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Guilin, Yangshuo ou Xi'an (Chine) English translation pending
Bonjour à tous et meilleurs voeux pour cette nouvelle année 🙂
Voilà je suis en train d'organiser notre voyage pour 2 semaine courant mai (du 8 au 22), je n'en suis encore qu'à l'ebauche de l'itinéraire ...
Nous sommes de grands amateurs des villes donc, nous allons faire : Pekin, Shanghai et Hong Kong.
Nous étions également interessé par Xi'an ou Yangshuo mais je pense qu'en 15 jours nous n'avons pas le tps de faire les 2 donc un choix s'impose ...
quelle destination me conseillez vous donc ? qu'y a t il à voir dans chacune ?
laquelle nous depaysera le plus par rapport à nos grandes villes ?
laquelle préférez vous et pourquoi ??
merci d'avance de vos réponse.
DP
DP
Cambodge pour un an! English translation pending
Déjà, bonjour à tous les VFiste que je lis depuis Septembre 2007 lorsqu'encore ma destination était incertaine.
Mais cette dernière est à present mûrement réfléchie : Juin 2008 vol pour Phnom Penh avec billet valable un an...
Je reviendrai dans ce post sur toutes les raisons qui ont concrétisé mon choix. J'espère que cette discussion débordera de questions, de partages, de conseils car bien évidemment tout n'es pas encore fondé dans ma tête pour ce merveilleux voyage qui me tent les bras.
Mais tout d'abord laisser moi vous raconter ceci :
Je m'apelle Ludwig, j'ai 19ans, je suis dîplomé en commerce et j'ai créé mon propre restaurant dans le sud de la France. Une maturité acquise grâce au depart précipité du cocon famillial et une importante experience de vie malgré mon jeune âge.
Mais la vie avance et à presque 20ans, le même désir m'envahit chaque jour : Partir de France, partir d'Europe, quitter la "mentalité-confort" pour rejoindre l'Asie du sud, a la rencontre d'une population touché par la misère humaine. Alors cette destination déjà pensé grâce à un de mes frères qui a quitté la famille pour rejoindre la Thailande où il y vit depuis 7 années à présent. yant aucunes envies ni de le rejoindre ni de le copier, je crée mon petit projet qui est de partir pour cette destination d'un durée d'un an avec un petit pécule puis pourquoi pas (et ceci est une image) vendre des beignets sur les plages pour avoir une petite activitée ou même rencontrer et tisser des contacts Européens et locaux afin de m'aider à intégrer une structure tel le groupe Accor ou meme Carrefour bref.
Suite à des contacts sur place par le biai du net, on me met vite au parfum que la Thailande n'es plus le pays des année 60/70 ou l'on y faisait son beurre et où l'on s'y installé avec plus de facilitée. Là vous comprendris que la déception m'a vite envahit.
Puis grâce à VF, je parle à une personne (elle se reconnaitra) qui me dis : "Mais, quel est réellement ton projet ?" Je repond simplement : " Partir à la rencontre de la population, connaitre, partager, pourquoi pas créer un mini business avec des locaux puis le vent me fera avancer suivant l'avancement des choses une fois sur place.
Et c'est à ce moment-là que l'on me parle du Cambodge qui soit disant les dires de mon "web-entourage" semblerait parfaitement convenir à mon rêve et mes attentes. Pour moi, inculte de l'histoire du monde, le Cambodge est un désert de terre battu du sud de l'Asie. Je décidealors de me pencher ( et nous sommes en Septemre 2007) sur ce pays et y collecter des informations importantes, apprendre une histoire du pays déchirante, y faire des web-contacts amicaux et y collectionner des photos merveilleuses.
Je n'avance pas être le nouveau guide du Cambodge😇, loin de là, mais j'ai appris, vu, lu l'histoire (killing fiels S21...), les conséquences de cette atocité, les codes du pays, les bons plans, les mauvais également, puis fais la connaissance grace a VF de "Kosal" ou j'envoi mes amitiés au passage... et je tiens à ce post pour m'en apporter encore bien d'autres (contacts et informations)
Nous voilà en Janvier (bonne année a tous au passage et réalisé vos envies de voyages car le voyage est l'usufruit meme du bonheur) et j'ai décider de mettre ce post en ligne pour concrétiser mon départ enfin notre départ car je pars avec Benoit mon ami de toujours prêt à vivre cette experience humaine pleinement avec moi.
Et voilà la première étape : le billet. Nous allons partir avec de grandes chances sur Air France pour un billet valable 1an modifiable sur place pour un montant de 1680€ pour deux. Je n'oublirai pas de prendre sur place des visas valablent 1 an pour un montant de 270USD chacun. A ce titre, y a t'il des conditions d'obtention ?
Pour la suite du voyage, pour toutes les questions qu'elles impliquent (logement etc...) je vous laisse le soin de me poser les questions et pouvoir y répondre ensemble.
Questions, mise en garde, recommandations seront les bienvenus !!!!
Merci de m'avoir lu et alléluia de me répondre :😉
Ludwig
Je reviendrai dans ce post sur toutes les raisons qui ont concrétisé mon choix. J'espère que cette discussion débordera de questions, de partages, de conseils car bien évidemment tout n'es pas encore fondé dans ma tête pour ce merveilleux voyage qui me tent les bras.
Mais tout d'abord laisser moi vous raconter ceci :
Je m'apelle Ludwig, j'ai 19ans, je suis dîplomé en commerce et j'ai créé mon propre restaurant dans le sud de la France. Une maturité acquise grâce au depart précipité du cocon famillial et une importante experience de vie malgré mon jeune âge.
Mais la vie avance et à presque 20ans, le même désir m'envahit chaque jour : Partir de France, partir d'Europe, quitter la "mentalité-confort" pour rejoindre l'Asie du sud, a la rencontre d'une population touché par la misère humaine. Alors cette destination déjà pensé grâce à un de mes frères qui a quitté la famille pour rejoindre la Thailande où il y vit depuis 7 années à présent. yant aucunes envies ni de le rejoindre ni de le copier, je crée mon petit projet qui est de partir pour cette destination d'un durée d'un an avec un petit pécule puis pourquoi pas (et ceci est une image) vendre des beignets sur les plages pour avoir une petite activitée ou même rencontrer et tisser des contacts Européens et locaux afin de m'aider à intégrer une structure tel le groupe Accor ou meme Carrefour bref.
Suite à des contacts sur place par le biai du net, on me met vite au parfum que la Thailande n'es plus le pays des année 60/70 ou l'on y faisait son beurre et où l'on s'y installé avec plus de facilitée. Là vous comprendris que la déception m'a vite envahit.
Puis grâce à VF, je parle à une personne (elle se reconnaitra) qui me dis : "Mais, quel est réellement ton projet ?" Je repond simplement : " Partir à la rencontre de la population, connaitre, partager, pourquoi pas créer un mini business avec des locaux puis le vent me fera avancer suivant l'avancement des choses une fois sur place.
Et c'est à ce moment-là que l'on me parle du Cambodge qui soit disant les dires de mon "web-entourage" semblerait parfaitement convenir à mon rêve et mes attentes. Pour moi, inculte de l'histoire du monde, le Cambodge est un désert de terre battu du sud de l'Asie. Je décidealors de me pencher ( et nous sommes en Septemre 2007) sur ce pays et y collecter des informations importantes, apprendre une histoire du pays déchirante, y faire des web-contacts amicaux et y collectionner des photos merveilleuses.
Je n'avance pas être le nouveau guide du Cambodge😇, loin de là, mais j'ai appris, vu, lu l'histoire (killing fiels S21...), les conséquences de cette atocité, les codes du pays, les bons plans, les mauvais également, puis fais la connaissance grace a VF de "Kosal" ou j'envoi mes amitiés au passage... et je tiens à ce post pour m'en apporter encore bien d'autres (contacts et informations)
Nous voilà en Janvier (bonne année a tous au passage et réalisé vos envies de voyages car le voyage est l'usufruit meme du bonheur) et j'ai décider de mettre ce post en ligne pour concrétiser mon départ enfin notre départ car je pars avec Benoit mon ami de toujours prêt à vivre cette experience humaine pleinement avec moi.
Et voilà la première étape : le billet. Nous allons partir avec de grandes chances sur Air France pour un billet valable 1an modifiable sur place pour un montant de 1680€ pour deux. Je n'oublirai pas de prendre sur place des visas valablent 1 an pour un montant de 270USD chacun. A ce titre, y a t'il des conditions d'obtention ?
Pour la suite du voyage, pour toutes les questions qu'elles impliquent (logement etc...) je vous laisse le soin de me poser les questions et pouvoir y répondre ensemble.
Questions, mise en garde, recommandations seront les bienvenus !!!!
Merci de m'avoir lu et alléluia de me répondre :😉
Ludwig
Voyage romancé à Hué (Vietnam) English translation pending
Bonjour,
En 2004, je suis allée au Vietnam. A mon retour, j’ai écrit ce texte qui reprend la partie du voyage qui s’est déroulée à Hué pendant le Festival franco-vietnamien. J’y reprends mon vécu mais de façon romancée, c’est-à-dire que l’histoire est complètement fictive mais basée sur l’existant : les lieux, les personnes (dont j’ai changé les noms …), du ressenti. Le texte s’intitule « My », un prénom qui signifie beauté. Il raconte l’histoire d’une femme, Clélia Rivière qui se trouve à Hué pour écrire un guide touristique sur la ville. Comme c’est l’époque du festival franco-vietnamien de Hué, elle rencontre deux artistes, l’un Français, l’autre vietnamien qui rivalisent à tous les niveaux (art, civilisation, amour). Le récit est entrelardé d’extraits du guide touristique que la femme est en train d’écrire, ce qui permet au lecteur d’apprendre en même temps l’Histoire du lieu dans lequel se situe l’action.
Voici dans son intégralité ce texte que j'ai voulu être une approche originale du Vietnam d'aujourd'hui.
Elle s'appelle Clélia Rivière. Rivière, c'est son nom de jeune fille qu'elle a repris après son divorce. Divorcée sans enfants, voilà ce qu'elle est selon l'Etat Civil français. Sans enfant vivant. Leur fils aurait eu vingt-deux ans. Elle en a quarante-huit et elle est encore belle. La chambre qui est autour d'elle est une chambre d'hôtel du premier étage de l'Hué Majestic Hotel. Clélia Rivière est à Hué, au Vietnam, dans le centre de ce pays qui s'étire le long de la Mer de Chine méridionale comme une échine de dragon. Au Nord, Hanoi et la baie d'Halong. Au Sud, Saigon et les mangroves du Mékong. Elle est à Hué pour écrire un livre sur la ville. Un coopérant de l'Alliance française de Hanoi lui a conseillé de s'adresser à Buu Y, le traducteur attitré de Sartre et de Camus, historien et grand érudit de la ville.
Elle est à Hué depuis six semaines et elle s'y plaît. Elle aime la ville, la rencontre avec Buu Y et l'écriture qui en découle. Buu Y est un homme charmant, cultivé, raffiné. Ils se voient trois fois par semaine. Clélia enregistre l'interview, la réécoute et agence les informations en un texte cohérent.
A sa table de travail, le nez contre le mur, la femme travaille sur l'une des premières interviews de l’historien, celui où il décrit la ville. Elle s'en est imprégnée et a rendu un texte qu'elle relit à voix haute dans le ronronnement domestique de la climatisation et du ventilateur fixé au plafond. Dehors, la température atteint 40°C. Le taux d'humidité s'approche de 90%. Il pleut. Il y a trois jours, un terrible typhon s'est abattu sur la mer de Chine, s'y rattachant en un nombril dont le cordon ombilical serait une colonne d'eau reliant la terre et le ciel.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La Citadelle. La ville de Hué fut bâtie sur le modèle du Pékin de l'empire Ming, c'est-à-dire dans une période comprise entre 1368 et 1644. Elle comportait trois villes gigognes : la ville capitale (Khin Thàn), la ville impériale (Hoàng Than) et la Cité pourpre interdite (Tu-Câm-Thânh). Conformément à la géomancie et à la cosmogonie chinoise, l'entité architecturale a été inscrite dans un espace protégé par de multiples sites et divinités propitiatoires, par exemple la Dame céleste, dont la pagode se dresse sur un tertre à deux kilomètres de la ville. Ce tertre est la Montagne magique qui abrite les dieux protecteurs du sol. A deux kilomètres au Sud, le tertre du district méridional (Nam Giao) est le tertre du sacrifice du Ciel. Il est calqué sur le modèle de l'esplanade du temple du Ciel à Pékin, avec ses quatre terrasses symbolisant le monde souterrain, la Terre et le Ciel. A trois kilomètres au Sud-Ouest, la colline Ngu-Binh (Ecran du roi) et ses cinq terrasses concentriques seraient plutôt un paravent naturel et cosmologique protégeant le palais contre les forces et les courants néfastes. La ville capitale était la citadelle, le siège du Pouvoir, un Pouvoir héréditaire mais mâtiné de méritocratie. C'était le siège de la pensée et de la culture. La cité impériale était le siège de la famille régnante, des commis de l'Etat et des médecins. La Cité pourpre interdite abritait le souverain et sa maison, au sens féodal du terme, ainsi que les eunuques. Toujours selon la tradition chinoise, la citadelle était traversée par un axe Nord-Sud symbolique. La partie Est, aînée, supérieure, masculine et civile, regroupait les activités culturelles avec les bibliothèques, les jardins, le théâtre et le mandarinat civil. La partie Ouest, cadette, inférieure, féminine et militaire, abritait les princesses et les concubines ainsi que le mandarinat militaire. C'était un lieu dont la conception fut dès le départ magique et mystique, flottant entre la terre et le ciel, comme le lotus qui s'enracine dans la vase et se dresse vers le ciel.
Clélia Rivière maudit cette pluie assommante qui tabasse de l'autre côté de la vitre et l'empêche à la fois de travailler et de sortir. Toutes les eaux du ciel dévalent en cascades des toits sur le balcon, sur la fontaine en bas dans la cour de l'hôtel. Eaux chaudes et touffues, chevelure liquide tombant sur les épaules nues de la ville. Pour se consoler, elle appelle le bar, commande un jus de fruit. Un vrai jus de fruit, fait avec des fruits frais et qui glisse dans la gorge avec le coulé glacé d'un reptile. Le plaisir lui chavire les yeux. Elle allume le téléviseur. Des images défilent en boucle. Des images de Hué et de son festival dont c'est aujourd'hui l'ouverture. Des cérémonies doivent se dérouler à la Citadelle et Buu Y doit monter à la tribune pour faire un exposé. Les images télévisées montrent que le festival est au point mort. En ville, c'est la désolation. Les fragiles décors de papier et de bambou qui habillaient l'esplanade pendouillent tristement. Les calligraphes et les peintres ont plié boutique. Le kiosque est désert et aussi la terrasse du Paradise Garden. Repliés au dessus des tables, les parasols ressemblent à des flamants roses dormant sur une patte. La fresque murale des étudiants des Beaux-Arts de Hué parade devant les bancs vides. C'est un désastre. Et à la Citadelle, c'est l'attente. Certains pontes ne sont pas encore arrivés car l'activité de Phu Bai, l'aéroport de Hué, a été suspendue en raison des conditions météorologiques. Les voitures policières attendent en bout de piste tous gyrophares éteints.
Attendre, c'est tout ce qu'il y a à faire. Attendre que l'inspiration vienne ou que la pluie cesse permettant une sortie. Les dieux asiatiques choisissent de faire une éclaircie. Ils relèvent leurs bras gonflés de pluie et s'ébrouent. Quelques gouttes attardées restent pendues à l'arrondi des tuiles puis se détachent une à une pour tomber avec un bruit mat sur le béton et le bois. Clélia s'habille en hâte. Un pantalon, un tee shirt, des sandalettes. Pas très protocolaire mais tant pis. En dernière couche, elle se chape d'un imperméable bleu à capuche qui couvre tout son corps comme une toile de tente. Pour les Vietnamiens, c'est même un abri familial sous lequel les cyclistes ou les motobykers abritent leur femme et leurs enfants embarqués avec eux. Dehors, Clélia aspire goulûment les senteurs concentrées par la pluie. Odeurs des végétaux : arbres, mousses, pelouses, bambous, plantes de toutes sortes, amalgamées dans un magma olfactif indistinct. Les sucs en pleine effervescence ont une épaisseur de miel. Ils débordent et ruissellent. Le ruissellement est la quintessence du Vietnam, sa substance. Ruissellement des pluies, des fleuves, de la mer, de l'eau des rizières. Ruissellement des hommes qui évoluent comme des bancs de poissons. Dans les rues, les gens se pressent, confluent vers le centre de la ville où il doit se passer quelque chose, enfin. Il fait sombre. Le Vietnam étant situé presque sur l'Equateur, le soir tombe tôt en cette saison. Le pylône de la radio qui fait face à l'Hué Majestic Hôtel a déjà allumé ses lampes. On dirait un sapin de Noël. La femme a troqué les taxis et xe om (moto-taxis) contre une bicyclette de location. Pour écrire la ville, elle a besoin de la lire. Elle la lit à vélo, traçant des sillons qui sont comme les pliures d'une lettre d'amour cent et cent fois relues. Son vélo se trouve à l'abri sous l'auvent de l'hôtel. Elle l'enfourche. Roule. L'embiellage fiévreux de ses jambes l'enfonce comme une racine dans le ventre bouillant de la ville. Elle rejoint la foule en route vers la cité impériale où les cérémonies d'ouverture doivent se dérouler. Elle suit la rue Lé Loî qui longe la Rivière des Parfums, passe devant le QG français du Festival, franchit le pont vers la Citadelle. Les bannières de la Tour du Drapeau claquent au vent. Dans les douves qui cernent la forteresse, les lotus ont refermé sur leur coeur jaune leur ventre rose pastel acidulé.
La cérémonie d'ouverture a bien lieu mais elle est écourtée. Sans quitter sa chaise longue sous son parasol devenu parapluie, le gardien du parking fait signe à la femme de continuer sa route car il n'y a plus de place sur l'emplacement qui est de son ressort. Une Petite Bleue lui désigne les arbres qui jalonnent la route vers le parc Thin Tam. Elle adosse son vélo au tronc d'un arbre et l'attache avec une chaîne cadenassée. Les Petits Bleus sont des jeunes, filles ou garçons, employés par la ville pendant toute la durée du Festival. Nombre d'entre eux sont étudiants. Certains fréquentent le Cercle francophone ou le Centre français. Clélia trouve qu'ils font jolis dans le paysage. Elle les appelle tendrement «mes Libellules bleues». A la tribune, les discours se succèdent. C'est long et ennuyeux comme toutes les interventions officielles du monde. Bruyant aussi. Les haut-parleurs, la musique, la circulation, les gens ... Et à nouveau la pluie.
C'est la débandade. Les gens courent de partout en poussant des cris d'enfants. Avec leurs imperméables, ils ressemblent à des fantômes de couleurs vives. Ce bain d'eau et de foule est terriblement excitant. De nouveau, c'est la course folle. A nouveau, Clélia Rivière intègre et s'agglomère à la foule qui coule comme une lave en fusion vers le centre de la ville. Elle dépasse les jeunes filles du défilé en Ao Dai blanc qui courent à la marge de la rue. Il fait nuit noire. Leur silhouette se découpe dans le faisceau lumineux des phares. La robe relevée jusqu'aux genoux, le non-la (chapeau conique en feuilles de latanier) baissé jusqu'au nez, elles ont perdu de leur superbe. On dirait des Cendrillon transformées en citrouilles. La circulation enfle au fur et à mesure que s'agglutine le flot humain, à pied, en vélo, en motocyclette, en pousse-pousse, en automobile. Elle file, file, emportant chacun dans son flux.
Aveuglée par les éclats de lumière que jettent les phares, Clélia ne voit plus rien, elle ne sait plus où elle est. C'est comme si elle avait changé de dimension, comme si elle avait été lancée sur orbite, façon E.T. dans le film de Spielberg. Une sensation de plénitude l'envahit. La masse en mouvement arrive à pleine vitesse au pont Tran Tien, ce superbe mécano de l'école Eiffel, avec ses arches tendues comme des arcs. La pluie redouble. La femme file. L'eau ruisselle sur son dos de tortue bleue, ses chaussures sont gorgées d'eau. Si ce mauvais temps persiste, bientôt viendra la moisissure et son lent processus de digestion, de dissolution, qui travaille comme un levain les tissus et les chairs. Le pont est là. D'abord passer dans l'entonnoir du rétrécissement de la route, négocier le passage, en douceur, suivant le rythme de la vague. C'est comme une plongée en apnée. Dans un vrombissement de sang battant dans les tempes, la foule franchit le pont. Des projecteurs et des lasers inondent de couleurs fluo le squelette métallique. L'acier des poutrelles étincelle de mille étoiles acérées. Le temps est comme suspendu au-dessus de la rivière. Il y a quelques années, il y a eu de terribles inondations et, au niveau du pont, on a repêché une dizaine de noyés. Au moment où Clélia pense à ces gens, le pont l'éjecte. Elle prend une grande goulée d'air. Dans l'élargissement de la route retrouvée, elle récupère sa respiration. L'allure de la vague ralentit car elle se rapproche du centre de la ville et la grande route se divise en de multiples rues. Clélia ne veut pas rentrer à l'Hué Majestic Hôtel par la grande artère et son rond-point centrifugeur alors elle prend la rue qui offre dans sa perspective le pylône lumineux dressé près de l'hôtel. En avant toute vers ce phare qui brille dans la nuit.
Les véhicules se sont raréfiés. La femme est pratiquement seule à défiler entre les vitrines aveugles des échoppes qui flanquent les deux côtés de la rue. La vie s'arrête tôt au Vietnam, sauf dans quelques lieux nocturnes où se retrouvent les classes privilégiées et les adolescentes qui vendent la Tiger Beer. Il ne pleut plus. Le ciel est d'une profondeur océane. La femme rentre en musardant le nez en l'air. Elle a quitté la ville et roule entre des rangées d'arbres. Dans l'obscurité, elle voit trop tard la branche qui empiète sur la voie. L'écart qu'elle fait pour l'éviter la désarçonne et la flanque par terre complètement sonnée. - «Tu t'es fait mal ? »
Elle lève les yeux, les dirige vers l'endroit d'où est venue la voix. Ses yeux voient l'homme. Les pieds de l'homme chaussés de bottines orthopédiques. Ses yeux remontent les jambes torses jusqu'au visage. L'homme a des cheveux noir corbeau, reliés en queue de cheval dans la nuque. Il a les dents jaunes des fumeurs. Il est assis sur l'un de ces tabourets de couleurs criardes qui s'épanouissent sur les trottoirs des pays du Sud. Derrière lui, appuyées contre le mur, des béquilles. Il dit son nom : Long.
* ** Le magnétophone mange le disque comme s'il en avait faim. La voix de Buu Y se déroule dans la chambre, enroule ses spirales dans les tentures que la femme a fermées pour que reste dehors les rumeurs de la ville. Buu Y raconte Hué, Hué la Française, belle comme une buée sur du verre, dont le nom dérivé de Hoa signifie harmonie. Il raconte la Rivière des Parfums, cette rivière qui porte la ville sur sa hanche comme une femme son enfant :
«La légende dit que la rivière s'appelle la Rivière des Parfums parce que les princesses de Hué se baignaient dans ses eaux avec des huiles parfumées mais je crois qu'on lui a donné ce nom à cause de la plante odorante que l'on trouve à sa source. C'est une plante médicinale mais j'ai oublié son nom. »
Le magnétophone crachouille. Feuillettement de papiers, murmures, pas qui s'éloignent emmenant la voix dans leur sillage. La femme entend à peine : «Excusez-moi, je reviens». Au-dessus de sa tête, Buu Y foule le plancher. Il cherche dans ses livres le nom de la plante qui a baptisé la Rivière des Parfums. Elle l'entend chantonner. Pendant tout ce temps que Buu Y cherche le nom de la plante dans ses livres, Clélia passe en revue la pièce dans laquelle elle se trouve. C'est une grande pièce, confortable et bien éclairée. La bibliothèque est copieusement garnie. On y trouve des livres de Marguerite Yourcenar, Michel Tournier, Marguerite Duras, Jacques Lacarrière, Pierre Loti. Tous les auteurs qu'elle aime. Buu Y apprécie que la femme apprécie. Il n'a pas trouvé le nom de la plante mais elle doit pouvoir trouver dans les documents qu'il lui prête. C'est à ce moment-là que Clélia Rivière décide de connaître la ville en creux, en visitant les lieux qui la cernent et donc la dessinent. La ligne claire se trace en remontant par bateau le cours de la rivière vers les Tombeaux des Rois et la Pagode de la Dame céleste.
L'embarcadère se trouve au-delà du Pont Tran Tien. Les bateaux touristiques sont à quai, tout près du guichet où l'on achète les billets. Les visites de groupe se font sur des bateaux genre Bateaux Mouche. Ils sont familiers dans le paysage, avec leur proue cannelée en forme de dragon et l'oeil peint sur chaque côté de l'étrave qui leur donne l'air de loucher. Ils portent les couleurs du Vietnam qui sont le jaune et le bleu.
Clélia Rivière veut être seule alors elle négocie une excursion individuelle sur une petite embarcation, visiblement un sampan reconverti. Une femme la fait monter à bord en la tirant par la main. Il faut se déchausser puis s'asseoir à même le fond du sampan. Un homme s'active aux machines. Le bruit du moteur et le glissement de l'eau contre la coque emplissent le corps de Clélia. Le sampan longe la berge. Des petits sentiers de terre remontent du fleuve vers l'arrière des maisons. Dans la pénombre des patios, la femme devine une table, quelques poteries, du linge. Plantées dans l'eau, des femmes épluchent des légumes. Les détritus vont directement dans la rivière. Quelques poules, quelques canards, des enfants qui jouent, qui font signe au bateau qui passe, qui s'en va. C'est une vie grouillante, humide et chaude qui s'épanouit au derrière de la ville, au bout de ses boyaux. La femme laisse sa main glisser dans l'eau, les doigts écartés en éventail. Le vent qui tourbillonne dans l'habitacle ouvert est agréable même si par moment il rabat les odeurs grasses du moteur. La batelière entre dans sa deuxième phase de travail : vendre à la touriste les articles qu'elle transporte dans son panier. Des cartes postales, des calligraphies, des porte-clés. Ostensiblement, Clélia détourne les yeux, les laisse flotter sur le paysage qui défile. Elle refuse de se laisser divertir, de se gaspiller en relations mercantiles. L'embarcation dépasse des sampans à l'ancre au milieu du fleuve pour remonter du sable et des graviers. La femme constate qu'il y a seulement quelques semaines, les villages sampaniers étaient plus proches de la ville. Elle se dit qu'ils ont du être refoulés à cause du festival et que les gens du Peuple de l'eau, plus encore que les ethnies des montagnes, sont les Manouches du Vietnam.
La Rivière des Parfums va vers le Sud de la ville où se trouvent les Tombeaux des Rois. Il y en a sept, éparpillés dans les campagnes, tous bâtis selon les même plans et comprenant cinq éléments : une cours peuplée de statues, un pavillon abritant une stèle sur laquelle un panégyrique du défunt a été gravé par son fils héritier, un temple, un pavillon des plaisirs et enfin la tombe proprement dite. Le site a été choisi dans la stricte observance de la géomancie chinoise : parce qu'il est baigné par un cours d'eau et barré à l'horizon par un massif montagneux. Plusieurs tombeaux sont des copies d'édifices chinois mais certains témoignent d'une influence européenne. Tous ont été construits du vivant de leur futurs occupants, mandarins, rois ou empereurs. Le document de Buu Y égrenne la litanie des noms : Gia Long, Minh Mang, Tu Duc, Duc Duc, Dong Khanh, Thieu Tri et Khai Dinh.
L'accostage à l'embarcadère de la Pagode de la Dame céleste est assez sportif. Le sampan accosté dérive et s'écarte de la rive avant que la femme ait sauté à quai. Les bateliers rient. Ils se vengent gentiment de la touriste qui a refusé d'entrer dans leur dialectique. La pagode a été construite en 1601 par le Seigneur Nguyen Hoang, en hommage au héro d'une légende dans lequel il s'identifiait. Cette légende dit qu'une fée en habits rouges et verts a prédit qu'un roi érigerait une pagode en cet endroit.
Un sentier grimpe du débarcadère aux marches qui mènent à la tour. La configuration des lieux fait penser à une tortue. Au Vietnam, la tortue est un animal sacré au même titre que la licorne, le dragon et le phénix. Le dragon représente le masculin et le phénix, le féminin. La tortue est symbole de longévité et la licorne, symbole de bonté et gage de paix. Des animaux secondaires les rejoignent dans la mythologie comme la grue, le lion, la chauve-souris et le poisson. Erigée sur la colline, la tour compte sept étages. Comme dans tous les édifices religieux, on trouve des autels, une cloche et des statues. Les matériaux utilisés sont la pierre, la brique et le bois. Le site est un chantier de l'Unesco. Des ouvriers s'activent à restaurer les tomettes et les balustrades. Parmi eux, plusieurs femmes. Il y en a beaucoup sur les chantiers. Elles sont en charge du mortier, qu'elles gâchent dans des brouettes et montent dans des seaux à l'aide de poulies. L'activité prosaïque et profane ne fait pas oublier qu'il s'agit d'un monastère. Par la porte discrète qu'a emprunté un jardinier, la femme sort de l'enceinte de la pagode et, marchant entre le mur et le champ qui le longe, elle se dirige vers la tête du domaine. Des voix lui parviennent. Celles de bonzes en prière qu'elle ne verra pas. Dans un Vietnam reconverti au stalinisme, les persécutions religieuses s'amplifient. Des prêtres et des bonzes disparaissent. Dans un passage de la pagode, deux statues se font face. L'une est le général rouge qui personnifie la colère.
* **
Clélia Rivière revoit régulièrement Long. Comme un vieux cheval retourne à son étable, elle retrouve pratiquement chaque soir la galerie d'art que tient l'infirme dans le quartier artistique de Hué. Il expose quelques jeunes élèves de l'école des Beaux-Arts qu'il a pris sous son aile. Le métier d'artiste est difficile partout mais dans ce pays qui louvoie entre le dollar et l'art officiel, l'artiste devient carrément schizophrène. A moins de s'abîmer dans la peau de l'artiste maudit, beaucoup d'entre eux font naufrage et disparaissent corps et âme dans des professions de subsistance. Pratiquant la maïeutique comme M Jourdain faisait de la prose, Long aide les jeunes artistes à maintenir le cap en mettant à leur disposition un atelier et un espace d'exposition. Il y a bien quelques rivalités - les artistes ont un ego sur-gonflé et les décisions cristallisent les jalousies - mais dans l'ensemble ça se passe bien. On voit même se dessiner de véritables mouvements artistiques autour de techniques ancestrales comme l'estampe, la laque ou la calligraphie. Les puristes et les nostalgiques crient au scandale mais les artistes persistent et signent. Long tient sa galerie de main de maître et, du haut de ses jambes torses, règne sur la vie artistique de Hué.
La femme le voit le soir, quand la galerie baigne dans la clarté électrique et que les toiles reflètent une lumière magique, mystérieuse, comme venue d'ailleurs, de l'envers de la vie, là où les choses changent de visage et de sens. Clélia et Long s'asseyent sur les tabourets colorés placés sur le trottoir et ils parlent. Long est francophone. Ca devient rare au Vietnam où l'Anglais taille des croupières au Français depuis des décennies. Les personnes d'un certain âge comme Long le parle encore mais les jeunes, de moins en moins. Ils ont adopté l'Anglais, la langue des affaires. Surtout les garçons. Les jeunes filles sont restées fidèles au Français, la langue du coeur, du romantisme, du Prince Charmant. En fait, les Vietnamiens apprécient à son juste prix leur indépendance mais ils constatent qu'ils préfèrent les Français aux Américains. Comme disent nombre d'entre eux : « Les Américains, ils viennent, ils prennent et ils partent. Les Français, ils construisent des hôpitaux et des écoles.» Long est francophone et aussi francophile. Il aime la littérature française. Il fait l'éducation - culturelle et sentimentale - de ses jeunes avec des romans. Des romans d'amour, surtout mais dont le sexe est absent. On ne parle pas de sexe au Vietnam. Il aime surtout la chanson française, Ferré, Brel et Brassens. Ecouter "gare au gorille" dans la nuit vietnamienne en sirotant un verre d'alcool de riz et en dégustant une poignée de riz gluant acheté à une échoppe ambulante …
Quand ses amis sont là, il y a toujours quelqu’un qui propose de jouer au petit train. Le jeu consiste à boire de l'alcool de riz dans un verre commun à toute la tablée. Lorsqu'un participant met trop de temps à vider le verre qui lui a été rempli, les autres le pressent de faire passer le train. A ce petit jeu, il n'y a rien à gagner, seulement à perdre. Son temps, ses moyens, son quant-à-soi, sa réputation. Les Vietnamiens aiment saouler le Blanc. Comme le rire, l'ivresse destitue le dominant. Lorsque la femme commence à chavirer sur son tabouret, ils rient, avec tendresse, sans méchanceté. Ca lui fait plaisir à la femme de leur donner ce qu'ils attendent : la proximité avec une femme, qui plus est européenne et qui leur est totalement exotique.
Un soir, un de ces soirs de grandes agitations où l'on refait le monde à ras de terre dans les effluves de l'alcool et du fleuve, un jeune homme débarque à la galerie. Long fait les présentations. Clélia, Olivier. C'est une sorte de scène biblique où le Christ fait les présentations entre Jean et sa mère, les offrant l'un à l'autre. Olivier est grand, brun, séduisant. Il porte la barbe soigneusement négligée des baroudeurs. Les premiers mots qu’elle entend de lui : - «Il n'est pas là Tao ?»
Long lui répond qu'il ne l'a pas vu de la journée. En repartant, Olivier jette :
- «Tu diras à Tao que je suis passé et que je suis au Phuong Nam.»
Long répond mais le jeune homme est déjà trop loin pour entendre : - « Je ne pense pas qu'il repasse à la galerie aujourd'hui mais demain il sera à la citadelle.»
A la femme, il dit : «Il prépare le Festival. Tao et Olivier, c’est comme deux frères. Ils se connaissent depuis longtemps. Nicolas était étudiant à Lyon. Il est venu à Hué pour étudier la peinture monumentale communiste mais il a découvert la BD vietnamienne. Tao est peintre, graphiste, laqueur et, calligraphe. Ils se sont rencontrés et ils travaillent ensemble à une BD franco-vietnamienne ou vietnamo-française, je ne sais pas. L’écrivain français dit : ils ne feront plus qu’un, oui, mais lequel ?»
C'est ainsi que Clélia rencontre Olivier. Ce n'est pas encore vraiment une rencontre, plutôt la chevelure d'une comète qui passe dans la lumière cendrée de la lune. Une improbable rencontre entre, d’une part, un jeune artiste qui crèche dans une modeste pension de famille, bouffe le pho (soupe), dans les restaurants de poussière ainsi appelé parce qu'on y mange quasiment par terre et côtoie les Vietnamiens les moins installés. Et d’autre part, une femme d’âge mûre qui loge dans un hôtel de luxe, mange dans les restaurants français et qui dans la solitude de l'écrivain, ne rencontrant qu'un membre de l'élite vietnamienne. D'habitude, Clélia mange à la Carambole, un restaurant où l’on sert de la cuisine française. La carambole, c’est cette plante contre poison de la laque, une substance extraite du laquier et qui a la particularité d'être allergisante. Ce soir-là, la femme choisit de manger dans l'un de ces restaurants vietnamiens où l'on sert des mets typiques comme les fruits de mer, les rouleaux de printemps et le potage au nid d'hirondelle. La cuisine vietnamienne amalgame différentes influences culinaires : française, chinoise, cambodgienne, laotienne, thaïlandaise ... Elle utilise le Nuoc Nam, qui est la sauce traditionnelle faite à partir d'anchois frais mais aussi les piments et les fines herbes, l'aneth, le coriandre, la menthe et le basilic. La femme connaît cette spécialité chinoise qu'est le potage de nid d'hirondelle. Elle sait que c'est une soupe concoctée à partir des nids minuscules de la salangane, un martinet encore appelé hirondelle de mer. Ces nids sont constitués par les filaments de salive des oiseaux et, lorsqu'ils sont dans un bouillon, ils se dissolvent en fines nouilles. Elle connaît mais elle n'a jamais goûté.
A partir de ce moment où elle a rencontré Olivier et goûté au potage de nid d'hirondelles, son esprit s'ouvre comme une mangue mûre pour accueillir les ingrédients de la vie vietnamienne et les amalgamer à son esprit occidental. Finis les rendez-vous alignés sur les aiguilles d'une montre. Elle y va à l'instinct quand elle sent que c'est le moment, que la personne qu'elle veut voir sera là à son arrivée, que les évènements n'auront pas lieu sans elle, que les choses se feront naturellement, inéluctablement, comme un enfant se fait dans le sein de sa mère et vient à la lumière.
Lorsque elle entre dans la Cité pourpre interdite, Olivier est là, arpentant à grands pas la cour qui s'étend entre les bâtiments. Ici aussi, c'est le règne du bois, de la tomette et de la brique, des couleurs rouges et or, matériaux chauds de l'intimité. La Cité pourpre est la partie de la citadelle qui était réservée aux mandarins et à leur famille. Pendant toute la durée du Festival, elle abrite deux expositions, une de photographies et une de Bande Dessinée.
L'expo de photographies s'appelle "Avoir vingt ans au Vietnam." C'est une exposition collective qui présente les oeuvres réalisées par les étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts et de la Culture d'Ho Chi Minh Ville dans le cadre d'une collaboration avec l'Ecole Supérieure de la Photographie d'Arles. Les photos sont suspendues sous l'auvent du palais comme des oriflammes. La femme les regarde, une à une, aspirée par elles. L'expression est riche, il y a de l'idée, du talent. L'une d'elle retient particulièrement son attention. Un portrait de vieille femme vietnamienne. Derrière elle, il y a un trou dans le mur de briques. Au-delà d'elle, on voit la campagne, un pré planté d'un arbre. Clélia Rivière se dit que chaque être humain est une brique d'un mur qui enclôt un ravissant jardin. La vieille femme sourit de toute sa bouche édentée. Un delta de rides se dessine autour de ses yeux. Les yeux rivés vers l'horizon, elle semble incarner tous les espoirs d'un Peuple tendu vers l'avenir. L'exposition de BD s'intitule "Kémoï". Elle est le fruit d'une master class avec des auteurs français autour d'une démarche artistique qui consiste à utiliser les techniques traditionnelles asiatiques pour raconter des histoires. Le Vietnam connaît peu la BD, à part les mangas japonais et quelques Comics américains que les jeunes lisent, assis devant les librairies ambulantes. Les bulles vietnamiennes n'en sont donc encore qu'à leurs premiers balbutiements. L'expo présente les oeuvres d'une trentaine d'étudiants, dont celles de Tao, l'ami de Olivier, le protégé de Long. Il expose un superbe dessin représentant des petits personnages qui marchent sur la ligne d'horizon. Il y a coulé le Vietnam quotidien : un porteur de paniers à balancier, un cyclopousse, un chien qui suit un gamin qui court le nez levé vers un nuage d'où tombe la pluie. Le sol est noir, comme courbé sous le ciel qui occupe presque tout le tableau, un ciel jaune, gorgé de toutes ces eaux de l'Asie, de ces ruissellements qui font les Peuples si fertiles, si drus. Et si dangereux lorsque viennent les crues.
Clélia rejoint Olivier sur les escaliers de pierre de la cour intérieure. Il a déballé ses cartons à dessins et étalés les dessins sur le sol. Des sanguines, des fusains, des pastels, aussi des caricatures et des croquis de toutes sortes. Sur une planche, il a croqué les jardiniers du parc : une femme arrosant les parterres, son foulard remonté jusqu'aux yeux. Deux hommes accroupis, repiquant des touffes d'herbe dans les lacunes des pelouses, avec des gestes qui sont les mêmes que ceux du repiquage du riz dans les rizières. En quelques coups de crayon nerveux, Olivier a cueilli les corps en mouvement dans un ballet virevoltant d'une rapidité folle. Il voudrait en faire un dessin animé.
- «Il te plaît celui-là? Garde-le, je te le donne», dit-il à Clélia en lui tendant un dessin de buffle.
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Le magasin n'est pas une échoppe classique mais une supérette qui fait penser à ces drugstores-garages qui jalonnent la Route Sixty Six aux Etats-Unis. Comme les bateaux qui sillonnent la Rivière des Parfums, elle est peinte en bleu et en jaune. Son étrave arrondie s'avance à l'intersection de deux artères importantes. Il y a une ouverture de chaque côté mais c'est encore fermé. Il n'est pas sept heures. Assis sur le trottoir, les marchands de journaux sont encore en train de se répartir les journaux à distribuer par secteur. Clélia Rivière aurait voulu de l'eau en bouteille. Question de sécurité alimentaire. Dans la rue Lé Loï, le QG du festival ne propose qu'une cuve en inox avec un seul gobelet pour tous. Attaché à la cuve par une ficelle, le gobelet ressemble à un appât. La supérette est peut-être le Tati ou la Samaritaine de demain. On y trouve de tout et les produits achetés par les Occidentaux ont des prix fixes et étiquetés, ce qui est appréciable pour ceux comme Clélia qui ne savent pas marchander.
Le marché où elle se rend si tôt matin se trouve de l'autre côté du pont, sur les rives du fleuve. Il est déjà bondé et la femme doit fendre la foule comme un coin fend une bûche pour y pénétrer. Chargés de caisses et d'objets hétéroclites, les cyclopousses se fraient un chemin dans les allées. Les hommes prennent garde de ne pas bousculer les étals aménagés à même le sol. Sinon les imprécations des femmes jaillissent et les suivent comme des malédictions.
Dans des hamacs suspendus au-dessus des étals dorment des enfants nus. L'arrière du marché, sa partie cachée est un lieu de vie. Des familles entières y vivent, installées sur des lits de fer comme sur des radeaux. Tout au fond, relié à la rivière par une plage sale, c'est le marché aux poissons. Une barque vient d'y accoster. Le poisson est débarqué en vrac et conditionné dans des caisses en polystyrène sur un lit de glace. La glace est vendue à un étal proche. Elle provient d'une petite unité de fabrication sous la forme d’un bloc oblong que le vendeur débite et concasse à la demande. Le poisson est d'une appétissante fraîcheur. Une eau rosâtre suinte des corps vif-argent et se distille goutte-à-goutte dans la rigole qui longe le trottoir, baignant d'innombrables pieds nus. Les odeurs sautent à la gorge, vives et coupantes comme la lame des couteaux qui écaille, éviscère. L'oeil de Clélia cueille au vol les éclats luisants des écailles, des couteaux et de la glace aux multiples facettes de diamant.
On trouve aussi des crevettes, des crustacés, des poulpes. Encore vivants, les poulpes. L'un d'eux tente de s'évader en escaladant la paroi de la caisse, arc-bouté sur ses tentacules. Quand il est sur le sol, il s'échappe en se traînant. C'est peine perdue. La petite fille qui tient l'étal le récupère et le remet dans sa caisse, sous les rires des spectateurs. Devant cette scène de cruauté tranquille, Clélia a le coeur qui se serre. Elle est pourtant venue au devant de cette cruauté, enfin prête à mettre en danger ses sentiments et son bel agencement du monde. Elle savait en pénétrant sur le marché qu'elle risquait la rencontre avec des images qui la brusqueraient. C'est pour cela qu'elle s'est amenée là, cherchant en détournant les yeux le marché à la viande. Et sur ce marché, les chiens de race à viande. Le marché à la viande se trouve un peu plus loin. Têtes de porcs, charpies de chairs sanguinolentes, ossements de nacre bleue s'épanouissent sur les étals ou à même le sol. C'est toute la beauté de la mort au travail avec ses outils de prédilection : le temps, la chaleur et les mouches. Le système de réfrigération par glace utilisé pour le poisson n'est pas utilisé pour la viande. Clélia Rivière voit les échoppes du marché se mettre à tourner devant elle. Son estomac retourné la rappelle à l'ordre. Elle ne doit pas aller plus loin dans l'insupportable. A coups de talon nerveux, elle remonte à la surface du marché, reprend pied devant les étals qui flottent sur ses rives. En vrac, des chapeaux coniques, du tissu, des ustensiles ménagers, des plantes médicinales, des légumes et des fruits.
Tous les fruits du jardin d'Eden vietnamien. Ceux que la femme connaît : les mangues, les bananes, les noix de coco, les oranges, les ananas, les papayes ... Ceux qu'elle a découvert et qui viennent grossir ses connaissances sensorielles et botaniques. La pomme cannelle, encore appelée anone ou carossol, gros fruit de la famille des ananas, recouvert d'une peau verte à écailles et dont la chair est onctueuse et sucrée. Le ramboutan, fruit à l'écorce rouge et à la chair un peu caoutchouteuse qui rappelle celle du litchi. On l’appelle d'ailleurs le litchi chevelu à cause des longs filaments que présente son écorce. Le salak, petit fruit en forme de poire dont l'écorce est épaisse et écailleuse et la chair, pâle et croquante. Le tamarin, aussi nommé datte indienne, fruit à forte teneur en acide tartrique, ce qui en fait un produit domestique à double usage : pour cuisiner et pour astiquer les cuivres. Les Anglais en raffolent sous forme de confiture, de gelée et de chutney tandis qu'ils sont très appréciés sous forme de boulettes par … les éléphants. Et toute cette macédoine : le salk, le logan, le mangoustan, petit fruit violet recouvert d'une écorce dure et dont la chair blanche et douce est légèrement acidulée et délicieusement parfumée. Et le durian, fruit à chair jaune très apprécié sous forme de chewing-gum, de glace, de crème ou de confiture mais dont l'odeur est si nauséabonde qu'à Singapour il est interdit de séjour dans les transports en commun. Un peu semblable mais avec moins d'épines : le jaque. Et semblable au pamplemousse mais en moins acide : le pomelo.
Le riz aussi est d'une diversité infinie. En quelques années, le Vietnam est devenu l'un des plus importants producteurs et exportateurs de riz au monde. Les problématiques liées à l'utilisation des pesticides ont d'ailleurs fait leur apparition. Ironie de l'Histoire : on parle à nouveau de dioxine, ce composant de l'agent orange, utilisé comme défoliant par les Américains pendant la guerre.
