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Août, 3 semaines: Thaïlande - Indonésie English translation pending
Bonjour à tous,
Je sais que c'est beaucoup trop peu de temps et que la période n'est pas idéale mais malheureuesment on a pas le choix....On ne peut fermer qu'en août et c'est la 1ere fois qu'on laisse notre petite aussi longtemps. bref, on devra faire au mieux en 3 semaines !! Alors l'idée c'est d'arriver à Bangkok, de visiter environ 8 jours la Thailande et 10 jours l'indonésie. (A préciser selon vos avis...) Alors les conditions sont qu'on veut voir du pays mais aussi se reposer (parce qu'on bosse comme des fous, et qu'au retour ça recommence !!), on aime plutot les coins peinards sans trop de monde, trop de bruits ou trop d'animations. ON est pas compliqué mais j'avoue qu'on est plus trop "sac à dos" (on a un peu vieilli et puis je répète qu'on est crevé...). On adore la bonne bouffe et du farniente ça serait top aussi ... C'est notre 1ere fois en Asie, nous c'était plutot l'Afrique, et on aimerait vraiment vos bons conseils... Rien n'est arrêté sur l'itinéraire donc on écoute toutes vos idées et vos spots préférés !!!! Merci à tous !!!!
Je sais que c'est beaucoup trop peu de temps et que la période n'est pas idéale mais malheureuesment on a pas le choix....On ne peut fermer qu'en août et c'est la 1ere fois qu'on laisse notre petite aussi longtemps. bref, on devra faire au mieux en 3 semaines !! Alors l'idée c'est d'arriver à Bangkok, de visiter environ 8 jours la Thailande et 10 jours l'indonésie. (A préciser selon vos avis...) Alors les conditions sont qu'on veut voir du pays mais aussi se reposer (parce qu'on bosse comme des fous, et qu'au retour ça recommence !!), on aime plutot les coins peinards sans trop de monde, trop de bruits ou trop d'animations. ON est pas compliqué mais j'avoue qu'on est plus trop "sac à dos" (on a un peu vieilli et puis je répète qu'on est crevé...). On adore la bonne bouffe et du farniente ça serait top aussi ... C'est notre 1ere fois en Asie, nous c'était plutot l'Afrique, et on aimerait vraiment vos bons conseils... Rien n'est arrêté sur l'itinéraire donc on écoute toutes vos idées et vos spots préférés !!!! Merci à tous !!!!
3 semaines en Iran English translation pending
Bonjour à tous,
Je pensais partir à Oman cette année, mais étant en solo, je me suis dis que l'Iran serait une destination plus propice. Je vais partir 3 semaines au mois d'octobre, et je me pose quelques questions quant à mon itinéraire. L'idée est de traverser le pays en faisant Tabriz - thereran - Shiraz via Espahan Kashan etc... - Ile de Qeshm
Pour Tabriz, j'ai vu un peu tous les avis sur le forum, j'ai du mal à me faire ma propre idée. J'aime l'idée d'arriver dans une ville de moyenne taille, avec un souk apparemment qui est à ne pas rater. Pensez vous que ça vaut le coup d'y passer 2 jours ?
Sur la route de Tabriz à Teheran, il y a t il une halte à faire qui sortirait un peu des sentiers battus ? Un départ de rando à la journée par exemple, ou une petite ville tranquille ?
Pour " L'autoroute " Teheran - Shiraz, je pense qu'au vu des nombreuses informations disponibles sur le forum, je devrais pouvoir m'y retrouver facilement. Merci au passage à tous les contributeurs ! :)
Enfin de Shiraz à l'ile de Qeshm, il y a t il des points d'arrêts sympathiques à faire ? rando, détente, nature etc...
En vous remerciant par avance pour vos réponses,
Je pensais partir à Oman cette année, mais étant en solo, je me suis dis que l'Iran serait une destination plus propice. Je vais partir 3 semaines au mois d'octobre, et je me pose quelques questions quant à mon itinéraire. L'idée est de traverser le pays en faisant Tabriz - thereran - Shiraz via Espahan Kashan etc... - Ile de Qeshm
Pour Tabriz, j'ai vu un peu tous les avis sur le forum, j'ai du mal à me faire ma propre idée. J'aime l'idée d'arriver dans une ville de moyenne taille, avec un souk apparemment qui est à ne pas rater. Pensez vous que ça vaut le coup d'y passer 2 jours ?
Sur la route de Tabriz à Teheran, il y a t il une halte à faire qui sortirait un peu des sentiers battus ? Un départ de rando à la journée par exemple, ou une petite ville tranquille ?
Pour " L'autoroute " Teheran - Shiraz, je pense qu'au vu des nombreuses informations disponibles sur le forum, je devrais pouvoir m'y retrouver facilement. Merci au passage à tous les contributeurs ! :)
Enfin de Shiraz à l'ile de Qeshm, il y a t il des points d'arrêts sympathiques à faire ? rando, détente, nature etc...
En vous remerciant par avance pour vos réponses,
3 semaines en Italie en septembre English translation pending
Bonjour à tous, :)
Je viens à vous pour avoir des conseils pour l'organisation de mon voyage en Italie. Nous partons à 2 en septembre pendant presque 3 semaines (du 31/08 au 20/09) et je me charge de tout organiser. J'ai déja une certaine idée de ce que nous voulons faire mais il me manque beaucoup d'infos.
Voici le programme tel que je l'imagine à ce jour :
Depart de Paris le 31/08, ce jour sera donc dédié au transport. Arrêt de 2 jours à Milan (étape) du 31/08 au 02/09. 1 jour à Verone (le 03/09). 3 jours à Venise. (du 04 au 07). 6 jours à Florence avec 1 jour à Pise et 1 (ou 2) jour(s) au cinques terres (du 07 au 13). et enfin, fin du séjour à Rome avec une journée (ou 2 ?) à Pompéi.
Voilà maintenant toutes mes questions :
1 : Pensez vous qu'il soit préférable de prendre la voiture ou tout ce parcours peut il se faire en train ?
2 : Que pensez vous de ce parcours ? Pensez vous qu'il soit réalisable dans le temps imparti ?
3 : Pour les cinques terres, est il possible de partir de Florence ou est il préférable de le faire en "descendant" de Venise ? 1 jour suffit il ou est il préférable de rester une nuit (ou plus) sur place ? Dans l'idéal j'aimerai voir les villages de Riomaggiore et Vernazza qui me paraissent fabuleux.
4 : Faut'il reserver tous nos hôtels à l'avance ou y a t'il une chance pour qu'en partant en septembre on puisse un peu se débrouiller sur place ?
5 : Quels visites seraient pour vous incontournables dans toutes ces villes ?
Merci d'avance pour vos réponses elles m'aideront beaucoup j'en suis sur à tout organiser le mieux possible.
Bonne journée. 🙂
Je viens à vous pour avoir des conseils pour l'organisation de mon voyage en Italie. Nous partons à 2 en septembre pendant presque 3 semaines (du 31/08 au 20/09) et je me charge de tout organiser. J'ai déja une certaine idée de ce que nous voulons faire mais il me manque beaucoup d'infos.
Voici le programme tel que je l'imagine à ce jour :
Depart de Paris le 31/08, ce jour sera donc dédié au transport. Arrêt de 2 jours à Milan (étape) du 31/08 au 02/09. 1 jour à Verone (le 03/09). 3 jours à Venise. (du 04 au 07). 6 jours à Florence avec 1 jour à Pise et 1 (ou 2) jour(s) au cinques terres (du 07 au 13). et enfin, fin du séjour à Rome avec une journée (ou 2 ?) à Pompéi.
Voilà maintenant toutes mes questions :
1 : Pensez vous qu'il soit préférable de prendre la voiture ou tout ce parcours peut il se faire en train ?
2 : Que pensez vous de ce parcours ? Pensez vous qu'il soit réalisable dans le temps imparti ?
3 : Pour les cinques terres, est il possible de partir de Florence ou est il préférable de le faire en "descendant" de Venise ? 1 jour suffit il ou est il préférable de rester une nuit (ou plus) sur place ? Dans l'idéal j'aimerai voir les villages de Riomaggiore et Vernazza qui me paraissent fabuleux.
4 : Faut'il reserver tous nos hôtels à l'avance ou y a t'il une chance pour qu'en partant en septembre on puisse un peu se débrouiller sur place ?
5 : Quels visites seraient pour vous incontournables dans toutes ces villes ?
Merci d'avance pour vos réponses elles m'aideront beaucoup j'en suis sur à tout organiser le mieux possible.
Bonne journée. 🙂
Retraite au Maroc English translation pending
BONJOUR A TOUS (TES)
...RETRAITéS au maroc j"ai besoin de votre expérience
1/administrative (forme et formulaires de résidence pour ( 6 mois /an )
2/fiscale ( impots... taxes... redevance ....) qui sont ( pour moi ) les attraits de résidence
3/mon implantation sera sur la cote est ( méditerranée )
les us et coutumes me seraient bénéfiques...vos erreurs et vos déconvenues aussi
comme une bouteille a la mer...:: si d"autres pays (sans racket fiscal ) me correspondent je suis preneur merci pour vos expériences d"expatriation .: je pense a panama et a tout l"arc antillais ....
JE RECHERCHE UN PAYS DE LIBERTE de responsabilité et d'individualité sous le soleil ( cotier ou pas ) peu couteux en ponctions obligatoires MERCI A VOUS TOUS ( TES )😏
Infos actualisées Istanbul mai 2015 English translation pending
Bonjour,
comme beaucoup de gens du forum ont su m'aider et que certains se questionnent peut-être, voici les dernières infos que je peux diffuser sur notre séjour à Istanbul qui s'est terminé hier Vendredi premier Mai. Bien sur cela ne provient que de mon vécu et ne saurais engager l'honnêteté de chacun dans sa propre expérience stambouliote ne serait-ce sur les bons plans et le négoce 🙂 Séjour familial de 7 jours/6 nuits, logés secteur Beyoglu à 500 m de la Tour de Galata. Beau temps avec 3 averses en soirée donc idéal. Gros retard à l'aller faute d'un réacteur d'avion en feu sur Atatürk, idem au retour Métro et transports fermés avec la manif qui débutait à Taksim ce 1er Mai (Malgré les affirmations des gens du Métro qui la vieille nous disait no problem...) Tout notre programme respecté, avec visite secteurs touristiques (Sultanhamet, St sauveur, Pier Lotti, Istiklal, centres commerciaux, croisière Bosphore jusque Anadolu Kavagi, incursion en Asie Uskudar et Kadiköy. Pour les prix trouvés :
Croisière Bosphore grand tour 25 TRY (Lire turc) / personne Ste Sophie 30 TRY / P Citerne Basilique 20 TRY / P Topkapi 30 TRY / P St Sauveur Chora 15 TRY / P
Si vous cumulez plusieurs sites avec d'autres musées prenez la carte pass musées sinon c'est inutile car chère somme toute.
Jusque 10h30 peu d'attente aux guichets chaque jour, les groupes arrivent vers 10 H cela compliquent pour la sérenité de la visite 🤪
Payant pour les enfants au delà de 8 ans
Transports : istanbul card indispensable pour faire des économies et que vous n'êtes pas assidu à la marche. Bon investissement qui fait faire des économies, se trouve dans les boutiques, s'alimente aux bornes présentes partout ou presque dans les stations. Enfant payant à partir de 6 ans mais souvent nous avons réussi avec un sourire à nous faire ouvrir par les gens de la sécurité... Merci à ceux qui nous ont fais cette faveur.
Pour la visite vers Eyup et Ltti, le vapur à l'aller et/ou retour (Cumul avec Chora) est très pratique et permet de visiter le Halic (Bosphore intérieur d'Istanbul)
Restaurants pratiqués Olive Anatolian (Secteur Gulhane Nickel), Ciya (Côté asiatique kadikoy Nickel), The Han (Contrebas Ste Sophie, sympa mais cher, attention arnaque sur le rendu de monnaie, beaucoup d'excuses ensuite, vu sur 3 clients en 1 heure) Autres repas sur le pouce ou presque, bon marché en ce dernier cas sinon les restaurants comptez 5O TRY / P pour un repas complet et surtout bon... sur les deux cités auparavant
Raki environ 12/15 TRY en restaurant Bière Efes 30 cl 8/10 TRUY en restaurant
Loukoums chez Haci Bekir (Boite mixte) pour 38 TRY le Kg Effendi Café 250 grs pour 9 TRY Pistaches bonne qualité au Bazar Egyptien payées 50 TRY le Kg Pas mal de petits souvenirs pour pas cher dans le Grand bazar Chaussures Vans cont.... achetées pour la miss négociées à 45 TRY idem grand bazar sortie Beyayit etc...
Me tiens à votre disposition si vous avez des questions, c'est le but du jeu que de s'aider après l'avoir été.
Bon séjours à tous où que vous alliez 😛
comme beaucoup de gens du forum ont su m'aider et que certains se questionnent peut-être, voici les dernières infos que je peux diffuser sur notre séjour à Istanbul qui s'est terminé hier Vendredi premier Mai. Bien sur cela ne provient que de mon vécu et ne saurais engager l'honnêteté de chacun dans sa propre expérience stambouliote ne serait-ce sur les bons plans et le négoce 🙂 Séjour familial de 7 jours/6 nuits, logés secteur Beyoglu à 500 m de la Tour de Galata. Beau temps avec 3 averses en soirée donc idéal. Gros retard à l'aller faute d'un réacteur d'avion en feu sur Atatürk, idem au retour Métro et transports fermés avec la manif qui débutait à Taksim ce 1er Mai (Malgré les affirmations des gens du Métro qui la vieille nous disait no problem...) Tout notre programme respecté, avec visite secteurs touristiques (Sultanhamet, St sauveur, Pier Lotti, Istiklal, centres commerciaux, croisière Bosphore jusque Anadolu Kavagi, incursion en Asie Uskudar et Kadiköy. Pour les prix trouvés :
Croisière Bosphore grand tour 25 TRY (Lire turc) / personne Ste Sophie 30 TRY / P Citerne Basilique 20 TRY / P Topkapi 30 TRY / P St Sauveur Chora 15 TRY / P
Si vous cumulez plusieurs sites avec d'autres musées prenez la carte pass musées sinon c'est inutile car chère somme toute.
Jusque 10h30 peu d'attente aux guichets chaque jour, les groupes arrivent vers 10 H cela compliquent pour la sérenité de la visite 🤪
Payant pour les enfants au delà de 8 ans
Transports : istanbul card indispensable pour faire des économies et que vous n'êtes pas assidu à la marche. Bon investissement qui fait faire des économies, se trouve dans les boutiques, s'alimente aux bornes présentes partout ou presque dans les stations. Enfant payant à partir de 6 ans mais souvent nous avons réussi avec un sourire à nous faire ouvrir par les gens de la sécurité... Merci à ceux qui nous ont fais cette faveur.
Pour la visite vers Eyup et Ltti, le vapur à l'aller et/ou retour (Cumul avec Chora) est très pratique et permet de visiter le Halic (Bosphore intérieur d'Istanbul)
Restaurants pratiqués Olive Anatolian (Secteur Gulhane Nickel), Ciya (Côté asiatique kadikoy Nickel), The Han (Contrebas Ste Sophie, sympa mais cher, attention arnaque sur le rendu de monnaie, beaucoup d'excuses ensuite, vu sur 3 clients en 1 heure) Autres repas sur le pouce ou presque, bon marché en ce dernier cas sinon les restaurants comptez 5O TRY / P pour un repas complet et surtout bon... sur les deux cités auparavant
Raki environ 12/15 TRY en restaurant Bière Efes 30 cl 8/10 TRUY en restaurant
Loukoums chez Haci Bekir (Boite mixte) pour 38 TRY le Kg Effendi Café 250 grs pour 9 TRY Pistaches bonne qualité au Bazar Egyptien payées 50 TRY le Kg Pas mal de petits souvenirs pour pas cher dans le Grand bazar Chaussures Vans cont.... achetées pour la miss négociées à 45 TRY idem grand bazar sortie Beyayit etc...
Me tiens à votre disposition si vous avez des questions, c'est le but du jeu que de s'aider après l'avoir été.
Bon séjours à tous où que vous alliez 😛
Compte rendu: croisière Costa Luminosa Caraïbes et transatlantique du 17 mars au 17 avril 2015 English translation pending
Quinze jours après notre retour, je prends enfin le temps de publier mon CR sur les deux croisières enchainées dans les caraibes à bord du Costa Luminosa. Nous étions en Cabine balcon premium n°7304.
Il s'agit de ma 9ème et 10ème croisière, toujours avec mon papa (70 ans) et je ne suis toujours pas déçue de Costa, nous avons passés de magnifiques vacances. Evidemment il y a toujours des détails qui agacent mais franchement on passe allègrement à côté pour profiter de ces 4 semaines à fond !!!
Seul point particulièrement négatif, prenez garde à la porte du balcon, celle-ci s'est refermé sur le pied de mon père et en plus de la douleur, ça a mis un sacré temps à cicatriser surout au niveau du tendon qui est toujours sollicité !
Les repas en général étaient très bons, et je suis assez difficile mais on est pas prêt de mourir de faim à bord du bateau. Mention spéciale au petit-déjeuner sur le balcon !!
Nous avons fait de nombreuses excursions Costa et je détaille ci-dessous mes impressions pour aider les personnes qui souhaiteraient savoir si elles valent la peine ou pas.
Pour conclure, 4 semaines géniales ponctuées de belles rencontres (Joëlle et Bernard, Monique et Henri, Nathalie et son mari, M et Mme PAP) et une apothéose avec le gain du Bingo (les cartes offertes par Costa Club peuvent gagner le gros lot, même si ça fait moins plaisir à Costa !!)
1ERE CROISIERE
MERCREDI 18 MARS NASSAU - 12/18h A LA DECOUVERTE DE L’ATLANTIS ( Cod. 3136 ) Visite de la reproduction des ruines de l’antique Atlantis à travers THE DIG. Il se trouve à l’intérieur du célèbre Atlantis Resort, on y accède par navette mini-bus . La visite est guidée par audioguide en langue anglaise. A la fin de la visite, temps libre pour se promener dans les boutiques du resort et au casino ( pas d’accès à la plage, au parc aquatique et à la piscine prévu dans cette excursion). L'aquarium est très joli mais je suis un peu déçu, cela reste très artificiel...
VENDREDI 20 MARS GRANDS TURKS - 8/13h Excursion LA PLAGE DE GIBBS CAY ET RENCONTRE AVEC LES PASTENAGUES ( Cod. 3822) On prend le bateau pas très loin du quai et il nous conduit jusqu'à l'île de Gibbs Cay. Pendant la traversée, l'équipage fournit l'équipement de plongée au tuba (masque, tuba, palmes et gilet qui se gonfle). On s'arrête à un moment et un homme plonge pour aller chercher une grosse conque. Il montrera comment on déloge l'habitant de celle-ci avec un couteau et comment les habitants de l'ile mangent celui-ci cru ou alors en beignets fris. (les membres d'équipage parle seulement anglais). On arrive sur l'ile et un membre de l'équipage va attirer une raie avec de la nourriture. Il s'en suit une file indienne pour toucher la raie et se faire prendre en photo avec elle. Vous pourrez ensuite, soit explorer l'île de Gibbs Cay, soir partir en randonnée aquatique avec un membre du bateau ou vous prélassez sur la plage en sirotant le fruit punch disponbile à volonté sur le bateau ! Ce que j'ai décidé de faire ! On rentre après au port. De multiples photos sont prises sur le bateau et on peut les acheter sur un stand près de l'embarcadère, à la fin de l'excursion. Pour moi, une très belle excursion qui vaut la peine !!
SAMEDI 21 MARS OCHO RIOS - 12/18h Excursion CHUTES DU DUNN ET DÉTENTE DANS LA BAIE DES DAUPHINS (Cod. EXC_3342) On embarque à bord d'un mini-bus qui nous dirige vers le site des chutes de Dunn. J'achète des chaussures avec semelles anti-dérapantes sur place (5 dollars la paire), ça fait un joli souvenir, elles sont griffées "Jamaica". Superbe moment, mon père m'a suivi par les escaliers pendant que j'escaladais les rochers. C'est par moment un peu périlleux mais c'est une superbe expérience !! En sortant des chutes, on passe dans un dédale de boutiques souvenirs avant de retrouver le bus et les boutiquiers sont un peu trop insistants à mon goût. Après les chutes, le chauffeur nous conduira à la " Baie des dauphins ", c'est un parc de loisirs avec entre autres des dauphins, des perroquets, des lapins, des raies.... la plage est difficile à trouver et pas très jolie même si ça ne nous a pas empêché de nous baigner. On a pu assister à un spectacle avec les dauphins mais après il n'y avait plus rien d'intéressant à voir et nous avons repris le mini-bus vers le port. A savoir que le fruit punch est disponible sur le parking là ou on reprend le minibus mais ce n'est pas très bien indiqué. Bonne excursion, très belle partie aux chutes mais moins bien à la baie des dauphins.
DIMANCHE 22 MARS GRAND CAYMAN - 9/18h Excursion (Cod. EXC_3743) DETENTE A LA PLAGE DE SEVEN MILE BEACH On embarque dans un minibus qui nous emmène sur une plage privée. Des transats et des parasols sont disponibles (compris dans l'excursion), il y a également des transats à l'ombre de quelques arbres. La plage est superbe, l'eau est magnifique, des poissons nagent au bord. On voie le bateau au loin. Différentes activités payantes sont disponibles : scooters des mers, matelas flottants, tours en bouée gonflable tractée). La boisson est prévu dans l'excursion, on peut prendre à volonté dans une glacière des canettes de coca ou de l'eau. Il a fait vraiment très chaud et au bout d'un moment, on cuit sur le sable. On rentre par minibus au port. Très belle excursion sous une chaleur torride.
MARDI 24 MARS ROATAN - 8/16h Excursion BREAK À TABYANA BEACH ( Cod. 3776) Tabyana beach est un complexe balnéaire. Sur place, on trouve des vestiaires, un magasin de souvenirs, un bar et de la musique des caraïbes. Les transats sont à notre dsposition, il y a une personne chargée de rester sur place pour vérifier qu'on ne vole pas nos affaires, c'est assez sécurisant. Des vendeurs déambulent le long du rivage mais ils n'approchent pas de l'endroit ou se trouvent les transat. La plage est très belle, bordée d'une falaise et on voir de jolis poissons au bord de la plage. On peut récupérer la boisson prévue dans l'excursion au bar (fruit punch ou punch). Un minibus nous ramène au port. Très belle excursion, plage magnifique.
MERCREDI 25 MARS COZUMEL - 8/19h Excursion SITE ARCHÉOLOGIQUE DE TULUM ( Cod. 3264 ) On accoste sur l'ile de Cozumel, il faut ensuite prendre un ferry pendant 3/4 d'heures vers le port de playa del carmen. On embarque ensuite à bord d'un bus pour environ 3/4 d'heures de trajet vers Tulum ou on rencontre notre guide, la première depuis le début de la croisière qui parle français, elle s'appelle Pamela et elle parle français car elle est mariée à un breton ! Elle sera un très bon guide pas du tout avare d'explication et prête à répondre à toutes les questions. On nous arrête avant Tulum dans un énorme magasin de souvenirs ou il y a beaucoup de belles choses à ramener. La visite du site de Tulum est guidée, mais on a après environ 1H30 de temps libre pour visiter les ruines pour visiter par nous même ou profiter de la plage en contrebas du site. Ce jour là, la mer était très agitée et l'eau pas très turquoise, ça ne donnait pas très envie. En plus, le sable de la plage n'est pas très beau car parsemée d'algues noires séchées. On a préféré aller boire une bière mexicaine et gouter des tacos de poisson excellents dans un petit restaurant recommandée par la guide. Pour le retour, à nouveau 1 heure de bus et 3/4 d'heures de ferry avant le port. Belle excursion, beaucoup de trajets mais une très belle visite, cela m'a replongé dans mon enfance avec les mystèrieuses cités d'or.
VENDREDI 27 MARS MIAMI - 6/23H Excursion L'ESPRIT DE MIAMI - TRANSIT ( Cod. 4025) Comme on enchaine sur la transatlantique, il faut absolumment débarquer du bateau et ne pas remonter avant 13h00. On a donc décide de mettre la journée à profit pour visiter Miami. Là encore, nous avons une guide française qui vit aux Etats-Unis depuis quelques années. On monte dans un bus (avec Wifi gratuit : très pratique) depuis le port et on se dirige vers le quartier art déco, on passe devant l'ancienne maison de Gianni Versace devant laquelle il a été assasiné puis on fait un arrêt sur la plage de MIami Beach. On enchaine ensuite sur une croisière dans la baie de Biscayne et vers Fisher Island pour voir les villas des stars En débarquant on va prendre un déjeuner très copieux au restaurant "the knife" près de l'embarcadère (repas en self service à volonté: salades en entrée, grill pour la viande (poulet, boeuf... très bien cuits) et l'accompagnement, dessert servi à table un flan avec du sirop caramel délicicieux), boisson servie à table à volonté (vin rouge, bière, soda..) Le repas est compris dans l'excursion. Après le déjeuner on peut faire quelques boutiques dans le quartier de bayside près du restaurent puis on remonte dnas le bus pour traverser le quartier de Coconut, on s'arrête après à Little Havana et Calle Ocho, arrêt près d'un parc ou les gens jouent aux dominos. Là on peut boire un café à la mode cubaine ou prendre une glace faite maison au glacier "azucar" (multiples parfums tous plus alléchants les uns que les autres). La guide est très arrangeante et pour répondre aux demandes de plusieurs personnes, on s'arrête près d'une poste pour un achat de timbre, puis dans un drugstore (supermarché avec pharmacie) pour que plusieurs personnes achètent des médicaments après avoir attrapé froid sur le bateau. On retourne ensuite au port. Très bonne excursion, un très beau panorama de miami en si peu de temps.
2EME CROISIERE
SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS NASSAU Escale Grand Turk annulé pour cause de débarquement de deux personnes souffrantes. On arrive donc le soir à Nassau et on y passe toute la nuit jusqu'au lendemain matin 10 heures.
MARDI 31 MARS TORTOLA Excursion RELAX A CANE GARDEN BAY ( Cod. 3500 ) On prend une espèce de camion jeep , le chauffeur parle anglais et essaie de se faire comprendre, il s'arrête à de nombruex jolis points de vues pour que l'on puisse faire des photos puis on se dirige vers la plage (20 minutes de route) avec de fortes côtes et des virages serrés. On arrive ensuite à la plage. Magnifique comme d'habitude, les transats et parasols sont compris ainsi que le fruit punch. Très belle excursion, plage magnifique.
MERCREDI 1ER AVRIL ANTIGUA Excursion DETENTE A LA PLAGE ( Cod. 3937) Excursion à la plage de Fort James Millers Beach, à environ 10 minutes en minibus du bateau. Le temps mitigé nous a un peu freiné mais la plage est belle et l'eau toujours aussi bonne. Seul bémol le transat est prévu mais le parasol en surplus (10 dollars). Le punch ou le fruit punch sont compris. Joli plage mais bémol pour les 10 dollars du parasol, cela devrait être compris comme pour les autres excursions.
JEUDI 2 AVRIL ST MARTIN Excursion DETENTE A LA PLAGE ( Cod. 3046) Transfert de 30 minutes en minibus à destination d'Orient Bay (côté français de l'ile). On nous emmène sur une plage privée, les transats et parasols sont compris. Pour moi une des plus belles plages des antilles ! Le punch et le fruit punch sont compris dans l'excursion. Très belle excursion, plage magnifique !
JEUDI 9 AVRIL SANTA CRUZ DE TENERIFE - 8/17H Bus gratuit qui nous emmène à la sortie du port. A pied, on est ensuite tout près du centre pour faire du shopping.
VENDREDI 10 AVRIL FUNCHAL - 9/18H Une promenade le long de le mer a été aménagée pour rejoindre le centre ville mais on peut prendre un taxi si on ne veut pas marcher. Le centre ville de funchal est très joli avec son marché couvert et ses jolies rues fleuries. Ne pas oublier de gouter le vin de madère, les bonbons à l'eucalyptus et le bolo de miel (un gateau local un peu spécial). Déjà la 4ème fois à Funchal et c'est toujours aussi joli.
DIMANCHE 12 AVRIL CADIX 8/19H Une navette gratuite nous dépose à l'entrée du port. De là on peut faire le tour de la cité, environ 2 heures de marche en allant doucement. On traverse de jolis parcs et ne pas oublier de passer par la place de la cathédrale puis celle de la mairie. Très jolie ville à visiter.
LUNDI 13 AVRIL MALAGA - 8/19H Excursion THE ALHAMBRA OF GRANADA ( Cod. 0574 ) Départ en excursion aussitôt que le bateau accoste. En effet, il y a 2 heures de route pour aller à Grenade et on fait une pause en cours de route à l'aller et au retour. Le guide dans le bus parle français et allemand mais pour la visite de l'Alhambra, le groupe français a son propre guide qui parle français, on suit la visite avec un audioguide. Très bel endroit, jardins et édifices magnifiques, j'ai pris une multitude de photos. Après la visite on déjeune dans un hôtel "alexanares" juste à côté de l'alhambre : déjeuner très copieux (jambon et fromage en apéro, salade en entrée, puis paella, puis viande et légumes, glace et enfin un verre de mousseux) accompagné d'un groupe de musique. Depuis le temps que je voulais le voir, ça y est ! et je n'ai pas été déçue ! très bonne excursion.
MERCREDI 15 AVRIL BARCELONE - 8/14H On prend la navette payante de Costa (6.5 € par personne, il me semble) qui nous emmène au pied de la tour Jaume. Nous avons pris le métro (2.15 € le billet) pour aller faire le tour de la sagrada familia puis nous sommes passées par la place Catalunya et avons descendu la rambla jusqu'au port puis pris la rambla del mar pour aller faire un peu de shopping au Maremagnum. L'escale a été un peu courte à mon goût.
JEUDI 16 AVRIL SAVONE
1ERE CROISIERE
MERCREDI 18 MARS NASSAU - 12/18h A LA DECOUVERTE DE L’ATLANTIS ( Cod. 3136 ) Visite de la reproduction des ruines de l’antique Atlantis à travers THE DIG. Il se trouve à l’intérieur du célèbre Atlantis Resort, on y accède par navette mini-bus . La visite est guidée par audioguide en langue anglaise. A la fin de la visite, temps libre pour se promener dans les boutiques du resort et au casino ( pas d’accès à la plage, au parc aquatique et à la piscine prévu dans cette excursion). L'aquarium est très joli mais je suis un peu déçu, cela reste très artificiel...
VENDREDI 20 MARS GRANDS TURKS - 8/13h Excursion LA PLAGE DE GIBBS CAY ET RENCONTRE AVEC LES PASTENAGUES ( Cod. 3822) On prend le bateau pas très loin du quai et il nous conduit jusqu'à l'île de Gibbs Cay. Pendant la traversée, l'équipage fournit l'équipement de plongée au tuba (masque, tuba, palmes et gilet qui se gonfle). On s'arrête à un moment et un homme plonge pour aller chercher une grosse conque. Il montrera comment on déloge l'habitant de celle-ci avec un couteau et comment les habitants de l'ile mangent celui-ci cru ou alors en beignets fris. (les membres d'équipage parle seulement anglais). On arrive sur l'ile et un membre de l'équipage va attirer une raie avec de la nourriture. Il s'en suit une file indienne pour toucher la raie et se faire prendre en photo avec elle. Vous pourrez ensuite, soit explorer l'île de Gibbs Cay, soir partir en randonnée aquatique avec un membre du bateau ou vous prélassez sur la plage en sirotant le fruit punch disponbile à volonté sur le bateau ! Ce que j'ai décidé de faire ! On rentre après au port. De multiples photos sont prises sur le bateau et on peut les acheter sur un stand près de l'embarcadère, à la fin de l'excursion. Pour moi, une très belle excursion qui vaut la peine !!
SAMEDI 21 MARS OCHO RIOS - 12/18h Excursion CHUTES DU DUNN ET DÉTENTE DANS LA BAIE DES DAUPHINS (Cod. EXC_3342) On embarque à bord d'un mini-bus qui nous dirige vers le site des chutes de Dunn. J'achète des chaussures avec semelles anti-dérapantes sur place (5 dollars la paire), ça fait un joli souvenir, elles sont griffées "Jamaica". Superbe moment, mon père m'a suivi par les escaliers pendant que j'escaladais les rochers. C'est par moment un peu périlleux mais c'est une superbe expérience !! En sortant des chutes, on passe dans un dédale de boutiques souvenirs avant de retrouver le bus et les boutiquiers sont un peu trop insistants à mon goût. Après les chutes, le chauffeur nous conduira à la " Baie des dauphins ", c'est un parc de loisirs avec entre autres des dauphins, des perroquets, des lapins, des raies.... la plage est difficile à trouver et pas très jolie même si ça ne nous a pas empêché de nous baigner. On a pu assister à un spectacle avec les dauphins mais après il n'y avait plus rien d'intéressant à voir et nous avons repris le mini-bus vers le port. A savoir que le fruit punch est disponible sur le parking là ou on reprend le minibus mais ce n'est pas très bien indiqué. Bonne excursion, très belle partie aux chutes mais moins bien à la baie des dauphins.
DIMANCHE 22 MARS GRAND CAYMAN - 9/18h Excursion (Cod. EXC_3743) DETENTE A LA PLAGE DE SEVEN MILE BEACH On embarque dans un minibus qui nous emmène sur une plage privée. Des transats et des parasols sont disponibles (compris dans l'excursion), il y a également des transats à l'ombre de quelques arbres. La plage est superbe, l'eau est magnifique, des poissons nagent au bord. On voie le bateau au loin. Différentes activités payantes sont disponibles : scooters des mers, matelas flottants, tours en bouée gonflable tractée). La boisson est prévu dans l'excursion, on peut prendre à volonté dans une glacière des canettes de coca ou de l'eau. Il a fait vraiment très chaud et au bout d'un moment, on cuit sur le sable. On rentre par minibus au port. Très belle excursion sous une chaleur torride.
MARDI 24 MARS ROATAN - 8/16h Excursion BREAK À TABYANA BEACH ( Cod. 3776) Tabyana beach est un complexe balnéaire. Sur place, on trouve des vestiaires, un magasin de souvenirs, un bar et de la musique des caraïbes. Les transats sont à notre dsposition, il y a une personne chargée de rester sur place pour vérifier qu'on ne vole pas nos affaires, c'est assez sécurisant. Des vendeurs déambulent le long du rivage mais ils n'approchent pas de l'endroit ou se trouvent les transat. La plage est très belle, bordée d'une falaise et on voir de jolis poissons au bord de la plage. On peut récupérer la boisson prévue dans l'excursion au bar (fruit punch ou punch). Un minibus nous ramène au port. Très belle excursion, plage magnifique.
MERCREDI 25 MARS COZUMEL - 8/19h Excursion SITE ARCHÉOLOGIQUE DE TULUM ( Cod. 3264 ) On accoste sur l'ile de Cozumel, il faut ensuite prendre un ferry pendant 3/4 d'heures vers le port de playa del carmen. On embarque ensuite à bord d'un bus pour environ 3/4 d'heures de trajet vers Tulum ou on rencontre notre guide, la première depuis le début de la croisière qui parle français, elle s'appelle Pamela et elle parle français car elle est mariée à un breton ! Elle sera un très bon guide pas du tout avare d'explication et prête à répondre à toutes les questions. On nous arrête avant Tulum dans un énorme magasin de souvenirs ou il y a beaucoup de belles choses à ramener. La visite du site de Tulum est guidée, mais on a après environ 1H30 de temps libre pour visiter les ruines pour visiter par nous même ou profiter de la plage en contrebas du site. Ce jour là, la mer était très agitée et l'eau pas très turquoise, ça ne donnait pas très envie. En plus, le sable de la plage n'est pas très beau car parsemée d'algues noires séchées. On a préféré aller boire une bière mexicaine et gouter des tacos de poisson excellents dans un petit restaurant recommandée par la guide. Pour le retour, à nouveau 1 heure de bus et 3/4 d'heures de ferry avant le port. Belle excursion, beaucoup de trajets mais une très belle visite, cela m'a replongé dans mon enfance avec les mystèrieuses cités d'or.
VENDREDI 27 MARS MIAMI - 6/23H Excursion L'ESPRIT DE MIAMI - TRANSIT ( Cod. 4025) Comme on enchaine sur la transatlantique, il faut absolumment débarquer du bateau et ne pas remonter avant 13h00. On a donc décide de mettre la journée à profit pour visiter Miami. Là encore, nous avons une guide française qui vit aux Etats-Unis depuis quelques années. On monte dans un bus (avec Wifi gratuit : très pratique) depuis le port et on se dirige vers le quartier art déco, on passe devant l'ancienne maison de Gianni Versace devant laquelle il a été assasiné puis on fait un arrêt sur la plage de MIami Beach. On enchaine ensuite sur une croisière dans la baie de Biscayne et vers Fisher Island pour voir les villas des stars En débarquant on va prendre un déjeuner très copieux au restaurant "the knife" près de l'embarcadère (repas en self service à volonté: salades en entrée, grill pour la viande (poulet, boeuf... très bien cuits) et l'accompagnement, dessert servi à table un flan avec du sirop caramel délicicieux), boisson servie à table à volonté (vin rouge, bière, soda..) Le repas est compris dans l'excursion. Après le déjeuner on peut faire quelques boutiques dans le quartier de bayside près du restaurent puis on remonte dnas le bus pour traverser le quartier de Coconut, on s'arrête après à Little Havana et Calle Ocho, arrêt près d'un parc ou les gens jouent aux dominos. Là on peut boire un café à la mode cubaine ou prendre une glace faite maison au glacier "azucar" (multiples parfums tous plus alléchants les uns que les autres). La guide est très arrangeante et pour répondre aux demandes de plusieurs personnes, on s'arrête près d'une poste pour un achat de timbre, puis dans un drugstore (supermarché avec pharmacie) pour que plusieurs personnes achètent des médicaments après avoir attrapé froid sur le bateau. On retourne ensuite au port. Très bonne excursion, un très beau panorama de miami en si peu de temps.
2EME CROISIERE
SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS NASSAU Escale Grand Turk annulé pour cause de débarquement de deux personnes souffrantes. On arrive donc le soir à Nassau et on y passe toute la nuit jusqu'au lendemain matin 10 heures.
MARDI 31 MARS TORTOLA Excursion RELAX A CANE GARDEN BAY ( Cod. 3500 ) On prend une espèce de camion jeep , le chauffeur parle anglais et essaie de se faire comprendre, il s'arrête à de nombruex jolis points de vues pour que l'on puisse faire des photos puis on se dirige vers la plage (20 minutes de route) avec de fortes côtes et des virages serrés. On arrive ensuite à la plage. Magnifique comme d'habitude, les transats et parasols sont compris ainsi que le fruit punch. Très belle excursion, plage magnifique.
MERCREDI 1ER AVRIL ANTIGUA Excursion DETENTE A LA PLAGE ( Cod. 3937) Excursion à la plage de Fort James Millers Beach, à environ 10 minutes en minibus du bateau. Le temps mitigé nous a un peu freiné mais la plage est belle et l'eau toujours aussi bonne. Seul bémol le transat est prévu mais le parasol en surplus (10 dollars). Le punch ou le fruit punch sont compris. Joli plage mais bémol pour les 10 dollars du parasol, cela devrait être compris comme pour les autres excursions.
JEUDI 2 AVRIL ST MARTIN Excursion DETENTE A LA PLAGE ( Cod. 3046) Transfert de 30 minutes en minibus à destination d'Orient Bay (côté français de l'ile). On nous emmène sur une plage privée, les transats et parasols sont compris. Pour moi une des plus belles plages des antilles ! Le punch et le fruit punch sont compris dans l'excursion. Très belle excursion, plage magnifique !
JEUDI 9 AVRIL SANTA CRUZ DE TENERIFE - 8/17H Bus gratuit qui nous emmène à la sortie du port. A pied, on est ensuite tout près du centre pour faire du shopping.
VENDREDI 10 AVRIL FUNCHAL - 9/18H Une promenade le long de le mer a été aménagée pour rejoindre le centre ville mais on peut prendre un taxi si on ne veut pas marcher. Le centre ville de funchal est très joli avec son marché couvert et ses jolies rues fleuries. Ne pas oublier de gouter le vin de madère, les bonbons à l'eucalyptus et le bolo de miel (un gateau local un peu spécial). Déjà la 4ème fois à Funchal et c'est toujours aussi joli.
DIMANCHE 12 AVRIL CADIX 8/19H Une navette gratuite nous dépose à l'entrée du port. De là on peut faire le tour de la cité, environ 2 heures de marche en allant doucement. On traverse de jolis parcs et ne pas oublier de passer par la place de la cathédrale puis celle de la mairie. Très jolie ville à visiter.
LUNDI 13 AVRIL MALAGA - 8/19H Excursion THE ALHAMBRA OF GRANADA ( Cod. 0574 ) Départ en excursion aussitôt que le bateau accoste. En effet, il y a 2 heures de route pour aller à Grenade et on fait une pause en cours de route à l'aller et au retour. Le guide dans le bus parle français et allemand mais pour la visite de l'Alhambra, le groupe français a son propre guide qui parle français, on suit la visite avec un audioguide. Très bel endroit, jardins et édifices magnifiques, j'ai pris une multitude de photos. Après la visite on déjeune dans un hôtel "alexanares" juste à côté de l'alhambre : déjeuner très copieux (jambon et fromage en apéro, salade en entrée, puis paella, puis viande et légumes, glace et enfin un verre de mousseux) accompagné d'un groupe de musique. Depuis le temps que je voulais le voir, ça y est ! et je n'ai pas été déçue ! très bonne excursion.
MERCREDI 15 AVRIL BARCELONE - 8/14H On prend la navette payante de Costa (6.5 € par personne, il me semble) qui nous emmène au pied de la tour Jaume. Nous avons pris le métro (2.15 € le billet) pour aller faire le tour de la sagrada familia puis nous sommes passées par la place Catalunya et avons descendu la rambla jusqu'au port puis pris la rambla del mar pour aller faire un peu de shopping au Maremagnum. L'escale a été un peu courte à mon goût.
JEUDI 16 AVRIL SAVONE
Compte rendu sur le MSC Divina du 28 mars au 4 avril 2015 English translation pending
Bonjour,
Lors de notre précédente croisière en mars 2013 sur le Costa Luminosa "La perle des antilles", j'avais fait un CR assez détaillé qui avait été suivi par beaucoup d'entre vous. Pour cette croisière sur le Divina au départ de Miami j'ai décidé de vous faire part de notre ressenti sur cette fabuleuse croisière, si cela peut vous donner envie ou de préparer cette future croisière.
J'avais réservé l'avion presque 1 an à l'avance pour avoir de meilleurs tarifs au départ de Francfort, la croisière a été réservée en mai 2014 pour être sûr d'avoir une bonne cabine, réservation sur le site américain Cruise N More pour une cabine balcon Auréa située au pont 12, la cabine 12016. Très contente de ce site, aucun problème particulier, tout se fait par mail, à la réservation 229$ et le solde 3 mois avant le départ. Nous avons décidé de prendre 2 nuits à Miami beach avant la croisière, d'une part pour être sûr d'être déjà sur place pour la croisière (comme les vols ont été pris à part c'était une sécurité), et d'autre part de pouvoir visiter Miami.
Ce fût un très beau voyage, très réussi, de très belles escales, un très beau paquebot et des souvenirs mémorables. Nous avons fait de très belles rencontres et le retour a été très dur, le moral en a pris un coup.
JEUDI 26 MARS 2015 :
Nous partirons de la maison à 1h du matin, l'avion au départ de Francfort est à 6h30, nous avons pris la TAP Portugal, il y a une escale à Lisbonne de 4 h puis vol pour Miami d'une durée de 9h30, ce sera assez long mais nous avons de bonnes places, à l'arière près d'un hublot et écrans individuels, l'arrivée sur Miami très jolie, nous met déjà dans l'ambiance. Nous sommes très satisfaits de la TAP , horaires respectés et des avions récents. Nous sommes arrivés à Miami à 17h30, passage à la douane d'environ 1h30, on nous avait prévenu que ce serait long mais finalement cela va assez vite, nous prenons un taxi et direction l'hôtel Harrison à Miami Beach, on se rafraîchit un peu , nous avons 2 amies qui seront sur la croisière et qui ont aussi réservées le même hôtel vont bientôt arrivées, on sort ensembles de l'hôtel vers 21 h et direction Ocean Drive qui est à 5 minutes, l'hôtel est vraiment bien situé ! Il y a la fête sur Ocean drive, c'est pour fêter le 100ème anniversaire de la création de Miami Beach, à cette occasion le hrad rock café est installé sur la plage; il y a un concert de Barry Gibb, c'est génial, on voit de tout à Miami beach !!! Nous allons boire un cocktail XXL à 45 $ pour nous tous ! Nous avons aussi le droit à un feu d'artifice, les vacances commencent vraiment bien !!!
Lors de notre précédente croisière en mars 2013 sur le Costa Luminosa "La perle des antilles", j'avais fait un CR assez détaillé qui avait été suivi par beaucoup d'entre vous. Pour cette croisière sur le Divina au départ de Miami j'ai décidé de vous faire part de notre ressenti sur cette fabuleuse croisière, si cela peut vous donner envie ou de préparer cette future croisière.
J'avais réservé l'avion presque 1 an à l'avance pour avoir de meilleurs tarifs au départ de Francfort, la croisière a été réservée en mai 2014 pour être sûr d'avoir une bonne cabine, réservation sur le site américain Cruise N More pour une cabine balcon Auréa située au pont 12, la cabine 12016. Très contente de ce site, aucun problème particulier, tout se fait par mail, à la réservation 229$ et le solde 3 mois avant le départ. Nous avons décidé de prendre 2 nuits à Miami beach avant la croisière, d'une part pour être sûr d'être déjà sur place pour la croisière (comme les vols ont été pris à part c'était une sécurité), et d'autre part de pouvoir visiter Miami.
Ce fût un très beau voyage, très réussi, de très belles escales, un très beau paquebot et des souvenirs mémorables. Nous avons fait de très belles rencontres et le retour a été très dur, le moral en a pris un coup.
JEUDI 26 MARS 2015 :
Nous partirons de la maison à 1h du matin, l'avion au départ de Francfort est à 6h30, nous avons pris la TAP Portugal, il y a une escale à Lisbonne de 4 h puis vol pour Miami d'une durée de 9h30, ce sera assez long mais nous avons de bonnes places, à l'arière près d'un hublot et écrans individuels, l'arrivée sur Miami très jolie, nous met déjà dans l'ambiance. Nous sommes très satisfaits de la TAP , horaires respectés et des avions récents. Nous sommes arrivés à Miami à 17h30, passage à la douane d'environ 1h30, on nous avait prévenu que ce serait long mais finalement cela va assez vite, nous prenons un taxi et direction l'hôtel Harrison à Miami Beach, on se rafraîchit un peu , nous avons 2 amies qui seront sur la croisière et qui ont aussi réservées le même hôtel vont bientôt arrivées, on sort ensembles de l'hôtel vers 21 h et direction Ocean Drive qui est à 5 minutes, l'hôtel est vraiment bien situé ! Il y a la fête sur Ocean drive, c'est pour fêter le 100ème anniversaire de la création de Miami Beach, à cette occasion le hrad rock café est installé sur la plage; il y a un concert de Barry Gibb, c'est génial, on voit de tout à Miami beach !!! Nous allons boire un cocktail XXL à 45 $ pour nous tous ! Nous avons aussi le droit à un feu d'artifice, les vacances commencent vraiment bien !!!
Vacances en Belgique English translation pending
QUELQUES JOURS DANS LES ARDENNES BELGES
Lundi 6 avril : Nous partons mon petit-fils Pierre et moi quelques jours à Herbeumont, petit village se trouvant à quelques kilomètres de Bouillon, Florenville et Bertrix. Nous arrivons vers 11H15 à Bastogne pour faire une halte. Après avoir parcouru les rues de la jolie ville, avoir pris quelques photos du char, de la place Mac Aullif et des fontaines, nous prenons notre premier repas de vacances dans un petit restaurant sur la place. Après avoir pris des forces, j’insiste pour visiter le mémorial du Mardasson mais Pierre ne voudra pas faire la visite du musée donc on se contente du mémorial. Il apprécie et grimpe jusqu’au dessus pour y voir les horizons lointains aux quatre points cardinaux. La visite se termine par la crypte quelques mètres plus loin. Il est temps maintenant de partir vers notre destination où une gentille dame nous accueille avec des œufs de Pâques en chocolat et une bouteille de jus de pomme (de son propre pommier ; elle a une récolte de pommes pour faire 80 bouteilles par an). Nous prenons possession de notre coquet petit gite, y déposons nos valises et partons immédiatement explorer le petit village ardennais. Il nous plait d’emblée. Pierre profitera pour jouer un peu football dans la cour de l’école et à la plaine de jeux ensuite. Il est temps de rentrer prendre l’apéro et manger du bon saumon fumé…
Mardi 7 avril : Réveillé comme d’habitude de bon matin, Pierre est en pleine forme et ne demande qu’à sortir. Après avoir déjeuné sereinement et préparé le pique-nique, nous allons visiter les ruines du château médiéval d’Herbeumont (13ème siècle). Après avoir traversé le village, nous passons devant une petite place mémoriale qui nous apportera des informations sur la guerre avec photos à l’appui. Nous traversons le pont surplombant l’ancienne ligne de chemin de fer et maintenant, le château est en vue. Il ne reste plus qu’à grimper la rue pour y accéder. Faisant d’abord le contour extérieur du château, on se rend bien compte de l’épaisseur des murs. On entre par une porte arrière pour monter au donjon puis aux tours et enfin aux différents endroits on laisse déborder notre imagination pour s’imprégner du lieu et de ce que ça pouvait être autrefois. Il y avait d’autres touristes flamands. Ils partent assez vite et nous en profitons pour nous installer sur une énorme pierre pour faire notre pique-nique. Il fait beau, le soleil est de la partie. C’est un réel moment de plaisir ! Après ce bon repas et petit repos, nous repartons par un autre chemin ce qui nous fera faire une boucle. On passe devant l’église, les anciennes demeures, le camping de la Garenne et remontons ensuite vers Herbeumont. C’était splendide et ça fait un bien fou de se promener dans les Ardennes par ce temps ! Mercredi 8 avril : Après avoir été faire une course à Bertrix, nous revenons un peu sur nos pas pour aller visiter l’ardoisière au domaine de la Morepire de Bertrix, face au magnifique viaduc. On découvre d’abord les wagons et un exemple de toit d’ardoise sur le parking. Ensuite, nous descendons dans la mine à 25 mètres sous terre par 5 paliers d’escaliers de 5 mètres chacun. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises tout au long du parcours pour écouter l’audio-guide qui nous explique point par point le travail de ces hommes courageux, appelés des « scailtons ». Nous remontons selon la coutume des mineurs de fond donc en escalier-échelle ne pouvant s’empêcher d’imaginer ces hommes remontant de la même manière avec des blocs de pierre d’ardoises de 40 à 200 kilos sur leur dos cassé en fin de carrière; suite aux poussières, leurs poumons étaient bien endommagés. Remontés en surface, nous choisissons un petit souvenir en ardoise puis allons nous régaler de l’omelette du mineur (œuf, fromage, lardons, oignons) et de la bière du mineur (pour mamy). Pierre ira se détendre en cuistax sur le parking et la plaine de jeux pour digérer tandis que je savoure le soleil avec sérénité. Il est temps de rentrer vers Herbeumont nous reposer une heure avant de prendre la route, à pied, pour faire la balade du tombeau du Chevalier. Nous avons un plan mais … je n’en dirais pas plus …. Nous repassons par le village, passons devant la chapelle Saint Roch puis on se trompe de route donc demi-tour et « vlan » un kilomètre pour rien… Nous retrouvons le bon chemin et arrivons près d’un moulin et un autre camping. C’est celui où mes parents ont résidé un moment ; reconnaissant le lieu, c’est avec beaucoup d’émotions que j’explique cela à Pierre…snif …. Nous prenons un sentier qui longe la Semois en boucle pour le reste du parcourt. Il fait très beau et la promenade est vraiment agréable. Nous avons quelques kilomètres dans les mollets mais on est bien dans notre tête et content d’aller savourer notre apéro après cette merveilleuse journée.
Jeudi 9 avril : Aujourd’hui, on s’attaque à un gros projet : la balade de l’Antrogne, un affluent de la Semois. C’est avec pique-nique et sac à dos qu’on s’élance dans ce défit qui se révèlera à la fin encore plus laborieux que prévu… En effet, le début se passe très bien en suivant nos balises (demi-rectangle bleu). Nous passons devant la boulangerie, la carrière du Faîté, avons une superbe vue sur le viaduc d’Herbeumont puis entrons dans les chemins forestiers. Nous arrivons vers midi à une aire de repos à l’embouchure de l’Antrogne à une altitude de 256 mètres, et où le petit ru de la « goutelle du Noir Epinoi » se jette. Nous pouvons voir le domaine du Prieuré de Conques datant du 7ème siècle. Après avoir mangé et passé un moment de détente au bord de l’eau, nous montons une volée d’escaliers avant de replonger dans les bois. Il y a beaucoup d’hêtres, de petits ponts et allons même découvrir le chêne du « Herdier » de 3,50 mètres de circonférence où jadis le gardien du troupeau se reposait à l’ombre. Pierre prend cette place pour un moment….(pause photo) ! Nous repartons à travers bois pour monter la dite « Laide côte » qui nous met du plomb dans les jambes, ouf…. Enfin, en haut…. Mais ça se corse, il y a un carrefour en plein bois et les arbres ont été coupés d’où notre balise n’est plus là…. Suivant notre sens de l’orientation, nous allons à gauche et rejoignons la grand' route. Nous sommes en effet bien, d’après le GPS de mon gsm, sur la bonne route qui rejoint Herbeumont. Ca se recorse … Une balise nous indique de reprendre le bois à gauche. Pierre ne veut pas, il veut rentrer par la route. J’insiste en disant que c’est fait express pour que les gens rentrent par les bois au lieu de la route…. Grognements s’ensuivent mais prenons quand même sous ma directive le chemin du bois. Nous redescendons pratiquement tout ce que nous avons monté à la « Laide côte » mais je pense toujours que c’est normal jusqu’au moment où Pierre me montre l’endroit où il s’était amusé à sauter plusieurs fois le ruisseau !!! Ho là là, demi-tour et remontée de tout ce chemin faisant au-moins 1,5 km… J’aurai dû l’écouter ce petit… Nous rentrons donc par la grand’ route en passant par les Termes sur les hauteurs d’Herbeumont. Le trajet aura fait 14 km. Nous sommes malgré tout en forme quoique un peu mal aux pieds en ce qui me concerne. Pierre saute toujours autant et ferais bien un match de foot….. Moi par contre, après le souper, je dois encore nettoyer le gite et faire les sacs.
Vendredi 10 avril : Voici déjà notre dernier jour. Franchement, le séjour a été très court et a passé trop vite. Nous devons quitter le gîte pour 10 heures après un dernier coup de torchon et avoir chargé nos sacs. Pierre a bien su s’arranger pour racoler une bouteille de jus de pomme à la bonne dame. Il en a profité justement hier avec son frère à l’apéro… Nous démarrons mais pas question de rentrer de suite, que nenni…. Direction Villers devant Orval. Malgré mon GPS, j’arrive encore à me tromper de route. Bref, on arrive à l’abbaye. Je pensais que Pierre qui n’a que 8 ans n’aurait pas été intéressé par ce genre de site mais ce fut tout le contraire. Nous commençons la visite par le jardin médicinal puis par un film nous expliquant la vie des moines. Ensuite, nous parcourons les ruines de l’abbaye ; je donne des explications à mon petit-fils qui s’amuse vraiment. Nous terminons la visite par un aperçu, au 2ème étage du musée, de l’intérieur de l’église de l’abbaye actuelle. Je propose à mon petit-fils d’aller faire un séminaire de quelques jours dans ce lieu qui se veut silencieux mais il refusé (lol). Il ne sait pas se taire 2 secondes…
Nous reprenons la voiture pour aller un peu plus loin manger nos tartines à l’orée du bois puis filons vers Florenville déguster une glace savoureuse avant de prendre le chemin du retour. En rentrant, nous passons par Lescheret, petit village, où j’ai passé avec mes enfants, et un peu mon mari, quinze années dans un camping très sympa. Mais au décès du patron, il fut repris par des hollandais faisant fuir les quelques wallons que nous étions…..
Ce séjour fut merveilleux, magnifique et rêvons déjà d’y retourner l’année prochaine car nous n’avons fait que trois balades hors des treize à faire…..
MARIE
Lundi 6 avril : Nous partons mon petit-fils Pierre et moi quelques jours à Herbeumont, petit village se trouvant à quelques kilomètres de Bouillon, Florenville et Bertrix. Nous arrivons vers 11H15 à Bastogne pour faire une halte. Après avoir parcouru les rues de la jolie ville, avoir pris quelques photos du char, de la place Mac Aullif et des fontaines, nous prenons notre premier repas de vacances dans un petit restaurant sur la place. Après avoir pris des forces, j’insiste pour visiter le mémorial du Mardasson mais Pierre ne voudra pas faire la visite du musée donc on se contente du mémorial. Il apprécie et grimpe jusqu’au dessus pour y voir les horizons lointains aux quatre points cardinaux. La visite se termine par la crypte quelques mètres plus loin. Il est temps maintenant de partir vers notre destination où une gentille dame nous accueille avec des œufs de Pâques en chocolat et une bouteille de jus de pomme (de son propre pommier ; elle a une récolte de pommes pour faire 80 bouteilles par an). Nous prenons possession de notre coquet petit gite, y déposons nos valises et partons immédiatement explorer le petit village ardennais. Il nous plait d’emblée. Pierre profitera pour jouer un peu football dans la cour de l’école et à la plaine de jeux ensuite. Il est temps de rentrer prendre l’apéro et manger du bon saumon fumé…
Mardi 7 avril : Réveillé comme d’habitude de bon matin, Pierre est en pleine forme et ne demande qu’à sortir. Après avoir déjeuné sereinement et préparé le pique-nique, nous allons visiter les ruines du château médiéval d’Herbeumont (13ème siècle). Après avoir traversé le village, nous passons devant une petite place mémoriale qui nous apportera des informations sur la guerre avec photos à l’appui. Nous traversons le pont surplombant l’ancienne ligne de chemin de fer et maintenant, le château est en vue. Il ne reste plus qu’à grimper la rue pour y accéder. Faisant d’abord le contour extérieur du château, on se rend bien compte de l’épaisseur des murs. On entre par une porte arrière pour monter au donjon puis aux tours et enfin aux différents endroits on laisse déborder notre imagination pour s’imprégner du lieu et de ce que ça pouvait être autrefois. Il y avait d’autres touristes flamands. Ils partent assez vite et nous en profitons pour nous installer sur une énorme pierre pour faire notre pique-nique. Il fait beau, le soleil est de la partie. C’est un réel moment de plaisir ! Après ce bon repas et petit repos, nous repartons par un autre chemin ce qui nous fera faire une boucle. On passe devant l’église, les anciennes demeures, le camping de la Garenne et remontons ensuite vers Herbeumont. C’était splendide et ça fait un bien fou de se promener dans les Ardennes par ce temps ! Mercredi 8 avril : Après avoir été faire une course à Bertrix, nous revenons un peu sur nos pas pour aller visiter l’ardoisière au domaine de la Morepire de Bertrix, face au magnifique viaduc. On découvre d’abord les wagons et un exemple de toit d’ardoise sur le parking. Ensuite, nous descendons dans la mine à 25 mètres sous terre par 5 paliers d’escaliers de 5 mètres chacun. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises tout au long du parcours pour écouter l’audio-guide qui nous explique point par point le travail de ces hommes courageux, appelés des « scailtons ». Nous remontons selon la coutume des mineurs de fond donc en escalier-échelle ne pouvant s’empêcher d’imaginer ces hommes remontant de la même manière avec des blocs de pierre d’ardoises de 40 à 200 kilos sur leur dos cassé en fin de carrière; suite aux poussières, leurs poumons étaient bien endommagés. Remontés en surface, nous choisissons un petit souvenir en ardoise puis allons nous régaler de l’omelette du mineur (œuf, fromage, lardons, oignons) et de la bière du mineur (pour mamy). Pierre ira se détendre en cuistax sur le parking et la plaine de jeux pour digérer tandis que je savoure le soleil avec sérénité. Il est temps de rentrer vers Herbeumont nous reposer une heure avant de prendre la route, à pied, pour faire la balade du tombeau du Chevalier. Nous avons un plan mais … je n’en dirais pas plus …. Nous repassons par le village, passons devant la chapelle Saint Roch puis on se trompe de route donc demi-tour et « vlan » un kilomètre pour rien… Nous retrouvons le bon chemin et arrivons près d’un moulin et un autre camping. C’est celui où mes parents ont résidé un moment ; reconnaissant le lieu, c’est avec beaucoup d’émotions que j’explique cela à Pierre…snif …. Nous prenons un sentier qui longe la Semois en boucle pour le reste du parcourt. Il fait très beau et la promenade est vraiment agréable. Nous avons quelques kilomètres dans les mollets mais on est bien dans notre tête et content d’aller savourer notre apéro après cette merveilleuse journée.
Jeudi 9 avril : Aujourd’hui, on s’attaque à un gros projet : la balade de l’Antrogne, un affluent de la Semois. C’est avec pique-nique et sac à dos qu’on s’élance dans ce défit qui se révèlera à la fin encore plus laborieux que prévu… En effet, le début se passe très bien en suivant nos balises (demi-rectangle bleu). Nous passons devant la boulangerie, la carrière du Faîté, avons une superbe vue sur le viaduc d’Herbeumont puis entrons dans les chemins forestiers. Nous arrivons vers midi à une aire de repos à l’embouchure de l’Antrogne à une altitude de 256 mètres, et où le petit ru de la « goutelle du Noir Epinoi » se jette. Nous pouvons voir le domaine du Prieuré de Conques datant du 7ème siècle. Après avoir mangé et passé un moment de détente au bord de l’eau, nous montons une volée d’escaliers avant de replonger dans les bois. Il y a beaucoup d’hêtres, de petits ponts et allons même découvrir le chêne du « Herdier » de 3,50 mètres de circonférence où jadis le gardien du troupeau se reposait à l’ombre. Pierre prend cette place pour un moment….(pause photo) ! Nous repartons à travers bois pour monter la dite « Laide côte » qui nous met du plomb dans les jambes, ouf…. Enfin, en haut…. Mais ça se corse, il y a un carrefour en plein bois et les arbres ont été coupés d’où notre balise n’est plus là…. Suivant notre sens de l’orientation, nous allons à gauche et rejoignons la grand' route. Nous sommes en effet bien, d’après le GPS de mon gsm, sur la bonne route qui rejoint Herbeumont. Ca se recorse … Une balise nous indique de reprendre le bois à gauche. Pierre ne veut pas, il veut rentrer par la route. J’insiste en disant que c’est fait express pour que les gens rentrent par les bois au lieu de la route…. Grognements s’ensuivent mais prenons quand même sous ma directive le chemin du bois. Nous redescendons pratiquement tout ce que nous avons monté à la « Laide côte » mais je pense toujours que c’est normal jusqu’au moment où Pierre me montre l’endroit où il s’était amusé à sauter plusieurs fois le ruisseau !!! Ho là là, demi-tour et remontée de tout ce chemin faisant au-moins 1,5 km… J’aurai dû l’écouter ce petit… Nous rentrons donc par la grand’ route en passant par les Termes sur les hauteurs d’Herbeumont. Le trajet aura fait 14 km. Nous sommes malgré tout en forme quoique un peu mal aux pieds en ce qui me concerne. Pierre saute toujours autant et ferais bien un match de foot….. Moi par contre, après le souper, je dois encore nettoyer le gite et faire les sacs.
Vendredi 10 avril : Voici déjà notre dernier jour. Franchement, le séjour a été très court et a passé trop vite. Nous devons quitter le gîte pour 10 heures après un dernier coup de torchon et avoir chargé nos sacs. Pierre a bien su s’arranger pour racoler une bouteille de jus de pomme à la bonne dame. Il en a profité justement hier avec son frère à l’apéro… Nous démarrons mais pas question de rentrer de suite, que nenni…. Direction Villers devant Orval. Malgré mon GPS, j’arrive encore à me tromper de route. Bref, on arrive à l’abbaye. Je pensais que Pierre qui n’a que 8 ans n’aurait pas été intéressé par ce genre de site mais ce fut tout le contraire. Nous commençons la visite par le jardin médicinal puis par un film nous expliquant la vie des moines. Ensuite, nous parcourons les ruines de l’abbaye ; je donne des explications à mon petit-fils qui s’amuse vraiment. Nous terminons la visite par un aperçu, au 2ème étage du musée, de l’intérieur de l’église de l’abbaye actuelle. Je propose à mon petit-fils d’aller faire un séminaire de quelques jours dans ce lieu qui se veut silencieux mais il refusé (lol). Il ne sait pas se taire 2 secondes…
Nous reprenons la voiture pour aller un peu plus loin manger nos tartines à l’orée du bois puis filons vers Florenville déguster une glace savoureuse avant de prendre le chemin du retour. En rentrant, nous passons par Lescheret, petit village, où j’ai passé avec mes enfants, et un peu mon mari, quinze années dans un camping très sympa. Mais au décès du patron, il fut repris par des hollandais faisant fuir les quelques wallons que nous étions…..
Ce séjour fut merveilleux, magnifique et rêvons déjà d’y retourner l’année prochaine car nous n’avons fait que trois balades hors des treize à faire…..
MARIE
Norvège: A bord de l’Express Côtier, une journée de navigation entre les îles Vesterålen et Lofoten English translation pending
Voyager parmi ses souvenirs … même quand ils sont un peu anciens, cela s’avère toujours un plaisir.
Avec ce texte et ces photos d’un périple effectué il y a quelques années en Norvège, je vous emmène dans le sillage de l’Express Côtier (Hurtigruten), entre îles et fjords.
Souvenirs …
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Il est près de 8 heures 30 en ce matin estival et il est là. Imposant avec ses 122 mètres de long et solidement amarré au quai d'Harstad, petite ville de Norvège située à près de 300 kilomètres au nord du Cercle Polaire Arctique. Lui, c'est le M/S Richard With, un des Express Côtier qui tout au long de l'année longe les côtes norvégiennes reliant et ravitaillant ainsi les ports entre Bergen et tout au nord celui de Kirkenes. Plus que quelques minutes avant d'embarquer à bord pour une dépaysante journée de navigation. Notre destination ? L’archipel des Lofoten.

Harstad, Gulf Stream et lilas Sur le quai, pendant que des ouvriers s'activent à charger dans les cales du bateau de nombreuses palettes de marchandises, quelques passagers sans bagage regagnent l’Express Côtier. Probablement des voyageurs effectuant le périple depuis le Nord et qui viennent de profiter de cette escale matinale pour faire un petit tour dans la ville. Découvrir Harstad : son port, ses pontons de bois et un peu plus haut sur la colline qui surplombe la ville ses jolies maisons colorées.

Toutes sont entourées de végétation, pelouses et arbustes verdoyants à foison et même par des lilas fleuris qui parfument agréablement l'atmosphère. Etonnant, des fleurs à cette latitude ! C’est un des effets bien visible du fameux Gulf Stream, ce courant tempéré qui adoucit le climat arctique de la région. Les amarres levées, les moteurs se mettent à gronder alors qu'une légère fumée s'échappe des cheminées du navire … Au revoir Harstad, c’est le moment du départ !

