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Voyage de quinze jours à Bali English translation pending
by Abruzzo · 2007-07-28 · 6 replies
😉BJR A TOUS JE SOUHAITE PARTIR AVEC MA FEMME A BALI POUR UN SEJOUR DE 15 JOURS QUEL VOYAGISTE PRENDRE CAR JE DESIRE A LA FOIS PROFITER DE LA PLAGE MAIS EGALEMENT FAIRE DES RANDOS RENCONTRER LES HABITANTS ET M INTERRESSE AUX DIVERSES CULTURES DU PAYS ENFIN FAIRE UN VOYAGE ENRECHISSANT JE SUIS A LA RECHERCHE DE CONSIEL ET SURTOUT DE SAVOIR LA MEILLEURE PERIODE POUR S Y RENDRE MERCI D AVANCE
Tarif du trajet en cable car à San Francisco? English translation pending
by Caro1980 · 2007-07-26 · 15 replies
Bonjour à tous,

Je chercher le coût pour un trajet en cable car à San Francisco.

Je sais que le pass de 3 jours coûtent 18$.

J'aimerais comparé le prix du tarif simple avec ce pass pour évaluer si ça vaut le coup de l'acheter.

D'avance merci à ceux qui pourront m'aider🙂
Gites ou hôtel à Gand et Anvers entre 60 et 80 euros (Belgique) English translation pending
by Nathalika · 2007-07-25 · 4 replies
Bonjour,

Je pars pour la Belgique la semaine prochaine, et je me cherche un gîte / chambre d'hôte et/ou un hôtel dans la ville de Gand et de Anvers, assez central. Mon budget est entre 60 et 85 Euros pour deux personnes. Avez-vous des bons plans à me conseiller.

Également est-ce que 2 jours à Gand et 2 jours à Anvers vaut le coût ou je serai mieux de me limiter à une journée chacune.

Merci en avance.
Evénement avec le prince de Thaïlande? English translation pending
by Enzo0511 · 2007-07-23 · 14 replies
bonjour

j'ai cru entendre un truc a la tele ce matin avec le prince de thailande

mais j'ai rate le debut et puis apres j'ai du eteindre

il se passe qqch avec lui de special ?
Avis sur itinéraire et budget pour quarante cinq jours en Amérique du Sud English translation pending
by TT75011 · 2007-07-22 · 12 replies
Bonjour à tous, Voila, voila, suite à de nombreuses demandes d'infos sur le forum, de nombreux échanges, j'ai finalement décidé de partir 45 jours en Amerique du Sud (Congés sans solde donc à prendre) et me faire une belle petite "ballade".

J'aimerais vous faire partager : - L'itinéraire - Le budget envisagé

Je suis à l'écoute de toutes vos remarques, vos conseils pour pouvoir finaliser les grosses mailles de voyage.

Je vous remercie donc tous pour vos remarques Amicalement,

Itinéraire :

16-avr Paris - Lima 17-avr Perou - Lima 18-avr Perou - Lima 19-avr Perou - Nasca 20-avr Perou - Arequipa 21-avr Perou - Canion del colca 22-avr Perou - Canion del colca 23-avr Perou - Arequipa 24-avr Perou - Vol Arequipa - Cuzco 25-avr Perou - Cuzco et la vallée sacrée des incas 26-avr Perou - Cuzco et la vallée sacrée des incas 27-avr Perou - Cuzco et la vallée sacrée des incas 28-avr Perou - Cuzco et la vallée sacrée des incas 29-avr Perou - Cuzco - Puno en bus 30-avr Perou - Tiwanaku / Sillustani (à côté de Puno) 01-mai Perou - Copacabana, Lac titicaca, Isla del Sol 02-mai Bolivie - Copacabana, Lac titicaca, Isla del Sol 03-mai Bolivie - Copacabana, Puis direction La Paz 04-mai Bolivie - La Paz 05-mai Bolivie - La Paz 06-mai Bolivie - La Paz Bus de nuit entre La Paz et Oruro 07-mai Bolivie - Oruro 08-mai Bolivie - Potosi 09-mai Bolivie - Potosi 10-mai Bolivie - Sucre 11-mai Bolivie - Sucre 12-mai Bolivie - Salar Uyuni et Sud Lipez 13-mai Bolivie - Salar Uyuni et Sud Lipez 14-mai Bolivie - Salar Uyuni et Sud Lipez 15-mai Bolivie - Salar Uyuni et Sud Lipez 16-mai Bolivie - Salar Uyuni et Sud Lipez (Fin du circuit à Tupiza) 17-mai Bolivie - Tupiza - Salta puis Vol Salta - Buenos Aires 18-mai Argentine - Buenos Aires 19-mai Argentine - Buenos Aires 20-mai Argentine - Buenos Aires 21-mai Argentine - Buenos Aires 22-mai Argentine - Buenos Aires 23-mai Vol Buenos Aires - Santiago 24-mai Chilie - Vol Santiago - Hango Roa (Ile de Pâques) 25-mai Ile de Pâques 26-mai Ile de Pâques 27-mai Ile de Pâques 28-mai Ile de Pâques 29-mai Chilie - Santiago du Chili Iles de Pâques / Santiago Vol Hango Roa - Santiago 30-mai Chilie - Santiago du Chili Santiago 31-mai Santiago du Chili - Paris

Budget :

Perou : 14 jours - 50€ par jour ==> 700€ Bolivie : 17 jours - 40€ par jour ==> 680€ Buenos Aires : 6 jours - 50€ par jour ==> 300€ Ile de Pâques : 4 jours - 90€ par jour ==> 360€ (dont 40€ de location de voiture par jour) Santiago : 4 jours - 50€ par jour ==> 200€

Divers : 500€

Billet d'avion Transatlantique : 1000€ (tarif 8 mois à l'avance)

Vol : Arequipa - Cuzco (Lan Peru) : 100€ (tarif 8 mois à l'avance) Vol : Salta - Buenos aires (Aer. Argentinas) : 100€ (tarif 8 mois à l'avance) Vol : Buenos Aires - Santiago (Aer. Argentinas) : 55€ (tarif 8 mois à l'avance) Vol : Santiago - Hango Roa (Aller - Retour) (Lan Peru) : 280€ (tarif 8 mois à l'avance)

Total 45 jours AmSud : 4275€
Où partir en octobre? English translation pending
by Paddy88 · 2007-07-21 · 7 replies
Bonjour,

J'ai une dizaine de jours de conges a prendre en septembre / octobre et je veux partir au soleil, mais je ne sais pas vraiment ou... je cherche un coin du genre thailande ou on peut barouder. pas de formule all inclusive, a moins que se soit vraiment recommande. j'ai pas envie de rester sur la plage a longueur de temps, mais plutot d'avoir des activites genre jet ski, rando moto...etc quelles destinations conseillez vous ?
Trois à quatre semaines en Inde English translation pending
by FloOw · 2007-07-21 · 4 replies
Bonjour,

J'ai pour projet de partir en Inde en janvier pour une durée d'environ 3 à 4 semaines.

J'aurai souhaité voyagé entre delhi et bombay durant cette période, mais je ne sais pas si c'est possible de le faire sans être trop stressé au niveau du temps.