Tous sens en éveil, Clélia se laisse griser par la luxuriance du marché de Hué. Elle s'assied à une échoppe ambulante de boissons. Elle sait qu'elle n'aime pas le jus de canne pressé à la grande roue manuelle mais comment choisir parmi toutes les boissons possibles à base de fruits et de lait de coco, parfois coulé sur des haricots ou un triangle de fromage "La vache qui rit" ? Des boissons colorées qui font de l’œil mais dont le goût n’est pas toujours bon. La femme choisit au hasard et le hasard lui fait une fleur. Elle sirote à petits coups satisfaits le jus laiteux filandreux de téguments vert menthe. Elle n'a pas vu arriver la petite fille. Elle ne l’a pas vu venir mais elle est là, devant elle, les cuisses appuyées contre la table basse. Elle comprend que l'enfant veut lui vendre quelque chose. Une babiole, un colifichet, une verroterie quelconque. Elle se dit qu'elle ne prend aucun risque à traiter avec la petite. Pas comme avec cette marchande du Col des Nuages, passage obligé sur la route vers la cité balnéaire de Hoi Han et Da-Nang, qui a littéralement dépecé son pécule. Elle sort quelques dongs de sa poche. Le visage de la fillette se fend d'un grand sourire puis disparaît sous la table. Comme un diable sortant d'une boîte, l'enfant ressurgit, déployant devant elle un éventail mauve et rose. Clélia a vu l'éventail mais surtout les mains qui le tenaient. Ou plutôt l'absence de mains pour le tenir. Les bras de la petite fille ne sont que des moignons. Ils s'arrêtent un peu après le coude. D'où vient cette mutilation ? D'une malformation de naissance, d'un accident, de la guerre, de l'agriculture intensive ? Clélia Rivière achète l'éventail à la petite. Pas par pitié mais parce que l'objet est beau et qu'il lui parle.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La colonisation. La Cité s'appela Phu Xuan . Il fallut la défendre, d'abord dans des guerres contre les Chams, les Khmers et le clan Thrin. Puis vinrent des jacqueries menées par les paysans pauvres, les Chams, les minorités ethniques et les marchands chinois. Ce qu'on appela la révolte des Tây-Son. Le tout jeune prince Nguyen Anh en appela au Siam et à la France. Il obtint l'appui de Monseigneur Pigneau de Behaine qui engagea des mercenaires français. Hué entrait dans la stratégie prosélyte de l'Eglise et dans la stratégie coloniale de la France. En gages, il envoya Canh, son fils de quatre ans à la cours de France. La dynastie des Nguyen récupéra son fief qui devint la capitale du Vietnam sous le nom de Hué. En France, c'était la Révolution. On oublia de renvoyer le petit Prince Canh dans sa famille. Il mourut en exil à la cours, de langueur ou de maladie Occidentale.
Les festivaliers ont établi leurs quartiers au Phuong Nam, un restaurant populaire qui fait aussi location de cycles. Les vélos s'alignent devant l'établissement comme des chevaux à l'attache devant un saloon. Clélia, Olivier et Tao dînent ensemble en refaisant le monde. Olivier s'abstient de pancakes à la banane car il a fait une jolie allergie. Il avait des boutons partout. Cette allergie lui vaut d'être interdit de séjour dans l'atelier que Long met à la disposition des artistes dans le sous-sol de la galerie. Car, s'il est allergique à la banane, sans doute l'est-il aussi à la laque. Autour d'eux, les autres attablés font partie du décor, simples silhouettes d'un théâtre d'ombre qui se joue dans les coulisses du festival. Les conversations barattent les sujets actuels : la mode, la musique, l'art, les éternelles guerres américaines. Chacun fait son beurre des dialectiques qui s'établissent entre vainqueurs et perdants des guerres, colonisés et colonisateurs, autochtones et étrangers. My sert à table. My est la jeune serveuse du Phuong Nam. Elle parle Anglais et Français. Tous les étrangers qui ont convergé vers Hué pour le Festival viennent à elle, phalènes aux ailes blanches éperdus de lumière. My signifie belle. Et elle est belle, My, comme une eau vive, une vouivre.
Désignant Olivier, My demande à Clélia : - «C'est ton fils ? »
La table est secouée de rires. Tao lance la boutade : - «Oui, c'est sa mère, sa maman du Vietnam.»
Le surnom lui reste : la maman du Vietnam. Elle ramène son "fils" à l'Hué Majestic Hôtel. Pour qu'il mette ses vêtements au pressing, prenne un bain dans la baignoire étincelante et pique une tête dans la piscine. La piscine est sur le toit, ouverte, offerte sur le ciel. La femme y va la nuit pour habiter ses insomnies. Elle s'allonge sur le dos, se laisse flotter sous le ciel étoilé qui courbe vers elle ses larges épaules de nègre en amour. Par l'esprit, elle plane sur la ville endormie. Elle sait les gens dormant dans les maisons, dans les monastères et sur les sampans amarrés aux rives de la Rivière des Parfums, cerfs volants aquatiques. En bas, dans le hall d'accueil, le gardien dort en pointillé sur sa natte, la tête posée sur son oreiller en osier, une moustiquaire tombant en pluie sur son dos nu. Les bruits des trains montent jusqu'à elle, venus de la gare toute proche. La ville est longée par la grande ligne Hanoi-Ho-Chi-Minh-Ville. Depuis quelques années, le train de la Réunification recoud inlassablement les deux Vietnam déchirés par la paix qui a suivi la guerre. Les bruits lui parviennent assourdis par l'éloignement et par l'eau qui emplit ses oreilles.
Au fils du temps, Clélia et Olivier nourrissent une relation étrange, en marge de tous liens naturels. Ils échangent leurs histoires, leurs goûts, leurs lieux. La Carambole s'acoquine avec le Phuong Nam, les nids d'hirondelle, avec le pho. Clélia devient une habituée de l'hôtel Loan où loge Olivier. Dès qu'elle quitte Buu Y, elle s'y rend. La maison est au fond d'une impasse. Pour l'atteindre, il faut d'abord passer devant la femme qui habite dans un renfoncement du mur, sorte de guetteur embusqué dans sa guérite et qui réclame un droit de passage. Clélia l'appelle "ma pirate de la mer de Chine". Elle met longtemps à comprendre pourquoi la clocharde est tolérée dans l'impasse. En fait, elle fait office de signal d'alarme. Elle prévient les familles qui habitent l'impasse que l'ogresse arrive et qu'il faut récupérer les enfants. L'hôtel Loan est une pension de famille à la Française. Sa clientèle est constituée de couples français venus pour adopter un enfant de l'orphelinat tout proche. Les mères de l'impasse fantasment sur l'enlèvement de leurs enfants.
Une fois dans l'hôtel, Clélia rejoint la salle commune. Elle s'assied dans le fauteuil qui tourne le dos à la télévision et fait face à l'aquarium. Elle pose ses rêves sur le dos des poissons et se laisse porter. A pas glissés, l'hôtesse dépose sur un coin de la table basse la théière de l'accueil, remplie d'un thé parfumé et fumant. La femme se sert, boit à petites gorgées comme l'on marche à petits pas dans une allée fleurie. D'une main distraite, elle feuillette le Courrier du Vietnam. Le journal francophone de Hanoi parle du festival, des spectacles, du dîner impérial balayé par la pluie. Olivier vient ou ne vient pas. C'est sans importance. Ils n'ont pas vraiment besoin de se voir. Les liens qui les unissent se tissent sans eux, à leur insu.
Qui a décidé d'aller faire un tour à la mer ? Clélia a beau retourner la question en tous sens dans sa mémoire, elle ne se souvient plus. Est-ce Olivier ? Est-ce Tao ? Et si c'était My ? Ce n'est pas elle en tous, cas, de cela elle est sûre. Elle n'aime pas la mer. Ils y vont en motocyclettes. Olivier prend My en croupe. Clélia monte derrière Tao. Il faut sortir de la ville pour atteindre la plage. Les deux motos filent sur la route. Des camions les dépassent en klaxonnant. Les deux passagères font de grands signes aux chauffeurs qui éclatent de rire. My porte l'équipement que portent les Vietnamiennes pour se protéger du soleil : un masque en tissus et des gants qui montent jusqu'aux coudes. Le temps est superbe. Avec la vitesse qui sèche les aisselles, une agréable sensation de froid s'insinue sous les chemises. Le vent effiloche les cheveux. C'est pur plaisir que cette course en équilibre sur la force libérée d'une moto. My se cramponne des deux mains au porte-bagages, le corps rejeté loin en arrière pour ne pas toucher le dos de l'homme qui conduit. Clélia a noué ses bras autour de la taille de Tao. Elle la serre comme si elle voulait se souder à l'homme, ne plus faire qu'un avec lui. L'intérieur transpirant de ses cuisses collent à l'étoffe de son jean et la brûle. Sous un pont, un vieil homme les salue, leur indique le chemin avec son bâton. Il sait que tous les gens à peau blanche cherchent la mer, le soleil à l'aplomb de la mer comme un ballon de lave.
La plage est presque à l'embouchure de la Rivière des Parfums, rivière qui en fait est un fleuve puisqu'elle se jette dans la mer. La mer est la mer de Chine méridionale. Une paillote accueille les baigneurs. Les deux couples s'avancent, longent la mer, passent devant des barques retournées coques au ciel devant lesquelles des pêcheurs recousent leurs filets. Un enfant joue avec un cerf volant. Clélia sort sa caméra, s'attarde près des hommes. Gros plan sur les crabes et les coquillages qui affleurent à la surface grisée du sable. Olivier, Tao et My sont déjà loin, glissant tous les trois vers la mer. D'autres jeunes hommes nagent déjà au large, atteignant presque une barque de pêcheurs. Olivier et Tao se mettent à courir en larguant derrière eux leurs vêtements. My s'est assise sur le sable, à quelques mètres d'une maison coloniale désaffectée. Elle ne se baigne pas. Elle ne sait pas si elle aime ou si elle n'aime pas. Elle ne l'a jamais fait. Au Vietnam, les femmes ne se baignent pas. Clélia rejoint My sur le sable. Elles sont ensemble, seules. Deux femmes devant une maison rose, attendant le retour des hommes et des enfants. Elles parlent.
My commence : - «Je viens d'un tout petit village. Mon père est pêcheur. On n'a pas beaucoup d'argent à la maison alors je travaille au Phuong Nam. Mais ce n’est pas pour toujours. Je voudrais être guide. Je voudrais aller à l'Université du Tourisme de Hué.»
Elle n'exige rien, My, elle demande gentiment, comme en s'excusant. Elle ne veut pas, elle voudrait. S'il vous plaît. Elle fait des politesses à la vie qui en fait rarement.
Clélia continue : - «J'écris des livres touristiques. Ca me fait voyager, voir des gens. Mais parfois, je me demande où je suis. Les aéroports, les villes, tout se ressemble. J'ai parfois l'impression d'être un somnambule en équilibre sur un toit. J'ai peur de me réveiller et de tomber.»
My : - «Tu vis seule ?»
Clélia raconte les années qui sédimentent dans sa mémoire, avec son compagnon et l'enfant qui est venu, qui est reparti. La vie qui sépare ce que la mort n'a pas séparé. Les deux femmes versent l'une contre l'autre, leur tête se touchant. On dirait qu'un voile les recouvre, les isole du monde extérieur, de la plage, de Tao et d’Olivier qui leur font des grands signes, loin, loin dans la mer, voyant la maison si petite.
My : - «Moi aussi, je veux me marier, avoir des enfants, une maison.» Clélia, riant : - «Tu attends le Prince Charmant, ma belle.»
Tout bas, elle ajoute : - «Et si c'est un étranger, tu partiras avec lui ? »
My ne répond pas.
Les deux femmes se taisent. Elles regardent les deux hommes qui s'ébattent dans la mer comme des enfants. Derrière eux, marchant en équilibre sur la ligne de l'horizon, un paquebot découpe sur le ciel sa silhouette sombre. Clélia s'est avancée dans l'eau et filme. Olivier et Tao viennent vers elle en s'éclaboussant. Leurs piaillements cristallins ensemencent la mer.
- «Elle est bonne, tu aurais du venir», lui lance Olivier.
Ils sortent de l'eau. La baignade est finie. Clélia filme Olivier, Tao et My qui prennent le chemin du retour. Ils dansent, virevoltent. Clélia a l'impression de tenir entre ces doigts une fragile bougie. Instants magiques. Ecrivaine, elle tente de distiller, d'extraire le suc de ce temps d'éternité fugace mais elle se dit qu'il faudrait le talent d'un Rimbaud pour en rendre toute l'incandescence.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Champa. Au IIIème siècle de l'ère chrétienne, le Vietnam était le fief du Royaume de Champa et du Peuple Cham qui s'était formé à partir de populations austroasiatiques et d'Austronésiens indianisés. Les villes principales du Royaume étaient Shinapura, Indrapura, Vijaya et Kandarpupura. Le Royaume était en effet sous influence indienne pour la vie spirituelle et sous influence chinoise pour la vie matérielle. Son principal rival était l'empire Khmer. Le Champa connut son apogée au Xème siècle. A ce moment-là, l'ethnie Viet qui se libérait du joug chinois millénaire se tourna vers la péninsule indochinoise qu'elle entreprit de conquérir au détriment des Chams. Vivant sur une économie d'invasions et de pillages, les Chams n'avaient développé ni agriculture ni d'Etat intérieur, c'est en partie à cause de cela qu'ils n'ont pas pu à résister aux menées vietnamiennes. En 1306, le roi Jaya Shimhavraman III tenta d'instaurer une alliance avec les Viets en épousant une princesse vietnamienne. Dans la corbeille de mariage, il mit deux districts, dont celui de Kandarpupura. La paix obtenue par cette alliance ne tint pas mais la cité resta aux mains des Vietnamiens. Elle devint Hué. Le dernier roi fut tué en 1692 et le Champa fut vassalisé. En 1822, le pouvoir honorifique des derniers rois fut aboli et ce fut la fin du Royaume de Champa. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques milliers de Chams. Ils sont complètement métissés et aculturés.
Appuyé sur ses béquilles, Long donne des charges de buffle dans les meubles de la galerie. D'un coup de béquille, il balaye à travers la pièce la théière de l'accueil posée sur la table. L'infirme est furieux. Il invective un homme qui s'éloigne à grands pas, la tête rentrée dans les épaules, les poings serrés au fond de ses poches. Aux premiers mots de la dispute, les jeunes peintres se sont réfugiés au fond de l'atelier, en bas de l'escalier. Habitués aux éclats du maître, ils n'ont pas eu peur. Ils se sont simplement retirés comme on se met à l'abri de la pluie en attendant qu'elle cesse. Clélia les a suivis, maudissant le hasard qui l'a fait passer chez Long à ce moment-là. Elle passait juste pour récupérer son éventail qu'elle avait oublié et maintenant, elle est bloquée dans l'atelier, sans oser traverser la galerie pour se retrouver dehors.
Les peintres sont des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts de Hué. Tao est leur professeur à l'école et leur donne des cours particuliers dans son atelier privé. Ca lui permet de vivre et de continuer son travail de Bande dessinée et de laque artistique. La laque, c'est allergisant mais c'est aussi salissant, façon huile de vidange, se dit la femme en voyant les taches sur les chiffons qui traînent autour des bacs posés par terre le long des murs.
Elle a débarqué en pleine séance de dessin avec un modèle qui pose devant les chevalets. Le modèle est un adolescent. Il pose assis sur un tabouret de bar, seulement vêtu d'un short, c'est-à-dire aussi nu que le permet la morale vietnamienne. Seul Tao a franchi le tabou, avec sa « masseuse aux seins nus », un tableau en laque qui n'est encore jamais sorti de l'atelier et qui semble puni, le nez contre le mur. Les tableaux des étudiants sont encore à l'état d'esquisse. On voit les grands traits au crayon qui déterminent la masse des corps, la rattachent à la ligne du squelette. Tao et les élèves discutent âprement. Clélia ne comprend pas mais elle devine que c'est en rapport avec la dispute qui s'est déroulée en haut entre Long et l'homme qui est parti.
Dans la galerie, Long grommelle encore des gouttelettes d’injures mais le gros de la tempête est passé. Clélia remonte à la surface de la galerie.
- «Tu es encore là, toi ?», dit-il en la voyant émerger. - « Ben oui, j'attendais que tu te calmes avant de sortir.»
Elle ramasse les éclats de la théière explosée sur le carrelage. - «Qu'est-ce qui s'est passé ?»
Long explique : - «Cet homme, un Anglais ou un Allemand, je ne sais pas, c'est tous pareils, voulait acheter des tableaux. Il donnait de l'argent mais pour encore d'autres tableaux, faits très vite parce qu'il part bientôt. J'ai dit : les peintres de ma galerie, c'est pas des machines. C'est des artistes. Le business c'est pas ici.»
Clélia approuve l'esprit de Long mais elle comprend que cet esprit ne soit pas partagé par tous. Ce devait être le sujet de la dispute dont elle a été témoin dans l'atelier. Peut-être les cyniques ont-ils raison : il faut vendre son âme au diable tant qu'il est preneur sinon après, on ne la vend plus, on la donne.
Dans cette bataille qui oppose les purs et les opportunistes, elle ne sait pas qui a raison. Ce qu'elle sait, c'est qu'il lui a fait peur, ce Long pur, coulé dans l'or incorruptible de l'idéal le plus haut et qui a pris le pas sur le Long ivrogne, pétri de faiblesse et d'indulgence. Elle se dit qu'il y a des enjeux qu'elle ignore. Ce qu'elle sait aussi, c'est qu'elle n'est pas allergique à la laque. La substance l'imprègne avec une telle force qu'elle en tomberait évanouie.
Attablé au Paradise Garden, Tao raconte à Olivier la colère de Long. Le jeune Français rit mais pas Tao : - «Il trouve qu'on travaille trop ensemble. Pour le concours, il voudrait qu'on fasse chacun notre dessin, pas un dessin ensemble.»
Le concours de peinture sur le sol se déroule le long de la Rivière des Parfums, dans la rue qui longe la rivière jusqu'au Paradise Garden. Ouvert à tous, il fait partie des animations gratuites proposées à la population huéenne dont une grande partie est trop pauvre pour s'offrir le dîner impérial ou les spectacles qui se déroulent dans la Citadelle. Il y a des animations intéressantes comme le concours de cerf-volant, les concerts en plein air, le défilé de mode de Minh Hanh, les joutes nautiques, le Tour Vert en cyclopousse et la fête de Nam Giao. C'est presque un festival off. Olivier et Tao participent au concours de peinture sur le sol.
Olivier ne rit plus. Il interroge : - «Qu'est-ce que ça veut dire, ça, qu'on travaille trop ensemble. Qu'est-ce qui lui prend à Long ? C'est lui-même qui nous a inscrits tous les deux. Ca fait des semaines qu'on travaille sur ce projet. Parle. Tu veux quoi, toi ? Dessiner seul ou faire notre projet ?»
Olivier et Tao dessinent ensemble. Ils n'ont pas vraiment de modèle mais ils disposent de quelques ébauches étalées devant eux, au pied des gens qui les regardent. Plusieurs peintres sont à l'ouvrage, chacun occupant l'espace qui lui a été dévolu lors de son inscription. Ils se passent les pots de peinture et s'échangent les pinceaux. L'ambiance est bonne. Il fait beau. Les parasols du Paradise Garden sont déployés au dessus des tables, toutes occupées. Sous le regard des badeaux, la route se couvre de couleurs et de formes. Clélia est venue se poster devant les deux jeunes gens mais ils l'ont chassée, la menaçant de leurs pinceaux comme d'une tapette à mouche. Va-t-en, la mouche du coche. Elle est partie, poussée dans le dos par les rires comme une barque qui a pris le vent dans sa voile.
- «Je reviendrai tout à l'heure», lance-t-elle par dessus son épaule. - «C'est ça, maman du Vietnam, reviens tout à l'heure».
La femme se sent légère, libre comme une sauvagine sur les bords d'un chemin ou dans une jachère. Elle en a terminé avec Buu Y. Toutes les interviews sont en boîte et la rédaction de son livre est bien avancée. Pour se récompenser, ils se sont offerts le repas impérial. Pendant toute la nuit, ils ont goûté en cascade aux mets qui étaient servis autrefois à la cours de l’empereur. Des jeunes filles en Ao daï faisaient le service et le repas était ponctué de spectacles pyrotechniques. C'était il y a trois jours. A l'heure où elle s'éloigne de Olivier et de Tao peignant sur le sol, Clélia se sent comme une mère de famille dont les enfants sont à l'école et qui peut disposer de sa journée à sa guise, avec un temps que ne canalise aucun horaire et qui s'étend en nappe jusque aux plages de la nuit.
Comme un oiseau de passage, elle se pose à une table de la terrasse du Paradise Garden. Musardant dans la carte, elle commande une bière de Hué. Le breuvage ambré dévale dans sa gorge. La bière de Hué est sa bière préférée mais c'est surtout l'instant qu'elle sirote, cet instant qui est encore une disponibilité mais qui bientôt sera une attente. Le cyclo qui pose sur l'affiche du Tour Vert vient de lui faire de l'oeil. Elle a décidé de le suivre. Le Tour Vert est une animation gratuite mise sur pied par une association d'étudiants et la Région Nord Pas-de-Calais, très impliquée au Vietnam. Il propose aux festivaliers de visiter la Citadelle en cyclo-pousse. Le départ se fait juste là, devant le café, en prenant d'abord un bateau touristique.
Clélia embarque avec une dizaine de passagers, Français pour la plupart. Les chaussures s'accouplent sur le pont. Ici aussi l'ambiance est bonne. La journée du Tour Vert et la journée de la peinture sur le sol devraient se dérouler en parallèle avant de converger vers le point des retrouvailles : le dessin terminé. Le bateau s'est mis dans le fil du fleuve et glisse lentement. Les passagers font connaissance. Le voyage sur cette arche de Noé vietnamienne n'est pas très long. Bientôt, le bateau rejoint les cyclopousses qui attendent. Il y a plusieurs corporations de cyclo-pousses, chacune affectée à la désserte d'un lieu donné : la gare, le marché ... et portant ses propres couleurs. Les chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule mais ils le louent à la corporation à laquelle ils sont affiliés. En cas d'arrêt de travail, leur corporation leur verse une indemnité mais une indemnité toujours moins élevée que ce qu'ils toucheraient en travaillant. Rude sagesse qui donne des leçons à l'Etat Providence. Les cyclos ont chargé leur touriste dans la nacelle qu'ils vont pousser devant eux en pédalant pendant plusieurs kilomètres. Ils se sont mis en route en file indienne, menés par les coups de klaxons du cyclo de tête. Clélia a un peu honte de se laisser porter ainsi comme un paquet, un cadavre par un homme qu'elle trouve frêle. Dans les côtes, les hommes pédalent en danseuse. La femme voit leur dos s'incurver, la sueur assombrir leur tee-shirt entre les omoplates. Le long du trajet, les enfants saluent les équipages par des hello tonitruants. Saluts sincères ou relevant d'une consigne nationale, comment savoir ?
La procession des cyclos du Tour Vert longe les remparts de la Citadelle, faisant haltes à des points touristiques où les cyclistes peuvent se reposer pendant que leur passager se dégourdit les jambes en se mirant dans le visage souriant du Vietnam : l'étang où l'on peut regarder les pêcheurs et pêcher soi-même, le lac Thin Tam où les empereurs venaient se reposer et où se donne le spectacle des marionnettes sur l'eau, les remparts épineux de tours, le potager qui s'épanouit au pied de l'une d'elles. Dans ce potager, tous les légumes des repas quotidiens : oignons, coriandre, bettes ... Des hommes et des femmes y évoluent, tout à leur tâches : récolter des légumes frais, en remplir un panier, semer, sarcler, désherber ... Un vieil homme est debout, appuyé sur le manche de sa pioche, mâchonnant un brin d'herbe. C'est un paysan comme il en pousse partout sur la Terre. Au centre du potager se trouve une citerne. On peut y puiser au seau mais elle est équipée d'un système à pédales pour remonter l'eau dans une gouttière aqueduc qui l'achemine dans les rigoles d'irrigation. Dans la pénombre de la citerne, on voit un serpent qui ondule à la surface de l'eau. Instants de paix, de sérénité, d'harmonie. L'harmonie de Hué la belle. C'est là, en cet instant, que Clélia Rivière trouve le titre de son livre : Hué la belle.
* **
Le soir tombe sur la Rivière des Parfums. Sur la route, les artistes ont fini leurs oeuvres, sauf Tao et Olivier qui sont toujours penchés sur leur fresque. Les mouvements qu'ils font enroulent leurs membres autour de leur tronc en une chorégraphie élégante et tonique. On dirait des danseurs de tango, dont les corps tour à tour s'épousent et se repoussent. Gestes larges, amoureux. My les regarde en souriant, les yeux brillant dans la lumière mourante. Derrière eux, dans le flou de l'éloignement, des vieux et des vieilles font leur Taï chi, semblables à des arbres qui se balancent dans la brise du soir. Clélia s'est mêlée à eux qui ont élargi leur cercle pour la recevoir. C'est dans cette clairière humaine qu'elle se prépare à voir le tableau que les deux jeunes hommes ont peint pendant qu'elle faisait le Tour Vert.
My et Clélia ont convergé vers le tableau. Courbées vers le sol, les deux femmes ont poussé un cri d'étonnement et d'admiration. Le tableau représente une tour de verre et d'acier dressée vers un ciel flambant de soleil. La lumière argentée qui tombe sur les vitrages donne une impression de noblesse et de force. L'effet est obtenu par le jeu de la lumière qui tombe d'un lampadaire sur la peinture qui contient des paillettes argentées. La tour émerge d'une colline de terre brute complètement noire et mate qui semble vouloir l'absorber, la résorber dans sa masse. L'artiste vietnamien et l'artiste français ont marié des matériaux et des effets contraires : le brillant et le mat, le plein et le vide, l'horizontal et le vertical, l'apparu à la lumière et le disparu dans l'ombre. Ils ont incarné la dialectique entre le primitif et le moderne, le féminin et le masculin. Ces deux parties sont contraires mais aussi complémentaires. Elles agissent à la manière des ogives dans les cathédrales gothiques : c'est leur antagonisme même qui, créant l'équilibre des forces, permet à l'édifice d'exister. Planté dans la terre noire, un lotus pousse sa tige à l'intérieur de la tour transparente jusqu'en son sommet d'où elle émerge par une fenêtre ouverte. La fleur éclose laisse voir son coeur blanc et jaune, fragile comme un oeuf, symbole de naissance et de renouveau. Le tableau est d'une grande beauté et les avis sont unanimes : il a ses chances pour le concours.
La bande prolonge la magie à la galerie de Long. Long a installé sa natte derrière son bureau et somnole. Tao et Olivier font une bataille d'experts autour des concepts de modernité et de tradition. La conversation se fait en français et en anglais, pour arriver à dire en substance :
- Olivier : «Je ne dis pas qu'on copie, je dis qu'on a des influences, qu'on s'enracine dans les arts passés et dans l'époque à laquelle on vit. On est des passants, des passeurs.»
- Tao : «Ce n'est pas vrai, la création est jaillissement, spontanéité. Elle vient d'ailleurs. Il ne faut pas rester prisonnier des anciennes techniques, des anciennes façon de penser.»
- Olivier : «C’est ça : du passé faisons table rase. Mais, vous n’en avez pas marre de la révolution, vous n’avez pas assez donné ? Tu n’as pas compris que les révolutionnaires sont des fous qui poussent les gens dans le mur.» - Clélia : «Foi, feu, folie, ils ont tout compris, ces petits.» My ne dit rien.
- Tao : «Le communisme, ce n'est pas fou. C'est le progrès. Les choses bougent au Vietnam. L'art et la culture sont très vivants.»
- Olivier : «Mais de quoi tu parles, il n'y a plus que l'argent qui compte. Tu as vu, il y a des magasins, on n' y vend que des coffres-forts. Et dans les rues, il y a de plus en plus de 4X4.»
- Tao : «Oh, shit, Olivier. On veut pas rester pauvres. On veut vivre, être heureux, écouter de la musique. On est jeune.»
S'adressant à My : «Toi aussi, My, tu veux une autre vie. Etre riche. Etre libre.»
My nage entre deux eaux : - «Je veux tout ça mais pour ma famille, mon village. Le plus important, c'est l'amour. Je voudrais un homme que j'aime et qui m'aime. Beau et gentil. Comme vous deux.»
Tao fait le geste de jouer de violon. Clélia l'arrête. Elle ne veut pas que l'on abîme les rêves de My. Ce ne sont pas des rêves superficiels, ce sont les sentiments les plus profonds et les plus universels, le noyau dur de l'Humanité. Et elle est l'éternel féminin : entre les deux son coeur balance.
- Tao s'enflammant : «On ne parle pas de politique et de sentiments, on parle d'art, d'architecture, de construction, de techniques, de matières. Moi, j'aime le béton, le verre, le métal. Le pont Tran Tien, la gare de Dalat, c'est magnifique. J'aime les buildings comme on a dessiné sur la route. La transparence, la lumière. On vient d'inventer le béton translucide, on va pouvoir faire beaucoup de choses.»
- Olivier : «Je n'aime pas ces matériaux de la transparence, la transparence, c’est totalitaire. Je préfère les matériaux de l'intimité. La pierre et le bois. C'est des matières naturelles, primitives. Quand tu les travailles, que tu les tailles, que tu les sculptes, tu as du vivant devant toi. Tu dois en tenir compte. Si tu donnes un mauvais coup de ciseau dans la pierre ou le bois, la matière éclate. Le fer, le béton, le verre sont des matériaux qui se coulent. Tu imposes la forme et si elle ne te plaît pas, tu refonds la matière et tu la recoules à nouveau. C'est de l'abus de pouvoir, de la dictature. Tu fais ça avec la matière et tu fais ça avec les gens.» - My : « Je pense comme toi Olivier. Le bois et la pierre, c'est plus joli. On est plus heureux dedans.»
Olivier se penche vers la jeune fille, prend sa tête entre ses mains et dépose sur son front un baiser très tendre. Dans la salle d'exposition, Long tousse et se retourne sur sa natte. D'une voix ensommeillée, il fredonne une chansonnette. Une chansonnette française que Clélia connaît mais ne reconnaît pas tout de suite. Prenant l'air au vol, elle rappelle les mots de sa mémoire à sa bouche. Ca lui revient. Elle chantonne à son tour : «On s'était connu, on s'est reconnu ...» La chanson de Jules et Jim.
* **
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La DMZ (Demilitarized Zone). La zone démilitarisée s'étend le long de la rivière Ben Hai et du 17ème parallèle. Elle a été créée en 1954 par les accords de Genève et divise le pays en deux zones d'influence : au Nord, la zone communiste et au Sud, la zone capitaliste américaine, occidentale. C'est un peu ce qui a été fait en Allemagne après la guerre 40-45 avec le camp Occidental et le camp soviétique séparé par le mur de Berlin. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, cette stratégie n'a pas favorisé la paix. Le camp communiste s'est trouvé conforté et il y a eu la guerre. Deux armées étaient en présence : l'ARVN (Armée de la République du Vietnam) pour le Sud allié aux Américains et l'APVN (Armée Populaire du Vietnam) pour le Nord communiste gouverné par le Viet-Minh encore appelé Viet Cong. A partir de 1967, les Nord-Vietnamiens ont mis en place toute une logistique pour approvisionner les maquis du Sud Vietnam en matériel de guerre. Pour ne pas être repérés par les armées du Sud et leurs alliés américains, ils évoluaient sur un itinéraire parfaitement invisible : la piste Ho-Chi Minh. Dans la plus grande discrétion, ils ont acheminé munitions, explosifs, armes ... Pendant plusieurs mois, les bombardements américains furent impuissants à couper le cordon ombilical constitué entre le Nord et le Sud par la colonne de fourmis humaines. Situé au centre du Vietnam, Hué fut une pièce importante du dispositif. Au nord de la ville, Khé San en était même le centre. C'est là que les Américains et leurs alliés Sud-Vietnamien, voulant éviter leur Diên Biên Phu, précipitèrent leur fin. C'était en février 1968, lors de l'offensive du Têt.
Clélia veut prendre quelques photos du Festival pour illustrer le chapitre de son livre sur l'Hué actuel. Il lui faudrait des vues des joutes nautiques et du jeu d'échecs humain. Pour savoir lequel de ces spectacles elle va voir en premier, elle sacrifie à la passion des Vietnamiens pour les jeux de hasard : elle joue à pile ou face. Le jeu d'échecs rafle la mise. Le spectacle a lieu dans la Citadelle. Il fait très chaud. Une fois de plus, la femme regrette de ne pas avoir son éventail qui est toujours chez Long.
L'échiquier est disposé sur la place, un homme-pièce dressé sur chaque case. Le jeu d'échecs vietnamien est différent du jeu occidental. Il y a par exemple moins de cases. Les deux joueurs se font face, perchés au sommet de chaises en bambou hautes comme des sièges de maître-nageur. Les hommes-pièces portent les couleurs de leur joueur respectif. A leur ordre, ils se déplacent sur l'échiquier, chacun interprétant un pas selon la pièce qu'il représente : la tour, le pion, le cavalier ... Traçant son cercle autour du carré, Clélia photographie le jeu des hommes dans la lumière compacte. C'est très spectaculaire mais, les deux joueurs étant de force égale, la partie est très longue, si longue que l'un des hommes-pièces finit par s'évanouir au milieu de sa danse des sabres. Clélia suit le groupe qui emmène l'homme inerte à l'ombre d'un bosquet d'arbres, là où un poste de secours a été installé. L'endroit est frais, sombre, vif. Des rochers gris se dressent, retombant en rocaille hérissée d'épineux. La tente du poste de secours partage les lieux avec l'échoppe d'un marchand d'oiseaux. Dans les cages alignées, des dizaines d'oiseaux qui pépient, confiants. Ont-ils conscience qu'ils sont des oiseaux à souhaits et qu'en tant que tels ils ne sont pas vraiment prisonniers? Celui qui les achète les relâche en effet après les avoir investis d'un voeu, d'une prière. En fait, ces oiseaux sont des messagers qui font la navette entre la terre et le ciel, simple retour aux origines des anges. Le marchand est entrain de prendre un oiseau dans une cage et de le placer dans une cage plus petite, tenue par une main de femme. C'est en zoomant pour saisir la scène que Clélia reconnaît My.
D'instinct, elle se jette en arrière, se dissimule sous l'auvent de la tente. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle pense que la rencontre qui s'amorce entre elle et My ne doit pas avoir lieu, que la scène n'est pas écrite. Elle laisse My s'éloigner, portant dans une main la cage avec l'oiseau et dans l'autre, un éventail déployé qu'elle reconnaît être le sien. Pourquoi Long a-t-il donné son éventail à My. Il savait bien que c'était à elle. Elle se dit qu'elle tirera cette affaire au clair plus tard. Pour remplir ses mains vides, elle achète au marchand un Non bai ton, un de ces chapeaux coniques en bambou et en feuilles de palmier, ornés de poèmes d'amour, de chansons, de proverbes ou de dessins seulement visibles de l'intérieur quand on regarde le chapeau à contre-jour.
Direction les berges de la Rivière des Parfums où se déroulent les joutes nautiques. Douze équipes sont en lice, toutes sponsorisées par le plus bel hôtel de la ville. Chaque pirogue compte un barreur et sept rameurs. A l'ombre des grands arbres, l'eau est moins jaune, plus orangée, safranée, plutôt, comme la robe des bonzes. Une course va commencer. Les embarcations piaffent sur la ligne ondulante du départ. Le départ va être donné par un agent de police, commissaire de course avec quelques-uns de ses collègues. Le départ est donné. Les pirogues s'élancent. Sous les encouragements de la foule, les rameurs se désarticulent autour de leurs rames. Les frêles embarcations filent, étirant le peloton. Les hurlements de la foule les soulèvent comme une houle. Tous les coups semblent permis : se percuter, s'agripper aux bouées pour gagner du temps dans les virages, même changer de rameur en cours de route. Un jeune homme s'est jeté à l'eau. Il nage comme un forcené vers une embarcation, la rejoint, monte à bord et prend la place d'un rameur épuisé. Peine perdue. L'embarcation se laisse distancer. L'issue de la course commence à se dessiner. Trois pirogues sont en tête et se battent pour la victoire. Le spectacle est époustouflant. Lorsque la première pirogue atteint la bouée d'arrivée, la foule explose. C'était une première manche. Pour conserver les faveurs divines, les gagnants retournent au milieu de la rivière où ils larguent des offrandes aux dieux.
A l'intérieur des terres, la liesse populaire est à son comble. Debout sur un banc, des vieux tapent de leurs pieds nus en cadence, arrimés l'un à l'autre par leurs bras. Un peu plus loin, des adolescents perchés sur un arbre hèlent les rameurs en riant. Clélia pense immédiatement au Bandar Log, le Peuple Singe du Livre de la Jungle, si gais, si jeunes. Et qui font des proies si faciles pour le prédateur hypnotique. La vase des berges de la rivière a laissé place à une prairie d'herbe courte sous laquelle la terre, broyée par d'innombrables pieds nus, affleure par plaques. Deux fillettes conversent sur un rocher. L'autre moitié du monde, l'autre moitié du ciel. Elles ne regardent pas les joutes. Qu'en verraient-elles d'ailleurs avec le mur d'adultes qui leur bouche la vue ? Leurs regards sont tournés de l'autre côté, vers la colline qui s'éloigne par vague vers la ville. Elles regardent les deux garçons qui viennent vers elles. Deux petits Mowgli qui évoluent loin de la fête, au rythme de leur temps propre. D'un pas glissé, ils avancent vers les fillettes, ralentissent quand ils arrivent à leur hauteur et accélèrent le pas quand ils les ont dépassées. Il n'y a eu aucunes paroles échangées, aucuns regards. C'est si comme les filles et les garçons s'étaient reconnus à des substances chimiques invisibles, sortes de phéromones qui régiraient les relations enfantines. Les deux garçons portent une casquette et un short rouge gansé d'un galon blanc qui galbe l'arrondi des hanches. Ils marchent côte à côte en se tenant par la main. L'un des deux est très jeune, six ans, peut-être. L'autre est déjà un pré adolescent. Clélia leur emboîte le pas et les suit sur un chemin bordé de flamboyants. Le chemin mène à une fontaine. La fontaine est une de ces pompes à bras qu'il faut actionner pour faire s'écouler l'eau. Les deux enfants s'y arrêtent. Le plus grand des garçons empoigne le bras de la pompe et fait couler un flot d'eau bulleuse. Le petit y glisse les jambes et se met à les frotter. Maladroit, trop petit, il ne parvient pas à nettoyer la crasse qui séchait en cuirasse sur ses cuisses et que l'eau draine en de magnifiques lettres calligraphiées. Le plus grand tente de l'aider mais il est handicapé par la nécessité de pomper. Clélia a posé les mains à côté des mains de l'enfant. Pendant un instant, ils sont un couple de rameurs unis dans un même effort. Le garçon lâche le bras de la pompe et va rejoindre l'autre garçon dans le fil de l'eau qui coule sans discontinuer. Avec des gestes qui sont de vraies caresses, le grand frotte les jambes du petit, doucement, tendrement. Sont-ils frères ou simples camarades de jeux, futurs amis, amants, peut-être ? La grâce évanescente qui émane des corps mouillés nimbe Clélia d'un bonheur tremblant. Elle se dit que ces deux elfes feux follets qui s'ébattent à quelques pas de la Rivière des Parfums ramènent au paganisme le plus échevelé.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Caodaïsme. La religion caodaïe ou Caodaisme est née en 1919 sur l'île de Phu Quoc lorsque l'être suprême nommé Cao Daï est apparu à Ngô Van Chieû, un fonctionnaire de l'Administration française. Elle s'est propagée dans le Sud du Vietnam à partir de 1920 autour d'une pensée syncrétique du Bouddhisme, du Christianisme, du Taoïsme, du Confucianisme et de l'Islam. Symbolisé par un oeil géant, le dieu est secondé par des Saints étonnants parmi lesquels Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Winston Churchill, Sun Yat Se, Moïse et Brahma. Elle est assise sur cinq commandements : tu ne tueras aucune créature vivante, tu ne convoiteras pas, tu ne vivras pas dans le luxe, tu ne succomberas pas à la tentation et tu ne prononceras pas de calomnie. Dès ses origines, la religion caodaïe s'adressa aux pauvres, surtout les paysans dépossédés et devint un mouvement nationaliste, anticolonialiste et subversif. Elle évolua dans les conflits en faisant des alliances opportunistes : avec les Japonais contre les Français, avec les Américains contre le Viet Minh, avec le Viet-Minh, contre le Vietnam du Sud. Après la réunification en 1975, la Religion fut déconsidérée. Les dirigeants, les fidèles et les prêtres furent persécutés. Les terres des paysans caodaïstes furent confisquées. Aujourd'hui, la religion caodaïe compte deux millions d'adeptes et un million de temples. Elle est surtout implantée dans le delta du Mékong, dans le Sud du Vietnam. La cathédrale ou grand temple se trouve à Tay Ninh.
L'aube est à peine levée sur la colline de Nam Giao. Une légère brume s'évapore du sol comme l'haleine d'un dragon endormi. L'aube est à peine levée et pourtant, la foule est déjà dense, tassée sur les trottoirs par les policiers en chemises vertes. Personne ne voudrait rater l'évènement qui se prépare : la procession de Nam Giao. C'est un évènement pour les touristes mais surtout pour le peuple vietnamien. C'est en effet la première fois que la procession a lieu depuis sa suppression en 1945, date à laquelle Ho Chi Minh a jeté à bas de l’Histoire la monarchie des Nguyen que les Français d'Indochine avait conservé pour préserver la cohésion nationale. Clélia Rivière connaît l'histoire. Buu Y lui a expliqué. Lui-même est descendant des Nguyen. La procession se déroulait une fois par an entre la Cité pourpre interdite et la colline de Nam Giao. C'était une procession comme toutes les processions : rituelle et sensée attirer les bénédictions du ciel sur la ville. L'empereur se rendait en grande pompe sur la colline de Nam Giao. A cette occasion, les concubines du souverain, vêtues de robes bleues, dansaient sur des chants traditionnels et toute l'armée défilait : les fantassins, les archers, la cavalerie. Des combats de tigres et d'éléphants étaient organisés. Symbole de puissance, le pachyderme représentait le roi. Il ne perdait donc jamais. Au besoin, on attachait le tigre à un poteau enfoncé dans le sol. Massée sur le passage de la procession, la foule rendait un culte à l'empereur.
Aujourd'hui, après des années sans procession, la foule de Hué est toujours là, fidèle au rendez-vous. Avec raison car la procession est magnifique même si ce n’est plus un rite mais une simple parade. Plus de cent cinquante figurants défilent en costume, accompagnés d'une dizaine de chevaux et de cinq éléphants. Le régime communiste veut reprendre toute cette symbolique de la puissance à son compte et pour le pays en pleine expansion mais il ne veut pas que soient attisés les tisons mal éteints de la royauté sur lequel souffle déjà le vent de la démocratie. La procession doit se garder d’ouvrir la voie à une sorte de restauration de l'ancien régime. Elle est et doit rester une simple fête folklorique. Pour bien marquer la procession au sceau du communisme, en tête du cortège défilent des jeunes porteurs de drapeaux portant le drapeau rouge à étoile jaune de la République Socialiste. Pour éviter l'apologie de la royauté, la procession ne suit que le trajet du retour de la colline de Nam Gio vers la Cité interdite. Il est de notoriété en effet que parfois le souverain ne retournait pas à la Cité interdite avec la procession mais qu'il restait quelques jours sur ses terres. Ce tour de passe-passe permet de faire l'impasse sur l'empereur qui n'est même pas incarné par un comédien et dont la chaise à porteur rouge et or défile vide.
Clélia Rivière a suivi la parade depuis la colline jusque la cité interdite en prenant beaucoup de photos. La parade s'est terminée sur la place de la Tour du Drapeau, sous le regard de l'oncle Ho dont l'affiche trône au-dessus de la porte monumentale. Sitôt le cortège disloqué, la foule s'est décomprimée, distendue, élargie comme un fleuve quand un barrage cède. Dans les tourbillons de la fête, Clélia se retrouve seule devant la chaise à porteurs. Elle la regarde, fixement, longuement. Il lui semble que la chaise vide a les bras ballants d'une mère quand l'enfant est parti. Elle ressent un curieux malaise. Des images se bousculent devant ses yeux. Le dernier roi Nguyen, la chaise vide, le petit prince Canh, son enfant à elle, mort depuis si longtemps. Peu à peu, ces visages s'effacent derrière un autre visage, flou, comme flottant sur un miroir d'eau. Le visage d’Olivier.
Hué Majestic Hotel, la nuit. Clélia est étendue sur son lit, les yeux grands ouverts fixés sur le ventilateur de plafond dont la rotation des pales l'hypnotisent. D'un mouvement lent, régulier, lancinant comme l'écoulement du sable dans un sablier, les pales du ventilateur brassent la pâte molle d'un air alourdi de produit insecticide. Des sensations bizarres se diffusent dans le corps de la femme comme un poison mortel. Bien qu’elle ne soit pas malade, ses chairs sont chevillées au lit par la fièvre. Si elle était superstitieuse, elle dirait qu'on lui a jeté un sort. Un gecko de delirium tremens asiatique s'incruste près de l'interrupteur, juste derrière sa tête, immobile comme une idée fixe. La femme le regarde, le salue familièrement. La vie reflue en elle et tout son corps s'ébranle pour accueillir la superbe vision. C'est ainsi que son oeil accroche les images qui défilent dans le téléviseur dont elle a comme d'habitude coupé le son.
Le téléviseur montre en rediffusion des images du Festival de Hué. Des images de la peinture sur la route près du Paradise Garden. Gros plan sur le tableau d’Olivier et de Tao. Le spectateur reçoit comme un coup de poing la tour vitrée, éblouissante, avec son lotus qui vrille à l'intérieur, cherchant la lumière. Le tableau a remporté le premier prix du concours. Dans la citadelle, c'est la remise des prix. Le prix est remis par Buu Y. Les images montrent Tao s'avançant vers Buu Y, recevant un objet que la femme ne prend pas la peine d'identifier tant elle est sidérée. Tao est seul. Olivier n'est pas là. Elle se dit que peut-être il n'était pas libre à ce moment-là, qu'il était appelé ailleurs. En même temps qu'elle énonce ces mots, sa conscience la plus profonde lui crie que ce n'est pas possible. Le téléviseur vient régler son conflit intérieur : en bas de l'écran s'est inscrit le nom du vainqueur : Tao Ngô Quâc.
