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Voyage en Ecosse à vélo trois semaines fin août English translation pending
Bonjour à tous et à toutes,
Nous sommes 4 et nous faisons du vélo.
Nous partons en Ecosse cet été.
L'idée serait de partir de Glasgow et de parcourir les highlands à vélo à la rencontre des paysages merveilleux, des chateaux inquietants et autres betes mysterieuses hypnotisnat quelque voyageur égaré.
Je voudrais savoir tout un tas de chose pour préparer le voyage au mieux.
Peut-on amener son vélo en avion? Est-ce sur? Et cher? Vaut il mieux le prendre en Ferry??? Est-il facile de louer des vélos sur place? A qui s'adresser? combien cela coute t il? Quel itinéraire un connaisseur et fin amateur conseillerait-il dans le nord? (je m adresse ici à un sportif raisonnable, l'avis d'un iron man serait en décalage avec nos capacités de cyclistes du dimanche) Le camping sauvage est-il admis? (si la pluviométrie est d'accord) Quel budget prévoir raisonnablement (cout de la vie (nourriture, campings, B&B), pour les pubs on s'arrangera)?
Comme vous voyez nous en sommes à l'avant projet mais toutes vos infos seront une grande aide pour nous. Merci d'avance pour toutes les infos que vous pourrez me transmettre. A bientot.😉
Peut-on amener son vélo en avion? Est-ce sur? Et cher? Vaut il mieux le prendre en Ferry??? Est-il facile de louer des vélos sur place? A qui s'adresser? combien cela coute t il? Quel itinéraire un connaisseur et fin amateur conseillerait-il dans le nord? (je m adresse ici à un sportif raisonnable, l'avis d'un iron man serait en décalage avec nos capacités de cyclistes du dimanche) Le camping sauvage est-il admis? (si la pluviométrie est d'accord) Quel budget prévoir raisonnablement (cout de la vie (nourriture, campings, B&B), pour les pubs on s'arrangera)?
Comme vous voyez nous en sommes à l'avant projet mais toutes vos infos seront une grande aide pour nous. Merci d'avance pour toutes les infos que vous pourrez me transmettre. A bientot.😉
Sourire de Bangkok... English translation pending
Marco et les amoureux de la Thailande, comme moi d'ailleurs, vous allez esquissés un sourire ou alors carrément rire aux éclats à la lecture de cette note d'agence ........
BANGKOK (AP) - Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a exhorté les Thaïlandais voyageant à Paris à ne pas porter de bijoux tape-à-l'oeil quand ils font du tourisme ou à parler à des gens d'apparence suspecte pour éviter d'être victimes de pickpockets.
Le ministère a aussi conseillé aux Thaïlandais de ne pas voyager seul, d'éviter les endroits isolés et faire attention aux motos qui circulent, qui est semble-t-il le véhicule de prédilection pour les pickpockets français.
Les citoyens thaïlandais vivant à Paris ont été incités à prendre les mêmes précautions. Le ministère les exhorte à conserver tout le temps avec eux leurs documents personnels importants et d'"éviter de parler aux personnes d'apparence suspecte".
Cet avertissement, lancé mardi par voie de communiqué, fait suite à des informations données par l'ambassade thaïlandaise à Paris selon lesquelles les étrangers sont souvent la cible de voleurs et de pickpockets, particulièrement sur les sites touristiques, selon le ministère. AP
Finalement, celà remet les choses à leur juste place ....... 🙂
BANGKOK (AP) - Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a exhorté les Thaïlandais voyageant à Paris à ne pas porter de bijoux tape-à-l'oeil quand ils font du tourisme ou à parler à des gens d'apparence suspecte pour éviter d'être victimes de pickpockets.
Le ministère a aussi conseillé aux Thaïlandais de ne pas voyager seul, d'éviter les endroits isolés et faire attention aux motos qui circulent, qui est semble-t-il le véhicule de prédilection pour les pickpockets français.
Les citoyens thaïlandais vivant à Paris ont été incités à prendre les mêmes précautions. Le ministère les exhorte à conserver tout le temps avec eux leurs documents personnels importants et d'"éviter de parler aux personnes d'apparence suspecte".
Cet avertissement, lancé mardi par voie de communiqué, fait suite à des informations données par l'ambassade thaïlandaise à Paris selon lesquelles les étrangers sont souvent la cible de voleurs et de pickpockets, particulièrement sur les sites touristiques, selon le ministère. AP
Finalement, celà remet les choses à leur juste place ....... 🙂
Ayutthaya: suite du voyage en Thaïlande English translation pending
Je vous remercie pour tous vos messages et cela me fait passer de bons moments dans les Call Shop ou les thais sont furieux avec les jeusx videos Je dois dire une chose c}est que le silence cela nexiste pas a BKK il y a du bruit de partout On passe par tous les etats emotionnels ici a la seconde, decouragement profond et emerveillement
Les Thais viennent facilement vers moi pour discuter dans la rue et les femmes thais me sourient dans le metro. Mais je me demamde ce qu}il se cache derriere ce sourire qqfois je me demande pas s}ils elles ne se foutent pas de ma gueule
Bon j}ai quitte BKK ou je passe 5 jours a un rythme fou
Heureusement j}ai rencontre une belge sur l}embarcadere du fleuve vers les temples de Wat po Cela a contibue a mon adaptation et nous avons visite BKK
jäi vu tellement de choses et en si peu de temps
Je ne me fait plus arnaque en fait il faut etre ferme et rentrer dans le jeu du marchandage en inscrivant les chiffres sur leur calculette c}est un jeu pour eux et on finit par s}entendre
Je suis maintenant a Ayutthaya pour les temples Je n}ai pas vu un seul touriste dans le coin ou je suis
Il fait plus chaud qu}a BKK Il n}y a pas l}esprit business de BKK
Le soir les rues sont animees et les prix sont 2 fois moins cher Qu}a BKK
Les thais d}ici sont tres direct ils viennent m}aborder dans la rue pour discuter (surtout ls filles pourtant ce n}est pas un lieu de prostitution) Hier soir une d}entre elle coiffeuse ici voulait passer la nuit avec moi et apres mäcco;pagner dans mom voyage vers Koh Chang et eelle ne plaisantait pas
C}est le delire permanet ici
Demain je vais sur Kanchanabury
Et apres LES ILES et la Malaisie
Bien a tous
Quelle plage à Ao Nang? English translation pending
Bonjour,
Le départ approche🙂, nous allons passé 2 jours à Ao NAng, quelles plages me conseillez vous ?
Railay (bruyante et sale à ce que l'on dit??)? Poda ? Chicken Island ? etc... Une autre ? Peut-on y trouver un peu d'ombre ?
Comment s'y rendre : J'ai cru comprendre que le moyen le moins cher et le plus simple est de prendre un long tail boat sans passer par les agences.
Bref, je suis preneur de vos conseils et ...merci d'avance.
Le départ approche🙂, nous allons passé 2 jours à Ao NAng, quelles plages me conseillez vous ?
Railay (bruyante et sale à ce que l'on dit??)? Poda ? Chicken Island ? etc... Une autre ? Peut-on y trouver un peu d'ombre ?
Comment s'y rendre : J'ai cru comprendre que le moyen le moins cher et le plus simple est de prendre un long tail boat sans passer par les agences.
Bref, je suis preneur de vos conseils et ...merci d'avance.
Atmosphère actuelle en Guadeloupe (début octobre 2014) English translation pending
Quand j'ai quitté la Guadeloupe en 1999, la violence et l'insécurité étaient omniprésente. Elle touchait de plus en plus de jeunes et de plus en plus tôt. Et je ne parle de violence telle qu'on peut la connaitre en métropole, mais d'un niveau bien supérieur. La moindre altercation pouvait tourner au drame, des touristes étaient agressés régulièrement et les faits divers quotidiens étaient affolants.
Qu'en est-il aujourd'hui 15 ans après ? La non-violence à t-elle pris le dessus ? La nouvelle génération se sent elle moins désoeuvrée ? Et la population est-elle mieux disposée envers le tourisme ? (Je me rapelle d'une campagne du conseil général en 1999 visant à promouvoir le sourire pour améliorer l'image de la Guadeloupe)
J'ai de plus en plus envie d'y retourner et de faire découvrir cette merveilleuse île à mes enfants, mais j'ai un peu peur de ce que je vais y trouver.
J'aimerais pouvoir marcher dans les rues de petit bourg, de vieux habitants, du moule ou du Gosier sans changer de trottoir pour éviter une bande de jeunes jouant avec un couteau en sirotant des bières noires jour et nuit. J'aimerais pouvoir installer des hamacs sous un carbet à porte d'enfer et y passer la nuit sans risque. J'aimerais pouvoir sortir le soir pour allez diner à pied au resto du coin sans inquietude.
Je n'ai pas envie de m'enfermer dans une bulle qui consisterais à se déplacer en voiture d'un site à l'autre et de rentrer avant la nuit à l'abri d'une chambre d'hôte ou d'un hôtel.
Je n'ai pas envie de m'enfermer dans une bulle qui consisterais à se déplacer en voiture d'un site à l'autre et de rentrer avant la nuit à l'abri d'une chambre d'hôte ou d'un hôtel.
La Norvège, du sud au nord ou... presque! English translation pending
Voici le récit de notre voyage de cinq semaines en camping-car, depuis la région parisienne jusqu'aux îles Lofoten, en traversant une partie de l'Allemagne, du Danemark, de la Suède et... de la Norvège !
Le récit accompagné de photos et de cartes se trouve ici :
https://sites.google.com/...uleuxvoyagesnorvege/
Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.

.................................................................................................................................................................. Présentation
Après un séjour en Islande l'été dernier sous un ciel souvent maussade, nous ne pensions pas retourner de sitôt dans un pays du Nord.
Pourtant, quelques mois plus tard, des images de fjords et de glaciers norvégiens vont attirer notre attention et aiguiser une nouvelle fois notre curiosité pour une région nordique.
Nous découvrons alors des paysages éblouissants : fjords saisissants, côtes sublimes, glaciers majestueux et archipels mythiques parmi lesquels les superbes îles Lofoten.
La destination est immédiatement retenue. Reste à préciser l'itinéraire et le mode de déplacement.
Un point est vite fixé : nous souhaitons aller en Norvège sans prendre l'avion, directement depuis chez nous, et de préférence sans avoir à réserver d'hébergements afin d'être libres de nous adapter sur place à la météo.
Dans cette optique, voyager en camping-car nous semble la formule la plus adaptée. Pour le faire au meilleur tarif, la location en Allemagne est nettement plus économique. Nous confions la réservation du véhicule au courtier international CoolDrive.
Une fois l'option camping-car validée, l'itinéraire prend rapidement forme. C'est en voiture que nous rejoindrons d'abord l'Alsace pour une étape en famille puis Hanovre en Allemagne où nous prendrons possession de notre camping-car.
De Hanovre, dans notre maison roulante, nous ferons route vers Hirtshals au Danemark où nous embarquerons sur un ferry à destination de Kristiansand au sud de la Norvège.
Depuis le Sud norvégien, nous prévoyons de réaliser un parcours en forme de grand huit étiré dont le nœud central se situera à hauteur de Trondheim.
La première boucle de ce huit passera, dans les grandes lignes, par Lysefjord, Stavanger, Hardangerfjord, Bergen, Nærøyfjord, Geirangerfjord, la route des Trolls, Ålesund, la route de l'Atlantique et Kristiansund.
Au-delà de Trondheim, tout en suivant le tracé de l'E6, nous passerons le cercle Arctique avant de nous diriger vers Bodø où nous prendrons un ferry à destination des îles Lofoten.
Nous consacrerons sept jours à ces îles, elles constitueront le point le plus au nord de notre itinéraire.
Par la suite, retour vers le sud en longeant la côte via la route 17 avec de nombreuses liaisons en ferry avant de croiser à nouveau la boucle du huit à hauteur de Trondheim.
Nous fermerons le "grand huit" norvégien par les parcs nationaux de Dovrefjell et Jotunheimen avant un passage à Oslo.
Le retour vers la France se fera via la côte suédoise du Bohüslan, le pont de l'Öresund, la capitale danoise Copenhague avant de prendre un dernier ferry vers Puttgarden en Allemagne.
Une carte est sans doute plus parlante ! Oups… ça fait un paquet de kilomètres, probablement 8 000 à 10 000 kilomètres au total !
Pour les parcourir sans avoir à (trop !) rouler, nous avons prévu cinq semaines dont 33 jours de location de camping-car.
Départ le 9 juin, retour le 15 juillet 2014.
Prêts à nous suivre ?
Aller en jaune, retour en rouge
En camping-car… de Lübeck à Kristiansand via la dune de Råbjerg Mile (DK)
J1 à J3 : Du lundi 9 au Mercredi 11 juin 2014
Après deux journées passées en Alsace, c'est enfin le grand départ.
Le camping-car que nous avons réservé en Allemagne sera à notre disposition à Hanovre entre 15 et 17 heures. Depuis la région strasbourgeoise, 570 kilomètres, essentiellement sur autoroutes, nous séparent de la capitale de Basse-Saxe. Mais en Allemagne, le trafic peut être chargé et les ralentissements y sont fréquents. Nous prévoyons donc de la marge en prenant le départ dès 6 heures du matin.
La voiture est pleine à craquer : chaises pliantes, couette, oreillers et linge de lit mais aussi trois caisses d'alimentaire et bien sûr vêtements et chaussures pour faire face à toutes les conditions météo, du maillot de bain à la veste coupe-vent, des tongs aux chaussures de marche… sans oublier ma poêle favorite et quelques bonnes bouteilles de vin d'Alsace !
Après plusieurs jours de chaleur caniculaire (37 à 39 degrés en Alsace), les orages ne tardent pas à croiser notre route. Dès les environs de Francfort, nous essuyons les premières gouttes qui se transforment rapidement en trombes d'eau.
Nous espérons pouvoir échapper au plus fort du mauvais temps en marquant une pause prolongée mais rien n'y fait, on finit par rattraper l'orage et à s'y enfoncer de plus belle.
Malgré ces mauvaises conditions météo, une circulation dense et des ralentissements dûs à des travaux sur l'autoroute, nous arrivons à destination dès 13 heures.
C'est donc avec plus de deux heures d'avance qu'on se présente chez notre loueur, Eubo Caravan Tirge, situé dans la banlieue de Hanovre.
Coup de chance, notre véhicule est déjà prêt.
Nous découvrons alors notre maison roulante, un Pössl 2WIN, 5600 kilomètres au compteur, une sorte de grand fourgon aménagé de moins de 6 mètres de long monté sur un châssis Citroën !
Rien à voir avec le monstre que nous avions loué au Canada !
On vous fait visiter ?
Transférer tout notre barda de la voiture au camping-car, organiser les différents rangements, écouter les explications sur le fonctionnement du véhicule, signer les derniers papiers, prendre le premier déjeuner à bord, faire procéder à quelques réglages de dernière minute… il est presque 16 heures quand enfin… Pössl s'élance.
L'engin se conduit facilement et la position haute est vraiment un plus ! La météo s'est améliorée depuis ce matin, il fait sec avec des températures redevenues plus clémentes après les orages, de l'ordre de 22/24 degrés.
Notre première étape est prévue à Lübeck, à 200 km. Avec déjà plus de 500 km parcourus ce matin, il était difficile d'envisager plus.
D'ailleurs, c'est un peu au radar que nous pénétrons dans Lübeck et après quelques rapides courses, installons Pössl au parking P4 en face de la vieille ville. Il est déjà 18 h 30.
Après le dîner, petite balade sous les derniers rayons de soleil.
L'Innenstadt (centre-ville) est le centre touristique et le quartier le plus ancien de Lübeck. Il se situe sur un îlot au confluent des fleuves Trave et Wakenitz. L'UNESCO a classé ce quartier sur la liste du patrimoine mondial, notamment pour son architecture de briques rouges.
Nuit sur place au bord du fleuve Trave avec vue sur la vieille ville !
Distance parcourue dans la journée : 770 kilomètres
J4 : Jeudi 12 juin 2014
Un passant sans doute éméché a hurlé en pleine nuit, un camping-car a démarré à 3 heures du matin. Bref, la nuit a été loin d'être paisible. Mais puisque nous sommes réveillés, autant en profiter pour nous mettre en route dès 6 heures.
Le but de la journée est de rallier Hirtshals au Danemark où nous avons réservé à 18 heures une traversée en ferry à destination de la Norvège.
En partant de bonne heure, nous devrions même avoir le temps de faire un peu de tourisme au Danemark.
En attendant, nous nous relayons au volant de Pössl.
A 8 h 45, nous passons la frontière entre l'Allemagne et le Danemark.
Sur le coup de midi, nous nous octroyons une pause prolongée ainsi qu'une sieste à l'arrière du camping-car, histoire de récupérer un peu de notre mauvaise nuit. Nous apprécions !
Puis les kilomètres s'enchaînent à nouveau. Pössl se comporte bien sur l'autoroute et se révèle plutôt économe en carburant, ce qui est une bonne surprise.
Il fait très beau mais plus on avance vers le Nord, plus le vent forcit. Le rideau d'arbres le long de l'autoroute ploie sous les rafales. Les pales des éoliennes tournent à plein régime.
Ce vent annonce également une mer démontée et par conséquent une traversée en ferry qui risque d'être houleuse.
Il est 14 h 30 quand nous arrivons à proximité de Hirtshals, ce qui nous laisse effectivement un peu de temps pour jeter un œil à la dune de Rabjerg Mile, à une quarantaine de kilomètres à l'est de cette ville.
Il s'agit d'une dune littorale mobile, la plus grande d'Europe du Nord, que le vent déplace de 18 mètres par an.
A peine sortis du camping-car, le sable soulevé par le vent nous cingle les mollets, pique les yeux et s'infiltre dans nos vêtements.
Seuls quelques téméraires kitesurfeurs semblent être dans leur élément !
Rien ne résiste à la force des éléments, pas même ces cailloux rangés en ligne par le dieu Eole.
La mer est blanche d'écume et pour ne pas être trop exposé, il vaut mieux s'abriter derrière les herbes dunaires.
A ce compte-là, nous ne nous attardons pas davantage dans les courants d'air mais poussons jusqu'à la petite ville de Skagen où tout en arpentant les rues piétonnes du centre, un cornet de glace à la main, nous en oublierions presque l'heure.
Zut, déjà 16 heures ! Or le check-in pour le ferry se fait à partir de 17 heures, nous avons juste le temps d'arriver.
Embarquement immédiat pour un départ comme prévu à 18 heures.
Il y a un peu plus de deux heures de traversée, mais le capitaine (?) annonce un peu de retard à l'arrivée. En raison des mauvaises conditions de mer, la vitesse du navire sera réduite du moins pendant la première heure. Pendant la deuxième heure, la mer est plus calme et le beau temps au rendez-vous à l'arrivée à Kristiansand avec 20 degrés.
Nous n'avons pas de mal à trouver où passer la nuit. J'avais repéré une possibilité de stationnement en bord de mer le long de la promenade côtière.
Petite promenade vespérale… sous le regard de la lune (il est 22 h 30). Sacrée journée encore !
Distance parcourue dans la journée : 610 kilomètres
Notre fidèle "Pössl"

De la vallée de Setesdal à Øygardstølen : de la neige sur les hauteurs !
J5 : Vendredi 13 juin 2014 La nuit a été excellente et réparatrice. Le réveil agrémenté par le piaillement des goélands se fait sous un soleil radieux. Quelle chance !
Malgré tout, la mise en route est un peu laborieuse. D'abord il faut attendre l'ouverture des banques dans le centre-ville afin de faire un peu de change. A 9 heures, c'est chose faite, nous prenons alors la route 9 traversant la belle vallée de Setesdal avec ses forêts de bouleaux et de sapins et ses lacs à chaque virage.
Un nouvel arrêt pour quelques courses (entre autres, un poulet rôti pour ce midi) puis un autre pour les indispensables corvées liées au camping-car (vidanges/remplissage d'eau).
Ça y est, on va véritablement pouvoir rouler ! Pas très vite, d'ailleurs ! Car on se rend immédiatement compte qu'en Norvège, les routes sont étroites, surtout pour un camping-car (pourtant Pössl n'est pas bien gros) et les vitesses limitées (70 km/h sur routes R et F, 40, 50 ou 60 dans et à proximité des agglomérations).
Tout le long de la vallée, de charmants villages aux maisons traditionnelles : Evje, Byggland, Rysstad.
A Rysstad justement, nous quittons la Rv9 pour la Fv337 puis Fv987, des routes de montagne à une seule voie de circulation, ponctuées ça et là d'espaces pour se croiser… heureusement ! Pas très facile de conduire dans ces conditions, surtout qu'il y a du monde et que la route grimpe jusqu'à plus de 1000 mètres d'altitude.
Mais les paysages sont éblouissants !
La région est truffée de lacs d'altitude, encore partiellement gelés, aux couleurs allant du bleu turquoise au vert émeraude.
La neige est encore abondante à cette altitude, une situation que nous n'avions pas anticipée en programmant une randonnée vers le refuge de Øyuvsbu. Dans ce secteur, les congères sont plus hautes que le camping-car. Le parking n'est même pas visible. Bien sûr, la balade tombe à l'eau.
En revanche, nous avions bien noté que quelques kilomètres plus loin se trouvait une belle aire de pique-nique au bord du Roskreppfjord dotée d'un accès WIFI gratuit.
C'est alors le moment de faire la pause déjeuner (zut, le poulet rôti est resté sur le tapis roulant de la caisse du magasin !) puis de donner les premières nouvelles de Norvège à nos proches.
Voici la vue à travers la vitre arrière du camping-car !
La dernière portion de route (Fv986 qui devient Fv500 en changeant de comté !) va tout doucement nous conduire vers Lysebotn en fond de fjord en passant de près de 900 mètres d'altitude au niveau de la mer. Autant dire qu'on va enchaîner des virages en lacets serrés !
Mais nous, on s'arrêtera avant la fin, à 600 mètres d'altitude. La suite de la descente sera pour demain.
Sur le trajet, des torrents, des cascades… et encore des lacs aux couleurs incroyables parsemés d'icebergs !
Soudain, dans un des lacets de la route, apparaît notre destination de ce soir : Øygardstølen ou "nid d'aigle" en norvégien. On comprend vite pourquoi en découvrant l'exceptionnel point de vue qui domine de plus de 600 mètres le Lysefjord ainsi que petit hameau de Lysebotn en contrebas. Vertigineux !
C'est aussi le point de départ de la randonnée de Kjeragbolten.
En repérant un peu les lieux, on rencontre un couple de jeunes Ecossais qui comme nous a l'intention de faire demain cette mythique randonnée. Ils ont planté leur tente en contrebas du nid d'aigle.
Quant à nous, nous prévoyons de passer la nuit sur le parking même si celui-ci n'est censé être qu'un lieu de stationnement de jour. Précisons aussi qu'il est payant dans la journée (100 NOK) comme beaucoup de parkings au départ de lieux de randonnées.
Pour le moment, nous en profitons pour déployer nos chaises pliantes et nous relaxer devant ce panorama d'exception.
Distance parcourue dans la journée : 200 kilomètres
Neige à 1 000 mètres !

Randonnée de Kjeragbolten et croisière sur le Lysefjord
J6 : Samedi 14 juin 2014
Nous voici à l'aube de notre première randonnée en Norvège, l'une des plus mythiques du pays. Il s'agit de Kjeragbolten, un gros rocher ovale coincé dans une crevasse entre deux parois écartées d'environ deux mètres, 1 000 mètres au-dessus du Lysefjord.
Il fait un temps splendide. Nous sommes samedi, parions qu'il y aura du monde !
Mais nous avons l'avantage d'être sur place, alors à 7 heures, c'est parti ! Bien qu'il y ait déjà quelques voitures sur le parking, nous sommes manifestement les seuls à démarrer à cette heure-ci.
Sur le seuil de leur tente, les Ecossais rencontrés hier soir nous font signe. Sur le panneau d'information au début du sentier, le profil du trail donne une bonne idée de ce qui nous attend : un enchaînement de trois "buttes" séparées par une descente et par conséquent une nouvelle montée à chaque fois.
Temps estimé : 6 heures avec 700 mètres de dénivelé !
Ça commence immédiatement très fort à l'aide de chaînes !
Au bout d'une vingtaine de minutes, une fois sur la première crête, nous distinguons les trois premiers poursuivants puis dix minutes plus tard, le couple écossais.
L'effort est intense et les genoux souffrent !
Quelques passages sont un peu délicats mais jamais dangereux grâce à l'installation de cordes et de chaînes.
Nous avançons doucement mais sûrement, toujours seuls. Nos poursuivants n'ont pas l'air de nous rattraper.
Aux crêtes encore partiellement enneigées succèdent des plateaux rocheux couverts de cairns et des mares où se mirent de gros rochers ronds.
Au bout d'une heure, nous croisons quelques randonneurs dont le matériel transporté laisse à penser qu'ils ont campé là-haut. Au bout de deux heures, un couple peu chargé ayant probablement commencé la rando aux aurores.
Tout à coup, se confondant avec la pierre, un cairn un peu particulier retient notre attention ;-) En s'approchant, on dérange ce lagopède alpin.
Il reste de la neige un peu partout mais à partir de la troisième heure, nous devrons traverser plusieurs névés importants.
Vers 10 heures, à hauteur de ce grand panneau indicateur, nos poursuivants se rapprochent. Nous ne sommes plus très loin de notre but.
Les deux Ecossais nous suivent sur une fausse piste mais sans quoi nous aurions sans doute raté cette vue fantastique sur le Lysefjord.
Pendant ce temps, les trois autres, des Asiatiques (une jeune femme et ses parents), plus malins, nous coiffent sur le poteau et atteignent Kjeragbolten les premiers.
Le must, c'est de poser sur le fameux rocher. Mais aucune des personnes présentes n'a le cran pour le faire. Le mieux que j'aie pu tenter, c'est de m'en approcher par le haut.
La vue est tout simplement vertigineuse !
Au moment même où nous quittons les lieux arrive le gros de la troupe. Tout au long du trajet de retour, nous assistons, amusés et effrayés, à une procession ininterrompue de randonneurs, entraînant des embouteillages dans certains passages de chaînes.
Nous ne pouvons que nous féliciter d'avoir démarré tôt.
Les chiffres de cette randonnée : 11,6 km parcourus en 5 heures et demie avec 711 mètres de dénivelé et un point culminant situé à 1031 mètres.
La journée n'est pas finie, loin de là. Nous avons prévu de nous rapprocher dans l'après-midi de notre randonnée de demain, une autre randonnée mythique, celle de Preikestolen.
Le moyen le plus rapide pour le faire, c'est d'emprunter le ferry au départ de Lysebotn (le petit hameau au fond du Lysefjord) à destination de Forsand.
Pour rejoindre Lysebotn, il faut descendre là… c'est-à-dire par Lyseveien, 27 virages en épingles à cheveux, une pente de 10% suivie d'un tunnel, autant dire qu'il faut mettre la bride à Pössl. Descente en seconde ! Impressionnante !
J'avais noté un départ de ferry à 15 h 30 et le suivant à 18 heures. Dès 14 heures, nous faisons la queue sur le quai en compagnie de plusieurs autres véhicules. Au fur et à mesure que l'heure avance, nous voyons plusieurs de ces véhicules sortir de la file, faire demi-tour et repartir par la route. Curieux !
Renseignements pris, il s'avère qu'il y a un seul ferry à 18 heures le samedi, mince ! Tant pis, nous attendrons, car par la route cela représente près de 150 km soit 3 à 4 heures de trajet. Par le ferry, ce sont deux heures de traversée reposantes et divertissantes suivies de moins de 20 km de route.
Alors en attendant, un peu de lecture, une sieste à l'arrière du camping-car et une balade jusqu'à la cascade proche de l'embarcadère pour passer le temps.
A 18 heures, comme prévu, nous embarquons pour deux heures au fil de l'eau, agrémentées de quelques points d'intérêt remarquables commentés par le capitaine du ferry.
Des falaises impressionnantes !
Des cascades dégringolant de près de 1 000 mètres de hauteur !
Le rocher de Kjerag vu d'en bas ! Dire que nous étions là-haut il y a quelques heures !
Une colonie de phoques !
Un avant-goût de ce que nous verrons demain ! Là-haut, le Preikestolen ou rocher de la Chaire, une imposante falaise qui culmine à 604 mètres au-dessus du fjord.
Zoom sur le rocher surmonté d'une plate-forme de 25 x 25 mètres d'où nous contemplerons la vue demain.
Enfin, le clou de la croisière : un défilé rocheux dans lequel le ferry va s'engager à la plus grande surprise des passagers interloqués avant de faire machine arrière au pied de la muraille. Bluffant !
Au pied de cette montagne toute en rondeur, Forsand marque la fin de la traversée pour nous. Nous avons adoré cette croisière !
Il nous reste maintenant une quinzaine de kilomètres à parcourir sur la Rv 13 pour rejoindre Jørpeland. Sur le quai de la marina, un certain nombre de camping-cars sont déjà serrés les uns contre les autres. On n'a pas très envie de se joindre à eux. En passant, j'avais repéré une aire de pique-nique sur la route, un peu avant l'entrée du village. L'endroit nous convient parfaitement.
Encore une journée bien remplie et une première randonnée d'exception en terre viking !
Distance parcourue dans la journée : 40 kilomètres.
Vue sur le Lysefjord
Du Preikestolen (ou Rocher de la Chaire) à… Stavanger
J7 : Dimanche 15 juin 2014
Pressés de nous mesurer au Preikestolen, nous tombons du lit dès 5 h 30… un horaire idéal pour commencer tôt une journée de randonnée sauf que… ce matin le beau temps se laisse désirer. Le ciel est bouché et des nuages bas masquent les sommets.
Mais le temps pourrait changer au cours de la journée… let's wait and see !
En revanche, ce temps libre va nous être très utile pour régler une urgence : faire le plein d'eau et la vidange des eaux sales, sinon ce soir pas de douche !
C'est ainsi que nous nous retrouvons à 6 h 30 à Jørpeland en train de procéder à ces opérations, en tentant de ne pas réveiller les occupants des camping-cars garés sur le port, bien moins matinaux que nous.
Une fois la mission accomplie et malgré une météo incertaine, nous filons vers Preikestolenhytta, distante d'une dizaine de kilomètres et point de départ vers Preikestolen, cette falaise de 604 mètres de hauteur plongeant à pic dans le Lysefjord. Nous l'avions admirée hier depuis le ferry.
La taille du parking (payant off course) laisse augurer de la fréquentation des lieux. Avec plus de 200 000 visiteurs par an, c'est un des sites touristiques majeurs du pays.
Le ciel étant toujours nuageux, nous finissons notre nuit à l'arrière du camping-car.
Vers 9 heures, quelques timides éclaircies annoncent une possible amélioration. Hop, on abrège notre dodo et on décide d'y aller. Entre-temps, le parking a commencé à se remplir sérieusement.
Néanmoins, la file des randonneurs est plus étalée qu'hier, les nuages ayant sans doute fait hésiter beaucoup de monde.
Un chemin empierré aménagé en marches inégales (aïe, les genoux !) nous fait rapidement prendre de la hauteur à travers la forêt avant de dominer une vaste zone boisée ponctuée de petits lacs.
La couleur du ciel s'est bien arrangée depuis ce matin.
Ce paysage verdoyant ne tarde pas à laisser place à un univers plus minéral alors que le sentier longe le bord de la falaise surplombant le Lysefjord.
Le rocher de la Chaire commence à se détacher au loin.
Nous ne sommes évidemment pas tout seuls. D'ailleurs en cours de route, nous reconnaissons un certain nombre de randonneurs croisés la veille, notamment les trois Asiatiques qui nous font un petit coucou.
La montée via Hill Trail nous permet de mieux prendre la mesure de cette étonnante plate-forme rocheuse dont les dimensions font penser à une piste de danse. Vous remarquerez qu'il n'y a aucune barrière de protection nulle part. Certains n'hésitent pas à s'asseoir au bord, les jambes pendant dans le vide. Brrr ! La sécurité du lieu fait débat depuis de nombreuses années mais les autorités locales estiment qu'elles ne sont pas responsables des risques que prennent les touristes.
Le beau temps est vraiment bien installé alors que nous prenons le chemin du retour. Moralité : en Norvège, il vaut mieux ne pas se précipiter et laisser le temps au ciel de se découvrir.
Les chiffres de la randonnée : 7,5 kilomètres en moins de 4 heures avec 400 mètres de dénivelé et un point culminant à 604 mètres.
Une randonnée à ne pas manquer vers un site exceptionnel !
En dehors de la nature, la Norvège compte également quelques jolies villes. Selon nos recherches, Stavanger ne manquerait pas d'atouts. C'est ce que nous avons l'intention de vérifier cet après-midi.
Cap sur la petite localité de Tau où nous laissons le camping-car sur le parking du port. Un tarif de 40 NOK (5 €) permet d'y rester 24 heures, c'est parfait. Le lieu pour passer la nuit est ainsi tout trouvé.
Un ferry à destination de Stavanger est déjà à quai. Nous avons juste le temps de sauter à bord pour une petite demi-heure de navigation.
Le centre-ville de Stavanger s'organise autour d'un joli port.
Du bord de l'eau, des ruelles tranquilles montent vers la vieille cité en bois.
Ce passage en ville est aussi l'occasion de dîner au restaurant. NB Sørensens, l'une des meilleures tables sur le front de mer, nous disait bien mais manque de chance, c'est complet. On nous oriente alors vers Bevaremegvel Restaurant.
Préparés par un chef français, les plats de poissons (saumon et cabillaud) sont délicieux mais l'addition est indiscutablement… norvégienne !
Le ferry nous ramène à Tau vers 22 heures. Encore une journée de "ouf "(comme disent les jeunes) !
Distance parcourue dans la journée : 50 kilomètres.
Le rocher du Preikestolen

De Tau à Odda : des chutes de Låtefossen au glacier Buer
J8 : Lundi 16 juin 2014
Une nouvelle randonnée aujourd'hui? Oui, mais pas tout de suite, ce matin il faut d'abord rouler afin de rejoindre Odda, notre prochaine étape.
Le soleil est toujours de la partie en ce quatrième jour passé en Norvège. On croise très fort les doigts.
Le trajet se fait sur la Rv 13, une route classée "route nationale touristique" traversant la région du Ryfylke entre fjords verdoyants et montagnes abruptes.
Bien qu'il n'y ait que 200 kilomètres jusqu'à Odda, cette distance va nous prendre beaucoup plus de temps que prévu pour plusieurs raisons : - l'étroitesse de la route et la vitesse limitée - l'enchaînement incessant de tunnels - un passage en ferry entre Hjelmeland et Nesvik
Enfin, quelques points d'intérêt sur la route méritent eux aussi un arrêt. A vrai dire, si on s'écoutait, on s'arrêterait à tout bout de champ mais parfois les accotements ne le permettent pas.
Ici, cet îlot au beau milieu d'un fjord pour lequel nous n'avons pas hésité à faire demi-tour afin de le mettre dans la boîte.
Là, les chutes de Låtefossen, dévalant la montagne dans un bruit assourdissant !
En partant à 7 h 30 de Tau, nous avons fini par arriver au parking du glacier Buer vers 13 h 30. Pour une fois, le parking n'est pas payant (du moins pas pour l'instant), un fait rare en Norvège.
Une heure plus tard, après le déjeuner, nous sommes prêts à randonner vers le glacier.
La langue glaciaire de Buer fait partie du Folgefonna qui, avec sa calotte couvrant 168 km2 et une épaisseur de glace de 400 mètres par endroits, est le troisième plus grand champ de glace du pays.
Le sentier commence à longer un torrent où une double haie d'inukshuk, ces empilements de pierre adoptant une forme humaine, nous indiquent la direction à suivre.
Ce torrent glaciaire sera un peu le fil conducteur de la randonnée.
Nous aurons à le traverser à plusieurs reprises par des moyens plus ou moins précaires.
Une passerelle suspendue… même pas peur ;-)
Un petit pont métallique facile !
Une poutre en bois… ah, ha…moins fière, la randonneuse !
Il y aura encore des cordes, des chaînes, des échelles, bref un parcours amusant mais pas de tout repos… avant de commencer enfin à entrevoir le glacier !
Premier aperçu de la langue glaciaire…
… et coup d'œil sur la vallée laissée derrière nous.
Fin de la randonnée autour de 700 mètres d'altitude. Le torrent devient infranchissable et s'aventurer seul sur le glacier serait risqué.
En revanche, sa contemplation ne présente pas de risque alors on contemple sans modération ses séracs aux reflets bleutés !
Tiens mais qui voilà ? Les trois Asiatiques (papa, maman et leur grande fille) que nous croisons pour la troisième journée consécutive. Ils ont copié notre roadbook ? En tout cas, ils comptent bien tout comme nous faire demain la célèbre randonnée de Trolltunga… de bonne heure, précise la jeune femme, départ prévu à 7 h 30. Comme nous… Au fait, je n'ai pas précisé, mais ils sont Sud-Coréens et viennent de Séoul.
Rendez-vous est pris pour demain !
Les chiffres de notre balade d'aujourd'hui : 5,5 kilomètres en 3 heures aller/retour avec 300 mètres de dénivelé. Une randonnée un peu moins prestigieuse que les précédentes mais ludique et sportive à la fois… bref, très sympa aussi !
Ce soir, nous choisissons un camping pour passer la nuit, en l'occurrence Odda Camping, joliment situé au bord du Sandvinsvatnet et juste au début de la vallée de Buer, avant tout pour pouvoir laver notre linge, car impossible de trouver une laverie en ville.
Le programme de la soirée est donc tout tracé : lavage et séchage du linge, accessoirement un peu d'Internet et surtout dodo de bonne heure car demain nous attaquons un gros morceau, une randonnée de légende à destination de la langue du Troll (Trolltunga) soit 22 kilomètres aller/retour. A suivre…
Distance parcourue dans la journée : 205 kilomètres
Buer Glacier
De la langue du Troll (Trolltunga) aux… rues de Bergen !
J9 : Mardi 17 juin 2014
La nuit fut si paisible dans le camping au bord du lac à Odda que nous émergeons avec difficulté à 7 heures passées. Nous espérions être au point de départ de notre randonnée à 7 h 30, c'est raté.
Le temps de déjeuner, de tout préparer et d'arriver à Skeggedal (à côté de Tyssedal), il est déjà 9 heures quand nous sommes enfin prêts à randonner. Nos nouveaux amis coréens doivent être bien loin déjà !
Nous avons une chance inouïe avec la météo. Il fait toujours un temps magnifique.
Trolltunga, c'est ce rocher en forme de langue tirée, une sorte de plongeoir de pierre dominant de près de 1 000 mètres les eaux du Ringedalsvatnet.
Plus de 22 kilomètres aller/retour nous attendent pour une durée estimée entre 8 et 10 heures. Serons-nous à la hauteur ?
A ce propos, pour commencer à prendre de la hauteur et passer en 1,5 kilomètre du parking (440 mètres) au sommet de Magelibanen (860 mètres), le randonneur a le choix entre un sentier raide à travers la forêt ou la voie directe en suivant la ligne d'un funiculaire désaffectée.
Plus de 2 000 marches à claire-voie sur une pente à plus de 40 % par endroits… non merci ! Nous préférons le plancher des vaches même s'il est escarpé et rugueux.
500 mètres de dénivelé plus tard, nous arrivons au sommet du funiculaire, bien moins essoufflés que ceux qui ont opté pour la montée des marches.
Il est 10 h 30. Les panneaux au sommet de Magelibanen indiquent qu'il reste trois heures trente jusqu'à Trolltunga, ce qui devrait nous faire arriver vers 14 heures.
Un chemin large et agréable nous conduit maintenant dans une vallée occupée par des lacs au bord desquels les Norvégiens ont construit de petites maisons de vacances. Comment font-ils pour y amener tout leur ravitaillement ? Aucune route ne dessert l'endroit et le funiculaire n'est plus en fonction.
Mais ce passage facile est de courte durée. Quand le sentier tourne vers l'est, il faut à nouveau donner un coup de collier pour franchir les 300 mètres de dénivelé qui nous séparent du point culminant.
A mi-pente, un arrêt est bienvenu pour souffler un peu et admirer la vue sur les lacs et le glacier Folgefonna derrière nous.
La récompense est au bout de l'ascension avec ce point de vue saisissant sur le lac Ringedalsvatnet, à plus de 1 000 mètres d'altitude. Il est midi.
Les plus grosses difficultés étant maintenant derrière nous, ce n'est plus qu'une question de distance. Mais il faut pouvoir la tenir tout en… crapahutant sur des rochers, en sautant par-dessus des ruisseaux, en esquivant des flaques de boue, en traversant des névés.
Pour notre information, tout au long du trajet, des pancartes indiquent la distance parcourue et la distance restante Quand le nombre de kilomètres restant devant nous est inférieur à celui laissé derrière nous, ça fait du bien au moral.
Le dernier kilomètre est le plus dur d'autant que le ciel commence à s'assombrir et que l'hypoglycémie nous guette. Vivement qu'on arrive !
Et on y est arrivés… à 13 h 30 soit au bout de 4 heures et demie. Ouf, on est dans les temps ! Quant aux Coréens, ils sont déjà sur le point de quitter les lieux. Contrairement à nous, ils ont tenu leur horaire en débutant à 7 h 30. Chapeau ! Après nous être sustentés, nous faisons comme tout le monde, la queue pour l'incontournable photo sur la langue du Troll. 669 à 678
Il ne fait pas très chaud et on ne s'attarde pas davantage. Pourvu qu'il ne pleuve pas ! A 14 heures, on se remet en route pour le trajet retour, étonnés de rencontrer autant de monde jusque tard dans l'après-midi alors que le ciel devient de plus en plus menaçant.
Le retour est long avec quelques baisses de régime mais avec une friandise par ci, une orange par là, nous tenons le coup.
Pour gagner du temps sur la fin, on tente la variante par les marches du funiculaire mais, on abandonne presque aussitôt, préférant la voie classique par le sentier, plus longue mais plus sûre.
Le dernier kilomètre est à nouveau le plus difficile, on n'en voit plus le bout. Quand le sentier et le funiculaire se rejoignent, Hervé décide de finir la descente par les marches, il en restait 670 (il les a comptées). Il espérait ainsi me coiffer sur le poteau mais c'est moi qui l'ai attendu en bas ;-)
Il est 18 heures… fin de la randonnée ! Bilan : nous avons mis 9 heures, toutes pauses comprises.
Encore une randonnée remarquable à classer dans le top 3 des randonnées en Norvège ! Sans doute l'une des plus marquantes et des plus exigeantes que nous ayons jamais effectuées, toutes destinations confondues.
Nous sommes donc satisfaits et rassurés sur nos capacités mais… lessivés.
Plus le courage de bouger le camping-car ce soir. Nous passons par conséquent la nuit sur place. Alors que nous dînons, il se met à pleuvoir. Serait-ce la fin du beau temps ?
Distance parcourue dans la journée : - en véhicule seulement …15 kilomètres - à pied… 22,4 kilomètres avec un dénivelé de 966 mètres.
J10 : Mercredi 18 juin 2014
Malgré un peu de pluie hier soir, miracle, il fait à nouveau beau avec déjà 13 degrés de bon matin. Aujourd'hui, pas de randonnée prévue, seulement un peu de marche en ville. En effet le projet de cette journée est de rejoindre la ville de Bergen à 200 kilomètres.
Réveil matinal et départ dans la foulée à 6 h 30.
Première étape sur la Rv 13 jusqu'à Kinsarvik où nous arrivons juste à temps pour le ferry de 7 h 40 à destination de Utne puis Kvanndal (durée : 50 minutes).
Nous sommes seulement quatre véhicules à embarquer. Comme les trois autres débarquent à Utne où personne n'embarque, nous restons seuls à bord jusqu'à Kvanndal.
Incroyable, on se croirait en croisière privée !
Nous longeons ensuite le Hardangerfjord dédié à la culture d'arbres fruitiers (le verger de la Norvège) jusqu'à Norheimshund.
Puis notre itinéraire s'écarte du fjord pour se rapprocher de Bergen avec toute une série de ponts, de tunnels et de portions de route… payantes. Mais ne cherchez ni guérite, ni barrière, ici tout est automatisé. Seule une petite caméra photographie votre plaque d'immatriculation.
Pour payer quand vous êtes étranger, le plus simple est de souscrire au Visitor's Payment sur le site Internet Autopass. Attention, il faut une carte de crédit valable plus de trois mois après le jour de sortie prévu, ce qui n'était pas notre cas. Nous n'avons donc pu nous enregistrer que pour la moitié de notre séjour. Par la suite, nous avons voulu payer dans les stations-service indiquées par "KR" (normalement habilitées) mais dans la réalité personne n'a su, voulu ou pu encaisser notre dû. Notre loueur de camping-car devrait donc recevoir une facture du montant des péages restants. Bref, c'est assez pénible comme système.
Revenons à Bergen… où nous sommes arrivés vers 10 h 30, ce qui est plutôt une bonne moyenne pour 200 km dont un passage en ferry. Mais alors que nous pensions la destination presque atteinte, les difficultés de navigation vont mettre nos nerfs à rude épreuve.
Le parking dédié aux camping-cars que j'avais repéré n'existe plus (c'est un chantier maintenant). Au centre-ville la hauteur des parkings est limitée à 1,90 mètre… impossible pour notre Pössl. Nous tournons en rond pendant une heure et étions sur le point de laisser tomber la visite de Bergen quand un Norvégien fort aimable a pu nous indiquer un stationnement à la hauteur de Pössl. Stationnement payant, cela va de soi ;-)
Ouf, nous pouvons enfin consacrer quelques heures à la découverte de la ville, notamment le quartier ancien de Bryggen avec ses entrepôts restaurés ainsi que le marché aux poissons où les poissonniers attirent le chaland dans toutes les langues.
Bryggen, le vieux quai de Bergen, rappelle l'importance commerciale de la ville du XIVème au début du XVIème siècle. De nombreux incendies, dont le dernier en 1955, ont ravagé ces maisons typiques en bois. Leur reconstruction a été fidèle aux modèles et méthodes traditionnels. Ce sont ainsi environ 62 bâtiments qui subsistent dans ce quartier ancien.
Brochettes de poissons et crevettes seront au menu de notre déjeuner.
Mais Bergen n'est qu'une étape, ce soir j'ai prévu de rallier le Nærøyfjord, à 150 kilomètres. Aïe, encore beaucoup de route en perspective !
Pour accélérer le mouvement, nous optons pour l'E16, une route rapide (mais pas une autoroute !) faite d'une succession presque ininterrompue de tunnels. Car les Norvégiens sont les champions pour ce type d'ouvrages. Il n'y a quasiment aucun trajet dans ce pays montagneux sans un ou plusieurs tunnels. Qu'ils soient longs d'une centaine de mètres ou jusqu'à 5, 10, 15 voire 25 kilomètres pour le plus long, ils sont souvent construits à flanc de fjord et permettent de désenclaver des régions entières.
L'arrivée dans le Nærøyfjord se fait sous la pluie.
Il est 19 heures. Après un dernier tunnel de six kilomètres à une seule voie de circulation, nous voici à Bakka, petit hameau isolé au bout d'une route en cul-de-sac. Nous garons Pössl au bord du fjord, sur un coin de pelouse, juste après l'église. Un endroit très calme au bout du monde ou… presque !
Entre deux averses, en guise de balade vespérale, nous poussons à pied jusqu'au bout de la route. C'est là que débute le sentier montant à Rimstigen prévu pour demain matin, en espérant que la pluie ne vienne pas compromettre le projet.
Distance parcourue dans la journée : 330 kilomètres
En chemin vers Trolltunga
Le Nærøyfjord, vu d'en haut et vu d'en bas !
J11 : Jeudi 19 juin 2014
Il a plu toute la nuit et il pleut toujours au réveil. Ce n'est donc pas la peine de se presser, grimper sur les hauteurs de Rimstigen semble compromis.
Néanmoins pas le temps de s'ennuyer car il y a du spectacle sur le ponton de bon matin. Alors qu'il doit faire moins de dix degrés dehors, voilà une jeune femme en maillot de bains en train de faire ses exercices de yoga avant de plonger en compagnie de son mari dans l'eau (sans doute glaciale !) du fjord. Ce sont des Allemands, voyageant dans un van probablement exempt de douche. C'est le fjord qui leur fait office de salle de bains ;-)
Tout à l'observation de leur exhibition, nous n'avons même pas vu que la pluie avait cessé. La randonnée vers Rimstigen est aussitôt remise sur le tapis. Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur ce sentier, sauf qu'il est escarpé, qu'il permet de belles vues sur le fjord et que sa durée est de 4 heures.
Mais il est déjà 9 heures. Or à 12 h 15, nous avons prévu de prendre le ferry à destination de Kaupanger, une alternative aux interminables tunnels de l'E16 et une autre façon d'apprécier ce fjord, le plus étroit du pays.
Nous avons par conséquent un peu plus de deux heures devant nous, pas tout à fait suffisantes pour mener la randonnée à son terme. Le but est donc de grimper pendant environ une heure à une heure et demie, histoire de bénéficier de la vue puis de redescendre afin d'attraper le ferry à l'heure.
Le sentier grimpe effectivement très raide dans la forêt. A chaque lacet nous espérons en sortir pour profiter d'une vue dégagée. Mais un écran de verdure se met sans cesse entre nous et le fjord. Finalement, au bout d'une heure et quart d'ascension, arrivés à 460 mètres d'altitude sans meilleur point de vue, nous en restons là. Le sommet se trouverait à plus de 700 mètres d'altitude.
La vue n'est déjà pas mal, non ?
Après avoir admiré le Nærøyfjord depuis le haut, il est maintenant l'heure de le voir d'en bas au cours d'une traversée en ferry de deux heures et demie entre Gudvangen et Kaupanger.
C'est à Bakka, le petit hameau où nous avons passé la nuit, que le fjord est le plus étroit avec seulement 250 mètres de large. Nous revoyons au passage notre lieu de bivouac, juste à côté du ponton. Sans doute l'un des meilleurs de tout le voyage. 1284
Là Tufto, encore plus isolé à l'extrémité de la route.
Un peu partout des cascades jaillissent de la montagne et se jettent du haut des falaises.
Deux cars de touristes français sont à bord et occupent toutes les meilleures places assises à l'avant du pont.
Mais quand le vent se lève au confluent duNærøyfjord et de l'Aurlandsfjord, ils se retranchent tous dans la cabine, laissant le pont désert.
Alors nous nous empressons de prendre leur siège afin de profiter du calme et de la sérénité de cette fin de croisière.
Il est 14 h 45 quand nous débarquons à Kaupanger.
Tantôt sous le soleil, tantôt sous les nuages, tantôt sous la pluie, chaque vallée se livre sous une lumière différente tout au long des 150 kilomètres qui nous séparent de Loen, notre étape du soir.
A l'approche du parc national de Jostedalsbreen, le glacier brille au soleil et dégringole presque jusque sur la route.
En revanche, à Loen, c'est le crachin et les nuages bas qui nous accueillent.
Après avoir tourné sur la Fv 723, une route longeant le lac Lovatnet et aboutissant dans des vallées glaciaires, nous décidons de ne pas poursuivre plus loin. Les glaciers seront pour demain, du moins si la météo le permet.
Un peu après le camping de Sande, nous trouvons un lieu de bivouac qui nous convient, avec vue sur le lac et les cascades hélas, à travers un voile de brouillard !
Distance parcourue dans la journée : 165 kilomètres
Le Nærøyfjord vu d'en haut
Du glacier de Kjenndal (Loen) aux fermes de Homlongsetra (Geirangerfjord)
J12 : Vendredi 20 juin 2014
Surprise, il fait plutôt beau ce matin, ce qui va nous permettre d'ajouter un nouveau glacier à notre palmarès. En effet, à l'extrémité de la vallée de Lodalen (Fv 723) deux embranchements mènent vers des langues glaciaires, l'une du Bødalsbreen, l'autre du Kjenndalsbreen.
En première intention, c'est le glacier Bødal que nous avions retenu car il offrait en outre une belle opportunité de randonnée. Malheureusement la petite piste d'accès, sans doute trop étroite, est interdite aux camping-cars. Nous nous rabattons par conséquent sur le Kjenndalsbreen. Le dernier tronçon de la route gravillonnée qui y mène est payant (système d'enveloppe) car privé.
Nuages et éclaircies se partagent le ciel mais le thermomètre n'affiche pas plus de 9 degrés ce matin.
C'est donc bien couverts que nous parcourons le court sentier menant au pied de la coulée de glace. Approcher les glaciers en Norvège est vraiment à la portée de tout le monde, ici la langue glaciaire descend jusqu'à 200/300 mètres d'altitude.
Après cette petite excursion matinale, il est temps quitter Loen non sans repasser une nouvelle fois le long de ce très beau Lovatnet. Sous le soleil, le lac présente maintenant un aspect bien plus avenant.
En cours d'après-midi, nous avons prévu d'être dans le Geirangerfjord, l'un des fjords les réputés du pays, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Nous suivons la route 15.
Pour le moment c'est le lac de Stryn qui fait office de décor à notre déjeuner alors que de petites averses viennent rincer de temps à autre notre pare-brise, vite oubliées avec le retour du soleil
En laissant la vallée de Stryn derrière nous, l'impression de beau temps prédomine encore.
Pourtant, chaque virage de cette route 15 nous rapproche un peu plus des nuages.
Et dire que nous voulions faire un détour par la Gamle Strynefjellsvegen ("route de montagne du vieux Stryn ou Rv 258), une route touristique nationale à une seule voie de circulation, traversant un plateau ponctué de cascades et de lacs aux eaux turquoises (dixit notre documentation).
A l'embranchement de cette fameuse route, il faut se rendre à l'évidence. Le détour sous les nuages bas ne vaut pas le coup, prenons plutôt la "nouvelle" route et ses trois tunnels.
A leur sortie, nous débouchons sur un haut plateau à plus de 1000 mètres dans une ambiance hivernale. Cinq degrés seulement au thermomètre, des giboulées de neige, et le lac de Djupvatnet encore partiellement gelé émergeant du brouillard à la faveur d'un coin de ciel bleu. Magnifique et un peu irréel !
A ce stade, on aurait pu faire un nouveau détour sur une route à péage vers le belvédère de Dalsnibba (1500 mètres d'altitude), le point de vue le plus élevé et le plus spectaculaire (paraît-il) donnant sur le Geirangerfjord. Mais avec tous ces nuages, pas la peine !
Alors nous amorçons la descente vers Geiranger en passant de 1 050 mètres au col au niveau zéro dans le fjord, je vous laisse imaginer ! Il vaut mieux avoir de bons freins.
Un petit coup d'œil sur le paysage champêtre à souhait avec ces adorables petits chalets d'alpage à flanc de montagne.
Bonne surprise, à Geiranger, "the weather isn't so bad"… comme diraient les Américains. Voilà qui va nous permettre de compléter notre programme du jour par une randonnée, il est seulement 14 h 30.
Haut lieu du tourisme de croisière, deux paquebots à l'ancre ont déversé un flot de touristes dans les rues du petit village. Mais en prenant la direction de Homlong, personne ou… presque !
A part une famille américaine de l'Ohio et un couple de Français, pas un chat sur le parcours de randonnée entre Homlong et Homlongsetra.
A travers bois et fougères, le sentier suit le bord du fjord en aménageant de jolis points de vue.
Ici on aperçoit en face les lacets de la route des Aigles (Ornevegen) que nous suivrons demain.
Là, l'une des nombreuses cascades de Geiranger
Petite cabane au fond des bois
Enfin le but de la balade : ces fermes abandonnées de Homlongsetra dans un environnement très verdoyant. Nous sommes à 550 mètres d'altitude.
Le sentier continue ensuite en direction de Skagefla mais une petite pluie fine et pénétrante nous fait rebrousser chemin.
Même si au final il n'y aura que quelques gouttes de temps en temps, on a préféré en rester là. En tout : 6 kilomètres, 3 heures aller/retour, avec un gain d'altitude de 510 mètres. Ouf !
Au point de départ de cette randonnée se trouvent plusieurs campings. Nous optons pour le Solhaug Camping, pas pour l'accueil un peu bourru, mais parce qu'il offre lave-linge et sèche-linge.
Distance parcourue dans la journée : 120 kilomètres
Ferme de Homlongsetra
De Geiranger à Ålesund par la route des Aigles et la route des Trolls
J13 : Samedi 21 juin 2014
Une fois de plus, le ciel est plutôt bien ensoleillé ce matin malgré 7 petits degrés seulement. Dans ces conditions, autant profiter encore un peu du fjord de Geiranger, c'est toujours ça de pris. Ça pourrait ne pas durer.
Alors dès 8 heures, nous bougeons le camping-car et prenons la direction de la ferme de Vesterås, point de départ de plusieurs sentiers de randonnée. Parmi les différentes possibilités, nous retenons celui menant à Storseterfossen (sentier F dans la documentation de l'office de tourisme local).
Comme son nom l'indique, c'est une cascade. Tout comme en islandais, les terminaisons des mots norvégiens renseignent sur la nature des éléments avec beaucoup de similitude d'ailleurs.
Petit lexique : vatnet = lac, fossen = cascade, fjell ou fjellet = sommet ou montagne, fjorden = fjord, dal = vallée…
Mais revenons à… notre cascade qui possède un atout supplémentaire. Il paraît qu'on peut passer derrière son rideau d'eau. On a hâte !
C'est parti sur un début de sentier humide sur lequel il faut sans cesse veiller à ne pas marcher sur les crottes de moutons. A ce propos, en voilà quatre qui s'approchent dans l'espoir que nous soyons leurs bergers. Espoir vite déçu ;-)
Ne sont-ils pas mignons avec leurs oreilles en pointe et leurs piercings ?
En poursuivant, la qualité du chemin s'améliore nettement. On se croirait sur l'allée empierrée d'un jardin ou d'un parc.
C'est l'œuvre d'une équipe de maçons népalais. Ils sont chargés de la reconstruction et la sécurisation d'un certain nombre de sentiers norvégiens. Nous ne tardons pas à les voir à la tâche en approchant de la cascade. Ils font un travail de forçats.
Grâce à eux, l'accès à la chute sera facilité. Pour l'instant, il faut se faufiler avec prudence sous la voûte rocheuse à l'aide de chaînes en passant derrière le voile d'eau. Superbe !
Voici la chute d'eau dans son écrin de verdure d'où dépassent des pics aussi pointus que des pains de sucre !
Retour au camping-car vers 10 h 30 après avoir parcouru en tout… 4 kilomètres aller/retour avec 250 mètres de dénivelé en deux heures et demie environ.
Maintenant, mettons-nous au volant pour faire un peu de route et quelle route ! En effet, le trajet sur la route 63 entre Geiranger à Åndalsnes enchaîne des portions panoramiques aux noms évocateurs.
Immédiatement à la sortie de Geiranger, la route grimpe par 11 virages en épingles à cheveux depuis le Geirangerfjord jusqu'au point culminant de la route à 620 mètres d'altitude.
Ce tronçon a été baptisé Ørnevegen ou route des Aigles car l'endroit abritait traditionnellement un grand nombre de ces rapaces.
Voici le panorama qu'on découvre dans le dernier virage (Ørnesvingen), au point le plus élevé de la route.
Le soleil encore bien présent tôt ce matin a progressivement laissé la place aux nuages. Ce temps changeant me rappelle l'Islande. Son fameux proverbe "si le temps ne te plaît pas attends 5 minutes" pourrait devenir ici : "si le temps ne te plaît pas, change de vallée".
En effet, en progressant vers Eidsdal, il fait à nouveau soleil.
Mais les sommets rocheux fraîchement saupoudrés de neige surmontant le lac Eidsvatnet ne laissent augurer rien de bon.
En embarquant sur le ferry à Eidsdal, le beau temps reste sur le quai.
Sur l'autre rive, le tableau est des plus sombres :-(
Les gros cumulus couvrant la vallée ne tardent pas à se rompre pour donner des pluies diluviennes.
On a beau se ménager une pause prolongée pour le déjeuner dans l'espoir de voir la perturbation s'évacuer afin d'aborder la plus belle partie de cette route 63 dans les meilleures conditions, rien n'y fait, elle résiste.
Pourtant, à 700 mètres, au pied du lac Alnesvatnet, on a un court espoir en voyant ce pain de sucre surgir des nuages à la faveur d'un soupçon d'éclaircie.
Mais à 900 mètres, c'est définitivement l'hiver en ce premier jour de l'été. Zéro degré, des averses de neige et un brouillard à couper au couteau. Bref un temps à ne pas mettre un troll dehors !
A ce propos, nous voici arrivés au clou du trajet, là où la route plonge en direction d'Åndalsnes via Trollstigen ou échelle des Trolls, une série de 11 virages en épingles à cheveux avec une pente à 9 % et une seule voie de circulation.
Trollstigen, depuis le premier point de vue. Le deuxième point de vue, plus éloigné, est normalement plus spectaculaire mais pas aujourd'hui.
Le Visitor Center voisin nous sert de refuge un court moment avant d'amorcer la fameuse descente.
Il est 16 heures quand nous atteignons Åndalsnes qui devait être notre point d'arrivée. Sous la pluie, il n'y a pas aucun intérêt à rester ici. Dans l'espoir de trouver un meilleur temps plus à l'ouest, nous décidons de pousser immédiatement jusqu'à Ålesund à 120 kilomètres. En même temps, on aura une nouvelle occasion de dîner au restaurant.
Dans les fjords autour d'Ålesund, un rayon de soleil nous met du baume au cœur. A destination, il ne pleut pas (encore !) mais la couleur du ciel ne laisse pas de doute, il va pleuvoir.
Une fois le camping-car garé à proximité du centre-ville, notre première préoccupation sera de trouver un bon restaurant. XL Diner que j'avais repéré dans le guide LP est déjà complet à 19 heures (samedi oblige), on nous dit de revenir vers 22 heures.
Il reste donc trois heures à tuer avant le dîner mais dépêchons-nous de visiter avant qu'il ne pleuve.
La ville a été presque totalement détruite dans un incendie en 1904. Reconstruits par des architectes norvégiens formés en Allemagne, ses édifices sont alors dotés d'éléments caractéristiques de l'époque (tourelles, flèches, gargouilles) de style Art nouveau.
Avec ses maisons coquettes, ses rues piétonnes et ses quais joliment fleuris, cette cité côtière ne manque pas de charme. Bien que de dimension plus modeste que Bergen, elle est au moins aussi belle.
Le point de vue le plus spectaculaire sur la ville, les montagnes et les îles environnantes s'apprécie depuis la colline d'Aksla. Mais trop tard, il pleut ! Alors il n'y a plus qu'à nous réfugier dans un bar pour une séance d'Internet prolongée.
Le site de la météo norvégien yr.no n'est pas vraiment optimiste pour les deux prochains jours.
En attendant, nous allons aux nouvelles au restaurant vers 21 heures. Chouette, des places se sont libérées. On va enfin pouvoir dîner ! Au menu, un assortiment de morue (bacalhau) – à l'italienne, à la moutarde et au curry – suivi d'un dessert laissé à l'initiative du chef ("Let the chief"). Nous nous régalons.
Une juste récompense après une longue journée de route sous une météo pourrie alors qu'un rayon de soleil nous nargue au travers de la fenêtre.
Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres
Quai à Ålesund
De la route de l'Atlantique à Bølarein : des ponts et des pétroglyphes remarquables !
Dimanche 22 juin 2014
Dès le réveil, la couleur du ciel donne le ton de la journée… grisaille et pluie, pluie et grisaille. Seulement 8 degrés. Dans ce contexte, poursuivre la visite d'Alesund ne vaut pas le coup, profitons-en pour avancer immédiatement.
En réalité pour avancer, il nous faut d'abord "reculer", ç à d rebrousser chemin jusqu'à Vestnes sur la route que nous avons déjà empruntée hier, avant de traverser le Moldefjord en ferry.
Aujourd'hui pas question de rester sur le pont du navire, nous regardons la pluie ruisseler le long des vitres du salon. Quelle tristesse !
De Molde, notre but est de passer par la route de l'Atlantique (Atlanterhavsveien), classée route touristique nationale avec huit ponts remarquables reliant 17 îlots.
Le guide Lonely Planet préconise de rejoindre la côte à Bud. Mais avant, il est temps de chercher un coin sympa où poser notre Pössl pour déjeuner. Trop en ville, trop en pente… à force de tergiverser et avant de succomber à l'hypoglycémie, nous finissons à côté d'un cimetière. Vraiment pas gaie, cette journée !
Le comble, c'est que pendant notre pause, la pluie cesse provisoirement avant de redoubler d'intensité dès qu'on se remet au volant ! Rageant !
De Bud à Vevang, la route traverse des paysages côtiers battus par les vents et aujourd'hui plus encore par la pluie.
C'est après Vevang que débutent les huit kilomètres les plus spectaculaires du parcours. Prouesse d'ingénierie élue "construction du siècle" en Norvège en 2005, cette route a été nommée "le plus beau parcours routier du monde" par le quotidien britannique the Guardian. Elle est la deuxième route la plus visitée de Norvège après Trollstigen. Nous n'allions pas rater ça, même sous la pluie !
Tels des serpents de mer se tortillant d'île en île…
Sur l'île d'Averoy, toujours selon les recommandations du guide LP, nous longeons la côte sud afin de faire un arrêt à la petite église en bois debout de Kvernes. Elle nous apportera les seules touches colorées de la journée.
Une journée qui se termine à Kristiansund où nous improvisons un arrêt en nous dirigeant vers Gamle Byen, la vieille ville, occupant l'île d'Innlandet. Nous nous garons au hasard au pied d'une résidence au bord de l'eau. La pluie nous immobilise dans le camping-car. Nous ne verrons rien d'autre de Kristiansund.
Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres
J15 : Lundi 23 juin 2014
Comme le prévoyait la météo, la perturbation est bien installée au-dessus de nos têtes et risque de nous pourrir encore une partie de la journée.
Le point d'arrivée pour l'étape d'aujourd'hui est prévu un peu avant Steinkjer mais comme nous avons une bonne demi-journée d'avance sur notre planning prévisionnel, il est possible que nous puissions poursuivre au-delà de cette destination. C'est l'un des avantages de se déplacer en camping-car. S'il fait mauvais on roule, s'il fait beau on s'arrête !
Alors pour le moment roulons… en direction de Trondheim mais avec l'intention d'éviter cette ville. En effet, nous y ferons un arrêt pendant la deuxième partie de notre voyage car c'est précisément là que se situe le nœud central de notre parcours en forme de huit étiré.
Premier ferry de la journée entre Kanestraum et Halsa… sous une pluie battante ! Sur la route 39, idem, du moins jusqu'aux environs de Orkanger.
Là, les nuages se font moins denses et la pluie moins soutenue. Ce n'est pas encore la fin du mauvais temps mais on commence à y croire.
Lors du deuxième passage en ferry entre Flakk et Rorvik, nous tentons une sortie sur le pont entre les gouttes. Sur la F v 755 longeant maintenant le bras de mer en face de Trondheim, les averses sont de plus en plus espacées.
Nous progressons doucement entre collines parsemées de fermes rouge sombre et champs verdoyants piquetés de ballots de paille emmaillotés de blanc. Nous n'avions pas imaginé la Norvège aussi agricole !
Quand cette route 755 quitte les rives du fjord et s'enfonce dans les terres, il ne pleut presque plus. Chouette, on va peut-être pouvoir envisager une petite balade.
Autour du lac Elvatnet, plusieurs panneaux signalent le passage possible d'élans, nous saisissons le prétexte et en profitons pour nous arrêter et marcher un peu.
Ah, si on pouvait approcher des élans !
En guise d'élans, nous ne verrons que des moutons mais le sentier que nous suivons au hasard nous mène près d'une maison de vacances superbement située au bord d'un lac.
Le retour du soleil vient nous redonner le sourire pour le restant du trajet.
Il est seulement 15 h 30. Notre point d'arrivée initialement prévu n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres. Il est trop tôt pour nous arrêter. Nous décidons donc de pousser au-delà de Steinkjer, jusqu'à Bølarein où j'avais repéré à la fois un site de pétroglyphes et une possibilité de stationnement pour la nuit.
Du coup, ce ne sont plus 50 mais 100 kilomètres qu'il nous reste à parcourir. Avec le soleil maintenant revenu, c'est un plaisir ! Après avoir rejoint la route de l'Arctique (E 6) un peu avant Steinkjer, nous la quittons presque immédiatement pour privilégier la route 763, parallèle à l'E 6, plus tranquille, longeant la rive Sud du lac Snåsavatnet dans une magnifique forêt de conifères.
Le soleil est toujours au rendez-vous quand nous arrivons à destination à 19 heures.
Un premier sentier en boucle nous conduit immédiatement vers la gravure rupestre d'un renne vieille de 5 000 à 6 000 ans.
Plus loin, c'est une étonnante silhouette de skieur qui est gravée dans la roche. Dommage qu'elle soit presque effacée par les ans. Mais cette reproduction, sur la façade du chalet d'accueil, nous laisse aisément imaginer la rencontre du renne et de cet homme, il y a quelques milliers d'années dans cette même forêt aux pins majestueux.
Ce beau temps inespéré nous donne des ailes. A 20 heures, nous enchaînons avec une deuxième boucle (Bølastien 3,8 km, 1 heure) qui nous conduit à travers une tourbière puis une forêt moussue jusqu'aux rives du lac Snåsavatnet
C'est sur cette image de grande sérénité que se termine cette journée qui finit donc mieux qu'elle n'a commencé. Après avoir glissé 50 couronnes dans une enveloppe, nous avons le parking sous les sapins pour nous tout seuls.
Demain, la route prend nettement la direction du grand Nord !
Distance parcourue dans la journée : 355 kilomètres
Pont de la route de l'Atlantique
Sur la route de l'Arctique jusqu'au glacier oriental du Svartisen
J16 : Mardi 24 juin 2014 Pressés de voir le temps qu'il fait, nous sommes debout avant 5 heures. Le ciel est couvert mais à l'horizon, de belles éclaircies pointent déjà leur nez. En revanche, comme les jours précédents il fait frisquet (8 °). Vestes et pantalons chauds ont remplacé shorts et débardeurs. On n'a pas encore sorti les gants et les bonnets mais ça pourrait venir !
Ce réveil matinal est bienvenu car c'est une longue étape qui nous attend (plus de 350 kilomètres, soit 5 à 6 heures de trajet) assortie d'une randonnée de 3 heures vers le glacier Svartisen. Or son approche nécessite d'abord la traversée d'un lac en bateau dont nous ignorons les horaires. Si nous voulons nous donner une chance, il serait préférable d'arriver sur place en tout début d'après-midi.
Alors, pas de temps à perdre. A 5 h 30, Pössl s'élance... d'abord sur la fin de cette très belle route 763 avant de retrouver l'E 6 un peu plus loin.
Cette E 6 ou route de l'Arctique est un axe majeur en Norvège, elle relie le sud du pays à l'extrême Nord. Ce n'est cependant pas une autoroute, elle a plutôt la taille d'une nationale voire par moments d'une départementale, ce qui signifie vitesse limitée à 80 km/h (sauf rares exceptions) et encore moins dans la traversée des agglomérations.
C'est un axe très emprunté mais, à cette heure, personne devant, personne derrière, c'est comme si nous étions seuls en Norvège ou… presque, ce qui nous laisse un champ de vision bien dégagé.
Justement… Stoooop ! Là dans une clairière, n'est-ce pas un élan avec son petit ? Le temps de faire demi-tour, le petit avait disparu mais maman élan était encore là à nous observer
Un peu plus loin, re… stoooop, cette fois pour des rennes sur le bord de la route ! Mais où est donc le Père Noël ?
Plus on monte vers le nord, plus la vue s'élargit. Les champs laissent la place aux forêts et aux lacs, les sommets s'aiguisent et la ligne des arbres descend plus bas sur les versants des montagnes.
A l'entrée dans le Nordland, le Majavatn nous offre un tableau saisissant où le ciel, l'eau et les montagnes se confondent pour mieux nous impressionner.
Devant ce lac aussi lisse qu'un miroir, une grande sensation de quiétude nous envahit.
Changement de ressenti à Laksforsen, où la bouillonnante chute d'eau fait l'effet d'un brumisateur géant dans un mugissement infernal. Ça réveille !
Bref, avec toutes ces distractions, le voyage passe comme une lettre à la poste. Nous arrivons à Mo I Rana avant midi, presque étonnés d'être déjà arrivés, mais tenaillés par une faim de loup !
Hé, hé, levés depuis 5 heures du matin avec 300 kilomètres sous le capot !
Le premier REMA à l'entrée de la ville tombe à point pour les courses. Son parking fait très bien l'affaire pour déjeuner dans la foulée.
Pas de temps à consacrer à une sieste ou à une pause prolongée aujourd'hui. En effet, si l'on veut se donner une chance d'approcher le glacier Svartisen, il faut poursuivre… une quinzaine de kilomètres sur l'E 6 puis encore autant dans la vallée de Svartisdal.
Ouf, nous arrivons juste à temps pour le départ du bateau à 14 heures. C'est le dernier départ de la journée (plus tard dans la saison, il y en a d'autres dans l'après-midi). Nous avons donc bien fait de partir tôt.
Dans un premier temps, le Svartisen 3 nous fait traverser le lac en une vingtaine de minutes. Nous sommes une quinzaine à bord. Le ciel se voile par intermittence mais il fait beau dans l'ensemble, quoique frais, surtout sur l'eau où gants et bonnets complètent la tenue.
Le bateau nous laisse environ deux heures et demie sur place, il reviendra nous chercher vers 16 h 45.
Les quinze randonneurs déplient aussitôt leurs bâtons de marche et partent à la queue leu leu à l'assaut du versant. Le sentier grimpe de façon régulière et soutenue sur des strates rocheuses. Certains s'attardent près d'une cascade, d'autres cavalent en tête pendant que les derniers papotent en queue de peloton. Bref, plus on gagne en altitude, plus la file s'étire !
Il reste à contourner le lac glaciaire… avant que ne se dévoile au soleil, scintillante et immaculée, la langue glaciaire du Svartisen.
Mais sa beauté ne saurait faire oublier le mal qui ronge tous les glaciers du monde. De nombreuses marques au sol et d'anciens panneaux sont les témoins d'une perte importante de superficie au cours les dernières décennies.
Formées de deux calottes glaciaires séparées par la vallée de Vesterdalen, le Svartisen reste néanmoins le deuxième plus grand glacier du pays. Malgré une altitude moyenne de 1 500 mètres et une épaisseur de glace de 600 mètres par endroits, ses nombreux bras descendent jusque dans les vallées et forment ainsi les glaciers les plus bas d'Europe continentale.
Le bras oriental descend ici à 500 mètres d'altitude. Dans quelques semaines, notre parcours nous amènera au niveau du bras occidental de ce même glacier qui lui se jette dans l'océan ou… presque. Mais ça, c'est une autre histoire !
Pour le moment et près avoir contemplé la coulée de glace sous toutes les coutures, il est déjà temps de lui tourner le dos pour amorcer la descente.
Le bateau est à l'heure à 16 h 45. Un quart d'heure, plus tard, nous retrouvons notre cher Pössl.
Notre journée aurait dû s'arrêter là sauf qu'Hervé a une envie irrépressible de pizza. La ville de Mo I Rana n'est pas si loin (euh ! à 30 kilomètres tout de même) et on n'est pas à quelques kilomètres près, alors zou, on y retourne !
Si par la même occasion on pouvait faire laver le linge… Mais à l'office de tourisme, on nous confirme qu'on ne peut pas trouver ce service en ville (ni nulle part en Norvège en général) et que la seule solution est de s'adresser à un camping.
La jeune femme se propose de contacter pour nous les campings des alentours. Le plus proche en direction du nord ne possède pas de lave-linge, le suivant a bien un lave-linge mais pas de sèche-linge. Le troisième offre les deux mais se trouve à 60 kilomètres au nord de Mo I Rana. Bah, on n'est plus à ça près !
Après avoir partagé une pizza "Al Pacino" - bonne, sans plus - c'est reparti pour un tour sur l'E6 sur une portion que nous commençons à connaître sur le bout des doigts, en la parcourant pour la troisième fois depuis ce midi.
C'est donc bien tard que nous posons notre camion sur la pelouse du Krokstrand Camping au terme d'une étape un peu folle qui, en raison de nos multiples va-et-vient, sera aussi la plus longue de tout notre séjour en Norvège. Mais c'est sans regrets car on a passé une journée extra et comme il ne fait jamais nuit…
Distance parcourue dans la journée : 485 kilomètres
Glacier Svartisen
Passage du cercle Arctique et embarquement pour Værøy (îles Lofoten)
J17 : Mercredi 25 juin 2014
Aujourd'hui, notre étape doit nous mener à Bodø, port d'embarquement à destination des îles Lofoten. Comme nous avons déjà bien avancé hier, il nous reste seulement 170 kilomètres à parcourir ce matin. Cool !
Nous attendons beaucoup de notre séjour aux Lofoten auquel nous avons prévu de consacrer sept jours. Alors s'il pouvait faire beau…
Pour le moment, c'est loin d'être gagné. La couleur du ciel se décline dans les nuances de gris et le thermomètre ne dépasse pas 8 degrés à 7 h 30.
Cap toujours plus au nord sur cette même route Arctique !
Les épaisses forêts de pins laissent progressivement la place à des bois plus clairsemés, à des arbres de plus en plus rabougris avant leur disparition complète au profit d'une toundra désolée balayée par les vents et encore partiellement recouverte de neige.
Normal, nous venons de franchir à 700 mètres d'altitude la ligne imaginaire du cercle Arctique, 66° 33'45''N
A partir de maintenant, on verra le soleil rester au-dessus de l'horizon et ne jamais se coucher. C'est ce qu'on appelle le soleil de minuit.
Mais, pour l'instant, il manque à l'appel. Pire encore, voilà que la pluie s'invite, elle aussi. On espérait s'en débarrasser en se dirigeant vers l'ouest à Fauske, mais rien à faire, elle nous suit jusqu'au bout ou… presque.
En effet, à Bodø, le ciel est voilé mais il ne pleut pas. Voilà qui est prometteur !
Il est 11 heures, notre ferry ne part qu'à 16 h 30 mais nous préférons placer immédiatement le camping-car dans la queue. Nous avons choisi l'île de Værøy (un seul départ par jour) comme première destination dans l'archipel des Lofoten au contraire de la plupart des touristes qui vont directement à Moskenes (plusieurs départs par jour).
De ce fait, notre véhicule est le deuxième dans la queue alors que plusieurs files à destination de Moskenes sont déjà complètes.
Jusqu'à 16 h 30, comment s'occupe-t-on, me diriez-vous.
Vu l'heure, on commence par préparer le repas, déjeuner et faire la vaisselle. On en profite aussi pour faire un peu de rangement et de nettoyage. Petite promenade sur le quai pour assister à l'arrivée d'un Express Côtier, ce "paquebot" desservant les principaux ports côtiers de Bergen à Kirkenes. Un spectacle à lui tout seul !
En début d'après-midi, on abandonne Pössl pour aller faire un tour en ville. A notre retour, les files d'attente se sont encore étoffées et l'animation ne manque pas.
A côté de nous, un motard suédois démonte sa machine. Derrière nous des Asiatiques arrivent du centre-ville les bras chargés de course. Plus loin des Français racontent leurs péripéties de voyage à des Belges. Puis les caissiers ne tardent pas à encaisser leur dû, le départ se précise, le ferry se remplit.
Ça y est, le navire lève l'ancre. C'est parti pour plus de six heures de navigation.
La mer très calme au départ finit par se former en cours de traversée. En revanche, bonne nouvelle, le voile nuageux se disloque pour laisser la place à un ciel uniformément bleu et à un soleil radieux.
A 20 heures, quand le ferry fait une escale à Røst, il fait un temps magnifique !
Cet archipel formé de 365 îles et skerries offre un contraste surprenant avec ses voisines plus au nord, très escarpées. A part un léger renflement au centre, l'île principale de Røstlandet, est plate comme une crêpe.
Elle attire 2,5 millions d'oiseaux de mer qui viennent nicher partout, y compris aux abords des habitations. Vers 22 h 30, après 6 heures de roulis et de tangage, nous approchons des côtes deVærøy, éblouis par le soleil encore très haut dans le ciel.
Une fois débarqués, nous regagnons aussitôt la côte nord de l'île où une piste en terre finit en cul-de-sac au niveau d'un petit parking. Deux autres voitures sorties du ferry nous ont déjà devancés. Leurs occupants, deux couples norvégiens, sont en train d'installer leur tente dans la lande.
Quant à nous, nous profitons du soleil de minuit avant de tirer les rideaux pour une bonne nuit pendant laquelle il fait aussi clair qu'en plein jour.
Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres
J18 : Jeudi 26 juin 2014
Yessss, le ciel est toujours bleu, le soleil radieux et malgré un petit vent froid, la journée s'annonce exceptionnellement belle sur Værøy.
Avant 9 heures, alors que nos voisins campeurs dorment encore, nous sommes déjà prêts à randonner.
Île montagneuse d'à peine 8 kilomètres de long, hébergeant 2 000 fois plus d'oiseaux de mer que d'êtres humains, Værøy est réputée pour ses plages de sable blanc, ses crêtes élevées, ses hameaux isolés et sa mer cristalline, à l'écart du reste des Lofoten plus touristiques.
Le ferry vers notre destination suivante, Moskenesøya, ne part qu'à 22 h 45. Nous avons donc toute la journée pour vérifier si Værøy est à la hauteur de sa réputation.
L'itinéraire à pied que nous avons choisi d'emprunter part directement du parking où nous sommes garés en direction du village abandonné de Måstad, situé sur la presqu'île Sud.
Le sentier, longeant le versant nord d'une montagne escarpée culminant à plus de 400 mètres, est malheureusement encore à l'ombre à cette heure-ci. Passant tantôt à flanc de falaise (attention au vertige), tantôt sur des rochers, tantôt sur des galets, il n'est pas aisé à fouler.
Il faut en permanence vérifier où l'on met les pieds si l'on ne veut pas se tordre une cheville ou marcher sur des oeufs ! Une fois l'isthme d'Eidet franchi, nous poursuivons au soleil et profitons de la vue merveilleuse sur la côte Est et les sommets de l'île.
Le chemin est maintenant plus large et grossièrement pavé par endroits. C'est le reliquat d'une tentative de liaison entre Måstad et le reste de l'île, avortée en raison de l'assaut répétitif de la mer.
C'est également cet isthme qui permettait aux pêcheurs d'antan de passer leurs barques de la côte Est à la côte Ouest.
Peu après, on commence à apercevoir le village au loin.
A 11 heures, nous atteignons les premières maisons.
Un panneau indique que ce village de pêcheurs comptait jusqu'à 150 habitants. Pour compléter leurs revenus, ils pratiquaient la chasse aux macareux à l'aide de chiens dressés à cet effet, appelés chiens à macareux (puffin dogs). Il subsiste environ 700 spécimens de cette race, tous issus de l'île.
L'endroit étant inaccessible par la route (seul le chemin de pêcheurs était praticable à pied) et également difficilement accessible par la mer en raison de forts courants et souvent du mauvais temps, le village fut abandonné.
Il ne reste aujourd'hui que quelques résidences secondaires.
De Måstad, on peut tenter l'ascension du Mahornet (431 mètres), une montée réservée aux randonneurs sportifs, précise le guide LP.
Aujourd'hui, on ne se sent pas à la hauteur. La sente, à peine visible et en dévers sur le flanc de la montagne, ne nous inspire pas confiance. On se contente des trois premiers lacets afin de bénéficier d'une vue intéressante sur le village avant d'en rester là.
Le retour par le même itinéraire nous fait découvrir des aspects insolites de cette côte auxquels on n'avait pas prêté attention précédemment.
Ici un profil aquilin tourné vers l'océan…
Là, un flotteur géant, ramené par la mer…
Ici et là, des plages aux eaux cristallines dignes des Seychelles, la chaleur en moins ;-)
Au loin, l'île de Moskenesøya où nous serons dès ce soir.
D'ici là, poursuivons la découverte de Værøy, il est à peine 15 heures. Une carte affichée au niveau du parking permet rapidement de faire un point. Après les 15 kilomètres que nous venons de parcourir, nous cherchons quelque chose de light.
Une balade facile de 2 kilomètres vers le phare de Kvalnes nous convient parfaitement.
Aussitôt vu, aussitôt décidé ! Le camping-car est déplacé jusqu'à l'extrémité opposée de l'île. En cours de route, d'autres belles plages !
A travers une prairie fleurie, c'est l'occasion d'observer cette délicate orchidée, Orchis rouge sang !
Le nez en l'air pour suivre le vol des goélands, le nez par terre pour suivre le sautillement des huitriers pie… Les yeux posés sur la ligne de crête ou rivés sur l'horizon… .. chemin faisant jusqu'au phare, nous goûtons à la solitude de Værøy.
Pour finir, il nous reste à jeter un œil sur Sørland, le village principal de l'île, bien emmitouflés et encapuchonnés en raison d'un vent glacial pendant que les enfants de Værøy en petite tenue, s'amusent à des jeux d'eau dans leur jardin. C'est l'été, finalement !
Frigorifiés, nous finissons pas nous réfugier dans le camping-car et à nous placer dès 19 heures dans la queue pour le ferry de 22 h 45. A cette heure, nous sommes les troisièmes de la file (au final sur une dizaine de véhicules seulement).
Popote, dîner et tâches diverses nous occupent jusqu'au départ du ferry qui, avec près d'une heure de retard, se fait ardemment désirer et par la même nous fera arriver bien tard à Moskenes.
Il est plus d'une heure du matin quand nous stationnons Pössl à l'extrémité Sud de l'île de Moskenesøya, après le village et le tunnel de Å, curieusement en même temps que nos voisins campeurs de la nuit dernière.
Sur le parking de Å, tout le monde dort déjà. Nous nous dépêchons d'en faire autant, après une journée à rallonge… inoubliable.
Værøy a été à la hauteur de nos attentes. Espérons qu'il en sera de même des autres îles des Lofoten !
Distance parcourue dans la journée : 20 km en véhicule et autant à pied !
Village de Måstad à Værøy

