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Afrique du Sud, Swaziland et Lesotho avec 4 enfants, notre périple complètement à l'est... ou presque English translation pending
by Caperam · 2013-11-02 · 108 replies
Nous nourrissant depuis des mois des carnets sur l’Afrique du sud, je vous propose à mon tour notre compte-rendu. Nous sommes partis trois semaines, du jeudi 26 septembre au jeudi 17 octobre 2013. N’ayant pas eu la possibilité de louer un camping-car, nous avons choisi l’option mini-van, nuits en hébergements divers (b and b, chalets self catering, selon ce que nous avons trouvé). Et nous avons eu l’impression (peut-être à tort?) qu’il n’y avait pas tant de campings que ça en Afrique du Sud.

Nous avions tout réservé à l’avance pour deux raisons : le parc Kruger dont les logements se remplissent très très vite et la difficulté d’héberger 6 personnes dont 4 enfants. Par contre, je pense que pour 1 ou 2 personnes, l’Afrique du Sud peut s’improviser facilement, en effet, il y a des logements absolument partout et en quantité. Notre voyage a consisté en une boucle Johannesburg/ Johannesburg, nous avons fait le choix de nous concentrer plutôt sur l’est, réservant l’ouest à un prochain voyage ! Voici notre parcours en image, désolée pour les deux cartes mais il semble que Google Map sature au bout de 15 destinations, je n’ai donc pas pu tout caser sur une seule capture d’écran.





Jeudi 26 septembre

Au mois d’août, Air Austral nous a fait une sale blague, le vol du soir du départ est devenu un vol du matin et le vol du soir du retour est devenu un vol du midi …. Conclusion, une après midi à Johannesburg en plus et une course contre la montre pour le jour du retour. Nous partons donc de la maison à 6h, le vol part à 9h.Nous profitons d’un magnifique survol de la Réunion puis après 4h30 de vol, il est 12h et nous sommes à Johannesburg. 1.La vue de la Réunion



Nous avons loué une voiture pour cette après-midi supplémentaire mais elle est trop petite pour nos bagages, nous avons donc quand même besoin de la navette de l’Emerald Guest House. Le chauffeur est très sympa, il attend Raphaël pour qu’il puisse le suivre et retrouver la route. On est hébergé un peu moins bien que l’an dernier, c’est plus petit et surtout, on a des voisins russes qui vont passer des heures à boire, fumer et s’engueuler (?) sur la terrasse au sujet d’un contrat…. Heureusement, ils ne se coucheront pas trop tard. Une fois les bagages vidés, nous partons à la recherche d’un centre commercial pour faire une première fournée de courses et manger. On s’approvisionne dans un Spar, on trouve l’élément essentiel qui nous manquait : la glacière électrique. Le centre commercial est un grand mall avec une patinoire à l’intérieur. On mange sur le pouce dans un Wimpy, pas top mais on le savait. Ensuite, c’est retour à l’hébergement pour ranger logiquement les valises. Les enfants jouent sur l’aire de jeux (la piscine est trop froide) et pendant ce temps là, j’organise : une valise salle de bain, une valise cuisine et le reste pour les vêtements. Le soir on mange sur place, c’est moyen mais pas cher.

Vendredi 27 septembre

Après le petit-dèj, on prend la navette de 8h et nous retournons à l’aéroport récupérer notre vraie voiture, un Toyota Quantum….. Ahhh, que c’est gros! Il y a 10 places, on est 6, les bagages entrent sans problème. Nous passons un certain temps à attendre la précieuse lettre pour traverser les frontières, le personnel de Hertz est moyennement sympathique, la voiture n’a pas le plein prévu… tant pis, on est parti ! Nous roulons plein nord. L’autoroute est monotone, ponctuée de très nombreux péages. De temps en temps, quelque chose à voir comme le stade de Polokwane, construit pour la coupe du monde.

2.Le stade de foot de Polokwane



Vers Louis Trichard, la région devient magnifique avec une végétation luxuriante, on voit enfin nos premiers babouins.

3.Babouins traversant la route



Nous continuons notre route vers le fleuve Limpopo. Si vous avez lu Kipling "Histoires comme ça", vous le connaissez, extrait : “Alors l'Oiseau Kolokolo dit, avec un cri lugubre : — Va sur les rives du grand Fleuve Limpopo, aux grasses eaux vert-de-grisées et huileuses, bordé d'arbres à fièvre. Et tu le découvriras. “

C'est la région des baobabs d'Afrique du Sud.

A l'entrée de la ville de Mussina, un parc réputé pour ses baobabs mais dont seulement une petite partie de la piste est carrossable pour nous. On fait quand même un petit tour.

4.Baobab



5.Piste dans le parc



6.notre énorme voiture



7.



8. Dans la Musina Nature Reserve



Ensuite nous traversons Musina et à quelques kilomètres à l’ouest, découvrons notre logement pour deux nuits, à l’ Ilala Country Lodge. Nous sommes les seuls clients et même les premiers depuis la semaine précédente. Nous avons les deux étages d’une maison, bien équipée, avec une vue sur la vallée du Limpopo et au loin (15km), la frontière avec le Zimbabwe. Il y a une piscine et elle est bienvenue car il fait vraiment très chaud (sûrement plus de 35° mais la voiture n’a pas de thermomètre).

9.Notre maison à l'Ilala Country lodge



10.La vue sur la vallée du Limpopo depuis l'étage



La région souffre de la sécheresse, comme me dit la propriétaire, "c’est le printemps et on se croirait en automne avec toutes ces feuilles mortes".
Quel président pour Madagascar? English translation pending
by Rvgrens · 2013-10-19 · 676 replies
Qui voyez vous comme président Malgache . Donner vos avis
Retour de croisière de Vancouver à Tianjin sur le Diamond Princess, septembre 2013 English translation pending
by 4yne · 2013-10-18 · 247 replies
Bonjour à tous,

De retour depuis quelques jours j'espère vous faire partager un peu du bonheur qu'a été cette si belle croisière.

Itinéraire : Vancouver (Colombie Britanique), Ketchican (Alaska), Juneau (Alaska), Skagway (Alaska), Glacier Bay National Park (navigation touristique), College Fjord (navigation touristique), Whittier (Alaska), 6 jours de mer (Océan Pacifique), Muroran (Japon), Vladivostok (Russie), Busan (Corée du Sud), Qingdao (Chine), Dalian (Chine), Tianjin (Chine), Pékin (Chine)

11 septembre, Marseille-Vancouver : Le vol avec KLM s'est bien passé si ce n'est un siège inconfortable avec une boule dans le dossier qui a rendu les dernières heures de vol très pénibles. Mais à l'arrivée... une seule valise nous est livrée. Visiblement nous ne sommes pas les seuls dans ce cas, la procédure est bien rodée. Ils nous assurent qu'ils nous livreront la valise le lendemain à l'hôtel.

Heureusement nous avons trois jours avant d'embarquer sur le bateau.

Nous empruntons la Canada Line pour rejoindre le down town. C'est une liaison ferroviaire rapide qui permet d’effectuer le trajet entre l’aéroport international de Vancouver (YVR) et le centre-ville de Vancouver en 26 minutes. Avec une seule valise c'est plus facile!. Pour 3 fois moins cher que le taxi c'est très pratique et notre hôtel se trouve à 750 m. Les citadins sont très sympathiques, dès que nous baissons le nez sur notre plan quelqu'un s'arrête pour nous proposer de l'aide. (Les Français feraient bien d'en prendre de la graine).

Nous posons rapidement nos affaires à l'hôtel. Très bien cet hôtel : l'Hermitage Hôtel, nous sommes même accueillis par une femme qui parle parfaitement le français. Nous choisissons comme à l'habitude d'ignorer le décalage horaire, c'est la meilleure façon de le circonscrire. Nous voilà donc partis à pieds, cela fait du bien de se dérouiller les jambes après toutes ces heures de vol, il fait un temps merveilleux et 27°C. Nous commençons par le quartier Gastown, le centre historique du vieux Vancouver, et l'horloge à vapeur qui produit un sifflement toutes les 15 minutes dans un nuage de vapeur.

Nous allons manger dans la quartier de Yaletown où l'on trouve une multitude de restaurants.



Le lendemain le réveil est difficile sans valise et sans affaires. Si on ne nous ramène pas la valise (comme c'est de plus en plus courant d'après ce que j'ai lu sur le net), faut-il partir sans vêtements (glagla en Alaska!), ou bien tout racheter en deux jours ? C'est difficile pour une croisière. Je suis petite et rien ne me va jamais, en plus ici c'est le pays des "géants", ce serait mieux en Asie pour ma taille... Il n'y a pas de bonne solution et je ne me vois pas rentrer en France, je l'ai tellement rêvée cette croisière. Bon on essaie de ne pas y penser...

Ce matin direction False Creek, le temps est toujours magnifique, et il fait chaud. Nous allons prendre l'Aquabus (petit ferry qui remonte la creek) à Hornby pour traverser jusque Granville Island.



Nous visitons le Public Market, ce sont des halles "de luxe" en quelque sorte où l'on trouve des produits bio et de l'artisanat avec des prix en conséquence! 46$ le kilo de saumon! Heureux sont les ours, ils ont leur propre filière! Nous continuons le parcours de l'aquabus...





Et rejoignons ensuite le Waterfront





Le soir nous nous régalons d'un plat de pâtes dans un restaurant Italien, les meilleures que j'ai mangées. Mais.... les plus chères aussi!!! 116$ !!! Wow! l'arnaque! Si vous voulez l'éviter c'est :



Bonne surprise, la valise est de retour ! Les vacances peuvent commencer ! Ce matin nous partons (le cœur léger) vers Stanley Park pour faire la promenade Seawall qui fait le tour du parc en longeant la mer.







Au nord du parc, Le Lions Gate Bridge, un pont suspendu construit en 1938. Nous passerons bientôt dessous...

Tiens, un petit clin d'œil pour notre ministre de la délinquance qui veut libérer les détenus...

Au cœur du parc, le Beaver Lake, on ne se croirait pas si proche de la ville



Nous traversons le parc et rejoignons Canada Place à pieds par le water front. La promenade est longue mais très belle sous ce si beau soleil.



Le Radiance OTS est à quai, demain ce sera le nôtre.

Nous allons jusque Chinatown mais nous sommes très déçu, il est 17 h et c'est visiblement l'heure de la fermeture. Tout est fermé et sans vie.

Nous avons beaucoup aimé Vancouver, c'est un ville très agréable qui nous a fait penser à Sydney. Les habitants semblent calmes, détendus, courtois et serviables. Mêmes les voitures ne sont pas agressives et respectent les piétons avec le sourire... Ca fait rêver...
Arrivée à Nosy Be le 2 novembre English translation pending
by Envidevasion · 2013-10-15 · 102 replies
Bonjour, nous sommes deux filles à arriver à nosy be le 2 novembre pour passer un séjour de 15 jours dans le nord de mada. À 15 jours du départ, tout le monde ici nous dissuade de partir...

Le lynchage est-ce un cas isole ou existe t il une réelle hostilité envers les français? Est ce vraiment risque ?

Nous ne savons que faire et commençons à angoisser pour ce voyage qui était un rêve il y a encore quelques temps...

Vous voyageurs merci de me dire ce que vous feriez à notre place Vous malgaches ou français sur place, merci de nous dire votre ressenti avec le plus d'objectivité possible.

Merci d'avance à vous tous de bien vouloir nous éclairer, surtout que la décision doit et prise très vite
Itinéraire en Thaïlande en février 2014 English translation pending
by Levect · 2013-10-09 · 135 replies
Bonjour chers forumeurs,

Voilà, comme à chaque voyage que je prévois, je ne peux plus m'empêcher de demander l'avis à ce forum. En effet, après être parti en tanzanie+ Zanzibar, Côte Ouest des usa, L'Australie, l'Indonésie etc... ces voyages ont tous été super grâce justement aux vécu et à l'expérience des gens qui viennent régulièrement sur ce forum faire partager leurs coup de cœurs et itinéraire.

Et c'est une fois de plus que je fais appel à vous, et cette fois-ci pour la Thaïlande !!! Aaaaah, la thailsnde le paYs du sourire.. c'est une destination qui fais rêver ma copine et moi depuis de nombreuses années, et étions souvent à 2 doigts de partir là bas mais à chaque fois avions le doute de la période (l'été pas forcément le top), ...

Mais je sens que cette fois-ci c'est la bonne! Nous envisageons donc de partir en Thaïlande à partir du 1er février (voir le 31 janvier) jusqu'au 12 février, donc malheureusement une petite durée de 12 jours vol compris. Vu la courte durée nous pourrons tout faire malheureusement.

Nous aimerions donc avoir vos conseils, vos itinéraire, vos coups de coeurs pour faire que ce voyage en thailande soit mémorable comme toute autres destinations.

Ma première question est à propos du climat ? est ce la bonne période pour profiter de belle journée ensoleillé et faire du farniente sur les plages de phuket ou samui? D ailleurs laquelle choisir?

Ensuite, je ne me serai permis de venir sans rien, donc je vous présente ici un itinéraire qu'une agence m'a proposé que je vous transmets et attend vos critiques : Jour 1 - Bangkok Jour 2 - dammoen saduak - kanchanaburi Jour 3 - erawan - nakhom pathom - ayutthaya Jour 4 - ayutthaya - sukhothai Jour 5 - sukhothai - chiang rai Jour 6 - chiang rai - triangle d or- mae sai Jour 7 - mae sai - mai salong - chiang mai Jour 8 chiang mai - samui Jusqu au jour 12

Je vous remercie d avance infiniment pour m aider a découvrir ce pays, choisir les étapes a allongé ou a raccourcir, quelle plage choisir samui ou phuket ou ailleurs lesquels sont les plus belles?

On sait qu on ne peut pas tout faire en 12 jours, mais on de rend pas compte des distances, si le programme propose par l agence est faisable, stress etc...

On n accepte toute critique et changement sans problème ^^
Ouest américain en septembre 2013: que de pistes fermées! English translation pending
by Zitounet · 2013-09-30 · 128 replies
Je n'avais pas prévu de faire un carnet de voyage cette année. En effet, pour ce 7ème voyage, il n'y avait pas de secteur nouveau, pas de lieux inconnu, pas de parc dont le forum ne soit déjà inondé de photos. Non, c'était juste un circuit classique avec des musts de la Californie, Nevada, Utah et Arizona, un circuit de 3 semaines début septembre destiné à faire découvrir le Grand West à un couple d'amis. Et puis la météo s'en est mêlée, au point de modifier un peu notre programme de visites ; pas de grands changements toutefois qui nécessiteraient de raconter comme le fait l'amie Bastinj actuellement. Le sujet de ce carnet est tout simplement de faire un inventaire de ce qui était fermé dans les principaux parcs visités et de raconter une expérience différente.

Tout d'abord, il y a eu l'avant, avec la fermeture de la Hwy 89 près de Page : sans certitude pour septembre et ayant peu d'attrait pour le piège à touristes de Antelope Canyon, j'avais éliminé une étape à Page dès le mois de mars - tant pis pour Horseshoe Bend.

Et puis il y a eu l'America Cup qui risquait de rendre inaccessible le meilleurs points de vue sud du Golden Gate Bridge.

Il y a eu l’incendie Stanislaus National Forest près de Yosemite. Je suivais l'ensemble des feux sur le site de Wildfire Mapper et la fermeture de la Hwy 120 (pas la Tioga Pass mais la partie Big Oak Flat Rd) allait provoquer un détour de 100km. Par la suite, la fermeture de la Tioga Pass ne m’inquiéta pas, par contre les webcam de Yosemite, 3 jours avant de partir, montraient tous les sites complètement enfumés et depuis longtemps, Yosemite Falls complètement à sec. Le samedi soir, (départ prévu lundi matin) je décidais de remplacer Yosemite par Sequoia, de contourner la Sierra Nevada par le sud et de modifier les réservations d'hôtel en conséquence. Résultat plus de Bodie ni de Mono Lake – pas indispensable, mais découverte du Isabella Lake (boof) et maintien de Ancient Bristlecone Pine, seul lieu vraiment nouveau pour moi.

Le circuit définitif

Le lundi 2 septembre, pas de problème. Arrivée à SFO avant midi, prise en charge d'une Hyundai Santa Fe chez Alamo (naturellement, y a plus de Jeep Grand Cherokee), route vers le sud-est, courses à Atwater, nuit à Chowchilla.



Mardi 3 septembre, entrée dans le King Canyon, arrêt au visitor center puis promenade dans General Grand Grove. (Il y a 3 ans, c'est la partie reculée du King Canyon qui était en feu. Là nous avions vu la fumée de près).

General Grand Grove

General Sherman, Tunnel Log et ascension du Mono Rock sont les principaux points de la journée.

Tunnel Log Marches du Mono Rock

Buttress Tree

Pas de rencontre avec des ours cette année. En fin d'après-midi, route vers Bakersfield, à travers les champs d'arbres fruitiers, les vignes puis les plantations de pompes à pétrole à perte de vue.

Dans Sequoia NP

SUITE http://voyageforum.com/v.f?do=post_edit;post=6192533; Bristelcone - Alabama Hills - Sunset à Death Valley
Vietnam nord-ouest et centre: de l'authentique aux cartes postales de rêve English translation pending
by Alanay · 2013-09-28 · 160 replies
Du 4 au 23 août 2013, nous avons visité une petite partie du Vietnam. Hanoi, Nghia Lo, Tu Le, Mu Cang Chai, Sapa, Bac Ha, baie d'Halong, Tam Coc et la baie d'Halong terrestre, Hué, Hoi An, telles ont été nos étapes.

Un très beau voyage durant lequel nous avons vécu des moments forts, fait de belles rencontres et vu des paysages splendides: de l'authentique et des cartes postales de rêve.

Ce circuit a été élaboré avec l'agence GP Travel, basée à Hanoi, que je recommande chaudement. Tant durant la préparation que durant le séjour, les échanges ont été cordiaux, nos interlocuteurs se sont en permanence adaptés à nos souhaits, les prestations étaient largement à la hauteur de nos attentes. Vraiment top !



Nous étions accompagnés durant les 13 jours dans la partie nord par Chung, guide francophone, bavard, enjoué et très débrouillard, ayant un excellent contact avec les ethnies minoritaires, et Chin, notre chauffeur, attentif à sa conduite et à nos pauses photos. Dans la partie sud, durant 3 jours par Anh, guide francophone cultivée et Than, notre chauffeur. Tous ont toujours été très soucieux de notre rythme, de nos souhaits. Un vrai plus dans un pays dont la chaleur moite en Août fatigue.

Nous ? Une famille composée de 3 adolescents (17 ans, 16 ans et 13 ans); nous privilégions les étapes courtes aux longues routes, nous aimons mixer les hébergements simples et locaux et d'autres plus confortables. Nous aimons randonner et apprécions également de découvrir une autre culture.

Dimanche 4 – Hanoi

Arrivée à l'aéroport d'Hanoi à 6h35 après un vol direct de 11h25 avec Vietnam Airlines. L'obtention du visa se fait sur présentation d'une lettre d'invitation et contre remise d'une photo d'identité et de 45$. Pas moins de six fonctionnaires sont sollicités pour délivrer le précieux sésame : celui qui réceptionne les documents, l'un qui prépare le visa, l'autre qui contrôle, le suivant qui tamponne, celui qui vérifie et le dernier qui remet les passeports ainsi décorés moyennant finance.... La démarche est donc un peu longue; heureusement nous étions dans les premiers.

Nous arrivons à l'hôtel vers 8h soit 3h du matin, heure française. La curiosité l'emporte sur la fatigue, nous sortons de suite.

Le vieux Hanoi : Quel choc, tous nos sens sont sollicités : la très dense circulation erratique et sonore des vélos et des scooters. Les marchands ambulants dont la bicyclette est chargée pour l'un de fleurs, pour l'autre de fruits, pour certains de produits divers...., la multitude de petites boutiques, ou plutôt d'étals sur le trottoir, les restaurants de rue avec les marmites à même le sol d'où s'échappent de plus ou moins appétissantes effluves.



















Si l'animation est à son comble sur le bitume, un autre type de circulation est tout aussi surprenante quelques mètres plus haut ... Celles des fils électriques.



et qui dit animation, dit habitation !!!



Après cette première immersion et un tour du Lac Hoan Kiem (littéralement le Lac de l'épée restituée), la pause s'impose.



Vers midi, nous ressortons pour aller déjeuner dans un restaurant de rue : Le Bun Bo Nam Bo. J'en ai les papilles qui salivent rien que de le citer ! Je me régale avec le plat éponyme, plat du sud du Vietnam, constitué de nouilles séches au bœuf assaisonné de germes de soja, d’ail, citronelle et mangue verte. Une des meilleures expériences gustatives du séjour, les autres plats sont tout aussi appréciés. Délicieux !

Nous poursuivons un peu plus loin jusqu'à la cathédrale puis allons visiter le Musée des Femmes vietnamiennes; un beau musée réouvert en 2010 qui a pour mission de faire connaitre le rôle des femmes vietnamiennes dans l’histoire, dans la famille traditionnelle et de nos jours. On y découvre outre les traditions du mariage ou de la naissance, le rôle des femmes dans la construction et la libération de la nation et l’évolution des vêtements féminins. L’agencement est attrayant, on y passe agréablement une petite heure.

Retour à l'hôtel, les distances sont courtes, mais notre attention est perpétuellement sollicitée : traverser entre le flux de deux roues devient vite un jeu, les commerces du Vieux Hanoi sont organisées par corporation; ici les ferblantiers, là les chaussures, plus loin les soieries,



... et de ci, de là des... « Apple store » !!!



Nous faisons un arrêt au 87 Ma May pour visiter un nha ong typique. Un nha ong ? Qu’est ce ? Il s’agit d’une maison-tunnel, c’est à dire toute étroite en façade et profonde avec plusieurs patios permettant à la lumière de pénétrer dans les différentes pièces. Certaines maisons peuvent ainsi n’avoir que 2 mètres de large pour 70 de long. De telles dimensions visent à réduire les taxes foncières qui tiennent compte de la largeur de la façade étonnant…

Après une petite sieste vespérale à l'hôtel, nous décidons de nous rendre dans un autre restaurant de rue. Nous optons pour le Xôi Yên, spécialisé dans le riz gluant garni d’ingrédients savoureux...., encore une bonne adresse. Assis sur nos petits tabourets en plastique à 40 cm du sol, nous apprécions nos plats et nous ne sommes pas les seuls : familles, jeunes plutôt branchés, ... Le restaurant ne désemplit pas.

La nuit est tombée, on pourrait s'attendre à un peu plus de calme, .... Que nenni ! La circulation est toujours aussi dense, les commerces toujours ouverts, d'autres chalands proposent des ballons de baudruche.









On fait un tour durant une heure en cyclo-pousse. Quel plaisir, on se laisse glisser au milieu de cette animation (ou on se laisse bercer, pour ceux d'entre nous qui n'en peuvent plus de sommeil !). Il semblerait que les autorités de la ville aient décidé de supprimer ce mode de locomotion afin de soulager les encombrements de circulation. De petits trains électriques sont progressivement déployés. Pour nous touristes, quel dommage. Cette petite note d'exotisme est autrement plus agréable que l'anonymat d'un petit convoi. Et j'ai la faiblesse de croire que ce sont plusieurs vaillants et courageux cyclistes qui vont être privés de travail, dans une ville où la misère est tout de même assez prégnante.
Islande... le tour de l'île et plus encore! English translation pending
by Krikri6792 · 2013-09-25 · 144 replies
Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.

Voici le récit de 28 jours au pays de glace et de feu !

La version accompagnée de toutes les photos et de cartes de tous nos trajets se trouve ici :

sites.google.com/site/fabuleuxvoya...

Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.

Bonne découverte et à + 🙂

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Table des matières :

Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208 Double ration de Laki Tout autour de Kirkjubaejarklaustur Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles Du lac Myvatn à Husavik Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville Le mot de la fin _

Présentation

Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.

Néanmoins, l'idée de devoir subir son climat rude et changeant, même en plein été, nous a fait hésiter longtemps.

Mais, cette année, nous sommes prêts à dépasser nos réticences, bien décidés à découvrir enfin les nombreux attraits du pays.

Pour augmenter nos chances d'avoir du beau temps, nous choisissons de partir quatre semaines à partir de fin juin. C'est le début de l'été et les journées sont très longues (pas de nuit). C'est aussi à ce moment-là que les F-roads menant aux Hautes Terres du Centre commencent à être praticables.

Par conséquent, départ le 27 juin et retour le 24 juillet.

Pour nous déplacer partout dans le pays, y compris sur les pistes, nous retenons un 4 x 4 chez Iceland Car Rental.

Dans l'idéal, nous aurions souhaité ne réserver aucun hébergement afin d'adapter notre itinéraire sur place en fonction de la météo. Mais en juillet, c'est la haute saison en Islande, nous avons donc préféré réserver une partie de nos étapes. Pour les nuitées, restantes, nous tenterons de trouver un toit au dernier moment et éventuellement, en dernier ressort, nous pourrons toujours dormir dans notre véhicule choisi suffisamment grand dans ce but.

Notre parcours, très varié, doit nous mener un peu partout en Islande : du Sud au Nord, d'Est en Ouest avec plusieurs incursions au Centre. La durée de notre séjour nous permet de prévoir de petites étapes que nous espérons pouvoir agrémenter de quelques randonnées à la journée… si le temps le permet !

J – 30 : Je commence à surveiller l'ouverture des pistes, plutôt tardive cette année en raison d'un hiver particulièrement long et rude. Parmi celles que nous comptons emprunter durant les premiers jours, les F228, F225 et F206 ont fini par ouvrir quelques jours avant notre départ alors que la F208 est toujours fermée dans sa partie sud. Il faudra se tenir au courant en arrivant !

J – 5 : Je surveille avec anxiété les prévisions météorologiques. Aïe, aïe, aïe…Sur le site islandais de la météo vedur.is, la prédiction à cinq jours n'est pas fameuse. Beaucoup de pluie annoncée pour le jour de notre arrivée et surtout le lendemain. Temps variable pour les jours suivants. Je décide néanmoins de ne pas modifier l'itinéraire, advienne que pourra ! Sur la carte ci-dessous, notre itinéraire définitif :



Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie

J0 : Mercredi 27 juin 2013

Notre vol Icelandair décolle ce soir à 22 h 35 à Roissy avec une arrivée prévue à minuit (heure locale) à Reykjavik.

Impatients de partir, nous sommes les premiers à faire la queue pour le check-in dès 19 heures en compagnie de deux professeures de français islandaises qui nous parlent avec enthousiasme de leur pays. "Vous verrez, nous dit l'une d'elle, vous aimerez l'Islande ! Même sous la pluie, vous aimerez… son air frais, ses grands espaces..." Nous l'espérons de tout cœur !

Durant les trois heures trente de voyage, la climatisation souffle tantôt le froid tantôt le chaud, nous obligeant sans cesse à retirer puis à remettre une épaisseur de vêtement. Est-ce un avant-goût de ce que nous réserve l'Islande, une façon de nous habituer à la différence de température entre l'air frais extérieur et la chaleur des intérieurs islandais ?

A l'approche de l'île, les nuages se teintent de rose sous le soleil de minuit. Nous atterrissons finalement sous un ciel nuageux, mais pas plombé. Il ne pleut pas mais les flaques d'eau sur le tarmac témoignent d'averses sans doute récentes.

Déboussolés par tant de clarté, on se croirait plutôt le matin, prêts à prendre un bon petit déjeuner. Au lieu de cela, il est l'heure d'aller dormir… alors, hep taxi, en route vers la ville voisine de Keflavik et l'hôtel que nous avons réservé.

A l'accueil de l'hôtel… personne ! Au bout de cinq minutes, un réceptionniste décoiffé nous indique que nous ne figurons pas sur sa liste. En étudiant avec attention notre voucher, il nous fait remarquer que c'est à l'hôtel voisin (hôtel Keflavik… tout court) que nous sommes attendus. Heureusement il n'y a qu'une centaine de mètres à parcourir à pied et que dehors il fait aussi clair qu'en plein jour (ou presque) !

Arrivés enfin à bon port, il ne reste qu'à trouver le sommeil, il est presque deux heures du matin et les rideaux n'occultent pas grand chose. Ce ne sera pas facile de le trouver !

J1 : Jeudi 28 juin 2013

Premier matin en Islande : il fait 8° C et … il pleut !

Alors autant s'attarder un peu au buffet du petit déjeuner : un buffet gargantuesque où – en plus des classiques – nous nous régalons de saumon fumé, de sandwichs hawaïens, de gâteaux à la crème et de ces fameux "Matarkistan", des barres céréalières islandaises pour lesquelles Hervé va nous faire écumer tous les supermarchés du pays pour en retrouver. Bref, un petit déjeuner qui restera dans les annales !

A 9 heures, comme prévu, le loueur vient nous livrer notre 4 x 4. Surprise ! Sachant que nous souhaitions pouvoir ponctuellement y dormir, il nous a surclassés. Nous nous retrouvons par conséquent avec un Dodge Durango à la place du Grand Cherokee que nous avions réservé.

Tout automatique et bénéficiant d'un grand espace plat une fois les sièges rabattus, avec ses 11 000 km au compteur et sa carrosserie en parfait état, il pourrait être le véhicule idéal mais une consommation plus importante et une hauteur de garde au sol moindre ne plaident pas en sa faveur. De surcroît, il s'agit d'un 4 x 4 permanent ! Mais bon, on n'a guère d'autre choix alors autant l'adopter et faire avec !

Dans l'immédiat, c'est surtout de bons essuie-glaces dont nous avons besoin car il pleut toujours alors que nous nous dirigeons vers notre premier point d'intérêt de la journée : le champ géothermique de Krisuvik.

La randonnée prévue à cet endroit tombe à l'eau (!) mais s'il fallait attendre le beau temps en Islande, on ne ferait jamais rien. Alors c'est sur une passerelle en bois, sans nous salir les chaussures, que nous promenons au-dessus des marmites de boue colorées nimbées de vapeurs soufrées.

Puis de fil en aiguille nous quittons les planches pour grimper au sommet de la colline. Une bonne idée pour la vue… mais pas pour nos godillots, bientôt alourdis par trois kilos de boue glaiseuse. Glissades assurées dans la descente. !

Heureusement, les Islandais ont tout prévu et sur le parking nous attend un ingénieux système de brosses. Notre véhicule encore tout propre nous en est reconnaissant !

C'est alors le moment d'expérimenter le système de climatisation du Dodge. Le trajet se poursuit, chauffage à fond pour tenter de sécher nos vestes ruisselantes.

Après une cinquantaine de kilomètres à travers des champs de lave à perte de vue, la rivière Ölfusa marque l'entrée dans une région plus agricole émaillée de fermes et de hameaux.

A Selfoss, la plus grande ville du sud de l'Islande (6500 habitants), nous finissons de sécher dans le supermarché Kronan tout en faisant nos courses, et dans l'Intersport voisin nous investissons dans un surpantalon imperméable. Un achat de circonstance vu… qu'il pleut encore !

C'est donc toujours sous les gouttes que nous faisons le tour du lac de cratère Kerid avant de rejoindre deux sites majeurs de l'Islande, Geysir et Gullfoss qui, avec Thingvellir (que nous verrons plus tard au cours du voyage) sont regroupés sous le nom de "Cercle d'or". Hum, "Cercle d'eau" serait sans doute plus approprié… ;-)

Que d'eau, que d'eau, que d'eau : elle tombe du ciel et elle jaillit de la terre aussi, comme à Geysir, la zone géothermique la plus visitée du pays. D'ailleurs, c'est de là que vient le terme de "geyser". Pourtant, la vedette du site n'est pas le Grand Geyser qui ne jaillit plus que 2 ou 3 fois par jour, mais le Strokkur, très régulier. En général, on n'attend pas plus de cinq minutes avant de le voir éructer.

Une bulle d'eau bleue gonfle, gonfle comme le lait sur le feu… Puis explose sous la forme d'une majestueuse colonne de 15 à 30 mètres pour le plus grand plaisir des touristes !

Encore de l'eau à Gullfoss, les plus célèbres et les plus spectaculaires chutes d'eau du pays sous la forme d'une double cascade, haute de 32 mètres, plongeant dans un étroit ravin, créant un véritable mur d'écume dans un vacarme assourdissant ! Impressionnant !

Bien rincés, nous n'aspirons qu'à une chose : vite, vite, nous mettre au sec dans notre hôtel à Fludir. Pourtant, à peine arrivés et malgré toute la pluie prise sur la tête tout au long de la journée, nous ne résistons pas à expérimenter le hot pot dans le jardin : un délicieux bain à 38 ° dans lequel nous oublions les contrariétés météorologiques tout en espérant que demain sera moins… humide !

Distance parcourue dans la journée : 220 km



Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs J2 : Vendredi 29 juin 2013

Dans la nuit, j'ai entendu des trombes d'eau s'abattre sur les toits mais ce matin, bonne nouvelle, il ne pleut pas… du moins pas pour l'instant !

Départ avant 9 heures, ciel nuageux, 8° mais la météo est un peu plus optimiste qu'hier. Croisons les doigts !

Direction la Route 32 qui suit le cours de la Thjorsa, le plus long fleuve d'Islande.

Au bout d'une demi-heure, un premier crochet vers Hjalparfoss, de ravissantes chutes dévalant en une double cascade sur des orgues basaltiques.

En regardant le ciel, ce n'est pas encore le grand beau temps mais on sent comme un frémissement d'éclaircie. Ça tombe bien car quelques kilomètres plus loin nous avons prévu une petite randonnée.

Nous laissons la voiture au parking de la ferme de Stöng sur la F327 pour une balade bucolique entre bouleaux nains et bouquets d'angéliques jusqu'à Gjain, une étrange petite vallée où se succèdent cascades et coulées de lave torsadées.

Le soleil est même de la partie au retour, inondant de lumière la vallée en contrebas.

Mais déjà de gros nuages menaçants progressent inexorablement, nous avons tout juste le temps de rejoindre la voiture avant une grosse averse. Pas trop grave ! Pour l'instant, bien à l'abri derrière notre pare-brise, nous poursuivons vers Haifoss sur la F332.

Arrivés à destination, il reste quelques minutes à patienter dans la voiture avant de voir réapparaître le soleil, nous permettant alors d'admirer les chutes sous un coin de ciel bleu.

En face de nous, la rivière Fossa tombe de 122 mètres depuis le rebord du plateau, creusant un canyon austère aux pentes verdies de mousse.

Encore plus austères les paysages que nous abordons ensuite via la F228 en direction de Veidivötn. Une piste caillouteuse dans un décor de cendre et de lave débouche sur un premier lac d'un bleu céleste.

Mais bientôt le ciel devient aussi noir que la terre, annonçant un orage imminent.

Dans cette ambiance apocalyptique, nous passons les deux gués de la piste avec un peu d'appréhension (mais rien de méchant finalement) en nous hâtant vers Tjarnakot - un hameau regroupant quelques cabanes de pêcheurs.

Arrivés à destination… c'est le déluge ! Mais, encore une fois, il suffit de patienter un peu pour voir le retour de belles éclaircies.

Néanmoins, pas question de randonner ici, il y a un vent terrible qui manque de nous jeter à terre à chacune de nos sorties.

C'est donc en voiture que nous décrivons un grand huit autour des lacs, découvrant un étonnant enchevêtrement d'îles, de presqu'îles, d'isthmes, de cratères et de crêtes à perte de vue.

En zoomant, quelques détails stimulent notre imagination… Ici ces sillons jaunes sur les dépôts de théphra comme autant de larmes coulant dans le lac… Là une publicité pour la marque aux chevrons ou encore un froncement de sourcil de quelque troll ;-)

En tout cas, les curiosités géologiques ne manquent pas. Nous sommes dans un bassin volcanique.

Avec un peu d'imagination, on verrait bien un cachalot surgir de ces marécages pétrifiés !

Dans cet univers fantasmagorique, seul le glissement de quelques cygnes chanteurs sur les eaux paisibles d'un lac apporte un peu de douceur à l'ensemble.

Tout à la contemplation de ces paysages uniques, nous ne retrouvons la civilisation que vers 19 heures en ralliant Hrauneyar, une Guesthouse isolée au pied des hautes terres, à l'entrée de la F26 qui traverse le centre du pays et qui en cette fin juin n'est pas encore ouverte de bout en bout.

En revanche, la F208 dont la partie sud était encore fermée avant notre arrivée en Islande est à présent ouverte. Nous pouvons donc envisager de la prendre dans les prochains jours.

Distance parcourue dans la journée : 205 km



Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208

J3 : Samedi 30 juin 2013

Cinq petits degrés seulement mais 50% de ciel bleu au-dessus de nos têtes, pas de temps à perdre, à 8 h 01 top départ !

Le programme de la journée est encore flou. Ce qui est certain, c'est que nous voulons rejoindre la réserve naturelle du Landmannalaugar et y randonner. Pour le reste, on décidera le moment venu. En tout cas, nous n'avons aucune réservation pour ce soir.

Les 50% de ciel bleu ne résistent pas longtemps à la progression des nuages et c'est sous un ciel couvert que nous nous engageons sur la F225.

Petit à petit, les étendues poussiéreuses, noires comme du charbon, des premiers kilomètres laissent la place à des collines tapissées de mousse vert tendre, égayées par une multitude de petits bouquets roses de silènes acaule.

Puis, l'altitude aidant, les montagnes se parent de zébrures blanches, vestiges d'un hiver long et rigoureux.

Enfin, au bout de deux heures environ, apparaissent les sommets multicolores du Landmannalaugar.

Là, au pied des montagnes, sur un terrain caillouteux, un camping rudimentaire et un refuge autour duquel s'affairent un grand nombre de campeurs, trekkeurs et promeneurs. Bref, une véritable ruche !

Le froid nous saisit en sortant de la voiture. C'est donc bien (trop) couverts que nous nous attaquons immédiatement à la "montagne bleue" ou Blahnukur en islandais.

Pourquoi bleue ? Nous ne tardons pas à le comprendre en prenant un peu de hauteur P419

La montée est raide, en lacets serrés, sur un terrain volcanique instable.

En cours de route, nous sommes photographiés à notre insu ;-) par un jeune couple de Français. Quelques semaines après notre retour, nous aurons la surprise d'apparaître dans leur carnet de voyage.

Au bout d'une heure d'effort, la récompense est au bout du sentier et le panorama grandiose sur les toits de l'Islande. Nous sommes à plus de 900 mètres d'altitude.

L'instant est immortalisé par Nico, à notre demande, cette fois-ci ;-)

De crête en crête, nous pouvons apprécier à loisir tous les détails de ces montagnes colorées avant d'entamer la descente sur quelques névés qui font de la résistance en ce début d'été.

Vers 13 h 30 nous sommes de retour au parking après avoir traversé un gigantesque champ de lave basaltique.

En tout : 3 heures de randonnée et 385 mètres de dénivelé. Une très belle balade, il ne manquait que le soleil !

Autour du refuge, ça grouille toujours de monde. Nous avions envisagé de passer une nuit sur place, mais la météo très moyenne, l'environnement rudimentaire du camping et la surfréquentation des lieux nous font changer d'avis.

Le ciel a l'air beaucoup plus clément au sud. Nous décidons donc, après deux heures de tergiversations, de rejoindre la côte dès ce soir. Direction Kirkjubaejarklaustur (plus simplement Klaustur) par la F208 sud.

Cette piste est réputée être l'une des plus belles d'Islande ! Elle commence par contourner lac Kylingavatn aux reflets magiques. Déroule son ruban de terre entre les méandres des rivières… Se faufile entre les montagnes encore tapissées de neige… Longe ou traverse de nombreux cours d'eau en enchaînant les gués… … tout ça, sous le soleil… youpi !

Mon guide indique à Klaustur un camping sur un joli terrain verdoyant, bien équipé avec cuisine, douches chaudes et laverie. Nous ne cherchons pas d'autre alternative, nous y fonçons illico.

Pour 2 milliers de couronnes, nous posons le Dodge sur un coin de gazon, à côté d'une table de pique-nique, entre un van et une tente. Le soleil brille jusque fort tard, c'est très agréable.

En fin de soirée, nous passons en mode couchage. Toutes les valises sont transférées sur les sièges avant du véhicule. Les banquettes rabattues laissent place à un espace suffisamment long mais pas uniformément plat. Nous étalons nos matelas fins et nos sacs de couchage grand froid. Il n'y a plus qu'à trouver le sommeil. Pas évident sans rideaux et alors qu'il fait jour toute la nuit !

Distance parcourue dans la journée : 180 km



Double ration de Laki J4 : Dimanche 30 juin 2013

Le couchage dans le 4 x 4 a été très inconfortable. Nous n'avons pas fermé l'œil de la nuit. Alors ce matin très tôt nous sommes impatients de quitter l'habitacle, déclenchant malencontreusement l'alarme du Dodge, au grand dam de nos voisins de gazon ! A 8 h tout est plié.

Avec 11° et un ciel bleu à 70%, le programme est vite trouvé. Il faut profiter du beau temps pour aller au Laki.

Le Laki est ce volcan (éteint) qui a donné son nom au Lakagigar, une fissure volcanique de 25 kilomètres de long constituée de plus d'une centaine de cratères alignés.

Son éruption en 1783 a été catastrophique pour l'Islande, mais les perturbations météorologiques et les famines qui ont suivi ont affecté toute l'Europe. En France, l'événement aurait été l'un des déclencheurs de la Révolution française.

La piste menant au Laki est la F206. Elle démarre sur la Route 1 puis cahin-caha laisse derrière elle les verts pâturages de la côte pour rejoindre des reliefs tourmentés de cendres et de laves, témoins d'un cataclysme sans précédent. A plusieurs reprises, elle enfourche des rivières à gué.

A notre étonnement, pour un dimanche, pas un seul véhicule croisé ni rattrapé sur tout le parcours, à croire que nous sommes les seuls à avoir fait le choix du Laki ce matin.

Notre étonnement est encore plus grand quand, en arrivant, sur place nous trouvons une corde et un panneau "Closed" empêchant le passage. Personne ! Pas de touristes, pas de gardien, personne ! Nous sommes perplexes.

Bah, puisque nous sommes là, autant faire tomber la corde et accéder au parking. Il est 10 heures. Nous suivons immédiatement les cairns vers le sommet du Laki pour un panorama à 360°.

Malgré un ciel légèrement voilé… Au nord-est, l'étincelante calotte glaciaire du Vatnajökull et devant nous une première série de cratères. A l'ouest, les lacs Lambavatn et Kambavatn. En continuant vers le sud-ouest… la mythique fissure : un chapelet de cratères alignés tels des muffins à la pistache sortant du four ! Craquants sur le dessus et tendres à l'intérieur !

Dire que, de ces cônes se sont échappés, il y a 230 ans, 14 milliards de m3 de lave basaltique et de gaz qui se sont répandus sur 565 km2 !

Au pied du Laki, nous poursuivons nos observations sur un sentier d'interprétation en 13 stations. Une véritable immersion au cœur d'un cratère !

Pendant ce temps, le parking s'est un peu rempli et deux rangers assurent maintenant l'accueil.

Quant à nous, nous quittons le Laki par la F207 (= boucle du Laki), une variante qui passe par le cratère de Tjarnagigur.

Du parking, si l'on se contente d'aller voir le lac de cratère à pied, dix minutes suffisent mais nous optons pour le tour complet du cratère, soit environ une heure trente de déambulation entre laves, prairies humides et neige sculptée.

Puis, pour finir en beauté et alors que le ciel se dégage en cours d'après-midi, Hervé préconise une nouvelle montée (partielle) au Laki, histoire de capter l'alignement sous une meilleure lumière.

Après cette double ration de Laki, nous prenons définitivement le chemin du retour non sans jeter un œil aux chutes Fagrifoss. Dire que si l'on plante le véhicule dans le gué qui précède, c'est là qu'on atterrit ! Ça fait froid dans le dos !

Mais le Dodge assure vaillamment le passage et nous ramène sur la Route 1 vers 18 heures.

Une question reste en suspens : où allons-nous dormir ? Au camping, comme hier ? Pas vraiment enthousiastes, nous tentons quelques hébergements au passage.

Le premier sur notre route, Hundabakkar a l'air très mignon mais est complet. Le deuxième dans le village, l'hôtel Geirland, a bien une disponibilité mais pour demain soir.

Après ces deux échecs, c'est sans grand espoir que nous faisons une dernière tentative à l'hôtel Laki sur la Route 204. Là, nous sommes tout étonnés d'entendre qu'il reste des disponibilités, soit en chambre, soit en cottage. La chambre, nous la trouvons ordinaire pour le prix. En revanche, coup de cœur pour le cottage. Comme nous avons un peu d'avance sur notre planning, nous décidons d'y passer deux nuits.

A retenir : première journée sans pluie !

Distance parcourue dans la journée : 150 km



Tout autour de Kirkjubaejarklaustur J5 : Lundi 1er juillet 2013

Après quelques 750 km déjà parcourus en 4 jours, aujourd'hui on fait relâche mais pas question de ne rien faire, car avec 11 ° et un grand soleil, il faut en profiter au maximum, ça risque de ne pas durer. Sans aller très loin, les alentours de Kirkjubaejarklaustur méritent qu'on s'y attarde.

