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Pourquoi un tel ostracisme contre la chasse? English translation pending
by Hasard85 · 2012-04-25 · 69 replies
Il semblerait qu'il s'agisse d'un sujet presque tabou sur ce forum ou ailleurs.. Les guides de voyage n'indiquent jamais les réserves de chasse..ou les possibilités du moins à ma connaissance.Quant aux offices de tourisme, à quelques exceptions près comme le Mexique la rubrique chasse n'existe pas. Pourtant la chasse est une des plus anciennes activités de l'homme. Perderions nous nos instincts naturels?? Bien entendu je suis à la recherche de lieux de chasse à travers le monde afin d'associer" voyage" et quelques jours "chasse" et ce entre les mois d'octobre et mars.
Développement de la grippe H1N1 en Thaïlande English translation pending
by Erwan92 · 2009-06-18 · 148 replies
Bonjours à tous, j'ai cherché sur google et je ne vois pas si la thailande est passé au niveau 6 ou non. j'aurais aimé savoir si vous aviez plus d'informations que google ^^

PS : Je pars tous le mois de juillet ( donc bientot ) a bkk
Chanson vietnamienne à la mode? English translation pending
by Zacarooo · 2007-10-14 · 23 replies
Bonjour à tous,

Je suis en train de faire un diaporama avec mes photos du Vietnam et je cherche de la musique Vietnamienne a mettre en fond. (jai deja la chanson "Bonjour Vietnam") Je ne cherche pas de la musique traditionnelle mais plutot de la musique moderne, qui soit plutot entraînante et assez connue pour que je la trouve!

Merci bcp, A+ Caroline
Les vacances d'un Bobo English translation pending
by Zorba · 2018-07-01 · 335 replies
Les vacances d’un Bobo

C’est Juillet, il faut que je pense à trouver une nouvelle destination : J’aimerais passer deux semaines dans un pays sans avoir la honte en pensant aux pauvres gars en prison, j’aimerais aussi éviter d’aller chez des Fachos ou des Racistes, remarquez ça va souvent ensemble. Il me faut aussi un petit apport culturel, je ne veux pas bronzer idiot. Le coté éco-responsable est important : J’ai une Appli sur mon Smartphone qui me donne en temps réel ma signature écologique ; ce que je ne me permets pas chez moi en terme de consommation, je ne vais pas le faire ailleurs. C’est vrai il y en a qui se croient tout permis à l’Etranger, car ils ont le carnet de chèque et ils croient qu’on ne les voient pas. Pour m’aider à trouver une destination, il y a bien les pages de l’Obs ou de Libé, mais j’ai peur que les endroits cités ne soient plus préservés. Ne me parlez pas du Routard, c’est tellement Bobo ! Alors j’ai mes petits secrets. J’aime partir à la recherche de l’Autre, établir des rapports de confiance et non-marchands avec les habitants des pays visités. Rester au niveau humain. Pour cela je vais dans le Pays hors des sentiers battus, j’ai mes petits coins et mes adresses, hors de la horde des touristes. Le béton, les clubs, ce n’est pas pour moi.

Passons en revue quelques destinations : D’abord chez nous : Savez vous que je n’ai jamais mis le pied à Nantes et Bordeaux, deux villes esclavagistes. De même il n’y a pas de Muscadet ou de Bordeaux sur ma table. J’ai des principes. Ne comptez pas sur moi pour aller en Périgord cautionner la souffrance animale avec le gavage d’oies ou le veau sous la mère en Corrèze.

-La Belgique : Ah non ! Depuis qu’ils ont écrit Tintin au Congo. La Suisse : Tout ce fric ils l’ont bien pris quelque part ? -L’Allemagne : Vous voulez que je vous fasse un dessin ! Eh puis c’est l’exploitation des immigrés turcs. Trop peu pour moi. L’Italie : Chassez le naturel, il revient au galop : Vous voulez que je passe mes vacances dans un Pays gouverné par des Populistes, des Racistes et des Xénophobes ? Je mérite mieux. L’Autriche : Depuis le moustachu, ils n’ont jamais cessé. Après Haider maintenant c’est Kurz. Je suis aux abonnés absents pour l’Autriche. L’Espagne : Ils refont le coup de Franco, ils s’attaquent à la Catalogne. Et puis ils exploitent les Marocains à la récolte des tomates. Il n’y a pas une tomate espagnole chez moi. Alors n’attendez pas de m’y voir. Et surtout il y a toujours la corrida, c’est lamentable. -La Russie : Il y a Poutine. Quoi Poutine ? C’est simple pourtant : Il y a Poutine, ça vous suffit. Non je n’irai pas en URSS, pardon en Russie. -La Chine : Ah non c’est pollué, et ils font du trafic d’organe, ils affament les travailleurs de chez nous ; et depuis Mao la Chine, ce n’est plus ce que c’était. La Corée du Nord : Ah non ils ont des coiffeurs abominables. -Singapour : C’est trop moche et ils ont trop de fric, c’est suspect. -La Turquie : Avec le génocide arménien, il y a peu de chances qu’ils me voient. Eh puis Erdogan c’est retour vers le futur. -La Grèce : C’était devenu bien, il n’y avait plus de Colonels. Tzipras est un homme qui représentait le Peuple, puis il a viré sa cutie au bénéfice de la Troïka capitaliste. Non je n’irai pas chez le social-traitre. Les USA : Qui ose me parler des USA ? Le Pays soit disant « Indispensable ». Avec leur prêt à penser standardisé et stérilisé, leurs exécutions au goutte à goutte dans des prisons cliniques. C’est quand même le pays du grand génocide indien et de la chasse au Black. Je vous laisse allez à l’usine à « fun » de Mickey, sans moi. Le Mexique : Ah non ils ont des mœurs dégueulasses : Ils égorgent le gagnant du concours de pelote à ChichenItza. C’est moche. Et tu risques de faire un carton par les Cartels de drogue si tu es au mauvais endroit au mauvais moment. L’Inde : Quelles mœurs ; ils ont crevé les yeux des artisans du Taj Mahal après la construction. Ah non pas de moi chez ces barbares. Les Pays arabes : Ce n’est pas très progressiste, c’est même le Moyen Age.

L’Egypte : SiSi ! je vous répond NonNon ! Les pyramides et les temples ? J’entends gémir les esclaves qui ont transporté les pierres, je sens la morsure des coups de fouets. Sisi ! je suis comme cela, j’ai un don pour ressentir cela, pour faire parler les pierres et écouter les coups de fouets d’il y a 2000 ans. Ne vous moquez pas ! Alors l’Egypte Bonjour !

Le Québec : Il y a trop de curés !

La Pologne : Il y a trop de curés !

Bon ! Je vais repartir à Cuba. Ca fait 30 ans que je vais chez Pablo. J’ai un petit logement avec un toit en tôle ondulé qui fuit. On fait la récolte de la canne à sucre avec Pablo et les gars du village. Je suis même Citoyen d’honneur du village et membre d’honneur des Companeros de la canne à sucre. Sur la photo, vous pouvez me voir avec Danielle, on lève le poing pour la Fête nationale. Danielle ? Eh bien Danielle Mitterand ! J’aimerais bien changer, j’en ai marre de la canne à sucre. Eh puis ma signature écologique en prend un coup avec un vol Paris-La Havane, tous les ans. Je sais je fais du vélo pendant 3 mois pour essayer de compenser. Les Droits de l’Homme à Cuba ? Qu’est ce que vous me chantez ? N’écoutez pas la propagande du voisin américain et de ses affidés en Europe. Elle vit tous les jours la démocratie !
Résumé Sol Cayo Largo 4 au 11 nov 2005 English translation pending
by PirateRousse · 2005-11-12 · 24 replies
Résumé du Sol à Cayo Largo du 4 au 11 novembre.

Voilà, il est minuit et je suis aux derniers préparatifs de nos valises. Bon, on n'arrive pas à dormir… on part donc vers 00h45 vers Dorval pour le Parking’n Fly. Aussitôt rendu et que la clôture du stationnement s’ouvre, ceci donne un signal à la navette, on avait à peine le temps de sortir nos valises de la voiture que la navette est déjà là à nous attendre. WOW RAPIDO !!

On arrive donc au comptoir de Air Transat et déjà celui-ci est ouvert… oufff… même pas le temps d’attendre en rangée que déjà les valises et les places sont désignés… ça va donc bien vite à matin !!! On attend en ligne pour passer la douane canadienne et déjà une bonne ligne est prête à passer, on ce place derrière tout le monde et juste devant nous, il ouvre la corde et nous sommes donc les premiers à passer la douane… encore une fois c’est du rapide, nous n’en revenons pas !

On s’installe donc bien confortablement à attendre que l’on nous appelle pour notre vol. Quand tout à coup, ils se sont trompés de porte, on doit tous aller vers l’autre porte, d’où notre avion nous attend. On décolle avec un retard de 30 minutes environ. Ce n’est pas grave… on est en vacances !

Le déjeuner n’est pas ce qu’il y a de mieux, un genre de Mc Muffins aux œufs et une petite salade de fruits et un café qui goûte l’eau… YIRK ! Mais bon, c’est quand même mangeable.

On arrive à Cayo Largo avec aucun problème et déjà Air Transat nous avait mit dans l’ambiance avec une petite musique des Caraïbes, qui m’a surprise.

Nous étions les premiers à passer nos valises à Montréal… alors normal que nous étions dans les derniers à recevoir nos valises à l’aéroport, mais au moins, ça m’a laissé le temps de changer un peu d’argent à cet endroit qui était à meilleur tarif qu’�� l’hôtel de 1.22$ à l’aéroport à 1.26$ à l’hôtel. Le temps que nous attendions pour passer les douanes, les chiens qui surveillent les drogues sniffaient le sac à dos à mon copain qui contient ses harmonicas et son appareil photo et ses objectifs. Il a eu la frousse d’être fouillé ou avoir des problèmes avec les douaniers, car voyez-vous, c’est l’endroit d’où notre gros chat aime bien faire ses griffes (qui n’en possèdent pas) pour faire ses traces. Tout le monde nous regardait se posant des questions… on n’aimait pas trop ça de voir les chiens autour de nous… hi hi hi !

Nous arrivons à la réception vers midi et les gens reçoivent leur chambre et quand arrive notre tour, on nous mentionne que notre chambre n’est pas prête avant 15h00 !! Je suis complètement crevée et déçue… mais bon je reprends sur moi et j’essaie de garder quand même le sourire et nous nous disons que ce n’est pas grave. Les employés nous offre une petite salle pour nous changer, car il fait chaud avec nos pantalons et nos chaussons mettons ! On se change donc et on décide d’aller manger au resto de la piscine (pizza, hamburger et autres… très bon en plus) et ensuite on se retrouve au Lobby Bar avec nos valises en attendant que notre chambre soit prête. C’est à cet endroit que nous avons fait la connaissance de Noël et Osmani… de joyeux lurons je vous dirais ! On prend donc un petit Mojitos pour fêter notre arrivée ENFIN ! Un… deux… trois mojitos à cet endroit et ils font effets mettons après 48 heures dans mon cas à moi qui n’avait pas dormi. Il est 14h30 et on décide d’aller voir si notre chambre est finalement prête… sait-on jamais ? YOUPPI !!!!!! Elle est prête et nous avons été TRÈS surpris, car on était placé du même côté et environ au même endroit que notre chambre au Sol à Cayo Guillermo… une petite marche à tous les matins qui fait notre bonheur !!!!! On arrive dans celle-ci et WOW… magnifique et en plus avec une vue sur les couchers du soleil. On voit un peu l’océan, car c’est rocailleux. Un TRÈS grand lit king… SUPER !!!! Une jolie salle de bain avec douche et bain, bidet et toilette. Je trouvais ma salle de bain du Sol Cayo Guillermo plus exotique même s’il n’y avait pas de bain, tandis que là, si… mais c’était propre et tout était parfait. Certaines personnes se plaignaient de leur chambre avec de la moisissure et les portes qui ne ferment pas bien, causé par l’ouragan Wilma…. Alors que nous, tout était parfait, je pense que ça valait la peine d’attendre pour notre part. Nous n’avions rien à dire sur notre chambre et encore une fois… le coffre-fort était gratuit. Nous avions une planche à repasser, séchoir à cheveux, télé, cadran, frigo et bouteille tous les jours et produits pour la douche.

On met les costumes de bain et on fait un petit tour d’horizon avant notre séance d’informations à 16h00, d’où nous cognons des clous moi et mon copain et ainsi que plusieurs personnes dans le même cas que nous… et HOP à la plage ensuite…. Oups !!!!!!!… déception… pas de plage presque et quasiment nul à d’autres endroits et de belles grosses vagues. Tout juste si nous avions de place pour mettre des chaises longues à des endroits très précis. Nous ne pouvions pas marcher sur celle-ci car les vagues nous poussaient sur les rochers… presque dangereux même. Mais on décide quand même de goûté à cette eau salée et se faire brasser par les vagues et c’est le cas de dire brasser ici… hi hi hi !

On remonte donc et on décide d’aller visiter un peu le site et on prend nos serviettes offertes gratuitement et on termine la journée au Lobby Bar et on se sent accueillis par nos p’tits barmans adorés avec qui nous avions fait connaissance le midi. On prend ensuite le chemin du retour vers notre chambre pour la douche et aller souper au buffet. On fait connaissance pour la première fois avec les musiciens, d’où mon copain adore leur musique dès le premier instant, moi aussi d’ailleurs. La bouffe est excellente, je vous assure, on y mange super bien… en tout cas, je dois dire que nous ne sommes pas difficiles, mais nous avons un chef de nationalité française sur le site qui voit à tout… alors on mange effectivement très bien.

On retrouve sur le site, 2 restaurants à la carte et 1 restaurant buffet et 1 restaurant au même niveau que le bar de la piscine. Je conseille fortement les 2 restos à la carte. Le buffet est très bien et on peut manger de la pizza, hamburger, frites, poissons et autres à celui de la piscine. Si vous voulez manger du très bons poissons, faut essayer à la carte lors du midi au resto de la plage. On a manger beaucoup de poissons, car il était excellent, même de l’espadon à mon grand étonnement le soir lors d’un souper à la carte. Que dire des pâtes servies au buffet, elles sont excellentes et préparées selon votre goût. Un des restaurants, celui au côté du buffet, le Las Trinas sert du canard, du bœuf, du poulet, du porc ou du poisson, mais un peu raide comme cuisson le bœuf et le canard. Mais c’était réellement très bon. Je vous propose d’essayer leur entrée de saumon fumé et mariné… EXCELLENT !

Nous avons pris la navette qui nous mène aux autres plages, celle-ci étant gratuite à cause du dommage aux plages des hôtels. La plage était magnifique et nous avons pris un pédalo pour se rendre un peu plus loin au large, d’où nous avons attaché celui-ci après un poteau et d’où on a pu faire de l’apnée tout autour. Il n’y avait pas beaucoup de poissons, mais nous en avons quand même vu quelques-uns uns. Nous sommes allés prendre une bière cubaine au bar de la plage et elle n’en coûtait que 1.50 cuc ! On a parlé avec le barman encore une fois, des gens très sympathiques. Nous sommes retournés à la plage le lendemain, mais en scooters cet fois-ci. Mais avant, nous sommes allés voir le Barcelo, qui se remettait tout doucement de l’ouragan Wilma. Les plages étaient encore plus endommagées que celle du Sol à vrai dire. Je pense que Wilma a passé assez fortement à cet endroit, après avoir vu les dégâts, tel que les escaliers de béton complètement arraché. Le sable était rempli de coquillages cassés. On voyait les gens nettoyer les plages, d’où plusieurs sacs de vidanges ici et là. Nous sommes revenus pour le dîner à notre hôtel. On peut se faire préparer des lunchs pour aller passer la journée aux autres plages. On doit le mentionner la veille et ils nous préparent le petit pique-nique, mais nous en n’avions pas besoin, vu que nous retournions à notre hôtel à la place. Je dois dire que nous avions bien aimé les vagues à notre hôtel. La deuxième randonnée en scooter, nous sommes allés vers le village pour voir les tortues. Ça en vaut réellement la peine et le village commençait à reprendre vie. Nous avons visité la marina et un petit tour de ville, car la banque et la seule boutique, n’étaient pas encore ouvertes au début de la semaine, ils ont ouvert le jeudi, le jour que nous avions décidé de relouer les scooters.

On peut également louer des petites Jeeps à 22 cuc pour 1 heure. La location des scooters était de 8$cuc pour 1 heure et 11$cuc pour 2 heures et 15$cuc pour 3 heures... Il y avait un petit bar sur le bord de la route et d’où nous avons fait un arrêt et le barman était super content d’avoir enfin des clients et nous lui avons payés une bière en demandant de s’asseoir avec nous. Nous avons même dansés au son de sa musique… un vrai beau souvenir. Un joli souvenir pour notre part !

La discothèque La Marimba est ouverte de 23h30 à 2h00, elle ouvre immédiatement après le spectacle de soirée. L’animation sur le site le jour est plutôt tranquille, mais il est possible quand même de se faire du plaisir. Mais les gens se promènent entre la plage, la piscine ou encore vers les autres plages. Le site étant assez grand, personne ne se marche sur les pieds. Nous sommes allés à la discothèque les 3 derniers jours, d’où nous avons dansé sur les airs de la Salsa et Merengue et ainsi que sur de la musique populaire. Mais je trouve que la musique est répétitive rapidement.

Le Lobby Bar est ouvert 24 heures, alors si vous trouvez qu’à 2h00 du matin, vous n’avez pas encore sommeil… vous pouvez vous rendre à cet endroit ! Nous !…. Nous préférions aller faire dodo à la fermeture !

Nous avons beaucoup discuté avec les Cubains qui travaillent à cet endroit en demandant de quelle région ils venaient... il y en a de partout ! C’est fou les distances qu’ils peuvent faire pour venir prendre l’avion pour se rendre à Cayo Largo. Ils travaillent 20 jours en ligne pour 10 jours de congé par la suite.

On peut prendre le taxi ou la navette ou les scooters ou encore louer une Jeep pour se rendre aux 2 autres plages de l’île et qui vaut réellement la peine d’être vu. Je vous conseille, si vous le pouvez, de vous emporter de petites planches de surfs pour la plage du Sol Cayo Largo, car on peut s’en donner à cœur joie dans les vagues de celle-ci.

Chaque matin, nous allions prendre notre petit capucino au Lobby Bar et par la suite, nous partions déjeuner au buffet. Je vous conseille l’omelette, elle était très bonne, mieux que seulement les œufs, car ils n'étaient pas assez cuits. Il y a des croissants et franchement, ils sont très bons aussi, accompagnés de petites confitures de toutes sortes, genre mangue, papaye, fraise, orange, chocolat, caramel et bien d’autres, plusieurs choix. Leurs fromages aussi sont très biens. Il manquait par contre de fruits, on retrouvait que de la papaye, oranges, pamplemousses, melon vert frais et poires et pêches en conserve. Aucun ananas et aucune bananes. Malheureusement, à notre départ, les bananes et les ananas commençaient à faire leur apparition… zut !

Plus les jours avançaient et plus la plage reprenait sa place, sauf qu’il n’y a réellement pas beaucoup de palapas, emportez-vous un parasol si vous ne voulez pas être au soleil brûlant. Pour notre part, nous passions l’avant-midi à la plage et une partie de l’après-midi et pour finir notre journée à la piscine ou aussi au bar de la piscine. Mon copain adore les bars dans la piscine, et à son grand bonheur, il en avait un à cet endroit.

Je me suis payé un massage et il en vaut réellement la peine. On sent le vent venir nous caresser en même temps, vu qu’il est situé entre les deux piscines en hauteur. FORMIDABLE comme impression en tout cas.

Le retour avec Air Transat c’est très bien passé et nous sommes même partis 10 ou 15 minutes avant notre temps. Par contre, le dîner sur ce vol là était dégueux… réellement dégueux ! Un sandwich très sec et avec un genre smooked-meat raide comme tout et plein de nerfs… YIRK !

Nous aimerions y retourner avec notre fille et surtout que nous nous sommes fait des ami(e)s là bas et qui espèrent nous revoir, ce que nous souhaitons également.

Un très beau voyage en perspective ! Car n’ayant pas connu la plage avant, ceci nous a moins affecté que ceux ou celles qui l’avaient connus auparavant et qui furent beaucoup déçus.

PirateRousse

P.S. Si vous avez peur de l’eau, les vagues sont quand même assez grosses et c’est rare que cette plage est calme. Il peut arriver lors d’un de vos séjours, que l’eau soit calme et paisible, mais selon plusieurs commentaires là bas des habitués, il y a souvent des vagues et je vous avouerais que nous avons beaucoup aimé, et la prochaine fois, on fait une place dans nos valises pour nos planches de surfs. Car pour l’apnée, faut aller aux autres plages.
Practical aspects spring 2026: border to Murmansk, to Pskov, SIM cards, internet.
by Esantirulo · 2026-03-28 · 84 replies
I took a few days to get some fresh air outside the Schengen-NATO prison. Between March 18, 2026, and March 25, 2026, as shown by the passport stamps:



Borisoglebsk is the Russian border checkpoint after Kirkenes, on the road to Murmansk.

Kirkenes is a tiny town with a correspondingly small airport. Nothing has changed there: the minibuses to Murmansk wait on the right as you exit the airport. They’re synchronized with the two daily flights from Oslo—the SAS around 11:00 AM and Norwegian around 11:30 AM. They stop in Kirkenes at the corner of the Scandic for an hour, where other passengers can board, then head straight to the nearby border.

This is the least hassle Frontex/Schengen border. The Norwegian agent quickly scans your passport, and that’s it. No customs, since Norway is Schengen but not in the EU. On the Russian side, there’s a passport check and a quick customs inspection. All in all, crossing both the Norwegian and Russian checkpoints takes about 15 minutes.

A paper visa is required; e-visas aren’t accepted.

Two companies run the route: Avto Ekspress and Borodin:
https://ae51.ru/routes/kirkenes-murmansk/ https://borodinbus.com/

The one-way fare is 5,500 ₽. You can either buy it online in rubles with a MIR card or make a formal reservation and pay in NOK cash to the driver. I took Borodin, and the price in NOK was much more expensive than in ₽.

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On March 25, I left from Pskov via the Estonian border post at Luhaama. I spent three days in Murmansk, flew to St. Petersburg (SPB), stayed there for two days, then took an evening train to Pskov.

Since the end of February—and reportedly until the end of May—the Estonians have restricted the opening hours of the two border crossings near Pskov: Koidula (Pechory on the Russian side) and Luhaama (Izborsk on the Russian side). They’re closed at night between 7:00 PM and 7:00 AM. Right now, there’s a bus from Pskov at 7:00 AM to the border. It drops you off at the end of the road where truckers—many Kazakh and Serbian—are parked on the side. You finish the rest on foot to the barrier, where there’s a quick initial check for Ukrainian stamps in passports. Then you walk to the customs building, followed by passport control at the kiosk for motorists. After that, it’s a 500-meter walk to the Estonian checkpoint. At the moment, things seem calmer. Passport control is quick. The usual silly questions in English: "Where were you? Where are you going?" I just gave my most clueless smile: "Sorry, I don’t understand." Yeah, right—I don’t speak English, especially not at an Estonian border with a French passport. If they’re in a mood, though... A very quick bag inspection. Once you exit the Estonian post, walk to the bus stop sign by the road where another coach takes you to Riga.

The catch: in my case, last Wednesday, there were two passengers (Russians) with old Ukrainian stamps in their passports. The bus from the Estonian post to Riga was supposed to leave around 9:30 AM. We ended up leaving around noon after the two were grilled by the FSB. Since it was a weekday outside of holidays, the bus was half-empty. The fuller the bus and the more people with Ukrainian stamps, the worse the nightmare. Don’t book a same-day flight from Riga. I had a flight at 6:00 PM, so it worked out.

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The Kirkenes-Murmansk route is still clearly the easiest and fastest. But it’s not the most convenient since it’s way up north.

Next, I’d say the Gdansk-Kaliningrad route in the middle of the week. Avoid weekends and holiday departures/returns.

Avoid the Narva-Ivangorod route during Christmas, Easter, May 9, and *all* summer.

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About flights from Murmansk to St. Petersburg: prices are good. I bought my ticket the day before departure on Rossiya for 7,500 ₽, including 10 kg of luggage + a handbag.



It’s the tail end of the northern lights season, and there were still crowds of Chinese tourists.



By the way, Murmansk is twinned with Harbin:



Chinese tourists are the largest foreign group, followed by Indians, then a mix of others from the Far East, Turks, Arabs, etc. Brochures are bilingual—Russian and Chinese:



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But let’s talk practical stuff. --

My domestic SIM card was restricted for SMS and internet for 24 hours. After that, if you want to keep using SMS, don’t turn off your phone—restarting triggers another 24-hour purgatory.

My Russian SIM cards (Megafon, MTS, Beeline) were activated as soon as I logged into their respective apps with my credentials.

Internet --

Telegram is heavily slowed down by authorities. To use it, you need to connect through proxy servers, which you load into the latest version of the app. Traffic is then rerouted internally within Telegram to servers outside Russia (Germany, Poland, Sweden, etc.). You can find these proxies on various channels. One is ChatVPN—check their website too.

For general internet use, like browsing the web, VPNs that work right now use the VLESS protocol. You can find several on Telegram by searching "VPN." A few free days, then payment in rubles or crypto.

Rozkomnadzor’s team are experts at this, so things can change. It’s a constant cat-and-mouse game.

Pskov is a special case. The city is near Estonia and has a large military base. Depending on NATO drone swarms launched from the Baltics, Wi-Fi can be completely suspended except for the most essential mobile apps. The drone swarms use the 4G network, and the powerful electronic jamming and drone suppression systems cause periods without Wi-Fi—including in hotels. Wired connections aren’t affected.
Avez-vous déjà été déçu d'un voyage? English translation pending
by Ms64 · 2015-05-16 · 444 replies
Bonjour,

J'aimerais savoir si vous avez déjà été déçu(e) d'un voyage, par rapport à ce que vous en attiendiez, ce que vous aviez lu ou de ce qu'on vous avait dit avant de partir ?

Je veux parler uniquement de la destination et non pas déçu parce qu'il a plu, parce qu'on a volé vos papiers, parce que vous avez malade... ou autre question "pratique".
Avion Vientiane - Phongsaly English translation pending
by Djalma · 2013-02-08 · 20 replies
Bonjour,

Je compte me rendre au Laos prochainement. J'aimerais surtout aller dans la province de Phongsaly ayant l'intention de faire un trek dans ce secteur.. J'ai lu quelque part qu'il existe maintenant un aérodrome proche de Phongsally avec des vols en provenance de Vientiane. Est ce que quelqu'un peut me le confirmer , quel est la fréquence des vols? le tarif approximatif? Une autre question: cela concerne le train de nuit Bangkok Vientiane.. peut on le prendre sans avoir au préalable le visa Laotien? Où se passe la délivrance du visa? ça se fait rapidement?est ce que les Euros sont acceptés? D'une manière générale dans les villes où l'on peut faire du change est ce que les euros sont acceptés ou faut-il impérativement venir avec des dollars?
Avoir ma plantation en Thaïlande English translation pending
by Rootsfaya · 2012-08-11 · 184 replies
bonjour, Depuis sept ans que je voyage entre la Thailande et la France, j'ai décidé de m'installer dans le village de ma femme dans la province de Korat.nous avons fait construire une maison, et nous avons une parcelle de terrain de 2rai ou j'aimerai y faire une plantation à rendement rapide et rentable.si quelqu'un avez une idée à me proposer, ce serait trés sympas? au début j'avai pensé à la culture de l'hévéa, mais aprés reflexion j'ai abandonné cette idée.savez-vous si il est possible de cultiver le kiwi en Thailande?
Votre pays, ville préféré(e), et pourquoi? English translation pending
by Malaurie · 2012-06-24 · 132 replies
Un endroit vous attire de façon irrépressible...pouvez-vous décrire pourquoi ?
Jeu des photos n°61 English translation pending
by Davek · 2011-05-20 · 543 replies
Une fleur, trouvez son origine.......
Voyage, beauté, diversité, culture... English translation pending
by Brunobé · 2011-01-22 · 43 replies
Bonjour, je vous propose un autre titre - comme je le vois sur les derniers sujets posté traitant plus de sécurité que de romance (et je ne parle pas d'Afrique de l'Ouest là) - intitulé voyage partage.

Le voyage est l'occasion de découvrir une nouvelle façon de vivre, de cuisiner, de réfléchir et de penser. En se projetant chez les autres, cela nous amène à réfléchir sur notre manière à nous de vivre en société. Mais pourquoi eux roule à gauche ? c'est bizarre nous on roule à droite ? Pourquoi ces hommes, en entrant dans leurs édifices religieux enlèvent leurs chaussures et gardent leurs chapeaux, alors que cela gardent leurs chaussures et enlèvent leurs chapeaux ? Pourquoi en France les gens râlent, et pleurent quand un train à deux minutes de retard, alors que la bas, le bus part avec 4 ou 5 heures de retard, et parfois ne part pas. Le voyage permet à ceux qui le souhaitent de comprendre, d'avoir du recul sur notre propre manière de vivre en regardant comment nos altèrent vivent la-bas. Notre pensée n'est pas unique, notre culture encore moins. Les logiques sont plurielles, les lois le sont aussi, la beauté, l'humour est plurielle. Pourtant l'homme représente un universalisme, une unicité. Oui madame jaune et monsieur noir peuvent avoir des enfants ensemble, c'est une preuve biologique incontestable.

Le Mali est magnifique, ce pays respire autrement, sent différemment et c'est justement ça qui est beau. Cela doit être la même chose pour tous les pays qui composent notre planète. Nous avons "encore" la chance de voyager, et d'apprendre des choses de nos frères. Nous pouvons transmettre nos connaissances, pourquoi ne pas cuisiner une choucroute à djibasso ? et pourquoi ne pas préparer du tô à strasbourg ? Le voyage c'est le rêve, c'est l'apprentissage de la vie, c'est la culture, c'est ma culture et c'est ta culture.

J'écris ce poste comme ça, pour vous donner mon point de vue sur le voyage. Pas ma manière de voyager mais ce que j'en pense. Quand je rentre d'un voyage j'aime raconter et transmettre ce que j'ai eu la chance d'apprendre, pour donner envie aux "non voyageurs" de bouger de leur village - au moins une fois dans leur vie - et d'apprendre quelque chose de différents, pour avoir une vision un peu plus large de ce qui peut exister chez nous.

La culture électro-standardisée occidentale n'est pas unique, pour le comprendre et mieux la comprendre, la meilleure manière est de voyager en ayant envie d'apprendre et d'échanger.

Pour conclure, je pense que la mentalité impulsée ces dernières années par les assurances, les médias, la politique, le buziness ont fait de nous des hommes méfiants et peureux. En effet assurance voiture, assurance vie et même assurance pour des écran plats!!!!!!!!!! - jusqu'où ira t'on ? assurer les chaussettes de son chat ? - ajouté à l'accumulation et la propriété font de nous des hommes prisonnier de la société capitaliste. Ce qui me désole c'est la manière de nos gouverneurs d'appliquer ces règles dans des sociétés à qui cette manière de fonctionner ne correspond pas. Ceci ne datant malheureusement pas d'hier.
Randonnée en solitaire sur le chemin de Stevenson en avril 2010 English translation pending
by Maisange · 2010-02-25 · 8 replies
Je souhaite randonner en solitaire sur le chemin de Stevenson la deuxième quinzaine d'Avril 2010. J'ai parcouru beaucoup de discussions et je n'ai pas lu de témoignages sur des marcheurs qui auraient effectués cette randonnée à cette époque-là de l'année. Je vais le démarrer "à l'envers" en partant de St Jean du Gard et le remonter pour moitié pour une première fois (environ du 15 au 21 avril). De cette façon-là, j'ose espérer avoir un temps plus clément et plus avancé dans le Printemps en démarrant par le Sud. Est-ce un bon choix ? ou est-ce trop tôt dans l'année ?

je suis preneuse de tous vos conseils éclairés.

Merci pour vos témoignages.

Anne Marie
Randonnées essentielles pour un voyage routard en Inde? English translation pending
by Radjiv · 2010-02-25 · 18 replies
Hello, Je fais appel aux experts de la randonnée et des voyageurs mode globetrotters. Pouvez-vous m'aider à faire ma valise pour mon tout premier voyage en terre inconnue... à savoir le nord de l'Inde.

Quelles sont les objets utiles à avoir sur soi pour faire une excursion en inde ? On commence la liste à partir du début svp!

Merci beaucoup pour votre aide.

😄 Radjiv
Immigration à l'aéroport de Bangkok hier soir 5 mai 2009 English translation pending
by Jeansellier · 2009-05-06 · 19 replies
Arrivee de saigon hier soir 21 h Les autorites thais n ont pas autorise les passagers continuant sur Paris a debarquer . Un papier a remplir est remis et concerne votre lieu de sejour les 15 jours precedents et les symptomes de maladie eventuels . Ce papier est remis avant de passer l immigration. C est tout .

Hier soir absolument aucune queue a l immigration, plus de fonctionnaires en place que de passagers se presentant . La fille qui m a tamponne le passeport etait toute contente de voir un farang . Premier fois que je vois telle situation a bangkok .

Au niveau de la salle des 23 tapis a bagages quasiment aucune activite.

Taxi public aeroport Suvarnabhumi -Sukhumvit (Asoke/Nana) en empruntant highway et peages cout total demande par le chauffeur = 330 baths

Ballade Shopping a MBK et Central Chitlom : tout est bien calme
Jeu des photos 2009 (01) English translation pending
by Kelessuf · 2009-01-01 · 497 replies
Bon, comme personne ne prend la responsabilité de relancer le jeu et de mettre la première photo de l'année...

"Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux" (pas sur nos plaines, non)

Où est-ce ?
Voyage en Sicile et Italie en camping-car English translation pending
by Elo13 · 2006-11-07 · 1 reply
Vendredi 28 juillet, Après une escale technique, nous quittons le littoral pour le centre. Direction Ispica pour la visite de son site archéologique « Cava d’Ispica ». Nous avons visité grossièrement le site car le soleil tapait fort. Ce site est une longue entaille de 13 km de long sur un plateau calcaire. On peut y voir des grottes d’habitations (troglodytes), des catacombes chrétiennes notamment « Larderia ». Nous avons mangé sur le parking du site. Puis nous avons repris la route en direction de. Caltanisseta. Dans cette ville se situe le célèbre escalier de la région, appelé : La Scalazza de Maria del Monte Un escalier c’est banal ! Celui-ci non ! Il compte 142 marches en pierre volcanique et chaque contremarche est décorée de carreaux de majolique peints à la main, tous différents, soit 142 motifs. En haut des escaliers, se trouve l’église del Gesù, avec son sobre portail de 1422 et son intérieur richement décoré de marqueterie de marbre. En descendant, de chaque côté, on peut admirer les boutiques de céramique ainsi que les balcons anciens. Nous sommes rentrés au camping-car qui était garé sur une petite place. Nous avons roulé en direction de Piazza Armerina plus précisément à la Villa Romana di Casale où nous allons passer la nuit sur le parking de ce site archéologique.

Samedi 29 juillet 2006, Ce matin, nous retournons sur le littoral pour une bonne partie de la semaine. Mais avant, direction Enna, plus particulièrement, son château. Nous nous sommes garés au pied du château et nous sommes allés voir le belvédère. Puis nous sommes grimpés au sommet de la tour. De là haut, nous avons une admirable vue sur les collines couvertes de champs de blé. Nous avons repris la route en direction d’Agrigente. Dans cette région se trouve la vallée des temples. Nous avons mangé sur un parking et pris des photos du Tempio della Concordia, le plus conservé de la vallée. Puis nous sommes repartis en direction d’Ericlea Minoa où nous avons passé la nuit sur le parking du site archéologique. Il est situé en haut d’une falaise et nous voyons la côte et ses plages de sable fin. Nous avons décidé de voir de plus près la plage pour aller nous baigner mais c’était plutôt un enfer. Le parking annoncé était des places le long des maisons dans une rue à sens unique où les voitures avaient du mal à passer. Nous avons renoncé et décidé d’aller nous baigner le lendemain. Dimanche 30 juillet 2006, Comme prévu, direction Seccagrande où une plage de galet nous attendait. Les camping-cars sont stationnés sur les galets a une dizaine de mètres de l’eau. Mais un vent formant de grosses vagues nous ont empêchés d’en profiter … dommage. Nous repartons donc en direction de Marsala. Nous trouvons sur la corniche de cette ville un parking au bord de l’eau où nous allons casser la croûte. Puis c’est direction Mazzuro, plus précisément « Lido Marausa ». Là encore au une aire au bord de la mer. Après avoir tourné pendant un bon moment, nous avons demandé à des gens sur la route. Comme nous ne parlons pas italien, ils ont eut la gentillesse de nous y amener. Nous avons roulé à travers champs et vignes jusqu'à l’aire qui était en fait, un camping à la ferme. Nous avons profité pour faire une escale technique, la lessive et douches à volonté pour tout le monde, même pour les chiens …

Lundi 31 juillet 2006, Après une nuit sous les pins, petit déjeuné en « famille ». Puis c’est le départ pour Trapani, Erice et enfin San Vito lo Capo. Trapani et ses environs sont connus pour les ports de pêches mais aussi pour les marais salins Ettore et Infersa. Au milieu des marais se trouve un moulin de type hollandais qui a été entièrement restauré par les propriétaires des salins et le font fonctionner (s’il y a du vent). Des ailes sont orientables. Ce moulin est utilisé pour le broyage du sel mais aussi le pompage de l’eau. Nous continuons notre route a travers les salins et arrivons à Erice. Enfin, nous apercevons la pointe du cap et son phare. San Vito lo Capo est un port de pêche et une station balnéaire touristique. Les plages de sables blancs sont l’une des plus belles de l’île. Sur cette pointe, la réserve naturelle du Zingaro offre une vue et un cadre de rêve. Une portion du territoire montagneux tombe à pic dans une mer turquoise. C’est vers 13h que nous trouvons arrêtés au bord de la plage des camping-cars. Nous décidons de les rejoindre. Après une petite baignade, c’est le repas et une petite glace portée a domicile par un marchand ambulant venant jusque sur le parking. Puis la chaleur impose une petite sieste suivis d’une baignade. De retour, nous avons pu admirer le coucher de soleil sur la mer … l’endroit idéal à un détail près… la police est venue nous demander de plier les tables, chaises, et stores mais cela nous a pas empêché de manger dehors.

Mardi 1er août 2006, Apres un petit déjeuné au bord de mer, départ en direction de Castellammarre en suivant la côte. Mais nous allons très vite nous apercevoir que la côte entre Trapani et Palerme n’est pas aménagée pour nous. Sur tous les parkings, une barre à 2 mètres, des panneaux interdit aux camping-cars … finalement, à force de rouler, nous nous sommes arrêtés sur le parking de la plage de Castellammarre pour manger malgré l’interdiction. Nous avons repris la route en direction du Temple de Ségeste, fondée par le peuple des Élymes. Après l’avoir photographié, nous sommes partis en direction de Palerme en ayant espoir de trouver un coin en bord de mer. Finalement, nous sommes arrivés à Palerme, ce qui était prévu pour les jours suivants ... Temps pis, on se lance dans le périphérique de la ville. Les voitures qui roulent n’importe où, les scooters qui doublent à droite et à gauche, la circulation sur la bande d’arrêt d’urgence … etc. nous avons demandé à plusieurs reprises le chemin de la Cathédrale. Mais pourquoi la cathédrale ? Eh bien parce que notre parking se situe à 800 mètres d’elle ! Pas mal non ? Qui trouverait ça à Paris ou à Marseille ? Finalement nous nous sommes bien débrouillés. Arrivé au portail du parking, c’est une baisse de moral … nous étions encerclés d’immeubles à moitié délabrés et en bazar, sur un parking en goudron, parqués comme des sardines. Ca change du bord de mer du matin … mais bon on ne peut pas tout avoir : la proximité et le paysage. Apres un bon repas, nous sommes allés nous coucher car demain nous visitons Palerme.

Mercredi 2 août 2006,

Départ du parking vers 10 heures, après un bon petit déjeuné. 10 minutes de marche pour arriver au cœur de la ville représentée par la nouvelle porte en forme d’arc. Puis c’est le début de la visite : Le palais Normand : Les Palais des Normands, siège de l'Assemblée régionale sicilienne. Dans le salon d'Hercule, fresques de Giuseppe VELASCO 1799 (Scènes des travaux d'Hercule). Salle de Roger avec les mosaïques remarquables. La Cathédrale : chef d’œuvre d'architecture, sur l'emplacement d'une église byzantine transformée en mosquée par les Arabes, un ministre de Guillaume II la fit construire en 1184-1185. Sarcophages de Frederic II, Roger II et Constance de Hauteville, Chapelle de Sainte Rosalie, Trésor du dôme. Le quattro Canti : Les "quattro canti", idéalement situé dans la vieille ville c'est le croisement de la via Maqueda et la via Vittorio Emmanuele. Les statues sur chacun des quatre coins représentent des souverains d'Espagne, des saisons, des saintes protectrices de la ville. Le marché Vucciria : entre la Via Roma et le port, un lieu haut en couleur où on rencontre de vrais siciliens. Puis nous avons fait la pause déjeunée dans l’ancien théâtre transformé. Puis c’est le départ et nous rentrons mais avant petite visite de La piazza Pretoria : située à côté des "quattro canti" et en face de l’hôtel de ville, est une fontaine monumentale récemment restaurée, oeuvre du 16ème siècle, initialement commandée par un noble florentin pour sa villa, elle fut acquise par le sénat de Palerme et transportait en 1575. Ces magnifiques statues représentent des divinités marines et animales. Appelée aussi Fontana delle Vergogne (Fontaine de la honte) à cause de la nudité des sculptures.Nous sommes remontés sous la chaleur tapante, l’estomac bien plein mais on ne savait pas ce qui nous attendait … dans les camions, près de 40°C et dehors presque pareil. Une seule solution : ventilateurs, et hydratation. Heureusement cela n’a pas duré longtemps. Vers 17 heures, il a fait moins chaud et on a pu sortir et manger dehors.

Jeudi 3 août 2006,

Après une escale technique, c’est le départ pour Monreale, et sa basilique. Une fois de plus, l’accès est inadapté aux véhicules encombrants. Marche arrière et demi-tours s’imposent. Il est préférable de prendre le bus au départ de Palerme pour s’y rendre. Nous repartons en direction de Cefalù par le littoral. Nous avons roulé jusqu'à 14h30 en ayant enfin trouvé un parking qui nous est accessible. Nous avons mangé et sommes repartis. Vers 18 heures, nous avons fini par trouver un terrain dans un port à San Giorgio, pas loin du Cap d’Orlando. Dans ce port était aménagé une petite plage de galet ainsi que des douches. Le seul bémol c’est qu’il n’y a rien pour vidanger les WC chimiques. Pour le reste il y a tout ce qu’il faut. C’est d’ailleurs là que nous allons passer 3 jours tranquilles. En plus au loin, nous avons une vue superbe sur les îles éoliennes. Une fois installée, nous sommes allés faire trempette. Puis, après manger nous sommes allés balader en ville sur la « passagiatta ».

Du vendredi 4 août au dimanche 6 août 2006,

San Giorgio Durant ces 3 jours, le programme a été le suivant : Baignade ; Petit Déjeuné ; Promenade ; Repas ; Sieste ; Baignade ; Repas ; Balade. Ce n'est pas le bonheur ça ??? Malheureusement la météo se gâchait tous les soirs, on a même eut un orage et du vent pendant une nuit. Mais la journée, il faisait beau, l’idéal.

Lundi 7 août 2006

Ce matin, après avoir passé 3 jours sans rouler, il a fallut mettre de l’ordre dans le camion. Ménage, lessive, rangement est au programme pour les femmes et « épisode technique » pour les hommes. Après le repas, départ en direction de la « Punta Faro », la pointe au-dessus de Messine. C’est un "endroit" le plus petit entre la Sicile et l’Italie. On peut presque y aller à la nage ! Mais comme d’habitude, impossible de s’arrêter. Nous avons fait demi-tour et trouver une seule solution : embarquer et dormir en Italie. Nous nous sommes donc présenté à l’embarcadère et avons embarqué à 17 heures et un quart d’heure plus tard, nous étions sur le territoire italien. Nous avons pris l’autoroute en direction de Salerne. Un peu plus loin, une fois sorties de la ville, nous avons fait le point et avons décidé de nous arrêter en bord de plage dans la région de Pizzo. En passant sur la route, nous avons aperçu une plage avec des camping-cars garés. Nous avons cherché à les rejoindre. Une fois en bas, c’était le top. Garés presque sur le sable en camping-car, personne ne voit cela chez nous ! Et en plus, nous avons pu admirer le coucher de soleil sur la mer et manger dans le sable … au loin, sur la ligne d’horizon on a pu distinguer une montagne, certainement, le volcan « Stromboli » sur son île mais se n’est qu’une supposition …

Mardi 8 août 2006, Après avoir passé la première nuit en Italie, c’est le départ en direction du nord. Petit arrêt sur la route pour faire le plein de fruits et légumes. Puis nous repartons en longeant le littoral. Petit arrêt repas en bord de plage pour le repas mais avant petit bain d’eau salée sur la plage de Fuscaldo. Deux heures plus tard, c’est le départ en direction de Sapri. Après avoir roulé en bord de mer, en montagne, en ville, sans trouver de coin sympa, nous avons atterrit comme de par hasard en sortant de la ville d’Ascea Marina sur une aire de camping-car. Le seul hic d’est qu’il y avait une petite fête foraine en face mais cela ne nous a pas gênés. Apres un bon repas, nous sommes allés balader sur la plage.

