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Compte rendu MSC Preziosa du 10 au 17 avril 2015 en cabine Auréa ( + comparatif MSC/Costa) English translation pending
Bonjour tout le monde.
A mon tour d'y aller de mon C/R. Je suis dispo pour tous les renseignements que je pourrai fournir. Je vais éssayer d'aller aussi vite que possible pour publier.
Vendredi 10 avril Marseille-Temps ensoleillé-
Je ferai également un comparatif entre notre cabine Auréa (MSC) et les cabines Samsara ( Costa) que nous avions l’habitude de prendre chez Costa, mais attention, mon comparatif va se baser entre notre croisière de cette année et celle que nous avions fait il y a presque 2 ans avec Costa :il y a donc fort à parier que Costa a « raboté » quelques prestations de son côté… Nouveauté cette année, j’ai mis un podomètre (10 bvalles chez Décath’)à ma ceinture pour savoir combien de km nous marchions lors de nos escales à terre. C’est marrant comme statistique , vous verrez ! Et hop ! C’est parti pour la 4ième croisière …et pour un an de plus me concernant !! 7h15, la voisine st là , prête à faire le taxi jusqu’à la gare TGV. 10 Minutes + tard, nous sommes sur le quai sous un beau soleil. 1h après , nous foulons le sol parisien et son agitation quotidienne. Un petit coup de métro et nous retrouvons nos amis Marnais au café Costa (si si c’est pas une blague !) de la gare de Lyon .Départ du TGV à 10h37 comme prévu et direction la grande bleue !! Le voyage est tranquille, on se met doucement en mode « iode » !! Arrivée à l’heure à Marseille, nous descendons d’un étage à la gare et prenons un taxi qui nous dépose au pied du bateau.(25€ environ) On dépose les valises qui sont rapidement embarquées et on arrive à l’enregistrement ou il y a un peu de monde qui attend. Je me souviens alors qu’avec nos cabines Auréa nous sommes en embarquement prioritaire. Je présente mon voucher à l’hôtesse qui nous fait passer tout de suite. Enregistrement en 5 minutes et différence avec Costa, ma carte de crédit est attribuée directement à ma « cruise card » (pratique, ça évite de se taper la file d’attente aux bornes comme chez Costa :un bon point pour MSC !) Il est 14h45 et nous sommes déjà dans notre cabine ! Royal ! Comme chez Costa , tout est sur le lit peignoir , chaussons, documents… La cabine est plus contemporaine que chez Costa et en visitant, la porte de la douche est en dur à l’inverse des 3 bateaux Costa que j’avais fait précédemment et ou il y avait un pauvre rideau de douche. En revanche, la cabine nous semble un peu plus petite (peut être juste un effet d’optique ?) Les valises arrivent dans le couloir…sauf la mienne.. Bah, pas grave, elle va arriver. On se prépare pour aller faire le tour du « propriétaire ».Le bateau est très luxueux (le plus luxueux que j’ai jamais vu), pas mal de jacuzzis, et l’espace aquatique pour les enfants est super mais ça doit être bien quand il fait très chaud !!! On monte au Top 18 et on découvre un pont protégé de la foule avec un jacuzzi XXL , des transats, des coques protégées du vent, des douches et un bar mobile :on en fera notre point de passage quotidien !Puis on se dirige vers l’auréa SPA pour la découverte de l’endroit :un salle de sport,2 hamams,2 saunas, un frigidarium, une salle de relaxation…mais pas de jacuzzi XXXL comme au Samsara de chez Costa .Snif ! Il est presque 17h15 et c’est l’heure de l’exercice d’abandon du navire.Toujours pas de valise, bizarre… J’attrape un gilet de sauvetage dans notre armoire et oh surprise, il y a le soutien gorge de l’ancienne locataire de la cabine (enfin c’est ce que je suppose vu que ce n’est pas celui de ma femme) qui y est accroché !Du coup, après l’exercice , je l’ai remis pour le suivant ! hi hi hi !! On descend au théatre ou sont regroupés les nouveaux arrivants.Je vois Delphine de V&C.L’exercice est moins insupportable que chez Costa et mieux structuré. Au retour, pas de valise, je tente le TOP 18 te comme c’est fermé (alors que ouvert jusque 20h normalement), je fais bêtement demi tour… Pas grave au retour, il y en a un autre qui est libre et nous y allons avec le camarade Stéphane.Ah quelle bonheur ! Quand je pense que quelques heures plus tôt nous étions au boulot !Ensuite petit tour au Hamam Coconut (très chaud…) et nous finissons avec un mojito au bar de la piscine :il est infecte , ce n’est que de l’eau. Retour à la cabine, pas de valise.. La réception appelle, il faut descendre. Ma femme y va pendant que je me douche :ils avaient repéré mon couteau suisse et ils me l’ont confisqué.(chez Costa, il était passé) Douche rapide et on fonce au Safari Lounge (pont 7 arrière du bateau) pour prendre l’apéro. Je commande un baccardi coca :infect ! Mais je le bois quand même. Je change et prends un rhum coca :infect également ;un espèce de verre d’eau avec du coca sans bulle :cette fois, j’appelle la demoiselle pour lui dire que sa boisson est « no good » ! Je commande donc un baccardi seul et une boite de coca et ça va mieux. Je ferai comme ça jusqu’à la fin du séjour car j’ai trouvé les cocktails vraiment noyés sous la glace et avec peu de saveur. On s’apercevra ensuite , que ça dépend des bars. Globalement, j’avais trouvé les boissons meilleures chez Costa. Vers 21h30, direction le Golden Lobster pour le dîner du 2ième service. On est à une table de 4, le vin est servi et on nous donne les menus : je trouve qu’il y a moins de choix que chez Costa. On fait notre repas :bof…pas de quoi « grimper aux rideaux » ! Pour l’instant, y’a pas photo, les repas sont supérieurs chez Costa.
Retour au Safari Lounge pour fêter mon anniv’ ou on fera connaissance avec des palermitins, puis direction le Galaxy Lounge ou il se met à pleuvoir pas mal.2h, on lève le camp et direction Dodo après une journée longue et bien remplie !Demain Gênes, on a mis le réveil vers 9h00…
A mon tour d'y aller de mon C/R. Je suis dispo pour tous les renseignements que je pourrai fournir. Je vais éssayer d'aller aussi vite que possible pour publier.
Vendredi 10 avril Marseille-Temps ensoleillé-
Je ferai également un comparatif entre notre cabine Auréa (MSC) et les cabines Samsara ( Costa) que nous avions l’habitude de prendre chez Costa, mais attention, mon comparatif va se baser entre notre croisière de cette année et celle que nous avions fait il y a presque 2 ans avec Costa :il y a donc fort à parier que Costa a « raboté » quelques prestations de son côté… Nouveauté cette année, j’ai mis un podomètre (10 bvalles chez Décath’)à ma ceinture pour savoir combien de km nous marchions lors de nos escales à terre. C’est marrant comme statistique , vous verrez ! Et hop ! C’est parti pour la 4ième croisière …et pour un an de plus me concernant !! 7h15, la voisine st là , prête à faire le taxi jusqu’à la gare TGV. 10 Minutes + tard, nous sommes sur le quai sous un beau soleil. 1h après , nous foulons le sol parisien et son agitation quotidienne. Un petit coup de métro et nous retrouvons nos amis Marnais au café Costa (si si c’est pas une blague !) de la gare de Lyon .Départ du TGV à 10h37 comme prévu et direction la grande bleue !! Le voyage est tranquille, on se met doucement en mode « iode » !! Arrivée à l’heure à Marseille, nous descendons d’un étage à la gare et prenons un taxi qui nous dépose au pied du bateau.(25€ environ) On dépose les valises qui sont rapidement embarquées et on arrive à l’enregistrement ou il y a un peu de monde qui attend. Je me souviens alors qu’avec nos cabines Auréa nous sommes en embarquement prioritaire. Je présente mon voucher à l’hôtesse qui nous fait passer tout de suite. Enregistrement en 5 minutes et différence avec Costa, ma carte de crédit est attribuée directement à ma « cruise card » (pratique, ça évite de se taper la file d’attente aux bornes comme chez Costa :un bon point pour MSC !) Il est 14h45 et nous sommes déjà dans notre cabine ! Royal ! Comme chez Costa , tout est sur le lit peignoir , chaussons, documents… La cabine est plus contemporaine que chez Costa et en visitant, la porte de la douche est en dur à l’inverse des 3 bateaux Costa que j’avais fait précédemment et ou il y avait un pauvre rideau de douche. En revanche, la cabine nous semble un peu plus petite (peut être juste un effet d’optique ?) Les valises arrivent dans le couloir…sauf la mienne.. Bah, pas grave, elle va arriver. On se prépare pour aller faire le tour du « propriétaire ».Le bateau est très luxueux (le plus luxueux que j’ai jamais vu), pas mal de jacuzzis, et l’espace aquatique pour les enfants est super mais ça doit être bien quand il fait très chaud !!! On monte au Top 18 et on découvre un pont protégé de la foule avec un jacuzzi XXL , des transats, des coques protégées du vent, des douches et un bar mobile :on en fera notre point de passage quotidien !Puis on se dirige vers l’auréa SPA pour la découverte de l’endroit :un salle de sport,2 hamams,2 saunas, un frigidarium, une salle de relaxation…mais pas de jacuzzi XXXL comme au Samsara de chez Costa .Snif ! Il est presque 17h15 et c’est l’heure de l’exercice d’abandon du navire.Toujours pas de valise, bizarre… J’attrape un gilet de sauvetage dans notre armoire et oh surprise, il y a le soutien gorge de l’ancienne locataire de la cabine (enfin c’est ce que je suppose vu que ce n’est pas celui de ma femme) qui y est accroché !Du coup, après l’exercice , je l’ai remis pour le suivant ! hi hi hi !! On descend au théatre ou sont regroupés les nouveaux arrivants.Je vois Delphine de V&C.L’exercice est moins insupportable que chez Costa et mieux structuré. Au retour, pas de valise, je tente le TOP 18 te comme c’est fermé (alors que ouvert jusque 20h normalement), je fais bêtement demi tour… Pas grave au retour, il y en a un autre qui est libre et nous y allons avec le camarade Stéphane.Ah quelle bonheur ! Quand je pense que quelques heures plus tôt nous étions au boulot !Ensuite petit tour au Hamam Coconut (très chaud…) et nous finissons avec un mojito au bar de la piscine :il est infecte , ce n’est que de l’eau. Retour à la cabine, pas de valise.. La réception appelle, il faut descendre. Ma femme y va pendant que je me douche :ils avaient repéré mon couteau suisse et ils me l’ont confisqué.(chez Costa, il était passé) Douche rapide et on fonce au Safari Lounge (pont 7 arrière du bateau) pour prendre l’apéro. Je commande un baccardi coca :infect ! Mais je le bois quand même. Je change et prends un rhum coca :infect également ;un espèce de verre d’eau avec du coca sans bulle :cette fois, j’appelle la demoiselle pour lui dire que sa boisson est « no good » ! Je commande donc un baccardi seul et une boite de coca et ça va mieux. Je ferai comme ça jusqu’à la fin du séjour car j’ai trouvé les cocktails vraiment noyés sous la glace et avec peu de saveur. On s’apercevra ensuite , que ça dépend des bars. Globalement, j’avais trouvé les boissons meilleures chez Costa. Vers 21h30, direction le Golden Lobster pour le dîner du 2ième service. On est à une table de 4, le vin est servi et on nous donne les menus : je trouve qu’il y a moins de choix que chez Costa. On fait notre repas :bof…pas de quoi « grimper aux rideaux » ! Pour l’instant, y’a pas photo, les repas sont supérieurs chez Costa.
Retour au Safari Lounge pour fêter mon anniv’ ou on fera connaissance avec des palermitins, puis direction le Galaxy Lounge ou il se met à pleuvoir pas mal.2h, on lève le camp et direction Dodo après une journée longue et bien remplie !Demain Gênes, on a mis le réveil vers 9h00…
Un p'tit clou dans le Far-West English translation pending
Bonjour à tous !
De retour de mon voyage éclair (10 jours tout compris) je commence d'un bon pied mon carnet de voyage (avant d'oublier, mais j'ai pris des notes cette fois-ci !) 😉
Le circuit a été posté ici : http://voyageforum.com/v.f?post=6968464#6968464
Merci à toutes celles et ceux qui m'ont conseillé et encouragé dans ce projet :
ça m'a bien aidé à caler les choses et ça s'est révélé très judicieux une fois sur place ! 😇
(en particulier éviter les aller-retour inutiles, optimiser les trajets, etc.)
Pour ce qui est du titre choisi, voici la première photo de mon séjour ! 🤪 🏴☠️

J'avais l'impression d'être dans une partie de "1000 bornes" et de recevoir cette carte d'entrée de jeu... 🙁

J'étais sur le parking de Water Canyon/ White Domes, prêt à partir avec mon paquetage (tente-duvet-matelas pour 1 nuit sur place) quand le père de la petite famille, prête à partir elle aussi, attire mon attention sur mon pneu arrière : - "Avec ce clou, vous risquez de revenir avec un pneu à plat..." Moi : - "#@&§%# !!!" 😠 Ah ben ça commence bien ! 😕 Quelle décision prendre ?... - à suivre -

J'avais l'impression d'être dans une partie de "1000 bornes" et de recevoir cette carte d'entrée de jeu... 🙁

