending
...en tant que voyageur individuel depuis pas mal d'années, j'en ai finalement assez peu croisé sur ma route. Sans doute leur espace de voyage est plus restreint que le notre pour des raisons politiques??
Tantôt ils sont détestés à cause de Bush, puis mis sur un piédestal avec Obama. On les annonce en déclin et moribonds, pourtant ils sont à l'origine de la plus formidable révolution technologique et culturelle de ces 50 dernières années. Révolution qui aura eu en plus le mérite de n'envoyer personne dans un camp.
Alors pourquoi détestez-vous autant les américains?
Traversée des Pyrénées à pied, seul English translation pending
Traversée des Pyrénées juin 2006
Je vais avec plus de deux ans de recul relater ma traversée des Pyrénées effectuée sur 22 jours, essentiellement au mois de juin, commencée à Banyuls et terminée début juillet à Cambo-les-Bains.
Comme souvent cette aventure a commencé par un trajet en train au départ de Lyon. Pour me laisser le temps, tout en prévoyant un programme très ambitieux, j'avais dit à ma famille que je partais pour deux mois. N'ayant pas essuyé de reproches directs quant à cette durée somme toute longue surtout en été, j'ai cependant bien vu dans certains regards de l'étonnement et peut-être aussi un peu de peur. Pourquoi grand dieu a-t-il besoin de partir seul dans les montagnes? L'absence de question évite toute justification. D'ailleurs quelle est la justification au fait de partir seul? Y en a-t-il une ou plusieurs? Je ne saurais donner de réponse certaine car les idées restent assez confuses dans mon cerveau. Peut-être à la cinquantaine se prouver que le corps est encore jeune, vivre une aventure tout en restant dans des normes connues, n'avoir à s'occuper que de soi, une recherche relative de solitude? Probablement un mélange de tout cela. Bien sûr avant de partir, j'éprouve des doutes et aussi des remords, car je sais que certaines personnes ressentent ces moments du départ avec douleur, à la manière d'un abandon. Mais inexorablement j'essaie de durcir ma carapace et de ne pas trop réfléchir. Puis le premier pas étant effectué, le cœur devient plus léger.
Le trajet en train, direction le sud, permet de m'absorber d'une part dans une lecture intéressante en espagnol, car le gros de ma traversée je compte la faire dans le pays de Don Quichotte, et d'autre part dans la contemplation du paysage et tout spécialement du Rhône. Ce fleuve exerce sur moi une véritable attirance. De grands écrivains, comme Bosco ou Clavel, en ont fait des descriptions époustouflantes et y ont situé certains de leurs romans. Je me souviens aussi des parties de pêche effrénées avec mon frère dans notre jeunesse, où nous attrapions toutes sortes de poissons en particulier de gros brochets, pêchés de façon tout à fait irrégulière. En effet dans le port Edouard Herriot à Lyon pendant les grandes chaleurs de l'été de gros poissons s'immobilisaient à la surface. Traîtreusement, avec des cannes au lancer équipées de gros hameçons triples, après avoir bien visé nous les crochetions en travers du corps, pas très académique comme procédé mais très efficace. Heureusement ces poissons avaient pratiquement toujours la vie sauve, car leur chair sentait horriblement le pétrole. Il nous arrivait parfois de les ramener à la maison et de squatter la baignoire où durant quelques jours ces habitants du Rhône se trouvaient emprisonnés à la grande colère de notre mère et dans la joie dissimulée de notre père. Puis un jour les bornes ont été dépassées, le nombre de gros brochets et autres carnassiers attrapés étant tel, que nous sommes allés dérober mon frère et moi un fût de deux cents litres vide, qui se trouvait sur le chantier dans la rue au pied de notre appartement. Nous l'avons installé au milieu de ma chambre, rempli d'eau et y avons mis nos gros poissons. Sans doute attiré par nos exclamations de joie, notre père est entré dans la chambre et a marqué l'arrêt devant ce gros bidon rouge pour le moins pas très propre. Puis rapidement reprenant ses esprits, contrairement à la baignoire qui le faisait rire, dans le cas présent son visage exprimait plutôt de la colère et de la consternation devant la stupidité de ses enfants. Nous eûmes l'ordre impératif et exécutoire dans les plus brefs délais de rapporter notre aquarium sur son chantier et de nettoyer par la même occasion la grosse tache de goudron ou d'hydrocarbure qui marquait le centre de la chambre. Tous ces souvenirs de lecture ou d'histoires vécues me permettent de m'éloigner par la pensée des miens et d'oublier ma culpabilité en les abandonnant.
Contrairement à l'année dernière le trajet se passe sans problème. En effet au cours du mois de septembre 2005, j'avais accompli une randonnée d'une semaine à partir de ce joli petit port méditerranéen. J'avais loupé la correspondance en gare de Béziers, à cause de ce que l'on appelle pudiquement un accident de personne. Deux heures d'attente, que j'avais mises à profit pour me promener dans la ville. Il est étrange de penser que l'on profite d'une opportunité de découvrir un lieu parce qu'une personne qui n'avait plus la force ou l'envie de vivre s'est jetée sous un train. Me voilà donc vers les 13 heures en gare de Banyuls. Bien que la première étape soit longue pour un après-midi, je prends mon temps. Je descends sur la plage et vais au contact de l'eau. J'y trempe la main et les pieds mais n'ai pas le courage de me baigner. On ressent toujours une impression étrange, mélange d'appréhension de doute et d'excitation, au moment de partir seul dans un projet d'une certaine ampleur. Surtout, comme je l'ai, dit mon plan est assez ambitieux. Je compte suivre la HRP jusque vers Puigcerda, puis mettre le cap sur la Serra des Cadi et musarder par la suite dans certains massifs espagnols comme le Cotiella, puis rattraper la HRP du côté de Gavarnie et je projette même de remonter la plage de la frontière jusqu'à Arcachon. Mais rapidement, ce que je n'avais pas anticipé, c'est que pour le moral, indépendamment du temps qui souvent n'a pas été de la partie, j'ai besoin de voir sur ma carte la distance se creuser derrière moi et diminuer en direction de l'Atlantique. Toute ma vie j'ai été conditionné pour ne pas prendre le temps et on ne change pas facilement. J'ai presque honte de dire que durant cette traversée, ma plus grande joie bien souvent consistait à visualiser sur ma carte routière au 1 000 000 le trajet de la journée et de constater que cela représentait un espace très significatif à cette échelle d'un pays. Donc progressivement, me trouvant un certain nombre d'excuses, le temps, la famille, mes parents, mon fils qui commençait un stage à Lyon vers le 10 juillet, ce fut la ligne droite ou presque qui dicta mon itinéraire. Ce mode de pensée ne s'est pas imposé immédiatement mais s'est insinué lentement au cours de la première semaine.
Premier jour GR 10 de Banyuls au refuge au pied du Pic Neulos
Vers les 14 heures je démarre. Cet après-midi je compte rejoindre le refuge au pied du Pic Neulos en suivant le GR 10. Je connais l'itinéraire pour l'avoir suivi l'an dernier. Aujourd'hui le temps est beau et stable alors que la fois précédente rapidement je fus pris dans le brouillard et la pluie. J'avais trouvé la cabane à la nuit tombante, alors que se déclenchait un orage d'une violence extrême. J'apprendrai plus tard que cette nuit de septembre 2005, les départements environnants avaient été mis en vigilance rouge. Un grand arbre avait été fracassé par la foudre à proximité de l'abri. Dire qu'il s'en était fallu de peu que je le trouve, alors que j'errais dans le brouillard, la nuit et la pluie. Cette étape est longue, plus de mille mètres de dénivelé et il me faut 6 heures à un bon rythme pour y parvenir. A part un couple doublé, que je reverrai trois jours plus tard sur le Canigou, je ne rencontre personne. Une fois arrivé, croyant que le couple me rejoindrait pour la nuit je m'installe dans un coin. Personne ne vient. Je suis et resterai seul, avec une vue magnifique sur la Méditerranée qui s'étale à l'infini. Au cours de cette traversée ce sera la seule nuit où je n'aurai pas de compagnie. Bien souvent, lors de grandes étapes les journées se dérouleront dans la solitude mais le soir il y aura toujours une âme qui vive avec qui discuter, sauf pour cette première étape. La fois précédente, la nuit de l'orage, il y avait cinq personnes, quatre jeunes Hollandais et un saltimbanque qui terminait la traversée des Pyrénées par le GR 10. Son périple avait duré deux mois avec un sac de 20 kilogrammes. Il s'arrêtait dans les villages pour présenter des spectacles et se faire quelque argent pour continuer son voyage. Nous avions passé une nuit merveilleuse à se raconter une multitude d'histoires vécues, et le matin chacun était reparti sur son chemin, de brouillard et de pluie pour une semaine en ce qui me concernait. Maintenant un an plus tard, la nuit est paisible, troublée par nul bruit.
Deuxième Jour GR 10 du refuge au pied du Pic Neulos aux Illas
Lever matinal, temps superbe, l'étape du jour me conduira aux Illas. L'humeur est au beau fixe, s'éveiller dans cette cabane aux quatre vents sans un bruit, seul avec le soleil distillant déjà sa chaleur bienfaisante. Je contourne le Pic Neulos par une trace plus qu'une sente. Seules quelques vaches paissent tranquillement dans ce terrain raide et broussailleux. Une fois sur la crête comme l'année précédente je me fais entraîner sur ce qui me semble un détournement de GR pour passer devant un gîte. A six heures du soir le détour qui invite à l'arrêt très bien, mais à sept heures du matin c'est moins agréable. En effet cet itinéraire détourné me force à suivre sur plusieurs kilomètres une route goudronnée. Heureusement il est possible par endroits de couper directement à travers la forêt. Donc me voilà pour une bonne distance sur la route, comme consolation cela permet d'étalonner le podomètre. Le mien est pas mal, à vingt mètres près il correspond aux bornes kilométriques, et cela sur presque dix kilomètres. Seul agrément je passe deux sources bien fraîches auxquelles je me désaltère avec bonheur. Arrivée au col du Perthus, que de monde!!! De véritables files d'autobus s'entassent sur les parkings, desquels se déverse une multitude se ruant sur cigarettes et alcools. Dans un gigantesque supermarché je m'achète deux petites boîtes et quelques fruits pour mon repas de midi. En effet, ce soir aux Illas je compte aller au restaurant du bourg dont je garde un très bon souvenir. Vite je reprends mon chemin, ça grimpe dur dans les ruelles. Enfin je suis sorti et emprunte une petite route qui passe au pied du fort de Bellegarde. Un petit cimetière m'interpelle, j'y entre par un portillon qui grince. Comme il est étrange! Les tombes, toutes très vieilles, sont alignées le long du mur d'enceinte, laissant de ce fait un immense espace libre, comme si le lieu n'avait pas encore servi ou presque. Les tombes sont presque toutes surmontées de hautes et maigres croix auxquelles sont accrochées des cocardes tricolores. Mon étonnement est grand lorsque je constate que les dates indiquées remontent à la révolution et manifestement la plupart des défunts sont des militaires. Quelques tombes sont minuscules et dévoilent la présence d'enfants. Que ce lieu est étrange et calme, si proche cependant de la folie consommatrice. Je quitte l'endroit quelque peu songeur. Un peu plus loin j'aperçois des ruines. Il s'agit de la voie romaine qui allait en Espagne. De nombreux vestiges sont visibles, très bien conservés pour certains. Le plus impressionnant, ce sont les traces de roues de char encore bien visibles sur le rocher. En moins d'un kilomètre deux sites exceptionnels méritent une visite. Je m'arrête, mange mes boîtes de sardines et mes fruits. Le chemin pour aller jusqu'aux Illas n'est pas très agréable, large piste serpentant à flanc, succession de montées dans la poussière. L'arrivée au village se fait par une grande descente en lacets, cela semble interminable. Le gîte est loué à un groupe, donc ce sera camping sur un petit terrain communal, où je serai seul. La douche je la prendrai sous le pont du village, là où la rivière fait une petite mare. Le lieu est assez discret, de plus il n'y a pas grand monde. Cette traversée des Pyrénées qui va me prendre vingt deux jours, je ne pensais pas y rencontrer si peu de monde. En effet à part quelques sites connus comme le Canigou, les Aiguilles Tortes ou la vallée d'Ordesa, les étapes seront très souvent solitaires, et si elles ne le sont pas complètement, les humains rencontrés se comptent sur les doigts de la main. Ceux qui me marqueront, ce sont les marcheurs solitaires. J'en croiserai cinq, quatre qui traversent les Pyrénées dans l'autre sens, trois Anglais et un Français, et le cinquième un vieil Allemand qui emprunte la voie du Somport vers Saint Jacques de Compostelle. Ces rencontres sont toujours des moments de grande émotion. J'aurai l'occasion d'y revenir. Il est étonnant comme ces trajets, seul, à travers les montagnes laissent une marque profonde en soi. En effet cela fait maintenant plus de deux ans que j'ai effectué ce périple, et bien, le fait de le dérouler en l'écrivant, une multitude de sensations et de détails me reviennent à l'esprit. Je suis stupéfait de voir que malgré le recul du temps, le fil ténu et éphémère mais de plus de sept cents kilomètres, de ma trace dans ces montagnes s'est incrusté à ce point en mon esprit. L'exercice d'écriture est d'autant plus difficile, que je n'ai pratiquement pas fait de photos. En effet, ces dernières sont un outil prodigieux pour la narration d'un récit. Mais c'est peut-être un peu tricher, car longtemps après, écrit-on par rapport aux sensations que ces photos évoquent à l'instant où on les regarde, ou bien font-elles réellement remonter le vécu et la perception au moment de leur prise? Sans doute un peu des deux. Mais si on n'en possède pas, le fil d'Ariane de la piste fait ressurgir les émotions du moment de l'action, le récit en est sans doute plus véridique. Donc comme prévu, petit repas gastronomique aux Illas dans une auberge à la salle grande et bien aménagée, une ancienne grange restaurée de main de maître. Après cet agréable moment, je fais un tour pour localiser le chemin du lendemain. Je repère un monument à la mémoire des personnes qui rejoignaient l'Angleterre via l'Espagne durant la deuxième guerre mondiale, car le village était l'un des lieux de passage, cela me remémore de nombreux livres et films.
Troisième jour Les Illas, frontière espagnole, Pic de France, Arles-sur-Tech
L'étape sera longue, je compte remonter la belle forêt qui domine le village, passer en Espagne, rejoindre le Roc de France par l'ermitage de la Salinas puis terminer l'étape à Arles-sur- Tech. La montée en sous-bois est magnifique tôt le matin lorsque les rayons du soleil sont encore obliques. Début juin, les feuilles sont encore toutes jeunes et présentent un joli vert tendre. Je ne peux m'empêcher de scruter les touffes de mousse, car je verrais bien des giroles s'y cacher. Une fois en Espagne, une piste large et de bonne inclinaison conduit à l'ermitage. Il est désert mais plus embêtant, la source est tarie et moi qui comptais m'y ravitailler … Tant pis, direction le Rocher de France. Après quelques petites hésitations dans les broussailles, je n'ai pour le moment que la carte au cent millième de l'IGN, je tombe sur un bon chemin qui me conduit sur le petit sommet à 1450 mètres. J'en profite pour me restaurer en contemplant le versant qui doit me conduire à l'étape du soir. Il a l'air immense et plein de replis. En effet cette descente jusqu'à la petite rivière, le Tech, est interminable. Heureusement en pleine chaleur de l'après-midi je rencontre une source qui suinte d'un rocher, que cette eau fraîche est agréable. Cela donne un bon coup de fouet au moral. J'arrive dans la ville d'Amélie-les-bains. Ce fond de vallée est très chaud, le goudron fond. Je commence par suivre la route, mais rapidement du fait de la chaleur et du trafic important je rejoins le lit de la rivière et continue à même les galets. Le rivage par endroits présente de véritables murs de végétation, il me faut donc marcher dans l'eau heureusement peu profonde. Cela procure une sensation étrange de se dire que l'on est en train de traverser les Pyrénées à pied et de se traîner à un rythme d'escargot à glisser sur des pierres moussues en essayant de ne pas piquer une tête. Je finis par abandonner et pars à la perpendiculaire à travers les fourrés à la recherche d'un chemin. Rapidement je tombe sur une multitude de traces praticables. A l'entrée de Arles-sur-Tech je retrouve le GR 10. Cette petite cité est superbe, le chemin se faufile dans des lieux pittoresques, en particulier des petits jardins potagers. Halte dans un camping dans le haut du village, il n'y a presque personne. Le mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Je mets mes sandales et retourne me promener dans le village. J'y fais quelques emplettes et vais m'installer à la terrasse d'un restaurant à l'architecture superbe, une ancienne bâtisse en pierre rénovée. La soirée sera nostalgique, car durant l'après-midi mon maudit portable m'a appris la mort d'une personne qui m'était chère. Il y a des moments dont on se souvient toute sa vie eh bien je me souviendrai toujours exactement du lieu et de l'instant où cette triste nouvelle m'a atteint. Je mange cependant avec appétit une gigantesque pizza suivie d'une grosse glace. Je remonte à mon camping sous l'orage qui menace et rapidement m'endors.
Quatrième jour GR 10 de Arles au refuge de Bonne-Aigue
Lever matinal, pas un bruit, petit déjeuner froid englouti rapidement et tout de suite l'immense dénivelé de la journée commence. J'ai l'intention de rejoindre la HRP en passant par le Serra del Roc Nègre à 2714 mètres alors que mon point de départ se situe juste à 300 mètres. Je chemine par des chemins qui se faufilent parmi les restes de vieilles mines, excavations et charpentes métalliques en ruines. Rapidement la chaleur est suffocante, le temps est à l'orage. Je dénivelle rapidement mais je souffre. Le sac me semble pesant, les crêtes apparaissent lointaines, et cela d'autant plus que l'air est saturé d'humidité et prend un aspect laiteux qui augmente l'impression d'éloignement. Le sentiment d'avoir vu trop grand pour la journée commence à m'effleurer. Cependant le rythme rapide me permet de garder le moral. Toujours cette horrible habitude d'avoir les yeux rivés sur la montre et l'altimètre et en déduire des dénivelés horaires. Au moins cela a la vertu d'occuper l'esprit. J'envie ce garçon qui lorsqu'il part pour de grands périples ne s'encombre d'aucun instrument même pas d'une montre, quelle liberté il doit éprouver! Mais pourquoi je n'arrive pas à en faire autant ? La végétation change, des prairies parsemées de jolies fleurs remplacent la garrigue. Un petit ruisseau que je longe, et hop! une jolie truite détale. J'atteins la route qui conduit au col de Cirière. Au gîte en réfection un peu en-dessous je me ravitaille en eau et me renseigne sur l'évolution du temps pour l'après-midi. Rien de rassurant, mais rien d'étonnant, des orages violents sont attendus. S'engager sur les crêtes ne serait pas raisonnable. Je décide donc de rester sur le GR10 et me lancer dans le contournement du Canigou. Le col est rapidement rejoint. Ensuite le chemin s'accroche au versant nord-est de la montagne. Que le lieu est impressionnant ! Le Canigou est vraiment la sentinelle des Pyrénées bien avancée dans les plaines. Les flancs sont très raides et travaillés. Par endroits je traverse de petites gorges au fond desquelles coulent des ruisseaux. Par temps de grosse pluie le passage ne doit plus être praticable sans risque. J'arrive à une petite bâtisse devant laquelle se trouve une magnifique fontaine. J'aurais pu éviter de transporter mes deux ou trois litres d'eau. Un peu plus loin je rejoins le couple vu la première journée, je ne les avais pas reconnus, eux par contre me remettent bien. Il y a quelques promeneurs sur ce magnifique sentier. Je double deux femmes qui me cèdent leur énorme chien blanc, genre Patou, pas méchant mais très collant. Bivouaquer en se serrant dans son poil volumineux doit être agréable, mais je n'en ai pas l'intention. Arrive un croisement de chemins, où le refuge des Cortalets est indiqué par deux itinéraires. Je choisis le plus haut. Alors que je remonte une crête vers les 2300 mètres, un orage violent s'abat. Je dépasse un couple de Belges qui s'abrite dans une petite anfractuosité et mon gros Patou décide de rester avec eux. Une très violente averse de grêle me force à m'arrêter sous le premier sapin et à mettre mon sac à dos sur ma tête. Le tonnerre gronde autour de moi, quelques arbres foudroyés montrent que l'endroit est malsain. Mais la grosseur des grêlons est telle que je n'ose bouger malgré le risque lié à la foudre. L'averse est si violente que mon arbre ne me protège pas vraiment et les morceaux de glace rebondissent dans tous les sens et m'attaquent par le bas. Très rapidement, n'étant pas très habillé la déperdition de chaleur est importante et je commence à me sentir en danger si cela devait durer. Je décide malgré la tourmente de repartir en courant au mieux, car au moins je produirai un peu de chaleur. Heureusement quelques minutes plus tard aussi rapidement qu'elle était apparue la grêle s'arrête. Il était temps, cela a duré une vingtaine de minutes. La montagne est magnifique dans son hostilité, sur les sommets environnants le tonnerre roule en faisant vibrer jusqu'au sol. Après la traversée de quelques pierriers instables et glissants j'arrive au refuge. Une foule immense s'y trouve. En effet c'est la fête des feux de la Saint Jean. Demain tout ce beau monde montera son bois au sommet du Canigou pour faire un immense feu de joie. Les Catalans sont comme les Basques, le bois ils aiment ça, et ils se mettent à plusieurs pour monter des bûches énormes. Très vite je me rends compte que je n'ai pas du tout envie de passer la nuit ici. Il n'est que quatre ou cinq heures, je continue donc jusqu'au refuge de Bonne-Aigue petite cabane qui doit être moins peuplée. On me conseille cependant de prendre de l'eau car la source de Bonne-Aigue, contrairement à son nom, n'est pas toujours bonne fille et peut se montrer avare, ce qui sera le cas. Encore une ou deux heures de chemin escarpé, durant lesquelles je chemine presque accroché au ciel en dominant la plaine, située très loin en-dessous. Enfin au détour d'un pli du terrain le petit abri se dévoile sur son éperon. J'y suis seul. Une vue magnifique sur le sommet du Canigou s'offre au regard. Heureux d'arriver, ce sera l'une des plus longues étapes de ma traversée et la plus éprouvante, à cause du temps d'abord étouffant et puis cet orage très impressionnant. Je cherche la source et la découvre enfin juste devant le refuge, mais elle est à sec. J'ai été bien inspiré de prendre trois litres d'eau au refuge précédent. Je m'installe, fais un feu dans le fourneau et me cuisine une grosse purée et bien au chaud dans mon duvet je poursuis la lecture de Croisières et Caravanes d'Ella Maillard. C'était quand même autre chose quand elle traversait dans les années trente l'Asie à pied en dormant deux semaines durant dehors en hiver dans l'Himalaya, en ayant pour tout refuge le flanc de son chameau. Je me dis que mes petites souffrances c'est de la rigolade. Alors qu'il fait encore bien jour, j'entends du bruit. Je ne serai pas seul cette nuit. Un couple de jeunes gens arrive. Voyant l'exiguïté des lieux, ils décident d'aller planter leur tente sur un replat à proximité. Après s'être installés ils viennent me chercher et m'invitent à partager une bouteille de blanquette de Limoux. Assis dans l'herbe à côté de leur tente nous avons une discussion animée. Incroyable, lui vient de faire une thèse sur les mafias albanaises. Je ne dirais pas que je suis très fort sur ce sujet mais j'ai habité trois ans en Albanie et donc le thème m'intéresse. Cette soirée mémorable et très sympathique me revigore et me laissera un souvenir impérissable. La nuit tombée depuis un bon moment, nous rejoignons chacun notre sac de couchage.
Cinquième jour GR 10 du refuge de Bonne-Aigue au hameau du Mantet
Après une bonne nuit, je me sens en pleine forme, la longue marche d'hier n'a laissé aucune trace. Mes amis dorment toujours, je laisse un petit mot de remerciements sur l'un de leurs sacs et leur souhaite une bonne montée au Canigou. Comme toujours lorsque je suis un GR, je pars bille en tête sans rien regarder, sauf dans le cas présent, un dernier regard à ce minuscule refuge agrémenté d'une petite tente. Rapidement je traverse un éboulis et fais détaler toute une harde d'isards. Le chemin pénètre en forêt. Il semble peu utilisé, bizarre pour un GR. Mais l'ambiance est tellement extraordinaire et mystérieuse que pris par l'envoûtement du lieu je m'y enfonce toujours plus profondément. De plus en plus de branches obstruent la sente de plus en plus étroite. Je finis par perdre toute trace. De toute évidence je ne suis plus sur le chemin. Cependant ma carte au 100 000 ne me dit pas si je me situe au-dessus ou au-dessous de mon itinéraire . Le plus simple, faire marche arrière jusqu'à ce que je retrouve la sacro-sainte trace rouge et blanche. En effet je n'aurais pas dû traverser la zone d'éboulis. Le chemin à cet endroit monte une petite crête très raide et poursuit en pente très soutenue. Mais comme souvent, cette erreur m'a permis d'abord de voir de très près ces beaux animaux que sont les isards et de passer une heure dans une forêt mystérieuse très peu fréquentée. J'atteins un collet haut perché que je distinguais très bien du refuge, et je bascule sur un autre versant de la montagne, toujours aussi joli et aérien. Rapidement je rejoins l'un des itinéraires qui conduisent au point culminant. De ce fait je croise de nombreuses personnes qui s'y rendent. Le refuge de Mariailles apparait. Je suis un peu déçu, il a l'air d'être jeté à même le bord du chemin. J'en avais une idée magnifique, ayant lu un article particulièrement élogieux sur sa gardienne, ce qui tout naturellement me rendait le lieu très sympathique. Je ne m'y arrête pas et descends à un bon rythme jusqu'à Farga. Que ce petit hameau est accueillant, des fleurs partout, des champs remplis d'immenses herbes bien vertes, et une fontaine. Une eau fraîche agréable à boire, mais il serait préférable qu'elle soit plus chaude, car on en absorbe plus facilement une grande quantité, et lorsqu'on fait des efforts c'est par litre qu'il faut s'hydrater. Ensuite par une grosse chaleur je remonte au col de Mantet. 900 mètres de dénivelé en zigzaguant avec la route goudronnée par des petits raidillons. Le col fait très pelé, le village du même nom est blotti quelques centaines de mètres plus bas. Un gîte très agréable m'accueille. La soirée est particulièrement exquise. L'hôtesse cuisine très bien, et à quatre, un couple étant présent, nous refaisons le monde jusque tard dans la nuit. Je rejoins un lit moelleux et je tombe sur un livre de Troyat, dont je ne me souviens plus du titre, mais il me passionne tellement que j'en lis les trois quart avant de m'endormir.
