Comment et pourquoi devient-on accro des voyages ?
Pour ma part, j'ai toujours soupçonné que le fait d'être né (il y a 50++ années) à proximité de la frontière belge a eu, dès mon plus jeune âge, une influence démesurée sur mon attraction pour tout ce qui est étranger et par extension tout ce qui est voyage.
En effet, quoi de plus étonnant qu'une frontière ?
Une ligne souvent arbitraire et parfois invisible, mais qui dès qu'elle est franchie nous emmène dans un monde nouveau où plus rien (ou presque) ne ressemble à celui que l'on vient de quitter… à commencer, dans mes yeux de gamin, par les pièces de monnaie différentes et les panneaux routiers écrits dans une autre langue !
Une fois la frontière passée c'était à chaque fois une nouvelle aventure qui commencait.
C'était en tout cas comment je ressentais nos fréquentes incursions en Belgique.
Belgique Terre d'Aventures ! « Ca est bien une drôle d'histoire sais-tu !!! ».
Huit longues années plus tard, après un long voyage de plus de deux jours en voiture, je franchissais enfin ma deuxième frontière. Celle-ci était encore plus extraordinaire car pour l'atteindre il avait fallu survivre les nombreux virages de montagne. Mais quel extraordinaire moment de magie quand une fois arrivé au sommet, en plus du soleil d'été et des odeurs de pins, je découvrais la Mer Méditerranée et… l'Espagne.
J'en suis sûr, je suis devenu accro à ce moment précis.
Depuis je suis en permanence à la poursuite de cet instant toujours aussi excitant qu'est le passage d'une frontière. Certes, au fil des années j'en ai connu certains plus délicats, plus stressants ou plus pénibles que d'autres mais l'excitation reste la même. Bien sur les frontières terrestres restent mes préférées, (surtout quand il faut franchir une rivière) mais je ne boude pas le plaisir d'arriver dans un aéroport et d'attendre avec une impatience grandissante le moment où les portes du hall des arrivées s'ouvriront enfin vers l'extérieur.
Quelle chance d'habiter en Europe quand on est addictif de frontières (border-freak). Lentement mais surement, je me suis assuré d'avoir mes 'doses' à intervalles réguliers. Certaines plus intenses, comme par exemple quand il s'agissait de passer de l'autre côté du 'rideau de fer' et d'autres plus exotiques quand la frontière du pays et aussi celle d'un nouveau continent.
Et puis un jour, j'ai réalisé que les 'effets' pouvaient se prolonger en habitant de l'autre côté d'une frontière. Habiter à l'étranger, et en particulier à Londres, me donnait l'impression d'être en vacances de manière permanente. Quelque temps plus tard, j'ai également réalisé que je pouvais 'contaminer' une autre personne et qu'ensemble nous pouvions facilement supporter de très fortes 'doses', c'est-à-dire partir plus loin et plus longtemps. A tel point qu'après plusieurs années de ce régime, nous ne sommes jamais plus 'redescendus' ou plutôt si, nous sommes redescendus mais bien plus loin que prévu puisque nous étions arrivés en Australie… Trente ans plus tard, nous y sommes toujours d'ailleurs !
Mais les choses étaient mal faites car le border-freak que j'étais devenu s'est retrouvé dans la plus grande ile au monde au milieu d'un univers sans frontière ?!
Après de longues années de sevrage, il était grand temps de contaminé notre progéniture. Cela n'a pas été compliqué seulement un peu couteux parfois mais qui compte les $ quand l'addiction s'appelle Voyages ?
Nos trois filles ont donc fait leur apprentissage en Asie du Sud-Est, proche et relativement bon marché, et parfois en Europe lorsque nous retrouvions nos familles respectives. Quand elles ont trouvé que bourlinguer avec les 'vieux' n'était plus si cool, elles se sont lancées chacune leur tour dans leur tour… du monde. Les élèves ont vite dépassé le maitre (enfin presque car j'avais une bonne longueur d'avance !).
Et puis ce fut aussi l'occasion pour nous de redécouvrir le bonheur de voyager juste à deux. Ainsi nous sommes allés plus loin, plus longtemps… et mieux encore plus souvent !!!
Maintenant je peux confirmer que ma mission est accomplie à 100%... puisqu'il y a toujours un membre de la famille en vadrouille à n'importe quel moment de l'année. Par contre, je crains que les passages de frontières les laissent totalement indifférentes…
N'est pas border-freak qui veut !
J'habite à la pointe de la Bretagne. J'y suis née, j'y ai grandi...
La frontière la plus proche d'ici est à 800 km ! C'est la frontière près de laquelle tu as grandi...
Tu imagines bien qu'une frontière a une toute autre dimension pour moi !
Moi, ce sont les trains qui partent et les avions qui volent qui m'ont toujours fait rêver. 😉
La 1e fois que j'ai eu l'impression de passer une frontière : j'avais 8 ans, et je partais en vacances avec mes parents (pour la 1e fois, et quasiment la seule fois) en Vendée. Soudain les toits des maisons étaient rouges !!!!!!!! 😎
Adolescente, je suis allée en Allemagne (échange culturel). 1e fois que je passe une frontière administrative. Maubeuge !!! C'était en 1983, hein ! Il y avait donc des postes-frontières entre les pays d'Europe. Mais je n'ai aucun souvenir du passage de la frontière. Je me souviens juste que, dans ce petit patelin sans intérêt, on s'est arrêté dans un café glauque où on a pris un tit déj' tout aussi glauque.
Par contre, j'ai sentie que j'avais franchie une frontière, quelques centaines de km plus loin, quand j'ai entendu parler allemand en permanence autour de moi. Et aussi devant un petit déj allemand. Et aussi la monnaie !
Depuis, mon lien aux frontières s'est confirmé : je suis insensible aux frontières administratives, mais j'adore être décalée culturellement. Ça m'oblige à mettre un peu de côté mes propres références. Et j'adore ça.
Franchir des frontières culturelles : c'est ça qui me fait voyager.
La 1e fois que j'ai quitté l'Europe : Maroc, il y a 11 ans. Le moment où je suis descendue en minibus vers Ouarzazate, j'ai été subjuguée par les paysages. Quelque chose m'a littéralement saisie. Ce désert, cet espace... et des gens y vivent ??!!!
En descendant du minibus devant un paysage magnifique, j'ai su, à ce moment précis, que je reviendrai, que je voyagerai, que je rencontrerai d'autres cultures. Donc des gens. Surtout des gens.
Je ne suis toujours pas fascinée par les frontières administratives. D'autant plus qu'elles se ressemblent assez, en ce qui me concerne : des bureaux de douanes dans des aéroports ! 😎
Bon, OK, à Atar, en Mauritanie, ça a été exceptionnel, quand même. J'ai adoré !
La monnaie est aussi pour moi un symbole fort. A Malte, j'ai pas aimé parler en euros... 😕
Enfin voilà mon rapport aux frontières.
Tu vois, Xavier, la frontière belge ne m'a vraiment pas fascinée ; pourtant c'est la première que j'ai franchie ! 😉
Merci de partager ces precieux instants de decouverte... que ce soit en traversant une frontiere physique ou culturelle !
PS: Je regrette seulement que lors de ton passage à Maubeuge tu n'aies pas vu le clair de lune... car vraiment...
Bonjour
mon meilleur souvenir de frontière je l'ai eu assez petite quand on partaient faire des balades à pied sur les sommets des Alpes !
je me souvient du bonheur ressenti en posant le pied après le panneau "Suisse " au sommet de la vallée d'Abondance en
Haute Savoie , j'avais 8 ans environ ...
j'ai tester avec mes enfants c'était pareil , ils sautaient d'1 côté puis de l'autre , épatés d'être à la fois en Suisse et en France !
depuis les frontières ont toujours ce doux souvenir pour moi , et me permette de relativiser l'attente et les tracasseries administrative !
prochaine frontière dans quelques jours ! Maroc pour la 21 eme fois !😏
francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion!
Khalil Gibran
Extraordinaire coincidence Songhai/Francia et je suis sur que tu apprecieras ce qui suit...
Cette obsession des frontières m’a laissé de nombreux souvenirs, certains plus marquants que d’autres. Voici un pot-pourri chronologique de quelques passages de frontières inoubliables.
Le plus sportif :
Aout 1973, lors d’un camp de vacances, une randonnée en montagne entre Morzine et Champéry en Suisse est proposée. C’est l’occasion de découvrir des paysages montagnards époustouflants (un vrai décor à la Belle et Sébastien !), l’ambiance chaleureuse des chalets-refuges et des fondues bien arrosées. Sur un versant rocailleux au milieu de nulle part, nous tombons sur un marqueur en bois décoré d’un côté du drapeau suisse et de l’autre du français. Ouah, c’est ma première fois que je vois une borne internationale ! Dans un état d’excitation qui surprend les autres marcheurs, je commence à en faire le tour plusieurs fois rien que pour le plaisir de m’entendre dire « En France, en Suisse, en France, en Suisse… ». Pour certains j’ai du passé pour un débile profond, d’autres ont mis ca sur le compte de l’altitude.
Mais ce qui m’a davantage surpris c’est le fait que nous n’avons jamais rencontré de douaniers aussi bien à l’aller qu’au retour… Nous avions suivi un vrai chemin de contrebandiers…
Le plus émotionnel :
Aout 1974, je viens de prendre pour la première fois l’avion et d’atterrir sur un nouveau continent. JFK airport. Je présente fièrement mon tout nouveau passeport aux pages déjà cornées à force de l’ouvrir depuis les deux derniers mois, à la page où est apposé mon tout premier visa. Qu’est-ce qu’il est beau avec ce dégradé de couleurs et imposant avec cet aigle aux ailes déployées.
Le douanier américain me demande pour la troisième fois ce que je viens faire of US of A. « Me, learn English with a family » je bafouille péniblement.
« Yes Buddy, you’ll need it !» qu’il marmonne en levant les yeux au ciel, enfin au plafond.
Dehors je découvre émerveillé les bagnoles américaines plus grandes que des salles à manger, les taxis jaunes et les sirènes comme au cinéma. D’ailleurs je suis comme dans un film. L’Amérique, l’Amérique, je veux t’avoir… et aujourd’hui je t’ai !
Le plus religieux :
Décembre 1974, avec deux copains, nous venons d’arriver en camion à Rome où nous passons quelques jours. Visite des monuments et parmi eux la Place Saint-Pierre surveillée par les célèbres Gardes Suisses en costumes bariolés et bouffants comme au Moyen-Age. Nous allons voir les timbres à la poste vaticane située dans un coin de la place. L’un des clients nous apprend que nous sommes au Vatican et non plus en Italie.
Ah bon, le Vatican est un pays ??? Sans le savoir je viens de visiter un treizième pays. Alléluia !
Le plus bordélique :
Aout 1976, mon copain de classe Roman et moi décidons de prendre une carte Inter-rail qui permet de voyager partout en Europe pour 360 Francs. Arrivés à Istanbul nous nous rendons au Pudding Coffee (le célèbre point de rendez-vous des Hippies en route pour les z’Indes) et tombons sur une annonce : Bus Istanbul-Teheran pour une poignée de dollars. Nous nous regardons : « Chiche ? ».
Et nous voilà embarqués pour un voyage de trois jours en bus. Au milieu du deuxième jour, juste après été éblouis par la splendeur du Mont Ararat au sommet enneigé, nous arrivons à Bazargan, la frontière entre la Turquie et l’Iran. C’est le foutoir le plus complet, embouteillages monstres, un vrai bazar quoi ! Les douaniers sont débordés et visiblement pas très commodes.
Au poste turc, tout le monde descend et récupère les bagages pour les faire inspecter dans un grand hall. Ca gueule, ça s’engueule de partout et dans toutes les langues. Les sacs à dos des Hippies sont passés au peigne fin et le contenu des valises et cartons mal ficelés des émigrants de retour au pays sont étalés partout. C’est long. Enfin tout le monde est autorisé à remballer puis à remonter dans le bus après avoir remis les bagages dans les coffres. Nous franchissons l’arche turque et même pas cent mètres plus loin on remet ça. Déchargement, re-gueulantes et nouvelle inspection encore plus pointilleuse car ici les douaniers sont encore plus tatillons. Derrière eux, un immense portrait du Shah surveille cette cohue semi-organisée. En-dessous du portrait, un message peint sur le mur informe les visiteurs que le trafic de drogue est puni par une condamnation à mort. Quelques Hippies avalent de travers mais passent au travers.
Près de trois heures plus tard nous finissons par passer sous l’arche ornée du drapeau iranien. Je sais maintenant qu’il ne faut pas toujours se fier aux premières impressions car l’Iran s’est avéré être l’un des pays les plus merveilleux et accueillant que je n’ai jamais visité.
Le plus inattendu :
Janvier 1977, ça y est cette fois je m’envole seul pour un périple de plusieurs mois en Asie du Sud-Est. Mélange d’excitation et d’appréhension. Le vol AR le moins cher que j’ai trouvé pour aller à Bangkok part de Londres. 1,800 FF avec une compagnie inconnue Bangladesh Biman. C’est l’occasion de gouter mes premiers curries et d’admirer les beaux saris colorés des passagères.
Arrêt à Dacca. Les quatre autres passagers de l’avion qui comme moi continuent vers Bangkok apprennent que la connexion n’aura pas lieu aujourd’hui, ni demain… peut-être après demain !?
Nous sommes donc en transit forcé pour une durée indéterminée ! La cause : l’un des trois avions est sorti de la piste ( !) et les rotations ne peuvent plus être assurées. La compagnie nous prend en charge en pension complète pendant toute la durée du séjour. Mais pour en arriver là il en aura fallu des négociations d’abord avec le chef d’escale, puis avec son supérieur puis avec les douaniers, puis avec le chef des douaniers… Ne comprenant pas bien l’anglais, je ne suis qu’un témoin plutôt passif. En fait je suis ravi car contrairement aux autres passagers je n’ai pas de contrainte de temps et sans cet incident, je ne serais jamais venu ici !
L’attente dans cette pièce aux murs décrépis est longue. Le ventilateur ne brasse que de l’air chaud et humide. Derrière la baie vitrée, une foule nous regarde le visage collé aux vitres. Apparemment on ne doit voir beaucoup d’étrangers par ici, j’ai la désagréable impression d’être un poisson exotique dans aquarium que l’on observe attentivement. Nouveaux pourparlers pour trouver un taxi. Finalement nous pouvons partir mais il faut laisser les passeports à l’aéroport sous la garde du chef des douaniers. Nouveaux palabres mais rien à faire « C’est la loi. » décrète l’officier supérieur. « Vous n’avez pas de visa, vous êtes en transit donc les passeports restent ici dans le tiroir de mon bureau. »
Pendant trois jours, alors que je visite Dacca de fond en comble, je prends la claque de ma vie. Le dépaysement est total, je n’avais jamais vu autant de vie, de pauvreté, de sourires, de décrépitude, de couleurs, d’énergie, nulle part auparavant je n’avais été autant le centre d’attention (trop même), jamais je n’avais vu autant d’embouteillages, entendu autant de bruit (je n’ai jamais oublié l’extraordinaire vacarme des milliers de sonnettes des trishaws), respiré autant de gaz d’échappement, vu autant d’arbres en fleurs, humé autant d’odeurs et de parfums et jamais je n’avais eu aussi chaud. Bref tout m’est tombé d’un coup sur la tête.