J'étais sur le parking de Water Canyon/ White Domes, prêt à partir avec mon paquetage (tente-duvet-matelas pour 1 nuit sur place) quand le père de la petite famille, prête à partir elle aussi, attire mon attention sur mon pneu arrière : - "Avec ce clou, vous risquez de revenir avec un pneu à plat..." Moi : - "#@&§%# !!!" 😠 Ah ben ça commence bien ! 😕 Quelle décision prendre ?... - à suivre -
Récit de voyage en Ouzbékistan mars-avril 2015 English translation pending
22/03/2015 – 18h20
Après 24 heures d'un long voyage avec 2 escales, me voilà arrivée à Khiva, ma première étape en Ouzbékistan. Sortie de l'aéroport d'Urgench, on est dimanche, et il m'est difficile de trouver le bus qui devait m'emmener jusqu'à un trolley bus qui relie Urgench à Khiva. Après moult négociations, je finis par lâcher l'affaire, fatiguée du voyage et cède 15 dollars à un pseudo-chauffeur. Arrivée vers 11h30 à mon B&B, je tends 20 dollars ($) et le chauffeur m'arnaque avec la monnaie rendue en soum. Pas grave, fatiguée et il était gentil. Je fais du change à l'hôtel et me retrouve avec un tonne de billets, 1$ étant égal à 4000 soums. Dodo... je m'étale sur mon lit jusqu'à 16h30. Puis je me décide à me mettre enfin à la rencontre du pays, de ses habitants et de la vieille ville de Khiva, ville fortifiée, totalement reconstruite, faite de pierres et de maisons en pierres et terre séchée où minarets, mosquées, madrasas sont partout. Certains guides parlent d'un décor de cinéma, ville fantôme trop rénovée...Pour moi, c'est une première vue enchanteresse de l'Ouzbékistan. Une ville digne des « Milles et une nuit » et de la fameuse route de la soie. Après une première déambulation dans la ville, enchantée, mais la fatigue toujours là, je décide de rentrer dans un petit resto pour gouter mon premier plat typique. J'ai la chance que la haute saison n'aie pas encore commencée, le calme de la ville avec seulement très peu de touriste me va bien. Demain, je démarre une visite plus approfondie. En attendant, je déguste mes Manty, un plat de gros raviolis fourrés à la viande de mouton et aux oignons. Excellent. Les habitats ici sont très hétéroclites. Il y en a qui ont vraiment des souches arabo-persanes, d'autres très typés asio-mongolie, et enfin d'autres, slaves et Russes. D'ailleurs beaucoup de Russes sont ici en tourisme. Les langues parlées sont l'Ouzbek, le Russe, mais la religion étant musulmane, le « Salam » est de rigueur. J'ai faim, je me prends un extra avec une soupe locale.
23/3/15 - 11h15
Hier, je pouvais me promener en T shirt en fin d'après-midi. Aujourd'hui, il pleut ! Comme j'ai oublié mon parapluie acheté à Mexico, me voilà partie au bazar pour en acheter un. Je vais finir par avoir une panoplie de parapluies de tous les pays. 1$ étant égal à 4000 soums, je me retrouve avec une multitude de billets et le moindre repas ou achat coûte très vite 20 000 soums. J'ai l'impression de claquer des millions et il est difficile de tenir un budget. Va falloir que je fasse attention ! Je monte sur la muraille depuis la porte Nord et j'ai une vue en hauteur du vieux Khiva. C'est vraiment beau. En descendant, les marches sont abruptes et comme c'est mouillé, je me retrouve comme une conne à descendre prudemment. Un petit vieux, adorable, grimpe alors comme un gazelle et vient m'aider avec son beau sourire. La honte pour moi :) Retour à l'hôtel pour récupérer mes « millions » et payer l'entrée des sites, mais voilà que mon cadenas de valise fait des siennes. Je me retrouve à attendre que quelqu'un arrive à le forcer pour récupérer enfin ma fortune :(
13h45 – Khiva regorge d'endroits merveilleux. Je commence par faire un tour extérieur de la muraille, en passant par ses 4 portes, sous malheureusement une pluie battante. Puis, je passe devant le Kalta Minor, qui est un imposant minaret. Ensuite, je visite un atelier disposé dans une Madrasa où des femmes fabriquent à la main des tapis. Je poursuit ma visite avec le mausolée Pakhlavan Makmoud et celui de Sayyid Alla Uddin. La mosaïque bleue et turquoise est partout. C'est un vrai spectacle pour moi. Puis, je monte en haut du minaret Islam Khodja, 120 marches abruptes, où je regrette amèrement la cigarette. Mais en haut, je suis gâtée. Une vue imprenable sur toute la vieille ville. Magnifique. Me voilà maintenant dans la mosquée du vendredi. A l'intérieur, une forêt de colonnes de bois sculpté soutien le plafond. L'ensemble est superbe.
18h30 – Une après-midi magique. J'ai visité le Harem, splendide, avec à coté la salle d'audience et le tribunal. Le Kosh madrasa et le minaret court, magnifique et très imposant. Le cimetière et le palais royale et pleins de madrasas toutes aussi splendides les unes que les autres. Au fil des rues, je me suis retrouvée devant un groupe de jeunes et moins jeunes qui faisaient la fête. Musique à l'extérieure, les jeunes dansent. Ils m'invitent gentiment et me voilà danseuse Ouzbek au milieu de ces adolescents. Les femmes et homme me rejoignent et nous dansons tous ensemble. Je suis invitée à gouter à leur viande excellente, accompagnée d'un verre de vodka. A l'intérieur, dans un grand chaudron, ils préparent le Sumalak, ressemblant à du caramel-chocolat, qui chauffe durant des heures. C'est Navrouz, la Fête du Printemps.
En passant à l'office de tourisme, je me rends compte qu'il va être dur de trouver 3 autres touristes pour partager un taxi et aller voir les forteresses du désert. A 60 $ la journée, il me faut absolument trouver du monde. En me promenant, je fais le tour des hôtels et je croise un Hollandais. Je croise aussi un français, mais comme une idiote, j'oublie de lui en parler. Puis, l'office de tourisme m'appelle, elle a trouvé quelqu'un. Arrivée là, c'est le français que j'avais croisé. On est déjà 2, quand on croise à nouveau le Hollandais qui accepte de se joindre à nous. Le prix est maintenant de 20$ par personne. C'est raisonnable. Je repasse devant la fête et suis invitée à nouveau à danser. Les Ouzbeks sont accueillants et adorables.
21h40 – En allant tous les 3 manger dans le restaurant tenu par le propriétaire de mon B&B, nous rencontrons une Japonaise qui voyage seule. Je m'empresse de lui demander si elle veut se joindre à nous pour notre expédition de demain et elle acquiesce. Nous voilà 4, soit 15$ pour la journée. Cool :) Nous dînons ensemble, un excellent repars pour 20 000 soums et parlons de nos expériences. La Japonaise arrive d'Iran et du Turkménistan. Le français me dit ne pas avoir réussi à aller dans le désert du Kyzyl Kum, faute de touristes avec lui dans le taxi et ne rien avoir aimé dans la vallée de Ferghana, aucune balade sympa car personne pour le renseigner. Il m'inquiète un peu, mais si j'arrive encore à faire comme aujourd'hui et réunir le peu de touristes que je trouve pour faire des escapades, peut-être aurais-je la même chance qu'aujourd'hui et pourrais visiter ces lieux. Inchallah ! Demain, départ à 10h30...
Après 24 heures d'un long voyage avec 2 escales, me voilà arrivée à Khiva, ma première étape en Ouzbékistan. Sortie de l'aéroport d'Urgench, on est dimanche, et il m'est difficile de trouver le bus qui devait m'emmener jusqu'à un trolley bus qui relie Urgench à Khiva. Après moult négociations, je finis par lâcher l'affaire, fatiguée du voyage et cède 15 dollars à un pseudo-chauffeur. Arrivée vers 11h30 à mon B&B, je tends 20 dollars ($) et le chauffeur m'arnaque avec la monnaie rendue en soum. Pas grave, fatiguée et il était gentil. Je fais du change à l'hôtel et me retrouve avec un tonne de billets, 1$ étant égal à 4000 soums. Dodo... je m'étale sur mon lit jusqu'à 16h30. Puis je me décide à me mettre enfin à la rencontre du pays, de ses habitants et de la vieille ville de Khiva, ville fortifiée, totalement reconstruite, faite de pierres et de maisons en pierres et terre séchée où minarets, mosquées, madrasas sont partout. Certains guides parlent d'un décor de cinéma, ville fantôme trop rénovée...Pour moi, c'est une première vue enchanteresse de l'Ouzbékistan. Une ville digne des « Milles et une nuit » et de la fameuse route de la soie. Après une première déambulation dans la ville, enchantée, mais la fatigue toujours là, je décide de rentrer dans un petit resto pour gouter mon premier plat typique. J'ai la chance que la haute saison n'aie pas encore commencée, le calme de la ville avec seulement très peu de touriste me va bien. Demain, je démarre une visite plus approfondie. En attendant, je déguste mes Manty, un plat de gros raviolis fourrés à la viande de mouton et aux oignons. Excellent. Les habitats ici sont très hétéroclites. Il y en a qui ont vraiment des souches arabo-persanes, d'autres très typés asio-mongolie, et enfin d'autres, slaves et Russes. D'ailleurs beaucoup de Russes sont ici en tourisme. Les langues parlées sont l'Ouzbek, le Russe, mais la religion étant musulmane, le « Salam » est de rigueur. J'ai faim, je me prends un extra avec une soupe locale.
23/3/15 - 11h15
Hier, je pouvais me promener en T shirt en fin d'après-midi. Aujourd'hui, il pleut ! Comme j'ai oublié mon parapluie acheté à Mexico, me voilà partie au bazar pour en acheter un. Je vais finir par avoir une panoplie de parapluies de tous les pays. 1$ étant égal à 4000 soums, je me retrouve avec une multitude de billets et le moindre repas ou achat coûte très vite 20 000 soums. J'ai l'impression de claquer des millions et il est difficile de tenir un budget. Va falloir que je fasse attention ! Je monte sur la muraille depuis la porte Nord et j'ai une vue en hauteur du vieux Khiva. C'est vraiment beau. En descendant, les marches sont abruptes et comme c'est mouillé, je me retrouve comme une conne à descendre prudemment. Un petit vieux, adorable, grimpe alors comme un gazelle et vient m'aider avec son beau sourire. La honte pour moi :) Retour à l'hôtel pour récupérer mes « millions » et payer l'entrée des sites, mais voilà que mon cadenas de valise fait des siennes. Je me retrouve à attendre que quelqu'un arrive à le forcer pour récupérer enfin ma fortune :(
13h45 – Khiva regorge d'endroits merveilleux. Je commence par faire un tour extérieur de la muraille, en passant par ses 4 portes, sous malheureusement une pluie battante. Puis, je passe devant le Kalta Minor, qui est un imposant minaret. Ensuite, je visite un atelier disposé dans une Madrasa où des femmes fabriquent à la main des tapis. Je poursuit ma visite avec le mausolée Pakhlavan Makmoud et celui de Sayyid Alla Uddin. La mosaïque bleue et turquoise est partout. C'est un vrai spectacle pour moi. Puis, je monte en haut du minaret Islam Khodja, 120 marches abruptes, où je regrette amèrement la cigarette. Mais en haut, je suis gâtée. Une vue imprenable sur toute la vieille ville. Magnifique. Me voilà maintenant dans la mosquée du vendredi. A l'intérieur, une forêt de colonnes de bois sculpté soutien le plafond. L'ensemble est superbe.
18h30 – Une après-midi magique. J'ai visité le Harem, splendide, avec à coté la salle d'audience et le tribunal. Le Kosh madrasa et le minaret court, magnifique et très imposant. Le cimetière et le palais royale et pleins de madrasas toutes aussi splendides les unes que les autres. Au fil des rues, je me suis retrouvée devant un groupe de jeunes et moins jeunes qui faisaient la fête. Musique à l'extérieure, les jeunes dansent. Ils m'invitent gentiment et me voilà danseuse Ouzbek au milieu de ces adolescents. Les femmes et homme me rejoignent et nous dansons tous ensemble. Je suis invitée à gouter à leur viande excellente, accompagnée d'un verre de vodka. A l'intérieur, dans un grand chaudron, ils préparent le Sumalak, ressemblant à du caramel-chocolat, qui chauffe durant des heures. C'est Navrouz, la Fête du Printemps.
En passant à l'office de tourisme, je me rends compte qu'il va être dur de trouver 3 autres touristes pour partager un taxi et aller voir les forteresses du désert. A 60 $ la journée, il me faut absolument trouver du monde. En me promenant, je fais le tour des hôtels et je croise un Hollandais. Je croise aussi un français, mais comme une idiote, j'oublie de lui en parler. Puis, l'office de tourisme m'appelle, elle a trouvé quelqu'un. Arrivée là, c'est le français que j'avais croisé. On est déjà 2, quand on croise à nouveau le Hollandais qui accepte de se joindre à nous. Le prix est maintenant de 20$ par personne. C'est raisonnable. Je repasse devant la fête et suis invitée à nouveau à danser. Les Ouzbeks sont accueillants et adorables.
21h40 – En allant tous les 3 manger dans le restaurant tenu par le propriétaire de mon B&B, nous rencontrons une Japonaise qui voyage seule. Je m'empresse de lui demander si elle veut se joindre à nous pour notre expédition de demain et elle acquiesce. Nous voilà 4, soit 15$ pour la journée. Cool :) Nous dînons ensemble, un excellent repars pour 20 000 soums et parlons de nos expériences. La Japonaise arrive d'Iran et du Turkménistan. Le français me dit ne pas avoir réussi à aller dans le désert du Kyzyl Kum, faute de touristes avec lui dans le taxi et ne rien avoir aimé dans la vallée de Ferghana, aucune balade sympa car personne pour le renseigner. Il m'inquiète un peu, mais si j'arrive encore à faire comme aujourd'hui et réunir le peu de touristes que je trouve pour faire des escapades, peut-être aurais-je la même chance qu'aujourd'hui et pourrais visiter ces lieux. Inchallah ! Demain, départ à 10h30...
Discussions sur le concours photo d'avril 2015 English translation pending
Le concours est parti.
On discute ici. 🙂
On discute ici. 🙂
Circuit San Francisco - Los Angeles - Las Vegas - parcs nationaux, été 2015 English translation pending
Bonjour,
Après des jours passés à concocter ce circuit, je n'arrive plus à savoir s'il fait sens (j'ai du trop lire de commentaires sur le web 🙂) J'aimerais donc bien le soumettre à vos critiques et serais reconnaissante pour tous vos conseils. Petite précision: le choix des villes où dormir (sauf pour San Francisco et Las Vegas où je n'ai encore rien trouvé) s'est fait en fonction de la disponibilité de chambres à 2 grands lits dans la chaîne Motel 6 (petit budget pour famille avec 2 ados). Je suis bien sûr prenante pour toute autre suggestion du même ordre. Merci par avance 🙂 !
J1 Vol vers SF Nuit à SF J2 Visite SF Nuit à SF J3 Visite SF Nuit à SF J4 SF à Monterrey Nuit à Morro bay ou San Simeon J5 Morro Bay à Pismo beach ou Lompoc Nuit à Pismo Beach ou Lompoc J6 Lompoc – Santa Barbara – Malibu-Claremont Nuit à Claremont J7 Visite de LA Nuit à Claremont J8 Claremont – Las Vegas Nuit à Las Vegas J9 Visite de Las Vegas Nuit à Las Vegas J10 Visite de Las Vegas Nuit à Las Vegas J11 Visite de Las Vegas + Las Vegas - Zion Nuit à St Georges ou Kanab J12 St Georges – Zion + Zion -St Georges Nuit à St Georges J13 St Georges àPage Visite Page / Lake Powel / Horseshoe bend Nuit à Page J14 Page – Gd Canyon -Visite Gd Canyon Gd Canyon – Flagstaf Nuit à Flagstaff J15 Visite Gd canyon Nuit à Flagstaff J16 Flagstaf – Needles - Barstow Nuit à Barstow J17 Barstow – Visalia - Visite Sequoia Sequoia – Visalia Nuit à Visalia J18 Visalia - Kings canyon -Visit Kings canyon Kings canyon - Fresno Nuit à Fresno J19 Fresno – Yosemite - Visit Yosemite Yosemite – Merced Nuit à Merced J20 Merced – San Francisco Nuit à San Francisco J21 San Francisco 14.55 - Arrivée 10.50
J22
Après des jours passés à concocter ce circuit, je n'arrive plus à savoir s'il fait sens (j'ai du trop lire de commentaires sur le web 🙂) J'aimerais donc bien le soumettre à vos critiques et serais reconnaissante pour tous vos conseils. Petite précision: le choix des villes où dormir (sauf pour San Francisco et Las Vegas où je n'ai encore rien trouvé) s'est fait en fonction de la disponibilité de chambres à 2 grands lits dans la chaîne Motel 6 (petit budget pour famille avec 2 ados). Je suis bien sûr prenante pour toute autre suggestion du même ordre. Merci par avance 🙂 !
J1 Vol vers SF Nuit à SF J2 Visite SF Nuit à SF J3 Visite SF Nuit à SF J4 SF à Monterrey Nuit à Morro bay ou San Simeon J5 Morro Bay à Pismo beach ou Lompoc Nuit à Pismo Beach ou Lompoc J6 Lompoc – Santa Barbara – Malibu-Claremont Nuit à Claremont J7 Visite de LA Nuit à Claremont J8 Claremont – Las Vegas Nuit à Las Vegas J9 Visite de Las Vegas Nuit à Las Vegas J10 Visite de Las Vegas Nuit à Las Vegas J11 Visite de Las Vegas + Las Vegas - Zion Nuit à St Georges ou Kanab J12 St Georges – Zion + Zion -St Georges Nuit à St Georges J13 St Georges àPage Visite Page / Lake Powel / Horseshoe bend Nuit à Page J14 Page – Gd Canyon -Visite Gd Canyon Gd Canyon – Flagstaf Nuit à Flagstaff J15 Visite Gd canyon Nuit à Flagstaff J16 Flagstaf – Needles - Barstow Nuit à Barstow J17 Barstow – Visalia - Visite Sequoia Sequoia – Visalia Nuit à Visalia J18 Visalia - Kings canyon -Visit Kings canyon Kings canyon - Fresno Nuit à Fresno J19 Fresno – Yosemite - Visit Yosemite Yosemite – Merced Nuit à Merced J20 Merced – San Francisco Nuit à San Francisco J21 San Francisco 14.55 - Arrivée 10.50
J22
Retour de la croisière "Perles des Antilles" du 28 février au 7 mars 2015 English translation pending
bonjour
Je suis revenue hier de cette magnifique croisiere (la 14ème)
nous sommes revenus tres contents de cette semaine de croisiere surtout au sujet de l'itineraire
je confirme que COSTA a bien baissé en qualité mais le rapport qualité / prix reste bons et il y a encore de bonnes choses chez cette compagnie....
je vais detailler au fur et a mesure de mon compte rendu
ARRIVES le 27 fevrier avec la compagnie XL bon prix mais sieges etroits et serrés on a vraiment pas beaucoup de place !! un plat chaud de l'eau et du café le reste est payant sinon j'ai apprecié la ponctualité aussi bien a l aller qu au retour
Nous avons logé à GOSIER à l hotel SALAKO chambre de taille correcte avec une belel vue sur la plage, le gros point noir c est la salle de bain inutilisable car pas d'eau !!! en nous remettant les clés ils ne nous avaient pas prevenu !! nous sommes donc retournées à la réception et ils ont dit que ça allait revenir le lendemain qu'ils n avaient ^plus de bouteilles d eau a nous donner !!! 🏴☠️ on avait donc une bouteille d un litre et demie pour 3 personnes pour nous laver et boire SUPER !!! evidemment ça aurait ete facile si le bouchon du lavabo retenait bien l'eau mais ce n etait pas le cas !!! on s est lavé chacun avec un fond d'eau qu on a fait chauffer avec la bouilloire.... 🤪
LE LENDEMAIN MATIN je tourne le robinet en priant pour que l'eau revienne.... pas une goutte !!! 😠😠😠 la colerem onte je retourne a la reception quelle chance on nous done un pack d'eau cette fois, je demande a voir le responsable pour avoir un dedommagement (garder la chambre au dela de midi par exemple) et la l employé monte de ton et me prend de haut en me disant que j ai qu a attendre a l accueil que la responsable viendra dans la matinee 😠😠😠 j'abandonne en me disant qu on attendra pas l autorisation et qu on ne rendra pas la chambre avant 13h00 😛
on va prendre le petit dej tres correct puis on discute avec des personnes qui nous disent que le probleme d'eau dure depuis des jours !! nous sommes heureux de ne pas y rester 😉 Nous allons nous baigner de la plage on voit le COSTA MAGICA arriver !!! 😎 on se lave avec aujourd hui grand luxe une bouteille d eau entiere par personne !! on laisse nos valises puis on se rend a l hotel CREOLE BEACH dans lequel on avait sejourné il y a quelques années ... ça n a pas changé c est toujours aussi beau la plage tres belle c classe aurpes du salako on se prelasse sur la plage a l ombre de palmiers 😎😎😎 il y a beaucoup d oiseaux qui plongent dans la mer pour attraper des petits poissons
il est deja 15h00 on retourne chercher les valises DIRECTION LE COSTA MAGICA !! A SUIVRE .....
ARRIVES le 27 fevrier avec la compagnie XL bon prix mais sieges etroits et serrés on a vraiment pas beaucoup de place !! un plat chaud de l'eau et du café le reste est payant sinon j'ai apprecié la ponctualité aussi bien a l aller qu au retour
Nous avons logé à GOSIER à l hotel SALAKO chambre de taille correcte avec une belel vue sur la plage, le gros point noir c est la salle de bain inutilisable car pas d'eau !!! en nous remettant les clés ils ne nous avaient pas prevenu !! nous sommes donc retournées à la réception et ils ont dit que ça allait revenir le lendemain qu'ils n avaient ^plus de bouteilles d eau a nous donner !!! 🏴☠️ on avait donc une bouteille d un litre et demie pour 3 personnes pour nous laver et boire SUPER !!! evidemment ça aurait ete facile si le bouchon du lavabo retenait bien l'eau mais ce n etait pas le cas !!! on s est lavé chacun avec un fond d'eau qu on a fait chauffer avec la bouilloire.... 🤪
LE LENDEMAIN MATIN je tourne le robinet en priant pour que l'eau revienne.... pas une goutte !!! 😠😠😠 la colerem onte je retourne a la reception quelle chance on nous done un pack d'eau cette fois, je demande a voir le responsable pour avoir un dedommagement (garder la chambre au dela de midi par exemple) et la l employé monte de ton et me prend de haut en me disant que j ai qu a attendre a l accueil que la responsable viendra dans la matinee 😠😠😠 j'abandonne en me disant qu on attendra pas l autorisation et qu on ne rendra pas la chambre avant 13h00 😛
on va prendre le petit dej tres correct puis on discute avec des personnes qui nous disent que le probleme d'eau dure depuis des jours !! nous sommes heureux de ne pas y rester 😉 Nous allons nous baigner de la plage on voit le COSTA MAGICA arriver !!! 😎 on se lave avec aujourd hui grand luxe une bouteille d eau entiere par personne !! on laisse nos valises puis on se rend a l hotel CREOLE BEACH dans lequel on avait sejourné il y a quelques années ... ça n a pas changé c est toujours aussi beau la plage tres belle c classe aurpes du salako on se prelasse sur la plage a l ombre de palmiers 😎😎😎 il y a beaucoup d oiseaux qui plongent dans la mer pour attraper des petits poissons
il est deja 15h00 on retourne chercher les valises DIRECTION LE COSTA MAGICA !! A SUIVRE .....
Vos avis et conseils pour le Yucatan English translation pending
Bonjour,
J'envisage avec mon mari qui parle couramment l'espagnol un séjour au Mexique dans le Yutacan. Arrivée et retour par l'aéroport de Cancun.
J'ai trouvé un hébergement à Playa Del carmen mais non réservé. A votre avis devons-nous rester les 15 jours dans le même hébergement afin de pouvoir faire toutes les visites aux alentours ?
Pourriez-vous nous aider dans notre itinétaire. Nous recherchons farniente, culturel & loisirs. Nous sommes intéressés par Tulum, Coba, Sian Kaan, Akuma, Chichen Itza.
Sommes preneurs de toutes bonnes info.
Merci
Sylvie
Afric'anchor, encore. English translation pending
Le voyage frémit dans la grisaille bretonne, s'ébroue au long d'une nuit entre chien et loup et commence dans l'arc-en-ciel de Cape Town par une aube ensoleillée. La première gorgée de Windhoek Draught dans Andringa Street, qu'a -t-elle de spécial ? Rien si ce n'est qu'elle est d'ici, noire et ambrée. On sert de la musique et des spécialités libanaises, des bruns culturistes et tatoués et des blondes fines (sont-elles cultivées?) vous couvent. Une cliente, élégante en noir, offre son doggy bag à un mendiant, noir aussi. Il suffit de quelques heures pour que même la peau change de couleur et, si le cœur s'emballe, c'est de charrier à nouveau un sang fluide.
*
La voiture abandonnée se refuse et, connectée à une autre, s'alarme, hurle et cliquette. Ce qu'elle veut c'est qu'on la touche, qu'on la pousse, ils s'y mettent à trois, j'embraye, elle hoquette puis feule et rugit enfin. Pour l'amadouer je lui offre deux paires de chaussures neuves, elle voulait des escarpins, ce seront des brodequins (qu'on me pardonne ces quelques lignes, je suis au sud).
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Le marshall en charge du stationnement encaisse le montant pour deux heures mais sa machine portative ne délivre que des tickets d'une heure. Lorsque je reviens, il est occupé plus loin et pourrait ne pas me voir mais il accourt pour me délivrer le second ticket. Son actuel président pourrait s'en inspirer.
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Nouveau profil de mendiant aux carrefours. Il y avait les hommes, noirs ou blancs, il y avait les femmes noires et voici une femme blanche dont le panonceau indique qu'elle est desperate. Ce que confirme son regard.
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Ce grand garçon qui déjeune avec sa maman et quitte la terrasse d'un bond pour un marchand déambulant sous une montagne de balais, de plumeaux et autres cuillers en bois qu'il entreprend avec force gesticulations et enthousiasme. Il monte son trousseau avec un balai-brosse vert pomme et un plumeau violet (plumes d'autruche garanties). Sa maman, faute de pouvoir lever au ciel ses yeux déridés, soupire.
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Pendant la pause, les maçons, assis à même le trottoir qu'ils réparent des outrages des chênes importés, jouent des percussions sur les briques avec leurs truelles.
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Le temps de préparer la monture pour de nouvelles cavalcades par les cols reculés du Lesotho, je squatte la maison d'amis sur les hauteurs de Somerset West. A 180°, d'est en ouest, on jouit des contreforts du Kogelberg, des moutonnements de False Bay et de la péninsule du Cap pour finir par le mauvais profil de Table Mountain. La résidence protégée est posée au milieu des vignes mais le soir, au lointain pied de La Table, des mâts élevés équipés de lampes au magnésium éclairent un territoire immense -grand comme plus de cent terrains de rugby. C'est Khayelitsha, un des grands townships qui assiègent Le Cap. On pense au titre de Troy Blacklaws, Un monde beau, fou et cruel.
*
Somerset College est sorti des vignes il y a quinze ans par la grâce (?) de fonds privés alarmés par la baisse soudaine du niveau d'éducation et de formation. C'est un ensemble de petits bâtiments de style Cape Dutch abritant, outre les salles de classe pour 1200 élèves, une bibliothèque, des salles d'informatique, un auditorium, une chapelle, des salles et terrains de sports et trois piscines. Le matin, c'est une lente procession de voitures, le prix de certaines avoisinant le salaire d'une demi-vie de travail d'un des gardiens postés à l'entrée. Thandie dont le prénom xhosa sied à la blondeur va passer ici une douzaine d'année jusqu'à l'équivalent du baccalauréat. Les frais de scolarité coûtent déjà chaque année six mois de salaire d'un technicien qualifié et croissent avec l'âge. Il y a de plus en plus d'enfants noirs et coloured dont des enfants de fonctionnaires. Dans le monde d'avant, le sésame pour accéder à l'instruction était la pigmentation de la peau, c'est désormais l'argent. Le monde reste à changer. Aparté sur les cantines : à Somerset College, les frais de scolarité sont élevés mais il n'y a pas de cantine, chacun amène son déjeuner, au Togo, les frais sont faibles et il n'y a pas de cantine alors que ce serait souvent le seul repas équilibré de la journée, en France, les frais sont faibles et on tient presque cantine ouverte.