Postés sur le pont à observer le paysage, un haut-parleur nasillard soudain nous fait sursauter, c'est l'annonce en plusieurs langues de la première curiosité du parcours : sur la côte, juste après les dernières maisons de l'agglomération, on aperçoit l'église de Trondenes. Des murs blancs, un toit rouge, une architecture rénovée, cela ne témoigne pas vraiment de l'histoire ancienne du lieu. Pourtant, ici, dès l'époque Viking, l'endroit était un haut-lieu de la démocratie locale. C’est en effet là que siégeait le " Thing ", le parlement-tribunal régional. Un peu plus loin sur la colline, caché en partie par les arbres, il y a un autre témoin historique mais d’une période plus récente. Datant de la dernière guerre, c'est le monstrueux canon " Adolf " … ça y est, à la jumelle je le distingue parfaitement! Un petit vent frais nous fait quitter le pont avant et emprunter les coursives. Le moment pour nous de découvrir l'intérieur de ce spacieux bateau. Salons, salle de restaurant, cafétéria, bar, petite boutique de souvenirs, coin de jeux pour enfants, salon télé …. et un ascenseur pour accéder aux différents ponts. Au gré de la visite, nous voilà maintenant dans un couloir sans fin avec une succession de portes numérotées : les cabines des passagers, une vision quelque peu monotone.
A bord, ambiance … Le lieu le plus intéressant du navire, au confort appréciable, est assurément le salon panoramique " Horisjon ". Pas de doute, voilà le meilleur endroit pour contempler le paysage tout en étant, bien sûr, à l'abri. Mais en été, avec près de 700 passagers à bord, les places sont très convoitées, en voici de libres, parfait !
Sous mes yeux, les côtes des îlesdéfilent lentement, les panoramas se succèdent : hautes montagnes dont les sommets se perdent presque dans les brumes puis de verts pâturages parsemés de quelques fermes isolées aux murs peints en rouge …. Peu à peu mon regard cesse de fixer l'horizon pour s'orienter vers l'intérieur du salon et observer les occupations des passagers qui m'entourent. Voici quelques scènes de la vie à bord de l'Express côtier norvégien. C'est peut-être les éclats de rires, bruyants et répétés de ces mamies permanentées qui ont attiré mon attention, elles sont bien entendu placées en première ligne et occupent les meilleurs fauteuils d'où la vue est imprenable même si elles ne jettent que très rarement un œil à travers la baie vitrée ! Leur stratégie pour squatter ces places privilégiées est imparable, lorsqu’elles vont faire un petit tour, elles laissent leurs gros sacs afin de bien signaler aux envieux que les sièges sont occupés à la journée, petites malines ! Le couple qui passe à mes côtés cherche désespérément une place, voilà qu'il en trouve à côté d'un jeune, écouteurs rivés aux oreilles, regard tourné vers le plancher et dont la tête oscille au rythme d'une musique que l'on imagine techno … Deux autres voyageurs sont allongés sur une banquette et semblent finir leur nuit, sans doute le prix élevé des cabines a paru trop cher à leur budget de globe-trotters. Il y a aussi des passagers très organisés, carte et guide en mains, qui ne lâchent pas des yeux le paysage, ils essayent de retrouver le nom de chaque montagne, fjord ou village aperçus. D'autres, profitent de ces moments pour s'adonner à la tache fastidieuse des cartes postales, essayant de personnaliser chaque texte et de n'oublier personne … surtout pas la tante Yvette ! Devant moi une scandinave, sa blondeur en témoigne, a les yeux plongés par intermittence dans un livre, finalement l'occupation favorite de nombreux passagers.

Comme eux, j'ai sorti de mon sac un livre, une (re)lecture qui s'imposait ici, le récit de Claude Villers à propos de ses impressions de voyage sur l'Express Côtier. Ouvert au hasard, je tombe sur un épisode très agité de son périple automnal. " A quatre heures, nouveau réveil brusque, un sursaut me soulève de mon matelas, je m'agrippe des deux mains à mes draps. Le navire se cabre, je suis rejeté contre la paroi et …et ça continue. J'entends mes valises s'écraser au sol. "*. L'évocation de cette tempête me donnerait presque le mal de mer … Pris par ce récit me voilà jetant un coup d'œil à l'extérieur, comme pour me rassurer, les eaux ce matin sont bien d'un calme apaisant.

Retour à ma lecture, c'est bien sûr le passage qui évoque l'itinéraire que nous empruntons qui m'intéresse le plus. Dans son récit Claude Villers nous apprend que dans le chenal de Risøyrenna il est très fréquent d'observer des phoques : " …minuscule tête ronde, nez au vent au-dessus de l'eau frissonnante, fendant la mer … Ils sont des dizaines à nager, indifférents, tranquilles, vers les rochers approchants. "*. Il n'en faut pas plus pour que je sorte sur le pont, jumelles à la main. J'ai beau scruter de tous côtés, je ne vois que des rochers et de l'eau et aucune petite tête moustachue émergeant de la surface … ce n'est pas grave car le reste du paysage vaut le coup d'œil. Le Richard With emprunte maintenant le chenal de Risøyrenna. Ici, les hauts-fonds ont été dragués en 1922 pour permettre le passage des navires de l'Express Côtier, un étroit corridor bien délimité par une longue série de balises ; la navigation est délicate, à cet endroit il n'y a que 7 mètres de profondeur ! Une très courte escale est prévue au village de Risøyhamm, juste le temps de décharger quelques marchandises et pour nous le temps d'observer l’interminable pont de 750 mètres qui enjambe le chenal et relie l'île d'Andøya à celle d'Hinnøya.
Les Vesterålen et l’histoire de l’Express Côtier

A l'escale suivante de Sortland, ville principale des îles Vesterålen et importante base navale nous mettrons pied à terre. Pas pour admirer les garde-côtes de la marine norvégienne amarrés au quai mais pour voir de plus près la petite église de bois qui trône sur la colline. Plusieurs passagers, comme nous, pressent le pas en direction du monument, l'escale n'est que d'une demi-heure et l'on sait que l'Express Côtier n'attend pas les retardataires ! Arrivés devant le porche, la porte entre ouverte nous permet de découvrir le superbe intérieur fait de boiseries peintes, de plus un trompettiste répète sa partition ; on lit de la satisfaction sur les visages des visiteurs … sauf sur celui du pasteur qui l'air un peu contrarié nous explique que normalement l'entrée est interdite pendant les répétitions. Dommage ! La navigation s’avère tranquille en longeant les côtes de l'île de Langøya jusqu'au port de Stokmarknes.

En apercevant la ville on distingue la silhouette d'un navire de croisière qui n'est pas à quai … mais en cale sèche, il s’agit du vénérable Finnmarken. Un ancien de la ligne des Express Côtier qui naviguait dans les années 50 et qui de nos jours finit joliment sa carrière ici, à l'Hurtigruten Museum (Musée de l'Express Côtier). Ce port n'a pas été choisit au hasard comme témoin de l'histoire de cette ligne mythique pour les Norvégiens. En effet, Stokmarknes est la patrie de Richard With qui a fondé la compagnie des Express Côtier en 1881. Une petite révolution à l'époque pour les ports perdus du nord du pays, ils se voyaient ainsi reliés et desservis toute l'année, la fin en quelque sorte de l'isolement du Grand Nord. Evidemment lors de l'escale, la visite du sympathique musée s’impose. Tout ce qui concerne l'histoire de cette ligne y est rassemblée, et de belle façon. Films, photos, maquettes mais aussi des reconstitutions grandeur nature d'un poste de commandement ou des cuisines par exemple. Beaucoup d'objets qui ont marqué l'histoire de ces bateaux sont exposés comme cette grosse cloche qui amuse les enfants, ils n'hésitent pas à la faire tinter en passant (euh ! moi aussi je l'ai fait retentir …).

Une passerelle où sont affichées les photos de chacune des 34 escales de la ligne conduit au Finnmarken. En parcourant les ponts, coursives, couloirs et ces salles sans vie, c'est une atmosphère particulière que l'on ressent, entre nostalgie et abandon. Après cette visite presque au pas de course, il est temps de regagner notre bateau. Sur le quai, une jeune norvégienne, chevelure blonde, chemisier blanc et belle robe traditionnelle bleue, entonne pour les passagers un chant folklorique, histoire de gagner quelques couronnes … un refrain en boucle, ma fois agréable à l'oreille avec des intonations nordiques qui évoquent presque du Björk !
Grandiose et pourtant si étroit : le Trollfjord Place maintenant au passage le plus spectaculaire de cette journée de cabotage, notre Express Côtier s'engage dans le détroit du Raftsundet, un corridor encaissé cheminant sur 20 kilomètres entre les îles Vesterålen et Lofoten.

Les paysages sont grandioses avec ces hautes cimes encore nimbées de nuages, ces falaises abruptes et ces îlots rocheux qui jalonnent le trajet. Mais le moment le plus attendu de l'après-midi, c'est le célèbre Trollfjord. Pour l'occasion, nous sommes nombreux à nous diriger vers l'avant du bateau, il faut même jouer des coudes pour être bien placé, le Richard With oblique maintenant vers la droite puis vers la gauche afin de s'engager dans ce fjord majestueux d'à peine 2 km de long. Une chance, la luminosité devient plus soutenue, on devine le soleil à travers les nuages, c'est sûr, les trolls sont avec nous ! En passant dans sa partie la plus étranglée, la coque de notre bateau semble presque caresser les rochers qui se reflètent à merveille sur des eaux parfaitement lisses.


Pour cette délicate navigation, les moteurs sont au ralenti nous laissant entendre l'apaisant bruit des cascades qui dévalent les parois rocheuses. Reste le demi-tour au fond de ce cul de sac, une manœuvre difficile qu'effectue lentement mais avec brio notre Commandant. Le Trollfjord, assurément un des grands moments d'une croisière sur l'Express Côtier ! Rentrés à l'intérieur, nous retrouvons le fjord …sur une large toile, peinte par Karl Erik Harr, décorant le hall du navire, elle retrace un épisode agité qu'a vécu ce fjord unique : la bataille du Trollfjord ! En 1880, un mémorable conflit a eu lieu ici entre pêcheurs, deux chalutiers voulant rafler d'énormes bancs de poissons au nez et à la barbe de pauvres pêcheurs ne disposant que de simples barques à rames !
La capitale des Lofoten … et du skrei ! En quittant le détroit, pendant que l'Express Côtier longe le littoral des Lofoten, le soleil se fait plus présent, arrivant même à transpercer la couche nuageuse. Ainsi le panorama montagneux de l'île avec ses aiguilles, ses crêtes et ses sommets aux formes pyramidales nous apparaît dans toute sa splendeur.

Au programme de ce début de soirée, l'escale à Svolvær, une petite ville mais une capitale pour les Lofoten. C’est en effet la principale agglomération de l'archipel avec ses 10 000 habitants. Certes le port n'est peut-être pas le plus pittoresque de l’archipel mais il a son charme avec son aspect typique des Lofoten. (les photos ci-dessous ont été prises en journée lors du périple à terre durant les jours suivants)


En été, les chalutiers sont au repos et les séchoirs à morues sont libres de tous poissons, c'est en hiver (janvier à avril) que l'activité de la pêche au skrei bat son plein. Des campagnes de pêches parfois miraculeuses et qui ont fait la fortune des îliens. La promenade nous mène sur un petit îlot, au centre du port où les " rorbuer " (cabanes de pêcheurs louées aux estivants) sont nombreux, les reflets de leurs façades en bois peint en rouge dansent et ondulent sur les eaux du port. Superbe !

Mais à Svolvær, il faut lever le nez pour apercevoir une des curiosités du site : " la chèvre ". En fait un animal de pierre. Une aiguille rocheuse qui surplombe la ville est surmontée de deux pitons séparés de plus de deux mètres, leur forme ressemble aux cornes d'une chèvre … et savez-vous ce que font les alpinistes aguerris ? Ils sautent de l'un à l'autre, âmes sensibles au vertige, s'abstenir !

Naviguant vers la prochaine escale alors que défilent lentement à tribord les côtes abruptes des Lofoten, voilà qu’on évoque à nouveau les Versterålen … pas l’archipel, mais l’Express Côtier qui porte le nom de ces îles. Les voies maritimes des deux navires se croisent ici, le M/S Versterålen se dirigeant quant à lui vers le Nord. Place aux salutations habituelles lorsque deux Express Côtier se rencontrent, un concert de Pooohhh ! Pooohhh ! déchire l’atmosphère et des bras s’agitent, les passagers présents sur les ponts des deux navires se saluent joyeusement. Pour nous, ces gestes deviennent presque des signes d’au revoir, l’escale de Stamsund approche.

Encore quelques encablures à parcourir avant d’attendre le port, de mettre pied à terre et de quitter avec un brin de regret notre Express Côtier. Et après avoir tant apprécié pendant ce périple côtier la vue des îles depuis la mer, voici venu le moment de découvrir d’autres charmes des Lofoten …mais côté terre !
A bord et du M/S Richard With.
-- Quelques autres photos des Lofoten



Une plage des Lofoten illuminée par le soleil de minuit ... magique ! --
Encore plus de photos et de récits sur les îles Lofoten ... c'est à parcourir sur le Carnet de voyage que j'avais mis en ligne à mon retour de ce périple en Norvège. http://groenland-disko.pagesperso-orange.fr/norvege-lofoten/
Il est près de 8 heures 30 en ce matin estival et il est là. Imposant avec ses 122 mètres de long et solidement amarré au quai d'Harstad, petite ville de Norvège située à près de 300 kilomètres au nord du Cercle Polaire Arctique. Lui, c'est le M/S Richard With, un des Express Côtier qui tout au long de l'année longe les côtes norvégiennes reliant et ravitaillant ainsi les ports entre Bergen et tout au nord celui de Kirkenes. Plus que quelques minutes avant d'embarquer à bord pour une dépaysante journée de navigation. Notre destination ? L’archipel des Lofoten.

Harstad, Gulf Stream et lilas Sur le quai, pendant que des ouvriers s'activent à charger dans les cales du bateau de nombreuses palettes de marchandises, quelques passagers sans bagage regagnent l’Express Côtier. Probablement des voyageurs effectuant le périple depuis le Nord et qui viennent de profiter de cette escale matinale pour faire un petit tour dans la ville. Découvrir Harstad : son port, ses pontons de bois et un peu plus haut sur la colline qui surplombe la ville ses jolies maisons colorées.

Toutes sont entourées de végétation, pelouses et arbustes verdoyants à foison et même par des lilas fleuris qui parfument agréablement l'atmosphère. Etonnant, des fleurs à cette latitude ! C’est un des effets bien visible du fameux Gulf Stream, ce courant tempéré qui adoucit le climat arctique de la région. Les amarres levées, les moteurs se mettent à gronder alors qu'une légère fumée s'échappe des cheminées du navire … Au revoir Harstad, c’est le moment du départ !

Postés sur le pont à observer le paysage, un haut-parleur nasillard soudain nous fait sursauter, c'est l'annonce en plusieurs langues de la première curiosité du parcours : sur la côte, juste après les dernières maisons de l'agglomération, on aperçoit l'église de Trondenes. Des murs blancs, un toit rouge, une architecture rénovée, cela ne témoigne pas vraiment de l'histoire ancienne du lieu. Pourtant, ici, dès l'époque Viking, l'endroit était un haut-lieu de la démocratie locale. C’est en effet là que siégeait le " Thing ", le parlement-tribunal régional. Un peu plus loin sur la colline, caché en partie par les arbres, il y a un autre témoin historique mais d’une période plus récente. Datant de la dernière guerre, c'est le monstrueux canon " Adolf " … ça y est, à la jumelle je le distingue parfaitement! Un petit vent frais nous fait quitter le pont avant et emprunter les coursives. Le moment pour nous de découvrir l'intérieur de ce spacieux bateau. Salons, salle de restaurant, cafétéria, bar, petite boutique de souvenirs, coin de jeux pour enfants, salon télé …. et un ascenseur pour accéder aux différents ponts. Au gré de la visite, nous voilà maintenant dans un couloir sans fin avec une succession de portes numérotées : les cabines des passagers, une vision quelque peu monotone.
A bord, ambiance … Le lieu le plus intéressant du navire, au confort appréciable, est assurément le salon panoramique " Horisjon ". Pas de doute, voilà le meilleur endroit pour contempler le paysage tout en étant, bien sûr, à l'abri. Mais en été, avec près de 700 passagers à bord, les places sont très convoitées, en voici de libres, parfait !
Sous mes yeux, les côtes des îlesdéfilent lentement, les panoramas se succèdent : hautes montagnes dont les sommets se perdent presque dans les brumes puis de verts pâturages parsemés de quelques fermes isolées aux murs peints en rouge …. Peu à peu mon regard cesse de fixer l'horizon pour s'orienter vers l'intérieur du salon et observer les occupations des passagers qui m'entourent. Voici quelques scènes de la vie à bord de l'Express côtier norvégien. C'est peut-être les éclats de rires, bruyants et répétés de ces mamies permanentées qui ont attiré mon attention, elles sont bien entendu placées en première ligne et occupent les meilleurs fauteuils d'où la vue est imprenable même si elles ne jettent que très rarement un œil à travers la baie vitrée ! Leur stratégie pour squatter ces places privilégiées est imparable, lorsqu’elles vont faire un petit tour, elles laissent leurs gros sacs afin de bien signaler aux envieux que les sièges sont occupés à la journée, petites malines ! Le couple qui passe à mes côtés cherche désespérément une place, voilà qu'il en trouve à côté d'un jeune, écouteurs rivés aux oreilles, regard tourné vers le plancher et dont la tête oscille au rythme d'une musique que l'on imagine techno … Deux autres voyageurs sont allongés sur une banquette et semblent finir leur nuit, sans doute le prix élevé des cabines a paru trop cher à leur budget de globe-trotters. Il y a aussi des passagers très organisés, carte et guide en mains, qui ne lâchent pas des yeux le paysage, ils essayent de retrouver le nom de chaque montagne, fjord ou village aperçus. D'autres, profitent de ces moments pour s'adonner à la tache fastidieuse des cartes postales, essayant de personnaliser chaque texte et de n'oublier personne … surtout pas la tante Yvette ! Devant moi une scandinave, sa blondeur en témoigne, a les yeux plongés par intermittence dans un livre, finalement l'occupation favorite de nombreux passagers.

Comme eux, j'ai sorti de mon sac un livre, une (re)lecture qui s'imposait ici, le récit de Claude Villers à propos de ses impressions de voyage sur l'Express Côtier. Ouvert au hasard, je tombe sur un épisode très agité de son périple automnal. " A quatre heures, nouveau réveil brusque, un sursaut me soulève de mon matelas, je m'agrippe des deux mains à mes draps. Le navire se cabre, je suis rejeté contre la paroi et …et ça continue. J'entends mes valises s'écraser au sol. "*. L'évocation de cette tempête me donnerait presque le mal de mer … Pris par ce récit me voilà jetant un coup d'œil à l'extérieur, comme pour me rassurer, les eaux ce matin sont bien d'un calme apaisant.

Retour à ma lecture, c'est bien sûr le passage qui évoque l'itinéraire que nous empruntons qui m'intéresse le plus. Dans son récit Claude Villers nous apprend que dans le chenal de Risøyrenna il est très fréquent d'observer des phoques : " …minuscule tête ronde, nez au vent au-dessus de l'eau frissonnante, fendant la mer … Ils sont des dizaines à nager, indifférents, tranquilles, vers les rochers approchants. "*. Il n'en faut pas plus pour que je sorte sur le pont, jumelles à la main. J'ai beau scruter de tous côtés, je ne vois que des rochers et de l'eau et aucune petite tête moustachue émergeant de la surface … ce n'est pas grave car le reste du paysage vaut le coup d'œil. Le Richard With emprunte maintenant le chenal de Risøyrenna. Ici, les hauts-fonds ont été dragués en 1922 pour permettre le passage des navires de l'Express Côtier, un étroit corridor bien délimité par une longue série de balises ; la navigation est délicate, à cet endroit il n'y a que 7 mètres de profondeur ! Une très courte escale est prévue au village de Risøyhamm, juste le temps de décharger quelques marchandises et pour nous le temps d'observer l’interminable pont de 750 mètres qui enjambe le chenal et relie l'île d'Andøya à celle d'Hinnøya.
Les Vesterålen et l’histoire de l’Express Côtier

A l'escale suivante de Sortland, ville principale des îles Vesterålen et importante base navale nous mettrons pied à terre. Pas pour admirer les garde-côtes de la marine norvégienne amarrés au quai mais pour voir de plus près la petite église de bois qui trône sur la colline. Plusieurs passagers, comme nous, pressent le pas en direction du monument, l'escale n'est que d'une demi-heure et l'on sait que l'Express Côtier n'attend pas les retardataires ! Arrivés devant le porche, la porte entre ouverte nous permet de découvrir le superbe intérieur fait de boiseries peintes, de plus un trompettiste répète sa partition ; on lit de la satisfaction sur les visages des visiteurs … sauf sur celui du pasteur qui l'air un peu contrarié nous explique que normalement l'entrée est interdite pendant les répétitions. Dommage ! La navigation s’avère tranquille en longeant les côtes de l'île de Langøya jusqu'au port de Stokmarknes.

En apercevant la ville on distingue la silhouette d'un navire de croisière qui n'est pas à quai … mais en cale sèche, il s’agit du vénérable Finnmarken. Un ancien de la ligne des Express Côtier qui naviguait dans les années 50 et qui de nos jours finit joliment sa carrière ici, à l'Hurtigruten Museum (Musée de l'Express Côtier). Ce port n'a pas été choisit au hasard comme témoin de l'histoire de cette ligne mythique pour les Norvégiens. En effet, Stokmarknes est la patrie de Richard With qui a fondé la compagnie des Express Côtier en 1881. Une petite révolution à l'époque pour les ports perdus du nord du pays, ils se voyaient ainsi reliés et desservis toute l'année, la fin en quelque sorte de l'isolement du Grand Nord. Evidemment lors de l'escale, la visite du sympathique musée s’impose. Tout ce qui concerne l'histoire de cette ligne y est rassemblée, et de belle façon. Films, photos, maquettes mais aussi des reconstitutions grandeur nature d'un poste de commandement ou des cuisines par exemple. Beaucoup d'objets qui ont marqué l'histoire de ces bateaux sont exposés comme cette grosse cloche qui amuse les enfants, ils n'hésitent pas à la faire tinter en passant (euh ! moi aussi je l'ai fait retentir …).

Une passerelle où sont affichées les photos de chacune des 34 escales de la ligne conduit au Finnmarken. En parcourant les ponts, coursives, couloirs et ces salles sans vie, c'est une atmosphère particulière que l'on ressent, entre nostalgie et abandon. Après cette visite presque au pas de course, il est temps de regagner notre bateau. Sur le quai, une jeune norvégienne, chevelure blonde, chemisier blanc et belle robe traditionnelle bleue, entonne pour les passagers un chant folklorique, histoire de gagner quelques couronnes … un refrain en boucle, ma fois agréable à l'oreille avec des intonations nordiques qui évoquent presque du Björk !
Grandiose et pourtant si étroit : le Trollfjord Place maintenant au passage le plus spectaculaire de cette journée de cabotage, notre Express Côtier s'engage dans le détroit du Raftsundet, un corridor encaissé cheminant sur 20 kilomètres entre les îles Vesterålen et Lofoten.

Les paysages sont grandioses avec ces hautes cimes encore nimbées de nuages, ces falaises abruptes et ces îlots rocheux qui jalonnent le trajet. Mais le moment le plus attendu de l'après-midi, c'est le célèbre Trollfjord. Pour l'occasion, nous sommes nombreux à nous diriger vers l'avant du bateau, il faut même jouer des coudes pour être bien placé, le Richard With oblique maintenant vers la droite puis vers la gauche afin de s'engager dans ce fjord majestueux d'à peine 2 km de long. Une chance, la luminosité devient plus soutenue, on devine le soleil à travers les nuages, c'est sûr, les trolls sont avec nous ! En passant dans sa partie la plus étranglée, la coque de notre bateau semble presque caresser les rochers qui se reflètent à merveille sur des eaux parfaitement lisses.


Pour cette délicate navigation, les moteurs sont au ralenti nous laissant entendre l'apaisant bruit des cascades qui dévalent les parois rocheuses. Reste le demi-tour au fond de ce cul de sac, une manœuvre difficile qu'effectue lentement mais avec brio notre Commandant. Le Trollfjord, assurément un des grands moments d'une croisière sur l'Express Côtier ! Rentrés à l'intérieur, nous retrouvons le fjord …sur une large toile, peinte par Karl Erik Harr, décorant le hall du navire, elle retrace un épisode agité qu'a vécu ce fjord unique : la bataille du Trollfjord ! En 1880, un mémorable conflit a eu lieu ici entre pêcheurs, deux chalutiers voulant rafler d'énormes bancs de poissons au nez et à la barbe de pauvres pêcheurs ne disposant que de simples barques à rames !
La capitale des Lofoten … et du skrei ! En quittant le détroit, pendant que l'Express Côtier longe le littoral des Lofoten, le soleil se fait plus présent, arrivant même à transpercer la couche nuageuse. Ainsi le panorama montagneux de l'île avec ses aiguilles, ses crêtes et ses sommets aux formes pyramidales nous apparaît dans toute sa splendeur.

Au programme de ce début de soirée, l'escale à Svolvær, une petite ville mais une capitale pour les Lofoten. C’est en effet la principale agglomération de l'archipel avec ses 10 000 habitants. Certes le port n'est peut-être pas le plus pittoresque de l’archipel mais il a son charme avec son aspect typique des Lofoten. (les photos ci-dessous ont été prises en journée lors du périple à terre durant les jours suivants)


En été, les chalutiers sont au repos et les séchoirs à morues sont libres de tous poissons, c'est en hiver (janvier à avril) que l'activité de la pêche au skrei bat son plein. Des campagnes de pêches parfois miraculeuses et qui ont fait la fortune des îliens. La promenade nous mène sur un petit îlot, au centre du port où les " rorbuer " (cabanes de pêcheurs louées aux estivants) sont nombreux, les reflets de leurs façades en bois peint en rouge dansent et ondulent sur les eaux du port. Superbe !

Mais à Svolvær, il faut lever le nez pour apercevoir une des curiosités du site : " la chèvre ". En fait un animal de pierre. Une aiguille rocheuse qui surplombe la ville est surmontée de deux pitons séparés de plus de deux mètres, leur forme ressemble aux cornes d'une chèvre … et savez-vous ce que font les alpinistes aguerris ? Ils sautent de l'un à l'autre, âmes sensibles au vertige, s'abstenir !

Naviguant vers la prochaine escale alors que défilent lentement à tribord les côtes abruptes des Lofoten, voilà qu’on évoque à nouveau les Versterålen … pas l’archipel, mais l’Express Côtier qui porte le nom de ces îles. Les voies maritimes des deux navires se croisent ici, le M/S Versterålen se dirigeant quant à lui vers le Nord. Place aux salutations habituelles lorsque deux Express Côtier se rencontrent, un concert de Pooohhh ! Pooohhh ! déchire l’atmosphère et des bras s’agitent, les passagers présents sur les ponts des deux navires se saluent joyeusement. Pour nous, ces gestes deviennent presque des signes d’au revoir, l’escale de Stamsund approche.

Encore quelques encablures à parcourir avant d’attendre le port, de mettre pied à terre et de quitter avec un brin de regret notre Express Côtier. Et après avoir tant apprécié pendant ce périple côtier la vue des îles depuis la mer, voici venu le moment de découvrir d’autres charmes des Lofoten …mais côté terre !
A bord et du M/S Richard With.
-- Quelques autres photos des Lofoten



Une plage des Lofoten illuminée par le soleil de minuit ... magique ! --
Encore plus de photos et de récits sur les îles Lofoten ... c'est à parcourir sur le Carnet de voyage que j'avais mis en ligne à mon retour de ce périple en Norvège. http://groenland-disko.pagesperso-orange.fr/norvege-lofoten/
Premier séjour en Floride fin 2015 English translation pending
Bonjour à tous,
nous envisageons de passer le nouvel an en Floride. J'aimerais avoir vos avis sur le petit circuit que j'ai préparé :
J1 26/12 Arrivée Miami – Nuit Florida City (55km - 40 min)
J2 27/12 Everglades (15’ – 14km) trail + tour en airboat – Nuit IslaMorada(1h10 – 85km)
J3 28/12 Key West (1h45 – 130km) – Nuit Key West
J4 29/12 Nuit Key West
J5 30/12 Key Largo (2h19 – 171km) – Nuit Key Largo
J6 31/12 Naples (2h40 – 216km) – Nuit Naples
J7 01/01 Naples – Nuit Naples
J8 02/01 Fort Myers (50’ – 70km) – Miami Beach (2h30 – 256km) – Nuit Miami Beach J9 03/01 Miami Beach J10 04/01 Miami Beach J11 05/01 Miami Beach J12 06/01 Retour
Ce planning vous semble-t-il équilibré ? Comme nous passerions la St Sylvestre à Naples, connaissez-vous des bons plans pour l'occasion ? Je pensais louer une voiture à l'aéroport en arrivant et la rendre le 02/01 en rentrant à Miami Beach. Est-ce faisable ? Et si oui, quel est ensuite le meilleur moyen pour rejoindre l'aéroport ? Est-ce possible de visiter Miami sans voiture ?
Une dernière petite question concernant le prix du vol Bxl-Miami. Pour l'instant, le vol est à 745 euros avec Virgin Atlantic. Cela vous parait-il être un bon prix ou faut-il que j'attende encore ?
Merci d'avance pour vos remarques et conseils.
nous envisageons de passer le nouvel an en Floride. J'aimerais avoir vos avis sur le petit circuit que j'ai préparé :
J1 26/12 Arrivée Miami – Nuit Florida City (55km - 40 min)
J2 27/12 Everglades (15’ – 14km) trail + tour en airboat – Nuit IslaMorada(1h10 – 85km)
J3 28/12 Key West (1h45 – 130km) – Nuit Key West
J4 29/12 Nuit Key West
J5 30/12 Key Largo (2h19 – 171km) – Nuit Key Largo
J6 31/12 Naples (2h40 – 216km) – Nuit Naples
J7 01/01 Naples – Nuit Naples
J8 02/01 Fort Myers (50’ – 70km) – Miami Beach (2h30 – 256km) – Nuit Miami Beach J9 03/01 Miami Beach J10 04/01 Miami Beach J11 05/01 Miami Beach J12 06/01 Retour
Ce planning vous semble-t-il équilibré ? Comme nous passerions la St Sylvestre à Naples, connaissez-vous des bons plans pour l'occasion ? Je pensais louer une voiture à l'aéroport en arrivant et la rendre le 02/01 en rentrant à Miami Beach. Est-ce faisable ? Et si oui, quel est ensuite le meilleur moyen pour rejoindre l'aéroport ? Est-ce possible de visiter Miami sans voiture ?
Une dernière petite question concernant le prix du vol Bxl-Miami. Pour l'instant, le vol est à 745 euros avec Virgin Atlantic. Cela vous parait-il être un bon prix ou faut-il que j'attende encore ?
Merci d'avance pour vos remarques et conseils.
22 jours sac à dos à Bali dans moins d'un mois English translation pending
Bonjour à tous,
Nous avons besoin d'aide de voyageurs ! Tout d'abord, nous sommes un jeune couple et nous partons à Bali le 22 avril 2015. Cela fait un moment que nous nous renseignons sur tout ce qu'il y a à faire, a voir, et tous les bons plans que l'on peut trouver (blog, site, forum, agence ...). Alors voila, nous avons mis notre itinéraire au point, mais comme c'est notre premier gros voyage et si loin, nous avons aussi besoin de vos conseils et de vos avis, et nous vous remercions par avance !
Nous voyageons en sac a dos, nous réservons un hôtel pour les trois premières nuits et après "à l'aventure" !
- Jour 1 : arrivée Denpasar 19h30, on s'occupe de tous les papiers, du visa, de changer un peu d'argent (combien ? / il vaut mieux changer a l'aéroport, en ville ou retirer plutôt ?). Puis direction Kuta (je sais beaucoup d'avis différents mais on veut se faire notre propre avis). Hotel poppies bali (un gros coup de cœur, on va réserver pour trois nuits, par internet ? Ou c'est mieux d'y aller pour négocier les prix au risque de ne pas avoir de chambre ?) - Jour 2 et 3 : Sud de Bali. On pense louer un scooter et visiter la péninsule de Bukkit, temple Uluwatu, faire du surf, du shopping, des massages etc ... - Jour 4 : direction Sanur puis bateau sur Nusa Lembongan -Jour 5 et 6 : Nusa Lembongan : snorkelling, visite en scooter, plage, mangrove (tour en bateau), culture d'algues - Jour 7 : Direction Ubud. De la beaucoup de choses qu'on aimerait faire (peut être pouvez vous nous aider à planifier des centres d'activités par jour pour ne pas qu'on soit éparpiller) : la ville, les villages autours, les musées, la monkey forest, les rizières (crète de Campuan ...), Goa Gajah, spectacle de danse, Tanah Lot, Mont Batur, le marché, les sources Tirta Empul, temple Ulun danu batur, temple mengwi .. - Jour 8, 9 , 10 et 11 : Ubud - Jour 12 : Munduk : les trois cascades, plantation de café, temple et lac bratan , rizières Jatiluwih, temple luhur batukaru, lac bruyan, balade en pirogue ?, cours de cuisine - Jour 13 : Munduk - Jour 14 : Lovina : lever de soleil sur la mer, excursion avec les dauphins, visite, excursion a permuteran pour l’île de menjangan et son snorkelling, source chaude de Banjar, Cascade Gitgit - Jour 15 : Lovina - Jour 16 : Direction Amed : snorkelling, retour des pecheurs, jemeluk, klungkung, temple besakih, palais aquatique, les salines, tenganan, marché singaraja, SIDEMEN (est ce qu'on se contente d'une excursion ou est ce que ça vaut la peine d'y rester une ou deux nuits ?) - Jour 17 : Amed - Jour 18 : Direction Gili Trawengan : FARNIENTE ! - Jour 19 et 20 : Gili T - Jour 21 : retour dans le Sud : derniers achats, repos ... - Jour 22 : journée libre retour le soir vol a 20h30 (combien de temps faut il y être avant ?)
Voila ce qu'on a prévu, on a de la marge pour ne pas rester à un endroit si cela nous plait pas et rester plus à l'inverse. Nous aimerions savoir si cet itinéraire est faisable ? Si'il y a des choses a voir a faire que j'ai oublié de mentionner ? Et des conseils et avis que vous pourriez nous apporter en plus peut etre ?
Merci d'avance !!! 🙂😊
Nous avons besoin d'aide de voyageurs ! Tout d'abord, nous sommes un jeune couple et nous partons à Bali le 22 avril 2015. Cela fait un moment que nous nous renseignons sur tout ce qu'il y a à faire, a voir, et tous les bons plans que l'on peut trouver (blog, site, forum, agence ...). Alors voila, nous avons mis notre itinéraire au point, mais comme c'est notre premier gros voyage et si loin, nous avons aussi besoin de vos conseils et de vos avis, et nous vous remercions par avance !
Nous voyageons en sac a dos, nous réservons un hôtel pour les trois premières nuits et après "à l'aventure" !
- Jour 1 : arrivée Denpasar 19h30, on s'occupe de tous les papiers, du visa, de changer un peu d'argent (combien ? / il vaut mieux changer a l'aéroport, en ville ou retirer plutôt ?). Puis direction Kuta (je sais beaucoup d'avis différents mais on veut se faire notre propre avis). Hotel poppies bali (un gros coup de cœur, on va réserver pour trois nuits, par internet ? Ou c'est mieux d'y aller pour négocier les prix au risque de ne pas avoir de chambre ?) - Jour 2 et 3 : Sud de Bali. On pense louer un scooter et visiter la péninsule de Bukkit, temple Uluwatu, faire du surf, du shopping, des massages etc ... - Jour 4 : direction Sanur puis bateau sur Nusa Lembongan -Jour 5 et 6 : Nusa Lembongan : snorkelling, visite en scooter, plage, mangrove (tour en bateau), culture d'algues - Jour 7 : Direction Ubud. De la beaucoup de choses qu'on aimerait faire (peut être pouvez vous nous aider à planifier des centres d'activités par jour pour ne pas qu'on soit éparpiller) : la ville, les villages autours, les musées, la monkey forest, les rizières (crète de Campuan ...), Goa Gajah, spectacle de danse, Tanah Lot, Mont Batur, le marché, les sources Tirta Empul, temple Ulun danu batur, temple mengwi .. - Jour 8, 9 , 10 et 11 : Ubud - Jour 12 : Munduk : les trois cascades, plantation de café, temple et lac bratan , rizières Jatiluwih, temple luhur batukaru, lac bruyan, balade en pirogue ?, cours de cuisine - Jour 13 : Munduk - Jour 14 : Lovina : lever de soleil sur la mer, excursion avec les dauphins, visite, excursion a permuteran pour l’île de menjangan et son snorkelling, source chaude de Banjar, Cascade Gitgit - Jour 15 : Lovina - Jour 16 : Direction Amed : snorkelling, retour des pecheurs, jemeluk, klungkung, temple besakih, palais aquatique, les salines, tenganan, marché singaraja, SIDEMEN (est ce qu'on se contente d'une excursion ou est ce que ça vaut la peine d'y rester une ou deux nuits ?) - Jour 17 : Amed - Jour 18 : Direction Gili Trawengan : FARNIENTE ! - Jour 19 et 20 : Gili T - Jour 21 : retour dans le Sud : derniers achats, repos ... - Jour 22 : journée libre retour le soir vol a 20h30 (combien de temps faut il y être avant ?)
Voila ce qu'on a prévu, on a de la marge pour ne pas rester à un endroit si cela nous plait pas et rester plus à l'inverse. Nous aimerions savoir si cet itinéraire est faisable ? Si'il y a des choses a voir a faire que j'ai oublié de mentionner ? Et des conseils et avis que vous pourriez nous apporter en plus peut etre ?
Merci d'avance !!! 🙂😊
M'installer à Grasse English translation pending
bonjour,
Actuellement expatriée en Turquie, je vais venir en repérage pour m'intaller dans la région de Opio / Grasse la semaine du 7 avril ! je n'ai hélas que 5 jours sur place avant de repartir en mission à l'étranger et revenir m'installer définitivement fin mai !
J'ai tout à trouver : un appartement, une banque, une voiture, une compagnie d'assurance ... bref, tout ce qui faut pour s'installer dans une nouvelle vie !
je suis donc à la recherche de :
une personne qui serait disponible les mercredi 8 ou Vendredi 10 ou samedi 11 avril et qui aurait une voiture (je paye les frais d'essence) pour me "promener" une matinée, une après midi, une journée autour de Grasse, Opio, Valbonne .... histoire de comprendre où je vais débarquer, où se situe la vie sociale, la vie économique, les transports ... (j'ai déja un RDV une journée avec une agence chasseur d'appartement mais j'ai peur de choisir un mauvais quartier !)
De l'aide et des recommandation des francais / habitants de la région pour me dire où et comment ils ont trouvé les meilleures sociétés / les meilleurs tarifs pour contracter les abonnement internet / TV / trouver une Banque / un bon plan une assurance logement + voiture / un garagiste .... car je galère total à toute chercher sur internet et je trouve plein de comparateurs qui me dirigent bien sur uniquement vers les agences qu'ils ont en contrat de promotion !!
VOS bons plans / contats pas chères / forfaits interessant sont les bienvenus en MP !!
BRef, si vous avez un peu de temps pour m'aider à m'installer ce serait cool, en Egypte il y avait bien une association Caire Accueil avec tous les anciens qui aidaient les nouveaux à trouver rapidement tous les bons plans pour s'installer au plus vite , j'espère trouver un équivalent avec l'accueil des gens de ce Forum sur la nouvelle zone où je vais vivre !!
Actuellement expatriée en Turquie, je vais venir en repérage pour m'intaller dans la région de Opio / Grasse la semaine du 7 avril ! je n'ai hélas que 5 jours sur place avant de repartir en mission à l'étranger et revenir m'installer définitivement fin mai !
J'ai tout à trouver : un appartement, une banque, une voiture, une compagnie d'assurance ... bref, tout ce qui faut pour s'installer dans une nouvelle vie !
je suis donc à la recherche de :
une personne qui serait disponible les mercredi 8 ou Vendredi 10 ou samedi 11 avril et qui aurait une voiture (je paye les frais d'essence) pour me "promener" une matinée, une après midi, une journée autour de Grasse, Opio, Valbonne .... histoire de comprendre où je vais débarquer, où se situe la vie sociale, la vie économique, les transports ... (j'ai déja un RDV une journée avec une agence chasseur d'appartement mais j'ai peur de choisir un mauvais quartier !)
De l'aide et des recommandation des francais / habitants de la région pour me dire où et comment ils ont trouvé les meilleures sociétés / les meilleurs tarifs pour contracter les abonnement internet / TV / trouver une Banque / un bon plan une assurance logement + voiture / un garagiste .... car je galère total à toute chercher sur internet et je trouve plein de comparateurs qui me dirigent bien sur uniquement vers les agences qu'ils ont en contrat de promotion !!
VOS bons plans / contats pas chères / forfaits interessant sont les bienvenus en MP !!
BRef, si vous avez un peu de temps pour m'aider à m'installer ce serait cool, en Egypte il y avait bien une association Caire Accueil avec tous les anciens qui aidaient les nouveaux à trouver rapidement tous les bons plans pour s'installer au plus vite , j'espère trouver un équivalent avec l'accueil des gens de ce Forum sur la nouvelle zone où je vais vivre !!
Compte-rendu détaillé de notre voyage en Birmanie English translation pending
Bonjour à tous !
Nous sommes revenus il y a un peu plus d'un mois de ce magnifique voyage au Myanmar. A notre tour de donner quelques infos utiles. (J'ai un peu traîné...)
Notre itinéraire était le suivant: Départ le Samedi 31 Janvier, arrivée à Yangon via Kuala Lumpur le Dimanche 01 Février Du Dimanche 01 Février au Mardi 03 Février: Yangon Mardi 03 Février: Bus de nuit vers Kalaw Mercredi 04 Février: Kalaw Jeudi 05 Février: Kalaw + Train vers Inle Vendredi 06 Février: Inle Samedi 07 Février: Inle Dimanche 08 Février: Inle Lundi 09 Février: Mandalay Mardi 10 Février: Mandalay Mercredi 11 Février: Mandalay (alentours) + bus de nuit vers Bagan Jeudi 12 Février: Bagan Vendredi 13 Février: Bagan Samedi 14 Février: Bagan Dimanche 15 Février: Bagan + bus de nuit vers Yangon Lundi 16 Février: Circular Train à Yangon + Vol retour vers Kuala Lumpur
La monnaie: Nous n'avions emporté que des euros et effectivement, il ne nous a jamais été demandé de dollars. Nous les avons changé à l'arrivée, à l'aéroport de Yangon pour 1€ = 1145 Kyats (même taux de change pour les billets de 50 et 100€, mais taux un poil moins avantageux pour les autres coupures).
Les hôtels: Nous avions tout réservé à l'avance. Je pense que cela relève des habitudes et préférences de chacun, nous avons procédé comme ceci de manière à pouvoir choisir l'emplacement mais également lire les avis des autres internautes. Globalement et comme précédemment dit, les tarifs des chambres sont plus chers que dans les pays voisins. On se retrouve la plupart du temps dans des logements très simples, avec des salles de bain, comment dire...qui manquent de personnalité! Peu importe, nous y sommes seulement pour dormir !
Yangon: Royal Guest House, (40€/nuit) guest house bien située, petit-déjeuner vraiment pas terrible (il me reste encore en bouche un goût de confiture façon bonbon chimique, ahah). Bref, nous avons préféré manger à l'extérieur dans les stands de rue. Un accueil cependant très amical, avec l'un des propriétaires parlant un anglais réellement incompréhensible (rien que pour ça, j'aimerais y retourner!).
Kalaw: Nature Land Hotel II. (30€/nuit) Nous ne sommes restés qu'une nuit dans cet hôtel qui propose des villas/chalets individuels. Le jardin est très agréable, le petit-déjeuner l'est également. Les chambres sont très spacieuses, mais les salles de bain laissent à désirer. Par contre, pas de chauffage, et comme les chambres sont immenses, il y fait froid ! Heureusement, il y a de bonnes couvertures, et puis à deux, on se réchauffe! Mais j'étais bien contente d'avoir un survêtement long et des chaussettes! L'hôtel se situe sur les hauteurs de Kalaw, à proximité d'une école, mais 10 minutes de marche suffisent à rejoindre le "centre".
Nyaungshwe: Golden Empress Hotel, 4 nuits (38€/nuit). Rien à redire sur cet hôtel, l'accueil y est très agréable. Bien qu'il fasse froid le matin comme à Kalaw, nous n'avons pas du tout été gênés dans les chambres par celui-ci contrairement à l'hôtel précédent. Le petit-déjeuner était copieux (fruits, pain, oeufs selon son choix) et la guest house possède une agréable terrasse où on accède par une échelle. En bref, je recommande vivement. Proche du marché de nuit pour se restaurer.
Mandalay: Ma Ma Guest House, 2 nuits (40€/nuit). Proche du palais royal, mais je ne saurais dire si l'emplacement était bien ou non car les sites de Mandalay sont vraiment éloignés les uns des autres. J'aurais après coup peut-être préféré une guest house proche de la colline et des magnifiques pagodes qui l'entourent. Sinon, nous n'avons pas été déçus, très calme, petit-déjeuner servi sur la terrasse, c'est toujours agréable!
Bagan: Bagan Umbra Hotel, 3 nuits (58€/nuit). L'emplacement est agréable car il est proche des temples, les chambres sont correctes (le lit est très confortable), mais les salles de bain sont vraiment défraîchies et sales, surtout pour ce prix. Malgré ça, nous avons adoré ce séjour dans cet hôtel (pour le coup cette fois un "grand" hôtel puisqu'il me semble qu'il y a environ 80 chambres) principalement grâce à sa piscine et ses chaises longues. Nous avons pu largement profiter de Bagan et de ses temples, tout en nous relaxant un peu car nous avions tout le séjour dans les pattes, et ça nous a fait le plus grand bien avant le retour à la réalité! C'est un petit-déjeuner buffet, donc vraiment copieux, et assez savoureux! L'hôtel louait des scooters électriques pour 12 000K par jour.
Climat: Heureusement, j'avais été prévenue, mais le Lonely Planet n'en parle pas ou peu. Alors, pour les prochains à partir: prenez des vêtements chauds! Que ce soit pour les bus (très climatisés), Kalaw, ou Inle, il fait vraiment frais le matin. Je suis très frileuse, mais croyez-moi, certains touristes paraissaient relativement figés le matin! Nous avions porté des coupe-vents pliables notamment pour le bâteau sur le lac Inle, et nous ne les avons pas regrettés. (Mais nous sommes quand même tombé malades tous les deux!) Personnellement, j'ai été très gênée par la pollution à Mandalay où la circulation est très dense. Pour le reste, que du bonheur! En prime, aucun moustique.
Nourriture: Miam miam ! Nous nous sommes tout simplement régalés, et le tout, à un prix dérisoire ! Nous n'avons jamais mangé dans un seul restaurant, sauf le jour de la Saint-Valentin, où l'addition s'est exceptionnellement élevée à 5€ ! En moyenne, on dépensait 1€ par jour. (Hors petit-déjeuner que nous prenions à l'hôtel)
Transports: Nous avons voyagé principalement bus de nuit, mais nous avons également pris l'avion et le train. Et bien sûr, le taxi quand il le fallait.
Quelques idées de tarifs : Taxi de l'aéroport de Yangon à la guest house dans le centre : 7 000K sans négocier 10 minutes Taxi du centre vers la paya Shwedagon: 2000K Bus de Yangon à Kalaw: 15 500K. Attention mieux vaut prévoir via votre guest house un accueil si vous arrivez la nuit comme nous (vers 05h30), deux ou trois personnes attendent à la sortie du bus pour vous proposer un trajet, à un tarif exorbitant ! 5000K pour deux minutes de voiture ! Finalement négociés à 3500K une fois arrivés...( "Quoi? Mais ça a duré seulement une minute, hors de question que je paie 5000K"! )Train de Kalaw à Shwenyaung : 1150K (Expérience TOP! Dans le wagon traditionnel bien sûr, on a partagé tout le trajet avec un moine et une autre personne et nous avons beaucoup rigolé, sans pouvoir vraiment communiquer. Et oui, il y a également un wagon "touristes", qui eux, restent entre eux. Ceci dit, je crois que d'office, nous avons payé le tarif "wagon touristes", à vérifier. Transport tuk tuk du Shwenyaung à Nyaungshwe: 4000K Journée de bâteau sur Inle: 18 000 K Taxi de Nyaungshwe à l'aéroport de Heho: 14 000K Taxi de l'aéroport de Mandalay à notre guest house: 6000K Chauffeur de taxi pour la journée (il a été adorable): 27 000 K (finalement nous lui avons donné un peu plus car il nous a déposé partout où nous voulions, comme par exemple au centre commercial acheter de la crème solaire... il en avait marre de nous, mais rigolait!) Pour les pagodes notées payantes dans le guide, certaines ne l'étaient pas, ou l'étaient à une différente entrée...Bref, nous payions, quand on nous le demandait! (Logique, non?) Entrée à la paya Shwedagon: 8000K Entrée à la paya Sule: 3000K Entrée Lac Inle: 10 500K
Nos meilleurs moments : - Le trajet en train Kalaw - Inle, avec un beau moment de partage - Nous avons assisté par chance à deux mariages birmans, où nous avons été invités, super intéressant de voir les coutumes différentes - Nous avons également été invités au festival d'une pagode Le seul moment que nous n'avons pas aimé: - Inwa ! (Alentours de Mandalay). Un attrape touristes ! Je développerai rapidement si quelqu'un me le demande, si quelqu'un le fait à ma place je le remercierai, car j'en ai marre d'écrire :-D
Allez Zou, il n'y a plus qu'à prévoir la prochaine destination, on passe le flambeau !
A bientôt et merci à tous pour vos bons conseils avant départ.
Nut' 😇
Nous sommes revenus il y a un peu plus d'un mois de ce magnifique voyage au Myanmar. A notre tour de donner quelques infos utiles. (J'ai un peu traîné...)
Notre itinéraire était le suivant: Départ le Samedi 31 Janvier, arrivée à Yangon via Kuala Lumpur le Dimanche 01 Février Du Dimanche 01 Février au Mardi 03 Février: Yangon Mardi 03 Février: Bus de nuit vers Kalaw Mercredi 04 Février: Kalaw Jeudi 05 Février: Kalaw + Train vers Inle Vendredi 06 Février: Inle Samedi 07 Février: Inle Dimanche 08 Février: Inle Lundi 09 Février: Mandalay Mardi 10 Février: Mandalay Mercredi 11 Février: Mandalay (alentours) + bus de nuit vers Bagan Jeudi 12 Février: Bagan Vendredi 13 Février: Bagan Samedi 14 Février: Bagan Dimanche 15 Février: Bagan + bus de nuit vers Yangon Lundi 16 Février: Circular Train à Yangon + Vol retour vers Kuala Lumpur
La monnaie: Nous n'avions emporté que des euros et effectivement, il ne nous a jamais été demandé de dollars. Nous les avons changé à l'arrivée, à l'aéroport de Yangon pour 1€ = 1145 Kyats (même taux de change pour les billets de 50 et 100€, mais taux un poil moins avantageux pour les autres coupures).
Les hôtels: Nous avions tout réservé à l'avance. Je pense que cela relève des habitudes et préférences de chacun, nous avons procédé comme ceci de manière à pouvoir choisir l'emplacement mais également lire les avis des autres internautes. Globalement et comme précédemment dit, les tarifs des chambres sont plus chers que dans les pays voisins. On se retrouve la plupart du temps dans des logements très simples, avec des salles de bain, comment dire...qui manquent de personnalité! Peu importe, nous y sommes seulement pour dormir !
Yangon: Royal Guest House, (40€/nuit) guest house bien située, petit-déjeuner vraiment pas terrible (il me reste encore en bouche un goût de confiture façon bonbon chimique, ahah). Bref, nous avons préféré manger à l'extérieur dans les stands de rue. Un accueil cependant très amical, avec l'un des propriétaires parlant un anglais réellement incompréhensible (rien que pour ça, j'aimerais y retourner!).
Kalaw: Nature Land Hotel II. (30€/nuit) Nous ne sommes restés qu'une nuit dans cet hôtel qui propose des villas/chalets individuels. Le jardin est très agréable, le petit-déjeuner l'est également. Les chambres sont très spacieuses, mais les salles de bain laissent à désirer. Par contre, pas de chauffage, et comme les chambres sont immenses, il y fait froid ! Heureusement, il y a de bonnes couvertures, et puis à deux, on se réchauffe! Mais j'étais bien contente d'avoir un survêtement long et des chaussettes! L'hôtel se situe sur les hauteurs de Kalaw, à proximité d'une école, mais 10 minutes de marche suffisent à rejoindre le "centre".
Nyaungshwe: Golden Empress Hotel, 4 nuits (38€/nuit). Rien à redire sur cet hôtel, l'accueil y est très agréable. Bien qu'il fasse froid le matin comme à Kalaw, nous n'avons pas du tout été gênés dans les chambres par celui-ci contrairement à l'hôtel précédent. Le petit-déjeuner était copieux (fruits, pain, oeufs selon son choix) et la guest house possède une agréable terrasse où on accède par une échelle. En bref, je recommande vivement. Proche du marché de nuit pour se restaurer.
Mandalay: Ma Ma Guest House, 2 nuits (40€/nuit). Proche du palais royal, mais je ne saurais dire si l'emplacement était bien ou non car les sites de Mandalay sont vraiment éloignés les uns des autres. J'aurais après coup peut-être préféré une guest house proche de la colline et des magnifiques pagodes qui l'entourent. Sinon, nous n'avons pas été déçus, très calme, petit-déjeuner servi sur la terrasse, c'est toujours agréable!
Bagan: Bagan Umbra Hotel, 3 nuits (58€/nuit). L'emplacement est agréable car il est proche des temples, les chambres sont correctes (le lit est très confortable), mais les salles de bain sont vraiment défraîchies et sales, surtout pour ce prix. Malgré ça, nous avons adoré ce séjour dans cet hôtel (pour le coup cette fois un "grand" hôtel puisqu'il me semble qu'il y a environ 80 chambres) principalement grâce à sa piscine et ses chaises longues. Nous avons pu largement profiter de Bagan et de ses temples, tout en nous relaxant un peu car nous avions tout le séjour dans les pattes, et ça nous a fait le plus grand bien avant le retour à la réalité! C'est un petit-déjeuner buffet, donc vraiment copieux, et assez savoureux! L'hôtel louait des scooters électriques pour 12 000K par jour.
Climat: Heureusement, j'avais été prévenue, mais le Lonely Planet n'en parle pas ou peu. Alors, pour les prochains à partir: prenez des vêtements chauds! Que ce soit pour les bus (très climatisés), Kalaw, ou Inle, il fait vraiment frais le matin. Je suis très frileuse, mais croyez-moi, certains touristes paraissaient relativement figés le matin! Nous avions porté des coupe-vents pliables notamment pour le bâteau sur le lac Inle, et nous ne les avons pas regrettés. (Mais nous sommes quand même tombé malades tous les deux!) Personnellement, j'ai été très gênée par la pollution à Mandalay où la circulation est très dense. Pour le reste, que du bonheur! En prime, aucun moustique.
Nourriture: Miam miam ! Nous nous sommes tout simplement régalés, et le tout, à un prix dérisoire ! Nous n'avons jamais mangé dans un seul restaurant, sauf le jour de la Saint-Valentin, où l'addition s'est exceptionnellement élevée à 5€ ! En moyenne, on dépensait 1€ par jour. (Hors petit-déjeuner que nous prenions à l'hôtel)
Transports: Nous avons voyagé principalement bus de nuit, mais nous avons également pris l'avion et le train. Et bien sûr, le taxi quand il le fallait.
Quelques idées de tarifs : Taxi de l'aéroport de Yangon à la guest house dans le centre : 7 000K sans négocier 10 minutes Taxi du centre vers la paya Shwedagon: 2000K Bus de Yangon à Kalaw: 15 500K. Attention mieux vaut prévoir via votre guest house un accueil si vous arrivez la nuit comme nous (vers 05h30), deux ou trois personnes attendent à la sortie du bus pour vous proposer un trajet, à un tarif exorbitant ! 5000K pour deux minutes de voiture ! Finalement négociés à 3500K une fois arrivés...( "Quoi? Mais ça a duré seulement une minute, hors de question que je paie 5000K"! )Train de Kalaw à Shwenyaung : 1150K (Expérience TOP! Dans le wagon traditionnel bien sûr, on a partagé tout le trajet avec un moine et une autre personne et nous avons beaucoup rigolé, sans pouvoir vraiment communiquer. Et oui, il y a également un wagon "touristes", qui eux, restent entre eux. Ceci dit, je crois que d'office, nous avons payé le tarif "wagon touristes", à vérifier. Transport tuk tuk du Shwenyaung à Nyaungshwe: 4000K Journée de bâteau sur Inle: 18 000 K Taxi de Nyaungshwe à l'aéroport de Heho: 14 000K Taxi de l'aéroport de Mandalay à notre guest house: 6000K Chauffeur de taxi pour la journée (il a été adorable): 27 000 K (finalement nous lui avons donné un peu plus car il nous a déposé partout où nous voulions, comme par exemple au centre commercial acheter de la crème solaire... il en avait marre de nous, mais rigolait!) Pour les pagodes notées payantes dans le guide, certaines ne l'étaient pas, ou l'étaient à une différente entrée...Bref, nous payions, quand on nous le demandait! (Logique, non?) Entrée à la paya Shwedagon: 8000K Entrée à la paya Sule: 3000K Entrée Lac Inle: 10 500K
Nos meilleurs moments : - Le trajet en train Kalaw - Inle, avec un beau moment de partage - Nous avons assisté par chance à deux mariages birmans, où nous avons été invités, super intéressant de voir les coutumes différentes - Nous avons également été invités au festival d'une pagode Le seul moment que nous n'avons pas aimé: - Inwa ! (Alentours de Mandalay). Un attrape touristes ! Je développerai rapidement si quelqu'un me le demande, si quelqu'un le fait à ma place je le remercierai, car j'en ai marre d'écrire :-D
Allez Zou, il n'y a plus qu'à prévoir la prochaine destination, on passe le flambeau !
A bientôt et merci à tous pour vos bons conseils avant départ.
Nut' 😇
Lumières nordiques English translation pending
Amoureux des lumières nordiques nous rêvions de découvrir l'ambiance hivernale: voici le récit d'une dizaine de jours passés entre Trondheim et Tromso en alternant parcours avec l'express côtier et escales prolongées dans les îles Lofoten et Tromso. Et nous avons été gâtés par des lumières sublimes et quelques aurores boréales. Découverte fascinante...
Le carnet de voyages avec toutes les photos est visible ici: http://mjpgouret.free.fr/hivernorvege/norvege.html
05/03/2015: arrivée à 14h30 à Trondheim sous un ciel bas et gris avec quelques flocons de neige éparse. Après la récupération rapide des bagages nous prenons le Flybussen qui rejoint le centre ville en 25 minutes. Le paysage de mer, collines colorées de maisons rouges est caractéristique. Arrêt à 100m de notre hôtel (City living Scholler hôtel, confortable avec en prime une cuisine collective où nous pouvons réchauffer le plat surgelé acheté au supermarché du coin). Une fois les bagages déposés nous partons pour un petit tour dans les rues humides et luisantes tandis que les anciens entrepôts portuaires multicolores se reflètent dans les canaux. Le crépuscule s'installe mais, à cette époque la lumière reste présente jusque 18h créant une atmosphère étrange avec une clarté diffuse. Nous retrouvons avec plaisir cette lumière si particulière et cette ambiance paisible. Quelques courses rapides au supermarché voisin de l'hôtel nous permettent un approvisionnement pour le repas du soir et les en-cas des prochains jours.

06/03/2015: petite promenade matinale dans les rues de Trondheim encore endormie. Avec le jour quelques éclaircies apparaissent éclairant joliment les façades des anciens entrepôts. Nous rejoignons en 25 minutes à pied le quai de l'Hurtigruten et pressons le pas pour éviter l'averse qui s'annonce. Les formalités d'accès au Nordlys sont très rapides. Après l'installation dans notre cabine relativement exigüe (mais nous n'avons pas l'intention d'y passer beaucoup de temps) nous gagnons les ponts pour observer les manœuvres de départ. Jusqu'au dernier moment le chargement de fret se poursuit sans temps mort. Miracle du ciel norvégien, le soleil revient et nous appareillons sous une belle clarté. Nous descendons le large fjord bordé de pentes cultivées parsemées de grandes fermes aux massifs bâtiments toujours colorés. De larges éclaircies déchirent les nuages tandis qu'une petit bise ourle les courtes vagues d'une crête blanche. Mais grâce aux stabilisateurs du bateau aucune sensation de tangage ni de roulis n'est perceptible. De tous côtés apparaissent de nouveaux ilôts qui abritent parfois quelques maisons isolées. Des passages nuageux succèdent aux éclaircies et nous partageons notre temps entre découverte du paysage à partir des coursives et repos dans les confortables fauteuils des salons. Nous doublons le phare de Kjeungskjaer, construction octogonale originale datant de 1880. L'express côtier s'engage ensuite dans un étroit passage avant de rejoindre la mer ouverte de Folla. Le vent forcit et, durant 1h30 environ un lent mouvement de roulis nous provoque une vague nausée amplifiée sans doute par notre estomac qui crie un peu famine. Le calme revenu nous permet de profiter du snack où l'équipage sympathique à qui nous avons confié les bouleversements de notre estomac nous offre un copieux sandwich de pain et de fromage. Après une courte escale nocturne à Rorvik nous regagnons notre cabine où les confortables couchettes nous attendent.

07/03/2015: nous ne voulons pas manquer le passage du cercle polaire prévu entre 7 et 8h et avons programmé le réveil à 6h30. La nuit a été excellente, bercée par le ronronnement et les douces vibrations des machines. Nous avons changé d'atmosphère: le ciel gris laisse percer une lumière blafarde tandis que des pics abrupts recouverts de neige plongent dans la mer ourlée d'écume. Ambiance grand nord garantie. Le cercle polaire est matérialisé par une mappemonde géante plantée sur un ilot rocheux isolé. Peu après nous faisons une courte escale à Ornes, petit village blotti entre d'abruptes falaises enneigées et la mer. La navigation se poursuit sous la bruine et le vent jusque Bodo, grande ville du nord, aux buildings gris. La pluie cesse et nous permet une rapide promenade dans le centre ville aux rue quadrillées, avec des magasins aux vitrines modernes. Le temps n'incite guère à la promenade ni, d'ailleurs, l'ambiance de la ville et nous retournons assez vite vers le bateau pour nous installer dans le salon panoramique où nous allons passer le reste de la traversée. Durant la traversée du Vestfjord le ciel reste très couvert malgré quelques rares éclaircies vite effacées. Dans cette zone ouverte largement aux vents le bateau tangue et roule doucement durant 3h mais aujourd'hui nous résistons vaillamment!!! Après une courte escale à Stamsund l'hôtesse du bord annonce qu'une aurore boréale est visible à tribord: c'est alors l'effervescence généralisée pour gagner les ponts extérieurs. Nous apercevons alors vers l'est une pale lueur verte, malheureusement rapidement cachée par la fumée du bateau puis définitivement par les nuages. A 21 heures nous accostons à Svolvaer, principale ville des Lofoten. En une dizaine de minutes nous rejoignons alors le Scandic Hotel en longeant les rues où subsistent encore des résidus de glace et neige. Une fois les bagages déposés nous retournons pour un petit tour de découverte du port mais la pluie mêlée de neige nous dissuade de poursuivre très longtemps.

08/03/2015: malgré un ciel bien gris les abruptes montagnes enneigées qui dominent la ville se laissent découvrir quand nous ouvrons les rideaux de la chambre. Après un traditionnel et copieux petit déjeuner norvégien nous récupérons la voiture de location puis partons à la découverte de la ville tout en cherchant quelques provisions. Las, notre recherche sera infructueuse, tous les magasins étant fermé en ce dimanche matin. Par contre, nous vérifions rapidement que la météo est fidèle à sa réputation: passer une journée dans les Lofoten, c'est vivre toutes les saisons en accéléré. Et quand la lumière du soleil perce c'est un éblouissement de couleurs qui nous frappe: les façades rouges, jaunes ou vertes scintillent tandis que la neige immaculée brille de mille feux en arrière plan. Nous prenons ensuite la route vers Henningsvaer. L'atmosphère hivernale est particulièrement impressionnante et renforce la sauvagerie de ces montagnes plongeant abruptement dans la mer. Éclaircies et averses de pluie mêlée de neige se succèdent mais sur la petite route côtière peu avant Henningsvaer le soleil brille généreusement et c'est un spectacle de toute beauté qui s'offre à nos yeux: le bleu intense de la mer agités de vagues blanches vient se perdre contre la blancheur étincelante des pentes escarpées. À Henningsvaer, le soleil semble vouloir nous offrir le spectacle avec ces bateaux multicolores accolés aux maisons rouges sur fond de sommets abondamment enneigés. c'est la saison de pêche et les séchoirs sont remplis de morues. La chance semblant nous sourire nous poursuivons vers l'île de Gimsoya où l'alternance de grains et d'éclaircies rend encore plus intenses les jeux de lumières. La fascination est partout: séchoirs à morues, chapelle en bois au bord du fjord, lacs gelés aux reflets bleutés, mouettes chassées par les puissantes déferlantes. Tout au long de la petite route qui contourne l'île nous sommes subjugués par ces paysages. En fin d'après-midi nous rejoignons sous les averses de grêle Kabelvag où nous avons réservé un petit appartement.

09/03/2015: de courtes averses de grêle et de neige ont blanchi le bord de mer et nous découvrons un paysage tout en nuances de blanc et gris au réveil. Les rues de Kabelvag sont désertes et les rares piétons ou voitures qui s'y déplacent donnent une impression très particulière de solitude et de silence. Nous partons à la découverte du minuscule port aux pontons de bois tout enneigés et sur les conseils d'Arvid, notre hôte, grimpons sur la modeste colline dominant la ville sur laquelle est érigée une statue d'un roi viking. Nous vérifions une fois de plus, qu'ici le temps, beau ou mauvais, n'est jamais fermement installé car quelques éclaircies pointent entre les averses de grésil. Après quelques courses au supermarché nous partons en direction de l'île de Vestvagoya. Les routes sont toutes blanches et j'apprécie la sécurité des 4 pneus cloutés de la voiture de location. Bien que le temps soit plus uniformément gris que la veille le plafond est assez élevé pour que les montagnes reblanchies décorent le tableau et la variété des couleurs de la mer est constamment un sujet d'étonnement: du noir d'encre au vert émeraude toutes les nuances de l'eau apparaissent. Nous longeons aussi quelques lacs gelés superficiellement qui offrent mille nuances de gris. À l'approche de Leknes, principale ville de l'île de Vestvagoya, les massifs escarpés laissent de la place à quelques plaines agricoles et les sommets s'amollissent relativement. Un tunnel gratuit de 1,7 kms permet de rejoindre l'île de Flakstadoya. Une petite route longe ensuite le bord de mer vers Myrdal. La neige récente recouvre les plages de sa fine pellicule poudrée, tandis que de l'autre côté du détroit le soleil éclaire joliment les pentes blanchies. Quelques maisons isolées apportent leur note de couleur à ce merveilleux paysage. Myrdal est située au bout du monde après avoir traversé une zone de roches noires à l'aspect sinistre où la route étroite semble bien vulnérable face aux couloirs d'avalanche et aux éboulis de roches écroulées qui semblent vouloir se déverser dans la mer. Ensuite, par une petite route surplombée de raides parois plâtrées d'une épaisse couche de neige nous rejoignons Nusfjord, minuscule port construit de superbes rorbus en bois rouge et d'entrepôts jaunes. Malgré un ciel souvent terne quelques échappées lumineuses au travers des nuages apportent leur note de couleur magique durant des instants fugitifs. Pour terminer nous roulons jusque Flakstad dont l'église en bois rouge est située dans un cadre idyllique partagé entre mer et montagne. Nous déambulons tranquillement autour de l 'église à la recherche de points de vue originaux pour les photos quand une brutale averse de grêle nous contraint à nous abriter dans la voiture. En quelques minutes la route devient complètement blanche et, une nouvelle fois, nous constatons la diversité du temps dans ces îles. Pour le retour nous décidons d'éviter la « grande » route E10 et empruntons la route côtière. Mais le mauvais temps qui s'installe en cette fin de journée nous prive des vues certainement spectaculaires. Nous sommes quand même frappés, tout au long de ce passage par l'isolement et la sévérité des lieux: de hautes montagnes à la roche sombre se perdent directement dans la mer et la neige qui recouvre tout accentue encore cette impression de solitude. Après le dîner, le ciel laisse apercevoir des étoiles et nous sortons donc dans l'espoir d'observer des aurores boréales. Manque de chance, une nouvelle averse de neige vient obscurcir le ciel mais au moment où nous rentrons à l'appartement nos yeux sont attirés par une étrange lueur diffuse qui semble verte. En observant attentivement nous constatons qu'il s'agit bien d'une aurore boréale, d'intensité assez faible mais suffisante pour imprimer sa trace sur l'appareil photo.

