Results for "Bourg-en-Bresse+|+127"
4634 results found.
Infos tente Jamet Anéto 4000 English translation pending
Bonjour,
Pourriez vous nous indiquer si la tente Anéto 4000 de Jamet est aussi adaptée aux grands vents que le constructeur le prétend.
Quelqu'un a t il déjà campé avec ? Dans quelles conditions (intempéries & forts vents) ?
D'ailleurs Jamet est elle une marque reconnue ?
C'est assez urgent !
Merci
Coût de la vie au Maroc? English translation pending
Bonjour a toutes et à tous !
J'aimerai savoir avec quelle somme nous devons partir pour aller au maroc sans compter les frais aller retour par pers en camions et loins des grandes villes ! merci d avance😉 jojonana😄😄😄
J'aimerai savoir avec quelle somme nous devons partir pour aller au maroc sans compter les frais aller retour par pers en camions et loins des grandes villes ! merci d avance😉 jojonana😄😄😄
Expatriés et voyageurs English translation pending
Bonjour,
Depuis que je me ballade et participe (modestement) à ce forum, j'ai parfois remarqué une certaine agressivité dans des propos concernant les expatriés:
Expats pleins de frics, vous ne sortez pas de votre coin, etc..
Qu'en pensez vous ?
Depuis que je me ballade et participe (modestement) à ce forum, j'ai parfois remarqué une certaine agressivité dans des propos concernant les expatriés:
Expats pleins de frics, vous ne sortez pas de votre coin, etc..
Qu'en pensez vous ?
Tarifs de vols:: Johannesburg -Victoria Falls, Victoria Falls-Windhoek et retour à Johannesburg English translation pending
bonjour qui peut me renseigner eventuellement sur des vols jobourg vic falls, vic falls windhoek, windhoek jobourg a des tarifs doux . merci pascal08
Air France: incorrects English translation pending
Je prends le clavier pour vous raconter le pourquoi de ce titre...
J'ai acheté début octobre un aller-retour pour Cayenne pour ma copine et moi, en tarif Jeune (au sens de début octobre, mais lisez plutôt la suite). Ce billet a été acheté en ligne, depuis le site http://www.airfrance.fr.
Premier problème : mon dossier a été débité 2 fois. Détail troublant : la deuxième fois, seul un des 2 billets a été considéré, et débité 4 jours après le premier. Après plein de coups de fil foireux et couteux, je me décide à écrire au Service Client d'Air France pour demander réparation. Le courrier envoyé en Recommandé et avec Accusé de Réception ne sera "jamais" reçu... Après un mois sans nouvelles ni d'Air France ni de la Poste, je me décide à envoyer un deuxième courrier. Je me dit que je vais l'envoyer en Collissimo, car là au moins il y a un délai garanti par la Poste. Stupeur : le Service Client est accessible par boîte postale ! Je découvre au passage qu'il n'y a aucun moyen technique de joindre un SAV de manière sûre (vive le système français)... Bref, pas le choix, le courrier part comme le premier. J'ai obtenu (au bout de 2 mois) le remboursement de 750 euros et en compensation pour l'erreur technique décidement inexplicable un total de 3000 miles (je viens de découvrir sur ce forum les problèmes des uns à les utiliser, alors...).
Deuxième problème, encore plus fort : au départ de de Cayenne, le service d'enregistrement des bagages me demande d'aller gentiment voir le guichet d'AirFrance de l'aéroport, sans explications. Là, on m'explique que je dois payer un supplément de 80 euros par billet (sois 160 euros) au titre que mon billet n'est pas appliqué à la bonne catégorie de client... Pourtant, l'imprimé de mon billet électronique spécifie que je suis un "tarif Jeune", et que je dois montrer que un justificatif (ma date de naissance est explicitement marquée). Rien à faire. J'ai même eu droit à ceci, de la part de la resposable commerciale de l'agence (noté dans les 5 minutes qui suivent) : "si vous payez pas, vous ne partez pas aujourd'hui, vous repoussez votre départ le temps de régulariser votre situation". Drôle de remarque pour une compagnie en situation de monopole pour l'exploitation des vols directs entre la Guyane et la métropole... Bref je paye, vraiment pas content. Je mène mon enquête et, préparé, je téléphone au fameux SAV. J'obtiens confirmation de ce que je pressentais : il y a eu un changement au 29 octobre des tarifications. Explications : avant, il n'y avait QUE le tarif Jeune. Depuis, il y a 2 tarifs Jeune : pour les Mineurs et pour les Majeurs. Cela a fait passer par défaut mon billet dans une situation bizarre, que les agents d'Air France n'ont pas su gérer. Mais je me marre quand des agents au sol m'ont affirmé que chaque jours depuis la semaine précédant mon retour voyait une cinquantaine de personnes dans mon cas. Personne n'a su faire remonter le problème ou alors ils profitaient de la situation pour engranger un maximum de bénéfices (supposition gratuite) ? Le remboursement est maintenant acquis. Je trouve néanmoins déplorable qu'Air France ne propose pas spontanément le remboursement des frais divers (téléphone en particulier) ainsi qu'une comprensation au titre des désagréments engendrés...
Si vous avez des commentaires, n'hésitez pas...
En tout cas, messieurs d'Air France, je ne vous salue pas !
Betehess.
J'ai acheté début octobre un aller-retour pour Cayenne pour ma copine et moi, en tarif Jeune (au sens de début octobre, mais lisez plutôt la suite). Ce billet a été acheté en ligne, depuis le site http://www.airfrance.fr.
Premier problème : mon dossier a été débité 2 fois. Détail troublant : la deuxième fois, seul un des 2 billets a été considéré, et débité 4 jours après le premier. Après plein de coups de fil foireux et couteux, je me décide à écrire au Service Client d'Air France pour demander réparation. Le courrier envoyé en Recommandé et avec Accusé de Réception ne sera "jamais" reçu... Après un mois sans nouvelles ni d'Air France ni de la Poste, je me décide à envoyer un deuxième courrier. Je me dit que je vais l'envoyer en Collissimo, car là au moins il y a un délai garanti par la Poste. Stupeur : le Service Client est accessible par boîte postale ! Je découvre au passage qu'il n'y a aucun moyen technique de joindre un SAV de manière sûre (vive le système français)... Bref, pas le choix, le courrier part comme le premier. J'ai obtenu (au bout de 2 mois) le remboursement de 750 euros et en compensation pour l'erreur technique décidement inexplicable un total de 3000 miles (je viens de découvrir sur ce forum les problèmes des uns à les utiliser, alors...).
Deuxième problème, encore plus fort : au départ de de Cayenne, le service d'enregistrement des bagages me demande d'aller gentiment voir le guichet d'AirFrance de l'aéroport, sans explications. Là, on m'explique que je dois payer un supplément de 80 euros par billet (sois 160 euros) au titre que mon billet n'est pas appliqué à la bonne catégorie de client... Pourtant, l'imprimé de mon billet électronique spécifie que je suis un "tarif Jeune", et que je dois montrer que un justificatif (ma date de naissance est explicitement marquée). Rien à faire. J'ai même eu droit à ceci, de la part de la resposable commerciale de l'agence (noté dans les 5 minutes qui suivent) : "si vous payez pas, vous ne partez pas aujourd'hui, vous repoussez votre départ le temps de régulariser votre situation". Drôle de remarque pour une compagnie en situation de monopole pour l'exploitation des vols directs entre la Guyane et la métropole... Bref je paye, vraiment pas content. Je mène mon enquête et, préparé, je téléphone au fameux SAV. J'obtiens confirmation de ce que je pressentais : il y a eu un changement au 29 octobre des tarifications. Explications : avant, il n'y avait QUE le tarif Jeune. Depuis, il y a 2 tarifs Jeune : pour les Mineurs et pour les Majeurs. Cela a fait passer par défaut mon billet dans une situation bizarre, que les agents d'Air France n'ont pas su gérer. Mais je me marre quand des agents au sol m'ont affirmé que chaque jours depuis la semaine précédant mon retour voyait une cinquantaine de personnes dans mon cas. Personne n'a su faire remonter le problème ou alors ils profitaient de la situation pour engranger un maximum de bénéfices (supposition gratuite) ? Le remboursement est maintenant acquis. Je trouve néanmoins déplorable qu'Air France ne propose pas spontanément le remboursement des frais divers (téléphone en particulier) ainsi qu'une comprensation au titre des désagréments engendrés...
Si vous avez des commentaires, n'hésitez pas...
En tout cas, messieurs d'Air France, je ne vous salue pas !
Betehess.
Un scandale au Chili English translation pending
je vous livre le message qu'un ami m'a demandé de transmettre à un maximum de personnes.
Le CHILI est un pays qui posséde de grandes réserves d'eau douce, répartie en fleuves, lacs et glaciers. Comme tout le monde le sait, l'eau est un bien précieux, une réserve naturelle qui pourrait devenir la cause de grandes guerres dans le futur. Dans la troisiéme région de notre pays, existe un lieu appelé " vallée de SAN FELIX ". C'est une commune où le chomage n'existe pas, elle est peuplée d'agriculteurs qui apportent au pays sa seconde richesse financiére la plus importante en tant que région.. Cette localité est arrosée par deux fleuves qui prennent leur souce dans les glaciers de la CORDILLERE proche. Ils offrent l'eau la plus pure du CHILI. Les ennuis ont commencé quand quelqu'un a découvert sous ces glaciers le "TRESOR D'AMERIQUE " qui consiste en millions de dollars en or, argent et autres minerais. Pour pouvoir extraire ces métaux, il est nécéssaire de casser, de détruire ces glaciers et d'y faire deux énormes trous aussi grand qu'un CHUQUICAMATA, l'un pour extraire les minerais, l'autre pour y jeter les déchets. Notre gouvernement a déjà approuvé ce projet, fixant la date de début des travaux dans le courant de l'année 2006, uniquement parce que les agriculteurs ont réussi à le faire ajourner. Le nom de ce projet est PASCUA LAMA. Il va être mis en application par une entreprise multinationale dont BUSCH pére est l'un des actionnaires. Ce qui nous préocupe est en fait, qu' en détruisant le glacier, ils en font de même avec cette précieuse réserve d'eau douce, s'attaquant aux deux fleuves qui abreuvent cette région et contaminent toute l'eau pour la population des alentours Désormais, elle ne pourra plus servir qu'à l'arrosage et deviendra impropre à la consommation humaine et animale. Nous aurons, alors à faire face à l'eau poluée avec les saletés et les maladies qui y feront leur nid. Ca fait longtemps que ces gens luttent pour leur terre qui est leur unique source de travail. Ils n'ont pas la droit de s'exprimer à la TV à cause d'une ordonnance du ministére de l'intérieur. leur seul espor de mettre un frein à ce projet est de le faire connaitre au plus grand nombre afin de pouvoir saisir les cours de justices internationales..
Le CHILI est un pays qui posséde de grandes réserves d'eau douce, répartie en fleuves, lacs et glaciers. Comme tout le monde le sait, l'eau est un bien précieux, une réserve naturelle qui pourrait devenir la cause de grandes guerres dans le futur. Dans la troisiéme région de notre pays, existe un lieu appelé " vallée de SAN FELIX ". C'est une commune où le chomage n'existe pas, elle est peuplée d'agriculteurs qui apportent au pays sa seconde richesse financiére la plus importante en tant que région.. Cette localité est arrosée par deux fleuves qui prennent leur souce dans les glaciers de la CORDILLERE proche. Ils offrent l'eau la plus pure du CHILI. Les ennuis ont commencé quand quelqu'un a découvert sous ces glaciers le "TRESOR D'AMERIQUE " qui consiste en millions de dollars en or, argent et autres minerais. Pour pouvoir extraire ces métaux, il est nécéssaire de casser, de détruire ces glaciers et d'y faire deux énormes trous aussi grand qu'un CHUQUICAMATA, l'un pour extraire les minerais, l'autre pour y jeter les déchets. Notre gouvernement a déjà approuvé ce projet, fixant la date de début des travaux dans le courant de l'année 2006, uniquement parce que les agriculteurs ont réussi à le faire ajourner. Le nom de ce projet est PASCUA LAMA. Il va être mis en application par une entreprise multinationale dont BUSCH pére est l'un des actionnaires. Ce qui nous préocupe est en fait, qu' en détruisant le glacier, ils en font de même avec cette précieuse réserve d'eau douce, s'attaquant aux deux fleuves qui abreuvent cette région et contaminent toute l'eau pour la population des alentours Désormais, elle ne pourra plus servir qu'à l'arrosage et deviendra impropre à la consommation humaine et animale. Nous aurons, alors à faire face à l'eau poluée avec les saletés et les maladies qui y feront leur nid. Ca fait longtemps que ces gens luttent pour leur terre qui est leur unique source de travail. Ils n'ont pas la droit de s'exprimer à la TV à cause d'une ordonnance du ministére de l'intérieur. leur seul espor de mettre un frein à ce projet est de le faire connaitre au plus grand nombre afin de pouvoir saisir les cours de justices internationales..
Itinéraire au Sénégal? English translation pending
Nous partons a deux debut 2006 vers le Senegal via Maroc et Mauritanie....je pense arriver au senegal par Rosso....ensuite longer la cote jusqu'a la Gambie, mais ensuite que me conseillez vous? essayez de rejoindre la Casamance par bateau( j'ai lu ici que le succeseur du joolo est a flot....) ou par la terre, et aller vers le Mali via tambacounda (mais par le sud cette fois...par rapport a l'autre solution qui suit.....
ou alors passer directement de sokone vers kaolack tambacounda puis vers le Mali....
Que me conseillez vous? appuyez vos conseils aussi s'il vous plait.....
et d'avance merci.
P.S: et pour passer au Mali? peut on prendre le visa en route au Senegal? en Mauritanie? combien ca coute? sinon retour vers la Mauritanie mais par ou? bref j'ai beaucoup de chose a eclaircir......
Que me conseillez vous? appuyez vos conseils aussi s'il vous plait.....
et d'avance merci.
P.S: et pour passer au Mali? peut on prendre le visa en route au Senegal? en Mauritanie? combien ca coute? sinon retour vers la Mauritanie mais par ou? bref j'ai beaucoup de chose a eclaircir......
Projet de vie au Sénégal English translation pending
Bonsoir à tous,
Voilà, je suis nouvelle sur ce forum et mon surnom est Karla. J'ai 33 ans. et j'ai déjà pas mal voyagé en europe notament, mais aussi vers d'autres continents.
Ma plus belle rencontre est celle que j'ai faite dernièrement de l'afrique et notament avec le sénégal.
J'ai découvert ce pays l'an dernier notament au travers d'une mission de dévellopement pendant un mois dans la partie Sahélienne et extrème du sénégal : en Immerssion totale, dans un petit village toucouleur qui se trouve à côté de Ouro Soguy à sept km de la mauritanie...
Jusqu'a présent je ne m'étais jamais engagée dans ce type de voyage, car j'ai une certaine méfiance naturelle à l'égard des voyages "humanitaires" de type : reconstruction d'école ou achat de cahier etc. Je pense que ce genre d'action est vaine dans le temps et qu'en plus elle maintient les populations dans un état de dépendance vis à vis de l'occident et que nous les empèchons ainsi de choisir le dévellopement qu'ils souhaitent pour leur pays. Personnellement je crois beaucoup plus au travail de collaborations et d'accompagnement de projet que nous pouvons apporter à travers une action de dévellopement qui consiste à aider les populations locales à améliorer leur sort par le biais d'un transfert de compétences pratiques, et organisationnelles. Y compris par un travail de sensibilisation afin de les aider à concrétiser leur propres projets de manière autonome et responsable, tout en essayant de connaitre et d'utiliser les ressources qui sont aussi à leur disposition dans leur pays, même si celles ci sont très faibles, voire presque innexistantes.
Pourquoi ai je décidé de m'engager dans cette assoc alors me direz vous? Ayant été moi même porteur de projet ici en france, et forte de cette expérience j'ai éprouvé le besoin de partager ça avec d'autres... et les aléas de la vie, des rencontres faites suite à la présentation de mon propre projet ont fait que j'ai eut l'occasion de réaliser ce voeux au Sénégal. La bas j'aide donc des porteurs de projets à acquerrir leur autonomie en les formant aux techniques de montage de projet et de gestion (apprendre à cerner ses besoins, ses ressources et savoir faires, écrire un projet, argumenter, travailler en partenariat et en réseau, créer une structure pour porter son projet etc, étudier un marché potentiel, gerer une structure, établir des devis, un calendrier prévisionnel) bref, divers conseils aussi concernant la valorisation de projet etc... En même temps, nous faisons de l'accompagnement du suivi et de la recherche de partenariat pour le démarage de périmêtre maraichers créés par les villageois etc...Nous travaillons notament sur des projets de femmes qui aujourd'hui s'associent de plus en plus naturellement pour entreprendre des choses dans leur pays, leur village.
Bref, la tâche est vaste, et je suis bien conciente que le résultat est très alléatoire, voire dans certains cas improbable certes (contexte politique, corruption des administrations, culture qui laisse peut de pouvoir au femmes), bref, certains projets n'aboutirons peut être pas... Mais je reste convaincue qu'une partie des compétences que nous échangeons avec les populations les aidera indirrectement dans leur quotidien... Même si celà doit prendre du temps...
Difficile de décrire ce qui c'est passé la bas en moi... mais je sais une chose c'est que je suis tombée amoureuse de ce pays, de sa culture et de mon travail.
Cette année j'y suis retournée pendant 1 mois et demi pour les mêmes raisons et j'ai eut l'occasion de sillonner le pays du nord au sud lors de ma mission, et de mieux comprendre la diversité culturelle et ethnique du pays, puisque j'ai séjourné aussi en Casamance, rencontré : Peuls du nord et du sud, toucouleurs, wolofs, soninkés, serères et joola et là... encore le même choc, le même battement de coeur, encore plus fort que la dernière fois, la même envie terrible de rester vivre là de travailler, de contribuer au dévellopement de ce pays, de partager cette culture plurielle mais sur une plus longue durée... Alors, cette fois ci, le départ pour la france a été encore plus difficile que le précédent, vécu comme un véritable arrachement cette fois...
Bien sur, Je suis au courant du syndrome du retour du voyageur que connaissent beaucoup de grands voyageurs... qui touche évidament aussi les agents de dévellopement... je suis au courrant de tous les effets secondaires que celà engendre... néanmoins j'ai eut le temps de vérifier celà dans le temps... J'ai eut le temps de réfléchir depuis l'an dernier sur toute une année et j'en ai conclu celà : j'ai vraiment le désir de retourner là bas et d'y vivre. J'aimerai m'installer à Dakar notament, car je ne pense pas qu'en temps qu'occidentale je sois capable de vivre dans le nord... la culture orale y est trop complexe, éloignée de la mienne, les perspectives de travail et les conditions climatiques sont vraiment trop défavorables pour la toubab que je reste! Sauf s'il s'agit de séjours bien préparés pour une durée définie clairement dans un temps donné et réglée dans le cadre d'une mission bien précise...
Voilà, ca fait donc un mois que je suis rentrée et à présent cette idée continue de faire son chemin... je glanne divers renseignements, et témoignages concernant l'expatriation au sénégal.. Je sais pertinament qu'une expatriation se prépare à l'avance et qu'il est préférable d'avoir un emploi. Je sais que le marché de l'emploi est particulièrement difficile là bas et j'ai déjà lu pas mal de choses à ce sujet, mais je sais aussi qu'il existe des entreprises françaises qui délocalisent leur filliales au sénégal. Existe-t-il des sites internet ou je puisse trouver ce genre d'informations, annonces. Je voudrais aussi avoir une idée de la situation concernant le secteur et le marché de l'imprimerie au sénégal. Car je suis de formation graphiste/illustratrice dans le secteur de l'édition et pub. Je pratique aussi depuis de longues années la photographie et j'ai encore plusieurs cordes à mon arc outre mes activités associatives.
Bref voilà, si vous possédez également des infos, des témoignages, des propositions concernant le dévellopement, des infos concernant les formations necessaires pour prétendre à un poste d'agent de dévellopement, je suis à votre écoute. Comme je vous l'ai dit, depuis mon retour, je réfléchit sérieusement à comment je pourrais concillier ce projet de vie avec mon activité professionnelle et/ou associative et la tache n'est pas aisée... c'est pour celà que je me lance sur plusieurs pistes.
Voilà, j'espère que vous pourrez éclairer un peu ma réflexion par vos courriers, témoignages, pistes et propositions. J'espère n'avoir pas été trop longue dans mon exposé, ni trop embrouillée et que ma demande vous semblera assez sérieuse pour être digne de réponse... En attendant vos réponses amis voyageurs, je vous salue!
Voilà, je suis nouvelle sur ce forum et mon surnom est Karla. J'ai 33 ans. et j'ai déjà pas mal voyagé en europe notament, mais aussi vers d'autres continents.
Ma plus belle rencontre est celle que j'ai faite dernièrement de l'afrique et notament avec le sénégal.
J'ai découvert ce pays l'an dernier notament au travers d'une mission de dévellopement pendant un mois dans la partie Sahélienne et extrème du sénégal : en Immerssion totale, dans un petit village toucouleur qui se trouve à côté de Ouro Soguy à sept km de la mauritanie...