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Je déjeune, solitaire, dans un restaurant désert réputé pour ses sushis. Ce qui devait arriver arrive: un minibus déverse un groupe de touristes japonaises qui se régaleront, à la fourchette, de pizzas et de frites.
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Nous ne possédons pas les objets, ce sont eux qui nous possèdent. Depuis la reprise en main, la voiture avait un air de petit navire, tangage lors des accélérations et des freinages, roulis dans les virages. Verdict : suspensions hors-service (à 53000 kilomètres!). Land Rover insinue que je les aurais martyrisées. Et puis quoi encore !? On n'est pas en Twingo ! Après quatre jours de préparation, il faut donc en attendre cinq autres pour obtenir des amortisseurs neufs. Le crapahut au Lesotho, sinon compromis, en sera écourté d'autant. M'en vais passer le week-end, en bateau donc, dans le Massif du Cederberg en espérant ne pas trop ramer. Il y a pire lot de consolation.
*
L'Avenir, Mon Destin, Joie de vivre, quelques noms de domaines viticoles de la Route des vins. Optimisme et résilience des français arrivés ici fuyant, déjà, des guerres de religions.
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Vignes et oliveraies laissent place aux chaumes des blés fraîchement battus puis, viennent les moutons et plus tard les rapaces. Le vent venu d'Antarctique ondule la mer de graminées sur les bas côtés, accentuant l'impression de flottement. Les collines s'écrasent face aux premiers contreforts du Cederberg et l'entrée du défilé est bloquée par un sit-in de babouins au milieu de la route, sentinelles ou douaniers. Dans les montagnes russes du massif l'odyssée prend des allures de Pourquoi Pas en Mer d'Irlande, ça enfourne et ça cabre. La suspension du voyage ne vaut rien à celles de la voiture.
Et si on allait aux Phil's? English translation pending
Exact. Et si on allait aux Philippines ? L'archipel était depuis longtemps sur notre liste des endroits à ne pas manquer sur cette planète, encore faillait-il trouver le bon moment, l'opportunité de se décider. Cette opportunité s'est présentée sans réellement prévenir, par la traditionnelle publicité sur le net pour les prix de billets d'avion. Un vol Genève-Londres-Hong Kong et finalement Cebu avec Cathay Pacific, à un tarif qui ne laissait plus planer le doute.
Et si on allait aux Phil's. Ben d'accord, on y va.
Billets réservés, itinéraire étudié. Pour les Visayas et environ 3 semaines. Difficile à se décider, l'archipel offre tant de possibilités, entre les différentes îles, la cordillère. Mais pas question de vouloir tout voir en 20 jours, pas question de se stresser pour les transports, les déplacements. Les Visayas, ce sera très bien, avec une portion de Cebu, une louche de negros, une ration de Siquijor et Bohol en dessert. Un bon menu finalement.
Le jour du départ. Les sacs sont faits, dernières recommandations à la maison, quand le téléphone portable annonce la réception d'un SMS. Drôle de surprise. Cathay Pacific nous annonce que le tronçon Londres-Hong Kong est tout simplement annulé et qu'il faut se présenter tôt à l'aéroport pour trouver des solutions de rechange. Ca commence bien. Au guichet du check-in de Genève-Cointrin, l'employée arrive à la fin de son service, je suis son dernier client. "J'ai un petit problème" lui dis-je. La fin de sa journée semble s'éloigner et la charmante hôtesse a un sourire résigné. Mais après quelques recherches, elle m'apprend que nous sommes déjà replacés sur un vol de British Airways, à peu près aux mêmes horaires. Notre dernier vol pour Cebu est assuré. A peine 10 minutes et tout est réglé. Le service Cathay ou la chance ?
Une fois à Londres, les bonnes surprises continuent. Le vol de British se fait sur un A380 et nous avons été replacé au rang 35, soit celui juste derrière la cuisine de l'avion, avec une énorme place pour les jambes. Là encore, hasard ou service de Cathay Pacific ? A l'aide d'une petite pilule miracle, nous partons dans les lymbes pour quelques heures et le vol qui dure normalement 11h15 nous a paru bien plus court. Pour notre dernier tronçon vers les Philippines, Cathay Pacific est cette fois bien là, avec un triple 7. Un jet à moitié vide, de sorte que nous pouvons nous asseoir où bon nous semble. Un vol tranquille entre le continent asiatique et l'archipel philippin.
L'immigration à Cebu se passe rapidement, même s'il n'y avait que 2 guichets d'ouverts pour les étrangers. Pour rejoindre l'hôtel que nous avions réservé sur le net avant de partir, le Kiwilodge dans le quartier de Mabolo, nous faisons selon les conseils pêchés sur les différents forums. Les taxis blancs au lieu des taxis jaunes. Il suffit de traverser la route et de rejoindre le terminal des départs et là, il y en a suffisamment pour tout le monde. Notre chauffeur enclenche son compteur sans même que nous ne lui fassions la remarque. Une vingtaine de minutes plus tard, et moins de 200 Pesos, nous voilà au Kiwi. Un petit hôtel sympa, tout près d'un mall où il y a quantités d'échoppes et de magasins. Pour 1300 Pesos, nous avons une chambre propre, la clim, une salle de bains privée. Parfait. Nous n'avons pas vraiment faim, plutôt soif, alors ce sera une bière au bar/resto du rez-de-chaussée. La nuit est perturbée, pas seulement par les coqs qui comme dans tous les pays du monde chantent surtout la nuit, mais aussi par le décalage du long voyage.
Au matin, nous rejoignons assez tôt en taxi la gare routière Nord de Cebu. C'est de là que partent les bus pour Hagnaya et l'île de Bantayan. Evidemment, à notre arrivée, les rabatteurs nous dirigent vers les minivans privés, et bien plus chers. Mais nous repérons rapidement les bus jaunes de la compagnie Ceres, qui ont leur destination affichée devant sur le pare-brise. C'est parti pour 4 heures de route. Sortir de Cebu est fastidieux, vu la circulation importante et surtout l'anarchie de la conduite. Seuls les feux sont respectés, sinon cela force, cela bloque, cela dépasse de tous les côtés. Nous remontons la côte est de Cebu et rapidement nous nous retrouvons au bord de la mer. Pas vraiment de plage, plutôt des cailloux, mais les petits resorts sont assez nombreux. Les bords de route sont très fréquentés, par des vélos, des scooters, des gens et surtout des enfants, qui reviennent ou qui vont à l'école. Des chiens aussi, qui se gardent bien de mettre une patte sur la chaussée, sous peine de finir sous un camion ou une voiture. Comme dans beaucoup trop d'endroits, nous constatons les dégâts écologiques du plastique. Les sacs et autres déchets de ce type sont partout, en bordure de route, dans les bas-côtés, les champs. Un vrai souci.
Le bus fait un stop de 15 minutes à mi-chemin, c'est l'occasion de se dégourdir les jambes, d'aller aux toilettes et de se déshaltérer. Dans le bus, il y a de nombreux jeunes enfants, dont les parents sont aussi très jeunes. Ici, les enfants sont partout, nous n'avons pas consulté de statistiques, mais les Philippines doivent avoir une population bien jeune. Ce matin, la bonne surprise, c'est la prudence du chauffeur. Pas de dépassement téméraire, pas de vitesse démesurée, pas de prise de risque, le voyage se déroule tranquillement. Tout l'opposé de ce que nous avions vécu en Indonésie ou au Sri Lanka. Le seul désagrément, c'est le mauvais film de série B américain, et la bande-son qui ne fonctionne pas, heureusement finalement. Nous n'avons que certains bruits comme les explosions, les coups de feu, les cris ... Par chance, l'aide-chauffeur baissera le volume, voyant de toute façon que personne ne suit le navet qui passe sur l'écran au-dessus du chauffeur.
Au bout de 4 heures, nous voilà à Hagnaya, port d'embarquement pour Bantayan Island. Le ferry, visiblement fatigué, est là et attend ses passagers. Le bus embarque, de même que quelques dizaines de personnes. La traversée est très tranquille, la mer est calme. Dès notre descente du bateau, nous sommes accueillis par Denis, propriétaire du CouCou hôtel et bar à Santa Fé, qui vient nous chercher avec sa voiture. Un Belge francophone qui a quitté son plat pays pour venir s'installer sur cette île du nord de Cebu avec son épouse philippine. Un changement de vie radical, mais qui lui convient parfaitement me dit-il devant une bière. Ayant découvert les Philippines il y a près de 30 ans à travers la plongée, il y mène une nouvelle existence d'hôtelier. La chambre est impeccable derrière le restaurant, dans un petit bâtiment en dur. Grand lit confortable, climatisation, une grande douche, une petite terrasse, le tout au milieu du village de Santa Fé et à quelques pas des belles plages du coin. Si Denis nous remet une carte de l'île pour notre futur tour des lieux en moto et nous explique encore que toute la côte est de l'île regorge de beaux bancs de sable et d'une eau limpide, nous ne résistons pas à aller goûter à l'eau chaude et salée à quelques 5 minutes à pied. Une baignade parfaite au moment du coucher du soleil, sous les couleurs magnifiques du ciel qui se pare de tons pastels.
Retour à la chambre, douche et nous partons à pied nous balader dans le village. Il y a une petite dizaines de restaurants ici, quelques resorts en bord de plage, bref de quoi pouvoir rester ici plusieurs jours et se loger facilement. Nous nous couchons assez tôt ce soir, rapidement assomés par le décalage horaire. Décalage qui fera son effet vers les 02h00 du matin, avec un réveil qui plombe la nuit. Plutôt que de me retourner dans les draps, je sors prendre l'air sur la terrasse et j'assiste à une belle averse tropicale, courte mais violente. La température ne baisse quasiment pas, juste un peu plus de vent. On entend de la musique au loin, certainement celle d'un resort vers la plage. Mais le CouCou est à l'abri du bruit et de l'intérieur de la chambre, on n'entend rien. La pluie n'aura pas vraiment cessé lorsque je retourne me coucher. Au matin, le ciel est gris et la température toujours de 28 degrés. Les flaques dans les trous de la route devant le CouCou témoignent de l'averse nocturne. Mais le temps change rapidement selon les gens du coin. Et contrairement à chez nous, ici la vie suit son cours, on ne se préoccupe pas trop de la météo, sauf en cas de typhon bien sûr. Denis nous en avait parlé hier soir de ces fameux typhons. Bantayan semble un peu plus protégée que d'autres endroits, mais les coups de vent féroces y parviennent aussi. Le tristement célèbre Yolanda avait soufflé à près de 380 km/h, la vitesse d'un avion qui décolle ! Mais heureusement, le typhon avait frappé l'île en pleine journée et la surprise a été moindre.
Nous prenons possession de notre scooter et nous voilà partis pour la découverte de l'île de Bantayan. D'après Denis, la côte est est celle où nous pouvons trouver des plages de sable sans même trop de touristes. La côte ouest est moins attractive, faite surtout de village de pêcheurs et sans vraiment de sable. Nous partons donc à l'envers des aiguilles d'une montre, direction le port ensuite la remontée de la côte est. Evidemment, le but est de rester le plus près possible de la mer et de s'arrêter dès que possible. Les routes ne sont ni larges, ni bonnes, parsemées de trous et revêtues d'un asphalte grossier, voire simplement de gravier. Mais ce n'est clairement pas un souci, vu le rythme balade que nous prenons. Louer la moto a été si simple, la piloter n'est pas forcément plus compliqué. Ici le casque n'est visiblement pas obligatoire et de plus, nous n'aurons vu aucun policier de la journée. La problématique réside plutôt en l'absence de signaux ou de panneaux. En fait, nous ne savons jamais dans quel village nous nous trouvons. Par contre, aucun souci pour aller partout, rentrer dans les villages, passer entre les maisons. Les enfants nous saluent de Hello retentissant et les adultes répondent également à nos sourires. Et si nous nous perdons, pas de souci, on s'arrête et on demande.
Les villages se succèdent le long de la côte et il ne faut jamais hésiter à prendre les chemins, même en terre, qui partent en direction de la mer. C'est là que l'on trouve les plages isolées. Le problème, c'est que ce matin, c'est marée basse et il est difficilement possible d'aller se baigner. Par contre, traverser les villages est très dépaysant. De petites baraques, parfois en bambou tressé, des coq et poules, des vaches, parfois des cochons, des gosses qui courent dans tous les sens, de vraies scènes de vie locale. Notre présence n'a jamais l'air dérangeante, au contraire, les jeunes filles viennent facilement chercher le contact en nous saluant et en nous offrant de généreux sourires. Les garçons sont souvent plus occupés vers le panneau de basket que l'on retrouve partout. Un vrai sport national, presque une institution. Parfois planté sur le tronc d'un cocotier, parfois construit artisanalement, mais toujours présent. L'héritage d'une présence américaine prolongée sans doute, car les Philippins ne se distinguent pas vraiment par leur grande taille dans la raquette. La route continue et nous arrivons vers San Augustin. Un chemin en terre part vers la mer à la hauteur d'un porche religieux et nous avons l'excellente idée de l'emprunter. Au bout, la plage de rêve, une banka dans l'eau et quelques autres sur la berge, sable blanc, flôts turquoise, cocotiers et personne. Une plage qui est surtout l'endroit où les pêcheurs du coin partent en mer, et non pas l'étendue de sable d'un quelconque resort.
Nous nous y posons et partons immédiatement dans l'eau. Pour se rafraîchir aurais-je été tenté de dire, mais non, l'eau est trop chaude pour cela. Une petite fille qui jouait sur la berge se rapproche discrètement de nos affaires, nous regardant du coin de l'oeil. Rapidement rejointe par une cohorte de gosses, les enfants cherchent à créer le contact mais n'osent pas nous approcher. Nous profitons alors d'un dessin fait par l'un d'eux sur le sable pour commencer toute une série de d'inscriptions dans le sable. Tous, y compris moi, marqueront leur prénom, puis ce sera le tour des animaux d'être à l'honneur sur la plage. Le dessin d'un éléphant remporte la palme. Evidemment, à proximité, il y a le fameux terrain de basket. Le ballon est laissé là, au pied d'un panneau, il n'y a qu'à se servir pour jouer. Alors, nous nous déplaçons les gamins et moi sur le terrain et c'est parti pour un petit match et des concours de lancer. Un gosse d'une dizaine d'années, Chris John, a une adresse incroyable pour son âge. Tous ses ballons finissent dans le cerceau ! Les filles ont plus de peine, mais si l'une d'entre elles réussit à mettre un panier, alors elles crient et se congratulent entre filles. Après ces parties endiablées, nous réunissons toute l'équipe pour une photo souvenir, le ballon au milieu de nous. Une tape dans la main, genre "give me 5", et nous voilà repartis sur la route, direction nord.
Vers la pointe nord, nous nous arrêtons dans la petite ville de Mancilang, enfin si vraiment c'était ça vu que nous n'avons vu aucun panneau. Une manifestation a lieu mais nous ne savons pas vraiment ce que c'est. La foule se presse autour d'un endroit couvert et nous ne comprenons pas ce qui s'y passe. Par contre, il y a un petit marché à côté et là, nous nous arrêtons pour le repas de midi. Deux cuisses de poulet grillées, une portion de riz, une bouteille d'eau et quelques mangues pour 160 pesos. Les gens nous font des signes, nous saluent.
Pour redescendre direction Bantayan, nous longeons la mer sur notre droite. C'est notre point de repaire pour ne pas nous perdre sur les petits chemins. Car là encore, aucune indication, nous ne savons jamais où nous sommes. Nous demandons parfois notre itinéraire, mais nous finissons par perdre les chemins du bord de mer pour rejoindre la grande route qui descend vers Bantayan. Dans cette ville, nous tombons sur le marché où plusieurs échoppes commencent à fermer en cette fin d'après-midi. Par hasard, nous apercevons un ATM, gardé par des hommes armés de fusils à pompe. Nous apprendrons plus tard que de nombreuses personnes possèdent des armes à feu aux Philippines. Même si apparemment cela ne pose pas de problème dans ce coin tranquille du pays, les banques se protègent. Comme les hôtels et les resorts d'ailleurs. Nous rejoignons la route, plutôt le chemin, lequel passe à travers les palmiers direction Santa Fé. Un endroit splendide que cette petite voie dans la végétation locale. Nous tombons sur une mangrove à visiter par des ponts de bambou. Un arrêt sympa et pas cher. Santa Fé est en vue, nous arrivons à proximité de l'hôtel. Quelle journée !
Le soleil ne nous a pas épargnés. Il faut dire qu'avec l'air en roulant, on se méfie moins. Du coup, les avant-bras et les mollets sont bien rosés ce soir, pas loin d'être à point. Mais le pire, c'est la marque du bandana que j'avais mis sur le crâne et qui me traverse le front. Blanc dessus et plutôt rouge dessous ... Un super look. Nous apprenons que le petit resto familial en face du CouCou propose parfois des coquilles St-Jacques. Nous nous renseignons et il y en a. Au beurre et à l'ail. Des St-Jacques servies dans leur coquille, plus petites que chez nous, mais tendres et iodées juste ce qu'il faut. De quoi terminer en beauté cette bonne journée sur l'île de Bantayan.
Et si on allait aux Phil's. Ben d'accord, on y va.
Billets réservés, itinéraire étudié. Pour les Visayas et environ 3 semaines. Difficile à se décider, l'archipel offre tant de possibilités, entre les différentes îles, la cordillère. Mais pas question de vouloir tout voir en 20 jours, pas question de se stresser pour les transports, les déplacements. Les Visayas, ce sera très bien, avec une portion de Cebu, une louche de negros, une ration de Siquijor et Bohol en dessert. Un bon menu finalement.
Le jour du départ. Les sacs sont faits, dernières recommandations à la maison, quand le téléphone portable annonce la réception d'un SMS. Drôle de surprise. Cathay Pacific nous annonce que le tronçon Londres-Hong Kong est tout simplement annulé et qu'il faut se présenter tôt à l'aéroport pour trouver des solutions de rechange. Ca commence bien. Au guichet du check-in de Genève-Cointrin, l'employée arrive à la fin de son service, je suis son dernier client. "J'ai un petit problème" lui dis-je. La fin de sa journée semble s'éloigner et la charmante hôtesse a un sourire résigné. Mais après quelques recherches, elle m'apprend que nous sommes déjà replacés sur un vol de British Airways, à peu près aux mêmes horaires. Notre dernier vol pour Cebu est assuré. A peine 10 minutes et tout est réglé. Le service Cathay ou la chance ?
Une fois à Londres, les bonnes surprises continuent. Le vol de British se fait sur un A380 et nous avons été replacé au rang 35, soit celui juste derrière la cuisine de l'avion, avec une énorme place pour les jambes. Là encore, hasard ou service de Cathay Pacific ? A l'aide d'une petite pilule miracle, nous partons dans les lymbes pour quelques heures et le vol qui dure normalement 11h15 nous a paru bien plus court. Pour notre dernier tronçon vers les Philippines, Cathay Pacific est cette fois bien là, avec un triple 7. Un jet à moitié vide, de sorte que nous pouvons nous asseoir où bon nous semble. Un vol tranquille entre le continent asiatique et l'archipel philippin.
L'immigration à Cebu se passe rapidement, même s'il n'y avait que 2 guichets d'ouverts pour les étrangers. Pour rejoindre l'hôtel que nous avions réservé sur le net avant de partir, le Kiwilodge dans le quartier de Mabolo, nous faisons selon les conseils pêchés sur les différents forums. Les taxis blancs au lieu des taxis jaunes. Il suffit de traverser la route et de rejoindre le terminal des départs et là, il y en a suffisamment pour tout le monde. Notre chauffeur enclenche son compteur sans même que nous ne lui fassions la remarque. Une vingtaine de minutes plus tard, et moins de 200 Pesos, nous voilà au Kiwi. Un petit hôtel sympa, tout près d'un mall où il y a quantités d'échoppes et de magasins. Pour 1300 Pesos, nous avons une chambre propre, la clim, une salle de bains privée. Parfait. Nous n'avons pas vraiment faim, plutôt soif, alors ce sera une bière au bar/resto du rez-de-chaussée. La nuit est perturbée, pas seulement par les coqs qui comme dans tous les pays du monde chantent surtout la nuit, mais aussi par le décalage du long voyage.
Au matin, nous rejoignons assez tôt en taxi la gare routière Nord de Cebu. C'est de là que partent les bus pour Hagnaya et l'île de Bantayan. Evidemment, à notre arrivée, les rabatteurs nous dirigent vers les minivans privés, et bien plus chers. Mais nous repérons rapidement les bus jaunes de la compagnie Ceres, qui ont leur destination affichée devant sur le pare-brise. C'est parti pour 4 heures de route. Sortir de Cebu est fastidieux, vu la circulation importante et surtout l'anarchie de la conduite. Seuls les feux sont respectés, sinon cela force, cela bloque, cela dépasse de tous les côtés. Nous remontons la côte est de Cebu et rapidement nous nous retrouvons au bord de la mer. Pas vraiment de plage, plutôt des cailloux, mais les petits resorts sont assez nombreux. Les bords de route sont très fréquentés, par des vélos, des scooters, des gens et surtout des enfants, qui reviennent ou qui vont à l'école. Des chiens aussi, qui se gardent bien de mettre une patte sur la chaussée, sous peine de finir sous un camion ou une voiture. Comme dans beaucoup trop d'endroits, nous constatons les dégâts écologiques du plastique. Les sacs et autres déchets de ce type sont partout, en bordure de route, dans les bas-côtés, les champs. Un vrai souci.
Le bus fait un stop de 15 minutes à mi-chemin, c'est l'occasion de se dégourdir les jambes, d'aller aux toilettes et de se déshaltérer. Dans le bus, il y a de nombreux jeunes enfants, dont les parents sont aussi très jeunes. Ici, les enfants sont partout, nous n'avons pas consulté de statistiques, mais les Philippines doivent avoir une population bien jeune. Ce matin, la bonne surprise, c'est la prudence du chauffeur. Pas de dépassement téméraire, pas de vitesse démesurée, pas de prise de risque, le voyage se déroule tranquillement. Tout l'opposé de ce que nous avions vécu en Indonésie ou au Sri Lanka. Le seul désagrément, c'est le mauvais film de série B américain, et la bande-son qui ne fonctionne pas, heureusement finalement. Nous n'avons que certains bruits comme les explosions, les coups de feu, les cris ... Par chance, l'aide-chauffeur baissera le volume, voyant de toute façon que personne ne suit le navet qui passe sur l'écran au-dessus du chauffeur.
Au bout de 4 heures, nous voilà à Hagnaya, port d'embarquement pour Bantayan Island. Le ferry, visiblement fatigué, est là et attend ses passagers. Le bus embarque, de même que quelques dizaines de personnes. La traversée est très tranquille, la mer est calme. Dès notre descente du bateau, nous sommes accueillis par Denis, propriétaire du CouCou hôtel et bar à Santa Fé, qui vient nous chercher avec sa voiture. Un Belge francophone qui a quitté son plat pays pour venir s'installer sur cette île du nord de Cebu avec son épouse philippine. Un changement de vie radical, mais qui lui convient parfaitement me dit-il devant une bière. Ayant découvert les Philippines il y a près de 30 ans à travers la plongée, il y mène une nouvelle existence d'hôtelier. La chambre est impeccable derrière le restaurant, dans un petit bâtiment en dur. Grand lit confortable, climatisation, une grande douche, une petite terrasse, le tout au milieu du village de Santa Fé et à quelques pas des belles plages du coin. Si Denis nous remet une carte de l'île pour notre futur tour des lieux en moto et nous explique encore que toute la côte est de l'île regorge de beaux bancs de sable et d'une eau limpide, nous ne résistons pas à aller goûter à l'eau chaude et salée à quelques 5 minutes à pied. Une baignade parfaite au moment du coucher du soleil, sous les couleurs magnifiques du ciel qui se pare de tons pastels.
Retour à la chambre, douche et nous partons à pied nous balader dans le village. Il y a une petite dizaines de restaurants ici, quelques resorts en bord de plage, bref de quoi pouvoir rester ici plusieurs jours et se loger facilement. Nous nous couchons assez tôt ce soir, rapidement assomés par le décalage horaire. Décalage qui fera son effet vers les 02h00 du matin, avec un réveil qui plombe la nuit. Plutôt que de me retourner dans les draps, je sors prendre l'air sur la terrasse et j'assiste à une belle averse tropicale, courte mais violente. La température ne baisse quasiment pas, juste un peu plus de vent. On entend de la musique au loin, certainement celle d'un resort vers la plage. Mais le CouCou est à l'abri du bruit et de l'intérieur de la chambre, on n'entend rien. La pluie n'aura pas vraiment cessé lorsque je retourne me coucher. Au matin, le ciel est gris et la température toujours de 28 degrés. Les flaques dans les trous de la route devant le CouCou témoignent de l'averse nocturne. Mais le temps change rapidement selon les gens du coin. Et contrairement à chez nous, ici la vie suit son cours, on ne se préoccupe pas trop de la météo, sauf en cas de typhon bien sûr. Denis nous en avait parlé hier soir de ces fameux typhons. Bantayan semble un peu plus protégée que d'autres endroits, mais les coups de vent féroces y parviennent aussi. Le tristement célèbre Yolanda avait soufflé à près de 380 km/h, la vitesse d'un avion qui décolle ! Mais heureusement, le typhon avait frappé l'île en pleine journée et la surprise a été moindre.