11/03/2015: une fine couche de nuages laisse percer le soleil et cette luminosité si particulière teinte le paysage de merveilleuses nuances pastel. Aujourd'hui sera la journée des reflets. Nous remontons la route principale E10 vers le nord. Les averses de la veille ont déposé une fine couche de neige et tout apparaît en teintes douces. Le vent a cessé et à chaque détour de virage les montagnes se mirent dans les étendues composant des tableaux impressionnistes. Tous les sommets sont dégagés et nous découvrons un relief où se côtoient pics escarpés abondamment plâtrés de neige et grandes pentes immaculées, où l'expression « plus blanc que blanc » prend tout son sens. Les arrêts en cours de route sont nombreux tant les images sont tentantes pour la photo: Husvagpollen, Vatterfjordpollen et Sildpollen. La difficulté est toutefois de trouver des aires d'arrêt car les bords de route enneigés laissent peu de place pour la voiture. Et nos semelles collent moins à la route verglacée que les pneus cloutés de la voiture: la vigilance s'impose pour ne pas se retrouver les quatre fers en l'air. Nous quittons la route principale pour la petite route peu fréquentée vers Laukvik et le sentiment de solitude devient total: peu d'habitations, des forêts de bouleaux et quelques bois de conifères au milieu de tourbières. La route longe des lacs gelés parsemés de larges plaques de glace fracturées par le mouvement des eaux; c'est vraiment l'ambiance du grand nord telle que nous en rêvions. Seul le crissement des pneus rompt le silence. Au bord du lac de Vatnfjorden une loutre surprise de notre présence se précipite dans l'eau et se réfugie sous la glace. Nous atteignons Laukvik petit port de pêche où de rares maisons se mirent dans l'eau. Derrière la digue les vagues se brisent contre les rochers tandis qu'au loin apparaissent les massifs enneigés des Vestaralen. Nous déambulons tranquillement autour du port dans un air vif mais sans vent et découvrons les séchoirs à morue en pleine activité. Nous empruntons ensuite la route qui longe le bord de mer dans une zone de marécages puis qui contourne le Grunnforfjorden et Mortfjorden. Les lumières sont extraordianires entre le blanc et le gris bleuté et de multiples pauses photo nous occupent une partie de l'après-midi. Une fois la route E10 rejointe nous retournons vers Svolvaer. La lumière de fin de journée sublime le paysage et nous ne résistons pas à un arrêt sur le belvédère de Austnesfjorden où, malgré la fraîcheur, nous passons un long moment à nous extasier devant tant de merveilles. Avant de quitter les Lofoten nous voulons imprimer dans notre mémoire la magie de l'hiver. En attendant la nuit nous poursuivons jusque Kalle, petit port perdu dans une espèce de bout du monde, puis explorons les petites routes sans issue qui mènent au bord des fjords en rentrant vers Svolvaer. À 21h15, nous montons à bord de l'express côtier Polarlys en direction de Tromso. La nuit est claire, des étoiles parsèment le ciel mais nous ne voyons pas trace d'aurore boréale. Nous attendons sur le pont, un peu transis, l'entrée étroite du Trollfjord que le bateau éclaire de ses puissants projecteurs, puis décidons d'aller dormir car le ciel reste désespérément nuageux.

11/03/2015: le ciel est gris au lever du jour alors que l'express côtier fait étape à Harstad mais des éclaircies nous donnent de l'espoir. Le paysage a changé d'aspect: les montagnes acérées ont laissé la place à des massifs arrondis aux pentes douces abondamment enneigées. Par instants de fortes bourrasques de neige balaient le pont du bateau suivies rapidement par des trouées lumineuses. A Finnsness le bateau accoste sous une violente averse de neige puis reprend la mer sous le soleil... Nous débarquons à 14h30 à Tromso et découvrons une ville aux rues chargées de neige ou encombrées de gadoue fondante avec des trottoirs parfois glissants. Après avoir récupéré le véhicule de location à l'agence Hertz située à 10/15 minutes nous prenons ensuite la direction de l'appartement réservé dans un quartier résidentiel de petites villas sur le continent: tout est enneigé et crée un peu une atmosphère de crèche de Noël et nous sommes accueillis très chaleureusement. Nous partons ensuite au supermarché situé à 5 minutes de voiture pour remplir le réfrigérateur.

12/03/2015: un vent violent souffle ce matin et, dans les rues verglacées, c'est la valse des poubelles. Le ciel reste égal à lui-même, ni franchement beau, ni franchement mauvais. Nous partons à la découverte du tour de l'île de Kvaloya. Un long tunnel permet de rejoindre l'île sur laquelle est implantée la ville de Tromso, puis après avoir contourné l'aéroport un pont en dos d'âne rejoint l'île de Kvaloya. Ici, tout est abondamment enneigé et heureusement que de nombreux arrêts de bus ponctuent la route pour faire des pauses photo. Au départ, la route suit le rivage longé la veille par l'express côtier. Sur l'autre rive apparaissent de nombreux massifs enneigés aux sommets arrondis. Tout au long de la route des habitations démontrent que la région est peuplée malgré l'impression ressentie d'un certain isolement. Régulièrement sur le bord du rivage nous voyons des cabanes en bois, le plus souvent rouges, mais également vertes, jaunes ou bleues qui apportent leur touche de couleur. Les teintes de la mer varient constamment en fonction du soleil entre gris et émeraude. Des forêts éparses de maigres bouleaux percent la neige. Dès que la route s'élève de quelques dizaines de mètres l'ambiance devient arctique et le paysage est comme estompé. Des éclaircies bienvenues illuminent l'église de Brensholmen alors que la mer prend une teinte émeraude vive sous un ciel d'encre. À Sommaroy nous vivons des alternances rapprochées d'éclaircies et de grains de grêle balayée à l'horizontale par le vent violent. Le petit port relativement mal abrité est entouré de criques sablonneuses. Ce régime de giboulées va se poursuivre tout au long du contournement sinueux du Nordfjorden durant lequel de brefs jaillissements de lumière composent un tableau presque irréel. Il est un peu tard quand nous atteignons Erstfjordbotn et la délicate lumière qui frole les raides pentes enneigées du fjord semble très fragile et évanescente.

13/03/2015: le ciel sans pluie mais uniformément gris nous dissuade d'aller visiter les Alpes de Lyngen. Nous décidons de découvrir les rives du Malangen fjord. La route est identique à celle d'hier vers l'est de l'île de Kvaloya puis nous bifurquons à Larseng pour emprunter le tunnel payant qui franchit le fjord. Peu après la sortie de celui-ci nous apercevons 2 rennes broutant tranquillement les rares herbes qui commencent à percer la neige. Nullement effrayés par notre présence ils continuent paisiblement pendant que nous les photographions. Nous poursuivons pour rejoindre la rive orientale du Malangen fjord: l'ambiance est très hivernale avec cette pâle lumière qui peine à colorer le paysage. Les bords du fjord sont couverts de forêts de bouleaux et de quelques sapins. La neige abondante, la rareté des véhicules et le ciel sans véritable relief donnent l'impression d'une nature complètement figée et recroquevillée. Pourtant, la vie est présente et tout au long de la route des habitations et des fermes surgissent de la neige au milieu des bois. De tous côtés des massifs montagneux se dressent, tantôt figés dans l'ombre, tantôt éblouissants de blancheur quand une timide éclaircie laisse percer les rayons solaires. À Malangen nous bifurquons pour observer une église en bois. La petite route semble se poursuivre et nous décidons de partir à sa découverte. Elle grimpe, bien modestement, dans la montagne et, de suite, l'ambiance est encore plus hivernale: route blanche, hautes congères de chaque côté, fermes émergeant de vastes champs enneigés, lacs glacés. Cet espace de « hauts » plateaux apparaît encore plus isolé que les rives du fjord. A chaque sortie de la voiture il faut prendre garde de ne pas se retrouver les 4 fers en l'air sur la glace. De retour au bord du fjord nous sommes attirés par un village situé un peu à l'écart et nous décidons d'y chercher un coin de pique-nique. Tout à l'extrémité de la route, près d'un petit phare, des rochers nous accueillent avec un magnifique panorama d'eau et de neige. Après Meistervik nous quittons à nouveau la route principale pour rejoindre l'intérieur où la petite route surplombe le lac Fiskelausvatnet dans une ambiance complètement irréelle: il n'est que 15h45 mais la lumière commence à décliner et ce monde d'altitude (environ 160m) se fige sans bruit, sans couleur si ce n'étaient les traits noirs des arbres rayant la neige tels une peinture au fusain. Après une rapide descente nous rejoignons Storsteinnes dont les installations industrielles surprennent dans ce décor grandiose puis retournons vers Tromso le long du Balsfjorden. En cette fin de journée la conduite réclame de l'attention pour louvoyer entre plaques de neige épaisse fondante et glace vive, sans oublier les gerbes d'eau qui se brisent avec fracas sur le pare-brise lorsque les voitures croisées traversent les larges flaques de fonte.

14/03/2015: le ciel est bas, gris, sans relief et il pleut. Nous patientons jusque 10h, heure à laquelle nos hôtes nous ont invités à partager le breakfast. Nous passons un long moment à évoquer la vie en Norvège. Moment bien sympathique d'autant plus que le temps n'incite pas trop à la promenade. En fin de matinée nous partons à pied vers le centre ville de Tromso distant d'environ 25 minutes. Il faut rester vigilant car certains passages sont tellement verglacés qu'il est difficile d'y tenir debout. Nous nous dirigeons vers la cathédrale arctique, sobre bâtiment de béton minimaliste dominant le fjord face à la ville. Puis nous empruntons le long pont en dos d'âne franchissant le fjord: la vue sur les docks et les quais est spectaculaire mais, malheureusement tout reste gris. Comme beaucoup de villes nordiques le centre est calme mais sans grand intérêt: quelques vieilles maisons en bois du 19 ème siècle jouxtent de modernes bâtisses en béton. Les rues sont encombrées de tas de neige, parfois fondante et il y règne une ambiance qui n'incite pas forcément à la promenade. Dans l'ancienne cathédrale en bois une odeur sympathique de gateau et de café nous accueille. En effet, au fond de l'église un petit bar a été aménagé. La pluie se poursuivant nous visitons le musée Polaria, à l'aspect vieillot et décevant: la logique du parcours nous a échappé et nous avons trouvé les documents de présentation, souvent peu lisibles et peu pertinents. Nous avons eu l'impression de nous retrouver dans un musée très vétuste. En fin d'après midi des éclaircies apparaissent et nous nous préparons pour tenter d'observer des aurores boréales, la météo semblant favorable cette nuit. Vers 21h30, nous constatons que le ciel est complètement dégagé et nous partons donc en voiture essayer de trouver les spots décrits sur le web. De nuit et ne connaissant pas les lieux nous errons un peu avant de décider de nous arrêter dans un endroit dégagé au bord du fjord pas très loin de l'aéroport. Il y a bien quelques lumières de la ville mais nous tentons notre chance. Au bout de quelques minutes une étrange lueur pointe sur l'île de Kvaloya. Nous sortons rapidement de la voiture et, miracle, le panache vert prend de l'ampleur et durant plus d'une demi-heure va nous régaler de ses draperies ondulantes.

15/03/2015: pour notre dernière journée la Norvège éclabousse de lumière ses fjords et ses montagnes enneigées. Tromso resplendit sous le soleil matinal et nous prenons la route en direction des Alpes de Lyngen. Nous suivons la route E8 le long du fjord Balsfjorden. La partie amont du fjord, là où les eaux sont calmes, est glacée. Nous empruntons ensuite une route qui traverse l'intérieur de la péninsule pour rejoindre Breivikeidet. Dès qu'on séloigne de la mer l'ambiance hivernale est encore plus présente avec la route totalement blanche et les petites maisons enfouies sous une neige abondante. Arrivés au bord du fjord nous n'attendrons que quelques minutes pour embarquer sur le ferry qui traverse en une vingtaine de minutes vers Svensby. Les sommets acérés des Alpes de Lyngen éclatent de blancheur: les crêtes rocheuses ourlées de neige percent des pentes abondamment blanchies. Le spectacle est grandiose. Nous longeons le Jaegervatnet, vaste lac glacé dont les reflets forment un camaïeu blanc bleu d'une exceptionnelle pureté. Nous poursuivons vers le nord jusqu'à l'extrémité de la presqu'île de Lenangsoyra et, tout au long de la route, des maisons colorées tranchent avec cet univers blanc et bleu. Les eaux du fjord sont d'un bleu d'azur saturé par la luminosité exceptionnelle. Puis nous rebroussons chemin vers Lyngseidet, principale localité de la péninsule. Nous profitons en permanence de points de vue variés sur le massif montagneux éblouissant tandis qu'au bord du fjord cabanes et maisons apportent leur touche colorée. A Kvalvik, nous profitons du spectacle d'une cavalière qui galope au milieu de grandes gerbes d'eau. C'est ensuite par les routes principales E6 et E8 que nous retournons à Tromso. Durant la soirée, nos hôtes nous invitent à partager un morceau de gâteau et un thé avec eux pour terminer notre séjour de manière très conviviale.

16/03/2015: aux aurores, nous gagnons rapidement l'aéroport d'où nous décollons à 8h30. Il y a foule dans l'aérogare et une longue queue mal ordonnée pour déposer les bagages. Heureusement, nous avions prévu un peu de marge car il nous faut patienter environ 3/4h avant de pouvoir gagner l'embarquement. Le survol de la Norvège sera un agréable prolongement du séjour avec une vision panoramique de l'entrelacs de montagnes, fjords et autres lacs à perte de vue.
Le carnet de voyages avec toutes les photos est visible ici: http://mjpgouret.free.fr/hivernorvege/norvege.html
05/03/2015: arrivée à 14h30 à Trondheim sous un ciel bas et gris avec quelques flocons de neige éparse. Après la récupération rapide des bagages nous prenons le Flybussen qui rejoint le centre ville en 25 minutes. Le paysage de mer, collines colorées de maisons rouges est caractéristique. Arrêt à 100m de notre hôtel (City living Scholler hôtel, confortable avec en prime une cuisine collective où nous pouvons réchauffer le plat surgelé acheté au supermarché du coin). Une fois les bagages déposés nous partons pour un petit tour dans les rues humides et luisantes tandis que les anciens entrepôts portuaires multicolores se reflètent dans les canaux. Le crépuscule s'installe mais, à cette époque la lumière reste présente jusque 18h créant une atmosphère étrange avec une clarté diffuse. Nous retrouvons avec plaisir cette lumière si particulière et cette ambiance paisible. Quelques courses rapides au supermarché voisin de l'hôtel nous permettent un approvisionnement pour le repas du soir et les en-cas des prochains jours.

06/03/2015: petite promenade matinale dans les rues de Trondheim encore endormie. Avec le jour quelques éclaircies apparaissent éclairant joliment les façades des anciens entrepôts. Nous rejoignons en 25 minutes à pied le quai de l'Hurtigruten et pressons le pas pour éviter l'averse qui s'annonce. Les formalités d'accès au Nordlys sont très rapides. Après l'installation dans notre cabine relativement exigüe (mais nous n'avons pas l'intention d'y passer beaucoup de temps) nous gagnons les ponts pour observer les manœuvres de départ. Jusqu'au dernier moment le chargement de fret se poursuit sans temps mort. Miracle du ciel norvégien, le soleil revient et nous appareillons sous une belle clarté. Nous descendons le large fjord bordé de pentes cultivées parsemées de grandes fermes aux massifs bâtiments toujours colorés. De larges éclaircies déchirent les nuages tandis qu'une petit bise ourle les courtes vagues d'une crête blanche. Mais grâce aux stabilisateurs du bateau aucune sensation de tangage ni de roulis n'est perceptible. De tous côtés apparaissent de nouveaux ilôts qui abritent parfois quelques maisons isolées. Des passages nuageux succèdent aux éclaircies et nous partageons notre temps entre découverte du paysage à partir des coursives et repos dans les confortables fauteuils des salons. Nous doublons le phare de Kjeungskjaer, construction octogonale originale datant de 1880. L'express côtier s'engage ensuite dans un étroit passage avant de rejoindre la mer ouverte de Folla. Le vent forcit et, durant 1h30 environ un lent mouvement de roulis nous provoque une vague nausée amplifiée sans doute par notre estomac qui crie un peu famine. Le calme revenu nous permet de profiter du snack où l'équipage sympathique à qui nous avons confié les bouleversements de notre estomac nous offre un copieux sandwich de pain et de fromage. Après une courte escale nocturne à Rorvik nous regagnons notre cabine où les confortables couchettes nous attendent.

07/03/2015: nous ne voulons pas manquer le passage du cercle polaire prévu entre 7 et 8h et avons programmé le réveil à 6h30. La nuit a été excellente, bercée par le ronronnement et les douces vibrations des machines. Nous avons changé d'atmosphère: le ciel gris laisse percer une lumière blafarde tandis que des pics abrupts recouverts de neige plongent dans la mer ourlée d'écume. Ambiance grand nord garantie. Le cercle polaire est matérialisé par une mappemonde géante plantée sur un ilot rocheux isolé. Peu après nous faisons une courte escale à Ornes, petit village blotti entre d'abruptes falaises enneigées et la mer. La navigation se poursuit sous la bruine et le vent jusque Bodo, grande ville du nord, aux buildings gris. La pluie cesse et nous permet une rapide promenade dans le centre ville aux rue quadrillées, avec des magasins aux vitrines modernes. Le temps n'incite guère à la promenade ni, d'ailleurs, l'ambiance de la ville et nous retournons assez vite vers le bateau pour nous installer dans le salon panoramique où nous allons passer le reste de la traversée. Durant la traversée du Vestfjord le ciel reste très couvert malgré quelques rares éclaircies vite effacées. Dans cette zone ouverte largement aux vents le bateau tangue et roule doucement durant 3h mais aujourd'hui nous résistons vaillamment!!! Après une courte escale à Stamsund l'hôtesse du bord annonce qu'une aurore boréale est visible à tribord: c'est alors l'effervescence généralisée pour gagner les ponts extérieurs. Nous apercevons alors vers l'est une pale lueur verte, malheureusement rapidement cachée par la fumée du bateau puis définitivement par les nuages. A 21 heures nous accostons à Svolvaer, principale ville des Lofoten. En une dizaine de minutes nous rejoignons alors le Scandic Hotel en longeant les rues où subsistent encore des résidus de glace et neige. Une fois les bagages déposés nous retournons pour un petit tour de découverte du port mais la pluie mêlée de neige nous dissuade de poursuivre très longtemps.

08/03/2015: malgré un ciel bien gris les abruptes montagnes enneigées qui dominent la ville se laissent découvrir quand nous ouvrons les rideaux de la chambre. Après un traditionnel et copieux petit déjeuner norvégien nous récupérons la voiture de location puis partons à la découverte de la ville tout en cherchant quelques provisions. Las, notre recherche sera infructueuse, tous les magasins étant fermé en ce dimanche matin. Par contre, nous vérifions rapidement que la météo est fidèle à sa réputation: passer une journée dans les Lofoten, c'est vivre toutes les saisons en accéléré. Et quand la lumière du soleil perce c'est un éblouissement de couleurs qui nous frappe: les façades rouges, jaunes ou vertes scintillent tandis que la neige immaculée brille de mille feux en arrière plan. Nous prenons ensuite la route vers Henningsvaer. L'atmosphère hivernale est particulièrement impressionnante et renforce la sauvagerie de ces montagnes plongeant abruptement dans la mer. Éclaircies et averses de pluie mêlée de neige se succèdent mais sur la petite route côtière peu avant Henningsvaer le soleil brille généreusement et c'est un spectacle de toute beauté qui s'offre à nos yeux: le bleu intense de la mer agités de vagues blanches vient se perdre contre la blancheur étincelante des pentes escarpées. À Henningsvaer, le soleil semble vouloir nous offrir le spectacle avec ces bateaux multicolores accolés aux maisons rouges sur fond de sommets abondamment enneigés. c'est la saison de pêche et les séchoirs sont remplis de morues. La chance semblant nous sourire nous poursuivons vers l'île de Gimsoya où l'alternance de grains et d'éclaircies rend encore plus intenses les jeux de lumières. La fascination est partout: séchoirs à morues, chapelle en bois au bord du fjord, lacs gelés aux reflets bleutés, mouettes chassées par les puissantes déferlantes. Tout au long de la petite route qui contourne l'île nous sommes subjugués par ces paysages. En fin d'après-midi nous rejoignons sous les averses de grêle Kabelvag où nous avons réservé un petit appartement.

09/03/2015: de courtes averses de grêle et de neige ont blanchi le bord de mer et nous découvrons un paysage tout en nuances de blanc et gris au réveil. Les rues de Kabelvag sont désertes et les rares piétons ou voitures qui s'y déplacent donnent une impression très particulière de solitude et de silence. Nous partons à la découverte du minuscule port aux pontons de bois tout enneigés et sur les conseils d'Arvid, notre hôte, grimpons sur la modeste colline dominant la ville sur laquelle est érigée une statue d'un roi viking. Nous vérifions une fois de plus, qu'ici le temps, beau ou mauvais, n'est jamais fermement installé car quelques éclaircies pointent entre les averses de grésil. Après quelques courses au supermarché nous partons en direction de l'île de Vestvagoya. Les routes sont toutes blanches et j'apprécie la sécurité des 4 pneus cloutés de la voiture de location. Bien que le temps soit plus uniformément gris que la veille le plafond est assez élevé pour que les montagnes reblanchies décorent le tableau et la variété des couleurs de la mer est constamment un sujet d'étonnement: du noir d'encre au vert émeraude toutes les nuances de l'eau apparaissent. Nous longeons aussi quelques lacs gelés superficiellement qui offrent mille nuances de gris. À l'approche de Leknes, principale ville de l'île de Vestvagoya, les massifs escarpés laissent de la place à quelques plaines agricoles et les sommets s'amollissent relativement. Un tunnel gratuit de 1,7 kms permet de rejoindre l'île de Flakstadoya. Une petite route longe ensuite le bord de mer vers Myrdal. La neige récente recouvre les plages de sa fine pellicule poudrée, tandis que de l'autre côté du détroit le soleil éclaire joliment les pentes blanchies. Quelques maisons isolées apportent leur note de couleur à ce merveilleux paysage. Myrdal est située au bout du monde après avoir traversé une zone de roches noires à l'aspect sinistre où la route étroite semble bien vulnérable face aux couloirs d'avalanche et aux éboulis de roches écroulées qui semblent vouloir se déverser dans la mer. Ensuite, par une petite route surplombée de raides parois plâtrées d'une épaisse couche de neige nous rejoignons Nusfjord, minuscule port construit de superbes rorbus en bois rouge et d'entrepôts jaunes. Malgré un ciel souvent terne quelques échappées lumineuses au travers des nuages apportent leur note de couleur magique durant des instants fugitifs. Pour terminer nous roulons jusque Flakstad dont l'église en bois rouge est située dans un cadre idyllique partagé entre mer et montagne. Nous déambulons tranquillement autour de l 'église à la recherche de points de vue originaux pour les photos quand une brutale averse de grêle nous contraint à nous abriter dans la voiture. En quelques minutes la route devient complètement blanche et, une nouvelle fois, nous constatons la diversité du temps dans ces îles. Pour le retour nous décidons d'éviter la « grande » route E10 et empruntons la route côtière. Mais le mauvais temps qui s'installe en cette fin de journée nous prive des vues certainement spectaculaires. Nous sommes quand même frappés, tout au long de ce passage par l'isolement et la sévérité des lieux: de hautes montagnes à la roche sombre se perdent directement dans la mer et la neige qui recouvre tout accentue encore cette impression de solitude. Après le dîner, le ciel laisse apercevoir des étoiles et nous sortons donc dans l'espoir d'observer des aurores boréales. Manque de chance, une nouvelle averse de neige vient obscurcir le ciel mais au moment où nous rentrons à l'appartement nos yeux sont attirés par une étrange lueur diffuse qui semble verte. En observant attentivement nous constatons qu'il s'agit bien d'une aurore boréale, d'intensité assez faible mais suffisante pour imprimer sa trace sur l'appareil photo.

11/03/2015: une fine couche de nuages laisse percer le soleil et cette luminosité si particulière teinte le paysage de merveilleuses nuances pastel. Aujourd'hui sera la journée des reflets. Nous remontons la route principale E10 vers le nord. Les averses de la veille ont déposé une fine couche de neige et tout apparaît en teintes douces. Le vent a cessé et à chaque détour de virage les montagnes se mirent dans les étendues composant des tableaux impressionnistes. Tous les sommets sont dégagés et nous découvrons un relief où se côtoient pics escarpés abondamment plâtrés de neige et grandes pentes immaculées, où l'expression « plus blanc que blanc » prend tout son sens. Les arrêts en cours de route sont nombreux tant les images sont tentantes pour la photo: Husvagpollen, Vatterfjordpollen et Sildpollen. La difficulté est toutefois de trouver des aires d'arrêt car les bords de route enneigés laissent peu de place pour la voiture. Et nos semelles collent moins à la route verglacée que les pneus cloutés de la voiture: la vigilance s'impose pour ne pas se retrouver les quatre fers en l'air. Nous quittons la route principale pour la petite route peu fréquentée vers Laukvik et le sentiment de solitude devient total: peu d'habitations, des forêts de bouleaux et quelques bois de conifères au milieu de tourbières. La route longe des lacs gelés parsemés de larges plaques de glace fracturées par le mouvement des eaux; c'est vraiment l'ambiance du grand nord telle que nous en rêvions. Seul le crissement des pneus rompt le silence. Au bord du lac de Vatnfjorden une loutre surprise de notre présence se précipite dans l'eau et se réfugie sous la glace. Nous atteignons Laukvik petit port de pêche où de rares maisons se mirent dans l'eau. Derrière la digue les vagues se brisent contre les rochers tandis qu'au loin apparaissent les massifs enneigés des Vestaralen. Nous déambulons tranquillement autour du port dans un air vif mais sans vent et découvrons les séchoirs à morue en pleine activité. Nous empruntons ensuite la route qui longe le bord de mer dans une zone de marécages puis qui contourne le Grunnforfjorden et Mortfjorden. Les lumières sont extraordianires entre le blanc et le gris bleuté et de multiples pauses photo nous occupent une partie de l'après-midi. Une fois la route E10 rejointe nous retournons vers Svolvaer. La lumière de fin de journée sublime le paysage et nous ne résistons pas à un arrêt sur le belvédère de Austnesfjorden où, malgré la fraîcheur, nous passons un long moment à nous extasier devant tant de merveilles. Avant de quitter les Lofoten nous voulons imprimer dans notre mémoire la magie de l'hiver. En attendant la nuit nous poursuivons jusque Kalle, petit port perdu dans une espèce de bout du monde, puis explorons les petites routes sans issue qui mènent au bord des fjords en rentrant vers Svolvaer. À 21h15, nous montons à bord de l'express côtier Polarlys en direction de Tromso. La nuit est claire, des étoiles parsèment le ciel mais nous ne voyons pas trace d'aurore boréale. Nous attendons sur le pont, un peu transis, l'entrée étroite du Trollfjord que le bateau éclaire de ses puissants projecteurs, puis décidons d'aller dormir car le ciel reste désespérément nuageux.

11/03/2015: le ciel est gris au lever du jour alors que l'express côtier fait étape à Harstad mais des éclaircies nous donnent de l'espoir. Le paysage a changé d'aspect: les montagnes acérées ont laissé la place à des massifs arrondis aux pentes douces abondamment enneigées. Par instants de fortes bourrasques de neige balaient le pont du bateau suivies rapidement par des trouées lumineuses. A Finnsness le bateau accoste sous une violente averse de neige puis reprend la mer sous le soleil... Nous débarquons à 14h30 à Tromso et découvrons une ville aux rues chargées de neige ou encombrées de gadoue fondante avec des trottoirs parfois glissants. Après avoir récupéré le véhicule de location à l'agence Hertz située à 10/15 minutes nous prenons ensuite la direction de l'appartement réservé dans un quartier résidentiel de petites villas sur le continent: tout est enneigé et crée un peu une atmosphère de crèche de Noël et nous sommes accueillis très chaleureusement. Nous partons ensuite au supermarché situé à 5 minutes de voiture pour remplir le réfrigérateur.

12/03/2015: un vent violent souffle ce matin et, dans les rues verglacées, c'est la valse des poubelles. Le ciel reste égal à lui-même, ni franchement beau, ni franchement mauvais. Nous partons à la découverte du tour de l'île de Kvaloya. Un long tunnel permet de rejoindre l'île sur laquelle est implantée la ville de Tromso, puis après avoir contourné l'aéroport un pont en dos d'âne rejoint l'île de Kvaloya. Ici, tout est abondamment enneigé et heureusement que de nombreux arrêts de bus ponctuent la route pour faire des pauses photo. Au départ, la route suit le rivage longé la veille par l'express côtier. Sur l'autre rive apparaissent de nombreux massifs enneigés aux sommets arrondis. Tout au long de la route des habitations démontrent que la région est peuplée malgré l'impression ressentie d'un certain isolement. Régulièrement sur le bord du rivage nous voyons des cabanes en bois, le plus souvent rouges, mais également vertes, jaunes ou bleues qui apportent leur touche de couleur. Les teintes de la mer varient constamment en fonction du soleil entre gris et émeraude. Des forêts éparses de maigres bouleaux percent la neige. Dès que la route s'élève de quelques dizaines de mètres l'ambiance devient arctique et le paysage est comme estompé. Des éclaircies bienvenues illuminent l'église de Brensholmen alors que la mer prend une teinte émeraude vive sous un ciel d'encre. À Sommaroy nous vivons des alternances rapprochées d'éclaircies et de grains de grêle balayée à l'horizontale par le vent violent. Le petit port relativement mal abrité est entouré de criques sablonneuses. Ce régime de giboulées va se poursuivre tout au long du contournement sinueux du Nordfjorden durant lequel de brefs jaillissements de lumière composent un tableau presque irréel. Il est un peu tard quand nous atteignons Erstfjordbotn et la délicate lumière qui frole les raides pentes enneigées du fjord semble très fragile et évanescente.

13/03/2015: le ciel sans pluie mais uniformément gris nous dissuade d'aller visiter les Alpes de Lyngen. Nous décidons de découvrir les rives du Malangen fjord. La route est identique à celle d'hier vers l'est de l'île de Kvaloya puis nous bifurquons à Larseng pour emprunter le tunnel payant qui franchit le fjord. Peu après la sortie de celui-ci nous apercevons 2 rennes broutant tranquillement les rares herbes qui commencent à percer la neige. Nullement effrayés par notre présence ils continuent paisiblement pendant que nous les photographions. Nous poursuivons pour rejoindre la rive orientale du Malangen fjord: l'ambiance est très hivernale avec cette pâle lumière qui peine à colorer le paysage. Les bords du fjord sont couverts de forêts de bouleaux et de quelques sapins. La neige abondante, la rareté des véhicules et le ciel sans véritable relief donnent l'impression d'une nature complètement figée et recroquevillée. Pourtant, la vie est présente et tout au long de la route des habitations et des fermes surgissent de la neige au milieu des bois. De tous côtés des massifs montagneux se dressent, tantôt figés dans l'ombre, tantôt éblouissants de blancheur quand une timide éclaircie laisse percer les rayons solaires. À Malangen nous bifurquons pour observer une église en bois. La petite route semble se poursuivre et nous décidons de partir à sa découverte. Elle grimpe, bien modestement, dans la montagne et, de suite, l'ambiance est encore plus hivernale: route blanche, hautes congères de chaque côté, fermes émergeant de vastes champs enneigés, lacs glacés. Cet espace de « hauts » plateaux apparaît encore plus isolé que les rives du fjord. A chaque sortie de la voiture il faut prendre garde de ne pas se retrouver les 4 fers en l'air sur la glace. De retour au bord du fjord nous sommes attirés par un village situé un peu à l'écart et nous décidons d'y chercher un coin de pique-nique. Tout à l'extrémité de la route, près d'un petit phare, des rochers nous accueillent avec un magnifique panorama d'eau et de neige. Après Meistervik nous quittons à nouveau la route principale pour rejoindre l'intérieur où la petite route surplombe le lac Fiskelausvatnet dans une ambiance complètement irréelle: il n'est que 15h45 mais la lumière commence à décliner et ce monde d'altitude (environ 160m) se fige sans bruit, sans couleur si ce n'étaient les traits noirs des arbres rayant la neige tels une peinture au fusain. Après une rapide descente nous rejoignons Storsteinnes dont les installations industrielles surprennent dans ce décor grandiose puis retournons vers Tromso le long du Balsfjorden. En cette fin de journée la conduite réclame de l'attention pour louvoyer entre plaques de neige épaisse fondante et glace vive, sans oublier les gerbes d'eau qui se brisent avec fracas sur le pare-brise lorsque les voitures croisées traversent les larges flaques de fonte.

14/03/2015: le ciel est bas, gris, sans relief et il pleut. Nous patientons jusque 10h, heure à laquelle nos hôtes nous ont invités à partager le breakfast. Nous passons un long moment à évoquer la vie en Norvège. Moment bien sympathique d'autant plus que le temps n'incite pas trop à la promenade. En fin de matinée nous partons à pied vers le centre ville de Tromso distant d'environ 25 minutes. Il faut rester vigilant car certains passages sont tellement verglacés qu'il est difficile d'y tenir debout. Nous nous dirigeons vers la cathédrale arctique, sobre bâtiment de béton minimaliste dominant le fjord face à la ville. Puis nous empruntons le long pont en dos d'âne franchissant le fjord: la vue sur les docks et les quais est spectaculaire mais, malheureusement tout reste gris. Comme beaucoup de villes nordiques le centre est calme mais sans grand intérêt: quelques vieilles maisons en bois du 19 ème siècle jouxtent de modernes bâtisses en béton. Les rues sont encombrées de tas de neige, parfois fondante et il y règne une ambiance qui n'incite pas forcément à la promenade. Dans l'ancienne cathédrale en bois une odeur sympathique de gateau et de café nous accueille. En effet, au fond de l'église un petit bar a été aménagé. La pluie se poursuivant nous visitons le musée Polaria, à l'aspect vieillot et décevant: la logique du parcours nous a échappé et nous avons trouvé les documents de présentation, souvent peu lisibles et peu pertinents. Nous avons eu l'impression de nous retrouver dans un musée très vétuste. En fin d'après midi des éclaircies apparaissent et nous nous préparons pour tenter d'observer des aurores boréales, la météo semblant favorable cette nuit. Vers 21h30, nous constatons que le ciel est complètement dégagé et nous partons donc en voiture essayer de trouver les spots décrits sur le web. De nuit et ne connaissant pas les lieux nous errons un peu avant de décider de nous arrêter dans un endroit dégagé au bord du fjord pas très loin de l'aéroport. Il y a bien quelques lumières de la ville mais nous tentons notre chance. Au bout de quelques minutes une étrange lueur pointe sur l'île de Kvaloya. Nous sortons rapidement de la voiture et, miracle, le panache vert prend de l'ampleur et durant plus d'une demi-heure va nous régaler de ses draperies ondulantes.

15/03/2015: pour notre dernière journée la Norvège éclabousse de lumière ses fjords et ses montagnes enneigées. Tromso resplendit sous le soleil matinal et nous prenons la route en direction des Alpes de Lyngen. Nous suivons la route E8 le long du fjord Balsfjorden. La partie amont du fjord, là où les eaux sont calmes, est glacée. Nous empruntons ensuite une route qui traverse l'intérieur de la péninsule pour rejoindre Breivikeidet. Dès qu'on séloigne de la mer l'ambiance hivernale est encore plus présente avec la route totalement blanche et les petites maisons enfouies sous une neige abondante. Arrivés au bord du fjord nous n'attendrons que quelques minutes pour embarquer sur le ferry qui traverse en une vingtaine de minutes vers Svensby. Les sommets acérés des Alpes de Lyngen éclatent de blancheur: les crêtes rocheuses ourlées de neige percent des pentes abondamment blanchies. Le spectacle est grandiose. Nous longeons le Jaegervatnet, vaste lac glacé dont les reflets forment un camaïeu blanc bleu d'une exceptionnelle pureté. Nous poursuivons vers le nord jusqu'à l'extrémité de la presqu'île de Lenangsoyra et, tout au long de la route, des maisons colorées tranchent avec cet univers blanc et bleu. Les eaux du fjord sont d'un bleu d'azur saturé par la luminosité exceptionnelle. Puis nous rebroussons chemin vers Lyngseidet, principale localité de la péninsule. Nous profitons en permanence de points de vue variés sur le massif montagneux éblouissant tandis qu'au bord du fjord cabanes et maisons apportent leur touche colorée. A Kvalvik, nous profitons du spectacle d'une cavalière qui galope au milieu de grandes gerbes d'eau. C'est ensuite par les routes principales E6 et E8 que nous retournons à Tromso. Durant la soirée, nos hôtes nous invitent à partager un morceau de gâteau et un thé avec eux pour terminer notre séjour de manière très conviviale.

16/03/2015: aux aurores, nous gagnons rapidement l'aéroport d'où nous décollons à 8h30. Il y a foule dans l'aérogare et une longue queue mal ordonnée pour déposer les bagages. Heureusement, nous avions prévu un peu de marge car il nous faut patienter environ 3/4h avant de pouvoir gagner l'embarquement. Le survol de la Norvège sera un agréable prolongement du séjour avec une vision panoramique de l'entrelacs de montagnes, fjords et autres lacs à perte de vue.
Parc des Ecrins avril 2015 English translation pending
Salut,
Ça sera ma première fois dans les Alpes, et je voudrais savoir s'il est-ce trop tôt pour la rando dans le parc des écrins en avril.
J'ai trouvé la discussion ici (http://voyageforum.com/v.f?post=3995241;search_string=avril), mais la météo cet année n'est pas mal (au moins maintenant).
Si je vais en avril, je sais pas si je peux faire du camping (avec ma tente/sac - il fait pas trop froid?) et si j'aurais besoin du crimpon/raquette/etc. Si oui, peux-je les louées autour du parc?
Et aussi, comment peux-je trouver quels sentiers sont "ouvert" ou accessible en avril?
Merci!!
Ça sera ma première fois dans les Alpes, et je voudrais savoir s'il est-ce trop tôt pour la rando dans le parc des écrins en avril.
J'ai trouvé la discussion ici (http://voyageforum.com/v.f?post=3995241;search_string=avril), mais la météo cet année n'est pas mal (au moins maintenant).
Si je vais en avril, je sais pas si je peux faire du camping (avec ma tente/sac - il fait pas trop froid?) et si j'aurais besoin du crimpon/raquette/etc. Si oui, peux-je les louées autour du parc?
Et aussi, comment peux-je trouver quels sentiers sont "ouvert" ou accessible en avril?
Merci!!
Koh Samui, Koh Pha Ngan et Koh Tao: déception English translation pending
Nous revenons de passer 7 semaines dans les îles de l'archipel de Koh SAMUI.....
Quelle déception..!
D'abord : Les Thaïlandais ont bien changé, croyez moi. Surtout dans ces îles devenues hyper touristiques. Des Russes , des allemands , des Chinois et des Français en grand nombre, ont eu raison du sourire légendaire des Thaïlandais.
Ils sont devenus méconnaissables.
Pas sympa du tout, ils ne s’intéressent plus qu'à votre porte-feuille et surtout, leur sport favori est devenu : "comment puis-je l'arnaquer...!"
Les prix ont aussi flambé...!!!!
Je connaissais la Thaïlande pour y être allé déjà plusieurs fois mais, dans ces îles, je ne reviendrai plus jamais, ils ne sont vraiment pas aimables du tout....
Ensuite que dire de ces îles.
Les plages sont, pour la majeure partie, très sales (sauf devant les Resorts...!) Les sites sont très beaux vus de loin, propices à de magnifiques photos....mais à regarder de plus près..... du plastique partout, des déchets divers etc... La mer est sale et l'eau est trouble, donc, on ne voit pas ses pieds....... l'eau n'est pas profonde (sauf exception) et l'amplitude des marées est très importantes. Il faut donc aimer se baigner dans 30 cm d'eau...
Nous pensions que cela changerait à Koh TAO qui est , soi-disant, le paradis des plongeurs.
Nous avons essayé et nous y avons passé 6 jours....... mais les eaux sont aussi troubles qu'ailleurs..... On ne voit rien ou si peu......
C'était peut-être de saison qui voulait ça (Mars 2015) mais bon, des gens qui vivent là-bas, nous ont dit que l'eau est toujours trouble (ce que nous avons pu vérifier sur les 3 îles )
Et pourtant nous avons essayé toutes les plages car nous nous sommes déplacés, sur chacune des 3 îles, en scooter chaque jour.
Et sur ces îles, notamment Koh SAMUI, que dire des odeurs !!!!!! Odeurs de nourriture + odeurs de plastique qui brûle + odeurs d'égouts..... OUF, dur dur.........!
Enfin, un conseil, .... Si vous n'êtes pas tatoués, plutôt jeunes, et au tempérament "routard", n'allez pas à Koh Phan gan....! Et encore moins au moment de la "Full Moon"....!
Je ne sais pas si nous reviendrons en Thaïlande, en tous cas dans ces 3 îles, jamais plus.....
Notre première expérience d'un voyage de longue durée (nouveaux retraités que nous sommes) se traduit pas une grande déception.
Quelle déception..!
D'abord : Les Thaïlandais ont bien changé, croyez moi. Surtout dans ces îles devenues hyper touristiques. Des Russes , des allemands , des Chinois et des Français en grand nombre, ont eu raison du sourire légendaire des Thaïlandais.
Ils sont devenus méconnaissables.
Pas sympa du tout, ils ne s’intéressent plus qu'à votre porte-feuille et surtout, leur sport favori est devenu : "comment puis-je l'arnaquer...!"
Les prix ont aussi flambé...!!!!
Je connaissais la Thaïlande pour y être allé déjà plusieurs fois mais, dans ces îles, je ne reviendrai plus jamais, ils ne sont vraiment pas aimables du tout....
Ensuite que dire de ces îles.
Les plages sont, pour la majeure partie, très sales (sauf devant les Resorts...!) Les sites sont très beaux vus de loin, propices à de magnifiques photos....mais à regarder de plus près..... du plastique partout, des déchets divers etc... La mer est sale et l'eau est trouble, donc, on ne voit pas ses pieds....... l'eau n'est pas profonde (sauf exception) et l'amplitude des marées est très importantes. Il faut donc aimer se baigner dans 30 cm d'eau...
Nous pensions que cela changerait à Koh TAO qui est , soi-disant, le paradis des plongeurs.
Nous avons essayé et nous y avons passé 6 jours....... mais les eaux sont aussi troubles qu'ailleurs..... On ne voit rien ou si peu......
C'était peut-être de saison qui voulait ça (Mars 2015) mais bon, des gens qui vivent là-bas, nous ont dit que l'eau est toujours trouble (ce que nous avons pu vérifier sur les 3 îles )
Et pourtant nous avons essayé toutes les plages car nous nous sommes déplacés, sur chacune des 3 îles, en scooter chaque jour.
Et sur ces îles, notamment Koh SAMUI, que dire des odeurs !!!!!! Odeurs de nourriture + odeurs de plastique qui brûle + odeurs d'égouts..... OUF, dur dur.........!
Enfin, un conseil, .... Si vous n'êtes pas tatoués, plutôt jeunes, et au tempérament "routard", n'allez pas à Koh Phan gan....! Et encore moins au moment de la "Full Moon"....!
Je ne sais pas si nous reviendrons en Thaïlande, en tous cas dans ces 3 îles, jamais plus.....
Notre première expérience d'un voyage de longue durée (nouveaux retraités que nous sommes) se traduit pas une grande déception.
Vietnam: paludisme, trousse médicaments, sécurité English translation pending
Bonjour
nous partons mi avril au vietnam 2 semaines avec comme circuit montagnes du nord sapa, bac ha etc hanoi, les baies d'along, hoi an et hue
sur le forum plusieurs discussions sur le paludisme comme beaucoup j'essaie d'éviter les vaccins mais pas au point d'attraper une maladie s'il y a un gros risque le guide du routard dit qu'il n'est pas utile sauf dans certaines régions l'institut pasteur parle que le vietnam est classé type 3 mais dans certaines régions
alors sans qu'il y ait une polémique sur mon post ce n'est pas le but d'un forum quel site médical peut confirmer qu'on doit ou pas en prendre et si oui lequel
en thailande y'a 20 ans j'avais pris le lariam mais gros effets secondaires et au sri kanka bah comme j'étais enceinte nivaquine pas malade mais j'avoue j'avais pris un risque
sinon que conseillez vous d'avoir comme médicaments avec soi quel anti moustique est super efficace et autres médocs : j'imagine qu'il faut aussi du micro pure pour l'eau
enfin sur mon assurance de ma carte bleue ils disent qu'il faut savoir si le pays où on voyage a une convention avec la sécurité sociale le savez vous ?
merci de vos réponses et pas de réglement de compte sur mon post svp comme on en voit hélas parfois sur ce forum ce n'est pas très agréable
nous partons mi avril au vietnam 2 semaines avec comme circuit montagnes du nord sapa, bac ha etc hanoi, les baies d'along, hoi an et hue
sur le forum plusieurs discussions sur le paludisme comme beaucoup j'essaie d'éviter les vaccins mais pas au point d'attraper une maladie s'il y a un gros risque le guide du routard dit qu'il n'est pas utile sauf dans certaines régions l'institut pasteur parle que le vietnam est classé type 3 mais dans certaines régions
alors sans qu'il y ait une polémique sur mon post ce n'est pas le but d'un forum quel site médical peut confirmer qu'on doit ou pas en prendre et si oui lequel
en thailande y'a 20 ans j'avais pris le lariam mais gros effets secondaires et au sri kanka bah comme j'étais enceinte nivaquine pas malade mais j'avoue j'avais pris un risque
sinon que conseillez vous d'avoir comme médicaments avec soi quel anti moustique est super efficace et autres médocs : j'imagine qu'il faut aussi du micro pure pour l'eau
enfin sur mon assurance de ma carte bleue ils disent qu'il faut savoir si le pays où on voyage a une convention avec la sécurité sociale le savez vous ?
merci de vos réponses et pas de réglement de compte sur mon post svp comme on en voit hélas parfois sur ce forum ce n'est pas très agréable
Morceaux de Chine, un bout de Sichuan et du Guizhou English translation pending
Morceaux de Chine, un bout de Sichuan et du Guizhou.
1. Guizhou
Préambule
Dans ce carnet je ne vais pas raconter jour par jour les évènements mais décrire lieu par lieu. Je dispose de 3 semaines. La période de voyage choisie étant mi-Novembre, parce que par expérience je trouve que c’est probablement l’une des meilleures période pour voyager dans l’hémisphère nord, en raison du temps globalement clement et du peu de tourisme en cette période. On voyage à 4, ce qui a pour avantage de réduire certains frais, tout en restant assez petit pour ne pas avoir à scinder le groupe. La Chine étant très vaste je préfère cibler une ou deux régions, les explorer, plutôt que de faire un long parcours. La Chine possèdent également une variété ethnique impressionnante, on ne peut pas embrasser tous ces aspects en 3 semaines, ni même en 2 mois je pense. La diversité culturelle est trop variée dans ces 5 coins.
2.Sichuan
3. Sichuan, un moine taoïste.
1. Guizhou

Préambule
Dans ce carnet je ne vais pas raconter jour par jour les évènements mais décrire lieu par lieu. Je dispose de 3 semaines. La période de voyage choisie étant mi-Novembre, parce que par expérience je trouve que c’est probablement l’une des meilleures période pour voyager dans l’hémisphère nord, en raison du temps globalement clement et du peu de tourisme en cette période. On voyage à 4, ce qui a pour avantage de réduire certains frais, tout en restant assez petit pour ne pas avoir à scinder le groupe. La Chine étant très vaste je préfère cibler une ou deux régions, les explorer, plutôt que de faire un long parcours. La Chine possèdent également une variété ethnique impressionnante, on ne peut pas embrasser tous ces aspects en 3 semaines, ni même en 2 mois je pense. La diversité culturelle est trop variée dans ces 5 coins.
2.Sichuan

3. Sichuan, un moine taoïste.

Début du tour de France à pied English translation pending
Bonjour,
j'envisage de faire le tour de France à Pied - sur plusieurs périodes - en commençant pas les côtes. Je suis en Bretagne, j'ai donc pas mal marché le long de ces côtes.Je fais en moyenne 10 à 15 kilomètres de marche tous les jours ( à un peu plus de 6kmh : beaucoup de plat tout de même)
Donc je vais découper ce tour selon mes vacances:et je vais commencer en mai,8 à 9 jours de marche : 30 à 35 km par jour Voici le détail: 1 - frontière Italienne - Beaulieu sur Mer 2- Beaulieu - Villeneuve Loubet 3- Villeneuve- Cannes 4- Cannes - Saint Raphael (camping du Agay soleil) 5- Saint Rapahel - Sainte Maxime (camping les cigalons) 6- Saint Maxime - Ramatuelle 7- Ramatuelle - le Lavandou 8- Le Lavandou - La londe des maures 9- la londe - Hyeres
En fait , je ne connais que très peu cette région et j'ai 2 grosses questions: 1/ le denivelé est-il très important dans les zones de calanques 2/ Sur les routes de bords de mer, y a t-il toujours un accès piéton, surtout dans les zones hors agglomérations.
Sinon, je suis ouverts à toutes remarques ou question.
Merci de votre lecture
Bertrand
j'envisage de faire le tour de France à Pied - sur plusieurs périodes - en commençant pas les côtes. Je suis en Bretagne, j'ai donc pas mal marché le long de ces côtes.Je fais en moyenne 10 à 15 kilomètres de marche tous les jours ( à un peu plus de 6kmh : beaucoup de plat tout de même)
Donc je vais découper ce tour selon mes vacances:et je vais commencer en mai,8 à 9 jours de marche : 30 à 35 km par jour Voici le détail: 1 - frontière Italienne - Beaulieu sur Mer 2- Beaulieu - Villeneuve Loubet 3- Villeneuve- Cannes 4- Cannes - Saint Raphael (camping du Agay soleil) 5- Saint Rapahel - Sainte Maxime (camping les cigalons) 6- Saint Maxime - Ramatuelle 7- Ramatuelle - le Lavandou 8- Le Lavandou - La londe des maures 9- la londe - Hyeres
En fait , je ne connais que très peu cette région et j'ai 2 grosses questions: 1/ le denivelé est-il très important dans les zones de calanques 2/ Sur les routes de bords de mer, y a t-il toujours un accès piéton, surtout dans les zones hors agglomérations.
Sinon, je suis ouverts à toutes remarques ou question.
Merci de votre lecture
Bertrand
Décision pour partir English translation pending
Bonjour à tous!!!
Je me lance...😇
Depuis plusieurs mois (voir années... 😉) j'ai qu'une envie c'est partir ;) Nous serions 2 amies 😎
Je suis déja partie en 2010 sur l'ïle de la réunion, mais là j'ai envie de voyages dans différents pays!!!
Mon idée: Partir en asie (6mois) puis en australie (6mois) Déja que pensez vous de cette idée?
Mais avant tout j'ai un GROS SOUCIS.... Enfin un DILEMME😕 😊 🤪
Voilà 3ans1/2 que je travaille dans une association et 3ans1/2 que je demande un CDI.... 😛 Dans 1 mois, ma demande va être exaussé je signe mon CDI (oui mais de 50%.... 🤪)
Vous me voyez venir...😉 La décison est vraiment trés dur à prendre pour moi car mon projet de voyages est plus fort que tout d'année en année. Mon envie de CDI aussi surtout que j'aime mon taff!!!! J'ai vraiment peur de tout lacher et de rentrer sans rien...
J'ai besoin de vous amis routard car j'ai beaucoup d'avis autour de moi; mais j'ai besoin d'avis de personnes qui sont partis!!!!!! 😄
Je suis déja partie en 2010 sur l'ïle de la réunion, mais là j'ai envie de voyages dans différents pays!!!
Mon idée: Partir en asie (6mois) puis en australie (6mois) Déja que pensez vous de cette idée?
Mais avant tout j'ai un GROS SOUCIS.... Enfin un DILEMME😕 😊 🤪
Voilà 3ans1/2 que je travaille dans une association et 3ans1/2 que je demande un CDI.... 😛 Dans 1 mois, ma demande va être exaussé je signe mon CDI (oui mais de 50%.... 🤪)
Vous me voyez venir...😉 La décison est vraiment trés dur à prendre pour moi car mon projet de voyages est plus fort que tout d'année en année. Mon envie de CDI aussi surtout que j'aime mon taff!!!! J'ai vraiment peur de tout lacher et de rentrer sans rien...
J'ai besoin de vous amis routard car j'ai beaucoup d'avis autour de moi; mais j'ai besoin d'avis de personnes qui sont partis!!!!!! 😄
Bradt sur Nain (Iran) English translation pending
S🙂lam Camarades VFistes,
Je prépare notre voyage en Iran de fin avril à mi-mai prochains (12 jours sur place).
Au programme, je dirais presque <évidemment>, Shiraz, Yazd et Isfahan, mais envie aussi de s'écarter gentiment de l'"autoroute touristique", j'ai pensé à Nain, pour sortir un peu des grandes villes et voir un peu de dunes, de dromadaires, d'ânes etc...
J'ai lu le topo du guide Bradt sur Nain et ses alentours, bien alléchant, par contre le moteur de recherche de VF n'affiche aucun retour de VFistes.
Quelqu'un(e) aurait-il/elle du vécu à partager sur ce secteur? Je prends toutes infos sur les moyens d'accés en transports (depuis Yazd si possible, ou bien depuis Isfahan), les adresses d'hébergement (à Nain ou dans ses alentours), les visites&activités. Temps prévu pour cette étape: 1 ou 2 nuits à priori.
Merci de votre attention et, à l'avance, de votre aide.
Cordialement/Khoda Hafez.
Pascal aka Yell😉wmop.
Je prépare notre voyage en Iran de fin avril à mi-mai prochains (12 jours sur place).
Au programme, je dirais presque <évidemment>, Shiraz, Yazd et Isfahan, mais envie aussi de s'écarter gentiment de l'"autoroute touristique", j'ai pensé à Nain, pour sortir un peu des grandes villes et voir un peu de dunes, de dromadaires, d'ânes etc...
J'ai lu le topo du guide Bradt sur Nain et ses alentours, bien alléchant, par contre le moteur de recherche de VF n'affiche aucun retour de VFistes.
Quelqu'un(e) aurait-il/elle du vécu à partager sur ce secteur? Je prends toutes infos sur les moyens d'accés en transports (depuis Yazd si possible, ou bien depuis Isfahan), les adresses d'hébergement (à Nain ou dans ses alentours), les visites&activités. Temps prévu pour cette étape: 1 ou 2 nuits à priori.
Merci de votre attention et, à l'avance, de votre aide.
Cordialement/Khoda Hafez.
Pascal aka Yell😉wmop.
Entre phares et carrelets, une balade en Pays royannais English translation pending
Sur VoyageForum, j’ai souvent raconté dans des récits illustrés mes souvenirs de voyages vécus au-delà des frontières de l’Hexagone.
Le récit qui suit est assez différent des précédents, il évoque une région française qui m’est familière. En effet, depuis des années je passe régulièrement des week-ends et des vacances sur le littoral de Charente Maritime, en Pays royannais.
A la différence des voyages à l’étranger où l’on a pour seules impressions, celles de l’ambiance et de la saison du moment de la visite … une région avec laquelle on a des rendez-vous plus réguliers permet d’accumuler des souvenirs des lieux, au fil des saisons et des années.


Comme amateur de photos, mon appareil m’accompagne souvent au cours de mes balades entre phares et carrelets, le long des rivages du Pays royannais. Aussi, ce récit sera illustré de nombreuses photos, certaines sont récentes et d’autres plus anciennes. Envie de parcourir l’album et le texte ? Alors, suivez-moi pas à pas sur les sentiers du littoral.
--
Entre Océan Atlantique et Estuaire de la Gironde. Entre dunes et ciel, il domine de ses 64 mètres de hauteur la pinède … c’est au phare de La Coubre que commence ma balade le long du littoral nord du plus grand estuaire de tout le continent européen. Rien que ça !

Visiter un phare est un enchaînement successif d’incontournables séquences. D’abord il y a la découverte au pied de la tour qui oblige à se tordre le cou en levant les yeux vers le sommet du phare. Là, le regard se concentre sur la lanterne (en général rouge), c’est le cas ici et elle contraste avec le fond de ciel bleu (ou gris si le temps est couvert !). Ensuite, après avoir acquitté les droits d’entrée (3 Euros ici), la seconde étape comprend l’ascension et voilà que commence la longue série de marches. Mieux vaut commencer doucement car 300 marches vous attendent à La Coubre pour pouvoir bénéficier du panorama aérien sur les alentours. En cours de grimpette, on peut faire une pause et jeter un coup d’œil (vertigineux) sur la vue du colimaçon. L’effet photogénique est garanti.

On peut aussi s’arrêter juste en face de la barbette … située au 2/3 de la tour, il s’agit d’une ouverture où a été placé un feu secondaire. La pause permet de reprendre son souffle avant qu’il ne soit à nouveau coupé, façon de parler, en découvrant le point de vue depuis la balustrade, tout en haut au sommet du phare. Un panorama sur 360° qui embrasse toute la côte et même bien plus par temps clair.

Au Nord, la côte sauvage aligne ses cordons dunaires, son interminable plage de sable et les vagues successives qui viennent s’échouer sur le rivage. Et dire qu’à l’origine, le phare a été bâti à 1,8 km de l’océan, c’était en 1904. Depuis, la sape effectuée par les éléments, vagues et vent, a fait reculer le trait de côte. De ce belvédère on peut constater que le phare de La Coubre ne se trouve plus de nos jours qu’à environ 150 mètres du rivage ! Sur la dune, on aperçoit des plantations, bien alignées, elles tentent de stabiliser le cordon dunaire … mais pour combien de temps ?

Tournons le regard vers le Sud, comme cette fillette qui s’agrippe au rebord afin de mieux profiter de la vue. C’est vrai que cela vaut le coup d’œil. Les yeux suivent un immense banc de sable et le regard se perd à l’horizon parmi les brumes qui estompent la limite entre le ciel et l’embouchure de l’estuaire. Au loin, on distingue à peine un trait vertical : le phare royal de Cordouan. Il ne se laisse admirer que de plus près ou alors en nocturne avec son faisceau lumineux qui découpe inlassablement l’épaisse nuit noire. Cela fait longtemps que je me suis promis d’arpenter un jour cette longue bande de sable jusqu’à son extrémité afin d’approcher au plus près la pointe nord de l’estuaire. Mais le plaisir (j’imagine) de fouler cette digue naturelle sablonneuse qui sépare le tumultueux et puissant océan du calme des marécages de la baie de Bonne Anse reste encore pour moi qu’un projet … un jour peut-être ou bien jamais ! Une belle journée de début d’été serait sans doute un bon plan, il n’y a pas encore beaucoup d’estivants et j’ai le souvenir de la vision, il y a quelques années à cette période, de nombreux liserons des dunes en fleurs agrémentant les lieux.

Le sommet du phare de La Coubre est paré d’une teinte rouge éclatante sous le soleil, pour un peu on sentirait l’odeur de la peinture fraîchement appliquée. En revanche, le reste de la colonne arbore un blanc quelque peu délavé pour ne pas dire carrément sale. Un grand besoin de rénovation saute aux yeux. Il faudrait, paraît-il, 80 000 euros pour ces travaux d’embellissement … et s’il n’y a pas de subventions ? il en faudra des visites à 3 euros pour atteindre la somme ! La dernière étape qui se doit de compléter la visite d’un phare est de l’observer « By night ». Feu blanc, 2 éclats, 10 s … pour moi, ce sera pour une autre fois !
-- Continuons la balade en Pays royannais. Passons la station très animée de La Palmyre, sa pinède et sa savane (artificielle), en fait celle de son célèbre Parc zoologique. Puis longeons la longue plage de la Grande Côte où les vestiges de la dernière guerre (les blockhaus en béton) disparaissent peu à peu engloutis par les eaux (personne ne s’en plaindra !) pour arriver ensuite aux rochers et aux carrelets de Saint-Palais sur Mer.

Les carrelets (parfois appelés tout simplement pontons) sont indissociables des paysages des bords de l’Estuaire comme d’ailleurs de tous les rivages des îles de Charente Maritime. Ici, ils sont en nombre, bien fixés à la roche par de solides pieux. Les carrelets, des cabanes sur pilotis tout en bois équipées d’un treuil et d’un grand filet. Il n’en faut pas plus pour contenter leurs heureux propriétaires, grands amateurs de pêche mais aussi de longs moments de contemplation à observer les vagues, les bateaux, les oiseaux marins, le ciel, les nuages, la luminosité et l’horizon marin …. A vrai dire, il est impossible de s’ennuyer devant un tel spectacle. Il suffit de converser un peu avec ces pêcheurs pour vite comprendre que cette tradition constitue pour eux une vraie passion. Ils sont intarissables sur le sujet. Avec détails, ils vous parlent de la technique : attendre la marée haute, tourner la manivelle et plonger le filet dans l’eau … ensuite, c’est toujours une surprise lorsque le filet est remonté : parfois bonne avec des soles et/ou des crevettes piégées dans les mailles ou parfois moins chanceuse, c’est ainsi !

Ces rochers ont aussi leurs légendes comme celle attribuée à cette fosse formée par l’érosion marine. Le Puits de l’Auture, c’est le nom de cette cavité naturelle qui communique avec la mer par une trouée aurait servi, paraît-il, à noyer les loups rodant dans la région … enfin, selon d’anciennes croyances remontant au Moyen Âge !

C’est en Automne que la Plage du Platin offre aux visiteurs son plus bel aspect. Une plage déserte où le sable est foulée par des promeneurs presque solitaires. Les estivants sont partis, la luminosité et les teintes sont splendides (lorsque le soleil brille). Ici, en bordure de cette baie protégée, pas de front de plage bétonné, seules quelques anciennes villas et résidences discrètes jouent à cache-cache derrière les pins.


A une extrémité de la plage trône le phare de la Pointe de Terre Nègre, tout pimpant avec son sommet rouge et sa lanterne qui culmine à 26 mètres de hauteur. Cet édifice construit en 1838 est original, surtout à son pied avec cette coquette maison carrée. J’avoue que j’ai un faible pour cette plage très nature. Plusieurs rochers percés forment un cadre naturel qui ne laisse pas indifférent les amateurs de photos dont je suis. Un voilier plein cadre ou une vague venant se briser en une gerbe d’écume, voilà de bons sujets de prise de vues originales. Et c’est encore mieux quand il y a les deux sur un même cliché.



Une jolie plage, des rochers, un phare … et des carrelets, un condensé de Charente Maritime.

Cette baie du Platin se prolonge par une autre, plus petite et encore plus intime. L’arc de cercle du rivage est parfait. Mais attention, il faut éviter de trop s’approcher de la falaise blanche, la pierre est on ne peut plus friable et l’érosion provoque quelques éboulements, d’ailleurs, on est mis en garde par cet écriteau.

L’histoire locale rapporte que ces falaises calcaires ont été utilisées autrefois comme carrière, ainsi la roche a été creusée afin d’en extraire des pierres de tailles elles ont notamment servi pour la construction du grand phare de Cordouan. Voilà donc que l’on évoque à nouveau ce majestueux phare, bien visible à l’horizon depuis le Platin. L’occasion de lui tirer le portrait en jouant sur l’effet de superposition … et hop ! Le phare semble prêt à être prisonnier des mailles du filet de ce carrelet.

-> suite du récit avec St Palais, Vaux et Royan Pontaillac … message suivant.


Comme amateur de photos, mon appareil m’accompagne souvent au cours de mes balades entre phares et carrelets, le long des rivages du Pays royannais. Aussi, ce récit sera illustré de nombreuses photos, certaines sont récentes et d’autres plus anciennes. Envie de parcourir l’album et le texte ? Alors, suivez-moi pas à pas sur les sentiers du littoral.
--
Entre Océan Atlantique et Estuaire de la Gironde. Entre dunes et ciel, il domine de ses 64 mètres de hauteur la pinède … c’est au phare de La Coubre que commence ma balade le long du littoral nord du plus grand estuaire de tout le continent européen. Rien que ça !

Visiter un phare est un enchaînement successif d’incontournables séquences. D’abord il y a la découverte au pied de la tour qui oblige à se tordre le cou en levant les yeux vers le sommet du phare. Là, le regard se concentre sur la lanterne (en général rouge), c’est le cas ici et elle contraste avec le fond de ciel bleu (ou gris si le temps est couvert !). Ensuite, après avoir acquitté les droits d’entrée (3 Euros ici), la seconde étape comprend l’ascension et voilà que commence la longue série de marches. Mieux vaut commencer doucement car 300 marches vous attendent à La Coubre pour pouvoir bénéficier du panorama aérien sur les alentours. En cours de grimpette, on peut faire une pause et jeter un coup d’œil (vertigineux) sur la vue du colimaçon. L’effet photogénique est garanti.

On peut aussi s’arrêter juste en face de la barbette … située au 2/3 de la tour, il s’agit d’une ouverture où a été placé un feu secondaire. La pause permet de reprendre son souffle avant qu’il ne soit à nouveau coupé, façon de parler, en découvrant le point de vue depuis la balustrade, tout en haut au sommet du phare. Un panorama sur 360° qui embrasse toute la côte et même bien plus par temps clair.

Au Nord, la côte sauvage aligne ses cordons dunaires, son interminable plage de sable et les vagues successives qui viennent s’échouer sur le rivage. Et dire qu’à l’origine, le phare a été bâti à 1,8 km de l’océan, c’était en 1904. Depuis, la sape effectuée par les éléments, vagues et vent, a fait reculer le trait de côte. De ce belvédère on peut constater que le phare de La Coubre ne se trouve plus de nos jours qu’à environ 150 mètres du rivage ! Sur la dune, on aperçoit des plantations, bien alignées, elles tentent de stabiliser le cordon dunaire … mais pour combien de temps ?

Tournons le regard vers le Sud, comme cette fillette qui s’agrippe au rebord afin de mieux profiter de la vue. C’est vrai que cela vaut le coup d’œil. Les yeux suivent un immense banc de sable et le regard se perd à l’horizon parmi les brumes qui estompent la limite entre le ciel et l’embouchure de l’estuaire. Au loin, on distingue à peine un trait vertical : le phare royal de Cordouan. Il ne se laisse admirer que de plus près ou alors en nocturne avec son faisceau lumineux qui découpe inlassablement l’épaisse nuit noire. Cela fait longtemps que je me suis promis d’arpenter un jour cette longue bande de sable jusqu’à son extrémité afin d’approcher au plus près la pointe nord de l’estuaire. Mais le plaisir (j’imagine) de fouler cette digue naturelle sablonneuse qui sépare le tumultueux et puissant océan du calme des marécages de la baie de Bonne Anse reste encore pour moi qu’un projet … un jour peut-être ou bien jamais ! Une belle journée de début d’été serait sans doute un bon plan, il n’y a pas encore beaucoup d’estivants et j’ai le souvenir de la vision, il y a quelques années à cette période, de nombreux liserons des dunes en fleurs agrémentant les lieux.

Le sommet du phare de La Coubre est paré d’une teinte rouge éclatante sous le soleil, pour un peu on sentirait l’odeur de la peinture fraîchement appliquée. En revanche, le reste de la colonne arbore un blanc quelque peu délavé pour ne pas dire carrément sale. Un grand besoin de rénovation saute aux yeux. Il faudrait, paraît-il, 80 000 euros pour ces travaux d’embellissement … et s’il n’y a pas de subventions ? il en faudra des visites à 3 euros pour atteindre la somme ! La dernière étape qui se doit de compléter la visite d’un phare est de l’observer « By night ». Feu blanc, 2 éclats, 10 s … pour moi, ce sera pour une autre fois !
-- Continuons la balade en Pays royannais. Passons la station très animée de La Palmyre, sa pinède et sa savane (artificielle), en fait celle de son célèbre Parc zoologique. Puis longeons la longue plage de la Grande Côte où les vestiges de la dernière guerre (les blockhaus en béton) disparaissent peu à peu engloutis par les eaux (personne ne s’en plaindra !) pour arriver ensuite aux rochers et aux carrelets de Saint-Palais sur Mer.

Les carrelets (parfois appelés tout simplement pontons) sont indissociables des paysages des bords de l’Estuaire comme d’ailleurs de tous les rivages des îles de Charente Maritime. Ici, ils sont en nombre, bien fixés à la roche par de solides pieux. Les carrelets, des cabanes sur pilotis tout en bois équipées d’un treuil et d’un grand filet. Il n’en faut pas plus pour contenter leurs heureux propriétaires, grands amateurs de pêche mais aussi de longs moments de contemplation à observer les vagues, les bateaux, les oiseaux marins, le ciel, les nuages, la luminosité et l’horizon marin …. A vrai dire, il est impossible de s’ennuyer devant un tel spectacle. Il suffit de converser un peu avec ces pêcheurs pour vite comprendre que cette tradition constitue pour eux une vraie passion. Ils sont intarissables sur le sujet. Avec détails, ils vous parlent de la technique : attendre la marée haute, tourner la manivelle et plonger le filet dans l’eau … ensuite, c’est toujours une surprise lorsque le filet est remonté : parfois bonne avec des soles et/ou des crevettes piégées dans les mailles ou parfois moins chanceuse, c’est ainsi !

Ces rochers ont aussi leurs légendes comme celle attribuée à cette fosse formée par l’érosion marine. Le Puits de l’Auture, c’est le nom de cette cavité naturelle qui communique avec la mer par une trouée aurait servi, paraît-il, à noyer les loups rodant dans la région … enfin, selon d’anciennes croyances remontant au Moyen Âge !

C’est en Automne que la Plage du Platin offre aux visiteurs son plus bel aspect. Une plage déserte où le sable est foulée par des promeneurs presque solitaires. Les estivants sont partis, la luminosité et les teintes sont splendides (lorsque le soleil brille). Ici, en bordure de cette baie protégée, pas de front de plage bétonné, seules quelques anciennes villas et résidences discrètes jouent à cache-cache derrière les pins.