Moskenesøy : Des rorbuer de Å à… la plage de Kvalvika
J19 : Vendredi 27 juin 2014
Réveillés en fanfare par le raffut des goélands, notre premier coup d'œil va au ciel. Nous sommes immédiatement rassurés, il fait un temps magnifique.
Les six prochains jours seront consacrés à la traversée des îles Lofoten, du sud au nord. Nous n'aurons plus à utiliser de ferry, les îles sont maintenant toutes reliées entre elles par des ponts ou des tunnels sous-marins. L'E 10 qui les traverse d'un bout à l'autre a été classée route touristique nationale.
Semblables à un dragon marin hérissé, les îles Lofoten se présentent comme une chaîne de montagnes boisées surgie de la mer, entrecoupée de lacs et de fjords abritant des baies aux eaux claires et des villages pittoresques.
Nous sommes pour le moment à Moskenesøy, la plus méridionale des Lofoten, plus précisément à la pointe sud, à proximité du village de Å.
Avant de poursuivre plus loin, un petit tour à pied s'impose pour explorer le bout de la péninsule.
Côté mer s'étend le Vestfjord séparant l'archipel du continent d'où surgissent les contreforts de l'île de Varøy.
L'océan est d'un calme impressionnant et le sentiment de solitude à peine rompu par le joyeux piaillement des goélands et le clapotis de la mer juste ridée.
A l'opposé, côté terre, les pêcheurs commencent à s'activer dans le village de Å (qu'on prononce O) mais à cette heure, la localité reste encore préservée des touristes qui la visitent en nombre tous les jours.
Avec sa rangée de rorbuer rouges (ces cabanes traditionnelles de pêcheurs) le long du rivage, avec ses séchoirs à poisson et sa colonie d'oiseaux de mer, c'est l'un des villages les plus typiques de l'archipel.
Mais Moskenesøy, ce sont également des reliefs escarpés aux sommets desquels la vue est époustouflante. C'est le cas des environs de Reine que l'on admire depuis les hauteurs de Reinebringen. Bien que réputée difficile avec 450 mètres de dénivelé pour 1,3 kilomètre seulement, cette randonnée est notre objectif prioritaire.
Pourtant, au pied de la montée, un panneau va immédiatement semer le doute. Est-ce vraiment prudents de nous lancer sur un terrain aussi difficile ?
Stimulés par les magnifiques panoramas vus en photos, nous attaquons la grimpette avec courage mais très vite le doute refait surface. Le terrain est instable, des pierres se dérobent sous nos pieds, la terre s'effrite à notre passage. La montée est verticale à tel point qu'on a l'impression de faire du sur-place. Même en multipliant les pauses, nous n'arrivons pas à récupérer alors que des jeunes nous dépassent en avalant les dénivelés quatre à quatre. Le moral est dans les chaussettes !
Les difficultés se corsent encore avec un ultime passage scabreux sur les racines d'un arbre laissées à nu par un éboulement de terre. Craignant que la suite ne soit pire, nous abdiquons, préférant ne pas prendre davantage de risques. Tant pis pour Reinebringen et ses vues fabuleuses, on se contentera d'admirer le village d'en bas. On a gravi 200 mètres sur les 450 prévus.
Mais pas question de rester sur un échec. Nous planifions immédiatement une nouvelle randonnée pour l'après-midi tout en veillant à rester plus raisonnables dans nos choix. La plage de Bunes, accessible en 1 heure à pied après une traversée du Reinefjord en bateau, aurait pu convenir mais les horaires du navire ne nous arrangent pas.
C'est alors une autre plage que nous retenons, Kvalvika ou plage de la Baleine, située sur la côte nord de Moskenesøy. Si le point de départ de cette nouvelle balade n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau, la configuration de l'île impose un détour afin de contourner son centre montagneux. En outre, des travaux titanesques sur l'E10 ralentissent considérablement le trafic, réduisant la chaussée à une voie imposant une circulation alternée. Mais nous ne sommes pas pressés, ce sont les vacances ! Ce ralentissement nous permet de profiter encore mieux des paysages.
Les belles vues se succèdent tout au long de cette route touristique nationale.
Les ponts aussi participent à l'harmonie des lieux.
Sur le trajet, Hervé s'arrête pour acheter l'objet indispensable aux Lofoten, une canne à pêche, qu'il espère étrenner dès ce soir.
Mais avant cela, allons voir à quoi ressemble cette fameuse plage. Quatre jeunes Français, rencontrés au départ de la randonnée, nous rassurent en qualifiant le parcours de "très chouette".
Après avoir traversé un terrain tourbeux sur des planches, le sentier prend la direction d'un col, tout en laissant derrière lui un fjord échancré d'où surgit une chaine montagneuse et un chapelet d'îlots.
Au bout d'une demi-heure, si l'on commence à apercevoir la plage, il faut compter une bonne demi-heure de plus pour atteindre l'étendue de sable.
Une fois arrivés, quel plaisir de marcher pieds nus sur le sable. Quant à se baigner, c'est une autre histoire. Avec un vent glacial, le froid ressenti nous paraît inférieur à la douzaine de degrés affichés par le thermomètre. Tremper les orteils dans l'eau est déjà un exploit.
Retour au camping-car à 18 heures après une randonnée de 6 kilomètres en 2 heures et demie, pause sur la plage comprise, avec 200 mètres de dénivelé. Très chouette, effectivement et plage magnifique.
Il nous reste alors à rallier le port de Ramberg, sur l'île de Flakstadøy toute proche, où j'avais repéré une possibilité de stationnement pour la nuit ainsi qu'un point d'approvisionnement en eau.
Quelques pêcheurs, Français de surcroît, sont déjà en train de taquiner le poisson. Il n'en faut pas davantage à Hervé pour déployer sa canne et se joindre à eux. Ni une ni deux, mais huit petites morues mordent à l'hameçon. Les plus petites feront le régal des mouettes, les autres gagneront le réfrigérateur en attendant de passer à la poêle demain midi.
Avec un excellent spot de pêche, un point d'eau disponible à volonté et un lieu de stationnement spacieux, le port de Ramberg sera notre abri pour la nuit.
Distance parcourue dans la journée : 50 km
Plage de Kvalvika
Flakstadøy : Des orques entre Nesland et Nusfjord
J20 : Samedi 28 juin 2014
Avec le maintien du beau temps, nous poursuivons notre découverte des Lofoten, aujourd'hui l'île de Flakstadøy qui comme sa voisine Moskenesøy ne manque pas de sommets panoramiques.
Parmi les randonnées possibles, j'avais sélectionné celles vers Volandstinden, Nesheia ou Hestræva, toutes rangées dans la catégorie "difficulté moyenne" malgré leur dénivelé conséquent. Mais après l'expérience d'hier, nous sommes méfiants. Si elles sont toutes du même acabit que celle d'hier vers Reinebringen…
C'est pour cette raison que nous choisissons finalement de relier Nesland à Nusfjord, un parcours classé facile, sur un sentier de bord de mer. Un itinéraire que nous avions écarté au moment de la préparation, Hervé trouvant qu'il manquait de hauteur.
C'est l'occasion de vérifier si son jugement était fondé.
A 8 h 30, nous sommes déjà à pied d'œuvre dans le village de Nesland et dix minutes plus tard, le village laissé derrière nous, a l'air d'une miniature.
Le sentier suit effectivement le bord de mer. Jusque là, pas de difficulté. En outre, le parcours est au soleil et à l'abri du vent, ce qui est un avantage incontestable.
Ajoutez à cela de belles vues sur l'océan ! Ce début est bien plus prometteur qu'il n'y paraissait.
Mais il n'a cependant rien d'une promenade tranquille. De petites montées suivies d'autant de descentes demandent des efforts sans relâche.
Sur une butte, nous nous accordons volontiers une pause devant une mer aussi lisse qu'une nappe d'huile, survolée par quantité d'oiseaux.
Quand, tout à coup, là… au ras de l'eau… Pschiiii ! N'est-ce pas un souffle ?
Pas de doute, c'est un groupe d'orques. D'ailleurs, en prêtant l'oreille et bien qu'elles soient à 200 mètres du rivage, on les entend nettement souffler.
Médusés et tout excités par cette rencontre inattendue, nous suivons leurs gracieuses évolutions. Même les chalutiers en train de pêcher sur le site s'écartent pour les laisser passer.
Quand elles s'éloignent définitivement, nous reprenons le cours de notre randonnée, décidément loin d'être une balade du dimanche.
Bientôt c'est un labyrinthe rocheux qui nous obligera à chercher notre passage, à revenir sur nos pas, à sauter d'un bloc à l'autre avant de nous en extraire par une échelle.
Au bout de deux heures, à l'approche de Nusfjord, la côte rocheuse commence à s'égayer du rouge vif des maisons traditionnelles, d'abord isolées, puis plus serrées autour du port.
Avec ses maisons sur pilotis, ses pontons de bois, ses bateaux de pêche aux couleurs pimpantes, le village est vraiment ravissant. Un véritable tableau de carte postale !
Bref, contrairement à nos a priori, c'est une randonnée qui vaut le coup pour les paysages, les deux beaux villages et surtout pour une possible rencontre avec des mammifères marins. On aurait eu tort de l'écarter !
En tout : 12 kilomètres, 5 heures visite et pauses comprises, 500 mètres de dénivelés cumulés (mine de rien !). Une randonnée, certes facile, mais en raison de deux ou trois difficultés, pas tout à fait une promenade de santé.
En tout cas, à l'issue d'une bonne demi-journée de marche au soleil, nous ressortons avec plaisir short et sandales, l'été norvégien semble de retour.
D'ailleurs même les moutons ressentent le besoin de se rafraîchir les pattes.
Mais, en cours d'après-midi, de retour du côté de Ramberg, l'atmosphère est toute autre : mer agitée, vent et froid +++. Sandales et shorts sont à nouveau rangés.
Alors même que la plage de Ramberg offre tous les attributs d'une grève tropicale, le bonnet de laine est plus approprié que le bonnet de bain.
En revanche, ce temps est idéal pour la pêche et depuis le quai de Ramberg, la prise est aussi bonne que la veille. Deux gros lieus jaunes vont améliorer l'ordinaire et finir à la casserole pour le dîner.
Bien que Ramberg nous plaise beaucoup, nous avons un autre projet pour la fin de soirée : assister au soleil de minuit. Dans cet objectif, il faut trouver un lieu orienté au nord. On n'aura pas à aller bien loin. Peu après la sortie de Ramberg, un spot en bord de mer répond parfaitement à nos attentes. Un motocycliste allemand y a déjà planté sa tente, une voiture y est également garée. Dans notre Pössl, nous leur tiendrons compagnie.
Dans un premier temps, nous restons à l'abri dans le camion, à contempler le ciel que les nuages décorent de traînées d'or. Il est un peu plus de 23 heures.
Vers 23 h 30, nous tentons une courte sortie sous la lumière arctique.
Mais, brrr, le vent est si glacial que nous rajoutons un Kway par-dessus deux vestes polaires et un épais coupe-vent. Malgré toutes ces épaisseurs, le froid nous transperce si bien que notre seul souhait est de vite, vite nous mettre sous la couette sans attendre les douze coups de minuit.
A minuit pile, notre carrosse ne s'est pas transformé en citrouille (ouf !) mais nous avons entendu la voiture garée à côté de nous quitter discrètement les lieux, nous laissant seuls en compagnie du campeur allemand.
Distance parcourue dans la journée : 35 km
Nusfjord
Plongées dans le Vestfjord et pêche à Henningsvær
J21 : Dimanche 29 juin 2014
Si la Norvège est principalement connue pour ses fjords et ses glaciers, elle possède également des fonds sous-marins intéressants, ce qui ne pouvait échapper à mon plongeur de mari.
La plongée avec bouteilles se pratique dans plusieurs régions du pays, notamment dans le Sud autour de Kristiansand, dans l'Ouest autour de Bodø et bien entendu ici, dans l'archipel des Lofoten, plus particulièrement autour de Ballstad sur l'île de Vestvågøy. C'est là que nous avons repéré le centre de plongée "Lofoten Diving" mais n'avons fait aucune réservation.
C'est donc cette direction que nous prenons ce matin afin d'aller aux renseignements et voir s'il est possible de programmer une ou deux plongées dans les prochains jours.
Je ne vous fais pas de long laïus à propos de météo, il fait toujours aussi beau quoique toujours frais (10 degrés seulement en milieu de matinée).
Ballstad se trouvant sur l'île voisine de Vestvågøy, nous passons, comme si de rien n'était, d'une île à l'autre par un tunnel sous-marin.
Au passage, toujours de belles plages mais aussi des pâturages et des exploitations agricoles. Derrière leur enclos, ces belles vaches Highland nous regardent avec curiosité, à moins que ce soit le contraire ;-)
Le centre de plongée est dirigé par Daniel, secondé pour la saison par Robert, un journaliste, photographe et moniteur de plongée suisse. Ils nous réservent un accueil chaleureux.
Daniel propose à Hervé soit de faire une plongée illico et une autre dans l'après-midi soit d'en faire une première cet après-midi et une deuxième demain matin.
Il s'agit bien sûr de plongée en combinaison étanche, une pratique qu'Hervé a déjà pu expérimenter en Islande l'été dernier.
Après réflexion, nous optons pour la deuxième proposition afin de laisser au plongeur le temps de se préparer mentalement à l'exercice. Rendez-vous est pris pour 15 heures.
Entre-temps, nous poussons jusqu'au port de Ballstad. Tourné vers l'industrie du poisson, la localité n'a cependant pas le charme des autres villages précédemment visités.
Dès 14 heures, le plongeur fébrile nous ramène devant le local de plongée. C'est que la préparation demande plus de temps que la plongée elle-même.
Je laisse la parole au plongeur : " Cette première plongée est une plongée de réadaptation sur un site à cinq minutes en bateau. La mer est calme, l'eau à 9 degrés avec une visibilité de 8 à 10 mètres sans courant. En binôme avec Robert, nous flânons tranquillement à 6/8 mètres de profondeur tout en observant poissons et petits organismes marins : nudibranches, étoiles de mer, éponges, lompe en train de couver ses œufs et... un curieux organisme : le cténophore (macroplancton)
Bref, une plongée toute en minutie et en douceur pour une réadaptation réussie".
Au retour, chargé comme un baudet… mais ravi et impatient de renouveler l'expérience demain matin.
La journée a filé à toute vitesse, il est déjà l'heure de trouver un lieu de bivouac pour la nuit. J'avais noté que le stationnement des camping-cars était toléré en surplomb de la magnifique plage d'Uttakleiv. Ce n'est qu'à 20 kilomètres, on s'y rend sur le champ.
La plage est sublime effectivement.
En plus, à l'extrémité du parking, l'ancienne route contournant la montagne est devenue un chemin de randonnée et un excellent prétexte à une belle promenade.
Distance parcourue dans la journée : 90 km
J22 : Lundi 30 juin 2014
Pas de changement côté météo, il fait invariablement beau et toujours frais (11 degrés). Comme d'habitude et bien qu'il soit déjà 8 h 30, nous sommes les premiers à bouger notre camping-car. C'est à croire que les camping-caristes sont adeptes de grasses matinées.
Retour à Ballstad pour une deuxième plongée, aujourd'hui, sur une épave.
Il s'agit d'un bateau de pêche islandais ultra-moderne, le "Gudrun Gisladottir" qui a heurté un rocher dans le détroit de Napp, entre les îles de Flakstadøy et Vestvågøy le 18 juin 2002. Après plusieurs tentatives de remorquage, les pompes de renflouages sont tombées en panne. Les secours ont été obligés de le laisser sombrer. Le bateau coula le lendemain de l'accident, près de Ballstad, à vingt minutes en bateau du centre de plongée. Il repose sur un lit de sable à 40 mètres de fond.
C'est Hervé qui vous conte la suite :
"Après un briefing très détaillé, c'est avec Daniel et un jeune stagiaire norvégien que je fais équipe aujourd'hui pour une plongée plus engagée le long de la coque du navire entre 35 et 40 mètres de profondeur. Tout le matériel est encore sur place. La cabine de pilotage toujours intacte a été investie par des morues et des éponges.
Visibilité 10 à 12 mètres. Pas de courant.
D'une façon générale, ces deux expériences m'ont permis d'approfondir la pratique de la plongée en combinaison étanche que je pense maintenant maîtriser parfaitement ou… presque ! "
A l'issue de la plongée, Hervé s'offre un bain supplémentaire dans un bac d'eau douce, une façon originale de rincer le matériel. Il a l'air d'apprécier !
Après cet intermède "Lofoten under the sea", nous reprenons la découverte terrestre de l'archipel mais à partir de maintenant, en faisant un peu les choses dans le désordre.
En effet, pour ne pas trop solliciter la résistance du plongeur, nous irons d'abord sur l'île de Austvågøy visiter tranquillement Henningsvær cet après-midi avant de revenir demain pour approfondir l'exploration de Vestvågøy.
Nous traversons Austvågøy par la très belle route 815 en passant au pied du Justadtinden que nous gravirons demain. Ensuite, c'est la 816 qui finit de nous conduire à Henningsvær.
Situées sur un étroit promontoire au pied de pics escarpés, les jolies maisons sur pilotis valent au village le surnom de "Venise des Lofoten", une appellation sans doute un peu exagérée mais un lieu agréable et branché où il fait bon flâner entre cafés et galeries d'art.
On y repère, pour le dîner, le restaurant Fiskekrogen qui nous semble bien alléchant jusqu'à ce que… depuis un ponton voisin, Hervé ne fasse une pêche miraculeuse : cinq gros maquereaux (d'un kilo chacun) et beaucoup d'autres s'il avait insisté. Il en donne deux à un touriste luxembourgeois qui l'observait depuis la fenêtre de sa résidence.
Dans ces circonstances, ce sera dîner maison avec au menu… devinez quoi ? Ce dîner et la nuit à venir ont pour décor la plage de Rorvika, à l'intersection de l'E10 et de la 816, alors qu'une brume épaisse commence à couvrir les sommets. Annoncent-ils un changement météo ?
Distance parcourue dans la journée : 110 km
Cténophore
Vestvågøy : du sommet du Justadtinden à la plage d'Eggum
J23 : Mardi 1er juillet 2014
Les nuages d'hier soir ont-ils pris le dessus ? Non, pas du tout, il fait toujours un temps magnifique en ce premier jour du mois de juillet.
Comme je l'avais précisé antérieurement, nous retournons sur nos pas aujourd'hui jusqu'à Justad afin de randonner.
Comme hier, nous reprenons la 815 presque jusqu'à Leknes, ce qui nous permet de revoir ces mêmes paysages à la fois côtiers et montagneux sous un autre angle.
En passant d'une île à l'autre, ce pont très esthétique mérite un court arrêt.
Pour une fois, nous ne sommes pas très matinaux. Le temps de faire le trajet jusqu'à Justad, il est déjà 10 h 45.
Nous avons retenu la randonnée vers les crêtes du Justadtinden pour deux raisons. Bien que ce soit un parcours long (14 km AR pour 900 mètres de dénivelé), il semblait à notre portée car nous sommes meilleurs en endurance qu'en vitesse. L'abandon à Reinebringen a sérieusement ébranlé notre confiance en nous.
L'auteur du site Internet rando-lofoten parle d'un "festival de panoramas", on ne veut pas rater ça, alors zou, en avant !
Pour commencer, le sentier suit tout en douceur la ligne de crêtes. Au bout d'un quart d'heure de marche, déjà un premier aperçu sur une vaste lande avec la petite ville de Leknes en arrière-plan !
Plus on monte, plus la vue s'élargit, dominant maintenant une zone de lacs et de tourbières. Au fond, le Vestfjord et les contreforts des îles voisines.
Ensuite, le parcours se fait plus raide, en traversant une grande prairie d'altitude avant d'atteindre le sommet, malheureusement un peu couvert. Il est 13 heures.
Mais quelques trouées plus claires vont malgré tout nous permettre d'assister au festival de panoramas.
Sur le chemin du retour, un dernier coup d'œil au Justadtinden.
Arrivée au camping-car à 15 h 15.
Bilan : une très belle randonnée, certes longue (14 km aller/retour), avec un dénivelé cumulé de 900 mètres, mais sans difficulté technique, faite en 4 heures et demie pauses comprises (au lieu des 5 à 6 heures annoncées).
Bref, voilà de quoi regonfler notre ego ;-)
La journée étant déjà bien entamée, on peut dès à présent réfléchir à une destination pour la nuit. Parmi les différents repérages que j'avais faits, j'étais particulièrement attirée par la plage d'Eggum, réputée très belle et par ailleurs idéale pour assister au soleil de minuit. C'est à une trentaine de kilomètres, on y fonce illico.
Pour changer un peu, nous traversons cette fois l'île de Vestvågøya par la E10 avant de tourner vers le nord, en direction d'Eggum.
La piste continue après le village et s'arrête en cul-de-sac à l'entrée de la réserve naturelle. C'est là que le stationnement des camping-cars est permis, moyennant 100 couronnes à payer au café du site. Un contrôle est effectué en fin de soirée, resquilleurs s'abstenir !
C'est un très beau spot très prisé, complété par un bel itinéraire de randonnée entre Eggum et Unstad, l'occasion d'une petite marche postprandiale.
Le chemin suit le bord de mer. Pourtant, ce décor, juste en retrait de la côte, pourrait faire croire à un paysage de montagne.
Le clou du parcours reste cependant cette sculpture, faisant partie du projet "Skulpturlanskap", 33 œuvres d'art modernes et originales, se mariant parfaitement avec le paysage, réparties dans toute la région du Nordland.
Celle-ci, intitulée Hode (ou Head) est l'œuvre du Suisse Markus Raetz. A première vue, une simple tête de granit.
Mais, en tournant autour du socle, vous finissez par voir et avoir la tête à l'envers ;-)
C'est donc un peu tourneboulés, la tête remplie d'un festival d'images, que nous nous retirons dans notre camion pour une soirée sous les rayons du soleil de minuit.
Distance parcourue dans la journée : 80 km
Du sommet de Justadtinden
Mont Hoven (Gimsøy) et retour sur le continent
J24 : Mercredi 24 juillet 2014
Cette dernière journée sur les îles Lofoten promet encore d'être radieuse. Pas un nuage dans le ciel, déjà 12 degrés ce matin mais il fera jusqu'à 18 dans la journée. Chic, ça se réchauffe ! Dès 8 heures, c'est parti pour l'île de Gimsøy !
A sa pointe nord se dresse le mont Hoven (368 mètres), une montagne solitaire et facile à gravir, offrant des vues paradisiaques, paraît-il.
Une randonnée facile (4 km, dénivelé 400 mètres, 2 heures).
Sa silhouette massive qui tranche avec les crêtes acérées du reste des Lofoten inspire confiance.
A ses pieds quelques maisons de vacances dans un cadre bucolique et paisible ! Nous sommes séduits !
Le sentier menant au mont débute près du golf en chantier. Pour cette raison, le début est un peu confus. Mais, une fois sur la trace, l'ascension est aisée et le rapport qualité/effort excellent.
Du sommet du mont Hoven, nous contemplons des panoramas époustouflants. Entre rêve et réalité, nous nous imaginons transportés dans un coin du monde plus exotique.
Nous ne connaissons pas (encore) la Nouvelle-Calédonie maisce marais n'a-t-il pas des airs de famille avec le Cœur de Voh rendu célèbre par le photographe Yann Arthus-Bertrand.
Cette anse de sable blond aux eaux cristallines n'a-t-elle pas tous les attributs d'une plage tropicale des Caraïbes ou de l'océan Indien ?
Avec son eau turquoise, dans laquelle on imaginerait volontiers des bancs coralliens, et sa chaîne montagneuse tombant dans l'océan, on se croirait presque en Polynésie.
Il ne manque que la chaleur ? Oui, mais ça se réchauffe, je vous l'assure.
Quand nous nous arrêtons sur l'E10 (peu après le camping de Lingvaer) pour nous amuser avec nos reflets et ceux des montagnes derrière nous, nous sommes déjà en bras de chemise. Nous n'avons pas encore détaché nos bas de pantalon mais ça ne saurait tarder.
"Miroir, mon beau miroir". Cette drôle d'installation fait elle aussi partie du projet "Skulpturlanskap". Sans titre, œuvre de l'artiste américain Dan Graham, elle sublimise les magnifiques paysages des Lofoten où chacun compose son propre tableau. Nous créons le nôtre.
Quelques heures plus tard, en nous promenant dans la petite ville de Svolvær, la tenue des touristes et des locaux ne trompe pas. En arborant sandales, shorts, petites robes et manches courtes, ils signent le retour de la douceur voire de la chaleur en plein midi.
D'ailleurs partout le long des fjords bordant l'E10 puis la Fv 888, les Norvégiens pratiquent le bain de soleil (à défaut du bain tout court pour l'instant).
A la pointe nord de l'île de Austvågøy, peu après Delp sur la rive du Grunnfjord, nous en faisons autant, un long bain de pied et de soleil avant de nous mettre à la recherche du lieu idéal où passer la nuit tout en étant bien orienté pour profiter le plus longtemps possible des rayons du soleil.
Nous n'aurons pas à chercher bien loin. Moins de 10 kilomètres plus loin, au niveau du hameau de Sande, nous nous dirigeons vers l'église et le cimetière en sachant qu'il y a toujours un parking à proximité de ce type de lieu. Après le cimetière, une trace mène à un ancien terrain de sport au bord d'une plage.
L'endroit est parfaitement orienté et aussitôt adopté. Quant à la plage, elle est le domaine de sternes arctiques, très agressives. Nous comprendrons vite à quoi peut bien servir le bâton surmonté d'un casque de chantier planté à l'entrée de la grève. Hervé met le casque, je brandis le bâton pour nous mettre à l'abri des coups de bec des sternes sur nos têtes. Ainsi protégés nous pouvons nous aventurer jusqu'au bord de l'eau.
On pensait rester seuls dans cette péninsule un peu isolée. Que nenni ! L'emplacement de notre camping-car visible depuis la route en attire bientôt deux autres : un petit camping-car rouge conduit par un papy allemand puis un petit combi qui repartira rapidement. Le premier nous tiendra compagnie pour la soirée.
On pensait veiller jusqu'à minuit mais après 22 heures, on s'effondre. Dans notre demi-sommeil, on entend le camping-car rouge démarrer et quitter les lieux sans doute une fois les douze coups de minuits sonnés.
Quant à nous, en ouvrant un œil puis deux à 2 heures du matin, nous ne sommes pas près d'oublier le spectacle qui s'offre alors à nos yeux à présent grands ouverts.
Un dégradé de rose sur un ciel toujours bleu et un soleil malgré l'heure tardive (ou matinale, c'est comme on veut) toujours aussi brillant.
Distance parcourue dans la journée : 135 km
J25 : Jeudi 3 juillet 2014
Ce matin, c'est une douceur inhabituelle qui nous tire du lit. Surprise, il fait déjà 18 degrés à 8 heures. La hausse des températures a donc bien l'air de se confirmer.
Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, c'est aujourd'hui que nous quittons l'archipel des Lofoten pour retrouver le continent.
Ce séjour a dépassé nos attentes avec un temps splendide durant sept jours consécutifs, des paysages montagneux et côtiers sublimes, de magnifiques randonnées et des lieux de bivouac exceptionnels. Ce fut un enchantement permanent !
Alors, en empruntant pour la dernière fois cette route touristique E10 à destination du ferry de Lødingen, c'est avec un brin de nostalgie que nous voyons disparaître les pics escarpés des Lofoten au profit des monts plus arrondis des Vesteralen.
Un nouveau pincement au cœur en embarquant sur le ferry à destination de Bognes et en faisant définitivement nos adieux au grand Nord ! En prenant résolument la direction du sud, il faut nous rendre à l'évidence, notre voyage entre dans sa phase retour. Dans dix jours, nous serons à Hanovre.
Mais d'ici là, il reste encore beaucoup de découvertes à faire.
En ayant privilégié de petites étapes sur les Lofoten et un rythme cool pour notre Pössl, maintenant qu'il faut rentrer, il va falloir mettre les bouchées doubles. Les vacances, c'est fini pour Pössl. Il va devoir rouler car plus de 200 kilomètres nous séparent de notre destination du soir, dans les environs de Bodø.
Dans l'immédiat, c'est facile, il suffit de suivre la file sortie du ferry et de descendre plein sud par la route Arctique (E 6) jusqu'à Fauske.
Au passage, ces dômes granitiques nous font penser aux reliefs de Yosemite (USA)
Le ciel devient tristounet en progressant vers le Sud. Sur la 80, entre Fauske et Bodø où nous sommes déjà passés il y a huit jours, il pleuviote tout comme la dernière fois.
En optant, un peu avant Bodø, pour la fameuse route Côtière (Kystriksveien ou Rv 17), le temps est à peine meilleur. Il ne pleut plus mais il fait gris sur Saltstraumen et les températures sont paradoxalement inférieures à celles de ce matin plus au nord.
C'est ici qu'on peut observer le maelström le plus puissant du monde. Le phénomène est le plus spectaculaire au moment du changement de marée soit entre 21 et 22 heures aujourd'hui.
Dans le détroit de Saltstraumen, long de 3 kilomètres et large de 150 mètres, la marée provoque le déversement d'un fjord dans un autre. Toutes les six heures, 400 millions de mètres cubes d'eau déferlent à une vitesse de 20 nœuds dans un sens, puis dans un autre, créant d'impressionnants remous et tourbillons.
En attendant, nous pensions nous installer au camping en bord de fjord, mais quand nous découvrons à quoi ressemble le camp, une concentration d'une centaine de mobilhomes et de trailers, nous changeons aussitôt d'avis.
Pendant que je profite discrètement de la buanderie du camp, Hervé tire une nouvelle fois le dîner du fjord, à savoir trois beaux lieus qui lui sautent littéralement dans les bras ou… presque !
Après avoir jeté un coup d'œil aux tourbillons du maelström, nous reprenons la route vers 22 heures afin de trouver un lieu de bivouac plus confidentiel. A proximité du hameau de Valnes, à l'écart de la route 17, nous trouvons notre bonheur : un tout petit parking (2 places max) au bord d'une rivière.
Cette étape de transition n'était pas spécialement exaltante mais néanmoins incontournable pour accéder à partir de demain et pour les trois prochains jours aux plus jolis paysages de la route Côtière. Avec le retour du soleil, espérons-le !
Distance parcourue dans la journée : 325 km
Au sommet du mont Hoven

Sur la route Côtière (Rv 17) : le glacier occidental du Svartisen
J26 : Vendredi 4 juillet 2014
Réveillés à 4 heures du matin par un bruit de portières qui claquent, sans doute d'un véhicule ayant partagé notre emplacement sans qu'on sans aperçoive, on en profite pour démarrer la journée à l'aube.
L'étape prévue aujourd'hui sur la route de la Côte va être extrêmement variée en moyens de locomotion. Par conséquent elle risque aussi d'être plus longue que la normale en raison d'éventuels délais d'attente. Nous utiliserons alternativement - le camping-car pour les quelques 230 kilomètres de route - le ferry à deux reprises, en complément de la route - le bateau pour traverser un fjord (le Holandsfjord en l'occurrence) - le vélo pour aller et revenir du débarcadère au point de départ du trail prévu - enfin, nos pieds pour atteindre la base de la langue glaciaire occidentale du Svartisen.
Le premier bateau traversant le Holandsfjord part à 7 h 45. L'embarcadère se trouvant à 130 kilomètres d'ici, il n'est pas trop tôt de partir à 5 heures.
Sur le trajet, le temps est hésitant. Le ciel bleu azur d'où jaillit tel un feu d'artifice un bouquet de nuages vire progressivement au gris maussade.
A Holand, je m'attendais à un quai envahi de cars de touristes. Or nous trouvons un tout petit embarcadère en bois, très mal indiqué et désert.
A 7 h 45, nous sommes les seuls à faire la traversée du fjord, mais peu s'en est fallu qu'on ne rate le départ du bateau. On était pourtant en avance mais l'endroit que j'avais noté était en réalité le centre des visiteurs, à deux kilomètres de l'embarcadère réel. C'est ballot ! Heureusement un habitant du coin nous a remis sur le droit chemin in extremis.
Juste le temps de garer le camion avant de sauter à bord de l'embarcation et déjà on voit le profil du glacier Svartisen apparaître entre deux sommets.
Une fois débarqués sur la rive opposée, il nous reste à contourner le lac glaciaire, un parcours de 3 kilomètres pas particulièrement attrayant alors la commune a prévu des locations de vélos. Il suffit de se servir dans le lot disponible et on paie au retour sur le bateau. Quelques coups de pédale et le tour est joué.
Sur le trajet, pas un chat mais… une famille de moutons, sans doute un peu surprise de nous trouver sur son chemin à cette heure matinale. Les petits, très craintifs, se pressent contre leur mère.
Après avoir laissé maman brebis à ses moutons, intéressons-nous au glacier. En suivant les petits cailloux, nous arrivons en bordure de la langue glaciaire, si près qu'on pourrait la toucher.
Fascinante et d'autant plus impressionnante que nous profitons tout seuls de ce spectacle !
Par un étroit cheminement granitique, nous accédons ensuite à une petite cabane surplombant le lac. De la terrasse le regard balaie l'ensemble du site, ce qui permet de réaliser que ce bras occidental du Svartisen rejoint (presque) la mer. Cette particularité lui vaut d'être le glacier le plus bas d'Europe continentale.
Un dernier coup d'œil à la coulée de glace depuis la rive du lac, après une descente un peu glissante sécurisée par des chaînes et balisée de marques rouges.
A 11 heures, le bateau nous attend pour le retour. Non, pas celui-ci - qui est un voilier privé appartenant à une famille belge de Bruxelles - mais le suivant...
Tiens, y a-t-il un capitaine dans le bateau ? Non ? Heureusement que je suis là pour prendre la barre !
Après cette sympathique excursion, c'est reparti sur la route, mais seulement pour une quinzaine de kilomètres. A Forøy la route 17 cède la place à un ferry qui nous dépose à Agskardet dix minutes pus tard. On remet ça une deuxième fois entre Jektvik et Kilboghamn.
Des passages en ferry très agréables permettant de changer de rythme et d'agrémenter la journée de voyage, d'autant qu'il fait à présent très beau.
La deuxième traversée, plus longue que la première (soixante minutes) se double du passage nord-sud du cercle Arctique. Cette fois, le soleil de minuit, c'est bien fini et la descente vers le sud vraiment confirmée.
Mais aujourd'hui nous n'irons guère plus loin. Vers 17 heures, un peu après Stokkvågen, au pied de ce drôle de sommet en forme de sombrero, nous décidons de nous poser.
J'y avais repéré deux possibilités de stationnement. Après avoir testé les deux, nous finissons par revenir à la première, une aire de pique-nique agréablement située en surplomb du fjord, doublée d'un accès aux rochers pour pouvoir pêcher.
L'activité de la soirée est donc toute trouvée pour Hervé. Tandis qu'il lance sa ligne, je déplie ma chaise pour une délicieuse soirée au bord de l'eau.
Les températures grimpent de jour en jour. Avec 20 degrés au thermomètre en cette fin d'après-midi (bien davantage au soleil), la casquette devient indispensable.
Le pêcheur, ici en pleine action, mettra une nouvelle fois un maquereau dans nos assiettes.
C'est par un bivouac solitaire (aucun autre véhicule ne viendra nous rejoindre) que s'achève cette journée très variée en activités.
Distance parcourue dans la journée : 210 km
Glacier occidental du Svartisen

Helgelandsbrua, Torghatten et Trælneshatten : par monts et par ponts sur la Rv 17
J27 : Samedi 5 juillet
Déjà 20 degrés de bon matin, il flotte sur la côte norvégienne un petit air de côte d'Azur. Alors pas le temps de traîner. Par un si beau temps, nous sommes au volant dès 7 heures en poursuivant la route 17.
Notre destination finale devrait être Brønnøysund, à environ 200 kilomètres.
Mais comme hier notre itinéraire ne se fait pas d'une traite, il comprend aujourd'hui trois passages en ferry. C'est la particularité de cette route Côtière qui zigzague entre les fjords et les îles pour notre plus grand plaisir.
Un plaisir d'autant plus grand qu'avec cette météo exceptionnelle, pas besoin de veste ni de bonnet. C'est cheveux au vent que nous goûtons à la brise marine sur le pont du navire.
De Nesna à Levang, de Tjøtta à Forvik, de Horn à Anddalsvåg : si le premier et le dernier parcours représentent de simples sauts de puce d'une quinzaine de minutes, le deuxième en louvoyant entre îles et îlots pendant une heure est une véritable petite croisière.
Aux ferries il faut aussi ajouter des tunnels et surtout des ponts majestueux, monuments d'ingénierie. C'est le cas du très beau pont de Helgeland enjambant le Leirfjord à Sandnessjøen. Il a tout particulièrement inspiré le photographe qui, pour l'appréhender sous toutes les coutures, multiplie les passages.
Malgré tous ces arrêts, nous finissons bon an mal an par arriver à Brønnøysund en début d'après-midi. Trop tôt pour s'arrêter ? Non, car on a une idée derrière la tête.
A l'extrémité de la péninsule se dresse une montagne percée, Torghatten, que nous avons bien envie de gravir mais pas tout de suite. Il fait 27 degrés, pour le moment beaucoup trop chaud pour marcher. Attendons qu'il fasse plus frais !
Alors si on prenait un bain pour se rafraîchir ? Au pied de Torghatten, le camping du même nom possède une plage bordant un lac artificiel. Nous ne pouvons pas résister malgré une eau un peu boueuse. C'est notre premier véritable bain du séjour mais pas le dernier.
En revanche, sur la pelouse en bord de mer, nous alternons bain de soleil et bain d'ombre jusqu'en soirée.
18 heures, c'est la bonne heure pour gravir la montagne percée. On s'attendait à trouver un petit trou dans une paroi. Or on reste scotchés en découvrant une cavité… un tunnel de 35 mètres de haut, 150 mètres de long et 20 mètres de large.
Véritable fenêtre sur les îles et l'océan…
Si la plupart des promeneurs s'arrêtent à l'entrée de la caverne pour revenir ensuite sur leur pas, une boucle est envisageable.
Nous sommes donc sortis par l'extrémité opposée, descendus par une sente très raide à travers une forêt de bouleaux avant de revenir au parking par le bord de mer. Cette option offre l'avantage de pouvoir admirer la montagne à distance. Superbe !
Une très belle randonnée dans un lieu emblématique de la région, un point de repère visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, un lieu mythique, source de contes et de légendes, bref un monument !
En rejoignant plus tard un quai en ville pour la nuit, nous portons un dernier regard à cette montagne sacrée, à l'issue d'une sacrée journée.
Ce soir, on vire la couette tellement il fait chaud. Mais j'ai du mal à dormir entre la chaleur et le vent qui s'est levé en cours de soirée.
A 1 heure du matin, alors que le photographe dort comme un bébé, quelle ne fut ma surprise de voir passer au pied du lit ou presque… le mastodonte Hurtigruten qui fait escale à Brønnøysund toutes les nuits à cette heure-là.
Distance parcourue dans la journée : 190 km.
J28 : Dimanche 6 juillet 2014 Houlà, la chaleur s'installe. Il fait déjà 24 degrés de bon matin et toujours un temps magnifique. C'est parfait car nous avons prévu de randonner dans la matinée avant de continuer notre parcours sur la route Côtière.
La montagne de Trælneshatten, dont le suffixe "hatten" indique un sommet en forme de chapeau, n'a vraisemblablement pas le prestige des pics des Lofoten de sorte qu'Hervé lors de la préparation l'a déclarée "rando moche" et n'est pas très enthousiaste à l'idée de l'entreprendre.
Moi, je suis persuadée qu'au contraire du haut de ses 567 mètres, nous devrions bénéficier d'un panorama exceptionnel sur la montagne percée de Torghatten et les nombreux îlots qui constellent le détroit.
Il ne faut guère plus d'une demi-heure pour rejoindre le point de départ. Pas de chance, les coordonnées que j'avais notées nous conduisent tout droit dans la cour d'une ferme. Mince, mais où est donc le parking ?
Hervé jubile à l'idée que la "rando moche" va tomber à l'eau.
Mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Demi-tour et retour sur nos pas de quelques centaines de mètres. Ça y est, cette fois, on y est.
Au fur et à mesure de notre ascension, Hervé révise son jugement pour se rallier à mon opinion.
Oui vraiment, les vues sur la montagne percée de Torghatten, sur les îles du détroit et sur la localité de Brønnøysund valent le déplacement.
Là-haut, autour d'un petit autel en pierre recouvert d'une nappe blanche, autour d'une bougie allumée et d'un bouquet de fleurs des champs, quelques personnes se sont rassemblées. Sont-elles en train de commémorer quelque chose ?
Nous aurons la réponse au cours de la descente en interrogeant un homme qui, lui, est en train de monter, une guitare sur le dos. L'homme est le pasteur de la paroisse, nous sommes le jour du seigneur et il va célébrer l'office du dimanche au sommet de la montagne. D'ailleurs, la file de ses fidèles paroissiens s'étire maintenant tout au long du chemin, certains accompagnés de jeunes enfants alors même que l'aller/retour représente 5 kilomètres, 567 mètres de dénivelé en 3 heures de marche.
Une bonne façon de joindre la foi à l'agréable.
Quant à nous, après nous être bien dépensés et bien sustentés, il va falloir songer à reprendre la route. Notre étape du soir dans les alentours de Steinkjer est encore à plus de 200 kilomètres dont une traversée en ferry entre Vennesund et Holm.
Tout l'après-midi y passe.
Alors, quand la destination approche, nous sommes contents de pouvoir enfin nous poser.
C'est notre deuxième passage dans la région de Steinkjer. A l'aller nous avions passé la nuit sous les sapins de Bølarein. Pour ce deuxième séjour, j'ai choisi Paradisbukta. En norvégien, "bukta" signifie baie. Quant à "paradis", inutile de traduire. Bref, un joli nom pour une base de loisirs et une plage en bord de fjord.
Avec une température ambiante de 28 degrés et une eau de baignade à 22 degrés en surface, ce paradis ne peut mieux tomber. En deux temps trois mouvements, le maillot de bain est enfilé et les brasses enchaînées dans le fjord. Un délice !
A cette heure (19/20 heures) et en cette fin de week-end, il reste encore quelques personnes sur la plage mais quand les derniers baigneurs, promeneurs et pique-niqueurs quittent le site, nous avons ce paradis pour nous tout seuls ou… presque (seulement un autre camping-car sur place).
Distance parcourue dans la journée : 265 km
La montagne percée de Torghatten

De Trondheim à Oslo en passant par le parc national de Dovrefjell
J29 : Lundi 7 juillet 2014 21 degrés à 7 heures et toujours un super temps. C'est inouï ! Aujourd'hui pas de randonnée, enfin si, mais une petite en fin de journée. Dans un premier temps, c'est la visite de Trondheim qui est au programme. A l'aller, nous avions contourné la ville pour éviter d'avoir à parcourir deux fois le même trajet. Cette fois nous comptons bien nous y arrêter.
La troisième plus grande ville du pays étant distante de 120 kilomètres, il vaut mieux y arriver le plus tôt possible. L'entrée en ville avec un camping-car, même de la taille de Pössl, est toujours un peu stressante.
D'ailleurs, il nous faudra presque trois heures pour rejoindre le centre de Trondheim depuis Steinkjer. J'y avais repéré un parking gratuit pour camping-cars mais à cette heure de la matinée, les places occupées depuis la veille n'ont pas encore été libérées. C'est donc sur une place payante que nous sommes obligés de nous garer. A ce compte-là, on aurait pu se garer dans n'importe quelle autre emplacement en centre-ville. Tant pis !
Avec ses rues larges et son centre partiellement piétonnier, la ville est très agréable à visiter et ne manque pas de charme.
De la cathédrale Nidaros, le plus vaste édifice médiéval de Scandinavie…
… jusqu'au quartier historique de Gamle Bybro ("pont de la vieille ville") avec ses pittoresques entrepôts des XVIIIe et XIXe siècles qui rappellent ceux de Bergen, en passant par Torvet, le centre-ville moderne et ses enseignes internationales…
Mine de rien, les kilomètres s'enchaînent sous une chaleur de plus en plus forte, dépassant à présent les 30 degrés. Alors à l'heure de midi, je me verrais bien déjeuner au bord de l'eau. Le quartier de Bakklandet au bord du fleuve Nidalva semble le plus adapté à mes attentes. Malheureusement, nous ne trouvons rien directement au bord de l'eau ou plutôt si… mais trop tard, une fois que nous aurons déjeuné à l'une des tables installées sur le trottoir dans Nedre Bakklandet.
Dommage, le restaurant asiatique "Bryggen Asian Cooking" avait la terrasse dont je rêvais ! Pour une prochaine fois !
Pour le moment, la montée au fort Kristiansten aura définitivement raison de notre résistance. Après la visite du site dominant la ville, nous n'avons qu'une hâte, vite, nous reposer à l'ombre, sur la pelouse du parc de Marinen, au bord du fleuve.
De retour dans un camping-car surchauffé, nous abrégeons le séjour avant le délai fixé par le parcmètre, aspirant à un peu plus de fraîcheur dans les montagnes. Nous serons bientôt servis.
En effet, notre destination du soir est prévue dans les alentours de Dombås, à Hjerkinn exactement, 150 kilomètres plus au sud. En arrivant sur place vers 19 heures, c'est le jour et la nuit avec Trondheim.
Ici fini le ciel bleu ! A plus de 1 000 mètres d'altitude, la chaleur de ces derniers jours est en train de tourner à l'orage et la température plus proche des 15 que des 30 degrés. Nuages menaçants et déjà un peu de pluie couronnent le tableau.
Le parc national de Dovrefjell est connu pour abriter des troupeaux de bœufs musqués. Nous projetons d'aller à leur recherche demain. Nous pourrons soit prendre une navette nous conduisant de Hjerkinn à Snøheim pour tenter d'en approcher par nous-mêmes en sillonnant le coin au hasard, soit nous joindre à un safari guidé dont le rendez-vous est à Hjerkinn, justement.
Il n'est pas nécessaire de réserver d'avance alors nous verrons bien, car la météo n'a pas l'air d'être optimiste pour demain.
Dans l'immédiatement, profitons entre deux averses de grimper vers le point de vue de Snøhetta où un abri très design permet d'admirer le panorama sans souffrir du froid.
Par une piste un peu cahoteuse, Pössl se hisse jusqu'au parking à 1150 mètres. De là nous rejoignons à pieds et par un large sentier le point de vue situé 1 500 mètres plus loin.
Devant nous, un homme et son jeune fils, tout excités, pointent leurs jumelles puis leur index vers un point difficilement visible à l'œil nu.
A plus d'un kilomètre de distance, cette tache pas plus grosse qu'une tête d'épingle… oui, c'est un bœuf musqué !
L'homme, un Norvégien de Trondheim, dit que c'est la première fois qu'il en voit un par ses propres moyens. Jusque là il n'en avait vu que dans le cadre d'un safari guidé.
En zoomant, on peut effectivement voir la bête brouter, tête baissée.
Au sommet, c'est un plaisir de profiter du panorama depuis l'intérieur douillet et très stylisé de cet abri alors que dehors le ciel menace. Deux jeunes Tchèques ont manifestement l'intention de passer la nuit près de la cheminée, devant cette vue exceptionnelle. Ils ont fait le bon choix.
Quant à nous, c'est le parking au pied de la montagne que nous avons choisi pour la nuit tout comme deux camping-cars roumains. De violents orages accompagnés de pluies diluviennes viennent mettre un terme à cette journée de tous les extrêmes.
Le safari aux bœufs musqués tombera-t-il aussi à l'eau ?
J30 : Mardi 8 juillet 2014
Eh, oui, adieu navette, randonnée et safari aux bœufs musqués ! Il a plu toute la nuit et il tombe toujours des seaux d'eau, ce matin. Par conséquent, nous ne sommes pas pressés de mettre le nez dehors. Une fois n'est pas coutume, les deux autres camping-cars quittent les lieux avant nous.
Nous levons finalement le camp vers 10 h 30 alors que les deux jeunes Tchèques rencontrés hier soir descendent de la montagne, tout trempés. Nous les avançons jusqu'à Hjerkinn avant de filer vers le sud.
En effet, il n'y a rien de plus à faire aujourd'hui que de rouler. Nous décidons donc de rejoindre dès à présent notre destination suivante, aux environs de Gjendesheim, où nous avons prévu de faire demain la mythique randonnée de la crête de Bessengen (avec transfert en bateau, 13 km, 7 à 8 heures de marche, 1 000 mètres de dénivelé). Mais quid de la météo ? On avisera le moment venu.
Pour l'instant, nous poursuivons la E 6 vers Dombas, puis vers Otta avec une météo exécrable. A Otta, les panneaux électroniques annoncent que la route E6 est coupée à hauteur de Ringebu pour cause de flooding. Ah oui, c'est à ce point ?
Nous n'avions pas prévu de passer par Ringebu, ces annonces ne nous concernent donc pas directement mais sur notre itinéraire, la Rv 51, nous feront rapidement le même constat.
En effet, sur les rives du fleuve Otta, le niveau de l'eau a atteint sa cote d'alerte. Mais le pire est à venir.
Dans la vallée de la Sjoa, la rivière du même nom est complètement sortie de son lit.
Près de Gjendesheim, le même cours d'eau a encore gonflé, arrivant tout juste à s'engouffrer sous le pont sur lequel passe la route. Au passage, elle a pris des allures de torrent en furie, prêt à emporter la passerelle en bois sur laquelle quelques inconscients, certains avec des enfants dans les bras admirent les eaux tumultueuses sans réaliser le risque.
Le camping voisin a les pieds dans l'eau. Les randonneurs, tout trempés, sans doute surpris par le mauvais temps en montagne, ont investi le bitume et tentent de revenir à leur point de départ par la route. C'est l'apocalypse ou… presque !
Dans ces conditions, inutile de rester ici jusqu'à demain. Même si le soleil revient, les sentiers risquent de ne pas être praticables. Essayons plutôt de poursuivre en espérant trouver meilleur temps encore plus au sud.
Mais ça ne s'arrange pas tout de suite. A 1 389 mètres d'altitude, le plateau de Jotunheimen est dans la grisaille complète.
Je plains "ledebil" qui officie dans ces conditions ;-) Pour votre information, "ledebil" désigne en norvégien, un véhicule d'escorte de chantier. N'empêche que je plains le gars chargé de la circulation par ce temps.
On continue à suivre la route 51 jusqu'au bout sans entrevoir la moindre éclaircie.
Pourtant, après Fagernes, la pluie cède du terrain. Peut-être l'espoir de pouvoir enfin nous dégourdir les jambes. Pour le moment, seul Hervé se dégourdit les bras en profitant d'une courte éclaircie pour improviser une petite partie de pêche au bord d'un lac.
Il n'aura pas le temps d'attraper autre chose que des algues, déjà un nouvel orage vient contrarier nos plans et nous remettre à nouveau derrière le volant.
Encore plus loin, toujours plus loin, après 400 kilomètres et près de 10 heures passées sur la route, nous sommes au bord de la saturation, il faut absolument nous arrêter.
Nous pensons avoir trouvé le coin idéal sur une aire de repos au bord de la E16. Mais l'endroit a l'air d'être un lieu de rendez-vous un peu louche. Après le dîner, c'est donc une dernière fois aujourd'hui que nous déplaçons Pössl. Nous finissons par le garer sur le parking d'un supermarché de la banlieue d'Oslo. Pas très glamour comme bivouac mais faute de mieux…
Bonne nuit, on va se coucher sans demander notre reste !
Distance parcourue dans la journée : 400 km.
Parc national du Dovrefjell

Une journée à Oslo, visite de la capitale
J31 : Mercredi 9 juillet 2014
Plus de trace de la perturbation d'hier, grand ciel bleu, déjà 19 degrés à 7 heures du matin : la journée promet d'être chaude.
Depuis notre parking en banlieue d'Oslo, il reste une vingtaine de kilomètres à peine pour rejoindre le cœur de la capitale, mais pas sans mal ! Une fois de plus, entrer en ville avec un camping-car, en s'orientant avec un GPS de randonnée à l'écran minuscule dans un embrouillaminis de rocades et d'échangeurs, il y a de quoi frôler la crise de nerfs quand on se retrouve à tourner en rond sur un périphérique souterrain en cherchant vainement une sortie. Quand en plus cette voie vous conduit dans une zone portuaire fermée, c'est la goutte qui fait déborder le vase.
Bref, on est à deux doigts de laisser tomber la visite de la capitale quand, je ne sais par quel miracle, on réussit à retomber sur nos pattes et à trouver une place de stationnement au pied de la forteresse d'Akerhus.
Après avoir alimenté le parcmètre jusqu'à 14 heures (22 €), nous sommes prêts pour la visite de la ville du prix Nobel.
D'ailleurs, c'est l'un des tout premiers points d'intérêt sur notre circuit. Le bâtiment plutôt banal n'a pas tout à fait le prestige du prix qu'il consacre tous les ans.
Comme il est à peine 8 heures, rien n'est encore ouvert en ville, nous nous dirigeons alors vers Strandpromenade (traduisez la promenade de la plage).
Du port jouxtant Radhus (la mairie), une allée en planches, bordée de bars et de restaurants, déserte ou presque à cette heure matinale, mène à la plage en traversant un quartier en pleine mutation où de luxueux ensembles architecturaux sont sortis de terre ces dernières années.
Tout au long de la promenade, quelques œuvres modernes en forme de clins d'œil !
Cousteau prêt à plonger dans le fjord ? Une ancre échouée sur le port ? Des boulets ou des seins canons ? Un renne motorisé ? Les sept nains ? Mais où est Blanche-Neige ?
Après avoir sillonné le quartier de long en large, devant l'office de tourisme, il me vient une idée lumineuse. Les principaux points d'intérêt étant dispersés dans la ville et difficilement accessibles à pied dans la durée que nous nous sommes fixée, si on prenait le bus touristique de Cityseeing ?
L'idée est immédiatement retenue et nous voilà promenés dans les rues d'Oslo à bord d'un bus rouge à l'impériale, des écouteurs sur les oreilles, depuis le palais royal en passant par le tremplin olympique jusqu'à la péninsule de Bygddoy et ses nombreux musées.
Premier hopp off devant le parc Vigeland.
Ce parc dédié aux œuvres du sculpteur préféré des Norvégiens, Gustav Vigeland, est l'un des sites les plus visités de la capitale. Il abrite 322 statues, en granit et en bronze de cet artiste, évoquant l'éventail complet des émotions et des activités humaines.
L'œuvre la plus célèbre, Sinataggen, représente un enfant en colère. La pièce maîtresse du sculpteur, intitulée Monolith, coiffe la colline le plus haute du parc. C'est une colonne de granit haute de 14 mètres, représentant un enchevêtrement de 121 corps luttant pour atteindre le sommet. Etonnant !
Hopp on, c'est reparti pour un petit tour en bus et deuxième hopp off à l'opéra.
Ouvert en 2008, conçu par le cabinet d'architectes local Snøhetta (le même qui est à l'origine de l'abri design du Dovrefjell NP), avec ses façades d'un blanc étincelant, il fait penser à un iceberg flottant sur le fjord Ce magnifique bâtiment qui n'est pas sans nous rappeler celui de Reykjavik est la pièce centrale d'un vaste projet de redéveloppement du front de mer. Il devrait compter parmi les constructions modernes les plus emblématiques en Europe.
De fil en aiguille, l'heure tourne mais Oslo nous plaît, on prolongerait bien encore un peu la balade d'autant que nous n'avons pas encore déjeuné. Il est près de 14 heures, on meurt de faim et on commence à en avoir plein les baskets. On se poserait bien quelque part !
Mais avant tout, pour valider la prolongation, il faut remettre des sous dans la tirelire, euh pardon dans le parcmètre. C'est fou ce qu'il est gourmand ! Allez, voilà de quoi tenir jusqu'à 16 h 30.
Ce délai nous laisse le temps de déjeuner au soleil chez Lekter'n, une péniche sur les quais, avant un nouveau passage sur Strandpromenaden. Les rues sont maintenant noires de monde.
A l'extrémité de la promenade, avec une température de plus de 30 degrés, sur les gradins entourant la plage déserts ce matin, la jeunesse dorée d'Oslo n'hésite pas à plonger dans le fjord entre deux bains de soleil sur les planches.
Le maillot de bains est dans le sac, mais devant les corps parfaits de toute cette jeunesse, j'ai peur de faire tache. Quant à Hervé, c'est sans complexe qu'il enfile son maillot et qu'il se jette à l'eau.
C'est sur ce bain rafraîchissant (pour lui) que se termine notre visite d'Oslo, que nous avons bien appréciée, une ville en bord de mer, également proche de la montagne qui n'est pas sans nous rappeler Vancouver.
Nous ne le savons pas encore, mais Oslo sera aussi notre dernière étape en Norvège.
Pourtant, en quittant la capitale, nous avions l'intention de faire étape à Fredrikstad, dont les guides louent le charme du centre historique.
On espérait aussi pouvoir faire un arrêt technique pour le camping-car sur le trajet. Or non seulement on ne trouve aucune aire de vidange en route mais en plus la ville de Fredrikstad ne nous fait pas l'effet escompté.
Alors quand un camping-cariste néerlandais nous indique une aire de service à Strömstad, nous n'hésitons pas à franchir la frontière dès ce soir.
Les routes s'élargissent, les paysages s'aplatissent, les sapins disparaissent. En entrant en Suède, nous avons manifestement changé de monde !
Alors pour voir un peu à quoi ressemble cette fameuse côte suédoise du Bohüslan, comme nous avons presque 48 heures d'avance sur notre planning prévisionnel, nous en profiterons demain pour faire une excursion en bateau vers les îles Koster.
En attendant, nous stationnons en plein centre-ville de la petite ville côtière de Strömstad, point de départ vers les îles en question. Par cette belle et chaude soirée, le front de mer est très animé, chacun profitant de la douceur jusque tard dans la nuit.
Distance parcourue dans la journée : 180 km
Opéra d'Oslo