Sixième jour GR 10 du Mantet aux Planes
Le temps semble beau, après un petit déjeuner copieux me voilà parti à travers les alpages. Le paysage est très différent de ce que j'ai vu sur le tour du Canigou. On retrouve la moyenne montagne que je qualifierai de classique. Rapidement je passe le col del Pal, qui domine le village de 900 mètres. Je redescends au refuge de la Carança. Il est au confluent de plusieurs vallées, et les vaches innombrables l'assaillissent littéralement. On m'avait prévenu que la source pouvait être contaminée du fait du grand nombre de bovins. Je constate que j'ai perdu l'une de mes superbes sandales, achetées 70 euros au Vieux Campeur. Je suis très mécontent, je les ai attachées sur mon sac. Alors s'est-elle décrochée ou dans la précipitation du départ l'ai-je oubliée au gîte? Cela me perturbe, comme quoi il ne faut pas grand chose. Alors dans ma colère à partir du refuge j'accélère et remonte un joli vallon. Je ne croise pas grand monde puis viennent face à moi des pêcheurs. Tiens c'est bizarre! Mon itinéraire de la journée ne comporte pas de lac. Je leur demande d'où ils arrivent. Bien évidemment de l'étang de la Carança. C'est le bouquet, je n'ai pas pris la bonne vallée. Il faudrait bien que je finisse par prendre l'habitude de regarder la carte de temps en temps de façon plus rigoureuse. En effet je suis juste sous le lac j'ai bien dû faire quatre cents mètres de dénivelé. Pas de panique, c'était très joli. Je m'arrête donc et commence à casser la croûte. Au moment de reprendre le chemin du refuge un autre pêcheur descend. Nous engageons la conversation et j'aurai droit à un superbe cours sur la truite fario de souche pyrénéenne. Il m'explique tout sur sa reproduction et sa pêche. Encore une fois l'erreur est très bénéfique. De retour au refuge je reprends mon chemin qui est franchement très évident. Le col se situe 600 mètres plus haut. Son accès est raide, coupant en permanence une piste qui fait de grands détours. Une fois arrivé, un vent froid et désagréable m'enlève toute envie de faire une pause. Ce temps pour le moins pas très agréable, je vais le subir quasiment jusqu'à l'Atlantique. Je prends cependant le temps de regarder ma carte et de constater que le Gr fait une immense boucle en fond de vallée. Je décide de traverser directement et de rejoindre le chemin sur le mouvement de terrain suivant. Je visualise l'itinéraire que je veux suivre et c'est parti. Arrivé en fond de vallon, j'attaque directement la pente en face et après une bonne suée je retrouve les traces rouges et blanches. Il ne me reste plus qu'à me laisser conduire au village de Planes. Le gîte est ouvert. Je bois une bière en compagnie d'un habitué de la région. Il me raconte une histoire étonnante qui corrobore ce que j'ai vécu trois jours auparavant. Il me fait part de son expérience des chutes de pression très brutales du côté du Pic de Costabonne. Effectivement lorsque j'étais près du Pic de France, mon altimètre affichait des variations d'altitude très brusques et importantes. J'ai tout de suite pensé qu'il ne fonctionnait plus. Eh bien non, il s'agissait du phénomène que l'on me décrit. Pas étonnant, m'a-t-il dit, que j'ai subi un orage aussi violent sur le Canigou. Le repas du soir sera moins raffiné que celui de la veille. Je me trouve avec un Canadien qui finit ses vacances et qui repart le lendemain. Il éclate de rire quand il constate que je n'ai qu'une sandale et un pied nu. Nous passons la soirée devant la télévision, coupe du monde oblige. La France va gagner, et ce n'est pas le dernier match que je regarderai.
Septième jour Les Planes à Puigcerda et village de Ger par chemins et route (N260)
L'étape du jour doit me conduire en Espagne, pays dans lequel je resterai jusqu'au pays Basque. L'itinéraire remonte le vallée de Mont Louis jusqu'à la frontière. Manifestement j'ai une baisse de moral, pourtant tout va bien physiquement. Le chemin parcouru jusqu'à présent était très beau, la marche agréable, les haltes du soir toujours bonnes et souvent pleines de surprises. Eh bien non, malgré ces 6 jours prometteurs d'une belle traversée je suis envahi par un coup de blues. Le plus étrange, c'est que je ne sais pas pourquoi. Allez, ne pas se poser de question et marcher, on verra après. J'abandonne le GR 10 à partir d'aujourd'hui pour ne le retrouver que vers Saint-Jean-Pied-de-Port. La marche en forêt est plaisante. De l'autre côté de la vallée j'aperçois le fameux four solaire d'Odeillo. Ayant coupé mon téléphone portable depuis hier matin, je l'ouvre, des fois que ma famille s'inquiète en ne pouvant me contacter. J'ai effectivement un message d'un camarade qui me propose des activités professionnelles à Lyon et Paris. De toute évidence cela attendra mon retour. Je savoure l'immense privilège que cela représente de ne plus être soumis au dictat de devoir gagner sa vie et de vivre sans peur excessive du lendemain. Après tout, cela dépend aussi de ses envies et du niveau auquel on fixe ses besoins. Mais la contrepartie de ne plus se sentir tendu vers un but professionnel, c'est peut-être de devoir occuper son temps libre. C'est sans doute là que se niche une partie de mon vague à l'âme. L'allure n'est pas très rapide. Je fais une halte à même le tapis d'aiguilles de pins et engage une longue conversation téléphonique avec une personne qui m'est chère et qui me connait bien. Sans doute suis-je à la recherche d'un appui dans la signification de la traversée que je fais? En tout cas la discussion porte ses fruits. Je trouve une interlocutrice qui est un avocat sans concession de la poursuite de l'entreprise. Plus de doute, debout et marche. Je m'arrête dans le village de Eyne et mange la boîte de thon que je traîne depuis Tech. C'est pénible car on se met de l'huile partout et ensuite il faut trouver une poubelle, car pas question de remettre dans le sac cette boîte de conserve toute dégoulinante. N'en voyant pas dans les environs, je mets le tout dans un sac plastique que j'accroche sur le sac à dos. Dans ce village, l'année précédente, j' avais pris le fameux train jaune, expérience très intéressante. J'étais le seul voyageur sur le quai, le train est arrivé à faible allure et s'arrêta. Le chauffeur sortit la tête et me demanda si je voulais monter. Je lui répondis par l'affirmative et il m'enguirlanda presque en me faisant remarquer que normalement le train ne marque l'arrêt en gare que si on lui fait signe, et qu'il n'est pas devin et ne peut connaître mes intentions. Je devais donc m'estimer heureux qu'il se soit arrêté car de plus c'était le dernier de la journée. Après ce rappel de mes souvenirs, je repars. Avec la journée qui avance, la chaleur augmente. Après m'être perdu dans des champs cultivés, qui de toute évidence se sont appropriés le chemin, n'osant pas couper directement parmi les épis de blé, je fais moult détours. J'arrive enfin à Bourg Madame et passe la frontière. Manifestement les douaniers regardent les gens, est-ce dû au contrôle de l'immigration clandestine en Europe ? A Piugcerda je m'arrête et me mets à l'ombre dans un café. Pour ce sacro-saint moral à retrouver et à consolider, je sens qu'il faut que j'avance un grand coup, comme cela je serai irrémédiablement lancé dans l'aventure. Donc première décision, je laisse tomber le long détour par la Serra de Cadi et je file directement sur La Seu d'Urgel, en partie sur la route et en partie par des chemins qui traversent de petites villes un peu désaxées. L'important c'est qu'il n'y ait pas trop de montées et que le mouvement vers l'ouest soit significatif. A la sortie de l'agglomération, je distingue très nettement à une vingtaine de kilomètres au sud la barre impressionnante de la Serra des Cadi, sur une trentaine de kilomètres elle se lève d'est en ouest en une vague toujours au-dessus des 2000 mètres, et même pour sa moitié ouest toujours au-dessus des 2500 mètres. Résolument je m'engage sur la route à grande circulation, je vois un panneau qui indique 60 km alors que ma carte en indique un peu plus de 50 pour la ville de La Seu D'Urgel. Un super marché, j'achète une bouteille de banga de deux litres que je descends presque d'un coup, cela fait repas et boisson. Sur le goudron c'est une véritable canicule, avec la réverbération de la chaleur, les 35 degrés sont à mon avis atteints. Un grand magasin de chaussures dans une zone commerciale, j'en profite pour m'acheter des tongs pour remplacer mes sandales. Il y a des soldes, j'ai deux paires pour 7 euros mais je n'en veux qu'une. Dans mon espagnol hésitant j'explique qu'une seule suffit et que je ne désire pas en porter deux jusqu'à l'Atlantique. La charmante vendeuse finit par m'en vendre une paire pour 4 euros. Je retourne dans la fournaise avec l'intention de bien avancer avant le soir. Après une dizaine de kilomètres je me laisse tenter par le joli village de Ger qui domine la route, et pars à la recherche d'un logement. Le bistrot, dans lequel j'entre, loue des chambres certes à des prix non-modiques, mais de qualité. Pour une journée sans moral l'étape a été cependant importante. Je me promène dans cette petite cité toute en pente et termine dans un petit estanco. On est bien en Espagne et l'ambiance est très sympathique.
Huitième jour Principalement route de Ger N260 direction ouest
Au réveil, il fait presque nuit, cela ne provient pas de l'heure matinale mais de l'épaisseur des nuages. Je reprends la route à grande circulation sur une dizaine de kilomètres et me dirige vers la petite ville de Bellver de Cerdanya. Jolie agglomération à l'architecture de cachet avec ses belles maisons en pierre, ses magasins bien achalandés et sa foule qui se presse dans les rues. Une brume épaisse tombe, assortie d'une bruine tenace. Une route très peu fréquentée me permet de gagner dix kilomètres loin du raffut de la circulation. Cela me donne l'occasion de découvrir la belle église de Santà Eugènia de Nerellà. Vers les treize heures, retour sur la grand route à l'entrée de la ville de Martinet. Dans un bistrot comme on en trouve dans toutes les grandes cités européennes je profite d'une accélération des précipitations pour faire une pause. Sensation étonnante que de faire de longues distances à pied le long de grands axes routiers. Je pense à tous ces récits de voyage où durant des semaines voire plus l'itinéraire se déroule dans le souffle et les aspersions des camions lancés à toute allure. Je me remémore en particulier un pèlerin parti de Lyon pour Jérusalem et qui avait traversé une bonne partie de l'Italie dans ces conditions, ou encore Bernard Ollivier qui au cours de sa longue marche appréhendait la traversée des tunnels non éclairés quelque part au fond de l'Asie. Ma carte au 50 000 me permet de voir qu'un petit chemin se faufile entre la montagne et la rivière sur la rive opposée à la route, encore quelques kilomètres de gagnés loin des monstres d'acier puants et bruyants. Ensuite, après un bref retour sur cette N260 apparaît un camping à même le bord de la route. Bien qu'il ne soit pas tard je décide de m'y arrêter. Le temps s'est amélioré et rapidement la chaleur sèche le sol. Manifestement il n'y a pas grand monde, à tel point qu'il est impossible d'acheter quoique ce soit, le restaurant et l'épicerie étant fermés, donc ce soir mon réchaud me servira pour chauffer ma purée soupe, habituelle dans ces circonstances. C'est très simple à faire, c'est comestible, ça cale sérieusement, que demander de plus? Je m'installe au bord de la rivière sous un rayon de soleil et je m'y trouve très bien. J'observe les petits verrons qui farfouillent les gravillons dans quelques centimètres d'eau un peu à l'écart du courant principal du cours d'eau. Soudain, sortant des profondeurs agitées par le courant, une belle truite fait un passage rapide mais ne réussit pas à attraper une proie. Être le témoin d'une scène de ce type, somme toute banale dans la nature, me remplit de joie, et c'est très bon pour le moral.
Neuvième jour N260 jusqu'à la Seu D'Urgel puis GR7 jusqu'à la Farga des Moles
L'étape de ce jour doit me conduire au moins à La Seu D'Urgel. Afin de continuer à bien avancer tout se fera par la route. D'ailleurs, vu l'endroit où je me trouve, il n'y a pas d'autre choix. La vallée est encaissée, la route domine d'assez haut, aucune possibilité de progression près de la rivière et le versant raide ne permet pas de prendre des chemins en amont. Donc je me lance sur le bitume, tôt le matin peu de circulation et température clémente. Surprenant je trouve du plaisir à avancer comme cela sur une route nationale. D'ailleurs par endroits les points de vue sont magnifiques. Un seul tunnel se présente, évitable par l'ancienne route. Par endroits l'espace derrière le rail de sécurité ne permet pas de marcher, car il y a presque directement le vide. J'avance donc sur la route bien collé au bord métallique, m'immobilisant lorsque un camion arrive, ou même j'enjambe le rail et attends qu'il soit passé pour revenir sur le goudron. A un moment, marchant sur la chaussée, je vois arriver face à moi un cycliste et derrière lui à vive allure un camion survient. Vu l'étroitesse des lieux je réalise que si le vélo fait un écart pour m'éviter, il court un grand risque de se faire écraser par le bolide lancé à 100 à l'heure. Je saute précipitamment le rail, le cycliste y reste collé et le camion le frôle dans un grondement. Vers les onze heures j'atteins la petite ville désirée depuis avant-hier. L'entrée se fait le long de belles allées verdoyantes qui longent le cours d'eau. Je traverse cette agglomération qui s'étale sur un bon kilomètre, puis près de la sortie je fais une halte dans un restaurant. Il se situe à un carrefour particulièrement passant, en effet l'une des routes remonte directement au Pas de la Case. Bien qu'ayant bu deux bières et mangé comme un boa, je repars sous le cagnard. J'emprunte le GR7 sur une dizaine de kilomètres. Bien que remontant la vallée qui conduit au Pas de la Case, le trafic n'est pas gênant, le chemin étant souvent à bonne distance de l'asphalte. Un embranchement de vallées apparaît, et là se niche la Farga de Moles et son camping. Site agréable dans un décor verdoyant. Le mois de juin est une période propice à la balade car les fonds de vallées ne sont pas encore brûlés par les chaleurs et les sécheresses de l'été. Ce soir, encore un match de foot, je ne me souviens plus quelles étaient les équipes en compétition.
Dixième jour petite route et hors chemin balisé jusqu'au village de Tirvia
Aujourd'hui l'aventure reprend. En effet je vais essayer de rejoindre au mieux le Val D'aran en dehors de tout itinéraire balisé. Pour corser la chose, il me manque un bout de carte sur une bonne distance. Mais de la fin de ma première carte je devrais voir une montagne caractéristique qui se trouve sur la seconde. Tout commence par une petite route qui serpente dans une vallée étroite. Un gros chien décide de m'accompagner, il me suivra deux bonnes heures. Passé un premier village, j'arrive à Civis et prends une sente qui monte raide. Alors je dis à mon compagnon à quatre pattes de retourner chez lui. Il n'en fallait pas plus pour qu'il fasse demi-tour, à moins que de lui-même il ait décidé de s'arrêter à la fin du goudron. Le chemin suit des flancs arides et escarpés, la solitude est vraiment présente. Le col de Confluent est atteint, un peu plus de 2000 mètres d'altitude, et je suis en bout de carte. Très bien, est-ce que mon pronostic s'avère exact ? Effectivement, une vallée se présente avec un large débouché vers la gauche et une montagne sur la droite avec un petit col, qui doit correspondre à celui que je compte rejoindre. Dans la partie manquante je rencontre même un hameau désert, mais équipé d'une belle fontaine, qui est la bienvenue car je manque d'eau depuis plusieurs heures. Une fois près d'une rivière je repars à l'assaut du versant opposé vers le col identifié. Étant dans la forêt sur le flanc de la montagne, évidemment mon lieu de passage désiré disparaît du champ de vision. Il me faut partir à l'estime, dans un immense versant encombré d'arbres abattus à enjamber. J'ai le sentiment que je ne vais pas y arriver. Je me traîne de tronc en tronc en essayant de les escalader le plus rapidement possible sans dépenser trop d'énergie et sans me blesser. Après un moment qui me semble une éternité, les troncs s'espacent et je pressens la fin du calvaire. J'atteins une prairie encaissée dans un vallon, au fond duquel court un ruisseau. Je décide de le suivre, en effet il monte c'est bien et de plus le cheminement est dégagé. Ce sont déjà des éléments très favorables. Mais est-ce que de plus ce vallon aura le bon goût de conduire là où je veux aller ? En tout cas après le supplice que je viens de vivre, avancer à bonne vitesse sur une herbe souple procure un grand plaisir. Certes la pente est raide et irrégulière d'où un champ de vision très restreint. La direction me semble bonne, et de fait après une petite heure de montée je tombe pile sur un collet qui se découvre au tout dernier moment. Je sors ma nouvelle carte et miracle, ce que je vois devant moi correspond exactement à ce qui est décrit. Dans la vallée tout en bas deux villages Burg et Tirvia. Ce dernier aux environs des 900 mètres, donc quelques 1400 mètres en aval. A vol d'oiseau la distance est de l'ordre de huit kilomètres. Ma carte n'indique qu'une vague piste en pointillé, que je ne trouve pas. Mais la descente se fait à travers prés et broussailles. Toujours un passage se découvre au dernier moment, un vrai bonheur, une petite trace de ci delà laissée par des animaux sauvages ou domestiques et hop quelques mètres de gagnés. Au détour d'une ruine noyée dans de grandes herbes, une grosse couleuvre me détale dans les pieds. L'après-midi est beau, quelques petits nuages épars signe de stabilité, pas d'orage à craindre, le vent froid qui m'accompagne un jour sur deux est absent. Cette étape avec son caractère particulier est l'une de celles qui me laissera un des meilleurs souvenirs. Sur la trentaine de kilomètres, voire plus, parcourus, je n'ai rencontré qu'une femme le matin en passant un premier village. Nos montagnes européennes, dès que l'on sort des grands axes de randonnée à la mode, sont presque désertes. J'aurai l'occasion de le constater encore au cours d'étapes à venir dans des variantes du GR 11. Arrivée au village de Tirvia, écrasé sous la chaleur de milieu d'après-midi. Euréka!! Il y a un petit hôtel à la façade sympathique qui donne sur la place centrale. Je commence par boire une bonne bière, car l'eau a été rare aujourd'hui. En effet, j'ai évité de faire le plein à la rivière, n'utilisant les cachets qu'à la dernière extrémité. L'eau en montagne, je la bois sans traitement lorsqu'elle sort de terre ou de la roche, considérant que le passage dans le sol est un filtre. De même je la bois à l'air libre lorsqu'elle court au-dessus de la zone de végétation si elle ne provient pas d'un lac. Soirée agréable, menu de qualité, il faut dire qu'après un effort comme celui d'aujourd'hui tout aliment a la saveur de ce que Bocuse vous propose. Le propriétaire est tout étonné de ma réponse lorsqu'il me demande où je vais. De toute évidence je suis en dehors des routes habituelles de la traversée des Pyrénées.
Onzième jour de Tirvia hors chemin puis route et chemin jusqu'à Espot
De l'hôtel, je distingue très bien en face, de l'autre côté de la vallée le début de mon étape. Ma carte m'indique qu'une sente conduit au petit pic qui nous domine fièrement. D'abord rejoindre le fond de la vallée. Soit suivre la route qui fait un détour ou couper directement dans la pente qui donne directement sur la rivière. Je m'avance au bout du plateau sur lequel se trouve le village pour me faire une idée de la praticabilité d'un passage direct. Une grosse centaine de mètres dans une pente très raide, mais de nombreux arbres. L'affaire semble jouable. En effet la végétation et le sol meuble me permettent de rejoindre le lit de la rivière facilement. Une fois en bas pas d'autre possibilité que de traverser, heureusement la profondeur et le courant sont faibles. La petite zone à la confluence de quatre vallées est prestement traversée et je m'engage dans la forêt qui doit me conduire au Pic de l'Orri, quelques six cents mètres plus haut. De toute évidence ce sentier n'attire pas les foules. De temps à autre une vague trace, mais le plus souvent la progression est conduite par les zones de moindre résistance végétale. Je débouche à un collet, j'y laisse mon sac et continue. J'ai un peu l'impression d'être le premier à fouler ce sommet modeste qui culmine à 1444 mètres. Je découvre un vaste panorama. Mon belvédère est de tout premier ordre pour visualiser le reste de mon étape du jour. Cela commence par plusieurs kilomètres à flanc parmi buissons et épines sans cheminement bien établi. Au gré des zones aérées je zigzague avec par endroits de petits soucis, car ça pique vite et fort. Pourvu que je ne soit pas obligé de rebrousser chemin. En effet je distingue bien une route dans la vallée bien plus bas, mais la descente directe me semble particulièrement exposée sur des terrains raides où la chute serait sans doute mortelle. Donc persévérer sur cet immense pente de montagne. J'aperçois un reste de chemin creusé à même la roche. Je l'atteins en me hissant à travers piquants et ronces. Je le suis quelques dizaines de mètres et soudain au niveau d'une gorge, il n'est plus praticable et toute progression est interdite. Demi-tour dans cette jungle. Je sens que le village aperçu du sommet n'est plus très loin, il y a forcément un passage, car je constate de nombreuses traces d'ovins et de bovins. En effet, une rupture de pente de quelques mètres me donne accès au fond de cette petite gorge escarpée, et rapidement sur l'autre versant un bon chemin s'amorce et me conduit en quelques centaines de mètres au centre d'un joli bourg bien restauré. Je fais une pause au lavoir, bien au frais. Mon horizon s'éclaircit. Une route aérienne descend lentement vers la grande vallée que je dois remonter quelque temps avant de rejoindre sur le versant opposé la station estivale d'Espot, l'un des points d'entrée dans ce magnifique parc national d'Aigüestortes. Encore quelques heures de marche sans histoire mais fort agréables avant d'arriver à Espot. J'en profite pour m'acheter un bâton, qui malheureusement n'est pas très solide malgré son prix, et qui ne durera que le temps d'une étape un tiers. Je le garderai cependant bien qu'ayant perdu le quart inférieur. A la sortie du village, un camping accueillant presque désert, même dans des endroits touristiques comme celui-là au mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Avec la majorité des quinquas européens à la retraite je m'attendais à trouver plus de monde. Le camping dans ces conditions de faible affluence est une activité très supportable même agréable. Seul petit ennui, ma tente est mono-paroi et la condensation est importante même toute ouverte, donc cela nécessite durant la journée de guetter un rayon de soleil pour faire sécher le tout. En été cela ne pose généralement pas de problème.
Douzième jour GR 11 de Espot au refuge du Montardo (Restanca)
Quelques gouttes durant la nuit ont claqué sur la toile, mais rien de grave. Ce matin le temps est correct. Départ matinal. Deux gentilles dames me proposent de me déposer au bout de la route, avec le sourire je refuse. Il faut bien reconnaître que cette piste de 4 ou 5 kilomètres qui conduit au parking de départ de randonnées magnifiques n'est pas des plus intéressantes, mais la traversée doit se faire intégralement à pied. Enfin arrive la barrière d'interdiction de passage des véhicules. Peu de distance après, le premier lac, il est de belle taille. Je le longe par la droite et vers le fond le chemin s'élève dans des escarpements. Ces zones granitiques où gros blocs et sapins alternent sont magnifiques. En une succession de montées et descentes je passe de nombreux lacs de toutes formes. Les petits cols que je franchis, sont à chaque fois de magnifiques points d'observation de cette région exceptionnelle. Au bord d'une étendue d'eau perchée je fais une halte, le site est vraiment extraordinaire, de toutes parts des lacs s'étalent. La zone est si vaste qu'il est facile de s'éloigner du chemin balisé et de se déplacer sur de larges plaques granitiques qui offrent un cheminement généralement aisé et qui permettent des vues plongeantes sur les plans d'eau. Une dernière montée raide avant de descendre sur le refuge de la Restanca, situé juste au pied du Montarto, magnifique montagne du sommet de laquelle on peut apercevoir jusqu'à 80 lacs. Il y a bien longtemps, j'y étais monté en hiver, tout était recouvert d'une épaisse couche de neige, je ne peux donc pas confirmer que l'on peut vraiment en compter 80. Le refuge est bondé, étant seul je suis accepté, par contre généralement en groupe l'hébergement demande de l'anticipation. Si j'étais courageux je me contenterais d'y manger et repartirais dormir plus haut sur un replat de la HRP. Mais le temps qui se couvre et la pluie qui s'annonce m'enlèvent tout courage et je vais choisir la nuit dans un petit dortoir bondé.
Treizième jour HRP puis GR 11 jusqu'à la cabane de Coronas (pied de l'Aneto)
Nuit difficile entre bruit de pluie violente et raclements de gorges multiples, au matin les désagréments de la surpopulation, malgré une envie pressante pas moyen de trouver des toilettes libres, donc courir à l'extérieur se cacher au moins mal et si possible au plus loin du refuge. Je fuis rapidement une fois le petit déjeuner pris. Sur cette portion de la HRP je suis seul car le temps n'est pas beau, il pleut mais la visibilité reste correcte. Une demi-heure après être parti je tombe sur mon premier solitaire en sens inverse. Il s'agit d'un Anglais qui vient de se faire saucer toute la nuit pratiquement sans matériel. Il est tellement trempé qu'il est en short et tee-shirt, mais ça le fait rigoler et sa volonté d'atteindre la Méditerranée n'est pas entamée. Nous discutons une dizaine de minutes et reprenons chacun notre chemin. Je suis plein d'admiration pour ces British que rien n'émeut. Le parcours de la HRP, c'est souvent magnifique. J'en connais quelques passages en particulier ceux d'Ariège vers le Mont Rouch, grandiose. Aujourd'hui ce tronçon par temps hostile fait ressortir toute la beauté de ce monde de pierre et d'eau. Les cairns sont assez nombreux et il n'y a aucun problème de cheminement, il faut dire que le fait de longer des lacs facilite l'orientation. Passage raide pour arriver à un col à 2510 mètres, la pluie s'intensifie. La descente est glissante, attention de ne pas aller trop vite. Encore des lacs et retour sur le Gr 11, où de nouveau je croise quelques groupes de randonneurs sous leur cape. Je constate que mon bâton est tordu et qu'il me manque la partie inférieure, tant pis il m'est toujours possible de m'y appuyer. Je longe le lac de Rius et m'engage dans une longue descente sous une forte pluie. Le fond de la vallée est atteint, le chemin débouche à proximité de l'entrée du tunnel de Viehla. Il n'est que midi ou un peu plus, vais-je rester dans cet endroit en attendant des conditions meilleures? Par ce temps il est exclu de continuer par la HRP, et le GR11 passe deux cols dont le plus haut est à 2720, ce qui fait pour l'après-midi un dénivelé cumulé de plus de 1800 mètres. J'hésite, vais visiter le refuge, et l'impatience me dominant, je décide de partir, il sera toujours temps de redescendre ou de m'arrêter dans le petit refuge d'Anglos perdu quelque part entre deux lacs à 2300 mètres. C'est parti, je descends la grand route jusqu'à un lac de barrage. A droite l'itinéraire escalade une forêt raide. Les nuages accrochent tous les reliefs, cependant la pluie cesse. Je quitte le goudron à treize heures trente, ce qui laisse de la marge avant la nuit. Immédiatement j'adopte un bon rythme sur ce sentier qui monte droit. Je me sens bien, l'air est frais, le cadre est grandiose et un peu mystérieux. En une heure j'abats plus de 600 mètres de dénivelé sans vraiment forcer, je commence à croire que je peux basculer ce soir du côté de Benasque. Sans que mon allure ne se modifie j'atteins le premier lac et je vois la petite cabane d'Anglos. Effectivement par temps de brouillard elle doit être difficile à trouver, mais cet après-midi on s'oriente vers une embellie. Je croise un couple de Hollandais. Ils viennent de faire une étape épuisante et espèrent rejoindre le fond de la vallée ce soir. Les lacs se succèdent, vu du haut ils ont des reflets lugubres à cause des nuages, et comme la pierre les entourant est sombre et mouillée l'ambiance est particulièrement austère. J'aborde la zone où seule la caillasse survit. Le premier col se présente. De ce lieu, je vois très nettement le second, pente de cailloux raide. Pour le rejoindre il me faut redescendre à un petit lac qui apparaît comme un trou noir. Que la montagne est belle dans ces conditions. Au niveau du lac une abondante source sourd de sous de grosses pierres, je m'abreuve longuement. La remontée pour atteindre le col de Ballibierna à 2720 mètres me demande presque une heure, la fatigue commençant à se faire sentir. La vue s'étend à un immense vallon dominé par l'Aneto. Les Pyrénées de toute évidence sont de hautes montagnes. Ce coin est très sauvage. Une pause bien méritée me permet de m'imprégner de l'esprit du lieu. Il n'y a rien de tel qu'un peu de stress engendré par des conditions douteuses pour déclencher le turbo. Maintenant retour au calme, pas de doute je dormirai dans la vallée qui conduit à Benasque. La descente promet d'être longue. Elle commence par un incroyable chaos de gros blocs qui obligent à de nombreux sauts. Attention de ne pas glisser sur la pierre détrempée car la chute est souvent très mauvaise et une fracture de la jambe ici risque d'être particulièrement inconfortable. Je contourne un lac toujours au milieu de ce chaos de blocs, presque de l'escalade au-dessus de l'eau. Avec un peu de neige le passage doit être scabreux. Enfin j'arrive sur un terrain un peu plus conforme à la randonnée, une immense descente commence. Ce versant sud de l'Aneto est très vaste et l'on ne prend pas bien conscience des distances. Je rentre dans une forêt de pins clairsemés. Sur le bord du chemin un couple de jeunes est assis, je leur demande si le refuge de Coronas est encore loin, ils me disent que j'y suis presque. Cependant il me faut encore un temps que je trouve interminable pour le rejoindre. Enfin, le voilà, il s'agit d'une cabane carrée sans aménagement aucun, mais au moins elle est propre. Souvent je passe de petits abris dans un état de saleté repoussant, encombrés d'une multitude d'objets hétéroclites, et il ne me viendrait pas à l'idée d'y dormir, à moins d'être confronté à des conditions apocalyptiques. Dans le cas présent rien de tel, le lieu est accueillant, deux Espagnols y sont déjà installés. Après les avoir salués, un petit tour à la rivière pour me laver et par chance juste sous un rayon de soleil réapparu. Un peu plus tard une bande de jeunes Français arrive. Demain ils veulent faire l'Aneto. La soirée sera agréable à discuter de choses et d'autres, en particulier d'études et de métiers. Je suis frappé par les remarques et la désillusion d'une fille d'une vingtaine d'années qui est sûre que ses études ne lui donneront aucun débouché dans la vie. Pourquoi avoir choisi cette filière et y persévérer ? Mystère !!!