Voir My. Elle doit voir My. La jeune fille doit savoir ce qui s'est passé pendant qu'elle était sur la colline de Nam Giao. My est au Phuong Nam, attablée avec des festivaliers qui l'ont invitée à dîner. L'ambiance n'est pas à la fête. Les convives sont abattus, les mines sont défaites. - «Je peux te parler, My ?», dit Clélia.
La femme prend la jeune fille par les épaules et l'entraîne dehors marcher sous les grands arbres. My raconte : - «Le jury a donné le prix à Tao. Pas à Olivier. Le président du jury a dit que c'est seulement Tao qui était inscrit pour participer. Olivier n'est pas inscrit. Le prix c'est seulement pour Tao. Ce n'est pas juste. J'ai dit à Tao. Il a dit qu'il est pas sa faute. C'est Long qui a inscrit. Olivier n'était pas content. Je disais la consolation mais il était grande colère. Tao et Olivier ont disputé dans la citadelle près les expositions. Ils criaient. Olivier a cassé la belle Bande Dessinée de Tao.»
- «Celle avec le petit bonhomme et le chien qui courent sous la pluie ?»
- «Oui, celle-là. J'avais peur qu'ils cassent d'autres aussi mais des gens les ont chassés. On a couru, c'était la folie. On est venu sur l'esplanade du symposium, tu sais les sculptures des artistes internationaux. Tao et Oliviers se sont battus.»
- «Ils se sont battus !»
- «Des coups de poings, des coups de pied. Ils ont roulé par terre. Les visages étaient pleins de sang. Je ne savais pas faire quoi. J'étais toute seule. Je me suis sauvée.»
My pleure. Clélia la console : - «Tu as bien fait, My, on ne peut rien faire quand les hommes se battent. Il faut attendre qu'ils soient fatigués et qu'ils s'arrêtent tout seuls. C'est comme ça.»
Tout en marchant, My et Clélia sont arrivées devant l'arbre qui, à l'intersection de ses branches maîtresse, abrite un autel bouddhique. Une bougie se consume lentement devant la divinité, allumée par quelque pieuse âme. Les deux femmes se font face et se tiennent enlacées.
My : - «Maman du Vietnam, je suis tellement désolée. J'avais lâché un oiseau pour un voeu. Mon voeu c'était...»
Clélia a mis la main sur la bouche de My : - «Chuut, on ne dit pas un voeu ...»
Elle essuie le visage mouillé de la jeune fille qui glisse dans un sourire : - «Long m'a donné ton éventail, je l'ai donné à Olivier pour qu'il te le rende.»
- «C'est gentil, ma belle. Je lui demanderai quand je le verrai. Maintenant, tu vas retourner chez toi, te reposer. Moi, je vais m'occuper de nos deux lascars. Si déjà je les retrouve parce que va savoir où ils sont.»
- «Tao est parti chez Long mais Olivier, je ne sais pas.»
Tao est chez Long, en effet. Ils sont assis face à face à la table basse du petit train des jours heureux. Long a les mains posées à plat sur la table. Appuyé contre le mur, le dos bien redressé, il a ramené sous lui ses jambes torses. Dans cette stature, son handicap s'efface. On ne s'étonnerait pas de le voir se lever et s'en aller. Tao, au contraire, est tassé, recroquevillé sur son siège. On dirait que son corps s'est vidé de ses os. Clélia s'approche des deux hommes qui se poussent pour lui faire de la place. Pendant un long moment, ils se regardent sans mots dire. C'est la femme qui rompt le silence :
- «Te voilà bien arrangé, Tao !»
Tao a le nez tuméfié, une croûte de sang séché s'accroche à son sourcil gauche. Il tente un sourire prudent mais Long le foudroie du regard. Clélia comprend que Tao n'est pas le maître du jeu, qu'il n'a pas voix au chapitre. Elle se tourne alors franchement vers Long : - «Olivier et Tao ont travaillé ensemble. Tu le sais bien. Pourquoi il n'y a que Tao qui a eu le prix ?»
Long répond : - «Je ne sais pas. C'est une erreur. C'est la vie. Il ne faut pas se disputer pour cela. Il y a toujours des moyens de s'arranger. Tu diras à Olivier que Tao n'a rien fait, qu'il peut s'en aller tranquille.»
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : L'offensive du Têt. En février 1968, pendant la fête du Têt, le nouvel an vietnamien, des milliers de communistes menés par un éminent stratège, le général Giap, attaquent simultanément des cibles dans cent cinq centres urbains. Ils infiltrent Saigon où ils prennent l'ambassade et le QG américains. Les troupes sud-vietnamiennes sont surprises car elles pensaient que la bataille allait avoir lieu à Khé Sanh, près de Hué. Une bataille s'y déroule en effet et aussi à Hué. Les Nord-vietnamiens ont pris la ville et se sont retranchés dans la citadelle. Pendant vingt cinq jours, sous les bombardements assidus des B 52, ils maintiennent leurs positions. Ils en profitent aussi pour régler quelques comptes. Ils abattent, décapitent et brûlent vives trois mille personnes dont des fonctionnaires, des policiers et toute personne soupçonnée d'avoir des sympathies pour le gouvernement de Saigon ou leur allié américain. Ces atrocités n'émeuvent pas l'opinion publique car à ce moment-là les regards sont braqués sur les massacres de My Shon (My Lai), au Sud de Da-Nang. Le 16 mars, des unités de l’armée américaine ont débarqué à My Lai pour une expédition punitive suite à la morts de GI’s. Ils ont massacré tout le village, jusqu'aux animaux dont ils ont jeté les corps dans les puits pour empoisonner l'eau. Des soldats se sont interposés comme Thomson, Colburn et Andreotta qui ont posé leur hélicoptère entre les soldats et les villageois. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont reconnu qu'il n'y avait pas d'ennemis ce jour-là à My Lai et qu'en fait de bataille c'était bel et bien un massacre. Thomson et Colburn ont reçu la plus haute médaille militaire du courage pour un acte commis hors affrontement avec l'ennemi. Andreotta est mort au combat. L'offensive du Têt fut le début de la fin pour le camp du Sud. Si les Sud-Vietnamiens gagnèrent de toute évidence la guerre sur le terrain en écrasant le Nord communiste, ils la perdirent sur le terrain politique. L'offensive du Têt avait en effet révélé que sans les Américains le Sud ne pouvait sortir vainqueur de la guerre civile. Cette révélation démobilisatrice renforcée par le retournement de l'opinion publique mondiale amena le retrait des troupes américaines. Ces faits viennent comme en écho des massacres qui eurent lieu en 1883 lors de la prise de Hué par les troupes de la colonisation française. Dénoncés dans la presse par Pierre Loti, écrivain et journaliste, ces massacres ont induit la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie.
" Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. " " Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. "
Les mots de Long résonnent dans la tête de Clélia, ses pensées se bousculent tandis qu'elle traverse à grands coups de pédales la ville assoupie. Olivier peut s'en aller tranquille ... Ainsi donc Olivier veut partir. Peu à peu la question se formule : Olivier veut-il partir ? Puis se décline en plusieurs autres questions : pourquoi Olivier voudrait-il partir ? Pourquoi Olivier devrait-il partir ? Sans s'en rendre compte, Clélia a pris le chemin qui mène à la pension Loan. La route lui parait si longue et elle a si mal au genou qu'elle finit par larguer son vélo pour héler un taxi. L'homme qui baragouine un anglais approximatif ne comprend pas sa demande. Elle la reformule dans tous les sens mais rien n'y fait. En désespoir de cause, elle fait ce par quoi elle aurait dû commencer : noter l'adresse sur un bout de papier et le mettre sous les yeux de l'homme. L'anglais écrit met généralement tout le monde d'accord. En effet, l'homme comprend, aquièse et démarre. Il roule mais pas longtemps. Au rond-point extérieur de la ville, une ambulance bloque la circulation. Des véhicules immobiles, un attroupement, des policiers ... Les décors et les acteurs de l'urgence sont en scène. Pour quel drame, quelle tragédie ??? En tous cas, Clélia ne sera pas au rang des spectateurs. Apercevant un motobyker, elle demande au chauffeur du taxi de la déposer. Le chauffeur tente de la retenir mais elle jette sur son siège un billet de cinq euros et sort de la voiture. Le motobyker l'emmène. Se faufilant dans les encombrements, il va à une allure raisonnable mais il lui prend de faire un détour à travers la ville. La femme a beau lui tirer la manche pour le diriger ainsi qu'elle le ferait avec la bride d'un cheval, il continue, arguant :
- " Hué, by night, it's beautiful".
C'est vrai que c'est beau Hué la nuit mais Clélia a un but et elle est pressée de l'atteindre. Elle pense que le motobyker veut seulement rallonger la course pour se faire plus de money. C'est de bonne guerre, OK, bénies soient les leçons de marchandage prises avec Olivier sur le petit marché des bords de la rivière. C'est ce qu'elle se dit tandis que la moto mène son interminable digression. A l'arrivée devant l'hôtel Loan, le motobyker passe à l'offensive, réclamant pour sa divagation une somme extravagante que Claire refuse de payer. Elle sort de sa poche une liasse de billets de dongs qu’elle tend à l’homme. L'homme repousse sa main et mouline sa colère avec ses bras de cuir. Se surprenant elle-même, la femme ne se laisse pas impressionner. Elle invective l'homme en anglais et menace d'appeler la police. Instantanément, l'homme se calme, prend la liasse de billets qui flotte à sa portée. L'affaire conclue, chacun va son chemin. Clélia se dirige vers la pension de famille qu'elle voit au bout de l'impasse. Son pas se fait ample, apaisé, comme la respiration dans le sommeil. L'entrée se rapproche. Marchant sur un nuage, Clélia est presque joyeuse.
Soudain, la femme est là, devant elle, allongeant son ombre sur elle. La pirate de la mer de Chine. Comme une pieuvre, elle prend Clélia dans les tentacules de ses bras et l'entraîne au fond de son antre. C'est une sorte d’appentis, avec une paillasse nue au-dessus de laquelle pend une de ces lanternes de papier que fabriquent les handicapés de Ho Ian, le village balnéaire très fréquenté des environs de Da-Nang. Des bruits montent d'une caisse rangée tout au fond du réduit. La femme fait signe à l'autre femme d'aller voir. Clélia s'avance, courbée en deux pour ne pas se cogner la tête au plafond. Elle se méfie autant de la caisse qui est devant elle que de la pirate qui la suit. Si c'est traquenard, elle est perdue car qui va savoir qu'elle est là. Parvenue à la caisse, la surplombant, elle voit. Il y a un chien. Pas un de ces petits chiens asiatiques qui vivent au Vietnam, totalement libres, sans laisse, sans autre niche que la maison de leurs maîtres. Non, un chien de grande race, de ceux qui sont élevés comme animaux à viande. Il dort. A son cou, un collier en ficelle et une médaille marquée au nom de "babi". La pirate est radieuse. Elle dit des mots que Clélia ne comprend pas mais qui contiennent toute la joie, toute la fierté de d’une mère. Car babi est bien son enfant, adopté dans la solitude et la marginalité de l'impasse. C'est pour Clélia un moment de terrible acuité que ce moment où elle prend conscience qu'il faut traverser le miroir des apparences pour se retrouver soi. Elle s'incline devant la femme et lui tend la photo de son fils qui, depuis des années l'accompagne partout. Elle lui tend la photo « à la vietnamienne », c'est-à-dire en la tenant à deux mains, signe de révérence envers une personne respectable.
Les deux femmes sont assises l’une à côté de l’autre sur le bord du trottoir lorsque arrive l'ambulance. C'est l'ambulance rattachée au QG du festival. Ensemble, elles suivent des yeux le véhicule jusqu'à l'endroit où il s'arrête. Juste devant elles. D'un bond, elles sont debout. Les infirmiers passent devant elles en trombe, poussant une civière. Ils vont jusqu'au bout de l'impasse, s'engouffrent dans l'hôtel, reviennent avec la civière chargée d'un corps. Dès qu'elle a identifié Olivier, Clélia Rivière se met à la remorque de l'équipage. Une angoisse sourde lui ligote les membres. A l'ambulancier qui lui demande si elle est de la famille, elle dit : - «Oui, je suis sa mère.»
Elle embarque dans l'ambulance. Olivier gît sur la civière. Il a le visage rouge, gonflé. La femme se précipite : - «Mon pauvre petit, il t'a massacré, Tao, le petit fumier. Le salaud». L'infirmier : - «Mais, qu'est-ce que vous dites, vous êtes folle ? Ce ne sont pas des traces de coups, il fait une allergie. Sûrement une allergie à la laque : regardez les cloques et les vésicules qui sont en train de se former. Et ses mains, elles sont couvertes d’eczéma ».
Se penchant sur lui : - «Tiens … qu’est-ce qu’il a dans la main ?»
L’infirmier desserre les doigts du garçon et voit : un objet racorni, comme rongé … un bout de carambole.
Comme Clélia lui prend les mains, Olivier ouvre les yeux, la reconnaît, lui dit en hachant ses mots comme une radio qui perd son signal par intermittence : - «Maman ... çà brûle ... ton éventail, My me l'a donné.»
L'infirmier, lui mettant le masque à oxygène : - « Je trouve qu'il respire mal. Je ne sais pas comment il a fait son compte mais il s'en est pris jusque dans les poumons.»
Dans la salle d'attente de l'hôpital, Clélia feuillette le document que lui a laissé l'infirmier pour la faire patienter utile - pour lui comme pour elle car il la sent investie, investigatrice. Le document est une brochure technique.
Dans la collection « Les techniques traditionnelles asiatiques » : « La laque ». Le terme laque provient du sanscrit "Lakh" qui signifie brillant, lumineux. Il a donné le mot arabe Lakk qui est devenu laque en Occident quand les premiers objets laqués y sont arrivés au retour des croisades. Le terme sanscrit définit une certaine qualité de lumière, donc de clarté. Les initiés disent qu’un laque - le mot laque est féminin quand il désigne la matière mais il est masculin quant il désigne l’objet laqué - Les initiés disent qu’un laque est comme le ciel durant la nuit, qu’il peut être de couleur très sombre mais cependant très clair dans son éclat, comme s’il avait une lumière intérieure. Ils emploient des expressions telles que « confus comme l’eau boueuse », « mêlé comme un étang boueux », « sans plus de transparence que l’opacité même », « obscurs comme l’eau trouble ». La technique traditionnelle de la laque est donc presque une mystique, une initiation qui demande minutie et patience, vertus existentielles de la culture asiatique. Elle se fait à partir de la laque. La laque est un suc laiteux qui provient du laquier, un arbre de la famille des toxidendrons qui ressemble au figuier. Ce lait est l'équivalent du latex pour le caoutchouc. Avec l'ajout de quelques autres produits, il devient une résine que l'on utilise crue ou cuite dans la technique de la laque. Cette technique se fait au départ d’un support de bois, soit une plaque, soit un objet et comprend une opération plusieurs fois répétée. Cette opération consiste à apposer une couche de laque sur le support, à la polir pour obtenir un lissé parfait et à le mettre sécher dans une sorte de chaudière à vapeur. Une laque de bonne qualité peut compter une trentaine de couches. La dernière est constituée d’une laque très fine soigneusement poncée pour recevoir le décor final. Les décorations principales sont les feuilles d’or et d’argent, les pierres taillées semi-précieuses, la nacre, la coquille d’oeuf ou les écailles de tortues (aujourd’hui interdites car la tortue est une espèce protégée). Mise en garde : la laque contient de l'urushiol, une substance allergisante qui provoque démangeaisons, dermatites, eczéma, érythème, cloques et vésicules, avec risques d'infections secondaires par grattage. Il arrive aussi parfois que les poumons soient touchés lorsqu'il y a inhalation mais c'est rare, le plus souvent la contamination se fait par contact. La substance étant très prégnante, sa toxicité est persistante, c'est pourquoi il est impératif de laver les objets contaminés.
Olivier a des lésions aux poumons. Il doit être rapatrié. Clélia lui a ramené ses affaires qu'elle a ramassées dans tous les lieux qui jalonnaient sa vie vietnamienne: la pension Loan, le Phuong Nam, la galerie de Long, le QG du festival ... Ils se reverront en France, ils se le sont promis. En attendant, la femme se sent seule, vide. Elle a perdu le fil de sa présence à Hué. Qu'est-ce qu'elle fait là, en pleine nuit, sur les gradins du parc Thin Tam, à regarder un spectacle de marionnettes sur l'eau. Un homme vient s'asseoir à côté d'elle. Un vieil homme, petit, osseux, sec comme un bout de bois. Il ramasse ses jambes sous lui, s'entoure de ses bras, s'y amenuise, se réduit tellement qu'il finit par n'être pas plus grand qu'un enfant. Le spectacle se déroule, racontant des histoires de paysans vivant dans les marécages et les rizières, des histoires peuplées de dragons et de buffles, de pêcheurs et de musiciens. Des histoires universelles. Clélia ne voit rien, n'entend rien. Elle se dit qu'elle va partir aussi. Rassembler ses affaires, son ordinateur, ses livres ... Déjà, elle a récupéré son éventail. Il est dans sa main, déployé. Il n'est plus très propre. A passer ainsi de main en main, il s'est sali. Une traînée noirâtre, un peu grasse, court le long d'une pliure. Ce sera difficile à ravoir, se dit-elle, et si je le lave, il perdra les souvenirs qui s’y rattachent ... My qui le tient devant le marchand d’oiseau, qui le donne à Olivier, comme un gage qui les lient tous les trois … Des images tombent dans ses yeux ... des objets qui flottent sur l'eau, des hommes troncs dont les jambes disparaissent dans l'eau, des hommes qui manipulent des marionnettes. FIN Cette histoire a été écrite à partir de mon voyage au Vietnam avec l’association « La rencontre de l’autre », de Donzy-le-National, en Bourgogne. Elle est librement inspirée de personnes et de lieux existants qui ont été utilisés comme support de mon imaginaire. Les prénoms ont été choisis en fonction de leur signification :
Tao signifie Création Long Dragon My Belle Clélia la femme du silence Olivier l’homme inquiet
Voici dans son intégralité ce texte que j'ai voulu être une approche originale du Vietnam d'aujourd'hui.
Elle s'appelle Clélia Rivière. Rivière, c'est son nom de jeune fille qu'elle a repris après son divorce. Divorcée sans enfants, voilà ce qu'elle est selon l'Etat Civil français. Sans enfant vivant. Leur fils aurait eu vingt-deux ans. Elle en a quarante-huit et elle est encore belle. La chambre qui est autour d'elle est une chambre d'hôtel du premier étage de l'Hué Majestic Hotel. Clélia Rivière est à Hué, au Vietnam, dans le centre de ce pays qui s'étire le long de la Mer de Chine méridionale comme une échine de dragon. Au Nord, Hanoi et la baie d'Halong. Au Sud, Saigon et les mangroves du Mékong. Elle est à Hué pour écrire un livre sur la ville. Un coopérant de l'Alliance française de Hanoi lui a conseillé de s'adresser à Buu Y, le traducteur attitré de Sartre et de Camus, historien et grand érudit de la ville.
Elle est à Hué depuis six semaines et elle s'y plaît. Elle aime la ville, la rencontre avec Buu Y et l'écriture qui en découle. Buu Y est un homme charmant, cultivé, raffiné. Ils se voient trois fois par semaine. Clélia enregistre l'interview, la réécoute et agence les informations en un texte cohérent.
A sa table de travail, le nez contre le mur, la femme travaille sur l'une des premières interviews de l’historien, celui où il décrit la ville. Elle s'en est imprégnée et a rendu un texte qu'elle relit à voix haute dans le ronronnement domestique de la climatisation et du ventilateur fixé au plafond. Dehors, la température atteint 40°C. Le taux d'humidité s'approche de 90%. Il pleut. Il y a trois jours, un terrible typhon s'est abattu sur la mer de Chine, s'y rattachant en un nombril dont le cordon ombilical serait une colonne d'eau reliant la terre et le ciel.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La Citadelle. La ville de Hué fut bâtie sur le modèle du Pékin de l'empire Ming, c'est-à-dire dans une période comprise entre 1368 et 1644. Elle comportait trois villes gigognes : la ville capitale (Khin Thàn), la ville impériale (Hoàng Than) et la Cité pourpre interdite (Tu-Câm-Thânh). Conformément à la géomancie et à la cosmogonie chinoise, l'entité architecturale a été inscrite dans un espace protégé par de multiples sites et divinités propitiatoires, par exemple la Dame céleste, dont la pagode se dresse sur un tertre à deux kilomètres de la ville. Ce tertre est la Montagne magique qui abrite les dieux protecteurs du sol. A deux kilomètres au Sud, le tertre du district méridional (Nam Giao) est le tertre du sacrifice du Ciel. Il est calqué sur le modèle de l'esplanade du temple du Ciel à Pékin, avec ses quatre terrasses symbolisant le monde souterrain, la Terre et le Ciel. A trois kilomètres au Sud-Ouest, la colline Ngu-Binh (Ecran du roi) et ses cinq terrasses concentriques seraient plutôt un paravent naturel et cosmologique protégeant le palais contre les forces et les courants néfastes. La ville capitale était la citadelle, le siège du Pouvoir, un Pouvoir héréditaire mais mâtiné de méritocratie. C'était le siège de la pensée et de la culture. La cité impériale était le siège de la famille régnante, des commis de l'Etat et des médecins. La Cité pourpre interdite abritait le souverain et sa maison, au sens féodal du terme, ainsi que les eunuques. Toujours selon la tradition chinoise, la citadelle était traversée par un axe Nord-Sud symbolique. La partie Est, aînée, supérieure, masculine et civile, regroupait les activités culturelles avec les bibliothèques, les jardins, le théâtre et le mandarinat civil. La partie Ouest, cadette, inférieure, féminine et militaire, abritait les princesses et les concubines ainsi que le mandarinat militaire. C'était un lieu dont la conception fut dès le départ magique et mystique, flottant entre la terre et le ciel, comme le lotus qui s'enracine dans la vase et se dresse vers le ciel.
Clélia Rivière maudit cette pluie assommante qui tabasse de l'autre côté de la vitre et l'empêche à la fois de travailler et de sortir. Toutes les eaux du ciel dévalent en cascades des toits sur le balcon, sur la fontaine en bas dans la cour de l'hôtel. Eaux chaudes et touffues, chevelure liquide tombant sur les épaules nues de la ville. Pour se consoler, elle appelle le bar, commande un jus de fruit. Un vrai jus de fruit, fait avec des fruits frais et qui glisse dans la gorge avec le coulé glacé d'un reptile. Le plaisir lui chavire les yeux. Elle allume le téléviseur. Des images défilent en boucle. Des images de Hué et de son festival dont c'est aujourd'hui l'ouverture. Des cérémonies doivent se dérouler à la Citadelle et Buu Y doit monter à la tribune pour faire un exposé. Les images télévisées montrent que le festival est au point mort. En ville, c'est la désolation. Les fragiles décors de papier et de bambou qui habillaient l'esplanade pendouillent tristement. Les calligraphes et les peintres ont plié boutique. Le kiosque est désert et aussi la terrasse du Paradise Garden. Repliés au dessus des tables, les parasols ressemblent à des flamants roses dormant sur une patte. La fresque murale des étudiants des Beaux-Arts de Hué parade devant les bancs vides. C'est un désastre. Et à la Citadelle, c'est l'attente. Certains pontes ne sont pas encore arrivés car l'activité de Phu Bai, l'aéroport de Hué, a été suspendue en raison des conditions météorologiques. Les voitures policières attendent en bout de piste tous gyrophares éteints.
Attendre, c'est tout ce qu'il y a à faire. Attendre que l'inspiration vienne ou que la pluie cesse permettant une sortie. Les dieux asiatiques choisissent de faire une éclaircie. Ils relèvent leurs bras gonflés de pluie et s'ébrouent. Quelques gouttes attardées restent pendues à l'arrondi des tuiles puis se détachent une à une pour tomber avec un bruit mat sur le béton et le bois. Clélia s'habille en hâte. Un pantalon, un tee shirt, des sandalettes. Pas très protocolaire mais tant pis. En dernière couche, elle se chape d'un imperméable bleu à capuche qui couvre tout son corps comme une toile de tente. Pour les Vietnamiens, c'est même un abri familial sous lequel les cyclistes ou les motobykers abritent leur femme et leurs enfants embarqués avec eux. Dehors, Clélia aspire goulûment les senteurs concentrées par la pluie. Odeurs des végétaux : arbres, mousses, pelouses, bambous, plantes de toutes sortes, amalgamées dans un magma olfactif indistinct. Les sucs en pleine effervescence ont une épaisseur de miel. Ils débordent et ruissellent. Le ruissellement est la quintessence du Vietnam, sa substance. Ruissellement des pluies, des fleuves, de la mer, de l'eau des rizières. Ruissellement des hommes qui évoluent comme des bancs de poissons. Dans les rues, les gens se pressent, confluent vers le centre de la ville où il doit se passer quelque chose, enfin. Il fait sombre. Le Vietnam étant situé presque sur l'Equateur, le soir tombe tôt en cette saison. Le pylône de la radio qui fait face à l'Hué Majestic Hôtel a déjà allumé ses lampes. On dirait un sapin de Noël. La femme a troqué les taxis et xe om (moto-taxis) contre une bicyclette de location. Pour écrire la ville, elle a besoin de la lire. Elle la lit à vélo, traçant des sillons qui sont comme les pliures d'une lettre d'amour cent et cent fois relues. Son vélo se trouve à l'abri sous l'auvent de l'hôtel. Elle l'enfourche. Roule. L'embiellage fiévreux de ses jambes l'enfonce comme une racine dans le ventre bouillant de la ville. Elle rejoint la foule en route vers la cité impériale où les cérémonies d'ouverture doivent se dérouler. Elle suit la rue Lé Loî qui longe la Rivière des Parfums, passe devant le QG français du Festival, franchit le pont vers la Citadelle. Les bannières de la Tour du Drapeau claquent au vent. Dans les douves qui cernent la forteresse, les lotus ont refermé sur leur coeur jaune leur ventre rose pastel acidulé.
La cérémonie d'ouverture a bien lieu mais elle est écourtée. Sans quitter sa chaise longue sous son parasol devenu parapluie, le gardien du parking fait signe à la femme de continuer sa route car il n'y a plus de place sur l'emplacement qui est de son ressort. Une Petite Bleue lui désigne les arbres qui jalonnent la route vers le parc Thin Tam. Elle adosse son vélo au tronc d'un arbre et l'attache avec une chaîne cadenassée. Les Petits Bleus sont des jeunes, filles ou garçons, employés par la ville pendant toute la durée du Festival. Nombre d'entre eux sont étudiants. Certains fréquentent le Cercle francophone ou le Centre français. Clélia trouve qu'ils font jolis dans le paysage. Elle les appelle tendrement «mes Libellules bleues». A la tribune, les discours se succèdent. C'est long et ennuyeux comme toutes les interventions officielles du monde. Bruyant aussi. Les haut-parleurs, la musique, la circulation, les gens ... Et à nouveau la pluie.
C'est la débandade. Les gens courent de partout en poussant des cris d'enfants. Avec leurs imperméables, ils ressemblent à des fantômes de couleurs vives. Ce bain d'eau et de foule est terriblement excitant. De nouveau, c'est la course folle. A nouveau, Clélia Rivière intègre et s'agglomère à la foule qui coule comme une lave en fusion vers le centre de la ville. Elle dépasse les jeunes filles du défilé en Ao Dai blanc qui courent à la marge de la rue. Il fait nuit noire. Leur silhouette se découpe dans le faisceau lumineux des phares. La robe relevée jusqu'aux genoux, le non-la (chapeau conique en feuilles de latanier) baissé jusqu'au nez, elles ont perdu de leur superbe. On dirait des Cendrillon transformées en citrouilles. La circulation enfle au fur et à mesure que s'agglutine le flot humain, à pied, en vélo, en motocyclette, en pousse-pousse, en automobile. Elle file, file, emportant chacun dans son flux.
Aveuglée par les éclats de lumière que jettent les phares, Clélia ne voit plus rien, elle ne sait plus où elle est. C'est comme si elle avait changé de dimension, comme si elle avait été lancée sur orbite, façon E.T. dans le film de Spielberg. Une sensation de plénitude l'envahit. La masse en mouvement arrive à pleine vitesse au pont Tran Tien, ce superbe mécano de l'école Eiffel, avec ses arches tendues comme des arcs. La pluie redouble. La femme file. L'eau ruisselle sur son dos de tortue bleue, ses chaussures sont gorgées d'eau. Si ce mauvais temps persiste, bientôt viendra la moisissure et son lent processus de digestion, de dissolution, qui travaille comme un levain les tissus et les chairs. Le pont est là. D'abord passer dans l'entonnoir du rétrécissement de la route, négocier le passage, en douceur, suivant le rythme de la vague. C'est comme une plongée en apnée. Dans un vrombissement de sang battant dans les tempes, la foule franchit le pont. Des projecteurs et des lasers inondent de couleurs fluo le squelette métallique. L'acier des poutrelles étincelle de mille étoiles acérées. Le temps est comme suspendu au-dessus de la rivière. Il y a quelques années, il y a eu de terribles inondations et, au niveau du pont, on a repêché une dizaine de noyés. Au moment où Clélia pense à ces gens, le pont l'éjecte. Elle prend une grande goulée d'air. Dans l'élargissement de la route retrouvée, elle récupère sa respiration. L'allure de la vague ralentit car elle se rapproche du centre de la ville et la grande route se divise en de multiples rues. Clélia ne veut pas rentrer à l'Hué Majestic Hôtel par la grande artère et son rond-point centrifugeur alors elle prend la rue qui offre dans sa perspective le pylône lumineux dressé près de l'hôtel. En avant toute vers ce phare qui brille dans la nuit.
Les véhicules se sont raréfiés. La femme est pratiquement seule à défiler entre les vitrines aveugles des échoppes qui flanquent les deux côtés de la rue. La vie s'arrête tôt au Vietnam, sauf dans quelques lieux nocturnes où se retrouvent les classes privilégiées et les adolescentes qui vendent la Tiger Beer. Il ne pleut plus. Le ciel est d'une profondeur océane. La femme rentre en musardant le nez en l'air. Elle a quitté la ville et roule entre des rangées d'arbres. Dans l'obscurité, elle voit trop tard la branche qui empiète sur la voie. L'écart qu'elle fait pour l'éviter la désarçonne et la flanque par terre complètement sonnée. - «Tu t'es fait mal ? »
Elle lève les yeux, les dirige vers l'endroit d'où est venue la voix. Ses yeux voient l'homme. Les pieds de l'homme chaussés de bottines orthopédiques. Ses yeux remontent les jambes torses jusqu'au visage. L'homme a des cheveux noir corbeau, reliés en queue de cheval dans la nuque. Il a les dents jaunes des fumeurs. Il est assis sur l'un de ces tabourets de couleurs criardes qui s'épanouissent sur les trottoirs des pays du Sud. Derrière lui, appuyées contre le mur, des béquilles. Il dit son nom : Long.
* ** Le magnétophone mange le disque comme s'il en avait faim. La voix de Buu Y se déroule dans la chambre, enroule ses spirales dans les tentures que la femme a fermées pour que reste dehors les rumeurs de la ville. Buu Y raconte Hué, Hué la Française, belle comme une buée sur du verre, dont le nom dérivé de Hoa signifie harmonie. Il raconte la Rivière des Parfums, cette rivière qui porte la ville sur sa hanche comme une femme son enfant :
«La légende dit que la rivière s'appelle la Rivière des Parfums parce que les princesses de Hué se baignaient dans ses eaux avec des huiles parfumées mais je crois qu'on lui a donné ce nom à cause de la plante odorante que l'on trouve à sa source. C'est une plante médicinale mais j'ai oublié son nom. »
Le magnétophone crachouille. Feuillettement de papiers, murmures, pas qui s'éloignent emmenant la voix dans leur sillage. La femme entend à peine : «Excusez-moi, je reviens». Au-dessus de sa tête, Buu Y foule le plancher. Il cherche dans ses livres le nom de la plante qui a baptisé la Rivière des Parfums. Elle l'entend chantonner. Pendant tout ce temps que Buu Y cherche le nom de la plante dans ses livres, Clélia passe en revue la pièce dans laquelle elle se trouve. C'est une grande pièce, confortable et bien éclairée. La bibliothèque est copieusement garnie. On y trouve des livres de Marguerite Yourcenar, Michel Tournier, Marguerite Duras, Jacques Lacarrière, Pierre Loti. Tous les auteurs qu'elle aime. Buu Y apprécie que la femme apprécie. Il n'a pas trouvé le nom de la plante mais elle doit pouvoir trouver dans les documents qu'il lui prête. C'est à ce moment-là que Clélia Rivière décide de connaître la ville en creux, en visitant les lieux qui la cernent et donc la dessinent. La ligne claire se trace en remontant par bateau le cours de la rivière vers les Tombeaux des Rois et la Pagode de la Dame céleste.
L'embarcadère se trouve au-delà du Pont Tran Tien. Les bateaux touristiques sont à quai, tout près du guichet où l'on achète les billets. Les visites de groupe se font sur des bateaux genre Bateaux Mouche. Ils sont familiers dans le paysage, avec leur proue cannelée en forme de dragon et l'oeil peint sur chaque côté de l'étrave qui leur donne l'air de loucher. Ils portent les couleurs du Vietnam qui sont le jaune et le bleu.
Clélia Rivière veut être seule alors elle négocie une excursion individuelle sur une petite embarcation, visiblement un sampan reconverti. Une femme la fait monter à bord en la tirant par la main. Il faut se déchausser puis s'asseoir à même le fond du sampan. Un homme s'active aux machines. Le bruit du moteur et le glissement de l'eau contre la coque emplissent le corps de Clélia. Le sampan longe la berge. Des petits sentiers de terre remontent du fleuve vers l'arrière des maisons. Dans la pénombre des patios, la femme devine une table, quelques poteries, du linge. Plantées dans l'eau, des femmes épluchent des légumes. Les détritus vont directement dans la rivière. Quelques poules, quelques canards, des enfants qui jouent, qui font signe au bateau qui passe, qui s'en va. C'est une vie grouillante, humide et chaude qui s'épanouit au derrière de la ville, au bout de ses boyaux. La femme laisse sa main glisser dans l'eau, les doigts écartés en éventail. Le vent qui tourbillonne dans l'habitacle ouvert est agréable même si par moment il rabat les odeurs grasses du moteur. La batelière entre dans sa deuxième phase de travail : vendre à la touriste les articles qu'elle transporte dans son panier. Des cartes postales, des calligraphies, des porte-clés. Ostensiblement, Clélia détourne les yeux, les laisse flotter sur le paysage qui défile. Elle refuse de se laisser divertir, de se gaspiller en relations mercantiles. L'embarcation dépasse des sampans à l'ancre au milieu du fleuve pour remonter du sable et des graviers. La femme constate qu'il y a seulement quelques semaines, les villages sampaniers étaient plus proches de la ville. Elle se dit qu'ils ont du être refoulés à cause du festival et que les gens du Peuple de l'eau, plus encore que les ethnies des montagnes, sont les Manouches du Vietnam.
La Rivière des Parfums va vers le Sud de la ville où se trouvent les Tombeaux des Rois. Il y en a sept, éparpillés dans les campagnes, tous bâtis selon les même plans et comprenant cinq éléments : une cours peuplée de statues, un pavillon abritant une stèle sur laquelle un panégyrique du défunt a été gravé par son fils héritier, un temple, un pavillon des plaisirs et enfin la tombe proprement dite. Le site a été choisi dans la stricte observance de la géomancie chinoise : parce qu'il est baigné par un cours d'eau et barré à l'horizon par un massif montagneux. Plusieurs tombeaux sont des copies d'édifices chinois mais certains témoignent d'une influence européenne. Tous ont été construits du vivant de leur futurs occupants, mandarins, rois ou empereurs. Le document de Buu Y égrenne la litanie des noms : Gia Long, Minh Mang, Tu Duc, Duc Duc, Dong Khanh, Thieu Tri et Khai Dinh.
L'accostage à l'embarcadère de la Pagode de la Dame céleste est assez sportif. Le sampan accosté dérive et s'écarte de la rive avant que la femme ait sauté à quai. Les bateliers rient. Ils se vengent gentiment de la touriste qui a refusé d'entrer dans leur dialectique. La pagode a été construite en 1601 par le Seigneur Nguyen Hoang, en hommage au héro d'une légende dans lequel il s'identifiait. Cette légende dit qu'une fée en habits rouges et verts a prédit qu'un roi érigerait une pagode en cet endroit.
Un sentier grimpe du débarcadère aux marches qui mènent à la tour. La configuration des lieux fait penser à une tortue. Au Vietnam, la tortue est un animal sacré au même titre que la licorne, le dragon et le phénix. Le dragon représente le masculin et le phénix, le féminin. La tortue est symbole de longévité et la licorne, symbole de bonté et gage de paix. Des animaux secondaires les rejoignent dans la mythologie comme la grue, le lion, la chauve-souris et le poisson. Erigée sur la colline, la tour compte sept étages. Comme dans tous les édifices religieux, on trouve des autels, une cloche et des statues. Les matériaux utilisés sont la pierre, la brique et le bois. Le site est un chantier de l'Unesco. Des ouvriers s'activent à restaurer les tomettes et les balustrades. Parmi eux, plusieurs femmes. Il y en a beaucoup sur les chantiers. Elles sont en charge du mortier, qu'elles gâchent dans des brouettes et montent dans des seaux à l'aide de poulies. L'activité prosaïque et profane ne fait pas oublier qu'il s'agit d'un monastère. Par la porte discrète qu'a emprunté un jardinier, la femme sort de l'enceinte de la pagode et, marchant entre le mur et le champ qui le longe, elle se dirige vers la tête du domaine. Des voix lui parviennent. Celles de bonzes en prière qu'elle ne verra pas. Dans un Vietnam reconverti au stalinisme, les persécutions religieuses s'amplifient. Des prêtres et des bonzes disparaissent. Dans un passage de la pagode, deux statues se font face. L'une est le général rouge qui personnifie la colère.
* **
Clélia Rivière revoit régulièrement Long. Comme un vieux cheval retourne à son étable, elle retrouve pratiquement chaque soir la galerie d'art que tient l'infirme dans le quartier artistique de Hué. Il expose quelques jeunes élèves de l'école des Beaux-Arts qu'il a pris sous son aile. Le métier d'artiste est difficile partout mais dans ce pays qui louvoie entre le dollar et l'art officiel, l'artiste devient carrément schizophrène. A moins de s'abîmer dans la peau de l'artiste maudit, beaucoup d'entre eux font naufrage et disparaissent corps et âme dans des professions de subsistance. Pratiquant la maïeutique comme M Jourdain faisait de la prose, Long aide les jeunes artistes à maintenir le cap en mettant à leur disposition un atelier et un espace d'exposition. Il y a bien quelques rivalités - les artistes ont un ego sur-gonflé et les décisions cristallisent les jalousies - mais dans l'ensemble ça se passe bien. On voit même se dessiner de véritables mouvements artistiques autour de techniques ancestrales comme l'estampe, la laque ou la calligraphie. Les puristes et les nostalgiques crient au scandale mais les artistes persistent et signent. Long tient sa galerie de main de maître et, du haut de ses jambes torses, règne sur la vie artistique de Hué.
La femme le voit le soir, quand la galerie baigne dans la clarté électrique et que les toiles reflètent une lumière magique, mystérieuse, comme venue d'ailleurs, de l'envers de la vie, là où les choses changent de visage et de sens. Clélia et Long s'asseyent sur les tabourets colorés placés sur le trottoir et ils parlent. Long est francophone. Ca devient rare au Vietnam où l'Anglais taille des croupières au Français depuis des décennies. Les personnes d'un certain âge comme Long le parle encore mais les jeunes, de moins en moins. Ils ont adopté l'Anglais, la langue des affaires. Surtout les garçons. Les jeunes filles sont restées fidèles au Français, la langue du coeur, du romantisme, du Prince Charmant. En fait, les Vietnamiens apprécient à son juste prix leur indépendance mais ils constatent qu'ils préfèrent les Français aux Américains. Comme disent nombre d'entre eux : « Les Américains, ils viennent, ils prennent et ils partent. Les Français, ils construisent des hôpitaux et des écoles.» Long est francophone et aussi francophile. Il aime la littérature française. Il fait l'éducation - culturelle et sentimentale - de ses jeunes avec des romans. Des romans d'amour, surtout mais dont le sexe est absent. On ne parle pas de sexe au Vietnam. Il aime surtout la chanson française, Ferré, Brel et Brassens. Ecouter "gare au gorille" dans la nuit vietnamienne en sirotant un verre d'alcool de riz et en dégustant une poignée de riz gluant acheté à une échoppe ambulante …
Quand ses amis sont là, il y a toujours quelqu’un qui propose de jouer au petit train. Le jeu consiste à boire de l'alcool de riz dans un verre commun à toute la tablée. Lorsqu'un participant met trop de temps à vider le verre qui lui a été rempli, les autres le pressent de faire passer le train. A ce petit jeu, il n'y a rien à gagner, seulement à perdre. Son temps, ses moyens, son quant-à-soi, sa réputation. Les Vietnamiens aiment saouler le Blanc. Comme le rire, l'ivresse destitue le dominant. Lorsque la femme commence à chavirer sur son tabouret, ils rient, avec tendresse, sans méchanceté. Ca lui fait plaisir à la femme de leur donner ce qu'ils attendent : la proximité avec une femme, qui plus est européenne et qui leur est totalement exotique.
Un soir, un de ces soirs de grandes agitations où l'on refait le monde à ras de terre dans les effluves de l'alcool et du fleuve, un jeune homme débarque à la galerie. Long fait les présentations. Clélia, Olivier. C'est une sorte de scène biblique où le Christ fait les présentations entre Jean et sa mère, les offrant l'un à l'autre. Olivier est grand, brun, séduisant. Il porte la barbe soigneusement négligée des baroudeurs. Les premiers mots qu’elle entend de lui : - «Il n'est pas là Tao ?»
Long lui répond qu'il ne l'a pas vu de la journée. En repartant, Olivier jette :
- «Tu diras à Tao que je suis passé et que je suis au Phuong Nam.»
Long répond mais le jeune homme est déjà trop loin pour entendre : - « Je ne pense pas qu'il repasse à la galerie aujourd'hui mais demain il sera à la citadelle.»
A la femme, il dit : «Il prépare le Festival. Tao et Olivier, c’est comme deux frères. Ils se connaissent depuis longtemps. Nicolas était étudiant à Lyon. Il est venu à Hué pour étudier la peinture monumentale communiste mais il a découvert la BD vietnamienne. Tao est peintre, graphiste, laqueur et, calligraphe. Ils se sont rencontrés et ils travaillent ensemble à une BD franco-vietnamienne ou vietnamo-française, je ne sais pas. L’écrivain français dit : ils ne feront plus qu’un, oui, mais lequel ?»
C'est ainsi que Clélia rencontre Olivier. Ce n'est pas encore vraiment une rencontre, plutôt la chevelure d'une comète qui passe dans la lumière cendrée de la lune. Une improbable rencontre entre, d’une part, un jeune artiste qui crèche dans une modeste pension de famille, bouffe le pho (soupe), dans les restaurants de poussière ainsi appelé parce qu'on y mange quasiment par terre et côtoie les Vietnamiens les moins installés. Et d’autre part, une femme d’âge mûre qui loge dans un hôtel de luxe, mange dans les restaurants français et qui dans la solitude de l'écrivain, ne rencontrant qu'un membre de l'élite vietnamienne. D'habitude, Clélia mange à la Carambole, un restaurant où l’on sert de la cuisine française. La carambole, c’est cette plante contre poison de la laque, une substance extraite du laquier et qui a la particularité d'être allergisante. Ce soir-là, la femme choisit de manger dans l'un de ces restaurants vietnamiens où l'on sert des mets typiques comme les fruits de mer, les rouleaux de printemps et le potage au nid d'hirondelle. La cuisine vietnamienne amalgame différentes influences culinaires : française, chinoise, cambodgienne, laotienne, thaïlandaise ... Elle utilise le Nuoc Nam, qui est la sauce traditionnelle faite à partir d'anchois frais mais aussi les piments et les fines herbes, l'aneth, le coriandre, la menthe et le basilic. La femme connaît cette spécialité chinoise qu'est le potage de nid d'hirondelle. Elle sait que c'est une soupe concoctée à partir des nids minuscules de la salangane, un martinet encore appelé hirondelle de mer. Ces nids sont constitués par les filaments de salive des oiseaux et, lorsqu'ils sont dans un bouillon, ils se dissolvent en fines nouilles. Elle connaît mais elle n'a jamais goûté.
A partir de ce moment où elle a rencontré Olivier et goûté au potage de nid d'hirondelles, son esprit s'ouvre comme une mangue mûre pour accueillir les ingrédients de la vie vietnamienne et les amalgamer à son esprit occidental. Finis les rendez-vous alignés sur les aiguilles d'une montre. Elle y va à l'instinct quand elle sent que c'est le moment, que la personne qu'elle veut voir sera là à son arrivée, que les évènements n'auront pas lieu sans elle, que les choses se feront naturellement, inéluctablement, comme un enfant se fait dans le sein de sa mère et vient à la lumière.
Lorsque elle entre dans la Cité pourpre interdite, Olivier est là, arpentant à grands pas la cour qui s'étend entre les bâtiments. Ici aussi, c'est le règne du bois, de la tomette et de la brique, des couleurs rouges et or, matériaux chauds de l'intimité. La Cité pourpre est la partie de la citadelle qui était réservée aux mandarins et à leur famille. Pendant toute la durée du Festival, elle abrite deux expositions, une de photographies et une de Bande Dessinée.