Suède : des îles Koster à la réserve naturelle de Kullaberg
J32 : Jeudi 10 juillet 2014
Aujourd'hui au programme les îles Koster, de petites îles sans voiture à découvrir à pied ou à vélo à une demi-heure de bateau de Strömstad, au sein du parc national de Kosterhavets.
Après avoir trouvé un parking longue durée pour notre Pössl, nous embarquons vers les îles sur le bateau de 9 h 50 en même temps qu'une foule de touristes. En effet, la destination est très prisée des Suédois et des Scandinaves en général. En revanche, nous ne repérerons absolument personne parlant une langue étrangère connue.
Le ciel est bleu, la mer est belle, le soleil radieux… on ne peut rêver mieux ;-)
Au bout de trente minutes de navigation à louvoyer entre récifs, îles et îlots rocheux, le bateau fait d'abord escale à Koster Nord puis dix minutes plus tard à Koster Sud.
Avec leurs petites maisons rouges, les îles ne manquent pas de charme
Koster Sud, tout le monde descend et se précipite sur les loueurs de vélos. Pas de panique, il y en aura pour tous. La bicyclette est effectivement le moyen le plus pratique de sillonner cette petite île de 4 à 5 kilomètres de long sur 2 kilomètres de large.
Après avoir enfourché leur destrier, les touristes s'éparpillent tels une nuée de moineaux vers les quatre coins de l'île. Nous commençons par le Nord-Est.
Du débarcadère de Långegärde, nous pédalons bon train en direction de Ekenäs où une première plage nous fait déjà de l'œil. Pour l'instant et en attendant de nous échauffer, nous ne faisons que barboter dans l'eau jusqu'au genou.
A première vue, ces îles ont l'air toutes plates mais ce n'est que pure impression. En réalité, quelques côtes bien senties obligent à forcer sur les pédales (Hervé) ou à pousser sa monture (Krikri).
Alors quand nous atteignons la baie de Kilesand, la baignade devient impérieuse, la sieste aussi, le pique-nique itou !
Après une pause réparatrice, c'est reparti pour quelques tours de roue jusqu'à Kyrkosund puis côté ouest jusqu'à Brevik où de ravissantes petites maisons colorées se serrent autour du port.
De là, encore quelques coups de pédale et nous revoilà au point de départ ou… presque, dans le détroit entre les deux îles, d'où nous observons les nombreux bateaux et leurs occupants ;-)
C'est aussi le moment idéal pour une dernière baignade.
Au pied d'une propriété privée, un thermomètre fixé au ponton indique 32 degrés. En le plongeant dans l'eau, nous avons la surprise d'apprendre qu'elle fait 22 degrés. Dans ces conditions, ce n'est pas étonnant que nous la trouvions si bonne. Elle est plus chaude qu'en Bretagne !
C'est sur cette délicieuse baignade que se termine cette belle et chaude journée dans des îles certes moins prestigieuses que les îles norvégiennes mais non moins authentiques et bien préservées, un archipel ignoré des touristes étrangers mais plébiscité par les connaisseurs scandinaves.
Retour à Strömstad vers 18 heures.
La réussite de la journée ne serait pas complète sans un bon dîner au restaurant. Alors après avoir réglé les tâches d'intendance liées au camping-car, retour sur le front de mer pour un excellent repas de poissons et fruits de mer au "Skagerack Restaurang".
Dernière balade au clair de lune… et nouvelle nuit dans le centre de Strömstad.
Distance parcourue dans la journée : 10 km
J33 : Vendredi 11 juillet 2014
Pössl reprend du service aujourd'hui pour une étape assez chargée (nous souhaitons nous rapprocher de la frontière danoise) mais entrecoupée de quelques points d'intérêt remarquables.
En effet, le parcours se fait sur la E6 (encore et toujours) mais côté suédois c'est une autoroute, ce qui est à la fois un avantage car la vitesse moyenne est bien meilleure qu'en Norvège, mais aussi un inconvénient car le trajet pourrait vite devenir monotone. Pour éviter qu'il ne le devienne, j'ai prévu quelques détours via des chemins de traverse.
Rien à redire côté météo, toujours grand beau temps et déjà 25 degrés à 9 heures.
Première sortie de l'autoroute seulement 30 kilomètres après notre départ. Nous voici à Tanum réputés pour ses célèbres pétroglyphes, des fresques gravées par martelage à la pierre dure sur des dalles de granite à l'époque de l'âge de bronze entre 1800 et 500 avant JC. Afin de les rendre plus visibles aux contemporains, leur tracé a été rehaussé à la peinture rouge.
La fresque la plus emblématique du lieu se trouve à l'entrée du site de Vitlyke (juste en face du musée du même nom) mais afin de garder le meilleur pour la fin, un sentier à travers la forêt nous conduit d'abord sur les hauteurs.
Là, sur la colline, un tumulus funéraire domine la plaine environnante où la vue porte jusqu'à l'océan. Vévé, mon cher Vévé, ne vois-tu rien venir ? Des navires, beaucoup de navires et… des hommes, beaucoup d'hommes
En effet, bateaux et canots sont les motifs les plus fréquents. Vitlyke présente environ 90 bateaux de taille variable de 15 centimètres à 3,6 mètres. Les embarcations servaient non seulement au transport mais étaient aussi utilisées dans le cadre de cultes religieux
Egalement de nombreuses figurations humaines, essentiellement des hommes représentés bras levés, signe de la dimension religieuse des gravures. Ils sont souvent armés d'épées, de haches, d'arcs ou de javelots.
La plus grande fresque, gravée sur une dalle de granite inclinée de 30 à 35 degrés, atteint 7 mètres de haut sur 22 mètres de long.
L'une des gravures les plus remarquables est celle dite "des jeunes mariés" représentant un homme et une femme aux cheveux longs en train de s'embrasser ?
Après cette incroyable balade dans le temps, retour plus terre à terre sur l'autoroute E 6 pour une centaine de kilomètres supplémentaires.
A nouveau on s'en écarte pour faire la pause du déjeuner à Marstrand, une petite ville côtière alliant une partie terrestre et une partie "île". L'île, accessible par un bac, se visite à pied. Elle est aux dires du site scandi.voyage.com, l'un des plus beaux endroits de Suède.
On n'aura pas le temps de le vérifier car on a d'autres projets pour l'après-midi, mais rien que la petite balade jusqu'au port constitue une agréable coupure dans notre journée de voyage. 2063 Après ce court entracte, nouveau retour sur la E 6. On laisse tomber la ville de Göteborg pour donner la priorité à la nature. A 200 kilomètres au sud de Göteborg, la réserve naturelle de Kullaberg a retenu toute notre attention.
Le parc naturel est réputé pour ses falaises vertigineuses, ses étendues balayées par le vent et ses couchers de soleil mémorables. Des sentiers sillonnent la réserve, menant à des grottes et des plages de galets.
Depuis quelques années, au bord d'une de ces plages, une "sculpture" en bois flotté du nom de Nimis entretient la curiosité des visiteurs et crée la controverse auprès de la population et des autorités locales.
N'ayant pas bien approfondi le sujet, nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. C'est donc avec un brin d'excitation (et quelques tâtonnements) que nous nous mettons à la recherche de cette fameuse œuvre. Aucune information sur la carte officielle.
Le GPS nous amène à proximité du village d'Arild où quelques locaux nous dévisagent avec suspicion (?)
Après avoir garé Pössl à la croisée d'une piste et d'un sentier de randonnée à la sortie du village, direction la ferme-musée de Himmelstorp en suivant un balisage rouge puis bleu. A hauteur de la ferme, il faut être attentif à l'inscription "N" pour Nimis, peinte en jaune sur une barrière du bâtiment. A travers une belle forêt de feuillus, le sentier longe ensuite la falaise à distance jusqu'à ce qu'une petite sente à peine indiquée descende en pente raide jusqu'à la plage.
Ce que nous découvrons alors est tout simplement stupéfiant.
Bien plus qu'une "sculpture" en bois flotté, nous pénétrons au cœur d'une construction gigantesque faite de 75 tonnes de bois récupéré, un labyrinthe géant menant à des tours d'une quinzaine de mètres de haut pour certaines, dominant la plage et l'océan. Ceux qui ne craignent pas le vertige n'hésitent pas à admirer la vue depuis le sommet.
Mais la création artistique n'est pas du goût de tout le monde dans les environs. Si certains la considèrent comme un bénéfice pour la réserve, d'autres au contraire jugent qu'elle la dénature. Chacun se fera son avis !
Pour la petite histoire, ces constructions sont l'œuvre d'un artiste suédois Lars Vilks qui s'est aussi fait remarquer en 2007 pour les fameux dessins de Mahomet qui ont créés la polémique.
En 1980, l'artiste commence la construction de deux sculptures, Nimis (en bois flotté) et Arx (en pierre). Difficiles d'accès, elles ont été découvertes par les autorités seulement deux années plus tard. Leur destruction est demandée et plusieurs procès ont été intentés contre l'artiste.
En guise de protestation, Lars Vilks déclare en 1986 l'existence et l'indépendance de la micro-nation de Ladonia. Suite à cette démarche, aucune action n'a été menée pour détruire Nimis et Arx.
En tout cas, Nimis nous a littéralement subjugués ! C'est le site le plus incroyable que nous ayons vu au cours de notre voyage.
Encore tout chamboulés par le gigantisme et l'originalité de cette œuvre, nous profitons des derniers rayons de soleil avant de retrouver notre camping-car vers 21 heures
Le village de Arild a l'air charmant, on y ferait bien étape pour la nuit. Ses habitants en revanche, le sont beaucoup moins, plusieurs nous jettent des regards dédaigneux, voire hostiles. Est-ce en raison de notre visite de Nimis, est-ce parce que nous sommes en camping-car ?
Dans ces conditions, on préfère ne pas s'attarder. J'avais noté que le stationnement d'un camping-car était toléré sur le parking du château de Sofiero, à Helsingborg. C'est encore à une petite trentaine de kilomètres mais peu importe, il fait très beau, nous avons tout le temps, nous sommes en vacances !
Sur le trajet, beau coucher de soleil sur un moulin à vent.
Pour la première fois au cours de notre voyage, nous avons besoin d'allumer la lumière à l'intérieur du camping-car au cours du dîner que nous prenons bien tard après une journée intense en émotions et en trajet !
Distance parcourue dans la journée : 465 km
Sur l'île de Koster Sud

Danemark : des canaux de Copenhague aux falaises de Møns Klint
J34 : Samedi 12 juillet 2014
De Helsingborg où nous avons passé la nuit, nous apercevons la côte danoise juste en face. D'ailleurs, en ferry, la ville ne se trouve qu'à 10 kilomètres de sa jumelle Helsingør. Néanmoins, pour ne pas être tributaires des horaires de ferry, nous préférons opter pour la traversée du pont de l'Øresund entre la Suède et le Danemark.
Météo toujours inchangée : grand beau temps, 17 degrés de bon matin.
Après avoir versé 49 euros dans l'escarcelle de la compagnie gestionnaire, la voie est à nous. Soixante mètres au-dessous de nous, les bateaux dans le détroit ont l'air de miniatures.
Après un bref retour sur la terre ferme à hauteur d'un îlot inhabité, le pont enchaîne sur un tunnel de 4 kilomètres.
La fin de parcours vers Copenhague est rapide, la circulation fluide en ce samedi matin. C'est pour une fois sans encombre que nous arrivons au plus près du cœur touristique de la capitale. A 9 h 30, nous alimentons le parcmètre, tout près de Nyhavn, dans un premier temps jusqu'à midi.
Hervé ayant déjà visité Copenhague dans le cadre d'un voyage professionnel, c'est lui qui est chargé de me faire découvrir les principaux points d'intérêt.
D'abord les maisons colorées typiquement danoises qui bordent le vieux canal de Nyhavn, creusé au XVIIIème siècle pour relier le port au centre-ville. Aujourd'hui jalonné de bars et de restaurants, c'est l'un des sites les plus animés et les plus fréquentés.
Visiter Copenhague sans voir la petite Sirène, c'est comme visiter Paris sans la tour Eiffel, c'est impensable. Une foule de touristes jouent des coudes pour approcher la belle et poser à ses côtés. Clic clac, une petite photo et on s'en va.
A travers l'ancienne citadelle du Kastellet, nous rejoignons l'Amalienborg Slot et son palais royal, avant de jeter un œil à l'intérieur en marbre de Marmorkirken.
A l'issue de cette boucle, c'est déjà l'heure de déjeuner. Nous sacrifions à la tradition du smørrebrod, des tartines danoises à base de saumons fumés, harengs marinés et autres spécialités.
Prêts à poursuivre la visite ?
Conquis par le principe du bus à l'impériale testé à Oslo, nous souhaitons réitérer l'expérience, mais optons finalement pour une visite au fil de l'eau par les canaux.
C'est l'occasion de voir l'envers du décor de la petite sirène et plus généralement la ville depuis les canaux.
Mais… en montant dans un bateau semi-couvert (pas facile pour faire des photos), en prenant les dernières places au milieu et non pas près du bord, entourés principalement par des familles accompagnés de petits enfants vite lassés et donc agités et braillards, avec des commentaires distillés au micro et non dans un audioguide, cette croisière devient vite galère. La tête grosse comme une citrouille, on a hâte de retrouver la terre ferme
A peine sortis du bateau, Hervé m'entraîne à l'assaut du ciel admirer la vue depuis le sommet de la flèche en spirale de Vor Frelsers Kirke.
D'abord 400 marches à l'intérieur (facile !) mais quand il faut poursuivre sur une rampe extérieure, je rase les murs avant de faire demi-tour et d'attendre Hervé au pied de l'édifice.
En dépit du vent à faire trembler le sommet, le courageux photographe s'est hissé au sommet pour caresser le globe et me ramener ces images.
C'est par ces vues panoramiques que nous clôturons notre passage à Copenhague alors que le ciel s'assombrit, donnant quelques gouttes au moment où nous quittons la ville.
Pour notre destination du soir, nous n'avons rien prévu de précis. Il nous faut donc trouver un endroit adéquat, de préférence à l'écart de l'autoroute, sur le trajet de la E47 entre Copenhague et Rødby où nous devons prendre demain un ferry pour l'Allemagne.
Après consultation de la carte, un endroit me semble pouvoir correspondre à nos critères : Møns Klint, doté de deux étoiles bleues, correspondant à des paysages "valant le voyage"
Justement, on hésite, ce paysage-là vaut-il vraiment le déplacement de 40 kilomètres depuis l'autoroute (+ autant demain pour en revenir) alors qu'il se met à pleuvoir par intermittence et que nous n'avons strictement aucune idée de ce que peut bien recouvrir le toponyme de "Møns Klint"
Après moultes tergiversations, nous décidons in extremis de faire le détour. A travers une campagne vallonnée, ponctuée de quelques villages aux maisons de briques rouges rappelant un peu le nord de la France, nous atteignons l'extrémité d'une péninsule où la route se termine en cul-de-sac par… un parking à barrière payant.
Sur place, un "Geo Center" sorte de palais de la découverte consacré à la géologie, fermé à cette heure tardive, devant lequel quelques rares familles s'attardent encore sur l'aire de jeux pour enfants.
Mais encore ? Les Møns Klint, en français "les falaises de Møn " sont des falaises de craie blanches, prêtes à s'effriter, plongeant à pic dans les eaux tourmentées de la mer Baltique.
Un ciel chargé de nuages éclairant une plage de galets noirs d'encre donnent à l'ensemble une pointe dramatique.
Un petit air des falaises d'Etretat au bout du Danemark !
A l'arrière-plan, une épaisse forêt de feuillus qui servira de décor à notre bivouac.
Le stationnement des véhicules est interdit la nuit devant le Geo Center mais le parking situé au carrefour précédent ne comporte aucune mention restrictive. C'est donc là que nous déplaçons notre camping-car avant de prendre à nouveau notre dîner à la lumière électrique.
Distance parcourue dans la journée : 410 km
Quartier de Nyhavn à Copenhague

Allemagne : de Scharbeutz à Hanovre
J35 : Dimanche 13 juillet 2014
C'est notre dernière journée à bord de Pössl, demain à la même heure, nous devrons l'avoir ramené à Hanovre. Ce soir, nous souhaitons nous rapprocher au maximum des bureaux du loueur.
Le ciel est plutôt couvert et reflète bien notre état d'esprit. Nous sommes un peu tristes que le voyage se termine mais décidés à en profiter jusqu'au bout.
Après avoir retrouvé l'autoroute E47 à l'issue du trajet depuis les Møns Klint, celle-ci nous mène tout droit au ferry de Rødby.
Nous n'avons pas de réservation mais embarquons comme une fleur presque immédiatement. A peine arrivés, nous pénétrons dans le ventre du gigantesque navire à destination de Puttgarden en Allemagne à l'issue d'une traversée de 45 minutes.
Alors que la foule se presse dans les boutiques et restaurants hors taxes répartis sur plusieurs étages, nous avons le pont supérieur pour nous tout seuls ou… presque !
Avec un vent à faire bouger les chaises sur le pont, seules les mouettes sont réellement dans leur élément, ne perdant pas une miette du festin.
Une fois en Allemagne, j'espérais pouvoir prendre un dernier bain dans les eaux de la mer Baltique dans la petite ville côtière de Scharbeutz et me payer une petite corbeille à la plage (Korb am Strand) à la façon des baigneurs locaux.
Mais, avec un temps nuageux, 17 degrés seulement et quelques pluies éparses, ce n'est pas le jour idéal pour faire bronzette. Alors c'est depuis la terrasse d'un restaurant italien que nous contemplons le tableau de tous ces petits paniers plantés dans le sable.
A défaut de pouvoir se baigner ou bronzer, on en profite pour arpenter le front de mer animé de la petite ville, richement doté en boulangeries, pâtisseries, salons de thé et autres Konditoreien, devant lesquelles nous ne pouvons résister à quelques spécialités.
Bien blindés, nous affrontons aussitôt après le rythme effréné des autoroutes allemandes avec leur trafic chargé, leur travaux incessants, leur vitesse illimitée et aujourd'hui leurs véhicules tous ou presque décorés de fanions aux couleurs nationales.
Mais quel est donc l'événement pouvant justifier un tel excès de nationalisme ? La réponse nous viendra presque immédiatement de l'autoradio. L'Allemagne dispute ce soir au Brésil la finale de la coupe du Monde de football contre l'Argentine. Déjà de nombreux véhicules affluent vers le cœur des grandes villes de la région alors qu'au-dessus de nos têtes, le ciel s'assombrit d'heures en heures jusqu'à tourner en orages de grêle violents, obligeant les voitures à rouler au pas ou à se réfugier momentanément sous les ponts.
Nous avions pensé finir l'après-midi à Celle, une petite ville connue pour son centre-ville et sa forteresse pittoresques, située à 40 kilomètres au nord-est de Hanovre, mais en raison de cette météo perturbée, nous préférons tracer jusqu'en banlieue proche de Hanovre.
La sortie n° 56 de l'autoroute A7 nous fait passer juste devant la propriété du loueur dans laquelle nous apercevons, au passage, notre SUV rangé bien sagement à la place où on l'avait laissé.
Trois kilomètres plus loin, nous garons Pössl sur le parking désert du lac de Altwarmbüchen. Les Allemands sont déjà tous devant leur poste.
Après avoir dîné en écoutant le tout début de la finale Allemagne-Argentine, nous ne tardons pas à nous coucher. Dans mon demi-sommeil, j'entends en fin de soirée klaxons et hourras au loin. Je murmure alors à l'oreille d'Hervé : "L'Allemagne a dû gagner la finale". "Et c'est pour ça que tu me réveilles ?" me répond-il en grognant.
J36 : Lundi 14 juillet 2014
Aujourd'hui, au lendemain de la victoire de l'Allemagne à la coupe du Monde de football et en cette journée de fête Nationale en France, c'est pour nous tout simplement le jour de la remise de notre camping-car et la fin de nos vacances.
Après une dernière balade au bord du lac sous un ciel maussade, à donner aux cygnes nos restes de pain, notre périple de plus de 7 000 kilomètres s'achève dans les bureaux du loueur.
Après une courte inspection du véhicule suivie de la signature d'un document attestant que nous le rendons sans dommages, Pössl réintègre son garage et nous notre SUV, dans lequel, après 33 jours à conduire en position très haute, nous avons la désagréable sensation de conduire au ras des pâquerettes.
Une fois nos repères retrouvés, il nous reste près de 600 kilomètres à parcourir avant de retrouver nos pénates provisoires en Alsace pendant que la radio serine à longueur de journée que les Allemands sont devenus, cette nuit, Weltmeister... "les maîtres du monde".
Quand à l'approche de la frontière nous entendons la radio diffuser en français, nous réalisons avec un petit pincement au cœur que cette fois c'est vraiment la fin de notre … fabuleux voyage !
FIN – ENDE (en allemand et danois) – ÄNDE (en suédois) – SLUTTEN (en norvégien) !
Distance parcourue dans la journée : 570 km Distance totale parcourue en camping-car : 7 000 km Distance totale de notre parcours de porte à porte depuis chez nous : 9 300 km en 37 jours
Korb am Strand, plage de Scharbeutz

Le mot de la fin
Impressions générales
Nous sommes rentrés, enchantés par la Norvège, par ses fabuleux paysages de fjords, de glaciers, de lacs, de côtes et d'îles ainsi que par la magie du soleil de minuit.
Certes, le voyage a été dense mais nous n'avons que rarement fait des journées de trajet exclusif, nous avons pu tous les jours y ajouter un élément intéressant (visite ou randonnée).
D'ailleurs si l'on considère la vitesse moyenne, le kilométrage moyen sur la partie faite uniquement en camping-car s'élève à un peu plus de 200 kilomètres par jour. En considérant l'ensemble du voyage de porte à porte depuis chez nous, il atteint 250 kilomètres par jour. Ces chiffres sont finalement très voisins de ceux atteints en Islande, en Namibie, voire en Australie.
C'était le prix à payer pour inclure les îles Lofoten et pouvoir y consacrer sept jours, des journées inoubliables pour lesquelles nous ne regrettons pas d'avoir dû rouler un peu plus, à d'autres moments.
Nos coups de cœur
En haut du tableau, bien sûr, les îles Lofoten avec leurs pics escarpés, leurs grandes plages de sable blanc, leurs randonnées exceptionnelles, leurs parties de pêche miraculeuses et leurs fonds sous-marins étonnants.
Tout aussi prestigieuses, les trois premières randonnées faites dans le sud de la Norvège : Kjeragbolten, Preikestolen et Trolltunga. Difficile de dire laquelle est la plus belle, elles sont incontournables, toutes les trois, chacune avec ses particularités.
Ajoutons aussi les randonnées vers les glaciers les plus bas d'Europe continentale, très faciles d'accès et spectaculaires, les routes panoramiques remarquables, les mini-croisières pittoresques dans les fjords, les villes très agréables.
Bref, nous avons TOUT aimé.
Hors catégorie, le prix de l'originalité va sans conteste au site suédois Nimis, cette gigantesque construction de bois flotté, controversée, s'élevant sur une plage, dans la péninsule de Kullaberg.
Coup de chance avec la météo particulièrement clémente cet été dans le nord de l'Europe, ce qui a participé à faire de ce voyage une réussite.
Un regret ? Juste, un petit… ne pas avoir insisté dans la montée de Reinebringen pour mettre dans la boîte l'extraordinaire vue depuis le sommet.
A propos du véhicule
Ce fut indiscutablement le meilleur choix. Le camping-car nous a assuré une grande liberté, nous permettant d'adapter l'itinéraire à la météo même si finalement, avec un temps globalement très beau, nous avons, à deux ou trois exceptions près, respecté notre planning prévisionnel.
Nous avons essentiellement pratiqué le bivouac libre (j'avais repéré auparavant la majorité des sites qui s'y prêtaient) et très peu utilisé les campings (trois ou quatre fois seulement, pour bénéficier d'un lave-linge).
Comme les dimensions du véhicule étaient inférieures à 6 mètres, les tarifs appliqués pour les traversées en ferry étaient les mêmes que pour une simple voiture. Un avantage considérable !
Sa "petite" taille était aussi un atout pour se garer facilement dans les villes, pour se faufiler sur les routes parfois étroites et pour la facilité des manœuvres en général.
Enfin la consommation a été très raisonnable : de l'ordre de 8 à 8,5 litres au 100 kilomètres, pas plus que celle de notre SUV en sachant que le prix du litre de carburant a été de l'ordre de 1,80 euro à 2 euros.
Louer un camping-car est bien plus économique en Allemagne car les locations de plus de 30 jours sont détaxées. L'offre du courtier Cooldrive était très intéressante.
Après une expérience de location de camping-car au Canada qui ne nous avait pas spécialement enthousiasmés, nous sommes conquis, cette fois-ci, et sans être devenus des inconditionnels de ce mode de déplacement sommes prêts à renouveler l'expérience lors un futur voyage dans un pays qui s'y prête.
Les ouvrages et sites Internet utiles Côté papier : Le guide Lonely Planet Norvège Le guide du Routard Norvège qui consacre aussi un chapitre à la côte suédoise. The Rother Walking Guide Norway South (en anglais) m'a finalement peu servi car il répertorie beaucoup de randonnées longues et des parcours sur plusieurs jours, uniquement dans le sud du pays.
Côté Internet : Des récits de voyage et/ou des sites consacrés à la randonnée : Treks et voyages, le site de Julien, très riche en descriptifs de randonnées. Ce sont ses images qui sont à l'origine de notre désir de Norvège. http://trek.uniterre.com/norvege/
Norway Adventure 2009 Web Journal (en anglais) : Le site d'un jeune couple américain, décrivant un voyage en boucle depuis Trondheim, incluant les îles Lofoten, avec beaucoup de randonnées. http://matt.tracz.org/2009/norway/index.html
Invitation de voyage en Norvège, le récit d'une boucle dans le sud du pays à partir de Bergen, dont quelques randonnées. http://voyages.fal38.free.fr/...page=accueil_nor...
Rando-Lofoten : un site consacré aux îles Lofoten en général dont une documentation remarquable sur un grand nombre de randonnées. Il faut s'inscrire pour avoir accès aux détails des randonnées, n'hésitez pas, c'est extrêmement bien fait. http://rando-lofoten.net/index.php/fr/
Scandi-voyage : pour la partie suédoise du voyage. http://www.scandi-voyage.com/iti_sudouest.php
Des sites utiles aux camping-caristes qui m'ont permis de repérer des lieux de bivouac intéressants ainsi que les indispensables aires de service. http://www.campercontact.com/fr/ http://www.campingcar-infos.com/...cib.php?pays=...
Autres outils intéressants : Office de tourisme de Norvège : http://www.visitnorway.com/fr/ Météo : http://www.yr.no/place/Norway/ Carte : http://ut.no/kart/
Belles images et belles histoires Juste pour le plaisir des yeux… Panoramiques des Lofoten (Ronan Michaux) ! http://nanor44.free.fr/pano/tags/Lofoten.html
Pour le plaisir de lire : le Roman de Bergen de Gunnar Staalesen. Au-delà du roman policier, c'est une véritable fresque sociale dépeignant les relations entre plusieurs familles berguéloises, bourgeoiset ouvrières, sur plusieurs générations entre 1900 et 1999.
Un dernier mot… En un seul mot, ce fut un FABULEUX VOYAGE ! Prêts à y retourner ? Oui, oui certainement afin de compléter avec des contrées encore plus au nord.
Voilà, je vous ai tout dit ou… presque. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous sommes à votre disposition. Si vous préparez vous-même un voyage en Norvège et que nos données vous ont été utiles, nous serions heureux de le savoir. Si vous avez envie de faire un commentaire, n'hésitez pas ! Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.
A bientôt pour un autre fabuleux voyage !

Le récit accompagné de photos et de cartes se trouve ici :
https://sites.google.com/...uleuxvoyagesnorvege/
Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.

.................................................................................................................................................................. Présentation
Après un séjour en Islande l'été dernier sous un ciel souvent maussade, nous ne pensions pas retourner de sitôt dans un pays du Nord.
Pourtant, quelques mois plus tard, des images de fjords et de glaciers norvégiens vont attirer notre attention et aiguiser une nouvelle fois notre curiosité pour une région nordique.
Nous découvrons alors des paysages éblouissants : fjords saisissants, côtes sublimes, glaciers majestueux et archipels mythiques parmi lesquels les superbes îles Lofoten.
La destination est immédiatement retenue. Reste à préciser l'itinéraire et le mode de déplacement.
Un point est vite fixé : nous souhaitons aller en Norvège sans prendre l'avion, directement depuis chez nous, et de préférence sans avoir à réserver d'hébergements afin d'être libres de nous adapter sur place à la météo.
Dans cette optique, voyager en camping-car nous semble la formule la plus adaptée. Pour le faire au meilleur tarif, la location en Allemagne est nettement plus économique. Nous confions la réservation du véhicule au courtier international CoolDrive.
Une fois l'option camping-car validée, l'itinéraire prend rapidement forme. C'est en voiture que nous rejoindrons d'abord l'Alsace pour une étape en famille puis Hanovre en Allemagne où nous prendrons possession de notre camping-car.
De Hanovre, dans notre maison roulante, nous ferons route vers Hirtshals au Danemark où nous embarquerons sur un ferry à destination de Kristiansand au sud de la Norvège.
Depuis le Sud norvégien, nous prévoyons de réaliser un parcours en forme de grand huit étiré dont le nœud central se situera à hauteur de Trondheim.
La première boucle de ce huit passera, dans les grandes lignes, par Lysefjord, Stavanger, Hardangerfjord, Bergen, Nærøyfjord, Geirangerfjord, la route des Trolls, Ålesund, la route de l'Atlantique et Kristiansund.
Au-delà de Trondheim, tout en suivant le tracé de l'E6, nous passerons le cercle Arctique avant de nous diriger vers Bodø où nous prendrons un ferry à destination des îles Lofoten.
Nous consacrerons sept jours à ces îles, elles constitueront le point le plus au nord de notre itinéraire.
Par la suite, retour vers le sud en longeant la côte via la route 17 avec de nombreuses liaisons en ferry avant de croiser à nouveau la boucle du huit à hauteur de Trondheim.
Nous fermerons le "grand huit" norvégien par les parcs nationaux de Dovrefjell et Jotunheimen avant un passage à Oslo.
Le retour vers la France se fera via la côte suédoise du Bohüslan, le pont de l'Öresund, la capitale danoise Copenhague avant de prendre un dernier ferry vers Puttgarden en Allemagne.
Une carte est sans doute plus parlante ! Oups… ça fait un paquet de kilomètres, probablement 8 000 à 10 000 kilomètres au total !
Pour les parcourir sans avoir à (trop !) rouler, nous avons prévu cinq semaines dont 33 jours de location de camping-car.
Départ le 9 juin, retour le 15 juillet 2014.
Prêts à nous suivre ?
Aller en jaune, retour en rouge

En camping-car… de Lübeck à Kristiansand via la dune de Råbjerg Mile (DK)
J1 à J3 : Du lundi 9 au Mercredi 11 juin 2014
Après deux journées passées en Alsace, c'est enfin le grand départ.
Le camping-car que nous avons réservé en Allemagne sera à notre disposition à Hanovre entre 15 et 17 heures. Depuis la région strasbourgeoise, 570 kilomètres, essentiellement sur autoroutes, nous séparent de la capitale de Basse-Saxe. Mais en Allemagne, le trafic peut être chargé et les ralentissements y sont fréquents. Nous prévoyons donc de la marge en prenant le départ dès 6 heures du matin.
La voiture est pleine à craquer : chaises pliantes, couette, oreillers et linge de lit mais aussi trois caisses d'alimentaire et bien sûr vêtements et chaussures pour faire face à toutes les conditions météo, du maillot de bain à la veste coupe-vent, des tongs aux chaussures de marche… sans oublier ma poêle favorite et quelques bonnes bouteilles de vin d'Alsace !
Après plusieurs jours de chaleur caniculaire (37 à 39 degrés en Alsace), les orages ne tardent pas à croiser notre route. Dès les environs de Francfort, nous essuyons les premières gouttes qui se transforment rapidement en trombes d'eau.
Nous espérons pouvoir échapper au plus fort du mauvais temps en marquant une pause prolongée mais rien n'y fait, on finit par rattraper l'orage et à s'y enfoncer de plus belle.
Malgré ces mauvaises conditions météo, une circulation dense et des ralentissements dûs à des travaux sur l'autoroute, nous arrivons à destination dès 13 heures.
C'est donc avec plus de deux heures d'avance qu'on se présente chez notre loueur, Eubo Caravan Tirge, situé dans la banlieue de Hanovre.
Coup de chance, notre véhicule est déjà prêt.
Nous découvrons alors notre maison roulante, un Pössl 2WIN, 5600 kilomètres au compteur, une sorte de grand fourgon aménagé de moins de 6 mètres de long monté sur un châssis Citroën !
Rien à voir avec le monstre que nous avions loué au Canada !
On vous fait visiter ?
Transférer tout notre barda de la voiture au camping-car, organiser les différents rangements, écouter les explications sur le fonctionnement du véhicule, signer les derniers papiers, prendre le premier déjeuner à bord, faire procéder à quelques réglages de dernière minute… il est presque 16 heures quand enfin… Pössl s'élance.
L'engin se conduit facilement et la position haute est vraiment un plus ! La météo s'est améliorée depuis ce matin, il fait sec avec des températures redevenues plus clémentes après les orages, de l'ordre de 22/24 degrés.
Notre première étape est prévue à Lübeck, à 200 km. Avec déjà plus de 500 km parcourus ce matin, il était difficile d'envisager plus.
D'ailleurs, c'est un peu au radar que nous pénétrons dans Lübeck et après quelques rapides courses, installons Pössl au parking P4 en face de la vieille ville. Il est déjà 18 h 30.
Après le dîner, petite balade sous les derniers rayons de soleil.
L'Innenstadt (centre-ville) est le centre touristique et le quartier le plus ancien de Lübeck. Il se situe sur un îlot au confluent des fleuves Trave et Wakenitz. L'UNESCO a classé ce quartier sur la liste du patrimoine mondial, notamment pour son architecture de briques rouges.
Nuit sur place au bord du fleuve Trave avec vue sur la vieille ville !
Distance parcourue dans la journée : 770 kilomètres
J4 : Jeudi 12 juin 2014
Un passant sans doute éméché a hurlé en pleine nuit, un camping-car a démarré à 3 heures du matin. Bref, la nuit a été loin d'être paisible. Mais puisque nous sommes réveillés, autant en profiter pour nous mettre en route dès 6 heures.
Le but de la journée est de rallier Hirtshals au Danemark où nous avons réservé à 18 heures une traversée en ferry à destination de la Norvège.
En partant de bonne heure, nous devrions même avoir le temps de faire un peu de tourisme au Danemark.
En attendant, nous nous relayons au volant de Pössl.
A 8 h 45, nous passons la frontière entre l'Allemagne et le Danemark.
Sur le coup de midi, nous nous octroyons une pause prolongée ainsi qu'une sieste à l'arrière du camping-car, histoire de récupérer un peu de notre mauvaise nuit. Nous apprécions !
Puis les kilomètres s'enchaînent à nouveau. Pössl se comporte bien sur l'autoroute et se révèle plutôt économe en carburant, ce qui est une bonne surprise.
Il fait très beau mais plus on avance vers le Nord, plus le vent forcit. Le rideau d'arbres le long de l'autoroute ploie sous les rafales. Les pales des éoliennes tournent à plein régime.
Ce vent annonce également une mer démontée et par conséquent une traversée en ferry qui risque d'être houleuse.
Il est 14 h 30 quand nous arrivons à proximité de Hirtshals, ce qui nous laisse effectivement un peu de temps pour jeter un œil à la dune de Rabjerg Mile, à une quarantaine de kilomètres à l'est de cette ville.
Il s'agit d'une dune littorale mobile, la plus grande d'Europe du Nord, que le vent déplace de 18 mètres par an.
A peine sortis du camping-car, le sable soulevé par le vent nous cingle les mollets, pique les yeux et s'infiltre dans nos vêtements.
Seuls quelques téméraires kitesurfeurs semblent être dans leur élément !
Rien ne résiste à la force des éléments, pas même ces cailloux rangés en ligne par le dieu Eole.
La mer est blanche d'écume et pour ne pas être trop exposé, il vaut mieux s'abriter derrière les herbes dunaires.
A ce compte-là, nous ne nous attardons pas davantage dans les courants d'air mais poussons jusqu'à la petite ville de Skagen où tout en arpentant les rues piétonnes du centre, un cornet de glace à la main, nous en oublierions presque l'heure.
Zut, déjà 16 heures ! Or le check-in pour le ferry se fait à partir de 17 heures, nous avons juste le temps d'arriver.
Embarquement immédiat pour un départ comme prévu à 18 heures.
Il y a un peu plus de deux heures de traversée, mais le capitaine (?) annonce un peu de retard à l'arrivée. En raison des mauvaises conditions de mer, la vitesse du navire sera réduite du moins pendant la première heure. Pendant la deuxième heure, la mer est plus calme et le beau temps au rendez-vous à l'arrivée à Kristiansand avec 20 degrés.
Nous n'avons pas de mal à trouver où passer la nuit. J'avais repéré une possibilité de stationnement en bord de mer le long de la promenade côtière.
Petite promenade vespérale… sous le regard de la lune (il est 22 h 30). Sacrée journée encore !
Distance parcourue dans la journée : 610 kilomètres
Notre fidèle "Pössl"

De la vallée de Setesdal à Øygardstølen : de la neige sur les hauteurs !
J5 : Vendredi 13 juin 2014 La nuit a été excellente et réparatrice. Le réveil agrémenté par le piaillement des goélands se fait sous un soleil radieux. Quelle chance !
Malgré tout, la mise en route est un peu laborieuse. D'abord il faut attendre l'ouverture des banques dans le centre-ville afin de faire un peu de change. A 9 heures, c'est chose faite, nous prenons alors la route 9 traversant la belle vallée de Setesdal avec ses forêts de bouleaux et de sapins et ses lacs à chaque virage.
Un nouvel arrêt pour quelques courses (entre autres, un poulet rôti pour ce midi) puis un autre pour les indispensables corvées liées au camping-car (vidanges/remplissage d'eau).
Ça y est, on va véritablement pouvoir rouler ! Pas très vite, d'ailleurs ! Car on se rend immédiatement compte qu'en Norvège, les routes sont étroites, surtout pour un camping-car (pourtant Pössl n'est pas bien gros) et les vitesses limitées (70 km/h sur routes R et F, 40, 50 ou 60 dans et à proximité des agglomérations).
Tout le long de la vallée, de charmants villages aux maisons traditionnelles : Evje, Byggland, Rysstad.
A Rysstad justement, nous quittons la Rv9 pour la Fv337 puis Fv987, des routes de montagne à une seule voie de circulation, ponctuées ça et là d'espaces pour se croiser… heureusement ! Pas très facile de conduire dans ces conditions, surtout qu'il y a du monde et que la route grimpe jusqu'à plus de 1000 mètres d'altitude.
Mais les paysages sont éblouissants !
La région est truffée de lacs d'altitude, encore partiellement gelés, aux couleurs allant du bleu turquoise au vert émeraude.
La neige est encore abondante à cette altitude, une situation que nous n'avions pas anticipée en programmant une randonnée vers le refuge de Øyuvsbu. Dans ce secteur, les congères sont plus hautes que le camping-car. Le parking n'est même pas visible. Bien sûr, la balade tombe à l'eau.
En revanche, nous avions bien noté que quelques kilomètres plus loin se trouvait une belle aire de pique-nique au bord du Roskreppfjord dotée d'un accès WIFI gratuit.
C'est alors le moment de faire la pause déjeuner (zut, le poulet rôti est resté sur le tapis roulant de la caisse du magasin !) puis de donner les premières nouvelles de Norvège à nos proches.
Voici la vue à travers la vitre arrière du camping-car !
La dernière portion de route (Fv986 qui devient Fv500 en changeant de comté !) va tout doucement nous conduire vers Lysebotn en fond de fjord en passant de près de 900 mètres d'altitude au niveau de la mer. Autant dire qu'on va enchaîner des virages en lacets serrés !
Mais nous, on s'arrêtera avant la fin, à 600 mètres d'altitude. La suite de la descente sera pour demain.
Sur le trajet, des torrents, des cascades… et encore des lacs aux couleurs incroyables parsemés d'icebergs !
Soudain, dans un des lacets de la route, apparaît notre destination de ce soir : Øygardstølen ou "nid d'aigle" en norvégien. On comprend vite pourquoi en découvrant l'exceptionnel point de vue qui domine de plus de 600 mètres le Lysefjord ainsi que petit hameau de Lysebotn en contrebas. Vertigineux !
C'est aussi le point de départ de la randonnée de Kjeragbolten.
En repérant un peu les lieux, on rencontre un couple de jeunes Ecossais qui comme nous a l'intention de faire demain cette mythique randonnée. Ils ont planté leur tente en contrebas du nid d'aigle.
Quant à nous, nous prévoyons de passer la nuit sur le parking même si celui-ci n'est censé être qu'un lieu de stationnement de jour. Précisons aussi qu'il est payant dans la journée (100 NOK) comme beaucoup de parkings au départ de lieux de randonnées.
Pour le moment, nous en profitons pour déployer nos chaises pliantes et nous relaxer devant ce panorama d'exception.
Distance parcourue dans la journée : 200 kilomètres
Neige à 1 000 mètres !

Randonnée de Kjeragbolten et croisière sur le Lysefjord
J6 : Samedi 14 juin 2014
Nous voici à l'aube de notre première randonnée en Norvège, l'une des plus mythiques du pays. Il s'agit de Kjeragbolten, un gros rocher ovale coincé dans une crevasse entre deux parois écartées d'environ deux mètres, 1 000 mètres au-dessus du Lysefjord.
Il fait un temps splendide. Nous sommes samedi, parions qu'il y aura du monde !
Mais nous avons l'avantage d'être sur place, alors à 7 heures, c'est parti ! Bien qu'il y ait déjà quelques voitures sur le parking, nous sommes manifestement les seuls à démarrer à cette heure-ci.
Sur le seuil de leur tente, les Ecossais rencontrés hier soir nous font signe. Sur le panneau d'information au début du sentier, le profil du trail donne une bonne idée de ce qui nous attend : un enchaînement de trois "buttes" séparées par une descente et par conséquent une nouvelle montée à chaque fois.
Temps estimé : 6 heures avec 700 mètres de dénivelé !
Ça commence immédiatement très fort à l'aide de chaînes !
Au bout d'une vingtaine de minutes, une fois sur la première crête, nous distinguons les trois premiers poursuivants puis dix minutes plus tard, le couple écossais.
L'effort est intense et les genoux souffrent !
Quelques passages sont un peu délicats mais jamais dangereux grâce à l'installation de cordes et de chaînes.
Nous avançons doucement mais sûrement, toujours seuls. Nos poursuivants n'ont pas l'air de nous rattraper.
Aux crêtes encore partiellement enneigées succèdent des plateaux rocheux couverts de cairns et des mares où se mirent de gros rochers ronds.
Au bout d'une heure, nous croisons quelques randonneurs dont le matériel transporté laisse à penser qu'ils ont campé là-haut. Au bout de deux heures, un couple peu chargé ayant probablement commencé la rando aux aurores.
Tout à coup, se confondant avec la pierre, un cairn un peu particulier retient notre attention ;-) En s'approchant, on dérange ce lagopède alpin.
Il reste de la neige un peu partout mais à partir de la troisième heure, nous devrons traverser plusieurs névés importants.
Vers 10 heures, à hauteur de ce grand panneau indicateur, nos poursuivants se rapprochent. Nous ne sommes plus très loin de notre but.
Les deux Ecossais nous suivent sur une fausse piste mais sans quoi nous aurions sans doute raté cette vue fantastique sur le Lysefjord.
Pendant ce temps, les trois autres, des Asiatiques (une jeune femme et ses parents), plus malins, nous coiffent sur le poteau et atteignent Kjeragbolten les premiers.
Le must, c'est de poser sur le fameux rocher. Mais aucune des personnes présentes n'a le cran pour le faire. Le mieux que j'aie pu tenter, c'est de m'en approcher par le haut.
La vue est tout simplement vertigineuse !
Au moment même où nous quittons les lieux arrive le gros de la troupe. Tout au long du trajet de retour, nous assistons, amusés et effrayés, à une procession ininterrompue de randonneurs, entraînant des embouteillages dans certains passages de chaînes.
Nous ne pouvons que nous féliciter d'avoir démarré tôt.
Les chiffres de cette randonnée : 11,6 km parcourus en 5 heures et demie avec 711 mètres de dénivelé et un point culminant situé à 1031 mètres.
La journée n'est pas finie, loin de là. Nous avons prévu de nous rapprocher dans l'après-midi de notre randonnée de demain, une autre randonnée mythique, celle de Preikestolen.
Le moyen le plus rapide pour le faire, c'est d'emprunter le ferry au départ de Lysebotn (le petit hameau au fond du Lysefjord) à destination de Forsand.
Pour rejoindre Lysebotn, il faut descendre là… c'est-à-dire par Lyseveien, 27 virages en épingles à cheveux, une pente de 10% suivie d'un tunnel, autant dire qu'il faut mettre la bride à Pössl. Descente en seconde ! Impressionnante !
J'avais noté un départ de ferry à 15 h 30 et le suivant à 18 heures. Dès 14 heures, nous faisons la queue sur le quai en compagnie de plusieurs autres véhicules. Au fur et à mesure que l'heure avance, nous voyons plusieurs de ces véhicules sortir de la file, faire demi-tour et repartir par la route. Curieux !
Renseignements pris, il s'avère qu'il y a un seul ferry à 18 heures le samedi, mince ! Tant pis, nous attendrons, car par la route cela représente près de 150 km soit 3 à 4 heures de trajet. Par le ferry, ce sont deux heures de traversée reposantes et divertissantes suivies de moins de 20 km de route.
Alors en attendant, un peu de lecture, une sieste à l'arrière du camping-car et une balade jusqu'à la cascade proche de l'embarcadère pour passer le temps.
A 18 heures, comme prévu, nous embarquons pour deux heures au fil de l'eau, agrémentées de quelques points d'intérêt remarquables commentés par le capitaine du ferry.
Des falaises impressionnantes !
Des cascades dégringolant de près de 1 000 mètres de hauteur !
Le rocher de Kjerag vu d'en bas ! Dire que nous étions là-haut il y a quelques heures !
Une colonie de phoques !
Un avant-goût de ce que nous verrons demain ! Là-haut, le Preikestolen ou rocher de la Chaire, une imposante falaise qui culmine à 604 mètres au-dessus du fjord.
Zoom sur le rocher surmonté d'une plate-forme de 25 x 25 mètres d'où nous contemplerons la vue demain.
Enfin, le clou de la croisière : un défilé rocheux dans lequel le ferry va s'engager à la plus grande surprise des passagers interloqués avant de faire machine arrière au pied de la muraille. Bluffant !
Au pied de cette montagne toute en rondeur, Forsand marque la fin de la traversée pour nous. Nous avons adoré cette croisière !
Il nous reste maintenant une quinzaine de kilomètres à parcourir sur la Rv 13 pour rejoindre Jørpeland. Sur le quai de la marina, un certain nombre de camping-cars sont déjà serrés les uns contre les autres. On n'a pas très envie de se joindre à eux. En passant, j'avais repéré une aire de pique-nique sur la route, un peu avant l'entrée du village. L'endroit nous convient parfaitement.
Encore une journée bien remplie et une première randonnée d'exception en terre viking !
Distance parcourue dans la journée : 40 kilomètres.
Vue sur le Lysefjord

Du Preikestolen (ou Rocher de la Chaire) à… Stavanger
J7 : Dimanche 15 juin 2014
Pressés de nous mesurer au Preikestolen, nous tombons du lit dès 5 h 30… un horaire idéal pour commencer tôt une journée de randonnée sauf que… ce matin le beau temps se laisse désirer. Le ciel est bouché et des nuages bas masquent les sommets.
Mais le temps pourrait changer au cours de la journée… let's wait and see !
En revanche, ce temps libre va nous être très utile pour régler une urgence : faire le plein d'eau et la vidange des eaux sales, sinon ce soir pas de douche !
C'est ainsi que nous nous retrouvons à 6 h 30 à Jørpeland en train de procéder à ces opérations, en tentant de ne pas réveiller les occupants des camping-cars garés sur le port, bien moins matinaux que nous.
Une fois la mission accomplie et malgré une météo incertaine, nous filons vers Preikestolenhytta, distante d'une dizaine de kilomètres et point de départ vers Preikestolen, cette falaise de 604 mètres de hauteur plongeant à pic dans le Lysefjord. Nous l'avions admirée hier depuis le ferry.
La taille du parking (payant off course) laisse augurer de la fréquentation des lieux. Avec plus de 200 000 visiteurs par an, c'est un des sites touristiques majeurs du pays.
Le ciel étant toujours nuageux, nous finissons notre nuit à l'arrière du camping-car.
Vers 9 heures, quelques timides éclaircies annoncent une possible amélioration. Hop, on abrège notre dodo et on décide d'y aller. Entre-temps, le parking a commencé à se remplir sérieusement.
Néanmoins, la file des randonneurs est plus étalée qu'hier, les nuages ayant sans doute fait hésiter beaucoup de monde.
Un chemin empierré aménagé en marches inégales (aïe, les genoux !) nous fait rapidement prendre de la hauteur à travers la forêt avant de dominer une vaste zone boisée ponctuée de petits lacs.
La couleur du ciel s'est bien arrangée depuis ce matin.
Ce paysage verdoyant ne tarde pas à laisser place à un univers plus minéral alors que le sentier longe le bord de la falaise surplombant le Lysefjord.
Le rocher de la Chaire commence à se détacher au loin.
Nous ne sommes évidemment pas tout seuls. D'ailleurs en cours de route, nous reconnaissons un certain nombre de randonneurs croisés la veille, notamment les trois Asiatiques qui nous font un petit coucou.
La montée via Hill Trail nous permet de mieux prendre la mesure de cette étonnante plate-forme rocheuse dont les dimensions font penser à une piste de danse. Vous remarquerez qu'il n'y a aucune barrière de protection nulle part. Certains n'hésitent pas à s'asseoir au bord, les jambes pendant dans le vide. Brrr ! La sécurité du lieu fait débat depuis de nombreuses années mais les autorités locales estiment qu'elles ne sont pas responsables des risques que prennent les touristes.
Le beau temps est vraiment bien installé alors que nous prenons le chemin du retour. Moralité : en Norvège, il vaut mieux ne pas se précipiter et laisser le temps au ciel de se découvrir.
Les chiffres de la randonnée : 7,5 kilomètres en moins de 4 heures avec 400 mètres de dénivelé et un point culminant à 604 mètres.
Une randonnée à ne pas manquer vers un site exceptionnel !
En dehors de la nature, la Norvège compte également quelques jolies villes. Selon nos recherches, Stavanger ne manquerait pas d'atouts. C'est ce que nous avons l'intention de vérifier cet après-midi.
Cap sur la petite localité de Tau où nous laissons le camping-car sur le parking du port. Un tarif de 40 NOK (5 €) permet d'y rester 24 heures, c'est parfait. Le lieu pour passer la nuit est ainsi tout trouvé.
Un ferry à destination de Stavanger est déjà à quai. Nous avons juste le temps de sauter à bord pour une petite demi-heure de navigation.
Le centre-ville de Stavanger s'organise autour d'un joli port.
Du bord de l'eau, des ruelles tranquilles montent vers la vieille cité en bois.
Ce passage en ville est aussi l'occasion de dîner au restaurant. NB Sørensens, l'une des meilleures tables sur le front de mer, nous disait bien mais manque de chance, c'est complet. On nous oriente alors vers Bevaremegvel Restaurant.
Préparés par un chef français, les plats de poissons (saumon et cabillaud) sont délicieux mais l'addition est indiscutablement… norvégienne !
Le ferry nous ramène à Tau vers 22 heures. Encore une journée de "ouf "(comme disent les jeunes) !
Distance parcourue dans la journée : 50 kilomètres.
Le rocher du Preikestolen

De Tau à Odda : des chutes de Låtefossen au glacier Buer
J8 : Lundi 16 juin 2014
Une nouvelle randonnée aujourd'hui? Oui, mais pas tout de suite, ce matin il faut d'abord rouler afin de rejoindre Odda, notre prochaine étape.
Le soleil est toujours de la partie en ce quatrième jour passé en Norvège. On croise très fort les doigts.
Le trajet se fait sur la Rv 13, une route classée "route nationale touristique" traversant la région du Ryfylke entre fjords verdoyants et montagnes abruptes.
Bien qu'il n'y ait que 200 kilomètres jusqu'à Odda, cette distance va nous prendre beaucoup plus de temps que prévu pour plusieurs raisons : - l'étroitesse de la route et la vitesse limitée - l'enchaînement incessant de tunnels - un passage en ferry entre Hjelmeland et Nesvik
Enfin, quelques points d'intérêt sur la route méritent eux aussi un arrêt. A vrai dire, si on s'écoutait, on s'arrêterait à tout bout de champ mais parfois les accotements ne le permettent pas.
Ici, cet îlot au beau milieu d'un fjord pour lequel nous n'avons pas hésité à faire demi-tour afin de le mettre dans la boîte.
Là, les chutes de Låtefossen, dévalant la montagne dans un bruit assourdissant !
En partant à 7 h 30 de Tau, nous avons fini par arriver au parking du glacier Buer vers 13 h 30. Pour une fois, le parking n'est pas payant (du moins pas pour l'instant), un fait rare en Norvège.
Une heure plus tard, après le déjeuner, nous sommes prêts à randonner vers le glacier.
La langue glaciaire de Buer fait partie du Folgefonna qui, avec sa calotte couvrant 168 km2 et une épaisseur de glace de 400 mètres par endroits, est le troisième plus grand champ de glace du pays.
Le sentier commence à longer un torrent où une double haie d'inukshuk, ces empilements de pierre adoptant une forme humaine, nous indiquent la direction à suivre.
Ce torrent glaciaire sera un peu le fil conducteur de la randonnée.
Nous aurons à le traverser à plusieurs reprises par des moyens plus ou moins précaires.
Une passerelle suspendue… même pas peur ;-)
Un petit pont métallique facile !
Une poutre en bois… ah, ha…moins fière, la randonneuse !
Il y aura encore des cordes, des chaînes, des échelles, bref un parcours amusant mais pas de tout repos… avant de commencer enfin à entrevoir le glacier !
Premier aperçu de la langue glaciaire…
… et coup d'œil sur la vallée laissée derrière nous.
Fin de la randonnée autour de 700 mètres d'altitude. Le torrent devient infranchissable et s'aventurer seul sur le glacier serait risqué.
En revanche, sa contemplation ne présente pas de risque alors on contemple sans modération ses séracs aux reflets bleutés !
Tiens mais qui voilà ? Les trois Asiatiques (papa, maman et leur grande fille) que nous croisons pour la troisième journée consécutive. Ils ont copié notre roadbook ? En tout cas, ils comptent bien tout comme nous faire demain la célèbre randonnée de Trolltunga… de bonne heure, précise la jeune femme, départ prévu à 7 h 30. Comme nous… Au fait, je n'ai pas précisé, mais ils sont Sud-Coréens et viennent de Séoul.
Rendez-vous est pris pour demain !
Les chiffres de notre balade d'aujourd'hui : 5,5 kilomètres en 3 heures aller/retour avec 300 mètres de dénivelé. Une randonnée un peu moins prestigieuse que les précédentes mais ludique et sportive à la fois… bref, très sympa aussi !
Ce soir, nous choisissons un camping pour passer la nuit, en l'occurrence Odda Camping, joliment situé au bord du Sandvinsvatnet et juste au début de la vallée de Buer, avant tout pour pouvoir laver notre linge, car impossible de trouver une laverie en ville.
Le programme de la soirée est donc tout tracé : lavage et séchage du linge, accessoirement un peu d'Internet et surtout dodo de bonne heure car demain nous attaquons un gros morceau, une randonnée de légende à destination de la langue du Troll (Trolltunga) soit 22 kilomètres aller/retour. A suivre…
Distance parcourue dans la journée : 205 kilomètres
Buer Glacier

De la langue du Troll (Trolltunga) aux… rues de Bergen !
J9 : Mardi 17 juin 2014
La nuit fut si paisible dans le camping au bord du lac à Odda que nous émergeons avec difficulté à 7 heures passées. Nous espérions être au point de départ de notre randonnée à 7 h 30, c'est raté.
Le temps de déjeuner, de tout préparer et d'arriver à Skeggedal (à côté de Tyssedal), il est déjà 9 heures quand nous sommes enfin prêts à randonner. Nos nouveaux amis coréens doivent être bien loin déjà !
Nous avons une chance inouïe avec la météo. Il fait toujours un temps magnifique.
Trolltunga, c'est ce rocher en forme de langue tirée, une sorte de plongeoir de pierre dominant de près de 1 000 mètres les eaux du Ringedalsvatnet.
Plus de 22 kilomètres aller/retour nous attendent pour une durée estimée entre 8 et 10 heures. Serons-nous à la hauteur ?
A ce propos, pour commencer à prendre de la hauteur et passer en 1,5 kilomètre du parking (440 mètres) au sommet de Magelibanen (860 mètres), le randonneur a le choix entre un sentier raide à travers la forêt ou la voie directe en suivant la ligne d'un funiculaire désaffectée.
Plus de 2 000 marches à claire-voie sur une pente à plus de 40 % par endroits… non merci ! Nous préférons le plancher des vaches même s'il est escarpé et rugueux.
500 mètres de dénivelé plus tard, nous arrivons au sommet du funiculaire, bien moins essoufflés que ceux qui ont opté pour la montée des marches.
Il est 10 h 30. Les panneaux au sommet de Magelibanen indiquent qu'il reste trois heures trente jusqu'à Trolltunga, ce qui devrait nous faire arriver vers 14 heures.
Un chemin large et agréable nous conduit maintenant dans une vallée occupée par des lacs au bord desquels les Norvégiens ont construit de petites maisons de vacances. Comment font-ils pour y amener tout leur ravitaillement ? Aucune route ne dessert l'endroit et le funiculaire n'est plus en fonction.
Mais ce passage facile est de courte durée. Quand le sentier tourne vers l'est, il faut à nouveau donner un coup de collier pour franchir les 300 mètres de dénivelé qui nous séparent du point culminant.
A mi-pente, un arrêt est bienvenu pour souffler un peu et admirer la vue sur les lacs et le glacier Folgefonna derrière nous.
La récompense est au bout de l'ascension avec ce point de vue saisissant sur le lac Ringedalsvatnet, à plus de 1 000 mètres d'altitude. Il est midi.
Les plus grosses difficultés étant maintenant derrière nous, ce n'est plus qu'une question de distance. Mais il faut pouvoir la tenir tout en… crapahutant sur des rochers, en sautant par-dessus des ruisseaux, en esquivant des flaques de boue, en traversant des névés.
Pour notre information, tout au long du trajet, des pancartes indiquent la distance parcourue et la distance restante Quand le nombre de kilomètres restant devant nous est inférieur à celui laissé derrière nous, ça fait du bien au moral.
Le dernier kilomètre est le plus dur d'autant que le ciel commence à s'assombrir et que l'hypoglycémie nous guette. Vivement qu'on arrive !
Et on y est arrivés… à 13 h 30 soit au bout de 4 heures et demie. Ouf, on est dans les temps ! Quant aux Coréens, ils sont déjà sur le point de quitter les lieux. Contrairement à nous, ils ont tenu leur horaire en débutant à 7 h 30. Chapeau ! Après nous être sustentés, nous faisons comme tout le monde, la queue pour l'incontournable photo sur la langue du Troll. 669 à 678
Il ne fait pas très chaud et on ne s'attarde pas davantage. Pourvu qu'il ne pleuve pas ! A 14 heures, on se remet en route pour le trajet retour, étonnés de rencontrer autant de monde jusque tard dans l'après-midi alors que le ciel devient de plus en plus menaçant.
Le retour est long avec quelques baisses de régime mais avec une friandise par ci, une orange par là, nous tenons le coup.
Pour gagner du temps sur la fin, on tente la variante par les marches du funiculaire mais, on abandonne presque aussitôt, préférant la voie classique par le sentier, plus longue mais plus sûre.
Le dernier kilomètre est à nouveau le plus difficile, on n'en voit plus le bout. Quand le sentier et le funiculaire se rejoignent, Hervé décide de finir la descente par les marches, il en restait 670 (il les a comptées). Il espérait ainsi me coiffer sur le poteau mais c'est moi qui l'ai attendu en bas ;-)
Il est 18 heures… fin de la randonnée ! Bilan : nous avons mis 9 heures, toutes pauses comprises.
Encore une randonnée remarquable à classer dans le top 3 des randonnées en Norvège ! Sans doute l'une des plus marquantes et des plus exigeantes que nous ayons jamais effectuées, toutes destinations confondues.
Nous sommes donc satisfaits et rassurés sur nos capacités mais… lessivés.
Plus le courage de bouger le camping-car ce soir. Nous passons par conséquent la nuit sur place. Alors que nous dînons, il se met à pleuvoir. Serait-ce la fin du beau temps ?
Distance parcourue dans la journée : - en véhicule seulement …15 kilomètres - à pied… 22,4 kilomètres avec un dénivelé de 966 mètres.
J10 : Mercredi 18 juin 2014
Malgré un peu de pluie hier soir, miracle, il fait à nouveau beau avec déjà 13 degrés de bon matin. Aujourd'hui, pas de randonnée prévue, seulement un peu de marche en ville. En effet le projet de cette journée est de rejoindre la ville de Bergen à 200 kilomètres.
Réveil matinal et départ dans la foulée à 6 h 30.
Première étape sur la Rv 13 jusqu'à Kinsarvik où nous arrivons juste à temps pour le ferry de 7 h 40 à destination de Utne puis Kvanndal (durée : 50 minutes).
Nous sommes seulement quatre véhicules à embarquer. Comme les trois autres débarquent à Utne où personne n'embarque, nous restons seuls à bord jusqu'à Kvanndal.
Incroyable, on se croirait en croisière privée !
Nous longeons ensuite le Hardangerfjord dédié à la culture d'arbres fruitiers (le verger de la Norvège) jusqu'à Norheimshund.
Puis notre itinéraire s'écarte du fjord pour se rapprocher de Bergen avec toute une série de ponts, de tunnels et de portions de route… payantes. Mais ne cherchez ni guérite, ni barrière, ici tout est automatisé. Seule une petite caméra photographie votre plaque d'immatriculation.
Pour payer quand vous êtes étranger, le plus simple est de souscrire au Visitor's Payment sur le site Internet Autopass. Attention, il faut une carte de crédit valable plus de trois mois après le jour de sortie prévu, ce qui n'était pas notre cas. Nous n'avons donc pu nous enregistrer que pour la moitié de notre séjour. Par la suite, nous avons voulu payer dans les stations-service indiquées par "KR" (normalement habilitées) mais dans la réalité personne n'a su, voulu ou pu encaisser notre dû. Notre loueur de camping-car devrait donc recevoir une facture du montant des péages restants. Bref, c'est assez pénible comme système.
Revenons à Bergen… où nous sommes arrivés vers 10 h 30, ce qui est plutôt une bonne moyenne pour 200 km dont un passage en ferry. Mais alors que nous pensions la destination presque atteinte, les difficultés de navigation vont mettre nos nerfs à rude épreuve.
Le parking dédié aux camping-cars que j'avais repéré n'existe plus (c'est un chantier maintenant). Au centre-ville la hauteur des parkings est limitée à 1,90 mètre… impossible pour notre Pössl. Nous tournons en rond pendant une heure et étions sur le point de laisser tomber la visite de Bergen quand un Norvégien fort aimable a pu nous indiquer un stationnement à la hauteur de Pössl. Stationnement payant, cela va de soi ;-)
Ouf, nous pouvons enfin consacrer quelques heures à la découverte de la ville, notamment le quartier ancien de Bryggen avec ses entrepôts restaurés ainsi que le marché aux poissons où les poissonniers attirent le chaland dans toutes les langues.
Bryggen, le vieux quai de Bergen, rappelle l'importance commerciale de la ville du XIVème au début du XVIème siècle. De nombreux incendies, dont le dernier en 1955, ont ravagé ces maisons typiques en bois. Leur reconstruction a été fidèle aux modèles et méthodes traditionnels. Ce sont ainsi environ 62 bâtiments qui subsistent dans ce quartier ancien.
Brochettes de poissons et crevettes seront au menu de notre déjeuner.
Mais Bergen n'est qu'une étape, ce soir j'ai prévu de rallier le Nærøyfjord, à 150 kilomètres. Aïe, encore beaucoup de route en perspective !
Pour accélérer le mouvement, nous optons pour l'E16, une route rapide (mais pas une autoroute !) faite d'une succession presque ininterrompue de tunnels. Car les Norvégiens sont les champions pour ce type d'ouvrages. Il n'y a quasiment aucun trajet dans ce pays montagneux sans un ou plusieurs tunnels. Qu'ils soient longs d'une centaine de mètres ou jusqu'à 5, 10, 15 voire 25 kilomètres pour le plus long, ils sont souvent construits à flanc de fjord et permettent de désenclaver des régions entières.
L'arrivée dans le Nærøyfjord se fait sous la pluie.
Il est 19 heures. Après un dernier tunnel de six kilomètres à une seule voie de circulation, nous voici à Bakka, petit hameau isolé au bout d'une route en cul-de-sac. Nous garons Pössl au bord du fjord, sur un coin de pelouse, juste après l'église. Un endroit très calme au bout du monde ou… presque !
Entre deux averses, en guise de balade vespérale, nous poussons à pied jusqu'au bout de la route. C'est là que débute le sentier montant à Rimstigen prévu pour demain matin, en espérant que la pluie ne vienne pas compromettre le projet.
Distance parcourue dans la journée : 330 kilomètres
En chemin vers Trolltunga

Le Nærøyfjord, vu d'en haut et vu d'en bas !
J11 : Jeudi 19 juin 2014
Il a plu toute la nuit et il pleut toujours au réveil. Ce n'est donc pas la peine de se presser, grimper sur les hauteurs de Rimstigen semble compromis.
Néanmoins pas le temps de s'ennuyer car il y a du spectacle sur le ponton de bon matin. Alors qu'il doit faire moins de dix degrés dehors, voilà une jeune femme en maillot de bains en train de faire ses exercices de yoga avant de plonger en compagnie de son mari dans l'eau (sans doute glaciale !) du fjord. Ce sont des Allemands, voyageant dans un van probablement exempt de douche. C'est le fjord qui leur fait office de salle de bains ;-)
Tout à l'observation de leur exhibition, nous n'avons même pas vu que la pluie avait cessé. La randonnée vers Rimstigen est aussitôt remise sur le tapis. Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur ce sentier, sauf qu'il est escarpé, qu'il permet de belles vues sur le fjord et que sa durée est de 4 heures.
Mais il est déjà 9 heures. Or à 12 h 15, nous avons prévu de prendre le ferry à destination de Kaupanger, une alternative aux interminables tunnels de l'E16 et une autre façon d'apprécier ce fjord, le plus étroit du pays.
Nous avons par conséquent un peu plus de deux heures devant nous, pas tout à fait suffisantes pour mener la randonnée à son terme. Le but est donc de grimper pendant environ une heure à une heure et demie, histoire de bénéficier de la vue puis de redescendre afin d'attraper le ferry à l'heure.
Le sentier grimpe effectivement très raide dans la forêt. A chaque lacet nous espérons en sortir pour profiter d'une vue dégagée. Mais un écran de verdure se met sans cesse entre nous et le fjord. Finalement, au bout d'une heure et quart d'ascension, arrivés à 460 mètres d'altitude sans meilleur point de vue, nous en restons là. Le sommet se trouverait à plus de 700 mètres d'altitude.
La vue n'est déjà pas mal, non ?
Après avoir admiré le Nærøyfjord depuis le haut, il est maintenant l'heure de le voir d'en bas au cours d'une traversée en ferry de deux heures et demie entre Gudvangen et Kaupanger.
C'est à Bakka, le petit hameau où nous avons passé la nuit, que le fjord est le plus étroit avec seulement 250 mètres de large. Nous revoyons au passage notre lieu de bivouac, juste à côté du ponton. Sans doute l'un des meilleurs de tout le voyage. 1284
Là Tufto, encore plus isolé à l'extrémité de la route.
Un peu partout des cascades jaillissent de la montagne et se jettent du haut des falaises.
Deux cars de touristes français sont à bord et occupent toutes les meilleures places assises à l'avant du pont.
Mais quand le vent se lève au confluent duNærøyfjord et de l'Aurlandsfjord, ils se retranchent tous dans la cabine, laissant le pont désert.
Alors nous nous empressons de prendre leur siège afin de profiter du calme et de la sérénité de cette fin de croisière.
Il est 14 h 45 quand nous débarquons à Kaupanger.
Tantôt sous le soleil, tantôt sous les nuages, tantôt sous la pluie, chaque vallée se livre sous une lumière différente tout au long des 150 kilomètres qui nous séparent de Loen, notre étape du soir.
A l'approche du parc national de Jostedalsbreen, le glacier brille au soleil et dégringole presque jusque sur la route.
En revanche, à Loen, c'est le crachin et les nuages bas qui nous accueillent.
Après avoir tourné sur la Fv 723, une route longeant le lac Lovatnet et aboutissant dans des vallées glaciaires, nous décidons de ne pas poursuivre plus loin. Les glaciers seront pour demain, du moins si la météo le permet.
Un peu après le camping de Sande, nous trouvons un lieu de bivouac qui nous convient, avec vue sur le lac et les cascades hélas, à travers un voile de brouillard !
Distance parcourue dans la journée : 165 kilomètres
Le Nærøyfjord vu d'en haut

Du glacier de Kjenndal (Loen) aux fermes de Homlongsetra (Geirangerfjord)
J12 : Vendredi 20 juin 2014
Surprise, il fait plutôt beau ce matin, ce qui va nous permettre d'ajouter un nouveau glacier à notre palmarès. En effet, à l'extrémité de la vallée de Lodalen (Fv 723) deux embranchements mènent vers des langues glaciaires, l'une du Bødalsbreen, l'autre du Kjenndalsbreen.
En première intention, c'est le glacier Bødal que nous avions retenu car il offrait en outre une belle opportunité de randonnée. Malheureusement la petite piste d'accès, sans doute trop étroite, est interdite aux camping-cars. Nous nous rabattons par conséquent sur le Kjenndalsbreen. Le dernier tronçon de la route gravillonnée qui y mène est payant (système d'enveloppe) car privé.
Nuages et éclaircies se partagent le ciel mais le thermomètre n'affiche pas plus de 9 degrés ce matin.
C'est donc bien couverts que nous parcourons le court sentier menant au pied de la coulée de glace. Approcher les glaciers en Norvège est vraiment à la portée de tout le monde, ici la langue glaciaire descend jusqu'à 200/300 mètres d'altitude.
Après cette petite excursion matinale, il est temps quitter Loen non sans repasser une nouvelle fois le long de ce très beau Lovatnet. Sous le soleil, le lac présente maintenant un aspect bien plus avenant.
En cours d'après-midi, nous avons prévu d'être dans le Geirangerfjord, l'un des fjords les réputés du pays, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Nous suivons la route 15.
Pour le moment c'est le lac de Stryn qui fait office de décor à notre déjeuner alors que de petites averses viennent rincer de temps à autre notre pare-brise, vite oubliées avec le retour du soleil
En laissant la vallée de Stryn derrière nous, l'impression de beau temps prédomine encore.
Pourtant, chaque virage de cette route 15 nous rapproche un peu plus des nuages.
Et dire que nous voulions faire un détour par la Gamle Strynefjellsvegen ("route de montagne du vieux Stryn ou Rv 258), une route touristique nationale à une seule voie de circulation, traversant un plateau ponctué de cascades et de lacs aux eaux turquoises (dixit notre documentation).
A l'embranchement de cette fameuse route, il faut se rendre à l'évidence. Le détour sous les nuages bas ne vaut pas le coup, prenons plutôt la "nouvelle" route et ses trois tunnels.
A leur sortie, nous débouchons sur un haut plateau à plus de 1000 mètres dans une ambiance hivernale. Cinq degrés seulement au thermomètre, des giboulées de neige, et le lac de Djupvatnet encore partiellement gelé émergeant du brouillard à la faveur d'un coin de ciel bleu. Magnifique et un peu irréel !
A ce stade, on aurait pu faire un nouveau détour sur une route à péage vers le belvédère de Dalsnibba (1500 mètres d'altitude), le point de vue le plus élevé et le plus spectaculaire (paraît-il) donnant sur le Geirangerfjord. Mais avec tous ces nuages, pas la peine !
Alors nous amorçons la descente vers Geiranger en passant de 1 050 mètres au col au niveau zéro dans le fjord, je vous laisse imaginer ! Il vaut mieux avoir de bons freins.
Un petit coup d'œil sur le paysage champêtre à souhait avec ces adorables petits chalets d'alpage à flanc de montagne.
Bonne surprise, à Geiranger, "the weather isn't so bad"… comme diraient les Américains. Voilà qui va nous permettre de compléter notre programme du jour par une randonnée, il est seulement 14 h 30.
Haut lieu du tourisme de croisière, deux paquebots à l'ancre ont déversé un flot de touristes dans les rues du petit village. Mais en prenant la direction de Homlong, personne ou… presque !
A part une famille américaine de l'Ohio et un couple de Français, pas un chat sur le parcours de randonnée entre Homlong et Homlongsetra.
A travers bois et fougères, le sentier suit le bord du fjord en aménageant de jolis points de vue.
Ici on aperçoit en face les lacets de la route des Aigles (Ornevegen) que nous suivrons demain.
Là, l'une des nombreuses cascades de Geiranger
Petite cabane au fond des bois
Enfin le but de la balade : ces fermes abandonnées de Homlongsetra dans un environnement très verdoyant. Nous sommes à 550 mètres d'altitude.
Le sentier continue ensuite en direction de Skagefla mais une petite pluie fine et pénétrante nous fait rebrousser chemin.
Même si au final il n'y aura que quelques gouttes de temps en temps, on a préféré en rester là. En tout : 6 kilomètres, 3 heures aller/retour, avec un gain d'altitude de 510 mètres. Ouf !
Au point de départ de cette randonnée se trouvent plusieurs campings. Nous optons pour le Solhaug Camping, pas pour l'accueil un peu bourru, mais parce qu'il offre lave-linge et sèche-linge.
Distance parcourue dans la journée : 120 kilomètres
Ferme de Homlongsetra