Trois mois plus tard, alors que je fais le chemin en sens inverse, la même situation se représente. Deux jours d’attente à Dacca au frais de la princesse, mais cette fois c’est le milieu de janvier et il caille drôlement !
Le plus sympathique :
Avril 1980, après une journée de galère en bus, Rosemary et moi atteignons enfin le poste frontière salvadorien juste avant qu’il ne ferme. Les touristes n’étant pas nombreux en cette période mouvementée (nous sommes en pleine guerre civile), les jeunes douaniers désœuvrés sont plutôt surpris de nous voir débarquer. Curieux et bavards (et surement aussi envieux) nous entamons une longue discussion sur nos vies respectives, nos espoirs, nos aspirations, l’état du monde… etc. La nuit est tombée mais il fait doux, la lune se reflète sur la petite rivière-frontière. Les douaniers nous accompagnent sur le pont mais s’arrêtent au milieu, ils n’ont pas le droit d’aller plus loin. Nous poursuivons nos bavardages jusque tard dans la nuit dans le no man’s land. Quand nous arrivons enfin au poste hondurien, celui-ci est fermé depuis longtemps mais on nous laisse dormir sur le banc près du lampadaire, point de rendez-vous de tous les papillons de nuit des environs.
Le plus laborieux :
Avril 1980, quelques jours plus tard nous quittons le Honduras… enfin c’est ce que nous croyons car une fois arrivés au poste frontière les douaniers nous annoncent que la frontière est fermée… pour cause d’élections nationales.
Une vingtaine de personnes attendent mais nous sommes les seuls étrangers. Commencent d’interminables palabres mais les douaniers sont intraitables, ils obéissent aux ordres un point c’est tout. Mais ils ne connaissent pas encore ma Casablancaise (Rosemary, qui en plus parle couramment l’espagnol). A force de persévérance, elle réussit par convaincre le plus haut gradé de nous laisser téléphoner à l’ambassade à Tegucigalpa. Le gars au bout du fil nous annonce qu’il va voir ce qu’il peut faire pour nous.
Sur ces entrefaites arrive un mec (un Américain) sur une super moto à trois roues. Il est parti d’Alaska il y a une paire de mois et espère relier la Terre de Feu. Quand on lui annonce que la frontière est fermée, il répond « No fucking way ! ». Lui aussi entame de longs pourparlers (mais en anglais !) avec le plus haut gradé qui a de la peine à garder son sang-froid. Nous suggérons au biker d’appeler lui aussi son ambassadeur.
Une heure plus tard, le téléphone sonne dans le bureau du gradé. Le Ministère de l’Intérieur vient de le contacter : « Les étrangers peuvent passer ! » annonce-t-il surement soulagé de se débarrasser de sacrés emmerdeurs.
Nous ne saurons jamais lequel des deux ambassadeurs aura eu le plus d’influence… mais nous avons quand même une petite idée !
Le plus surréaliste :
Avril 1980, nous venons donc de quitter le Honduras et marchons la centaine de mètres qui sépare le poste nicaraguayen. Quand nous arrivons, l’Américain vient de démarrer dans un nuage de poussière.
Le petit poste frontière est tenu par des jeunes Sandinistes aux allures de guérilleros armés de mitraillettes. C’est vrai que Somoza a dû quitter le pays précipitamment il y a quelques de mois et que les Sandinistes ont gagné la révolution. Mais voir ces gamins avec ces fusils n’a rien de très rassurant.
Le chef, qui ne doit pas avoir plus de 20-22 ans, épluche nos passeports à la recherche de nos visas. Ils sont en règle mais son interprétation de la date de validité du visa ne correspond pas à l’interprétation de l’ambassade à Mexico.
« No pasaran » qu’il déclare (normal pour un révolutionnaire !) à part que nous ne sommes pas d’accord. Nous sommes tombés sur un jeune capitaine beau et con à la fois !!! « Vous devez retourner au Honduras et faire une demande de visa à Tegucigalpa. » Et voilà ma Casablancaise qui, déjà chauffée à blanc par les Honduriens, lui explose à la figure comme une grenade d’abord en lui expliquant que la frontière de l’autre côté est fermée, que nos visas sont valides et que nous sommes au Nicaragua pour voir la révolution en route…etc. On le sent vaciller mais pas question de prendre la face devant les petits moujiks… « OK 72 heures de transit et nous passerez au Ministère de l’Intérieur pour valider votre visa ».
Bref pas vraiment le meilleur accueil.
je viens agrandir les rangs de ceux qui s'extasient en passant une frontière et je fais également partie de ceux qui s'amusent à avoir un pied dans un pays et l'autre dans un autre 😉
mon souvenir le plus sympa, la frontière Argentine-Chili au Paso de Jama, où les conducteurs de camions qui passaient s'amusaient à nous voir pendant notre séance photo "un pied dans chaque pays" en nous saluant sympathiquement d'un coup de klaxon.
les passages en bus/voiture retiennent également toute mon attention car même si les paysages ne changent pas forcément tout de suite, on voit en général assez rapidement la différence dans tout le reste.
quant aux arrivées en avion... je dois avouer que j'ai toujours des frissons lorsque je m'apprête à poser le pied sur un territoire inconnu pour la première fois, et ceci dès la descente de l'avion.
Extraordinaire coincidence Songhai/Francia et je suis sur que tu apprecieras ce qui suit...
Le plus sportif :
Aout 1973, lors d’un camp de vacances, une randonnée en montagne entre Morzine et Champéry en Suisse est proposée. C’est l’occasion de découvrir des paysages montagnards époustouflants (un vrai décor à la Belle et Sébastien !), l’ambiance chaleureuse des chalets-refuges et des fondues bien arrosées. Sur un versant rocailleux au milieu de nulle part, nous tombons sur un marqueur en bois décoré d’un côté du drapeau suisse et de l’autre du français. Ouah, c’est ma première fois que je vois une borne internationale ! Dans un état d’excitation qui surprend les autres marcheurs, je commence à en faire le tour plusieurs fois rien que pour le plaisir de m’entendre dire « En France, en Suisse, en France, en Suisse… ». Pour certains j’ai du passé pour un débile profond, d’autres ont mis ca sur le compte de l’altitude.
Mais ce qui m’a davantage surpris c’est le fait que nous n’avons jamais rencontré de douaniers aussi bien à l’aller qu’au retour… Nous avions suivi un vrai chemin de contrebandiers….
tu n'as pas été le seul débile profond crois moi ! 😉
et oui les frontières sont bien poreuses 😏
autre anecdote pour moi en décembre 2007 : voyage au Mali , arrivée à " l'Aéroport International de Mopti " , ça fait sourire déja vu la taille du "hangar " ...pas de détecteur ..on passe tranquille !
au retour j'ai une bouteille d'eau dans mon sac à dos , mon couteau "Opinel "😛 , pas plus de détection !..on patiente , il fait chaud , je ressort , je papote et re papote avec nos potes Maliens qui nous ont accompagnés ...le temps passe et bien sur je suis la dernière , on vient me chercher je court , manque de louper le départ !
et de plus je n'ai pas fait tamponner mon passeport ...pas grave , point de tampon de sortie !
tout ce passe bien c'est le 24 décembre , on nous attend à la maison pour le réveillons ...arrivé vers 23h ..
ma famille a l'air bizarre ...4 Français viennent d'être tuer en Mauritanie 😕
depuis c'est la psychose pour beaucoup !
francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion!
Khalil Gibran
Le plus oppressant :
Décembre 1978, je viens rendre visite à une amie qui étudie à Berlin. Quelle ville étonnante, dégoulinante de lumières (peut-être pour faire oublier ses façades tristes) et aérée avec d'immenses parcs et de superbes forêts. Un étrange mélange d'atmosphères ; outrageusement capitaliste et en même temps anarchiste, pacifiste mais pleine de militaires, jeune mais remplie de petits vieux. Définitivement une ville de contrastes !
Mais je n'avais encore rien vu !
Check Point Charlie. Une cabane toute en longueur occupée par des militaires des trois pays alliés et un panneau en quatre langues pour nous informer que nous quittons le secteur américain. En face une espèce de mirador au milieu de la rue, des soldats qui observent tout ce qui bouge avec des jumelles, des chicanes et le mur cachant l'autre côté de la rue.
Après avoir payé un visa pour la journée, changé (obligatoirement) une vingtaine de Deutsch Marks et rempli des formulaires, j'attends patiemment de pouvoir passer une personne à la fois dans une petite guérite remplie de miroirs. Derrière des vitres, le garde-frontière, assis sur une chaise surélevée est sérieux comme un pape constipé. Il épluche soigneusement les pages du passeport en jetant discrètement des coups d'œil sur les miroirs. Tout est fait pour intimider le pauvre touriste et en même temps lui donner le frisson qu'il est, d'une certaine manière, venu chercher. Le tampon est apposé sèchement et l'autre porte s'ouvre soudainement et automatiquement.
Le point de non-retour est atteint ; je pénètre dans un monde inconnu où tout parait bien terne et oppressant. La transition est phénoménale. Une même rue coupée par un mur mais deux univers
diamétralement opposé.
L'année suivante, je me retrouve de nouveau à Berlin Est mais en venant cette fois de Prague. Pas moyen de trouver le point de passage pour retourner à Berlin Ouest. Pas d'autre choix que de demander à des passants comment faire pour passer de l'autre côté. Jamais je ne me suis senti aussi mal à l'aise de ma vie.
Le plus Invisible:Si nos jours, la plupart des frontières européennes sont invisibles, en Décembre 1982, alors que je découvre pour la première fois la Cote d’Azur, ce n’était pas encore le cas.
Comment ne pas tomber de suite sous le charme de la Cote d’Azur : soleil, mer et palmiers en plein hiver le tout sur fond de montagnes enneigées, comment est-ce possible ?
Eblouis, nous suivons la route du bord de mer, Villefranche, Beaulieu, St Laurent, Cap-d’Ail… Tout à coup je remarque que les trottoirs sont plus hauts et surtout plus propres. Que se passe-t-il donc ? En fait nous venons de pénétrer dans la Principauté de Monaco. Quelques centaines de mètres plus loin, à voir cette forêt de beaux immeubles, il n’y a plus aucun doute possible : nous sommes bien dans un autre pays !
Le plus cocasse :
Aout 1985, nous venons de traverser la ville de Vršac et roulons au milieu des champs de maïs en direction de la frontière. Au poste yougoslave, les douaniers tamponnent nos passeports sans même les regarder. Quelques mètres plus loin, les douaniers roumains inspectent lentement les quatre camions et les deux voitures de touristes qui attendent devant la barrière. Ils sont un peu surpris de voir arriver dans une R5 toute cabossée et rouillée, ce jeune couple et leur gamine de trois ans. Ils le deviennent encore plus quand nous leur tendons deux passeports français et un britannique. Candice étant née à Londres (avant que Thatcher ne change les lois), nous avons pu lui faire faire un passeport avant de quitter la Grande Bretagne alors qu'elle était encore bébé. Elle a donc un passeport avec une photo prise à l'âge de trois mois !
Cette situation les intrigue et semble les dépasser complètement.
Conciliabules dans le bureau du chef qui n'arrête plus de retirer sa casquette pour se gratter la tête. Les douaniers chargés de la fouille oublient d'inspecter la voiture pour venir commenter ce cas de figure improbable.
C'est qu'ils ne savent pas trop quoi faire.
L'un d'eux parle le français et demande :
« C'est bien votre fille ? »
« Bien sûr c'est bien notre fille… Vous voyez, elle a le même nom de famille. » Argument faible mais qui produit un certain effet.
« Elle ressemble pas à la photo. »
« Si si, regardez bien, c'est bien elle. » Evidemment entre un bébé, tenu à bout de bras pour prendre la photo, et la petite fille blonde de trois ans qui se demande pourquoi tout le monde l'observe, il y a une très grande différence.
Re grattage sous la casquette.
« Mais pourquoi elle a un passeport diffèrent du votre ? »
« Ben, parce qu'elle n'est pas née dans le même pays ! »
Je sens qu'ils vont tomber à court de questions. Mais pas encore.
« Pourquoi vous venez en Roumanie ? Vous avez de la famille ? »
« On nous a dit que c'est un beau pays, faut-il avoir de la famille pour visiter votre pays ? » Ah la bonne vieille technique de répondre à une question par une autre question…
Le chef finit par appliquer un beau tampon à l'encre jaune à peine lisible en nous souhaitant :
« Bon voyage en Roumanie » puis ajoute en direction de Candice :
« Bye bye little baby girl. »
C'est qu'en plus il a de l'humour !
Le plus accommodant :
Juin 1995, après sept longues années sans quitter l'Australie, il est grand temps que les choses changent. C'est notre premier grand voyage à cinq. Après deux grosses frustrations d'affilé, c'est-à-dire des arrêts où l'on ne peut pas sortir des salles de transit, à Sydney puis à Honolulu, nous arrivons à Vancouver où nous passons plusieurs jours chez des 'vieux' amis.
Bien évidemment, il y a longtemps que j'avais repéré que Vancouver n'est situé qu'à quelques kilomètres de la frontière et il était donc hors de question que je ne la franchisse pas. Sept ans d'abstinence, c'est long !
« Eh, les filles, vous ne voulez pas aller en Amérique pour la journée ? »
'Bercées' depuis des années par des séries américaines, je savais que j'avais là un bon argument pour convaincre les trois filles. Ensuite, il me suffirait de mettre ça au vote familial et bingo, la plus récalcitrante des cinq n'aurait pas vraiment le choix… Du grand art de diplomatie !
Je loue la voiture pour la journée et nous filons vers Blaine. Je montre fièrement la belle Arche de la Paix qui marque la frontière entre le Canada et les Etats Unis, mais elle ne les impressionne pas.
Nous descendons de la voiture pour nous rendre aux bureaux des douanes américaines, tout excités. Après avoir rempli nos formulaires nous tendons cinq passeports australiens flambant neufs. Le douanier tourne les pages avec l'air de chercher quelque chose… qu'il ne trouve pas.
« But you haven't got a US visa ? »
« Do we need one, we're all Australians and it's only a day trip ? » Le gars prend une mine navrée mais nous confirme qu'il ne peut rien faire, il faut un visa.
Ah la gueule, oh la honte, aie la déception. Mais Daddy à la rescousse quand je demande :
« What about if we show you a French passport with the kids on it? »
« Yes, that will do. » annonce-t-il avec un grand sourire.
Ouf, je l'ai échappé belle !
En plus la journée à Bellingham fut parfaite.