Nous prenons possession de notre scooter et nous voilà partis pour la découverte de l'île de Bantayan. D'après Denis, la côte est est celle où nous pouvons trouver des plages de sable sans même trop de touristes. La côte ouest est moins attractive, faite surtout de village de pêcheurs et sans vraiment de sable. Nous partons donc à l'envers des aiguilles d'une montre, direction le port ensuite la remontée de la côte est. Evidemment, le but est de rester le plus près possible de la mer et de s'arrêter dès que possible. Les routes ne sont ni larges, ni bonnes, parsemées de trous et revêtues d'un asphalte grossier, voire simplement de gravier. Mais ce n'est clairement pas un souci, vu le rythme balade que nous prenons. Louer la moto a été si simple, la piloter n'est pas forcément plus compliqué. Ici le casque n'est visiblement pas obligatoire et de plus, nous n'aurons vu aucun policier de la journée. La problématique réside plutôt en l'absence de signaux ou de panneaux. En fait, nous ne savons jamais dans quel village nous nous trouvons. Par contre, aucun souci pour aller partout, rentrer dans les villages, passer entre les maisons. Les enfants nous saluent de Hello retentissant et les adultes répondent également à nos sourires. Et si nous nous perdons, pas de souci, on s'arrête et on demande.
Les villages se succèdent le long de la côte et il ne faut jamais hésiter à prendre les chemins, même en terre, qui partent en direction de la mer. C'est là que l'on trouve les plages isolées. Le problème, c'est que ce matin, c'est marée basse et il est difficilement possible d'aller se baigner. Par contre, traverser les villages est très dépaysant. De petites baraques, parfois en bambou tressé, des coq et poules, des vaches, parfois des cochons, des gosses qui courent dans tous les sens, de vraies scènes de vie locale. Notre présence n'a jamais l'air dérangeante, au contraire, les jeunes filles viennent facilement chercher le contact en nous saluant et en nous offrant de généreux sourires. Les garçons sont souvent plus occupés vers le panneau de basket que l'on retrouve partout. Un vrai sport national, presque une institution. Parfois planté sur le tronc d'un cocotier, parfois construit artisanalement, mais toujours présent. L'héritage d'une présence américaine prolongée sans doute, car les Philippins ne se distinguent pas vraiment par leur grande taille dans la raquette. La route continue et nous arrivons vers San Augustin. Un chemin en terre part vers la mer à la hauteur d'un porche religieux et nous avons l'excellente idée de l'emprunter. Au bout, la plage de rêve, une banka dans l'eau et quelques autres sur la berge, sable blanc, flôts turquoise, cocotiers et personne. Une plage qui est surtout l'endroit où les pêcheurs du coin partent en mer, et non pas l'étendue de sable d'un quelconque resort.
Nous nous y posons et partons immédiatement dans l'eau. Pour se rafraîchir aurais-je été tenté de dire, mais non, l'eau est trop chaude pour cela. Une petite fille qui jouait sur la berge se rapproche discrètement de nos affaires, nous regardant du coin de l'oeil. Rapidement rejointe par une cohorte de gosses, les enfants cherchent à créer le contact mais n'osent pas nous approcher. Nous profitons alors d'un dessin fait par l'un d'eux sur le sable pour commencer toute une série de d'inscriptions dans le sable. Tous, y compris moi, marqueront leur prénom, puis ce sera le tour des animaux d'être à l'honneur sur la plage. Le dessin d'un éléphant remporte la palme. Evidemment, à proximité, il y a le fameux terrain de basket. Le ballon est laissé là, au pied d'un panneau, il n'y a qu'à se servir pour jouer. Alors, nous nous déplaçons les gamins et moi sur le terrain et c'est parti pour un petit match et des concours de lancer. Un gosse d'une dizaine d'années, Chris John, a une adresse incroyable pour son âge. Tous ses ballons finissent dans le cerceau ! Les filles ont plus de peine, mais si l'une d'entre elles réussit à mettre un panier, alors elles crient et se congratulent entre filles. Après ces parties endiablées, nous réunissons toute l'équipe pour une photo souvenir, le ballon au milieu de nous. Une tape dans la main, genre "give me 5", et nous voilà repartis sur la route, direction nord.
Vers la pointe nord, nous nous arrêtons dans la petite ville de Mancilang, enfin si vraiment c'était ça vu que nous n'avons vu aucun panneau. Une manifestation a lieu mais nous ne savons pas vraiment ce que c'est. La foule se presse autour d'un endroit couvert et nous ne comprenons pas ce qui s'y passe. Par contre, il y a un petit marché à côté et là, nous nous arrêtons pour le repas de midi. Deux cuisses de poulet grillées, une portion de riz, une bouteille d'eau et quelques mangues pour 160 pesos. Les gens nous font des signes, nous saluent.
Pour redescendre direction Bantayan, nous longeons la mer sur notre droite. C'est notre point de repaire pour ne pas nous perdre sur les petits chemins. Car là encore, aucune indication, nous ne savons jamais où nous sommes. Nous demandons parfois notre itinéraire, mais nous finissons par perdre les chemins du bord de mer pour rejoindre la grande route qui descend vers Bantayan. Dans cette ville, nous tombons sur le marché où plusieurs échoppes commencent à fermer en cette fin d'après-midi. Par hasard, nous apercevons un ATM, gardé par des hommes armés de fusils à pompe. Nous apprendrons plus tard que de nombreuses personnes possèdent des armes à feu aux Philippines. Même si apparemment cela ne pose pas de problème dans ce coin tranquille du pays, les banques se protègent. Comme les hôtels et les resorts d'ailleurs. Nous rejoignons la route, plutôt le chemin, lequel passe à travers les palmiers direction Santa Fé. Un endroit splendide que cette petite voie dans la végétation locale. Nous tombons sur une mangrove à visiter par des ponts de bambou. Un arrêt sympa et pas cher. Santa Fé est en vue, nous arrivons à proximité de l'hôtel. Quelle journée !
Le soleil ne nous a pas épargnés. Il faut dire qu'avec l'air en roulant, on se méfie moins. Du coup, les avant-bras et les mollets sont bien rosés ce soir, pas loin d'être à point. Mais le pire, c'est la marque du bandana que j'avais mis sur le crâne et qui me traverse le front. Blanc dessus et plutôt rouge dessous ... Un super look. Nous apprenons que le petit resto familial en face du CouCou propose parfois des coquilles St-Jacques. Nous nous renseignons et il y en a. Au beurre et à l'ail. Des St-Jacques servies dans leur coquille, plus petites que chez nous, mais tendres et iodées juste ce qu'il faut. De quoi terminer en beauté cette bonne journée sur l'île de Bantayan.
Discussion autour du concours photo février 2015 "Une photo qui donne envie de changer le monde" English translation pending
Les questions, les coups de gueule et les délires autour du concours photo de février 2015 : «Une photo qui donne envie de changer le monde» ;
c'est bien ici !
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Pour participer au concours; c'est par ici
Le diaporama des photos proposées se trouve : là
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Compte rendu d'une croisière de 14 jours aux Caraïbes sur le Costa Fortuna English translation pending
voilà voilà nous sommes de retour de nos 14 jours aux caraïbes sur le fortuna
en résumé, une croisière qui s'est pas trop mal passée, mais qui nous laisse un petit gout amer quant aux prestations costa
nous avons vraiment ressenti la baisse de qualité des prestations de costa, et pour la première fois cela nous a dérangé... et à entendre parler les gens sur le bateau, (il y a bcp de français aux antilles....) nous étions loin d'être les seuls...
1 jour la corvée du trajet....partant de lyon, nous avons pris un vol pour P aris...première surprise, ce 1er vol se fera sur Yaho la compagnie low cost d'air France.. l'avion est si petit que les bagages à mains voyagenten soute!!! pour les personnes ayant des difficultés à se déplacer, l'accès à l'avion peu être difficile ! arrivés à orly attente pour le second avion, nos bagages ont été déposés à lyon, et nous les récupérerons devant la cabine...( je n'étais quand même pas tranquille ...jusqu'à ce que je les vois !!)surprise arrivé à point à pitre, nous sommes une petite dizaine, à première vue, le plus gros de la "troupe " arrive plus tôt ou plus tard...d'ailleurs le transfert se passe très rapidement, car 300 allemands étaient arrivés un peu plus tôt, et 300 autres étaient en train d'atterrirent...du coup ils étaient pressés de nous évacuer...du coup 3 ou 4 personnes manquaient à l'appel, on est parti sans eux, ils voyageront avec les allemands.. au pieds du bateau la encore cela se passe vite, car nous sommes que très peu, et les passagers en transit sont déjà remontés à bord pour la plupart... cela ne se passera pas aussi bien ls autres foiscarcontrairement à nos précédentes croisières, le bateau n'était pas trop omnibusje pense qu'au moins 80% des passagers embarquaient à Point à Pitre et lors de notre passage la semaine d'après, le^passage "de douane " était le même pour ceux en transit et les nouveaux arrivant ! du coup il y avait un bordel monstrueux la aux niveau des portiques, pour les nouveaux, il fallait vérifier une fois de plus les papiers d'embarquement, déballer tous les bagages à mains, ouvrir les ordi appareil photo etc...je vous explique pas le bordel ça rouspétait sec, du coup, une personnes à compris au bout d'un moment et a créé une file pour les passagers en transit pour qu'ils passent plus rapidement... bref enfin à bord !! nous allons de suite dans la cabine ! 6463 ... voyageant souvent en samsara, nous avons l'habitude d'être sur l'avant du navire, pour une fois, j'avais envie d'être sur le sillage arrière me disant que cela doit être sympas bon la chambre est l'exacte réplique des autres sur le bateau, je me precipite donc sur mon balcon ! première surprise il est plus grand !! plus profond, les vitres (du balcon) sont inclinées ce qui rajoute en profondeur .. 2 eme surprise et pas agréable, sur les 2 vitres du balcon, une est sale pleine de traces et l'autre, carrément immonde !!des trainées colées dégueu la rende quasi opaque, de plus comme nous nous en rendrons compte plus tard, tout ce qui est balancé du pont 10 arrive directement au pont 6 car seul celui ci dépasse, contrairement aux 7 et 8 qui sont dans le prolongement de l'inclinaison du bateau...heu je ne suis pas très claire la.... en un mot si au pont 10 vous regardez vers le bas, vous ne verrez pas que le pont 6 dont le balcon dépasse par rapport aux 7 et 8 du coup manque d'intimité totale!! et oui si on veut se balader en petite tenue sur le balcon !!!et donc on ramasse aussi tout ! donc régulièrement le matin je ramassais mégots, décos de verre noyaux de dattes etc etc !!! d'habitude en croisière, nous avons toujours une fois un petit papier pour nous indiquer le nettoyage des balcons, la en 15 jours rien !! nous resterons toute la croisière avec notre vitre dégueu..pourtant presque tous les jours, les fenêtres d'en dessous (salon restau ) sont passées au jet + raclette ..... bref les bagages arrivent ..Lee notre cabinier vient se présenter, puis revient 10 min après il avait oublié de mettre les "chaussons" avec les peignoirs.... j'irai le voir quelque instant plus tard, le distributeur de savon dans la douche est vide...puis encore un peu plus tard car je n'ai pas de fiche pour le petit déj...à force de lui demander tous les jours, je finissais par lui prendre directement sur son chariot...comme les serviettes bleues ... nous descendons manger, nous avons une table de 2 sans avoir rien demandé.. nous commandons comme d'habitude un forfait boy and girl et un forfait vin... qui ont pris une sacré claque au niveau du prix !! (comme le all exclusive d'ailleurs qui était de 19euros 50 par jour et par pers, qui est ensuite monté à 23 euros, pour maintenant être à 25 euros !!une anarque totale obligé de le prendre même le jour du débarquement ! comme ça si vous débarquez à 8 heures du mat, 50 euros dans la poche direct pour costa !!et même pas valable sur le mini bar !!)bref... le service au restaurant.....long ...long... en fait ce qui est pénible, c'est que quelque soit le nombre de plats que vous mangez, ce sera la même vitesse ...les serveurs se "calent" sur la table la plus longue...et bingo, sur notre rang, une table d'allemand, mangeaient tous les soirs, 2 entrées, un plat de pates2plats, fromages et 1 ou 2 desserts !!! sisi véridiques !! bien sur ils en laissaient la moitié, mais j'en étais écœurée de voir toute cette nourriture passer !! donc moi qui ne prends qu'une entrée, 1 plat et un dessert, je ne vous explique pas l'attente ....j'en arrivais à prendre des pates rien que pour avoir l'impression de moins attendre ... bon après manger nous remontons dans la cabine, pour nous reposer dites vous ? et bien non 23h15 rendez vous sur le pont 3 gilets de sauvetage autour du coup à faire les gignols... il est plus de 4 heures du matin heure de la maison, cela va faire bientôt 24 heures que nous sommes debouts, et il faut encore se prêter à l'exercice .....demain c'est une journée de pleine mer, mais non il faut le faire ce soir impérativement, ...(d'autant plus que le bateau n'appareille que demain matin...) c'est donc épuisés que nous allons nous coucher... aaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhh qu'est ce que c'est que ça !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! en rentrant dans la cabine j'ai des sueurs froides !!!!!!! je me suis fait avoir comme une débutante !!!!!!!!!!!!!!!!! moi la phobique du bruit !! qui ne supporte pas le tic tac d'une montre, qui à chaque fois qui choisis une cabine, ne prend jamais au pont 8 pour éviter le bruit des piscines, ou du self... j'ai juste oublié de regarder EN DESSOUS !!! ou plutôt j'ai cru que c'était le restaurant !!! au bout de la 10 eme croisière je n'ai pas encore compris, que le restaurant est au pont 3 et 4 et qu'entre les ponts 4 et 6 ben il y a le 5 !!!! bon a ma décharge, rappelez vous que je vous ai dit que je voyageais souvent à l'avant, et comme je ne fréquente pas les bars des bateaux.... bref sur le fortuna, il y a au pont 5 le salon leonardo di Vinci !! un beau salon ou les animations commencent à 23 h15, et qui même quand il n'y a pas d'animation met la musique bien fort pour 1 ou 2 clients...et dont les haut parleurs sont fixés AU PLAFOND !!!!dont un juste sous la cabine !! dont je rentre et la le sol vibre, et j'entend de la musique à fond !!! j'en pleurerai presque !! comment je vais faire pour dormir pendant cette croisière si il y a du bruit comme ça tous les soirs !! bien sur j'irai me plaindre, (j'ai attendu 3 jours quand même) une gentille hôtesse ma gentiment dit qu'elle transmettait le message, qu'ils allaient mettre la musique moins fort, et que l'animatrice gueulera moins fort lors des animations, et tout ça rien que pour moi !!!! qu'elle prenait bien en compte ma demande express de changement de cabine, que cela ne sera pas possible avant la 2 eme semaine en fonction des cabines qui seront vendues à la dernière minute, (c'est sur vaut mieux garder les cabines silencieuses aux personnes qui vont avoir acheté leur croisière en dernière minute à un prix dérisoire, plutôt que déplacer un couple gold pearl, qui a payé sa croisière plein tarif....)effectivement los de la 2eme semaine, on nous appellera tout content pour nous dire que notre demande à été acceptée, et qu'on nous proposait de changer pour une cabine du pont 8 juste en dessous du self ( la ou on se sert en plus !!) devant notre refus, on nous annoncera plus tard que notre demande est rejetée !! et lorsque je demande pourquoi alors qu'il est spécifié sur le catalogue, qu'une cabine prémium dipose d'un emplacement privilégié, et qu'elle est plus chère à la vente, pourquoi on propose des cabines bruyantes on me répond très gentiment que les premium sont placés en haut du navire et que c'est un emplacement privilégié !! (pont 6 c'est pas vraiment en haut..) et qui si j'avais des réclamations à faire, je n'avais qu'a le faire lors du questionnaire de satisfaction !!!! ben voyons... bref je commencerai toutes mes nuits la porte du balcon ouverte , (le bruit de la mer me dérange nettement moins ) avec aux moins 10 nuitsun grillon chantant à tue tête toute la nuit .....et au cours de la nuit quand j'entendais plus la musique je refermais la porte .... voilà pour cette première journée, bon pour être honnête, cette première nuit la musique ne m'a pas trop dérangé j'étais tellement fatiguée que je n'ai pas mis longtemps à m'endormir ...
1 jour la corvée du trajet....partant de lyon, nous avons pris un vol pour P aris...première surprise, ce 1er vol se fera sur Yaho la compagnie low cost d'air France.. l'avion est si petit que les bagages à mains voyagenten soute!!! pour les personnes ayant des difficultés à se déplacer, l'accès à l'avion peu être difficile ! arrivés à orly attente pour le second avion, nos bagages ont été déposés à lyon, et nous les récupérerons devant la cabine...( je n'étais quand même pas tranquille ...jusqu'à ce que je les vois !!)surprise arrivé à point à pitre, nous sommes une petite dizaine, à première vue, le plus gros de la "troupe " arrive plus tôt ou plus tard...d'ailleurs le transfert se passe très rapidement, car 300 allemands étaient arrivés un peu plus tôt, et 300 autres étaient en train d'atterrirent...du coup ils étaient pressés de nous évacuer...du coup 3 ou 4 personnes manquaient à l'appel, on est parti sans eux, ils voyageront avec les allemands.. au pieds du bateau la encore cela se passe vite, car nous sommes que très peu, et les passagers en transit sont déjà remontés à bord pour la plupart... cela ne se passera pas aussi bien ls autres foiscarcontrairement à nos précédentes croisières, le bateau n'était pas trop omnibusje pense qu'au moins 80% des passagers embarquaient à Point à Pitre et lors de notre passage la semaine d'après, le^passage "de douane " était le même pour ceux en transit et les nouveaux arrivant ! du coup il y avait un bordel monstrueux la aux niveau des portiques, pour les nouveaux, il fallait vérifier une fois de plus les papiers d'embarquement, déballer tous les bagages à mains, ouvrir les ordi appareil photo etc...je vous explique pas le bordel ça rouspétait sec, du coup, une personnes à compris au bout d'un moment et a créé une file pour les passagers en transit pour qu'ils passent plus rapidement... bref enfin à bord !! nous allons de suite dans la cabine ! 6463 ... voyageant souvent en samsara, nous avons l'habitude d'être sur l'avant du navire, pour une fois, j'avais envie d'être sur le sillage arrière me disant que cela doit être sympas bon la chambre est l'exacte réplique des autres sur le bateau, je me precipite donc sur mon balcon ! première surprise il est plus grand !! plus profond, les vitres (du balcon) sont inclinées ce qui rajoute en profondeur .. 2 eme surprise et pas agréable, sur les 2 vitres du balcon, une est sale pleine de traces et l'autre, carrément immonde !!des trainées colées dégueu la rende quasi opaque, de plus comme nous nous en rendrons compte plus tard, tout ce qui est balancé du pont 10 arrive directement au pont 6 car seul celui ci dépasse, contrairement aux 7 et 8 qui sont dans le prolongement de l'inclinaison du bateau...heu je ne suis pas très claire la.... en un mot si au pont 10 vous regardez vers le bas, vous ne verrez pas que le pont 6 dont le balcon dépasse par rapport aux 7 et 8 du coup manque d'intimité totale!! et oui si on veut se balader en petite tenue sur le balcon !!!et donc on ramasse aussi tout ! donc régulièrement le matin je ramassais mégots, décos de verre noyaux de dattes etc etc !!! d'habitude en croisière, nous avons toujours une fois un petit papier pour nous indiquer le nettoyage des balcons, la en 15 jours rien !! nous resterons toute la croisière avec notre vitre dégueu..pourtant presque tous les jours, les fenêtres d'en dessous (salon restau ) sont passées au jet + raclette ..... bref les bagages arrivent ..Lee notre cabinier vient se présenter, puis revient 10 min après il avait oublié de mettre les "chaussons" avec les peignoirs.... j'irai le voir quelque instant plus tard, le distributeur de savon dans la douche est vide...puis encore un peu plus tard car je n'ai pas de fiche pour le petit déj...à force de lui demander tous les jours, je finissais par lui prendre directement sur son chariot...comme les serviettes bleues ... nous descendons manger, nous avons une table de 2 sans avoir rien demandé.. nous commandons comme d'habitude un forfait boy and girl et un forfait vin... qui ont pris une sacré claque au niveau du prix !! (comme le all exclusive d'ailleurs qui était de 19euros 50 par jour et par pers, qui est ensuite monté à 23 euros, pour maintenant être à 25 euros !!une anarque totale obligé de le prendre même le jour du débarquement ! comme ça si vous débarquez à 8 heures du mat, 50 euros dans la poche direct pour costa !!et même pas valable sur le mini bar !!)bref... le service au restaurant.....long ...long... en fait ce qui est pénible, c'est que quelque soit le nombre de plats que vous mangez, ce sera la même vitesse ...les serveurs se "calent" sur la table la plus longue...et bingo, sur notre rang, une table d'allemand, mangeaient tous les soirs, 2 entrées, un plat de pates2plats, fromages et 1 ou 2 desserts !!! sisi véridiques !! bien sur ils en laissaient la moitié, mais j'en étais écœurée de voir toute cette nourriture passer !! donc moi qui ne prends qu'une entrée, 1 plat et un dessert, je ne vous explique pas l'attente ....j'en arrivais à prendre des pates rien que pour avoir l'impression de moins attendre ... bon après manger nous remontons dans la cabine, pour nous reposer dites vous ? et bien non 23h15 rendez vous sur le pont 3 gilets de sauvetage autour du coup à faire les gignols... il est plus de 4 heures du matin heure de la maison, cela va faire bientôt 24 heures que nous sommes debouts, et il faut encore se prêter à l'exercice .....demain c'est une journée de pleine mer, mais non il faut le faire ce soir impérativement, ...(d'autant plus que le bateau n'appareille que demain matin...) c'est donc épuisés que nous allons nous coucher... aaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhh qu'est ce que c'est que ça !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! en rentrant dans la cabine j'ai des sueurs froides !!!!!!! je me suis fait avoir comme une débutante !!!!!!!!!!!!!!!!! moi la phobique du bruit !! qui ne supporte pas le tic tac d'une montre, qui à chaque fois qui choisis une cabine, ne prend jamais au pont 8 pour éviter le bruit des piscines, ou du self... j'ai juste oublié de regarder EN DESSOUS !!! ou plutôt j'ai cru que c'était le restaurant !!! au bout de la 10 eme croisière je n'ai pas encore compris, que le restaurant est au pont 3 et 4 et qu'entre les ponts 4 et 6 ben il y a le 5 !!!! bon a ma décharge, rappelez vous que je vous ai dit que je voyageais souvent à l'avant, et comme je ne fréquente pas les bars des bateaux.... bref sur le fortuna, il y a au pont 5 le salon leonardo di Vinci !! un beau salon ou les animations commencent à 23 h15, et qui même quand il n'y a pas d'animation met la musique bien fort pour 1 ou 2 clients...et dont les haut parleurs sont fixés AU PLAFOND !!!!dont un juste sous la cabine !! dont je rentre et la le sol vibre, et j'entend de la musique à fond !!! j'en pleurerai presque !! comment je vais faire pour dormir pendant cette croisière si il y a du bruit comme ça tous les soirs !! bien sur j'irai me plaindre, (j'ai attendu 3 jours quand même) une gentille hôtesse ma gentiment dit qu'elle transmettait le message, qu'ils allaient mettre la musique moins fort, et que l'animatrice gueulera moins fort lors des animations, et tout ça rien que pour moi !!!! qu'elle prenait bien en compte ma demande express de changement de cabine, que cela ne sera pas possible avant la 2 eme semaine en fonction des cabines qui seront vendues à la dernière minute, (c'est sur vaut mieux garder les cabines silencieuses aux personnes qui vont avoir acheté leur croisière en dernière minute à un prix dérisoire, plutôt que déplacer un couple gold pearl, qui a payé sa croisière plein tarif....)effectivement los de la 2eme semaine, on nous appellera tout content pour nous dire que notre demande à été acceptée, et qu'on nous proposait de changer pour une cabine du pont 8 juste en dessous du self ( la ou on se sert en plus !!) devant notre refus, on nous annoncera plus tard que notre demande est rejetée !! et lorsque je demande pourquoi alors qu'il est spécifié sur le catalogue, qu'une cabine prémium dipose d'un emplacement privilégié, et qu'elle est plus chère à la vente, pourquoi on propose des cabines bruyantes on me répond très gentiment que les premium sont placés en haut du navire et que c'est un emplacement privilégié !! (pont 6 c'est pas vraiment en haut..) et qui si j'avais des réclamations à faire, je n'avais qu'a le faire lors du questionnaire de satisfaction !!!! ben voyons... bref je commencerai toutes mes nuits la porte du balcon ouverte , (le bruit de la mer me dérange nettement moins ) avec aux moins 10 nuitsun grillon chantant à tue tête toute la nuit .....et au cours de la nuit quand j'entendais plus la musique je refermais la porte .... voilà pour cette première journée, bon pour être honnête, cette première nuit la musique ne m'a pas trop dérangé j'étais tellement fatiguée que je n'ai pas mis longtemps à m'endormir ...
L'Ouest américain en décembre: les Red Rocks sous la neige English translation pending
Cela faisait plusieurs années que l’on avait envie de partir en hiver pour espérer voir nos paysages de red rocks sous la Neige mais nous n’avions jamais franchi le pas. 2 semaines de fermeture forcée de PSA entre les fêtes de fin d’année nous ont décidés à le faire malgré des prix de billets d’avions prohibitifs. Planifier un itinéraire en Hiver est différent que ce que l’on peut faire en été car on maitrise moins la météo, les températures qui peuvent être très basses et s’aventurer sur les pistes peut être très hasardeux. J’ai donc planifié un itinéraire très classique avec très peu de wilderness. L’hiver comporte tout de même quelques avantages dont
JOUR 1 : Las vegas -> Kanab
Après un vol Paris -> Londres puis Londres Las Vegas (je n’ai jamais eu de siège aussi inconfortable dans un avion long-courrier que chez British airways), nous arrivons à Las Vegas vers 19h sous une température sous les 10° très contrastée avec les plus de 40° qui sont légion en été. Comme toujours, décalage horaire oblige, la nuit sera courte et le lever très matinal pour aller faire les traditionnelles courses au walmart. Par rapport à l’été, les 4 gallons d’eau suffiront à tout le voyage alors qu’en été, un gallon ne fait qu’une journée. Nous finissons les courses vers 8h30 et direction Yant Flat près de Saint George sous un soleil radieux.