De Geiranger à Ålesund par la route des Aigles et la route des Trolls
J13 : Samedi 21 juin 2014
Une fois de plus, le ciel est plutôt bien ensoleillé ce matin malgré 7 petits degrés seulement. Dans ces conditions, autant profiter encore un peu du fjord de Geiranger, c'est toujours ça de pris. Ça pourrait ne pas durer.
Alors dès 8 heures, nous bougeons le camping-car et prenons la direction de la ferme de Vesterås, point de départ de plusieurs sentiers de randonnée. Parmi les différentes possibilités, nous retenons celui menant à Storseterfossen (sentier F dans la documentation de l'office de tourisme local).
Comme son nom l'indique, c'est une cascade. Tout comme en islandais, les terminaisons des mots norvégiens renseignent sur la nature des éléments avec beaucoup de similitude d'ailleurs.
Petit lexique : vatnet = lac, fossen = cascade, fjell ou fjellet = sommet ou montagne, fjorden = fjord, dal = vallée…
Mais revenons à… notre cascade qui possède un atout supplémentaire. Il paraît qu'on peut passer derrière son rideau d'eau. On a hâte !
C'est parti sur un début de sentier humide sur lequel il faut sans cesse veiller à ne pas marcher sur les crottes de moutons. A ce propos, en voilà quatre qui s'approchent dans l'espoir que nous soyons leurs bergers. Espoir vite déçu ;-)
Ne sont-ils pas mignons avec leurs oreilles en pointe et leurs piercings ?
En poursuivant, la qualité du chemin s'améliore nettement. On se croirait sur l'allée empierrée d'un jardin ou d'un parc.
C'est l'œuvre d'une équipe de maçons népalais. Ils sont chargés de la reconstruction et la sécurisation d'un certain nombre de sentiers norvégiens. Nous ne tardons pas à les voir à la tâche en approchant de la cascade. Ils font un travail de forçats.
Grâce à eux, l'accès à la chute sera facilité. Pour l'instant, il faut se faufiler avec prudence sous la voûte rocheuse à l'aide de chaînes en passant derrière le voile d'eau. Superbe !
Voici la chute d'eau dans son écrin de verdure d'où dépassent des pics aussi pointus que des pains de sucre !
Retour au camping-car vers 10 h 30 après avoir parcouru en tout… 4 kilomètres aller/retour avec 250 mètres de dénivelé en deux heures et demie environ.
Maintenant, mettons-nous au volant pour faire un peu de route et quelle route ! En effet, le trajet sur la route 63 entre Geiranger à Åndalsnes enchaîne des portions panoramiques aux noms évocateurs.
Immédiatement à la sortie de Geiranger, la route grimpe par 11 virages en épingles à cheveux depuis le Geirangerfjord jusqu'au point culminant de la route à 620 mètres d'altitude.
Ce tronçon a été baptisé Ørnevegen ou route des Aigles car l'endroit abritait traditionnellement un grand nombre de ces rapaces.
Voici le panorama qu'on découvre dans le dernier virage (Ørnesvingen), au point le plus élevé de la route.
Le soleil encore bien présent tôt ce matin a progressivement laissé la place aux nuages. Ce temps changeant me rappelle l'Islande. Son fameux proverbe "si le temps ne te plaît pas attends 5 minutes" pourrait devenir ici : "si le temps ne te plaît pas, change de vallée".
En effet, en progressant vers Eidsdal, il fait à nouveau soleil.
Mais les sommets rocheux fraîchement saupoudrés de neige surmontant le lac Eidsvatnet ne laissent augurer rien de bon.
En embarquant sur le ferry à Eidsdal, le beau temps reste sur le quai.
Sur l'autre rive, le tableau est des plus sombres :-(
Les gros cumulus couvrant la vallée ne tardent pas à se rompre pour donner des pluies diluviennes.
On a beau se ménager une pause prolongée pour le déjeuner dans l'espoir de voir la perturbation s'évacuer afin d'aborder la plus belle partie de cette route 63 dans les meilleures conditions, rien n'y fait, elle résiste.
Pourtant, à 700 mètres, au pied du lac Alnesvatnet, on a un court espoir en voyant ce pain de sucre surgir des nuages à la faveur d'un soupçon d'éclaircie.
Mais à 900 mètres, c'est définitivement l'hiver en ce premier jour de l'été. Zéro degré, des averses de neige et un brouillard à couper au couteau. Bref un temps à ne pas mettre un troll dehors !
A ce propos, nous voici arrivés au clou du trajet, là où la route plonge en direction d'Åndalsnes via Trollstigen ou échelle des Trolls, une série de 11 virages en épingles à cheveux avec une pente à 9 % et une seule voie de circulation.
Trollstigen, depuis le premier point de vue. Le deuxième point de vue, plus éloigné, est normalement plus spectaculaire mais pas aujourd'hui.
Le Visitor Center voisin nous sert de refuge un court moment avant d'amorcer la fameuse descente.
Il est 16 heures quand nous atteignons Åndalsnes qui devait être notre point d'arrivée. Sous la pluie, il n'y a pas aucun intérêt à rester ici. Dans l'espoir de trouver un meilleur temps plus à l'ouest, nous décidons de pousser immédiatement jusqu'à Ålesund à 120 kilomètres. En même temps, on aura une nouvelle occasion de dîner au restaurant.
Dans les fjords autour d'Ålesund, un rayon de soleil nous met du baume au cœur. A destination, il ne pleut pas (encore !) mais la couleur du ciel ne laisse pas de doute, il va pleuvoir.
Une fois le camping-car garé à proximité du centre-ville, notre première préoccupation sera de trouver un bon restaurant. XL Diner que j'avais repéré dans le guide LP est déjà complet à 19 heures (samedi oblige), on nous dit de revenir vers 22 heures.
Il reste donc trois heures à tuer avant le dîner mais dépêchons-nous de visiter avant qu'il ne pleuve.
La ville a été presque totalement détruite dans un incendie en 1904. Reconstruits par des architectes norvégiens formés en Allemagne, ses édifices sont alors dotés d'éléments caractéristiques de l'époque (tourelles, flèches, gargouilles) de style Art nouveau.
Avec ses maisons coquettes, ses rues piétonnes et ses quais joliment fleuris, cette cité côtière ne manque pas de charme. Bien que de dimension plus modeste que Bergen, elle est au moins aussi belle.
Le point de vue le plus spectaculaire sur la ville, les montagnes et les îles environnantes s'apprécie depuis la colline d'Aksla. Mais trop tard, il pleut ! Alors il n'y a plus qu'à nous réfugier dans un bar pour une séance d'Internet prolongée.
Le site de la météo norvégien yr.no n'est pas vraiment optimiste pour les deux prochains jours.
En attendant, nous allons aux nouvelles au restaurant vers 21 heures. Chouette, des places se sont libérées. On va enfin pouvoir dîner ! Au menu, un assortiment de morue (bacalhau) – à l'italienne, à la moutarde et au curry – suivi d'un dessert laissé à l'initiative du chef ("Let the chief"). Nous nous régalons.
Une juste récompense après une longue journée de route sous une météo pourrie alors qu'un rayon de soleil nous nargue au travers de la fenêtre.
Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres
Quai à Ålesund

De la route de l'Atlantique à Bølarein : des ponts et des pétroglyphes remarquables !
Dimanche 22 juin 2014
Dès le réveil, la couleur du ciel donne le ton de la journée… grisaille et pluie, pluie et grisaille. Seulement 8 degrés. Dans ce contexte, poursuivre la visite d'Alesund ne vaut pas le coup, profitons-en pour avancer immédiatement.
En réalité pour avancer, il nous faut d'abord "reculer", ç à d rebrousser chemin jusqu'à Vestnes sur la route que nous avons déjà empruntée hier, avant de traverser le Moldefjord en ferry.
Aujourd'hui pas question de rester sur le pont du navire, nous regardons la pluie ruisseler le long des vitres du salon. Quelle tristesse !
De Molde, notre but est de passer par la route de l'Atlantique (Atlanterhavsveien), classée route touristique nationale avec huit ponts remarquables reliant 17 îlots.
Le guide Lonely Planet préconise de rejoindre la côte à Bud. Mais avant, il est temps de chercher un coin sympa où poser notre Pössl pour déjeuner. Trop en ville, trop en pente… à force de tergiverser et avant de succomber à l'hypoglycémie, nous finissons à côté d'un cimetière. Vraiment pas gaie, cette journée !
Le comble, c'est que pendant notre pause, la pluie cesse provisoirement avant de redoubler d'intensité dès qu'on se remet au volant ! Rageant !
De Bud à Vevang, la route traverse des paysages côtiers battus par les vents et aujourd'hui plus encore par la pluie.
C'est après Vevang que débutent les huit kilomètres les plus spectaculaires du parcours. Prouesse d'ingénierie élue "construction du siècle" en Norvège en 2005, cette route a été nommée "le plus beau parcours routier du monde" par le quotidien britannique the Guardian. Elle est la deuxième route la plus visitée de Norvège après Trollstigen. Nous n'allions pas rater ça, même sous la pluie !
Tels des serpents de mer se tortillant d'île en île…
Sur l'île d'Averoy, toujours selon les recommandations du guide LP, nous longeons la côte sud afin de faire un arrêt à la petite église en bois debout de Kvernes. Elle nous apportera les seules touches colorées de la journée.
Une journée qui se termine à Kristiansund où nous improvisons un arrêt en nous dirigeant vers Gamle Byen, la vieille ville, occupant l'île d'Innlandet. Nous nous garons au hasard au pied d'une résidence au bord de l'eau. La pluie nous immobilise dans le camping-car. Nous ne verrons rien d'autre de Kristiansund.
Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres
J15 : Lundi 23 juin 2014
Comme le prévoyait la météo, la perturbation est bien installée au-dessus de nos têtes et risque de nous pourrir encore une partie de la journée.
Le point d'arrivée pour l'étape d'aujourd'hui est prévu un peu avant Steinkjer mais comme nous avons une bonne demi-journée d'avance sur notre planning prévisionnel, il est possible que nous puissions poursuivre au-delà de cette destination. C'est l'un des avantages de se déplacer en camping-car. S'il fait mauvais on roule, s'il fait beau on s'arrête !
Alors pour le moment roulons… en direction de Trondheim mais avec l'intention d'éviter cette ville. En effet, nous y ferons un arrêt pendant la deuxième partie de notre voyage car c'est précisément là que se situe le nœud central de notre parcours en forme de huit étiré.
Premier ferry de la journée entre Kanestraum et Halsa… sous une pluie battante ! Sur la route 39, idem, du moins jusqu'aux environs de Orkanger.
Là, les nuages se font moins denses et la pluie moins soutenue. Ce n'est pas encore la fin du mauvais temps mais on commence à y croire.
Lors du deuxième passage en ferry entre Flakk et Rorvik, nous tentons une sortie sur le pont entre les gouttes. Sur la F v 755 longeant maintenant le bras de mer en face de Trondheim, les averses sont de plus en plus espacées.
Nous progressons doucement entre collines parsemées de fermes rouge sombre et champs verdoyants piquetés de ballots de paille emmaillotés de blanc. Nous n'avions pas imaginé la Norvège aussi agricole !
Quand cette route 755 quitte les rives du fjord et s'enfonce dans les terres, il ne pleut presque plus. Chouette, on va peut-être pouvoir envisager une petite balade.
Autour du lac Elvatnet, plusieurs panneaux signalent le passage possible d'élans, nous saisissons le prétexte et en profitons pour nous arrêter et marcher un peu.
Ah, si on pouvait approcher des élans !
En guise d'élans, nous ne verrons que des moutons mais le sentier que nous suivons au hasard nous mène près d'une maison de vacances superbement située au bord d'un lac.
Le retour du soleil vient nous redonner le sourire pour le restant du trajet.
Il est seulement 15 h 30. Notre point d'arrivée initialement prévu n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres. Il est trop tôt pour nous arrêter. Nous décidons donc de pousser au-delà de Steinkjer, jusqu'à Bølarein où j'avais repéré à la fois un site de pétroglyphes et une possibilité de stationnement pour la nuit.
Du coup, ce ne sont plus 50 mais 100 kilomètres qu'il nous reste à parcourir. Avec le soleil maintenant revenu, c'est un plaisir ! Après avoir rejoint la route de l'Arctique (E 6) un peu avant Steinkjer, nous la quittons presque immédiatement pour privilégier la route 763, parallèle à l'E 6, plus tranquille, longeant la rive Sud du lac Snåsavatnet dans une magnifique forêt de conifères.
Le soleil est toujours au rendez-vous quand nous arrivons à destination à 19 heures.
Un premier sentier en boucle nous conduit immédiatement vers la gravure rupestre d'un renne vieille de 5 000 à 6 000 ans.
Plus loin, c'est une étonnante silhouette de skieur qui est gravée dans la roche. Dommage qu'elle soit presque effacée par les ans. Mais cette reproduction, sur la façade du chalet d'accueil, nous laisse aisément imaginer la rencontre du renne et de cet homme, il y a quelques milliers d'années dans cette même forêt aux pins majestueux.
Ce beau temps inespéré nous donne des ailes. A 20 heures, nous enchaînons avec une deuxième boucle (Bølastien 3,8 km, 1 heure) qui nous conduit à travers une tourbière puis une forêt moussue jusqu'aux rives du lac Snåsavatnet
C'est sur cette image de grande sérénité que se termine cette journée qui finit donc mieux qu'elle n'a commencé. Après avoir glissé 50 couronnes dans une enveloppe, nous avons le parking sous les sapins pour nous tout seuls.
Demain, la route prend nettement la direction du grand Nord !
Distance parcourue dans la journée : 355 kilomètres
Pont de la route de l'Atlantique

Sur la route de l'Arctique jusqu'au glacier oriental du Svartisen
J16 : Mardi 24 juin 2014 Pressés de voir le temps qu'il fait, nous sommes debout avant 5 heures. Le ciel est couvert mais à l'horizon, de belles éclaircies pointent déjà leur nez. En revanche, comme les jours précédents il fait frisquet (8 °). Vestes et pantalons chauds ont remplacé shorts et débardeurs. On n'a pas encore sorti les gants et les bonnets mais ça pourrait venir !
Ce réveil matinal est bienvenu car c'est une longue étape qui nous attend (plus de 350 kilomètres, soit 5 à 6 heures de trajet) assortie d'une randonnée de 3 heures vers le glacier Svartisen. Or son approche nécessite d'abord la traversée d'un lac en bateau dont nous ignorons les horaires. Si nous voulons nous donner une chance, il serait préférable d'arriver sur place en tout début d'après-midi.
Alors, pas de temps à perdre. A 5 h 30, Pössl s'élance... d'abord sur la fin de cette très belle route 763 avant de retrouver l'E 6 un peu plus loin.
Cette E 6 ou route de l'Arctique est un axe majeur en Norvège, elle relie le sud du pays à l'extrême Nord. Ce n'est cependant pas une autoroute, elle a plutôt la taille d'une nationale voire par moments d'une départementale, ce qui signifie vitesse limitée à 80 km/h (sauf rares exceptions) et encore moins dans la traversée des agglomérations.
C'est un axe très emprunté mais, à cette heure, personne devant, personne derrière, c'est comme si nous étions seuls en Norvège ou… presque, ce qui nous laisse un champ de vision bien dégagé.
Justement… Stoooop ! Là dans une clairière, n'est-ce pas un élan avec son petit ? Le temps de faire demi-tour, le petit avait disparu mais maman élan était encore là à nous observer
Un peu plus loin, re… stoooop, cette fois pour des rennes sur le bord de la route ! Mais où est donc le Père Noël ?
Plus on monte vers le nord, plus la vue s'élargit. Les champs laissent la place aux forêts et aux lacs, les sommets s'aiguisent et la ligne des arbres descend plus bas sur les versants des montagnes.
A l'entrée dans le Nordland, le Majavatn nous offre un tableau saisissant où le ciel, l'eau et les montagnes se confondent pour mieux nous impressionner.
Devant ce lac aussi lisse qu'un miroir, une grande sensation de quiétude nous envahit.
Changement de ressenti à Laksforsen, où la bouillonnante chute d'eau fait l'effet d'un brumisateur géant dans un mugissement infernal. Ça réveille !
Bref, avec toutes ces distractions, le voyage passe comme une lettre à la poste. Nous arrivons à Mo I Rana avant midi, presque étonnés d'être déjà arrivés, mais tenaillés par une faim de loup !
Hé, hé, levés depuis 5 heures du matin avec 300 kilomètres sous le capot !
Le premier REMA à l'entrée de la ville tombe à point pour les courses. Son parking fait très bien l'affaire pour déjeuner dans la foulée.
Pas de temps à consacrer à une sieste ou à une pause prolongée aujourd'hui. En effet, si l'on veut se donner une chance d'approcher le glacier Svartisen, il faut poursuivre… une quinzaine de kilomètres sur l'E 6 puis encore autant dans la vallée de Svartisdal.
Ouf, nous arrivons juste à temps pour le départ du bateau à 14 heures. C'est le dernier départ de la journée (plus tard dans la saison, il y en a d'autres dans l'après-midi). Nous avons donc bien fait de partir tôt.
Dans un premier temps, le Svartisen 3 nous fait traverser le lac en une vingtaine de minutes. Nous sommes une quinzaine à bord. Le ciel se voile par intermittence mais il fait beau dans l'ensemble, quoique frais, surtout sur l'eau où gants et bonnets complètent la tenue.
Le bateau nous laisse environ deux heures et demie sur place, il reviendra nous chercher vers 16 h 45.
Les quinze randonneurs déplient aussitôt leurs bâtons de marche et partent à la queue leu leu à l'assaut du versant. Le sentier grimpe de façon régulière et soutenue sur des strates rocheuses. Certains s'attardent près d'une cascade, d'autres cavalent en tête pendant que les derniers papotent en queue de peloton. Bref, plus on gagne en altitude, plus la file s'étire !
Il reste à contourner le lac glaciaire… avant que ne se dévoile au soleil, scintillante et immaculée, la langue glaciaire du Svartisen.
Mais sa beauté ne saurait faire oublier le mal qui ronge tous les glaciers du monde. De nombreuses marques au sol et d'anciens panneaux sont les témoins d'une perte importante de superficie au cours les dernières décennies.
Formées de deux calottes glaciaires séparées par la vallée de Vesterdalen, le Svartisen reste néanmoins le deuxième plus grand glacier du pays. Malgré une altitude moyenne de 1 500 mètres et une épaisseur de glace de 600 mètres par endroits, ses nombreux bras descendent jusque dans les vallées et forment ainsi les glaciers les plus bas d'Europe continentale.
Le bras oriental descend ici à 500 mètres d'altitude. Dans quelques semaines, notre parcours nous amènera au niveau du bras occidental de ce même glacier qui lui se jette dans l'océan ou… presque. Mais ça, c'est une autre histoire !
Pour le moment et près avoir contemplé la coulée de glace sous toutes les coutures, il est déjà temps de lui tourner le dos pour amorcer la descente.
Le bateau est à l'heure à 16 h 45. Un quart d'heure, plus tard, nous retrouvons notre cher Pössl.
Notre journée aurait dû s'arrêter là sauf qu'Hervé a une envie irrépressible de pizza. La ville de Mo I Rana n'est pas si loin (euh ! à 30 kilomètres tout de même) et on n'est pas à quelques kilomètres près, alors zou, on y retourne !
Si par la même occasion on pouvait faire laver le linge… Mais à l'office de tourisme, on nous confirme qu'on ne peut pas trouver ce service en ville (ni nulle part en Norvège en général) et que la seule solution est de s'adresser à un camping.
La jeune femme se propose de contacter pour nous les campings des alentours. Le plus proche en direction du nord ne possède pas de lave-linge, le suivant a bien un lave-linge mais pas de sèche-linge. Le troisième offre les deux mais se trouve à 60 kilomètres au nord de Mo I Rana. Bah, on n'est plus à ça près !
Après avoir partagé une pizza "Al Pacino" - bonne, sans plus - c'est reparti pour un tour sur l'E6 sur une portion que nous commençons à connaître sur le bout des doigts, en la parcourant pour la troisième fois depuis ce midi.
C'est donc bien tard que nous posons notre camion sur la pelouse du Krokstrand Camping au terme d'une étape un peu folle qui, en raison de nos multiples va-et-vient, sera aussi la plus longue de tout notre séjour en Norvège. Mais c'est sans regrets car on a passé une journée extra et comme il ne fait jamais nuit…
Distance parcourue dans la journée : 485 kilomètres
Glacier Svartisen

Passage du cercle Arctique et embarquement pour Værøy (îles Lofoten)
J17 : Mercredi 25 juin 2014
Aujourd'hui, notre étape doit nous mener à Bodø, port d'embarquement à destination des îles Lofoten. Comme nous avons déjà bien avancé hier, il nous reste seulement 170 kilomètres à parcourir ce matin. Cool !
Nous attendons beaucoup de notre séjour aux Lofoten auquel nous avons prévu de consacrer sept jours. Alors s'il pouvait faire beau…
Pour le moment, c'est loin d'être gagné. La couleur du ciel se décline dans les nuances de gris et le thermomètre ne dépasse pas 8 degrés à 7 h 30.
Cap toujours plus au nord sur cette même route Arctique !
Les épaisses forêts de pins laissent progressivement la place à des bois plus clairsemés, à des arbres de plus en plus rabougris avant leur disparition complète au profit d'une toundra désolée balayée par les vents et encore partiellement recouverte de neige.
Normal, nous venons de franchir à 700 mètres d'altitude la ligne imaginaire du cercle Arctique, 66° 33'45''N
A partir de maintenant, on verra le soleil rester au-dessus de l'horizon et ne jamais se coucher. C'est ce qu'on appelle le soleil de minuit.
Mais, pour l'instant, il manque à l'appel. Pire encore, voilà que la pluie s'invite, elle aussi. On espérait s'en débarrasser en se dirigeant vers l'ouest à Fauske, mais rien à faire, elle nous suit jusqu'au bout ou… presque.
En effet, à Bodø, le ciel est voilé mais il ne pleut pas. Voilà qui est prometteur !
Il est 11 heures, notre ferry ne part qu'à 16 h 30 mais nous préférons placer immédiatement le camping-car dans la queue. Nous avons choisi l'île de Værøy (un seul départ par jour) comme première destination dans l'archipel des Lofoten au contraire de la plupart des touristes qui vont directement à Moskenes (plusieurs départs par jour).
De ce fait, notre véhicule est le deuxième dans la queue alors que plusieurs files à destination de Moskenes sont déjà complètes.
Jusqu'à 16 h 30, comment s'occupe-t-on, me diriez-vous.
Vu l'heure, on commence par préparer le repas, déjeuner et faire la vaisselle. On en profite aussi pour faire un peu de rangement et de nettoyage. Petite promenade sur le quai pour assister à l'arrivée d'un Express Côtier, ce "paquebot" desservant les principaux ports côtiers de Bergen à Kirkenes. Un spectacle à lui tout seul !
En début d'après-midi, on abandonne Pössl pour aller faire un tour en ville. A notre retour, les files d'attente se sont encore étoffées et l'animation ne manque pas.
A côté de nous, un motard suédois démonte sa machine. Derrière nous des Asiatiques arrivent du centre-ville les bras chargés de course. Plus loin des Français racontent leurs péripéties de voyage à des Belges. Puis les caissiers ne tardent pas à encaisser leur dû, le départ se précise, le ferry se remplit.
Ça y est, le navire lève l'ancre. C'est parti pour plus de six heures de navigation.
La mer très calme au départ finit par se former en cours de traversée. En revanche, bonne nouvelle, le voile nuageux se disloque pour laisser la place à un ciel uniformément bleu et à un soleil radieux.
A 20 heures, quand le ferry fait une escale à Røst, il fait un temps magnifique !
Cet archipel formé de 365 îles et skerries offre un contraste surprenant avec ses voisines plus au nord, très escarpées. A part un léger renflement au centre, l'île principale de Røstlandet, est plate comme une crêpe.
Elle attire 2,5 millions d'oiseaux de mer qui viennent nicher partout, y compris aux abords des habitations. Vers 22 h 30, après 6 heures de roulis et de tangage, nous approchons des côtes deVærøy, éblouis par le soleil encore très haut dans le ciel.
Une fois débarqués, nous regagnons aussitôt la côte nord de l'île où une piste en terre finit en cul-de-sac au niveau d'un petit parking. Deux autres voitures sorties du ferry nous ont déjà devancés. Leurs occupants, deux couples norvégiens, sont en train d'installer leur tente dans la lande.
Quant à nous, nous profitons du soleil de minuit avant de tirer les rideaux pour une bonne nuit pendant laquelle il fait aussi clair qu'en plein jour.
Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres
J18 : Jeudi 26 juin 2014
Yessss, le ciel est toujours bleu, le soleil radieux et malgré un petit vent froid, la journée s'annonce exceptionnellement belle sur Værøy.
Avant 9 heures, alors que nos voisins campeurs dorment encore, nous sommes déjà prêts à randonner.
Île montagneuse d'à peine 8 kilomètres de long, hébergeant 2 000 fois plus d'oiseaux de mer que d'êtres humains, Værøy est réputée pour ses plages de sable blanc, ses crêtes élevées, ses hameaux isolés et sa mer cristalline, à l'écart du reste des Lofoten plus touristiques.
Le ferry vers notre destination suivante, Moskenesøya, ne part qu'à 22 h 45. Nous avons donc toute la journée pour vérifier si Værøy est à la hauteur de sa réputation.
L'itinéraire à pied que nous avons choisi d'emprunter part directement du parking où nous sommes garés en direction du village abandonné de Måstad, situé sur la presqu'île Sud.
Le sentier, longeant le versant nord d'une montagne escarpée culminant à plus de 400 mètres, est malheureusement encore à l'ombre à cette heure-ci. Passant tantôt à flanc de falaise (attention au vertige), tantôt sur des rochers, tantôt sur des galets, il n'est pas aisé à fouler.
Il faut en permanence vérifier où l'on met les pieds si l'on ne veut pas se tordre une cheville ou marcher sur des oeufs ! Une fois l'isthme d'Eidet franchi, nous poursuivons au soleil et profitons de la vue merveilleuse sur la côte Est et les sommets de l'île.
Le chemin est maintenant plus large et grossièrement pavé par endroits. C'est le reliquat d'une tentative de liaison entre Måstad et le reste de l'île, avortée en raison de l'assaut répétitif de la mer.
C'est également cet isthme qui permettait aux pêcheurs d'antan de passer leurs barques de la côte Est à la côte Ouest.
Peu après, on commence à apercevoir le village au loin.
A 11 heures, nous atteignons les premières maisons.
Un panneau indique que ce village de pêcheurs comptait jusqu'à 150 habitants. Pour compléter leurs revenus, ils pratiquaient la chasse aux macareux à l'aide de chiens dressés à cet effet, appelés chiens à macareux (puffin dogs). Il subsiste environ 700 spécimens de cette race, tous issus de l'île.
L'endroit étant inaccessible par la route (seul le chemin de pêcheurs était praticable à pied) et également difficilement accessible par la mer en raison de forts courants et souvent du mauvais temps, le village fut abandonné.
Il ne reste aujourd'hui que quelques résidences secondaires.
De Måstad, on peut tenter l'ascension du Mahornet (431 mètres), une montée réservée aux randonneurs sportifs, précise le guide LP.
Aujourd'hui, on ne se sent pas à la hauteur. La sente, à peine visible et en dévers sur le flanc de la montagne, ne nous inspire pas confiance. On se contente des trois premiers lacets afin de bénéficier d'une vue intéressante sur le village avant d'en rester là.
Le retour par le même itinéraire nous fait découvrir des aspects insolites de cette côte auxquels on n'avait pas prêté attention précédemment.
Ici un profil aquilin tourné vers l'océan…
Là, un flotteur géant, ramené par la mer…
Ici et là, des plages aux eaux cristallines dignes des Seychelles, la chaleur en moins ;-)
Au loin, l'île de Moskenesøya où nous serons dès ce soir.
D'ici là, poursuivons la découverte de Værøy, il est à peine 15 heures. Une carte affichée au niveau du parking permet rapidement de faire un point. Après les 15 kilomètres que nous venons de parcourir, nous cherchons quelque chose de light.
Une balade facile de 2 kilomètres vers le phare de Kvalnes nous convient parfaitement.
Aussitôt vu, aussitôt décidé ! Le camping-car est déplacé jusqu'à l'extrémité opposée de l'île. En cours de route, d'autres belles plages !
A travers une prairie fleurie, c'est l'occasion d'observer cette délicate orchidée, Orchis rouge sang !
Le nez en l'air pour suivre le vol des goélands, le nez par terre pour suivre le sautillement des huitriers pie… Les yeux posés sur la ligne de crête ou rivés sur l'horizon… .. chemin faisant jusqu'au phare, nous goûtons à la solitude de Værøy.
Pour finir, il nous reste à jeter un œil sur Sørland, le village principal de l'île, bien emmitouflés et encapuchonnés en raison d'un vent glacial pendant que les enfants de Værøy en petite tenue, s'amusent à des jeux d'eau dans leur jardin. C'est l'été, finalement !
Frigorifiés, nous finissons pas nous réfugier dans le camping-car et à nous placer dès 19 heures dans la queue pour le ferry de 22 h 45. A cette heure, nous sommes les troisièmes de la file (au final sur une dizaine de véhicules seulement).
Popote, dîner et tâches diverses nous occupent jusqu'au départ du ferry qui, avec près d'une heure de retard, se fait ardemment désirer et par la même nous fera arriver bien tard à Moskenes.
Il est plus d'une heure du matin quand nous stationnons Pössl à l'extrémité Sud de l'île de Moskenesøya, après le village et le tunnel de Å, curieusement en même temps que nos voisins campeurs de la nuit dernière.
Sur le parking de Å, tout le monde dort déjà. Nous nous dépêchons d'en faire autant, après une journée à rallonge… inoubliable.
Værøy a été à la hauteur de nos attentes. Espérons qu'il en sera de même des autres îles des Lofoten !
Distance parcourue dans la journée : 20 km en véhicule et autant à pied !
Village de Måstad à Værøy

Moskenesøy : Des rorbuer de Å à… la plage de Kvalvika
J19 : Vendredi 27 juin 2014
Réveillés en fanfare par le raffut des goélands, notre premier coup d'œil va au ciel. Nous sommes immédiatement rassurés, il fait un temps magnifique.
Les six prochains jours seront consacrés à la traversée des îles Lofoten, du sud au nord. Nous n'aurons plus à utiliser de ferry, les îles sont maintenant toutes reliées entre elles par des ponts ou des tunnels sous-marins. L'E 10 qui les traverse d'un bout à l'autre a été classée route touristique nationale.
Semblables à un dragon marin hérissé, les îles Lofoten se présentent comme une chaîne de montagnes boisées surgie de la mer, entrecoupée de lacs et de fjords abritant des baies aux eaux claires et des villages pittoresques.
Nous sommes pour le moment à Moskenesøy, la plus méridionale des Lofoten, plus précisément à la pointe sud, à proximité du village de Å.
Avant de poursuivre plus loin, un petit tour à pied s'impose pour explorer le bout de la péninsule.
Côté mer s'étend le Vestfjord séparant l'archipel du continent d'où surgissent les contreforts de l'île de Varøy.
L'océan est d'un calme impressionnant et le sentiment de solitude à peine rompu par le joyeux piaillement des goélands et le clapotis de la mer juste ridée.
A l'opposé, côté terre, les pêcheurs commencent à s'activer dans le village de Å (qu'on prononce O) mais à cette heure, la localité reste encore préservée des touristes qui la visitent en nombre tous les jours.
Avec sa rangée de rorbuer rouges (ces cabanes traditionnelles de pêcheurs) le long du rivage, avec ses séchoirs à poisson et sa colonie d'oiseaux de mer, c'est l'un des villages les plus typiques de l'archipel.
Mais Moskenesøy, ce sont également des reliefs escarpés aux sommets desquels la vue est époustouflante. C'est le cas des environs de Reine que l'on admire depuis les hauteurs de Reinebringen. Bien que réputée difficile avec 450 mètres de dénivelé pour 1,3 kilomètre seulement, cette randonnée est notre objectif prioritaire.
Pourtant, au pied de la montée, un panneau va immédiatement semer le doute. Est-ce vraiment prudents de nous lancer sur un terrain aussi difficile ?
Stimulés par les magnifiques panoramas vus en photos, nous attaquons la grimpette avec courage mais très vite le doute refait surface. Le terrain est instable, des pierres se dérobent sous nos pieds, la terre s'effrite à notre passage. La montée est verticale à tel point qu'on a l'impression de faire du sur-place. Même en multipliant les pauses, nous n'arrivons pas à récupérer alors que des jeunes nous dépassent en avalant les dénivelés quatre à quatre. Le moral est dans les chaussettes !
Les difficultés se corsent encore avec un ultime passage scabreux sur les racines d'un arbre laissées à nu par un éboulement de terre. Craignant que la suite ne soit pire, nous abdiquons, préférant ne pas prendre davantage de risques. Tant pis pour Reinebringen et ses vues fabuleuses, on se contentera d'admirer le village d'en bas. On a gravi 200 mètres sur les 450 prévus.
Mais pas question de rester sur un échec. Nous planifions immédiatement une nouvelle randonnée pour l'après-midi tout en veillant à rester plus raisonnables dans nos choix. La plage de Bunes, accessible en 1 heure à pied après une traversée du Reinefjord en bateau, aurait pu convenir mais les horaires du navire ne nous arrangent pas.
C'est alors une autre plage que nous retenons, Kvalvika ou plage de la Baleine, située sur la côte nord de Moskenesøy. Si le point de départ de cette nouvelle balade n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau, la configuration de l'île impose un détour afin de contourner son centre montagneux. En outre, des travaux titanesques sur l'E10 ralentissent considérablement le trafic, réduisant la chaussée à une voie imposant une circulation alternée. Mais nous ne sommes pas pressés, ce sont les vacances ! Ce ralentissement nous permet de profiter encore mieux des paysages.
Les belles vues se succèdent tout au long de cette route touristique nationale.
Les ponts aussi participent à l'harmonie des lieux.
Sur le trajet, Hervé s'arrête pour acheter l'objet indispensable aux Lofoten, une canne à pêche, qu'il espère étrenner dès ce soir.
Mais avant cela, allons voir à quoi ressemble cette fameuse plage. Quatre jeunes Français, rencontrés au départ de la randonnée, nous rassurent en qualifiant le parcours de "très chouette".
Après avoir traversé un terrain tourbeux sur des planches, le sentier prend la direction d'un col, tout en laissant derrière lui un fjord échancré d'où surgit une chaine montagneuse et un chapelet d'îlots.
Au bout d'une demi-heure, si l'on commence à apercevoir la plage, il faut compter une bonne demi-heure de plus pour atteindre l'étendue de sable.
Une fois arrivés, quel plaisir de marcher pieds nus sur le sable. Quant à se baigner, c'est une autre histoire. Avec un vent glacial, le froid ressenti nous paraît inférieur à la douzaine de degrés affichés par le thermomètre. Tremper les orteils dans l'eau est déjà un exploit.
Retour au camping-car à 18 heures après une randonnée de 6 kilomètres en 2 heures et demie, pause sur la plage comprise, avec 200 mètres de dénivelé. Très chouette, effectivement et plage magnifique.
Il nous reste alors à rallier le port de Ramberg, sur l'île de Flakstadøy toute proche, où j'avais repéré une possibilité de stationnement pour la nuit ainsi qu'un point d'approvisionnement en eau.
Quelques pêcheurs, Français de surcroît, sont déjà en train de taquiner le poisson. Il n'en faut pas davantage à Hervé pour déployer sa canne et se joindre à eux. Ni une ni deux, mais huit petites morues mordent à l'hameçon. Les plus petites feront le régal des mouettes, les autres gagneront le réfrigérateur en attendant de passer à la poêle demain midi.
Avec un excellent spot de pêche, un point d'eau disponible à volonté et un lieu de stationnement spacieux, le port de Ramberg sera notre abri pour la nuit.
Distance parcourue dans la journée : 50 km
Plage de Kvalvika

Flakstadøy : Des orques entre Nesland et Nusfjord
J20 : Samedi 28 juin 2014
Avec le maintien du beau temps, nous poursuivons notre découverte des Lofoten, aujourd'hui l'île de Flakstadøy qui comme sa voisine Moskenesøy ne manque pas de sommets panoramiques.
Parmi les randonnées possibles, j'avais sélectionné celles vers Volandstinden, Nesheia ou Hestræva, toutes rangées dans la catégorie "difficulté moyenne" malgré leur dénivelé conséquent. Mais après l'expérience d'hier, nous sommes méfiants. Si elles sont toutes du même acabit que celle d'hier vers Reinebringen…
C'est pour cette raison que nous choisissons finalement de relier Nesland à Nusfjord, un parcours classé facile, sur un sentier de bord de mer. Un itinéraire que nous avions écarté au moment de la préparation, Hervé trouvant qu'il manquait de hauteur.
C'est l'occasion de vérifier si son jugement était fondé.
A 8 h 30, nous sommes déjà à pied d'œuvre dans le village de Nesland et dix minutes plus tard, le village laissé derrière nous, a l'air d'une miniature.
Le sentier suit effectivement le bord de mer. Jusque là, pas de difficulté. En outre, le parcours est au soleil et à l'abri du vent, ce qui est un avantage incontestable.
Ajoutez à cela de belles vues sur l'océan ! Ce début est bien plus prometteur qu'il n'y paraissait.
Mais il n'a cependant rien d'une promenade tranquille. De petites montées suivies d'autant de descentes demandent des efforts sans relâche.
Sur une butte, nous nous accordons volontiers une pause devant une mer aussi lisse qu'une nappe d'huile, survolée par quantité d'oiseaux.
Quand, tout à coup, là… au ras de l'eau… Pschiiii ! N'est-ce pas un souffle ?
Pas de doute, c'est un groupe d'orques. D'ailleurs, en prêtant l'oreille et bien qu'elles soient à 200 mètres du rivage, on les entend nettement souffler.
Médusés et tout excités par cette rencontre inattendue, nous suivons leurs gracieuses évolutions. Même les chalutiers en train de pêcher sur le site s'écartent pour les laisser passer.
Quand elles s'éloignent définitivement, nous reprenons le cours de notre randonnée, décidément loin d'être une balade du dimanche.
Bientôt c'est un labyrinthe rocheux qui nous obligera à chercher notre passage, à revenir sur nos pas, à sauter d'un bloc à l'autre avant de nous en extraire par une échelle.
Au bout de deux heures, à l'approche de Nusfjord, la côte rocheuse commence à s'égayer du rouge vif des maisons traditionnelles, d'abord isolées, puis plus serrées autour du port.
Avec ses maisons sur pilotis, ses pontons de bois, ses bateaux de pêche aux couleurs pimpantes, le village est vraiment ravissant. Un véritable tableau de carte postale !
Bref, contrairement à nos a priori, c'est une randonnée qui vaut le coup pour les paysages, les deux beaux villages et surtout pour une possible rencontre avec des mammifères marins. On aurait eu tort de l'écarter !
En tout : 12 kilomètres, 5 heures visite et pauses comprises, 500 mètres de dénivelés cumulés (mine de rien !). Une randonnée, certes facile, mais en raison de deux ou trois difficultés, pas tout à fait une promenade de santé.
En tout cas, à l'issue d'une bonne demi-journée de marche au soleil, nous ressortons avec plaisir short et sandales, l'été norvégien semble de retour.
D'ailleurs même les moutons ressentent le besoin de se rafraîchir les pattes.
Mais, en cours d'après-midi, de retour du côté de Ramberg, l'atmosphère est toute autre : mer agitée, vent et froid +++. Sandales et shorts sont à nouveau rangés.
Alors même que la plage de Ramberg offre tous les attributs d'une grève tropicale, le bonnet de laine est plus approprié que le bonnet de bain.
En revanche, ce temps est idéal pour la pêche et depuis le quai de Ramberg, la prise est aussi bonne que la veille. Deux gros lieus jaunes vont améliorer l'ordinaire et finir à la casserole pour le dîner.
Bien que Ramberg nous plaise beaucoup, nous avons un autre projet pour la fin de soirée : assister au soleil de minuit. Dans cet objectif, il faut trouver un lieu orienté au nord. On n'aura pas à aller bien loin. Peu après la sortie de Ramberg, un spot en bord de mer répond parfaitement à nos attentes. Un motocycliste allemand y a déjà planté sa tente, une voiture y est également garée. Dans notre Pössl, nous leur tiendrons compagnie.
Dans un premier temps, nous restons à l'abri dans le camion, à contempler le ciel que les nuages décorent de traînées d'or. Il est un peu plus de 23 heures.
Vers 23 h 30, nous tentons une courte sortie sous la lumière arctique.
Mais, brrr, le vent est si glacial que nous rajoutons un Kway par-dessus deux vestes polaires et un épais coupe-vent. Malgré toutes ces épaisseurs, le froid nous transperce si bien que notre seul souhait est de vite, vite nous mettre sous la couette sans attendre les douze coups de minuit.
A minuit pile, notre carrosse ne s'est pas transformé en citrouille (ouf !) mais nous avons entendu la voiture garée à côté de nous quitter discrètement les lieux, nous laissant seuls en compagnie du campeur allemand.
Distance parcourue dans la journée : 35 km
Nusfjord

Plongées dans le Vestfjord et pêche à Henningsvær
J21 : Dimanche 29 juin 2014
Si la Norvège est principalement connue pour ses fjords et ses glaciers, elle possède également des fonds sous-marins intéressants, ce qui ne pouvait échapper à mon plongeur de mari.
La plongée avec bouteilles se pratique dans plusieurs régions du pays, notamment dans le Sud autour de Kristiansand, dans l'Ouest autour de Bodø et bien entendu ici, dans l'archipel des Lofoten, plus particulièrement autour de Ballstad sur l'île de Vestvågøy. C'est là que nous avons repéré le centre de plongée "Lofoten Diving" mais n'avons fait aucune réservation.
C'est donc cette direction que nous prenons ce matin afin d'aller aux renseignements et voir s'il est possible de programmer une ou deux plongées dans les prochains jours.
Je ne vous fais pas de long laïus à propos de météo, il fait toujours aussi beau quoique toujours frais (10 degrés seulement en milieu de matinée).
Ballstad se trouvant sur l'île voisine de Vestvågøy, nous passons, comme si de rien n'était, d'une île à l'autre par un tunnel sous-marin.
Au passage, toujours de belles plages mais aussi des pâturages et des exploitations agricoles. Derrière leur enclos, ces belles vaches Highland nous regardent avec curiosité, à moins que ce soit le contraire ;-)
Le centre de plongée est dirigé par Daniel, secondé pour la saison par Robert, un journaliste, photographe et moniteur de plongée suisse. Ils nous réservent un accueil chaleureux.
Daniel propose à Hervé soit de faire une plongée illico et une autre dans l'après-midi soit d'en faire une première cet après-midi et une deuxième demain matin.
Il s'agit bien sûr de plongée en combinaison étanche, une pratique qu'Hervé a déjà pu expérimenter en Islande l'été dernier.
Après réflexion, nous optons pour la deuxième proposition afin de laisser au plongeur le temps de se préparer mentalement à l'exercice. Rendez-vous est pris pour 15 heures.
Entre-temps, nous poussons jusqu'au port de Ballstad. Tourné vers l'industrie du poisson, la localité n'a cependant pas le charme des autres villages précédemment visités.
Dès 14 heures, le plongeur fébrile nous ramène devant le local de plongée. C'est que la préparation demande plus de temps que la plongée elle-même.
Je laisse la parole au plongeur : " Cette première plongée est une plongée de réadaptation sur un site à cinq minutes en bateau. La mer est calme, l'eau à 9 degrés avec une visibilité de 8 à 10 mètres sans courant. En binôme avec Robert, nous flânons tranquillement à 6/8 mètres de profondeur tout en observant poissons et petits organismes marins : nudibranches, étoiles de mer, éponges, lompe en train de couver ses œufs et... un curieux organisme : le cténophore (macroplancton)
Bref, une plongée toute en minutie et en douceur pour une réadaptation réussie".
Au retour, chargé comme un baudet… mais ravi et impatient de renouveler l'expérience demain matin.
La journée a filé à toute vitesse, il est déjà l'heure de trouver un lieu de bivouac pour la nuit. J'avais noté que le stationnement des camping-cars était toléré en surplomb de la magnifique plage d'Uttakleiv. Ce n'est qu'à 20 kilomètres, on s'y rend sur le champ.
La plage est sublime effectivement.
En plus, à l'extrémité du parking, l'ancienne route contournant la montagne est devenue un chemin de randonnée et un excellent prétexte à une belle promenade.
Distance parcourue dans la journée : 90 km
J22 : Lundi 30 juin 2014
Pas de changement côté météo, il fait invariablement beau et toujours frais (11 degrés). Comme d'habitude et bien qu'il soit déjà 8 h 30, nous sommes les premiers à bouger notre camping-car. C'est à croire que les camping-caristes sont adeptes de grasses matinées.
Retour à Ballstad pour une deuxième plongée, aujourd'hui, sur une épave.
Il s'agit d'un bateau de pêche islandais ultra-moderne, le "Gudrun Gisladottir" qui a heurté un rocher dans le détroit de Napp, entre les îles de Flakstadøy et Vestvågøy le 18 juin 2002. Après plusieurs tentatives de remorquage, les pompes de renflouages sont tombées en panne. Les secours ont été obligés de le laisser sombrer. Le bateau coula le lendemain de l'accident, près de Ballstad, à vingt minutes en bateau du centre de plongée. Il repose sur un lit de sable à 40 mètres de fond.
C'est Hervé qui vous conte la suite :
"Après un briefing très détaillé, c'est avec Daniel et un jeune stagiaire norvégien que je fais équipe aujourd'hui pour une plongée plus engagée le long de la coque du navire entre 35 et 40 mètres de profondeur. Tout le matériel est encore sur place. La cabine de pilotage toujours intacte a été investie par des morues et des éponges.
Visibilité 10 à 12 mètres. Pas de courant.
D'une façon générale, ces deux expériences m'ont permis d'approfondir la pratique de la plongée en combinaison étanche que je pense maintenant maîtriser parfaitement ou… presque ! "
A l'issue de la plongée, Hervé s'offre un bain supplémentaire dans un bac d'eau douce, une façon originale de rincer le matériel. Il a l'air d'apprécier !
Après cet intermède "Lofoten under the sea", nous reprenons la découverte terrestre de l'archipel mais à partir de maintenant, en faisant un peu les choses dans le désordre.
En effet, pour ne pas trop solliciter la résistance du plongeur, nous irons d'abord sur l'île de Austvågøy visiter tranquillement Henningsvær cet après-midi avant de revenir demain pour approfondir l'exploration de Vestvågøy.
Nous traversons Austvågøy par la très belle route 815 en passant au pied du Justadtinden que nous gravirons demain. Ensuite, c'est la 816 qui finit de nous conduire à Henningsvær.
Situées sur un étroit promontoire au pied de pics escarpés, les jolies maisons sur pilotis valent au village le surnom de "Venise des Lofoten", une appellation sans doute un peu exagérée mais un lieu agréable et branché où il fait bon flâner entre cafés et galeries d'art.
On y repère, pour le dîner, le restaurant Fiskekrogen qui nous semble bien alléchant jusqu'à ce que… depuis un ponton voisin, Hervé ne fasse une pêche miraculeuse : cinq gros maquereaux (d'un kilo chacun) et beaucoup d'autres s'il avait insisté. Il en donne deux à un touriste luxembourgeois qui l'observait depuis la fenêtre de sa résidence.
Dans ces circonstances, ce sera dîner maison avec au menu… devinez quoi ? Ce dîner et la nuit à venir ont pour décor la plage de Rorvika, à l'intersection de l'E10 et de la 816, alors qu'une brume épaisse commence à couvrir les sommets. Annoncent-ils un changement météo ?
Distance parcourue dans la journée : 110 km
Cténophore

Vestvågøy : du sommet du Justadtinden à la plage d'Eggum
J23 : Mardi 1er juillet 2014
Les nuages d'hier soir ont-ils pris le dessus ? Non, pas du tout, il fait toujours un temps magnifique en ce premier jour du mois de juillet.
Comme je l'avais précisé antérieurement, nous retournons sur nos pas aujourd'hui jusqu'à Justad afin de randonner.
Comme hier, nous reprenons la 815 presque jusqu'à Leknes, ce qui nous permet de revoir ces mêmes paysages à la fois côtiers et montagneux sous un autre angle.
En passant d'une île à l'autre, ce pont très esthétique mérite un court arrêt.
Pour une fois, nous ne sommes pas très matinaux. Le temps de faire le trajet jusqu'à Justad, il est déjà 10 h 45.
Nous avons retenu la randonnée vers les crêtes du Justadtinden pour deux raisons. Bien que ce soit un parcours long (14 km AR pour 900 mètres de dénivelé), il semblait à notre portée car nous sommes meilleurs en endurance qu'en vitesse. L'abandon à Reinebringen a sérieusement ébranlé notre confiance en nous.
L'auteur du site Internet rando-lofoten parle d'un "festival de panoramas", on ne veut pas rater ça, alors zou, en avant !
Pour commencer, le sentier suit tout en douceur la ligne de crêtes. Au bout d'un quart d'heure de marche, déjà un premier aperçu sur une vaste lande avec la petite ville de Leknes en arrière-plan !
Plus on monte, plus la vue s'élargit, dominant maintenant une zone de lacs et de tourbières. Au fond, le Vestfjord et les contreforts des îles voisines.
Ensuite, le parcours se fait plus raide, en traversant une grande prairie d'altitude avant d'atteindre le sommet, malheureusement un peu couvert. Il est 13 heures.
Mais quelques trouées plus claires vont malgré tout nous permettre d'assister au festival de panoramas.
Sur le chemin du retour, un dernier coup d'œil au Justadtinden.
Arrivée au camping-car à 15 h 15.
Bilan : une très belle randonnée, certes longue (14 km aller/retour), avec un dénivelé cumulé de 900 mètres, mais sans difficulté technique, faite en 4 heures et demie pauses comprises (au lieu des 5 à 6 heures annoncées).
Bref, voilà de quoi regonfler notre ego ;-)
La journée étant déjà bien entamée, on peut dès à présent réfléchir à une destination pour la nuit. Parmi les différents repérages que j'avais faits, j'étais particulièrement attirée par la plage d'Eggum, réputée très belle et par ailleurs idéale pour assister au soleil de minuit. C'est à une trentaine de kilomètres, on y fonce illico.
Pour changer un peu, nous traversons cette fois l'île de Vestvågøya par la E10 avant de tourner vers le nord, en direction d'Eggum.
La piste continue après le village et s'arrête en cul-de-sac à l'entrée de la réserve naturelle. C'est là que le stationnement des camping-cars est permis, moyennant 100 couronnes à payer au café du site. Un contrôle est effectué en fin de soirée, resquilleurs s'abstenir !
C'est un très beau spot très prisé, complété par un bel itinéraire de randonnée entre Eggum et Unstad, l'occasion d'une petite marche postprandiale.
Le chemin suit le bord de mer. Pourtant, ce décor, juste en retrait de la côte, pourrait faire croire à un paysage de montagne.
Le clou du parcours reste cependant cette sculpture, faisant partie du projet "Skulpturlanskap", 33 œuvres d'art modernes et originales, se mariant parfaitement avec le paysage, réparties dans toute la région du Nordland.
Celle-ci, intitulée Hode (ou Head) est l'œuvre du Suisse Markus Raetz. A première vue, une simple tête de granit.
Mais, en tournant autour du socle, vous finissez par voir et avoir la tête à l'envers ;-)
C'est donc un peu tourneboulés, la tête remplie d'un festival d'images, que nous nous retirons dans notre camion pour une soirée sous les rayons du soleil de minuit.
Distance parcourue dans la journée : 80 km
Du sommet de Justadtinden

Mont Hoven (Gimsøy) et retour sur le continent
J24 : Mercredi 24 juillet 2014
Cette dernière journée sur les îles Lofoten promet encore d'être radieuse. Pas un nuage dans le ciel, déjà 12 degrés ce matin mais il fera jusqu'à 18 dans la journée. Chic, ça se réchauffe ! Dès 8 heures, c'est parti pour l'île de Gimsøy !
A sa pointe nord se dresse le mont Hoven (368 mètres), une montagne solitaire et facile à gravir, offrant des vues paradisiaques, paraît-il.
Une randonnée facile (4 km, dénivelé 400 mètres, 2 heures).
Sa silhouette massive qui tranche avec les crêtes acérées du reste des Lofoten inspire confiance.
A ses pieds quelques maisons de vacances dans un cadre bucolique et paisible ! Nous sommes séduits !
Le sentier menant au mont débute près du golf en chantier. Pour cette raison, le début est un peu confus. Mais, une fois sur la trace, l'ascension est aisée et le rapport qualité/effort excellent.
Du sommet du mont Hoven, nous contemplons des panoramas époustouflants. Entre rêve et réalité, nous nous imaginons transportés dans un coin du monde plus exotique.
Nous ne connaissons pas (encore) la Nouvelle-Calédonie maisce marais n'a-t-il pas des airs de famille avec le Cœur de Voh rendu célèbre par le photographe Yann Arthus-Bertrand.
Cette anse de sable blond aux eaux cristallines n'a-t-elle pas tous les attributs d'une plage tropicale des Caraïbes ou de l'océan Indien ?
Avec son eau turquoise, dans laquelle on imaginerait volontiers des bancs coralliens, et sa chaîne montagneuse tombant dans l'océan, on se croirait presque en Polynésie.
Il ne manque que la chaleur ? Oui, mais ça se réchauffe, je vous l'assure.
Quand nous nous arrêtons sur l'E10 (peu après le camping de Lingvaer) pour nous amuser avec nos reflets et ceux des montagnes derrière nous, nous sommes déjà en bras de chemise. Nous n'avons pas encore détaché nos bas de pantalon mais ça ne saurait tarder.
"Miroir, mon beau miroir". Cette drôle d'installation fait elle aussi partie du projet "Skulpturlanskap". Sans titre, œuvre de l'artiste américain Dan Graham, elle sublimise les magnifiques paysages des Lofoten où chacun compose son propre tableau. Nous créons le nôtre.
Quelques heures plus tard, en nous promenant dans la petite ville de Svolvær, la tenue des touristes et des locaux ne trompe pas. En arborant sandales, shorts, petites robes et manches courtes, ils signent le retour de la douceur voire de la chaleur en plein midi.
D'ailleurs partout le long des fjords bordant l'E10 puis la Fv 888, les Norvégiens pratiquent le bain de soleil (à défaut du bain tout court pour l'instant).
A la pointe nord de l'île de Austvågøy, peu après Delp sur la rive du Grunnfjord, nous en faisons autant, un long bain de pied et de soleil avant de nous mettre à la recherche du lieu idéal où passer la nuit tout en étant bien orienté pour profiter le plus longtemps possible des rayons du soleil.
Nous n'aurons pas à chercher bien loin. Moins de 10 kilomètres plus loin, au niveau du hameau de Sande, nous nous dirigeons vers l'église et le cimetière en sachant qu'il y a toujours un parking à proximité de ce type de lieu. Après le cimetière, une trace mène à un ancien terrain de sport au bord d'une plage.
L'endroit est parfaitement orienté et aussitôt adopté. Quant à la plage, elle est le domaine de sternes arctiques, très agressives. Nous comprendrons vite à quoi peut bien servir le bâton surmonté d'un casque de chantier planté à l'entrée de la grève. Hervé met le casque, je brandis le bâton pour nous mettre à l'abri des coups de bec des sternes sur nos têtes. Ainsi protégés nous pouvons nous aventurer jusqu'au bord de l'eau.
On pensait rester seuls dans cette péninsule un peu isolée. Que nenni ! L'emplacement de notre camping-car visible depuis la route en attire bientôt deux autres : un petit camping-car rouge conduit par un papy allemand puis un petit combi qui repartira rapidement. Le premier nous tiendra compagnie pour la soirée.
On pensait veiller jusqu'à minuit mais après 22 heures, on s'effondre. Dans notre demi-sommeil, on entend le camping-car rouge démarrer et quitter les lieux sans doute une fois les douze coups de minuits sonnés.
Quant à nous, en ouvrant un œil puis deux à 2 heures du matin, nous ne sommes pas près d'oublier le spectacle qui s'offre alors à nos yeux à présent grands ouverts.
Un dégradé de rose sur un ciel toujours bleu et un soleil malgré l'heure tardive (ou matinale, c'est comme on veut) toujours aussi brillant.
Distance parcourue dans la journée : 135 km
J25 : Jeudi 3 juillet 2014
Ce matin, c'est une douceur inhabituelle qui nous tire du lit. Surprise, il fait déjà 18 degrés à 8 heures. La hausse des températures a donc bien l'air de se confirmer.
Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, c'est aujourd'hui que nous quittons l'archipel des Lofoten pour retrouver le continent.
Ce séjour a dépassé nos attentes avec un temps splendide durant sept jours consécutifs, des paysages montagneux et côtiers sublimes, de magnifiques randonnées et des lieux de bivouac exceptionnels. Ce fut un enchantement permanent !
Alors, en empruntant pour la dernière fois cette route touristique E10 à destination du ferry de Lødingen, c'est avec un brin de nostalgie que nous voyons disparaître les pics escarpés des Lofoten au profit des monts plus arrondis des Vesteralen.
Un nouveau pincement au cœur en embarquant sur le ferry à destination de Bognes et en faisant définitivement nos adieux au grand Nord ! En prenant résolument la direction du sud, il faut nous rendre à l'évidence, notre voyage entre dans sa phase retour. Dans dix jours, nous serons à Hanovre.
Mais d'ici là, il reste encore beaucoup de découvertes à faire.
En ayant privilégié de petites étapes sur les Lofoten et un rythme cool pour notre Pössl, maintenant qu'il faut rentrer, il va falloir mettre les bouchées doubles. Les vacances, c'est fini pour Pössl. Il va devoir rouler car plus de 200 kilomètres nous séparent de notre destination du soir, dans les environs de Bodø.
Dans l'immédiat, c'est facile, il suffit de suivre la file sortie du ferry et de descendre plein sud par la route Arctique (E 6) jusqu'à Fauske.
Au passage, ces dômes granitiques nous font penser aux reliefs de Yosemite (USA)
Le ciel devient tristounet en progressant vers le Sud. Sur la 80, entre Fauske et Bodø où nous sommes déjà passés il y a huit jours, il pleuviote tout comme la dernière fois.
En optant, un peu avant Bodø, pour la fameuse route Côtière (Kystriksveien ou Rv 17), le temps est à peine meilleur. Il ne pleut plus mais il fait gris sur Saltstraumen et les températures sont paradoxalement inférieures à celles de ce matin plus au nord.
C'est ici qu'on peut observer le maelström le plus puissant du monde. Le phénomène est le plus spectaculaire au moment du changement de marée soit entre 21 et 22 heures aujourd'hui.
Dans le détroit de Saltstraumen, long de 3 kilomètres et large de 150 mètres, la marée provoque le déversement d'un fjord dans un autre. Toutes les six heures, 400 millions de mètres cubes d'eau déferlent à une vitesse de 20 nœuds dans un sens, puis dans un autre, créant d'impressionnants remous et tourbillons.
En attendant, nous pensions nous installer au camping en bord de fjord, mais quand nous découvrons à quoi ressemble le camp, une concentration d'une centaine de mobilhomes et de trailers, nous changeons aussitôt d'avis.
Pendant que je profite discrètement de la buanderie du camp, Hervé tire une nouvelle fois le dîner du fjord, à savoir trois beaux lieus qui lui sautent littéralement dans les bras ou… presque !
Après avoir jeté un coup d'œil aux tourbillons du maelström, nous reprenons la route vers 22 heures afin de trouver un lieu de bivouac plus confidentiel. A proximité du hameau de Valnes, à l'écart de la route 17, nous trouvons notre bonheur : un tout petit parking (2 places max) au bord d'une rivière.
Cette étape de transition n'était pas spécialement exaltante mais néanmoins incontournable pour accéder à partir de demain et pour les trois prochains jours aux plus jolis paysages de la route Côtière. Avec le retour du soleil, espérons-le !
Distance parcourue dans la journée : 325 km
Au sommet du mont Hoven

Sur la route Côtière (Rv 17) : le glacier occidental du Svartisen
J26 : Vendredi 4 juillet 2014
Réveillés à 4 heures du matin par un bruit de portières qui claquent, sans doute d'un véhicule ayant partagé notre emplacement sans qu'on sans aperçoive, on en profite pour démarrer la journée à l'aube.
L'étape prévue aujourd'hui sur la route de la Côte va être extrêmement variée en moyens de locomotion. Par conséquent elle risque aussi d'être plus longue que la normale en raison d'éventuels délais d'attente. Nous utiliserons alternativement - le camping-car pour les quelques 230 kilomètres de route - le ferry à deux reprises, en complément de la route - le bateau pour traverser un fjord (le Holandsfjord en l'occurrence) - le vélo pour aller et revenir du débarcadère au point de départ du trail prévu - enfin, nos pieds pour atteindre la base de la langue glaciaire occidentale du Svartisen.
Le premier bateau traversant le Holandsfjord part à 7 h 45. L'embarcadère se trouvant à 130 kilomètres d'ici, il n'est pas trop tôt de partir à 5 heures.
Sur le trajet, le temps est hésitant. Le ciel bleu azur d'où jaillit tel un feu d'artifice un bouquet de nuages vire progressivement au gris maussade.
A Holand, je m'attendais à un quai envahi de cars de touristes. Or nous trouvons un tout petit embarcadère en bois, très mal indiqué et désert.
A 7 h 45, nous sommes les seuls à faire la traversée du fjord, mais peu s'en est fallu qu'on ne rate le départ du bateau. On était pourtant en avance mais l'endroit que j'avais noté était en réalité le centre des visiteurs, à deux kilomètres de l'embarcadère réel. C'est ballot ! Heureusement un habitant du coin nous a remis sur le droit chemin in extremis.
Juste le temps de garer le camion avant de sauter à bord de l'embarcation et déjà on voit le profil du glacier Svartisen apparaître entre deux sommets.
Une fois débarqués sur la rive opposée, il nous reste à contourner le lac glaciaire, un parcours de 3 kilomètres pas particulièrement attrayant alors la commune a prévu des locations de vélos. Il suffit de se servir dans le lot disponible et on paie au retour sur le bateau. Quelques coups de pédale et le tour est joué.
Sur le trajet, pas un chat mais… une famille de moutons, sans doute un peu surprise de nous trouver sur son chemin à cette heure matinale. Les petits, très craintifs, se pressent contre leur mère.
Après avoir laissé maman brebis à ses moutons, intéressons-nous au glacier. En suivant les petits cailloux, nous arrivons en bordure de la langue glaciaire, si près qu'on pourrait la toucher.
Fascinante et d'autant plus impressionnante que nous profitons tout seuls de ce spectacle !
Par un étroit cheminement granitique, nous accédons ensuite à une petite cabane surplombant le lac. De la terrasse le regard balaie l'ensemble du site, ce qui permet de réaliser que ce bras occidental du Svartisen rejoint (presque) la mer. Cette particularité lui vaut d'être le glacier le plus bas d'Europe continentale.
Un dernier coup d'œil à la coulée de glace depuis la rive du lac, après une descente un peu glissante sécurisée par des chaînes et balisée de marques rouges.
A 11 heures, le bateau nous attend pour le retour. Non, pas celui-ci - qui est un voilier privé appartenant à une famille belge de Bruxelles - mais le suivant...
Tiens, y a-t-il un capitaine dans le bateau ? Non ? Heureusement que je suis là pour prendre la barre !
Après cette sympathique excursion, c'est reparti sur la route, mais seulement pour une quinzaine de kilomètres. A Forøy la route 17 cède la place à un ferry qui nous dépose à Agskardet dix minutes pus tard. On remet ça une deuxième fois entre Jektvik et Kilboghamn.
Des passages en ferry très agréables permettant de changer de rythme et d'agrémenter la journée de voyage, d'autant qu'il fait à présent très beau.
La deuxième traversée, plus longue que la première (soixante minutes) se double du passage nord-sud du cercle Arctique. Cette fois, le soleil de minuit, c'est bien fini et la descente vers le sud vraiment confirmée.
Mais aujourd'hui nous n'irons guère plus loin. Vers 17 heures, un peu après Stokkvågen, au pied de ce drôle de sommet en forme de sombrero, nous décidons de nous poser.
J'y avais repéré deux possibilités de stationnement. Après avoir testé les deux, nous finissons par revenir à la première, une aire de pique-nique agréablement située en surplomb du fjord, doublée d'un accès aux rochers pour pouvoir pêcher.
L'activité de la soirée est donc toute trouvée pour Hervé. Tandis qu'il lance sa ligne, je déplie ma chaise pour une délicieuse soirée au bord de l'eau.
Les températures grimpent de jour en jour. Avec 20 degrés au thermomètre en cette fin d'après-midi (bien davantage au soleil), la casquette devient indispensable.
Le pêcheur, ici en pleine action, mettra une nouvelle fois un maquereau dans nos assiettes.
C'est par un bivouac solitaire (aucun autre véhicule ne viendra nous rejoindre) que s'achève cette journée très variée en activités.
Distance parcourue dans la journée : 210 km
Glacier occidental du Svartisen

Helgelandsbrua, Torghatten et Trælneshatten : par monts et par ponts sur la Rv 17
J27 : Samedi 5 juillet
Déjà 20 degrés de bon matin, il flotte sur la côte norvégienne un petit air de côte d'Azur. Alors pas le temps de traîner. Par un si beau temps, nous sommes au volant dès 7 heures en poursuivant la route 17.
Notre destination finale devrait être Brønnøysund, à environ 200 kilomètres.
Mais comme hier notre itinéraire ne se fait pas d'une traite, il comprend aujourd'hui trois passages en ferry. C'est la particularité de cette route Côtière qui zigzague entre les fjords et les îles pour notre plus grand plaisir.
Un plaisir d'autant plus grand qu'avec cette météo exceptionnelle, pas besoin de veste ni de bonnet. C'est cheveux au vent que nous goûtons à la brise marine sur le pont du navire.
De Nesna à Levang, de Tjøtta à Forvik, de Horn à Anddalsvåg : si le premier et le dernier parcours représentent de simples sauts de puce d'une quinzaine de minutes, le deuxième en louvoyant entre îles et îlots pendant une heure est une véritable petite croisière.
Aux ferries il faut aussi ajouter des tunnels et surtout des ponts majestueux, monuments d'ingénierie. C'est le cas du très beau pont de Helgeland enjambant le Leirfjord à Sandnessjøen. Il a tout particulièrement inspiré le photographe qui, pour l'appréhender sous toutes les coutures, multiplie les passages.
Malgré tous ces arrêts, nous finissons bon an mal an par arriver à Brønnøysund en début d'après-midi. Trop tôt pour s'arrêter ? Non, car on a une idée derrière la tête.
A l'extrémité de la péninsule se dresse une montagne percée, Torghatten, que nous avons bien envie de gravir mais pas tout de suite. Il fait 27 degrés, pour le moment beaucoup trop chaud pour marcher. Attendons qu'il fasse plus frais !
Alors si on prenait un bain pour se rafraîchir ? Au pied de Torghatten, le camping du même nom possède une plage bordant un lac artificiel. Nous ne pouvons pas résister malgré une eau un peu boueuse. C'est notre premier véritable bain du séjour mais pas le dernier.
En revanche, sur la pelouse en bord de mer, nous alternons bain de soleil et bain d'ombre jusqu'en soirée.
18 heures, c'est la bonne heure pour gravir la montagne percée. On s'attendait à trouver un petit trou dans une paroi. Or on reste scotchés en découvrant une cavité… un tunnel de 35 mètres de haut, 150 mètres de long et 20 mètres de large.
Véritable fenêtre sur les îles et l'océan…
Si la plupart des promeneurs s'arrêtent à l'entrée de la caverne pour revenir ensuite sur leur pas, une boucle est envisageable.
Nous sommes donc sortis par l'extrémité opposée, descendus par une sente très raide à travers une forêt de bouleaux avant de revenir au parking par le bord de mer. Cette option offre l'avantage de pouvoir admirer la montagne à distance. Superbe !
Une très belle randonnée dans un lieu emblématique de la région, un point de repère visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, un lieu mythique, source de contes et de légendes, bref un monument !
En rejoignant plus tard un quai en ville pour la nuit, nous portons un dernier regard à cette montagne sacrée, à l'issue d'une sacrée journée.
Ce soir, on vire la couette tellement il fait chaud. Mais j'ai du mal à dormir entre la chaleur et le vent qui s'est levé en cours de soirée.
A 1 heure du matin, alors que le photographe dort comme un bébé, quelle ne fut ma surprise de voir passer au pied du lit ou presque… le mastodonte Hurtigruten qui fait escale à Brønnøysund toutes les nuits à cette heure-là.
Distance parcourue dans la journée : 190 km.
J28 : Dimanche 6 juillet 2014 Houlà, la chaleur s'installe. Il fait déjà 24 degrés de bon matin et toujours un temps magnifique. C'est parfait car nous avons prévu de randonner dans la matinée avant de continuer notre parcours sur la route Côtière.
La montagne de Trælneshatten, dont le suffixe "hatten" indique un sommet en forme de chapeau, n'a vraisemblablement pas le prestige des pics des Lofoten de sorte qu'Hervé lors de la préparation l'a déclarée "rando moche" et n'est pas très enthousiaste à l'idée de l'entreprendre.
Moi, je suis persuadée qu'au contraire du haut de ses 567 mètres, nous devrions bénéficier d'un panorama exceptionnel sur la montagne percée de Torghatten et les nombreux îlots qui constellent le détroit.
Il ne faut guère plus d'une demi-heure pour rejoindre le point de départ. Pas de chance, les coordonnées que j'avais notées nous conduisent tout droit dans la cour d'une ferme. Mince, mais où est donc le parking ?
Hervé jubile à l'idée que la "rando moche" va tomber à l'eau.
Mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Demi-tour et retour sur nos pas de quelques centaines de mètres. Ça y est, cette fois, on y est.
Au fur et à mesure de notre ascension, Hervé révise son jugement pour se rallier à mon opinion.
Oui vraiment, les vues sur la montagne percée de Torghatten, sur les îles du détroit et sur la localité de Brønnøysund valent le déplacement.
Là-haut, autour d'un petit autel en pierre recouvert d'une nappe blanche, autour d'une bougie allumée et d'un bouquet de fleurs des champs, quelques personnes se sont rassemblées. Sont-elles en train de commémorer quelque chose ?
Nous aurons la réponse au cours de la descente en interrogeant un homme qui, lui, est en train de monter, une guitare sur le dos. L'homme est le pasteur de la paroisse, nous sommes le jour du seigneur et il va célébrer l'office du dimanche au sommet de la montagne. D'ailleurs, la file de ses fidèles paroissiens s'étire maintenant tout au long du chemin, certains accompagnés de jeunes enfants alors même que l'aller/retour représente 5 kilomètres, 567 mètres de dénivelé en 3 heures de marche.
Une bonne façon de joindre la foi à l'agréable.
Quant à nous, après nous être bien dépensés et bien sustentés, il va falloir songer à reprendre la route. Notre étape du soir dans les alentours de Steinkjer est encore à plus de 200 kilomètres dont une traversée en ferry entre Vennesund et Holm.
Tout l'après-midi y passe.
Alors, quand la destination approche, nous sommes contents de pouvoir enfin nous poser.
C'est notre deuxième passage dans la région de Steinkjer. A l'aller nous avions passé la nuit sous les sapins de Bølarein. Pour ce deuxième séjour, j'ai choisi Paradisbukta. En norvégien, "bukta" signifie baie. Quant à "paradis", inutile de traduire. Bref, un joli nom pour une base de loisirs et une plage en bord de fjord.
Avec une température ambiante de 28 degrés et une eau de baignade à 22 degrés en surface, ce paradis ne peut mieux tomber. En deux temps trois mouvements, le maillot de bain est enfilé et les brasses enchaînées dans le fjord. Un délice !
A cette heure (19/20 heures) et en cette fin de week-end, il reste encore quelques personnes sur la plage mais quand les derniers baigneurs, promeneurs et pique-niqueurs quittent le site, nous avons ce paradis pour nous tout seuls ou… presque (seulement un autre camping-car sur place).
Distance parcourue dans la journée : 265 km
La montagne percée de Torghatten