Le plus économique :
Avril 1998, nous reprenons nos voyages à cinq. Cette fois nous allons moins loin mais le dépaysement n'en est pas moins total. Nous venons de prendre la navette qui emprunte le Pont de l'Amitié qui enjambe le Mékong et arrivons devant les bâtiments tout neufs de l'immigration laotienne. Il y règne en ce Lundi de Pâques une belle cohue. Après d'interminables palabres et de nombreuses d'allées et venues entre les différents guichets, il en ressort qu'il faut débourser US$50 pour chaque visa plus un dollar supplémentaire car c'est un jour férié ?!
Sacré trou dans le budget !
Forts de notre précédente expérience aux Etats Unis, nous remplissons de nouveaux formulaires et présentons nos passeports français qui incluent également les filles. Pas de problème. Nous sommes évidemment ravis d'avoir pu économiser US$153 aussi facilement.
Au bureau de change juste à côté, nous changeons une coupure de US$50 et nous nous retrouvons avec 165000 Kips en forme d'épaisses liasses de vieux billets de 1000 Kips. Pas facile à mettre dans le sac à main ! Nous apprenons également qu'au Laos, il n'existe que des billets de 100, de 500 et de 1000 Kips. Heureusement ici on ne s'embête pas avec les pièces de monnaie.
C'est donc au Laos que nous sommes devenus pour la première fois de vrais millionnaires.
What a feeling !!!
Hello !
Pour répondre à la première question "pourquoi devient-on accro au voyage ?"...je ne sais pas...
Dans ma famille, nous voyageons depuis 3 générations non stop : Mamie (88 ans) qui vadrouille depuis plus de 70 ans et encore maintenant deux à trois fois par an, Pascale (59 ans) idem tous azimuts, Fabien (32 ans) qui suit le mouvement depuis une quinzaine d'années. Voyage génétique ?
Quant à passer une frontière, n'est-ce pas déjà ouvrir sa porte, traverser la rue et aller vers l'étranger de l'autre côté ?
Je suis bénévole dans une ONG et vais à la rencontre de migrants européens tous les jours dans ma ville. Au travers de nos échanges, j'écoute leurs histoires personnelles et voyage en passant d'un pays à l'autre.
De fait, lorsque je suis à l'étranger parfois très loin de chez moi, je me sens rarement "étrangère", souvent étonnée et touchée de l'hospitalité donnée simple et chaleureuse, davantage attachée à nos ressemblances qu'à nos dissemblances.
Au-delà des limites, il n'y a pas de frontières...pour qui veut bien les franchir ?
Amitiés, Pascale
J'ai trouvé beaucoup de plaisir à lire les péripéties de vos passages à différentes frontières et je souhaite que vous en traversiez encore plusieurs autres.
Mais ... l'Amérique ne se réduit pas aux USA, le Canada est en Amérique :
« Eh, les filles, vous ne voulez pas aller en Amérique pour la journée ? »😉
Pierroro
Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.)
- et je vous remercie par avance pour votre réponse.
Merci Pierro !
Bien sur que je sais que l'Amerique c'est bien plus que les Etats Unis... d'Amerique et que le terme inclut aussi le Mexique et le Canada.🙂
Et puis tu sais bien que... depuis Tintin en Amerique (et surement avant) les Etats Unis et Amerique c'est kifkif.... et que seuls les Canadiens tiquent a cet abus de language !!! (only kidding of course)
Par contre j'ai un dilemme a propos des Bahamas qui ne sont pas consideres comme faisant partie des Caraibes donc de l'Amerique Centrale...??? Sont-ils au nord oui ou non ???
Puisque que nous sommes dans les histoires de continents...
En France quand j'etais gamin on apprenait qu'il y avait 5 continents - Europe - Asie - Afrique - Amerique - Oceanie... les cas des poles Arctique et Antarticque etait toujours flou.
Quelle fut donc ma surprise quand mes gamines n'ont dit qu'en Australie on leur apprend qu'il y a encore plus de continents : Europe - Asia - Africa - North America - South America and Australia (on ne sait pas ou classer la Nouvelle Zelande ni les iles du Pacifique apparemment !?) + Arctic and Antarctic.
Ah la geographie, c'est bien compliqué !!!
Quant aux autres passages de frontieres... ils arrivent !
Le plus kafkaïen :
Janvier 2002, nous venons d’atterrir à Brunei. Une chaleur humide nous tombe dessus alors que nous parcourons les couloirs carrelés du petit aéroport. L’attente devant les guichets des douanes semble interminable. Le remplissage des fiches d’immigration a été laborieux et tous les passagers de l’avion sont maintenant devant nous !
Enfin, notre tour arrive. La douanière dont le foulard bleu est assorti à son uniforme rentre lentement mais surement nos données dans son ordinateur puis nous demande un dollar de Brunei (0,60 Euro) par personne pour le visa (surement l’un des moins chers au monde !).
Seul hic il faut payer cash en monnaie locale ou en dollar singapourien.
Bien évidemment nous n’avons ni l’un ni l’autre.
Je lui demande donc où je peux changer quelques dollars australiens.
« Au bureau de change qui est un peu plus loin. » répond-t-elle.
Je me dirige donc dans la direction indiquée.
« Où allez-vous ? » qu’elle me lance.
« Ben changer de l’argent ! »
« Mais vous ne pouvez pas passer, vous n’avez pas de visa ? » réplique-t-elle.
???
Je la regarde ahuri sans savoir si elle plaisante ou pas. Non elle ne plaisante pas. Je demande donc à un jeune mec qui assiste à la scène s’il peut changer les 20 dollars australiens que je lui tends.
Sympa, il y va mais revient quelques minutes plus tard en me disant qu’il faut une pièce d’identité pour changer de l’argent !!!
???
Comment allons-nous nous sortir de cette situation ubuesque ?
Long moment de flottement suivi de regards interrogatifs.
Finalement elle accepte que j’aille jusqu’au bureau de change mais accompagné d’un de ses collègues. Comme si j’allais filer en douce dans ce bien curieux pays en laissant mes quatre nénettes bloquées à la douane ?!
Trois semaines plus tard, sur le chemin du retour nous repassons à Brunei. Cette fois, nous sommes bien préparés puisque quand nous sommes repartis j’avais pris soin de prendre des formulaires de douane (que nous avons remplis dans l’avion) et surtout j’avais conservé quelques dollars locaux en prévision…
Quelle efficacité, d’ailleurs nous sommes les premiers à passer. Derrière nous, un couple d’étrangers est en train de revivre la même scène que nous avons vécue à l’aller. Je leur tends deux billets d’un dollar de Brunei en leur disant :
« Please, take them, it will simplify your life, trust me. »
Le plus cool :
D’Aout 2004 à Mars 2005, ma passion pour les frontières prend une tournure tout à fait surprenante et complètement inattendue. En effet, je viens de signer un contrat avec les Nations Unies et me retrouve à Dakar au Sénégal pour travailler sur un projet de démarcation entre le Nigeria et le Cameroun.
Le rêve devient réalité.
Ce passionnant travail nécessite de nombreux déplacements entre les trois pays et comme tout voyageur se déplaçant fréquemment, j’apprends vite quelques petits trucs pour faciliter les passages aux douanes et éviter les longues queues. Par exemple, je m’assure de toujours emporter des fiches des douanes remplies d’avance, de repérer les douaniers que j’ai fini par bien connaitre, de porter certains vêtements, d’éviter les lacets... etc.
Tout cela se passe donc comme sur des roulettes. Mes arrivées et départs de l’aéroport de Dakar sont même parfois ponctués d’un chaleureux :
« Salut chef, encore en vadrouille. »
Et puis un jour, grande commotion dans la salle des arrivées. Le foutoir le plus complet, les queues n’avancent pas, les passagers s’impatientent et râlent et les douaniers, complétement désemparés, se lamentent.
L’explication se propage parmi les voyageurs dans un brouhaha grandissant.
Consternation quand l’on apprend qu’un nouveau format des fiches de douanes est en place depuis hier. Les compagnies aériennes n’étant pas informées, le personnel de bord a distribué à leurs passagers les anciens modèles, d’où cette cohue indescriptible pour d’abord trouver le nouveau formulaire et ensuite pour trouver un espace (et un stylo) pour le remplir.
Deux heures plus tard, le douanier aux yeux cernés articule péniblement
« B’jour chef, bienvenu à la maison ».
Quant à moi, il va falloir maintenant que je liquide toutes les fiches que j’avais remplies la semaine dernière… pfft !
Le plus officiel :
Par contre le changement de décor et de décorum ne pourrait pas être plus radical dès que j’arrive soit au Nigeria soit au Cameroun. Là, ce n’est pas l’individu qui débarque mais un membre d’une délégation officielle que l’on accueille. Une sacrée nuance que je ne tarde pas certes à apprécier mais qui me met parfois mal-à-l’aise.
Evidemment personne ne va se plaindre d’être invité à rejoindre le salon d’honneur pendant que les formalités douanières sont effectuées et que les bagages sont directement transférés jusqu’à l’hôtel.
Ça c’est super cool ! Mais la contrepartie est le protocole qu’il faut suivre et qui peut parfois être pesant.
C’est particulièrement le cas lors des déplacements sur le terrain nous ne faisons pas vraiment dans la discrétion car nous sommes, pour des raisons de sécurité toujours accompagnés d’une escorte militaire soit d’un pays soit de l’autre. Des motards, toutes sirènes hurlantes, nous ouvrent la route pour nous permettre de traverser en trombe des villages en laissant des nuages de poussière sur notre passage. Mais bon ce n’est pas tous les jours non plus que des douaniers se mettent au garde-à-vous à mon passage !!!
Le plus poli :
Février 2005, je termine un petit séjour bien agréable en Gambie mais au lieu de rentrer en avion comme prévu, c’est par la route que je rentre à Dakar. Une sombre histoire de vol annulé.
Le taxi me dépose devant le poste frontière complétement désert. Il est tenu par une charmante douanière qui semble vouloir faire la causette. Elle me pose toute une série de questions à propos de mon trop court séjour : qu’est-ce que j’ai fait, qu’est-ce que j’ai vu, qu’est-ce que j’ai aimé, est-ce que j’ai bien mangé… ? Enfin elle ne rend mon passeport et ajoute :
« Merci d’avoir visité la Gambie. »
C’est bien la première (et unique) fois qu’un(e) douanier(e) me remercie.
J’en suis tout retourné.
Le plus chaotique :
Mars 2005, après sept mois de passe-passe entre Dakar, Ndjamena, Abuja et Yaoundé, il est temps de rentrer à la maison. Mais d’abord je tiens à voir cette anomalie géologique que j’avais repérée sur une carte du nord de la Mauritanie : le célèbre Guelb er Richât. Le chemin du retour passe donc par Nouakchott.
Nous ne sommes qu’une trentaine de passagers à descendre mais quelle sacrée bousculade pour attraper la dizaine de formulaires d’immigration qui traine sur un comptoir. Incroyable mais vrai, il n’y a pas assez de formulaires pour tout le monde ?! L’un des douaniers moustachus nous assure que d’autres formulaires sont en route sans toutefois préciser quand !
Pour le moment la priorité est de récupérer la valise et au milieu de cette pagaille ce n’est pas une partie de plaisir. Curieusement apparaissent une dizaine de jeunes gens proposant ces fameux formulaires/sésames. L’un d’eux me prend sous son ‘aile’ et m’aide à remplir le formulaire puis à jouer les gros bras devant le guichet qui résiste vaillamment aux assauts répétés des voyageurs et de leurs nouveaux chaperons. Le douanier se contente de mettre mon passeport sur la pile en poussant une gueulante.
La tension monte d’un cran quand il part avec la pile de passeports vers un autre guichet situé à un autre bout de la salle. Il est de suite poursuivi par une meute de passagers affolés, leurs chaperons et les porteurs. Un de ses collègues (celui-ci à des épaulettes) prend le relais mais dans sa précipitation lâche la pile de passeports et de formulaires qui se mélangent par terre sous nos yeux horrifiés. Concert de protestations, Il évite de justesse un piétinement fatal.
Vexé, il nous fait parcourir au pas de course un véritable parcours du combattant à travers tout l’aéroport. Dans le vain espoir de nous semer, il n’hésite pas de passer par des petites portes, d’emprunter des tourniquets et même de marcher à contrecourant au milieu d’une file de passagers en train d’embarquer. La course poursuite se termine finalement devant un minuscule bureau. Là, le gradé confie les passeports à un douanier complètement hébété en franchement affolé en voyant la petite foule passablement énervée s’agglutiner devant la porte de son bureau. Après quelques minutes d’âpres discussions, nous apprenons que ce n’est pas lui qui a les tampons nécessaires, lui n’a que l’encre rouge !!!
Nouvelle attente, nouveaux énervements, enfin arrivent trois douaniers munis des tampons. Une nouvelle ruée s’ensuit pour essayer d’être le premier devant la vitre du guichet. Fatigué par cette éternelle bousculade, je reste cette fois à l’écart pour observer cette mascarade.
Je crois bien que tout ce cirque n’a qu’un but : nous soutirer quelques sous supplémentaires. Cette histoire de formulaires manquants ne bénéficie qu’à ces jeunes apparus de nulle part et surement de connivence avec les douaniers
Cette comédie et ces allers-retours sont un bon moyen pour accroître la tension et faire monter les enchères. Les passagers importants et réguliers, connaissent la marche à suivre (comme par exemple, placer un billet à la bonne page). D’ailleurs ils ont disparu depuis belle lurette et sont passés discrètement sans encombre. Il ne reste en fait que les passagers étrangers et les passagers mauritaniens les plus ordinaires.
J’assiste donc, mi-amusé et mi-dégoûté, à la distribution des passeports fraichement tamponnés. Une distribution faite à contrecœur car les bénéfices espérés ne semblent pas avoir été à la hauteur des espérances des douaniers. Ah, maudits étrangers qui ne connaissent rien aux coutumes douanières locales…
Finalement, plus de deux heures plus tard, je me retrouve sur le parking de l’aéroport en train de donner un billet de CFA 1000 à mon chaperon (qui en plus il me fait la gueule !). Il ne me reste plus qu’à attendre la voiture envoyée par l’hôtel… Inch Allah !
Une fois encore, il ne faut pas se fier aux premières impressions car la Mauritanie est un pays magnifique et les Mauritaniens ont vraiment le cœur sur la main.
Le plus imprévu :
Novembre 2006, une trouée dans la couche de nuages me permet soudainement d’apercevoir un bout de bleu émeraude, une bande de sable blanc et des champs de canne à sucre. Nous venons d’atterrir à l’aéroport de Plaisance sur l’Ile Maurice. Rien de remarquable à part que normalement nous devrions être… à Dubaï !
Flash-back de 9 heures.
Nos vacances commencent (comme souvent !) à l’aéroport de Perth. Cette fois nous avons en poche un billet d’avion pour Londres via Dubaï avec Emirates. Seulement voilà, les choses ne se passent pas comme prévu puisque le vol de Londres est purement et simplement annulé. Commencent alors de longues palabres avec le chef d’escale pour le convaincre de nous transférer sur un autre vol. Quelques litres de salive plus tard, nous embarquons, direction Londres via l’Ile Maurice ?!