Jusqu'a présent je ne m'étais jamais engagée dans ce type de voyage, car j'ai une certaine méfiance naturelle à l'égard des voyages "humanitaires" de type : reconstruction d'école ou achat de cahier etc. Je pense que ce genre d'action est vaine dans le temps et qu'en plus elle maintient les populations dans un état de dépendance vis à vis de l'occident et que nous les empèchons ainsi de choisir le dévellopement qu'ils souhaitent pour leur pays. Personnellement je crois beaucoup plus au travail de collaborations et d'accompagnement de projet que nous pouvons apporter à travers une action de dévellopement qui consiste à aider les populations locales à améliorer leur sort par le biais d'un transfert de compétences pratiques, et organisationnelles. Y compris par un travail de sensibilisation afin de les aider à concrétiser leur propres projets de manière autonome et responsable, tout en essayant de connaitre et d'utiliser les ressources qui sont aussi à leur disposition dans leur pays, même si celles ci sont très faibles, voire presque innexistantes.
Pourquoi ai je décidé de m'engager dans cette assoc alors me direz vous? Ayant été moi même porteur de projet ici en france, et forte de cette expérience j'ai éprouvé le besoin de partager ça avec d'autres... et les aléas de la vie, des rencontres faites suite à la présentation de mon propre projet ont fait que j'ai eut l'occasion de réaliser ce voeux au Sénégal. La bas j'aide donc des porteurs de projets à acquerrir leur autonomie en les formant aux techniques de montage de projet et de gestion (apprendre à cerner ses besoins, ses ressources et savoir faires, écrire un projet, argumenter, travailler en partenariat et en réseau, créer une structure pour porter son projet etc, étudier un marché potentiel, gerer une structure, établir des devis, un calendrier prévisionnel) bref, divers conseils aussi concernant la valorisation de projet etc... En même temps, nous faisons de l'accompagnement du suivi et de la recherche de partenariat pour le démarage de périmêtre maraichers créés par les villageois etc...Nous travaillons notament sur des projets de femmes qui aujourd'hui s'associent de plus en plus naturellement pour entreprendre des choses dans leur pays, leur village.
Bref, la tâche est vaste, et je suis bien conciente que le résultat est très alléatoire, voire dans certains cas improbable certes (contexte politique, corruption des administrations, culture qui laisse peut de pouvoir au femmes), bref, certains projets n'aboutirons peut être pas... Mais je reste convaincue qu'une partie des compétences que nous échangeons avec les populations les aidera indirrectement dans leur quotidien... Même si celà doit prendre du temps...
Difficile de décrire ce qui c'est passé la bas en moi... mais je sais une chose c'est que je suis tombée amoureuse de ce pays, de sa culture et de mon travail.
Cette année j'y suis retournée pendant 1 mois et demi pour les mêmes raisons et j'ai eut l'occasion de sillonner le pays du nord au sud lors de ma mission, et de mieux comprendre la diversité culturelle et ethnique du pays, puisque j'ai séjourné aussi en Casamance, rencontré : Peuls du nord et du sud, toucouleurs, wolofs, soninkés, serères et joola et là... encore le même choc, le même battement de coeur, encore plus fort que la dernière fois, la même envie terrible de rester vivre là de travailler, de contribuer au dévellopement de ce pays, de partager cette culture plurielle mais sur une plus longue durée... Alors, cette fois ci, le départ pour la france a été encore plus difficile que le précédent, vécu comme un véritable arrachement cette fois...
Bien sur, Je suis au courant du syndrome du retour du voyageur que connaissent beaucoup de grands voyageurs... qui touche évidament aussi les agents de dévellopement... je suis au courrant de tous les effets secondaires que celà engendre... néanmoins j'ai eut le temps de vérifier celà dans le temps... J'ai eut le temps de réfléchir depuis l'an dernier sur toute une année et j'en ai conclu celà : j'ai vraiment le désir de retourner là bas et d'y vivre. J'aimerai m'installer à Dakar notament, car je ne pense pas qu'en temps qu'occidentale je sois capable de vivre dans le nord... la culture orale y est trop complexe, éloignée de la mienne, les perspectives de travail et les conditions climatiques sont vraiment trop défavorables pour la toubab que je reste! Sauf s'il s'agit de séjours bien préparés pour une durée définie clairement dans un temps donné et réglée dans le cadre d'une mission bien précise...
Voilà, ca fait donc un mois que je suis rentrée et à présent cette idée continue de faire son chemin... je glanne divers renseignements, et témoignages concernant l'expatriation au sénégal.. Je sais pertinament qu'une expatriation se prépare à l'avance et qu'il est préférable d'avoir un emploi. Je sais que le marché de l'emploi est particulièrement difficile là bas et j'ai déjà lu pas mal de choses à ce sujet, mais je sais aussi qu'il existe des entreprises françaises qui délocalisent leur filliales au sénégal. Existe-t-il des sites internet ou je puisse trouver ce genre d'informations, annonces. Je voudrais aussi avoir une idée de la situation concernant le secteur et le marché de l'imprimerie au sénégal. Car je suis de formation graphiste/illustratrice dans le secteur de l'édition et pub. Je pratique aussi depuis de longues années la photographie et j'ai encore plusieurs cordes à mon arc outre mes activités associatives.
Bref voilà, si vous possédez également des infos, des témoignages, des propositions concernant le dévellopement, des infos concernant les formations necessaires pour prétendre à un poste d'agent de dévellopement, je suis à votre écoute. Comme je vous l'ai dit, depuis mon retour, je réfléchit sérieusement à comment je pourrais concillier ce projet de vie avec mon activité professionnelle et/ou associative et la tache n'est pas aisée... c'est pour celà que je me lance sur plusieurs pistes.
Voilà, j'espère que vous pourrez éclairer un peu ma réflexion par vos courriers, témoignages, pistes et propositions. J'espère n'avoir pas été trop longue dans mon exposé, ni trop embrouillée et que ma demande vous semblera assez sérieuse pour être digne de réponse... En attendant vos réponses amis voyageurs, je vous salue!
Etude de la langue arabe dans le golfe ou au Yémen English translation pending
Bonjour tout le monde! J'espère que vous allez bien?
Voila, j'aimerais partir étudier la langue arabe et découvrir la culture locale dans un pays du Golfe (Emirats Arabe unis, Koweit...) ou au Yémen.
Si vous avez des informations sur les démarches à faire, les universités dans ces pays, etc.. elles seront les bienvenues.
Je vous remercie d'avance. A bientôt.
Voila, j'aimerais partir étudier la langue arabe et découvrir la culture locale dans un pays du Golfe (Emirats Arabe unis, Koweit...) ou au Yémen.
Si vous avez des informations sur les démarches à faire, les universités dans ces pays, etc.. elles seront les bienvenues.
Je vous remercie d'avance. A bientôt.
easyJet English translation pending
Bonjour
J'ai pu lire le sacré long débat suite au post qu'une pnc a lancé sur sa compagnie Air France, demandant l'avis des consommateurs...
Il s'avère que je suis pnc de mon côté mais sur l'autre compagnie... easyJet !
Alors je me permets de vous demander votre avis, en ce qui concerne les vols easyJet au départ de/sur Paris Orly. Si vous avez déjà voyagé sur Nice, Toulouse, Marseille (MRS que nous avons fermé hélas depuis) au d'autres destinations européennes depuis/vers Paris Orly, quel souvenir gardez-vous ?
J'ai pu lire le sacré long débat suite au post qu'une pnc a lancé sur sa compagnie Air France, demandant l'avis des consommateurs...
Il s'avère que je suis pnc de mon côté mais sur l'autre compagnie... easyJet !
Alors je me permets de vous demander votre avis, en ce qui concerne les vols easyJet au départ de/sur Paris Orly. Si vous avez déjà voyagé sur Nice, Toulouse, Marseille (MRS que nous avons fermé hélas depuis) au d'autres destinations européennes depuis/vers Paris Orly, quel souvenir gardez-vous ?
Vos conseils sur des visites autour de Cologne? English translation pending
Bonjour,
Prochaine mai je vais aller au Cologne pour un mois. Ma famille vie la-bas, mais je ne le connais pas trop. Plusieurs fois je suis allé la-bas, mais je n'ai pas resté très long temps. J'ai besoin de vos suggestions.Je veux faire les petits voyages. Les ques pays et les quels villes plus agreable de l'alentours du Cologne? Merci pour votre attention.
Prochaine mai je vais aller au Cologne pour un mois. Ma famille vie la-bas, mais je ne le connais pas trop. Plusieurs fois je suis allé la-bas, mais je n'ai pas resté très long temps. J'ai besoin de vos suggestions.Je veux faire les petits voyages. Les ques pays et les quels villes plus agreable de l'alentours du Cologne? Merci pour votre attention.
Sud de l'Italie et côte adriatique English translation pending
Bonjour,
Avez-vous des conseils d'endroits à visiter absolument dans le sud de l'italie et aussi sur la côte adriatique ? Je cherche surtout des lieux peu fréquentés, originaux, magiques, des villages qui vous ont marqués, peu connus, etc... des endroits où vous avez dormi et que vous avez trouvé surprenants, etc...
Merci à tous pour toutes vos réponses.
Avez-vous des conseils d'endroits à visiter absolument dans le sud de l'italie et aussi sur la côte adriatique ? Je cherche surtout des lieux peu fréquentés, originaux, magiques, des villages qui vous ont marqués, peu connus, etc... des endroits où vous avez dormi et que vous avez trouvé surprenants, etc...
Merci à tous pour toutes vos réponses.
Infos sur le Sénégal! English translation pending
Bonjour,
J'aimerai avoir quelques renseignements concernant le Sénégal ! Dans quelle région faut-il aller ??? Que faut-il visiter (ex: Dakar), les plages sont-elles belles ??? faut-il se faire vacciner avant de partir ? Quel temps fait-il au mois de septembre ? merci beaucoup pour tous les conseils ! 😉
J'aimerai avoir quelques renseignements concernant le Sénégal ! Dans quelle région faut-il aller ??? Que faut-il visiter (ex: Dakar), les plages sont-elles belles ??? faut-il se faire vacciner avant de partir ? Quel temps fait-il au mois de septembre ? merci beaucoup pour tous les conseils ! 😉
infos sur la Namibie English translation pending
Bonjour
Je suis à la recherche d'infos sur la Namibie. Je compte y aller au mois d'aout avec une amie. Est ce que le voyage se fait bien à deux en autotour ? les routes sont elles sûres ? Un 4x4 est il nécessaire ? Merci pour toutes les infos que vous pourrez m'envoyer (notamment sur le parc d'Etosha et le désert). Valérie
Je suis à la recherche d'infos sur la Namibie. Je compte y aller au mois d'aout avec une amie. Est ce que le voyage se fait bien à deux en autotour ? les routes sont elles sûres ? Un 4x4 est il nécessaire ? Merci pour toutes les infos que vous pourrez m'envoyer (notamment sur le parc d'Etosha et le désert). Valérie
Les vieilles pierres... English translation pending
Salut à tertous,
J'ai bien aimé la discussion sur les églises et cathédrales préférrées de chacun. Et cette discussion m'a porté vers une autre réflexion: j'aime les vieilles pierres, sous de nombreuses formes, mais j'ai un petit faible pour les vieilles villes ayant encore leurs fortifications, ou tout du moins une partie. Etant né dans une ville chargée d'histoire (Tournai est une des deux plus vieilles villes de Belgique, disputant le titre à Tongres), je ne pouvais pas y être indifférent. Tournai dispose encore de certains morceaux de ses fortifications, dont le pont des trous, probablement le plus beau "reste" de ses murailles, mais ma préférence va à une ville d'Allemagne: Rothenburg ob der Tauber. Pour moi, celle-ci remporte la palme. Vient ensuite Dinkelsbühl, quelques kilomètres plus au sud... Carcassone est également célèbre pour ses murailles, mais je n'y ai pas encore mis les pieds... et il y en a encore tant d'autres...
Et vous? Quelles sont les plus belles "vieilles pierres" que vous connaissez?
Ben
J'ai bien aimé la discussion sur les églises et cathédrales préférrées de chacun. Et cette discussion m'a porté vers une autre réflexion: j'aime les vieilles pierres, sous de nombreuses formes, mais j'ai un petit faible pour les vieilles villes ayant encore leurs fortifications, ou tout du moins une partie. Etant né dans une ville chargée d'histoire (Tournai est une des deux plus vieilles villes de Belgique, disputant le titre à Tongres), je ne pouvais pas y être indifférent. Tournai dispose encore de certains morceaux de ses fortifications, dont le pont des trous, probablement le plus beau "reste" de ses murailles, mais ma préférence va à une ville d'Allemagne: Rothenburg ob der Tauber. Pour moi, celle-ci remporte la palme. Vient ensuite Dinkelsbühl, quelques kilomètres plus au sud... Carcassone est également célèbre pour ses murailles, mais je n'y ai pas encore mis les pieds... et il y en a encore tant d'autres...
Et vous? Quelles sont les plus belles "vieilles pierres" que vous connaissez?
Ben
Cherche logement à Dakar au Sénégal English translation pending
Bonjour! Quelqu'un connait-il l'adresse d'une sympathique auberge (ou autre, pas trop cher) à DAKAR? Je vais travailler à la pouponnière de la Médina, le mieux ce serait donc dans ces environs...mais ce n'est pas essentiel. Merci!
Un cadeau..... encombrant English translation pending
Campement de la pointe de Sangomar, 20h00.
Nous sommes tous les 4 tranquillement assis entrain de siroter un apéro bien mérité !!
Nous sommes douchés, changés, débarrassés de toute la poussière de la journée, ZEN ...
Lazare, le cousin d’Adrien notre pote-chauffeur, doit venir nous chercher dès qu’il y aura de la place dans la salle de resto….
COOL …
« tiens Adrien, mais que fais tu là ? «
Cela fait 10 jours que nous connaissons Adrien, un ami d’un ami qui a su que nous venions au Sénégal nous a parlé d’Adrien, taxi de son état il nous trimballe depuis 10 jours dans sa 505, celle-ci très « locale » nous fait quelques frayeurs (perte du pot, radiateur troué, quant aux pneus …)mais bon on aime beaucoup Adrien et sa voiture !!!
Adrien « Venez avec moi à la voiture, j'ai un cadeau pour vous ... »
Nous « mais fallait pas Adrien, faut pas nous faire de cadeaux, t’es trop gentil etc etc …
Nous suivons Adrien jusqu’à la voiture, très étonnés car ce soir Adrien couche chez ses parents à Palmarin et cela fait un bout de chemin surtout sur cette piste en tôle ondulée,
Chacun de nous quatre, se demande quel peut-être ce cadeau qui justifie tant de kilomètres et tant de mystère !!!
Adrien est manifestement content de lui, il fait nuit et comme il sourit de toutes ses dents … on ne voit que cela
Il ouvre le coffre et se recule pour nous laisser la place, on se penche en cœur, une roue crevée, c’est très banal, rouge de poussière occupe le coffre, et au milieu de la roue ce trouvez un sac en papier kraft,
nous nous penchons encore plus, mais aucun de nous n’osant saisir le sac, c’est Adrien qui attrape le paquet et qui nous le tend, Guy et Daniel ouvrent le sac et Oh Surprise, le cadeau le plus original que nous n'aurons jamais s'étale devant nos yeux, nos yeux écarquillés d'horreur et d'incompréhension : une patte de porc avec les poil et le sabot ! ! ! ! !
Nous manquons de voix, personne n’émet un son, on dirait des carpes !!
QUE FAIRE D’UNE PATTE CRUE A 20H DANS UN HOTEL ? ?
« mais Adrien c’est trop gentil mais on ne peut pas accepter, que veux tu que l’on fasse de cette patte »
Adrien : y a pas de soucis mes Mimi, il faut faire un petit feu sur la plage pour la faire griller ...
C'est évident, encore faut-il avoir, le briquet, le bois, le couteau, la lampe car il fait nuit noire etc. etc. etc.
ON EST MAL …
Mais surtout nous ne voulons pas faire peine à notre Adrien,
Donc on va chercher Lazare pour lui demander si il peut faire cuire notre patte, impossible il s’occupe du resto et il n’a pas de place au four
Mais il nous propose de garder la patte au congélateur et de nous la faire cuire le lendemain, mais le lendemain on repart de bonne heure .... Bon on verra demain, de toute façon la patte sera congelée et avant qu'elle décongèle on avisera .
Le lendemain
Nous étions prêts pour le départ, quand Lazare nous a ramené notre cadeau et Re : oh surprise et déconvenue, en fait de congélateur c'était au frigo qu'elle était notre patte ! ! !
Que faire quand on sait que nous avons au moins quatre heures de route sous un soleil de 50° ?
Y a pas de soucis mes Mimi, Adrien nous a emmenés dans un port de pêche, où le sol était noir, mais vraiment noir de mouches, nous avons acheté un sac poubelle, de la glace pilée, nous avons enveloppée notre patte dans des sacs en plastique entourés de la glace et va y mes Mimi nous sommes repartis.
Nous devions juste nous arrêter quelques instants dans le village des parents d'Adrien, puisque son père devait avoir confectionné un épervier pour Daniel.
En fait le Papa était tellement content de nous voir, qu'il avait gardé du boulot à faire devant nous et c'est plus de 2h30 que nous sommes restés à le regarder poser les plombs sur le filet.
De temps en temps, Daniel allait tâter notre patte pour voir si elle était toujours au frais ...
Car voiture en plein soleil ! ! !
Nous avons quand même visité Joal-Fadiouth, l'île de coquillages, en laissant notre patte au " chaud-froid " dans le coffre.
Nous espérions qu’arrivés à M'Bour chez nos copains nous pourrions, enfin, faire cuire notre patte, mais impossible, ils ne pouvaient pas, vers 17h, notre Adrien est revenue de chez lui et .. et notre patte me direz-vous ?
hé bien Adrien a proposé que sa femme la fasse cuire et que nous venions la manger chez lui le soir .......... Ouf.. SAUVES
Installés dans la cour, Adrien, Emilie sa femme et sa sœur Anastasie avaient bien fait les choses et c'était vraiment une super soirée, et c'est éclairé par la lumière vacillante des lampes à pétrole, que nous avons enfin pu apprécier notre super cadeau en dégustant notre patte accompagnée d'un lit de salade qui nous était formellement interdit mais que nous avons mangée jusqu'à la dernière feuille.
Et c’est parmi les poules les canards et les cochons, que nous avons passé la plus réussie des soirées de notre séjour sénégalais.
Nous sommes tous les 4 tranquillement assis entrain de siroter un apéro bien mérité !!
Nous sommes douchés, changés, débarrassés de toute la poussière de la journée, ZEN ...
Lazare, le cousin d’Adrien notre pote-chauffeur, doit venir nous chercher dès qu’il y aura de la place dans la salle de resto….
COOL …
« tiens Adrien, mais que fais tu là ? «
Cela fait 10 jours que nous connaissons Adrien, un ami d’un ami qui a su que nous venions au Sénégal nous a parlé d’Adrien, taxi de son état il nous trimballe depuis 10 jours dans sa 505, celle-ci très « locale » nous fait quelques frayeurs (perte du pot, radiateur troué, quant aux pneus …)mais bon on aime beaucoup Adrien et sa voiture !!!
Adrien « Venez avec moi à la voiture, j'ai un cadeau pour vous ... »
Nous « mais fallait pas Adrien, faut pas nous faire de cadeaux, t’es trop gentil etc etc …
Nous suivons Adrien jusqu’à la voiture, très étonnés car ce soir Adrien couche chez ses parents à Palmarin et cela fait un bout de chemin surtout sur cette piste en tôle ondulée,
Chacun de nous quatre, se demande quel peut-être ce cadeau qui justifie tant de kilomètres et tant de mystère !!!
Adrien est manifestement content de lui, il fait nuit et comme il sourit de toutes ses dents … on ne voit que cela
Il ouvre le coffre et se recule pour nous laisser la place, on se penche en cœur, une roue crevée, c’est très banal, rouge de poussière occupe le coffre, et au milieu de la roue ce trouvez un sac en papier kraft,
nous nous penchons encore plus, mais aucun de nous n’osant saisir le sac, c’est Adrien qui attrape le paquet et qui nous le tend, Guy et Daniel ouvrent le sac et Oh Surprise, le cadeau le plus original que nous n'aurons jamais s'étale devant nos yeux, nos yeux écarquillés d'horreur et d'incompréhension : une patte de porc avec les poil et le sabot ! ! ! ! !
Nous manquons de voix, personne n’émet un son, on dirait des carpes !!
QUE FAIRE D’UNE PATTE CRUE A 20H DANS UN HOTEL ? ?
« mais Adrien c’est trop gentil mais on ne peut pas accepter, que veux tu que l’on fasse de cette patte »
Adrien : y a pas de soucis mes Mimi, il faut faire un petit feu sur la plage pour la faire griller ...
C'est évident, encore faut-il avoir, le briquet, le bois, le couteau, la lampe car il fait nuit noire etc. etc. etc.
ON EST MAL …
Mais surtout nous ne voulons pas faire peine à notre Adrien,
Donc on va chercher Lazare pour lui demander si il peut faire cuire notre patte, impossible il s’occupe du resto et il n’a pas de place au four
Mais il nous propose de garder la patte au congélateur et de nous la faire cuire le lendemain, mais le lendemain on repart de bonne heure .... Bon on verra demain, de toute façon la patte sera congelée et avant qu'elle décongèle on avisera .
Le lendemain
Nous étions prêts pour le départ, quand Lazare nous a ramené notre cadeau et Re : oh surprise et déconvenue, en fait de congélateur c'était au frigo qu'elle était notre patte ! ! !
Que faire quand on sait que nous avons au moins quatre heures de route sous un soleil de 50° ?
Y a pas de soucis mes Mimi, Adrien nous a emmenés dans un port de pêche, où le sol était noir, mais vraiment noir de mouches, nous avons acheté un sac poubelle, de la glace pilée, nous avons enveloppée notre patte dans des sacs en plastique entourés de la glace et va y mes Mimi nous sommes repartis.