Mercredi 9 août 2006,

Ce matin, c’est le départ pour Pompéi. Départ vers 11 heures en direction de Salerne. Nous avons longé la cote sous la pluie et le mauvais temps jusqu'à Cappaccio. Nous avons pris l’autoroute puisque le littoral sous la pluie c’est pas l’idéal. Donc direction Naples. Jusque là, tout va bien. Nous avons repris la route nationale. Vers 13h, c’est la pause déjeuner sur le parking du site archéologique de « Paestum ». Parking gazonné situé à 500 mètres du site qui nous a permis d’aller photographier le temple en laissant le camping-car en sécurité. Puis c’est le départ et là commence le périple inoubliable … Vésuve en vue dès 15 heures. Nous l’avons aperçu et sommes sortis de l’autoroute. Un panneau marron nous a guidé mais cela a été le seul. Au bout de plusieurs demi-tours, quelques arrêts inattendus et changement de direction de dernières minutes nous avons vu un panneau qui annonçait « Vesuvio ». Nous l’avons suivi. Mais les panneaux étant rares, comme partout ailleurs, nous nous sommes perdus. Nous avons demandé notre chemin à la police municipale qui nous a gentiment remis sur le droit chemin. Elle nous a ensuite donné des explications pour la suite. Nous voilà donc tout seul face à la ville. Mais nous avons mal compris les explications données à moitié en français et en italien. Nous nous sommes retrouvés dans le quartier chinois ou japonais, ils ne parlaient même pas italien ! Nous étions donc bien pommés … nous avons fini par trouver une station service… c’est pas fini … nous avons demandé au propriétaire et aux gendarmes qui s’y trouvaient notre chemin. Nous avons repris le volant en suivant leurs indications. Cela ne faisait pas 5 minutes que nous roulions qu’une voiture nous a doublé à toute blinde. On allait les insulter mais … c’était les gendarmes qui nous faisaient signe de les suivre. Nous avons traversé toute la ville en les suivants. Chaque fois, ils se mettaient sur le coté pour nous attendre et nous faisaient signe à chaque changement de direction. Apres avoir roulé pendant 20 minutes au moins, nous sommes arrivés sur la place de l’église de la nouvelle ville. Nous avions enfin le site devant nos yeux ! Mais c’est pas fini ! Les gendarmes nous ont escortés jusque dans l’aire de camping-cars !!! Nous sommes rentrés et ils nous suivaient et on les a tout de même remerciés en leur offrant du vin français et ils étaient et super contents, nous aussi car sans eux, nous y serions toujours ! Une fois installée sur l’aire de Pligno, où les gérants parlent français, nous avons pu nous remettre de nos émotions et manger un morceau parce qu’il n'était pas loin de 20 heures. Près de 5 heures pour trouver le site, on a fait fort quand même ! Mais ce n'est rien le pire reste à venir pour demain. Après manger, nous sommes allées balader autour de l’église et nous sommes rentrés en vitesse car il commençait à pleuvoir.

Jeudi 10 août 2006,

Aujourd’hui, levé 7 heures, départ 8 heures 30 du parking mais … à pied. Nous allons visiter Pompéi. Le plan dans une main, les explications dans l’autre, c’est parti pour une matinée de visite. Premier lieu visité le petit théâtre suivi des thermes, des temples, des maisons particulières, des jardins, des maisons des artisans (boulanger, chirurgien…), des potagers, du grand théâtre, l’amphithéâtre, du palais impérial etc. … pour visiter le site, il nous a fallut exactement 2 heures 40, en faisant des pauses par-ci, par-là en prenant son temps. En sortant, nous avons fait un tout dans les boutiques et sommes rentrés au parking. Là, nous avons mangé et vers 15 heures, nous avons pris la route pour nous « rapprocher » de Rome. Là, un autre périple commence … en sortant du parking, nous avons suivit les panneaux de l’autoroute et devinez quoi … il y avait une entrée et une sortie à 500 mètres du site !! Donc si vous ne voulez pas vous embarquer dans la même galère que nous, prenez la sortie « Pompéi ouest », ne prenez surtout pas la sortie Castellamare (c’est là où on est sortis). Nous avons roulé sur autoroute pour sortir de la banlieue de Naples et après nous avons pris la nationale pour longer le bord de mer. Là encore cela n’a pas été simple. Pas de panneaux, les numéros des routes changent d’un kilomètre à l’autre, les panneaux, quand il y en a sont effacé par le soleil, caché derrière les arbres ou tordus, enfin la cata quoi. Une fois que nous étions sur la bonne route qui mène à la mer, nous étions encerclés de montagnes alors que sur la carte, il y en avait pas. Bon passons, nous avons retrouvé la mer mais là, impossible de s’arrêter. D’un coté la mer, de l’autre des places de stationnement en long et au milieu une route étroite où 2 voitures avaient peine à se croiser. Nous avons renoncé au bord de mer et avons optés pour les villages. Là aussi nous avons tout essayé : places de village, gares, cimetières, stades … mais en vain. Il était déjà 20 heures. Nous avons repris la nationale en direction de Rome et vers 22 heures, bous avons trouvé un parking de supermarché pour manger. Là, nous avons fait le point et 1 heure plus tard, nous voila repartis. Nous avons fini par arriver à Rome. Je cite une phrase que j’ai écrite en début de récit : « Nous avons pris la route pour nous rapprocher de Rome ». Résultat : Nous y sommes ! Bon nous avons suivi l’autoroute en direction de Naples pour trouver une aire. La première à 8 km, petite, sans parking. La seconde, on est poursuivi par un chat noir ou quoi ! Le parking PL est en travaux donc parking voiture obligatoire mais c’est pas la peine d’y penser il n’y a même pas de place pour UNE voiture ! On continue la route. 48 km, cette fois on y reste, on en sort pas ! On se met n’importe ou mais on se COUCHE ! Au bout d’une demi-heure, on y est, elle est pleine a craquer elle aussi mais on a trouver un petit coin pour nous placer. Je vous l’ai dit que c’était pas terminé !

Vendredi 11 août 2006,

Apres avoir passé une nuit sur l’autoroute italienne, nous partons en direction de Rome. Nous revenons « sur nos roues » pour reprendre le G.R.A. (périphérique romain) et aller à l’aire de camping-car. Nous avons circulés dans Rome sans trop de difficultés malgré celles déjà connues (circulation, panneaux …). La circulation était faible et nous nous sommes bien débrouillés. Nous y sommes arrivés vers midi. Après le repas, les hommes sont allés faire du repérage pour le métro et le bus pour le lendemain. Pendant l’après-midi nous sommes restés sur le parking. Le soir nous nous sommes couchés de bonne heure car demain nous partons à l’assaut de la capitale …

Samedi 12 août 2006, Comme prévu, c’est le départ pour Rome. Levé 7 heures et départ vers 8 heures 30. Nous avons pris le métro à la station Pyramide. Une petite description de la station vaut la peine : on descend des escaliers, comme dans toutes les stations, on traverse un couloir où de chaque côté, il y a des accès aux quais de la gare, jusque là, rien de spécial. Mais … après, traversée de 4 grands couloirs avec des tapis roulants, comme dans les aéroports, et enfin nous arrivons aux bornes de pointages des billets. Là un autre escalator nous attend pour descendre au quai du métro. Là, nous avons fait 10 minutes de transport en commun jusqu'à la gare principale de la capitale. Là nous avons pris le bus « Open Tour ROME », les fameux bus « décapotables » qui font le tour de la ville. C’est pour parti pour ¾ d’heure de visite jusqu’au Vatican. Notre matinée est consacrée à ce monument. Nous avons d’abord photographié la Place Saint Pierre nous avons visité les tombes des papes notamment celle de Jean Paul II. Puis nous avons visité la basilique Saint Pierre. Lorsqu’on y rentre, elle parait courte mais lorsqu’on se trouve dans la Nef avec tous les recoins on change vite d’avis. Apres ¾ d’heure de visite nous avons pris le bus qui nous a déposés au Château. Nous l’avons photographié puis l’heure du repas approche. Nous avons commencé un petit restaurant sympa. Après la pause repas toujours en bus, nous sommes allés voir la Fontaine de Trévis, suivi de la Place de Venise et sa Chapelle Santa Maria in Araseli puis le Colisé. Nous avons vu que l’extérieur et les Fouilles Romaines appelées Forum qui se trouvent autour. Pour finir la journée nous avons pris le bus qui nous a déposé à la grande station. Nous sommes arrivés au parking vers 18 heures 45.

Dimanche 13 août 2006, Apres une escale technique, c’est le départ de Rome. Nous avons repris le GRA et roulé en direction de Pise. Vers 13 heures nous sommes arrêtés pour une pause déjeunée sur l’autoroute italienne. Nous avons aperçu la « Tor » pour la première fois vers 15 heures. Nous nous sommes garés dans une rue à 500 m de la tour. Puis c’est parti pour la visite. Elle se situe au centre d’une fortification. Dans celle-ci il y a aussi une église et la tour bien évidement, mais tout construit dans le même style : pierre blanche. Apres l’avoir photographié nous avons fait un petit tour dans les magasins de souvenir situé autour et dans les fortifications et nous sommes rentrés. Nous avons repris la route pour aller stationner sur l’aire de pise. Elle nous a semblé être une « décharge ». Nous avons donc cherché un autre endroit mais sans conviction. Avant de prendre l’autoroute, nous nous sommes arrêtés souper et nous avons passé la nuit, une fois de plus sur l’autoroute.

Lundi 14 août 2006, Aujourd’hui, nous apprécions les dernières heures en Italie. Eh oui, nous rentrons en France dans la journée. En effet, après avoir roulé 3 heures nous avons vu « la terre française ». Un moment après nous avons déjeunés sur une aire d’autoroute à la hauteur de Menton. Puis nous avons roulé jusqu'à l’aire des Arcs sur Argens, que nous connaissons bien.

Mardi 15 août 2006, Alors que nos amis les gardois sont partis en début de matinée, nous nous y sommes restés plus longtemps. Nous sommes allés balader dans le village moderne et médiéval. Après le repas, nous avons repris la route du retour. Pour plus d'info sur ce voyage, rendez-vous sur mon site web où vous y trouverez des photos, la météo du voyage, et les étapes avec les km.
Déréclusion! English translation pending
by Pondy · 2020-05-11 · 396 replies
Déréclusion !

Je ne suis pas à un néologisme près.

Parce que j’me demande : Suis-je libre ? En liberté surveillée ? Contrainte ? Coercition sanitaire et salubrité publique... J’crois que secouer les peurs est mille fois plus efficace qu’un bracelet électronique. Voir le monde entier en pause, je ne pensais pas le vivre. Je comprends aujourd’hui avec quelle rapidité pourrait s’installer une dictature.

J’me demande pourquoi je ne ressens aucune crainte, pourquoi je me sens à mille lieux des peurs dont j’entends parler. Suis-je normale ? Suis-je inconsciente ? J’ai vu des gens avec un masque en voiture, mettre des gants pour tenir un chariot de magasin, où s’arrête le bon sens ? C’est quand même horripilant de se sentir infantilisé. Quand j’entends toutes ces sommités parler, j’ai l’impression qu’elles s’adressent à une population de mômes.

Parait que certains sont porteurs sains et transmettent le virus, paraît que certains ont eu la maladie sans s’en apercevoir et ont des anticorps, paraît que certains ont été malades et ont développé des anticorps, paraît que certains n’ont jamais été en contact et ne seront jamais malades, paraît qu’il faut qu’il y ait 60 % au moins de gens avec des anticorps pour l’immunité collective. Ca s’appelle RO lala.

Et beaucoup sont morts et au regard de l’humanité sur nos plus de 7 milliards, c’est une goutte. Une goutte d’acide et de chagrin pour les familles et amis des décédés, c’est certain. Des cataractes de panique pour des millions d’autres qui tremblent d’entendre un reniflement ou un éternuement. J’me demande aussi combien sont morts de faim et de maladie dans le même temps et aussi combien vont mourir des dégâts induits par le monde à l’arrêt.

Combien de pandémies ont-elles eu lieu sans que le monde occidental ne bouge un cil ? Un virus à la volette et qui disparaîtra comme tous les virus avant qu’un autre ne prenne le relais. C’est ainsi depuis toujours.

Ma solution : je respecte les peurs et angoisses des autres. Je respecte les consignes assenées à longueur de temps. Mais dans l’absolu, au fond de ma p’tite tête, j’pense tout autre chose et me tiens coite.
Six-week trip to Mexico
by GeorgesOZ · 2019-12-05 · 227 replies
I recently took a six-week trip to Mexico with Y, my Thai partner. To be precise, we spent 43 days there plus a final half-day before heading to Mexico City Airport for our return flight to Europe.

I’d already been to Mexico about 40 years ago! But that was only for a week or so, between Mérida and the Belize border.

First off, I should mention that I’ve never seen a beach in Mexico. I say this because discussions about Mexico always seem to revolve around the Costa / Riviera Maya.

Let’s start with an overview of the trip. Our itinerary can be split into two halves:

- First half: Querétaro, San Miguel de Allende, Morelia, Guanajuato, Mexico City “CDMX” (the capital). - Second half: Palenque, San Cristóbal de Las Casas, Chiapa de Corzo, Oaxaca, Puebla, Cholula, and finally Mexico City CDMX.

To move from one part of the trip to the other, we took a flight from Mexico City CDMX to Villahermosa, then a bus to Palenque.

In six weeks, we visited maybe a quarter or a fifth of the country (see the attached maps). Mexico is about three times the size of France! And when I say “visited,” it was really just a quick stop—enough to get a first impression. I understand that some people can only spend one or two weeks on vacation in a given country, but that’s not my idea of travel. Personally, I’d say a country as rich in every way as Mexico deserves several months of travel before you can say you’ve “seen” it.

In my next post, I’ll break down the expenses. That might help future travelers plan their trips. You don’t go to a country for several weeks (or more) without thinking about the budget! Besides, one of those future travelers to Mexico is us—we were so thrilled by Mexico that we’re definitely going back.
La honte de prendre l'avion? English translation pending
by B737 · 2019-04-08 · 706 replies
J'ai trouvé ceci ce matin sur le site du "Figaro" (n'étant pas abonné, je n'ai pu lire tout l'article) : j'en suis resté assez stupéfait, et je me demande bien ce qu'en pensent les lecteurs de ce forum !

www.lefigaro.fr/...port-aerien-20190407 Par souci d’écologie, de plus en plus de voyageurs cèdent à la «honte de prendre l’avion» et privilégient le train, même pour de longs trajets.

Gino, Italien installé depuis sept ans à Stockholm, et Saana, son amie finlandaise, auraient toutes les raisons de choisir un des nombreux vols low-costs pour rejoindre leur famille respective. Une habitude très ancrée chez de nombreux Suédois. Ils prennent cinq fois plus l’avion que la moyenne mondiale, souvent pour des vacances au soleil afin d’oublier leur hiver si long. Mais pas en 2019: «Nous avons décidé cette année de ne pas prendre l’avion, explique Gino. Nous sommes inquiets pour le climat et nous avons voulu faire quelque chose de concret. Alors pour les vacances de Pâques à Turin, ce sera 37 heures de train, rien que pour l’aller.»
Comme un rêve! Divagations indiennes! (Chroniques d'un long voyage en 1990) English translation pending
by Jeffly · 2016-02-11 · 6 replies
Avant de m'installer en Thaïlande, j'ai parcouru le sous continent indien durant plus de dix ans. J'ai même vécu quelques années dans le sud de l'Inde, au Kérala, au bord de cette magnifique plage de Varkala. Dans cette rubrique, je reviendrais au gré de mes souvenirs (le temps déforme la réalité mais... L'imagination prend le relais ) sur cette période de ma vie, où anecdotes de voyages croustillantes et rencontres inoubliables ont été le lot quasi quotidien de ces aventures ! N'ayant plus de photos de cette épopée, cette rubrique sera illustrée de photographies de mon grand frère Didier, aficionados, disciple de l'Inde et qui m'a transmis très tôt cette passion, le virus de ce pays et de ses peuples magnifiques !

Ce carnet de voyage datant des années 90 comporte une vingtaine d'épisodes. Si vous souhaitez lire ce récit de voyage tout de suite sans attendre la publication sur VF, je vous invite à découvrir la rubrique de mon blog www.jeffdepangkhan.com , "Comme un rêve, divagations indiennes" Ces récits sont aussi illustrés de nombreuses photos.

Dakha, Bangladesh ! (nov 91, Première partie).

« L’Asie … L’Inde … Mother India … »

Ce sont des noms, des lieux qui résonnaient dans ma petite tête d'adolescent et qui continuent bien des années plus tard à me soupirer de biens belles choses ! Plus jeune, une certaine littérature m'avait déjà mené vers ces destinations, racontant des histoires de voyages, de « voyage-voyage »... « Flash », « les chemins de Katmandou », même les saga d’Irène Frain et j'en passe . Après avoir lu ces livres et écouté certains de mes ainés revenant de ces terres mystiques, je n'avais fait alors qu'imaginer ce que pouvait être cette civilisation, ce monde unique que je pourrais assimiler plus tard à un astre à part entière au beau milieu de notre planète! j'allais continuer de grandir, de vieillir, mais par contre dans mon subconscient, tous ces rêves étaient bien ancrés et je n'attendais qu'un signe pour être prêt à les concrétiser, à les vivre un jour futur. Les années passaient et ce jour arriva où un ami me proposa : "- Dit donc Jeff, ne seriez-vous (je fus marié une première fois avec une femme française) pas intéressés de venir avec moi au Népal puis pourquoi pas, prolonger le « trip », toujours en ma compagnie (sous entendu si vous aviez du temps et de l'argent) jusqu'en Inde ?"

"- Quelle question ! Oui, trois fois oui !" Répondais-je, heureux .

Enfin le rêve devenait réalité !

J'avais grandi et j'avais commencé un travail lucratif (qui me permettrait d'ailleurs de vivre en ISAN plus tard jusqu'à aujourd'hui). Ce qui était un rêve d'adolescent, de voyager vers l'Asie, se présentait tel un cadeau ! En plus, mon ami avait déjà passé son examen de « premier voyage en Inde ». On avait donc notre parrain pour la découverte du pays des sadhus et autres gurus, que du bonheur ! J'avais beau en avoir rêver mais devant le fait accompli, j'avais dès lors une petite appréhension de partie loin, c’était la vraie première fois ! Les seuls voyages où je m’étais risqué, étant les Antilles (pour travailler, ce n’était pas la même chose, St Martin et Saint Barthélemy, Saint Barth... avec l'accent trainant comme il faut le dire quand on y est mais c'était loin d’être l'Asie , c'était un gros bout de France, coloré certes , mais la France tout de même ! J'avais aussi traversé du nord au sud l'Italie, le Portugal et le Maroc jusqu'à Tan Tan au volant d'un Ford Transit rallongé double essieu déglingué. On peut donc dire que ce n’était pas du tout la même chose que de se perdre le long du Gange ou de la rivière Yamuna ! Alors cette proposition, me permettrait de faire le grand saut vers l'inconnu, avec, n'oublions pas , un parrain qui atténuerait cette légère angoisse du premier grand et vrai voyage, du premier départ vers l'autre bout du globe!

Mon ami « nous » proposait de partir dans un premier temps au Népal pour faire du raft, puis un Trek... Nous sommes alors en 1991 et même si son voyage était organisé, c’était son premier en tant qu'organisateur et accompagnateur, cela était encore du « à peu près » mais j'entendais déjà les anciens sonner clairon et dire « plus facile que dans les années 70... ». Et c'était vrai, je n'aurais osé les contrarier, les vieux de la vieille ! pensais-je sur un ton légèrement moqueur, mais plein de respect et de gentillesse ! Mon ami, guide de rivière et de montagne (nous avons passé notre jeunesse tous les deux en Basse-Bretagne puis nous étions partis habiter et travailler au même endroit, dans les Hautes-Alpes) organisait donc son premier voyage et quelques clients potentiels avaient payé pour s’éclater (le sport, la nature... Etcétéra...), découvrir le Népal et pour palier à deux désistements, deux potes comme nous (moi et ma future ex), non sportifs mais motivés feraient bien l'affaire. Nous en étions ravis...On partait pour notre premier grand voyage, presque tout un hiver... Programme : Népal avec descente en raft de la rivière Trisuli puis Trek autour des Annapurna (un classique à entendre mon ami) avec un départ et une arrivée à Pokara puis retour à Katmandou, le groupe client partirait (ils avaient du travail et à peine un mois de vacances) et nous (mon ami, ma future ex et moi) irions en Inde...Nous rejoindrions Delhi puis irions marcher le long des sources du Gange en passant par Haridwar, Rishikesh, Devprayag , Rutraprayag et plus si nous le pouvions, jusqu'à l'une des sources du fleuve sacré si bien-sur, c’était possible . Ensuite, je rappelle que cela était un programme théorique, mon ami retournerait chercher sa famille (sa femme et ses deux petites filles) à Delhi . Nous, nous irions vers la mythique Bénarès (Varanasi ou l'ancienne Kashi en Sanskrit) et nous nous rejoindrions du coté de Konarak en Orissa, visiter un BABA/SADHU et « baptiser » la plus jeune des filles de mon ami . Konark, on peut le dire aussi ainsi, où se trouve un temple magnifique, le temple de Surya, le dieu Soleil, se trouvait juste après Bhubaneshwar et à 30 Kilomètres au nord de Puri, autre destination réputée « baba cool » par excellence ! Nous étions donc au début du mois de novembre 1991 sur les dalles de l’aérogare de Roissy pour nous envoler vers Katmandou via Dakha au Bangladesh grâce à la compagnie Biman airlines, la compagnie aérienne de l’état du Bangladesh ! Je n'avais pris l'avion qu'à quelques reprises et cet avion qui s’avérait être un DC 10 (je crois, si je me souviens bien) me parut tout à fait en bon état de voler. Je ne me souviens d'aucune appréhension durant le vol , par contre je me rappelle des hôtesses vêtues de magnifique sari, elles etaient d'une beauté inoubliable, je me rappelle aussi qu'avant d'atterrir sur le tarmac de la capitale de l'ancien Pakistan oriental, nous avons fait de nombreux stop and go, à gogo d'ailleurs l'avion arrivait d'Angleterre, transitait donc par Paris, nous nous arrêterions à Ankara, puis l'Iran(je crois ou le Pakistan tout court) et enfin le Bangladesh ! ( je ne sais pas si l'avion continuait vers l'est mais qu'il fasse le tour du monde ne m'aurait pas étonné!). À Dakha, nous devions attendre trois heures et hop... repartir vers Katmandou dans un autre avion...Une petite escale en quelque sorte. Cela ne s'est pas du tout passer comme c'était prévu. L'avion pour le Népal était beaucoup plus petit que l'avion avec lequel nous venions de traverser une partie du globe . Un bus pourri (vraiment pourri de marque TATA) nous attendait en bas de l'escalier-passerelle de l'avion pour nous emmener devant les portes de l’aérogare à ...50 mètres. Nous fûmes invités dans le restaurant tout neuf de l’aéroport, lui-même flambant neuf, enfin de caractère moderne, dirons-nous . Par rapport à Roissy (mais à l’époque, je ne connaissais que celui-ci comme aéroport international), l’activité était plutôt calme, en fait elle était totalement inexistante . Un seul petit avion était à coté du gros que nous venions de quitter. C’était notre avion pour la capitale népalaise. On nous installait donc au restaurant avec vue sur les pistes (la piste) et on nous servit à manger (encore...), puis les heures défilèrent et nous avions théoriquement raté notre correspondance pour Katmandou ! Au bout d'un certain temps, un petit mec rondouillard et moustachu, un visage surmonté de cheveux crépus d'un noir profond, affublé de Rayban et d'une chemise au couleur de la compagnie d'aviation locale vint et commença à nous expliquer que nous ne pourrions pas tous monter dans l'avion en partance pour le Népal. Il fallait qu'une partie d'entre nous se résigne à rester une nuit à Dakha. Cela sonnait moins bien que « ONE NIGHT IN BANGKOK », mais pour nous et mon ami, ce n'était pas problématique et même le groupe n'y voyait pas d’inconvénient. Pour nous, nous étions là pour trois mois tout de même, alors un jour de plus ou de moins... Le reste du groupe était là pour seulement trois à quatre semaines, ce départ différé d'une journée revint comme un reproche dans leur bouche vers la fin du voyage. Certains personnages du groupe (toujours les mêmes chieurs mais on le verrait plus tard) manqueraient de temps pour finir correctement soit disant leur « expédition » ! Dans ces moments où l' on demande à certains de « sacrifier » de leur temps (vous rendez vous compte, aller une nuit à l’hôtel tous frais payés) pour d'autres qui en ont encore moins, on commence à entrevoir ce qu'est l’humanité, même celle qui se veut «cool- cool » parce qu'elle part en Asie ! Mais ces considérations vont vite nous apparaître bien futile, à comparer avec ce que nous allions vivre ! Nous nous sommes donc retrouvés une petite centaine (tout de même) à devoir passer la nuit à Dakha. Le petit homme grassouillet aux cheveux crépus et porteur de Rayban qui apparemment ce jour là, était le chef de la compagnie, du moins s'en donnait l'allure, nous invita à retourner sur le tarmac (à pied du coup) sous les ailes de l'avion, récupérer nos bagages, ce que nous fîmes dans un joyeux bordel... On était au Bangladesh et cette désorganisation était normale à en entendre certains !(les mêmes personnes arrogantes que l'on croise trop souvent dans le monde entier montrant leur supériorité évidente de citoyens issus d'anciennes puissances coloniales). On voulut réintégrer l’aérogare et là, le petit gros à moustache qui commençait à transpirer comme une bête, nous demanda nos passeports : « no visa , no visa », après hésitation, on les lui donna et on nous fit grimper dans deux bus TATA (en fait, un de ces bus était le même avec qui nous avions parcouru les 50 mètres de l'avion à l’entrée de l’aéroport quelques heures auparavant) qui me parurent en piteux état, vibrant de partout, sans vitre (je remarquerais plus tard que tous les bus, à l’époque, n'avait pas de vitre) mais par contre ces ouvertures étaient ornées de grilles, ce qui donnaient aux bus une allure de fourgons cellulaires. On nous dit aussi de prendre nos sacs avec nous, dans les soutes du bus ce n’était pas possible ! (les coffres, soit ne s'ouvraient plus ou un fois ouverts ne fermeraient plus, donc tous les sacs dans la carlingue...avec nous) Je rappelle que nous partions en expédition avec un rafting, des pagaies, deux « airboat » (canoë biplace gonflable), des casques, des rations de survie et puis nos énormes sacs à dos remplis de plus de la moitié de choses inutiles , enfin qui s’avèreraient inutiles mais qui au moment de confectionner ces fameux sacs nous paraissaient alors primordiales voire essentielles. L’européen riche, même moins riche, disons l'occidental qui voyage et qui va vers l'inconnu, a besoin de voyager avec un peu de la sécurité de sa terre natale qui alors se matérialise par le cumul de biens inutiles entassés dans son sac. Enfin, les deux bus partirent dans un bruit fracassant, chaque vitesse passée craquait et paraissait totalement grippée (je venais de passer mon permis transport en commun, alors je regardais tout ça en expert... Quel français je faisais, des fois !). Enfin nous partions et nous allions traverser toute la ville avant de rejoindre l’hôtel où nous passerions la nuit.

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Dakha, Bangladesh! (nov 91, deuxième partie)

À Dakha !

Entre l’aéroport et le centre-ville nous avons commencé à traverser des Dakha, Bangladesh! (nov 91, deuxième partie)marécages en pagaille où un nombre incalculable de baraquements (enfin des taudis) flottaient tant bien que mal sur les eaux saumâtres. Beaucoup de monde se déplaçaient sur de petites barques, certains pêchaient, pour moi, les yeux grands ouverts voire totalement hallucinés, beaucoup d'autres autochtones avançaient vers des destinations aléatoires, mais ils semblaient pourtant savoir où aller ! Le long de la route où il n'y avait quasiment pas de voiture , il y avait un nombre insoupçonnable de piétons, un défilé continu d’êtres humains qui marchent et qui marchent encore ! Il y avait bien quelques bicyclettes mais très peu, ce n’était que des gens qui avançaient à pied dans tous les sens, prêts à plier sous d’énormes bardas... Si j'avais été un géant ou Dieu (ça va non !), j'aurais cru voir des fourmis.

Plus nous avancions, plus le flot de marcheurs devenait gigantesque (c'est fou comme cela peut marquer une foule qui marche vers on ne sait où?). Sur le bord de la route, les maisons de bric et de broc commençaient aussi à s’amonceler. Petit à petit, tous nous regardaient et semblaient se passer le mot : « des Sahibs, des faranguis », certains commençaient à courir pour tenter d’agripper les grilles des fenêtres d'un des deux bus qui formaient ce maigre convois. Sur la plateforme d’entrée du TATA bus, un policier, grand, costaud et moustachu (il s’avéra que la caractéristique de l'homme dans cette partie du monde était incontestablement de posséder de grosses moustaches noires), il était aussi équipé d'un long bambou d'un mètre environ et balayait l’entrée avec celui-ci pour dissuader certains de grimper dans les bus. Si par hasard, certains arrivaient à s'accrocher aux grilles, ils n'avaient pas le temps de tendre la main pour vous demander de l'argent car après avoir fait ce mouvement emblématique du mendiant, c'est-à-dire avec leur bras déplié et les bouts de doigts agglutinés les uns aux autres , faire ce mouvement de l'estomac vers la bouche, le grand flic moustachu affublé de Rayban (en Asie, le flic, enfin le fonctionnaire qui travaille en extérieur porte des lunettes foncés de préférence de marque ou copie (surtout copie) Rayban) avançait dans l’allée centrale et leur écrabouillait la main avec laquelle ils étaient accrochés aux grilles des fenêtres, alors en équilibre précaire sur le flan du bus, leurs doigts frêles lâchaient prise et ils tombaient sur le bas-coté ! Certains d'entre nous commencèrent à protester (dont moi) de tant de violence mais le petit gros à moustache de la compagnie qui nous avait accompagné nous expliqua que si le grand costaud moustachu en uniforme couleur moutarde délavé ne fracassait pas les doigts de ses concitoyens, notre bus ressemblerait vite à un essaim d'abeille ambulant. Devant tant de persuasion (en fait, on n'a pas beaucoup protesté, je crois, il faut dire la vérité), on se tut, subissant ce spectacle pitoyable, mais qu'est- ce que pouvait être notre mal être par rapport à ce que pouvaient vivre ces moribonds. On aurait dit qu'ils avaient fait exprès de mettre l’hôtel à l'autre bout de la ville pour que l'on puisse la traverser et que les autorités puissent montrer à la population que des touristes venaient aussi dans leur pays (ils ne savait pas que nous étions contraints et forcés)...Enfin nous avancions et les habitations se firent un peu plus en béton mais elles étaient toujours submergées de cabanes en tôle qui semblaient alors soutenir ces édifices. On avait tendance à penser que si on enlevait ces amas de tôles collés à ces bâtiments sales et cramoisis, qu'ils s’écrouleraient, c’était presque certain ! Plus nous avancions, plus le flot de marcheurs devint un tsunami de gens déambulant en sarong à carreaux et débardeurs Marcel, tous pieds nus mais toujours avec moustaches ! Les femmes étaient plus gracieuses avec leur sari ou leur Kurta, leur démarche était chaloupée car elles portaient pour beaucoup leur fardeau sur la tête, leurs bras servant à porter un gamin morveux en guenille mais malgré tout, cela rendait leur démarche altière. Je regardais ces « pedibus-jambus » qui nous observaient, nous occidentaux, assis là, dans notre bus, qui partiraient bientôt au Népal pour marcher dans la montagne ou participer au marathon de l'Himalaya (la moitié des passagers de l'avion était là pour cet événement), on payait des mille et des cent pour avoir le droit de marcher et autour de nous, tous ces gens qui marchaient sans arrêt pour essayer de gratter un maigre revenu journalier...

Malgré ces pensées, nous avancions encore et toujours et je remarquais à coté des marcheurs, des rickshaws et encore des rickshaws, multicolores, ornés de fleurs en plastique et arabesques. Cela semblait être le moyen de transport principal de cette capitale, pas de voitures, enfin très peu, pas de bus, pas de taxi, des piétons et des pousse-pousses, des trois roues dont de grands gaillards d'une maigreur effrayantes tentaient de faire avancer . Les gens qui y étaient installés étaient pour la plupart de grosses femmes avec enfants ou des hommes bien gros aussi (on me dit plus tard que lorsque l'on était riche sous ces latitudes, il était de bon ton d’être gros). Ces hommes, d'affaire surement, avait la particularité d’être entourer de marchandises en pagailles qui débordaient des banquettes de ces triporteurs. Des bêtes de somme, ils étaient ces gars à la peau sèche et ne recouvrant que leurs os ! Nous atteignîmes alors l’hôtel qui était le seul building avec celui qui se trouvait juste en face et appartenant à la compagnie aérienne Biman, qui avaient l'allure de bâtiments digne d'une capitale. Ils semblaient récents , étaient les seuls de plus ou moins 15 étages. Deux flèches montantes, ils ressemblaient à des joyaux entourés d'édifices noires de moisissures et de crasse semblant sortir d'une mousson perpétuelle. Personne ne les nettoyait au fil des saisons des pluies. Je pense (j'en suis sur) qu'ils avaient d'autres priorités , on ne pouvait les blâmer. On nous apprit que le Bangladesh avait subit au printemps dernier un raz de marée (un de plus) qui avait fait plus de un million de morts et depuis les survivants déferlaient sur la capitale, son lot de réfugiés arrivant des terres inondées bordant le golfe du Bengale. La misère débordait de partout et si nous aurions payés pour être voyeurs (nous l’étions malgré nous), nous en aurions eu pour notre fric ! Le futur démontrerait que pour ces populations, rien n'irait en s'arrangeant, au fur et à mesure des raz de marée et des inondations, ce peuple aurait la tête sous l'eau inexorablement ou devrait partir ailleurs. De futurs migrants en puissance...Nous nous approchions de Mother India mais en attendant, on nous avait installé dans un hôtel qui sentait le moisi (décidément) mais qui était à la norme d'une compagnie internationale d'aviation. Après nous avoir montré nos chambres, on nous proposa de manger (encore !) : « le tea time »...Manifestement, nous, les refoulés de l'avion pour le Népal, étions les seuls clients de l’hôtel. Après le gouter, rassasiés ( sans honte, peut-être, je ne me souviens pas), on voulut aller faire un tour en ville mais le petit gros à moustache et aux Raybans (décidément il était toujours là à nous surveiller) nous dit que « ce n'était pas POSSIBLE, no visa, no passport ». Il nous expliqua qu'il n' y avait pas de sécurité pour nous escorter (là, on a pensé qu'il exagérait, on n'était tout de même pas à Beyrouth ni à Bagdad, (c’était le dernier conflit armé de l’époque). Quelques tergiversations plus tard , il nous dit que nous pouvions y aller car en fait seulement nous et une autre dizaine de Faranguis semblaient vouloir visiter la capitale. Un grand costaud à moustache en uniforme moutarde délavé, équipé d'un long bambou nous accompagnerait (encore un garde, ils y tenaient !), peut-être était-ce d'ailleurs le même qui nous avait accompagné dans le bus nous menant de l'aéroport au centre-ville de Dhaka. A la réception, on nous changea des dollars en Taka, la monnaie locale ; notre groupe, nous étions neuf en tout se scinda en deux avec la ferme intention de larguer le Moustachu en uni...du moins pour un des deux petits groupes. Il eut beau nous expliquer que nous ne pouvions pas faire ça, nous l'avons tout de même fait! On a vite remarqué qu'avec notre argent nous ne pourrions rien acheter car il n'y avait désespérément rien à acheter, à la différence de l'Inde où nous irions plus tard que nous découvririons regorgeant de nourritures et de marchandises. Finalement, nous optâmes pour un tour de rickshaw ! Ce fut vite fait car il n'y avait rien à voir, à part une mosquée dont je me souviens qu'elle était quelconque, un marché de fringues où ils vendaient des sarongs à carreaux de teintes bleus ou mauves et pour le reste à part tourner en rond comme dans un manège au milieu d'une ville où les gens ne faisaient que marcher ou attendre sur le trottoir que le temps passe, il n'y avait rien ! Nos rickshaw wala (on appelle ainsi le conducteur de pousse-pousse) nous délestèrent de nos Taka (ils auraient préféré des dollars mais les billets verts étaient restés à l’hôtel) et sans qu'on leur dise quoi que soit, ils ne nous ramenèrent pas à notre point de départ, qui était loin de l’hôtel, mais directement à celui-ci ! Dakha était comme un village, enfin un énorme village, l'annonce d'une arrivée de touristes au seul hôtel international de la ville avait du faire son chemin ! (Nous saurions plus tard qu'il en était ainsi tous les jours avec les surbooking d'avions). En arrivant nous vîmes donc une énorme foule qui commençait à s’amonceler devant les grilles. Les « joueurs de bambous », les flics, s'en donnèrent à cœur joie pour nous laisser rentrer de nouveau dans notre confortable cocon à l'occidentale, ilot de richesse coincé au milieu de cette misère! On regrettera d’être sortie et d'avoir créer cette émeute qui finit par une bastonnade généralisée ! Ils n'avaient rien à perdre et quelques coups de bâtons n'étaient rien par rapport à leur vie ! Nous sommes donc revenus dans nos chambres et on nous demanda de descendre manger; il fallait toujours manger, mais c'était en fait pour faire passer le temps même si cela commençait à devenir indécent, nous suivions les instructions . L'organisation de la cuisine pour nourrir tout le monde laissa à désirer, nous n'avions pas faim de toute façon. Pour expliquer ce tâtonnement des cuisines, je mettais ça sur le compte que l’hôtel n'avait pas l'habitude de recevoir des délégations si importantes d'un seul coup. On se coucha rapidement car le lendemain on devait partir tôt. Nos consciences d'occidentaux non aguerris à cette misère (je ne pense pas que l'on puisse s'y habituer d'ailleurs) firent que l'on dormit très mal ! L'avion, on nous l'avait promis, partirait vers neuf heures. Après un petit déjeuner (… no comment...), on chargea nos « bagages à cinquante pour cent inutiles » et les « manipulateurs de matraques en bambous » firent une chorégraphie de plus pour dégager la masse de pauvres bougresses, c’était des femmes qui étaient en majorité ce matin là devant les grilles de l'hôtel, désormais accompagnées d'enfants bien-sur ; elles se mettaient le doigt dans l’œil en pensant que les moustachus en uniforme vert moutarde ne les taperaient pas ; Elles voulaient un petit peu d'argent ou quelque chose à manger. Me restant quelques Taka, je les donnais , enfin les jetais et un policier me regarda d'un sale œil, l’émeute grondait. En fait les femmes présentes étaient majoritairement des lépreuses, et très nombreuses marquées au visage de la petite vérole , cela m'avait marqué ! Cela n’empêcha pas la police de bastonner sec. Je regrettais tout de suite d'avoir donné l'espoir que je pouvais distribuer de l'argent à tous, j'avais fait la monnaie au comptoir(je n’étais pas le seul à avoir eu cette « brillante » idée) mais malgré tout cela s’avéra insuffisant. Enfin les bus purent sortir et nous nous regardions tous avec ce sentiments de colère, mélangé à de la honte ainsi que de la peur ; « pour faire court on s’était tapé les boules, mais grave ! » En plus, des petits malins connaissant le trajet du bus vers l’aéroport nous attendaient plus loin et prirent d’assaut notre bus, le premier des bus ayant réussit à accélérer pour s’extirper de cette masse de gens en guenilles. Putain ce qu'on était mal, le cul dans ce bus que nous pensions pourri, même si j’étais mince à l’époque mais je me sentais gras et redondant de l’intérieur...Le flic de bord eut beaucoup de mal à extirper toutes ces mains accrochées au bus, le chauffeur ne put s’arrêter pour l'aider, cela aurait été pire , d'autres gens auraient pu alors y grimper plus aisément...Et puis nous les faranguis, nous étions tétanisés ! Le dernier des mendiants fut trainé par les pieds le long du couloir de bus et éjecter sans ménagement. Plus personne parlait et n'osait se regarder. J'osais un regard vers l’arrière et fut soulager lorsque je vis que celui qui venait de « tomber » du bus à pleine vitesse se relevait, heureusement les bus TATA ne vont pas vite et avec les piétons, vaches, cochons, vélo , rickshaw, tous ces obstacles auraient empêché tout excès de vitesse. Enfin, je fus donc rassuré, notre cascadeur malgré lui s’était relevé et repartait en gueulant après le monde entier. Je pensais pour soulager ma conscience qu'il devait avoir l'habitude de ça , enfin il faut être con pour penser comme cela. C'est-à-dire penser que l'on peut s'habituer à ça ! Stupide! Après de nombreux voyages en Inde, je verrais hélas que j'avais raison ! On ne s'habitue pas, ni d’être pauvre, ni d’être voyeur !

Lorsque nous sommes arrivés à l’aéroport, les bus allèrent directement sous les ailes de l'avions et on nous invita à déposer nos bagages à même le sol ! On nous rendit nos passeport et nous montâmes dans l'avion, ouf, on allait pouvoir partir au Népal et à entendre d'autres passagers « baroudeurs » de l'Asie, là bas c’était cool ! Mais Dakha existait aussi et nous y avions vu ce que les occidentaux ne veulent pas voir de l'Asie ou seulement s'ils sont des voyeurs ou des bons samaritains, enfin cela existe et on ne doit pas l'ignorer de toute manière ! On resta près de deux heures dans l'avion, il faisait chaud dans la carlingue et le petit gros à moustache au Rayban (il était de retour) nous dit que nous attendions une correspondance ! Eh oui, notre avion n’était pas plein! L'autre avion arriva et se plaça à cote de nous... Il arrivait apparemment d'Europe et déposa son lot de trekkeurs et de participants au marathon de l'Everest et nous, nous savions... Ils ne monteraient pas tous dans l'avion. Une partie, les plus « intransigeants » ceux qui n'ont jamais le temps, ceux qui veulent être toujours les premiers nous rejoindraient dans l'avion, les autres, plus discrets , iraient dans le centre ville de la capitale du Bangladesh pour offrir au seul hôtel international de l’époque, ses clients du jour, contraints et forcés dont certains démunis de passeport voudraient aller coûte que coûte se promener dans les rues sales et grouillantes de misère de cette ville où depuis lors je n'y ai plus jamais remis les pieds! L'avion décolla et trois heures plus tard nous survolions la capitale du Népal, Katmandou ! À suivre...

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DAKHA-KATMANDOU ! D'un cliché à l'autre !

On avait beau se déplacer dans les allées et coursives de l'avion, rien à faire, l’Himalaya restait invisible. On aurait aimé apercevoir ces montagnes magnifiques, surtout l'Everest, mais on se serait bien contenté d'un des sommets des autres montagnes au nom mythique que sont les Annapurnas ou bien le Daïlaugiri mais les nuages nous privèrent irrémédiablement de ce spectacle. La première fois que j'avais vu « La chaine de montagne », gigantesque et majestueuse fut lorsque deux jours auparavant survolant la vallée du Gange en direction de Dakha, certains avaient ouverts les volets des hublots au moment où le soleil pointait son nez en pleine face notre avion. Si on regardait vers l'avant, de biais, on remarquait une couleur jaune orangée vive et puissante, à notre perpendiculaire, le jour se levait et les cimes de l'Himalaya s'étaient offertes à nous ! Ce fut un moment inoubliable, les cimes enneigées, des dizaines et des dizaines de sommets prenaient une teinte jaune opaque sur fond de ciel encore mal réveillé. Tout le monde dormait et je m’étais déplacé, me rapprochant d'une femme d'un certain age qui observait, admirait le « show ». Je lui parlais et elle eut la gentillesse de me faire la présentation ! Un panorama époustouflant du Pakistan jusqu'au fin fond du Bouthan ! Eh bien, je crois bien que ce fut la seule et unique fois où j'ai réellement vu ces montagnes dans leur ensemble. Un jour, à Katmandou, une journée où il y avait eu du vent qui avait alors poussé les nuages, nous avions pu apercevoir l'Everest ! Il se retrouve quasiment toute l’année, la tête dans les nuages ! « Trop haut, trop grand » diront certains ! Lors du trek que nous ferions plus tard nous aurions l'occasion de s’émerveiller sur d'autres cimes mais l’Everest, on pouvait le dire alors :

« Rien à signaler ! » .