La température est très clémente sous le soleil (environ 15°) et permet aisément de pique-niquer dehors avant d’aller explorer une nouvelle fois ce bel endroit. Je suis étonné par la luminosité qui est tout de même assez forte pour un soleil d’hiver car le soleil monte bien plus haut sous ces latitudes en hiver qu’en France. il y a tout de même plus de contraste qu’en été et en plus, aucun moustique ou deer flies et pas besoin de trimballer des litres et des litres d’eau dans le sac à dos.

Il fait tellement bon qu’on tombe la veste chaude d’hiver pour se mettre parfois en tee shirt !!! après 1H30 d’exploration peu approfondies à la recherche entre autre de « water pockets »

nous repartons avec quelques belles photos et nous mettons en route vers Kanab via la route touristique en traversant Zion où nous ne croisons aucun touriste (quel contraste avec l’été). Il y a quelques gouttes de pluie. Nous ne le savons pas encore mais ce seront les seules gouttes du voyage…
Jour 2 : Kanab -> Kanab (Soap Creek)
lever vers 6H en ce deuxième jour car nous avons rendez-vous avec Steeve de Paria Outpost à 8H au Paria Outpost pour passer la journée avec lui et un de ses guides (Dallas) dans le wilderness. Il s’agit d’explorer une zone de SOAP Creek découverte apparemment récemment par Matthias un allemand rencontré en juin dernier qui est déjà allé une bonne vingtaine de fois dans Coyote Buttes South. Sur la House rock valley road, plusieurs miles après le parking de wire pass, nous croisons une jeep cherokee avec 5 chinois croisés la veille au resto. Ils nous demandent où est The wave malgré qu’ils aient une carte détaillée. Nous leur expliquons que non seulement ils ont dépassé le parking de plusieurs miles mais, least but not least, qu’il faut un permis qu’ils n’ont pas. Bref, ils ont à côté de leurs pompes…. Après 2 bonnes heures de piste, nous sommes arrivés à destination et commençons l’exploration et nous ne tardons pas à arriver au premier point d’intérêt qui est une paroi très colorée avec des dominantes pourpres, jaune et rouge de toute beauté et un bonheur pour toute photographe amateur.


Après un piquenique hivernal où nous avons presque trop chaud dans nos vestes d’hiver, plusieurs autres spots seront ensuite explorés avec là aussi des rochers et parois aux couleurs incroyables .