Quatorzième jour GR 11 de la cabane de Coronas au gîte de Biados
Les Français partent très tôt pour leur ascension, un peu plus tard les Espagnols suivent le Gr11 en direction de l'est. Je me retrouve seul, vers les sept heures je reprends mon chemin. Tout d'abord une piste en fond de vallée me conduit jusqu'au Rio Esera. Un peu au-dessus de Benasque, arrêt dans un camping où il est possible de se ravitailler. Le chemin contourne par l'est et le nord l'impressionnant massif des Posets qui culmine à 3369 mètres. L'air est froid et le vent âpre. Quelques rares randonneurs croisés, la montagne a décidé d'être sinon hostile tout au moins désagréable. Apparaît le refuge d'Estos, j'y bois un coca-cola à l'abri du froid puis en avant direction le Puerto de Gistain. Les dernières centaines de mètres sont enneigées, mais la portance est bonne et l'allure n'est pas ralentie. Ce col perdu à plus de 2600 mètres a un petit air de lointain, mais les courants d'air ne me donnent aucune envie de m'attarder. Je me hâte de descendre au refuge de Biados. La carte présente une imprécision, en effet le chemin est indiqué rive gauche, alors je m'entête à progresser de ce côté mais la marche devient difficile et dangereuse, alors que de l'autre côté se trouve un beau sentier. Après avoir joué les funambules sur des roulements à billes pentus, je retourne traverser la rivière en amont et rejoins après quelques kilomètres le refuge de Biados. Il est temps d'arriver, un orage se déclenche. En face dans ces nuées, les Posets sont très impressionnants. L'accueil est sympathique le repas copieux et au diable la tempérance, je bois entièrement ma superbe bouteille de Rioja. Donc évidemment pour plusieurs raisons la nuit sera excellente, de plus je suis seul dans le dortoir.
Quinzième jour GR 11 de Biados à Bielsa puis route jusqu'à la vallée de Pineta
Départ de bonne heure par beau temps, l'air est frais et toujours cette bise désagréable. Je reste sur le GR11, le seul col de la journée se trouve 800 mètres au-dessus. Après avoir cheminé dans une forêt à l'abri du vent je me trouve de nouveau confronté à ses assauts. Le seul avantage, on n'a pas trop chaud, dans le fond le rythme doit en être amélioré. Au cours de la montée deux jeunes sont arrêtés pour se faire chauffer du thé. Ils sont en train de galérer sur la HRP, affublés de sacs énormes, et la nuit qu'ils viennent de vivre n'a pas été très confortable. Je leur souhaite bon courage pour la suite et me remets en route. A proximité du col je rencontre mon deuxième solitaire. Il s'agit d'un pur et dur. Bien qu'ayant dépassé la soixantaine il porte un sac de 20 kilogrammes et met un point d'honneur à passer toutes les nuits sous tente. Cette dernière est d'ailleurs particulièrement robuste et pèse dans les trois kilos. Nous entamons la conversation, ayant eu des métiers assez proches, nous nous découvrons des connaissances communes, le monde est petit. Il me met en garde concernant la variante qui passe dans le flanc sud-est du Mont Perdu. C'est justement là que j'espère passer. Il s'avérera que son évaluation était un peu alarmiste, tout du moins par temps correct. Nous envisageons même de casser la croûte ensemble, mais la fraîcheur ambiante nous rappelle vite à l'ordre. Nous reprenons donc chacun notre chemin. Le col, qui domine un petit lac, est vite atteint. Le lieu est austère. Je croise deux personnes et me dépêche dans la descente pour me réchauffer. 1000 mètres de dénivelé me mènent à la route de Bielsa pas très loin du tunnel frontière. En fond de vallée la température est plus clémente. Ne comptant pas faire tous les détours du GR, je prends la route jusqu'à Bielsa afin de rejoindre directement la vallée de Pineta. Durant cette dernière partie un automobiliste s'arrête et me propose de monter, je lui explique ma démarche, et le gratifie d'un grand merci. Même si je refuse cela fait toujours plaisir. Au milieu de cette magnifique vallée je m'arrête dans un camping. Après m'être installé et avoir pris une douche chaude, la première depuis quatre jours, je vais m'installer dans la grande salle de restauration. Là, rapidement, je comprends la raison de l'excitation générale, ce soir il y a Espagne France. Je constate que je suis le seul Français. Après avoir mangé, tout le monde se retrouve devant le poste de télévision. Je sens que ça va être chaud. Le match commence. Les Espagnols marquent le premier but, déclenchement de hurlements. Ça se calme, le match continue. Les Français égalisent, je marque ma joie en levant les bras. Une vingtaine de têtes à la mine sombre me regarde d'un air réprobateur, presque hostile. J'abandonne immédiatement mon sourire. Le match continue, les Français marquent une deuxième fois, toutes les têtes se tournent à nouveau vers moi, je fais bien attention de ne manifester aucun signe de joie. Le match continue, les Français mettent un troisième but, je fais comme si je ne l'avais pas vu, par contre tous les Espagnols s'en vont, il est vrai que nous sommes pratiquement en fin de partie. Lorsque presque tout le monde a déserté la pièce et que la partie s'achève effectivement, une vieille dame s'approche et me dit avec un fort accent belge «ah! c'est bien ils ont gagné». Il y avait donc au moins deux supporters dans la salle. Je rejoins ma tente tout joyeux, mais c'est sous une averse que je m'endors. Cela est un peu inquiétant, car l'étape de demain par mauvais temps cela risque d'être scabreux.
Seizième jour GR11 jusqu'au col de Niscles, variante pied Mont Perdu, vallée d'Ordesa
Je me lève avec le jour, ayant bien l'intention de profiter de la plus petite fenêtre de beau temps. Tout est calme, mais à l'humidité dans l'air on sent bien que cela n'est que provisoire. Le décor est fantastique, ces trois vallées que sont Pineta, Ordessa et la Niscle représentent pour moi parmi les sites de montagne les plus beaux que j'ai vus dans ma vie. Et justement l'étape de ce jour me permettra de les côtoyer toutes les trois, si la visibilité se maintient. Les cinq ou six kilomètres de goudron sont rapidement avalés, presque au pas de course. Au niveau du refuge de Pineta, 90 degrés gauche et direction l'immense paroi à remonter pour accéder au col de Niscle, 1300 mètres plus haut. Il me faut d'abord traverser le rio Cinca en enlevant mes chaussures, et la montée débute. Le sentier est époustouflant, la pente démarre raide pour ne faiblir qu'au col. Immense moment de bonheur que de parcourir ce chemin aérien avec le soleil qui apparaît à l'horizon, tout baigné de teintes rouges qui ne sont pas annonciatrices de beau temps. Je suis seul, depuis le réveil je n'ai vu personne, même sur les kilomètres de route pas une voiture. Heureusement d'ailleurs car je crois bien que je me serais laissé tenté, tant je suis pressé de passer avant la pluie, au moins arriver au refuge de Goriz. Le plaisir prend le dessus, par endroits il est obligatoire de mettre les mains pour progresser. Parfois en regardant au-dessus on reste perplexe quant à l'itinéraire tellement le flanc de la montagne est escarpé. Mais au fur et à mesure de la progression un chemin toujours tracé se dévoile. La montée est rapide et le panorama s'élargissant à vue d'œil procure une sensation très agréable. Arrivée au col vers les huit ou neuf heures du matin. Le décor d'un côté sur Pineta et de l'autre sur la Niscle est très impressionnant. Malgré le temps qui évolue, je marque un arrêt pour profiter de ce spectacle rare. Le Gr11 plonge directement, tandis que mon itinéraire part sur la droite pour aller se faufiler entre des barres rocheuses sur les flancs du Mont Perdu. D'ici cela semble vertigineux, mais je sais que l'équipement facilitera grandement la tâche. Un peu avant le câble je croise trois personnes, dont l'une de toute évidence a été très impressionnée. Je me hâte car le temps se couvre et par temps de brouillard sur le versant sud du Mont Perdu ça devient ''paumatoire''. J'arrive au fameux passage contre lequel mon solitaire d'hier m'avait mis en garde. J'y croise un groupe de Français, originaires du Puy-En-Velay, la veille ils ont gravi le Mont Perdu. Bien évidemment il n'est question que du match de foot d'hier, car au refuge ils se sont sentis très frustrés sans télévision. On en profite pour rigoler un grand coup, puis avec empressement nous reprenons notre chemin. J'aborde de grandes zones de pierriers dans lesquelles il est facile de perdre le sentier tout en gardant la bonne direction, lorsque la visibilité est bonne. Plus j'avance, pratiquement à niveau en tournant autour du Mont Perdu, plus la grande faille comme coupée d'un grand coup de sabre d'Ordesa prend de l'ampleur. Il me semble distinguer sur le versant droit de cette gorge grandiose la fameuse ''fara des flores'' sur laquelle je ne souviens avoir bivouaqué à côté d'un isard à moins que ce ne soit un bouquetin, en effet je garde le souvenir d'un animal de belle taille. Manifestement j'étais à un endroit qu'il affectionnait, car il ne voulait pas partir, à son corps défendant l'herbe était douce malgré l'altitude et le sol plat. Je me souviens aussi que dans ces grands à pics par endroits la densité d'édelweiss était telle qu'il n'était pas toujours possible d'éviter de les fouler. La pluie qui commence à marteler le sol me tire de ma rêverie. Me hâter d'arriver au refuge, pour le moment la visibilité est toujours bonne. Je prends réellement conscience que dans le brouillard dans ces parages, il faut coller à l'altimètre en espérant buter sur le refuge. Heureusement je ne suis pas acculé à ces extrémités. Enfin je l'aperçois. Je m'y engouffre, il est bondé. Il n'est pas loin de midi, je déjeune avec appétit, la matinée a été bien remplie. Le mauvais temps s'installe franchement, mais plus rien à craindre, un très bon chemin sans risque d'erreur va me permettre de descendre. J'espère ce soir être sorti de ce lieu magnifique mais très touristique. Je parcours une quinzaine de kilomètres entre cascades et parois géantes, le tout dans une foule presque compacte et sous des cataractes avec de temps en temps le tonnerre qui se répercute entre les montagnes. Enfin j'arrive au parking, incroyable, il y a des centaines de voitures et de cars. Il faut bien reconnaître que le site est époustouflant par son gigantisme. Malgré la pluie je n'ai pu m'empêcher de scruter sous tous ses angles ce miracle de la nature. Heureusement que le brouillard ne s'est pas mis de la partie, le spectacle en aurait été vraiment affecté, et j'en aurais ressenti une grande frustration. Une fois les aires de stationnement dépassées, vite m'éloigner, d'après ma carte un chemin se faufile sous la route. Je ne le trouve pas, donc encore 4 ou 5 kilomètres de goudron dans un trafic important. Une conductrice s'arrête pour me prendre et dans mon espagnol hésitant je lui répète que je veux aller de la Méditerranée à l'Atlantique uniquement à pied. Je la remercie et elle me gratifie d'un joli sourire. Une fois arrivé à la naissance de la vallée d'Ordesa, je tourne à droite direction le nord, et j'abandonne le gros du flot de touristes qui prend la direction opposée. D'un pas alerte je remonte une gorge encaissée. Et là je tombe sur mon troisième arpenteur solitaire. Il s'agit d'un Anglais plus très jeune, élégamment habillé à la langue parfaite d'Oxford ou de Cambridge. En tous cas il parle très distinctement et la langue de Shakespeare dans ces conditions c'est un vrai plaisir. Il a une connaissance encyclopédique des montagnes françaises, et il agrémente sa conversation de petits éclats de rire francs et sonores. Il ne fait pas vraiment dans le flegme. A regret je reprends ma route, j'aurais bien passé la soirée avec lui à l'écouter me conter ses aventures alpestres. Quelques kilomètres plus haut je tombe sur un petit camping très accueillant. Manifestement l'endroit a aussi eu sa ration d'eau aujourd'hui. Trouver une place pas complètement mouillée pour installer ma tente relève de la gageure. Pas grave, ma tente est bien étanche, trop d'ailleurs. Le restaurant est une merveille, le cadre et le menu ainsi que la gentillesse du personnel me ravissent. Quand je pense aux deux premiers solitaires rencontrés, je me rends compte que contrairement à eux je ne voyage pas à la dure et me laisse vite tenter par les petits plaisirs mis sur ma route. J'en aurai une autre preuve encore plus éclatante dans deux jours, en croisant un vieil Allemand. Je comprendrai toute la signification du mot Sparsamkeit (économie). Pour le moment sans complexe je m'empiffre de mets délicieux, charcuterie fine, légumes cuits juste ce qu'il faut, une magnifique côte bien épaisse et saignante, le tout arrosé d'un Rioja capiteux et fruité d'une belle longueur en bouche. Une fois le repas terminé, baigné d'une douce torpeur, j'essaie de me glisser dans ma tente sans trop me mouiller. Je m'endors sans doute vite, car je n'ai plus aucun souvenir de cette nuit.
Dix-septième jour variante GR 11 Sierras Turbon et Tendegnera, ville de Escarrill
Je me réveille bien reposé mais passablement humide, l'air étant tellement saturé en humidité que par capillarité ou autre phénomène physique il a imprégné tous les tissus. Pas de panique, ce n'est pas ce matin que je peux faire sécher mes affaires. Deux possibilités, soit vers midi je me trouve à un endroit bien ensoleillé et au cours d'une sieste d'une heure j'étale le tout, à moins d'arriver relativement tôt cet après-midi et tout aérer à ce moment. Le temps est très beau, le ciel limpide, il fait frais, de bons critères de beau temps. L'étape de ce jour va être particulière sauvage. Je vais longer par le nord les sierras Turbon et Tendegnera ( j'écris gn à la place de n avec tilde, car mon clavier ne comporte pas ce signe). Je ne vais pas voir une seule personne de toute la journée. A vrai dire pour être précis j'apercevrai dans le lointain deux personnes en train d'atteindre le pic de Tendegnera. Je commence par remonter la route une petite heure et je bifurque à gauche dans un magnifique vallon à l'herbe grasse et aux fleurs nombreuses. La fleur qui va m'accompagner tout au long de cette traversée c'est l'iris des Pyrénées au bleu mauve profond, sans oublier quelques exemplaires jaunes. Je suis encadré de belles faces rocheuses éclatantes parfois aux teintes très claires. Je distingue bien sur le bord droit du vallon le col que je veux atteindre. Je rejoins le petit refuge d'Otal, qui est un véritable taudis et à partir de là le chemin disparaît. Peu de temps auparavant j'ai bien vu quelques vagues traces rouges et blanches certes bien abimées mais bien réelles. Devant moi une pente raide de 500 mètres de dénivelé au-dessus de laquelle un replat semble conduire au col. J'attaque directement, l'herbe se met à glisser. Par endroits je rejoins de petites zones rocheuses qui me permettent de mieux me stabiliser, mais ce n'est jamais difficile bien que les cent derniers mètres deviennent très raides. Comme par miracle je débouche sur un petit replat où une sente mène au col. Un fois arrivé à ce lieu de passage, j'embrasse du regard toute la Sierra Tendegnera. Immenses parois calcaires sombres presque noires couvertes de stries horizontales, quelle austérité cette chaîne dégage ! Comme tout grimpeur j'essaie d'imaginer des itinéraires dans ces murs lugubres, rarement montagnes m'ont inspiré cette sorte d'effroi. Il fait bon, j'ai bien avancé je m'octroie une pause dans cet endroit enchanté entouré de roches de toutes les couleurs, cela me rappelle un lieu magique côtoyé comme dans un rêve en Afghanistan. Par un temps qui se maintient au beau fixe, j'entreprends la descente d'un immense vallon, d'abord à travers pierriers puis par une sente qui serpente dans l'herbe et les cailloux. Au-dessus de moi en permanence les grandes faces sombres striées en forme de pelles de la Sierra Tendegnera jettent un regard froid. Une petite stèle adossée à un rocher rappelle la mémoire d'un jeune Anglais qui a voulu dompter ses murs froids. Et toujours pas âme qui vive dans cette nature grandiose. Un petit refuge en bord de chemin montre le même état de saleté que ceux croisés jusqu'à maintenant. L'altitude diminue et la chaleur augmente. Vers les quatorze heures je quitte le royaume désert de la montagne pour me trouver subitement précipité dans le monde bruyant des hommes. Sans transition ou presque je passe des prairies fleuries à une grande carrière surchauffée dans laquelle de nombreux camions soulèvent des nuages de poussière. Me voilà sur le bitume et en quelques kilomètres sous une chaleur torride je rejoins la petite ville d'Escarrill. A l'entrée de l'agglomération je m'assois à l'abri dans le premier bistrot. Je commande une grande bière. Le serveur est un grand noir avenant, et bien évidemment la conversation s'engage au sujet du prochain match, France Brésil. Il est sceptique sur la capacité des Français à triompher de cette équipe mythique, bien qu'ils aient déjà joliment réussi cet exploit en 1998 par 3-0 en finale. On verra bien, l'épreuve se déroule dans deux jours. Pour le moment je reprends la marche et traverse cette petite ville endormie sous la chaleur d'un soleil vertical. A l'extrémité nord de cette cité, un grand camping étale sa multitude de mobilhomes et de grandes tentes. Une place m'est indiquée, j'y déploie mes affaires, qui vont sécher rapidement. Ma tente montée ressemble à un microbe au milieu de mastodontes.
Dix-huitième jour hors chemin balisé jusqu'au col de Escarra puis GR 11 vers Somport
Très bonne nuit, aucun bruit, le camping est presque désert, pourtant le mois de juillet n'est pas loin et vu les infrastructures nous sommes dans une région touristique. Peut-être cette ville sert-elle de dortoir au profit de la petite station de ski traversée hier ? Ce matin tout est très sec, ayant dormi tente grande ouverte la condensation est faible. Temps superbe, il me faudra vite quitter ce fond de vallée avant la chaleur. Le temps moyen et froid que j'ai eu jusqu'à présent m'a rendu l'entreprise plus facile. En effet, souvent au cours de narrations concernant le versant sud des Pyrénées ce qui ressort c'est la chaleur présentée comme un facteur de souffrance. Au moins je ne peux pas dire la même chose. Sac rapidement bouclé j'abandonne le camping encore endormi. En quelques centaines de mètres une piste matérialisée sur ma carte est atteinte. Elle suit une petite rivière au pied d'une barre rocheuse. Plein d'espoir sur la beauté des kilomètres à venir, à l'idée que le chemin passe en plein dans cette jolie falaise. Je traverse le cours d'eau sur un barrage. La sente devient minuscule et puis elle disparaît complètement. J'insiste, et commence à escalader des rochers moussus dans une forêt d'arbustes agressifs. Après une demi-heure de bagarre, trempé de sueur et constellé d'épines de toutes sortes je fais demi-tour. De toute évidence pas de chemin. En regardant la falaise qui me domine, je me dit que si un itinéraire s'y faufilait j'en verrais bien quelques traces. Quand on ne sent vraiment pas la chose il ne faut pas s'entêter et avoir le courage de tout reprendre à zéro. Donc je rebrousse chemin et me retrouve devant mon camping une heure plus tard. Une route étroite et tortueuse part à l'ouest et me permet d'avancer dans le flanc de montagne qui doit me donner accès à un grand lac. Donc pas de panique, en faisant un azimut brutal plein ouest je tombe forcément sur ce plan d'eau de belle dimension. La route bifurque au sud, je pars plein champs dans des pentes raides. Je rejoins le lit aride d'un petit torrent qui me permet de déniveler rapidement malgré l'instabilité du sol. J'atteins un collet, duquel un vaste panorama se découvre. Ouf! mon lac est bien là. Mais au fond presque à l'infini je distingue le col par lequel je compte passer. La distance m'apparait énorme, un instant de doute me saisit, d'autant plus que je dois commencer par faire le tour du lac, qui fait quelques kilomètres. Comme toujours dans ces moments de doute, en écartant les doigts sur la carte, je me rassure en constatant que mon col est à moins de dix kilomètres topo. Ce serait bien le diable si en trois heures de marche rapide je n'y arrivais pas. Le calvaire du contournement commence, pas trop mal, même plutôt bien jusqu'au barrage, où je m'arrête pour contempler quelques poissons. Mais une fois de l'autre côté une sente boueuse inclinée vers le lac et complètement défoncée par les troupeaux de vaches va me donner le plaisir d'une bonne partie de glissades et de ''tordages'' de chevilles, toujours avec le risque de piquer au mieux une tête dans la boue et au pire la bouse. Enfin le supplice prend fin. Le collado de Escarra du haut de ses deux mille trois cent et quelques mètres semble déjà plus près. En deux petites heures avec parfois des doutes sur l'itinéraire, j'y suis. La dernière demi-heure est interminable à me casser les mollets sur de grosses mottes de terre. Ces Sierras espagnoles sont absolument magnifiques, jaillissements minéraux sauvages. Aujourd'hui encore je n'ai pas aperçu un être humain, seulement de loin de nombreuses vaches, mais à part cela pas un être vivant mis à part quelques grands oiseaux. Des rochers aux formes étranges ornent les crêtes qui m'entourent. Le contraste entre les fonds de vallons verts et fleuris et ces crêtes arides et déchiquetées est frappant. La rapidité avec laquelle on passe d'une ambiance à l'autre est aussi source d'étonnement. Encore une immense vallée se présente à moi. Quelques deux kilomètres plus bas je retrouve le GR 11, mais pas plus de monde. La gorge se resserre en ondulant, ce qui est du meilleur effet esthétique. La grande vallée perpendiculaire conduisant au Somport n'est plus très loin. Un peu avant de la rejoindre, le Gr 11 d'après ma carte tourne à droite en restant en hauteur. J'en perds la trace et me dirige vers un petit fort gardé par des militaires en armes, afin de me renseigner. Ils n'ont pas l'intention de me parler et me signifient sans ambigüité de m'arrêter à distance. Assurent-ils la protection d'explosifs, me prennent-ils pour un représentant de l'ETA prêt à remplir mon sac de pains de dynamite? Le problème du terrorisme est bien réel en Espagne, j'obtempère immédiatement et m'éloigne. Mais alors où passer? Une route part plein sud rejoindre la vallée mais quel détour pour moi qui remonte au nord. Le fort est sur un terre-plein duquel en contre-bas je vois le Rio Aragon. En piquant directement, je peux le rejoindre en une centaine de mètres. Mais c'est raide et instable. Dans ma jeunesse j'étais champion de course sur pierriers pentus, c'est le moment de voir si j'ai perdu le sens de l'équilibre au milieu d'un flot de caillasses dégoulinantes. C'est parti, je reste debout et j'y mets tout mon honneur, car du haut de leurs remparts les militaires m'observent, donc il n'est pas question de m'étaler. Ça se maîtrise bien, de plus la taille des cailloux augmente, ce qui améliore les appuis et hop je me récupère en-bas, et les têtes sont toujours là-haut. Je leur tirerais bien la langue tout heureux de ne pas leur avoir donné la joie de m'étaler tout au long de cette pente sévère. Un sentier comme je les aime en bord de rivière, protégé du soleil me remet en direction du col du Somport. De temps à autre des raidillons en caillasses raides et brûlantes me font suer. Et là, dans un passage en plein soleil je rencontre mon quatrième solitaire. Il ne s'agit pas d'un ''traverseur'' de Pyrénées, mais d'un pèlerin vers Saint-Jacques de Compostelle par la voie du Somport. Il est d'âge avancé, à mon sens au moins soixante dix ans et de nationalité allemande. Son matériel semble dater de Mathusalem, et de toute évidence il peine sous la charge et la chaleur. Nous engageons la conversation, il m'explique sa démarche. Je perçois toute la force des mots Sparsamkeit et Armut (économie et pauvreté), lorsqu'elles sont subies volontairement. Cet homme dégageait une force et une sérénité dans son adversité, j'en suis resté tout chaviré. Manifestement nous ne faisons pas tous les mêmes voyages! Au contact de tels êtres j'ai presque honte de ce que je fais. Faut-il pratiquer le voyage en faisant vœu de pauvreté pour toucher au sublime, peut-être ? Cela demande-t-il beaucoup de courage ou une grande foi ? Peut-être les deux ? Ce contact restera gravé en moi de façon indélébile, pourtant nous n'avons pas parlé plus de cinq minutes. De la vertu des chemins que l'on ne trouve pas. Moi, le touriste pressé à la démarche stakhanoviste je repars un peu ébranlé. Plongé dans mes pensées, j'arrive devant un ouvrage de captation qui laisse couler un grand jet frais. Je m'en arrose et bois à satiété. Peu après, en faisant un court détour j'arrive à un petit camping perché, il est adorable et, comble de bonheur, je suis le seul client. Je m'installe dans l'herbe constellée de fleurs, que demander de plus ? Je rejoins le petit bistrot et le patron me raconte une multitude de choses, que j'écoute religieusement en descendant quelques bières. J'essaie de ne pas trop penser au vieil Allemand pour ne pas avoir mauvaise conscience, mais la bière fraîche c'est quand même bon. Dans la conversation, je lui demande s'il fait à manger. Il me répond par la négative mais il me vante la qualité du Parador qui se trouve un ou deux kilomètres plus bas. Entre ma purée soupe et une petite marche à pied, mon cœur ne balance pas longtemps, en avant. Ce monumental bâtiment de l'époque franquiste me fait penser à certains pays ex-communistes. L'accueil est très correct, le personnel stylé, le menu offre un large choix et la nourriture est de qualité et le Rioja toujours aussi facile à boire, le tout pour un rapport qualité-prix imbattable et sans doute introuvable en France, qui n'est pourtant pas loin. Donc une fois encore je m'en mets plein la lampe et, la nuit bien avancée, tout guilleret, je rejoins ma tente.