A une extrémité de la plage trône le phare de la Pointe de Terre Nègre, tout pimpant avec son sommet rouge et sa lanterne qui culmine à 26 mètres de hauteur. Cet édifice construit en 1838 est original, surtout à son pied avec cette coquette maison carrée. J’avoue que j’ai un faible pour cette plage très nature. Plusieurs rochers percés forment un cadre naturel qui ne laisse pas indifférent les amateurs de photos dont je suis. Un voilier plein cadre ou une vague venant se briser en une gerbe d’écume, voilà de bons sujets de prise de vues originales. Et c’est encore mieux quand il y a les deux sur un même cliché.



Une jolie plage, des rochers, un phare … et des carrelets, un condensé de Charente Maritime.

Cette baie du Platin se prolonge par une autre, plus petite et encore plus intime. L’arc de cercle du rivage est parfait. Mais attention, il faut éviter de trop s’approcher de la falaise blanche, la pierre est on ne peut plus friable et l’érosion provoque quelques éboulements, d’ailleurs, on est mis en garde par cet écriteau.

L’histoire locale rapporte que ces falaises calcaires ont été utilisées autrefois comme carrière, ainsi la roche a été creusée afin d’en extraire des pierres de tailles elles ont notamment servi pour la construction du grand phare de Cordouan. Voilà donc que l’on évoque à nouveau ce majestueux phare, bien visible à l’horizon depuis le Platin. L’occasion de lui tirer le portrait en jouant sur l’effet de superposition … et hop ! Le phare semble prêt à être prisonnier des mailles du filet de ce carrelet.

-> suite du récit avec St Palais, Vaux et Royan Pontaillac … message suivant.
Trajet Casablanca - Chefchaouen English translation pending
Bonjour à Tous,
Je vis à Casablanca et je prends une semaine de vacances début avril avec une amie. Je pense louer une voiture et filer a chefchaouene dont je n'ai entendu parler qu'en bien. 2 journées a chefchaouene 1 journée d'excursion a Akchour 1 journée a Tétouan 1 journée à Cabo negro + l'aller - retour
Cb de temps de trajet je dois compter entre casa et chaouene? Y-a-t-il des villes qui vaillent le détour sur cette route?
Est-ce judicieux de poser nos valises a chefchaouene et faire des excursions d'une journée dans les autres villes. J'avais bien aimé Tanger et son ambiance espagnole... va-t-on retrouver la même ambiance à Tétouan? Cb de temps de trajet est à prévoir entre les villes que j'ai mentionné plus haut?
Quel temps fera-t-il à cette période? Peut-on espérer soleil et chaleur?
Le but du voyage est de se ressourcer dans les montagnes de chefchaouène, de faire des petites randonnées, mais aussi de profiter des plages de méditerranée qui je l'espère seront belles et divertissantes :)
Merci d'avance pour vos conseils.
Alex
Je vis à Casablanca et je prends une semaine de vacances début avril avec une amie. Je pense louer une voiture et filer a chefchaouene dont je n'ai entendu parler qu'en bien. 2 journées a chefchaouene 1 journée d'excursion a Akchour 1 journée a Tétouan 1 journée à Cabo negro + l'aller - retour
Cb de temps de trajet je dois compter entre casa et chaouene? Y-a-t-il des villes qui vaillent le détour sur cette route?
Est-ce judicieux de poser nos valises a chefchaouene et faire des excursions d'une journée dans les autres villes. J'avais bien aimé Tanger et son ambiance espagnole... va-t-on retrouver la même ambiance à Tétouan? Cb de temps de trajet est à prévoir entre les villes que j'ai mentionné plus haut?
Quel temps fera-t-il à cette période? Peut-on espérer soleil et chaleur?
Le but du voyage est de se ressourcer dans les montagnes de chefchaouène, de faire des petites randonnées, mais aussi de profiter des plages de méditerranée qui je l'espère seront belles et divertissantes :)
Merci d'avance pour vos conseils.
Alex
Passages de frontières English translation pending
Comment et pourquoi devient-on accro des voyages ?
Pour ma part, j'ai toujours soupçonné que le fait d'être né (il y a 50++ années) à proximité de la frontière belge a eu, dès mon plus jeune âge, une influence démesurée sur mon attraction pour tout ce qui est étranger et par extension tout ce qui est voyage.
En effet, quoi de plus étonnant qu'une frontière ? Une ligne souvent arbitraire et parfois invisible, mais qui dès qu'elle est franchie nous emmène dans un monde nouveau où plus rien (ou presque) ne ressemble à celui que l'on vient de quitter… à commencer, dans mes yeux de gamin, par les pièces de monnaie différentes et les panneaux routiers écrits dans une autre langue !
Une fois la frontière passée c'était à chaque fois une nouvelle aventure qui commencait. C'était en tout cas comment je ressentais nos fréquentes incursions en Belgique. Belgique Terre d'Aventures ! « Ca est bien une drôle d'histoire sais-tu !!! ».
Huit longues années plus tard, après un long voyage de plus de deux jours en voiture, je franchissais enfin ma deuxième frontière. Celle-ci était encore plus extraordinaire car pour l'atteindre il avait fallu survivre les nombreux virages de montagne. Mais quel extraordinaire moment de magie quand une fois arrivé au sommet, en plus du soleil d'été et des odeurs de pins, je découvrais la Mer Méditerranée et… l'Espagne. J'en suis sûr, je suis devenu accro à ce moment précis.
Depuis je suis en permanence à la poursuite de cet instant toujours aussi excitant qu'est le passage d'une frontière. Certes, au fil des années j'en ai connu certains plus délicats, plus stressants ou plus pénibles que d'autres mais l'excitation reste la même. Bien sur les frontières terrestres restent mes préférées, (surtout quand il faut franchir une rivière) mais je ne boude pas le plaisir d'arriver dans un aéroport et d'attendre avec une impatience grandissante le moment où les portes du hall des arrivées s'ouvriront enfin vers l'extérieur.
Quelle chance d'habiter en Europe quand on est addictif de frontières (border-freak). Lentement mais surement, je me suis assuré d'avoir mes 'doses' à intervalles réguliers. Certaines plus intenses, comme par exemple quand il s'agissait de passer de l'autre côté du 'rideau de fer' et d'autres plus exotiques quand la frontière du pays et aussi celle d'un nouveau continent.
Et puis un jour, j'ai réalisé que les 'effets' pouvaient se prolonger en habitant de l'autre côté d'une frontière. Habiter à l'étranger, et en particulier à Londres, me donnait l'impression d'être en vacances de manière permanente. Quelque temps plus tard, j'ai également réalisé que je pouvais 'contaminer' une autre personne et qu'ensemble nous pouvions facilement supporter de très fortes 'doses', c'est-à-dire partir plus loin et plus longtemps. A tel point qu'après plusieurs années de ce régime, nous ne sommes jamais plus 'redescendus' ou plutôt si, nous sommes redescendus mais bien plus loin que prévu puisque nous étions arrivés en Australie… Trente ans plus tard, nous y sommes toujours d'ailleurs !
Mais les choses étaient mal faites car le border-freak que j'étais devenu s'est retrouvé dans la plus grande ile au monde au milieu d'un univers sans frontière ?!
Après de longues années de sevrage, il était grand temps de contaminé notre progéniture. Cela n'a pas été compliqué seulement un peu couteux parfois mais qui compte les $ quand l'addiction s'appelle Voyages ?
Nos trois filles ont donc fait leur apprentissage en Asie du Sud-Est, proche et relativement bon marché, et parfois en Europe lorsque nous retrouvions nos familles respectives. Quand elles ont trouvé que bourlinguer avec les 'vieux' n'était plus si cool, elles se sont lancées chacune leur tour dans leur tour… du monde. Les élèves ont vite dépassé le maitre (enfin presque car j'avais une bonne longueur d'avance !).
Et puis ce fut aussi l'occasion pour nous de redécouvrir le bonheur de voyager juste à deux. Ainsi nous sommes allés plus loin, plus longtemps… et mieux encore plus souvent !!!
Maintenant je peux confirmer que ma mission est accomplie à 100%... puisqu'il y a toujours un membre de la famille en vadrouille à n'importe quel moment de l'année. Par contre, je crains que les passages de frontières les laissent totalement indifférentes… N'est pas border-freak qui veut !
To be continued...

Pour ma part, j'ai toujours soupçonné que le fait d'être né (il y a 50++ années) à proximité de la frontière belge a eu, dès mon plus jeune âge, une influence démesurée sur mon attraction pour tout ce qui est étranger et par extension tout ce qui est voyage.
En effet, quoi de plus étonnant qu'une frontière ? Une ligne souvent arbitraire et parfois invisible, mais qui dès qu'elle est franchie nous emmène dans un monde nouveau où plus rien (ou presque) ne ressemble à celui que l'on vient de quitter… à commencer, dans mes yeux de gamin, par les pièces de monnaie différentes et les panneaux routiers écrits dans une autre langue !
Une fois la frontière passée c'était à chaque fois une nouvelle aventure qui commencait. C'était en tout cas comment je ressentais nos fréquentes incursions en Belgique. Belgique Terre d'Aventures ! « Ca est bien une drôle d'histoire sais-tu !!! ».
Huit longues années plus tard, après un long voyage de plus de deux jours en voiture, je franchissais enfin ma deuxième frontière. Celle-ci était encore plus extraordinaire car pour l'atteindre il avait fallu survivre les nombreux virages de montagne. Mais quel extraordinaire moment de magie quand une fois arrivé au sommet, en plus du soleil d'été et des odeurs de pins, je découvrais la Mer Méditerranée et… l'Espagne. J'en suis sûr, je suis devenu accro à ce moment précis.
Depuis je suis en permanence à la poursuite de cet instant toujours aussi excitant qu'est le passage d'une frontière. Certes, au fil des années j'en ai connu certains plus délicats, plus stressants ou plus pénibles que d'autres mais l'excitation reste la même. Bien sur les frontières terrestres restent mes préférées, (surtout quand il faut franchir une rivière) mais je ne boude pas le plaisir d'arriver dans un aéroport et d'attendre avec une impatience grandissante le moment où les portes du hall des arrivées s'ouvriront enfin vers l'extérieur.
Quelle chance d'habiter en Europe quand on est addictif de frontières (border-freak). Lentement mais surement, je me suis assuré d'avoir mes 'doses' à intervalles réguliers. Certaines plus intenses, comme par exemple quand il s'agissait de passer de l'autre côté du 'rideau de fer' et d'autres plus exotiques quand la frontière du pays et aussi celle d'un nouveau continent.
Et puis un jour, j'ai réalisé que les 'effets' pouvaient se prolonger en habitant de l'autre côté d'une frontière. Habiter à l'étranger, et en particulier à Londres, me donnait l'impression d'être en vacances de manière permanente. Quelque temps plus tard, j'ai également réalisé que je pouvais 'contaminer' une autre personne et qu'ensemble nous pouvions facilement supporter de très fortes 'doses', c'est-à-dire partir plus loin et plus longtemps. A tel point qu'après plusieurs années de ce régime, nous ne sommes jamais plus 'redescendus' ou plutôt si, nous sommes redescendus mais bien plus loin que prévu puisque nous étions arrivés en Australie… Trente ans plus tard, nous y sommes toujours d'ailleurs !
Mais les choses étaient mal faites car le border-freak que j'étais devenu s'est retrouvé dans la plus grande ile au monde au milieu d'un univers sans frontière ?!
Après de longues années de sevrage, il était grand temps de contaminé notre progéniture. Cela n'a pas été compliqué seulement un peu couteux parfois mais qui compte les $ quand l'addiction s'appelle Voyages ?
Nos trois filles ont donc fait leur apprentissage en Asie du Sud-Est, proche et relativement bon marché, et parfois en Europe lorsque nous retrouvions nos familles respectives. Quand elles ont trouvé que bourlinguer avec les 'vieux' n'était plus si cool, elles se sont lancées chacune leur tour dans leur tour… du monde. Les élèves ont vite dépassé le maitre (enfin presque car j'avais une bonne longueur d'avance !).
Et puis ce fut aussi l'occasion pour nous de redécouvrir le bonheur de voyager juste à deux. Ainsi nous sommes allés plus loin, plus longtemps… et mieux encore plus souvent !!!
Maintenant je peux confirmer que ma mission est accomplie à 100%... puisqu'il y a toujours un membre de la famille en vadrouille à n'importe quel moment de l'année. Par contre, je crains que les passages de frontières les laissent totalement indifférentes… N'est pas border-freak qui veut !
To be continued...

Compte rendu de 13 journées aux Seychelles (décembre 2014) English translation pending
Bonjour,
Début décembre et à l’approche des premiers frimas, notre dose de soleil nous manque. Aussi nous consultons les promotions vols pour des destinations exotiques : Guadeloupe, La Réunion, Les Seychelles ? Les prix des vols pour Mahé (600 €) avec Etihad et l’envie de voir les « plus belles plages du monde » nous fait nous décider pour les Seychelles. Ne disposant que de 12 jours sur place, nous nous limiterons aux 3 iles principales. Ce sera 3j à Mahé, 4 à La Digue, 3 à Praslin et retour à Mahé en fin de matinée du 12 ième pour prendre un vol tard dans la soirée. Nous consultons les forums (VF et Le Routard) pour finaliser notre périple et nos réservations : hébergements, locations de voiture, bateaux. Pour ce qui est du temps : bonne pioche car nous aurons beau temps (grand soleil avec quelques nuages pour l’ombre) 11 j sur les 12 passés sur place. Par contre le dernier jour nous essuierons une pluie tropicale diluvienne.
Les transports : L’aérien : comme indiqué plus haut nous partons avec Etihad le 1ier décembre à 21 h pour une arrivé prévue à 14 h à Mahé (vols Abu Dhabi- Mahé assurés par Air Seychelles). Nous nous rendons à CDG avec notre véhicule que nous laissons au Parking Roissy au Mesnil Amelot (92 € pour 13 j) ce n’est pas la première fois que nous utilisons ce garage et nous serons comme les autres fois très satisfaits des services (rapidité du transfert, amabilité des employés et prix). Le voyage aller se déroule sans problèmes. Le transfert est un peu pénible car l’aéroport d’Abu Dhabi est en plein travaux. L’avion n’est pas au contact et il nous faut prendre un bus qui nous pose au T1 pour une correspondance au T3. Le retour sera plus difficile. En raison de la fermeture de la piste de l'aéroport d’Abu Dhabi à cause d'une brume très dense qui enveloppe le Golfe persique, l’avion part des Seychelles avec 2 heures de retard. On rate donc la correspondance Etihad. On nous laisse dans l’avion d’Air Seychelles durant 2 h, le temps de procéder au nettoyage et à l’embarquement des autres passagers. Ainsi nous resterons 15 h confinés dans le même avion ! Notre retard final ne sera que de 3 h. Nos bagages, eux, seront débarqués à Abu Dhabi. Ce qui fait qu’ils nous seront livrés à domicile dans la nuit. Les transferts inter-iles : nous avons réservé par internet auprès de Seychelles Bons Plans (www.seychellesbonsplans.com) pour 250 € pour 2 (moins cher que sur place et gain de temps) : Mahé- La Digue (1h15), La Digue-Praslin (20 mn) puis Praslin- Mahé (1h). Les bateaux sont très confortables et ne sont pas pleins à cette époque. Nous aurons à chaque fois, une mer calme, une belle visibilité et la chance d’être escorté par des poissons volants.
Locations de voiture : à Mahé nous sommes passés par Seychelles-rentalcar (3j +1j) à 45€/j, le tarif de 35 € étant réservé aux locations de durée supérieure à 7j. Si pour les 3 premiers jours tout se passe bien, nous aurons quelques déboires le dernier jour : 2h d’attente au ferry en l’absence de voiture disponible et 1h à l’aéroport pour rendre le véhicule. A Praslin notre hôtel s’est chargé de la réservation (40€/j) et le loueur nous indiquera des bonnes adresses (cf plus loin). Nous avons préféré les voitures automatiques en raison de la conduite à l’anglaise, de l’inversion des commandes et de la difficulté de rétrograder avec la main gauche dans les pentes très raides et les virages serrés surtout à Mahé. Heureusement les Seychellois ne sont pas des fous du volant, ce qui a contribué à nous rassurer lors des trajets nocturnes ou en montagne.
Les hébergements : A Mahé nous avons réservé à l’Oasi Guest House (70 €/j) au SO de l’ile (Anse la Mouche). Une jolie maison entourée d’un jardin soigné (qui héberge 3 grosses tortues), à moins de 150 m de la plage. Nous serons bien logés dans une très grande chambre dotée d’un grand lit, d’une salle de bain confortable et d’une terrasse. Le PdJ, servi sur une belle terrasse, y est copieux et varié. La responsable donne de bons conseils mais nous aurons un regret : il y a peu de restaurants aux alentours et il est nécessaire de disposer d’une voiture. A La Digue ce sera l’auberge de Nadège (110 €/j en ½ pension pour 2) pas loin de la passe et un peu à l’intérieur des terres: maison créole authentique entourée d’un magnifique jardin tropical remplie de fleurs et d’orchidées plus belles les unes que les autres. L’accueil est agréable et Nadège, son mari et ses filles sont toujours disponibles pour rendre le séjour agréable. La chambre très propre est dotée d’une cuisine privée, d’une salle de bain bien équipée et d’une terrasse. Que dire des repas : tout est fait maison (pain, jus de fruit, confitures, ..) et tout est très bon. Durant quatre jours nous n’avons pas mangé une seule fois la même chose (poissons, desserts, jus de fruits différents à chaque fois). Enfin à Praslin, nous avons choisi Les lauriers à Côte d’or (100 €/j en PdJ). Un petit bijou : nous avons été surclassés dans les villas au milieu d’un jardin tropical. Récentes, elles ont vraiment tout pour plaire. Construites et meublées avec des matériaux de, dotées d’un immense lit, d’une belle terrasse et d’une superbe salle de bain : 2 grandes douches à l’italienne, 1 douche extérieure, 2 vasques. Sans être luxueuse, la décoration est soignée. Rien ne manque pour assurer le confort (télévision, climatisation, ..). Le petit déjeuner est bon sans être exceptionnel. Notre seul regret ne pas avoir pu profiter du restaurant réputé comme l’un des meilleurs de Praslin, fermé pour cause de vacances annuelles !
Les repas : Nous déjeunerons tous les midis dans des take-away, petites gargotes que l’on trouve sur toutes les routes des Seychelles. Certains sont même pourvus de bancs, voire d’abris pour consommer sur place. Le plus dur est de choisir les plats, proposés pour 3 € environ, tant le choix est varié. Sur Mahé, je n’ai pas retenu les noms à la Digue se sera chez Gala, puis Zérof (prisé par les autochtones), à Praslin le coco rouge. Pour le soir, les take-away étant le plus souvent fermés, nous irons au restaurant. Et là, les prix ne sont plus les mêmes : il faut compter entre 20 et 25 €, sans faire de folies, pour un plat et une boisson. Sur Mahé nous testerons « Kaz Kréol » à anse royale : si le cadre est joli, face à la mer et les pieds dans l’eau, le repas est moyen et relativement cher. Nous irons au restaurant de la rhumerie Takamata, toujours au sud-est de l’ile: le décor, une maison créole authentique est agréable, la cuisine et les présentations sont soignées et chaque soir des musiciens viennent jouer des airs du pays c’est bon et le rapport qualité/prix est correct. Enfin la bonne surprise : « Mary's Rock Cafeteria » perdue au sud de Mahé, qui propose un menu unique de crustacés et viandes cuits à la plancha dans un décor de bateau pirate. Ce n’est pas de la grande cuisine mais c’est bon ! A Praslin, nous irons dans une pizzéria, au bord de la plage de la côte d’or : pas bon et cher. Puis sur les conseils du loueur de voiture, ce sera « La pirogue » à anse Volbert : très agréable service, plat correct et addition raisonnable.
Mahé A notre arrivée, nous nous dirigeons vers le sud pour rejoindre notre hôtel. On longe la cote jusqu’à Anse Royale avant de prendre la route des cannelles qui permet d’accéder à Anse à la Mouche (ouest de l’ile). Déjà les premières plages et les routes pentues. La plage d’Anse la Mouche est belle, très longue mais n’incite guère à la baignade. Pour notre premier plongeon dans l’océan nous irons à Petite Anse qui se trouve dans le domaine de l’hôtel four Season. Il faut passer le poste de garde puis une route plonge vers la plage. De part et d’autre, on devine les villas du palace perdues au milieu de la végétation, accrochées à la pente et toutes dotées d’une piscine privée. Par chance on rencontre une voiturette électrique qui nous mène à la belle plage. On peut y bénéficier des commodités de l’hôtel : restaurants, bars, toilettes, serviettes. Bref le grand confort ! Et que dire de la baignade : c’est le rêve. Mais nous rencontrerons, là, en fin de soirée, les premiers moustiques et sandflies qui nous font battre en retraite. Pour le retour se sera moins drôle : les caddies refusent de nous prendre pour rejoindre le sommet et le parking. Ainsi nous aurons donc droit à notre première suée. Les jours suivants nous parcourons l’ile de long en large. Une route serpente la côte ouest jusqu’à Port Glaud où des pécheurs nous proposent d’aller pique-niquer sur les iles : (50 € la ½ journée et 100 € la journée avec le repas et les boissons pour la journée). Mais nous déclinons l’offre. Nous continuons en direction de Port Launay, en traversant une mangrove. La route se terminant en cul de sac, nous sommes obligés de rebrousser chemin. Au retour nous empruntons le chemin du Sans Soucis pour passer sur l’est en direction de Victoria. Nous nous arrêtons à la fabrique de thé. La visite est sans grand intérêt mais la vue sur la côte Ouest est sublime. On retrouve un autre point de vue plus beau encore, car il offre une vue à la fois sur la mer et les montagnes environnantes, à Mission Lodge, un peu plus loin sur la route. Puis c’est la plongée vers la ville. Victoria la plus petite capitale du monde (vrai?) mérite une petite visite ne serait-ce que pour le marché de Market Street. Au rez de chaussée on découvre les étals qui regorgent des produits locaux (poissons, fruits, légumes, épices). Les marchands prennent plaisir à nous renseigner avec toute la gentillesse des Seychellois. Et quelle surprise de voir le prix des poissons! C’est vraiment donné et on est en droit de se demander comment il peut être aussi cher dans les restaurants (prix*15). Le dernier jour, nous y ferons notre provision d’épices. A l’étage on trouve des boutiques de souvenirs. Autre attraction, la Clock Tower, réplique miniature du Big Ben, est aussi à voir. De Victoria, nous prendrons la route vers le Nord. Assez étroite, elle longe une succession de petites criques ou plages pour finir à Beauvallon où se trouve regroupé une succession d’hôtels assez luxueux. La route ne faisant pas le tour complet de l’ile, il faut revenir par une route intérieure montagneuse qui plonge vers Victoria. Une autre fois nous traverserons l’ile par la route de la Misère qui offre un très beau point de vue sur la capitale. Notre coin préféré reste cependant le sud de l’ile : au-delà d’Anse Royale et jusqu’à Baie Lazare. Moins urbanisée, plus sauvage même si les hôtels de luxe ont colonisé les coins les plus beaux, mais ils sont assez discrets. On y retrouve les plages les plus belles et si il ne faut n’en retenir qu’une nous citerons Anse Intendance qui est tout simplement idyllique.
Praslin Notre hôtel se trouve près de la plage d’Anse Volbert, très longue, peu propice à la baignade mais qui permet de faire de belles balades au coucher du soleil. En allant vers l'Ouest, on longe diverses Anses (Possession, Takamaka, Boudin) pour accéder à une route escarpée qui grimpe vers Zimbabwé jusqu’aux antennes de télécommunication. Cet itinéraire offre de superbes vues sur Praslin et Curieuse. En revenant vers la cote, on accède à Anse Lazio, la plus belle plage de l'île. Sa réputation est justifiée, elle est vraiment superbe. De Grand' Anse à Baie Sainte-Anne, la route côtière décrit un superbe parcours dans un décor sauvage et offre la vision sur quelques belles criques isolées comme Anse Bateau ou Anse Consolation. Direction le NO de l’ile : Habitués des forêts tropicales nous ne visitons pas La Vallée de Mai. Nous longeons la côte et faisons une halte à fort Ferdinand (à la hauteur de baie sainte Anne) pour acheter un coco fesses dans la ferme qui les récolte. Cette adresse, communiquée par le loueur de voiture, nous permet d’en choisir un pour environ 220 € contre 350 € dans les magasins. Arrivés au bout de l’ile, nous souhaitons accéder à Anse Georgette (Hôtel Lémuria). Bien que n’ayant pas prévenu, comme il est de coutume, nous demandons l’accès au gardien qui ne fait aucune difficulté. Il faut marcher durant une vingtaine de minutes en longeant le superbe golf : ça monte puis descend avant de découvrir la superbe anse. Cela vaut vraiment le coup d’œil. Le cadre est paradisiaque et quel bonheur d’avoir une plage pour vous tout seul. La Digue Par l’intermédiaire de la GH, nous louons des vélos qui nous sont amenés directement à l’auberge (~6 €/j). C’est, à l’exception des chars à bœufs, le moyen idéal pour se déplacer sur l’ile. Notre première visite sera pour la célèbre Anse Source d'Argent, réputée comme étant la (l’une des) plus belle(s) plage(s) du monde. Il faut payer l’entrée dans Union Estate (6 €/j (billet valable pour toute la journée). Avant d’accéder à la plage, il faut traverser un parc où l’on trouve notamment un vieux cimetière, un enclos abritant des tortues géantes et une plantation de vanille. Enfin une succession de criques entre les fameux blocs de rocher que l’on voit sur toutes les photos des Seychelles. C’est en effet la plage la plus photographiée du monde, car elle est belle avec ses rochers de granit rose, mais elle est peu propice à la baignade. A marée basse on ne voit que des algues ce qui n’incite guère à la baignade. Nous y reviendrons à marée haute, si le visuel est plus agréable, les algues sont toujours là. De plus, réputation oblige, cette plage est la plus fréquentée des Seychelles. Bref une relative déception. Un concert de chorales devant l’église nous redonne le sourire : des chanteurs de tout âge nous gratifient de chants de Noël en créole, anglais et français un beau moment de partage. L’accès à Grand Anse se mérite. Pour y parvenir, il faut franchir un « col » au bout d’une longue montée sous un soleil de plomb. Mais cela vaut le coup de faire l’effort. La plage est ici vraiment de toute beauté. Sable fin, presque de la farine, très belles vagues (courants moins forts en décembre), rochers de granit et eaux translucides. A certaines périodes, il faut se contenter de l’admirer sans se baigner car les rouleaux et les courants sont violents provocant des noyades. Ceci est vrai pour de nombreuses plages (sans barrière de corail) des Seychelles. Par manque d’information, nous ne pousserons pas jusqu’à Petite Anse et Anse Cocos. Dommage car il paraît que cela vaut le coup d’œil. De notre GH, nous ne sommes pas loin de la route qui mène au nid d’aigle. Partis en vélo nous n’irons pas loin. En effet il y a une succession de côtes, dont certaines à 30%, que même les plus entrainés des cyclistes ne peuvent franchir. Nous laissons nos vélos en garde dans un stand de fruits et entamons courageusement la montée jusqu’au café Bellevue. La vue sur le versant Ouest de l’ile et sur les iles environnantes est superbe. Mais nous ne pourrons accéder plus loin, la route étant fermée. Au retour, nous nous rafraichissons en sirotant du jus de coco frais et en discutant un petit peu avec la personne qui nous a gardé les vélos. Nous consacrons une journée à parcourir la route de la Passe à Anse fourmis (fin de la route). Les criques et les plages se succèdent. Certaines protégées par une barrière de corail, d’autres soumises directement aux vagues et courants marins. Le charme est toujours présent. Un après-midi sera consacrée à une excursion en bateau. Nous n’avons pas loin à chercher car Nervis, guide très connu sur l’ile, loge à plein temps dans la même GH que nous. Pour 50 €/p, il nous propose une sortie bateau vers aux îles Cocos et Grande Sœur. Nous ne ferons pas Félicité, fermée pour cause de jour férié ! Son bateau le Zico a fière allure, nous sommes 7 passagers à bord avec 2 accompagnateurs. Il fournit les palmes, masque et tuba pour sur le snorkeling. Au premier arrêt à l'île Cocos, si l’eau est limpide, mais nous sommes surpris par la destruction des coraux : un véritable cimetière. Heureusement les poissons sont au rendez-vous. A Grande Sœur, Nervis nous ramènera 2 tortues marine pour pouvoir prendre des photos. Là aussi nous verrons beaucoup de poissons et quelques petites raies. Ceux qui débarquent sur l’ile découvrent des nuées d’oiseaux.
Conclusion Nous ne regrettons pas notre choix car nous avons trouvé aux Seychelles tout ce que nous recherchions : soleil, belles plages, eaux turquoises, nature généreuse et protégée contrairement à ce que nous avons pu observer dans de nombreuses destinations tropicales. Une chose aussi surprend agréablement : c’est la propreté présente partout. Et bien sûr il faut dire un mot des habitants : souriants, accueillants, toujours prêts à nous faire partager, souvent en français, leur bonheur de vivre dans ces petits paradis.
Début décembre et à l’approche des premiers frimas, notre dose de soleil nous manque. Aussi nous consultons les promotions vols pour des destinations exotiques : Guadeloupe, La Réunion, Les Seychelles ? Les prix des vols pour Mahé (600 €) avec Etihad et l’envie de voir les « plus belles plages du monde » nous fait nous décider pour les Seychelles. Ne disposant que de 12 jours sur place, nous nous limiterons aux 3 iles principales. Ce sera 3j à Mahé, 4 à La Digue, 3 à Praslin et retour à Mahé en fin de matinée du 12 ième pour prendre un vol tard dans la soirée. Nous consultons les forums (VF et Le Routard) pour finaliser notre périple et nos réservations : hébergements, locations de voiture, bateaux. Pour ce qui est du temps : bonne pioche car nous aurons beau temps (grand soleil avec quelques nuages pour l’ombre) 11 j sur les 12 passés sur place. Par contre le dernier jour nous essuierons une pluie tropicale diluvienne.
Les transports : L’aérien : comme indiqué plus haut nous partons avec Etihad le 1ier décembre à 21 h pour une arrivé prévue à 14 h à Mahé (vols Abu Dhabi- Mahé assurés par Air Seychelles). Nous nous rendons à CDG avec notre véhicule que nous laissons au Parking Roissy au Mesnil Amelot (92 € pour 13 j) ce n’est pas la première fois que nous utilisons ce garage et nous serons comme les autres fois très satisfaits des services (rapidité du transfert, amabilité des employés et prix). Le voyage aller se déroule sans problèmes. Le transfert est un peu pénible car l’aéroport d’Abu Dhabi est en plein travaux. L’avion n’est pas au contact et il nous faut prendre un bus qui nous pose au T1 pour une correspondance au T3. Le retour sera plus difficile. En raison de la fermeture de la piste de l'aéroport d’Abu Dhabi à cause d'une brume très dense qui enveloppe le Golfe persique, l’avion part des Seychelles avec 2 heures de retard. On rate donc la correspondance Etihad. On nous laisse dans l’avion d’Air Seychelles durant 2 h, le temps de procéder au nettoyage et à l’embarquement des autres passagers. Ainsi nous resterons 15 h confinés dans le même avion ! Notre retard final ne sera que de 3 h. Nos bagages, eux, seront débarqués à Abu Dhabi. Ce qui fait qu’ils nous seront livrés à domicile dans la nuit. Les transferts inter-iles : nous avons réservé par internet auprès de Seychelles Bons Plans (www.seychellesbonsplans.com) pour 250 € pour 2 (moins cher que sur place et gain de temps) : Mahé- La Digue (1h15), La Digue-Praslin (20 mn) puis Praslin- Mahé (1h). Les bateaux sont très confortables et ne sont pas pleins à cette époque. Nous aurons à chaque fois, une mer calme, une belle visibilité et la chance d’être escorté par des poissons volants.
Locations de voiture : à Mahé nous sommes passés par Seychelles-rentalcar (3j +1j) à 45€/j, le tarif de 35 € étant réservé aux locations de durée supérieure à 7j. Si pour les 3 premiers jours tout se passe bien, nous aurons quelques déboires le dernier jour : 2h d’attente au ferry en l’absence de voiture disponible et 1h à l’aéroport pour rendre le véhicule. A Praslin notre hôtel s’est chargé de la réservation (40€/j) et le loueur nous indiquera des bonnes adresses (cf plus loin). Nous avons préféré les voitures automatiques en raison de la conduite à l’anglaise, de l’inversion des commandes et de la difficulté de rétrograder avec la main gauche dans les pentes très raides et les virages serrés surtout à Mahé. Heureusement les Seychellois ne sont pas des fous du volant, ce qui a contribué à nous rassurer lors des trajets nocturnes ou en montagne.
Les hébergements : A Mahé nous avons réservé à l’Oasi Guest House (70 €/j) au SO de l’ile (Anse la Mouche). Une jolie maison entourée d’un jardin soigné (qui héberge 3 grosses tortues), à moins de 150 m de la plage. Nous serons bien logés dans une très grande chambre dotée d’un grand lit, d’une salle de bain confortable et d’une terrasse. Le PdJ, servi sur une belle terrasse, y est copieux et varié. La responsable donne de bons conseils mais nous aurons un regret : il y a peu de restaurants aux alentours et il est nécessaire de disposer d’une voiture. A La Digue ce sera l’auberge de Nadège (110 €/j en ½ pension pour 2) pas loin de la passe et un peu à l’intérieur des terres: maison créole authentique entourée d’un magnifique jardin tropical remplie de fleurs et d’orchidées plus belles les unes que les autres. L’accueil est agréable et Nadège, son mari et ses filles sont toujours disponibles pour rendre le séjour agréable. La chambre très propre est dotée d’une cuisine privée, d’une salle de bain bien équipée et d’une terrasse. Que dire des repas : tout est fait maison (pain, jus de fruit, confitures, ..) et tout est très bon. Durant quatre jours nous n’avons pas mangé une seule fois la même chose (poissons, desserts, jus de fruits différents à chaque fois). Enfin à Praslin, nous avons choisi Les lauriers à Côte d’or (100 €/j en PdJ). Un petit bijou : nous avons été surclassés dans les villas au milieu d’un jardin tropical. Récentes, elles ont vraiment tout pour plaire. Construites et meublées avec des matériaux de, dotées d’un immense lit, d’une belle terrasse et d’une superbe salle de bain : 2 grandes douches à l’italienne, 1 douche extérieure, 2 vasques. Sans être luxueuse, la décoration est soignée. Rien ne manque pour assurer le confort (télévision, climatisation, ..). Le petit déjeuner est bon sans être exceptionnel. Notre seul regret ne pas avoir pu profiter du restaurant réputé comme l’un des meilleurs de Praslin, fermé pour cause de vacances annuelles !
Les repas : Nous déjeunerons tous les midis dans des take-away, petites gargotes que l’on trouve sur toutes les routes des Seychelles. Certains sont même pourvus de bancs, voire d’abris pour consommer sur place. Le plus dur est de choisir les plats, proposés pour 3 € environ, tant le choix est varié. Sur Mahé, je n’ai pas retenu les noms à la Digue se sera chez Gala, puis Zérof (prisé par les autochtones), à Praslin le coco rouge. Pour le soir, les take-away étant le plus souvent fermés, nous irons au restaurant. Et là, les prix ne sont plus les mêmes : il faut compter entre 20 et 25 €, sans faire de folies, pour un plat et une boisson. Sur Mahé nous testerons « Kaz Kréol » à anse royale : si le cadre est joli, face à la mer et les pieds dans l’eau, le repas est moyen et relativement cher. Nous irons au restaurant de la rhumerie Takamata, toujours au sud-est de l’ile: le décor, une maison créole authentique est agréable, la cuisine et les présentations sont soignées et chaque soir des musiciens viennent jouer des airs du pays c’est bon et le rapport qualité/prix est correct. Enfin la bonne surprise : « Mary's Rock Cafeteria » perdue au sud de Mahé, qui propose un menu unique de crustacés et viandes cuits à la plancha dans un décor de bateau pirate. Ce n’est pas de la grande cuisine mais c’est bon ! A Praslin, nous irons dans une pizzéria, au bord de la plage de la côte d’or : pas bon et cher. Puis sur les conseils du loueur de voiture, ce sera « La pirogue » à anse Volbert : très agréable service, plat correct et addition raisonnable.
Mahé A notre arrivée, nous nous dirigeons vers le sud pour rejoindre notre hôtel. On longe la cote jusqu’à Anse Royale avant de prendre la route des cannelles qui permet d’accéder à Anse à la Mouche (ouest de l’ile). Déjà les premières plages et les routes pentues. La plage d’Anse la Mouche est belle, très longue mais n’incite guère à la baignade. Pour notre premier plongeon dans l’océan nous irons à Petite Anse qui se trouve dans le domaine de l’hôtel four Season. Il faut passer le poste de garde puis une route plonge vers la plage. De part et d’autre, on devine les villas du palace perdues au milieu de la végétation, accrochées à la pente et toutes dotées d’une piscine privée. Par chance on rencontre une voiturette électrique qui nous mène à la belle plage. On peut y bénéficier des commodités de l’hôtel : restaurants, bars, toilettes, serviettes. Bref le grand confort ! Et que dire de la baignade : c’est le rêve. Mais nous rencontrerons, là, en fin de soirée, les premiers moustiques et sandflies qui nous font battre en retraite. Pour le retour se sera moins drôle : les caddies refusent de nous prendre pour rejoindre le sommet et le parking. Ainsi nous aurons donc droit à notre première suée. Les jours suivants nous parcourons l’ile de long en large. Une route serpente la côte ouest jusqu’à Port Glaud où des pécheurs nous proposent d’aller pique-niquer sur les iles : (50 € la ½ journée et 100 € la journée avec le repas et les boissons pour la journée). Mais nous déclinons l’offre. Nous continuons en direction de Port Launay, en traversant une mangrove. La route se terminant en cul de sac, nous sommes obligés de rebrousser chemin. Au retour nous empruntons le chemin du Sans Soucis pour passer sur l’est en direction de Victoria. Nous nous arrêtons à la fabrique de thé. La visite est sans grand intérêt mais la vue sur la côte Ouest est sublime. On retrouve un autre point de vue plus beau encore, car il offre une vue à la fois sur la mer et les montagnes environnantes, à Mission Lodge, un peu plus loin sur la route. Puis c’est la plongée vers la ville. Victoria la plus petite capitale du monde (vrai?) mérite une petite visite ne serait-ce que pour le marché de Market Street. Au rez de chaussée on découvre les étals qui regorgent des produits locaux (poissons, fruits, légumes, épices). Les marchands prennent plaisir à nous renseigner avec toute la gentillesse des Seychellois. Et quelle surprise de voir le prix des poissons! C’est vraiment donné et on est en droit de se demander comment il peut être aussi cher dans les restaurants (prix*15). Le dernier jour, nous y ferons notre provision d’épices. A l’étage on trouve des boutiques de souvenirs. Autre attraction, la Clock Tower, réplique miniature du Big Ben, est aussi à voir. De Victoria, nous prendrons la route vers le Nord. Assez étroite, elle longe une succession de petites criques ou plages pour finir à Beauvallon où se trouve regroupé une succession d’hôtels assez luxueux. La route ne faisant pas le tour complet de l’ile, il faut revenir par une route intérieure montagneuse qui plonge vers Victoria. Une autre fois nous traverserons l’ile par la route de la Misère qui offre un très beau point de vue sur la capitale. Notre coin préféré reste cependant le sud de l’ile : au-delà d’Anse Royale et jusqu’à Baie Lazare. Moins urbanisée, plus sauvage même si les hôtels de luxe ont colonisé les coins les plus beaux, mais ils sont assez discrets. On y retrouve les plages les plus belles et si il ne faut n’en retenir qu’une nous citerons Anse Intendance qui est tout simplement idyllique.
Praslin Notre hôtel se trouve près de la plage d’Anse Volbert, très longue, peu propice à la baignade mais qui permet de faire de belles balades au coucher du soleil. En allant vers l'Ouest, on longe diverses Anses (Possession, Takamaka, Boudin) pour accéder à une route escarpée qui grimpe vers Zimbabwé jusqu’aux antennes de télécommunication. Cet itinéraire offre de superbes vues sur Praslin et Curieuse. En revenant vers la cote, on accède à Anse Lazio, la plus belle plage de l'île. Sa réputation est justifiée, elle est vraiment superbe. De Grand' Anse à Baie Sainte-Anne, la route côtière décrit un superbe parcours dans un décor sauvage et offre la vision sur quelques belles criques isolées comme Anse Bateau ou Anse Consolation. Direction le NO de l’ile : Habitués des forêts tropicales nous ne visitons pas La Vallée de Mai. Nous longeons la côte et faisons une halte à fort Ferdinand (à la hauteur de baie sainte Anne) pour acheter un coco fesses dans la ferme qui les récolte. Cette adresse, communiquée par le loueur de voiture, nous permet d’en choisir un pour environ 220 € contre 350 € dans les magasins. Arrivés au bout de l’ile, nous souhaitons accéder à Anse Georgette (Hôtel Lémuria). Bien que n’ayant pas prévenu, comme il est de coutume, nous demandons l’accès au gardien qui ne fait aucune difficulté. Il faut marcher durant une vingtaine de minutes en longeant le superbe golf : ça monte puis descend avant de découvrir la superbe anse. Cela vaut vraiment le coup d’œil. Le cadre est paradisiaque et quel bonheur d’avoir une plage pour vous tout seul. La Digue Par l’intermédiaire de la GH, nous louons des vélos qui nous sont amenés directement à l’auberge (~6 €/j). C’est, à l’exception des chars à bœufs, le moyen idéal pour se déplacer sur l’ile. Notre première visite sera pour la célèbre Anse Source d'Argent, réputée comme étant la (l’une des) plus belle(s) plage(s) du monde. Il faut payer l’entrée dans Union Estate (6 €/j (billet valable pour toute la journée). Avant d’accéder à la plage, il faut traverser un parc où l’on trouve notamment un vieux cimetière, un enclos abritant des tortues géantes et une plantation de vanille. Enfin une succession de criques entre les fameux blocs de rocher que l’on voit sur toutes les photos des Seychelles. C’est en effet la plage la plus photographiée du monde, car elle est belle avec ses rochers de granit rose, mais elle est peu propice à la baignade. A marée basse on ne voit que des algues ce qui n’incite guère à la baignade. Nous y reviendrons à marée haute, si le visuel est plus agréable, les algues sont toujours là. De plus, réputation oblige, cette plage est la plus fréquentée des Seychelles. Bref une relative déception. Un concert de chorales devant l’église nous redonne le sourire : des chanteurs de tout âge nous gratifient de chants de Noël en créole, anglais et français un beau moment de partage. L’accès à Grand Anse se mérite. Pour y parvenir, il faut franchir un « col » au bout d’une longue montée sous un soleil de plomb. Mais cela vaut le coup de faire l’effort. La plage est ici vraiment de toute beauté. Sable fin, presque de la farine, très belles vagues (courants moins forts en décembre), rochers de granit et eaux translucides. A certaines périodes, il faut se contenter de l’admirer sans se baigner car les rouleaux et les courants sont violents provocant des noyades. Ceci est vrai pour de nombreuses plages (sans barrière de corail) des Seychelles. Par manque d’information, nous ne pousserons pas jusqu’à Petite Anse et Anse Cocos. Dommage car il paraît que cela vaut le coup d’œil. De notre GH, nous ne sommes pas loin de la route qui mène au nid d’aigle. Partis en vélo nous n’irons pas loin. En effet il y a une succession de côtes, dont certaines à 30%, que même les plus entrainés des cyclistes ne peuvent franchir. Nous laissons nos vélos en garde dans un stand de fruits et entamons courageusement la montée jusqu’au café Bellevue. La vue sur le versant Ouest de l’ile et sur les iles environnantes est superbe. Mais nous ne pourrons accéder plus loin, la route étant fermée. Au retour, nous nous rafraichissons en sirotant du jus de coco frais et en discutant un petit peu avec la personne qui nous a gardé les vélos. Nous consacrons une journée à parcourir la route de la Passe à Anse fourmis (fin de la route). Les criques et les plages se succèdent. Certaines protégées par une barrière de corail, d’autres soumises directement aux vagues et courants marins. Le charme est toujours présent. Un après-midi sera consacrée à une excursion en bateau. Nous n’avons pas loin à chercher car Nervis, guide très connu sur l’ile, loge à plein temps dans la même GH que nous. Pour 50 €/p, il nous propose une sortie bateau vers aux îles Cocos et Grande Sœur. Nous ne ferons pas Félicité, fermée pour cause de jour férié ! Son bateau le Zico a fière allure, nous sommes 7 passagers à bord avec 2 accompagnateurs. Il fournit les palmes, masque et tuba pour sur le snorkeling. Au premier arrêt à l'île Cocos, si l’eau est limpide, mais nous sommes surpris par la destruction des coraux : un véritable cimetière. Heureusement les poissons sont au rendez-vous. A Grande Sœur, Nervis nous ramènera 2 tortues marine pour pouvoir prendre des photos. Là aussi nous verrons beaucoup de poissons et quelques petites raies. Ceux qui débarquent sur l’ile découvrent des nuées d’oiseaux.
Conclusion Nous ne regrettons pas notre choix car nous avons trouvé aux Seychelles tout ce que nous recherchions : soleil, belles plages, eaux turquoises, nature généreuse et protégée contrairement à ce que nous avons pu observer dans de nombreuses destinations tropicales. Une chose aussi surprend agréablement : c’est la propreté présente partout. Et bien sûr il faut dire un mot des habitants : souriants, accueillants, toujours prêts à nous faire partager, souvent en français, leur bonheur de vivre dans ces petits paradis.
Troisième voyage à vélo dans les Alpes françaises English translation pending
Bonjour !
Cyclotouristes expérimentés (pour ne pas dire vieux 😛 ), nous serons dans les Alpes françaises en juillet prochain. Les billets d’avion sont achetés, plus d’hésitation possible ! Nous avons quelques voyages à notre actif : plusieurs régions du Québec, un bout de la côte Ouest américaine, les montagnes de l’état de New York et du Vermont. Nous avons aussi fait deux voyages dans les Alpes.
Pour mieux nous situer (expérience, capacités, préférences): Nous avons déjà franchi quelques grands cols (Galibier, Izoard, cormet de Roselend, Saisies, Allos, Petit et Grand St-Bernard…Nous aimons la montagne, les côtes ne nous font pas peur mais les très fortes inclinaisons compliquent la vie de ma douce moitié, surtout si elles se prolongent !Malgré le poids des ans, nous sommes plus solides et plus en forme que lors de nos deux premiers voyages dans les Alpes… le programme est à l’avenant !Nous campons la plupart du temps, mais nous ne dédaignons pas une auberge de temps en temps !Nous préférons éviter les grandes agglomérations.Nous avons l’expérience des routes achalandées, mais bien sûr, nous préférons le calme !Voici l'itinéraire:
Arrivée à Lyon (LYS), direction Vercors, vers St-Romans-en Isère - La-Chapelle-en-Vercors - Col de Rousset – Die - Col de Menée – Mens – Col d’Ornon – Bourg D’oisans – Sans bagages : Boucle de l’Alpe D’Huez et Col de Sarennes – Bourg D’Oisans – Col du Glandon et de la Croix de Fer – St-Jean de Maurienne – Sans bagages (col de la Madeleine) - St-Jean-de-Maurienne - Col de l’Iseran – Bourg-St-Maurice - Cormet de Roselend – Beaufort – Col des Saisies – Flumet – Col des Aravis – Col de la Croix-Fry - Col du Marais – Faverges – Col de Tamié - De l’autre côté de l’Isère jusqu’à Arton – Chamoux sur Gelon - Col de Champ-Laurent- Ste-Hélène-du-Lac – Montmélian – Col du Granier – St-Pierre d’Entremont – Gorges du Guiers Vif – Les Échelles – Aiguebellette le Lac – Yenne – Ambléon – Lompnas – Trept - Aéroport de Lyon
Nous avons 26 jours entre le départ et l’arrivée. Nous prévoyons nous arrêter à Bourg- D’Oisans pour faire l’Alpe d’Huez et à St-Jean de Maurienne pour faire le col de la Madeleine et quelques autres cols, si le temps nous le permet. Nous retournerons peut-être à Valloire pour faire le Galibier sans bagages et redescendre coucher à Valloire. Des raccourcis sont possibles si le temps manque : Laisser tomber le col des Aravis et passer de Beaufort à Albertville Omettre le col de Champ-Laurent et rester sur la rive droite de l’Isère Omettre le Col du Granier et contourner Chambery Omettre l’Ain et rentrer par St-Genyx-sur-Guiers jusqu’à l’aéroport.Que pensez-vous de cet itinéraire ? Vos commentaires généraux et vos suggestions sont les bienvenus. J’ai aussi des questions très pointues pour préciser davantage certaines parties du trajet : L’aéroport de Lyon fournit une carte d’un réseau de VTT autour de l’aéroport. Est-ce que ces pistes sont praticables avec des pneus de route (26) ? Est-ce en poussière de roche ? Terre battue ? Asphalte ? La piste vers Heyrieux serait particulièrement intéressante pour nous.De Mens à La Mure par le col des Accarias ou par St-Sébastien ?De Beaufort au Col des Saisies par D70 (Hauteluce) ou par la D218B ?Le Col du Granier semble un peu trop abrupt via Chapareillan. Alors on monte par la D12 et D12B ou St-Badolph et D12A ?Merci à l’avance pour tous vos commentaires !
Mathieu P.S. Je sais, c’est hors sujet… mais de circonstances : Je suis Charlie, moi aussi ! Paix à tous !
Cyclotouristes expérimentés (pour ne pas dire vieux 😛 ), nous serons dans les Alpes françaises en juillet prochain. Les billets d’avion sont achetés, plus d’hésitation possible ! Nous avons quelques voyages à notre actif : plusieurs régions du Québec, un bout de la côte Ouest américaine, les montagnes de l’état de New York et du Vermont. Nous avons aussi fait deux voyages dans les Alpes.
Pour mieux nous situer (expérience, capacités, préférences): Nous avons déjà franchi quelques grands cols (Galibier, Izoard, cormet de Roselend, Saisies, Allos, Petit et Grand St-Bernard…Nous aimons la montagne, les côtes ne nous font pas peur mais les très fortes inclinaisons compliquent la vie de ma douce moitié, surtout si elles se prolongent !Malgré le poids des ans, nous sommes plus solides et plus en forme que lors de nos deux premiers voyages dans les Alpes… le programme est à l’avenant !Nous campons la plupart du temps, mais nous ne dédaignons pas une auberge de temps en temps !Nous préférons éviter les grandes agglomérations.Nous avons l’expérience des routes achalandées, mais bien sûr, nous préférons le calme !Voici l'itinéraire:
Arrivée à Lyon (LYS), direction Vercors, vers St-Romans-en Isère - La-Chapelle-en-Vercors - Col de Rousset – Die - Col de Menée – Mens – Col d’Ornon – Bourg D’oisans – Sans bagages : Boucle de l’Alpe D’Huez et Col de Sarennes – Bourg D’Oisans – Col du Glandon et de la Croix de Fer – St-Jean de Maurienne – Sans bagages (col de la Madeleine) - St-Jean-de-Maurienne - Col de l’Iseran – Bourg-St-Maurice - Cormet de Roselend – Beaufort – Col des Saisies – Flumet – Col des Aravis – Col de la Croix-Fry - Col du Marais – Faverges – Col de Tamié - De l’autre côté de l’Isère jusqu’à Arton – Chamoux sur Gelon - Col de Champ-Laurent- Ste-Hélène-du-Lac – Montmélian – Col du Granier – St-Pierre d’Entremont – Gorges du Guiers Vif – Les Échelles – Aiguebellette le Lac – Yenne – Ambléon – Lompnas – Trept - Aéroport de Lyon
Nous avons 26 jours entre le départ et l’arrivée. Nous prévoyons nous arrêter à Bourg- D’Oisans pour faire l’Alpe d’Huez et à St-Jean de Maurienne pour faire le col de la Madeleine et quelques autres cols, si le temps nous le permet. Nous retournerons peut-être à Valloire pour faire le Galibier sans bagages et redescendre coucher à Valloire. Des raccourcis sont possibles si le temps manque : Laisser tomber le col des Aravis et passer de Beaufort à Albertville Omettre le col de Champ-Laurent et rester sur la rive droite de l’Isère Omettre le Col du Granier et contourner Chambery Omettre l’Ain et rentrer par St-Genyx-sur-Guiers jusqu’à l’aéroport.Que pensez-vous de cet itinéraire ? Vos commentaires généraux et vos suggestions sont les bienvenus. J’ai aussi des questions très pointues pour préciser davantage certaines parties du trajet : L’aéroport de Lyon fournit une carte d’un réseau de VTT autour de l’aéroport. Est-ce que ces pistes sont praticables avec des pneus de route (26) ? Est-ce en poussière de roche ? Terre battue ? Asphalte ? La piste vers Heyrieux serait particulièrement intéressante pour nous.De Mens à La Mure par le col des Accarias ou par St-Sébastien ?De Beaufort au Col des Saisies par D70 (Hauteluce) ou par la D218B ?Le Col du Granier semble un peu trop abrupt via Chapareillan. Alors on monte par la D12 et D12B ou St-Badolph et D12A ?Merci à l’avance pour tous vos commentaires !
Mathieu P.S. Je sais, c’est hors sujet… mais de circonstances : Je suis Charlie, moi aussi ! Paix à tous !
Derrière le Rideau de Bambou English translation pending
Partant du principe que tous les pays méritent d’être visités (au moins une fois !), je n’avais donc pas de raison pour ne pas aller en… Corée du Nord. Quand mon « Big Brother » lançât l’idée de faire notre premier voyage ensemble qui plus est dans le dernier pays ‘communiste’ au monde, ma réponse fut : « Let’s go ! »
Evidemment aller en Corée peut susciter quelques questions en particulier d’ordre moral « Est-ce que visiter un tel pays n’est pas cautionner son régime ? ». Peut-être mais pas sûr non plus car dans ce cas la liste des pays peu ou pas fréquentables est longue. Dans un passé récent on aurait pu inscrire sur cette liste l’Espagne de Franco, la Grèce des Colonels, le Maroc d’Hassan II, l’Afrique du Sud de l’apartheid, l’Indonésie de Suharto… etc. De nos jours, la situation n’est guère plus brillante en ce qui concerne de nombreux pays comme par exemple, l’Egypte (dictature, coup d’état), la Hongrie (gouvernement d’extrême droite, persécution des minorités), Israël (occupation) sans oublier ni la Russie de Poutine, la Chine ou quelques pays du Golfe Persique… ni le Zimbabwe de Mugabe et pourquoi pas les Etats Unis (peine de mort, Guantanamo…). Mais il y a aussi l’espoir qu’une porte entrebâillée pour des touristes peut, à plus ou moins brève échéance, permettre une plus grande ouverture sur le monde, davantage d’échange et de liberté pour les populations de ces pays-parias, ce qui est le cas, dans une certaine mesure, de la Birmanie voire même de Cuba. Il est donc important d’aller partout, de pouvoir échanger et d’ouvrir les yeux.
Dans le cas de la Corée du Nord, il n’est évidemment pas possible d’aller partout en toute liberté ni d’avoir des contacts directs avec la population puisque l’on est en permanence accompagné par des guides. Impossible également d’entendre d’autres sons de cloche que les discours propagandistes du régime en place. Il ne reste donc qu’à ouvrir les yeux et surtout à lire entre les lignes.
Contrairement à l’idée reçue, on peut donc faire du tourisme en Corée du Nord… à condition toutefois de passer par l’une des rares (mais de plus en plus nombreuses) agences de tourisme agréées par le gouvernement de Corée du Nord. Celle que nous avons choisie : Korea Konsult, se trouve à Stockholm et propose plusieurs séjours et itinéraires au départ de Pékin. Notre choix se porte sur un séjour de cinq jours à Pyongyang avec quelques excursions en dehors de la capitale. Quant aux formalités, elles sont prises en charge par l’agence, il nous faut seulement s’assurer que nous avons un visa chinois.
Pékin 15 Septembre
La magie des transports aériens a toujours quelque chose d’extraordinaire puisque je retrouve Luc comme prévu à l’aéroport de Pékin, à l’autre bout de nos mondes respectifs. Lui est parti la veille de Bruxelles via Moscou et est arrivé il y a juste une paire d’heures, au moment précis où je décollais de Hong Kong après une brève escale. Pour ma part, je suis parti de Perth il y a tout juste douze heures.
Cette année nous faisons vraiment fort puisque c’est la troisième fois que nous nous retrouvons en neuf mois (et à chaque fois sur un continent diffèrent !) alors que nous sommes parfois des années sans nous voir. Bizarrement c’est la première fois que nous voyageons à deux ! Ce voyage sera donc l’occasion de découvrir un nouveau pays mais surtout de ‘nous’ (re)découvrir.
A la sortie de l’aéroport, nous ne trouvons pas de taxi mais une navette qui nous amène dans le centre-ville après avoir parcouru une myriade d’autoroutes qui traversent des banlieues sans fin où poussent des barres d’immeubles plutôt déprimantes agrémentées ici et là d’immeubles futuristes.
Le ciel est presque bleu et la température délicieuse, je suis bien ravi d’avoir un petit break de l’hiver austral qui traine en longueur. En prime, je vais redécouvrir les plaisirs de l’heure d’été.
Le chauffeur du bus nous indique que nous sommes arrivés à destination mais ne précise pas où nous sommes exactement. Après un dialogue de sourds avec un chauffeur de taxi, nous décidons de marcher sur cette immense avenue qui croise d’autres immenses avenues à angle droit. Heureusement, un plan du métro à l’entrée d’une station nous permet de nous repérer. Puisque nous sommes à Fuxingmen et que nous allons jusqu’à Tian’anmen East, il nous suffit donc de continuer tout droit ! Une demi-heure plus tard, je reconnais le portrait du Grand Timonier sur le portique de l’entrée de la Cité Impériale et qui fait face à la Place Tiananmen.
Alors que j’ai mis des décades avant d’enfin connaitre Pékin, jamais je n’aurais imaginé me retrouver ici moins de seize mois après ma première visite. En tout cas rien n’a changé depuis la dernière fois. L’hôtel Emperor se trouve dans la première rue à gauche, une rue bordée d’arbres et qui longe les douves de la Cité Impériale. Nous le trouvons un peu par hasard tant son entrée est discrète. Par contre, les chambres, décorées par un designer allemand, le sont beaucoup moins.
Le temps de déposer les bagages et d’envoyer quelques messages rassurants à celles qui sont restées et nous voilà repartis vers la Place Tiananmen. Celle-ci est pavoisée de drapeaux chinois et de Bahreïn puisque l’émir est en visite officielle en ce moment. Les touristes se prennent en photos devant les soldats immobiles et au garde-à-vous, pendant que les balayeurs sur leur caddy électrique s’assurent qu’aucun papier ou cannette ne traine par terre.
Bientôt, un attroupement se forme au pied du mât où flotte la bannière étoilée chinoise. Le cérémonial du baisser du drapeau va bientôt commencer. Laissons ce moment de grande fierté aux patriotes. Pour notre part nous préférons compter les nombreuses cameras installées au sommet des lampadaires/haut-parleurs géants, admirer, près du mausolée de Mao, les statues des combattants révolutionnaires aux poses dynamiques, observer les badauds venus de monde entier ou encore contempler les façades rectilignes de bâtiments officiels qui entourent la place et celles bien plus exotiques et colorées de la Porte Zhengyangmen et la Tour d’Archers. Nous poursuivons la balade dans le quartier Dashian, une zone piétonnière récemment construite qui regroupe boutiques et restaurants dans un faux décor historique noyé sous les néons maintenant que la nuit est tombée. Une longue marche le long de quelques grands boulevards anonymes et sombres et nous voilà arrivés dans le District de Dongcheng devant un centre commercial luxueux où se trouve l’un des meilleurs restaurants dont la spécialité est le canard… pékinois : DaDong.
Les menus sont de véritables livres d’art bourrés de magnifiques photographies de plats admirablement présentés et définitivement appétissants. Le choix étant trop compliqué à faire, nous optons pour le menu dégustation qui comprend une succession de mets plus exquis les uns que les autres. L’hôtel n’est pas très loin et après ce repas pantagruélique, une petite balade digestive dans les rues calmes est exactement ce qu’il faut pour conclure cette première journée de vacances.
Pékin 16 Septembre
Un réveil tardif nous permet de récupérer un peu de la fatigue du voyage. Café sur la terrasse déserte et ensoleillée qui domine les arbres et les toits rouges de la Cité Interdite vraiment toute proche. A droite, vue imprenable sur la Colline de Charbon surmontée d’une jolie pagode. Derrière nous, perdue dans la brume de chaleur, nous apercevons à peine la multitude d’immeubles modernes qui ne cesse de pousser, toujours plus haut.
Le programme prévu pour la journée (ou de ce qui en reste…) est léger. Nous commençons par une petite marche dans les rues ombragées qui nous mènent jusqu’à l’entrée du parc Jingshan (celui aperçu de la terrasse de l’hôtel) qui fait face à la Cité Interdite. Ce parc, dont l’histoire remonte à plus de mille ans, est situé sur une colline artificielle édifiée avec la terre extraite des douves de la Cité Impériale et des canaux environnants, une tâche titanesque ! Il comprend cinq sommets sur lesquels s’élèvent cinq pavillons. Le plus important abrite un bouddha doré et offre une vue magnifique sur le Palais Impérial. Autrefois, le parc était une partie intégrante et le refuge des Empereurs. D’ailleurs l’un d’eux, Chongzhen (le dernier de la dynastie Ming), s’y pendit en 1644.
Les petits chemins qui grimpent au milieu des arbres et des buissons fleuris sont par endroits pentus mais agréables d’autant plus que nous passons à proximité de musiciens en train de dépoussiérer leurs instruments traditionnels. On ne peut rêver de dépaysement plus complet. Arrivés au sommet, nous retrouvons des dizaines de touristes qui se prennent allègrement en photos devant les toits de la Cité Impériale vêtus de costumes d’empereurs ou de concubines que des marchands malins louent à tour de bras. Pour ma part, c’est une plaque posée au sol qui m’attire car elle indique le centre géographique de Pékin.
Après être restés un long moment à contempler les différentes vues panoramiques embrumées (et à reprendre notre souffle !) nous reprenons la balade vers l’un des vieux quartiers (hutongs) qui résistent encore face aux assauts des promoteurs immobiliers. Succession de ruelles bordées de maisons basses dont les entrées discrètes s'ouvrent sur de larges cours intérieures que partagent plusieurs familles. Mais bien vite nous nous retrouvons sur ces larges et interminables avenues qui se ressemblent toutes et n’offrent que peu d’intérêt.
Nous finissons par trouver le Swissotel, un immeuble rond au pied d’un rond-point géant perpétuellement encombré par une circulation démentielle. Peu d’intérêt donc mais c’est ici que se trouve le siège de la compagnie aérienne nord-coréenne et où nos visas nous attendent.
Nous fêtons l’évènement en allant prendre un late brunch dans l’un des restaurants de l’hôtel avant de prendre un taxi qui nous emmène au 798 Art District un peu plus au nord de la ville.
Dashanzi, la banlieue où nous débarquons une demi-heure plus tard, est un bien curieux quartier. Coincé entre des autoroutes et voies rapides, il est composé d’un amalgame de barres d’immeubles délabrées et flambant neuves, de friches industrielles et d’usines désaffectées. C’est d’ailleurs dans l’un de ces nombreux complexes militaro-industriels tombés en ruines à la fin des années 80 que se situe cette zone artistique qui rassemble musées, galeries d’art, ateliers, boutiques et cafés à la mode.
Construit dans les années 50 en collaboration étroite avec l’URSS et la RDA, le complexe industriel de Dashanzi devait permettre à la Chine de produire des composants électroniques auparavant importés d’URSS. Il comprenait plusieurs usines ainsi que des logements pour les travailleurs et s’étendait sur 500 000 m². L’architecture des lieux est unique, style Bauhaus un style aux formes simplifiées où la forme suit la fonction.
Il n’est pas question non plus de lésiner sur les moyens puisqu’une grande partie de l’équipement est transportée directement d’Allemagne de l’Est par le Transsibérien, une ligne de chemin de fer de quinze kilomètres est construite reliant directement le complexe à la gare centrale de Pékin.
Le complexe de Dashanzi devient vite un modèle du genre et la vitrine d’un communisme social qui associe travail et activités culturelles et sportives, où l’ouvrier méritant et sa famille sont pris en charge de la crèche jusqu’à la maison de retraite. Ce monde ‘merveilleux’ s’écroule vers la fin des années 80, date des premières réformes économiques lancées par Deng Xiaoping qui limitent les subventions aux entreprises d’état. Vers le milieu des années 90, la plupart des usines sont à l’abandon et la zone industrielle reconvertie en zone d’habitation.
C’est également à cette époque que le Département de la Sculpture et l’Académie Centrale des Beaux-Arts, toujours à la recherche d’ateliers spacieux, s’installent dans les locaux vacants. Ils sont bientôt suivis par des artistes d’Avant-Garde inspirés par l’architecture Bauhaus où les grands espaces intérieurs sont conçus pour laisser le maximum de lumière naturelle sur les lieux de travail. Ici, les plafonds courbés sont supportés par de arches tronquées au sommet puis remplacés par de larges baies vitrées inclinées en diagonale donnant ainsi aux toits un aspect de dents-de-scie et afin de minimiser les ombres toutes les fenêtres sont orientées au nord.
Nous déambulons dans ce dédale d’allées étroites aux murs couverts de graffitis et parsemé de sculptures avant-gardistes pour le moins surprenantes. Un monde déjanté et moqueur où le beau côtoie le laid, un monde que nous n’aurions jamais imaginé possible en Chine même en 2013. La Révolution Culturelle est à des années lumières ! Galeries du bizarre, de la provocation mais aussi des ateliers où l’art traditionnel est modernisé par des formes et des couleurs contemporaines. Une belle et surprenante découverte qui vaut absolument le détour.
Encore sous le charme, nous en oublions presque les embouteillages monstres sur le chemin du retour. Nous profitons encore de la douceur du soir pour aller prendre un verre sur la terrasse et regarder les effets de lumières sur les toits de la Cité Interdite. Ce soir, pas de menu gastronomique à la DaDong mais plus simplement une délicieuse soupe garnie et épicée sur une table bancale sur un bout de trottoir d’une rue tranquille.
Pékin 17 Septembre
De la fenêtre de la chambre, je regarde le ciel gris et nuageux qui annonce la pluie. Le temps de pendre un petit café accompagné de quelques tranches du kramick ramené de Bruxelles (Min Dieu qu’ché bon !), de plier les bagages et nous voilà en train de filer sur l’autoroute qui mène à l’aéroport. Notre chauffeur de taxi s’occupe à faire des jeux de roulette sur son portable, non seulement à l’arrêt dans les embouteillages mais également quand il dépasse des camions poursuivis de nuages d’embruns. Heureusement, il les perd tous je n’ose pas imaginer sa réaction s’il devait en gagner un !
Sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, nous arrivons à l’ancien terminal bien plus tôt que prévu. Nous pouvons donc nous noyer avec allégresse au milieu de la cohue qui règne dans le hall des départs. Mais où vont tous ces Chinois ?
En tout cas pas à Pyongyang car quand nous finissons par trouver les guichets d’Air Koryo, nous n’y trouvons que des Coréens du Nord (reconnaissables à leur petite taille et leur teint plus sombre mais surtout au pin à l’effigie du Grand Leader épinglé sur le revers de la veste) ensevelis sous des amoncellements de bagages plus ou moins bien ficelés plus un petit groupe de voyageurs aux cheveux gris et à l’accent british quelque peu dépassé par les évènements.
Fort heureusement, nous devons avoir une tête qui revient à l’agent en charge de l’enregistrement des bagages puisqu’il nous fait passer devant tout ce beau petit monde. Mais le temps gagné ici et rapidement perdu aux étapes suivantes : le passage à la sécurité suivi de celui des douanes surtout que nous y arrivons juste au changement de garde.
La porte d’embarquement C9 est située bien à l’écart, serions-nous déjà considérés comme des pestiférés ? Au moins nous avons l’embarras du choix pour ce qui est des banquettes en skaï. Bientôt nous retrouvons les petits Coréens, toujours aussi chargés mais cette fois de sacs remplis de bouteilles de whisky et de cartouches de cigarettes. Puis arrivent quelques petits groupes de touristes essentiellement allemands et scandinaves. Devant nous, des écrans plats géants diffusent des petits reportages sur les endroits à visiter à Pékin, sur les sportifs chinois en vue et même sur l’histoire du Parti Communiste. Ceux-ci sont constamment entrecoupés de publicités vantant les bonheurs de la société de consommation. Pauvre Grand Timonier, qui dans son mausolée climatisé, doit crier à la trahison !
13h. Enfin un peu d’animation du côté de la porte d’embarquement. Du sas vitré, nous apercevons notre beau Tupolev Tu-204-100B (j’ai révisé !) frappé aux couleurs de la République populaire démocratique de Corée mais tout ruisselant sous le crachin pékinois. Les jeunes hôtesses nous indiquent nos sièges et nous remettent le Pyongyang Times, un petit hebdomadaire de huit pages avec à sa une, une photographie du jeune Grand Leader tout sourire. L’intérieur de l’avion est nickel et les sièges de la classe économie sont spacieux et confortables (une rareté de nos jours !).
En attendant que tous les passagers s’installent, je feuillette le magazine Korea Today qui nous résume les grands évènements du mois précédent c’est-à-dire l’emploi du temps du jeune Grand Leader dont le portrait figure une ou plusieurs fois par page. Ici l’inauguration d’une centrale ou usine quelconque, là l’inauguration de la dernière zone urbaine, plus loin une visite d’une caserne accompagné d’une flopée d’anciens combattants souriants ou encore la visite d’une école cerné d’enfants admiratifs. Et toujours ce sourire étincelant, ce costume sombre et élégant et la coupe de cheveux du grand-père qui font apparaitre le jeune Grand Leader comme un demi Dieu, entouré d’une foule aux attitudes volontaires et aux mines radieuses. S’il y avait un Oscar Photoshop, nul doute qu’il irait aux illustrateurs nord-coréens !
Tous les passagers sont maintenant à bord, la majorité est composée de touristes occidentaux, le reste inclus des travailleurs nord-coréens de retour au bercail et quelques femmes (ou maitresses !) de l’élite revenues d’une expédition de shopping dans la capitale chinoise. Curieusement, les rangées de fauteuils du dernier quart de l’avion sont remplies à la dernière minute de paquets et de valises qui n’ont pas trouvé de place dans la soute à bagages.
La pluie occasionne un embouteillage sur les pistes et nous décollons avec près d’une heure de retard ce qui nous permet de feuilleter une fois encore les magazines et même d’étudier la prose révolutionnaire des articles critiquant la politique du Président Obama et vantant celle du jeune Grand Leader. Les hôtesses viennent rompre notre début d’ennui en nous servant des jus de fruit dilués et une espèce d’hamburger froid peu appétissant. En guise de divertissement, nous avons également droit au spectacle de Noël, ou la version nord-coréenne d’un show à la André Rieux où une dizaine de musiciennes en mini-jupes se dandinent en reprenant des airs populaires sur des clips de lancements de missile et sous les applaudissements rythmés de l’audience en uniforme.
Pratiquement au moment où nous survolons la frontière, l’épaisse couche de nuages gris cède la place à un beau ciel bleu et dégagé. Nous pouvons donc admirer par le hublot les paysages montagneux puis les plaines agricoles recouvertes de rizières et de champs jaunes et verts entrecoupés de rivières scintillantes et parsemés de villages aux maisons sagement alignées. De là-haut, nous avons parfois le sentiment de survoler des paysages de la France profonde des années 40 un paysage campagnard sans les balafres des infrastructures modernes.