De Trondheim à Oslo en passant par le parc national de Dovrefjell
J29 : Lundi 7 juillet 2014 21 degrés à 7 heures et toujours un super temps. C'est inouï ! Aujourd'hui pas de randonnée, enfin si, mais une petite en fin de journée. Dans un premier temps, c'est la visite de Trondheim qui est au programme. A l'aller, nous avions contourné la ville pour éviter d'avoir à parcourir deux fois le même trajet. Cette fois nous comptons bien nous y arrêter.
La troisième plus grande ville du pays étant distante de 120 kilomètres, il vaut mieux y arriver le plus tôt possible. L'entrée en ville avec un camping-car, même de la taille de Pössl, est toujours un peu stressante.
D'ailleurs, il nous faudra presque trois heures pour rejoindre le centre de Trondheim depuis Steinkjer. J'y avais repéré un parking gratuit pour camping-cars mais à cette heure de la matinée, les places occupées depuis la veille n'ont pas encore été libérées. C'est donc sur une place payante que nous sommes obligés de nous garer. A ce compte-là, on aurait pu se garer dans n'importe quelle autre emplacement en centre-ville. Tant pis !
Avec ses rues larges et son centre partiellement piétonnier, la ville est très agréable à visiter et ne manque pas de charme.
De la cathédrale Nidaros, le plus vaste édifice médiéval de Scandinavie…
… jusqu'au quartier historique de Gamle Bybro ("pont de la vieille ville") avec ses pittoresques entrepôts des XVIIIe et XIXe siècles qui rappellent ceux de Bergen, en passant par Torvet, le centre-ville moderne et ses enseignes internationales…
Mine de rien, les kilomètres s'enchaînent sous une chaleur de plus en plus forte, dépassant à présent les 30 degrés. Alors à l'heure de midi, je me verrais bien déjeuner au bord de l'eau. Le quartier de Bakklandet au bord du fleuve Nidalva semble le plus adapté à mes attentes. Malheureusement, nous ne trouvons rien directement au bord de l'eau ou plutôt si… mais trop tard, une fois que nous aurons déjeuné à l'une des tables installées sur le trottoir dans Nedre Bakklandet.
Dommage, le restaurant asiatique "Bryggen Asian Cooking" avait la terrasse dont je rêvais ! Pour une prochaine fois !
Pour le moment, la montée au fort Kristiansten aura définitivement raison de notre résistance. Après la visite du site dominant la ville, nous n'avons qu'une hâte, vite, nous reposer à l'ombre, sur la pelouse du parc de Marinen, au bord du fleuve.
De retour dans un camping-car surchauffé, nous abrégeons le séjour avant le délai fixé par le parcmètre, aspirant à un peu plus de fraîcheur dans les montagnes. Nous serons bientôt servis.
En effet, notre destination du soir est prévue dans les alentours de Dombås, à Hjerkinn exactement, 150 kilomètres plus au sud. En arrivant sur place vers 19 heures, c'est le jour et la nuit avec Trondheim.
Ici fini le ciel bleu ! A plus de 1 000 mètres d'altitude, la chaleur de ces derniers jours est en train de tourner à l'orage et la température plus proche des 15 que des 30 degrés. Nuages menaçants et déjà un peu de pluie couronnent le tableau.
Le parc national de Dovrefjell est connu pour abriter des troupeaux de bœufs musqués. Nous projetons d'aller à leur recherche demain. Nous pourrons soit prendre une navette nous conduisant de Hjerkinn à Snøheim pour tenter d'en approcher par nous-mêmes en sillonnant le coin au hasard, soit nous joindre à un safari guidé dont le rendez-vous est à Hjerkinn, justement.
Il n'est pas nécessaire de réserver d'avance alors nous verrons bien, car la météo n'a pas l'air d'être optimiste pour demain.
Dans l'immédiatement, profitons entre deux averses de grimper vers le point de vue de Snøhetta où un abri très design permet d'admirer le panorama sans souffrir du froid.
Par une piste un peu cahoteuse, Pössl se hisse jusqu'au parking à 1150 mètres. De là nous rejoignons à pieds et par un large sentier le point de vue situé 1 500 mètres plus loin.
Devant nous, un homme et son jeune fils, tout excités, pointent leurs jumelles puis leur index vers un point difficilement visible à l'œil nu.
A plus d'un kilomètre de distance, cette tache pas plus grosse qu'une tête d'épingle… oui, c'est un bœuf musqué !
L'homme, un Norvégien de Trondheim, dit que c'est la première fois qu'il en voit un par ses propres moyens. Jusque là il n'en avait vu que dans le cadre d'un safari guidé.
En zoomant, on peut effectivement voir la bête brouter, tête baissée.
Au sommet, c'est un plaisir de profiter du panorama depuis l'intérieur douillet et très stylisé de cet abri alors que dehors le ciel menace. Deux jeunes Tchèques ont manifestement l'intention de passer la nuit près de la cheminée, devant cette vue exceptionnelle. Ils ont fait le bon choix.
Quant à nous, c'est le parking au pied de la montagne que nous avons choisi pour la nuit tout comme deux camping-cars roumains. De violents orages accompagnés de pluies diluviennes viennent mettre un terme à cette journée de tous les extrêmes.
Le safari aux bœufs musqués tombera-t-il aussi à l'eau ?
J30 : Mardi 8 juillet 2014
Eh, oui, adieu navette, randonnée et safari aux bœufs musqués ! Il a plu toute la nuit et il tombe toujours des seaux d'eau, ce matin. Par conséquent, nous ne sommes pas pressés de mettre le nez dehors. Une fois n'est pas coutume, les deux autres camping-cars quittent les lieux avant nous.
Nous levons finalement le camp vers 10 h 30 alors que les deux jeunes Tchèques rencontrés hier soir descendent de la montagne, tout trempés. Nous les avançons jusqu'à Hjerkinn avant de filer vers le sud.
En effet, il n'y a rien de plus à faire aujourd'hui que de rouler. Nous décidons donc de rejoindre dès à présent notre destination suivante, aux environs de Gjendesheim, où nous avons prévu de faire demain la mythique randonnée de la crête de Bessengen (avec transfert en bateau, 13 km, 7 à 8 heures de marche, 1 000 mètres de dénivelé). Mais quid de la météo ? On avisera le moment venu.
Pour l'instant, nous poursuivons la E 6 vers Dombas, puis vers Otta avec une météo exécrable. A Otta, les panneaux électroniques annoncent que la route E6 est coupée à hauteur de Ringebu pour cause de flooding. Ah oui, c'est à ce point ?
Nous n'avions pas prévu de passer par Ringebu, ces annonces ne nous concernent donc pas directement mais sur notre itinéraire, la Rv 51, nous feront rapidement le même constat.
En effet, sur les rives du fleuve Otta, le niveau de l'eau a atteint sa cote d'alerte. Mais le pire est à venir.
Dans la vallée de la Sjoa, la rivière du même nom est complètement sortie de son lit.
Près de Gjendesheim, le même cours d'eau a encore gonflé, arrivant tout juste à s'engouffrer sous le pont sur lequel passe la route. Au passage, elle a pris des allures de torrent en furie, prêt à emporter la passerelle en bois sur laquelle quelques inconscients, certains avec des enfants dans les bras admirent les eaux tumultueuses sans réaliser le risque.
Le camping voisin a les pieds dans l'eau. Les randonneurs, tout trempés, sans doute surpris par le mauvais temps en montagne, ont investi le bitume et tentent de revenir à leur point de départ par la route. C'est l'apocalypse ou… presque !
Dans ces conditions, inutile de rester ici jusqu'à demain. Même si le soleil revient, les sentiers risquent de ne pas être praticables. Essayons plutôt de poursuivre en espérant trouver meilleur temps encore plus au sud.
Mais ça ne s'arrange pas tout de suite. A 1 389 mètres d'altitude, le plateau de Jotunheimen est dans la grisaille complète.
Je plains "ledebil" qui officie dans ces conditions ;-) Pour votre information, "ledebil" désigne en norvégien, un véhicule d'escorte de chantier. N'empêche que je plains le gars chargé de la circulation par ce temps.
On continue à suivre la route 51 jusqu'au bout sans entrevoir la moindre éclaircie.
Pourtant, après Fagernes, la pluie cède du terrain. Peut-être l'espoir de pouvoir enfin nous dégourdir les jambes. Pour le moment, seul Hervé se dégourdit les bras en profitant d'une courte éclaircie pour improviser une petite partie de pêche au bord d'un lac.
Il n'aura pas le temps d'attraper autre chose que des algues, déjà un nouvel orage vient contrarier nos plans et nous remettre à nouveau derrière le volant.
Encore plus loin, toujours plus loin, après 400 kilomètres et près de 10 heures passées sur la route, nous sommes au bord de la saturation, il faut absolument nous arrêter.
Nous pensons avoir trouvé le coin idéal sur une aire de repos au bord de la E16. Mais l'endroit a l'air d'être un lieu de rendez-vous un peu louche. Après le dîner, c'est donc une dernière fois aujourd'hui que nous déplaçons Pössl. Nous finissons par le garer sur le parking d'un supermarché de la banlieue d'Oslo. Pas très glamour comme bivouac mais faute de mieux…
Bonne nuit, on va se coucher sans demander notre reste !
Distance parcourue dans la journée : 400 km.
Parc national du Dovrefjell

Une journée à Oslo, visite de la capitale
J31 : Mercredi 9 juillet 2014
Plus de trace de la perturbation d'hier, grand ciel bleu, déjà 19 degrés à 7 heures du matin : la journée promet d'être chaude.
Depuis notre parking en banlieue d'Oslo, il reste une vingtaine de kilomètres à peine pour rejoindre le cœur de la capitale, mais pas sans mal ! Une fois de plus, entrer en ville avec un camping-car, en s'orientant avec un GPS de randonnée à l'écran minuscule dans un embrouillaminis de rocades et d'échangeurs, il y a de quoi frôler la crise de nerfs quand on se retrouve à tourner en rond sur un périphérique souterrain en cherchant vainement une sortie. Quand en plus cette voie vous conduit dans une zone portuaire fermée, c'est la goutte qui fait déborder le vase.
Bref, on est à deux doigts de laisser tomber la visite de la capitale quand, je ne sais par quel miracle, on réussit à retomber sur nos pattes et à trouver une place de stationnement au pied de la forteresse d'Akerhus.
Après avoir alimenté le parcmètre jusqu'à 14 heures (22 €), nous sommes prêts pour la visite de la ville du prix Nobel.
D'ailleurs, c'est l'un des tout premiers points d'intérêt sur notre circuit. Le bâtiment plutôt banal n'a pas tout à fait le prestige du prix qu'il consacre tous les ans.
Comme il est à peine 8 heures, rien n'est encore ouvert en ville, nous nous dirigeons alors vers Strandpromenade (traduisez la promenade de la plage).
Du port jouxtant Radhus (la mairie), une allée en planches, bordée de bars et de restaurants, déserte ou presque à cette heure matinale, mène à la plage en traversant un quartier en pleine mutation où de luxueux ensembles architecturaux sont sortis de terre ces dernières années.
Tout au long de la promenade, quelques œuvres modernes en forme de clins d'œil !
Cousteau prêt à plonger dans le fjord ? Une ancre échouée sur le port ? Des boulets ou des seins canons ? Un renne motorisé ? Les sept nains ? Mais où est Blanche-Neige ?
Après avoir sillonné le quartier de long en large, devant l'office de tourisme, il me vient une idée lumineuse. Les principaux points d'intérêt étant dispersés dans la ville et difficilement accessibles à pied dans la durée que nous nous sommes fixée, si on prenait le bus touristique de Cityseeing ?
L'idée est immédiatement retenue et nous voilà promenés dans les rues d'Oslo à bord d'un bus rouge à l'impériale, des écouteurs sur les oreilles, depuis le palais royal en passant par le tremplin olympique jusqu'à la péninsule de Bygddoy et ses nombreux musées.
Premier hopp off devant le parc Vigeland.
Ce parc dédié aux œuvres du sculpteur préféré des Norvégiens, Gustav Vigeland, est l'un des sites les plus visités de la capitale. Il abrite 322 statues, en granit et en bronze de cet artiste, évoquant l'éventail complet des émotions et des activités humaines.
L'œuvre la plus célèbre, Sinataggen, représente un enfant en colère. La pièce maîtresse du sculpteur, intitulée Monolith, coiffe la colline le plus haute du parc. C'est une colonne de granit haute de 14 mètres, représentant un enchevêtrement de 121 corps luttant pour atteindre le sommet. Etonnant !
Hopp on, c'est reparti pour un petit tour en bus et deuxième hopp off à l'opéra.
Ouvert en 2008, conçu par le cabinet d'architectes local Snøhetta (le même qui est à l'origine de l'abri design du Dovrefjell NP), avec ses façades d'un blanc étincelant, il fait penser à un iceberg flottant sur le fjord Ce magnifique bâtiment qui n'est pas sans nous rappeler celui de Reykjavik est la pièce centrale d'un vaste projet de redéveloppement du front de mer. Il devrait compter parmi les constructions modernes les plus emblématiques en Europe.
De fil en aiguille, l'heure tourne mais Oslo nous plaît, on prolongerait bien encore un peu la balade d'autant que nous n'avons pas encore déjeuné. Il est près de 14 heures, on meurt de faim et on commence à en avoir plein les baskets. On se poserait bien quelque part !
Mais avant tout, pour valider la prolongation, il faut remettre des sous dans la tirelire, euh pardon dans le parcmètre. C'est fou ce qu'il est gourmand ! Allez, voilà de quoi tenir jusqu'à 16 h 30.
Ce délai nous laisse le temps de déjeuner au soleil chez Lekter'n, une péniche sur les quais, avant un nouveau passage sur Strandpromenaden. Les rues sont maintenant noires de monde.
A l'extrémité de la promenade, avec une température de plus de 30 degrés, sur les gradins entourant la plage déserts ce matin, la jeunesse dorée d'Oslo n'hésite pas à plonger dans le fjord entre deux bains de soleil sur les planches.
Le maillot de bains est dans le sac, mais devant les corps parfaits de toute cette jeunesse, j'ai peur de faire tache. Quant à Hervé, c'est sans complexe qu'il enfile son maillot et qu'il se jette à l'eau.
C'est sur ce bain rafraîchissant (pour lui) que se termine notre visite d'Oslo, que nous avons bien appréciée, une ville en bord de mer, également proche de la montagne qui n'est pas sans nous rappeler Vancouver.
Nous ne le savons pas encore, mais Oslo sera aussi notre dernière étape en Norvège.
Pourtant, en quittant la capitale, nous avions l'intention de faire étape à Fredrikstad, dont les guides louent le charme du centre historique.
On espérait aussi pouvoir faire un arrêt technique pour le camping-car sur le trajet. Or non seulement on ne trouve aucune aire de vidange en route mais en plus la ville de Fredrikstad ne nous fait pas l'effet escompté.
Alors quand un camping-cariste néerlandais nous indique une aire de service à Strömstad, nous n'hésitons pas à franchir la frontière dès ce soir.
Les routes s'élargissent, les paysages s'aplatissent, les sapins disparaissent. En entrant en Suède, nous avons manifestement changé de monde !
Alors pour voir un peu à quoi ressemble cette fameuse côte suédoise du Bohüslan, comme nous avons presque 48 heures d'avance sur notre planning prévisionnel, nous en profiterons demain pour faire une excursion en bateau vers les îles Koster.
En attendant, nous stationnons en plein centre-ville de la petite ville côtière de Strömstad, point de départ vers les îles en question. Par cette belle et chaude soirée, le front de mer est très animé, chacun profitant de la douceur jusque tard dans la nuit.
Distance parcourue dans la journée : 180 km
Opéra d'Oslo

Suède : des îles Koster à la réserve naturelle de Kullaberg
J32 : Jeudi 10 juillet 2014
Aujourd'hui au programme les îles Koster, de petites îles sans voiture à découvrir à pied ou à vélo à une demi-heure de bateau de Strömstad, au sein du parc national de Kosterhavets.
Après avoir trouvé un parking longue durée pour notre Pössl, nous embarquons vers les îles sur le bateau de 9 h 50 en même temps qu'une foule de touristes. En effet, la destination est très prisée des Suédois et des Scandinaves en général. En revanche, nous ne repérerons absolument personne parlant une langue étrangère connue.
Le ciel est bleu, la mer est belle, le soleil radieux… on ne peut rêver mieux ;-)
Au bout de trente minutes de navigation à louvoyer entre récifs, îles et îlots rocheux, le bateau fait d'abord escale à Koster Nord puis dix minutes plus tard à Koster Sud.
Avec leurs petites maisons rouges, les îles ne manquent pas de charme
Koster Sud, tout le monde descend et se précipite sur les loueurs de vélos. Pas de panique, il y en aura pour tous. La bicyclette est effectivement le moyen le plus pratique de sillonner cette petite île de 4 à 5 kilomètres de long sur 2 kilomètres de large.
Après avoir enfourché leur destrier, les touristes s'éparpillent tels une nuée de moineaux vers les quatre coins de l'île. Nous commençons par le Nord-Est.
Du débarcadère de Långegärde, nous pédalons bon train en direction de Ekenäs où une première plage nous fait déjà de l'œil. Pour l'instant et en attendant de nous échauffer, nous ne faisons que barboter dans l'eau jusqu'au genou.
A première vue, ces îles ont l'air toutes plates mais ce n'est que pure impression. En réalité, quelques côtes bien senties obligent à forcer sur les pédales (Hervé) ou à pousser sa monture (Krikri).
Alors quand nous atteignons la baie de Kilesand, la baignade devient impérieuse, la sieste aussi, le pique-nique itou !
Après une pause réparatrice, c'est reparti pour quelques tours de roue jusqu'à Kyrkosund puis côté ouest jusqu'à Brevik où de ravissantes petites maisons colorées se serrent autour du port.
De là, encore quelques coups de pédale et nous revoilà au point de départ ou… presque, dans le détroit entre les deux îles, d'où nous observons les nombreux bateaux et leurs occupants ;-)
C'est aussi le moment idéal pour une dernière baignade.
Au pied d'une propriété privée, un thermomètre fixé au ponton indique 32 degrés. En le plongeant dans l'eau, nous avons la surprise d'apprendre qu'elle fait 22 degrés. Dans ces conditions, ce n'est pas étonnant que nous la trouvions si bonne. Elle est plus chaude qu'en Bretagne !
C'est sur cette délicieuse baignade que se termine cette belle et chaude journée dans des îles certes moins prestigieuses que les îles norvégiennes mais non moins authentiques et bien préservées, un archipel ignoré des touristes étrangers mais plébiscité par les connaisseurs scandinaves.
Retour à Strömstad vers 18 heures.
La réussite de la journée ne serait pas complète sans un bon dîner au restaurant. Alors après avoir réglé les tâches d'intendance liées au camping-car, retour sur le front de mer pour un excellent repas de poissons et fruits de mer au "Skagerack Restaurang".
Dernière balade au clair de lune… et nouvelle nuit dans le centre de Strömstad.
Distance parcourue dans la journée : 10 km
J33 : Vendredi 11 juillet 2014
Pössl reprend du service aujourd'hui pour une étape assez chargée (nous souhaitons nous rapprocher de la frontière danoise) mais entrecoupée de quelques points d'intérêt remarquables.
En effet, le parcours se fait sur la E6 (encore et toujours) mais côté suédois c'est une autoroute, ce qui est à la fois un avantage car la vitesse moyenne est bien meilleure qu'en Norvège, mais aussi un inconvénient car le trajet pourrait vite devenir monotone. Pour éviter qu'il ne le devienne, j'ai prévu quelques détours via des chemins de traverse.
Rien à redire côté météo, toujours grand beau temps et déjà 25 degrés à 9 heures.
Première sortie de l'autoroute seulement 30 kilomètres après notre départ. Nous voici à Tanum réputés pour ses célèbres pétroglyphes, des fresques gravées par martelage à la pierre dure sur des dalles de granite à l'époque de l'âge de bronze entre 1800 et 500 avant JC. Afin de les rendre plus visibles aux contemporains, leur tracé a été rehaussé à la peinture rouge.
La fresque la plus emblématique du lieu se trouve à l'entrée du site de Vitlyke (juste en face du musée du même nom) mais afin de garder le meilleur pour la fin, un sentier à travers la forêt nous conduit d'abord sur les hauteurs.
Là, sur la colline, un tumulus funéraire domine la plaine environnante où la vue porte jusqu'à l'océan. Vévé, mon cher Vévé, ne vois-tu rien venir ? Des navires, beaucoup de navires et… des hommes, beaucoup d'hommes
En effet, bateaux et canots sont les motifs les plus fréquents. Vitlyke présente environ 90 bateaux de taille variable de 15 centimètres à 3,6 mètres. Les embarcations servaient non seulement au transport mais étaient aussi utilisées dans le cadre de cultes religieux
Egalement de nombreuses figurations humaines, essentiellement des hommes représentés bras levés, signe de la dimension religieuse des gravures. Ils sont souvent armés d'épées, de haches, d'arcs ou de javelots.
La plus grande fresque, gravée sur une dalle de granite inclinée de 30 à 35 degrés, atteint 7 mètres de haut sur 22 mètres de long.
L'une des gravures les plus remarquables est celle dite "des jeunes mariés" représentant un homme et une femme aux cheveux longs en train de s'embrasser ?
Après cette incroyable balade dans le temps, retour plus terre à terre sur l'autoroute E 6 pour une centaine de kilomètres supplémentaires.
A nouveau on s'en écarte pour faire la pause du déjeuner à Marstrand, une petite ville côtière alliant une partie terrestre et une partie "île". L'île, accessible par un bac, se visite à pied. Elle est aux dires du site scandi.voyage.com, l'un des plus beaux endroits de Suède.
On n'aura pas le temps de le vérifier car on a d'autres projets pour l'après-midi, mais rien que la petite balade jusqu'au port constitue une agréable coupure dans notre journée de voyage. 2063 Après ce court entracte, nouveau retour sur la E 6. On laisse tomber la ville de Göteborg pour donner la priorité à la nature. A 200 kilomètres au sud de Göteborg, la réserve naturelle de Kullaberg a retenu toute notre attention.
Le parc naturel est réputé pour ses falaises vertigineuses, ses étendues balayées par le vent et ses couchers de soleil mémorables. Des sentiers sillonnent la réserve, menant à des grottes et des plages de galets.
Depuis quelques années, au bord d'une de ces plages, une "sculpture" en bois flotté du nom de Nimis entretient la curiosité des visiteurs et crée la controverse auprès de la population et des autorités locales.
N'ayant pas bien approfondi le sujet, nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. C'est donc avec un brin d'excitation (et quelques tâtonnements) que nous nous mettons à la recherche de cette fameuse œuvre. Aucune information sur la carte officielle.
Le GPS nous amène à proximité du village d'Arild où quelques locaux nous dévisagent avec suspicion (?)
Après avoir garé Pössl à la croisée d'une piste et d'un sentier de randonnée à la sortie du village, direction la ferme-musée de Himmelstorp en suivant un balisage rouge puis bleu. A hauteur de la ferme, il faut être attentif à l'inscription "N" pour Nimis, peinte en jaune sur une barrière du bâtiment. A travers une belle forêt de feuillus, le sentier longe ensuite la falaise à distance jusqu'à ce qu'une petite sente à peine indiquée descende en pente raide jusqu'à la plage.
Ce que nous découvrons alors est tout simplement stupéfiant.
Bien plus qu'une "sculpture" en bois flotté, nous pénétrons au cœur d'une construction gigantesque faite de 75 tonnes de bois récupéré, un labyrinthe géant menant à des tours d'une quinzaine de mètres de haut pour certaines, dominant la plage et l'océan. Ceux qui ne craignent pas le vertige n'hésitent pas à admirer la vue depuis le sommet.
Mais la création artistique n'est pas du goût de tout le monde dans les environs. Si certains la considèrent comme un bénéfice pour la réserve, d'autres au contraire jugent qu'elle la dénature. Chacun se fera son avis !
Pour la petite histoire, ces constructions sont l'œuvre d'un artiste suédois Lars Vilks qui s'est aussi fait remarquer en 2007 pour les fameux dessins de Mahomet qui ont créés la polémique.
En 1980, l'artiste commence la construction de deux sculptures, Nimis (en bois flotté) et Arx (en pierre). Difficiles d'accès, elles ont été découvertes par les autorités seulement deux années plus tard. Leur destruction est demandée et plusieurs procès ont été intentés contre l'artiste.
En guise de protestation, Lars Vilks déclare en 1986 l'existence et l'indépendance de la micro-nation de Ladonia. Suite à cette démarche, aucune action n'a été menée pour détruire Nimis et Arx.
En tout cas, Nimis nous a littéralement subjugués ! C'est le site le plus incroyable que nous ayons vu au cours de notre voyage.
Encore tout chamboulés par le gigantisme et l'originalité de cette œuvre, nous profitons des derniers rayons de soleil avant de retrouver notre camping-car vers 21 heures
Le village de Arild a l'air charmant, on y ferait bien étape pour la nuit. Ses habitants en revanche, le sont beaucoup moins, plusieurs nous jettent des regards dédaigneux, voire hostiles. Est-ce en raison de notre visite de Nimis, est-ce parce que nous sommes en camping-car ?
Dans ces conditions, on préfère ne pas s'attarder. J'avais noté que le stationnement d'un camping-car était toléré sur le parking du château de Sofiero, à Helsingborg. C'est encore à une petite trentaine de kilomètres mais peu importe, il fait très beau, nous avons tout le temps, nous sommes en vacances !
Sur le trajet, beau coucher de soleil sur un moulin à vent.
Pour la première fois au cours de notre voyage, nous avons besoin d'allumer la lumière à l'intérieur du camping-car au cours du dîner que nous prenons bien tard après une journée intense en émotions et en trajet !
Distance parcourue dans la journée : 465 km
Sur l'île de Koster Sud

Danemark : des canaux de Copenhague aux falaises de Møns Klint
J34 : Samedi 12 juillet 2014
De Helsingborg où nous avons passé la nuit, nous apercevons la côte danoise juste en face. D'ailleurs, en ferry, la ville ne se trouve qu'à 10 kilomètres de sa jumelle Helsingør. Néanmoins, pour ne pas être tributaires des horaires de ferry, nous préférons opter pour la traversée du pont de l'Øresund entre la Suède et le Danemark.
Météo toujours inchangée : grand beau temps, 17 degrés de bon matin.
Après avoir versé 49 euros dans l'escarcelle de la compagnie gestionnaire, la voie est à nous. Soixante mètres au-dessous de nous, les bateaux dans le détroit ont l'air de miniatures.
Après un bref retour sur la terre ferme à hauteur d'un îlot inhabité, le pont enchaîne sur un tunnel de 4 kilomètres.
La fin de parcours vers Copenhague est rapide, la circulation fluide en ce samedi matin. C'est pour une fois sans encombre que nous arrivons au plus près du cœur touristique de la capitale. A 9 h 30, nous alimentons le parcmètre, tout près de Nyhavn, dans un premier temps jusqu'à midi.
Hervé ayant déjà visité Copenhague dans le cadre d'un voyage professionnel, c'est lui qui est chargé de me faire découvrir les principaux points d'intérêt.
D'abord les maisons colorées typiquement danoises qui bordent le vieux canal de Nyhavn, creusé au XVIIIème siècle pour relier le port au centre-ville. Aujourd'hui jalonné de bars et de restaurants, c'est l'un des sites les plus animés et les plus fréquentés.
Visiter Copenhague sans voir la petite Sirène, c'est comme visiter Paris sans la tour Eiffel, c'est impensable. Une foule de touristes jouent des coudes pour approcher la belle et poser à ses côtés. Clic clac, une petite photo et on s'en va.
A travers l'ancienne citadelle du Kastellet, nous rejoignons l'Amalienborg Slot et son palais royal, avant de jeter un œil à l'intérieur en marbre de Marmorkirken.
A l'issue de cette boucle, c'est déjà l'heure de déjeuner. Nous sacrifions à la tradition du smørrebrod, des tartines danoises à base de saumons fumés, harengs marinés et autres spécialités.
Prêts à poursuivre la visite ?
Conquis par le principe du bus à l'impériale testé à Oslo, nous souhaitons réitérer l'expérience, mais optons finalement pour une visite au fil de l'eau par les canaux.
C'est l'occasion de voir l'envers du décor de la petite sirène et plus généralement la ville depuis les canaux.
Mais… en montant dans un bateau semi-couvert (pas facile pour faire des photos), en prenant les dernières places au milieu et non pas près du bord, entourés principalement par des familles accompagnés de petits enfants vite lassés et donc agités et braillards, avec des commentaires distillés au micro et non dans un audioguide, cette croisière devient vite galère. La tête grosse comme une citrouille, on a hâte de retrouver la terre ferme
A peine sortis du bateau, Hervé m'entraîne à l'assaut du ciel admirer la vue depuis le sommet de la flèche en spirale de Vor Frelsers Kirke.
D'abord 400 marches à l'intérieur (facile !) mais quand il faut poursuivre sur une rampe extérieure, je rase les murs avant de faire demi-tour et d'attendre Hervé au pied de l'édifice.
En dépit du vent à faire trembler le sommet, le courageux photographe s'est hissé au sommet pour caresser le globe et me ramener ces images.
C'est par ces vues panoramiques que nous clôturons notre passage à Copenhague alors que le ciel s'assombrit, donnant quelques gouttes au moment où nous quittons la ville.
Pour notre destination du soir, nous n'avons rien prévu de précis. Il nous faut donc trouver un endroit adéquat, de préférence à l'écart de l'autoroute, sur le trajet de la E47 entre Copenhague et Rødby où nous devons prendre demain un ferry pour l'Allemagne.
Après consultation de la carte, un endroit me semble pouvoir correspondre à nos critères : Møns Klint, doté de deux étoiles bleues, correspondant à des paysages "valant le voyage"
Justement, on hésite, ce paysage-là vaut-il vraiment le déplacement de 40 kilomètres depuis l'autoroute (+ autant demain pour en revenir) alors qu'il se met à pleuvoir par intermittence et que nous n'avons strictement aucune idée de ce que peut bien recouvrir le toponyme de "Møns Klint"
Après moultes tergiversations, nous décidons in extremis de faire le détour. A travers une campagne vallonnée, ponctuée de quelques villages aux maisons de briques rouges rappelant un peu le nord de la France, nous atteignons l'extrémité d'une péninsule où la route se termine en cul-de-sac par… un parking à barrière payant.
Sur place, un "Geo Center" sorte de palais de la découverte consacré à la géologie, fermé à cette heure tardive, devant lequel quelques rares familles s'attardent encore sur l'aire de jeux pour enfants.
Mais encore ? Les Møns Klint, en français "les falaises de Møn " sont des falaises de craie blanches, prêtes à s'effriter, plongeant à pic dans les eaux tourmentées de la mer Baltique.
Un ciel chargé de nuages éclairant une plage de galets noirs d'encre donnent à l'ensemble une pointe dramatique.
Un petit air des falaises d'Etretat au bout du Danemark !
A l'arrière-plan, une épaisse forêt de feuillus qui servira de décor à notre bivouac.
Le stationnement des véhicules est interdit la nuit devant le Geo Center mais le parking situé au carrefour précédent ne comporte aucune mention restrictive. C'est donc là que nous déplaçons notre camping-car avant de prendre à nouveau notre dîner à la lumière électrique.
Distance parcourue dans la journée : 410 km
Quartier de Nyhavn à Copenhague

Allemagne : de Scharbeutz à Hanovre
J35 : Dimanche 13 juillet 2014
C'est notre dernière journée à bord de Pössl, demain à la même heure, nous devrons l'avoir ramené à Hanovre. Ce soir, nous souhaitons nous rapprocher au maximum des bureaux du loueur.
Le ciel est plutôt couvert et reflète bien notre état d'esprit. Nous sommes un peu tristes que le voyage se termine mais décidés à en profiter jusqu'au bout.
Après avoir retrouvé l'autoroute E47 à l'issue du trajet depuis les Møns Klint, celle-ci nous mène tout droit au ferry de Rødby.
Nous n'avons pas de réservation mais embarquons comme une fleur presque immédiatement. A peine arrivés, nous pénétrons dans le ventre du gigantesque navire à destination de Puttgarden en Allemagne à l'issue d'une traversée de 45 minutes.
Alors que la foule se presse dans les boutiques et restaurants hors taxes répartis sur plusieurs étages, nous avons le pont supérieur pour nous tout seuls ou… presque !
Avec un vent à faire bouger les chaises sur le pont, seules les mouettes sont réellement dans leur élément, ne perdant pas une miette du festin.
Une fois en Allemagne, j'espérais pouvoir prendre un dernier bain dans les eaux de la mer Baltique dans la petite ville côtière de Scharbeutz et me payer une petite corbeille à la plage (Korb am Strand) à la façon des baigneurs locaux.
Mais, avec un temps nuageux, 17 degrés seulement et quelques pluies éparses, ce n'est pas le jour idéal pour faire bronzette. Alors c'est depuis la terrasse d'un restaurant italien que nous contemplons le tableau de tous ces petits paniers plantés dans le sable.
A défaut de pouvoir se baigner ou bronzer, on en profite pour arpenter le front de mer animé de la petite ville, richement doté en boulangeries, pâtisseries, salons de thé et autres Konditoreien, devant lesquelles nous ne pouvons résister à quelques spécialités.
Bien blindés, nous affrontons aussitôt après le rythme effréné des autoroutes allemandes avec leur trafic chargé, leur travaux incessants, leur vitesse illimitée et aujourd'hui leurs véhicules tous ou presque décorés de fanions aux couleurs nationales.
Mais quel est donc l'événement pouvant justifier un tel excès de nationalisme ? La réponse nous viendra presque immédiatement de l'autoradio. L'Allemagne dispute ce soir au Brésil la finale de la coupe du Monde de football contre l'Argentine. Déjà de nombreux véhicules affluent vers le cœur des grandes villes de la région alors qu'au-dessus de nos têtes, le ciel s'assombrit d'heures en heures jusqu'à tourner en orages de grêle violents, obligeant les voitures à rouler au pas ou à se réfugier momentanément sous les ponts.
Nous avions pensé finir l'après-midi à Celle, une petite ville connue pour son centre-ville et sa forteresse pittoresques, située à 40 kilomètres au nord-est de Hanovre, mais en raison de cette météo perturbée, nous préférons tracer jusqu'en banlieue proche de Hanovre.
La sortie n° 56 de l'autoroute A7 nous fait passer juste devant la propriété du loueur dans laquelle nous apercevons, au passage, notre SUV rangé bien sagement à la place où on l'avait laissé.
Trois kilomètres plus loin, nous garons Pössl sur le parking désert du lac de Altwarmbüchen. Les Allemands sont déjà tous devant leur poste.
Après avoir dîné en écoutant le tout début de la finale Allemagne-Argentine, nous ne tardons pas à nous coucher. Dans mon demi-sommeil, j'entends en fin de soirée klaxons et hourras au loin. Je murmure alors à l'oreille d'Hervé : "L'Allemagne a dû gagner la finale". "Et c'est pour ça que tu me réveilles ?" me répond-il en grognant.
J36 : Lundi 14 juillet 2014
Aujourd'hui, au lendemain de la victoire de l'Allemagne à la coupe du Monde de football et en cette journée de fête Nationale en France, c'est pour nous tout simplement le jour de la remise de notre camping-car et la fin de nos vacances.
Après une dernière balade au bord du lac sous un ciel maussade, à donner aux cygnes nos restes de pain, notre périple de plus de 7 000 kilomètres s'achève dans les bureaux du loueur.
Après une courte inspection du véhicule suivie de la signature d'un document attestant que nous le rendons sans dommages, Pössl réintègre son garage et nous notre SUV, dans lequel, après 33 jours à conduire en position très haute, nous avons la désagréable sensation de conduire au ras des pâquerettes.
Une fois nos repères retrouvés, il nous reste près de 600 kilomètres à parcourir avant de retrouver nos pénates provisoires en Alsace pendant que la radio serine à longueur de journée que les Allemands sont devenus, cette nuit, Weltmeister... "les maîtres du monde".
Quand à l'approche de la frontière nous entendons la radio diffuser en français, nous réalisons avec un petit pincement au cœur que cette fois c'est vraiment la fin de notre … fabuleux voyage !
FIN – ENDE (en allemand et danois) – ÄNDE (en suédois) – SLUTTEN (en norvégien) !
Distance parcourue dans la journée : 570 km Distance totale parcourue en camping-car : 7 000 km Distance totale de notre parcours de porte à porte depuis chez nous : 9 300 km en 37 jours
Korb am Strand, plage de Scharbeutz

Le mot de la fin
Impressions générales
Nous sommes rentrés, enchantés par la Norvège, par ses fabuleux paysages de fjords, de glaciers, de lacs, de côtes et d'îles ainsi que par la magie du soleil de minuit.
Certes, le voyage a été dense mais nous n'avons que rarement fait des journées de trajet exclusif, nous avons pu tous les jours y ajouter un élément intéressant (visite ou randonnée).
D'ailleurs si l'on considère la vitesse moyenne, le kilométrage moyen sur la partie faite uniquement en camping-car s'élève à un peu plus de 200 kilomètres par jour. En considérant l'ensemble du voyage de porte à porte depuis chez nous, il atteint 250 kilomètres par jour. Ces chiffres sont finalement très voisins de ceux atteints en Islande, en Namibie, voire en Australie.
C'était le prix à payer pour inclure les îles Lofoten et pouvoir y consacrer sept jours, des journées inoubliables pour lesquelles nous ne regrettons pas d'avoir dû rouler un peu plus, à d'autres moments.
Nos coups de cœur
En haut du tableau, bien sûr, les îles Lofoten avec leurs pics escarpés, leurs grandes plages de sable blanc, leurs randonnées exceptionnelles, leurs parties de pêche miraculeuses et leurs fonds sous-marins étonnants.
Tout aussi prestigieuses, les trois premières randonnées faites dans le sud de la Norvège : Kjeragbolten, Preikestolen et Trolltunga. Difficile de dire laquelle est la plus belle, elles sont incontournables, toutes les trois, chacune avec ses particularités.
Ajoutons aussi les randonnées vers les glaciers les plus bas d'Europe continentale, très faciles d'accès et spectaculaires, les routes panoramiques remarquables, les mini-croisières pittoresques dans les fjords, les villes très agréables.
Bref, nous avons TOUT aimé.
Hors catégorie, le prix de l'originalité va sans conteste au site suédois Nimis, cette gigantesque construction de bois flotté, controversée, s'élevant sur une plage, dans la péninsule de Kullaberg.
Coup de chance avec la météo particulièrement clémente cet été dans le nord de l'Europe, ce qui a participé à faire de ce voyage une réussite.
Un regret ? Juste, un petit… ne pas avoir insisté dans la montée de Reinebringen pour mettre dans la boîte l'extraordinaire vue depuis le sommet.
A propos du véhicule
Ce fut indiscutablement le meilleur choix. Le camping-car nous a assuré une grande liberté, nous permettant d'adapter l'itinéraire à la météo même si finalement, avec un temps globalement très beau, nous avons, à deux ou trois exceptions près, respecté notre planning prévisionnel.
Nous avons essentiellement pratiqué le bivouac libre (j'avais repéré auparavant la majorité des sites qui s'y prêtaient) et très peu utilisé les campings (trois ou quatre fois seulement, pour bénéficier d'un lave-linge).
Comme les dimensions du véhicule étaient inférieures à 6 mètres, les tarifs appliqués pour les traversées en ferry étaient les mêmes que pour une simple voiture. Un avantage considérable !
Sa "petite" taille était aussi un atout pour se garer facilement dans les villes, pour se faufiler sur les routes parfois étroites et pour la facilité des manœuvres en général.
Enfin la consommation a été très raisonnable : de l'ordre de 8 à 8,5 litres au 100 kilomètres, pas plus que celle de notre SUV en sachant que le prix du litre de carburant a été de l'ordre de 1,80 euro à 2 euros.
Louer un camping-car est bien plus économique en Allemagne car les locations de plus de 30 jours sont détaxées. L'offre du courtier Cooldrive était très intéressante.
Après une expérience de location de camping-car au Canada qui ne nous avait pas spécialement enthousiasmés, nous sommes conquis, cette fois-ci, et sans être devenus des inconditionnels de ce mode de déplacement sommes prêts à renouveler l'expérience lors un futur voyage dans un pays qui s'y prête.
Les ouvrages et sites Internet utiles Côté papier : Le guide Lonely Planet Norvège Le guide du Routard Norvège qui consacre aussi un chapitre à la côte suédoise. The Rother Walking Guide Norway South (en anglais) m'a finalement peu servi car il répertorie beaucoup de randonnées longues et des parcours sur plusieurs jours, uniquement dans le sud du pays.
Côté Internet : Des récits de voyage et/ou des sites consacrés à la randonnée : Treks et voyages, le site de Julien, très riche en descriptifs de randonnées. Ce sont ses images qui sont à l'origine de notre désir de Norvège. http://trek.uniterre.com/norvege/
Norway Adventure 2009 Web Journal (en anglais) : Le site d'un jeune couple américain, décrivant un voyage en boucle depuis Trondheim, incluant les îles Lofoten, avec beaucoup de randonnées. http://matt.tracz.org/2009/norway/index.html
Invitation de voyage en Norvège, le récit d'une boucle dans le sud du pays à partir de Bergen, dont quelques randonnées. http://voyages.fal38.free.fr/...page=accueil_nor...
Rando-Lofoten : un site consacré aux îles Lofoten en général dont une documentation remarquable sur un grand nombre de randonnées. Il faut s'inscrire pour avoir accès aux détails des randonnées, n'hésitez pas, c'est extrêmement bien fait. http://rando-lofoten.net/index.php/fr/
Scandi-voyage : pour la partie suédoise du voyage. http://www.scandi-voyage.com/iti_sudouest.php
Des sites utiles aux camping-caristes qui m'ont permis de repérer des lieux de bivouac intéressants ainsi que les indispensables aires de service. http://www.campercontact.com/fr/ http://www.campingcar-infos.com/...cib.php?pays=...
Autres outils intéressants : Office de tourisme de Norvège : http://www.visitnorway.com/fr/ Météo : http://www.yr.no/place/Norway/ Carte : http://ut.no/kart/
Belles images et belles histoires Juste pour le plaisir des yeux… Panoramiques des Lofoten (Ronan Michaux) ! http://nanor44.free.fr/pano/tags/Lofoten.html
Pour le plaisir de lire : le Roman de Bergen de Gunnar Staalesen. Au-delà du roman policier, c'est une véritable fresque sociale dépeignant les relations entre plusieurs familles berguéloises, bourgeoiset ouvrières, sur plusieurs générations entre 1900 et 1999.
Un dernier mot… En un seul mot, ce fut un FABULEUX VOYAGE ! Prêts à y retourner ? Oui, oui certainement afin de compléter avec des contrées encore plus au nord.
Voilà, je vous ai tout dit ou… presque. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous sommes à votre disposition. Si vous préparez vous-même un voyage en Norvège et que nos données vous ont été utiles, nous serions heureux de le savoir. Si vous avez envie de faire un commentaire, n'hésitez pas ! Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.
A bientôt pour un autre fabuleux voyage !

Finaliser mon itinéraire aux Philippines en février 2015 (premier séjour) English translation pending
Bonjour à tous,
Je prépare pour février 2015 mon premier séjour aux philippines, pouvez me donner votre avis sur le circuit proposé ci dessous, le choix des îles et des hôtels.
PS: je dispose de deux nuits de plus que sur descriptif (14 nuits sur place).
Merci de votre aide. @+
Jour 1 : Manille. Mabuhay Journée libre
Jour 2 : Manille-Bohol. Ambiance rétro-tropicale (Petit-déjeuner, dîner) Vol à destination de l’île de Bohol, brunch-bio à la ferme aux abeilles puis installation en chambre d’hôte au Kinabuhing
Jour 3 : Bohol. Aventure couleur chocolat (Petit-déjeuner, déjeuner) Journée aux 1'268 collines de chocolat. la rivière Loboc, randonnée de découverte jusqu’aux Nuts Huts.
Jour 4 : Bohol. (Petit-déjeuner, journée libre sans guide) Une petite pause balnéaire
Jour 5 : Bohol-Pamilacan. L’air marin et les dauphins en l’air. (Petit-déjeuner et déjeuner) guide Anglophone Destination : Pamilacan, La liaison de retour vers Bohol se faisant par Banca à la recherche des mammifères marins et plus particulièrement des dauphins. Nuit au Kinabuhing.
Jour 6 : Bohol-Oslob. Piste tout-terrain et immersion très rurale (Pension complète) Après le petit-déjeuner nous accostons dans la baie de Cebu, très belle matinée de route pour rejoindre le Mt Osmena. Dîner et logement à Sumilon Puerto, en bungalow
Jour 7 : Oslob-Sumilon. "Butanding" Requin-baleine (Petit-déjeuner-Dîner) Plongeon à la rencontre du plus grand poisson qui soit, "Butanding" le requin-baleine ! Le soir, dîner aux flambeaux, nuit au Sumilon Bluewater
Jour 8 : Sumilon-Siquijor. (Petit-déjeuner) Matinée libre sur l’île de Sumilon… , traversé vers Siquijor, installation dans des bungalows confortables et nuit au cœur des plantations de cocotiers.
Jour 9-12 : Prenez le temps de vivre à Siquijor (Petits-déjeuners, séjour balnéaire libre)
Jour 13 : Siquijor-Manille. (Petit-déjeuner) Ferry vers Dumaguete, puis court vol interne pour Manille et enfin destination votre hôtel sur le célèbre boulevard Rizal.
Jour 14 : Manille. (Seulement petit-déjeuner) Transfert à destination de l’aéroport de Manille et correspondance pour votre vol international.
Je prépare pour février 2015 mon premier séjour aux philippines, pouvez me donner votre avis sur le circuit proposé ci dessous, le choix des îles et des hôtels.
PS: je dispose de deux nuits de plus que sur descriptif (14 nuits sur place).
Merci de votre aide. @+
Jour 1 : Manille. Mabuhay Journée libre
Jour 2 : Manille-Bohol. Ambiance rétro-tropicale (Petit-déjeuner, dîner) Vol à destination de l’île de Bohol, brunch-bio à la ferme aux abeilles puis installation en chambre d’hôte au Kinabuhing
Jour 3 : Bohol. Aventure couleur chocolat (Petit-déjeuner, déjeuner) Journée aux 1'268 collines de chocolat. la rivière Loboc, randonnée de découverte jusqu’aux Nuts Huts.
Jour 4 : Bohol. (Petit-déjeuner, journée libre sans guide) Une petite pause balnéaire
Jour 5 : Bohol-Pamilacan. L’air marin et les dauphins en l’air. (Petit-déjeuner et déjeuner) guide Anglophone Destination : Pamilacan, La liaison de retour vers Bohol se faisant par Banca à la recherche des mammifères marins et plus particulièrement des dauphins. Nuit au Kinabuhing.
Jour 6 : Bohol-Oslob. Piste tout-terrain et immersion très rurale (Pension complète) Après le petit-déjeuner nous accostons dans la baie de Cebu, très belle matinée de route pour rejoindre le Mt Osmena. Dîner et logement à Sumilon Puerto, en bungalow
Jour 7 : Oslob-Sumilon. "Butanding" Requin-baleine (Petit-déjeuner-Dîner) Plongeon à la rencontre du plus grand poisson qui soit, "Butanding" le requin-baleine ! Le soir, dîner aux flambeaux, nuit au Sumilon Bluewater
Jour 8 : Sumilon-Siquijor. (Petit-déjeuner) Matinée libre sur l’île de Sumilon… , traversé vers Siquijor, installation dans des bungalows confortables et nuit au cœur des plantations de cocotiers.
Jour 9-12 : Prenez le temps de vivre à Siquijor (Petits-déjeuners, séjour balnéaire libre)
Jour 13 : Siquijor-Manille. (Petit-déjeuner) Ferry vers Dumaguete, puis court vol interne pour Manille et enfin destination votre hôtel sur le célèbre boulevard Rizal.
Jour 14 : Manille. (Seulement petit-déjeuner) Transfert à destination de l’aéroport de Manille et correspondance pour votre vol international.
MSC Musica Antilles départ 4 février 2014 English translation pending
Les mois passent vite!! et le départ approche. Finalement j'ai réussi à avoir la prise en charge de mon transfert NICE /ORLY. C'est super. Y-a-t-il des partants de Nice pour cette date. Je voudrais savoir si les bagages sont à récupérer à ORLY ou si Air France s'en occupe ?. Merci de vos réponses😊🙂
Retour d'un voyage d'un mois en Nouvelle-Calédonie English translation pending
Voyage effectué en octobre 2013
Vol Paris / Tokyo / Noumea effectué sur AF et Air Calin.
Hébergements achetés via l’agence Caledonia Spirit qui nous a fait bénéficier sur les Iles Loyauté d’une offre promo : 1 nuitée gratuite pour 3 nuits payantes. Air pass 5 coupons (32 250 F) pour les trajets Noumea / Mare, Lifou/Ouvea, Ouvea/Noumea et Noumea/Ile des Pins/Noumea Trajet de Mare à Lifou effectué en bateau avec le Betico2.
Mare : Hébergement à l’hôtel Nengone Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de qualité. Buffet du dimanche avec animation musicale copieux et varié (3 200 F). Dîner en table d’hôte chez Leon Duhnara à 4000 F Randonnée « Terrasses de Shabadran » réservée auprès de Damas Beaurune mais ce n’est plus Damas en personne qui encadre les randonneurs. Il se contente de sous-traiter la tâche à ses enfants… Dans notre cas, c’était sa fille Yvonne (11 ans) qui nous accompagnait (sans avoir apporté de quoi manger ni boire !). Donc, pas de valeur ajoutée de la part du guide (aucune explication sur la flore rencontrée, rien sur l’histoire de l’île… Début du parcours est un peu délicat lorsqu’il faut escalader la paroi. En cas de chute, il se pose donc un réel problème de sécurité (aucune couverture téléphonique dans la zone). Randonnée à ne pas louper mais en toute connaissance de cause.
Lifou : Hébergement à l’hôtel Drehu Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de piètre qualité. Nous préférons prendre les dîners en table d’hôte chez Jeannette Ihage (5300 F). Passage au Nakamal près du club de voile pour boire le kava. Plongées avec le club Wetr Diving dans une eau d’une limpidité extraordinaire. Randonnée intéressante depuis la baignoire naturelle jusqu’aux grottes de Xodre avec un Kanak
Ouvea : Hébergement au Paradis en bungalow royal jardin. Superbe ! A 2 couples, cela revient moins cher que de louer 2 bungalows individuels. Nous n’avons pris aucun repas sur place étant donné le coût et avons préféré le snack Fassy dont la gestion se fait par rotation entre les différentes tribus. Durant notre séjour c’est Marie-Sylvestre qui officiait en cuisine. Les plats proposés étaient très bons et d’excellent rapport qualité/prix (1800 F le crabe et 3600 F la langouste). Plongées avec Mio Palmo difficilement joignable car ne répond pas aux mails et mobile hors service car téléphone volé. Ponctualité très discutable : rendez-vous à 7 h 30 au club pour un départ à 10 h 30. Le moteur du bateau est HS… Marino est donc obligé de louer un bateau de pêcheurs. Cependant, très belles plongées dans le Nord (45 mn de convoyage en voiture) à la Passe du Taureau. Nous n’avons donc absolument pas regretté notre sortie. Sortie Pléïades du Sud avec Maryline sur l’îlot Gee (BBQ de poissons) et arrêt sur le trajet du retour à la nurserie des requins gris. Randonnée Hnimek (passe aux requins) avec Antoine. C’est la randonnée à faire. Antoine est très intéressant.
Grande Terre sous une météo très capricieuse avec les étapes suivantes :
Kone : Hébergement à l’Hôtel Hibiscus en chambre standard. Très petite et mal située (à l’entresol au niveau de la piscine). Mieux vaut choisir une chambre avec vue sur la piscine. Plongées avec le club Gatope Diving annulées pour cause de météo défavorable. Montée au point de vue sur le Cœur de Voh (2 heures A/R). Visite très intéressante de l’ancienne mine de Tiebaghi avec Henri qui en parle avec passion et nous raconte plein d’anecdotes intéressantes. Du coup la visite qui dure en principe 3 heures se termine au bout de 4 heures. Dîner à l’excellente table d’hôte « Chez Kiwi » tenue par une Néo-Zélandaise
Poum : Hébergement au Relais de Poingam. Les hébergements pourtant au même prix ne sont pas de même niveau et nous avons changé nos 2 bungalows individuels contre des bungalows jumelés car l’un était petit et sombre. Cadre très arboré. Plage à 2 pas. Petite piscine d’eau de mer. Restauration d’excellente qualité à un rapport qualité/prix défiant toute concurrence : 3 300 F comprenant apéritif / entrée / plat / dessert / vin et infusion. Staff et personnel très attentionné. Randonnées jusqu’aux marais salants de Khô.
Hienghène : Hébergement au Koulnoue Village en bungalows. Buffets copieux et variés. Découverte de l’organisation d’une tribu avec Alain (Brousse O’thentik) Plongées avec Babou Ocean
Poindimié : Hébergement au Tieti. Avons été surclassés grâce à l’agence en bungalow plage (au lieu de bungalow jardin) pour compenser les désagréments rencontrés lors des hébergements précédents. Dîner en table d’hôte chez Mo Sa Sa Plongées avec Tieti Diving.
Boulouparis : Hébergement aux Paillotes de la Ouenghi. Visite de la distillerie de niaoulis. Randonnée équestre avec Sarramea Randonnées. Nous avions prévu de faire l’îlot Tenia mais y avons renoncé en raison du coût du transfert exagéré (5500 F) et d’une météo peu engageante. Transversale jusqu’à Thio et arrêt à la plage de Moara où un dugong a pris ses quartiers. Mais le temps ne se prêtant pas à la baignade, nous n’avons pu vérifier sa présence et sommes retournés vers la côte ouest moins humide (Plage de Bourake).
Noumea : Hébergement à l’hôtel Le Pacifique sur Anse Vata. Bien situé (proximité de la plage du Méridien et d’un arrêt de bus et nombreux restaurants). Chambres avec vue sur mer (numéros pairs) à fuir car nuisance de la boîte de Nuit « Le Bilboquet » jusqu’à 3 heures du matin. Visite du Centre Culturel Jean-Marie Jibaou Transversale jusqu’à Yaté et déjeuner au Gîte Gabriel. Retour par la même route car route de Goro / Prony déconseillée en raison des fortes pluies des jours précédents. Plongées avec Iatok Diving à Port Moselle. Excursion au Phare Amédée sur le Mary D.
Ile des Pins : Hébergement au Gîte Nataîwach (réservé par nos soins). Dîners excellents (entrée / plat et dessert) pour 3 600 F Excursion à la piscine naturelle et déjeuner chez Kou-Bougny. Attention : Chez Regis n’assure plus de restauration. Plongées avec Kunie Scuba Center. Excursion sur atoll Nokanhui & Ilot Brosse annulée en raison de la météo. Montée au Pic Nga (1 h 45 A/R) Impossibilité de manger une langouste durant notre séjour sur cette île. Les pêcheurs préférant réserver leur pêche aux croisiéristes car cela leur rapporte plus que de les vendre aux pensions de l’île… Et un bateau était attendu chaque jour durant notre séjour ! On s’est rabattu sur les bulimes (les fameux escargots endémiques de l’île) qui sont délicieux.
Notre ressenti :
Le coût de la vie est hyper élevé ! A titre d’exemples : une entrée ou un dessert (800 à1200 F). Un plat (2 400 à 3 200 F) Une bière (350 à 750 F) L’essence par contre reste du même niveau qu’en Métropole (1 600 F).
Nous avons bien aimé découvrir les Iles Loyauté ainsi que l’Ile des Pins (Véhicule indispensable sur les îles). La côte ouest de Grande Terre n’offre pas beaucoup d’intérêt. Lui préférer la côte Est plus jolie, mais également plus arrosée… Sur les îles, impossibilité de manger si on n’a pas réservé à l’avance (même lorsque l’approvisionnement ne fait pas défaut…). Lorsque il y a un « touché bateau » (c’est l’expression utilisée là-bas), on voit surgir de petits stands proposant restaurations et artisanat. Mais les plages sont également envahies par les croisiéristes (jusqu’à 2 000 personnes sur un bateau).
Plongées intéressantes avec architecture de canyons, de grottes dans une forêt de gorgones.
Faune rencontrée : requins gris, mérous, napoléons, raies mantas, seiche…
Restaurants qui méritent le déplacement sur Noumea : L’Assiette du Cagou / Le Miretti Gascon / Au Petit Café / La Perle d’Eram (une annexe du Black Pearl Coffee de Nouville)
Vol Paris / Tokyo / Noumea effectué sur AF et Air Calin.
Hébergements achetés via l’agence Caledonia Spirit qui nous a fait bénéficier sur les Iles Loyauté d’une offre promo : 1 nuitée gratuite pour 3 nuits payantes. Air pass 5 coupons (32 250 F) pour les trajets Noumea / Mare, Lifou/Ouvea, Ouvea/Noumea et Noumea/Ile des Pins/Noumea Trajet de Mare à Lifou effectué en bateau avec le Betico2.
Mare : Hébergement à l’hôtel Nengone Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de qualité. Buffet du dimanche avec animation musicale copieux et varié (3 200 F). Dîner en table d’hôte chez Leon Duhnara à 4000 F Randonnée « Terrasses de Shabadran » réservée auprès de Damas Beaurune mais ce n’est plus Damas en personne qui encadre les randonneurs. Il se contente de sous-traiter la tâche à ses enfants… Dans notre cas, c’était sa fille Yvonne (11 ans) qui nous accompagnait (sans avoir apporté de quoi manger ni boire !). Donc, pas de valeur ajoutée de la part du guide (aucune explication sur la flore rencontrée, rien sur l’histoire de l’île… Début du parcours est un peu délicat lorsqu’il faut escalader la paroi. En cas de chute, il se pose donc un réel problème de sécurité (aucune couverture téléphonique dans la zone). Randonnée à ne pas louper mais en toute connaissance de cause.
Lifou : Hébergement à l’hôtel Drehu Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de piètre qualité. Nous préférons prendre les dîners en table d’hôte chez Jeannette Ihage (5300 F). Passage au Nakamal près du club de voile pour boire le kava. Plongées avec le club Wetr Diving dans une eau d’une limpidité extraordinaire. Randonnée intéressante depuis la baignoire naturelle jusqu’aux grottes de Xodre avec un Kanak
Ouvea : Hébergement au Paradis en bungalow royal jardin. Superbe ! A 2 couples, cela revient moins cher que de louer 2 bungalows individuels. Nous n’avons pris aucun repas sur place étant donné le coût et avons préféré le snack Fassy dont la gestion se fait par rotation entre les différentes tribus. Durant notre séjour c’est Marie-Sylvestre qui officiait en cuisine. Les plats proposés étaient très bons et d’excellent rapport qualité/prix (1800 F le crabe et 3600 F la langouste). Plongées avec Mio Palmo difficilement joignable car ne répond pas aux mails et mobile hors service car téléphone volé. Ponctualité très discutable : rendez-vous à 7 h 30 au club pour un départ à 10 h 30. Le moteur du bateau est HS… Marino est donc obligé de louer un bateau de pêcheurs. Cependant, très belles plongées dans le Nord (45 mn de convoyage en voiture) à la Passe du Taureau. Nous n’avons donc absolument pas regretté notre sortie. Sortie Pléïades du Sud avec Maryline sur l’îlot Gee (BBQ de poissons) et arrêt sur le trajet du retour à la nurserie des requins gris. Randonnée Hnimek (passe aux requins) avec Antoine. C’est la randonnée à faire. Antoine est très intéressant.
Grande Terre sous une météo très capricieuse avec les étapes suivantes :
Kone : Hébergement à l’Hôtel Hibiscus en chambre standard. Très petite et mal située (à l’entresol au niveau de la piscine). Mieux vaut choisir une chambre avec vue sur la piscine. Plongées avec le club Gatope Diving annulées pour cause de météo défavorable. Montée au point de vue sur le Cœur de Voh (2 heures A/R). Visite très intéressante de l’ancienne mine de Tiebaghi avec Henri qui en parle avec passion et nous raconte plein d’anecdotes intéressantes. Du coup la visite qui dure en principe 3 heures se termine au bout de 4 heures. Dîner à l’excellente table d’hôte « Chez Kiwi » tenue par une Néo-Zélandaise
Poum : Hébergement au Relais de Poingam. Les hébergements pourtant au même prix ne sont pas de même niveau et nous avons changé nos 2 bungalows individuels contre des bungalows jumelés car l’un était petit et sombre. Cadre très arboré. Plage à 2 pas. Petite piscine d’eau de mer. Restauration d’excellente qualité à un rapport qualité/prix défiant toute concurrence : 3 300 F comprenant apéritif / entrée / plat / dessert / vin et infusion. Staff et personnel très attentionné. Randonnées jusqu’aux marais salants de Khô.
Hienghène : Hébergement au Koulnoue Village en bungalows. Buffets copieux et variés. Découverte de l’organisation d’une tribu avec Alain (Brousse O’thentik) Plongées avec Babou Ocean
Poindimié : Hébergement au Tieti. Avons été surclassés grâce à l’agence en bungalow plage (au lieu de bungalow jardin) pour compenser les désagréments rencontrés lors des hébergements précédents. Dîner en table d’hôte chez Mo Sa Sa Plongées avec Tieti Diving.
Boulouparis : Hébergement aux Paillotes de la Ouenghi. Visite de la distillerie de niaoulis. Randonnée équestre avec Sarramea Randonnées. Nous avions prévu de faire l’îlot Tenia mais y avons renoncé en raison du coût du transfert exagéré (5500 F) et d’une météo peu engageante. Transversale jusqu’à Thio et arrêt à la plage de Moara où un dugong a pris ses quartiers. Mais le temps ne se prêtant pas à la baignade, nous n’avons pu vérifier sa présence et sommes retournés vers la côte ouest moins humide (Plage de Bourake).
Noumea : Hébergement à l’hôtel Le Pacifique sur Anse Vata. Bien situé (proximité de la plage du Méridien et d’un arrêt de bus et nombreux restaurants). Chambres avec vue sur mer (numéros pairs) à fuir car nuisance de la boîte de Nuit « Le Bilboquet » jusqu’à 3 heures du matin. Visite du Centre Culturel Jean-Marie Jibaou Transversale jusqu’à Yaté et déjeuner au Gîte Gabriel. Retour par la même route car route de Goro / Prony déconseillée en raison des fortes pluies des jours précédents. Plongées avec Iatok Diving à Port Moselle. Excursion au Phare Amédée sur le Mary D.
Ile des Pins : Hébergement au Gîte Nataîwach (réservé par nos soins). Dîners excellents (entrée / plat et dessert) pour 3 600 F Excursion à la piscine naturelle et déjeuner chez Kou-Bougny. Attention : Chez Regis n’assure plus de restauration. Plongées avec Kunie Scuba Center. Excursion sur atoll Nokanhui & Ilot Brosse annulée en raison de la météo. Montée au Pic Nga (1 h 45 A/R) Impossibilité de manger une langouste durant notre séjour sur cette île. Les pêcheurs préférant réserver leur pêche aux croisiéristes car cela leur rapporte plus que de les vendre aux pensions de l’île… Et un bateau était attendu chaque jour durant notre séjour ! On s’est rabattu sur les bulimes (les fameux escargots endémiques de l’île) qui sont délicieux.
Notre ressenti :
Le coût de la vie est hyper élevé ! A titre d’exemples : une entrée ou un dessert (800 à1200 F). Un plat (2 400 à 3 200 F) Une bière (350 à 750 F) L’essence par contre reste du même niveau qu’en Métropole (1 600 F).
Nous avons bien aimé découvrir les Iles Loyauté ainsi que l’Ile des Pins (Véhicule indispensable sur les îles). La côte ouest de Grande Terre n’offre pas beaucoup d’intérêt. Lui préférer la côte Est plus jolie, mais également plus arrosée… Sur les îles, impossibilité de manger si on n’a pas réservé à l’avance (même lorsque l’approvisionnement ne fait pas défaut…). Lorsque il y a un « touché bateau » (c’est l’expression utilisée là-bas), on voit surgir de petits stands proposant restaurations et artisanat. Mais les plages sont également envahies par les croisiéristes (jusqu’à 2 000 personnes sur un bateau).
Plongées intéressantes avec architecture de canyons, de grottes dans une forêt de gorgones.
Faune rencontrée : requins gris, mérous, napoléons, raies mantas, seiche…
Restaurants qui méritent le déplacement sur Noumea : L’Assiette du Cagou / Le Miretti Gascon / Au Petit Café / La Perle d’Eram (une annexe du Black Pearl Coffee de Nouville)
Floride/Bahamas: 3 semaines au paradis! (Miami & Florida Keys, Exumas, New Providence & Eleuthera) English translation pending

Cet été nous sommes partis aux Bahamas et en Floride, 3 semaines pendant lesquelles nous avons découvert des paysages magnifiques et des plages paradisiaques. Je suis en pleine rédaction de ce carnet de voyage que je poste également sur mon blog avec moultes photos : http://samiharrat.wordpress.com Merci d'avance à ceux qui prendront le temps de parcourir ce compte rendu.
Episode 0 : Itinéraire & Préparatifs

Les Bahamas, première terre découverte par Colomb au XVème siècle, repaire de pirate au XVIIème, refuge pour les loyalistes anglais au XVIIIème, paradis terrestre pour vacanciers au XXIème. Depuis longtemps, ces eaux limpides et ces paysages idylliques m’ont donné envie de les découvrir. Voilà désormais plusieurs mois que l’on prépare ce voyage …
Au Bahamas, il y a 700 îles et îlots dont seulement une vingtaine sont habitées. Les deux plus peuplées New Providence et Freeport sont des escales de croisières, recouvertes de luxueux resorts et prises d’assaut par les touristes américains. Les autres sont appelées Out Islands (les Îles Extérieures). Peu peuplées, elles sont préservées du tourisme de masse et conservent toute leur authenticité. C’est ces îles là que l’on veut découvrir en priorité.
Les Bahamas ne sont pas une destination très prisée des touristes français. Très peu de tours opérators y proposent des voyages. Là bas le touriste américain et le billet vert y règnent en maître. Il y a très peu de voyages organisés qui permettent de découvrir les Out Islands, et aucun ne nous convenait réellement.
Pour préparer ce voyage, j’utilise Internet bien entendu (VoyageForum.com et Trip Advisor pour les avis de voyageurs et Kayak pour trouver les vols au meilleur prix) et des guides de voyage papier. Des guides francophones sur les Bahamas, il n’y en a en fait qu’un seul ! Le Petit Futé Bahamas. Ne voulant pas rester sur un seul avis et n’étant pas totalement convaincu par ce guide, j’achète également le Lonely Planet Bahamas en anglais
Première difficulté, il n’y a pas de vols directs depuis la France pour se rendre à Nassau, la capitale bahaméenne. Une escale à Miami en Floride est indispensable. Histoire de ne pas faire de détour pour rien, très vite on prend la décision de garder quelques jours pour découvrir la Floride.
Deuxième dfficulté, il n’y a pas de vols directs entre les Out Islands, il faut obligatoirement repasser par Nassau la capitale. Comme pour Miami, on en profitera pour s’arrêter à Nassau et pour découvrir les îles de New Providence et Paradise Island.
Après moultes hésitations et simulations je m’arrête finalement sur cet itinéraire qui s’étalera sur une période de 3 semaines.

Nous arriverons à Miami le 11 juillet et nous rendrons directement en direction des Florida Keys. Nous passerons notre première nuit à Key Largo (1). Le lendemain nous continuerons notre route au beau milieu de la mer des Caraïbes en direction de la très branchée Key West (2) ou nous resterons deux nuits. Puis nous reprendrons la direction de Miami (3) où nous passerons une nuit avant notre départ pour les Bahamas le 15 juillet. Ce jour là, nous partirons en direction de l’archipel des Exumas (4) un chapelet de 360 îles situées au sud de Nassau. Nous y resterons pour 6 jours avec au programme, plongée, farniente et découverte des îles principales de Great Exuma et Little Exuma. Le 21, nous décollerons pour Nassau (5) où nous resterons deux nuits, nous en profiterons pour aller visiter le célèbre hotel Atlantis et son parc aquatique. Le 23 juillet, on prendra la route de l’île d’Eleuthera. Là-bas 2 jours sont prévus pour découvrir Harbour Island (6), l’île de la jet-set et 5 autres pour partir à l’assaut des plages de la grande île d’Eleuthera (7). Enfin nous terminerons notre boucle par 2 dernières nuits à Miami Beach (8).
En tout nous prendrons 6 fois l’avion, dormirons dans 8 hôtels différents, louerons 2 voitures et découvrirons des dizaines d’îles disséminées dans 2 pays différents …
Episode 1 : Premier coucher de soleil à Key Largo

Ca y est, le jour du départ tant attendu est enfin arrivé. Direction Orly pour prendre notre vol Ibéria en direction de Miami (avec escale à Madrid). C’est vers 15h30 que nous foulons le sol américain pour la deuxième fois de l’année.
Jour 1 (11 juillet 2012) : Miami International Airport – Key Largo
1. Miami International Airport ; 2. Hilton Key LargoAprès avoir récupéré notre voiture de location (une Nissan Altima comme 2 mois auparavant) chez Dollar Rent-a-Car, nous prennons de suite la direction des Florida Keys et de la première d’entre elles : Key Largo. On emprunte pour celà le Flordia Turnpike autoroute à péage sans guichets.
Des caméras suspendues au dessus de la route prennent les plaques d’immatriculation en photos. Si vous avez souscrit à leur abonnement (le SunPass), RAS. Sinon, le paiement s’effectue directement par débit sur votre compte bancaire !
Après une traversée furtive des Everglades (à l’aide d’une ligne droite de 30 kilomètres!) on arrive à Key Largo.