L’escale ne dure que six heures mais plutôt que de rester à l’aéroport nous décidons d’aller faire un petit tour et découvrir un petit bout de cette ile, parait-il paradisiaque. En prime, il y a un passage aux douanes et un tampon supplémentaire… Ca j’aime !
J’aime aussi la tête du douanier qui me demande combien de temps je compte rester à Maurice.
« Six heures, Monsieur ! »
C’est parfois fou ce que l’on peut faire et voir en en six heures…
Le chauffeur de taxi, particulièrement sympa, à qui nous exposons notre problème de temps y est aussi pour beaucoup. Ainsi grâce à lui, nous nous sommes baladés sur la plage définitivement paradisiaque de Blue Bay, nous avons pris un super petit déjeuner en regardant les pêcheurs devant l’Ile aux Aigrettes, visiter la pittoresque ville de Mahébourg, découvert de charmantes petites anses et admiré l’imposante montagne du Vieux Grand-Port.
Ce très bref aperçu nous a donné envie de revenir car maintenant nous pouvons le confirmer : Maurice est bien un bout de paradis… et puis ils ont aussi des beaux tampons !!!
Le plus isolé :
Mars 2008, quelques heures après avoir quitté Puerto Natales et traversé des paysages somptueux de lacs et de montagnes aux sommets enneigés, nous arrivons enfin à Cerro Castillo, un hameau aux maisons en bois aux toits bleus sorti de nulle part, qui fait également office de poste frontière.
La trentaine de passagers descend rapidement pour se mettre à l’abri du vent glacial (genre Mistral à la puissance 3) dans un petit chalet en bois. En attendant notre tour, nous regardons les prospectus touristiques vantant les merveilles de la nature dans cette partie du sud du Chili et observons nos ‘camarades’ de bus en essayant de deviner leur nationalité.
Les uns après les autres nous regagnons au pas de course le confort relatif du bus.
La barrière rouge et blanche se lève enfin et nous poursuivons notre voyage sur une route en terre. Les forêts sont remplacées par des collines pelées.
Quelques kilomètres plus loin apparaissent d’autres bâtiments, blancs ceux-là. Un drapeau argentin claque fièrement au vent.
De ce côté-ci, le chalet est trop petit pour contenir tout le monde. Il faut donc faire la queue dehors et grelotter (le Mistral argentin est encore plus glacial que le chilien !!!). Autres douaniers, autres uniformes mais ceux-ci paraissent bien trop grands et de forte mauvaise qualité pour ces pauvres jeunes recrues.
A l’évidence, nous sommes leur unique divertissement de la journée et ils en profitent pour prendre tout leur temps et surtout pour mater les jolies touristes scandinaves qui nous accompagnent. Derrière l’unique comptoir, on aperçoit un salon avec de grands canapés où sont affalés des jeunes soldats en train de regarder des dessins animés. L’ambiance est plutôt cosy…
Mais c’est surement ce qu’il faut à ces pauvres bougres pour survivre dans un tel isolement et supporter cet ennui infini. Je me demande ce qu’ils ont bien pu faire pour mériter une mutation au fin fond de la Patagonie ?
Tout le monde remonte dans le bus. Deux douaniers baissent la chaîne et nous font des grands signes d’adieu. Nous les laissons à leur triste solitude.
Bonjour
mon meilleur souvenir de frontière je l'ai eu assez petite quand on partaient faire des balades à pied sur les sommets des Alpes !
je me souvient du bonheur ressenti en posant le pied après le panneau "Suisse " au sommet de la vallée d'Abondance en
Haute Savoie , j'avais 8 ans environ ...
j'ai tester avec mes enfants c'était pareil , ils sautaient d'1 côté puis de l'autre , épatés d'être à la fois en Suisse et en France !
depuis les frontières ont toujours ce doux souvenir pour moi , et me permette de relativiser l'attente et les tracasseries administrative !
prochaine frontière dans quelques jours ! Maroc pour la 21 eme fois !😏
francia
😉En parlant de frontières.... il y a quelques années, mon mari et moi sommes descendus en France en passant
par le Lac Leman et je ne sais plus exactement dans quelle ville, il était indiqué "le saut du Doubs", nous nous y sommes rendus. J'adore les cascades ! Et là, le Doubs était à sec, en Août évidement. Nous étions sur la rive Française et de l'autre côté de la rivière, c'était la Suisse. Mon mari a profité qu'il n'y avait plus d'eau pour passer sur les gros cailloux et s'est rendu en Suisse, à pieds et en 15 secondes !!!! C'est vraiment mon grand souvenir de frontières !!!!
On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va. »
Christophe Colomb.
J'y vais donc de mes expériences à différents postes frontaliers :
République dominicaine - Haïti : il faut voir le bordel au poste douanier ayitien : nous sommes six dans notre groupe, les 6 oeuvrant pour une ONG canadienne, et les douaniers se passent les passeports de l'un à l'autre, gueulent, s'énervent, courent, vont, viennent, reviennent, partent, repartent et toujours nos passeports se promènent d'une main à l'autre et il faut bien garder l'oeil ouvert sur nos passeports qui changent continuellement de main et aucun ne prend la décision de nousl aisser passer jusqu'au moment où un jeune garçon, un ti-moune, nous explique que le "capitaine" fait actuellement sa sieste et que pour le ramener au travail il faut mettre la main dans notre poche!!!
Burkina Faso - Mali : notre chauffeur ce matin-là roule à tombeau ouvert pour arriver tôt et avant la cohue à la douane malienne. Suprise! Il y a déjà congestion au poste.Tous les voyageurs, certains y sont depuisplus d'une heure, sont retenus à un petit poste par un subalterne qui attend que son "chef" de son bureau "officiel" à quelque 300 ou 400 mètres plus loin, qui prend son petit-déj à l'extérieur en rigolant avec des amis lui fasse le "grand signe" qu'il est prêt à nous recevoir. À 35-40C et le soleil tape, on est bien averti que nous, nous ne pouvons pas rigoler! Finalement 45 minutes plus tard, le chef s'est levé et a fait "le grand signe" et nous, tous les voyageurs, nous sommes faits petits pour ne pas perturber la digestion du "chef".
Canada-USA : mon épouse et moi nous rendons en Rép. dominicaine et prenons un vol en partance des USA, à Burlington, Vermont. Nous utilisons mon automobile pour la partie terrestre et notre fille nous accompagne pour ramener la voiture. Belle journée d'automne indien, j'en profite pendant la matinée pour laver l'auto et faire une petite inspection mécanique.
Tout est impeccable. Nous partons. Nous roulons doucement. Nous arrivons à la douane américaine. Les formalités d'usage vont bon train jusqu'au moment où le douanier me demande s'il est normal de rouler au Québec sans plaque d'immatriculation. Je ne comprends pas ou plutôt j'essaie de comprendre ce qu'il veut insinuer.
À son invitation - car aux douanes de l'Oncle Sam , il vaut mieux attendre d'être invité à bouger - je descends de l'auto, me rends à l'arrière pour constater que la plaque n'y est plus! J'ai perdu la !"/$%?& de plaque d'immatriculation, sur la route, entre la maison et la frontière américaine. Et nous avons un avion à prendre d'en moins de 3 heures. Aussi, il est irréaliste de retourner ... sans rater notre vol. On ne rit plus!
Après vérification et re-vérification et re-re-vérification sur son ordinateur, l'agent douanier m'invite alors à le suivre à l'intérieur du poste et là il me remet un feutre et un carton et me dit d'y inscrire le numéro de la plaque et me tend le ruban adhésif pour le faire tenir dans la lunette arrière ... et nous souhaite bonne route et bonnes vacances. Je vous laisse deviner les emmerd.. de notre fille, à son retour au Canada, quand elle s'est pointée à la douane!!!
Pierroro
Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.)
- et je vous remercie par avance pour votre réponse.
Excellent...
J'espere que tu avais ecrit au dessus de lettres et chiffres "Je me souviens"...
Quant aux Bahamas j'y suis alle... en 1980.
Ca avait ete d'ailleurs laborieux car l'avion avait ete oblige de retourner a Miami pour cause d'orages. Je passe sur les perturbations... nous avions bien cru que notre derniere heure etait arrivee.
Quelques heures plus tard nous sommes repartis de Miami pour atterrir a Nassau sous un soleil radieux.
Je peux meme dire que c'est le passage de la frontiere le plus musical que je connaisse car il y avait meme un orchestre dans la salle des arrivees pour nous mettre dans l'ambiance.
Pour la biere fraiche... volontiers ! Nous en avons plein d'icy cold ones down under... hint!!!
😉En parlant de frontières.... il y a quelques années, mon mari et moi sommes descendus en France en passant
par le Lac Leman et je ne sais plus exactement dans quelle ville, il était indiqué "le saut du Doubs", nous nous y sommes rendus. J'adore les cascades ! Et là, le Doubs était à sec, en Août évidement. Nous étions sur la rive Française et de l'autre côté de la rivière, c'était la Suisse. Mon mari a profité qu'il n'y avait plus d'eau pour passer sur les gros cailloux et s'est rendu en Suisse, à pieds et en 15 secondes !!!! C'est vraiment mon grand souvenir de frontières !!!!
Bonjour
c'était un questionnement pour moi et mes enfants plus tard : pourquoi des frontières ? pourquoi des douaniers ?
et maintenant pourquoi des murs ?
mais la c'est encore plus complexe !😕
francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion!
Khalil Gibran
Effectivement pourquoi ?
Ceci dit elles (les frontieres) ne datent pas d'hier. En Australie, la limite du territoire de certains clans s'arret(ai)ent aux endroits ou le sable changeait de couleur !!! C'est vrai que nous n'avons pas beaucoup de rivieres par ici !!!
😉En parlant de frontières.... il y a quelques années, mon mari et moi sommes descendus en France en passant
par le Lac Leman et je ne sais plus exactement dans quelle ville, il était indiqué "le saut du Doubs", nous nous y sommes rendus. J'adore les cascades ! Et là, le Doubs était à sec, en Août évidement. Nous étions sur la rive Française et de l'autre côté de la rivière, c'était la Suisse. Mon mari a profité qu'il n'y avait plus d'eau pour passer sur les gros cailloux et s'est rendu en Suisse, à pieds et en 15 secondes !!!! C'est vraiment mon grand souvenir de frontières !!!!
Bonjour,
Alors, vous étiez à côté du Lac des Brenets et vous étiez à Villiers-le-lac...
Je l'ai fait aussi 😇... mais de Suisse à France...
Je me permets aussi de participer à la conversation...
La plus insolite pour moi a été les frontières entre Baarle-Hertog (B) et Baarle-Nassau (NL)
Le village est morcelé de parcelles belges et néerlandaises...
Ci-dessous la porte d'entrée (n°33) donne sur les Pays-Bas et le salon se trouve en Belgique...
On remarquera le n°3 qui est la numérotation belge dans cette rue...
Borne frontière au millieu du village...
@ambre: oui j'ai adoré! se retrouver en France sans voir de douaniers c'était marrant à l'époque...
😎Oui, je connaissais l'histoire du salon en Belgique et de ce village "à part"
Mais je ne l'avais jamais vu.
Merci à toi pour tes photos, chouette information.
On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va. »
Christophe Colomb.
Le plus chaleureux :
Septembre 2009, Notre chauffeur nous fait signe de monter dans la camionnette maintenant vide. Nous quittons Qaa, le poste frontière libanais et le laissons volontiers à son embouteillage de voitures et minibus et à son éternelle bousculade de travailleurs syriens jouant des coudes devant le guichet vitré protégeant la demi-douzaine de douaniers visiblement débordés et déjà fatigués.
Le poste frontière syrien est encore à quelques kilomètres, au bout de cette longue ligne droite bordée par endroits de camps de réfugiés reconnaissables aux alignements de tentes. Certaines sont munies de paraboles rouillées, indices que ces camps en toile ne datent pas d’hier...
Terminus devant l’arche nous souhaitant (j’imagine) la bienvenue en Syrie. Nous trainons nos valises une centaine de mètres, jusqu’aux bâtiments administratifs arborant drapeaux étoilés et portraits géants du président actuel Bachar El-Assad et de son père Hafez El-Assad.
Nouvelle sacrée mêlée devant les guichets. J’interpelle un douanier en civil qui sort précipitamment de l’un des bureaux et lui montre nos passeports en tout faisant les yeux ronds et en haussant les épaules. Compréhensif, il va nous chercher des formulaires et parler à l’un des douaniers en uniforme en nous montrant du doigt. Il revient vers nous et ajoute avant de filer dehors au pas de course :
« You fill up these forms and give them to this man, only this man. Welcome to Syria. »
Le douanier en uniforme en question, surement soulagé de s’occuper d’une paire d’étrangers perdus plutôt que de ses compatriotes excités, nous attire à l’écart pour vérifier la validité de nos visas et ajouter un tampon en nous souhaitant lui la bienvenue en Syrie. Ma parole, c’est une véritable manie ici… très sympathique d’ailleurs !
Moins de dix minutes plus tard nous retrouvons dehors au milieu de la cour écrasée de chaleur. En face, un petit bureau de change ouvert nous permet d’échanger nos livres libanaises contre des livres syriennes. Deux jeunes douaniers nous regardent tirer nos valises en souriant et nous lance dans un bel ensemble un « Welcome » guttural.
Derrière la barrière ouverte, trois minibus attendent les clients. Le chauffeur du premier, habillé d’une djellaba et d’un veston ouvert sur une belle bedaine, nous fait comprendre tout en s’essuyant la moustache avec son foulard à damier rouge et blanc, qu’il va à Homs, la grande ville la plus proche. « Welcome » ajoute-t-il en nous indiquant deux sièges vides.
Je ne sais pas si ce sont des consignes du Président mais pendant toute la durée de notre séjour, ce sera le mot que nous entendrons le plus souvent, partout et tout le temps. A de nombreuses reprises, des gens n’hésiteront pas à traverser la rue juste pour nous souhaiter la bienvenue et nous remercier de visiter leur pays avant continuer leur chemin. Cette amabilité, gentillesse et curiosité discrète, m’ont constamment rappelé un autre pays particulièrement chaleureux : l’Iran.
Voir ce que ce si beau pays (la Syrie) devient me fend profondément le cœur.
Le plus sexy :
Juin 2012, le train démarre lentement dans la nuit. Par la fenêtre, je vois des soldats chinois, alignés à intervalles réguliers sous la pluie, saluer au garde-à-vous notre train qui quitte la mère-patrie. Quelques minutes plus tard, nouvel arrêt dans une gare déserte et lugubre, péniblement éclairée par quelques néons. Nous venons d’entrer en Mongolie.
Après une longue attente dans un silence seulement troublé par les gouttes de pluie qui frappent les vitres, quelques bruits de locomotive suivis par des bruits de bottes et des rires de jeunes femmes annoncent un semblant d’activité.
Une porte s’ouvre, quelques voix chantantes approchent. Trois petits coups à la porte de notre compartiment et nous voyons apparaitre une Miss Monde suivie d’une Miss Univers. Rouge aux lèvres, yeux maquillés, mini-jupe et bottes à haut-talon, seules les épaulettes et la casquette révèlent que nous avons à faire à des douanières.