Nous descendons rapidement, l’aéroport semble être situé au beau milieu des champs. Sur le tarmac, nous passons en revue la flotte des avions à hélices d’Air Koryo soigneusement astiquée par quelques mécaniciens qui ne lèvent même pas la tête au passage notre avion. Des bâtiments en construction encadrent une espèce de hangar flambant neuf. Le comité d’accueil, formé d’hommes et de jeunes femmes portant des uniformes de couleurs différentes, se presse lentement autour de la passerelle bleue que l’on vient d’arrimer. Dans l’avion, l’on entend déjà les crépitements des appareils photo.
Dehors, la douceur de la fin d’après-midi nous surprend agréablement mais nous avons à peine le temps de l’apprécier car on nous fait signe d’accélérer le mouvement, pas question de faire attendre les quatre douaniers installés derrière leur pupitre en bois. Formalités rapides et presque chaleureuses puis nous nous retrouvons dans une espèce de gymnase d’école aux murs blancs. Un tapis roulant grinçant et éternellement vide d’un côté, au fond deux ou trois machines pour l’inspection des valises et de l’autre côté, une petite vitrine et une table sur tréteaux remplies de souvenirs. Une jeune femme vient justement de l’ouvrir et commence à étendre des drapeaux, des poupées, quelques cartes postales, posters et boites de thé au ginseng sans oublier les œuvres écrites par les trois grands Leaders et abondamment illustrées de photographies similaires à celles du magazine épluché dans l’avion. Pour moi ce sera la carte de la Corée réunifiée à 2 Euros. What a bargain ! Pas de problème de change puisque seuls les Euros sont acceptés !
Depuis maintenant près d’une heure nous ne voyons défiler sur ce satané tapis roulant qui perce les oreilles que des paquets ficelés des passagers nord-coréens qui sont promptement embarqués par des jeunes militaires. Nous avons donc largement le temps d’apprendre par cœur le tableau des arrivées d’aujourd’hui : deux vols en provenance de Pékin, un venant de Shenyang (une grosse ville de province située de l’autre côté de la frontière) et le dernier, plutôt surprenant, en provenance de Koweït !?
Nous finissons par récupérer nos valises puis après avoir enregistrés les portables de Luc aux guichets de la sécurité, nous faisons connaissance avec nos guides, le chauffeur et nos cinq compagnons de voyage qui nous attendaient sur le parking en terre battue près du minibus.
Deux guides pour sept touristes… nous sommes soignés ! Le monsieur discret et plus âgé (Monsieur Ho) sera pour les francophones (c’est-à-dire pour nous deux) tandis que la jeune fille souriante (Hyun) sera pour les anglophones (c’est-à-dire les cinq autres).
Le soleil commence à tomber doucement alors que nous roulons sur une route complètement déserte au milieu des champs de maïs. Hyun prend d’emblée les choses en main, en tout cas le micro, et nous résume en quelques minutes plusieurs siècles de l’histoire de la Corée avant de s’étendre plus longuement sur la période 1950-1953. Puis, alors que nous approchons des premiers faubourgs de Pyongyang, elle nous annonce le programme des festivités pour le reste de la journée. Celui-ci se résume à un rapide tour en ville (puisque nous sommes déjà très en retard, se navre-t-elle !), à l’achat d’un bouquet de fleurs que nous irons déposer au pied des statues géantes des ex-Grands Leaders avant de nous recueillir quelques instants. Ça promet ! Mais nous savions également que cela faisait partie du deal quand on vient en Corée du Nord… Les touristes ont ici des devoirs à remplir !!!
Des fenêtres du bus, nous découvrons les premières rues du centre-ville. Barres d’immeubles colorées, larges trottoirs bordées d’arbres où flânent de nombreux piétons profitant de la douceur de cette fin de journée. Chantiers de construction encore en pleine activité, portraits géants des ex-Grands Leaders, espaces verts, drapeaux et bannières. Aux croisements des avenues, nous sommes fascinés par la chorégraphie mécanique mais toujours gracieuse des agentes de la circulation en uniforme blanc immaculé qui font respecter le code de la route. Les chauffeurs de bus, trams, camions ainsi que ceux des 4x4, Mercedes ou des berlines japonaises sont littéralement menés à la baguette.
Derrière les bâtiments monumentaux à la soviétique qui abritent divers ministères, se trouve un autre bâtiment encore plus grand : la Bibliothèque Nationale. Blanc et à colonnades, il est surmonté de toits verts à la chinoise, Monsieur Ho émerge d’un demi-sommeil pour nous confier que ce temple du savoir ne contient pas moins de 30 millions de volumes… Toutefois, il ne précise pas si ce sont des volumes différents ou bien les invendus des œuvres et des biographies des ex-Grands Leaders. C’est également là, ajoute-t-il, qu’il a appris le français (qu’il parle admirablement bien d’ailleurs) et quatre autres langues du coup je regarde ce palais avec des yeux bien plus admiratifs.
C’est près de la fontaine que nous trouvons nos bouquets de fleurs. Ils sont magnifiques malgré leur petit air de recyclé et ne sont pas trop chers (5 Euros). Direction le parc de Mansudae sur les hauteurs, pour aller (enfin) saluer les copains. La nuit est maintenant tombée ce qui nous permet d’admirer les effets de lumières sur les immeubles modernes de la ville. Accompagnés par le chant des grillons invisibles, nous faisons quelques pas sur le chemin qui grimpe vers l’esplanade vide et dominée par deux énormes statues brillantes sous les feux des projecteurs. Sur un piédestal en marbre, le Grand Père, la main tendue, et le Père, la main dans la poche, nous souhaitent la bienvenue.

Hyun nous demande de former une ligne, puis à son signal de faire une petite courbette avant d’avancer ensemble pour déposer nos bouquets parmi la centaine d’autres déposés auparavant. Puisque nous sommes tous des gens éduqués et polis, nous nous prêtons volontiers à ce petit cérémonial sans trop pouffer de rire.
Quelques moments plus tard, nous regagnons le minibus et partons vers notre hôtel. Le Yanggakdo Hotel, situé sur une ile au milieu du fleuve Taedong (très pratique pour garder des touristes trop curieux…), est une tour d’une quarantaine d’étages qui ne paie pas de mine avec un lobby en marbre trop petit, la moitié des ascenseurs en panne, des restaurants lugubres y compris le panoramique au dernier étage mais les chambres, très années 80, sont suffisamment confortables. Et surprise, à la télévision on peut capter en plus des chaines chinoises et russes, CNN et la BBC.
Le repas, que nous prenons dans l’un des quatre restaurants, est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage : un couple suédo-danois résidant à Zurich, deux amis Suédois, l’un habitant Stockholm l’autre Bangkok et un Danois travaillant à Séoul. Leur moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans Luc et moi faisons office de doyens. En tout cas le courant passe très bien. Quant au buffet, bien que déjà bien dévalisé par les précédents groupes de touristes, il recèle de plein de mets inconnus et tous excellents.
Pyongyang 18 Septembre
En tirant les rideaux, je découvre la ville couverte d’une brume qui peine à se dissiper. Je n’imaginais pas voir une ville si étendue ni autant de bâtiments modernes. Sur le fleuve, quelques barges remontent lentement à contre-courant. Plus près, un dragueur s’active sérieusement, son ronronnement mécanique est couvert par une musique, entrecoupée de longues phrases ressemblant à des slogans, diffusée par des haut-parleurs invisibles. Au milieu, sur leur petite embarcation bien solitaire, deux pêcheurs lancent leurs filets.


Le petit déjeuner se prend dans l’une des immenses salles au rez-de-chaussée au décor zen et kitsch à la fois. Sur la quarantaine de tables rondes, seules trois ou quatre sont occupées par une poignée de touristes. Au menu : omelette et salade de choux, toasts, confitures et une tasse de café soluble. Une jeune fille en costume traditionnel surveille le toaster pendant que sa collègue fait le passe-passe avec LA bouilloire électrique de l’hôtel. Le gradé est lui en charge du bocal de Nescafé et s’assure de ne mettre qu’une demi-cuiller de précieux granulés par tasse et prend un air catastrophé dès que l’on lui demande une seconde tasse.
Nous retrouvons guides et compagnons de voyage dans le lobby où l’on ne risque pas de se perdre. Hyun nous annonce le changement de programme dû, nous dit-elle, aux terribles inondations de la semaine dernière qui ont non seulement détruit un pont mais également rendu impraticable la route pour aller aux montagnes de Myohyangsan. Nous ne pourrons donc pas visiter le temple bouddhiste de Bohyon, ni la Vallée de Manpok et pire ni visiter l’Exposition de la Fraternité Internationale, un musée qui regroupe une impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders par des dignitaires étrangers.
Mais pas d’inquiétude, nous rassure-t-elle de suite, il y a un plan B. Celui-ci comprend la visite d’une toute aussi impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders mais cette fois par les Coréens (inclus ceux de la diaspora, précise-t-elle !), puis nous aurons également la chance d’aller visiter l’usine de mise-en-bouteille de l’eau de la plus importante source du pays, de visiter l’institut agricole et une ferme modèle et apothéose de la journée : la visite du barrage de P’i Do où nous prendrons notre déjeuner. Au retour, visite du Musée de la Guerre. Waouh !
Nous sommes tellement excités par ce nouveau programme que nous précipitons dans le minibus, pauvre Monsieur Ho doit courir derrière nous.
Après avoir traversé les ZUP monumentales à l’ouest de la ville, nous bifurquons à droite sur une petite route de campagne bordée de rizières. Au bout de la route, au pied des collines boisées, se trouve un imposant bâtiment blanc sans fenêtre entouré de pelouses impeccables et d’une grille bien gardée.
Une charmante guide en costume traditionnel (jaune et bleu celui-là) nous prend en charge. Dès l’entrée nous devons chausser des chaussons en feutre, pas question d’abimer le marbre puis passer un sas à fort courant d’air, pas question d’amener nos microbes et enfin déposer nos possessions dans un vestiaire aussi vaste que celui de l’Opéra de Paris, pas question d’affoler les portiques électroniques ni de prendre en photo les précieux cadeaux. Une fois assurée que personne ne mâchouille plus de chewing-gum, elle nous prie de la suivre dans les couloirs de cet immense palais glacial et glacé, marbré des colonnes aux escaliers, des murs aux plafonds et commence à réciter ses commentaires où tout doit être chiffré, mesuré, quantifié avec le maximum de superlatifs possible. Première salle, première vitrine, premier arrêt. « Et voici, un fauteuil recouvert de peaux de tigre, offert au Grand Leader par un couple de paysans du nord de la péninsule ». Un peu plus loin. « Et voici, la première machine à laver sortie de l’usine Numéro 75 et offerte par les valeureux ouvriers de notre patrie » Le ton est donné. Plus que 9 998 cadeaux à admirer !
En fait, la guide ne s’arrête que quelques instants devant certains objets considérés comme les plus importants mais pas toujours les plus beaux ni les plus intéressants. On y trouve de tout, du dessin, à la tapisserie, de la théière au bassinet, du bibelot en bois sculpté à la figurine en porcelaine mais ce sont évidemment les portraits du Grand Leader qui dominent, de l’immense fresque en canevas sur fond d’usines fumantes et de champs moissonnés au délicat médaillon fait en plumes d’oiseaux rares.
Une salle, deux salles, trois salles… il faut presser le pas car si nous ne sommes que sept, nous nous arrêtons à chaque fois à sept endroits différents, une manière de maximaliser nos ressources et talents pour dénicher l’objet le plus kitsch pour ne pas dire le plus moche.
Nous passons à l’étage, celui où sont exposés les cadeaux offerts par les « autres » Coréens. Ainsi, nous découvrons toute une série de Walkman offerte par un fan, une Toyota offerte par un chef d’entreprise sud-coréen, des écrans plats de toutes les tailles et des portables (encore dans leurs emballages !) offerts par Mr Samsung ou encore toute une série de mobilier de salles à manger, plus affreuses les unes que les autres, gracieusement offertes par un Coréen né au Nord mais qui a fait fortune au Sud (le contraire eut été étonnant !). Nous n’oublions pas ni les louches en or, ni les baguettes incrustées de pierres précieuses.
Enfin, il ne nous reste que la dernière salle mais certainement « la plus importante » nous affirme notre hôtesse. Deux soldats poussent les deux immenses portes et nous laissent découvrir une immense salle de réception blanche dominée par deux imposantes statues blanches représentant les deux Ex-Grands-Leaders souriants et éclairées par des lumières roses.
Il nous faut, comme hier, former une ligne et s’incliner. Ah, cette courbette la n’était pas prévue dans le programme ! En guise de récompense nous pouvons jeter un œil sur les cadeaux les plus précieux comme ce magnifique meuble chinois finement ciselé, cette défense d’éléphant sculptée, ce bloc de jade (le plus grand au monde confirme-t-elle) et clou du clou cette toile représentant le fils de l’Ex-Grand Leader en armure (et portant ses lunettes) sur un dragon… plus fort que Don Quichotte et que Saint George réunis !
Heureux de retrouver la chaleur du soleil et de chasser la fraicheur de l’air conditionné, nous commentons sur la bizarrerie de cet endroit à mi-chemin entre un musée des Arts et Métiers d’une ville de province oubliée et d’une exposition de listes de mariage de beaufs pour super-beaufs. Puis de nous demander quel sera le sort de toutes ces horreurs quand il n’y aura plus de Grands Leaders…
Nous repartons vers l’ouest en prenant l’autoroute cette fois une extraordinaire trouée au travers un paysage de forêts et de champs. Les autoroutes nord-coréennes sont aussi larges que celles de Los Angeles mais avec zéro circulation. Rien, pas même un camion sur des kilomètres, juste quelques cyclistes et un véhicule militaire venant dans le sens opposé et que nous évitons de justesse ! En effet, les nids de poule étant tellement nombreux et profonds que seule la voie du milieu est à peu près fréquentable, elle est donc l’objet de toutes les convoitises et est l’occasion pour les chauffeurs (une espèce rare sous ces cieux) de tester leurs nerfs ; ce n’est qu’à la vue des casquettes et des épaulettes que le nôtre finit par céder avec un soupir exaspéré.
Plus loin, nous quittons les cahots de l’autoroute pour ceux des petites routes de campagne bordées de petits ruisseaux et d’alignements d’arbres au tronc blanchi. Les cyclistes sont aussi dignes et presque aussi nombreux qu’à Amsterdam. Leurs porte-bagages sont souvent chargés de gros sacs ce qui les oblige à pousser leur vélo à la moindre petite montée.
Nous passons devant quelques communes, toutes bâties sur un modèle identique. Derrière un petit muret séparant les champs du village, on aperçoit des habitations toujours bien alignées, composées soit de petits immeubles en béton de deux ou trois étages, parfois peints mais le plus souvent pas entièrement terminés, soit de petites villas entourées de petits jardins et potagers et, remplaçant nos églises ou temples, un hall communal orné de bannières. De l’intérieur de notre minibus, l’atmosphère est champêtre et paisible et les paysages baignés de soleil fort agréables.
Un chemin mène à un bâtiment blanc aux vitres fumées qui abrite la Kangso Yaksu Mineral Water Bottle Factory. Nous sommes accueillis par le directeur de l’usine, un petit homme à la chevelure dégarnie qui le fait ressembler à Mao et portant une chemisette décorée d’un petit badge affichant les portraits souriants des deux ex-Grands Leaders. Peut-être avons-nous interrompu sa sieste et veut-il y retourner rapidement car à peine réunis dans le hall d’entrée, il prend sa longue règle et se lance dans de longues explications techniques illustrées par des schémas, des cartes et des photos accrochés aux murs et prestement traduites par Hyun.
Ainsi nous apprenons que l’activité principale de cette usine (la plus importante de la patrie chérie), consiste à mettre en bouteille l’eau de la source d’à côté (la meilleure eau du pays) et que la grande astuce est d’injecter du gaz pour avoir de l’eau gazeuse, « encore faut-il avoir les bons dosages », nous prévient-il ! Et le voilà parti dans un cours de chimie 101 qui ne passionne pas vraiment l’audience plus intéressée à admirer les posters des ex (et présent) Grands Leaders venus inspecter les lieux à plusieurs reprises au cours des dernières décades.
Au moment précis où nous passons les portes vitrées et pénétrons dans une grande salle où il règne une chaleur accablante, voilà la chaine qui se met en route dans un vacarme de bouteilles qui se cognent, les ouvrières masquées prennent leurs positions avec un air concentré. Les bouteilles sont remplies d’eau, capsulées, étiquetées puis mises dans des cageots ou cartons qui seront exportées… « principalement vers la Chine » conclut-il fièrement. Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une petite salle climatisée pour une dégustation gratuite. Nous avons même l’opportunité d’acheter (en Euros, svp) toute la gamme des bouteilles. Ceci-dit l’eau est vraiment excellente et vaut bien notre Perrier national.
Une demi-heure plus tard, nous roulons vers la prochaine étape : la ferme modèle, située quelques kilomètres plus loin, à proximité de la petite ville de Kangso. Une route bordée d’arbustes et de jeunes pins conduit jusqu’au vaste parking vide situé en face d’un grand bâtiment carré en béton. Plus loin à gauche, nous apercevons, au pied d’une colline ornée de slogans géants, quelques petits blocs d’appartements noyés dans la végétation et quelques bâtiments plus anciens regroupés autour d’une cour. Une espèce d’obélisque couvert de caractères rouges et un mur de mosaïques représentant le Grand Leader assis parmi des paysans et donnant des conseils pour améliorer les rendements des récoltes (c’est ce qu’indique la légende en bas !) complètent le décor. Il y a également une bande son puisque les haut-parleurs de mauvaise qualité diffusent une litanie de ce qui parait être des slogans, de quoi maintenir le moral et la morale révolutionnaires (et surement empêcher les travailleurs de faire une petite sieste).
Hyun revient avec le chef de la commune. Nous le reconnaissons de suite grâce à son uniforme : un costume avec des manches courtes et porté sans chemise. Après nous avoir souhaité la bienvenue il nous demande de le suivre sur un petit chemin qui mène sur une petite esplanade dominée par un ensemble de statues aussi brillantes que le tissu de son costume. La scène représente l’ex-Grand Leader (le grand-père) souriant, le regard fixé vers l’horizon, entouré de paysans eux aussi souriants, le regard porté vers l’ex-Grand Leader. Tout simplement magnifique. Ce qui l’est moins est le fait que nous devons une fois encore nous aligner et saluer une nouvelle statue. Certes la maitrise de la chorégraphie de courbettes s’améliore à chaque fois (moins celle des fou-rires !).
Devoir accompli, nous écoutons sagement le chef nous chanter sa leçon monotone apprise par cœur mais que Hyun met du cœur à rendre plus mélodieuse. Chiffres, rendements, records, variétés et qualité des récoltes, nouvelles techniques de production, enseignement de haute qualité, tout y passe, tout est dûment traduit et tout ressort de l’autre oreille. Quand notre Danois trop curieux pose la question : « Quand est-il de la mécanisation ? » nous vivons en direct une scène du film «Lost in translation», le chef nous propose alors avec un sourire radieux d’aller voir les serres où murissent les tomates (les meilleures du pays… bien sûr !).



Direction les serres donc où nous attend une autre jeune fille portant un costume éblouissant, jaune et blanc et ruban rouge. Le chef en profite pour s’éclipser discrètement. « Oui vous pouvez entrer dans les serres pour voir la grosseur de nos tomates et la qualité supérieure de nos concombres. » lance-t-elle. Les sept hochements de la tête admiratifs semblent la combler de bonheur.
De l’autre côté des serres se trouvent les bâtiments de l’Institut de Recherche Agricole mais pas question d’aller voir de plus près, « Nos chercheurs sont très occupés ». Nous nous contentons donc de faire des coucous aux gamins, quelque peu étonnés de notre présence, d’encourager un petit groupe d’hommes et de femmes en train de pousser un mini tracteur en panne et de regarder un technicien perché sur son échelle en train de fixer un petit panneau solaire.
« Et voici notre visite de la ferme modèle qui se conclue. » nous annonce Hyun. « Nous allons maintenant voir le plus long barrage du pays. » poursuit-elle.
Nous retrouvons l’autoroute géante, déserte et cabossée jusqu’à l’entrée de la ville de Nampho. Les rues côté recto ressemblent à celles de la capitale : succession de barres d’immeubles aux façades fraichement peintes, des trottoirs bordés d’arbres que partagent piétons et cyclistes. Pour ce qui est du côté verso, c’est un peu moins glorieux et entre deux barres on peut apercevoir brièvement des petites maisons les unes sur les autres dans un état plus ou moins délabré.
Nous passons devant une paire d’usines, de casernes et, à mesure que nous approchons du port, nous apercevons rapidement quelques entrepôts et des quais plutôt vides. Plus loin nous longeons à gauche des marais salants et à droite des champs de céréales qui s’étendent jusqu’aux berges du fleuve Taedong qui prend des allures de baie à mesure que nous approchons de la Mer de Chine. Sur l’autre rive, l’enchevêtrement de montagnes et collines se perd dans une brume de chaleur persistante.
L’entrée du barrage est marquée par une arche et une guérite gardée par des jeunes soldats flottant dans leurs uniformes trop grands. Je comprends maintenant que le barrage n’est pas un barrage hydro-électrique comme je le pensais mais une ‘simple’ digue construite à l’embouchure du fleuve. Construit aux débuts des années 80 par des milliers de soldats (il faut bien les occuper ces braves !) et inauguré en 1986, ce barrage, long de huit kilomètres, relie les deux rives via l’ile de P’i Do et comprend trois écluses ouvertes à marée basse. Il permet ainsi de séparer l’eau salée de la mer de l’eau douce du fleuve et d’augmenter ainsi la superficie des terres irriguées.
A gauche de la route, une vingtaine de cargos attendent patiemment leur tour, à droite les embarcations sont échouées sur le sable, marée descendante oblige. Sur la route nous ne croisons que des militaires et pour la première fois des marins qui ont l’air plus ‘cool’. Le chauffeur de notre minibus nous dépose au pied du phare-monument-musée situé au sommet de l’ile. De là, nous admirons de la vue panoramique sur la baie, les écluses et la mer que l’on aperçoit au fond avant d’aller prendre notre pique-nique (excellent et copieux) dans le restaurant du phare et attendre l’arrivée de la guide officielle du barrage...
Digestion au soleil en écoutant une nouvelle récitation de chiffres entrecoupés d’adjectifs qualificatifs, comparatifs et surtout superlatifs sans oublier bien sur les références aux Grands Leaders et à leur vision. Ici non plus pas question d’approcher de plus près. « Les écluses sont dans une zone militaire. » prévient la guide en fronçant les sourcils, « Et la vue est bien mieux d’où nous sommes. » ajoute-t-elle avec un léger sourire. Contentons-nous donc de la vue générale.
Il est temps de reprendre le chemin du retour en prenant la même autoroute toujours aussi déserte jusqu’à l’immense Avenue de la Révolution bordée d’immeubles blancs. Le chauffeur nous balade dans plusieurs quartiers de la ville, la seule différence est la densité et la hauteur des tours d’appartements. Quel que soit le quartier, nous passons constamment devant des chantiers de construction. Ici d’autres appartements à différents stages de finition, là des installations sportives. Plus loin ceux d’une rénovation d’un parc ou d’une restauration d’une route.
Certains travaux peuvent durer des décennies, comme celui de cet hôtel, le Ryungyong Hotel, en forme d’élégante pyramide de verre qui du haut de ses 105 étages (330 m) domine la ville. Commencés en 1987, les travaux sont abandonnés en 1992, une fois la carcasse terminée. Manque de fonds, pénurie d’équipement et de matériaux, le building reste à l’abandon jusqu’en 2008 date de la reprise des travaux de finition extérieure qui se terminent en 2012. Aujourd’hui, nous informe Mr Ho, les ouvriers aménagent l’intérieur. A voir le peu d’activité qui règne au pied du building, on peut en douter.

Dans cette ville entièrement reconstruite, l’unique bâtiment historique que nous apercevons se trouve au milieu d’un rond-point fleuri. Sur son piédestal en pierre et son double toit vert relevé sur les bords, ce portique en bois ressemble (en plus modeste) aux portes impériales que l’on trouve à Pékin.
Les embouteillages, il y en a quelques-uns, sont l’occasion d’observer de plus près les passagers des trams et des bus et de se rendre compte qu’ils ont les mêmes têtes fatiguées, les mêmes yeux cernés que les passagers d’un bus à Paris ou à New York. La seule différence est que personne ne lit, ni n’écoute de la musique. Quelques-uns, surtout les enfants, une fois la surprise passée, nous font de grands signes et sourires, mais la plupart nous ignore complètement, comme si la présence d’étrangers n’avait rien d’extraordinaire.
Une arche, des alignements de statues, des jets d’eau entourant une statue massive d’un soldat portant un drapeau, une pelouse jusqu’aux marches d’un bâtiment blanc avec un fronton d’arcades, et d’où émerge un flot continu de visiteurs, pas de doute nous sommes bien arrivés au Musée de la Guerre. Mais avant de pénétrer dans ce lieu sacré de la République, une jeune femme en uniforme vient se présenter. Elle sera notre guide et en sa compagnie nous passons en revue la série de statues de glorieux soldats en situation d’héroïsme aigu, puis les restes des prises de guerre diverses : armements, tanks, avions et summum du summum le célèbre navire de guerre américain l’USS Pueblo, capturé en Janvier 1968.

Comme navire de guerre, il n’a vraiment rien de terrifiant puisse qu’il ne s’agit plutôt que d’un petit cargo transformé en navire espion par les Américains. Mais cette prise de guerre permit (et permet encore) d’être un excellent élément de propagande pour la patrie techniquement toujours en guerre. Plus que la prise en elle-même, c’est la saga qui suivit qui fit couler beaucoup d’encre. Les 82 membres d’équipage survivants furent torturés avant d’être finalement libérés en Décembre 1968 en échange d’une lettre officielle d’excuses du gouvernement américain.
Allons-y pour la visite à bord qui n’a rien d’extraordinaire sauf les impacts de balle (marqués en rouge) et la réalisation que la vie à bord ne devait pas être rigolote tous les jours tant tout semble minuscule. Quant à la salle contenant les instruments d’écoute, elle permet de réaliser les avancées technologiques effectuées depuis 68 ! Nous suivons la casquette de notre guide jusqu’au pied de la statue monumentale aperçue plus tôt. Nous aurions dû nous en douter car la voilà qui nous fait signe de former une ligne. Ca va nous connaissons le scenario… à part que cette fois, il y a une variante. En effet, le jeune Danois du groupe la voyant saluer, décide de l’imiter et nous de faire comme lui. Pas de courbette donc mais un beau salut militaire qui prend de court nos guides qui se lancent des regards inquiets avant d’éclater de rire… discrètement quand même !
Nous pénétrons enfin dans le musée, inauguré quelques mois plus tôt. Escalier spectaculaire, lustre démentiel, longues galeries, vitrines de scènes de guerre reconstituées, visiblement de quoi impressionné les nombreux patriotes du pays… et les maintenir dans la pensée du sacrifice. Nous passons devant une multitude de vitrines remplies de médailles, d’armes de tous calibres, de lettres personnelles et de documents officiels, de peintures et de dessins, de bannières, de bustes de vaillants héros. Arrêt prolongé devant la statue du plus grand soldat de l’armée victorieuse et surement le préféré de notre guide qui nous explique que malgré ses jambes brisées, ses bras fracassés, il continuât à tirer avec sa mitrailleuse avec ses dents et tuât au moins une centaine d’ennemis. On n’en fait plus des comme ça !
Nous poursuivons vers une salle de projection où nous est projeté un film nous expliquant la version nord-coréenne des évènements qui ont précédés la guerre de Corée et en énumérant les provocations américaines. Nous en concluons que pour commencer la guerre en Irak, Bush Junior n’a fait que suivre l’exemple de ses prédécesseurs.
Quelques problèmes de queue devant les ascenseurs obligent notre capitaine/guide à changer de stratégie et d’opter pour les escaliers de secours pour accéder à l’étage supérieur où se trouve une salle panoramique avec un dôme genre planétarium jetée dans la pénombre. Mais il n’y a pas de planètes à observer ici, seulement des scènes de combats que l’on découvre à mesure que l’immense plateau sur lequel nous sommes installés complète sa rotation. Effets de bruits et lumières sur des scènes composées de peintures et d’objets réels. La guerre en 360° et en 3D. Paisibles rizières, avions, bombardements, destruction de villes et de villages, feu, sang, tranchées, tanks, reconquête et drapeau qui flotte de nouveau sur un champ de ruines. Epoustouflant, particulièrement pour les oreilles. Je ne sais pas ce qui était le plus pénible, le bruit des armes ou bien la voix du commentateur.
Hyun regarde sa montre avec impatience car nous sommes parait-il en retard, que le restaurant nous attend et qu’il faut traverser la ville. Re-petit tour en ville, les différentes bannières et affiches de propagande nous servent de points de repère et nous commençons maintenant à reconnaitre les principales avenues et rues du centre-ville.
De l’extérieur, rien n’indique que nous sommes arrivés au restaurant. Pas d’enseigne, ni de lumière particulière. D’une manière générale, les rues n’ont pas vraiment de signes distinctifs pour désigner les magasins ou les boutiques, tout au moins nous ne les reconnaissons pas. Les seuls commerces que nous avons parfois repérés, comme par exemple les magasins de fruits et légumes, sont les espèces de kiosques situés au pied des immeubles.
Nous devons être dans les beaux quartiers car en face du restaurant, le drapeau roumain flotte mollement derrière les murs de l’ambassade. Etre posté à Pyongyang doit être une sacrée punition, en tout cas une punition considérée comme trop sévère par le gouvernement français qui n’a pas d’ambassadeur ici.
La petite salle de restaurant, située à l’étage, est archi pleine… de touristes. Menu unique mais une fois encore excellent. Nous goutons ainsi au célèbre Hot Pot nord-coréen. N’en perdant pas une pour revenir sur la bravoure et l’ingéniosité des soldats nord-coréens durant la guerre de Corée, Hyun nous raconte que la recette vient d’un soldat affamé mais génial qui eut la brillante idée faire cuire un bouillon de poisson dans son casque et d’y mettre tout ce qu’il pouvait trouver. Ses compagnons d’infortune l’imitèrent et voilà comment la recette nationale est née ! Ah évidemment, ce ne sont pas nos Poilus qui auraient pensé à ça !!!
Heureusement pour nous, ce soldat était gourmet car il n’ajoutât que des bonnes choses comme du chou, des lamelles de bœuf, de la coriandre, des épices, d’autres légumes, des pâtes, du tofu, des piments, des champignons…etc. et terminât son œuvre en apothéose en y cassant un œuf. C’est fou ce que l’on peut trouver dans les tranchées à cent mètres des lignes ennemies ! Les serveuses gracieuses et souriantes tournent autour des tables en s’assurant que nous ajoutons nos ingrédients dans le bon ordre et que nous ne nous mettons pas le feu à la nappe avec nos braseros foireux.
Suants mille et une gouttes mais l’estomac bien calé, nous voilà partis pour le dernier volet du programme de la journée : les Arirang Mass Games.
Les jeux de masse sont devenus au cours de ces dernières années une spécialité du pays. Après avoir vu à la télévision australienne il y a quelques années un documentaire britannique (A state of mind), je ne veux pas louper l’occasion de les voir.
Les jeux de masse sont un spectacle de quatre-vingt-dix minutes composé de ballets et d’exercices de gymnastique synchronisés accompagnés de musique et d’effets spéciaux auxquels participent plus de… 100 000 personnes ! En fait aucun autre pays au monde ne serait capable aujourd’hui de mobiliser tant de monde pour un spectacle avec si peu de spectateurs payants. Si les prix varient de 350 à 80 Euros, il n’y a en fait que très peu de touristes qui assistent à ce spectacle extravagant qui n’a lieu que quatre fois par semaine de la mi-Juillet à la mi-Septembre (quand ils ne sont pas annulés à la dernière minute, comme c’est parfois le cas). Les participants sélectionnés, parfois dès l’âge de cinq ans, s’entrainent pendant des heures entières dès que les beaux jours arrivent.
Si les jeux de masse ne sont pas une invention nord-coréenne (les premiers jeux de masse apparaissent au XIXème siècle avec les mouvements nationalistes d’Europe orientale, ils incarnent la jeunesse, la force, le militarisme et l'unité), les Nord-Coréens leur ont donné une autre dimension.
La philosophie de l’ex-Grand Leader derrière ce genre d’évènements n’est guère différente de celles des anciens leaders de ces mouvements nationalistes européens quand il déclare : « La gymnastique de masse est importante au niveau de la formation et au développement des enfants à l’idéal communiste. Elle les aide à acquérir une idéologie révolutionnaire, à élargir leur connaissance dans un grand nombre de domaines, à participer aux activités culturelles et à maintenir une morphologie saine et solide, qualités de base requises pour devenir un vrai Communiste. La gymnastique de masse apprend également aux écoliers la discipline, l'organisation et le collectivisme. »
En route donc pour le Stade du Premier Mai, (« Le plus grand au monde ! » précise Mr Ho) situé sur une autre ile au milieu du fleuve. Le long de la route, nous dépassons des cohortes de jeunes et de moins jeunes en uniforme, des membres de famille des participants et des groupes d’écoliers et de travailleurs qui se dirigent en marchant dans la pénombre vers les immenses parkings qui entourent les arcades en béton de l’arène puis se regroupent près des fontaines illuminées.
Au milieu de cette foule des grands soirs, il règne une atmosphère de trépidation. Malgré la cohue tout semble bien rodé et hyper organisé. Aucune bousculade alors que l’on sent l’excitation monter à mesure que nous approchons des dernières marches. Nous franchissons le dernier portique et découvrons l’intérieur de cette gigantesque enceinte à demi-couverte et prenons place sur nos sièges en plastique en haut des gradins réservés aux invités de marque. En face, de l’autre côté de la pelouse synthétique verte, les gradins sont occupés par 10 000 enfants portant des panneaux qu’ils bougent dans un ensemble parfait pour former d’immenses images tout en poussant des cris à l’unisson qui nous envoient des frissons dans le dos. Les panneaux qu’ils tiennent sont en fait des livrets comportant une centaine de pages. Chaque page est donc comme un pixel d’une photo et quand 10 000 pixels changent en même temps, c’est une nouvelle image qui apparait. Il faut le zoom de l’appareil photo pour distinguer les petites têtes qui dépassent à peine. Incroyable.
Les gradins sont loin d’être pleins quand les lumières s’éteignent, que les premiers feux d’artifices éclatent dans le ciel et que retentissent les premières notes de musique annonçant ainsi le début du spectacle.
Et quel spectacle ! Tout simplement extraordinaire. Sans aucun répit, la ‘pelouse’ est constamment envahie par des milliers de participants en costume colorés qui effectuent des chorégraphies parfaitement synchronisées décrivant des scènes remplies de symboles historiques, folkloriques et politiques plus ou moins faciles à décoder. Une musique rythmée aux accents militaires, des effets de lumières et de lasers en plus des enfants-pixels complètent l’ensemble. Du très grand spectacle, terriblement impressionnant. Soldats, judokas, jeunes femmes, enfants, gymnastes exceptionnels, acrobates, trapézistes tout y passe et tous affichent le même sourire figé et le même visage concentré. Dès que les portraits des ex-Grands Leaders apparaissent, les applaudissements redoublent d’intensité.


Mais c’est déjà le grand final, tous les participants (bien plus nombreux que les spectateurs) reviennent sur la piste sous les hourrahs de l’audience galvanisée devant tant de prouesses et de couleurs. Il faut un long moment avant de revenir sur terre et ‘digérer’ ce grand moment auquel nous venons d’assister. La réflexion et les questions viendront plus tard.
A la sortie, les stands proposant posters et t-shirts (et les livres de la doctrine Juche !) font le plein le gouvernement a trouvé là un bon filon à exploiter ! Pyongyang 19 Septembre
Ce matin le petit déjeuner est servi dans le restaurant panoramique, au dernier étage... à condition de pouvoir y accéder car après dix bonnes minutes d’attente toujours pas d’ascenseur. Autre problème, l’ascenseur qui vient enfin d’arriver doit avoir le vertige et être de santé délicate car il décide de descendre et de s’arrêter à pratiquement tous les étages. Ainsi, nous découvrons qu’en dessous du dix-septième, les étages sans moquette, à l’éclairage plus que faiblard et aux murs tachés sont réservés au personnel. Arrivés au rez-de-chaussée, l’homme de garde aux gants blancs et à la grande casquette a dû suivre la même formation que les agentes de la circulation car dès qu’il nous voit il tend le bras et lève la main pour arrêter les passants dans le corridor puis nous regarde et balance gracieusement l’autre bras en pointant l’index vers l’ascenseur en face. Comment a-t-il compris que nous étions descendus pour mieux remonter reste un mystère… en tout cas quelle perspicacité et quelle efficacité !
Evidemment, quand finalement nous arrivons au restaurant panoramique, le buffet a été en grande partie dévalisé mais qu’importe il reste plein de toasts et de la confiture. Quel soulagement également de découvrir que l’hôtel possède une deuxième bouilloire électrique et que le gardien du pot de Nescafé est plus cool que son collègue d’en bas. Peut-être une question d’altitude !?
Le restaurant panoramique semble souffrir de symptômes identiques à ceux de l’ascenseur. Une demi-rotation puis arrêt complet. Quant à la vue panoramique, elle est plutôt restreinte, les laveurs de carreaux ont certainement d’autres chats à fouetter et la brume matinale persiste et signe. Cependant notre petite ile, qui n’a hélas rien à voir avec l’Ile de la Cité, reste partiellement dégagée mais ne révèle rien de bien excitant, à moins d’être un spécialiste en travaux en bâtiments. Mais il me semble qu’un autre hôtel verra le jour… un jour !
Comme d’hab, les doyens sont les premiers ! En attendant le Club des 5… autres, nous observons l’animation dans le lobby. C’est qu’il y en a ce matin avec le départ des athlètes participant aux Championnats d’haltérophilie d’Asie qui se déroulent en ce moment à Pyongyang. D’ailleurs nous avons appris hier qu’un évènement historique avait eu lieu : pour la première fois le drapeau sud-coréen avait été hissé en Corée du Nord après la victoire d’un ‘compatriote’ du sud. Plus loin, des hommes d’affaires chinois sont accueillis en grande pompe par des officiels. Dehors plusieurs groupes de touristes chinois sont en train de fumer comme des cheminées.
Ca y est tout le monde est là et tous avons suivi les recommandations d’Hyun de ne pas mettre ni jeans ni t-shirt car aujourd’hui nous allons rencontrer les ex-Grands Leaders… Aujourd’hui est également un jour férié où l’on célèbre la Fête de Qing Ming, une journée consacrée au culte des Ancêtres et en Corée du Nord, les ancêtres inclus les valeureux soldats morts pour la Mère Patrie et bien sur les ex-Grands Leaders. C’est donc une journée exceptionnelle qui nous attend.
Le soleil brille sur les rues bien plus animées qu’hier. Les piétons ont envahi les trottoirs, beaucoup de femmes portent des robes traditionnelles très colorées, les hommes sont en costume et le reste de la population a sorti les plus beaux uniformes. Les queues aux arrêts de bus sont plus longues et les stations de métro grouillent de monde.
Nous quittons la ville, passons devant de vastes parcs aux arbres alignés comme des sentinelles et d’immenses pelouses dignes des meilleurs terrains de golf et arrivons au Palais-Mémorial Kumusan, un bâtiment rectiligne gris et moche, orné des portraits des défunts Leaders à la denture éblouissante. Le Palais du Soleil, construit en 1976, était la résidence officielle du grand-père avant de devenir à sa mort en 1994 son mausolée (une idée du fils !). Le fils, flippant à l’idée de vivre avec un cadavre, se fit construire une autre résidence plus proche de la capitale. A la mort du fils (en 2011), le petit-fils (le jeune Grand Leader actuel), surement par soucis d’économie (!) et peut-être pour des raisons pratiques (!!) installât la dépouille de son père sous le même toit que celle du grand-père. Coup double donc, ce n’est pas un cadavre mais deux que nous allons de ce pas saluer.



Mais pas de précipitation. D’abord nous devons patienter dans un hall d’honneur en compagnie d’une cinquantaine d’autres touristes étrangers, eux aussi en tenue de gala. Ensuite, nous devons nous mettre en rang par quatre sous une galerie ombragée. Cette opération prend un certain temps contrairement aux Nord-Coréens qui a peine débarqués du tramway s’alignent impeccablement de manière instinctive.
Enfin, un gradé donne le signal de marche. La colonne s’ébranle par petits groupes en faisant des mouvements d’accordéon sous les regards effarés des locaux qui eux ont gardé le petit doigt sur la couture du pantalon. Direction les vestiaires pour y laisser tout ce qui est interdit d’emporter à l’intérieur de ce haut lieu sacré. L’instinct bordélique des Occidentaux revenant au galop, les guides s’efforcent de remettre un peu d’ordre dans les lignes, une manœuvre inutile puisque dix mètres plus loin nous passons en file indienne sur des tapis gorgés de désinfectant puis à la fouille.
Nous nous dirigeons ensuite vers une succession de longs tapis roulants similaires à ceux que l’on trouve dans les aéroports. Sur les murs en marbre sont accrochés des photos représentant les ex-Grands Leaders dans le feu de l’action révolutionnaire. Enfin nous émergeons dans une immense salle aux colonnes de marbre, réalignement et attente avant de pénétrer dans une autre pièce où la statue du Grand-Père rigolard, baignée dans une lumière tamisée, nous toise de toute sa hauteur.
Passage dans un sas où soufflent de puissants courants d’air décoiffant. A peine le temps de réajuster nos mèches rebelles et de se remettre par quatre que nous pénétrons dans une salle au haut plafond plongée dans la pénombre. Au centre, un cercueil en verre contient le corps du grand-père dont on n’aperçoit que la tête à l’aspect cireux, le reste du corps étant recouvert d’un drapeau rouge (une manière comme une autre d’égailler un peu l’atmosphère lugubre qui règne ?!).
Tout en écoutant distraitement une musique propice au recueillement, nous observons attentivement les personnes qui nous précèdent car ce n’est pas le moment de se planter de script ni de froisser les soldats gantés, l’index sur la gâchette de leur mitraillette. Quatre par quatre nous nous présentons au pied du sarcophage, comptons mentalement jusqu’à cinq avant de faire une première courbette, belote sur le côté gauche et rebelote sur le côté droit (pour des raisons de politesse, il n’y a pas de courbette à faire devant la tête dégarnie…). Et d’un !
Nous passons dans la pièce suivante. Changement radical de décor puisque dans cette pièce nous découvrons… un wagon de train ?!?! Il s’agit en fait du wagon dans lequel le grand-père effectuait ses voyages officiels. Sur le mur figure une grande carte du monde sur laquelle des lignes bleues et rouges clignotent elles représentent ses déplacements dans le pays et à l’étranger. A côté, un panneau lumineux indique le nombre des voyages effectués et le total des kilomètres parcourus dans ce wagon. Une estrade permet de jeter un œil à l’intérieur et d’apprécier la simplicité (toute relative) du Grand Leader. Salon, bureau de travail à un bout, chambre et salle de bain de l’autre mais cette partie-là reste cachée derrière des vitres fumées, respectons son intimité, les Nord-Coréens sont des gens pudiques.
La pièce d’à côté contient sa voiture officielle. Heureux Grand Leader qui contrairement à Janis n’a pas du implorer Lord pour avoir sa Mercedes-Benz ! Puis viennent les galeries vitrées derrière lesquelles sont exposés d’autres possessions, ses nombreuses médailles et décorations reçues du monde entier (enfin presque !), sa collection de diplômes honorifiques (ainsi que les pompeux costumes et couvre-leaders qui vont avec) sans oublier les documents officiels écrits de sa propre main. Quelques photos du Grand Leader posant avec d’autres leaders du monde sont là pour nous convaincre que le grand-père jouait dans la cour des très grands (Staline, Mao, Castro, Tito), des moins grands (Honecker, Ceausescu, Husak) et parfois au-delà des frontières du Communisme puisqu’il est même aux côtés d’Arafat, de Moubarak et de Kadhafi !
D’autres couloirs mènent à la pièce où repose l’ex-Grand Leader fils. Repetición de la jugada… Même musique, même décorum, même cercueil en verre, seule la tête est différente. Quant à nos courbettes… nous approchons de la nomination pour le prochain Oscar. Mais la concurrence est rude car parmi les régiments de soldats et de soldates qui nous suivent, certains ont déjà sorti leur mouchoir pour y sécher quelques larmes. Cependant quelques-unes semblent être réellement affectées et leurs sanglots paraissent sincères. Et de deux !
Ce qui est bon pour un Grand Leader l’est également pour l’autre Grand Leader. Lui aussi a droit à son wagon (mobilier plus ‘moderne’), ses voitures officielles, y compris un buggy de golf modifié et encore plus fort son yacht (?!) reposant dans un faux bassin (comment est-il arrivé ici celui-là ?).
Re longs et lents tapis roulants en direction de la sortie cette fois. Ceux de l’autre côté sont maintenant remplis de Nord-Coréens en route pour rendre hommage aux défunts préservés. Ils nous observent discrètement et silencieusement. Que peuvent-ils bien penser en nous voyant ?
Hyun nous annonce maintenant que nous avons quartier libre (pendant vingt minutes) dans les jardins du palais et que nous aurons ainsi l’occasion de nous mêler à la population locale. Chic alors !
Nous apprenons que ces beaux jardins agrémentés de parterres fleuris, de fontaines et de plans d’eau, ont été créés par le petit-fils (l’actuel jeune Grand Leader donc) lui-même et qu’il a même supervisé tous les travaux de rénovation. Pauvres architectes et jardiniers, je n’ose pas imaginer à quel point ils ont dû trembler… Mais peut-être est-il un boss cool ?
Nous nous dispersons donc parmi les groupes de soldats en uniforme et de femmes portant des robes amples cintrées en dessous de la poitrine et aux longs rubans flottant au vent qui attendent patiemment leur tour pour prendre une photo de groupe devant les portraits géants des défunts aux dents blanches comme la neige. D’autres groupes lancent de la nourriture aux gros poissons et aux canards en rigolant et peut-être en rêvant d’en avoir d’aussi dodus dans leur assiette ce soir.
Je me dirige vers un portail ouvert qui donne vers une avenue déserte et des rails de tramway mais le soldat de garde veille. Comme son copain de l’ascenseur un peu plus tôt ce matin, il me fait le coup de la main tendue et du balancement de bras l’index en pointant en direction des jardins.
Après avoir pu constater combien la population locale est raffinée, souriante, sereine et ouverte nous pouvons regagner notre minibus. L’étape suivante se situe sur la colline que l’on aperçoit derrière les toits du palais-mémorial et que l’on rejoint en traversant d’autres espaces intensément verts.
Nous voilà au pied du Cimetière National des Martyres de la Guerre marqué par un portique et une longue série d’escaliers. C’est également un endroit qui offre une intéressante vue panoramique sur la capitale et ses principaux édifices.
Après un court exercice de grimpette nous atteignons les premières terrasses où sont alignés les bustes des plus valeureux combattants. Dans les allées fleuries nous rencontrons de nombreuses personnes en uniforme mais aussi des familles en balade profitant d’un jour férié ensoleillé. Un peu plus haut se trouve un monument en granite rouge et une autre rangée de bustes. Celui au centre, représentant une femme, reçoit le plus d’attention et de bouquets de fleurs. Les Nord-Coréens sont donc aussi des gens galants ! « Non ! » s’exclame Hyun presque offusquée, « Il s’agit de Kang Pan-sok, l’héroïne la plus importante du pays, une activiste communiste pendant la guerre d’indépendance. C’est aussi la mère de notre Eternel Grand Leader (le grand-père ». Ceci explique donc pourquoi tous ces groupes font la queue pour prendre la photo souvenir devant la mère de Dieu pour qui aucun bouquet n’est trop beau. Nous n’y coupons pas, alignement-courbette devant le buste de Madame Mère mais cette fois nous sommes observés avec grande attention par la foule.
Quelques sentiers parcourent le reste de la colline qui est également une réserve naturelle fréquentée par les Pyongyangites avides d’exercice et de tranquillité. Nos guides, toujours pleins de sollicitude, s’assurent que nous revenons dans le droit chemin et bien qu’il ne soit pas encore midi, l’excuse de l’heure du repas tombe à point. Nous regagnons les grandes avenues animées du centre, quant aux parcs du centre-ville, ils sont remplis de famille en train de pique-niquer.
Une fois encore la salle de restaurant se trouve à l’étage, mais ici en plus de la petite boutique de souvenirs du rez-de-chaussée, l’endroit comporte une terrasse ombragée (la première que nous voyons) fréquentée par des familles en train de consommer des jus et des crèmes glacées. Le menu d’aujourd’hui comporte en plus des petits plats habituels (toujours délicieux) des beignets de crevettes et de poissons (tempura) et une rondelle d’un gâteau roulé. Les écrans plats installés au-dessus de la mini-scène de karaoké diffusent en boucle le même spectacle de Noel que nous avons déjà vu dans l’avion… mais ce coup-ci nous aurons l’occasion de voir le grand finale.
L’un des Suédois ayant émis le souhait de prendre un café (un vrai !) nous remontons dans le minibus pour parcourir une paire de centaines de mètres jusqu’au prochain hôtel de luxe (apparemment la marche sur l’avenue parmi la foule des grands jours doit être trop fatigante pour nous !).
Le lobby, d’un style plus que douteux avec ses faux palmiers lumineux et son escalier en marbre, ressemble davantage à ceux que l’on peut trouver à Abu Dhabi. Une hôtesse nous accueille et nous conduit dans un salon privé encore plus ‘tropical’. Lumière tamisée, plantes luxurieuses en plastique, et mobilier de jardin en fer. Personne n’a osé retirer le petit sapin de Noel décoré de guirlandes clignotantes qui repose derrière la colonne centrale, à moins qu’il ne s’agisse d’un excès de zèle et de prévoyance de la part du manager. Ici la télé diffuse les derniers tubes… de musique classique modernisée, interprétés par un pianiste inspiré sur un fond de paysage enneigé. Sur le bar trône une machine à café flambant neuve gardée par deux jeunes ‘barwomen’. A 6 Euros l’expresso, notre Suédois commence à regretter son idée, en tout cas il ne propose pas de tournée générale…
Re-petit tour en bus pour une balade digestive dans un grand et superbe parc. Par contre celui-ci est entièrement désert. Sur les immenses pelouses immaculées aucune famille en train de pique-niquer ou de jouer au ballon. Un peu plus loin se trouve la chaumière (fraichement restaurée) où vécut la famille du Grand Leader avant son exil en Manchourie. Une autre guide nous attend.
Le temps d’ajuster son micro et la voilà partit dans la récitation d’un texte appris par cœur dans un anglais parfait. Seules les envolées lyriques sur les premières années de la vie du grand-père sonnent légèrement faux et malgré ses efforts répétés, elle n’arrive pas à nous soutirer la moindre larme. Pas même, quand en nous montrant parmi les trois cruches, qui servaient de réservoir d’eau à la famille, celle qui est toute bosselée, elle récite des sanglots dans la gorge : « La famille était si pauvre qu’elle ne pouvait pas s’offrir de belles cruches ». Peut-être que la description de la féroce répression japonaise envers cette pauvre famille patriotique et les malheurs familiaux auront plus d’effets espère-t-elle en entamant une autre déclamation. Hélas, elle doit se rendre à l’évidence : ces cinq jeunes Scandinaves ne font guère preuve d’une grande compassion et les deux frères versent dans un cynisme poli. Il ne lui reste plus qu’à nous montrer le puits familial un peu plus loin et à nous faire gouter l’eau fraiche, celle-là même qui rafraichissait son Grand Leader et le rendait si fort, si intelligent et si beau. Goutons donc cette potion magique !
Une petite promenade dans le sous-bois à regarder une paire d’écureuils se poursuivre dans les arbres nous permet de chasser de nos esprits tous les malheurs qui accablèrent le futur héros national.
Chapitre suivant : la visite du métro, objet de fierté pour la nation toute entière. Tous les touristes étrangers de passage dans la capitale nord-coréenne y ont droit, enfin ont le droit de parcourir quelques stations accompagnés de leurs guides. Pendant le trajet pour rejoindre la station de métro, Hyun nous explique la marche à suivre et l’histoire de cette huitième merveille de modernité.
Commencé en 1965, le métro comprend dix-sept stations reparties sur deux lignes. Sa mise en service a lieu entre 1973 et 1975 et les deux dernières stations sont achevées en 1987. Le style « Réaliste socialiste » des stations et le design du réseau sont calqués sur ceux du métro de Moscou, quant aux noms des stations (Gloire, Camarade, Innovation, Terre dorée…) ils font directement référence aux idéaux de la révolution nord-coréenne plutôt qu’à leur situation géographique. En ce qui concerne les records, puisqu’il en faut, le métro de Pyongyang est le moins cher au monde (10 trajets pour 5 petits cents) et parmi les plus profonds (plus de 100 mètres parait-il). Sur ce dernier point, le traumatisme des bombardements et la perspective d’un conflit nucléaire y sont peut-être pour quelque chose !
16 heures, c’est presque l’heure de pointe alors que nous passons devant les portillons de la station Puhŭng située sur la ligne Chŏllima. Des escaliers roulants plutôt raides nous emmènent vers les profondeurs souterraines où grouille une foule endimanchée. Dans les couloirs aux murs blancs et vierges pas de musiciens en train de faire la manche, seulement les programmes de la radio nationale diffusée par des haut-parleurs nasillards. En haut des derniers escaliers, nous découvrons les quais de la station Revitalisation, tout un programme !
Plafond blanc orné de moulures décoratives et de chandeliers colorés, murs en arcades agrémentés de panneaux en bronze et au centre de deux magnifiques mosaïques montrant des scènes de travailleurs enthousiastes et souriants en pleine action. Mais c’est bien sur celle au fond du quai qui est la plus belle et la plus imposante puisqu’elle représente le Grand-Père Leader casquette sur le crane, l’imperméable ouvert, entouré de toute la gamme des travailleurs en habits de travail en train d’essayer de le rattraper, le tout sur un fond de pylônes électriques et de cheminées crachant des nuages de fumées grises, synonymes de progrès et de modernité mais pas très écolo.
Comme les travailleurs nord-coréens ne sont jamais fatigués, on ne trouve pas de banc sur les quais, par contre comme ils sont toujours avides d’information, on y trouve des vitrines où ils peuvent dévorer les pages de leur quotidien favori : le Rodong Sinmun et y découvrir les dernières photos du Petit-Fils Leader.
Les rames de métro se suivent rapidement. Elles ressemblent à celles qui circulaient à Berlin (Est et Ouest) avant la réunification (peut-être un signe ?!). L’intérieur est plutôt sobre et sombre, banquettes en longueur, panneaux en formica imitation bois et l’unique décoration sont les deux petits portraits de qui l’on sait (pas moyen d’échapper à leurs sourires !)


Quant aux passagers, ils font comme si nous n’existions pas, seuls quelques gamins nous jettent quelques regards furtifs. Il faut attendre soit cette petite fille qui veut coute-que-coute toucher les cheveux blonds de l’unique fille de notre groupe soit cet homme légèrement ébréché qui tient absolument à nous céder sa place pour que quelques rires et regards plus directs soient échangés.
La station suivante, Gloire, est encore plus imposante avec ses voutes soutenues par de colonnes en marbre sculptées et enjolivées de dorures. Au plafond pendent de superbes lustres en forme de bouquets de fleurs de toutes les couleurs et les murs sont décorés de mosaïques massives représentant des parcs fleuris, le fleuve et la ville. Celle située près de la sortie montre un paysage grandiose composé de lacs, de montagnes et de fleurs sauvages.
Cinq stations plus loin, tout le monde descend, nous sommes arrivés à Triomphe. Ici, en plus de la statue dorée du Grand Leader l’Ancien déclamant derrière un pupitre, le bras tendu vers un avenir radieux, nous découvrons d’autres immenses mosaïques exaltant le travail, le socialisme et la révolution. Une représentation du Réalisme Socialiste dans toute sa splendeur… sous forme de bande dessinée géante !
Nous retrouvons la lumière du jour pour découvrir une autre fierté nationale et un autre record du monde : l’Arc de Triomphe de Pyongyang. Plus haut de plusieurs mètres mais bien moins triomphant que celui de Napoléon, ce monument, inauguré pour les soixante-dix ans du Leader Eternel en 1982, glorifie encore un peu plus (quand on veut, on peut !) ses exploits militaires au cours de la guerre d’indépendance (1925-1945). L’architecte en chef, un petit malin désirant se faire bien voir, eut même l’idée d’utiliser 25500 blocs de granite blanc, soit un bloc pour chaque jour de la vie d’un homme de soixante-dix ans.
Sur la droite, une allée bordée de statues de sportifs en pleine action conduit à l’entrée d’un autre stade. Juste à côté, une autre mosaïque gigantesque marque l’endroit où le Grand-Père Immortel fit son plus beau discours, un jour de… victoire surement ! Plus loin, au-dessus du parc qui recouvre une partie de la colline, la tour des télécommunications déploie ses antennes.
Hyun nous rappelle que c’est maintenant l’heure de faire du shopping et qu’il faut traverser le rond-point par le passage souterrain. Dans le magasin de souvenirs nous découvrons ce que le pays a à offrir à ses touristes : robes traditionnelles, costumes de Leader, tableaux, posters, statuettes de soldats, boites de thé, bouteilles d’alcool et plus étrange des boites de comprimés de Sang Royal frais apparemment très efficaces pour les personnes souffrantes de maladie du cœur (et peut-être de cœur ?!), de perte de mémoire et de… troubles radioactifs !!!
Ce n’est pas ici que nous dépenserons des fortunes, ni dans le magasin suivant d’ailleurs, une librairie proposant tous les écrits des ex-Leaders (le présent Leader n’étant pas encore un écrivain célèbre), la collection complète, en plusieurs langues, de la Pensée du Juche (doctrine stalinienne revue et corrigée par le Suprême Grand-Père lui-même) et quelques ouvrages illustrés sur l’art ou la géographie de la République populaire démocratique de Corée.
Puisqu’il nous reste encore du temps libre, Hyun nous propose d’aller visiter la place Kim Il-sung, l’équivalent nord-coréen de la place Tiananmen. Située sur la rive gauche du fleuve, elle est le cœur de la capitale, l’endroit où ont lieu toutes les grandes manifestations populaires et défilés militaires régulièrement organisés par l’état. Elle est dominée par la Bibliothèque Nationale et entourée d’autres imposants bâtiments qui abritent, on imagine, des ministères. Sur la rive d’en face, se trouve la Tour du Juche surmontée d’une flamme rouge.
La place est déserte, enfin presque car quelques enfants profitent de l’espace pour faire du patin à roulettes sous les regards bienveillants des ex-Grands Leaders. Le sol est couvert de centaines de symboles et de numéros peints de couleurs différentes qui servent de marques pour les troupes lors des défilés. Le long de l’esplanade qui longe les berges, des aires de jeux et des courts de basket et volleyball ont été aménagés. Ils sont les points de rendez-vous favoris pour les jeunes sportifs et les parents qui amènent leurs enfants s’amuser sur les manèges.
Au bord de l’eau, quelques pêcheurs surveillent leur ligne. Plus loin, une dizaine de pédalos font des ronds dans l’eau. Une partie de volley se crée à l’improviste entre quelques membres du groupe et des jeunes locaux. C’est le premier contact direct avec des Nord-Coréens depuis notre arrivée. Comme quoi le sport peut faire tomber des barrières. Bientôt quelques badauds et cyclistes s’arrêtent pour observer cette scène qui, à voir leurs regards étonnés, ne doit pas se dérouler très souvent.
La nuit commence à tomber alors que nous regagnons l’hôtel. Le repas se prend dans le troisième restaurant de l’hôtel, le plus petit mais aussi celui qui a le plus grand écran de télévision. Ça tombe bien puisque le journal télévisé vient de commencer ! Les premières vingt minutes sont consacrées aux dépôts des couronnes de fleurs au Cimetière National des Martyres de la Guerre par les pontes de l’état. C’est amusant de retrouver à la télévision les endroits que nous avons visités le matin même, d’ailleurs nous reconnaissons le buste de la Mère de Dieu. C’est également l’occasion de juger la plus belle courbette. Notre palme va aux généraux, vainqueurs haut-la-main. Les vingt minutes suivantes sont consacrées aux cérémonies identiques qui ont eu lieu dans le reste du pays. Quel dommage, nous ne verrons pas la fin car notre programme de la journée continue aussi le soir…
Ayant émis le désir d’en connaitre un peu plus sur la vie nocturne de la capitale, Hyun nous propose d’aller visiter une micro-brasserie près de la Tour du Juche. Pourquoi pas ?
On ne peut pas dire que la Rive Droite beigne sous les feux des projecteurs. Dans les rues déjà désertes les lampadaires ne diffusent qu’un semblant de lumière. Tout semble avoir été réservé pour l’illumination de la Tour du Juche et les statues géantes qui occupent les jardins au pied de la tour. Puisque nous sommes juste à côté, autant aller voir de plus près cette structure, croisement entre un obélisque et un phare. C’est aussi l’occasion d’admirer les illuminations sur la Rive Gauche (qui elle ne semble pas connaitre les mêmes restrictions).
Décidément les soixante-dix ans du Grand-Père Leader furent l’occasion de grands travaux puisqu’en plus de l’Arc de Triomphe, on lui dédia également cette tour. Haute de 150 mètres, elle est composée de blocs de granite blanc (gris maintenant) et est surmontée d’une flamme rouge qui brille dans la nuit. Comme l’architecte de cette tour voulait être aussi bien vu que l’architecte de l’Arc de Triomphe, il décidât lui aussi d’utiliser 25 500 blocs (tricheur, va !) mais il s’arrangeât à les empiler en 70 « étages » (histoire d’avoir un bon point supplémentaire !!!).
Dans les jardins, nous apercevons une dizaine de jeunes gens assis au pied des statues en train d’étudier. La présence de la tour serait-elle une source d’inspiration ? Peut-être mais le fait que ce petit parc soit le seul endroit de la capitale à ne pas subir de coupure de courant doit surement y être pour quelque chose…
Jamais nous n’aurions trouvé l’entrée de cette micro-brasserie car elle est située dans une espèce d’immeuble résidentiel au deuxième ou troisième étage et qu’aucune enseigne n’indique ce lieu de débauche.
Nous pénétrons dans une salle plongée dans une demi-pénombre, un bar en bois, des poutres en bois, des tables et des chaises en bois et les murs recouverts de panneaux en bois, on pourrait se croire dans un chalet… en bois, un soir d’après-ski, il ne manque que le feu de… bois. Seules trois tables sont occupées, l’une par un couple d’Occidentaux, les deux autres par des touristes asiatiques qui ne tardent pas à partir. Au menu : trois variétés de bière : houblon, orge-réglisse ou riz.
Pendant qu’une partie du groupe distrait les guides-accompagnateurs, les autres entament la conversation avec le couple qui s’avère être un homme d’affaires polonais résident à Pyongyang et l’ambassadrice tchèque. Evidemment, le son de cloche à propos de la situation actuelle du pays est à l’opposé de celui de nos guides, le leur est plus conforme à ce que nous savons déjà via les media non nord-coréens. Pénuries de tout (surtout en hiver), trafics en tout genre, contrôles permanents, répression… « Tout fout le camp mais il y a quand même du fric à faire. » nous assure l’homme d’affaires en guise d’étrange conclusion !?
Quant à la bière de riz ? Pas mal du tout, en prime elle m’a permis d’apprendre quelques mots de coréen très facilement… mais peut-être pas de m’en souvenir le lendemain matin !!!
Pyongyang 20 Septembre
Les matins à l’hôtel Yanggakdo se suivent et se ressemblent, seule l’heure du rendez-vous dans le lobby varie. Aujourd‘hui c’est 8 heures… à part que les deux copains Suédois ont oublié de se réveiller. Ah, le bonheur des voyages en groupe !
Hyun est inquiète, ce retard lui crée un problème car nous risquons soit de faire attendre les militaires (jamais une bonne idée) soit carrément louper la visite de la Zone Démilitarisée ou DMZ (mauvais coup pour la propagande). La DMZ est une zone tampon coupant la péninsule en deux au niveau du 38ème parallèle nord et qui est devenue après les accords d’armistice de 1953 la frontière entre les deux Corées.
La traversée du centre-ville et des banlieues au sud se fait rapidement. Nous passons sans nous arrêter à proximité du monument de la Réunification, une espèce d’arche en pierre symbolisé par deux femmes tenant un globe puis retrouvons l’autoroute du sud aussi déserte et aussi pleine de nids de poule que celle que nous avons empruntée pour aller à Nampho.