L'expo de photographies s'appelle "Avoir vingt ans au Vietnam." C'est une exposition collective qui présente les oeuvres réalisées par les étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts et de la Culture d'Ho Chi Minh Ville dans le cadre d'une collaboration avec l'Ecole Supérieure de la Photographie d'Arles. Les photos sont suspendues sous l'auvent du palais comme des oriflammes. La femme les regarde, une à une, aspirée par elles. L'expression est riche, il y a de l'idée, du talent. L'une d'elle retient particulièrement son attention. Un portrait de vieille femme vietnamienne. Derrière elle, il y a un trou dans le mur de briques. Au-delà d'elle, on voit la campagne, un pré planté d'un arbre. Clélia Rivière se dit que chaque être humain est une brique d'un mur qui enclôt un ravissant jardin. La vieille femme sourit de toute sa bouche édentée. Un delta de rides se dessine autour de ses yeux. Les yeux rivés vers l'horizon, elle semble incarner tous les espoirs d'un Peuple tendu vers l'avenir. L'exposition de BD s'intitule "Kémoï". Elle est le fruit d'une master class avec des auteurs français autour d'une démarche artistique qui consiste à utiliser les techniques traditionnelles asiatiques pour raconter des histoires. Le Vietnam connaît peu la BD, à part les mangas japonais et quelques Comics américains que les jeunes lisent, assis devant les librairies ambulantes. Les bulles vietnamiennes n'en sont donc encore qu'à leurs premiers balbutiements. L'expo présente les oeuvres d'une trentaine d'étudiants, dont celles de Tao, l'ami de Olivier, le protégé de Long. Il expose un superbe dessin représentant des petits personnages qui marchent sur la ligne d'horizon. Il y a coulé le Vietnam quotidien : un porteur de paniers à balancier, un cyclopousse, un chien qui suit un gamin qui court le nez levé vers un nuage d'où tombe la pluie. Le sol est noir, comme courbé sous le ciel qui occupe presque tout le tableau, un ciel jaune, gorgé de toutes ces eaux de l'Asie, de ces ruissellements qui font les Peuples si fertiles, si drus. Et si dangereux lorsque viennent les crues.
Clélia rejoint Olivier sur les escaliers de pierre de la cour intérieure. Il a déballé ses cartons à dessins et étalés les dessins sur le sol. Des sanguines, des fusains, des pastels, aussi des caricatures et des croquis de toutes sortes. Sur une planche, il a croqué les jardiniers du parc : une femme arrosant les parterres, son foulard remonté jusqu'aux yeux. Deux hommes accroupis, repiquant des touffes d'herbe dans les lacunes des pelouses, avec des gestes qui sont les mêmes que ceux du repiquage du riz dans les rizières. En quelques coups de crayon nerveux, Olivier a cueilli les corps en mouvement dans un ballet virevoltant d'une rapidité folle. Il voudrait en faire un dessin animé.
- «Il te plaît celui-là? Garde-le, je te le donne», dit-il à Clélia en lui tendant un dessin de buffle.
* **
Le magasin n'est pas une échoppe classique mais une supérette qui fait penser à ces drugstores-garages qui jalonnent la Route Sixty Six aux Etats-Unis. Comme les bateaux qui sillonnent la Rivière des Parfums, elle est peinte en bleu et en jaune. Son étrave arrondie s'avance à l'intersection de deux artères importantes. Il y a une ouverture de chaque côté mais c'est encore fermé. Il n'est pas sept heures. Assis sur le trottoir, les marchands de journaux sont encore en train de se répartir les journaux à distribuer par secteur. Clélia Rivière aurait voulu de l'eau en bouteille. Question de sécurité alimentaire. Dans la rue Lé Loï, le QG du festival ne propose qu'une cuve en inox avec un seul gobelet pour tous. Attaché à la cuve par une ficelle, le gobelet ressemble à un appât. La supérette est peut-être le Tati ou la Samaritaine de demain. On y trouve de tout et les produits achetés par les Occidentaux ont des prix fixes et étiquetés, ce qui est appréciable pour ceux comme Clélia qui ne savent pas marchander.
Le marché où elle se rend si tôt matin se trouve de l'autre côté du pont, sur les rives du fleuve. Il est déjà bondé et la femme doit fendre la foule comme un coin fend une bûche pour y pénétrer. Chargés de caisses et d'objets hétéroclites, les cyclopousses se fraient un chemin dans les allées. Les hommes prennent garde de ne pas bousculer les étals aménagés à même le sol. Sinon les imprécations des femmes jaillissent et les suivent comme des malédictions.
Dans des hamacs suspendus au-dessus des étals dorment des enfants nus. L'arrière du marché, sa partie cachée est un lieu de vie. Des familles entières y vivent, installées sur des lits de fer comme sur des radeaux. Tout au fond, relié à la rivière par une plage sale, c'est le marché aux poissons. Une barque vient d'y accoster. Le poisson est débarqué en vrac et conditionné dans des caisses en polystyrène sur un lit de glace. La glace est vendue à un étal proche. Elle provient d'une petite unité de fabrication sous la forme d’un bloc oblong que le vendeur débite et concasse à la demande. Le poisson est d'une appétissante fraîcheur. Une eau rosâtre suinte des corps vif-argent et se distille goutte-à-goutte dans la rigole qui longe le trottoir, baignant d'innombrables pieds nus. Les odeurs sautent à la gorge, vives et coupantes comme la lame des couteaux qui écaille, éviscère. L'oeil de Clélia cueille au vol les éclats luisants des écailles, des couteaux et de la glace aux multiples facettes de diamant.
On trouve aussi des crevettes, des crustacés, des poulpes. Encore vivants, les poulpes. L'un d'eux tente de s'évader en escaladant la paroi de la caisse, arc-bouté sur ses tentacules. Quand il est sur le sol, il s'échappe en se traînant. C'est peine perdue. La petite fille qui tient l'étal le récupère et le remet dans sa caisse, sous les rires des spectateurs. Devant cette scène de cruauté tranquille, Clélia a le coeur qui se serre. Elle est pourtant venue au devant de cette cruauté, enfin prête à mettre en danger ses sentiments et son bel agencement du monde. Elle savait en pénétrant sur le marché qu'elle risquait la rencontre avec des images qui la brusqueraient. C'est pour cela qu'elle s'est amenée là, cherchant en détournant les yeux le marché à la viande. Et sur ce marché, les chiens de race à viande. Le marché à la viande se trouve un peu plus loin. Têtes de porcs, charpies de chairs sanguinolentes, ossements de nacre bleue s'épanouissent sur les étals ou à même le sol. C'est toute la beauté de la mort au travail avec ses outils de prédilection : le temps, la chaleur et les mouches. Le système de réfrigération par glace utilisé pour le poisson n'est pas utilisé pour la viande. Clélia Rivière voit les échoppes du marché se mettre à tourner devant elle. Son estomac retourné la rappelle à l'ordre. Elle ne doit pas aller plus loin dans l'insupportable. A coups de talon nerveux, elle remonte à la surface du marché, reprend pied devant les étals qui flottent sur ses rives. En vrac, des chapeaux coniques, du tissu, des ustensiles ménagers, des plantes médicinales, des légumes et des fruits.
Tous les fruits du jardin d'Eden vietnamien. Ceux que la femme connaît : les mangues, les bananes, les noix de coco, les oranges, les ananas, les papayes ... Ceux qu'elle a découvert et qui viennent grossir ses connaissances sensorielles et botaniques. La pomme cannelle, encore appelée anone ou carossol, gros fruit de la famille des ananas, recouvert d'une peau verte à écailles et dont la chair est onctueuse et sucrée. Le ramboutan, fruit à l'écorce rouge et à la chair un peu caoutchouteuse qui rappelle celle du litchi. On l’appelle d'ailleurs le litchi chevelu à cause des longs filaments que présente son écorce. Le salak, petit fruit en forme de poire dont l'écorce est épaisse et écailleuse et la chair, pâle et croquante. Le tamarin, aussi nommé datte indienne, fruit à forte teneur en acide tartrique, ce qui en fait un produit domestique à double usage : pour cuisiner et pour astiquer les cuivres. Les Anglais en raffolent sous forme de confiture, de gelée et de chutney tandis qu'ils sont très appréciés sous forme de boulettes par … les éléphants. Et toute cette macédoine : le salk, le logan, le mangoustan, petit fruit violet recouvert d'une écorce dure et dont la chair blanche et douce est légèrement acidulée et délicieusement parfumée. Et le durian, fruit à chair jaune très apprécié sous forme de chewing-gum, de glace, de crème ou de confiture mais dont l'odeur est si nauséabonde qu'à Singapour il est interdit de séjour dans les transports en commun. Un peu semblable mais avec moins d'épines : le jaque. Et semblable au pamplemousse mais en moins acide : le pomelo.
Le riz aussi est d'une diversité infinie. En quelques années, le Vietnam est devenu l'un des plus importants producteurs et exportateurs de riz au monde. Les problématiques liées à l'utilisation des pesticides ont d'ailleurs fait leur apparition. Ironie de l'Histoire : on parle à nouveau de dioxine, ce composant de l'agent orange, utilisé comme défoliant par les Américains pendant la guerre.
Tous sens en éveil, Clélia se laisse griser par la luxuriance du marché de Hué. Elle s'assied à une échoppe ambulante de boissons. Elle sait qu'elle n'aime pas le jus de canne pressé à la grande roue manuelle mais comment choisir parmi toutes les boissons possibles à base de fruits et de lait de coco, parfois coulé sur des haricots ou un triangle de fromage "La vache qui rit" ? Des boissons colorées qui font de l’œil mais dont le goût n’est pas toujours bon. La femme choisit au hasard et le hasard lui fait une fleur. Elle sirote à petits coups satisfaits le jus laiteux filandreux de téguments vert menthe. Elle n'a pas vu arriver la petite fille. Elle ne l’a pas vu venir mais elle est là, devant elle, les cuisses appuyées contre la table basse. Elle comprend que l'enfant veut lui vendre quelque chose. Une babiole, un colifichet, une verroterie quelconque. Elle se dit qu'elle ne prend aucun risque à traiter avec la petite. Pas comme avec cette marchande du Col des Nuages, passage obligé sur la route vers la cité balnéaire de Hoi Han et Da-Nang, qui a littéralement dépecé son pécule. Elle sort quelques dongs de sa poche. Le visage de la fillette se fend d'un grand sourire puis disparaît sous la table. Comme un diable sortant d'une boîte, l'enfant ressurgit, déployant devant elle un éventail mauve et rose. Clélia a vu l'éventail mais surtout les mains qui le tenaient. Ou plutôt l'absence de mains pour le tenir. Les bras de la petite fille ne sont que des moignons. Ils s'arrêtent un peu après le coude. D'où vient cette mutilation ? D'une malformation de naissance, d'un accident, de la guerre, de l'agriculture intensive ? Clélia Rivière achète l'éventail à la petite. Pas par pitié mais parce que l'objet est beau et qu'il lui parle.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La colonisation. La Cité s'appela Phu Xuan . Il fallut la défendre, d'abord dans des guerres contre les Chams, les Khmers et le clan Thrin. Puis vinrent des jacqueries menées par les paysans pauvres, les Chams, les minorités ethniques et les marchands chinois. Ce qu'on appela la révolte des Tây-Son. Le tout jeune prince Nguyen Anh en appela au Siam et à la France. Il obtint l'appui de Monseigneur Pigneau de Behaine qui engagea des mercenaires français. Hué entrait dans la stratégie prosélyte de l'Eglise et dans la stratégie coloniale de la France. En gages, il envoya Canh, son fils de quatre ans à la cours de France. La dynastie des Nguyen récupéra son fief qui devint la capitale du Vietnam sous le nom de Hué. En France, c'était la Révolution. On oublia de renvoyer le petit Prince Canh dans sa famille. Il mourut en exil à la cours, de langueur ou de maladie Occidentale.
Les festivaliers ont établi leurs quartiers au Phuong Nam, un restaurant populaire qui fait aussi location de cycles. Les vélos s'alignent devant l'établissement comme des chevaux à l'attache devant un saloon. Clélia, Olivier et Tao dînent ensemble en refaisant le monde. Olivier s'abstient de pancakes à la banane car il a fait une jolie allergie. Il avait des boutons partout. Cette allergie lui vaut d'être interdit de séjour dans l'atelier que Long met à la disposition des artistes dans le sous-sol de la galerie. Car, s'il est allergique à la banane, sans doute l'est-il aussi à la laque. Autour d'eux, les autres attablés font partie du décor, simples silhouettes d'un théâtre d'ombre qui se joue dans les coulisses du festival. Les conversations barattent les sujets actuels : la mode, la musique, l'art, les éternelles guerres américaines. Chacun fait son beurre des dialectiques qui s'établissent entre vainqueurs et perdants des guerres, colonisés et colonisateurs, autochtones et étrangers. My sert à table. My est la jeune serveuse du Phuong Nam. Elle parle Anglais et Français. Tous les étrangers qui ont convergé vers Hué pour le Festival viennent à elle, phalènes aux ailes blanches éperdus de lumière. My signifie belle. Et elle est belle, My, comme une eau vive, une vouivre.
Désignant Olivier, My demande à Clélia : - «C'est ton fils ? »
La table est secouée de rires. Tao lance la boutade : - «Oui, c'est sa mère, sa maman du Vietnam.»
Le surnom lui reste : la maman du Vietnam. Elle ramène son "fils" à l'Hué Majestic Hôtel. Pour qu'il mette ses vêtements au pressing, prenne un bain dans la baignoire étincelante et pique une tête dans la piscine. La piscine est sur le toit, ouverte, offerte sur le ciel. La femme y va la nuit pour habiter ses insomnies. Elle s'allonge sur le dos, se laisse flotter sous le ciel étoilé qui courbe vers elle ses larges épaules de nègre en amour. Par l'esprit, elle plane sur la ville endormie. Elle sait les gens dormant dans les maisons, dans les monastères et sur les sampans amarrés aux rives de la Rivière des Parfums, cerfs volants aquatiques. En bas, dans le hall d'accueil, le gardien dort en pointillé sur sa natte, la tête posée sur son oreiller en osier, une moustiquaire tombant en pluie sur son dos nu. Les bruits des trains montent jusqu'à elle, venus de la gare toute proche. La ville est longée par la grande ligne Hanoi-Ho-Chi-Minh-Ville. Depuis quelques années, le train de la Réunification recoud inlassablement les deux Vietnam déchirés par la paix qui a suivi la guerre. Les bruits lui parviennent assourdis par l'éloignement et par l'eau qui emplit ses oreilles.
Au fils du temps, Clélia et Olivier nourrissent une relation étrange, en marge de tous liens naturels. Ils échangent leurs histoires, leurs goûts, leurs lieux. La Carambole s'acoquine avec le Phuong Nam, les nids d'hirondelle, avec le pho. Clélia devient une habituée de l'hôtel Loan où loge Olivier. Dès qu'elle quitte Buu Y, elle s'y rend. La maison est au fond d'une impasse. Pour l'atteindre, il faut d'abord passer devant la femme qui habite dans un renfoncement du mur, sorte de guetteur embusqué dans sa guérite et qui réclame un droit de passage. Clélia l'appelle "ma pirate de la mer de Chine". Elle met longtemps à comprendre pourquoi la clocharde est tolérée dans l'impasse. En fait, elle fait office de signal d'alarme. Elle prévient les familles qui habitent l'impasse que l'ogresse arrive et qu'il faut récupérer les enfants. L'hôtel Loan est une pension de famille à la Française. Sa clientèle est constituée de couples français venus pour adopter un enfant de l'orphelinat tout proche. Les mères de l'impasse fantasment sur l'enlèvement de leurs enfants.
Une fois dans l'hôtel, Clélia rejoint la salle commune. Elle s'assied dans le fauteuil qui tourne le dos à la télévision et fait face à l'aquarium. Elle pose ses rêves sur le dos des poissons et se laisse porter. A pas glissés, l'hôtesse dépose sur un coin de la table basse la théière de l'accueil, remplie d'un thé parfumé et fumant. La femme se sert, boit à petites gorgées comme l'on marche à petits pas dans une allée fleurie. D'une main distraite, elle feuillette le Courrier du Vietnam. Le journal francophone de Hanoi parle du festival, des spectacles, du dîner impérial balayé par la pluie. Olivier vient ou ne vient pas. C'est sans importance. Ils n'ont pas vraiment besoin de se voir. Les liens qui les unissent se tissent sans eux, à leur insu.
Qui a décidé d'aller faire un tour à la mer ? Clélia a beau retourner la question en tous sens dans sa mémoire, elle ne se souvient plus. Est-ce Olivier ? Est-ce Tao ? Et si c'était My ? Ce n'est pas elle en tous, cas, de cela elle est sûre. Elle n'aime pas la mer. Ils y vont en motocyclettes. Olivier prend My en croupe. Clélia monte derrière Tao. Il faut sortir de la ville pour atteindre la plage. Les deux motos filent sur la route. Des camions les dépassent en klaxonnant. Les deux passagères font de grands signes aux chauffeurs qui éclatent de rire. My porte l'équipement que portent les Vietnamiennes pour se protéger du soleil : un masque en tissus et des gants qui montent jusqu'aux coudes. Le temps est superbe. Avec la vitesse qui sèche les aisselles, une agréable sensation de froid s'insinue sous les chemises. Le vent effiloche les cheveux. C'est pur plaisir que cette course en équilibre sur la force libérée d'une moto. My se cramponne des deux mains au porte-bagages, le corps rejeté loin en arrière pour ne pas toucher le dos de l'homme qui conduit. Clélia a noué ses bras autour de la taille de Tao. Elle la serre comme si elle voulait se souder à l'homme, ne plus faire qu'un avec lui. L'intérieur transpirant de ses cuisses collent à l'étoffe de son jean et la brûle. Sous un pont, un vieil homme les salue, leur indique le chemin avec son bâton. Il sait que tous les gens à peau blanche cherchent la mer, le soleil à l'aplomb de la mer comme un ballon de lave.
La plage est presque à l'embouchure de la Rivière des Parfums, rivière qui en fait est un fleuve puisqu'elle se jette dans la mer. La mer est la mer de Chine méridionale. Une paillote accueille les baigneurs. Les deux couples s'avancent, longent la mer, passent devant des barques retournées coques au ciel devant lesquelles des pêcheurs recousent leurs filets. Un enfant joue avec un cerf volant. Clélia sort sa caméra, s'attarde près des hommes. Gros plan sur les crabes et les coquillages qui affleurent à la surface grisée du sable. Olivier, Tao et My sont déjà loin, glissant tous les trois vers la mer. D'autres jeunes hommes nagent déjà au large, atteignant presque une barque de pêcheurs. Olivier et Tao se mettent à courir en larguant derrière eux leurs vêtements. My s'est assise sur le sable, à quelques mètres d'une maison coloniale désaffectée. Elle ne se baigne pas. Elle ne sait pas si elle aime ou si elle n'aime pas. Elle ne l'a jamais fait. Au Vietnam, les femmes ne se baignent pas. Clélia rejoint My sur le sable. Elles sont ensemble, seules. Deux femmes devant une maison rose, attendant le retour des hommes et des enfants. Elles parlent.
My commence : - «Je viens d'un tout petit village. Mon père est pêcheur. On n'a pas beaucoup d'argent à la maison alors je travaille au Phuong Nam. Mais ce n’est pas pour toujours. Je voudrais être guide. Je voudrais aller à l'Université du Tourisme de Hué.»
Elle n'exige rien, My, elle demande gentiment, comme en s'excusant. Elle ne veut pas, elle voudrait. S'il vous plaît. Elle fait des politesses à la vie qui en fait rarement.
Clélia continue : - «J'écris des livres touristiques. Ca me fait voyager, voir des gens. Mais parfois, je me demande où je suis. Les aéroports, les villes, tout se ressemble. J'ai parfois l'impression d'être un somnambule en équilibre sur un toit. J'ai peur de me réveiller et de tomber.»
My : - «Tu vis seule ?»
Clélia raconte les années qui sédimentent dans sa mémoire, avec son compagnon et l'enfant qui est venu, qui est reparti. La vie qui sépare ce que la mort n'a pas séparé. Les deux femmes versent l'une contre l'autre, leur tête se touchant. On dirait qu'un voile les recouvre, les isole du monde extérieur, de la plage, de Tao et d’Olivier qui leur font des grands signes, loin, loin dans la mer, voyant la maison si petite.
My : - «Moi aussi, je veux me marier, avoir des enfants, une maison.» Clélia, riant : - «Tu attends le Prince Charmant, ma belle.»
Tout bas, elle ajoute : - «Et si c'est un étranger, tu partiras avec lui ? »
My ne répond pas.
Les deux femmes se taisent. Elles regardent les deux hommes qui s'ébattent dans la mer comme des enfants. Derrière eux, marchant en équilibre sur la ligne de l'horizon, un paquebot découpe sur le ciel sa silhouette sombre. Clélia s'est avancée dans l'eau et filme. Olivier et Tao viennent vers elle en s'éclaboussant. Leurs piaillements cristallins ensemencent la mer.
- «Elle est bonne, tu aurais du venir», lui lance Olivier.
Ils sortent de l'eau. La baignade est finie. Clélia filme Olivier, Tao et My qui prennent le chemin du retour. Ils dansent, virevoltent. Clélia a l'impression de tenir entre ces doigts une fragile bougie. Instants magiques. Ecrivaine, elle tente de distiller, d'extraire le suc de ce temps d'éternité fugace mais elle se dit qu'il faudrait le talent d'un Rimbaud pour en rendre toute l'incandescence.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Champa. Au IIIème siècle de l'ère chrétienne, le Vietnam était le fief du Royaume de Champa et du Peuple Cham qui s'était formé à partir de populations austroasiatiques et d'Austronésiens indianisés. Les villes principales du Royaume étaient Shinapura, Indrapura, Vijaya et Kandarpupura. Le Royaume était en effet sous influence indienne pour la vie spirituelle et sous influence chinoise pour la vie matérielle. Son principal rival était l'empire Khmer. Le Champa connut son apogée au Xème siècle. A ce moment-là, l'ethnie Viet qui se libérait du joug chinois millénaire se tourna vers la péninsule indochinoise qu'elle entreprit de conquérir au détriment des Chams. Vivant sur une économie d'invasions et de pillages, les Chams n'avaient développé ni agriculture ni d'Etat intérieur, c'est en partie à cause de cela qu'ils n'ont pas pu à résister aux menées vietnamiennes. En 1306, le roi Jaya Shimhavraman III tenta d'instaurer une alliance avec les Viets en épousant une princesse vietnamienne. Dans la corbeille de mariage, il mit deux districts, dont celui de Kandarpupura. La paix obtenue par cette alliance ne tint pas mais la cité resta aux mains des Vietnamiens. Elle devint Hué. Le dernier roi fut tué en 1692 et le Champa fut vassalisé. En 1822, le pouvoir honorifique des derniers rois fut aboli et ce fut la fin du Royaume de Champa. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques milliers de Chams. Ils sont complètement métissés et aculturés.
Appuyé sur ses béquilles, Long donne des charges de buffle dans les meubles de la galerie. D'un coup de béquille, il balaye à travers la pièce la théière de l'accueil posée sur la table. L'infirme est furieux. Il invective un homme qui s'éloigne à grands pas, la tête rentrée dans les épaules, les poings serrés au fond de ses poches. Aux premiers mots de la dispute, les jeunes peintres se sont réfugiés au fond de l'atelier, en bas de l'escalier. Habitués aux éclats du maître, ils n'ont pas eu peur. Ils se sont simplement retirés comme on se met à l'abri de la pluie en attendant qu'elle cesse. Clélia les a suivis, maudissant le hasard qui l'a fait passer chez Long à ce moment-là. Elle passait juste pour récupérer son éventail qu'elle avait oublié et maintenant, elle est bloquée dans l'atelier, sans oser traverser la galerie pour se retrouver dehors.
Les peintres sont des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts de Hué. Tao est leur professeur à l'école et leur donne des cours particuliers dans son atelier privé. Ca lui permet de vivre et de continuer son travail de Bande dessinée et de laque artistique. La laque, c'est allergisant mais c'est aussi salissant, façon huile de vidange, se dit la femme en voyant les taches sur les chiffons qui traînent autour des bacs posés par terre le long des murs.
Elle a débarqué en pleine séance de dessin avec un modèle qui pose devant les chevalets. Le modèle est un adolescent. Il pose assis sur un tabouret de bar, seulement vêtu d'un short, c'est-à-dire aussi nu que le permet la morale vietnamienne. Seul Tao a franchi le tabou, avec sa « masseuse aux seins nus », un tableau en laque qui n'est encore jamais sorti de l'atelier et qui semble puni, le nez contre le mur. Les tableaux des étudiants sont encore à l'état d'esquisse. On voit les grands traits au crayon qui déterminent la masse des corps, la rattachent à la ligne du squelette. Tao et les élèves discutent âprement. Clélia ne comprend pas mais elle devine que c'est en rapport avec la dispute qui s'est déroulée en haut entre Long et l'homme qui est parti.
Dans la galerie, Long grommelle encore des gouttelettes d’injures mais le gros de la tempête est passé. Clélia remonte à la surface de la galerie.
- «Tu es encore là, toi ?», dit-il en la voyant émerger. - « Ben oui, j'attendais que tu te calmes avant de sortir.»
Elle ramasse les éclats de la théière explosée sur le carrelage. - «Qu'est-ce qui s'est passé ?»
Long explique : - «Cet homme, un Anglais ou un Allemand, je ne sais pas, c'est tous pareils, voulait acheter des tableaux. Il donnait de l'argent mais pour encore d'autres tableaux, faits très vite parce qu'il part bientôt. J'ai dit : les peintres de ma galerie, c'est pas des machines. C'est des artistes. Le business c'est pas ici.»
Clélia approuve l'esprit de Long mais elle comprend que cet esprit ne soit pas partagé par tous. Ce devait être le sujet de la dispute dont elle a été témoin dans l'atelier. Peut-être les cyniques ont-ils raison : il faut vendre son âme au diable tant qu'il est preneur sinon après, on ne la vend plus, on la donne.
Dans cette bataille qui oppose les purs et les opportunistes, elle ne sait pas qui a raison. Ce qu'elle sait, c'est qu'il lui a fait peur, ce Long pur, coulé dans l'or incorruptible de l'idéal le plus haut et qui a pris le pas sur le Long ivrogne, pétri de faiblesse et d'indulgence. Elle se dit qu'il y a des enjeux qu'elle ignore. Ce qu'elle sait aussi, c'est qu'elle n'est pas allergique à la laque. La substance l'imprègne avec une telle force qu'elle en tomberait évanouie.
Attablé au Paradise Garden, Tao raconte à Olivier la colère de Long. Le jeune Français rit mais pas Tao : - «Il trouve qu'on travaille trop ensemble. Pour le concours, il voudrait qu'on fasse chacun notre dessin, pas un dessin ensemble.»
Le concours de peinture sur le sol se déroule le long de la Rivière des Parfums, dans la rue qui longe la rivière jusqu'au Paradise Garden. Ouvert à tous, il fait partie des animations gratuites proposées à la population huéenne dont une grande partie est trop pauvre pour s'offrir le dîner impérial ou les spectacles qui se déroulent dans la Citadelle. Il y a des animations intéressantes comme le concours de cerf-volant, les concerts en plein air, le défilé de mode de Minh Hanh, les joutes nautiques, le Tour Vert en cyclopousse et la fête de Nam Giao. C'est presque un festival off. Olivier et Tao participent au concours de peinture sur le sol.
Olivier ne rit plus. Il interroge : - «Qu'est-ce que ça veut dire, ça, qu'on travaille trop ensemble. Qu'est-ce qui lui prend à Long ? C'est lui-même qui nous a inscrits tous les deux. Ca fait des semaines qu'on travaille sur ce projet. Parle. Tu veux quoi, toi ? Dessiner seul ou faire notre projet ?»
Olivier et Tao dessinent ensemble. Ils n'ont pas vraiment de modèle mais ils disposent de quelques ébauches étalées devant eux, au pied des gens qui les regardent. Plusieurs peintres sont à l'ouvrage, chacun occupant l'espace qui lui a été dévolu lors de son inscription. Ils se passent les pots de peinture et s'échangent les pinceaux. L'ambiance est bonne. Il fait beau. Les parasols du Paradise Garden sont déployés au dessus des tables, toutes occupées. Sous le regard des badeaux, la route se couvre de couleurs et de formes. Clélia est venue se poster devant les deux jeunes gens mais ils l'ont chassée, la menaçant de leurs pinceaux comme d'une tapette à mouche. Va-t-en, la mouche du coche. Elle est partie, poussée dans le dos par les rires comme une barque qui a pris le vent dans sa voile.
- «Je reviendrai tout à l'heure», lance-t-elle par dessus son épaule. - «C'est ça, maman du Vietnam, reviens tout à l'heure».
La femme se sent légère, libre comme une sauvagine sur les bords d'un chemin ou dans une jachère. Elle en a terminé avec Buu Y. Toutes les interviews sont en boîte et la rédaction de son livre est bien avancée. Pour se récompenser, ils se sont offerts le repas impérial. Pendant toute la nuit, ils ont goûté en cascade aux mets qui étaient servis autrefois à la cours de l’empereur. Des jeunes filles en Ao daï faisaient le service et le repas était ponctué de spectacles pyrotechniques. C'était il y a trois jours. A l'heure où elle s'éloigne de Olivier et de Tao peignant sur le sol, Clélia se sent comme une mère de famille dont les enfants sont à l'école et qui peut disposer de sa journée à sa guise, avec un temps que ne canalise aucun horaire et qui s'étend en nappe jusque aux plages de la nuit.
Comme un oiseau de passage, elle se pose à une table de la terrasse du Paradise Garden. Musardant dans la carte, elle commande une bière de Hué. Le breuvage ambré dévale dans sa gorge. La bière de Hué est sa bière préférée mais c'est surtout l'instant qu'elle sirote, cet instant qui est encore une disponibilité mais qui bientôt sera une attente. Le cyclo qui pose sur l'affiche du Tour Vert vient de lui faire de l'oeil. Elle a décidé de le suivre. Le Tour Vert est une animation gratuite mise sur pied par une association d'étudiants et la Région Nord Pas-de-Calais, très impliquée au Vietnam. Il propose aux festivaliers de visiter la Citadelle en cyclo-pousse. Le départ se fait juste là, devant le café, en prenant d'abord un bateau touristique.
Clélia embarque avec une dizaine de passagers, Français pour la plupart. Les chaussures s'accouplent sur le pont. Ici aussi l'ambiance est bonne. La journée du Tour Vert et la journée de la peinture sur le sol devraient se dérouler en parallèle avant de converger vers le point des retrouvailles : le dessin terminé. Le bateau s'est mis dans le fil du fleuve et glisse lentement. Les passagers font connaissance. Le voyage sur cette arche de Noé vietnamienne n'est pas très long. Bientôt, le bateau rejoint les cyclopousses qui attendent. Il y a plusieurs corporations de cyclo-pousses, chacune affectée à la désserte d'un lieu donné : la gare, le marché ... et portant ses propres couleurs. Les chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule mais ils le louent à la corporation à laquelle ils sont affiliés. En cas d'arrêt de travail, leur corporation leur verse une indemnité mais une indemnité toujours moins élevée que ce qu'ils toucheraient en travaillant. Rude sagesse qui donne des leçons à l'Etat Providence. Les cyclos ont chargé leur touriste dans la nacelle qu'ils vont pousser devant eux en pédalant pendant plusieurs kilomètres. Ils se sont mis en route en file indienne, menés par les coups de klaxons du cyclo de tête. Clélia a un peu honte de se laisser porter ainsi comme un paquet, un cadavre par un homme qu'elle trouve frêle. Dans les côtes, les hommes pédalent en danseuse. La femme voit leur dos s'incurver, la sueur assombrir leur tee-shirt entre les omoplates. Le long du trajet, les enfants saluent les équipages par des hello tonitruants. Saluts sincères ou relevant d'une consigne nationale, comment savoir ?
La procession des cyclos du Tour Vert longe les remparts de la Citadelle, faisant haltes à des points touristiques où les cyclistes peuvent se reposer pendant que leur passager se dégourdit les jambes en se mirant dans le visage souriant du Vietnam : l'étang où l'on peut regarder les pêcheurs et pêcher soi-même, le lac Thin Tam où les empereurs venaient se reposer et où se donne le spectacle des marionnettes sur l'eau, les remparts épineux de tours, le potager qui s'épanouit au pied de l'une d'elles. Dans ce potager, tous les légumes des repas quotidiens : oignons, coriandre, bettes ... Des hommes et des femmes y évoluent, tout à leur tâches : récolter des légumes frais, en remplir un panier, semer, sarcler, désherber ... Un vieil homme est debout, appuyé sur le manche de sa pioche, mâchonnant un brin d'herbe. C'est un paysan comme il en pousse partout sur la Terre. Au centre du potager se trouve une citerne. On peut y puiser au seau mais elle est équipée d'un système à pédales pour remonter l'eau dans une gouttière aqueduc qui l'achemine dans les rigoles d'irrigation. Dans la pénombre de la citerne, on voit un serpent qui ondule à la surface de l'eau. Instants de paix, de sérénité, d'harmonie. L'harmonie de Hué la belle. C'est là, en cet instant, que Clélia Rivière trouve le titre de son livre : Hué la belle.
* **
Le soir tombe sur la Rivière des Parfums. Sur la route, les artistes ont fini leurs oeuvres, sauf Tao et Olivier qui sont toujours penchés sur leur fresque. Les mouvements qu'ils font enroulent leurs membres autour de leur tronc en une chorégraphie élégante et tonique. On dirait des danseurs de tango, dont les corps tour à tour s'épousent et se repoussent. Gestes larges, amoureux. My les regarde en souriant, les yeux brillant dans la lumière mourante. Derrière eux, dans le flou de l'éloignement, des vieux et des vieilles font leur Taï chi, semblables à des arbres qui se balancent dans la brise du soir. Clélia s'est mêlée à eux qui ont élargi leur cercle pour la recevoir. C'est dans cette clairière humaine qu'elle se prépare à voir le tableau que les deux jeunes hommes ont peint pendant qu'elle faisait le Tour Vert.
My et Clélia ont convergé vers le tableau. Courbées vers le sol, les deux femmes ont poussé un cri d'étonnement et d'admiration. Le tableau représente une tour de verre et d'acier dressée vers un ciel flambant de soleil. La lumière argentée qui tombe sur les vitrages donne une impression de noblesse et de force. L'effet est obtenu par le jeu de la lumière qui tombe d'un lampadaire sur la peinture qui contient des paillettes argentées. La tour émerge d'une colline de terre brute complètement noire et mate qui semble vouloir l'absorber, la résorber dans sa masse. L'artiste vietnamien et l'artiste français ont marié des matériaux et des effets contraires : le brillant et le mat, le plein et le vide, l'horizontal et le vertical, l'apparu à la lumière et le disparu dans l'ombre. Ils ont incarné la dialectique entre le primitif et le moderne, le féminin et le masculin. Ces deux parties sont contraires mais aussi complémentaires. Elles agissent à la manière des ogives dans les cathédrales gothiques : c'est leur antagonisme même qui, créant l'équilibre des forces, permet à l'édifice d'exister. Planté dans la terre noire, un lotus pousse sa tige à l'intérieur de la tour transparente jusqu'en son sommet d'où elle émerge par une fenêtre ouverte. La fleur éclose laisse voir son coeur blanc et jaune, fragile comme un oeuf, symbole de naissance et de renouveau. Le tableau est d'une grande beauté et les avis sont unanimes : il a ses chances pour le concours.
La bande prolonge la magie à la galerie de Long. Long a installé sa natte derrière son bureau et somnole. Tao et Olivier font une bataille d'experts autour des concepts de modernité et de tradition. La conversation se fait en français et en anglais, pour arriver à dire en substance :
- Olivier : «Je ne dis pas qu'on copie, je dis qu'on a des influences, qu'on s'enracine dans les arts passés et dans l'époque à laquelle on vit. On est des passants, des passeurs.»
- Tao : «Ce n'est pas vrai, la création est jaillissement, spontanéité. Elle vient d'ailleurs. Il ne faut pas rester prisonnier des anciennes techniques, des anciennes façon de penser.»
- Olivier : «C’est ça : du passé faisons table rase. Mais, vous n’en avez pas marre de la révolution, vous n’avez pas assez donné ? Tu n’as pas compris que les révolutionnaires sont des fous qui poussent les gens dans le mur.» - Clélia : «Foi, feu, folie, ils ont tout compris, ces petits.» My ne dit rien.
- Tao : «Le communisme, ce n'est pas fou. C'est le progrès. Les choses bougent au Vietnam. L'art et la culture sont très vivants.»
- Olivier : «Mais de quoi tu parles, il n'y a plus que l'argent qui compte. Tu as vu, il y a des magasins, on n' y vend que des coffres-forts. Et dans les rues, il y a de plus en plus de 4X4.»
- Tao : «Oh, shit, Olivier. On veut pas rester pauvres. On veut vivre, être heureux, écouter de la musique. On est jeune.»
S'adressant à My : «Toi aussi, My, tu veux une autre vie. Etre riche. Etre libre.»
My nage entre deux eaux : - «Je veux tout ça mais pour ma famille, mon village. Le plus important, c'est l'amour. Je voudrais un homme que j'aime et qui m'aime. Beau et gentil. Comme vous deux.»
Tao fait le geste de jouer de violon. Clélia l'arrête. Elle ne veut pas que l'on abîme les rêves de My. Ce ne sont pas des rêves superficiels, ce sont les sentiments les plus profonds et les plus universels, le noyau dur de l'Humanité. Et elle est l'éternel féminin : entre les deux son coeur balance.
- Tao s'enflammant : «On ne parle pas de politique et de sentiments, on parle d'art, d'architecture, de construction, de techniques, de matières. Moi, j'aime le béton, le verre, le métal. Le pont Tran Tien, la gare de Dalat, c'est magnifique. J'aime les buildings comme on a dessiné sur la route. La transparence, la lumière. On vient d'inventer le béton translucide, on va pouvoir faire beaucoup de choses.»
- Olivier : «Je n'aime pas ces matériaux de la transparence, la transparence, c’est totalitaire. Je préfère les matériaux de l'intimité. La pierre et le bois. C'est des matières naturelles, primitives. Quand tu les travailles, que tu les tailles, que tu les sculptes, tu as du vivant devant toi. Tu dois en tenir compte. Si tu donnes un mauvais coup de ciseau dans la pierre ou le bois, la matière éclate. Le fer, le béton, le verre sont des matériaux qui se coulent. Tu imposes la forme et si elle ne te plaît pas, tu refonds la matière et tu la recoules à nouveau. C'est de l'abus de pouvoir, de la dictature. Tu fais ça avec la matière et tu fais ça avec les gens.» - My : « Je pense comme toi Olivier. Le bois et la pierre, c'est plus joli. On est plus heureux dedans.»
Olivier se penche vers la jeune fille, prend sa tête entre ses mains et dépose sur son front un baiser très tendre. Dans la salle d'exposition, Long tousse et se retourne sur sa natte. D'une voix ensommeillée, il fredonne une chansonnette. Une chansonnette française que Clélia connaît mais ne reconnaît pas tout de suite. Prenant l'air au vol, elle rappelle les mots de sa mémoire à sa bouche. Ca lui revient. Elle chantonne à son tour : «On s'était connu, on s'est reconnu ...» La chanson de Jules et Jim.
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Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La DMZ (Demilitarized Zone). La zone démilitarisée s'étend le long de la rivière Ben Hai et du 17ème parallèle. Elle a été créée en 1954 par les accords de Genève et divise le pays en deux zones d'influence : au Nord, la zone communiste et au Sud, la zone capitaliste américaine, occidentale. C'est un peu ce qui a été fait en Allemagne après la guerre 40-45 avec le camp Occidental et le camp soviétique séparé par le mur de Berlin. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, cette stratégie n'a pas favorisé la paix. Le camp communiste s'est trouvé conforté et il y a eu la guerre. Deux armées étaient en présence : l'ARVN (Armée de la République du Vietnam) pour le Sud allié aux Américains et l'APVN (Armée Populaire du Vietnam) pour le Nord communiste gouverné par le Viet-Minh encore appelé Viet Cong. A partir de 1967, les Nord-Vietnamiens ont mis en place toute une logistique pour approvisionner les maquis du Sud Vietnam en matériel de guerre. Pour ne pas être repérés par les armées du Sud et leurs alliés américains, ils évoluaient sur un itinéraire parfaitement invisible : la piste Ho-Chi Minh. Dans la plus grande discrétion, ils ont acheminé munitions, explosifs, armes ... Pendant plusieurs mois, les bombardements américains furent impuissants à couper le cordon ombilical constitué entre le Nord et le Sud par la colonne de fourmis humaines. Situé au centre du Vietnam, Hué fut une pièce importante du dispositif. Au nord de la ville, Khé San en était même le centre. C'est là que les Américains et leurs alliés Sud-Vietnamien, voulant éviter leur Diên Biên Phu, précipitèrent leur fin. C'était en février 1968, lors de l'offensive du Têt.
Clélia veut prendre quelques photos du Festival pour illustrer le chapitre de son livre sur l'Hué actuel. Il lui faudrait des vues des joutes nautiques et du jeu d'échecs humain. Pour savoir lequel de ces spectacles elle va voir en premier, elle sacrifie à la passion des Vietnamiens pour les jeux de hasard : elle joue à pile ou face. Le jeu d'échecs rafle la mise. Le spectacle a lieu dans la Citadelle. Il fait très chaud. Une fois de plus, la femme regrette de ne pas avoir son éventail qui est toujours chez Long.
L'échiquier est disposé sur la place, un homme-pièce dressé sur chaque case. Le jeu d'échecs vietnamien est différent du jeu occidental. Il y a par exemple moins de cases. Les deux joueurs se font face, perchés au sommet de chaises en bambou hautes comme des sièges de maître-nageur. Les hommes-pièces portent les couleurs de leur joueur respectif. A leur ordre, ils se déplacent sur l'échiquier, chacun interprétant un pas selon la pièce qu'il représente : la tour, le pion, le cavalier ... Traçant son cercle autour du carré, Clélia photographie le jeu des hommes dans la lumière compacte. C'est très spectaculaire mais, les deux joueurs étant de force égale, la partie est très longue, si longue que l'un des hommes-pièces finit par s'évanouir au milieu de sa danse des sabres. Clélia suit le groupe qui emmène l'homme inerte à l'ombre d'un bosquet d'arbres, là où un poste de secours a été installé. L'endroit est frais, sombre, vif. Des rochers gris se dressent, retombant en rocaille hérissée d'épineux. La tente du poste de secours partage les lieux avec l'échoppe d'un marchand d'oiseaux. Dans les cages alignées, des dizaines d'oiseaux qui pépient, confiants. Ont-ils conscience qu'ils sont des oiseaux à souhaits et qu'en tant que tels ils ne sont pas vraiment prisonniers? Celui qui les achète les relâche en effet après les avoir investis d'un voeu, d'une prière. En fait, ces oiseaux sont des messagers qui font la navette entre la terre et le ciel, simple retour aux origines des anges. Le marchand est entrain de prendre un oiseau dans une cage et de le placer dans une cage plus petite, tenue par une main de femme. C'est en zoomant pour saisir la scène que Clélia reconnaît My.
D'instinct, elle se jette en arrière, se dissimule sous l'auvent de la tente. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle pense que la rencontre qui s'amorce entre elle et My ne doit pas avoir lieu, que la scène n'est pas écrite. Elle laisse My s'éloigner, portant dans une main la cage avec l'oiseau et dans l'autre, un éventail déployé qu'elle reconnaît être le sien. Pourquoi Long a-t-il donné son éventail à My. Il savait bien que c'était à elle. Elle se dit qu'elle tirera cette affaire au clair plus tard. Pour remplir ses mains vides, elle achète au marchand un Non bai ton, un de ces chapeaux coniques en bambou et en feuilles de palmier, ornés de poèmes d'amour, de chansons, de proverbes ou de dessins seulement visibles de l'intérieur quand on regarde le chapeau à contre-jour.
Direction les berges de la Rivière des Parfums où se déroulent les joutes nautiques. Douze équipes sont en lice, toutes sponsorisées par le plus bel hôtel de la ville. Chaque pirogue compte un barreur et sept rameurs. A l'ombre des grands arbres, l'eau est moins jaune, plus orangée, safranée, plutôt, comme la robe des bonzes. Une course va commencer. Les embarcations piaffent sur la ligne ondulante du départ. Le départ va être donné par un agent de police, commissaire de course avec quelques-uns de ses collègues. Le départ est donné. Les pirogues s'élancent. Sous les encouragements de la foule, les rameurs se désarticulent autour de leurs rames. Les frêles embarcations filent, étirant le peloton. Les hurlements de la foule les soulèvent comme une houle. Tous les coups semblent permis : se percuter, s'agripper aux bouées pour gagner du temps dans les virages, même changer de rameur en cours de route. Un jeune homme s'est jeté à l'eau. Il nage comme un forcené vers une embarcation, la rejoint, monte à bord et prend la place d'un rameur épuisé. Peine perdue. L'embarcation se laisse distancer. L'issue de la course commence à se dessiner. Trois pirogues sont en tête et se battent pour la victoire. Le spectacle est époustouflant. Lorsque la première pirogue atteint la bouée d'arrivée, la foule explose. C'était une première manche. Pour conserver les faveurs divines, les gagnants retournent au milieu de la rivière où ils larguent des offrandes aux dieux.