Est-il plus judicieux de se concentrer sur une seule région pour un premier voyage ? Si oui, laquelle me conseillez-vous ? J'aime voyager sac au dos, je ne veux pas séjourner dans des hôtels chics et si je peux éviter les endroits trop touristiques, je le fais volontiers 🙂

Merci d'avance pour vos conseils !
Santa Barbara, ça vaut le détour? English translation pending
by Guylou · 2007-07-20 · 20 replies
Nous partons demain pour la Californie et nous nous demandons si un arrêt d'un jour à Santa Barbara vaut la peine? Y a-t-il quelque chose à y voir?
Vallée du Gange, Delhi-Benares en trois semaines English translation pending
by Kann · 2007-07-17 · 18 replies
Besoin de conseils (oui au plureil !!!). Nous partons 3 semaines en octobre : Destination Dehli ... après la vallée du Gange. Destination choisie par déduction : je connais le nord, j'ai peur que le Rajasthan soit trop touristique et ne suis pas du tout attirée par les plages du sud. Je suis par contre super tentée par Benares (Calcutta me fait un peu peur). En gros ça nous fait Dehli/ Benares en 3 semaines Aller/Retour. Ca vous parait jouable ? Que ne faut-il pas rater ? Quels moyens de transport (train, voiture avec chauffeur ??). Si l'un de vous a le conseil qui tue ... QU'IL PARLE D'avance merci ... au plaisir de vous lire
Hôtel Bavaro Princess à Punta Cana fin août? English translation pending
by MissdesIles · 2007-07-16 · 17 replies
bonjour🙂 nous allons partir en voyage de noces😊 le 25 aout 2007 pendant 2 semaines a punta cana a l'hotel bavaro princess nous aimerions savoir si des personnes sont deja parties là-bas et ce que vous en penser? nous voudrions aussi savoir le temps qu'il fait là-bas fin aout debut septembre merci d'avance
Différence entre l'Inde du Nord et du Sud? English translation pending
by Hôthman · 2007-07-16 · 5 replies
bonjour.

Voila un mois que je sillonne le tamil nadu et le karnataka. Mon plan etait de faire ensuite le Kerala mais je me dit que compte tenu de la meteo je risque d'etre un peu decu (je rentre en France fin aout, donc la mousson sera a peine fini).

Ceci dit une amie me propose de me joindre a elle pour explorer un peu l'inde du nord au mois d'aout. Le probleme est que ayant preparer un voyage exclusivement en inde du sud, je ne connais rien de l'inde du nord. Y'a t'il de grosses difference entre les 2 parties du pays notamment en terme de securite, cout de la vie, precaution de sante, temps de trajets...

De plus auriez vous quelques destinations phares au nord sachant que je n'aurais qu'une quinzaine de jour avant de retourner sur Chennai d'ou je decolle pour la France.

ca fait beaucoup de requete, je m'en excuse mais je ne voudrai pas voyager au nord sans etre un minimum preparer

Merci
Paludisme au Sénégal English translation pending
by Benitinho · 2007-07-14 · 13 replies
bonjour, je pars au senegal tout le mois d aout ( pleine saison des pluies ) on me conseille en traitement anti palu la malarone, mais c est hors de prix ( 150 euros par personne ) et surtout j ai entendu dire que la nivaquine suffisait amplement, est-ce vrai ????? Je crois egalement qu on trouve la nivaquine directement sur place cachet nivaquine rhone poulenc 5CFA piece, donc je me demandais si je devais tout de meme prendre un cachet la veille de mon depart et ensuite acheter la nivaquine sur place, ou bien attendre d etre sur place et commencer donc au senegal ????? Autre chose, hors sujet je pense, mais bon c est pour la bonne cause . Quoi prendre comme cadeau pour le senegal ??? je pense aux choses classiques, telles que stylos, livres, cahiers, vetements, bombons et quoi d autres . Je vous remercie tous d avance, Benitinho
Croisière dans les Caraïbes sur le Crown Princess English translation pending
by Somy · 2007-07-13 · 6 replies
Bonjour ! voila nous sommes a 7 jours de notre depart de New york pour la croisière sur Crown Princesse. Nous sommes super excité mais aussi quelque peu inquiet vu que celle ci est la première.

1) Question = Mon conjoint fêtera ces 45 ans sur le bateau, j' aimerais quelque chose de *diffèrent* je doit en faire la demande avant de partir ? ou sur le bateau ? pensez vous que des frais y seront important ?

2) Le retour ce fait a New york, arriver a 7.45 h Savez vous approximatif combien prends de temps la sortie et récupération des bagages ?

3) Nous prenons l' autobus pour le retour New york via Montréal . Savez vous combien approximativement coûte le taxi du Bateau a la gare ?

Merci !!
Hôtels à Ranomafana, Fiana et Antsirabe? (Madagascar) English translation pending
by Cmanu54 · 2007-07-10 · 18 replies
Bonjour, Nous sommes actuellement en train de rechercher des hébergements sur le centre de madagascar. Je voulais savoir si quelqu'un connaissait l'hotel 'Domaine nature' à Ranomafana, l'hotel du lac à Fiana et un hotel à antsirabe. Si vous connaissez d'autres hotels dans ces villes n'hésitez pas à me les indiquer. merci d'avance, cmanu54
Transit à Istanbul: descendre en ville depuis l'aéroport? English translation pending
by Genevois · 2007-07-08 · 7 replies
Bonjour à tous,

En octobre prochain, j'aurai quelques heures de transit à Istanbul en attente d'un vol pour Amman.

Ma question est la suivante :

Est-il possible de descendre en ville depuis l'aéroport, histoire d'aller manger un morceau, autrement que par la route afin d'éviter les incontournables bouchons ? J'ai vu qu'il y avait un métro, quelqu'un a-t-il déjà testé ? Conduit-il directement dans le centre et si oui en combien de temps ? Le site internet de ce métro est uniquement en turc ...

Si en plus de cela, quelqu'un a un bon tuyau pour un petit resto sympa, merci d'avance.

Laurent
Retour de l'hôtel Barcelo Punta Cana de 24 juin au 2 juillet 2007 English translation pending
by Carocasper · 2007-07-07 · 23 replies
Bonjour, voici un résumé de mon séjour au Barcelo Punta Cana du 24 juin au 2 juillet 2007. Si vous avez des questions, n'hésitez pas ! Caroline

Vol avec Air transat via St-Marteen, ce que nous ne savions pas (indiqué sur le billet mais très peu évident). Par contre le paysage en vaut la peine, wow, vraiment beau cette Île ! Environ 45 minutes entre l’aéroport et l’hôtel, check in rapide à l’arrivée et nos chambres sont prêtes. Plus ou moins de sourire de la part des gens mais bon service tout de même. La réception et tout le lobby sont très beaux et propres. Les corridors pour se rendre aux chambres (et il y en a des corridors puisque l’on peut se rendre par l’intérieur à n’importe laquelle des 795 chambres) sont par contre vraiment moins propres. Certains croiront que je suis chialeuse mais sincèrement c’est le plus gros manque de l’hôtel selon moi et mon conjoint car nous avons vu de grosses taches (chocolat étendu par terre, flaque de liqueur) et elles n’ont pas été lavées du séjour.

En arrivant à la chambre nous constatons que nous avons une chambre avec deux lits doubles alors que nous aurions préféré celle avec un lit King où les meubles sont plus récents mais bon c’est pas trop grave. Il y a un coffre-fort électronique qui fonctionne bien, un mini frigo remplit tous les jours (eau, bières liqueurs). La propreté de la chambre est ok sans plus mais nous savons à quel point les femmes de chambre travaillent fort donc nous sommes plus compréhensifs. Pendant toute la semaine nous avons laissé des petits cadeaux et 1$ à tous les jours mais cela n’a rien changé à la propreté.

La piscine est magnifique, très grande avec un bar dans l’eau. Il y a 3 jacuzzis (très chaud) près de la mer. La plage est splendide, très large, sable blond et beaucoup de chaises. Pas de problème pour avoir de l’ombre à cette période de l’année. L’eau est turquoise et il a beaucoup de vagues mais très acceptables, je dirais même agréables. Le site de l’hôtel est remplit de grands palmiers et de fleurs, c’est très beau. Il y a un trapèze et un mur d’escalade. La salle d’entraînement semblait bien. Il y a un café internet, un spa, une salle de jeu, un bar sportif et un très beau mini club pour les enfants. Pendant notre séjour, il y avait très peu d’animation et les familles avec des enfants soulevaient que c’était dommage car les enfants trouvaient parfois le temps long. À chaque soir, il y a un spectacle à l’agora. C’était bien mais cela manquait un peu d’interaction avec la foule.