Nous devions juste nous arrêter quelques instants dans le village des parents d'Adrien, puisque son père devait avoir confectionné un épervier pour Daniel.
En fait le Papa était tellement content de nous voir, qu'il avait gardé du boulot à faire devant nous et c'est plus de 2h30 que nous sommes restés à le regarder poser les plombs sur le filet.
De temps en temps, Daniel allait tâter notre patte pour voir si elle était toujours au frais ...
Car voiture en plein soleil ! ! !
Nous avons quand même visité Joal-Fadiouth, l'île de coquillages, en laissant notre patte au " chaud-froid " dans le coffre.
Nous espérions qu’arrivés à M'Bour chez nos copains nous pourrions, enfin, faire cuire notre patte, mais impossible, ils ne pouvaient pas, vers 17h, notre Adrien est revenue de chez lui et .. et notre patte me direz-vous ?
hé bien Adrien a proposé que sa femme la fasse cuire et que nous venions la manger chez lui le soir .......... Ouf.. SAUVES
Installés dans la cour, Adrien, Emilie sa femme et sa sœur Anastasie avaient bien fait les choses et c'était vraiment une super soirée, et c'est éclairé par la lumière vacillante des lampes à pétrole, que nous avons enfin pu apprécier notre super cadeau en dégustant notre patte accompagnée d'un lit de salade qui nous était formellement interdit mais que nous avons mangée jusqu'à la dernière feuille.
Et c’est parmi les poules les canards et les cochons, que nous avons passé la plus réussie des soirées de notre séjour sénégalais.
Vos impressions sur la Somone et Saly au Sénégal English translation pending
Pourriez vous me donner vos impressions sur le Sénégal, et surtout sur la somone et Saly? Merci d'avance
Carte des étoiles English translation pending
Bonjour,
est-ce que l'un ou l'une d'entre vous aurait une bonne référence (internet ou autre) pour une carte du ciel?
Je pars dans le désert dans moins de deux semaines et je pense que regardez les étoiles avec mon amoureux va être quelque chose de très sympa!
Merci!
est-ce que l'un ou l'une d'entre vous aurait une bonne référence (internet ou autre) pour une carte du ciel?
Je pars dans le désert dans moins de deux semaines et je pense que regardez les étoiles avec mon amoureux va être quelque chose de très sympa!
Merci!
Les Survivants English translation pending
😄 Message personnel à tous ceux nés avant le 3éme millénaire. Les autres ne pourront pas comprendre ! 😄
L'enfance des années 50, 60, voire 70.
En regardant en arriére, c'est dur de croire qu'on ait réussi à survivre si longtemps. Lorsque nous étions enfants, nous nous promenions en voiture sans ceinture de sécurité ou d'airbags pour nous protéger. Nos chambres étaient peintes de couleurs vibrantes au plomb et nos maisons étaient isolées à l'amiante. Il n'y avait pas de couvercles de sécurité sur les bouteilles de médicaments et de produits toxiques ni de serrures sécuritaires sur les armoires. Et lorsque nous partions faire un tour de vélo, on le faisait sans casque.
On allait seul en ville chercher le pain, le lait dans un broc en aluminium à peine fermé et on le buvait comme cela. On buvait même de l'eau directement des tuyaux d'arrosage. Quelle horreur !
On se faisait des petites voitures(caisse à savon) avec des vieux patins à roulettes et des planches en bois pleines d'échardes et on se laissait aller dans les descentes, sur le trottoir bordant la nationale, pour s'apercevoir trop tard qu'on avait oublié de mettre des freins. Aprés être rentrés dans les buissons ou les clôtures à quelques reprises, on solutionait le probléme. On quittait seul la maison tot le matin pour aller à pied à l'école et on revenait souvent au moment où les lampadaires des rues s'allumaient. Imaginez donc, pas de téléphones portables, personne ne pouvait nous joindre de la journée.
On mangeait des gâteaux secs, du pain et du beurre et nous n'étions pas obéses........., il faut dire que nous jouions presque toujours à l'extérieur. On buvait souvent à quete ou cinq dans la même bouteille et il n'y a jamais eu de décés à cause de cela.
On jouait à des jeux dangereux et souvent, on se faisait mal. On grimpait dans les arbres, on enjambait les murs des voisins. Parfois, il y avait des chutes, avec des coupures et des os cassés mais personne n'était blamé. C'était l'apprentissage de la vie. Parfois, on se battait entre nous, on avait des bleus mais on apprenait à passer par-dessus. On n'avait pas de Nintendo 64, de Playstation 2 ou de X Box, sans compter les jeux video ou même les 99 canaux de la télévision, les magnetoscopes, les ordinateurs personnels, etc, etc .....
Mais nous avions des amis et si nous voulions les voir, tout ce qu'on avait à faire, c'était de sortir et se rendre chez eux, sonner et entrer pour pouvoir leur parler. Imaginez ça, sans même demander la permission à nos parents !!!
Comment faisait- on tout ça, sans gardien, dans ce monde cruel ? On inventait des jeux, avec des bâtons et des balles de tennis, on mangeait toutes sortes de choses mais contrairement à ce qu'on nous disait, rarement quelqu'un perdait un oeil ou était infecté d'un virus. Certains écoliers n'étaient pas aussi futés que les autres. Parfois, ils manquaient leur année et devaient redoubler. Les classes et les examens n'étaient pas ajustés pour compenser ces différences qu'elle qu'en soit la raison.
Nos actions étaient les nôtres. Nous en supportions personnellement les conséquences. Personne pour nous cacher. L'idée de se faire protéger par nos parents si nous commettions une infraction était impensable. D'ailleurs, nos parents étaient du coté de l'autorité, c'est t'y pas effrayant ?
Mais cette génération a produit les meilleurs preneurs de risque, solutionneurs et inventeurs. Les derniéres 50 années ont été une explosion d'innovations et d'idées nouvelles. On avait la liberté, la responsabilité de nos succés, ainsi que celle de nos défaites.
Le plus important, c'est qu'on a appris à vivre avec tout ça. Et on a eu la chance de grandir avant que les avocats et les gouvernements se mettent à réglementer nos vies.......pour notre bien "
L'enfance des années 50, 60, voire 70.
En regardant en arriére, c'est dur de croire qu'on ait réussi à survivre si longtemps. Lorsque nous étions enfants, nous nous promenions en voiture sans ceinture de sécurité ou d'airbags pour nous protéger. Nos chambres étaient peintes de couleurs vibrantes au plomb et nos maisons étaient isolées à l'amiante. Il n'y avait pas de couvercles de sécurité sur les bouteilles de médicaments et de produits toxiques ni de serrures sécuritaires sur les armoires. Et lorsque nous partions faire un tour de vélo, on le faisait sans casque.
On allait seul en ville chercher le pain, le lait dans un broc en aluminium à peine fermé et on le buvait comme cela. On buvait même de l'eau directement des tuyaux d'arrosage. Quelle horreur !
On se faisait des petites voitures(caisse à savon) avec des vieux patins à roulettes et des planches en bois pleines d'échardes et on se laissait aller dans les descentes, sur le trottoir bordant la nationale, pour s'apercevoir trop tard qu'on avait oublié de mettre des freins. Aprés être rentrés dans les buissons ou les clôtures à quelques reprises, on solutionait le probléme. On quittait seul la maison tot le matin pour aller à pied à l'école et on revenait souvent au moment où les lampadaires des rues s'allumaient. Imaginez donc, pas de téléphones portables, personne ne pouvait nous joindre de la journée.
On mangeait des gâteaux secs, du pain et du beurre et nous n'étions pas obéses........., il faut dire que nous jouions presque toujours à l'extérieur. On buvait souvent à quete ou cinq dans la même bouteille et il n'y a jamais eu de décés à cause de cela.
On jouait à des jeux dangereux et souvent, on se faisait mal. On grimpait dans les arbres, on enjambait les murs des voisins. Parfois, il y avait des chutes, avec des coupures et des os cassés mais personne n'était blamé. C'était l'apprentissage de la vie. Parfois, on se battait entre nous, on avait des bleus mais on apprenait à passer par-dessus. On n'avait pas de Nintendo 64, de Playstation 2 ou de X Box, sans compter les jeux video ou même les 99 canaux de la télévision, les magnetoscopes, les ordinateurs personnels, etc, etc .....
Mais nous avions des amis et si nous voulions les voir, tout ce qu'on avait à faire, c'était de sortir et se rendre chez eux, sonner et entrer pour pouvoir leur parler. Imaginez ça, sans même demander la permission à nos parents !!!
Comment faisait- on tout ça, sans gardien, dans ce monde cruel ? On inventait des jeux, avec des bâtons et des balles de tennis, on mangeait toutes sortes de choses mais contrairement à ce qu'on nous disait, rarement quelqu'un perdait un oeil ou était infecté d'un virus. Certains écoliers n'étaient pas aussi futés que les autres. Parfois, ils manquaient leur année et devaient redoubler. Les classes et les examens n'étaient pas ajustés pour compenser ces différences qu'elle qu'en soit la raison.
Nos actions étaient les nôtres. Nous en supportions personnellement les conséquences. Personne pour nous cacher. L'idée de se faire protéger par nos parents si nous commettions une infraction était impensable. D'ailleurs, nos parents étaient du coté de l'autorité, c'est t'y pas effrayant ?
Mais cette génération a produit les meilleurs preneurs de risque, solutionneurs et inventeurs. Les derniéres 50 années ont été une explosion d'innovations et d'idées nouvelles. On avait la liberté, la responsabilité de nos succés, ainsi que celle de nos défaites.
Le plus important, c'est qu'on a appris à vivre avec tout ça. Et on a eu la chance de grandir avant que les avocats et les gouvernements se mettent à réglementer nos vies.......pour notre bien "
Location de voiture à Johannesbourg (Afrique du Sud) English translation pending
Nous comptons l'été prochain rejoindre le nord de la namibie (traversée du Botswana), le Kaokoland plus exactement. Cette région encore très sauvage n'est pas d'un accès très aisée et donc demande une grande autonomie. Ayant avec mon épouse une certaine expérience de l'Afrique, nous faisons ce voyage avec notre fille de 10 ans pour lui faire découvrir "autre chose". Cette région est exceptionnelle par sa faune, ses paysages mais surtout sa population locale, les Himbas. Ce périple va durer 3 semaines et le trajet va se découper en trois parties : 5 jours d'approche tranquille (traversé du Botswana), 10 jours dans le Kaokoland (essentiellement en bivouac), 5 jours de retour réadaptation vers johanesbourg
@+
Looking for recent info on Kalimantan
Hi,
On September 1st, we're heading to Kalimantan for six weeks, probably from Pontianak to the Derawan Islands.
I've scoured this site, which is usually my go-to 😉, and others like VoyageForum, but recent info is pretty scarce.
I'd love any tips on places you've visited—our itinerary is still a work in progress.
We're two couples traveling with backpacks, using buses, boats, guesthouses, and homestays.
Thanks in advance!
The unique characteristics of French regions
Hello everyone.
First and foremost, I hope this topic won’t just focus on my region—the South of France—and that those of you who enjoy exchanging ideas will share what makes your own regions special.
Personally, I’ve often wanted to push back when people call us vulgar (though I’ll admit I sometimes play it up). At heart, we pure-blooded Southerners just have our own way of expressing ourselves, which differs from other regions. We also get heated in conversations pretty easily (some researchers say it’s the influence of the sun and climate in general).
What some perceive as vulgar, we don’t see that way at all.
Do you want a uniform world with no differences? If so, how do you handle traveling to places with cultures completely different from your own?
In the travel community, the word "authenticity" comes up a lot, and it often takes priority in people’s searches.
In my specific case, speaking a purely regional language without having gone to school for it doesn’t help with understanding on this forum. That’s what creates what you call controversies—and what I call passionate exchanges.
I remember a reply from a member in this thread: https://voyageforum.com/forum/ma-vie-en-camargue-pays-origine-en-colombie-pays-c-ur-d10778555/
It left me speechless and ended the conversation because, for him, that’s just how he sees things, and he refuses to debate it, sticking to his position. I’ll quote him, hoping he won’t hold it against me:
"For me, things like bullfighting, boxing, football, and MMA are just tangible proof that human evolution is still at a primitive stage."
For him, our Latin-origin bullfights are barbaric customs. For us *taurins*, we need to see men face wild beasts (bulls and *toros*) at the risk of their lives every day. Does that make us barbarians?
We’ve always had this need to confront death—it’s in our genes.
Take the example he gave about football: fans of the sport would be considered mentally underdeveloped. But what about a kid who’s passionate about the game and has that drive to be a winner, just like a boxer or athletes in other violent sports?
As a traveler myself, passionate about old stones and beautiful historic buildings, I’ve visited Rome but couldn’t fully appreciate it. Religion is everywhere, and I felt like I had a lead weight on my head realizing that millions of people worldwide have believed in a god for millennia.
I’ve also judged believers for basing their faith on archaic texts that don’t prove a god (or gods) ever existed—I still think that, but I’m open to being proven wrong so I can say, "You’ve convinced me I was mistaken."
- If everyone clings to their own ideas and positions, no discussion is possible, and that’s a shame.
I’ll take away two things from my forum interactions: some accuse me of being omnipresent when I just love exchanging ideas. My way of speaking is misunderstood (regional differences), even if I’ll admit I sometimes turn up the heat—or rather, the *aïoli* —which for me is just lively debates 🔥 (a regional specialty).
And my "mocking" side, which I really need to work on.
This topic isn’t just about me—I hope other forum members will share their own regional "specialties" . For example, in Alsace, some older folks switch to their local language when they don’t want outsiders to understand, and I still don’t know if it’s German or something else.
https://www.marseille-tourisme.com/decouvrez-marseille/traditions/le-parler-marseillais/
https://www.lexpress.fr/informations/accent-du-midi-ave-ou-sans_642635.html
First and foremost, I hope this topic won’t just focus on my region—the South of France—and that those of you who enjoy exchanging ideas will share what makes your own regions special.
Personally, I’ve often wanted to push back when people call us vulgar (though I’ll admit I sometimes play it up). At heart, we pure-blooded Southerners just have our own way of expressing ourselves, which differs from other regions. We also get heated in conversations pretty easily (some researchers say it’s the influence of the sun and climate in general).
What some perceive as vulgar, we don’t see that way at all.
Do you want a uniform world with no differences? If so, how do you handle traveling to places with cultures completely different from your own?
In the travel community, the word "authenticity" comes up a lot, and it often takes priority in people’s searches.
In my specific case, speaking a purely regional language without having gone to school for it doesn’t help with understanding on this forum. That’s what creates what you call controversies—and what I call passionate exchanges.
I remember a reply from a member in this thread: https://voyageforum.com/forum/ma-vie-en-camargue-pays-origine-en-colombie-pays-c-ur-d10778555/
It left me speechless and ended the conversation because, for him, that’s just how he sees things, and he refuses to debate it, sticking to his position. I’ll quote him, hoping he won’t hold it against me:
"For me, things like bullfighting, boxing, football, and MMA are just tangible proof that human evolution is still at a primitive stage."
For him, our Latin-origin bullfights are barbaric customs. For us *taurins*, we need to see men face wild beasts (bulls and *toros*) at the risk of their lives every day. Does that make us barbarians?
We’ve always had this need to confront death—it’s in our genes.
Take the example he gave about football: fans of the sport would be considered mentally underdeveloped. But what about a kid who’s passionate about the game and has that drive to be a winner, just like a boxer or athletes in other violent sports?
As a traveler myself, passionate about old stones and beautiful historic buildings, I’ve visited Rome but couldn’t fully appreciate it. Religion is everywhere, and I felt like I had a lead weight on my head realizing that millions of people worldwide have believed in a god for millennia.
I’ve also judged believers for basing their faith on archaic texts that don’t prove a god (or gods) ever existed—I still think that, but I’m open to being proven wrong so I can say, "You’ve convinced me I was mistaken."
- If everyone clings to their own ideas and positions, no discussion is possible, and that’s a shame.
I’ll take away two things from my forum interactions: some accuse me of being omnipresent when I just love exchanging ideas. My way of speaking is misunderstood (regional differences), even if I’ll admit I sometimes turn up the heat—or rather, the *aïoli* —which for me is just lively debates 🔥 (a regional specialty).
And my "mocking" side, which I really need to work on.
This topic isn’t just about me—I hope other forum members will share their own regional "specialties" . For example, in Alsace, some older folks switch to their local language when they don’t want outsiders to understand, and I still don’t know if it’s German or something else.
https://www.marseille-tourisme.com/decouvrez-marseille/traditions/le-parler-marseillais/
https://www.lexpress.fr/informations/accent-du-midi-ave-ou-sans_642635.html
Adventure in Morocco
I’m not going back, the trip is in the past. I’m posting it anyway because the country probably hasn’t changed enough to make the story outdated, and the astonishing beauty of the place deserves to be shared here.
Saturday, May 31, 2014 Mulhouse - Marrakech
A flight that drags on for three and a half hours. Everything goes smoothly until immigration. Like almost everywhere, you have to fill out a little form with your details and arrival address. The problem comes when you hand it to the customs officer with your passport. Right away, you see the lines are way too long for the number of officers working. I steer Dom toward a line further to the left that’s clearly moving faster than the middle ones. Then I firmly pull him to the far left where I think I spotted a new counter opening. Big mistake. Huge. Because that line is notorious for how slowly the security agent checks each person. At 10 minutes per person, with about fifteen ahead of us, we’re looking at two and a half hours. The wait becomes torture. Everyone gets edgy. We watch enviously as people who were way behind us initially zip through the other lines. You feel like complaining. My advice? Don’t. You have no idea how much a pissed-off customs officer can ruin your day! The rule: stay calm and suck it up. Once that hurdle’s over, a taxi and boom, we’re at the Gallia, a no-frills but charming hotel just steps from Jemaa El Fna square. This place is insane! It’s teeming with people. You stick out like a sore thumb with your camera—suddenly, a ton of people want to be your best friend! You’re basically a walking wallet!


We’ve got a meet-up with friends who are here on a work trip with their company’s social committee.


We fully embrace our tourist roles—eating at restaurants made for us, with belly dancers who insist we join in. We go with the flow, we’re not prudes, we have a great evening, no way we’re missing out on the fun...


Sunday, June 1, 2014 Marrakech
Super nice breakfast in the hotel’s patio, a real riad, beautifully decorated.


Originally, we’d planned a trip to the Atlas Mountains, but we ended up wandering around the city instead. Before we knew it, we were in the middle of the central souk’s labyrinth. It’s a feast for the eyes, ears, and especially the nose!

Saturday, May 31, 2014 Mulhouse - Marrakech
A flight that drags on for three and a half hours. Everything goes smoothly until immigration. Like almost everywhere, you have to fill out a little form with your details and arrival address. The problem comes when you hand it to the customs officer with your passport. Right away, you see the lines are way too long for the number of officers working. I steer Dom toward a line further to the left that’s clearly moving faster than the middle ones. Then I firmly pull him to the far left where I think I spotted a new counter opening. Big mistake. Huge. Because that line is notorious for how slowly the security agent checks each person. At 10 minutes per person, with about fifteen ahead of us, we’re looking at two and a half hours. The wait becomes torture. Everyone gets edgy. We watch enviously as people who were way behind us initially zip through the other lines. You feel like complaining. My advice? Don’t. You have no idea how much a pissed-off customs officer can ruin your day! The rule: stay calm and suck it up. Once that hurdle’s over, a taxi and boom, we’re at the Gallia, a no-frills but charming hotel just steps from Jemaa El Fna square. This place is insane! It’s teeming with people. You stick out like a sore thumb with your camera—suddenly, a ton of people want to be your best friend! You’re basically a walking wallet!


We’ve got a meet-up with friends who are here on a work trip with their company’s social committee.


We fully embrace our tourist roles—eating at restaurants made for us, with belly dancers who insist we join in. We go with the flow, we’re not prudes, we have a great evening, no way we’re missing out on the fun...


Sunday, June 1, 2014 Marrakech
Super nice breakfast in the hotel’s patio, a real riad, beautifully decorated.


Originally, we’d planned a trip to the Atlas Mountains, but we ended up wandering around the city instead. Before we knew it, we were in the middle of the central souk’s labyrinth. It’s a feast for the eyes, ears, and especially the nose!