Revenons d'abord sur son nom imprononçable qui, une fois décortiqué, devient beaucoup plus limpide : Kirkju = église, Baejar = ferme, Klaustur = couvent. Jadis appelé Kirkjubaer, on lui a ajouté le suffixe "klaustur" en 1186, après la fondation d'un couvent de bénédictines.

800 ans après, ces sœurs (systra en islandais) ont largement inspiré l'histoire des sites de la région.

C'est notamment le cas de Systrafoss (la cascade des sœurs) d'où débute notre première randonnée de la journée.

En suivant un petit sentier entre bouleaux nains et géraniums sauvages, nous quittons le village en contrebas et débouchons sur le haut de la falaise.

Là se niche le Systravatn, le lac des sœurs, où dit-on les nonnes se baignaient jadis. Aujourd'hui, c'est un jeune cygne qui y barbote.

Sur le vaste plateau herbeux avec comme seule compagnie quelques moutons, nous nous laissons aller à la contemplation… des méandres de la rivière Skafta aux falaises rocheuses très loin, à l'est !

Au bout d'une heure de flânerie champêtre, la descente digne d'une piste de ski rouge rejoint Kirkjugolf. Rien à voir avec une quelconque pratique sportive (golf) ni même avec le sol d'une vieille église de l'époque des bénédictines (golf = pavé en islandais). Non, il s'agit bien d'une œuvre de la nature, du sommet affleurant d'une structure alvéolaire de 80 m2 de colonnes de basalte, comme aplanies et cimentées par la mousse, au milieu d'une prairie.

Un dernier arrêt à Sjornarfoss pour un ultime conseil sur la suite de la journée (Sjornar = conseil).

Après ces 6 kilomètres et 140 mètres de dénivelé, que faire de mieux qu'une pause déjeuner au soleil, devant notre petit chalet. Pourvu que le beau temps se maintienne !

En début d'après-midi, c'est reparti, cette fois-ci en direction de Fjardrargljufur, encore un nom imprononçable pour un canyon à la beauté étrange et sombre.

Formées de palagonite et entrecoupées de lave et de roches intrusives, les gorges datent de l'ère glaciaire, il y a deux millions d'années

Un sentier longe la rive sud sur deux kilomètres, permettant à plusieurs occasions des vues vertigineuses sur les gorges.

Changement de décor dans les collines de Landbrotsholar, une vaste zone de pseudo-cratères, formés lors de l'éruption du Laki en 1783, quand la lave en fusion se déversa sur ces marécages et que les gaz explosèrent, formant alors ces monticules semblables à des tumulus effondrés.

Nous découvrons, amusés, les spécificités de toute une série de cratères.Certains présentent un fond herbeux, d'autres sont tapissés de mousses et de fleurs, d'autres encore cachent une cavité humide ou sont coiffés d'une drôle de cheminée.

Bref, une heure et demie de balade ludique, le nez dans les cratères, en oubliant que la menace pouvait venir du ciel. Vite, coupons à travers champs (merci le GPS) pour retrouver la voiture in extremis avant l'orage.

Renonçant à capituler devant les éléments, nous tentons une dernière halte à Systrastapi. Au pire, nous nous contenterons de jeter un œil au rocher des deux sœurs, au mieux nous pourrons en faire le tour !

Yes, on a pu en faire le tour et encore mieux… sous un soleil éclatant !

L'imposant rocher des sœurs marque l'emplacement où deux nonnes auraient été exécutées et enterrées pour avoir couché avec le diable.

Le profil d'une des protagonistes est figée dans la pierre alors que la cascade porte encore la griffe du diable !

Une chaîne permet de monter sur le rocher. Moi, je me dégonfle mais eux l'ont fait ! Chapeau !

Sur ce spectacle s'achève notre journée autour de Klaustur, une journée bien remplie qui finit en apothéose avec un superbe arc-en-ciel sur les prés salés islandais et… sur notre cottage.

Distance parcourue dans la journée :



Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal J6 : Mardi 2 juillet 2013

Nous quittons définitivement Klaustur et notre petite maisonnette mais, contrairement à ce que voudrait la logique géographique, pas pour continuer vers l'Est mais pour retourner vers l'Ouest.

En effet, ce soir, nous avons une réservation pour deux nuits à Hrifunes, une guesthouse située au pied de la piste F208 (celle allant au Landmannalaugar), à une quarantaine de km à peine d'ici.

Dans la journée, nous comptons même pousser encore plus à l'ouest, c'est-à-dire jusqu'à Vik d'où j'avais repéré la possibilité de randonner jusqu'au glacier Myrdalsjökull. Avec 90% de ciel bleu et 12 degrés ce matin, c'est le jour idéal pour le faire.

Cinq kilomètres à l'est de Vik, la route 214, une mauvaise piste en terre, quitte la Route circulaire et mène au camping de Thakgil 14 kilomètres plus loin.

Derrière les collines verdoyantes, on commence à entrevoir la calotte glaciaire du Myrdal. Le quatrième plus grand glacier d'Islande couvre 700 km2 et atteint par endroits 750 mètres d'épaisseur. Il abrite sous sa calotte le Katla, un volcan très actif qui connaît en moyenne deux éruptions par siècle. La dernière datant de 1821, les Islandais se préparent à une éruption imminente (en temps géologique). Espérons qu'elle ne soit pas pour aujourd'hui !

Avant de finir en cul-de-sac au camping, la piste vient flirter avec les vastes champs de sable volcanique noir où s'écoulent les eaux de fonte du glacier.

Nous laissons le Dodge près du camping bien que la piste se prolonge en direction du glacier. Les gros 4 x 4 des tour-opérateurs locaux doivent pouvoir l'emprunter. Pour nous, ce sera à pied.

Altitude de départ : 180 mètres

Il fait un temps magnifique et la montée se fait presque sans effort, d'autant qu'un certain nombre de curiosités nous distraient.

Ici, un rhinocéros à la corne menaçante Là, un troll au menton en galoche Ici une flamme torsadée

Là un pluvier doré affairé à protéger son nid !

Au bout de deux heures, nous atteignons les premiers névés… à 600 mètres d'altitude.

Petit à petit, les névés font place à des champs de neige de plus en plus vastes, espacés de quelques pierriers disséminés sur cette immensité blanche comme autant de petits îlots.

A partir de ce moment-là, nous progressons à vue, avec prudence, à la quête d'un lac glaciaire (indiqué par nos sources) en prenant soin de rejoindre un pierrier à chaque occasion.

Ayant l'impression que le lac recherché pouvait se cacher dans le creux visible devant nous, on se hâte dans sa direction.

Mais pour l'instant pas de lac. En revanche, vue spectaculaire sur les langues glaciaires du Myrdalsjökull ! …et sur une cascade éclairée par les couleurs d'un arc-en-ciel !

Altitude d'arrivée : 740 mètres

La quête du lac restera vaine, mais le parcours dans ce cirque glaciaire avec son tapis de neige en dégradés de gris vaut à lui seul le déplacement.

Au retour, derniers gros névés avec la mer à l'horizon ! Les deux sont si proches en Islande ! IG037

La mer, on y court, juste après cette randonnée. En tout : 15 km AR, 5 heures et 560 mètres de dénivelé. Une de nos préférées !

Fin d'après-midi à Vik.

D'abord sur la plage de Reynisdrangur.

Vers l'est, un aperçu de sa longue bande de galets et de sable noir. Vers l'ouest, vue sur les célèbres pitons rocheux.

Ils représentent deux géants, voulant tirer vers la côte un navire à voile. Mais le mauvais temps les a surpris et aussi bien les géants que le bateau ont été pétrifiés !

Puis, dix kilomètres à l'ouest de Vik, au bout de la Route 218, le promontoire rocheux de Dirholaey. Vers l'est, vue sur l'arche naturelle (qu'on devine).

Vers l'ouest, vue sur les falaises de Vik et ses géants de pierre avec, au premier plan, cette imposante colonne de basalte.

Un excellent dîner au Ströndin Bistro vient clore cette très belle journée entre montagne et mer. Arrivée tardive (21 heures) à Hrifunes Guesthouse.

A noter : deuxième journée sans pluie depuis le début de notre voyage.

Distance parcourue dans la journée : 215 km



Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara J7 : Mercredi 3 juillet 2013

Même météo qu'hier, 80 % de ciel bleu et… 17 degrés, du jamais vu jusqu'à ce jour !

En attendant le petit déjeuner (servi à partir de 8 heures), une petite balade matinale s'impose sur la propriété de la guesthouse, blottie au creux de vertes collines surplombant l'estuaire de la rivière Kudafljot.

Notre chambre (avec lits twin) se trouve au sous-sol de la maison blanche qui comprend une grande cuisine/salon/salle à manger (à disposition si l'on souhaite se faire à manger), une salle de bains et deux WC que se partagent cinq chambres. Décoration chaleureuse et soignée. Hors saison, cette maison est louée en entier tandis qu'en été, elle est louée "à la découpe".

Les deux maisons rouges abritent d'autres chambres encore, ainsi que la cuisine et la salle à manger où la maitresse de maison nous sert le petit déjeuner et, sur demande, le dîner. Comme dans tous les intérieurs islandais, on se déchausse dans l'entrée.

Nous appréhendions un peu le concept de salle de bains partagée, mais au final - car nous aurons l'occasion de l'expérimenter à plusieurs reprises - tout s'est toujours bien passé. De manière générale en Islande, les chambres sont très petites mais les installations sont neuves, de très bonne qualité et très propres

Après cette petite digression, nous voici prêts pour une nouvelle journée à Vik.

En route, petit arrêt rapide au Laufskalavarda, l'emplacement d'une ancienne ferme où la tradition veut que chaque voyageur dépose une pierre sur les cairns déjà existants afin d'assurer le bon déroulement de son voyage. Je rajoute donc notre petit caillou à l'édifice en formulant le même vœu !

Comme hier, notre première halte a lieu à l'est de Vik où une courte piste mène, côté mer, au pied de Hjörleifshöfdi, un promontoire rocheux de palagonite posé tel une île au bord de l'océan.

En gravissant les 232 mètres de dénivelé qui nous séparent du sommet, nous sommes frappés par le contraste saisissant entre les pentes verdies de lupins et la vaste étendue de sable noir, totalement désertique, aux alentours.

Appelée "sandur" en islandais et dans ce cas particulier, Myrdallssandur, cette morne plaine a été formée par la projection de matériaux provenant du volcan caché sous la calotte glaciaire du Myrdallsjökull.

La balade a également un objectif historique. Au sommet se dressent un tumulus ainsi que la tombe de Hjörleifur, Viking norvégien et deuxième colon à s'être installé en Islande, tué en 875. Je signe le livre d'or !

Tout en poursuivant, nous profitons de la vue qui s'étend depuis le glacier Myrdall jusqu'aux aux falaises de Vik. En étant très attentifs, on devine les pitons rocheux de Vik.

Après avoir longé le bord de la falaise dressée telle une proue de navire échoué sur le sable, nous voilà de retour dans les champs de lupins au bout de deux heures !

Petit aparté à propos de ces plantes : originaires d'Ecosse, elles ont été introduites en Islande pour pallier à l'érosion des sols. Si elles ont effectivement reverdi de vastes zones, elles nuisent désormais à la biodiversité de l'île. Comme les moutons ne les mangent pas en raison de leur goût amer, les lupins prolifèrent et bloquent la lumière aux espèces locales (mousses, lichens).

La région de Vik est tout particulièrement concernée par cette question. Ici la petite église du village cernée de lupins.

Autour de Vik, nous avons déjà vu le bord de mer depuis le centre du village ainsi qu'au bout de la Route 218, il manque l'extrémité de la Route 215 à explorer.

Au lieu-dit Reynisfjara, une plage volcanique noire, des falaises percées de grottes de basalte aux formes torturées et sans doute la meilleure vue à la fois sur les pitons rocheux de Reynisdrangur et sur le promontoire et l'arche de Dirholaye.

Après avoir parcouru les environs de Vik en long, en large et en travers, il nous reste une dernière expérience à faire et puisque nous avons quelques heures devant nous, allons-y ! Où ? A la piscine !

En Islande, chaque petite localité possède son Sundlaug (= piscine chauffée). Vik a donc bien sûr la sienne, chauffée mais en plein air. Après avoir acquitté quelques couronnes, l'accès au bain n'est possible qu'après le passage très réglementé par la douche comme le montre de façon très explicite le panneau à l'entrée. En effet, l'eau des piscines n'est pas chlorée, une hygiène irréprochable est donc demandée aux utilisateurs.

Il fait 10°, un soleil radieux et un ciel (encore) bleu ! Trois bassins sont à la disposition des baigneurs : le premier à 28° pour nager, le deuxième à 37° pour chauffer et le dernier à 40° pour bouillir ! Nous ferons l'impasse sur le dernier mais utiliserons sans modération les deux premiers.

Bien ramollis, le retour à la guesthouse se fait aujourd'hui de bonne heure (18 heures), ce qui nous laisse le temps de faire connaissance avec les autres hôtes : un couple islandais, un couple hollandais, deux couples allemands. C'est toute l'Europe réunie autour de la table pour un dîner traditionnel !

Une soirée sympathique qui fait momentanément oublier la pluie qui a commencé à tomber en début de repas !

Distance parcourue dans la journée : 100 km.



Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon J8 : Jeudi 4 juillet 2013

Notre séjour dans la région de Vik s'achève, nous migrons définitivement vers l'Est mais sans avoir réservé d'hébergement pour la nuit prochaine.

Hum, le bulletin météo n'est guère fameux ce matin : ciel 100% nuageux, pluie et 7 petits degrés seulement.

Dire que nous avons prévu une grande randonnée de 5 à 7 heures dans le parc national de Skaftafell, un projet qui pour l'instant est suspendu aux caprices du ciel. Mais sait-on jamais ?

En effet, en arrivant à l'entrée du parc national de Skaftafell vers 10 heures, les nuages ont l'air d'être un peu moins noirs, les gouttes un peu moins grosses même si l'état du ciel reste très incertain.

Après avoir étudié les différents itinéraires possibles, nous finissons par opter pour les parcours S6 + S5 sur la carte du parc, c'est-à-dire un aller jusqu'à Sjonarnipa Lookout et le retour par Svartifoss.

A 10 h 30, c'est parti. Altitude de départ : 100 mètres

La première partie de la randonnée se fait dans un sous-bois de bouleaux ce qui nous met à l'abri des gouttes tout comme ce lagopède alpin se cachant dans les fourrés.

11 h 30 : A Sjonarnipa Lookout (altitude 320 mètres), grâce à un vent d'Est, le ciel se déchire comme par magie laissant apparaître une trouée de ciel bleu pour la plus grande satisfaction de tous les photographes présents.

Vue spectaculaire sur la langue glaciaire du Skaftafelljökull.

Ce revirement des conditions météo remet en question nos choix initiaux. C'est le moment décisif : soit on revient au point de départ via Svartifoss et en moins d'une heure, la balade est pliée soit on poursuit pour faire un grand tour via Glama. Entre les deux, aucune alternative possible si jamais le temps se dégradait.

A gauche, la facilité, à droite peut-être la galère car on s'engage pour quatre heures au minimum alors s'il devait pleuvoir…! Alors, on y va ou pas ?

En voyant d'autres randonneurs prendre l'option Glama, on finit par céder à la tentation d'un grand tour. Au début, l'ascension est progressive, on a la pêche, tout va bien malgré un ciel de plus en plus menaçant.

Mais bientôt un vent fou latéral vient durcir les conditions.

Je m'accroche à mes bâtons, heureuse d'être lestée par mon sac à dos, sous des rafales de vent qui tentent à chaque instant de me mettre à terre.

Dès que le vent faiblit un peu, nous nous octroyons une petite pause. Un coup de barre… de céréales islandaises… et ça repart ! Laissant certains randonneurs loin derrière, nous atteignons Glama (680 mètres d'altitude) avec brio ! Il est 13 h 30.

Vue sur la coulée de glace s'étirant à nos pieds !

De Glama, le sommet du Kristinartindar (1126 mètres) offre une variante supplémentaire. Une guirlande de petits drapeaux himalayens avertit les éventuels candidats qu'il s'agit là d'un parcours de haute montagne.

Nous laissons par conséquent cette boucle aux marcheurs chevronnés, nous contentant d'admirer la montagne d'en bas sur la traversée d'Ouest en Est entre Glama et Nydrihnaukur (708 mètres)

Le vent chasse les nuages et le soleil darde ses rayons à intervalle régulier, illuminant la vallée de Morsadalur sur le flan Est de notre itinéraire.

En quittant les étendues de lande dénudées, en perdant de l'altitude et en pénétrant dans une zone arbustive plus abritée, nous allons même de tomber la veste.

L'arrivée à Svartifoss se fait en tee-shirt. Devant cette très belle cascade dégringolant sur des orgues basaltiques, il fait si bon et nos pieds sont tellement échauffés que nous ne résistons pas à les plonger dans le torrent.

Retour au parking à 17 heures après une superbe randonnée de 6 heures et demie, 18 km et 1100 mètres de dénivelé cumulé.

Une journée qui est loin d'être terminée puisque nous comptons rallier la lagune de Jökulsarlon, autre incontournable. En plus nous n'avons pas réservé d'hébergement pour ce soir. Ça promet !

Cinquante kilomètres plus à l'est : la fameuse lagune glaciaire dans une ambiance… polaire ! Dire que nous étions en bras de chemise une heure plus tôt, le climat islandais est vraiment imprévisible !

Mais cette grisaille rend la scène encore plus surréaliste : des icebergs d'un bleu lumineux se détachent du glacier à l'arrière-plan, flottent sur la lagune, s'entrechoquent et basculent parfois, puis dérivent inexorablement vers la mer.

Côté océan, ils finissent leur course en beauté. Durant quelques heures, la plage devient une vitrine pour ces œuvres éphémères dignes de Lalique.

Encore plus abstraite… à la Dali !

Fascinés par la beauté de ces sculptures de glace, on y passerait la nuit mais justement, à 19 h 30 il serait temps de se mettre sérieusement à la recherche d'un toit.

Nous décidons de filer directement vers Höfn qui, avec ses 1600 habitants, fait figure de grande ville à l'échelle islandaise. Il y a bien quelques opportunités sur le trajet mais on craint de perdre trop de temps à toutes les passer en revue avec le risque de se faire éconduire.

Néanmoins, une vingtaine de kilomètres avant Höfn, un panneau n'échappe pas à notre attention. "Rooms available" annonce-t-il mais on voit bien que c'est le genre de panneau en place toute l'année et non pas mis à jour quotidiennement.

Sans trop d'espoir, nous tournons malgré tout sur la route 984 en direction du lieu-dit Hoffel et de la guesthouse du même nom. "Sorry, we are fully booked" nous répond la propriétaire. Heureusement, j'ai le réflexe de lui demander si elle savait où nous pourrions trouver une disponibilité.

Un coup de téléphone plus tard, elle nous dirige vers la maison d'une amie : Birkifell Guesthouse qui comporte une cuisine, un salon, une salle de bains que se partagent trois chambres. Deux couples allemands de Leipzig y sont déjà installés. Nous héritons de la dernière chambre, la plus petite avec deux lits twin, mais vu l'heure, on ne va pas faire les difficiles, elle nous conviendra très bien.

Le petit déjeuner se prend sous la forme "make your own breakfast" avec tous les ingrédients fournis (y compris le pain chaud amené à 8 heures le lendemain matin). Petit bonus supplémentaire : le hot pot du hameau est inclus dans le prix.

On a vraiment eu de la chance de trouver si vite et si bien !

Distance parcourue dans la journée : 240 km.



Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte J9 : Vendredi 5 juillet 2013

Alors, que dit la météo ce matin ? Nuages bas, pluie, 11degrés… pas de quoi se réjouir ! Du coup, nous repoussons à 10 heures notre départ, laissant une chance au ciel de pouvoir se découvrir.

Entre temps, la pluie a effectivement faibli. Si randonner est d'ores et déjà exclu, rien n'empêche d'aller jeter un coup d'œil au lac glaciaire du Hoffelsjökull.

La lagune est très belle. Pourtant, à peine avons nous le temps de l'apercevoir qu'elle disparaît dans la brume et sous une pluie battante.

Mais comme en Islande, rien n'est jamais prévisible, voilà qu'en repassant à Hoffel, une brève amélioration va nous permettre de profiter du hot pot (celui compris dans le prix de notre hébergement).

Un cabanon pour se changer, cinq petits bassins ronds (37- 40°) au pied d'un rocher… et c'est le moral qui remonte en flèche ! Même le ciel a l'air moins triste !

Certes il reste couvert alors que nous rejoignons la petite ville de Höfn. Les montagnes à l'arrière-plan sont dans les nuages et le Vatnajökull invisible.

Mais pour l'instant, il ne pleut plus, ce qui nous permet une courte balade entre mer et marécages, derrière le port, l'occasion de nous intéresser à l'avifaune islandaise.

On a été étonnés du nombre d'espèces de canards en Islande, tout particulièrement en mer.

Ici des eiders à duvet.

Là un arlequin plongeur.

Beaucoup d'oiseaux marins aussi. Ici un huîtrier pie.

La météo reste inchangée dans l'après-midi et c'est sous un ciel toujours nuageux que nous continuons notre route vers l'Est, le long d'une côte découpée, battue par les vents et les flots. Un petit air de Bretagne, quoi !

Il est 16 heures quand nous atteignons le petit village de pêcheurs de Djupivogur. Ça tombe bien, c'est l'heure de goûter ou du moins de se réchauffer avec une boisson chaude au Langabud Kaffi.

Depuis Djupivogur, notre destination finale n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau mais comme le Dodge n'est pas encore équipé d'ailes, il faut faire tout le tour du Berufjördur soit une quarantaine de kilomètres encore.

Alors que nous nous enfonçons vers le fond du fjord, les nuages jouent à cache-cache avec les sommets, laissant tour à tour apparaître puis disparaître des reliefs fantomatiques.

Le ciel est toujours gris quand nous arrivons à Berunes Hostel, une auberge de jeunesse (pour gens de tous âges !) où nous avons réservé une cabine… "avec la meilleure vue du coin", nous précise l'aimable gérant.

Pour la vue, il faut se dépêcher car très vite, elle disparaît derrière un rideau de pluie. Heureusement, dans notre cottage bien douillet, nous sommes bien au chaud.

Mais rien qu'en allant du bâtiment principal à notre cabine après le dîner, nous rentrons trempés et toute la nuit durant, la pluie va continuer à tambouriner sur notre toit !

Distance parcourue dans la journée : 180 km.

J10 : Samedi 6 juillet 2013

Pluie encore et toujours au réveil. Pourtant le baromètre indique "change" ! L'espoir est permis !

En attendant, on traîne un peu, en s'attardant au petit déjeuner, en parcourant longuement le net, en étudiant consciencieusement le parcours des jours prochains jusqu'à ce que vers 10 heures quelques rayons diffus arrivent à fendre la couche nuageuse.

Vite, profitons de cette éclaircie momentanée pour reprendre la route !

Notre destination du jour se trouve dans le Mjoifjördur à 135 km seulement. Mais le trajet au gré des fjords (via les Routes 96 et 955) va être le prétexte à nombre de tours et détours. Comme d'habitude, il faudra composer avec l'état du ciel et aujourd'hui avec la force du vent pour improviser des arrêts en conséquence.

Le premier détour est d'ailleurs un coup pour rien : sur la 964, la vallée de Fagridalur est noyée dans la brume, randonner dans ces conditions n'a pas de sens. Poursuivons !

A Breiddalsvik, clic clac, une photo de la plage entre deux gouttes ! Bref, passons !

A Stodvarfjördur, jetons un œil à la collection de minéraux de Petra, un passe-temps amusant mais pas incontournable. Seul avantage : la possibilité de s'abriter de la pluie. Continuons !

A Fakrusfjödur, c'est l'occasion de s'attarder un peu afin de saluer la mémoire des pêcheurs français d'Islande, ceux célébrés dans le roman de Pierre Loti.

Le village a été à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle l'un des principaux ports d'attache des marins français en Islande alors que les campagnes de pêche françaises connaissaient une apogée entre 1880 et 1914. Les dernières goélettes françaises ont gagné Fakrusfjördur jusqu'en 1930.

La mer a exigé un lourd tribut de ces hommes et 49 d'entre eux reposent ici dans ce petit cimetière marin.

Leurs noms sont gravés dans la pierre, accompagnés d'un poème de Cantel. "Elles étaient une centaine, Qui s'en allaient tous les printemps, Au gré des flots, au gré des vents, Là-bas, vers l'Islande lointaine."

Un moment d'émotion dans un décor grandiose magnifié par la brève apparition du soleil.

D'un fjord à l'autre, le spectacle est à la fois permanent et différent au gré du vent apportant son lot d'averses ou d'éclaircies.

Pour sortir apprécier le paysage, il faut veiller à bien retenir les portières de la voiture (le loueur n'a pas manqué de nous avertir), le vent a vite fait de les arracher.

Il vaut mieux être bien couvert aussi, ce mouton l'a bien compris.

A Reydarsfjördur, le fjord le plus controversé depuis qu'une gigantesque aluminerie s'y est installée, notre itinéraire s'écarte de la côte, rentre dans les terres puis une vingtaine de kilomètres plus au nord, se dirige à nouveau vers l'est, sur la 953, en direction de "notre" fjord, le Mjoifjördur où nous avons réservé deux nuits.

Il est déjà 14 h 30, l'heure de nous accorder une pause pique-nique car le trajet jusqu'au bout du fjord est réputé à la fois difficile et pittoresque. La trentaine de kilomètres risquent de nous prendre un certain temps.

Bien que référencée en tant que route – ce qui permet à tout véhicule de l'emprunter – il s'agit bien d'une piste en terre, cahoteuse, grimpant à 600 mètres au dessus du niveau de la mer, flanquée de congères encore bien épaisses pour la saison. Elle n'est praticable que depuis quelques semaines. Au col, la trace laissée par le chasse-neige dans l'épaisseur du manteau neigeux est aussi nette qu'une tranche coupée dans un gâteau glacé.

Alors que la route n'en finit plus de monter, voici enfin la vue de l'autre côté, sur le fjord.

En lacets serrés, palier par palier, tout en suivant le cours d'eau, la piste rejoint ensuite le bord du fjord.

Partout, des eaux tumultueuses dévalent en cascades, creusant des terrasses sur ces falaises verdoyantes.

Enfin, arrivée au niveau de la mer, la route suit la côte jusqu'à Brekkuthorp (Brekka pour faire court) en passant devant cette épave.

Brekka : quelques maisons autour d'un port minuscule, 40 habitants, une école transformée en guesthouse en saison et sur les hauteurs, deux cottages en pin. C'est l'un d'eux que nous avons réservé pour deux nuits.

Entre mer et montagne, sa situation au calme et son aménagement cosy dépassent nos attentes. Nous multiplions les "Whaouh !"

Promis demain, on vous fait visiter car ce soir, nous sommes très occupés… à faire tourner le linge dans la machine, à déguster des moules tout en savourant la vue et à faire une promenade vespérale vers le petit port.

Le ciel relativement dégagé à notre arrivée s'est à nouveau couvert en soirée. Mais à 3 heures du matin, Hervé m'annonce qu'il fait très beau. Alors vivement demain !

Distance parcourue dans la journée : 195 km



Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur J11 : Dimanche 7 juillet 2013

85 % de ciel bleu au-dessus du fjord et malgré un vent assez fort, la promesse d'une très belle journée en perspective !

Vue depuis notre cottage ! (Le vent crée des vagues dans le fjord)

Alors que nous sommes attablés devant notre petit déjeuner (self catering), un randonneur accompagné de son chien est déjà en train de grimper vers les hauteurs derrière notre cabine.

Nous avons prévu nous aussi de randonner mais sans avoir rien réellement planifié.

A l'extrémité de la rive nord du fjord, nous avions repéré qu'un sentier reliait le phare de Dalantagi au hameau de Skalanes. Peut-être une opportunité ?

C'est donc cette direction que nous prenons aussitôt le petit déjeuner avalé.

Les quinze kilomètres de piste jusqu'au deuxième plus ancien phare d'Islande nous dévoilent nombre de cascades et de vallées inattendues.

Mais le sentier envisagé, escaladant des falaises abruptes, nous semble trop périlleux. Alors, changeant notre fusil d'épaule, nous préférons revenir à Brekka pour suivre les traces de notre randonneur matinal.

Le sentier qu'il a pris relie Mjoifjödur au fjord voisin de Seydisfjördur en 18 km aller/retour soit 8 heures de marche.

Vu l'heure (bientôt midi) nous n'avons pas l'ambition de faire l'intégralité du parcours. La gérante de la guesthouse nous a prévenu qu'il restait beaucoup trop de neige en altitude, nous devrions sans doute nous arrêter bien avant le col. Par conséquent, l'objectif consiste tout simplement à monter le plus haut possible, à profiter de la vue puis à revenir.

Après quelques errements au départ dus à une balise mal placée, nous finissons par trouver les piquets aux extrémités rouges délavées qui nous conduisent à travers une lande buissonneuse jusqu'aux premiers névés dans un cirque glaciaire aux allures pyrénéennes.

Altitude : un peu plus de 300 mètres.

Les toutes premières plaques de neige se traversent facilement mais bientôt, la pente devient trop raide, le parcours trop périlleux sur des névés prêts à céder sous nos pas. Il est plus prudent de nous arrêter là, au pied d'une cascade.

C'est pourtant depuis le haut de la falaise que nous voyons dégringoler notre homme et son chien. Randonneur aguerri, connaissant parfaitement le terrain, cet Islandais vient de boucler la randonnée dans son intégralité. Bravo !

Quant à nous, nous profitons de la vue, du soleil, de la douceur avant de retrouver Brekka où entre temps, le vent est complètement tombé.

Et… il n'y pas que le vent qui soit tombé ;-)

Très belle balade (3 heures AR) malgré un petit goût d'inachevé. Ah ! Que j'aurais aimé voir la vue depuis le col sur le fjord voisin ! Une prochaine fois…

En ce milieu d'après-midi, le thermomètre affiche 19 °. Un record… et troisième journée sans pluie depuis le début du voyage !

Fin d'après-midi à profiter de la terrasse et du confort douillet de notre petit chalet !

Distance parcourue dans la journée : 30 km

J12 : Lundi 8 juillet 2013

Nous quittons Brekka sans réservation pour les deux prochaines nuits, ce qui nous donne une petite marge de manœuvre bienvenue à ce stade de notre parcours.

En effet, le bulletin météo laisse apparaître une journée maussade pour aujourd'hui mais une journée exceptionnellement belle pour demain. Or pour atteindre la caldeira d'Askja, situé à 1000 mètres d'altitude au bout d'une piste réputée longue et difficile, il vaut mieux bénéficier des meilleures conditions. Nous reportons par conséquent notre crochet vers Askja d'une journée en improvisant une étape intermédiaire.

Cap sur Borgarfjördur eystri, le plus septentrional des fjords de l'Est.

La météo est fidèle à ce qui avait été annoncé : 9 degrés, ciel couvert, petit crachin !

Nous sommes donc tout étonnés de trouver du soleil plus au nord, dans la baie de Njardhvik à l'entrée du fjord de Borgar.

Mais cela ne va pas durer. Quelques kilomètres plus loin, alors que nous atteignons le petit village de Bakkagerdi, le soleil commence déjà à se voiler.

Il est midi, nous nous mettons immédiatement à la recherche d'un hébergement.

Atfheimar Guesthouse, indiquée par le Lonely Planet comme étant la meilleure adresse, est, sans surprise, complète. En revanche, on nous dirige vers Blabjörg Guesthouse où nous trouvons notre bonheur.

Située dans une ancienne usine à poisson entièrement rénovée, la maison flambant neuve offre 11 chambres se partageant 3 salles de bains, une grande cuisine et une salle de séjour avec télé et WIFI. Petit déjeuner sous la forme "make your own".

Certes, notre chambre n'offre pas la vue sur mer mais en arrivant sans prévenir, il ne faut pas être trop exigeant.

D'ailleurs, nous n'avons pas l'intention de nous attarder dans la chambre, nous partons aussitôt vers la passerelle d'observation de Hafnarholmi, au nord-est du village. Car, si nous sommes venus dans ce fjord du bout du monde, c'est pour eux… pour la colonie de macareux.

Ces fascinants petits oiseaux, au bec coloré en période nuptiale, qui creusent des terriers pour abriter leur famille, nichent en nombre ici (10 000 couples). A la mi-journée, beaucoup sont encore en mer mais on tentera de revenir plus tard.

En attendant et tout en conjurant le ciel gris, nous ne résistons pas à l'envie de randonner. La baie solitaire de Brunavik sera l'objectif de notre après-midi.

Le sentier pentu (365 mètres de dénivelé) monte vers la croupe du Brunavikurskard surmontée par les pentes rhyolitiques du Geitfell.

Le temps de reprendre notre souffle devant cette prairie spongieuse aux airs de bodefal bolivien, nous enchaînons avec une descente encore plus escarpée jusqu'à la baie.

Devant les sommets qui se couvrent sérieusement, Hervé propose de ne pas descendre jusqu'à la plage mais je tiens à poursuivre coûte que coûte. Moralité : mon obstination va nous coûter le retour sous une pluie battante. Pas cool !

Bilan : 4 km en 3 heures aller-retour avec 365 mètres de dénivelé mais aussi… 2 vestes, 2 pantalons, 2 paires de chaussures et de chaussettes… trempés !

Il n'y a plus qu'à rentrer à la guesthouse pour nous sécher et attendre des heures meilleures pour espérer revoir les macareux.

Vers 20 heures, le retour du soleil permet une nouvelle sortie, l'occasion de… - jeter un œil à cette maison traditionnelle - aller revoir les macareux - voir les sommets se parer d'une belle lumière orangée.

La météo confirme pour demain une journée exceptionnellement belle, partout en Islande. Alors Askja, nous voilà…

Distance parcourue dans la journée : 140 km



Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 J13 : Mardi 9 juillet 2013

100 % de ciel bleu, 12 degrés (mais beaucoup plus dans la journée) : à 8 heures nous sommes partis.

Direction Askja en longeant d'abord la rive Est de la rivière Jökulsa jusqu'à la Route 1 puis sa rive Ouest jusqu'à Bru par la 923.

A partir de là, les choses sérieuses commencent. Les photos parlent d'elles même.

Au début, il y encore un peu de vert !

Mais bientôt tout n'est plus que cendre…

Seul le panache de poussière d'un 4 x 4 anime de temps à autre cette étendue lunaire.

Puis, après le pont sur la Kreppa, voilà les interminables champs de lave… couronnés par la "Reine des montagnes", le Herdubreid (1682 mètres) visible à des kilomètres à la ronde.

Presque cinq heures seront nécessaires pour boucler le parcours avec une moyenne dépassant à peine les 30 km/heure. Il est 12 h 30 passées quand nous arrivons au refuge de Dreki, juste à temps pour le pique-nique.

Il fait 22 degrés et les rangerettes arborent leur uniforme d'été : short et petit tee-shirt. On dirait des plagistes !

Mais s'il souffle sur Dreki un air estival, plus haut sur le plateau d'Askja (altitude 1080 mètres), c'est encore l'hiver malgré un soleil radieux.

Les voitures doivent s'arrêter bien avant le parking habituel, la piste n'est pas praticable au-delà et le sentier menant aux lacs Öskjuvatn et Viti reste enfoui sous la neige. Heureusement, des piquets rouges guident le randonneur.

Dire que c'est une étendue de scories noires et rouges qu'il faut traverser habituellement, aujourd'hui c'est un tapis blanc qu'on foule jusqu'au cratère !

Ce sont des raquettes qu'il nous aurait fallu car la progression dans la neige n'est pas des plus aisées.

Allez, un dernier petit effort pour grimper sur la berge et admirer enfin les deux lacs.

Quelques précisions sur leur origine. Le cataclysme qui les a formés est récent, puisqu'il date de 1875. Le volcan projeta alors 2 km3 de téphra avec une violence telle que les débris atteignirent l'Europe continentale (notamment la ville de Stockholm). Les cendres empoisonnèrent quantité d'animaux dans tout le nord du pays. Le volcan n'étant pas éteint, une telle catastrophe pourrait se reproduire.

A l'issue de cette éruption, une chambre magmatique s'effondra, formant un cratère de 11 km2 qui se remplit d'eau pour devenir le lac bleu saphir d'Öskjuvatn (à l'arrière-plan sur la photo), le lac le plus profond d'Islande (220 mètres de profondeur).

Durant cette même éruption, un évent forma le cratère Viti, dont le fond est constitué d'un lac géothermique, aux eaux d'un bleu laiteux.

Le maillot de bains est au fond du sac mais la descente dans le cratère Viti est interdite, car trop glissante. Dommage, on aurait bien aimé tester cette eau sulfureuse à 28 degrés.

Alors il n'y a plus qu'à revenir sur nos pas pour retrouver la voiture après une randonnée de 3 heures.

A l'origine, nous avions émis l'hypothèse de dormir au camping de Dreki mais comme il est 16 h 15, nous avons tout le temps de rallier un endroit moins hostile. Une centaine de kilomètres nous séparent de la Route 1 et l'hébergement le plus proche semble être Grimsstadir. Sur place nous devrions trouver soit une chambre en guesthouse si nous avons de la chance, soit un camping aménagé.

La silhouette de la "Reine des montagnes" nous accompagne à nouveau tout au long de notre trajet sur la F88, se dressant tel un phare guidant le voyageur dans ce désert de dunes et de lave.

Au pied de la montagne la plus chère aux Islandais, ces rochers aux allures seychelloises nous retiennent un court instant avant de continuer par monts et par vaux jusqu'à Grimsstadir.

Alors aurons-nous de la chance ? Et bien oui, sur le pas de sa porte, Sigríður est heureuse de nous annoncer qu'il lui reste une chambre. Si ce n'est pas de la chance, ça ! En plus, cet hébergement est idéalement placé pour ce que nous prévoyons de faire demain.

Les propriétaires nous accueillent véritablement dans leur maison où ils louent en B&B leurs trois chambres. Celle que nous occupons est manifestement celle du couple propriétaire comme en témoignent les photos de famille sur les murs. Idem pour la salle de bains, c'est celle de la famille qui est mise à la disposition des hôtes.

Pour ce faire, Sigridur dort dans le bureau, son mari Bragi sur le divan du salon, leur fille et leur petite-fille dans une caravane à côté de la maison. En saison, toute la famille se sacrifie pour accueillir les touristes.

Fin de soirée à profiter de la terrasse et de la véranda de cette charmante demeure. Seul point noir : les mouches qui, avec l'arrivée de la chaleur, s'agglutinent autour et dans les habitations.

Car il fait toujours aussi beau et chaud. Aux dires des Islandais, c'est leur première vraie journée d'été et pour nous la quatrième journée sans pluie depuis le début du voyage.

Distance parcourue dans la journée : 335 km



Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur J14 : Mercredi 10 juillet 2013

Ciel couvert à 60 % mais déjà 18 degrés de bon matin (et le thermomètre grimpera encore).

Nous prenons congé de nos hôtes à 8 h 30 après un excellent petit déjeuner au cours duquel ils nous livrent quelques bribes de leur vie sur ce rude plateau en commentant des photos de leur maison enfouie sous 4 mètres de neige l'hiver dernier. Impressionnant !

Leur histoire a même fait la une du site Internet du Monde.

En tout cas, leur vaste propriété est très bien placée, tout particulièrement pour nous qui voulons explorer le parc national de Jökulsarglfur (partie Nord du Vatnajökull NP) avant de rejoindre les berges du lac Myvatn où nous avons réservé trois nuits.

Le parc national s'étend de part et d'autre du canyon de la Jökulsa, second plus long fleuve d'Islande.

Il renferme notamment, dans sa partie sud, la cascade de Detifoss, la plus puissante d'Europe. Mesurant 44 mètres de hauteur, elle voit s'écouler… 193 m3 d'eau par seconde ! Les embruns ainsi créés sont visibles à un kilomètre.

Il est possible d'observer la cascade depuis l'une ou l'autre rive. Néanmoins, la rive ouest offre le point de vue le plus large, alors c'est par la route 862 que nous l'abordons.

Sur le sentier menant du parking aux chutes, je suis intriguée par le ronronnement permanent d'un hélicoptère. Des touristes se seraient-ils fait déposer ? Non, bien sûr, c'est tout simplement le vacarme de la chute.

Cherchant un peu de calme sur les hauteurs, ces rochers propices à une réunion de druides nous invitent à quelques instants de méditation !

Puis, après avoir jeté un coup d'œil à Selfoss (une deuxième cascade), nous avançons vers le centre du parc où nous avons prévu de randonner. La route 862 bitumée jusqu'à Detifoss s'est transformée en piste truffée de nids de poule. Une heure pour parcourir les 20 km est une bonne moyenne.

Dans la large palette de possibilités sur l'ensemble du parc, nous avons retenu les parcours en boucle V5 + V6 dans Vesturdalur (9km, 3 heures).

Il est 11 heures quand nous démarrons du parking de Hljóðaklettar. Il fait 26 degrés, c'est le moment ou jamais de troquer le pantalon contre un short.

En surplomb de la tumultueuse Jökulsa, un petit chemin nous conduit jusqu'aux imposantes formations rocheuses de Karl og Kerling, l'homme et la femme en islandais. Je ne résiste pas à l'envie de les voir de plus près.

Selon la légende, ces pitons de basalte représenteraient un couple de trolls pétrifiés par le lever du jour, alors qu'ils regagnaient leur caverne.

En face, Tröllahellir, la grotte des trolls.

En complétant notre parcours par la variante V6, nous poursuivons dans des paysages champêtres à travers un bois de bouleaux nains tapissé de fleurs.

Un cheminement rythmé par le doux murmure d'un ruisseau ou le calme apaisant d'un étang. Encore une bien belle balade !

Cette "zen attitude" va bientôt nous quitter car nous n'avons plus que très peu de carburant. Heureusement au nord du parc se trouve (en principe) une station d'essence. C'est un peu fébriles que nous roulons à l'économie dans la direction d'Asbyrgi, plein nord.

Mais la route 862 prend fin et toujours pas de pompe à essence, sur la 85, pas plus. Ce n'est qu'en tournant finalement sur la 864 que nous la trouvons. Ouf ! Nous voilà sauvés !

Ainsi ravitaillés, nous pouvons poursuivre cette fois sur la rive Est du parc national. Passant très à distance du canyon, cette piste poussiéreuse (qui est pourtant une route) ne devient réellement intéressante que dans sa partie sud, quand elle se rapproche de la gorge à la hauteur de Hafragilfoss et Detifoss.

Hafraglifoss : encore des chutes ? Oui, mais quelles chutes… époustouflantes !

Et nous revoilà à Detifoss, vue de la rive Est… impressionnante aussi !

Ainsi la boucle est bouclée. Il nous reste à rejoindre notre étape sur les rives du lac Myvatn (le lac des mouches) où nous avons réservé trois nuits, mais pour une question de disponibilité, dans deux hébergements différents.

Ce soir, ce sera une nuit à Vogafjos Guesthouse, sur la rive Est du lac. En dépit de l'appellation de "guesthouse", son organisation et ses prix sont plus proches de ceux d'un hôtel. Nous y sommes cependant accueillis de façon très personnalisée par un employé ayant à cœur de nous détailler, plan à l'appui, tous les incontournables de la région. Il y a donc indéniablement matière à occuper deux journées pleines.

Nous nous installons confortablement dans une très grande chambre (configuration rare en Islande) avec salle de bains privée avant un bon dîner dans leur "Cowshed Cafe" qu'une baie vitrée sépare de l'étable de la ferme mitoyenne. Original !

Après deux jours de beau temps, la pluie finit par s'inviter en soirée. Grrr !

Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres.



Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles J15 : Jeudi 11 juillet 2013

Sur les rives du lac Myvatn… c'est le déluge ce matin et au petit déjeuner le sujet est dans toutes les conversations. Va-t-il seulement y avoir une amélioration dans la journée questionnent les touristes inquiets ? Pas vraiment alors… il faudra faire avec !

Comment ? D'abord repousser l'heure du check out au maximum, en l'occurrence jusqu'à 10 heures.

Ensuite en profiter pour passer un moment à la laverie. Pas de chance, ici on donne son linge à laver chez Daddy's Pizza et on revient le chercher deux heures plus tard.

Un peu de shopping pendant ce temps ? A Reykjhalid, le village voisin (200 habitants), à part la petite supérette, il n'y a rien. Pourtant, c'est ici que nous avons fini par dénicher les fameuses barres de céréales Matarkistan que nous recherchions désespérément dans tous les supermarchés depuis le début de notre voyage. Nous n'avons donc pas perdu notre temps.

Un bain à la piscine ? En plein air ? Avec toute cette eau qui tombe du ciel, non merci !

Une randonnée ? Pas enthousiasmant sous cette pluie diluvienne !