Après quasiment 4h d’exploration où nous avons également revus quelques spots explorés en 2013, nous reprenons la piste et avant de rejoindre la house rock valley road nous voyons sur le bord de la route, 2 personnes qui font de grands signes : ce sont deux polonais qui expliquent être ensablés et offrir une forte somme en cash à qui voudra bien les sortir de là. Steeve les prends en voiture pour aller sur le lieu de l’ensablement et je leur demande où ils comptaient aller. Ils se rendaient à coyote buttes South avec une simple berline 2 roues motrices et me disent que la carte d’indique pas la nécessité d’une 4 roues motrices avec haute garde au sol. Je leur montre leur carte et ils ne peuvent que constater qu’ils ne savent pas la lire car il est bien indiqué que seuls les 3 premiers miles sont praticables en 2WD mais pas la piste qu’ils ont prise….. Steeve les sort du bourbier en quelques secondes et il ne leur demandera pas un $ malgré son agacement devant le nombre grandissant de personnes qui s’aventurent dans ces endroits en dépit du bon sens.
Jour 3 : Kanab -> Page
c’est le 24 décembre et nous ne le savions pas mais nous avons vu la veille sur la porte du BLM de kanab qu’il ferme les 25, 26 , 27 et 28 décembre donc aujourd’hui le tirage de la loterie attribuera les permis sur 5 jours au lieu d’un. Il est fort probable que la plupart des personnes, comme nous, postulent pour le 25 sans avoir anticipé ces 4 jours de fermeture…. Quelle stupeur en tout cas de voir 275 personnes en plein hiver dont 80% de chinois !!! il y a quelques années, il était possible sans problème de réserver des permis en ligne sur le site du BLM pour le mois de janvier. Au total ce sont 82 groupes qui postulent. Les 3 premiers tirages scellent notre sort : 3 groupes de 4 et tous pour le 25 décembre. Postuler pour le 28 aurait j’en suis sur maximisé nos chances mais je ne le saurais jamais. On se consolera en se disant que les prévisions météo sont mauvaises pour le jour de noël. Il serait souhaitable que le BML ne délivre plus de permis pour The wave pendant quelques années histoire de faire un peu oublier cet endroit. Nous avions des permis pour CBS et j’avais envisagé de ré explorer paw hole où nous sommes allés en juin dernier mais Lysiane préfère qu’on aille à Yellow Rock que nous n’avons pas arpenté depuis 2008. Je grossis donc la liste des personnes qui prennent des permis pour CBS et qui n’y vont pas. Je comprends pourquoi on est toujours les seuls quand on y va !!! . La cottonwood road est en excellent Etat. Cela fait drôle de voir la paria river en partie gelée !!! après la montée toujours aussi raide mais maintenant bien tracée et balisée, nous voici à Yellow rock qui est toujours un endroit incroyable et unique.







Après deux heures dans le coin retour vers Page avec stop à Toadstool hoodoos et à Horse shoe bend qui est maintenant envahi de hordes de touristes.

Je me doutais qu’il ne serait pas facile de trouver un restaurant ouvert le 24 au soir mais de là à fermer tous vers 19h , je ne le pensais pas. On s’oriente donc vers un diner de réveillon dans la chambre avec de la nourriture améliorée : le problème est que contrairement à la France ou les hypermarchés regorgent de mets améliorés pour les fêtes, là il n’y a absolument rien de plus dans les rayons. Tout juste arriveront nous à trouver un peu de saumon fumé sauvage d’Alaska et une bouteille de mousseux californien pour marquer le coup et improviser un diner sur la valise en guise de table.
Jour 4 : Page -> South Rim Grand Canyon
En ce jour de Noel, nous espérons avoir de la Neige dans le Grand canyon. Je n’avais pas spécialement prévu initialement de passer dans le Grand Canyon mais je me suis dit que si nous voulions voir des paysages enneigés, le Grand Canyon serait un des endroits où nous étions quasiment sur d’en avoir. Arrivés sur la desert view road, le premier stop montre que le climat à brusquement changé avec une chute importante des températures et qu’il est temps d’expérimenter nos vêtements d’hiver qui semblent au premier abord très efficaces.



Le long de la route, nous essuyons une mini tempête de neige qui nous donne des points de vues intéressants mais n’en fait pas pour autant des paysages hivernaux typiques dans le grand canyon.

Par contre les routes elles sont très typées hiver et à un moment plusieurs voitures sont arrêtées devant nous, l’une d’elles a quitté la route et a fini sa course dans un arbre, l’une ne peut avancer et même le chasse neige se met en travers de la route. Tout est verglacé mais bizarrement nous passons sans encombre.
Je n’avais pas spécialement fait attention mais les infrastructures (restaurants, hotels…) sont fermées du 30/11 )à fin février et ne rouvrent que du 23/12 au 31/12. Ceci explique sans doute le nombre important de touristes en cette période courte de réouverture. L’après-midi sera consacrée à une marche le long de la rim sur hermit rest road entre Bright Angel et Mohave point, soit environ 10km et une température vivifiante !!!.


Certains passages nécessitent de mettre les crampons (il ne s’agit pas de faire un écart et de tomber de la rim !!!) car totalement verglacés mais les paysages sont magnifiques, sans le voile de chaleur caractéristique en été et avec de beaux nuages.


Jour 5 : Grand Canyon South Rim
le ciel est bien dégagé ce matin et il fait -12° , idéal pour un beau lever de soleil sur Mather Point. C’est mon troisième : un en juin, un en octobre et un en décembre. Ce dernier à ma préférence avec des ambiances et couleurs plus marquées.


Après un retour à Yavapai lodge pour prendre le petit dej dans la chambre, la fin de la matinée sera consacrée à une petite marche le long de la rim entre Mather point et Verkamp. L’après-midi , nous prenons l’option de marcher sur la Hermit rest entre pima point et Hermit rest (qui nous rappelle de mauvais souvenirs en 2006 où la chaleur nous avait terrassés dans la montée depuis dripping spring). Route ensuite vers un de mes points de vue préférés dans le Grand canyon : Shoshone Point.

Non seulement le point de vue est magnifique mais en plus c’est le seul dont le parking en sous bois n’est pas indiqué par une pancarte. Conséquence, on y est souvent seul à contempler le paysage.
les derniers rayons de soleil seront consacrés à Yavapai point
Jour 6 : Grand Canyon South Rim -> Monument valley
la température à encore baissé pour atteindre -15° . Je n’avais pas pensé à sortir les boissons de la voiture du coup tout a gelé à part l’alcool !!! par ce froid heureusement très sec donc parfaitement supportable, il convient de bouger un peu donc ce matin ce sera quelques km A/R entre south kaibab et mather point où quelques cerfs cherchent de la nourriture en bordure et contrebas de la rim. En fin de matinée, il est temps de quitter le grand canyon et de faire route vers Monument Valley où je serais très étonné d’avoir de la neige vu la situation dans le Grand canyon. Sur la route nous verrons quelques traces du côté de Tsegi canyon mais rien à Monument Valley. Les températures sont assez basses mais il n’y a pas un nuage dans le ciel et le sol montre qu’il n’y a pas eu beaucoup de précipitations ces dernières semaines car c’est très sec. Malgré de nombreux stops dans le passé à Monument Valley je n’avais jamais fait attention à la présence de Wild cat trail, une petite randonnée de 3.5 miles qui fait le tour de West Mitten butte.


En fin d’après-midi, les paysages sont très beaux et nous terminerons juste à temps pour le coucher de soleil sur le parking.


Photographiquement parlant, je trouve les photos plus belles en octobre car il y a trop d’ombre fin décembre. Pour la première fois, nous dormirons à The View hotel dont les tarifs sont abordables en Hiver et il faut le reconnaitre, les chambres sont d’un excellent niveau, la déco navajo de très bon gout et la vue imprenable même si on a pas trop l’occasion de prendre l’apéro sur le balcon en hiver….
Jour 7 : Monument Valley -> Moab
lever matinal pour départ à 6h00 car j’ai prévu un photo sunrise tour avec un guide navajo. Mais ce matin Lysiane ne trouve pas son bonnet -> il est probablement tombé sur le parking la veille quand j’ai vidé la voiture. J’ai un bandeau de secours mais le vent est glacial et il va falloir que je me fasse pardonner car attendre le lever de soleil au froid sans bouger n’est pas vraiment sa cup of tea. On arrive un spot intéressant pour attendre le soleil après avoir fait quelques photos de nuit à Totem Pole.

Après de longues minutes d’attente dans le froid, le soleil arrive enfin pour nous réchauffer un peu et nous offrir un joli spectacle.


Au final nous sommes allés aux même spots qu’en octobre 2008 mais au lever de soleil au lieu du coucher ce qui complète bien les ambiances certains spots étant à l’ombre le soir et éclairés le matin et vice versa.


Après cette escapade de quasiment 4h, route vers Cedar Mesa où je me dis que le surcroit d’altitude par rapport à Monument Valley peut sans doute nous apporter un peu de neige.
Je n’avais pas prévu de passer par Natural Bridges, mais l’option va s’avérer payante car au fur et à mesure de notre progression les paysages se parent d’une fine couche de neige et à l’arrivée dans le parc, le spectacle est au rendez-vous avec la roche parsemée de neige.
Crampons obligatoire pour descendre au pied des 3 ponts naturels en commencant par Sipapu Bridge


puis Kachina


et enfin Owachromo Bridge en toute fin de journée.


La route vers Moab me fera redoubler de vigilance car de nombreux cerfs traversent les routes et obligent souvent à freiner au dernier moment (un panneau lumineux nous indique même qu’il y a eu durant l’année 448 collisions !!!). Pour la première fois à Moab nous logerons dans un best western qui coute moitié prix en cette saison et avec un petit déjeuner première classe….
Jour 8 : Moab
A notre arrivée la veille il n’y avait pas de neige à Moab mais à mon réveil je découvre avec bonheur que 5cm sont tombés pendant la nuit : on va pouvoir voir des arches sous la neige. Après un petit déjeuner gargantuesque (les muffins chocolat cannelle sont à tomber), route vers Arches où nous sommes quasiment les premiers à ouvrir la route qui n’est pas déneigée mais qui ne nécessite pas de Chaines. Nous roulons tout de même au pas car c’est très glissant. Je croise un cabriolet BMW Z3 M : 321ch sur les routes arrières sous la neige -> je préfère être dans mon 4X4 !!! premier stop à Park Avenue avec un ambiance très hivernale et un silence caractéristique due au manteau neigeux.

Deuxième stop aux windows où j’essaye d’accéder à mon spot habituel pour prendre turret arch à travers South window.

C’est très glissant et je ne veux pas prendre de risque donc je m’arrête avant le spot. C’est moins bien cadré mais mieux que rien. Je suis étonné du monde qu’il y a déjà en cette période. Troisième stop à Skyline arch puis direction Devil’s garden où le parking est déjà quasiment plein. Les journées étant courtes, nous décidons de ne pas aller jusque double o arch et de faire juste Landscape

, tunnel

et pine tree arch. De retour au parking le ciel s’éclaircie et le soleil commence à faire son apparition. C’est le moment d’aller à Delicate Arch pendant qu’il y a du soleil et tant pis si c’est le milieu de la journée. A notre grande surprise, le parking est quasiment aussi plein qu’en plein été !!! le versant de slickrock est exposé sud donc il n’y a aucun problème d’adhérence car la neige a quasiment entièrement fondue. Seule la partie finale toujours à l’ombre est totalement verglacée et demande beaucoup de vigilance. Arrivés à destination, quel spectacle (si on fait abstraction du monde) magnifique avec le slickrock parsemé de neige même si l’exposition n’est pas bonne.


En fait en Hiver mieux vaut s’y rendre en début de matinée car tout l’après-midi le soleil est de face/côté et n’éclaire par l’arche de façon optimale. Nous nous disons qu’on reviendra le surlendemain matin en partant de Moab mais au final, la météo ne sera pas bonne cette matinée là et nous ne reverrons pas Delicate arch sous la Neige et le soleil. De retour à la voiture, petit stop au point de vue distant de l’autre côté de l’arche et le contraste est saisissant car il n’y a pas une seule trace de neige. Nous terminerons la journée en faisant quelques stops sur la route

+ retour dans les windows où j’espérais un rayon de soleil au coucher mais celui-ci ne s’est pas remontré.


Jour 9 : Moab
la neige tombée la nuit précédente à déjà quasiment entièrement fondu mais j’espère tout de même des paysages enneigés dans Canyonlands vu l’altitude un peu plus élevée que Arches. Le ciel est plombé et la route peu dégagée et verglacée, j’aperçois une éclaircie. Je dois faire un choix -> je prends la route qui mène à Dead Horse Point. Il fait -12° avec du blizzard mais quel spectacle de dead horse point saupoudré de neige et avec un rayon de soleil.

J’avais prévu de retourner à Marlboro Point mais la piste est très glissante et un véhicule est déjà dans le fossé donc je ne préfère pas courir de risque et nous nous dirigeons donc vers du « classique « dans Canyonlands. Après un stop à Shafer Canyon qui permet de voir la shafer trail en contrebas recouverte de neige,

Le ciel se recouvre ensuite pour la journée (et oui nous sommes en hiver) . Après un stop a Mesa arch,

petit pique Nique par -12° mais sans blizzard cette fois, nous ferons ensuite les deux petites randos de White rim et grand view sous un temps typiquement hivernal qui tranche avec le fond des canyons qui ne sont pas enneigés.


Nous passerons la soirée chez nos amis Dave et Kay autour d’un excellent diner et de bons vins.
Jour 10 : Moab -> Bryce Canyon
Les prévisions météos sont mauvaises notamment sur les routes touristiques US24 et 12. Je me disais que la partie entre Torrey et Escalante serait compliquée à cause du col à plus de 3000m mais là plus de 30cm de neige sont prévus en plaine donc je renonce à prendre la route « classique » et nous nous rabattons donc sur l’interstate après après avoir fait un stop chez O’Reilly pour acheter une paire de chaine car certaines portions de route pour accéder à Bryce sont indiquées en Chaine conseillée. Je ne veux pas prendre le risque de rester en plan avec Bryce à portée de main…. Sur l’autoroute certaines portions peu dégagées laissent craindre le pire mais au final en étant prudent il n’y aura pas de problème.

Pour la première fois depuis 2000 nous trouvons de l’essence à moins de 2$ le gallon !!! sur les derniers miles, comme indiqués sur accuweather.com, la neige tombe à gros flocons. Le stop au visitor center de Bryce permet d’acheter deux paires de batons de randonnée et des chaines pour les chaussures, très pratiques pour la neige tassée et le verglas. Nous ne ferons qu’un stop à Sunset point avec un paysage magnifique même si le ciel est rempli de neige et près de 40cm au sol.


Nous sommes le 31/12 et le resto de l’hotel ferme à 19h car une fête est prévue pour le réveillon : fin prévue à 21h et pas d’alcool !!! très peu pour nous. On se fera en une semaine notre deuxième réveillon dans la chambre en matant des séries (j’ai eu bien fais de prendre un cable HDMI pour brancher le PC portable aux flat screens des hôtels).
Jour 11 : nous sommes le 1er jour de l’année et il va être inoubliable. Il a neigé 20cm dans la nuit et accuweather annonce une météo ensoleillée à partir de 11h. à 8h il neige encore un peu et le ciel est plombé. Les routes sont très glissantes et la route qui mène à Inspiration et Bryce point est fermée. Seuls Sunrise et Sunset Point sont accessibles. Nous nous préparons pour affronter ces conditions rudes avec nos chaines, nos guêtres et bâtons de randonnée. Nous commençons par descendre quelques centaines de m dans queen’s garden mais la progression est très difficile avec plus de 70cm de neige et un sentier qu’on a du mal à reconnaitre. On renonce à aller plus loin. En remontant on croise un ranger qui part ouvrir le sentier en ski de randonnée vers inspiration point. On va le suivre et force est de constater que le rythme auquel on progresse est loin d’égaler notre rythme en été.


Les 70cm de neige en montée quasi constante font que l’on va mettre quasiment une heure à faire un gros km mais quel plaisir d’être quasiment seuls avec la nature. A l’arrivé à Inspiration point le blizzard souffle et commence à dégager les nuages.



Il est quasiment 11h et accuwaeather avait raison :le temps neigeux va laisser petit à petit place au soleil entrecoupé de nuages puis à un franc soleil. Le retour vers Sunset Point sera plus aisé en descente et le paysage est tellement grandiose qu’on a enchainer jusqu’à sunrise point



puis faire la queens garden






et remonter par Navajo loop . devant tant de beauté, il est difficile de ne pas shooter tous les 50m…. Après ces quelques 5h de marche dans la neige, petite pause déjeuner au subway le long de la route (tout est fermé dans le parc en Hiver) avant de retourner pour la fin de l’après midi à Inspiration point (car la route a été dégagée et ré ouverte), Bryce Point que l’on ne peut admirer que de loin car il est trop dangereux de descendre au point de vue

puis enfin sunset point pour le coucher de soleil qui plonge rapidement le canyon dans l’ombre.


De manière certaine nous avons passé le meilleur 1er janvier de notre vie et il sera difficile de faire mieux…..
Jour 12 : initialement j’avais prévu que l’on parte sur Las Vegas mais vu la météo prévue ce jour avec un grand soleil, il est impensable de ne pas profiter un maximum de Bryce canyon et tenter la peekeboo loop sous la Neige. Par conséquent nous ferons un stop à Springdale ce soir ce qui raccourcira le temps de route. L’avantage de l’hiver c’est qu’il n’est pas nécessaire de se lever à 4h30 le matin pour admirer un lever de soleil. Là, être sur place à 7h45 suffit. Ce matin, j’espère un lever de soleil magistral. Le temps est très sec mais aussi très froid : ce sera le record du voyage avec -23°c . Après que le soleil se soit levé sur Sunrise Point,

direction Sunset point car selon moi les plus belles photos sont faites quelques dizaines de m sur la rim en allant vers Sunrise Point. C’est une splendeur que ces hoodoos à peine éclairés et parsemés de neige.



Le temps est splendide, et nous nous aventurons sur Navajo loop pour se diriger vers Peekaboo loop que je pense être très peu empruntée à cette période

et en effet, peu après le début de la loop, les traces dans la neige bifurquent à droite ce qui ne me semble pas logique. Nous les suivons quand même mais nous nous apercevons vite que nous faisons fausse route, ce que confirme le GPS. De retour sur le bon sentier, il s’avère que nous ouvrons la trace puisque les quelques personnes qui s’y sont aventuré se sont toutes trompées. La peekaboo loop est déjà fatiguante en été mais avec 60cm de neige et en ouvrant la trace c’est tout autre chose mais c’est encore mieux de se sentir seul foulant la neige immaculée dans un silence que seul le crissement de la neige vient troubler. Comme la veille, je m’arrête toutes les 5 minutes pour shooter car force est de reconnaitre, c’est un avis personnel, que c’est encore plus photogénique qu’en été.




Au final, nous mettrons plus de 4 heures pour faire la boucle de Navajo et Peekaboo loop et encore une fois plein d’images qui resteront gravées dans notre mémoire. Lorsque nous arrivons par l’entrée Est de Zion, de nouveau, la neige fait son apparition
ainsi que le verglas sur la route et il faut redoubler de prudence sur les parties de route à l’ombre. Il est trop tard pour prévoir de faire une randonnée dans Zion donc je fais plutôt des stops réguliers sur la route pour prendre quelques photos.


Le la Quinta INN de Springdale , notre hôtel pour le soir (superbement décoré de magnifiques photo panoramique d’un photographe local) est idéalement placé pour admirer le soleil qui se couche.