Ce jour là, au dessus de la capitale népalaise, après avoir fait des ronds dans l'air avec notre avion, l'horizon étant bouché, nous pouvions nous concentrées sur ce que nous voyions au sol. On vit des collines et des collines à perte de vue ornées d'habitations et puis notre ami nous montra la piste d’atterrissage de l’aéroport international de Katmandou. En l'apercevant en bas, je pouvais alors comprendre la raison, l'obligation de voler sur des avions de moyennes tailles sur cette ligne afin de nous permettre de rejoindre le sol sans encombre. La piste était coincée au milieu de petites montagnes et bloquée plein nord par le mur que représentaient les colosses de l'Himalaya ! Je n’étais pas encore aguerri aux voyages en avion et c'est sans être rassuré que nous avons tant bien que mal atterri sans encombre ! Après les souvenirs sont flous, un taxi qui comme tous les taxis du monde avait repéré ses bizuts de l'Asie et qui nous demanderait un prix exorbitant mais si on y repense, on en n'est pas mort, on en n'est pas moins riche, alors j’espère que cela aura rendu une famille heureuse ! Enfin là, n'est pas le propos !

En arrivant dans l’après-midi, nous étions attendus. Nous, je le rappelle, le groupe hétéroclite de semi sportifs et semi bringueurs invétérés ! Nous arrivâmes dans un hôtel moderne et récent dans un quartier « chic » de la capitale, un jeune népalais francophone et francophile nous accueillit et je me souviens, nous offrit notre premier « Namasté » : les mains jointes sur la poitrine, pointées vers le haut en s'inclinant vers nous légèrement . Nous lui rendîmes sans jamais savoir si nous avions bien opéré ce geste qui quelques années plus tard, en Thaïlande, je pratiquerais presque quotidiennement mais qu'on nommerait « Waï » ! Cet adolescent, Prabin, que je ne revis jamais, est désormais entre la France et le Népal. Jacques Baum, son mentor, est à l'origine de la maison du Népal à Gap, en France et de la promotion de ce pays pour un tourisme responsable. L’hôtel où nous arrivions étaient d'ailleurs une de ces premières réalisations en partenariat avec les autochtones, dans la capitale ! Nous avions donc un jour de retard sur « le programme » et notre journée prévue à arpenter la capitale, n'aurait pas lieu, nous devions partir le lendemain pour la « Trisuli river »...On s'installa donc dans notre chambre qui était loin d’être typique et nous sommes partis nous promener dans les ruelles étroites de Katmandou, l'envie de se muer au milieu de ce que nous pensions être « la vraie Asie » .

Une double artère traversait la vielle ville, de Durbar Square où les temples et palais de Rois oubliés trônaient pour rejoindre une route périphérique moderne où la circulation automobile était dense. Tout le long de ces deux coursives, il y avait des marchands qui étalaient à même le sol, leurs légumes, fruits et autres denrées essentiellement comestibles. C’était un gigantesque marché où se bousculaient des centaines de piétons, de chalands, pas forcement des touristes mais beaucoup d'habitants de la capitale en quête de leur repas du soir. Les maisons étaient toutes de bois, certaines ornées de sculptures, la plupart vermoulues et sales, pas vraiment sales mais comme moisies de ne pas voir le soleil qui devait atteindre le terre battue de la rue que très occasionnellement. Les maisons étaient tellement hautes et serrées les unes contre les autres (peut-être pour se réchauffer entre elles car il faisait vite très froid le soir, au mois de novembre à Katmandou) que le soleil avait donc peut de chance de s'imposer ! On remarquait, derrière les vendeurs de rues, des boutiques vendant toutes sortes de produits, de la quincaillerie à la pharmacie, ouvertes ou non mais qui étaient presque toutes en train de subir un grand nettoyage !

Un ménage de printemps en hiver, étrange, pour nous occidentaux !

Certains propriétaires repeignaient même les devantures, en bleu et blanc (ce ne devait être que les seules couleurs disponibles a l’époque, peut-être) je ne sus jamais, si cela avait une signification, la seule chose que l'on nous a dit est que c’était le début de la fête des lumières ! Ah Ah ! Diwalee(i) ou Dipawallee, l’équivalent de Loy Kratong en Thaïlande, le douzième mois lunaire, le « renouvellement du ciel », changement du thème astral, se laver de ses pêchés et j'en passe. Quelques personnes, le soir, installeront des bougies sur le pas de leur porte . C’était beau et grouillant mais nous avions déjà nos chaussures de marches et nos laines polaires comme des vrais, et je l'avoue que trop de chose à voir ne permettent pas de voir et comprendre ce que l'on voit.

J'avais déjà vu au soleil couchant des temples et encore des temples s'illuminer, certains minuscules d'autres très grands ; des stupas, imbriqués dans les habitations comme si les temples avaient été là avant que les gens n'y construisent leur maison, c��était d'ailleurs vraisemblablement le cas...Les gens bloquaient le passage des ruelles, se tenant à la queue leu leu, ils étaient, tous les cents, peut-être même tous les 50 mètres, ils attendaient leur tour pour déposer leurs offrandes à de multiples dieux qui les protègeraient soit du mal de dents (cela m'avait marqué, dans Durbar Square, des gens accrochaient des dents et bouts de dents pour surement garder celles qui étaient encore saines), du mal de ventre, le dieu qui vous promettrait de nombreuses naissances et j'en passe car Katmandou était truffé de plus de 4000 temples ! On rentra à l’hôtel avec plein de lumière dans les yeux, du bruits, beaucoup de bruits, des odeurs, certaines exécrables. Le lendemain, nous devrions se lever tôt pour rejoindre le départ de la rivière Trisuli. Nous reviendrons à Katmandou, à notre retour de la rivière mais aussi après notre trek mais aussi l’année suivante, cela était envoutant et il faut le dire, si nous voulions revenir, c’était pour essayer de comprendre pourquoi nous étions déjà fasciné par ce qui serait plus tard être une infime partie de ma passion de l'Asie, de l'Inde, qui venait de naitre en moi ! Envouter pour la vie, je l’étais ! Hier encore, dans les rues de Dakha, je n'avais vu que la misère, parce que je ne voulais voir que ça ! Et puis comme par magie, aujourd'hui, j’étais dans un rêve ! Dans les deux endroits rien n’était ni blanc ni noir, en y réfléchissant bien, comme toutes les premières fois, j'étais obnubilé tel un nouveau-né découvrant le monde, on ne voit, on ne ressent que ce que l'on veut voir ou nous montrer !

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Jusqu'à Pokhara ! (suite de "72 kilomètres en 8 heures")

Nos embarcations prêtent et notre gourbis chargés sur les bateaux, nous pouvions partir sur cette belle rivière, la Trisuli. Autour du pont, où notre bus nous avait déposé à notre arrivée de Katmandou, de nombreux curieux de plus en plus nombreux s’étaient amassés le long de la berge. Les villageois des alentours s’étaient donnés le mot "des "Saib" étaient arrivés dans le quartier!". Le soleil commençait déjà à disparaître derrière les pentes abruptes des montagnes encadrant le rivière. Le froid du à l'altitude s'était aussi invité ! Nous décidions de partir tout de même, oh, nous n'avons pas navigué bien longtemps, je ne m'en souviens pas très bien, mais nous nous arrêtions sur une petite plage que les crues successives de la rivière avaient surement façonné au fil des saisons. Nous montions le bivouac. Le long du chemin, en face de nous, des porteurs rentraient dans leur village et nous apercevions l'armoire tant protégée par son propriétaire, lors de notre montée de la capitale, elle grimpait sur les épaules de cet homme, tranquillement le long des pentes abruptes de la montagne ; les derniers rayons du soleil se reflétant dans son miroir préservé et intacte.

Juste au dessus de nous, des enfants approchèrent mais à distance respectable , craintifs. Plus nous montions nos tentes et nous préparions le feux pour le repas du soir, les curieux se faisaient de plus en plus nombreux. Ils s'asseyaient sur les talons, accroupis, ils prenaient le temps de nous observer. Les commentaires fusaient, ils rigolaient la plupart du temps, encombrés de nos équipements compliqués à assembler et à monter, on devait surement ressembler à des extra terrestres et méritions surement la raillerie. La pénombre gagnait. Les enfants, de moins en moins farouches, furent très vite dans le camp à regarder, toucher tout ce que nous avions à déballer le long de cette rivière.

Alors, un vieillard s'approcha, et nous fit comprendre par geste qu'il aimerait nous emmener dans son village un peu plus haut. Yann, mon ex-compagne et moi y allions, les autres restant au camp. Nous montions le long du chemin escarpé et rentrions dans un beau petit village où la population nous attendait, le reste des habitants venus à la rivière suivait le chef venu nous chercher un peu plus bas, telle une procession. Un autre homme arriva avec une ampoule dans les mains et l'enfila dans une douille qui pendouillait au bout d'un fil noué tant bien que mal à une poutre de l’avancée de toit de l'humble maison du chef. En fait, on nous expliqua que l’électricité avait été emmenée par des canadiens mais que ces gens, trop pauvres, avaient seulement les moyens de se payer une ampoule pour tout le village, alors ils se la passaient de maison en maison suivant les évènements ou leur besoin immédiat. Le reste des maisons étaient alors éclairées faiblement par de minuscule lampe à pétrole. La maison était simple et les gens habitaient avec leur bêtes dans la même pièce, juste séparés d'une cloison en bois. Un foyer pour cuisiner trônant au milieu de la pièce, le plafond était noir ébène, à l’étage, le fourrage pour les bêtes. La fumée de la combustion du bois servant à faire le feu avait recouvert toute la pièce d'un noir couleur charbon de bois, les maisons n’étant pas équipées de cheminée. D'ailleurs, j'ai le souvenir que tout le monde toussait fortement , leurs poumons largement et forcément encombrés de monoxyde de carbone. Les enfants, même très jeunes, fumaient déjà de grosses cigarettes roulées, style « tige de huit ». Un peu plus ou un peu moins de fumée dans les poumons ne devait pas faire, hélas, de différence pour eux. Nous apprendrions plus tard qu'au Népal, la population souffrait pour presque de dix pour cent d'entre elle, de tuberculose. La femme du chef du village nous offrit du lait de yak et un bout de fromage, une tomme excellente fait à base du même lait. Les suisses et leur savoir-faire étaient passés par là. On nous tendit aussi des bananes, petites et succulentes ; les villages à flanc de montagne permettaient, vue l'amplitude des différences d'altitude, de faire des cultures très différentes par un aménagement en terrasse, en bas du village, des bananes et du riz par exemple et en haut de celui-ci du blé et des pommes. Notre échange fut des plus simple, la barrière du langage faisant le reste. Des gestes, des sourires et une demande dans les yeux des villageois faisant la conversation . Le chef du village nous raccompagna et la nuit fut belle et calme, enfin presque, quelques singes ayant décidés de venir fouiner dans notre bardas. Le matin, quelques villageois vinrent nous apporter du thé, et des bananes. Ils nous regardaient ranger notre matériel, étonnés surement de la surabondance de celui-ci. Le chef vint nous saluer, il était le doyen et n'avait que quarante deux ans, on ne faisait pas long feu dans ces montagnes !

Je me rappelle de Yann, donnant quelques fournitures scolaires aux enfants. Est-ce que cela leur a servit ? Nous n’avions pas vue d’école ! Nous, occidentaux, pensions bien faire !

A la fraiche du petit matin, nous partions alors sur la rivière. Large et puissante avec très peu de profondeur, en novembre le froid de l'altitude avait stoppé la fonte des glaciers des hautes montagnes de l’Himalaya ! Nous frottions souvent sur un lit de galet descendus des montagnes et tapissant le fond de la Trisuli. Très vite, sur les rives, nous vîmes des hommes s'affairant autour de grandes marmites bouillonnantes. L'odeur ne cachait en rien que l'on s'adonnait à de la distillation d’alcool. En effet pour les fêtes de Diwali, les nombreux villageois s'occupaient à la fabrication de « la Roxi », sorte d'alcool de millet à déguster chaud ou tiède à peine sorti des alambics de fortune. A force de nous interpeller, nous nous arrêtions et partagions volontiers avec les hommes cet alcool pas trop fort, cela devait taper dans les trente degrés. Cela ne nous empêcha pas d’être très rapidement au niveau des bouilleurs de cru, c'est-a-dire « fin saoul ». En fait, plus nous descendions la rivière, plus les arrêts se firent fréquents et finalement nous finîmes en compagnie des derniers « fabricants » et des femmes venues laver leur linge qui nous emmenèrent allègrement dans leur village pour y passer la nuit. Le réveil fut douloureux dans nos têtes et plutôt vasouillard dans nos ventres mais remplit de joie, tellement ces gens étaient accueillant et gentils. Nous avions beaucoup de choses à apprendre en matière d'hospitalité.

Par la suite, les souvenirs sont flous puisque je me souviens d'un passage à Katmandou puis de la route vers Pokhara vers l’ouest. Une route défoncée en construction, à flanc de montagne, avec des chinois, déjà, comme maitre d’œuvre, faisant trimer des népalais, hommes, femmes et enfants d'origine plutôt indiennes, c'est-à-dire très noirs de peau, grands et maigres. Le minibus mit plus de dix heures pour faire moins de deux cents kilomètres, distance séparant les deux villes. On s’arrêta au milieu du trajet dans un gigantesque bazar-gare-de-bus-arrêt-buffet. Nous aurions le droit de nous restaurer dans la famille de Prabin, notre jeune guide, un oncle ou une tante habitant l'endroit. Un repas « royale », un « dal bat »de luxe avec de nombreuses sauces en tous genres. Premier repas où assis en tailleur nous mangions avec la main droite (j'eus du mal étant gaucher pur et dur, c'est surement pour cela que je m'en souviens très bien) tradition tenace, la main gauche servant uniquement à rencontrer et s'occuper des parties basses, impures, de notre corps.

Nous arrivions, le soir, à Pokhara, où des restaurants et des guest-houses pour « trekkeurs » encombraient les abords du lac. Les Annapurna, juste au dessus, n'avaient qu'à bien se tenir, bientôt nous serions à leurs pieds ! (suite au prochain numéro)

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Autour des Annapurna ! (première partie)

Lorsque je suis retourné à Varkala, le mois dernier, la promenade, plutôt une coursive, en haut de la falaise où se nichent les restaurants et hôtels pour touristes “backpackers”, m'a tout de suite fait penser à Pokhara. En effet cette petite ville, départ principal du trek autour des Annapurna, s'est vite développée autour d'un petit lac. La route asphaltée s’arrêtant là. La solution pour monter vers les nombreux villages allant jusqu’à Muktinath sanctuaire indou où un lingam de glace, symbole de Shiva (phallus représentant la fertilité lié au Dieu) fait se déplacer des masses de pèlerins. Forcement les sadhus vont être les principaux voyageurs ue l'on va croiser, car il faut, si l'on s'y rend a pied (à l’époque , le choix n’était pas de mise), plus de une semaine (voire plus) et on peut dire que cela monte raide à plus de 4000 mètres d'altitude. Voici une carte pour situer le sanctuaire : (Voir l'article original)* Donc nous trainions dans les rues de Pokhara en attendant de partir, pour une partie de notre groupe hétéroclite, pour Jomsom. En effet les plus sportifs d'entre nous s’étaient arrêter juste après Muglin (la ville bazar-arrêt-buffet-gare des bus) pour s'engager dans le tour complet des Annapurna. Un trek de plus de 15 jours par le Taurung pass culminant à plus de 5000 mètres. Les autres, moi en l’occurrence, pouvions alors trainer à Pokhara. Les bons restaurants le soir, les guest-house au confort spartiate avec les jeunes s'en occupant toujours à vous proposer de la bonne ganja accompagnée de bières, des balades sur le lac, une drôle d'ambiance tout de même ! La plupart des touristes étant des sportifs confirmés, juste là pour la performance « de se faire les Annapurna ». Nous devions partir rejoindre le groupe des « sportifs » à Jomsom juste en dessous de Muktinath. Pendant une semaine nous devions nous entrainer pour ensuite « supporter » la marche en montagne...No comment ! Yann nous avait aussi dit : « Profitez car en haut ce sera à la dure ! Dal bat tous les jours, finit les pizzas tibétaines et autres « délices » d'occident détournés à la manière népalaise ». Il nous avait tout de même donner une « mission », nous allions rejoindre les autres en avion, eh oui (nous, nous n’étions pas les sportifs, alors ?), un « tagazou » qui de Pokhara allait nous emmener directement, survolant la chaine de l'Himalaya, jusqu'à Jomsom.

On devait emmener là-haut un canoë biplace pour assouvir le désir de Yann et un de ses acolytes (kayakistes dans l’âme) de descendre une rivière extrême, la Saraswati river, rivière que seulement quelques intrépides dans le monde avaient déjà descendu ! On prit donc l'avion avec encore un matériel surabondant... Le trajet dura une demi-heure, mais d'un pur plaisir, au dessus des montagnes... Magnifique ! On atterrissait sur une piste caillouteuse qui devait avoir été enneigée il n'y a pas bien longtemps. On débarqua avec notre bardas au milieu de nul part, des sherpas nous proposèrent tout de suite leur service mais nous devions attendre la troupe dans un lodge, sur place ou dans les alentours. Le propriétaire nous attendrait au pied de l'avion ! Il ne vint jamais, mais on le trouva en fin de journée, enfin il nous trouva serait le terme plus juste.

En attendant, on traversa le chemin de notre futur trek, de l'autre coté de la piste d'atterrissage pour se rendre dans un boui-boui, on y trouverait surement l'occasion de boire un bon chaï. On attendrait et trouverions peut-être notre hôte par l’intermédiaire du tenancier, tout le monde devait se connaître ici ! Rentrant dans la petite maison faisant office de bar-resto-buffet de « l’aéroport », ce souvenir sera à jamais ancré dans ma caboche. Je remarquais avec surprise sur les murs de ce teastall à l’aménagement des plus simple, deux posters, pas de n'importe qui, non ! L'un était la photo de Jimmy Hendrix, mon idole de guitariste en herbe, lors de son fameux « solo avec les dents » mais dédicacée, merde ! Il était donc venu ici ? Pensais-je naïvement. Le proprio me dira qu'il l'avait rencontré à Katmandou « à la grande époque » ! L'autre poster, encore plus étonnant, était un superbe portrait, allez je vous le donne en mille, de Sophie Marceau ! L'ancien porteur, vendeur de ganja à ses heures à Katmandou dans les années 60 avait un faible pour l'actrice, tout de même, à près de 4000 mètres d'altitude, Sophie Marceau ne devait pas le savoir, avoir des admirateurs jusqu'au pied du sanctuaire des Annapurna ! On bu pour la première fois un thé au beurre rance (entre nous, c'est vraiment... Enfin, j'aime pas).

La journée à attendre notre logeur, au soleil, fut agréable, on fit comme en France sur une terrasse de café, on regardait les passants, enfin les marcheurs, sur le chemin de trek. On remarqua vite que ce chemin était une vrai autoroute de trekkeurs, certains à la limite de courir voulant surement faire le tour des Annapurna en mois de...du temps déjà établi...On remarquait aussi des porteurs en pagaille, portant de tout mais on les croisera tout au long de notre parcours montagnard. En milieu d’après-midi, notre hôte vint enfin nous trouver et nous emmena chez lui où il nous installa dans un grenier où des pommes entreposées pour l'hiver nous offrit une nuit plutôt fruitée. Le froid s'installant très vite, on intégra le rez de chaussée de la maison qui était chauffé où il nous proposa un repas royale, toujours pas le droit à notre ration de riz aux lentilles. Assis autour d'une table où dessous des braises réchauffaient les pieds et jambes des convives, on discuta de tout, enfin surtout de la France. En effet, il avait eu le bonheur, et semblait nostalgique d’être venu dans les Alpes à l'invitation de Jacques Baum, créateur de la maison du Népal à Gap, notre hôte étant l'ancien porteur de « l'himalayiste » confirmé, guide de haute montagne dans les Hautes-Alpes. Il respirait la nostalgie et parlait français (eh oui), alors il nous raconta son histoire en partageant avec nous une sorte de « calva » servit tiède, fait à partir de ses pommes. Reconvertit grâce à son ami Jacques en cultivateur de pommes et tenanciers de guest-house, à Marpha, où nous passions donc la nuit. C’était le lieu de rendez-vous avec « nos sportifs » à une heure de marche de Jomsom, altitude 2800 mètres, permettant de faire cette culture fruitière. Une belle reconversion pour cet ancien porteur qui avait fait quasiment tous les sommets du petit royaume du Népal. On se coucha donc dans l'odeur de pomme et avec une demi-cuite au calva locale. Le trek commençait dans les meilleurs hospices. Le lendemain, pas de nouvelle des marcheurs, notre groupe se sépara en deux, certains voulant se rendre à Muktinath mais nous, mon ex compagne et moi resterions dans les alentours avec notre hôte...On visita des membres de sa famille dans les hauteurs de Marpha où se nichait d'autres petits villages, on en prenait plein les yeux ; tissage, élevage, coutumes. On fit aussi le tour des plantations, on fuma pas mal d'herbe de la production locale et on bu forcement beaucoup de leur calva que l'on commençait à vraiment apprécié (dans le groupe, il y avait les sportifs, les ingénieurs (demi-sportif) et nous les soulins ! On ne se refait pas). On découvrit donc l'accueil chaleureux des népalais, peuple souriant et toujours prêt à vous donner, même ce qu'il n'ont pas, quel beau peuple !

Le soir, l'autre sous groupe revint de Muktinath avec les sportifs. Ils avaient eu beaucoup de neige, avaient croisé de nombreux sadhus, transit de froid, habillés de leur simple robe de moine, vu des yacks chargés comme des ânes accompagnant les colonnes de porteurs montant toutes sortes de denrées essentielles à la vie des villages perchés le long des pentes des Annapurna. De vrais autoroutes de trekkeurs certes mais surtout de marchands ! On croisa même une colonne de 50 porteurs qui montait une bobine de fil de ligne électrique moyenne tension pour équiper la future alimentation en électricité de village en amont. La bobine qui devait peser son poids était déroulée de son socle en bois comme on peut le voir en France par exemple, elle était portée sur l’épaule de chaque porteur sur une centaine de mètres, les gamins qui fermaient le convois portaient déjà eux aussi, mais seulement les pots et ustensiles pour subvenir au repas et bivouac du groupe, une charge surement importante. De vrais forçats, sachant que pour arriver de la vallée, ils allaient mettre au moins 20 jours pour acheminer ce modernisme de centaines de kilos dans des altitudes incroyables. Peut-être y aurait-il une route un jour ? (au dernière nouvelle, 20 ans plus tard, la route n'est pas loin de Jomsom!).

Le lendemain, aux aurores, nous allions enfin partir pour rejoindre la vallée, nos deux kayakistes nous retrouveraient à des étapes précises où le chemin rejoignait la rivière. (Suite au prochain numéro...)

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Autour des Annapurna ! (deuxième partie & fin)

La première partie du trek jusqu'à Kallopani (littéralement voulant dire « eaux froides ») fut des plus facile puisque nous longions la rivière Saraswati, une grande gravière en pente douce, à cette époque le lit de la rivière était d'une telle largeur que les eaux devaient être tumultueuses lors de la période de crue. Nous prenions le temps d’observer le paysage somptueux, nos sacs-à-dos ne nous faisant pas encore trop souffrir. Les Annapurna étaient somptueux, ils fendaient le ciel d'un bleu étincelant, nous passions aussi tout prêt du glacier Daulaïgiri, les blocs de glace, énormes, tombant de la montagne presque à portée de mains. Nous avancions et remarquions dans de petits champs délimités par des murets de pierre des cultures de ganja et à force d'en voir on décida de se servir de quelques têtes que nous ferions sécher sur le haut de notre sac-à-dos au cour de nos marches journalières. Cela fut trop tentant...de toute façon, cela poussait même le long des chemins à l’état sauvage.

Le soir, après presque 12 heures de marche tout de même, bien fatigués, nous nous arrêtions dans un lodge et là encore, le repas proposé n’était toujours le dal bat promis...Décidément, le népalais savait y faire pour faire monter à dos d'hommes du Coca entre autre (décidément la firme d'Atlanta est implantée partout) et tout ce qu'il fallait pour confectionner toutes sortes de mets de la cuisine internationale. Avant d'aller nous coucher, un groupe de trekkeurs arriva donc très tard, avec fracas. Des israéliens ! Bruyants et arrogants, sans dire le moindre bonjour, accompagnés de leurs porteurs, très en colère contre eux. Un des leurs était malade et avait passé le col de Taurong pass, pieds nus avec ses kilos sur le dos, il était déjà malade. Personne ne lui avait donner de médicaments, ne serait-ce que du paracétamol pour lui faire baisser la fièvre. Personne ne lui avait payé ou offert de nouvelles chaussures, à les entendre, ce n’était pas prévu dans le contrat ! On s'empressa de lui donner de l'aspirine et on lui refilait une paire de basket, celle que l'on portait dans l'avion ! Vous auriez vu l'expression de son visage, tellement il était heureux, et nous qu'est-ce cela nous avait couté ? Pour la suite du trek de ce groupe d’israélien, cela était compromis, la grève guettait du coté des porteurs. Nous remarquerions au cours de nos nombreux voyages le comportement de la plupart de ses touristes un peu spécial. Après leur armée obligatoire, un congé avec solde leur était offert à condition qu'il parte à l’étranger. Le problème, très peu de pays acceptaient leur présence (musulmans principalement) et l'Inde et le Népal était la destination phare de leur périple à l’étranger. La guerre en Palestine devait les rendre ainsi, c'est à dire à la limite du fréquentable, on leur cherchait des excuses mais au fil du temps on verrait que leur comportement était ainsi, personne les aimait. Encore aujourd'hui, demandez aux thaïs ce qu'ils en pensent, venant aussi en masse sur khaosan road et dans les iles du sud !

Les jours suivant furent un peu plus difficile, du à notre manque d'entrainement mais le plaisir de marcher devenait réel. Les népalais étaient toujours aussi souriant, les gamins, morveux et sales n'avaient vraiment que faire de l’école mais surtout les adultes ne s'en souciaient guère. Une ritournelle, agaçante à force, était ce que l'on leur avait dit de répéter tout le temps à notre passage : « one roupie, one pen ». On se demande bien qui de leurs parents ou des touristes leur avaient mis cela dans la tête. On perdit de vue nos kayakistes qui avaient surement du être obliger de bivouaquer, les chemins devenant escarpés, nous longions de magnifiques gorges . Nous commencions à traverser de plus en plus souvent de grandes passerelles suspendues au dessus de rivières et cours d'eau. Souvent en bas nous pouvions voir une ancienne passerelle qui avait rompue un jour...Cela n’était pas trop rassurant. Les chemins passaient aussi très souvent au bord de la montagne, taillés dans celle -ci où le passage étroit permettait à peine de croiser d'autres marcheurs ! Le précipice étant très souvent de plusieurs centaines de mètres. On croisa très souvent des caravanes d’ânes chargées de tout ce qui permettait d'alimenter la foule des guest-house le long du chemins de trek, et croyez moi, eux les ânes, une fois partis, ils ne s’arrêtent pas et deux fois je dus me rabattre contre la paroi, l'impression de vertige étant de plus en plus forte. Aussi un autre conseil, lorsque vous traversez ces passerelles tendues au dessus de vide gigantesque pour passer d'une montagne à l'autre, ne vous arrêtez jamais au milieu ! Marchez régulièrement et ne faites pas attention à l’oscillation, sinon si elle s'accentue la panique peut vous faire faire de grave connerie. Mon ex, prise de panique au milieu d'une d'entre elle, pensait tomber, attirée par le vide, la passerelle dodelinait de plus en plus, nous avions beau lui dire d'avancer, rien y faisait, heureusement une caravane d’ânes s’étant engagée sur la passerelle lui fit bouger son cul et sortir de cette situation délicate.

Enfin nous arrivions à Tatopani « les eaux chaudes », à moins de 1000 mètres d'altitude, là où les orangers peuvent pousser. Nous retrouvions nos deux aventuriers et s’offrions une pause pour profiter des source d'eaux chaudes, pour nous relaxer. Des petites piscines aménagées le long de la rivière permettait de faire rentrer de l'eau de la rivière dans le bassin de la source d'eau chaude presque bouillante...Un SPA naturel au milieu d'un décor de rêve. Nous rencontrions aussi les femmes, car comme dans beaucoup de pays du sud où il y a de l'eau, il y a des femmes ! Soit pour transporter l'eau et l'emmener dans leur maison ou alors pour y laver leur linge et faire leur toilette...Nous passions du temps avec elles et apparemment, on s’était trompé de source ou d'heure car elles rirent de nous voir là. On ne comprit pas tout ! Mon ex épuisée des marches forcées n’était pas là et nous n’étions que Yann et deux autres hommes. On nous avait bien dit que les mœurs des femmes de certaines ethnies étaient légères, enfin légère du jugement des judéo-chrétiens. Souvent au Népal, au sein de certaines tribus, les femmes avaient plusieurs maris et non l'inverse comme dans beaucoup d'endroit du monde. Dans les villages que nous traversions elles étaient souvent seules avec des enfants mais nous ne voyions que très peu d'hommes, quelques vieillards, enfin qui le paraissaient. Les hommes étaient simplement porteurs et alors absents ou alors mort, la moyenne de vie à l’époque n’étant que de 40 ans et des poussières pour les hommes ou comme elles nous le dirent près de la source, juste avant leurs ablutions, elles les avaient virées de chez elle et c’était mieux ainsi ? L’après-midi fut torride pas seulement du à l'eau chaude et au magnifique paysage...Elle n’attendirent pas notre sortie du bain pour y plonger à leur tour, mais je ne m’étendrais pas, même s'il y a prescription désormais !

Nous mangions bien et dormions bien malgré les courbatures, et si nos deux bateliers continuèrent tout droit plein sud leur descente de la rivière, nous allions commencer notre approche de Pokhara. Encore trois jours. Pourtant sur la carte IGN, cela représentait que quelques centimètres alors qu'en 5 jours nous avions parcouru dix fois voire vingt fois plus que ce qu'il nous restait à faire pour terminer le trek. Ce n’était pas sans compter sur les petites lignes noires de ces cartes très bien faites, marquant les différences de palier d'altitude. La dureté du chemin nous obligea vraiment à nous délester du superflu de nos sacs, pas le choix. De 800 mètres d’altitude exactement à Tatopani puis après quelques passerelles gigantesques enjambant trois rivières, un col se présentait devant nous, abrupte à plus de 3000 mètres. Nous mettrons la journée à grimper sans arriver en haut du col. Le délire ! Des passages où il fallait même s'accrocher au tronc de quelques petits arbres pour nous hisser et continuer l'ascension. À cet endroit plus de caravane d’ânes, impossible mais des porteurs qui vous attendent à chaque coin du parcours avec leur dextérité à transporter des charges « d’ânes » juste avec une sangle sur le front, leur charge pendante dans le dos nous rendit admiratif. Les reposoirs en pierre aménagés tous les 50 mètres pour qu'ils puissent poser leur lourde charge et souffler. Ils avançaient pieds nus sans rien dire, même avec le sourire parfois . La souffrance en souriant, incroyable! De notre coté, on commença à comprendre très vite la difficulté car de nombreux jeunes gamins voyant notre souffrance marchaient près de nous et nous interpellaient : « porteurs, porteurs ? ». Nos sacs-à-dos de 15 kilos représentaient un amusement pour eux car pour les porteurs aguerris la charge devait être énorme , on en a même croisé un avec quatre caisses de Coca Cola de 24 bouteille en verre chacune, près de 80 kilos. Tout cela pour que l'on ait du Coca à 4000 mètres d’altitude, n'importe quoi !

Il est vrai que les porteurs ne faisaient que des aller et retour entre la route aménagée non loin de Pokhara et Tatopani où là, les ânes prenaient le relais, mais tout de même . S'ils peinaient dans la montée et c'est le moins que l'on puisse dire dans la descente du col toujours pieds nus, nous le constaterions, ils couraient et sifflaient pour que l'on dégage la voie, nous empotés et les genoux fracassés pour nous freiner et tenter de descendre sans nous casser la figure... Impressionnant ! Alors ? Lors de cette ascension, avions-nous craqué à l'offre alléchante des porteurs ? Eh bien non, par contre, nous nous délestions de la moitié de notre sac. Adieu laine polaire et tout le toutim...A Tatopani, il faisait déjà très chaud, je le rappelle, les orangers y poussaient ! Par contre lors de notre stop dans la montée du col, ils nous restaient qu'une heure de marche pour l'atteindre mais on était à bout, on le regrettera, car on s'est pris un coup de froid phénoménal. Le lendemain, nous repartirions, de la neige craquant sous nos chaussures de marche, car je le rappelle nous, nous étions équipés du feu de dieu alors que les népalais, eux, étaient pieds nus...Un peuple de montagne, endurant, courageux et dur à la tache...

Un peuple magnifique et d'une gentillesse incroyable, car le dernier soir, un jour avant de retrouver la route en cours de construction montant vers je ne sais où, on passa la soirée avec eux à picoler de la « roxi ». Ils logeaient dans les lodges gratuitement, en fait avant que des couillons comme nous viennent perturber cet équilibre, avant que l'on ait envie d'acheter des pizza, du Coca et je ne sais quoi tout au long du tour des Annapurna ! Désormais, les temps changeaient, ils devaient payer leur nuit, certes cinq fois moins cher que nous mais ils dormaient sur des nattes et en groupe autour d'un feu. Le couvert était aussi devenu payant et là, je vous le promet qu'il mangeait que du dal bat, en fait du riz recouvert d'une louche d'un curry de lentilles et c'est tout. Avant de quitter les porteurs-camionneurs, un de ceux-la, nous dira que pour eux à l'instar des porteurs à touriste, tout était gratuit pour eux, seul le troc ou l'apport de denrées importantes leur permettaient de dormir où ils le voulaient.

Le dernier jour, nous repartions donc vers Pokhara, vers ce confort qui nous avait à peine abandonner durant notre trek. Nous y reviendrions l’année d’après pour revoir nos amis népalais de notre premier voyage et ce fut encore un autre choc tellement cela était devenu encore plus grand et moderne, même ceux que l'on avait vu l’année d'avant avaient radicalement changés depuis, peut-être était-ce nous qui avions changés d'ailleurs ? Depuis, je n'y ai jamais remis les pieds, la route monte désormais, à ce qu'il paraît très haut dans la montagne ! Les porteurs sont ils devenus juste des guides ou chauffeurs de camions et bus en tous genres ou les a t-on oublié sur le bord du chemin sans le sous ? C'est fort possible ! Il y a donc vingt ans nous repartions vers Katmandou, heureux de « notre exploit sportif », mais remettons tout cela dans l'ordre...Le tour des Annapurna était déjà une autoroute à touristes en mal d'aventure, nous en faisions partis à l'invitation de mon ami, et cela reste un beau souvenir, un très beau souvenir, un challenge pour un non sportif, je n'ai plus de photo de cette époque mais elles sont toujours dans ma tête . L’émotion, les sourires de ces gens magnifiques que j'ai pu croisé sur ces chemins de montagne sont encore, tel le premier jour de ce voyage, intacts et émouvants !

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Katmandou ! Freak street...

Nous continuions donc notre voyage, notre visa népalais valable un mois arrivant à expiration. (Pour ceux qui n'auraient pas suivi cette série d'articles dont celui-ci comme d'ailleurs encore quelques autres qui suivront, décrit ma première rencontre avec le continent asiatique en 1991). Nous partions de Pokhara avec la ferme intention de rejoindre Katmandou pour y passer nos derniers jours dans ce magnifique pays. Nous étions déjà passés deux fois, mais très rapidement, trop rapidement. On prenait donc cette route passant par Muglin, de nuit, toujours totalement défoncée, elle nous emmenait dans la capitale népalaise .

Au petit matin, à notre arrivée, le reste du groupe, ingénieurs , semi-sportifs et le reste repartaient vers leur dur labeur en France. Ouf ! En effet, être parachuté dans un groupe dont on ne connait personne où l'on doit supporter les défauts de chacun pour que le voyage se passe bien n'est pas chose aisée. Je ne leur jette pas la pierre car nous devions, mon ex compagne et moi, être aussi pour eux une source de conflit renfloué ! Enfin, le destin (écrit) faisait que nos chemins se sépareraient enfin là, ce matin de novembre 1991.

Une brume épaisse et un froid de canard galbaient la ville. Nous ne serions plus que trois, Yann resterait avec nous. L'obligation d'organiser quoique soit n’étant plus de mise, nous allions nous installer dans le quartier mystique de Freak street, le lieu où dans les années soixante, nombreux hippies du monde entier se donnèrent rendez-vous. On avait bien-sur l'intention de croiser quelques rescapés de cette époque ! On en verra aucun ! On s'installa dans un lodge, « friendly home ». Un livre d'or à l’entrée du bâtiment totalement désordonné où des couloirs et escaliers à n'en plus finir auraient découragé un amateur de labyrinthe, un vrai dédale, nous montra que nous ne nous étions pas trompés d'endroit. On pouvait lire des appréciations diverses émises par des routards, petits billets datant d'avant 1970. Des adresses, des liens, des appels au secours, des rendez-vous manqués, de tout mais nous ne pourrions pas tout lire, même si l'envie fut forte, on y aurait passé le reste de la semaine. Freak street se trouve derrière Durbar Square, lieu où temples et palais s'enchevêtrent. Le quartier ne représentait à peine que deux rues où restos, boutiques en tous genres et lodges occupaient tout l'espace.

Un nouveau quartier, Thamel, à l'opposé de la ville prenait forme, Freak street devenait « hasbeen » à entendre les jeunes gamins-guides qui devaient être commissionnés pour emmener le chaland à l'autre bout de la ville, hôtels modernes et tout le toutim étaient devenus dans l'air du temps ; le tourisme de masse pourraitKatmandou ! Freak street... bientôt commencer. Le Népal voulait également se débarrasser de sa réputation de ville des hippies ou pseudo fumeurs de Shilum. Le pays convoitait ce nouveau touriste, le trekkeur, plus fortuné et plus propre sur lui (en apparence seulement). La drogue devenue illégale, les visas court-terme étaient privilégiés et l'Everest et autres sommets dont l’accès étaient depuis facilité (administrativement), la mutation pouvait donc débuter.

Enfin, il y avait de beau reste du coté de Friendly home. Le bâtiment, moderne, au fond d'une coursive collait une bâtisse moyenâgeuse comme tous les édifices du centre de Katmandou, des maisons construites telles des œuvres d'art. Tout le quartier était fait de vieilles maisons dont l’étage était de bois sculpté et de fenêtre au panneaux de bois rivalisant de virtuosité artistique. Les népalais sont talentueux et cela ne datent pas d'hier, ils travaillent le bois merveilleusement, la terre, les tissus et sont d'une ingéniosité sans limite !

Nous partagions donc une chambre à trois lits sous les toits de tôle ; je précise « de tôle » car aux aurores, chaque matin, nous étions réveillés par des pigeons, eux-mêmes s’éveillant à chaque nouveau jour, trottant, fricotant, faisant un barouf du feu de dieu sur « notre toit » et nous obligeant à nous lever tôt, mais cela nous procurerait le bonheur de profiter du lever de soleil. Nous avions désormais un bon entrainement de marcheur et nous voulions parcourir la ville et rencontrer les gens de Katmandou. Nous irions dans l'ancienne capitale Bhaktapur (à pied bien-sur), visiter le Sawanbhunat et rencontrer nos premiers babouins à cul rouge qui attendaient le moindre faux-pas des touristes montant à la stupa pour leur voler de la nourriture. Nous irions sur les ghats des crémations, un peu en dehors de la ville, lieu où les gens de la ville mais aussi de nombreux sadhus venaient se dématérialiser pour pouvoir renaitre dans de meilleurs hospices ou même pour les plus méritants, atteindre le nirvana. Nous irions donc un peu partout, adeptes de la marche ; nous découvrions une nouvelle drogue : Le sport ! Nous éviterions au maximum les extérieurs du périphérique, tout simplement pour éviter de le traverser ou de s'en approcher, totalement englué de rickshaws et véhicules en tous genres, l'endroit étaient déjà totalement pollué, irrespirable. Aujourd'hui, il paraît que c'est l'enfer. Comme des entrailles de la terre, la fumée envahit le moindre centimètre carré de la nouvelle ville. Katmandou est une cuvette (un peu comme Chiang Maï, ici en Thaïlande) et les fumées des pots d’échappements ont du mal à rejoindre l’atmosphère. Nous allions passer beaucoup de temps dans Durbar Square, assis sur les marches des nombreux temples, à contempler la vie grouillante de la vieille ville quasiment interdit d’accès à quelconque véhicule ; la taille des rues et le monde, obligeant l'endroit à être d'office « piétonnier ». Les ruelles traversant cette vieille ville étant un gigantesque marché de légumes, fruits et tout ce qui était nécessaire à la ménagère de Katmandou, mais aussi aux touristes très nombreux, enfin touristes très visibles, (je dis cela, car en INDE, on est totalement noyé dans l'espace et la foule !). On rencontrera beaucoup de tibétains, des moines bien-sur en grand nombre, les népalais que l'on croisera étant toujours là pour nous proposer un business quelconque ou une arnaque possible (j’exagère forcément mais cela n'en était pas loin).

Nous aurions aussi le privilège de voir la Kumari, dont les gens venaient se recueillir devant la fenêtre de son palais, pour les aider dans leur désir de procréation. La Kumari, une petite fille choisie presque au hasard parmi les gens de la montagne. Une condition, elle devait être vierge, pauvre et correspondre au cycle des réincarnations de la toute première princesse. Dès le premier jour de ses menstrues, elle serait remplacée par une autre jeune fille choisie par les prêtres qui géraient l'affaire, parcourant sans cesse le pays pour trouver la gamine idéale dont la date de naissance, les comportements, les signes divins devaient correspondre à la légende de cette déesse vivante. Une aubaine pour les paysans népalais qui espéraient tous que leur fille soit choisie par les prêtres...Leur conditions de vie changerait pour toujours !

On découvrait aussi la cuisine tibétaine car la cuisine népalaise, (comme je le dis dans des articles précédents) je ne parle pas de « l'international food à la mode du Népal », se cantonnait au Dal Bat ou au mieux à un semblant de cuisine indienne. Les tibétains eux emmenaient des nouveautés, des ragouts mais surtout leur fameux « momo » dont nous étions friands (les momo étant des bouchées de farce de viandes ou de légumes enveloppées d'une pâte cuite à la vapeur ou simplement frite, un peu comme des friands d’où « nous en étions friands », stop Jeff, tu divagues!).

Nous passions donc nos derniers jours aussi dans la contemplation, pas seulement à marcher (il fallait bien finir le stock d'herbe cueillit dans la montagne avant de passer la frontière indienne) ! On reviendrait l’année suivante mais sans que cela nous donnent l'envie d'y retourner...Eh ! Entre temps nous avions découvert l'Inde (comme je le dis plus haut) et comme vous le diront nombreuses personnes, si on accroche dès la première fois avec « Mother INDIA », il est difficile de s'en passer et donc d’apprécier à sa juste valeur ses pays limitrophes (en ce qui me concerne à part L'ISAN dont je suis totalement en addiction, le reste est du pipi de chat, enfin cela est un avis personnel car comme je le dis souvent et comme le disait feu mon grand-père, « les gouts et les couleurs, ça ne se discute pas »).

Nous faisions notre paquetage et décidions de nous rendre en Inde par le bus, un bus VIP et direct en plus, une nouveauté, à entendre le mec de l'agence de voyage, une nouvelle route vers l'est et pas de changement de bus à la frontière comme cela se faisait habituellement à Sonauli par la route rejoignant Gorakpur au nord de Bénarès du coté indien. Katmandou-Delhi en 36 heures à les entendre, un pur confort. Départ à 5 heures du soir de Katmandou. Inde nous te rejoindrions le lendemain aux aurores et en fin d’après-midi nous serions à Delhi. Que du bonheur, le « trip » allait pouvoir débuter !

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Katmandou-Delhi : Un voyage au Tibet ? (Première partie)

À cinq heures du soir, dans la pénombre d'une ruelle de Katmandou, nous étions prêts pour embarquer dans notre bus qui allait nous emmener en Inde. Nous faisions déjà le pied de grue devant l'agence qui nous avait vendue les billets la veille et déjà, le départ prévu à cinq heures, ne pourrait pas avoir lieu à l'heure dite. Tous les trois avec nos sacs à dos désormais réellement allégés depuis notre arrivée au Népal un mois plus tôt, attendions. Le superflu avait déjà été donné ou abandonné sur place. Le matériel servant à nos descentes de rivières avait été vendu à une agence de rafting de Thamel. L’agence de voyage était donc encore fermée et le fameux bus VIP n’était ni devant, ni à proximité du lieu de départ prévu ! Cela commençait bien ! Enfin nous avions nos tickets, on attendrait, il fallait s'y faire, en Asie , l'attente fait partie de la vie du voyageur.