Croisière sur le Costa Diadema au départ de Dubaï et visites par nous-mêmes aux escales English translation pending
Bonjour,
Mon amie et moi partons prochainement pour une croisière sur le Costa Diadema destinations les Emirats départ Dubaï , escales à Mascate, Doha, Abu Dhabi Nous souhaitons faire quelques visites par nous même sans prendre les excursions de Costa. J'ai déjà noté pas mal de renseignements avec le forum mais il reste quelques points à éclaircir J'ai vu sur une carte du Port de Dubaï qu'il y a 2 terminaux 1 et 2 est-ce que quelqu'un pourrait me dire quel terminal il faut prendre pour l'embarquement sur le Diadema. Est-ce que les taxis rentrent dans le port pour nous déposer ou nous prendre sinon combien de temps à pied pour aller du bateau à la sortie du port pour prendre le métro ou les taxis J'ai vu également sur le plan que le quartier DEIRA ne semble pas très loin pour prendre un ABRA pour traverser le CREEK et ensuite aller aux souks est-ce possible de faire cela à pied ? Pour les autres escales j'ai besoin de savoir si le port est loin ou pas du centre ville pour prendre éventuellement les Transports (taxis, bus) J'ai vu qu'il existe des bus à étages dans chaque ville escale pour visiter mais le problème c'est qu'il n'y a pas d'infos pour l'endroit où nous pourrions acheter les tickets et prendre ces bus . Si quelqu'un a pris ces bus et se rappelle du lieu vous pouvez me communiquer l'info elle me sera très utile Par avance merci pour votre aide
Mon amie et moi partons prochainement pour une croisière sur le Costa Diadema destinations les Emirats départ Dubaï , escales à Mascate, Doha, Abu Dhabi Nous souhaitons faire quelques visites par nous même sans prendre les excursions de Costa. J'ai déjà noté pas mal de renseignements avec le forum mais il reste quelques points à éclaircir J'ai vu sur une carte du Port de Dubaï qu'il y a 2 terminaux 1 et 2 est-ce que quelqu'un pourrait me dire quel terminal il faut prendre pour l'embarquement sur le Diadema. Est-ce que les taxis rentrent dans le port pour nous déposer ou nous prendre sinon combien de temps à pied pour aller du bateau à la sortie du port pour prendre le métro ou les taxis J'ai vu également sur le plan que le quartier DEIRA ne semble pas très loin pour prendre un ABRA pour traverser le CREEK et ensuite aller aux souks est-ce possible de faire cela à pied ? Pour les autres escales j'ai besoin de savoir si le port est loin ou pas du centre ville pour prendre éventuellement les Transports (taxis, bus) J'ai vu qu'il existe des bus à étages dans chaque ville escale pour visiter mais le problème c'est qu'il n'y a pas d'infos pour l'endroit où nous pourrions acheter les tickets et prendre ces bus . Si quelqu'un a pris ces bus et se rappelle du lieu vous pouvez me communiquer l'info elle me sera très utile Par avance merci pour votre aide
Soyons un peu chauvin, quelle est votre destination préférée dans votre pays? English translation pending
Bonjour à tous les membres !
Je suis encore de retour avec un petite question de voyage pour vous.
Soyons un peu chauvin, quelle est votre destination préférée dans votre pays ?
quant à moi , Facile et ça ne surprendra personne la Bretagne ! j'aime beaucoup son côté sauvage et préservé , c'est un peu ma deuxième maison. Mais pour changer un peu j'aimerais prévoir une escapade en Languedoc-Roussillon, Région dans laquelle j'ai vécu quelques temps et que j'ai beaucoup aimée. Vu que je suis FRANCO-ITALIENNE je tiens aussi à dire mes destination préférée dans mon pays natal. L'Italie est un très beau pays que j'ai passé presque que toute mon enfance et j'y vais de temps en temps. Les régions que je préfère il a Roma là ou j'ai grandit et je garde de très bon souvenir , il a aussi Abruzzes waouh , une très belle région avec ces montagnes et ces parcs nationaux.
Voilà j'attends les réponse
Bonne et excellente weekend à vous
Soyons un peu chauvin, quelle est votre destination préférée dans votre pays ?
quant à moi , Facile et ça ne surprendra personne la Bretagne ! j'aime beaucoup son côté sauvage et préservé , c'est un peu ma deuxième maison. Mais pour changer un peu j'aimerais prévoir une escapade en Languedoc-Roussillon, Région dans laquelle j'ai vécu quelques temps et que j'ai beaucoup aimée. Vu que je suis FRANCO-ITALIENNE je tiens aussi à dire mes destination préférée dans mon pays natal. L'Italie est un très beau pays que j'ai passé presque que toute mon enfance et j'y vais de temps en temps. Les régions que je préfère il a Roma là ou j'ai grandit et je garde de très bon souvenir , il a aussi Abruzzes waouh , une très belle région avec ces montagnes et ces parcs nationaux.
Voilà j'attends les réponse
Bonne et excellente weekend à vous
À voir, à faire sur Saint-Louis et sa région plus fleuve Sénégal English translation pending
Bonjour à tous,
Je prévois d'aller faire un petit tour au Sénégal (une 12aine de jours) avec mon père et un ami. Pour ma part je connais la région de Saly / lac rose, que j'ai visité il y a 15ans, c'est pourquoi on va se diriger vers st louis cette fois et pourquoi pas faire un crochet vers le fleuve. Le but étant de sortir des itinéraires touristiques classiques quitte à louper les endroits "cartes postales" J'ai du coup plusieurs questions:
Trucs sympa à voir, à faire sur st louis et sa région?
J'aimerai bien organiser une journée (ou1/2 journée) de pêche (pas trop roots car mon père a 75ans) pensez vous qu'il vaut mieux passer par une agence ou voir directement avec les pêcheurs du coin?
Quel quartier de st louis me conseilleriez vous pour poser nos valises? à la fois central, typique et reposant. (oui je sais j'en demande beaucoup!!!)
J'aimerai bien faire un tour (2ou3jours) vers le fleuve dans des endroits moins touristique manière de voir le sénégal profond, que me conseilleriez vous sans faire des heures et des heures de route? J'ai vu Richard toll sur la carte ça me semble pas mal? Combien de temps pensez vous qu'il faut pour faire la boucle en revenant par Louga? A moins que vous ayez une autre région sympa ou aller faire un tour?
Dans la mesure du possible, on aimerait voyager sans guide (je sais qu'au senegal c'est pas tjs facile du moins dans la région de Saly) est ce que c'est pareil dans le Nord?
Je cherche un endroit sympa sur la côte entre st louis et dakar (en évitant les usines à touriste du genre Lompoul) pour passer une nuit, que pensez vous de Mboro? y'a t'il moyen de s'y loger pour la nuit?
Pour le retour je pense rester une paire de jours sur dakar afin d'explorer un peu la capitale avant de rentrer au bercail, quel quartier me conseilleriez vous pour se poser?
Tout ça en sachant que j'ai pas mal voyager un peu partout, dont plusieurs mois Mauritanie-Mali... Que j'aime bien laisser une part d'imprévu au voyage (surtout en afrique)et qu'il y a mon père de 75ans qui ne peut pas avoir un rythme de jeune homme!!! Merci à tous à l'avance pour vos réponses, si vous avez de bonnes adresses je suis preneur.
Je prévois d'aller faire un petit tour au Sénégal (une 12aine de jours) avec mon père et un ami. Pour ma part je connais la région de Saly / lac rose, que j'ai visité il y a 15ans, c'est pourquoi on va se diriger vers st louis cette fois et pourquoi pas faire un crochet vers le fleuve. Le but étant de sortir des itinéraires touristiques classiques quitte à louper les endroits "cartes postales" J'ai du coup plusieurs questions:
Trucs sympa à voir, à faire sur st louis et sa région?
J'aimerai bien organiser une journée (ou1/2 journée) de pêche (pas trop roots car mon père a 75ans) pensez vous qu'il vaut mieux passer par une agence ou voir directement avec les pêcheurs du coin?
Quel quartier de st louis me conseilleriez vous pour poser nos valises? à la fois central, typique et reposant. (oui je sais j'en demande beaucoup!!!)
J'aimerai bien faire un tour (2ou3jours) vers le fleuve dans des endroits moins touristique manière de voir le sénégal profond, que me conseilleriez vous sans faire des heures et des heures de route? J'ai vu Richard toll sur la carte ça me semble pas mal? Combien de temps pensez vous qu'il faut pour faire la boucle en revenant par Louga? A moins que vous ayez une autre région sympa ou aller faire un tour?
Dans la mesure du possible, on aimerait voyager sans guide (je sais qu'au senegal c'est pas tjs facile du moins dans la région de Saly) est ce que c'est pareil dans le Nord?
Je cherche un endroit sympa sur la côte entre st louis et dakar (en évitant les usines à touriste du genre Lompoul) pour passer une nuit, que pensez vous de Mboro? y'a t'il moyen de s'y loger pour la nuit?
Pour le retour je pense rester une paire de jours sur dakar afin d'explorer un peu la capitale avant de rentrer au bercail, quel quartier me conseilleriez vous pour se poser?
Tout ça en sachant que j'ai pas mal voyager un peu partout, dont plusieurs mois Mauritanie-Mali... Que j'aime bien laisser une part d'imprévu au voyage (surtout en afrique)et qu'il y a mon père de 75ans qui ne peut pas avoir un rythme de jeune homme!!! Merci à tous à l'avance pour vos réponses, si vous avez de bonnes adresses je suis preneur.
Budget pour le Sénégal English translation pending
bonjour
nous allons partir au senegal pour un mois doit on apporter du liquide ou privilégié la carte bleue pas trop d’intérêt ?
le change est il taxé ?
qu'elle budget faut il prévoir pour la nourriture, faire son repas ou le resto
merci de vos réponses danybettina
nous allons partir au senegal pour un mois doit on apporter du liquide ou privilégié la carte bleue pas trop d’intérêt ?
le change est il taxé ?
qu'elle budget faut il prévoir pour la nourriture, faire son repas ou le resto
merci de vos réponses danybettina
"Le génocide voilé" de Tidiane N'Daye English translation pending
un éclairage très fort sur la traite des noirs versus arabo-musulmane, du VIII au XX ème siècle.
fortement documenté, avec une riche bibliographie.
j'avoue avoir appris .... j'imaginais que cette traite était "anecdotique" à coté de celle perpétrée par les occidentaux avec le commerce triangulaire.
ce livre ouvre ou réoriente ma reflexion sur l'histoire des peuples et des civilisations noires, le contexte dans lequel à débuté la présence européenne en Afrique, la difficile (et incomplète) sortie de l'esclavagisme, le développement et l'histoire contemporaine de ce continent.
une lecture qui bien sur en appelle d'autres, mais c'est un propos fort et ... fort confidentiel ....

ce livre ouvre ou réoriente ma reflexion sur l'histoire des peuples et des civilisations noires, le contexte dans lequel à débuté la présence européenne en Afrique, la difficile (et incomplète) sortie de l'esclavagisme, le développement et l'histoire contemporaine de ce continent.
une lecture qui bien sur en appelle d'autres, mais c'est un propos fort et ... fort confidentiel ....

Une semaine à Fortaleza dans le Ceara English translation pending
Samedi 26 janvier
Le jour tombe quand on arrive à La Souterraine pour prendre le train. Il souffle un vent aigre et on est content de se réfugier dans la salle d’attente bien chauffée de la gare. Le train part vers 7 h et arrive à Paris vers 10 h. Comme notre avion décolle à 13 h, on n’avait pas d’autre choix que venir passer la nuit ici. À l’hôtel, près de la Gare de Lyon, on est accueilli par un réceptionniste robot. Amabilité de façade, discours d’accueil répété sans doute des dizaines de fois par semaine. Enfin, on ne compte pas non plus s’en faire un pote. L’hôtel étant en travaux, on nous a surclassé. On ne va donc pas se plaindre. De fait, la chambre est plutôt grande pour Paris et joliment restaurée.
Finalement, on a une petite faim et on dîne d’un croque à la terrasse d’un petit restau en face de la gare. L’ambiance est décontractée. Autour de nous, un couple avec leur fille ado, deux couples de jeunes à une autre table, le garçon est sympa et efficace. Un vrai garçon de café parisien comme on les aime.
Dimanche 27 janvier
Même pas cinq minutes à attendre la navette pour l’aéroport. Pas eu le temps de se demander si elle passait ou non. Circulation très fluide jusqu’à Roissy. Un peu le bazar au scanner. J’oublie d’ôter mon ceinturon et je dois ressortir le déposer dans un bac. Ensuite la préposée me demande si j’ai du liquide dans ma valise. Non, bien sûr. Eh bien si, j’avais complètement oublié que j’y avais laissé deux bouteilles d’eau. Je ressors une nouvelle fois pour les jeter à la poubelle. Décidément, c’est pas le jour. Du coup, j’ai droit à une fouille de la valise. Comme je voyage léger, il n’y en a que pour une minute. Au moins, les employés sont assez décontractés et plutôt sympas.
Vol Joon. Avion neuf, personnel navigant très sympa. La patte Air France. Comme on est parti pour neuf heures de vol de jour, on risque de trouver le temps long. Je préfère les vols de nuit. Par chance, la sélection cinématographique est excellente et je regarde trois films : En guerre, I feel good et Les vieux fourneaux. Tous trois sont particulièrement d’actualité.
On atterrit à Fortaleza avec un petit peu d’avance. Le passage en douane somme toute assez rapide. Deux Finlandaises derrière nous sont ravies de m’entendre leur sortir les trois mots de finnois qui me restent de l’hiver passé dans leur pays. Dire que je l’ai connu avant elles ! Le privilège de l’âge…
L’aéroport est toujours aussi sinistre. Éclairages tristes, murs gris. Pas grave, on est au chaud ! Au bureau de change, la fille nous parle en anglais mais nous décoche un grand sourire en nous entendant répondre en portugais. Bien que la nuit soit tombée depuis une bonne heure, il fait encore 28 ou 29°. Et ce je ne sais quoi dans l’air qui nous dit qu’on est bien à Fortaleza et pas ailleurs. Un mélange unique de touffeur équatoriale et d’odeurs diffuses.
La route qui va de l’aéroport au centre ressemble enfin à ce qu’on attend de ce genre de route. Une quatre-voies jusqu’à l’Avenida Desembargador Moreira. Il y a dix ans, la quatre-voies ne s’étendait qu’à un kilomètre avant et après l’aéroport. Ensuite, c’était une deux-voies truffée de nids-de-poule et pas ou mal éclairée.
Petit tour de la Praça do Portugal et nous voici à l’hôtel Villa Maior, en bas de l’avenida Visconde de Mauá.
« Senhor Gilles ? » me lance le réceptionniste. Il prononce « Guiliss ». Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi les Brésiliens prononçaient mon prénom comme ça, puisque la prononciation est la même dans nos deux langues. Autre truc rigolo : comme sur les résas, on met toujours le prénom avant le nom, comme il se doit, ils doivent croire que c’est mon nom de famille. En tout cas, l’accueil très sympa et chaleureux. Dieu que je suis content d’être là ! D’ailleurs, je n’arrête pas de le répéter.
La réception donne sur la cour intérieure de l’hôtel construit autour d’une piscine. Celle-ci est entourée de trois bâtiments : celui de la réception avec les chambres dans les étages, un autre sur la droite construit de manière à donner l’impression qu’il s’agit d’une rue brésilienne typique et un troisième en face, le nôtre. Quelques palmiers. Parfait. Encore plein de monde est attablé autour de la piscine pendant que les enfants s’ébattent dans l’eau. La sono diffuse de la MPB, la música popular brasileira. Le décor est planté.
Vite, on dépose nos affaires dans la chambre. L’hésitation ne dure que quelques instants : allez, direction Beira Mar ! Nous ne sommes qu’à 200 mètres de la Feirinha da Noite, le marché nocturne de l’avenue qui longe le bord de mer. Un monde fou pour un dimanche soir, mais il est vrai que ce sont les grandes vacances des Brésiliens. Onze ans qu’on n’est pas revenu, mais hormis quelques gratte-ciels en plus, rien n’a changé. Les vendeurs de gadgets vendent toujours les mêmes gadgets, le mime peint en gris métallisé fait toujours son animation, les marchands ambulants de glaces ou de noix de coco sont toujours là. Tout juste si on remarque que tout est un peu plus aseptisé qu’il y a quelques années.
On s’installe à une table d’une gargote un peu à l’écart, à quelques mètres du trottoir, juste là où commence la plage. On se laisse bercer par le ressac de la marée montante en savourant – enfin ! - une caipirinha. Et en regardant les gens autour de nous. Sur la plage, un jeune serveur de la baraque voisine va de temps en temps sur la plage jouer avec son chien. À la table voisine est assis un jeune couple avec une petite fille et un petit garçon très occupé à chercher des cibles pour son fusil à flèche.
Lundi 28 janvier
Réveil à 6 heures du matin, en heure locale, soit 10 heures en France. On traînasse un peu dans la chambre jusqu’au moment où on se rend compte que si on veut trouver une table libre pour le petit-dèj’, il va falloir se grouiller. Buffet brésilien. On se rue sur les fruits – ananas, pastèque, goyave, melon et papaye. C’est la meilleure saison pour les fruits et on a bien l’intention d’en profiter. Surtout que trouver de la papaye mûre à point en France, ça relève de l’utopie. On est apparemment les seuls étrangers de l’hôtel. Les autres clients sont des Brésiliens du sud. On s’amuse à les regarder faire des selfies assis à côté de la statue de José de Alencar, l’écrivain cearense de l’époque romantique. Les selfies… Narcissiques comme ils sont, on se demande ce que deviendraient les Brésiliens sans leur smartphone.
Bon, et maintenant on fait quoi ? Comme on a pensé la même chose en même temps, c’est parti : on va dans le Centre, sans les appareils photo, juste les mains dans les poches histoire de prendre la température. Des amis qui ont aussi vécu ici, mais sont repassés à Fortaleza ces dernières années nous ont dit des tas d’horreurs. Fortaleza serait devenue un vrai coupe-gorge. À les entendre, il n’est pas question d’aller à pied à la superette du coin : il faut impérativement prendre un taxi.
Nous voilà donc partis sur le coup de neuf heures. Le soleil est déjà haut et il fait facilement 30°. Heureusement, on longe la plage par l’avenue Beira Mar et l’air de la mer tempère son ardeur. À cette heure, c’est calme. Quelques promeneurs, un courageux occasionnel qui fait son jogging. En réalité, on s’en rendra compte le lendemain, ce sont des lève-tard. Ici, on fait son jogging entre six et sept heures. Après, il fait déjà trop chaud.
On arrive à la plage d’Iracema. Tiens, le restaurant Tia Nair a finalement été démoli. Ce doit être récent, parce qu’on l’a encore vu dans Street View il y a peu de temps. Tout le quartier est salement sinistré. Des terrains vagues, des maisons à l’abandon, taguées à souhait. Le pire, c’est le Ponte dos Ingleses. La rambarde en bois est démolie sur plusieurs mètres. Les petites constructions en bois à l’entrée sont fermées et abondamment taguées. D’ailleurs, l’accès est barré par une palissade métallique où on lit que « prochainement », la convivialité des lieux va être restaurée, ou quelque chose comme ça. Eh ben, y a du boulot. C’est vraiment sinistre. Seuls l’Estoril et le Pirata font encore bonne figure dans cet environnement dégradé. Dans les rues voisines, même ambiance générale d’abandon.
On remonte jusqu’au centre culturel Dragão do Mar. Même chose. Les jolies façades des constructions alentour sont pisseuses et couvertes de tags. Le Dragão do Mar proprement dit s’en sort pas trop mal, mais on voit bien que plus rien n’est entretenu. S’il n’y avait pas des vigiles armés à différents emplacements stratégiques, ce serait sans doute bien pire.
De là, on traverse la place du Cristo Redentor avant de nous diriger vers le Centro. Là, au moins, rien n’a changé. Ça se serait même plutôt amélioré. Quartier commercial populaire où la bourgeoisie fortalézienne ne s’aventure pas. On fait une pause dans une « lanchonete », nom donné ici à un snack. Vitamina de graviola pour moi, vitamina de abacaxi et coxinha pour Marielle. On savoure nos boissons en profitant de la brise soufflée par les ventilateurs. C’est l’heure où les gens venus faire quelques courses dans le quartier font une pause.
« Dis donc, qu’est-ce que t’es rouge ! - Euh, tu t’es regardé ? »
Un coup d’œil dans la glace : aïe, c’est déjà foutu, on a bien trinqué. C’est à chaque fois la même chose. On est ici sous l’équateur et ça tape dur. Comme il souffle toujours une petite brise de mer, on ne rend pas compte qu’il faut vraiment se méfier du soleil et… quand on s’en rend compte il est trop tard. Tant pis, demain on sera bronzés.
En sortant, on pousse le pied jusqu’à la place du théâtre… José de Alencar. Très encombrée de stands de vêtements, ustensiles de cuisine et gadgets en tous genres. Des bâtiments dont on ne souvient plus très bien ont été démolies au fond de la place. Il faudra qu’on regarde nos vieilles photos pour savoir ce qu’il y avait là exactement. Je me souviens d’une boutique d’articles religieux, mais c’est tout. On refait une pause, cette fois dans la petite église de la place. L’ambiance est bien différente de celles de nos églises froides et souvent vides. On dénombre une trentaine de fidèles disséminés sur les bancs. L’église est évidemment grande ouverte et à l’intérieur on est bercé par le ronronnement des ventilateurs. On s’esquive au moment où l’office va commencer.
Retour à l’hôtel. Six bons kilomètres. On passe dans le premier quartier où on a habité, juste derrière l��archevêché. Ici, les rues ont conservé leur allure traditionnelle. Elles sont bordées de maisons basses, peintes en blanc ou dans des couleurs pastel un peu passées. Quelques-unes ont un étage ou une courette. Toutes sont fermées par des grilles. Quant aux murs qui les entourent, ils sont surmontés de tessons de bouteille ou de barbelés. Passé le Mercado dos Pinhões, on glisse progressivement dans le quartier bourgeois traditionnel d’Aldeota. Là, les maisons bourgeoises qui n’ont pas encore cédé la place à des immeubles modernes ou des centres commerciaux se cachent derrière une végétation luxuriante et de hauts murs peints en blanc, eux aussi surmontés de barbelés. Pour rentrer chez eux, les propriétaires ne descendent pas de voiture. Ils brandissent la télécommande du portail. D’ailleurs, un écriteau indique qu’il ne faut pas klaxonner, mais utiliser la télécommande. À ce genre de détail on voit que les choses ont un peu changé. Avant, Monsieur klaxonnait nerveusement à plusieurs reprises en rentrant chez lui, manifestant son impatience en attendant que la bonne vienne ouvrir le portail. Aujourd’hui, les nouvelles classes moyennes n’ont plus de valetaille, les familles sont moins nombreuses et les jeunes couples préfèrent s’installer dans un appartement.