Dix-neuvième jour GR 11 du Somport à Zuriza
Les montagnes qui dominent le camping sur le versant opposé sont extraordinaires. Hier du fait du contre-jour, je ne les avais pas vraiment vues telles qu'elles sont. Aujourd'hui toutes éclairées par le soleil du matin, elles montrent une multitude de recoins, et leurs formes tourmentées et acérées montent à l'assaut du ciel. Jusqu'au col du Somport, c'est à dire durant une petite heure je suis sur le sentier de Compostelle en sens inverse. Je croise donc quelques pèlerins, dont un, un peu excentrique, qui commence à me questionner et à noter mes réponses. Aïe aïe aïe ! je suis loin de mon vieil Allemand économe entre autre de ses paroles. Les installations du col sont vastes, je les traverse et poursuis plein ouest par le Gr11. La marche est agréable. Le chemin fait un immense détour au fond d'une gorge boisée. Un peu avant le lac d'Estanes, je rencontre mon dernier solitaire. Encore un Anglais qui suit la HRP. La traversée du pays basque avec vingt mètres de visibilité dans un terrain sans point vraiment caractéristique lui a laissé un souvenir profond. Le contournement du lac est pittoresque et très agréable. Je débouche à un petit collet et pris par le rythme, mon attention focalise une trace qui va m'éloigner de l'itinéraire. Je traverse un pierrier sous une barre rocheuse. Il semble qu'une vire la parcoure une cinquantaine de mètres plus haut. Des fois on prend ses désirs pour des réalités. Le chemin doit être sur cette vire. Je remonte une pente caillouteuse raide et attaque la paroi. Les pieds sont en adhérence et il faut me tracter avec les bras, mais je continue. Une pierre siffle. Je lève la tête et vois une harde d'isards sur une pente à ma verticale qui me lance des pierres. Je reprends mes esprits. Mais qu'est-ce que je fais en train de faire de l'escalade à la recherche du GR ? Je fatigue !!! Je redescends en faisant attention. De toute évidence au collet j'ai loupé l'itinéraire qui devait plonger devant la grosse pierre que j'ai contournée. Mais je ne fais pas demi-tour. Je continue sur le pierrier précité et j'oblique vers la falaise au-dessus de laquelle je me trouve pour essayer d'y trouver un passage. Une gorge profonde et très pentue donne accès à la large plaine que je dois suivre. Les premiers mètres presque verticaux sont en terre avec quelques végétaux, puis j'aborde des rochers très raides mais d'excellente qualité, encore de l'escalade mais les prises sont franches. Un petit passage vertical et un dernier pas nécessitant de s'étirer au maximum, et pour moi qui ne suis pas souple c'est le calvaire, et enfin je prends pied au fond de cette gorge austère et rejoins l'herbe. Il serait temps que je fasse un peu plus attention, ne pas être capable de suivre un chemin somme toute bien balisé, il y a du souci à se faire. Là encore l'erreur m'a fait parcourir des recoins très jolis. Je descends cette large vallée, orientée au nord, peuplée de vaches s'égayant au milieu de zones marécageuses. Je croise de nombreux promeneurs. Coude à 90 degrés gauche vers l'ouest, un petit à pic et au-dessous une piste au terminus de laquelle de nombreuses voitures s'entassent. Durant cinq ou six kilomètres je la suis. Elle est poussiéreuse et exposée en plein soleil. Le rendement baisse et je fais un sérieux effort pour avancer. Arrivé au bout de cette vallée, le chemin part plein ouest. Je suis la route, orientée au sud, qui descend trois kilomètres plus bas à un camping. Un peu avant d'y arriver une source jaillit d'un rocher. Je me mouille la tête et bois largement. Une fois au camping, le coin est délabré et à l'abandon. Une très mauvaise sensation me submerge, ce lieu m'est très hostile. Bien qu'il soit seize ou dix-sept heures, marche arrière et je retourne chercher le chemin et pars directement sur l'étape suivante. Incroyable, l'esprit mobilisé par l'étape nouvelle, la fatigue disparaît et je me sens comme neuf. Une fois de plus je perds mon itinéraire, attiré dans le vallon qui conduit aux aiguilles d'Ansabère. Un berger me confirme l'erreur. En tirant directement dans la pente plein sud et en gardant le cap parfois à la boussole tellement ce vallon à tendance à me ramener trop à droite, je finis par retrouver le bon vallon et le col de Petraficha. La lumière est extraordinaire, le temps change, un orage se prépare, que la montagne est belle dans ces conditions, surtout lorsqu'on est seul. Du col, la Sierra d'Alano se dévoile dans toute la splendeur de ses multiples faces blanches. Je vis un grand dépaysement sur ce chemin. Je passe un petit refuge dans lequel un jeune couple se prépare à passer la nuit. Il est sordide et son état lamentable me dissuade de m'y arrêter. La pluie arrive, je presse le pas. Le village de Zuriza n'est plus qu'à quelques kilomètres. Je fonce tant que je peux sur la piste. La pluie s'accélère et à nouveau de véritables trombes. Je vais faire quelque chose à ne pas faire. Un petit pont, je m'abrite dessous. J'enlève mon sac mais je guette en amont si le flux d'eau n'augmente pas brusquement, ayant repéré une petite pente pour fuir à la première alerte. Effectivement le niveau monte mais de quelques centimètres seulement, enfin le déluge s'interrompt. Je reprends la piste et arrive dans le village. Je m'imaginais au bout du monde et bien non, une foule compacte se presse au camping. Mais d'où sortent-ils? En trois heures de marche je n'ai vu que quatre personnes en comptant le berger. De toute évidence c'est un lieu prisé des Espagnols. Une fois encore je m'installe sur un terrain complètement détrempé. Mais que la région est jolie, des près bien verts couverts de fleurs, et le tout entouré de magnifiques montagnes bien rangées en ligne, toutes brillantes de pluie sous le soleil du soir. Vite une télé, c'est France Brésil! Un chahut incroyable dans une immense salle, la plupart n'étant plus intéressés depuis l'élimination de l'Espagne, mais tout le monde passe et repasse les bras chargés de nourriture et de gros bocks de bière. Dans le fond j'aime bien ces foules bruyantes secouées de gros rires. Il n'est pas toujours facile de suivre dans ce mouvement permanent le déroulement de la partie.
Vingtième jour route, chemin non balisé et GR 11 de Zuriza à Ochagavia
Une journée magnifique s'annonce. Vite sur pied, c'est parti pour la journée. Mais d'où sortent tous ces gens. Au collet où je dois quitter la route à quelque distance du camping, de nombreuses voitures stationnent. Le chemin commence à grouiller de randonneurs. Bien que cette partie de l'itinéraire semble très jolie, une petite route à l'allure plus calme la contourne. Je n'hésite pas longtemps, et c'est comme cela que je parcours quelques kilomètres de goudron avant de plonger dans une jolie gorge en sous-bois, qui me conduit à la charmante petite ville d'Izaba. J'effectue un arrêt sur la place centrale, où des enfants s'amusent. La fontaine est la bienvenue. A la sortie de l'agglomération un sentier pentu mène à l'église ''Nusestra Senora de Idoia''. Nous sommes le premier dimanche de juillet, et c'est le jour de la procession annuelle. De nombreux croyants en habits traditionnels montent à la petite église. J'y pénètre et dépose mon obole. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que ma pièce provoque le déclenchement de la lumière, qui éclaire vivement l'espace qui sans cela reste sombre. Moi qui voulais passer inaperçu, c'est loupé. Je ne m'attarde pas. Dès que le mur d'enceinte est dépassé, comme par enchantement je retrouve la solitude qui m'a accompagné sur la majeure partie de ma traversée. Le chemin parcourt une magnifique forêt escarpée, composée d'arbres à feuilles caduques. Le col de Kakueta est atteint. Là, plus de doute le pays basque commence. D'un coup la fin me semble approcher. Les crêtes s'arrondissent et s'adoucissent. La vue se dégage presque jusqu'à l'infini. Le Pic d'Orhy, pyramide culminant à 2017 mètres, marque l'entrée dans la dernière ligne droite, signe psychologique fort que j'attends depuis le départ de Banyuls. Pour le moment il se situe au nord-ouest par rapport à ma position. Au cours d'une marche enthousiaste orientée à l'ouest le long d'une piste entourée de pinèdes, il va se positionner plein nord puis il se déplace vers l'est. Ce mouvement apparent du Pic d'Orhy que je dépasse me procure un immense plaisir, la vie dans le fond c'est pas trop compliqué! Une grande descente donne accès au village d'Ochagavia. Petite bourgade à l'architecture carrée. Les maisons sont magnifiques, massives et bien entretenues. Les portes souvent ouvertes laissent voir des intérieurs raffinés, de jolis meubles en bois et de magnifiques plafonds à la française, dont les poutres bien entretenues donnent un réel cachet à l'ensemble. Je demande si un magasin d'alimentation est ouvert, il m'est répondu «hoy domingo». J'avais oublié. De plus, pas de camping, alors c'est forcé et contraint (tout du moins ma conscience est sauve en pensant au vieil Allemand) que je me dirige vers un charmant petit hôtel au bord de la rivière près du centre. Il est bien dans le style des intérieurs aperçus, cossu et de très bon goût. Toutes les prestations sont de qualité et le prix modique. Un groupe d'Anglais lancés dans la traversée des Pyrénées à vélo y séjourne aussi.
Vingt-et-unième jour GR 11 de Ochagavia à la frontière, jonction et GR10 jusqu'à Estérençuby
Un petit jour triste et brouillardeux se lève. Je n'y couperai pas à la navigation au radar. De plus à partir d'aujourd'hui j'abandonne mes cartes confortables au 50 000 pour passer à la 100 000 de l'IGN numéro 69. Après un copieux petit déjeuner je m'enfonce dans les brumes. Tout relief a disparu. Sans difficulté je rejoins le monastère qui domine sur une petite crête. Puis en avant vers la Sierra de Abodi, vaste croupe orientée est ouest. Un large chemin non mentionné sur ma carte coupe cette montagne à mi-pente. Le Gr le suit. Mais après une bonne heure de marche cela me semble bizarre, j'aurais dû commencer à monter vers le sommet. De toute évidence je l'ai encore perdu. Je fais marche arrière jusqu'à un petit bois et là, la progression à la boussole commence. Les joies du pays basque. Je ne devrais pas tarder à intercepter la crête et en la suivant je devrais couper le chemin. Je n'aurai pas la peine d'atteindre le sommet, je tombe sur un piquet peint aux sacro-saintes couleurs rouge et blanche. Mais une fois de plus l'erreur m'aura été bénéfique. En effet dans un champ, je suis tombé sur des vautours. Au sol ils ressemblent à de gros dindons à long cou. Mais dès qu'ils déploient les ailes et prennent leur envol le spectacle est de toute beauté. Une fois au sommet de cette sierra, le brouillard se déchire par intermittence, ce qui me permet de voir l'immense pan de forêt à descendre. A nouveau le balisage m'échappe, ce n'est pas grave car une rivière et un grand lac doivent me servir de barrière d'arrêt. Dans mon sac, toutes mes affaires sont réparties dans des sachets de congélation de différentes tailles, je dois même pouvoir traverser une rivière à la nage sans mouiller grand chose, mais enfin si possible éviter et localiser le pont. Je retrouve la petite route qui conduit au point de franchissement. Je tombe dans une clairière sur une belle poussée de cèpes de Bordeaux, oui des vrais boletus edulis. Malheur, que faire ! Je ne peux les ramasser, durant la vingtaine de kilomètres que je compte encore parcourir ils seront réduits en bouillie. Il paraît que cru c'est bon, c'est l'occasion d'essayer. J'en repère un joli bien ferme et je le croque à pleines dents. Au début on sent bien ce fumet subtil et fort du cèpe, mais rapidement la consistance en bouche donne une sensation de mélasse un peu cartonneuse difficile à mâcher. Je n'aurais peut-être pas dû en engouffrer un si gros morceau. Mais j'arrive au bout de mon champignon, et en attaque un second. Là par contre, je vais déclarer forfait avant de l'avoir terminé. La mort dans l'âme j'abandonne le reste de la petite troupe à gros pieds. Je me dis qu'ils feront peut-être la joie d'un chercheur, s'il ne tarde pas trop. J'arrive au pont, traverse et longe la rivière jusqu'au lac. Je croise quelques promeneurs. Le brouillard retombe de plus belle. Le chemin suit un bras du plan d'eau, qui vient tangenter la frontière. Cinquante mètres de visibilité c'est rigolo, mais pas trop longtemps. Soit je reste sur le GR 11 et ses mille mètres d'altitude dans la purée de pois, soit je pique sur la France et rejoins le village d'Estérençuby dans la vallée. Option France, je passe par dessus une clôture à vaches et me retrouve sur un petit parking. Plusieurs voitures stationnent. Toutes les plaques d'immatriculation sont françaises, c'est le seul indice qui me confirme que j'ai changé de pays. Le brouillard, lui il s'en fout de la frontière. Par une petite route, encombrée de belles grosses vaches blanches, qui serpente au fond d'une petite dépression je progresse vers le nord. La visibilité baisse de plus en plus. Des points de repère caractéristiques de la carte à proximité de la route restent invisibles. Avec la multitude de courbes je ne me situe plus exactement et pourtant je voudrais bien intercepter le Gr10. Enfin je le vois. Sans encombre il me conduit au village. Par beau temps ce parcours sur de grosses bosses doit être sublime, mais cet après-midi les yeux rivés sur de l'herbe mouillée et glissante dans un paysage fantomatique, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux. Ne nous plaignons pas, l'ambiance n'en est pas moins superbe avec son petit côté mystérieux qui cache tout au regard. Imaginer sans voir laisse libre cours à tous les phantasmes. Arrivée dans le village, il fait sombre, les maisons serrées dans le brouillard sont presque lugubres. Un petit hôtel, je m'y précipite. Un pur et dur, qui commence une traversée s'est installé au bord de la route, je suis bien content de ne pas faire de même. Ce soir encore, une équipe de cyclistes, français cette fois, est engagée dans la traversée des Pyrénées. Ils espèrent mettre une semaine.
Vingt-deuxième jour route de Estérençuby à Cambo-les-Bains
La météo ne prévoit aucun changement pour les jours à venir, brouillard à partir de 600 mètres d'altitude. Pas de problème j'ai toujours rêvé longer la Nive, car cette rivière comme l'Adour m'a toujours intrigué. Donc je rejoins Saint-Jean-Pied-de-Port et de là je longe la rivière. Déception, pas de chemin, je suis acculé à rester sur la route jusqu'à Cambo-les-Bains. Et là, première semaine de juillet le flot des touristes a commencé. Dans un vacarme permanent je vais rejoindre cette station thermale et d'un coup l'envie s'en va pour de bon. J'ai vraiment quitté les Pyrénées. Rejoindre les plages, et les remonter au milieu des baigneurs avec mon piolet dans le dos, c'est une histoire à me faire mettre la camisole de force et terminer chez les fous. Dans le fond j'ai bien fait de ne pas ''gâcher'' cette superbe balade Biarritz Arcachon par le bord de mer, car je la ferai avec un camarade en février 2008 et nous passerons cinq jours superbes, le jour le long de plages désertes et la nuit durant des bivouacs sous la gelée blanche. L'étape jusqu'à Cambo est longue, le goudron ça finit par casser les pattes. Pour la première fois en trois semaines j'ai des courbatures. La fin du parcours se fait sous la pluie. Cette nuit encore l'hôtel, monter la tente sous des trombes je n'en ai pas envie. Un coup de téléphone pour consulter les horaires de train, et demain en trois changements je rentre chez moi.
En conclusion je dirai qu'en écrivant ce récit avec deux ans et demi de recul, je suis étonné de la fraîcheur des souvenirs que j'en conserve. Sans doute le fait d'être seul y est pour quelque chose. En effet en montagne sans compagnon, on est plus exposé aux aléas et l'accident peut être beaucoup plus lourd de conséquences. Instinctivement on intègre cette situation et les sens sont plus en éveil. Cette concentration accrue favorise un meilleur contact avec la nature, et nous imprègne au delà de ce que l'on pense. Bien sûr je ne ferai pas l'apologie de ce genre de pratiques, qui présentent leurs inconvénients, et qui sont souvent réprouvées, normes de sécurité obligent. Cependant ces grandes balades en solitaire en montagne apportent beaucoup. Partir seul et durant trois semaines, n'avoir à s'occuper que de soi et focaliser toute son attention au point de vue matériel uniquement autour de la dizaine de sacs de congélation que l'on transporte dans son sac à dos, représente un immense repos de l'esprit. Pas de voiture, pas de papiers envahissants, personne avec qui négocier, pas de perte de temps à retourner une masse d'affaires. On ne possède que le strict nécessaire, les déballages et les rangements ne prennent pas de temps. On se sent comme affranchi d'une dimension matérielle, tout en se sachant autonome. Si j'aime partager des joies en montagne devant des paysages fantastiques et faire découvrir les lieux que j'aime, m'y trouver seul m'apporte une émotion qui m'est vitale.
Je vais avec plus de deux ans de recul relater ma traversée des Pyrénées effectuée sur 22 jours, essentiellement au mois de juin, commencée à Banyuls et terminée début juillet à Cambo-les-Bains.
Comme souvent cette aventure a commencé par un trajet en train au départ de Lyon. Pour me laisser le temps, tout en prévoyant un programme très ambitieux, j'avais dit à ma famille que je partais pour deux mois. N'ayant pas essuyé de reproches directs quant à cette durée somme toute longue surtout en été, j'ai cependant bien vu dans certains regards de l'étonnement et peut-être aussi un peu de peur. Pourquoi grand dieu a-t-il besoin de partir seul dans les montagnes? L'absence de question évite toute justification. D'ailleurs quelle est la justification au fait de partir seul? Y en a-t-il une ou plusieurs? Je ne saurais donner de réponse certaine car les idées restent assez confuses dans mon cerveau. Peut-être à la cinquantaine se prouver que le corps est encore jeune, vivre une aventure tout en restant dans des normes connues, n'avoir à s'occuper que de soi, une recherche relative de solitude? Probablement un mélange de tout cela. Bien sûr avant de partir, j'éprouve des doutes et aussi des remords, car je sais que certaines personnes ressentent ces moments du départ avec douleur, à la manière d'un abandon. Mais inexorablement j'essaie de durcir ma carapace et de ne pas trop réfléchir. Puis le premier pas étant effectué, le cœur devient plus léger.
Le trajet en train, direction le sud, permet de m'absorber d'une part dans une lecture intéressante en espagnol, car le gros de ma traversée je compte la faire dans le pays de Don Quichotte, et d'autre part dans la contemplation du paysage et tout spécialement du Rhône. Ce fleuve exerce sur moi une véritable attirance. De grands écrivains, comme Bosco ou Clavel, en ont fait des descriptions époustouflantes et y ont situé certains de leurs romans. Je me souviens aussi des parties de pêche effrénées avec mon frère dans notre jeunesse, où nous attrapions toutes sortes de poissons en particulier de gros brochets, pêchés de façon tout à fait irrégulière. En effet dans le port Edouard Herriot à Lyon pendant les grandes chaleurs de l'été de gros poissons s'immobilisaient à la surface. Traîtreusement, avec des cannes au lancer équipées de gros hameçons triples, après avoir bien visé nous les crochetions en travers du corps, pas très académique comme procédé mais très efficace. Heureusement ces poissons avaient pratiquement toujours la vie sauve, car leur chair sentait horriblement le pétrole. Il nous arrivait parfois de les ramener à la maison et de squatter la baignoire où durant quelques jours ces habitants du Rhône se trouvaient emprisonnés à la grande colère de notre mère et dans la joie dissimulée de notre père. Puis un jour les bornes ont été dépassées, le nombre de gros brochets et autres carnassiers attrapés étant tel, que nous sommes allés dérober mon frère et moi un fût de deux cents litres vide, qui se trouvait sur le chantier dans la rue au pied de notre appartement. Nous l'avons installé au milieu de ma chambre, rempli d'eau et y avons mis nos gros poissons. Sans doute attiré par nos exclamations de joie, notre père est entré dans la chambre et a marqué l'arrêt devant ce gros bidon rouge pour le moins pas très propre. Puis rapidement reprenant ses esprits, contrairement à la baignoire qui le faisait rire, dans le cas présent son visage exprimait plutôt de la colère et de la consternation devant la stupidité de ses enfants. Nous eûmes l'ordre impératif et exécutoire dans les plus brefs délais de rapporter notre aquarium sur son chantier et de nettoyer par la même occasion la grosse tache de goudron ou d'hydrocarbure qui marquait le centre de la chambre. Tous ces souvenirs de lecture ou d'histoires vécues me permettent de m'éloigner par la pensée des miens et d'oublier ma culpabilité en les abandonnant.
Contrairement à l'année dernière le trajet se passe sans problème. En effet au cours du mois de septembre 2005, j'avais accompli une randonnée d'une semaine à partir de ce joli petit port méditerranéen. J'avais loupé la correspondance en gare de Béziers, à cause de ce que l'on appelle pudiquement un accident de personne. Deux heures d'attente, que j'avais mises à profit pour me promener dans la ville. Il est étrange de penser que l'on profite d'une opportunité de découvrir un lieu parce qu'une personne qui n'avait plus la force ou l'envie de vivre s'est jetée sous un train. Me voilà donc vers les 13 heures en gare de Banyuls. Bien que la première étape soit longue pour un après-midi, je prends mon temps. Je descends sur la plage et vais au contact de l'eau. J'y trempe la main et les pieds mais n'ai pas le courage de me baigner. On ressent toujours une impression étrange, mélange d'appréhension de doute et d'excitation, au moment de partir seul dans un projet d'une certaine ampleur. Surtout, comme je l'ai, dit mon plan est assez ambitieux. Je compte suivre la HRP jusque vers Puigcerda, puis mettre le cap sur la Serra des Cadi et musarder par la suite dans certains massifs espagnols comme le Cotiella, puis rattraper la HRP du côté de Gavarnie et je projette même de remonter la plage de la frontière jusqu'à Arcachon. Mais rapidement, ce que je n'avais pas anticipé, c'est que pour le moral, indépendamment du temps qui souvent n'a pas été de la partie, j'ai besoin de voir sur ma carte la distance se creuser derrière moi et diminuer en direction de l'Atlantique. Toute ma vie j'ai été conditionné pour ne pas prendre le temps et on ne change pas facilement. J'ai presque honte de dire que durant cette traversée, ma plus grande joie bien souvent consistait à visualiser sur ma carte routière au 1 000 000 le trajet de la journée et de constater que cela représentait un espace très significatif à cette échelle d'un pays. Donc progressivement, me trouvant un certain nombre d'excuses, le temps, la famille, mes parents, mon fils qui commençait un stage à Lyon vers le 10 juillet, ce fut la ligne droite ou presque qui dicta mon itinéraire. Ce mode de pensée ne s'est pas imposé immédiatement mais s'est insinué lentement au cours de la première semaine.
Premier jour GR 10 de Banyuls au refuge au pied du Pic Neulos
Vers les 14 heures je démarre. Cet après-midi je compte rejoindre le refuge au pied du Pic Neulos en suivant le GR 10. Je connais l'itinéraire pour l'avoir suivi l'an dernier. Aujourd'hui le temps est beau et stable alors que la fois précédente rapidement je fus pris dans le brouillard et la pluie. J'avais trouvé la cabane à la nuit tombante, alors que se déclenchait un orage d'une violence extrême. J'apprendrai plus tard que cette nuit de septembre 2005, les départements environnants avaient été mis en vigilance rouge. Un grand arbre avait été fracassé par la foudre à proximité de l'abri. Dire qu'il s'en était fallu de peu que je le trouve, alors que j'errais dans le brouillard, la nuit et la pluie. Cette étape est longue, plus de mille mètres de dénivelé et il me faut 6 heures à un bon rythme pour y parvenir. A part un couple doublé, que je reverrai trois jours plus tard sur le Canigou, je ne rencontre personne. Une fois arrivé, croyant que le couple me rejoindrait pour la nuit je m'installe dans un coin. Personne ne vient. Je suis et resterai seul, avec une vue magnifique sur la Méditerranée qui s'étale à l'infini. Au cours de cette traversée ce sera la seule nuit où je n'aurai pas de compagnie. Bien souvent, lors de grandes étapes les journées se dérouleront dans la solitude mais le soir il y aura toujours une âme qui vive avec qui discuter, sauf pour cette première étape. La fois précédente, la nuit de l'orage, il y avait cinq personnes, quatre jeunes Hollandais et un saltimbanque qui terminait la traversée des Pyrénées par le GR 10. Son périple avait duré deux mois avec un sac de 20 kilogrammes. Il s'arrêtait dans les villages pour présenter des spectacles et se faire quelque argent pour continuer son voyage. Nous avions passé une nuit merveilleuse à se raconter une multitude d'histoires vécues, et le matin chacun était reparti sur son chemin, de brouillard et de pluie pour une semaine en ce qui me concernait. Maintenant un an plus tard, la nuit est paisible, troublée par nul bruit.