Pour ce qui est de la nourriture, nous avons apprécié en grande majorité ce que nous avons mangé. D’abord le buffet ; il est bien, nous avons toujours trouvé quelque chose de bon (pâtes, poulet, poisson, légumes), par contre il y a très peu de fruits de mer. Le service est ordinaire, les serveurs semblent débordés. Pour les restos à la carte, lorsque tu arrives tu reçois des réservation déjà faite pour toi, 3 pour la semaine. Il est quand même facile de les changer à la réception et d’en ajouter lorsqu’il y a de la place. Pour notre part, nous y allions souvent à 4 alors que la réservation était pour 2. Le resto Le Tokyo est génial et très bons, le cuisinier fait la bouffe devant toi sur un grill. Le Paris est bien et nous avons trouvé que c’était le seul resto qui offrait un bon vin. Le Roma, resto italien, est super, le service est très courtois et la nourriture très bonne. Le Mexicain est à l’extérieur donc s’il pleut c’est un peu plate. Nous avons apprécié la nourriture là aussi et le service. Pour les autres restos, pas essayé mais les commentaires sont bons à part au El Marlin (fruits de mer) où les gens mentionnent avoir bien mangé mais n’avoir eu aucun service. Le Mexicain est aussi le snack 24 heures.

Les bars en général offre un bon service et il y a de très bons drinks, ils ont d’ailleurs de tout même du Baileys. Il y a une discothèque mais nous y sommes allés une seule fois et il y avait des jeunes qui se « frottaient » un sur l’autre donc on ne se sentait pas à notre place (nous avons 28 et 31 ans). Le casino est beau mais tout ceux qui y sont allé ont mentionné que les cartes et machines semblaient truqués pour ne jamais gagner.

Pour les excursions, nous avons choisi le Marinarium. Tu pars en catamaran (à moteur, pas de voiles) et tu vas nager un peu plus loin du rivage avec des requins nourrices et des raies, en plus de faire un peu d’apnée. Par la suite tu fais un peu de bateau qui s’arrête près d’une plage et tu te baignes pendant que les serveurs se promènent avec des drinks dans l’eau. Ils te servent des sandwiches pour manger. Nous avons apprécié l’expérience surtout parce que l’on était avec des personnes très sympathiques mais nous avons trouvé que c’était un peu cher (78 $ US) pour 6 heures en tout incluant 1 heure d’autobus pour y aller et 1 heure pour le retour. Apporter un appareil photo sous l’eau, ça vaut la peine avec les requins.

Apporter de l’argent américain et carte de crédit, c’est l’idéal. Amener vous beaucoup de petit change (1 $ surtout) car c’est difficile d’en avoir là-bas. Un soir il y a manqué d’électricité et d’eau pendant 4 heures, ce fut plutôt drôle mais en même temps pas évident puisque c’est un grand bâtiment avec plein de cages d’escaliers et de corridors. Les vendeurs sont VRAIMENT accaparants donc mettez des limites claires et surtout « dealez » avec eux et vous serez satisfait de vos achats.

En bref, nous avons apprécié notre semaine et le site de l’hôtel est super, par contre je n’y retournerais pas dû à un certain manque de propreté (je sais je suis un peu téteuse) et de service, je ferais l’essai d’un autre hôtel.
Travailler en France English translation pending
by Samisa · 2007-07-07 · 7 replies
Bonjour,

Je suis québecoise et j'aimerais bien pouvoir changer d'air et travailler à l'étranger. La france un pays que j'aime bcp me conviendrait

Est ce difficile d'y travailler? Comment s'y prendre? Je sais qu'il existe le permis travail-vacances mais il faut avoir 3000$ à sa disposition, ce que je n'ai pas moi Alors comme m'y prendre? Ah oui je suis enseignante niveau primaire Merci d'avance
C'est la vie... et c'est bien! English translation pending
by Hialle · 2007-07-06 · 16 replies
Quand ils naissent, c'est un grand bonheur. C'est nos bébés, nos enfants, nos petits. On sait qu'on ne les fait pas pour nous, c'est leur vie et qu'un jour, ils nous quitteront. Mais pfffffft, c'est dans longtemps. Il faut qu'il grandissent d'abord. Je veille dessus comme une mère poule sur ses poussins, mais avec un sixième sens. Ils sont nés, entiers avec bras et jambes, en bonne santé .... il ne peut plus rien leur arriver ...

Chaque nouvelle étape est une grande emotion mélangée de fierté. Les premiers mots, les premiers pas, les premiers jours d'école collège et lycée. Les premiers copains et copines ..... mais ils sont toujours là .... bien à la maison.

On essaye de leur donner des clefs pour qu'ils puissent ouvrir les portes qu'ils choisiront. Difficile souvent d'être parents, où est la juste mesure. Il parait que l'éducation, c'est l'amour et la loi ..... oui ... mais avec quel dosage. Trop d'amour tue l'amour, trop de loi ...

Alors on donne tout ce qu'on pense être du bonheur. Dans ce qu'on croit être une bonne nourriture pour aiguiser leur curiosité, on essaye de sortir un peu des frontières. On essaye d'enlever les oeillères. Alors les voyages, ahhh les voyages !!! partir à l'autre bout du monde avec nos petits, ça c'est du bonheur en barre, ça c'est un moment de vie précieux. Découvrir en même temps qu'eux d'autres horizons, d'autres hommes et femmes, d'autres habitudes, d'autres parfums, d'autres paysages. Plonger à la découverte de poissons multicolores, monter à dos de chameaux dans le desert, aller se perdre dans les montagnes sculptées de terrasses.

Pendant de longues années, on croit le temps infini, sans trop vouloir penser que les choses peuvent bouger.

Et nos petits grandissent, et des ailes leur poussent, et presque d'un coup, ils partent du nid.

On le savait, on s'y est préparé. Finalement, c'est aussi la preuve qu'ils marchent DEBOUT, tous seuls sans nous. Plus besoin des parents pour béquilles. Mais même en le sachant ..... cela fait quand même un sacré choc, et la nostalgie des vacances en familles remonte d'un coup.

Et aujourd'hui, un de mes "petits" part pour le Cambodge, et lundi, un autre de mes "petits" pour l'Inde ..... et c'est pas fini .....

A ceux qui partent avec leurs oisillons, savourez ces moments, même quand ils perdent un masque ou des palmes, c'est que du bonheur.

Après ..... c'est toujours du bonheur ..... mais plus tout à fait le même.
Eau fraîche en vélo English translation pending
by Davidmorales · 2007-07-05 · 13 replies
la bouteille ou le bidon d´eau dans deux vieux chaussettes. Si vous les maintenez mouillee, l´evaporation naturel refroide l´eau: plus chaleur et soleil, plus refroidement !!

Eau fraiche a midi, en plein ete a la route. Simple et efficient.
Thaïlande: une amulette pour conjurer les temps présents English translation pending
by Barbot · 2007-07-05 · 3 replies
Vu dans le courrier international .😉

THAÏLANDE, Une amulette pour conjurer les temps présents Depuis six mois, les Thaïlandais se ruent sur une médaille censée posséder des pouvoirs magiques. Une manne pour la ville méridionale de Nakhon Si Thammarat, centre du commerce de ces talismans à l'effigie d'une divinité légendaire. DR Fini Phuket et Koh Samui. La première destination touristique de Thaïlande aujourd'hui, c'est la ville méridionale de Nakhon Si Thammarat, située à plus de 700 kilomètres de Bangkok. Quatre vols quotidiens en provenance de la capitale y déversent un flux continu de visiteurs, essentiellement thaïlandais. Les autorités locales estiment à 1, 6 million le nombre de visiteurs en 2006, une charge considérable au vu de la modestie des ressources hôtelières.

Ce n'est pas le riche patrimoine historique de la ville qui attire les visiteurs, mais une amulette à l'effigie d'une divinité populaire appelée Jatukam Ramathep . Toute la Thaïlande s'est prise de passion pour ce talisman censé posséder des pouvoirs magiques, mais c'est à Nakhon Si Thammarat, où tout a commencé, que le paroxysme a été atteint. Un habitant sur deux porte la fameuse amulette.

Celle-ci est facilement reconnaissable. Elle ressemble à une médaille de bronze olympique, que l'on porte suspendue à une chaîne autour du cou. Il est impossible d'ignorer le phénomène. De grandes affiches placardées sur les immeubles font la publicité des derniers modèles. Des camionnettes équipées de haut-parleurs, qui annoncent ailleurs les matchs de boxe ou font la réclame d'un candidat local, diffusent ici des informations sur les nouveaux médaillons. Tout le long de l'artère principale, les étalages des échoppes regorgent de ces médaillons dans leur boîte en plastique, vendus entre 46 et 115 euros.