Le temps est doux mais devient de plus en plus nuageux à mesure que nous descendons vers le sud. L’autoroute traverse un paysage de champs puis de montagnes et de vallées que parcourent des rivières plus ou moins larges. Les champs paraissent être prêts pour la moisson mais restent désespérément vides d’activité. Ici et là, nous n’apercevons très brièvement que quelques groupes de paysans une serpe à la main, aucun tracteur, aucune charrette. Les villages que nous discernons parfois au loin ressemblent, en moins pimpant, à ceux remarqués deux jours plus tôt. Dans les pâtures même le bétail est absent. En fait pendant tout le trajet jusqu’à Kaesong (situé à environ150 kilomètres de Pyongyang) nous ne voyons qu’à deux reprises une dizaine de chèvres et quelques bœufs.
A mi-chemin, arrêt au restoroute ! On s’y croirait presque en voyant cet édifice en béton qui enjambe la Reunification Highway. Hélas pas de cafeteria avec vue panoramique sur l’autoroute, seulement des toilettes malodorantes qui fuient. Tant pis pour les malheureux qui n’auraient pas pris une bonne bouffée d’air avant d’ouvrir la porte. Sur le petit parking, deux jeunes femmes ont dressé des tréteaux remplis de babioles, de pommes, de sachets de poissons séchés, de canettes, de paquets de cigarettes et de bouteilles d’alcool et tiennent fermement le thermos d’eau chaude. Ici la tasse de Nescafé coute le même prix que le bol de noodles importées directement de Chine : 1€
A gauche, les sommets des montagnes se perdent dans les nuages gris, à droite les anciens méandres d’une rivière disparaissent sous une immense retenue d’eau créée par un barrage. Encore quelques tunnels et voilà la ville de Kaesong entourée par une chaine de montagnes. Plus loin, Monsieur Ho me montre les toits des usines et des hangars de la zone industrielle (actuellement fermée) créée avec des capitaux sud-coréens pour utiliser la main-d’œuvre nord-coréenne tellement bon marché. « On y fabrique de tout, pièces détachées, vêtements, chaussures, produits alimentaires et de très bonne qualité. » m’affirme-t-il. Ce qu’il n’ajoute pas est le fait que cette récente fermeture entraine un véritable marasme économique pour la région et le pays.
Les choses sérieuses commencent car nous sommes sur le point d’arriver au premier contrôle de la zone démilitarisée marquée par une arche en béton, un slogan et un panneau nous indiquant que Séoul n’est qu’à 70 kilomètres !
Tout le monde descend sous les regards vigilants des sentinelles armées et se réfugie dans un bâtiment qui fait office de… magasin de souvenirs !? On y trouve absolument les mêmes choses que la veille, seul l’éventail des thés et boissons au ginseng est plus large et peut-être aussi celui des casquettes proclamant « Korea is One », détail quelque peu saugrenu alors que nous sommes justement sur la ligne qui la divise en deux !
Hyun peut souffler car ce n’est pas son groupe qui est en retard mais un autre plus important qui finit par débarquer une demi-heure plus tard. Nous reconnaissons quelques têtes aperçues soit à l’aéroport soit pendant la visite du mausolée.
Nous suivons le gradé dans la pièce suivante et nous nous plaçons en demi-cercle devant la grande carte schématique qui détaille la frontière et les installations des deux côtés de la frontière. L’homme à la casquette, un capitaine ou un major quand même, prend sa longue règle et pointe plusieurs symboles et lignes en expliquant le pourquoi du parce que et énumère les choses à faire et à ne pas faire. Ses propos sont traduits par Hyun et il en ressort que pour notre protection nous serons escortés par ses collègues, que nous devrons suivre les chemins balisés car nous pourrions marcher sur une mine, qu’il n’est pas conseillé de faire des gestes brusques ni de courir et que nous avons vraiment de la chance d’être du bon côté de la ligne, Vive l’Armée Populaire. « Des questions ? Tout le monde dehors, en file indienne. » traduit Hyun.
Nous passons donc un par un dans un passage dans le mur en béton sous les regards cette fois inquisiteurs des soldats et remontons dans nos bus respectifs qui attendent déjà de l’autre côté. Nous roulons une paire de kilomètres sur une petite route qui traverse des champs et des marécages avant de redescendre pour visiter les bâtiments où ont été signés les accords d’armistice et qui font office maintenant de musée.
Dans la première salle, on découvre plusieurs tables et des chaises ?! « Tout a été laissé tel quel. » insiste le capitaine/major après avoir détaillé les difficiles négociations. Nous passons ensuite dans le bâtiment suivant, bien plus grand puisqu’il a servi aux cérémonies officielles. « Ce bâtiment a été construit en quelques jours par les soldats de l’armée populaire victorieuse, sous l’ordre de l’Eternel Leader. » précise le gradé. Sur les murs sont accrochés des photos d’époque montrant les acteurs principaux, des copies des documents signés et quelques scènes de guerre et de destruction. Au centre, une grande table sur laquelle reposent les documents officiels et drapeaux des délégations protégés par des boites en verre.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, un petit retour en arrière n’est pas inutile et révèle quelques surprises. Tout commence donc en 1910, année de l’annexion de la Corée par le Japon. L’occupation cruelle et impitoyable donne lieu à des soulèvements populaires qui sont rapidement et durement réprimés. Massacres, expulsions et exil mais aussi résistance et création de comités populaires qui combattent l’occupant dans l’ensemble de la péninsule.
La première surprise donc est d’apprendre que l’idée d’une division de la Corée remonte à la conférence de Yalta de 1945, quand Américains et Soviétiques s’accordent pour occuper militairement et conjointement (et de manière provisoire) la Corée une fois la victoire sur les forces d’occupation japonaise acquise. Les Américains proposent comme limite le 38éme parallèle. Deuxième surprise, ce sont les Russes qui arrivent les premiers en Corée (Aout 1945) avec dans les rangs de l’Armée Rouge… le Grand-Père ! Les Américains débarquent en Septembre, après la capitulation japonaise et le départ des troupes japonaises.
S’ensuit une période d’instabilité et l’émergence de nombreuses factions politiques aussi bien communistes que nationalistes conservateurs supportées par chacune des deux forces occupantes. Les déchirements internes et l’occupation conjointe accentuent la division malgré la promesse d’élections communes sous l’égide des Nations Unies.
Au nord, l’Union Soviétique, considérant l’Organisation Nations Unies comme étant pro-occidentale (la Chine est, à cette époque, représentée par les nationalistes de Chiang Kai-shek) bloque l’entrée de la Commission de l’ONU chargée de superviser les élections générales. Le soutien de Moscou permet au Grand-Père de prendre le pouvoir qui s’empresse de prendre deux mesures populaires : la mise en œuvre d’une réforme agraire et l’épuration de l’ancienne administration coloniale.
Au sud, les Etats Unis refusent de reconnaitre les comités populaires qui représentent au niveau local le Comité pour la préparation de l’indépendance issu de la Résistance, et soutiennent une coalition conservatrice menée par Syngman Rhee et rassemblant nationalistes, propriétaires fonciers, hommes d’affaires et anciens collaborateurs de l’appareil colonial.
Chacun des deux camps met donc en place son homme fort que des élections, organisées séparément, permettent de légitimer. En Aout 1948, les élections au sud donnent naissance à la République de Corée, celles au nord, organisées le mois suivant, à la République Populaire Démocratique de Corée. L’épuration des opposants peut commencer et ce des deux côtés, entrainant ainsi d’importants mouvements de population de chaque côté de la frontière. En 1949, les forces d’occupation se retirent complètement au nord… mais partiellement au sud.
Les incidents de frontière sont permanents. Le 25 Juin 1950, Grand-Père ne tenant plus lance ses troupes vers le sud. Leur progression est rapide, en quelques semaines elles ont envahi la quasi-totalité de la péninsule. En Septembre 1950, les Etats-Unis, contraints d’agir, sollicitent l’intervention des Nations Unies. Les débarquements à Pusan et à Inchon permettent de repousser l’armée nord-coréenne pratiquement jusqu’à la frontière chinoise. En Novembre 1950, c’est l’armée chinoise qui entre en scène, elle lance une contre-offensive et repousse, en Janvier 1951, les forces de l’ONU bien en dessous du 38ème parallèle. Pendant les deux années qui suivent les offensives sont suivies de contre-offensives, toutes aussi meurtrières les unes que les autres, enfin le front se stabilise au niveau de la frontière initiale.
Le 25 Juillet 1953, après plus de trois millions de morts, l’armistice est signé à Panmunjeon, un petit village situé près de la ligne de front, plus précisément dans les bâtiments que nous sommes en train de visiter.
La frontière actuelle correspond à la ligne de cessez-le-feu fixée au moment de la signature de l’armistice. Les accords stipulent également que les troupes doivent se retirer de deux kilomètres de part et d’autre de la ligne, créant ainsi une zone démilitarisée longue de 240 kilomètres et large de… 4 kilomètres. Les accords détaillent également combien de soldats peuvent patrouiller dans la DMZ ainsi que le type d’armement autorisé. Mais ceci n’empêche pas les nombreux incidents de frontière de se produire d’ailleurs plus de cinq cents soldats sud-coréens (surement davantage au nord mais ça c’est secret-défense !) et une cinquante de soldats américains sont morts depuis la fin des hostilités. Le plus récent ne remonte qu’à quatre jours quand un homme fut abattu par des soldats sud-coréens alors qu’il tentait de gagner à la nage la rive nord-coréenne près de Paju.
Parmi les incidents les plus importants on trouve la découverte de tunnels nord-coréens et aussi celui appelé « Incident de la hache » qui se déroule en 1976. Huyn me promet de raconter la suite sur le chemin du retour, car il faut y aller… notre capitaine/major s’impatiente.
Troisième surprise, il existe deux villages dans la DMZ, Kijong-dong Tae au nord et Sung Dong au sud. Des fenêtres du minibus nous apercevons, au-delà des champs, les toits bleus des maisons et des petits immeubles de Kijong-dong Tae. Bizarrement ce village serait parait-il inhabité, les bâtiments que nous voyons ne seraient que des coquilles vides !? Nous apercevons également (pas facile de l’ignorer), juste à côté du village, un immense mat en haut duquel flotte le drapeau nord-coréen. Erigé dans les années quatre-vingts, ce mat de 160 mètres (oui, un record mondial à l’époque !) fut la réponse à celui érigé quelques temps plus tôt par les Sud-Coréens (le leur ne fait que 98 mètres).
Bien, cette fois nous arrivons au cœur du cœur de la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area), l’endroit où ont eu lieu toutes les négociations depuis 1953 et qui consiste en un ensemble de bâtiments divers de part et d’autre de la Ligne de Démarcation Militaire.
Sur le parking, réalignement par rangée de quatre puis en avant au pas cadencé sur le sentier qui mène jusqu’aux marches du Panmungak, un édifice de trois étages qui fait face à la Freedom House située juste en face. Au centre, six bâtiments bas, parfaitement alignés sur la Ligne de Démarcation Militaire, sont gardés par des soldats nord-coréens (les soldats sud-coréens restent invisibles). Notre bon militaire nous propose d’aller admirer la vue de la terrasse du troisième étage.
Voilà donc le Rideau de Bambou. Bien moins angoissant que le Mur de Berlin mais tout aussi impressionnant et surement tout aussi efficace ! Aucune activité de l’autre côté, pas même une âme qui vive ! L’unique animation vient des sentinelles nord-coréennes qui font quelques relèves de garde, histoire de chasser leur ennui.
Bref rien à signaler au sud ! En fait, à part le mat sud-coréen, une tourelle d’observation déguisée en pagode et quelques arbres, nous ne voyons pas grand-chose du reste de la péninsule.

La frontière semble si facile à franchir. C’est surement ce qu’a dû penser ce touriste russe quand il est venu en visite officielle en Novembre 1984 et qu’il a décidé de courir vers le sud en criant qu’il demandait l’asile politique. S’ensuit un échange de coups de feu. Résultat trois soldats nord-coréens et un soldat sud-coréen furent tués mais le transfuge réussît son coup !
Heureusement, rien de tel aujourd’hui et nous pouvons regagner le bus tranquillement. Les militaires sont maintenant souriants et nous font des grands signes d’au revoir. Ils sont surement soulagés de nous voir partir et de retourner à leur tranquillité. En plus il semblerait que la récolte des cigarettes auprès des touristes qui tenaient à se faire prendre en photo en leur compagnie a été bonne.
Dernière surprise, la DMZ est devenu au fil des années et malgré ses champs de mines et ses barrières de barbelés, la réserve naturelle la mieux préservée au monde (un record indirect cette fois !). Elle est maintenant un refuge pour plusieurs espèces animales en voie de disparition et l’on parle même de la mettre sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial… ou même de la transformer en Parc de la Paix ?!
Il ne nous reste plus qu’à prendre le chemin du retour jusqu’à Kaesong où nous prenons un autre déjeuner copieux caché sous une douzaine de petites cloches.
Il ne reste pas grand-chose de l’ancienne capitale du Royaume de Corée, ici aussi la guerre a fait des ravages. On n’y trouve pas non plus les splendides et grandioses avenues à la Pyongyang mais plutôt des rues bordées d’immeubles décrépis, des terrains vagues et une petite rivière qui ne respire pas la santé.
Après le repas, nous allons visiter le marchand officiel de cartes postales et de timbres. Nous visitons également l’ensemble d’anciens temples transformés en centre d’éducation, annexe de l’université locale. Il existe donc quelques vestiges de l’ancien régime… mais point de statues des bouddhas.
Il est temps de reprendre la route. Pendant le trajet, Huyn expose sa version du fameux incident de la hache, un incident tout bête mais qui faillit dégénérer en une guerre totale entre les deux pays.
Tout commence donc le 18 Aout 1976, (une période où, à la suite de tentatives de kidnapping et d’accrochages divers, la tension sur la frontière est extrême) quand un groupe de soldats américains et sud-coréens décide de couper les branches d’un arbre qui cache la ligne de mire de l’un de leurs postes d’observation. L’opération devait se dérouler la semaine précédente en présence de soldats nord-coréens mais pour cause de pluie elle fut annulée. Le 18 donc, l’opération d’élagage commence mais est vite interrompue par l’arrivée d’un groupe de soldats nord-coréens. Le Capitaine Pak de la glorieuse armée populaire démocrate demande au Capitaine Bonifas de l’armée impérialiste d’arrêter immédiatement mais Bonifas fait la sourde oreille. Pak fait demander du renfort puis redemande à Bonifas d’arrêter. Bonifas ordonne de continuer l’élagage, ce qui a le don d’énerver un peu plus Pak qui finit par ordonner l’attaque. Massacre à la hache ou courageuse bataille (selon le camp) qui se termine par la mort de deux officiers américains.
Le Grand-Père dénonce l’agression impérialiste et obtient le soutien des nations non-alignées, Ford et ses conseillers décident de monter une opération de grande envergure pour aller couper l’arbre et le président sud-coréen Park Chung-hee préfère temporiser.
Trois jours plus tard, alerte maximale et mobilisation générale. Celle-ci implique des centaines de troupiers, des hélicoptères, des B52 et même le porte-avions Midway ! Les Américains armés de tronçonneuses coupent l’arbre sous les regards incrédules des Nord-Coréens alors que les hélicoptères tournoient au-dessus de la DMZ. Quarante-deux minutes plus, les Américains et Sud-Coréens remballent sans qu’un coup de feu ait été tiré… On n’ose pas imaginer les conséquences si le Grand-Père avait réagi. En tout cas depuis cet incident, les deux parties se sont accordées à ne plus traverser la ligne de démarcation.
Après la pause Nescafé au resto-route toujours aussi peu fréquenté, c’est Monsieur Ho qui vient me faire la causette. En plus de nos discrètes transactions monétaires (€10 contre des Wongs souvenirs), nous bavardons de chose et d’autre, de nos vies respectives et de nos familles. Ainsi j’apprends que son métier de traducteur lui a permis d’accompagner des délégations en Chine, en Russie, en Roumanie, en Allemagne de l’Est et même en Côte d’Ivoire et en Haute-Volta (ce qui m’indique que ses voyages ne sont pas récents, puisque la Haute-Volta s’appelle le Burkina Fasso depuis 1984!) et qu’il aimerait bien visiter d’autres endroits mais qu’hélas depuis la chute du Socialisme, le choix des destinations se réduit. Il m’apprend également qu’il est veuf, sa femme est morte d’un cancer et ce malgré la qualité de la médecine traditionnelle mise en place en Corée du Nord (?!), que son jeune fils rêve de devenir ingénieur car il adore les ordinateurs, qu’il habite près du centre de Pyongynag, qu’il travaille beaucoup avec les touristes chinois et déplore le peu de touristes français qui visitent la Corée du Nord, mais heureusement il y a toujours quelques touristes suisses pour lui permettre de parler français. Puis viennent ses questions l’Australie (qu’il ne semble pas connaitre du tout), la vie que je mène là-bas et sur les possibilités d’y émigrer. Au travers cette longue conversation, je me rends rapidement compte qu’il n’est pas dupe ni complètement « brainwashed » mais plutôt résigné. Sa situation de traducteur le place plutôt bien dans l’échelle sociale, l’accès aux devises étrangères lui permet ainsi qu’à sa famille un certain confort et le contact avec l’étranger et les étrangers lui apportent une fenêtre sur l’extérieur que la majorité de ses concitoyens n’ont pas. Pour autant il ne semble pas être envieux de la vie occidentale car « ici tout est gratuit et personne ne paie d’impôts » ajoute-t-il. Son modèle, peut-être parce qu’il y va plus souvent, reste la Chine « Communiste et moderne. ». Quant à la réunification, il y croit, « L’important ce n’est pas le modèle économique mais la culture commune. ».
Peut-être, mais à observer la réunification allemande, on a compris que c’est bien le premier qui influence la seconde… au grand désespoir des Allemands de l’Est !
Mais voilà déjà les boulevards de la capitale. Nous arrivons devant le Palais des Enfants. « Vite vite, il faut se dépêcher car la représentation des enfants talentueux a déjà commencé. » nous dit Hyun en accélérant le mouvement. Dans le noir, nous nous installons dans de confortables fauteuils le plus discrètement possible. L’audience composée de touristes et d’écoliers semble être hypnotisée par ce spectacle préparé par les enfants, définitivement talentueux. Les numéros sont courts, variés, plaisants, amusants et parfois même époustouflants et se succèdent rapidement sans interruption. Musiciens, acrobates, danseurs, chanteurs, tous ont du répéter des centaines de fois pour arriver à un tel niveau de professionnalisme. Chaque geste, chaque mimique, chaque pas a été minutieusement étudié, il en résulte un manque de spontanéité mais le talent de ces p’tits bout’choux est tout simplement extraordinaire.
L’un de nos Suédois, devant maintenant passer un coup de fil mystérieux et urgentissime à son ambassade, nous voilà de nouveau à faire la tournée des grands hôtels de la capitale (heureusement peu nombreux), car ce sont les seuls endroits susceptibles d’avoir des téléphones publics. Pour le reste du groupe c’est l’occasion de visiter d’autres avenues grandioses et d’autres lobbies d’hôtel. Pas vraiment passionnant mais cette tournée nous permet de voir l’équipe nationale de football chinoise revenir de l’entrainement. Evidemment ce n’est pas l’équipe d’Espagne mais bon, on a les stars que l’on peut !
Et voilà maintenant notre jeune danois qui propose d’aller manger une pizza !? En effet, il a lu dans un guide que le Père Leader avait développé un gout prononcé pour les pizze, à tel point qu’il fit venir un pizzaiolo pour qu’il apprenne à ses chefs comment faire les meilleures pizze (… au monde ?!). Depuis les pizzerias sont devenues des endroits populaires à Pyongyang. Surprise et flattée devant tant de connaissance sur les gouts du Père Leader, Hyun chamboule le programme et nous voilà en route pour la plus célèbre pizzeria de la capitale.
Au-dessus de la porte, un néon rouge et vert nous annonce la couleur. A l’intérieur, un bar, une mini-scène de karaoké, quelques tables sur deux niveaux et une partie cuisine ouverte sur la salle et où s’activent deux élégantes jeunes filles devant les fours à bois.
La chanteuse reprend quelques vieux tubes européens, l’écran de TV diffuse le programme de Noel (que nous connaissons déjà !), deux tablées d’Allemands s’empiffrent et trinquent, dans un coin deux jeunes couples locaux (et friqués !) s’aiment (apparemment) pendant qu’au bar trois mecs vident des bières en matant la chanteuse. Notre Suédois se rachète en nous offrant une bouteille de Chianti (moins chère que six expressos !). Pour ce qui est des pizze : deliziose. Un bon point pour le Père Leader.
Après cet intermezzo impromptu nous reprenons le programme prévu. Puisque nous en sommes déjà à notre dernière soirée, le programme consiste en un diner d’adieu dans le restaurant coréen où est servi le plus copieux hot pot… Décidemment, on les aime les hot pots dans ce pays !
Mais c’est vrai que celui-ci est vraiment exceptionnel, c’est la version Deluxe. En plus il est servi avec une espèce de saké (pas rancuniers ces Nord-Coreens !) et accompagné de la bouteille de Chianti ramenée de la pizzeria !? Et pour la première fois nos guides s’attablent avec nous. Savoureux dernier repas et chaleureux moment aux parfums de fin d’aventure. En effet, nos compagnons de voyage reprendront l’avion pour Pékin demain matin tôt alors que nous prendrons le train en fin de matinée.
Tous, sommes d’accord pour dire que l’« aventure » valait la peine même si elle a été appréciée à des degrés différents. Contrairement à nous, nos cinq Scandinaves, n’ayant pas eu l’occasion de connaitre d’autres pays communistes, n’apprécient peut-être pas les différences que nous avons remarquées tout à long de ce séjour par rapport à l’Europe de l’Est des années quatre-vingts par exemple.
Bon voyage et qui sait à la revoyure !
Pyongyang 21 Septembre
Ce matin, pas la peine de se presser puisque notre train ne part pas avant dix heures trente. Aujourd’hui les ascenseurs sont en forme et obéissants, idem pour le toaster et puisque nous sommes les derniers dans le restaurant panoramique nous ne devons même pas partager la bouilloire.
Brève attente dans le lobby désert. Huyn et Mr Ho reviennent de l’aéroport où ils ont déposé, comme prévu, nos ex-compagnons de voyage. Il ne nous reste plus qu’à monter dans notre minibus et à filer vers la gare toute proche. En route, les passagers des bus surchargés lancent des regards envieux sur les sièges vides du minibus.
Nos guides nous évitent la cohue qui règne autour de la gare et nous poussent dans la salle d’attente des invités de marque. Les gros fauteuils sont couverts de napperons en dentelle semblent être aussi anciens que la gare (rebâtie vers la fin des années cinquante). En tout cas ils sont confortables. Mr Ho revient avec nos billets tamponnés, nous pouvons donc passer la porte qui mène au quai incroyablement large. Le train est déjà là et la locomotive arrive doucement. Les vieux wagons verts nord-coréens sont réservés aux locaux, les deux autres, plus récents sont chinois et réservés aux quelques étrangers qui font le voyage jusqu’à Dandong ou Pékin.
Notre compartiment, qui comprend quatre couchettes est rempli de valises ! Pas de panique, ce sont seulement nos voisins (des Chinois-Coréens ou des Coréens Chinois de retour à la maison) qui se sont trompés de compartiment. Dernier au-revoir à nos charmants et attachants guides qui nous remercient d’être venus en Corée du Nord. Photo souvenir avant de monter dans le train.
Coups de sifflet, fermeture des portes et installation dans notre compartiment maintenant vide. Nous le partageons avec un officiel nord-coréen qui, dès que le train démarre, quitte son costume pour se mettre en pyjama et part rejoindre ses collègues dans le compartiment d’à côté, et un homme d’affaires chinois en train de tester la gamme de sonneries disponibles sur son portable. Super !
Par la fenêtre, nous regardons défiler les banlieues de la capitale qui ne tardent pas à laisser place aux étendues de champs. Un ciel bien gris annonce la pluie. Plus tard une jeune fille prend la commande du déjeuner, menu unique. Elle est suivie du contrôleur qui distribue une flopée de formulaires de douane en chinois et en coréen (?!).
Les bas-côtés le long de la voie de chemin de fer sont couverts de magnifiques fleurs jaunes et mauves, agréables touches de couleurs qui tranchent avec la grisaille environnante. L’allure pépère et le roulis régulier sont propices à l’endormissement mais les arrêts en gare, assez fréquents, sont autant de sursauts. Les gares se ressemblent toutes : bâtiments rectangulaires blanchis surmontés des portraits des deux poster-boys nationaux et entourés petits jardinets ornés de pots de fleurs. Sur les voies de garage quelques wagons anciens sont laissés à l’abandon, ailleurs c’est une locomotive emboutie qui rouille en paix.
Les paysages sont heureusement plus variés. Coté compartiment ce sont des champs encadrés de collines encore boisées au sommet, des plaines parsemées de petits villages entourés de haies ou de murs, des bocages parcourus par de larges rivières et bientôt remplacés par des marécages qui s’étendent jusqu’à la côte. Coté couloir, ce sont des petites montagnes qui viennent trempés leurs orteils dans la longue plaine côtière. C’est aussi le coté le plus animé puisqu’une route longe la voie ferrée et c’est également de ce côté que se situent les petites villes, les grosses bourgades et quelques usines.
L’architecture varie à mesure que l’on se dirige vers le nord. Les maisons basses, style fermettes tout en longueur, aux toits couverts de tuiles grises et aux murs plus ou moins blancs des villages sont remplacées par une version plus coquette à mi-chemin puis disparaissent complètement pour laisser place aux enfilades de petits immeubles en béton de trois ou quatre étages laissés à des stades de finition très variables.
La jeune fille revient à l’heure prévue avec un sac plastique contenant des barquettes de riz, de viande et de légumes, une bouteille d’eau et des baguettes. Pas vraiment appétissant mais pourtant très bon… surtout si l’on aime rogner les os !
La promenade digestive ne nous mène pas très loin. Les wagons locaux, longs dortoirs collectifs baignés dans un mélange d’arômes indéfinissables mais tirant vers le répulsif, n’incitent vraiment pas à la visite. Jeux, discussion et lecture meublent le reste du voyage.
Le soleil et le ciel bleu reviennent et illuminent le vaste tapis jaune des rizières qui a fini par remplacer les marécages. Notre compagnon de compartiment pointe au loin les montants d’un immense pont en construction et marmonne « Dandong ». Il s’agit du nouveau pont qui, une fois terminé, reliera la Chine à la Corée du Nord. Nous approchons donc de la frontière et de la ville de Sinuiji dont nous apercevons déjà les premières banlieues décrépies et les usines.
Au-delà des rizières émergent la ville de Dandong et sa multitude de buildings modernes. Le contraste entre les deux rives de la rivière Yalou qui sépare les deux pays est saisissant. Le train finit par s’arrêter complètement. Les passagers des autres wagons envahissent les quais puis disparaissent vers les passerelles. Le personnel militaire fait des va-et-vient puis se décide à monter dans le train pour inspecter les bagages et embarquer les passeports.
Surprise, le douanier qui examine nos valises parle français et se sent d’humeur bavarde ! Evidemment le fait que deux frères puissent avoir des passeports de différentes nationalités le surprend un peu mais pas autant que les paquets de Gauloises Made in Germany recouverts de messages de santé en russe ! Les quelques paquets que nous lui proposons partent discrètement au fond de sa poche, ils ont un effet magique car ils accélèrent la fouille et nous évitent une inspection plus approfondie des appareils photos alors que dans le compartiment d’à côté les seuls mots prononcés par leur douanier sont « Delete photo, delete photo. »
L’attente est longue et l’unique distraction consiste à regarder ces pauvres terrassiers (et terrassières !) sans pelles, ni gants en train de mettre des cailloux sur des chiffons et de les balancer sur les remblais. Deux heures plus tard, premiers signes de mouvements dû au changement de locomotive et de voie. Les douaniers distribuent les passeports au petit bonheur la chance et Luc se retrouve avec le passeport néo-zélandais de l’un des occupants du compartiment du fond !?
Le soleil est sur le point de se coucher alors que nous franchissons le pont de l’amitié sino-coréenne édifié vers la fin des années trente… par les Japonais. L’autre pont, construit vers 1910, fut en partie détruit par les Américains au début de la guerre de Corée et n’a jamais été reconstruit. Je ne sais pas si l’on y danse dessus mais, à voir le nombre de touristes, on s’y promène. Ce ‘pont cassé’ est devenu l’attraction touristique de Dandong car il offre une vue encore plus proche de la Corée du Nord.
Ce passage entre ces deux rives ou plutôt entre ces deux mondes n’est pas sans rappeler le contraste qui existait entre les deux Berlin dans les années quatre-vingts. D’un côté la désolation triste et sombre, de l’autre une orgie de néons, une débauche de richesse et de modernité. Quel extraordinaire contraste.

Quelques minutes plus tard le train s’arrête dans la gare ultra moderne de Dandong. Nouveaux formulaires à remplir et autre défilé de douaniers, ceux-là sont moins sympas mais bien plus efficaces. Nouvelle longue attente, d’autres wagons sont rattachés au notre, reste à trouver la locomotive. Notre compagnon de compartiment nous quitte une fois son passeport tamponné.
Je retrouve le cérémonial des contrôleurs chinois qui se mettent au garde-à-vous devant chaque porte du train et du chef de gare qui salue tout ce qui bouge et lance des coups de sifflet dans toutes les directions. Le train s’ébranle lentement et passe en revue les immeubles illuminés par de savants effets de lumières.
Nous partons à la recherche du wagon-restaurant. Pas une mince affaire car il faut remonter seize wagons archipleins de Chinois qui ont envahis les étroits couloirs déjà encombrés par une multitude de paquets ficelés. Certains assis sur les strapontins préparent le repas du soir, d’autres regardent des films sur leur écran portable, jouent au ma-jong ou encore discutent. Les pauvres contrôleurs que nous croisons ont déjà l’air épuisé. Miracle voilà enfin le wagon restaurant… lui aussi archiplein !
Un Canadien, apparemment habitué des us et coutumes locales, nous apprend qu’il y a un menu unique et qu’il faut attendre une heure. L’important est de trouver une place assise à l’une des tables. La chance est avec nous, une se libère devant nous et il suffit parfois d’ ‘oublier’ quelques règles de politesse… La commande est passée reste à attendre les plats… en compagnie de deux armoires à glace tchèques.
Les plats arrivent au compte-gouttes, poisson, légumes puis un quart d’heure plus tard, poulet, pates puis après un autre quart d’heure porc, d’autres légumes et enfin le riz. Les deux Tchèques ayant perdu patience après le premier plat n’auront gouté qu’au poisson (partagé en quatre) et qu’aux haricots ! Jamais nous n’avons mangé autant pour si peu !
Nous ne risquons pas de nous perdre puisque nous sommes dans le wagon de queue. L’officiel nord-coréen brièvement aperçu ce matin au départ à regagner sa couchette et ronfle déjà. Nous n’allons pas tarder à l’imiter.
Entre Shenyang et Tianjin 22 Septembre
Une chape grise recouvre l’éternel chantier qu’est devenue la Chine. Des grappes de tours d’immeubles connectées par d’immenses avenues envahissent lentement mais surement les rizières et les champs et remplacent inexorablement les vieux villages. Il pourrait être n’importe quelle heure mais il est déjà 7h et nous devrions arriver à Pékin vers 9h30. Si le train K28 (Dandong-Pékin) n’est pas le plus rapide (14 heures pour 1132 km), ses couchettes sont au moins très confortables.
A l’heure pile nous entrons en gare de Pékin. Il y règne une atmosphère similaire à celle de la gare de Lyon un jour de grand départ multiplié par dix, allez x 3 car c’est Dimanche ! Nous suivons la foule vers la sortie et nous nous retrouvons sur le vaste parvis. Les queues aux stations de taxi sont interminables. C’est un handicapé et son tuk-tuk qui sauve la situation. Certes le prix de la course, vu l’inconfort et la courte distance est phénoménal mais il y a des sacrifices qu’il faut savoir faire… Coincé la valise sur les genoux tout en aspirant les gaz des pots d’échappement, je l’entends déjà en train de se vanter à la pause devant ses collègues : « Vous savez pas les mecs, ce matin j’ai comme gagné le Lotto avec ces deux rigolos, ils avaient même un air de ressemblance ! Et même que quand ils ont sorti leurs Euros, j’les ai en plus entubé avec le taux de change. Des bleus qu’y z’étaient. Pas besoin de bosser demain, tranquillou ».
Heureux d’avoir accompli notre BA (bonne action pour les non-Scouts !) de la journée auprès de ce brave monsieur, nous découvrons notre chambre luxueuse louée au rabais quelques jours plus tôt sur Internet (comme quoi ce que l’on gagne ici on le perd là et vice-versa…).
Quelques heures plus tard, nous prenons un taxi (un vrai) pour aller visiter le Temple du Ciel, un monument incontournable de Pékin situé au milieu d’un grand parc. Un petit coup d’autoroute urbaine et nous débarquons vingt minutes plus tard devant la porte sud et rejoignons les nombreux groupes de touristes venus de toutes les provinces de Chine et de Xio-Navarre et arborant des casquettes de toutes les couleurs.
Une lecture des panneaux d’information nous apprend que l’ensemble date du tout début du XVème siècle et comporte des ajouts datant du XVIème siècle. Ce complexe est le lieu où les Empereurs des dynasties Ming et Qing, qui en tant qu’intermédiaires entre l’humanité et le royaume céleste, offraient des sacrifices au ciel et priaient pour l’obtention de moissons exceptionnelles. Son organisation est liée à la cosmologie chinoise dont l'équilibre reposait sur l'Empereur et son respect des rites. La disposition des différents édifices ainsi que leur forme et leur couleur reprend la thématique du Ciel (bâtiments ronds avec des tuiles bleues) et de la Terre (enceintes carrées et tuiles vertes)
Nous suivons l’allée principale qui mène à l’Autel Circulaire édifié en 1530 puis reconstruit en 1740. Passé le mur d’enceinte carré, nous découvrons une étendue herbeuse et au centre l’autel rond composé de trois terrasses culminant au centre dans une représentation symbolique du chiffre 9. Le chiffre 9 et ses multiples ayant une importante valeur symbolique, il y a donc 9 cercles concentriques qui radient de la pierre centrale, le premier cercle comprend 9 pierres et le dernier 81 (9x9) pierres taillées au millimètre près (qu’ils ont dû bien s’amuser les tailleurs !). Idem pour les marches, toujours par groupes de 9. Quant à la balustrade qui entoure la terrasse, elle comprend 360 balustres en marbre.
Curieusement de nombreux vieux touristes chinois font la queue pour se mettre quelques secondes sur la pierre centrale et une fois dessus claquer des mains ?! Superstition, vœu ? Une explication est donnée par un écriteau : ‘Lorsqu'on se tient sur cette pierre centrale, le bruit que l'on fait en tapant des mains ou en parlant est amplifié’.
Un peu plus loin nous pénétrons dans une autre enceinte ronde (la Voûte Céleste Impériale) qui comprend un pavillon en forme de rotonde construit sur un tertre en marbre et surmonté d’un toit conique et deux autres édifices rectangulaires abritant des tablettes et des peintures. Celui de gauche est dédié au Yang (divinité du soleil) celui à droite au Yin (divinité de la Lune). C’est beau la culture quand même ! Ici aussi il existe une curiosité sonore mais vu la foule qui se bouscule nous ne risquerons pas de l’entendre ! Parait-il donc qu’il existe trois dalles sonores : ‘Si l’on tape des mains devant la première dalle, on obtient un simple écho, si l’on refait l’expérience devant la deuxième, l’écho est double et triple devant la troisième’. Il faudra revenir la nuit pour tenter l’expérience !!!
Il est temps de faire une pause et de s’éloigner un peu de la foule. Ce n’est pas l’espace qui manque (le parc fait plus de 270 hectares !) ni les endroits paisibles sous les pins-cyprès (il n’y a que ça et par milliers !). C’est aussi l’occasion d’observer les Pékinois en train de pratiquer le Taichi et le Qigong (variantes de gymnastique traditionnelle chinoise) ou encore d’admirer ces danseurs qui font tournoyer des longs rubans et d’écouter ces musiciens jouer de leurs anciens instruments (tant qu’ils ne chantent pas c’est tout bon !).
Nous poursuivons la visite-balade en empruntant le Pont Danbi, une espèce de promenade surélevée de 360 mètres de long et presque 30 de large, composé de deux parties différentes, l’une pour les Empereurs, l’autre pour les Princes et autres dignitaires. Il relie le temple la Voute Céleste Impériale au Temple des prières pour de bonnes moissons et est aussi appelé la Voie Sacrée normal puisqu’il est censé nous emmener au Paradis. Peut-être est-ce pour cela qu’il a la particularité d’avoir son extrémité au nord légèrement plus haute que celle au sud ?
Une fois franchie l’enceinte marquée par une magnifique porte située en haut de quelques marches usées et glissantes, nous pénétrons dans une cour dominée par un somptueux bâtiment posé sur trois terrasses en marbre superposées. Le temple, haut de 38 mètres et d’un diamètre de 30 mètres, entièrement en bois (et sans un seul clou parait-il !) est surmonté de trois toits ronds en tuiles bleues. La rotonde qui s’élève devant nous a été reconstruite (en 1889) à l’identique de l’originale (édifiée en 1420).
A l'extérieur, au milieu de l’escalier, trois pierres représentent les nuages, le phœnix et le dragon. A l'intérieur, quatre grosses colonnes symbolisent les quatre saisons au centre, puis douze colonnes symbolisent les douze mois de l'année et encore douze autres les divisions d'une journée. Enfin, les 28 dernières représentent les 28 constellations.
Juste à l’est, se trouve le Temple du Jeûne qui comme son nom l’indique était le lieu où l’Empereur et ses ministres jeûnaient pendant trois jours avant chaque cérémonie. Il sert maintenant de salle d’exposition retraçant la récente restauration du temple (pour les J.O. de 2008).
Nous apprenons également que les dernières cérémonies sacrificielles consacrées au ciel ne furent interdites le gouvernement de la République Chinoise qu’en 1911. Le Temple du Ciel aura donc été le témoin de 654 actes d'adoration céleste pratiqués par 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Depuis 1918, il est ouvert en tant que parc public.
Après en avoir fait le tour une paire de fois et admirer les magnifiques décorations pleines de couleurs, il est temps de se perdre dans les allées de cet immense parc. Nous sommes attirés par des chants que nous entendons au loin. Juste à côté des Sept Pierres (représentant les sept sommets du Mont Taishan, une montagne sacrée en Chine), quelques musiciens sont entourés d’une chorale qui chante des airs populaires repris en cœur par la foule. Plus loin nous assistons à une partie de Go. Sur le chemin de la sortie nous croisons des familles venues prendre une bouffée d’oxygène ou venues faire un peu d’exercices physiques.
Nous retrouvons brièvement les grands boulevards bruyants avant de nous perdre dans le Hutong Xiaoxi et sa multitude de petites rues tranquilles. Enfin nous retrouvons dans le quartier piétonnier de Dashian que nous connaissons déjà. C’est apparemment la période des soldes et les magasins regorgent de clients avides de faire des affaires. Trop peu pour nous, après une bonne soupe nous regagnons notre hôtel en métro.
Aux infos, j’apprends que le typhon Usagi fait des siennes, que l’aéroport de Hong Kong est fermé et que tous les vols transitant par Hong Kong sont annulés demain (le jour de mon départ !). Manquait plus que ça tiens !
Coups de fils à droite à gauche, qui après de longues attentes, ne m’apprennent pas autre chose : les vols sur Hong Kong sont bien annulés et il est inutile d’aller à l’aéroport demain !
Les angoisses tendant à creuser l’estomac, nous ressortons à la recherche d’un resto. Il fait nuit et le quartier ne semble pas être le meilleur pour trouver ce que l’on cherche. Par contre nous n’aurions pas de problème si nous voulions nous faire couper les cheveux… un dimanche à 21h.30 !!!
Finalement, après une marche plus longue que prévue nous atterrissons dans une espèce de bistro jazzy qui aurait plus sa place à New York qu’à Pékin mais voilà, c’est bien la preuve nous vivons à l’heure de la mondialisation !
23h. C’est sur les images de la BBC montrant les queues de voyageurs bloqués dans les salles d’attente de l’aéroport d’Hong Kong que je m’endors. Mauvaise nuit en perspective !
Pékin 23 Septembre
Le réveil sonne très tôt ce matin. Aux nouvelles télévisées, le typhon semble avoir épargné la ville de Hong Kong. Je suis déjà pendu au téléphone et apprends que mon vol a bien été annulé. Reste plus qu’à aller rendre visite aux bureaux de la Cathay Pacific situés à perpette les olivettes pour essayer de trouver une autre solution.
Dehors il pleut. Marche et métro jusqu’aux Twin Towers (eh oui il y en a aussi à Pékin… moins imposantes mais encore debout, elles !). Bizarrement, je suis l’unique client ! Tant mieux car l’on me trouve un vol de remplacement avec Air China via Sydney qui part dans quatre heures ! Célébrations au Starbuck d’en bas avant de filer à l’hôtel faire la valise et prendre le métro jusqu’à l’aéroport. Au revoir précipité. A quand et sur quel continent les prochaines retrouvailles ?
Le voyage du retour est bien plus long et plus pénible que celui de l’aller. Air China est loin d’égaler la qualité et le service de la Cathay Pacific en plus ce détour par Sydney double pratiquement la durée du voyage. Mais voilà ! L’imprévu c’est aussi l’épice des voyages !
Conclusion:
Depuis mon retour, la Corée du Nord et son Jeune Grand Leader ont continué, d’une manière ou d’une autre à dominer une partie des actualités : limonage puis exécution de l’oncle, inauguration d’une station de ski, menaces de guerre suivies de propositions de paix, propositions de réformes économiques, visite controversée d’un joueur de basket américain, procès et emprisonnement d’un missionnaire américano-coréen, diffusion de nouvelles photos de camps de travail… etc. Incroyable comme ce petit pays, qui devrait être aussi insignifiant qu’un petit pays africain, fait autant parler de lui.
La Corée du Nord est-elle réellement une menace ?
Une armée d’un million de soldats et l’arme nucléaire peuvent le faire croire mais, sans être expert en la matière, il s’agit d’une armée sous-équipée, bien endoctrinée mais peu motivée, un peu comme l’était celle de Saddam (pourtant tant redoutée par la presse américaine !). L’arme nucléaire peut certainement créer de sérieux dégâts mais son utilisation entrainerait une réplique catastrophique pour la Corée du Nord que l’on imagine mal le Jeune Grand Leader (ni Obama ou Poutine d’ailleurs) appuyer le premier sur bouton rouge. La rhétorique nord-coréenne n’impressionne même plus la population sud-coréenne comme l’ont montré les dernières menaces d’essais nucléaires. Pour la Corée du Nord, l’arme nucléaire est avant tout un moyen permettant de poursuivre des négociations politiques et économiques avec leur pire ennemi : les Etats Unis d’Amérique.
La division de la péninsule est-elle inéluctable ?
Une chose est certaine : l’actuelle séparation des Corées (elle dure depuis soixante ans maintenant) est un statuquo qui profite à tout le monde. L’état de guerre permet à la Corée du Nord le maintien du régime politique en place qui repose sur une mobilisation permanente et impose des sacrifices à une population isolée et enfermée. Il permet aux Etats Unis de maintenir d’importantes bases militaires proches de la Chine et d’offrir une relative protection à ses deux alliés principaux de la région : la Corée du Sud et le Japon. Pour la Chine, la Corée du Nord est une zone tampon capitale et sur laquelle elle pèse politiquement, c’est aussi est une excuse supplémentaire pour augmenter son budget militaire et tenter de rétablir l’équilibre des forces face aux Etats Unis.
Sur le plan économique, une réunification (toujours envisagée comme une mainmise du Sud sur le Nord) pourrait créer des problèmes à tout le monde et s’avérer être catastrophique, particulièrement sur le plan humanitaire, pour la Corée du Sud qui n’a certainement pas les moyens financiers d’absorber un aussi gros morceau et pour la Chine (réfugiés). Pour le Japon, comme pour la Chine d’ailleurs, une Corée unifiée aurait le potentiel de devenir une puissance économique concurrente trop importante. Pour les Etats Unis, ils perdraient un pied sur le continent asiatique. En fait, à l’heure actuelle, la seule puissance régionale susceptible de supporter une réunification coréenne serait… la Russie. Quel paradoxe !
Vaut-il mieux être Nord ou Sud-Coréen ?
Pour ma part rien ne m’a donné envie de m’installer en Corée du Nord et je ne connais pas (encore !) la Corée du Sud. Je suis donc bien heureux de pouvoir retrouver l’Australie. En fait c’est une question à laquelle seuls les Coréens peuvent répondre. Le problème est que les Nordistes ne peuvent pas aller au Sud ni les Sudistes aller au Nord pour faire la comparaison, leurs gouvernements respectifs le leur interdisant !
Point de vue confort, infrastructure, modernité… etc. le Sud l’emporte haut la main.
Point de vue pollution, le Nord est mieux placé puisque moins développé.
Point de vue politique, la dictature au Nord s’est installée, celle au Sud s’effiloche avec le temps mais n’est pas encore enterrée complètement. L’actuelle présidente Park Geun-hye, la fille d’un précèdent dictateur, semble parfois regretter le bon vieux temps. Les partis politiques sont corrompus, le Parlement prend parfois des allures de ring de boxe, les manifestations sont parmi les plus radiales et les plus violentes et la presse de plus en plus en liberté surveillée. Certes rien de comparable avec la chape de plomb au Nord.
Point de vue éducation, au Nord gratuite mais limitée, peu de moyens, et très encadrée. Au Sud, extrêmement chère, compétitive et épuisante. Une jeunesse endoctrinée et militante au Nord, une jeunesse désabusée et déprimée au Sud.
Point de vue social, c’est quand même le point fort des régimes communistes même s’il reste de sérieuses lacunes comme par exemples la qualité des logements et la qualité des soins. Pendant ce court séjour je n’ai pas vu de mendiants, ni d’affamés, dans la capitale ou dans les régions traversées (mais peut-être étaient-ils déjà dans des camps spéciaux ou aux cimetières !). Par contre, je viens de lire dans le Weekly Guardian (31/01/14) un article de Chico Harlan du Washignton Post sur les personnes âgées oubliées en Corée du Sud où l’on apprend qu’il est fréquent de rencontrer dans les rues de Séoul des petits vieux survivre en faisant les poubelles ou en ramassant des cartons, en fait 50% des personnes âgées sont pauvres (un record, tiens un autre ! dans les pays industrialisés) et que le taux de suicide a triplé depuis 2010. En effet, il n’y a pas de régime de retraite pour cette génération qui a reconstruit le pays après la guerre, et le pourcentage d’enfants s’occupant de leurs parents âgés est passé en quinze ans, de 90% à 37%, en cause un changement des mentalités et des pressions financières de plus en plus fortes. Si tout est gris au Nord, tout n’est pas rose au Sud non plus…
La solution serait donc de naitre au Nord, de travailler au Sud et de prendre sa retraite au Nord ou alors de faire ce que de plus en plus de jeunes (Sud)-Coréens font : immigrer le plus loin possible de cette foutue péninsule !
La page aux photos: ICI et d’autres liens intéressants: Urbanisme de Pyongyang www.academia.edu/...nalysis_of_Pyongyang_
Frontière inter-coréenne ceriscope.sciences-po.fr/...ela-la-guerre-froide
Evidemment aller en Corée peut susciter quelques questions en particulier d’ordre moral « Est-ce que visiter un tel pays n’est pas cautionner son régime ? ». Peut-être mais pas sûr non plus car dans ce cas la liste des pays peu ou pas fréquentables est longue. Dans un passé récent on aurait pu inscrire sur cette liste l’Espagne de Franco, la Grèce des Colonels, le Maroc d’Hassan II, l’Afrique du Sud de l’apartheid, l’Indonésie de Suharto… etc. De nos jours, la situation n’est guère plus brillante en ce qui concerne de nombreux pays comme par exemple, l’Egypte (dictature, coup d’état), la Hongrie (gouvernement d’extrême droite, persécution des minorités), Israël (occupation) sans oublier ni la Russie de Poutine, la Chine ou quelques pays du Golfe Persique… ni le Zimbabwe de Mugabe et pourquoi pas les Etats Unis (peine de mort, Guantanamo…). Mais il y a aussi l’espoir qu’une porte entrebâillée pour des touristes peut, à plus ou moins brève échéance, permettre une plus grande ouverture sur le monde, davantage d’échange et de liberté pour les populations de ces pays-parias, ce qui est le cas, dans une certaine mesure, de la Birmanie voire même de Cuba. Il est donc important d’aller partout, de pouvoir échanger et d’ouvrir les yeux.
Dans le cas de la Corée du Nord, il n’est évidemment pas possible d’aller partout en toute liberté ni d’avoir des contacts directs avec la population puisque l’on est en permanence accompagné par des guides. Impossible également d’entendre d’autres sons de cloche que les discours propagandistes du régime en place. Il ne reste donc qu’à ouvrir les yeux et surtout à lire entre les lignes.
Contrairement à l’idée reçue, on peut donc faire du tourisme en Corée du Nord… à condition toutefois de passer par l’une des rares (mais de plus en plus nombreuses) agences de tourisme agréées par le gouvernement de Corée du Nord. Celle que nous avons choisie : Korea Konsult, se trouve à Stockholm et propose plusieurs séjours et itinéraires au départ de Pékin. Notre choix se porte sur un séjour de cinq jours à Pyongyang avec quelques excursions en dehors de la capitale. Quant aux formalités, elles sont prises en charge par l’agence, il nous faut seulement s’assurer que nous avons un visa chinois.
Pékin 15 Septembre
La magie des transports aériens a toujours quelque chose d’extraordinaire puisque je retrouve Luc comme prévu à l’aéroport de Pékin, à l’autre bout de nos mondes respectifs. Lui est parti la veille de Bruxelles via Moscou et est arrivé il y a juste une paire d’heures, au moment précis où je décollais de Hong Kong après une brève escale. Pour ma part, je suis parti de Perth il y a tout juste douze heures.
Cette année nous faisons vraiment fort puisque c’est la troisième fois que nous nous retrouvons en neuf mois (et à chaque fois sur un continent diffèrent !) alors que nous sommes parfois des années sans nous voir. Bizarrement c’est la première fois que nous voyageons à deux ! Ce voyage sera donc l’occasion de découvrir un nouveau pays mais surtout de ‘nous’ (re)découvrir.
A la sortie de l’aéroport, nous ne trouvons pas de taxi mais une navette qui nous amène dans le centre-ville après avoir parcouru une myriade d’autoroutes qui traversent des banlieues sans fin où poussent des barres d’immeubles plutôt déprimantes agrémentées ici et là d’immeubles futuristes.
Le ciel est presque bleu et la température délicieuse, je suis bien ravi d’avoir un petit break de l’hiver austral qui traine en longueur. En prime, je vais redécouvrir les plaisirs de l’heure d’été.
Le chauffeur du bus nous indique que nous sommes arrivés à destination mais ne précise pas où nous sommes exactement. Après un dialogue de sourds avec un chauffeur de taxi, nous décidons de marcher sur cette immense avenue qui croise d’autres immenses avenues à angle droit. Heureusement, un plan du métro à l’entrée d’une station nous permet de nous repérer. Puisque nous sommes à Fuxingmen et que nous allons jusqu’à Tian’anmen East, il nous suffit donc de continuer tout droit ! Une demi-heure plus tard, je reconnais le portrait du Grand Timonier sur le portique de l’entrée de la Cité Impériale et qui fait face à la Place Tiananmen.
Alors que j’ai mis des décades avant d’enfin connaitre Pékin, jamais je n’aurais imaginé me retrouver ici moins de seize mois après ma première visite. En tout cas rien n’a changé depuis la dernière fois. L’hôtel Emperor se trouve dans la première rue à gauche, une rue bordée d’arbres et qui longe les douves de la Cité Impériale. Nous le trouvons un peu par hasard tant son entrée est discrète. Par contre, les chambres, décorées par un designer allemand, le sont beaucoup moins.
Le temps de déposer les bagages et d’envoyer quelques messages rassurants à celles qui sont restées et nous voilà repartis vers la Place Tiananmen. Celle-ci est pavoisée de drapeaux chinois et de Bahreïn puisque l’émir est en visite officielle en ce moment. Les touristes se prennent en photos devant les soldats immobiles et au garde-à-vous, pendant que les balayeurs sur leur caddy électrique s’assurent qu’aucun papier ou cannette ne traine par terre.
Bientôt, un attroupement se forme au pied du mât où flotte la bannière étoilée chinoise. Le cérémonial du baisser du drapeau va bientôt commencer. Laissons ce moment de grande fierté aux patriotes. Pour notre part nous préférons compter les nombreuses cameras installées au sommet des lampadaires/haut-parleurs géants, admirer, près du mausolée de Mao, les statues des combattants révolutionnaires aux poses dynamiques, observer les badauds venus de monde entier ou encore contempler les façades rectilignes de bâtiments officiels qui entourent la place et celles bien plus exotiques et colorées de la Porte Zhengyangmen et la Tour d’Archers. Nous poursuivons la balade dans le quartier Dashian, une zone piétonnière récemment construite qui regroupe boutiques et restaurants dans un faux décor historique noyé sous les néons maintenant que la nuit est tombée. Une longue marche le long de quelques grands boulevards anonymes et sombres et nous voilà arrivés dans le District de Dongcheng devant un centre commercial luxueux où se trouve l’un des meilleurs restaurants dont la spécialité est le canard… pékinois : DaDong.
Les menus sont de véritables livres d’art bourrés de magnifiques photographies de plats admirablement présentés et définitivement appétissants. Le choix étant trop compliqué à faire, nous optons pour le menu dégustation qui comprend une succession de mets plus exquis les uns que les autres. L’hôtel n’est pas très loin et après ce repas pantagruélique, une petite balade digestive dans les rues calmes est exactement ce qu’il faut pour conclure cette première journée de vacances.
Pékin 16 Septembre
Un réveil tardif nous permet de récupérer un peu de la fatigue du voyage. Café sur la terrasse déserte et ensoleillée qui domine les arbres et les toits rouges de la Cité Interdite vraiment toute proche. A droite, vue imprenable sur la Colline de Charbon surmontée d’une jolie pagode. Derrière nous, perdue dans la brume de chaleur, nous apercevons à peine la multitude d’immeubles modernes qui ne cesse de pousser, toujours plus haut.
Le programme prévu pour la journée (ou de ce qui en reste…) est léger. Nous commençons par une petite marche dans les rues ombragées qui nous mènent jusqu’à l’entrée du parc Jingshan (celui aperçu de la terrasse de l’hôtel) qui fait face à la Cité Interdite. Ce parc, dont l’histoire remonte à plus de mille ans, est situé sur une colline artificielle édifiée avec la terre extraite des douves de la Cité Impériale et des canaux environnants, une tâche titanesque ! Il comprend cinq sommets sur lesquels s’élèvent cinq pavillons. Le plus important abrite un bouddha doré et offre une vue magnifique sur le Palais Impérial. Autrefois, le parc était une partie intégrante et le refuge des Empereurs. D’ailleurs l’un d’eux, Chongzhen (le dernier de la dynastie Ming), s’y pendit en 1644.
Les petits chemins qui grimpent au milieu des arbres et des buissons fleuris sont par endroits pentus mais agréables d’autant plus que nous passons à proximité de musiciens en train de dépoussiérer leurs instruments traditionnels. On ne peut rêver de dépaysement plus complet. Arrivés au sommet, nous retrouvons des dizaines de touristes qui se prennent allègrement en photos devant les toits de la Cité Impériale vêtus de costumes d’empereurs ou de concubines que des marchands malins louent à tour de bras. Pour ma part, c’est une plaque posée au sol qui m’attire car elle indique le centre géographique de Pékin.
Après être restés un long moment à contempler les différentes vues panoramiques embrumées (et à reprendre notre souffle !) nous reprenons la balade vers l’un des vieux quartiers (hutongs) qui résistent encore face aux assauts des promoteurs immobiliers. Succession de ruelles bordées de maisons basses dont les entrées discrètes s'ouvrent sur de larges cours intérieures que partagent plusieurs familles. Mais bien vite nous nous retrouvons sur ces larges et interminables avenues qui se ressemblent toutes et n’offrent que peu d’intérêt.
Nous finissons par trouver le Swissotel, un immeuble rond au pied d’un rond-point géant perpétuellement encombré par une circulation démentielle. Peu d’intérêt donc mais c’est ici que se trouve le siège de la compagnie aérienne nord-coréenne et où nos visas nous attendent.
Nous fêtons l’évènement en allant prendre un late brunch dans l’un des restaurants de l’hôtel avant de prendre un taxi qui nous emmène au 798 Art District un peu plus au nord de la ville.
Dashanzi, la banlieue où nous débarquons une demi-heure plus tard, est un bien curieux quartier. Coincé entre des autoroutes et voies rapides, il est composé d’un amalgame de barres d’immeubles délabrées et flambant neuves, de friches industrielles et d’usines désaffectées. C’est d’ailleurs dans l’un de ces nombreux complexes militaro-industriels tombés en ruines à la fin des années 80 que se situe cette zone artistique qui rassemble musées, galeries d’art, ateliers, boutiques et cafés à la mode.
Construit dans les années 50 en collaboration étroite avec l’URSS et la RDA, le complexe industriel de Dashanzi devait permettre à la Chine de produire des composants électroniques auparavant importés d’URSS. Il comprenait plusieurs usines ainsi que des logements pour les travailleurs et s’étendait sur 500 000 m². L’architecture des lieux est unique, style Bauhaus un style aux formes simplifiées où la forme suit la fonction.
Il n’est pas question non plus de lésiner sur les moyens puisqu’une grande partie de l’équipement est transportée directement d’Allemagne de l’Est par le Transsibérien, une ligne de chemin de fer de quinze kilomètres est construite reliant directement le complexe à la gare centrale de Pékin.
Le complexe de Dashanzi devient vite un modèle du genre et la vitrine d’un communisme social qui associe travail et activités culturelles et sportives, où l’ouvrier méritant et sa famille sont pris en charge de la crèche jusqu’à la maison de retraite. Ce monde ‘merveilleux’ s’écroule vers la fin des années 80, date des premières réformes économiques lancées par Deng Xiaoping qui limitent les subventions aux entreprises d’état. Vers le milieu des années 90, la plupart des usines sont à l’abandon et la zone industrielle reconvertie en zone d’habitation.
C’est également à cette époque que le Département de la Sculpture et l’Académie Centrale des Beaux-Arts, toujours à la recherche d’ateliers spacieux, s’installent dans les locaux vacants. Ils sont bientôt suivis par des artistes d’Avant-Garde inspirés par l’architecture Bauhaus où les grands espaces intérieurs sont conçus pour laisser le maximum de lumière naturelle sur les lieux de travail. Ici, les plafonds courbés sont supportés par de arches tronquées au sommet puis remplacés par de larges baies vitrées inclinées en diagonale donnant ainsi aux toits un aspect de dents-de-scie et afin de minimiser les ombres toutes les fenêtres sont orientées au nord.
Nous déambulons dans ce dédale d’allées étroites aux murs couverts de graffitis et parsemé de sculptures avant-gardistes pour le moins surprenantes. Un monde déjanté et moqueur où le beau côtoie le laid, un monde que nous n’aurions jamais imaginé possible en Chine même en 2013. La Révolution Culturelle est à des années lumières ! Galeries du bizarre, de la provocation mais aussi des ateliers où l’art traditionnel est modernisé par des formes et des couleurs contemporaines. Une belle et surprenante découverte qui vaut absolument le détour.
Encore sous le charme, nous en oublions presque les embouteillages monstres sur le chemin du retour. Nous profitons encore de la douceur du soir pour aller prendre un verre sur la terrasse et regarder les effets de lumières sur les toits de la Cité Interdite. Ce soir, pas de menu gastronomique à la DaDong mais plus simplement une délicieuse soupe garnie et épicée sur une table bancale sur un bout de trottoir d’une rue tranquille.
Pékin 17 Septembre
De la fenêtre de la chambre, je regarde le ciel gris et nuageux qui annonce la pluie. Le temps de pendre un petit café accompagné de quelques tranches du kramick ramené de Bruxelles (Min Dieu qu’ché bon !), de plier les bagages et nous voilà en train de filer sur l’autoroute qui mène à l’aéroport. Notre chauffeur de taxi s’occupe à faire des jeux de roulette sur son portable, non seulement à l’arrêt dans les embouteillages mais également quand il dépasse des camions poursuivis de nuages d’embruns. Heureusement, il les perd tous je n’ose pas imaginer sa réaction s’il devait en gagner un !
Sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, nous arrivons à l’ancien terminal bien plus tôt que prévu. Nous pouvons donc nous noyer avec allégresse au milieu de la cohue qui règne dans le hall des départs. Mais où vont tous ces Chinois ?
En tout cas pas à Pyongyang car quand nous finissons par trouver les guichets d’Air Koryo, nous n’y trouvons que des Coréens du Nord (reconnaissables à leur petite taille et leur teint plus sombre mais surtout au pin à l’effigie du Grand Leader épinglé sur le revers de la veste) ensevelis sous des amoncellements de bagages plus ou moins bien ficelés plus un petit groupe de voyageurs aux cheveux gris et à l’accent british quelque peu dépassé par les évènements.
Fort heureusement, nous devons avoir une tête qui revient à l’agent en charge de l’enregistrement des bagages puisqu’il nous fait passer devant tout ce beau petit monde. Mais le temps gagné ici et rapidement perdu aux étapes suivantes : le passage à la sécurité suivi de celui des douanes surtout que nous y arrivons juste au changement de garde.
La porte d’embarquement C9 est située bien à l’écart, serions-nous déjà considérés comme des pestiférés ? Au moins nous avons l’embarras du choix pour ce qui est des banquettes en skaï. Bientôt nous retrouvons les petits Coréens, toujours aussi chargés mais cette fois de sacs remplis de bouteilles de whisky et de cartouches de cigarettes. Puis arrivent quelques petits groupes de touristes essentiellement allemands et scandinaves. Devant nous, des écrans plats géants diffusent des petits reportages sur les endroits à visiter à Pékin, sur les sportifs chinois en vue et même sur l’histoire du Parti Communiste. Ceux-ci sont constamment entrecoupés de publicités vantant les bonheurs de la société de consommation. Pauvre Grand Timonier, qui dans son mausolée climatisé, doit crier à la trahison !
13h. Enfin un peu d’animation du côté de la porte d’embarquement. Du sas vitré, nous apercevons notre beau Tupolev Tu-204-100B (j’ai révisé !) frappé aux couleurs de la République populaire démocratique de Corée mais tout ruisselant sous le crachin pékinois. Les jeunes hôtesses nous indiquent nos sièges et nous remettent le Pyongyang Times, un petit hebdomadaire de huit pages avec à sa une, une photographie du jeune Grand Leader tout sourire. L’intérieur de l’avion est nickel et les sièges de la classe économie sont spacieux et confortables (une rareté de nos jours !).
En attendant que tous les passagers s’installent, je feuillette le magazine Korea Today qui nous résume les grands évènements du mois précédent c’est-à-dire l’emploi du temps du jeune Grand Leader dont le portrait figure une ou plusieurs fois par page. Ici l’inauguration d’une centrale ou usine quelconque, là l’inauguration de la dernière zone urbaine, plus loin une visite d’une caserne accompagné d’une flopée d’anciens combattants souriants ou encore la visite d’une école cerné d’enfants admiratifs. Et toujours ce sourire étincelant, ce costume sombre et élégant et la coupe de cheveux du grand-père qui font apparaitre le jeune Grand Leader comme un demi Dieu, entouré d’une foule aux attitudes volontaires et aux mines radieuses. S’il y avait un Oscar Photoshop, nul doute qu’il irait aux illustrateurs nord-coréens !
Tous les passagers sont maintenant à bord, la majorité est composée de touristes occidentaux, le reste inclus des travailleurs nord-coréens de retour au bercail et quelques femmes (ou maitresses !) de l’élite revenues d’une expédition de shopping dans la capitale chinoise. Curieusement, les rangées de fauteuils du dernier quart de l’avion sont remplies à la dernière minute de paquets et de valises qui n’ont pas trouvé de place dans la soute à bagages.
La pluie occasionne un embouteillage sur les pistes et nous décollons avec près d’une heure de retard ce qui nous permet de feuilleter une fois encore les magazines et même d’étudier la prose révolutionnaire des articles critiquant la politique du Président Obama et vantant celle du jeune Grand Leader. Les hôtesses viennent rompre notre début d’ennui en nous servant des jus de fruit dilués et une espèce d’hamburger froid peu appétissant. En guise de divertissement, nous avons également droit au spectacle de Noël, ou la version nord-coréenne d’un show à la André Rieux où une dizaine de musiciennes en mini-jupes se dandinent en reprenant des airs populaires sur des clips de lancements de missile et sous les applaudissements rythmés de l’audience en uniforme.
Pratiquement au moment où nous survolons la frontière, l’épaisse couche de nuages gris cède la place à un beau ciel bleu et dégagé. Nous pouvons donc admirer par le hublot les paysages montagneux puis les plaines agricoles recouvertes de rizières et de champs jaunes et verts entrecoupés de rivières scintillantes et parsemés de villages aux maisons sagement alignées. De là-haut, nous avons parfois le sentiment de survoler des paysages de la France profonde des années 40 un paysage campagnard sans les balafres des infrastructures modernes.

Nous descendons rapidement, l’aéroport semble être situé au beau milieu des champs. Sur le tarmac, nous passons en revue la flotte des avions à hélices d’Air Koryo soigneusement astiquée par quelques mécaniciens qui ne lèvent même pas la tête au passage notre avion. Des bâtiments en construction encadrent une espèce de hangar flambant neuf. Le comité d’accueil, formé d’hommes et de jeunes femmes portant des uniformes de couleurs différentes, se presse lentement autour de la passerelle bleue que l’on vient d’arrimer. Dans l’avion, l’on entend déjà les crépitements des appareils photo.
Dehors, la douceur de la fin d’après-midi nous surprend agréablement mais nous avons à peine le temps de l’apprécier car on nous fait signe d’accélérer le mouvement, pas question de faire attendre les quatre douaniers installés derrière leur pupitre en bois. Formalités rapides et presque chaleureuses puis nous nous retrouvons dans une espèce de gymnase d’école aux murs blancs. Un tapis roulant grinçant et éternellement vide d’un côté, au fond deux ou trois machines pour l’inspection des valises et de l’autre côté, une petite vitrine et une table sur tréteaux remplies de souvenirs. Une jeune femme vient justement de l’ouvrir et commence à étendre des drapeaux, des poupées, quelques cartes postales, posters et boites de thé au ginseng sans oublier les œuvres écrites par les trois grands Leaders et abondamment illustrées de photographies similaires à celles du magazine épluché dans l’avion. Pour moi ce sera la carte de la Corée réunifiée à 2 Euros. What a bargain ! Pas de problème de change puisque seuls les Euros sont acceptés !
Depuis maintenant près d’une heure nous ne voyons défiler sur ce satané tapis roulant qui perce les oreilles que des paquets ficelés des passagers nord-coréens qui sont promptement embarqués par des jeunes militaires. Nous avons donc largement le temps d’apprendre par cœur le tableau des arrivées d’aujourd’hui : deux vols en provenance de Pékin, un venant de Shenyang (une grosse ville de province située de l’autre côté de la frontière) et le dernier, plutôt surprenant, en provenance de Koweït !?
Nous finissons par récupérer nos valises puis après avoir enregistrés les portables de Luc aux guichets de la sécurité, nous faisons connaissance avec nos guides, le chauffeur et nos cinq compagnons de voyage qui nous attendaient sur le parking en terre battue près du minibus.
Deux guides pour sept touristes… nous sommes soignés ! Le monsieur discret et plus âgé (Monsieur Ho) sera pour les francophones (c’est-à-dire pour nous deux) tandis que la jeune fille souriante (Hyun) sera pour les anglophones (c’est-à-dire les cinq autres).
Le soleil commence à tomber doucement alors que nous roulons sur une route complètement déserte au milieu des champs de maïs. Hyun prend d’emblée les choses en main, en tout cas le micro, et nous résume en quelques minutes plusieurs siècles de l’histoire de la Corée avant de s’étendre plus longuement sur la période 1950-1953. Puis, alors que nous approchons des premiers faubourgs de Pyongyang, elle nous annonce le programme des festivités pour le reste de la journée. Celui-ci se résume à un rapide tour en ville (puisque nous sommes déjà très en retard, se navre-t-elle !), à l’achat d’un bouquet de fleurs que nous irons déposer au pied des statues géantes des ex-Grands Leaders avant de nous recueillir quelques instants. Ça promet ! Mais nous savions également que cela faisait partie du deal quand on vient en Corée du Nord… Les touristes ont ici des devoirs à remplir !!!
Des fenêtres du bus, nous découvrons les premières rues du centre-ville. Barres d’immeubles colorées, larges trottoirs bordées d’arbres où flânent de nombreux piétons profitant de la douceur de cette fin de journée. Chantiers de construction encore en pleine activité, portraits géants des ex-Grands Leaders, espaces verts, drapeaux et bannières. Aux croisements des avenues, nous sommes fascinés par la chorégraphie mécanique mais toujours gracieuse des agentes de la circulation en uniforme blanc immaculé qui font respecter le code de la route. Les chauffeurs de bus, trams, camions ainsi que ceux des 4x4, Mercedes ou des berlines japonaises sont littéralement menés à la baguette.
Derrière les bâtiments monumentaux à la soviétique qui abritent divers ministères, se trouve un autre bâtiment encore plus grand : la Bibliothèque Nationale. Blanc et à colonnades, il est surmonté de toits verts à la chinoise, Monsieur Ho émerge d’un demi-sommeil pour nous confier que ce temple du savoir ne contient pas moins de 30 millions de volumes… Toutefois, il ne précise pas si ce sont des volumes différents ou bien les invendus des œuvres et des biographies des ex-Grands Leaders. C’est également là, ajoute-t-il, qu’il a appris le français (qu’il parle admirablement bien d’ailleurs) et quatre autres langues du coup je regarde ce palais avec des yeux bien plus admiratifs.
C’est près de la fontaine que nous trouvons nos bouquets de fleurs. Ils sont magnifiques malgré leur petit air de recyclé et ne sont pas trop chers (5 Euros). Direction le parc de Mansudae sur les hauteurs, pour aller (enfin) saluer les copains. La nuit est maintenant tombée ce qui nous permet d’admirer les effets de lumières sur les immeubles modernes de la ville. Accompagnés par le chant des grillons invisibles, nous faisons quelques pas sur le chemin qui grimpe vers l’esplanade vide et dominée par deux énormes statues brillantes sous les feux des projecteurs. Sur un piédestal en marbre, le Grand Père, la main tendue, et le Père, la main dans la poche, nous souhaitent la bienvenue.