« Your passports and immigration forms, please. » gazouille l’une d’elles pendant que l’autre fait semblant d’inspecter nos valises. Elles disparaissent dans le couloir et reviennent une petite heure plus tard avec nos passeports dument tamponnés.
« Good night ! » murmure Miss Monde… ou peut-être est-ce Miss Univers !
You bet !
Quelques beaux rêves plus tard, je tire les rideaux pour découvrir le Désert de Gobi dans toute son immensité.
Le plus fantôme :
Juin 2012, le train relie Moscou à Minsk (et nous par la même occasion !). Au milieu de la nuit, le train s’arrête un long moment à ce qui me parait être la frontière mais personne ne vient contrôler qui ou quoique ce soit ?!
Au petit matin, un peu avant de débarquer à Minsk je demande, légèrement inquiet, au contrôleur si nous devons présenter nos passeports à quelqu’un ; je n’ai pas particulièrement envie d’être considéré illégal et de me retrouver dans les cachots dans la dernière dictature d’Europe. Il me rassure en m’informant que les formalités douanières entre la Biélorussie et la Russie ont été supprimées. A chacun son espace Schengen !
Et dire que ce fut la croix et la bannière pour obtenir ce visa biélorusse. La Biélorussie n’ayant pas d’ambassade à Canberra, il nous avait fallu envoyer nos passeports à Djakarta en recommandé, une opération stressante qui nous avait couté quatre fois le prix du visa !!! Mais qu’est-ce que je ne ferais pas pour franchir des frontières… mêmes fantômes et qui plus est en pleine nuit pour au final ne rien voir du tout ?!
Un petit arrière-gout d’arnaque !
Mais grosse différence, une paire de jours plus tard, lorsque nous nous rendons à l’aéroport de Minsk, un tout nouveau bâtiment en acier et en verre qui sent encore le neuf. Vu le peu de vols, on ne se bouscule pas vraiment dans le terminal régulièrement patrouillé par des soldats armés aux mines patibulaires. Alors que je tourne en rond à la recherche des toilettes, deux soldats me demandent ce que je fais.
« I’m looking for the toilets. To-a-let » je réponds.
Alors que je m’attends à ce qu’ils m’indiquent une direction, l’ainé des deux dit :
« Passport. »
« No, toilets. »
« Passport. » traduit le second larron.
« What, I need a passport to go the toilets ?!?! » Ah, voilà donc pourquoi on a besoin d’un visa en Biélorussie… pour aller faire pipi !!!
« Passport. » insiste l’ainé.
« No, not with me, in my bag with my wife. » en pointant du doigt derrière eux, des sièges tout au fond… et en découvrant soudainement un petit panneau avec une silhouette d’homme et en-dessous des lettres : W C.
Je les plante là. Il était temps. En me séchant les mains, je me demande si les deux rigolos ne m’attendent pas derrière la porte, prêts à m’embarquer… Mais non, ils sont partis patrouiller ailleurs.
On appelle les passagers pour Varsovie…
Une queue se forme devant des vitres fumées gardées par une employée et soldat. Les voyageurs disparaissent, un à la fois, derrière la porte en verre opaque qui s’ouvre et se referme automatiquement. On se croirait de retour à Berlin Est.
A mon tour de découvrir ce qu’il se passe de l’autre côté. Un mec en uniforme me demande de laisser mon bagage sur le tapis roulant de la machine aux rayons-X, de donner mon passeport au douanier installé derrière lui et ma carte d’embarquement à une hôtesse.
Coup triple donc… pas mal ! Fort pratique en tout cas pour éviter d’autres longues queues.
Ah, en Biélorussie, on a peut–être pas de démocratie mais on a des idées !
Le plus surprenant :
Septembre 2013, décidément on me retrouve encore dans un train !
Celui-ci traverse un vaste tapis jaune de rizières et approche de la rivière Yalou qui sépare la Corée du Nord et la Chine. Notre compagnon de compartiment, jusqu’à présent silencieux pointe les montants d’un immense pont en construction et au-delà une multitude de buildings modernes que l’on commence à apercevoir au loin et annonce : « Dandong. » Le contraste entre les deux rives qui séparent les deux pays est saisissant : champs d’un côté, alignements d’immeubles de l’autre. Puis viennent les premières banlieues décrépies et les usines de la ville de Sinuiji.
Le train finit par s’arrêter complètement. Les passagers des autres wagons envahissent les quais puis disparaissent vers les passerelles. Le personnel militaire fait quelques va-et-vient puis se décide à monter dans le train pour inspecter les bagages et embarquer les passeports.
Le douanier et notre compagnon de compartiment semblent bien connaitre et entament une longue discussion ponctuée de quelques bonnes rigolades avant que ce dernier s’éclipse soudainement dans le couloir. Le douanier commence à examiner nos valises et surprise commence à parler en français en voyant le passeport de mon frère. Evidemment le fait que deux frères puissent avoir des passeports de différentes nationalités le surprend un peu mais certainement pas autant que les paquets de Gauloises Made in Germany recouverts de messages de santé en russe (elles ont été achetées à un duty free de Moscou) qu’il trouve dans l’un des sacs. Il finit par s’assoir sur l’une des couchettes et lance quelques plaisanteries en remplissant des formulaires. Curieusement il fait trainer les choses.
Pas très vifs à la détente, nous finissons par comprendre qu’il attend quelque chose. Nous lui proposons quelques paquets de cigarettes qui filent discrètement au fond de sa poche. Comme par magie la fouille des bagages cesse de suite, avant même qu’il ne commence l’inspection des appareils photos. Les voyageurs du compartiment suivant ont surement la malchance d’être des non-fumeurs car les seuls mots que leur douanier prononce sont : « Delete photo, delete photo. »
Quand notre compagnon de compartiment revient, il a un sourire en coin et nous demande « Combien ? » en nous montrant son paquet de cigarettes !
L’attente est longue et l’unique distraction consiste à regarder ces pauvres terrassiers (et terrassières !) sans pelles, ni gants en train de mettre des cailloux sur des chiffons et de les balancer sur les remblais. Deux heures plus tard, arrivent enfin premiers signes de mouvements. Nouvelle locomotive et changement de voie. Les douaniers remontent et distribuent les passeports au petit bonheur la chance.
Le soleil se couche alors que nous franchissons le pont de l’amitié sino-coréenne édifié vers la fin des années trente… par les Japonais. L’autre pont, construit vers 1910, fut en partie détruit par les Américains au début de la guerre de Corée et n’a jamais été reconstruit. Je ne sais pas si l’on y danse dessus mais, à voir le nombre de touristes, on s’y promène. Ce ‘pont cassé’ est devenu l’attraction touristique de Dandong car il offre une vue la imprenable sur la Corée du Nord.
En l’espace de quelques minutes nous changeons d’univers. Nous laissons derrière nous la tristesse, la désolation et les pénombres et arrivons dans une orgie de néons, une débauche de richesse et de modernité.
Quel extraordinaire contraste.
Quelques minutes plus tard le train s’arrête dans la gare ultra moderne de Dandong. Notre compagnon nous salue, il est arrivé à destination. Nouveaux formulaires à remplir et nouveau défilé de douaniers, ceux-ci sont moins sympas mais bien plus efficaces, surtout ils ne nous demandent rien.
Nouvelle longue attente, d’autres wagons sont rattachés au notre, reste à trouver la locomotive. Je retrouve le cérémonial des contrôleurs chinois qui se mettent au garde-à-vous devant chaque porte du train et celui du chef de gare qui salue tout ce qui bouge et lance des coups de sifflet dans toutes les directions. Le train s’ébranle lentement et passe en revue les immeubles illuminés par de savants effets de lumières.
Xavier, je commence a penser que tu es de Marseille plutot que de Perth!!!!!
Moi, pour avoir traverse des frontieres, excluant Canada-USA, surement plus d'une centaine de fois, je n'ai que trois maigres aventures tandis que toi .....
Pierroro
Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.)
- et je vous remercie par avance pour votre réponse.
Xavier, je commence a penser que tu es de Marseille plutot que de Perth!!!!!
Moi, pour avoir traverse des frontieres, excluant Canada-USA, surement plus d'une centaine de fois, je n'ai que trois maigres aventures tandis que toi .....
Je suis sous le choc… dire à un Chti qu’il est de Marseille c’est bien pire que dire à un Canadien qu’il est Américain.
Alors Pierroro soit la géographie de la France n’est pas ton forte soit tu as la mémoire qui flanche car la première phrase de ce post est bien:
…Pour ma part, j'ai toujours soupçonné que le fait d'être né (il y a 50++ années) à proximité de la frontière belge…
Je te fais remarquer que ces histoires de frontières s’étalent sur plus de quatre décades et qu’elles sont davantage des anecdotes que des aventures. Elles relatent des situations (100% véridiques – j’ai des témoins !!! non mais…) et rencontrées par de nombreux autres voyageurs. Mais peut-être ces derniers n’ont pas la même passion, obsession, observation, ou inspiration ni même l’envie de raconter que moi. Et puis, beaucoup de mes nombreux passages de frontières ont été… sans histoire. Pourtant ils sont tous au fond de ma mémoire, toujours prêts à remonter comme celui-là tiens.
Avril 1980. Je voyage avec un passeport périmé en Espagne et au Portugal. A ma demande le douanier espagnol met un tampon sans s’apercevoir que le passeport est périmé. Le douanier portugais lui refuse en expliquant qu’il ne peut pas. Devant ma déception, il retourne dans sa guérite, tamponne un formulaire et me ledonne. S’il savait combien de fois j’ai pensé lui (et le remercie encore maintenant) en regardant ce petit bout de papier que j’ai précieusement conservé dans un vieux passeport. Depuis j’ai oublié la tête du douanier espagnol mais pas celle du portugais. Tu le vois rien d’aventureux là-dedans, juste une petite histoire d’un passage d’une frontière.
Si tu regardes dans ton (tes) passeport(s) les différents tampons douaniers et que tu fermes les yeux (ca marche mieux avec les yeux fermés !) eh bien je te parie que plein de souvenirs anodins vont revenir. Maintenant, à toi de trouver les mots… et tu verras tu n’auras pas besoin d’être de Marseille !
C'était dit sans méchanceté ...et je savais que tu réagirais😉
Je voulais juste te "tirer la pipe", te taquiner en québécois!
Concernant la géographie, sérieusement, celle de la France, je la connais assez bien.
J'ai suffisamment sillonné l'hexagone et dans tous les sens.
Au cours des 8 dernières années, nous y sommes 10 fois.
Mais j'avoue que le "pays" des Chtis, je le connais peu!😕
Pierroro
Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.)
- et je vous remercie par avance pour votre réponse.
"tirer la pipe",
Mais j'avoue que le "pays" des Chtis, je le connais peu!😕
Une bien curieuse expression... mais mieux vaut l'eviter quand tu descendras au Carlton de Lille !!!
Sinon il n'est jamais trop tard pour bien faire (visiter le Noooord). Tu verras, il y a quelques belles frontieres et puis l'autre coté vaut tellement la peine !!! Mais ca tu le sais deja.
bonjour
en tout cas je viens de passer très rapidement la frontière Marocaine à Agadir !
7 douaniers pour tamponner nos passeports ... ils mettent le paquet en ce moment !
mais mes passages "les plus rapides et VIP " à Agadir datent d'il y a 15 ans quand j'avais la chance d'avoir un ami qui travaillait à la douane de l'aéroport ... passage VIP 😎
ça me gênait un peu , car je n'ai pas du tout l'esprit VIP et encore moins le look !
mais je crois que c'est surtout mon ami qui était content !😉
en tout cas j'ai trouvé le soleil , mais journée bien venté .
on va se faire un petit barroud dans le sud , on va mettre le chèche pour protéger nos petits yeux !
francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion!
Khalil Gibran
Quant moi, je termine avec ces deux derniers passages... en attendant les prochains !
Le plus vertigineux :
Juin 2014, nous venons de terminer la visite du parc national des chutes Victoria (Mosi-oa-Tunya - la fumée qui gronde – dans le langage local) côté zambien. De Boiling Point, situé tout en bas de l’une des gorges, nous avons pu admirer cet élégant pont en fer qui relie la Zambie au Zimbabwe. Construit en Angleterre puis transporté par bateau jusqu’à Beira au Mozambique et enfin en train jusqu’à Victoria Falls, il fut inauguré en 1905 seulement quatorze mois après le début des travaux une impressionnante prouesse technologique et humaine pour l’époque.
Une frontière au milieu d’un pont… il ne m’en faut pas plus pour me décider d’aller voir ça de plus près ! Nous passons donc par le poste zambien où une douanière tamponne un bout de papier qu’il faudra rendre au retour. Ce sésame nous permet de remonter la longue file de poids lourds chargés de lingots de cuivre qui attendent, juste avant le dernier virage en pente, leur tour pour traverser ce pont à voie unique. Une voie de chemin de fer partage également ce pont long de 198 mètres. Le trottoir pour piétons est étroit et mieux vaut se serrer au grillage dès que l’un de ces mastodontes l’emprunte. Gare aux secousses également…
Au milieu du pont une ligne indique la démarcation entre les deux pays et deux petits panneaux verts nous informent que nous entrons en Zambie ou bien au Zimbabwe. Un pied dans un pays, l’autre dans un autre… J’adore !
J’en oublie presque la vue spectaculaire qui m’entoure et les embruns qui m’arrosent dès qu’un coup de vent souffle dans la mauvaise direction. D’un côté le bouillonnement des chutes qui se précipitent dans le cul-de-sac de Boiling Point auréolé d’un arc-en-ciel quasi permanent, de l’autre une gorge profonde où s’échappent, 128 mètres en dessous de nous, les eaux tumultueuses du Zambèze.
C’est au milieu du pont que se trouve également une petite cahutte pleine de monde. C’est de là que les amateurs de sensations fortes s’élancent dans le vide, les pieds retenus par un élastique. Je suis pris de vertiges et de picotements rien qu’à les regarder. Sauter comme ça, même sur une frontière trop peu pour moi ! Je préfère poursuivre jusqu’au bout du pont simplement pour le plaisir de toucher une motte de terre… zimbabwéenne.
Quelques jours plus tard, nous referons le même petit tour sur ce pont mais dans le sens inverse… Cette attraction pour les frontières est vraiment dans mon sang. Et puis jamais deux sans trois car au dernier jour de notre séjour à Victoria Falls, nous repasserons sur ce pont… en voiture cette fois, pour rejoindre l’aéroport de Livingstone et définitivement quitter ce magnifique endroit.
Le plus unique :
Juin 2004, une heure après avoir quitté Livingstone ce matin, le taxi tourne à gauche et prend la direction du Kazungula ferry. Nous remontons une impressionnante file de camions garés sur le bas-côté de la route et qui attendent de pouvoir emprunter le ferry. Une attente qui peut durer une semaine affirme le chauffeur.