La mode du jatukam est une véritable aubaine pour Nakhon Si Thammarat et les temples bouddhistes qui bénissent les médailles. Les ventes et l'afflux de visiteurs ont rapporté plus de 231 millions d'euros. (Au niveau national, le commerce des amulettes représente environ 900 millions d'euros). La fièvre du jatukam rapporte tellement d'argent que le Trésor public examine la possibilité de créer une taxe sur les médailles afin de compenser la baisse de ses recettes fiscales liées au ralentissement économique du pays. "Le marché des talismans brasse des sommes faramineuses", explique Sanit Rangnoi, directeur général du Trésor.

Le commerce de ces amulettes a commencé en 1987 (certaines valent actuellement plus de 20 000 euros). Pendant longtemps, seule une poignée de médailles étaient vendues chaque année. La fièvre n'a commencé que l'année dernière. Bon nombre de passionnés du jatukam l'associent à un personnage contemporain, le commissaire Phantarak Rajadej, chef de la police locale, décédé en septembre dernier à l'âge de 103 ans. On lui attribuait des pouvoirs magiques et il a joué un rôle essentiel dans la construction du site sacré appelé City Pillar, où s'effectue l'essentiel des ventes de médailles. En février dernier, sa cérémonie de crémation a attiré des dizaines de milliers de personnes, certaines venues dans l'espoir d'obtenir un des talismans distribués à la foule en deuil.

Il existe une multitude de théories pour expliquer l'incroyable popularité du jatukam. On ne compte plus les témoignages de personnes disant avoir survécu à un accident de moto ou guéri miraculeusement grâce au pouvoir magique du talisman. Certains affirment que ce phénomène est symptomatique de la "crise que traverse le bouddhisme thaï", pour reprendre les termes du quotidien The Nation. Certains moines seraient prêts à oublier les préceptes de leur religion afin de retirer de juteux profits de la vente d'amulettes, qui dépassent de loin le commerce des babioles traditionnellement vendues dans les temples. D'autres disent que les Thaïlandais sont inquiets en raison de la situation politique troublée et du vieillissement de leur monarque bien-aimé, le roi Bhumibol Adulyadej , et se raccrochent de manière superstitieuse à des objets censés leur porter chance, ou du moins les protéger du malheur. Et puis, il y a l'enthousiasme de cette jeune femme, à City Pillar, qui essaie d'expliquer, avec ses rudiments d'anglais, à un farang [étranger] pourquoi elle est si heureuse d'être présente à la consécration d'une nouvelle amulette jatukam : "Elle vous donne tout ce que vous voulez."
Trouver un job à 19 ans en Australie English translation pending
by Pititolivert · 2007-07-04 · 6 replies
Bonjour à tous, Bon alors voila, je VEUX partir en Australie pour une année sabatique, qui devrait être ma deuxieme année en supérieur. Y a t-il des jeunes qui ont le même projet, qui sont dans la même galère ou ont trouvé celui qui leur correspondait, à savoir fille au pair, humanitaire, jobs...?! Tout conseil est vraiment le bienvenu.😕 A bon entendeur... Olivia
Retour de l'hôtel Iberostar Varadero (juillet 2007) English translation pending
by Rindi · 2007-07-03 · 10 replies
bonjour a tous,

voila, je suis de retour de mon sejour a varadero ou j'ai passe une tres belle semaine a Ibertostar varadero. pour ceux qui veulent savoir un peu plus sur l'hotel, voici mes qques commentaires:

il va sans dire que cet hotel est parmi les meilleurs a varadero, sinon peut-etre le meilleur. je dis cela parce qu'on a rencontre d'autres gens qui ont sejourne dans d'autres hotels ayant la meme cote et il s'est avere qu'ils n'ont pas vraiment aime, soit la nourriture ou le manque de vie... a Ibersotar, la nourriture est tres bonne, il y a un buffet et 3 restos a la carte dont le mediteraneen qui est excellent! j'ai aime plus ou moins le cubain parce que je n'en suis pas vraiment habituee. a votre arrivee, il faut reserver pour les restos a la carte pour avoir de la place. il y a 4 bars dont un dans l'une des 4 piscines (ou il y a egalement un jaccouzi), un sur la plage, un en face du lobby ou on peut s'asseoir et ecouter des musiciens ( du piano ou d'autres instruments )et un dans le theatre. tous les soirs, il y a un show au theatre, chaque jour un theme different, ces themes sont affiches dans le couloir menant au resto buffet, donc vous aurez droit a des chants, des danses, des jeux... c'est vraiment interessant et beau a regarder, surtout les costumes des danseurs... a part ca, il y a un magain de souvenirs, un autre ou on vend de l'alcool, cigarettes, chocolats... et le dernier je n'y suis pas allee mais on y vend des colliers, bracelets...

vous pouvez achete egalement des souvenirs artisanals tres jolis, des vendeurs qui viennent a l'hotel ou sur la plage.

pour ce qui est de la plage, elle est tres belle, les gens reservent tot leurs chaises de plage on y mettant leurs serviettes dessus donc ne prenez pas du retard si vous voulez avoir un palapa, la semaine ou j'ai ete, il y a avait bcp de monde mais je n'ai jamais manque de chaises. il y a bcp d'activites que vous pouvez faire pendant la journee, des lecons de danse, snorkling, diving, yoga... vous pouvez aussi faire partie d'une equipe qui joue au baseball dans une des piscines. vous pouvez faire du kayak, pedalo, canot, vous pouvez faire un petit tour d'avion a voile ( je ne sais pas si c'est le vrai nom 😐). les piscines ferment a 19h pour les nettoyer.

c'est un hotel ou il peut y avoir bcp d'enfants.

a la plage, il y a un bar, on fait aussi du hamburgers, saucisses...

le check-in est aux alentours de 16h donc, prevoyez quand vous reservez de ne pas arriver tres tot sinon vous devez attendre ou mieux encore prevoyez d'avoir avec vous vos maillots de bain pour passer le temps.

les chambres sont belles, spacieuses, nettoyees tous les jours, il peut y avoir certaines manque de la part des femmes de menage (je vous parle de ma propre experience), mais en general, on a eu un bon service, si vous etes genereux dans le pourboir, vous allez avoir droit a qques decors exotiques dans votre chambre ou dans la salle de bain (arrangements de serviettes et des fleurs 😛 ) . l'eau embouteillee ainsi que le mini bar sont changes aux 2 jours. vous aurez un coffre de securite gratuit.

on avait un chambre au 3eme etage avec un balcon et une tres belle vue! c'est vraiment un grand site, vous pouvez vous sentir perdus le premier jour mais vous finirez par vous rendre compte que tous les chemins menent a rome 😎

il y a egalement un spa en face de l'une des 4 piscines (massage, coiffure, manucure...), un petit gym, vous pouvez jouer au ping-pong, billiard, il y a des terrains de tennis, de mini-goal (football) / basket.

si vous voulez aller a la havane, ce sera peut etre mieux d'aller seuls et non avec les tours organises, nous on avait pris un tour guide mais c'etait trop rapide et en plus on avait pas fini notre tour comme il le fallait parce qu'il pleuvait! on avait fait aussi du aquaray (conduire vous-meme votre petit bateau rapide dans l'ocean pendant 2h), c'etait excitant!! demandez au kiosque des excursions pour plus d'infos. on avait pris le bus pour aller au centre de varadero pour 2 pesos par personne, un taxi vous chargera plus cher, et en plus on etait seuls dans le bus exactement comme dans un taxi.