Il nous faudrait un endroit couvert ! Une grotte peut-être ? Justement, il y en a deux, listées dans nos points d'intérêt : Storagja et Grjotagja. Bon, avouons qu'on n'a pas trouvé ça transcendant. Le seul intérêt, c'est que non loin de là, on peut observer un fossé d'effondrement, clairement visible dans le sol. Celui-ci correspond à la frontière entre les plaques eurasienne et américaine, à la limite desquelles se situe l'Islande.

Impressionnantes ces vapeurs s'échappant des entrailles de la terre !

Deux heures se sont ainsi écoulées, il est temps de récupérer notre paquet de linge et comme il pleut toujours, il n'y a rien de mieux à faire que le check in dans notre prochain hôtel. Celui-ci se trouve sur la rive Sud du lac dans le petit hameau de Skutustadir. Nous y avons retenu les deux nuits suivantes.

Il y a moins de 15 kilomètres jusqu'à l'hôtel Gigur, un hôtel de 37 chambres, plutôt prisé par les groupes, principalement de Japonais. Nous emménageons dans une petite chambre avec lits twin (configuration très fréquente en Islande), à la décoration un peu vieillissante mais très bien placé au bord du lac et au pied d'une zone de pseudo-cratères.

Il est 13 heures à peine, le temps est toujours aussi triste alors en attendant, plongeons-nous dans un bon roman de l'Islandais Indridason. Ambiance !

15 heures passées : on dirait que ça s'arrange un peu côté météo, il ne pleut presque plus, vite sortons ! Certes ce n'est pas le grand beau temps mais une courte balade (une petite heure) autour des pseudo-cratères va nous faire le plus grand bien.

Ici aussi, ces phénomènes géologiques ont été formés par des explosions de vapeur provoquées par l'entrée en contact de la lave en fusion avec le lac.

Le ciel laiteux n'étant pas très photogénique, concentrons-nous plutôt sur ce qui se passe au ras du sol.

Côté flore… des véroniques des rochers (Veronica fructicans) et des ? (à identifier)

Côté faune… une famille de canards siffleurs ! Des phalaropes à bec étroit Une sterne arctique

En effet, le lac constitue un excellent terrain d'observation pour les passionnés d'ornithologie.

Après cette petite mise en jambe, la météo étant égale à elle-même, ni pire ni meilleure, nous décidons de rejoindre en voiture le nord-est du lac, riches en sites géothermiques.

Mais 20 kilomètres plus au nord, avec 300 mètres d'altitude supplémentaires, à l'extrémité de la route 863, le site de Krafla est complètement dans "la ouate". On ne voit pas plus loin que le capot de la voiture. Après un rapide coup d'œil au cratère Stora-Viti, hop, demi-tour.

En perdant un peu d'altitude, du côté de Hverir/ Namafjall, nous passons sous la couche nuageuse, c'est sans doute le moment le plus favorable pour explorer cette zone géothermique.

D'abord cantonnés aux sources chaudes et marmites de boue les plus proches du parking par crainte de nous enfoncer dans la glaise collante, nous nous enhardissons peu à peu pour finalement grimper jusqu'au sommet du Namafjall (430 mètres d'altitude) "pour un magnifique panorama" indique notre documentation.

Là-haut, en guise de panorama ce sera… purée de poix !

Mais quand la purée se disloque, elle laisse apparaître une pente aux tons ocres percée de colonnes de vapeur et surmontée d'une cheminée dressée telle une forteresse au-dessus de cette plaine colorée.

La visibilité est même suffisamment bonne pour nous permettre d'assister à l'arrivée d'une interminable caravane de camping-cars. Manifestement, certains n'aiment pas voyager seuls.

Nous, on apprécie la solitude au sommet du Namafjall, mais nos chaussures beaucoup moins ;-) Elles porteront encore pendant quelques jours les stigmates de cette palette de couleurs.

Après cette dure journée côté météo, on aura bien mérité une bonne pizza chez Daddy's ! Il pleut à nouveau en sortant…

Distance parcourue dans la journée : 60 kilomètres.



Du lac Myvatn à Husavik J16 : Vendredi 12 juillet 2013

9 degrés et ciel nuageux à 99 % ! Nous sommes bien décidés à profiter immédiatement du 1 % restant.

A 7 h 50, nous démarrons le Dodge. Dix minutes plus tard nous le garons au pied du Vindelgarfjall (altitude 529 mètres). Or il ne reste déjà plus que 0,5 % de ciel bleu et il y a 250 mètres de dénivelé à gravir ! A la course avec les nuages, nous ne sommes pas sûrs de gagner.

En effet, ils enveloppent rapidement la montagne et quand nous arrivons au sommet à 9 h 04, on n'y voit… rien, nada…

Seuls un tas de cailloux et un livre d'or en guise de repères !

Mais un proverbe islandais ne dit-il pas "Si le temps ne te plaît pas, attends cinq minutes…" alors on attend cinq minutes mais rien ne se passe, dix minutes, rien non plus.

J'en profite pour laisser mes impressions dans le livre d'or. Hervé s'occupe à photographier une fleur enveloppée de rosée. Quelle délicatesse !

Quinze minutes se sont maintenant écoulées et la vue est toujours aussi bouchée. Mais alors qu'on s'apprête à redescendre, tout à coup, à la vingtième minute, le miracle islandais se produit.

Tel un mirage, l'étendue du lac Myvatn nous apparaît… d'abord furtivement puis un peu plus nettement !

Mais rien ne dure jamais longtemps ici. Au cours de la descente, la pluie fait son retour et le temps d'arriver à la voiture, le ciel est durablement plombé. C'est un temps à rouler, alors roulons ! Cinquante kilomètres nous séparent de Husavik, au bord de la mer. Peut-être qu'il y fait meilleur !

Meilleur ? Je crois qu'il y fait encore plus mauvais. La pluie pénétrante nous refroidit jusqu'aux os. Seule solution : nous réfugier au café Gamli Baukur pour trouver un peu de chaleur.

Husavik est devenue la destination prisée des amateurs de cétacés. Plusieurs compagnies y organisent des sorties d'observation. Nous hésitons mais finalement le froid, la pluie et l'éventualité de ne pas en voir nous en dissuadent.

A la place de cette excursion, nous préférons continuer encore un peu plus au nord de Husavik, toujours avec l'espoir qu'il y fasse meilleur, mais aussi parce qu'on y trouve des falaises côtières riches en fossiles.

Quelques spécimens, mélanges de coquillages fossilisés et de lignite, retiennent notre attention.

Mais je suis transie de froid. Pour tenter de nous réchauffer, nous faisons quelques pas sur la plage de galets, tout en découvrant des œuvres de la nature, comme vernies par la pluie.

Seul un nouveau passage au café de Husavik (Skuld Cafe, cette fois) nous fera oublier provisoirement le mauvais temps. Pourtant, en ressortant, on a l'impression d'une légère amélioration, ce qui nous permet un petit tour dans le port.

Mais cette amélioration n'est que passagère, la pluie nous accompagne jusqu'à notre retour à Myvatn où… c'est le comble… il fait beau !

Nous passons alors la soirée sur la péninsule de Höfdi et Kalfaströnd où le soleil de cette fin d'après-midi donne une toute autre teinte au lac, ragaillardit les oiseaux et redonne le sourire aux touristes.

Cette journée aura donc mieux fini qu'elle n'a commencé ! Deuxième nuit à l'hôtel Gigur.

Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres

J17 : Samedi 13 juillet 2013

Cette dernière matinée dans la région du lac Myvatn s'annonce plutôt bien. Il fait beau, avec 50 % de ciel bleu et 9 degrés.

Nous avons encore quelques heures à consacrer aux alentours, ce soir nous avons une réservation à Akureyri pour deux nuits.

Nous espérions monter au Hlidrafjall (771mètres) mais malheureusement la piste repérée ne permet pas de s'approcher de la montagne autant qu'on ne l'espérait. Or ce matin, nous n'avons ni le temps ni la motivation pour faire une longue marche d'approche avant l'ascension proprement dite.

Par conséquent, changement de plan afin de retourner du côté de Krafla que nous avions seulement entraperçu il y a deux jours. Aujourd'hui, nous comptons suivre à pied le parcours de Leirhnjukur (5 kilomètres, 1 h 30)

Le Krafla est un volcan central d'un diamètre de 20 kilomètres, caractérisé par un ensemble de fissures s'étendant sur un axe nord-sud et cachant une immense chambre magmatique. Il s'agit d'une zone active, la dernière éruption date de 1984. L'élévation actuelle du sol laisse entrevoir une éruption prochaine, le site est sous surveillance permanente.

Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'impression d'être au commencement du monde.

Les merveilleuses couleurs des sources chaudes ! Les vapeurs odorantes des solfatares ! Des fissures béantes ! Des boursouflures brûlantes ! Un brasier rougeoyant ! Un âtre encore chaud ! Un chaudron fumant !

C'est véritablement un site fascinant et c'est sur ces impressions que se termine notre séjour à Myvatn. Le temps ne nous a guère gâtés, mais il a eu un avantage, celui d'éloigner les mouches qui rendent parfois toute sortie insupportable sans filet de protection. On a au moins échappé à ce fléau !

Il est 10 heures. Cap sur Akureyri mais pas sans un petit arrêt à Godafoss afin de mettre la chute des dieux dans la boîte.

Trois heures plus tard, nous arrivons dans le centre d'Akureyri qui, en dépit de ses 17 000 habitants seulement, est pourtant la deuxième plus grande ville du pays. Un petit tour dans la ville avec son église moderne, son centre pavé et ses maisons colorées et son café "Amour" !

Puis une petite balade dans la réserve naturelle de Krossanborgir au milieu des rochers de granit survolés par des mouettes qui poussent les mêmes piaillements que leurs congénères bretonnes.

Nous continuons encore 22 km plus au nord jusqu'à Hjalteyri pour qu'Hervé repère l'endroit où il a rendez-vous demain. Car si nous avons fait étape à Akureyri, c'est pour lui, parce qu'il a l'intention d'expérimenter la plongée en combinaison étanche dans les eaux froides de l'EyjafJördur.

C'est dans une ancienne fabrique de harengs qu'Erlendur Bogason a installé son centre de plongée. Il est le découvreur d'un cône géant de 55 mètres s'élevant du fond de l'océan et crachant de l'eau bouillante, surnommé Strytan, ainsi que de nombreux autres sites répartis sur l'ensemble du fjord qu'il explore depuis plus de 20 ans. Il y a donc de quoi faire !

Après avoir mis au point avec lui les grandes lignes de la journée de demain, il est temps de rallier notre guesthouse située au sud de la ville, dans le hameau de Leifsstadir, dans une grande maison où nous avons réservé une chambre avec salle de bains privée.

C'est sans doute l'une des plus grandes chambres que nous ayons eue en Islande.

Pour le dîner, nous préférons sortir. A Akureyri, il y a l'embarras du choix mais en nous fiant au guide LP, nous choisissons Bautinn, un bon choix effectivement !

Après plusieurs journées bien arrosées, cette journée sans pluie a été bienvenue, c'est la cinquième depuis le début de notre séjour.

Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres.



Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur J18 : Dimanche 14 juillet 2013

Nous avons fait lever notre hôte plus tôt que d'habitude afin de nous servir le petit déjeuner dès 7 heures au lieu de 8. Hervé doit effectivement être sur son lieu de plongée à 8 h 15, or il se trouve à 30 kilomètres de notre hébergement et il faut traverser toute la ville d'Akureyri.

Mais à cette heure-là et a fortiori un dimanche, il n'y a guère de circulation, nous sommes même en avance.

Il fait 8 degrés, le ciel est couvert au dessus du fjord mais au large il fait beau. Le tout est de savoir qui des nuages ou du ciel dégagé aura le dessus.

Hervé est un peu anxieux. Après une initiation de deux heures en fosse à Paris avant de partir, c'est la première fois qu'il plonge en combinaison étanche en mer.

Un peu fébrile, il enfile plusieurs couches successives (caleçon, sous-pull, chaussettes et chaussons en laine) avant de rajouter une sorte de grenouillère. Par dessus l'ensemble, il ajuste l'ultime combinaison dans laquelle il ressemble à un véritable Bibendum.

Avec son bonnet rouge… un petit air de Cousteau !

Je le laisse ensuite entre les mains d'Erlendur en prévoyant d'être de retour vers 15 heures.

Deux plongées successives sont prévues, dont une à proximité de la petite île de Hrisey en compagnie d'une équipe de chercheurs californiens chargés d'étudier la qualité des eaux des fameuses résurgences.

Quant à moi, je monte sur les hauteurs de Kjarnaskogur et pendant que le linge tourne dans le lave-linge du camping, je me promène dans les bois… pendant que le loup n'y est pas !

Puis j'en profite pour refaire une beauté au Dodge. Il faut savoir qu'en Islande, on peut laver gratuitement son véhicule dans toutes les stations service. Je lui offre en plus pour quelques couronnes un nettoyage intérieur. Il brille maintenant comme un sou neuf ! Mais jusqu'à quand ?

Avec toutes ces occupations je n'ai pas vu le temps passer. Il est déjà l'heure d'aller récupérer mon plongeur. Alors comment cela s'est-il passé ?

Je lui laisse la parole :

Après une remontrée de tout le fjord jusqu'à la pointe Nord de l'île de Hrisey, heureusement par mer d'huile, nous voici ancrés à quelques encablures de la côte.

La combinaison qui s'avérait inconfortable sur terre devient un véritable carcan une fois immergée. Tous les mouvements demandent un effort et les amplitudes sont très limitées.

L'insufflation d'air dans la tenue pour permettre l'équilibrage aggrave encore la situation qui devient difficilement gérable d'autant qu'il s'agit d'une plongée très peu profonde et qu'il faut en permanence rééquilibrer.

Bref, les difficultés techniques ont rendu cette première plongée en océan arctique moins agréable que prévu.

Heureusement qu'Erlendur ne me quitte jamais très longtemps, toujours prompt à m'aider car je n'ai manifestement pas assez de lest malgré les 18 kg de plombs accrochés un peu partout sur ma combinaison.

Pour ce qui est du fond, il se compose d'algues rouges et vertes, d'éponges et d'étoiles de mer et ce pour quoi nous venus ici : des résurgences d'eau chaude dissimulées dans des failles.

Les chercheurs introduisent des sondes dans les failles et recueillent des échantillons d'eau pour étude ultérieure.

Au bout d'une demi-heure et après avoir eu mon premier essoufflement sous l'eau après quarante ans de plongée, Erlendur me ramène à la surface en laissant les chercheurs terminer leur travail.

Nous rentrons à la base sur un océan agité. J'ai le mal de mer.

Une fois à terre, tout va mieux ! C'est aussi l'heure du déjeuner. Erlendur nous sert une soupe maison et nous fait goûter de la truite fumée au crottin de cheval. Délicieux !

Finalement nous annulons la deuxième plongée.

Par conséquent, quand je le rejoins à 15 heures, Hervé m'attend déjà depuis plusieurs heures. Mais loin de s'ennuyer, il en a profité pour visiter la salle d'exposition qu'Erlendur est en train d'aménager. Il a ensuite assisté, dans un local voisin, aux répétitions d'un groupe musical pop très connu en Islande.

Pour ne pas rester sur une expérience inachevée, Erlendur lui propose une nouvelle plongée demain matin.

Dans cette perspective, nous réfléchissons immédiatement à une modification d'itinéraire pour les jours prochains. Au lieu du trajet Akureyri-Laugafell-Varmahlid par les pistes F821 et F752, nous improvisons une étape moins longue (Hervé risque d'être fatigué après sa plongée) en passant au nord par la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). De toute façon, la météo ne sera pas au top alors c'est sans regrets que nous abandonnons ce crochet vers les hautes terres.

Une fois le parcours défini, nous poursuivons l'après-midi au soleil à la terrasse d'un café avant de déambuler entre les parterres fleuris du jardin botanique.

Bien que le ciel soit resté couvert en matinée, c'était encore une journée sans pluie, la sixième depuis le début de notre séjour.

Distance parcourue dans la journée : 140 kilomètres

J19 : Lundi 15 juillet 2013

Nouveau réveil matinal et petit-déjeuner à 7 h 30. A 8 h 15, Hervé a rendez-vous avec Erlendur dans le centre-ville d'Akureyri, ce qui m'évite d'avoir à faire le trajet jusqu'au centre de plongée.

Le temps est maussade : 9 degrés et ciel couvert à 99 %. Le 1 % restant ne résistera pas longtemps, un petit crachin islandais va bientôt arroser le fjord.

Je reste alors confortablement installée dans ma chambre à surfer sur Internet avant de fermer les valises et de rejoindre le centre de plongée vers 10 h 30.

A 11 heures précises, le bateau pneumatique rentre au port. Mon plongeur de mari a l'air d'avoir le sourire !

Alors, raconte…

Cette fois-ci, je suis en compagnie d'une jeune plongeuse allemande et d'un plongeur tchèque.

Suite à l'expérience d'hier, je rectifie le lest ce qui me permet d'être beaucoup plus à l'aise et du même coup me réconcilie avec les combinaisons étanches.

L'eau est verte, il fait assez sombre à 15 mètres de profondeur, rendant les prises de vue d'une qualité médiocre. Le flash est impossible à cause du phytoplancton très dense.

Comme promis les poissons loups sont au rendez-vous, escortés par d'innombrables morues toujours en mouvement

Malgré leur aspect patibulaire et leurs dents proéminentes de carnassiers, ce sont des animaux inoffensifs qui vous regardent dans les yeux en attendant leur récompense.

Erlendur a prévu des coquillages, sortes de palourdes géantes que l'on trouve dans la région. Il nous expliquera par la suite que ces mollusques qui ont une croissance extrêmement lente sont probablement les animaux qui ont la plus longue durée de vie sur terre. Les plus gros spécimens ont plus de 200 ans !

Nous nous régalons du spectacle. En faisant le tour d'un massif rocheux, d'autres poissons loups viennent encore à notre rencontre et éclipsent tous les autres habitants des lieux.

Au bout de 50 minutes, c'est avec regrets que nous finissons par remonter à la surface où nous attendent des mouettes bien rangées autour du bateau.

Pour couronner le tout, sur le chemin du retour, notre embarcation croise la route d'une baleine à bosse. Nous sommes comblés !

Après cette belle expérience, nous continuons notre voyage vers d'autres horizons, en l'occurrence vers le Skagafjördur en faisant le tour de la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). Il est presque midi.

Pour ce soir, nous avons fait une réservation de dernière minute sur Internet à Hofsstadir Guesthouse. Quant au trajet, nous ne savons pas trop ce qu'il nous réserve, l'ayant lui aussi décidé tout récemment.

Sous une petite pluie intermittente, le parcours suit le plus souvent la côte, très découpée, nous dévoilant ici ou là :

… des falaises abruptes d'où dévalent des cascades bien fournies, … un phare orange fraîchement repeint, … des fonds de fjords sauvages, … une mer émaillée d'îlots (ici Malmey), … des villages de pêcheurs isolés (Dalvik, Olafsfjördur, Siglufjödur…) dont le plus mignon est sans aucun doute le dernier.

Siglufjördur (1280 habitants) au bord d'un superbe fjord, petit port de pêche naguère prospère, aujourd'hui petite localité paisible où il fait bon faire s'arrêter pour nos capuccino et expresso quotidiens.

Néanmoins, afin de réduire l'isolement de ces villages, la route passe à trois reprises par des tunnels. Le plus long (7 km) entre Olafsfjördur et Siglufjördur date de fin 2010 seulement. Avant, le trajet par les montagnes faisait plus de 50 km, il a été réduit à 15 km grâce à cet aménagement.

Le premier tunnel (3 km) entre Dalvik et Olafsfjördur est lui tout particulièrement impressionnant car très peu éclairé, très étroit, à une voie de circulation seulement. En cas de véhicule en sens inverse, il faut anticiper et se ranger dans des emplacements régulièrement prévus à cet effet. Alors que sur les routes islandaises, le trafic routier est dans l'ensemble très light, ici comme un fait exprès, il y a du monde !

Avec tous ces fjords à contourner et ces tunnels à traverser, il est 15 h 30 quand nous arrivons à destination à Hoffstadir, une jolie guesthouse qui a l'air toute neuve, dominant le delta marécageux du Skagafjördur.

Notre chambre avec lits twin et salle de bains privée n'a pas de vue sur l'estuaire mais donne côté opposé sur le parking et la montagne. En réservant en dernière minute, on ne peut pas tout avoir. Elle est cependant très agréable.

Le ciel est toujours couvert mais bonne nouvelle, il ne pleut plus, on va pouvoir se dégourdir les jambes : d'abord à travers champs et pâturages le long de la rivière puis jusqu'à la petite église perdue au milieu de nulle part, en tout près de 4,5 kilomètres.

A l'heure du dîner, le restaurant de la guesthouse est tout indiqué. Il prône une cuisine "slow food" à base de produits frais issus des fermes et des ports voisins. Le service semble lui aussi slow. En fait, le serveur nous a tout bonnement oublié, ce qui nous permet de contempler à loisir l'estuaire maintenant éclairé par le soleil.

Malgré cette attente, le dîner est à la hauteur, un réel plaisir pour les yeux et les papilles. Et pour se faire pardonner, on nous offrira le vin !

Fin de soirée à fignoler l'itinéraire de demain qui prévoit une nouvelle traversée des hautes terres par la route 35. Espérons que le soleil apparu tardivement aujourd'hui voudra bien nous accompagner tout au long de la journée !

Distance parcourue dans la journée : 190 kilomètres



Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll J20 : Mardi 16 juillet 2013

Grrr ! Ciel 100 % nuageux et malgré les 11 degrés affichés par le thermomètre, ce ne sont pas les meilleures conditions pour traverser les hautes terres, la vue risque d'être limitée. Mais puisque l'hébergement est réservé…

En effet, j'ai réussi à retenir il y a seulement deux jours une hutte à Kerlingarfjöll, un site parmi les plus spectaculaires du pays.

On y accède par la 35, une piste anciennement classée F mais requalifiée "route" depuis que des ponts enjambent tous les fleuves sur son parcours. Elle n'est en revanche pas bitumée, donc interdite aux berlines de location malgré son statut. Longue de 200 kilomètres, elle traverse les déserts centraux depuis les environs de Blönduos jusqu'à Gulfoss en grimpant jusqu'à 700 mètres d'altitude.

A 9 h 20, nous quittons Hofsstadir sous la grisaille. La couche nuageuse est basse, accrochée entre 200 et 500 mètres.

Dans ce contexte, au fil de notre avancée, les paysages apparaissent ou disparaissent au gré de l'altitude et avec elle, c'est notre moral qui grimpe ou qui chute selon le cas. A chaque fois qu'une légère amélioration se dessine, elle est immédiatement suivie d'un nouveau passage dans le brouillard sous une pluie fine.

Le désert semble plus hostile que jamais. On comprend alors mieux pourquoi cette région n'a été découverte qu'à partir du milieu du XIXème siècle puis véritablement explorée de façon approfondie qu'à partir de 1941.

Seuls quelques hors-la-loi en avaient fait leur domaine, trouvant dans ces vallées isolées un abri sûr. Leur souvenir hante encore certains lieux, notamment Hveravellir, première étape sur notre traversée des Highlands, que nous atteignons au bout de deux heures.

A 622 mètres, ce site géothermique fort prisé est aujourd'hui relativement épargné par les nuages et avec un peu de patience, on y verra même poindre une petite éclaircie.

Nous passons vite fait à côté des sources chaudes les plus proches et les plus convoitées (la Blahver, d'un bleu brillant, la Raudhver, d'un rouge brique et l'Öskurholhver qui émet un jet constant de vapeur) pour nous éloigner un peu jusqu'à l'Eyvindurhver, la source d'Eyvindur, éponyme d'un célèbre hors-la-loi qui se serait caché sur ces terres.

Sur un petit monticule se trouvent les ruines d'un abri où il se serait terré avec sa femme Halla. La mémoire collective islandaise continue à transmettre de nombreux récits relatant sa capacité à survivre dans des conditions extrêmes, sans se laisser rattraper par ses poursuivants.

Si sa cachette était sûre, la butte lui permettait sans doute aussi de surveiller efficacement les alentours. En tout cas, on y jouit d'une belle vue sur le désert et les colonnes de vapeur au loin.

Hveravellir possède également un magnifique bassin artificiel chauffé. Mais avec ce temps mitigé, personne n'a l'air tenté. Nous, non plus… alors poursuivons en direction de Kerlingarfjöll.

Situé à 700 mètres d'altitude au bout de la piste F347, le site abrite un refuge, un camping et quelques chalets et huttes au pied d'un massif réunissant une activité géothermique et des formations géologiques étonnantes.

C'est une de ces huttes que nous avons réservée. Bien qu'équipée d'une salle de bains privée, elle est vraiment rudimentaire pour le prix d'un hébergement… de luxe. Bref, un rapport qualité prix déplorable.

Espérons néanmoins que le site en vaille la peine ! Pressés de le savoir, nous prenons immédiatement la piste nous conduisant dans les hauteurs vers "la vallée aux fumerolles".

Depuis le parking, nous suivons, tels des funambules, une crête en dévers sur un sol détrempé et collant dans lequel nos chaussures s'enfoncent jusqu'à la cheville.

Le ciel hésite entre grisaille et éclaircie. Les volutes de vapeur s'échappant des vallons alentour contribuent encore à donner à l'ensemble un air mystérieux.

Un petit pont de bois marque l'entrée de cette vallée aux merveilles et comme dans la chanson d'Yves Duteil, "il ne tient plus guère que par un grand mystère et deux piquets tout droits".

Le soleil a réussi à avoir le dessus (en tout cas, momentanément) et ajoute à la magie des lieux.

Plus on avance, plus on a l'impression de se promener dans un four chaud où cuisent plein de bonnes choses : des petits pains dorés, des brioches blondes, des biscuits marbrés et des moelleux au chocolat.

Là, c'est nettement une charlotte juste démoulée dont on distingue parfaitement la rangée de biscuits à la cuillère.

Même les sommets ont l'air recouverts d'une bonne couche de nappage !

On aurait bien poursuivi notre quête dans cette vallée généreuse, mais les éléments vont vite briser notre délire gourmand. Une bonne pluie va doucher notre enthousiasme et nous ramènera, tout ruisselants et plus vite que prévu, dans notre hutte.

En tout cas, Kerlingarfjöll, avec ses paysages à nuls autres pareils, est assurément un de nos coups de cœur !

La journée se termine par une petite soirée conviviale dans la salle commune du refuge/camping remplie à 95 % de Français (principalement des campeurs) où chacun tente patiemment de faire chauffer sa gamelle pour un dîner bien mérité. Dehors un vent glacial balaie les hautes terres !

Distance parcourue dans la journée : 185 km.



De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) J21 : Mercredi 17 juillet 2013

Brrr, avec 6 degrés à peine, de la pluie et un temps complètement bouché, la journée s'annonce encore médiocre !

Dans ces conditions, ce n'est pas la peine de s'attarder à Kerlingarfjöll. Il vaut mieux s'avancer autant que possible afin de se rapprocher des fjords de l'Ouest, avec l'objectif d'arriver à Latrabjarg demain soir. Nous n'avons pas de réservation pour la nuit prochaine ni pour les quatre nuits suivantes. Cela nous donne une plus grande liberté d'organisation mais aussi un peu d'incertitude. Ce soir, nous devrions donc être au bord de la mer mais où ?

En attendant, cap au Sud en continuant la route 35.

Surprise ! Dès que nous passons au-dessous des 500 mètres d'altitude, le plafond nuageux se disloque par endroits et laisse apparaître à l'horizon de belles éclaircies. La journée s'annoncerait-t-elle moins maussade que prévu ?

Déjà au loin scintillent les eaux bleues pâles du lac Hvitavatn et le soleil éclaire les pentes noires des pitons alentour, rehaussant la couleur vert fluo des traînées de mousse sur leurs flancs.

Ce beau temps inespéré nous incite à pousser jusqu'au bout de la 35 afin de revoir la cascade de Gullfoss sous le soleil. Ensuite nous reviendrons sur nos pas pour prendre la F338 vers l'ouest.

C'est vrai qu'elle a une toute autre allure sous le soleil et mérite bien son nom de "cascade d'or".

C'est indiscutablement notre cascade préférée !

Après ce petit détour et un léger retour en arrière, nous nous dirigeons définitivement vers l'Ouest en empruntant la F338, une piste quasi rectiligne construite pour l'entretien d'une ligne à haute tension et appelée Linuvegur (vegur = route, linu = ligne). Longue d'une cinquantaine de kilomètres, c'est une voie très rugueuse réservée aux 4 x 4 en raison de deux gués à franchir dès le début. Il nous faudra deux bonnes heures pour la parcourir.

Malgré la présence des pylônes, cet itinéraire va nous réserver d'heureuses surprises.

Après les premiers kilomètres verdis de lupins, la piste traverse une étendue plus austère, plus dépouillée, plus lunaire alors qu'à l'arrière plan, un pic rocheux perce à travers l'étincelante calotte glaciaire du Langjökull.

Manifestement ici aussi la terre porte les stigmates d'une explosion volcanique d'ampleur comme en témoignent un peu partout ces roches éparpillées, torturées, fracturées.

Seules les mousses et quelques rares bouquets de silène arrivent à coloniser et à égayer cet univers minéral !

Un univers complètement inhabité si ce n'est par les trolls comme on peut l'imaginer en observant les traces de cette longue chevelure d'ébène se déployant sur les flancs du mont Hlödufell.

A moins que les occupantes des lieux ne soient ces pieuvres géantes jaillies des entrailles de la terre !

Quand les motifs géologiques finissent par se faire plus rares, le parcours devient un peu plus monotone. A défaut de compter les moutons, nous nous mettons alors à compter les pylônes et comme ils sont tous numérotés, en arrivant au 500ème, nous savons que nous avons atteint le carrefour avec la route 550.

Au croisement, un refuge de secours tombe plutôt bien. Il est 12 h 30, l'heure du casse-croûte alors si on pouvait se mettre à l'abri du vent... Dans le petit local, nous trouvons même un peu de vinaigre balsamique pour assaisonner notre salade. Toutes les zones isolées d'Islande sont équipées de ce type de refuge où un minimum vital est à disposition pour attendre les secours.

Le trajet se poursuit en remontant la vallée de Kaldidalur sur la route 550 (non bitumée) jusqu'à Husafell. Serpentant au pied d'une série de glaciers, la piste est très belle aussi mais moins remarquable que la précédente. Nous avons largement préféré la Linuvegur.

Au sortir de la petite localité de Husafell, deux séries de chutes (encore !) vont nous donner un prétexte pour une courte halte : Barnafoss, la "chute des enfants" (car des enfants y ont chuté) et Hraunfossar (la chute de lave).

La plus étonnante des deux est celle de Hraufossar avec ses innombrables filets d'eau jaillissant d'une multitude de failles sur un kilomètre et demi.

Un intermède bienvenu alors que nous sommes en route depuis six heures. Pourtant nous ne comptons pas en rester là, nous voulons continuer encore pendant quelques heures en direction de la route 60.

Les paysages sont maintenant plus doux, plus verts, plus agricoles et régulièrement ponctués de colonnes de vapeur témoignant de la présence d'une source chaude autour de laquelle se regroupent une ferme ou un hameau. Une énergie à portée de main !

Mais cette douceur de vivre ne saurait faire oublier ce qui se trame sous la chaussée ! Cratère en formation sur une route islandaise ;-)

Vers 17 heures, on en a plein les roues et en arrivant à la hauteur de Budardalur, on décide de s'y poser. Peu importe que le village et sa seule guesthouse – Dalakot Gueshouse- soient sans charme, il n'est plus question d'aller plus loin.

Après un petit tour en bord de mer (il fait 16 degrés), nous nous attablons au restaurant de la guesthouse qui, ce soir, ne sert que de la pizza. Ça nous convient parfaitement. Mais comme nous sommes dans un trou perdu, la carte n'est qu'en islandais. Nous nous amusons alors à en faire la traduction pour le plus grand plaisir de la patronne et pour les futurs touristes français qui passeraient par là.

On a ainsi appris que… ostur = fromage, skinka = jambon, laukur = oignon sveppir = champignon, olifur = olive, kjuklinkur = poulet

Distance parcourue dans la journée : 285 km



Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg J22 : Jeudi 18 juillet 2013

"It's a beautiful day" susurre la radio de bon matin. Pourtant, pour l'instant, c'est loin d'être gagné, le ciel est couvert à 100 %, il fait 9 degrés. La seule bonne nouvelle, c'est qu'il ne pleut pas… en tout cas, pas encore !

Ce soir, nous comptons être à la pointe la plus occidentale de l'Islande, au bord des falaises de Latrabjarg. Nous n'avons aucune réservation.

280 kilomètres nous séparent de notre destination finale alors à 8 heures, nous sommes déjà en route.

Devant nous défilent des prairies bien vertes, encadrées de falaises rocheuses aux faux airs de mesas américaines.

Les péninsules de l'Ouest sont des régions excentrées et isolées. Le trafic routier s'en ressent : pas une seule voiture croisée pendant les deux premières heures. Beaucoup de gens préfèrent le ferry pour se rendre dans cette région reculée.

Les seuls à nous regarder passer, ce sont les chevaux dans leur enclos et les moutons en liberté, toujours prêts à traverser devant nos roues.

La route 60 tournicote de fjord en fjord. Il n'y a pas un souffle de vent et l'océan a pris des allures de lac où se reflètent les flancs des montagnes environnantes.

Mais pour gagner du temps, la route saute parfois d'une rive à l'autre grâce à une digue, évitant ainsi un long détour jusqu'au fond de chaque bras. Si c'est déjà le cas du Gilsfjördur, à terme, plusieurs autres fjords seront ainsi enjambés, ce qui permettra le désenclavement de la région. Des travaux titanesques sont en cours. En témoigne la taille des véhicules de chantier !

A Flokalundur, nous quittons la 60 pour la 62 puis, après avoir longé la rive Ouest du lac Vatnsdalsvatn à la recherche de canards rares (sans succès), nous poursuivons jusqu'au carrefour avec la 612.

Ici nous sommes accueillis par un froid de canard et par un vent à décoiffer les moutons alors que nous apprêtons à jeter un œil à l'épave rouillée du Gardar.

La proue avec ses deux yeux tristes a l'air de faire la moue… un peu comme nous qui, avec ce froid, sommes obligés de pique-niquer dans la voiture, coincés entre le volant et la boîte de vitesse.

"Its a beautiful day" disait la chanson ? A la mi-journée, ce n'est pas encore gagné !

Et plus on avance vers l'Ouest, plus le temps se dégrade : nuages bas, brouillard et crachin persistants accompagnent notre arrivée dans la péninsule de Latrabjarg vers 14 h 30.

Avant toute chose, il est primordial de trouver un hébergement, il n'y en a pas légion dans le coin. Pourtant, à l'entrée de la péninsule, au lieu dit Hnjotur, la première guesthouse sur notre route – Hnjotur Guesthouse - affiche "rooms available" et en moins de deux, nous avons une chambre.

Le patron nous propose une prestation avec ou sans draps fournis. Comme nous avons trimballé nos sacs de couchage depuis le début, autant qu'ils servent enfin. Ce sera donc l'hébergement le moins cher de notre séjour mais pas le plus propre. Mais en n'étant pas trop regardants, c'est une bonne affaire. Cuisine et salle de bains partagées.

Une fois l'esprit tranquille, nous pouvons consacrer notre après-midi à la rencontre avec les macareux. Les falaises qui les abritent sont encore à plus de 20 kilomètres, au bout d'une piste étroite rasant par endroits le flanc de la montagne.

Malgré une bruine persistante et un brouillard tenace, les oiseaux sont au rendez-vous. On peut vraiment les approcher de très près (moins d'un mètre), on pourrait même les toucher si une ligne blanche tracée au sol ne nous tenait à distance raisonnable. Dans ce cas, la météo n'a pas réellement d'importance.

Pris au jeu, nous n'hésitons pas à longer toute la falaise sur un kilomètre mais en réalité les premiers oiseaux ne sont qu'à quelques pas du parking.

Alors était-ce une belle journée ? En voyant la mine réjouie des touristes, on peut le penser.

En tout cas, nous avons passé une excellente après-midi en compagnie de ces adorables oiseaux et fait l'une de nos expériences les plus réjouissantes en Islande, alors peu importe que la pluie redouble d'intensité et tombe à verse toute la soirée et toute la nuit.

Il ne faut parfois pas grand chose pour être heureux !

Distance parcourue dans la journée : 315 kilomètres

J23 : Vendredi 19 juillet 2013

Côté météo, ça ne s'arrange pas : il a plu toute la nuit et il continue encore à pleuvoir par intermittence en ce tout début de matinée.

A 8 heures, nous nous apprêtons à refaire en sens inverse le même trajet qu'hier. Nous sommes effectivement venus jusqu'ici uniquement pour les macareux et n'avons pas l'intention d'explorer davantage les fjords de l'Ouest. De toute manière, le temps a l'air encore plus pourri au nord. Espérons qu'en retournant vers le sud, nous trouverons des cieux plus cléments.

Nous voulions malgré tout commencer par une petite variante en poursuivant la 62 via Patreksfjördur puis la 63 jusqu'aux chutes de Dynjandi avant de refermer la boucle à Flokalundur. Mais les éléments vont contrarier nos projets.

Pourtant, tout commence par une timide éclaircie sur le fjord en quittant Hnjotur.

Une note d'espoir qui motive un premier détour jusqu'à Raudisandur que le guide LP décrit comme "une belle plage aux teintes rougeâtres, un lieu paisible, d'une beauté exceptionnelle". Elle est certes paisible mais noyée dans le brouillard, sa teinte tire plutôt sur le jaunâtre. Dans ces conditions, difficile de l'apprécier à sa juste valeur. Seule la jolie petite église noire nous console d'être venus jusqu'ici.

La suite n'est guère plus engageante. La route 62 – en réalité une piste en terre étroite, frôlant le bord de mer – devient si glissante et si dangereuse sous la pluie et dans le brouillard que nous finissons par abandonner l'idée d'aller jusqu'aux chutes de Dynjandi.

Au carrefour entre la 62 et la 60, nous repiquons immédiatement vers Flokalundur où nous entrevoyons du mieux au point de chausser nos boots dans le but de randonner dans la vallée de Surtrabrangil (fossiles) mais à peine avons nous fait trois pas que la pluie redouble. Nous jetons l'éponge !

Même trouver un bon café relève de l'impossible : dans celui de Brjanslaekur où se sont entassés tous les touristes attendant le ferry, ça ne sent pas la rose et dans le suivant, on ne sert que du jus de chaussettes.

Tant pis, dans ces conditions, on continue à rouler, il n'y a rien d'autre à faire, en dehors d'un nouveau pique-nique dans la voiture, or je déteste manger dans la voiture !

Enfin, après 14 heures, voilà qu'on entrevoit le premier rayon de soleil et comme par miracle, après Brjarkarlundur, la route est sèche. Le moral remonte en flèche.

Et si on restait par là ? J'avais repéré un hébergement et surveillé ses disponibilités : Vogur Country Lodge, isolé au fin fond de la péninsule de Fellströnd. Nous devrions y trouver notre bonheur.

Nous jetons alors nos dernières forces dans le trajet pour y parvenir, car il est encore à plus de 35 kilomètres de la route principale. D'ailleurs, il n'est pas évident à trouver, aucun panneau ne l'indique depuis la route et en arrivant sur place, nous sommes d'abord entrés dans une maison particulière avant de le trouver juste derrière.

C'est un hôtel flambant neuf, réouvert seulement depuis janvier 2013 après une rénovation complète. Nous avons la chance de tomber à la fois sur une grande et belle chambre mais en plus, avec une très belle vue.

Une juste récompense après une journée difficile !

Bien requinqués par cette excellente trouvaille et par une météo qui s'arrange un peu, nous passons la fin de l'après-midi sur la presqu'île de Dagverdarnes à marcher à vue au bord de l'eau, admirant au loin la péninsule de Snaefellsnes précédée par tout un chapelet d'îles et d'îlots.

Les contrariétés météorologiques de la matinée sont alors oubliées et elles le seront définitivement devant l'excellent filet d'agneau servi au restaurant du lodge. Un des nos meilleurs dîners en Islande !

Tout est bien qui finit bien !

Distance parcourue dans la journée : 380 km = notre étape la plus longue !



Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi J24 : Samedi 20 juillet 2013

Nous sommes si bien au Vogur Country Lodge que nous nous accordons volontiers une grasse matinée jusqu'à 8 h 30 et démarrons seulement une heure plus tard.

Direction le nord de la péninsule de Snaefellsnes, une région dominée par le célèbre glacier du Snaefellsjökull, immortalisé dans le "Voyage au centre de la Terre" de Jules Verne.

Nous n'avons pas de réservation pour ce soir mais quelques projets de visite et/ou de randonnée pour la journée, du moins si la météo nous le permet. En fonction de ce qu'il nous sera possible de faire, nous déciderons du lieu d'hébergement.

Au fait, comment est le ciel ce matin ? Couvert… pour ne pas changer, mais sans pluie… si ça peut nous consoler.

Il n'y a pas de vent non plus, ce qui fait qu'en arrivant à Stykkisholmur à midi, nous sommes tout étonnés de la douceur ambiante (12/14 degrés) nous permettant rapidement d'ôter nos vestes, ce qui n'était pas arrivé depuis des lustres.

Sous un rayon de soleil, le village et son petit port nous font bonne impression et c'est le cœur plein d'entrain que nous gravissons la colline menant au phare de Sugandisey d'où la vue porte sur toute la bourgade.

Sur les hauteurs de la ville, parmi les maisons typiquement marines se détache la silhouette futuriste de l'église. Intrigués, nous allons la voir de près. Son intérieur est étonnant : sobre et clair, il invite au recueillement pendant que l'orgue monumental diffuse ses sonorités chaudes.

En sortant de l'église, il fait toujours aussi doux et c'est enfin l'occasion d'apprécier un pique-nique en plein air, dans une clairière.

Profitons également de ce temps clément pour randonner. Le site de Selvellir a retenu notre attention, c'est une randonnée sans chemin et sans balisage, tiré du guide Rother. Les seuls éléments en notre possession sont les coordonnées du point de destination. L'ouvrage nous vante "un véritable eldorado pour le photographe" au milieu "de rochers de tuff bizarres".

Soit nous n'avons pas atteint le bon site, soit sa photogénie est toute relative. En tout cas, l'endroit atteint ne nous a pas fait l'effet escompté. Pas de rochers remarquables, juste une belle vue… mais surtout plein de mouches envahissantes !

Bref, pas vraiment de chance, cette fois !

Mais plus de chance une heure plus tard en atteignant le village de Hellisandur où arrivés sans réservation à 17 heures, nous prenons la dernière chambre de l'hôtel du même nom – Hellisandur Hotel - une grande chambre avec salle de bains privée, certes au rez-de-chaussée mais il ne faut pas trop en demander.

En revanche, moins de chance avec la météo car à peine arrivés, il se met à pleuvoir tout ce qu'il peut. Décidément, l'Islande n'a pas l'air d'avoir de déficit de ses nappes phréatiques !

Distance parcourue dans la journée : 225 kilomètres

J25 : Dimanche 21 juillet 2013

Aujourd'hui, nous poursuivons notre tour de la péninsule de Snaefellsnes. Nous n'avons pas de réservation pour ce soir. Tout dépendra de ce que nous pourrons faire dans la journée.

A ce propos…

Le vent s'est levé dans la nuit et continue à souffler très fort en ce début de matinée. Il a disloqué les nuages, donnant 30 % de ciel bleu. Manque de chance, notre trajet nous dirige vers les 70 % nuageux et aussitôt partis, la pluie se rajoute au vent.

Au début, ce n'est qu'une petite bruine qui ne nous empêche pas de profiter de la belle plage de Skarsvik et de son lagon bleu turquoise. Ah, si l'eau était chaude, ce serait un sacré spot !

Mais les gouttes s'intensifient et arrivés devant le phare de Svortuloft, nous nous contentons de le photographier depuis la voiture.

Devant celui de Öndverdarnes, nous prenons notre courage à deux mains pour faire un saut jusqu'aux falaises. Bilan : pour quinze minutes de sortie… trempés jusqu'à la moelle, si bien qu'en arrivant à Dritvik, je reste gentiment dans la voiture et envoie Hervé en éclaireur.

Alors ? Il me persuade d'en sortir pour aller admirer l'arche rocheuse, soupeser les pierres de levage et constater les dégâts d'un ancien naufrage.

Nos vestes sont dégoulinantes au retour et nous nous jurons de ne plus quitter la voiture avant qu'elles n'aient séché.

Mais quelques kilomètres plus loin, une nouvelle curiosité aura raison de notre sagesse. Nous enfilons nos vestes trempées afin de voir si les colonnes de pierre de Londrangar surgissent de terre ou des flots.

Ils surgissent bien de terre en bord de mer !

Nous nous engouffrons vite dans la voiture, chauffage à fond, jusqu'au point d'intérêt suivant.