Deuxième Jour GR 10 du refuge au pied du Pic Neulos aux Illas
Lever matinal, temps superbe, l'étape du jour me conduira aux Illas. L'humeur est au beau fixe, s'éveiller dans cette cabane aux quatre vents sans un bruit, seul avec le soleil distillant déjà sa chaleur bienfaisante. Je contourne le Pic Neulos par une trace plus qu'une sente. Seules quelques vaches paissent tranquillement dans ce terrain raide et broussailleux. Une fois sur la crête comme l'année précédente je me fais entraîner sur ce qui me semble un détournement de GR pour passer devant un gîte. A six heures du soir le détour qui invite à l'arrêt très bien, mais à sept heures du matin c'est moins agréable. En effet cet itinéraire détourné me force à suivre sur plusieurs kilomètres une route goudronnée. Heureusement il est possible par endroits de couper directement à travers la forêt. Donc me voilà pour une bonne distance sur la route, comme consolation cela permet d'étalonner le podomètre. Le mien est pas mal, à vingt mètres près il correspond aux bornes kilométriques, et cela sur presque dix kilomètres. Seul agrément je passe deux sources bien fraîches auxquelles je me désaltère avec bonheur. Arrivée au col du Perthus, que de monde!!! De véritables files d'autobus s'entassent sur les parkings, desquels se déverse une multitude se ruant sur cigarettes et alcools. Dans un gigantesque supermarché je m'achète deux petites boîtes et quelques fruits pour mon repas de midi. En effet, ce soir aux Illas je compte aller au restaurant du bourg dont je garde un très bon souvenir. Vite je reprends mon chemin, ça grimpe dur dans les ruelles. Enfin je suis sorti et emprunte une petite route qui passe au pied du fort de Bellegarde. Un petit cimetière m'interpelle, j'y entre par un portillon qui grince. Comme il est étrange! Les tombes, toutes très vieilles, sont alignées le long du mur d'enceinte, laissant de ce fait un immense espace libre, comme si le lieu n'avait pas encore servi ou presque. Les tombes sont presque toutes surmontées de hautes et maigres croix auxquelles sont accrochées des cocardes tricolores. Mon étonnement est grand lorsque je constate que les dates indiquées remontent à la révolution et manifestement la plupart des défunts sont des militaires. Quelques tombes sont minuscules et dévoilent la présence d'enfants. Que ce lieu est étrange et calme, si proche cependant de la folie consommatrice. Je quitte l'endroit quelque peu songeur. Un peu plus loin j'aperçois des ruines. Il s'agit de la voie romaine qui allait en Espagne. De nombreux vestiges sont visibles, très bien conservés pour certains. Le plus impressionnant, ce sont les traces de roues de char encore bien visibles sur le rocher. En moins d'un kilomètre deux sites exceptionnels méritent une visite. Je m'arrête, mange mes boîtes de sardines et mes fruits. Le chemin pour aller jusqu'aux Illas n'est pas très agréable, large piste serpentant à flanc, succession de montées dans la poussière. L'arrivée au village se fait par une grande descente en lacets, cela semble interminable. Le gîte est loué à un groupe, donc ce sera camping sur un petit terrain communal, où je serai seul. La douche je la prendrai sous le pont du village, là où la rivière fait une petite mare. Le lieu est assez discret, de plus il n'y a pas grand monde. Cette traversée des Pyrénées qui va me prendre vingt deux jours, je ne pensais pas y rencontrer si peu de monde. En effet à part quelques sites connus comme le Canigou, les Aiguilles Tortes ou la vallée d'Ordesa, les étapes seront très souvent solitaires, et si elles ne le sont pas complètement, les humains rencontrés se comptent sur les doigts de la main. Ceux qui me marqueront, ce sont les marcheurs solitaires. J'en croiserai cinq, quatre qui traversent les Pyrénées dans l'autre sens, trois Anglais et un Français, et le cinquième un vieil Allemand qui emprunte la voie du Somport vers Saint Jacques de Compostelle. Ces rencontres sont toujours des moments de grande émotion. J'aurai l'occasion d'y revenir. Il est étonnant comme ces trajets, seul, à travers les montagnes laissent une marque profonde en soi. En effet cela fait maintenant plus de deux ans que j'ai effectué ce périple, et bien, le fait de le dérouler en l'écrivant, une multitude de sensations et de détails me reviennent à l'esprit. Je suis stupéfait de voir que malgré le recul du temps, le fil ténu et éphémère mais de plus de sept cents kilomètres, de ma trace dans ces montagnes s'est incrusté à ce point en mon esprit. L'exercice d'écriture est d'autant plus difficile, que je n'ai pratiquement pas fait de photos. En effet, ces dernières sont un outil prodigieux pour la narration d'un récit. Mais c'est peut-être un peu tricher, car longtemps après, écrit-on par rapport aux sensations que ces photos évoquent à l'instant où on les regarde, ou bien font-elles réellement remonter le vécu et la perception au moment de leur prise? Sans doute un peu des deux. Mais si on n'en possède pas, le fil d'Ariane de la piste fait ressurgir les émotions du moment de l'action, le récit en est sans doute plus véridique. Donc comme prévu, petit repas gastronomique aux Illas dans une auberge à la salle grande et bien aménagée, une ancienne grange restaurée de main de maître. Après cet agréable moment, je fais un tour pour localiser le chemin du lendemain. Je repère un monument à la mémoire des personnes qui rejoignaient l'Angleterre via l'Espagne durant la deuxième guerre mondiale, car le village était l'un des lieux de passage, cela me remémore de nombreux livres et films.
Troisième jour Les Illas, frontière espagnole, Pic de France, Arles-sur-Tech
L'étape sera longue, je compte remonter la belle forêt qui domine le village, passer en Espagne, rejoindre le Roc de France par l'ermitage de la Salinas puis terminer l'étape à Arles-sur- Tech. La montée en sous-bois est magnifique tôt le matin lorsque les rayons du soleil sont encore obliques. Début juin, les feuilles sont encore toutes jeunes et présentent un joli vert tendre. Je ne peux m'empêcher de scruter les touffes de mousse, car je verrais bien des giroles s'y cacher. Une fois en Espagne, une piste large et de bonne inclinaison conduit à l'ermitage. Il est désert mais plus embêtant, la source est tarie et moi qui comptais m'y ravitailler … Tant pis, direction le Rocher de France. Après quelques petites hésitations dans les broussailles, je n'ai pour le moment que la carte au cent millième de l'IGN, je tombe sur un bon chemin qui me conduit sur le petit sommet à 1450 mètres. J'en profite pour me restaurer en contemplant le versant qui doit me conduire à l'étape du soir. Il a l'air immense et plein de replis. En effet cette descente jusqu'à la petite rivière, le Tech, est interminable. Heureusement en pleine chaleur de l'après-midi je rencontre une source qui suinte d'un rocher, que cette eau fraîche est agréable. Cela donne un bon coup de fouet au moral. J'arrive dans la ville d'Amélie-les-bains. Ce fond de vallée est très chaud, le goudron fond. Je commence par suivre la route, mais rapidement du fait de la chaleur et du trafic important je rejoins le lit de la rivière et continue à même les galets. Le rivage par endroits présente de véritables murs de végétation, il me faut donc marcher dans l'eau heureusement peu profonde. Cela procure une sensation étrange de se dire que l'on est en train de traverser les Pyrénées à pied et de se traîner à un rythme d'escargot à glisser sur des pierres moussues en essayant de ne pas piquer une tête. Je finis par abandonner et pars à la perpendiculaire à travers les fourrés à la recherche d'un chemin. Rapidement je tombe sur une multitude de traces praticables. A l'entrée de Arles-sur-Tech je retrouve le GR 10. Cette petite cité est superbe, le chemin se faufile dans des lieux pittoresques, en particulier des petits jardins potagers. Halte dans un camping dans le haut du village, il n'y a presque personne. Le mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Je mets mes sandales et retourne me promener dans le village. J'y fais quelques emplettes et vais m'installer à la terrasse d'un restaurant à l'architecture superbe, une ancienne bâtisse en pierre rénovée. La soirée sera nostalgique, car durant l'après-midi mon maudit portable m'a appris la mort d'une personne qui m'était chère. Il y a des moments dont on se souvient toute sa vie eh bien je me souviendrai toujours exactement du lieu et de l'instant où cette triste nouvelle m'a atteint. Je mange cependant avec appétit une gigantesque pizza suivie d'une grosse glace. Je remonte à mon camping sous l'orage qui menace et rapidement m'endors.
Quatrième jour GR 10 de Arles au refuge de Bonne-Aigue
Lever matinal, pas un bruit, petit déjeuner froid englouti rapidement et tout de suite l'immense dénivelé de la journée commence. J'ai l'intention de rejoindre la HRP en passant par le Serra del Roc Nègre à 2714 mètres alors que mon point de départ se situe juste à 300 mètres. Je chemine par des chemins qui se faufilent parmi les restes de vieilles mines, excavations et charpentes métalliques en ruines. Rapidement la chaleur est suffocante, le temps est à l'orage. Je dénivelle rapidement mais je souffre. Le sac me semble pesant, les crêtes apparaissent lointaines, et cela d'autant plus que l'air est saturé d'humidité et prend un aspect laiteux qui augmente l'impression d'éloignement. Le sentiment d'avoir vu trop grand pour la journée commence à m'effleurer. Cependant le rythme rapide me permet de garder le moral. Toujours cette horrible habitude d'avoir les yeux rivés sur la montre et l'altimètre et en déduire des dénivelés horaires. Au moins cela a la vertu d'occuper l'esprit. J'envie ce garçon qui lorsqu'il part pour de grands périples ne s'encombre d'aucun instrument même pas d'une montre, quelle liberté il doit éprouver! Mais pourquoi je n'arrive pas à en faire autant ? La végétation change, des prairies parsemées de jolies fleurs remplacent la garrigue. Un petit ruisseau que je longe, et hop! une jolie truite détale. J'atteins la route qui conduit au col de Cirière. Au gîte en réfection un peu en-dessous je me ravitaille en eau et me renseigne sur l'évolution du temps pour l'après-midi. Rien de rassurant, mais rien d'étonnant, des orages violents sont attendus. S'engager sur les crêtes ne serait pas raisonnable. Je décide donc de rester sur le GR10 et me lancer dans le contournement du Canigou. Le col est rapidement rejoint. Ensuite le chemin s'accroche au versant nord-est de la montagne. Que le lieu est impressionnant ! Le Canigou est vraiment la sentinelle des Pyrénées bien avancée dans les plaines. Les flancs sont très raides et travaillés. Par endroits je traverse de petites gorges au fond desquelles coulent des ruisseaux. Par temps de grosse pluie le passage ne doit plus être praticable sans risque. J'arrive à une petite bâtisse devant laquelle se trouve une magnifique fontaine. J'aurais pu éviter de transporter mes deux ou trois litres d'eau. Un peu plus loin je rejoins le couple vu la première journée, je ne les avais pas reconnus, eux par contre me remettent bien. Il y a quelques promeneurs sur ce magnifique sentier. Je double deux femmes qui me cèdent leur énorme chien blanc, genre Patou, pas méchant mais très collant. Bivouaquer en se serrant dans son poil volumineux doit être agréable, mais je n'en ai pas l'intention. Arrive un croisement de chemins, où le refuge des Cortalets est indiqué par deux itinéraires. Je choisis le plus haut. Alors que je remonte une crête vers les 2300 mètres, un orage violent s'abat. Je dépasse un couple de Belges qui s'abrite dans une petite anfractuosité et mon gros Patou décide de rester avec eux. Une très violente averse de grêle me force à m'arrêter sous le premier sapin et à mettre mon sac à dos sur ma tête. Le tonnerre gronde autour de moi, quelques arbres foudroyés montrent que l'endroit est malsain. Mais la grosseur des grêlons est telle que je n'ose bouger malgré le risque lié à la foudre. L'averse est si violente que mon arbre ne me protège pas vraiment et les morceaux de glace rebondissent dans tous les sens et m'attaquent par le bas. Très rapidement, n'étant pas très habillé la déperdition de chaleur est importante et je commence à me sentir en danger si cela devait durer. Je décide malgré la tourmente de repartir en courant au mieux, car au moins je produirai un peu de chaleur. Heureusement quelques minutes plus tard aussi rapidement qu'elle était apparue la grêle s'arrête. Il était temps, cela a duré une vingtaine de minutes. La montagne est magnifique dans son hostilité, sur les sommets environnants le tonnerre roule en faisant vibrer jusqu'au sol. Après la traversée de quelques pierriers instables et glissants j'arrive au refuge. Une foule immense s'y trouve. En effet c'est la fête des feux de la Saint Jean. Demain tout ce beau monde montera son bois au sommet du Canigou pour faire un immense feu de joie. Les Catalans sont comme les Basques, le bois ils aiment ça, et ils se mettent à plusieurs pour monter des bûches énormes. Très vite je me rends compte que je n'ai pas du tout envie de passer la nuit ici. Il n'est que quatre ou cinq heures, je continue donc jusqu'au refuge de Bonne-Aigue petite cabane qui doit être moins peuplée. On me conseille cependant de prendre de l'eau car la source de Bonne-Aigue, contrairement à son nom, n'est pas toujours bonne fille et peut se montrer avare, ce qui sera le cas. Encore une ou deux heures de chemin escarpé, durant lesquelles je chemine presque accroché au ciel en dominant la plaine, située très loin en-dessous. Enfin au détour d'un pli du terrain le petit abri se dévoile sur son éperon. J'y suis seul. Une vue magnifique sur le sommet du Canigou s'offre au regard. Heureux d'arriver, ce sera l'une des plus longues étapes de ma traversée et la plus éprouvante, à cause du temps d'abord étouffant et puis cet orage très impressionnant. Je cherche la source et la découvre enfin juste devant le refuge, mais elle est à sec. J'ai été bien inspiré de prendre trois litres d'eau au refuge précédent. Je m'installe, fais un feu dans le fourneau et me cuisine une grosse purée et bien au chaud dans mon duvet je poursuis la lecture de Croisières et Caravanes d'Ella Maillard. C'était quand même autre chose quand elle traversait dans les années trente l'Asie à pied en dormant deux semaines durant dehors en hiver dans l'Himalaya, en ayant pour tout refuge le flanc de son chameau. Je me dis que mes petites souffrances c'est de la rigolade. Alors qu'il fait encore bien jour, j'entends du bruit. Je ne serai pas seul cette nuit. Un couple de jeunes gens arrive. Voyant l'exiguïté des lieux, ils décident d'aller planter leur tente sur un replat à proximité. Après s'être installés ils viennent me chercher et m'invitent à partager une bouteille de blanquette de Limoux. Assis dans l'herbe à côté de leur tente nous avons une discussion animée. Incroyable, lui vient de faire une thèse sur les mafias albanaises. Je ne dirais pas que je suis très fort sur ce sujet mais j'ai habité trois ans en Albanie et donc le thème m'intéresse. Cette soirée mémorable et très sympathique me revigore et me laissera un souvenir impérissable. La nuit tombée depuis un bon moment, nous rejoignons chacun notre sac de couchage.
Cinquième jour GR 10 du refuge de Bonne-Aigue au hameau du Mantet
Après une bonne nuit, je me sens en pleine forme, la longue marche d'hier n'a laissé aucune trace. Mes amis dorment toujours, je laisse un petit mot de remerciements sur l'un de leurs sacs et leur souhaite une bonne montée au Canigou. Comme toujours lorsque je suis un GR, je pars bille en tête sans rien regarder, sauf dans le cas présent, un dernier regard à ce minuscule refuge agrémenté d'une petite tente. Rapidement je traverse un éboulis et fais détaler toute une harde d'isards. Le chemin pénètre en forêt. Il semble peu utilisé, bizarre pour un GR. Mais l'ambiance est tellement extraordinaire et mystérieuse que pris par l'envoûtement du lieu je m'y enfonce toujours plus profondément. De plus en plus de branches obstruent la sente de plus en plus étroite. Je finis par perdre toute trace. De toute évidence je ne suis plus sur le chemin. Cependant ma carte au 100 000 ne me dit pas si je me situe au-dessus ou au-dessous de mon itinéraire . Le plus simple, faire marche arrière jusqu'à ce que je retrouve la sacro-sainte trace rouge et blanche. En effet je n'aurais pas dû traverser la zone d'éboulis. Le chemin à cet endroit monte une petite crête très raide et poursuit en pente très soutenue. Mais comme souvent, cette erreur m'a permis d'abord de voir de très près ces beaux animaux que sont les isards et de passer une heure dans une forêt mystérieuse très peu fréquentée. J'atteins un collet haut perché que je distinguais très bien du refuge, et je bascule sur un autre versant de la montagne, toujours aussi joli et aérien. Rapidement je rejoins l'un des itinéraires qui conduisent au point culminant. De ce fait je croise de nombreuses personnes qui s'y rendent. Le refuge de Mariailles apparait. Je suis un peu déçu, il a l'air d'être jeté à même le bord du chemin. J'en avais une idée magnifique, ayant lu un article particulièrement élogieux sur sa gardienne, ce qui tout naturellement me rendait le lieu très sympathique. Je ne m'y arrête pas et descends à un bon rythme jusqu'à Farga. Que ce petit hameau est accueillant, des fleurs partout, des champs remplis d'immenses herbes bien vertes, et une fontaine. Une eau fraîche agréable à boire, mais il serait préférable qu'elle soit plus chaude, car on en absorbe plus facilement une grande quantité, et lorsqu'on fait des efforts c'est par litre qu'il faut s'hydrater. Ensuite par une grosse chaleur je remonte au col de Mantet. 900 mètres de dénivelé en zigzaguant avec la route goudronnée par des petits raidillons. Le col fait très pelé, le village du même nom est blotti quelques centaines de mètres plus bas. Un gîte très agréable m'accueille. La soirée est particulièrement exquise. L'hôtesse cuisine très bien, et à quatre, un couple étant présent, nous refaisons le monde jusque tard dans la nuit. Je rejoins un lit moelleux et je tombe sur un livre de Troyat, dont je ne me souviens plus du titre, mais il me passionne tellement que j'en lis les trois quart avant de m'endormir.
Sixième jour GR 10 du Mantet aux Planes
Le temps semble beau, après un petit déjeuner copieux me voilà parti à travers les alpages. Le paysage est très différent de ce que j'ai vu sur le tour du Canigou. On retrouve la moyenne montagne que je qualifierai de classique. Rapidement je passe le col del Pal, qui domine le village de 900 mètres. Je redescends au refuge de la Carança. Il est au confluent de plusieurs vallées, et les vaches innombrables l'assaillissent littéralement. On m'avait prévenu que la source pouvait être contaminée du fait du grand nombre de bovins. Je constate que j'ai perdu l'une de mes superbes sandales, achetées 70 euros au Vieux Campeur. Je suis très mécontent, je les ai attachées sur mon sac. Alors s'est-elle décrochée ou dans la précipitation du départ l'ai-je oubliée au gîte? Cela me perturbe, comme quoi il ne faut pas grand chose. Alors dans ma colère à partir du refuge j'accélère et remonte un joli vallon. Je ne croise pas grand monde puis viennent face à moi des pêcheurs. Tiens c'est bizarre! Mon itinéraire de la journée ne comporte pas de lac. Je leur demande d'où ils arrivent. Bien évidemment de l'étang de la Carança. C'est le bouquet, je n'ai pas pris la bonne vallée. Il faudrait bien que je finisse par prendre l'habitude de regarder la carte de temps en temps de façon plus rigoureuse. En effet je suis juste sous le lac j'ai bien dû faire quatre cents mètres de dénivelé. Pas de panique, c'était très joli. Je m'arrête donc et commence à casser la croûte. Au moment de reprendre le chemin du refuge un autre pêcheur descend. Nous engageons la conversation et j'aurai droit à un superbe cours sur la truite fario de souche pyrénéenne. Il m'explique tout sur sa reproduction et sa pêche. Encore une fois l'erreur est très bénéfique. De retour au refuge je reprends mon chemin qui est franchement très évident. Le col se situe 600 mètres plus haut. Son accès est raide, coupant en permanence une piste qui fait de grands détours. Une fois arrivé, un vent froid et désagréable m'enlève toute envie de faire une pause. Ce temps pour le moins pas très agréable, je vais le subir quasiment jusqu'à l'Atlantique. Je prends cependant le temps de regarder ma carte et de constater que le Gr fait une immense boucle en fond de vallée. Je décide de traverser directement et de rejoindre le chemin sur le mouvement de terrain suivant. Je visualise l'itinéraire que je veux suivre et c'est parti. Arrivé en fond de vallon, j'attaque directement la pente en face et après une bonne suée je retrouve les traces rouges et blanches. Il ne me reste plus qu'à me laisser conduire au village de Planes. Le gîte est ouvert. Je bois une bière en compagnie d'un habitué de la région. Il me raconte une histoire étonnante qui corrobore ce que j'ai vécu trois jours auparavant. Il me fait part de son expérience des chutes de pression très brutales du côté du Pic de Costabonne. Effectivement lorsque j'étais près du Pic de France, mon altimètre affichait des variations d'altitude très brusques et importantes. J'ai tout de suite pensé qu'il ne fonctionnait plus. Eh bien non, il s'agissait du phénomène que l'on me décrit. Pas étonnant, m'a-t-il dit, que j'ai subi un orage aussi violent sur le Canigou. Le repas du soir sera moins raffiné que celui de la veille. Je me trouve avec un Canadien qui finit ses vacances et qui repart le lendemain. Il éclate de rire quand il constate que je n'ai qu'une sandale et un pied nu. Nous passons la soirée devant la télévision, coupe du monde oblige. La France va gagner, et ce n'est pas le dernier match que je regarderai.
Septième jour Les Planes à Puigcerda et village de Ger par chemins et route (N260)
L'étape du jour doit me conduire en Espagne, pays dans lequel je resterai jusqu'au pays Basque. L'itinéraire remonte le vallée de Mont Louis jusqu'à la frontière. Manifestement j'ai une baisse de moral, pourtant tout va bien physiquement. Le chemin parcouru jusqu'à présent était très beau, la marche agréable, les haltes du soir toujours bonnes et souvent pleines de surprises. Eh bien non, malgré ces 6 jours prometteurs d'une belle traversée je suis envahi par un coup de blues. Le plus étrange, c'est que je ne sais pas pourquoi. Allez, ne pas se poser de question et marcher, on verra après. J'abandonne le GR 10 à partir d'aujourd'hui pour ne le retrouver que vers Saint-Jean-Pied-de-Port. La marche en forêt est plaisante. De l'autre côté de la vallée j'aperçois le fameux four solaire d'Odeillo. Ayant coupé mon téléphone portable depuis hier matin, je l'ouvre, des fois que ma famille s'inquiète en ne pouvant me contacter. J'ai effectivement un message d'un camarade qui me propose des activités professionnelles à Lyon et Paris. De toute évidence cela attendra mon retour. Je savoure l'immense privilège que cela représente de ne plus être soumis au dictat de devoir gagner sa vie et de vivre sans peur excessive du lendemain. Après tout, cela dépend aussi de ses envies et du niveau auquel on fixe ses besoins. Mais la contrepartie de ne plus se sentir tendu vers un but professionnel, c'est peut-être de devoir occuper son temps libre. C'est sans doute là que se niche une partie de mon vague à l'âme. L'allure n'est pas très rapide. Je fais une halte à même le tapis d'aiguilles de pins et engage une longue conversation téléphonique avec une personne qui m'est chère et qui me connait bien. Sans doute suis-je à la recherche d'un appui dans la signification de la traversée que je fais? En tout cas la discussion porte ses fruits. Je trouve une interlocutrice qui est un avocat sans concession de la poursuite de l'entreprise. Plus de doute, debout et marche. Je m'arrête dans le village de Eyne et mange la boîte de thon que je traîne depuis Tech. C'est pénible car on se met de l'huile partout et ensuite il faut trouver une poubelle, car pas question de remettre dans le sac cette boîte de conserve toute dégoulinante. N'en voyant pas dans les environs, je mets le tout dans un sac plastique que j'accroche sur le sac à dos. Dans ce village, l'année précédente, j' avais pris le fameux train jaune, expérience très intéressante. J'étais le seul voyageur sur le quai, le train est arrivé à faible allure et s'arrêta. Le chauffeur sortit la tête et me demanda si je voulais monter. Je lui répondis par l'affirmative et il m'enguirlanda presque en me faisant remarquer que normalement le train ne marque l'arrêt en gare que si on lui fait signe, et qu'il n'est pas devin et ne peut connaître mes intentions. Je devais donc m'estimer heureux qu'il se soit arrêté car de plus c'était le dernier de la journée. Après ce rappel de mes souvenirs, je repars. Avec la journée qui avance, la chaleur augmente. Après m'être perdu dans des champs cultivés, qui de toute évidence se sont appropriés le chemin, n'osant pas couper directement parmi les épis de blé, je fais moult détours. J'arrive enfin à Bourg Madame et passe la frontière. Manifestement les douaniers regardent les gens, est-ce dû au contrôle de l'immigration clandestine en Europe ? A Piugcerda je m'arrête et me mets à l'ombre dans un café. Pour ce sacro-saint moral à retrouver et à consolider, je sens qu'il faut que j'avance un grand coup, comme cela je serai irrémédiablement lancé dans l'aventure. Donc première décision, je laisse tomber le long détour par la Serra de Cadi et je file directement sur La Seu d'Urgel, en partie sur la route et en partie par des chemins qui traversent de petites villes un peu désaxées. L'important c'est qu'il n'y ait pas trop de montées et que le mouvement vers l'ouest soit significatif. A la sortie de l'agglomération, je distingue très nettement à une vingtaine de kilomètres au sud la barre impressionnante de la Serra des Cadi, sur une trentaine de kilomètres elle se lève d'est en ouest en une vague toujours au-dessus des 2000 mètres, et même pour sa moitié ouest toujours au-dessus des 2500 mètres. Résolument je m'engage sur la route à grande circulation, je vois un panneau qui indique 60 km alors que ma carte en indique un peu plus de 50 pour la ville de La Seu D'Urgel. Un super marché, j'achète une bouteille de banga de deux litres que je descends presque d'un coup, cela fait repas et boisson. Sur le goudron c'est une véritable canicule, avec la réverbération de la chaleur, les 35 degrés sont à mon avis atteints. Un grand magasin de chaussures dans une zone commerciale, j'en profite pour m'acheter des tongs pour remplacer mes sandales. Il y a des soldes, j'ai deux paires pour 7 euros mais je n'en veux qu'une. Dans mon espagnol hésitant j'explique qu'une seule suffit et que je ne désire pas en porter deux jusqu'à l'Atlantique. La charmante vendeuse finit par m'en vendre une paire pour 4 euros. Je retourne dans la fournaise avec l'intention de bien avancer avant le soir. Après une dizaine de kilomètres je me laisse tenter par le joli village de Ger qui domine la route, et pars à la recherche d'un logement. Le bistrot, dans lequel j'entre, loue des chambres certes à des prix non-modiques, mais de qualité. Pour une journée sans moral l'étape a été cependant importante. Je me promène dans cette petite cité toute en pente et termine dans un petit estanco. On est bien en Espagne et l'ambiance est très sympathique.
Huitième jour Principalement route de Ger N260 direction ouest
Au réveil, il fait presque nuit, cela ne provient pas de l'heure matinale mais de l'épaisseur des nuages. Je reprends la route à grande circulation sur une dizaine de kilomètres et me dirige vers la petite ville de Bellver de Cerdanya. Jolie agglomération à l'architecture de cachet avec ses belles maisons en pierre, ses magasins bien achalandés et sa foule qui se presse dans les rues. Une brume épaisse tombe, assortie d'une bruine tenace. Une route très peu fréquentée me permet de gagner dix kilomètres loin du raffut de la circulation. Cela me donne l'occasion de découvrir la belle église de Santà Eugènia de Nerellà. Vers les treize heures, retour sur la grand route à l'entrée de la ville de Martinet. Dans un bistrot comme on en trouve dans toutes les grandes cités européennes je profite d'une accélération des précipitations pour faire une pause. Sensation étonnante que de faire de longues distances à pied le long de grands axes routiers. Je pense à tous ces récits de voyage où durant des semaines voire plus l'itinéraire se déroule dans le souffle et les aspersions des camions lancés à toute allure. Je me remémore en particulier un pèlerin parti de Lyon pour Jérusalem et qui avait traversé une bonne partie de l'Italie dans ces conditions, ou encore Bernard Ollivier qui au cours de sa longue marche appréhendait la traversée des tunnels non éclairés quelque part au fond de l'Asie. Ma carte au 50 000 me permet de voir qu'un petit chemin se faufile entre la montagne et la rivière sur la rive opposée à la route, encore quelques kilomètres de gagnés loin des monstres d'acier puants et bruyants. Ensuite, après un bref retour sur cette N260 apparaît un camping à même le bord de la route. Bien qu'il ne soit pas tard je décide de m'y arrêter. Le temps s'est amélioré et rapidement la chaleur sèche le sol. Manifestement il n'y a pas grand monde, à tel point qu'il est impossible d'acheter quoique ce soit, le restaurant et l'épicerie étant fermés, donc ce soir mon réchaud me servira pour chauffer ma purée soupe, habituelle dans ces circonstances. C'est très simple à faire, c'est comestible, ça cale sérieusement, que demander de plus? Je m'installe au bord de la rivière sous un rayon de soleil et je m'y trouve très bien. J'observe les petits verrons qui farfouillent les gravillons dans quelques centimètres d'eau un peu à l'écart du courant principal du cours d'eau. Soudain, sortant des profondeurs agitées par le courant, une belle truite fait un passage rapide mais ne réussit pas à attraper une proie. Être le témoin d'une scène de ce type, somme toute banale dans la nature, me remplit de joie, et c'est très bon pour le moral.