Marchandez autant que vous pouvez pour acheter ce que vous voulez. n'achetez pas des cigares n'importe ou, dans les rues par exemple, ils peuvent etre de faux cigares ou des vieux cigares, surtout si le prix n'est pas cher, le prix normalement varie de 3 pesos - 20 pesos pour un seul vrai cigare.

donc voila, je crois que j'ai fait le tour pas mal, si vous avez d'autres questions a savoir, ca me fera plaisir de vous repondre, je metterai bientot qques photos, mon mari en a pris plus que 1000 photos 😏

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Les fameux temples de Nan (Thaïlande) English translation pending
by Nanyouth · 2007-07-02 · 17 replies
NAN La ville de Nan baigne dans une atmosphère tranquille, presque somnolente, en tout cas bien provinciale. Comme la plupart des vieilles villes Lanna, elle n'a plus ses murailles, ce qui est bien triste car elles étaient décrites, par Reginald Le Mayas en 1914, comme étant « hautes, construites en briques rouges et en bien meilleur état de conservation que d’autres villes du Nord. »

Wat Phumin : A lui seul il justifie presque de faire un voyage à Nan. C’est sans conteste le plus beau des temples de la ville construit, de plus, dans un style inhabituel. Il est localisé sur Pha Kong road juste au Sud de la jonction avec Suriyaphong road. Fondé en 1596 par le souverain de Nan, Chao Chetabutprohmin, il doit sa forme actuelle à une rénovation consciencieuse effectuée de 1867 à 1875 sous le règne de Chao Anantaworaritthidej. Ce long travail fut largement fêté par deux semaines de cérémonies religieuses et de tirs de fusées. Architecturalement parlant, le temple est cruciforme avec son axe principal orienté Nord - Sud et une curieuse toiture. Comme beaucoup de temples des vallées de la Nan et de la Yom, le viharn et l’ubosot sont combinés dans ce seul bâtiment. Il y a des entrées à chacun des quatre côtés, mais celles côté Nord et Sud disposent d’une plus longue approche, défendues sur les côtés par des balustrades de nagas. Ici aussi on est frappé par les deux nagas parallèles qui donnent l’impression d’onduler droit vers le bâtiment. Chaque entrée est surmontée par un mondop assez élaboré (soulignant le fait que ce temple fut fondé par la dynastie royale de Nan), dotée de portes finement sculptées, de motifs de la vie forestière de style Lanna au Sud et à l’Ouest, de fleurs au Nord et de gardes-démons chinois à l’Est. L'intérieur du wat est tout simplement remarquable. La structure du toit est supportée par douze piliers de teck décorés d’or sur de la laque noire et rouge et des motifs d’éléphants. Le plafond est également finement décoré. Au centre, et suivant le thème cruciforme, un imposant Bouddha à quatre faces identiques surmonté d’une fleur de lotus est posé sur une sorte d’autel carré. La forme des oreilles et du nez démontre l’influence Lao. A côté de cet autel se trouve un magnifique thammat (chaire). Les peintures murales intérieures méritent une grande attention. Peintes peu après la rénovation du bâtiment fin du 19ième siècle, elles représentent deux des contes du jataka - le Khattana Kumara Jataka sur le mur Nord et le Nimijjataka sur le mur Ouest - ainsi que des scènes de la vie de Bouddha. Toutes ont un style assez particulier s’éloignant du style classique habituel et sont assez proches des peintures murales du Wat Phra Singh de Chiang Mai. Toutefois le cadre est, ici, celui de la culture et de la vie journalière des Tai Lü. Les deux scènes les plus célèbres sont de plus grandes dimensions que la plupart des peintures murales : un homme chuchotant dans l'oreille d'une femme (sur le côté Sud de la porte Ouest) et la représentation peinte sur le flanc de la porte Sud, présumée être celle du roi Chao Anantaworaritthidej. D’autres peintures grandeur nature figurant de chaque côté de la porte d’entrée principale sont d’influence chinoise (manière d’indiquer les origines des Tai Lü). L'inclusion de scènes avec des occidentaux fait probablement référence à l'arrivée des Français à qui l'Est de la région de la vallée de la Nan fut cédé en 1893. Cela indique aussi qu'au moins quelques-unes des peintures datent des années 1890.

Le Musée National : Le Wat Phumin est un élément d'un petit groupe de sites au centre de Nan, tous très proches les uns des autres, ce qui facilite les visites ! Ainsi de l’autre côté de la Suriyaphong road se trouve le Musée National. Il est installé dans un ancien palais, le « ho kham », construit en 1903 par le souverain local Phra Chao Suriyaphong Pharitdej. L'entrée se trouve sur la Pha Kong road. Aussi bien historique qu’ethnographique, le musée présente aussi diverses représentations de Bouddha de style local mais la curiosité du musée est la curieuse défense d'éléphant de couleur noir de fin du 17ième siècle. Elle pèse 18 kilos, mesure 94 centimètres de long et est bizarrement montée dans les bras d'un magnifique garuda de bois sculpté peint.

Wat Ming Muang : A quelques 200 mètres à l’Ouest le long de la Suriyaphong road, sur le côté, se trouve le Lak Muang (pilier fondateur de la ville) qui doit être vu à cause de sa forme inhabituelle. Dressé dans un petit pavillon juste en face de l’entrée Est du Wat Ming Muang, c'est un linga dédié à Shiva avec quatre faces au sommet aussi appelé mukha linga. C’est un exemple intéressant sur la manière dont les animistes ont intégré un symbole brahmanique tout à fait étranger. Le viharn moderne situé à l’arrière est complètement couvert de stucs « rococo » de très mauvais goût.

Wat Hua Khuang : Côté Nord du musée, au coin de la Pha Kong road et de la Mahaphrom road, se trouve un temple quelque peu négligé. Le corps du bâtiment qui fait face au Sud présente un viharn combiné avec un ubosot, caractéristique particulière de plusieurs temples de la région de Nan. Il fut construit à peu près à la même époque au cours de laquelle le Wat Phumin fut restauré (+- 1860). Les décors en bois sculpté du pignon furent rajoutés ultérieurement. Le fronton mérite l’attention avec son dessin floral, qui suit le cadre triangulaire, et ses lotus. A remarquer également les balustrades de makara-naga qui s’étendent le long des galeries latérales au lieu de le faire vers l’avant. A l'intérieur, la principale statue de Bouddha, de style Sukhothai, est une copie du Chinnarat Bouddha de Phitsanulok. Nan subissait l’influence des modèles de style Sukhothai. Derrière le viharn-ubosot, sur le côté Nord, un fin chedi se dresse sur une haute base de forme carrée. La partie supérieure est décorée de niches et de statues thewada aux coins. Les toitures sont d’influence Chinoise. Sur le côté Ouest se trouve un joli ho trai dont la partie supérieure est décorée de boiseries.

Wat Phra That Chang Kham Vora Viharn : Sur le côté Est de la Pha Kong road, en face de l'entrée de musée, se trouve « Le monastère de la relique supporté par des éléphants » dont les entrées se trouvent sur Mahaphrom road et Suryaphong road. Comme au Wat Phumin et au Wat Hua Khuang, les principaux bâtiments monacaux font face au Sud, mais cet important temple à ses caractéristiques propres. Le chedi porte le nom de « chang kham » et donne donc son nom au temple qui fut construit en 1406 et a fait l’objet de multiples restaurations. Sa base carrée comporte vingt-quatre éléphants - six sur chaque côté - supportant le chedi. Le style de ces éléphants, qui dans la mythologie bouddhiste supportent le Mont Meru, provient du Sri Lanka via Si Satchanalai (ville sœur de Sukhothai) et ressemble fortement à ceux du Wat Chang Lom de cette localité. Côté Sud du chedi se trouve le principal viharn du wat contenant plusieurs statues de Bouddha dont deux très jolies en bronze de style Sukhothai et qui datent des années 1426-1427. Ces Bouddhas faisaient partie d'un ensemble de cinq statues commandées par le roi Ngua Ran Pha Sumo. L’une se trouve au Wat Na Pang et les deux autres au Wat Phaya Phu tout proche. A côté de ce viharn et face au Sud, un plus grand bâtiment avec une galerie extérieure, de style Rattanakosin de Rama III, comporte un fronton avec un garuda polychrome. Ce n'est pas un viharn, comme on pourrait logiquement le croire, mais bien le plus grand ho trai de Thaïlande. Il contient un Bouddha de bronze, marchant, de style Sukhothai. Il est connu sous le nom de Sri Sakyamuni Bouddha. Au Nord du principal chedi se trouve un petit viharn, orienté à l’Est, qui contient les restes de Chao Anantaworaritthidej, le souverain de Nan qui a rénové le Wat Phumin et construit le Wat Hua Khuang. De style local et sans portique, son pignon de bois est décoré de panneaux rectangulaires.