A Arnarstapi, nous étions décidés à ne pas aller plus loin que l'arche rocheuse de Gatklettur, mais d'une colonne rocheuse à l'autre, sous une pluie pénétrante et contre un vent de face, nous nous laissons porter par l'ambiance tempétueuse pour finalement longer toute la falaise jusqu'au petit port.

Le guide LP a raison de préciser que cette balade est encore plus fascinante sous la pluie mais on aurait quand même préféré la faire sous le soleil J

Après un capuccino brûlant, reprenons la route. Dire qu'il y a quelque part au dessus de nos têtes, une couronne glaciaire dont on n'aura pas vu la couleur. A peine si l'on distingue la forme des reliefs !

Un profil féminin? Sans doute celui d'une belle Islandaise.

Nous laissons tomber Budir et sa fameuse église noire mais plus loin, à Ytri-Tunga, impossible de renoncer à l'observation des phoques.

La pluie a momentanément cessé mais atteindre ces veaux de mer se mérite. Il faut se tordre les pieds sur une plage envahie de rochers recouverts d'algues glissantes avant d'apercevoir une petite colonie de quelques sept individus.

La pluie redouble encore d'intensité. Pour nous remonter le moral, au carrefour des routes 54 et 56, nous nous empiffrons d'une portion de frites et d'une glace.

Puis, tout à coup et comme souvent en Islande, à la sortie de la péninsule de Snaefellsnes, le temps s'améliore peu à peu et à l'approche de Borgarnes, le soleil prend le dessus. On n'osait plus y croire !

Nous décidons donc de chercher un hébergement dans cette petite ville. D'après notre documentation, Bjarg Guesthouse serait le meilleur choix. Mais elle est fully booked. Dommage car l'endroit est mignon et sa propriétaire très serviable. Pour nous venir en aide, elle passe plusieurs coups de téléphone avant de nous trouver une disponibilité à l'hôtel Hamar, à 3 kilomètres du centre-ville. Encore mieux (nous le réaliserons plus tard), elle négocie pour nous un bon prix ainsi que l'inclusion du petit déjeuner.

L'hôtel Hamar fait partie de la chaîne Icelandair : il est impeccable avec de grandes chambres très claires. Nous sommes encore bien tombés !

Avec ce beau temps inespéré, vite, il faut improviser une petite randonnée. Après quelques clics sur Internet, nous repérons Hafnarfjall. Nous n'avons pas l'ambition d'atteindre le sommet (850 mètres d'altitude, 750 mètres de dénivelé) d'une part parce qu'il est dans les nuages et d'autre part parce qu'il est déjà 18 heures quand nous démarrons. Nous nous contentons d'une montée raide dans un pierrier pendant une heure afin de savourer les vues sur le fjord et sur Borgarnes sous un soleil radieux.

Ça fait du bien au moral et ça nous réconcilie avec l'Islande ! Mais ce beau temps durera-t-il ? La réponse… demain ;-)

Distance parcourue dans la journée : 205 km



Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik J26 : Lundi 22 juillet 2013

Alors le ciel ? Bouché, désespérément bouché… et il bruine en plus, alors qu'il faisait tellement beau hier soir. C'est rageant !

Notre dernière étape doit nous mener à Reykjavik où nous avons réservé un appartement en plein centre-ville pour deux nuits. Mais on espérait faire une dernière visite ou mieux une dernière randonnée avant de rejoindre la capitale.

Bon, dans ces conditions, le plan A – la cascade de Glymur, parcours difficile sur rochers glissants - on oublie ! Le plan B – la vallée d'Hengill à Hverargerdi, 4 heures de randonnée avec baignade dans une rivière chaude – aussi !

Le plan C semble offrir le meilleur compromis : dans le parc national de Thingvellir, on peut trouver de petites balades sur des sentiers bien tracés, voire bitumés. Au pire, on pourrait juste s'arrêter aux points de vue, du moins s'il y a de la vue, car rien n'est moins sûr au moment où nous prenons la route dans un brouillard à couper au couteau.

A Akranes, contourner le fjord par la route 47 ne sert à rien, prenons directement le tunnel.

A sa sortie, le ciel a l'air de vouloir s'éclaircir mais dès que nous tournons vers l'est en direction de Thingvellir, nous retrouvons la purée de poix.

A Thingvellir, haut lieu de l'histoire islandaise mais aussi haut lieu du tourisme en cars, le parking est bondé, la foule se presse au point de vue où l'on ne voit… strictement rien. Mais les mouches, elles, sont à la fête avec tout ce monde.

Pour les Islandais, Thingvellir représente le lieu où les Vikings fondèrent le premier parlement démocratique en 930 et celui où fut proclamée l'indépendance de l'Islande en 1944.

En tant que touristes, nous sommes surtout impressionnés par le cadre, une immense vallée d'effondrement causée par l'écartement des plaques eurasienne et nord-américaine.

La grande faille d'Almannagja (7,7 kilomètres de long sur 40 mètres de large) a un petit air de mur des Lamentations, la verdure en plus et la ferveur en moins.

En dehors d'Almannagja, le parc est truffé d'autres failles, plus petites où la brume et l'eau jouent avec les reflets des amas rocheux !

Soudain, Hervé réalise que la plongée se pratique ici dans la faille de Silfra. On se met alors immédiatement à la recherche du lieu. Nous ne tardons pas à trouver les minibus des clubs de plongée. Malheureusement, pour le jour même, l'activité n'est pas envisageable, les plongées se terminant déjà pour les différents groupes. Dommage qu'on n'ait pas anticipé, mais il réussit à prendre un rendez-vous pour demain avec picking up depuis notre hébergement dans le centre-ville de Reykjavik.

Les nuages se sont un peu levés entre temps, il ne crachote plus et alors que nous nous dirigeons à présent d'un bon pas vers la cascade d'Öxararfoss, nous laissons tomber vestes et polaires. Un bon point !

Les mouches ne nous laissent pas de répit à l'aller mais curieusement au retour elles abandonnent la partie. Le sens du vent, sans doute !

A la sortie du parc national, au bord d'un lac, une chouette table de pique-nique nous tend les bras mais impossible d'y déjeuner, c'est un véritable meeting de mouches.

Alors direction Reykjavik où le temps s'améliore un peu. C'est même sous un petit rayon de soleil que nous finissons nos dernières provisions dans un parc de la ville.

Trouver notre appartement relève ensuite du casse-tête, le centre-ville n'est qu'une succession de rues en impasse ou en sens unique. Après avoir fait trois fois le tour, nous tombons enfin sur le 86/94 Laugavegur où nous avons rendez-vous avec Arnar le propriétaire, entre 15 et 16 heures.

Au quatrième étage d'un immeuble en plein centre-ville, nous prenons possession d'un deux pièces de 67 m2, lumineux et confortable, où nous nous sentons immédiatement comme chez nous. Pendant ce temps, le Dodge est récupéré par le loueur au pied de l'immeuble. Tout est OK.

Après avoir pris nos repères, fait quelques courses pour notre dîner, nous sortons vers 20 h 30 (alors que le soleil vient enfin de triompher des nuages) pour un grand tour à pied par le centre jusqu'au port et au tout nouveau centre de concerts et de conférences.

Baptisé Harpa et inauguré en août 2011, l'édifice très design est posé tel un vaisseau au bord de l'océan, à l'entrée du port.

Sur 60 000 mètres carrés et 43 mètres de haut, il abrite 4 salles principales dont la plus grande peut accueillir jusqu'à 1800 personnes assises, des boutiques et des restaurants. Sa construction s'est étalée de 2007 à 2011. Resté en suspens suite à la crise financière de 2008, le chantier a été repris par les autorités locales et le bâtiment achevé en 2011 pour un budget total avoisinant les 170 millions d'euros.

Sa réalisation a suscité bon nombre de controverses et de polémiques, à l'image de ce qu'en dit l'auteur Arnaldur Indridason dans un de ses romans "La muraille de lave" : "...cette salle de concert gigantesque qui… était un exemple criant et risible de l'égo surdimensionné d'une petite nation".

Imaginée par l'architecte danois d'origine islandaise Olafur Elliasson, sa façade est composée d'une infinité de polyèdres de verre, de formes toutes différentes, évoquant la structure alvéolaire des colonnes de basalte typiquement islandaises.

Une œuvre résolument moderne qui, selon les mots de l'artiste, travaille et magnifie la lumière de Reykjavik : étonnant !

A deux pas de là, une autre œuvre artistique célèbre symbolise, elle, l'histoire et le passé de Reykjavik. Conçu par le sculpteur islandais Jon Gunnar Arnason, "Solfar" ou le Voyageur du Soleil évoque la charpente d'un navire de guerre viking.

Nous terminons là notre balade vespérale alors que le ciel rougeoie à l'horizon, laissant deviner en cette fin du mois de juillet le retour progressif de la nuit. Il est 22 h 30. Le soleil se couchera à 23 h 02.

Distance parcourue dans la journée : 145 km. Distance totale : 5 000 km.



De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville J27 : Mardi 23 juillet 2013

Réveil matinal sous un grand et beau soleil. Hourrah !

Hervé a rendez-vous à 8 heures avec "Scuba Iceland Dive Team". Direction Thingvellir et plus particulièrement la faille de Silfra.

Je le laisse commenter sa matinée :

"C'est une charmante monitrice qui me conduit à Silfra et me guide dans nos deux plongées. Il n'y a pas d'autres plongeurs avec nous. Avantage énorme d'avoir choisi un club à taille humaine… une plongée en binôme et en plus, nous serons les tout premiers sur place.

Je me retrouve à nouveau emballé dans les couches successives de la combinaison étanche avec des plombs un peu partout.

Nous parcourons les quelques mètres séparant le parking encore vide de l'échelle de mise à l'eau. Puis c'est la descente dans une faille remplie d'eau d'une limpidité hallucinante que les photographies ne rendent pas complètement. Cela me rappelle les Cénotes mexicains.

Quel changement après l'expérience de l'océan Arctique !

L'équilibrage doit être parfait pour ne pas toucher le fond, ce qui soulèverait un nuage de particules, d'où l'intérêt d'être les premiers.

Les couleurs sont incroyables. Les bleus sont d'une profondeur inouïe et les algues vertes semblent fluorescentes.

Nous évoluons dans plusieurs bassins de profondeurs variables avec entre eux des passages qui frôlent la surface.

La balade dans ces paysages uniques dure environ trente minutes puis c'est déjà la sortie… quelques centaines de mètres plus loin.

Le retour est pénible avec 40 kg d'équipement sur le dos.

Sans se changer, nous nous reposons trois quarts d'heure avant la deuxième plongée, en partageant quelques friandises tout en échangeant nos expériences sous-marines.

Les autres clubs arrivent entre temps mais nous arrivons à les doubler in extremis sur l'échelle de mise à l'eau et sommes une nouvelle fois les premiers dans l'eau.

L'itinéraire est un peu différent avec davantage de hauts-fonds où les verts et les bleus se côtoient et se disputent la vedette.

Je n'ai pas vu de faune mais il existerait quelques rares petits poissons.

Cette deuxième plongée dure également trente minutes. Le retour est encore plus pénible à cause des mouches qui se sont réveillées et nous harcèlent sans relâche.

C'est avec des couleurs plein les yeux que je fais le retour vers Reykjavik. Au total, ce fut une expérience magique que je conseille vivement à tout plongeur visitant l'Islande.

Les mêmes parcours en apnée avec une simple combinaison raviront les amateurs pas trop frileux.

Hervé est de retour en fin de matinée. Sa bouille réjouie ne fait pas de doute sur son degré de satisfaction.

Quant à moi, j'ai fait pendant ce temps un premier repérage dans le centre-ville avant d'y retourner ensemble dans l'après-midi.

Il fait un temps merveilleux. Tout le monde est dehors, à déambuler dans les rues piétonnes, à déjeuner en terrasse, à pique-niquer dans les squares, à prendre le soleil dans les parcs et les jardins, à pédaler au bord de l'océan.

Bref, l'Islande revit, les Islandaises arborent leurs petites robes d'été, les enfants sont en culottes courtes, les touristes en bras de chemise et nous, on profite d'une de nos plus belles journées pour…

… jeter un œil à la cathédrale, Hallgrimskirkja, flanquée de hautes colonnes de béton symbolisant les colonnes de basalte si emblématique de l'Islande. Sa construction a duré 34 ans (1940 à 1971)

… contempler les sculptures dans le jardin du musée Einar Jonsson, le plus grand sculpteur d'Islande

… nourrir les oiseaux au bord du lac Tjörnin, au cœur de la ville

… nous remémorer tous les bons moments de notre voyage autour du plan en relief exposé à la mairie

… avant de clore la journée et notre voyage par un très bon repas au Sjavargrillid (Seafood Grill) où l'on aurait presque pu dîner en terrasse tellement il fait bon en cette dernière soirée.

Après plusieurs jours de grisaille, cette très belle journée va nous laisser une impression positive et c'est avec ce souvenir-là que nous quittons l'île de glace et de feu le lendemain.

A Paris, c'est la canicule. En passant de 15 à 35 degrés, nous regrettons vite l'air vif et frais de l'Islande !



Le mot de la fin

Impressions générales "Vous verrez, vous allez aimer l'Islande… même sous la pluie…" nous avaient dit deux Islandaises rencontrées à Roissy au moment de notre départ.

Alors, qu'en est-il ?

A vrai dire, immédiatement après notre retour, notre impression a été plutôt mitigée. Nous étions un peu las après deux semaines sur quatre de grisaille quasi permanente et seulement 7 jours sans pluie sur l'ensemble du voyage.

Par conséquent, il a fallu "digérer" un peu le voyage, laisser reposer la destination, revoir les photos, construire le récit pour en retrouver le meilleur et n'en garder que les bons côtés.

Certes, sur 28 jours, nous avons eu 7 jours sans pluie, seulement. Mais les belles journées ne se sont pas limitées pas à ces sept-là, il y en a eu beaucoup d'autres où de belles éclaircies se sont développées entre les averses. La première quinzaine a été majoritairement ensoleillée et durant la deuxième quinzaine, le soleil est parfois apparu au bon moment, juste à temps pour nous faire apprécier un site.

En étant très optimiste, on peut même considérer que chaque jour, nous avons pu bénéficié de quelques heures de beau temps ou du moins de quelques heures d'amélioration. Dans ce cas, on arrive presque à 100 % de taux de satisfaction. En tout cas, nous avons fait en sorte de profiter du meilleur de chaque jour.

Serions-nous partants pour y retourner ? En ayant sillonné le pays en long en large et en travers pendant un mois, la destination ne sera sans doute pas une priorité dans les prochaines années. Néanmoins, un court séjour en hiver nous plairait bien pour voir des aurores boréales et les paysages islandais sous la neige et la glace. Les cascades de Gullfoss ou de Dettifoss prises dans les glaces doivent être spectaculaires.

Nos coups de cœur !

C'est simple, ils sont directement liés aux conditions météo dans lesquelles on les a abordés. On a adoré tous les endroits où il a fait beau, on a moins apprécié tous les endroits où il a fait gris.

- en tête de liste, Kerlingarfjöll, sa vallée aux fumerolles et la route 35 qui traverse les hautes terres.

- tous les déserts centraux et les pistes qui y mènent : les pistes F228 vers Veidivötn , F910 et F 88 vers Askja, F338 (Linuvegur), F206 vers le Laki, F 225 et F 208 Sud vers le Landmannalaugar.

- le fjord de Mjoifjördur, isolé et sauvage, et notre petit cottage idéalement placé.

- toute la région Sud de Vik à Jökursarlon en passant par Klaustur et Skaftafell avec quelques randonnées remarquables dont celle vers le glacier Myrdal ainsi que le grand tour dans le parc national de Skaftafell.

- les cascades spectaculaires, dont Gullfoss notre préférée.

- hors catégorie, la rencontre si intime avec les macareux a été une expérience particulièrement réjouissante et nous n'avons pas regretté d'avoir fait le long détour pour les voir, même sous un temps maussade.

- enfin, Hervé a été ravi de ses deux expériences de plongées, l'une en mer dans l'Eyjafjördur et l'autre en eau douce, dans la faille de Silfra.

Ce qu'on a moins aimé :

- les sites géothermiques (hormis Kerlingarfjöll) ne nous ont pas vraiment transporté, car nous en avions déjà vus dans nos voyages précédents. La région du lac Myvatn nous a paru un peu surfaite.

- les péninsules de l'Ouest visitées sous un temps très médiocre n'ont pas pu être appréciées à leur juste valeur.

Des regrets ? Non, à part d'avoir manqué de soleil surtout pendant la deuxième quinzaine !

A propos de l'itinéraire

Nous avons finalement parcouru près de 5 000 kilomètres, soit une moyenne de + ou - 200 kilomètres par jour.

Nous l'avons fait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, du Sud-Ouest au Sud-Est puis du Nord-Est au Nord-Ouest avec, à plusieurs reprises, des incursions dans le Centre. On aurait aussi pu imaginer le faire dans le sens des aiguilles d'une montre. Cela aurait permis de finir par le Sud et les sites les plus remarquables.

En l'adaptant un peu, ce parcours pourrait être réalisé en trois semaines.

A propos du véhicule

Même si le Dodge Durango n'était pas le véhicule que nous avions choisi, il nous a finalement donné entière satisfaction. Il est très confortable sur les cahots des pistes (véhicule neuf) et passe aisément les gués sans même trop toucher au blocage du différentiel.

Rien à redire sur le loueur Iceland Car Rental.

A propos des hébergements et des réservations

Ce n'est pas un scoop : en Islande, les hébergements sont chers pour des surfaces dans l'ensemble très petites.

Les guesthouses sont un bon compromis mais leurs prestations sont très variables.

Certaines sont de vraies maisons d'hôtes où l'on est accueilli par les maîtres de maison (Hrifunes ou Grimsstadir par ex), d'autres mettent à disposition des locaux mais les propriétaires ou gérants ne sont pas présents en permanence (Birkifell ou Blabjorg). Certaines guesthouses peuvent proposer des chambres avec lits sans draps (Hjontur). Dans tous ces cas, la salle de bains est partagée, ce qui n'est pas un problème car les installations sont en général très récentes et très propres. Il existe une dernière catégorie de guesthouses qui ont une organisation et des prix plus proches de ceux des hôtels (Vogafjos). Dans ce cas, salle de bains privée.

Enfin, quelques guesthouses ou hôtels proposent des cottages. Ce sont ces hébergements-là que nous avons le plus appréciés : Berunes, Laki/Efri-Vik et surtout Solbrekka.

Les réservations ont été faites via booking.com (annulation possible jusqu'à 48 heures avant et paiement sur place) ou farmholidays (paiement immédiat) ou parfois directement par l'intermédiaire du site web de l'hébergeur.

Faut-il réserver ou pas ?

La réservation permet d'avoir l'esprit tranquille mais bloque l'itinéraire en cas de mauvais temps. Sans réserver, on peut mieux mettre en adéquation météo et itinéraire.

Nous avions choisi un compromis en réservant 15 nuitées sur 28. Or nous avons toujours trouvé à nous loger sans réservation, même en plein mois de juillet. Si j'avais à le refaire, je partirais certainement sans aucune réservation (ou très peu).

Ouvrages et sites Internet utiles

Côté papier : - le guide Lonely Planet Islande (bien plus détaillé et complet que le Routard) - le guide de randonnées Rother (merci Esethi !) - la carte Ferdakort Islande au 1 : 500 000

Côté Internet : Des récits de voyages qui m'ont inspirée pour construire notre itinéraire ainsi d'autres sources utiles au voyage :

* Islande terre de glace et de feu sites.google.com/...terredeglaceetdefeu/

* Un peu partout en Islande voyageforum.com/...ost=5771677;#5771677

* Hautes Terres d'Islande sites.google.com/...sterresdislande/home

* Journal d'un voyage de 23 jours en Islande international-photographer.com/...ande-jo...

* Un véritable guide-photo détaillé de l'Islande www.photovoyage.org/islande/

* Carte de l'Islande pour Garmin : www.ourfootprints.de/...source-island_e.h...

* Webcams islandaises www.livefromiceland.is/

* Météo et conditions routières www.vegagerdin.is/...ditions-and-weather/

* Faune et flore islandaises www.iceland-nh.net/plants/index.html

Un dernier mot…

Alors au final, ce voyage a-t-il été réussi ? Assurément, oui, nous avons fait un très beau voyage et j'encourage vivement tous les amateurs de déserts, de cascades et de volcans à y aller.

Avec un peu plus de soleil, il aurait sans doute basculé dans la liste des "fabuleux" !

C'est avec ce bouquet que s'achève notre récit. S'il vous a plu, n'hésitez pas à nous le dire, ça nous fait toujours grand plaisir. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous serions heureux de vous le donner. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.

A+ pour d'autres fabuleux voyages ! Krikri (texte) et Hervé (photos)

Aidez-moi à trouver ma destination en France English translation pending
by Fmouss88 · 2013-09-09 · 102 replies
En retraite, je souhaite quitter la région parisienne, trop speed pour moi , pour me mettre au calme, me rapprocher de la nature et bénéficier d'un climat plus agréable. Quels sont selon vous les régions voir les villes (à taille humaine)ou villages qui pourraient répondre à mes attentes? Mes critères: -temps plus ensoleillé qu'à Paris -Pas d'exposition trop importante aux vents -cadre de vie agréable : espaces verts nombreux, nature proche -utiliser le moins possible la voiture: priorité aux déplacement à vélo par ex -possibilité de se rendre à Paris de manière pas trop compliquée (afin de rendre visite à ma famille sur Paris plusieurs fois l'année) -endroit relativement sécurisé vis à vis de la délinquance -beauté des paysages (pas trop industrialisés) -infrastructures culturelles et médicales pas trop éloignées ........peut étre suis je trop exigente et cet endroit n'existe pas mais pourriez vous m'orienter un peu et m'aider à trouver un lieu qui se rapproche de mes critères? merci d'avance😉
Retour de croisière au Groenland sur le Boréal, compagnie du Ponant English translation pending
by Verbatim · 2013-09-04 · 133 replies
Bonjour Nous rentrons d' une premiere croisiere avec la compagnie du Ponant sur le Boréal nous avons choisis cette croisiere pour son itineraire et le raffinement de la compagnie.

nous avons été rapidement déçus rien a voir avec ce que nous avions vu sur leur catalogue . beaucoup de personnes ont été comme nous tres étonnés que le commandant nous annonce dès le premier jour que nous etions trompés de croisiere et que nous ne verrions pas d' animaux sauf peut etre des balaines ce qui s' averra vrai car nous avons rencontrés un phoque et quelques balaines .

En ce qui concerne les repas rien a voir avec la gastronomie et l' art de vivre a la française au buffet tous les jours les memes entées midi et soir pour les plats rien de plus que sur les autres compagnie , au restaurant non plus rien a voir avec de la cuisine gastronomique et des plats peu copieux.

pour la cabine nous avions choisis une suite de luxe qui étais pas mal mais rien d' exeptionnelle pas contre une cabiniere adorable et un majordome qui fait ce qui peut avec les moyens qu' on lui donnent car aucun privilege pour les suites. pour l' itineraire c' etait magnifique rien que la navigation a travers les icebergs est fabuleuse.

le personnel est aimable et attentif.

Une chose un peu ennuyante est la prétention d' une grande majorité des passagers et aussi la moyenne d' age élévée qui nous a surpris car comme le disait le commandant nous étions en expedition et il a fallu faire remplir un questionnaire médical a notre médecin traitant pour pour pouvoir embarquer. un petit conseil le bateau bouge beaucoup il y a eu enormement de passagers malades pendant deux jours heureusement nous avions des patchs tres efficaces pour nous pas de mal de mer.

en conclusion hormis les paysages magnifiques que nous avons traversés je ne pense pas refaire une croisiere avec la compagnie du ponant qui dans les discours de son commandant et de sa directrice de croisiere et la lecture de leur catalogue pronnent l' excellence a la française je pense qu' il ya encore beaucoup de travail et qu' il ferai bien d' aller voir sur certaine autre compagnie ce qui se fait entre autre chez Celebrity.

verbatim
Temps agité sur la région des Four Corners août 2013 English translation pending
by Aiassa · 2013-08-27 · 100 replies
Nous sommes arrivés à Denver le 15 août et par chance avons réussi à passer entre les gouttes pendant une semaine, voir http://monameriqueamoi.wordpress.com/ Vu plein de belles choses. Mais...Nous devons complètement changer notre programme et étudier la météo tous les jours en nous adaptant http://www.weather.gov/ Pas de dirt roads ni de slot canyons pour l'instant (or notre programme était basé là-dessus), bonnes routes goudronnées de rigueur et balades quand la pluie relâche car les sentiers classiques sont souvent heureusement praticables. Nous n'avons de ce fait campé que trois fois et nous nous réfugions beaucoup dans les motels, actuellement à Moab. La pluie vient de cesser et nous allons faire la Scenic Road de Canyonlands ... sur les sentiers battus. Nous sommes philosophes et attendons que la queue de tempête tropicale nous lâche.
De retour de Québec avec enfants English translation pending
by Zoune72 · 2013-08-15 · 45 replies
bonjour, tenant à remercier les membres de ce forum pour leurs conseils avisés , je souhaitais à faire un compte-rendu de notre voyage.Nous sommes partis 25 jours en famille (2 enfants de 11 et 17 ans) du 10 Juillet au 3 Août pour les régions de Quebec-Montréal-Mauricie-lac St Jean-charlevoix-fjord du Saguenay -gaspésie .Nous avons mixé les hébergements (camping, gîtes, cabanes dans les arbres, yourte...): tout s'est déroulé sans encombre , beaucoup de beau temps...et un accueil exceptionnel des québécois...bref, un beau voyage! 10 Juillet , Jour 1:nous allons à Paris pour prendre notre vol Corsair : l'enregistrement est rapide , les tentes" 2 secondes"décathlon passent sans problème.Nous sommes 4 et donc avons 4 bagages en soute: les tentes + 1 sac de duvet + 1 valise avec les affaires pour 3 + 1 valise avec les vêtements pour 1 et le "divers":pas de place pour le superflu ...mais on y arrive!Le vol se passe sans encombre: superbe avion avec écrans individuels, nourriture correcte, rafraichissements, personnel de bord agréable, horaire respecté, très bien (nous étions resté sur un mauvais souvenir il y a 5 ans pour la guadeloupe avec 26 h de retard et un service déplorable...).Nous arrivons à Montréal à 18h.Nous allons récupérer la voiture chez Budget, nous la garderons les 25 jours.C'est une dodge caravan, suffisamment spacieuse quand on fait du camping...et , bonne surprise, elle est neuve, 20 km au compteur ! Nous allons à notre hôtel (ce sera le seul "hôtel" du voyage): le Holliday Inn express qui a pour intérêt d'être près de l'aéroport et d'avoir une piscine où nous allons nous rafraîchir.Nous allons grignoter au bistrot de l'hôtel puis filons nous coucher pour conclure cette lonnngue journée! Nos impressions: nous ne sommes pas trop dépaysés , forcément le français facilite la communication même si nous avons l'impression qu'à Montréal l'anglais est beaucoup utilisé...
Un mois en Nouvelle-Zélande, en camping car, avec 2 bébés: c'est possible! English translation pending
by Maddy39 · 2013-08-07 · 56 replies
Voici notre carnet de voyage en Nouvelle-Zélande. Il n'a d'autre objectif de rassurer les parents qui hésitent encore à partir à l'autre bout du monde avec un ou des bébés. Nous sommes donc partis un mois en Nouvelle-Zélande en avril 2012, ma femme, mes deux petits jumeaux alors âgés de 16 mois, et moi. Nous avons choisi la formule camping-car pour plus de liberté, et surtout pour plus de facilités et de commodités avec les loulous : pas besoin de charger et décharger les bagages chaque soir, un frigo à dispo 24/24, possibilité de cuisiner à tout moment ...

Bon, ce sont des notes de voyage prises chaque soir, et qui sont personnelles, donc faîtes le tri dans ce qui vous intéresse et ce qui vous barbe ! Et si vous avez besoin de conseils, n'hésitez pas à commenter et/ou me contacter ! Let's go ...

PREAMBULE : J-2 avant le départ

Ben voilà. On y est. Enfin presque. Encore deux trois bricoles à régler, et c’est parti pour un mois d’aventure. Oui, aventure. Quoi ? Le camping-car c’est pas l’aventure ? Et avec deux chameaux de 15 mois, c’est pas l’aventure peut-être ? En tous cas, c’est notre aventure. Notre aventure à tous les quatre. Un an que l’on attend ce moment. Un an de sacrifices, un an de boulot. Mais quelle récompense ! La promesse de vivre quelque chose d’unique. 7 j/7, 24h/24 ensemble. Vouhaaaaaa, comme dirait Félix. Rien que d’y penser, j’en ai les frissons. Presque comme il y a trois ans lorsque l’on se préparait pour l’Afrique du Sud. Avec ce petit quelques chose en plus, qui fait que l’on va partager ça en famille. La Nouvelle-Zélande. Bizarre comme choix diront certains. Logique diront les autres, tant ils connaissent notre passion pour le rugby. C’est pourtant pour d’autres raisons que nous avons choisi cette destination. D’abord parce que c’est l’Océanie, et que nous ne connaissons pas. Ensuite parce que c’est un pays qui nous a toujours fasciné. On avait même préparé un premier trip en 2009, qui devait nous conduire chez les Blacks durant la coupe du monde de 2011. Mais entre-temps, la vie familiale a été légèrement chamboulée. Partie remise ! On a quand même hésité. « Non, vous ne partez pas avec les enfants quand même ? » nous rabâche-t-on sans cesse. Si si : « Combien d’heure d’avions vous avez ? » 26h. « Oh mon Dieu. Sans enfant je ne le ferais pas, alors avec deux bébés … » Merci donc à ce cher monsieur de l’agence Acsan que j’ai rencontré la semaine dernière. C’est à priori le seul homme au monde à penser comme nous : « Super idée de partir avec vos jumeaux et de vivre cette aventure. » En même temps, c’est un fournisseur. Un lèche botte ? Peut-être … N’empêche, et soyons franc, on appréhende forcément le voyage. En tous cas l’avion. 13h pour rallier Singapour ; une escale d’une quinzaine d’heure, puis de nouveau 13h pour atteindre Auckland. Ce sera forcément long et on le sait. La suite, ce sera 26 jours sur place, en camping-car. A peu près la seule formule que nous aurions pu envisager avec nos moineaux. Place donc aux préparatifs. On ne s’est pas affolé trop tôt. On a commencé les bagages ce WE seulement. Premier casse-tête : « faut prendre des habits chauds ou pas ? Il fait quel temps là-bas ? ». C’est l’automne. Donc on peut s’attendre à tout. Ils annoncent 25°C à Auckland pour notre accueil. Mais on est aussi sensé se balader sur des glaciers, naviguer dans des fiords … Bref, il faut garnir la garde-robe …

Le casse-tête de la poussette ... Et puis il y a tout le reste : des lampes de poche, le matos photo, les prises universelles, la pharmacie, la poussette double. Oh put… la poussette double ! On part dans deux jours, et on ne l’a toujours pas reçue. Deux mois qu’on l’a commandée. « Fucking roastbeefs ! » Aux dernières nouvelles, parait qu’elle doit nous parvenir aujourd’hui. Wait and see … Et puis il faut penser à tout le reste : couper le chauffage, réserver le chenil pour Thalia, traiter la piscine, payer les dernières factures arrivées, faire le transfert de courrier pour pas saturer la boîte, prévenir les voisins, … Ne pas oublier de prier non plus. Oui, prier pour que cette foutue hernie me laisse tranquille. Que Dieu Biprofenid nous protège ! Bon, je m’arrête là pour aujourd’hui, le plus intéressant est à venir. Je conclue toutefois en remerciant quelques personnes sans qui ce voyage n’aurait pas été possible. Mes beaux-parents en premier lieu, pour tout le boulot qu’ils abattent pour nous toute la semaine. Un vrai travail qui nous permet de vivre la vie que l’on veut vivre. Sans eux, ce projet de voyage n’aurait sans doute jamais existé. Ma maman, qui prend le relai chaque mercredi. Quel bonheur de la voir heureuse avec tous ces loulous autour d’elle, Jules inclus. Mon beau-frère et ma belle-sœur, Camille, pour tous ces WE passés à garder Oscar et Félix. Sans eux non plus nous ne serions peut-être pas partis … Allez, j’arrête là, on dirait un adieu. A très vite …

L'itinéraire :

Récit de notre séjour en couple au Québec (12 au 26 juillet 2013) English translation pending
by Paseano · 2013-08-07 · 2 replies
Bonjour à tous !

Tout d'abord, un tout grand merci à tous ceux qui avaient répondu à mes questions et m'avaient donné des conseils pour notre séjour ! Tout s'est très très bien passé et nous avons fait un séjour de rêve ! Le seul point noir : les moustiques, car même tartinés de crème (50% de DEET venant de Belgique et/ou Watkins 30% DEET venant de Québec) nous avons été bien embêtés avec ces bebittes !

Vol avec corsair : parfait ! Nous étions arrivés très très en retard (20min avant la fermeture de l'enregistrement... après 5h de route pour faire Belgique – Paris Orly dont 2h30 pour les 30 derniers km... je passe l'énervement et le stress) mais le responsable de bord de notre vol nous a offert un verre de champagne pour se faire pardonner que nous ne soyons pas assis ensemble dans l'avion... très chouette attention de sa part !

J1. Arrivée à Montréal : nous sommes arrivés en plein festival « Montreal complètement cirque » et avons pu profiter de quelques animations de rue très sympa juste à deux pas de notre hôtel rue Saint Denis. Quelle ambiance pour commencer ce voyage... Concernant l'auberge le jardin d'Antoine, elle est très bien située à notre goût mais les chambres vieillissent un peu. Enfin pour dormir c'est très bien.

J2. Départ pour Québec : nous sommes directement partis vers Québec à 9h30 après le petit déjeuner. Après quelques détours dans Montreal pour trouver le bon chemin, nous sommes passés par la route du Roy entre Saint Anne de la Pérade et Québec... très chouette route avec plein de coins très jolis pour pique-niquer et voir le Saint Laurent à certains endroits, notamment juste en face de l'église Saint Anne de la Pérade (qui fait un peu penser à une version miniature de Notre Dame de Paris).

Arrivée à 14h30 à notre B&B: un peu en retrait de la ville touristique mais 15- 20 min à pied du Vieux Québec. Très chouette aussi. Le propriétaire a plein de bons conseils à donner et fait de très bonnes crêpes... au sirop d'érable bien sûr !

Nous avons ensuite visité Québec, essentiellement le Vieux Québec. Il y avait énormément de monde car c'était le festival d'été avec entre autre ZAZ à 21h. Nous avons privilégié le cirque du soleil gratuit dans le port. Un spectacle magique, grandiose... que nous avons savouré (c'était pas prévu mais une bonne surprise). Nous avions bien fait d'arriver 45 minutes à l'avance ! Même comme ça nous n'étions pas sûr d'avoir une place tellement nous étions loin dans la file ! Finalement nous avons même eu une place assise dans les gradins en pierre.

Notre avis : Québec est vraiment très touristique et enchaîne boutiques, restaurants, boutiques de souvenirs, glacier, ... Ce n'est pas notre ville préférée mais peut-être que le monde et la fatigue du décalage horaire ne jouent pas en faveur de Québec. Point + le restaurant le buffet de l'antiquaire au niveau du port, un peu à l'écart de la foule de la rue Champlain... très bonne adresse conseillée par le proprio du B&B. On y mange de la cipaille et du ragoût traditionnel (sans chichis, ce n'est pas de la grande gastronomie, ...) mais nous n'avions aucune envie d'attendre 1h30 pour le Cochon Dingue ou autres restaurants plus chics !

La suite du séjour au prochain épisode...
Quatre jeunes Françaises attaquées dans leur hôtel à Nosy Be English translation pending
by Vieuxben · 2013-07-27 · 149 replies
http://www.lexpressmada.com/breves-madagascar/45157-minutes.html

Attaque contre quatre Françaises Quatre jeunes Françaises ont été attaquées dans leur hôtel à Nosy Be, dans la nuit de mercredi à jeudi. Grièvement blessée, l'une d'elles a dû être évacuée à l'étranger. Les assaillants ont dérobé de l'argent, des téléphones portables et un appareil photo numérique.
Regard rapide sur la France English translation pending
by GeorgesOZ · 2013-07-17 · 879 replies
Une fois n’est pas coutume, je vais parler de mon propre pays, la France, où j’ai fait récemment un voyage assez court à partir de Bangkok (où je vis). Je pourrai donc vous donner quelques impressions d’un Français longtemps absent (cela fait 34 ans que je ne vis plus en France) aussi bien que les premières impressions d’une étrangère, ma compagne Thaïe Y. C’était son premier voyage en France, elle n’avait voyagé jusque-là que dans plusieurs pays d’Asie et en Inde.

Paris, la Saleté

Commençons par Paris. Le contraste avec Bangkok est extrême et, j’ai le regret de le dire, ce n’est pas tout à l’honneur de Paris. J’ai été choqué par la saleté de cette ville, et même si Bangkok n’est pas le summum de la propreté non plus, au moins ce n’est pas parce que les gens la salissent délibérément comme c’est le cas pour Paris : presque partout, les trottoirs sont jonchés de papiers gras, de bouteilles de plastique ou de verre (souvent cassées), de mégots jetés à tours de bras. Sans compter les innombrables crottes de chiens et traces d’urine (pas toujours de chiens….). C’est une véritable honte…. La vétusté du métro ne fait pas bonne impression non plus. On comprend que c’est un vieux système, soit, mais pourquoi donc y-a-t-il tant de dégradations abusives, graffiti et autres ? Il faut voir la propreté des 2 systèmes de métro de Bangkok, le BTS et le MRT ! Il ne viendrait à l’idée de personne de dégrader l’équipement avec des gribouillis, et je suis sûr que si quelqu’un voulait s’y risquer, il y aurait immédiatement des réactions de la part des autres usagers, sans parler de la sécurité qui ne perdrait pas une seconde pour intervenir.

Tiens, ce matin, j’ai compté les mégots qui trainaient par terre sur mon trajet quotidien, sortant d’une station du MRT, à Bangkok. Il y en avait, c’est vrai, mais c’était 1 mégot là où il y en aurait plutôt des dizaines à Paris !

Les abords de Paris, venant en train, que ce soit de CDG ou d’ailleurs, sont tristes à en pleurer. On ne peut bien évidemment pas s’attendre à voir de beaux sites le long des voies ferrées, et on peut se faire une raison de la grisaille. Mais de nouveau, tous ces graffiti, pas un mur qui n’en soit couvert ! J’ai entendu dire que certaines gens appellent ça de « l’art », de « la culture ». C’est une plaisanterie, non ?

On croise beaucoup trop de gens aux mines louches, partout et à toute heure. On ne se sent pas en sécurité. Les regards auxquels ma compagne a souvent eu droit, de mecs qui doivent avoir de belles saletés traînant dans la tête, et souvent, je vais le dire, qui ne me semblaient pas être si Français que ça. Sans doute Y est-elle trop mignonne pour pouvoir se promener tranquillement à Paris…. À Bangkok, je vois fréquemment des femmes seules très tard le soir et même en pleine nuit, encore à vendre qqc dans la rue ou rentrant chez elles : elles ne semblent pas avoir à se préoccuper de quelque mauvaise rencontre. Personnellement, je suis convaincu que je ne risque absolument aucun vol dans le BTS ou le MRT, que j’utilise fréquemment.

Paris, les hôtels

À notre arrivée à Paris, nous avions passé une nuit dans un 2 étoiles à 75 euros, dans le 9-ème. C’était franchement miteux, la chambre était exiguë à l’extrême, nous ne pouvions à peine tenir à deux dans l’ascenseur, et la propreté des couloirs et des escaliers était approximative. Pas génial. À notre retour à Paris, nous étions logés dans un 3 étoiles à 140 euros la nuit. C’était un peu plus correct, certes, mais avec nos bagages, nous tenions encore à peine dans la chambre, qui avait une vue magnifique … sur des toits en zinc parsemés de mégots (et oui, encore !) et un mur aveugle à 3 mètres de notre fenêtre. Je ne vais pas faire de statistiques à partir d’une expérience aussi limitée, évidemment, mais disons que l’impression est d’avoir à payer bien cher pour pas grand-chose.

Sur le sujet des hôtels, nous étions bien mieux logés, à 80 euros la nuit, dans un 3 étoiles à Chamonix, propre et parfaitement situé. Par contre, nous avions aussi essayé un hôtel à 3 étoiles, ailleurs en province, trouvé par l’intermédiaire des Logis de France, et nous avions été déçus. La chambre était correcte sans plus, les lieux communs avaient un vague parfum de pisse de chien, le petit déjeuner était satisfaisant sans plus. J’ai l’impression que les hôtels se font la vie facile, ils se font des étoiles en te collant un sèche-cheveux dans la s.d.b. et une cafetière. Ah, précisons : on a bien la machine pour bouillir l’eau et quelques sachets de granulés, mais par contre pas d’eau. Ça aussi, c’est un truc qui me tue, venant d’Asie où on a presque toujours 1 ou 2 petites bouteilles d’eau potable mises à disposition gratuitement dans la chambre.

Les Restaurants

Tant de restaurants où on mange mal même en payant 25 à 35 euros par personne. Dans une brasserie à côté de Bercy, les garçons nous faisaient l’article sur les plats « recommandés », l’un d’eux d’ailleurs presque arrogant « je sais tout mieux que vous, monsieur ». Y n’a pas touché à son plat, moules et autres fruits de mer ratatinés par la congélation…. Ce n’est pas qu’à Paris, d’ailleurs. Pas une seule fois, nous avons eu du bon pain, mais du pain mou comme des concombres vieux d’une semaine. La France, le pays où on fait le meilleur pain au monde ! Une pizza qu’on nous a servie, en province, semblait venir tout droit de ces peintures de Salvador Dali, les montres molles, vous savez ? Chez un traiteur italien dans le 16-ème, des lasagnes à peine cuites … et à prix d’or.

Certes, les rues de Paris sont bien animées, et quand on s’y promène on a l’impression qu’il y règne une super ambiance. Il y a des restaurants et des cafés partout. Il faisait beau, les terrasses étaient pleines à craquer. Mais de mon expérience, limitée je le reconnais (si qqn sait mieux, au secours, venez-nous le dire !), je suis pratiquement sûr qu’ils ne servent en fait rien de si bon à manger que ça. Pour changer, nous avions essayé un traiteur chinois, dans la rue Montorgueil : aucun goût, pas de texture, médiocre.

Nous avons aussi essayé du haut de gamme, à l’occasion d’une retrouvaille avec des amis. C’était en province, nous avons payé 150 euros pour 2. Quand Y a vu son poisson, qui avait peut-être 2 minutes de cuisson, elle me l’a immédiatement repassé. Elle m’avait déjà fait le coup avec du canard à peine cuit. Je lui avais commandé du canard, elle aime ça, c’est ce qu’elle cible chaque fois qu’elle en trouve, en Thaïlande. Je me suis rendu compte que les Thaïs n’apprécient pas la nourriture peu cuite. Bon, c’est leur problème, et acceptons donc l’approche française : si c’est bon et de bonne qualité, ce sera meilleur peu cuit. Mais quid des quantités ridicules qu’on nous a servies ? Franchement, je n’ai strictement rien à cirer des petites décorations frivoles qu’on ajoute aux assiettes, petits coulis de sauce « machin » ou petit brin d’herbe « chose ». Ce que je demande, c’est à avoir qqc de bon à manger et en quantité suffisante pour bien en profiter et sortir de table repu. Y a gloussé de rire quand elle a vu mon entrée, du pâté de foie de canard avec une sauce aux fruits exotiques. Ça n’a pas raté, elle l’a ressorti au chauffeur de taxi qui nous a pris à l’aéroport de Bangkok, à notre retour: « du beurre au durian ! » …. à prix d’or (ou presque). D’ailleurs, au taxi qui lui demandait comment s’était passé son voyage, elle a résumé le chapitre « nourriture » en 4 mots : « paeng laé mâi aròy », « cher et pas bon ». Moi, Français, j’en rougissais de honte.

Ces restaurants qui prétendent faire de la bonne cuisine, quelle foutaise ! J’ai l’impression que certains cuisiniers se masturbent la cervelle, de la même façon que ces architectes qui conçoivent des projets immobiliers « où les gens se sentiront bien et où ils auront plaisir à se retrouver dans une atmosphère conviviale», avec force statues grotesques ornant les lieux communs et peintures bizarres sur les murs.

Chacun ses goûts. Je suis comme Y, je suis content d’être de retour à Bangkok. Ici, je mange très bien chaque jour pour, souvent pour à peine plus d’un euro, et parfois c’est simplement délicieux. En tout cas, ce n’est jamais de la nourriture sortie du congélateur et passée au micro-ondes.