Un jeune arriva enfin et nous dit que le bus allait arriver. Il devait être sept heures lorsque le bus bariolé de couleurs vive arriva, hurlant de tous ses klaxons pour nous prévenir de son arrivée. Extérieurement très kitch, par la porte de la montée des passagers, nous reconnaissions le petit jeune de l'agence. Grand sourire et Namasté de rigueur, les sacs furent chargés sur la galerie, nous gardions un petit sac avec passeport et petit nécessaire pour un voyage qui allait durer tout de même 36 heures. Vous rendez vous compte, 36 heures. Alors qu'en France on venait de mettre le TGV pour relier Nantes à Paris en deux heures pour éviter les quatre heures avec le train corail ! C’était notre premier voyage en Asie et notre notion du temps devait être totalement relativiser lorsque l'on voyageait par là-bas , enfin du moins en INDE, Népal et même en Thaïlande. Nous montions dans le bus et nous retrouvions la configuration des sièges habituellement proposée au Népal : une rangée faite de deux sièges, une coursive centrale puis trois sièges. Pour une carrure européenne, c'est un peu léger mais comme nous étions seuls, nous nous sommes dit que vu l'heure, on pourrait surement s’étaler sur les sièges par la suite. Là encore, il ne faut pas rêver, en Asie, on ne voyage ni à vide, ni à moitié vide, on voyage à plein coûte que coûte, d'autant plus sur un trajet de presque deux milles kilomètres, il faut rentabiliser, optimiser !

Le bus s’ébranla et tourna un moment dans les petites rues de la capitale. Nous fîmes un premier arrêt pour prendre deux passagers, un couple d'indien qui devait faire du business vu le nombre de colis emballés dans de la toile de jute cousue qu'ils hissèrent sur le toit. Nous repartions et roulions pas mal de temps, assez pour l'on commence à croire que nous voyagerions avec un tout petit nombre de passagers, en plus nous nous arrêtions même pour manger mais nous étions toujours dans la grande banlieue de Katmandou; tournait-on en rond ? Les rues non éclairées, et le nombre de détour que nous faisions nous donna l'espoir que nous partirions à cinq avec l’équipe des chauffeurs-mécanos qui eux étaient trois. Tout d'un coup, on vira dans un chemin en terre où les nids de poules, plutôt d'autruches d'ailleurs, faisaient légion. On avançait doucement et je reconnaissais la rivière qui traverse les faubourg de Katmandou. Des cabanes en tôles longeaient le chemin. L'odeur allait de paire avec cette rivière quasiment à sec qui était un vaste dépotoir. On avançait donc tant bien que mal puis le bus stoppa dans la nuit noire. On ne voyait rien à travers les vitres du bus. Par contre, on entendait nos chauffeurs partis dans de grandes discutions, très animées. On ne voyait rien, mais on sentait du mouvement, de l’activité, on entendait bien qu'il y avait de la négociation dans l'air. Un des gars du bus monta et ouvrit toutes les fenêtres, il devait être déjà minuit.

Tout d'un coup, on entendit un grand bruit, le bus bougeait de tous les cotés, on chargeait de quoi sur la galerie. Puis par les fenêtres, on vit d'abord des valises d'un autre temps passer par celle-ci puis des gens, d'abord des enfants porter à bout de bras pleurant à chaudes larmes, puis par la coursive des femmes et des hommes apparemment pressés de prendre leur place. Nous resserrions les rangs sur la première rangée de l'habitacle. Tous les trois sur une banquette et le couple d'indien sur les deux sièges opposés. Un flux continu de personnes rentrait par le couloir et par les fenêtres, dans une excitation impressionnante. Le staff gueulait, je ne sais quoi. Il y avait de l'ambiance. Nos compagnons de voyages une fois tous installés, plutôt entassés dans le bus, durent redescendre pour certains avec leurs valises pour ne pas avoir à voyager avec celles-ci sur leur genoux. Nos futurs camarades de route se retrouvaient presque à quatre voire cinq par banquette. Lorsque je disais que nous ne voyagerions pas à vide! Puis solennellement, deux personnages montèrent en dernier. Un prêtre tibétain, apparemment très respecté, accompagné d'un jeune homme d'origine chinoise, on le su plus tard, habillé d'un costume style année 50 avec une grande écharpe blanche autour du cou, bénédiction que les Bouddhistes tibétains offrent généralement à leurs hôtes. Ils nous saluèrent. Le moine parla et le silence se fit automatiquement. Nous étions déhanchés et regardions la scène. Le couple d'indien restait dans leur carapace, droits dans leur bottes, apparemment agacé par la situation et inquiets, demandant à un jeune du staff dans une voie feutrée de faire attention à leur chargement. Tous nos compagnons de voyage, sans exception, nous firent alors un « waï, Namasté » mains jointes et nous retournèrent un magnifique sourire. Yann nous dit que ces gens étaient des tibétains, alors nous leur lancions un "Tashi Delek”, le Namasté tibétain. Les indiens continuèrent de les ignorer.

Le bus s’ébranla dans la nuit froide, tous fermèrent les fenêtres, très rapidement l'odeur fut très forte. Nous ne le savions pas, mais les tibétains du cru n'avaient pas l'habitude de se laver, il est vrai que sur les hauts plateaux, l'eau doit être plutôt glaciale pour s'adonner au plaisir de l'ablution quotidienne. On s'habitua, à force. Le bus sortit de la capitale et presque tous les gens du bus entonnaient des chants religieux. Le grand moine qui s’avéra être un Rinpoche, un vénérable, nous expliqua la situation. Tous ces gens étaient des réfugiés tibétains qui avaient survécus à la traversée de l'Himalaya pour rejoindre le Népal. Il s'excusa de leur rusticité, nous présenta son jeune voisin qui s’avéra être un jeune étudiant dissident qui avait traversé lui aussi l'Himalaya pour fuir la République Populaire de Chine. Il nous rappela que deux ans auparavant, il était sur la place Tien an Men et qu'il fuyait le régime communiste, se cachant sur les hauts plateaux du Tibet depuis plus deux ans. Nous venions de prendre au « Tibetan refugies Camp »de Katmandou de pauvres paysans persécutés par l’armée chinoise, ils voulaient juste rejoindre le Dalaï-lama, en Inde à Dharamsala.

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Katmandou-Delhi : Un voyage au Tibet ? (deuxième partie & fin)

Après deux heures de routes, nous nous arrêtâmes en pleine nuit dans un bled où s’échelonnaient tout le long de la route, des boutiques de réparation automobile, des teastall et restos. Les jeunes nous invitèrent à descendre pour une pause toilette, réveillèrent un pauvre gars dormant sur un charpoï devant une des boutiques pour qu'il fasse du thé pour tout le monde. Rinpoche distribua de l'argent à chaque passager pour qu'ils puissent s'acheter des friandises et boire un thé. Apparemment l'argent, « nos tibétains »(je les appellerais ainsi...) n'en avaient jamais vraiment vu, le moine leur expliqua le fonctionnement et alors tous achetèrent tout et n'importe quoi à manger dans une frénésie consumériste. Ils mangeaient comme des bêtes affamées et tout leur argent fut très vite dans les poches des boutiquiers de ce bled dédié à la route. Une bonne heure plus tard voire plus, tous remontaient dans le bus, non sans difficulté car deux ou trois manquèrent et le bus dût faire marche arrière pour récupérer tout le monde. On commençait à s'assoupir et là, commença la ritournelle des gens malades, enfin subissant le mal des transports !

Tout devait être la première fois pour eux et le fait d'avoir englouti tout et n'importe quoi, ajouté à cela le tangage du bus fit que quasiment tous se mirent à vomir. Une horreur, et puis comme nous n’étions pas en reste, nous aussi on s'y est mis, il n' y avait pas de raison. Le couple d'indien était au comble de l'outrage. Le jour se leva, une odeur insoutenable nous accompagnant, on s’arrêta dans un vrai village ou de petits restos proposaient le fameux DalBat. Pendant ce temps la staff avec le grand moine aidé de femmes tibétaines nettoyèrent le bus. Nous, nous mangions mais je ne me rappelle plus avoir vu un seul tibétain se restaurer ; Il se méfiait désormais, peut-être étaient-ils malades pour de bon ? Par contre, ils restaient joyeux, ils regardaient toutes les boutiques, n’arrêtaient pas de nous sourire comme pour nous remercier de leur liberté soudaine. Nous avancions vers l’ouest puisque le soleil gros comme une énorme orange se profila a l'horizon à l'arrière du bus puis au moment où il disparut derrière la montagne plein ouest, nous avions fait une journée de trajet complet, le ciel se transformerait bientôt en une myriade d'étoiles, on nous indiqua alors que nous étions arrivés à la frontière indienne.

Les tibétains voyageaient sans passeport, un accord entre les autorités tibétaines en exil et le gouvernement indien leur permettant de rejoindre l'inde sans le moindre titre de voyage, une évidence, le Tibet n'était pas un pays et les autorités chinoises n'étaient pas prêtes à délivrer des passeport comme ça, encore moins aux tibétains ! On nous demanda de sortir et nous fîmes alors connaissance du douanier indien. Grand, moustachu avec un air pas du tout rigolo, je me rappelais alors les grands flics bangladais. On nous fit passer la frontière à pied pour vérifier nos visas et passeport. Le bus était toujours de l'autre coté , au Népal. Rinpoche négociait, enfin avait une vive altercation avec ce qui devait être le chef du poste frontière. Enfin tous remontèrent dans le bus qui avança vers nous. Tous redescendirent très rapidement et nous, les deux indiens et nous trois, on nous invita à remonter à l’intérieur et de ne pas en bouger. On voulait surement pas que l'on assiste pas à ce qui allait se passer. On voyait bien de toute manière qu'il y avait un hic. On était à la fenêtre. Ils descendirent alors tous les sacs, valises et colis du toit. Le staff nous remis nos sacs que nous devions garder avec nous. Ensuite, avant d'identifier leurs sacs et valises, "nos tibétains" les ouvrirent, le moine lui passait par derrière avec une grande besace et récupérait des affaires que leur donnait ses congénères. Il grimpa dans le bus et nous demanda si l'on pouvait pas mettre dans nos sacs ce qu'il avait collecté. Il avait peur du racket des douaniers indiens. On accepta sans rechigner, même si certaines lectures de récits d'aventures ou d'avertissement des ambassades françaises à leurs ressortissants auraient du nous faire refuser. Les douaniers se mirent alors à fouiller et vider tous les sacs. Les tibétains ne disaient rien, soumis, et remirent leurs maigres biens dans leurs sacs. Tout le monde aida à hisser de nouveau tout le barda sur le toit et tous remontèrent dans le bus qui démarra enfin, mais nous ne fîmes que 50 mètres et de nouveau les douaniers montèrent dans le bus. Un nouvel officier encore plus typé « rajput »qui devait être le grand chef demanda à ses sbires de fouiller une nouvelle fois tous les sacs, ceux qui étaient à l’intérieur du bus. Tous s’exécutèrent mais étrangement, au moment où nous présentions nos sacs, on ne nous demanda pas de les ouvrir. Le grand chef indien était en colère et commença à s'en prendre à notre moine. Ils descendirent et on voyait bien qu'il nous désignait très souvent de sa courte matraque. Tout le monde flippait et nous aussi. Ils avaient fouillés deux fois les sacs et apparemment ce qu'ils cherchaient n’étaient plus dans les sacs des réfugiés tibétains. Il en avait déduit que, ce qu'il voulait récupérer devait être dans nos sacs. On commença à se dire que cela allait chauffer pour nous. On avait encore « Midnight Express » en tête, le film de Charlie Parker, pour ne pas exagérer. Après deux heures d’âpres négociations de la part de notre moine, il sortit une liasse de roupies, impressionnante et s’agenouillant devant le douanier, les mains jointes, lui tendit l'argent tout en lui disant quelques choses en mode répétitif. La colère était dans les yeux du chef, puis au bout d'un moment, remarquant la peur dans nos yeux et dans celles de nos humbles compagnons de voyage, sûrement satisfait de sa supériorité, prit l'argent, tourna sur ses talons et descendit du bus, cria au chauffeur un « jallo », et sans se faire prier, en première à fond les bielles, nous laissâmes ce no man's land derrière nous. Il faisait nuit noire, nous avions passé plus de six heures à la frontière.

On attendit un bon moment avant de parler, le calme était dans dans tous les coins du bus puis nous redonnions à Rinpoche, ce qu'il nous avait donné à cacher dans nos sacs. Il était désolé de ce qui s’était passé et se confondit en excuse, il voulut nous dédommager avec de l'argent pour le désagrément, on refusa bien-sur, puis avec un sourire retrouvé, il nous raconta l'altercation qu'il avait eu avec le douanier, qu'il leur avait tout donner, enfin du moins tout ce qui était de valeur, enfin presque sourit-il. Nous avions passé un malheureux appareil photo, une théière en argent, quelques bijoux qu'il s'empressa de redonner à leur propriétaire. Tous nous remercièrent les uns après les autres venant près de nos sièges et s'agenouillant mains jointes devant nous devant le regard décidément toujours aussi outré du couple d'indien qui commençait, lui aussi à nous taper sur le système . Leur air hautain était déplacé et ils auraient du plutôt s'excuser du comportement de « leurs douaniers ». Le moine puis l’étudiant nous expliqua « in fine » d’où vint réellement le problème à la frontière. À la première fouille, les douaniers firent l'inventaire des biens de chaque passager et reçurent leur bakchich. Mais lorsque le grand, le chef sut que l’étudiant chinois avait des diapos compromettantes, il décida une deuxième fouille pour les récupérer, mais entre temps tout avait fini dans nos sacs. Ses sbires dirent qu'ils n'avaient rien trouvés à la deuxième fouille et par déduction en conclut que c’était nous qui cachions ce témoignage politique. Il voulait les diapos de l’étudiant chinois et devant le refus du moine, dit qu'il nous fouillerait et que nous aurions alors de sérieux problèmes...Le moine négocia le second bakchich pour ne pas nous mettre dans l'embarras. L’étudiant nous montra alors les diapos et effectivement elles étaient toutes liées aux évènements de la place Tien an Men. On voyait des exécutions sommaires, l’armée tirant dans le foule d’étudiants. Nous faisions donc désormais partie de la même famille, Rinpoche nous mis autour du cou une écharpe blanche et la suite du voyage fut vraiment agréable. Rinpoche nous raconta comment il allait très souvent au Népal, chercher des réfugiés. L’étudiant qui parlait un anglais parfait nous raconta son périple du Tibet vers le Népal Tous vinrent nous présenter leur enfant, pendant les longs trajets sans interruption, ils chantaient des mantras. À chaque arrêt, il voulait nous offrir à manger et à boire, du coup nous aurions été vraiment malade si nous avions accepté.

On roula encore une bonne partie de la journée après notre deuxième nuit de voyage. Notre odeur se confondait désormais avec celle de nos amis tibétains. Même le couple d'indien se dérida et commença à nous parler, même avec l’étudiant et le moine Rinpoche, mais pas avec les rustres tout de même, on ne pouvait pas trop leur demander. Un jeunes du Staff nous dit que nous allions arriver à Delhi vers deux heures de l’après-midi mais l’imprévu fut encore au tournant ; on cassa des lames de suspensions et le temps de réparer, nous rejoignions enfin la capitale indienne en début de nuit.

On restait à Tourist Camp dans le Old Delhi près de la Old India Gate pas très loin du Fort Rouge. On se dit adieu, enfin presque, car le moine insista pour nous donner l'adresse du camp de réfugiés dont il était responsable et nous invita à y passer. Le camp se trouvait dans le Karnataka au sud de Bombay près de la ville de Hubli, une ville au pied des contreforts du plateau du Décan. On s'y rendra l’année d’après, lors de notre second voyage et nous fumes reçu , je ne vous l'explique même pas mais cela sera l'objet un autre billet dans les semaines suivantes. L’étudiant, nous ne le revîmes jamais mais Rinpoche nous dit lorsque l'on se revit qu'il avait gagné les États-Unis. Le couple d'indien nous donna leur adresse mais nous ne les recontacterons jamais. Tous les réfugiés tibétains devaient remonter à Dharamsala pour voir le Dalaï-lama, on nous invita de s'y rendre avec eux mais cela n’était pas à notre programme, ce fut un regret. « Nos tibétains », une fois un laisser-passer en poche, étaient dispatchés par les autorités indiennes dans des camps leur étant réservés et ceci sur tout le territoire indien.

Nous venions de rejoindre Delhi, la gigantesque, fourbus mais heureux de cette rencontre unique, de cette amitié naissante avec des gens au grand cœur. En ce qui concerne le trajet en bus on se dit que l'on ne nous y reprendrait pas : Katmandou-Delhi , nous avions finalement mis 50 heures, tout de même.

Enfin l’année suivante puisque nous atterririons à Delhi, on reprit le bus mais dans le sens inverse pour rejoindre Katmandou. On connaissait, on savait à quoi s'attendre. On passa alors par la frontière normale, frontière où l’activité est énorme, où pour des douaniers non scrupuleux, il est plus difficile de vaquer à leurs basses exactions ! Ce fut un voyage plutôt tranquille mis à part que je fus oublié dans un bled en pleine nuit, le bus s’arrêta et pris d'une tourista, je descendais alors que tous dormaient. Moi, le cul dans des jacinthes d'eau derrière des boutiques de bord de route, entendit le bus klaxonner et partir. Mon ex heureusement alerta les chauffeurs qui plus d'une heure plus tard revinrent me chercher. J’étais totalement perdu , sans le sou, sans passeport au milieu de nul part. Mais qu'est ce que c’était par rapport à nos amis tibétains qui avaient quittés leur terre natale sûrement pour toujours ayant laissé derrière eux, leurs racines, leurs ancêtres, leurs coutumes pour se retrouver dans ce grand pays qu'est l'Inde qui les accueille certes, mais qui apparemment n'est pas du gout de tous ses concitoyens ?

Suite du voyage au prochain numéro...

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DELHI ! (1991-1998)

Lors de mes nombreux voyages en Inde, New Delhi- Old Delhi fut très souvent pour moi la porte d’entrée de ce grand pays. Comme je le décrivais dans mon dernier article sur mon épique voyage en bus de Katmandou vers la capitale indienne nous arrivions près de Old Delhi Gate dans ce qu'on appelait « Tourist Camp », se trouvant en face de la bourse de Delhi, jouxtant les quartiers musulmans de la ville. À chaque passage dans la capitale, j'irais dans cet « hôtel-camping-bungalow », tenu par des anciens de l’armée indienne, se trouvant sur un terre-plein entre deux rues de quatre voies où la circulation ne s’arrêtait jamais. Un havre de paix pour ceux qui connaissent la capitale indienne, bruyante, polluée et grouillante de population en continuelle mouvement.

[...]

Tourist Camp était donc le point de départ et d’arrivée des bus direct vers le Népal, le lieu de transit des bus, motos, camping-car faisant un tour du monde, DELHI ! (1991-1998)voire une simple traversée de l'Europe vers l'Asie. On y croisait alors souvent des allemands, des hollandais, même des français, équipés de monstrueux bus aménagés pour traverser n'importe quel désert du monde. On côtoyait aussi des motards qui affichaient des milliers de kilomètres à travers la Russie, le Pakistan, la Chine et j'en passe. On pouvait planter sa tente dans un magnifique jardin très bien entretenu. Un restaurant proposait aussi quelques plats confectionnés par des népalais (encore!), déjà capable de cuisiner quelques plats occidentaux. Les rencontres étaient nombreuses et les discussions DELHI ! (1991-1998)des bons plans et aventures de chacun allaient bon train. Les chambres étaient minuscules, mais faites en torchis, restaient fraiches quelques soient les saisons. Enfin, pour conclure sur ce grand jardin où l'on pouvait vraiment se reposer avant de continuer « la route », n'est plus aujourd'hui et depuis apparemment un sacré bout de temps. La modernisation de la capitale indienne aura eu raison de ce petit coin de tranquillité.

DELHI ! (1991-1998)Par contre la situation de ce « camp » était idéal ! On pouvait commencer des marches interminables dans les rues de la capitale ! À deux pas de la gare principale, on pouvait y accéder par l’arrière de celle-ci et par des ponts piétons enjambant les 20 ou 30 quais de cette gare, on rejoignait alors Pahar Ganj se situant en face de son entrée principale.

DELHI ! (1991-1998)

Pahar Ganj, lieu emblématique où les « travellers » se retrouvaient, une sorte de DELHI ! (1991-1998)« beatnik street ». Cette rue où restaurants et lodges bon marchés abondaient. De nombreux revendeurs de bijoux fantaisies et « souvenirs » de toute l'Inde avaient aussi pignon sur rue ; ils vendaient au poids pour la plupart du temps ces bagues et boucles d'oreilles que l'on retrouvait inévitablement sur les marchés d’été des stations balnéaires françaises, leurs marchands espérant vendre ces bijoux pour repartir à l'automne vers ce pays fascinant ! À l’entrée de cette rue cosmopolite, était « Le lieu » où les junkies venaient se fournir en Brown et Blanche pas si blanche que ça ! La foule était dense et souvent des occidentaux sans le sous, aidés d'indiens encore plus déshérités flairaient le voyageur non averti pour le soulever, l'encadrant, bloquant ses bras, pris dans la foule sans pouvoir bouger, il se voyait alors dépouiller de ce qu'il pouvait avoir dans les poches mais aussi se faire alléger de son éventuel petit sac-à-dos...

Un peu plus loin, laissant Pahar Ganj derrière nous sur notre droite, on rejoignait la fameuse Connaught Circle Place où en son sein, on trouvait un grand parc où toute une faune vivait , se promenait, travaillait là. Autour de ces grandes pelouses plutôt miteuses de nombreuses rues circulaires, s'enchainant les unes derrière les autres, offraient de nombreux restaurants, boutiques en tous genres, même de luxe, mais on trouvait aussi la fameuse antenne indienne de la banque gérant les fameux traveller’s chèques. Se bousculaient devant la porte ceux qui voulaient changer en liquide ces chèques de voyages, mais aussi tous les « changeurs au black » proposant des taux de changes beaucoup plus élevés que le cours officiel. Dans un pays qui venait de s'ouvrir aux marchés extérieur, les commerçants cherchaient du Dollars, des devises pour acheter des denrées importables et forcément à très fortes plus-value. Nombreux étaient aussi les voyageurs qui essayaient de se faire rembourser leur chèque de voyages soit-disant volés (pour la plupart)...Avec quelques centaines de dollars, on pouvait alors continuer le voyage en doublant sa mise de départ...Les années passant, on me dit que cela devenait, bien-sûr, de plus en plus improbable de pratiquer « cette arnaque ». Et puis sur les cotés de l’entrée-escalier de la banque, mis à part les traditionnels mendiants, surtout des femmes avec des bébés, ce devait être porteur à cet endroit, on trouvait des étrangers qui sans un sou, espéraient que quelques généreux « backpackers » leur donnent l’aumône pour qu'ils puissent pour nombreux aller s'acheter leur dose de Brown Sugar. New Delhi était ainsi, sa réputation lui collait à la peau ! En face du parc, où on trainait, regardait le spectacle de « l'Inde », faisant le coin d'un des anneaux , il y avait le fameux Wimpees, fast-food où l'on pouvait manger (pour changer du riz) des hamburgers au mouton (attention vache sacrée) accompagnés de frites et de Thumb Up, le Coke local...Un étrange délice, mais la répétition des thalis( riz accompagné de son éternelle soupe de lentilles) nous faisait apprécier et courir vers de drôle de choses.

À Delhi, on passait donc nos journées à marcher, à contempler mais aussi et surtout à se rendre dans les gares et stations de bus pour d'interminables queues afin de réserver des billets pour continuer le voyage...

Le soir, en revenant vers Old Delhi vers Tourist Camp, on se rapprochait du grand quartier musulman entourant la grande mosquée, pas très loin du Fort Rouge et du mémorial de Ghandi, où au bord de la Yamuna, le Mahatma fut incinéré après son assassinat lors des mois qui suivirent indépendance de l'Inde en 1947 ; encore un grand parc où il était agréable d'y passer la journée. Non loin se trouvait « Old Delhi Gate », une sorte de d'arc de triomphe séparant la nouvelle, de l'ancienne Delhi. À coté du monument, tel un énorme panneau publicitaire, se trouvait un compteur démographique en temps réel, affichant fièrement l’évolution du nombre de la population indienne, espérant que pour l'an 2000, le milliard d'habitants serait dépassé...Qu'il se rassure, c'est fait, et depuis bien longtemps !

Le bazar entourant la grande mosquée était aussi vraiment magnifique : Magasins colorés très « indiens », magasin de sari, de bracelets en verre ou plastique, bijoux préférés de l'indienne lambda, confiseurs et marchands de pâtisseries orientales et porteur de thé à chaque coin de rue, vendeurs de cassettes audio des derniers films « made in Bollywwod », marchands de vaisselle en inox, étincelante dans la nuit indienne, et puis tous ces magasins débordants de marchandises en tous genres où dans un gigantesque « bordel organisé », on trouvait sûrement ce que toutes ménagères indiennes et bricoleurs en herbe devaient avoir besoin. Les Hindous emplissaient la rue comme les musulmans dans une harmonie bon enfant. Les vaches qui arpentaient les rue de la capitale étaient rentrées chez leur propriétaire pour se faire traire et y passer la nuit après leur errance quotidienne dans les rues embouteillées de la ville. Le bazar se fermait petit à petit au fil de la soirée et en rentrant dans notre jardin-hôtel, on ne pouvait plus marcher sur les trottoirs, devenus de gigantesque dortoirs à ciel ouvert, principalement des rickshaws-walla dormant dans la rue après avoir pédaler et trainer leurs clients toute la journée dans la ville tumultueuse. Dans ce quartier on trouvait aussi les « abattoirs », en effet, les musulmans s'occupaient de tuer et dépiauter les bêtes à cornes, chèvres et buffles entre autre, choses que les Hindous ne voulaient pas entendre parler. Un jour se trompant de rue et s’enfonçant dans le méandre du bazar, j’étais arrivé où les vaches, pas toutes sacrées donc, enfin pas pour tous du moins, finissaient leur vie avant de finir dans les assiettes des mangeurs de barbaques ; en pleine ville, dans des rues parallèles se trouvaient aussi les tanneurs, évidemment. J'aurais du m'en douter à l'odeur, mais jeune voyageur, on ne se rend pas compte tout ! Les mouches et les gargouilles remplies de sang auraient du aussi me mettre la puce à l'oreille...

C’était donc aussi cela Delhi. La campagne à la ville. Des gens venus s'y entasser tous les jours, pleins de rêves de réussites, fuyant la pauvreté des villages mais vivant de la même manière au sein de la ville, ce qui, au niveau sanitaire était plutôt problématique. Je suppose que ce doit encore pire aujourd'hui, mais désormais cela doit se passer dans des banlieues lointaines, la nouvelle ville ayant surement pris ses aises et repoussé la majorité de ces populations arrivées avec ses illusions d'une nouvelle vie heureuse. Non concernées par l’émergence économique du pays, elles auront été parquées vers des quartiers éloignés de cette ville tentaculaires qui compte aujourd'hui près de 20 millions d'habitant ! Mais ce phénomène de « nettoyage » des centre-ville est un phénomène mondiale, en France, à Bangkok et j'en passe...Les fameuses « zones vertes » ! En dehors de cette zone, le CHAOS !

Lors de notre premier voyage en 1991, après notre arrivée en compagnie de nos amis tibétains, nous avions prévu de nous rendre aux sources du Gange, d’où notre refus aimable de nous rendre avec Rinpoché à Dharamsala. Dans la lancée de nos marches himalayennes, nous irions vers la source du Gange de façon non-ordinaire, c'est-à-dire, à pied, par l'ancien chemin de montagne, se trouvant sur l'autre rive de la rivière où désormais une route (de tous les dangers) emmenait les pèlerins dans toutes sortes d'engins motorisés vers leur « Graal ». Pour quitter Delhi, nous devions d'abord prendre un bus à Cachemire Gate, gare routière gigantesque, qui nous emmènerait dans un premier temps à Haridwar, une des quatre villes mythiques où a lieu tous les douze ans, la Khumba Mela. Le voyage initiatique pouvait continuer vers Mother GANGA !

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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Delhi-Haridwar

Nous avions à peine passé quelques jours à Delhi, le temps de s'en « prendre plein la gueule » parce qu'il faut le dire avec les mots tels qu'ils déclenchent vos émotions, n'est-ce-pas ? Et nous étions envoutés ! L’Inde est comme toutes les premières fois, un énorme « Wahou », elle vous laisse bouche bée, elle vous cloue le bec, et forcément, on en voulait encore et encore...

On décidait donc, toujours le trio, Yann, mon ex et moi-même de se rendre à Cachemire Gate pour grimper dans un bus qui nous emmènerait vers les sources du Gange pour une première étape : Haridwar, ville profondément religieuse où tous les jours sur les bords du fleuve sacré, les pèlerins affluaient en nombre mais surtout tous les douze ans lors de la fameuse Khumba Mela (littéralement le rassemblement de la coupe) . En effet lors de la création du monde, d’après les hindous, les dieux ayant vaincu les démons, auraient récupérer La coupe avec de l'eau sacrée en son sein et lors de leur combat victorieux, quelques gouttes tombèrent par ci par là, sur notre terre, mais particulièrement sur quatre endroits, en Inde, dont Haridwar.

Nous décidions donc en arrivant au milieu du gigantesque brouhaha de la station de bus de Cachemire Gate, de trouver seul notre bus pour Haridwar, ville qui allait être notre point de départ vers notre remontée du fleuve Gange.

Nous arrivions dans les faubourg nord de Delhi à la tombée de la nuit, vers six heures du soir et trouvions étonnamment, assez facilement, le guichet pour acheter nos tickets. Nous devions attendre, le bus arriverait vers huit heures. Sur le quai, nous nous assîmes sur nos sacs en refusant les sollicitations de nombreux indiens nous proposant leur service pour réussir à monter dans notre futur bus, enfin quoi ! On était tout de même capable de monter dans bus sans l'aide de qui que soit ! On avait nos tickets, nous pensions alors qu'il n'y aurait pas de problèmes...

On regardait donc le manège des bus qui arrivaient dans un flot continu au sein de cette gare en sous-sol où les gaz d’échappement vous mettaient dans un état second, à la limite de la suffocation ; pas besoin de rajouter une couche, on avait suffisamment la tête en vrac. Si on y additionnait la foule, mais en Inde cela relevait plutôt du pléonasme, nous n'étions pas loin de l'apocalypse, mais que nous le vivions tel le nirvana.

Nous étions déjà depuis quelques jours à Delhi et la foule nous submergeait, nous recouvrait de tous les cotés. Si nous voulions rester en Inde, nous devrions nous y faire...Les bus défilaient, les "titis-les contrôleurs" comme on les nomme en Inde, nous interpellaient en criant le nom de la destination du bus dont ils avaient la charge. Des rabatteurs, de leur coté, tentaient de nous embarquer dans des bus privés, mais for de nos tickets bien calés au creux de notre main, nous n'avions franchement pas de soucis à nous faire. À chaque bus entrant en gare, on voyait des gens courir vers leurs flancs pour s'accrocher aux fenêtres, pas pour y grimper, car les bus, comme les trains que nous aurions la « grande joie »de prendre plus tard, étaient tous équipés de fenêtres munies de barreaux, empêchant toutes montées intempestives et bien-sur en cas où de s’échapper, ce qui en cas d'accident devait être plutôt compliqué, pensais-je...

Enfin, en plein éveil, assis sur nos sacs-à-dos, on était au spectacle et sur grand écran. Notre titre de transport en mains, le numéro du bus bien imprimé dans notre tête, à force de lire et relire ce ridicule bout de papier faisant office de ticket...Nous attendions...

Le bus arriva, enfin, sûrement en retard, mais nous commencions a être fataliste (déjà) sur la ponctualité des transports dans cette partie du monde, malgré notre peu d’expérience ! Le même rituel recommença, de nombreux jeunes indiens courraient en sautillant le long du bus et glissant, au top de leur extension, leur bras à travers les barreaux des fenêtres du bus...La bousculade pouvait commencer. Le « titi » haranguait les gens sur le quai : « Hardwar, Hardwar, jallo jallo ! ». Notre sac sur le dos, nous étions plutôt sereins, certes, mais l’excitation générale et à force d’être tamponner, malaxer, tourbillonner par les futurs passagers de notre bus, nous accélérions malgré nous...

Très rapidement, nous nous trouvions enfin devant la porte de la bête en ferraille de couleur verte, les bus de l’état de l'Utar Pradesh étant de couleur verte avec une bande de peinture jaune pisse les ceinturant à hauteur des roues ! Nous n’étions pas les premiers mais pas loin, heureux de notre débrouillardise, à peine cinq jours en Inde et nous pensions déjà avoir tout compris...Pfft...Présomptueux va ! Pour grimper par la porte étroite, poussés par la foule, nous avons du plus que gueuler car avec nos sacs ça ne passait pas, on était compressés, on devait les enlever, ce qui nous obligea à contrecarrer, à repousser vers l’arrière nos futurs compagnons de route qui entre temps avaient décider de nous écrabouiller coûte que coûte sur les montants de porte ; pour agrémenter le tout, le titi, en équilibre par la fenêtre du conducteur, la seule sans grillage, nous criait dessus nous intimant de nous presser...Tant bien que mal, nous réussissions à monter, nos gros sacs à bout de bras, les faisant avancer devant nous par saccades avec nos genoux. On s'engagea vers le fond du bus, situation que l'on tentera d’éviter dans nos futurs voyages, tellement on est secoués lorsque l'on est assis en arrière des roues motrices d'un bus indien utilisant forcément des routes indiennes, c'est-à-dire, la plupart du temps, totalement défoncées. La seule ampoule en fonctionnement, pendouillant du plafond, nous permit tout de même de remarquer que sur quasiment tous les sièges, il y a avait, posé dessus, des mouchoirs, des bonnets, ou bien des écharpes, étranges ? On remarquait alors un siège sur la gauche, sur la rangée où l'on pouvait, enfin devait, s'assoir à deux de front, se trouvant alors libre de toute marque de territoire, car ces attributs jonchant les assises devaient être des marques de réservations ? Mon ex s'asseyait et avant de me presser contre elle, je restais debout, pas la peine de se « blottir » l'un sur l'autre, nous aurions largement le temps de le faire durant notre trajet qui devait durer toute la nuit.

Je scrutais et comprenais désormais, tous ces petits gars qui nous avaient demander contre dix roupies si nous voulions leur aide, c'était donc pour réserver un siège. En fait nous n'avions rien compris. Les places assises n’étant pas numérotées, enfin si, elles l’étaient, mais non attribuées, la coutume ou l'usage voulait que lorsque votre bus arrivait, ces fameux petits gars en échange de ces quelques roupies agrippaient le bus et glissaient sur les sièges un signe distinctif qui vous appartenait et vous assurait alors d'avoir votre place assise. Pas bêtes ? Et pas question de retirer ou dissimuler l'attribut de celui qui avait payer ces p'tits gars, vous alliez alors vers de gros soucis, voir risquiez le pugilat. Je sais de quoi je parle, me croyant plus malin que les autres, quelques années plus tard à Hyderabad, dans le sud, j'en fis l’amère expérience et même si je ne fus ni lyncher, ni expulser du bus, un policier, sûrement commissionné par un « réservateur-sauteur », m'avait menacé de m'emmener au poste : « Non mais ! Saïb, cela ne se fait pas ! » me menaça t-il, brandissant alors dans ma direction sa grande matraque en bambou ! Enfin mon ex et moi avions tout de même un siège mais Yann dû rester debout. Durant le trajet qui dura une partie de la nuit, on jouera l’alternance, une fois sur le siège, une autre fois plus ou moins vautrer sur nos sac-à-dos qui, d'ailleurs, encombraient le couloir et forçaient ceux qui étaient dans l’allée, debout, d’être encore plus compresser les uns sur les autres. On sentait des regards noirs de la part de certains.

Une fois tout le monde «en place », le chauffeur qui manifestement n'avait jamais conduit un « car pullman » fit craquer la première vitesse, envoya le klaxon surpuissant et après de nombreux freinages-accélérations, d'invectives envers des passants ou vers des « coolies » traversant n'importe comment dans les allées de cette gare, il réussit à s'extirper des sous-sols pour rejoindre la circulation totalement embouteillée de la sortie nord de la capitale. Nous voyageâmes ainsi durant quasiment toute la nuit, fîmes de nombreux arrêts, autant vous dire que nous n'avons pas pu fermer l’œil ...Malgré tout, nos voisins de sièges , eux, réussirent à dormir. Enfin, on y était, on avançait, c’était l'essentiel...On s'approchait des dieux, certes d'une façon étrange, mais n'ayant aucune expérience en la matière, ce devait être ainsi que les dieux devaient être rejoint ?

Devant nous, inscrit sur l’arrière en bois du siège de devant, était écrit de bien vérifier sous notre banquette s'il n'y avait pas de bombes ! Si si, il n’était pas écrit « colis suspects » mais il s'agissait bien du mot « bomb, in ingliss ». En effet de nombreux bus avaient été la cible d'attentat de la part des séparatistes cachemiris. Par contre aucune méthode explicative si malencontreusement nous trouvions une « bombasse » ! Tout pour nous rassurer quoi ! On s’arrêta aussi plusieurs fois durant le voyage. Boire un thé, manger...Nos compagnons de voyages avec qui nous aurions pu nous battre au moment de la montée dans le bus devinrent alors très agréables avec nous, nous posant des questions, faisant la conversation, partageant même leur nourriture avec nous...Mais à chaque fois, je le verrai dans le futur, une fois le stress de l'embarquement passé, plus de rancune, rien, on pouvait alors devenir des amis jusqu'à la descente en fin de trajet ou alors, nous pourrions redevenir sans hésitation des ennemis...afin de s'extirper du bus où la ritournelle de la bousculade pouvait recommencée !

Huit heures plus tard, nous arrivions à Haridwar, aux alentours de quatre heures du matin, il faisait très froid. Nous étions en décembre. Pour descendre du bus ce fut encore des plus compliqué que je ne pensait et disait plus haut, les marches étant engluées de chauffeurs de rickshaws (taxi trois roues) voulant tous nous emmener, en ce qui nous concernait, dans une lodge ou je ne sais où, se battant pour « pécher » le client, empêchant alors tout le monde de pouvoir descendre dans de bonnes conditions. Du forcing, il fallait faire du forcing ! Tant bien que mal, nous sortions et respirions alors l'air vivifiant d'Haridwar. Nous fumions une cigarette, la pollution devait nous manquer, puis nous laissions discrètement tous ces Rickshaw-walla, emmitouflés dans leurs écharpes et grandes couvertures de laine se prendre la tête pour savoir qui allait bien pouvoir nous embarquer vers un hôtel. Ils étaient tellement occupés à s'invectiver que nous partions sans qu'ils le remarquent . On se retrouva alors dans la rue, mais nous ne rêvions pas, nous n'allions tout de même pas nous en sortir comme ça !.

Cela n'allait donc pas durer car très vite « une abeille- autre nom de la Vespa à trois roues» vint à notre hauteur et nous proposa de nous emmener où nous le désirions, sans imposer un lieu, un vrai taxi quoi, normal, mais méfiance...On se tassa à l’arrière du véhicule, plutôt étriqués avec nos trois gros sacs, Yann s'assit à coté du chauffeur. On peut le dire, nous optimisions l'espace et forcément le trajet. Devenions-nous indien ? On lui dit alors que nous voulions rejoindre les rives du Gange, le ciel commençait à s’éclaircir, le spectacle serait surement à la hauteur. Pas plus d'un kilomètre plus loin, après avoir essuyer le vent glacial du à la vitesse de l'engin, nous arrivions devant l’entrée du sanctuaire aménagé sur les rives du fleuve. Le soleil pointait derrière les montagnes, le ciel se teintant d'un dégradé de rose vers le mauve...Notre chauffeur nous proposa de nous attendre avec nos sacs, et malgré notre méfiance, « on le sentait notre chauffeur », nous décidions d'opter pour cette solution, trop heureux de rencontrer le fleuve. Il nous emmènerait, après cette première rencontre mystique, dans une guest-house de notre choix, il nous le promit. Fatigués mais zen à l'approche du fleuve, nous arrivâmes en fait au bord d'un canal détourné du fleuve où les pèlerins pouvaient vaquer à leurs ablutions et prières. Le fleuve qui devait être tumultueux à cet endroit avait surement poussé les autorités à aménager de la sorte l'endroit pour éviter les noyades qui devaient être nombreuses, particulièrement lors des grands rassemblements et grandes processions. Des haut-parleurs crachaient des « Hare Krishna, Hare Rama, Hare OM Nama Shiva Ya ». Les marches accédant à l'eau sacrée du fleuve, que l'on nomme d'ailleurs « Ghats » en Inde, étaient bondées. On réussit tout de même à s'approcher, l'eau était glacée. On nous sollicita de toute part pour une Punja, ce coup ci, c’était des brahmanes en quête de business religieux, mais nous y étions alors nous participâmes, nous voulions faire partis du « TOUT » ! . l'Inde était donc le pays des « invitations », certes intéressées, mais des invitations tout de même. Lorsque le soleil pointa derrière la colline, l’atmosphère se réchauffa enfin, pourtant nos cœurs et nos âmes étaient déjà chaud, mais nos mains et nos pieds que nous avions du mettre à l'eau pour la Punja étaient eux, totalement gelés ! On récupérait nos pompes auprès du « gardien de chaussures », si si, tout est bon pour gagner quelques roupies , et nous pouvions rejoindre notre chauffeur et enfin nous rendre dans une guest-house, et surtout dormir !

Malgré sa promesse, il nous sollicita (encore!) pour nous emmener dans un de « ses hôtels » à lui, nous n’étions pas obligés d'accepter, nous pouvions voir, « palper » la marchandise avant d'accepter de toute manière, mais lui toucherait une commission ! On décida de jouer le jeux, fatigués, on se laissa faire, et les premières chambres furent les bonnes, on allait enfin pouvoir dormir...On demanda à notre chauffeur s'il était libre, en début d’après-midi pour nous faire le tour du patelin et avec un grand sourire, il accepta bien-sur ...On allait enfin pouvoir allonger nos jambes, mais nous devions avant tout repos se faire solliciter (décidément) par le patron ou gardien de la guest-house qui nous demanda si nous voulions du Charas (haschich) ou du plus fort (opium, brown...etc, un vrai supermarché ce bonhomme) ; il proposa même à Yann s'il voulait « une couverture » avant de s'assoupir, malin le boss , il avait remarqué qu'il était seul...

Nous refusions toutes propositions...On voulait juste dormir, au calme !

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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Haridwar-Devprayag.

Nous nous rapprochions des dieux, pas de doute, l'enfer devait être bien loin tellement le froid nous saisît à notre réveil, dans cette petite guest-house située sur les bord du Gange. Un thé nous réchauffa ! « Notre rickshaw » était déjà là, assis devant le comptoir de la réception, tout sourire, satisfait ; il avait ses clients pour la journée. Nous avions faim alors ils nous emmena dans un restaurant où il avait ses habitudes malgré lui puisqu'il tenta de nous faire déjeuner dans un restaurant pour touristes indiens au sein d'un hôtel de luxe. Il devait penser que nous n’étions pas de bons clients, du moins pas vraiment malléable.

On se régala de Chapatis cuits dans un Tandoori avec un merveilleux Paneer Butter Masala. Le tandoor est le four en terre traditionnel indien se chargeant par le haut. On peut faire cuire, collé sur les parois internes de « cette jarre-four » le pain, ici les Chapatis, sorte de galette de pain, mais on peut aussi y faire saisir toutes sortes de viandes et poissons embrochés puis suspendus à la verticale au centre de ce four juste au dessus des braises qui tapissent le fond du Tandoori.

Le Paneer est lui tout simplement une sorte de Tofu non pas de soja mais fait à base de lait de vache, ce matin là, préparé dans une sauce curry (Masala veut dire mélange, dans notre cas, mélange d’épices) rouge additionnée de beurre clarifié, un délice.

Repu, on décida de faire le tour du quartier, une balade aux alentours de Haridwar, qui à part ses ghats, était une ville indienne dédiée aux pèlerinages, très bruyante. Des ashrams, mandirs, hôtels, temples multiples et restaurants pour pèlerins ne semblaient être que la seule et unique activité de cette ville dédiée au fleuve Gange. La journée fut courte, le soleil disparaissant derrière la montagne dès cinq heures de l’après- midi, le froid s'installant irrémédiablement. Nous étions encore bien fatigués.

Le lendemain, nous avions programmé avec notre ami rickshaw (on devint de plus en plus proche) la visite de Rishikesh, tout près de Haridwar, village où dans les années soixante, les Beatles vinrent se ressourcer, méditer dans un ashram. Rendez-vous fut donc pris avec notre rickshaw, tôt le lendemain matin pour une journée en immersion au milieu des babas, en effet notre chauffeur nous prévînt : « Ah, Rishi ( Rishikesh), c'est désormais la Mecque des occidentaux en mal « d'indianité » ! ».