On est à la limite du coup de chaud au moment où on arrive enfin à l’hôtel. Il est vrai que pour une première journée, on a fait très fort. Déjà 13-14 kilomètres au compteur, selon nos estimations confirmées par l’appli santé du smartphone.
Quelques heures plus tard, on est requinqué et on va faire quelques courses au Pão de Açucar. Autrefois, cette grande surface comparable à un Carrefour (le PdA appartient d’ailleurs au groupe) ou un centre Leclerc, était ouverte 24 h/24. Surprise : ça ferme à 20 heures. Eh bien, le Brésil a pris un sacré coup de vieux ! Et s’est embourgeoisé. À l’intérieur tout a été réaménagé. C’est beau, c’est brillamment éclairé, c’est riche et on trouve tout, absolument tout. Évidemment, la clientèle n’appartient pas précisément aux classes populaires. Avant, la première chose qu’on remarquait en entrant était l’odeur caractéristique de la carne de sol, cette savoureuse viande séchée au soleil et qui nécessite une préparation longue et compliquée. Aujourd’hui, ça sent, eh bien, comme n’importe quel marché. C’est aseptisé.
À la tombée de la nuit, on va dîner sur Beira Mar. Carne de sol, justement. Ensuite, un petit tour jusqu’au marché aux poissons sur la Volta da Jurema. Dans quelques jours on apprendra que les Fortaléziens, amnésiques comme toujours, ne connaissent plus ce nom. Désormais, on l’appelle simplement par le nom du quartier, Mucuripe. C’est en plein travaux tout du long : on est en train d’aménager des places de parking.
Retour à l’hôtel. On a marché plus de 22 kilomètres aujourd’hui. On n’en revient pas.
Demain, c’est juré, on se calme.
Mardi 29 janvier
Debout à six heures. Ce matin on retourne à Iracema faire quelques photos des fresques, mais aussi des dégradations du Ponte dos Ingleses. Devant l’ancien hôtel Iracema, un type dans les quarante-cinq ou cinquante ans, nous voyant faire des photos vient nous dire que l’établissement – enfin, la ruine – avait été racheté il y a quelques années, « du temps de Tasso », Tasso Jereissati, l’ancien gouverneur. Oui, bien sûr que je me souviens. Le type – pas Tasso – est très sympa et on discute quelques minutes. On apprend que Tasso avait un projet immobilier pour ce site, mais qu’il y a des tas de complications juridiques. Du coup, les arbustes accrochés aux derniers étages continuent de pousser… Au moment de nous séparer, le type me demande si « a senhora », Marielle, est française.
On remonte la Rua dos Tabajaras – dans le quartier, toutes les rues portent le nom de tribus indiennes depuis longtemps disparues – jusqu’au Pirata. Le quartier, un temps haut lieu de la vie nocturne fortalézienne, est bien décrépit. On est quand même agréablement surpris de voir que le petit hôtel où on avait séjourné en 1997 est toujours là. Le Pirata est le seul établissement à faire bonne figure avec ses façades fraîchement repeintes et bien entretenues. De là, on bifurque vers le Ponte dos Ingleses pour faire quelques photos de ce haut lieu de la désolation. Espérons qu’il sera remis en état rapidement.
Ensuite, on traîne sur le bord de mer à faire des photos des fresques. Une dame entre deux âges vient nous trouver. Apprenant qu’on est français, elle est toute heureuse de nous apprendre qu’elle a séjourné à Dijon il y a quelques mois. Il se trouve que nous sommes justement allés visiter la ville l’automne dernier. Elle se dit enchantée de son séjour et de cette ville, qu’elle préfère à Lyon.
Retour à l’hôtel un peu après 8 heures pour le petit-dèj’. On fait traîner en nous laissant bercer par des chansons brésiliennes. Au moins, ils ont le bon goût de ne pas mettre de la variété anglo-saxonne ringarde comme c’est trop souvent le cas dans les hôtels touristiques. Il faut dire que la clientèle est 100 % brésilienne, principalement des états riches du sud du pays.
Comme hier on a fait un peu fort avec nos 22 kilomètres, on passe la journée à glander. À mesure que le soleil se déplace, les clients de l’hôtel vont s’asseoir d’un côté ou de l’autre de la piscine. Quelques femmes seules avec leurs enfants. Des familles. Les gamins s’en donnent à cœur joie. Déjeuner à un petit restau « au kilo » à deux pas de l’hôtel. Cette formule est très en vogue depuis quelques années. On prend un plateau et on se sert, comme à la cafète, mais on fait ensuite peser son assiette. Là, on reçoit un ticket avec un numéro. Si on veut se resservir, on repasse ensuite à la caisse peser l’assiette. On paie donc au poids. Un peu comme dans les restaus chinois de chez nous, qui ont une formule buffet. Pour le café – le cafezinho pour être précis -, une bouteille thermos est posée sur une table près de la sortie. On se sert à volonté, c’est inclus dans le prix.
Dans l’après-midi, on redescend s’asseoir un moment au bord de la piscine. À peine assis, un employé de l’hôtel m’interpelle : un coup de fil pour moi à la réception. C’est Diego qui me rappelle pour confirmer le RV demain matin. Il doit être télépathe ! Diego, c’est un jeune de Mucuripe qui travaille comme guide touristique culturel – ils sont quatre au total pour tout Fortaleza et peut-être même le Ceará. Il est tombé un jour sur www.aquiceara.com et m’a contacté pour avoir des photos de Fortaleza dans les années 80. On a donc convenu de se voir à l’occasion de notre venue.
En fin d’après-midi, le ciel s’est un peu couvert et on en profite pour aller dans un centre commercial acheter un cordon USB pour l’appareil photo. Manque de pot, je me goure d’itinéraire et on se retrouve dans l’avenue Barão de Studart. Au bout de cent mètres, je me rends compte que nous sommes à deux pas de l’épicerie de Thierry. C’est un Français qu’on a connu, et même hébergé quelques jours quand on habitait à Mucuripe en 1986. Au début des années 90, marié depuis peu mais ses finances étant au plus bas, il a décidé d’ouvrir une épicerie. Une activité considérée comme peu prestigieuse, mais sûre. Ça n’a pas trop mal marché et l’épicerie est toujours là. On n’a pas revu Thierry depuis une bonne douzaine d’années. En approchant, j’aperçois deux personnes dans la pénombre et j’ai un doute : après tout, il a peut-être revendu ? C’est sa fille qui nous accueille. Le doute n’est pas permis : elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère. Et nous apprend que Thierry est décédé il y a six mois. Cancer. Il n’avait même pas soixante ans. Pour nous, c’est un choc.
C’est encore sous le coup de l’émotion qu’on repart en direction du centre commercial où se trouve apparemment la seule boutique susceptible de vendre le cordon USB recherché. Sur la porte, une affichette : « volto já já » - je reviens tout de suite, tout de suite. On repart. À tous les coups, le papier est là depuis des lustres. D’ailleurs, le Shopping Aldeota dont une copine nous avait tant parlé semble assez mal en point. Boutiques fermées, éclairages sinistres, peu de monde. Pas folichon.
On va manger un truc vite fait sur Beira Mar, mais avant de rentrer, on s’arrête quand même boire une caipirinha. Il n’est que huit ou neuf heures, mais il y a un monde fou. Beaucoup de Paulistas et de Gauchos. Toutes les cinq minutes, un vendeur ambulant vient proposer des lunettes de soleil, des bonbons, des sculptures en fil de fer, des sculptures sur bois, des clopes et même des mini-enceintes pour smartphone… On en a dénombré au moins vingt-cinq en un peu plus d’une heure. Comment est-ce qu’ils font pour vivre ? Tout à coup surgit une femme portant une blouse blanche : une masseuse. Le jeune couple de la table à côté est partant. Le mec doit être chatouilleux parce qu’à un moment donné il part d’un fou rire. Au bout de quelques minutes, on voit les deux types assis à une table à quelques mètres devant la nôtre se gondoler. Nous, on pleure de rire. De même que la masseuse, qui doit s’éloigner un instant pour éponger ses larmes.
Mercredi 30 janvier
Ce matin on rencontre Diego. Il a créé une petite fondation pour la préservation de la mémoire du quartier. Il est venu nous chercher à l’hôtel avec une amie à lui, Rosalia. Elle est guide touristique aussi, et a vécu en France. Elle a d’ailleurs été mariée à un Français.
On se retrouve dans les ruelles de Mucuripe à découvrir son minuscule local, installé dans l’entrée d’une petite maison du quartier. Le coin n’est pas encore envahi par des tours. Dédale de ruelles bordées de maisons basses couvertes de tuiles romanes. Tout le charme d’un quartier populaire. Chez lui, Diego a réuni une impressionnante collection de livres et de photos du quartier. Il nous a même montré un court-métrage tourné sur la plage de Mucuripe en 1941, la même année que celle où Orson Welles a tourné It’s all true. Ensuite, déjeuner d’une moqueca de raia au Mirante, le quartier construit sur la dune et qui domine Mucuripe, avant de rentrer à l’hôtel. Diego et Rosalia doivent aller travailler, et on convient de se revoir samedi.
En fin d’après-midi, on va louer une voiture chez Hertz – ou plutôt chez Localiza. Hertz doit être trop difficile à prononcer pour les Brésiliens. 450 reais, soit 105 € pour 4 jours, kilométrage illimité. Cool. Une petite Nissan toute simple, ça fera parfaitement l’affaire. Et le litre d’essence coûte à peine un euro.
Dîner sur la plage. Ensuite on traîne un moment sur la nouvelle digue à côté de la feirinha da noite, le marché artisanal nocturne. L’endroit est très agréable. On peut profiter du bruit des vagues sans être gêné par la musique et la circulation de Beira Mar tout en contemplant les gratte-ciel du front de mer. Des familles ou des couples d’amoureux font de même. Je filme un jeune chien qui joue avec un petit chat noir et blanc. Je ne suis d’ailleurs pas le seul. Je discute quelques minutes avec le propriétaire du chien, un mec de Mucuripe, justement. Il me confie qu’il est très attaché à ce chien, qui a toujours veillé sur lui pendant l’année où il a dormi dehors…
Jeudi 31 janvier
Eh bien maintenant qu’on a une bagnole, allons donc traîner un peu sur les routes du Ceará ! On n’a rien prévu en particulier. Deux possibilités : le littoral est ou le littoral ouest. Notre préférence va au littoral ouest, on le gardera donc pour la bonne bouche.
On sort donc de Fortaleza par l’avenue Washington Soares. Par rapport à notre dernier séjour, il n’y a finalement guère de changement. Bien sûr, de nouvelles constructions sont sorties de terre un peu partout, les routes ont été élargies, le bétonnage a continué… en passant devant l’Unifor, l’université privée de la Fondation Queiroz, je me revois descendant du bus en 1985 ou 86. On m’avait parlé d’une possibilité de donner des cours. À l’époque, les terrains alentour n’étaient que des étendues herbeuses desséchées par le soleil. Aujourd’hui ce ne sont que centres commerciaux et établissements divers aussi rutilants et prétentieux qu’inutiles.
Passé l’embranchement vers Cofeco et Prainha, la route a perdu son côté campagne. Les terrains occupés par les anacardiers et le manioc sont désormais occupés par des marchands de matériaux. Et ça continue comme ça tout le long de la côte jusqu’après Aquiraz. Des complexes hôteliers en veux-tu, en voilà là où il n’y avait que du sable. À Morro Branco, on renonce finalement à aller revoir les falaises de sable coloré de la Praia das Fontes. Après tout, on connaît tout ça par cœur et on a plutôt envie de juste traîner en bagnole pour nous évader de Fortaleza.
Cette année, on voit que la saison des pluies est un peu en avance. La campagne est très verte et la végétation a poussé avec une vigueur insolente. De Morro Branco, on décide de ne pas continuer le long de la côte, mais de bifurquer vers Pacajus et, de là, d’aller dans la Serra de Guaramiranga. Dès qu’on s’éloigne du littoral, on se retrouve dans une jolie région de collines, d’anciennes dunes colonisées de longue date par la végétation. Très peu de circulation, et la route est plutôt bonne, même s’il ne faut pas relâcher sa vigilance : des nids-de-poule attendent parfois en embuscade et on a un très mauvais souvenir avec ça.
À Pacajus, on perd un bon moment à tourner en rond pour trouver la route de Redenção. Il faut en effet traverser la fédérale, la BR116, mais impossible de trouver le croisement. On l’emprunte d’abord en direction de Fortaleza, mais au bout de quelques kilomètres, rien. Pas de sortie en direction de la montagne. Comme nous sommes sur une deux fois deux-voies, il faut rouler jusqu’au prochain « retorno » pour faire demi-tour. Là, rebelote. On refait quelques kilomètres en sens inverse puis on rentre dans Pacajus. Là, eurêka, au premier croisement il suffit de tourner à gauche… pour nous retrouver sur la BR quelques kilomètres plus loin ! Quelle histoire de fous. Cependant, on a aperçu en face, de l’autre côté de la BR, un panneau au-dessus de la route qu’on cherche. OK, c’est reparti pour un tour. BR jusqu’au retorno puis on guette la sortie à droite. Aucun panneau indicateur, mais tout de même une sortie tout ce qu’il y a de plus anonyme en rase campagne, à l’intérieur d’un virage, et qu’on manque de rater une nouvelle fois. Deux ou trois-cents mètres plus loin, victoire ! On est sur la bonne route. Dingue. Ils ont supprimé purement et simplement l’ancien croisement quand ils ont refait la BR, mais sans mettre aucun panneau indicateur. À l’usager de deviner ! On a un peu l’habitude, mais là ils ont tout de même fait fort.
Sur la route, toujours aussi belle et tranquille qui nous conduit à Redenção, on essuie une ou deux averses. L’arrivée de la saison des pluies est imminente et ce sont les premières escarmouches. En revanche, cela nous donne l’occasion d’apprécier les jeux d’ombre et de lumière des nuages sur les forêts qui couvrent les montagnes au loin.
Il est près de deux heures quand on aperçoit l’escalier blanc à flanc de colline conduisant à la petite chapelle qui domine la ville. On commence à avoir faim et on s’arrête à la sortie en direction de Quixadá, dans un restau bien typique. Comme on hésite devant le menu – on est assez tenté par les côtes d’agneau en ragoût – la patronne donne le coup de pouce décisif : il est justement tout prêt. Question rituelle : « Dá pra dois ? - Dá, sim. » Pour deux, ça ira ? - Oui, bien sûr. Elle nous demande tout de même s’il s’agit d’une pause déjeuner vite fait ou si on est gros mangeurs. On lui fait une réponse de normand. Quelle que soit notre réponse, on sait que ce sera bien cuisiné et abondant. Et on se retrouve avec trois beaux morceaux dans une sauce à se damner et quelques pommes de terre, du riz, de la salade, des spaghettis, et du pirão. On arrose le tout avec de la cajuina. Un vrai déjeuner cearense comme on les aime.
On repart en direction de Baturité, sur les premiers contreforts. Pas que cette montagne soit bien haute, puisque son point culminant est à 1500 mètres, mais les Fortaléziens viennent volontiers y trouver une fraîcheur relative. Tout le long de la route, je peste contre les limitations de vitesse délirantes et les radars – ils en ont mis partout, même jusque par ici. N’oublions pas, bien entendu, les gendarmes couchés de toutes sortes, excessivement nombreux et mal foutus, souvent aussi inutiles que dangereux. Les pires, ce sont les plots en plastique jaune qui dépassent de quatre ou cinq centimètres de l’asphalte – quand ce n’est pas des rues aux pavés disjoints des agglomérations – et ne demandent qu’à bousiller les amortisseurs. Qu’on les prenne au pas, en première, ou à dix kilomètres à l’heure, on ne peut pas s’empêcher de pousser un gros soupir d’exaspération.
Très sinueuse, la route est splendide. La région est relativement verte, même en saison sèche, mais les premières pluies ont accompli des merveilles et… on s’émerveille. Au détour d’un virage on découvre ici ou là une petite maison aux tuiles romanes parée de bougainvilliers avec un panonceau indiquant qu’il s’agit d’une auberge ou d’un « sitio », mi-maison de campagne, mi-fermette. Les rues à l’entrée des bourgs sont bordées de flamboyants en pleine floraison. On passe à l’occasion devant une petite église ou un couvent devant lequel se dressent de majestueux palmiers impériaux d’une vingtaine de mètres. D’ailleurs, je me rendrai compte sur le chemin du retour que ces palmiers, on n’est pas allé les chercher bien loin : ils sont endémiques et on les voit dépasser de la végétation basse par centaines sur les flancs de la montagne.
Après avoir tourné un moment en rond entre Baturité, Maranguape et Mulungu, notamment à cause d’une signalisation routière débile qui nous fait faire dix kilomètres dans un sens puis dans l’autre, c’est un peu à cran qu’on reprend la route de Fortaleza. Quelques kilomètres plus loin, un poste de la police de la route. On nous fait signe de nous arrêter. Il ne manquait plus que ça. Pendant que les keufs examinent mes papiers en prenant un air soupçonneux, comme il se doit. « O carro é alugado ? » La voiture est louée ? Je leur répondrais bien que, pas du tout, on vient de la chourer, mais l’humour qui fait la réputation des Cearenses n’est peut-être pas de mise. Finalement, ils me rendent mes papiers avec le sourire, le plus jeune ajoutant même « Allez la France ! ».
Par chance, passé Redenção, la route est belle et il n’y a quasiment aucun radar. On devrait arriver juste après la tombée de la nuit. Eh bien non : à Maracanau, non seulement il fait déjà nuit, mais des travaux et une déviation très, très mal indiquée nous obligent – nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls – à rebrousser chemin dans une certaine confusion. Quelques mètres plus loin, je pile en voyant un petit bout de chat âgé de tout juste deux mois traverser comme si de rien n’était. La bagnole qui roulait parallèlement à nous en fait autant. Le chauffeur l’a fait par réflexe, sans trop savoir pourquoi, mais comme il fait nuit et qu’il n’y a aucun éclairage à cet endroit, il a dû penser qu’il y avait un nid-de-poule. Enfin, le chat est passé sans encombre et personne ne nous est rentré dedans. C’est l’essentiel.
On finit par se retrouver sur l’anneau routier puis, une dizaine de kilomètres plus loin sur la BR en direction du centre. C’est l’heure des embouteillages, mais comme j’ai loupé la sortie vers Aldeota on se retrouve sur l’Avenida Dom Manuel, ce qui nous fait finalement gagner du temps.
Vendredi 1er février
On est réveillé par l’orage. Le ciel d’un noir d’encre est fréquemment zébré d’éclairs et il pleut très fort. Avant de venir, la météo annonçait de l’orage toute la semaine, mais comme il a fait beau jusqu’ici, on n’y croyait plus. Seulement là, finie la rigolade. Il tombe des trombes d’eau.
Après le petit-déjeuner, une accalmie relative nous décide à prendre la route. Aujourd’hui on a décidé d’aller revoir quelques plages du littoral ouest, et puis l’orage va bien finir par se calmer.
En fait, ça ne se calme pas du tout, du tout. Ça ne fait même qu’empirer. C’est le déluge. Les voitures zigzaguent tant bien que mal entre les flaques – ou plutôt les mares – qui ont envahi la moitié de la chaussée, tantôt du côté gauche, tantôt du côté droit. On ne voit pas à vingt mètres. Avec toute cette flotte, on ne voit pas non plus les gendarmes couchés qui se rappellent brutalement à notre bon souvenir, même en roulant à trente à l’heure. Sans parler des nids-de-poule. Enfin on atteint l’avenue Bezerra de Menezes pour sortir de la ville puis l’embranchement vers la CE-85. Bonne surprise, c’est maintenant une quatre-voies. En 2007, ce n’était encore qu’une deux-voies. La pluie est de plus en plus forte. À soixante à l’heure, on a l’impression de prendre des risques insensés. Heureusement, il n’y a presque pas de circulation. Je suppose que tous ceux qui n’ont pas un besoin impératif de se déplacer ont préféré attendre.
La route qui part vers l’ouest traverse une région de caatinga, forêt de buissons et de petits arbustes ne dépassant guère 4 ou 5 mètres de hauteur, entrecoupée de zones un peu marécageuses où poussent de grandes herbes et des carnaúbas (palmiers rôniers). Comme la saison des pluies a commencé tôt cette année, c’est déjà très vert. Aux abords de São Gonçalo do Amarante, on longe la Lagoa do Cauípe, une très belle lagune dont le niveau a déjà bien monté avec toute cette pluie. Nous avons décidé d’aller jusqu’à Mundaú, à environ 150 km de Fortaleza puis de revenir en faisant des incursions sur les différentes plages.
On roule toute la matinée sous une pluie battante, pour dire le moins, qui met longtemps à se calmer. La route est récente et en bon état, hormis sur un petit tronçon où des nids-de-poule sont en formation. Sous cette pluie battante qui transforme la route en rivière, on ne les repère qu’au dernier moment. Par chance, ça ne dure pas. Je me verrais mal changer une roue par ce temps.