Wat Phaya Phu : Pour voir les deux autres Bouddhas marchant faisant partie de l’ensemble du 15ième siècle, dirigez-vous vers l’Est en suivant la Suriyaphong road. Deux blocs plus loin tournez à droite à la jonction avec la Sumonthewarat road, encore 200 mètres et à votre droite ne ratez pas la petite Phaya Phu road, le wat est sur votre droite à 100 mètres. Le temple original fut construit en 1413 par le roi Phaya Pu, le souverain de l’époque. L'ubosot est sur la gauche, il contient la plus grande statue de Bouddha de la province et cette fois il est du style Chiang Saen. A droite, le viharn qui abrite les deux statues de Bouddha, dont question plus haut, qui encadrent une plus grande statue. Les deux Bouddha marchent tout en exécutant un abhaya, l’un avec la main gauche, l'autre avec la droite. Ce viharn, chose inhabituelle, est orienté vers l’Ouest et la porte est sculptée avec des ogres comme gardiens connus localement sous le nom de yamatut. D’autres sculptures représentent la lutte de deux démons, un démon sur un singe, la lutte de deux singes …

Wat Suan Tan : Quelques 400 mètres au Nord du musée et du Wat Chang Kham sur la Pha Kong road se trouve le Wat Suan Tan et son chedi de 40 mètres construit dans le style Sukhothai et surmonté d’un bourgeon de lotus modifié dans sa forme actuelle en 1914. Le viharn qui est en face de l'entrée Est contient le Phra Chao Thong Thip, Bouddha de bronze de style Sukhothai, assis dans la position du bhumisparsa. Il fait 4, 10 mètres de haut et est supposé avoir été commandé par le roi Tilokaraj de Chiang Mai suite à sa conquête de Nan en 1449.

Wat Phaya Wat : Ce monastère, situé au Sud-Ouest de la ville est particulièrement connu pour son chedi de style Mon. Pour y arriver il faut rejoindre la route 101 en suivant la direction de Phrae et 1 kilomètre au Sud de la jonction avec la Suriyaphong tournez à droite sur la route 1025. Le wat est à 300 mètres sur votre gauche. Derrière le viharn moderne se trouve une pyramide en briques dressée suivant un plan carré. C’est une copie du Chedi Mahapol du Wat Ku Kut de Lamphun. Comme les chedis similaires du Wat Chedi Liam proche de Chiang Mai et du Wat Haripunchai au centre de Lamphun, il fut construit probablement au 17ième ou au 18ième siècle donc bien après l’occupation de la région par les Mon. Comme à Lamphun, chacun des cinq gradins dispose de trois niches sur chaque côté abritant des statues de Bouddha debout. Derrière le chedi une section bien conservée de l’ancienne muraille de Nan.

Wat Phra That Khao Noi : Un peu plus de 2 kilomètres plus loin à l’Ouest sur la route 1025 la route s’élève sur une colline isolée. Au sommet se trouve le Wat Phra That Khao Noi, qui offre peu d’intérêt architectural. Ce qui attire, si le temps est clair, ce sont les belles vues sur la vallée. EN DEHORS DE LA VILLE Wat Phra That Chae Haeng : Ce wat se trouve de l’autre côté de la rivière Nan, sur une colline au Sud-Est. Pour y arriver il faut traverser le pont au bout de la Mahawong road et suivre la route 1168 sur 2 kilomètres. Il fut fondé aux environs de 1354-1358 par le maître de la vallée, le roi Chao Phraya Kan Muang, à une époque où la capitale était Pua dans le Nord. Peu après, en 1359, la capitale fut déplacée ici et renommée Phu Phiang Chae Haeng. Elle est restée ici sur la rive Est de la rivière Nan jusqu’en 1368 quand elle fut à nouveau déplacée, vers son emplacement actuel de l’autre côté de la rivière, par le nouveau roi Chao Pha Kong. Le Wat Phra That Chae Haeng est alors tombé en désuétude et en ruine. Ce n'est qu’en 1454 que le chedi fut reconstruit. L'approche de son enceinte se fait, exceptionnellement, par l'Ouest, et est flanquée de deux grandes balustrades de naga de 100 mètres de long ajoutées en 1806 par Chao Atthawon Panyo et restaurées début du 20ième siècle. Avant de passer les hautes murailles du temple, entrez dans le bâtiment situé à votre gauche. C’est le viharn Saiyat qui abrite un Bouddha couché de 15 mètres de long et dont la tête est orientée au Sud-Est. Entrez maintenant dans le temple par la petite porte Ouest située devant un bodhi tree (arbre). Le chedi de 55 mètres se dresse devant vous entouré par un mur crénelé protégeant les lieux sacrés. A droite, faisant face à l’Ouest, le viharn aux murs massifs percés par de petites fenêtres et avec une toiture à 3 niveaux est construit en style local. Huit nagas entrelacés, en stuc, décorent le fronton blanchi à la chaux des deux entrées. A l'intérieur un grand Bouddha, assis, est entouré par de plus petites statues. Derrière le chedi, dans le coin Nord-Est de l’enceinte, le Mondop Phra Than Chai, ouvert sur ses cotés, contient diverses représentations de Bouddha dont le Phra Chao Thau Chai. Face à trois petites statues de Bouddha on trouve une empreinte du pied de Bouddha et la statue d’un ermite réputé pour ses compétences médicales.

LA VALLEE INFERIEURE Au Sud de la ville, la rivière Nan coule vers Uttaradit pour rejoindre la Yom et la Ping à Nakhon Sawan. Le cours de la rivière est interrompu par le barrage Sirikit près du village de Tha Pla.

Wat Bun Yeun : La petite ville de Wiang Sa est localisée à 26 kilomètres au Sud de Nan sur la route 101 vers Phrae. Wat Bun Yeun est ici, avec son grand ubosot combiné au viharn, doté d'une toiture à quatre niveaux supportée par de grands piliers massifs. Le wat fut déplacé ici en 1784 car son emplacement original était complètement encombré par un … marché matinal. En 1797 le souverain de Nan, Chao Attavorapanyo, a construit le viharn face au Nord suivi en 1800 par une statue de Bouddha debout et en 1802 par le chedi arrière. A remarquer la porte principale recouverte de panneaux censés avoir été faits, en 1789, par un membre de la noblesse de Chiang Khong. Avec Brahma, à gauche, se tenant sur un lotus (symbolisant sa naissance) et Indra, sur la droite, debout sur éléphant habillé en style laotien. A remarquer également des Naga polychromes typiques des vallées de la Nan et de la Yom. Le bâtiment fut restauré en 1933.

LA VALLEE SUPERIEURE La vallée supérieure de la Nan a considérablement plus d'intérêt que la vallée inférieure avec quelques temples Tai Lü attrayants et de magnifiques paysages de montagnes le long de la frontière Laotienne. L’itinéraire principal qui mène hors de la ville est la route 1080 et en combinant celle-ci avec la route 1081 vers l’Est il est possible de faire un circuit qui peut prendre plus d’une journée en fonction des arrêts tout au long du chemin.