Nous arrivons au poste zambien situé sur la rive nord du Zambèze. Grâce au chauffeur, qui semble connaitre tout le monde, les formalités ne trainent pas. Idem pour trouver un petit bateau à moteur pour traverser le fleuve et rejoindre l’un des trois pays en face, en l’occurrence le Botswana, qui pour la petite histoire partage avec la Zambie l’une des plus petites frontières internationales (environ 150 mètres). Amusant également de penser que pour un pays sans accès à la mer, l’une de ses frontières est maritime enfin fluvial plutôt.
Je me trouve en effet dans un endroit unique au monde, un véritable paradis pour le cartographe et « border freak » que je suis. Imaginez un endroit où l’on peut voir quatre pays en même temps. Ouah x 100 !
En effet le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe se rejoignent en un point unique (quadripoint) c’est tout au moins l’impression que l’on a quand l’on regarde une carte à petite échelle car en réalité il ne s’agit pas vraiment d’un quadripoint (tristement il n’existe pas de quadripoint international) mais de deux tripoints distants l’un de l’autre d’une paire de centaines de mètres.
Depuis que je suis adolescent je rêve d’être ici, depuis que j’ai attrapé cette folie des frontières qui me fait parcourir le monde. Je touche enfin mon Holy Graal. Je ne sais plus où donner de la tête et je photographie tout ce que je vois pour être certain qu’il ne s’agit pas d’un rêve. La fièvre me gagne ! D’ailleurs même les gamins vendeurs de souvenirs ont cessé de m’importuner en me proposant leurs statuettes en bois… Craignent-ils une contagion ou peut-être ont-ils déjà croisé des doux-dingues dans mon genre et respectent-ils leur transe ?
Ce que j’admire, la larme à l’œil, n’a pourtant rien d’extraordinaire, deux rives séparées par un grand fleuve, des pylônes électriques, des iles marécageuses, un bras de rivière, un débarcadère en construction, des camions et deux ferries plats qui font le passe-passe d’une berge à l’autre. N’empêche quel pied.
La traversée se fait sans histoire et ne dure que quelques minutes. Un pays s’éloigne mais trois approchent ! Nous débarquons dans celui du milieu, dans les hautes herbes proches d’une espèce de parking goudronné où se rassemble le prochain quota de véhicules prêts à embarquer pour la Zambie que nous venons de quitter.
Le taxi botswanais et sa chauffeuse nous attendent déjà à l’ombre d’un grand arbre. Je continue mon mitraillage photographique sous les regards indifférents des chauffeurs de poids-lourds qui sirotent un café en patientant.
A gauche, de l’autre côté de la rivière Chobe et une petite ile déserte qui forme la pointe de la Namibie, à droite de l’autre côté du parking et au pied du pylône : le Zimbabwe. Il faut que j’aille voir.
Je fais quelques pas dans les hautes herbes séchées en espérant que les serpents ont d’autres touristes à fouetter. Je crois avoir trouvé une borne mais il ne s’agit que d’une termitière. En fait la borne en béton avec son matricule est juste derrière moi.
« Heaven, I’m in Heaven » que je chantonne (je n’ose pas danser comme Fred Astaire mais le cœur y est !!!) avant de revenir à la voiture. Rosemary a déjà prévenue la chauffeuse que j’étais en plein delirium profond des frontières. Celle-ci la rassure de suite en précisant que je ne suis pas le premier cas qu’elle rencontre.
Allez une dernière photo de la rive d’en face et nous pouvons nous diriger vers les bâtiments bleus des douanes. Auparavant, il faut prendre bien soin de tremper les chaussures dans un petit bac rempli d’une eau marron…
Le Botswana se protège sérieusement de la vache folle… mais pas encore des fous ! Heureusement je sens ma fièvre tomber à mesure que nous éloignons de ce quadripoint magique.
Premiere photo: Prise au Botswana, a gauche le Botswana, en face la Namibie et a droite un bout de la Zambie
Deuxieme photo: Prise de Zambie, le debarcadere au Botswana
Troisieme photo: Prise au Botswana, le debarcadere en Zambie
Quatrieme photo: Prise en Zambie, au gauche du pylone le Zimbabwe, au centre le Botswana et a droite un petit peu de la Namibie
J'ai lu avec beaucoup de plaisir vos passages de frontières! Que d'anecdotes, et quel talent pour les raconter!
Mon grand regret, vivant au Moyen-Orient en ces temps troubles, est de ne pas pouvoir passer les frontières terrestres....
J'en ai néanmoins deux, enfin un et demie....
Passage de la frontière Ouzbékistan/Kirghizistan
Venant d'Ouzbékistan, nous avons dû prendre un premier taxi de Ferghana pour nous conduire à la ville frontière, puis encore un autre taxi (très hautement autorisé) pour le kilomètre restant avant de nous retrouver à un poste frontière débordant de.... femmes. Et de paquets de marchandises.
Tournant le dos au poste frontière, je prends une photo de la plaine de la Fergana qui s'étend devant moi mais un militaire me tombe dessus et exige à voir mes photos. Rien de compromettant, je peux passer....
Nous nous disons que nous allons y passer des heures et des heures au vu de la longueur des files, et de leur vitesse d'avancée, mais un policier, voyant nos figures d'européennes dépitées, nous fait signe d'avancer et nous colle un formulaire entre les pattes.... en russe!
Nous trouvons, scotché sur un mur, le même formulaire rempli en anglais, nous nous en inspirons donc, recomptons les devises que nous sortons du pays (à déclarer) et surtout les petits coupons d'hôtels qui doivent prouver que nous n'avons pas trop fréquenté de locaux...
Et puis, nous prenons notre place, bien sagement, dans notre file... Un autre policier arrive, et nous fait signe avec autorité de le suivre jusqu'au guichet. Nous refusons, outrées. Il insiste, fronçant les sourcils. Nous essayons d'expliquer que nous avons le temps, mais nous finissons pas capituler, et passer, franchement honteuses, devant toutes ces personnes qui nous regardent avec un air.... indifférent, en fait.
Et au guichet, pas un coup d'œil pour nos coupons d'hôtel que nous avions soigneusement collectés!
Côté kirghize, ce sont des fonctionnaires franchement hilares qui nous accueillent. Welcome to Kirghizistan!
Quelques jours plus tard, nous apprenons que la frontière est fermée une nouvelle fois. Les tensions sont très nombreuses dans cette région, nous sommes passées au bon moment!
Passage de la frontière intérieure irakienne
Celle là, elle devrait te plaire....
La frontière intérieure du Gouvernement Régional du Kurdistan n'est pas vraiment fixée (je parle d'avril 2014).
D'Erbil, nous avons décidé de nous rendre à Suleimaniyeh, et pour cela prendre la route la plus rapide (celle qui prenaient tous les kurdes, en fait), qui passe par la banlieue de Kirkouk (très formellement interdite). Kirkouk, qui est sous autorité irakienne. Donc, cette autoroute passe dans une zone, disons, sous contrôle indéterminé.
Sur la route, nous passons à un poste frontière tenu par.... des irakiens! Qui nous regardent héberlués, et nous demandent trois fois où nous allons, si nous sommes vraiment sûres que nous n'allons pas à Kirkouk. Non non, promis, vraiment, nous n'avons pas dans nos intentions d'aller dans le reste d'Irak! Il finira par nous laisser passer.
Mais la scène qui m'aura le plus étonnée c'est l'échange de poignées de main franchement cordial qui s'est fait entre le peshmerga kurde en tenue, embarqué dans notre taxi, et le militaire irakien.... Quant on connait les tensions entre le gouvernement d'Erbil et celui de Bagdad, c'est assez amusant de voir que sur le terrain.... ils se sentent plus proches qu'on ne pourrait l'imaginer!
" -on ne peut pas vous mettre la sortie"
- et pourquoi donc ?
- parce qu'on a pas le tampon."
y'avait au moins vingt tampons sur le bureau, mais pas le bon.
Il aurait fallu que je remonte à plus de 17 km dans le territoire pour "aller voir"' s'ils avaient le tampon, je leur dit tant pis, je sortirais sans.
2 km plus loin
côté Togo - entrée au Togo
- je voudrais un visa de transit s'il vous plait. (le policier regarde mon passeport, un smarphone en main - un poste frontière en pleine brousse)
- vous vous appelez "B... G ..." ?
- oui
- ha ben .... (une minute) ... c'est ça votre page facebook ?" (en me tendant le smartphone)
bon pas de soucis pour le visa, mais je les ai trouvant relax ces policiers des frontières, des deux côtés.🙂
et aussi les moins drôles :
l'immigration togolaise à Lomé : les plus désagréables (demande de prolongation de visa)
- traités comme des chiens (et encore la spa porterait plainte)
- pas de reçu ni récépissé de la remise du passeport
- passeport jeté en tas sur une table
- remise du visa le lendemain (miracle le passeport n'a pas été perdu) tout aussi désagréable.
je me pose la question : le mauvais caractère est-il un critère de sélection pour la police des frontières au Togo ?
Sur cette photo du golfe d'Aqaba quatre pays se rencontrent.
A gauche: l'Egypte et le Sinai
A droite: l'Arabie Saoudite
En haut a gauche: Israel et Eilat
En haut a droite: la Jordanie et Aqaba
Ce vol de jour entre Dubai et Barcelone fut une excellente surprise car un peu plus loin, j'observais du hublot une ex-frontiere: le canal de Suez et la Mer... Rouge.
Ce fut un vol superbe mais j'ai encore de la peine a me remettre du torticoli que j'ai attrape !
A+
PS Je prefere malgre tout traverser les frontieres plutot que les survoler...
Sacré no man's land. Il y en a de plus beaux que d'autres...
Merci Cambrouse pour ces photos. J'espere que tu en a pris d'autres aux differentes frontieres qui menent au Benin...
Pierroro, tu as raison c'est en fait extremement frustant de survoler ces frontieres que j'adore tant. Mais le plus extraordinaire dans cette histoire est de constater combien les deux ennemis (Israel et l'Arabie Saoudite) sont si proches.
Pour ce qui est d'Israel, vu l'etat actuel des choses, je n'ai aucun souhait d'y aller (pourtant quand je suis alle en Jordanie je n'y etais qu'a quelques metres litteralement - le Jourdan n'est pas tres large! voir photo plus bas). Quant a l'Arabie Saoudite, on n'y accepte pas les touristes !
Un jour peut-etre???
Enfin, ce fameux Canal de Suez est peut-etre l'ex-frontiere entre l'Egypte et l'Israel mais il reste malgre tout une "frontiere continentale". La se termine l'Afrique et commence l'Asie (et reciproquement!).
Hasta la proxima.
D'autres frustrations avec... les frontieres terrestres... fermees !?
Aujourd'hui coup double avec en premier la frontiere entre l'Armenie et la Turquie pres du Mont Ararat. Curieusement le Mont Ararat est le symbole de l'Armenie mais se trouve en Turquie. Photo prise plus tot aujourd'hui au monastere de Khor Virap.
Les miradors sont en Armenie et juste apres la riviere (cachee) la Turquie.
Quelques kilometres plus loin rebelote a Yeraskh, avec l'Azerbaijan cette fois.
Grosse barricade et guerite gardee, impossible de s'approcher.
Curieux patelin Yeraskh, cul de sac pourtant trois pays se trouvent a moins d'une quinzaine de kilometres (Turquie, Azerbaijan et Iran) voir lien:
https://goo.gl/maps/deOPd
Je reviens d'un court séjour sur/dans/de (?) votre blog et j'ai refait notre voyage à Cuba ... en votre compagnie.
En avril nous avons séjourné 3 semaines à Cuba et avons, mon épouse et moi, mis les pieds dans vos pistes (avec en plus Varadero pour la plage ... après 4 mois d'hiver, nous la méritons, la plage).
PS: nous avons même rencontré des Australiens, oui, oui, nous "Aussies"!
Pierroro
Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.)
- et je vous remercie par avance pour votre réponse.
C'est dans l'air du temps. Après avoir été encensé pendant des années, le tourisme (de masse) est en train de devenir LE problème pour certains lieux ou…
L’une des principales motivations et source de plaisir d’un voyage est de passer une frontière. Pour celui qui fait la route, chaque frontière est comme un…
Décidemment, moi qui me plaint de trop d'écrans en tout lieu, il y a quand même des lectures qui font plaisir (ou déplaisir) à lire... surtout quand ce sont…
Hi! It was totally by chance that I stumbled upon VoyageForum (an ad online and a story lol), and I’ve been reading some really old posts from 2011 about Thai massage schools—discussions on how to get by, accommodation, prices, etc. It reminded me of my own experience: I kept things simple by staying with a local family during my entire trip. I only shared all the expenses with them, which, I’ll admit, was super cheap… and I often traveled with them, which naturally opened a lot of doors for me. To start, at the school in Salaya, my Thai friend immediately connected me with Teacher Phong (the school’s mentor and teacher of teachers, a former monk). I was supposed to join a group session with other foreigners, but for some reason I don’t know, I got two days of private lessons for free with this expert… incredible! And on top of that, he loved France! It was an amazing experience. I "discovered" massage by chance—the Thai family just told me: "Try it, you’ll see!" (I’d had a pretty intense massage in the capital before 😅… but the next day, I felt unbelievably great!))
Every morning, I’d take a taxi (chosen by the Thai family at prices that beat all the competition) to this school—I’ve forgotten the name of the little village now… right in the heart of the countryside. Then, in the evenings, I’d keep practicing massage on all the family members… and they’d teach me Thai at the same time!))
Since then, I’ve practiced a bit, with lots of positive feedback. Following Teacher Phong’s advice—he thought my pressure was deep, firm, and precise—he strongly encouraged me to take this seriously.
I love Thailand so much. It’s a whole different way of living… and it’s a real blessing, even if I couldn’t live there full-time. Anyway, that was an unforgettable memory, and sometimes the Thai family and I still say hi—from 2011, 2013… right up to today!
Hi everyone,
I’m Loulou, a French expat who’s been living in Southeast Asia for about fifteen years, currently in Phnom Penh, Cambodia. A passionate walker at heart, I’ve trekked in Nepal (Thorung La, Mardi Himal), India, Vietnam, and I’m still planning new hikes (Char Dham, Langtang, Annapurna).
I’ve just published my first travel journal, recounting three months of walking and encounters across India. A portion of the sales goes to an educational center I support in Kep, for children whose parents work in the salt marshes.
I’m also working on a second book about Nepal with a musician friend, focusing on the Mardi Himal trek—two independent perspectives on the same journey.
Happy to swap stories with you about the Himalayas, India, Southeast Asia, or just the urge to hit the road and walk far from home.
Safe travels,
Loulou
Who’d like to share their best and worst travel memories in a few lines?
For me, it’s watching the TAJ MAHAL at sunrise and getting chased by dogs at the top of a mountain pass in GREECE on the way back from ISTANBUL.
THANKS GUYS
"It seems to me that poverty would be less painful in the sun" wrote Aznavour...
Not sure...😕 Who can prove that people in hot countries are happier than others?
What do you think?