Un rapide dîner chez Wendy’s et on s’installe à notre hôtel pour la nuit. On en profite pour faire notre premier bain des vacances et pour observer ce premier coucher de soleil floridien.


Episode 2 : Sur les traces d'Ernest Hemingway

Nous quittons Key Largo et reprenons la route des keys direction Key West, la ville la plus méridionale des USA l’un des lieux de villégiature d’Ernest Hemingway. C’est près de 2 heures de route entre ciel et mer qui nous attendent avec pour point d’intérêt le Seven Miles Bridge et le parc de Bahia Honda.
Jour 2 (12 juillet 2012) – Key Largo – Bahia Honda Key – Key West
D. Key Largo ; 1. Bahia Honda State Park ; A. Key West Avant de prendre la route en direction de Key West, on décide de profiter cette fois ci de jour de notre hôtel de Key Largo. Une baignade rapide dans cette eau verte bordée de palétuviers et nous voilà partis sur la US Road n°1.

Premier arrêt à Islamorada dans un Burger King pour manger et on reprend la route pour franchir le Seven Miles Bridge, parmi les plus longs ponts du monde lors de sa construction en 1982 (près de 11km).

De l’autre côté du pont on arrive dans les Lower Keys et on en profite pour s’arrêter sur Bahia Honda Key (8 $ l’entrée) dont le parc national est réputé pour avoir l’une des plus belle plage des Keys.
Belle plage ? C’est vite dit, on fait les deux plages les plus à l’est (sur 3 dans le park) et les 2 sont recouvertes d’algues noires. La couleur de l’eau elle aussi est décevante et tire plus sur le jaune que sur le bleu turquoise. On se demande comment sont les autres si cette plage fait partie des 10 plus belles des USA comme la présente de nombreux guides !

On reprend la route vers Key West à travers les Lower Keys mais ne croisons pas de “Key Deer”, le cerf des Keys, espèce en voie de disparition. On arrive enfin sur Key West, la dernière île habitée des Keys, le bout de la route. On s’installe dans notre Guest House sur Eaton Street, une maison victorienne du XIXème siècle, toute proche de Duval Street, l’artère principale et la plus animée de la ville.


Mais le soleil déclinant on en profite pour se rendre sur Mallory Square pour assister au coucher du soleil, réputé comme l’un des plus beau du monde.


Heureusement, la journée de demain nous permettra de découvrir plus en profondeur cette ville de Key West.
Episode 3 : Key West, the Southernmost City

Cette journée au coeur de Key West s’annonce sous les meilleurs auspices, au programme : shopping sur Duval Street, visite du Conservatoire aux papillons, de la maison d’Hemingway et de la borne marquant le point le plus au sud du pays …
D. Départ ; 1. Key West Butterfly Conservatory ; 2. Southernmost Point ; 3. Hemingway’s HouseKey West est une ville floridienne très célèbre. Célèbre pour avoir accueilli deux écrivains américains de grand talent : Ernest Hemingway et Tennessee Williams. Cette ville à l’atmosphère surannée et aux vieilles bâtisses victoriennes ne manque pas de charme. La Old Town qui s’étend à l’ouest de l’île est le quartier le plus intéressant de la ville et celui dans lequel nous nous baladons aujourd’hui, Duval Street en est la rue principale.
Après un petit déjeuner dans le jardin de notre guesthouse construite entre 1890 et 1898 on descend Duval Street avant que la chaleur de l’été ne devienne insupportable.

On en profite pour flâner dans quelques boutiques avec comme objectif le Key West Butterfly Conservatory. Dans ce conservatoire, une serre rassemble de nombreuses espèces de lépidoptères venant des 4 coins de la planète. Ceux-ci volent au milieu des visiteurs et des fleurs tropicales.


Puis, on se dirige à un block de là vers la borne représentant le point le plus au sud des USA. Théoriquement, celui ci ne se trouve pas à cet endroit mais sur un terrain militaire dont l’entrée est intedite au public. Mais bon … Tout le monde joue quand même le jeu.
Une foule de touriste américain attends là sous un soleil de plomb pour se faire photographier à côté de leur “petite Tour Eiffel”. Nous, pas fous, on attend juste un instant de répis (un changement entre 2 touriste entre 2 poses) pour prendre notre photo de la borne, et on se passera de la photo souvenir.

On préfère se rendre sur la plage juste à côté pour manger avant de continuer notre visite de la ville.
Et là, en plein milieu de notre cheesebaconburger, une averse tropicale arrive depuis l’océan et s’abat sur l’île pendant deux bonnes heures.

On en profite pour commander un dessert, il pleut toujours. Vers 15h30, l’orage laisse place au ciel bleu et on remonte Duval Street en pataugeant dans les étangs (vu leur taille, le mot flaque est un peu réducteur …). On remonte jusqu’à hauteur de Truman Avenue en regardant les boutiques puis on rejoint Whitehead Street dans laquelle se trouve la maison de Heminghway.
C’est dans cette maison qu’Hemingway a écrit la plupart de ces romans pendant les années 1930 (comme “Les neiges du Kilimandjaro” ou “Pour qui sonne le glas”). Cette maison fut offerte à l’écrivain en tant que cadeau pour son mariage avec Pauline Pfeiffer. Il y vivra jusqu’à son divorce en 1940, date à laquelle il déménagera pour la Havane. Le prix de 13 $ la visite pour quelques pièces nous décourage, on immortalisera la maison seulement depuis l’extérieur.

Fatigué par la chaleur et alléché par l’Happy Hour offert par notre hébergement. On rentre se prélasser dans la piscine. On aura même pas le courage de ressortir. Surtout que demain, il faut retourner sur Miami !

Avis sur itinéraire de vingt-quatre jous au Pérou-Bolivie? English translation pending
Avec mon compagnon, nous souhaitons partir 23 jours au Pérou et en Bolivie cet été du 09 juillet au 2 août. J'aimerais votre avis sur le circuit que je souhaite faire (même si je sais qu'il est serré : mais je voulais vraiment y inclure une escapade en forêt amazonienne car je ne suis pas sûre d'avoir la chance de le refaire une autre fois dans ma vie et quatre jours dans le sud Lipez bolivien dont j'ai vu des photos magnifiques sur le net). Je souhaitais aussi avoir qqls infos sur la selva :
·Côté vaccin faut il faire ceux contre le palud et la fièvre jaune ? Prévoir des types de vêtements particuliers, des moustiquaires ? A moins qu'on nous fournisse du matos sur place ? On m'a dit du bien du tour ecomamazonia lodge mais ça a l'air quand même assez cher, en connaissez vous d'autres de sympas?
·Vaut il mieux partir à Puertomoldano ou faire rurennabaque en Bolivie ? Et prend on un réel risque sanitaire (piqure, virus...) même si on part avec un tour opérator ?
Et sinon j'ai vu sur le site de l'ambassade du Pérou que Coppacabana et isla del sol craignaient vraiment, or sur le guide du routard ils n'en parlent vraiment pas et je souhaitais faire le lac titicaca du coté bolivien justement. Avez vous entendu parler d'un contexte politique tendu dans cette région ou de parties vraiment à risque en bolivie ? (notamment dans le sud lipez, la paz, potosi et sucre que nous ferons peut être?)
Concernant mon circuit voilà ce que je comptais faire :
Jour 1 : Arrivée à Lima
Jour 2 : Vol pour Arequipa dans la matinée. Visite de la ville
Jour 3 : Canion de colca, Chivay
Jour 4 : Canion de colca, Arequipa
Jour 5 :Arequipa, Cuzco (bus : trajet : 10h) de jour ou de nuit
Jour 6 : Cuzco : visite de la ville
Jour 7 : Vallée sacrée : Pisac, Moray, salines de Maras (ou dans le sens inverse pour voir moins de touristes)
Jour 8 : Cuzco, Train pour Aguas calientes
Jour 9 : Macchu picchu (si possible avce l'ascension du Waynu Picchu), Ollantaytambo
Jour 10 : Ollantaytambo, chinchero, Cuzco
Jour 11 et 12 : Forêt amazonniene puerto moldonado
Jour 13 : Cuzco Puno (8h de trajet avec le bus touristique pour voir des sites : avec l'inka express)
Jour 14 : Lac Titicaca Les iles Uros : Taquile et Amantani (on ne veut pas y rester trop longtemps car apparement très touristique)
Jour 15 : Puno, Visite du site Tiwanaku, arrivée à La Paz
Jour 16 : La paz, Oruro, Uyuni (trajet en bus : 11h)
Jour 17 : Salar et sud Lipez
Jour 18 : Salar et sud Lipez
Jour 19 : Salar et sud Lipez
Jour 20 : Salar et sud Lipez
Jour 21 : Uyuni, Potosi (5h de trajet en bus) et visite des mines
Jour 22 : Sucre visite de la ville, départ pour La Paz (trajet en bus de nuit : 14 h) La Paz, trajet en bus de nuit
Jour 23 : La Paz, visite
Jour 24 : Départ de La paz pour Lima (vol) avec 10 h de transit à Lima (visite rapide de la ville?)
Je doute pouvoir vraiment visiter sucre car cela rallonge le circuit déjà bien chargé... Et il vaut certainement mieux me garder un jour de plus pour faire La paz, D'ailleurs est ce une ville sympa pour ramener des jolis souvenirs de dernière minute ?
·Côté vaccin faut il faire ceux contre le palud et la fièvre jaune ? Prévoir des types de vêtements particuliers, des moustiquaires ? A moins qu'on nous fournisse du matos sur place ? On m'a dit du bien du tour ecomamazonia lodge mais ça a l'air quand même assez cher, en connaissez vous d'autres de sympas?
·Vaut il mieux partir à Puertomoldano ou faire rurennabaque en Bolivie ? Et prend on un réel risque sanitaire (piqure, virus...) même si on part avec un tour opérator ?
Et sinon j'ai vu sur le site de l'ambassade du Pérou que Coppacabana et isla del sol craignaient vraiment, or sur le guide du routard ils n'en parlent vraiment pas et je souhaitais faire le lac titicaca du coté bolivien justement. Avez vous entendu parler d'un contexte politique tendu dans cette région ou de parties vraiment à risque en bolivie ? (notamment dans le sud lipez, la paz, potosi et sucre que nous ferons peut être?)
Concernant mon circuit voilà ce que je comptais faire :
Jour 1 : Arrivée à Lima
Jour 2 : Vol pour Arequipa dans la matinée. Visite de la ville
Jour 3 : Canion de colca, Chivay
Jour 4 : Canion de colca, Arequipa
Jour 5 :Arequipa, Cuzco (bus : trajet : 10h) de jour ou de nuit
Jour 6 : Cuzco : visite de la ville
Jour 7 : Vallée sacrée : Pisac, Moray, salines de Maras (ou dans le sens inverse pour voir moins de touristes)
Jour 8 : Cuzco, Train pour Aguas calientes
Jour 9 : Macchu picchu (si possible avce l'ascension du Waynu Picchu), Ollantaytambo
Jour 10 : Ollantaytambo, chinchero, Cuzco
Jour 11 et 12 : Forêt amazonniene puerto moldonado
Jour 13 : Cuzco Puno (8h de trajet avec le bus touristique pour voir des sites : avec l'inka express)
Jour 14 : Lac Titicaca Les iles Uros : Taquile et Amantani (on ne veut pas y rester trop longtemps car apparement très touristique)
Jour 15 : Puno, Visite du site Tiwanaku, arrivée à La Paz
Jour 16 : La paz, Oruro, Uyuni (trajet en bus : 11h)
Jour 17 : Salar et sud Lipez
Jour 18 : Salar et sud Lipez
Jour 19 : Salar et sud Lipez
Jour 20 : Salar et sud Lipez
Jour 21 : Uyuni, Potosi (5h de trajet en bus) et visite des mines
Jour 22 : Sucre visite de la ville, départ pour La Paz (trajet en bus de nuit : 14 h) La Paz, trajet en bus de nuit
Jour 23 : La Paz, visite
Jour 24 : Départ de La paz pour Lima (vol) avec 10 h de transit à Lima (visite rapide de la ville?)
Je doute pouvoir vraiment visiter sucre car cela rallonge le circuit déjà bien chargé... Et il vaut certainement mieux me garder un jour de plus pour faire La paz, D'ailleurs est ce une ville sympa pour ramener des jolis souvenirs de dernière minute ?
Où séjourner à Bohol? (Philippines) English translation pending
Bonjour,
Nous nous rendons, mon amie et moi, en janvier pour 3 semaines dans ce pays qui j'en suis certain nous réserve des richesses extraordinaires.
Durant notre parcours (pas tout à fait encore finalisé), nous envisageons de passer quelques jours sur Bohol. Je souhaiterai faire appel à vos connaissances sur cette île, afin d'obtenir des idées d'hébergement. Pourriez-vous nous indiquer le point idéal pour démarrer les visites et découvrir toutes les merveilles qu'elle renferme? L'idéal serait un endroit à partir duquel nous pourrions louer une voiture, moto, mais sans pour autant être au milieu de la foule, et ainsi découvrir à notre rythme les points d'intérêts.
Merci d'avance de vos conseils.
Nous nous rendons, mon amie et moi, en janvier pour 3 semaines dans ce pays qui j'en suis certain nous réserve des richesses extraordinaires.
Durant notre parcours (pas tout à fait encore finalisé), nous envisageons de passer quelques jours sur Bohol. Je souhaiterai faire appel à vos connaissances sur cette île, afin d'obtenir des idées d'hébergement. Pourriez-vous nous indiquer le point idéal pour démarrer les visites et découvrir toutes les merveilles qu'elle renferme? L'idéal serait un endroit à partir duquel nous pourrions louer une voiture, moto, mais sans pour autant être au milieu de la foule, et ainsi découvrir à notre rythme les points d'intérêts.
Merci d'avance de vos conseils.
L'île de Sal (Cap-vert), sea, sun and fun... English translation pending
L’île de Sal(archipel des îles du Cap-Vert): sea, sun and fun:
Vivre un jour entier à l’aéroport Charles de Gaulle dans l’improvisation d’une panne(1)
La TACV, la compagnie aérienne des îles du Cap-Vert, qui dessert les dix îles de l’archipel située à 450 kms de Dakar, dessert l’aéroport Charles de Gaulle de Roissy le lundi matin à 11 h 40 pour un atterrissage à 14 h 50(trois heures de décalage horaire déduit)
Ce jour-là, tout irait de travers: le vol apparut « delayed », en même temps que ceux de Zurich et d’Istanbul…
Praia, Zurich et Istanbul apparaissaient en rouge sur l’écran bleu des vols internationaux… Les bording(enregistrements) narguaient les vols « delayed« …
Praia fut bientôt le seul vol retardé au milieu des OSLO, BOSTON et DJAKARTA…
Le dernier vol retardé Praia se cala bientôt au bord gauche des écrans avec cette mention: « décollage espéré à 22 heures »…
La journée ne se passerait pas à 10.000 mètres d’altitude entre l’Europe et le Nordeste brésilien, mais entre les étages 4 et 5 du Terminal 1 du grand aéroport…
La TACV leur offrirait des bons de boissons et de sandwichs à échanger chez brioche dorée…Ulysse épuiserait les éditions du matin et du soir des grands quotidiens nationaux, puis se rapprocherait des Cap-Verdiens en détresse dans cette lost-translation…
Il les repérait non pas à la couleur de leur peau, mais au poids de leurs impressionnantes valises…Et le pauvre Ulysse, qui n’avait que 14 kgs de bagages aurait à repousser les assauts des Mama Benz dont les valises frôlaient les 60 kgs d’excédents…
Vivre un jour entier à l’aéroport Charles de Gaulle dans l’improvisation d’une panne(1)
La TACV, la compagnie aérienne des îles du Cap-Vert, qui dessert les dix îles de l’archipel située à 450 kms de Dakar, dessert l’aéroport Charles de Gaulle de Roissy le lundi matin à 11 h 40 pour un atterrissage à 14 h 50(trois heures de décalage horaire déduit)
Ce jour-là, tout irait de travers: le vol apparut « delayed », en même temps que ceux de Zurich et d’Istanbul…
Praia, Zurich et Istanbul apparaissaient en rouge sur l’écran bleu des vols internationaux… Les bording(enregistrements) narguaient les vols « delayed« …
Praia fut bientôt le seul vol retardé au milieu des OSLO, BOSTON et DJAKARTA…
Le dernier vol retardé Praia se cala bientôt au bord gauche des écrans avec cette mention: « décollage espéré à 22 heures »…
La journée ne se passerait pas à 10.000 mètres d’altitude entre l’Europe et le Nordeste brésilien, mais entre les étages 4 et 5 du Terminal 1 du grand aéroport…
La TACV leur offrirait des bons de boissons et de sandwichs à échanger chez brioche dorée…Ulysse épuiserait les éditions du matin et du soir des grands quotidiens nationaux, puis se rapprocherait des Cap-Verdiens en détresse dans cette lost-translation…
Il les repérait non pas à la couleur de leur peau, mais au poids de leurs impressionnantes valises…Et le pauvre Ulysse, qui n’avait que 14 kgs de bagages aurait à repousser les assauts des Mama Benz dont les valises frôlaient les 60 kgs d’excédents…
Hôtel Lookea Beach Resort English translation pending
Bonjour à tous
Nous désirons partir en voyage en Thailande et l'agence nous as proposé Lookéa thaï beach resort. Pourriez vous me donner des renseignements sur cet hotel et nous donner des indications pour les excursions et les achats à faire là-bas ! Est ce que Bangkok est une ville interressante à visiter et pour faire des achats ? Les transports coutent-ils chère et comment nous y rendre ? Merci pour tous les indications que vous pourrez nous fournir. Moimyss
Nous désirons partir en voyage en Thailande et l'agence nous as proposé Lookéa thaï beach resort. Pourriez vous me donner des renseignements sur cet hotel et nous donner des indications pour les excursions et les achats à faire là-bas ! Est ce que Bangkok est une ville interressante à visiter et pour faire des achats ? Les transports coutent-ils chère et comment nous y rendre ? Merci pour tous les indications que vous pourrez nous fournir. Moimyss
Quelle direction prendre en arrivant à Clark, Manille, Philippines? English translation pending
bonjour a tous,
j arrive a l aeroport de clark le 16 avril en matine et j ai booke aucun vol pour l instant est t il possible de prendre un bateau de clark pour descendre vers bohol et faire les iles un peu a la fois ??
Merci d eclairer ma lanterne a tous les connaisseurs des philippines pk jsuis assez ds le flou pr mon itineraire .... jvoudrais aller jusque bohol et reprendre un vol cebu clark a la fin de mon voyage jai 2 semaine pour aller de clark a bohol donc n hesitez pas a m ecrir., merci d avance
j arrive a l aeroport de clark le 16 avril en matine et j ai booke aucun vol pour l instant est t il possible de prendre un bateau de clark pour descendre vers bohol et faire les iles un peu a la fois ??
Merci d eclairer ma lanterne a tous les connaisseurs des philippines pk jsuis assez ds le flou pr mon itineraire .... jvoudrais aller jusque bohol et reprendre un vol cebu clark a la fin de mon voyage jai 2 semaine pour aller de clark a bohol donc n hesitez pas a m ecrir., merci d avance
Itinéraire pour quinze jours seule en Thaïlande? English translation pending
Bonjour,
Je me prépare à partir toute seule en Thaïlande durant environ 15jours fin du 23 avril au 10 mai, et j'ai du mal à me décider pour un itinéraire.
D'une manière générale, j'aimerais bien passer un peu de temps dans la jungle, faire un petit trek de 2 à 3 jours, puis me balader sur les îles, pour balades, détente, snorkling et autre activité sportives si possible.
J'ai acheté le Lonely PLanet et tout ce que je suis en train de lire sur les differentes îles me donne une idée de la Thailande hypra touristique ! ( ce qui est normal) mais j'aimerais vraiment éviter les endroits trop touristiques, et bruyant. Je ne vais pas là bas pour faire la fête mais juste pour découvrir ce pays, et me détendre sous un beau soleil afin d"échapper à la grisaille parisienne. Je cherche un peu de tranquilité avec de belles plages, et tout ça à un prix raisonnables ( petit budget oblige ).
Quels conseils pouvez-vous me donner ?
Je n'ai pas encore lu tout le Lonely mais j'espere pouvoir avoir de votre part de bons conseils afin de m'orienter dans mes choix.
Merci à vous !!!
Je me prépare à partir toute seule en Thaïlande durant environ 15jours fin du 23 avril au 10 mai, et j'ai du mal à me décider pour un itinéraire.
D'une manière générale, j'aimerais bien passer un peu de temps dans la jungle, faire un petit trek de 2 à 3 jours, puis me balader sur les îles, pour balades, détente, snorkling et autre activité sportives si possible.
J'ai acheté le Lonely PLanet et tout ce que je suis en train de lire sur les differentes îles me donne une idée de la Thailande hypra touristique ! ( ce qui est normal) mais j'aimerais vraiment éviter les endroits trop touristiques, et bruyant. Je ne vais pas là bas pour faire la fête mais juste pour découvrir ce pays, et me détendre sous un beau soleil afin d"échapper à la grisaille parisienne. Je cherche un peu de tranquilité avec de belles plages, et tout ça à un prix raisonnables ( petit budget oblige ).
Quels conseils pouvez-vous me donner ?
Je n'ai pas encore lu tout le Lonely mais j'espere pouvoir avoir de votre part de bons conseils afin de m'orienter dans mes choix.
Merci à vous !!!
Hôtel Club Sardegna (par Marmara) en Sardaigne English translation pending
Bonjour à toutes et tous !
Bon comme je n'arrive pas à trouver d'info sur un hotel (même sur Trip Advisor), je viens donc demander votre aide.
Je viens de réserver un séjour pour le mois de septembre en passant par le Tour Opérateur MARMARA qui me proposais un super tarif pour une nouvelle destination qu'il ouvre au public : la Sardaigne
Le nom de cet hotel est : Hotel Club Sardegna.
Je n'arrive pas à trouver d'infos sur cet hotel. Alors de deux choses l'une, ou bien cet hotel est tout neuf et je ne trouverais pas forcément d'infos ou bien MARMARA a racheté un hotel qui existait déjà mais sous un autre nom.
Quelqu'un aurais-il des infos sur cet hotel ?
Merci de votre aide !!
Bon comme je n'arrive pas à trouver d'info sur un hotel (même sur Trip Advisor), je viens donc demander votre aide.
Je viens de réserver un séjour pour le mois de septembre en passant par le Tour Opérateur MARMARA qui me proposais un super tarif pour une nouvelle destination qu'il ouvre au public : la Sardaigne
Le nom de cet hotel est : Hotel Club Sardegna.
Je n'arrive pas à trouver d'infos sur cet hotel. Alors de deux choses l'une, ou bien cet hotel est tout neuf et je ne trouverais pas forcément d'infos ou bien MARMARA a racheté un hotel qui existait déjà mais sous un autre nom.
Quelqu'un aurais-il des infos sur cet hotel ?
Merci de votre aide !!
Croisière sur le Norwegian GEM, Bahamas avec des enfants English translation pending
Bonjour, On part en croisière sur le Norwegian GEM le 27 février pour 7 jour, moi , ma femme et nos deux enfantes, 13 et 7 ans respectivement,
Question: Comment est cette croisière pour des enfantes et des ados, amusante, ennuyant ?
, ça coûte cher les tenir occupée sur le bateau ??
Je sais qu il y a des activités que on paye et d outres pas, pour les adultes et les enfants, queq on peut les énumérée ? merci bcp...détails?
Je sais qu il y a des activités que on paye et d outres pas, pour les adultes et les enfants, queq on peut les énumérée ? merci bcp...détails?
Lac Titicaca: le meilleur endroit? English translation pending
Salut
Je suis un petit nouveau 😉et j'espere surtout que je suis dans la bonne rubrique. Bon voila, je pars le 15/9 pour le Perou ca fait 6 mois que j'attend cela. 🙂Je compte faire Lima (1j), Arequipa (colca 3 j ), Puno ( lac titicaca 2 j), et Cusco 8j donc ( Chemin Inca 4j ).
Pour finaliser mon voyage, je ne sais pas trop quoi faire et ou m'arreter sur le lac Titicaca. Pour l'instant, je compte m'arreter a Puno et ensuite je sais pas??🙁 Est ce le meilleur endroit pour s'arreter ? Quelle ile faut il absolument faire? Quel circuit de 2j je peux faire ?
Merci de vos reponses
J'ai hate de partir
Je suis un petit nouveau 😉et j'espere surtout que je suis dans la bonne rubrique. Bon voila, je pars le 15/9 pour le Perou ca fait 6 mois que j'attend cela. 🙂Je compte faire Lima (1j), Arequipa (colca 3 j ), Puno ( lac titicaca 2 j), et Cusco 8j donc ( Chemin Inca 4j ).
Pour finaliser mon voyage, je ne sais pas trop quoi faire et ou m'arreter sur le lac Titicaca. Pour l'instant, je compte m'arreter a Puno et ensuite je sais pas??🙁 Est ce le meilleur endroit pour s'arreter ? Quelle ile faut il absolument faire? Quel circuit de 2j je peux faire ?
Merci de vos reponses
J'ai hate de partir
Quel réseau pour le téléphone portable à Playa del Carmen au Mexique? English translation pending
bonjour,
nous partons à Playa del Carmen (Mexique) et nous aimerions savoir si quelqu'un pouvait nous renseigner : mon mari à l'option internationale sur son téléphone portable et on nous a dit qu'une fois là-bas, nous devions chercher le réseau correspondant à celui que nous avons ici, pour pouvoir être joignable ou même si nous voulons téléphoner. Comment doit-on procéder?
En 2004, nous étions en République Dominicaine et nous ne sommes pas arrivés à trouver ce fameux réseau. Merci à tous
En 2004, nous étions en République Dominicaine et nous ne sommes pas arrivés à trouver ce fameux réseau. Merci à tous
Traversée en kayak Nanortalik-Narsarsuaq via le fjord Tasermiut English translation pending
Un an après notre voyage en kayak gonflable à Disko au milieu des icebergs et des baleines nous sommes décidés pour retourner au Groenland. Dans ce pays grand comme quasiment 4 fois la France le choix de la « région » est un peu laborieux tant les possibilités sont nombreuses. Le fjord d’Uummannaq où je me suis rendu en hiver il y a 6 mois nous semble être formidable. Il y a un loueur (ce qui nous permettrait d’avoir un kayak rigide), des baleines, d’immenses montagnes et des icebergs en quantité. En revanche la zone est toujours sous le risque « imminent » d’un tsunami (pour une grande partie du nord du fjord). Nous craignons également l’immensité du fjord et son exposition au vent et à la houle avec en plus, selon le parcours de nombreuses traversées entre les îles dépassant les 10 km et nous ne sommes pas des kayakistes confirmés. Pour finir les températures à nos dates de congés (fin août et début septembre) risquent d’être déjà bien froides (-5/5°C) pour la pratique agréable d’un sport nautique.
Tout ceci considéré, nous continuons à imaginer des parcours avec Google Earth dans tout le pays mais les montagnes aux environs de Nanortalik sur la pointe sud du pays nous paraissent également vite idéales. Cette zone, bien desservie depuis Copenhague (vols directs !), possède de grands réseaux de fjords bien encaissés et donc protégés des caprices de la haute mer. Différents transferts en bateau proposés par la Disko Line permettent d’envisager des traversées plus ou moins longues entre les différents villages. Nous « dessinons » donc un parcours entre le village de Nanortalik et l’aéroport d’arrivée à Narsarsuaq.
Le fjord de Tasermiut apparait être le joyau du coin et ne pas s’y rendre serait bien dommage. Mais en aller-retour, visiter ce fjord nous ferait faire un détour de 140 km ! Le seul moyen d’y pagayer en restant dans les temps (15 jours de kayak) est de le parcourir en aller simple et donc de s’en échapper par la terre une fois au fond. La carte au 1/100 000e montre une vallée large et plate reliant le fond du fjord de Tasermiut à celui du Sondre Sermilik par un portage d’une petite vingtaine de kilomètres.
La traversée dans le sens Nanortalik>Narsarsuaq via le fjord de Tasermiut fait ainsi 240 km soit une bonne quinzaine de kilomètres obligatoires à effectuer pour les 15 jours de voyage. D’expérience cette distance est le compromis parfait entre les jours de rando, les jours d’avancée et la marge de sécurité. 3 portages jalonnent l’itinéraire pour un total de 30 km à effectuer à pied environ. Notre trajet passe par le village d’Ammasivik au kilomètre 160 où nous pourrons nous ravitailler. Nous ne sommes donc pas obligés d’emporter 15 jours de nourriture ce qui limite largement le poids et le volume des vivres à embarquer.
Le sud du Groenland présente également l’avantage d’avoir des températures clémentes même en septembre, pas d’ours polaire (surtout à la fin de l’été), des côtes très vertes qui contrastent avec la mer où les glaciers et de gros icebergs qui remontent depuis la côte Est le cap Farewell parfois jusqu’à Qaqortoq.
Le vol est donc réservé en mai pour la dernière semaine d’août et la première de septembre. Manque de chance, l’aller retour direct depuis Copenhague est hors de prix à nos dates mais en choisissant à l’aller un Copenhague- Narsarsuaq avec Air Greenland et un retour Narsarsuaq-Reykjavik avec Air Iceland le tarif devient plus raisonnable. C’est l’option que nous choisissons même si passer par Reykjavik complique un peu le voyage de retour sur Paris…. Depuis Narsarsuaq nous gagnerons Nanortalik en 6h de bateau. Ce trajet est réservé auprès de la Disko Line, 3 mois à l’avance, nous prenons les dernières places disponibles malgré des trajets presque quotidiens. Seulement 50 minutes séparent notre arrivée en avion et le départ du bateau mais normalement ce dernier attend les passagers… Nous prenons donc ce risque pour gagner du temps sur place. A Narsarsuaq, la présence de l’agence BlueIce tenue par un Français nous permettrait la location d’un kayak rigide mais avec 30 km de portage ce n’est pas envisageable c’est donc avec notre kayak gonflable biplace Gumotex Swing 2 que nous partons. C’est un kayak que je connais bien et avec lequel j’ai déjà effectué 2 voyages de plusieurs jours dans le grand Nord. Son seul véritable inconvénient est sa vitesse de croisière assez lente du fait de sa largeur importante et de son fond plat. Il est en revanche assez léger (14 kilos à vide) très très stable et comme tous les gonflables, facile à remettre à flot après un dessalage. C’est un kayak très robuste qui n’a d’ailleurs pas pris une ride en dépit de nombreux jours d’utilisation dans des conditions parfois rudes (gel, glace, transport en avion…) Pour un poids total de 20 kilos avec tous ses équipements : pagaies, pompe, jupes et gilets compris il remplit pile un sac de 150 l. Les autres 20 kilos que nous autorise la franchise bagage sont occupés par le matériel de camping (tente 3 saisons et duvet 0°C confort) et 8 kilos de nourriture (4 kilos de muesli maison, 3 kilos de semoule complète et 1 kilo de comté). Même si tout peut se procurer sur place, cette nourriture pratique en camping et goûteuse constitue tout de même un petit plus ! En vue du portage, tout est empaqueté dans un gros sac à dos de randonnée de100 litres qui pèse à lui seul 3 kilos à vide tout de même. Nous partons avec un réchaud multi combustible gaz/essence MSR ainsi qu’un second réchaud Trangia à alcool à brûler au cas où. Cette année, nous avons également investi dans des combinaisons étanches pour le confort et la sécurité. Du fait de leur volume et de leur poids nous n’osons pas les prendre comme « accessoire » de cabine, elles occupent donc la moitié de notre bagage à main. L’autre moitié est occupée par nos vêtements Nous partons à deux (nous sommes frères) et je connais un peu la région pour avoir déjà effectué un tour en kayak en 2015 du côté de Narsaq.
Mardi 20 août Réveil avec une petite boule au ventre après le boulot c’est le départ et un couac à une seule étape et tout le voyage tombe à l’eau. Mais la première partie s’effectue sans anicroches: Chorges (05)-parking de l’hôtel Ibis de Villeurbanne où nous laissons la voiture premier « portage » à pied de 3 km entre le parking et la gare de Lyon Part Dieu Lyon-Roissy en TGV Roissy-Copenhague en avion avec Air France et nous sommes à l’hôtel à Copenhague.
Mercredi 21 août A 12h nous décollons pour Narsarsuaq que nous atteignons à 13h après 5h d’avion. Ce vol direct est un plaisir par rapport à toutes les escales nécessaires pour se rendre à d’autres destinations du Groenland. Même pas fatigués par ce court voyage, nous embarquons à l’heure dans le bateau de la Disko Line. Et à 19h avec 45 minutes d’avance nous voilà au bout du pays, sur la pointe sud, à Nanortalik.
Il fait beau, doux et nous repérons à quelques encablures du port une collinette cachée pour installer la tente.

Le gros supermarché ferme à 18h mais un autre plus petit est toujours ouvert. Il ne nous manque pas grand-chose pour compléter nos vivres. Nous achetons des sauces, du salami, du beurre, des tortillas, des biscuits et un litre d’alcool à brûler. Nous prenons en tout 10 jours de vivres ce qui nous laisse un peu de marge pour atteindre Ammasivik situé à 160 km d’ici. Nous sommes donc presque prêts à partir mais nous n’avons pas trouvé de cartouche de gaz. La station essence nous permettrait de partir avec ce carburant mais nous voulons quand même tenter notre chance avec le gaz dans le gros magasin. C’est quand même plus pratique que l’essence à utiliser.
Jeudi 22 août A 7h, dès l’ouverture nous sommes au magasin et bonne pioche nous trouvons du gaz. Retour au port où nous gonflons le kayak.
Il a bien survécu au transport et à 9h nous pagayons en direction du fjord de Tasermiut sous un temps correct malgré un bon plafond nuageux. Comme constaté en bateau la veille, il n’y a pas un seul iceberg en vue. L’embouchure du fjord est pourtant une zone où beaucoup viennent se bloquer. C’est aussi un endroit où passent parfois des baleines de Minke et nous sommes aux aguets. Mais tandis que nous gagnons l’entrée du fjord aucun signe de vie animale n’est observé. Le fjord est très large et nous remontons sa rive Ouest puis, nous le traversons pour tenter de se protéger du petit vent arrière qui commence à se lever. A l’abri d’un cap, la pause midi est agréable, nous mangeons notre « ration » : deux tortillas avec du salami et du beurre puis une tasse de muesli.
Juste avant le village de Tasiusaq nous repérons un talus bien plat qui parait idéal pour le bivouac. Nous montons le camp vers 16h en face de nos premiers icebergs. La marée est basse et le coin est rempli de grosses moules. Nous en ramassons une pleine casserole. Le démarrage du réchaud est inquiétant, le gaz produit une minuscule flamme bleue avec laquelle nous mettons 1h15 pour faire bouillir 3 litres d’eau ! Nous essayons divers réglages et nettoyage mais rien n’y fait le réchaud ne tire pas. Nous nous servirons de l’alcool pour tout le reste du séjour…
Vendredi 23 août Nuit claire et beau temps à 6h au réveil. Nous reprenons notre route, les montagnes commencent à être spectaculaires notamment sur la rive Est où de grandes aiguilles de granit montent vers le ciel. A l’embouchure de la rivière Kuussuaq nous hésitons à nous arrêter : c’est ici qu’il faudrait franchir un isthme de 1 km pour rejoindre un grand lac dont l’extrémité Est est bordée de la forêt Qinngua. Cette forêt naturelle si particulière mérite apparemment une visite mais cela nous ferait faire un détour de 40 km. Les arbres n’étant pas la spécificité du pays nous décidons de tracer notre route.
Vers 13h nous atteignons la vallée de Qooromiut bordée d’une immense tour rocheuse : Ulamertorsuaq. C’est un bel endroit pour planter la tente et s’offrir une demi-journée de randonnée le long de la rivière qui coule dans la vallée.
La végétation est sublime, la toundra commence à se colorer de rouge et l’eau de la rivière est d’un bleu étincelant. Le ciel est noir et très menaçant mais il ne pleut pas, nous remontons la rive gauche de la rivière jusqu’à ce que l’heure nous rappelle. Nous constatons qu’au milieu des saules et des éboulis la progression n’est pas rapide ce qui nous laisse dubitatifs pour les 20 km du portage dans quelques jours. 23h30 quelque chose gratte vers les sacs stockés à l’extérieur de la tente. Je sors et partout où le faisceau de ma lampe éclaire, une paire d’yeux me fixe. Je compte 4 renards que j’effraie comme je peux jusqu’à leur terrier situé seulement à une centaine de mètres de la tente. 1h nouvelle visite du camp je sors à nouveau et la seule chose que je peux faire est d’obstruer pour la nuit l’entrée du terrier avec une pierre. 2h30 décidément la nuit va être longue, le terrier doit avoir plusieurs entrées puisque la pierre est toujours en place mais les renards toujours autour de la tente ! A coup de rame nous les repoussons à nouveau. Ils nous laisseront tranquilles.
Samedi 24 août La nuit n’a pas été reposante du tout. II y a un bon brouillard mais nous devinons que le ciel bleu n’est pas loin. Nous retirons la pierre du terrier et constatons effectivement un autre trou quelques mètres plus loin…Nous reprenons la mer et après 2 km nous sommes en vue de la célèbre montagne en forme de M : Nalumarsortoq.

Elle émerge du brouillard dans une forêt de pics tous plus beaux les uns que les autres. Nous regrettons de ne pas nous être arrêtés dans cette vallée hier. D’ailleurs de nombreuses tentes sont visibles, l’endroit est réputé. La météo n’incite pas à la randonnée et nous poursuivons en kayak vers le fond du fjord. Vers midi le temps se lève alors que nous atteignons la vallée de Klosterdalen. Au pied de l’immense face Ouest de la montagne Ketil nous montons la tente dans un endroit paradisiaque.


Il est encore tôt et nous partons à pied dans la vallée. Nous sommes vite entourés de hauts bouleaux qui nous dépassent largement. Visiblement il n’y a pas que dans la forêt de Qinngua qu’on peut voir de vrais arbres au Groenland. Battus par les vents leurs troncs sont très tortueux. De retour du camp, la marée est basse et nous ramassons des moules pour agrémenter notre semoule. La cuisine est faite au feu de bois sous le soleil couchant qui illumine les sommets de la rive opposés.
Dimanche 25 août Grand ciel bleu à 6h.
Au matin, le sommet de la montagne Ketil nous apparait pour la première fois et il est blanchi par la neige. Sa face de plus de 1400 m est vraiment impressionnante, dans presque toute sa diagonale, elle est balafrée par une grosse fissure type « âge de glace ». Le chargement du kayak est maintenant une routine. Sur le pont avant, le gros sac de rangement du kayak de 150 l qui contient le gros sac de randonnée de 100 l qui contient lui-même trois sacs étanches de 30 l : deux de nourritures et un d’outillage divers (popote, réchauds, outils, pharmacie…) Sur le pont arrière deux sacs étanches de 60 l contiennent les vêtements, les baskets, la tente et le gaz. Tout est attaché avec des sangles réglables fixées au kayak via la ligne de vie. C’est beaucoup plus pratique qu’avec les tendeurs que nous utilisions les années précédentes. A l’intérieur 2 autres petits bidons contiennent également de la nourriture, un troisième est rempli par les deux duvets. Les bidons sont un peu plus durs à caler et à remplir que les sacs qui sont plus souples. Mais ils ont l’avantage d’être hermétique à tout : eau et renards notamment et au fond du kayak il y a toujours un peu d’eau provenant de nos Crocs™ lors des embarquements. Le fond du fjord n’est plus très loin et l’immense muraille glaciaire qui le ferme commence à être bien nette. Pour la première fois du séjour nous naviguons sur une mer d’huile.
Nous sommes décidés à attaquer le portage dès aujourd’hui pour anticiper la difficulté que celui-ci pourrait représenter. Mais c’est quand même avec regrets que nous regardons les nombreuses pentes douces des montagnes de la rive Ouest qui doivent offrir des panoramas spectaculaires sur les versants à pics de la rive Est. Heureusement l’arrivée au fond du fjord nous console.
La muraille glaciaire est sublime, c’est un véritable mur de glace de 1000 m de haut et de 2 km de large qui descend presque jusqu’à la mer.
Le glacier Sermitsiaq est également grandiose avec toutes ses aiguilles qui jalonnent sa descente dans un lac. Il est 10h lorsque nous touchons la plage de la vallée Tillersuaq que nous allons devoir remonter à pied. Nous déchargeons toutes les affaires, plions le kayak et répartissons le tout dans les sacs à dos. Heureusement qu’il ne pleut pas ! 1h de rangement plus tard il faut se résigner tout ne tiendra pas dans les sacs à dos. Ce n’est pas la place qui manque mais le poids, les deux sacs à dos sont donnés pour 20 kg et nous les dépassons largement. Une rupture des bretelles serait bien compliquée à gérer. Nous devrons en plus des énormes sacs sur le dos porter les dernières bricoles à la main. Les sacs sont durs à soulever, leurs poids doit avoisiner les 30 kilos. Nous nous engageons dans la vallée, pour notre plus grand bonheur la végétation est très basse rendant la marche facile.
Le rythme s’installe : 15 à 20 minutes de marche avant que les épaules ne réclament une pause de 3 à 5 minutes. La vallée est très accueillante large, plate, très verte, avec sur les côtés des montagnes et des glaciers magnifiques.

Notre progression est plus rapide que nos estimations, sûrement aux alentours de 2.5 km/h et en début de soirée nous avons parcouru 12 km. Le coin est magnifique, une belle ambiance sauvage s’est installée. Nous sommes au col et nous distinguons à la fois les montagnes du Tasermiut et celles du Sondre Sermilik, c’est très beau.
Lundi 26 août 7 km nous séparent du fjord de Sondre Sermilik, nos sacs semblent plus lourds que la veille. Nous descendons le long de la rivière alternant les passages dans des saules un peu trop hauts, des tourbières peu commodes ou des gravières de la rivière.
Sur ces petits galets la marche se déroule bien. A chaque pas nous pensons tomber nez à nez avec des bœufs musqués. Quelques bêtes ont été introduites il y a 5 ans dans la vallée et nous rencontrons de nombreuses crottes et traces mais ils restent invisibles. L’arrivée sur le fjord est un grand moment. Le ciel ne pourrait pas être plus bleu lorsque nous débouchons sur une butte parfaitement plate qui surplombe le fjord d’une dizaine de mètres.

Un bivouac parfait. Il nous a fallu deux demi-journées pour effectuer le portage. Le dos bien fatigué nous partons pour le reste de l’après midi en randonnée sur le cap de la vallée Isortoq qui culmine à 500 m d’altitude.

La vue sur notre parcours à pied et les vallées environnantes est superbe.
Le repas du soir pris au coin du feu sur l’immense plage déserte de l’estuaire de la rivière est également un moment marquant du séjour.
Le vol est donc réservé en mai pour la dernière semaine d’août et la première de septembre. Manque de chance, l’aller retour direct depuis Copenhague est hors de prix à nos dates mais en choisissant à l’aller un Copenhague- Narsarsuaq avec Air Greenland et un retour Narsarsuaq-Reykjavik avec Air Iceland le tarif devient plus raisonnable. C’est l’option que nous choisissons même si passer par Reykjavik complique un peu le voyage de retour sur Paris…. Depuis Narsarsuaq nous gagnerons Nanortalik en 6h de bateau. Ce trajet est réservé auprès de la Disko Line, 3 mois à l’avance, nous prenons les dernières places disponibles malgré des trajets presque quotidiens. Seulement 50 minutes séparent notre arrivée en avion et le départ du bateau mais normalement ce dernier attend les passagers… Nous prenons donc ce risque pour gagner du temps sur place. A Narsarsuaq, la présence de l’agence BlueIce tenue par un Français nous permettrait la location d’un kayak rigide mais avec 30 km de portage ce n’est pas envisageable c’est donc avec notre kayak gonflable biplace Gumotex Swing 2 que nous partons. C’est un kayak que je connais bien et avec lequel j’ai déjà effectué 2 voyages de plusieurs jours dans le grand Nord. Son seul véritable inconvénient est sa vitesse de croisière assez lente du fait de sa largeur importante et de son fond plat. Il est en revanche assez léger (14 kilos à vide) très très stable et comme tous les gonflables, facile à remettre à flot après un dessalage. C’est un kayak très robuste qui n’a d’ailleurs pas pris une ride en dépit de nombreux jours d’utilisation dans des conditions parfois rudes (gel, glace, transport en avion…) Pour un poids total de 20 kilos avec tous ses équipements : pagaies, pompe, jupes et gilets compris il remplit pile un sac de 150 l. Les autres 20 kilos que nous autorise la franchise bagage sont occupés par le matériel de camping (tente 3 saisons et duvet 0°C confort) et 8 kilos de nourriture (4 kilos de muesli maison, 3 kilos de semoule complète et 1 kilo de comté). Même si tout peut se procurer sur place, cette nourriture pratique en camping et goûteuse constitue tout de même un petit plus ! En vue du portage, tout est empaqueté dans un gros sac à dos de randonnée de100 litres qui pèse à lui seul 3 kilos à vide tout de même. Nous partons avec un réchaud multi combustible gaz/essence MSR ainsi qu’un second réchaud Trangia à alcool à brûler au cas où. Cette année, nous avons également investi dans des combinaisons étanches pour le confort et la sécurité. Du fait de leur volume et de leur poids nous n’osons pas les prendre comme « accessoire » de cabine, elles occupent donc la moitié de notre bagage à main. L’autre moitié est occupée par nos vêtements Nous partons à deux (nous sommes frères) et je connais un peu la région pour avoir déjà effectué un tour en kayak en 2015 du côté de Narsaq.
Mardi 20 août Réveil avec une petite boule au ventre après le boulot c’est le départ et un couac à une seule étape et tout le voyage tombe à l’eau. Mais la première partie s’effectue sans anicroches: Chorges (05)-parking de l’hôtel Ibis de Villeurbanne où nous laissons la voiture premier « portage » à pied de 3 km entre le parking et la gare de Lyon Part Dieu Lyon-Roissy en TGV Roissy-Copenhague en avion avec Air France et nous sommes à l’hôtel à Copenhague.
Mercredi 21 août A 12h nous décollons pour Narsarsuaq que nous atteignons à 13h après 5h d’avion. Ce vol direct est un plaisir par rapport à toutes les escales nécessaires pour se rendre à d’autres destinations du Groenland. Même pas fatigués par ce court voyage, nous embarquons à l’heure dans le bateau de la Disko Line. Et à 19h avec 45 minutes d’avance nous voilà au bout du pays, sur la pointe sud, à Nanortalik.

Il fait beau, doux et nous repérons à quelques encablures du port une collinette cachée pour installer la tente.

Le gros supermarché ferme à 18h mais un autre plus petit est toujours ouvert. Il ne nous manque pas grand-chose pour compléter nos vivres. Nous achetons des sauces, du salami, du beurre, des tortillas, des biscuits et un litre d’alcool à brûler. Nous prenons en tout 10 jours de vivres ce qui nous laisse un peu de marge pour atteindre Ammasivik situé à 160 km d’ici. Nous sommes donc presque prêts à partir mais nous n’avons pas trouvé de cartouche de gaz. La station essence nous permettrait de partir avec ce carburant mais nous voulons quand même tenter notre chance avec le gaz dans le gros magasin. C’est quand même plus pratique que l’essence à utiliser.
Jeudi 22 août A 7h, dès l’ouverture nous sommes au magasin et bonne pioche nous trouvons du gaz. Retour au port où nous gonflons le kayak.

Il a bien survécu au transport et à 9h nous pagayons en direction du fjord de Tasermiut sous un temps correct malgré un bon plafond nuageux. Comme constaté en bateau la veille, il n’y a pas un seul iceberg en vue. L’embouchure du fjord est pourtant une zone où beaucoup viennent se bloquer. C’est aussi un endroit où passent parfois des baleines de Minke et nous sommes aux aguets. Mais tandis que nous gagnons l’entrée du fjord aucun signe de vie animale n’est observé. Le fjord est très large et nous remontons sa rive Ouest puis, nous le traversons pour tenter de se protéger du petit vent arrière qui commence à se lever. A l’abri d’un cap, la pause midi est agréable, nous mangeons notre « ration » : deux tortillas avec du salami et du beurre puis une tasse de muesli.

Juste avant le village de Tasiusaq nous repérons un talus bien plat qui parait idéal pour le bivouac. Nous montons le camp vers 16h en face de nos premiers icebergs. La marée est basse et le coin est rempli de grosses moules. Nous en ramassons une pleine casserole. Le démarrage du réchaud est inquiétant, le gaz produit une minuscule flamme bleue avec laquelle nous mettons 1h15 pour faire bouillir 3 litres d’eau ! Nous essayons divers réglages et nettoyage mais rien n’y fait le réchaud ne tire pas. Nous nous servirons de l’alcool pour tout le reste du séjour…

Vendredi 23 août Nuit claire et beau temps à 6h au réveil. Nous reprenons notre route, les montagnes commencent à être spectaculaires notamment sur la rive Est où de grandes aiguilles de granit montent vers le ciel. A l’embouchure de la rivière Kuussuaq nous hésitons à nous arrêter : c’est ici qu’il faudrait franchir un isthme de 1 km pour rejoindre un grand lac dont l’extrémité Est est bordée de la forêt Qinngua. Cette forêt naturelle si particulière mérite apparemment une visite mais cela nous ferait faire un détour de 40 km. Les arbres n’étant pas la spécificité du pays nous décidons de tracer notre route.

Vers 13h nous atteignons la vallée de Qooromiut bordée d’une immense tour rocheuse : Ulamertorsuaq. C’est un bel endroit pour planter la tente et s’offrir une demi-journée de randonnée le long de la rivière qui coule dans la vallée.

La végétation est sublime, la toundra commence à se colorer de rouge et l’eau de la rivière est d’un bleu étincelant. Le ciel est noir et très menaçant mais il ne pleut pas, nous remontons la rive gauche de la rivière jusqu’à ce que l’heure nous rappelle. Nous constatons qu’au milieu des saules et des éboulis la progression n’est pas rapide ce qui nous laisse dubitatifs pour les 20 km du portage dans quelques jours. 23h30 quelque chose gratte vers les sacs stockés à l’extérieur de la tente. Je sors et partout où le faisceau de ma lampe éclaire, une paire d’yeux me fixe. Je compte 4 renards que j’effraie comme je peux jusqu’à leur terrier situé seulement à une centaine de mètres de la tente. 1h nouvelle visite du camp je sors à nouveau et la seule chose que je peux faire est d’obstruer pour la nuit l’entrée du terrier avec une pierre. 2h30 décidément la nuit va être longue, le terrier doit avoir plusieurs entrées puisque la pierre est toujours en place mais les renards toujours autour de la tente ! A coup de rame nous les repoussons à nouveau. Ils nous laisseront tranquilles.
Samedi 24 août La nuit n’a pas été reposante du tout. II y a un bon brouillard mais nous devinons que le ciel bleu n’est pas loin. Nous retirons la pierre du terrier et constatons effectivement un autre trou quelques mètres plus loin…Nous reprenons la mer et après 2 km nous sommes en vue de la célèbre montagne en forme de M : Nalumarsortoq.

Elle émerge du brouillard dans une forêt de pics tous plus beaux les uns que les autres. Nous regrettons de ne pas nous être arrêtés dans cette vallée hier. D’ailleurs de nombreuses tentes sont visibles, l’endroit est réputé. La météo n’incite pas à la randonnée et nous poursuivons en kayak vers le fond du fjord. Vers midi le temps se lève alors que nous atteignons la vallée de Klosterdalen. Au pied de l’immense face Ouest de la montagne Ketil nous montons la tente dans un endroit paradisiaque.


Il est encore tôt et nous partons à pied dans la vallée. Nous sommes vite entourés de hauts bouleaux qui nous dépassent largement. Visiblement il n’y a pas que dans la forêt de Qinngua qu’on peut voir de vrais arbres au Groenland. Battus par les vents leurs troncs sont très tortueux. De retour du camp, la marée est basse et nous ramassons des moules pour agrémenter notre semoule. La cuisine est faite au feu de bois sous le soleil couchant qui illumine les sommets de la rive opposés.
Dimanche 25 août Grand ciel bleu à 6h.
Au matin, le sommet de la montagne Ketil nous apparait pour la première fois et il est blanchi par la neige. Sa face de plus de 1400 m est vraiment impressionnante, dans presque toute sa diagonale, elle est balafrée par une grosse fissure type « âge de glace ». Le chargement du kayak est maintenant une routine. Sur le pont avant, le gros sac de rangement du kayak de 150 l qui contient le gros sac de randonnée de 100 l qui contient lui-même trois sacs étanches de 30 l : deux de nourritures et un d’outillage divers (popote, réchauds, outils, pharmacie…) Sur le pont arrière deux sacs étanches de 60 l contiennent les vêtements, les baskets, la tente et le gaz. Tout est attaché avec des sangles réglables fixées au kayak via la ligne de vie. C’est beaucoup plus pratique qu’avec les tendeurs que nous utilisions les années précédentes. A l’intérieur 2 autres petits bidons contiennent également de la nourriture, un troisième est rempli par les deux duvets. Les bidons sont un peu plus durs à caler et à remplir que les sacs qui sont plus souples. Mais ils ont l’avantage d’être hermétique à tout : eau et renards notamment et au fond du kayak il y a toujours un peu d’eau provenant de nos Crocs™ lors des embarquements. Le fond du fjord n’est plus très loin et l’immense muraille glaciaire qui le ferme commence à être bien nette. Pour la première fois du séjour nous naviguons sur une mer d’huile.

Nous sommes décidés à attaquer le portage dès aujourd’hui pour anticiper la difficulté que celui-ci pourrait représenter. Mais c’est quand même avec regrets que nous regardons les nombreuses pentes douces des montagnes de la rive Ouest qui doivent offrir des panoramas spectaculaires sur les versants à pics de la rive Est. Heureusement l’arrivée au fond du fjord nous console.

La muraille glaciaire est sublime, c’est un véritable mur de glace de 1000 m de haut et de 2 km de large qui descend presque jusqu’à la mer.

Le glacier Sermitsiaq est également grandiose avec toutes ses aiguilles qui jalonnent sa descente dans un lac. Il est 10h lorsque nous touchons la plage de la vallée Tillersuaq que nous allons devoir remonter à pied. Nous déchargeons toutes les affaires, plions le kayak et répartissons le tout dans les sacs à dos. Heureusement qu’il ne pleut pas ! 1h de rangement plus tard il faut se résigner tout ne tiendra pas dans les sacs à dos. Ce n’est pas la place qui manque mais le poids, les deux sacs à dos sont donnés pour 20 kg et nous les dépassons largement. Une rupture des bretelles serait bien compliquée à gérer. Nous devrons en plus des énormes sacs sur le dos porter les dernières bricoles à la main. Les sacs sont durs à soulever, leurs poids doit avoisiner les 30 kilos. Nous nous engageons dans la vallée, pour notre plus grand bonheur la végétation est très basse rendant la marche facile.

Le rythme s’installe : 15 à 20 minutes de marche avant que les épaules ne réclament une pause de 3 à 5 minutes. La vallée est très accueillante large, plate, très verte, avec sur les côtés des montagnes et des glaciers magnifiques.

Notre progression est plus rapide que nos estimations, sûrement aux alentours de 2.5 km/h et en début de soirée nous avons parcouru 12 km. Le coin est magnifique, une belle ambiance sauvage s’est installée. Nous sommes au col et nous distinguons à la fois les montagnes du Tasermiut et celles du Sondre Sermilik, c’est très beau.

Lundi 26 août 7 km nous séparent du fjord de Sondre Sermilik, nos sacs semblent plus lourds que la veille. Nous descendons le long de la rivière alternant les passages dans des saules un peu trop hauts, des tourbières peu commodes ou des gravières de la rivière.

Sur ces petits galets la marche se déroule bien. A chaque pas nous pensons tomber nez à nez avec des bœufs musqués. Quelques bêtes ont été introduites il y a 5 ans dans la vallée et nous rencontrons de nombreuses crottes et traces mais ils restent invisibles. L’arrivée sur le fjord est un grand moment. Le ciel ne pourrait pas être plus bleu lorsque nous débouchons sur une butte parfaitement plate qui surplombe le fjord d’une dizaine de mètres.

Un bivouac parfait. Il nous a fallu deux demi-journées pour effectuer le portage. Le dos bien fatigué nous partons pour le reste de l’après midi en randonnée sur le cap de la vallée Isortoq qui culmine à 500 m d’altitude.

La vue sur notre parcours à pied et les vallées environnantes est superbe.

Le repas du soir pris au coin du feu sur l’immense plage déserte de l’estuaire de la rivière est également un moment marquant du séjour.
Retour de Sulawesi (pays Toraja), mai 2018 English translation pending
De retour de Sulawesi pour passer quelques jours avec notre fils et sa copine en voyage autour du monde ....
Nous nous sommes retrouvés le 5 mai sur Bali . Nous avons pris ensemble un vol pour Makassar arrivée vers 18h30 . Puis une voiture (Grab) (80 000R) nous à emmené en 1/2 h à la station de bus Bingtang avec couchettes (lits , super confort très belle expérience on dort bien ) pour 210 000R par personne (13euros) réservé 2/3 semaines avant le départ par notre guide en pays Toraja sur sa proposition ( c'est le prix réel de ce type de couchage) . Très beaux bus , neufs décorés entièrement avec des motifs de dessins animés ....départ pour Rantépao vers 21/22 h. C'est une gare uniquement pour cette compagnie de bus ( de nombreux bus dont certains avaient l'indication Toraja également inscrite sur l'avant , ils doivent en remplir un et le faire partir quand il est plein.... , d'autres compagnies existent du même style à proximité. Nous sommes arrivés plutôt bien reposé à 6h du matin . Le guide parlant français que nous avions retenu Anis nous attendait à notre arrivée et nous a emmené en moins de 5 mn à notre hôtel "Duta 88 cottages" qui nous met tout de suite dans l'ambiance avec ses bungalows du style maisons traditionnelles Toraja . Confort simple comme quasi partout dans cette région mais sympa avec le coin terrasse ou nous prenions le petit déjeuner (compris) . L'hôtel nous a été proposé inclus dans le tarif que nous avons négocié pour une visite de 3 jours du pays Toraja .
À savoir notre guide ( trouvé après recherches sur forum) Anis parle français plutôt bien (sur 100 guides en pays Toraja seuls 10 à 12 parlent français) .
Anis , après nous avoir accueilli et conduit à notre hôtel il nous a fait savoir qu'il ne pouvait pas nous accompagner durant les deux premiers jours , qu'il était pris par un événement familial et qu'il nous confiait du coup à son cousin Ferdi.
Au final nous avons préféré Ferdi qui était bien sympathique et plus attentif qu'Anis et qui parlait mieux français qu'Anis (même si c'est Anis qui lui a appris la langue).
Pour le tarif des trois jours de visites complètes avec cérémonie le deuxième jours et nuit sympa dans la famille , nous avons dû bien sûr lui faire revoir à la baisse son tarif .
De 420€ pour nous 4 pour 3 jours nous l'avons réservé finalement à 370 euros compris dans le prix la voiture avec chauffeur , toutes les entrées sur les différents sites , le cadeau pour la cérémonie ( cigarettes) une nuit d'hôtel plus une nuit chez sa tante dans une maison traditionnelle Toraja (Repas du soir compris) .
L'avantage pour nous était de ne pas trop nous prendre la tête , il s'est occupé de la résa du transport Makassar/Rantépao , de nous prendre en charge à l'arrivée du bus , il a réservé notre hôtel et sur notre demande nous à organisé notre trajet Rantépao vers Ampana .
Finalement nous avons fait ce trajet avec la même voiture et le même chauffeur (très bien) qui nous faisait la visite dans les Toraja et il nous a ajouté un deuxième chauffeur .
Nous ne voulions pas faire d'arrêt pour visiter autour de Tentena . Les trajets en bus publics sont longs, laborieux et très inconfortables .Vraiment une grosse galère d'après ce que l'on a entendu dire sur place par des voyageurs ( plus de 15 heures de jour jusqu'à Tentena , nuit dans un hôtel et encore 5 à 6 heures ensuite le lendemain en voiture partagée de Tentena à Ampana . Même si c'est moins cher ainsi , nnous avons fait le choix de faire ces 540 km d'un trait en voiture privée avec 2 chauffeurs . Le prix négocier à 140 euros , Anis nous demandait 170 euros au départ . nous n'avions pas compris que c'était pour une voiture plus grande mais malgré nos 4 immenses sacs à dos , nos 4 sacs bagages cabine et nos grandes tailles tout est rentré dans le véhicule . Les bagages nous ont servi de matelas . Nous avons choisi un voyage de nuit . Départ à 17h le7 mai arrivée à 8 h le 8 mai comme prévu à Ampana .
Arrêt d'une petite heure dans un petit resto à 20 h ( 20 euros au total pour les 6 personnes) et arrêt à 6h ( environ 30mn) pour le café /biscuits . Sinon ils se sont arrêté fréquemment pour prendre de l'essence et/ou voir si nous avions besoin d'aller aux toilettes , changer parfois de chauffeur .
Nous sommes arrivés à dormir !!! Je ne sais pas comment on a fait car la route est en grande partie en montagne et est vraiment sinueuse , les croisements avec les autres véhicules étaient parfois difficiles car la route est étroite , truffée de trous et d'arbres couchés gênant la circulation avec également d'énormes glissements de boue qui heureusement pour nous avaient eu lieu avant notre passage et avaient été dégagés.
En fait nous avons eu beaucoup de chance juste quelques gouttes de pluie durant le trajet . Beaucoup d'autres n'ont pas eu cette chance notamment avec les bus et ont pris facilement plusieurs heures de retard.
Nos chauffeurs nous ont déposé au port . Nous avons pu choisir un des bateaux qui partait vers 9h/9h30 pour les Togians le matin ( découvert sur place) nous voulions aller sur l'île de Malenge au Sandy Bay Resort (réservé) . Nous avons prix un fast boat Ampana/Malenge 80000R par personne puis un habitant du village de Malenge sur l'île de Malenge nous a proposé de nous emmener en 1h avec sa "banka" au Sandy Bay pour 200000R pour le bateau ( remboursé par l'hôtel) .
Nous étions alors à l'hôtel vers 15h pour profiter d'un endroit vraiment paradisiaque.
En conclusion
Choisir un bus confortable de nuit pour venir dé Makassar à Rantépao est top .
Il est important de choisir un guide pour 2 à 3 jours pour comprendre la culture Toraja et avoir accès aux cérémonies sans se prendre la tête et si on a plus de temps découvrir encore sur un ou deux jours par soi-même . En 3 jours , accompagnés d'un guide on découvre déjà bien le pays Toraja .
Si c'était à refaire nous referions le trajet Rantépao/Ampana de la même façon en voiture privée avec 2 chauffeurs en voyageant de nuit en 15 heures ( il est possible d'organiser un partage de voiture ) c'est un gain de temps et de confort indéniable ,
Notre séjour aux Togians a été super mais quelle galère pour rejoindre l'aéroport de Gorontalo depuis les îles !!!!!!!
Bon voyage
Sulawesi en famille au mois d'août English translation pending
Bonjour à tous,
Projet de voyage à 5 adultes et 1 enfant de 7 ans à Sulawesi en août 2018. Recherche plan nature, un peu en dehors des sentiers battus avec des possibilités de rando, ballades, voire plage, rencontres populations locales...
Cherche des tuyaux : que faire, climat, hébergement, budget....
Merci à toute la communauté du voyage
Du soleil noir de l’Oregon, aux atolls bleus Polynésiens English translation pending
Bonjour
Préambule 1 : Cet été 2017 devait être, pour Annie mon épouse et pour moi-même, l'occasion d'un long retour de près de deux mois dans divers archipels de Polynésie (toutes les îles de la Société, les principaux atolls des Tuamotus, auxquels je comptais ajouter la découverte des Iles Marquises, que nous ne connaissons pas). J'avais bien avancé dans la mise au point difficile de ce voyage, et les grandes lignes étaient déjà bien arrêtées.
Oui mais -- -- le soleil a décidé de jouer avec la lune, et une rencontre fortuite des deux astres a été organisée le 21 Aout 2017 au-dessus des USA. L’évènement est d’importance car c’est la première éclipse totale de soleil qui traverse une partie importante des Etats Unis depuis près de 100 ans ; et la suivante de mêmes caractéristiques et de même ampleur ne se produira qu’à la fin du XXI siècle. Il ne fallait donc pas manquer cet évènement exceptionnel. Le voyage fut alors modifié et adapté en conséquence. Nous ferons donc, sur le trajet vers Tahiti, une étape aux USA du 16 au 31 Aout. Mais pour des raisons de disponibilité (et aussi de budget), la partie Marquise a encore une fois les frais de l’opération, et a dû être supprimée (l’occasion d’un prochain voyage ?). Quoi qu'il en soit, nous conservons, Annie et moi, un magnifique souvenir de ce périple original de près de deux mois. J'ai donc décidé d'en laisser une trace sur VF, pour avoir le privilège de pouvoir me le remémorer plus tard en détail, et aussi pour faire rêver ou donner des idées à certains lecteurs.
Préambule 2 : Je ne suis pas fan de la rédaction de carnets de voyage. Mon unique expérience (voir ICI) a démontré que je ne savais pas faire court. Comme je n'ai pas le temps de rédiger un long carnet (il y a tant d'autres choses à faire dans la vie), j'ai finalement décidé : 1/ de détailler comme il se doit (début du carnet) tout ce qui concerne l'éclipse solaire (c'est si rare dans une vie), 2/ de passer beaucoup plus rapidement sur tout le reste du périple. Ce sera alors plutôt une compilation de photos, avec un commentaire explicatif très court (si j'y parviens).
Enfin (pour perdre encore quelques lecteurs), je dois signaler que mon appareil photo de base (un petit compact Panasonic de 180g) m’a très vite lâché, le traitre. Une bonne partie des vues ont donc été réalisées avec mon smartphone ou avec l’IPhone de mon épouse, ou encore avec la caméra Gopro (initialement prévue uniquement pour les vues sous-marines). Cependant les couleurs magiques des Mers du Sud sont tellement étincelantes, que cela ne devrait pas paraitre (ou si peu). J’envisage également d'incorporer occasionnellement des vues pas trop anciennes de mes voyages précédents dans ces régions, quand celles de cette année s'avèreront vraiment trop mauvaises.
Le programme fut donc finalement le suivant (cliquer sur une ligne devrait renvoyer vers le CR de cette étape du voyage, au moins quand l'ensemble du carnet sera rédigé) :
- vol France-LAX-Portland, - visite rapide de Portland, - gorges de la Columbia River, les fameuses cascades, tour du Mt Hood, - éclipse totale du soleil, vécue à seulement 30 mètres de la ligne de centralité, dans le State Park des Painted Hills (zone désertique du Centre-Est de l’Orégon), - Bend ; Smith Rock State Pk (Misery Ridge Loop), - Crater Lake National Park, - Autres cascades en Oregon (Silver Falls State Park trail), - côte de l’Oregon vers le Nord, jusqu’à l’embouchure de la Columbia River, - continuation Nord par la côte de l’Etat de Washington, et ses plages sauvages magnifiques, - Olympic National Park (Forks, Port Angeles), - randonnée sur les pentes du Mont Rainier (boucle Skyline), - retour à Portland, vol vers Los Angeles, pour une journée de transition, avant de prendre le vol AF de nuit vers Tahiti, - Papeete, - île de Moorea, - île de Huahine, - île de Raiatea, avec une journée sur l’île de Tahaa, - une semaine de rêve sur l’île de Maupiti, avec les raies Manta, - île de Bora-Bora, - vol vers l’archipel des Tuamotus, - atoll de Tikeahau, - atoll de Rangiroa, - atoll de Fakarava, - retour à Tahiti, puis vol de retour vers Lyon.
Les vols France-USA-Tahiti ont été réalisés avec Air France (ou son associé KLM). Les trajets intérieurs US vers l'Oregon, ont été réalisés avec SouthWest Airlines. Les transferts en Polynésie ont généralement (une douzaine de vols) été réalisés par les ATR d’Air Tahiti (pass "Iles de la Société/Tuamotu", par Air Tahiti).
Préambule 1 : Cet été 2017 devait être, pour Annie mon épouse et pour moi-même, l'occasion d'un long retour de près de deux mois dans divers archipels de Polynésie (toutes les îles de la Société, les principaux atolls des Tuamotus, auxquels je comptais ajouter la découverte des Iles Marquises, que nous ne connaissons pas). J'avais bien avancé dans la mise au point difficile de ce voyage, et les grandes lignes étaient déjà bien arrêtées.
Oui mais -- -- le soleil a décidé de jouer avec la lune, et une rencontre fortuite des deux astres a été organisée le 21 Aout 2017 au-dessus des USA. L’évènement est d’importance car c’est la première éclipse totale de soleil qui traverse une partie importante des Etats Unis depuis près de 100 ans ; et la suivante de mêmes caractéristiques et de même ampleur ne se produira qu’à la fin du XXI siècle. Il ne fallait donc pas manquer cet évènement exceptionnel. Le voyage fut alors modifié et adapté en conséquence. Nous ferons donc, sur le trajet vers Tahiti, une étape aux USA du 16 au 31 Aout. Mais pour des raisons de disponibilité (et aussi de budget), la partie Marquise a encore une fois les frais de l’opération, et a dû être supprimée (l’occasion d’un prochain voyage ?). Quoi qu'il en soit, nous conservons, Annie et moi, un magnifique souvenir de ce périple original de près de deux mois. J'ai donc décidé d'en laisser une trace sur VF, pour avoir le privilège de pouvoir me le remémorer plus tard en détail, et aussi pour faire rêver ou donner des idées à certains lecteurs.
Préambule 2 : Je ne suis pas fan de la rédaction de carnets de voyage. Mon unique expérience (voir ICI) a démontré que je ne savais pas faire court. Comme je n'ai pas le temps de rédiger un long carnet (il y a tant d'autres choses à faire dans la vie), j'ai finalement décidé : 1/ de détailler comme il se doit (début du carnet) tout ce qui concerne l'éclipse solaire (c'est si rare dans une vie), 2/ de passer beaucoup plus rapidement sur tout le reste du périple. Ce sera alors plutôt une compilation de photos, avec un commentaire explicatif très court (si j'y parviens).
Enfin (pour perdre encore quelques lecteurs), je dois signaler que mon appareil photo de base (un petit compact Panasonic de 180g) m’a très vite lâché, le traitre. Une bonne partie des vues ont donc été réalisées avec mon smartphone ou avec l’IPhone de mon épouse, ou encore avec la caméra Gopro (initialement prévue uniquement pour les vues sous-marines). Cependant les couleurs magiques des Mers du Sud sont tellement étincelantes, que cela ne devrait pas paraitre (ou si peu). J’envisage également d'incorporer occasionnellement des vues pas trop anciennes de mes voyages précédents dans ces régions, quand celles de cette année s'avèreront vraiment trop mauvaises.
Le programme fut donc finalement le suivant (cliquer sur une ligne devrait renvoyer vers le CR de cette étape du voyage, au moins quand l'ensemble du carnet sera rédigé) :
- vol France-LAX-Portland, - visite rapide de Portland, - gorges de la Columbia River, les fameuses cascades, tour du Mt Hood, - éclipse totale du soleil, vécue à seulement 30 mètres de la ligne de centralité, dans le State Park des Painted Hills (zone désertique du Centre-Est de l’Orégon), - Bend ; Smith Rock State Pk (Misery Ridge Loop), - Crater Lake National Park, - Autres cascades en Oregon (Silver Falls State Park trail), - côte de l’Oregon vers le Nord, jusqu’à l’embouchure de la Columbia River, - continuation Nord par la côte de l’Etat de Washington, et ses plages sauvages magnifiques, - Olympic National Park (Forks, Port Angeles), - randonnée sur les pentes du Mont Rainier (boucle Skyline), - retour à Portland, vol vers Los Angeles, pour une journée de transition, avant de prendre le vol AF de nuit vers Tahiti, - Papeete, - île de Moorea, - île de Huahine, - île de Raiatea, avec une journée sur l’île de Tahaa, - une semaine de rêve sur l’île de Maupiti, avec les raies Manta, - île de Bora-Bora, - vol vers l’archipel des Tuamotus, - atoll de Tikeahau, - atoll de Rangiroa, - atoll de Fakarava, - retour à Tahiti, puis vol de retour vers Lyon.
Les vols France-USA-Tahiti ont été réalisés avec Air France (ou son associé KLM). Les trajets intérieurs US vers l'Oregon, ont été réalisés avec SouthWest Airlines. Les transferts en Polynésie ont généralement (une douzaine de vols) été réalisés par les ATR d’Air Tahiti (pass "Iles de la Société/Tuamotu", par Air Tahiti).
Kayak dans la baie du Prince-William en Alaska English translation pending
PREPARATIFS
Cela fait maintenant deux étés consécutifs que je voyage en kayak et cette année je compte bien continuer sur ma lancée. C’est vraiment un mode de déplacement pratique pour rejoindre des endroits sauvages et inaccessibles pendant plusieurs jours.
Reste à trouver des partenaires, se mettre d’accord sur une destination, caler la période etc…
Comme l’année dernière ce sera à nouveau à l’Alaska, à deux, les quinze derniers jours d’août mais dans un coin différent et pour une période un peu plus longue.
On restera sur place 2.5 semaines pour 13 jours de kayak dans la baie du Prince William en autonomie au départ de Whittier et 3 jours de rando sur la côte ou au Denali.
Les billets sont pris début en juillet avec Condor (vol direct depuis Francfort). Nous réservons une voiture avec Avis pour le premier jour afin d’effectuer le trajet d’Anchorage à Whittier (en « one way ») avec tout notre bazar et une autre avec Budget pour les 3 derniers jours (de Anchorage à Anchorage). On utilisera la ligne de train pour retourner à Anchorage après le kayak.
Nous réservons le kayak chez EpicCharter pour 13 jours avec aussi un transfert en bateau sur Knight Island.
Plusieurs récits de kayak dans cette zone sont disponibles sur internet et nous ont bien aidés dans nos préparatifs notamment celui de Marie sur son blog « si belle la terre » et celui de Jim sur le blog « princewilliamseakayaking ».
Par ailleurs, la carte 761 « Prince William Sound West » donne quelques indications de bivouac pour le kayak de mer, et nous nous en aidons grandement pour tracer un parcours de 180 km qui effectue une grande boucle autour de Chenega Island avant de revenir à Whittier.
Nos motivations sont l’isolement, la forêt pluviale mais surtout les mammifères marins avec en tête de liste les baleines à bosse, nombreuses dans la région, ainsi que les orques et aussi la pêche et particulièrement celle au Silver Salmon.
MATERIEL
En plus du matériel classique de rando itinérante en été à pied (GPS, réchaud à essence, tente 3 saisons, tapis de sol, duvets…) nous prenons également le matériel de kayak (bidons, sacs étanches, blousons, pantalon K way, salopettes néoprènes et bottes), le kayak lui même sera loué sur place avec ses accessoires (pagaies, jupes…) Afin de dormir tranquilles, nous amenons aussi de France un parc électrique pour protéger le camp contre les ours pendant notre sommeil ou notre absence. Il s’agit notamment d’un électrificateur d’une « puissance » de 0.35 joule, de fil à clôture et d’isolateurs à visser pour fabriquer des piquets, il faudra acheter la batterie qui l’alimentera sur place (batterie de voiture classique de 12V). De plus pour nous prévenir d’éventuels intrus autour de la tente nous avons 2 détecteurs de présence à pile reliés (sans fil) à une centrale déportée. Les détecteurs enregistrent les gros mouvements dans champ de 6 mètres sur 45 degrés. Tout mouvement détecté fait sonner l’alarme de 90 décibels de la centrale.