Wat Nong Bua : Très joli temple Tai Lü de village, le wat fut construit en 1862 et contient des peintures murales exécutées dans le même style que celles du Wat Phumin, peut-être par les mêmes artistes. Situé à 40 kilomètres au Nord de Nan il faut, pour y arriver, prendre la route 1080 vers le Nord et juste après la borne kilométrique 39 à Ban Fai Mun prendre à gauche. Après 500 mètres, au carrefour en T, prendre à droite et poursuivre sur 300 mères avant de tourner à gauche. La route traverse un pont sur la rivière Nan et au carrefour en T il faut prendre à gauche. Encore 2 kilomètres et vous arriverez dans le village de Ban Nong Bua. 100 mètres après un virage serré à gauche, près d’un pont, vous verrez le temple sur votre droite. Le viharn est intéressant avec l’extension de son porche et sa toiture à deux niveaux qui couvre partiellement des parties de fenêtres et le pignon du corps du bâtiment qui paraît avoir été ajouté ultérieurement et donne ainsi l’exceptionnelle impression qu’il y a …deux pignons ! Cela est dû au fait que le portique est traité d’une manière différente de celui du corps de bâtiment et est du même style que l'ubosot. Le fronton est décoré de boiseries sculptées de plantes grimpantes entourant une forme, simplifiée, de tigre tandis que le fronton principal du niveau supérieur est décoré de motifs floraux géométriques fixés sur des panneaux rectangulaires auxquels restent encore quelques mosaïques de verre. A remarquer, car très exceptionnel, le fait que les pointes des toits ont des formes d’éléphants en lieu et place des classiques garuda. A l'intérieur, les tung (bannières) Tai Lü pendent des piliers de teck et la principale statue représente Bouddha en position bhumisparsa. Les peintures murales illustrant des scènes du Chanthakhat Jataka ont été exécutées quelques années après que le bâtiment ait été construit, entre 1867 et 1888, et sont peintes dans le style Tai Lü. Malgré de gros dégâts provoqués par l’eau, de nombreuses scènes restent intactes comme par exemple deux femmes dans un howdah sur le dos d'un éléphant, une scène de vie au palais, le chargement d’un bateau avant son départ en voyage, une scène de bataille avec des éléphants … Les panneaux du plafond, entre les piliers de soutien de la toiture, sont peints et divisés en grands losanges de diamant. A gauche du viharn se trouve un petit ubosot dont le fronton est sculpté avec deux garuda, des plantes grimpantes et des singes. L'atmosphère paisible du village, qui peut être appréciée depuis les zones ombragées autour de la base du grand arbre (lamyai) devant le viharn, fait partie de l'attrait du wat. Le village, habité par des Tai Lü qui migrèrent du Yunnan (Chine) en 1836, est réputé pour ses tissages. Autrefois, chaque maison avait son propre métier à tisser sous le bâtiment, entre les piliers de soutien. Actuellement les tisserands sont regroupés en coopérative. Chaque année se déroule trois jours de fêtes Tai Lü (le Khao Kaun Muang La) pour honorer les esprits tutélaires. En continuant la route 1080 jusqu’à la petite localité de Tha Wang Pha et ensuite sur 16 kilomètres vers le Nord on arrive à Pua qui était l'emplacement original de la capitale de la vallée de la fin du 13ième siècle jusqu’au milieu du 14ième siècle.

Wat Ton Laeng : Arrivé au marché, tournez à gauche pour quitter la grand route de Pua, continuez sur 600 mètres, pendre à droite et après 300 mètres prendre la route à gauche laquelle, après 1 kilomètre, atteint ce temple de style Tai Lü traditionnel. Construit il y a environ 200 ans il ne se compose que d’un seul bâtiment monacal - un viharn-ubosot combiné - d’architecture assez différente, mais intéressante, de celle rencontrée normalement dans la région Lanna. La toiture à deux niveaux est recouverte de tuiles de bois. L'intérieur, qui abrite le Bouddha Luang Pho Mahani Khotareuk et un très beau thammat, est décoré de tung (bannières) de style Tai Lü.

Wat Phra That Beng Sakat : De l’autre côté de la route, sur une petite colline, se trouve un temple qui aurait été fondé en 1283. Les panneaux de la porte de devant du viharn sont sculptés avec deux scènes de bataille du Ramayana . L’une représente le combat d’un singe contre un démon, l'autre un singe contre un homme. Le paysage de la base est clairement d’influence chinoise. Les panneaux de la porte Nord sont sculptés plus grossièrement, dans un style local, avec une intéressante manière de traiter la représentation de l’écoulement de l’eau et des poissons sur le panneau droit. Sur le côté Sud il y a encore des scènes du Ramayana, avec, sur le panneau de droite, Rama debout sur Hanuman.

Wat Nang Daeng : Continuez vers le Nord le long de la route 1080 et juste après la borne kilométrique 71 tournez à gauche pour arriver au village de Chiang Klang après 4 kilomètres. Continuez encore 2, 5 kilomètres et face à l’école qui se trouve à votre droite, tournez à gauche et poursuivre sur 500 mètres le chemin qui vous mène dans le petit village de Ban Nong Daeng. Le Wat Nong Daeng, un autre temple Tai Lü, est à 100 mètres en bas à votre gauche. Son viharn, comme au Wat Ton Laeng, est essentiellement Tai Lü, avec d’élégants bardeaux de bois de la toiture à deux niveaux. A noter la forme exceptionnelle du cho fa qui combine un cygne et un éléphant (les deux animaux nobles des Tai Lü) dans un oiseau hasadiling mythique. Les pignons sont décorés de pétales de fleurs sculptées dans des formes rectangulaires tandis que le petit miroir central est purement Chinois et est destiné à éloigner les mauvais esprits. L'intérieur est caractéristique avec les tung tissés qui pendent du plafond et qui sont maintenant mieux éclairés qu’à l’origine depuis que les fenêtres ont été agrandies lors de la restauration des lieux. La principale statue représente Bouddha assis sur un socle nak ballang de style Tai Lü (un trône encerclé par deux naga). Le mur arrière est décoré avec une peinture murale des Trois Mondes. Ce temple a été déplacé à plusieurs reprises mais date originalement de 1787. Le plus petit ubosot, près de l'entrée, a été construit en 1955.

Bo Luang : Au Nord de Chiang Klang, la route grimpe dans les collines, tournant progressivement vers l'Est pour suivre le cours de la Nan supérieure. Environ 45 kilomètres après Thung Chang (135 kilomètres de Nan), un point de contrôle militaire marque la route vers la frontière du Laos. Un marché s’y tient le week-end et attire beaucoup de monde. La route 1081 étroite et sinueuse continue vers le Sud et la source de la Nan et Bo Luang. Cette petite ville est connue pour son sel, autrefois denrée très rare dans cette région. Il y avait deux puits d’extraction et, d’après les chroniques, la production atteignait, au 15ième siècle, 850 tonnes utilisées comme un tribut au Roi Tilokaraj de Chiang Mai.
Conduire en Thaïlande: trop simple! English translation pending
by Romain159 · 2007-07-01 · 15 replies
Vous en pensez quoi ?
Témoignages 1,2,3,4: Le souvenir pour survivre (Cambodge) English translation pending
by Rogerbarthas · 2007-06-28 · 18 replies
Temoingage1 sur l'entrée des khmers rouge à Batambang Modifier | Supprimer | Citer | Répondre Avril 1975 . Battambang Il est des jours où tout bascule, où un fait presque anodin se révèle d’une importance capitale. Il est des jours qui tuent l’émotion et son expression, il reste alors le souvenir, les souvenirs enfouis, cachés, qu’il faut faire remonter à la surface pour les transformer en mémoire. Il est des jours qui succèdent à des jours qui blessent et qui blessent encore et vous conduisent à une mort lente. Il est des jours qui tuent violemment, un membre de votre famille, un camarade de classe, un ami, un voisin. Il est des soirées où les senteurs de la nature s’imprègnent d’autres odeurs inconnues jusqu’alors, celle de la souffrance d’un peuple et où les bruits familiers des insectes dans les arbres se conjuguent avec les cris de la faim et s’assourdissent dans le silence du désespoir. Ce matin là, je me rendais au lycée comme à l’habitude. J’étais en classe de Terminale Littéraire après avoir échoué, l’année précédente un Baccalauréat Scientifique. La nuit n’avait laissé que peu de place au sommeil ponctué des bombardements et autres tirs de roquettes, auxquels, hélas, nous nous étions habitués et qui se calmaient aux premières lueurs de l’aube. En journée, la vie était presque normale, à l’exception de ces très jeunes enfants que nous voyions mendier dans les rues et des flots de réfugiés qui venaient depuis quelques mois grossir la population de la ville. La ville représentait un espace de sécurité, mais aussi de misère, car ces nouvelles populations avaient fui le théâtre des combats. Combien parmi eux avaient-ils déjà été frappés par la mort d’un proche, la destruction de leur maison ? Ils venaient s’entasser le long de la rivière, bâtissaient des habitats de fortune, connaissaient la malnutrition et attendaient certainement, avec cette patience propre aux asiatiques, des jours meilleurs. Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’au delà de mes difficultés, les leurs étaient bien plus grandes. Certes, je n’étais pas au paradis, mais j’habitais dans une maison en parpaing, j’avais un lit que je partageais avec Nat, la bonne de ma tante Sam Saoun et de mon oncle Kheo, je mangeais à ma faim, mais jamais avec le reste de la maisonnée. Mes cousins et cousines, Smakly, Nany, Rithy, Kahna et Raymonaa mangeaient avec Saoun. Kheo, qui était agent des douanes, avait été muté à la frontière vietnamienne, et le seul qui aurait pu contrer les penchants de cette méchante femme, était bien trop loin pour m’aider en quoique ce fut. Si à l’époque j’avais lu « Les misérables » de Victor Hugo, j’aurai pu me surnommer Cosette, mais étant depuis ma naissance habituée aux difficultés, j’avais acquis à la fois la carapace suffisante et la volonté de réussir mes études pour faire face à tous les signes d’in affection que me prodiguait généreusement la tante Saoun.

Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.

J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !

De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.

J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.

Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.

Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?

Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.

Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…

Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-��tre vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.

Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.

La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.

Temoignage 3 Reang Keesei

Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.

Le cheval blanc m’avait laissé.

Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation

Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
Bons plans pour l'Afrique du Sud? English translation pending
by Celinui31 · 2007-06-27 · 2 replies
Bonjour à tous,

je suis en train de préparer mon voyage de noce en Afrique du Sud (3 semaines fin octobre-début novembre) et je suis fana de vos conseils sur certaines étapes.🙂

Nous allons faire un circuit axé sur les plongées et les parcs: johburg-Drakensberg-Durban-Hluhluwe-Sodwana bay-Ste Lucie-Ponta de oro-Tofo (Mozambique)-Kruger-Blyde canyon (en petite voiture de loc) puis envol vers Cape town. Cela est-il raisonnable sur 24 jours? De durban à Ponta de oro on passe par une agence de plongée (afrique découverte, vous connaissez?) qui prend tout en charge. Mais pour les autres etapes j'ai qqs questions: Drakensberg: quel est meilleur endroit pour dormir afin de faire qqs balades? Ste Lucie: est ce que le parc vaut le détour pour 1 journée depuis Sodwana bay? Kruger: Olifants et Lower Sabie sont-ils de bons choix? Blyde Canyon: où dormir aux alentours? Cape town: hormis Table mountain que nous conseillez vous sur 4 jours?

Merci beaucoup pour vos conseils!
Thaïlande: chronique siamoise: je t’aime moi non plus English translation pending
by Dragonrouge2 · 2007-06-26 · 66 replies
valable aussi pour les touristes et "résidents non résidents "

😉 DR

Xavier Galland
http://www.gavroche-thailande.com/articles.php?sujet=125

Les Occidentaux qui décident de venir s'installer en Thaïlande, ou qui choisissent d'y demeurer après que le contrat de travail qui les y a envoyés a expiré, ont tous un point commun d'une évidence quasi-lapalissadesque: ils aiment ce pays.

Mais aimer un pays ne veut pas dire ne lui trouver que des charmes, ne lui voir que des qualités, ne lui reconnaître aucun point négatif. Si certaines attitudes des Thaïlandais, certains comportements, certaines façons de faire ou de voir ne nous plaisent pas forcément toujours, nous les acceptons en général de bonne grâce, conscients que nous sommes que leur nombre est bien inférieur à celui des attitudes, comportements et façons de faire ou voir qui nous charment au plus haut point. Il n'en reste pas moins vrai que ces côtés négatifs de la Thaïlande existent bel et bien, qu'ils nous énervent parfois et qu'il serait ridicule de prétendre en faire abstraction. Et même si un farang vivant en Thaïlande est beaucoup plus souvent du «bon côté du manche» que du mauvais, il paraît sain qu'il puisse extérioriser ses frustrations afin qu'elles ne s'accumulent pas outre mesure au point de supplanter son plaisir et lui donner envie de partir. Après tout, ce n'est pas parce que des gens moins chanceux que moi ont des inondations chez eux que je n'ai pas le droit de déplorer le fait que mon robinet fuit. Ils sont à plaindre et je ne le suis pas, certes, mais j'en conserve tout de même le droit de regretter mes petits désagréments quotidiens. C'est pourtant une opinion que nos amis thaïlandais ne semblent pas partager. A leurs yeux, un étranger est forcément mieux loti qu'eux et qu'il ait l'outrecuidance de dire quoi que ce soit qui puisse, de près ou de loin, passer pour une plainte leur est insupportable et est immédiatement imputé au fait que: «Tu ne comprends pas la culture thaïe.» La règle d'or est donc de ne jamais, JAMAIS, JAMAIS, proférer la moindre critique, fût-elle infime, à l'encontre de la Thaïlande même, et surtout, si l'on vous le demande expressément. Quelqu'un qui tient absolument à savoir ce que vous pensez de son pays au point de vous dire «Réponds-moi franchement, hein! Dis-moi vraiment ce que tu penses» est manifestement quelqu'un pour qui l'image du pays est importante. Dans ce cas, seules des louanges sont attendues... et acceptées. Car la moindre nuance négative est immédiatement accueillie par un « Ah, non. C'est pas ça. En fait... », suivi d'une explication, parfois claire et justifiée, parfois alambiquée et ridicule, tendant à vous démontrer que si vous pensez cela c'est que vous ne comprenez pas la culture thaïe. Or force est de constater que c'est parfois le contraire, que la vision que les Thaïlandais ont de leur propre culture est par moment toute fantaisiste et qu'un étranger qui s'est penché sur la question en sait parfois plus qu'eux. (Ceci est bien évidemment valable pour tous les pays, y compris la France. Nombre d'étrangers vivant dans l'Hexagone en remontreraient à beaucoup d'entre nous sur cette culture dont nous sommes si béatement fiers.) De plus, comprendre ne signifie pas adopter. On peut très bien comprendre le comportement ou la pensée de quelqu'un sans pour autant s'y rallier. C'est malheureusement quelque chose que le nationalisme primaire ne semble pas saisir. Sans oublier que cette culture thaïe est bien souvent mise à toutes les sauces pour n'expliquer que des idiosyncrasies. «Nous, les Thaïlandais, pensons / disons / faisons / aimons...» signifie souvent «Moi, Somsak, je pense / dis / fais / aime... et me réfugie derrière la culture thaïe pour ne pas avoir à m'interroger sur mes motivations réelles.» Sachons donc faire attention à ce que nous disons car les Thaïlandais sont à peu près aussi chauvins que les Français- qui critiquent la France quand ils y sont mais n'ont de cesse de l'encenser dès qu'ils mettent un pied à l'étranger. Xavier Galland
Khao Sok et Ao Khanom (Thaïlande) English translation pending
by Savoyard · 2007-06-25 · 15 replies
Salut,

nous nous rendons dans le sud de la Thailande en septembre, à Khao Sok et Ao Khanom (ou plages alentour):avez-vous des bons plans sur l'hebergement (genre bungalow dans la forêt pour kao sok et au bord de la mer pour ao khanom, loin de la foule)? des restos sympas? des guides (ou agence) à recommander pour des randos dans le parc? quelle est votre coup de coeur des plages de la région de ao khanom?..toutes les infos et tuyaux sur ces destinations sont les bienvenus!!

Merci d'avance,

Cédric et Fanny
Seul dans les Maramures en Roumanie English translation pending
by Syllav · 2007-06-25 · 12 replies
savez vous s'il est possible de voyager seul dans les maramures? j'y serai début aout.
Fêter le 14 juillet 2007 à Pondichéry English translation pending
by Flora888 · 2007-06-24 · 11 replies
bonjour a tous... nous partons en Inde pendant deux mois, et nous serons a pondichery le 14 juillet 2007. Ainsi nous nous demandons s il est possible vous penser de feter ce jour a pondichery... Sans chauvinisme aucun, je pose la question carr les ambiances sont souvent sympas les jours de fete aux differentes ambassades, merci

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