Aux aurores, le lendemain, nous nous levions plein de bonne volonté et surtout vraiment reposés. Notre chauffeur n’était pas là , « ça y est, ça commence à foirer, c'était trop beau !», nous dirons nous, mais on le saura plus tard, il avait pris du retard lors de sa Punja quotidienne, celle-ci particulièrement plus longue que d'habitude, il voulait remercier les dieux de lui avoir mis sur sa route des clients comme nous. On prit alors notre petit déjeuner à l’hôtel et dans un timing presque parfait, notre pitance à peine terminés, le rickshaw-wala arriva les bras chargés de colliers de fleurs qu'il s’empressa de nous mettre autour du cou, il avait aussi dans des feuilles d'arbre, de la pâte de santal qu'il nous badigeonna sur le front. A l'horizontal tel trois traits, la marque de Shiva, pour nous les garçons et une ligne verticale rouge pour mon ex, marque de Vishnou. Il nous expliqua que son retard était lié à cette offrande, il avait du faire deux temples pour cette punja livrée à domicile. Nous étions donc parés pour Rishikesh.

Le chemin fut court, on emprunta la route montant vers les cimes de l’Himalaya, après une heure de trajet, sur la rive opposée du fleuve, nous apercevions la ville sanctuaire. Il nous déposa donc à l’entrée d'un gigantesque pont suspendu, qui nous emmena vers de majestueux ashrams. Même de loin, on sentait l'argent. Les donateurs avaient du être généreux. À l’entrée de Rishikesh, on tomba sur de nombreux étrangers, la plupart habillés de blanc, un air illuminé, voulant dégager la sagesse, et le sérieux de leur état proche de la lévitation. On fut tout de suite sollicité pour savoir si nous voulions pratiquer méditation et yoga, stage en tous genre, bouffe végétarienne, voire du jeun, à des tarifs défiant toutes concurrences : C'est-à-dire, réveil aux aurores, toilette dans les eaux glacées du Gange, puis méditation, puis yoga , un seul repas frugal et nuit sur une natte pour des tarifs dignes d’hôtels cinq étoiles. Un bon business qui expliquait ces ashrams somptueux, sûrement financés par des occidentaux en mal de spiritualité, de retour aux sources...À chaque coin de ruelles, on continuait de nous interpeller, même des pseudos guru-européens s'y mettaient. Il nous fallut très peu de temps pour fuir ce Dysneyland de l'indouisme. Eh ! Fallait pas déconner! On n’était pas des gogos ! En rebroussant chemin, nous croisions deux sadhous qui nous proposèrent de venir dans leur retraite, une sorte de grotte au bout d'un chemin rocailleux. La curiosité nous fit les suivre. Après le partage d'un shilum, ils commencèrent à nous demander tout et n'importe quoi, ils cherchaient des sponsors, une fois de plus nous fuyions, on ne serait pas décidément des gogos à babas, enfin pas tout de suite. On repassa le pont suspendu où perchés sur les grands filins d'acier, des babouins assez hargneux ne comprenaient pas que nous n'ayons rien à leur donner à manger...À Rishikesh, même les bêtes voulaient vous alléger de vos dollars !

« Fuyons, fuyons ! » fut donc le mot d'ordre...

On grimpa dans le rickshaw pour retourner à Haridwar, le lendemain matin, décision fut prise que nous partirions en bus car le chemin de pèlerinage que nous recherchions pour notre marche vers les sources avait été englobé par la route asphaltée ; il n’était pas question de marcher le long la route ! Il fallait continuer en bus pour trouver un sentier de montagne. On passa la fin d’après-midi au petit resto de notre chauffeur qui voulu par la suite nous inviter chez lui, il voulait nous présenter à sa famille. On rencontra sa femme qui nous offrit une thé délicieux et nous rencontrions deux beaux enfants arrivant de l’école dans leur uniforme impeccable. Des gens simples mais vrais...Nous avions donc décider de partir très tôt le lendemain matin, nous rentrions à notre hôtel pour y passer une vraie nuit. Notre ami-chauffeur viendrait le lendemain nous emmener à la gare des bus.

Aux aurores, après notre punja, délivrée par notre chauffeur, nous rejoignîmes la gare des bus. On le paya de son dévouement et de ses services et il nous remercia avec les mains jointes sur la poitrine : « Namasté, Ji » ! Il avait le sourire, on n'avait pas du être radin, tant mieux. Nous nous fîmes nos adieux en se promettant de se revoir ; on ne le revit jamais mais on lui envoya les nombreuses photos que nous avions prises de sa famille et de nos excursions en sa compagnie. On ne saura jamais s'il les reçut.

Le dernier service qu'il nous rendit fut de nous dégoter un bus où nous trouvions d'ailleurs des places assises, il n’était même pas plein ce bus ! Manifestement, nous allions vers des régions moins habitées de l'Inde.

La route fut majestueuse, avançant au dessus de vides gigantesques, au dessus de nous des montagnes vertigineuses, quelques fois, on pouvait apercevoir des bus qui avaient terminés leur parcours au fond des gorges abruptes, nous n’étions pas vraiment rassurés mais au milieu de nulle part, nous n'allions tout de même pas descendre du bus, les passagers nous auraient pris pour des fous ou encore pour d’étranges étrangers, confirmant alors leurs pensées que nous n’étions qu'alors que de misérables personnes non fréquentables! De tout façon, les dieux étaient avec nous. Notre ami nous avait offert, une malla (collier), une protection qu'il nous avait passer autour du cou avant notre départ. Avec un médaillon de Shiva sur la poitrine, que pouvait-il bien nous arriver ? Nous avions notre assurance multirisque !

Nous arrivâmes dans l’après-midi à Devprayag. Le bus nous déposa sur la route surplombant le village qui lui se terrait à flanc de montagne aux confins de la Barghavati river et l'Anakhanda river, ces deux rivières se rejoignant au pied de ce village et formant alors le fleuve Gange.

Le touriste commençait vraiment à se faire rare, sur le bord de la route où le bus nous laissa, il y avait de nombreux bouis-bouis s'imbriquant dans la rocaille grise de la montagne. On chercha un hôtel, mais il n'y en avait pas, seuls les mandirs (en principe réservés aux hindous) pouvaient nous offrir un toit pour dormir. Un brahmane accepta malgré notre face de non-hindou, de nous héberger dans un dortoir prévu pour quelques centaines de pèlerins. Il nous offrit même le thé. Il faisait encore plus froid, le soleil se couchait, et malgré le fait d'être impies, il nous invita à partager son repas, puis de retour dans notre dortoir gigantesque, nous nous enroulâmes bien vite dans nos duvets de montagnes que l'on maudissait il y a encore quelques jours, tellement ils encombraient, prêts à les laisser à Delhi ; désormais, vu le froid presque polaire, nous étions vraiment heureux de les avoir transbahuter jusqu'ici. On dormit comme des bébés !

Avant le lever du jour, notre hôte vint nous réveiller avec un thé très très chaud mais tellement réconfortant. Il nous intima de nous passer un coup de flotte sur la figure, il allait nous faire la punja au sein du petit temple du mandir. Il fallait accepter les règles, c’était aussi pour les brahmanes du temple l'occasion de récolter des offrandes, le gite , lui, étant gratuit.

Nous passions ensuite la journée dans les ruelles du petit village en contre-bas de la route. On se renseigna pour savoir laquelle des deux rivières allions nous suivre ? En effet, les sources du Gange n’étaient pas vraiment définies, trois possibilités s'offraient à nous. La remontée le long de la Barghavati river fut vite abandonnée, par ce chemin nous aurions pu aller rejoindre la route de Gangotri mais apparemment la neige et les éboulements nous empêcheraient de suivre cette rivière. C’était peut-être de l'intox, car nous nous rendrons compte que les habitants des trois vallées revendiquant les sources du Gange se faisaient une guéguerre de bon aloi pour attirer le pèlerin vers sa source déclarée ! On partit donc en repérage le long de l'Anakanda river, nous prendrions ensuite la direction soit de Badrinath ou Kerdanath... On vit très vite l'ancien chemin de pèlerins, suivant la rivière, sur la rive opposée à la route aménagée pour rejoindre ces deux sources du Gange revendiquées. On partirai le lendemain matin, très tôt ! On calcula qu'il nous faudrait deux jours pour rejoindre Rutraprayag !

On revint passer l’après-midi au pied du village, au bord de l'eau, au plus près du lieu où les deux rivières se rejoignaient. À l’époque, l'endroit n’était pas aménagé comme on peut le voir sur les photos, car dans une grotte au ras de la rivière, un sadhou ermite y vivait. On s'assit avec lui et ses deux disciples. On fuma bien-sur et nous partageâmes leur déjeuner. On discuta de tout et de rien, le sadhou parlait un parfait anglais (largement mieux que nous autres). Il avait décidé quelques années en arrière, une fois ses enfants mariés et sa femme désirant alors retourner chez ses parents, de quitter son travail dans la banque et de se démunir de tout, puis de consacrer sa vie à la méditation...Il voulait stopper le cycle de ses vies, de ses réincarnations et atteindre le nirvana ! Un vrai sadhou, qui nous donna sa bénédiction pour notre voyage vers les sources du Gange. Ils nous trouvaient atypiques, vouloir y aller à pied n’était pas commun et apparemment cela lui plaisait. On fit bien-sur une offrande avant de le quitter et on lui promit de repasser le voir lors de notre retour des cimes de l'Himalaya ! Fort de sa protection mais aussi plutôt « zen » voire très très haut dans nos têtes grâce aux flots de shilums que nous avions partagés avec lui, nous rejoignîmes notre mandir tant bien que mal ! Notre hôte reconnu tout de suite notre bénédiction étalée sur notre front par le sadhou, gardien de la rivière et nous gratifia de nombreux namastés ! On dina en sa compagnie puis on s'endormit très vite et plutôt bien, nous n'avions plus froid !

Décidément, nous nous sentions de plus en plus proche des dieux...

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Vers les sources du Gange ! (déc 91). Devprayag-Rutraprayag.

Le bout du nez glacé et nos corps engourdis des excès de la veille, nous nous extirpions difficilement de nos duvets lorsqu'un ciel limpide commençait à apparaitre doucement derrière les montagnes abruptes entourant Devprayag. Dans l'antichambre de notre dortoir, nous entendions notre brahmane, gardien du mandir, s'affairer à faire chauffer, probablement de l'eau sur son réchaud au kérosène. Il nous entendit nous réveiller et vint nous offrir le thé. Nos mains froides entourant le verre brulant, nous nous réchauffions tant bien que mal. Nous fîmes une toilette succincte, deux jours que l'on ne s’était pas vraiment laver, il faisait, décidément trop froid ; Cela nous permit tout de même de nous rendre devant le petit temple de notre hôte où on nous promit tout le bonheur du monde, où on nous souhaita un bon voyage, et sûrement beaucoup plus ! Nous étions parés...

On se quitta donc après une dernière offrande et chargés de nos sacs, nous descendîmes vers la grotte de notre baba. On le salua et nous nous engageâmes sur le chemin repéré la veille. Le début de notre « pèlerinage » nous parut difficile, nous étions quelque peu paralysés par le froid et de nature fébrile du aux excès de ces derniers jours, mais avec l'apparition du soleil « la mécanique » se mit en route...Nous marchions à flanc de montagne, laissant la rivière en contre-bas, sur l'autre versant, nous apercevions la route avec ses jeeps et ses bus qui, même sans que la circulation soit vraiment encombrée, avaient la fâcheuse habitude de klaxonner à tout va et alors de nous rappeler que nous étions toujours bien en Inde. Le chauffeur indien aimait vraiment sa trompe de véhicule! Nous avancions, certes au sein de la nature, mais toujours très près de la civilisation, trop près à notre gout. Nous traversions des villages où comme d'habitude les femmes régnaient en maitre. On nous offrit souvent le thé et même des gâteaux, mais à la différence du Népal, les femmes étaient plutôt méfiantes, plus soumises, plus réservées, dirons-nous, à l’éventuel retour des hommes. On avançait bien et le soir nous nous arrêtions à Srinagar (du même nom que celle du bord du lac Dahl au cachemire). Le chemin, après avoir traverser de nouveau la rivière, ne faisait alors plus qu'un avec la route. Nous trouvions une guest-house, petite maison coquette tenue par un allemand (qui n’était pas là d'ailleurs), on se serait presque cru en Bavière, il ne manquait plus que les nains de jardin ! On eut par contre le bonheur de profiter d'une salle de bain équipée d'un chauffe-eau ! Je n'ai plus de souvenir de cette soirée, mais le lendemain nous reprenions la route et il fallut pour rejoindre le chemin passer une fois de plus la rivière, mais ce coup-ci grâce à un baquet suspendu sur une poulie glissant le long d'un filin en acier. Une nouveauté et surtout une sacrée frayeur. On passa avec l'aide de quelques hommes qui venaient de traverser, car théoriquement on pouvait se débrouiller seul pour rejoindre l'autre rive, c'est-à-dire grâce à une corde, de tirer dessus à la force des bras pour faire avancer la nacelle. Mais là, l'attraction de « saïb » prenant ce mode de transport, fit qu'ils nous firent passer sur l'autre rive chacun notre tour, puis nous envoyèrent nos sacs, ouf ! On aurait pu éviter ce passage rocambolesque dans le vide au dessus de la rivière mais le pont suspendu le plus proche était à quelques kilomètres et nous ne voulions pas continuer à marcher sur le bas coté de la route avec tous ces véhicules qui n’arrêtaient toujours pas de nous klaxonner dessus, pour le coup! Notre traversée acrobatique nous prit tout de même un certain temps, nous avions du retard. Sûrement, nous ne pourrions pas rejoindre Rutraprayag le soir même.

En effet, juste avant le coucher de soleil après avoir passé un dernier village et pensant ne pas pouvoir rejoindre avant la nuit noire le pont suspendu permettant de rejoindre Rutraprayag, nous n'avions pas de cartes, on se fiait aux personnes que l'on croisait et de notes prises avant notre voyage, nous décidions donc de dormir à la belle étoile. Yann avait tout prévu, nouilles lyophilisées et barres énergétiques ainsi que du thé. On trouva un endroit pour le bivouac, au milieu de la foret où la pente n’était pas trop raide et surtout pas trop loin du chemin, dormir dans la jungle ne nous rassurait pas vraiment. On fit un feu pour chauffer de l'eau. Le froid nous gagnait et nous avions faim. Sur le chemin en contrebas de nombreux hommes rentraient dans leur village respectif. Souvent, ils s’arrêtèrent pour nous regarder et pour ceux qui parlaient anglais pour partager une conversation autour de notre feu. Nous arrivions à manger et le feu avait besoin d’être alimenter souvent car nous ne trouvions que très peu de bois mort, surement récupérer quotidiennement par les villageoises, nous ne trouvions que des feuilles et des branchages légers pas très loin du campement ; il n’était pas question de trop s’éloigner du feu, pas vraiment téméraires, les Indiana Jones en herbe. Le feu mourrait rapidement faute d'approvisionnement .

La nuit commençait à englober la vallée et les lumières des petites villes et villages de l'autre coté de la rivière nous rappelèrent que la civilisation n'avait pas disparu. Le feu était encore vaillant lorsqu'un groupe d'homme (le dernier d'ailleurs) passa et s’arrêta pour nous mettre en garde, qu'il n’était pas raisonnable de dormir comme ça dans la foret. Il y avait des tigres, des léopard nous dirent-ils! On acquiesçait mais on se dit qu'ils exagéraient sûrement. Ils nous dirent de venir au village, le dernier que nous avions laisser derrière nous en fin d’après-midi. Nous n’étions pas téméraire mais têtus, nous l’étions et avions décidé de dormir dehors, alors nous dormirions à l’orée de la jungle. Déçus et nous prenant pour des dingues, le petit groupe repartit.

La nuit était désormais vraiment profonde et véritablement silencieuse, seulement quelques cris d'oiseaux se perdaient sous le ciel étoilé. Notre réserve de bois s’épuisait comme neige au soleil. Nous n'entendions plus le bruit des véhicules de l'autre coté de la vallée, on aurait dit que la vie s'était arrêtée. Plus personnes ne passaient sur le chemin. On installa alors des couverture de survie sur le sol et décidions de dormir, le feu allait s’éteindre. Yann couchait au dessus de moi et mon ex. Je commençais à m'endormir lorsque Yann me dit « tu as entendu ? » . Je n'avais rien entendu, mais je tendis l'oreille et on commença à entendre une sorte de rugissement, ou plutôt comme un énorme cri que l’écho renvoyait à l'infini sur les flancs de la montagne. Je lui dis que ce n'était peut-être rien, pour me rassurer d'ailleurs, et finissais par dire que je ne pensais pas qu'il y ait de problèmes. On entendit alors des pétards, explosant de partout, enfin des pétards, nous le saurions le lendemain seulement, car nous pensions que c’était plutôt des coups de fusils. L’écho n'arrangeait rien et cela ressembla vite au tintamarre d'un feu d'artifice. Le rugissement de la bête se faisait de plus en plus prononcée. Ce cri roque et profond se rapprochait. Plus ça allait et les rugissements étaient espacés d'au moins un minute et manifestement la bête venait en notre direction. Cela se fit de plus conséquent et nous commencions à avoir le trouillomètre à zéro! Je me souviens, je prenais alors mon ridicule couteau suisse et l'ouvrait et le gardait en main au cas où. Je pensais à fortiori, à la stupidité de la réaction . On se s'imaginait même pas ce que pouvait être ce félin et surement des fantasmes de chasseur contrarié nous firent imaginer le pire. Et si c’était un tigre! Je scrutais les alentours et me dit que si la bête arrivait, nous pourrions grimper dans les arbres mais très vite, je pensais, un félin grimpe aux arbres nettement mieux qu'un homme. Entre nous, nous ne parlions plus, faisant le silence totale, à l'affut du moindre cri de la bête ! Nous entendîmes alors un rugissement tout proche... Une minute passa sans le moindre bruit, puis le félin rugit une nouvelle fois mais le son venait désormais de la droite, puis le suivant toujours à droite mais déjà plus lointain...On entendit encore des pétards d'effarouchement, au niveau du village que nous avions passé en fin d’après-midi, où nous aurions du aller dormir si nous avions écouté les villageois, il y a encore à peine une heure en arrière. Les cris continuèrent mais s’espacèrent pour enfin s'estomper dans la montagne pour qu'enfin nous n’entendîmes plus rien. Le silence ! Nous ne parlions toujours pas, la peur nous avait saisit. Nous n'avions jamais entendu un rugissement et franchement encore aujourd'hui, il sera imprimé à jamais dans ma mémoire. On se mit à parler, plutôt à chuchoter et à rire discrètement de notre peur, à évoquer mon plan B où j'avais prévu avec mon petit couteau rouge à croix blanche de défier un tigre ! Ce devait être parfait pour décapsuler une bière, mais pour le reste, il fallait plutôt oublier ! On rigola franchement lorsque j’évoquais le volonté de monter dans un arbre, imaginant la situation, perché dans un arbre avec une lame évoquant surement un cure-dent pour un tigre prêt à vous dévorer! On se dit que si cela avait été un tigre nous serions déjà mort...Les villageois avaient raisons, on aurait du accepter leur invitation...

On s'endormit lorsque nous étions certain que le silence ne serait plus rompu par le cri du félin. Lorsque le jour se leva, nous avions glissé de notre couche à cause de la pente mais surtout à cause des couvertures de survie de matières totalement lisses ; nous nous retrouvions quasiment sur le chemin. On se mit en quête de bois pour faire un thé. En m'approchant du chemin , vierge de tout passant, je remarquais des traces au sol. J'appelais Yann et on regarda cette trace de coussinets d'un air dubitatif. Elle était un peu moins large que notre main. On en remarqua d'autres qui allaient vers le village, celui se trouvant tout près de notre campement. La bête était passée à dix mètres de nous et avait heureusement passé son chemin. Les premiers villageois passèrent pour se rendre de l'autre coté de la rivière, à Rutraprayag. Ils étaient habillés élégamment et parlaient un très bon anglais. Ils étaient des fonctionnaires rejoignant leur lieu de travail. On reconnu presque les mêmes personnes de la veille au soir qui nous avaient mis en garde de coucher à la belle étoile. On leur montra les traces et ils nous affirmèrent qu'elles étaient celles d'un léopard, d'une panthère des neiges. Ils nous parlèrent alors de certaines de ces bestioles qui pouvaient être mangeuses d'hommes ou de chiens et bétails, d’où les pétards d'effarouchement que l'on avait entendu la veille. On n'y cru pas vraiment, pensant que c’étaient des légendes. Ces félins n’étant pas de réputations, mangeurs de chairs humaines, peut-être attaquaient-ils l'homme pour se défendre, c'était sur. Une fois de plus, les occidentaux que nous étions, savions mieux que les autochtones. Enfin pour eux, nous l'avions échappé belle, nous, nous pensions « cause toujours mon coco ». Le chemin se fit de plus en plus fréquenté par des hommes se rendant en ville. Notre paquetage fait, on prit le flot de circulation et très rapidement nous arrivions en face d'un pont suspendu rejoignant la route asphaltée ; si nous avions su qu'il fut si près, nous aurions continué à marcher la veille au soir. On nous dit que pour Rutraprayg , il fallait traverser, le chemin continuant sur le même versant de la montagne allait plus haut dans la montagne et il n'y avait plus de pont, du moins, pas à proximité. On traversa, la plupart des hommes attendait des bus pour descendre ou remonter la vallée et vaquer à leurs occupations.

Nous marchâmes le long de la route puis en fin de matinée nous arrivâmes enfin à Rutraprayag. On nous accepta dans un mandir. Il était confortable, et équipé de dortoirs de dix personnes. En cette saison, nous étions seuls et le brahmane, gardien des lieux, nous fit un bref plan de la petite ville. Elle se résumait en deux rangées de maisons bordant la route montant vers les cimes de l’Himalaya. On lui raconta notre aventure de la nuit précédente et il nous raconta l'histoire de ce léopard des neiges qui terrorisa toute la population de la vallée, il y a à peine une centaine d’année. Elle avait eu à son actif plus de deux cents attaques d'enfants et de femmes des villages environnants. Le Royaume Uni, alors puissance coloniale, envoya le plus fameux chasseur de félin du royaume des Indes, Jim corbett. Il vint traquer la bête et réussit à la tuer après avoir décimer un grande partie la population des léopards de la vallée, faut-il le rappeler. Enfin, la légende était encore vivante car tous les habitants connaissaient cette histoire et le remerciaient encore. D'ailleurs, au centre de Rutraprayag, une statut à l'effigie de Corbett était vénérée, les indiens lui mettant au pied du statuaire, des offrandes comme à une divinité du panthéon hindou. On passa la journée dans la petite ville bien sympathique. On se renseigna pour savoir de laquelle des deux vallées nous pourrions arpenter, vers Badrinath ou Kedarnath ? Tous nous dirent que les deux routes étaient bloquées un peu plus haut par la neige tout d'abord et par de nombreux éboulements. On se renseigna pour le chemin de pèlerins et tous nous dirent que c’était plutôt compliqué car les deux vallées devenaient très abruptes et la plupart du temps, la route avait emprunté le tracé de l'ancien chemin. On rentra alors au mandir à la tombée du jour, le froid était mordant. On passa la soirée autour d'un feu avec notre hôte qui nous raconta, une fois de plus, l'histoire de Jim Corbett. Décidément, ce chasseur écossais était une vraie légende par ici, un demi dieu.

Le lendemain nous avions décidé de reconnaître, malgré les avertissements, le chemin montant vers les cimes himalayennes. On se promena des deux cotés de la montagne, au départ des deux vallées et nous constations que la montagne était bien aménagée ; Système d'irrigation judicieux alimentant une méandre de culture en terrasse. Ce fut une très belle balade dans un cadre idyllique, mais nous le constations, les anciens chemins de pèlerinages se perdaient dans dans le vide des gorges de l'Alaknanda river. Nous trouvions même un chemin magnifique rejoignant les bords de la rivière, abruptes mais nous nous trouvions vite dans « les toilettes publiques ». Nous verrions au cours de nos voyages que les indiens dont leurs maisons sont très peu équipées de latrines vaquent à leurs besoins, dans la nature et particulièrement dans des lieux où le panorama est magnifique...Caguer avec vue, un must et une certaine classe! En revenant dans la petite ville avant la nuit, nous remarquions que les camions s'accumulaient sur le bord de la route. Tous le disaient : ils avaient du rebrousser chemin , du à la neige mais surtout la route s’étaient carrément effondrée un peu plus haut. Le soir, en compagnie de notre brahmane, nous prenions la décision de repartir en arrière.

Ici, à Rutraprayag, s’arrêterait notre ascension vers les sources du Gange ! Yann accueillerait sa femme et ses filles à Delhi dans moins d'un semaine et faire un détour pour monter vers les sources du Gange du coté de Gangotri nous prendrait trop de temps. Nous étions tout proche des dieux mais ils avaient donc décidé de pas nous accepter dans leur sanctuaire. Les cimes de l’Himalaya ne resteraient donc qu'une vision lointaine. Nous étions, certes déçus, mais ce fut sans regret, l'homme avait façonné la montagne pour y faire passer des camions et n' avait laissé que très peu de place pour les marcheurs. Place aux bus, aux jeep, aux camions, nous, nous retournerions vers la capitale indienne. Yann accueillerait sa petite famille, nous nous séparerions et avant de rejoindre à nouveau notre ami et sa famille à Konark en Orissa sur les bord du golfe du Bengale, nous irions à Agra et Jaïpur « faire du tourisme », le Taj Mahal, magnifique, envoutant, le palais des vents de Jaïpur, les palais de Maharadja, les portes du Rajasthan. Un beau souvenir de monuments, au milieu d'un tourisme de masse organisé. Nous y retournerions plus longuement quelques années plus tard.

En attendant, nous désirions Bénares, l'actuelle Varanasi, l'ancienne Kashi, patrie des dieux, où le cours du Gange, bordé de ses ghats toujours débordantes d'une foule de pèlerins, pointe son lit plein nord, vers les cimes de l’Himalaya où Shiva réside. De sa longue chevelure nait le fleuve avant qu'il ne déferle sur des milliers de kilomètres pour enfin se jeter dans le golfe du Bengale. Ville mystique où si l'on y meurt, on peut briser le cycle des réincarnations et rejoindre alors le nirvana. Nous ne voulions pas mourir mais c'est donc là, dans l'une des plus vieilles villes du monde que nous voulions aller, pour retrouver et rester, décidément, toujours près des dieux . Lire l'article original



Bénarès (déc 91)...Et pour l'éternité !

Nous avions échoué dans l’Himalaya indien, dans l'impossibilité de rejoindre le domaine des dieux, mais nous étions persévérants, devenions-nous de plus en plus mystiques ? L'Inde faisait-elle toujours cet effet sur les occidentaux, la visitant la première fois ? Lorsque l'on parlait de celle-ci avec ceux qui y avaient déjà trainer leurs guêtres, ils vous disaient la plupart du temps : « soit vous en devenez accros, et alors une seule chose vous hante, vous tarabuste, y retourner, toujours et toujours, ou bien vous la détestez et alors vous la fuyez pour toujours sans même lui donner une seconde chance de vous séduire, puis vous l’éviterez à tout jamais ; de toute manière, elle ne vous laissera pas indifférente ! ». Vous avez pu comprendre, pour ceux qui auraient lus mes précédents récits de voyages que je faisais parti de la première catégorie de voyageurs. Après moult tours en Inde, si je devais donner « mon palmarès » des lieux qui ne vous laissent en rien indifférent, Bénarès obtiendrait la médaille d'argent, évidemment Varkala au Kérala reste et restera mon record olympique, mais cette ville incroyable qu'est Bénarès est, dès cette première rencontre en décembre 91 , devenue la destination qui serait au centre de tous mes voyages en Inde, une halte toujours programmée, je passerais coute que coute à Varanasi, son nom actuel, du au deux rivières qui l'encadre au nord et au sud, la Varuna et l'Assi...Son nom Sanskrit, très ancien, connu de nombres d'indiens, bien avant le joug colonial britannique qui eux la nommaient donc Bénares, étant Kashi, la lumineuse (traduction Sankrit), centre culturelle et du savoir depuis la nuit des temps, enfin, depuis des temps immémoriaux. À en croire les historiens, Varanasi serait donc la ville la plus ancienne du monde dans sa configuration actuelle et encore en activité telle qu'elle l'était, il y a au moins trois mille ans, selon des témoignages de voyageurs venus de Chine ! Impressionnant, forcément pour un petit occidental tel que moi ?

Nous (mon ex qui ne l'était pas encore et moi-même) nous y rendions donc après notre courte escapade au Rajasthan et arriverions le matin très tôt, par la grande gare de la ville, Varanasi Junction. Une horde de mendiants nous attendait, enfin habitait sur les quais et le hall de la gare mais aussi aux alentours. Le grand nombre de pèlerins décuplait le nombre de « crève-la-faim », c'était toujours difficile à supporter, une culpabilité en soit, une honte, une volonté de ne pas voir, mais nous apprendrions au fil des années que cela était aussi ça, l'Inde ! Les rickshaws, très très nombreux aussi, nous assaillirent, mais nous arrivions à leur imposer notre destination, enfin du moins à un d'entre eux : Sri Venkateshwar lodge, située dans le Chowk tout prêt des ghats principales, Dasashasmeda ghat (le ghat est le nom donné aux marches et quais aménagés descendant de la ville vers le fleuve, il y en a des dizaines, qui ont chacune une activité spécifique liée à un métier) ! Nous traversions alors une ville engourdie par le froid, mais où l’activité humaine ne semblait jamais s’arrêter, même dès quatre heures du matin, mais l'Inde s’arrêtait-elle des fois ? Ce qui nous sauta aux yeux fut la saleté, des détritus partout, jonchant les moindres coins de rue, la surpopulation en étant surement la raison. Après ce bref aperçu matinal, notre taxi-vélo nous déposa devant l’entrée d'une ruelle inaccessible, du moins grâce à un quelconque véhicule quel qu’il soit. Elle s'engouffrait dans le Chowk, vaste bazar, un peu dans le style des médinas arabes. Un panneau annonçait « temple d'Or » et « Mosquée(??) », un endroit partagé entre deux communautés qui pourtant vivaient totalement séparément, dans des quartiers bien distincts dont nous ferons la visite plus tard au cours de nos passages dans la ville. En effet, si la ville de Bénarès était profondément hindou, elle était aussi très musulmane ; les communautés avaient d'ailleurs des activités très différentes. Les hindous avaient les commerces et restaient à la « lumière », faisant du commerce et les musulmans fabriquaient ce que les hindous vendaient ; particulièrement la soie, la ville ayant cette réputation d’être un lieu en Inde où l'on fabriquait les plus belles soieries brodées de fils d'or, les fameux brocards et saris de Varanasi ! La culture du vers à soie, être vivant, ne pouvait être opérée par les hindous, alors les musulmans, convertis il y a des lustres devaient être, lorsqu'ils étaient hindous, des « hors castes » faisant les besognes « impurs » que les hindous de castes supérieurs se refusaient à faire, malgré tout, la tradition perdurait et l'activité autour la culture du ver à soie en faisant partie.

Nous nous engagions donc dans cette ruelle encore endormi et devions contourner vaches et buffles vautrés sur le pavé, devions aussi éviter d'ailleurs, les innombrables bouses de ces ruminants, jonchant le sol. Elles seraient ramassées plus tard, pour la plupart par des femmes et des jeunes filles qui ensuite les faisaient sécher sur un ghat qui leur était dédié ou sur le mur extérieur des maisons ; on en faisait des galettes pour s'en servir comme combustibles pour la cuisine.

Nous arrivions devant la porte magnifiquement sculptée du lodge, ce qui devait annoncer son caractère très ancien. Après de nombreux « toc toc » et tambourinages, on vint nous ouvrir. Nous rentrions alors dans une maison traditionnelle de Bénarès, transformée en chambres d’hôtes. Une sorte de maison à quatre étages avec une cour intérieure, des balcons donnant sur ce puits de lumière. Durant la décennie où nous passerions régulièrement dans la ville, nous retournerions toujours dans cette guest-house, de magnifique architecture et de bonne tenue (Sri Venkateshwar Lodge existe toujours à l'heure actuelle). Un chauffe-eau ne fut installé que quelques années plus tard, dans la douche commune, mais les petits jeunes s'occupant du lodge, sur demande, vous faisaient volontiers chauffer un baquet d'eau pour vos ablutions, ce qui permettait de supporter les matins d'hiver souvent glacials .

Nous nous trouvions donc à quelques pas du ghat principal, celui où les pèlerins affluaient pour leur prière ou pour se confier à des astrologues, ou simplement se faire raser le crane pour les hommes, symbole de se débarrasser d'un certain passé, de certains péchés, tout cela, avant de se plonger dans les eaux sacrées du Gange. Les touristes aussi arrivaient en masse, ceux des tour-opérateurs arrivaient par ce ghat pour le lever ou le coucher de soleil et faire un tour de barque sur les eaux du fleuve. Fourmillant autour d'eux, des dizaines de vendeurs ne lâchaient jamais prises pour leur vendre tout et n'importe quoi : « Souvenirs de Bénarès » ! Pour se rendre sur le ghat, la route principale était bordée, telle une haie d'honneur, de mendiants attendant l’aumône des pèlerins, ils étaient des centaines mais si l'on regardait sur la gauche, une patte d'oie se formait et une petite allée, plutôt discrète, rejoignait alors le même ghat. Ce petit passage était un marché aux légumes. Nous y prendrions nos habitudes, deux petits échoppes de thé, en vendaient un particulièrement délicieux, à la cardamone, alors simplement assis, on assistait au spectacle quotidien des marchands bataillant avec les vaches ou les singes voulant leur chiper de la verdure. La plupart d'entre eux, entre quelques clients et deux coups de bambous pour effrayer ruminants et agiles macaques, s'adonnaient au plaisir du jeu d'Échecs. Je ferais de nombreuses partis avec un homme qui avait la dernière échoppe de thé au bout de l’allée, surplombant le fleuve, il était aussi bateleur et avait la nostalgie de la France. Il avait été « le passeur » du film documentaire de Louis Malle « l'Inde fantôme » (entre nous, extraordinaire vue de l'Inde d'ailleurs, que je vous invite à apprécier si vous le pouvez) . D’année en année, nous passerions la plupart de notre temps sur ce petit marché, nous nous y ferions des amis, des jeunes gens, originaire du Tamil Nadu , Arjun, Harry que nous verrions grandir, se marier puis avoir des enfants et que mon frère et ma belle-sœur lors de leurs voyages récents nous donneraient de leur nouvelles à leur retour. Juste au dessus de ce petit marché, sur le coté d'un ancien palais de maharadjah, tous les matins, nous avions aussi le droit à l'entrainement des lutteurs, personnages surpuissant soulevant des kilos de fontes.

Arjun, assis juste derrière moi improvisé en bateleur (pour la photo surement?) lors d'une promenade en famille sur le Gange. Devant à droite la femme de Harry alors enceinte. Il y a trois ans, mon frère et ma belle-sœur les rencontraient de nouveau, je n'ai jamais perdu contact avec eux ! Au cours de notre premier séjour, nous visiterions les temples, les ghats du nord au sud . Ghat des laveurs (dhobi), des gardiens de buffles, des tanneurs, des faiseurs de galettes de bouse etcétéra... Bien sur le ghat de Manikartika où les crémations traditionnelles, grâce à du bois, avaient lieu. Lieu étrange, serein et sordide en même temps, en activité 24 heures sur 24, où une fois le bois consumé, on poussait les cendres et les restes non brulés (c'était souvent le cas) dans les eaux du fleuve. De l'eau grasse jusqu'aux genoux, de nombreuses gamines et gamins récupéraient or et attributs des défunts et des chiens galeux attendaient leur part du festin, des tortues d'eau s'affairaient à nettoyer le tout. Le fleuve sacré était en fait un vrai dépotoir, les vaches et les jeunes enfants, considérés comme des êtres purs ne passaient pas par la case crémation et étaient immergés lestés d'une grosse pierre tels quels dans les eaux du fleuve. Pourtant on y voyait de nombreux dauphins au long museau, toute sorte de vie animale, on y voyait bien de nombreux pèlerins boire l'eau du fleuve ; le caractère sacré faisait-il que ses eaux étaient aseptisées par les dieux ? J'en doute mais Bénarès était ainsi, magique, envoutante malgré toute cette crasse...Des sadhous, des vieillards restaient dans de petites niches aménagées, le long des palais de maharadjah longeant les ghats, tous ces palais décrépis par les crus du fleuve et le manque d'entretien, alors à leur pied, tous ces anciens attendaient la mort et leur ticket d’entrée pour le nirvana, la ville sacrée leur permettant enfin de briser le cycle des réincarnations.

Si nous rejoignions le centre-ville, la route, plus ou moins parallèle au fleuve était totalement embouteillée du matin au soir, particulièrement par une pléiade de Rickshaw-vélo, se faisant régulièrement lattés par des flics (toujours aussi sympathique, ceux-là) qui avaient le coup de bambous facile. Il était donc impossible de se déplacer correctement dans cette ville. Décidément, elle accumulait les défauts !

Gaudowlia, au bout de la route de Dasashamedha ghats était aussi un endroit privilégié pour rester en béatitude devant le spectacle de la rue. D'ailleurs, sur cette sorte de rond point où un flic tentait de réguler la circulation, un vendeur de lassi (yogourt liquide, ressemblant à du yaourt grec )nous offrait dans sa boutique, une place privilégiée sur ce spectacle dantesque, proche du chaos. Non négligeable, notre vendeur y concoctait le fameux « bang lassi », une boisson plutôt méditative, si vous voyez ce que je veux dire, dont je ne vous ferais pas un dessin.

Je pourrais vous raconter notre passage en 1992, nous étions alors dans la ville lorsque déferla plus d'un million de fanatiques nationalistes hindous se rendant à Ayodya y détruire une mosquée battit il y a plus de cinq cents ans sur les ruines d'un temple hindou qui selon la légende y était battit sur l'endroit où naquit le dieu Rama, Dieu particulièrement vénéré dans le panthéon hindou. En une journée la mosquée fut détruite sous le regard complice de la police restant les bras ballant, le pays plongea alors pendant plus de quatre mois dans la pénombre, il y eu des milliers de morts entre les communautés hindous et musulmanes !

Vous pourrez alors vous demander légitimement : « Mais qu'est-ce qu'il a pu trouver à cette ville, pour y retourner tout le temps ? La description qu'il vient d'en faire, saleté, chaos, mendiants, surpopulation, communautarisme etcétéra... aurait du le faire fuir de cette soi-disant cité lumière ».

Mais je pourrais vous en raconter pendant des lignes et des lignes sur les ruelles immaculées de traces rouges venant des crachats des mâcheurs de bétel, incontournable activité des hommes de Bénarès ; le soir, tous les hommes, toutes conditions sociales confondues se « faisaient l’apéro » au bétel ! On pourrait en dire et en redire sur la vie des ghats et ses habitants ; je pourrais aussi vous parler de Sarnath , dans la banlieue de Bénarès, lieu magique où dans le parc aux cerfs, Siddharta fit son premier prêche et envoya ses cinq disciples à travers toute l'Asie pour répandre la bonne parole du Bouddhisme. Je pourrais vous parler de toutes ces petites boutiques où d’innombrables artisans travaillent du matin au soir, rouleurs de bidis, barbiers, graveurs, joueur et fabricants de tabla, cithare et tampura, la liste serait trop longue, mais cette ville et ses habitants vous donnaient cette impression de sérénité ! Je ne peux pas vraiment l'expliquer, Bénarès est envoutante et attirante à l'infini, c'est une ambiance, un tout qu'il est difficile d'expliquer. Nous l'aimerions tellement que lors de ce premier voyage après notre départ de Konark, prochaine étape de notre voyage, nous nous y arrêterions de nouveau en revenant vers Delhi. Même lorsque nous fûmes à Varkala plus tard dans le sud, on se tapait des 50 voire 72 heures de train (un record ?) pour rejoindre cette cité merveilleuse, la cité des dieux, la ville de Shiva, dont nous ne pouvions réellement plus nous passer.

On quittait donc provisoirement Bénarès lors de ce premier voyage, direction l'Orissa, pour une histoire de train qui nous emmènerait sur les bords du golfe du Bengale. Allait-on laisser les dieux derrière nous , le « virus » Bénarès nous laisserait-il tranquille ? Nous ne le savions pas encore, mais non, on reviendrait à Bénarès mais Konark allait aussi nous étonner ! Les dieux y avaient aussi une résidence secondaire...

Notre petit ticket de train en main, grand comme un ticket de métro où tout était étonnamment écrit dessus : Subha yatra (bon voyage), le numéro de train, la destination, le numéro de siège, le numéro de wagon, un vrai roman écrit sur un morceau de carton de 6 centimètres sur trois...Nous retournions à la gare de Vanarasi Junction pour continuer notre périple vers l'est, toujours au plus proche des dieux...

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Konark ! (déc 91). Le temple du soleil !

Nous quittions donc Bénarès avec la promesse d'y revenir très vite... En attendant, nous voulions rejoindre Konark en Orissa. On allait prendre le train, moyen le plus efficace de se déplacer en Inde pour les longues distances. On prit d'abord un « express », un grand mot, les trains en Inde étant loin d’être des TGV. Nous partirions le soir pour voyager toute la nuit en « second sleeper », couchette assurée avec ambiance garantie ! Nous passerions aux aurores à Lucknow dans le Bihar puis devrions changer de train à Howra Junction aux portes de Calcutta.

La gare de Howra était une vraie cour des miracles, point de chute de hordes de paysans déshérités venant de toutes les régions limitrophes pour tenter leur chance dans la capitale du Bengale. Beaucoup n'iraient jamais plus loin...

Au sein de cette gigantesque gare, on pouvait d'ailleurs y trouver le plus long quai du monde, plus de 900 mètres de long... Vous pouviez tenter un marathon en y faisant 47 fois la distance. Nous, nous devions juste y prendre un train « omnibus » partant vers le sud, vers Bubhaneswar, capitale de l’état de l'Orissa. Non sans appréhension. Nous étions donc obligés d'attendre à Howra Junction, ville gare ou gare ville ? Howra, où un pont de fer tout aussi démesuré, datant de l’époque coloniale britannique, traverse le Gange pour atteindre sa rive nord, pour rejoindre la mégalopole de Calcutta. Des années plus tard, je traverserais ce pont à trois niveaux, un pour les trains, un autre pour les petits véhicules à moteur et le dernier pour les piétons et véhicules lents en tous genres, ce dernier niveau étant entre autre un campement à ciel ouvert, où des familles entières, ayant malgré tout réussit à s'extirper de la gare, n'avaient jamais eu les moyens de rejoindre la capitale, même dans un de ses bidonvilles de tristes réputations. C’était juste un énorme village, tout au long d'un pont, peuplé de pauvres gens !

Nous descendions donc de notre train après une nuit relativement confortable où une fois la cohue de l'embarquement, tout le monde avait trouvé sa place (indiquée sur le petit ticket) tant bien que mal. On arrivait à dormir dans les trains en Inde malgré le confort précaire. À Howra, à peine le temps de pouvoir trouver le quai puis le train partant vers l'Orissa, nous étions assaillis par des hordes de gamins, crasseux, pouilleux, désirant des piécettes ou de quoi manger. Ce fut très oppressant et notre statut d’européen nous rendait mal à l'aise, mais nous continuions et trouvions relativement rapidement notre voie pour partir vers Bubhaneshwar.

Le trajet de jour serait beaucoup plus « ruts », pas de réservation et s’arrêtant dans toutes les gares, la foule était au rendez-vous. Nous réussissions à nous extirper du train malgré le monde et en milieu d’après-midi, nous débarquions au sein de la gare de la capitale de l’état de l'Orissa. Nous n'avions pas encore la pratique des nombreux voyages que nous ferions en Inde, nous le saurions plus tard, toujours prévoir une gare à l'avance (si l'on arrivait à se repérer bien évidemment, ne pas hésiter à demander à vos voisins non plus) pour rejoindre la porte de sortie et descendre ensuite dans la bonne gare. Les couloirs totalement englués de voyageurs au long cours, étudiants, pèlerins, mendiants, fonctionnaires, voleurs, paysans fauchés déménageant de leur campagne avec femmes, enfants et bardas, chanteuses et musiciens, montreurs de serpents et j'en passe, ah ! cela change des trains en Europe ? Eh bien, ces couloirs surchargés permettaient tout de même à de nombreux marchands ambulants de vendre toutes sortes de choses, surtout du thé, des petits encas, des fruits permettant de faire passer ces voyages qui, en Inde duraient des heures et des heures, on finissait même par profiter de gouter les spécialités culinaires des régions traversées ; les voyages ne sont jamais assez long en Inde ! Lors des longs trajets, même dans des postures parfois démantibulées, les gens toujours aussi avenant vous faisaient la conversation, les touristes étrangers voyageant habituellement en première classe, alors voyant des « saïb » au milieu de la populace, ils en profitaient ; les questions fusaient, les interrogations de toutes sortes, à notre sujet, ces étranges « blancs » venus se perdre dans un pays archaïque, ils étaient fiers de voir ces étrangers visiter leur pays et surtout l'apprécier alors qu'eux-même avaient du mal à le supporter, mais eux y vivaient tous les jours, nous, nous n'étions qu’éphémère, juste de passage . Il n’était pas rare non plus, de rencontrer d'autres voyageurs vous invitant chez eux, en dix ans cela nous arriva au moins une fois tous les ans, ou alors simplement vous offrant leurs services pour trouver des correspondances aléatoires dans les gares, aux arrêts de bus, d'ailleurs dans le cas qui nous intéresse, la gare des bus de Bubhaneshwar, pour enfin, rejoindre Konark (ou Konarak) sur la cote, au bord de la mer... Enfin du repos !