Hyun nous demande de former une ligne, puis à son signal de faire une petite courbette avant d’avancer ensemble pour déposer nos bouquets parmi la centaine d’autres déposés auparavant. Puisque nous sommes tous des gens éduqués et polis, nous nous prêtons volontiers à ce petit cérémonial sans trop pouffer de rire.
Quelques moments plus tard, nous regagnons le minibus et partons vers notre hôtel. Le Yanggakdo Hotel, situé sur une ile au milieu du fleuve Taedong (très pratique pour garder des touristes trop curieux…), est une tour d’une quarantaine d’étages qui ne paie pas de mine avec un lobby en marbre trop petit, la moitié des ascenseurs en panne, des restaurants lugubres y compris le panoramique au dernier étage mais les chambres, très années 80, sont suffisamment confortables. Et surprise, à la télévision on peut capter en plus des chaines chinoises et russes, CNN et la BBC.
Le repas, que nous prenons dans l’un des quatre restaurants, est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage : un couple suédo-danois résidant à Zurich, deux amis Suédois, l’un habitant Stockholm l’autre Bangkok et un Danois travaillant à Séoul. Leur moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans Luc et moi faisons office de doyens. En tout cas le courant passe très bien. Quant au buffet, bien que déjà bien dévalisé par les précédents groupes de touristes, il recèle de plein de mets inconnus et tous excellents.
Pyongyang 18 Septembre
En tirant les rideaux, je découvre la ville couverte d’une brume qui peine à se dissiper. Je n’imaginais pas voir une ville si étendue ni autant de bâtiments modernes. Sur le fleuve, quelques barges remontent lentement à contre-courant. Plus près, un dragueur s’active sérieusement, son ronronnement mécanique est couvert par une musique, entrecoupée de longues phrases ressemblant à des slogans, diffusée par des haut-parleurs invisibles. Au milieu, sur leur petite embarcation bien solitaire, deux pêcheurs lancent leurs filets.


Le petit déjeuner se prend dans l’une des immenses salles au rez-de-chaussée au décor zen et kitsch à la fois. Sur la quarantaine de tables rondes, seules trois ou quatre sont occupées par une poignée de touristes. Au menu : omelette et salade de choux, toasts, confitures et une tasse de café soluble. Une jeune fille en costume traditionnel surveille le toaster pendant que sa collègue fait le passe-passe avec LA bouilloire électrique de l’hôtel. Le gradé est lui en charge du bocal de Nescafé et s’assure de ne mettre qu’une demi-cuiller de précieux granulés par tasse et prend un air catastrophé dès que l’on lui demande une seconde tasse.
Nous retrouvons guides et compagnons de voyage dans le lobby où l’on ne risque pas de se perdre. Hyun nous annonce le changement de programme dû, nous dit-elle, aux terribles inondations de la semaine dernière qui ont non seulement détruit un pont mais également rendu impraticable la route pour aller aux montagnes de Myohyangsan. Nous ne pourrons donc pas visiter le temple bouddhiste de Bohyon, ni la Vallée de Manpok et pire ni visiter l’Exposition de la Fraternité Internationale, un musée qui regroupe une impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders par des dignitaires étrangers.
Mais pas d’inquiétude, nous rassure-t-elle de suite, il y a un plan B. Celui-ci comprend la visite d’une toute aussi impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders mais cette fois par les Coréens (inclus ceux de la diaspora, précise-t-elle !), puis nous aurons également la chance d’aller visiter l’usine de mise-en-bouteille de l’eau de la plus importante source du pays, de visiter l’institut agricole et une ferme modèle et apothéose de la journée : la visite du barrage de P’i Do où nous prendrons notre déjeuner. Au retour, visite du Musée de la Guerre. Waouh !
Nous sommes tellement excités par ce nouveau programme que nous précipitons dans le minibus, pauvre Monsieur Ho doit courir derrière nous.
Après avoir traversé les ZUP monumentales à l’ouest de la ville, nous bifurquons à droite sur une petite route de campagne bordée de rizières. Au bout de la route, au pied des collines boisées, se trouve un imposant bâtiment blanc sans fenêtre entouré de pelouses impeccables et d’une grille bien gardée.
Une charmante guide en costume traditionnel (jaune et bleu celui-là) nous prend en charge. Dès l’entrée nous devons chausser des chaussons en feutre, pas question d’abimer le marbre puis passer un sas à fort courant d’air, pas question d’amener nos microbes et enfin déposer nos possessions dans un vestiaire aussi vaste que celui de l’Opéra de Paris, pas question d’affoler les portiques électroniques ni de prendre en photo les précieux cadeaux. Une fois assurée que personne ne mâchouille plus de chewing-gum, elle nous prie de la suivre dans les couloirs de cet immense palais glacial et glacé, marbré des colonnes aux escaliers, des murs aux plafonds et commence à réciter ses commentaires où tout doit être chiffré, mesuré, quantifié avec le maximum de superlatifs possible. Première salle, première vitrine, premier arrêt. « Et voici, un fauteuil recouvert de peaux de tigre, offert au Grand Leader par un couple de paysans du nord de la péninsule ». Un peu plus loin. « Et voici, la première machine à laver sortie de l’usine Numéro 75 et offerte par les valeureux ouvriers de notre patrie » Le ton est donné. Plus que 9 998 cadeaux à admirer !
En fait, la guide ne s’arrête que quelques instants devant certains objets considérés comme les plus importants mais pas toujours les plus beaux ni les plus intéressants. On y trouve de tout, du dessin, à la tapisserie, de la théière au bassinet, du bibelot en bois sculpté à la figurine en porcelaine mais ce sont évidemment les portraits du Grand Leader qui dominent, de l’immense fresque en canevas sur fond d’usines fumantes et de champs moissonnés au délicat médaillon fait en plumes d’oiseaux rares.
Une salle, deux salles, trois salles… il faut presser le pas car si nous ne sommes que sept, nous nous arrêtons à chaque fois à sept endroits différents, une manière de maximaliser nos ressources et talents pour dénicher l’objet le plus kitsch pour ne pas dire le plus moche.
Nous passons à l’étage, celui où sont exposés les cadeaux offerts par les « autres » Coréens. Ainsi, nous découvrons toute une série de Walkman offerte par un fan, une Toyota offerte par un chef d’entreprise sud-coréen, des écrans plats de toutes les tailles et des portables (encore dans leurs emballages !) offerts par Mr Samsung ou encore toute une série de mobilier de salles à manger, plus affreuses les unes que les autres, gracieusement offertes par un Coréen né au Nord mais qui a fait fortune au Sud (le contraire eut été étonnant !). Nous n’oublions pas ni les louches en or, ni les baguettes incrustées de pierres précieuses.
Enfin, il ne nous reste que la dernière salle mais certainement « la plus importante » nous affirme notre hôtesse. Deux soldats poussent les deux immenses portes et nous laissent découvrir une immense salle de réception blanche dominée par deux imposantes statues blanches représentant les deux Ex-Grands-Leaders souriants et éclairées par des lumières roses.
Il nous faut, comme hier, former une ligne et s’incliner. Ah, cette courbette la n’était pas prévue dans le programme ! En guise de récompense nous pouvons jeter un œil sur les cadeaux les plus précieux comme ce magnifique meuble chinois finement ciselé, cette défense d’éléphant sculptée, ce bloc de jade (le plus grand au monde confirme-t-elle) et clou du clou cette toile représentant le fils de l’Ex-Grand Leader en armure (et portant ses lunettes) sur un dragon… plus fort que Don Quichotte et que Saint George réunis !
Heureux de retrouver la chaleur du soleil et de chasser la fraicheur de l’air conditionné, nous commentons sur la bizarrerie de cet endroit à mi-chemin entre un musée des Arts et Métiers d’une ville de province oubliée et d’une exposition de listes de mariage de beaufs pour super-beaufs. Puis de nous demander quel sera le sort de toutes ces horreurs quand il n’y aura plus de Grands Leaders…
Nous repartons vers l’ouest en prenant l’autoroute cette fois une extraordinaire trouée au travers un paysage de forêts et de champs. Les autoroutes nord-coréennes sont aussi larges que celles de Los Angeles mais avec zéro circulation. Rien, pas même un camion sur des kilomètres, juste quelques cyclistes et un véhicule militaire venant dans le sens opposé et que nous évitons de justesse ! En effet, les nids de poule étant tellement nombreux et profonds que seule la voie du milieu est à peu près fréquentable, elle est donc l’objet de toutes les convoitises et est l’occasion pour les chauffeurs (une espèce rare sous ces cieux) de tester leurs nerfs ; ce n’est qu’à la vue des casquettes et des épaulettes que le nôtre finit par céder avec un soupir exaspéré.
Plus loin, nous quittons les cahots de l’autoroute pour ceux des petites routes de campagne bordées de petits ruisseaux et d’alignements d’arbres au tronc blanchi. Les cyclistes sont aussi dignes et presque aussi nombreux qu’à Amsterdam. Leurs porte-bagages sont souvent chargés de gros sacs ce qui les oblige à pousser leur vélo à la moindre petite montée.
Nous passons devant quelques communes, toutes bâties sur un modèle identique. Derrière un petit muret séparant les champs du village, on aperçoit des habitations toujours bien alignées, composées soit de petits immeubles en béton de deux ou trois étages, parfois peints mais le plus souvent pas entièrement terminés, soit de petites villas entourées de petits jardins et potagers et, remplaçant nos églises ou temples, un hall communal orné de bannières. De l’intérieur de notre minibus, l’atmosphère est champêtre et paisible et les paysages baignés de soleil fort agréables.
Un chemin mène à un bâtiment blanc aux vitres fumées qui abrite la Kangso Yaksu Mineral Water Bottle Factory. Nous sommes accueillis par le directeur de l’usine, un petit homme à la chevelure dégarnie qui le fait ressembler à Mao et portant une chemisette décorée d’un petit badge affichant les portraits souriants des deux ex-Grands Leaders. Peut-être avons-nous interrompu sa sieste et veut-il y retourner rapidement car à peine réunis dans le hall d’entrée, il prend sa longue règle et se lance dans de longues explications techniques illustrées par des schémas, des cartes et des photos accrochés aux murs et prestement traduites par Hyun.
Ainsi nous apprenons que l’activité principale de cette usine (la plus importante de la patrie chérie), consiste à mettre en bouteille l’eau de la source d’à côté (la meilleure eau du pays) et que la grande astuce est d’injecter du gaz pour avoir de l’eau gazeuse, « encore faut-il avoir les bons dosages », nous prévient-il ! Et le voilà parti dans un cours de chimie 101 qui ne passionne pas vraiment l’audience plus intéressée à admirer les posters des ex (et présent) Grands Leaders venus inspecter les lieux à plusieurs reprises au cours des dernières décades.
Au moment précis où nous passons les portes vitrées et pénétrons dans une grande salle où il règne une chaleur accablante, voilà la chaine qui se met en route dans un vacarme de bouteilles qui se cognent, les ouvrières masquées prennent leurs positions avec un air concentré. Les bouteilles sont remplies d’eau, capsulées, étiquetées puis mises dans des cageots ou cartons qui seront exportées… « principalement vers la Chine » conclut-il fièrement. Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une petite salle climatisée pour une dégustation gratuite. Nous avons même l’opportunité d’acheter (en Euros, svp) toute la gamme des bouteilles. Ceci-dit l’eau est vraiment excellente et vaut bien notre Perrier national.
Une demi-heure plus tard, nous roulons vers la prochaine étape : la ferme modèle, située quelques kilomètres plus loin, à proximité de la petite ville de Kangso. Une route bordée d’arbustes et de jeunes pins conduit jusqu’au vaste parking vide situé en face d’un grand bâtiment carré en béton. Plus loin à gauche, nous apercevons, au pied d’une colline ornée de slogans géants, quelques petits blocs d’appartements noyés dans la végétation et quelques bâtiments plus anciens regroupés autour d’une cour. Une espèce d’obélisque couvert de caractères rouges et un mur de mosaïques représentant le Grand Leader assis parmi des paysans et donnant des conseils pour améliorer les rendements des récoltes (c’est ce qu’indique la légende en bas !) complètent le décor. Il y a également une bande son puisque les haut-parleurs de mauvaise qualité diffusent une litanie de ce qui parait être des slogans, de quoi maintenir le moral et la morale révolutionnaires (et surement empêcher les travailleurs de faire une petite sieste).
Hyun revient avec le chef de la commune. Nous le reconnaissons de suite grâce à son uniforme : un costume avec des manches courtes et porté sans chemise. Après nous avoir souhaité la bienvenue il nous demande de le suivre sur un petit chemin qui mène sur une petite esplanade dominée par un ensemble de statues aussi brillantes que le tissu de son costume. La scène représente l’ex-Grand Leader (le grand-père) souriant, le regard fixé vers l’horizon, entouré de paysans eux aussi souriants, le regard porté vers l’ex-Grand Leader. Tout simplement magnifique. Ce qui l’est moins est le fait que nous devons une fois encore nous aligner et saluer une nouvelle statue. Certes la maitrise de la chorégraphie de courbettes s’améliore à chaque fois (moins celle des fou-rires !).
Devoir accompli, nous écoutons sagement le chef nous chanter sa leçon monotone apprise par cœur mais que Hyun met du cœur à rendre plus mélodieuse. Chiffres, rendements, records, variétés et qualité des récoltes, nouvelles techniques de production, enseignement de haute qualité, tout y passe, tout est dûment traduit et tout ressort de l’autre oreille. Quand notre Danois trop curieux pose la question : « Quand est-il de la mécanisation ? » nous vivons en direct une scène du film «Lost in translation», le chef nous propose alors avec un sourire radieux d’aller voir les serres où murissent les tomates (les meilleures du pays… bien sûr !).



Direction les serres donc où nous attend une autre jeune fille portant un costume éblouissant, jaune et blanc et ruban rouge. Le chef en profite pour s’éclipser discrètement. « Oui vous pouvez entrer dans les serres pour voir la grosseur de nos tomates et la qualité supérieure de nos concombres. » lance-t-elle. Les sept hochements de la tête admiratifs semblent la combler de bonheur.
De l’autre côté des serres se trouvent les bâtiments de l’Institut de Recherche Agricole mais pas question d’aller voir de plus près, « Nos chercheurs sont très occupés ». Nous nous contentons donc de faire des coucous aux gamins, quelque peu étonnés de notre présence, d’encourager un petit groupe d’hommes et de femmes en train de pousser un mini tracteur en panne et de regarder un technicien perché sur son échelle en train de fixer un petit panneau solaire.
« Et voici notre visite de la ferme modèle qui se conclue. » nous annonce Hyun. « Nous allons maintenant voir le plus long barrage du pays. » poursuit-elle.
Nous retrouvons l’autoroute géante, déserte et cabossée jusqu’à l’entrée de la ville de Nampho. Les rues côté recto ressemblent à celles de la capitale : succession de barres d’immeubles aux façades fraichement peintes, des trottoirs bordés d’arbres que partagent piétons et cyclistes. Pour ce qui est du côté verso, c’est un peu moins glorieux et entre deux barres on peut apercevoir brièvement des petites maisons les unes sur les autres dans un état plus ou moins délabré.
Nous passons devant une paire d’usines, de casernes et, à mesure que nous approchons du port, nous apercevons rapidement quelques entrepôts et des quais plutôt vides. Plus loin nous longeons à gauche des marais salants et à droite des champs de céréales qui s’étendent jusqu’aux berges du fleuve Taedong qui prend des allures de baie à mesure que nous approchons de la Mer de Chine. Sur l’autre rive, l’enchevêtrement de montagnes et collines se perd dans une brume de chaleur persistante.
L’entrée du barrage est marquée par une arche et une guérite gardée par des jeunes soldats flottant dans leurs uniformes trop grands. Je comprends maintenant que le barrage n’est pas un barrage hydro-électrique comme je le pensais mais une ‘simple’ digue construite à l’embouchure du fleuve. Construit aux débuts des années 80 par des milliers de soldats (il faut bien les occuper ces braves !) et inauguré en 1986, ce barrage, long de huit kilomètres, relie les deux rives via l’ile de P’i Do et comprend trois écluses ouvertes à marée basse. Il permet ainsi de séparer l’eau salée de la mer de l’eau douce du fleuve et d’augmenter ainsi la superficie des terres irriguées.
A gauche de la route, une vingtaine de cargos attendent patiemment leur tour, à droite les embarcations sont échouées sur le sable, marée descendante oblige. Sur la route nous ne croisons que des militaires et pour la première fois des marins qui ont l’air plus ‘cool’. Le chauffeur de notre minibus nous dépose au pied du phare-monument-musée situé au sommet de l’ile. De là, nous admirons de la vue panoramique sur la baie, les écluses et la mer que l’on aperçoit au fond avant d’aller prendre notre pique-nique (excellent et copieux) dans le restaurant du phare et attendre l’arrivée de la guide officielle du barrage...
Digestion au soleil en écoutant une nouvelle récitation de chiffres entrecoupés d’adjectifs qualificatifs, comparatifs et surtout superlatifs sans oublier bien sur les références aux Grands Leaders et à leur vision. Ici non plus pas question d’approcher de plus près. « Les écluses sont dans une zone militaire. » prévient la guide en fronçant les sourcils, « Et la vue est bien mieux d’où nous sommes. » ajoute-t-elle avec un léger sourire. Contentons-nous donc de la vue générale.
Il est temps de reprendre le chemin du retour en prenant la même autoroute toujours aussi déserte jusqu’à l’immense Avenue de la Révolution bordée d’immeubles blancs. Le chauffeur nous balade dans plusieurs quartiers de la ville, la seule différence est la densité et la hauteur des tours d’appartements. Quel que soit le quartier, nous passons constamment devant des chantiers de construction. Ici d’autres appartements à différents stages de finition, là des installations sportives. Plus loin ceux d’une rénovation d’un parc ou d’une restauration d’une route.
Certains travaux peuvent durer des décennies, comme celui de cet hôtel, le Ryungyong Hotel, en forme d’élégante pyramide de verre qui du haut de ses 105 étages (330 m) domine la ville. Commencés en 1987, les travaux sont abandonnés en 1992, une fois la carcasse terminée. Manque de fonds, pénurie d’équipement et de matériaux, le building reste à l’abandon jusqu’en 2008 date de la reprise des travaux de finition extérieure qui se terminent en 2012. Aujourd’hui, nous informe Mr Ho, les ouvriers aménagent l’intérieur. A voir le peu d’activité qui règne au pied du building, on peut en douter.

Dans cette ville entièrement reconstruite, l’unique bâtiment historique que nous apercevons se trouve au milieu d’un rond-point fleuri. Sur son piédestal en pierre et son double toit vert relevé sur les bords, ce portique en bois ressemble (en plus modeste) aux portes impériales que l’on trouve à Pékin.
Les embouteillages, il y en a quelques-uns, sont l’occasion d’observer de plus près les passagers des trams et des bus et de se rendre compte qu’ils ont les mêmes têtes fatiguées, les mêmes yeux cernés que les passagers d’un bus à Paris ou à New York. La seule différence est que personne ne lit, ni n’écoute de la musique. Quelques-uns, surtout les enfants, une fois la surprise passée, nous font de grands signes et sourires, mais la plupart nous ignore complètement, comme si la présence d’étrangers n’avait rien d’extraordinaire.
Une arche, des alignements de statues, des jets d’eau entourant une statue massive d’un soldat portant un drapeau, une pelouse jusqu’aux marches d’un bâtiment blanc avec un fronton d’arcades, et d’où émerge un flot continu de visiteurs, pas de doute nous sommes bien arrivés au Musée de la Guerre. Mais avant de pénétrer dans ce lieu sacré de la République, une jeune femme en uniforme vient se présenter. Elle sera notre guide et en sa compagnie nous passons en revue la série de statues de glorieux soldats en situation d’héroïsme aigu, puis les restes des prises de guerre diverses : armements, tanks, avions et summum du summum le célèbre navire de guerre américain l’USS Pueblo, capturé en Janvier 1968.

Comme navire de guerre, il n’a vraiment rien de terrifiant puisse qu’il ne s’agit plutôt que d’un petit cargo transformé en navire espion par les Américains. Mais cette prise de guerre permit (et permet encore) d’être un excellent élément de propagande pour la patrie techniquement toujours en guerre. Plus que la prise en elle-même, c’est la saga qui suivit qui fit couler beaucoup d’encre. Les 82 membres d’équipage survivants furent torturés avant d’être finalement libérés en Décembre 1968 en échange d’une lettre officielle d’excuses du gouvernement américain.
Allons-y pour la visite à bord qui n’a rien d’extraordinaire sauf les impacts de balle (marqués en rouge) et la réalisation que la vie à bord ne devait pas être rigolote tous les jours tant tout semble minuscule. Quant à la salle contenant les instruments d’écoute, elle permet de réaliser les avancées technologiques effectuées depuis 68 ! Nous suivons la casquette de notre guide jusqu’au pied de la statue monumentale aperçue plus tôt. Nous aurions dû nous en douter car la voilà qui nous fait signe de former une ligne. Ca va nous connaissons le scenario… à part que cette fois, il y a une variante. En effet, le jeune Danois du groupe la voyant saluer, décide de l’imiter et nous de faire comme lui. Pas de courbette donc mais un beau salut militaire qui prend de court nos guides qui se lancent des regards inquiets avant d’éclater de rire… discrètement quand même !
Nous pénétrons enfin dans le musée, inauguré quelques mois plus tôt. Escalier spectaculaire, lustre démentiel, longues galeries, vitrines de scènes de guerre reconstituées, visiblement de quoi impressionné les nombreux patriotes du pays… et les maintenir dans la pensée du sacrifice. Nous passons devant une multitude de vitrines remplies de médailles, d’armes de tous calibres, de lettres personnelles et de documents officiels, de peintures et de dessins, de bannières, de bustes de vaillants héros. Arrêt prolongé devant la statue du plus grand soldat de l’armée victorieuse et surement le préféré de notre guide qui nous explique que malgré ses jambes brisées, ses bras fracassés, il continuât à tirer avec sa mitrailleuse avec ses dents et tuât au moins une centaine d’ennemis. On n’en fait plus des comme ça !
Nous poursuivons vers une salle de projection où nous est projeté un film nous expliquant la version nord-coréenne des évènements qui ont précédés la guerre de Corée et en énumérant les provocations américaines. Nous en concluons que pour commencer la guerre en Irak, Bush Junior n’a fait que suivre l’exemple de ses prédécesseurs.
Quelques problèmes de queue devant les ascenseurs obligent notre capitaine/guide à changer de stratégie et d’opter pour les escaliers de secours pour accéder à l’étage supérieur où se trouve une salle panoramique avec un dôme genre planétarium jetée dans la pénombre. Mais il n’y a pas de planètes à observer ici, seulement des scènes de combats que l’on découvre à mesure que l’immense plateau sur lequel nous sommes installés complète sa rotation. Effets de bruits et lumières sur des scènes composées de peintures et d’objets réels. La guerre en 360° et en 3D. Paisibles rizières, avions, bombardements, destruction de villes et de villages, feu, sang, tranchées, tanks, reconquête et drapeau qui flotte de nouveau sur un champ de ruines. Epoustouflant, particulièrement pour les oreilles. Je ne sais pas ce qui était le plus pénible, le bruit des armes ou bien la voix du commentateur.
Hyun regarde sa montre avec impatience car nous sommes parait-il en retard, que le restaurant nous attend et qu’il faut traverser la ville. Re-petit tour en ville, les différentes bannières et affiches de propagande nous servent de points de repère et nous commençons maintenant à reconnaitre les principales avenues et rues du centre-ville.
De l’extérieur, rien n’indique que nous sommes arrivés au restaurant. Pas d’enseigne, ni de lumière particulière. D’une manière générale, les rues n’ont pas vraiment de signes distinctifs pour désigner les magasins ou les boutiques, tout au moins nous ne les reconnaissons pas. Les seuls commerces que nous avons parfois repérés, comme par exemple les magasins de fruits et légumes, sont les espèces de kiosques situés au pied des immeubles.
Nous devons être dans les beaux quartiers car en face du restaurant, le drapeau roumain flotte mollement derrière les murs de l’ambassade. Etre posté à Pyongyang doit être une sacrée punition, en tout cas une punition considérée comme trop sévère par le gouvernement français qui n’a pas d’ambassadeur ici.
La petite salle de restaurant, située à l’étage, est archi pleine… de touristes. Menu unique mais une fois encore excellent. Nous goutons ainsi au célèbre Hot Pot nord-coréen. N’en perdant pas une pour revenir sur la bravoure et l’ingéniosité des soldats nord-coréens durant la guerre de Corée, Hyun nous raconte que la recette vient d’un soldat affamé mais génial qui eut la brillante idée faire cuire un bouillon de poisson dans son casque et d’y mettre tout ce qu’il pouvait trouver. Ses compagnons d’infortune l’imitèrent et voilà comment la recette nationale est née ! Ah évidemment, ce ne sont pas nos Poilus qui auraient pensé à ça !!!
Heureusement pour nous, ce soldat était gourmet car il n’ajoutât que des bonnes choses comme du chou, des lamelles de bœuf, de la coriandre, des épices, d’autres légumes, des pâtes, du tofu, des piments, des champignons…etc. et terminât son œuvre en apothéose en y cassant un œuf. C’est fou ce que l’on peut trouver dans les tranchées à cent mètres des lignes ennemies ! Les serveuses gracieuses et souriantes tournent autour des tables en s’assurant que nous ajoutons nos ingrédients dans le bon ordre et que nous ne nous mettons pas le feu à la nappe avec nos braseros foireux.
Suants mille et une gouttes mais l’estomac bien calé, nous voilà partis pour le dernier volet du programme de la journée : les Arirang Mass Games.
Les jeux de masse sont devenus au cours de ces dernières années une spécialité du pays. Après avoir vu à la télévision australienne il y a quelques années un documentaire britannique (A state of mind), je ne veux pas louper l’occasion de les voir.
Les jeux de masse sont un spectacle de quatre-vingt-dix minutes composé de ballets et d’exercices de gymnastique synchronisés accompagnés de musique et d’effets spéciaux auxquels participent plus de… 100 000 personnes ! En fait aucun autre pays au monde ne serait capable aujourd’hui de mobiliser tant de monde pour un spectacle avec si peu de spectateurs payants. Si les prix varient de 350 à 80 Euros, il n’y a en fait que très peu de touristes qui assistent à ce spectacle extravagant qui n’a lieu que quatre fois par semaine de la mi-Juillet à la mi-Septembre (quand ils ne sont pas annulés à la dernière minute, comme c’est parfois le cas). Les participants sélectionnés, parfois dès l’âge de cinq ans, s’entrainent pendant des heures entières dès que les beaux jours arrivent.
Si les jeux de masse ne sont pas une invention nord-coréenne (les premiers jeux de masse apparaissent au XIXème siècle avec les mouvements nationalistes d’Europe orientale, ils incarnent la jeunesse, la force, le militarisme et l'unité), les Nord-Coréens leur ont donné une autre dimension.
La philosophie de l’ex-Grand Leader derrière ce genre d’évènements n’est guère différente de celles des anciens leaders de ces mouvements nationalistes européens quand il déclare : « La gymnastique de masse est importante au niveau de la formation et au développement des enfants à l’idéal communiste. Elle les aide à acquérir une idéologie révolutionnaire, à élargir leur connaissance dans un grand nombre de domaines, à participer aux activités culturelles et à maintenir une morphologie saine et solide, qualités de base requises pour devenir un vrai Communiste. La gymnastique de masse apprend également aux écoliers la discipline, l'organisation et le collectivisme. »
En route donc pour le Stade du Premier Mai, (« Le plus grand au monde ! » précise Mr Ho) situé sur une autre ile au milieu du fleuve. Le long de la route, nous dépassons des cohortes de jeunes et de moins jeunes en uniforme, des membres de famille des participants et des groupes d’écoliers et de travailleurs qui se dirigent en marchant dans la pénombre vers les immenses parkings qui entourent les arcades en béton de l’arène puis se regroupent près des fontaines illuminées.
Au milieu de cette foule des grands soirs, il règne une atmosphère de trépidation. Malgré la cohue tout semble bien rodé et hyper organisé. Aucune bousculade alors que l’on sent l’excitation monter à mesure que nous approchons des dernières marches. Nous franchissons le dernier portique et découvrons l’intérieur de cette gigantesque enceinte à demi-couverte et prenons place sur nos sièges en plastique en haut des gradins réservés aux invités de marque. En face, de l’autre côté de la pelouse synthétique verte, les gradins sont occupés par 10 000 enfants portant des panneaux qu’ils bougent dans un ensemble parfait pour former d’immenses images tout en poussant des cris à l’unisson qui nous envoient des frissons dans le dos. Les panneaux qu’ils tiennent sont en fait des livrets comportant une centaine de pages. Chaque page est donc comme un pixel d’une photo et quand 10 000 pixels changent en même temps, c’est une nouvelle image qui apparait. Il faut le zoom de l’appareil photo pour distinguer les petites têtes qui dépassent à peine. Incroyable.
Les gradins sont loin d’être pleins quand les lumières s’éteignent, que les premiers feux d’artifices éclatent dans le ciel et que retentissent les premières notes de musique annonçant ainsi le début du spectacle.
Et quel spectacle ! Tout simplement extraordinaire. Sans aucun répit, la ‘pelouse’ est constamment envahie par des milliers de participants en costume colorés qui effectuent des chorégraphies parfaitement synchronisées décrivant des scènes remplies de symboles historiques, folkloriques et politiques plus ou moins faciles à décoder. Une musique rythmée aux accents militaires, des effets de lumières et de lasers en plus des enfants-pixels complètent l’ensemble. Du très grand spectacle, terriblement impressionnant. Soldats, judokas, jeunes femmes, enfants, gymnastes exceptionnels, acrobates, trapézistes tout y passe et tous affichent le même sourire figé et le même visage concentré. Dès que les portraits des ex-Grands Leaders apparaissent, les applaudissements redoublent d’intensité.


Mais c’est déjà le grand final, tous les participants (bien plus nombreux que les spectateurs) reviennent sur la piste sous les hourrahs de l’audience galvanisée devant tant de prouesses et de couleurs. Il faut un long moment avant de revenir sur terre et ‘digérer’ ce grand moment auquel nous venons d’assister. La réflexion et les questions viendront plus tard.
A la sortie, les stands proposant posters et t-shirts (et les livres de la doctrine Juche !) font le plein le gouvernement a trouvé là un bon filon à exploiter ! Pyongyang 19 Septembre
Ce matin le petit déjeuner est servi dans le restaurant panoramique, au dernier étage... à condition de pouvoir y accéder car après dix bonnes minutes d’attente toujours pas d’ascenseur. Autre problème, l’ascenseur qui vient enfin d’arriver doit avoir le vertige et être de santé délicate car il décide de descendre et de s’arrêter à pratiquement tous les étages. Ainsi, nous découvrons qu’en dessous du dix-septième, les étages sans moquette, à l’éclairage plus que faiblard et aux murs tachés sont réservés au personnel. Arrivés au rez-de-chaussée, l’homme de garde aux gants blancs et à la grande casquette a dû suivre la même formation que les agentes de la circulation car dès qu’il nous voit il tend le bras et lève la main pour arrêter les passants dans le corridor puis nous regarde et balance gracieusement l’autre bras en pointant l’index vers l’ascenseur en face. Comment a-t-il compris que nous étions descendus pour mieux remonter reste un mystère… en tout cas quelle perspicacité et quelle efficacité !
Evidemment, quand finalement nous arrivons au restaurant panoramique, le buffet a été en grande partie dévalisé mais qu’importe il reste plein de toasts et de la confiture. Quel soulagement également de découvrir que l’hôtel possède une deuxième bouilloire électrique et que le gardien du pot de Nescafé est plus cool que son collègue d’en bas. Peut-être une question d’altitude !?
Le restaurant panoramique semble souffrir de symptômes identiques à ceux de l’ascenseur. Une demi-rotation puis arrêt complet. Quant à la vue panoramique, elle est plutôt restreinte, les laveurs de carreaux ont certainement d’autres chats à fouetter et la brume matinale persiste et signe. Cependant notre petite ile, qui n’a hélas rien à voir avec l’Ile de la Cité, reste partiellement dégagée mais ne révèle rien de bien excitant, à moins d’être un spécialiste en travaux en bâtiments. Mais il me semble qu’un autre hôtel verra le jour… un jour !
Comme d’hab, les doyens sont les premiers ! En attendant le Club des 5… autres, nous observons l’animation dans le lobby. C’est qu’il y en a ce matin avec le départ des athlètes participant aux Championnats d’haltérophilie d’Asie qui se déroulent en ce moment à Pyongyang. D’ailleurs nous avons appris hier qu’un évènement historique avait eu lieu : pour la première fois le drapeau sud-coréen avait été hissé en Corée du Nord après la victoire d’un ‘compatriote’ du sud. Plus loin, des hommes d’affaires chinois sont accueillis en grande pompe par des officiels. Dehors plusieurs groupes de touristes chinois sont en train de fumer comme des cheminées.
Ca y est tout le monde est là et tous avons suivi les recommandations d’Hyun de ne pas mettre ni jeans ni t-shirt car aujourd’hui nous allons rencontrer les ex-Grands Leaders… Aujourd’hui est également un jour férié où l’on célèbre la Fête de Qing Ming, une journée consacrée au culte des Ancêtres et en Corée du Nord, les ancêtres inclus les valeureux soldats morts pour la Mère Patrie et bien sur les ex-Grands Leaders. C’est donc une journée exceptionnelle qui nous attend.
Le soleil brille sur les rues bien plus animées qu’hier. Les piétons ont envahi les trottoirs, beaucoup de femmes portent des robes traditionnelles très colorées, les hommes sont en costume et le reste de la population a sorti les plus beaux uniformes. Les queues aux arrêts de bus sont plus longues et les stations de métro grouillent de monde.
Nous quittons la ville, passons devant de vastes parcs aux arbres alignés comme des sentinelles et d’immenses pelouses dignes des meilleurs terrains de golf et arrivons au Palais-Mémorial Kumusan, un bâtiment rectiligne gris et moche, orné des portraits des défunts Leaders à la denture éblouissante. Le Palais du Soleil, construit en 1976, était la résidence officielle du grand-père avant de devenir à sa mort en 1994 son mausolée (une idée du fils !). Le fils, flippant à l’idée de vivre avec un cadavre, se fit construire une autre résidence plus proche de la capitale. A la mort du fils (en 2011), le petit-fils (le jeune Grand Leader actuel), surement par soucis d’économie (!) et peut-être pour des raisons pratiques (!!) installât la dépouille de son père sous le même toit que celle du grand-père. Coup double donc, ce n’est pas un cadavre mais deux que nous allons de ce pas saluer.



Mais pas de précipitation. D’abord nous devons patienter dans un hall d’honneur en compagnie d’une cinquantaine d’autres touristes étrangers, eux aussi en tenue de gala. Ensuite, nous devons nous mettre en rang par quatre sous une galerie ombragée. Cette opération prend un certain temps contrairement aux Nord-Coréens qui a peine débarqués du tramway s’alignent impeccablement de manière instinctive.
Enfin, un gradé donne le signal de marche. La colonne s’ébranle par petits groupes en faisant des mouvements d’accordéon sous les regards effarés des locaux qui eux ont gardé le petit doigt sur la couture du pantalon. Direction les vestiaires pour y laisser tout ce qui est interdit d’emporter à l’intérieur de ce haut lieu sacré. L’instinct bordélique des Occidentaux revenant au galop, les guides s’efforcent de remettre un peu d’ordre dans les lignes, une manœuvre inutile puisque dix mètres plus loin nous passons en file indienne sur des tapis gorgés de désinfectant puis à la fouille.
Nous nous dirigeons ensuite vers une succession de longs tapis roulants similaires à ceux que l’on trouve dans les aéroports. Sur les murs en marbre sont accrochés des photos représentant les ex-Grands Leaders dans le feu de l’action révolutionnaire. Enfin nous émergeons dans une immense salle aux colonnes de marbre, réalignement et attente avant de pénétrer dans une autre pièce où la statue du Grand-Père rigolard, baignée dans une lumière tamisée, nous toise de toute sa hauteur.
Passage dans un sas où soufflent de puissants courants d’air décoiffant. A peine le temps de réajuster nos mèches rebelles et de se remettre par quatre que nous pénétrons dans une salle au haut plafond plongée dans la pénombre. Au centre, un cercueil en verre contient le corps du grand-père dont on n’aperçoit que la tête à l’aspect cireux, le reste du corps étant recouvert d’un drapeau rouge (une manière comme une autre d’égailler un peu l’atmosphère lugubre qui règne ?!).
Tout en écoutant distraitement une musique propice au recueillement, nous observons attentivement les personnes qui nous précèdent car ce n’est pas le moment de se planter de script ni de froisser les soldats gantés, l’index sur la gâchette de leur mitraillette. Quatre par quatre nous nous présentons au pied du sarcophage, comptons mentalement jusqu’à cinq avant de faire une première courbette, belote sur le côté gauche et rebelote sur le côté droit (pour des raisons de politesse, il n’y a pas de courbette à faire devant la tête dégarnie…). Et d’un !
Nous passons dans la pièce suivante. Changement radical de décor puisque dans cette pièce nous découvrons… un wagon de train ?!?! Il s’agit en fait du wagon dans lequel le grand-père effectuait ses voyages officiels. Sur le mur figure une grande carte du monde sur laquelle des lignes bleues et rouges clignotent elles représentent ses déplacements dans le pays et à l’étranger. A côté, un panneau lumineux indique le nombre des voyages effectués et le total des kilomètres parcourus dans ce wagon. Une estrade permet de jeter un œil à l’intérieur et d’apprécier la simplicité (toute relative) du Grand Leader. Salon, bureau de travail à un bout, chambre et salle de bain de l’autre mais cette partie-là reste cachée derrière des vitres fumées, respectons son intimité, les Nord-Coréens sont des gens pudiques.
La pièce d’à côté contient sa voiture officielle. Heureux Grand Leader qui contrairement à Janis n’a pas du implorer Lord pour avoir sa Mercedes-Benz ! Puis viennent les galeries vitrées derrière lesquelles sont exposés d’autres possessions, ses nombreuses médailles et décorations reçues du monde entier (enfin presque !), sa collection de diplômes honorifiques (ainsi que les pompeux costumes et couvre-leaders qui vont avec) sans oublier les documents officiels écrits de sa propre main. Quelques photos du Grand Leader posant avec d’autres leaders du monde sont là pour nous convaincre que le grand-père jouait dans la cour des très grands (Staline, Mao, Castro, Tito), des moins grands (Honecker, Ceausescu, Husak) et parfois au-delà des frontières du Communisme puisqu’il est même aux côtés d’Arafat, de Moubarak et de Kadhafi !
D’autres couloirs mènent à la pièce où repose l’ex-Grand Leader fils. Repetición de la jugada… Même musique, même décorum, même cercueil en verre, seule la tête est différente. Quant à nos courbettes… nous approchons de la nomination pour le prochain Oscar. Mais la concurrence est rude car parmi les régiments de soldats et de soldates qui nous suivent, certains ont déjà sorti leur mouchoir pour y sécher quelques larmes. Cependant quelques-unes semblent être réellement affectées et leurs sanglots paraissent sincères. Et de deux !
Ce qui est bon pour un Grand Leader l’est également pour l’autre Grand Leader. Lui aussi a droit à son wagon (mobilier plus ‘moderne’), ses voitures officielles, y compris un buggy de golf modifié et encore plus fort son yacht (?!) reposant dans un faux bassin (comment est-il arrivé ici celui-là ?).
Re longs et lents tapis roulants en direction de la sortie cette fois. Ceux de l’autre côté sont maintenant remplis de Nord-Coréens en route pour rendre hommage aux défunts préservés. Ils nous observent discrètement et silencieusement. Que peuvent-ils bien penser en nous voyant ?
Hyun nous annonce maintenant que nous avons quartier libre (pendant vingt minutes) dans les jardins du palais et que nous aurons ainsi l’occasion de nous mêler à la population locale. Chic alors !
Nous apprenons que ces beaux jardins agrémentés de parterres fleuris, de fontaines et de plans d’eau, ont été créés par le petit-fils (l’actuel jeune Grand Leader donc) lui-même et qu’il a même supervisé tous les travaux de rénovation. Pauvres architectes et jardiniers, je n’ose pas imaginer à quel point ils ont dû trembler… Mais peut-être est-il un boss cool ?
Nous nous dispersons donc parmi les groupes de soldats en uniforme et de femmes portant des robes amples cintrées en dessous de la poitrine et aux longs rubans flottant au vent qui attendent patiemment leur tour pour prendre une photo de groupe devant les portraits géants des défunts aux dents blanches comme la neige. D’autres groupes lancent de la nourriture aux gros poissons et aux canards en rigolant et peut-être en rêvant d’en avoir d’aussi dodus dans leur assiette ce soir.
Je me dirige vers un portail ouvert qui donne vers une avenue déserte et des rails de tramway mais le soldat de garde veille. Comme son copain de l’ascenseur un peu plus tôt ce matin, il me fait le coup de la main tendue et du balancement de bras l’index en pointant en direction des jardins.
Après avoir pu constater combien la population locale est raffinée, souriante, sereine et ouverte nous pouvons regagner notre minibus. L’étape suivante se situe sur la colline que l’on aperçoit derrière les toits du palais-mémorial et que l’on rejoint en traversant d’autres espaces intensément verts.
Nous voilà au pied du Cimetière National des Martyres de la Guerre marqué par un portique et une longue série d’escaliers. C’est également un endroit qui offre une intéressante vue panoramique sur la capitale et ses principaux édifices.
Après un court exercice de grimpette nous atteignons les premières terrasses où sont alignés les bustes des plus valeureux combattants. Dans les allées fleuries nous rencontrons de nombreuses personnes en uniforme mais aussi des familles en balade profitant d’un jour férié ensoleillé. Un peu plus haut se trouve un monument en granite rouge et une autre rangée de bustes. Celui au centre, représentant une femme, reçoit le plus d’attention et de bouquets de fleurs. Les Nord-Coréens sont donc aussi des gens galants ! « Non ! » s’exclame Hyun presque offusquée, « Il s’agit de Kang Pan-sok, l’héroïne la plus importante du pays, une activiste communiste pendant la guerre d’indépendance. C’est aussi la mère de notre Eternel Grand Leader (le grand-père ». Ceci explique donc pourquoi tous ces groupes font la queue pour prendre la photo souvenir devant la mère de Dieu pour qui aucun bouquet n’est trop beau. Nous n’y coupons pas, alignement-courbette devant le buste de Madame Mère mais cette fois nous sommes observés avec grande attention par la foule.
Quelques sentiers parcourent le reste de la colline qui est également une réserve naturelle fréquentée par les Pyongyangites avides d’exercice et de tranquillité. Nos guides, toujours pleins de sollicitude, s’assurent que nous revenons dans le droit chemin et bien qu’il ne soit pas encore midi, l’excuse de l’heure du repas tombe à point. Nous regagnons les grandes avenues animées du centre, quant aux parcs du centre-ville, ils sont remplis de famille en train de pique-niquer.
Une fois encore la salle de restaurant se trouve à l’étage, mais ici en plus de la petite boutique de souvenirs du rez-de-chaussée, l’endroit comporte une terrasse ombragée (la première que nous voyons) fréquentée par des familles en train de consommer des jus et des crèmes glacées. Le menu d’aujourd’hui comporte en plus des petits plats habituels (toujours délicieux) des beignets de crevettes et de poissons (tempura) et une rondelle d’un gâteau roulé. Les écrans plats installés au-dessus de la mini-scène de karaoké diffusent en boucle le même spectacle de Noel que nous avons déjà vu dans l’avion… mais ce coup-ci nous aurons l’occasion de voir le grand finale.
L’un des Suédois ayant émis le souhait de prendre un café (un vrai !) nous remontons dans le minibus pour parcourir une paire de centaines de mètres jusqu’au prochain hôtel de luxe (apparemment la marche sur l’avenue parmi la foule des grands jours doit être trop fatigante pour nous !).
Le lobby, d’un style plus que douteux avec ses faux palmiers lumineux et son escalier en marbre, ressemble davantage à ceux que l’on peut trouver à Abu Dhabi. Une hôtesse nous accueille et nous conduit dans un salon privé encore plus ‘tropical’. Lumière tamisée, plantes luxurieuses en plastique, et mobilier de jardin en fer. Personne n’a osé retirer le petit sapin de Noel décoré de guirlandes clignotantes qui repose derrière la colonne centrale, à moins qu’il ne s’agisse d’un excès de zèle et de prévoyance de la part du manager. Ici la télé diffuse les derniers tubes… de musique classique modernisée, interprétés par un pianiste inspiré sur un fond de paysage enneigé. Sur le bar trône une machine à café flambant neuve gardée par deux jeunes ‘barwomen’. A 6 Euros l’expresso, notre Suédois commence à regretter son idée, en tout cas il ne propose pas de tournée générale…
Re-petit tour en bus pour une balade digestive dans un grand et superbe parc. Par contre celui-ci est entièrement désert. Sur les immenses pelouses immaculées aucune famille en train de pique-niquer ou de jouer au ballon. Un peu plus loin se trouve la chaumière (fraichement restaurée) où vécut la famille du Grand Leader avant son exil en Manchourie. Une autre guide nous attend.
Le temps d’ajuster son micro et la voilà partit dans la récitation d’un texte appris par cœur dans un anglais parfait. Seules les envolées lyriques sur les premières années de la vie du grand-père sonnent légèrement faux et malgré ses efforts répétés, elle n’arrive pas à nous soutirer la moindre larme. Pas même, quand en nous montrant parmi les trois cruches, qui servaient de réservoir d’eau à la famille, celle qui est toute bosselée, elle récite des sanglots dans la gorge : « La famille était si pauvre qu’elle ne pouvait pas s’offrir de belles cruches ». Peut-être que la description de la féroce répression japonaise envers cette pauvre famille patriotique et les malheurs familiaux auront plus d’effets espère-t-elle en entamant une autre déclamation. Hélas, elle doit se rendre à l’évidence : ces cinq jeunes Scandinaves ne font guère preuve d’une grande compassion et les deux frères versent dans un cynisme poli. Il ne lui reste plus qu’à nous montrer le puits familial un peu plus loin et à nous faire gouter l’eau fraiche, celle-là même qui rafraichissait son Grand Leader et le rendait si fort, si intelligent et si beau. Goutons donc cette potion magique !
Une petite promenade dans le sous-bois à regarder une paire d’écureuils se poursuivre dans les arbres nous permet de chasser de nos esprits tous les malheurs qui accablèrent le futur héros national.
Chapitre suivant : la visite du métro, objet de fierté pour la nation toute entière. Tous les touristes étrangers de passage dans la capitale nord-coréenne y ont droit, enfin ont le droit de parcourir quelques stations accompagnés de leurs guides. Pendant le trajet pour rejoindre la station de métro, Hyun nous explique la marche à suivre et l’histoire de cette huitième merveille de modernité.
Commencé en 1965, le métro comprend dix-sept stations reparties sur deux lignes. Sa mise en service a lieu entre 1973 et 1975 et les deux dernières stations sont achevées en 1987. Le style « Réaliste socialiste » des stations et le design du réseau sont calqués sur ceux du métro de Moscou, quant aux noms des stations (Gloire, Camarade, Innovation, Terre dorée…) ils font directement référence aux idéaux de la révolution nord-coréenne plutôt qu’à leur situation géographique. En ce qui concerne les records, puisqu’il en faut, le métro de Pyongyang est le moins cher au monde (10 trajets pour 5 petits cents) et parmi les plus profonds (plus de 100 mètres parait-il). Sur ce dernier point, le traumatisme des bombardements et la perspective d’un conflit nucléaire y sont peut-être pour quelque chose !
16 heures, c’est presque l’heure de pointe alors que nous passons devant les portillons de la station Puhŭng située sur la ligne Chŏllima. Des escaliers roulants plutôt raides nous emmènent vers les profondeurs souterraines où grouille une foule endimanchée. Dans les couloirs aux murs blancs et vierges pas de musiciens en train de faire la manche, seulement les programmes de la radio nationale diffusée par des haut-parleurs nasillards. En haut des derniers escaliers, nous découvrons les quais de la station Revitalisation, tout un programme !
Plafond blanc orné de moulures décoratives et de chandeliers colorés, murs en arcades agrémentés de panneaux en bronze et au centre de deux magnifiques mosaïques montrant des scènes de travailleurs enthousiastes et souriants en pleine action. Mais c’est bien sur celle au fond du quai qui est la plus belle et la plus imposante puisqu’elle représente le Grand-Père Leader casquette sur le crane, l’imperméable ouvert, entouré de toute la gamme des travailleurs en habits de travail en train d’essayer de le rattraper, le tout sur un fond de pylônes électriques et de cheminées crachant des nuages de fumées grises, synonymes de progrès et de modernité mais pas très écolo.
Comme les travailleurs nord-coréens ne sont jamais fatigués, on ne trouve pas de banc sur les quais, par contre comme ils sont toujours avides d’information, on y trouve des vitrines où ils peuvent dévorer les pages de leur quotidien favori : le Rodong Sinmun et y découvrir les dernières photos du Petit-Fils Leader.
Les rames de métro se suivent rapidement. Elles ressemblent à celles qui circulaient à Berlin (Est et Ouest) avant la réunification (peut-être un signe ?!). L’intérieur est plutôt sobre et sombre, banquettes en longueur, panneaux en formica imitation bois et l’unique décoration sont les deux petits portraits de qui l’on sait (pas moyen d’échapper à leurs sourires !)


Quant aux passagers, ils font comme si nous n’existions pas, seuls quelques gamins nous jettent quelques regards furtifs. Il faut attendre soit cette petite fille qui veut coute-que-coute toucher les cheveux blonds de l’unique fille de notre groupe soit cet homme légèrement ébréché qui tient absolument à nous céder sa place pour que quelques rires et regards plus directs soient échangés.
La station suivante, Gloire, est encore plus imposante avec ses voutes soutenues par de colonnes en marbre sculptées et enjolivées de dorures. Au plafond pendent de superbes lustres en forme de bouquets de fleurs de toutes les couleurs et les murs sont décorés de mosaïques massives représentant des parcs fleuris, le fleuve et la ville. Celle située près de la sortie montre un paysage grandiose composé de lacs, de montagnes et de fleurs sauvages.
Cinq stations plus loin, tout le monde descend, nous sommes arrivés à Triomphe. Ici, en plus de la statue dorée du Grand Leader l’Ancien déclamant derrière un pupitre, le bras tendu vers un avenir radieux, nous découvrons d’autres immenses mosaïques exaltant le travail, le socialisme et la révolution. Une représentation du Réalisme Socialiste dans toute sa splendeur… sous forme de bande dessinée géante !
Nous retrouvons la lumière du jour pour découvrir une autre fierté nationale et un autre record du monde : l’Arc de Triomphe de Pyongyang. Plus haut de plusieurs mètres mais bien moins triomphant que celui de Napoléon, ce monument, inauguré pour les soixante-dix ans du Leader Eternel en 1982, glorifie encore un peu plus (quand on veut, on peut !) ses exploits militaires au cours de la guerre d’indépendance (1925-1945). L’architecte en chef, un petit malin désirant se faire bien voir, eut même l’idée d’utiliser 25500 blocs de granite blanc, soit un bloc pour chaque jour de la vie d’un homme de soixante-dix ans.
Sur la droite, une allée bordée de statues de sportifs en pleine action conduit à l’entrée d’un autre stade. Juste à côté, une autre mosaïque gigantesque marque l’endroit où le Grand-Père Immortel fit son plus beau discours, un jour de… victoire surement ! Plus loin, au-dessus du parc qui recouvre une partie de la colline, la tour des télécommunications déploie ses antennes.
Hyun nous rappelle que c’est maintenant l’heure de faire du shopping et qu’il faut traverser le rond-point par le passage souterrain. Dans le magasin de souvenirs nous découvrons ce que le pays a à offrir à ses touristes : robes traditionnelles, costumes de Leader, tableaux, posters, statuettes de soldats, boites de thé, bouteilles d’alcool et plus étrange des boites de comprimés de Sang Royal frais apparemment très efficaces pour les personnes souffrantes de maladie du cœur (et peut-être de cœur ?!), de perte de mémoire et de… troubles radioactifs !!!
Ce n’est pas ici que nous dépenserons des fortunes, ni dans le magasin suivant d’ailleurs, une librairie proposant tous les écrits des ex-Leaders (le présent Leader n’étant pas encore un écrivain célèbre), la collection complète, en plusieurs langues, de la Pensée du Juche (doctrine stalinienne revue et corrigée par le Suprême Grand-Père lui-même) et quelques ouvrages illustrés sur l’art ou la géographie de la République populaire démocratique de Corée.
Puisqu’il nous reste encore du temps libre, Hyun nous propose d’aller visiter la place Kim Il-sung, l’équivalent nord-coréen de la place Tiananmen. Située sur la rive gauche du fleuve, elle est le cœur de la capitale, l’endroit où ont lieu toutes les grandes manifestations populaires et défilés militaires régulièrement organisés par l’état. Elle est dominée par la Bibliothèque Nationale et entourée d’autres imposants bâtiments qui abritent, on imagine, des ministères. Sur la rive d’en face, se trouve la Tour du Juche surmontée d’une flamme rouge.
La place est déserte, enfin presque car quelques enfants profitent de l’espace pour faire du patin à roulettes sous les regards bienveillants des ex-Grands Leaders. Le sol est couvert de centaines de symboles et de numéros peints de couleurs différentes qui servent de marques pour les troupes lors des défilés. Le long de l’esplanade qui longe les berges, des aires de jeux et des courts de basket et volleyball ont été aménagés. Ils sont les points de rendez-vous favoris pour les jeunes sportifs et les parents qui amènent leurs enfants s’amuser sur les manèges.
Au bord de l’eau, quelques pêcheurs surveillent leur ligne. Plus loin, une dizaine de pédalos font des ronds dans l’eau. Une partie de volley se crée à l’improviste entre quelques membres du groupe et des jeunes locaux. C’est le premier contact direct avec des Nord-Coréens depuis notre arrivée. Comme quoi le sport peut faire tomber des barrières. Bientôt quelques badauds et cyclistes s’arrêtent pour observer cette scène qui, à voir leurs regards étonnés, ne doit pas se dérouler très souvent.
La nuit commence à tomber alors que nous regagnons l’hôtel. Le repas se prend dans le troisième restaurant de l’hôtel, le plus petit mais aussi celui qui a le plus grand écran de télévision. Ça tombe bien puisque le journal télévisé vient de commencer ! Les premières vingt minutes sont consacrées aux dépôts des couronnes de fleurs au Cimetière National des Martyres de la Guerre par les pontes de l’état. C’est amusant de retrouver à la télévision les endroits que nous avons visités le matin même, d’ailleurs nous reconnaissons le buste de la Mère de Dieu. C’est également l’occasion de juger la plus belle courbette. Notre palme va aux généraux, vainqueurs haut-la-main. Les vingt minutes suivantes sont consacrées aux cérémonies identiques qui ont eu lieu dans le reste du pays. Quel dommage, nous ne verrons pas la fin car notre programme de la journée continue aussi le soir…
Ayant émis le désir d’en connaitre un peu plus sur la vie nocturne de la capitale, Hyun nous propose d’aller visiter une micro-brasserie près de la Tour du Juche. Pourquoi pas ?
On ne peut pas dire que la Rive Droite beigne sous les feux des projecteurs. Dans les rues déjà désertes les lampadaires ne diffusent qu’un semblant de lumière. Tout semble avoir été réservé pour l’illumination de la Tour du Juche et les statues géantes qui occupent les jardins au pied de la tour. Puisque nous sommes juste à côté, autant aller voir de plus près cette structure, croisement entre un obélisque et un phare. C’est aussi l’occasion d’admirer les illuminations sur la Rive Gauche (qui elle ne semble pas connaitre les mêmes restrictions).
Décidément les soixante-dix ans du Grand-Père Leader furent l’occasion de grands travaux puisqu’en plus de l’Arc de Triomphe, on lui dédia également cette tour. Haute de 150 mètres, elle est composée de blocs de granite blanc (gris maintenant) et est surmontée d’une flamme rouge qui brille dans la nuit. Comme l’architecte de cette tour voulait être aussi bien vu que l’architecte de l’Arc de Triomphe, il décidât lui aussi d’utiliser 25 500 blocs (tricheur, va !) mais il s’arrangeât à les empiler en 70 « étages » (histoire d’avoir un bon point supplémentaire !!!).
Dans les jardins, nous apercevons une dizaine de jeunes gens assis au pied des statues en train d’étudier. La présence de la tour serait-elle une source d’inspiration ? Peut-être mais le fait que ce petit parc soit le seul endroit de la capitale à ne pas subir de coupure de courant doit surement y être pour quelque chose…
Jamais nous n’aurions trouvé l’entrée de cette micro-brasserie car elle est située dans une espèce d’immeuble résidentiel au deuxième ou troisième étage et qu’aucune enseigne n’indique ce lieu de débauche.
Nous pénétrons dans une salle plongée dans une demi-pénombre, un bar en bois, des poutres en bois, des tables et des chaises en bois et les murs recouverts de panneaux en bois, on pourrait se croire dans un chalet… en bois, un soir d’après-ski, il ne manque que le feu de… bois. Seules trois tables sont occupées, l’une par un couple d’Occidentaux, les deux autres par des touristes asiatiques qui ne tardent pas à partir. Au menu : trois variétés de bière : houblon, orge-réglisse ou riz.
Pendant qu’une partie du groupe distrait les guides-accompagnateurs, les autres entament la conversation avec le couple qui s’avère être un homme d’affaires polonais résident à Pyongyang et l’ambassadrice tchèque. Evidemment, le son de cloche à propos de la situation actuelle du pays est à l’opposé de celui de nos guides, le leur est plus conforme à ce que nous savons déjà via les media non nord-coréens. Pénuries de tout (surtout en hiver), trafics en tout genre, contrôles permanents, répression… « Tout fout le camp mais il y a quand même du fric à faire. » nous assure l’homme d’affaires en guise d’étrange conclusion !?
Quant à la bière de riz ? Pas mal du tout, en prime elle m’a permis d’apprendre quelques mots de coréen très facilement… mais peut-être pas de m’en souvenir le lendemain matin !!!
Pyongyang 20 Septembre
Les matins à l’hôtel Yanggakdo se suivent et se ressemblent, seule l’heure du rendez-vous dans le lobby varie. Aujourd‘hui c’est 8 heures… à part que les deux copains Suédois ont oublié de se réveiller. Ah, le bonheur des voyages en groupe !
Hyun est inquiète, ce retard lui crée un problème car nous risquons soit de faire attendre les militaires (jamais une bonne idée) soit carrément louper la visite de la Zone Démilitarisée ou DMZ (mauvais coup pour la propagande). La DMZ est une zone tampon coupant la péninsule en deux au niveau du 38ème parallèle nord et qui est devenue après les accords d’armistice de 1953 la frontière entre les deux Corées.
La traversée du centre-ville et des banlieues au sud se fait rapidement. Nous passons sans nous arrêter à proximité du monument de la Réunification, une espèce d’arche en pierre symbolisé par deux femmes tenant un globe puis retrouvons l’autoroute du sud aussi déserte et aussi pleine de nids de poule que celle que nous avons empruntée pour aller à Nampho.

Le temps est doux mais devient de plus en plus nuageux à mesure que nous descendons vers le sud. L’autoroute traverse un paysage de champs puis de montagnes et de vallées que parcourent des rivières plus ou moins larges. Les champs paraissent être prêts pour la moisson mais restent désespérément vides d’activité. Ici et là, nous n’apercevons très brièvement que quelques groupes de paysans une serpe à la main, aucun tracteur, aucune charrette. Les villages que nous discernons parfois au loin ressemblent, en moins pimpant, à ceux remarqués deux jours plus tôt. Dans les pâtures même le bétail est absent. En fait pendant tout le trajet jusqu’à Kaesong (situé à environ150 kilomètres de Pyongyang) nous ne voyons qu’à deux reprises une dizaine de chèvres et quelques bœufs.
A mi-chemin, arrêt au restoroute ! On s’y croirait presque en voyant cet édifice en béton qui enjambe la Reunification Highway. Hélas pas de cafeteria avec vue panoramique sur l’autoroute, seulement des toilettes malodorantes qui fuient. Tant pis pour les malheureux qui n’auraient pas pris une bonne bouffée d’air avant d’ouvrir la porte. Sur le petit parking, deux jeunes femmes ont dressé des tréteaux remplis de babioles, de pommes, de sachets de poissons séchés, de canettes, de paquets de cigarettes et de bouteilles d’alcool et tiennent fermement le thermos d’eau chaude. Ici la tasse de Nescafé coute le même prix que le bol de noodles importées directement de Chine : 1€
A gauche, les sommets des montagnes se perdent dans les nuages gris, à droite les anciens méandres d’une rivière disparaissent sous une immense retenue d’eau créée par un barrage. Encore quelques tunnels et voilà la ville de Kaesong entourée par une chaine de montagnes. Plus loin, Monsieur Ho me montre les toits des usines et des hangars de la zone industrielle (actuellement fermée) créée avec des capitaux sud-coréens pour utiliser la main-d’œuvre nord-coréenne tellement bon marché. « On y fabrique de tout, pièces détachées, vêtements, chaussures, produits alimentaires et de très bonne qualité. » m’affirme-t-il. Ce qu’il n’ajoute pas est le fait que cette récente fermeture entraine un véritable marasme économique pour la région et le pays.
Les choses sérieuses commencent car nous sommes sur le point d’arriver au premier contrôle de la zone démilitarisée marquée par une arche en béton, un slogan et un panneau nous indiquant que Séoul n’est qu’à 70 kilomètres !
Tout le monde descend sous les regards vigilants des sentinelles armées et se réfugie dans un bâtiment qui fait office de… magasin de souvenirs !? On y trouve absolument les mêmes choses que la veille, seul l’éventail des thés et boissons au ginseng est plus large et peut-être aussi celui des casquettes proclamant « Korea is One », détail quelque peu saugrenu alors que nous sommes justement sur la ligne qui la divise en deux !
Hyun peut souffler car ce n’est pas son groupe qui est en retard mais un autre plus important qui finit par débarquer une demi-heure plus tard. Nous reconnaissons quelques têtes aperçues soit à l’aéroport soit pendant la visite du mausolée.
Nous suivons le gradé dans la pièce suivante et nous nous plaçons en demi-cercle devant la grande carte schématique qui détaille la frontière et les installations des deux côtés de la frontière. L’homme à la casquette, un capitaine ou un major quand même, prend sa longue règle et pointe plusieurs symboles et lignes en expliquant le pourquoi du parce que et énumère les choses à faire et à ne pas faire. Ses propos sont traduits par Hyun et il en ressort que pour notre protection nous serons escortés par ses collègues, que nous devrons suivre les chemins balisés car nous pourrions marcher sur une mine, qu’il n’est pas conseillé de faire des gestes brusques ni de courir et que nous avons vraiment de la chance d’être du bon côté de la ligne, Vive l’Armée Populaire. « Des questions ? Tout le monde dehors, en file indienne. » traduit Hyun.
Nous passons donc un par un dans un passage dans le mur en béton sous les regards cette fois inquisiteurs des soldats et remontons dans nos bus respectifs qui attendent déjà de l’autre côté. Nous roulons une paire de kilomètres sur une petite route qui traverse des champs et des marécages avant de redescendre pour visiter les bâtiments où ont été signés les accords d’armistice et qui font office maintenant de musée.
Dans la première salle, on découvre plusieurs tables et des chaises ?! « Tout a été laissé tel quel. » insiste le capitaine/major après avoir détaillé les difficiles négociations. Nous passons ensuite dans le bâtiment suivant, bien plus grand puisqu’il a servi aux cérémonies officielles. « Ce bâtiment a été construit en quelques jours par les soldats de l’armée populaire victorieuse, sous l’ordre de l’Eternel Leader. » précise le gradé. Sur les murs sont accrochés des photos d’époque montrant les acteurs principaux, des copies des documents signés et quelques scènes de guerre et de destruction. Au centre, une grande table sur laquelle reposent les documents officiels et drapeaux des délégations protégés par des boites en verre.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, un petit retour en arrière n’est pas inutile et révèle quelques surprises. Tout commence donc en 1910, année de l’annexion de la Corée par le Japon. L’occupation cruelle et impitoyable donne lieu à des soulèvements populaires qui sont rapidement et durement réprimés. Massacres, expulsions et exil mais aussi résistance et création de comités populaires qui combattent l’occupant dans l’ensemble de la péninsule.
La première surprise donc est d’apprendre que l’idée d’une division de la Corée remonte à la conférence de Yalta de 1945, quand Américains et Soviétiques s’accordent pour occuper militairement et conjointement (et de manière provisoire) la Corée une fois la victoire sur les forces d’occupation japonaise acquise. Les Américains proposent comme limite le 38éme parallèle. Deuxième surprise, ce sont les Russes qui arrivent les premiers en Corée (Aout 1945) avec dans les rangs de l’Armée Rouge… le Grand-Père ! Les Américains débarquent en Septembre, après la capitulation japonaise et le départ des troupes japonaises.
S’ensuit une période d’instabilité et l’émergence de nombreuses factions politiques aussi bien communistes que nationalistes conservateurs supportées par chacune des deux forces occupantes. Les déchirements internes et l’occupation conjointe accentuent la division malgré la promesse d’élections communes sous l’égide des Nations Unies.
Au nord, l’Union Soviétique, considérant l’Organisation Nations Unies comme étant pro-occidentale (la Chine est, à cette époque, représentée par les nationalistes de Chiang Kai-shek) bloque l’entrée de la Commission de l’ONU chargée de superviser les élections générales. Le soutien de Moscou permet au Grand-Père de prendre le pouvoir qui s’empresse de prendre deux mesures populaires : la mise en œuvre d’une réforme agraire et l’épuration de l’ancienne administration coloniale.
Au sud, les Etats Unis refusent de reconnaitre les comités populaires qui représentent au niveau local le Comité pour la préparation de l’indépendance issu de la Résistance, et soutiennent une coalition conservatrice menée par Syngman Rhee et rassemblant nationalistes, propriétaires fonciers, hommes d’affaires et anciens collaborateurs de l’appareil colonial.
Chacun des deux camps met donc en place son homme fort que des élections, organisées séparément, permettent de légitimer. En Aout 1948, les élections au sud donnent naissance à la République de Corée, celles au nord, organisées le mois suivant, à la République Populaire Démocratique de Corée. L’épuration des opposants peut commencer et ce des deux côtés, entrainant ainsi d’importants mouvements de population de chaque côté de la frontière. En 1949, les forces d’occupation se retirent complètement au nord… mais partiellement au sud.
Les incidents de frontière sont permanents. Le 25 Juin 1950, Grand-Père ne tenant plus lance ses troupes vers le sud. Leur progression est rapide, en quelques semaines elles ont envahi la quasi-totalité de la péninsule. En Septembre 1950, les Etats-Unis, contraints d’agir, sollicitent l’intervention des Nations Unies. Les débarquements à Pusan et à Inchon permettent de repousser l’armée nord-coréenne pratiquement jusqu’à la frontière chinoise. En Novembre 1950, c’est l’armée chinoise qui entre en scène, elle lance une contre-offensive et repousse, en Janvier 1951, les forces de l’ONU bien en dessous du 38ème parallèle. Pendant les deux années qui suivent les offensives sont suivies de contre-offensives, toutes aussi meurtrières les unes que les autres, enfin le front se stabilise au niveau de la frontière initiale.
Le 25 Juillet 1953, après plus de trois millions de morts, l’armistice est signé à Panmunjeon, un petit village situé près de la ligne de front, plus précisément dans les bâtiments que nous sommes en train de visiter.
La frontière actuelle correspond à la ligne de cessez-le-feu fixée au moment de la signature de l’armistice. Les accords stipulent également que les troupes doivent se retirer de deux kilomètres de part et d’autre de la ligne, créant ainsi une zone démilitarisée longue de 240 kilomètres et large de… 4 kilomètres. Les accords détaillent également combien de soldats peuvent patrouiller dans la DMZ ainsi que le type d’armement autorisé. Mais ceci n’empêche pas les nombreux incidents de frontière de se produire d’ailleurs plus de cinq cents soldats sud-coréens (surement davantage au nord mais ça c’est secret-défense !) et une cinquante de soldats américains sont morts depuis la fin des hostilités. Le plus récent ne remonte qu’à quatre jours quand un homme fut abattu par des soldats sud-coréens alors qu’il tentait de gagner à la nage la rive nord-coréenne près de Paju.
Parmi les incidents les plus importants on trouve la découverte de tunnels nord-coréens et aussi celui appelé « Incident de la hache » qui se déroule en 1976. Huyn me promet de raconter la suite sur le chemin du retour, car il faut y aller… notre capitaine/major s’impatiente.
Troisième surprise, il existe deux villages dans la DMZ, Kijong-dong Tae au nord et Sung Dong au sud. Des fenêtres du minibus nous apercevons, au-delà des champs, les toits bleus des maisons et des petits immeubles de Kijong-dong Tae. Bizarrement ce village serait parait-il inhabité, les bâtiments que nous voyons ne seraient que des coquilles vides !? Nous apercevons également (pas facile de l’ignorer), juste à côté du village, un immense mat en haut duquel flotte le drapeau nord-coréen. Erigé dans les années quatre-vingts, ce mat de 160 mètres (oui, un record mondial à l’époque !) fut la réponse à celui érigé quelques temps plus tôt par les Sud-Coréens (le leur ne fait que 98 mètres).
Bien, cette fois nous arrivons au cœur du cœur de la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area), l’endroit où ont eu lieu toutes les négociations depuis 1953 et qui consiste en un ensemble de bâtiments divers de part et d’autre de la Ligne de Démarcation Militaire.
Sur le parking, réalignement par rangée de quatre puis en avant au pas cadencé sur le sentier qui mène jusqu’aux marches du Panmungak, un édifice de trois étages qui fait face à la Freedom House située juste en face. Au centre, six bâtiments bas, parfaitement alignés sur la Ligne de Démarcation Militaire, sont gardés par des soldats nord-coréens (les soldats sud-coréens restent invisibles). Notre bon militaire nous propose d’aller admirer la vue de la terrasse du troisième étage.
Voilà donc le Rideau de Bambou. Bien moins angoissant que le Mur de Berlin mais tout aussi impressionnant et surement tout aussi efficace ! Aucune activité de l’autre côté, pas même une âme qui vive ! L’unique animation vient des sentinelles nord-coréennes qui font quelques relèves de garde, histoire de chasser leur ennui.
Bref rien à signaler au sud ! En fait, à part le mat sud-coréen, une tourelle d’observation déguisée en pagode et quelques arbres, nous ne voyons pas grand-chose du reste de la péninsule.