Neuvième jour N260 jusqu'à la Seu D'Urgel puis GR7 jusqu'à la Farga des Moles
L'étape de ce jour doit me conduire au moins à La Seu D'Urgel. Afin de continuer à bien avancer tout se fera par la route. D'ailleurs, vu l'endroit où je me trouve, il n'y a pas d'autre choix. La vallée est encaissée, la route domine d'assez haut, aucune possibilité de progression près de la rivière et le versant raide ne permet pas de prendre des chemins en amont. Donc je me lance sur le bitume, tôt le matin peu de circulation et température clémente. Surprenant je trouve du plaisir à avancer comme cela sur une route nationale. D'ailleurs par endroits les points de vue sont magnifiques. Un seul tunnel se présente, évitable par l'ancienne route. Par endroits l'espace derrière le rail de sécurité ne permet pas de marcher, car il y a presque directement le vide. J'avance donc sur la route bien collé au bord métallique, m'immobilisant lorsque un camion arrive, ou même j'enjambe le rail et attends qu'il soit passé pour revenir sur le goudron. A un moment, marchant sur la chaussée, je vois arriver face à moi un cycliste et derrière lui à vive allure un camion survient. Vu l'étroitesse des lieux je réalise que si le vélo fait un écart pour m'éviter, il court un grand risque de se faire écraser par le bolide lancé à 100 à l'heure. Je saute précipitamment le rail, le cycliste y reste collé et le camion le frôle dans un grondement. Vers les onze heures j'atteins la petite ville désirée depuis avant-hier. L'entrée se fait le long de belles allées verdoyantes qui longent le cours d'eau. Je traverse cette agglomération qui s'étale sur un bon kilomètre, puis près de la sortie je fais une halte dans un restaurant. Il se situe à un carrefour particulièrement passant, en effet l'une des routes remonte directement au Pas de la Case. Bien qu'ayant bu deux bières et mangé comme un boa, je repars sous le cagnard. J'emprunte le GR7 sur une dizaine de kilomètres. Bien que remontant la vallée qui conduit au Pas de la Case, le trafic n'est pas gênant, le chemin étant souvent à bonne distance de l'asphalte. Un embranchement de vallées apparaît, et là se niche la Farga de Moles et son camping. Site agréable dans un décor verdoyant. Le mois de juin est une période propice à la balade car les fonds de vallées ne sont pas encore brûlés par les chaleurs et les sécheresses de l'été. Ce soir, encore un match de foot, je ne me souviens plus quelles étaient les équipes en compétition.
Dixième jour petite route et hors chemin balisé jusqu'au village de Tirvia
Aujourd'hui l'aventure reprend. En effet je vais essayer de rejoindre au mieux le Val D'aran en dehors de tout itinéraire balisé. Pour corser la chose, il me manque un bout de carte sur une bonne distance. Mais de la fin de ma première carte je devrais voir une montagne caractéristique qui se trouve sur la seconde. Tout commence par une petite route qui serpente dans une vallée étroite. Un gros chien décide de m'accompagner, il me suivra deux bonnes heures. Passé un premier village, j'arrive à Civis et prends une sente qui monte raide. Alors je dis à mon compagnon à quatre pattes de retourner chez lui. Il n'en fallait pas plus pour qu'il fasse demi-tour, à moins que de lui-même il ait décidé de s'arrêter à la fin du goudron. Le chemin suit des flancs arides et escarpés, la solitude est vraiment présente. Le col de Confluent est atteint, un peu plus de 2000 mètres d'altitude, et je suis en bout de carte. Très bien, est-ce que mon pronostic s'avère exact ? Effectivement, une vallée se présente avec un large débouché vers la gauche et une montagne sur la droite avec un petit col, qui doit correspondre à celui que je compte rejoindre. Dans la partie manquante je rencontre même un hameau désert, mais équipé d'une belle fontaine, qui est la bienvenue car je manque d'eau depuis plusieurs heures. Une fois près d'une rivière je repars à l'assaut du versant opposé vers le col identifié. Étant dans la forêt sur le flanc de la montagne, évidemment mon lieu de passage désiré disparaît du champ de vision. Il me faut partir à l'estime, dans un immense versant encombré d'arbres abattus à enjamber. J'ai le sentiment que je ne vais pas y arriver. Je me traîne de tronc en tronc en essayant de les escalader le plus rapidement possible sans dépenser trop d'énergie et sans me blesser. Après un moment qui me semble une éternité, les troncs s'espacent et je pressens la fin du calvaire. J'atteins une prairie encaissée dans un vallon, au fond duquel court un ruisseau. Je décide de le suivre, en effet il monte c'est bien et de plus le cheminement est dégagé. Ce sont déjà des éléments très favorables. Mais est-ce que de plus ce vallon aura le bon goût de conduire là où je veux aller ? En tout cas après le supplice que je viens de vivre, avancer à bonne vitesse sur une herbe souple procure un grand plaisir. Certes la pente est raide et irrégulière d'où un champ de vision très restreint. La direction me semble bonne, et de fait après une petite heure de montée je tombe pile sur un collet qui se découvre au tout dernier moment. Je sors ma nouvelle carte et miracle, ce que je vois devant moi correspond exactement à ce qui est décrit. Dans la vallée tout en bas deux villages Burg et Tirvia. Ce dernier aux environs des 900 mètres, donc quelques 1400 mètres en aval. A vol d'oiseau la distance est de l'ordre de huit kilomètres. Ma carte n'indique qu'une vague piste en pointillé, que je ne trouve pas. Mais la descente se fait à travers prés et broussailles. Toujours un passage se découvre au dernier moment, un vrai bonheur, une petite trace de ci delà laissée par des animaux sauvages ou domestiques et hop quelques mètres de gagnés. Au détour d'une ruine noyée dans de grandes herbes, une grosse couleuvre me détale dans les pieds. L'après-midi est beau, quelques petits nuages épars signe de stabilité, pas d'orage à craindre, le vent froid qui m'accompagne un jour sur deux est absent. Cette étape avec son caractère particulier est l'une de celles qui me laissera un des meilleurs souvenirs. Sur la trentaine de kilomètres, voire plus, parcourus, je n'ai rencontré qu'une femme le matin en passant un premier village. Nos montagnes européennes, dès que l'on sort des grands axes de randonnée à la mode, sont presque désertes. J'aurai l'occasion de le constater encore au cours d'étapes à venir dans des variantes du GR 11. Arrivée au village de Tirvia, écrasé sous la chaleur de milieu d'après-midi. Euréka!! Il y a un petit hôtel à la façade sympathique qui donne sur la place centrale. Je commence par boire une bonne bière, car l'eau a été rare aujourd'hui. En effet, j'ai évité de faire le plein à la rivière, n'utilisant les cachets qu'à la dernière extrémité. L'eau en montagne, je la bois sans traitement lorsqu'elle sort de terre ou de la roche, considérant que le passage dans le sol est un filtre. De même je la bois à l'air libre lorsqu'elle court au-dessus de la zone de végétation si elle ne provient pas d'un lac. Soirée agréable, menu de qualité, il faut dire qu'après un effort comme celui d'aujourd'hui tout aliment a la saveur de ce que Bocuse vous propose. Le propriétaire est tout étonné de ma réponse lorsqu'il me demande où je vais. De toute évidence je suis en dehors des routes habituelles de la traversée des Pyrénées.
Onzième jour de Tirvia hors chemin puis route et chemin jusqu'à Espot
De l'hôtel, je distingue très bien en face, de l'autre côté de la vallée le début de mon étape. Ma carte m'indique qu'une sente conduit au petit pic qui nous domine fièrement. D'abord rejoindre le fond de la vallée. Soit suivre la route qui fait un détour ou couper directement dans la pente qui donne directement sur la rivière. Je m'avance au bout du plateau sur lequel se trouve le village pour me faire une idée de la praticabilité d'un passage direct. Une grosse centaine de mètres dans une pente très raide, mais de nombreux arbres. L'affaire semble jouable. En effet la végétation et le sol meuble me permettent de rejoindre le lit de la rivière facilement. Une fois en bas pas d'autre possibilité que de traverser, heureusement la profondeur et le courant sont faibles. La petite zone à la confluence de quatre vallées est prestement traversée et je m'engage dans la forêt qui doit me conduire au Pic de l'Orri, quelques six cents mètres plus haut. De toute évidence ce sentier n'attire pas les foules. De temps à autre une vague trace, mais le plus souvent la progression est conduite par les zones de moindre résistance végétale. Je débouche à un collet, j'y laisse mon sac et continue. J'ai un peu l'impression d'être le premier à fouler ce sommet modeste qui culmine à 1444 mètres. Je découvre un vaste panorama. Mon belvédère est de tout premier ordre pour visualiser le reste de mon étape du jour. Cela commence par plusieurs kilomètres à flanc parmi buissons et épines sans cheminement bien établi. Au gré des zones aérées je zigzague avec par endroits de petits soucis, car ça pique vite et fort. Pourvu que je ne soit pas obligé de rebrousser chemin. En effet je distingue bien une route dans la vallée bien plus bas, mais la descente directe me semble particulièrement exposée sur des terrains raides où la chute serait sans doute mortelle. Donc persévérer sur cet immense pente de montagne. J'aperçois un reste de chemin creusé à même la roche. Je l'atteins en me hissant à travers piquants et ronces. Je le suis quelques dizaines de mètres et soudain au niveau d'une gorge, il n'est plus praticable et toute progression est interdite. Demi-tour dans cette jungle. Je sens que le village aperçu du sommet n'est plus très loin, il y a forcément un passage, car je constate de nombreuses traces d'ovins et de bovins. En effet, une rupture de pente de quelques mètres me donne accès au fond de cette petite gorge escarpée, et rapidement sur l'autre versant un bon chemin s'amorce et me conduit en quelques centaines de mètres au centre d'un joli bourg bien restauré. Je fais une pause au lavoir, bien au frais. Mon horizon s'éclaircit. Une route aérienne descend lentement vers la grande vallée que je dois remonter quelque temps avant de rejoindre sur le versant opposé la station estivale d'Espot, l'un des points d'entrée dans ce magnifique parc national d'Aigüestortes. Encore quelques heures de marche sans histoire mais fort agréables avant d'arriver à Espot. J'en profite pour m'acheter un bâton, qui malheureusement n'est pas très solide malgré son prix, et qui ne durera que le temps d'une étape un tiers. Je le garderai cependant bien qu'ayant perdu le quart inférieur. A la sortie du village, un camping accueillant presque désert, même dans des endroits touristiques comme celui-là au mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Avec la majorité des quinquas européens à la retraite je m'attendais à trouver plus de monde. Le camping dans ces conditions de faible affluence est une activité très supportable même agréable. Seul petit ennui, ma tente est mono-paroi et la condensation est importante même toute ouverte, donc cela nécessite durant la journée de guetter un rayon de soleil pour faire sécher le tout. En été cela ne pose généralement pas de problème.
Douzième jour GR 11 de Espot au refuge du Montardo (Restanca)
Quelques gouttes durant la nuit ont claqué sur la toile, mais rien de grave. Ce matin le temps est correct. Départ matinal. Deux gentilles dames me proposent de me déposer au bout de la route, avec le sourire je refuse. Il faut bien reconnaître que cette piste de 4 ou 5 kilomètres qui conduit au parking de départ de randonnées magnifiques n'est pas des plus intéressantes, mais la traversée doit se faire intégralement à pied. Enfin arrive la barrière d'interdiction de passage des véhicules. Peu de distance après, le premier lac, il est de belle taille. Je le longe par la droite et vers le fond le chemin s'élève dans des escarpements. Ces zones granitiques où gros blocs et sapins alternent sont magnifiques. En une succession de montées et descentes je passe de nombreux lacs de toutes formes. Les petits cols que je franchis, sont à chaque fois de magnifiques points d'observation de cette région exceptionnelle. Au bord d'une étendue d'eau perchée je fais une halte, le site est vraiment extraordinaire, de toutes parts des lacs s'étalent. La zone est si vaste qu'il est facile de s'éloigner du chemin balisé et de se déplacer sur de larges plaques granitiques qui offrent un cheminement généralement aisé et qui permettent des vues plongeantes sur les plans d'eau. Une dernière montée raide avant de descendre sur le refuge de la Restanca, situé juste au pied du Montarto, magnifique montagne du sommet de laquelle on peut apercevoir jusqu'à 80 lacs. Il y a bien longtemps, j'y étais monté en hiver, tout était recouvert d'une épaisse couche de neige, je ne peux donc pas confirmer que l'on peut vraiment en compter 80. Le refuge est bondé, étant seul je suis accepté, par contre généralement en groupe l'hébergement demande de l'anticipation. Si j'étais courageux je me contenterais d'y manger et repartirais dormir plus haut sur un replat de la HRP. Mais le temps qui se couvre et la pluie qui s'annonce m'enlèvent tout courage et je vais choisir la nuit dans un petit dortoir bondé.
Treizième jour HRP puis GR 11 jusqu'à la cabane de Coronas (pied de l'Aneto)
Nuit difficile entre bruit de pluie violente et raclements de gorges multiples, au matin les désagréments de la surpopulation, malgré une envie pressante pas moyen de trouver des toilettes libres, donc courir à l'extérieur se cacher au moins mal et si possible au plus loin du refuge. Je fuis rapidement une fois le petit déjeuner pris. Sur cette portion de la HRP je suis seul car le temps n'est pas beau, il pleut mais la visibilité reste correcte. Une demi-heure après être parti je tombe sur mon premier solitaire en sens inverse. Il s'agit d'un Anglais qui vient de se faire saucer toute la nuit pratiquement sans matériel. Il est tellement trempé qu'il est en short et tee-shirt, mais ça le fait rigoler et sa volonté d'atteindre la Méditerranée n'est pas entamée. Nous discutons une dizaine de minutes et reprenons chacun notre chemin. Je suis plein d'admiration pour ces British que rien n'émeut. Le parcours de la HRP, c'est souvent magnifique. J'en connais quelques passages en particulier ceux d'Ariège vers le Mont Rouch, grandiose. Aujourd'hui ce tronçon par temps hostile fait ressortir toute la beauté de ce monde de pierre et d'eau. Les cairns sont assez nombreux et il n'y a aucun problème de cheminement, il faut dire que le fait de longer des lacs facilite l'orientation. Passage raide pour arriver à un col à 2510 mètres, la pluie s'intensifie. La descente est glissante, attention de ne pas aller trop vite. Encore des lacs et retour sur le Gr 11, où de nouveau je croise quelques groupes de randonneurs sous leur cape. Je constate que mon bâton est tordu et qu'il me manque la partie inférieure, tant pis il m'est toujours possible de m'y appuyer. Je longe le lac de Rius et m'engage dans une longue descente sous une forte pluie. Le fond de la vallée est atteint, le chemin débouche à proximité de l'entrée du tunnel de Viehla. Il n'est que midi ou un peu plus, vais-je rester dans cet endroit en attendant des conditions meilleures? Par ce temps il est exclu de continuer par la HRP, et le GR11 passe deux cols dont le plus haut est à 2720, ce qui fait pour l'après-midi un dénivelé cumulé de plus de 1800 mètres. J'hésite, vais visiter le refuge, et l'impatience me dominant, je décide de partir, il sera toujours temps de redescendre ou de m'arrêter dans le petit refuge d'Anglos perdu quelque part entre deux lacs à 2300 mètres. C'est parti, je descends la grand route jusqu'à un lac de barrage. A droite l'itinéraire escalade une forêt raide. Les nuages accrochent tous les reliefs, cependant la pluie cesse. Je quitte le goudron à treize heures trente, ce qui laisse de la marge avant la nuit. Immédiatement j'adopte un bon rythme sur ce sentier qui monte droit. Je me sens bien, l'air est frais, le cadre est grandiose et un peu mystérieux. En une heure j'abats plus de 600 mètres de dénivelé sans vraiment forcer, je commence à croire que je peux basculer ce soir du côté de Benasque. Sans que mon allure ne se modifie j'atteins le premier lac et je vois la petite cabane d'Anglos. Effectivement par temps de brouillard elle doit être difficile à trouver, mais cet après-midi on s'oriente vers une embellie. Je croise un couple de Hollandais. Ils viennent de faire une étape épuisante et espèrent rejoindre le fond de la vallée ce soir. Les lacs se succèdent, vu du haut ils ont des reflets lugubres à cause des nuages, et comme la pierre les entourant est sombre et mouillée l'ambiance est particulièrement austère. J'aborde la zone où seule la caillasse survit. Le premier col se présente. De ce lieu, je vois très nettement le second, pente de cailloux raide. Pour le rejoindre il me faut redescendre à un petit lac qui apparaît comme un trou noir. Que la montagne est belle dans ces conditions. Au niveau du lac une abondante source sourd de sous de grosses pierres, je m'abreuve longuement. La remontée pour atteindre le col de Ballibierna à 2720 mètres me demande presque une heure, la fatigue commençant à se faire sentir. La vue s'étend à un immense vallon dominé par l'Aneto. Les Pyrénées de toute évidence sont de hautes montagnes. Ce coin est très sauvage. Une pause bien méritée me permet de m'imprégner de l'esprit du lieu. Il n'y a rien de tel qu'un peu de stress engendré par des conditions douteuses pour déclencher le turbo. Maintenant retour au calme, pas de doute je dormirai dans la vallée qui conduit à Benasque. La descente promet d'être longue. Elle commence par un incroyable chaos de gros blocs qui obligent à de nombreux sauts. Attention de ne pas glisser sur la pierre détrempée car la chute est souvent très mauvaise et une fracture de la jambe ici risque d'être particulièrement inconfortable. Je contourne un lac toujours au milieu de ce chaos de blocs, presque de l'escalade au-dessus de l'eau. Avec un peu de neige le passage doit être scabreux. Enfin j'arrive sur un terrain un peu plus conforme à la randonnée, une immense descente commence. Ce versant sud de l'Aneto est très vaste et l'on ne prend pas bien conscience des distances. Je rentre dans une forêt de pins clairsemés. Sur le bord du chemin un couple de jeunes est assis, je leur demande si le refuge de Coronas est encore loin, ils me disent que j'y suis presque. Cependant il me faut encore un temps que je trouve interminable pour le rejoindre. Enfin, le voilà, il s'agit d'une cabane carrée sans aménagement aucun, mais au moins elle est propre. Souvent je passe de petits abris dans un état de saleté repoussant, encombrés d'une multitude d'objets hétéroclites, et il ne me viendrait pas à l'idée d'y dormir, à moins d'être confronté à des conditions apocalyptiques. Dans le cas présent rien de tel, le lieu est accueillant, deux Espagnols y sont déjà installés. Après les avoir salués, un petit tour à la rivière pour me laver et par chance juste sous un rayon de soleil réapparu. Un peu plus tard une bande de jeunes Français arrive. Demain ils veulent faire l'Aneto. La soirée sera agréable à discuter de choses et d'autres, en particulier d'études et de métiers. Je suis frappé par les remarques et la désillusion d'une fille d'une vingtaine d'années qui est sûre que ses études ne lui donneront aucun débouché dans la vie. Pourquoi avoir choisi cette filière et y persévérer ? Mystère !!!
Quatorzième jour GR 11 de la cabane de Coronas au gîte de Biados
Les Français partent très tôt pour leur ascension, un peu plus tard les Espagnols suivent le Gr11 en direction de l'est. Je me retrouve seul, vers les sept heures je reprends mon chemin. Tout d'abord une piste en fond de vallée me conduit jusqu'au Rio Esera. Un peu au-dessus de Benasque, arrêt dans un camping où il est possible de se ravitailler. Le chemin contourne par l'est et le nord l'impressionnant massif des Posets qui culmine à 3369 mètres. L'air est froid et le vent âpre. Quelques rares randonneurs croisés, la montagne a décidé d'être sinon hostile tout au moins désagréable. Apparaît le refuge d'Estos, j'y bois un coca-cola à l'abri du froid puis en avant direction le Puerto de Gistain. Les dernières centaines de mètres sont enneigées, mais la portance est bonne et l'allure n'est pas ralentie. Ce col perdu à plus de 2600 mètres a un petit air de lointain, mais les courants d'air ne me donnent aucune envie de m'attarder. Je me hâte de descendre au refuge de Biados. La carte présente une imprécision, en effet le chemin est indiqué rive gauche, alors je m'entête à progresser de ce côté mais la marche devient difficile et dangereuse, alors que de l'autre côté se trouve un beau sentier. Après avoir joué les funambules sur des roulements à billes pentus, je retourne traverser la rivière en amont et rejoins après quelques kilomètres le refuge de Biados. Il est temps d'arriver, un orage se déclenche. En face dans ces nuées, les Posets sont très impressionnants. L'accueil est sympathique le repas copieux et au diable la tempérance, je bois entièrement ma superbe bouteille de Rioja. Donc évidemment pour plusieurs raisons la nuit sera excellente, de plus je suis seul dans le dortoir.
Quinzième jour GR 11 de Biados à Bielsa puis route jusqu'à la vallée de Pineta
Départ de bonne heure par beau temps, l'air est frais et toujours cette bise désagréable. Je reste sur le GR11, le seul col de la journée se trouve 800 mètres au-dessus. Après avoir cheminé dans une forêt à l'abri du vent je me trouve de nouveau confronté à ses assauts. Le seul avantage, on n'a pas trop chaud, dans le fond le rythme doit en être amélioré. Au cours de la montée deux jeunes sont arrêtés pour se faire chauffer du thé. Ils sont en train de galérer sur la HRP, affublés de sacs énormes, et la nuit qu'ils viennent de vivre n'a pas été très confortable. Je leur souhaite bon courage pour la suite et me remets en route. A proximité du col je rencontre mon deuxième solitaire. Il s'agit d'un pur et dur. Bien qu'ayant dépassé la soixantaine il porte un sac de 20 kilogrammes et met un point d'honneur à passer toutes les nuits sous tente. Cette dernière est d'ailleurs particulièrement robuste et pèse dans les trois kilos. Nous entamons la conversation, ayant eu des métiers assez proches, nous nous découvrons des connaissances communes, le monde est petit. Il me met en garde concernant la variante qui passe dans le flanc sud-est du Mont Perdu. C'est justement là que j'espère passer. Il s'avérera que son évaluation était un peu alarmiste, tout du moins par temps correct. Nous envisageons même de casser la croûte ensemble, mais la fraîcheur ambiante nous rappelle vite à l'ordre. Nous reprenons donc chacun notre chemin. Le col, qui domine un petit lac, est vite atteint. Le lieu est austère. Je croise deux personnes et me dépêche dans la descente pour me réchauffer. 1000 mètres de dénivelé me mènent à la route de Bielsa pas très loin du tunnel frontière. En fond de vallée la température est plus clémente. Ne comptant pas faire tous les détours du GR, je prends la route jusqu'à Bielsa afin de rejoindre directement la vallée de Pineta. Durant cette dernière partie un automobiliste s'arrête et me propose de monter, je lui explique ma démarche, et le gratifie d'un grand merci. Même si je refuse cela fait toujours plaisir. Au milieu de cette magnifique vallée je m'arrête dans un camping. Après m'être installé et avoir pris une douche chaude, la première depuis quatre jours, je vais m'installer dans la grande salle de restauration. Là, rapidement, je comprends la raison de l'excitation générale, ce soir il y a Espagne France. Je constate que je suis le seul Français. Après avoir mangé, tout le monde se retrouve devant le poste de télévision. Je sens que ça va être chaud. Le match commence. Les Espagnols marquent le premier but, déclenchement de hurlements. Ça se calme, le match continue. Les Français égalisent, je marque ma joie en levant les bras. Une vingtaine de têtes à la mine sombre me regarde d'un air réprobateur, presque hostile. J'abandonne immédiatement mon sourire. Le match continue, les Français marquent une deuxième fois, toutes les têtes se tournent à nouveau vers moi, je fais bien attention de ne manifester aucun signe de joie. Le match continue, les Français mettent un troisième but, je fais comme si je ne l'avais pas vu, par contre tous les Espagnols s'en vont, il est vrai que nous sommes pratiquement en fin de partie. Lorsque presque tout le monde a déserté la pièce et que la partie s'achève effectivement, une vieille dame s'approche et me dit avec un fort accent belge «ah! c'est bien ils ont gagné». Il y avait donc au moins deux supporters dans la salle. Je rejoins ma tente tout joyeux, mais c'est sous une averse que je m'endors. Cela est un peu inquiétant, car l'étape de demain par mauvais temps cela risque d'être scabreux.