Côté sécurité, grâce à une balise SPOT, nous pourrons envoyer un sms d’alerte pré-enregistré avant le départ au loueur en cas de problèmes mineurs ou directement au centre de secours le plus proche en cas de plus gros pépins.
JOUR 1 (19/08/2017) Arrivée à Anchorage pile à l’heure (15h00), nous filons chez Avis pour la voiture puis chez Walmart pour les courses. On y achète 15 jours de provisions, les cartes de pêche, deux sprays à ours, la batterie de voiture pour la clôture mais on ne trouve pas d’essence C pour le réchaud. On essaye donc un magasin de sport : Sportman Ware Housse juste en face de Walmart Sud bonne pioche, on a le carburant, nous voila fin prêt 22h00 on file à Whittier, nous avons RDV le lendemain à 9h30 chez Epiccharter. Premier montage de tente au camping de Whittier, sur du bon gravier au milieu des campings cars géants avec leurs générateurs allumés malgré l’heure tardive.
JOUR 2 Réveil à 4h45 du matin, nous avons beaucoup de choses à préparer avant l’embarquement. Nous rendons la voiture au comptoir Avis de Whittier puis attaquons les bagages sous l’auvent du terminal des ferrys. Il bruine un peu.

Il nous faudra 2h30 pour tout faire tenir dans les bidons et les divers sacs étanches. Nous transférons ensuite le tout à pied en plusieurs voyages sous la minuscule cahute d’Epiccharter qui est située à bien 800 mètres du terminal. A 8h45, Brooke le patron, arrive et nous passons au paiement : 13 jours de location de kayak et le transfert en bateau jusqu’à Knight Island à 70 km de là. Il nous offre notamment 3 jours de location et nous fournit gratuitement deux paires de « poggies » (gants de kayak) qui s’avéreront très utiles. Le bateau est prêt, le kayak est déjà dedans, il n’y plus qu’à y mettre nos affaires. Nous laissons deux sacs dans la caravane d’EpicCharter et c’est le départ, le vrai. 1h30 plus tard nous voilà seuls sur une plage au milieu de la baie à l’extrême nord de Knight Island avec le kayak et tout notre barda à 70 km de tout. Il pleut des cordes… vite nous chargeons le kayak. C’est un biplace en fibre de verre, immense, avec 3 compartiments, tout tient aisément. Sans même regarder la carte nous partons pour l’objectif du jour : Johnson Bay à une vingtaine de kilomètres plus au sud. La mer est relativement agitée et il y a un vent arrière assez fort ce qui nous permet de bien avancer. Tout ce qui nous entoure et qu’on aperçoit à travers le brouillard est grandiose : les abruptes parois de Knight Island, la forêt à l’allure de jungle, la côte et toutes ses grottes … Nous dépassons des iles qui bizarrement ne figurent pas sur la carte et c’est la pause pique nique sous une pluie battante. Petit point GPS pour voir la progression mais rien ne colle. Puis enfin vient l’éclair de lucidité, nous ne sommes pas du tout en train de longer la côte ouest de Knight Island comme voulu, nous sommes en train de nous enfoncer dans Herring Bay et nous avons d’ailleurs presque atteint le terminus de la baie ! 11 km parcourus dans la mauvaise direction et par vent arrière qui plus est. Il va donc falloir les refaire en sens inverse vent de face. Une belle étourderie 2 heures après le début du voyage. Le moral en prend un coup mais nous nous mettons à la tâche nous atteignons le bord ouest de la baie pour franchir Herring Point. Le vent est fort et les vagues bien formées, mais nous avançons. Au passage de Herring Point qui est un cap assez exposé, le vent commence à forcir et on se fait une petite frayeur dans des récifs révélés par la marée basse. Nous ne sommes pas des kayakistes confirmés nous décidons donc de nous arrêter même si l’après midi est à peine entamé. Nous trouvons un minuscule bivouac au bout d’une plage, la tente tient à peine, et nous sommes entourés de jungle !

Le vent est presque tempétueux et les vagues sont désormais bien grosses, on s’est arrêté pile à temps. Nous découvrons qu’un des coffres du kayak a pris l’eau et les sacs (non étanches à l’immersion) baignent dedans. Nos craintes sont confirmées : deux sacs sont mouillés et il s’agit de ceux contenant les vivres. A l’abri du déluge, sous la tente, nous sauvons ce qui peut l’être. Nous perdons quelques tortillas, un paquet de pain de mie et un paquet de muesli mais on devrait survivre ! La nuit ne permet pas de conclure cette dure journée : les coefficients de marées sont assez importants et situer la limite de la marée haute n’est pas simple. On sort plusieurs fois dans la nuit vérifier le niveau de la mer jusqu’à l’apogée de la marée haute à 2h.
JOUR 3 Il a plu toute la nuit et il pleut encore. La mer s’est un peu calmée, du moins on a l’impression, nous reprenons notre route, bien décidés à rattraper notre retard. Nous passons Herring Point avec une houle assez marquée, plusieurs vagues déferlent sur le pont du kayak d’autres nous font partir en surf. Nous avons pagayé une 1h30 pour à peine 6 km effectués lorsque nous prenons la décision de nous arrêter à cause des mauvaises conditions. Il n’est même pas 9h du matin ! Il nous faudra 4 heures pour trouver un endroit de bivouac, toutes les plages sont explorées à tour de rôle mais la forêt est trop dense et les rares coins d’herbe sont devenus des marécages, la pluie ne semble pas vouloir faiblir. Nous finissons par trouver un terrain pentu coincé, entre deux arbres qui compriment les parois de la tente.

Nous commençons néanmoins à nous organiser dans notre fouillis d’affaires et dans les diverses tâches : montage de la tente, cuisine, mise en place de la clôture, mise en place des détecteurs de présence … C’est le deuxième jour, nous avons parcouru 10 km sur les 180 du parcours, Tout l’équipement est trempé, nos tenues sont bonnes à essorer et la pluie continue. C’est dur. Malgré les phoques, les loutres de mers et la superbe forêt je n’ai pris aucune photo pendant ces deux jours !
JOUR 4 Comme prévu par la météo consultée avant le départ, la journée devrait être bonne, d’ailleurs il ne pleut pas. Il ne nous en faut pas moins : réveil à 4h30, premier coup de pagaies à 6h00, il faut avancer ! La brume se dissipe tandis que nous longeons Knight Island en direction de Chenega Point et la vue commence à porter. Nous voyons pour la première fois le paysage qui nous entoure : criques, baies, forêt et partout d’immenses montagnes avec de grands glaciers et notamment au nord l’impressionnante chaine des monts Chugach et son sommet le mont Marcus Baker qui culmine à 4061 m.

Des saumons sautent de partout et des têtes de phoques ou de loutres apparaissent et disparaissent presque toutes les 5 minutes. La mer est plate, la tempête est terminée nous rions presque de la traversée de 8 km de Knight Island Passage, nous qui il y a à peine 12h, étions terrorisés à 5 m de la côte. Nous pêchons à la traine : première casse sur un poisson puis raté de saumon, décroché à 50 cm du kayak… Nous atteignons Chenega Point sous un soleil radieux. C’est l’arrêt pique nique et séchage. Nous avons pris la pluie 35 heures d’affilée mais cette fois le soleil est bien là et il n’y a plus un nuage dans le ciel, c’est un vrai bonheur. Chenega Point fourmille de vie, des dizaines de saumons sautent parfois à plus 50 cm de haut, on aperçoit des ailerons de dauphins, des aigles et toujours les loutres et les phoques. Enfin nous mettons au sec le premier saumon, pas de chance c’est un Pink Salmon une espèce plutôt fade, alors que nous visons le Silver Salmon aux qualités gustatives et combatives 1000 fois supérieures.

Nous entamons une seconde traversée vers Dual Head, nous pagayons désormais dans la « zone à baleines » alors nous sommes aux aguets, en apercevoir est effectivement un des buts du séjour. Toujours sous le soleil nous tirons vers Gaanaak Cove, zone de bivouac réputée.

A 20h30 nous découvrons notre petit paradis : un grand bivouac bien plat dans une herbe courte et bien sèche. Quel retournement de situation après deux jours de galère, de retard, de pluie, de bivouacs spongieux et inconfortables. Nous venons d’effectuer 47 km de kayak, notre retard est rattrapé, nous sommes secs et on peut manger dehors au milieu de pics extraordinaires, c’est l’enchantement.

JOUR 5 Nous laissons le camp à Gaanaak Cove sous la bonne garde de la clôture pour aller voir le Nassau Glacier qui charrie les icebergs aperçus la veille à l’entrée d’Icy Bay. Il fait nuageux lorsque nous pénétrons dans Nassau Fjord, la muraille de glace n’est pas loin, l’eau et l’air sont bien plus froids que les jours précédents.
Sur les icebergs de nombreux phoques se prélassent malgré les énormes coups de tonnerre produits par le glacier.
Nous tirons jusqu’à la plage au bout de Nassau Fjord, face au front du glacier qui surplombe la mer d’au moins 200 mètres. C’est impressionnant. La rivière qui jouxte la plage est remplie de Pink Salmon en plein frai, il y a de nombreuses traces d’ours. L’après midi nous retournons à Gaanaak Cove sous la pluie qui est revenue à midi. La glace et les icebergs de Nassau Fjord nous accompagnent, le courant de la marée les fait sortir du fjord.

Nous attrapons un Pink Salmon bien frais qui finit en filet pour le repas du soir. Il pleut mais le camp est déjà monté, nos deux filets de saumon (cuits à la poêle dans la tente…) doivent bien faire 500 g chacun ! Ils nous régalent mais ce n’est pas meilleur que de la truite. Il nous faut un Silver Salmon !

JOUR 6 Réveil sous la bruine et départ vers Dangerous Passage. Comme chaque matin il faut porter les affaires jusqu’à la mer qui est au plus bas. A la sortie d’Icy Bay grosse montée d’adrénaline, des points noirs crèvent la surface puis replongent : des nageoires orques ? ou plutôt des nageoires d’orques ! On pagaie aussi vite possible dans leur direction puis identifions les bestioles : des macareux moines. Restons optimistes, c’est plus petit que des orques mais ce n’est pas tous les jours non plus qu’on en voit ! La matinée passe avec de la pluie intermittente, nous attrapons nos Pink Salmon quotidiens à la traine et nous montons le camp à 16h à Paddy Point à côté d’un petit ruisseau. Il pleut à nouveau des cordes.
JOUR 7 Il a plu toute la nuit et du coup ce matin nous sommes presque contents en voyant qu’il y’a juste une petite bruine. Chaque matin implique le moment le plus désagréable de la journée : enfiler sa tenue stockée dans l’auvent. On commence par le caleçon qui goutte, la salopette humide et glaciale, puis le T shirt synthétique qu’on peut essorer, la polaire qui sent une odeur « bizarre » et qui dégouline d’eau et on termine par les chaussettes qui de toute façon finissent dans les bottes remplies d’eau. La mer est calme mais le brouillard est revenu, nous masquant la vue sur les baies et iles environnantes. Nous prenons la « route » en direction de Nowel Point mais à la sortie de Dangerous Passage nous perdons la protection de Chenaga Island contre la houle et le vent de face. A la sortie de Granite Bay, les vagues sont trop hautes, on décide quand même de tirer jusqu’à Nowel Point ou des « cabins » figurent sur la carte.

Les 3 km qu’ils nous restent nous prendrons 2 heures avec de bonnes vagues qui nous arrivent de côté. A 11h sous des trombes d’eaux nous voyons enfin la cabane dans la crique de Nowel Point. Suspense : nous nous approchons, débarquons, pas de serrure, pas de cadenas ! Grande joie quand nous ouvrons la porte et qu’on lit que nous pouvons occuper l’abri ! Il s’agit d’une maison appartenant visiblement à une famille de locaux « les Kristen » et qu’ils laissent en libre accès pour les voyageurs de passage. Une sacrée belle surprise d’autant que dehors il pleut comme jamais. Nous voyons surtout le poêle, la table avec des chaises, une belle cuisine…. Nous déballons toutes les affaires, tout est suspendu, essuyé, séché. Les sacs de nourriture ou de vêtements commencent à sentir très mauvais.

Malgré la pluie de l’après midi nous sortons pêcher à pied mais pas de chance, que du Pink Salmon dont un finira sur la poêle.
JOUR 8 Petit choix à faire : rester dans cette maison une journée de plus ou profiter de la mer calme pour franchir l’entrée de Knight Island Passage, très ouverte sur la baie et donc peu protégée du vent et de la houle. Nous décidons d’avancer d’autant que le ciel a l’air plutôt clément nous partons donc en direction de Crafton Island sur laquelle nous pique-niquons. L’ile est pleine de jolies plages de gravier blanc bordées de sapins recouverts de mousse, c’est magnifique.

Nous pêchons tranquillement entre Crafton Island et la côte, abrités de la houle qui commence à se former puis nous tirons vers Falls Bay. Nous sommes à court d’eau potable et nous dirigeons vers un écoulement pour refaire le plein. Il nous faut prendre pied dans des éboulis rocheux qui descendent vers la mer mais lorsque nous arrivons en kayak sur les roches des petits rouleaux de 20 cm rendent la manœuvre délicate. C’est encore un peu profond pour débarquer sans se mouiller les bottes (qui sont déjà trempées par la pluie) et nous manœuvrons pour trouver une zone moins profonde bien que les rouleaux fassent giter le kayak dangereusement. Nous sommes désormais sur la tranche et notre seule préoccupation est encore d’essayer de ne pas nous mouiller alors que nous sommes en train de nous retourner ! Sans même qu’on s’en rende compte c’est le naufrage, le vrai ! Pas le choix, nous déjupons et l’eau remplit les hiloires, tout ce qui était dedans se met à flotter ou couler (bouteilles d’eau, canne à pêche, boite de leurres, spray à ours, gants….). On ne sait pas trop quoi faire entre rattraper ces objets ou essayer de maintenir le kayak droit. Il est maintenant plein d’eau et chaque vague lui fait heurter des roches, on entend la fibre craquer. Nous essayons bêtement de le haler hors de l’eau alors qu’il doit peser 400 kilos. Évidemment rien ne bouge. On commence alors à écoper mais à chaque rouleau il se remplit à nouveau. Dur de savoir combien de temps se sont écoulés mais la situation n’a pas évolué d’un brin, le kayak est sous l’eau, frappe constamment les rochers et nous n’arrivons pas à le remettre à flot, il va finir par se trouer. Nous commençons alors à le décharger, nous retirons tout ce qui est sur le pont puis dans les coffres et on réfléchi un peu. Le salut n’est pas la côte au contraire, il faut tirer le kayak vers le large avec l’aide la portance de l’eau et l’éloigner du rivage avec ses rochers pointus et ses rouleaux déferlants. Cela fonctionne, nous sommes maintenant en amont de la zone d’éclatement des vagues à quelques mètres du bord, de l’eau jusqu’à la poitrine. Les vagues soulèvent simplement le kayak mais ne déferlent plus dessus et dedans et surtout il ne s’abime plus sur les rochers. Reste qu’écoper est toujours impossible puisque les hiloires sont sous la surface de l’eau. Il faut donc travailler à deux : un qui, avec l’aide de la portance, soulève le kayak pour faire passer les bords des hiloires au dessus de la surface et l’autre qui écope avec une super boite à glace Carte d’Or. Cela fonctionne, litre après litre, le kayak flotte à nouveau ! Quel soulagement. Nous rembarquons pour emmener le kayak vers une plage de graviers puis allons à pied chercher les affaires déchargées sur les rochers pendant le naufrage. Petit point dégâts : sous la coque il y a de profonds sillons dans la fibre mais ça ne prend pas l’eau. Nous sommes passés en à peine 5 minutes à une partie de pêche sur mer calme à un naufrage où nous avons bien failli perdre notre embarcation. Nous nous maudissons de notre manque d’appréciation : comment a-t-on pu penser débarquer sur une zone rocheuse avec des rouleaux d’autant que des écoulements d’eau douce il y en a tous les 50 mètres ! A défaut de combinaisons sèches, nos salopettes néoprènes nous ont bien servi, nous n’avons jamais été gênés par le froid alors que nous sommes restés longtemps dans l’eau froide parfois jusqu’à la poitrine (voire plus). A 14h, nous repartons bien silencieux vers Falls Bay où nous sommes cueillis par une forte houle. Assez d’émotion pour la journée, nous décidons de nous arrêter à l’abri dans la baie ou au premier débarquement nous trouvons un super bivouac. Il fait presque beau et on peut même manger dehors. Au repas, nous nous refaisons le débarquement du naufrage 100 fois sans chavirer et 100 fois en chavirant mais en se remettant à flot en 5 minutes et sans casse. En revanche nous nous demandons encore comment remettre un kayak à flot sans avoir pied par forte houle loin de la côte… Ca doit être quelque chose ! Alors que nous sommes couchés et presque endormis, un bout de bois craque dans la forêt, nous sommes aux aguets, 5 secondes plus tard les 90 décibels de l’alarme brisent le silence. Branle-bas de combat : trouver la lampe, sortir du sac, trouver le spray, ouvrir la chambre, ouvrir la tente, sortir. Rien n’est en vu, l’animal a déjà fui.
JOUR 9 Il fait beau ! Pour la 2ème fois du séjour nous voyons les monts Chugach, c’est le bon moment pour faire les 20 km exposés jusqu’à Culross Passage. Nous venons d’ailleurs de prendre la décision de rentrer à Whittier (encore à 75 km) le plus vite possible pour continuer le séjour à l’intérieur des terres où le climat est plus sec. La pluie nous harcèle chaque jour, tout est trempé, rien ne sèche et toute activité en dévient presque désagréable (kayak, pêche, pique-nique, bivouac…) malgré le décor de rêve qui nous entoure. Les affaires sentent de plus en plus mauvais, une odeur de poubelles s’échappe de nos sacs…

A l’entrée de Nellie Juan nous apercevons le premier lion de mer du séjour et alors que nous abordons Culross Passage un point noir semble bouger sur la plage : un ours noir. La traversée de Culross Passage est sublime, la forêt est magnifique, il y a des dizaines d’iles minuscules qui débordent d’arbres immenses et au détour d’une plage un ours noir mange un saumon.
On s’approche, encore, encore et le kayak heurte la plage à 5 m de l’ours. Il part effrayé.
C’est tellement beau qu’on se dit qu’on devrait rester une journée entière à Culross et notamment faire le Shrode Lake Trail au fond de Long Bay.

A midi la pluie revient, une vraie pluie qui nous rappelle notre décision du matin : rentrer à Whittier le plus vite possible. Tant pis pour la rando ! Nous bivouaquons à la sortie de Culross Passage. Il fait plus froid que d’habitude et il pleut vraiment fort lorsque nous montons le camp après 35 km.
JOUR 10 Whittier est à 27 km et le train est à 18h15 : est-ce jouable ? Il a plu toute la nuit et à 5h30 au réveil ça ne semble pas vouloir se calmer ce qui nous motive pour tenter le contre la montre ! En sortant de Culross sous des trombes d’eau, un lion de mer énorme surgit à 10 m du kayak un saumon à la gueule puis replonge dans une gerbe d’eau. La scène a duré 5 secondes mais nous stupéfait. Le vent et les vagues nous inquiètent : on aborde la plus grande traversée du séjour 13 km sans escale de Culross à Decision Point. Mais il souffle de l’arrière et reste modéré pour le moment. On tente. Tout se passe bien, on franchi Port Wells puis BlackStone Bay assez rapidement. Le vent nous pousse à Whittier, on décide de s’arrêter que lorsqu’on y sera ! D’ailleurs il fait froid, on a qu’une envie retrouver des affaires sèches et un repas dans un endroit chaud. La pluie se calme à l’entrée de Canal Passage. Le GPS nous dit qu’on avance à 7km/h et que Whittier est à 7 km. Le calcul est simple. A 13h on entre dans le port de la ville et nous hissons les affaires sur le ponton de la capitainerie, 190 km de kayak après notre dépose en bateau
L’employé de Brooke nous accueille, nous ramenons le kayak à la cahute. Nous signalons les dégâts sur le kayak. Habituellement ils sont facturés mais dans notre cas il se contentera de ne pas nous rembourser les jours de location non utilisés. Nous prenons le repas du midi dans un café : frites et hamburger bien au chaud. Nous avons encore 3 heures à tuer avant le train qui met lui-même 4 heures pour effectuer les 80 km de Whittier à Anchorage. On optimise en faisant du stop. Et après 15 min nous voilà dans le pick up de Mike qui nous dépose à l’aéroport 1h plus tard ! On va pouvoir filer au Denali dans la soirée. La journée n’est pas finie : aucune agence de location n’a de voiture pour nous sauf chez Budget où il reste des pick up disponibles. C’est un peu cher mais pas le choix. Nouvelle mauvaise surprise nos cartes bleues ne fonctionnent pas, ce sont des cartes de débit et Budget n’accepte que les cartes de crédit nous dit-on. Il s’agit pourtant d’une Visa Premier et d’une Master Card classiques. Impossible donc de louer une voiture tout est « sold out » sauf chez Budget. Nuit dans un motel à côté de l’aéroport pour trouver une solution : organiser une semaine en bus ou en train ou trouver une carte de crédit prépayée.
Nos motivations sont l’isolement, la forêt pluviale mais surtout les mammifères marins avec en tête de liste les baleines à bosse, nombreuses dans la région, ainsi que les orques et aussi la pêche et particulièrement celle au Silver Salmon.
MATERIEL
En plus du matériel classique de rando itinérante en été à pied (GPS, réchaud à essence, tente 3 saisons, tapis de sol, duvets…) nous prenons également le matériel de kayak (bidons, sacs étanches, blousons, pantalon K way, salopettes néoprènes et bottes), le kayak lui même sera loué sur place avec ses accessoires (pagaies, jupes…) Afin de dormir tranquilles, nous amenons aussi de France un parc électrique pour protéger le camp contre les ours pendant notre sommeil ou notre absence. Il s’agit notamment d’un électrificateur d’une « puissance » de 0.35 joule, de fil à clôture et d’isolateurs à visser pour fabriquer des piquets, il faudra acheter la batterie qui l’alimentera sur place (batterie de voiture classique de 12V). De plus pour nous prévenir d’éventuels intrus autour de la tente nous avons 2 détecteurs de présence à pile reliés (sans fil) à une centrale déportée. Les détecteurs enregistrent les gros mouvements dans champ de 6 mètres sur 45 degrés. Tout mouvement détecté fait sonner l’alarme de 90 décibels de la centrale.

Côté sécurité, grâce à une balise SPOT, nous pourrons envoyer un sms d’alerte pré-enregistré avant le départ au loueur en cas de problèmes mineurs ou directement au centre de secours le plus proche en cas de plus gros pépins.
JOUR 1 (19/08/2017) Arrivée à Anchorage pile à l’heure (15h00), nous filons chez Avis pour la voiture puis chez Walmart pour les courses. On y achète 15 jours de provisions, les cartes de pêche, deux sprays à ours, la batterie de voiture pour la clôture mais on ne trouve pas d’essence C pour le réchaud. On essaye donc un magasin de sport : Sportman Ware Housse juste en face de Walmart Sud bonne pioche, on a le carburant, nous voila fin prêt 22h00 on file à Whittier, nous avons RDV le lendemain à 9h30 chez Epiccharter. Premier montage de tente au camping de Whittier, sur du bon gravier au milieu des campings cars géants avec leurs générateurs allumés malgré l’heure tardive.
JOUR 2 Réveil à 4h45 du matin, nous avons beaucoup de choses à préparer avant l’embarquement. Nous rendons la voiture au comptoir Avis de Whittier puis attaquons les bagages sous l’auvent du terminal des ferrys. Il bruine un peu.

Il nous faudra 2h30 pour tout faire tenir dans les bidons et les divers sacs étanches. Nous transférons ensuite le tout à pied en plusieurs voyages sous la minuscule cahute d’Epiccharter qui est située à bien 800 mètres du terminal. A 8h45, Brooke le patron, arrive et nous passons au paiement : 13 jours de location de kayak et le transfert en bateau jusqu’à Knight Island à 70 km de là. Il nous offre notamment 3 jours de location et nous fournit gratuitement deux paires de « poggies » (gants de kayak) qui s’avéreront très utiles. Le bateau est prêt, le kayak est déjà dedans, il n’y plus qu’à y mettre nos affaires. Nous laissons deux sacs dans la caravane d’EpicCharter et c’est le départ, le vrai. 1h30 plus tard nous voilà seuls sur une plage au milieu de la baie à l’extrême nord de Knight Island avec le kayak et tout notre barda à 70 km de tout. Il pleut des cordes… vite nous chargeons le kayak. C’est un biplace en fibre de verre, immense, avec 3 compartiments, tout tient aisément. Sans même regarder la carte nous partons pour l’objectif du jour : Johnson Bay à une vingtaine de kilomètres plus au sud. La mer est relativement agitée et il y a un vent arrière assez fort ce qui nous permet de bien avancer. Tout ce qui nous entoure et qu’on aperçoit à travers le brouillard est grandiose : les abruptes parois de Knight Island, la forêt à l’allure de jungle, la côte et toutes ses grottes … Nous dépassons des iles qui bizarrement ne figurent pas sur la carte et c’est la pause pique nique sous une pluie battante. Petit point GPS pour voir la progression mais rien ne colle. Puis enfin vient l’éclair de lucidité, nous ne sommes pas du tout en train de longer la côte ouest de Knight Island comme voulu, nous sommes en train de nous enfoncer dans Herring Bay et nous avons d’ailleurs presque atteint le terminus de la baie ! 11 km parcourus dans la mauvaise direction et par vent arrière qui plus est. Il va donc falloir les refaire en sens inverse vent de face. Une belle étourderie 2 heures après le début du voyage. Le moral en prend un coup mais nous nous mettons à la tâche nous atteignons le bord ouest de la baie pour franchir Herring Point. Le vent est fort et les vagues bien formées, mais nous avançons. Au passage de Herring Point qui est un cap assez exposé, le vent commence à forcir et on se fait une petite frayeur dans des récifs révélés par la marée basse. Nous ne sommes pas des kayakistes confirmés nous décidons donc de nous arrêter même si l’après midi est à peine entamé. Nous trouvons un minuscule bivouac au bout d’une plage, la tente tient à peine, et nous sommes entourés de jungle !

Le vent est presque tempétueux et les vagues sont désormais bien grosses, on s’est arrêté pile à temps. Nous découvrons qu’un des coffres du kayak a pris l’eau et les sacs (non étanches à l’immersion) baignent dedans. Nos craintes sont confirmées : deux sacs sont mouillés et il s’agit de ceux contenant les vivres. A l’abri du déluge, sous la tente, nous sauvons ce qui peut l’être. Nous perdons quelques tortillas, un paquet de pain de mie et un paquet de muesli mais on devrait survivre ! La nuit ne permet pas de conclure cette dure journée : les coefficients de marées sont assez importants et situer la limite de la marée haute n’est pas simple. On sort plusieurs fois dans la nuit vérifier le niveau de la mer jusqu’à l’apogée de la marée haute à 2h.
JOUR 3 Il a plu toute la nuit et il pleut encore. La mer s’est un peu calmée, du moins on a l’impression, nous reprenons notre route, bien décidés à rattraper notre retard. Nous passons Herring Point avec une houle assez marquée, plusieurs vagues déferlent sur le pont du kayak d’autres nous font partir en surf. Nous avons pagayé une 1h30 pour à peine 6 km effectués lorsque nous prenons la décision de nous arrêter à cause des mauvaises conditions. Il n’est même pas 9h du matin ! Il nous faudra 4 heures pour trouver un endroit de bivouac, toutes les plages sont explorées à tour de rôle mais la forêt est trop dense et les rares coins d’herbe sont devenus des marécages, la pluie ne semble pas vouloir faiblir. Nous finissons par trouver un terrain pentu coincé, entre deux arbres qui compriment les parois de la tente.

Nous commençons néanmoins à nous organiser dans notre fouillis d’affaires et dans les diverses tâches : montage de la tente, cuisine, mise en place de la clôture, mise en place des détecteurs de présence … C’est le deuxième jour, nous avons parcouru 10 km sur les 180 du parcours, Tout l’équipement est trempé, nos tenues sont bonnes à essorer et la pluie continue. C’est dur. Malgré les phoques, les loutres de mers et la superbe forêt je n’ai pris aucune photo pendant ces deux jours !
JOUR 4 Comme prévu par la météo consultée avant le départ, la journée devrait être bonne, d’ailleurs il ne pleut pas. Il ne nous en faut pas moins : réveil à 4h30, premier coup de pagaies à 6h00, il faut avancer ! La brume se dissipe tandis que nous longeons Knight Island en direction de Chenega Point et la vue commence à porter. Nous voyons pour la première fois le paysage qui nous entoure : criques, baies, forêt et partout d’immenses montagnes avec de grands glaciers et notamment au nord l’impressionnante chaine des monts Chugach et son sommet le mont Marcus Baker qui culmine à 4061 m.

Des saumons sautent de partout et des têtes de phoques ou de loutres apparaissent et disparaissent presque toutes les 5 minutes. La mer est plate, la tempête est terminée nous rions presque de la traversée de 8 km de Knight Island Passage, nous qui il y a à peine 12h, étions terrorisés à 5 m de la côte. Nous pêchons à la traine : première casse sur un poisson puis raté de saumon, décroché à 50 cm du kayak… Nous atteignons Chenega Point sous un soleil radieux. C’est l’arrêt pique nique et séchage. Nous avons pris la pluie 35 heures d’affilée mais cette fois le soleil est bien là et il n’y a plus un nuage dans le ciel, c’est un vrai bonheur. Chenega Point fourmille de vie, des dizaines de saumons sautent parfois à plus 50 cm de haut, on aperçoit des ailerons de dauphins, des aigles et toujours les loutres et les phoques. Enfin nous mettons au sec le premier saumon, pas de chance c’est un Pink Salmon une espèce plutôt fade, alors que nous visons le Silver Salmon aux qualités gustatives et combatives 1000 fois supérieures.

Nous entamons une seconde traversée vers Dual Head, nous pagayons désormais dans la « zone à baleines » alors nous sommes aux aguets, en apercevoir est effectivement un des buts du séjour. Toujours sous le soleil nous tirons vers Gaanaak Cove, zone de bivouac réputée.

A 20h30 nous découvrons notre petit paradis : un grand bivouac bien plat dans une herbe courte et bien sèche. Quel retournement de situation après deux jours de galère, de retard, de pluie, de bivouacs spongieux et inconfortables. Nous venons d’effectuer 47 km de kayak, notre retard est rattrapé, nous sommes secs et on peut manger dehors au milieu de pics extraordinaires, c’est l’enchantement.

JOUR 5 Nous laissons le camp à Gaanaak Cove sous la bonne garde de la clôture pour aller voir le Nassau Glacier qui charrie les icebergs aperçus la veille à l’entrée d’Icy Bay. Il fait nuageux lorsque nous pénétrons dans Nassau Fjord, la muraille de glace n’est pas loin, l’eau et l’air sont bien plus froids que les jours précédents.

Sur les icebergs de nombreux phoques se prélassent malgré les énormes coups de tonnerre produits par le glacier.

Nous tirons jusqu’à la plage au bout de Nassau Fjord, face au front du glacier qui surplombe la mer d’au moins 200 mètres. C’est impressionnant. La rivière qui jouxte la plage est remplie de Pink Salmon en plein frai, il y a de nombreuses traces d’ours. L’après midi nous retournons à Gaanaak Cove sous la pluie qui est revenue à midi. La glace et les icebergs de Nassau Fjord nous accompagnent, le courant de la marée les fait sortir du fjord.

Nous attrapons un Pink Salmon bien frais qui finit en filet pour le repas du soir. Il pleut mais le camp est déjà monté, nos deux filets de saumon (cuits à la poêle dans la tente…) doivent bien faire 500 g chacun ! Ils nous régalent mais ce n’est pas meilleur que de la truite. Il nous faut un Silver Salmon !

JOUR 6 Réveil sous la bruine et départ vers Dangerous Passage. Comme chaque matin il faut porter les affaires jusqu’à la mer qui est au plus bas. A la sortie d’Icy Bay grosse montée d’adrénaline, des points noirs crèvent la surface puis replongent : des nageoires orques ? ou plutôt des nageoires d’orques ! On pagaie aussi vite possible dans leur direction puis identifions les bestioles : des macareux moines. Restons optimistes, c’est plus petit que des orques mais ce n’est pas tous les jours non plus qu’on en voit ! La matinée passe avec de la pluie intermittente, nous attrapons nos Pink Salmon quotidiens à la traine et nous montons le camp à 16h à Paddy Point à côté d’un petit ruisseau. Il pleut à nouveau des cordes.

JOUR 7 Il a plu toute la nuit et du coup ce matin nous sommes presque contents en voyant qu’il y’a juste une petite bruine. Chaque matin implique le moment le plus désagréable de la journée : enfiler sa tenue stockée dans l’auvent. On commence par le caleçon qui goutte, la salopette humide et glaciale, puis le T shirt synthétique qu’on peut essorer, la polaire qui sent une odeur « bizarre » et qui dégouline d’eau et on termine par les chaussettes qui de toute façon finissent dans les bottes remplies d’eau. La mer est calme mais le brouillard est revenu, nous masquant la vue sur les baies et iles environnantes. Nous prenons la « route » en direction de Nowel Point mais à la sortie de Dangerous Passage nous perdons la protection de Chenaga Island contre la houle et le vent de face. A la sortie de Granite Bay, les vagues sont trop hautes, on décide quand même de tirer jusqu’à Nowel Point ou des « cabins » figurent sur la carte.

Les 3 km qu’ils nous restent nous prendrons 2 heures avec de bonnes vagues qui nous arrivent de côté. A 11h sous des trombes d’eaux nous voyons enfin la cabane dans la crique de Nowel Point. Suspense : nous nous approchons, débarquons, pas de serrure, pas de cadenas ! Grande joie quand nous ouvrons la porte et qu’on lit que nous pouvons occuper l’abri ! Il s’agit d’une maison appartenant visiblement à une famille de locaux « les Kristen » et qu’ils laissent en libre accès pour les voyageurs de passage. Une sacrée belle surprise d’autant que dehors il pleut comme jamais. Nous voyons surtout le poêle, la table avec des chaises, une belle cuisine…. Nous déballons toutes les affaires, tout est suspendu, essuyé, séché. Les sacs de nourriture ou de vêtements commencent à sentir très mauvais.

Malgré la pluie de l’après midi nous sortons pêcher à pied mais pas de chance, que du Pink Salmon dont un finira sur la poêle.
JOUR 8 Petit choix à faire : rester dans cette maison une journée de plus ou profiter de la mer calme pour franchir l’entrée de Knight Island Passage, très ouverte sur la baie et donc peu protégée du vent et de la houle. Nous décidons d’avancer d’autant que le ciel a l’air plutôt clément nous partons donc en direction de Crafton Island sur laquelle nous pique-niquons. L’ile est pleine de jolies plages de gravier blanc bordées de sapins recouverts de mousse, c’est magnifique.

Nous pêchons tranquillement entre Crafton Island et la côte, abrités de la houle qui commence à se former puis nous tirons vers Falls Bay. Nous sommes à court d’eau potable et nous dirigeons vers un écoulement pour refaire le plein. Il nous faut prendre pied dans des éboulis rocheux qui descendent vers la mer mais lorsque nous arrivons en kayak sur les roches des petits rouleaux de 20 cm rendent la manœuvre délicate. C’est encore un peu profond pour débarquer sans se mouiller les bottes (qui sont déjà trempées par la pluie) et nous manœuvrons pour trouver une zone moins profonde bien que les rouleaux fassent giter le kayak dangereusement. Nous sommes désormais sur la tranche et notre seule préoccupation est encore d’essayer de ne pas nous mouiller alors que nous sommes en train de nous retourner ! Sans même qu’on s’en rende compte c’est le naufrage, le vrai ! Pas le choix, nous déjupons et l’eau remplit les hiloires, tout ce qui était dedans se met à flotter ou couler (bouteilles d’eau, canne à pêche, boite de leurres, spray à ours, gants….). On ne sait pas trop quoi faire entre rattraper ces objets ou essayer de maintenir le kayak droit. Il est maintenant plein d’eau et chaque vague lui fait heurter des roches, on entend la fibre craquer. Nous essayons bêtement de le haler hors de l’eau alors qu’il doit peser 400 kilos. Évidemment rien ne bouge. On commence alors à écoper mais à chaque rouleau il se remplit à nouveau. Dur de savoir combien de temps se sont écoulés mais la situation n’a pas évolué d’un brin, le kayak est sous l’eau, frappe constamment les rochers et nous n’arrivons pas à le remettre à flot, il va finir par se trouer. Nous commençons alors à le décharger, nous retirons tout ce qui est sur le pont puis dans les coffres et on réfléchi un peu. Le salut n’est pas la côte au contraire, il faut tirer le kayak vers le large avec l’aide la portance de l’eau et l’éloigner du rivage avec ses rochers pointus et ses rouleaux déferlants. Cela fonctionne, nous sommes maintenant en amont de la zone d’éclatement des vagues à quelques mètres du bord, de l’eau jusqu’à la poitrine. Les vagues soulèvent simplement le kayak mais ne déferlent plus dessus et dedans et surtout il ne s’abime plus sur les rochers. Reste qu’écoper est toujours impossible puisque les hiloires sont sous la surface de l’eau. Il faut donc travailler à deux : un qui, avec l’aide de la portance, soulève le kayak pour faire passer les bords des hiloires au dessus de la surface et l’autre qui écope avec une super boite à glace Carte d’Or. Cela fonctionne, litre après litre, le kayak flotte à nouveau ! Quel soulagement. Nous rembarquons pour emmener le kayak vers une plage de graviers puis allons à pied chercher les affaires déchargées sur les rochers pendant le naufrage. Petit point dégâts : sous la coque il y a de profonds sillons dans la fibre mais ça ne prend pas l’eau. Nous sommes passés en à peine 5 minutes à une partie de pêche sur mer calme à un naufrage où nous avons bien failli perdre notre embarcation. Nous nous maudissons de notre manque d’appréciation : comment a-t-on pu penser débarquer sur une zone rocheuse avec des rouleaux d’autant que des écoulements d’eau douce il y en a tous les 50 mètres ! A défaut de combinaisons sèches, nos salopettes néoprènes nous ont bien servi, nous n’avons jamais été gênés par le froid alors que nous sommes restés longtemps dans l’eau froide parfois jusqu’à la poitrine (voire plus). A 14h, nous repartons bien silencieux vers Falls Bay où nous sommes cueillis par une forte houle. Assez d’émotion pour la journée, nous décidons de nous arrêter à l’abri dans la baie ou au premier débarquement nous trouvons un super bivouac. Il fait presque beau et on peut même manger dehors. Au repas, nous nous refaisons le débarquement du naufrage 100 fois sans chavirer et 100 fois en chavirant mais en se remettant à flot en 5 minutes et sans casse. En revanche nous nous demandons encore comment remettre un kayak à flot sans avoir pied par forte houle loin de la côte… Ca doit être quelque chose ! Alors que nous sommes couchés et presque endormis, un bout de bois craque dans la forêt, nous sommes aux aguets, 5 secondes plus tard les 90 décibels de l’alarme brisent le silence. Branle-bas de combat : trouver la lampe, sortir du sac, trouver le spray, ouvrir la chambre, ouvrir la tente, sortir. Rien n’est en vu, l’animal a déjà fui.
JOUR 9 Il fait beau ! Pour la 2ème fois du séjour nous voyons les monts Chugach, c’est le bon moment pour faire les 20 km exposés jusqu’à Culross Passage. Nous venons d’ailleurs de prendre la décision de rentrer à Whittier (encore à 75 km) le plus vite possible pour continuer le séjour à l’intérieur des terres où le climat est plus sec. La pluie nous harcèle chaque jour, tout est trempé, rien ne sèche et toute activité en dévient presque désagréable (kayak, pêche, pique-nique, bivouac…) malgré le décor de rêve qui nous entoure. Les affaires sentent de plus en plus mauvais, une odeur de poubelles s’échappe de nos sacs…

A l’entrée de Nellie Juan nous apercevons le premier lion de mer du séjour et alors que nous abordons Culross Passage un point noir semble bouger sur la plage : un ours noir. La traversée de Culross Passage est sublime, la forêt est magnifique, il y a des dizaines d’iles minuscules qui débordent d’arbres immenses et au détour d’une plage un ours noir mange un saumon.

On s’approche, encore, encore et le kayak heurte la plage à 5 m de l’ours. Il part effrayé.
C’est tellement beau qu’on se dit qu’on devrait rester une journée entière à Culross et notamment faire le Shrode Lake Trail au fond de Long Bay.

A midi la pluie revient, une vraie pluie qui nous rappelle notre décision du matin : rentrer à Whittier le plus vite possible. Tant pis pour la rando ! Nous bivouaquons à la sortie de Culross Passage. Il fait plus froid que d’habitude et il pleut vraiment fort lorsque nous montons le camp après 35 km.
JOUR 10 Whittier est à 27 km et le train est à 18h15 : est-ce jouable ? Il a plu toute la nuit et à 5h30 au réveil ça ne semble pas vouloir se calmer ce qui nous motive pour tenter le contre la montre ! En sortant de Culross sous des trombes d’eau, un lion de mer énorme surgit à 10 m du kayak un saumon à la gueule puis replonge dans une gerbe d’eau. La scène a duré 5 secondes mais nous stupéfait. Le vent et les vagues nous inquiètent : on aborde la plus grande traversée du séjour 13 km sans escale de Culross à Decision Point. Mais il souffle de l’arrière et reste modéré pour le moment. On tente. Tout se passe bien, on franchi Port Wells puis BlackStone Bay assez rapidement. Le vent nous pousse à Whittier, on décide de s’arrêter que lorsqu’on y sera ! D’ailleurs il fait froid, on a qu’une envie retrouver des affaires sèches et un repas dans un endroit chaud. La pluie se calme à l’entrée de Canal Passage. Le GPS nous dit qu’on avance à 7km/h et que Whittier est à 7 km. Le calcul est simple. A 13h on entre dans le port de la ville et nous hissons les affaires sur le ponton de la capitainerie, 190 km de kayak après notre dépose en bateau