A l'intérieur des terres, la liesse populaire est à son comble. Debout sur un banc, des vieux tapent de leurs pieds nus en cadence, arrimés l'un à l'autre par leurs bras. Un peu plus loin, des adolescents perchés sur un arbre hèlent les rameurs en riant. Clélia pense immédiatement au Bandar Log, le Peuple Singe du Livre de la Jungle, si gais, si jeunes. Et qui font des proies si faciles pour le prédateur hypnotique. La vase des berges de la rivière a laissé place à une prairie d'herbe courte sous laquelle la terre, broyée par d'innombrables pieds nus, affleure par plaques. Deux fillettes conversent sur un rocher. L'autre moitié du monde, l'autre moitié du ciel. Elles ne regardent pas les joutes. Qu'en verraient-elles d'ailleurs avec le mur d'adultes qui leur bouche la vue ? Leurs regards sont tournés de l'autre côté, vers la colline qui s'éloigne par vague vers la ville. Elles regardent les deux garçons qui viennent vers elles. Deux petits Mowgli qui évoluent loin de la fête, au rythme de leur temps propre. D'un pas glissé, ils avancent vers les fillettes, ralentissent quand ils arrivent à leur hauteur et accélèrent le pas quand ils les ont dépassées. Il n'y a eu aucunes paroles échangées, aucuns regards. C'est si comme les filles et les garçons s'étaient reconnus à des substances chimiques invisibles, sortes de phéromones qui régiraient les relations enfantines. Les deux garçons portent une casquette et un short rouge gansé d'un galon blanc qui galbe l'arrondi des hanches. Ils marchent côte à côte en se tenant par la main. L'un des deux est très jeune, six ans, peut-être. L'autre est déjà un pré adolescent. Clélia leur emboîte le pas et les suit sur un chemin bordé de flamboyants. Le chemin mène à une fontaine. La fontaine est une de ces pompes à bras qu'il faut actionner pour faire s'écouler l'eau. Les deux enfants s'y arrêtent. Le plus grand des garçons empoigne le bras de la pompe et fait couler un flot d'eau bulleuse. Le petit y glisse les jambes et se met à les frotter. Maladroit, trop petit, il ne parvient pas à nettoyer la crasse qui séchait en cuirasse sur ses cuisses et que l'eau draine en de magnifiques lettres calligraphiées. Le plus grand tente de l'aider mais il est handicapé par la nécessité de pomper. Clélia a posé les mains à côté des mains de l'enfant. Pendant un instant, ils sont un couple de rameurs unis dans un même effort. Le garçon lâche le bras de la pompe et va rejoindre l'autre garçon dans le fil de l'eau qui coule sans discontinuer. Avec des gestes qui sont de vraies caresses, le grand frotte les jambes du petit, doucement, tendrement. Sont-ils frères ou simples camarades de jeux, futurs amis, amants, peut-être ? La grâce évanescente qui émane des corps mouillés nimbe Clélia d'un bonheur tremblant. Elle se dit que ces deux elfes feux follets qui s'ébattent à quelques pas de la Rivière des Parfums ramènent au paganisme le plus échevelé.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Caodaïsme. La religion caodaïe ou Caodaisme est née en 1919 sur l'île de Phu Quoc lorsque l'être suprême nommé Cao Daï est apparu à Ngô Van Chieû, un fonctionnaire de l'Administration française. Elle s'est propagée dans le Sud du Vietnam à partir de 1920 autour d'une pensée syncrétique du Bouddhisme, du Christianisme, du Taoïsme, du Confucianisme et de l'Islam. Symbolisé par un oeil géant, le dieu est secondé par des Saints étonnants parmi lesquels Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Winston Churchill, Sun Yat Se, Moïse et Brahma. Elle est assise sur cinq commandements : tu ne tueras aucune créature vivante, tu ne convoiteras pas, tu ne vivras pas dans le luxe, tu ne succomberas pas à la tentation et tu ne prononceras pas de calomnie. Dès ses origines, la religion caodaïe s'adressa aux pauvres, surtout les paysans dépossédés et devint un mouvement nationaliste, anticolonialiste et subversif. Elle évolua dans les conflits en faisant des alliances opportunistes : avec les Japonais contre les Français, avec les Américains contre le Viet Minh, avec le Viet-Minh, contre le Vietnam du Sud. Après la réunification en 1975, la Religion fut déconsidérée. Les dirigeants, les fidèles et les prêtres furent persécutés. Les terres des paysans caodaïstes furent confisquées. Aujourd'hui, la religion caodaïe compte deux millions d'adeptes et un million de temples. Elle est surtout implantée dans le delta du Mékong, dans le Sud du Vietnam. La cathédrale ou grand temple se trouve à Tay Ninh.
L'aube est à peine levée sur la colline de Nam Giao. Une légère brume s'évapore du sol comme l'haleine d'un dragon endormi. L'aube est à peine levée et pourtant, la foule est déjà dense, tassée sur les trottoirs par les policiers en chemises vertes. Personne ne voudrait rater l'évènement qui se prépare : la procession de Nam Giao. C'est un évènement pour les touristes mais surtout pour le peuple vietnamien. C'est en effet la première fois que la procession a lieu depuis sa suppression en 1945, date à laquelle Ho Chi Minh a jeté à bas de l’Histoire la monarchie des Nguyen que les Français d'Indochine avait conservé pour préserver la cohésion nationale. Clélia Rivière connaît l'histoire. Buu Y lui a expliqué. Lui-même est descendant des Nguyen. La procession se déroulait une fois par an entre la Cité pourpre interdite et la colline de Nam Giao. C'était une procession comme toutes les processions : rituelle et sensée attirer les bénédictions du ciel sur la ville. L'empereur se rendait en grande pompe sur la colline de Nam Giao. A cette occasion, les concubines du souverain, vêtues de robes bleues, dansaient sur des chants traditionnels et toute l'armée défilait : les fantassins, les archers, la cavalerie. Des combats de tigres et d'éléphants étaient organisés. Symbole de puissance, le pachyderme représentait le roi. Il ne perdait donc jamais. Au besoin, on attachait le tigre à un poteau enfoncé dans le sol. Massée sur le passage de la procession, la foule rendait un culte à l'empereur.
Aujourd'hui, après des années sans procession, la foule de Hué est toujours là, fidèle au rendez-vous. Avec raison car la procession est magnifique même si ce n’est plus un rite mais une simple parade. Plus de cent cinquante figurants défilent en costume, accompagnés d'une dizaine de chevaux et de cinq éléphants. Le régime communiste veut reprendre toute cette symbolique de la puissance à son compte et pour le pays en pleine expansion mais il ne veut pas que soient attisés les tisons mal éteints de la royauté sur lequel souffle déjà le vent de la démocratie. La procession doit se garder d’ouvrir la voie à une sorte de restauration de l'ancien régime. Elle est et doit rester une simple fête folklorique. Pour bien marquer la procession au sceau du communisme, en tête du cortège défilent des jeunes porteurs de drapeaux portant le drapeau rouge à étoile jaune de la République Socialiste. Pour éviter l'apologie de la royauté, la procession ne suit que le trajet du retour de la colline de Nam Gio vers la Cité interdite. Il est de notoriété en effet que parfois le souverain ne retournait pas à la Cité interdite avec la procession mais qu'il restait quelques jours sur ses terres. Ce tour de passe-passe permet de faire l'impasse sur l'empereur qui n'est même pas incarné par un comédien et dont la chaise à porteur rouge et or défile vide.
Clélia Rivière a suivi la parade depuis la colline jusque la cité interdite en prenant beaucoup de photos. La parade s'est terminée sur la place de la Tour du Drapeau, sous le regard de l'oncle Ho dont l'affiche trône au-dessus de la porte monumentale. Sitôt le cortège disloqué, la foule s'est décomprimée, distendue, élargie comme un fleuve quand un barrage cède. Dans les tourbillons de la fête, Clélia se retrouve seule devant la chaise à porteurs. Elle la regarde, fixement, longuement. Il lui semble que la chaise vide a les bras ballants d'une mère quand l'enfant est parti. Elle ressent un curieux malaise. Des images se bousculent devant ses yeux. Le dernier roi Nguyen, la chaise vide, le petit prince Canh, son enfant à elle, mort depuis si longtemps. Peu à peu, ces visages s'effacent derrière un autre visage, flou, comme flottant sur un miroir d'eau. Le visage d’Olivier.
Hué Majestic Hotel, la nuit. Clélia est étendue sur son lit, les yeux grands ouverts fixés sur le ventilateur de plafond dont la rotation des pales l'hypnotisent. D'un mouvement lent, régulier, lancinant comme l'écoulement du sable dans un sablier, les pales du ventilateur brassent la pâte molle d'un air alourdi de produit insecticide. Des sensations bizarres se diffusent dans le corps de la femme comme un poison mortel. Bien qu’elle ne soit pas malade, ses chairs sont chevillées au lit par la fièvre. Si elle était superstitieuse, elle dirait qu'on lui a jeté un sort. Un gecko de delirium tremens asiatique s'incruste près de l'interrupteur, juste derrière sa tête, immobile comme une idée fixe. La femme le regarde, le salue familièrement. La vie reflue en elle et tout son corps s'ébranle pour accueillir la superbe vision. C'est ainsi que son oeil accroche les images qui défilent dans le téléviseur dont elle a comme d'habitude coupé le son.
Le téléviseur montre en rediffusion des images du Festival de Hué. Des images de la peinture sur la route près du Paradise Garden. Gros plan sur le tableau d’Olivier et de Tao. Le spectateur reçoit comme un coup de poing la tour vitrée, éblouissante, avec son lotus qui vrille à l'intérieur, cherchant la lumière. Le tableau a remporté le premier prix du concours. Dans la citadelle, c'est la remise des prix. Le prix est remis par Buu Y. Les images montrent Tao s'avançant vers Buu Y, recevant un objet que la femme ne prend pas la peine d'identifier tant elle est sidérée. Tao est seul. Olivier n'est pas là. Elle se dit que peut-être il n'était pas libre à ce moment-là, qu'il était appelé ailleurs. En même temps qu'elle énonce ces mots, sa conscience la plus profonde lui crie que ce n'est pas possible. Le téléviseur vient régler son conflit intérieur : en bas de l'écran s'est inscrit le nom du vainqueur : Tao Ngô Quâc.
Voir My. Elle doit voir My. La jeune fille doit savoir ce qui s'est passé pendant qu'elle était sur la colline de Nam Giao. My est au Phuong Nam, attablée avec des festivaliers qui l'ont invitée à dîner. L'ambiance n'est pas à la fête. Les convives sont abattus, les mines sont défaites. - «Je peux te parler, My ?», dit Clélia.
La femme prend la jeune fille par les épaules et l'entraîne dehors marcher sous les grands arbres. My raconte : - «Le jury a donné le prix à Tao. Pas à Olivier. Le président du jury a dit que c'est seulement Tao qui était inscrit pour participer. Olivier n'est pas inscrit. Le prix c'est seulement pour Tao. Ce n'est pas juste. J'ai dit à Tao. Il a dit qu'il est pas sa faute. C'est Long qui a inscrit. Olivier n'était pas content. Je disais la consolation mais il était grande colère. Tao et Olivier ont disputé dans la citadelle près les expositions. Ils criaient. Olivier a cassé la belle Bande Dessinée de Tao.»
- «Celle avec le petit bonhomme et le chien qui courent sous la pluie ?»
- «Oui, celle-là. J'avais peur qu'ils cassent d'autres aussi mais des gens les ont chassés. On a couru, c'était la folie. On est venu sur l'esplanade du symposium, tu sais les sculptures des artistes internationaux. Tao et Oliviers se sont battus.»
- «Ils se sont battus !»
- «Des coups de poings, des coups de pied. Ils ont roulé par terre. Les visages étaient pleins de sang. Je ne savais pas faire quoi. J'étais toute seule. Je me suis sauvée.»
My pleure. Clélia la console : - «Tu as bien fait, My, on ne peut rien faire quand les hommes se battent. Il faut attendre qu'ils soient fatigués et qu'ils s'arrêtent tout seuls. C'est comme ça.»
Tout en marchant, My et Clélia sont arrivées devant l'arbre qui, à l'intersection de ses branches maîtresse, abrite un autel bouddhique. Une bougie se consume lentement devant la divinité, allumée par quelque pieuse âme. Les deux femmes se font face et se tiennent enlacées.
My : - «Maman du Vietnam, je suis tellement désolée. J'avais lâché un oiseau pour un voeu. Mon voeu c'était...»
Clélia a mis la main sur la bouche de My : - «Chuut, on ne dit pas un voeu ...»
Elle essuie le visage mouillé de la jeune fille qui glisse dans un sourire : - «Long m'a donné ton éventail, je l'ai donné à Olivier pour qu'il te le rende.»
- «C'est gentil, ma belle. Je lui demanderai quand je le verrai. Maintenant, tu vas retourner chez toi, te reposer. Moi, je vais m'occuper de nos deux lascars. Si déjà je les retrouve parce que va savoir où ils sont.»
- «Tao est parti chez Long mais Olivier, je ne sais pas.»
Tao est chez Long, en effet. Ils sont assis face à face à la table basse du petit train des jours heureux. Long a les mains posées à plat sur la table. Appuyé contre le mur, le dos bien redressé, il a ramené sous lui ses jambes torses. Dans cette stature, son handicap s'efface. On ne s'étonnerait pas de le voir se lever et s'en aller. Tao, au contraire, est tassé, recroquevillé sur son siège. On dirait que son corps s'est vidé de ses os. Clélia s'approche des deux hommes qui se poussent pour lui faire de la place. Pendant un long moment, ils se regardent sans mots dire. C'est la femme qui rompt le silence :
- «Te voilà bien arrangé, Tao !»
Tao a le nez tuméfié, une croûte de sang séché s'accroche à son sourcil gauche. Il tente un sourire prudent mais Long le foudroie du regard. Clélia comprend que Tao n'est pas le maître du jeu, qu'il n'a pas voix au chapitre. Elle se tourne alors franchement vers Long : - «Olivier et Tao ont travaillé ensemble. Tu le sais bien. Pourquoi il n'y a que Tao qui a eu le prix ?»
Long répond : - «Je ne sais pas. C'est une erreur. C'est la vie. Il ne faut pas se disputer pour cela. Il y a toujours des moyens de s'arranger. Tu diras à Olivier que Tao n'a rien fait, qu'il peut s'en aller tranquille.»
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : L'offensive du Têt. En février 1968, pendant la fête du Têt, le nouvel an vietnamien, des milliers de communistes menés par un éminent stratège, le général Giap, attaquent simultanément des cibles dans cent cinq centres urbains. Ils infiltrent Saigon où ils prennent l'ambassade et le QG américains. Les troupes sud-vietnamiennes sont surprises car elles pensaient que la bataille allait avoir lieu à Khé Sanh, près de Hué. Une bataille s'y déroule en effet et aussi à Hué. Les Nord-vietnamiens ont pris la ville et se sont retranchés dans la citadelle. Pendant vingt cinq jours, sous les bombardements assidus des B 52, ils maintiennent leurs positions. Ils en profitent aussi pour régler quelques comptes. Ils abattent, décapitent et brûlent vives trois mille personnes dont des fonctionnaires, des policiers et toute personne soupçonnée d'avoir des sympathies pour le gouvernement de Saigon ou leur allié américain. Ces atrocités n'émeuvent pas l'opinion publique car à ce moment-là les regards sont braqués sur les massacres de My Shon (My Lai), au Sud de Da-Nang. Le 16 mars, des unités de l’armée américaine ont débarqué à My Lai pour une expédition punitive suite à la morts de GI’s. Ils ont massacré tout le village, jusqu'aux animaux dont ils ont jeté les corps dans les puits pour empoisonner l'eau. Des soldats se sont interposés comme Thomson, Colburn et Andreotta qui ont posé leur hélicoptère entre les soldats et les villageois. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont reconnu qu'il n'y avait pas d'ennemis ce jour-là à My Lai et qu'en fait de bataille c'était bel et bien un massacre. Thomson et Colburn ont reçu la plus haute médaille militaire du courage pour un acte commis hors affrontement avec l'ennemi. Andreotta est mort au combat. L'offensive du Têt fut le début de la fin pour le camp du Sud. Si les Sud-Vietnamiens gagnèrent de toute évidence la guerre sur le terrain en écrasant le Nord communiste, ils la perdirent sur le terrain politique. L'offensive du Têt avait en effet révélé que sans les Américains le Sud ne pouvait sortir vainqueur de la guerre civile. Cette révélation démobilisatrice renforcée par le retournement de l'opinion publique mondiale amena le retrait des troupes américaines. Ces faits viennent comme en écho des massacres qui eurent lieu en 1883 lors de la prise de Hué par les troupes de la colonisation française. Dénoncés dans la presse par Pierre Loti, écrivain et journaliste, ces massacres ont induit la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie.
" Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. " " Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. "
Les mots de Long résonnent dans la tête de Clélia, ses pensées se bousculent tandis qu'elle traverse à grands coups de pédales la ville assoupie. Olivier peut s'en aller tranquille ... Ainsi donc Olivier veut partir. Peu à peu la question se formule : Olivier veut-il partir ? Puis se décline en plusieurs autres questions : pourquoi Olivier voudrait-il partir ? Pourquoi Olivier devrait-il partir ? Sans s'en rendre compte, Clélia a pris le chemin qui mène à la pension Loan. La route lui parait si longue et elle a si mal au genou qu'elle finit par larguer son vélo pour héler un taxi. L'homme qui baragouine un anglais approximatif ne comprend pas sa demande. Elle la reformule dans tous les sens mais rien n'y fait. En désespoir de cause, elle fait ce par quoi elle aurait dû commencer : noter l'adresse sur un bout de papier et le mettre sous les yeux de l'homme. L'anglais écrit met généralement tout le monde d'accord. En effet, l'homme comprend, aquièse et démarre. Il roule mais pas longtemps. Au rond-point extérieur de la ville, une ambulance bloque la circulation. Des véhicules immobiles, un attroupement, des policiers ... Les décors et les acteurs de l'urgence sont en scène. Pour quel drame, quelle tragédie ??? En tous cas, Clélia ne sera pas au rang des spectateurs. Apercevant un motobyker, elle demande au chauffeur du taxi de la déposer. Le chauffeur tente de la retenir mais elle jette sur son siège un billet de cinq euros et sort de la voiture. Le motobyker l'emmène. Se faufilant dans les encombrements, il va à une allure raisonnable mais il lui prend de faire un détour à travers la ville. La femme a beau lui tirer la manche pour le diriger ainsi qu'elle le ferait avec la bride d'un cheval, il continue, arguant :
- " Hué, by night, it's beautiful".
C'est vrai que c'est beau Hué la nuit mais Clélia a un but et elle est pressée de l'atteindre. Elle pense que le motobyker veut seulement rallonger la course pour se faire plus de money. C'est de bonne guerre, OK, bénies soient les leçons de marchandage prises avec Olivier sur le petit marché des bords de la rivière. C'est ce qu'elle se dit tandis que la moto mène son interminable digression. A l'arrivée devant l'hôtel Loan, le motobyker passe à l'offensive, réclamant pour sa divagation une somme extravagante que Claire refuse de payer. Elle sort de sa poche une liasse de billets de dongs qu’elle tend à l’homme. L'homme repousse sa main et mouline sa colère avec ses bras de cuir. Se surprenant elle-même, la femme ne se laisse pas impressionner. Elle invective l'homme en anglais et menace d'appeler la police. Instantanément, l'homme se calme, prend la liasse de billets qui flotte à sa portée. L'affaire conclue, chacun va son chemin. Clélia se dirige vers la pension de famille qu'elle voit au bout de l'impasse. Son pas se fait ample, apaisé, comme la respiration dans le sommeil. L'entrée se rapproche. Marchant sur un nuage, Clélia est presque joyeuse.
Soudain, la femme est là, devant elle, allongeant son ombre sur elle. La pirate de la mer de Chine. Comme une pieuvre, elle prend Clélia dans les tentacules de ses bras et l'entraîne au fond de son antre. C'est une sorte d’appentis, avec une paillasse nue au-dessus de laquelle pend une de ces lanternes de papier que fabriquent les handicapés de Ho Ian, le village balnéaire très fréquenté des environs de Da-Nang. Des bruits montent d'une caisse rangée tout au fond du réduit. La femme fait signe à l'autre femme d'aller voir. Clélia s'avance, courbée en deux pour ne pas se cogner la tête au plafond. Elle se méfie autant de la caisse qui est devant elle que de la pirate qui la suit. Si c'est traquenard, elle est perdue car qui va savoir qu'elle est là. Parvenue à la caisse, la surplombant, elle voit. Il y a un chien. Pas un de ces petits chiens asiatiques qui vivent au Vietnam, totalement libres, sans laisse, sans autre niche que la maison de leurs maîtres. Non, un chien de grande race, de ceux qui sont élevés comme animaux à viande. Il dort. A son cou, un collier en ficelle et une médaille marquée au nom de "babi". La pirate est radieuse. Elle dit des mots que Clélia ne comprend pas mais qui contiennent toute la joie, toute la fierté de d’une mère. Car babi est bien son enfant, adopté dans la solitude et la marginalité de l'impasse. C'est pour Clélia un moment de terrible acuité que ce moment où elle prend conscience qu'il faut traverser le miroir des apparences pour se retrouver soi. Elle s'incline devant la femme et lui tend la photo de son fils qui, depuis des années l'accompagne partout. Elle lui tend la photo « à la vietnamienne », c'est-à-dire en la tenant à deux mains, signe de révérence envers une personne respectable.
Les deux femmes sont assises l’une à côté de l’autre sur le bord du trottoir lorsque arrive l'ambulance. C'est l'ambulance rattachée au QG du festival. Ensemble, elles suivent des yeux le véhicule jusqu'à l'endroit où il s'arrête. Juste devant elles. D'un bond, elles sont debout. Les infirmiers passent devant elles en trombe, poussant une civière. Ils vont jusqu'au bout de l'impasse, s'engouffrent dans l'hôtel, reviennent avec la civière chargée d'un corps. Dès qu'elle a identifié Olivier, Clélia Rivière se met à la remorque de l'équipage. Une angoisse sourde lui ligote les membres. A l'ambulancier qui lui demande si elle est de la famille, elle dit : - «Oui, je suis sa mère.»
Elle embarque dans l'ambulance. Olivier gît sur la civière. Il a le visage rouge, gonflé. La femme se précipite : - «Mon pauvre petit, il t'a massacré, Tao, le petit fumier. Le salaud». L'infirmier : - «Mais, qu'est-ce que vous dites, vous êtes folle ? Ce ne sont pas des traces de coups, il fait une allergie. Sûrement une allergie à la laque : regardez les cloques et les vésicules qui sont en train de se former. Et ses mains, elles sont couvertes d’eczéma ».
Se penchant sur lui : - «Tiens … qu’est-ce qu’il a dans la main ?»
L’infirmier desserre les doigts du garçon et voit : un objet racorni, comme rongé … un bout de carambole.
Comme Clélia lui prend les mains, Olivier ouvre les yeux, la reconnaît, lui dit en hachant ses mots comme une radio qui perd son signal par intermittence : - «Maman ... çà brûle ... ton éventail, My me l'a donné.»
L'infirmier, lui mettant le masque à oxygène : - « Je trouve qu'il respire mal. Je ne sais pas comment il a fait son compte mais il s'en est pris jusque dans les poumons.»
Dans la salle d'attente de l'hôpital, Clélia feuillette le document que lui a laissé l'infirmier pour la faire patienter utile - pour lui comme pour elle car il la sent investie, investigatrice. Le document est une brochure technique.
Dans la collection « Les techniques traditionnelles asiatiques » : « La laque ». Le terme laque provient du sanscrit "Lakh" qui signifie brillant, lumineux. Il a donné le mot arabe Lakk qui est devenu laque en Occident quand les premiers objets laqués y sont arrivés au retour des croisades. Le terme sanscrit définit une certaine qualité de lumière, donc de clarté. Les initiés disent qu’un laque - le mot laque est féminin quand il désigne la matière mais il est masculin quant il désigne l’objet laqué - Les initiés disent qu’un laque est comme le ciel durant la nuit, qu’il peut être de couleur très sombre mais cependant très clair dans son éclat, comme s’il avait une lumière intérieure. Ils emploient des expressions telles que « confus comme l’eau boueuse », « mêlé comme un étang boueux », « sans plus de transparence que l’opacité même », « obscurs comme l’eau trouble ». La technique traditionnelle de la laque est donc presque une mystique, une initiation qui demande minutie et patience, vertus existentielles de la culture asiatique. Elle se fait à partir de la laque. La laque est un suc laiteux qui provient du laquier, un arbre de la famille des toxidendrons qui ressemble au figuier. Ce lait est l'équivalent du latex pour le caoutchouc. Avec l'ajout de quelques autres produits, il devient une résine que l'on utilise crue ou cuite dans la technique de la laque. Cette technique se fait au départ d’un support de bois, soit une plaque, soit un objet et comprend une opération plusieurs fois répétée. Cette opération consiste à apposer une couche de laque sur le support, à la polir pour obtenir un lissé parfait et à le mettre sécher dans une sorte de chaudière à vapeur. Une laque de bonne qualité peut compter une trentaine de couches. La dernière est constituée d’une laque très fine soigneusement poncée pour recevoir le décor final. Les décorations principales sont les feuilles d’or et d’argent, les pierres taillées semi-précieuses, la nacre, la coquille d’oeuf ou les écailles de tortues (aujourd’hui interdites car la tortue est une espèce protégée). Mise en garde : la laque contient de l'urushiol, une substance allergisante qui provoque démangeaisons, dermatites, eczéma, érythème, cloques et vésicules, avec risques d'infections secondaires par grattage. Il arrive aussi parfois que les poumons soient touchés lorsqu'il y a inhalation mais c'est rare, le plus souvent la contamination se fait par contact. La substance étant très prégnante, sa toxicité est persistante, c'est pourquoi il est impératif de laver les objets contaminés.
Olivier a des lésions aux poumons. Il doit être rapatrié. Clélia lui a ramené ses affaires qu'elle a ramassées dans tous les lieux qui jalonnaient sa vie vietnamienne: la pension Loan, le Phuong Nam, la galerie de Long, le QG du festival ... Ils se reverront en France, ils se le sont promis. En attendant, la femme se sent seule, vide. Elle a perdu le fil de sa présence à Hué. Qu'est-ce qu'elle fait là, en pleine nuit, sur les gradins du parc Thin Tam, à regarder un spectacle de marionnettes sur l'eau. Un homme vient s'asseoir à côté d'elle. Un vieil homme, petit, osseux, sec comme un bout de bois. Il ramasse ses jambes sous lui, s'entoure de ses bras, s'y amenuise, se réduit tellement qu'il finit par n'être pas plus grand qu'un enfant. Le spectacle se déroule, racontant des histoires de paysans vivant dans les marécages et les rizières, des histoires peuplées de dragons et de buffles, de pêcheurs et de musiciens. Des histoires universelles. Clélia ne voit rien, n'entend rien. Elle se dit qu'elle va partir aussi. Rassembler ses affaires, son ordinateur, ses livres ... Déjà, elle a récupéré son éventail. Il est dans sa main, déployé. Il n'est plus très propre. A passer ainsi de main en main, il s'est sali. Une traînée noirâtre, un peu grasse, court le long d'une pliure. Ce sera difficile à ravoir, se dit-elle, et si je le lave, il perdra les souvenirs qui s’y rattachent ... My qui le tient devant le marchand d’oiseau, qui le donne à Olivier, comme un gage qui les lient tous les trois … Des images tombent dans ses yeux ... des objets qui flottent sur l'eau, des hommes troncs dont les jambes disparaissent dans l'eau, des hommes qui manipulent des marionnettes. FIN Cette histoire a été écrite à partir de mon voyage au Vietnam avec l’association « La rencontre de l’autre », de Donzy-le-National, en Bourgogne. Elle est librement inspirée de personnes et de lieux existants qui ont été utilisés comme support de mon imaginaire. Les prénoms ont été choisis en fonction de leur signification :
Tao signifie Création Long Dragon My Belle Clélia la femme du silence Olivier l’homme inquiet
Tour du monde sans avion English translation pending
Bonjour,
Cela fait longtemps que je consulte régulièrement ce forum sans oser y participer ; il faut bien se lancer un jour !
Le topo : j'ai 20 ans, je termine mes études dans 1 an et demi et j'ai déjà voyagé en solitaire durant de longues périodes. Je mûris depuis un bout de temps maintenant un projet de tour du monde à partir de l'été 2009 "par la terre", en prenant l'avion le moins possible et en préférant le bus et le train. Cela durerait a priori trois ans : un peu moins d'un an pour rallier Paris à l'Australie, un an à se renflouer un peu en Australie en faisant le tour de l'île (avec le WHV, un visa de travail temporaire pour les étrangers), et une dernière année consacrée à l'Amérique du Sud et à l'Afrique d'où je... "rentrerais" (ça fait bizarre de dire ça) en France.
Mon itinéraire pour cette première année, après quelques semaines de documentation, de consultation d'ouvrages références tels "Où partir ?" de M. Darde, ...
Départ le 15 juillet ;
Paris > Grèce : 3 ou 4 jours non-stop
Grèce : 2 semaines, jusqu'au 1er août. Turquie : 1 semaine Liban, Syrie, Jordanie : 2 semaines Israël : 1 semaine (ce serait assez pénible, en plein été, mais je n'ai pas réussi à orienter autrement au niveau calendrier)
d'Israël en Iran, trajet 3 ou 4 jours
Iran : 10 jours
Puis remonter vers le nord,
Turkménistan / Ouzbékistan / Kirghizistan : 2 voire 3 semaines.
Kirghizistan > Inde en passant par le nord du Pakistan (c'est le Cachemire, non ? région "hot" ? mais j'aimerais éviter de passer par la Chine, qui ne m'attire pas vraiment)
Rester en Inde au moins 2 mois, en en faisant le tour (de mi-octobre à mi-décembre) Puis remonter au Népal, pour 1 mois de trek et d'ascensions, entre mi-décembre et mi-janvier.
Redescendre à Calcutta d'où je rallierais Bangkok en avion probablement (vu la situation en Birmanie)
Un ami Français expatrié vit à Bangkok qui pourrait m'orienter sur ce qu'il est possible de visiter dans le coin : Thaïlande, Laos, Viêt-Nam, Cambodge, pendant 2 mois, de mi-janvier à mi-mars.
Descendre toujours plus bas, vers l'Indonésie où j'aimerais rester 1 mois, jusqu'à fin avril.
De là, je rallierais enfin l'Australie en bateau (mais y a pas des pirates dans le coin ?) (sans doute Darwin), où la seconde partie de mon voyage commencerait.
Voilà en gros mon projet au jour d'aujourd'hui. J'ai essayé d'orienter mon itinéraire au mieux, en tenant compte du climat et du niveau de vie. Je suis très peu attaché au confort et ai l'habitude de fréquenter les backpackers, voire les aéroports dans les villes "riches" (comme Vienne tout récemment... 🤪).
Je suis en quête de regards objectifs sur la faisabilité de ce projet, moins pour le niveau financier (j'ai de solides réserves financières et je suis en mode crevard) que pour le niveau pratique, c'est-à-dire surtout les transports inter-villes, voire inter-pays, la durée de séjour "raisonnable" dans chaque pays (2 mois en Inde, n'est-ce pas trop ?), ... je me pose également la question de tout décaler d'un mois et demi ou deux mois avec départ en septembre, pour éviter surtout les grosses chaleurs du Proche-Orient et profiter de l'été pour économiser un peu, mais il y aurait alors un risque de se faire piéger par la mousson en Asie du Sud-Est...
et bien sûr, toutes les diverses remarques que vous pourriez émettre ! :) (voire me diriger vers d'autres personnes ayant fait cet itinéraire "tout sauf avion", de type finalement assez rare dans cette rubrique j'ai l'impression)
L. un jeune Frenchie qui a la bougeotte...
Cela fait longtemps que je consulte régulièrement ce forum sans oser y participer ; il faut bien se lancer un jour !
Le topo : j'ai 20 ans, je termine mes études dans 1 an et demi et j'ai déjà voyagé en solitaire durant de longues périodes. Je mûris depuis un bout de temps maintenant un projet de tour du monde à partir de l'été 2009 "par la terre", en prenant l'avion le moins possible et en préférant le bus et le train. Cela durerait a priori trois ans : un peu moins d'un an pour rallier Paris à l'Australie, un an à se renflouer un peu en Australie en faisant le tour de l'île (avec le WHV, un visa de travail temporaire pour les étrangers), et une dernière année consacrée à l'Amérique du Sud et à l'Afrique d'où je... "rentrerais" (ça fait bizarre de dire ça) en France.
Mon itinéraire pour cette première année, après quelques semaines de documentation, de consultation d'ouvrages références tels "Où partir ?" de M. Darde, ...
Départ le 15 juillet ;
Paris > Grèce : 3 ou 4 jours non-stop
Grèce : 2 semaines, jusqu'au 1er août. Turquie : 1 semaine Liban, Syrie, Jordanie : 2 semaines Israël : 1 semaine (ce serait assez pénible, en plein été, mais je n'ai pas réussi à orienter autrement au niveau calendrier)
d'Israël en Iran, trajet 3 ou 4 jours
Iran : 10 jours
Puis remonter vers le nord,
Turkménistan / Ouzbékistan / Kirghizistan : 2 voire 3 semaines.
Kirghizistan > Inde en passant par le nord du Pakistan (c'est le Cachemire, non ? région "hot" ? mais j'aimerais éviter de passer par la Chine, qui ne m'attire pas vraiment)
Rester en Inde au moins 2 mois, en en faisant le tour (de mi-octobre à mi-décembre) Puis remonter au Népal, pour 1 mois de trek et d'ascensions, entre mi-décembre et mi-janvier.
Redescendre à Calcutta d'où je rallierais Bangkok en avion probablement (vu la situation en Birmanie)
Un ami Français expatrié vit à Bangkok qui pourrait m'orienter sur ce qu'il est possible de visiter dans le coin : Thaïlande, Laos, Viêt-Nam, Cambodge, pendant 2 mois, de mi-janvier à mi-mars.
Descendre toujours plus bas, vers l'Indonésie où j'aimerais rester 1 mois, jusqu'à fin avril.
De là, je rallierais enfin l'Australie en bateau (mais y a pas des pirates dans le coin ?) (sans doute Darwin), où la seconde partie de mon voyage commencerait.
Voilà en gros mon projet au jour d'aujourd'hui. J'ai essayé d'orienter mon itinéraire au mieux, en tenant compte du climat et du niveau de vie. Je suis très peu attaché au confort et ai l'habitude de fréquenter les backpackers, voire les aéroports dans les villes "riches" (comme Vienne tout récemment... 🤪).
Je suis en quête de regards objectifs sur la faisabilité de ce projet, moins pour le niveau financier (j'ai de solides réserves financières et je suis en mode crevard) que pour le niveau pratique, c'est-à-dire surtout les transports inter-villes, voire inter-pays, la durée de séjour "raisonnable" dans chaque pays (2 mois en Inde, n'est-ce pas trop ?), ... je me pose également la question de tout décaler d'un mois et demi ou deux mois avec départ en septembre, pour éviter surtout les grosses chaleurs du Proche-Orient et profiter de l'été pour économiser un peu, mais il y aurait alors un risque de se faire piéger par la mousson en Asie du Sud-Est...
et bien sûr, toutes les diverses remarques que vous pourriez émettre ! :) (voire me diriger vers d'autres personnes ayant fait cet itinéraire "tout sauf avion", de type finalement assez rare dans cette rubrique j'ai l'impression)
L. un jeune Frenchie qui a la bougeotte...
L'Afrique est-elle "dangereuse"? English translation pending
je poste ce message par rapports aux angoisses que ma mère me transmet.
j'ai vu que le continent africain a malheureusement été remué ces derniers temps par de nombreux "dangers"(touristes tués en mauritanie, humanitaire tué au tchad, emeutes au kenya) dans des pays qui la plupart du temps etaient assez calmes (mauritanie et kenya) je m'inquiète donc, moi qui dois partir au bénin, pour mon voyage et surtout, ma mère s'inquiète!!
le bénin est, selon tout ce que j'ai pu lire, un pays stable sans danger apparemment, mais ya t il qd meme un risque quelconque en allant la bas, d'emeutes ou autre? je suis consciente que lorsqu'on voyage on prends toujours un risque, mais là j'ai du mal a toruevr des arguments pour convaincre ma mère que certains pays d'afrique ne sont pas beaucoup plus dangereux que l'europe ou l'asie.
je sais par contre qu'il faut eviter de partir en dans un pays ou vont prochainement se passer des elections, car c'est souvent là que ça "clash" .
j'aimerais avoir l'avis des "connaisseurs de l'afrique" sachant aussi que dans un autre registre du "n'y vas pas c'est dangereux" je connais une personne qui est allé dans un endroit dit "dangereux" à lombok, et qui a été ravie de son voyage et y retourne bientot !!!
merci a vous!🙂
le bénin est, selon tout ce que j'ai pu lire, un pays stable sans danger apparemment, mais ya t il qd meme un risque quelconque en allant la bas, d'emeutes ou autre? je suis consciente que lorsqu'on voyage on prends toujours un risque, mais là j'ai du mal a toruevr des arguments pour convaincre ma mère que certains pays d'afrique ne sont pas beaucoup plus dangereux que l'europe ou l'asie.
je sais par contre qu'il faut eviter de partir en dans un pays ou vont prochainement se passer des elections, car c'est souvent là que ça "clash" .
j'aimerais avoir l'avis des "connaisseurs de l'afrique" sachant aussi que dans un autre registre du "n'y vas pas c'est dangereux" je connais une personne qui est allé dans un endroit dit "dangereux" à lombok, et qui a été ravie de son voyage et y retourne bientot !!!
merci a vous!🙂
Insécurité à Madagascar: braquage à main armée en plein jour... English translation pending
Revenant de Madagascar on souhaite porter à la connaissance des futurs voyageurs la mésaventure pas si exceptionnelle qui nous est arrivée.
En effet on a failli se faire buter. Dans un endroit super touristique, dans la forêt des baobabs de Ifaty, dans la région de Tuléar, qui est dans tous les guides touristiques le samedi 17 novembre 2007 à 16h, en plein soleil, accompagnés d'un guide local (le serveur de notre hôtel) et d'un chauffeur de charette à zébus.
4 mecs armés chacun d'un pistolet, avec également une carabine, un coupe-coupe et un bidon d'essence sont arrivés sur nous d'un pas décidé, à visage découvert. On a juste eu le temps de se dire qu'ils avaient une sale gueule et que ça ne sentait pas bons que nos guides étaient à genoux et qu'ils demandaient l'argent. Nos 2 guides se sont retrouvés avec un pistolet contre la tempe et le doigt sur la gâchette !!!! Bien sûr on a donné le peu d'argent qu'on avait sur nous (environ 15 euros), et ils n'avaient pas l'air contents d'un si maigre butin. Ils nous ont fait également mettre à genoux et nous ont fouillé. Ils ont pris l'étui à lunettes et l'ont jeté. Ils ont pris l'appareil photo croyant que c'était un téléphone portable. On a demandé à notre guide qu'il leur demande de nous donner la carte mémoire (car nos agresseurs ne parlaient pas français). Comme ils étaient crétins, ils ne savaient pas de quoi il s'agissait et n'avaient pas l'air de savoir comment fonctionnait un appareil photo! Ils nous ont demandé si nous avions nos passeports, nos billets d'avion... heureusement tout était resté dans la valise fermée à clef à l'hôtel (ce qui est indspensable là-bas....). On redemande au guide pour la carte mémoire, et l'un de nos agresseurs lui shoote dans la tête comme dans un ballon de football lui faisant exploser ses lunettes. Ils nous ont pris nos lunettes de soleil et nos montres. Et puis ils débattaient entre eux. Là, on n'en menait pas large car on s'est dit qu'on allait se faire tabasser: on n'avait rien d'autre à donner..... Ils ont ensuite voulu voler la chevalière en argent de notre guide malgache et comme elle ne passait pas, on a vu un regard vers le coupe-coupe qui nous a fait frémir...
Bien que nous ayons tout donné ils restaient là en nous tenant sous la menace de leurs armes, discutaient de nous séparer des Malgaches, mettaient le pistolet sur la tempe du guide et disaient "boum boum". Le guide suait à grosse gouttes car il comprenait ce qu'ils disaient.On n'a compris qu'un mot: Vazaha ("étranger"), dans la discussion (le guide nous a raconté ensuite qu'il leur avait dit "vous ne pouvez pas faire ça à des vazaha").Manifestement ils discutaient de notre sort. On a demandé au guide ce qui se passait, il nous a dit de nous taire. Nous sommes bien restés 10 mn les genoux à terre attendant d'être fixés sur notre sort... Là on s'est vraiment sentis en danger de mort.On se disait chacun de notre côté que ce n'était pas possible, qu'ils ne pouvaient pas nous butter, que c'était absurde, que notre vie ne pouvait pas s'arrêter là, comme ça bêtement... On sentait vraiment une très forte tension chez eux. Le danger d'une arme à feu est que le coup peut partir et ça peut vite dégénérer et devenir un vrai carnage. Tout à coup 3 des agresseurs sont partis laissant le 4e nous tenir en joue pendant qu'ils séloignaient. Avaient-ils entendu quelque chose? Nous étions trop stressés pour avoir eu l'oreille à l'écoute des bruits environnants. Toujours est-il que 15 secondes après ils ont appelé le 4e qui a décroché. A ce moment, on a entendu à moins de 50 mètres un cri de femme (une touriste)et un coup de feu. On a déguerpi vers le village en courant à travers les broussailles. Ayant rejoint le chemin vers le village, on a croisé quelques touristes avec leurs guides et leurs appareils photos qui se dirigeaient vers la forêt. Ils ont bien entendu rebroussé chemin.
On est arrivés à notre hôtel vers 17 heures alors qu'on avait de la route à faire avant la tombée de la nuit! On avait prévu de partir pour Tuléar à 30 km de piste, on ne voulait pas rester dans nos bungalows isolés en bord de mer sans aucune sécurité (3 gendarmes sans voiture et sans aucun moyen pour surveiller cette station balnéaire très touristique....) Arrivés vers 19h et quelques, on est allé poser nos affaires à l'hôtel puis faire notre déposition à la gendarmerie. L'aventure continue: au fond d'une basse cour sans électricité au milieu des poules et des canards, un mec (un gendarme?) nous a accueillis en maillot de corps dans le noir, à la bougie! Quand on a vu les moyens, on s'est dit que tout le pays devait être aussi dangereux car l'impunité devait être reine! On raconte notre histoire et il nous donne un papier et un stylo pour faire nous mêmes la déclaration par écrit. Ce qu'on fait. Un gradé arrive, en bel uniforme, nous demande ce qu'il y a. Après notre récit il nous incite à ne pas porter plainte. On lui explique que pour l'assurance, on a besoin d'un papier tamponné de leurs services. "Alors si c'est pour l'assurance, faites une déclaration de perte!" On était stupéfaits et on a répondu que c'était hors de question. Il nous a dit alors de mettre en en-tête de la déclaration "à l'attention de Monsieur le commandant de la Brigade de Gendarmerie Nationale de Madagascar de la région de Tuléar"... C'était totalement grotesque et surréaliste! Evidemment pas d'électricité = pas de photocopie. Nous sommes donc retournés le lendemain matin, dimanche 18 novembre, pour apporter un double de notre déclaration que nous avions recopiée à la main, afin d'apposer les fameux tampons. Le gendarme n'était plus le même et il n'était au courant de rien !!!! On recommence notre laïus. Il sort le tampon et l'encrier: encre sèche!!!! Notre chauffeur va chercher de l'eau dans la voiture pour humidifier le tampon encreur et on a notre sésame. Le gendarme nous rend les 2 exemplaires. On lui dit qu'un exemplaire est pour la gendarmerie comme convenu la veille. Il nous répond "pourquoi faire"!!!! Texto. On insiste, il prend la feuille en disant "si ça peut vous faire plaisir". On imagine que le papier est passé à la poubelle dès que nous sommes sortis!
Comme ce braquage est arrivé le 2e jour de notre séjour à Mada, avec une telle réaction des autorités locales, vous imaginez bien comme on a pu se sentir en sécurité pendant les 11 jours suivants de notre séjour... Nous avons tout simplement parié sur le fait qu'on ne pouvait pas avoir la guigne une 2e fois!!!!!
A notre retour à Tana, nous sommes allés voir le conseiller sécurité de l'ambassade. Heureusement que c'était le dernier jour! Il nous a dit que ça arrivait à peu près une fois par semaine partout dans le pays mais que les autorités Malgaches étant très susceptibles il leur était très difficile de communiquer sur la réalité de l'insécurité à Mada. D'ailleurs il a quand même réussi à faire inscrire sur le site su Quai d'Orsay qu'il y avait à Madagascar des attaques par des bandes armées parfois d'une rare violence.... Il y a un an et demi par exemple, le premier secrétaire de l'ambassade (le n°2) organisait dans sa résidence privée dans un quartier central de Tana et plein de diplomates, gardé par la police Malgache, un diner avec le président de la banque mondiale, des huiles internationales et d'autres ambassades. Et bien 10 mecs armés de Kalachnikov ont débarqué et ont dépouillé tout le monde!!! Par ailleurs, il nous a également raconté que lorsque les gens avaient des accidents de la route, la première chose que faisaient le gens y compris les flics c'était de dépouiller les victimes!!! Pas d'appeler les secours... Charmant.
Vous comprendrez bien que dans ces conditions on déconseille vivement de se rendre à Madagascar malgré la beauté des paysages et des rencontres chaleureuses avec des malgaches très sympathiques. En discutant avec les gens sur place on a appris également qu'un bus de touriste s'est fait attaquer également à main armée il y a 5 mois à la fenêtre d'Issalo (également recommandée dans tous les guides) et que peu après notre attaque un grand hôtel de Nosy Be a aussi fait les frais d'un braquage à main armée... On ne peut donc se sentir en sécurité dans aucun endroit de l'ile, les autorités locales faute de moyen sont complétement inefficaces et étouffent les informations pour ne pas nuire au développement du tourisme....
On a encore bien d'autres histoires de vol, arnaques de flics sur la route... mais on préfère s'arrêter là...
En effet on a failli se faire buter. Dans un endroit super touristique, dans la forêt des baobabs de Ifaty, dans la région de Tuléar, qui est dans tous les guides touristiques le samedi 17 novembre 2007 à 16h, en plein soleil, accompagnés d'un guide local (le serveur de notre hôtel) et d'un chauffeur de charette à zébus.
4 mecs armés chacun d'un pistolet, avec également une carabine, un coupe-coupe et un bidon d'essence sont arrivés sur nous d'un pas décidé, à visage découvert. On a juste eu le temps de se dire qu'ils avaient une sale gueule et que ça ne sentait pas bons que nos guides étaient à genoux et qu'ils demandaient l'argent. Nos 2 guides se sont retrouvés avec un pistolet contre la tempe et le doigt sur la gâchette !!!! Bien sûr on a donné le peu d'argent qu'on avait sur nous (environ 15 euros), et ils n'avaient pas l'air contents d'un si maigre butin. Ils nous ont fait également mettre à genoux et nous ont fouillé. Ils ont pris l'étui à lunettes et l'ont jeté. Ils ont pris l'appareil photo croyant que c'était un téléphone portable. On a demandé à notre guide qu'il leur demande de nous donner la carte mémoire (car nos agresseurs ne parlaient pas français). Comme ils étaient crétins, ils ne savaient pas de quoi il s'agissait et n'avaient pas l'air de savoir comment fonctionnait un appareil photo! Ils nous ont demandé si nous avions nos passeports, nos billets d'avion... heureusement tout était resté dans la valise fermée à clef à l'hôtel (ce qui est indspensable là-bas....). On redemande au guide pour la carte mémoire, et l'un de nos agresseurs lui shoote dans la tête comme dans un ballon de football lui faisant exploser ses lunettes. Ils nous ont pris nos lunettes de soleil et nos montres. Et puis ils débattaient entre eux. Là, on n'en menait pas large car on s'est dit qu'on allait se faire tabasser: on n'avait rien d'autre à donner..... Ils ont ensuite voulu voler la chevalière en argent de notre guide malgache et comme elle ne passait pas, on a vu un regard vers le coupe-coupe qui nous a fait frémir...