Quelques kilomètres avant Mundaú, on profite de ce que la pluie a presque cessé pour nous arrêter déjeuner dans un bled. Le téléviseur accroché dans un coin de la salle montre des images des inondations à Fortaleza, où il est tombé 55 mm. Pas si exceptionnel, mais à Fortaleza, c’est tout de suite la cata à cause d’infrastructures souvent déficientes. À Paracuru, il est tombé 70 mm et 90 à Crato, dans le sud du Ceará. On est somme toute plutôt bien lotis.
À la sortie de la ville, on constate que la route a été asphaltée récemment, elle aussi, sauf qu’on tombe aussitôt sur un tronçon de 3-400 mètres complètement défoncé (un panneau indique que c’est temporaire…) avant de retrouver un beau macadam bien propre. Pas de doute, on est au Ceará.
Mundaú n’a rien d’exceptionnel, mais je voulais revoir la route côtière entre la plage déserte et les dunes où le sable durci en galettes présente des configurations intéressantes. Le ciel est toujours aussi noir, mais la pluie a cessé depuis le déjeuner. Nous repartons vers l’est, en direction de Paracuru, non sans faire un petit détour par Flexeiras, qu’on ne connaît pas encore. Le village est plutôt mignon, avec ses belles maisons et autres pousadas pour les vacances. Seulement, on se demande comment on peut bien en vivre ici. Le taux de remplissage ne doit pas dépasser 50 %, et encore, pendant un mois par an. On voit bien que le reste du temps, ce doit être assez désolé.
Un peu avant d’arriver à Paracuru, on remarque des drapeaux plantés à intervalles réguliers sur un terrain déboisé de plusieurs hectares, avant de passer devant une petite guérite devant laquelle on a aménagé une petite allée de gravillons. C’est le bureau de vente du lotissement. Ils ont vu grand : il y a de quoi construire je ne sais combien de dizaines de maisons. Et on n’a pas tout vu : quelques centaines de mètres plus loin, on tombe sur deux ou trois autres lotissements du genre. Encore des projets qui vont faire pchitt, la conjoncture économique n’étant plus vraiment porteuse.
On se gare au bout de la route, là où on a aménagé une placette carrelée et des gradins descendant vers la plage. On a également aménagé un trottoir carrelé qui longe la plage sur deux ou trois-cents mètres. Bonne idée. D’ailleurs, cela semble un lieu de promenade assez prisé des mères de famille avec leurs enfants. Dommage qu’on n’ait pas trop le temps, et surtout que la météo est incertaine. On aurait bien poussé le pied jusqu’à l’endroit où la rivière traverse les dunes. Je suppose qu’elles ont encore progressé et remodelé le paysage.
Un peu avant Fortaleza, on décide de faire un crochet par Cumbuco. Là, pas d’illusion à se faire : il y a au moins vingt ans que la plage est pourrie par le tourisme. On s’arrête boire un guaraná. La serveuse doit faire le tour des établissements voisins pour échanger deux canettes de coca contre du guaraná. Ce petit service a un prix : on paie 12 reais pour deux malheureuses canettes !
Enfin, la route de retour à Fortaleza est toujours aussi moche. De chaque côté de la route, des projets immobiliers et autres bâtiments abandonné. L’ensemble donne une sensation de désolation.
Samedi 2 février
Ce matin on a rendez-vous à neuf heures avec Diego. On a convenu d’aller au centre Quatro Varas, à Pirambu, puis au musée du cajou. Quatro Varas est un projet communautaire monté dans les années 80-90 par les habitants du quartier. Pirambu était alors particulièrement miséreux. D’ailleurs, passé une certaine heure, plus aucun taxi ne voulait s’y rendre. Le quartier avait la réputation d’être le plus dangereux du Brésil. Aujourd’hui, c’est simplement un quartier populaire, mais certaines réputations sont tenaces. Diego a son GPS et on arrive à se faufiler dans le dédale de rues conduisant au centre, tout près de la plage. Notre petite Nissan s’en sort avec les honneurs, mais… le centre est fermé le samedi. On s’y attendait un peu, mais là, on en a le cœur net. Diego est mort de trouille. Pourtant il ne faut pas exagérer, à cette heure-ci on ne craint vraiment pas grand-chose. D’ailleurs, il y a dix ans, on est venu ici faire des photos et filmer sans aucun problème.
On repart donc en direction du musée. Incidemment, il se trouve à Guadalajara, là où j’ai en quelque sorte découvert le Brésil en 1984. L’ ONG pour laquelle je bossais avait une petite mission là-bas. À l’époque, c’était encore la campagne. Les rues étaient plutôt des chemins, la plupart des maisons étant séparées par des terrains en friche ou plantés de manioc. Aujourd’hui, c’est complètement méconnaissable. Toutes les rues sont pavées et bordées de maisons, souvent avec un étage. La ville, quoi.
Le musée est installé dans un ancien sitio, c’est-à-dire une ancienne maison de campagne entourée d’un terrain. Celui-ci est ceint d’un haut mur peint en blanc, avec des fresques représentant bien évidemment des cajous de part et d’autre du portail. À l’intérieur, on découvre une végétation magnifique, avec bien entendu quelques anacardiers (l’arbre qui donne le cajou), des atiers, des sapotiers… D’ailleurs, Diego est tout aussi étonné que nous de découvrir un sapotier d’une bonne quinzaine de mètres de haut portant des fruits gros comme des oranges. Ce doit être un spécimen assez exceptionnel.
La maison est tout entière consacrée au cajou : tableaux, sculptures, littérature, photos, canevas… tout ce qu’on a toujours voulu savoir sur le cajou sans jamais oser le demander. Et il y a la boutique où on déguste une excellente cajuina, du jus de cajou qui subit plusieurs filtrations jusqu’à devenir parfaitement translucide avant d’être chauffé au bain-marie jusqu’à obtention d’une belle couleur dorée.
Le fondateur a mis vingt ans à mettre ce musée sur pied. Un passionné de culture, d’art et de traditions qui déplore l’immobilisme, voire l’incompétence des pouvoirs publics. On lui dit qu’on était bien contents que Diego nous accompagne, parce qu’autrement on n’aurait pas trouvé le chemin du musée. Il nous explique qu’il a trente-cinq panneaux indicateurs dans la pièce à côté, mais que pour chacun d’eux il faut une autorisation avant de le placer sur le bord de la route. Et comme les administrations se renvoient toutes la balle, ça peut encore durer des années. Décidément, le Brésil n’a pas changé. Sans doute pourrait-il aller installer ces panneaux lui-même, mais il se trouverait sans doute une ou deux bonnes âmes pour le dénoncer.
La visite terminée, on rentre à Fortaleza pour acheter des cartes postales. Diego nous a appris qu’en fait, on n’en trouvait plus nulle part depuis des années. On n’est pas surpris, il n’y en a jamais eu beaucoup, et de nos jours tout le monde fait des photos sur son smartphone et les envoie par messagerie instantanée. On trouve tout de même un kiosque au marché central où ils en ont encore quelques-unes. Le type les conserve dans une pochette en plastique jusqu’à épuisement du stock. Un coup d’œil rapide nous confirme ce que nous soupçonnions : elles sont moches et en mauvais état.
De là, on se rend dans un centre culturel aménagé dans l’ancien marché central. C’est de là que part le petit train pour la balade de découverte culturelle de Fortaleza. En attendant l’heure du départ, on va jeter un coup d’œil dans la salle du fond. Un concours de rap est en train de s’achever. C’est l’heure de la remise des prix et des photos. Les mecs se la jouent un max en prenant la pose. Enfin, sait-on jamais, ils rencontreront peut-être un succès planétaire un jour…
L’idée de cette balade en petit train ne nous emballe pas du tout, mais Diego a l’air d’y tenir. On n’a guère envie de se ridiculiser dans un de ces petits trains pour touristes comme ceux qu’on voit à Beira Mar avec des animateurs déguisés en Mickey ou Pluto. On est vite rassuré : c’est un truc organisé par une association culturelle et l’animateur n’est autre que le mec du musée du cajou. Un type intelligent qui nous a bien plu par son humour.
On n’est pas déçu : on sillonne le centre historique en nous régalant de ses commentaires. Telle maison bourgeoise ayant autrefois appartenu à une gloire locale mériterait d’être restaurée, mais hélas, il y a des problèmes juridico-financiers. Un peu plus loin, il explique que les maisons traditionnelles de la rue ont été démolies pour un énième projet aussi quelconque qu’inutile, que le gouvernement a engagé 170 millions de l’argent public – « notre argent ». En passant devant une maternité publique, il souligne que le Ceará ne manque pas d’établissements hospitaliers publics, comme celui-ci, et qu’ils valent largement les coûteuses cliniques privées vantées un peu partout. Tel ou tel autre bâtiment « devait être » restauré en vue de je ne sais quoi, mais « hélas »… Dans le train, tout le monde est hilare. « Les grands bâtiments sur votre gauche ? Ils vont être inaugurés dans deux ans. Ben oui, au moment des élections »…
Des visites culturelles comme ça, on en redemande.
À quatre heures de l’après-midi on se retrouve dans un restau sur Beira Mar pour déjeuner. C’est qu’on commence à avoir sérieusement les crocs. Dans la conversation, on reparle du mec du musée et tous les trois, on se dit qu’il nous rappelle quelqu’un mais pas moyen de mettre un nom dessus. Tout à coup, tout s’éclaire quand Diego dit « ah, si, euh, il me rappelle un certain… Gil… Gil... » sur quoi Marielle et moi on enchaîne en chœur : « Gilmar ! ». Diego : oui, c’est ça, Gilmar Chaves ! Il nous montre d’ailleurs une photo de Gilma sur son téléphone. Plus de doute. Et là, on est morts de rire. J’ai connu Gilmar en 1984 et passé pas mal de soirées avec lui à rigoler en buvant de la cachaça. Gilmar, c’est sans doute le pique-assiette le plus connu du Brésil, mais on ne peut pas s’empêcher de le trouver sympa. En 2001, on a même passé quelques jours avec lui à Rio. Il a toujours des tas d’histoires à raconter et connaît tout le monde. Il nous est même arrivé un soir de nous retrouver avec lui sur un podium où le gouverneur était en train de prononcer un discours pour l’inauguration d’un tronçon d’autoroute.
En sortant du restau, on raccompagne Diego à Mucuripe avant de rentrer à l’hôtel. Le soir, on ressort faire un dernier tour à pied à Beira Mar jusqu’au marché aux poissons. La promenade est bien agréable, même si on la connaît par cœur, mais on se dit qu’on ne pourrait vraiment plus vivre ici. Dans les années 80, c’était une expérience formidable, mais ça s’arrête là. Vivre en France peut laisser à désirer à cause des tracasseries administratives et autres, mais c’est de la gaminerie par rapport au Brésil. Ici, tout est compliqué, cher ou dangereux. Bien souvent les trois à la fois. Quand on ne fait qu’y séjourner en vacances, on a l’impression que tout y est possible. Seulement, il y a loin de la coupe aux lèvres. Combien de gringos sont venus ici des rêves plein la tête et ont tout perdu, les rêves, leur argent, leur conjoint, leur santé…
Avant de rentrer, on savoure une jarre de jus de maracuja. Enfin, plutôt deux tellement c’est bon et bien frais. Faut dire qu’ici, on est trempé de sueur en permanence et qu’il y a tout intérêt à bien s’hydrater. Nous avons déniché une table sous un raisinier et profitons du bruit des vagues et de la petite brise qui vient nous rafraîchir en savourant l’instant.
Dimanche 3 février
C’est le jour du départ. Après le petit-déjeuner on remonte faire les bagages. Il n’y en a que pour cinq minutes, mais on met une heure. On a du temps à revendre. En plus, un message d’Air France nous apprend que le vol de retour est retardé de deux heures. Nous décollerons donc à 22 h 30 au lieu de 20 h 30. Comme nous devons rendre la voiture à l’aéroport pour 16 heures, il faut encore trouver quelque chose à faire. L’éternel problème du dernier jour : il faut avoir rendu la chambre à midi, mais trouver le moyen d’occuper le restant de la journée. Que faire, donc ? Sortir de Fortaleza ? pour aller où ? on connaît la région par cœur et puis on n’a guère envie de risquer un pépin le dernier jour. Rester à Fortaleza ? Pour quoi faire ?
Finalement, on quitte l’hôtel sur le coup des onze heures. J’ai envie de jeter un coup d’œil à la Praia do Futuro. Pas notre endroit préféré à Fortaleza. C’est une longue plage où le vent souffle toujours fort. Le soir, c’est un coupe-gorge. D’ailleurs, les immeubles résidentiels ont mis très longtemps à venir s’y installer. Si on décide de venir habiter ici, il vaut mieux s’apprêter à racheter tout ce qui est électrique ou électronique presque tous les ans à cause de la rouille. En arrivant sur place, on se rend compte que la rue pavée longeant la plage sur notre gauche, bordée de quelques paillotes et où de rares cocotiers ont un mal de chien à tenir le coup est à présent doublée d’une avenue parallèle asphaltée. Sur notre droite, une large étendue déserte jusqu’à la dune où sont construits des immeubles résidentiels à l’aspect déjà fatigué à force d’être battus par les vents, le sable et le sel.
Arrivé au bout, on tombe sur le fameux pont franchissant la Sabiaguaba que des copains installés à l’époque sur la plage de Cofeco ont attendu plus de dix ans. Le pont est arrivé trop tard. On fait demi-tour au rond-point de l’autre côté avant de décider d’aller directement à l’aéroport. De toute manière, on est parti pour se faire chier jusqu’à l’heure du décollage, alors y aller un peu plus tôt ou plus tard ne change rien.
Le dimanche, la circulation est des plus fluides et on ne devrait mettre qu’une demi-heure pour y arriver. Il faut « juste » trouver l’agence Hertz, qui a déménagé temporairement à proximité de l’aéroport à cause des travaux en cours. C’est là que ça part de travers. Certaines rues sont désormais en sens unique, on est obligé de faire des détours, la signalisation est souvent mal placée, inexistante ou n’a pas été modifiée lors des réaménagements du plan de circulation. Enfin on arrive sur la bonne route, mais je loupe une sortie et on se retrouve quelques kilomètres plus loin sans pouvoir faire demi-tour. Et comme de juste, aucune indication de l’endroit où se trouve l’aéroport. De toute évidence, on n’est censé s’y rendre qu’en venant du centre de Fortaleza. Si on arrive par l’autre côté, eh bien, bonne chance, Jim. Avisant une sortie, on se retrouve à tourner en rond dans un quartier périphérique sans aucune signalisation. L’appli GPS du téléphone nous permet de nous repérer à peu près, mais on n’ose pas activer le mode données pour ne pas nous retrouver avec une note de téléphone salée. Du coup, on n’est pas tellement avancé. Une fois revenu sur la quatre-voies, je loupe la sortie suivante, apparemment la bonne. Le seul panneau indiquant l’aéroport se trouvait juste après la bretelle de sortie. Aucune indication, ne serait-ce que 100 mètres avant. Bref, c’est passablement énervés après avoir tourné en rond pendant une heure et demie qu’on arrive enfin en vue de l’aéroport. Par chance, l’agence Hertz est bien indiquée et on la trouve tout de suite. Ouf !
L’aéroport de Fortaleza a été reconstruit entièrement il y a une vingtaine d’années. On regrette l’ancien, qui avait tout le charme provincial d’un petit aéroport tropical. Tout était ouvert sur l’extérieur, il n’y avait évidemment pas de climatisation et on se faisait bouffer par les moustiques, mais c’était sympa. Le nouvel aéroport est évidemment mieux adapté à l’augmentation du trafic depuis cette époque. Par contre, il est sinistre. Tout n’est que marbre sombre, on se croirait dans un film de Costa Gavras sur les dictatures sud-américaines des années 70. Un bon point quand même : le food-court de la salle des départs. Des dizaines de tables et de chaises occupent un vaste espace entouré de restaurants où chacun peut choisir ce qui lui plaît. Il y a même une enseigne « Sushi do sertão ». Le sertão évoque des steaks grands comme la main plutôt que des sushis…
Le jour tombe quand on arrive à La Souterraine pour prendre le train. Il souffle un vent aigre et on est content de se réfugier dans la salle d’attente bien chauffée de la gare. Le train part vers 7 h et arrive à Paris vers 10 h. Comme notre avion décolle à 13 h, on n’avait pas d’autre choix que venir passer la nuit ici. À l’hôtel, près de la Gare de Lyon, on est accueilli par un réceptionniste robot. Amabilité de façade, discours d’accueil répété sans doute des dizaines de fois par semaine. Enfin, on ne compte pas non plus s’en faire un pote. L’hôtel étant en travaux, on nous a surclassé. On ne va donc pas se plaindre. De fait, la chambre est plutôt grande pour Paris et joliment restaurée.
Finalement, on a une petite faim et on dîne d’un croque à la terrasse d’un petit restau en face de la gare. L’ambiance est décontractée. Autour de nous, un couple avec leur fille ado, deux couples de jeunes à une autre table, le garçon est sympa et efficace. Un vrai garçon de café parisien comme on les aime.
Dimanche 27 janvier
Même pas cinq minutes à attendre la navette pour l’aéroport. Pas eu le temps de se demander si elle passait ou non. Circulation très fluide jusqu’à Roissy. Un peu le bazar au scanner. J’oublie d’ôter mon ceinturon et je dois ressortir le déposer dans un bac. Ensuite la préposée me demande si j’ai du liquide dans ma valise. Non, bien sûr. Eh bien si, j’avais complètement oublié que j’y avais laissé deux bouteilles d’eau. Je ressors une nouvelle fois pour les jeter à la poubelle. Décidément, c’est pas le jour. Du coup, j’ai droit à une fouille de la valise. Comme je voyage léger, il n’y en a que pour une minute. Au moins, les employés sont assez décontractés et plutôt sympas.
Vol Joon. Avion neuf, personnel navigant très sympa. La patte Air France. Comme on est parti pour neuf heures de vol de jour, on risque de trouver le temps long. Je préfère les vols de nuit. Par chance, la sélection cinématographique est excellente et je regarde trois films : En guerre, I feel good et Les vieux fourneaux. Tous trois sont particulièrement d’actualité.
On atterrit à Fortaleza avec un petit peu d’avance. Le passage en douane somme toute assez rapide. Deux Finlandaises derrière nous sont ravies de m’entendre leur sortir les trois mots de finnois qui me restent de l’hiver passé dans leur pays. Dire que je l’ai connu avant elles ! Le privilège de l’âge…
L’aéroport est toujours aussi sinistre. Éclairages tristes, murs gris. Pas grave, on est au chaud ! Au bureau de change, la fille nous parle en anglais mais nous décoche un grand sourire en nous entendant répondre en portugais. Bien que la nuit soit tombée depuis une bonne heure, il fait encore 28 ou 29°. Et ce je ne sais quoi dans l’air qui nous dit qu’on est bien à Fortaleza et pas ailleurs. Un mélange unique de touffeur équatoriale et d’odeurs diffuses.
La route qui va de l’aéroport au centre ressemble enfin à ce qu’on attend de ce genre de route. Une quatre-voies jusqu’à l’Avenida Desembargador Moreira. Il y a dix ans, la quatre-voies ne s’étendait qu’à un kilomètre avant et après l’aéroport. Ensuite, c’était une deux-voies truffée de nids-de-poule et pas ou mal éclairée.
Petit tour de la Praça do Portugal et nous voici à l’hôtel Villa Maior, en bas de l’avenida Visconde de Mauá.
« Senhor Gilles ? » me lance le réceptionniste. Il prononce « Guiliss ». Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi les Brésiliens prononçaient mon prénom comme ça, puisque la prononciation est la même dans nos deux langues. Autre truc rigolo : comme sur les résas, on met toujours le prénom avant le nom, comme il se doit, ils doivent croire que c’est mon nom de famille. En tout cas, l’accueil très sympa et chaleureux. Dieu que je suis content d’être là ! D’ailleurs, je n’arrête pas de le répéter.
La réception donne sur la cour intérieure de l’hôtel construit autour d’une piscine. Celle-ci est entourée de trois bâtiments : celui de la réception avec les chambres dans les étages, un autre sur la droite construit de manière à donner l’impression qu’il s’agit d’une rue brésilienne typique et un troisième en face, le nôtre. Quelques palmiers. Parfait. Encore plein de monde est attablé autour de la piscine pendant que les enfants s’ébattent dans l’eau. La sono diffuse de la MPB, la música popular brasileira. Le décor est planté.
Vite, on dépose nos affaires dans la chambre. L’hésitation ne dure que quelques instants : allez, direction Beira Mar ! Nous ne sommes qu’à 200 mètres de la Feirinha da Noite, le marché nocturne de l’avenue qui longe le bord de mer. Un monde fou pour un dimanche soir, mais il est vrai que ce sont les grandes vacances des Brésiliens. Onze ans qu’on n’est pas revenu, mais hormis quelques gratte-ciels en plus, rien n’a changé. Les vendeurs de gadgets vendent toujours les mêmes gadgets, le mime peint en gris métallisé fait toujours son animation, les marchands ambulants de glaces ou de noix de coco sont toujours là. Tout juste si on remarque que tout est un peu plus aseptisé qu’il y a quelques années.
On s’installe à une table d’une gargote un peu à l’écart, à quelques mètres du trottoir, juste là où commence la plage. On se laisse bercer par le ressac de la marée montante en savourant – enfin ! - une caipirinha. Et en regardant les gens autour de nous. Sur la plage, un jeune serveur de la baraque voisine va de temps en temps sur la plage jouer avec son chien. À la table voisine est assis un jeune couple avec une petite fille et un petit garçon très occupé à chercher des cibles pour son fusil à flèche.