On m’a dit que 85% des restaurants en France ne font pas leur propre cuisine. C’est une honte ! Combien de temps les visiteurs vont-ils encore croire qu’on mange bien en France ? Je crois qu’on mange mieux pour les mêmes prix à Londres, à Berlin, à Barcelone…. Je crois que la France s’est bien laissé aller sur l’un de ses points forts traditionnels. De la bonne nourriture, il ne restera bientôt que les titres et les mots ronflants « le plat de machin-chose et sa petite grillotte des bois » (ou je ne sais encore quelle bêtise dans le genre). Je souligne le « sa », ça me gonfle, cette préciosité que les restaurateurs donnent à des plats qui le plus souvent sont simplement médiocres.

Le Vin

Aaah ! Je vais enfin pouvoir donner dans le positif ! Au moins là, valeur sûre, du bon et agréable à boire et à des prix corrects. Grand merci aux viticulteurs Français, je leur tire mon chapeau. Y entre autres s’est découvert un penchant pour le rosé, elle était heureuse et moi aussi. À CDG, avant d’embarquer, nous avons acheté quelques bouteilles de « Jolies Filles »…..

Les Gens

Pour ne pas rester sur une mauvaise impression, suite aux vilaines choses que j’ai dites ci-dessus au sujet d’une certaine racaille un peu trop présente à Paris, je dois dire que j’ai été agréablement surpris par l’attitude des gens dans les commerces, partout où nous sommes allés. J’avais de mauvais souvenirs d’il y a bien longtemps. Je m’étais pris de bec un jour avec un groupe de vendeuses au Printemps (ou aux Galeries Lafayette ?), qui étaient à papoter pendant plusieurs minutes en m’ignorant totalement, pauvre cloche de client que j’étais, planté à 2 pas d’elles et ayant l’audace de vouloir leur demander un renseignement. Un bel exemple de l’attitude arrogante que les Français peuvent avoir. Croyez-moi, je ne suis pas le seul à le dire, la réputation des Français à ce sujet est faite dans le monde entier.

Mais non, cette fois, je n’ai eu que du bonheur avec les gens rencontrés dans les commerces. Peut-être du fait de la présence de Y, ambassadrice de charme du Royaume du Siam???? Nous étions allés, par exemple, dans un magasin spécialisé moto, sur l’avenue de la Grande Armée (Team Axxe), pour nous équiper un peu de tout. On nous a très bien servis, avec patience et plaisamment. Très bien, j’y retournerai !

Impressions finales

Donc, pour moi qui suis Français, je me vois obligé d’apporter quelques critiques sévères sur certains aspects de mon pays : la saleté de Paris, la médiocrité des restaurants, l’attitude de certaines gens (Français ou autres). Bien sûr, j’ai toujours énormément de plaisir à rencontrer des gens sympas et intéressants, il y en a aussi tellement ! Mais en bas de la page, je marquerai : « France = peut mieux faire ».

Et Y, venue pour la première fois en Europe, qu’a-t-elle retenu ? Saleté de Paris et nourriture médiocre, beauté des paysages (campagne de Bourgogne, Alpes autour de Chamonix), vins agréables à boire. Quant aux gens, elle n’en a retenu que les bons aspects, car heureusement elle est d’une bonne disposition et ne s’est pas trop fixée sur toute cette racaille qui traîne à Paris. Je crois que même si elle allait en Enfer, elle se ferait des copains avec les diables ! Non, plutôt, elle a des souvenirs heureux de ses contacts avec les Français, qui ont toujours été des contacts gentils et bon-enfant. Son approche personnelle y aidant.
Papouasie 2005, traîtreusement abandonnés par nos guides au beau milieu de la jungle English translation pending
by Naps · 2013-07-15 · 27 replies
SECOND TOME, CHAPITRE IX - JOHN WAYNE, SA DESCENDANCE ET SA FAMILLE

- John, Zazou et naps dans la jungle papoue, entre les mauvais esprits qui rôdent et leurs guides qui se font la malle ils sont pas sauvés les pauvres... -

Octobre 2005, rappel de l’épisode précédent : après avoir bien failli se retrouver amputé d'un bout d'intestin quelque part entre l'Afghanistan et l'Inde, naps, notre héros d'occase, s'était mis en route pour l'Indonésie, accompagné de son pote Zazou, dit Zaza, dit bogra, dit le dormeur, dit le philosophe arabe, qui l'avait rejoint...

Alors le premier mois ça allait être repos total, on en avait bien besoin autant l’un que l’autre. Zazou parce qu’il arrivait de France où il avait travaillé dur, et naps pour tout ce que lui était arrivé depuis disons l’époque du récit 95 heures (voir le chapitre XX du premier tome), parce que crois-le ou pas mais il ne s’était pas vraiment ni posé ni reposé depuis tout ce temps. À l’arrivée en Indo on ne peut avoir qu’un visa d’un mois mais ça ira pour l’instant, on ressortira plus tard en faire un de 60 jours à l’ambassade, le tout nous faisant trois mois dans le pays ce qui suffira amplement. Pour commencer nous décidâmes de retourner sur les îles près de Manado, dans le nord de Sulawesi, on avait bien aimé à l’époque. Perso j’aurai voté pour Siladen, mais aux dernières nouvelles l’île s’étant dotée d’hôtels de luxe nous jetâmes plutôt notre dévolu sur Bunaken. Hélas ici aussi ça avait bien changé, l'atmosphère jadis si conviviale était devenu mercantile et en plus maintenant il y avait une taxe de 150000 roupies pour la soi-disant conservation du milieu marin. L’idée était partie d’un abruti de chercheur américain, ce genre de crétin qui vient se mêler des affaires d’un pays sans rien savoir de comment ledit pays tourne. Bravo espèce de débile mental, tu as donné une nouvelle occasion aux indos de se faire de l’argent de poche sur le dos des touristes. Au bout de quelques jours que nous étions sur l’île passèrent donc les collecteurs de fond pour réclamer la fameuse dîme, ils étaient attendus de pied ferme... Les deux types étaient sympas et pas fautifs des agissements de leurs patrons, c'est pourquoi je leur parlai gentiment, quoique sans ambages : écoutez les gars, j'ai rien contre vous mais soyons honnêtes, vous savez aussi bien que moi que l’argent en question ne sera pas utilisé pour la conservation quelle qu’elle soit mais qu’il va être détourné par vos chefs pour se payer des belles bagnoles et des belles gonzesses. En conséquence de quoi mon pote et moi nous refusons de payer ! Les mecs en restent pantois, ils ne s’attendaient pas à ce qu’un étranger parle de la sorte, en plus dans leur langue, et ils restent un peu interdits car ils savent bien de quoi je parle. J’enfonce un peu plus le couteau vu qu’ils ont avec eux un diagramme des sommes extorquées depuis la mise en application de cette escroquerie : bon alors deux milliards et demi de roupies ont été grattés (plus de 250000 dollars quand même) et qu’est ce qui a été fait avec ? J’ai vu qu’ils ont construit une jetée là-bas mais personne ne l’utilise, les locaux parce qu’elle est trop loin du village et qu’ils préfèrent accoster directement en face de celui-ci, les touristes parce qu’elle est trop loin des hôtels et qu’ils préfèrent accoster directement en face de ceux-ci, bel exemple de manque de planification et de gaspillage en somme. À part ça ils ont bien immergé à droite à gauche quelques cases en ciment pour que du corail neuf y pousse, mais ne me dites pas qu’il y en a eu pour deux milliards et demi ! Donc pas un centime pour ces voleurs, et s’il faut qu’on parte de cette île et bien c’est pas un problème, par contre vous ferez perdre de l’argent au propriétaire de l’hôtel (argument bien choisi car le proprio nous écoute, et les gars se sentent mal envers lui). Ils se grattent la tête et ne me contredisent pas, car tout ça c'est la stricte et triste vérité, seulement ils ont quand même un boulot, même s'il est sale, à faire... Bon, on va faire comme ça les mister, vous ne payez que 50000, qui sont normalement pour l’entrée à la journée (150 c’est pour le séjour illimité), et c’est OK. Même 50 ça me fait mal au ventre de les sortir et je renâcle, mais Za intervient : allez c’est bon espèce de rastègue que tu es, sors un peu tes sous que t’es blindé de toute façon et paye, au moins on peut rester ici à se reposer au lieu de retourner dans cette ville pourrite de Manado ! Vaincu par la puissance de cette logique, elle aussi sans ambages, je cède. On paye et au final on se quitte bons amis avec les deux moustachus, je leur avais parlé avec respect et ils avaient bien compris que je n’en avais pas après eux (et aussi, je pense, parce qu’au fond ils me donnaient raison). Tiens, en parlant de ça je vais faire un peu de pub gratuite : pas longtemps après avoir écrit ce texte j’étais tombé sur un guide du croutard Indonésie et y avais jeté un œil, histoire de voir un peu les énormités qu’ils avaient pu écrire et de me marrer un bon coup. Je lis le passage sur Bunaken et découvre à ma grande stupeur qu’ils encensent ce racket qui d’après eux est une bonne chose pour l’environnement, nouvelle preuve, si besoin en était, que ce sont des blaireaux qui ne savent pas de quoi ils parlent. Après genre deux semaines on commença à en avoir marre et Zazou voulait voir Bali. J’eus beau lui répéter qu’il n’y avait pas grand chose sur cette île il n’en démordit pas, quand il a une idée quelque part le bogra tu la lui enlèves pas comme ça, une vache (bogra en arabe) c’est têtu parfois. C’était sur le chemin du retour et comme je ne peux rien refuser à Za j’acceptai... Une fois à Bali on avait flemmardé dans différentes parties de l’île, on avait loué des motos pour se balader un peu et Zaza avait profité d’être là pour acheter pas mal de souvenirs pour son appart. Les balinais sont de véritables artistes et ils font des choses magnifiques, notamment au niveau sculptures, et si j’avais un pied-à-terre je me serais sûrement laissé tenter moi aussi par l’une ou l’autre pièce tant certaines sont finement ouvragées et joliment travaillées. En plus il y avait très peu de tourisme cette année-là car on était juste un peu après la deuxième bombe de Bali et cela permit à Zazou (qui me traite toujours de radin mais qui ne s’est pas vu quand il marchande) de réaliser de très bonnes affaires. Naps, quant a lui, s’offrit un nouveau hamac fait de ce tissu très soyeux qu’un petit malin vend sur internet une fortune en disant, sans rire et je cite, qu’il lui a fallu dix ans d'études et de recherches pour mettre au point le concept, y en a qui ont honte de rien ! À la fin du séjour Za admit quand même qu’il n’y avait en effet pas tant que ça à voir ou à faire sur cette île et fit cette remarque, comme d'habitude bien ciblée : ben dis donc, les balinais, ils en foutent pas une, ils passent leur temps à aller au temple, ah ils l’ont belle les types ! Mais trêve de plaisanterie, maintenant les choses sérieuses allaient commencer, il nous fallait un visa de deux mois car je tenais à réaliser un vieux rêve : traverser à pied et en bateau l’intérieur de la Papouasie. Nous nous arrangeâmes pour arriver à Penang trois jours avant la fin du Ramadhân, sachant bien qu’après cette date tous les consulats seront fermés, et comme le visa est délivré en 24 heures on devrait être bon. Au consulat, chouette, c'est le même lunetteux que la dernière fois, il est sympa. Je parle quand même angliche avec lui car je sais qu’ils sont suspicieux, et s’il m’entend parler indonésien il risque de commencer à se demander si je ne suis pas un de ces toutous qui restent longtemps dans le pays et s’y enfoncent, ceux-là même dont le gouvernement essaie de se débarrasser en rendant plus difficile l’obtention des visas. Badaboum, il nous dit de revenir dans dix jours. Mais, il reste trois jours avant la fin du Ramadhân, objectai-je. Oui, mais demain c’est Deepavali et ils ferment, pour ne réouvrir qu’après la semaine légale de vacances post-mois du jeûne (avec un circonflexe sur le u, on ne parle pas de jeunesse mais je pense que tu avais compris) dite « lebaran ». Je vois, Deepavali est une fête hindoue, ces mêmes hindous que vous savez critiquer pour leurs milles dieux et leur propension à en faire images et idoles, mais dont vous savez aussi apparemment profiter des congés quand bien même ils sont en l’honneur de ce que vous appelez des faux dieux. Passons... On va la tenter à l’indo et lui proposer -en biaisant car il faut que les apparences soient sauves, ça marche comme ça chez eux- des sous : OK mais dites-moi, peut-être que vous pouvez nous aider et nous on vous aide aussi, on peut payer un petit supplément pour avoir le visa aujourd'hui. Il rigole, car il a très bien compris mon louvoiement, mais hélas y a rien à faire, le consul, qui est celui qui signe les visas, est déjà parti. Et oui, parce que si tu penses que les fonctionnaires français sont des fainéants et des incapables je te recommande d'aller voir leurs confrères indos... J’abats ma dernière carte : mais peut être que vous pouvez le signer vous-même le visa, le consul finalement on n’en a pas besoin, non ? C’est pas l’envie qui lui en manquerait car il sait qu’il y a soussous à la clé mais il refuse, il doit avoir peur de s’attirer des ennuis et je ne peux lui en tenir grief, même si je sais qu’il n’y aurait pas eu de blème... Une fois dehors c est le conseil de guerre entre les chefs de tribus algériennes et siciliennes : bon alors, qué far ? Soit on attend dix jours ici mais ça va vite devenir gavant, soit on trace direct et on chope un visa d’un mois à la frontière mais dans ce cas il faudra changer les plans. Za n’a pas envie de peigner la girafe dix jours à Penang et moi non plus donc le choix s’impose de lui même... La traversée de la Papouasie ça sera pour un autre jour, parce qu’en un mois c’est pas faisable, mais on va quand même y aller se faire une petite virée dans la jungle, surtout que Zazou n’y est encore jamais allé. Je vais envoyer un émail à mon pote Iwein (lis I Wayne, tu comprendras qu’avec un tel nom un minot mal éduqué comme qui tu sais ne pouvait pas résister à la tentation de l'appeler John Wayne, on s’amuse comme on peut) qui est basé dans le coin pour ses recherches ornithologiques, va-t-en savoir, s'il faut on pourrait aller avec lui dans la forêt et chercher des piafs par la même occasion... Je t’ai jamais parlé d’Iwein ? En fait si, mais c’était dans le premier tome et comme je ne veux pas t’infliger la lecture d’un tel ramassis de calembredaines je te la refais, présentations... Iwein est un belge flamand que j'avais rencontré la première fois que j’étais en Papouasie cinq ans auparavant, et avec lequel on s était revus quelques fois par la suite. Il est plus jeune que moi mais la valeur n’attendant pas le nombre des années ça ne l’avait pas empêché à l époque d’avoir déjà derrière lui plusieurs voyages dans le coin, et il m avait donné de bonnes infos sur la région autour de Manokwari qu’il connaissait bien pour y avoir passé du temps à étudier ses zoziaux (si le cœur t’en dit va lire le chapitre VIII du premier tome mais fais gaffe, c’est pas de la littérature pour premier communiant). Car Iwein est un ornithologue confirmé, il connaît tous les volatiles de Papouasie par leur petit nom et peut même les identifier rien qu’à leur chant, et c’est du costaud parce que d’après lui il y a plus de 400 espèces dont pas mal d’endémiques. C’est que contrairement à la plupart des gars qui sont dans la profession et qui ne quittent que rarement leur bureau le Iwein, lui, il passe le plus clair de son temps sur le terrain. Il a d'ailleurs à son actif deux coups fumants : et d’une il avait réussi à enregistrer le chant d’un oiseau qui ne l’avait jamais été jusque-là, et de deux il avait pu enregistrer un piailleur d’une famille qu’on croyait éteinte, prouvant par la même que ce n’était pas le cas. Malgré tout ça il reste simple notre Iwein, car même s’il pourrait aisément faire son beau vu son expérience et ben c'est tout le contraire, il est très discret. Il est pas du genre à se la jouer devant les pépettes ni à se la raconter comme le font les blaires à la lonely planet, qui franchement comparés à lui n’ont pas grand chose à dire et ne sont que des petits pipeaux bombeurs de torse qui cherchent à en mettre plein la vue avec deux bouts de ficelle... Physiquement il est ma fois comme monsieur tout le monde, ou même comme le beau-fils idéal (dixit mon ex-belle-mère). On pourrait s’attendre à voir un gars tatoué, aux dreadlocks épaisses et longues avec des sapes genre le mec cool et décontracté, mais il n’en est rien (car ce sont ceux qui en montrent le plus qui en font le moins et inversement, c’est bien connu du reste). Il est habillé, mmmh... on va dire classique, a les cheveux courts, est quasiment toujours bien rasé, du moins quand il est à la ville (il a pas de mal remarque, ça pousse guère chez lui) et passe inaperçu dans la foule. Par contre, il a certaines particularités physiques qui prouvent qu’il était vraiment né pour sa passion. Déjà ses doigts ont des articulations très noueuses qui font penser à des serres d’oiseau de proie. Ensuite son nez n’est pas en bec d’aigle, mais il est légèrement bombé et on remarque tout de suite la ressemblance avec un bec d’oiseau. Le pire c’est si on l'observe avec attention, il y a quelque chose dans sa silhouette et sa dégaine qui fait qu’on a l'image d'un piaf qui vient en tête, les aborigènes diraient que son animal-totem est un volatile, les hindous qu’il a été une créature ailée dans une incarnation passée. Délire de naps dis-tu ? Je ne crois pas car Zazou, qui le rencontrait pour la première fois et à qui je n avais pas parlé d’animal-totem, me confia un peu plus tard que, je cite : c’est drôle, quand on le regarde bien il fait vraiment penser à un oiseau ! CQFD... Tu n’as jamais eu ce genre de sentiment avec certaines personnes (soit dit sans aucun mépris ou moquerie, c'est juste une impression un peu étrange) ? Perso ça m'arrive souvent, l'un me fait penser à un chat, l'autre à un renard, un autre encore à une chouette, sans oublier mon pote le pithécanthrope du premier chapitre. Enfin en tout cas on tombait bien, Iwein était justement prêt à partir pour Manokwari faire des recherches sur une montagne qu’il ne connaissait pas et ou les papous n’allaient pas, ce qui pouvait être un indicateur d’une faune nombreuse et variée vu l’absence de chasse. Rendez-vous fut pris à bord d’un Pelni, un de ces gros ferries indo qui vus de dehors ont l’air d’un bateau de croisière mais qui vus de dedans sont plus proches d’un mélange entre un cirque, un zoo et un jardin d’enfants. Je ne m’étendrai pas sur le sujet car je l’ai déjà fait (va lire le chapitre III du premier tome pour de plus amples informations sur cet exercice de survie en milieu hostile, mais sache qu'il est déconseillé aux âmes sensibles) et me contenterai de dire que la jonction s’effectua sans anicroche. Iwein nous présenta dans la foulée sa femme (car il est marié, j’avais oublié de te le dire, et désolé pour celles qui avaient déjà des idées derrière la tête), une jolie petite indo d’origine chinoise... Et ben dis donc Iwein, t'en as de la chance mon gars, c'est pas à moi que ça arriverait ! Vu comme t’es fauché et radin par dessus le marché, et vu comme tu vis, elle est pas avec toi pour le pognon ni pour la grande vie à l’occidentale ça c’est sûr ! Madame une fois partie nous commençâmes à parler entre hommes du bon vieux temps, et entre autres de l’histoire décrite dans le récit dont je te parlais plus haut (chapitre VIII, premier tome) qui avait toujours fait marrer Iwein. Puis le Pelni s’ébranla et mis le cap sur Manokwari...

Nos trois oiseaux de mauvais augure (je sais, c'est un peu facile mais j'ai pas pu résister) voguaient donc sur les mers chaudes de Papouasie. Il y avait Iwein le héron flamand, Zazou el bogra d'Algérie, et naps le fennec franco-siciliano-maltais... Le voyage se déroula sans problèmes et surtout sans prises de tête, car les Pelni ne sont plus aussi bondés qu’au bon vieux temps vu la guerre tarifaire que leur livrent les compagnies aériennes. Comme on a un peu de temps avant d’arriver à Manokwari je vais en profiter pour te faire un petit topo historico-politico-économico-sociologico-culturel d'occase sur la Papouasie. Que ceux que ce genre de passage gave, et que ceux qui l’ont déjà lu dans le premier tome (parce que j’ai fait un copier-coller, qu’est-ce que tu crois), me pardonnent, il leur suffit de descendre un peu pour accéder directement à la suite de l’histoire... La Papouasie Nouvelle-Guinée, porte de la Mélanésie et du Pacifique, connue localement sous le nom d'Irian Jaya mais que les indonésiens venaient juste de rebaptiser de son nom originel Papua (prononcez Papoua), histoire d'essayer d'endormir les papous et de leur faire oublier dans la foulée qu'ils les colonisent et pillent leurs richesses. Cette île (car c'est une île, la deuxième en superficie après le Groenland), plus grande que la France ou que Bornéo, est située dans l'hémisphère sud, un peu en-dessous de l’Équateur, et par là-même jouit d'un climat chaud et humide toute l'année avec évidemment de nombreuses pluies. C'est une immense jungle, même si ça déforeste comme partout, la troisième du monde après l'Amazonie et la forêt d'Afrique centrale. La partie orientale, dite PNG (Papua Niugini), a été longtemps sous tutelle/colonie australienne mais est maintenant indépendante, depuis les années 70 s'il m’en souvient bien. La partie occidentale quant à elle a été volée à ses habitants et est présentement colonisée par les indonésiens. Comment cela fut-il possible ? Une nouvelle foi grâce à l'hypocrisie et la vilenie de nos démocraties occidentales, USA en tête (classique me direz-vous ? Vous avez bien raison). Rappelons les faits : l’Indo était une colonie hollandaise mais ceux-ci décampèrent comme des lapins lorsque les japs débarquèrent pendant la seconde guerre. Une fois les sushis repartis en 1945 nos belanda (c'est comme ça qu'on les appelle ici) revinrent tranquillement et sans complexes seulement voilà, les indos ne les voulaient plus. Soekarno (le premier président du pays mais qui ne l'était pas encore à l’époque) prit la tête de la rébellion, mais il ne serait pas allé bien loin à mon humble avis si les américains n'avaient pas fait pression sur les hollandais, en menaçant de leur couper l'aide à la reconstruction d'après-guerre, pour qu'ils lâchent l’archipel. Pourquoi ont-ils fait ça ? Sûrement pas par humanisme, c'est interdit par leur religion. Alors ? Un peu de patience, vous allez vite comprendre si ce n'est déjà fait... De là Soekarno ce petit malin javanais fit main basse sur toutes les îles et fut assez intelligent pour baptiser le nouveau pays Indonésie au lieu de l’appeler Javanésie, une appellation pourtant plus adaptée vu qu'en fait les autres îles se retrouvaient purement et simplement sous domination javanaise, mais qui aurait heurté la sensibilité de beaucoup en dehors de Java. Comme tout dictateur qui se respecte il s'enfla d’orgueil et très rapidement il ne se sentit plus pisser à la tête de son royaume tout neuf. Il lui fallait maintenant aller jusqu'au bout de sa pathologie mentale et de son goût du pouvoir et pour cela il devait élargir son territoire, ce genre de malades n'en ont jamais assez, ça fait partie de leur folie. Et tiens, justement les Moluques avaient décliné l'offre qui leur avait été faite et n'avaient pas voulu rejoindre cette république bananière pour cause de religion différente et d'hostilité manifeste envers Java, un tel affront et une telle ingratitude ne pouvaient être tolérés ! Qu'à cela ne tienne, on envoie l'armée et ses soudards, on massacre assez de gens pour que ceux qui sont encore en vie aient peur et le tour est joué, les Moluques sont intégrées à l'Indonésie et quant à l'avis de ses habitants tout le monde s'en fout. On a agi comme un de ces colons qu'on dit par ailleurs abhorrer mais c'est pas grave, l'Occident n'a rien dit et tout va bien, voilà donc un hochet supplémentaire pour ce cher Soekarno. Mais ça ne suffisait pas et il ne pouvait s'empêcher de lorgner sur la Papouasie. Si elle était à lui il ferait une belle culbute, pensez donc, il augmenterait sa bananeraie de 22%. Un territoire vierge, plein de ressources naturelles et très peu peuplé, la bonne affaire quoi... Seulement le problème, et de taille, c'est que les hollandais y étaient encore. Faire le beau et pérorer lors de ses discours officiels en disant qu'il les avait foutus dehors (en évitant soigneusement de parler de l'aide providentielle des américains bien sûr, encore aujourd’hui les indos ignorent ce fait historique et croient que c'est ce héros national de camarade Soekarno qui les a libérés) c'était une chose, les attaquer de front c'en était une autre et il devait bien se douter qu'il prendrait une déculottée. Il tenta quand même d'envoyer des espions et des agitateurs sur place, en espérant rallier les papous à sa cause, mais non, les papous ils s'en fichaient bien pas mal de ce nabot arrogant et de sa république simiesque et ça ne marcha pas. Les papous, aux dires de tous et surtout des vieux qui ont connu la période belanda et qui t'en parlent aujourd’hui encore presque les larmes aux yeux, avaient ma foi les hollandais à la bonne. En plus l'Asie ils s’en cognent, la Papouasie c'est déjà la Mélanésie et le Pacifique, rien à voir. Tout y est différent, la faune, la flore, et aussi les habitants qui appartiennent au groupe ethnique de la Nouvelle Calédonie, des îles Vanuatu ou Salomon. À l'époque Soekarno était réputé pour ses diatribes violentes contre l'Occident et sa proximité avec le communisme, et tout ça ne plaisait pas aux américains car ils risquaient bien de perdre une position stratégique dans leur jeu d'échec à l'échelle mondiale. Le biz fut le suivant : on intervient à l'ONU et fait en sorte que les hollandais te livrent la Papouasie clés en main, et toi tu te calmes un peu et tu nous signes de bons contrats juteux dans ton pays. Affaire fut faite et les belanda durent partir, on était en 1961... Après une période de transition les moustachus, qui sont les rois de l’hypocrisie et du faux semblant, décidèrent d'organiser ce qui fut appelé « l'acte de libre choix » pour laisser soi-disant les papous décider s’ils voulaient être indépendants ou rejoindre l'Indo définitivement. Tu me diras ils y étaient un peu obligés vu que c'était une condition posée par l'ONU pour son aide providentielle, cette ONU qui au niveau hypocrisie et faux semblants n'a de leçons à recevoir de personne non plus. Le vote fut une mascarade car aucun suffrage universel ne fut organisé et seuls quelques chefs de tribus votèrent, les uns avec un pistolet sur la tempe, les autres avec une liasse de billets dans la poche, et le résultat - prévisible - fut annoncé : la Papouasie occidentale était officiellement rattachée à l'Indonésie, avec la bénédiction du monde occidental. Les blanquets eurent leur bakchiche, juste retour des choses pour leur bienveillance envers l'Indonésie. Des contrats en pagaille partout dans le pays pour l'extraction de pétrole et de gaz, et la cerise : la mainmise sur la plus grande mine d'or du monde et la troisième de cuivre, en Papouasie justement, quelle coïncidence n'est-ce pas... Tout allait bien dans le meilleur des mondes, la Javanésie s'était agrandie, les occidentaux pouvaient dépecer tranquillement le pays tout en jetant quelques cacahouètes au chef, et ça a continué ainsi jusqu’à nos jours. La Papouasie en 2000 et bien c'est comme partout dans le monde en territoire colonisé : les papous sont pas contents et haïssent les indos, l'OPM (la guérilla) a fait son apparition. Les indos, lavés du cerveau comme ils l'ont été par la propagande officielle, sont sûrs de leur bon droit et d'être chez eux et viennent en masse s'établir dans ce nouvel Eldorado où tout reste à construire, ce qui génère une certaine activité économique et des opportunités de travail ou de bizness qu'ils n'auraient pas trouvées sur leurs îles d’origine, surtout les javanais chez qui c'est très pauvre et très surpeuplé. On ne peut pas leur en tenir rigueur, ce sont de pauvres gens qui sont venus tenter leur chance, attirés par l'espoir d'une vie meilleure, surtout à l'époque où le gouvernement avait ses programmes de transmigration (dans un souci d’indonésianiser l'île, le bien-être de ses concitoyens n'ayant évidemment jamais été à l’ordre du jour). En ces temps-là le gouvernement te payait le bateau pour y aller et te donnait un terrain ainsi qu'un stock de riz le temps que tu aies des récoltes, et il va sans dire que ces programmes ont rencontré un franc succès dans un pays où la vie n'est pas facile. Bien sûr la réalité n'a pas toujours été aussi idyllique que les promesses (terrains inondables, mal situés, sujets aux éboulements, hostilité de la population papoue), c'est ce que j'appelle prendre en otage ses propres gens. Une fois sur place les indos s'y sont fixés et y ont fait souche, et un jour ou l’autre (comme au Tibet ou au Xinjiang dont nous parlerons d'ici peu) il y aura plus de nouveaux venus que de première nation, cf. les Amériques ou l'Australie, voilà, la boucle est bouclée. J’en vois qui commencent à s’assoupir, revenons à nos trois oiseaux... Pendant que naps déballait son cours d’histoire à deux balles le bateau était arrivé à Manokwari, il était minuit. On avait bien rigolé pendant le voyage, surtout que bogra et moi on passe notre temps à se chamailler et à s’envoyer des vannes foireuses. Iwein n’avait pas l’habitude d’un naps comme ça, et oui, il ne m’avait jamais vu avec quelqu'un de mon village et encore, Za c’est pas le pire et de loin, quand je suis avec X ou pithécanthrope attention les dégâts (voir le chapitre XXI du premier tome) ! On avait fini par lui dire : tu vois John, avec nous t'as pas fini de rire et tu te marreras bien plus avec les arabo-latins que nous sommes qu’avec ces anglo-saxons qu’ont pas de sang ! En descendant du bateau je scrutai la jetée, espérant voir ma petite papouette. La dernière fois que j’étais à Manokwari j’étais aussi arrivé de nuit et je l’avais rencontrée sur cette même jetée, une très belle fille à la peau chocolat (je bombe le torse, exact, ça fait du bien à mon ego), et vu la conclusion de l’histoire à l’époque je me disais qu’un phénomène récurrent ne serait pas de refus. Las, elle n’était pas là, nous allâmes dormir dans une case chez des amis d’Iwein. Le lendemain nous primes quand même une chambre à l’hôtel car nous avions besoin de préparer certaines choses dans le calme. Ensuite nous fîmes un petit détour par chez les poulagas, pas qu’on les aime ces tordus mais il nous fallait une « surat jalan » (permis dont on a besoin dèss qu’on quitte les villes pour s’enfoncer dans l intérieur). Avec Za on laisse John parler, il les connaît vu qu’il est souvent dans le coin. J’entends le corrompu en chef qui commence à insinuer qu’Iwein est notre guide, qu’on le paye et que donc il ramasse des sous au black. Je les connais les gabarits, le gars espère probablement gratter une rallonge, il est temps que j’intervienne : excusez-moi monsieur mais je vous ai entendu parler et je pense qu'il me faut corriger certaines de vos allégations. Mon ami et moi-même nous ne sommes pas des enfants et nous n’avons besoin d’aucun guide pour aller dans la forêt. Comme vous entendez je maîtrise votre langue et vous imaginez bien que je suis à même de me débrouiller seul. De plus, je n’en suis pas à mon premier voyage dans la région, consultez vos archives et vous verrez que je suis déjà venu à plusieurs reprises, et à chaque fois sans mister Iwein. Iwein est un ami et il nous a proposé de l’accompagner dans la forêt en amis, il n’y a absolument aucune histoire d’argent entre nous. Le moustachu se calme, mais il réclame quand même des sous pour l’obtention du bout de papier. La corruption, tristement classique et tellement répandue dans ce pays, une véritable plaie. Petit conciliabule à trois en français (car John parle notre belle langue) : Il exagère quand même John, à l’époque ils demandaient beaucoup moins ! Je sais, à chaque fois ils augmentent, c'est que le pays connaît une sacrée inflation et vous pensez bien qu’ils s’alignent. De toute façon si on paye pas adieu le permis et adieu le trip, tout ce qu’on peut faire c’est marchander ! Passons, et disons que nous finîmes par avoir le papelard... Ensuite il fallait bien faire les courses. La cigogne des Flandres sortit une liste de commission, basée sur le temps que nous allions rester et le nombre de bouches à nourrir, écrite par sa chère et tendre, c'est quand même pratique de temps en temps une femme... Nous achetâmes une tonne de riz, des nouilles déshydratées, des sauces et épices, des légumes frais qui se conservent, du thon en boîte, des biscuits, du café, du thé, du sucre, enfin tout ce qu’il fallait pour un séjour en autonomie complète car c’est de ça qu’il allait s’agir. Le lendemain nous prîmes un minibus jusqu’au village machin chose d’où nous commencerons à marcher demain. Nous fîmes nos politesses au chef, déposâmes nos sacs là où nous allions dormir (c’est à dire par terre) puis la discute put commencer... C’est surtout John qui tient le crachoir vu que c'est son trip, Zazatte et naps baillent aux corneilles. En premier lieu il s’enquiert de savoir qui a les droits territoriaux pour la montagne sur laquelle il avait jeté son dévolu. Car même si pour l'occidental non averti la forêt a toujours l’air d’être la même partout, en vrai telle partie appartient au village A, telle autre au village B, et bien sûr A n’aime pas que B vienne batifoler sur son terrain et inversement. Ces droits sont à prendre très au sérieux et t'as vraiment intérêt à savoir où tu mets les pieds, parce que sinon ça peut rapidement dégénérer au coupe-coupe ou à la flèche, sans rire. D’après le chef le versant par où nous allons passer était à lui (en fait plutôt à son village, mais un peu de mégalomanie n’a jamais fait de mal a personne) donc on était bon. Ensuite il fallait des porteurs qui connaissaient le coin, surtout pour savoir où trouver de l’eau. Ça y en a pas, personne du village n’est jamais monté là-haut à part le chef dans sa jeunesse car en ce temps-là il vivait dans cette forêt (c’était avant l’époque où le village a été déplacé à son emplacement actuel en bord de route). Il serait bien allé avec nous mais il nous fait voir sa jambe, il a une superbe infection purulo-suintante, hors de question. Pas de panique, il va nous présenter trois hommes de confiance à qui il expliquera deux-trois trucs sur la topographie et tiens, justement les voilà, présentations : Bernart (oui, avec un « t »), un colosse d'environ 25 ans, il a l'air très sympa ; Barnabas (dont ils se moquent en disant qu’il est celui qui a été échangé contre le Christ, cf. la Bible), à peu près le même âge mais beaucoup plus petit, et qui a l’air sympa aussi mais qui est toujours dans les vapes, à croire qu’il a fumé dix spliffs d’affilée (sauf qu’il n’y en a pas ici, j'en conclus que son cerveau doit produire naturellement tétrahydrocannabinol et endorphines) ; Martinus, plus âgé, qui vient paraît-il de la « ville », il a l'air OK comme les autres. En avant pour les tractations. Ils veulent un gros paquet de sous mais on ne la fait pas au Iwein, il connaît ce type de chant. Il explique, posément mais fermement, que pour l’instant il est en phase de repérages et ne peut se permettre de jeter l’argent par les fenêtres, mais que si l'étude est concluante et que dans le futur il emmène des groupes payants là il arrosera beaucoup plus. Ils sont d’accord, tope là et à demain matin ! Le chef tente le coup de la donation pour l’église (en fait donation pour sa pomme), Iwein refait valoir ce que dit plus haut, le chef insiste, Iwein reste inflexible, le chef abandonne. Maintenant que le biz est réglé passons aux choses sérieuses, à savoir l’interview. Za et moi on est célibataires et le chef se désintéresse assez vite de nous, ce qui l’intéresse c’est Iwein et sa poule (je sais, elle est facile aussi celle-là mais que veux-tu, on fait avec ce qu’on a). Ça fait longtemps que tu es marié ? Un peu... Ah ! Alors tu as des enfants ! Non, pas encore... Quoiiiiiiiiiiiiiiiiiii ? T’as pas de descendance (keturunan, ça veut dire exactement ça) ? Tu te rends pas compte, qui va prendre soin de toi quand tu seras vieux ? Boah, je verrai bien d'ici là... Non non non, tu te rends vraiment pas compte, il te FAUT une descendance, tu dois laisser une trace de toi en ce monde, mourir sans descendance c’est le pire de tout !!! Je traduis à Zazou, on a mal au ventre à force de rire. Au bout d un moment je n’y tiens plus et lance : c’est pas qu’il veut pas chef, c'est juste qu’il peut pas, il a mati pucuk (bourgeon mort, si tu vois l'analogie) ! John dément véhément, le chef reprend ses conseils avisés, ça dure un bon moment... Je ne suis pas certain qu’il ait convaincu notre échassier des images d’Épinal d’avoir des petits poussins, mais en tout cas au bout d’un moment il nous laisse... La nuit arrive, va falloir manger un bout. Les papous s’ils sont gentils n’en sont pas moins pas doués pour recevoir, si tu vas pas voir par toi-même ce qu’il en est t’es pas prêt de manger ! On entre donc dans le territoire des femmes (la cuisine) et s’enquiert de si on peut cuisiner etc. Elles nous proposent de le faire pour nous et on accepte sans difficulté, faire la bouffe n'est pas un travail d'homme comme chacun sait en Papouasie... Un peu de riz et d’aubergine, le tour est joué. Demain il va falloir se lever tôt et en forme alors extinction des feux rapide, nous nous endormîmes au son des insectes virevoltants dans l’air nocturne...

Swangi, Professionnalisme.