Seizième jour GR11 jusqu'au col de Niscles, variante pied Mont Perdu, vallée d'Ordesa
Je me lève avec le jour, ayant bien l'intention de profiter de la plus petite fenêtre de beau temps. Tout est calme, mais à l'humidité dans l'air on sent bien que cela n'est que provisoire. Le décor est fantastique, ces trois vallées que sont Pineta, Ordessa et la Niscle représentent pour moi parmi les sites de montagne les plus beaux que j'ai vus dans ma vie. Et justement l'étape de ce jour me permettra de les côtoyer toutes les trois, si la visibilité se maintient. Les cinq ou six kilomètres de goudron sont rapidement avalés, presque au pas de course. Au niveau du refuge de Pineta, 90 degrés gauche et direction l'immense paroi à remonter pour accéder au col de Niscle, 1300 mètres plus haut. Il me faut d'abord traverser le rio Cinca en enlevant mes chaussures, et la montée débute. Le sentier est époustouflant, la pente démarre raide pour ne faiblir qu'au col. Immense moment de bonheur que de parcourir ce chemin aérien avec le soleil qui apparaît à l'horizon, tout baigné de teintes rouges qui ne sont pas annonciatrices de beau temps. Je suis seul, depuis le réveil je n'ai vu personne, même sur les kilomètres de route pas une voiture. Heureusement d'ailleurs car je crois bien que je me serais laissé tenté, tant je suis pressé de passer avant la pluie, au moins arriver au refuge de Goriz. Le plaisir prend le dessus, par endroits il est obligatoire de mettre les mains pour progresser. Parfois en regardant au-dessus on reste perplexe quant à l'itinéraire tellement le flanc de la montagne est escarpé. Mais au fur et à mesure de la progression un chemin toujours tracé se dévoile. La montée est rapide et le panorama s'élargissant à vue d'œil procure une sensation très agréable. Arrivée au col vers les huit ou neuf heures du matin. Le décor d'un côté sur Pineta et de l'autre sur la Niscle est très impressionnant. Malgré le temps qui évolue, je marque un arrêt pour profiter de ce spectacle rare. Le Gr11 plonge directement, tandis que mon itinéraire part sur la droite pour aller se faufiler entre des barres rocheuses sur les flancs du Mont Perdu. D'ici cela semble vertigineux, mais je sais que l'équipement facilitera grandement la tâche. Un peu avant le câble je croise trois personnes, dont l'une de toute évidence a été très impressionnée. Je me hâte car le temps se couvre et par temps de brouillard sur le versant sud du Mont Perdu ça devient ''paumatoire''. J'arrive au fameux passage contre lequel mon solitaire d'hier m'avait mis en garde. J'y croise un groupe de Français, originaires du Puy-En-Velay, la veille ils ont gravi le Mont Perdu. Bien évidemment il n'est question que du match de foot d'hier, car au refuge ils se sont sentis très frustrés sans télévision. On en profite pour rigoler un grand coup, puis avec empressement nous reprenons notre chemin. J'aborde de grandes zones de pierriers dans lesquelles il est facile de perdre le sentier tout en gardant la bonne direction, lorsque la visibilité est bonne. Plus j'avance, pratiquement à niveau en tournant autour du Mont Perdu, plus la grande faille comme coupée d'un grand coup de sabre d'Ordesa prend de l'ampleur. Il me semble distinguer sur le versant droit de cette gorge grandiose la fameuse ''fara des flores'' sur laquelle je ne souviens avoir bivouaqué à côté d'un isard à moins que ce ne soit un bouquetin, en effet je garde le souvenir d'un animal de belle taille. Manifestement j'étais à un endroit qu'il affectionnait, car il ne voulait pas partir, à son corps défendant l'herbe était douce malgré l'altitude et le sol plat. Je me souviens aussi que dans ces grands à pics par endroits la densité d'édelweiss était telle qu'il n'était pas toujours possible d'éviter de les fouler. La pluie qui commence à marteler le sol me tire de ma rêverie. Me hâter d'arriver au refuge, pour le moment la visibilité est toujours bonne. Je prends réellement conscience que dans le brouillard dans ces parages, il faut coller à l'altimètre en espérant buter sur le refuge. Heureusement je ne suis pas acculé à ces extrémités. Enfin je l'aperçois. Je m'y engouffre, il est bondé. Il n'est pas loin de midi, je déjeune avec appétit, la matinée a été bien remplie. Le mauvais temps s'installe franchement, mais plus rien à craindre, un très bon chemin sans risque d'erreur va me permettre de descendre. J'espère ce soir être sorti de ce lieu magnifique mais très touristique. Je parcours une quinzaine de kilomètres entre cascades et parois géantes, le tout dans une foule presque compacte et sous des cataractes avec de temps en temps le tonnerre qui se répercute entre les montagnes. Enfin j'arrive au parking, incroyable, il y a des centaines de voitures et de cars. Il faut bien reconnaître que le site est époustouflant par son gigantisme. Malgré la pluie je n'ai pu m'empêcher de scruter sous tous ses angles ce miracle de la nature. Heureusement que le brouillard ne s'est pas mis de la partie, le spectacle en aurait été vraiment affecté, et j'en aurais ressenti une grande frustration. Une fois les aires de stationnement dépassées, vite m'éloigner, d'après ma carte un chemin se faufile sous la route. Je ne le trouve pas, donc encore 4 ou 5 kilomètres de goudron dans un trafic important. Une conductrice s'arrête pour me prendre et dans mon espagnol hésitant je lui répète que je veux aller de la Méditerranée à l'Atlantique uniquement à pied. Je la remercie et elle me gratifie d'un joli sourire. Une fois arrivé à la naissance de la vallée d'Ordesa, je tourne à droite direction le nord, et j'abandonne le gros du flot de touristes qui prend la direction opposée. D'un pas alerte je remonte une gorge encaissée. Et là je tombe sur mon troisième arpenteur solitaire. Il s'agit d'un Anglais plus très jeune, élégamment habillé à la langue parfaite d'Oxford ou de Cambridge. En tous cas il parle très distinctement et la langue de Shakespeare dans ces conditions c'est un vrai plaisir. Il a une connaissance encyclopédique des montagnes françaises, et il agrémente sa conversation de petits éclats de rire francs et sonores. Il ne fait pas vraiment dans le flegme. A regret je reprends ma route, j'aurais bien passé la soirée avec lui à l'écouter me conter ses aventures alpestres. Quelques kilomètres plus haut je tombe sur un petit camping très accueillant. Manifestement l'endroit a aussi eu sa ration d'eau aujourd'hui. Trouver une place pas complètement mouillée pour installer ma tente relève de la gageure. Pas grave, ma tente est bien étanche, trop d'ailleurs. Le restaurant est une merveille, le cadre et le menu ainsi que la gentillesse du personnel me ravissent. Quand je pense aux deux premiers solitaires rencontrés, je me rends compte que contrairement à eux je ne voyage pas à la dure et me laisse vite tenter par les petits plaisirs mis sur ma route. J'en aurai une autre preuve encore plus éclatante dans deux jours, en croisant un vieil Allemand. Je comprendrai toute la signification du mot Sparsamkeit (économie). Pour le moment sans complexe je m'empiffre de mets délicieux, charcuterie fine, légumes cuits juste ce qu'il faut, une magnifique côte bien épaisse et saignante, le tout arrosé d'un Rioja capiteux et fruité d'une belle longueur en bouche. Une fois le repas terminé, baigné d'une douce torpeur, j'essaie de me glisser dans ma tente sans trop me mouiller. Je m'endors sans doute vite, car je n'ai plus aucun souvenir de cette nuit.
Dix-septième jour variante GR 11 Sierras Turbon et Tendegnera, ville de Escarrill
Je me réveille bien reposé mais passablement humide, l'air étant tellement saturé en humidité que par capillarité ou autre phénomène physique il a imprégné tous les tissus. Pas de panique, ce n'est pas ce matin que je peux faire sécher mes affaires. Deux possibilités, soit vers midi je me trouve à un endroit bien ensoleillé et au cours d'une sieste d'une heure j'étale le tout, à moins d'arriver relativement tôt cet après-midi et tout aérer à ce moment. Le temps est très beau, le ciel limpide, il fait frais, de bons critères de beau temps. L'étape de ce jour va être particulière sauvage. Je vais longer par le nord les sierras Turbon et Tendegnera ( j'écris gn à la place de n avec tilde, car mon clavier ne comporte pas ce signe). Je ne vais pas voir une seule personne de toute la journée. A vrai dire pour être précis j'apercevrai dans le lointain deux personnes en train d'atteindre le pic de Tendegnera. Je commence par remonter la route une petite heure et je bifurque à gauche dans un magnifique vallon à l'herbe grasse et aux fleurs nombreuses. La fleur qui va m'accompagner tout au long de cette traversée c'est l'iris des Pyrénées au bleu mauve profond, sans oublier quelques exemplaires jaunes. Je suis encadré de belles faces rocheuses éclatantes parfois aux teintes très claires. Je distingue bien sur le bord droit du vallon le col que je veux atteindre. Je rejoins le petit refuge d'Otal, qui est un véritable taudis et à partir de là le chemin disparaît. Peu de temps auparavant j'ai bien vu quelques vagues traces rouges et blanches certes bien abimées mais bien réelles. Devant moi une pente raide de 500 mètres de dénivelé au-dessus de laquelle un replat semble conduire au col. J'attaque directement, l'herbe se met à glisser. Par endroits je rejoins de petites zones rocheuses qui me permettent de mieux me stabiliser, mais ce n'est jamais difficile bien que les cent derniers mètres deviennent très raides. Comme par miracle je débouche sur un petit replat où une sente mène au col. Un fois arrivé à ce lieu de passage, j'embrasse du regard toute la Sierra Tendegnera. Immenses parois calcaires sombres presque noires couvertes de stries horizontales, quelle austérité cette chaîne dégage ! Comme tout grimpeur j'essaie d'imaginer des itinéraires dans ces murs lugubres, rarement montagnes m'ont inspiré cette sorte d'effroi. Il fait bon, j'ai bien avancé je m'octroie une pause dans cet endroit enchanté entouré de roches de toutes les couleurs, cela me rappelle un lieu magique côtoyé comme dans un rêve en Afghanistan. Par un temps qui se maintient au beau fixe, j'entreprends la descente d'un immense vallon, d'abord à travers pierriers puis par une sente qui serpente dans l'herbe et les cailloux. Au-dessus de moi en permanence les grandes faces sombres striées en forme de pelles de la Sierra Tendegnera jettent un regard froid. Une petite stèle adossée à un rocher rappelle la mémoire d'un jeune Anglais qui a voulu dompter ses murs froids. Et toujours pas âme qui vive dans cette nature grandiose. Un petit refuge en bord de chemin montre le même état de saleté que ceux croisés jusqu'à maintenant. L'altitude diminue et la chaleur augmente. Vers les quatorze heures je quitte le royaume désert de la montagne pour me trouver subitement précipité dans le monde bruyant des hommes. Sans transition ou presque je passe des prairies fleuries à une grande carrière surchauffée dans laquelle de nombreux camions soulèvent des nuages de poussière. Me voilà sur le bitume et en quelques kilomètres sous une chaleur torride je rejoins la petite ville d'Escarrill. A l'entrée de l'agglomération je m'assois à l'abri dans le premier bistrot. Je commande une grande bière. Le serveur est un grand noir avenant, et bien évidemment la conversation s'engage au sujet du prochain match, France Brésil. Il est sceptique sur la capacité des Français à triompher de cette équipe mythique, bien qu'ils aient déjà joliment réussi cet exploit en 1998 par 3-0 en finale. On verra bien, l'épreuve se déroule dans deux jours. Pour le moment je reprends la marche et traverse cette petite ville endormie sous la chaleur d'un soleil vertical. A l'extrémité nord de cette cité, un grand camping étale sa multitude de mobilhomes et de grandes tentes. Une place m'est indiquée, j'y déploie mes affaires, qui vont sécher rapidement. Ma tente montée ressemble à un microbe au milieu de mastodontes.
Dix-huitième jour hors chemin balisé jusqu'au col de Escarra puis GR 11 vers Somport
Très bonne nuit, aucun bruit, le camping est presque désert, pourtant le mois de juillet n'est pas loin et vu les infrastructures nous sommes dans une région touristique. Peut-être cette ville sert-elle de dortoir au profit de la petite station de ski traversée hier ? Ce matin tout est très sec, ayant dormi tente grande ouverte la condensation est faible. Temps superbe, il me faudra vite quitter ce fond de vallée avant la chaleur. Le temps moyen et froid que j'ai eu jusqu'à présent m'a rendu l'entreprise plus facile. En effet, souvent au cours de narrations concernant le versant sud des Pyrénées ce qui ressort c'est la chaleur présentée comme un facteur de souffrance. Au moins je ne peux pas dire la même chose. Sac rapidement bouclé j'abandonne le camping encore endormi. En quelques centaines de mètres une piste matérialisée sur ma carte est atteinte. Elle suit une petite rivière au pied d'une barre rocheuse. Plein d'espoir sur la beauté des kilomètres à venir, à l'idée que le chemin passe en plein dans cette jolie falaise. Je traverse le cours d'eau sur un barrage. La sente devient minuscule et puis elle disparaît complètement. J'insiste, et commence à escalader des rochers moussus dans une forêt d'arbustes agressifs. Après une demi-heure de bagarre, trempé de sueur et constellé d'épines de toutes sortes je fais demi-tour. De toute évidence pas de chemin. En regardant la falaise qui me domine, je me dit que si un itinéraire s'y faufilait j'en verrais bien quelques traces. Quand on ne sent vraiment pas la chose il ne faut pas s'entêter et avoir le courage de tout reprendre à zéro. Donc je rebrousse chemin et me retrouve devant mon camping une heure plus tard. Une route étroite et tortueuse part à l'ouest et me permet d'avancer dans le flanc de montagne qui doit me donner accès à un grand lac. Donc pas de panique, en faisant un azimut brutal plein ouest je tombe forcément sur ce plan d'eau de belle dimension. La route bifurque au sud, je pars plein champs dans des pentes raides. Je rejoins le lit aride d'un petit torrent qui me permet de déniveler rapidement malgré l'instabilité du sol. J'atteins un collet, duquel un vaste panorama se découvre. Ouf! mon lac est bien là. Mais au fond presque à l'infini je distingue le col par lequel je compte passer. La distance m'apparait énorme, un instant de doute me saisit, d'autant plus que je dois commencer par faire le tour du lac, qui fait quelques kilomètres. Comme toujours dans ces moments de doute, en écartant les doigts sur la carte, je me rassure en constatant que mon col est à moins de dix kilomètres topo. Ce serait bien le diable si en trois heures de marche rapide je n'y arrivais pas. Le calvaire du contournement commence, pas trop mal, même plutôt bien jusqu'au barrage, où je m'arrête pour contempler quelques poissons. Mais une fois de l'autre côté une sente boueuse inclinée vers le lac et complètement défoncée par les troupeaux de vaches va me donner le plaisir d'une bonne partie de glissades et de ''tordages'' de chevilles, toujours avec le risque de piquer au mieux une tête dans la boue et au pire la bouse. Enfin le supplice prend fin. Le collado de Escarra du haut de ses deux mille trois cent et quelques mètres semble déjà plus près. En deux petites heures avec parfois des doutes sur l'itinéraire, j'y suis. La dernière demi-heure est interminable à me casser les mollets sur de grosses mottes de terre. Ces Sierras espagnoles sont absolument magnifiques, jaillissements minéraux sauvages. Aujourd'hui encore je n'ai pas aperçu un être humain, seulement de loin de nombreuses vaches, mais à part cela pas un être vivant mis à part quelques grands oiseaux. Des rochers aux formes étranges ornent les crêtes qui m'entourent. Le contraste entre les fonds de vallons verts et fleuris et ces crêtes arides et déchiquetées est frappant. La rapidité avec laquelle on passe d'une ambiance à l'autre est aussi source d'étonnement. Encore une immense vallée se présente à moi. Quelques deux kilomètres plus bas je retrouve le GR 11, mais pas plus de monde. La gorge se resserre en ondulant, ce qui est du meilleur effet esthétique. La grande vallée perpendiculaire conduisant au Somport n'est plus très loin. Un peu avant de la rejoindre, le Gr 11 d'après ma carte tourne à droite en restant en hauteur. J'en perds la trace et me dirige vers un petit fort gardé par des militaires en armes, afin de me renseigner. Ils n'ont pas l'intention de me parler et me signifient sans ambigüité de m'arrêter à distance. Assurent-ils la protection d'explosifs, me prennent-ils pour un représentant de l'ETA prêt à remplir mon sac de pains de dynamite? Le problème du terrorisme est bien réel en Espagne, j'obtempère immédiatement et m'éloigne. Mais alors où passer? Une route part plein sud rejoindre la vallée mais quel détour pour moi qui remonte au nord. Le fort est sur un terre-plein duquel en contre-bas je vois le Rio Aragon. En piquant directement, je peux le rejoindre en une centaine de mètres. Mais c'est raide et instable. Dans ma jeunesse j'étais champion de course sur pierriers pentus, c'est le moment de voir si j'ai perdu le sens de l'équilibre au milieu d'un flot de caillasses dégoulinantes. C'est parti, je reste debout et j'y mets tout mon honneur, car du haut de leurs remparts les militaires m'observent, donc il n'est pas question de m'étaler. Ça se maîtrise bien, de plus la taille des cailloux augmente, ce qui améliore les appuis et hop je me récupère en-bas, et les têtes sont toujours là-haut. Je leur tirerais bien la langue tout heureux de ne pas leur avoir donné la joie de m'étaler tout au long de cette pente sévère. Un sentier comme je les aime en bord de rivière, protégé du soleil me remet en direction du col du Somport. De temps à autre des raidillons en caillasses raides et brûlantes me font suer. Et là, dans un passage en plein soleil je rencontre mon quatrième solitaire. Il ne s'agit pas d'un ''traverseur'' de Pyrénées, mais d'un pèlerin vers Saint-Jacques de Compostelle par la voie du Somport. Il est d'âge avancé, à mon sens au moins soixante dix ans et de nationalité allemande. Son matériel semble dater de Mathusalem, et de toute évidence il peine sous la charge et la chaleur. Nous engageons la conversation, il m'explique sa démarche. Je perçois toute la force des mots Sparsamkeit et Armut (économie et pauvreté), lorsqu'elles sont subies volontairement. Cet homme dégageait une force et une sérénité dans son adversité, j'en suis resté tout chaviré. Manifestement nous ne faisons pas tous les mêmes voyages! Au contact de tels êtres j'ai presque honte de ce que je fais. Faut-il pratiquer le voyage en faisant vœu de pauvreté pour toucher au sublime, peut-être ? Cela demande-t-il beaucoup de courage ou une grande foi ? Peut-être les deux ? Ce contact restera gravé en moi de façon indélébile, pourtant nous n'avons pas parlé plus de cinq minutes. De la vertu des chemins que l'on ne trouve pas. Moi, le touriste pressé à la démarche stakhanoviste je repars un peu ébranlé. Plongé dans mes pensées, j'arrive devant un ouvrage de captation qui laisse couler un grand jet frais. Je m'en arrose et bois à satiété. Peu après, en faisant un court détour j'arrive à un petit camping perché, il est adorable et, comble de bonheur, je suis le seul client. Je m'installe dans l'herbe constellée de fleurs, que demander de plus ? Je rejoins le petit bistrot et le patron me raconte une multitude de choses, que j'écoute religieusement en descendant quelques bières. J'essaie de ne pas trop penser au vieil Allemand pour ne pas avoir mauvaise conscience, mais la bière fraîche c'est quand même bon. Dans la conversation, je lui demande s'il fait à manger. Il me répond par la négative mais il me vante la qualité du Parador qui se trouve un ou deux kilomètres plus bas. Entre ma purée soupe et une petite marche à pied, mon cœur ne balance pas longtemps, en avant. Ce monumental bâtiment de l'époque franquiste me fait penser à certains pays ex-communistes. L'accueil est très correct, le personnel stylé, le menu offre un large choix et la nourriture est de qualité et le Rioja toujours aussi facile à boire, le tout pour un rapport qualité-prix imbattable et sans doute introuvable en France, qui n'est pourtant pas loin. Donc une fois encore je m'en mets plein la lampe et, la nuit bien avancée, tout guilleret, je rejoins ma tente.
Dix-neuvième jour GR 11 du Somport à Zuriza
Les montagnes qui dominent le camping sur le versant opposé sont extraordinaires. Hier du fait du contre-jour, je ne les avais pas vraiment vues telles qu'elles sont. Aujourd'hui toutes éclairées par le soleil du matin, elles montrent une multitude de recoins, et leurs formes tourmentées et acérées montent à l'assaut du ciel. Jusqu'au col du Somport, c'est à dire durant une petite heure je suis sur le sentier de Compostelle en sens inverse. Je croise donc quelques pèlerins, dont un, un peu excentrique, qui commence à me questionner et à noter mes réponses. Aïe aïe aïe ! je suis loin de mon vieil Allemand économe entre autre de ses paroles. Les installations du col sont vastes, je les traverse et poursuis plein ouest par le Gr11. La marche est agréable. Le chemin fait un immense détour au fond d'une gorge boisée. Un peu avant le lac d'Estanes, je rencontre mon dernier solitaire. Encore un Anglais qui suit la HRP. La traversée du pays basque avec vingt mètres de visibilité dans un terrain sans point vraiment caractéristique lui a laissé un souvenir profond. Le contournement du lac est pittoresque et très agréable. Je débouche à un petit collet et pris par le rythme, mon attention focalise une trace qui va m'éloigner de l'itinéraire. Je traverse un pierrier sous une barre rocheuse. Il semble qu'une vire la parcoure une cinquantaine de mètres plus haut. Des fois on prend ses désirs pour des réalités. Le chemin doit être sur cette vire. Je remonte une pente caillouteuse raide et attaque la paroi. Les pieds sont en adhérence et il faut me tracter avec les bras, mais je continue. Une pierre siffle. Je lève la tête et vois une harde d'isards sur une pente à ma verticale qui me lance des pierres. Je reprends mes esprits. Mais qu'est-ce que je fais en train de faire de l'escalade à la recherche du GR ? Je fatigue !!! Je redescends en faisant attention. De toute évidence au collet j'ai loupé l'itinéraire qui devait plonger devant la grosse pierre que j'ai contournée. Mais je ne fais pas demi-tour. Je continue sur le pierrier précité et j'oblique vers la falaise au-dessus de laquelle je me trouve pour essayer d'y trouver un passage. Une gorge profonde et très pentue donne accès à la large plaine que je dois suivre. Les premiers mètres presque verticaux sont en terre avec quelques végétaux, puis j'aborde des rochers très raides mais d'excellente qualité, encore de l'escalade mais les prises sont franches. Un petit passage vertical et un dernier pas nécessitant de s'étirer au maximum, et pour moi qui ne suis pas souple c'est le calvaire, et enfin je prends pied au fond de cette gorge austère et rejoins l'herbe. Il serait temps que je fasse un peu plus attention, ne pas être capable de suivre un chemin somme toute bien balisé, il y a du souci à se faire. Là encore l'erreur m'a fait parcourir des recoins très jolis. Je descends cette large vallée, orientée au nord, peuplée de vaches s'égayant au milieu de zones marécageuses. Je croise de nombreux promeneurs. Coude à 90 degrés gauche vers l'ouest, un petit à pic et au-dessous une piste au terminus de laquelle de nombreuses voitures s'entassent. Durant cinq ou six kilomètres je la suis. Elle est poussiéreuse et exposée en plein soleil. Le rendement baisse et je fais un sérieux effort pour avancer. Arrivé au bout de cette vallée, le chemin part plein ouest. Je suis la route, orientée au sud, qui descend trois kilomètres plus bas à un camping. Un peu avant d'y arriver une source jaillit d'un rocher. Je me mouille la tête et bois largement. Une fois au camping, le coin est délabré et à l'abandon. Une très mauvaise sensation me submerge, ce lieu m'est très hostile. Bien qu'il soit seize ou dix-sept heures, marche arrière et je retourne chercher le chemin et pars directement sur l'étape suivante. Incroyable, l'esprit mobilisé par l'étape nouvelle, la fatigue disparaît et je me sens comme neuf. Une fois de plus je perds mon itinéraire, attiré dans le vallon qui conduit aux aiguilles d'Ansabère. Un berger me confirme l'erreur. En tirant directement dans la pente plein sud et en gardant le cap parfois à la boussole tellement ce vallon à tendance à me ramener trop à droite, je finis par retrouver le bon vallon et le col de Petraficha. La lumière est extraordinaire, le temps change, un orage se prépare, que la montagne est belle dans ces conditions, surtout lorsqu'on est seul. Du col, la Sierra d'Alano se dévoile dans toute la splendeur de ses multiples faces blanches. Je vis un grand dépaysement sur ce chemin. Je passe un petit refuge dans lequel un jeune couple se prépare à passer la nuit. Il est sordide et son état lamentable me dissuade de m'y arrêter. La pluie arrive, je presse le pas. Le village de Zuriza n'est plus qu'à quelques kilomètres. Je fonce tant que je peux sur la piste. La pluie s'accélère et à nouveau de véritables trombes. Je vais faire quelque chose à ne pas faire. Un petit pont, je m'abrite dessous. J'enlève mon sac mais je guette en amont si le flux d'eau n'augmente pas brusquement, ayant repéré une petite pente pour fuir à la première alerte. Effectivement le niveau monte mais de quelques centimètres seulement, enfin le déluge s'interrompt. Je reprends la piste et arrive dans le village. Je m'imaginais au bout du monde et bien non, une foule compacte se presse au camping. Mais d'où sortent-ils? En trois heures de marche je n'ai vu que quatre personnes en comptant le berger. De toute évidence c'est un lieu prisé des Espagnols. Une fois encore je m'installe sur un terrain complètement détrempé. Mais que la région est jolie, des près bien verts couverts de fleurs, et le tout entouré de magnifiques montagnes bien rangées en ligne, toutes brillantes de pluie sous le soleil du soir. Vite une télé, c'est France Brésil! Un chahut incroyable dans une immense salle, la plupart n'étant plus intéressés depuis l'élimination de l'Espagne, mais tout le monde passe et repasse les bras chargés de nourriture et de gros bocks de bière. Dans le fond j'aime bien ces foules bruyantes secouées de gros rires. Il n'est pas toujours facile de suivre dans ce mouvement permanent le déroulement de la partie.
Vingtième jour route, chemin non balisé et GR 11 de Zuriza à Ochagavia
Une journée magnifique s'annonce. Vite sur pied, c'est parti pour la journée. Mais d'où sortent tous ces gens. Au collet où je dois quitter la route à quelque distance du camping, de nombreuses voitures stationnent. Le chemin commence à grouiller de randonneurs. Bien que cette partie de l'itinéraire semble très jolie, une petite route à l'allure plus calme la contourne. Je n'hésite pas longtemps, et c'est comme cela que je parcours quelques kilomètres de goudron avant de plonger dans une jolie gorge en sous-bois, qui me conduit à la charmante petite ville d'Izaba. J'effectue un arrêt sur la place centrale, où des enfants s'amusent. La fontaine est la bienvenue. A la sortie de l'agglomération un sentier pentu mène à l'église ''Nusestra Senora de Idoia''. Nous sommes le premier dimanche de juillet, et c'est le jour de la procession annuelle. De nombreux croyants en habits traditionnels montent à la petite église. J'y pénètre et dépose mon obole. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que ma pièce provoque le déclenchement de la lumière, qui éclaire vivement l'espace qui sans cela reste sombre. Moi qui voulais passer inaperçu, c'est loupé. Je ne m'attarde pas. Dès que le mur d'enceinte est dépassé, comme par enchantement je retrouve la solitude qui m'a accompagné sur la majeure partie de ma traversée. Le chemin parcourt une magnifique forêt escarpée, composée d'arbres à feuilles caduques. Le col de Kakueta est atteint. Là, plus de doute le pays basque commence. D'un coup la fin me semble approcher. Les crêtes s'arrondissent et s'adoucissent. La vue se dégage presque jusqu'à l'infini. Le Pic d'Orhy, pyramide culminant à 2017 mètres, marque l'entrée dans la dernière ligne droite, signe psychologique fort que j'attends depuis le départ de Banyuls. Pour le moment il se situe au nord-ouest par rapport à ma position. Au cours d'une marche enthousiaste orientée à l'ouest le long d'une piste entourée de pinèdes, il va se positionner plein nord puis il se déplace vers l'est. Ce mouvement apparent du Pic d'Orhy que je dépasse me procure un immense plaisir, la vie dans le fond c'est pas trop compliqué! Une grande descente donne accès au village d'Ochagavia. Petite bourgade à l'architecture carrée. Les maisons sont magnifiques, massives et bien entretenues. Les portes souvent ouvertes laissent voir des intérieurs raffinés, de jolis meubles en bois et de magnifiques plafonds à la française, dont les poutres bien entretenues donnent un réel cachet à l'ensemble. Je demande si un magasin d'alimentation est ouvert, il m'est répondu «hoy domingo». J'avais oublié. De plus, pas de camping, alors c'est forcé et contraint (tout du moins ma conscience est sauve en pensant au vieil Allemand) que je me dirige vers un charmant petit hôtel au bord de la rivière près du centre. Il est bien dans le style des intérieurs aperçus, cossu et de très bon goût. Toutes les prestations sont de qualité et le prix modique. Un groupe d'Anglais lancés dans la traversée des Pyrénées à vélo y séjourne aussi.