Bhubneswar était une petite ville, sans beaucoup de bousculades , ni d'embouteillages, un vrai petit air de province, étonnant pour l'Inde, après nos passages à Delhi, Agra, Jaipur, Bénares, Calcutta ou le gigantisme et le fourmillement humain était de rigueur. On voulut donc chopper un bus pour Konark mais l’après -midi, il n'y en avait plus, on devait prendre la direction de Puri, la Goa de l'Orissa, et trouver une autre correspondance. Depuis longtemps cette ville côtière (Puri, c'est pourri?) était un « spot » pour hippies devenu une destination de « backpackers ». Nous ne voulions pas y aller, alors on descendit du bus au milieu du trajet, à Pipli, ville très colorée par le fait qu'elle avait fait de sa spécialité, de la teinture à dominante rouge sur cotonnade, agrémentée de motifs naïfs. Toutes les rues de la ville en regorgeaient et les boutiques rivalisaient du meilleur décor attractif, une vraie explosion de couleur !

A Pipli, cela devenait de plus en plus compliqué pour les correspondances, très peu de gens parlant anglais, mais en fait on commençait surtout à être fatigué et à saturer de la foule, il était temps que l'on arrive, et puis enfin, on trouva une sorte d'énorme rickshaw collectif, surpeuplé et nous pûmes rejoindre Konark. Nos amis nous attendaient dans un lodge des plus calme, à la sortie du bled...Un guide, se tenant à la sortie du taxi collectif, un dénommé Rupo, qui serait par la suite de tous nos déplacements et visites du fameux temple du soleil puisqu'il en était un guide officiel, nous emmena enfin dans cette petite guest-house coquette et bien tenue. Nous y passerions notre séjour, un bonne dizaine de jours, le temps de traverser l’année 1991 vers 1992. Nous n'avions d'ailleurs pas le choix, puisqu'elle était la seule de l'endroit, nous pouvions enfin nous poser !

Idéalement, étions nous à la sortie de Konark sur la route de la plage, un rickshaw vélo nous emmènerait quotidiennement sur la plage de sable blanc non loin, façonnée par les vagues et les courants puissants de la mer du golfe du Bengale. Nous y passerions nos après-midis, des kilomètres de plage sans un clampin, juste un village de pécheurs nomades y était provisoirement installé. Un petit temple d'Hanuman, le dieu singe et un baba-sadhou, maitre des lieux, finissait de nous rendre l'horizon d'une beauté assez rare et unique. Un vrai plaisir.

Bien-sur, nous étions venus à Konark pour le temple du soleil, réputé entre autres pour ses sculptures érotiques. Les pèlerins indiens y venaient pour y faire des offrandes et « optimiser » leur fertilité. Lorsque Surya Temple fut construit au tout début du second millénaire , l'Inde avait une population décroissante (eh oui, comme quoi les temps changent...) et le roi du moment avait engagé des sculpteurs pour y tailler dans la pierre, des scènes de fornications en tous genres pour stimuler la libido de ses concitoyens. Notre futur guide Rupo nous fit la visite « colorée et détaillée » du temple et je conseillerai à ceux qui voudrait visiter le fameux Surya Temple, de prendre un guide, le spectacle et la verve de ceux-ci est garantie, et une franche rigolade accompagne les descriptions scabreuses de ces statues. Inoubliable ! Nous verrions que les habitants des villages alentours étaient d'ailleurs très portés sur la chose ! Le roi de l’époque avait donc réussit son coup ! La population de l'Inde allait dépasser celle de la Chine dans les années 2020 ?

En fait, Konark n’était qu'un temple et des boutique l'entourant, le soir, les bus de pèlerins et de touristes étant retourner dans leurs pénates, tous rentraient dans des villages disséminés dans la campagne, seulement accessibles à pied ou en vélo par des sentes traversant des rizières. Un paysage magnifique, un petit air d'ISAN.

Mais nous étions arrivés là, surtout sur les conseils d'un ami de Yann, qui dans les années soixante avait fait une retraite en compagnie d'un baba, Propulo Baba, que nous côtoierons tous les soirs. Avec ses disciples, tous guides au temple nous formerions une sacrée bande de fumeurs de shilum, discussions interminables, méditations et notre Baba, ancien fonctionnaire de police, qui avait laissé sa vie civile depuis des lustres, avait tellement d'histoires à raconter que nous étions fascinés et nos soirées étaient un vrai plaisir. À coté de sa case d'ermite, faite de feuille de cocotier , un petit ashram s’était installé. Oh ! tout simple, rien à voir avec ceux de Rishikesh, non, ce n’était qu'une dalle recouverte d'un toit en branchage, une statue trônait, le dieu soleil bien-sur, surplombant le parterre où des disciples, des locaux venaient y faire de la musique, venaient y célébrer des mariages des naissances, venaient y méditer, ou bien s'adonner au plaisir du yoga, tout cela sous l’égide de ce tout petit homme, homme saint, Propulo Baba.

Yann qui était déjà venu l’année précédente, avait décidé d'y revenir avec sa fille de huit mois pour lui prodiguer un baptême hindous, ce fut une belle fête, où les femmes de nos amis cuisinèrent, où nous fîmes de la musique, où nous fumerions des shilums grands comme des avant-bras...Sa petit fille était d'une blancheur immaculée, et grosse comme un bouddha chinois. Elle fascina tout le monde. Yann et Claire l'avaient appelés Surya, soleil en hindi, un vraie petit soleil, comme le nom du dieu du temple de Konark ; alors préméditations, prémonitions ? Surya a toujours un air lumineux de nos jours !

Nous reviendrons encore deux fois à Konark et elle restera dans mon cœur, forte de cette première rencontre inoubliable.

Notre premier voyage s'achevait donc, il fallait juste rentrer à Delhi, retraverser tout le nord de l'Inde, mais nous ferions « un stop » à Bénarès avant de rejoindre l'Europe. Nous allions revenir en terre française totalement transformés, déboussolés, avec une seule envie, revenir en Inde et découvrir le reste du pays. Nous y reviendrons dix années de suite, la traversant en long et en large, y faisant plusieurs fois le tour de ce pays continent qui serait pour toujours pour moi "Mother India".

S’achève donc cette série d'articles sur ce que fut cette découverte de l'Inde, ce qui m'aura permis de vouloir aller plus loin, visiter d'autres pays en Asie, pour avoir atterri depuis plus de dix ans en ISAN, au nord est de la Thaïlande. Un cheminement de plus de vingt ans, mais qui avait donc sa source en Inde, comme une nouvelle naissance vers une nouvelle vie. Après une première vie française, Mother India m'aurait vu grandir, Mother India m'aurait accompagné dans une enfance asiatique et depuis que je traine mon éternelle adolescence en ISAN, jamais elle ne m'a abandonné. Aujourd'hui, adulte ? Pas encore. Je revenais et reviendrai régulièrement en Inde, je lui ai fait et je lui ferai souvent des appels comme elle me fait régulièrement des signes même si l'ISAN est désormais, ma plaine de jeux, pour les années à venir...Mais ceci, toujours sous son regard protecteur, toujours auprès des dieux !

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Je vous ai donc présenté "Mon Inde à moi" comme je l'avais ressentie lors de ce premier voyage. Je rajouterai quatre articles à propos de Varkala, petite bourgade du sud de l'Inde située au sud du Kérala. Tombé sous le charme lors de mon deuxième voyage, je retournerai pour aller m'y installer pendant une petite dizaine d'années, construisant une maison et partageant tous mes hivers, à l'époque, lorsqu'elle n'était pas encore devenue une station balnéaire très prisée des "backpakers" et des indiens branchés...

En attendant voici le lien vers cette série d'articles.



Varkala, Kérala, South India.(4)

Il y a des lieux dans le monde qui ne laissent pas indifférents, et Varkala en fait parti !

J'aurais pu en parler dans ma rubrique "Divagations indiennes" mais Varkala, ou petite baie charmante donnant sur la mer d'Oman, mérite que l'on y consacre plusieurs articles. Par hasard, je m'y suis arrêté lors d'un voyage en 1992, puis j'y ai passé presque 10 hivers consécutifs ! Les gens que j'ai pu y rencontrer, vous donnent de l'inspiration ! Des amitiés exceptionnelles s'y sont construites, de l'amour, ce petit bout de pays, en regorge et mon voyage récent en Octobre 2011 après presque dix ans d'absence va me permettre de vous présenter un autre petit paradis, différent de l'ISAN certes, mais tout aussi authentique !

Varkala, un p'tit coin de paradis? (première partie)

Il y a une semaine, je suis retourné à Varkala après dix ans d’absence mais ma première rencontre avec ce lieu si particulier se passa durant l'hiver 1992 , lors de mon deuxième voyage en Inde.

Pour la première fois, nous avions (avec ma compagne de l’époque) repris les trajets de notre première déambulation indienne, c'est à dire le Nepal puis le bassin du Gange mais une fois à Bhubaneshwar, nous avions tracés vers le sud, jusqu'à Kanyakhumari (ancien Cap Cormorin) puis remontant la cote ouest, arrivés à Trivandrum (Thiruvanantapuram), capitale de l'état du Kérala, nous cherchions une plage. La cote de l'ancien Malabar en était truffée ! Fallait-il en trouver une , digne de ce nom ?

Lors d’arrêt sur la cote est de l'Inde, ses plages magnifiques étaient bien là, mais elle servait comme beaucoup de plage du sous-continent, de toilette publique. Nager au milieu des étrons, n'est pas forcément idyllique ! L'indien, lui cherche de l'eau pour ses soulagements matinaux, et la mer, donc la plage, est un endroit rêvé. La sensation de se « libérer » avec vue magnifique sur le golfe du Bengale au moment du lever du soleil, quoi de plus beau ? Nous, nous cherchions donc une plage où l'on pourrait se baigner et pourquoi pas buller, se reposer de trois mois de voyage intense !

Nous avions un guide de voyages comme tout bon routard et le « Lonely Planet »était la référence du vrai baroudeur. On n’échappe pas au cliché ! A l’époque, la version française n'existait pas encore et avec notre pavé (il faut le dire, pour voyager léger le « Lonely » n'est pas l’idéal) sous le bras, nous remarquions un entrefilet dans les lieux à voir, proche de Trivandrum :

Varkala ! En deux lignes, ils disaient que c’était le seul endroit de l'Inde où l'on trouvait un centre de cure dépendant du gouvernement, des sources d'eau thermale tombant des falaises sur la plage, plage d'ailleurs appartenant au temple (peut-être l'indien ne s'en servirait-il pas de toilette, nous verrions), par contre aucun hôtel ni guest-house n’étaient recensés !

A la gare des bus de Trivandrum, dans un bordel pas possible, comme toujours en Inde, nous trouvions un bus de l’état du Kérala qui faisait la ligne jusqu'à cette plage. Ils nous l’affirmèrent. Nous montions dans ce bus couleur rouge/sable et longions la cote escarpée de la mer d'Oman jusqu'au temple de Varkala, le temple de Swami Janardhana...On était un dimanche, je me souviens et les bus n’étaient pas encombrés d’écoliers. Après deux heures de trajet, nous arrivions dans la ville proprement dite de Varkala, le temple et la plage étant trois kilomètres en aval de la ville. Nous n’étions alors plus que tous les deux dans le bus. Pas de pèlerins ni personne pour se rendre à la mer. Il faut dire qu'il était déjà presque cinq heures de l’après-midi, le pèlerin voyageant vers sa Punja se matérialisant plutôt vers cinq heures du matin !

Nous descendions du bus sous l'injonction du chauffeur : fin de parcours !

Il n'y avait quasiment personne. Personne pour nous solliciter pour un hôtel (normal, il n'y en avait pas) ou même un rickshaw walla (Conducteur de petit taxi à trois roues, style Tuk Tuk thaï, en Inde la plupart de couleur noire et jaune) pour nous proposer de nous rendre dans un lieu de notre choix ou de son choix (comme souvent en Inde)...Un petit resto faisait le coin et les gens y prenaient le thé en grignotant des sortes de beignets de bananes. On entra avec nos gros sacs (décidément), s'asseyant, nous prenions alors la place de quatre, voire six indiens lambda. On ressortit alors et posions nos sacs dehors, ce qui parut être apprécié et considéré comme un geste civilisé. Nous buvions notre thé et demandions au patron/caissier où se trouvait la plage. Il s'extirpa de son poste de vigie et nous indiqua une petite route en terre et nous dit dans un anglais plus que correct que la plage était à un peu moins de un kilomètre.

Nous prenions notre bardas et marchions à l'ombre de gigantesques cocotiers (Kerala veut dire « le pays des cocotiers »). Nous croisions que très peu de monde. Étonnant pour l'Inde. Sur la gauche, en hauteur, nous passions le temple, ce qui devait être celui de Swami Janardhana, à droite un grand bassin pour les ablutions qui devait dépendre du temple. On avançait toujours au milieu de cet havre de paix, nous remarquions des rizières tombant de la colline vers ce qui commençait à sentir la mer. C’était magnifique, calme, seulement quelques explosions de pétards venant du temple nous indiquait qu'il y avait une Punja (prières rituelles). Une brise légère nous signala que l'on arrivait au bord de la mer. Le soleil se couchait à l'horizon, une orange gigantesque suspendue au dessus de la mer d'Oman ! Un muret en pierre montra l’entrée de la plage. Un ruisselet s’écoulait dans le prolongement de la plage surgissant de derrière les rizières pour se jeter dans la mer ! Magnifique.

Une marchande de cacahouètes nous offrit son sourire et dans un cornet de papier journal , elle nous en vendit pour une roupie de cacahouètes encore tièdes. Nous laissions nos sacs près de sa charrette et nous nous aventurions sur la plage. De chaque coté, de hautes falaises rouge-ocre se dressaient à presque 40 mètres de hauteur. Le ru se jetait enfin dans la mer et nous le traversions. Personne ne déambulait sur le sable, à part quelques enfants endimanchés s'amusant dans les vagues puissantes de l'océan indien, surveillés par des mamans vêtues de superbes Sari (pièce de tissu de 7 mètres environ dont les femmes indiennes aiment s'enrouler) . Nous retournions sur nos pas et remarquions alors la remontée de la rizière, encombrée de cocotiers en pagaille, engoncés de part et d'autres de ces majestueux remparts couleur ocre, parsemés de yuccas et autres essences d'un vert étincelant, faisant face à la mer fracassant son écume bouillonnante à ses pieds ! Le soleil disparaissait petit à petit vers la péninsule arabique et donnait au ciel des teintes violacées entremêlées de nuages d'altitude d'une couleur presque rouge sang !

« Putain, qu'c'était beau ». Était-ce là, le paradis sur terre ?

Presque trois mois que nous étions dans la cohue indienne et là, nous étions presque seule face à l'immensité du panorama. L’idée de s'installer sous un cocotier pour la nuit nous vint à l'esprit mais ce n’était pas franchement quelque chose à faire, une noix de coco est si vite tombée de l'arbre. Le rêve se serait alors évanoui !

Nous rebroussions chemin dans le crépuscule et en haut des trois marches de l’accès à la plage, près de la charrette de la vendeuse de cacahouètes, un jeune ado se tenait là, semblant nous guetter. Il nous fit un sourire et nous posa les questions rituelles auxquelles chaque voyageur doit se plier continuellement lors de son périple indien :

"what is your country ? What is your name ? What job ? " Etcétéra... Puis il nous demanda si nous cherchions un endroit pour dormir ! Harry (comme il aimât se faire appeler plus tard) nous dit que son oncle avait une maison à cinquante mètre de là, qu'il y vivait avec sa grand-mère et qu'il avait une chambre de libre ! Nous remontions vers sa maison toute proche et nous découvrions une belle maison traditionnelle kéralaise à toit en tuiles . Quelques marches pour y accéder, un puits sur la droite marquait l'entrée de la cour intérieure où une vieille femme était assise à mâcher son bétel (noix d'arec mélangée avec du tabac noir entourée d'une feuille de bétel badigeonnée de chaux. Coupe faim parfois hallucinogène, particulièrement amer, appréciés des indiens comme par les gens d'ISAN d'ailleurs). Nous lui prodiguions un Namasté (plus tard nous apprendrions qu'au sud , on doit dire « Namaskaram » accompagné du rituelle « mains jointes vers le haut sur la poitrine » tel le Waï en Thaïlande. Harry, notre hôte, nous montra une petite chambre , une petite pièce faisant office de salle de bain près du puits, nous dit aussi qu'il pouvait nous faire le petit déjeuner tous les matins, si nous le désirions...Tout était rudimentaire, la gentillesse respirait, une certaine sagesse transpirait de ces deux personnages et cela nous plût tout de suite et plus que tout.

C'était donc là ? Le Paradis, juste là, époustouflant !

Harry nous dit qu'il nous trouverait un lit pour le lendemain, en attendant nous devions nous contenter d'une natte. Nous acceptâmes sa proposition, je ne sais plus pour quelle somme d'argent mais cela était dérisoire et le paradis n'a pas de prix, non ?

Je me sentais bien...Je venais de mettre un pied dans un lieu que je ne croyais pas pouvoir exister ! Mon âme était ensorcelée... Définitivement !

Varkala serait alors dix ans d'une passion intense, puis de déchirement, puis d'une absence trop longue enfin contrarié depuis le mois dernier, mais la passion, l'amour du lieu et des gens ne sont toujours pas effacés et je ne pense pas que cela passera, d'ailleurs pourquoi cela devrait-il arriver ?

Un p'tit coin de paradis niché au fond de son cœur reste indélébile !

Fin de la première partie... Lire l'article original



Varkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie)

Au petit matin, ce jour de décembre 1992, nous nous sommes réveillés avec une délicieuse humeur venue de la mer. Notre petite maison en était vraiment proche. La maisonnée était déjà debout, la grand-mère confectionnait son stock de bétel pour la journée. Le long de la route rejoignant la plage, il y avait du chalands, des femmes essentiellement, toutes de blanc vêtus, nous le saurons au fil des années, c’étaient des veuves qui les jours de pleines lunes venaient au temple pour rendre hommage à leur défunt mari. Elle venait sur la plage de Varkala pour son caractère sacré ; la connexion avec le soleil et la lune (les jours de pleine lune, le coucher de lune coïncidait avec le lever du soleil, énergie est-ouest, la plage plein axe sud-nord. Toutes ces polarités donnaient à la plage du temple le jouxtant (le temple de Janardhana, on l'apprendrait plus tard , était déjà au même endroit, il y a plus de 2000 ans!) sa puissance mystique. Toutes ces femmes nous entrainèrent vers la plage. Harry, notre hôte, nous dit que le petit déjeuner serait prêt lors de notre retour de notre balade. A l’entrée de la plage de sable d'une étrange combinaison de couleur blanche rouge et noire, de nombreux Brahmanes (prêtre indou de la haute caste) officiaient des punjas. Les veuves attendaient sagement leur tour. Nous traversions le ru et là, un éléphant prenait son bain. Saraswati l’éléphante (plus tard elle serait notre voisine) du temple comme chaque temple du Kérala en « possède » un ou une ! Nous avancions sur la plage sous les grandes falaises. Nous allions vers le fond de la baie. Des pêcheurs (des musulmans, Varkala est peuplé des trois communautés monothéistes qui vivent en harmonie, il faut le signaler) réparaient leurs filets ou pour certains s’apprêtaient à assembler les trois troncs de Balsa formant leur embarcation pour partir en mer, une pêche de poissons côtiers, crustacés et de mollusques. Plus loin, nous découvrions les sources tombant en cascade sur la plage. De nombreux hommes se lavaient , remplissaient aussi des bouteilles de cette eau sortie de la roche , d'ailleurs nous ne boiront que de cette eau minérale pendant toutes les années où nous sommes resteés à Varkala. Pourquoi s'en priver ? minérale et dotée de facultés thérapeutiques, lesquelles, je ne l'ai jamais vraiment su mais une chose est sur , elle est toujours très bonnes à boire, et ne nous ne sommes jamais tombés malades! La mer était d'huile le matin, l'envie de se baigner et nager étant plus forte, on se jeta à l'eau. Devant la plage, une sorte de petit bras de mer avec très peu de profondeur longeait la plage, puis à trente mètres, une cassure, une barrière, avec, nous le verrions au fil du temps, suivant les époques, des rouleaux plus ou moins énormes s'écrasant au sol ! L'eau était bonne et l'envie de jouer dans la vague fut plus forte. Je pris quelques claques, le flux m’écrasant sur le sable. Nous étions seules dans l'eau et de surcroit j’étais vraiment seul dans la vague, ma compagne n’étant pas la sœur de « l'homme de l’Atlantide ». Le bonheur ! Les indiens qui se lavaient me prirent pour un « fada » et quelques uns me prièrent de revenir. Je le fis, pour une première rencontre, il était mieux d’écouter les avis des locaux qui se lavaient sous la cascade le matin , ce fut aussi un bon moyen de faire connaissance. Lorsque nous nous installerions tous les hivers, nous nagerions alors avec les mêmes qui se risqueraient petit à petit à braver la vague. Après cette toute première baignade, je décidais d'aller à la source, au milieu de ces hommes robustes comme le sont les kéralais, et tout de suite, les « mecs » me firent une place et même, me passèrent du savon ; le lien était fait ! Ils me posèrent des questions et tout de suite je sentais que j’étais le bienvenu. Ma compagne aurait bien aimé participer mais en Inde en 1992 et encore aujourd'hui certaines choses permises aux hommes ne le sont pas pour les femmes (l'Inde n'est pas exception, n'est-ce pas mesdames ?).

Propres et détendus, nous revinrent et la chaleur pesait déjà son poids, le soleil commençait à apparaître au dessus des cocotiers. A la maison , Harry nous accueillit et nous installa sur une natte et nous servit un « PUTU » (bambou cake) sorte de gâteau cuit à la vapeur dans un cylindre où à sa base il y a un petit réservoir d'eau, on le pose sur le feu à la verticale. Dans ce tube on mélange de la farine complète, de la noix de coco râpée et un peu de farine de lentilles. Un fois cuit, on le démoule et dessus, on le badigeonne de miel ou de sucre (on peut le manger aussi avec « du salé », curry etc...). Puis avec de délicieuses petites bananes bien mures, on écrase le toute de sa main (la droite c'est mieux) et franchement, c'est peut-être bourratif mais extrêmement agréable, plein d’énergie et en pleine osmose avec le paysage, les psalmodies des punjas et l'air ambiant. Une fois terminés, nous remarquions une femme, tirant de l'eau du puits ! A ses cotés, deux enfants, une petite fille toute menu et un petit garçon apparemment ne sachant pas marcher ! Ils nous observaient de leurs grands yeux noirs. Les trois nous souriaientVarkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie) et nous n'avions qu'à leur rendre ce sourire radieux. Harry s’occupait de sa grand-mère et l'installait sur le minuscule parvis de la petit maison jouxtant notre petite chambre . La cour était fraichement balayée, le balai de nervures de feuilles de cocotiers sèches laissant des traces de propres sur la terre battue. Nous étions bien et ces regards, ces sourires, feraient que nous resterions plus de un mois dans cet havre de paix...Nous y reviendrions d'ailleurs Varkala, une rencontre, un regard ! (deuxième partie)pendant plus de dix saisons hivernales, nous y construirions une maison, y aurions beaucoup d’amitiés et de joies, y construirions une famille recomposée ; nous ne le savions pas encore mais le regard de cette petite fille, la timidité et la maladresse infantile de son petit frère et le sourire de leur mère y seraient pour beaucoup.

Suite au prochain numéro...

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Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)

Préambule :

J'aurais pu continuer à écrire des dizaines d'articles sur mes 10 années passées à Varkala, puis sur les raisons de mes dix années d'absence puis finir de disserter sur mon voyage récent au Kérala, mais cela aurait été long et fastidieux alors j'ai préféré commencer à essayer d’écrire un roman autobiographique sur cette passion, jamais oubliée, enfouie, cachée au fond de mon être qui a ressurgit lors de ce retour au source, lors de ce dernier voyage à Varkala le mois dernier ! (Lorsque je dis « écrire un roman », je n'ai pas la prétention de savoir écrire, mais c'est en forgeant que l'on devient forgeron ? Comme le disait mon grand-père ou...) Avant d'en arriver à la conclusion de cette série d'article sur Varkala (dans le prochain article, "Varkala , 20 ans plus tard !"), je vais résumer en quelques lignes le pourquoi du comment de cette passion qu'est devenue ce petit bout de terre pour moi. Je n'ai hélas que très peu de photos de l’époque, ma compagne du moment ayant tout gardé, après notre séparation rocambolesque ! Voici dix années de vie en un peu plus de dix lignes ! Au paradis ?

En cet hiver 1992, nous restions donc plus d' un mois au sein de la maison de Harry. Nous rencontrions que très peu d’étrangers, les guides de voyages n'ayant pas jeté leur dévolu sur la plage de Varkala. Je me rappelle du nouvel an où nous étions une dizaine de « saïbs » (le farang en Inde) à fêter la nouvelle année. Seul un suisse allemand, berger dans ses montagnes en été, venait ici depuis de nombreuses années L'entrée de la plage (il se mariera avec une fille du cru quelques années plus tard). Il devait déjà penser que cette petite dizaine de «touristes» était plus que suffisant. « la Cliff », c'est à dire le haut de la falaise vers le sud était vierge de toute construction, les habitants de Varkala estimant que l'endroit était maléfique et dangereux lorsque la mousson du début du mois de juin déferlait sur cet endroit maudit. Seuls, de pauvres récupérateurs d'ordures ménagères recyclables y habitaient dans des cahutes faites de feuilles de cocotiers tressées !

Ce premier hiver près de la plage et à proximité du ru descendant des rizières, les propriétaires du restaurant de la jonction de Janardhanapuram dit « Alta La Mut ») où nous avions pris notre premier thé, avaient commencé à faire tourner « un tea stall » fait lui aussi de palmes de coco, vendant quelques friandises et encas, cet endroit devint alors très naturellement le rendez vous des « backpackers » (voyageurs en sac à dos) !

En haut de la rizière, à l'opposé de la gargote à thé, avait aussi débuté depuis trois ans la construction d'un hôtel de luxe de la chaine « TAJ », qui se terminera quatre ans plus tard. Cela donna du travail à beaucoup de petites gens de la région, la plupart de la caste des « kuravan » (littéralement plus petit que petit). La petite famille que nous venions de rencontrer Sarojini la mère, Lathika et Vinu ses enfants en font encore partis (tel un tatouage, l'appartenance à une caste est indéfectible en Inde) ! Chez Harry, le travail de la petite famille se bornait à un rôle de « serviteurs ». Les petites castes se bornaient donc aux travaux du bâtiments ou de domestiques !

On allait, cette première année, être inviter une fois dans leur famille, où sur un bout de terrain près du bassin « des indigents », cette étendue d'eau anciennement réservée aux hors caste près de leur habitacle loin des castes privilégiées habitant eux près du temple où le grand bassin était de leur usage exclusif , ils vivaient a plus de trente en comptant les enfants. Harry nous fit aussi rencontrer nombreux de ses amis, des jeunes assoiffés de rencontres occidentales. Ils devinrent tous nos amis au fil des ans, Manikutam, Sham, Vijay et j'en passe... Avant notre départ en ce début d’année 1993, nous passions déjà beaucoup de temps avec « notre petite famille ». Lathika apprit très très vite à baragouiner l'anglais, Vinu plus petit et qui s’avérera plus réservé par la suite, mettrait plus longtemps à le parler ; il fut toujours plus proche de sa mère Sarojini qui par contre encore aujourd'hui ne pratique que quelques mots de la langue de Shakespeare. Les deux petits n'allaient pas à l’école (surtout Lathika, Vinu était encore trop petit) et nous proposions à la mère de lui payer les frais de scolarité, même si l’école était gratuite , les frais annexes (uniformes, cahiers etcétéra.) étaient trop élevés pour cette pauvre femme sans mari, et dans la société indienne , une femme avec des enfants sans mari, je ne vous fait pas de dessin, pas question d'aides ni de solidarité compassionnelle. Il n'avait vraiment rien et nous le constaterions en allant à Perrilkullam , en haut du temple, à l’écart des gens de castes ou se situait de leur maison. Ainsi de suite, nous reviendrons d’année en année dans ce petit coin qui sembla être « notre paradis » qui devint aussi sur la « cliff », très très vite dans le prolongement de l’hôtel Taj l'endroit où les « voyageurs » feraient une halte paisible au bord de cette plage magnifique. Deux ans plus tard, le routard et le Lonely, guides de voyages, répertorièrent Varkala et le défilé des sacs à dos a pu commencer. Les constructions se développèrent d’année en année. Nous nous restions près du temple au milieu des « locaux »pas très loin de la « famille ». D'abord chez Vijay, nous resterions trois ans et après Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)nous ferions construire une maison à 50 mètres du temple entre la falaise nord et l’entrée sud du temple. Ce ne fut pas de tout repos de la construire, mais nous apprendrions à mieux connaître les gens et certaines de leurs coutumes. Nous y habiterions avec Sarojini, Vinu et Lathika. Ils y resteraient toute l’année, non sans difficulté, les abords du temple étant réservés aux castes les plus élevées. On venait de chambouler un ordre établie que la constitution indienne avait pourtant abolit dès 1947...Dans les textes seulement ! Les hivers furent délicieux, malheureux par moment mais très rarement ! Nous nous fîmes de vrai amis, le tourisme augmentait d’année en année mais cela donnait du boulot. Restaurant pour les plus aguerris, travaux du bâtiments pour les gens comme les oncles et tantes de Lathika.

Lathika et Vinu grandissait, allaient à l’école, le soir, je leur donnais des leçons d'anglais, de géographie et même de français. Nous partions en excursion chaque hiver, vers Munnar, Cochin, Madurai, Changanacherry et j'en passe. Tout le monde nous connaissait et nous appréciaient autant dans le milieu chic de la ville (avocat, entrepreneur, police) que chez les jeunes, occupés désormais à travailler avec les touristes ; les gens de Perrilkulam furent les plus proches de nous...Nous irions loin, peut-être trop loin... Puis un voyage en Thaïlande avec un certain Alex (sa femme suisse ne voulait pas y aller, alors il m'a proposé le billet gratis pour y aller voir son ex beau frère qui y résidait, pourquoi refuser un tel cadeau ?) révéla à notre retour la fin de la complicité que l'on avait ma compagne et moi ! Je la retrouvais habillée en SARI, marquée du syndrome indien, entichée d'un beau kéralais. La maison fut un problème, moi je restais avec la famille, la jalousie, et tout le toutim prirent le relais et je pense que nos amis ont alors vu la face cachée de l’européen , face cachée qu'ils pensaient ne pas nous habiter...

Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)Durant ces dix années , je fus le premier étranger à être accepter dans l'enceinte même du temple de Janardhana et pouvoir participer à une punja rituelle; je m'en irais avec mes jeunes amis au pèlerinage du dieu Ayyapa, traversant la jungle et alors faire parti des millions d'hommes se rendant sur cette colline sacrée ; impressionnant! Je fus aussi le premier “Saib” qui aurait pu inaugurer la prison, comme étranger, du poste de police de Varkala !

Le soir du nouvel an 98, le chef de la police , totalement saoul, s'en pris à Lathika alors que nous traversions devant l’entrée de la plage, la traitant de petite pute fricotant avec les étrangers, putain merde (excusez-moi) ! Elle n'avait que 12 ans ! La bousculant, l'agrippant par les cheveux, je voulu la protéger et je le poussais à mon tour, il tomba à terre et je pus voir déferler sur moi les flics présents, armés de grands bambous...Leur chef les arrêta avant la bastonnade mais il avait perdu la face ! Le lendemain à 5H 40, je devais partir, c’était prévu, à Delhi, chercher mon ami Yann, ce qui fut interprété par le chef de la police comme une fuite. Le « circle inspector », lors de mon retour une quinzaine de jour plus tard, avait préparé sa vengeance. Ma compagne parti avec son belle indien, lui aussi marié, me convoqua et me dit que j’étais responsable de ma femme et que l'abandon de foyer de l'indien était donc de ma responsabilité, j'en croyais pas mes yeux. A peine deux heures dans la maison que je fus emmené au poste, interrogatoire etc...Mon ami Yann fit le pied de grue toute la journée devant les locaux de la police de Varkala, avec le numéro du consulat français en poche, en cas d'emprisonnement. Heureusement, mes relations, Vijayan Naïr, leader politique du district et VijayKumar , avocat, ne me laissèrent pas tomber. Le chef de la police, violant et alcoolique, de surcroit natif d'une région éloignée de Varkala, n’était pas aimé des gens de Varkala et depuis une année, les citoyens protestaient par des pétitions et des manifestations, affichant leur désir de le voir partir. La famille, Sarojini, Lathika et Vinu, furent convoques tard le soir, emmener par une jeep de la police à la vue de tous, une honte pour eux, pour répondre des relations que je pouvais avoir avec ma fille, mon ex compagne avait fait courir le bruit , par jalousie, de Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)notre complicité trop importante, a son goût, à entre Lathika et moi , je vous laisse interpréter cela. Il jouait sa dernière carte, le flic ! Les pleurs de la famille , le refus l'inspecteur de me recevoir, je voulais avoir une confrontation directe avec lui, voire m'excuser de l'avoir poussé. L'interrogatoire et le procès verbal fut fait par un ami policier qui me laissa partir pour passer une dernière nuit dans la maison de Varkala, j'avais éviter la cellule, puis le même ami flic vint me voir dans la nuit, on partagea un fiole de mauvais rhum avec Yann, entourés de Lathika et Sarojini, totalement apeurés, Vinu dormait. A l'aube, dans une tristesse infinie, épuisés, l'ami flic me dit de partir le plus tôt possible, le chef de la police trouverait probablement un kilo de Ganja dans ma maison le lendemain, je prendrais alors dix ans de taule minimum...Putain, en une nuit parce que j'avais fait perdre la face au chef de la police, parce que mon ex compagne ne voulait pas assumer sa nouvelle relation, je devenais personne non gratta de Varkala. Je partis avec Yann au petit matin avec le taxi de Prépagavan à Kovalam, une plage près de Trivandrum, déjà très touristique, en fait un avant goût de ce qu'allait devenir Varkala ! Harry ne me laissa pas tomber et son oncle qui travaillait au sein des services secrets indiens, au service « des grandes oreilles » connaissait le grand chef de la police du Kérala et ...Le chef inspecteur fut muté à peine une semaine plus tard...Mon ex interdite momentanément de revenir à Varkala. Je fus reçu par le chef de la police du Kérala en compagnie de l'oncle de Harry, descendu exprès de Bombay, qui me l'annonça de vive voie. Il posa une condition, que j’emmène une bouteille de Black Label ...On est pas grand chose. Je revins alors passer les trois dernier jour dans notre maison au bord de la falaise, Lathika Vilasam...Je revins par la suite deux fois en coup de vent, l’année suivante où je léguais mes parts de la maison à la famille puis en 2002, mais quelque chose était brisé, par la suite les frasques de mon ex finirent de convaincre les plus sceptiques que nous étions, les étrangers, de drôles de gens pas très fréquentables.

Le paradis peut devenir très vite un enfer et je n'ai qu'effleuré l'histoire...

Varkala, une tranche de vie ! (troisième partie)Aujourd'hui, je reviens de Varkala, j'y étais le mois dernier et je peux vous assurer que tous mes amis sont encore mes amis et que le regard de Vinu, Lathika et Sarojini n'ont pas changé. Il y a de l'amour, du désir de continuer « notre histoire indéfectible ». Habitant en ISAN désormais, superbe endroit, vert étincelant, côtoyant également de vrais gens, je suis tout de même toujours sur mes gardes ! Nous sommes toujours très très près dans la distance avec la famille, même si nous voyons que trop rarement mais nous n'avons jamais été séparés dans notre cœur ! Si une certaine appréhension, un genre de triste tropique m'avait freiné à remettre les pieds à Varkala depuis dix ans, le développement des communication ne nous ont jamais séparé ! Merci Nokia ! Nous devons être à nouveau réunis plus souvent !

Varkala, un petit paradis, oui, au fond de soi, dans le creux de sa main pour celui qui cherche, au fond de son cœur pour celui qui le veut et qui sait donner, il n'est pas forcement au bord d'une plage de sable blanc bordée de cocotiers, mais si on vous propose les deux ensembles alors n’hésitez pas, courrez , c'est si rare !

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Varkala, vingt ans plus tard !

À l'approche de l’aéroport international de Bangkok, à la bourre comme d'habitude, survolant par les voies express, les prémices de l'inondation qui guettait la capitale Thaïlandaise, dans le taxi du beau-frère, j'allais laisser ma petite famille d'ISAN pour m'immerger vers un passé jamais oublié.

Je partais pour le Kérala, pour Varkala, après dix ans d’absence, retrouver un lieu, des gens, une famille qui m'avaient tellement donnés de bonheur à l'aube de l'an deux mille ! J'avais une petite appréhension. Normal, je me disais !

J'enregistrais avec la Srilankan Airlines, compagnie d'aviation qui m'emmenait pour la première fois douze ans plus tôt vers la Thaïlande et l'ISAN. L'accueil était toujours aussi charmant et chaleureux. À Colombo, capitale de l'ancien Ceylan, je retrouvais le même aéroport, où durant la nuit du nouvel an deux mille, je fêtais ce passage vers le nouveau millénaire en compagnie d'un japonais et du seul barman du seul bistrot ouvert pour la circonstance. Nous étions trois dans l’aéroport, le monde ayant fuit l'endroit par peur du fameux « one two key », un nouvel an inoubliable !

Le transit vers L'inde se passa comme toujours dans un hôtel de luxe sur la cote, à Négombo puis réveillé à quatre-cinq heures du matin sans avoir pu fermer l’œil d'ailleurs, j'embarquais pour Trivandrum. Je me retrouvais seul dans la salle Varkala, vingt ans plus tard! (fin)d'avant-vol entouré de kéralais, tout de suite, comme ressurgit d'un passé jamais oublié, j’écoutais ces hommes revenant de leur dur labeur dans les pays du golf persique. Leur hochement de tête de gauche à droite, pour dire OUI à un ami lors d'une conversation, m'imprégnait d'un léger frisson, j’étais très près de « Mother India ». Ils parlaient en malayalam et je retrouvais les mots que je n'avais plus utilisés depuis si longtemps. Le vol fut rapide, les gars revenait au pays et je crois bien qu'ils avaient le même état d'esprit que moi : Une joie infinie, accompagnée d'une peur sourde. Qu'allait on retrouver en revenant, là, après tant d’années d'absence ?

Nous débarquions dans le nouveau terminal flambant neuf de Trivandrum. Seul européen, je passais plus vite tous les contrôles, je tentais d’apercevoir Lathika peut-être Vinu venus me chercher comme convenu. J'avais oublier que les gens venus chercher leurs amis ou familles ne pouvaient rentrer dans l'enceinte de l’aéroport. Les vitres fumées empêchant de voir vers l’extérieur. Lorsque les portes coulissantes s'ouvrirent, la chaleur humide m'assaillait. Comme auparavant des centaines de personnes vêtus de leurs plus beaux habits pour accueillir « leur revenant » me dévisagèrent sans un bruit. Le calme était de mise. L'angoisse de retrouver des personnes que l'on avait pas vu depuis si longtemps se faisait sentir. Un sorte de zone de « no man's land » où tout le monde s'observe et puis jaillissant de derrière cette foule, Lathika me fit de grand signe, je contournais la masse de personne et nous nous retrouvions l'un en face de l'autre. Nous n’eûmes pas d'effusion comme cela arrive en occident mais comme en ISAN, ici, on est pudique dans les retrouvailles. Nos cœurs battaient fort. Derrière elle, un grand jeune homme me regardait avec ce même regard que lorsqu’il était enfant, toujours réservé, c’était Vinu... À ses cotés, deux enfants souriant et se tortillant de timidité...Les enfants de Lathika. On avança vers le taxi, je pensais alors à la bonne vieille Ambassador, mais ce fut un taxi Toyota, eh oui, aussi ici ! Le chauffeur me gratifia d'un grand sourire et je reconnu Ajain, une belle moustache, un homme , je l'avais laissé tout jeune adolescent prépubère. On grimpa dans le taxi et petit à petit, nous échangeâmes quelques banalités. Comment ça va ? Tu as bien changé ? Etcétéra.

Sortie de l'enceinte de l’aéroport, l'air conditionné du taxi me parut inapproprié. J'ouvrais les fenêtres, je voulais humer, écouter le brouhaha des routes indiennes, regarder les gens, les maisons... Je voulais sentir toutes les sensations et tout de suite, cela faisait si longtemps. Je ne trouvais pas trop de différence avec la dernière fois de mon passage par cette route remontant vers le nord du Kérala. Des klaxons comme avant, mais c’était encore plus fort. Il y avait deux, trois fois, je ne sais pas, plus de véhicules . Plus de monde, plus de constructions, des fois très modernes, des condominium pour les nouveaux riches, la route, par contre, n'avait pas changé . Deux voies mal entretenues où un flot discontinu de véhicules s'acharnait à avancer tant bien que mal ! On approchait, Attingal et son marché ainsi que sa gare des bus toujours aussi bordélique. On s'engouffrait dans la campagne vers la mer. Plus on avançait, les constructions de luxe s'agglutinaient le long de la route. Les travailleurs du « gulf » faisant leur maison tape à l’œil pour leur futurs vieux jours. Ils le mériteraient, après avoir supporté des années de dur labeur, considérés comme des sous-hommes dans ces contrées de la péninsule arabique. Varkala apparut grouillant de monde. On s’arrêta pour acheter je ne sais quoi. Je regardais tout, je me souvenais de tout, les magasins, les marchés, les jonctions. On arriva à Perrilkulam, une partie de la famille était là avec quelques cheveux blancs supplémentaires pour les tantes, les enfants tous devenus adultes. Sur leur terrain, deux nouvelles constructions. La famille s’était agrandie.

Des mariages, Manju, Asha des nouveaux nés... Lathika et ses enfants Varkala, vingt ans plus tard! (fin)m’emmenèrent sur la « cliff », une chambre vue sur mer m'y attendait . Shinu, le patron, un jeune ado que je connaissais était devenu patron. NousVarkala, vingt ans plus tard! (fin) parcourions deux jours cette « cliff » surpeuplée de construction, d’hôtels et de restaurants. Lathika voulait présenter son "Pappa" à ceux qui ne me connaissaient pas. Elle était apparemment très connue, ayant tenu un salon de beauté durant plus de six saisons. Je revus tout ceux que je connaissais et ceux que je n'avais pas vu vinrent me saluer dans ma chambre, devenue par instant, tribune, lieu d’apéro et je ne m'étends pas... Je revis Vijay aussi, devenu un vieil homme toujours puissant et toujours élu du parti du Congrès. Les conversations furent toujours quasiment les mêmes, qu'est-ce que nous étions devenus depuis tout ce temps ?

La ville de Varkala avec son poste de police s’était, elle, encore agrandie. Les commerçants se rappelaient de moi « le français » de l'ouest du temple...La maison était toujours là, mais la famille a du partir et une action de justice est en cours pour la récupérer, l'ex de mon ex (OK?) ayant après avoir dépouillé mon ex compagne, pris aussi possession de cette maison.

L'avocat de Lathika qui s'occupe aussi de ses papiers pour sa venue en France, ah oui, elle est mariée à Nico, un français, ils ont de beaux enfants et ont décidé de vivre là-bas. Pourquoi pas ? Ma grande fille, femme accomplie, a mon soutient. Vinu travaille dans le bâtiment mais parle un bon anglais désormais!

Il manifesta un désir de moto, (comme tous les jeunes de son age) mais je lui préconisais un Auto-Rickshaw, au moins il pourrait gagner de l'argent en faisant le taxi. Il a trouvé la perle rare et j’espère qu'il en fera quelques chose de bien pour lui, sa future famille. En effet, il va bientôt se marier.

Comme Ajain, venu à l’aéroport, j'ai pu assister à son mariage et voir les membres de la famille que je n'avais pas encore vu. Un mariage simple, de gens de petites castes et un trajet en bus inoubliable !

On fit aussi une fête, à Perrilkullam pour l'anniversaire de Nohan (le plus jeune des fils de Lathika), une journée passée avec la famille, une journée douce , un repas de fête « fait maison » délicieux, concocté par Lathika aidée de ses tantes.

On a fait quelques soirées sur la « Cliff » avec les anciennes connaissances mais aussi Lathika. Du rock des années 70, de la Ganja et des Mojitos ! Varkala, c'est aussi cela désormais. Des « backpackers » cherchant des connections WIFI pour leur Iphone voire même leur Ipad...Les temps changent ! Des « hippies » des années deux mille. Les regards des « saïbs » sur moi et ma fille marchant le long du précipice, de la falaise, se demandant, plein de préjugés (?), ce qu'un « vieux » (pas si vieux, non ?) comme moi pouvait bien faire avec une belle jeune fille comme ça. Rien à leur répondre, à leur expliquer, trop long , on s'en foutait, on s’était retrouvé, c’était l'essentiel ! Par contre le nombre de « riches mamies » avec de jeunes kéralais...No comment, cela change de la Thaïlande ! C'est aussi devenu ça Varkala ! Les restaurants délivrant de la bouffe italienne, allemande (ça existe?), thaïs (eh oui) et bien-sur indienne et j'en passe, des menus comme des romans. On se serait cru au Népal, à Pokara, vingt ans plus tôt, les mêmes types de resto mais aussi les serveurs et cuisiniers étant pour la plupart népalais, ou du Darjeeling voire du Sikkim. Les managers aussi. Les propriétaires des terrains restant les kéralais.