L’employé de Brooke nous accueille, nous ramenons le kayak à la cahute. Nous signalons les dégâts sur le kayak. Habituellement ils sont facturés mais dans notre cas il se contentera de ne pas nous rembourser les jours de location non utilisés. Nous prenons le repas du midi dans un café : frites et hamburger bien au chaud. Nous avons encore 3 heures à tuer avant le train qui met lui-même 4 heures pour effectuer les 80 km de Whittier à Anchorage. On optimise en faisant du stop. Et après 15 min nous voilà dans le pick up de Mike qui nous dépose à l’aéroport 1h plus tard ! On va pouvoir filer au Denali dans la soirée. La journée n’est pas finie : aucune agence de location n’a de voiture pour nous sauf chez Budget où il reste des pick up disponibles. C’est un peu cher mais pas le choix. Nouvelle mauvaise surprise nos cartes bleues ne fonctionnent pas, ce sont des cartes de débit et Budget n’accepte que les cartes de crédit nous dit-on. Il s’agit pourtant d’une Visa Premier et d’une Master Card classiques. Impossible donc de louer une voiture tout est « sold out » sauf chez Budget. Nuit dans un motel à côté de l’aéroport pour trouver une solution : organiser une semaine en bus ou en train ou trouver une carte de crédit prépayée.
Carnet d'un voyage de 29 jours en Thaïlande en novembre 2016 English translation pending
Carnet d'un voyage de 29 jours en Thaïlande en novembre 2016. Itinéraire de Bangkok à Chanthaburi, Trat, les îles de Koh Chang et Koh Waï, Kanchanaburi, Sangkhlaburi, Phetchaburi, Prachuap, Baan Krut, Ban Saphang, Ranong, l'île de Koh Phayam et Bangkok.
6/6 de Bangkok à Chanthanaburi Hier dans la journée un coup de fil de la KLM nous avertissait qu'en raison de surbooking notre vol au départ d'Amsterdam était complet et qu'on nous proposait un départ de Bâle vers Istanbul aux mêmes heures avec la Turkish Airlines. En compensation on nous offrait deux fois 150 € comme dédommagement. Proposition vite acceptée ! Ainsi nos deux billets aller retour ne coûtaient plus que 600 €. Décollage à l'heure prévue dans un Boeing 737-900 de la Turkish pour 2h30mn de vol agrémentées d'un excellent repas turc. Attente de plusieurs heures à l'aéroport d'Ataturk, qui nous est apparu beaucoup plus grand que dans notre souvenir ! Décollage dans un airbus A330 bien plein pour 8h30 mn de vol jusqu'à Bangkok où nous atterrissons vers 9h45, heure locale. Assez rapidement nous obtenons notre visa, récupérons nos bagages, allons changer 200€ en liquide et prenons le shuttle pour la station toute proche d'où partent des bus vers la côte Est (Pattaya, Rayong, Chanthaburi, Trat et Ko Chang) et la côte Ouest vers Hua Hin. Il va falloir patienter car le prochain bus pour Chanthaburi ne part qu'à 13h et il n'est que 10h30 ! Nous avons « retrouvé » la moiteur tropicale et l'indolence toute asiatique des employées et des vendeuses qui s'affairent tranquillement derrière leurs étals ou leurs bureaux. Un peu partout des autels sont dressés en l'honneur du défunt roi qui vient de mourir il y a peu. C'est avec 20 mn de retard qu'arrive le bus pour Chanthaburi. C'est un bus très correct, bien plein mais dont les buses de climatisation sont béantes et plus ou moins bien obturées par des bouts de mouchoirs en papier. C'est parti pour un peu moins de 4h de trajet. Au début nous prendrons des voies rapides ou des autoroutes puis des routes normales mais toujours en bon état. D'ailleurs des travaux d'amélioration sont en cours soit pour doubler les voies soit pour les améliorer. En quittant Bangkok, la route longe de nombreuses entreprises, des entrepôts remplis de conteneurs, puis laissent la place à la campagne avec plantations d'ananas, d'hévéas ou des rizières, finalement remplacée par une nature vierge et luxuriante. Le ciel s'est obscurci et il commence à pleuvoir. Près de Rayong la route est bien inondée puis le ciel s'éclaircit et en arrivant à Chanthaburi il ne pleut plus. Nous avons fait réserver une chambre par téléphone pendant que nous attendions le bus à l'aéroport. En nous aidant du plan de la ville du LP, nous remontons la rue principale sur 500 m et arrivons tout droit sur le Kasemsarn hôtel. Bel hôtel moderne, chambres impeccables avec clim et sdb nickel (1200B avec le petit-déjeuner). Nous posons nos affaires puis allons repérer un restaurant pour dîner. Il commence à faire nuit et beaucoup d'échoppes et de restaurants ont déjà fermé boutique et tiré leurs rideaux. Finalement nous choisissons le restaurant situé juste à côté de l'hôtel le Chantorn Phochana : entrée de nems, servie avec de la menthe et d'autres feuilles inconnues, puis un plat de pâtes avec de petits morceaux de crabes croustillants et enfin des miettes de crabes dans une sauce au lait de coco avec des crudités variées. C'était excellent (480 B avec une Chang et une bouteille d'eau).
8/8 Chanthaburi Après une nuit réparatrice, nous partons en direction de la rivière et du quartier typique de Chantaboon. C'est effectivement une rue comme on les aime, avec de vieilles maisons en bois décorées de panneaux sculptés, au 1er étage des balustrades courent sur toute la longueur des balcons. Au rez-de-chaussée, les boutiques donnent sur la rue, elles sont traversantes et se terminent par une terrasse qui donne sur la rivière. Nous retrouvons avec plaisir le capharnaüm qui règne dans ces boutiques : tout l'espace du sol au plafond est occupé par des articles divers, il ne reste que la place de la chaise en plastique sur laquelle est installé le patron. Dans un coin du magasin trône la télé et on aperçoit à côté la cuisine et quelque fois même le salon ou une chambre à coucher. Au fond l'inévitable autel des ancêtres bien éclairé par des guirlandes multicolores. Nous prenons plaisir à nous balader dans cette rue qui débouche plus loin près d'un pont : là plusieurs temples, bouddhistes et chinois se côtoient. Nous reprenons la même rue en direction de la cathédrale! Et nous voilà en train de visiter une cathédrale catholique néogothique terminée en 1905, original ! Nous repartons vers la vieille ville en direction du quartier des tailleurs de pierres précieuses. La plupart des échoppes sont fermées. Nous arrivons ensuite au parc Taksim, un îlot de verdure entouré d'un lac, lieu de promenade des habitants de Chanthaburi. A la station de bus nous nous renseignons sur les horaires de bus pour Trat et Koh Chang pour demain. Je ressors vers 15h pour faire quelques photos dans le vieux quartier de Chanthaburi. Vers 19h nous allons dîner dans un restaurant dont la terrasse donne sur la rivière : padthaï, riz au curry vert et dumplings de poissons. Addition très douce de 180B (j'ai acheté la bière chez l'épicier en face à 58B). Ce sont des moments agréables, que l'on partage avec les Thaïlandais qui sont là également pour dîner en famille ou entre jeunes à la lueur de lanternes qui éclairent vaguement la nuit thaïlandaise, moment déjà vécu à Ayutthaya entre autres.
9/11 de Chantabhuri à Koh Chang Nos sacs à dos prêts, nous rejoignons la gare routière à pied en10 mn. C'est l'heure où les écoles et lycées font leurs rentrées : ça bruisse de partout, d'innombrables motos s'alignent le long des trottoirs devant les écoles et l'on entend l'hymne national qui marque l'entrée en classe. A 8h30 nous prenons un minibus pour Trat (2x60bath) durée 1h15mn. A Trat nous attendons que le « sorng-taa » se remplisse, finalement à trois nous dépensons chacun 100B pour partir sans attendre pour l'embarcadère de Laem Ngop. Le chauffeur nous arrête devant une échoppe où l'on nous vend les billets pour le ferry (150B) et nous voilà embarqués dans un vieux ferry rouillé pour 35 mn de traversée jusqu'à Koh Chang. Là nous montons dans un autre sorng-taa qui, au lieu de 80B nous propose 100B par passager si nous voulons partir immédiatement, ce qui fut le cas. Nous découvrons une île très montagneuse avec une côte réduite à quelques centaines de mètres et même moins par endroit. La route sinueuse grimpe en lacets vertigineux pour passer quelques cols dans la partie sud. Bientôt le chauffeur nous laisse devant l'hôtel que nous avions essayé de réserver sur Agoda mais sans succès, il s'agit du Sanook Sanang, un petit resort avec quelques chambres alignées style motel et quelques bungalows. La chambre standard avec clim à 700B nous convient parfaitement, ça a l'air calme, la terrasse de la chambre donne sur un beau jardin et la patronne est sympa. Les éléphants tout proches (en face) rajoutent une note exotique. Il est l'heure de casser une petite croûte, ce qui va être fait dans un restaurant thaï très peu touristique recommandé par la patronne de l'hôtel, il est situé au début du chemin qui mène à la plage du Kaï Bae Hut resort. C'est un restaurant en plein air dont la terrasse est abritée par un toit. Padthai aux légumes pour Monique et un curry vert pour moi, excellent, la big Chang est à 70B. Nous partons ensuite vers la plage toute proche qui est à 5mn à pied. Les resort des plus luxueux aux plus simples s'égrènent le long d'une belle plage de sable de plus d'un km de long. Là des touristes européens surtout Russes, souvent en famille s'adonnent aux plaisirs balnéaires, se faisant rôtir sous le soleil sans oublier les plaisirs de la boisson. Il fait chaud et humide comme c'est le cas habituellement ici. La mer est chaude et on a pied très longtemps. On prend notre premier bain mais il n'y a pas foule dans l'eau, une dizaine de personnes sur 300m de long, on apprécie. En fin de journée, au moment du coucher du soleil je pars zoner à la recherche du cliché coucher de soleil « carte postale » sur le golfe de Siam. Ce coin de Kaï Bae même si il est très touristique reste assez bon-enfant , également thaï. Il est vrai que le long de la route ne se succèdent que des échoppes tournées vers le tourisme comme des loueurs de motos, des agences de voyages, des restos, des resorts, des boutiques de fringues ou de souvenirs et des pharmacies : En fait une rue comme on les voit chez nous dans les stations balnéaires européennes. Vers le soir dîner dans une galerie couverte où se tiennent plusieurs petits restos thaïs. J'ai choisi une soupe à base de galanga et de lait de coco, une tuerie comme on dit aujourd'hui ! Monique ne peut résister au padthai.
10/11 Koh Chang Balade à Kai Bae, puis nous prenons un taxi (2x100) pour aller jusqu'à Ban Bang Bao, le village de pêcheurs au sud de l'île d’où partent les ferries pour d'autres îles. Des maisons sur pilotis dont beaucoup transformées en GH et surtout en magasins et restaurants se succèdent entre la terre ferme et le bout du quai. La baie est magnifique et le point de vue permet de voir ces îles petites ou grandes qui barrent l'horizon au loin. Retour à Kae baï, déjeuner à notre adresse favorite de midi de spécialités thaïes. Après-midi à buller puis baignade en fin de journée avec un beau coucher de soleil.
11/11 Koh Chang Beau soleil ce matin, petit-déjeuner pris sur notre terrasse avec un café ramené du 7 éleven et de l'ananas découpé acheté hier. Balade au « village » baignade et déjeuner à l'endroit habituel : spring rolls, et pad thaï aux crevettes. L'après-midi balade le long de la plage vers le nord : en fait la continuité du sentier est assurée, tout au long de la dizaine de resorts qui s'égrènent le long de la plage dans des styles très variés du plus moche au moins moche sans jamais atteindre le niveau esthétique attendu. Beaucoup de chairs flasques et blanches « d'origine nordique contrôlée » venues prendre des couleurs occupent les transats et les draps de bain, des coups de soleil traîtres sont à craindre ! Re-baignade vers 16h puis balade le long de la plage Sud au moment du coucher du soleil, très beau coucher surtout à la fin lorsque le soleil disparaît dans la mer. Dîner à l'endroit habituel (soupe Tom Yum au vivaneau pour moi, curry panang pour Monique, superbement bon.
12/11 de Koh Chang à Koh Waï Depuis notre arrivée, à l'exception de la 1re nuit, nous nous réveillons vers 2 ou 3h du matin et l'insomnie nous tient éveillés un bon bout de temps, reliquat de jetlag ? Quoiqu'il en soit nous avons mis le réveil à 7h, nous allons chercher notre café et nos cupcakes au 7éleven et prenons le petit-déjeuner sur la terrasse parmi les cris des coqs et des éléphants. A 8h30 un taxi nous conduit à Ban Bang Bao de là un bateau va nous emmener jusqu'à Koh Waï. Belle traversée d'environ une heure sur un bateau en bois et sur une mer calme. Le débarquement est un peu sportif avec transfert sur un premier bateau puis sur une petite barque, on met enfin pied non pas à terre mais « à mer » et on rejoint la réception du Pakarang resort où nous avons réservé hier par téléphone deux nuits (800B par nuit). Nous avons un bungalow en bois assez rustique avec ventilo mais qui, légèrement en hauteur bénéficie d'une superbe vue sur une petite plage et au loin l'île de Koh Chang. Il y a peu de monde et on joue à Robinson Crusoé ! Les bungalows de plus sont assez éloignés les uns des autres ce qui contribue au calme et à l'impression d'être seuls au monde face à la mer. Un chemin longe la plage vers l'est et l'ouest et mène à d'autres petits resorts (quelques bungalows) également installés en bord de plage sous les arbres. La bande de sable plate est réduite au minimum et au bout de 10 à 30 m suivant les endroits la forêt et la montagne reprennent leurs droits. Vers l'Ouest le resort Paradise fait face à une superbe plage bordée de magnifiques cocotiers et palmiers. Après-midi bulle à se partager entre baignade dans une eau bleue et chaude, lecture et sieste au bungalow, on ne se lasse pas du point de vue exceptionnel que l'on y a. Dans la soirée dîner au seul resto du coin et au moment de rejoindre notre bungalow à 5mn de marche un orage nous surprend mais ne durera pas longtemps.
13/11 Koh Waï Petit-déjeuner en compagnie, comme toujours du groupe de chinois qui mettent de l'ambiance tôt le matin à rire et à parler très fort sans se soucier des voisins, quant au couple de Russes ils sont toujours aussi antipathiques, lui se baladant à moitié à poil et ne disant bonjour à personne. J'ai loué du matériel de snorkeling et je m'en vais explorer les fonds tout proches du restaurant, surprise ! l'eau est infestée de très nombreuses petites méduses transparentes et quasi invisibles sans le masque. J'essaie tant bien que mal d'évoluer sans trop me faire piquer mais c'est difficile. Les fonds coralliens sont morts à 90% mais ont voit quand même pas mal de poissons multicolores qui colonisent les fonds. Après une première ½ heure d'immersion je retourne sur le sable soigner les petites brûlures occasionnées par les méduses. J'y retourne un peu plus tard pour une deuxième sortie, mais la pauvreté des fonds et la présence des méduses me font abandonner ½ heure plus tard. Dans l'après-midi nous partons à pied en direction du Paradise resort vers l'Ouest, re-tentative de snorkeling, les méduses sont moins nombreuses, le site est un petit peu plus intéressant que devant le Pakarang resort même si je me fais un peu « allumer » la bouche, par les quelques méduses restantes ayant colonisées la surface de l'eau où on ne les voit quasiment pas. De nouveau un orage avec éclairs et averse nous accompagnent sur le chemin de notre bungalow. Cette nuit un singe ou un autre animal a troublé notre sommeil en faisant du barouf sur le toit de notre bungalow.
14/11 Koh Waï Beau temps, soleil et chaleur, les méduses semblent avoir disparu quoique Monique se fasse piquer l'avant bras. L'île n'est troublée que par les allées et venues discrètes des bateaux soit qui lâchent leurs plongeurs, soit qui font le trajet entre les autres îles et le continent. Au Pakarang nous sommes au maximum 10 à 12 clients (exception faite du groupe de chinois) et il y en a encore moins dans les autres resorts. On est loin de l'usine à touristes de Koh Chang.
15/11 de Koh Waï à Trat Vers 8h50 arrive le speedboat, un long hors-bord équipé de 3 énormes moteurs. Il ne lui a pas fallu plus de 35 mn pour aborder à Laem Ngob. A peine débarqués un sorng.taa nous prend en charge (60B pp) et nous emmène à la station de bus de Trat où nous achetons un billet de minivan pour Bangkok( demain à 7h) puis à notre hôtel tout proche (hôtel Chivapuri). Belle chamber au sol de marbre, clim, tv, sdb nickel, lit king size. Nous visitons ensuite le vieux quartier commerçant au bord de la rivière. Ça ressemble un peu au quartier Chanthaboon de Chanthaburi, avec de vieilles maisons en bois, des ruelles très étroites au bord desquelles se sont installés des Guest house. Nous déjeunons dans le jardin du « Pier 112 » : bonne cuisine et retournons à l'hôtel en traversant le marché toujours aussi intéressant avec ces vendeurs de fruits et légumes souvent inconnus, ces cantinières qui préparent de petits plats à consommer sur place ou à emporter. Après-midi repos et surtout on se met à l'abri d'une chaleur et moiteur insupportables, vive la clim. Nous retournons au marché de nuit vers 19h. Il est très animé et dans les allées, les chalands se pressent pour acheter, manger, flâner...nous nous laissons tenter par des brochettes délicieuses de porc et de poulet, un vrai régal et en profitons pour faire quelques achats pour le voyage de demain en minivan.
16/11 de Trat à Kanchanaburi A 7h10 le minivan démarre pour rejoindre Bangkok. Il n'est pas plein mais se remplira au cours des arrêts à venir. Belle autoroute tout du long avec souvent des travaux d'amélioration. Nous arrivons à Bangkok Mochit un peu avant 12h, là nous partageons un taximètre avec deux Thaïs pour rejoindre la station de bus sud à Sai Tai Mai (160B:2) où nous arriverons au bout de 40 mn. A 13h nous voilà repartis dans un minivan pour Kanchanaburi :2h de route sous un chaud soleil et toujours une atmosphère moite. Le minivan a souvent meilleure réputation que le grand bus traditionnel mais avec des sacs à dos comme les nôtres et sachant qu'il n'y a pas de soute à bagages on se retrouve complètement coincés sur des sièges prévus pour des gabarits asiatiques ! Donc bonjour le confort surtout sur grande distance. A Kanchanaburi nous sommes partis à pied vers le VN Guesthouse, en fait beaucoup plus loin que ne l'indiquait le routard, mais les seules chambres disponibles n'étant pas chouettes nous nous installons 20m plus loin au Sky : super chambre moderne avec clim et piscine pour 850B et dont le restaurant donne sur la rivière. Nous y dînerons un peu plus tard d'un padthai et d'un curry vert au galanga ! Bonne nuit, bon matelas, lit king size, clim efficace. Monique a négocié avec le patron et des touristes français le tour demain à Erawan en taxi privé à 1200B pour 6 + pourboire ! Une bonne affaire.
17/11 Kanchanaburi Petit-déjeuner sur la terrasse de l'hôtel sur la rivière Kwaï : bel éclairage ce matin. À 8h nous prenons place avec Alain et Rose, Arielle et Célia dans une Honda à 3 banquettes très confortables 1h de belle route de montagne et nous voilà à pied d'œuvre. Il y a déjà du monde sur le grand parking du parc. C'est super organisé à la façon des parcs naturels américains : on trouve des cantines, le grand chalet en bois du parc avec expos et espace muséographique, hébergement, toilettes. Un chemin entièrement bétonné monte doucement vers la montagne en longeant le cours d'eau. Puis on accède à la 1re cascade précédée d'une piscine naturelle où quelques touristes se rafraîchissent. Le chemin commence à monter de façon plus raide avec des séries d'escaliers toujours bétonnés et les piscines et cascades se succèdent. La nature est superbe ainsi que les cascades qui tombent en plusieurs gradins sur des pierres de couleur verte, à l'image du travertin vu à Plitviche en Croatie. C'est vraiment très beau et cela justifie la foule qui se presse sur le sentier, plus ça monte et plus le chemin devient acrobatique et moins évident, avec des passages surtout entre la 6eme et la 7eme cascade, où il vaut mieux se déchausser si on veut éviter de prendre un bain de pied. La dernière cascade est étroite et tombe d'une gorge mais elle est moins esthétique que la 5eme et la 6eme. L'eau est fraîche au moment d'y pénétrer mais après elle est très agréable, quant aux petits poissons qui viennent nous gratouiller les pieds au début ça surprend surtout quand on ne les voit pas à cause d'une eau un peu trouble puis on s'y fait : un moment j'avais facilement une dizaine de petits poissons accrochés à mon pied surtout autour des orteils. Je ne pensais pas avoir tant de peaux mortes pour nourrir tous ces poissons. Retour, après nous être bien baignés, au parking où nous attend notre chauffeur. Ce fut une belle journée passée avec 4 compatriotes bien sympathiques. Dîner chez Zab Zab, un troquet que j'avais repéré en me baladant en fin d'après-midi dans le quartier de l'hôtel à la recherche de beaux points de vue à photographier au moment du coucher de soleil. C'est une cantine ouverte aux 4 vents abritée sous un toit avec un public très mélangé plus de Thaïs que d'occidentaux, il est quasiment toujours complet mais les places se libèrent assez vite, en quelques minutes. Il y a beaucoup de choix à des prix super compétitifs (de 40 à 80B un plat bien servi) et avec un service efficace, une super adresse !
18/11 Kanchanaburi Petit déjeuner sur la terrasse du sky mais service plus que nonchalant, les tables sont encore pleines des reliefs de la veille et le serveur a apparemment passé une mauvaise nuit ! Le petit-déjeuner terminé nous allons louer des vélos dans la rue commerçante (2x50B) et partons sous un chaud soleil déjà (il est 9h) en direction des deux temples, le Wat Tham Sua et l'autre, but de notre balade. Nous empruntons d'abord la grande route avec une circulation assez chargée puis bifurquons vers la gauche à la hauteur du City Hall, nous traversons la rivière et prenons à gauche en suivant le cours de la rivière. De nombreux parcs à poissons sont installés le long de la rivière ainsi qu'un grand cimetière chinois, divisé en quartiers dont les groupes de tombes identiques, sont orientés différemment. Les temples s'étagent le long d’une colline. C'est assez kitch avec toutes ces couleurs criardes, et ça monte raide en direction du sommet. A mi-pente on pénètre dans une grande grotte dont le sol est entièrement marbré, alors que le plafond est resté à l'état brut. Puis de la grotte elle-même un escalier en colimaçon mène à la sortie et le chemin continu jusqu'au sommet où se trouve un dernier temple avec vue sur la plaine en contrebas. C'est près de 700 marches qu'il a fallu monter. Descente sous un soleil brûlant, une bouteille d'eau fraiche sera la bienvenue en bas. Retour vers Kanchanaburi en empruntant une autre route et en utilisant un petit bac pour traverser la rivière. Déjeuner chez Zab Zab . Un peu plus tard nous ressortons nos vélos pour aller voir le fameux pont de la rivière Kwaï : c'est un pont en fer classique qui n'a de valeur que par le symbole qu’on lui prête et le film qui l'a rendu célèbre. Dîner chez Zab Zab d'une soupe tom yam goong, excellente.
19/11 de Kanchanaburi à Sangkhlaburi Départ ce matin pour Sangkhlaburi. A la station de bus nous achetons les deux dernières places et comme d'habitude le plus difficile est la gestion des deux sacs à dos que nous laissons dans l'étroit couloir qui mène aux places arrière, obligeant les passagers du fond à escalader les sacs pour sortir ! Belle route, peu d'arrêts, en 3h30 nous voilà à Sangklaburi. À la gare de bus, pas de taxis ni motos, ni tuktuk, nous suivons en descente une grande rue déserte censée nous amener vers les GH d'après ce que nous a dit une restauratrice. La descente est longue puis le chemin bifurque et remonte, le soleil est très pénible, finalement une femme à moto nous prend en pitié et nous amène au P. Guesthouse maintenant tout proche : Il est plein ! C’est le week-end ! Nous allons faire le tour des autres GH heureusement proches et choisissons le Pornpailin resort où on nous nous propose un bungalow à 1000B avec clim et terrasse donnant de côté sur le lac. Nous allons déjeuner au P gh sur une grande terrasse minérale qui donne sur le lac : personnel indifférent, à l'exception d'un jeune (le gérant ?) qui parle parfaitement anglais et est très avenant. Quant à la cuisine le padthaï était très honnête et pas cher (60B). Nous partons ensuite à pied en direction de ce qui pourrait être le centre du village. Pour l'instant on n'a pas vu de centre et les rues que nous avons parcourues font plutôt penser aux rues d'un village avec beaucoup de verdure et de jardins et peu de maisons. En remontant la rue de l'hôtel nous tombons à droite sur un panneau indiquant « wooden bridge » ce qui est bon signe sachant pour l'avoir lu qu'il y a un grand pont de bois à voir. Effectivement la rue descend vers un pont rouge en ciment lui-même raccordé un peu plus loin à un grand pont de bois de 400 m de long. Il y a beaucoup d'animation sur les deux ponts. Une touriste thaïe nous recommande chaudement de faire la balade en barque sur le lac, de plus elle est gratuite aujourd'hui car c'est l'anniversaire de la mort du roi. Nous descendons donc faire cette promenade en barque avec une dizaine de touristes thaïs, et aucun occidental. Nous traversons une partie du lac, nous arrêtant pour aller visiter un vieux temple bouddhiste de style angkorien dans lequel se pressent les fidèles pour faire leurs offrandes et allumer des bougies. La barque nous emmène voir les restes de plusieurs temples dont les pointes dépassent de la surface du lac : ce sont les seuls traces visibles de l'ancien village englouti après la construction du barrage. Retour au pont de bois et balade parmi la foule des badauds et des chalands. Dîner au P. Guesthouse, les tables ce samedi soir sont toutes occupées, il y a foule ce week-end,
20/11 Sangkhlaburi Petit-déjeuner au resto végétarien (café excellent !). Nous sommes ensuite allés réserver une moto (200B) chez P. Guesthouse et avons pris la route en direction du col des trois pagodes à la frontière birmane. La route est en excellent état et il y a tout le long une piste spéciale pour les motos, on roule donc en sécurité. Il y a environs 23 km jusqu'au col des trois pagodes, ponctués de nombreux contrôles policiers mais bon enfant : on ne s'est jamais complètement arrêtés, il suffisait de rouler au pas devant la guérite et on nous faisait signe de passer. Quant au col des trois pagodes, les trois pagodes sont assez petites et loin de l'image que nous nous en faisions, quant au village c'est un poste frontière avec plein de commerces qui jouent sur les différences de prix et d'articles entre les deux pays, rien de très original. En fin d’après-midi, balade au marché artisanal de l’autre côté du pont de bois, très animé, et superbe coucher de soleil . 21/11 de Sangkhlaburi à Phetchaburi Brouillard ce matin au réveil, température agréable à 7H, nous quittons notre GH non sans avoir bu le café et les cookies offerts par la famille de gérants, deux mototaxis nous amènent en 3 mn à la station de minivan (2x20B). Là nous attendrons 15 mn avant d'embarquer dans un minivan qui mettra 4h pour atteindre Kanchanaburi . A peine arrivés nous repartons dans les 5 mn pour Phetchaburi toujours encombrés par nos sacs qui finissent par occuper un siège ! Après 3h de route le minivan nous laisse au coin d'une rue où nous marchandons deux mototaxis (40x2) pour nous amener au Sun hôtel 3 km plus au nord. Hôtel confortable (climatisation, douche chaude et petit-déjeuner inclus). Nous posons nos affaires et profitons de la situation de l'hôtel en face du funiculaire du palais pour aller faire un tour sur cette colline. Malheureusement il ne reste qu'une demi-heure avant la dernière descente du funiculaire. Qu'à cela ne tienne, malgré les nombreux singes au comportement bizarre et imprévisible, j'arrive à faire le tour des trois temples chacun perché au sommet d'un piton : en fait rein d'exceptionnel si ce n'est la belle vue sur la ville que l'on a de là- haut. Dîner au resto situé juste à côté de l’hôtel.
22/11 Phetchaburi Excellent petit-déjeuner buffet avec œufs, plats thaïs, salades, fruits, toasts, beurre et confiture, compris dans le prix de 950B. Nous partons à pied en direction de la ville qui finalement ne se trouve pas si loin que ça, environ 2 km. Première visite pour un temple situé à droite de la rue principale, occupé comme souvent par une école, autant dire que nous sommes l'attraction et que l'on nous apostrophe avec force hello. C'est un très beau temple avec des décors magnifiques. Nous approchons ensuite de la rivière et de la vieille ville. Nous visitons ensuite le plus fameux temple : le Wat Mahathar Worawihan avec son stupa tout blanc qui s'élance vers le ciel. De superbes sculptures émaillent plusieurs façades de ces temples. Dans une allée couverte, des gamins d'une classe font la course « surveillés » par une rangée de bouddhas impassibles ! Nous faisons ensuite les nombreuses allées du marché qui se tient juste à côté, marché de poissons, de viandes, de fruits et légumes, cantines, textiles, couture. pas un seul touriste que des Thaïs, un vrai bonheur. Je pars changer des € dans une banque : on en a pour son argent ! Signatures multiples, vérifications multiples des billets au rayon laser, référence au chef, au sous-chef, disparition de l'employée durant plusieurs minutes puis enfin la liasse apparaît, est comptée deux fois au compteur automatique de billets et remise enfin au destinataire, ouf ! Après avoir emprunté un vélo à l'hôtel (1re heure gratuite) je me dirige en direction du nord vers la grotte de Tham Khaeo Luang réputée pour ses nombreux bouddhas. Il y a environ 5 km de bonne route depuis l'hôtel, quelque fois encombrée par des singes impertinents. On descend dans la grotte par un escalier et on aboutit dans une vaste grotte éclairée par un puits de lumière et des lampes électriques. L'effet est saisissant et les nombreux bouddhas d'or de toutes tailles brillent discrètement dans leurs niches. Quelques visiteurs, surtout thaïs, font leur dévotion devant les différents autels. Plusieurs salles, toutes décorées, se succèdent.
23/11 de Phetchaburi à Prachuap Khirikhan Nous allons à pied à la station de minivan toute proche et prenons le 1er qui part vers 9h. Il nous faudra environ 3h pour aller à Prachuap, notre chauffeur est un fou de la route dépassant à gauche comme à droite, poussant son minivan à 150 km/h malgré les embarras de la circulation. Les nombreux arrêts ont malgré tout fait baisser sa moyenne ! En arrivant à Prachuap nous hélons 2 mototaxis (2x30) pour nous conduire à l'hôtel House 73 qui offre une belle terrasse commune avec cuisine à disposition. Temps gris pour la première fois, la mer est laiteuse et remuée, une brise marine bienvenue aère l'atmosphère. Nous décidons de partir à pied vers le nord en longeant la mer et en grimpant vers les temples installés sur la colline : de nombreux singes macaques ont investi les lieux et squattent allègrement les escaliers et tous les alentours. On reste sur nos gardes évitant sacs en plastique et nourriture ou boissons. De là haut la vue est belle quoique embrumée. Nous redescendons et repartons vers le centre ville assez réduit. Nous faisons quelques courses au 7eleven ou Tesco et retournons au Home. Ressortons dîner au restaurant (tom yam de poissons variés et fruits de mer à la citronnelle et lime, crevettes au curry de coco). Quelques retraités occidentaux anglophones accompagnés de «jeunes femmes indigènes » prennent le frais ou le whisky aux terrasses des bars. J'ai l'impression que Prachuap beaucoup plus calme et agréable que Hua Hin est devenu la base arrière des retraités occidentaux du secteur.
24/11 Prachuap Khirikhan Il a plu cette nuit mais il fait toujours aussi chaud. Je vais louer un vélo sur le bord de mer (50B) alors que Monique profite du vélo de l'hôtel. Nous partons vers le sud en direction de la base « Wing 5 » où nous nous faisons enregistrer à l'entrée : là nous partons vers la gauche et longeons la mer (côté Prachuap) puis avant de traverser le bout Nord de la piste d'atterrissage nous laissons un passeport en gage et continuons en direction de la péninsule occupée par un piton calcaire. Tout au bout du terrain plat, là où commence la montée sur le piton se trouvent des panneaux explicatifs concernant les singes langur et on les aperçoit : ils sont en fait attirés par la nourriture que leur apporte un gardien. Nous allons passer pas mal de temps à les observer et les photographier en compagnie de quelques visiteurs thaïs. Ils ont une bouille pas possible avec leurs grands yeux encadrés de blanc et leurs longues fourrures qui leur couvrent le corps et la tête. Nous reprenons nos vélos et longeons la belle plage de sable de Manao un peu plus au sud : sur plus d'1 km il y a à tout casser, 10 personnes sur les transats et 3 à 4 personnes dans l'eau. Sur le sable on trouve de temps en temps d'énormes méduses translucides avec des reflets bleutés dont certaines font plus de 60cm d'envergure, dans le doute mieux vaut les éviter ! Retour à Prachuap, il fait maintenant très chaud. Nous continuons cette fois-ci en direction du Nord en longeant la plage et la colline aux macaques. Arrêt déjeuner au Rim lab : si le curry de crabes était délicieux, la salade de papaye verte au crabe bleue, en réalité du crabe cru n'a pas vraiment été du goût de Monique. Après ce déjeuner nous avons repris nos vélos pour aller jusqu'au village de pêcheurs situé à encore 8 km plus au nord au bord du golfe. C'est bien fatigués que nous sommes revenus à Prachuap.
25/11 de Prachuap Khirikhan à Baan Krut Ciel bleu ce matin, petit-déjeuner sur la terrasse avec un vrai café préparé par le proprio. A 8h45 le minivan nous prend en charge après s'être un peu arrêté à la station il prend la route, en fait une 4 voies en direction du sud pour avaler les 80 km qui nous séparent de Baan Krut. Vers 10h30 le minivan nous laisse à la gare de chemin de fer de Baan Krut puis un tuktuk nous emmène jusqu'au Proudthaï resort ( 60B) où nous avons réservé un bungalow dans un beau jardin fleuri juste en face d'une magnifique plage qui fait plusieurs km de long. Excellent dîner au Tam Mai : padthai, curry rouge, riz, bière et eau : 210B.
26/11 Baan Krut Petit-déjeuner au Salathai resort juste à côté du notre. Beau ciel bleu, je suis sorti vers 6h30 voir le lever de soleil mais il était un peu caché par un horizon ennuagé. Quelques thaïs prenaient déjà des selfies sur la plage : nous sommes samedi et il va y avoir du monde ici dans la journée. En attendant nous louons des vélos (100B pp) et partons vers le nord et le temple perché sur une péninsule séparant la baie de Bang Saphan de celle de Prachuap, le Wat Thang Saï. Il y a d'abord un grand bouddha doré moderne puis un peu plus haut un grand temple tout doré récent et qui domine les deux baies nord et sud. Si l'extérieur est un rien clinquant tout doré, l'intérieur est plus sobre tout en marbre avec des peintures de type fresques dans le style traditionnel thaïlandais. De nombreux bouddhas sont disposés aux points cardinaux. Déjeuner chez Tam Maï. Vers 16h30 nous allons nous promener vers le village de pêcheurs situés au nord de notre resort puis revenons par le village de Baan Krut où se trouve la gare du chemin de fer. Achats de fruits (ananas=20B, pastèque=20B soit 50 cents !) diner chez Tam Maï.
27/11 de Baan Krut à Ban Saphang Départ en tuktuk privé pour Ban Saphang (500B et 45 mn de route) et le Palm gardens resort réservé la veille sur internet. Superbe bungalow en dur, chambre nickel, dans un superbe jardin avec une belle piscine et un proprio anglais avenant. Baignade dans la piscine (sans méduses !) repos, lecture. Je n'ai toujours pas accès à ma boite Orange (forbidden erreur 403!!!) ça commence à bien faire alors qu'internet fonctionne super bien ! Balade le long de la plage, déjeuner au I talay (correct sans plus et plutôt cher). Reste de la journée à buller, se balader le long de la plage. Excellente nuit calme et fraîche grâce à une clim discrète et efficace.
28/11 Ban Saphang Temps un peu gris vers 7h, petit-déjeuner anglais classique grâce à Larry ! Piscine, balade, lecture. Déjeuner très honnête et pas cher au « Why not ». Le temps est resté mitigé avec gros nuages et petite pluie courte dans l'après-midi.
29/11 de Ban Saphang à Ranong Temps orageux et couvert, le minivan réservé par Larry était là à 9h tapantes. 2H30 de route agréable entre cocotiers, hévéas et ananas et quelques villages agricoles typiques. A Chumphon nous avons repris un minivan pour Ranong (2H20) par une route plus sinueuse car en partie montagnarde. De la station de bus 2 mototaxis pour l'hôtel Dahla atteint en 5mn. Nous avons un petit bungalow simple (avec AC et TV) qui donne sur un petit bout de jardin. Nous allons déjeuner au Homestay juste à côté (bonne cuisine, prix correct, portion moyenne) puis nous nous décidons à aller à pied aux sources thermales chaudes, distante de deux bons km. Arrivés sur place nous avons un peu de mal à nous repérer : tout est écrit en thaï, une première option assez minimaliste à 40B nous propose une trempette dans deux petites baignoires pataugeoires avec 30cm d'eau chaude. Sinon, et ça été notre choix il y a le Siam resort en face à 200B pp mais avec une serviette, accès à des douches, baignoires, sauna et jacuzzi, plus bien sûr une piscine d'eau très chaude (47°), les sexes sont séparés, chacun est donc parti de son côté pour suer pendant près d'une heure. Expérience intéressante et agréable.
30/11 de Ranong à Koh Phayam Nous allons voir le marché de Ranong : nous sommes impressionnés par sa grande surface et ses nombreux secteurs spécialisés : poissons frais, crustacés et coquillages, légumes, fruits, plats cuisinés, tissus, riz et céréales. Certains font du détail et d'autres du gros : comme d'habitude, des odeurs fortes, bonnes ou nauséabondes nous passent sous le nez mais quelle activité ! Après cette immersion au marché, retour au Dahla où nous attend un taxi (2x70) pour nous emmener au quai d'embarquement pour Koh Phayam. Ici aussi les dockers s'affairent pour charger les marchandises à destination de Koh Chang ou Koh Phayam (moteur, briques, nourritures, boissons, cuvettes de wc etc). Départ dans un speedboat qui mettra 40 mn pour nous amener à Koh Phayam. Là deux mototaxis nous amèneront en 5mn (2x50B) au Ppland. Le Ppland est isolé un peu au nord (15mn à pied) au bord d'une belle plage de sable largement découverte à marée basse de plus de 100m. Les bungalows se répartissent soit en front de mer soit en deuxième ligne sous les arbres. Notre bungalow est en 2me ligne avec vue sur la mer à 50m. Il y a un restaurant, une belle piscine et même une salle de sport. Notre bungalow dispose d'une terrasse avec 2 fauteuils et un hamac, une sdb en partie ouverte sur le ciel et un ventilo suffisant pour maintenir une atmosphère fraîche. Aujourd'hui le temps est couvert et il y a une petite brise qui rafraîchit agréablement. Je pars à pied par la plage en direction du village situé face au débarcadère du port. En fait de village il s'agit d'une série de restaurants, bars, loueurs de motos ou agences de voyages qui ne vivent que du tourisme sur l'île.
01/12 Koh Phayam Lever matinal à 6h pour voir le lever de soleil, peine perdue l'horizon est entièrement bouché par de gros nuages denses. Le soleil ne fera qu'une timide apparition vers 10h. Départ pour le village en passant par la piste intérieure, la marée étant haute le passage par la plage est impraticable. Balade entre les restos, les loueurs de motos et les agences de voyage, le village s'anime pendant quelques mn au moment où un bateau accoste puis retombe dans une léthargie toute tropicale. Nous nous attablons pour boire un délicieux jus de fruits frais (mangue et multifruits) au Sabaï D
2/12 Koh Phayam Temps gris, nous ne louerons pas de motobike aujourd'hui. Balade sur la plage et à pied en direction des plages de l'Ouest vers le Vijit resort : belle plage de sable blanc très fin qui se termine par une mangrove et bordée par quelques resorts à bungalows comme partout ici. Retour par la piste bétonnée, arrêt achats de souvenirs en tissus (coussins en soie, chemisier et tablier). Déjeuner (excellent) chez Sabaï D. pluie incessante, ciel couvert, température presque agréable.
3/12 Koh Phayam Pluie continue du matin au soir, vent fort, température agréable, plus de moustiques.
4/12 de Koh Phayam à à Bangkok Temps toujours couvert, pluie intermittente, deux mototaxis nous emmènent au port. Là une mer agitée par un grand vent nous attend, le speedboat part à l'heure pile avec 25 passagers au début le bateau tape violemment les vagues puis la mer se calme un peu et le reste du voyage se passe bien, 40 mn de traversée. Sur le quai à Ranong le « taxi » de Pon's place réservé à Koh Chang nous emmène au centre ville. De là le marché est tout prêt, nous y allons pour acheter des épices fraîches : racines de galanga (kha), de la citronnelle (takraï) des feuilles de combava (makrout) du gingembre (king) et des épices moulues en poudre (piment et curry). Retour chez Pon's place, déjeuner et attente du minibus pour l'aéroport. Vers 17h un minivan nous emmène à l'aéroport de Ranong à 35km du centre en 20mn. Petite attente puis décollage dans un Boeing 737-800 de Nokair pour 50 mn de vol. Arrivée à Don Muang à 19h 50. Là le minibus pour Khao San nous emmène en 30 mn à Democracy monument pour 150B pp. A 21h nous nous installons dans notre chambre au Lamphu GH.
5/12 Bangkok Dernière journée à Bangkok, temps mitigé avec nuages et soleil, nous partons en direction du quartier de Khao San faire les derniers achats de cadeaux. À cette heure matinale (9h) c'est très calme et la plupart des magasins sont encore fermés. On commence à repérer les articles qui nous intéressent et il faut bien dire qu'il y en a peu, tellement le choix est limité et les articles plutôt moches ! Les prix sont souvent fantaisistes et vont du simple au double suivant les magasins. Ce quartier de Khao san est bizarre : on n'y voit que des occidentaux de tous âges et de toutes conditions sociales et tous les Thaïlandais que l'on y croise y sont pour profiter de la manne touristique du quartier. Je ressors pour aller me balader vers la partie nord de Khao San dans des rues plus typiquement thaïes, puis je me rapproche du pont Rama avec ses hautbans, retour par le grand parc qui jouxte le musée du Siam où se presse une foule compacte venue profiter d'une distribution gratuite de nourriture à l'occasion de l'anniversaire de la naissance du roi. Il y a des milliers de gens qui attendent dans de longues queues soit un bol de riz, soit un cornet de glace. Tout est très bien organisé par l'armée thaïe et la croix rouge. Un peu plus loin dans une grande tente des centaines de personnes sont assises sur des chaises et semblent attendre. Tout autour de cette grande place des centaines de flics sont présents, certains règlent la circulation, d'autres sont là au cas où. Dernière ballade du côté de Khao San, envahi par une horde de touristes et de vendeurs thaïs dont les incontournables femmes ethniques vendant leur appeaux imitant le cris des crapauds. Derniers achats et retour au Lamphu.
6/12 de Bangkok à Mulhouse/Bâle (transit par Amsterdam)
Conclusion
C'est avec plaisir que nous sommes retournés en Thaïlande pour la 3me fois et nous y avons retrouvé : – son atmosphère chaude et moite mais un peu fatigante par moment, – la circulation incessante et bruyante de ses deux roues, quatre roues ou plus, – les sympathiques et minuscules cantines qui s'installent le long des trottoirs en ville et le long des routes en campagne. Nous avions aussi oublié les tas de tongs multicolores que déposent les gens en se déchaussant sur le trottoir avant d'entrer dans les échoppes. L'incroyable fouillis de certains commerces, chinois en particulier, qui servent également d'habitation et dans lesquels trône l'autel des ancêtres illuminé par des cierges ou des bondieuseries aux multiples ampoules électriques. Noua avons été étonné, surtout en comparaison des pays avoisinants (Myanmar et Cambodge), de l'état récent du parc automobile, composé de voitures japonaises récentes en bon état et plutôt de gros calibre comme les 4x4 et les pickup volumineux. Si les innombrables portraits du défunt roi aperçus tant dans les villages que les villes, nous avaient déjà interpellés, à Bangkok par contre leurs nombres et leurs tailles commençaient à nous lasser nous faisant penser à ces pays peu démocratiques où règnent le culte de la personnalité et de la pensée unique. Comment rester libre de ses opinions quand on subit un tel matraquage de la propagande officielle. Etonnante aussi l'apparition d'un bonze en tongs s'extrayant d'une grosse limousine noire officielle et encadré par des militaires haut gradés lui faisant une haie d'honneur. De même la distribution « généreuse » de nourriture au peuple le jour de la naissance du roi me faisait penser au « panem et circenses » (du pain et des jeux) au temps des romains, où cette politique était destinée à divertir et nourrir le peuple pour qu’il oublie le régime oppressif auquel ils étaient soumis. Quand on sait que la fortune de la famille royale thaïlandaise est estimée entre 32 et 48 milliards, elle peut effectivement nourrir gratuitement et à certaines occasions son peuple.
Ce que nous avons aimé
– la cuisine thaïe en particulier les curry verts ou rouges, et toute ces préparations à base de citronnelle, de feuilles de combava, de lait de coco ou de galanga. – Les villes authentiquement thaïes comme Chanthaburi, Kanchanaburi, Sangkhlaburi, Phetchaburi et Prachuap – l'île de Koh Waï et son calme (aucun véhicule à moteurs), – les îles de Koh Chang et Koh Phayam bien que plus touristiques et fréquentées restent cependant à dimension humaine, ayant eu le souci de bien répartir les resorts sur leur territoire pour éviter une trop grande promiscuité – Le petit village de Baan Krut et son littoral où l'on trouve de petits resorts familiaux pris d'assaut par les Thaïs le week-end, ambiance garantie. – La petite réserve des singes Langur sur la base aérienne Wing 5 à Prachuap – La gentillesse des Thaïlandais (-ses) – les marchés et leur incroyable diversité de produits alimentaires. – Le fonds sonore de la nature avec les cris des geckos, des crapauds, des oiseaux de toutes sortes et des insectes
Ce que nous avons nettement moins aimé
– certains chiens devenant agressifs sans raison apparente, le soir entre autres, alors que la plupart sont inoffensifs voire craintifs. – Pas toujours rassurés non plus par les troupes de singes macaques qui vous dévisagent (à Phetchaburi et Prachuap) – on se passerait aussi des méduses, les toutes grandes comme les petites invisible, qui pullullaient certains jours à Koh Waï et qui nous ont laissé quelques souvenirs cuisants ! – La conduite hallucinante d'un jeune chauffeur de minivan filant à près de 140km/h sur les routes entre Phetchaburi et Prachuap, doublant à droite, comme à gauche et zigzagant entre motos, tuktuks et camions, frayeur garantie ! –
Budget total pour 2 personnes: 2418 €
– avion de Bâle/Mulhouse à Bangkok aller/retour : 597 € – logement : par nuit 25 € 727 € – nourriture : 432 € – transports intérieurs : 427 € – visites/divers/souvenirs 235 €
NB : l’album de photos est visible en cliquant sur ce lien :
https://goo.gl/photos/wsjA9hwYMTJWG8PV6
NB : Si vous visionnez l’album, photo par photo, comme il se présente en cliquant sur le lien vous verrez les légendes sous les photos comme d’habitude. Par contre en mode diaporama (accessible en cliquant sur 3 point verticaux) vous ne verrez pas les légendes.
6/6 de Bangkok à Chanthanaburi Hier dans la journée un coup de fil de la KLM nous avertissait qu'en raison de surbooking notre vol au départ d'Amsterdam était complet et qu'on nous proposait un départ de Bâle vers Istanbul aux mêmes heures avec la Turkish Airlines. En compensation on nous offrait deux fois 150 € comme dédommagement. Proposition vite acceptée ! Ainsi nos deux billets aller retour ne coûtaient plus que 600 €. Décollage à l'heure prévue dans un Boeing 737-900 de la Turkish pour 2h30mn de vol agrémentées d'un excellent repas turc. Attente de plusieurs heures à l'aéroport d'Ataturk, qui nous est apparu beaucoup plus grand que dans notre souvenir ! Décollage dans un airbus A330 bien plein pour 8h30 mn de vol jusqu'à Bangkok où nous atterrissons vers 9h45, heure locale. Assez rapidement nous obtenons notre visa, récupérons nos bagages, allons changer 200€ en liquide et prenons le shuttle pour la station toute proche d'où partent des bus vers la côte Est (Pattaya, Rayong, Chanthaburi, Trat et Ko Chang) et la côte Ouest vers Hua Hin. Il va falloir patienter car le prochain bus pour Chanthaburi ne part qu'à 13h et il n'est que 10h30 ! Nous avons « retrouvé » la moiteur tropicale et l'indolence toute asiatique des employées et des vendeuses qui s'affairent tranquillement derrière leurs étals ou leurs bureaux. Un peu partout des autels sont dressés en l'honneur du défunt roi qui vient de mourir il y a peu. C'est avec 20 mn de retard qu'arrive le bus pour Chanthaburi. C'est un bus très correct, bien plein mais dont les buses de climatisation sont béantes et plus ou moins bien obturées par des bouts de mouchoirs en papier. C'est parti pour un peu moins de 4h de trajet. Au début nous prendrons des voies rapides ou des autoroutes puis des routes normales mais toujours en bon état. D'ailleurs des travaux d'amélioration sont en cours soit pour doubler les voies soit pour les améliorer. En quittant Bangkok, la route longe de nombreuses entreprises, des entrepôts remplis de conteneurs, puis laissent la place à la campagne avec plantations d'ananas, d'hévéas ou des rizières, finalement remplacée par une nature vierge et luxuriante. Le ciel s'est obscurci et il commence à pleuvoir. Près de Rayong la route est bien inondée puis le ciel s'éclaircit et en arrivant à Chanthaburi il ne pleut plus. Nous avons fait réserver une chambre par téléphone pendant que nous attendions le bus à l'aéroport. En nous aidant du plan de la ville du LP, nous remontons la rue principale sur 500 m et arrivons tout droit sur le Kasemsarn hôtel. Bel hôtel moderne, chambres impeccables avec clim et sdb nickel (1200B avec le petit-déjeuner). Nous posons nos affaires puis allons repérer un restaurant pour dîner. Il commence à faire nuit et beaucoup d'échoppes et de restaurants ont déjà fermé boutique et tiré leurs rideaux. Finalement nous choisissons le restaurant situé juste à côté de l'hôtel le Chantorn Phochana : entrée de nems, servie avec de la menthe et d'autres feuilles inconnues, puis un plat de pâtes avec de petits morceaux de crabes croustillants et enfin des miettes de crabes dans une sauce au lait de coco avec des crudités variées. C'était excellent (480 B avec une Chang et une bouteille d'eau).
8/8 Chanthaburi Après une nuit réparatrice, nous partons en direction de la rivière et du quartier typique de Chantaboon. C'est effectivement une rue comme on les aime, avec de vieilles maisons en bois décorées de panneaux sculptés, au 1er étage des balustrades courent sur toute la longueur des balcons. Au rez-de-chaussée, les boutiques donnent sur la rue, elles sont traversantes et se terminent par une terrasse qui donne sur la rivière. Nous retrouvons avec plaisir le capharnaüm qui règne dans ces boutiques : tout l'espace du sol au plafond est occupé par des articles divers, il ne reste que la place de la chaise en plastique sur laquelle est installé le patron. Dans un coin du magasin trône la télé et on aperçoit à côté la cuisine et quelque fois même le salon ou une chambre à coucher. Au fond l'inévitable autel des ancêtres bien éclairé par des guirlandes multicolores. Nous prenons plaisir à nous balader dans cette rue qui débouche plus loin près d'un pont : là plusieurs temples, bouddhistes et chinois se côtoient. Nous reprenons la même rue en direction de la cathédrale! Et nous voilà en train de visiter une cathédrale catholique néogothique terminée en 1905, original ! Nous repartons vers la vieille ville en direction du quartier des tailleurs de pierres précieuses. La plupart des échoppes sont fermées. Nous arrivons ensuite au parc Taksim, un îlot de verdure entouré d'un lac, lieu de promenade des habitants de Chanthaburi. A la station de bus nous nous renseignons sur les horaires de bus pour Trat et Koh Chang pour demain. Je ressors vers 15h pour faire quelques photos dans le vieux quartier de Chanthaburi. Vers 19h nous allons dîner dans un restaurant dont la terrasse donne sur la rivière : padthaï, riz au curry vert et dumplings de poissons. Addition très douce de 180B (j'ai acheté la bière chez l'épicier en face à 58B). Ce sont des moments agréables, que l'on partage avec les Thaïlandais qui sont là également pour dîner en famille ou entre jeunes à la lueur de lanternes qui éclairent vaguement la nuit thaïlandaise, moment déjà vécu à Ayutthaya entre autres.
9/11 de Chantabhuri à Koh Chang Nos sacs à dos prêts, nous rejoignons la gare routière à pied en10 mn. C'est l'heure où les écoles et lycées font leurs rentrées : ça bruisse de partout, d'innombrables motos s'alignent le long des trottoirs devant les écoles et l'on entend l'hymne national qui marque l'entrée en classe. A 8h30 nous prenons un minibus pour Trat (2x60bath) durée 1h15mn. A Trat nous attendons que le « sorng-taa » se remplisse, finalement à trois nous dépensons chacun 100B pour partir sans attendre pour l'embarcadère de Laem Ngop. Le chauffeur nous arrête devant une échoppe où l'on nous vend les billets pour le ferry (150B) et nous voilà embarqués dans un vieux ferry rouillé pour 35 mn de traversée jusqu'à Koh Chang. Là nous montons dans un autre sorng-taa qui, au lieu de 80B nous propose 100B par passager si nous voulons partir immédiatement, ce qui fut le cas. Nous découvrons une île très montagneuse avec une côte réduite à quelques centaines de mètres et même moins par endroit. La route sinueuse grimpe en lacets vertigineux pour passer quelques cols dans la partie sud. Bientôt le chauffeur nous laisse devant l'hôtel que nous avions essayé de réserver sur Agoda mais sans succès, il s'agit du Sanook Sanang, un petit resort avec quelques chambres alignées style motel et quelques bungalows. La chambre standard avec clim à 700B nous convient parfaitement, ça a l'air calme, la terrasse de la chambre donne sur un beau jardin et la patronne est sympa. Les éléphants tout proches (en face) rajoutent une note exotique. Il est l'heure de casser une petite croûte, ce qui va être fait dans un restaurant thaï très peu touristique recommandé par la patronne de l'hôtel, il est situé au début du chemin qui mène à la plage du Kaï Bae Hut resort. C'est un restaurant en plein air dont la terrasse est abritée par un toit. Padthai aux légumes pour Monique et un curry vert pour moi, excellent, la big Chang est à 70B. Nous partons ensuite vers la plage toute proche qui est à 5mn à pied. Les resort des plus luxueux aux plus simples s'égrènent le long d'une belle plage de sable de plus d'un km de long. Là des touristes européens surtout Russes, souvent en famille s'adonnent aux plaisirs balnéaires, se faisant rôtir sous le soleil sans oublier les plaisirs de la boisson. Il fait chaud et humide comme c'est le cas habituellement ici. La mer est chaude et on a pied très longtemps. On prend notre premier bain mais il n'y a pas foule dans l'eau, une dizaine de personnes sur 300m de long, on apprécie. En fin de journée, au moment du coucher du soleil je pars zoner à la recherche du cliché coucher de soleil « carte postale » sur le golfe de Siam. Ce coin de Kaï Bae même si il est très touristique reste assez bon-enfant , également thaï. Il est vrai que le long de la route ne se succèdent que des échoppes tournées vers le tourisme comme des loueurs de motos, des agences de voyages, des restos, des resorts, des boutiques de fringues ou de souvenirs et des pharmacies : En fait une rue comme on les voit chez nous dans les stations balnéaires européennes. Vers le soir dîner dans une galerie couverte où se tiennent plusieurs petits restos thaïs. J'ai choisi une soupe à base de galanga et de lait de coco, une tuerie comme on dit aujourd'hui ! Monique ne peut résister au padthai.
10/11 Koh Chang Balade à Kai Bae, puis nous prenons un taxi (2x100) pour aller jusqu'à Ban Bang Bao, le village de pêcheurs au sud de l'île d’où partent les ferries pour d'autres îles. Des maisons sur pilotis dont beaucoup transformées en GH et surtout en magasins et restaurants se succèdent entre la terre ferme et le bout du quai. La baie est magnifique et le point de vue permet de voir ces îles petites ou grandes qui barrent l'horizon au loin. Retour à Kae baï, déjeuner à notre adresse favorite de midi de spécialités thaïes. Après-midi à buller puis baignade en fin de journée avec un beau coucher de soleil.
11/11 Koh Chang Beau soleil ce matin, petit-déjeuner pris sur notre terrasse avec un café ramené du 7 éleven et de l'ananas découpé acheté hier. Balade au « village » baignade et déjeuner à l'endroit habituel : spring rolls, et pad thaï aux crevettes. L'après-midi balade le long de la plage vers le nord : en fait la continuité du sentier est assurée, tout au long de la dizaine de resorts qui s'égrènent le long de la plage dans des styles très variés du plus moche au moins moche sans jamais atteindre le niveau esthétique attendu. Beaucoup de chairs flasques et blanches « d'origine nordique contrôlée » venues prendre des couleurs occupent les transats et les draps de bain, des coups de soleil traîtres sont à craindre ! Re-baignade vers 16h puis balade le long de la plage Sud au moment du coucher du soleil, très beau coucher surtout à la fin lorsque le soleil disparaît dans la mer. Dîner à l'endroit habituel (soupe Tom Yum au vivaneau pour moi, curry panang pour Monique, superbement bon.
12/11 de Koh Chang à Koh Waï Depuis notre arrivée, à l'exception de la 1re nuit, nous nous réveillons vers 2 ou 3h du matin et l'insomnie nous tient éveillés un bon bout de temps, reliquat de jetlag ? Quoiqu'il en soit nous avons mis le réveil à 7h, nous allons chercher notre café et nos cupcakes au 7éleven et prenons le petit-déjeuner sur la terrasse parmi les cris des coqs et des éléphants. A 8h30 un taxi nous conduit à Ban Bang Bao de là un bateau va nous emmener jusqu'à Koh Waï. Belle traversée d'environ une heure sur un bateau en bois et sur une mer calme. Le débarquement est un peu sportif avec transfert sur un premier bateau puis sur une petite barque, on met enfin pied non pas à terre mais « à mer » et on rejoint la réception du Pakarang resort où nous avons réservé hier par téléphone deux nuits (800B par nuit). Nous avons un bungalow en bois assez rustique avec ventilo mais qui, légèrement en hauteur bénéficie d'une superbe vue sur une petite plage et au loin l'île de Koh Chang. Il y a peu de monde et on joue à Robinson Crusoé ! Les bungalows de plus sont assez éloignés les uns des autres ce qui contribue au calme et à l'impression d'être seuls au monde face à la mer. Un chemin longe la plage vers l'est et l'ouest et mène à d'autres petits resorts (quelques bungalows) également installés en bord de plage sous les arbres. La bande de sable plate est réduite au minimum et au bout de 10 à 30 m suivant les endroits la forêt et la montagne reprennent leurs droits. Vers l'Ouest le resort Paradise fait face à une superbe plage bordée de magnifiques cocotiers et palmiers. Après-midi bulle à se partager entre baignade dans une eau bleue et chaude, lecture et sieste au bungalow, on ne se lasse pas du point de vue exceptionnel que l'on y a. Dans la soirée dîner au seul resto du coin et au moment de rejoindre notre bungalow à 5mn de marche un orage nous surprend mais ne durera pas longtemps.
13/11 Koh Waï Petit-déjeuner en compagnie, comme toujours du groupe de chinois qui mettent de l'ambiance tôt le matin à rire et à parler très fort sans se soucier des voisins, quant au couple de Russes ils sont toujours aussi antipathiques, lui se baladant à moitié à poil et ne disant bonjour à personne. J'ai loué du matériel de snorkeling et je m'en vais explorer les fonds tout proches du restaurant, surprise ! l'eau est infestée de très nombreuses petites méduses transparentes et quasi invisibles sans le masque. J'essaie tant bien que mal d'évoluer sans trop me faire piquer mais c'est difficile. Les fonds coralliens sont morts à 90% mais ont voit quand même pas mal de poissons multicolores qui colonisent les fonds. Après une première ½ heure d'immersion je retourne sur le sable soigner les petites brûlures occasionnées par les méduses. J'y retourne un peu plus tard pour une deuxième sortie, mais la pauvreté des fonds et la présence des méduses me font abandonner ½ heure plus tard. Dans l'après-midi nous partons à pied en direction du Paradise resort vers l'Ouest, re-tentative de snorkeling, les méduses sont moins nombreuses, le site est un petit peu plus intéressant que devant le Pakarang resort même si je me fais un peu « allumer » la bouche, par les quelques méduses restantes ayant colonisées la surface de l'eau où on ne les voit quasiment pas. De nouveau un orage avec éclairs et averse nous accompagnent sur le chemin de notre bungalow. Cette nuit un singe ou un autre animal a troublé notre sommeil en faisant du barouf sur le toit de notre bungalow.
14/11 Koh Waï Beau temps, soleil et chaleur, les méduses semblent avoir disparu quoique Monique se fasse piquer l'avant bras. L'île n'est troublée que par les allées et venues discrètes des bateaux soit qui lâchent leurs plongeurs, soit qui font le trajet entre les autres îles et le continent. Au Pakarang nous sommes au maximum 10 à 12 clients (exception faite du groupe de chinois) et il y en a encore moins dans les autres resorts. On est loin de l'usine à touristes de Koh Chang.
15/11 de Koh Waï à Trat Vers 8h50 arrive le speedboat, un long hors-bord équipé de 3 énormes moteurs. Il ne lui a pas fallu plus de 35 mn pour aborder à Laem Ngob. A peine débarqués un sorng.taa nous prend en charge (60B pp) et nous emmène à la station de bus de Trat où nous achetons un billet de minivan pour Bangkok( demain à 7h) puis à notre hôtel tout proche (hôtel Chivapuri). Belle chamber au sol de marbre, clim, tv, sdb nickel, lit king size. Nous visitons ensuite le vieux quartier commerçant au bord de la rivière. Ça ressemble un peu au quartier Chanthaboon de Chanthaburi, avec de vieilles maisons en bois, des ruelles très étroites au bord desquelles se sont installés des Guest house. Nous déjeunons dans le jardin du « Pier 112 » : bonne cuisine et retournons à l'hôtel en traversant le marché toujours aussi intéressant avec ces vendeurs de fruits et légumes souvent inconnus, ces cantinières qui préparent de petits plats à consommer sur place ou à emporter. Après-midi repos et surtout on se met à l'abri d'une chaleur et moiteur insupportables, vive la clim. Nous retournons au marché de nuit vers 19h. Il est très animé et dans les allées, les chalands se pressent pour acheter, manger, flâner...nous nous laissons tenter par des brochettes délicieuses de porc et de poulet, un vrai régal et en profitons pour faire quelques achats pour le voyage de demain en minivan.
16/11 de Trat à Kanchanaburi A 7h10 le minivan démarre pour rejoindre Bangkok. Il n'est pas plein mais se remplira au cours des arrêts à venir. Belle autoroute tout du long avec souvent des travaux d'amélioration. Nous arrivons à Bangkok Mochit un peu avant 12h, là nous partageons un taximètre avec deux Thaïs pour rejoindre la station de bus sud à Sai Tai Mai (160B:2) où nous arriverons au bout de 40 mn. A 13h nous voilà repartis dans un minivan pour Kanchanaburi :2h de route sous un chaud soleil et toujours une atmosphère moite. Le minivan a souvent meilleure réputation que le grand bus traditionnel mais avec des sacs à dos comme les nôtres et sachant qu'il n'y a pas de soute à bagages on se retrouve complètement coincés sur des sièges prévus pour des gabarits asiatiques ! Donc bonjour le confort surtout sur grande distance. A Kanchanaburi nous sommes partis à pied vers le VN Guesthouse, en fait beaucoup plus loin que ne l'indiquait le routard, mais les seules chambres disponibles n'étant pas chouettes nous nous installons 20m plus loin au Sky : super chambre moderne avec clim et piscine pour 850B et dont le restaurant donne sur la rivière. Nous y dînerons un peu plus tard d'un padthai et d'un curry vert au galanga ! Bonne nuit, bon matelas, lit king size, clim efficace. Monique a négocié avec le patron et des touristes français le tour demain à Erawan en taxi privé à 1200B pour 6 + pourboire ! Une bonne affaire.
17/11 Kanchanaburi Petit-déjeuner sur la terrasse de l'hôtel sur la rivière Kwaï : bel éclairage ce matin. À 8h nous prenons place avec Alain et Rose, Arielle et Célia dans une Honda à 3 banquettes très confortables 1h de belle route de montagne et nous voilà à pied d'œuvre. Il y a déjà du monde sur le grand parking du parc. C'est super organisé à la façon des parcs naturels américains : on trouve des cantines, le grand chalet en bois du parc avec expos et espace muséographique, hébergement, toilettes. Un chemin entièrement bétonné monte doucement vers la montagne en longeant le cours d'eau. Puis on accède à la 1re cascade précédée d'une piscine naturelle où quelques touristes se rafraîchissent. Le chemin commence à monter de façon plus raide avec des séries d'escaliers toujours bétonnés et les piscines et cascades se succèdent. La nature est superbe ainsi que les cascades qui tombent en plusieurs gradins sur des pierres de couleur verte, à l'image du travertin vu à Plitviche en Croatie. C'est vraiment très beau et cela justifie la foule qui se presse sur le sentier, plus ça monte et plus le chemin devient acrobatique et moins évident, avec des passages surtout entre la 6eme et la 7eme cascade, où il vaut mieux se déchausser si on veut éviter de prendre un bain de pied. La dernière cascade est étroite et tombe d'une gorge mais elle est moins esthétique que la 5eme et la 6eme. L'eau est fraîche au moment d'y pénétrer mais après elle est très agréable, quant aux petits poissons qui viennent nous gratouiller les pieds au début ça surprend surtout quand on ne les voit pas à cause d'une eau un peu trouble puis on s'y fait : un moment j'avais facilement une dizaine de petits poissons accrochés à mon pied surtout autour des orteils. Je ne pensais pas avoir tant de peaux mortes pour nourrir tous ces poissons. Retour, après nous être bien baignés, au parking où nous attend notre chauffeur. Ce fut une belle journée passée avec 4 compatriotes bien sympathiques. Dîner chez Zab Zab, un troquet que j'avais repéré en me baladant en fin d'après-midi dans le quartier de l'hôtel à la recherche de beaux points de vue à photographier au moment du coucher de soleil. C'est une cantine ouverte aux 4 vents abritée sous un toit avec un public très mélangé plus de Thaïs que d'occidentaux, il est quasiment toujours complet mais les places se libèrent assez vite, en quelques minutes. Il y a beaucoup de choix à des prix super compétitifs (de 40 à 80B un plat bien servi) et avec un service efficace, une super adresse !
18/11 Kanchanaburi Petit déjeuner sur la terrasse du sky mais service plus que nonchalant, les tables sont encore pleines des reliefs de la veille et le serveur a apparemment passé une mauvaise nuit ! Le petit-déjeuner terminé nous allons louer des vélos dans la rue commerçante (2x50B) et partons sous un chaud soleil déjà (il est 9h) en direction des deux temples, le Wat Tham Sua et l'autre, but de notre balade. Nous empruntons d'abord la grande route avec une circulation assez chargée puis bifurquons vers la gauche à la hauteur du City Hall, nous traversons la rivière et prenons à gauche en suivant le cours de la rivière. De nombreux parcs à poissons sont installés le long de la rivière ainsi qu'un grand cimetière chinois, divisé en quartiers dont les groupes de tombes identiques, sont orientés différemment. Les temples s'étagent le long d’une colline. C'est assez kitch avec toutes ces couleurs criardes, et ça monte raide en direction du sommet. A mi-pente on pénètre dans une grande grotte dont le sol est entièrement marbré, alors que le plafond est resté à l'état brut. Puis de la grotte elle-même un escalier en colimaçon mène à la sortie et le chemin continu jusqu'au sommet où se trouve un dernier temple avec vue sur la plaine en contrebas. C'est près de 700 marches qu'il a fallu monter. Descente sous un soleil brûlant, une bouteille d'eau fraiche sera la bienvenue en bas. Retour vers Kanchanaburi en empruntant une autre route et en utilisant un petit bac pour traverser la rivière. Déjeuner chez Zab Zab . Un peu plus tard nous ressortons nos vélos pour aller voir le fameux pont de la rivière Kwaï : c'est un pont en fer classique qui n'a de valeur que par le symbole qu’on lui prête et le film qui l'a rendu célèbre. Dîner chez Zab Zab d'une soupe tom yam goong, excellente.
19/11 de Kanchanaburi à Sangkhlaburi Départ ce matin pour Sangkhlaburi. A la station de bus nous achetons les deux dernières places et comme d'habitude le plus difficile est la gestion des deux sacs à dos que nous laissons dans l'étroit couloir qui mène aux places arrière, obligeant les passagers du fond à escalader les sacs pour sortir ! Belle route, peu d'arrêts, en 3h30 nous voilà à Sangklaburi. À la gare de bus, pas de taxis ni motos, ni tuktuk, nous suivons en descente une grande rue déserte censée nous amener vers les GH d'après ce que nous a dit une restauratrice. La descente est longue puis le chemin bifurque et remonte, le soleil est très pénible, finalement une femme à moto nous prend en pitié et nous amène au P. Guesthouse maintenant tout proche : Il est plein ! C’est le week-end ! Nous allons faire le tour des autres GH heureusement proches et choisissons le Pornpailin resort où on nous nous propose un bungalow à 1000B avec clim et terrasse donnant de côté sur le lac. Nous allons déjeuner au P gh sur une grande terrasse minérale qui donne sur le lac : personnel indifférent, à l'exception d'un jeune (le gérant ?) qui parle parfaitement anglais et est très avenant. Quant à la cuisine le padthaï était très honnête et pas cher (60B). Nous partons ensuite à pied en direction de ce qui pourrait être le centre du village. Pour l'instant on n'a pas vu de centre et les rues que nous avons parcourues font plutôt penser aux rues d'un village avec beaucoup de verdure et de jardins et peu de maisons. En remontant la rue de l'hôtel nous tombons à droite sur un panneau indiquant « wooden bridge » ce qui est bon signe sachant pour l'avoir lu qu'il y a un grand pont de bois à voir. Effectivement la rue descend vers un pont rouge en ciment lui-même raccordé un peu plus loin à un grand pont de bois de 400 m de long. Il y a beaucoup d'animation sur les deux ponts. Une touriste thaïe nous recommande chaudement de faire la balade en barque sur le lac, de plus elle est gratuite aujourd'hui car c'est l'anniversaire de la mort du roi. Nous descendons donc faire cette promenade en barque avec une dizaine de touristes thaïs, et aucun occidental. Nous traversons une partie du lac, nous arrêtant pour aller visiter un vieux temple bouddhiste de style angkorien dans lequel se pressent les fidèles pour faire leurs offrandes et allumer des bougies. La barque nous emmène voir les restes de plusieurs temples dont les pointes dépassent de la surface du lac : ce sont les seuls traces visibles de l'ancien village englouti après la construction du barrage. Retour au pont de bois et balade parmi la foule des badauds et des chalands. Dîner au P. Guesthouse, les tables ce samedi soir sont toutes occupées, il y a foule ce week-end,
20/11 Sangkhlaburi Petit-déjeuner au resto végétarien (café excellent !). Nous sommes ensuite allés réserver une moto (200B) chez P. Guesthouse et avons pris la route en direction du col des trois pagodes à la frontière birmane. La route est en excellent état et il y a tout le long une piste spéciale pour les motos, on roule donc en sécurité. Il y a environs 23 km jusqu'au col des trois pagodes, ponctués de nombreux contrôles policiers mais bon enfant : on ne s'est jamais complètement arrêtés, il suffisait de rouler au pas devant la guérite et on nous faisait signe de passer. Quant au col des trois pagodes, les trois pagodes sont assez petites et loin de l'image que nous nous en faisions, quant au village c'est un poste frontière avec plein de commerces qui jouent sur les différences de prix et d'articles entre les deux pays, rien de très original. En fin d’après-midi, balade au marché artisanal de l’autre côté du pont de bois, très animé, et superbe coucher de soleil . 21/11 de Sangkhlaburi à Phetchaburi Brouillard ce matin au réveil, température agréable à 7H, nous quittons notre GH non sans avoir bu le café et les cookies offerts par la famille de gérants, deux mototaxis nous amènent en 3 mn à la station de minivan (2x20B). Là nous attendrons 15 mn avant d'embarquer dans un minivan qui mettra 4h pour atteindre Kanchanaburi . A peine arrivés nous repartons dans les 5 mn pour Phetchaburi toujours encombrés par nos sacs qui finissent par occuper un siège ! Après 3h de route le minivan nous laisse au coin d'une rue où nous marchandons deux mototaxis (40x2) pour nous amener au Sun hôtel 3 km plus au nord. Hôtel confortable (climatisation, douche chaude et petit-déjeuner inclus). Nous posons nos affaires et profitons de la situation de l'hôtel en face du funiculaire du palais pour aller faire un tour sur cette colline. Malheureusement il ne reste qu'une demi-heure avant la dernière descente du funiculaire. Qu'à cela ne tienne, malgré les nombreux singes au comportement bizarre et imprévisible, j'arrive à faire le tour des trois temples chacun perché au sommet d'un piton : en fait rein d'exceptionnel si ce n'est la belle vue sur la ville que l'on a de là- haut. Dîner au resto situé juste à côté de l’hôtel.
22/11 Phetchaburi Excellent petit-déjeuner buffet avec œufs, plats thaïs, salades, fruits, toasts, beurre et confiture, compris dans le prix de 950B. Nous partons à pied en direction de la ville qui finalement ne se trouve pas si loin que ça, environ 2 km. Première visite pour un temple situé à droite de la rue principale, occupé comme souvent par une école, autant dire que nous sommes l'attraction et que l'on nous apostrophe avec force hello. C'est un très beau temple avec des décors magnifiques. Nous approchons ensuite de la rivière et de la vieille ville. Nous visitons ensuite le plus fameux temple : le Wat Mahathar Worawihan avec son stupa tout blanc qui s'élance vers le ciel. De superbes sculptures émaillent plusieurs façades de ces temples. Dans une allée couverte, des gamins d'une classe font la course « surveillés » par une rangée de bouddhas impassibles ! Nous faisons ensuite les nombreuses allées du marché qui se tient juste à côté, marché de poissons, de viandes, de fruits et légumes, cantines, textiles, couture. pas un seul touriste que des Thaïs, un vrai bonheur. Je pars changer des € dans une banque : on en a pour son argent ! Signatures multiples, vérifications multiples des billets au rayon laser, référence au chef, au sous-chef, disparition de l'employée durant plusieurs minutes puis enfin la liasse apparaît, est comptée deux fois au compteur automatique de billets et remise enfin au destinataire, ouf ! Après avoir emprunté un vélo à l'hôtel (1re heure gratuite) je me dirige en direction du nord vers la grotte de Tham Khaeo Luang réputée pour ses nombreux bouddhas. Il y a environ 5 km de bonne route depuis l'hôtel, quelque fois encombrée par des singes impertinents. On descend dans la grotte par un escalier et on aboutit dans une vaste grotte éclairée par un puits de lumière et des lampes électriques. L'effet est saisissant et les nombreux bouddhas d'or de toutes tailles brillent discrètement dans leurs niches. Quelques visiteurs, surtout thaïs, font leur dévotion devant les différents autels. Plusieurs salles, toutes décorées, se succèdent.
23/11 de Phetchaburi à Prachuap Khirikhan Nous allons à pied à la station de minivan toute proche et prenons le 1er qui part vers 9h. Il nous faudra environ 3h pour aller à Prachuap, notre chauffeur est un fou de la route dépassant à gauche comme à droite, poussant son minivan à 150 km/h malgré les embarras de la circulation. Les nombreux arrêts ont malgré tout fait baisser sa moyenne ! En arrivant à Prachuap nous hélons 2 mototaxis (2x30) pour nous conduire à l'hôtel House 73 qui offre une belle terrasse commune avec cuisine à disposition. Temps gris pour la première fois, la mer est laiteuse et remuée, une brise marine bienvenue aère l'atmosphère. Nous décidons de partir à pied vers le nord en longeant la mer et en grimpant vers les temples installés sur la colline : de nombreux singes macaques ont investi les lieux et squattent allègrement les escaliers et tous les alentours. On reste sur nos gardes évitant sacs en plastique et nourriture ou boissons. De là haut la vue est belle quoique embrumée. Nous redescendons et repartons vers le centre ville assez réduit. Nous faisons quelques courses au 7eleven ou Tesco et retournons au Home. Ressortons dîner au restaurant (tom yam de poissons variés et fruits de mer à la citronnelle et lime, crevettes au curry de coco). Quelques retraités occidentaux anglophones accompagnés de «jeunes femmes indigènes » prennent le frais ou le whisky aux terrasses des bars. J'ai l'impression que Prachuap beaucoup plus calme et agréable que Hua Hin est devenu la base arrière des retraités occidentaux du secteur.
24/11 Prachuap Khirikhan Il a plu cette nuit mais il fait toujours aussi chaud. Je vais louer un vélo sur le bord de mer (50B) alors que Monique profite du vélo de l'hôtel. Nous partons vers le sud en direction de la base « Wing 5 » où nous nous faisons enregistrer à l'entrée : là nous partons vers la gauche et longeons la mer (côté Prachuap) puis avant de traverser le bout Nord de la piste d'atterrissage nous laissons un passeport en gage et continuons en direction de la péninsule occupée par un piton calcaire. Tout au bout du terrain plat, là où commence la montée sur le piton se trouvent des panneaux explicatifs concernant les singes langur et on les aperçoit : ils sont en fait attirés par la nourriture que leur apporte un gardien. Nous allons passer pas mal de temps à les observer et les photographier en compagnie de quelques visiteurs thaïs. Ils ont une bouille pas possible avec leurs grands yeux encadrés de blanc et leurs longues fourrures qui leur couvrent le corps et la tête. Nous reprenons nos vélos et longeons la belle plage de sable de Manao un peu plus au sud : sur plus d'1 km il y a à tout casser, 10 personnes sur les transats et 3 à 4 personnes dans l'eau. Sur le sable on trouve de temps en temps d'énormes méduses translucides avec des reflets bleutés dont certaines font plus de 60cm d'envergure, dans le doute mieux vaut les éviter ! Retour à Prachuap, il fait maintenant très chaud. Nous continuons cette fois-ci en direction du Nord en longeant la plage et la colline aux macaques. Arrêt déjeuner au Rim lab : si le curry de crabes était délicieux, la salade de papaye verte au crabe bleue, en réalité du crabe cru n'a pas vraiment été du goût de Monique. Après ce déjeuner nous avons repris nos vélos pour aller jusqu'au village de pêcheurs situé à encore 8 km plus au nord au bord du golfe. C'est bien fatigués que nous sommes revenus à Prachuap.
25/11 de Prachuap Khirikhan à Baan Krut Ciel bleu ce matin, petit-déjeuner sur la terrasse avec un vrai café préparé par le proprio. A 8h45 le minivan nous prend en charge après s'être un peu arrêté à la station il prend la route, en fait une 4 voies en direction du sud pour avaler les 80 km qui nous séparent de Baan Krut. Vers 10h30 le minivan nous laisse à la gare de chemin de fer de Baan Krut puis un tuktuk nous emmène jusqu'au Proudthaï resort ( 60B) où nous avons réservé un bungalow dans un beau jardin fleuri juste en face d'une magnifique plage qui fait plusieurs km de long. Excellent dîner au Tam Mai : padthai, curry rouge, riz, bière et eau : 210B.
26/11 Baan Krut Petit-déjeuner au Salathai resort juste à côté du notre. Beau ciel bleu, je suis sorti vers 6h30 voir le lever de soleil mais il était un peu caché par un horizon ennuagé. Quelques thaïs prenaient déjà des selfies sur la plage : nous sommes samedi et il va y avoir du monde ici dans la journée. En attendant nous louons des vélos (100B pp) et partons vers le nord et le temple perché sur une péninsule séparant la baie de Bang Saphan de celle de Prachuap, le Wat Thang Saï. Il y a d'abord un grand bouddha doré moderne puis un peu plus haut un grand temple tout doré récent et qui domine les deux baies nord et sud. Si l'extérieur est un rien clinquant tout doré, l'intérieur est plus sobre tout en marbre avec des peintures de type fresques dans le style traditionnel thaïlandais. De nombreux bouddhas sont disposés aux points cardinaux. Déjeuner chez Tam Maï. Vers 16h30 nous allons nous promener vers le village de pêcheurs situés au nord de notre resort puis revenons par le village de Baan Krut où se trouve la gare du chemin de fer. Achats de fruits (ananas=20B, pastèque=20B soit 50 cents !) diner chez Tam Maï.
27/11 de Baan Krut à Ban Saphang Départ en tuktuk privé pour Ban Saphang (500B et 45 mn de route) et le Palm gardens resort réservé la veille sur internet. Superbe bungalow en dur, chambre nickel, dans un superbe jardin avec une belle piscine et un proprio anglais avenant. Baignade dans la piscine (sans méduses !) repos, lecture. Je n'ai toujours pas accès à ma boite Orange (forbidden erreur 403!!!) ça commence à bien faire alors qu'internet fonctionne super bien ! Balade le long de la plage, déjeuner au I talay (correct sans plus et plutôt cher). Reste de la journée à buller, se balader le long de la plage. Excellente nuit calme et fraîche grâce à une clim discrète et efficace.
28/11 Ban Saphang Temps un peu gris vers 7h, petit-déjeuner anglais classique grâce à Larry ! Piscine, balade, lecture. Déjeuner très honnête et pas cher au « Why not ». Le temps est resté mitigé avec gros nuages et petite pluie courte dans l'après-midi.
29/11 de Ban Saphang à Ranong Temps orageux et couvert, le minivan réservé par Larry était là à 9h tapantes. 2H30 de route agréable entre cocotiers, hévéas et ananas et quelques villages agricoles typiques. A Chumphon nous avons repris un minivan pour Ranong (2H20) par une route plus sinueuse car en partie montagnarde. De la station de bus 2 mototaxis pour l'hôtel Dahla atteint en 5mn. Nous avons un petit bungalow simple (avec AC et TV) qui donne sur un petit bout de jardin. Nous allons déjeuner au Homestay juste à côté (bonne cuisine, prix correct, portion moyenne) puis nous nous décidons à aller à pied aux sources thermales chaudes, distante de deux bons km. Arrivés sur place nous avons un peu de mal à nous repérer : tout est écrit en thaï, une première option assez minimaliste à 40B nous propose une trempette dans deux petites baignoires pataugeoires avec 30cm d'eau chaude. Sinon, et ça été notre choix il y a le Siam resort en face à 200B pp mais avec une serviette, accès à des douches, baignoires, sauna et jacuzzi, plus bien sûr une piscine d'eau très chaude (47°), les sexes sont séparés, chacun est donc parti de son côté pour suer pendant près d'une heure. Expérience intéressante et agréable.
30/11 de Ranong à Koh Phayam Nous allons voir le marché de Ranong : nous sommes impressionnés par sa grande surface et ses nombreux secteurs spécialisés : poissons frais, crustacés et coquillages, légumes, fruits, plats cuisinés, tissus, riz et céréales. Certains font du détail et d'autres du gros : comme d'habitude, des odeurs fortes, bonnes ou nauséabondes nous passent sous le nez mais quelle activité ! Après cette immersion au marché, retour au Dahla où nous attend un taxi (2x70) pour nous emmener au quai d'embarquement pour Koh Phayam. Ici aussi les dockers s'affairent pour charger les marchandises à destination de Koh Chang ou Koh Phayam (moteur, briques, nourritures, boissons, cuvettes de wc etc). Départ dans un speedboat qui mettra 40 mn pour nous amener à Koh Phayam. Là deux mototaxis nous amèneront en 5mn (2x50B) au Ppland. Le Ppland est isolé un peu au nord (15mn à pied) au bord d'une belle plage de sable largement découverte à marée basse de plus de 100m. Les bungalows se répartissent soit en front de mer soit en deuxième ligne sous les arbres. Notre bungalow est en 2me ligne avec vue sur la mer à 50m. Il y a un restaurant, une belle piscine et même une salle de sport. Notre bungalow dispose d'une terrasse avec 2 fauteuils et un hamac, une sdb en partie ouverte sur le ciel et un ventilo suffisant pour maintenir une atmosphère fraîche. Aujourd'hui le temps est couvert et il y a une petite brise qui rafraîchit agréablement. Je pars à pied par la plage en direction du village situé face au débarcadère du port. En fait de village il s'agit d'une série de restaurants, bars, loueurs de motos ou agences de voyages qui ne vivent que du tourisme sur l'île.
01/12 Koh Phayam Lever matinal à 6h pour voir le lever de soleil, peine perdue l'horizon est entièrement bouché par de gros nuages denses. Le soleil ne fera qu'une timide apparition vers 10h. Départ pour le village en passant par la piste intérieure, la marée étant haute le passage par la plage est impraticable. Balade entre les restos, les loueurs de motos et les agences de voyage, le village s'anime pendant quelques mn au moment où un bateau accoste puis retombe dans une léthargie toute tropicale. Nous nous attablons pour boire un délicieux jus de fruits frais (mangue et multifruits) au Sabaï D
2/12 Koh Phayam Temps gris, nous ne louerons pas de motobike aujourd'hui. Balade sur la plage et à pied en direction des plages de l'Ouest vers le Vijit resort : belle plage de sable blanc très fin qui se termine par une mangrove et bordée par quelques resorts à bungalows comme partout ici. Retour par la piste bétonnée, arrêt achats de souvenirs en tissus (coussins en soie, chemisier et tablier). Déjeuner (excellent) chez Sabaï D. pluie incessante, ciel couvert, température presque agréable.
3/12 Koh Phayam Pluie continue du matin au soir, vent fort, température agréable, plus de moustiques.
4/12 de Koh Phayam à à Bangkok Temps toujours couvert, pluie intermittente, deux mototaxis nous emmènent au port. Là une mer agitée par un grand vent nous attend, le speedboat part à l'heure pile avec 25 passagers au début le bateau tape violemment les vagues puis la mer se calme un peu et le reste du voyage se passe bien, 40 mn de traversée. Sur le quai à Ranong le « taxi » de Pon's place réservé à Koh Chang nous emmène au centre ville. De là le marché est tout prêt, nous y allons pour acheter des épices fraîches : racines de galanga (kha), de la citronnelle (takraï) des feuilles de combava (makrout) du gingembre (king) et des épices moulues en poudre (piment et curry). Retour chez Pon's place, déjeuner et attente du minibus pour l'aéroport. Vers 17h un minivan nous emmène à l'aéroport de Ranong à 35km du centre en 20mn. Petite attente puis décollage dans un Boeing 737-800 de Nokair pour 50 mn de vol. Arrivée à Don Muang à 19h 50. Là le minibus pour Khao San nous emmène en 30 mn à Democracy monument pour 150B pp. A 21h nous nous installons dans notre chambre au Lamphu GH.
5/12 Bangkok Dernière journée à Bangkok, temps mitigé avec nuages et soleil, nous partons en direction du quartier de Khao San faire les derniers achats de cadeaux. À cette heure matinale (9h) c'est très calme et la plupart des magasins sont encore fermés. On commence à repérer les articles qui nous intéressent et il faut bien dire qu'il y en a peu, tellement le choix est limité et les articles plutôt moches ! Les prix sont souvent fantaisistes et vont du simple au double suivant les magasins. Ce quartier de Khao san est bizarre : on n'y voit que des occidentaux de tous âges et de toutes conditions sociales et tous les Thaïlandais que l'on y croise y sont pour profiter de la manne touristique du quartier. Je ressors pour aller me balader vers la partie nord de Khao San dans des rues plus typiquement thaïes, puis je me rapproche du pont Rama avec ses hautbans, retour par le grand parc qui jouxte le musée du Siam où se presse une foule compacte venue profiter d'une distribution gratuite de nourriture à l'occasion de l'anniversaire de la naissance du roi. Il y a des milliers de gens qui attendent dans de longues queues soit un bol de riz, soit un cornet de glace. Tout est très bien organisé par l'armée thaïe et la croix rouge. Un peu plus loin dans une grande tente des centaines de personnes sont assises sur des chaises et semblent attendre. Tout autour de cette grande place des centaines de flics sont présents, certains règlent la circulation, d'autres sont là au cas où. Dernière ballade du côté de Khao San, envahi par une horde de touristes et de vendeurs thaïs dont les incontournables femmes ethniques vendant leur appeaux imitant le cris des crapauds. Derniers achats et retour au Lamphu.
6/12 de Bangkok à Mulhouse/Bâle (transit par Amsterdam)
Conclusion
C'est avec plaisir que nous sommes retournés en Thaïlande pour la 3me fois et nous y avons retrouvé : – son atmosphère chaude et moite mais un peu fatigante par moment, – la circulation incessante et bruyante de ses deux roues, quatre roues ou plus, – les sympathiques et minuscules cantines qui s'installent le long des trottoirs en ville et le long des routes en campagne. Nous avions aussi oublié les tas de tongs multicolores que déposent les gens en se déchaussant sur le trottoir avant d'entrer dans les échoppes. L'incroyable fouillis de certains commerces, chinois en particulier, qui servent également d'habitation et dans lesquels trône l'autel des ancêtres illuminé par des cierges ou des bondieuseries aux multiples ampoules électriques. Noua avons été étonné, surtout en comparaison des pays avoisinants (Myanmar et Cambodge), de l'état récent du parc automobile, composé de voitures japonaises récentes en bon état et plutôt de gros calibre comme les 4x4 et les pickup volumineux. Si les innombrables portraits du défunt roi aperçus tant dans les villages que les villes, nous avaient déjà interpellés, à Bangkok par contre leurs nombres et leurs tailles commençaient à nous lasser nous faisant penser à ces pays peu démocratiques où règnent le culte de la personnalité et de la pensée unique. Comment rester libre de ses opinions quand on subit un tel matraquage de la propagande officielle. Etonnante aussi l'apparition d'un bonze en tongs s'extrayant d'une grosse limousine noire officielle et encadré par des militaires haut gradés lui faisant une haie d'honneur. De même la distribution « généreuse » de nourriture au peuple le jour de la naissance du roi me faisait penser au « panem et circenses » (du pain et des jeux) au temps des romains, où cette politique était destinée à divertir et nourrir le peuple pour qu’il oublie le régime oppressif auquel ils étaient soumis. Quand on sait que la fortune de la famille royale thaïlandaise est estimée entre 32 et 48 milliards, elle peut effectivement nourrir gratuitement et à certaines occasions son peuple.
Ce que nous avons aimé
– la cuisine thaïe en particulier les curry verts ou rouges, et toute ces préparations à base de citronnelle, de feuilles de combava, de lait de coco ou de galanga. – Les villes authentiquement thaïes comme Chanthaburi, Kanchanaburi, Sangkhlaburi, Phetchaburi et Prachuap – l'île de Koh Waï et son calme (aucun véhicule à moteurs), – les îles de Koh Chang et Koh Phayam bien que plus touristiques et fréquentées restent cependant à dimension humaine, ayant eu le souci de bien répartir les resorts sur leur territoire pour éviter une trop grande promiscuité – Le petit village de Baan Krut et son littoral où l'on trouve de petits resorts familiaux pris d'assaut par les Thaïs le week-end, ambiance garantie. – La petite réserve des singes Langur sur la base aérienne Wing 5 à Prachuap – La gentillesse des Thaïlandais (-ses) – les marchés et leur incroyable diversité de produits alimentaires. – Le fonds sonore de la nature avec les cris des geckos, des crapauds, des oiseaux de toutes sortes et des insectes
Ce que nous avons nettement moins aimé
– certains chiens devenant agressifs sans raison apparente, le soir entre autres, alors que la plupart sont inoffensifs voire craintifs. – Pas toujours rassurés non plus par les troupes de singes macaques qui vous dévisagent (à Phetchaburi et Prachuap) – on se passerait aussi des méduses, les toutes grandes comme les petites invisible, qui pullullaient certains jours à Koh Waï et qui nous ont laissé quelques souvenirs cuisants ! – La conduite hallucinante d'un jeune chauffeur de minivan filant à près de 140km/h sur les routes entre Phetchaburi et Prachuap, doublant à droite, comme à gauche et zigzagant entre motos, tuktuks et camions, frayeur garantie ! –
Budget total pour 2 personnes: 2418 €
– avion de Bâle/Mulhouse à Bangkok aller/retour : 597 € – logement : par nuit 25 € 727 € – nourriture : 432 € – transports intérieurs : 427 € – visites/divers/souvenirs 235 €
NB : l’album de photos est visible en cliquant sur ce lien :
https://goo.gl/photos/wsjA9hwYMTJWG8PV6
NB : Si vous visionnez l’album, photo par photo, comme il se présente en cliquant sur le lien vous verrez les légendes sous les photos comme d’habitude. Par contre en mode diaporama (accessible en cliquant sur 3 point verticaux) vous ne verrez pas les légendes.
Idées d'itinéraires pour voyage "roots" aux Philippines English translation pending
Bonjour à tous!
Me voilà contaminée par la fièvre du voyage... Apres, le brésil et 2x la Thaïlande je pars découvrir les Philippines et ses beaux payasages. J'aimerai avoir des conseils, infos, astuces, ... car je pars seule et avec un petit budget. J'aime visiter les pays dans les endroits les moins touristiques, dormir dans une chambre sans eau chaude n'est pas un probleme pour moi (oui quand je dis roots..c'est roots). En sachant que en Thailande par exemple je n'ai dépenser que 800euros tout compris pour 1 mois(nourriture, logement, déplacement, location de scooter , ...) Pensez vous qu'il est possible de prévoir le même budget ou un peu plus pour les Philippines? Quels endroits me conseillerez vous, des endroits calme et sans trop de tourismes encore... Quels mode de déplacement? avion?bus? location de scooter?
Merci d'avance :)
Me voilà contaminée par la fièvre du voyage... Apres, le brésil et 2x la Thaïlande je pars découvrir les Philippines et ses beaux payasages. J'aimerai avoir des conseils, infos, astuces, ... car je pars seule et avec un petit budget. J'aime visiter les pays dans les endroits les moins touristiques, dormir dans une chambre sans eau chaude n'est pas un probleme pour moi (oui quand je dis roots..c'est roots). En sachant que en Thailande par exemple je n'ai dépenser que 800euros tout compris pour 1 mois(nourriture, logement, déplacement, location de scooter , ...) Pensez vous qu'il est possible de prévoir le même budget ou un peu plus pour les Philippines? Quels endroits me conseillerez vous, des endroits calme et sans trop de tourismes encore... Quels mode de déplacement? avion?bus? location de scooter?
Merci d'avance :)
Retourner à Bangkok depuis le sud du Laos pour aller en Indonésie English translation pending
Bonjour à tous,
Je fais encore une fois appel aux experts des trajets en Asie du Sud car je ne trouve pas de sujet qui correspond précisément à ma question.
En effet, je compte terminer un tour d'un mois au Laos par la partie Sud du pays (Bolovens, 4000 iles...) et il est ensuite prévu que je rejoigne l'Indonésie pour un mois également. Seulement, il semble que ce ne soit pas évident (ou très cher) de faire directement le trajet Laos > Indonésie. Pourriez-vous me confirmer que c'est vrai ?
Du coup idéalement, je pense repasser par Bangkok pour ensuite prendre un vol direction Bali.
Est-ce qu'après avoir utilisé un visa 60 jours quelques mois plus tôt, on peut de nouveau rentrer en Thaïlande le temps d'un transit sans payer de visa ? Savez-vous si un billet d'avion entre le sud Laos (Savannaketh ? Paksé ?) et Bangkok n'est pas trop excessif en prix ?
Merci d'avance pour vos futures réponses. A bientôt !
Kia
Je fais encore une fois appel aux experts des trajets en Asie du Sud car je ne trouve pas de sujet qui correspond précisément à ma question.
En effet, je compte terminer un tour d'un mois au Laos par la partie Sud du pays (Bolovens, 4000 iles...) et il est ensuite prévu que je rejoigne l'Indonésie pour un mois également. Seulement, il semble que ce ne soit pas évident (ou très cher) de faire directement le trajet Laos > Indonésie. Pourriez-vous me confirmer que c'est vrai ?
Du coup idéalement, je pense repasser par Bangkok pour ensuite prendre un vol direction Bali.
Est-ce qu'après avoir utilisé un visa 60 jours quelques mois plus tôt, on peut de nouveau rentrer en Thaïlande le temps d'un transit sans payer de visa ? Savez-vous si un billet d'avion entre le sud Laos (Savannaketh ? Paksé ?) et Bangkok n'est pas trop excessif en prix ?
Merci d'avance pour vos futures réponses. A bientôt !
Kia
Organisation d'un voyage aux Philippines English translation pending
Bonjour je pars aux Philippines du 2/4 au 14/4 2013, j arrive a Manille le 14 au soir ou dormir dans un endroit pas trop cher et confortable pas tres loin de l aéroport.Quels sont les endroits a découvrir je souhaiterai faire trekking canyoning volcan.Quels sont les moyens pour se déplacer d ile en ile et les logements que vous recommandez.Palawan est a voir ou pas?Merci de me répondre afin d organiser mon voyage
Koh Sukorn ou Koh Phayam avec enfants? English translation pending
Bonjour,
je pars en février prochain avec mes enfants (10 ans) pour 1 mois en Thailande, notamment dans le sud. J'hésite beaucoup sur le choix de la destination car je souhaite un endroit ou il n'y a pas que (et trop) des touristes, mais aussi une vie locale.
J'ai pour l'instant 2 options : Trang et ses iles (Koh Sukorn en particulier) et région de Ranong (ile Ko Phayam et laem son ...).
Merci pour vos conseils.
Merci pour vos conseils.