Le lendemain nous nous mîmes en route, mais pas si tôt que ça parce que si les pinsons d’outre-Ardennes sont matinaux, ce n'est pas le cas des oiseaux migrateurs provençaux, loin s’en faut. Nous suivîmes pendant genre deux kilomètres la route goudronnée qui mène à Manokwari, puis nous obliquâmes à droite et entrâmes dans la forêt. La grue blond cendrée avec ses bottes en caoutchouc et les trois papounets - pieds nus - nous avaient déjà mis bien 200 mètres sur ce début de parcours, et ça nous avait pas plu avec le bogra donc nous accélérâmes le pas, l'honneur de la Provence était en jeu ! Ça fait plaisir de se retrouver dans la nature et le vert, même si pour l’instant ce n’est que de la forêt secondaire. Après un certain temps nous fîmes un petit arrêt près d’une rivière, et Bernard décida de se baquer. Une fois sa chemise tombée je constatai qu’il était vraiment balèze, le genre de gars avec qui il vaut mieux être pote... Un peu plus tard nouvel arrêt, près d’une autre rivière (ou peut être la même mais plus haut, va savoir), ce coup-ci pour manger. Le casoar nain (il est pas grand notre Iwein) nous confia que des fois sa femme le suivait dans ses expéditions et qu’elle faisait la cuisine. Ouais, mais là elle est pas venue, t’as vraiment pas assuré espèce d’oiseau de paradis d’occase ! Un petit feu, l’eau chauffe. Pendant ce temps j’en profite pour rincer ma chemise, déjà bien transpirée, et je la mets à sécher sur une branche, on se tient propre dans la famille naps figure-toi ! L’eau bout, on y jette des pâtes, elles cuisent, on les sort et met un peu de sauce, on partage, tout va bien. Il commence à pleuvioter trois gouttes, parfait, ça va rafraîchir l’air. Par contre on voit qu’en amont ça tombe dur, le ciel est noir d’encre. Avec Zazou on remarque que l’eau monte un peu, tiens, c'est marrant ! Oulah ! Mais c’est qu’elle se met à monter à vue d’œil, oh oh les gars, faut qu’on se casse de là, vite, on va se faire emporter ! Tout le monde s’affaire pour récupérer, qui son sac, qui sa chemise, qui les casseroles, et monte en quatrième vitesse sur la berge, en essayant de ne pas faire tomber son assiette et ce qu'il y reste de pâtes. À peine arrivés en haut ça se met à dévaler très fort en contrebas, et le bord de rivière où on était à peine 30 secondes plus tôt est complètement inondé, avec un sacré courant. Ça me rappelle les images de la catastrophe de Vezons la romaine, on a eu du bol, moins deux on était emportés... C’est le moment pour la mouette pygmée de nous sortir son célèbre : alley, ça c’est pas pour rigoler hein ! On finit nos pâtes et on repart... Chemin faisant on rencontre un gros lézard, un genre de varan de Komodo mais la taille en dessous, son corps doit faire un mètre de long. Il est accroché tranquille à un tronc d’arbre à quelques mètres du sol, et a l’air de se concentrer en vue d’une ascension. Bernart recule, terrifié : ça mange les humains ce truc !!! On rigole : meuh non Nanart, c'est nous qui pourrions le manger, regarde-le, il est de loin pas assez gros pour nous transformer en chair à pâté voyons ! On s'arrête pour l'observer, Bernart se met prudemment sur le côté. La mésange à longue queue (!) convient que c’est le plus gros qu’il ait jamais vu, mais que par contre ce type de bestiau est courant dans le coin. Au bout d'un moment le monstre papouphage se décide enfin à monter au sommet de l’arbre, nouveau mouvement nerveux de Ber qui décidément flippe comme une bête. Bon allez on repart, sinon il va nous faire une attaque... Le chemin sur lequel nous marchons est encore assez large et on voit, aux traces dans la boue, que des camions passent dans le coin. On comprend vite pourquoi en voyant des arbres abattus et du bois déjà débité en planches, signe d’une certaine activité de bûcheronnage. La perdrix à œil bleu nous explique que les papous vendent des concessions d’abattage - pour une bouchée de pain, est-il besoin de le préciser ? - à des indos qui viennent ensuite couper tout ce qui a une valeur. Ma foi, ça reste artisanal et au moins ce sont les petits qui en bénéficient, et puis ils ne pourront jamais tout détruire comme ils ont fait à Bornéo car ici la géographie est différente, ça monte tout de suite raide. Et d’ailleurs ça commence à monter en effet, on quitte la « route » pour suivre un petit sentier non carrossable et on entre dans la forêt primaire. Le milieu d’après-midi bien tassé arrive, il est temps de préparer le camp. Zaza et naps c’est facile, ils ont leurs hamacs moustiquaire, en deux-deux c’est fait. Le passereau à la huppe platine est assez intéressé par le système qui présente, c’est vrai, beaucoup d’avantages : pas lourd, peu encombrant, facile et rapide à monter et démonter. Ceci dit l’orfraie belge c'est un pro, et il est très au point pour ce genre d'escapades. Il a un « terpal » (grande bâche imperméable) qu’il pose sur une armature en bois montée au préalable par les bons soins de nos papous experts du coupe-coupe, et ensuite à l’intérieur il bâtit avec des bouts de branches une sorte de plan de travail qui va servir à cuisiner et à poser la bouffe qui a besoin de prendre l’air, et sur lequel il compte bien dormir en fin de soirée. Une fois terminé c’est vraiment pas mal ce petit salon sylvestre, on y tient debout, il y a de l’espace, c'est cosy comme on dit de nos jours. Le moineau cisalpin (t’avais-je dit qu’Iwein est d’origine italienne ?) note le point GPS (car il a un GPS, je te rappelle que c’est un pro), comme ça au retour on pourra se resservir de ce camp et de l’armature, évitant ainsi de couper de nouveaux arbres, dit-il. Sentiment tout à ton honneur mon cher gypaète pas barbu ! D’après son machin électronique nous sommes à 300 mètres d’altitude (j’avais oublié de te le dire mais on est partis du niveau de la mer, celle-ci se trouve juste derrière le village où on a dormi hier soir). J’admets que c’est pratique mais j’ai pas confiance dans tous ces gadgets, ça prend l’humidité et ça tombe en panne, ça n’a plus de piles etc. Dans le cas de l’aigle botté de choc et de ses recherches ça peut être utile j’en conviens, mais dans le mien rien ne vaut la boussole et le soleil. Partage des taches : les plumes blanches font la cuisine, les plumes noires font la vaisselle. Ça leur va, j’imagine qu’ils n’ont jamais dû faire la cuisine, cette basse besogne réservée aux femmes, de leurs vies, en Papouasie on est des hommes, des vrais ! Y a pas à dire, ils ont tout compris, je sais pas ce qu’il s’est passé chez nous mais à un moment ou à un autre les hommes ont foiré, et maintenant c’est trop tard pour inverser la vapeur... On se fait une bonne plâtrée de riz avec quelques légumes et condiments divers et on mange de bon cœur, la marche ça creuse. Après le repas on discute de choses et d’autres et les papous nous sortent les histoires habituelles de swangi (lis "souangui"). Ce terme désigne la magie noire en général, mais aussi ceux qui s’y adonnent, et dans cette région ils croient tous durs comme fer qu’un swangi se planque dans la forêt et attend que tu passes pour t’embrocher d’une de ses flèches empoisonnées (enfin j’imagine qu’il doit y en avoir plusieurs vu que la forêt est vaste). Ce à quoi je réponds immanquablement : pardi ! Le gars il a que ça à faire de passer sa vie à bouffer des racines et des vers, à se prendre la pluie, à se taper les stiques, les sangsues et autres bébêtes charmantes, tout en t’attendant, surtout que comme tu sais qu’il est là tu évites le coin ! Peine perdue, ils ne te croiront jamais mon pote, tu es un blanc et tu n’y comprends rien, c'est bien connu du reste. Bon, disons que c’est la version locale et pour adultes du croquemitaine... C’est l’heure du dodo, nos trois amis se sont fait un petit lit douillet en feuilles près du feu, le faisan de Nouvelle-Guinée sors son matelas gonflable et l’installe sur la table du living-room, Zaza et moi-même nous regagnons nos quartiers surélevés... Après une bonne nuit bercés par les bruits de la forêt on se prépare à repartir. Le canard à front blanc s’est levé avant tout le monde pour aller traquer ses congénères, Za et naps ont décliné l’offre. Un petit café et quelques pâtes quand même, puis l’ascension démarre. Ça commence à monter dur, le balbuzard et les trois proies à swangi caracolent en tête, bogra et mézigue on peine. Bogra parce que ça fait bien vingt ans qu’il fume comme un pompier, mézigue parce que je suis rouillé et parce que je n’ai jamais été un champion d’escalade de toute façon. Zazou crache vraiment ses poumons le pauvre, il serait peut-être bien temps qu’il arrête... Rien de spécial à te raconter ce jour-là, un stop pour le midi et un autre le soir au village fantôme papou. Dans ce reste de village il ne reste plus une baraque, mais on voit bien qu’il y a eu de l’occupation humaine car la forêt y est plus clairsemée, voire quasi inexistante sur un petit périmètre, et on trouve même quelques reliques archéologiques comme un bout d’assiette et un bidon percé... La fauvette sarde (Iwein, il venait de Sardaigne ton père ?) nous annonce que nous sommes à 800 mètres, ce qui nous fait une belle jambe je te l’avoue. On se refait un bon repas, cuisiné de main de maître par nos trois butors (et c’est rien de le dire, surtout naps qui a toujours été vilain avec les filles, déjà à l’école primaire il se régalait à leur tirer les couettes. Mais sache quand même que le butor, avant d’être un mufle, est un volatile de France). Le lendemain c'est déjà la routine : le chevalier cul blanc (tringa ochropus) se lève très tôt pour socialiser avec ses cousins, les deux faucons pèlerins dorment jusqu’au dernier moment, et une fois tout le monde sorti de son poulailler respectif ça graille et boit du café en pépiant... Puis on repart, ça monte toujours. Du fait qu’on est déjà en altitude la forêt n’est pas très méchante avec nous, pas ou disons peu de stiques, pas de sangsues, aucun de ces gros taons qui font un mal de chien et te pompent un litre de sang à chaque piqûre, aucun non plus de ces moucherons dont le but dans la vie est de venir se noyer dans l’humidité de tes yeux après avoir bien tournoyé autour. Il fait pas trop chaud non plus, mais bien sûr des fois ça pleut et on se retrouve trempés. Pas trop dérangeant toutefois si c’est dans la journée car d’ici au soir ça a eu le temps de sécher in situ, et sinon il y a le feu, c'est bien pour ça, entre autres, qu’il a été inventé, pas vrai ? Par contre un problème commence à se poser, c’est que l’eau se raréfie. En basse altitude ça n'est jamais un souci, les cours d’eau ne manquent pas et tout baigne dans la moisissure de toute façon. Mais dès que tu t’élèves il y a moins de rivières, c’est logique... On établit le camp près d’une immense flaque d’eau dans laquelle tu pourrais carrément te baigner, mais que t’as pas intérêt car c’est notre réserve de flotte ! L’engin de la gelinotte des bois marque 1300 mètres... Les trois cordons bleus font une nouvelle fois des prouesses culinaires et on mange comme des rois, ou plutôt des aigles royaux. Le troglodyte mignon (troglodytes troglodytes) décide qu’avant d’aller plus avant il convient de faire des repérages pour trouver de l’eau. Ce qui veut dire que demain les deux bartavelles vont pouvoir faire la grasse, car vu qu’ils sont blancs et ignorants ce sera pas eux qui s’y colleront, chouette ! Ahhh !!! Une bonne flemme, y a que ça de vrai, hein Zazou ? C’est pas lui qui va me contredire... Par contre il a caillé dur cette nuit, le froid arrivait non pas d’en haut mais d’en dessous et tout ça c’est pas bon pour mes futurs rhumatismes. C’est vrai qu’on est en altitude, je n’y avais pas pensé, ce soir je sors ma couverture de survie. On se lève, personne dans le camp mais on va pas se laisser abattre, un bon café et tout ira bien. Petite promenade dans les alentours, pas mal ce coin, c’est vraiment la nature à l’état brut qui t’accueille en son sein, le monde végétal dans toute sa splendeur comme qui dirait. Les arbres, omniprésents bien sûr, sont couverts de mousse, et des petits nuages d’humidité qui se forment ici et là donnent un air fantomatique au tout... On entend des voix, il semble que la volière rentre au bercail. Ils n’ont pas vu une goutte d’eau, demain ils partiront plus tôt et essaieront de monter jusqu’au sommet voir s’ils en trouvent, et aussi pour évaluer la faisabilité de l'ascension avec le chargement et les deux handicapés que je n’ai pas besoin de nommer. Le repas de midi est pantagruélique, et quand tu cuisines comme ça mon pote tu te demandes si ça vaut le coup finalement de se marier... Après manger je fais quelques réglages de flash sur mon appareil photo, ça ne plaît pas du tout à Martinus : arrête, tu vas faire venir l’orage ! Je rigole et lui explique que ça n’a rien à voir puis, pensant qu’il avait compris, je continue mon office. Reflash, là il s'énerve : ARRÊTE JE TE DIS, tu vas vraiment faire venir l’orage ! Rien à faire, soupir... Avec le mégapode on va faire un petit tour histoire qu’il nous présente à sa famille. Ouais, sauf que j’ai toujours été nul pour repérer les volatiles : regarde là-bas, il y a un oiseau magnifique ! Où ça ? Là-bas ! Où ? Là-bas ! Je le vois pas, où tu as dit ? Là, suis mon doigt! Où ? Souvent je ne vois le machin qu’au dernier moment, genre quand il s’envole, et je me décourage. Zazou n’a pas l’air très doué non plus, non vraiment, je crois qu’on n’est pas faits pour l’ornithologie... On revient au camp, les papous ont fait une trouvaille : des œufs de maléo. Ils sont énormes et Za et moi on voit tout de suite la belle omelette que ça va faire, et on s’en pourlèche les babines d’avance. La corneille noire fronce le sourcil, faut pas déranger ces bestiaux, y en a déjà plus beaucoup et faut leur foutre la paix, qu’il dit. Réflexion faite il a raison, mais il admet lui-même que c’est de toute façon trop tard, même si on les remettait dans le nid la femelle ne voudrait plus s’en occuper vu qu’ils ont notre odeur. Les papous jurent leurs grands Dieux qu’ils les ont trouvés par terre, m'ouais... Au moment des les ouvrir on s’aperçoit que dans l’un d’eux le poussin avait déjà commencé à se former, c’est pas joli à voir. Les papous nous demandent timidement s’ils peuvent garder celui-là pour eux, pensant probablement que nous refuserions et voudrions garder pour nous ce met de choix. Grands seigneurs nous acceptons... Désolé pour la famille maléo, mais en consolation leur sacrifice n’aura pas été vain, que du bon jaune et presque pas de blanc, l'omelette restera dans les annales de la forêt crois-moi ! Il est temps d’aller pioncer et je n’oublie pas de sortir ma couvrante en aluminium qui fait un bruit d’enfer, mais qui est censée éviter à ma chaleur de s’éparpiller sottement dans le milieu ambiant. Elle empêche ma chaleur de se perdre, exact, mais elle reste sans effet sur ce froid qui vient d'en dessous, la nuit fut une nouvelle fois frisquette... Re-grasse, re-café, re-promenade, et en fin d'après midi les pionniers reviennent. Ils n’ont pas réussi à atteindre le sommet mais ont quand même grimpé jusqu’à 1900 mètres (la montagne culmine à 2000 et des brouettes), et hélas ils n’ont pas vu le moindre point d’eau, il semblerait que le trip soit un peu compromis. On verra demain, en attendant on se réunit autour du feu pour savourer un de ces bons petits plats dont nous commençons à avoir le secret. Ce soir-là un vent de révolte souffle dans les troupes, attisé par Martinus, ils estiment maintenant n’être pas assez payés et en veulent pour preuve que ça a été dur de monter toutes les provisions jusqu’ici. C’est tout à fait vrai, et heureusement d’ailleurs qu’ils étaient là sinon je sais pas comment on aurait fait, même avec seulement la moitié de la bouffe vu qu’on aurait été moitié moins de monde. Mais comme le leur fait remarquer très judicieusement le petit duc le plus dur avait été fait, là ça déjà faisait deux jours qu’ils se la coulaient quand même relativement douce tout en étant malgré tout nourris (grassement me sens-je obligé d’ajouter) et payés, et qu’ensuite il ne leur restera plus qu’à redescendre avec beaucoup moins de poids vu que d’ici là toute la bouffe aura été mangée. Le soulèvement s’arrêta là... À part ça l'ambiance générale est sereine, excepté quelques petites frictions entre Zazou et l’étourneau unicolore. Za ne pense qu’à bouffer et ne veut pas comprendre que, si on a assez au niveau riz et denrées de base, il y a certains articles avec lesquels il faut être un peu plus parcimonieux, entre autres les légumes et les sauces. Il dit que c’est pas grave, que quand tout sera fini on n’aura qu’à redescendre, sans se rendre compte que pour Iwein, contrairement à nous deux les invités, tout ça n’est pas un jeu, il est là pour faire des repérages en vue d’emmener des groupes et pour ce faire il a besoin de rester un certain temps. L’autre jour ils se sont pris le bec à ce sujet mais je ne me suis pas mêlé de ces jérémiades Zazoutiennes, je le connais le bougre, il m’a déjà fait le coup plus d’une fois... Oah et puis c’est pas bien méchant, ce sont juste disons quelques petits points de désaccord, mais rien qui justifie qu’on prenne les armes. En tous les cas maintenant c’est l’heure du repos, et j’ai un petit problème : feignant comme à mon habitude je n’avais pas attaché les coins de la bâche qui me sert de toit, et du coup celle-ci était en contact avec le hamac tout à l’heure quand il a plu. Et alors ? Et ben alors c’est ce genre de matériau qui est imperméable tant qu’on ne le touche pas mais qui laisse passer l’eau dès qu’il est en contact avec quoi que ce soit. Tu me suis ? Oui, ça veut dire que mon hamac est trempé, et vu comme je me les suis gelées hier il est hors de question que je refasse la même en étant en plus dans un lit mouillé. Je vais dormir avec les papous sur leur lit de feuilles près du feu, et en fait cette nuit sera très agréable car même si le sol est plus dur que dans mon hamac je dors bien au chaud. Le lendemain l’hirondelle rustique avait pris une grande décision : il est impossible d'aller plus loin, donc on va rester ici et explorer les alentours (ça on l’avait déjà plus ou moins compris hier). Mais comme on est un peu légers en bouffe Martinus et Barnabas vont redescendre (on leur paiera le retour bien sûr) et Bernart restera avec nous. On leur paye donc leur salaire, plus le jour supplémentaire pour redescendre, et on leur file même un extra. Bernart nous demande si ça ne nous embête pas de leur passer l’argent qu’on lui doit jusqu’à aujourd'hui pour qu’ils puissent le donner à sa femme qui en a besoin pour les courses. Pas d’histoire Ber ! Martinus et Barnabas descendent et Bernart part vers le haut de la montagne, probablement pour aller chercher des légumes sauvages ou va-t-en savoir quoi d’autre, pensais-je sur le moment. On tape le café, discutaille mais le Ber ne revient pas. Avec Za, habitués que nous sommes des escrocs vu qu’on vient d'un petit village qui en est clafi, on voit tout de suite le mal : il a fait style il montait et en fait il a rejoint ses potes et est redescendu avec eux, c'est pour ça qu’il a demandé les sous soi-disant pour sa femme, il avait déjà tout combiné ! La bécasse des bois (scolopax rusticola) ne veut pas y croire : non, c'est pas possible, il a dû avoir un accident ! Avec le bogra on ricane : bin non té ! Il est né dans la forêt, il a des pieds comme des planches de surf et une carrure dans laquelle on en logerait facile deux comme toi, et tu crois qu’il est tombé dans un trou comme un de ces toutous qu’un jour peut-être tu emmèneras ici ? Il ne veut pas se rendre à l’évidence et part à sa recherche, avec le Zazou on hausse les épaules et on se refait un caoua... Il revient au bout d’un moment, et n'ayant pas trouvé de Ber agonisant dans un ravin il commence à nous croire, même s’il a du mal à réaliser la chose et sort des : « c'est pas croyable quand même, il nous a abandonné, comme ça, mais pourquoi ? », et autres incrédulités du même tonneau. Pourquoi ? Ma foi, y a plein d’explications possibles mon cher gobe-mouches mais c’est pas l’important, l’important c’est qu’ils n’ont pas assuré et ont manqué à leurs devoirs, et ça c’est grave. Passe encore que ça soit avec nous qui ne sommes pas des flippés et qui sommes largement capables de redescendre par nos propres moyens, mais qu’est ce qu’ils en savaient d’abord qu’on en était capables ? On aurait pu prendre peur, s’asseoir par terre et pleurer en s’imaginant perdus dans la jungle. Tu vois le tableau s’ils te font ce plan quand tu es avec tes clients qui ont payé une fortune pour leur trip ? Tu les imagines tes cliclis? Crises de nerfs, on est perdus dans la forêt, comment on va faire, on va crever ici etc. Pas très professionnel tout ça...

(à suivre...)
Retour de trois semaines (Utah - Nouveau-Mexique - Colorado): court résumé et impressions English translation pending
by Itat · 2013-07-08 · 273 replies
Hello à tous!

Voilà le 6ème voyage dans l'Ouest se termine. Cette fois-ci il y aura un court résumé et pas de carnet car les photos ne s'affichent plus, vue le temps que ça prend de poster un carnet je m'abstiendrai donc vue le rendu... 😕

Alors mon voyage:

1. Arrivée Salt Lake - Nuit Orem

Voyage sur Delta pour le vol direct pour Salt Lake. Ecrans individuels, ça m'est arrivé rarement sur les vols Delta. Nourriture sans surprise, service à bord efficace mais sans surprises non plus. A noter, nous avons décollé de CDG avec 2h de retard à cause d'une panne dans le cockpit (panne mécanique dixit le commandant de bord...). L'attente fut longue car on était déjà dans l'avion. Finalement 1h de retard à l'arrivée. Immigration et douane passée en moins de 45 minutes. Voiture louée à un prix excellent chez Alamo 😎, aucun problème, je la rends tout à l'heure mais il y a bien écrit 0$ sur la feuille que j'ai signée.

2. Kodachrome Basin State Park

Rando de Panorama Trail. Superbe rando, un peu longue mais variée. La mise en jambes a été plutôt facile mis à part la chaleur. C'est LA rando à faire dans ce parc. Cheminées caractéristiques du parc, vues sur Bryce, secret passage, printed hands... Croisé juste un couple durant les 10km de cette rando...

3. Bryce Canyon

Réveil à 5h comme durant tout le voyage afin de marcher tôt le matin, en général je ressortais en fin d'après-midi. A la mi journée repos. Rando de Faryland Loop. Exceptionnel! Croisé personne sauf dans la remontée sur Sunrise Point. Après avoir fait Peek A Boo et Navajo Loop et Queen's Garden, je crois que c'est la rando de Bryce que je préfère car plus sauvage. Par contre c'est très montagnes russes et le dénivelé est important au final. Mais que du bonheur et des couleurs exceptionnelles au petit matin.

4. Capitol Reef

Plusieurs randos au programme:

Chimney Loop: on prend de la hauteur pour arriver à un point de vue qui domine la formation que l'on voit bien de la route. Belles vues sur Capitol Reef de là haut. Croisé personne.

Capitol Gorge: là j'ai un peu souffert de la chaleur, faut dire que c'était l'après-midi... Et puis dans ce "goulet d'étranglement" il faut dire que c'est "l'estouffade". Bon, on aboutit au niveau où il y a des inscriptions des pionniers sur les parois. J'ai continué jusqu'à l'endroit où il est sensé y avoir des "trous d'eau" dans le slickrock au-dessus de la gorge, mais tout était à sec. Pas une rando mémorable mais en général je préfère les vues en hauteur que me retrouver entre deux parois...

Cassidy Arch: faite tôt le matin. Que du bonheur! Seul durant TOUTE la rando. De belles vues sur les sommets de Capitol Reef, on aboutit ensuite sur du slickrock au-dessus de l'arche. Impressionnant. Une rando que j'ai beaucoup aimé.

A noter: lors de mon passage l'accès à Hickman Bridge et à toutes les balades qui partent de là était interdit car il y a eu un éboulement au tout début du sentier.

5. Natural Bridges National Monument

La route depuis Capitol Reef étant longue, malgré un départ matinal j'ai entrepris la rando qui passe par tous les ponts (il y en a 3) en milieu de matinée... J'ai donc eu très chaud. Les ponts sont impressionnants quand on y est dessous, au niveau des points de vue on ne se rend pas bien compte de leur dimension. Ah oui, malgré mes 25MPH (limitation de vitesse requise dans le parc), je n'ai pas pu éviter un écureuil qui a traversé juste devant ma voiture à l'entrée du parc. J'en ai eu mal au cœur et je n'ai pas arrêté d'y penser toute la matinée... Oui je suis sensible, pauvre bête 🙁. D'ailleurs, j'aurais vu beaucoup d'animaux écrasés sur les routes un peu partout, je ne me rappelle pas en avoir vu autant les autres années: écureuils, lapins et de nombreuses biches. Cela m'est arrivé souvent de voir des animaux traverser devant mes roues mais d'habitude j'arrivais toujours à les éviter, pas cette fois-ci. C'est bien pour ça aussi qu'il faut respecter les limitations de vitesse!!

Pour relier les 3 ponts on marche au fond d'un wash (asséché). Donc hormis la descente dans le canyon puis la remontée le sentier est plat mais la rando est assez longue, prévoir beaucoup d'eau en été! Croisé juste un couple de personnes.

La suite plus tard, j'essaierai une fois chez moi d'attacher quelques photos quand même en bas de message. 😉
Namibie un pays immense et sauvage (Mai 2013) English translation pending
by Torpan · 2013-06-25 · 81 replies
Venant de revenir d'un séjour de 15 jours en Namibie pays que je visitais pour la première fois, je voulais vous faire partager mes préparatifs et mes découvertes car ce pays m'a beaucoup plut !

Nous sommes partis à 3 en mai 2013 avec mon amie et son frère.



Ce dernier souhaitait visiter ce pays depuis longtemps, nous nous sommes donc laissé tenter sans trop de difficultés. 😎



Nous avons donc commencé les recherches d'agences proposant cette destination en octobre 2012, et sommes partis grâce à 2 agences : Tourmaline (pour la locations des lodges) et Maison d'Afrique (pour le vol).

Suite à vos nombreux carnets de voyage qui m'ont captivé, et a de nombreux échanges avec Tourmaline, j'ai déterminé le circuit suivant (Nous voulions rester 3 nuit à Etosha, voir Epupa Falls, et rester 2 nuits près de Sesriem).

12/5 OKahandja (Omulonga) Waterfall Camp) 13/5 Etosha (Namutoni NWR) 14/5 Etosha (Okaukuejo NWR) 15/5 Etosha (Dolomite Camp NWR) 16/5 Epupa Falls (Kapika Waterfall camp) 17/5 Opuwo (Opuwo Country Lodge) 18/5 Palmwag (Palmwag lodge) 19/5 Twylfelfontein (Aabadi Mountain Lodge) 20/5 Swakop (Fischreiher guesthouse) 21/5 Swakop (Fischreiher guesthouse) 22/5 Naukluft (Barchan Dunes retreat) 23/5 Sesriem (Namib Desert lodge) 24/5 Sesriem (Namib Desert lodge) 25/5 Mariental (Anib Lodge) 26/5 retour sur Paris



Nous avons eu quelques soucis pour la réservation du vol (vol départ Paris-Francfort puis Francfort-Windhoek) avec Maison d'Afrique : nous avions réservé le vol et attendions les billets électroniques or le Tour opérateur a annulé car voulant faire un contrôle et n'ayant pas réussi à nous joindre (mais aucun message laissé ni sur répondeur ni mail reçu) ils ont annulé purement et simplement notre réservation🏴‍☠️



Lorsque nous nous en sommes aperçus, nous avons du refaire des réservations. Nous avons eu la surprise de constater qu'entre temps, les billets avaient augmentés de 80€ par personne! 🤪
Trois petites semaines à l'ouest des États-Unis (retour) English translation pending
by Sylbau · 2013-06-11 · 40 replies
De retour des USA, je vous fais partager mon carnet de voyage (juste retour des choses car c'est surtout grâce à ce forum que j'ai préparé ce voyage) Nous avons voyagé 3 petites semaines de l'Oregon à Seattle puis la route 101, San Francisco, Yosemite, Death Valley, Joshua tree, Los Angeles... Notre fille Zoé qui a 16 ans passe une année scolaire dans l'Oregon, l'occasion était trop belle de la retrouver et de partir à la découverte de ce grand pays. Je ne publie pas tout d'un coup.. pour que ce ne soit pas indigeste mais si vous êtes du genre à ne pas aimer les feuilletons, vous pouvez trouver la suite des aventures dans mon blog (rassurez vous, ça finit bien 😉). Pour les autres, la suite très bientôt . et je vais essayer d'ajouter en plus de ce qui est sur le blog quelques petites adresses et prix

Dimanche 5 mai 2013 Depuis presque 9 mois, une partie de notre tête, de notre vie, est dans l'Oregon où notre fille Zoé passe presque 1 an pour son plus grand bonheur. C'était trop tentant d'aller lui faire un petit coucou et d'en profiter pour découvrir ce grand pays où nous ne sommes jamais allés. 3 petites semaines pour en profiter... et vous raconter. C'est bizarre le temps. On part un matin à 10 h de Paris; on fait 13h30 d'avion + 3 h d'escale à Londres et on est à 17 h à Los Angeles... est ce que si on voyageait chaque jour vers l'ouest, on remonterait le temps et on reviendrait à la date du départ ? (ce serait pratique pour les congés... Mais quand même, c'est loin l'Amérique !

Vols sans encombre et passage à l'immigration américaine avec une queue énorme de voyageurs devant les guérites. on se voit déjà bloqués là pour 3 h mais en bons français, on resquille un peu en changeant de file et on s'en sort en 1 h. Empreintes, questions basiques sur les motifs du voyage et nous voilà estampillés" accepted". Thank you Sir. Normalement il faut encore faire la queue pour la douane (1 h) mais un ange gardien nous ouvre une barrière et nous fait sortir directement. Re-thank you Sir !

J'ai eu la bonne idée (on n'est jamais mieux félicité que par soi-même) de louer une voiture pour notre petite nuit à Los Angeles. 49 $ = 1 fois1/2 moins cher que le taxi pour aller à Santa Monica où nous logeons et on va pouvoir se ballader un peu. Notre premier contact avec un autochtone chez AVIS est plutôt sympa "bonjour"; il nous parle de vins français, plaisante, et nous donne notre petite Chevrolet automatique qu'Eric peine un peu à prendre en main. (je sais, la photo est de traviole mais 9 h de décalage horaire, ça vous tourne la tête...😉

Le soir on veut aller se promener dans Santa Monica et on cherche à se garer mais les parcmétres sont bizarres et peu explicites, on part voir comment font les autres voitures et en se retournant on voit un grosse voiture de police garée à côté de la Chevrolet et un policier en train de faire des photos des plaques. On court (enfin je cours...) "please Sir" et il nous regarde fixement quelques secondes sans rien dire. Eric essaye d'expliquer le problème et le policeman répond que c'est impossible de se garer là - on est mal, on imagine deja le sabot et autre amende ...mais il finit par dire "vous êtes français ?" et il remonte dans sa voiture. OUF ! Thank you Sir !
Notre voyage en Indonésie (avril-mai 2013) English translation pending
by Lesneophytes · 2013-06-07 · 5 replies
Voici le récit de notre voyage en Indonésie. Si vous avez des questions, nous nous ferons un plaisir d'y répondre.

Préambule Nous voyageons en mode routard avec un sac à dos à roulettes (roulé la grande majorite du temps). Nous choisissons generalement des hôtels ou homestays avec sdb et ventilateur. Nous privilégions les transports locaux (bus, van ou becak). Nous aimons prendre nos repas sur les marchés, mais ne dédaignons pas un bon petit resto de temps a autre. Les prix que nous indiquons sont pour une personne, sauf pour l'hôtel ou nous donnons le prix de la chambre. Pour ce qui concerne les transports, nous indiquons les prix que nous avons payés, sachant que les tarifs ne sont affichés qu'aux terminaux de bus. Certains rabatteurs en profitent pour augmenter le prix (jusqu'à 4x). Nous avons passe presque 2 mois en Indonésie. C'est un vaste pays très intéressant. Il y a de grandes différences entre les îles. Sumatra, la grande île, est encore peu touchée par le tourisme. Java est l'île la plus peuplée, Bali la plus touristique (de meme que l'ouest de Lombok) avec les avantages et inconvénients que cela comporte. Sumbawa ne reçoit que peu de touristes. Flores, (avec les Komodos) cherche a attirer les touristes qui auparavant restaient a Bali. Du côté religieux, l'Indonesie est un pays musulman. Il est difficile, dans les endroits bon marche, d'echapper au muezzin (a partir de 4h30 le matin). 2 exceptions : Bali qui est majoritairement hindouiste et Flores essentiellement catholique.

Les + variété des paysages et des religions nombreux volcans actifs très beaux fonds marins (Komodos, Flores). Nous n'avons pas visite Sulawesi. population amicale et serviable dans la majorité des cas Les - les habitants ne sont pas toujours sympas dans les endroits fréquentes par les touristes. toujours bien négocier les prix pour éviter une inflation galopante en dehors de Bali, beaucoup de gens ne parlent pas anglais. Il vaut mieux apprendre quelques rudiments d'indonésien.

Nos préférences: Yogyakarta, ville culturelle avec un beau kraton et une population super accueillante. Nos regrets: Ne pas avoir pu passer plus de temps sur l'île de Flores (10 jours au moins)

Déplacements: Se deplacer par la route en Indonésie est folklorique et prend énormément de temps. A Sumatra et Flores, 25 km/h est une bonne moyenne. Sur Java ou Bali il faut compter environ 35 km/h.

Coût de la vie (pour ceux qui voyagent long terme) Voyager en Indonésie nous a coûte la même chose qu'aux Philippines. Nous avons reserve des arrangements via des agences de voyages lorsque le faire par nous-mêmes était compliqué (Bromo-Kawah Ijen et retour de Labuanbajo a Lombok). Le coût de la vie est plus élevé qu'au Laos ou Cambodge.

Cela dit, voici notre carnet de voyage proprement dit

Medan Nous atterrissons a Medan en matinée (vol Firefly de Penang en Malaysie pour 221 MYR). Les formalités accomplies (nous avons un visa de 60 jours que nous avions pris a Kuala Lumpur), nous sortons de l'aéroport pour prendre un becak pour le centre ville que nous payons 8000 IDR après négociation. Le Kesawan hotel est en plein centre ville (200000 IDR la double standard). L'arrivee a Medan est rude. Cette ville est bruyante et polluee. La circulation est infernale. Nous allons voir la mosquee Raya, splendide et imposante. Ici, nous constatons qu'il faut négocier a l'avance le prix de chaque chose pour éviter de mauvaises surprises. Les individus qui nous abordent en premier pour nous offrir des billets de bus n'hésitent pas a multiplier les prix par 2, 3, 4 ou même plus. Il faut aussi toujours vérifier la monnaie rendue. Mais tout est fait avec le sourire, sans agressivité.

Bukit Lawang (Orang Outans Réhabilitation Center) Nous négocions un becak (25000 IDR) pour la gare tourière de Pinang Baris. La, nous prenons un minibus pour Bukit Lawang que nous payons 25000 IDR. Arrivés a destination, nous reprenons un becak (5000 IDR pp) jusqu'au pont. Nous choisissons une chambre au Wisma Leuser, tout près des ponts qui enjambent la rivière (50000 IDR). Cela nous évite de transporter nos bagages sur un chemin pas facile par endroits. A Bukit Lawang, nous sommes sans cesse questionnés sur nos projets par des guides, chauffeurs de minivans, etc. Le tout avec gentillesse et parfois insistance. Le lendemain, nous allons chercher nos permis pour assister au nourrissage des orang outans qui ne sont pas encore tout a fait capables de se débrouiller seuls (20000 IDR pp + 50000 IDR pour l'appareil photos). Ce centre a ete cree par le WWF pour sauver les orang outans de la disparition, leur habitat étant de plus en plus rapidement remplace par des plantations de palmiers a huile. Le centre est maintenant géré par le gouvernement indonesien. A l emplacement du nourrissage, le ranger qui transporte des bananes et autres fruits dans son sac a dos frappe plusieurs coups sur les planches. Au bout de quelques minutes, nous apercevons une femelle et son petit cramponne a elle. Elle s'approche. Le ranger lui tend une douzaine de bananes qu'elle prend de ses mains. Nous sommes ravis d'avoir pu voir un orang outan d'aussi prêt . Plus tard, nous verrons un jeune orang outan qui vient se sustenter. D'autres singes, surtout des macaques, sont également la et tentent de grappiller quelques restes de nourriture. Sur le chemin du retour, nous verrons un autre orang outan qui se balance tranquillement entre les arbres.

Tuktuk (île de Samosir sur le lac Toba) Nous prenons un minibus direct de Bukit Lawang a destination du lac Toba (150000 IDR) car nous voulons éviter une nuit supplémentaire a Medan. Le chauffeur traverse Medan avec sa circulation cauchemardesque et nous conduit jusqu'à Parapat, lieu de départ des ferrys pour l'île de Samosir. Nous prenons le dernier ferry (18h) pour Tuktuk (inclus dans le prix du minivan) et demandons que l'on nous dépose au Carolina Cottages. L'hôtel n'a pas de place pour toute la période qui nous intéresse car nous sommes a quelques jours de Pâques. Il commence a faire nuit. Nous nous arrêtons au Sibigo GH tout près ou on nous offre une chambre au bord du lac. Après négociation et plusieurs tergiversations de leur part, nous louons une chambre pour 4 jours a 70000 IDR/jour. Notre chambre donne sur le lac et la vue est belle. Il ne manque que la moustiquaire, mais la GH n'en fournit pas. Tuktuk ne semble composée que d'hôtels, restaurants, locations de vélos ou motos et revendeurs de billets de bus ou autres. Nous louons une petite moto (70000 IDR) pour faire le tour de l'île. Nous commençons par Tomok et son marche ou nous achetons des avocats. Nous poursuivons notre route vers la montagne d'où le panorama est superbe. La route est generalement bonne sauf certains tronçons qui sont vraiment en mauvais état. Il y a des glissements de terrain et parfois, il manque une partie de la route. Nous voyons des Indonésiens qui travaillent dans des rizières en terrasses. Nous photographions les curieuses maisons Batak avec leur toit recourbe. Les Batak étaient animistes jusqu'à ce qu'un missionnaire allemand les convertisse au protestantisme. Lorsque la route longe le lac, nous apercevons des parcs d'élevage de poissons. En effet, les Batak élèvent un poisson a grosses écailles qui ressemble un peu au tilapia que nous avons vu aux Philippines. Le lendemain, nous prenons le ferry pour Parapat (10000 IDR) et nous rendons au terminal de bus pour à acheter nos billets pour Bukit Tinggi (180000 IDR pour un bus executive avec air conditionne). Le départ est a 15h; l'arrivée est prévue à 7h le lendemain matin. Nous visitons aussi Parapat et constatons que les locaux se rendent a quelques centaines de mètres a droite du départ du ferry. La, ils s'installent sous de grandes tentes, pique-niquent, achètent des fruits auprès de petits vendeurs de rue, louent des bouées (chambres a air de camion ) et se baignent tout habillés, tout cela dans un joyeux brouhaha.

Bukit Tinggi Notre bus a une heure de retard au départ. Il a plusieurs fissures au parebrise, le chauffeur a de la peine a rentrer les vitesses et l'embrayage hoquète. Nous comprendrons vite que la Trans Sumateran Highway est en fait une petite route étroite avec des virages serrés qui n'en finissent pas. A quoi s'ajoutent des éboulis, glissements de terrain et des nids de poule ÉNORMES. En fait, nos 2 chauffeurs sont des conducteurs hors pairs car amener un vehicule et ses passagers a bon port dans de telles conditions relève de l'exploit. Notre trajet durera 18h en tout. Nous logeons au Hello GH (120000 IDR avec eau chaude et wifi dans la chambre). La patronne est une jeune Chinoise très sympa qui fait tout pour rendre notre séjour agréable. Nous tombons sur un couple de Suisses qui voyagent a vélo avec leurs 2 jeunes enfants. Nous admirons leur courage car les conditions sont parfois éprouvantes. Le lendemain, nous louons une petite moto (60000 IDR) pour visiter les environs. Nous traversons de très beaux paysages de rizières en terrasses et de caféiers. Les habitants cultivent aussi la pomme de terre, le tapioca, l'avocat ainsi que differents fruits. Les méthodes d'agriculture sont rudimentaires et le travail pénible. Au loin, nous apercevons le volcan Merapi d'où sort une fumée blanche. Nous allons voir des maisons traditionnelles aux toits recourbés a Balimbing et nous arrêtons a Pagaruyung pour admirer une réplique du palais du roi et du palais de la reine. Le royaume Minangkabau était matrilinéaire. Seules les femmes héritaient des biens. Cette journée nous a bien plu. Les Indonésiens sont curieux et accueillants. Ils viennent souvent nous questionner et rient de tout. Nous avons réservé nos billets d'avion a destination de Jakarta (610000 IDR avec Lion Air) plus le transfert jusqu'à l'aéroport de Padang pour 40000 IDR pp. Le chauffeur passera nous prendre entre 5h30 et 6h car les embouteillages peuvent considérablement ralentir la circulation.

Jakarta - Bogor Tout s'est bien passe. La mère de la jeune Chinoise nous a même offert un porridge de riz pour le petit déjeuner a 4 heure du matin. Nous apprécions cette marque de gentillesse. Le chauffeur nous a déposés a l'aéroport avant 8h (décollage à 10h40). A Jakarta, nous avons pris un bus Damri (air conditionne et wifi a bord) devant l'aéroport directement pour Bogor (40000 IDR). En effet, nous n'avons aucune envie de rester dans cette mégalopole tentaculaire. A Bogor, un angkot nous conduit de la gare routiere a la gare (2000 IDR). L'ennui, a Bogor, c'est que les hôtels pas trop chers sont éparpillés un peu dans toute la ville, ce qui ne facilite pas la recherche. La pension Abu coûte 200000 IDR la nuit et offre un rapport qualité-prix correct. Nous visitons le jardin botanique situe en plein centre ville (entrée 25000 IDR). Il est gigantesque et abrite un nombre impressionnant d'arbres des tropiques. Nous apprécions notamment la collection de palmiers, le jardin d'eau avec des nénuphars et le jardin mexicain et ses cactus. Mais le clou de la visite, ce sont les orchidées. Certaines sont si parfaites que l'on croirait avoir affaire à des fleurs artificielles. De nombreux ecoliers et etudiants sont la. Les enfants, tous vêtus de la même manière, sont appelés par leur responsable au moyen d'un porte-voix. Les accompagnateurs portent le pique-nique ainsi que des bâches pour asseoir les éleves. Certains portent des guitares. Les groupes sont joyeux. Plusieurs étudiants demandent a nous photographier. En fait, ils viennent a tour de role nous faire la conversation en anglais et nous demander une photo. Nous remarquons qu'une mosquée est construite dans l'enceinte du jardin. Il se met a pleuvoir et cela ne semble pas vouloir s'arrêter. Bogor est réputé pour son climat pluvieux. Nous allons visiter la "gong factory", l'une des dernières forges de Java qui fabrique des gamelans. Le travail est tout a fait artisanal et la sécurité inexistante. Le métal est chauffé et travaille par des ouvriers en tongs sur la terre battue. Ici, on ne travaille que sur commande et exclusivement pour le marche indonésien. A la fin de la visite, on nous demande une obole, ce que nous faisons volontiers.

Pangandaran Nous prenons un bus pour Bandung (40000 IDR). La, des employés en uniforme nous disent que nous devons changer de terminal de bus. Ils nous mettent dans le bus qui assure la liaison entre les 2 terminaux (3000 IDR). Nous attrapons le bus pour Pangandaran de 13h (35000 IDR). Il pleut toujours et le bus a de nombreuses fuites par les fenêtres et par l'air conditionne. Nous sommes obligés de nous protéger sous une pèlerine. Nous n'avons pas d'hôtel à Pangandaran et n'avons plus de crédit sur notre forfait telephonique indonésien. Nous demandons de l'aide a notre voisin, un jeune étudiant qui nous met 10000 IDR sur notre carte. Nous devons insister pour le rembourser. Nous sommes sidérés par la gentillesse des Javanais qui n'hésitent pas a aider de parfaits inconnus pour eux. Nous réservons par telephone une chambre au Bamboo House (100000 IDR avec petit déjeuner). Le bus mettra 9h pour effectuer le trajet. Nous arrivons a Pangandaran a 22h et nous rendons a pied directement a notre hotel. Les employés de l'hôtel sont souriants et aimables. Nous passons un agréable séjour. Pangandaran est la station balnéaire locale. La petite ville est construite sur un isthme. nous visitons les deux cotes qui sont differents. Du côté plutôt balnéaire, tous les habitants semblent avoir des chambres a louer. Il y a d'innombrables boutiques de vente de vêtements. Des jeunes s'adonnent a une sorte de surf, sport pratique sur la vague au moyen de petites planches recourbées. Les visiteurs Indonésiens louent des petites voitures a pédales ou des tandems a 3, 4 ou même 5 places. Comme toujours, ils s'amusent de tout et se photographient sous toutes les coutures. De l'autre côté, il y a moins d'hotels et plus de pêcheurs. Ces derniers halent leurs filets depuis la côte en formant une poche. Cette opération requière beaucoup d'hommes. Ce jour la, la pêche est maigre. Il n'y a que des petits poissons et pas mal de sacs plastiques qui sont immédiatement rejetés a la mer. La nuit tombée, sur la plage, nous voyons une dizaine de cerfs qui proviennent sans doute du parc national voisin. Ils viennent se nourrir dans les poubelles. Un soir, alors que nous prenons notre repas dans un restaurant, un orage violent accompagné de pluies diluviennes s'abat sur la petite ville. Un arbre tombe sur une ligne électrique, et l'électricité est coupée au bord de la mer. Au lever du jour, nous constatons que plusieurs arbres sont tombés, des toitures se sont partiellement envolées, un homme qui dormait a l'intérieur de sa petite cahutte a senti un arbre s'abattre et écraser son habitation. Heureusement, seuls des dégâts matériels sont a déplorer. Les habitants se mettent au travail pour nettoyer et réparer. En 2006, Pangandaran avait subi un tsunami dévastateur toujours présent dans les mémoires.

Le plateau Dieng Nous prenons un bus local pour Bantaj (négocié 25000 IDR, le chauffeur en demandait 40000), puis un bus pour Wonosobo (50000 IDR) ou nous arrivons a la tombée de la nuit. Nous nous rendons directement au Parana Hotel ou nous avons retenu une chambre par téléphone (150000 la double avec sdb eau chaude). Nous serons déçus par cet hotel (propreté, odeur, accueil, bruit). Tôt le lendemain, nous prenons le bus pour le plateau de Dieng (10000 IDR) et passons de l'altitude de 900m a 2000m en l'espace d'une heure environ. Les paysages sont de toute beaute. Rizières en terrasses avec différents degrés de vert, montagne dans la brume, virages serres sur une route étroite et vertigineuse. A Dieng, le patron du BuJono nous dit qu'il y a env 70 GH ici (homestay) et que les prix sont similaires partout. Nous ne nous installons pas chez lui, mais prenons une chambre au Dieng Pass Homestay juste au coin de la rue (150000 IDR avec eau chaude) et commençons notre visite. Il pleut. A Dieng se trouvaient les plus anciens temples hindouistes construits sur Java aux 8me et 9me siecles. Aujourd'hui, la plupart sont en ruines. Les lieux ont été abandonnes sans que l'on sache pourquoi. On peut visiter le complexe Arjuna (25000 IDR) et quelques autres temples, mais le temps ne nous rend pas courageux. Nous profitons d'une brève éclaircie pour suivre un chemin a peu pres pave qui court dans les cultures de légumes. Ici, les paysans cultivent la pomme de terre, le chou, la carotte, l'oignon. La terre est noire et aérée et semble très fertile. Il faut dire que la chimie fait egalement partie de la panoplie de leurs outils. Notre appareil photos crepite tant les paysages sont grandioses. Nous sommes a 2000m, la température est fraîche. La pluie reprend et la brume enveloppe Dieng. Nous n'aurons pas de chance avec le temps a Dieng.

Yogyakarta (Yogya) Pour arriver a Yogya, de Dieng nous prenons d'abord un petit bus qui nous dépose au centre de Wonosobo, puis un autre bus de ville pour la gare routière (2000 IDR). La, on nous met dans un bus pour Magelang (25000 IDR), puis dans un autre bus Ekonomi (comme ils disent) pour Yogya (8000 IDR). A la gare de Jombor, nous sautons dans le bus 2B (3000 IDR) qui nous amène tout près de Prawirothanan II ou se trouve notre hotel, le Mercury GH (150000 IDR la double avec sdb et eau chaude quasi bouillante. Le petit déjeuner est inclus). Cet hotel a une piscine. Partis de Dieng a 6h45, nous arrivons a Yogya vers 13h30, ce qui est plutôt pas mal. L'office du tourisme nous apprend qu'un spectacle de marionnettes en cuir a lieu tous les 15 jours et que c'est ce soir. Nous avons de la chance ! Le soir, nous prenons un becak (cycliste) de notre hotel au square sud du palais ou a lieu la représentation (15000 IDR). L'orchestre est compose de xylophones et des gamelans. Un homme joue le rôle de marionnettiste-conteur-chanteur-bruiteur. Il incarne tous les personnages du conte de ce soir. Nous ne comprenons pas l'histoire bien sur car le spectacle est donne en langue indonésienne, mais ce qui est certain, c'est que le marionnettiste est très doué. Il tient la salle en haleine et il nous est facile de comprendre quand des personnages concluent un accord, se disputent, ont peur ou encore se battent. Les spectateurs rient de bon cœur. D'ailleurs, le spectacle a lieu aussi dans la salle. Les musiciens, lorsqu'ils ne jouent pas, fument, photographient ou consomment les boissons et nourriture que l'on leur a apportés. Il faut dire que la pièce commence a 21h et se termine à 5h30 le lendemain ! Les spectateurs aussi fument, téléphonent, mangent et boivent, bavardent, se lèvent et se rassoient. Nous n'assisterons qu'aux premières heures de la représentation et rentrerons a notre hotel très heureux. Nous visitons le kraton ou palais du sultan de Yogya (entrée 12500 IDR + 1000 pour l'appareil photos). Le kraton est une petite ville en elle-meme; 25000 personnes y vivent et travaillent encore aujourd'hui. Le palais est entouré de murailles et comporte différents niveaux. Le centre du palais se nomme Bangsal Kencono et est richement decore. Au second degré, on trouve la partie qui accueille les visiteurs, le musée, etc. La grande enceinte inclut un marche, des artisans et un théâtre. Nous sommes dimanche et de nombreux touristes Indonésiens sont la. Nous assistons a une représentation de danses traditionnelles accompagnée par un orchestre de gamelans. A la fin de la représentation, les danseurs se prêtent de bonne grâce au jeu des photos. Quelques jours plus tard, nous nous rendons a pied au marche aux oiseaux qui ne se trouve pas loin de notre GH. Ce marche regroupe des vendeurs d'oiseaux petits et grands, mais aussi ceux qui vendent des poissons d'aquarium, geckos, reptiles, un petit varan, tortues, hérissons, souris, lapins, chats et chiens. On y trouve de très belles cages a oiseaux ainsi que tout le matériel nécessaire a ceux qui souhaitent acquérir un animal. On peut de même acheter la nourriture desdits animaux (grillons, vers et asticots vivants en tous genres). Cette visite est très intéressante. Juste en face du marche aux oiseaux se trouve un marche aux fleurs et arbrisseaux. Les marchands y vendent de jolies fleurs qui semblent pousser sur des troncs et évidemment des orchidées. Nous prenons un bus pour la gare (3000 IDR) et cherchons des renseignements sur la visite du volcan Bromo. La 1re possibilité consiste a prendre le train de Yogya a Probolinggo qui part vers 7h30 le matin et arrive vers 16h (35000 IDR en classe économique). Si nous choisissons cette option, nous devrons nous débrouiller par nos propres moyens pour la suite. L'alternative consiste a prendre un tour organise.