Tous les matins, aux aurores, je me baladais lorsque toute la « CLIFF » dormait, j'allais au temple pour participer aux premières punjas mais désormais l’accès dans l'enceinte même du temple est interdite au non-indhou et si l'on veut prendre des photos c'est 100 roupies. C'est encore devenu cela Varkala. Des hordes de pèlerins indiens sont aussi là désormais pour les punjas sur la plage. Le succès touristique emmène aussi des « locaux » en masse.

Pour conclure, il y a aussi de très nombreux bars, wine shop...Ils ont proliféré.. La queue devant ces échoppes montrent que ce peuple est en train de s'alcooliser gravement, j'ai pu le constater !

Dix jours venaient de passer, au petit matin du dernier jour, à 5h00, Sajain, Vinu et Lathika revenaient dans le dédale des chemins bordés d’hôtel remplissant l’arrière de la « cliff ». Je repartais. Dix jours déjà, c'est tellement passé vite. Trop vite mais ma vie est en ISAN, je n'attendrais pas dix ans pour revoir tous ceux que j'aime, c'est trop long. Vinu va bosser avec les touristes, Lathika va aller vivre en France et moi je retourne en ISAN. J'ouvrais les vitres du taxi sur la fin la nuit du Kérala. Encore une fois, humer, respirer, sentir, accumuler les images, Dans la voiture, un silence pesant... Les gens marchaient de partout., allant au temple ou je ne sais où ! On s'approchait de l’aéroport international de Trivandrum. La même sensation qu'au départ de Bangkok, il y a dix jours ! Une appréhension de laisser une nouvelles fois des gens que l'on aime mais aussi la joie de retrouver ceux que l'on a laissé il y a dix jours. Devant les portes de l’aéroport, une foule, les mêmes, peut-être, qui avaient accueillis un frère, une sœur, un mari, dix jours plus tôt. Des signes de la main, des bras tendus, des larmes renflouées avant que les portes ne se referment. Un silence impressionnant après ce chaos de la route indienne. Lathika avec ses grands yeux et derrière, Vinu, avec son regard timide me demandant silencieusement, quand est-ce que l'on se reverrait ? Bientôt ! J'essayais de leur faire comprendre ! Pas d'embrassade ni d'accolage, juste un pincement de bras, les yeux recouvert d'un voile de larmes...Un dernier attouchement de la main, un dernier signe de la main par dessus la foule, un flic indien qui vous demande votre passeport et votre billet d'avion, on se retourne une dernière fois et on aperçoit encore un bout de main, les portes s'ouvrent, on rentre en se disant bien que bientôt on sera de retour dans ce magnifique endroit qu'est Varkala, certes un nouveau Varkala mais tout aussi attachant et émouvant !

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Ce carnet de voyage fut écrit entre 2010 et 2011 et publié au sein de mon blog Jeff de Pangkhan, l'homme des rizières. Vous y retrouverez tous les articles dans leur intégralité, agrémentés de nombreuses photos, vidéos, plan etc. Si vous m'avez lu, vous aurez aussi compris que ce blog s'occupe à décrire dans son ensemble ma "nouvelle" vie au sein du petit village de Ban Pangkhan, en Isan, au nord-est de la Thaïlande. Mon premier roman "Un os dans le riz" est finalement sorti en mai 2015, publié aux éditions Gope. Vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies et les revendeurs web habituels. En cette fin d'année 2016, mon deuxième roman, "Du poison dans le Mékong" sera publié par le même éditeur.
6 semaines en Indonésie, coup de gueule English translation pending
by Dolma63 · 2015-10-20 · 71 replies
Salut tous! Je suis donc partie cet été 6 semaines en Indonésie sur Java, Bali et l'île de Flores. Comme je l'annonce dans le titre je ressors avec un avis un peu mitigé de ce voyage! Notamment à cause de nombreuses arnaques en tout genre auxquelles j'ai été confronté et qui a parfois donné un gout à un peu amer à ce périple! Je sais qu'en Asie (et surement ailleurs) touriste égal argent mais alors là ça a été le pompon ! Que ce soit pour les hébergements, les visites, les transports ou la nourriture les prix annoncés étaient la plupart du temps lunaire...! Toujours à devoir négocier! Alors oui je sais que jamais je n'aurai jamais le prix local, que je reste une touriste et que le niveau de vie fait que je paierai plus cher qu'un autre, et je n'ai pas de problème avec ça mais quand même la plupart du temps c'était de l'abus... Comment faire comprendre qu'en tant que touriste on n'est pas tous plein aux as? Impossible! Et de devoir sans cesse en revenir à l'argent et qu'on essaie encore et toujours de m’arnaquer a été ma grande déception! Pourtant j'ai fais d'autres pays d'Asie où j'ai vécu des choses similaires mais jamais à ce point... Un exemple: Pour aller au Mont Bromo il faut se rendre au village de Cemoro Lawang. J'étais à Yogiakarta et en me renseignant à droite à gauche j'ai du batailler pour ne pas me faire vendre un tour et expliquer que je souhaitais m'y rendre par mes propres moyens (ce qui est tout à fait faisable). Mais on vous explique que c'est risqué, qu'il vaut mieux prendre un tour car au moins on est sur d'avoir les transports et un hébergement jusqu'au village de Cemoro Lawang. Car, me dit-on, l'été est la plus haute saison touristique (certes) et les risques sont d'arriver au village et que toutes les chambres soient prises et on peut se retrouver dehors... (on serait capable de me laisser coucher dehors?!) Pas têtue je m'acharnes quand même à y aller seule via train et bémos. (Qui d'ailleurs vous revient à une misère niveau prix mais ça c'est normal vive les agences!). Et arrivée à Cemoro Lawang quelle n'est pas ma surprise de constater que le village est assez grand et étendu, qu'il y a foule d'hébergement et que c'est quasi vide! Je loue d'ailleurs une chambre tout en haut du village à 50 mètres du début du sentier pour le Bromo et la guest est vide! Bref à écouter tout le monde j'étais inconsciente de partir sans réserver mais bon... Deuxième surprise je commence à chercher le chemin pour accéder au Bromo et les locaux me disent "il faut passer par le check point et payer des droits d'entrée 150 000 Rps"??!! Des touristes m'avaient prévenus que c'était une arnaque donc je m'acharne et je dis que je ne paierait pas que je sais que c'est une arnaque blablabla... Voyant que mon mode furax est activé et après 20 minutes de palabres les locaux en question finissent par le confirmer l'entourloupe. Bien sur ils ne m'indiquent pas le chemin à prendre, qui est d'ailleurs très facilement reconnaissable et que je finis par trouver. Ils me disent que si je passe sans payer c'est à mes risques et périls car il y aurait des gardes qui contrôle l'accès au cratère. Têtue comme je suis je poursuis, j'accède au cratère et zéro garde encore une connerie pour me faire peur et payer... Enfin la beauté du site et mon émerveillement face au cratère a atténué mon léger désappointement... Heureusement! Sur Bali j'en parle pas les transports publics n'existe pas selon les locaux, c'est juste qu'ils sont très bien cachés pour que vous voyagiez uniquement via taxi privé. Les prix selon l'heure, l'humeur et votre tronche varient du double au quintuple. Super ! Et à Flores les prix de certaines excursions ont été multipliés par 10 d'une année à l'autre. Par exemple les droits d'entrée du volcan Kelimutu (avec ses 3 lacs aux 3 couleurs différentes) étaient l'an passé de 20.000 Rps et cet été ils étaient à 250.000 Rps... Prix pour les touristes en haute saison voilà ce qu'on m'a dit (et là pour le coup les droits d'entrées sont vraiment à payer ce n'est pas une arnaque). Encore un léger désappointement atténué par la splendeur du site (ouf). J'en passe et des meilleurs mais vous l'avez compris je suis rentrée avec de belles images, de belles rencontres avec les locaux heureusement mais avec un léger pincement au coeur qui ne me donne pas envie d'y retourner et c'est bien dommage !

https://tripensac.wordpress.com/
Un mois à travers l'Europe de l'Est, été 2012, de Fontainebleau à Sébastopol English translation pending
by Groscaca · 2013-05-09 · 31 replies
Récit d'un voyage effectué au mois de juillet 2012 à travers l'Europe de l'est.

I. Participants :

Grégoire (moi-même), jeune professeur des écoles en Seine St Denis David (pote), jeune ingénieur chez un sous traitant d'Areva (mais écolo !) Lulu (ma compagne) qui ne participera qu'une semaine sur les quatre car elle est enceinte de trois mois.

II. Concept

Aller jusqu'en Crimée et en revenir, tout en se promenant dans les pays traversés, et cela en Kangoo.

Couchage : - A deux, la plupart du temps en camping sauvage (matelas gonflable à l'arrière de la kangoo ou tentes Quechua 2sec), parfois en camping payant pour se refaire une beauté. - A trois, hôtel (Odessa) ou camping payant étant donné que Mlle, enceinte, a besoin de davantage de confort évidemment.

Restauration : on s'est autorisé un resto (bas de gamme) par jour, et le second repas, on faisait la popote à l'aide d'un camping gaz.

Hygiène : de temps en temps, une vraie douche en camping, mais la plupart du temps, douche fraîche au bidon d'eau avec robinet, posé sur le coffre ouvert de la kangoo, ou douches de plage quand il y en avait (en Grèce principalement)

III. Trajet

Aller : Départ de Fontainebleau jusqu'à Ancône en Italie, ferry jusqu’à Igoumenitsa en Grèce, traversée du nord de la Grèce jusqu'en Turquie, deux jours à Istanbul, puis on a longé plus ou moins la Mer Noire jusqu'en Crimée en passant par la Bulgarie, la Roumanie, la Moldavie et le sud de l'Ukraine.

Retour : de Crimée, on a retraversé le sud de l'Ukraine, la Bessarabie ukrainienne, petit passage de 20 km en Moldavie, puis transylvanie roumaine, nord-est de la Hongrie, est de la Slovaquie, extrême sud de la Pologne, République Tchèque, et autoroutes à travers l'Allemagne et la France jusqu'à Fontainebleau.

IV Carnet de voyage

Prise des notes en direct, et écriture sur ordinateur portable pendant les étapes de voiture un peu plus longues.

Etapes :

1. Fontainebleau (IDF, France) - Ancône (Toscane, Italie) 2.Ancone - Igoumenitsa (Epire, Grèce) 3. Igoumenitsa - Stomio (Théssalie, Grèce) 4. Stomio - Psakoydia (Chalcidique, Grèce) 5. Psakoydia - Aghios Charalampoulos (Thrace, Grèce) 6. Aghios Charalampoulos - Istanbul (Turquie) 7. Sultanahmet (Istanbul) 8. Istanbul - Rezovo (sud est de la Bulgarie) 9. Rezovo - Obzor (est de la Bulgarie) 10. Obzor - Vama Veche (sud est de la Roumanie) 11. Vama Veche - Bucarest (Roumanie) 12. Bucarest 13. Bucarest - Odessa (sud de l'Ukraine) 14. Odessa - Sebastopol (Crimée, Ukraine) 15. Sud ouest de la Crimée 16. Sud de la Crimée 17. Sébastopol - Odessa (sud de l'Ukraine) 18. Odessa - Bucarest (Roumanie) 19. Bucarest - Bran (Transylvanie, Roumanie) 20. Bran - Boiu (près de Sigishoara, Transylvanie, Roumanie) 21. Boiu - Gura Raului (près de Sibiu, Transylvanie, Roumanie) 22. Gura Raului - Sarand (près de Debrecen, est de la Hongrie) 23. Sarand - Eger (nord est de la Hongrie) 24. Eger - Roznava (sud est de la Slovaquie) 25. Roznava - Wadowice (sud de la Pologne) 26. Wadowice - Modrice (près de Brno, sud est de la Rep Tchèque) 27. Modrice - Plzen (ouest de la Rep Tchèque) 28. Plzen - Fontainebleau.

Etapes à suivre...
Baja California, Mexique, kayak et montagnes English translation pending
by Mlefevre · 2012-12-15 · 18 replies


Bonjour à tous, Voici le récit de notre voyage réalisé en novembre dernier en Basse Californie.

Le récit en images est ici :

Texte seul:

Le projet La Baja California est une péninsule mexicaine située au sud de la Californie américaine. Un peu plus de 1000 km de long et une largeur qui varie de 40 à 200 km environ.

S'il existe quelques zones très touristiques, la plus grande partie de la péninsule est très sauvage, souvent montagneuse ou désertique. Elle est bordée à l'ouest par l'Océan Pacifique et à l'est par la mer de Cortez qui la sépare du Mexique continental.

D'abord attirée par la géologie tourmentée de la Baja, je me suis rendue compte au fil de mes recherches que la mer de Cortez était très propice au kayak de mer. Comme nous n'aurons que 18 jours sur place (durant lesquels nous abandonnons les enfants!), il m'a fallu faire des choix ! Nous nous sommes donc limités au 1/3 sud de la péninsule : atterrissage à San José del Cabo (vols moins chers et/ou plus pratiques que pour La Paz ou Loreto), location d'une voiture à l'aéroport et découverte des côtes et des montagnes jusqu'à la région de Loreto, 400 km plus au nord.

Après quelques contacts avec des agences organisant des randonnées en kayak de mer, j'ai finalement fait le choix de l'autonomie totale en emmenant notre propre kayak (démontable of course!) En effet, à partir de Novembre, période de notre voyage, se lève parfois El Norte, un vent du nord puissant qui complique sérieusement la navigation. Avoir notre propre kayak nous permettrait plus de souplesse dans le choix des créneaux météo.

Pour préparer nos randos en kayak je me suis inspirée de l'excellent livre de Dave Eckardt : « the Guide to Baja Sea Kayaking »

Pour la partie terrestre, les préparatifs ont été plus laborieux car on ne trouve que très peu de récits de voyageurs indépendants et randonneurs.

Il existe grosso modo 2 sortes de tourismes : - balnéaire... - de type road-trip réalisé en 4X4 ou camping-car depuis les US, à un rythme souvent soutenu.

Les guides papiers (partie Baja California du guide Mexico du Lonely Planet et Moon Handbook, tous deux en anglais) sont complètement dépassés. L'état des pistes change très vite compte-tenu des violentes tempêtes qui s'abattent en été sur la région. La crise économique aux USA et la mauvaise réputation du Mexique en terme de sécurité (absolument injustifiée en ce qui concerne la Baja, région frontalière exceptée) handicapent lourdement l'industrie touristique si bien que de nombreux hôtels ont fermé depuis la parution de ces guides. Google Maps lui-même « fait passer » par des pistes parfaitement impraticables et les temps de parcours sur les pistes sont souvent fantaisistes. Les cartes papiers du National Geographic Baja South Adventure Map (et Baja North, non utilisée pour ce voyage) au 1/450000 sont bien pratiques. Bref, mieux vaut être souple et s'adapter sur place. Voyageant hors saison (la haute saison va de décembre à avril, elle correspond à la période de migration des baleines qui font le tour de la péninsule pour aller mettre bas dans la mer de Cortez), je fis le choix de ne rien réserver à part notre 1ère nuit d'hôtel. Nous voyageons avec une tente donc pas de soucis, nous aurons toujours un toit pour la nuit ! J'ai choisi le mois de novembre pour plusieurs raisons : - je déteste le mois de novembre en Lorraine - il fait très chaud en été en Baja - risque de grosses tempêtes en octobre - beaucoup plus de monde de décembre à avril car c'est la saison des baleines (mais ça doit être un spectacle extra-ordinaire)

Le voyage en avion mardi 06/11/12 Voyage avec KLM au départ de Luxembourg , escale à Amsterdam et Mexico. Durée totale du voyage 20h avec des escales de durée correcte, ni trop longues ni trop courtes. Départ le 06/11 à 11h20, arrivée le même jour (eh oui ! 9H de décalage horaire!) à 23h20. Le challenge résidait en fait dans la préparation des bagages, limités à 23 kg/personne en soute et 10 kg en cabine. En effet, le kayak (2 places) un Triton Ladoga 2 advanced, pèse 26 kg, auxquels il faut rajouter pagaies gilets de flottaison sacs et bidons étanches palmes, masques et tubas combinaisons néoprène 3 mm shorty tente couette légère matelas gonflables vêtements quelques médicaments et affaires de toilette matériel photo et vidéo, GPS, téléphone satellite et GSM. filtre à eau (inutile, il n'y a pas d'eau du tout sur les îles où nous sommes allés) bidons d'eau souple (3X15l, 2 auraient suffit mais j'aime bien avoir de la marge car on peut se passer de plein de choses mais...pas d'eau!) réchaud popote

Bref, au prix de quelques sacrifices (dont le super antimoustique rapporté d'Alaska, erreur fatale, nous nous sommes faits bouffer car pas de produit répulsif vraiment efficace sur place ! A bon entendeur...) nous sommes dans les clous !

Le sac du kayak - allégé à 23 kg - dépasse un peu les dimensions autorisées mais nous le déposons aux bagages spéciaux, sans surcoût ni à l'aller ni au retour. Voyage sans histoire (léger cafouillage à Mexico où nous devons récupérer nos sacs contrairement à ce qu'on nous avait annoncé au Luxembourg. Normal - en fait, il faut passer la douane) nous récupèrons nos 2 sacs (ouf!) intacts (re-ouf!) Il est minuit, il fait une drôle de chaleur humide (30°C environ) La voiture louée par l'intermédiaire de Car del Mar chez Europcar, nous attend à quelques pas du terminal. On nous propose une Jeep Wrangler (avec hard top) quasi neuve (avec de bons pneus bien costauds et une boîte courte) et c'est parti pour quelques km jusqu'à l'hôtel Colli, dans le vieux centre de San José del Cabo (pas facile à trouver, merci le GPS du smartphone, sur lequel on a installé Route 66, gratuit et qui nous a bien servi!) Je rassemble mes 3 mots d'espagnol appris dans l'avion et le gardien non anglophone nous conduit à notre chambre. Nous garons la voiture sur le parking, prenons quelques affaires, allumons la clim (en novembre...), avalons 1 Stilnox (il est 10h du mat en France) et c'est parti pour une très bonne nuit de sommeil.

En route vers San Evaristo, mercredi 07/11/12 La météo consultée avant de partir indique un créneau météo favorable pour quelques jours seulement. Ensuite on attend 25 nœuds de vent du Nord, aussi décidons-nous de profiter de suite de ces quelques jours de calme pour découvrir la côte sauvage de l'île de San José, située très au nord de la Paz (et de l'île de Espiritu Santo, beaucoup plus fréquentée), en face du petit village de San Evaristo, où j'espère trouver un pêcheur pour nous faire gagner 1 jour en nous emmenant au nord de l'île. Nous prenons un solide petit déjeuner dans la boulangerie française attenant à l'hôtel (French Riviera), faisons un petit tour dans le vieux centre de San José Del Cabo (l'hôtel est très bien placé), un gros ravitaillement au Walmart de la banlieue sud (où nous trouvons du gaz pour le réchaud, de grosses bouteilles d'eau, de l'antimoustique – nul -, et de la bouffe pour plusieurs jours), et nous prenons la route N°1 plein nord vers la Paz. La route est bonne, belle, montagneuse et traverse quelques tout petits villages. La saison des pluies vient de se terminer et tout est très vert ! Nous contournons La Paz et après avoir repris de l'essence quittons la route N°1 pour longer la côte vers le nord. La route reste bonne sur quelques dizaines de km, car elle dessert une mine (de cuivre ou de fer sans doute vu les couleurs des montagnes) Nous quittons ensuite le goudron pour une piste très correcte jusqu'à Punta Coyote. Le soleil descend sur l'horizon, les couleurs se réchauffent, nous sommes enthousiasmés par le paysage de far-west qui défile sous nos yeux ! Nous traversons plusieurs lits de rivière asséchés qui laissent augurer d'un spectacle dantesque après une grosse pluie d'orage ! Le soleil finit par se coucher (vers 18h, novembre sous les tropiques) et c'est dans la pénombre que nous « escaladons » - le terme est à peine exagéré - la portion de piste qui s'éloigne de la côte pour grimper dans la montagne et contourner la Punta Cabeza Mechuda. Je comprends maintenant pourquoi l'outfitter de La Paz ne voulait pas nous emmener avec des kayaks rigides en remorque ou sur le toit jusqu'à San Evaristo (ils stoppent normalement à Punta Coyote) Mon interlocutrice m'avait d'ailleurs expliqué que pour aller voir sa famille un peu plus loin au nord sur la côte, ils laissent la voiture à Punta Coyote et continuent en bateau. En effet, le relief s'accentuant, la piste serpente et traverse de nombreux arroyos complètement dévastés par le mélange d'eau/roches/arbres entraîné par les pluies. Heureusement notre voiture est parfaitement adaptée et en prenant son temps, ça passe ! Il fait maintenant nuit noire (très peu de lune) quand nous arrivons à San Evaristo, petit village de pêcheurs au bord d'une baie parfaitement protégée. Au pif, nous nous dirigeons vers le sud de la baie et arrivons, bien fatigués, au bord de l'eau qui scintille paisiblement. Terminus ! Nous sommes arrêtés à 3 m d'une maison dont les habitants nous regardent un peu éberlués. Je rassemble mes 4 mots d'espagnol (bah oui j'ai un peu bouquiné dans la voiture en essayant de retenir les mots stratégiques : panga, manana, a que hora, cuantos pesos...) En quelques minutes, nous nous sommes compris (vive les langues latines!) : on peut camper sur la terrasse du voisin absent pour le moment et demain Augustin nous emmène au lever du soleil (7h) pour 600 pesos (36 €) à l'extrême nord de lîle de San José. Nous sommes ravis ! Cerise sur le gâteau, il y a même des douches...chaudes (eh oui, le soleil a bossé toute la journée) Nous rassemblons nos dernières forces pour monter le kayak à la lueur des lampes frontales et préparer le matos en laissant les affaires inutiles dans la voiture. A 21h, extinction des feux, le calme s'installe dans la baie. Ici on vit avec le soleil et les batteries rechargées à l'énergie solaire ne permettent guère plus de 2 ou 3h d'autonomie électrique le soir. Je craignais un peu le bruit au Mexique mais en fait l'absence de raccordement électrique fait qu'on entend très peu de musique, télé et que les gens se couchent presque avec les poules, ce qui me convient très bien !

En panga vers Isla San José et 1er jour de kayak, jeudi 08/11/12 A l'heure dite Augustin et son grand fils sont prêts, le plein d'essence est fait. Le bateau est tout neuf et Augustin en est très fier ! La mer est d'huile et nous filons à plus de 20 nœuds plein nord. L'air est doux et même à cette vitesse il fait très bon. Nous remarquons un groupe de quelques kayaks qui campe sur la côte ouest de l’île. Ils sont accompagnés de 2 bateaux à moteur pour l'intendance. Nous ne reverrons aucun autre kayak, ni ici ni plus tard dans notre voyage. Après une heure de navigation, Augustin et son fils nous déposent à Punta Calabozo à l'extrême nord de Isla San José : à nous de jouer ! Nous chargeons le kayak avec entre autres 55 l d'eau ! Isla San José est totalement dépourvue d'eau et donc quasi déserte. Il y a un seul village de pêcheur devant lequel nous allons passer aujourd'hui, sinon cette île de 30 km de long est vierge. Au cas où nous serions bloqués par El Norte, nous sommes parés pour attendre plusieurs jours que les conditions s'améliorent. Émerveillement dès les premiers coups de pagaie : en plus d'être chaude, l'eau est claire, on voit plein de poissons et la côte est magnifique : succession d'arches et roches colorées. Par moment la surface de l'eau se met à frétiller et des dizaines de petits poissons sautent hors de l'eau comme pour échapper à un prédateur. C'est un spectacle qui se renouvellera plusieurs fois/jour. Nous verrons même quelques poissons volants (et oui ils volent vraiment sur au moins une dizaine de mètres!) En début d'après-midi, le vent se lève, du sud (pas prévu ça!) et nous décidons de nous arrêter vers Punta Colorada après une quinzaine de km. Après une bonne sieste à l'ombre (précieuse) de la falaise, à observer le vol des vautours profitant des ascendances, le ballet des pélicans (quels estomacs!) et le vol virevoltant des nuées de papillons jaunes, nous nous lançons pour notre 1ère séance de snorkelling. L'eau est à 28,4°C et avec les shorties on peut y rester des heures ! Nous sommes émerveillés par la profusion de poissons et chose encore plus formidable ils ne nous craignent pas si bien qu'on peut nager avec eux sans les déranger (ces réflexions peuvent peut-être sembler naïves aux habitués mais je n'avais jamais snorkelé -quel horrible mot!- auparavant, et les animaux terrestres ont un comportement bien différent hélas, sans doute plus habitués à la présence pas toujours bienveillante de l'homme) La journée se termine en beauté alors que nous observons au loin un banc d'une cinquantaine de dauphins navigant parallèlement à notre île, trop vite pour que nous ayons le temps de les rejoindre en kayak hélas... On s'endort en regrettant un peu (beaucoup) de ne pas partager tout ça avec les enfants. Nous changerons d'avis dès demain !

2ème jour de kayak sur Isla San José, vendredi 09/11/12 Afin d'éviter les thermiques qui apparaissent dès le milieu de la journée, nous sommes prêts avant le soleil dont nous assistons au lever sur la Mer de Cortez. La côte rocheuse prend des teintes incroyables, c'est un régal ! Plus au sud et comme indiqué dans le bouquin de Dave Eckardt, la côte devient franchement austère, voire hostile et peu propice à un débarquement en dehors d'un contexte d'urgence. Le vent du sud se lève encore plus tôt qu'hier (dire que j'ai conçu le parcours en comptant sur un vent du nord, bien plus fréquent) et c'est en serrant les dents et les mains crispées sur nos frêles pagaies que nous franchissons, après 16 km dont la moitié face au vent et aux vagues, la pointe sud de l'île. Comme toujours en ces endroits, la mer est tourmentée, hachée, creuse, impossible de lâcher les pagaies pour boire ou manger une bricole (pas de photos donc) On n'en mène pas large et pour le coup on se félicite d'être sans les enfants. Avec ce vent du sud, comme craint, la côte sud de l'île est inabordable et il nous faut continuer. Impossible de rentrer dans la lagune et la mangrove : la mer déferle trop dans le chenal d'accès et je ne me vois pas entrer vent et mer de l'arrière dans ce labyrinthe végétal dont d'ici nous ne voyons pas l'issue. On zappe donc cet éventuel raccourci et...on continue ! Nous finissons pas retrouver des eaux plus calmes, abrités en partie par Isla San Francisco. Encore quelques km pour faire le tour de la pointe SE de Isla San José et nous accostons sur une langue de galets après 25 km de pagaie énergique ! Ouf ! Quel plaisir de se dégourdir les jambes en marchant vers ces belles roches rouges qui surplombent la mangrove ! D'ici on aperçoit le chenal d'accès au lagon, à présent asséché. Toujours autant de gros oiseaux ! Ici un billot sans doute utilisé par les oiseaux (lesquels?) pour briser les coquillages. Allez courage ! Encore 5km vent dans le dos et mer calme jusqu'au bivouac du soir, situé un peu à l'est de Punta San Ysidro, à une distance théoriquement suffisante de la mangrove pour être à l'abri des moustiques. On trouve un coin à l'ombre au fond d'un arroyo. Pas de snorkeling aujourd'hui : fonds sableux, ressac et grosse fatigue (30 km dans les pattes avec un entraînement nul!) On marche un peu à la recherche d'un puits d'eau saumâtre indiqué par Dave Eckardt, sans succès. Dès que l'on s'éloigne de la mer (et que l'on se retrouve à l'abri du vent) on est assailli de petits moustiques très entreprenants et pas du tout impressionnés par le répulsif acheté qq jours plus tôt. On fait un gros feu dont la fumée nous offre un médiocre répit. On dîne rapidement et on se réfugie dans la tente, sales bestioles !

3ème jour de kayak sur Isla San José, samedi 10/11/12 Bilan des opérations au réveil : des centaines de piqûres, même à travers les vêtements ! Heureusement ça ne gratte pas trop, à condition de ne pas y toucher ! On est bien content d'avoir fait cette grosse étape hier, ce qui va nous permettre de regagner San Evaristo aujourd'hui avant l'arrivée du fort vent du Nord. Je n'aurais pas aimé rester bloquée plusieurs jours près de cette mangrove ! On décolle de bonne heure et après quelques coups de pagaie on voit arriver Augustin et ses grands enfants, venus s'assurer qu'on n'avait pas de problème. Sympa ! Toute cette communauté de pêcheurs communique par VHF (sur les bateaux et dans les maisons, pas de réseau GSM ici) ce qui est un facteur de sécurité important pour ces petits bateaux d'environ 6 m à la merci de la moindre panne de moteur. Du coup les quelques pêcheurs du coin que nous avons croisés nous ont toujours salués chaleureusement, sans doute informés de notre présence par Augustin. Comme nous n'avions croisé personne depuis 24h, il s'est peut-être inquiété... Bref, il continue vers la mangrove et nous vers San Evaristo où nous arrivons après une dizaine de km sans problème. Je fais cadeau aux petits garçons du beau ballon trouvé hier sur la plage de galets, offre à la grand-mère nos surplus de nourriture (fruits très appréciés ici, ça doit changer du poisson) Nous replions le kayak, prenons une bonne douche, faisons nos adieux et reprenons la piste. Après qq pistes, une piste file vers l'ouest et la Mission La Pasion mais elle est en très mauvais état et nous faisons demi-tour après 5 km (réalisés en 1h! Il y en a une centaine jusqu'à la route N°1...) Nous parcourons à nouveau avec plaisir la très belle piste qui longe la mer et trouvons un coin pour bivouaquer au bord de l'eau. Opération feu/fumée antimoustiques. Je pense qu'en plein hiver, à distance de la fin de la saison des pluies, quand toutes les lagunes sont vraiment asséchées, ça doit aller mieux.

Vers Loreto via Ciudad Constitution, dimanche 11/11/12 Longue route monotone vers Ciudad Constitution : c'est plat, très plat. Quelques cultures de céréales. Rien de plus palpitant... Ravitaillement à Ciudad Constitution, ville très commerçante, déjeuner pique-nique dans un joli square. Ici la moindre agglomération dispose d'un square très convivial, ombragé, avec plein de bancs pour s'asseoir, causer et profiter du temps qui passe. C'est bien agréable. Il y a aussi presque toujours un espace dédié aux spectacles, en plein air, souvent de dimensions apparemment s par rapport à la taille du village. Ici on vit dehors et on aime faire la fête, ça se voit ! Nous quittons la morne plaine à Ciudad Insurgentes et la route s'élève dans la Sierra La Giganta avant de replonger vers la mer de Cortez. C'est beau ! Comme prévu le vent du Nord s'est levé et ça déménage dans la Baia de Loreto ! Au fond à G Isla Carmen, à droite Isla Danzante et au 1er plan à droite Punta Coyote (encore!) juste au nord de Puerto Escondido. Les îles de cette baie font partie d'une parc national et il faut un permis pour s'y rendre ou y camper. J'ai prévu dans le coin une randonnée en kayak de 3-4 jours (55 km), partant de Ensenada San Juanico et se terminant à Loreto après avoir fait le tour de Isla Coronado. Il nous faut donc récupérer la météo afin de choisir le bon créneau par rapport au vent, faire une grosse lessive, mettre au point une navette pour aller à notre point de départ, trouver où dormir ce soir, où laisser la voiture pendant 3 jours et où aborder à Loreto à la fin de la randonnée. Arrivés à Loreto, nous repérons l'endroit où l'on peut acheter les permis (sur la Marina, facile), passons en coup de vent au Loreto Shores RV park (où j'avais envisagé de dormir, de laisser la voiture et de revenir à la fin de la rando mais l'endroit est glauque et la rive inabordable quand il y a de la houle), cherchons en vain un hôtel mentionné dans le Bradt (fermé), cherchons en vain une lavanderia (lavomatic), constatons en inspectant la marina qu'il est tout-à-fait possible d'y débarquer sur un ponton accessible en kayak et pas trop loin de la voiture, décidons au feeling qu'il ne doit pas être trop risqué de laisser la voiture sur le parking de la marina, tout simplement. Après avoir pas mal tourné, nous tentons notre chance à Las Cabanas de Loreto (76 €/nuit TTC), adresse si prisée selon le guide Moon qu'on ne peut y séjourner moins de 3 jours et qu'il faut réserver des mois à l'avance ! Finalement il y a un studio libre (et une laundry) et ils acceptent que nous n'y restions qu'une seule nuit. L'endroit est très agréable. Grâce au WIFI, nous regardons les prévisions météo et décidons de ne partir qu'après-demain, aussi resterons-nous une 2ème nuit ici (nous serons d'ailleurs les seuls clients, les temps sont durs!), on est bien !

Sierra la Giganta, Mission San Javier, lundi 12/11/12 Notre hôte nous a mis en garde à propos de la Baja 1000, course automobile qui parcourt 1000 miles du nord de la péninsule jusqu'à La Paz du 14 au 17/11, sur les pistes. Ils sont en repérage dans la montagne et il faut être prudent. La route vers la Mission San Javier est très belle, dommage que le temps soit couvert. Tout est très vert et pour cause il a bien plu ! On nous a parlé d'une grosse tempête survenue il y a un mois ! La route -quasi neuve - est à refaire... Nul besoin de 4X4 cependant pour arriver à San Javier, bien calme en cette heure matinale. L'arrivée vrombissante de quelques participants de la Baja 1000, en goguette, ne passe pas inaperçue. Ils se garent subtilement en plein devant l'entrée du monument historique...font un tour dans l'église, vont « pisser un coup » sans rien consommer au resto du coin et repartent en pétaradant... Le calme retombe sur le village. On mange un petit quelque chose sur place (joli toit de palme et étrange mobilier vintage/rustique) avant de tenter notre chance sur la piste qui mène à San José de Comondu dont une jeune fille du village nous a dit qu'elle était très mauvaise. En effet, demi-tour au bout de 200 m, il n'y a plus de pont ! En montant nous avons repéré plusieurs endroits semblant propices à la randonnée. On s'arrête juste après le Rancho Viejo (en redescendant donc) près d'une petite retenue d'eau et on part se balader le nez au vent. La végétation est le plus souvent assez clairsemée pour pouvoir s'y faufiler. On monte jusqu'à des formations rocheuses tarabiscotées, espérant quelque rencontre animalière mais rien en dehors de quelques vaches et vautours. La géologie nous fait souvent penser aux roches rouges de l'Utah mais ici il ne gèle pas (ou très rarement) et l'érosion est moins poussée. En redescendant nous stoppons la voiture au passage d'un petit gué pour aller jeter un œil à une grotte non loin située. Il y a là quelques peintures rupestres « d'époque ». Mais laquelle ? Avec (beaucoup) plus de temps, nous aurions pu visiter quelques uns des sites de peintures rupestres, de renommée mondiale, qui parsèment en particulier la Sierra de San Francisco, plus au nord. Pour (beaucoup) plus d'infos, les fans peuvent se reporter au livre de Harry W. Crosby, The Cave Paintings of Baja California, très complet mais pas très pratique (manque de cartes en particulier) Il faut cependant savoir que peu de sites sont accessibles légalement sans guide...

Nous rejoignons finalement la côte, que nous longeons jusqu'à Puerto Escondido un peu plus au sud. D'évidence, il y a eu ici de grands projets immobiliers puisqu'on parcourt des dizaines d'hectares de terrains viabilisés, avec routes goudronnées, lampadaires et espaces verts arrosés (je rappelle que l'eau est très rare en Baja California, ne parlons pas des golfs...), au milieu de rien, qui semblent attendre des jours meilleurs car tout est au point mort, sans la moindre construction. Etrange impression...Quelques îlots construits drainent une clientèle nord-américaine et canadienne, venue en voiture - ça fait une trotte!- chercher le soleil. Ces lotissements clôturés et gardés (mais toutefois libres d'accès, du moins pour nous autres avec nos têtes de gringos) sont le plus souvent assez réussis de point de vue architectural, mais il y a tout de même des dizaines de maisons à vendre, dont beaucoup semblent se détériorer assez rapidement (rudesse du climat et/ou construction désinvolte) Il est possible de mettre à l'eau un kayak dans la baie de Puerto Escondido (mise à l'eau bien abritée) et de pagayer jusqu'à Isla Danzante ou Isla Carmen (pas fait, permis nécessaire à prendre à Loreto) Nous avons vu quelques beaux voiliers de voyage (pas des péniches/caravanes avec un mât pour faire joli et un gros moteur) taillés pour le long cours. Ici les distances sont telles et les ports si éloignés qu'il faut naviguer pour de vrai, à la voile. Il nous semble avoir aperçu un belge, sinon ce sont majoritairement des américains et canadiens bien sûr. Retour sur Loreto, 2ème nuit à Las Cabanas. Dîner au Best Chicken, qui ne paie vraiment pas de mine mais fait du bon poulet/frites/crudités pour pas cher (moins de 8 € à 2 boissons comprises, apportez votre couteau sinon vous aurez celui du cuistot, 30 cm de long!) On découvre la présence d'une lavanderia quelques maisons plus loin, bon à savoir (dans la rue Salvatierra, celle de la station Pemex mais plus vers la mer et du côté G en allant vers la mer)

En route vers Bahia San Juanico, mardi 13/11/12 Toujours levés de bonne heure (il n'y a que 11h de jour, il faut en profiter) nous faisons un tour dans Loreto en attendant l'ouverture du bureau qui délivre les permis, à 8h. Si elle peut avoir un certain charme pour des nord-américains en mal de vieilles pierres, elle nous laisse assez indifférents. Bof quoi...il n'y a pas vraiment d'unité, tout est fait de bric et de broc et nombreux sont les jardins ou arrières-cours qui ressemblent à des décharges. C'est un laisser-aller que nous retrouverons dans beaucoup d'endroits, à quelques exceptions près (et pas spécialement dans les endroits les plus fréquentés ou aisés) L'achat des permis auprès du bureau du Loreto's Marine Park se fait sans problème : il faut indiquer où l'on souhaite dormir (1er arrivé, 1er servi), ça ne coûte pas cher (de l'ordre de 2 $/jour/personne) et même si le garde ne parle qu'espagnol, on y arrive ! Je pense que la plupart des touristes prennent un tour organisé et n'achètent pas eux-mêmes leurs permis. Il nous donne des bracelets en papier (!) à mettre au poignet. Aucun contrôle finalement, on a gardé nos bracelets papier avec colle qui ne colle pas au chaud dans une pochette étanche. Après quelques courses et une très bonne glace au nord de la Plaza, nous nous mettons d'accord avec un groupe de taxis pour que l'un d'eux soit présent demain à 8h00 à la Marina. Le plan est d'aller tous les 2 avec le matos à Bahia San Juanico, d'y déposer tout ce dont nous avons besoin, d'y passer la nuit avant de ramener la voiture demain matin à Loreto et de revenir à San Juanico en taxi. Il y a 1H30 de route aller, c'est d'accord pour 1200 pesos (72 euros). Nous quittons la route N°1 au niveau du km 48 (ouvrir l’œil pour voir la piste, rien d'indiqué) peu de temps après avoir franchi un military checkpoint (ils cherchent de la drogue parait-il) La piste est facile bien qu'assez sableuse par endroits. Nous découvrons la baie au dernier moment : un bijou ! Il n'y a personne, seulement quelques bateaux mouillés un peu plus loin. On se fabrique un peu d'ombre à l'endroit qui nous semble le mieux ventilé. Déjeuner, sieste, balade à pied puis en kayak dans la baie. Sur cet arbre, les navigateurs laissent une petite trace de leur passage.

Dommage, ces quelques constructions mais pas trop mal intégrées finalement. Ça souffle encore et je crains qu'il y ait encore pas mal de houle résiduelle demain, on verra !

1er jour de kayak, Bahia San Juanico-Punta San Bruno, mercredi 14/11/12 Fred se dévoue pour faire l'aller-retour à Loreto. Après quelques cafouillages (le taxi présent à la marina est là par hasard et n'est au courant de rien, ne redémarre pas après avoir pris de l'essence et appelle son frère, qui lui est au courant et prend le relais...) Fred repasse le checkpoint en taxi puis devant l'inquiétude du taxi face à une montée qui l'impressionne se fait déposer à qq km du terminus, et termine à pied (3/4h de marche). Je ne me suis pas inquiétée puisqu'il m'avait appelée sur le téléphone satellite dès les premiers cafouillages à Loreto alors qu'il avait encore du réseau. Nous décollons vers midi, et après avoir un peu hésité décidons de jouer la prudence et de passer au large des Mercenarios car la houle reste impressionnante. La côte est belle mais moins éclatante qu'à Isla San José. Nous allons bon train avec cette houle de l'arrière et un vent du nord léger. Nous nous arrêtons à Punta San Bruno (16 km) car ensuite la côte offre peu voire pas d'abri. La plage est envahie de souches et branchages séquelles de la fameuse tempête. Nous trouvons juste assez d'espace pour la tente et le kayak. Il s'agit d'un camp de pêcheurs, désert aujourd'hui. Qui dit pêcheur dit basse-cour de pélicans, pas sauvages du tout. Ce sont vraiment des opportunistes gourmands/flemmards quand on voit avec quelle facilité ils pêchent très bien tout seuls ! Au loin on aperçoit Isla Coronado, surmontée d'un volcan (éteint!) où nous irons demain. Pas de feu aujourd'hui de peur d'enflammer toute la plage !

2ème jour de kayak, vers Isla Coronado, jeudi 15/11/12 Incroyable rosée, tout-à-fait inhabituelle ce matin, bizarre ? Le ciel est d'ailleurs assez couvert. Aperçu un dauphin qui a sauté complètement hors de l'eau puis a définitivement disparu. La traversée vers Isla Coronado nous semble interminable car nous sommes à contre-jour et c'est seulement à proximité immédiate que nous distinguons les détails de l'île. 16 km encore aujourd'hui. Nous sommes maintenant dans le Loreto Marine Park : il y a là quelques américains venus passer 1h ou 2 sur l'île. Le tour classique part de Loreto, mène jusqu'à la colonie de lions de mer située au NE de l'île, fait une petite halte picnic/snorkeling sur cette jolie plage avant de rentrer sur Loreto, distante d'une douzaine de km. Un peu sauvageons, nous allons nous promener dans l'île, espérant aller jusqu'au sommet (250 m de dénivelé) On se perd un peu et finalement on n'a plus assez d'eau, il fait trop chaud et la luminosité est médiocre si bien qu'on renonce. On se contente de faire quelques km sur les sentiers aménagés, bien agréables. Vu un serpent (le seul de tout le voyage...) Sitôt les autres touristes partis, nous prenons nos aises et partons pour une longue séance de snorkeling. Ici l'eau est plus fraîche (« seulement » 26°C) et assez trouble (il y a eu pas mal de vent et de houle) mais nous longeons la côte sur plusieurs centaines de mètres avant de rentrer tranquillement. Fred a pu capturer l'image de ce méchant poisson mordeur qui vit au bord du rivage et vient nous mordre (mordiller serait plus juste!) les pieds si on traîne à monter dans le kayak. Ici pas de pélican mais un héron patient qui va pêcher jusqu'à la nuit noire.

3ème jour de kayak autour de Isla Coronado, vendredi 16/11/12 Pas de rosée ce matin d'autant plus que nous avons dormi à l'abri des palapas. Nous embarquons de bonne heure pour pagayer vers la pointe NE de l'île où se trouve une colonie d'otaries. La côte à contre-jour est assez impressionnante, sombre et déchiquetée. On a une grosse houle qui vient de l'arrière et se réfléchit contre la falaise : on se concentre ! Finalement une fois passée la pointe nord, la houle s'atténue, la côte est bien éclairée, et en plus nous parvient déjà le bruit des otaries ! Impossible de les louper : on les entend bien avant de les voir ! Elles se laissent approcher à quelques mètres, le spectacle est d'autant plus beau que la colonie d'otaries est surplombée par des rochers déchiquetés abritant une colonie de...frégates (pas de photos, flûte!) Superbe endroit ! Et pas un « chat » à cette heure matinale ! Il est temps de finir notre tour de l'île avant que le vent ne se lève... Nous avons bien fait de partir tôt car dès 10h du matin nous sommes obligés de naviguer au plus près de la côte afin d'échapper aux rafales du nord. Nous contournons l'extrême pointe SO de l'île et trouvons refuge dans une minuscule crique repérée sur Google Earth (Fred a téléchargé sur son smartphone les images du coin avant de partir et on peut les consulter hors-ligne, hyper-pratique!) 13 km pour ce tour de l'île La marée est très haute ce qui ne semble pas déranger cette végétation particulière. Nous installons la tente puis allons explorer les petites dunes et autres criques des environs. Ça souffle de plus en plus et on se félicite de ne pas avoir tenté la traversée jusqu'à Loreto aujourd'hui. Comme d'habitude nous avons plein d'eau et pas mal de boustifaille aucazou. Nous connaissons à présent mieux notre consommation d'eau : 5l/j à 2 pour boire et faire à manger (toilette et vaisselle à l'eau de mer bien sûr) Il ne fait finalement pas trop chaud quand on est sur l'eau et à terre on ne fait que des petites balades tranquilles. La température n'a jamais dépassé 32°C et 13°C au plus frais la nuit (1 seule fois, sinon plutôt 17°C) Au fil des heures notre crique finit par se vider. Nous avons de la chance d'être arrivés (et de repartir...) à marée haute. Cette crique aussi a son héron , même un couple en fait.