Bien que nous ayons tout donné ils restaient là en nous tenant sous la menace de leurs armes, discutaient de nous séparer des Malgaches, mettaient le pistolet sur la tempe du guide et disaient "boum boum". Le guide suait à grosse gouttes car il comprenait ce qu'ils disaient.On n'a compris qu'un mot: Vazaha ("étranger"), dans la discussion (le guide nous a raconté ensuite qu'il leur avait dit "vous ne pouvez pas faire ça à des vazaha").Manifestement ils discutaient de notre sort. On a demandé au guide ce qui se passait, il nous a dit de nous taire. Nous sommes bien restés 10 mn les genoux à terre attendant d'être fixés sur notre sort... Là on s'est vraiment sentis en danger de mort.On se disait chacun de notre côté que ce n'était pas possible, qu'ils ne pouvaient pas nous butter, que c'était absurde, que notre vie ne pouvait pas s'arrêter là, comme ça bêtement... On sentait vraiment une très forte tension chez eux. Le danger d'une arme à feu est que le coup peut partir et ça peut vite dégénérer et devenir un vrai carnage. Tout à coup 3 des agresseurs sont partis laissant le 4e nous tenir en joue pendant qu'ils séloignaient. Avaient-ils entendu quelque chose? Nous étions trop stressés pour avoir eu l'oreille à l'écoute des bruits environnants. Toujours est-il que 15 secondes après ils ont appelé le 4e qui a décroché. A ce moment, on a entendu à moins de 50 mètres un cri de femme (une touriste)et un coup de feu. On a déguerpi vers le village en courant à travers les broussailles. Ayant rejoint le chemin vers le village, on a croisé quelques touristes avec leurs guides et leurs appareils photos qui se dirigeaient vers la forêt. Ils ont bien entendu rebroussé chemin.
On est arrivés à notre hôtel vers 17 heures alors qu'on avait de la route à faire avant la tombée de la nuit! On avait prévu de partir pour Tuléar à 30 km de piste, on ne voulait pas rester dans nos bungalows isolés en bord de mer sans aucune sécurité (3 gendarmes sans voiture et sans aucun moyen pour surveiller cette station balnéaire très touristique....) Arrivés vers 19h et quelques, on est allé poser nos affaires à l'hôtel puis faire notre déposition à la gendarmerie. L'aventure continue: au fond d'une basse cour sans électricité au milieu des poules et des canards, un mec (un gendarme?) nous a accueillis en maillot de corps dans le noir, à la bougie! Quand on a vu les moyens, on s'est dit que tout le pays devait être aussi dangereux car l'impunité devait être reine! On raconte notre histoire et il nous donne un papier et un stylo pour faire nous mêmes la déclaration par écrit. Ce qu'on fait. Un gradé arrive, en bel uniforme, nous demande ce qu'il y a. Après notre récit il nous incite à ne pas porter plainte. On lui explique que pour l'assurance, on a besoin d'un papier tamponné de leurs services. "Alors si c'est pour l'assurance, faites une déclaration de perte!" On était stupéfaits et on a répondu que c'était hors de question. Il nous a dit alors de mettre en en-tête de la déclaration "à l'attention de Monsieur le commandant de la Brigade de Gendarmerie Nationale de Madagascar de la région de Tuléar"... C'était totalement grotesque et surréaliste! Evidemment pas d'électricité = pas de photocopie. Nous sommes donc retournés le lendemain matin, dimanche 18 novembre, pour apporter un double de notre déclaration que nous avions recopiée à la main, afin d'apposer les fameux tampons. Le gendarme n'était plus le même et il n'était au courant de rien !!!! On recommence notre laïus. Il sort le tampon et l'encrier: encre sèche!!!! Notre chauffeur va chercher de l'eau dans la voiture pour humidifier le tampon encreur et on a notre sésame. Le gendarme nous rend les 2 exemplaires. On lui dit qu'un exemplaire est pour la gendarmerie comme convenu la veille. Il nous répond "pourquoi faire"!!!! Texto. On insiste, il prend la feuille en disant "si ça peut vous faire plaisir". On imagine que le papier est passé à la poubelle dès que nous sommes sortis!
Comme ce braquage est arrivé le 2e jour de notre séjour à Mada, avec une telle réaction des autorités locales, vous imaginez bien comme on a pu se sentir en sécurité pendant les 11 jours suivants de notre séjour... Nous avons tout simplement parié sur le fait qu'on ne pouvait pas avoir la guigne une 2e fois!!!!!
A notre retour à Tana, nous sommes allés voir le conseiller sécurité de l'ambassade. Heureusement que c'était le dernier jour! Il nous a dit que ça arrivait à peu près une fois par semaine partout dans le pays mais que les autorités Malgaches étant très susceptibles il leur était très difficile de communiquer sur la réalité de l'insécurité à Mada. D'ailleurs il a quand même réussi à faire inscrire sur le site su Quai d'Orsay qu'il y avait à Madagascar des attaques par des bandes armées parfois d'une rare violence.... Il y a un an et demi par exemple, le premier secrétaire de l'ambassade (le n°2) organisait dans sa résidence privée dans un quartier central de Tana et plein de diplomates, gardé par la police Malgache, un diner avec le président de la banque mondiale, des huiles internationales et d'autres ambassades. Et bien 10 mecs armés de Kalachnikov ont débarqué et ont dépouillé tout le monde!!! Par ailleurs, il nous a également raconté que lorsque les gens avaient des accidents de la route, la première chose que faisaient le gens y compris les flics c'était de dépouiller les victimes!!! Pas d'appeler les secours... Charmant.
Vous comprendrez bien que dans ces conditions on déconseille vivement de se rendre à Madagascar malgré la beauté des paysages et des rencontres chaleureuses avec des malgaches très sympathiques. En discutant avec les gens sur place on a appris également qu'un bus de touriste s'est fait attaquer également à main armée il y a 5 mois à la fenêtre d'Issalo (également recommandée dans tous les guides) et que peu après notre attaque un grand hôtel de Nosy Be a aussi fait les frais d'un braquage à main armée... On ne peut donc se sentir en sécurité dans aucun endroit de l'ile, les autorités locales faute de moyen sont complétement inefficaces et étouffent les informations pour ne pas nuire au développement du tourisme....
On a encore bien d'autres histoires de vol, arnaques de flics sur la route... mais on préfère s'arrêter là...
A bas le tourisme de masse English translation pending
Petit coup de gueule contre ces touristes qui voyagent sans voyager, et qui veulent retrouver tout leur confort à l'étranger: je suis scandalisée de voir que tellement de personnes se rendent dans un pays étranger sans en apprécier les différences et sans même voir qu'ils ont quitté leur chez-soi. Ces gens qui se ruent sur les forfaits "all inclusive", et qui fréquenteront ces hôtels à touristes qui se gaveront sans fin pendant leurs "vacances"; ces gens qui ne verront rien de rien du pays ou ils se trouvent, et n'auront aucun contact avec la population locale, ou, pire, critiqueront le peu qu'ils apercevront.
A bas ces hôtels qui polluent un environnement jadis vierge et sauvage, et tellement plus vrai; a bas ces fausses vacances vendues à tour de bras à des personnes en mal de quelques heures de soleil et de (faux) dépaysement; à bas ce gavage de touristes qui, finalement, n'enrichiront pas la population locale mais leurs exploitants.
J'ai vu, dans le monde entier, de nombreuses plages, hôtels ou autres, interdits d'accès aux autochtones, sans voir personne s'offusquer de cette injustice, et je pense qu'il est grand temps de réagir, en évitant de fréquenter ces parcs à touristes de masse, par exemple.
Y'a t'il quelqu'un qui pense comme moi???
A bas ces hôtels qui polluent un environnement jadis vierge et sauvage, et tellement plus vrai; a bas ces fausses vacances vendues à tour de bras à des personnes en mal de quelques heures de soleil et de (faux) dépaysement; à bas ce gavage de touristes qui, finalement, n'enrichiront pas la population locale mais leurs exploitants.
J'ai vu, dans le monde entier, de nombreuses plages, hôtels ou autres, interdits d'accès aux autochtones, sans voir personne s'offusquer de cette injustice, et je pense qu'il est grand temps de réagir, en évitant de fréquenter ces parcs à touristes de masse, par exemple.
Y'a t'il quelqu'un qui pense comme moi???
Coup de gueule contre "l'authentique" English translation pending
J’ai du mal avec tous ses voyageurs qui recherchent de l’authentique, à savoir des endroits où ils seraient les seuls touristes, eux les vrais touristes qui bien évidemment voyagent intelligemment, et qui d’ailleurs réfutent le terme de touristes. Mais que sont-ils donc ? Quand j’étais au collège, il y avaient des copains qui étaient tout fiers de connaître tel groupe de rock avant tout le monde, et quand le dit groupe devenait célèbre, leur réaction était que, eux, ça faisait des mois et des mois qu’ils le connaissaient et certains poussaient le snobisme ( oops, le mot est lâché) à ne plus aimer ce groupe une fois connu. Le parallèle, je vous l’accorde, n’est pas terrible mais reflète bien pour moi le coté « ado » à vouloir de « l’authentique ».
Voilà, j’ai poussé mon coup-de-gueule, je continuerai à m’étouffer devant ces gens qui recherchent de l’authentique et qui pour ça, d’ailleurs, n’hésitent pas à demander leur avis aux autres. Tant qu’à faire, qu’ils prennent simplement un AR, qu’ils y aillent et l’authentique est là partout!
Cheerio et joyeux Noël à tous.
Cordialement
isa
Projet de faire revenir d'exil Thaksin Shinawatra (Thaïlande) English translation pending
Les premiers sondages semblent indiquer que le PPP :parti des amis de Thaksin qui ont pour projet de le faire revenir d'exile, aurait la majorité absolue...
Que vont faire les militaires si ça se concrétise ?
Peur des cyclones sur une croisière Seychelles, Réunion, Madagascar et Mayotte English translation pending
croisière du 18 Janv au 02 fév sur le costa Marina. Nous avions l'idée d'un voyage inoubliable, visiter des iles aux noms si féerique tel que Seychelle, Réunion, Madagascar, Mayotte c'est un rêve et voilà que nous apprenons que c'est l'époque des cyclones et quand plus il pleut plus de 20 jours par mois à ce moment... quelqu'un peut il me dire s'il pleut toute la journée où si se sont des courtes ondées... si malgré la pluie on peut profiter de la mer de la plage et qu'est ce qui se passe s'il y a un cyclone... sur terre et en mer puisqu'on est en bateau
Je suis un peu désespéré...
Encore la grève chez Air France! English translation pending
Bon, ben je reviens d'Orly, vol annulé........la grève a l'air de mettre une grosse pagaille sur tout les vols AF, ils sont trés loin des 80 % de vols assurés annoncés............et pour avoir des infos, la queue pour les guichets AF est genre énorme, et de toute façon la grève est reconduite demain...........mais quand même bonne chance à ceux qui partent demain.........ou après demain si ça dure.......
Frais de douane pour TV LCD au Maroc? English translation pending
J'aimerais savoir si qqu'un peut me dire combien couterait les frais de douane pour un TV LCD que je compte ammener en cadeaux (valeur 500 euros).
Réservation en ligne pour les Etats-Unis English translation pending
Bonjour les ami(e)s,
Je vais profiter de mes vacances de fin d'année pour réserver mes vacances d'été aux Etats-Unis.
Je suis Suisse, j'habite à Genève.
J'hésite à réserver chez Kuoni ou Skytours; mais je souhaiterais pour la première fois réaliser des réservations sur le web.
Pour ce faire, j'apprécierai beaucoup si vous pouviez me donner de bonnes adresses web pour effectuer mres recherches (comparaisons) et réservations (hôtels, véhicules, vols...).
Si possible, pour le côté pratique, des sites suisses.
Comme c'est nouveau pour moi, ce serait cool de le faire en version pour les nuls... (:o)))
Aussi m'expliquer comment ça fonctionne; si on doit tout payer par avance, ou sur place (hôtels)... Que faire en cas de problèmes, d'annulations...
Est-ce vraiment avantageux ? Y-a-t-il des risques ? Est-ce facile ? Y-a-til des astuces à connaîtres ?
J'attends avec impatience vos conseils et meessages.
Merci par avance et excellente journée à vous.
Je vais profiter de mes vacances de fin d'année pour réserver mes vacances d'été aux Etats-Unis.
Je suis Suisse, j'habite à Genève.
J'hésite à réserver chez Kuoni ou Skytours; mais je souhaiterais pour la première fois réaliser des réservations sur le web.
Pour ce faire, j'apprécierai beaucoup si vous pouviez me donner de bonnes adresses web pour effectuer mres recherches (comparaisons) et réservations (hôtels, véhicules, vols...).
Si possible, pour le côté pratique, des sites suisses.
Comme c'est nouveau pour moi, ce serait cool de le faire en version pour les nuls... (:o)))
Aussi m'expliquer comment ça fonctionne; si on doit tout payer par avance, ou sur place (hôtels)... Que faire en cas de problèmes, d'annulations...
Est-ce vraiment avantageux ? Y-a-t-il des risques ? Est-ce facile ? Y-a-til des astuces à connaîtres ?
J'attends avec impatience vos conseils et meessages.
Merci par avance et excellente journée à vous.
Formalités pour faire venir une personne vivant en Algérie en Suisse? English translation pending
Bonjour à tout le monde, j'espère que sa va !
J'aimerais avoir des renseignements ! c'est une longue histoire mais je vais la faire courte!
Mon copain habite en algérie et j'aimerais qu'il vienne en suisse pour qu'on puisse vivre notre relation ici.
Il a sa tante qui habite en suisse mais elle a tro fait d'invitation et elle ne peut pas l'inviter. ( pt-etre qu'elle veut pas )
J'aimerais vraiment avoir des conseils sur coment le faire venir ici!!! car je l'aime vraiment et il m'aime vraiment ! J'en ai marre d'être loin de lui !!
Ma situation je suis étudiante encore!!! et lui il a pa encore de travail ( mais des diplomes ) !!
Svp aider moi !!! ( Sérieusement )
Merci d'avance à tous..!
J'aimerais avoir des renseignements ! c'est une longue histoire mais je vais la faire courte!
Mon copain habite en algérie et j'aimerais qu'il vienne en suisse pour qu'on puisse vivre notre relation ici.
Il a sa tante qui habite en suisse mais elle a tro fait d'invitation et elle ne peut pas l'inviter. ( pt-etre qu'elle veut pas )
J'aimerais vraiment avoir des conseils sur coment le faire venir ici!!! car je l'aime vraiment et il m'aime vraiment ! J'en ai marre d'être loin de lui !!
Ma situation je suis étudiante encore!!! et lui il a pa encore de travail ( mais des diplomes ) !!
Svp aider moi !!! ( Sérieusement )
Merci d'avance à tous..!
Retour du Cambodge English translation pending
😎
salut a tous
ma petite contribution infos pratiques recentes sur voyage cambodge dont je rentre juste
pp: sary rega guesthouse (tres connue des francophones, mais bien si on debarque car permet une transition ) patronne et equipe tres sympa,
ile de la soie : quelques belles rencontres avec ceux qui travaillent la soie
siem reap:
pour aller de pp à siem reap compagnie angkor express tres correcte . bus bon etat, petite bouteille eau et cookies offert, et parfois vient vous chercher à la guesthouse.
si vous avez le choix, preferez une autre compagnie que soraya car ses bus sont fatigués, mais bon, cela le fait quand meme
loger: la sary rega guesthouse (relié a celle de pp) est tres sympa, la patronne (qui apprend avec energie le français) et l'equipe sont adorables et efficaces. . elle est un peu à l'ecart du centre ville, donc pas encore tres frequenté (car pas encore repertorié dans les guides) ce qui lui donne son cote chaleureux . chambres a 8 $ . l'equipe de tuk tuk est tres reglo et sympa (faites gaffe, au billard, sont redoutables) faut profiter de siem reap le plus vite possible, car au rythme des constructions (les hotels et autres constructions), cela va vite devenir le supermarket disneyland à la sauce kmer visites des temples bien sur passionnante surtout si vous arrivez à eviter les groupes made in japan et korean . mais je vous encourage surtout a sortir des grands circuits, il y a des temples tres interessants un peu plus loin et surtout allez dans les villages des alentours, sur les pistes, le contraste est immense entre la foule des touristes et l'extreme denuement de ces villages . c'est clair ils ne profitent pas du tout de l'argent qui tombe sur angkor . vous serez tres (trop) sollicité par plein de gosses, mais si vous dites non, faites le avec un grand sourire, car ils sont craquants et c'est vraiment pas facile pour eux. quasiment tous ceux qui sollicitent de l'argent proposent quelque chose a vendre (ne serai ce qu'une fleur) . cout d'un tuk tuk : entre 15 et 20 $ selon longueur circuit construction d'une route a l'est angkor qui reliera la thailande, les gens du coin disent qu'ils en ont pour 3 ans a manger de la poussiere . possible d'aller aux villages sur pilotis en bateau sur le lac, c'est plus que recommandé vu le coté etonnant de ces villages et l'accueil qu'il y a . deja la ballade bateau pour les rejoindre est assez folklo
siem reap à battambang par le bateau c'est magnifique, la durée est variable vu la hauteur des eaux, mais se glisser au mieu de ces communautés de pecheurs, de leurs maisons flottantes et houses boat pendant des heures (avec toujours pleins de signes chaleureux), se frayer un chemin dans la vegetation restera un grand moment cela peut se faire sur le toit du bateau, vue imprenable mais attention au soleil, ou a l'interieur avec la population locale . j'etais avec un bonze qui fumait allegrement des cigarettes alain delon .... cout : 16 $ et la encore ils viennent vous chercher a votre guesthouse
battambang essayez de rester plusieurs jours, laissez un peu les temples et partez sur les routes et pistes decouvrir les villages, rencontrez autant que possible les personnes, prennez le temps.. logement : pour ceux qui aiment un peu de confort : star hotel, il fait parti du meme groupe que les autres du quartier, mais etant recent, pas encore repertorié dans les guides, donc pas trop de monde et possible de negocier les prix : 8-10$ pour tres bon confort la encore, equipe jeune et tres sympa toujours prete a rendre service et a blaguer tres bon moto top : "mister rich", un grand jeune un peu fou, mais qui vous emmenera en toute securité sur des pistes pas possibles decouvrir les villages. avec d'autres moto top, ils emmenent les gens un peu curieux dans une ferme manger le poulet histoire de se mettre au diapason de la vie a la campagne ou decouvrir des artisans . il vous emmenera aussi voir pres d'une pagode et d'une ecole un memorial a la memoire des victimes des kmers rouges . une fresque resume tout autre solution logement : l'asso de la maison de l'eau de coco qui en plus de son action a construit plusieurs maisons traditionnelles sur pilotis cout : a partir de 10$ et c'est gardé . c'est bien sur l'occasion de voir le boulot de cette asso, a proximité autre asso basé sur le cirque : passionnant un resto tres surprenant au sud, le monorum restaurant, dans un genre de parc autour d'un lac, different espace ammenagé style paillote, vous vous installez et au bout d'un moment on vient prendre votre commande et on vous sert. comme il y a des hamacs (le cambodia sport...) sieste quasi evidente sequence train : essayez le bambou train, cela peut etre sur quelques km, moi j'ai eu droit a plus de 35 km(environ 15$ en emmenant moto top pour un aller simple) sur ce cadre en bois posé sur deux petits essieux, c'est un peu dingue vu l'etat des rails . c'est pas qu'un truc a touriste, les paysans s'en servent pour transporter leurs marchandises, vu que le fameux train battambang pp ne roule que le dimanche . pour combien de temps je ne sais pas, vu que maintenant c'est plus en heures que l'on compte mais en jour ... lorsque je l'ai pris on a mis plus 8 h pour rejoindre pursat (un plus de 100 km). les buffles auraient pu nous depasser l'arrivée etait prevue (sans rire) le lendemain vers 8 h . j'ai fini en bus . le train est dans un etat plus que delabré et il n'y a plus que des marchandes qui l'utilisent en remplissant le wagon de leur marchandises, quelques touristes, et les employés du train et le policier dont la premiere activité est d'installer leur hamac, on comprend pourquoi . mais la vegetation freine bien le train, les rails vont finir par s'echapper pour de bon a moins que les wagons ne se desagregent completement pp-kampot prenez de preference compagnie de bus hua lian logement : long villa autour des 5$ la chambre, tres bonne cuisine. le gars de la reception est tres sympa, organise tout ce qu'il peut, m'a emmener dans les villages des alentours, marais salants, en plus des ballades traditionnelles contrairement a siem reap, location de moto bike possible j'aime bien kampot, c'est assez tranquille . kep est encore plus tranquille voila donc quelques elements pour aider ceux qui partent j'ai pris vietnam airlines qui est une alternative interessante pour les provinciaux, car le preacheminement est apparemment quasi gratuit
loger: la sary rega guesthouse (relié a celle de pp) est tres sympa, la patronne (qui apprend avec energie le français) et l'equipe sont adorables et efficaces. . elle est un peu à l'ecart du centre ville, donc pas encore tres frequenté (car pas encore repertorié dans les guides) ce qui lui donne son cote chaleureux . chambres a 8 $ . l'equipe de tuk tuk est tres reglo et sympa (faites gaffe, au billard, sont redoutables) faut profiter de siem reap le plus vite possible, car au rythme des constructions (les hotels et autres constructions), cela va vite devenir le supermarket disneyland à la sauce kmer visites des temples bien sur passionnante surtout si vous arrivez à eviter les groupes made in japan et korean . mais je vous encourage surtout a sortir des grands circuits, il y a des temples tres interessants un peu plus loin et surtout allez dans les villages des alentours, sur les pistes, le contraste est immense entre la foule des touristes et l'extreme denuement de ces villages . c'est clair ils ne profitent pas du tout de l'argent qui tombe sur angkor . vous serez tres (trop) sollicité par plein de gosses, mais si vous dites non, faites le avec un grand sourire, car ils sont craquants et c'est vraiment pas facile pour eux. quasiment tous ceux qui sollicitent de l'argent proposent quelque chose a vendre (ne serai ce qu'une fleur) . cout d'un tuk tuk : entre 15 et 20 $ selon longueur circuit construction d'une route a l'est angkor qui reliera la thailande, les gens du coin disent qu'ils en ont pour 3 ans a manger de la poussiere . possible d'aller aux villages sur pilotis en bateau sur le lac, c'est plus que recommandé vu le coté etonnant de ces villages et l'accueil qu'il y a . deja la ballade bateau pour les rejoindre est assez folklo
siem reap à battambang par le bateau c'est magnifique, la durée est variable vu la hauteur des eaux, mais se glisser au mieu de ces communautés de pecheurs, de leurs maisons flottantes et houses boat pendant des heures (avec toujours pleins de signes chaleureux), se frayer un chemin dans la vegetation restera un grand moment cela peut se faire sur le toit du bateau, vue imprenable mais attention au soleil, ou a l'interieur avec la population locale . j'etais avec un bonze qui fumait allegrement des cigarettes alain delon .... cout : 16 $ et la encore ils viennent vous chercher a votre guesthouse
battambang essayez de rester plusieurs jours, laissez un peu les temples et partez sur les routes et pistes decouvrir les villages, rencontrez autant que possible les personnes, prennez le temps.. logement : pour ceux qui aiment un peu de confort : star hotel, il fait parti du meme groupe que les autres du quartier, mais etant recent, pas encore repertorié dans les guides, donc pas trop de monde et possible de negocier les prix : 8-10$ pour tres bon confort la encore, equipe jeune et tres sympa toujours prete a rendre service et a blaguer tres bon moto top : "mister rich", un grand jeune un peu fou, mais qui vous emmenera en toute securité sur des pistes pas possibles decouvrir les villages. avec d'autres moto top, ils emmenent les gens un peu curieux dans une ferme manger le poulet histoire de se mettre au diapason de la vie a la campagne ou decouvrir des artisans . il vous emmenera aussi voir pres d'une pagode et d'une ecole un memorial a la memoire des victimes des kmers rouges . une fresque resume tout autre solution logement : l'asso de la maison de l'eau de coco qui en plus de son action a construit plusieurs maisons traditionnelles sur pilotis cout : a partir de 10$ et c'est gardé . c'est bien sur l'occasion de voir le boulot de cette asso, a proximité autre asso basé sur le cirque : passionnant un resto tres surprenant au sud, le monorum restaurant, dans un genre de parc autour d'un lac, different espace ammenagé style paillote, vous vous installez et au bout d'un moment on vient prendre votre commande et on vous sert. comme il y a des hamacs (le cambodia sport...) sieste quasi evidente sequence train : essayez le bambou train, cela peut etre sur quelques km, moi j'ai eu droit a plus de 35 km(environ 15$ en emmenant moto top pour un aller simple) sur ce cadre en bois posé sur deux petits essieux, c'est un peu dingue vu l'etat des rails . c'est pas qu'un truc a touriste, les paysans s'en servent pour transporter leurs marchandises, vu que le fameux train battambang pp ne roule que le dimanche . pour combien de temps je ne sais pas, vu que maintenant c'est plus en heures que l'on compte mais en jour ... lorsque je l'ai pris on a mis plus 8 h pour rejoindre pursat (un plus de 100 km). les buffles auraient pu nous depasser l'arrivée etait prevue (sans rire) le lendemain vers 8 h . j'ai fini en bus . le train est dans un etat plus que delabré et il n'y a plus que des marchandes qui l'utilisent en remplissant le wagon de leur marchandises, quelques touristes, et les employés du train et le policier dont la premiere activité est d'installer leur hamac, on comprend pourquoi . mais la vegetation freine bien le train, les rails vont finir par s'echapper pour de bon a moins que les wagons ne se desagregent completement pp-kampot prenez de preference compagnie de bus hua lian logement : long villa autour des 5$ la chambre, tres bonne cuisine. le gars de la reception est tres sympa, organise tout ce qu'il peut, m'a emmener dans les villages des alentours, marais salants, en plus des ballades traditionnelles contrairement a siem reap, location de moto bike possible j'aime bien kampot, c'est assez tranquille . kep est encore plus tranquille voila donc quelques elements pour aider ceux qui partent j'ai pris vietnam airlines qui est une alternative interessante pour les provinciaux, car le preacheminement est apparemment quasi gratuit
Questions existentielles pour le cyclo-campeur English translation pending
Un brin d'intrigue:🙂
Pourquoi retourner son vélo pour le réparer ?
Pourquoi voyager avec un casque si c’est pour le laisser accroché au porte bagage la plupart du temps ?
Pourquoi tant de cyclo nous disent vouloir rouler » cool » et non dans un esprit de compétition ; Alors qu’il n’existe nul par dans le monde de compétition de cyclo voyage ?
Pourquoi les sacoches guidon oertlieb sont elles munie d’une fermeture à clef pour ne pas se défaire de leur support, alors que rien n’empêche un voleur de l’ouvrir pour en dévaliser le contenu ?
Pourquoi toujours dire qu’il est bon de rouler tranquilou en voyage alors que tout le monde est content d’afficher son nombre de km ou de cols réalisés en X jours ???
Pourquoi tant de cyclistes de niveau départemental, régional, national et si peut parmis eux qui deviennent cyclo voyageur ?
…A la limite, les réponses, je m’en moque. Mais si vous avez d’autres questions ; j’aime bien !😛
Pourquoi retourner son vélo pour le réparer ?
Pourquoi voyager avec un casque si c’est pour le laisser accroché au porte bagage la plupart du temps ?
Pourquoi tant de cyclo nous disent vouloir rouler » cool » et non dans un esprit de compétition ; Alors qu’il n’existe nul par dans le monde de compétition de cyclo voyage ?
Pourquoi les sacoches guidon oertlieb sont elles munie d’une fermeture à clef pour ne pas se défaire de leur support, alors que rien n’empêche un voleur de l’ouvrir pour en dévaliser le contenu ?
Pourquoi toujours dire qu’il est bon de rouler tranquilou en voyage alors que tout le monde est content d’afficher son nombre de km ou de cols réalisés en X jours ???
Pourquoi tant de cyclistes de niveau départemental, régional, national et si peut parmis eux qui deviennent cyclo voyageur ?
…A la limite, les réponses, je m’en moque. Mais si vous avez d’autres questions ; j’aime bien !😛
"Tour du monde en 26 jours!" English translation pending
Un voyagiste français propose dans son catalogue un "tour du monde" en 26 jours !
Pour info, l'itinéraire:
J. 1 : Paris / Panama City
J. 2 Panama City
J. 3 Panama City (Colon et canal de Panama)
J. 4 Panama City/Las Vegas
J. 5 Las Vegas (Grand Canyon)
J.6 Las Vegas/Honolulu
J. 7 Honolulu (volcans d’Hawaii)
J. 8 Honolulu
J. 9 Honolulu/Sydney
J. 10 Sydney
J. 11 Sydney
J. 12 Sydney (Blue Mountains)
J. 13 Sydney/Ayers Rock
J. 14 Ayers Rock/Cairns
J. 15 Grande Barrière de Corail.
J. 16 Cairns/Tokyo
J. 17 Tokyo
J. 18 Tokyo/Hakone/Kyoto
J. 19 Kyoto
J. 20 Kyoto (Nara)
J. 21 Kyoto/Osaka/Delhi
J. 22 Delhi
J. 23 Delhi (Agra)
J. 24 Delhi/Mer Morte
J. 25 Mer Morte (Pétra)
J. 26 Mer Morte/Paris
Outre la fatigue, le décallage horaire, on peut se poser la question de l'intérêt d'un tel voyage, que peut on en retenir si ce n'est la succession furtive d'images superficielles. Qu'en est-il des ambiances, des atmosphères, des rencontres ..., Il s'agit d'un rally en accéléré, on doit passer d'un avion à un bus, d'un bus à un hotel... Quelques heures à Petra, deux jours en Inde... Combien de temps passé dans les aéroports, les avions, en cumulé ça doit représenter une partie non négligeable du périple ! Je suis stupéfait que l'on puisse proposer un tel voyage, c'est dingue non ? 🤪 Ne parlons pas du prix par ailleurs, 17 000 euros les 26 jours...
J. 1 : Paris / Panama City
J. 2 Panama City
J. 3 Panama City (Colon et canal de Panama)
J. 4 Panama City/Las Vegas
J. 5 Las Vegas (Grand Canyon)
J.6 Las Vegas/Honolulu
J. 7 Honolulu (volcans d’Hawaii)
J. 8 Honolulu
J. 9 Honolulu/Sydney
J. 10 Sydney
J. 11 Sydney
J. 12 Sydney (Blue Mountains)
J. 13 Sydney/Ayers Rock
J. 14 Ayers Rock/Cairns
J. 15 Grande Barrière de Corail.
J. 16 Cairns/Tokyo
J. 17 Tokyo
J. 18 Tokyo/Hakone/Kyoto
J. 19 Kyoto
J. 20 Kyoto (Nara)
J. 21 Kyoto/Osaka/Delhi
J. 22 Delhi
J. 23 Delhi (Agra)
J. 24 Delhi/Mer Morte
J. 25 Mer Morte (Pétra)
J. 26 Mer Morte/Paris
Outre la fatigue, le décallage horaire, on peut se poser la question de l'intérêt d'un tel voyage, que peut on en retenir si ce n'est la succession furtive d'images superficielles. Qu'en est-il des ambiances, des atmosphères, des rencontres ..., Il s'agit d'un rally en accéléré, on doit passer d'un avion à un bus, d'un bus à un hotel... Quelques heures à Petra, deux jours en Inde... Combien de temps passé dans les aéroports, les avions, en cumulé ça doit représenter une partie non négligeable du périple ! Je suis stupéfait que l'on puisse proposer un tel voyage, c'est dingue non ? 🤪 Ne parlons pas du prix par ailleurs, 17 000 euros les 26 jours...
Démarches pour l'obtention d'une carte de séjour pour un(e) époux(se) étranger de conjoint Francais English translation pending
Bonjour à tous,
En espérant que ce petit topic pourra rendre service à nombre d'entre vous...
La description de ces démarches est celle que je viens de faire au cours des mois de septembre et octobre 2007...mon épouse est Thaïlandaise. Ces démarches risquent encore de se durcir très prochainement...
Vous arrivez donc en France, votre époux(se) à un visa longue durée (3 mois) sur son passeport. Dès votre arrivée, vous "foncez" à votre Préfecture, "Bureau de l'admission des étrangers au séjour", pour réclamer le document récapitulant les documents à fournir. A ce jour, il faut produire ceci: Passeport de votre époux(se) muni du visa long séjour (et pas un autre type de visa. Visa D avec la mention "famille de Français") Carte nationale d'identité sécurisée du conjoint (ou certificat de nationalité française). Livret de famille ou acte de mariage transcrit sur les registres de l'état civil français. Justificatifs de domicile au nom de l'interessé de moins de 3 mois (bail, factures EDF, téléphone, acte notarial...) En cas d'hébergement chez une tierce personne; Attestation d'hébergement sur l'honneur de cette personne, justificatif de domicile au nom du logeur, photocopie de la carte d'identité du logeur. Quatre photos d'identité tête nue, contrastées et récentes. Une photo d'identité du conjoint français. 1 enveloppe timbrée.
Voila, avec tout ça, vous devez maintenant affronter la queue qui se forme généralement 2h avant l'ouverture du service. Si vous êtes dans les derniers, vous n'aurez pas accès au service, car un nombre prédéterminé de tickets est distribué chaque jour. et vous serez obligé de revenir tenter votre chance le lendemain.
Une fois devant l'employé et si tout est conforme à la virgule près, on vous délivrera immédiatement un "récipissé de demande de carte de séjour" qui aura une validité de 3 mois. La carte de séjour doit en principe être remise durant cette période soit par la préfecture ou par l'intermédiaire de la mairie de votre résidence. Si le délais est dépassé, on vous délivrera une prolongation du récipissé. (Dans le 06, obtention de la carte en 40 jours pour mon épouse...là, chapeau à ce service).
Vous dites c'est OK maintenant..."PAS DU TOUT"...c'est juste le début, le plus gros reste à faire ! 🤪
Votre conjoint va recevoir très vite un courrier de l'ANAEM (Agence Nationale de l'Accueil des Etrangers et des Migrations). Votre époux(se) devra se rendre à une convocation d'une journée pour y subir une visite médicale (Munissez vous d'une radio pulmonaire récente...on vous réclamera aussi un carnet de vaccinations et de plein d'autres paperasseries que personnes ne détient généralement: N'en tenez pas compte, ils ne seront pas exigés. Le conjoint demandeur est ensuite "accueilli" sur une plate-forme dite d'intégration..en clair, on va vous faire visionner un CD (en Français, je précise) où l'on vous présente la France pendant 30 mn, ce qui est bien sur du plus haut intérêt pour ceux qui ne parlent pas un mot de français !!!
Ensuite le demandeur est reçu par un auditeur social qui globalement se tient à votre disposition pour tout..sauf si vous cherchez du travail ou un logement !!! il ne parle que le français également...
Et ensuite encore, on déterminera le niveau de sa connaissance de la langue française pour lui attribuer le nombre d'heures obligatoires qu'il devra suivre dans un des centres linguistiques de l'ANAEM, afin d'obtenir le DILF qui est le diplôme qui sanctionne votre aptitude à comprendre, parler et écrire le français. Il lui faut aussi assister obligatoirement à 2 journées de formation intitulées "Formation civique" et "Vivre en France". Traduction assurée pour les maghrebins...pour les autres nationalités pas de solution, donc si votre conjoint est Thaï par exemple, exigez de pouvoir l'assister (exigez fort, car il est stipulé partout qu'aucun accompagnateur n'est admis à ces journées...pour ce qui me concerne j'ai eu gain de cause).
Toutes ces démarches sont obligatoires et leur non respect peut entraîner le non-renouvellement du titre de séjour...disent-ils...quoi que là, je demande à voir et devant un tribunal administratif on doit pouvoir se défendre...mais bon, c'est un autre débat.
Ne vous laissez pas impressionner par l'ANAEM où on vous mettra la pression...exemple; "avec une carte de séjour de 1 an, le conjoint étranger ne pourra pas sortir du territoire plus de 3 mois dans l'année"....(Pour moi, celà ne collait pas vraiment avec mes projets)...renseignements pris auprès des services compétents à la préfecture: Faux et archi-faux...le titre est valable 1 an sans restriction particulière, point barre...un exemple parmi d'autres...
Voila, après c'est fini.🏴☠️..jusqu'au renouvellement du titre de séjour 🤪 ...qui doit se faire à la date anniversaire de votre mariage.
J'espère n'avoir rien oublié...n'hésitez pas à me poser des questions si besoin, j'essaierai d'y répondre au travers de mes propres démarches.
Cordialement à tous. 😉
En espérant que ce petit topic pourra rendre service à nombre d'entre vous...
La description de ces démarches est celle que je viens de faire au cours des mois de septembre et octobre 2007...mon épouse est Thaïlandaise. Ces démarches risquent encore de se durcir très prochainement...
Vous arrivez donc en France, votre époux(se) à un visa longue durée (3 mois) sur son passeport. Dès votre arrivée, vous "foncez" à votre Préfecture, "Bureau de l'admission des étrangers au séjour", pour réclamer le document récapitulant les documents à fournir. A ce jour, il faut produire ceci: Passeport de votre époux(se) muni du visa long séjour (et pas un autre type de visa. Visa D avec la mention "famille de Français") Carte nationale d'identité sécurisée du conjoint (ou certificat de nationalité française). Livret de famille ou acte de mariage transcrit sur les registres de l'état civil français. Justificatifs de domicile au nom de l'interessé de moins de 3 mois (bail, factures EDF, téléphone, acte notarial...) En cas d'hébergement chez une tierce personne; Attestation d'hébergement sur l'honneur de cette personne, justificatif de domicile au nom du logeur, photocopie de la carte d'identité du logeur. Quatre photos d'identité tête nue, contrastées et récentes. Une photo d'identité du conjoint français. 1 enveloppe timbrée.
Voila, avec tout ça, vous devez maintenant affronter la queue qui se forme généralement 2h avant l'ouverture du service. Si vous êtes dans les derniers, vous n'aurez pas accès au service, car un nombre prédéterminé de tickets est distribué chaque jour. et vous serez obligé de revenir tenter votre chance le lendemain.
Une fois devant l'employé et si tout est conforme à la virgule près, on vous délivrera immédiatement un "récipissé de demande de carte de séjour" qui aura une validité de 3 mois. La carte de séjour doit en principe être remise durant cette période soit par la préfecture ou par l'intermédiaire de la mairie de votre résidence. Si le délais est dépassé, on vous délivrera une prolongation du récipissé. (Dans le 06, obtention de la carte en 40 jours pour mon épouse...là, chapeau à ce service).
Vous dites c'est OK maintenant..."PAS DU TOUT"...c'est juste le début, le plus gros reste à faire ! 🤪
Votre conjoint va recevoir très vite un courrier de l'ANAEM (Agence Nationale de l'Accueil des Etrangers et des Migrations). Votre époux(se) devra se rendre à une convocation d'une journée pour y subir une visite médicale (Munissez vous d'une radio pulmonaire récente...on vous réclamera aussi un carnet de vaccinations et de plein d'autres paperasseries que personnes ne détient généralement: N'en tenez pas compte, ils ne seront pas exigés. Le conjoint demandeur est ensuite "accueilli" sur une plate-forme dite d'intégration..en clair, on va vous faire visionner un CD (en Français, je précise) où l'on vous présente la France pendant 30 mn, ce qui est bien sur du plus haut intérêt pour ceux qui ne parlent pas un mot de français !!!
Ensuite le demandeur est reçu par un auditeur social qui globalement se tient à votre disposition pour tout..sauf si vous cherchez du travail ou un logement !!! il ne parle que le français également...
Et ensuite encore, on déterminera le niveau de sa connaissance de la langue française pour lui attribuer le nombre d'heures obligatoires qu'il devra suivre dans un des centres linguistiques de l'ANAEM, afin d'obtenir le DILF qui est le diplôme qui sanctionne votre aptitude à comprendre, parler et écrire le français. Il lui faut aussi assister obligatoirement à 2 journées de formation intitulées "Formation civique" et "Vivre en France". Traduction assurée pour les maghrebins...pour les autres nationalités pas de solution, donc si votre conjoint est Thaï par exemple, exigez de pouvoir l'assister (exigez fort, car il est stipulé partout qu'aucun accompagnateur n'est admis à ces journées...pour ce qui me concerne j'ai eu gain de cause).
Toutes ces démarches sont obligatoires et leur non respect peut entraîner le non-renouvellement du titre de séjour...disent-ils...quoi que là, je demande à voir et devant un tribunal administratif on doit pouvoir se défendre...mais bon, c'est un autre débat.
Ne vous laissez pas impressionner par l'ANAEM où on vous mettra la pression...exemple; "avec une carte de séjour de 1 an, le conjoint étranger ne pourra pas sortir du territoire plus de 3 mois dans l'année"....(Pour moi, celà ne collait pas vraiment avec mes projets)...renseignements pris auprès des services compétents à la préfecture: Faux et archi-faux...le titre est valable 1 an sans restriction particulière, point barre...un exemple parmi d'autres...
Voila, après c'est fini.🏴☠️..jusqu'au renouvellement du titre de séjour 🤪 ...qui doit se faire à la date anniversaire de votre mariage.
J'espère n'avoir rien oublié...n'hésitez pas à me poser des questions si besoin, j'essaierai d'y répondre au travers de mes propres démarches.
Cordialement à tous. 😉
Delta Airlines pour le vol Nice-New York English translation pending
Bonour à tous,
Voilà je dois prendre le vol DL083 qui fait un Nice New York en direct par Delta Airline...
je sais que cette compagnie est loin d' être la meilleur mais pas non plus la pire.
En temps normale étant un inquiet de l' avion je vol uniquement sur Air France ou sur des compagnie comme Emirates car leur avion sont tout neuf.
Connaissez vous les 767 300 qu' utilise Delta sur cette ligne ? Sont propre et bien entretenu ?
J' ai peur de me retrouver dans un vieux coucou de 25 ans et passer le pire voyage de ma vie... 9 heures d' angoisse c'est dur...
Alors si vous avez des informations ou avis sur les appareils de cette compagnies je serais bien rassurées... Ou pas...😉
On à toujours un peu honte de parler de ce genre de chose mais il est difficile d' être rassuré quand on voit ce qui se passe dans le ciel...
Merci par avance
Christian
Voilà je dois prendre le vol DL083 qui fait un Nice New York en direct par Delta Airline...
je sais que cette compagnie est loin d' être la meilleur mais pas non plus la pire.
En temps normale étant un inquiet de l' avion je vol uniquement sur Air France ou sur des compagnie comme Emirates car leur avion sont tout neuf.
Connaissez vous les 767 300 qu' utilise Delta sur cette ligne ? Sont propre et bien entretenu ?
J' ai peur de me retrouver dans un vieux coucou de 25 ans et passer le pire voyage de ma vie... 9 heures d' angoisse c'est dur...
Alors si vous avez des informations ou avis sur les appareils de cette compagnies je serais bien rassurées... Ou pas...😉
On à toujours un peu honte de parler de ce genre de chose mais il est difficile d' être rassuré quand on voit ce qui se passe dans le ciel...
Merci par avance
Christian
Seule à Madagascar: région la plus sûre et belle? English translation pending
BONJOUR,
bon... j ai sacrément besoin de vous. pour faire court, je compte aller a mada entre janvier et fevrier 3 sem ou 1 mois, je sais que ca n est pas la meilleur periode, mais bon! j ai jamais vecu de cyclone pour le moment alors il y a un debut a tout! bon, le shemilblic c est que pour le moment je partirai TOUTE seulE; et j ai peur d etre freinée dans mes aventures du fait que je sois seule, et fille! alors, les question sont : dans ces conditons, quelle région serait la plus soft (et belle de préférence)pour moi ? est ce k il y a moyen d avoir des anges gardiens (guide) a mes cotés et pas trop cher ? avis a ceux ou celles qui serait dans la meme situation que moi, un peu "rémi" mais ki le veux bien !!!mais ki serait quand meme contente de prendre la route avec un rémi numero 2 ! toute les info sont les bienvenue
MERCI MERCI MERCI
bon... j ai sacrément besoin de vous. pour faire court, je compte aller a mada entre janvier et fevrier 3 sem ou 1 mois, je sais que ca n est pas la meilleur periode, mais bon! j ai jamais vecu de cyclone pour le moment alors il y a un debut a tout! bon, le shemilblic c est que pour le moment je partirai TOUTE seulE; et j ai peur d etre freinée dans mes aventures du fait que je sois seule, et fille! alors, les question sont : dans ces conditons, quelle région serait la plus soft (et belle de préférence)pour moi ? est ce k il y a moyen d avoir des anges gardiens (guide) a mes cotés et pas trop cher ? avis a ceux ou celles qui serait dans la meme situation que moi, un peu "rémi" mais ki le veux bien !!!mais ki serait quand meme contente de prendre la route avec un rémi numero 2 ! toute les info sont les bienvenue
MERCI MERCI MERCI
Préparation d'un aller-retour Annecy-Tours à vélo English translation pending
Bonjour,
Je me remets à la randonnée vélo et je projette de faire un aller retour Annecy-Tours. Je ne sais pas trop comment m'y prendre pour préparer mon parcours : acheter quel type de carte, consulter quels sites ... Mon objectif est de trouver les itinéraires les moins fréquentés par les voitures et camions mais sans avoir à acheter 15 cartes au 1/25.
Avez-vous des conseils ?