Borobudur et Prambanan Nous réservons une excursion pour Borobudur et Prambanan (70000 IDR avec le petit déjeuner + entrée Borodubur 175000 IDR + entrée Prambanan 160000 IDR) auprès de l'agence Cakra Travel que l'on nous avait recommandée. Le départ est prévu a 4h40 pour voir Borobudur au lever du soleil. Notre chauffeur est ponctuel. Nous sommes les seuls clients dans la voiture. Sur la route de Borodubur, il nous arrête a un endroit pour faire une photo du Merapi fumant, celui qui a explosé en 2010. Les dégâts sont encore bien visibles. Le volcan est sous haute surveillance. Il parait qu'une éruption se produit tous les 4 ans. Nous arrivons a Borobudur vers 7h du matin. Quelques visiteurs sont deja la. Borodubur est un ensemble architectural compose d'une base de 118m sur 118. Les 6 terrasses des niveaux inférieurs sont carrées. Elles sont surmontées par 3 terrasses rondes. Le monument a survécu a plusieurs catastrophes naturelles. De gros travaux ont été entrepris pour consolider la base de l'édifice. Les sculptures ont été restaurées ce qui fait que le temple est en bon état. Le monument suivant se situe assez près de Borobudur. Il se nomme le Mendut (entrée 3300 IDR). C'est un temple assez petit; il abrite une statue de 3m de Bouddha assis. Nous nous rendons enfin a Prambanan, a 17km de Yogya. Cet ensemble nous a immédiatement fait penser a Angkot Vat. Les temples principaux sont dédiés a Shiva, Brahma et Vishnou. Leur état de renovation est bon et nous avons pu admirer de fins détails dans les sculptures. Contrairement a Angkor qui a été bâti pendant une très longue période, ces temples ont été construits pendant 2 siècles seulement, donc il n'y a qu'un seul style.

Yogya (bis) Nous réservons auprès de notre agence de voyages, Cakra Tours, le tour Mont Bromo, plateau d'Ijen, dépose au ferry pour Bali. Ce prix inclut le transport et 2 nuits d'hôtel resp. a Bromo et Sempol (550000 IDR). Nous réservons cet arrangement pour nous simplifier la vie et éviter les risques dont parle le LP. Nous assistons a une ultime représentation de theatre marionnettes en bois a dans le palais du sultan. Le principe est le même que pour les marionnettes en cuir. L'artiste joue tous les rôles, sauf l'interprétation des voix féminines qui sont chantées par un chœur. Les marionnettes sont très belles et très travaillées. C'est notre dernier jour a Yogya et nous faisons quelques achats pour nos familles.

Bromo et plateau d'Ijen Notre chauffeur passe nous prendre a l'heure prévue et nous commençons la tournée des GH pour collecter 6 passagers supplémentaires. Nous serons donc 8 dans le minibus ce qui laisse suffisamment de place pour les jambes. Le minibus roule sur des routes étroites et encombrées. Il commence a pleuvoir. La pluie s'intensifie au fur et a mesure que nous approchons de Probolinggo jusqu'a devenir torrentielle. Nous nous demandons comment va se passer notre excursion au Bromo. A Probolinggo, le minibus s'arrête a l'agence Metrotama Tours ou les passagers de plusieurs minibus sont regroupés dans 2 minibus de transport de la ville de Probolinggo. Nous sommes conduits au Yoschi's hotel a Sukapura (www.yoschihotel.com). Il est presque 22h. Nous avons juste le temps de commander un repas car les cuisines ferment a 22h. Les chambres standard du Yoschi n'ont pas d'eau chaude, mais il est possible d'avoir une douche chaude a l'extérieur du bâtiment. Heureusement, la pluie a cesse durant la nuit. Nous nous réveillons a 3h et on nous remet un petit déjeuner dans un carton. Le carton contient un verre d'eau, 2 tranches de pain toast, une plaquette de beurre, une de confiture et une petite banane. Nous avons décidé de grimper au Bromo a pied malgré toutes les tentatives pour nous en dissuader . A 3h30, nous prenons place dans une jeep qui monte des touristes au Bromo (15000 IDR jusqu'au parking de Cemoro Lawang, soit 4 ou 5 km de montée raide). Le 4x4 nous dépose. Nous demandons notre chemin et on nous dit qu'il faut suivre la route des jeeps. La route descend, puis fait un virage a droite. Des motos et des meneurs de chevaux nous proposent de nous mener au Bromo moyennant rémunération, mais pas de nous indiquer notre chemin. A la lueur de nos lampes frontales, nous voyons un panneau indicateur pour voitures et des traces de pas qui partent en diagonale du panneau. Il fait nuit noire et rien ne nous aide a nous orienter. Nous avions vu sur la carte de l'agence Métrotama qu'il fallait prendre a gauche. Nous partons en direction des traces de pas dans le sable. Nous marchons et, a un moment donne, nous distinguons une lumiere au loins , en nous retournant nous apercevons 2 lampes frontales qui marchent rapidement dans notre direction. Un jeune couple nous rejoint. Ils semblent connaître la route et nous les suivons. En effet, ils nous mèneront jusqu'à l'endroit ou est installée une sorte de cantine ou l'on vend café et boissons. La cantine ouvre vers 4h15 et a une lumière repérable de loin. A env. 200m de la, on peut distinguer les escaliers qui mènent au volcan. Nous montons et avons la joie d'admirer le lever du soleil en compagnie d'une dizaine d'autres visiteurs. Nous remercions le jeune couple qui nous a servi involontairement de guide. Lui est Espagnol et propriétaire d'un centre de plongée en Indonésie. Les jeeps arriveront un peu plus tard. Elles déposent d'abord leurs touristes au point de vue pour assister au lever du soleil. On nous a dit que nous n'avions rien manque, a cause du nombres de touristes (plus d'une centaine parait-il) qui se pressent au point de vue. Puis les 4x4 viennent au Bromo ou les chevaux attendent ceux qui ne veulent pas marcher jusqu'en bas de l'escalier. Nous redescendons juste avant leur arrivée et rentrons a pied jusqu'à l'hôtel Yoschi. Sur le chemin du retour, Jean-Pierre relève qu'il faut bifurquer au panneau indicateur et prendre un cap a 221 degrés. A 10h, nous reprenons notre minibus de la ville qui nous ramène a Probolinggo ou les touristes sont répartis dans les différents véhicules en fonction de leur destination. Nous montons dans un autre minibus en direction de Bondowoso ou nous arrivons a la tombée de la nuit. Notre GH est le Catimore. Nous nous installons dans notre chambre. La sdb est équipée d'eau chaude. Quelqu'un nous dit que nous devons payer une taxe de 25000 IDR pour l'entree du parc. Nous nous apercevrons plus tard que ce quelqu'un est en fait le chauffeur d'un autre minibus. Le même chauffeur nous propose de manger a l'hôtel pour 50000 IDR, ce que tous les touristes de notre bus refusent. Nous irons ensemble dans un warung voisin manger un bakso pour un prix dérisoire. Certains touristes ont décidé de partir a 1h du matin pour voir les flammes bleues qui sortent du cratère. Pour cela, le chauffeur leur réclame un supplément de 100000 IDR par personne. Le lendemain, nous prenons notre petit déjeuner a l'hôtel Catimore. Un employé de l'hôtel nous tend 2 papiers avec un tampon qui mentionne "entrée avec un appareil photos 55000 IDR". Tiens, le prix a augmente depuis hier !! Nous refusons de payer en disant que nous n'avons qu'un seul appareil photos pour 2 et que nous paierons le droit d'entrée a l'entrée du parc. Nous ne sommes plus que 2 dans le minibus et notre chauffeur nous dépose a Postpaltuding a 5h. L'heure est parfaite pour nous car le jour commence a se lever et nous pouvons monter sans l'aide de nos lampes frontales. Le chemin est large. Il est un peu raide par endroits, mais ne présente aucune difficulté. Un mineur nous accompagne. Il nous explique que le souffre est expulse du cratere sous forme de vapeur, puis devient liquide. Il est alors de couleur orange. Puis, le souffre se solidifie et devient jaune. Les mineurs le cassent au moyen d'une barre a mine et le transportent jusqu'en bas du volcan. Les mineurs portent entre 80 et 100 kg a chaque voyage, mais certains transportent jusqu'à 120 kg. Ils sont payés au poids de leur cargaison. Leur rémunération est de moins de 10 centimes le kg. C'est une societe privée qui achete les blocs de souffre. Nous avons été frappés par leur gaité malgré la dureté de leurs conditions de travail. Ils rient et plaisantent avec nous. Aucune mesure sécurité n'est prise. Ils s'occupent eux-mêmes de l'entretien du chemin qui mène au cratère et font en sorte que le sentier ne soit pas trop glissant pour les porteurs qui descendent chargés. En montant, nous croisons les touristes qui sont partis a 1h30 le matin. Ils ont bien vu les flammes bleues et sont descendus dans le cratère alors qu'ils faisait encore nuit. Leurs photos sont superbes ! Mais la descente dans le cratère de nuit, ce n'est pas vraiment pour nous... Les mineurs nous demandent des cigarettes et des biscuits. Celui qui nous accompagne descend dans le cratère avec notre appareil photos et nous rapporte de magnifiques prises de vues. Il nous demande de l'argent. Nous lui en donnons. Nous retournons a l'entrée du parc et voyons une banderole qui indique que le site est temporairement ferme. Il n'y a donc pas lieu de payer de droit d'entrée a qui que ce soit. A 8h, le chauffeur du minibus nous conduit au ferry a destination de Bali. Nous prenons le ferry (6000 IDR), puis un bus pour Denpasar (50000 IDR) et enfin une sorte de taxi pour Ubud (100000 IDR pour le taxi). Nous trouvons un homestay (Anggada) dans une petite rue tout près de l'office du tourisme (100000 IDR une grande chambre sur la rivière avec sdb eau chaude, petit déjeuner et wifi). Nous mangeons dans un petit restau du coin et partons nous coucher, épuises par les horaires et trajets de ces derniers jours.

Ubud Tout d'abord, nous nous reposons et nous promenons un peu dans Ubud. L'actuelle petite ville d'Ubud englobe les petits villages environnants. Le centre ville est agité. De nombreuses boutiques s'y sont installées et nous recevons d'incessantes propositions de taxis, agences de voyage ou vendeurs de souvenirs. Ubud est une cité culturelle. Tous les soirs, on peut assister a des spectacles de danses, de musique traditionnelle ou occidentale ou encore de marionnettes. Beaucoup de Balinais s'adonnent a la peinture (sur toile ou sur bois), la sculpture sur bois et sur pierre (volcanique), au tissage ou encore a la poterie. Les artisans sont habiles et certaines pièces sont magnifiques. Nous flânons dans le marche en quête de souvenirs a rapporter, malheureusement, les prix sont élevés. Il y a nombreux temples publics ou prives dans la ville. Certains sont vraiment imposants. Les Balinais sont majoritairement hindouistes et nous voyons régulièrement des gens déposer des offrandes dans les temples. Sur Monkey Forest Road, il y a un parc avec des singes, sans doute des macaques. Avant que nous ayons le temps de réaliser ce qui se passe, l'un des singes a grimpé sur mon dos et arrache le paquet de cacahouètes que j'avais place dans une poche latérale de mon sac a dos. J'avais oublie l'existence de ce paquet de cacahouètes, mais le singe l'a bien vu ! Nous louons une moto afin de visiter les environs d'Ubud. Nous commençons par le marche artisanal de Sukawati qui est très étendu. Il y a beaucoup de choix et les prix sont très inférieurs a ceux d'Ubud. Nous voyons quelques artisans a l'œuvre et sommes impressionnés par leur adresse. Nous visitons aussi quelques temples au nord d'Ubud, dont le Gunnung Kawi (entree 15000 IDR) avec ses sculptures dans la falaise. Nous poursuivons notre route vers le lac Batur (entrée du site 11000 IDR). En chemin, nous traversons des plantations de cafe. Le lac Batur a été forme dans la caldeira d'un volcan. Le volcan s'est scindé en 2 ou 3 volcans. La région a une activité sismique importante. Entre 1800 et nos jours, je crois qu'il y a eu 22 ou 23 éruptions volcaniques, la dernière en 2000. On voit nettement qu'il y a 2 caldeiras. Nous profitons aussi de notre moto pour aller a Amed et Tulampan. Il n'est pas facile de se rendre d'Ubud a Amed ou Tulampan (ou n'importe ou d'ailleurs) en transports publics car, a Bali, personne ne veut nous donner les informations necessaires. Meme l'office du tourisme rechigne a nous aider. Les conducteurs de bemos nous annoncent des prix deraisonnables pour de petites distances. On dirait qu'ils veulent fonctionner comme des taxis. Amed nous plaît bien. La plage est constituee de sable noir, le snorkeling est bon lorsque l'on part depuis la plage face a Ecodive. Nous trouvons quelques homestays qui offrent des chambres a des prix raisonnables. Quant a Tulampan, c'est un village tout en longueur. Tulampan s'est développé en raison de la présence, pas très loin du rivage, de l'épave du bateau américain "Liberty" qui a apporté la visite de nombreux plongeurs. Ici, pas de plage. On enjambe un muret et descend directement dans l'eau. Un jour a Ubud, nous décidons de suivre le sentier des rizières. Nous nous trompons et prenons le chemin en sens inverse. Par la suite, nous nous apercevrons qu'il est beaucoup plus facile de le faire dans ce sens. Les rizières sont très belles. Les couleurs vont du vert pâle de la jeune pousse au jaune éclatant de l'épi de riz mur. Les paysages sont très reposants. En chemin, nous croisons des touristes qui effectuent le circuit à velo ou a pied, parfois en compagnie d'un guide. Le chemin est très bien trace. Plusieurs echoppes sont installées sur le chemin et des artistes peignent des tableaux ou dessinent au fusain. Nous voyons des agriculteurs qui récoltent le riz, battent les épis de riz mûrs pour en extraire la céréale ou encore tamisent le riz. Ils nous font signe de la main. On est bien loin de l'agitation et du côté commercial de Monkey Forest Road. Et pourtant, nous sommes tout au plus a 3-4km du centre ville. Pour notre dernier jour a Ubud, nous visitons le musée ARMA (entrée 50000 IDR avec une boisson) qui expose des œuvres d'artistes balinais et étrangers. Nous profitons de notre visite pour assister au cours de danse balinaise donne aux enfants. En voyant la professeure corriger ses eleves, nous nous rendons compte des difficultés de cette danse traditionnelle. De plus, les éleves ont tous les âges et tous les niveaux et donner un tel cours ne doit pas être de tout repos. Les Balinais ont fini par avoir raison de nos tentatives d'utiliser les transports publics. Nous allons partir en minibus pour Pandangbai (50000 IDR). En effet, nous craignons qu'être obligés de changer de bus a diverses reprises augmente sérieusement le risque de payer notre trajet plus cher en bus qu'en minivan. Nous en avons eu de nombreux exemples.

Ubud - Labuanbajo Le minibus pour Padangbai nous dépose au départ des bateaux rapides pour les îles Gillis. Nous nous rendons au départ du ferry lent qui relie Padangbai (Bali) a Lembar (Lombok) pour le prix de 36000 IDR. Le ferry part peu après 9h et nous arrivons a Lembar vers 14h. Entretemps, nous téléphonons a un charmant monsieur au bureau de la compagnie nationale Pelni qui dessert les îles (www.pelni.co.id) a Mataram. Ce monsieur nous a confirme que le navire Tilong Kabila part bien demain a 15h de Lembar pour Labuanbajo Bajo via Bima sur l'île de Sumbawa (159000 IDR en classe pont dite Ekonomi). A notre arrivee au port de Lembar, nous prenons un minibus-bémo-taxi (la différence n'est pas claire) pour le bureau de la Pelni a Ampenan, un quartier de Mataram ou nous avons juste le temps d'acheter nos billets avant la fermeture du guichet. Notre chauffeur nous conduit ensuite a Cakra, le quartier des hôtels bon marche (coût total du taxi 100000 IDR). Nous prenons une chambre au OKA homestay (90000 IDR avec sdb eau froide et petit déjeuner). Le lendemain, nous achetons quelques victuailles en prévision de notre voyage en bateau. Nous avons lu sur les forums que la nourriture n'est pas fameuse et surtout qu'il n'y en a souvent pas assez pour tous les passagers. Au départ du bateau, il y a foule. Tout le monde veut monter en même temps. Se pressent porteurs, petits vendeurs, voyageurs et leurs accompagnants. Ca pousse fort et nous avons de la peine a trouver des matelas. Nous finissons par dénicher un endroit sur le pont no. 3 ou il y a des places libres. Après le départ du bateau, un marin distribue des matelas a tous ceux qui en font la demande. Nous passons 26h sur ce bateau dans un espace confine en compagnie d'un jeune couple de Français rencontre a Mataram et de centaines d'Indonesiens. Ces derniers ont l'habitude de conditions spartiates. Nous avons de la peine a nous habituer a la fumee des cigarettes, aux odeurs de WC ou de cuisine, au bruit et a la lumière toujours allumée. Les Indonésiens font la queue pendant longtemps pour aller aux toilettes ou se laver. A un moment donne, les marins interdisent l'accès des toilettes et ferment toutes les portes a clé pour procéder au contrôle des billets. Le voyage se passe bien. A Bima, un nombre important de passagers monte dans le bateau. L'équipage ouvre un nouveau pont pour les accueillir, mais cela n'est pas suffisant et certains dorment dans les escaliers ou sur le pont. Nous sommes heureux d'arriver a Labuanbajo vers 18h le dimanche. A l'arrivée, nous constatons qu'une foule nombreuse attend sur le quai pour monter dans le Tilong Kabila. Mais ou vont-ils caser tous ces gens ? Nous prenons une chambre au Gardena (175000 IDR la double sdb eau froide avec petit déjeuner et sans wifi). Un peu cher a notre avis, mais la réceptionniste est inflexible.

Labuanbajo et île de Seraya Nous nous renseignons sur les diverses possibilités sur place (excursion aux Komodos, bus pour Ruteng ou Riung, et aussi notre voyage de retour qui peut se faire soit a nouveau sur le Tilong Kabila, soit en bus et ferry (coût 250000 IDR pour presque 30h de trajet) ou encore "croisière" qui comprend une visite aux Komodos, du snorkeling et dépose a Mataram ou Sengiggi (1550000 IDR pp) avec l'agence Kencana. Nous avons de la peine a faire un choix. Notre temps est limité maintenant. Un Français qui réside a Florès depuis 15 ans nous affirme que le meilleur snorkeling se trouve près de Labuanbajo. Il faut aller sur les îles car l'eau n'est pas propre ici. Nous avions déjà constaté que les marins du Tilong Kabila jetaient tous les déchets par dessus le bord. Nous finissons pas opter pour un hotel sur l'île de Suraya (coût 260000 IDR par jour la double avec petit déjeuner + 10000 pour l'eau, transfert sur l'île inclus, minimum 2 jours). Le passage en bateau de pêcheur dure environ 1h. Nous nous installons dans un petit bungalow ultra basique (bungalow en bois et bambou tresse, WC et douche a l'exterieur (mais prives) eau froide. Le WC se rince a l'eau de mer. L'électricité fonctionne de 18 a 22 heures). Apres un repas de midi simple (25000 IDR un gagogado et 25000 IDR un nasi goreng), nous louons des palmes (15000 IDR palmes seules) et allons explorer les fonds marins. Lorsque le soleil éclaire parfaitement le récif, nous pouvons admirer un nombre incroyable de poissons. Il y a des bans de poissons rayés noir et blanc, d'innombrables petits poissons d'un bleu électrique. Certains poissons sont presque transparents et semblent nous regarder avec curiosité. Nous voyons des poissons perroquets, une raie, au moins 2 types d'étoiles de mer. J'en vois même une a 4 branches. L'une de nos voisines crie qu'il y a une tortue, mais elle est trop loin pour que nous puissions la voir. Toutes les couleurs et tous les motifs sont représentés. Un vrai aquarium. Le récif est encore en bon état car les coraux sont le plus souvent colorés. Nous apercevons d'énormes bénitiers qui doivent mesurer pas loin d'un mètre. Le soir, nous grimpons sur la colline pour admirer un coucher de soleil rougeoyant derrière une petite île. De retour a Labuanbajo, nous nous installons au Matahari GH (100000 IDR la double eau froide, WC asiatiques, wifi). Nous réservons notre retour par le bateau de l'agence Kencana (tour de 4 jours/3 nuits).

Environs de Labuanbajo (location de moto) Vers 10h, Jean-Pierre finit par obtenir une moto automatique pour 2 jours (75000 IDR pour un jour, 120000 pour 2 jours). Nous prenons la route de Ruteng. Des que l'on sort de Labuanbajo et que l'on grimpe sur les collines, les paysages sont de toute beaute. Nous profitons d'une splendide vue sur les montagnes couvertes de verdure. Les enfants nous saluent en criant et en riant, ils essaient de nous toucher. Les habitants sont amicaux. Le tourisme de masse n'est pas encore arrive jusqu'ici. La route est goudronnée, mais, a certains endroits, le bitume a été creusé, sans doute pour faire place a un goudronnage tout neuf. Malheureusement, la plupart des trous ne sont pas signalés et, s'ils le sont, c'est par des pierres posées au bord desdits trous. Jean-Pierre doit sans cesse être en alerte car tout peut arriver. A certains endroits la route est très dégradée. A ceci s'ajoutent les bus et camions stationnes ou en panne au bord de la route. Nous nous arreterons a Cancar pour admirer les rizieres disposees en toile d'araignee. En retournant vers Labuanbajo, nous apprecions les paysages idylliques sur un fond d'Ocean Indien. Sur la route, il y a des chutes d'eau. Il y a apparemment aussi un lac dont on peut faire le tour a pied, ce que nous ne faisons pas par manque de temps. Pour visiter Flores, il faut avoir du temps. Nous avons regretté de ne pas avoir pu aller jusqu'à Ende, Maumere et aussi d'avoir manque la visite du Kelimutu, volcan pourvu de 3 lacs de couleurs différentes. Ce que nous avons pu voir de l'île nous a beaucoup plu. Les habitants sont charmants. Ils paraissent heureux d'avoir des visiteurs. Lorsque nous avons eu des difficultés pour faire démarrer la moto, ils se sont immédiatement arrêtes pour nous aider.

Labuanbajo - Mataram (tour de l'agence Kencana) En compagnie de 6 autres touristes, nous embarquons sur un bateau en bois. Le voyage inclut la nourriture ainsi que l'entree du parc des Komodos (sauf pour l'appareil photos 50000 IDR). 5 marins sont du voyage. Il y a le guide, Yoyo et 4 autres personnes (capitaine et membres d'équipage) qui s'occupent de barrer le bateau, preparer la nourriture et entretenir le bateau. Nous dormons sur des matelas juste au dessous du toit. Le 1er jour, nous faisons d'abord un arrêt snorkeling ou nous embarquons 3 autres touristes polonais. Puis, les marins nous conduisent a Rinca Island pour voir les dragons des Komodos. 3 rangers du parc, armés de batons qui se terminent en fourche, accompagnent notre groupe. Il est midi et les varans paraissent apathiques. Ils dorment pres des cuisines du camp. Les rangers nous expliquent que les dragons sont extrêmement rapides lorsqu'ils chassent une proie et qu'il faut se tenir à plus de 5 mètres d'eux. Nous reprenons la mer jusqu'à un endroit (Red Beach je crois) ou le snorkeling est bien plus beau qu'avant. Malheureusement, il est plus de 16h30, le soleil décline et la visibilité est moins bonne. Dommage, car ici les coraux ne sont pas endommagés. Nous repartons pour Kalong island ou nous arrivons juste avant la tombée de la nuit. Nous avons le temps d'apercevoir quantité de chauve-souris géantes (flying foxes). Nous passons la nuit au mouillage devant Kalong Island. Le lendemain matin, nous retournons au parc des Komodos, mais sur une autre île. Il est près de 8h du matin, nous effectuons une petite boucle. Les rangers nous donnent des explications intéressantes sur la vie des varans, leur nourriture, etc. Ces animaux mangent leurs propres petits. La femelle couve ses œufs jusqu'a l'eclosion. Puis, elle les abandonne et les petits varans partent trouver refuge dans les arbres jusqu'a ce qu'ils soient assez forts pour survivre a terre. Quand nous arrivons sur la plage, il y a des varans de grande taille. Le plus gros doit mesurer 3.5 mètres. Cela doit être un mâle dominant car lorsqu'il se lève, un autre varan lui cède sa place en souflant bruyamment pour marquer son mecontentement. Impressionnant. Nous reprenons la route pour Manta Point. La, nous nous mettons a l'eau équipés de masques et tubas. Il y a du courant et nous dérivons sur les raies manta. Le bateau nous suit. Ces raies sont énormes. Elles se deplacent tout en douceur. Nous garderons un merveilleux souvenir de cette expérience. Nous rentrons au bateau, ravis de notre journée. Le bateau repart et les marins barrent toute la nuit. Au petit matin, ils jettent l'ancre au large de la petite île de Satonda (Sumbawa Island). Après le petit déjeuner, nous faisons un peu de snorkeling sur un recif, puis Yoyo nous mène a un lac d'eau salée ou certains font un voeu symbolise par une pierre attachée à un arbre. Le bateau repart jusqu'à un endroit près duquel se trouvent des chutes d'eau. Tous les touristes sont très heureux de prendre une douche dans cette chute d'eau douce et rafraîchissante. Les marins remplissent des jerrycans pour le bateau. Nous repartons jusqu'à Gili Bola ou nous ancrons. En pleine nuit, le capitaine met en marche le moteur et nous conduit jusqu'à Labuhan Lombok ou nous arrivons vers 7h du matin. Un minibus nous attend. Nous allons jusqu'à Mataram en compagnie d'un couple de Belges. Les autres touristes continuent jusqu'à Sengiggi. Nous prenons congé d'eux. Avec les Belges, nous prenons un taxi avec compteur pour le port de Lembar (62000 IDR le taxi), puis le ferry pour Padangbai (36000 IDR). Le ferry doit patienter une bonne heure avant d'obtenir l'autorisation d'entrer au port de Padangbai qui semble trop petit pour accueillir tout ce trafic. Nous débarquons enfin et partageons un minibus avec nos amis belges (100000 IDR pour nous 2 pour Ubud et 120000 IDR pour eux 2 a destination de Denpasar). Nous les quittons a Ubud et nous rendons immédiatement au Anggada House ou nous avions pris la précaution de téléphoner auparavant. Nous sommes très heureux de retrouver notre logeuse et sa famille.

Ubud Nous voici de retour a Ubud. Nous louons a nouveau un scooter et nous rendons a Singaraja dans le nord de Bali. La route grimpe dans la montagne ou la temperature devient fraiche. Nous faisons un petit arrêt au marche de Candikuning ou les vendeuses proposent, en plus des fruits et légumes habituels, toutes sortes d'épices, comme de la vanille ou du safran. A cet endroit, nous goutons nos premieres fraises de l'annee. Tout près de la se trouvent les lacs Bratan et Buyan. Les bords des lacs sont tres reposants. La région compte egalement plusieurs temples richement décorés. Nous rejoignons ensuite le lac Batur que nous avions déjà visite lors de notre premier passage. Au retour, nous nous arrêtons dans une "plantation de café" qui n'est qu'un endroit ou l'on vend du café, du the, des épices ou des parfums a des prix prohibitifs. Pour notre dernier jour de location de moto. Nous visitons le marche de Gianyar ou nous achetons quelques denrées et goutons a la spécialité locale, le babi goreng, délicieux cochon grille assez épicé. Depuis plusieurs jours, la maison de notre homestay est remplie de membres de la famille, amis, voisins et connaissances des propriétaires. En effet, le corps du grand-père, décédé au mois de mars, va être incinéré. La date du 14 mai, favorable pour assurer au défunt un bon passage dans l'eau delà, a été choisie en fonction du calendrier balinais. Notre homestay se transforme en ruche bourdonnante de visiteurs. Tous s'activent pour produire des décorations d'une grande qualité artistique. Les hommes préparent une tour de bambou de plusieurs étages ou sera place le corps du grand-pere decede ainsi qu'un taureau confectionne d'env. 2 mètres de haut. Les femmes s'occupent de la nourriture et de la décoration. Les amis et connaissances leur rendent visitent et apportent des offrandes. Nous avons compte pas moins de 6 palettes de decorations et offrandes déposées devant la maison et recouvertes de bâches en vue de la crémation. Un orchestre de gamelans a ete installe dans la cour interieure, pour le plus grand bonheur des enfants. Demain sera le grand jour. En nous promenant dans Ubud, nous constatons qu'une rue a été barrée car on y a dépose l'immense statue d'un taureau noir pose sur des bambous ainsi qu'une énorme tour. Ces elements sont magnifiquement decores. L'office du tourisme nous explique que l'un des fils du roi d'Ubud est décédé a Jakarta en février a l'âge de 90 ans et que sa crémation va avoir lieu demain. Tous les habitants d'Ubud et des villages environnants viennent lui rendre hommage. Cette cérémonie n'est pas du tout conçue pour les touristes; au contraire, elle est rare et nous sommes conscients que nous avons de la chance d'être a Ubud a ce moment. En l'honneur du souverain décédé, un spectacle de legong est donne un soir. Nous y assistons et sommes impressionnés par ces danses très précises. Chaque mouvement du corps et des mains, le déplacement des yeux, les pas de danse sont très élaborés. L'orchestre est parfaitement en rythme et un homme chante l'histoire qui se déroule. Les costumes sont de couleurs chamarrées. Nous sommes très contents d'avoir pu assister a ce spectacle de danse balinaise. Au début de l'apres-midi du 14 mai, nous assistons en compagnie de la population au defile qui precede la crémation du fils du roi d'Ubud. Le depart est donne a 13h et ..... la pluie commence a 13h pile. Les porteurs portent tous le costume traditionnel balinais. La cérémonie est joyeuse car selon la croyance hindouiste, le défunt va pouvoir passer dans une vie meilleure car la crémation le délie de ses attaches terrestres. La pluie redouble et les porteurs accompagnes par les enfants du coin courent en riant sous des trombes d'eau. Le corps est transporté jusqu'au cimetière, puis brûle selon le rite hindou. Le coût d'une telle cérémonie est exorbitant et les pauvres profitent de la crémation d'une personne aisée pour incinérer leurs morts a un prix abordable pour eux. Pour notre départ d'Indonesie, nous avons réservé un minibus pour l'aéroport de Denpasar pour 50000 IDR. Le lendemain, nous quittons Bali pour rentrer chez nous. Nous sommes heureux de retrouver notre famille et nos amis après cette longue absence.
Maroc: Anti-Atlas , mai 2013 English translation pending
by Mlefevre · 2013-06-03 · 23 replies


Bonjour à tous, Voici le petit carnet tout chaud de notre dernier voyage au Maroc, bonne lecture! Marie

Le récit en images en cliquant ici

Texte seul:

Maroc 2013

2013...Météo désastreuse en ce printemps européen... Le plan A était une descente de la Loire en canoë : pluie, débit+++ Activation du plan B : rando-bivouac avec le chien dans les Alpes Maritimes, encore trop de neige ! Pas de plan C... Je croise les prévisions météo pas trop moches avec les prix des vols pas trop chers pour pas trop loin... 5 jours avant le début de notre petite semaine de vacances, c'est décidé, on retourne au Maroc, cette fois dans le sud que nous ne connaissons pas du tout ! Quelques clics sur voyage-forum (merci à tous et en particulier à Lacalo, Larazou, Songhai 73, Trostang et Viléna) m'aident à définir les grandes lignes du voyage. Quelques clics encore pour la location de voiture et les hébergements, et voilà, le jour du départ est déjà là !

Dimanche 19 mai Après des formalités douanières vraiment laborieuses, nous prenons possession de notre voiture louée au dernier moment chez Rayhane Cars : une 206 avec clim de 90000 km qui nous donnera entière satisfaction. Nous quittons Agadir en fin de matinée, direction Tafraoute par la très belle route de Ait-Baha. Je m'émerveille de me trouver si vite dépaysée à quelques heures de vols de la France : arganiers, tentes berbères, chèvres voraces... Les rivières sont déjà à sec mais il y a tout de même un peu d'eau... Ça fait plaisir à voir ! Premiers villages abandonnés, presque toujours construits sur les hauteurs, menaces ennemies obligent... La Kasbah de Tizourgane a une classe folle ! Nous espérons pouvoir y jeter un œil mais hélas elle est fermée... Nous progressons toujours plus au sud et les paysages deviennent franchement désertiques. Après avoir rapidement déposé les bagages chez Mohamed (Iskki Asnfou) et convenu du repas du soir, nous filons au sud de Tafraoute vers les gorges de Aït-Mansour (30 km environ de Tafraoute). Après une portion de désert franchement austère la végétation réapparaît d'abord sous forme de lauriers roses qui tapissent le fond du lit de la rivière à sec, puis il s'agit d'une véritable oasis qui se prolonge sur plusieurs km. Elle est parsemée de quelques villages en voie d'abandon... Les montagnes enserrant l'oasis sont très graphiques ! On continue un peu vers Timkyet, quelle géologie étonnante ! Une piste permet ensuite de rejoindre Tafraoute mais nous ne connaissons pas son état et nous préférons repasser par les très jolies gorges. On tente une petite randonnée le long du lit de la rivière mais la végétation très dense nous fait rapidement rebrousser chemin. Nous ne pensions pas rencontrer ici des pêcheurs ! Nous quittons la vallée et les derniers lauriers roses. En route vers les rochers colorés (7 km au sud de Tafraoute), l'œuvre controversée d'un artiste belge, Jean Vérame. 19 tonnes de peinture ont été utilisées pour peindre de gros blocs de granit en pleine nature. J'adore ! Pour une fois que les touches colorées rencontrées dans la nature ne sont pas des sacs en plastique voletant au gré du vent ! L'idée est géniale. Malheureusement la peinture de 1985 s'étant dissoute sous l'effet des intempéries, une nouvelle couche a été passée et il y a des coulures et dégoulinures un peu partout... Mébon, on a adoré tout de même ! L’œil est d'abord attiré par 2 dents rose et verte... et de fil en aiguille on se laisse conduire vers des amas multicolores sur lesquels il est très amusant de grimper et de chaque sommet on fait de nouvelles découvertes ! Super ludique donc ! En plus on a la chance d'avoir un beau ciel de cirrus ! On a même aperçu 2 ou 3 gazelles qui s'esquivaient au loin. Enchantés par cette première journée de voyage et bien crevés (lever à 4h ce matin) nous regagnons nos pénates à Iskki Asnfou : le tajine est délicieux et nous fait oublier la rusticité de la chambre et de la SDB (évacuation de la douche bouchée et 5l d'eau chaude à tout casser) Le fond de l'air est trop frais pour profiter de la terrasse, dommage... Au lit !

Lundi 20 mai

Requinqués par une bonne nuit de sommeil et un bon petit-déjeuner, nous partons pour Tagdicht, point de départ de la rando vers le Djebel Lekst, plus haut sommet du coin (environ 2359 m) Manque de préparation sur ce coup-là : je me suis carrément trompée de montagne ! Mohamed nous avait pourtant bien donné les coordonnées de Belaïd, guide à Tagdicht (0661656285) mais ceux qui nous connaissent savent qu'on préfère être seuls... Les habitants (en fait surtout les habitantes revenant des champs...) du village haut perché dans la montagne nous ont pourtant mis sur la bonne voie mais arrivés à la fin du sentier menant aux terrasses, impossible de trouver une issue ! Bref, demi-tour vers « ma » montagne (carrément de l'autre côté de la vallée, je me suis fiée à une photo du Djebel Lekst mal placée sur Google Earth où j'ai cru voir des bouts de sentiers correspondant en fait à des terrasses abandonnées...) On a tout de même passé une bonne journée à découvrir ce milieu montagnard, les terrasses aujourd'hui laissées à l'abandon qui grimpaient jusqu'à l'aplomb des falaises, la flore colorée du printemps, un trou mystérieux dont le fond était humide (mais pas d'eau), d'anciens sentiers plus guère fréquentés. Avant de quitter le village nous prenons le temps d'arpenter les terrasses encore cultivées et juste récoltées. Puis nous reprenons la route/piste qui domine la vallée des Ameln. Elle est praticable avec une voiture non 4X4 en prenant son temps. En fin de journée les falaises d'Oumeznat prennent tout leur relief ! Beau vieux mur redevenant poussière... Les arganiers parsèment la plaine. C'est étonnant de voir de si beaux arbres alors qu'ici il pleut très peu (cette année, 1 seul jour de pluie en mars) Avant de retourner à notre maison d'hôtes, nous allons boire un thé à la menthe à la Maison Traditionnelle d'Oumesnat où nous aurions aimé dormir mais qui recevait ce jour-là un groupe de 14 personnes... L'endroit est très agréable...une autre fois, inchallah ! Ali après avoir transporté à dos de mulet les bagages des 14 personnes (les voitures restent garées à qq centaines de mètres) nous fait visiter la maison de ses ancêtres, restaurée avec amour et patience. Il nous explique pourquoi tant de maisons se transforment en ruines. Exode rural, problèmes de successions et d'indivision, architecture et matériaux nécessitant une remise en état immédiate en cas de fissure apparaissant après une pluie sous peine d'infiltration et de dégradation très rapide. Aujourd'hui quand on a un peu de moyens, on préfère le béton et les portes en fer, c'est « moderne » Ils ne sont que quelques-uns à essayer de sauvegarder cette architecture bien mieux adaptée aux températures extrêmes : 50°C en été et quelques degrés parfois au-dessus de zéro en hiver. Au RDC, les animaux rentrés uniquement durant l'hiver. Au centre du 1er étage la cuisine qui réchauffe la maison. A la périphérie de celle-ci les chambres. Au-dessus une terrasse où l'on dort en été. Simple et efficace ! Après un couscous basique (surtout comparé au tajine de la veille), et une intéressante discussion à propos de l'école au Maroc (pas sûre d'avoir tout bien compris mais en gros école coranique gratuite ou école « normale » privée et payante, du moins pour les plus jeunes enfants) nous souhaitons bonne nuit à Mohamed, son épouse et leur fils de 3 ans, qui devrait rester « unique » vu ces difficultés.

Mardi 21 mai Avant de reprendre la route, Mohamed nous accompagne pour faire le tour du village. Quelques nuages restent accrochés dans la montagne mais le soleil aura tôt fait de les dissoudre. Ici aussi le village est quasi abandonné, seules quelques maisons sont encore habitées et +/- entretenues. Le nouveau village (en béton ou agglos) est souvent bâti un peu plus loin, à proximité des petits champs ou terrasses. En route pour le NE et Taliouine, sur les contreforts du Djebel Siroua ! A quelques km de Tafraoute, nous faisons un petit détour vers le village de Titeki. Chaque village possède une ou plusieurs aires de battage. Quand nous sommes arrivés il y a 2 jours, c'était LE jour du passage de la batteuse à moteur. Il y en a une pour tous les villages de la vallée. Nous abandonnons la voiture pour grimper jusqu'à l'agadir, malheureusement fermé. Nous avons encore de la route et pas le temps d'en chercher le gardien. Celui-ci aussi a de la gueule ! La route R106 vers Taliouine via Imghern est un désert de roches striées (à voir sur google earth, c'est étonnant!) Seuls les fonds de vallon abritent encore quelques arbres, rescapés de la sécheresse ou du surpâturage ? Ici les meules de paille sont en forme de macarons et non de meringues comme dans la région de Tafraoute. Comme ailleurs, les villages sont souvent juchés sur des escarpements afin de bien surveiller la plaine qui poudroie d'où l'ennemi viendra... On est en pleine récolte et tout se fait à la main... Pas si mal la vie de chien...ça fatigue de voir tous ces humains toutes ces femmes bosser.

La route descend ensuite dans un canyon égayé de terrasses fluorescentes. Pas moyen par la route de s'approcher de Devil's Tower, dommage... Tiens, ici, c'est justement le jour de la batteuse... Puis nous traversons une vaste plaine balisée en son milieu par un puits style Bagdad's Café. Fred en tire un seau d'eau fraîche : c'est du sport, l'eau est à une vingtaine de mètres sous la surface ! Pas mal de tentes berbères par ici aussi. Tiens pas de doute, nous approchons d'une grosse agglomération... C'est Taliouine que nous traversons intégralement avant d'arriver à notre étape pour 2 nuits : Escale Rando tenue par un couple franco-marocain. La maison d'hôte terminée depuis 3 ans (après 2 ans de travaux) était la maison des grands-parents de Omar : c'est une réussite ! Elle a été rénovée avec goût (en particulier le jardin) et est adossée à une vieille kasbah qu'Omar essaie tant bien que mal de sauver de la ruine. Un vrai décor de cinéma ! Un charme fou ! Un accueil simple et cordial et une bonne cuisine. Et 2 petits garçons trop mignons, bravo Omar et Aude ! Après un petit thé à la menthe du jardin, nous repartons sur la très belle route d'Askaoun( au N de Taliouine) La route s'élève au-dessus de la vallée de Taliouine...tiens, étonnante cette oasis haut-perchée ?! Ça nous fait un bien fou de voir toutes ces vertes terrasses au milieu de montagnes si arides. Quel travail ! Pas mal de ruches par ici, surveillées de près par un gardien qui dort sur place. Chaque village possède ses terrasses. Au loin le Djebel Siroua. Tout ce vert est bien reposant pour l’œil ! Après Askaoun, c'est de la piste pour 4X4, nous faisons donc demi-tour, et replongeons vers le désert. La kasbah est immanquable ! Très bon dîner préparé par Omar et hop au lit !

Mercredi 22 mai Au programme du jour, les gorges de Tisslit situées au NE de Taliouine. Après un petit tour autour de la Kasbah du Glaouï (à laquelle est adossée l'auberge de Escale-Rando) où nous découvrons d'étranges signes (berbères?) sur les vieilles maisons +/- ruinées, nous partons sur la N10 vers l'est et après une vingtaine de km tournons à Tinfat vers le nord. On se gare à Souk Assaïs et ça tombe bien c'est mercredi, le jour du souk ! Il y a du monde sur le parking ! Il reste 3 km jusqu'au village de Tisslit qui surplombe les gorges. Les sentiers sont assez fréquentés, tout le monde va au souk où en revient +/- chargé. 3 femmes rentrent des champs sur un sentier qui doit croiser notre chemin. Nous les voyons poser leurs fardeaux et attendre. Habitués aux femmes de la région de Tafraoute dont certaines en nous croisant nous tournaient carrément le dos pour ne pas qu'on les regarde, nous sommes vraiment surpris qd arrivés à leur hauteur, elles nous emboîtent le pas. La plus jeune porte une radio qui chante à tue-tête ! La plus âgée est assez discrète mais la 3ème est très attachante. C'est Khadija qui ne parle que berbère mais sait très bien se faire comprendre. Elle nous invite à boire le thé. Son mari Ahmed, qui fait le guide pour les gorges est au souk. Elle tient à nous présenter sa maison d'hôtes et ses 6 enfants. Nous voilà donc partis le long des champs vers le village de Tisslit en bonne compagnie. Arrivés à l'entrée du village, la plus jeune nous distance rapidement, envoie valdinguer sa botte d'herbe et dispose harmonieusement qq tapis de sa confection devant nos pieds ! Pas cher ! Quelle détermination ! Mais on en a vu d'autres et on le prend avec humour, les femmes aussi ! Comment leur expliquer qu'on a 2 chiens et 4 chats à la maison, qui ne font rien de la journée si ce n'est mettre des poils partout, si bien qu'on n'est pas fans des tapis ! Un peu plus bas dans le village, Khadija nous ouvre sa porte et en hôtesse accomplie et habituée à la curiosité des occidentaux nous montre ses enfants, ses vaches, son agneau, son four à pain. Pleine d'un fierté légitime elle nous dévoile la salle d'eau avec WC, douche et bouton électrique, puis nous installe dans la pièce qui doit servir de salon/dortoir quand ils accueillent des groupes de trekkeurs. Ses enfants nous y tiennent compagnie (les garçons font le spectacle pendant que la plus grande fille ramasse les miettes des pâtisseries que nous avions fort opportunément emportées pour le pique-nique, quelle bonne idée, ainsi nous n'arrivons pas les mains vides...) Khadija arrive ensuite avec le thé et nous nous régalons de sa bonne tête et de sa joie de vivre. Elle est super expressive et la GoPro discrètement portée par Fred n'en loupe pas une miette ! Nous prenons finalement congé après que Khadija nous ai quasiment fait promettre de revenir avec nos enfants, une autre fois, inchallah ! Nous longeons l'aire de battage pour descendre vers les gorges. La lumière est vraiment infecte, très dure et l'atmosphère très brumeuse. Les couleurs donnent un aspect de photo qui a mal vieilli, jaune ocre, c'est très bizarre... Nous traversons les jardins irrigués par l'aqueduc venant des gorges. Deux petites filles pleines d'aplomb nous collent aux basques, réclamant dans l'ordre bonbons, stylo, dirhams, puis ma montre, puis mon alliance ! Fred finit par faire les gros yeux, nous escaladons qq rochers, ouf, elles abandonnent... Puis elles nous rattrapent un peu plus loin, l'une d'elle a une écorchure microscopique à un doigt et fait semblant de pleurnicher... Elles nous prennent vraiment pour des c..ornichons ! Heureusement qu'elles sont mignonnes mais bon...c'est agaçant à la longue...Enfin, si elles essaient, c'est que ça doit parfois marcher ! La faute à qui, hein ?! Nous quittons finalement l'aqueduc et remontons le fil du ruisseau : il se faufile entre de gros blacs rocheux, c'est assez ludique. Puis la vallée s'élargit nous laissant découvrir un troupeau de chèvres et son gardien. C'est jour de lessive ! Petit pique nique à l'ombre en observant les grimpettes des cabris, des vrais casse-cous ! Plus haut la végétation disparaît si bien qu'après moins de 2 km nous rebroussons chemin, préférant repasser dans les belles gorges plutôt que de tenter un circuit en boucle, bien hasardeux compte-tenu de la géologie locale. Nous repassons dans le village, à nouveau discrètement sollicités pour acheter des tapis. Ici aussi on fait la lessive...