Is it better to live in Montpellier than in Lille?
Are the Pygmies happier than the Inuit?
Are Canadians less happy than the people of Louisiana?
Are there more French expats in hot countries?
And your travels? Do you choose your destinations based on the climate?
Do you rejoice when a bit of sunshine appears?
Hi everyone, just this once I’m not posting for a travel story, but to share a thought for Venezuela.
If you didn’t know—since it’s not making headlines—the country was hit by two 7.5-magnitude earthquakes last week. Over 2,200 people have died, more than 50,000 are missing, and some coastal towns have been completely destroyed.
Maybe when the scale of the humanitarian crisis becomes clear, our media will cover it a bit more... especially since earthquakes with this many casualties usually make the front page, but there’s been nothing in France.
So here’s a thought for this country, which, whatever you think of its politics, is a true jewel of South America, both for its landscapes and its people.
hi there
I’d like to invite you to discover my coastal province in central Vietnam: Quang Ngai.
This year, my province has really improved its infrastructure—mountains, countryside, and sea are all authentic here.
No harassers or thieves, and no Russians either.
A local lunch costs around 1 €.
A *** hotel room is about 25 €, and you can find hotels right on My Khe Beach.
We have a specialty: *banh xeo*—10 crepes for just 1.5 €.
You can rent motorbikes to explore the province and maybe visit the many ethnic minorities.
I live here—I’m not selling anything, but I can help if needed (my father-in-law is a traditional Vietnamese doctor and he’s very skilled).
Hi everyone! 😉
I’m Typhaine, 35 years old. Five years ago, I left France for a solo round-the-world trip—no planes, just a van, hitchhiking, cycling, and even a canoe in the Amazon! Today, I work as a naturalist guide in Argentine Patagonia.
Wherever I go, my compass stays the same: observing and photographing wildlife, which I deeply admire and respect.
My project: I’d love to share this experience through a sustainable, authentic, and immersive nature tourism initiative. But to build something meaningful, I need to understand how other nature enthusiasts experience their own adventures.
If you:
Are over 20 years old
Have a true passion for Nature
Have already taken at least one trip lasting more than 3 nights (in your country or abroad) in your life
Promise: I’m not selling anything, this isn’t marketing. Your answers are 100% anonymous and will only help me shape this wild project.
A huge thank you to everyone for your help and kindness! Looking forward to chatting in this thread 😛
(Dear admins, this is purely a collaborative effort for my project study, with no commercial purpose. Thank you so much for your support!)
Photo: Grizzly Bear (Ursus arctos horribilis), female on the left and her cub on the right. Photo taken by me in Alaska, Denali National Park.
It’s something we often notice in this forum—and many others—this behavioral shift.
A long-time member, or even a new one, asks a question.
They get one or more answers, some brief, some detailed, and then... nothing???
Not even a simple thank you!!!
From what I’ve gathered, if the answers don’t align with what they wanted to hear, it seems natural for the asker to just disappear!! 😕
Unless—(and I fear this is the case)—basic politeness is no longer part of our society????
I spent 3 weeks in Bali last summer (+ 3 nights on Gili Meno and a day trip to Kawah Ijen in Java). So I wanted to see what ChatGPT could suggest for comparison...
Here’s the prompt I gave:
"You’re a local expert guide for Bali.
- Plan a 20-day itinerary for Bali with a side trip to Gili Meno and a day trip to Kawah Ijen in Java without staying overnight.
- I’m traveling with my wife, and I love visiting historical sites, hiking, relaxing at the beach, snorkeling, and exploring rice terraces...
- For the duration of the stay, I don’t want more than 8 places to sleep, and I’d like to stay at least 2 days at each stop to avoid unpacking too often. Except for the last night, where I’m okay with just one night near the airport.
- I prefer neighborhoods that are walkable and try to avoid typical tourist traps, though I don’t want to miss the must-see spots. So suggest a mix of iconic sites and hidden gems.
- Recommend hotels or guesthouses with a budget of 50 to 100 € per night, including breakfast. Make suggestions in areas popular with travelers, specifying the vibe (I prefer quiet), and consider safety and proximity to attractions.
- For lunch and dinner, suggest two to three restaurants that are well-rated by customers.
- Give me a day-by-day program with details on travel times, visiting times for each point of interest, and recommendations for transportation (taxi, train, bike, etc.).
Estimate the total cost of the trip, including accommodations, food, transportation, and activities, and suggest two tips for saving money in each category.
- Don’t make anything up—be realistic about travel times, take into account the opening dates and hours of sites, and give me the entry fees for places to visit.
- Ask me all the questions until you’re 95% sure you understand what’s being asked. Don’t generate your response until you’ve understood."
The AI asked for a few clarifications:
"Great request—I can build you a really optimized and enjoyable itinerary, but to be 95% sure I hit the mark, I need a few key clarifications (this will really influence the pace, areas, and accommodations)."
In the end, it proposed a program very close to what we actually did.
I’ll skip its accommodation and restaurant suggestions...
Its proposal:
"Ubud (4 nights) => we did 5 nights
Sidemen (2 nights)
Amed (3 nights) => we’d planned 2 nights
Gili Meno (3 nights) => we did Gili between Sidemen and Amed
Munduk (3 nights) => we did 2 nights before Pemuteran
Pemuteran (3 nights) with Ijen => we did 4 nights
Sanur (2 nights + 1 last night) => we chose Jatiluwih instead of Sanur
It suggested "activities" (and accommodations too):
IN UBUD:
- Walk around central Ubud (1–2h)
- Campuhan Ridge Walk
- Tegalalang Rice Terrace
- Tirta Empul
- Gunung Kawi
- Massage / market / slow café
IN SIDEMEN:
- Rice terrace hike (2–3h)
- Cooking class
IN AMED:
- Snorkeling
- Japanese Shipwreck
- Beach + relaxation
- Volcano sunset
ON GILI:
- Snorkeling at Gili Meno Turtle Point, Nest Underwater Statues
IN MUNDUK:
- Jungle & waterfall hike - Munduk Waterfall + Melanting Waterfall
- Loop: 3–4h (perfect for your level)
- Ulun Danu Bratan Temple
- Twin Lakes
IN PEMUTERAN
- Snorkeling: Menjangan Island
For Kawah Ijen, it detailed the day well:
👍 from Pemuteran = best possible option
12 PM: leave hotel (we left at 10 PM)
1 PM: ferry
3 PM: arrival in Java + transfer
11 PM: start ascent
2 AM–6 AM: volcano
Return to Bali around 11 AM–12 PM (we got back at 4 PM)
👍 still very intense, but doable with an agency
💰 ~80–120 €/person all-inclusive
IN SANUR:
- Relaxation
- Quiet beach
- Proximity to airport (30 min)"
I’ve kept the habit of blowing my nose in the sink and then washing my hands—a custom I picked up in India. Sometimes, non-travelers are shocked when they catch me in the act... 🤪
Also, when I run out of toilet paper, it doesn’t bother me—unless I’ve got company over... 🤪
Just got back from walking a friend’s dog (while they’re on vacation), wearing a djellaba and Tibetan boots... 😏😏😏 Oh, for sure, if I’d run into locals, I probably would’ve shocked them? 😏
Anyway, as long as I’m not spitting on the floor at a restaurant or squatting on the side of a highway with a water bottle in hand...
After taking a little trip around the world, I came back a few months ago with an idea in mind.
I mostly do diving, and I love observing animals in their natural habitat without disturbing them.
During the trip, I realized it was quite complicated to know where and when to see certain species.
For example:
where to dive with sharks or manta rays
where you might get a chance to swim with whales
I even discovered thresher sharks during my trip… I didn’t even know this species existed before, even though they’re incredible to see.
We spent a ton of time searching for info all over the place, especially on social media, without ever getting a clear picture.
So I started putting all this together on my own, in the form of a map, to make it easier to visualize where to go depending on the seasons.
I recently put a first version online (it’s called Fauneya).
There are probably mistakes, inconsistencies, or things to improve, and that’s partly why I’m posting here.
I’d really love to know how you all go about planning this kind of trip.
As part of my Master’s thesis, I’m currently conducting a public survey on a topic that concerns all of us when planning a trip: artificial intelligence and the role of human contact in travel planning.
These days, we’re using more and more digital tools to find ideas, compare options, and book trips... but is the role of human advisors still essential? At what moments? And for what types of trips?
The survey is anonymous and takes about 7 minutes.
It’s aimed at anyone who travels (or has traveled) for leisure, whether you plan everything yourself or go through an agency.
While browsing the forum to gather info for my upcoming trip to Thailand, I often see the terms "traveler," "great traveler," and also "tourist"—so what’s the nuance for you?
I've traveled quite a bit in Vietnam over the past few years—from the southern delta to bustling cities and even some small islands—but what really sticks with me is the north, the high mountains.
Up there, there's something different—maybe slower, more raw. The morning markets with ethnic groups, women in traditional clothes, the colors...
The stilt houses, kids following you and laughing for no reason, the terraced rice fields—it almost feels unreal at times, so vast and quiet, yet so human and simple.
You often hear that Sapa has become too touristy, and that's partly true, especially in the center. But as soon as you move a little farther away, everything changes quickly. The landscapes open up, encounters feel more natural, and you rediscover something truly authentic.
I think it's that contrast that struck me—the difference between what you imagine before going and what you actually discover when you take the time.
And you—what memory do you hold onto from Vietnam? A particular place that touched you more than others?
Hello,
We’re finalizing the plans for our upcoming trip to China in May 2025. The second-to-last stop will be in Zhangjiajie, where we’ve planned to stay for 2 full days before heading to Shanghai.
We’re traveling solo using local transport and have arranged to stay in the city of Zhangjiajie.
We’ve seen that there’s a lot to see:
Tianmen Mountain, the Grand Canyon and the glass bridge, Zhangjiajie National Park, and that the sites are quite far apart with fairly expensive entry fees.
We’re thinking of dedicating one day to the national park and the Grand Canyon (glass bridge) and one day to Tianmen Mountain.
But we’re not sure if this plan is realistic—any thoughts would be much appreciated!
I should be serving a warming drink to the participants in the discussion about gardens and parks that provide us with beautiful photos, I could mention the delicious buttery scent wafting from bakeries in the thread about returning to France, but my heart, its powerful pulse that nourishes my entire being, is elsewhere.
Dasht-e Lut, Yazd, Esfahan, Bam, Kerman, Qeshm, Hormuz—a melody, a prayer at the heart of desire.
A dream, an unattainable fantasy? No. Not anymore.
A very serious Italian travel agency is organizing this trip for 6 people this winter. I’m signed up, I’m going, I’m living. Maybe.
"But you’re completely crazy!!!!"
I know... I know that every civilization, every society has a vital need to create scapegoats to define and justify itself, pathetically. And Iran is one of them, top of the list. I laugh or sigh, and it doesn’t bother me.
But that unchanging red, deep red and garnet, so beautiful in itself, in all the Western chancelleries repeats, whispers, shouts: don’t go, don’t go, don’t go, you’re putting yourself in danger and we can’t do anything for you. You’ll be turned into mere bargaining chips, into arguments for endless negotiations. Fear must be instilled, its power absolutely preserved, no concessions made to the enemy. The information (how many French hostages, real or fake, compared to the number of travelers?) is always lacking.
Traveling becomes a merciless confrontation between desire, the vital pulse, and anxiety, its ghosts.
Hi everyone, here’s our itinerary. Arriving on the evening of December 13th. Departing on January 7th.
Thanks in advance for your tips and valuable feedback.
Manila – 1 night
Coron – 4 nights
Coron to El Nido cruise – 2 nights
El Nido – 4 nights
Port Barton – 5 nights
Flight from Puerto Princesa to Vigan
Vigan – 2 nights
Sagada – 2 nights
Banaue – 2 nights
Bagabag – 1 night
Manila – 1 night
I’ve only booked the flight to Manila and the Manila/Coron flight so far. Is it possible to book boat trips, accommodations, and the Puerto Princesa flight last-minute?
Really disappointed with Costa Rica! Pura vida? The scam of the century!
(Costa Rica pure emptiness).
The country where animals are free and people are in cages.
3 weeks in December in this country and never again. Imagine the trailer of a movie that seems interesting, and when you go see it, you realize it’s a flop and the best moments were in the trailer.
Well, that’s exactly how we felt with Costa Rica pure emptiness.
My wife and I have traveled quite a bit and didn’t expect to be so wrong about a place.
On the main routes, we visited:
San José
Alajuela
Limón, Cahuita, Puerto Viejo, Manzanillo (Caribbean side)
Jaco, Quepos, Manuel Antonio (Pacific side)
And a few short stops in intermediate towns.
Our dissatisfaction grew gradually like this:
When we arrived at the hotel, the taxi dropped us off on a small street in front of a white metal gate with ground-floor windows barred. We looked at it skeptically, but the sign matched.
He approached the gate, rang the bell, the buzzer sounded, and the door opened slightly. The hotel wasn’t bad for the price, a 10-minute walk from downtown, but with a "Fleury-Mérogis" vibe guaranteed.
So far, so good.
After showering and regaining our bearings, we headed downtown.
What started to unsettle us on the way was seeing houses with bars on the ground-floor windows and even on the second floor.
At first, we thought the hotel’s neighborhood wasn’t great.
Downtown San José:
It’s a generic city, not very exotic, with a pedestrian street and a small mercado where you can eat local food without frills. Very few tourists—if any—which let you blend in with the locals. We had lunch and struggled to make ourselves understood because, aside from one or two shops, English wasn’t spoken.
On the way back to the hotel, we took a different route, and while chatting and strolling, my wife pointed out a beautiful two-story white house completely barricaded like Fort Knox.
From that moment, we started noticing the facades of houses and buildings, and wow, it was creepy—most looked like prisons, some even with barbed wire.
Though put off, we told ourselves it was probably a big-city thing and the rest of the country couldn’t be like this.
So far, so good.
We relaxed at the hotel and had a drink at the bar. Night falls early, around 5:30 PM. By 7:30 PM, we headed back downtown for dinner. A bit unsettling for a capital—downtown was almost deserted, and aside from fast-food chains, very few restaurants were open, with hardly anyone on the streets.
Bars with security guards out front.
I won’t say we felt unsafe that night, but once it got dark, we realized the bars on the windows weren’t for nothing. First day in, and our impression was already mixed.
The next day, we explored the city and surroundings, and our feelings didn’t change.
So far, so good.
Off to Cahuita by bus—4 hours of travel.
The landscapes are very green but quickly become monotonous. The road runs alongside the forest and passes through a few towns and villages, and even in the countryside, there were just as many prison-like houses.
The bus dropped us off at Cahuita’s terminal station—only four of us got off. It’s a village, or rather, a small town. Cahuita is basically one straight road and a perpendicular one, and honestly, doubt started to creep in.
A few restaurants that add 13% tax and 10% service charge—so 23% extra. We dropped our stuff at the hotel and went to explore. In 20 minutes, we’d seen it all. We had lunch and planned to check out the famous park.
Entry is by donation—well, the "entry" is a joke. There’s a path along the forest by the sea, and that’s it.