Je me remets à la randonnée vélo et je projette de faire un aller retour Annecy-Tours. Je ne sais pas trop comment m'y prendre pour préparer mon parcours : acheter quel type de carte, consulter quels sites ... Mon objectif est de trouver les itinéraires les moins fréquentés par les voitures et camions mais sans avoir à acheter 15 cartes au 1/25.
Avez-vous des conseils ?
Au pays des Pharaons English translation pending
AU PAYS DES PHARAONS
Les pyramides, Abou Simbel, Ramses II, Hatchepsout…autant de noms qui faisaient rêver les égyptologues en herbe de la famille. Nous y pensions depuis longtemps mais nous ne savions comment l’organiser. Il y a beaucoup à voir en Egypte et nous ne disposions que de 12 jours, il nous a donc fallu faire des choix. Nous avons donc privilégié pour ce premier voyage l’Egypte pharaonique . Puis s’est ajouté un autre problème : découvrir le Nil mais sans bateau de croisière. Cela fut rapidement solutionné et je remercie ici tout particulièrement Gérard (louxoregypte.be)qui nous a aiguillé vers Sara des « Gréement du Nil ». Dernier problème : faire face aux harcèlements car beaucoup nous ont déconseillé l’Egypte à cause de cela. On s’est préparé mentalement à y faire face avec philosophie . Cela ne fut pas toujours facile, nos nerfs ont parfois lâchés . Mais ne vous arrêtez pas à cela car loin de ces commerçants, se cache un peuple souriant, accueillant et chaleureux.
PROGRAMME :
26 octobre : Lyon / Frankfurt / Le Caire Visite du musée égyptien 27 octobre : Journée découverte des pyramides Dashour / Saqqarah / Guiseh 28 octobre : Le Caire / Assouan 29 octobre : Musée nubien : Transfert en van vers Abou Simbel : Sons et lumières 30 octobre : Visite d’Abou Simbel au lever du soleil : retour sur Assouan : Visite de Philae : Embarquement sur la felouque 31 octobre : journée felouque : Visite de Daraw ( sans les chameaux) : Visite de Kom Ombo : Baignade et ballade sur les bords du Nil au milieu des palmeraies 1er novembre : Marche dans le désert au lever du soleil : Visite du Spéos d’Horemheb et des carrières de Silsilla : Baignade et navigation 2 novembre : Visite d’Edfou : Transfert en convoi à Louxor : Après-midi détente à la piscine : Ballade musclée dans les souks 3 novembre : Visite de la vallée des rois : Thoutmosis III : Ramsés VI : Taourset : Visite du temple d’Hatchepsout : Visite de Medineh Abu ( Ramsés III) : Après-midi détente 4 novembre : Visite de la vallée des nobles : Visite du Ramesseum : Visite de Deir el medina : village des artisans : Après-midi détente 5 novembre : Visite de Karnak : Après-midi détente : Ballade dans Louxor 6 novembre : Louxor- Le Caire-Frankfurt-Lyon
Certains s’indigneront peut-être que nous n’ayons pas visité la vallée des reines, le temple de Louxor, le musée de Louxor …mais nous avons préféré en faire moins mais mieux et au gré de nos envies . Nous avons apprécié d’alterner découvertes culturelles, vie du peuple égyptien, navigation sur le Nil, et aux heures les plus chaudes les bienfaits de la piscine du New Winter.
BUDGET : 5 personnes : 6000 e
Avion - international : Lufthansa 2300 e pour 5 ( pris en avril avec e-dreams)
- domestique : Egyptair ( leur défaut : la ponctualité) Le Caire / Assouan 140 e pour 5 Louxor / Le Caire 116 e pour 5
Repas - Le Caire : à l’hôtel Osiris ( cf hébergement) - Assouan : Le Panorama ( sur la corniche) Très bon accueil. Repas correct mais léger pour des gros mangeurs. Prix moyen du plat : 15 le
- Louxor : - Maxime : Coup de cœur !

Entre l’hôtel Isis et le Sheraton
Tel 23 86 315
Prix moyen : entre 15 et 30 Le
Délicieux . Hygiène irréprochable. Accueil extrêmement chaleureux
- Lotus Garden : ( centre proche souk touristique ) Nourriture insipide.😕
Hébergement
- Le Caire : Hôtel Osiris : 60e www.osiris.fr.fm 49 rue Nobar ( Bab el louq) Immeuble city mall Tél : + 794 57 28 Tenu par un couple franco-égyptien. Accueil chaleureux. Chambre impeccable : familiale 6 personnes pour 60 e avec petit déjeuner copieux. Possibilité de prendre les repas du soir en réservant : 40 Le ; bonne cuisine égyptienne et bien servi .
- Assouan : Hôtel Basma : 110 e la chambre Situé en face du musée de la Nubie Propre et chambres confortables mais accueil quelconque. Petit déjeuner compris . Ne vaut pas son prix. Les prix négociés par mail ne correspondront pas au prix sur place.
- Louxor : New Winter Palace ( 55 e la chambre ) Un havre de paix en plein Louxor. Situé sur la corniche, à quelques mètres du temple de Louxor. Jardin luxuriant et magnifique piscine. Chambre spacieuse et confortable Petit déjeuner sous forme de buffet compris.
- Abou Simbel: Maison d’hôtes l’Eskaleh chez Fickry (30e par personne en pension complète) Coup de cœur !

Magnifique maison d’hôte dans la plus pure tradition nubienne au bord du lac Nasser .
Délicieux repas avec les produits du coin dont la célèbre perche du Nil et légumes bio du jardin : un régal . Accueil chaleureux.
Entrées sur les sites
Budget énorme !!!!! En euros ; j’indique le prix pour nous 5 Je vous donne le tarif adulte puis le tarif enfant. Tarif enfant jusqu’à 12 ans mais partout les guides nous ont pris les tarifs enfants pour les 3 ados . Pensez à emmener les cartes étudiant.
Musée égyptien : 50 le / 25 soit 34 e Salle des momies : 100/50 soit 43 e Kom Ombo : 25/15 soit 11, 8 e Deir el bari : 25/15 soit 11, 8 e Abou Simbel : sons et lumières : 70 soit 43 e site : 70/35 soit 30 e Edfou : 40/20 soit 17, 5 e Philae : 40/20 soit 17, 5 e Musée nubien : 40/20 soit 17, 5 e Temple Horemheb : 20/10 soit 8, 7 e Ramesseum : 25/15 soit 11, 8 e Vallée des rois : 70/35 soit 30, 5 e Medineh Abu : 25/15 soit 11, 8 e Guiseh : 50/50 soit 31 e Saqqarah : 50/50 soit 31e Dashour : 25/25 soit 15, 6 e Karnak : 50/25 soit 21, 8 e
TOTAL : 387 e
Felouque Nous en avons confié l’organisation à Sara Organisation irréprochable, personnel très sympa. www.felouques-nil.com newsunriselouxor@hotmail.com
Tarif : 3nuits/4 jours : 245 euros par adulte et 155 par enfant : COMPRIS dans le tarif - Van avec chauffeur jusqu’à la felouque - Guide égyptologue francophone sur chaque site - Felouque privée en pension complète et boissons à volonté - Bateau cuisine faisant office du cuisine et salle à manger pour repas à table - Cuisinier professionnel - Accompagnateur anglophone - Van privé entre Edfou et Louxor NON COMPRIS : - les entrées aux sites - Le pourboire au personnel d’équipage environ 15e par personne mais libre et selon appréciation
Excursion à Abou Simbel Egalement organisée par Sara Tarif : 225e pour 5 Compris : - Van privé entre Assouan et Abou Simbel avec chauffeur et à disposition sur le site - Visite du temple de Philae avec guide égyptologue francophone - Bateau vers Philae Non compris : - Les entrées aux sites - La nuit sur Abou Simbel
Visa 15e par personne à l’aéroport ; photo non nécessaire
Change 1e = 7, 8 Le Aucun problème pour trouver des distributeurs
Guides - Guide du routard pour dégrossir - Lonely planet pour les bonnes adresses - Guide bleu indispensable, complet et précis pour les visites et l’histoire
Sécurité - Aucun sentiment d’insécurité nulle part - Présence militaire mais pour nous absolument pas gênante - Harcèlement incessant sur les principaux sites touristiques mais les particuliers sont un peu moins visés que les groupes . Pas d’agressivité .S’arrête quand on montre de la fermeté.
Souvenirs Les balades dans les souks sont rapidement devenues pour nous un enfer tant la pression est grande . Impossible de poser les yeux sur quoi que ce soit !Quel dommage car nous avions tant apprécié les souks marocains. Nous avons donc opté pour les magasins( qui d’ailleurs affichent : ici pas de harcèlement) où il règne une atmosphère calme et paisible.
- Fair trade center 🙂🙂🙂 Rue du temple, derrière le temple de Louxor, à côté de l’hôtel Horus. Boutique de commerce équitable, gérée par des femmes vivant à Louxor ; elles se proposent de vendre leurs produits d’artisanat tout en offrant un prix honnête et des produits de bonne qualité pour supporter l’artisanat égyptien . On y trouve un peu de tout . - House of Osiris Karnak street après l’hôtel Hours, tout prés du fair trade center. On y trouve toutes les babioles habituelles des souks mais à prix affichés. - Librairie Gaddis Au pied du new Winter . Beaucoup de livres en français et anglais. Grand choix de cartes postales (2Le) .Bon accueil et prix affichés.
Les bonnes adresses - Guide francophone : Ahmed Rabie Couvre Louxor, le Caire mais aussi les sites du sud . Très sympa. Coordonnées : arabie78@yahoo.com tel + 20105305915
- Taxi à Louxor : Sayed el ashy🙂🙂🙂 Tel + 2 010 75 76 593 Course dans Louxor 10 Le Karnak aller-retour 30 Le Aéroport- centre Louxor 40 Le
CARNET DE VOYAGE
Vendredi 26 octobre Lyon- Frankfurt- Le Caire . Nous sommes satisfaits de cette première fois avec Lufthansa qui est ponctuelle mais qui ne craint pas de rivaliser avec ses copines pour les repas. Arrivée au Caire vers 13h ; une navette nous attend pour nous emmener vers l’hôtel Osiris. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le chauffeur s’occupe des visas, on fait du change …Course effrénée vers l’hôtel au milieu d’une circulation complètement anarchique et ponctuée 24 heures sur 24 par les klaxons ( je suis sure que les klaxons sont fichus avant le moteur en Egypte😉) . Les chauffeurs à Bangkok passent pour des enfants de cœur à côté des cairotes. L’hôtel sr trouve au douzième étage . On se demande où on va arriver, Thomas en est malade de monter dans un ascenseur aussi miteux, on entrouve la porte et ouf ! un magnifique salon……
L’accueil de Josiane, Nabil et Nadine est chaleureux. Nous avons réservé ici pour deux nuits la chambre familiale ( 6 personnes), vaste, avec SDB, confortable pour 60e avec petit déjeuner copieux compris. Nous y prendrons aussi nos repas du soir afin d’habituer nos estomacs d’européens🏴☠️ en douceur aux délices égyptiens. Pour 40 Le : potage, 5 à 6 petites entrées( betteraves, aubergines..chacun y trouve son compte) un plat chaud ( viande, légumes, féculent ) et dessert. Repas pris sur la terrasse surplombant Le Caire.
Nous jetons nos sacs dans la chambre et direction le musée égyptien ( à 10 mn à pied) .Nous ne souhaitons pas visite réglée comme du papier musique . Pas d’attente à l’entrée mais le nombre de cars stationnés devant nous laisse présager le pire : c’est vraiment une destination très touristique.
Nous avons deux impératifs : la salle des momies et le trésor de Toutankhamon. Nous choisissons de commencer par la salle des momies. Il y règne un silence de cathédrale et un recueillement absolu. Nous nous recueillons devant ces célèbres pharaons : Thoutmosis II, III, Hatchepsout, Séthi Ier…l’émotion atteint son comble pour Romain et moi devant Ramsés II. Classique direz-vous mais après avoir vibré au rythme de C. Jacq, G. Rachet …cet homme d’Etat prend toute son importance et nous versons des larmes d’émotion en revivant la construction d’Abou Simbel, la bataille de Kadesh…
Nous nous dirigeons ensuite vers le trésor de Toutankhamon, captivant ! Puis nous décidons de nous laisser porter de salle en salle ( certains diront dommage ) et d’admirer ce qui attire notre regard. Alors bien sûr, nous n’avons pas tout vu ( mais on reviendra, il faut bien une excuse) mais cela a évité à nos débutants en Egyptologie ( mon mari, Lucie et Thomas) de trainer les pieds comme certains dans les groupes, l’œil hagard, le regard blasé et la tête farcie de trop de détails. Nous quittons le musée vers 17h45.
Retour à la chambre, la fatigue se fait sentir. Nous savourons notre repas et gros dodo. Demain, nous avons prévu une journée aux pyramides et nous en avons confié l’organisation à Josiane et Nabil.
Samedi 27 octobre Lever 6h45 et départ vers 7h30 avec un solide petit-déjeuner dans l’estomac (pain, galette, omelette, yaourt, Kiri, fromage, confiture, jus d’orange, thé). Pour nous faciliter la tâche n nous avons choisi de laisser l’organisation de cette journée à l’hôtel Osiris. Certains m’ont dit que c’était cher et bien je leur répondrai : tant pis ( 30e/ personne : guide francophone, chauffeur, mini-van, entrées soit environ 80e et repas du midi ). Nous avons passé une merveilleuse journée sans aucun autre souci que de nous laisser porter par l’histoire !. Nous faisons connaissance d’Akram, notre guide ; nous vous le recommandons pour sa gentillesse, ses compétences, ses connaissances, pour l’amour qu’il porte à son métier et sa capacité à tout rendre ludique. Après les révisions de base dans la voiture sur les dynasties…, nous commençons par Dashour ouvert depuis seulement dix ans au public. Nous découvrons la pyramide romboïdale et la pyramide rouge. On découvre aussi pourquoi furent édifiés ces monuments. Akram nous demande si nous souhaitons aujourd’hui descendre dans une pyramide, si oui, il nous conseille celle-ci non pas pour sa beauté mais parce qu’ici il n’y a pas foule. On accepte ; Thomas, claustrophobe, prend sur lui, descend dans les entrailles du monument et en ressort aussi vite😕. Pour nous, nos 40 ans 🙁et la position inconfortable pour y descendre, nous permettront de savourer chaque marche ! Direction ensuite Saqqarah et la pyramide à degré conçue par Imhotep. Moment d’émotion au milieu de la place des jubilés que tant de légendaires pharaons ont foulée. On assemble la visite de la musée du Caire avec celle d’aujourd’hui devant la statue Djoser. Visite du mastaba de Mérérouka avec ses scènes de vie digne d’un vrai album photo de l’époque : la pêche, les danses, les offrandes, les animaux…Akram raconte, la beauté des scènes agit, la magie opère et on se trouve transporté des milliers d’années en arrière… Avant le déjeuner, arrêt de quelques minutes dans une fabrique de tapis (eh oui c’est de bonne guerre) Notre scénario familial est bien rodé, on écoute les explications, on refuse de prendre des photos de ces pauvres gamines, et nous écourtons la vente : pas de tapis à la maison :ceux-ci ne résisteraient pas à nos 5 chats et nos 2 chiens. Le vendeur est à cours d’argument (ah ! on te l’avait pas encore faite celle –là ?😉) .Dix minutes après retour à l’air libre . Déjeuner tout à fait correct dans un immense restaurant : buffet de légumes crus ( qu’on évite pour ne pas jouer le remake de la salmonellose du Maroc), légumes cuits, brasero poulet-kebab sur la table, dessert. Le repas est convivial et Akram nous parle de son amour pour la France. Vient ensuite Guiseh ! Nouvelle séquence d’émotion ; on les avait tant vu représentées partout . Nous nous sentons infiniment petit devant Kheops, Kephren et même devant Mykérinos. On savoure chaque minute y compris celle de la lumière du soleil couchant sur le sphinx. Avant le retour à l’hôtel, Akram propose un arrêt dans une parfumerie. Lucie et Romain ( qui a déjà sa petite idée ) accepte volontiers, nous, nous suivons mais dans le fond ce sera assez marrant et ludique. On s’y sera beaucoup amusé à essayer de découvrir les différentes essences. Romain hésite entre l’achat pour sa petite amie de son parfum habituel ou celui appelé « viagra égyptien « aux vertus aphrodisiaques 😉. Akram nous dépose à l’hôtel . Nous le remercions vivement pour cette mine d’infos précieuse et son sourire ! Savoureux repas et nous plongeons dans les bras de Morphée, l’esprit encore plein de ces belles images…
Dimanche 28 octobre
Nous partons aujourd’hui pour Assouan. Nous avons réservé nos vols sur Egyptair . A nouveau course effrénée vers l’aéroport . Nous avions pourtant le temps car Egyptair ne faillit pas à sa réputation : nous constatons que notre vol est annulé 😕; nous devrons prendre celui de 14h15 (au lieu de 12h15) mais qui ne partira finalement qu’à 15h30. Voilà comment plomber une journée de voyage…. ! Nous arrivons à 17h à Assouan ; la chaleur y est nettement plus écrasante. Nous gagnons l’hôtel Basma en taxi . Grande chambre, avec vue sur la piscine, hôtel plutôt luxe mais blindé de japonais . D’entrée, on ne s’y sent pas à l’aise .On le sera encore moins quand on s’apercevra que le montant à régler n’est pas celui négocié sur le net . Nous sommes pris à la gorge car nous ne pouvons contacter le chauffeur qui doit nous prendre demain pour Abou Simbel . Bref, vous l’aurez compris, on n’en fait pas de la pub !
Les enfants, qui ont été coincés dans l’aéroport toute la journée, sont affamés . Nous laissons donc tomber la visite prévue au musée de la Nubie pour se diriger vers le centre. Sur la corniche, nous passons devant le Old Cataract et nous nous attendons à chaque instant à en voir sortir Hercule Poirot.😛
Nous prendrons notre repas au Panorama . Un petit bonhomme, très accueillant, sera très content de faire découvrir son maniement de la langue française et ses expressions « ça roule ma poule » « ça fart » « ça gaze »…
Nous finissons la journée par une ballade dans les souks (moins éprouvant que ceux de Louxor ) .On y retrouve les « moins cher que chez Leclerc ; un marchand d’épices nous dira même « moins cher qu’à la Fnac «😏 ce qui nous fera bien rire. Premières négociations et les sacs à dos vont s’alourdir demain…
Lundi 29 octobre
Après un solide petit-déjeuner (encore heureux pour le prix ; et j’ai dit solide, je n’ai pas dit bon ! allez… j’arrête de râler
) nous avons une heure devant nous pour visiter le musée nubien qui ouvre à 9 h. C’est court mais c’est mieux que rien. En quelques salles ( nous n’aurons pas le temps de faire l’extérieur) nous découvrons l’histoire de la Nubie de la préhistoire à nos jours avec quelques reconstitutions de scènes de vie.
10h15, le van vient nous chercher pour nous emmener en convoi à Abou Simbel. S’ensuivent 2h30 de route dans le désert où les véhicules roulent à tombeau ouvert, Inchalah, autant croire à sa bonne étoile…….
13h : nous sommes accueillis par un grand monsieur, Fickry, à la maison d’hôte nubienne. On s’y sent de suite chez soi.🙂🙂 Jolie maison nubienne typique, dans la plus pure tradition, superbe décoration, jardin luxuriant et terrasse avec vue sublime sur le lac Nasser. Nous établissons le programme avec le chauffeur et nous prenons notre premier repas : une savoureuse perche du Nil bien sûr ! Cet après-midi, nous avons choisi de flâner sur la terrasse et d’aller à Abou Simbel pour le son et lumières. Nous ne le visiterons que demain au lever du soleil. On consacre donc l’après-midi à une ballade dans les environs, à quelques jeux de cartes, et à la lecture, entre autre, d’Harry Potter et les reliques de la mort ( arraché de justesse avant le départ).
18h30, nous arrivons sur le site pour le spectacle de 19h. Nous sommes époustouflés par les lieux et ses colosses . Nous resterons sans mot . Le spectacle est donné en japonais ( décidément ils nous poursuivent !!!), nous avons donc le droit au casque dont un défectueux. On se laisse alors porter par l’histoire d’Abou Simbel, son sauvetage, son histoire et celle de Ramsés II et Néfertari. Nous sommes conquis.
Nous regagnons la maison d’hôte où nous attend une fois de plus un délicieux repas que nous prenons avec Joëlle et Michel, des bordelais que nous inviterons à partager demain notre van afin qu’ils puissent visiter Abou Simbel au lever du soleil. Soirée fort agréable !
Mardi 30 novembre
Lever à 5h et départ 5h30 pour assister au lever du soleil sur Abou Simbel . Le réveil est difficile mais nous serons largement récompensé de notre effort car les teintes sur le temple sont magnifiques . A nouveau la magie opère…..Nous sommes quasiment seuls sur le site, et les quelques japonais présents partiront dés le soleil lever ; nous avons alors les temples pour nous, rien qu’à nous ….fantastique ! Je ne chercherai pas le meilleur qualificatif pour désigner Abou Simbel car je ne le trouverai pas mais les fresques sont si belles qu’on ne se sent plus spectateur mais acteur . Nous quittons à regret ces lieux envoutants et nous constatons déjà que la lumière a beaucoup changée, que c’est moins beau quand les rayons de Râ écrasent la pierre. Alors voyageurs faîtes l’effort, allez-y tôt !😉 Après le petit déjeuner, nous faisons nos adieux à Fickry . On a l’impression de quitter un ami. Fickry, c’est l’histoire de la Nubie. Né dans un village nubien sur la rive opposée à Abu Simbel, il a joué sur les berges du Nil, avec comme toile de fondn le temple. Puis sont venus le barrage, l’inondation de la vallée, le bienheureux sauvetage du Temple mais aussi le désarroi des familles des 44 villages nubiens qui ont vu leur village englouti par les eaux. Il déplore qu’à l’époque, personne ne se soit ému de leur sort. Il a donc décidé de construire sa maison à l’identique, dans la plus pure tradition nubienne et faire découvrir sa culture aux touristes pour que survive l’histoire nubienne. Il a beaucoup de projets comme la création dans son jardin d’ateliers d’artisanat nubien . Les recettes de la maison d’hôte y contribue ainsi que production d’un CD . Bref un bel avenir ! Départ avec le convoi à 9h30 et arrivée à Assouan à 12h45 où nous sommes transférés par bateau sur l’île de Philae ( un autre temple sauvé des eaux). Soumaya, notre guide francophone au caractère bien trempée, nous attend. En 1902, ce temple avait les pieds dans l’eau ; il fut déplacé sur une île toute proche : Agilka. Huit années plus tard, le temple est de nouveau resplendissant. Ici, on honore Isis .Le grand temple raconte l’histoire d’Isis et Osiris et de leur fils Horus. Au IV e après JC, le temple est fermé et transformé en église copte ; de nombreuses fresques sont alors martelées. On y trouve de nombreuses marques de l’Histoire : style gréco-romain, l’effondrement d’un pan de mur dû aux canons napoléoniens…L’atmosphère y est paisible. Nous quittons Soumaya pour rejoindre les felouques qui nous attendent pour un périple de 3 nuits/ 4 jours. Vingt kilomètres après Assouan, notre équipage nos accueille : deux capitaines ( un pour la felouque et un pour le bateau cuisine), un mousse, un cuisinier et un guide anglophone . Le bateau est tapissé par une étendue de matelas, ce qui est de bon augure !!!!!

Nous prenons notre premier repas (délicieux comme tous ceux qui suivront) puis nous voguerons un partie de l’après –midi jusqu’à ce que notre mât ne casse. Heureusement, d’autres capitaines viendront nous porter main forte.
Les rives du Nil sont animées : pêcheurs, cultivateurs, animaux…ici, nous découvrons une autre Egypte… celle des habitants souriants et chaleureux, bref une toute autre atmosphère que celle des bazars touristiques.
Premier coucher de soleil, premières senteurs.., nous sommes émerveillés et même si de nombreux bateaux plus luxueux les uns que les autres croisent notre route, nous ne regrettons pas notre choix .
Quand nous accosterons plus tard sur les berges pour y passer la nuit, nous comprendrons vite que nous sommes vraiment tributaires de notre confort aseptisé d’européens gâtés et qu’il est parfois bon d’y mettre un grand coup de pied 😕🏴☠️! Il va bien nous falloir toute cette première soirée pour s’organiser : toilette de fortune sur la rive, une bassine d’eau( du Nil, gloups ! moment de solitude) et un gobelet faisant office de douche et tout cela à la lueur d’une minuscule lampe torche glissé au dernier moment dans le sac ( donc voyageurs avertis amenez vos lampes frontales) …bon de toute façon, on a dit qu’on ne regrettait pas notre choix. Je vous laisse imaginer l’ambiance : « t’as amené le papier ? non « retour à la felouque😕 ; « t’as le sac plastique ? non « ; retour à la felouque😕« c’est qui qui peut m’éclairer pendant que je fais pipi ? » etc et voilà comment marcher des kilomètres sur quelques mètres carrés…🏴☠️🤪Puis c’est la séance déshabillage, je vous passe les détails …On commence à tous avoir les nerfs qui lâchent surtout moi🤪 ( ben oui on ne se refait pas) quand je comprends que la felouque n’est pas fermée hermétiquement et que je risque d’avoir froid. On a amené en plus des sacs de couchage nos sacs à viande en polaire ( et moi oserai-je dire un en soie en plus, on ne s’arrange pas à 40 ans) ; ceux –ci furent bénéfiques. On se couche en rang d’oignons ( bien sûr amoureux transis, choisissez une autre embarcation car ici adieu les nuits d’amour ) et on finit par s’endormir comme des bébés…..chut !
Mercredi 31 novembre
Lever à 6h30 . La nuit fut bonne mais bruyante : aboiements des chiens sauvages, les hordes de bateaux de croisière dés 5h, les chants du Muezzin…mais cela fait partie du folklore .Chacun leur tour, les enfants se risquent à LA question : « tu n’as pas eu froid, maman ? « De la réponse dépend l’ambiance de la journée car une nuit à avoir froid me met d’une humeur de chien … « Non « Je crois même entendre dans le lointain « ouf, on est sauvé !
« . On s’organise pour la toilette . C’est déjà beaucoup mieux qu’hier soir ( remarquez à la lumière du jour, cela change les données !). En une demi-heure, tout le monde est prés. On prend le petit-déjeuner et on s’enhardit en mangeant les fruits rincés avec l’eau du Nil …tant pis si la tourista nous guette, on n’a plus le choix !
On se laisse voguer jusqu’à Daraw où a lieu le célèbre marché aux chameaux les samedis et dimanches. On verra quelques chameaux ( les invendus du week end) mais ce sera surtout l’occasion de nous immerger dans le marché du jour où miraculeusement personne ne nous harcélera. Fruits, légumes, épices.., on laisse aller nos sens quel régal !
Retour à la felouque . Nous constatons que Mohamed a fait les provisions.
Prochain arrêt : Kom Ombo . Abdullah nous y attend pour la visite du temple dédié ici à Sobek ( le dieu crocodile ) et Horus. On révise les bases et on en découvre chaque fois un peu plus : calendrier des offrandes, représentation des instruments médicaux ( mes seringues ont l’air de meilleure qualité et dire que j’ai des patients qui s’en plaignent)…
Après le déjeuner, nous accosterons pour un moment de détente sur les berges. L’équipage nous propose de nous baigner, gloups ! On nous assure que l’eau est propre, il n’y a pas de roseaux, le soleil tape, tant pis, on se laisse tenter . L’eau est froide mais quel plaisir ! On se sèche et on constate, consternés, que l’équipage se lave dans le Nil, regloups !
On repart et s’ensuivent deux heures à être vautrés sur les matelas : sieste, lecture, musique observation de la vie du Nil……le grand calme !
Prochain arrêt : une ballade dans les champs. Derrière cette rangée de palmiers de et de culture qu’on aperçoit du fleuve, se cachent les champs de canne à sucre, les bananeraies, les villages, les habitations modestes et une population adorable qui, pour le peu qu’on lui adresse le premier salam, nous récompense d’un large sourire. C’est promis, on ne dira plus, la prochaine fois dans le souk : « qu’ils sont pénibles ces égyptiens « mais « qu’ils sont pénibles ces commerçants égyptiens « et là sera toute la philosophie de notre voyage… Un jeune nous coupe de la canne à sucre, Eddy, déjà empreint de mauvaises habitudes met la main dans la poche, Mohamed l’arrête : ici, pas de bakchish, cette fois, c’est vraiment pour le plaisir et effectivement, il n’attendait rien d’autre qu’un soukram.
De retour au bateau, le capitaine nous annonce que le mât vient à nouveau de casser. Le bateau –cuisine nous tractera jusqu’à l’endroit où nous devons passer la nuit et où de l’aide lui sera apportée pour réparer. C’est beaucoup plus bruyant mais nous savourons notre joie d’être en Egypte. Le soleil se couche.
Nous accostons pour la nuit devant le spéos d’Horemheb . Ne sommes-nous pas privilégiés ? Quatre autres embarcations partagent notre plaisir et les capitaines s’entraident pour réparer. On s’installent à proximité d’un projecteur et nous continuons notre lecture . Qui m’aurait dit qu’un jour, je me délecterai des dernières pages d’Harry Potter assise à côté du temple de ce légendaire général . Choc du temps et des cultures !
Jeudi 1er novembre
Le réveil est fixé à 5h15 afin de pouvoir profiter de l’aube pour une marche dans le désert. Quand le bip retentit c’est dur, très dur. On s’éclipse discrètement après un morceau de cake et une tasse de thé. Le soleil apparaît, les rochers changent de couleur, c’est beau
! On s’engouffrent dans le Wadi des carrières de Silsilla ( d’où provenait la plupart des pierres des temples pharaoniques ) . Ultime effort, on escale une dernière colline pour dominer d’un côté le Nil et de l’autre le désert. Nous revenons en traversant un petit village où la modernité et l’hygiène ne sont pas encore leur principale préoccupation : ici, on survit !
Aux abords de la felouque, les crêpes d’Ahmed hument bon ! Après le petit-déjeuner, alors qu’il fait une chaleur écrasante, nous visitons le spéos d’Horemheb et les carrières de Silsilla. Peut-être trop fatigués, nous n’accrochons pas .
Nous reprenons la navigation pour accoster vers 13 h pour le déjeuner et une ultime baignade. Fort de constater que de se laver à la lingette c’est bien mais pas très décrassant, que de toute façon, l’eau de la bassine du soir vient du Nil, nous décidons d’adopter la méthode égyptienne c'est-à-dire de nous laver dans le Nil après la baignade . Nous serons bien étonnés de constater une heure plus tard que nos cheveux sont tout aussi propres que d’habitude 😛!
La navigation reprend son cours . On se sent apaisés, ressourcés.
Nous stoppons sur une île pour la nuit : déjà la dernière.
Vendredi 2 novembre
Lever à 6h, nous faisons nos adieux à notre felouque car après le petit-déjeuner sur le bateau – cuisine, nous visiterons le temple d’Edfou et nous intégrerons le convoi pour Louxor. Nous avons l’impression d’abandonner des amis. Visite du temple d’Edfou, cette fois, dédié à la triade Hathor/Horus/Khonsou. Nous arriverons à Louxor à 12h15 . Nous avons réservé à l’Hôtel New Winter palace pour son emplacement en ville, ses jardins et sa piscine. Bon bien sûr, on est loin de la chaleur de chez Fickry mais les après-midi piscine aprés les visites des sites sous une chaleur harassante se révéleront être un plus à notre séjour. Les chambres sont spacieuses et grâce aux recommendations de Gérard ( merci à toi !) qui nous avait conseillé de prendre la carte Sofitel privilège (gratuite), nous bénéficierons d’une chambre vue sur le Nil au prix de celle sur le jardin. Nous apprécierons cet avantage qui a l’air superflu mais qui nous laissera souvent contemplatif devant la vie du fleuve et les couchers de soleil. Nous partons déjeuner chez Sara au restaurant Maxime ; au menu : filet de bœuf qui ne faillit pas à sa réputation. Notre trajet de 20 minutes à pied jusqu’au restaurant nous permettra vite comprendre que nous ne sommes plus dans la même Egypte et qu’il va falloir être patient 🤪, très patient🤪 car chaque seconde est ponctué par « calèche », « taxi », …De guerre lasse, nous ne leur adressons même plus un regard . Nous profitons un court moment de la piscine qui ferme avec le coucher du soleil et repartons arpenter les souks pour les traditionnels cadeaux. Nous vous recommandons chaudement le fair trade center, boutique de commerce équitable, qui propose un joli artisanat très abordable et où on vous laisse une paix royale. Nous soupons au lotus Garden qui s’avère médiocre à nos papilles ( trop gâtés par Ahmed peut-être) et délaissons très rapidement les souks pour nous invivables.
Samedi 3 novembre
A nouveau lever à 6h ( quelles vacances ! ) Petit-déjeuner buffet puis Ahmed ( un autre bien sûr !) vient nous prendre à la réception pour la visite de la vallée des rois, Deir el Bari, et Medinet Abu. A la vallée des rois, visite de la tombe des Thoutmosis IV, Ramses VI ( très belle mais très profonde ; Thomas, claustrophobe, devra abandonner dés le 2e escalier. Le manque d’air et la chaleur rendent les escaliers d’autant plus éprouvants)) et le clou de notre visite, la tombe de Taourset (épouse de Sethi II) qui est magnifique . A noter que la tombe de Merenptah était fermée pour restauration et un supplément de 50Le était demandé pour celle de Septah. Le guide nous laisse ensuite un moment de liberté pour profiter des lieux. Nous nous éclipsons 20 minutes ; nous essayons de nous isoler un peu mais vue la haute fréquentation c’est un peu difficile. Dans le plus grand recueillement, nous lirons quelques pages d’un livre sur Ramsès . On arrive alors à faire abstraction des centaines de touristes pour s’imaginer ce lieu plusieurs siècles auparavant. Une fois de plus, je ne retiendrai pas mes larmes bien longtemps. Nous nous lançons ensuite à la découverte du temple d’Hatchepsout, cette pharaonne qui m’a toujours fascinée (son caractère bien trempé lui a permis de résister bien longtemps à Thoutmosis ; la famille vous dira que ce doit être ce trait de caractère que nous partageons qui doit m’attirer mais chut…) . L’expédition au pays de Pount est un vrai roman à ciel ouvert . Nous finissons par la visite de Medineh Abu .Surtout ne vous privez pas de ce temple car il recéle de nombreuses scènes de guerre de Ramsès III ( d’ailleurs il est ici représenté les soldats apportant à pharaon les mains et les pénis des ennemis ; les hommes de la famille restent sceptiques devant la scène. ) mais aussi des scènes de vie quotidienne comme la chasse, la danse, la pêche…. Nous déjeunons sur la rive ouest et regagnons l’hôtel vers 14h pour une après-midi détente bien méritée au bord de la piscine ( Romain vous recommande le sorbet citron ) . Le soir, pour la première fois, nous arriverons à négocier un taxi pour 10 Le pour prendre le repas au Maxime qui deviendra notre quartier général.
Dimanche 4 novembre
Lever 6h ( on va finir par y prendre goût) et départ avec Ahmed à 7h. Aujourd’hui au programme : la vallée des nobles avec la visite de la nécropole de Cheikh abd el Gourna : tombes de Ramose, Ouserhat et Khaeme . La tombe de Ramose est certes très visitée mais les reliefs des sculptures sont magnifiques. La tombe de Ouserhat offre de belles peintures comme un banquet funéraire, des scènes de chasse… Vient ensuite la visite du Ramesseum ou temple funéraire de Ramses II. Celui –ci est en grande partie détruit mais des nombreux ouvriers fouillent encore. Nous avons aimé ici :la bataille de Kadesh, les fêtes agricoles, la prise de la forteresse de Dapour, la procession de la barque d’Amon et la magnifique représentation d’un calendrier astronomique . Enfin : Deir el Medina ou vallée des artisans. Au creux d’un vallon et ceint par un mur, il s’agit du village des artisans chargeaient des tombes des pharaons. Ceux –ci réalisaient parallèlement leur propre tombe . 120 ouvriers et leur famille, soit environ 1200 personnes de tout corps de métier confondu et détenteurs du secret des tombes vivaient ici reclus et sous haute surveillance .Les scènes peintes sont en parfaite état : une vraie merveille ! Après le déjeuner retour à l’hôtel . La fatigue se fait sentir après les ravages de la tourista d’hier . Détente et piscine sont au programme !
Lundi 5 novembre
Dernier jour déjà . On s’accorde une petite grasse matinée jusqu’à 8h30. Nous avons demandé au taxi ( depuis notre négociation nous avons tous les jours réservé le même) de nous emmener à Karnak que nous visiterons seuls cette fois . La salle hypostyle nous éblouira, on se croirait dans une forêt de colonnes… A la sortie Sayed nous attend et nous annonce qu’il nous emmène dans son village pour nous présenter sa famille. Nous prenons donc la route d’El Ashy . Les kilomètres défilent et Thomas s’inquiète de ce qu’on nous servira à boire ( hanté par sa salmonellose du Maroc) . Nous avons vite l’impression d’être au bout du monde . Sayed se stationne, toute la population de la rue nous guette d’un air sceptique. Nous sommes accueillis dans une charmante maison, très soignée ; nous faisons connaissance de la famille . Madame met les petits plats dans les grands et nous sert des boissons : des cannettes de Pepsi : Thomas est rassuré et nous aussi !🙂 ), thé et bananes. Nous visiterons toute la maisonnée mais aussi le village où les gens se dérident, sourient et nous offrent un accueil des plus chaleureux. Nous avons, à nouveau, changé d’Egypte. Vient le moment des adieux ; nous devons refusons l’invitation à souper du lendemain car nous prenons l’avion : dommage. Ce fut un moment plein d’émotions et malgré les échanges très brefs car Sayed ne parle que quelques mots d’anglais, plein de sincérité. Retour à l’hôtel pour notre traditionnelle après-midi détente . Quelque chose nous dit qu’il vaut mieux profiter de ces dernières brasses et ces derniers rayons de soleil avant de rentrer en France ( nous avions vu juste) ! Dernier repas au Maxime . Les serveurs nous ont fait la surprise de nous concocter un vrai repas égyptien : un délice !!!!
Mardi 6 novembre
S’ensuit une journée de vol, d’attente dans les aéroport, bref celle qu’on déteste et qui néanmoins pour supporter le retour, permet déjà de tester tous nos souvenirs …C’est les jours des « tu te souviens de … » Merci l’Egypte pour cette belle page d’Histoire, ces couchers de soleil sublimes sur le Nil, pour le sourire de tes habitants …. Stop à la nostalgie : on reviendra !🙂🙂🙂
Les pyramides, Abou Simbel, Ramses II, Hatchepsout…autant de noms qui faisaient rêver les égyptologues en herbe de la famille. Nous y pensions depuis longtemps mais nous ne savions comment l’organiser. Il y a beaucoup à voir en Egypte et nous ne disposions que de 12 jours, il nous a donc fallu faire des choix. Nous avons donc privilégié pour ce premier voyage l’Egypte pharaonique . Puis s’est ajouté un autre problème : découvrir le Nil mais sans bateau de croisière. Cela fut rapidement solutionné et je remercie ici tout particulièrement Gérard (louxoregypte.be)qui nous a aiguillé vers Sara des « Gréement du Nil ». Dernier problème : faire face aux harcèlements car beaucoup nous ont déconseillé l’Egypte à cause de cela. On s’est préparé mentalement à y faire face avec philosophie . Cela ne fut pas toujours facile, nos nerfs ont parfois lâchés . Mais ne vous arrêtez pas à cela car loin de ces commerçants, se cache un peuple souriant, accueillant et chaleureux.
PROGRAMME :
26 octobre : Lyon / Frankfurt / Le Caire Visite du musée égyptien 27 octobre : Journée découverte des pyramides Dashour / Saqqarah / Guiseh 28 octobre : Le Caire / Assouan 29 octobre : Musée nubien : Transfert en van vers Abou Simbel : Sons et lumières 30 octobre : Visite d’Abou Simbel au lever du soleil : retour sur Assouan : Visite de Philae : Embarquement sur la felouque 31 octobre : journée felouque : Visite de Daraw ( sans les chameaux) : Visite de Kom Ombo : Baignade et ballade sur les bords du Nil au milieu des palmeraies 1er novembre : Marche dans le désert au lever du soleil : Visite du Spéos d’Horemheb et des carrières de Silsilla : Baignade et navigation 2 novembre : Visite d’Edfou : Transfert en convoi à Louxor : Après-midi détente à la piscine : Ballade musclée dans les souks 3 novembre : Visite de la vallée des rois : Thoutmosis III : Ramsés VI : Taourset : Visite du temple d’Hatchepsout : Visite de Medineh Abu ( Ramsés III) : Après-midi détente 4 novembre : Visite de la vallée des nobles : Visite du Ramesseum : Visite de Deir el medina : village des artisans : Après-midi détente 5 novembre : Visite de Karnak : Après-midi détente : Ballade dans Louxor 6 novembre : Louxor- Le Caire-Frankfurt-Lyon
Certains s’indigneront peut-être que nous n’ayons pas visité la vallée des reines, le temple de Louxor, le musée de Louxor …mais nous avons préféré en faire moins mais mieux et au gré de nos envies . Nous avons apprécié d’alterner découvertes culturelles, vie du peuple égyptien, navigation sur le Nil, et aux heures les plus chaudes les bienfaits de la piscine du New Winter.
BUDGET : 5 personnes : 6000 e
Avion - international : Lufthansa 2300 e pour 5 ( pris en avril avec e-dreams)
- domestique : Egyptair ( leur défaut : la ponctualité) Le Caire / Assouan 140 e pour 5 Louxor / Le Caire 116 e pour 5
Repas - Le Caire : à l’hôtel Osiris ( cf hébergement) - Assouan : Le Panorama ( sur la corniche) Très bon accueil. Repas correct mais léger pour des gros mangeurs. Prix moyen du plat : 15 le
- Louxor : - Maxime : Coup de cœur !


Entre l’hôtel Isis et le Sheraton
Tel 23 86 315
Prix moyen : entre 15 et 30 Le
Délicieux . Hygiène irréprochable. Accueil extrêmement chaleureux- Lotus Garden : ( centre proche souk touristique ) Nourriture insipide.😕
Hébergement
- Le Caire : Hôtel Osiris : 60e www.osiris.fr.fm 49 rue Nobar ( Bab el louq) Immeuble city mall Tél : + 794 57 28 Tenu par un couple franco-égyptien. Accueil chaleureux. Chambre impeccable : familiale 6 personnes pour 60 e avec petit déjeuner copieux. Possibilité de prendre les repas du soir en réservant : 40 Le ; bonne cuisine égyptienne et bien servi .
- Assouan : Hôtel Basma : 110 e la chambre Situé en face du musée de la Nubie Propre et chambres confortables mais accueil quelconque. Petit déjeuner compris . Ne vaut pas son prix. Les prix négociés par mail ne correspondront pas au prix sur place.
- Louxor : New Winter Palace ( 55 e la chambre ) Un havre de paix en plein Louxor. Situé sur la corniche, à quelques mètres du temple de Louxor. Jardin luxuriant et magnifique piscine. Chambre spacieuse et confortable Petit déjeuner sous forme de buffet compris.
- Abou Simbel: Maison d’hôtes l’Eskaleh chez Fickry (30e par personne en pension complète) Coup de cœur !


Magnifique maison d’hôte dans la plus pure tradition nubienne au bord du lac Nasser .
Délicieux repas avec les produits du coin dont la célèbre perche du Nil et légumes bio du jardin : un régal . Accueil chaleureux.Entrées sur les sites
Budget énorme !!!!! En euros ; j’indique le prix pour nous 5 Je vous donne le tarif adulte puis le tarif enfant. Tarif enfant jusqu’à 12 ans mais partout les guides nous ont pris les tarifs enfants pour les 3 ados . Pensez à emmener les cartes étudiant.
Musée égyptien : 50 le / 25 soit 34 e Salle des momies : 100/50 soit 43 e Kom Ombo : 25/15 soit 11, 8 e Deir el bari : 25/15 soit 11, 8 e Abou Simbel : sons et lumières : 70 soit 43 e site : 70/35 soit 30 e Edfou : 40/20 soit 17, 5 e Philae : 40/20 soit 17, 5 e Musée nubien : 40/20 soit 17, 5 e Temple Horemheb : 20/10 soit 8, 7 e Ramesseum : 25/15 soit 11, 8 e Vallée des rois : 70/35 soit 30, 5 e Medineh Abu : 25/15 soit 11, 8 e Guiseh : 50/50 soit 31 e Saqqarah : 50/50 soit 31e Dashour : 25/25 soit 15, 6 e Karnak : 50/25 soit 21, 8 e
TOTAL : 387 e
Felouque Nous en avons confié l’organisation à Sara Organisation irréprochable, personnel très sympa. www.felouques-nil.com newsunriselouxor@hotmail.com
Tarif : 3nuits/4 jours : 245 euros par adulte et 155 par enfant : COMPRIS dans le tarif - Van avec chauffeur jusqu’à la felouque - Guide égyptologue francophone sur chaque site - Felouque privée en pension complète et boissons à volonté - Bateau cuisine faisant office du cuisine et salle à manger pour repas à table - Cuisinier professionnel - Accompagnateur anglophone - Van privé entre Edfou et Louxor NON COMPRIS : - les entrées aux sites - Le pourboire au personnel d’équipage environ 15e par personne mais libre et selon appréciation
Excursion à Abou Simbel Egalement organisée par Sara Tarif : 225e pour 5 Compris : - Van privé entre Assouan et Abou Simbel avec chauffeur et à disposition sur le site - Visite du temple de Philae avec guide égyptologue francophone - Bateau vers Philae Non compris : - Les entrées aux sites - La nuit sur Abou Simbel
Visa 15e par personne à l’aéroport ; photo non nécessaire
Change 1e = 7, 8 Le Aucun problème pour trouver des distributeurs
Guides - Guide du routard pour dégrossir - Lonely planet pour les bonnes adresses - Guide bleu indispensable, complet et précis pour les visites et l’histoire
Sécurité - Aucun sentiment d’insécurité nulle part - Présence militaire mais pour nous absolument pas gênante - Harcèlement incessant sur les principaux sites touristiques mais les particuliers sont un peu moins visés que les groupes . Pas d’agressivité .S’arrête quand on montre de la fermeté.