Nous retrouvons la voiture laissée à Souk Assaïs et poursuivons la piste (le goudron s'arrête à Assaïs) vers Tizguit et son fameux grenier de falaise. La piste est limite avec cette 206 assez basse sur pattes et il nous faut une quarantaine de minutes pour parcourir la dizaine de km jusqu'au grenier. Nous nous garons du mieux possible (la piste est étroite) et marchons jusqu'au bas de l'escalier menant au grenier. C'est indiqué ! J'entends quelqu'un descendre en courant : quelle chance c'est le gardien qui vient de faire visiter le grenier à un groupe de 30 personnes (je ne vois pas comment c'est matériellement possible vu l’exiguïté des lieux!) Il est tout étonné de savoir que nous sommes en 206 : la piste ne doit pas toujours être dans le même état, gare ! Bref, muni de sa jolie clé en bois, il nous ouvre l'unique porte menant aux divers petits greniers. Il y en a un par famille du village. Ce grenier est encore utilisé. On y stockait les céréales, légumes séchés, dattes, objets précieux, argent, papiers et bijoux. Ce grenier en face nord ne voit le soleil que 2 jours par an. Il faut avoir confiance ! Les hommes ont utilisé les anfractuosités naturelles d'une falaise en surplomb, y ont creusé des niches et des passages, aménagés des toits et des planchers, créé des marches et des échelles. Les conditions de conservation y sont idéales : atmosphère sèche, à l'ombre, couloirs bien ventilés. Le grain peut y être conservé pendant des années ! Le gardien possède la clé de la porte principale et chaque grenier particulier a aussi sa propre clé dont la serrure se trouve toujours sur le côté intérieur de la porte : un trou aménagé à droite de la porte permet d'y passer la main et la clé. Gare aux araignées ! Après cette visite passionnante, nous grimpons en face du grenier pour en avoir une vue d'ensemble. En bas à G la porte d'entrée principale. Le grenier est bien caché au creux de la falaise, elle même protégée par un repli d'orgues de basalte. Le site est vraiment spectaculaire ! Merci Larazou pour m'avoir insufflé l'idée de visiter ce grenier !

Nous rejoignons sans encombre la route de Souk Assaïs puis peu après Tifnat, alors que nous roulons vers Taliouine sommes irrésistiblement attirés par un vieux village fortifié accroché sur les flanc d'une étrange colline rouge et noire : l'éclairage de fin de journée n'y est sans doute pas pour rien ! Il doit d'après Google Earth s'agir du village de Timersit (bifurcation vers le sud au niveau de la commune de Sidi Hsaine) Nous montons avec la voiture aussi haut que possible puis continuons à pied à travers de jolis petits champs très soignés. Encore un vrai décor de cinéma ! Quelques maisons semblent encore habitées (on voit qq cadenas) mais la plupart sont en ruine : il ne faut pas craindre les mauvais esprits pour habiter ici ! Atmosphère.... On se régale à trouver de jolis détails architecturaux et à déambuler dans cet ancien village fortifié. Retour vers Taliouine avec une lumière qui devient de plus en plus douce. Encore un bon dîner après cette journée bien remplie, gros dodo !

Jeudi 23 mai Cap au sud vers Amtoudi ! Mais d'abord, pas encore rassasiés de greniers de falaise, nous décidons d'aller voir le grenier d'Ifri à une douzaine de km de Taliouine sur la route de Tata. A contre-jour au creux d'une falaise encore exposée au nord, il est quasi invisible de la route. On se gare dans le village et on continue à pied vers la falaise : il ne peut-être que là. 2 petites filles qui vont à l'école nous confirment que nous sommes sur la bonne voie. Encore un magnifique grenier ! Ça me fait irrésistiblement penser aux constructions anasazi de l'ouest américain ! Nous prenons le temps d'en examiner tous les détails extérieurs, petites portes dérobées, échelles, troncs de palmier sculptés....car il est fermé. Nous longeons encore un peu la falaise tarabiscotée vers l'ouest : son pied sert de dépotoir, quel dommage car le coin est magnifique ! En repassant dans le village un petit garçon nous demande timidement si nous cherchons le gardien. Pas le temps, dommage, un bon bout de route nous attend ! Nous reprenons la voiture, passons devant l'école et essuyons un tir de caillou (petit et sans grande conviction certes) : effet de groupe + testostérone, la connerie est universelle !

Je croyais cela impossible mais si, la lumière est encore pire qu'hier ! Dommage car la route R109 qui mène vers le sud et Tata est réputée magnifique. Aujourd'hui c'est super brumeux... Nous croisons pas mal de dromadaires, broutant avec application au pied d'étonnantes montagnes striées. Quelques affleurements très noirs rythment le paysage. Pas grand monde sur la route...alors il y en a qui traversent n'importe comment ! On sent que le vrai désert de sable n'est pas loin. Nous arrivons enfin à la bifurcation vers Amtoudi, encore 30 km et nous arrivons en vue du 1er des 2 agadirs fortifiés de l'oasis d'Id Aïssa. Ces 2 agadirs dateraient du XIIè siècle et ont été restaurés il y a une dizaine d'années. Les touristes viennent jusqu'ici pour eux, mais aussi pour la gorge située en amont où jailli une source qui coule toute l'année. Heureusement car à part le jour de pluie de mars dernier, il n'avait pas plu depuis 2 ans et demi ! Nous posons nos bagages à l'Auberge On dirait le sud, lovée dans un creux de la falaise ocre. Il ne doit pas y avoir d'endroit plus frais à des dizaines de km à la ronde ! Cette sympathique auberge est tenue par Georges un Français secondé par 1 ou 2 marocains qui préviennent le gardien de l'Agadir d'Id Aïssa, situé juste au-dessus de l'auberge (40 mn de grimpette tout de même) de notre arrivée. La vue sur l'oasis est imprenable. Quelle allure ! Nous passons d'abord la maison du gardien, puis nous sommes entraînés dans un dédale de couloirs, greniers, pièces, niches, caves, tout en ombres et lumières. Ventilation parfaite ici aussi, c'est vraiment étonnant ! L'endroit a été prévu pour pouvoir y soutenir un siège : il y a des citernes prévues pour récupérer l'eau de pluie et non pas des dizaines mais des centaines de ruches. Aujourd'hui il ne pleut plus et il n'y a plus de fleurs donc plus d'abeilles... Ces alvéoles de pierre recevaient des hottes d'osier tressé recouvert de boue séchée : ces ruches étaient ainsi très facilement transportables. Il y avait 75 greniers, un par famille et certaines avaient un souci de la décoration plus poussé... Peu de bois dans la région...charpente en pierre. Bric à brac rassemblé dans une petite pièce-musée. Belle visite, dommage qu'ici aussi les explications du gardien soient vraiment basiques. Il y a sans doute encore à mener un gros travail de recherche historique pour mieux connaître la vie quotidienne des siècles passés.

Vendredi 24 mai Au programme aujourd'hui une journée cool dans l'oasis à la découverte de la source qui donne la vie à toute la vallée. Mais d'abord petite grimpette vers l'agadir d'Aguellouy, situé au-dessus du vieux village que nous traversons en prenant notre temps dans l'espoir de voir se manifester le guide. Personne... On monte doucement et on trouve porte-close. Un peu déçus car le site est superbe. Finalement on voit monter un vieil homme qui gardait les chèvres un peu plus bas : c'est notre gardien qui nous ayant vus monter, nous a rejoints. Cet agadir, beaucoup plus petit que celui de Id Aïssa visité hier est audacieusement construit sur un piton rocheux. Les ¾ de la visite se font plié en 2 presque à genoux, les miens s'en remettent à peine ! Mais ça vaut le coup ! La restauration réalisée par les habitants du village est moins poussée mais la visite est tout aussi amusante. Vue vers l'aval, le vilage sort de l'ombre. Ombres et lumières, bois et pierre. Ici aussi qq objets rassemblés dans une petite pièce. Toits en terrasse et puits de lumière et de ventilation. La vallée tout là-bas. Tour du guetteur. Vue vers l'amont. Ces agadirs sont quasi invisibles sur google earth. Construction à ras de la falaise qui a parfois été élargie par un morceau de bois ou de pierre, quelle audace ! Nous remercions notre guide et redescendons vers l'amont et la source de l'oasis. La végétation est abondante : lauriers roses, palmiers, abricotier sans doute sauvage (petits abricots assez peu parfumés et farineux) Nous nous amusons à suivre l'un des aqueducs... Tiens un « aiguillage » ! Ici un réservoir afin de pouvoir en l'ouvrant d'un coup assurer un bon flux dans les aqueducs et en chasser les impuretés. Voici la naissance de l'aqueduc. En amont la vallée est presque vierge. Arrivés devant cette grosse pool ronde, nous la contournons par la droite et découvrons émerveillés le fruit de l'érosion de cette ridicule petite cascade ! Il en faut du temps... C'est un cul de sac, nous rebroussons chemin et au prix de quelques acrobaties parvenons au-dessus de la cascade pour réaliser qu'en fait il y avait un sentier bien tracé qui nous avait échappé : à G de la vallée avant la 1ère grosse pool ronde ! Plus haut, c'est assez paradisiaque : de jolies flaques émeraude se succèdent, bordées de lauriers en fleurs et d'élégants palmiers. Nous croisons 5 hommes venus buller et boire le café au bord de l'eau, puis 3 femmes pliées en 2 sous leurs fagots d'herbes dont je me demande où elles ont bien pu les trouver, et encore 2 jeunes gens venus profiter du temps qui passe... Pas mal de cochonneries un peu partout, dommage...c'est le coin de pique-nique du village et ça se voit ! Je trouve un jeu de clés que je confie aux 2 jeunes, inchallah ! Nous longeons le ruisseau d'un bon débit et soudain celui-ci disparaît au pied d'un bouqte de palmiers : ici naît la source... On remonte encore un peu la vallée mais la végétation disparaît peu à peu tandis que la chaleur augmente : pause pique nique (préparé pour 4 €/pers. par l'auberge) à l'ombre d'un grand arganier. Petite sieste à l'ombre, il fait presque trop frais avec le vent...un régal. On redescend ensuite tout doucement. Fred ne résiste pas à l'envie d'une baignade au pied de cette étonnante falaise dégoulinante ! L'eau est fraîche, environ 20°C et je me contente de l'admirer de loin! Fred s'amuse ensuite à filmer poissons et grenouilles. Plus bas, nous retrouvons l'aqueduc qui nous sert un moment de sentier. Tas de bois de palmier : ça ne doit vraiment pas être agréable à travailler ! Fred fait encore mumuse avec la GoPro.... Nous repasser sous l'agadir perché sur son piton, tout petit au grand-angle ! Plus près.... Nous regagnons l'auberge via un joli sentier ombragé en fond de vallée. Encore un très bon tajine, désert un peu basique (une banane!) Nous avons du laisser notre jolie chambre double avec sdb pour une rustique mais sympathique chambre sans sdb. Eh oui, réservation au dernier moment oblige... Mais on a très bien dormi tout de même !

Samedi 25 mai Dernière journée de voyage avec la remontée le long de l'Atlantique jusqu'à Agadir, histoire de voir un peu la mer...Mais d'abord encore des dromadaires... Un peu au nord de Sidi Ifni nous allons pique niquer au pied des arches de El-Gzira. Ça doit être très spectaculaire par grosse mer... Attention à la marée qui rend le passage sous la 1ère arche aléatoire. C'est beau mais bon...on y va ? Pas de quoi y passer des heures à moins de surfer (eau bien fraîche!) On zappe un peu le parc national de Souss Massa (pas trop de temps ni d'essence) sans doute plus intéressant en hiver quand les oiseaux ne sont pas déjà repartis vers le nord. Ça n'a tout de même pas l'air super sauvage : la rivière est bordée de villages et les marais transformés en champs (du moins de ce que nous en avons vu) Sans doute l'embouchure a-t-elle plus d'intérêt naturaliste. Un peu plus au nord, on prend tout notre temps pour visiter le joli village de pêcheurs de Tifnite. Il est dans son jus, même si les abords sont vraiment dénaturés par un énorme complexe que nous avons identifié comme une sorte de halle aux poissons (?) Un vieux pêcheur parlant un bon Français nous a expliqué que la pêche réunit ici 500 hommes de mai à juillet : mise à l'eau à 4h (avis aux amateurs), retour en milieu de journée. Ça doit être un sacré spectacle car la plage est directement exposée à la houle atlantique ! Il y a d'ailleurs régulièrement des pertes, encore le mois dernier, une barque a chaviré et un seul homme sur les 3 marins s'en est sorti en se cramponnant au réservoir et en « nageant » jusqu'au rivage. En hiver quand il fait trop froid, les hommes vont pêcher « au Sahara ». Ici les chats sont bien nourris ! Les jours de tempête, ça doit déménager ! Quelques maisons auraient été achetées par des occidentaux mais ça ne saute pas encore aux yeux... Coincés entre la mer et le désert, drôle de vie... Quelques km nous séparent encore de Inezgane, au sud d'Agadir : notre avion décolle demain à 10h. Très bonne nuit au Dar Maktoub dont le luxe (relatif hein !) nous étourdit un peu après notre semaine de pérégrinations montagnardes.

Dimanche 26 mai Retour sans problème à Nancy, 9°C, il pleut ! Ravis de notre petite semaine « improvisée » : le Maroc c'est vraiment facile ! Et tellement dépaysant ! Et puis bout de quelques voyages on finit par s'habituer aux sollicitations des enfants, aux détritus qui traînent un peu partout, aux trucs toujours au moins un peu déglingués. Quel dommage de ne pas mieux valoriser un si beau pays !

Budget pour 1 semaine à 2 personnes Vols Bruxelles-Agadir Brussels Airlines 159 €/pers X2 Location 206 avec clim 1 semaine chez Rayhane Cars, assurances comprises, ni franchise ni caution 195 € 2 nuits en demi-pension sdb privée Maison d'Hôtes Iskki Asfnou au nord de Tafraoute 85 € 2 nuits en demi-pension sdb privée Escale Rando à Taliouine 100 € 1 nuit en demi-pension sdb privée On dirait le sud Amtoudi 51 € 1 nuit en demi-pension sdb commune On dirait le sud Amtoudi 33 € 2 pique-niques préparés par On dirait le sud 8 € 1 nuit Dar Maktoub sud d'Agadir 70 € Diner Dar maktoub pour 2 40 € Essence 1600 km, 12 dh/l environ, 7l/100 environ 130 € Visite du musée de la Maison Traditionnelle à Oumeznat 10 € Visite des 2 Agadirs d' Amtoudi : 50 dhX2 soit environ 10 € Agadir de Tizgui 50 dh soit 5 € Divers...pique-nique...40 €

Total : 1095 € pour 2.
Why do we always think that "ELSEWHERE" is better than our own country?
by Jupiteria · 2013-05-16 · 455 replies
As soon as I return to France, I catch myself thinking, "it’s better elsewhere." Wherever we’ve been, I feel this lightness of living—less restriction, less pressure, less sadness—and I start dreaming of somewhere else, of living somewhere else, a simpler life, more authentic, with colors everywhere: markets, clothes, homes...!!! Meeting kindred spirits, genuine people, gentle and kind, and letting go of all this modernism, this technological rat race, the indifference toward others, the confinement, the racism against the elderly in France, against the poor, the weak, the beautiful... fleeing the news, politics, jealousy, meanness, stupidity, greed... And in my moments of clarity, I tell myself that every country, every city has its pros and cons, and that maybe the best of all worlds isn’t down here. But I also remind myself that you have to know how to COME BACK in order to LEAVE again... yet still...!!! IS IT REALLY BETTER ELSEWHERE?😏😏😏
Croisière transatlantique MSC Musica en novembre 2013 English translation pending
by PascaleYves · 2013-05-11 · 742 replies
Bonjour Pascale et moi partirons pour 3 semaines sur le Musica en Novembre 2013. Avis à tout les membres qui ont envie d'en discuter. A bientot😏
Au pays de Calypso: Malte English translation pending
by Senmout · 2013-04-15 · 13 replies
AU PAYS DE CALYPSO : MALTE

Malte .. pourquoi Malte ? Parce que cela nous permettait une trêve printanière d'une semaine à deux heures de vol de Lyon et offrant en principe, du beau temps ( ce fut le cas , même si le températures sont aux alentours des 20 ° et que cela reste une île donc ventée , nous avons eu chaque jour du soleil) . Parce que nous avions en tête de faire une pause culturelle avec comme image les légendaires chevaliers, le faucon maltais, les hospitaliers mais aussi de découvrir d'autres paysages austères et arides comme dans un roman qu'il y a fort longtemps , j'avais lu … Parce que Calypso y a retenu Ulysse pendant 7 ans et que les bateaux ( les luzzus) ont des yeux … ceux d'Osiris

Il est souvent suggéré d'accorder à malte 5 jours mais nous avons choisi une semaine pour pouvoir aller sur Gozo et prendre notre temps… Alors allions nous trouver Nature et culture sous le soleil ?

Budget : 750e /personne la semaine

TRANSPORTS : - Avion : Lyon / Malte : 120 e /pers

- Voiture de location : Réservée chez Avis en direct pour 140 e la semaine , une médium . On a eu un Hyundaï I20 . C'était un bon compromis . Km illimités. La mauvaise surprise : on nous propose l'éternelle assurance que nous déclinons comme d'habitude puisque nous avons la carte gold. L'agent nous demande de déposer une caution et là très bizarrement ni la gold , ni la visa ne passe … On lui demande ce qu'il faut faire , il nous répond d'un air méprisant : ' prendre l'assurances' Bref 188 e supplémentaires . On comprend bien qu'il n'y a plus que cette solution, on paie et on réglera , si tant est que cela puisse l'être , cela en France… Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas donc ça sent l'arnaque ! 😠😠 En tout cas , prudence sur les routes car la conduite ici plus du Mario Kart que de la conduite de vacances … Les routes peuvent être étroites et les maltais passent …ça passe ou ça casse!

- Ferry : Pour la liaison Malte / Gozo : voiture et chauffeur : 15, 70 et passager : 4,70 Nombreuses liaisons de 20 mn env. On paie au retour.

- Essence Sensiblement les mêmes prix qu'en France . En général, ils n'acceptent pas la CB . Faites des demi-plein car on roule peu …

NOURRITURE : Bon , ce n'est pas une destination culinaire c'est le moins qu'on puisse dire . Les Maltais souffrent de la mal bouffe et le taux d'obésité est important. Les prix , un peu moins chers qu'en France … Les consommations en terrasse, par contre éne sont pas chères : soda , thé, café :env 0,80 à 1e

- Ill Kartell à Marsalforn sur Gozo en bord de mer Nombreux poissons , cartes variée, service très sympa . Exemples de prix : plats calamars : 14e , lapin ( feneck) 12e

- Genti di mari à Marsaxlokk ( Malte) Magnifique port d empêche avec de nombreuses terrasses. Celle-ci est tout au bout du port . Excellent rapport qualité / Prix : formule 2 pers: soupe de poisson et assiette de la mer pour 18E pour 2 pers . Très bon et copieux.

HEBERGEMENT :

- Gozo : chambre d'hôtes : TAA MARIA au village de taal. 🙂

70e la nuit avec un excellent et copieux petit déjeuner avec oeufs bacon, pain, confiture, miel, fruits frais, yaourts, pâtisseries maison …. Dans une vieille maison maltaise , et mobilier ancien. Chambre spacieuse, piscine … Accueil très chaleureux. Pour trouver l'adresse : en venant du sud traverser Ghasri et en ressortir par le nord , en prenant la route qui passe à droite de l'église . Puis 2 éme à droite , direction 'Taal fanal village ' dans le village , c'est tout au fond dans une rue sans issue .

- Malte , Sliema : Simon 's apartment 🙂🙂

Reservé sur Booking . A 300m de la baie de St Julians où on trouve bars, restaurants;.. mais surtout une belle promenade le long de la mer. Un appartement tout confort, très moderne appartenant à Simon , le patron du pub d'à côté. Je vous rassure , c'est très bien insonorisé , nous n'avons eu aucune nuisance ! Tout équipé : cuisine intégrée, vaisselle, TV, Wifi, machine à laver , lecteur DVD . Séjour cuisine salon , une chambre et une salle de bain. C'est tout neuf . Simon est vraiment très sympa et accueillant !!!!!!! Sliema est assez centrale sans être dans La Valette . On était au maximum à 30mn de chaque bout de l'île .

GUIDES :

- Routard : eh bien pour une fois , je l'ai trouvé mieux que le lonely planet… - Lonely planet : trop superficiel - carte routière : kompass

VISITES : Les prix sont indiqués par personne

- Cathédrale N.D Assomption à Victoria ( Gozo) : 3,5 e ( cathédrale et musée) - Ggantja's temple ( Gozo) : 5,5 e - St Paul catacombes à Rabat : 5e avec audioguide ( indispensable ) - St Agath : 5e : du vol ! 😠😠😠😠 - Malta expérience et Infirmeries : 15e - Cathédrale St Jean de la Valette : 6e avec audioguide ( super !!!) cathédrale et musée - Musée archéologique de la Valette : 6e ; panneaux explicatifs en anglais uniquement - Haggar Quim : 9e - Mdina expérience pour 3 sites : 14, 5 e - Palais de l'inquisition à Victoriosa : 6e _ Hypogée de Sal Saflieni : 20e ATTENTION : RESERVATION OBLIGATOIRE sur INTERNET , le plus tôt possible !!!!!!!!! Visite limitée à 80 pers par jour. Avec audioguide.

ARTISANAT : Pour nous rien … je crois que pour trouver à ramener , il faut ou être un inconditionnel de la dentelle ou un fervent catholique … nous ne sommes ni l'un ni l'autre donc nous avons fait des économies

ITINERAIRE : - J1 : Lyon / Malte / Gozo . Réserve naturelle de Dwejra : azure window , inlead sea, la tour, la bake, fungus rock . Marsalforn et les salines - J2 : Gozo : Victoria. temple de Ggantja . Grotte de Calypso. Ramla Bay . Ta cenc . Xlendi . - J3 : Retour sur Malte . Naxxar . Mosta. Rabat. Sliema - J4 : La Valette . Les falaises de Dinglii - J5 : Blue grotto. Hagar quim. Marsaxlokk . Hypogée de Sal safliena. Mdina. - J6 : Les 3 cités . Marsaxlokk . Ghar Lapsi . - J7 : Repos !!!!

Nous avons adoré : - le site de dwejra sur Gozo - les fraises - La visite de l'Hypogée - La cathédrale St Jean à la Valette - les paysages de Ghar Lapsi et les falaises de Dinglii

Nous avons aimé : - Ta Cenc pour son isolement - St Paul 's catacombs - Mdina pour le charme de cette ancienne ville fortifiée - Malte expérience pour avoir tracé l'histoire de Malte en 45 mn et nous avoir donné des pistes de découverte - Le petit port de Marsaxlokk et ses luzzus

Nous avons moins aimé : - Les toiles dénaturant l'Haggar quim - Les 3 cités - le manque de convivialité des Maltais

Nous avons été déçus : - L'île très bétonnée avec des construction anarchique défigurant le paysage - La crypte de St Agath au pas de course grrrr

CARNET DE ROUTE :

Dimanche 31 mars :

Avion Air Malta et à 12h , nous sommes à la Valette. Récupération de la voiture et cap sur le nord pour prendre le ferry pour Gozo , qui nous attend … Tout s'enchaîne parfaitement , c'est cool. Avant d'embarquer sur le ferry , on a acheté sur le bord d'une route de fraises , dont on se délectera sur le pont du ferry et sous le soleil.. Enfin le soleil !! Nous passons l'après-midi à la réserve naturelle de Dwejra. Sur la route qui nous y mènent , déjà quelques impressions … : Gozo est plus désertique que Malte qui nous est aussitôt apparue bétonnée, ces terres ont dues paraître bien hostiles aux premiers habitants par leur aridité . Nous sommes quand même étonnés de voir toutes les constructions taillées dans la seule et unique roche , ocre jaune presque safranée : la globégerine , mais ce qui nous marque le plus , reste le nombre d'églises dont certaines immenses pour un minuscule village ….

Nous arrivons vers 15h sur le site de Dwejra que nous commençons à arpenter par le dessus de l'azur window , arche naturelle sur la mer d'un bleu profond avec une vue imprenable sur les falaises alentours. L'arche est splendide , battue par les vagues et l'écume du blue hole donne l'impression d'une mer de lait . Puis balade vers le fungus rock ' rocher champignon' car au 18éme siècle , on pensait qu'il y poussait des champignons aux vertus médicinales que les rois des cours d'Europe s'arrachaient à prix d'or , si bien que le site fut interdit et confié à un seul cueilleur à l'aide d'un funiculaire … Ah la bêtise de l'Homme… Les siècles ont démontré la supercherie : aucune vertu . Aujourd'hui pas de drapeau flottant sur la tour de garde donc pas de visite possible. Enfin : inland sea : comme un petit lac uniquement relié à la mer en passant sous la falaise et un minuscule ancien port de pêche à l'eau laiteuse. Ambiance familiale d'un dimanche de Pâques. Nous savourons un thé à une terrasse … Ah qu'ils sont bons ces rayons de soleil qui nous font si vite oublier le printemps qui tarde en France et la grisaille que nous avons laissée ce matin… Un monsieur veut nous rendre service en ouvrant un parasol ;. oh non malheureux , on n'a pas vu le soleil depuis des mois … On a passé un excellent moment sur le site , l'appareil photo a déjà bien chauffé… 😉

Route vers Gashri et Taal village pour y trouver notre guesthouse dont le terme ici revêt un tout autre aspect que celui qu'on utilise en voyage routard puisqu'il s'agit d'une vieille maison maltaise réhabilitée en B&B. J'avais réservé via booking car tripdavisor n'en tarissait pas d'éloge. Immense demeure avec arches, voutes, superbes pierres , mobilier ancien … un cachet extraordinaire et un accueil chaleureux … La piscine est superbe mais là c'est pour le plaisir des yeux car se baigner à Malte à cette époque relève quand même de l'exploit ou de la bravoure .

Après avoir lézardés sur les terrasses, nous avons diné au petit port de Marsalforn … Le petit port d empêche devait être très joli mais totalement dénaturé par des constructions anarchiques voire abandonnées. Nous y voyons cependant nos premiers 'luzzus' , ces fameuses barques traditionnelles à l'oeil d'Osiris .. Nous sommes bien à Malte ! Les salines étaient déjà à l'ombre : dommage … Eddy goutera à la fameuse recette de lapin , ici appelée 'feneck' gloups … contente d'être végétarienne …

Lundi 1er avril :

Après une énorme petit déjeuner , délicieux et copieux ( pensée bien sûr pour Nancy 😇 ) , direction Victoria. Ici le lundi de Pâques n'est pas chômé , nous nous retrouvons donc dans l'animation de Victoria et de son marché mais aussi dans d'étroites ruelles , style médina , pleines de charme . Visite de l'église St Georges où passés la porte , je reste ébahie par tant de richesse et d'ornement ! Pur style baroque plein de mélange et de contraste ! Larges nefs aux formes arrondies, ornementation exagérée avec stucs, fresques, spirales, volutes … et toujours au centre face à l'autel , une énorme lanterne de style orientale … On retrouvera ce 'montage' dans chaque église quasiment … Puis nous montons à la citadelle qui offre un panorama unique , géant !!! 380° degrés whaouh ! Nous sommes un peu déçus de la visite de la cathédrale ( attention , le routard mentionne un audioguide : faux ) . Le billet est jumelé avec le musée mais là, on s'y est fait prendre une fois, nous ne recommencerons pas … N'étant pas fan de la toge du pape Paul machin, de la mitre de Pie truc… on est forcement ressorti pas convaincu…

Nous poursuivons la journée par les Ggantija's temples : temples des géants . Datés de 3800 avant JC , ils figurent parmi les plus vieux temples non encastrés du mégalithique . Une borne explicative ( cette fois en français : merci ) et les représentations sur les panneaux aident à bien se rendre compte de cette merveilleuse découverte. Je suis bluffée … j'adore la préhistoire et cela m'amène plein de nouveaux questionnements … Le billet est couplé avec un moulin ( décidémment c'est d'usage à malte) mais , ce n'est pas que nous sommes rabat-joie aujourd'hui mais nous n'avons absolument pas envie de visiter un moulin… donc , cette fois, et fermement, nous passons notre route .

Arrêt , ben oui, à ce qui aurait été la grotte de Calypso … juste pour le mythe mais aussi pour la vue aérienne de la plage Ramla bay au sable rouge avec la mer cristalline : un vrai tableau ! On y descendra pour y pique niquer… de succulentes fraises et gouter au petit pain fourré de fromage maltais , de mémoire, le pastizzi … bof , si je peux me permettre le jeu de mot : ' un peu étouffe chrétien'

Le routard indiquait ensuite ( avec 3 routards ???) Mgarr X Ini's bay comme un de plus beaux paysages naturels de Gozo . En manque de nature sauvage , nous y allons et la trouvons non sans mal . Sur place , grand éclat de rire , le routard restera le routard avec ses bons et mauvais plans … l'endroit n'est qu'une petite rade caillouteuse avec un bar . Perso, nous n'y avons trouvé aucun charme …🏴‍☠️🏴‍☠️

On ne perd pas espoir de se trouver un coin de nature sauvage en filant vers les falaises de Ta Cenc. J'y avais lu sur le forum du bon et du moins bon; autant se faire notre propre opinion et pour nous ce sera du plus ! L'accés est aisé si on est en voiture sinon c'est assez loin de la station de bus. Notre persévérance est récompensée : un plateau aride , une végétation sauvage de maquis , un coin désolé et de quoi se balader sans rencontrer âme qui vive … on adore !!!!! on y a fait , à vue, car rien de baliser, une superbe rando.

On finira la journée dans ce qui fut sans doute un magnifique port de pêche : Xlendi …' mais ça , c'était avant ' . C'est certes joli mais aussi une enfilade de bars et restaurants ( où ne boudons pas notre plaise, il fait bon y boire un thé ) au bord d'une mer cristalline . La balade en suivant les marches sur le côté gauche offre une magnifique vue sur les falaises et la tour de garde.

Une belle journée qui se finira au même restaurant qu'hier … Très diversifiée cette petite île de Gozo pour laquelle il serait dommage de faire l'impasse . Sans avoir tout exploré , deux jours nous ont suffis.

Mardi 2 avril :

Même solide petit déjeuner et ferry pour Malte. le temps est , aujourd'hui , nuageux . Nous décidons de faire le centre de l'île en le gagnât par St Paul's bay que nous fuyons tant il est touristique. Autant le premier jour , cela ne nous a pas sauté aux yeux car nous n'avons fait que traverser Malte pour aller au ferry, aujourd'hui c'est flagrant , Malte est vraiment bétonnée , la nature a quasi disparue …😕😕

Arrêt à Naxxar pour l'église paroissiale de la nativité de la Vierge à la façade imposante et intérieur baroque. Mais aussi , pour le palais Parizzio , palais de maître de 1733. Nous voulions , au moins ne visiter un , mais le prix , à nos yeux , exorbitant de 12 euros , nous freine . On se contentera de la visite du jardin gratuite mais non moins agréable car un vrai hâvre de paix aux multiples essences…

Puis Mosta , célèbre pour son église avec un dôme suspendu. L'immense bâtisse néoclassique détonne à Malte. Elle est fermée , on se contente de l'extérieur et reviendrons pour l'intérieur .

Enfin , Rabat ! Petite cité bien agréable et plus calme que la bouillonnante Mosta. On commence par visiter les catacombes de St Paul avec audioguide ( indispensable et très bien fait ) . On y découvre avec intérêt l'organisation de cette nécropole chrétienne été païenne. On a beaucoup apprécié la visite. Visite ensuite de St Agath . Le routard nous annonçait une visite moins passionnante des catacombes que St Paul ( ce pourquoi , nous avions commencé par St Paul) mais nous avons décidé d'y aller pour la fameuse crypte avec ses 32 fresques byzantines très bien conservées. Le routard avait raison pour les fresques mais la visite c'est du pur VOL ! SCANDALEUX ! On commence par un musée surchargé sur les pierres et minéraux bof.. c'est pas notre trip et sur les icônes, mitres etc comme d'hab … On va finir bigot ! Puis 10mn dans les catacombes avec un guide ( heureusement que l'audioguide avait fait lumière sur l'usage de ces catacombes car lui ne nous fut d'aucune utilité , puis … 5 minutes pour regarder le fresques !!!!!! Il aurait fallu 5 minutes par fresques !!! Quel dommage !!!!! 😠😠😠

On file ensuite vers Sliema pour s'installer dans notre petit appart qui nous séduit de suite par son emplacement, sa décor, et l'accueil chaleureux de Simon. Belle balade , ce soir, comme tous les soirs qui suivront le long de la mer… Le soleil réapparaît , cool pour demain ?

Mercredi 3 avril :

Grasse matinée et on se lève … sous la pluie … On part pour la Valette et le temps d'y arriver le vent a balayé les nuages .

On décide de commencer par le spectacle audiovisuel 'Malte expérience' , une projection de 45 mn ( en 20 langues) sur Malte de ses origines , aux différentes invasions , les chevaliers… à nos jours . C'est une excellente approche surtout pour ceux qui sont un peu brouillé comme mon mari , avec l'Histoire . Cela est synthétique . Cette entrée donne aussi droit à la visite guidée ( mais en anglais ) des infirmeries créées par les hospitaliers . J'ai trouvé cela très intéressant mais en tant qu'infirmière, je suis peut être de parti pris 😛… En tout cas , rien que le bâtiment vaut le coup d'oeil.

Pause déjeuner face à la co cathédrale St Jean … Le centre de la Valette est très animé.

Visite de la cathédrale ; là, aussi , je vous recommande l'audioguide . Autant le bâtiment a une façade assez dénudée , autant l'intérieur est absolument sublime ! Je crois que j'ai rarement aimé autant une cathédrale … même N.D de Paris me paraît fade . Les 374 pierres tombales de marbre coloré couvrant la cathédrale et toutes les fresques de M.Preti sont un chef d'oeuvre. On y resterait des heures ;..Bon j'arrête là, je n'ai rien à vendre… Le clou de la visite : deux tableaux de Caravage , mon peintre par excellence .. La décollation de St Jean Baptiste ( seul tableau signé du Caravage) et St Jérome écrivant'… Je ne dis rien de plus car je ne serai pas objective car trop fan …😛😛🤪 Bref , je sors de là subjuguée ! Quelle visite !!!

Balade dans les ruelles , où s'égrènent palais des grands maîtres , bibliothèque, églises …

Notre dernière visite sera pour le musée archéologique , surtout pour la section de ce qui fut trouvé sur les sites mégalithiques en complément de Ggantija et en prévision de l' Haggar quim et de l'hypogée. ' La femme endormie ' et le 'venus de Malte ' retiennent toute notre attention . Passionnée de préhistoire , à nouveau , c'est une toute autre ouverture qui s'ouvre à moi … Au 2éme étage , plus petit , plus ludique mais non moins intéressant : l'âge de bronze, les phéniciens …

Nouvelle pause en terrasse face à la cathédrale et pause chocolat chaud car si le vent a balayé les nuages , il fait , quand même , frisquet … Mais on ne lui en veut pas …

On quitte La Valette ravis de notre journée et même si nous avons fait beaucoup de choses , tout s'est admirablement enchainé ( les visites ne durent jamais longtemps) et nous n'avons pas l'impression de 'tête pleine' comme on peut parfois l'avoir .

On finit notre journée par un moment Nature aux falaises de Dinglii , aux reflets gris / ocre, avec les petites cultures en terrasse , la mer, et un soleil mi-couchant… C'est très bien aménagé tout le long avec parking, bancs… Moi, j'ai littéralement craqué pour la petite chapelle St madeleine et sa vue . C'était bien de finir notre journée citadine par cette pause bucolique .

Une superbe journée !!!!!

Jeudi 4 avril :

Il fait grand beau, nous voici donc partis tôt pour avoir une luminosité maximale, visiter la grotte bleue … Mer trop agitée donc pas de ciste ce jour ( ni le séjours suivants d'ailleurs) … dommage . On l'apercevra juste du point de vue panoramique.

Nous filons à l'Haggar quim ' ensemble néolithique : 3000 - 2400 avt JC . Passage par le visiter centerpour une petite projection et une expo sur la découverte du site , la supposée méthode de construction du temple … C'est concis , ludique, pédagogique. Visite ensuite des temples . Il paraît que cela fait débat car ils sont recouverts d'une structures métallique , charpente d'une immense toile … nous, on na pas trop apprécié ces vilaines vaches qui dénature un peu le site … Stonehenge ne s'est pas volatilisé que je sache ??? Bref , on n'en reste pas moins époustouflé par ces temples dont le plus gros bloc pèse 20 tonnes pour 6,4 m de long . Le temple est aussi orienté pour faire entrer le soleil au solstice d'été … Pierres à spirales , autel , blocs poinçonnés c'est brillant et superbe . En tout cas , les peuples du néolithique avait le goût du beau et du paysage car en bord de mer , il y a une vue magnifique .

Balade au petit port de Marsaxlokk , avec ses luzzus, son animation, ses terrasses où on fait la pause thé et on y mange , hélas à la hâte , une 'fougasse' . On quitte l'endroit à regret . Je pense qu'on y reviendra !!!!

Pressés en vacances ? Oui , exceptionnellement mais pour une bonne cause . Nous avons réservé par internet la visite de 13h à L'hypogée de sal saflieni . La réservation est obligatoire ! Si , je n'avais pas regardé un peu le forum deux mois plus tôt , nous aurions manqué cette visite et donc une partie de notre voyage ! A deux mois du départ, il ne restait déjà plus deux plages horaires sur la totalité de notre semaine … Donc , un seul conseil: anticipez ! Ce serait dommage de rater ce lieu aussi stupéfiant que grandiose . Je n'ai jamais rien vu de tel … Malte m'aura gâtée en préhistoire . En tout cas , ne cherchez pas un terrain vierge, etc … c'est en pleine ville et l'entrée se fait dans une maison de rue tout à fait banale…

L'hypogée : c'est , à la fois, un cimetière et un temple sur plusieurs profondeurs, le tout creusé sans outil… Visite très bien organisée , emmenés par un guide mais avec audioguide. Films d représentation sur ce qu'est l'hypogée et sa découverte par un maçon, galerie avec les objets retrouvés sur le site , sauf 'la venus endormie' qui est au musée archéo de la Valette ( mais il y a quand même une reproduction ) puis descente dans l'hypogée même , dans une relative obscurité et une température fraîche pour conserver ce joyau. Je vous passe mon enthousiasme !!!! Quelle chance de visiter une tel chef d'oeuvre !!! Je vous laisse découvrir ce site avec les mêmes yeux émerveillés que nous .😇😇😇

Après cette subjuguante visite, nous partons pour Mdina… A nouveau projeté dans d'autres siècles , cette ville va nous ravir par son charmes, ses étroites ruelles, ses palais et églises … Nous avons fait les 3 sites de Mdina expérience mais c'est un peu une répétition de Malta expérience , même si ici le le spectacle audiovisuel met plus l'accent sur le siège de Mdina… Le reconstitutions avec personnages de cire sont assez sympas aussi mais rien d'indispensable.

Retour en notre demeure à Sliema et notre traditionnelle longue marche …

Vendredi 5 avril :

Ayant déjà pas mal baroudé sur l'île , on décide de se la jouer cool .

Visite des 3 cités , essentiellement Victoriosa avec ses charmantes ruelles et le palais de l'inquisiteur : bof… On en gardera pas un souvenir impérissable mais je pense que , comme souvent quand il s'agit de villes , nous sommes à saturation et nous manquons de grands espaces et de nature…

On quitte les 3 cités pour retourner à Marsaxlokk , ce petit port qui nous a bien plu et dont nous avons hier quitté à la hâte . Cette fois, on va savourer notre temps avec une pause thé puis un excellent repas , en terrasse et au soleil… On laisse cette fois le temps être notre maître … et il s'égrène …

Cap , ensuite sur Ghar Lapsi, renommée comme étant une très belle baie . cette fois , c'est vrai !!!!!!! Ici , on va s'éterniser , sans se lasser des paysages, des falaises , du fracas des vagues sur les rochers, de la puissance de la mer … Superbe !!!!!!! On se sent ressourcés .

Dernier arrêt à Mosta pour voir la coupole cette fois de l'intérieur puis direction Sliema et se dégourdir les gambettes au bord de mer .

Samedi 6 avril :

Aujourd'hui, grand soleil, plus de chaleur et c'est REPOS !!!!!! 😎😎😎 Marche infinie, lecture sur la plage , restaurant , thé … une journée de vacances toute simple avant de retourner au quotidien …

Dimanche 7 avril :

Malte / Lyon . arrivée Lyon à 9H20 …

Conclusion :

Un séjour beaucoup plus culture que nature , avec un patrimoine très riche dont l' histoire balaye des siècles , de la préhistoire aux différentes invasions , qui en fait un pays très diversifié . Une semaine était un bon compromis pour parcourir Gozo, Malte et s'octroyer une pure journée de farniente . Nous y avalons trouvé le soleil , le températures restent fraîches , sans doute très confortable pour les visites car l'ombre est rare. Je ne pense pas que ce soit la destination idéale pour le farniente à la plage car celles ci sont rares, très rares , néanmoins la mer doit se prêter à merveille à la plongée ou au snorkelling. La voiture nous a laissé beaucoup d liberté car même si le réseau de bus est au top , cela rallonge les temps de déplacement. Deux petites déceptions, si on peut employer ce terme : les espaces naturels restreints et nous n'avons pas retrouvé cette convialité et cet accueil qu'on prête aux Maltais.

Retour croisière Fort Lauderdale à Sydney via Canal Panama, Guayaquil, île de Pâques, Tahiti, NZ.... English translation pending
by MoniqueM · 2013-04-14 · 188 replies
Cette croisière de 34 jours - 1er segment du «World Cruises 2013» de Princess Cruises - nous a permis après une escale au Costa Rica, de faire le transit complet du Canal de Panama et de découvrir de belles villes de l'Équateur, du Pérou, de Nouvelle-Zélande et les îles de Pâques, Pitcairn, Tahiti et Tasmanie.

Notre itinéraire :



A) Embarquement sur le Pacific Princess à Port Everglades, Fort Lauderdale (Floride) B) Escale à Puerto Limon, Costa Rica (côte Caraïbes) C) Transit complet du Canal de Panama D) Escale à Guayaquil, Équateur – coup de cœur pour nous ! E) Port de Callao (escale pour Lima), Pérou («overnight») F) Ile de Pâques, Chili G) Pitcairn Island, RU («scenic cruising») - agréable visite sur le bateau des habitants de l'île H) Escale à Papeete, Tahiti, France / -- Longitude 180oW : Passage de la ligne internationale de changement de date - on passe du jeudi au samedi I) Escale à Auckland, Nouvelle-Zélande J) Escale à Burnie, Tasmania, Australie K) Débarquement à Sydney, Australie

- L’élément déclencheur dans le choix de cette croisière a été pour nous l'escale prévue à l’île de Pâques... Nous rêvions depuis longtemps de visiter cette île isolée, Rapa Nui de son nom indigène, inscrite au patrimoine mondial UNESCO. Peu de croisières y font escale; on tente notre chance...



C'est un plaisir pour moi de partager et d'échanger ces souvenirs !
Croisière tropicale CDF, bateau Horizon English translation pending
by Jacnav · 2013-04-09 · 587 replies
Qui aurait des renseignements sur la Croisière Tropicale départ La Romana République Dominicaine Croisière de France Bateau HORIZON qui est le bleu de France rénové - Nous avons effectué plusieurs croisières avec Costa mais là ce qui nous attire c'est le vrai Tout-Inclus, avec un prix intéressant vol inclus - nous sommes une quinzaine (famille et amis). Mais bon je sais que le bateau est plus ancien par rapport au prestige de Costa. Est-ce que quelqu'un peut m'en dire davantage ? - Merci

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