Lundi 28 janvier
Réveil à 6 heures du matin, en heure locale, soit 10 heures en France. On traînasse un peu dans la chambre jusqu’au moment où on se rend compte que si on veut trouver une table libre pour le petit-dèj’, il va falloir se grouiller. Buffet brésilien. On se rue sur les fruits – ananas, pastèque, goyave, melon et papaye. C’est la meilleure saison pour les fruits et on a bien l’intention d’en profiter. Surtout que trouver de la papaye mûre à point en France, ça relève de l’utopie. On est apparemment les seuls étrangers de l’hôtel. Les autres clients sont des Brésiliens du sud. On s’amuse à les regarder faire des selfies assis à côté de la statue de José de Alencar, l’écrivain cearense de l’époque romantique. Les selfies… Narcissiques comme ils sont, on se demande ce que deviendraient les Brésiliens sans leur smartphone.
Bon, et maintenant on fait quoi ? Comme on a pensé la même chose en même temps, c’est parti : on va dans le Centre, sans les appareils photo, juste les mains dans les poches histoire de prendre la température. Des amis qui ont aussi vécu ici, mais sont repassés à Fortaleza ces dernières années nous ont dit des tas d’horreurs. Fortaleza serait devenue un vrai coupe-gorge. À les entendre, il n’est pas question d’aller à pied à la superette du coin : il faut impérativement prendre un taxi.
Nous voilà donc partis sur le coup de neuf heures. Le soleil est déjà haut et il fait facilement 30°. Heureusement, on longe la plage par l’avenue Beira Mar et l’air de la mer tempère son ardeur. À cette heure, c’est calme. Quelques promeneurs, un courageux occasionnel qui fait son jogging. En réalité, on s’en rendra compte le lendemain, ce sont des lève-tard. Ici, on fait son jogging entre six et sept heures. Après, il fait déjà trop chaud.
On arrive à la plage d’Iracema. Tiens, le restaurant Tia Nair a finalement été démoli. Ce doit être récent, parce qu’on l’a encore vu dans Street View il y a peu de temps. Tout le quartier est salement sinistré. Des terrains vagues, des maisons à l’abandon, taguées à souhait. Le pire, c’est le Ponte dos Ingleses. La rambarde en bois est démolie sur plusieurs mètres. Les petites constructions en bois à l’entrée sont fermées et abondamment taguées. D’ailleurs, l’accès est barré par une palissade métallique où on lit que « prochainement », la convivialité des lieux va être restaurée, ou quelque chose comme ça. Eh ben, y a du boulot. C’est vraiment sinistre. Seuls l’Estoril et le Pirata font encore bonne figure dans cet environnement dégradé. Dans les rues voisines, même ambiance générale d’abandon.
On remonte jusqu’au centre culturel Dragão do Mar. Même chose. Les jolies façades des constructions alentour sont pisseuses et couvertes de tags. Le Dragão do Mar proprement dit s’en sort pas trop mal, mais on voit bien que plus rien n’est entretenu. S’il n’y avait pas des vigiles armés à différents emplacements stratégiques, ce serait sans doute bien pire.
De là, on traverse la place du Cristo Redentor avant de nous diriger vers le Centro. Là, au moins, rien n’a changé. Ça se serait même plutôt amélioré. Quartier commercial populaire où la bourgeoisie fortalézienne ne s’aventure pas. On fait une pause dans une « lanchonete », nom donné ici à un snack. Vitamina de graviola pour moi, vitamina de abacaxi et coxinha pour Marielle. On savoure nos boissons en profitant de la brise soufflée par les ventilateurs. C’est l’heure où les gens venus faire quelques courses dans le quartier font une pause.
« Dis donc, qu’est-ce que t’es rouge ! - Euh, tu t’es regardé ? »
Un coup d’œil dans la glace : aïe, c’est déjà foutu, on a bien trinqué. C’est à chaque fois la même chose. On est ici sous l’équateur et ça tape dur. Comme il souffle toujours une petite brise de mer, on ne rend pas compte qu’il faut vraiment se méfier du soleil et… quand on s’en rend compte il est trop tard. Tant pis, demain on sera bronzés.
En sortant, on pousse le pied jusqu’à la place du théâtre… José de Alencar. Très encombrée de stands de vêtements, ustensiles de cuisine et gadgets en tous genres. Des bâtiments dont on ne souvient plus très bien ont été démolies au fond de la place. Il faudra qu’on regarde nos vieilles photos pour savoir ce qu’il y avait là exactement. Je me souviens d’une boutique d’articles religieux, mais c’est tout. On refait une pause, cette fois dans la petite église de la place. L’ambiance est bien différente de celles de nos églises froides et souvent vides. On dénombre une trentaine de fidèles disséminés sur les bancs. L’église est évidemment grande ouverte et à l’intérieur on est bercé par le ronronnement des ventilateurs. On s’esquive au moment où l’office va commencer.
Retour à l’hôtel. Six bons kilomètres. On passe dans le premier quartier où on a habité, juste derrière l��archevêché. Ici, les rues ont conservé leur allure traditionnelle. Elles sont bordées de maisons basses, peintes en blanc ou dans des couleurs pastel un peu passées. Quelques-unes ont un étage ou une courette. Toutes sont fermées par des grilles. Quant aux murs qui les entourent, ils sont surmontés de tessons de bouteille ou de barbelés. Passé le Mercado dos Pinhões, on glisse progressivement dans le quartier bourgeois traditionnel d’Aldeota. Là, les maisons bourgeoises qui n’ont pas encore cédé la place à des immeubles modernes ou des centres commerciaux se cachent derrière une végétation luxuriante et de hauts murs peints en blanc, eux aussi surmontés de barbelés. Pour rentrer chez eux, les propriétaires ne descendent pas de voiture. Ils brandissent la télécommande du portail. D’ailleurs, un écriteau indique qu’il ne faut pas klaxonner, mais utiliser la télécommande. À ce genre de détail on voit que les choses ont un peu changé. Avant, Monsieur klaxonnait nerveusement à plusieurs reprises en rentrant chez lui, manifestant son impatience en attendant que la bonne vienne ouvrir le portail. Aujourd’hui, les nouvelles classes moyennes n’ont plus de valetaille, les familles sont moins nombreuses et les jeunes couples préfèrent s’installer dans un appartement.
On est à la limite du coup de chaud au moment où on arrive enfin à l’hôtel. Il est vrai que pour une première journée, on a fait très fort. Déjà 13-14 kilomètres au compteur, selon nos estimations confirmées par l’appli santé du smartphone.
Quelques heures plus tard, on est requinqué et on va faire quelques courses au Pão de Açucar. Autrefois, cette grande surface comparable à un Carrefour (le PdA appartient d’ailleurs au groupe) ou un centre Leclerc, était ouverte 24 h/24. Surprise : ça ferme à 20 heures. Eh bien, le Brésil a pris un sacré coup de vieux ! Et s’est embourgeoisé. À l’intérieur tout a été réaménagé. C’est beau, c’est brillamment éclairé, c’est riche et on trouve tout, absolument tout. Évidemment, la clientèle n’appartient pas précisément aux classes populaires. Avant, la première chose qu’on remarquait en entrant était l’odeur caractéristique de la carne de sol, cette savoureuse viande séchée au soleil et qui nécessite une préparation longue et compliquée. Aujourd’hui, ça sent, eh bien, comme n’importe quel marché. C’est aseptisé.
À la tombée de la nuit, on va dîner sur Beira Mar. Carne de sol, justement. Ensuite, un petit tour jusqu’au marché aux poissons sur la Volta da Jurema. Dans quelques jours on apprendra que les Fortaléziens, amnésiques comme toujours, ne connaissent plus ce nom. Désormais, on l’appelle simplement par le nom du quartier, Mucuripe. C’est en plein travaux tout du long : on est en train d’aménager des places de parking.
Retour à l’hôtel. On a marché plus de 22 kilomètres aujourd’hui. On n’en revient pas.
Demain, c’est juré, on se calme.
Mardi 29 janvier
Debout à six heures. Ce matin on retourne à Iracema faire quelques photos des fresques, mais aussi des dégradations du Ponte dos Ingleses. Devant l’ancien hôtel Iracema, un type dans les quarante-cinq ou cinquante ans, nous voyant faire des photos vient nous dire que l’établissement – enfin, la ruine – avait été racheté il y a quelques années, « du temps de Tasso », Tasso Jereissati, l’ancien gouverneur. Oui, bien sûr que je me souviens. Le type – pas Tasso – est très sympa et on discute quelques minutes. On apprend que Tasso avait un projet immobilier pour ce site, mais qu’il y a des tas de complications juridiques. Du coup, les arbustes accrochés aux derniers étages continuent de pousser… Au moment de nous séparer, le type me demande si « a senhora », Marielle, est française.
On remonte la Rua dos Tabajaras – dans le quartier, toutes les rues portent le nom de tribus indiennes depuis longtemps disparues – jusqu’au Pirata. Le quartier, un temps haut lieu de la vie nocturne fortalézienne, est bien décrépit. On est quand même agréablement surpris de voir que le petit hôtel où on avait séjourné en 1997 est toujours là. Le Pirata est le seul établissement à faire bonne figure avec ses façades fraîchement repeintes et bien entretenues. De là, on bifurque vers le Ponte dos Ingleses pour faire quelques photos de ce haut lieu de la désolation. Espérons qu’il sera remis en état rapidement.
Ensuite, on traîne sur le bord de mer à faire des photos des fresques. Une dame entre deux âges vient nous trouver. Apprenant qu’on est français, elle est toute heureuse de nous apprendre qu’elle a séjourné à Dijon il y a quelques mois. Il se trouve que nous sommes justement allés visiter la ville l’automne dernier. Elle se dit enchantée de son séjour et de cette ville, qu’elle préfère à Lyon.
Retour à l’hôtel un peu après 8 heures pour le petit-dèj’. On fait traîner en nous laissant bercer par des chansons brésiliennes. Au moins, ils ont le bon goût de ne pas mettre de la variété anglo-saxonne ringarde comme c’est trop souvent le cas dans les hôtels touristiques. Il faut dire que la clientèle est 100 % brésilienne, principalement des états riches du sud du pays.
Comme hier on a fait un peu fort avec nos 22 kilomètres, on passe la journée à glander. À mesure que le soleil se déplace, les clients de l’hôtel vont s’asseoir d’un côté ou de l’autre de la piscine. Quelques femmes seules avec leurs enfants. Des familles. Les gamins s’en donnent à cœur joie. Déjeuner à un petit restau « au kilo » à deux pas de l’hôtel. Cette formule est très en vogue depuis quelques années. On prend un plateau et on se sert, comme à la cafète, mais on fait ensuite peser son assiette. Là, on reçoit un ticket avec un numéro. Si on veut se resservir, on repasse ensuite à la caisse peser l’assiette. On paie donc au poids. Un peu comme dans les restaus chinois de chez nous, qui ont une formule buffet. Pour le café – le cafezinho pour être précis -, une bouteille thermos est posée sur une table près de la sortie. On se sert à volonté, c’est inclus dans le prix.
Dans l’après-midi, on redescend s’asseoir un moment au bord de la piscine. À peine assis, un employé de l’hôtel m’interpelle : un coup de fil pour moi à la réception. C’est Diego qui me rappelle pour confirmer le RV demain matin. Il doit être télépathe ! Diego, c’est un jeune de Mucuripe qui travaille comme guide touristique culturel – ils sont quatre au total pour tout Fortaleza et peut-être même le Ceará. Il est tombé un jour sur www.aquiceara.com et m’a contacté pour avoir des photos de Fortaleza dans les années 80. On a donc convenu de se voir à l’occasion de notre venue.
En fin d’après-midi, le ciel s’est un peu couvert et on en profite pour aller dans un centre commercial acheter un cordon USB pour l’appareil photo. Manque de pot, je me goure d’itinéraire et on se retrouve dans l’avenue Barão de Studart. Au bout de cent mètres, je me rends compte que nous sommes à deux pas de l’épicerie de Thierry. C’est un Français qu’on a connu, et même hébergé quelques jours quand on habitait à Mucuripe en 1986. Au début des années 90, marié depuis peu mais ses finances étant au plus bas, il a décidé d’ouvrir une épicerie. Une activité considérée comme peu prestigieuse, mais sûre. Ça n’a pas trop mal marché et l’épicerie est toujours là. On n’a pas revu Thierry depuis une bonne douzaine d’années. En approchant, j’aperçois deux personnes dans la pénombre et j’ai un doute : après tout, il a peut-être revendu ? C’est sa fille qui nous accueille. Le doute n’est pas permis : elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère. Et nous apprend que Thierry est décédé il y a six mois. Cancer. Il n’avait même pas soixante ans. Pour nous, c’est un choc.
C’est encore sous le coup de l’émotion qu’on repart en direction du centre commercial où se trouve apparemment la seule boutique susceptible de vendre le cordon USB recherché. Sur la porte, une affichette : « volto já já » - je reviens tout de suite, tout de suite. On repart. À tous les coups, le papier est là depuis des lustres. D’ailleurs, le Shopping Aldeota dont une copine nous avait tant parlé semble assez mal en point. Boutiques fermées, éclairages sinistres, peu de monde. Pas folichon.
On va manger un truc vite fait sur Beira Mar, mais avant de rentrer, on s’arrête quand même boire une caipirinha. Il n’est que huit ou neuf heures, mais il y a un monde fou. Beaucoup de Paulistas et de Gauchos. Toutes les cinq minutes, un vendeur ambulant vient proposer des lunettes de soleil, des bonbons, des sculptures en fil de fer, des sculptures sur bois, des clopes et même des mini-enceintes pour smartphone… On en a dénombré au moins vingt-cinq en un peu plus d’une heure. Comment est-ce qu’ils font pour vivre ? Tout à coup surgit une femme portant une blouse blanche : une masseuse. Le jeune couple de la table à côté est partant. Le mec doit être chatouilleux parce qu’à un moment donné il part d’un fou rire. Au bout de quelques minutes, on voit les deux types assis à une table à quelques mètres devant la nôtre se gondoler. Nous, on pleure de rire. De même que la masseuse, qui doit s’éloigner un instant pour éponger ses larmes.
Mercredi 30 janvier
Ce matin on rencontre Diego. Il a créé une petite fondation pour la préservation de la mémoire du quartier. Il est venu nous chercher à l’hôtel avec une amie à lui, Rosalia. Elle est guide touristique aussi, et a vécu en France. Elle a d’ailleurs été mariée à un Français.
On se retrouve dans les ruelles de Mucuripe à découvrir son minuscule local, installé dans l’entrée d’une petite maison du quartier. Le coin n’est pas encore envahi par des tours. Dédale de ruelles bordées de maisons basses couvertes de tuiles romanes. Tout le charme d’un quartier populaire. Chez lui, Diego a réuni une impressionnante collection de livres et de photos du quartier. Il nous a même montré un court-métrage tourné sur la plage de Mucuripe en 1941, la même année que celle où Orson Welles a tourné It’s all true. Ensuite, déjeuner d’une moqueca de raia au Mirante, le quartier construit sur la dune et qui domine Mucuripe, avant de rentrer à l’hôtel. Diego et Rosalia doivent aller travailler, et on convient de se revoir samedi.
En fin d’après-midi, on va louer une voiture chez Hertz – ou plutôt chez Localiza. Hertz doit être trop difficile à prononcer pour les Brésiliens. 450 reais, soit 105 € pour 4 jours, kilométrage illimité. Cool. Une petite Nissan toute simple, ça fera parfaitement l’affaire. Et le litre d’essence coûte à peine un euro.
Dîner sur la plage. Ensuite on traîne un moment sur la nouvelle digue à côté de la feirinha da noite, le marché artisanal nocturne. L’endroit est très agréable. On peut profiter du bruit des vagues sans être gêné par la musique et la circulation de Beira Mar tout en contemplant les gratte-ciel du front de mer. Des familles ou des couples d’amoureux font de même. Je filme un jeune chien qui joue avec un petit chat noir et blanc. Je ne suis d’ailleurs pas le seul. Je discute quelques minutes avec le propriétaire du chien, un mec de Mucuripe, justement. Il me confie qu’il est très attaché à ce chien, qui a toujours veillé sur lui pendant l’année où il a dormi dehors…
Jeudi 31 janvier
Eh bien maintenant qu’on a une bagnole, allons donc traîner un peu sur les routes du Ceará ! On n’a rien prévu en particulier. Deux possibilités : le littoral est ou le littoral ouest. Notre préférence va au littoral ouest, on le gardera donc pour la bonne bouche.
On sort donc de Fortaleza par l’avenue Washington Soares. Par rapport à notre dernier séjour, il n’y a finalement guère de changement. Bien sûr, de nouvelles constructions sont sorties de terre un peu partout, les routes ont été élargies, le bétonnage a continué… en passant devant l’Unifor, l’université privée de la Fondation Queiroz, je me revois descendant du bus en 1985 ou 86. On m’avait parlé d’une possibilité de donner des cours. À l’époque, les terrains alentour n’étaient que des étendues herbeuses desséchées par le soleil. Aujourd’hui ce ne sont que centres commerciaux et établissements divers aussi rutilants et prétentieux qu’inutiles.
Passé l’embranchement vers Cofeco et Prainha, la route a perdu son côté campagne. Les terrains occupés par les anacardiers et le manioc sont désormais occupés par des marchands de matériaux. Et ça continue comme ça tout le long de la côte jusqu’après Aquiraz. Des complexes hôteliers en veux-tu, en voilà là où il n’y avait que du sable. À Morro Branco, on renonce finalement à aller revoir les falaises de sable coloré de la Praia das Fontes. Après tout, on connaît tout ça par cœur et on a plutôt envie de juste traîner en bagnole pour nous évader de Fortaleza.
Cette année, on voit que la saison des pluies est un peu en avance. La campagne est très verte et la végétation a poussé avec une vigueur insolente. De Morro Branco, on décide de ne pas continuer le long de la côte, mais de bifurquer vers Pacajus et, de là, d’aller dans la Serra de Guaramiranga. Dès qu’on s’éloigne du littoral, on se retrouve dans une jolie région de collines, d’anciennes dunes colonisées de longue date par la végétation. Très peu de circulation, et la route est plutôt bonne, même s’il ne faut pas relâcher sa vigilance : des nids-de-poule attendent parfois en embuscade et on a un très mauvais souvenir avec ça.
À Pacajus, on perd un bon moment à tourner en rond pour trouver la route de Redenção. Il faut en effet traverser la fédérale, la BR116, mais impossible de trouver le croisement. On l’emprunte d’abord en direction de Fortaleza, mais au bout de quelques kilomètres, rien. Pas de sortie en direction de la montagne. Comme nous sommes sur une deux fois deux-voies, il faut rouler jusqu’au prochain « retorno » pour faire demi-tour. Là, rebelote. On refait quelques kilomètres en sens inverse puis on rentre dans Pacajus. Là, eurêka, au premier croisement il suffit de tourner à gauche… pour nous retrouver sur la BR quelques kilomètres plus loin ! Quelle histoire de fous. Cependant, on a aperçu en face, de l’autre côté de la BR, un panneau au-dessus de la route qu’on cherche. OK, c’est reparti pour un tour. BR jusqu’au retorno puis on guette la sortie à droite. Aucun panneau indicateur, mais tout de même une sortie tout ce qu’il y a de plus anonyme en rase campagne, à l’intérieur d’un virage, et qu’on manque de rater une nouvelle fois. Deux ou trois-cents mètres plus loin, victoire ! On est sur la bonne route. Dingue. Ils ont supprimé purement et simplement l’ancien croisement quand ils ont refait la BR, mais sans mettre aucun panneau indicateur. À l’usager de deviner ! On a un peu l’habitude, mais là ils ont tout de même fait fort.
Sur la route, toujours aussi belle et tranquille qui nous conduit à Redenção, on essuie une ou deux averses. L’arrivée de la saison des pluies est imminente et ce sont les premières escarmouches. En revanche, cela nous donne l’occasion d’apprécier les jeux d’ombre et de lumière des nuages sur les forêts qui couvrent les montagnes au loin.
Il est près de deux heures quand on aperçoit l’escalier blanc à flanc de colline conduisant à la petite chapelle qui domine la ville. On commence à avoir faim et on s’arrête à la sortie en direction de Quixadá, dans un restau bien typique. Comme on hésite devant le menu – on est assez tenté par les côtes d’agneau en ragoût – la patronne donne le coup de pouce décisif : il est justement tout prêt. Question rituelle : « Dá pra dois ? - Dá, sim. » Pour deux, ça ira ? - Oui, bien sûr. Elle nous demande tout de même s’il s’agit d’une pause déjeuner vite fait ou si on est gros mangeurs. On lui fait une réponse de normand. Quelle que soit notre réponse, on sait que ce sera bien cuisiné et abondant. Et on se retrouve avec trois beaux morceaux dans une sauce à se damner et quelques pommes de terre, du riz, de la salade, des spaghettis, et du pirão. On arrose le tout avec de la cajuina. Un vrai déjeuner cearense comme on les aime.
On repart en direction de Baturité, sur les premiers contreforts. Pas que cette montagne soit bien haute, puisque son point culminant est à 1500 mètres, mais les Fortaléziens viennent volontiers y trouver une fraîcheur relative. Tout le long de la route, je peste contre les limitations de vitesse délirantes et les radars – ils en ont mis partout, même jusque par ici. N’oublions pas, bien entendu, les gendarmes couchés de toutes sortes, excessivement nombreux et mal foutus, souvent aussi inutiles que dangereux. Les pires, ce sont les plots en plastique jaune qui dépassent de quatre ou cinq centimètres de l’asphalte – quand ce n’est pas des rues aux pavés disjoints des agglomérations – et ne demandent qu’à bousiller les amortisseurs. Qu’on les prenne au pas, en première, ou à dix kilomètres à l’heure, on ne peut pas s’empêcher de pousser un gros soupir d’exaspération.