Nothing’s going right anymore.
We thought it was a total scam, but since we hadn’t gone far, we decided to come back the next day to explore further.
We returned to the hotel, relaxed, and around 8:00 PM, we went out for dinner. Only two restaurants were open, and the streets were deserted.
Creepy!
The next day, we explored the so-called park more thoroughly and really got it.
A path along the forest by the sea—2 hours there and 2 hours back, where you see animals that feel like showing their faces.
A total joke—"all that for this?"
The beach was full of wood debris and coconut husks. We wondered if the photos online were edited because the sea, very rough, wasn’t the azure blue we’d seen in pictures.
But calling this a park is a joke—it’s like a new concept.
When we thought about the reviews online, we started to suspect that professionals with interests in the country were monitoring and countering any negative feedback that could harm their business.
Too bad we didn’t check the negative reviews beforehand—we did while we were there, and it helped. We wondered if we’d become too demanding after all our travels, but no—when something’s bad, it’s bad.
Manuel Antonio’s park is even more ridiculous—there’s a short path along the sea for about 500 meters, and then nothing. You have to climb through mud and hack your way through the forest. We ended up barefoot because the mud was up to our calves. All that to see a raccoon and a few parrots flying overhead.
We didn’t expect Noah’s Ark, but we’ve seen more animals in Bali, Mexico, and Thailand while visiting temples or just walking around than in these so-called parks!
Puerto Viejo, not far from Cahuita and supposedly livelier—well, it couldn’t be worse!
According to Lonely Planet, it had a Caribbean vibe and wild nights, but maybe that was a long time ago. The good reggae music playing everywhere isn’t enough.
In the evening, Puerto Viejo was a bit livelier than Cahuita, but that’s not saying much. Very few tourists—if any—no night market, just two or three shops open selling $20 T-shirts. Same vibe as San José.
No big deal—we enjoyed the beach and the sun, which was reliable.
Our itinerary was supposed to include Tortuguero Park, but after talking to other travelers who’d just been, we changed our minds, knowing we’d be visiting Manuel Antonio Park on the Pacific side.
To get back to the Pacific side, you have to take the bus and go through San José again—5 hours this time—then switch bus terminals and another 4.5 hours to Quepos.
A stopover town to get to Manuel Antonio’s beach and park!
A town just like the others we’d seen—deserted as soon as the sun sets, and not exactly bustling during the day either. (Where are all the tourists?)
Still as many bars on the windows and that feeling of being in the wrong place.
7 km later: Manuel Antonio beach and park.
The beach is very beautiful and quite large, but don’t expect turquoise blue water—the waves stir up the sand, giving the water a brownish color.
Along the beach, shops and restaurants for about 300 meters, and then nothing. At night, after sunset, the town shuts down too.
Manuel Antonio Park is highly praised for its wildlife, so we were eager to see it. When you express dissatisfaction with Cahuita or Manzanillo parks, the response is always, "But you should’ve gone to Monteverde or Manuel Antonio!" No matter what you do or say, they’ll tell you, "You should’ve gone there or here."
Back to our famous park—entry was about $16, and contrary to what we’d heard, it wasn’t crowded!
Guides at the entrance with spotting scopes offered their services for about $30.
The park: a mix of boardwalk and dirt paths through the forest, sometimes running alongside beautiful coves and beaches.
As soon as we entered, a crowd was taking photos of a deer eating leaves.
A little further on, a guide with a group of five stopped. The guide raised his arm and set up his spotting scope! He showed them, about 100 meters away, a hummingbird perched on a branch. Some, looking through the scope, exclaimed, "Oh my God! Amazing! Incredible!"
For a moment, we thought they’d discovered a unicorn or were in Jurassic Park and had just crossed paths with a T-Rex!
The concept is comical—looking at a bird or another animal through a spotting scope because it’s too far away. Isn’t that what TV is for?
For our part, we saw monkeys, ants, an armadillo, an iguana, and the backside of a sloth climbing a tree. Amazing, incredible!
We stayed a few days in Manuel Antonio to enjoy the beach, changing hotels often because prices varied wildly from one day to the next for shameful services. On top of that, they’d quote a price in dollars and convert it at their discretion—thieves!
Alajuela, a city near the airport, has a two-story mall and a local market downtown! No interest except its proximity to the airport.
What we liked:
The climate and, in hindsight, San José—the most authentic city we visited.
What we didn’t like, in addition to what we’ve already mentioned:
Costa Ricans aren’t very friendly or communicative. English is barely spoken, not even by doctors at Quepos Hospital, where my wife ended up with food poisoning (thanks, Google Translate). The widespread obesity among Costa Ricans, who eat like Americans. The insecurity. The eco-hipsters who leave their $150 lodges in minivans with guides to visit parks and other sites, then return to barricade themselves in their fortresses at nightfall (oh my God, amazing, incredible). The blue signs at the entrance of towns that accept this payment method: "We accept American Express." Parking lots that become paid just because a guy is watching your car. Prices displayed in dollars. The cost of living (hotels, restaurants, taxes). Landscapes that are too green and not flowery enough. Beaches—nothing exceptional. Pollution in cities where big American trucks rule. Sewage dumped directly into the sea. Aside from the jungle, there’s nothing to visit—no ruins, monuments, or anything worth seeing.
In short, my wife and I think the hype about this supposedly eco-friendly country is overrated. It’s just the trendy destination of the moment. There are much better, cheaper, and more authentic places.
In hindsight, we keep the good memories and our beautiful photos, but if we had to do it over...
Before signing off, a little message to those who don’t like hearing opinions different from theirs:
Well, some things aren’t up for debate. And to those who’d have us believe that in 3 weeks, we don’t have the right to criticize a country or express our feelings—how can you praise it in so little time? What a scam. Costa Rica is a money pit. Pura vida? Pure cosmic emptiness.
If you like spending your evenings barricaded in your cozy hotel after dark, this country is for you.
For everyone else: run!
Hello,
Since the war between Russia and Ukraine, nothing is simple anymore for traveling to Belarus due to sanctions.
No more direct flights from the EU to Minsk.
Driving is a huge hassle, especially crossing through Poland at the only open border in Brest—you can wait 2, 3, or even 4 days just to get through by car.
The least painful driving option is to come via Lithuania and cross at the only open border, with a minimum wait time of 8 hours, sometimes up to 20 hours or more!!
Controls are very strict and annoying on both the Lithuanian and Belarusian sides. Avoid bringing alcohol, food, or cigarettes—everything will end up in the trash, especially when leaving Belarus for Vilnius, where the Lithuanians are tough, even with EU citizens.
The joy I once knew when visiting my wife in Minsk is sadly over—it’s now a real ordeal.
The fastest solution is to fly. My wife travels to France by taking a bus to Kaunas in Lithuania, where you can catch a flight (though not daily) to Paris Beauvais or Charleroi in Belgium with Ryanair, for example.
For the return trip, it’s the same: a flight to Kaunas and then a direct bus from the airport to Minsk.
The bus crossing is quicker than driving—the 250 km journey, including border checks, takes about 6 to 8 hours for buses leaving Lithuania around midnight, but controls are still strict at the border.
The biggest challenge is finding flight schedules that align with the bus routes between the two countries, given the unpredictable border crossing times.
Now, my wife travels via Charleroi in Belgium (near Brussels), and you can take a train to Paris. Alternatively, you can fly into Beauvais and take a bus to Paris (Porte Maillot).
For those driving, note that EU insurance and assistance policies no longer work in Belarus or Russia. You’ll need to get local insurance, usually limited to third-party liability (I don’t think full coverage exists?), as well as mandatory medical insurance. This is available at the border.
You now have to pay highway tolls—no more BELTOLL boxes. Instead, you pay a flat fee for the duration of your stay. Stop at the first gas station after crossing from Lithuania to fill up on fuel and cigarettes.
From what I know, Lithuania bans carrying more than 60 € in cash, but there’s no limit for USD (though it’s capped at $10,000??).
With a Visa card, you can now withdraw 1,000 rubles per week (about 270 €)—two months ago, it was only 500 rubles!!
For now, you can still pay by card in shops and gas stations.
However, major retailers like KORONA (which may be Russian-owned??) no longer accept foreign Visa cards.
Unfortunately, the additional sanctions announced by the U.S. on August 5, 2025, against Russia—and possibly Belarus—aren’t promising for the future.
After 20 years of visiting Belarus, I’m truly saddened to see the joy of living in this country with my wonderful wife turn into such a bleak situation, all because of human folly.
Hi everyone!
I’m putting together our travel itinerary for Veneto at the end of April. And the more I look and research potential sites to visit, the more I find!
We’ll only be there for a week—my family and I—including 3 days in Venice. So we have to make some choices...
I plan to rent a car when we arrive in Venice and head straight to Bergamo, which would be our first stop. We’d leave the car at the airport when we return to Venice so we can explore the city at our leisure.
What do you think:
1 night in Bergamo (a 2h15 drive from Venice airport),
1 night in Garda,
1 night in Verona,
1 in Padua, and
3 in Venice—would that be doable?
Thanks in advance for your tips and experiences! :)
Now that the curtain has fallen on the past year, it’s time to see what’s happening around here.
It seems pretty quiet, but I’ll read more in detail later.
First, I need to tell you all an anecdote.
My eldest little girl, in her third year of law school, was really scared she wouldn’t pass the year.
I told her:
“Trust yourself, you’ve worked so hard, and worst case, if you fail, you’ll just redo the year.”
“But I don’t think I’ll make it—they changed the rules, and if I mess up even one unit, I have to start all over.”
I knew her grades weren’t exactly stellar, and with what I was about to say, I wasn’t taking much of a risk.
“Here’s the deal, sweetheart: if you pass, I promise I’ll take you to India, just the two of us.”
I have to admit, India is a country I’ve talked about so much to all my grandchildren that in their minds, it’s become a magical, mythical place (hmm).
July had barely begun when my phone rang, her name flashing on the screen.
“Mamido, I did it!”
My promise came rushing back—oh no, oh no, oh no!
“Congratulations, sweetheart!”
A little shyly, she said:
“Is the India trip still on?”
And me, replying:
“Of course it is!”
And that’s that—a promise is a promise, or you risk losing that precious trust that keeps hearts warm and at peace.
We’re leaving in February. Only 8 days—yikes, the carbon footprint!
But we can’t miss her tutorials, or she’ll be kicked out.
Personally, that works just fine for me.
Going to India has become a challenge for me. It’s far, it’s exhausting, I sweat, I hate mosquitoes, the spices bother my mouth when I used to love them. There’s noise all the time—at night, the dogs bark nonstop, and we almost get run over. I’ll get lost in the streets because my sense of direction has vanished. I don’t like rice anymore. All that chaos and those cultural differences that once enchanted me now just overwhelm me.
But I promised.
The upside—and it’s a big one—Raman, the same driver I’ve had forever, will be at the airport with a sign with our names. We’ll stop at the same little shop for chai (or tea, plain and simple) with that aroma that intoxicates me, halfway through the trip.
It’ll be a tiny trip—staying with friends, I’ll show her a few places I love: Chidambaram, Mamallapuram, and the clinic where I worked. Then we’ll head back.
My little girl will go home to her parents.
As for me, I’ll leave right away for our Scottish island with Homme for our chilly winter.
How can you love a country so much you want to live there, then suddenly reject it, no longer able to appreciate what once made it special?
That’s the mystery of love, I guess.
I’ve visited the U.S. four times myself, including two long road trips. The last one was just this past August...
I won’t be going back. I already felt guilty last August, but recent policies have finally convinced me: the humiliation of Zelensky, authoritarian excesses, Gestapo-like methods for detaining people of foreign origin, the murder of innocent people (a mother shot dead), corruption, insane "tariffs," skyrocketing healthcare costs for Americans, the abduction of foreign figures to secure oil, the requirement to disclose social media accounts, and now... threats and blackmail to forcibly take Greenland—a region that belongs to Denmark and thus the European Union!
The reality is that simply posting this could get me denied entry to the U.S.!
In this context, I just can’t keep spending money there. I loved my trips, but there are so many other countries with stunning landscapes to explore.
So I get why you’d want to travel there. I did, and I loved it. But once a country no longer respects any of the values that made us love it, why go?
How can we even consider traveling to a country that threatens to take one of our territories by force?
Hello everyone,
Controversial topic? Not necessarily—maybe just a reflection on a world to come.
I spent the last 15 days of August on a cruise in Greenland, from Kangerlussuaq to Tasiilaq.
I was utterly amazed by this unique world of rock and ice, the little houses in every color, a simple life that’s also complicated by isolation and climate, among other things...
I carry in my heart the kindness of the people I met, the raw and gentle majesty of the icebergs, the colors of the sky...
So, I can’t even imagine a massive presence of raw material prospectors, heavy machinery requiring roads to be built—if that’s even possible—changing their way of life... putting sled dogs out to pasture!
Do fast food and Greenland’s northern lights really mix?
I wouldn’t trade my memories for an ESTA!
All opinions are respectable, which is why this isn’t a controversy—but I’m sorry, I have a soft spot for *my* Greenland.
We’re a couple aged 58 and 63. We’ve just returned from a wonderful trip to South India in Tamil Nadu and a few days in Kerala. We traveled with a local French-speaking guide and his friend, the driver. They both live in Pondicherry. We spent 3 weeks with them in the most authentic way!
We covered just over 2,500 km and visited not only temples but also archaeological sites, museums, and small artisanal businesses making tiles, tea, sculptures, bronze, and silk spinning. We were lucky enough to visit a public school, attend a wedding, and even a death announcement in a small countryside village. We were fully immersed in the culture, food, noise, and colors—it was incredible!
The hotels and guesthouses we chose were very clean and mostly quiet. We’re returning from India with amazing discoveries!
We’re happy to share more info if you’d like!
M-Claire and Jean
This catchy and somewhat mysterious title comes from several questions I’ve been asking myself.
VF has been back open for a reasonable number of weeks and months now.
The number of visitors overall matches past averages, but the number of members online in the last 24 hours seems relatively lower than what we used to see.
Yet, to my surprise, I’m seeing fewer travel journals, way fewer messages, and way fewer questions.
I don’t see many new registered users online, and I notice a number of members who are logged in but either aren’t participating or have stopped participating.
Something’s not adding up for me because, in my opinion, VF is still appealing, and I don’t see which other sites could really compete.
Was there a real break between pre- and post-Covid?
Does it just take more time for some people to discover the site or learn that it’s active again?
Do people now prefer quick consumption on sites like FB or others I’m not familiar with?
Where have the site’s old-timers gone, and what are they doing with their time now?
What’s really going on here?
This isn’t exactly a traveler’s question... I’d like to know who handles the technical side of this forum?
I run a similar forum on a different topic (unrecognized children), and we’re dealing with a few technical issues that are slowly killing our forum... so I’d have one or two questions to ask 😊.
Also, I was wondering who created this forum... who the administrators or moderators are, etc.
I think this forum is great. Much better than Facebook, which I’ve been using since it shut down (so I’m happy to see it’s working again...)