Vingt-et-unième jour GR 11 de Ochagavia à la frontière, jonction et GR10 jusqu'à Estérençuby
Un petit jour triste et brouillardeux se lève. Je n'y couperai pas à la navigation au radar. De plus à partir d'aujourd'hui j'abandonne mes cartes confortables au 50 000 pour passer à la 100 000 de l'IGN numéro 69. Après un copieux petit déjeuner je m'enfonce dans les brumes. Tout relief a disparu. Sans difficulté je rejoins le monastère qui domine sur une petite crête. Puis en avant vers la Sierra de Abodi, vaste croupe orientée est ouest. Un large chemin non mentionné sur ma carte coupe cette montagne à mi-pente. Le Gr le suit. Mais après une bonne heure de marche cela me semble bizarre, j'aurais dû commencer à monter vers le sommet. De toute évidence je l'ai encore perdu. Je fais marche arrière jusqu'à un petit bois et là, la progression à la boussole commence. Les joies du pays basque. Je ne devrais pas tarder à intercepter la crête et en la suivant je devrais couper le chemin. Je n'aurai pas la peine d'atteindre le sommet, je tombe sur un piquet peint aux sacro-saintes couleurs rouge et blanche. Mais une fois de plus l'erreur m'aura été bénéfique. En effet dans un champ, je suis tombé sur des vautours. Au sol ils ressemblent à de gros dindons à long cou. Mais dès qu'ils déploient les ailes et prennent leur envol le spectacle est de toute beauté. Une fois au sommet de cette sierra, le brouillard se déchire par intermittence, ce qui me permet de voir l'immense pan de forêt à descendre. A nouveau le balisage m'échappe, ce n'est pas grave car une rivière et un grand lac doivent me servir de barrière d'arrêt. Dans mon sac, toutes mes affaires sont réparties dans des sachets de congélation de différentes tailles, je dois même pouvoir traverser une rivière à la nage sans mouiller grand chose, mais enfin si possible éviter et localiser le pont. Je retrouve la petite route qui conduit au point de franchissement. Je tombe dans une clairière sur une belle poussée de cèpes de Bordeaux, oui des vrais boletus edulis. Malheur, que faire ! Je ne peux les ramasser, durant la vingtaine de kilomètres que je compte encore parcourir ils seront réduits en bouillie. Il paraît que cru c'est bon, c'est l'occasion d'essayer. J'en repère un joli bien ferme et je le croque à pleines dents. Au début on sent bien ce fumet subtil et fort du cèpe, mais rapidement la consistance en bouche donne une sensation de mélasse un peu cartonneuse difficile à mâcher. Je n'aurais peut-être pas dû en engouffrer un si gros morceau. Mais j'arrive au bout de mon champignon, et en attaque un second. Là par contre, je vais déclarer forfait avant de l'avoir terminé. La mort dans l'âme j'abandonne le reste de la petite troupe à gros pieds. Je me dis qu'ils feront peut-être la joie d'un chercheur, s'il ne tarde pas trop. J'arrive au pont, traverse et longe la rivière jusqu'au lac. Je croise quelques promeneurs. Le brouillard retombe de plus belle. Le chemin suit un bras du plan d'eau, qui vient tangenter la frontière. Cinquante mètres de visibilité c'est rigolo, mais pas trop longtemps. Soit je reste sur le GR 11 et ses mille mètres d'altitude dans la purée de pois, soit je pique sur la France et rejoins le village d'Estérençuby dans la vallée. Option France, je passe par dessus une clôture à vaches et me retrouve sur un petit parking. Plusieurs voitures stationnent. Toutes les plaques d'immatriculation sont françaises, c'est le seul indice qui me confirme que j'ai changé de pays. Le brouillard, lui il s'en fout de la frontière. Par une petite route, encombrée de belles grosses vaches blanches, qui serpente au fond d'une petite dépression je progresse vers le nord. La visibilité baisse de plus en plus. Des points de repère caractéristiques de la carte à proximité de la route restent invisibles. Avec la multitude de courbes je ne me situe plus exactement et pourtant je voudrais bien intercepter le Gr10. Enfin je le vois. Sans encombre il me conduit au village. Par beau temps ce parcours sur de grosses bosses doit être sublime, mais cet après-midi les yeux rivés sur de l'herbe mouillée et glissante dans un paysage fantomatique, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux. Ne nous plaignons pas, l'ambiance n'en est pas moins superbe avec son petit côté mystérieux qui cache tout au regard. Imaginer sans voir laisse libre cours à tous les phantasmes. Arrivée dans le village, il fait sombre, les maisons serrées dans le brouillard sont presque lugubres. Un petit hôtel, je m'y précipite. Un pur et dur, qui commence une traversée s'est installé au bord de la route, je suis bien content de ne pas faire de même. Ce soir encore, une équipe de cyclistes, français cette fois, est engagée dans la traversée des Pyrénées. Ils espèrent mettre une semaine.
Vingt-deuxième jour route de Estérençuby à Cambo-les-Bains
La météo ne prévoit aucun changement pour les jours à venir, brouillard à partir de 600 mètres d'altitude. Pas de problème j'ai toujours rêvé longer la Nive, car cette rivière comme l'Adour m'a toujours intrigué. Donc je rejoins Saint-Jean-Pied-de-Port et de là je longe la rivière. Déception, pas de chemin, je suis acculé à rester sur la route jusqu'à Cambo-les-Bains. Et là, première semaine de juillet le flot des touristes a commencé. Dans un vacarme permanent je vais rejoindre cette station thermale et d'un coup l'envie s'en va pour de bon. J'ai vraiment quitté les Pyrénées. Rejoindre les plages, et les remonter au milieu des baigneurs avec mon piolet dans le dos, c'est une histoire à me faire mettre la camisole de force et terminer chez les fous. Dans le fond j'ai bien fait de ne pas ''gâcher'' cette superbe balade Biarritz Arcachon par le bord de mer, car je la ferai avec un camarade en février 2008 et nous passerons cinq jours superbes, le jour le long de plages désertes et la nuit durant des bivouacs sous la gelée blanche. L'étape jusqu'à Cambo est longue, le goudron ça finit par casser les pattes. Pour la première fois en trois semaines j'ai des courbatures. La fin du parcours se fait sous la pluie. Cette nuit encore l'hôtel, monter la tente sous des trombes je n'en ai pas envie. Un coup de téléphone pour consulter les horaires de train, et demain en trois changements je rentre chez moi.
En conclusion je dirai qu'en écrivant ce récit avec deux ans et demi de recul, je suis étonné de la fraîcheur des souvenirs que j'en conserve. Sans doute le fait d'être seul y est pour quelque chose. En effet en montagne sans compagnon, on est plus exposé aux aléas et l'accident peut être beaucoup plus lourd de conséquences. Instinctivement on intègre cette situation et les sens sont plus en éveil. Cette concentration accrue favorise un meilleur contact avec la nature, et nous imprègne au delà de ce que l'on pense. Bien sûr je ne ferai pas l'apologie de ce genre de pratiques, qui présentent leurs inconvénients, et qui sont souvent réprouvées, normes de sécurité obligent. Cependant ces grandes balades en solitaire en montagne apportent beaucoup. Partir seul et durant trois semaines, n'avoir à s'occuper que de soi et focaliser toute son attention au point de vue matériel uniquement autour de la dizaine de sacs de congélation que l'on transporte dans son sac à dos, représente un immense repos de l'esprit. Pas de voiture, pas de papiers envahissants, personne avec qui négocier, pas de perte de temps à retourner une masse d'affaires. On ne possède que le strict nécessaire, les déballages et les rangements ne prennent pas de temps. On se sent comme affranchi d'une dimension matérielle, tout en se sachant autonome. Si j'aime partager des joies en montagne devant des paysages fantastiques et faire découvrir les lieux que j'aime, m'y trouver seul m'apporte une émotion qui m'est vitale.
Compte rendu de notre trek au Corcovado - février 2009 (Costa Rica) English translation pending
Bonjour à tous,
voici un CR de notre visite du parc Corcovado du 18 au 20 février 2009, j'avais pas mal cherché d'infos ici avant de partir donc autant faire profiter de son expérience !
On est partis à 2 avec ma copine, on avait reservé 2 nuit + diners et petits déjeuners au poste de la sirena 3 semaines à l'avance depuis la France, en passant par le site http://www.pncorcovado.tk/ et en payant par Western Union (plus simple que l'autre système de paiement qu'ils proposent et qui a l'air complexe, mais 15€ de frais)
On est partis sans guide, avec le planning suivant : jour 1 : Départ de puerto jimenez en camion collectivo à 6h / arrivée Carate à 8h / marche jusqu'à l'entrée Sud du parc (la leona) pendant 35mn sur la plage / trajet la leona jusqu'à la sirena effectué en 6h30 - et en pleine chaleur! mais pas trop le choix car il n'y a qu'un seul collectivo par jour, l'autre solution est de dormir une nuit à la leona, en camping ou en lodge, et de partir très tôt le matin dans le parc, mais il faut 1 jours de plus jour 2 : ballades sur les sentiers autour de la sirena jour 3 : retour par le même chemin qu'à l'aller, départ à 5h du matin et arrivée à la leona à 10h (donc 5h de marche cette fois ci, pas de pause déjeuner et puis on marche plus vite quand il fait frais le matin! Enfin frais c'est jusqu'à 7h...)
Nous sommes donc entrés et sortis par le même chemin, celui du sud qui longe le plage. Au départ on voulait entrer par l'est, par los patos, mais apparement le trek est 6h minimum et il faut compter 3h de plus dans la campagne pour rejoindre l'entrée du parc depuis le bled le plus proche, las palmas, qui lui même si j'ai bien compris doit être atteint en taxi pour 40$. Donc quand on a que 3 jours pour faire le parc ca me parait un peu chaud. Le guardaparque nous disait cependant que le trek était vraiment sympa vers los patos, à part que quand on part de la sirena pour rejoindre los patos ca grimpe sévère sur les 6 derniers kilometres !
Impression générale du parc : excellent ! C'est l'aventure, on voit des animaux rares, nous avons eu la chance de voir un tapir sur la plage, en plein jour, le dernier jour, mais apparemment ça n'arrive pas souvent, ils sont plutôts discrets et nocturnes d'habitudes. Mais la plupart des visiteurs à droit aux singes hurleurs, singes araignées, singes écureuils, paons sauvages, Aras rouges...On a aussi vu un énorme crocodile sur le rio sirena sur la rive d'en face, mais pas de souci pour le trek depuis la leona car on ne traverse pas ce fleuve, on traverse le rio claro qui lui n'a pas de crocos. Les félins c'est plus rare mais ça peut arriver, nous on en a pas vu.
Ne pas oublier de prendre des jumelles, c'est con mais nous on y avait même pas pensé et ça nous a bien manqué pour tout voir de plus près, notamment toucans et Aras qui se perchent super haut.
Le fait de ne pas avoir de guide n'est absolument pas un problème pour la sécurité, l'orientation etc.. sur le chemin de la leona, après il vous fera sans doute voir beaucoup plus d'animaux, mais nous on voulait plus être à l'aventure, écouter nous mêmes les bruits de la forêt sans attendre qu'on nous montre tel ou tel truc, donc ça c'est vraiment en fonction de votre feeling. Si une chose qui nous aurait plu aurait été une visite dans la jungle la nuit, on a un peu marché la nuit sur le trajet retour (de 5h à 5h30) et on voit qu'il y a énormément d'activité, mais seul c'est pas du tout évident de repérer les animaux dans la noir.
On a croisé des groupes qui venaient pour la journée depuis bahia drake, ils payaient 90$ pour la journée (aller bateau/ visite guidée coupée par un déjeuner sandwich sur la terrasse du poste de la sirena/ retour bateau). C'est pas mal si vous n'avez pas le temps, certains guides n'avaient pas l'air mauvais du tout, mais on rate quand même les heures ou il y a le plus d'activité dans la jungle. (tôt le matin, la nuit) Et niveau prix, nous on a eu pour 100$ par personne pour les 3 jours (3 jours dans le parc, 2 nuits, 2 diners, 2 petits dej) hors déjeuners.
Sinon certains viennent de Puerto jimenez pour la journée, mais la c'est hard : 2h de collectivo aller de 6h à 8h du mat, ballade aux heures les plus chaudes de 9h à 15h, et retour avec encore 2h de collectivo de 16h à 18h. Il faut le vouloir, mais ceci dit on a croisé des gens qui avaient fait ça et qui ont croisé un puma sur la plage !!! Ne revez pas, ça arrive une fois tous les 2 ans selon le guardaparque, mais quand meme...
Pour les histoires de marées il faut effectivement regarder les horaires sur pncorcovado.tk et prévoir de traverser le rio claro autour de marée basse (1h avant ou après la pleine basse max, d'après les guardaparques), ceci dit nous étions à la saison sèche donc il était vraiment très bas je pense qu'on avait beaucoup plus de temps. Il y a une partie de la route la leona-la sirena sur la plage, et à 2 endroits il faut également que la mer ne soit pas trop haute si on veut passer sans se mouiller, mais là on a un peu plus de marge (3h avant ou après la pleine basse à cette saison, encore une fois à vérifer sur place en fonction du moment avec les guardaparques à l'entrée du parc).
Pour les repas à la sirena c'est sobre mais correct, diners = gros plats de casado tous les jours (plat local par excellence avec haricots noirs, riz, quelques légumes et une viande type poulet), petit dejs = casado light (haricot et riz), fruits, bananes confites, café. C'est pas de la grande cuisine mais c'est très correct et ça évite de porter sa bouffe, du coup on a voyagé ultra light, moi avec un sac de 25l et ma copine rien sur le dos.
Pour l'hébergement pareil, sobre mais ok : des chambres avec plusieurs lits (pour nous 2 lits superposés et un lit simple) mais ils ne mettent qu'un seul groupe (couple, famille etc..) par chambre. Les matelas sont en sky, moustiquaires au fenêtres et portes, et vous n'aurez pas chaud la nuit : attention nous en avait pris un pagne et un sac à viande uniquement pour dormir et on était un peu limite, la jungle se refroidit bien vite la nuit, je vous dis pas de prendre une combi en polaire mais un sac de couchage ultralight aurait pas été en trop.
Précision : l'eau des robinets a la sirena est vraiment potable, de toutes façons on a pas le choix à moins d'emporter 15l d'eau pour 3 jours dans son sac, on a pas du tout été malades après coup.
Voilà, sinon on a aussi fait le parc cabo blanco sur la péninsule de Nicoya, qui lui se fait en 2h aller / plage / 2h retour, c 'est moins l'aventure mais il est superbe et loin d'être en reste point de vue animaux, pendant ces quelques heurres on a vu un tamanoir, des singes hurleurs, un singe capucin qui est venu nous taquiner sur la plage, et une troupeau de 30 coatis qui passaient autour de nous avec des petits cirs apeurés. Bref si vous passez par le coin de mal pais / montezuma c'es un vrai must.
N'hésitez pas si vous avez des questions ! A+
voici un CR de notre visite du parc Corcovado du 18 au 20 février 2009, j'avais pas mal cherché d'infos ici avant de partir donc autant faire profiter de son expérience !
On est partis à 2 avec ma copine, on avait reservé 2 nuit + diners et petits déjeuners au poste de la sirena 3 semaines à l'avance depuis la France, en passant par le site http://www.pncorcovado.tk/ et en payant par Western Union (plus simple que l'autre système de paiement qu'ils proposent et qui a l'air complexe, mais 15€ de frais)
On est partis sans guide, avec le planning suivant : jour 1 : Départ de puerto jimenez en camion collectivo à 6h / arrivée Carate à 8h / marche jusqu'à l'entrée Sud du parc (la leona) pendant 35mn sur la plage / trajet la leona jusqu'à la sirena effectué en 6h30 - et en pleine chaleur! mais pas trop le choix car il n'y a qu'un seul collectivo par jour, l'autre solution est de dormir une nuit à la leona, en camping ou en lodge, et de partir très tôt le matin dans le parc, mais il faut 1 jours de plus jour 2 : ballades sur les sentiers autour de la sirena jour 3 : retour par le même chemin qu'à l'aller, départ à 5h du matin et arrivée à la leona à 10h (donc 5h de marche cette fois ci, pas de pause déjeuner et puis on marche plus vite quand il fait frais le matin! Enfin frais c'est jusqu'à 7h...)
Nous sommes donc entrés et sortis par le même chemin, celui du sud qui longe le plage. Au départ on voulait entrer par l'est, par los patos, mais apparement le trek est 6h minimum et il faut compter 3h de plus dans la campagne pour rejoindre l'entrée du parc depuis le bled le plus proche, las palmas, qui lui même si j'ai bien compris doit être atteint en taxi pour 40$. Donc quand on a que 3 jours pour faire le parc ca me parait un peu chaud. Le guardaparque nous disait cependant que le trek était vraiment sympa vers los patos, à part que quand on part de la sirena pour rejoindre los patos ca grimpe sévère sur les 6 derniers kilometres !
Impression générale du parc : excellent ! C'est l'aventure, on voit des animaux rares, nous avons eu la chance de voir un tapir sur la plage, en plein jour, le dernier jour, mais apparemment ça n'arrive pas souvent, ils sont plutôts discrets et nocturnes d'habitudes. Mais la plupart des visiteurs à droit aux singes hurleurs, singes araignées, singes écureuils, paons sauvages, Aras rouges...On a aussi vu un énorme crocodile sur le rio sirena sur la rive d'en face, mais pas de souci pour le trek depuis la leona car on ne traverse pas ce fleuve, on traverse le rio claro qui lui n'a pas de crocos. Les félins c'est plus rare mais ça peut arriver, nous on en a pas vu.
Ne pas oublier de prendre des jumelles, c'est con mais nous on y avait même pas pensé et ça nous a bien manqué pour tout voir de plus près, notamment toucans et Aras qui se perchent super haut.
Le fait de ne pas avoir de guide n'est absolument pas un problème pour la sécurité, l'orientation etc.. sur le chemin de la leona, après il vous fera sans doute voir beaucoup plus d'animaux, mais nous on voulait plus être à l'aventure, écouter nous mêmes les bruits de la forêt sans attendre qu'on nous montre tel ou tel truc, donc ça c'est vraiment en fonction de votre feeling. Si une chose qui nous aurait plu aurait été une visite dans la jungle la nuit, on a un peu marché la nuit sur le trajet retour (de 5h à 5h30) et on voit qu'il y a énormément d'activité, mais seul c'est pas du tout évident de repérer les animaux dans la noir.
On a croisé des groupes qui venaient pour la journée depuis bahia drake, ils payaient 90$ pour la journée (aller bateau/ visite guidée coupée par un déjeuner sandwich sur la terrasse du poste de la sirena/ retour bateau). C'est pas mal si vous n'avez pas le temps, certains guides n'avaient pas l'air mauvais du tout, mais on rate quand même les heures ou il y a le plus d'activité dans la jungle. (tôt le matin, la nuit) Et niveau prix, nous on a eu pour 100$ par personne pour les 3 jours (3 jours dans le parc, 2 nuits, 2 diners, 2 petits dej) hors déjeuners.
Sinon certains viennent de Puerto jimenez pour la journée, mais la c'est hard : 2h de collectivo aller de 6h à 8h du mat, ballade aux heures les plus chaudes de 9h à 15h, et retour avec encore 2h de collectivo de 16h à 18h. Il faut le vouloir, mais ceci dit on a croisé des gens qui avaient fait ça et qui ont croisé un puma sur la plage !!! Ne revez pas, ça arrive une fois tous les 2 ans selon le guardaparque, mais quand meme...
Pour les histoires de marées il faut effectivement regarder les horaires sur pncorcovado.tk et prévoir de traverser le rio claro autour de marée basse (1h avant ou après la pleine basse max, d'après les guardaparques), ceci dit nous étions à la saison sèche donc il était vraiment très bas je pense qu'on avait beaucoup plus de temps. Il y a une partie de la route la leona-la sirena sur la plage, et à 2 endroits il faut également que la mer ne soit pas trop haute si on veut passer sans se mouiller, mais là on a un peu plus de marge (3h avant ou après la pleine basse à cette saison, encore une fois à vérifer sur place en fonction du moment avec les guardaparques à l'entrée du parc).
Pour les repas à la sirena c'est sobre mais correct, diners = gros plats de casado tous les jours (plat local par excellence avec haricots noirs, riz, quelques légumes et une viande type poulet), petit dejs = casado light (haricot et riz), fruits, bananes confites, café. C'est pas de la grande cuisine mais c'est très correct et ça évite de porter sa bouffe, du coup on a voyagé ultra light, moi avec un sac de 25l et ma copine rien sur le dos.
Pour l'hébergement pareil, sobre mais ok : des chambres avec plusieurs lits (pour nous 2 lits superposés et un lit simple) mais ils ne mettent qu'un seul groupe (couple, famille etc..) par chambre. Les matelas sont en sky, moustiquaires au fenêtres et portes, et vous n'aurez pas chaud la nuit : attention nous en avait pris un pagne et un sac à viande uniquement pour dormir et on était un peu limite, la jungle se refroidit bien vite la nuit, je vous dis pas de prendre une combi en polaire mais un sac de couchage ultralight aurait pas été en trop.
Précision : l'eau des robinets a la sirena est vraiment potable, de toutes façons on a pas le choix à moins d'emporter 15l d'eau pour 3 jours dans son sac, on a pas du tout été malades après coup.
Voilà, sinon on a aussi fait le parc cabo blanco sur la péninsule de Nicoya, qui lui se fait en 2h aller / plage / 2h retour, c 'est moins l'aventure mais il est superbe et loin d'être en reste point de vue animaux, pendant ces quelques heurres on a vu un tamanoir, des singes hurleurs, un singe capucin qui est venu nous taquiner sur la plage, et une troupeau de 30 coatis qui passaient autour de nous avec des petits cirs apeurés. Bref si vous passez par le coin de mal pais / montezuma c'es un vrai must.
N'hésitez pas si vous avez des questions ! A+
Itinéraire de dix-sept jours au Pérou English translation pending
Bonjour à tous
J'espère que cette question en vous importunera pas, je vois bien que beaucoup de gens la posent. J'aimerais votre avis de voyageurs expérimentés sur un itinéraire de 17 jours dans le sud du Pérou. J'ai essayé de construire cet itinéraire avec les infos trouvées ici et dans le Lonely Planet. Pour info nous partons en Aout et nous sommes 7. Notre point de départ n'est pas Lima mais Andahuaylas où nous allons passer 15 jours avec une association d'aide au développement.
16 Aout : Andahuaylas - Cuzco en bus. Nuit à Cuzco 17 Aout : Visite de Cuzco. Nuit à Cuzco 18 Aout : Départ en bus pour Ollantaytambo. Visite, puis départ en train pour Aguas Calientes. Nuit à Aguas Calientes. 19 Aout : Départ à pieds le matin pour le Machu Picchu. Visite, Wayna Picchu si possible. Redescente sur Aguas Calientes puis Cusco. Nuit à Cusco. 20 Aout : Cusco - Puno en bus. Nuit à Puno. 21 Aout : Visite de Puno. Nuit à Puno 22 Aout : Départ pour l'île de Taquile. Visite, nuit sur l'île. 23 Aout : Retour à Puno, visite, nuit à Puno. 24 Aout : Puno - Arequipa en bus le matin. Visite, Peña. Nuit à Arequipa. 25 Aout : Visite d'Arequipa. Nuit à Arequipa. 26 Aout : Départ pour le Canyon de Colca. 27 Aout : Trek dans le Canyon. 28 Aout : Fin du trek et retour à Arequipa. Bus de nuit pour Lima. 29 Aout : Visite de Lima 30 Aout : Visite, fête de la ville. Nuit à Lima 31 Aout : Visite de Lima, départ pour l'éaroport dans la soirée. (Avion à 23h30 pour l'Europe)
En somme, est-il raisonnable de passer 3 jours dans le Canyon de Colca vu que notre séjour est assez court ? Pouvons nous nous y lancer seuls sachons que nous sommes 7 éclés (scouts laïcs) entre 18 et 20 ans : nous avons donc une certaine expérience des voyages et de la randonnée. Le parcours est-il cohérent, faisable ? Je me doute bien que ca ne va pas être de tout repos mais je crois qu'il faut en profiter au maximum.
En tout cas merci d'avance pour votre aide.
Charlotte
J'espère que cette question en vous importunera pas, je vois bien que beaucoup de gens la posent. J'aimerais votre avis de voyageurs expérimentés sur un itinéraire de 17 jours dans le sud du Pérou. J'ai essayé de construire cet itinéraire avec les infos trouvées ici et dans le Lonely Planet. Pour info nous partons en Aout et nous sommes 7. Notre point de départ n'est pas Lima mais Andahuaylas où nous allons passer 15 jours avec une association d'aide au développement.
16 Aout : Andahuaylas - Cuzco en bus. Nuit à Cuzco 17 Aout : Visite de Cuzco. Nuit à Cuzco 18 Aout : Départ en bus pour Ollantaytambo. Visite, puis départ en train pour Aguas Calientes. Nuit à Aguas Calientes. 19 Aout : Départ à pieds le matin pour le Machu Picchu. Visite, Wayna Picchu si possible. Redescente sur Aguas Calientes puis Cusco. Nuit à Cusco. 20 Aout : Cusco - Puno en bus. Nuit à Puno. 21 Aout : Visite de Puno. Nuit à Puno 22 Aout : Départ pour l'île de Taquile. Visite, nuit sur l'île. 23 Aout : Retour à Puno, visite, nuit à Puno. 24 Aout : Puno - Arequipa en bus le matin. Visite, Peña. Nuit à Arequipa. 25 Aout : Visite d'Arequipa. Nuit à Arequipa. 26 Aout : Départ pour le Canyon de Colca. 27 Aout : Trek dans le Canyon. 28 Aout : Fin du trek et retour à Arequipa. Bus de nuit pour Lima. 29 Aout : Visite de Lima 30 Aout : Visite, fête de la ville. Nuit à Lima 31 Aout : Visite de Lima, départ pour l'éaroport dans la soirée. (Avion à 23h30 pour l'Europe)
En somme, est-il raisonnable de passer 3 jours dans le Canyon de Colca vu que notre séjour est assez court ? Pouvons nous nous y lancer seuls sachons que nous sommes 7 éclés (scouts laïcs) entre 18 et 20 ans : nous avons donc une certaine expérience des voyages et de la randonnée. Le parcours est-il cohérent, faisable ? Je me doute bien que ca ne va pas être de tout repos mais je crois qu'il faut en profiter au maximum.
En tout cas merci d'avance pour votre aide.
Charlotte
Sewers everywhere...
Good evening!!! 🙂
When you travel, do you watch where you step?
A little post for those who aren’t clueless... 😛
1) Florence, Italy 2) Rome, Italy 3) Madrid, Spain 4) Prague, Czech Republic 5) Ljubljana, Slovenia
Stef
When you travel, do you watch where you step?
A little post for those who aren’t clueless... 😛
1) Florence, Italy 2) Rome, Italy 3) Madrid, Spain 4) Prague, Czech Republic 5) Ljubljana, Slovenia
Stef
Cherche poussada ou hôtel pas cher pour le carnaval de Salvador de Bahia (Brésil) English translation pending
bonjour et merci d avance . meme si je demande l impossible...
je cherche un hotel pas cher a salvador pour le 18 jusqu au 24... c est le carnaval et c est le bordel mais si quelqu un a un bon plan ... c est le moment les amis voyageurs... merci
Suggestion d'un circuit en Andalousie English translation pending
Bonsoir !!! 🙂
Je viens vous soumettre une idée du circuit que je compte réaliser au printemps prochain. Vos avis, commentaires et conseils sont les bienvenus 😉
Jour 1 : Vol Marseille-Madrid puis autocar Madrid-Grenade Jour 2 : Visite de Grenade (Alhambra) Jour 3 : Visite de Grenade Jour 4 : Visite de Grenade Jour 5 : Autocar Grenade-Cordoue puis visite de Cordoue l'après-midi Jour 6 : Visite de Cordoue (dont la Mezquita) Jour 7 : Autocar Cordoue-Séville puis visite de Séville l'après-midi Jour 8 : Visite de Séville Jour 9 : Visite de Séville Jour 10 : Visite de Séville Jour 11 : Visite de Séville Jour 12 : Visite de Séville en matinée puis autocar Séville-Lisbonne Jour 13 : Visite de Lisbonne Jour 14 : Vol Lisbonne-Lyon et train Lyon-Marseille
A vos claviers !!! 😛
Stef
Je viens vous soumettre une idée du circuit que je compte réaliser au printemps prochain. Vos avis, commentaires et conseils sont les bienvenus 😉
Jour 1 : Vol Marseille-Madrid puis autocar Madrid-Grenade Jour 2 : Visite de Grenade (Alhambra) Jour 3 : Visite de Grenade Jour 4 : Visite de Grenade Jour 5 : Autocar Grenade-Cordoue puis visite de Cordoue l'après-midi Jour 6 : Visite de Cordoue (dont la Mezquita) Jour 7 : Autocar Cordoue-Séville puis visite de Séville l'après-midi Jour 8 : Visite de Séville Jour 9 : Visite de Séville Jour 10 : Visite de Séville Jour 11 : Visite de Séville Jour 12 : Visite de Séville en matinée puis autocar Séville-Lisbonne Jour 13 : Visite de Lisbonne Jour 14 : Vol Lisbonne-Lyon et train Lyon-Marseille
A vos claviers !!! 😛
Stef