Très sinueuse, la route est splendide. La région est relativement verte, même en saison sèche, mais les premières pluies ont accompli des merveilles et… on s’émerveille. Au détour d’un virage on découvre ici ou là une petite maison aux tuiles romanes parée de bougainvilliers avec un panonceau indiquant qu’il s’agit d’une auberge ou d’un « sitio », mi-maison de campagne, mi-fermette. Les rues à l’entrée des bourgs sont bordées de flamboyants en pleine floraison. On passe à l’occasion devant une petite église ou un couvent devant lequel se dressent de majestueux palmiers impériaux d’une vingtaine de mètres. D’ailleurs, je me rendrai compte sur le chemin du retour que ces palmiers, on n’est pas allé les chercher bien loin : ils sont endémiques et on les voit dépasser de la végétation basse par centaines sur les flancs de la montagne.
Après avoir tourné un moment en rond entre Baturité, Maranguape et Mulungu, notamment à cause d’une signalisation routière débile qui nous fait faire dix kilomètres dans un sens puis dans l’autre, c’est un peu à cran qu’on reprend la route de Fortaleza. Quelques kilomètres plus loin, un poste de la police de la route. On nous fait signe de nous arrêter. Il ne manquait plus que ça. Pendant que les keufs examinent mes papiers en prenant un air soupçonneux, comme il se doit. « O carro é alugado ? » La voiture est louée ? Je leur répondrais bien que, pas du tout, on vient de la chourer, mais l’humour qui fait la réputation des Cearenses n’est peut-être pas de mise. Finalement, ils me rendent mes papiers avec le sourire, le plus jeune ajoutant même « Allez la France ! ».
Par chance, passé Redenção, la route est belle et il n’y a quasiment aucun radar. On devrait arriver juste après la tombée de la nuit. Eh bien non : à Maracanau, non seulement il fait déjà nuit, mais des travaux et une déviation très, très mal indiquée nous obligent – nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls – à rebrousser chemin dans une certaine confusion. Quelques mètres plus loin, je pile en voyant un petit bout de chat âgé de tout juste deux mois traverser comme si de rien n’était. La bagnole qui roulait parallèlement à nous en fait autant. Le chauffeur l’a fait par réflexe, sans trop savoir pourquoi, mais comme il fait nuit et qu’il n’y a aucun éclairage à cet endroit, il a dû penser qu’il y avait un nid-de-poule. Enfin, le chat est passé sans encombre et personne ne nous est rentré dedans. C’est l’essentiel.
On finit par se retrouver sur l’anneau routier puis, une dizaine de kilomètres plus loin sur la BR en direction du centre. C’est l’heure des embouteillages, mais comme j’ai loupé la sortie vers Aldeota on se retrouve sur l’Avenida Dom Manuel, ce qui nous fait finalement gagner du temps.
Vendredi 1er février
On est réveillé par l’orage. Le ciel d’un noir d’encre est fréquemment zébré d’éclairs et il pleut très fort. Avant de venir, la météo annonçait de l’orage toute la semaine, mais comme il a fait beau jusqu’ici, on n’y croyait plus. Seulement là, finie la rigolade. Il tombe des trombes d’eau.
Après le petit-déjeuner, une accalmie relative nous décide à prendre la route. Aujourd’hui on a décidé d’aller revoir quelques plages du littoral ouest, et puis l’orage va bien finir par se calmer.
En fait, ça ne se calme pas du tout, du tout. Ça ne fait même qu’empirer. C’est le déluge. Les voitures zigzaguent tant bien que mal entre les flaques – ou plutôt les mares – qui ont envahi la moitié de la chaussée, tantôt du côté gauche, tantôt du côté droit. On ne voit pas à vingt mètres. Avec toute cette flotte, on ne voit pas non plus les gendarmes couchés qui se rappellent brutalement à notre bon souvenir, même en roulant à trente à l’heure. Sans parler des nids-de-poule. Enfin on atteint l’avenue Bezerra de Menezes pour sortir de la ville puis l’embranchement vers la CE-85. Bonne surprise, c’est maintenant une quatre-voies. En 2007, ce n’était encore qu’une deux-voies. La pluie est de plus en plus forte. À soixante à l’heure, on a l’impression de prendre des risques insensés. Heureusement, il n’y a presque pas de circulation. Je suppose que tous ceux qui n’ont pas un besoin impératif de se déplacer ont préféré attendre.
La route qui part vers l’ouest traverse une région de caatinga, forêt de buissons et de petits arbustes ne dépassant guère 4 ou 5 mètres de hauteur, entrecoupée de zones un peu marécageuses où poussent de grandes herbes et des carnaúbas (palmiers rôniers). Comme la saison des pluies a commencé tôt cette année, c’est déjà très vert. Aux abords de São Gonçalo do Amarante, on longe la Lagoa do Cauípe, une très belle lagune dont le niveau a déjà bien monté avec toute cette pluie. Nous avons décidé d’aller jusqu’à Mundaú, à environ 150 km de Fortaleza puis de revenir en faisant des incursions sur les différentes plages.
On roule toute la matinée sous une pluie battante, pour dire le moins, qui met longtemps à se calmer. La route est récente et en bon état, hormis sur un petit tronçon où des nids-de-poule sont en formation. Sous cette pluie battante qui transforme la route en rivière, on ne les repère qu’au dernier moment. Par chance, ça ne dure pas. Je me verrais mal changer une roue par ce temps.
Quelques kilomètres avant Mundaú, on profite de ce que la pluie a presque cessé pour nous arrêter déjeuner dans un bled. Le téléviseur accroché dans un coin de la salle montre des images des inondations à Fortaleza, où il est tombé 55 mm. Pas si exceptionnel, mais à Fortaleza, c’est tout de suite la cata à cause d’infrastructures souvent déficientes. À Paracuru, il est tombé 70 mm et 90 à Crato, dans le sud du Ceará. On est somme toute plutôt bien lotis.
À la sortie de la ville, on constate que la route a été asphaltée récemment, elle aussi, sauf qu’on tombe aussitôt sur un tronçon de 3-400 mètres complètement défoncé (un panneau indique que c’est temporaire…) avant de retrouver un beau macadam bien propre. Pas de doute, on est au Ceará.
Mundaú n’a rien d’exceptionnel, mais je voulais revoir la route côtière entre la plage déserte et les dunes où le sable durci en galettes présente des configurations intéressantes. Le ciel est toujours aussi noir, mais la pluie a cessé depuis le déjeuner. Nous repartons vers l’est, en direction de Paracuru, non sans faire un petit détour par Flexeiras, qu’on ne connaît pas encore. Le village est plutôt mignon, avec ses belles maisons et autres pousadas pour les vacances. Seulement, on se demande comment on peut bien en vivre ici. Le taux de remplissage ne doit pas dépasser 50 %, et encore, pendant un mois par an. On voit bien que le reste du temps, ce doit être assez désolé.
Un peu avant d’arriver à Paracuru, on remarque des drapeaux plantés à intervalles réguliers sur un terrain déboisé de plusieurs hectares, avant de passer devant une petite guérite devant laquelle on a aménagé une petite allée de gravillons. C’est le bureau de vente du lotissement. Ils ont vu grand : il y a de quoi construire je ne sais combien de dizaines de maisons. Et on n’a pas tout vu : quelques centaines de mètres plus loin, on tombe sur deux ou trois autres lotissements du genre. Encore des projets qui vont faire pchitt, la conjoncture économique n’étant plus vraiment porteuse.
On se gare au bout de la route, là où on a aménagé une placette carrelée et des gradins descendant vers la plage. On a également aménagé un trottoir carrelé qui longe la plage sur deux ou trois-cents mètres. Bonne idée. D’ailleurs, cela semble un lieu de promenade assez prisé des mères de famille avec leurs enfants. Dommage qu’on n’ait pas trop le temps, et surtout que la météo est incertaine. On aurait bien poussé le pied jusqu’à l’endroit où la rivière traverse les dunes. Je suppose qu’elles ont encore progressé et remodelé le paysage.
Un peu avant Fortaleza, on décide de faire un crochet par Cumbuco. Là, pas d’illusion à se faire : il y a au moins vingt ans que la plage est pourrie par le tourisme. On s’arrête boire un guaraná. La serveuse doit faire le tour des établissements voisins pour échanger deux canettes de coca contre du guaraná. Ce petit service a un prix : on paie 12 reais pour deux malheureuses canettes !
Enfin, la route de retour à Fortaleza est toujours aussi moche. De chaque côté de la route, des projets immobiliers et autres bâtiments abandonné. L’ensemble donne une sensation de désolation.
Samedi 2 février
Ce matin on a rendez-vous à neuf heures avec Diego. On a convenu d’aller au centre Quatro Varas, à Pirambu, puis au musée du cajou. Quatro Varas est un projet communautaire monté dans les années 80-90 par les habitants du quartier. Pirambu était alors particulièrement miséreux. D’ailleurs, passé une certaine heure, plus aucun taxi ne voulait s’y rendre. Le quartier avait la réputation d’être le plus dangereux du Brésil. Aujourd’hui, c’est simplement un quartier populaire, mais certaines réputations sont tenaces. Diego a son GPS et on arrive à se faufiler dans le dédale de rues conduisant au centre, tout près de la plage. Notre petite Nissan s’en sort avec les honneurs, mais… le centre est fermé le samedi. On s’y attendait un peu, mais là, on en a le cœur net. Diego est mort de trouille. Pourtant il ne faut pas exagérer, à cette heure-ci on ne craint vraiment pas grand-chose. D’ailleurs, il y a dix ans, on est venu ici faire des photos et filmer sans aucun problème.
On repart donc en direction du musée. Incidemment, il se trouve à Guadalajara, là où j’ai en quelque sorte découvert le Brésil en 1984. L’ ONG pour laquelle je bossais avait une petite mission là-bas. À l’époque, c’était encore la campagne. Les rues étaient plutôt des chemins, la plupart des maisons étant séparées par des terrains en friche ou plantés de manioc. Aujourd’hui, c’est complètement méconnaissable. Toutes les rues sont pavées et bordées de maisons, souvent avec un étage. La ville, quoi.
Le musée est installé dans un ancien sitio, c’est-à-dire une ancienne maison de campagne entourée d’un terrain. Celui-ci est ceint d’un haut mur peint en blanc, avec des fresques représentant bien évidemment des cajous de part et d’autre du portail. À l’intérieur, on découvre une végétation magnifique, avec bien entendu quelques anacardiers (l’arbre qui donne le cajou), des atiers, des sapotiers… D’ailleurs, Diego est tout aussi étonné que nous de découvrir un sapotier d’une bonne quinzaine de mètres de haut portant des fruits gros comme des oranges. Ce doit être un spécimen assez exceptionnel.
La maison est tout entière consacrée au cajou : tableaux, sculptures, littérature, photos, canevas… tout ce qu’on a toujours voulu savoir sur le cajou sans jamais oser le demander. Et il y a la boutique où on déguste une excellente cajuina, du jus de cajou qui subit plusieurs filtrations jusqu’à devenir parfaitement translucide avant d’être chauffé au bain-marie jusqu’à obtention d’une belle couleur dorée.
Le fondateur a mis vingt ans à mettre ce musée sur pied. Un passionné de culture, d’art et de traditions qui déplore l’immobilisme, voire l’incompétence des pouvoirs publics. On lui dit qu’on était bien contents que Diego nous accompagne, parce qu’autrement on n’aurait pas trouvé le chemin du musée. Il nous explique qu’il a trente-cinq panneaux indicateurs dans la pièce à côté, mais que pour chacun d’eux il faut une autorisation avant de le placer sur le bord de la route. Et comme les administrations se renvoient toutes la balle, ça peut encore durer des années. Décidément, le Brésil n’a pas changé. Sans doute pourrait-il aller installer ces panneaux lui-même, mais il se trouverait sans doute une ou deux bonnes âmes pour le dénoncer.
La visite terminée, on rentre à Fortaleza pour acheter des cartes postales. Diego nous a appris qu’en fait, on n’en trouvait plus nulle part depuis des années. On n’est pas surpris, il n’y en a jamais eu beaucoup, et de nos jours tout le monde fait des photos sur son smartphone et les envoie par messagerie instantanée. On trouve tout de même un kiosque au marché central où ils en ont encore quelques-unes. Le type les conserve dans une pochette en plastique jusqu’à épuisement du stock. Un coup d’œil rapide nous confirme ce que nous soupçonnions : elles sont moches et en mauvais état.
De là, on se rend dans un centre culturel aménagé dans l’ancien marché central. C’est de là que part le petit train pour la balade de découverte culturelle de Fortaleza. En attendant l’heure du départ, on va jeter un coup d’œil dans la salle du fond. Un concours de rap est en train de s’achever. C’est l’heure de la remise des prix et des photos. Les mecs se la jouent un max en prenant la pose. Enfin, sait-on jamais, ils rencontreront peut-être un succès planétaire un jour…
L’idée de cette balade en petit train ne nous emballe pas du tout, mais Diego a l’air d’y tenir. On n’a guère envie de se ridiculiser dans un de ces petits trains pour touristes comme ceux qu’on voit à Beira Mar avec des animateurs déguisés en Mickey ou Pluto. On est vite rassuré : c’est un truc organisé par une association culturelle et l’animateur n’est autre que le mec du musée du cajou. Un type intelligent qui nous a bien plu par son humour.
On n’est pas déçu : on sillonne le centre historique en nous régalant de ses commentaires. Telle maison bourgeoise ayant autrefois appartenu à une gloire locale mériterait d’être restaurée, mais hélas, il y a des problèmes juridico-financiers. Un peu plus loin, il explique que les maisons traditionnelles de la rue ont été démolies pour un énième projet aussi quelconque qu’inutile, que le gouvernement a engagé 170 millions de l’argent public – « notre argent ». En passant devant une maternité publique, il souligne que le Ceará ne manque pas d’établissements hospitaliers publics, comme celui-ci, et qu’ils valent largement les coûteuses cliniques privées vantées un peu partout. Tel ou tel autre bâtiment « devait être » restauré en vue de je ne sais quoi, mais « hélas »… Dans le train, tout le monde est hilare. « Les grands bâtiments sur votre gauche ? Ils vont être inaugurés dans deux ans. Ben oui, au moment des élections »…
Des visites culturelles comme ça, on en redemande.
À quatre heures de l’après-midi on se retrouve dans un restau sur Beira Mar pour déjeuner. C’est qu’on commence à avoir sérieusement les crocs. Dans la conversation, on reparle du mec du musée et tous les trois, on se dit qu’il nous rappelle quelqu’un mais pas moyen de mettre un nom dessus. Tout à coup, tout s’éclaire quand Diego dit « ah, si, euh, il me rappelle un certain… Gil… Gil... » sur quoi Marielle et moi on enchaîne en chœur : « Gilmar ! ». Diego : oui, c’est ça, Gilmar Chaves ! Il nous montre d’ailleurs une photo de Gilma sur son téléphone. Plus de doute. Et là, on est morts de rire. J’ai connu Gilmar en 1984 et passé pas mal de soirées avec lui à rigoler en buvant de la cachaça. Gilmar, c’est sans doute le pique-assiette le plus connu du Brésil, mais on ne peut pas s’empêcher de le trouver sympa. En 2001, on a même passé quelques jours avec lui à Rio. Il a toujours des tas d’histoires à raconter et connaît tout le monde. Il nous est même arrivé un soir de nous retrouver avec lui sur un podium où le gouverneur était en train de prononcer un discours pour l’inauguration d’un tronçon d’autoroute.
En sortant du restau, on raccompagne Diego à Mucuripe avant de rentrer à l’hôtel. Le soir, on ressort faire un dernier tour à pied à Beira Mar jusqu’au marché aux poissons. La promenade est bien agréable, même si on la connaît par cœur, mais on se dit qu’on ne pourrait vraiment plus vivre ici. Dans les années 80, c’était une expérience formidable, mais ça s’arrête là. Vivre en France peut laisser à désirer à cause des tracasseries administratives et autres, mais c’est de la gaminerie par rapport au Brésil. Ici, tout est compliqué, cher ou dangereux. Bien souvent les trois à la fois. Quand on ne fait qu’y séjourner en vacances, on a l’impression que tout y est possible. Seulement, il y a loin de la coupe aux lèvres. Combien de gringos sont venus ici des rêves plein la tête et ont tout perdu, les rêves, leur argent, leur conjoint, leur santé…
Avant de rentrer, on savoure une jarre de jus de maracuja. Enfin, plutôt deux tellement c’est bon et bien frais. Faut dire qu’ici, on est trempé de sueur en permanence et qu’il y a tout intérêt à bien s’hydrater. Nous avons déniché une table sous un raisinier et profitons du bruit des vagues et de la petite brise qui vient nous rafraîchir en savourant l’instant.
Dimanche 3 février
C’est le jour du départ. Après le petit-déjeuner on remonte faire les bagages. Il n’y en a que pour cinq minutes, mais on met une heure. On a du temps à revendre. En plus, un message d’Air France nous apprend que le vol de retour est retardé de deux heures. Nous décollerons donc à 22 h 30 au lieu de 20 h 30. Comme nous devons rendre la voiture à l’aéroport pour 16 heures, il faut encore trouver quelque chose à faire. L’éternel problème du dernier jour : il faut avoir rendu la chambre à midi, mais trouver le moyen d’occuper le restant de la journée. Que faire, donc ? Sortir de Fortaleza ? pour aller où ? on connaît la région par cœur et puis on n’a guère envie de risquer un pépin le dernier jour. Rester à Fortaleza ? Pour quoi faire ?
Finalement, on quitte l’hôtel sur le coup des onze heures. J’ai envie de jeter un coup d’œil à la Praia do Futuro. Pas notre endroit préféré à Fortaleza. C’est une longue plage où le vent souffle toujours fort. Le soir, c’est un coupe-gorge. D’ailleurs, les immeubles résidentiels ont mis très longtemps à venir s’y installer. Si on décide de venir habiter ici, il vaut mieux s’apprêter à racheter tout ce qui est électrique ou électronique presque tous les ans à cause de la rouille. En arrivant sur place, on se rend compte que la rue pavée longeant la plage sur notre gauche, bordée de quelques paillotes et où de rares cocotiers ont un mal de chien à tenir le coup est à présent doublée d’une avenue parallèle asphaltée. Sur notre droite, une large étendue déserte jusqu’à la dune où sont construits des immeubles résidentiels à l’aspect déjà fatigué à force d’être battus par les vents, le sable et le sel.
Arrivé au bout, on tombe sur le fameux pont franchissant la Sabiaguaba que des copains installés à l’époque sur la plage de Cofeco ont attendu plus de dix ans. Le pont est arrivé trop tard. On fait demi-tour au rond-point de l’autre côté avant de décider d’aller directement à l’aéroport. De toute manière, on est parti pour se faire chier jusqu’à l’heure du décollage, alors y aller un peu plus tôt ou plus tard ne change rien.
Le dimanche, la circulation est des plus fluides et on ne devrait mettre qu’une demi-heure pour y arriver. Il faut « juste » trouver l’agence Hertz, qui a déménagé temporairement à proximité de l’aéroport à cause des travaux en cours. C’est là que ça part de travers. Certaines rues sont désormais en sens unique, on est obligé de faire des détours, la signalisation est souvent mal placée, inexistante ou n’a pas été modifiée lors des réaménagements du plan de circulation. Enfin on arrive sur la bonne route, mais je loupe une sortie et on se retrouve quelques kilomètres plus loin sans pouvoir faire demi-tour. Et comme de juste, aucune indication de l’endroit où se trouve l’aéroport. De toute évidence, on n’est censé s’y rendre qu’en venant du centre de Fortaleza. Si on arrive par l’autre côté, eh bien, bonne chance, Jim. Avisant une sortie, on se retrouve à tourner en rond dans un quartier périphérique sans aucune signalisation. L’appli GPS du téléphone nous permet de nous repérer à peu près, mais on n’ose pas activer le mode données pour ne pas nous retrouver avec une note de téléphone salée. Du coup, on n’est pas tellement avancé. Une fois revenu sur la quatre-voies, je loupe la sortie suivante, apparemment la bonne. Le seul panneau indiquant l’aéroport se trouvait juste après la bretelle de sortie. Aucune indication, ne serait-ce que 100 mètres avant. Bref, c’est passablement énervés après avoir tourné en rond pendant une heure et demie qu’on arrive enfin en vue de l’aéroport. Par chance, l’agence Hertz est bien indiquée et on la trouve tout de suite. Ouf !
L’aéroport de Fortaleza a été reconstruit entièrement il y a une vingtaine d’années. On regrette l’ancien, qui avait tout le charme provincial d’un petit aéroport tropical. Tout était ouvert sur l’extérieur, il n’y avait évidemment pas de climatisation et on se faisait bouffer par les moustiques, mais c’était sympa. Le nouvel aéroport est évidemment mieux adapté à l’augmentation du trafic depuis cette époque. Par contre, il est sinistre. Tout n’est que marbre sombre, on se croirait dans un film de Costa Gavras sur les dictatures sud-américaines des années 70. Un bon point quand même : le food-court de la salle des départs. Des dizaines de tables et de chaises occupent un vaste espace entouré de restaurants où chacun peut choisir ce qui lui plaît. Il y a même une enseigne « Sushi do sertão ». Le sertão évoque des steaks grands comme la main plutôt que des sushis…