Le problème en hiver le soir est que beaucoup de restaurants sont fermés et donc il y a souvent de l’attente à l’entrée des rares qui sont ouverts. Il faut donc souvent s’armer de patience….
Jour 13 : Après un très bon et copieux petit déjeuner (cela change des petits dej en été dans la chambre car nous avons rarement des hôtels avec peti dej inclus), nous nous mettons rapidement en route vers la Valley of Fire, lieu de nos explorations à venir. Après 2 grosses heures de route, nous voici arrivé et quel contraste de température avec l’été où c’est souvent la fournaise. Là il ne fait que quelques degrés !!! après un petit tour d’échauffement dans les Whites Domes et Pique-Nique sur l’aire du parking, nous allons du côté de Fire Canyon pour explorer un peu,

puis vers Crazy hill,


Thunderstorm arch

et une zone très colorée en bordure de route.



Il y a des tas d’endroits que l’on repère de la voiture qui valent probablement le coup d’explorer mais c’est devenu difficile de se garer n’importe où pour explorer où bon nous semble car il y a beaucoup de pierres positionnés par les ranger pour empêcher les gens de se gare n’importe où. Nous irons ensuite à Fire Wave où il y a beaucoup de monde alors que quelques années en arrière, peu de monde connaissait cet endroit.
Nous terminerons la journée en retournant à Crazy hill qui n’est plus baignée par le soleil et qui révèle autrement sa palette de couleurs.


C’est sans conteste pour nous le plus beau des state parks de part ses couleurs incroyables et le nombre d’arches (même si certaines n’ont pas cette dénomination vue leur taille). Nous reprenons la route vers Vegas (où il a neigé quelques jours auparavant, la première fois depuis 14 ans !!! ), au son de Sin City de AC/DC que je m’entraine de temps en temps à jouer sur ma guitare électrique. Après un bon repas dans notre cantine locale, le mediterranean cafe dans Fremont Street, nous ne passerons que peu de temps sur le Strip juste le temps d’assister à l’éruption volcanique carton pâte du Mirage.

Le lendemain matin nous survolerons le grand canyon et Monument valley qui sont sous la neige mais ne regrettons rien : nous étions venu pour voir des paysages enneigés et nous avons eu le plus beau d’entre eux à mon avis en Hiver, Bryce Canyon qui restera notre plus beau souvenir. C’est sûr, si l’avenir nous le permet, nous reviendrons en Hiver….
JOUR 1 : Las vegas -> Kanab
Après un vol Paris -> Londres puis Londres Las Vegas (je n’ai jamais eu de siège aussi inconfortable dans un avion long-courrier que chez British airways), nous arrivons à Las Vegas vers 19h sous une température sous les 10° très contrastée avec les plus de 40° qui sont légion en été. Comme toujours, décalage horaire oblige, la nuit sera courte et le lever très matinal pour aller faire les traditionnelles courses au walmart. Par rapport à l’été, les 4 gallons d’eau suffiront à tout le voyage alors qu’en été, un gallon ne fait qu’une journée. Nous finissons les courses vers 8h30 et direction Yant Flat près de Saint George sous un soleil radieux.

La température est très clémente sous le soleil (environ 15°) et permet aisément de pique-niquer dehors avant d’aller explorer une nouvelle fois ce bel endroit. Je suis étonné par la luminosité qui est tout de même assez forte pour un soleil d’hiver car le soleil monte bien plus haut sous ces latitudes en hiver qu’en France. il y a tout de même plus de contraste qu’en été et en plus, aucun moustique ou deer flies et pas besoin de trimballer des litres et des litres d’eau dans le sac à dos.

Il fait tellement bon qu’on tombe la veste chaude d’hiver pour se mettre parfois en tee shirt !!! après 1H30 d’exploration peu approfondies à la recherche entre autre de « water pockets »

nous repartons avec quelques belles photos et nous mettons en route vers Kanab via la route touristique en traversant Zion où nous ne croisons aucun touriste (quel contraste avec l’été). Il y a quelques gouttes de pluie. Nous ne le savons pas encore mais ce seront les seules gouttes du voyage…
Jour 2 : Kanab -> Kanab (Soap Creek)
lever vers 6H en ce deuxième jour car nous avons rendez-vous avec Steeve de Paria Outpost à 8H au Paria Outpost pour passer la journée avec lui et un de ses guides (Dallas) dans le wilderness. Il s’agit d’explorer une zone de SOAP Creek découverte apparemment récemment par Matthias un allemand rencontré en juin dernier qui est déjà allé une bonne vingtaine de fois dans Coyote Buttes South. Sur la House rock valley road, plusieurs miles après le parking de wire pass, nous croisons une jeep cherokee avec 5 chinois croisés la veille au resto. Ils nous demandent où est The wave malgré qu’ils aient une carte détaillée. Nous leur expliquons que non seulement ils ont dépassé le parking de plusieurs miles mais, least but not least, qu’il faut un permis qu’ils n’ont pas. Bref, ils ont à côté de leurs pompes…. Après 2 bonnes heures de piste, nous sommes arrivés à destination et commençons l’exploration et nous ne tardons pas à arriver au premier point d’intérêt qui est une paroi très colorée avec des dominantes pourpres, jaune et rouge de toute beauté et un bonheur pour toute photographe amateur.


Après un piquenique hivernal où nous avons presque trop chaud dans nos vestes d’hiver, plusieurs autres spots seront ensuite explorés avec là aussi des rochers et parois aux couleurs incroyables .



Après quasiment 4h d’exploration où nous avons également revus quelques spots explorés en 2013, nous reprenons la piste et avant de rejoindre la house rock valley road nous voyons sur le bord de la route, 2 personnes qui font de grands signes : ce sont deux polonais qui expliquent être ensablés et offrir une forte somme en cash à qui voudra bien les sortir de là. Steeve les prends en voiture pour aller sur le lieu de l’ensablement et je leur demande où ils comptaient aller. Ils se rendaient à coyote buttes South avec une simple berline 2 roues motrices et me disent que la carte d’indique pas la nécessité d’une 4 roues motrices avec haute garde au sol. Je leur montre leur carte et ils ne peuvent que constater qu’ils ne savent pas la lire car il est bien indiqué que seuls les 3 premiers miles sont praticables en 2WD mais pas la piste qu’ils ont prise….. Steeve les sort du bourbier en quelques secondes et il ne leur demandera pas un $ malgré son agacement devant le nombre grandissant de personnes qui s’aventurent dans ces endroits en dépit du bon sens.
Jour 3 : Kanab -> Page
c’est le 24 décembre et nous ne le savions pas mais nous avons vu la veille sur la porte du BLM de kanab qu’il ferme les 25, 26 , 27 et 28 décembre donc aujourd’hui le tirage de la loterie attribuera les permis sur 5 jours au lieu d’un. Il est fort probable que la plupart des personnes, comme nous, postulent pour le 25 sans avoir anticipé ces 4 jours de fermeture…. Quelle stupeur en tout cas de voir 275 personnes en plein hiver dont 80% de chinois !!! il y a quelques années, il était possible sans problème de réserver des permis en ligne sur le site du BLM pour le mois de janvier. Au total ce sont 82 groupes qui postulent. Les 3 premiers tirages scellent notre sort : 3 groupes de 4 et tous pour le 25 décembre. Postuler pour le 28 aurait j’en suis sur maximisé nos chances mais je ne le saurais jamais. On se consolera en se disant que les prévisions météo sont mauvaises pour le jour de noël. Il serait souhaitable que le BML ne délivre plus de permis pour The wave pendant quelques années histoire de faire un peu oublier cet endroit. Nous avions des permis pour CBS et j’avais envisagé de ré explorer paw hole où nous sommes allés en juin dernier mais Lysiane préfère qu’on aille à Yellow Rock que nous n’avons pas arpenté depuis 2008. Je grossis donc la liste des personnes qui prennent des permis pour CBS et qui n’y vont pas. Je comprends pourquoi on est toujours les seuls quand on y va !!! . La cottonwood road est en excellent Etat. Cela fait drôle de voir la paria river en partie gelée !!! après la montée toujours aussi raide mais maintenant bien tracée et balisée, nous voici à Yellow rock qui est toujours un endroit incroyable et unique.







Après deux heures dans le coin retour vers Page avec stop à Toadstool hoodoos et à Horse shoe bend qui est maintenant envahi de hordes de touristes.

Je me doutais qu’il ne serait pas facile de trouver un restaurant ouvert le 24 au soir mais de là à fermer tous vers 19h , je ne le pensais pas. On s’oriente donc vers un diner de réveillon dans la chambre avec de la nourriture améliorée : le problème est que contrairement à la France ou les hypermarchés regorgent de mets améliorés pour les fêtes, là il n’y a absolument rien de plus dans les rayons. Tout juste arriveront nous à trouver un peu de saumon fumé sauvage d’Alaska et une bouteille de mousseux californien pour marquer le coup et improviser un diner sur la valise en guise de table.
Jour 4 : Page -> South Rim Grand Canyon
En ce jour de Noel, nous espérons avoir de la Neige dans le Grand canyon. Je n’avais pas spécialement prévu initialement de passer dans le Grand Canyon mais je me suis dit que si nous voulions voir des paysages enneigés, le Grand Canyon serait un des endroits où nous étions quasiment sur d’en avoir. Arrivés sur la desert view road, le premier stop montre que le climat à brusquement changé avec une chute importante des températures et qu’il est temps d’expérimenter nos vêtements d’hiver qui semblent au premier abord très efficaces.



Le long de la route, nous essuyons une mini tempête de neige qui nous donne des points de vues intéressants mais n’en fait pas pour autant des paysages hivernaux typiques dans le grand canyon.

Par contre les routes elles sont très typées hiver et à un moment plusieurs voitures sont arrêtées devant nous, l’une d’elles a quitté la route et a fini sa course dans un arbre, l’une ne peut avancer et même le chasse neige se met en travers de la route. Tout est verglacé mais bizarrement nous passons sans encombre.
Je n’avais pas spécialement fait attention mais les infrastructures (restaurants, hotels…) sont fermées du 30/11 )à fin février et ne rouvrent que du 23/12 au 31/12. Ceci explique sans doute le nombre important de touristes en cette période courte de réouverture. L’après-midi sera consacrée à une marche le long de la rim sur hermit rest road entre Bright Angel et Mohave point, soit environ 10km et une température vivifiante !!!.


Certains passages nécessitent de mettre les crampons (il ne s’agit pas de faire un écart et de tomber de la rim !!!) car totalement verglacés mais les paysages sont magnifiques, sans le voile de chaleur caractéristique en été et avec de beaux nuages.


Jour 5 : Grand Canyon South Rim
le ciel est bien dégagé ce matin et il fait -12° , idéal pour un beau lever de soleil sur Mather Point. C’est mon troisième : un en juin, un en octobre et un en décembre. Ce dernier à ma préférence avec des ambiances et couleurs plus marquées.


Après un retour à Yavapai lodge pour prendre le petit dej dans la chambre, la fin de la matinée sera consacrée à une petite marche le long de la rim entre Mather point et Verkamp. L’après-midi , nous prenons l’option de marcher sur la Hermit rest entre pima point et Hermit rest (qui nous rappelle de mauvais souvenirs en 2006 où la chaleur nous avait terrassés dans la montée depuis dripping spring). Route ensuite vers un de mes points de vue préférés dans le Grand canyon : Shoshone Point.

Non seulement le point de vue est magnifique mais en plus c’est le seul dont le parking en sous bois n’est pas indiqué par une pancarte. Conséquence, on y est souvent seul à contempler le paysage.
les derniers rayons de soleil seront consacrés à Yavapai point

Jour 6 : Grand Canyon South Rim -> Monument valley
la température à encore baissé pour atteindre -15° . Je n’avais pas pensé à sortir les boissons de la voiture du coup tout a gelé à part l’alcool !!! par ce froid heureusement très sec donc parfaitement supportable, il convient de bouger un peu donc ce matin ce sera quelques km A/R entre south kaibab et mather point où quelques cerfs cherchent de la nourriture en bordure et contrebas de la rim. En fin de matinée, il est temps de quitter le grand canyon et de faire route vers Monument Valley où je serais très étonné d’avoir de la neige vu la situation dans le Grand canyon. Sur la route nous verrons quelques traces du côté de Tsegi canyon mais rien à Monument Valley. Les températures sont assez basses mais il n’y a pas un nuage dans le ciel et le sol montre qu’il n’y a pas eu beaucoup de précipitations ces dernières semaines car c’est très sec. Malgré de nombreux stops dans le passé à Monument Valley je n’avais jamais fait attention à la présence de Wild cat trail, une petite randonnée de 3.5 miles qui fait le tour de West Mitten butte.


En fin d’après-midi, les paysages sont très beaux et nous terminerons juste à temps pour le coucher de soleil sur le parking.


Photographiquement parlant, je trouve les photos plus belles en octobre car il y a trop d’ombre fin décembre. Pour la première fois, nous dormirons à The View hotel dont les tarifs sont abordables en Hiver et il faut le reconnaitre, les chambres sont d’un excellent niveau, la déco navajo de très bon gout et la vue imprenable même si on a pas trop l’occasion de prendre l’apéro sur le balcon en hiver….
Jour 7 : Monument Valley -> Moab
lever matinal pour départ à 6h00 car j’ai prévu un photo sunrise tour avec un guide navajo. Mais ce matin Lysiane ne trouve pas son bonnet -> il est probablement tombé sur le parking la veille quand j’ai vidé la voiture. J’ai un bandeau de secours mais le vent est glacial et il va falloir que je me fasse pardonner car attendre le lever de soleil au froid sans bouger n’est pas vraiment sa cup of tea. On arrive un spot intéressant pour attendre le soleil après avoir fait quelques photos de nuit à Totem Pole.

Après de longues minutes d’attente dans le froid, le soleil arrive enfin pour nous réchauffer un peu et nous offrir un joli spectacle.


Au final nous sommes allés aux même spots qu’en octobre 2008 mais au lever de soleil au lieu du coucher ce qui complète bien les ambiances certains spots étant à l’ombre le soir et éclairés le matin et vice versa.


Après cette escapade de quasiment 4h, route vers Cedar Mesa où je me dis que le surcroit d’altitude par rapport à Monument Valley peut sans doute nous apporter un peu de neige.
Je n’avais pas prévu de passer par Natural Bridges, mais l’option va s’avérer payante car au fur et à mesure de notre progression les paysages se parent d’une fine couche de neige et à l’arrivée dans le parc, le spectacle est au rendez-vous avec la roche parsemée de neige.
Crampons obligatoire pour descendre au pied des 3 ponts naturels en commencant par Sipapu Bridge


puis Kachina


et enfin Owachromo Bridge en toute fin de journée.


La route vers Moab me fera redoubler de vigilance car de nombreux cerfs traversent les routes et obligent souvent à freiner au dernier moment (un panneau lumineux nous indique même qu’il y a eu durant l’année 448 collisions !!!). Pour la première fois à Moab nous logerons dans un best western qui coute moitié prix en cette saison et avec un petit déjeuner première classe….
Jour 8 : Moab
A notre arrivée la veille il n’y avait pas de neige à Moab mais à mon réveil je découvre avec bonheur que 5cm sont tombés pendant la nuit : on va pouvoir voir des arches sous la neige. Après un petit déjeuner gargantuesque (les muffins chocolat cannelle sont à tomber), route vers Arches où nous sommes quasiment les premiers à ouvrir la route qui n’est pas déneigée mais qui ne nécessite pas de Chaines. Nous roulons tout de même au pas car c’est très glissant. Je croise un cabriolet BMW Z3 M : 321ch sur les routes arrières sous la neige -> je préfère être dans mon 4X4 !!! premier stop à Park Avenue avec un ambiance très hivernale et un silence caractéristique due au manteau neigeux.

Deuxième stop aux windows où j’essaye d’accéder à mon spot habituel pour prendre turret arch à travers South window.

C’est très glissant et je ne veux pas prendre de risque donc je m’arrête avant le spot. C’est moins bien cadré mais mieux que rien. Je suis étonné du monde qu’il y a déjà en cette période. Troisième stop à Skyline arch puis direction Devil’s garden où le parking est déjà quasiment plein. Les journées étant courtes, nous décidons de ne pas aller jusque double o arch et de faire juste Landscape

, tunnel

et pine tree arch. De retour au parking le ciel s’éclaircie et le soleil commence à faire son apparition. C’est le moment d’aller à Delicate Arch pendant qu’il y a du soleil et tant pis si c’est le milieu de la journée. A notre grande surprise, le parking est quasiment aussi plein qu’en plein été !!! le versant de slickrock est exposé sud donc il n’y a aucun problème d’adhérence car la neige a quasiment entièrement fondue. Seule la partie finale toujours à l’ombre est totalement verglacée et demande beaucoup de vigilance. Arrivés à destination, quel spectacle (si on fait abstraction du monde) magnifique avec le slickrock parsemé de neige même si l’exposition n’est pas bonne.


En fait en Hiver mieux vaut s’y rendre en début de matinée car tout l’après-midi le soleil est de face/côté et n’éclaire par l’arche de façon optimale. Nous nous disons qu’on reviendra le surlendemain matin en partant de Moab mais au final, la météo ne sera pas bonne cette matinée là et nous ne reverrons pas Delicate arch sous la Neige et le soleil. De retour à la voiture, petit stop au point de vue distant de l’autre côté de l’arche et le contraste est saisissant car il n’y a pas une seule trace de neige. Nous terminerons la journée en faisant quelques stops sur la route

+ retour dans les windows où j’espérais un rayon de soleil au coucher mais celui-ci ne s’est pas remontré.


Jour 9 : Moab
la neige tombée la nuit précédente à déjà quasiment entièrement fondu mais j’espère tout de même des paysages enneigés dans Canyonlands vu l’altitude un peu plus élevée que Arches. Le ciel est plombé et la route peu dégagée et verglacée, j’aperçois une éclaircie. Je dois faire un choix -> je prends la route qui mène à Dead Horse Point. Il fait -12° avec du blizzard mais quel spectacle de dead horse point saupoudré de neige et avec un rayon de soleil.

J’avais prévu de retourner à Marlboro Point mais la piste est très glissante et un véhicule est déjà dans le fossé donc je ne préfère pas courir de risque et nous nous dirigeons donc vers du « classique « dans Canyonlands. Après un stop à Shafer Canyon qui permet de voir la shafer trail en contrebas recouverte de neige,

Le ciel se recouvre ensuite pour la journée (et oui nous sommes en hiver) . Après un stop a Mesa arch,

petit pique Nique par -12° mais sans blizzard cette fois, nous ferons ensuite les deux petites randos de White rim et grand view sous un temps typiquement hivernal qui tranche avec le fond des canyons qui ne sont pas enneigés.


Nous passerons la soirée chez nos amis Dave et Kay autour d’un excellent diner et de bons vins.
Jour 10 : Moab -> Bryce Canyon
Les prévisions météos sont mauvaises notamment sur les routes touristiques US24 et 12. Je me disais que la partie entre Torrey et Escalante serait compliquée à cause du col à plus de 3000m mais là plus de 30cm de neige sont prévus en plaine donc je renonce à prendre la route « classique » et nous nous rabattons donc sur l’interstate après après avoir fait un stop chez O’Reilly pour acheter une paire de chaine car certaines portions de route pour accéder à Bryce sont indiquées en Chaine conseillée. Je ne veux pas prendre le risque de rester en plan avec Bryce à portée de main…. Sur l’autoroute certaines portions peu dégagées laissent craindre le pire mais au final en étant prudent il n’y aura pas de problème.