Souvenirs Les balades dans les souks sont rapidement devenues pour nous un enfer tant la pression est grande . Impossible de poser les yeux sur quoi que ce soit !Quel dommage car nous avions tant apprécié les souks marocains. Nous avons donc opté pour les magasins( qui d’ailleurs affichent : ici pas de harcèlement) où il règne une atmosphère calme et paisible.
- Fair trade center 🙂🙂🙂 Rue du temple, derrière le temple de Louxor, à côté de l’hôtel Horus. Boutique de commerce équitable, gérée par des femmes vivant à Louxor ; elles se proposent de vendre leurs produits d’artisanat tout en offrant un prix honnête et des produits de bonne qualité pour supporter l’artisanat égyptien . On y trouve un peu de tout . - House of Osiris Karnak street après l’hôtel Hours, tout prés du fair trade center. On y trouve toutes les babioles habituelles des souks mais à prix affichés. - Librairie Gaddis Au pied du new Winter . Beaucoup de livres en français et anglais. Grand choix de cartes postales (2Le) .Bon accueil et prix affichés.
Les bonnes adresses - Guide francophone : Ahmed Rabie Couvre Louxor, le Caire mais aussi les sites du sud . Très sympa. Coordonnées : arabie78@yahoo.com tel + 20105305915
- Taxi à Louxor : Sayed el ashy🙂🙂🙂 Tel + 2 010 75 76 593 Course dans Louxor 10 Le Karnak aller-retour 30 Le Aéroport- centre Louxor 40 Le
CARNET DE VOYAGE
Vendredi 26 octobre Lyon- Frankfurt- Le Caire . Nous sommes satisfaits de cette première fois avec Lufthansa qui est ponctuelle mais qui ne craint pas de rivaliser avec ses copines pour les repas. Arrivée au Caire vers 13h ; une navette nous attend pour nous emmener vers l’hôtel Osiris. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le chauffeur s’occupe des visas, on fait du change …Course effrénée vers l’hôtel au milieu d’une circulation complètement anarchique et ponctuée 24 heures sur 24 par les klaxons ( je suis sure que les klaxons sont fichus avant le moteur en Egypte😉) . Les chauffeurs à Bangkok passent pour des enfants de cœur à côté des cairotes. L’hôtel sr trouve au douzième étage . On se demande où on va arriver, Thomas en est malade de monter dans un ascenseur aussi miteux, on entrouve la porte et ouf ! un magnifique salon……
L’accueil de Josiane, Nabil et Nadine est chaleureux. Nous avons réservé ici pour deux nuits la chambre familiale ( 6 personnes), vaste, avec SDB, confortable pour 60e avec petit déjeuner copieux compris. Nous y prendrons aussi nos repas du soir afin d’habituer nos estomacs d’européens🏴☠️ en douceur aux délices égyptiens. Pour 40 Le : potage, 5 à 6 petites entrées( betteraves, aubergines..chacun y trouve son compte) un plat chaud ( viande, légumes, féculent ) et dessert. Repas pris sur la terrasse surplombant Le Caire.
Nous jetons nos sacs dans la chambre et direction le musée égyptien ( à 10 mn à pied) .Nous ne souhaitons pas visite réglée comme du papier musique . Pas d’attente à l’entrée mais le nombre de cars stationnés devant nous laisse présager le pire : c’est vraiment une destination très touristique.
Nous avons deux impératifs : la salle des momies et le trésor de Toutankhamon. Nous choisissons de commencer par la salle des momies. Il y règne un silence de cathédrale et un recueillement absolu. Nous nous recueillons devant ces célèbres pharaons : Thoutmosis II, III, Hatchepsout, Séthi Ier…l’émotion atteint son comble pour Romain et moi devant Ramsés II. Classique direz-vous mais après avoir vibré au rythme de C. Jacq, G. Rachet …cet homme d’Etat prend toute son importance et nous versons des larmes d’émotion en revivant la construction d’Abou Simbel, la bataille de Kadesh…
Nous nous dirigeons ensuite vers le trésor de Toutankhamon, captivant ! Puis nous décidons de nous laisser porter de salle en salle ( certains diront dommage ) et d’admirer ce qui attire notre regard. Alors bien sûr, nous n’avons pas tout vu ( mais on reviendra, il faut bien une excuse) mais cela a évité à nos débutants en Egyptologie ( mon mari, Lucie et Thomas) de trainer les pieds comme certains dans les groupes, l’œil hagard, le regard blasé et la tête farcie de trop de détails. Nous quittons le musée vers 17h45.
Retour à la chambre, la fatigue se fait sentir. Nous savourons notre repas et gros dodo. Demain, nous avons prévu une journée aux pyramides et nous en avons confié l’organisation à Josiane et Nabil.Samedi 27 octobre Lever 6h45 et départ vers 7h30 avec un solide petit-déjeuner dans l’estomac (pain, galette, omelette, yaourt, Kiri, fromage, confiture, jus d’orange, thé). Pour nous faciliter la tâche n nous avons choisi de laisser l’organisation de cette journée à l’hôtel Osiris. Certains m’ont dit que c’était cher et bien je leur répondrai : tant pis ( 30e/ personne : guide francophone, chauffeur, mini-van, entrées soit environ 80e et repas du midi ). Nous avons passé une merveilleuse journée sans aucun autre souci que de nous laisser porter par l’histoire !. Nous faisons connaissance d’Akram, notre guide ; nous vous le recommandons pour sa gentillesse, ses compétences, ses connaissances, pour l’amour qu’il porte à son métier et sa capacité à tout rendre ludique. Après les révisions de base dans la voiture sur les dynasties…, nous commençons par Dashour ouvert depuis seulement dix ans au public. Nous découvrons la pyramide romboïdale et la pyramide rouge. On découvre aussi pourquoi furent édifiés ces monuments. Akram nous demande si nous souhaitons aujourd’hui descendre dans une pyramide, si oui, il nous conseille celle-ci non pas pour sa beauté mais parce qu’ici il n’y a pas foule. On accepte ; Thomas, claustrophobe, prend sur lui, descend dans les entrailles du monument et en ressort aussi vite😕. Pour nous, nos 40 ans 🙁et la position inconfortable pour y descendre, nous permettront de savourer chaque marche ! Direction ensuite Saqqarah et la pyramide à degré conçue par Imhotep. Moment d’émotion au milieu de la place des jubilés que tant de légendaires pharaons ont foulée. On assemble la visite de la musée du Caire avec celle d’aujourd’hui devant la statue Djoser. Visite du mastaba de Mérérouka avec ses scènes de vie digne d’un vrai album photo de l’époque : la pêche, les danses, les offrandes, les animaux…Akram raconte, la beauté des scènes agit, la magie opère et on se trouve transporté des milliers d’années en arrière… Avant le déjeuner, arrêt de quelques minutes dans une fabrique de tapis (eh oui c’est de bonne guerre) Notre scénario familial est bien rodé, on écoute les explications, on refuse de prendre des photos de ces pauvres gamines, et nous écourtons la vente : pas de tapis à la maison :ceux-ci ne résisteraient pas à nos 5 chats et nos 2 chiens. Le vendeur est à cours d’argument (ah ! on te l’avait pas encore faite celle –là ?😉) .Dix minutes après retour à l’air libre . Déjeuner tout à fait correct dans un immense restaurant : buffet de légumes crus ( qu’on évite pour ne pas jouer le remake de la salmonellose du Maroc), légumes cuits, brasero poulet-kebab sur la table, dessert. Le repas est convivial et Akram nous parle de son amour pour la France. Vient ensuite Guiseh ! Nouvelle séquence d’émotion ; on les avait tant vu représentées partout . Nous nous sentons infiniment petit devant Kheops, Kephren et même devant Mykérinos. On savoure chaque minute y compris celle de la lumière du soleil couchant sur le sphinx. Avant le retour à l’hôtel, Akram propose un arrêt dans une parfumerie. Lucie et Romain ( qui a déjà sa petite idée ) accepte volontiers, nous, nous suivons mais dans le fond ce sera assez marrant et ludique. On s’y sera beaucoup amusé à essayer de découvrir les différentes essences. Romain hésite entre l’achat pour sa petite amie de son parfum habituel ou celui appelé « viagra égyptien « aux vertus aphrodisiaques 😉. Akram nous dépose à l’hôtel . Nous le remercions vivement pour cette mine d’infos précieuse et son sourire ! Savoureux repas et nous plongeons dans les bras de Morphée, l’esprit encore plein de ces belles images…
Dimanche 28 octobre
Nous partons aujourd’hui pour Assouan. Nous avons réservé nos vols sur Egyptair . A nouveau course effrénée vers l’aéroport . Nous avions pourtant le temps car Egyptair ne faillit pas à sa réputation : nous constatons que notre vol est annulé 😕; nous devrons prendre celui de 14h15 (au lieu de 12h15) mais qui ne partira finalement qu’à 15h30. Voilà comment plomber une journée de voyage…. ! Nous arrivons à 17h à Assouan ; la chaleur y est nettement plus écrasante. Nous gagnons l’hôtel Basma en taxi . Grande chambre, avec vue sur la piscine, hôtel plutôt luxe mais blindé de japonais . D’entrée, on ne s’y sent pas à l’aise .On le sera encore moins quand on s’apercevra que le montant à régler n’est pas celui négocié sur le net . Nous sommes pris à la gorge car nous ne pouvons contacter le chauffeur qui doit nous prendre demain pour Abou Simbel . Bref, vous l’aurez compris, on n’en fait pas de la pub !
Les enfants, qui ont été coincés dans l’aéroport toute la journée, sont affamés . Nous laissons donc tomber la visite prévue au musée de la Nubie pour se diriger vers le centre. Sur la corniche, nous passons devant le Old Cataract et nous nous attendons à chaque instant à en voir sortir Hercule Poirot.😛
Nous prendrons notre repas au Panorama . Un petit bonhomme, très accueillant, sera très content de faire découvrir son maniement de la langue française et ses expressions « ça roule ma poule » « ça fart » « ça gaze »…
Nous finissons la journée par une ballade dans les souks (moins éprouvant que ceux de Louxor ) .On y retrouve les « moins cher que chez Leclerc ; un marchand d’épices nous dira même « moins cher qu’à la Fnac «😏 ce qui nous fera bien rire. Premières négociations et les sacs à dos vont s’alourdir demain…Lundi 29 octobre
Après un solide petit-déjeuner (encore heureux pour le prix ; et j’ai dit solide, je n’ai pas dit bon ! allez… j’arrête de râler
) nous avons une heure devant nous pour visiter le musée nubien qui ouvre à 9 h. C’est court mais c’est mieux que rien. En quelques salles ( nous n’aurons pas le temps de faire l’extérieur) nous découvrons l’histoire de la Nubie de la préhistoire à nos jours avec quelques reconstitutions de scènes de vie.
10h15, le van vient nous chercher pour nous emmener en convoi à Abou Simbel. S’ensuivent 2h30 de route dans le désert où les véhicules roulent à tombeau ouvert, Inchalah, autant croire à sa bonne étoile…….
13h : nous sommes accueillis par un grand monsieur, Fickry, à la maison d’hôte nubienne. On s’y sent de suite chez soi.🙂🙂 Jolie maison nubienne typique, dans la plus pure tradition, superbe décoration, jardin luxuriant et terrasse avec vue sublime sur le lac Nasser. Nous établissons le programme avec le chauffeur et nous prenons notre premier repas : une savoureuse perche du Nil bien sûr ! Cet après-midi, nous avons choisi de flâner sur la terrasse et d’aller à Abou Simbel pour le son et lumières. Nous ne le visiterons que demain au lever du soleil. On consacre donc l’après-midi à une ballade dans les environs, à quelques jeux de cartes, et à la lecture, entre autre, d’Harry Potter et les reliques de la mort ( arraché de justesse avant le départ).
18h30, nous arrivons sur le site pour le spectacle de 19h. Nous sommes époustouflés par les lieux et ses colosses . Nous resterons sans mot . Le spectacle est donné en japonais ( décidément ils nous poursuivent !!!), nous avons donc le droit au casque dont un défectueux. On se laisse alors porter par l’histoire d’Abou Simbel, son sauvetage, son histoire et celle de Ramsés II et Néfertari. Nous sommes conquis.
Nous regagnons la maison d’hôte où nous attend une fois de plus un délicieux repas que nous prenons avec Joëlle et Michel, des bordelais que nous inviterons à partager demain notre van afin qu’ils puissent visiter Abou Simbel au lever du soleil. Soirée fort agréable !Mardi 30 novembre
Lever à 5h et départ 5h30 pour assister au lever du soleil sur Abou Simbel . Le réveil est difficile mais nous serons largement récompensé de notre effort car les teintes sur le temple sont magnifiques . A nouveau la magie opère…..Nous sommes quasiment seuls sur le site, et les quelques japonais présents partiront dés le soleil lever ; nous avons alors les temples pour nous, rien qu’à nous ….fantastique ! Je ne chercherai pas le meilleur qualificatif pour désigner Abou Simbel car je ne le trouverai pas mais les fresques sont si belles qu’on ne se sent plus spectateur mais acteur . Nous quittons à regret ces lieux envoutants et nous constatons déjà que la lumière a beaucoup changée, que c’est moins beau quand les rayons de Râ écrasent la pierre. Alors voyageurs faîtes l’effort, allez-y tôt !😉 Après le petit déjeuner, nous faisons nos adieux à Fickry . On a l’impression de quitter un ami. Fickry, c’est l’histoire de la Nubie. Né dans un village nubien sur la rive opposée à Abu Simbel, il a joué sur les berges du Nil, avec comme toile de fondn le temple. Puis sont venus le barrage, l’inondation de la vallée, le bienheureux sauvetage du Temple mais aussi le désarroi des familles des 44 villages nubiens qui ont vu leur village englouti par les eaux. Il déplore qu’à l’époque, personne ne se soit ému de leur sort. Il a donc décidé de construire sa maison à l’identique, dans la plus pure tradition nubienne et faire découvrir sa culture aux touristes pour que survive l’histoire nubienne. Il a beaucoup de projets comme la création dans son jardin d’ateliers d’artisanat nubien . Les recettes de la maison d’hôte y contribue ainsi que production d’un CD . Bref un bel avenir ! Départ avec le convoi à 9h30 et arrivée à Assouan à 12h45 où nous sommes transférés par bateau sur l’île de Philae ( un autre temple sauvé des eaux). Soumaya, notre guide francophone au caractère bien trempée, nous attend. En 1902, ce temple avait les pieds dans l’eau ; il fut déplacé sur une île toute proche : Agilka. Huit années plus tard, le temple est de nouveau resplendissant. Ici, on honore Isis .Le grand temple raconte l’histoire d’Isis et Osiris et de leur fils Horus. Au IV e après JC, le temple est fermé et transformé en église copte ; de nombreuses fresques sont alors martelées. On y trouve de nombreuses marques de l’Histoire : style gréco-romain, l’effondrement d’un pan de mur dû aux canons napoléoniens…L’atmosphère y est paisible. Nous quittons Soumaya pour rejoindre les felouques qui nous attendent pour un périple de 3 nuits/ 4 jours. Vingt kilomètres après Assouan, notre équipage nos accueille : deux capitaines ( un pour la felouque et un pour le bateau cuisine), un mousse, un cuisinier et un guide anglophone . Le bateau est tapissé par une étendue de matelas, ce qui est de bon augure !!!!!


Nous prenons notre premier repas (délicieux comme tous ceux qui suivront) puis nous voguerons un partie de l’après –midi jusqu’à ce que notre mât ne casse. Heureusement, d’autres capitaines viendront nous porter main forte.
Les rives du Nil sont animées : pêcheurs, cultivateurs, animaux…ici, nous découvrons une autre Egypte… celle des habitants souriants et chaleureux, bref une toute autre atmosphère que celle des bazars touristiques.
Premier coucher de soleil, premières senteurs.., nous sommes émerveillés et même si de nombreux bateaux plus luxueux les uns que les autres croisent notre route, nous ne regrettons pas notre choix .
Quand nous accosterons plus tard sur les berges pour y passer la nuit, nous comprendrons vite que nous sommes vraiment tributaires de notre confort aseptisé d’européens gâtés et qu’il est parfois bon d’y mettre un grand coup de pied 😕🏴☠️! Il va bien nous falloir toute cette première soirée pour s’organiser : toilette de fortune sur la rive, une bassine d’eau( du Nil, gloups ! moment de solitude) et un gobelet faisant office de douche et tout cela à la lueur d’une minuscule lampe torche glissé au dernier moment dans le sac ( donc voyageurs avertis amenez vos lampes frontales) …bon de toute façon, on a dit qu’on ne regrettait pas notre choix. Je vous laisse imaginer l’ambiance : « t’as amené le papier ? non « retour à la felouque😕 ; « t’as le sac plastique ? non « ; retour à la felouque😕« c’est qui qui peut m’éclairer pendant que je fais pipi ? » etc et voilà comment marcher des kilomètres sur quelques mètres carrés…🏴☠️🤪Puis c’est la séance déshabillage, je vous passe les détails …On commence à tous avoir les nerfs qui lâchent surtout moi🤪 ( ben oui on ne se refait pas) quand je comprends que la felouque n’est pas fermée hermétiquement et que je risque d’avoir froid. On a amené en plus des sacs de couchage nos sacs à viande en polaire ( et moi oserai-je dire un en soie en plus, on ne s’arrange pas à 40 ans) ; ceux –ci furent bénéfiques. On se couche en rang d’oignons ( bien sûr amoureux transis, choisissez une autre embarcation car ici adieu les nuits d’amour ) et on finit par s’endormir comme des bébés…..chut !Mercredi 31 novembre
Lever à 6h30 . La nuit fut bonne mais bruyante : aboiements des chiens sauvages, les hordes de bateaux de croisière dés 5h, les chants du Muezzin…mais cela fait partie du folklore .Chacun leur tour, les enfants se risquent à LA question : « tu n’as pas eu froid, maman ? « De la réponse dépend l’ambiance de la journée car une nuit à avoir froid me met d’une humeur de chien … « Non « Je crois même entendre dans le lointain « ouf, on est sauvé !
« . On s’organise pour la toilette . C’est déjà beaucoup mieux qu’hier soir ( remarquez à la lumière du jour, cela change les données !). En une demi-heure, tout le monde est prés. On prend le petit-déjeuner et on s’enhardit en mangeant les fruits rincés avec l’eau du Nil …tant pis si la tourista nous guette, on n’a plus le choix !
On se laisse voguer jusqu’à Daraw où a lieu le célèbre marché aux chameaux les samedis et dimanches. On verra quelques chameaux ( les invendus du week end) mais ce sera surtout l’occasion de nous immerger dans le marché du jour où miraculeusement personne ne nous harcélera. Fruits, légumes, épices.., on laisse aller nos sens quel régal !
Retour à la felouque . Nous constatons que Mohamed a fait les provisions.
Prochain arrêt : Kom Ombo . Abdullah nous y attend pour la visite du temple dédié ici à Sobek ( le dieu crocodile ) et Horus. On révise les bases et on en découvre chaque fois un peu plus : calendrier des offrandes, représentation des instruments médicaux ( mes seringues ont l’air de meilleure qualité et dire que j’ai des patients qui s’en plaignent)…
Après le déjeuner, nous accosterons pour un moment de détente sur les berges. L’équipage nous propose de nous baigner, gloups ! On nous assure que l’eau est propre, il n’y a pas de roseaux, le soleil tape, tant pis, on se laisse tenter . L’eau est froide mais quel plaisir ! On se sèche et on constate, consternés, que l’équipage se lave dans le Nil, regloups !
On repart et s’ensuivent deux heures à être vautrés sur les matelas : sieste, lecture, musique observation de la vie du Nil……le grand calme !
Prochain arrêt : une ballade dans les champs. Derrière cette rangée de palmiers de et de culture qu’on aperçoit du fleuve, se cachent les champs de canne à sucre, les bananeraies, les villages, les habitations modestes et une population adorable qui, pour le peu qu’on lui adresse le premier salam, nous récompense d’un large sourire. C’est promis, on ne dira plus, la prochaine fois dans le souk : « qu’ils sont pénibles ces égyptiens « mais « qu’ils sont pénibles ces commerçants égyptiens « et là sera toute la philosophie de notre voyage… Un jeune nous coupe de la canne à sucre, Eddy, déjà empreint de mauvaises habitudes met la main dans la poche, Mohamed l’arrête : ici, pas de bakchish, cette fois, c’est vraiment pour le plaisir et effectivement, il n’attendait rien d’autre qu’un soukram.
De retour au bateau, le capitaine nous annonce que le mât vient à nouveau de casser. Le bateau –cuisine nous tractera jusqu’à l’endroit où nous devons passer la nuit et où de l’aide lui sera apportée pour réparer. C’est beaucoup plus bruyant mais nous savourons notre joie d’être en Egypte. Le soleil se couche.
Nous accostons pour la nuit devant le spéos d’Horemheb . Ne sommes-nous pas privilégiés ? Quatre autres embarcations partagent notre plaisir et les capitaines s’entraident pour réparer. On s’installent à proximité d’un projecteur et nous continuons notre lecture . Qui m’aurait dit qu’un jour, je me délecterai des dernières pages d’Harry Potter assise à côté du temple de ce légendaire général . Choc du temps et des cultures !Jeudi 1er novembre
Le réveil est fixé à 5h15 afin de pouvoir profiter de l’aube pour une marche dans le désert. Quand le bip retentit c’est dur, très dur. On s’éclipse discrètement après un morceau de cake et une tasse de thé. Le soleil apparaît, les rochers changent de couleur, c’est beau
! On s’engouffrent dans le Wadi des carrières de Silsilla ( d’où provenait la plupart des pierres des temples pharaoniques ) . Ultime effort, on escale une dernière colline pour dominer d’un côté le Nil et de l’autre le désert. Nous revenons en traversant un petit village où la modernité et l’hygiène ne sont pas encore leur principale préoccupation : ici, on survit !
Aux abords de la felouque, les crêpes d’Ahmed hument bon ! Après le petit-déjeuner, alors qu’il fait une chaleur écrasante, nous visitons le spéos d’Horemheb et les carrières de Silsilla. Peut-être trop fatigués, nous n’accrochons pas .
Nous reprenons la navigation pour accoster vers 13 h pour le déjeuner et une ultime baignade. Fort de constater que de se laver à la lingette c’est bien mais pas très décrassant, que de toute façon, l’eau de la bassine du soir vient du Nil, nous décidons d’adopter la méthode égyptienne c'est-à-dire de nous laver dans le Nil après la baignade . Nous serons bien étonnés de constater une heure plus tard que nos cheveux sont tout aussi propres que d’habitude 😛!
La navigation reprend son cours . On se sent apaisés, ressourcés.
Nous stoppons sur une île pour la nuit : déjà la dernière.Vendredi 2 novembre
Lever à 6h, nous faisons nos adieux à notre felouque car après le petit-déjeuner sur le bateau – cuisine, nous visiterons le temple d’Edfou et nous intégrerons le convoi pour Louxor. Nous avons l’impression d’abandonner des amis. Visite du temple d’Edfou, cette fois, dédié à la triade Hathor/Horus/Khonsou. Nous arriverons à Louxor à 12h15 . Nous avons réservé à l’Hôtel New Winter palace pour son emplacement en ville, ses jardins et sa piscine. Bon bien sûr, on est loin de la chaleur de chez Fickry mais les après-midi piscine aprés les visites des sites sous une chaleur harassante se révéleront être un plus à notre séjour. Les chambres sont spacieuses et grâce aux recommendations de Gérard ( merci à toi !) qui nous avait conseillé de prendre la carte Sofitel privilège (gratuite), nous bénéficierons d’une chambre vue sur le Nil au prix de celle sur le jardin. Nous apprécierons cet avantage qui a l’air superflu mais qui nous laissera souvent contemplatif devant la vie du fleuve et les couchers de soleil. Nous partons déjeuner chez Sara au restaurant Maxime ; au menu : filet de bœuf qui ne faillit pas à sa réputation. Notre trajet de 20 minutes à pied jusqu’au restaurant nous permettra vite comprendre que nous ne sommes plus dans la même Egypte et qu’il va falloir être patient 🤪, très patient🤪 car chaque seconde est ponctué par « calèche », « taxi », …De guerre lasse, nous ne leur adressons même plus un regard . Nous profitons un court moment de la piscine qui ferme avec le coucher du soleil et repartons arpenter les souks pour les traditionnels cadeaux. Nous vous recommandons chaudement le fair trade center, boutique de commerce équitable, qui propose un joli artisanat très abordable et où on vous laisse une paix royale. Nous soupons au lotus Garden qui s’avère médiocre à nos papilles ( trop gâtés par Ahmed peut-être) et délaissons très rapidement les souks pour nous invivables.
Samedi 3 novembre
A nouveau lever à 6h ( quelles vacances ! ) Petit-déjeuner buffet puis Ahmed ( un autre bien sûr !) vient nous prendre à la réception pour la visite de la vallée des rois, Deir el Bari, et Medinet Abu. A la vallée des rois, visite de la tombe des Thoutmosis IV, Ramses VI ( très belle mais très profonde ; Thomas, claustrophobe, devra abandonner dés le 2e escalier. Le manque d’air et la chaleur rendent les escaliers d’autant plus éprouvants)) et le clou de notre visite, la tombe de Taourset (épouse de Sethi II) qui est magnifique . A noter que la tombe de Merenptah était fermée pour restauration et un supplément de 50Le était demandé pour celle de Septah. Le guide nous laisse ensuite un moment de liberté pour profiter des lieux. Nous nous éclipsons 20 minutes ; nous essayons de nous isoler un peu mais vue la haute fréquentation c’est un peu difficile. Dans le plus grand recueillement, nous lirons quelques pages d’un livre sur Ramsès . On arrive alors à faire abstraction des centaines de touristes pour s’imaginer ce lieu plusieurs siècles auparavant. Une fois de plus, je ne retiendrai pas mes larmes bien longtemps. Nous nous lançons ensuite à la découverte du temple d’Hatchepsout, cette pharaonne qui m’a toujours fascinée (son caractère bien trempé lui a permis de résister bien longtemps à Thoutmosis ; la famille vous dira que ce doit être ce trait de caractère que nous partageons qui doit m’attirer mais chut…) . L’expédition au pays de Pount est un vrai roman à ciel ouvert . Nous finissons par la visite de Medineh Abu .Surtout ne vous privez pas de ce temple car il recéle de nombreuses scènes de guerre de Ramsès III ( d’ailleurs il est ici représenté les soldats apportant à pharaon les mains et les pénis des ennemis ; les hommes de la famille restent sceptiques devant la scène. ) mais aussi des scènes de vie quotidienne comme la chasse, la danse, la pêche…. Nous déjeunons sur la rive ouest et regagnons l’hôtel vers 14h pour une après-midi détente bien méritée au bord de la piscine ( Romain vous recommande le sorbet citron ) . Le soir, pour la première fois, nous arriverons à négocier un taxi pour 10 Le pour prendre le repas au Maxime qui deviendra notre quartier général.
Dimanche 4 novembre
Lever 6h ( on va finir par y prendre goût) et départ avec Ahmed à 7h. Aujourd’hui au programme : la vallée des nobles avec la visite de la nécropole de Cheikh abd el Gourna : tombes de Ramose, Ouserhat et Khaeme . La tombe de Ramose est certes très visitée mais les reliefs des sculptures sont magnifiques. La tombe de Ouserhat offre de belles peintures comme un banquet funéraire, des scènes de chasse… Vient ensuite la visite du Ramesseum ou temple funéraire de Ramses II. Celui –ci est en grande partie détruit mais des nombreux ouvriers fouillent encore. Nous avons aimé ici :la bataille de Kadesh, les fêtes agricoles, la prise de la forteresse de Dapour, la procession de la barque d’Amon et la magnifique représentation d’un calendrier astronomique . Enfin : Deir el Medina ou vallée des artisans. Au creux d’un vallon et ceint par un mur, il s’agit du village des artisans chargeaient des tombes des pharaons. Ceux –ci réalisaient parallèlement leur propre tombe . 120 ouvriers et leur famille, soit environ 1200 personnes de tout corps de métier confondu et détenteurs du secret des tombes vivaient ici reclus et sous haute surveillance .Les scènes peintes sont en parfaite état : une vraie merveille ! Après le déjeuner retour à l’hôtel . La fatigue se fait sentir après les ravages de la tourista d’hier . Détente et piscine sont au programme !
Lundi 5 novembre
Dernier jour déjà . On s’accorde une petite grasse matinée jusqu’à 8h30. Nous avons demandé au taxi ( depuis notre négociation nous avons tous les jours réservé le même) de nous emmener à Karnak que nous visiterons seuls cette fois . La salle hypostyle nous éblouira, on se croirait dans une forêt de colonnes… A la sortie Sayed nous attend et nous annonce qu’il nous emmène dans son village pour nous présenter sa famille. Nous prenons donc la route d’El Ashy . Les kilomètres défilent et Thomas s’inquiète de ce qu’on nous servira à boire ( hanté par sa salmonellose du Maroc) . Nous avons vite l’impression d’être au bout du monde . Sayed se stationne, toute la population de la rue nous guette d’un air sceptique. Nous sommes accueillis dans une charmante maison, très soignée ; nous faisons connaissance de la famille . Madame met les petits plats dans les grands et nous sert des boissons : des cannettes de Pepsi : Thomas est rassuré et nous aussi !🙂 ), thé et bananes. Nous visiterons toute la maisonnée mais aussi le village où les gens se dérident, sourient et nous offrent un accueil des plus chaleureux. Nous avons, à nouveau, changé d’Egypte. Vient le moment des adieux ; nous devons refusons l’invitation à souper du lendemain car nous prenons l’avion : dommage. Ce fut un moment plein d’émotions et malgré les échanges très brefs car Sayed ne parle que quelques mots d’anglais, plein de sincérité. Retour à l’hôtel pour notre traditionnelle après-midi détente . Quelque chose nous dit qu’il vaut mieux profiter de ces dernières brasses et ces derniers rayons de soleil avant de rentrer en France ( nous avions vu juste) ! Dernier repas au Maxime . Les serveurs nous ont fait la surprise de nous concocter un vrai repas égyptien : un délice !!!!
Mardi 6 novembre
S’ensuit une journée de vol, d’attente dans les aéroport, bref celle qu’on déteste et qui néanmoins pour supporter le retour, permet déjà de tester tous nos souvenirs …C’est les jours des « tu te souviens de … » Merci l’Egypte pour cette belle page d’Histoire, ces couchers de soleil sublimes sur le Nil, pour le sourire de tes habitants …. Stop à la nostalgie : on reviendra !🙂🙂🙂
Est-ce fou de partir pour trois mois en Thaïlande avec 1500€ (vol non compris)? English translation pending
Voilà,
je parcours le site en long et en large, et les avis diffèrent beaucoup... Depuis les dernières semaines, je regarde toutes les nouvelles discussions sur la Thaïlande, et impossible de savoir si mon projet est vraiment possible !!
Je compte trouver des endroits crasseux pour dormir, et manger comme tout le monde ( malgrès ce que mon système digestif risque...🤪 ). Je vais là bas pour voir les gens, et leur vie, les monuments et tous ces trucs, au final, c'est juste un plus... ! Je n'aime pas la bière, je ne fume pas, et bien que célibataire, je ne souhaite pas tester la réputation de ce pays sur ce plan... ce qui réduit déjà les dépenses !
Mon souhait le plus grand serait bien sur de loger ( au moins un minimum ) chez l'habitant, parce que c'est comme ça qu'on voit leur vie après tout, mais je n'ai aucun contact thaïlandais pour celà alors je verrais bien...
Alors une bonne fois pour toutes, est-il encore possible de nos jours de vivre à l'aventure en Thaïlande ( surtout vu mon budget ) ou est-ce devenu une simple destination où on se repose à l'hotel après avoir mangé comme un porc devant tous les pauvres locaux ????!!!!
Merci d'avance pour votre réponse, et merci en général à tous ceux qui donnent des informations à chaque fois malgrès la tonne de questions ! C'est vraiment simpa, et j'espère pouvoir en faire autant une fois mon expérience faite 😉
je parcours le site en long et en large, et les avis diffèrent beaucoup... Depuis les dernières semaines, je regarde toutes les nouvelles discussions sur la Thaïlande, et impossible de savoir si mon projet est vraiment possible !!
Je compte trouver des endroits crasseux pour dormir, et manger comme tout le monde ( malgrès ce que mon système digestif risque...🤪 ). Je vais là bas pour voir les gens, et leur vie, les monuments et tous ces trucs, au final, c'est juste un plus... ! Je n'aime pas la bière, je ne fume pas, et bien que célibataire, je ne souhaite pas tester la réputation de ce pays sur ce plan... ce qui réduit déjà les dépenses !
Mon souhait le plus grand serait bien sur de loger ( au moins un minimum ) chez l'habitant, parce que c'est comme ça qu'on voit leur vie après tout, mais je n'ai aucun contact thaïlandais pour celà alors je verrais bien...
Alors une bonne fois pour toutes, est-il encore possible de nos jours de vivre à l'aventure en Thaïlande ( surtout vu mon budget ) ou est-ce devenu une simple destination où on se repose à l'hotel après avoir mangé comme un porc devant tous les pauvres locaux ????!!!!
Merci d'avance pour votre réponse, et merci en général à tous ceux qui donnent des informations à chaque fois malgrès la tonne de questions ! C'est vraiment simpa, et j'espère pouvoir en faire autant une fois mon expérience faite 😉
Les gitans English translation pending
Etes-vous prêts à consacrer votre vie au voyage... et à être détestés autant que les gitans?
La Suisse n'est plus un Eldorado English translation pending
Voici un intelligent article paru dans la Tribune de Genève de ce jour. A méditer avant de franchir la frontière amis français.😏
Le mythe de l’eldorado suisse serait-il en train de s’effriter? Si les frontaliers sont encore légion dans le canton, une nouvelle réalité pointe le bout de son nez. Avant de franchir la frontière, les travailleurs hésitent. Ils procèdent désormais à de savants calculs avant d’opter pour un emploi à Genève. Même ceux qui occupent un poste, parfois depuis de nombreuses années, commencent à se poser la question d’un retour au bercail. A l’image de Dominique Vanwaelscappel. Infirmier à l’Hôpital cantonal, cet habitant de Bons-en-Chablais a eu ces derniers temps une sérieuse envie de faire son paquetage. «J’ai connu l’opulence, explique-t-il. Il y a vingt ans, on nous proposait des formations, des congrès, il y avait plus de personnel. Depuis, les conditions ont changé. La charge de travail par exemple a pratiquement doublé.» Et d’évoquer tous ces «détails» qui modifient la donne. «Certains acquis sociaux ont disparu, le coût de l’assurance maladie a fortement augmenté. Désormais, même le parking est payant.» Autant d’éléments qui, mis bout à bout, grignotent son budget. Mais surtout, depuis l’arrivée de l’euro, il a perdu 600 francs sur son salaire. Une perte de salaire de 10 à 12% Le taux de change est sans conteste la principale raison des tergiversations des frontaliers. Et pour cause, depuis l’entrée en vigueur de la monnaie unique en 2002, ils n’ont cessé de voir leur salaire diminuer. La perte se chiffre entre 10 et 12% et peut atteindre dans certains cas 15%. «Ils commencent à faire leurs calculs et se disent que, finalement, travailler à Genève, ce n’est peut-être pas tellement l’eldorado», confirme Sabine Von der Weid, secrétaire permanente de l’Union des associations patronales genevoises. «Genève reste attractive. Mais la perte de salaire, qui pour certains peut atteindre 1000 francs, couplée à la qualité de vie, incite certains à préférer un travail en France.» D’autant que la situation économique est au beau fixe des deux côtés de la frontière. «Je n’aurais pas quitté mon emploi à Genève si je n’avais pas été persuadé de trouver un poste en France. Dans ma branche, les offres d’emploi sont nombreuses», signale Claude Lacroix. Après vingt-neuf ans à la Coop, il a donné son congé fin 2006. Même si le salaire passe de 4000 francs net à Genève à 3300 francs environ, il a fait ses calculs: «Quand on répartit sur l’année le prix de l’assurance maladie, le coût du transport, l’usure de la voiture, la différence est finalement faible.» Employé comme intérimaire chez Rolex, Sébastien n’a, lui, pas souhaité aller au-delà de son contrat d’un an. Habitant la vallée de l’Arve, il faisait chaque jour une centaine de kilomètres aller-retour. «Entre les heures de travail et de transport, je devais compter cinquante heures environ par semaine. Alors qu’en travaillant plus près de chez moi, j’aurai beaucoup plus de temps pour ma vie à côté.» Sans compter, là encore, le coût des trajets quotidiens. La flambée du prix de l’essence, l’augmentation des tarifs de péages autoroutiers entrent en ligne de compte. Si ceux qui sont installés dans la région hésitent, ceux qui viennent de plus loin ont toutes les raisons de s’interroger. A l’accueil du Groupement transfrontalier, Edwige Charrat observe ce phénomène. «Ils font la liste des plus et des moins. Et ça, c’est nouveau.» Le prix de l’immobilier dans la région frontalière en refroidit plus d’un. Des Haut-Savoyards d’origine envisagent eux aussi de quitter leur département.
«Que 200 euros de plus…» Loin d’arranger les choses, le contexte général peut parfois s’avérer pesant. «Une campagne comme celle menée par l’UDC lors des dernières élections n’entraîne pas les départs, estime Jean-François Besson, secrétaire général du Groupement, mais elle vient se greffer à une situation générale. Au fond, les frontaliers commencent à se dire: si c’est seulement pour gagner 200 euros de plus, à quoi bon!» Et de relativiser: «Avant, le salaire justifiait à lui seul que l’on passe la frontière. Aujourd’hui, l’intérêt bascule.» L’attrait pour le travail en lui-même prime, suivent la volonté de rester dans la région et enfin la rémunération. POURQUOI? Le salaire et les charges indirectes Un taux de change défavorable. En janvier 2003, 4000 francs devenaient 2760 euros. Quand un euro vaut 1, 68 franc, le frontalier ne touche plus que 2380 euros. L’assurance maladie. Les charges sociales payées par le frontalier n’incluent pas l’assurance (LAMal ou Couverture maladie universelle ou assurance privée). Le coût des trajets et du parking. Les tarifs immobiliers dans la région. La qualité de vie Les 35 heures en France contre 40 heures en Suisse. Le temps passé dans les transports. Sans compter le stress des bouchons. L’âge de la retraite: 60 ans en France contre 65 en Suisse. Les congés maternité qui s’étendent en France à 16 semaines (6 avant et 10 après l’accouchement) La sûreté de l’emploi: le licenciement est plus encadré en France
Le mythe de l’eldorado suisse serait-il en train de s’effriter? Si les frontaliers sont encore légion dans le canton, une nouvelle réalité pointe le bout de son nez. Avant de franchir la frontière, les travailleurs hésitent. Ils procèdent désormais à de savants calculs avant d’opter pour un emploi à Genève. Même ceux qui occupent un poste, parfois depuis de nombreuses années, commencent à se poser la question d’un retour au bercail. A l’image de Dominique Vanwaelscappel. Infirmier à l’Hôpital cantonal, cet habitant de Bons-en-Chablais a eu ces derniers temps une sérieuse envie de faire son paquetage. «J’ai connu l’opulence, explique-t-il. Il y a vingt ans, on nous proposait des formations, des congrès, il y avait plus de personnel. Depuis, les conditions ont changé. La charge de travail par exemple a pratiquement doublé.» Et d’évoquer tous ces «détails» qui modifient la donne. «Certains acquis sociaux ont disparu, le coût de l’assurance maladie a fortement augmenté. Désormais, même le parking est payant.» Autant d’éléments qui, mis bout à bout, grignotent son budget. Mais surtout, depuis l’arrivée de l’euro, il a perdu 600 francs sur son salaire. Une perte de salaire de 10 à 12% Le taux de change est sans conteste la principale raison des tergiversations des frontaliers. Et pour cause, depuis l’entrée en vigueur de la monnaie unique en 2002, ils n’ont cessé de voir leur salaire diminuer. La perte se chiffre entre 10 et 12% et peut atteindre dans certains cas 15%. «Ils commencent à faire leurs calculs et se disent que, finalement, travailler à Genève, ce n’est peut-être pas tellement l’eldorado», confirme Sabine Von der Weid, secrétaire permanente de l’Union des associations patronales genevoises. «Genève reste attractive. Mais la perte de salaire, qui pour certains peut atteindre 1000 francs, couplée à la qualité de vie, incite certains à préférer un travail en France.» D’autant que la situation économique est au beau fixe des deux côtés de la frontière. «Je n’aurais pas quitté mon emploi à Genève si je n’avais pas été persuadé de trouver un poste en France. Dans ma branche, les offres d’emploi sont nombreuses», signale Claude Lacroix. Après vingt-neuf ans à la Coop, il a donné son congé fin 2006. Même si le salaire passe de 4000 francs net à Genève à 3300 francs environ, il a fait ses calculs: «Quand on répartit sur l’année le prix de l’assurance maladie, le coût du transport, l’usure de la voiture, la différence est finalement faible.» Employé comme intérimaire chez Rolex, Sébastien n’a, lui, pas souhaité aller au-delà de son contrat d’un an. Habitant la vallée de l’Arve, il faisait chaque jour une centaine de kilomètres aller-retour. «Entre les heures de travail et de transport, je devais compter cinquante heures environ par semaine. Alors qu’en travaillant plus près de chez moi, j’aurai beaucoup plus de temps pour ma vie à côté.» Sans compter, là encore, le coût des trajets quotidiens. La flambée du prix de l’essence, l’augmentation des tarifs de péages autoroutiers entrent en ligne de compte. Si ceux qui sont installés dans la région hésitent, ceux qui viennent de plus loin ont toutes les raisons de s’interroger. A l’accueil du Groupement transfrontalier, Edwige Charrat observe ce phénomène. «Ils font la liste des plus et des moins. Et ça, c’est nouveau.» Le prix de l’immobilier dans la région frontalière en refroidit plus d’un. Des Haut-Savoyards d’origine envisagent eux aussi de quitter leur département.
«Que 200 euros de plus…» Loin d’arranger les choses, le contexte général peut parfois s’avérer pesant. «Une campagne comme celle menée par l’UDC lors des dernières élections n’entraîne pas les départs, estime Jean-François Besson, secrétaire général du Groupement, mais elle vient se greffer à une situation générale. Au fond, les frontaliers commencent à se dire: si c’est seulement pour gagner 200 euros de plus, à quoi bon!» Et de relativiser: «Avant, le salaire justifiait à lui seul que l’on passe la frontière. Aujourd’hui, l’intérêt bascule.» L’attrait pour le travail en lui-même prime, suivent la volonté de rester dans la région et enfin la rémunération. POURQUOI? Le salaire et les charges indirectes Un taux de change défavorable. En janvier 2003, 4000 francs devenaient 2760 euros. Quand un euro vaut 1, 68 franc, le frontalier ne touche plus que 2380 euros. L’assurance maladie. Les charges sociales payées par le frontalier n’incluent pas l’assurance (LAMal ou Couverture maladie universelle ou assurance privée). Le coût des trajets et du parking. Les tarifs immobiliers dans la région. La qualité de vie Les 35 heures en France contre 40 heures en Suisse. Le temps passé dans les transports. Sans compter le stress des bouchons. L’âge de la retraite: 60 ans en France contre 65 en Suisse. Les congés maternité qui s’étendent en France à 16 semaines (6 avant et 10 après l’accouchement) La sûreté de l’emploi: le licenciement est plus encadré en France
Mariage avec un Indien difficile pour une Française? English translation pending
bonjour,
depuis 2ans une amie est folle amoureuse d'un indien qu'elle a rencontré au cours d'un voyage en sac à dos, depuis ils s'organisent pour se voir un coup en france et un coup en inde, mais c'est toujours compliquer pour les demandes de visa de son coté à lui.
donc ils ont décidé de franchir le pas et de se marier mais il y aura toujours des voyages d'un pays à un autre.
Comment se passe un mariage entre français et indien ( papier, procédure, durée, lois...) ?
On m'a dit que le mariage se fesait en inde puis le couple pouvait venir en france de suite pour remplir un autre dossier en demandant un visa ou une carte de conjoint !!!
je ne sais pas trop donc si quelqu'un a des info, ou une expérience, merci d'avance!
bonne journée
Coût des transports en Turquie et températures en hiver? English translation pending
Bonjour,
Je compte traverser la Turquie d'Ouest en Est vers la Géorgie au mois de Décembre, et j'ai plusieurs questions:
Combien coûtent les trajets en bus ou taxis collectifs hors transports en ville (donc de ville à ville ou village)?
Y a t'il des trajets passant par les montagnes?
Quelles sont les températures à cette période de l'année (j'imagine qu'il y a différents climats vu la taille du territoire)?
Siège d'auto pour bébé à Cuba English translation pending
Bonjour à tous, nous partons à Varadero avec un bébé de 15 mois. Nous voulons louer une voiture là-bas pour une journéee. Savez-vous si les compagnies de location cubaine ont des sièges d'auto pour enfants? Nous ne voulons pas partir du Québec avec notre siège d'auto (je sais que les compagnies aériennes le permettent) car nous sommes déjà très chargé avec la poussette et les valises.
😎
Quitter les États-Unis avec un visa expiré? English translation pending
j'ai 1 amie ki est partie aux etats unis avec 1 visas touriste et ce visa a expire, pourra t elle revenir en france si elle souhaites et kels sont les formalites de douanes pour quitter les etats unis? j;espere ke kelk'1 pourra me repondre
Hôtel Barcelo Cayo Santa Maria: date de l'ouverture? English translation pending
Bonjour à tous,
Je fais des recherches pour un voyage en janvier 2008 et en regardant sur le site de Lily et Normand sur Cayo Santa Maria ça dit qu'un nouvel hôtel Barcelo est en construction. Sur le site des hôtels Barcelo ça dit ouverture 2007 mais je n'ai rien trouver de plus sur cet hôtel, quelqu'un en sait-il plus que moi. Ce serait intéressant d'aller à un nouvel hôtel, qui souvent ont des prix alléchants à l'ouverture...
J'attends des nouvelles, sinon si qq peut me renseigner sur le Mélia Las Dunas à CSM ou dernier choix le Sirenis Las Salinas à Varadero.
Merci à tous