La frontière semble si facile à franchir. C’est surement ce qu’a dû penser ce touriste russe quand il est venu en visite officielle en Novembre 1984 et qu’il a décidé de courir vers le sud en criant qu’il demandait l’asile politique. S’ensuit un échange de coups de feu. Résultat trois soldats nord-coréens et un soldat sud-coréen furent tués mais le transfuge réussît son coup !
Heureusement, rien de tel aujourd’hui et nous pouvons regagner le bus tranquillement. Les militaires sont maintenant souriants et nous font des grands signes d’au revoir. Ils sont surement soulagés de nous voir partir et de retourner à leur tranquillité. En plus il semblerait que la récolte des cigarettes auprès des touristes qui tenaient à se faire prendre en photo en leur compagnie a été bonne.
Dernière surprise, la DMZ est devenu au fil des années et malgré ses champs de mines et ses barrières de barbelés, la réserve naturelle la mieux préservée au monde (un record indirect cette fois !). Elle est maintenant un refuge pour plusieurs espèces animales en voie de disparition et l’on parle même de la mettre sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial… ou même de la transformer en Parc de la Paix ?!
Il ne nous reste plus qu’à prendre le chemin du retour jusqu’à Kaesong où nous prenons un autre déjeuner copieux caché sous une douzaine de petites cloches.
Il ne reste pas grand-chose de l’ancienne capitale du Royaume de Corée, ici aussi la guerre a fait des ravages. On n’y trouve pas non plus les splendides et grandioses avenues à la Pyongyang mais plutôt des rues bordées d’immeubles décrépis, des terrains vagues et une petite rivière qui ne respire pas la santé.
Après le repas, nous allons visiter le marchand officiel de cartes postales et de timbres. Nous visitons également l’ensemble d’anciens temples transformés en centre d’éducation, annexe de l’université locale. Il existe donc quelques vestiges de l’ancien régime… mais point de statues des bouddhas.
Il est temps de reprendre la route. Pendant le trajet, Huyn expose sa version du fameux incident de la hache, un incident tout bête mais qui faillit dégénérer en une guerre totale entre les deux pays.
Tout commence donc le 18 Aout 1976, (une période où, à la suite de tentatives de kidnapping et d’accrochages divers, la tension sur la frontière est extrême) quand un groupe de soldats américains et sud-coréens décide de couper les branches d’un arbre qui cache la ligne de mire de l’un de leurs postes d’observation. L’opération devait se dérouler la semaine précédente en présence de soldats nord-coréens mais pour cause de pluie elle fut annulée. Le 18 donc, l’opération d’élagage commence mais est vite interrompue par l’arrivée d’un groupe de soldats nord-coréens. Le Capitaine Pak de la glorieuse armée populaire démocrate demande au Capitaine Bonifas de l’armée impérialiste d’arrêter immédiatement mais Bonifas fait la sourde oreille. Pak fait demander du renfort puis redemande à Bonifas d’arrêter. Bonifas ordonne de continuer l’élagage, ce qui a le don d’énerver un peu plus Pak qui finit par ordonner l’attaque. Massacre à la hache ou courageuse bataille (selon le camp) qui se termine par la mort de deux officiers américains.
Le Grand-Père dénonce l’agression impérialiste et obtient le soutien des nations non-alignées, Ford et ses conseillers décident de monter une opération de grande envergure pour aller couper l’arbre et le président sud-coréen Park Chung-hee préfère temporiser.
Trois jours plus tard, alerte maximale et mobilisation générale. Celle-ci implique des centaines de troupiers, des hélicoptères, des B52 et même le porte-avions Midway ! Les Américains armés de tronçonneuses coupent l’arbre sous les regards incrédules des Nord-Coréens alors que les hélicoptères tournoient au-dessus de la DMZ. Quarante-deux minutes plus, les Américains et Sud-Coréens remballent sans qu’un coup de feu ait été tiré… On n’ose pas imaginer les conséquences si le Grand-Père avait réagi. En tout cas depuis cet incident, les deux parties se sont accordées à ne plus traverser la ligne de démarcation.
Après la pause Nescafé au resto-route toujours aussi peu fréquenté, c’est Monsieur Ho qui vient me faire la causette. En plus de nos discrètes transactions monétaires (€10 contre des Wongs souvenirs), nous bavardons de chose et d’autre, de nos vies respectives et de nos familles. Ainsi j’apprends que son métier de traducteur lui a permis d’accompagner des délégations en Chine, en Russie, en Roumanie, en Allemagne de l’Est et même en Côte d’Ivoire et en Haute-Volta (ce qui m’indique que ses voyages ne sont pas récents, puisque la Haute-Volta s’appelle le Burkina Fasso depuis 1984!) et qu’il aimerait bien visiter d’autres endroits mais qu’hélas depuis la chute du Socialisme, le choix des destinations se réduit. Il m’apprend également qu’il est veuf, sa femme est morte d’un cancer et ce malgré la qualité de la médecine traditionnelle mise en place en Corée du Nord (?!), que son jeune fils rêve de devenir ingénieur car il adore les ordinateurs, qu’il habite près du centre de Pyongynag, qu’il travaille beaucoup avec les touristes chinois et déplore le peu de touristes français qui visitent la Corée du Nord, mais heureusement il y a toujours quelques touristes suisses pour lui permettre de parler français. Puis viennent ses questions l’Australie (qu’il ne semble pas connaitre du tout), la vie que je mène là-bas et sur les possibilités d’y émigrer. Au travers cette longue conversation, je me rends rapidement compte qu’il n’est pas dupe ni complètement « brainwashed » mais plutôt résigné. Sa situation de traducteur le place plutôt bien dans l’échelle sociale, l’accès aux devises étrangères lui permet ainsi qu’à sa famille un certain confort et le contact avec l’étranger et les étrangers lui apportent une fenêtre sur l’extérieur que la majorité de ses concitoyens n’ont pas. Pour autant il ne semble pas être envieux de la vie occidentale car « ici tout est gratuit et personne ne paie d’impôts » ajoute-t-il. Son modèle, peut-être parce qu’il y va plus souvent, reste la Chine « Communiste et moderne. ». Quant à la réunification, il y croit, « L’important ce n’est pas le modèle économique mais la culture commune. ».
Peut-être, mais à observer la réunification allemande, on a compris que c’est bien le premier qui influence la seconde… au grand désespoir des Allemands de l’Est !
Mais voilà déjà les boulevards de la capitale. Nous arrivons devant le Palais des Enfants. « Vite vite, il faut se dépêcher car la représentation des enfants talentueux a déjà commencé. » nous dit Hyun en accélérant le mouvement. Dans le noir, nous nous installons dans de confortables fauteuils le plus discrètement possible. L’audience composée de touristes et d’écoliers semble être hypnotisée par ce spectacle préparé par les enfants, définitivement talentueux. Les numéros sont courts, variés, plaisants, amusants et parfois même époustouflants et se succèdent rapidement sans interruption. Musiciens, acrobates, danseurs, chanteurs, tous ont du répéter des centaines de fois pour arriver à un tel niveau de professionnalisme. Chaque geste, chaque mimique, chaque pas a été minutieusement étudié, il en résulte un manque de spontanéité mais le talent de ces p’tits bout’choux est tout simplement extraordinaire.
L’un de nos Suédois, devant maintenant passer un coup de fil mystérieux et urgentissime à son ambassade, nous voilà de nouveau à faire la tournée des grands hôtels de la capitale (heureusement peu nombreux), car ce sont les seuls endroits susceptibles d’avoir des téléphones publics. Pour le reste du groupe c’est l’occasion de visiter d’autres avenues grandioses et d’autres lobbies d’hôtel. Pas vraiment passionnant mais cette tournée nous permet de voir l’équipe nationale de football chinoise revenir de l’entrainement. Evidemment ce n’est pas l’équipe d’Espagne mais bon, on a les stars que l’on peut !
Et voilà maintenant notre jeune danois qui propose d’aller manger une pizza !? En effet, il a lu dans un guide que le Père Leader avait développé un gout prononcé pour les pizze, à tel point qu’il fit venir un pizzaiolo pour qu’il apprenne à ses chefs comment faire les meilleures pizze (… au monde ?!). Depuis les pizzerias sont devenues des endroits populaires à Pyongyang. Surprise et flattée devant tant de connaissance sur les gouts du Père Leader, Hyun chamboule le programme et nous voilà en route pour la plus célèbre pizzeria de la capitale.
Au-dessus de la porte, un néon rouge et vert nous annonce la couleur. A l’intérieur, un bar, une mini-scène de karaoké, quelques tables sur deux niveaux et une partie cuisine ouverte sur la salle et où s’activent deux élégantes jeunes filles devant les fours à bois.
La chanteuse reprend quelques vieux tubes européens, l’écran de TV diffuse le programme de Noel (que nous connaissons déjà !), deux tablées d’Allemands s’empiffrent et trinquent, dans un coin deux jeunes couples locaux (et friqués !) s’aiment (apparemment) pendant qu’au bar trois mecs vident des bières en matant la chanteuse. Notre Suédois se rachète en nous offrant une bouteille de Chianti (moins chère que six expressos !). Pour ce qui est des pizze : deliziose. Un bon point pour le Père Leader.
Après cet intermezzo impromptu nous reprenons le programme prévu. Puisque nous en sommes déjà à notre dernière soirée, le programme consiste en un diner d’adieu dans le restaurant coréen où est servi le plus copieux hot pot… Décidemment, on les aime les hot pots dans ce pays !
Mais c’est vrai que celui-ci est vraiment exceptionnel, c’est la version Deluxe. En plus il est servi avec une espèce de saké (pas rancuniers ces Nord-Coreens !) et accompagné de la bouteille de Chianti ramenée de la pizzeria !? Et pour la première fois nos guides s’attablent avec nous. Savoureux dernier repas et chaleureux moment aux parfums de fin d’aventure. En effet, nos compagnons de voyage reprendront l’avion pour Pékin demain matin tôt alors que nous prendrons le train en fin de matinée.
Tous, sommes d’accord pour dire que l’« aventure » valait la peine même si elle a été appréciée à des degrés différents. Contrairement à nous, nos cinq Scandinaves, n’ayant pas eu l’occasion de connaitre d’autres pays communistes, n’apprécient peut-être pas les différences que nous avons remarquées tout à long de ce séjour par rapport à l’Europe de l’Est des années quatre-vingts par exemple.
Bon voyage et qui sait à la revoyure !
Pyongyang 21 Septembre
Ce matin, pas la peine de se presser puisque notre train ne part pas avant dix heures trente. Aujourd’hui les ascenseurs sont en forme et obéissants, idem pour le toaster et puisque nous sommes les derniers dans le restaurant panoramique nous ne devons même pas partager la bouilloire.
Brève attente dans le lobby désert. Huyn et Mr Ho reviennent de l’aéroport où ils ont déposé, comme prévu, nos ex-compagnons de voyage. Il ne nous reste plus qu’à monter dans notre minibus et à filer vers la gare toute proche. En route, les passagers des bus surchargés lancent des regards envieux sur les sièges vides du minibus.
Nos guides nous évitent la cohue qui règne autour de la gare et nous poussent dans la salle d’attente des invités de marque. Les gros fauteuils sont couverts de napperons en dentelle semblent être aussi anciens que la gare (rebâtie vers la fin des années cinquante). En tout cas ils sont confortables. Mr Ho revient avec nos billets tamponnés, nous pouvons donc passer la porte qui mène au quai incroyablement large. Le train est déjà là et la locomotive arrive doucement. Les vieux wagons verts nord-coréens sont réservés aux locaux, les deux autres, plus récents sont chinois et réservés aux quelques étrangers qui font le voyage jusqu’à Dandong ou Pékin.
Notre compartiment, qui comprend quatre couchettes est rempli de valises ! Pas de panique, ce sont seulement nos voisins (des Chinois-Coréens ou des Coréens Chinois de retour à la maison) qui se sont trompés de compartiment. Dernier au-revoir à nos charmants et attachants guides qui nous remercient d’être venus en Corée du Nord. Photo souvenir avant de monter dans le train.
Coups de sifflet, fermeture des portes et installation dans notre compartiment maintenant vide. Nous le partageons avec un officiel nord-coréen qui, dès que le train démarre, quitte son costume pour se mettre en pyjama et part rejoindre ses collègues dans le compartiment d’à côté, et un homme d’affaires chinois en train de tester la gamme de sonneries disponibles sur son portable. Super !
Par la fenêtre, nous regardons défiler les banlieues de la capitale qui ne tardent pas à laisser place aux étendues de champs. Un ciel bien gris annonce la pluie. Plus tard une jeune fille prend la commande du déjeuner, menu unique. Elle est suivie du contrôleur qui distribue une flopée de formulaires de douane en chinois et en coréen (?!).
Les bas-côtés le long de la voie de chemin de fer sont couverts de magnifiques fleurs jaunes et mauves, agréables touches de couleurs qui tranchent avec la grisaille environnante. L’allure pépère et le roulis régulier sont propices à l’endormissement mais les arrêts en gare, assez fréquents, sont autant de sursauts. Les gares se ressemblent toutes : bâtiments rectangulaires blanchis surmontés des portraits des deux poster-boys nationaux et entourés petits jardinets ornés de pots de fleurs. Sur les voies de garage quelques wagons anciens sont laissés à l’abandon, ailleurs c’est une locomotive emboutie qui rouille en paix.
Les paysages sont heureusement plus variés. Coté compartiment ce sont des champs encadrés de collines encore boisées au sommet, des plaines parsemées de petits villages entourés de haies ou de murs, des bocages parcourus par de larges rivières et bientôt remplacés par des marécages qui s’étendent jusqu’à la côte. Coté couloir, ce sont des petites montagnes qui viennent trempés leurs orteils dans la longue plaine côtière. C’est aussi le coté le plus animé puisqu’une route longe la voie ferrée et c’est également de ce côté que se situent les petites villes, les grosses bourgades et quelques usines.
L’architecture varie à mesure que l’on se dirige vers le nord. Les maisons basses, style fermettes tout en longueur, aux toits couverts de tuiles grises et aux murs plus ou moins blancs des villages sont remplacées par une version plus coquette à mi-chemin puis disparaissent complètement pour laisser place aux enfilades de petits immeubles en béton de trois ou quatre étages laissés à des stades de finition très variables.
La jeune fille revient à l’heure prévue avec un sac plastique contenant des barquettes de riz, de viande et de légumes, une bouteille d’eau et des baguettes. Pas vraiment appétissant mais pourtant très bon… surtout si l’on aime rogner les os !
La promenade digestive ne nous mène pas très loin. Les wagons locaux, longs dortoirs collectifs baignés dans un mélange d’arômes indéfinissables mais tirant vers le répulsif, n’incitent vraiment pas à la visite. Jeux, discussion et lecture meublent le reste du voyage.
Le soleil et le ciel bleu reviennent et illuminent le vaste tapis jaune des rizières qui a fini par remplacer les marécages. Notre compagnon de compartiment pointe au loin les montants d’un immense pont en construction et marmonne « Dandong ». Il s’agit du nouveau pont qui, une fois terminé, reliera la Chine à la Corée du Nord. Nous approchons donc de la frontière et de la ville de Sinuiji dont nous apercevons déjà les premières banlieues décrépies et les usines.
Au-delà des rizières émergent la ville de Dandong et sa multitude de buildings modernes. Le contraste entre les deux rives de la rivière Yalou qui sépare les deux pays est saisissant. Le train finit par s’arrêter complètement. Les passagers des autres wagons envahissent les quais puis disparaissent vers les passerelles. Le personnel militaire fait des va-et-vient puis se décide à monter dans le train pour inspecter les bagages et embarquer les passeports.
Surprise, le douanier qui examine nos valises parle français et se sent d’humeur bavarde ! Evidemment le fait que deux frères puissent avoir des passeports de différentes nationalités le surprend un peu mais pas autant que les paquets de Gauloises Made in Germany recouverts de messages de santé en russe ! Les quelques paquets que nous lui proposons partent discrètement au fond de sa poche, ils ont un effet magique car ils accélèrent la fouille et nous évitent une inspection plus approfondie des appareils photos alors que dans le compartiment d’à côté les seuls mots prononcés par leur douanier sont « Delete photo, delete photo. »
L’attente est longue et l’unique distraction consiste à regarder ces pauvres terrassiers (et terrassières !) sans pelles, ni gants en train de mettre des cailloux sur des chiffons et de les balancer sur les remblais. Deux heures plus tard, premiers signes de mouvements dû au changement de locomotive et de voie. Les douaniers distribuent les passeports au petit bonheur la chance et Luc se retrouve avec le passeport néo-zélandais de l’un des occupants du compartiment du fond !?
Le soleil est sur le point de se coucher alors que nous franchissons le pont de l’amitié sino-coréenne édifié vers la fin des années trente… par les Japonais. L’autre pont, construit vers 1910, fut en partie détruit par les Américains au début de la guerre de Corée et n’a jamais été reconstruit. Je ne sais pas si l’on y danse dessus mais, à voir le nombre de touristes, on s’y promène. Ce ‘pont cassé’ est devenu l’attraction touristique de Dandong car il offre une vue encore plus proche de la Corée du Nord.
Ce passage entre ces deux rives ou plutôt entre ces deux mondes n’est pas sans rappeler le contraste qui existait entre les deux Berlin dans les années quatre-vingts. D’un côté la désolation triste et sombre, de l’autre une orgie de néons, une débauche de richesse et de modernité. Quel extraordinaire contraste.

Quelques minutes plus tard le train s’arrête dans la gare ultra moderne de Dandong. Nouveaux formulaires à remplir et autre défilé de douaniers, ceux-là sont moins sympas mais bien plus efficaces. Nouvelle longue attente, d’autres wagons sont rattachés au notre, reste à trouver la locomotive. Notre compagnon de compartiment nous quitte une fois son passeport tamponné.
Je retrouve le cérémonial des contrôleurs chinois qui se mettent au garde-à-vous devant chaque porte du train et du chef de gare qui salue tout ce qui bouge et lance des coups de sifflet dans toutes les directions. Le train s’ébranle lentement et passe en revue les immeubles illuminés par de savants effets de lumières.
Nous partons à la recherche du wagon-restaurant. Pas une mince affaire car il faut remonter seize wagons archipleins de Chinois qui ont envahis les étroits couloirs déjà encombrés par une multitude de paquets ficelés. Certains assis sur les strapontins préparent le repas du soir, d’autres regardent des films sur leur écran portable, jouent au ma-jong ou encore discutent. Les pauvres contrôleurs que nous croisons ont déjà l’air épuisé. Miracle voilà enfin le wagon restaurant… lui aussi archiplein !
Un Canadien, apparemment habitué des us et coutumes locales, nous apprend qu’il y a un menu unique et qu’il faut attendre une heure. L’important est de trouver une place assise à l’une des tables. La chance est avec nous, une se libère devant nous et il suffit parfois d’ ‘oublier’ quelques règles de politesse… La commande est passée reste à attendre les plats… en compagnie de deux armoires à glace tchèques.
Les plats arrivent au compte-gouttes, poisson, légumes puis un quart d’heure plus tard, poulet, pates puis après un autre quart d’heure porc, d’autres légumes et enfin le riz. Les deux Tchèques ayant perdu patience après le premier plat n’auront gouté qu’au poisson (partagé en quatre) et qu’aux haricots ! Jamais nous n’avons mangé autant pour si peu !
Nous ne risquons pas de nous perdre puisque nous sommes dans le wagon de queue. L’officiel nord-coréen brièvement aperçu ce matin au départ à regagner sa couchette et ronfle déjà. Nous n’allons pas tarder à l’imiter.
Entre Shenyang et Tianjin 22 Septembre
Une chape grise recouvre l’éternel chantier qu’est devenue la Chine. Des grappes de tours d’immeubles connectées par d’immenses avenues envahissent lentement mais surement les rizières et les champs et remplacent inexorablement les vieux villages. Il pourrait être n’importe quelle heure mais il est déjà 7h et nous devrions arriver à Pékin vers 9h30. Si le train K28 (Dandong-Pékin) n’est pas le plus rapide (14 heures pour 1132 km), ses couchettes sont au moins très confortables.
A l’heure pile nous entrons en gare de Pékin. Il y règne une atmosphère similaire à celle de la gare de Lyon un jour de grand départ multiplié par dix, allez x 3 car c’est Dimanche ! Nous suivons la foule vers la sortie et nous nous retrouvons sur le vaste parvis. Les queues aux stations de taxi sont interminables. C’est un handicapé et son tuk-tuk qui sauve la situation. Certes le prix de la course, vu l’inconfort et la courte distance est phénoménal mais il y a des sacrifices qu’il faut savoir faire… Coincé la valise sur les genoux tout en aspirant les gaz des pots d’échappement, je l’entends déjà en train de se vanter à la pause devant ses collègues : « Vous savez pas les mecs, ce matin j’ai comme gagné le Lotto avec ces deux rigolos, ils avaient même un air de ressemblance ! Et même que quand ils ont sorti leurs Euros, j’les ai en plus entubé avec le taux de change. Des bleus qu’y z’étaient. Pas besoin de bosser demain, tranquillou ».
Heureux d’avoir accompli notre BA (bonne action pour les non-Scouts !) de la journée auprès de ce brave monsieur, nous découvrons notre chambre luxueuse louée au rabais quelques jours plus tôt sur Internet (comme quoi ce que l’on gagne ici on le perd là et vice-versa…).
Quelques heures plus tard, nous prenons un taxi (un vrai) pour aller visiter le Temple du Ciel, un monument incontournable de Pékin situé au milieu d’un grand parc. Un petit coup d’autoroute urbaine et nous débarquons vingt minutes plus tard devant la porte sud et rejoignons les nombreux groupes de touristes venus de toutes les provinces de Chine et de Xio-Navarre et arborant des casquettes de toutes les couleurs.
Une lecture des panneaux d’information nous apprend que l’ensemble date du tout début du XVème siècle et comporte des ajouts datant du XVIème siècle. Ce complexe est le lieu où les Empereurs des dynasties Ming et Qing, qui en tant qu’intermédiaires entre l’humanité et le royaume céleste, offraient des sacrifices au ciel et priaient pour l’obtention de moissons exceptionnelles. Son organisation est liée à la cosmologie chinoise dont l'équilibre reposait sur l'Empereur et son respect des rites. La disposition des différents édifices ainsi que leur forme et leur couleur reprend la thématique du Ciel (bâtiments ronds avec des tuiles bleues) et de la Terre (enceintes carrées et tuiles vertes)
Nous suivons l’allée principale qui mène à l’Autel Circulaire édifié en 1530 puis reconstruit en 1740. Passé le mur d’enceinte carré, nous découvrons une étendue herbeuse et au centre l’autel rond composé de trois terrasses culminant au centre dans une représentation symbolique du chiffre 9. Le chiffre 9 et ses multiples ayant une importante valeur symbolique, il y a donc 9 cercles concentriques qui radient de la pierre centrale, le premier cercle comprend 9 pierres et le dernier 81 (9x9) pierres taillées au millimètre près (qu’ils ont dû bien s’amuser les tailleurs !). Idem pour les marches, toujours par groupes de 9. Quant à la balustrade qui entoure la terrasse, elle comprend 360 balustres en marbre.
Curieusement de nombreux vieux touristes chinois font la queue pour se mettre quelques secondes sur la pierre centrale et une fois dessus claquer des mains ?! Superstition, vœu ? Une explication est donnée par un écriteau : ‘Lorsqu'on se tient sur cette pierre centrale, le bruit que l'on fait en tapant des mains ou en parlant est amplifié’.
Un peu plus loin nous pénétrons dans une autre enceinte ronde (la Voûte Céleste Impériale) qui comprend un pavillon en forme de rotonde construit sur un tertre en marbre et surmonté d’un toit conique et deux autres édifices rectangulaires abritant des tablettes et des peintures. Celui de gauche est dédié au Yang (divinité du soleil) celui à droite au Yin (divinité de la Lune). C’est beau la culture quand même ! Ici aussi il existe une curiosité sonore mais vu la foule qui se bouscule nous ne risquerons pas de l’entendre ! Parait-il donc qu’il existe trois dalles sonores : ‘Si l’on tape des mains devant la première dalle, on obtient un simple écho, si l’on refait l’expérience devant la deuxième, l’écho est double et triple devant la troisième’. Il faudra revenir la nuit pour tenter l’expérience !!!
Il est temps de faire une pause et de s’éloigner un peu de la foule. Ce n’est pas l’espace qui manque (le parc fait plus de 270 hectares !) ni les endroits paisibles sous les pins-cyprès (il n’y a que ça et par milliers !). C’est aussi l’occasion d’observer les Pékinois en train de pratiquer le Taichi et le Qigong (variantes de gymnastique traditionnelle chinoise) ou encore d’admirer ces danseurs qui font tournoyer des longs rubans et d’écouter ces musiciens jouer de leurs anciens instruments (tant qu’ils ne chantent pas c’est tout bon !).
Nous poursuivons la visite-balade en empruntant le Pont Danbi, une espèce de promenade surélevée de 360 mètres de long et presque 30 de large, composé de deux parties différentes, l’une pour les Empereurs, l’autre pour les Princes et autres dignitaires. Il relie le temple la Voute Céleste Impériale au Temple des prières pour de bonnes moissons et est aussi appelé la Voie Sacrée normal puisqu’il est censé nous emmener au Paradis. Peut-être est-ce pour cela qu’il a la particularité d’avoir son extrémité au nord légèrement plus haute que celle au sud ?
Une fois franchie l’enceinte marquée par une magnifique porte située en haut de quelques marches usées et glissantes, nous pénétrons dans une cour dominée par un somptueux bâtiment posé sur trois terrasses en marbre superposées. Le temple, haut de 38 mètres et d’un diamètre de 30 mètres, entièrement en bois (et sans un seul clou parait-il !) est surmonté de trois toits ronds en tuiles bleues. La rotonde qui s’élève devant nous a été reconstruite (en 1889) à l’identique de l’originale (édifiée en 1420).
A l'extérieur, au milieu de l’escalier, trois pierres représentent les nuages, le phœnix et le dragon. A l'intérieur, quatre grosses colonnes symbolisent les quatre saisons au centre, puis douze colonnes symbolisent les douze mois de l'année et encore douze autres les divisions d'une journée. Enfin, les 28 dernières représentent les 28 constellations.
Juste à l’est, se trouve le Temple du Jeûne qui comme son nom l’indique était le lieu où l’Empereur et ses ministres jeûnaient pendant trois jours avant chaque cérémonie. Il sert maintenant de salle d’exposition retraçant la récente restauration du temple (pour les J.O. de 2008).
Nous apprenons également que les dernières cérémonies sacrificielles consacrées au ciel ne furent interdites le gouvernement de la République Chinoise qu’en 1911. Le Temple du Ciel aura donc été le témoin de 654 actes d'adoration céleste pratiqués par 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Depuis 1918, il est ouvert en tant que parc public.
Après en avoir fait le tour une paire de fois et admirer les magnifiques décorations pleines de couleurs, il est temps de se perdre dans les allées de cet immense parc. Nous sommes attirés par des chants que nous entendons au loin. Juste à côté des Sept Pierres (représentant les sept sommets du Mont Taishan, une montagne sacrée en Chine), quelques musiciens sont entourés d’une chorale qui chante des airs populaires repris en cœur par la foule. Plus loin nous assistons à une partie de Go. Sur le chemin de la sortie nous croisons des familles venues prendre une bouffée d’oxygène ou venues faire un peu d’exercices physiques.
Nous retrouvons brièvement les grands boulevards bruyants avant de nous perdre dans le Hutong Xiaoxi et sa multitude de petites rues tranquilles. Enfin nous retrouvons dans le quartier piétonnier de Dashian que nous connaissons déjà. C’est apparemment la période des soldes et les magasins regorgent de clients avides de faire des affaires. Trop peu pour nous, après une bonne soupe nous regagnons notre hôtel en métro.
Aux infos, j’apprends que le typhon Usagi fait des siennes, que l’aéroport de Hong Kong est fermé et que tous les vols transitant par Hong Kong sont annulés demain (le jour de mon départ !). Manquait plus que ça tiens !
Coups de fils à droite à gauche, qui après de longues attentes, ne m’apprennent pas autre chose : les vols sur Hong Kong sont bien annulés et il est inutile d’aller à l’aéroport demain !
Les angoisses tendant à creuser l’estomac, nous ressortons à la recherche d’un resto. Il fait nuit et le quartier ne semble pas être le meilleur pour trouver ce que l’on cherche. Par contre nous n’aurions pas de problème si nous voulions nous faire couper les cheveux… un dimanche à 21h.30 !!!
Finalement, après une marche plus longue que prévue nous atterrissons dans une espèce de bistro jazzy qui aurait plus sa place à New York qu’à Pékin mais voilà, c’est bien la preuve nous vivons à l’heure de la mondialisation !
23h. C’est sur les images de la BBC montrant les queues de voyageurs bloqués dans les salles d’attente de l’aéroport d’Hong Kong que je m’endors. Mauvaise nuit en perspective !
Pékin 23 Septembre
Le réveil sonne très tôt ce matin. Aux nouvelles télévisées, le typhon semble avoir épargné la ville de Hong Kong. Je suis déjà pendu au téléphone et apprends que mon vol a bien été annulé. Reste plus qu’à aller rendre visite aux bureaux de la Cathay Pacific situés à perpette les olivettes pour essayer de trouver une autre solution.
Dehors il pleut. Marche et métro jusqu’aux Twin Towers (eh oui il y en a aussi à Pékin… moins imposantes mais encore debout, elles !). Bizarrement, je suis l’unique client ! Tant mieux car l’on me trouve un vol de remplacement avec Air China via Sydney qui part dans quatre heures ! Célébrations au Starbuck d’en bas avant de filer à l’hôtel faire la valise et prendre le métro jusqu’à l’aéroport. Au revoir précipité. A quand et sur quel continent les prochaines retrouvailles ?
Le voyage du retour est bien plus long et plus pénible que celui de l’aller. Air China est loin d’égaler la qualité et le service de la Cathay Pacific en plus ce détour par Sydney double pratiquement la durée du voyage. Mais voilà ! L’imprévu c’est aussi l’épice des voyages !
Conclusion:
Depuis mon retour, la Corée du Nord et son Jeune Grand Leader ont continué, d’une manière ou d’une autre à dominer une partie des actualités : limonage puis exécution de l’oncle, inauguration d’une station de ski, menaces de guerre suivies de propositions de paix, propositions de réformes économiques, visite controversée d’un joueur de basket américain, procès et emprisonnement d’un missionnaire américano-coréen, diffusion de nouvelles photos de camps de travail… etc. Incroyable comme ce petit pays, qui devrait être aussi insignifiant qu’un petit pays africain, fait autant parler de lui.
La Corée du Nord est-elle réellement une menace ?
Une armée d’un million de soldats et l’arme nucléaire peuvent le faire croire mais, sans être expert en la matière, il s’agit d’une armée sous-équipée, bien endoctrinée mais peu motivée, un peu comme l’était celle de Saddam (pourtant tant redoutée par la presse américaine !). L’arme nucléaire peut certainement créer de sérieux dégâts mais son utilisation entrainerait une réplique catastrophique pour la Corée du Nord que l’on imagine mal le Jeune Grand Leader (ni Obama ou Poutine d’ailleurs) appuyer le premier sur bouton rouge. La rhétorique nord-coréenne n’impressionne même plus la population sud-coréenne comme l’ont montré les dernières menaces d’essais nucléaires. Pour la Corée du Nord, l’arme nucléaire est avant tout un moyen permettant de poursuivre des négociations politiques et économiques avec leur pire ennemi : les Etats Unis d’Amérique.
La division de la péninsule est-elle inéluctable ?
Une chose est certaine : l’actuelle séparation des Corées (elle dure depuis soixante ans maintenant) est un statuquo qui profite à tout le monde. L’état de guerre permet à la Corée du Nord le maintien du régime politique en place qui repose sur une mobilisation permanente et impose des sacrifices à une population isolée et enfermée. Il permet aux Etats Unis de maintenir d’importantes bases militaires proches de la Chine et d’offrir une relative protection à ses deux alliés principaux de la région : la Corée du Sud et le Japon. Pour la Chine, la Corée du Nord est une zone tampon capitale et sur laquelle elle pèse politiquement, c’est aussi est une excuse supplémentaire pour augmenter son budget militaire et tenter de rétablir l’équilibre des forces face aux Etats Unis.
Sur le plan économique, une réunification (toujours envisagée comme une mainmise du Sud sur le Nord) pourrait créer des problèmes à tout le monde et s’avérer être catastrophique, particulièrement sur le plan humanitaire, pour la Corée du Sud qui n’a certainement pas les moyens financiers d’absorber un aussi gros morceau et pour la Chine (réfugiés). Pour le Japon, comme pour la Chine d’ailleurs, une Corée unifiée aurait le potentiel de devenir une puissance économique concurrente trop importante. Pour les Etats Unis, ils perdraient un pied sur le continent asiatique. En fait, à l’heure actuelle, la seule puissance régionale susceptible de supporter une réunification coréenne serait… la Russie. Quel paradoxe !
Vaut-il mieux être Nord ou Sud-Coréen ?
Pour ma part rien ne m’a donné envie de m’installer en Corée du Nord et je ne connais pas (encore !) la Corée du Sud. Je suis donc bien heureux de pouvoir retrouver l’Australie. En fait c’est une question à laquelle seuls les Coréens peuvent répondre. Le problème est que les Nordistes ne peuvent pas aller au Sud ni les Sudistes aller au Nord pour faire la comparaison, leurs gouvernements respectifs le leur interdisant !
Point de vue confort, infrastructure, modernité… etc. le Sud l’emporte haut la main.
Point de vue pollution, le Nord est mieux placé puisque moins développé.
Point de vue politique, la dictature au Nord s’est installée, celle au Sud s’effiloche avec le temps mais n’est pas encore enterrée complètement. L’actuelle présidente Park Geun-hye, la fille d’un précèdent dictateur, semble parfois regretter le bon vieux temps. Les partis politiques sont corrompus, le Parlement prend parfois des allures de ring de boxe, les manifestations sont parmi les plus radiales et les plus violentes et la presse de plus en plus en liberté surveillée. Certes rien de comparable avec la chape de plomb au Nord.
Point de vue éducation, au Nord gratuite mais limitée, peu de moyens, et très encadrée. Au Sud, extrêmement chère, compétitive et épuisante. Une jeunesse endoctrinée et militante au Nord, une jeunesse désabusée et déprimée au Sud.
Point de vue social, c’est quand même le point fort des régimes communistes même s’il reste de sérieuses lacunes comme par exemples la qualité des logements et la qualité des soins. Pendant ce court séjour je n’ai pas vu de mendiants, ni d’affamés, dans la capitale ou dans les régions traversées (mais peut-être étaient-ils déjà dans des camps spéciaux ou aux cimetières !). Par contre, je viens de lire dans le Weekly Guardian (31/01/14) un article de Chico Harlan du Washignton Post sur les personnes âgées oubliées en Corée du Sud où l’on apprend qu’il est fréquent de rencontrer dans les rues de Séoul des petits vieux survivre en faisant les poubelles ou en ramassant des cartons, en fait 50% des personnes âgées sont pauvres (un record, tiens un autre ! dans les pays industrialisés) et que le taux de suicide a triplé depuis 2010. En effet, il n’y a pas de régime de retraite pour cette génération qui a reconstruit le pays après la guerre, et le pourcentage d’enfants s’occupant de leurs parents âgés est passé en quinze ans, de 90% à 37%, en cause un changement des mentalités et des pressions financières de plus en plus fortes. Si tout est gris au Nord, tout n’est pas rose au Sud non plus…
La solution serait donc de naitre au Nord, de travailler au Sud et de prendre sa retraite au Nord ou alors de faire ce que de plus en plus de jeunes (Sud)-Coréens font : immigrer le plus loin possible de cette foutue péninsule !
La page aux photos: ICI et d’autres liens intéressants: Urbanisme de Pyongyang www.academia.edu/...nalysis_of_Pyongyang_
Frontière inter-coréenne ceriscope.sciences-po.fr/...ela-la-guerre-froide
De Lopburi à Sukhothaï English translation pending
On cherche une route interessante entre lopburi et sukhothai. Auriez vous des conseils?
On a beau chercher sur le net il ne semble pas y avoir grand chose à voir entre ces 2 sites...
Merci
Un nouveau musée à Florence English translation pending
Bonjour à tous !
Je poste ce message pour vous avertir de l'ouverture d'un musée à Florence.

C'est une ancienne villa des Médicis qui fait à présent office de lycée et de collège.
Depuis le début de l'année scolaire le musée est visitable tous les dimanches de 10h à 12h. Deux guides vous attendrons pour ensuite vous emmener à travers les salles majestueuses de ce palais. Il est possible de demander une visite en : Italien Français Anglais AllemandSi vous avez prévu de venir nous voir (oui, je suis guide français/italien ^_^), je vous conseille de nous téléphoner au moins 24h avant votre visite pour demander à avoir une visite dans une certaine langue. Il est possible que le guide ne soit pas disponible mais vous pouvez toujours essayer ;)
Le musée est gratuit, à entrée libre, mais il est possible de faire une donation qui sera utilisée pour restaurer les oeuvres muséales.
Si vous avez quelques questions que ce soit, surtout n'hésitez pas à me les faire, j'y répondrais avec grand plaisir !
En attendant, vous pouvez aller voir leur site "officiel" et leur page Facebook.
Louise
Je poste ce message pour vous avertir de l'ouverture d'un musée à Florence.

C'est une ancienne villa des Médicis qui fait à présent office de lycée et de collège.
Depuis le début de l'année scolaire le musée est visitable tous les dimanches de 10h à 12h. Deux guides vous attendrons pour ensuite vous emmener à travers les salles majestueuses de ce palais. Il est possible de demander une visite en : Italien Français Anglais AllemandSi vous avez prévu de venir nous voir (oui, je suis guide français/italien ^_^), je vous conseille de nous téléphoner au moins 24h avant votre visite pour demander à avoir une visite dans une certaine langue. Il est possible que le guide ne soit pas disponible mais vous pouvez toujours essayer ;)
Le musée est gratuit, à entrée libre, mais il est possible de faire une donation qui sera utilisée pour restaurer les oeuvres muséales.
Si vous avez quelques questions que ce soit, surtout n'hésitez pas à me les faire, j'y répondrais avec grand plaisir !
En attendant, vous pouvez aller voir leur site "officiel" et leur page Facebook.
Louise
Compte rendu: 3ème voyage Afrique du Sud, Kruger et Cap English translation pending
Troisième Voyage en Afrique du Sud 24 octobre au 6 novembre 2014
INTRO :
Cela faisait deux ans , et déjà , la savane , les animaux , les grands espaces nous manquaient . Nous avons donc répondu présent à l'appel de la brousse . Ayant déjà pas mal visité l'Afrique du Sud , nous avions décidé de passer 8 jours à Krüger puis 4 jours au Cap ( un programme un peu écourté , je l'explique plus bas )
TRANSPORTS :
- Avion :
Aller : Lyon / Paris / Johannesbourg avec KLM Retour : Capetown / Amsterdam / Lyon Voyage de nuit à l'aller comme au retour . Réserve en septembre : 820 e par pers Air France propose le même vol mais nous avons anticipé en choisissant KLM en cas de grève ...
South Africa : Johannesburg / Capetown aller simple : 110 e par personne .
- Location de camping car Nous sommes des fans de Bobo Camper ( d'ailleurs depuis , nous nous sommes achetés un petit fourgon aménagé que nous avons appelé Bobo 😄 . ) Mais , cette fois , s'y étant pris très tard , plus de location possible . Nous sommes donc passé par Camping Car Online comme pour notre voyage en Australie . Service très pro comme la première fois . Nous avons loué un fourgon Mercedes pour deux avec le compagnie Kea . Ils sont situés également à Kempton Park . 980 e pour 9 jours toutes assurances comprises , kilométrage illimité , transfert aéroport inclus . Bon véhicule avec climatisation , chauffage , micro - onde , cabine douche et WC . Il manque juste un peu de vaisselle de base .
- Location de voiture a Capetown . Réservée avec Cardelmar en formule optimum donc rachat franchise , Kilomètres illimités avec Hertz . 106 e pour 5 jours . Péages autoroutiers : Pour partir vers Krüger , nous avons emprunté la E12 gratuite puis la N4 payante soit pour un aller a Malelane env 150 Zar et retour de Nelspruit 110 Zar .
- Carburant avec le camping car : Diesel . 1, 25 Rd env . Réservoir de 80 L Un plein par aller ou retour entre Johannesbourg et Krüger 1000 Rd . Un plein dans Krüger .
- Carburant voiture : un demi plein env 200 RD
- Location GPS a Tempes a aéroport : 70 Rd/ jour
HÉBERGEMENT
- Pour Krüger :
Réservation des 3 premières nuits car nous arrivions sur le Week end . Fort heureusement car nous avions été prétentieux en atterrissant a 10 h , de vouloir quitter aéroport , récupérer le camping car , faire les courses et arriver à Krüger à 4h30 de là , pour la première nuit . Bref , nous sommes arrivés à 18h10 à la Malelane Gate et cela fermait à .... 18h !!! Comme nous avions la réservation , une escort est venue nous chercher , cela nous a , certes, coûté 12 e , mais nous étions contents d'y être . Nous avons ensuite réservé au gré de nos allers et venues sans problème à cette époque même si certains camps peuvent être complets . Prix moyen d'un emplacement avec électricité : 220 Rd . Tous les camps sont extrêmement bien équipés et propres . Électricité , eau, barbecue , sanitaires , emplacement de bonne taille ... Boutique , carburant dans les plus grands . La vie y est respectueuse . Tout le monde se couche vers 20h30 mais se lève , sans trop de bruit pour selon qu'ils ont beaucoup de matériels , vers 4h30 . Ils partent tous a l'ouverture des portes , incroyable .... Même en se levant a 6h30 , nous avions l'impression d'avoir flemmardé ...
Camps : - Malelane : 1 nuit - Pretoriuskop : 1 nuit - skukuza : 2 nuits non consécutives - Satara : 2 nuits consécutives - Berg En Dal : 1 nuit Nous aimons beaucoup Satara pour l'ambiance la nuit au son des cris des hyènes et rugissements des lions . La seule chose que nous pourrions reprocher à Krüger est le Check In , à chaque fois , long , très long même quand on a déjà réservé . On ne comprend pas pourquoi ....
- A Capetown : Primi Seacastle a Camps Bay
Choisi en fonction de commentaires laissés sur Voyageforum et réservé par Hotel sympa au bord de mer . Grande chambre joliment décorée mais nous étions à la num 5 a côté de la réception donc très, très bruyant le soir jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne au bar et le matin dés l'arrivée du personnel pour le petit déjeuner . Le patron est un sacré personnage , très sympa !!! Personnel super dévoué. Petits déjeuners excellents et copieux . 4 nuits : 6000 Rd
Avis sur le quartier de Camps Bay : Certes bien placé car environ 15 mn en voiture du Waterfront et 10 mn du centre de Capetown . Mais c'est le St Tropez du Cap avec sa foule, le bling bling , les grosses voitures , les robes de soirées ... Très secure of course ! Les villas hors de prix etc ... Mais on n'aime pas déjà pas ce type d'endroit partout dans le monde , encore moins ici et définitivement pas après la visite des Townships . Mais il faut reconnaître que la plage est belle et c'est très facile de se trouver un restaurant le soir pour tout budget .
RESTAURATION :
Encore un pays de mal bouffe ... En tout cas , totalement inadapté pour la végétarienne que je suis mais le royaume du carnivore parfaitement adapté à Eddy ... Pour une fois , merci les légumes en boîtes ...
pour Krüger : Couses faites à la récupération du camping car au Pick and Pay du coin . Puis quelques bricoles achetées dans les boutiques de Krüger . Soit environ 2000 Rd Un restaurant fait a Olifant plus pour la vue que pour le repas 200 Rd .
Belsol à Camps Bay : Un plat copieux 150 Zar par pers env . Viande ou poisson . Très bon .
Océan Basket à Camps Bay : Une excellente adresse pour les amateurs de produits de la mer et sushis . Très copieux , accueil chaleureux , produits frais , belle vue sur la mer .
Premier jour Une entrée + un plat sushis pour deux + un dessert + vin et eau pour 200 Rd par pers
Deuxième jour Un plat Océan pour deux : crevettes , calamars grillés , poisson, seiches, moules , sauce citronnée , riz ou frites : 215 RD Très copieux délicieux .
CHANGE : Environ 100 Zar = 7 euros
CLIMAT : Nous sommes au printemps .
Un jour de pluie au sud de Krüger , deux jours nuageux et le reste soleil et canicule en journée . Températures entre 20 et 38 degrés le jour et entre 10 et 20 la nuit . Il est encore facile d'observer les animaux car la végétation n'est pas très dense. Bonne nouvelle : les moustiques sont rares 😄
Au Cap : un jour de pluie incessante , un jour soleil , un jour nuageux . Température entre 15 et 25 degrés .
ITINÉRAIRE :
Krüger : - Johannesbourg a Malelane Gate - Malelane a Pretoriuskop - Pretoriuskop a skukuza - Skukuza a Satara - Satara a Satara : par Olifants et Letaba - Satara a Skukuza - Skukuza a Berg en dal - Berg en dal a Numbi Gate vers Johannesbourg
Soit 845 kms dans la réserve
Notre petit bilan : - Le grands troupeaux nombreux : zèbres , gnous, buffles , éléphants , antilopes ... - 29 rhinos blancs mais aucun noir - 11 lions sur 3 jours dont un groupe de 5 mâles qui venaient de tuer un buffle - 2 léopards : un maman et son petit , deux heures avant notre départ de la réserve - 1 serval 😉😉😉 , c'était une première ! - Des hyènes, chacal ... - Des hippos même si on ne les aime plus depuis u'ils nous ont terrorisés en Namibie . - 1 pangolin ( nous n'en avions jamais vu ) - Beaucoup d'oiseaux - Des pintades : toujours là pour égayer un coin désert : je les adore !!!!! Etc , Etc ...
A Capetown :
- dimanche : balade bord de mer de Camps Bay - lundi : Salve Lodge muséum puis Townships . - mardi : côte Est : Houtbay , Sea point , Waterfont et Robben Islnd - mercredi : Jardin botanique de Kirsten puis côte Ouest , route panoramique de Chapman's peak .
Alors bien sûr , tout le monde va me dire que nous n'avons pas visité la pointe du cap ni monter à Table Mountain ... Eh bien non .... HELAS car nous avions gardé cette montée pour le jeudi où ils annonçaient grand beau temps et idem pour le cap . C'était sans compter sur une grosse bêtise de ma part ... En effet , le mercredi vers 18 h , pleine de bonne volonté , je me lance dans l'enregistrement de nos billets retourner le jeudi soir et la ... Catastrophe , je m'aperçois que nous ne partons pas le vendredi à minuit mais le jeudi à minuit soit dans moins de 6 h . Je ne vous explique pas le coups de speed !!!!! Devoir régler l'hôtel, faire les valises , rendre la voiture , le GPS , dire au revoir à notre programme de la journée du lendemain ... Bref , on a relativisé car c'était déjà une grande chance de ne pas avoir décidé de s'enregistrer après le restaurant et se rendre compte qu'on ratait notre avion ... Et puis tant pis, cela nous fait une excellente excuse d'y retourner .
VISITES :
- Slave lodge muséum : 30 par pers . On a encaissé la première partie sur l'esclavage mais nous savions pourquoi nous venions ... Et on a beaucoup aimé la partie sur les costumes et Hall de dédicaces aux grands mères .
- Townships Tours :
Avec Grassroute : 500 Rd par pers Durée de 13h30 a 17h . On vient vous chercher à votre hotel .
On a hésité entre misérabilisme, voyeurisme et découverte de la vraie Afrique du Sud ... On a fini par opter , a l'occasion de ce 3 eme séjour , pour la découverte des Townships . Après c'est , je pense , un choix très personnel. La guide nous expliquait qu'il y avait un nombre croissant de visites même si cela ne représente que 10 % des touristes mais JAMAIS de sud africains blancs ... On a été en proie à des vives émotions , gorges nouées ... Mais après tout revenir en disant c'est chouette sans avoir tout compris à cette société très spéciale ne nous convenait pas non plus . Ces visites font aussi partie d'un désir de s'en sortir de certains quartiers . Les guides vivent eux mêmes dans le Townships et un gros pourcentage est reversé au quartier ... Nous n'avons pris aucune photo même si elle sont autorisées. Nous avions aperçus , comme chacun, lors d'un voyage , ces Townships du bord de la route . La vision extérieure est une chose , la vision intérieure en est une autre . J'ai , ce jour, touché le fond de ce que les êtres humains sont capables d'imposer à leurs congénères ... On commence par une visite au District 29 , ancien quartier des ' don't pass ' et le musée émouvant au sein d'une ancienne église puis on plonge au cœur de l'enfer avec visite des différents types d'habitations, de ce que le gouvernement essaie d'améliorer , des magasins d'alimentation( si c'est encore s'alimenter ...) , de la protection sociale mais aussi visite d'une école et d'un ' pub' très spécial et rencontre avec les habitants qui nous expliquent leur quotidien , ce qu'ils essaient de se mettre en place et du pourquoi il est important pour eux de nous recevoir chez eux au sein d leur famille .
Je ne l'étale pas plus sur cette visite car c'est l'appréciation de chacun . Il n'y a pas à juger ceux qui la font ou ne la font pas .
, - KRÜGER : Wild Card : 2650 Zar Nous avons opté pour la Wild Card car elle était presque amortie rien qu'à Krüger et nous devions nous en servir à Capetown sans savoir que finalement mon étourderie aller nous jouer un drôle de tour ....
- ROBBEN Island Réserve la veille à l'office de tourisme mais attention il paraît qu'il faut réserver plusieurs jous a l'avance en haute saison . Départ de la tour de l'horloge au Waterfront . Nous avons choisi le tour de 11h . Retour 17h Une heure de ferry a l'aller et une heure au retour . La traversée en ferry est sympa ( sauf pour moi qui suis victime a chaque fois du mal de mer ...) car elle offre une vue superbe sur le Cap et Table mountain et au retour nous avons fait la traversée avec otaries et multiples bancs de dauphins.
A nouveau , on souhaite ou non faire ce type de visite .... Personnellement j'y allais UNIQUEMENT en mémoire et en admiratrice de Mandela . J'y ai trouvé ce que je cherchais : une énorme émotion à être en ces lieux et découvrir ou il avait écrit son livre : ´ un long chemin vers la liberté ´ qui avait bouleversé mon adolescence .
On est pris en charge par groupe dans une organisation quasi militaire où tout est chronométré . Tour et visite de l'île en bus : la découverte de l'île , sa faune , sa flore , l'ancien comptoir , la garnison , la léproserie puis à la fin la prison et plus particulièrement le quartier haute sécurité des prisonniers politiques dont la visite est faite par un ancien prisonnier lui même, membre de l'ANC . Ce fut pour moi une grande charge d'émotions de rencontrer un de ses hommes qui avait côtoyé et participé aux actions de Mandela contre la discrimination et pour la liberté et partagé sa vie sur Robben Island . Chacun a ses héros , moi , ce sont les miens. C'est d'ailleurs la seule photo que nous avons faite : ce guide et moi même , ce qui l'a apparemment aussi beaucoup ému . Autant le guide explique en quoi leur détention était différente des autres prisonniers : ration alimentaire plus petite , deux courriers par an... Autant jamais il ne met l'accent sur les atrocités qu'ils ont pu endurer . Ce n'est absolument pas voyeur .
- Jardin botanique de Kirsten : 30 Rd par personne . Ouvert de 8h a 19h On y a passé 3 h mais on pourrait y passer la journée. Un endroit merveilleux où tout y est beau ... Les jardins, les arbres centenaires, les fleurs ( moment de la floraison des proteas ) , les vues panoramiques, les panoramas sur les montagnes , la mer ... Beaucoup d'oiseaux .
NOUS AVONS ADORÉ - les scènes animales et la chance de voir autant de fauves . - l'ambiance camping et camping car - rester à côté et croiser de multiples fois le regard du lion
NOUS AVONS AIMÉ - le jardin botanique a Capetown - le cadre naturel du Cap - le patron du Primi Seacastle , haut personnage jet setter .
NOUS N'AVONS PAS AIMÉ - comme à chaque voyage en Afrique du Sud : être blanc . - ma bêtise qui nous a valu de perdre un jour de voyage
MENTIONS SPECIALES Car il n'y a pas aimé ou pas ... - les rencontres émouvantes au Townships , les regards qui en disent longs , les sourires malgré leur condition ... Merci à eux qui nous font nous sentir encore plus vivants , encore plus chanceux , encore plus .... - notre guide au quartier sécurité à Robben Island
Pour conclure : Un beau voyage plein d'émotions , la certitude que nous pourrions faire un séjour exclusivement Krüger , des rencontres émouvantes et la tristesse de constater que l'apartheid s'amorce mais est loin d'être terminée ...
INTRO :
Cela faisait deux ans , et déjà , la savane , les animaux , les grands espaces nous manquaient . Nous avons donc répondu présent à l'appel de la brousse . Ayant déjà pas mal visité l'Afrique du Sud , nous avions décidé de passer 8 jours à Krüger puis 4 jours au Cap ( un programme un peu écourté , je l'explique plus bas )
TRANSPORTS :
- Avion :
Aller : Lyon / Paris / Johannesbourg avec KLM Retour : Capetown / Amsterdam / Lyon Voyage de nuit à l'aller comme au retour . Réserve en septembre : 820 e par pers Air France propose le même vol mais nous avons anticipé en choisissant KLM en cas de grève ...
South Africa : Johannesburg / Capetown aller simple : 110 e par personne .
- Location de camping car Nous sommes des fans de Bobo Camper ( d'ailleurs depuis , nous nous sommes achetés un petit fourgon aménagé que nous avons appelé Bobo 😄 . ) Mais , cette fois , s'y étant pris très tard , plus de location possible . Nous sommes donc passé par Camping Car Online comme pour notre voyage en Australie . Service très pro comme la première fois . Nous avons loué un fourgon Mercedes pour deux avec le compagnie Kea . Ils sont situés également à Kempton Park . 980 e pour 9 jours toutes assurances comprises , kilométrage illimité , transfert aéroport inclus . Bon véhicule avec climatisation , chauffage , micro - onde , cabine douche et WC . Il manque juste un peu de vaisselle de base .
- Location de voiture a Capetown . Réservée avec Cardelmar en formule optimum donc rachat franchise , Kilomètres illimités avec Hertz . 106 e pour 5 jours . Péages autoroutiers : Pour partir vers Krüger , nous avons emprunté la E12 gratuite puis la N4 payante soit pour un aller a Malelane env 150 Zar et retour de Nelspruit 110 Zar .
- Carburant avec le camping car : Diesel . 1, 25 Rd env . Réservoir de 80 L Un plein par aller ou retour entre Johannesbourg et Krüger 1000 Rd . Un plein dans Krüger .
- Carburant voiture : un demi plein env 200 RD
- Location GPS a Tempes a aéroport : 70 Rd/ jour
HÉBERGEMENT
- Pour Krüger :
Réservation des 3 premières nuits car nous arrivions sur le Week end . Fort heureusement car nous avions été prétentieux en atterrissant a 10 h , de vouloir quitter aéroport , récupérer le camping car , faire les courses et arriver à Krüger à 4h30 de là , pour la première nuit . Bref , nous sommes arrivés à 18h10 à la Malelane Gate et cela fermait à .... 18h !!! Comme nous avions la réservation , une escort est venue nous chercher , cela nous a , certes, coûté 12 e , mais nous étions contents d'y être . Nous avons ensuite réservé au gré de nos allers et venues sans problème à cette époque même si certains camps peuvent être complets . Prix moyen d'un emplacement avec électricité : 220 Rd . Tous les camps sont extrêmement bien équipés et propres . Électricité , eau, barbecue , sanitaires , emplacement de bonne taille ... Boutique , carburant dans les plus grands . La vie y est respectueuse . Tout le monde se couche vers 20h30 mais se lève , sans trop de bruit pour selon qu'ils ont beaucoup de matériels , vers 4h30 . Ils partent tous a l'ouverture des portes , incroyable .... Même en se levant a 6h30 , nous avions l'impression d'avoir flemmardé ...
Camps : - Malelane : 1 nuit - Pretoriuskop : 1 nuit - skukuza : 2 nuits non consécutives - Satara : 2 nuits consécutives - Berg En Dal : 1 nuit Nous aimons beaucoup Satara pour l'ambiance la nuit au son des cris des hyènes et rugissements des lions . La seule chose que nous pourrions reprocher à Krüger est le Check In , à chaque fois , long , très long même quand on a déjà réservé . On ne comprend pas pourquoi ....
- A Capetown : Primi Seacastle a Camps Bay
Choisi en fonction de commentaires laissés sur Voyageforum et réservé par Hotel sympa au bord de mer . Grande chambre joliment décorée mais nous étions à la num 5 a côté de la réception donc très, très bruyant le soir jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne au bar et le matin dés l'arrivée du personnel pour le petit déjeuner . Le patron est un sacré personnage , très sympa !!! Personnel super dévoué. Petits déjeuners excellents et copieux . 4 nuits : 6000 Rd
Avis sur le quartier de Camps Bay : Certes bien placé car environ 15 mn en voiture du Waterfront et 10 mn du centre de Capetown . Mais c'est le St Tropez du Cap avec sa foule, le bling bling , les grosses voitures , les robes de soirées ... Très secure of course ! Les villas hors de prix etc ... Mais on n'aime pas déjà pas ce type d'endroit partout dans le monde , encore moins ici et définitivement pas après la visite des Townships . Mais il faut reconnaître que la plage est belle et c'est très facile de se trouver un restaurant le soir pour tout budget .
RESTAURATION :
Encore un pays de mal bouffe ... En tout cas , totalement inadapté pour la végétarienne que je suis mais le royaume du carnivore parfaitement adapté à Eddy ... Pour une fois , merci les légumes en boîtes ...
pour Krüger : Couses faites à la récupération du camping car au Pick and Pay du coin . Puis quelques bricoles achetées dans les boutiques de Krüger . Soit environ 2000 Rd Un restaurant fait a Olifant plus pour la vue que pour le repas 200 Rd .
Belsol à Camps Bay : Un plat copieux 150 Zar par pers env . Viande ou poisson . Très bon .
Océan Basket à Camps Bay : Une excellente adresse pour les amateurs de produits de la mer et sushis . Très copieux , accueil chaleureux , produits frais , belle vue sur la mer .
Premier jour Une entrée + un plat sushis pour deux + un dessert + vin et eau pour 200 Rd par pers
Deuxième jour Un plat Océan pour deux : crevettes , calamars grillés , poisson, seiches, moules , sauce citronnée , riz ou frites : 215 RD Très copieux délicieux .
CHANGE : Environ 100 Zar = 7 euros
CLIMAT : Nous sommes au printemps .
Un jour de pluie au sud de Krüger , deux jours nuageux et le reste soleil et canicule en journée . Températures entre 20 et 38 degrés le jour et entre 10 et 20 la nuit . Il est encore facile d'observer les animaux car la végétation n'est pas très dense. Bonne nouvelle : les moustiques sont rares 😄
Au Cap : un jour de pluie incessante , un jour soleil , un jour nuageux . Température entre 15 et 25 degrés .
ITINÉRAIRE :
Krüger : - Johannesbourg a Malelane Gate - Malelane a Pretoriuskop - Pretoriuskop a skukuza - Skukuza a Satara - Satara a Satara : par Olifants et Letaba - Satara a Skukuza - Skukuza a Berg en dal - Berg en dal a Numbi Gate vers Johannesbourg
Soit 845 kms dans la réserve
Notre petit bilan : - Le grands troupeaux nombreux : zèbres , gnous, buffles , éléphants , antilopes ... - 29 rhinos blancs mais aucun noir - 11 lions sur 3 jours dont un groupe de 5 mâles qui venaient de tuer un buffle - 2 léopards : un maman et son petit , deux heures avant notre départ de la réserve - 1 serval 😉😉😉 , c'était une première ! - Des hyènes, chacal ... - Des hippos même si on ne les aime plus depuis u'ils nous ont terrorisés en Namibie . - 1 pangolin ( nous n'en avions jamais vu ) - Beaucoup d'oiseaux - Des pintades : toujours là pour égayer un coin désert : je les adore !!!!! Etc , Etc ...
A Capetown :
- dimanche : balade bord de mer de Camps Bay - lundi : Salve Lodge muséum puis Townships . - mardi : côte Est : Houtbay , Sea point , Waterfont et Robben Islnd - mercredi : Jardin botanique de Kirsten puis côte Ouest , route panoramique de Chapman's peak .
Alors bien sûr , tout le monde va me dire que nous n'avons pas visité la pointe du cap ni monter à Table Mountain ... Eh bien non .... HELAS car nous avions gardé cette montée pour le jeudi où ils annonçaient grand beau temps et idem pour le cap . C'était sans compter sur une grosse bêtise de ma part ... En effet , le mercredi vers 18 h , pleine de bonne volonté , je me lance dans l'enregistrement de nos billets retourner le jeudi soir et la ... Catastrophe , je m'aperçois que nous ne partons pas le vendredi à minuit mais le jeudi à minuit soit dans moins de 6 h . Je ne vous explique pas le coups de speed !!!!! Devoir régler l'hôtel, faire les valises , rendre la voiture , le GPS , dire au revoir à notre programme de la journée du lendemain ... Bref , on a relativisé car c'était déjà une grande chance de ne pas avoir décidé de s'enregistrer après le restaurant et se rendre compte qu'on ratait notre avion ... Et puis tant pis, cela nous fait une excellente excuse d'y retourner .
VISITES :
- Slave lodge muséum : 30 par pers . On a encaissé la première partie sur l'esclavage mais nous savions pourquoi nous venions ... Et on a beaucoup aimé la partie sur les costumes et Hall de dédicaces aux grands mères .
- Townships Tours :
Avec Grassroute : 500 Rd par pers Durée de 13h30 a 17h . On vient vous chercher à votre hotel .
On a hésité entre misérabilisme, voyeurisme et découverte de la vraie Afrique du Sud ... On a fini par opter , a l'occasion de ce 3 eme séjour , pour la découverte des Townships . Après c'est , je pense , un choix très personnel. La guide nous expliquait qu'il y avait un nombre croissant de visites même si cela ne représente que 10 % des touristes mais JAMAIS de sud africains blancs ... On a été en proie à des vives émotions , gorges nouées ... Mais après tout revenir en disant c'est chouette sans avoir tout compris à cette société très spéciale ne nous convenait pas non plus . Ces visites font aussi partie d'un désir de s'en sortir de certains quartiers . Les guides vivent eux mêmes dans le Townships et un gros pourcentage est reversé au quartier ... Nous n'avons pris aucune photo même si elle sont autorisées. Nous avions aperçus , comme chacun, lors d'un voyage , ces Townships du bord de la route . La vision extérieure est une chose , la vision intérieure en est une autre . J'ai , ce jour, touché le fond de ce que les êtres humains sont capables d'imposer à leurs congénères ... On commence par une visite au District 29 , ancien quartier des ' don't pass ' et le musée émouvant au sein d'une ancienne église puis on plonge au cœur de l'enfer avec visite des différents types d'habitations, de ce que le gouvernement essaie d'améliorer , des magasins d'alimentation( si c'est encore s'alimenter ...) , de la protection sociale mais aussi visite d'une école et d'un ' pub' très spécial et rencontre avec les habitants qui nous expliquent leur quotidien , ce qu'ils essaient de se mettre en place et du pourquoi il est important pour eux de nous recevoir chez eux au sein d leur famille .
Je ne l'étale pas plus sur cette visite car c'est l'appréciation de chacun . Il n'y a pas à juger ceux qui la font ou ne la font pas .
, - KRÜGER : Wild Card : 2650 Zar Nous avons opté pour la Wild Card car elle était presque amortie rien qu'à Krüger et nous devions nous en servir à Capetown sans savoir que finalement mon étourderie aller nous jouer un drôle de tour ....
- ROBBEN Island Réserve la veille à l'office de tourisme mais attention il paraît qu'il faut réserver plusieurs jous a l'avance en haute saison . Départ de la tour de l'horloge au Waterfront . Nous avons choisi le tour de 11h . Retour 17h Une heure de ferry a l'aller et une heure au retour . La traversée en ferry est sympa ( sauf pour moi qui suis victime a chaque fois du mal de mer ...) car elle offre une vue superbe sur le Cap et Table mountain et au retour nous avons fait la traversée avec otaries et multiples bancs de dauphins.
A nouveau , on souhaite ou non faire ce type de visite .... Personnellement j'y allais UNIQUEMENT en mémoire et en admiratrice de Mandela . J'y ai trouvé ce que je cherchais : une énorme émotion à être en ces lieux et découvrir ou il avait écrit son livre : ´ un long chemin vers la liberté ´ qui avait bouleversé mon adolescence .
On est pris en charge par groupe dans une organisation quasi militaire où tout est chronométré . Tour et visite de l'île en bus : la découverte de l'île , sa faune , sa flore , l'ancien comptoir , la garnison , la léproserie puis à la fin la prison et plus particulièrement le quartier haute sécurité des prisonniers politiques dont la visite est faite par un ancien prisonnier lui même, membre de l'ANC . Ce fut pour moi une grande charge d'émotions de rencontrer un de ses hommes qui avait côtoyé et participé aux actions de Mandela contre la discrimination et pour la liberté et partagé sa vie sur Robben Island . Chacun a ses héros , moi , ce sont les miens. C'est d'ailleurs la seule photo que nous avons faite : ce guide et moi même , ce qui l'a apparemment aussi beaucoup ému . Autant le guide explique en quoi leur détention était différente des autres prisonniers : ration alimentaire plus petite , deux courriers par an... Autant jamais il ne met l'accent sur les atrocités qu'ils ont pu endurer . Ce n'est absolument pas voyeur .
- Jardin botanique de Kirsten : 30 Rd par personne . Ouvert de 8h a 19h On y a passé 3 h mais on pourrait y passer la journée. Un endroit merveilleux où tout y est beau ... Les jardins, les arbres centenaires, les fleurs ( moment de la floraison des proteas ) , les vues panoramiques, les panoramas sur les montagnes , la mer ... Beaucoup d'oiseaux .
NOUS AVONS ADORÉ - les scènes animales et la chance de voir autant de fauves . - l'ambiance camping et camping car - rester à côté et croiser de multiples fois le regard du lion
NOUS AVONS AIMÉ - le jardin botanique a Capetown - le cadre naturel du Cap - le patron du Primi Seacastle , haut personnage jet setter .
NOUS N'AVONS PAS AIMÉ - comme à chaque voyage en Afrique du Sud : être blanc . - ma bêtise qui nous a valu de perdre un jour de voyage
MENTIONS SPECIALES Car il n'y a pas aimé ou pas ... - les rencontres émouvantes au Townships , les regards qui en disent longs , les sourires malgré leur condition ... Merci à eux qui nous font nous sentir encore plus vivants , encore plus chanceux , encore plus .... - notre guide au quartier sécurité à Robben Island
Pour conclure : Un beau voyage plein d'émotions , la certitude que nous pourrions faire un séjour exclusivement Krüger , des rencontres émouvantes et la tristesse de constater que l'apartheid s'amorce mais est loin d'être terminée ...