4ème jour de kayak vers Loreto, puis piste vers San Isidro, Samedi 17/11/12 Ciel flamboyant au réveil : rien de tel pour me faire lever d'un bond ! Pétole molle, le retour guère passionnant (à part la rencontre avec une otarie en goguette) se fait en une paire d'heures (10 km) sous un ciel couvert. La mer est si calme que nous débarquons finalement sur la plage immédiatement au nord de la marina de Loreto, juste devant le Ministère de la Marine dont les soldats semblent très intéressés par notre embarcation. Nous remballons tout et allons « pointer » comme prévu au bureau du Loreto Marine's Park pour dire que nous sommes bien rentrés et remplir un formulaire d'appréciation sur notre parcours dans le parc (toilettes sèches immondes sur l'île). J'avais lu quelque part que l'on pouvait prendre une douche au El Moro Campground au centre ville : en effet, c'est rustique mais ça fait du bien ! (40 pesos donné à la femme de ménage) Nous donnons notre linge à la lavanderia (une grosse machine, récupéré 3h plus tard repassé pour 6 €), courses, resto, et c'est reparti vers le nord sur la route N°1, un peu au-delà de la bifurcation vers San Juanico. Nous tournons cette fois vers l'ouest sur la trrrès belle piste qui mène à San Isidro. Consternation ! La Baja 1000 est visiblement passée par là : gros sacs poubelles de 130 l abandonnés aux vautours, gobelets, canettes, banderolles jonchent les 1ers km de la piste. On n'en revient pas ! Ces stigmates ont au moins le mérite de nous rassurer : la piste est passable ! Le ciel est encore couvert (on n'a pas de chance quand on va dans la montagne...) mais quelques rayons de soleil parviennent à se faufiler. Parvenus à mi-chemin, la nuit commence à tomber et nous trouvons un coin pour bivouaquer à une dizaine de mètres de la piste : pas très glamour mais pas grand-choix ! Très peu de passage heureusement.

San Isidro, côte pacifique, Comundu, Ciudad Constitution, Dimanche 18/11/12 Ciel tout gris aujourd'hui... Quel dommage car le paysage est fantastique : une oasis dans un décor de far-west ! Ici il y a de l'eau toute l'année et c'est un vrai luxe dans ce pays ! Nous reprenons de l'essence à San Isidro et tentons (nous sommes têtus!) de rejoindre Comondu par la piste : elle s'évanouit au bout d'une dizaine de km, demi-tour (merci Google Maps encore une fois!) Il y a quelques fermes perdues dans la montagne, infiniment mieux tenues que les maisons de San Isidro, où la vie doit cependant être bien plus facile avec toute cette eau à profusion. Bizarre... Un peu après la Purisima nous retrouvons la route goudronnée et décidons d'aller un peu souffler au bord du Pacifique, à Las Barrancas. L'endroit est encore plus crade que San Isidro mais nous arrivons pile à l'heure du retour de la pêche et c'est passionnant de voir les pêcheurs se faufiler dans le shore-break, à fond et monter tout schuss sur la plage. Dire qu'aujourd'hui la mer est calme, avec du vent et de la grosse houle, ça doit être du sport. Pêche miraculeuse pour ces 2 pêcheurs qui ont rempli pas moins d'une dizaine de ces grosses caisses ! Après ce bon bol d'air, nous tentons l'ultime route vers Comondu. Celle-ci est parfaitement goudronnée, ce qui explique l'abandon des 2 autres pistes. La visite des 2 villages contigus (San José et San Miguel) est décevante (on pourrait dire : tout ça pour ça!) Certes ils sont situés dans une vallée verdoyante mais tout est laissé +/- en friche. Des travaux sont en cours à San Miguel : il ne reste que les façades des maisons au milieu de tas de gravats. Les travaux semblent terminés à San José mais c'est mort, le village semble à moitié vide et de nombreuses bâtisses sont à vendre. Cette vallée a certainement connu des jours meilleurs. Drôle d'atmosphère aujourd'hui... Ces villages ont cependant ce que beaucoup d'autres n'ont pas : de l'eau à volonté et un accès facile. On va dire que notre impression est peut-être biaisée par le fait que nous sommes hors-saison. Mouais.... Ou par tous les efforts que nous avons faits pour rejoindre Comundu par de mauvaises pistes. Peut-être bien... Belle bête (on en a vu une demi-douzaine en tout) sur la route...Je me félicite de toujours bien fermer la tente et les sacs... J'ai envie de dormir sur la côte pacifique et je convaincs Fred d'aller jusqu'à Puerto San Andresino dont le nom sur ma carte est orné d'un élégant parasol. Hum, voilà l'endroit et les alentours sont jonchés de débris et cochonneries. Pas glop ! Demi-tour , direction Ciudad Constitution où nous trouvons facilement un hôtel la Posada Del Ryal où pour 27 € nous avons une chambre fraîchement repeinte avec clim, SDB, WIFI et parking fermé. Moins glamour que la nuit au bord du Pacifique mais propre et confortable. Bons tacos dans un boui boui, excellents même, pour une bouchée de pain.

Bahia Magdalena, Puerto Cancun, La Paz, Lundi 19/11/12 Je suis intriguée par cette Bahia Magdalena coincée entre la côte et des îles montagneuses, réputée pour la migration des baleines qui attire de nombreux touristes en hiver. En route vers Cancun ! Enfin Puerto Cancun, tout au bout d'une interminable piste, en très bon état... Au loin nous distinguons les brumes pacifiques et Isla Santa Margarita. Il y a ici une incroyable rosée dont profite bien la végétation, dense et...piquante ! De grandes dunes apparaissent au loin. Puerto Cancun n'est pas un village mais un camp de pêcheurs. Le cadre est superbe, ça vole dans tous les sens ! Pélicans et pêcheurs semblent faire bon ménage. Il y a tout le confort moderne, mais pas d'eau...livrée par camion. Ambiance cow boy... Quelques pêcheurs parlent un peu anglais : à la saison des baleines ils emmènent les touristes voir celles-ci de tout près ! Tiens un envol de courlis, on n'en avait jamais vu autant à la fois ! Nous empruntons une piste pour le moins chaotique (tiens, la Baja 1000 est passée par là, il y a des rubans de signalisation dans les buissons...) pour nous rapprocher des dunes aperçues plus tôt. Tout petit camp de pêcheurs à Puerto Argudin. On aurait bien aimé explorer en kayak ce milieu original entre dunes et mangroves mais nous n'avons toujours pas trouvé de répulsif vraiment efficace contre ces satanés moustiques et ça vole !! Dommage car le coin est beau ! En route donc pour La Paz où nous arrivons affamés en milieu d'après-midi. Déjeuner cher et quelconque chez Apple Bee (trop faim pour mieux chercher), à la terrasse très agréable avec vue sur la baie de la Paz. Petit tour en ville (bof), sur le malecon (boulevard qui longe la baie, agréable), petite glace et on reprend la route (pas mal d'infrastructures touristiques le long de la côte)vers le nord jusqu'à la plage de Tecolote où le camping sauvage est autorisé. On dépasse un interminable alignement de camping-cars pour aller à l'extrême NO de la plage trouver un coin tranquille. Pas mal de vent encore aujourd'hui : on se demande comment font les outfitters pour tenir leurs plannings lors des randonnées de plusieurs jours en kayak avec des clients. Certes les kayaks ne sont pas chargés de bagages mais tout de même il doit falloir parfois de gros biscotos ! Au pire les bateaux à moteur sont équipés de portes-kayaks, qui doivent sauver bien des situations. Les conditions ne sont pas si faciles que je l'imaginais en Mer de Cortez. Il fait presque toujours beau, l'eau est chaude mais le vent lève très vite une mer courte pas facile à gérer je trouve. Sans doute la faute aux fonds de faible profondeur. D'autre part les côtes sont souvent inhospitalières et il n'est pas rare de devoir parcourir une dizaine de km voire bien plus avant de trouver un abri.

La Paz, Sierra de la Laguna, Santiago, mardi 20/11/12 Après un coup d'oeil rapide à Playa Balandra (rendue célèbre par son hoodoo rafistolé) où nous découvrons quelques ibis (pas encore vus auparavant en Baja), nous repartons vers le sud et La Paz en passant cette fois par El Coyote, dans l'intérieur des terres. Tristounet ce coin, rien à voir avec la façade maritime, limite bidonville. Ici plus souvent qu'ailleurs nous remarquons des gens qui arpentent les bas-côtés de la route à la recherche de canettes pour les revendre pour qq centimes. On a appelé ça l'indice « canette » : il faut se réjouir quand les bords de route sont jonchés de canettes : ça signifie que la vie dans ce coin n'est pas trop misérable. Nous repartons dans 4 jours et je voudrais vérifier les horaires des avions (vu qu'ils ont déjà changé une fois sans que nous soyons prévenus...) en utilisant le WIFI de l'Apple Bee (pas pensé hier...) C'est le bazar en ville, impossible de s'approcher du malecon, il se passe quelque chose. On se gare tant bien que mal et on se dirige à pied vers le centre du malecon. Ambiance festive ! Toutes les écoles se retrouvent là, en musique et en dansant. Dommage que nous soyons si mal garés, nous serions bien restés un peu plus longtemps ! On reprend la route N°1 vers le sud. Elle rejoint la mer à Los Barriles, zone de villégiature nord américaine bon enfant pas trop « organisée ». Il fait faim, direction la plage qui à notre grande surprise émerveillée est impeccable ! Ici c'est gringoland, ça se voit et ça a parfois du bon ! On reprend la route pour qq km et on la quitte au niveau de la bifurcation vers La Ribeira, juste après le pont, pour descendre dans l'arroyo qui va nous mener jusqu'à Santiago. Il y a bien sûr aussi une route mais cet arroyo est percé de falaises dont au moins une abrite des nids d'abeille et plus loin des chauves-souris. Amusante arrivée à Santiago par « les coulisses » Nous dégotons le seul hôtel de la ville (qui fait aussi restaurant), le Palomar où nous prenons une chambre (seuls clients encore une fois) 27 €, simple mais propre avec clim, SDB et beau jardin. En route vers le canyon de la Zorra (accès 6$/personne je crois, pas donné je trouve!) fameux dans la région car il abrite une petite cascade. Pas désagréable. On reprend les pistes (un dédale, GPS indispensable) jusqu'à El Chorro, sources chaudes à l'est de Agua Caliente. Crade, bétonné, moustiques, eau à peine tiède, accès payant environ 1$/pers de mémoire (un gars passe sa journée sur une chaise longue à attendre le client, pas sûre qu'il en aie tous les jours!). Pas d'intérêt... Toute cette région des contreforts de la Sierra La Laguna nous a cependant bien plu : les villages sont souvent plus soignés qu'ailleurs, on croise quelques ruisselets par-ci par-là, il y a plein de jardins et petits champs, chiens, poules, ânes, chevaux, vaches et quelques cochons. C'est mignon... Manque de chats cependant...on n'en a vraiment pas vu beaucoup en Baja... Retour au Palomar où nous dînons (honnête mais pas donné, 27 € pour 2) Un seul cafard cette nuit en me relevant pour un p'tit pipi, correct...

Santiago, Cabo Pulmo, Los Frailes, mercredi 21/11/12 Petit tour matinal dans le village de Santiago, encore bien calme. Puis nous filons vers la côte en direction de Cabo Pulmo, zone protégée en raison de la présence de massifs coralliens et réputée pour la plongée et le snorkelling. La route puis la piste sont correctes et on arrive sans difficulté à Los Frailes, mieux abritée des vents du nord que Cabo Pulmo. On explore un peu les dunes derrière lesquelles on découvre cette jolie lagune. On a la plage pour nous tout seuls, c'est cool ! Derrière la pointe rocheuse se cache une colonie d'otaries, encore une ! On monte le kayak et c'est parti pour une paire d'heures de pagaie vers le nord. Les otaries sont bien au RDV (vraiment pas loin mais trop loin pour y aller à la nage depuis la plage) On continue au-delà car la côte est belle, puis on repasse les voir : toujours aussi cool ! Retour à la plage pour une séance de 2h de snorkelling (eau trouble du fait du ressac mais à 28°C) : moi qui n'aime pas l'eau je me prends au jeu car les conditions sont très agréables. Il y a plein de poissons et (je crois) rien de méchant, ça me va bien ! On arrête finalement quand on a la gorge trop sèche de respirer par le tuba et mal à la tête avec la pression du masque. Même pas froid ! Bonne nuit sur la plage, peu de rosée.

Vers San José par la route routière, traversée de la Sierra la Laguna, Todos Santos, jeudi 22/11/12 Bien que la sachant mauvaise (en effet mais rien de difficile) on décide de continuer la piste le long de la côte. Il y a des centaines d'hectares de terres clôturées et gardées (parfois avec un mirador) sans doute dans un but de spéculation immobilière. Plus au sud, nous découvrons de magnifiques ensembles immobiliers, quasi inaccessibles du fait de l'état de la piste (on a mis 2h30 pour faire 40 km) La côte est encore assez sauvage et les spots de surf alimentés par la houle pacifique qui tourne autour de l'extrémité sud de la péninsule sont nombreux. Petite pause à l'ombre de cet étonnant ficus, qui sert d'abri à une petite troupe d'ânes, assez malins pour creuser le sable et y trouver de l'eau ! A l'approche de San José del Cabo, les constructions souvent très belles, très modernes sont plus nombreuses - et moins vides. Nous passons rapidement San José et repartons sur la route N°1 vers le nord puis tournons vers l'ouest vers Casas Viejas. La 1ère partie de la piste est excellente. C'est après que ça se corse ! Âmes sensibles, passer votre chemin ! Celui-ci se faufile à flanc de falaise en contrebas d'éboulis, sur des km ! Belles vues certes mais ça fait du bien quand ça s'arrête. J'ai même passé le volant à Fred, c'est dire ! On rejoint la côte au sud de Todos Santos et on file voir la mer à Punta Lobos : coup de chance, on arrive encore une fois juste au retour des pêcheurs ! Aujourd'hui il y a de la houle, quel spectacle ! Bon repas de poissons à Todos Santos dans un resto dont j'ai oublié le nom... Puis nuit au bord de la mer sur une plage un peu au nord du village. Plage étonnante, très pentue, hyperdangereuse mais fréquentée par quelques surfeurs.

Playa Las Palmas, Cabo San Luca, Candelaria, Cabo San José, vendredi 23/11/12 Encore un petit tour sur la plage dont le ressac est fascinant, puis nous reprenons la route 19 vers le sud et au niveau des km 56-57, en face d'un gros bâtiment administratif blanc (Campo Experimental) prenons une piste qui part vers la mer. On se gare un peu avant d'arriver à celle-ci, accueillis par 2 ou 3 chiens sympathiques. Une pancarte demande de respecter les lieux et de ne pas camper. Chose incroyable, les lieux sont effectivement respectés (ou régulièrement nettoyés, chépas) On traverse une superbe palmeraie avant d'arriver à une plage vierge et déserte où vient mourir un ruisseau de bon débit. J'adore ce type d'endroit où eau douce et eau salée se marient ! On n'en revient pas qu'un tel lieu puisse encore exister quand partout sur les côtes fleurissent les stigmates de la spéculation immobilière. Cet endroit est un mystère ! Nous reprenons la route 19 vers le sud et décidons d'aller voir à quoi ressemble Cabo San Lucas. L'endroit est hypertouristique et pas mal bétonné mais j'ai déjà vu bien pire. 2-3 photos de la foule d'engins flottants qui se dirigent tous vers la fameuse arche de Cabo San Lucas et on décide de prendre la piste qui mène vers Candelaria (piste facile accessible à tous véhicules et joli village en adobe à l'arrivée, dit le guide Moon) La piste est en fait assez difficile (sable profond entre autres, 4X4 indispensable) à tel point qu'on y croise pas mal de buggies (qui roulent comme des fous. L'un d'eux a eu un accident – matériel uniquement - avec un local...) et le charme du village de La Candelaria nous a totalement échappé. Nous nous sommes consolés au cimetière, assez charmant comme souvent les cimetières de montagne. Fin de journée à San José del Cabo, à l'hôtel Colli, si pratique avec son parking et sa position centrale. Nous reconditionnons les bagages pour l'avion, donnons nos restes de bouffe etc...au personnel de l'hôtel. Nous dînons dans un resto plein de gringos (en même temps on n'a pas trouvé de resto avec des Mexicains à 18h30 forcément!), quelconque et cher et avec orchestre sirupeux qui nous a chanté la sérénade à 2 cm. Quelle horreur !

Retour samedi 24/11/12 On prend tout notre temps ce matin car l'avion est à 15h30. Petit déjeuner au French Riviera juste à côté, petit tour en ville, puis nous quittons l'hôtel vers 11 h et allons faire une dernière fois un tour à la mer à Puerto Los Cabos, très urbanisé mais pas moche du tout. On rend la voiture vers 14h, sans problème. Multiples contrôles à l'aéroport : fouille des bagages, chiens renifleurs... Il faut dire que nous allons prendre un vol du Mexique vers Amsterdam. J'en viendrais presque à plaindre d'éventuels passeurs pour le stress infligé par tous ces contrôles ! En tout nos bagages auront été fouillés 6 ou 7 fois sur tout le voyage ! On doit avoir des têtes de brigands ! Une vingtaine d'heures de voyage encore au retour, des escales sans problème. Rien à voir avec l'horrible voyage de retour d'Argentine avec Iberia, qui est je pense en partie responsable du fait qu'on n'est pas encore retournés en Amérique du sud, tellement j'avais trouvé le voyage pénible !

Conclusion Contents du voyage mais pas émus/émerveillés/exaltés comme nous pouvons l'être en découvrant ...les pays nordiques par exemple. Ravis de notre kayak, de la découverte du snorkeling. A refaire nous aurions passé plus de temps en kayak (weather permitting) mais je ne regrette pas d'avoir un peu exploré l'intérieur des terres. En résumé c'est une destination agréable pour profiter de la mer pendant notre mauvaise saison, les Mexicains sont très très accueillants (surtout là où personne ne va!), il y a une quantité incroyable d'oiseaux et de poissons, la nature est belle (mais pas époustouflante) et surtout grosse différence avec l'Europe du sud en été, il n'y a personne dès qu'on quitte les stations balnéaires (mais aucun intérêt de faire tous ces km pour aller simplement à la plage, en boîte et faire les boutiques, on a ça chez nous)

Budget pour 18 jours sur place à 2 Avion pour 21852 € Jeep Wrangler 4X4 assurances maxi1098 € Essence 2500 km207 € 2 nuits Hôtel Colli San José del Cabo 51X2 =102 € 2 nuits Las Cabanas Loreto 85X2 =170 € Posada Del Ryal Ciudad Constitution27 € Hôtel Palomar Santiago27 € Navette en bateau pour Isla San José36 € Navette en taxi Loreto72 € Bouffe/restos350 €

Total 3941 €

Liens utiles Parque Nacional Bahia de Loreto :
http://islasgc.conanp.gob.mx/loreto/FORMATOS.html Forum sur la Baja California : http://forums.bajanomad.com/index.php Blog Allemand kayak de Loreto à La Paz : http://blog.tapir-store.de/planet-erde-reiseberichte/2827.baja-california-der-traum-eines-jeden-seekajakpaddlers.html Récit kayak : http://veen.com/jeff/Baja/ Cave paintings : http://www.lasecomujeres.org/issi/caves_cowboys.html http://www.mulege.net/latrinidad.htm http://www.bajaquest.com/mulege/sanborjitas.htm http://missywah.blogspot.fr/2010/03/san-borjita-cave-paintings.html http://octopup.org/baja2012/bahia-san-rafael http://www.mulegetours.com/ Nombreux voyages d'un américain en Baja : http://vivabaja.com/ Généralités en Français : http://www.bassecalifornie.org/dp-baja-def.pdf Les bourlingueurs : http://www.bourlingueurs.com/amerique-centrale/page_12.htm Récit en Français : http://terresdame-riques.blogs.nouvelobs.com/mexique/ Moon travel guide : http://www.moon.com/destinations/baja-cabo/discover-baja San Javier Mission : http://allaboutbaja.com/sanjavier.html Summitpost, Sierra de la Laguna : http://www.summitpost.org/sierra-de-la-laguna/563612

Bonne lecture,

Marie
Retour des États-Unis! English translation pending
by Lydia03 · 2011-03-16 · 19 replies
bonjour !!! me voici donc de retour ! alors depart bordeaux pr paris il reste une place pres de nous et la un monsieur arrive que je ne connais absolument pas mais mon copain SIIII !!! cest gernoth rohr ? un gars qui entraine maintenant lequipe du gabon ?mouaiss ok et cest lancien entraineur de bordeaux , il a entrainé zizou ok ok mouais bon sa me parle pas mais mon copain limite les larmes aux yeux bref j'ai papotté avc se monsieur pdt 1 h trop sympa !! ensuite paris los angeles on passe la douane nikel ! meme pas peur !!!lol et la pres de nous ds l'avion fabrice éboué ! bref que des stars lol trop fort ! la j'arrive a los angeles rhoo trop contente ! entre le moment ou l'avion se pose , que je passe la douane que je recupere ma valise ( 20 mn chrono ) pas une de plus ! trop bien ! on se retrouve ds un monde parallele mdr et les douaniers de los angeles ou san francisco trop trop sympa ,

jour 1 decouverte de los angeles surtt hollywood boulevard waouh cest trop jolie ! je suis en pleine forme !! il est 17 h et la nuit tombe deja sniff ptite promenade ....qlq achats . sa brille cest beau ! hooo des sosies trop chouette !! HOOO des mega pizza !!!! pizza geante a 2h on fonce avc juju on fonce !! on dévore une super pizza de fou et direction lhotel (hollywood city inn ) pas trop cher hotel propre et sympa avc jolie piscine a 2 klm dhollywood boulevard ) hop dodo a 19 h ! (jour 2 )le lendemain matin a 3 h30 jetais prete lavé , maquillé ! juju leve toi on va a beverly hills mdrr le pauvre a 3 h30 du mat ! impossible de dormir pr moi avec le décalage bref il rouspette ....donc on quitte lhotel a 5h00 ! le jour se leve tres tot la bas et cest tres bien ! visite de beverly hills mouais on passe quoi ... santa monica 6 h du mat deja le soleil qui brille cest tres tres jolie !!! surtt santa monica pier ptit café avec croissant francais .......3 minutes au micronde le croissant je vous raconte pas la tete du truc ! bref ! direction venice beach vers 7h30 un ptit tour puis on sen va tres tres rapidement ben ouais... on ne pense pas a sa non plus ... , a 7 h30 les SDF se leve ...les toxico eux se couche ........bref au bout de 4 ou 5 personnes que je croise en train de se vormir dessus on decide de faire demi tour tres rapidement !on sen va .......venice beach a 7h30 du mat cest pas une bonne idée mais vraiment pas bonne du tout ...ou peu etre que cest juste pas de chance et que les autres jours cest pas comme sa le matin ? bref direction hollywood sign , waouh top ! photo photo photo ! la juju en train de conduire la voiture ( boite auto ) voila que monsieur ne tente pas de passé une vitesse ? gros dérapage a hollywood moi la tete ds le pare-brise ! genial des le matins un peu peur mais bon ! BRAVO QUI , ? bravo juju ! direction le griffith obsvertatoire cest tres jolie ! rien a dire cest vraiment a voir ! puis on retourne a hollywood boulevard la un super parking qui se trouve a 50 metres du graumans chineses theatre voici ladresse au cas ou 1738 north orange drive ( 2$ de lheure ) je pense que 2 jours a los angeles son suffisant pour voir le plus interressant ) sans faire les parcs biensur )

- -- jour 3 direction palm springs ! on se leve tot encore style a 4h .... directino cabazon pour voir les outlets mais on arrive trop tot a n'ouvre que vers 10 h donc on decide de prendre un ptit dej puis direction palm springs gros coup de coeur pr cette petite ville es la ville parfaite ? palm desert cets tres tres jolie aussi , 9 h du mat 30 degres un paysage de fou !des montagnes ! ces cocotiers !des palmiers ; cest propre, cest beau , cest waouhh notre hotel le caliente tropic tjr a prix abordable rien a dire cest juste parfait une chambre de malade !!!piscine jaccuzi ! hop maillot de bain pour juju et un ptit plouf ds la piscine lhotel deco hawaienne ... et tte la nuit un ptit oiseau ses mis a chanté jusquau matin au moins 25 sons differents ! j'ai jamais entendu sa , un petit pavarotti en puissance ! quel bonheur de se levé avec sa ! loiseau du paradis :) a savoir que le jeudi soir il y a un grand marché ds la ville au moins 200 vendeurs cest juste Top !! palm springs cest le reve ....! l'herbe est si verte que sa pique aux yeux si si ! - -- jour 4 direction oatman. kingman, route 66 sur la route qui mene a oatman des anes un peu partout ! cest trop mignon ! et le village de oatman un veritable village de cowboy ! on a eu le droit a une bagarre entre 2 cowboy avc pistolet ect enorme quoi ! village vraiment tres tres tres jolie a voir absolument ! puis ptit hamburger avec french fries au coeur du village ( et pourquoi french fries au fait ?? belge fries plutot non ? !!! bref les gens du village super gentil, agreable , bref ptit village tout simpement ENORME !!! direction kingman par la route 66 et la des maisons au millieu de rien ? mais qui habite la ? cest tres beau ....mais aussi lugubre ! et la au bout de qlq klm KINGMAN !!! waouhhh quel coup de blues quel horreur que cest moche cest triste cest gris cest berkkk rien a voir rien a faire a si peu etre le musée route 66 mais bon sa vaut pas le détour je trouve on arrive a lhotel la le gars nous jette carrement ...on tel a hotel .com en france et la la femme nous dit simplement ah oui !! on ne travail plus avec eux ! sympa de prevenir a lavance! vraiment sympa ! on cherche un hotel par nous meme ds cette ville qui me donne envie de partir .... bref on trouve un hotel la on se couche tres tot pr oublié cette ville de M...E et la vers 21h sa tape fort a la porte mais fort et sa parle en anglais ...etre reveillé comme sa je vous promet j'ai flippé ! je regarde par l'oeil de la porte et la je voi 7 ou 8 gars de 25 ans en train dhurlé devant notre porte ...la flippe ... mon copain qui me rassure ( ca y est on va mourir ) ta gueule juju !...... bref on se remet au lit sans ouvrir la porte biensur 2h apres rebelote sa tape sans cesse pdt 10 mn et sa gueule sa gueule ( juju ca y cette fois cest fini pour nous ) ho mais ferme la !!!!! bref je ne sais pas si cest une erreur , si l'acool avaia avoir qlq choses la dedans ou non mais j'ai eu la peur de ma vie ( 2x ) A 4H30 hop on se leve on sen va de cette ville de fou - -- jour 5 direction seligman , williams, grand canyon

seligman ptite ville de la route 66 tres mignon , un bon ptit dej ds le village hummm des pancakes ! williams pareil cet charmant comme petite ville et la grand canyon pour 2 nuits rien a dire ! cest grand canyon quoi !!! le 1er soir a lhotel au retour du grand canyon je commence a avoir la jambes tte rouge et des plaques ...ho non je suis défiguré des jambes !!! j'ai du me faire piqué par une bestiole je sais pas trop ....je demande a lhotel avec mon super anglais la pharmarcie la plus proche la femme ne capte rien normal koi ! mon copain parle un peu anglais et arrive a se faire comprendre la dame me repond la 1ere pharmacie est a williams ! a 100klm ! genial bref je vais au supermarket du coin le type me donne une creme qui me brule a base de menthol qui m'arrache les jambes sa me brule 10x plus le lendemain on decide de partir et de perdre la nuit pour trouvé une pharmacie a williams - -- donc jour 6 direction seligman peach springs lac mead sur la route si je ne me trompe pas ??? bref la route 66 de peach springs limite lugubre au millieu de rien 2 ou 3 maison a 150 bornes de tout mais qui habite la ? cest fou ! lac mead magnifique , le barrage boulder genial ! on arrive a las vegas 1 nuit au stratosphere ho cest beau sa brille sa clignotte de partout ! le casino tres sympa , la chambre un peu moins tres chaud pas de clim .....bon cest pas bien grave la on sen va du casno direction le strip ....hooo cest loin !!! et en plus de sa chaques 10 metres 1 sdf dont 1 que jai eu peur avec des (seringues) au moins 6 ou 7 a ses pieds un regarde de fou bon on va prendre un taxi !!!! alé on se promene genial ptit resto ds le stratospehere trop trop bien ! toute les 20 mn les serveuses et serveur chantent ! des chanson de grease ! cest kitch mais j'adore ! tape dans tes mains juju !!! force toi ...men fou ! le lendemain direction excalibur pour 2 nuits casino magnifique mais beaucoup beaucoup trop ! on sy perd ! la chambre horrible une chaleur a mourrir , pas moyen douvrir les fenetres et pas de clim un bruit infernal jour et nuit ds le couloir et ds la rue bref 2 nuits sans dormir il ya mieux pour le meme prix je pense bref on se promene on passe les fameux pont et la au loin sur le pont une grand mere de peu etre 80 ans en train de faire la manche elle me regarde avec un mega sourire de ptite mémé hoooo et elle a une pancarte autour du coup welcome to las vegas les yeux plein de detresse quel horreur je lui donne un peu de monnaie et a partir de ce moment je voulais juste une choses partir de las vegas il ya beaucoup trop de contraste entre ce coté bling bling sa brille cest top cest jolie magnifique grandiose et les sdf tous les 10 metres en train de faire la manches il ya un nombre incroyable de clochard ds cette ville ... trop de difference a mon gout ... - --

le lendemain direction la vallee de feu cest super encore une fois je me repete mais cest vraiment vraiment bien on decide de se faire un ptit pic-nic ! sandwich , chips ... et la a l'air de repos il y a une ptite bestiole mi ecureuil mi hamster bref UN CHIPKMUNS !!!! troooppp mignonnnn !! je craque ! hooo je lui lance un ptit bout de pain il me regarde lair de dire connasse je suis un rongeur ! j'en veux pas de ton pain de mie tout moue ! alors je lui lance un chips et la il se sauve avec !!! et a mon avis il a du lancé l'alarme ( lesssss meccsss ya des touristes avec CHIPSSSSSS ) 1 puis 2 puis 3 puis 10 puis 20 puis une trentaine de chipkmuns !!!! ho le reve pour moi !!! juju sen va vite fermé le porte de la voiture car yen a un qui tente de monté dedans ! il voulais nous piqué la caisse quoi ! et je ne lance plus les chips les ptite bebete trop mignonne vienne carremenet me mangé dans la main chacun leurs tours !ho que cest choux !

on retourne a las vegas - -- le lendemain direction beatty la au dessus de nos teets des drones ???? trop trop etrange des ovni en forme de triangle noir qui ne bouge presque pas ds le ciel incroyable ! nuit a beatty et visite de rhyolite sympa ! coup de soleil au passage __ on rentre donc ds death valley le lendemain on aime ou pas moi cest plutot bof le bad water cest magnifique parcontre apres le reste voila cest pas mon truc - -- nous voila a bakersfield hotel a chier 2 eme etages sans ascenseur avec valises et gros sac ppfff 35 degres ds la chambre , pas de clim , crade , une grande fenetre ouaiss genial ! qui donne sur l'autoroute un camion toute les 20 sc impossible de dormir - -- 3 h du mat direction san francisco ho le golden brige genial ! on passe on en suite vers sausalito on se balade on va en direction des house boat et la le telephone sonne mi mama .......??? elle me di ne reste pas pres de l'eau il y a eu un tsunami au japon et sa arrive sur les cotes vers san francisco ........ heinnn ? pas de journaux , on regarde pas la tv , on comprend rien a la radio ........ bref 5 mn apres la mere de mon copain qui lui tel et elle lui dit un truc du genre ( COUR COUR ASTERIX ) ptain ! on monte ds la voiture direction le plus loin possible ! mettez vous a notre place on vous appels coup sur coup pour vous dire de fuire ...... on flippé ! on loue la voiture 1 jour de plus 80$ au passage on annul la nuit a san francisco et on sen va a 40 klm de la ds les terres ....... on se renseigne un peu partout il y a la des dixaine touristes a lhotel que lon trouve un peu comme nous.... eux aussi on eu peur bref le lendemain on se reseigne tout va bien on va a notre hotel a chinatown trop trop bien ya de tout la bas cet pas chers 1$90 le t-shirt san francisco ou autres ! j'achete ! des gadgets , des souvenirs , des bijoux un truc de dingue !!!! j'adore ! direction market street pour voir les vetements et la une boutique formidable ( navy ) je craque j'achete pleins de vetenement mon copain aussi a la caisse on me demande seulement 100$ ! pour tout sa ? 100$ ? juju on pose tout a lhote et on y retourne ! mais le probleme cest que les valise son deja pleine a craqué ! et son tres lourdes que faire ? je jette les medicaments , shammpoing, gel douche , parapluie , trousse de secour bref on sen fou cest nos 2 dernier jour ! un peu plus et je voulais jetté mes culottes !pour avoir de la place mdrr visite de fishermans warf la un sdf avec une carte( on a survecu au TSUNAMI donné moi 1 $ ! vous etes vivant !!! enorme ! puis loin un autre sdf qui a trouvé un super combine pour se faire de largent il a été cherché je sais pas ou des branche d'arbreavec des feuilles il a fait un gros tas avec se cache dedans et quand tu passe pres de lui il saute et se met a rugir avec ses branches ( tu flippe mais cets trop marrant ) ! tout le monde rigole et sa y va les $$$$ pour lui ! visite d'alcatraz genial ! la on croise 3 ou 4 personnes avec qui on a pris l'avion ! visite de lombard street je suis arrivee la haut sur les rotules ..........a 4 pattes vraiment ..... la au loin un taxi ! mon sauveur ! juju on va faire comme ds sex and the city on leve la main pour lui faire signe ! taxi taxi que dale !!!!! men fou le prochain je me met sous ses roues , mais hors de question que je rentre a pieds je peux plus la .....! on va se prendre ensuite les ticket de cable car , pour rien car au bout d'une heure on en a eu marre d'attendre on a filé nos tickets a une dame des centaines de gens pour monté dedans bref ! pas grave

san francisco cest vraiment la ville que je prefere cest tout simplement magnifique genial bref le top du top quand nous sommes parti de dax cetai moche .........mais a notre retour cetais encore plus moche quel horreur ! - --

ah oui tien pk french fries ? cest pas plutot belge fries ?

et le retour paris bordeaux encore 2 stars du ballon rond de bordeaux impossible de vous dire leurs nom bref mon copain aux anges ! parcontre ben j'ai vu aucun americain de mignon ........ il sont ou les brad pitt et keanu reeves ? a la tv seulement ! les mega dents blanche bien carré ben a la tv aussi mais pas ou je suis allée ! les gens super sympa agreable et gentil ! on arrive a un carrefour avec 4 stop , tout le monde reste en place , pas de coup de klaxonne rien chacun son tour ! en france 4 francais a 4 stop ca serai la bagarre d'office ! tout le monde veux passer au meme moment ! le 1er arrivé cest moi non moi non cest moi ! ca serai le gros bordel ! conduite exellente la bas , sauf que quand tu monte une mega grande cote que la voiture a du mal a atteindre les 100klh et qu'une camion te double comme une bombe et s'eloigne rapidement de toi tu demande .......c'est quoi comme moteur ? cest quoi ce probleme ? UN camion qui me douche ds une monté ! enorme ! sinon pdt mes 15 jours la bas ( je n'ai pas vu un chat ) non mais vraiment les chats quoi ! yen a pas en amerique ? lol jai du voir 4 ou 5 chiens pas plus et alors n'importe quel ville ou je susi allée cest d'une propreté incroyable meme hollywood bld il ya des milliers de visiteurs chaques jours et pas un papier par terre on devrai prendre exemple sur eux pour sa !

les grand pere et les mémé qui travail encore a 75 balais ds les supermarket sa me choque beaucoup ......j'ai eu du mal a y croire quand j'ai vu un papy en train de rangé les rayons .......

ds les hotels comme grand canyon ou ceux de las vegas personne ne parle francais , ni italien ni rien d'ailleurs des centaines de visiteur chaques jours et aucune personne de l'accueil ne parle autres choses que l'anglais cest moyen je trouve alors au debut a los angeles facile pour moi j'ai bcp parlé en espagnol apres bcp moins ds les terres ou a las vegas d'ailleurs los angeles vous etes sur que cest pas le mexique ? j'ai vu que des mexicains !

donc moi et mes 5 kilos en plus grace aux hambugers french fries milkshake et autres cochonnerie on vous remercie !

je vais mettre un autres post sur ( dollars )
Singapour: est-il supportable? English translation pending
by Tatra · 2009-03-08 · 70 replies
Bonjour,

J'ai quelque possibilité à vraiment pas cher d'aller passer quelques jours à Singapour, et j'avoue que le caractère hygiéniste et policier de cet Etat me freine... Est-ce supportable quelques jours ? Je ne mâche pas de chewing-gums, mais le fait que cela puisse être interdit, comme de traverser hors des clous me laisse penser que cela fait beaucoup d'autoritarisme, dans un domaine où cela m'est assez insupportable, celui de la liberté civile. Je suis sur le point de renoncer à ce bref projet, mais si on m'explique que vraiment ça ne pose pas de problème... 🙂

Michel
Quels types de tourismes pour Madagascar? English translation pending
by Yamasseki · 2007-10-14 · 81 replies
Bonjour tout le monde.

Je voudrais bien lancer cette discussion ("Quels types de tourismes pour Madagascar ?") à la vue de tout et n'importe quoi (pas toujours dans le fond, mais aussi dans la forme) dans les posts de chacun, ça pourrait être marrant de regrouper toutes les conneries qui sont dites un peu partout, non, vous ne croyez pas?

Mais ce qui serait bien c'est qu'il y ai aussi et surtout des malgaches qui expriment leur opinion, car, bordel, même si chacun de nous souhaite le bien pour Mada, c'est d'abord au Gasy de choisir les "pecnots" (je ne sais même pas comment ça s'écrit, mais je sais que je dois en faire parti ;)) qu'ils veulent voir dans leur fabuleuse nation (comme toutes les nations quand on les aime).

On pourrait, sans s'agresser (ça c'est pas gagné) exprimer consensuellement, façon fiahavanana (ça non plus je ne sais plus comment on l'écrit), ce que l'on aimerait trouver à Mada. Ca permettrait peut être aussi, aux autochtones, opérateurs, autorités d'avancer.

Mais de grâce, essayez, svp (surtout les amoureux de Madagascar, comme moi) d'être conciliant et tolérant. Quant-aux autres, allez y mollo, c'est vrai que quand on touche à Mada, ça devient vite "grave be" ;))

Ca c'est une façon toute conne d'aider le pays.

Et puis, on peut avoir envie par moment de 5 étoiles et à d'autre moment de bivouac à la "Indiana jones".

Pour ma part, c'est ça que j'aimerais pouvoir trouver à Mada. Mais ne rêvons pas, il existe quand même souvent (je sais, certains pays l'on peut être réussi) une antinomie entre la quantité de touriste et "l'authenticité" qu'un pays ou une région peut garder et d'un autre côté, la capacité àamortir, entretenir et développer des infrastructures très couteuses.

Hilton se retire à la fin du mois d'octobre 2007 de Madagascar (plus de 40ans de présence, je crois), ne serait ce pas un signe de la nécessité d'un choix et d'un développement concernant le tourisme? Alors, les amoureux du find fond de l'ile (et j'en fait parti) attention, car l'hôtellerie de Luxe génère aussi beaucoup, beaucoup de devises. Pour le moment, largement plus (dans le monde) que le réel tourisme de type "écotourisme" (attention, je précise, je suis un adorateur d'un type d'écotourisme).

Voilà, Snif, Paris...ne pourra pas venir gratuitement...à l'Hilton.
Récent voyage au Maroc du 26 octobre au 4 novembre English translation pending
by Albundy · 2006-11-05 · 31 replies
A la demande de quelques personnes, je vous transmets les éléments de notre séjour (26/10 au 04/11): nous sommes des touristes "lambda", ni scientifiques, ni routards, ni aventuriers et surtout pas des philosophes. Un voyage se prépare longtemps à l'avance, surtout si on voyage en individuel, c'est un plaisir la préparation.. je rech un bon rapport qualité/prix et un bon niveau de confort, je sais qu'il y a toujours moins cher! Nous n'étions pas au Maroc pour faire du balneaire, ou de l'hotel club! nous sommes un couple et un grand fils de 1m80! donc 3, adultesvols aller: Marseille /Casa/Ourzazate, et retour: Casa/Marseille avec la RAM, prix 320€ x 3... Résa au tétéphone: très très bien, horaires respectés, confort correctlocation Clio Classic avec autoescape/Budget, 10 jours : 450€, véhicule de 80 000 kms, en piteux état, très sale. comme l'aéroport de Ouarzazate est vide de tout (ni loueur, ni banque), il faut accepter la voiture (c'est la seule !!!)3 nuits Ourzazate:Hotel Mercure (ex-club med), 2 chambres en B&B prix 280€ au total résa sur le site accor.com. très bien, propre bien placé. belle vue sur la Kasbha, nombreux restos à proximité 3 nuits à Marrakech: Hotel Imperial Holidays, 2 chambres en B&B, prix 350€ au total. résa site octopustravel.com. bien placé, vieillot, personnel peu accueillant, propreté douteuse, 3 nuits à Fes: hotel Fes Inn une chambre triple en 1/2 pension: prix 280€ au total. résa site maghrebtourism.com. hotel mal placé, sale, triste, bruyant, nourriture infecte: ZERO

Nos impressions: Ouarzazate: cente ville authentique, "dans son jus", ville triste. vallées du Dadès et Todra, facilement accessibles en voiture normale, beaux paysages. nous avons eu un gros souci à cause d'un énorme orage (plus de 2000 familles encore sinistrées une semaine après), 7h pour rejoindre l'hotel. aucune infrastructure d'aide (ni pompiers, ni voiries, ni polices). les maisons en torchis sont en très mauvais état, restos chers et sales. Marrakech: bonne ambiance, la médina peut se visiter en 2 fois 1/2 journées (les souks sont les mêmes partout dans le maghreb), quelques palais sympas mais bien récents, les jardins de Majorelle sont tout petits et se visitent en 1/2 heure! A Marrakech, il faut se balader tranquille et éviter la Place aux touristes et aux gogos (Jemaa el fna). La Palmeraie (pas bien belle d'ailleurs cette palmeraie)) est un ghetto pour occidentaux aisés! Si vous supporter les odeurs, le quartier des tanneurs et à voir (pas le souk des tanneurs). Fes et environ: décevante la médina de Fes: une véritable ruine qui tient debout par miracle (à voir le vendredi, car pas de souks qui gachent tout et ne permettent pas de voir l'état des batiments). Meknes, pas mal, plus authentique.. Volubilis, de vraies ruines en ruines dont la restauration semble hasardeuse. Sefrou, très belle médina, un bon souvenir que cette ville de Sefrou! Casablanca, joli centre ville colonial et art-déco, belle corniche, ville qui semble beaucoup plus propre que les autres.

En résumé: De très très beaux paysages, voilà pour l'ultra positif. On circule en voiture facilement, mais quelle pollution, insupportable les camions et vieilles mercedes. Les kasbhas et Palais sont en fin de compte bien récents (150 à 200 ans), peu d'intérêt historique. Les marocains (dans leur majorité) étaient ni souriants, ni accueillants, et beaucoup ne parlent pas le français (même certains "petits taxis" à Marrakech !) A noter nous n'avons pas été victimes de sollicitations (harcelements), sauf à Fes. Marrakech- ville devient une vraie usine à touristes "bon marché", mon précédent voyage remontait à 16 ans, et quel changement! Les touristes aisés semblent de réfugier dans leurs riads ou dans la Palmeraie! Les restos "bon marché" sont chers et sales ( en moyenne 45€ pour 3 avec une entrée et un plat). Je ne parle pas des gargottes où les règles d'hygienes élémentaires ne sont même pas respectées, c'est vrai que c'est moins cher! Nous n'avons jamais vu ni eau ni savon dans les toilettes, ni pour les clients, mais ni pour les cuisiniers et serveurs des restaurants, y compris les "bons restos".

La saleté et la pollution (en tous genres) ont gaché notre séjour. Nous n'avons pas rencontré la même magie qu'en Tunisie, Turquie, Guatemala, Brésil, etc.... Dommage!

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