Pour la première fois depuis 2000 nous trouvons de l’essence à moins de 2$ le gallon !!! sur les derniers miles, comme indiqués sur accuweather.com, la neige tombe à gros flocons. Le stop au visitor center de Bryce permet d’acheter deux paires de batons de randonnée et des chaines pour les chaussures, très pratiques pour la neige tassée et le verglas. Nous ne ferons qu’un stop à Sunset point avec un paysage magnifique même si le ciel est rempli de neige et près de 40cm au sol.


Nous sommes le 31/12 et le resto de l’hotel ferme à 19h car une fête est prévue pour le réveillon : fin prévue à 21h et pas d’alcool !!! très peu pour nous. On se fera en une semaine notre deuxième réveillon dans la chambre en matant des séries (j’ai eu bien fais de prendre un cable HDMI pour brancher le PC portable aux flat screens des hôtels).
Jour 11 : nous sommes le 1er jour de l’année et il va être inoubliable. Il a neigé 20cm dans la nuit et accuweather annonce une météo ensoleillée à partir de 11h. à 8h il neige encore un peu et le ciel est plombé. Les routes sont très glissantes et la route qui mène à Inspiration et Bryce point est fermée. Seuls Sunrise et Sunset Point sont accessibles. Nous nous préparons pour affronter ces conditions rudes avec nos chaines, nos guêtres et bâtons de randonnée. Nous commençons par descendre quelques centaines de m dans queen’s garden mais la progression est très difficile avec plus de 70cm de neige et un sentier qu’on a du mal à reconnaitre. On renonce à aller plus loin. En remontant on croise un ranger qui part ouvrir le sentier en ski de randonnée vers inspiration point. On va le suivre et force est de constater que le rythme auquel on progresse est loin d’égaler notre rythme en été.


Les 70cm de neige en montée quasi constante font que l’on va mettre quasiment une heure à faire un gros km mais quel plaisir d’être quasiment seuls avec la nature. A l’arrivé à Inspiration point le blizzard souffle et commence à dégager les nuages.



Il est quasiment 11h et accuwaeather avait raison :le temps neigeux va laisser petit à petit place au soleil entrecoupé de nuages puis à un franc soleil. Le retour vers Sunset Point sera plus aisé en descente et le paysage est tellement grandiose qu’on a enchainer jusqu’à sunrise point



puis faire la queens garden






et remonter par Navajo loop . devant tant de beauté, il est difficile de ne pas shooter tous les 50m…. Après ces quelques 5h de marche dans la neige, petite pause déjeuner au subway le long de la route (tout est fermé dans le parc en Hiver) avant de retourner pour la fin de l’après midi à Inspiration point (car la route a été dégagée et ré ouverte), Bryce Point que l’on ne peut admirer que de loin car il est trop dangereux de descendre au point de vue

puis enfin sunset point pour le coucher de soleil qui plonge rapidement le canyon dans l’ombre.


De manière certaine nous avons passé le meilleur 1er janvier de notre vie et il sera difficile de faire mieux…..
Jour 12 : initialement j’avais prévu que l’on parte sur Las Vegas mais vu la météo prévue ce jour avec un grand soleil, il est impensable de ne pas profiter un maximum de Bryce canyon et tenter la peekeboo loop sous la Neige. Par conséquent nous ferons un stop à Springdale ce soir ce qui raccourcira le temps de route. L’avantage de l’hiver c’est qu’il n’est pas nécessaire de se lever à 4h30 le matin pour admirer un lever de soleil. Là, être sur place à 7h45 suffit. Ce matin, j’espère un lever de soleil magistral. Le temps est très sec mais aussi très froid : ce sera le record du voyage avec -23°c . Après que le soleil se soit levé sur Sunrise Point,

direction Sunset point car selon moi les plus belles photos sont faites quelques dizaines de m sur la rim en allant vers Sunrise Point. C’est une splendeur que ces hoodoos à peine éclairés et parsemés de neige.



Le temps est splendide, et nous nous aventurons sur Navajo loop pour se diriger vers Peekaboo loop que je pense être très peu empruntée à cette période

et en effet, peu après le début de la loop, les traces dans la neige bifurquent à droite ce qui ne me semble pas logique. Nous les suivons quand même mais nous nous apercevons vite que nous faisons fausse route, ce que confirme le GPS. De retour sur le bon sentier, il s’avère que nous ouvrons la trace puisque les quelques personnes qui s’y sont aventuré se sont toutes trompées. La peekaboo loop est déjà fatiguante en été mais avec 60cm de neige et en ouvrant la trace c’est tout autre chose mais c’est encore mieux de se sentir seul foulant la neige immaculée dans un silence que seul le crissement de la neige vient troubler. Comme la veille, je m’arrête toutes les 5 minutes pour shooter car force est de reconnaitre, c’est un avis personnel, que c’est encore plus photogénique qu’en été.




Au final, nous mettrons plus de 4 heures pour faire la boucle de Navajo et Peekaboo loop et encore une fois plein d’images qui resteront gravées dans notre mémoire. Lorsque nous arrivons par l’entrée Est de Zion, de nouveau, la neige fait son apparition

ainsi que le verglas sur la route et il faut redoubler de prudence sur les parties de route à l’ombre. Il est trop tard pour prévoir de faire une randonnée dans Zion donc je fais plutôt des stops réguliers sur la route pour prendre quelques photos.


Le la Quinta INN de Springdale , notre hôtel pour le soir (superbement décoré de magnifiques photo panoramique d’un photographe local) est idéalement placé pour admirer le soleil qui se couche.




Le problème en hiver le soir est que beaucoup de restaurants sont fermés et donc il y a souvent de l’attente à l’entrée des rares qui sont ouverts. Il faut donc souvent s’armer de patience….
Jour 13 : Après un très bon et copieux petit déjeuner (cela change des petits dej en été dans la chambre car nous avons rarement des hôtels avec peti dej inclus), nous nous mettons rapidement en route vers la Valley of Fire, lieu de nos explorations à venir. Après 2 grosses heures de route, nous voici arrivé et quel contraste de température avec l’été où c’est souvent la fournaise. Là il ne fait que quelques degrés !!! après un petit tour d’échauffement dans les Whites Domes et Pique-Nique sur l’aire du parking, nous allons du côté de Fire Canyon pour explorer un peu,

puis vers Crazy hill,


Thunderstorm arch

et une zone très colorée en bordure de route.



Il y a des tas d’endroits que l’on repère de la voiture qui valent probablement le coup d’explorer mais c’est devenu difficile de se garer n’importe où pour explorer où bon nous semble car il y a beaucoup de pierres positionnés par les ranger pour empêcher les gens de se gare n’importe où. Nous irons ensuite à Fire Wave où il y a beaucoup de monde alors que quelques années en arrière, peu de monde connaissait cet endroit.
Nous terminerons la journée en retournant à Crazy hill qui n’est plus baignée par le soleil et qui révèle autrement sa palette de couleurs.

C’est sans conteste pour nous le plus beau des state parks de part ses couleurs incroyables et le nombre d’arches (même si certaines n’ont pas cette dénomination vue leur taille). Nous reprenons la route vers Vegas (où il a neigé quelques jours auparavant, la première fois depuis 14 ans !!! ), au son de Sin City de AC/DC que je m’entraine de temps en temps à jouer sur ma guitare électrique. Après un bon repas dans notre cantine locale, le mediterranean cafe dans Fremont Street, nous ne passerons que peu de temps sur le Strip juste le temps d’assister à l’éruption volcanique carton pâte du Mirage.

Le lendemain matin nous survolerons le grand canyon et Monument valley qui sont sous la neige mais ne regrettons rien : nous étions venu pour voir des paysages enneigés et nous avons eu le plus beau d’entre eux à mon avis en Hiver, Bryce Canyon qui restera notre plus beau souvenir. C’est sûr, si l’avenir nous le permet, nous reviendrons en Hiver….
Les devinettes d'une autre Espagne English translation pending
Bonjour à tous ,
Certains ont suivi les discussions d' "une autre Espagne" destinées à vous faire connaitre des endroits autres que très touristiques .
De l’Estrémadure à L'Andalousie, de l'Aragon à la Catalogne en passant par les iles ( Canaries et Baléares) il y a partout des petits coins à découvrir hors des sentiers battus .
Le principe de ce jeu est de poster une photo d'un de ces lieux , de donner quelques indices afin que les forumeurs puisse découvrir ces endroits.... et donner bien sur une réponse ..... 😉 celui qui gagne à le droit de mettre en ligne un endroit qu'il aime .
Pas besoin de photos artistiques , l'important est de faire découvrir .
Je vous laisse jouer .
Hannah
Certains ont suivi les discussions d' "une autre Espagne" destinées à vous faire connaitre des endroits autres que très touristiques .
De l’Estrémadure à L'Andalousie, de l'Aragon à la Catalogne en passant par les iles ( Canaries et Baléares) il y a partout des petits coins à découvrir hors des sentiers battus .
Le principe de ce jeu est de poster une photo d'un de ces lieux , de donner quelques indices afin que les forumeurs puisse découvrir ces endroits.... et donner bien sur une réponse ..... 😉 celui qui gagne à le droit de mettre en ligne un endroit qu'il aime .
Pas besoin de photos artistiques , l'important est de faire découvrir .
Je vous laisse jouer .
Hannah
Français, Charlie Hebdo, tristesse English translation pending
Bonjour à tous,
Une pensée très émue aux familles des personnes décédés hier dans l'attentat. Une pensée à ceux qui ont vu et sont toujours là mais dont la violence de la situation a brisé leur vie à tout jamais. Une pensée à ceux qui sont morts dans cet attentat et ne reviendront plus . Une pensée à ceux qui subissent du racisme tous les jours. Une pensée pour toutes ces personnes qui font parti de ces sectes religieuses et religions "établies"et souffrent sans même s'en rendre compte. A la souffrance des minorités qui seront toujours persécutées partout et encore et encore. A ceux qui ne savent pas dire non . A ceux qui n'ont jamais lu une bonne biographie de Gandhi. A tous les journalistes .
La politique et la religion , on en a plus besoin . Ras le bol .
Je suis libre et je pense ce que je veux , mais je ne fais pas n'importe quoi .
Bravo , merci et bon voyage là haut à ceux qui sont partis.
Et vous que pensez vous de Charlie hebdo et de cet attentat ?
Une pensée très émue aux familles des personnes décédés hier dans l'attentat. Une pensée à ceux qui ont vu et sont toujours là mais dont la violence de la situation a brisé leur vie à tout jamais. Une pensée à ceux qui sont morts dans cet attentat et ne reviendront plus . Une pensée à ceux qui subissent du racisme tous les jours. Une pensée pour toutes ces personnes qui font parti de ces sectes religieuses et religions "établies"et souffrent sans même s'en rendre compte. A la souffrance des minorités qui seront toujours persécutées partout et encore et encore. A ceux qui ne savent pas dire non . A ceux qui n'ont jamais lu une bonne biographie de Gandhi. A tous les journalistes .
La politique et la religion , on en a plus besoin . Ras le bol .
Je suis libre et je pense ce que je veux , mais je ne fais pas n'importe quoi .
Bravo , merci et bon voyage là haut à ceux qui sont partis.
Et vous que pensez vous de Charlie hebdo et de cet attentat ?
L'indignation English translation pending
Bonsoir à toutes et tous
Ce n'est peut-être pas l'endroit mais j'ai envie de vous dire mon indignation (aucun mot n'est assez fort) suite au massacre qui s'est produit ce matin à Paris. Des policiers, des journalistes ont payé de leur vie notre droit à la liberté de la presse.
Itinéraire Australie 1 mois en juillet English translation pending
Bonjour à tous,
Voilà , on y arrive, notre projet se concrétise et nous allons pouvoir partir en Australie ! :)) J'ai passé des heures et des heures à écumer le forum et à lire les différents blogs des voyageurs, du coup j'ai réussi à construire un itinéraire qui devrait tenir la route...(enfin, j'espère...)
Nous partirions fin juin / juillet pour 1 mois. Pas forcément la période idéale pour tout voir mais pour des contraintes professionnelles et personnelles, c'est le seul moment où l'on peut prendre 1 mois de congés. J'ai dû éliminer à contre coeur certaines région à cause de la saison et j'ai dû faire des concessions (les Kimberleys qui me faisaient très envie...) pour que tout rentre en 4 semaines. Nous partons avec notre petit garçon de 4 ans qui est déjà un véritable globe trotteur. Malgré tout, l'itinéraire est adapté pour ne pas faire la "course" en permanence (enfin j'espère !). Pour 4 heures de trajet et plus par exemple, je réserve la journée à la route et ne prévoie pas de visite après ou tout du moins pas de visite "indispensable". Je me permets donc de vous présenter mon itinéraire pour vous demander votre avis. Ce qui me pose problème, c'est plutôt le nombre de jours à consacrer aux différents parcs + la partie "Cairns". D'autre part, on pourrait encore avoir 2 jours supplémentaires sur l'itinéraire mais je ne sais où les mettre....
Jour 1 : vol Paris-Sydney Jour 2 : arrivée Sydney (heure non déterminée car billets pas encore achetés). J3 à J5 : Sydney J6 : vol pour Ayer Rock - tour d'Ulruru J7 : Randonnée Mont Olgas et route vers Kings Canyon J8 : Kings Canyon J9 : trajet vers Alice Springs J10 : Mac Donnell J11 : Vol pour Darwin et route vers Litchfield Park J12 : Litchfield parc et route vers Katherine J13 : Katherine J14 : Route vers Kakadu J15 : Kakadu J16 : Kakadu J17 : route vers Darwin avec arrêt à Marry River J18 : Vol pour Cairns J19 : excursion Grande Barrière de Corail (mon mari ne sait pas nager et mon fils pareil donc à priori on prendrait plutôt une excursion vers une île type Green Island qui me paraît plus adaptée... mais si vous avez d'autres suggestions je suis preneuse !) Question : faut-il forcément louer une voiture pour les jours passés à Cairns à faire des excursions sur la barrière de corail ? J20 : idem J19 mais sur une autre île J21 : sortie snorkelling ou plongée (si je passe mon brevet d'ici là) plus "poussé" pour moi pendant que les hommes seront à la piscine ou autre J22 : Journée Daintree (en dormant vers Cap tribulation) J23 : excursion sur le plateau Atherton J24 : Route vers Townsville en passant par l'arrière pays => y a t-il des choses à voir ? J25 : Magnetic Island pour voir les Koalas en liberté J26 : retour à Cairns en passant par la côte J27 : vol retour pour Paris
Qu'en pensez-vous ? Si vous deviez mettre 2 jours supplémentaires, où les mettriez-vous ? (je précise que l'on n'est pas du tout du style farniente et bronzage toute la journée).
Pour le moment, en passant par Qantas et en réservant le vol international + les 3 vols intérieurs en même temps, j'arrive à 1470 euros par adulte. J'ai fait 10000 simulations dont paris-kuala lumpur + vols low cost air asia qui était vraiment très intéressant mais finalement j'arrive à près de 1400 à cause des vols intérieurs très coûteux (jetstar, virgin...). Que pensez-vous du prix ? Il faut absolument que je réserve très rapidement, d'où la nécessité de vos retours très précieux ;)
Concernant les transports, je pense louer une voiture classique. Pour le Red Center, je ne suis pas sûre de m'y retrouver avec la location de 4*4 => vous me confirmez que cela revient quand même bien plus cher qu'une voiture classique même si j'économise du temps (et de l'argent) en faisant le grand détour pour rejoindre Alice Springs ? Est-ce que le 4*4 me permettrait de ne pas manquer un "must" de la région ? Je suis un peu affolée des prix constatés pour les logements dans cette région ainsi que Darwin. Je me suis donc naturellement posée la question du camping car. Là aussi il me semble pas que ce soit si économique que ça vs voiture classique + hébergement (en tout cas pour le nombre de jours concernés). Pour le centre rouge, vu les températures et avec la présence d'un enfant de 4 ans, je préfère un hébergement en "dur" mais j'hésite quand même pour Darwin... Est-ce que cela vaudrait vraiment le coup ?
Je vous remercie 1000 fois par avance pour votre aide toujours très précieuse...
Walitila
Voilà , on y arrive, notre projet se concrétise et nous allons pouvoir partir en Australie ! :)) J'ai passé des heures et des heures à écumer le forum et à lire les différents blogs des voyageurs, du coup j'ai réussi à construire un itinéraire qui devrait tenir la route...(enfin, j'espère...)
Nous partirions fin juin / juillet pour 1 mois. Pas forcément la période idéale pour tout voir mais pour des contraintes professionnelles et personnelles, c'est le seul moment où l'on peut prendre 1 mois de congés. J'ai dû éliminer à contre coeur certaines région à cause de la saison et j'ai dû faire des concessions (les Kimberleys qui me faisaient très envie...) pour que tout rentre en 4 semaines. Nous partons avec notre petit garçon de 4 ans qui est déjà un véritable globe trotteur. Malgré tout, l'itinéraire est adapté pour ne pas faire la "course" en permanence (enfin j'espère !). Pour 4 heures de trajet et plus par exemple, je réserve la journée à la route et ne prévoie pas de visite après ou tout du moins pas de visite "indispensable". Je me permets donc de vous présenter mon itinéraire pour vous demander votre avis. Ce qui me pose problème, c'est plutôt le nombre de jours à consacrer aux différents parcs + la partie "Cairns". D'autre part, on pourrait encore avoir 2 jours supplémentaires sur l'itinéraire mais je ne sais où les mettre....
Jour 1 : vol Paris-Sydney Jour 2 : arrivée Sydney (heure non déterminée car billets pas encore achetés). J3 à J5 : Sydney J6 : vol pour Ayer Rock - tour d'Ulruru J7 : Randonnée Mont Olgas et route vers Kings Canyon J8 : Kings Canyon J9 : trajet vers Alice Springs J10 : Mac Donnell J11 : Vol pour Darwin et route vers Litchfield Park J12 : Litchfield parc et route vers Katherine J13 : Katherine J14 : Route vers Kakadu J15 : Kakadu J16 : Kakadu J17 : route vers Darwin avec arrêt à Marry River J18 : Vol pour Cairns J19 : excursion Grande Barrière de Corail (mon mari ne sait pas nager et mon fils pareil donc à priori on prendrait plutôt une excursion vers une île type Green Island qui me paraît plus adaptée... mais si vous avez d'autres suggestions je suis preneuse !) Question : faut-il forcément louer une voiture pour les jours passés à Cairns à faire des excursions sur la barrière de corail ? J20 : idem J19 mais sur une autre île J21 : sortie snorkelling ou plongée (si je passe mon brevet d'ici là) plus "poussé" pour moi pendant que les hommes seront à la piscine ou autre J22 : Journée Daintree (en dormant vers Cap tribulation) J23 : excursion sur le plateau Atherton J24 : Route vers Townsville en passant par l'arrière pays => y a t-il des choses à voir ? J25 : Magnetic Island pour voir les Koalas en liberté J26 : retour à Cairns en passant par la côte J27 : vol retour pour Paris
Qu'en pensez-vous ? Si vous deviez mettre 2 jours supplémentaires, où les mettriez-vous ? (je précise que l'on n'est pas du tout du style farniente et bronzage toute la journée).
Pour le moment, en passant par Qantas et en réservant le vol international + les 3 vols intérieurs en même temps, j'arrive à 1470 euros par adulte. J'ai fait 10000 simulations dont paris-kuala lumpur + vols low cost air asia qui était vraiment très intéressant mais finalement j'arrive à près de 1400 à cause des vols intérieurs très coûteux (jetstar, virgin...). Que pensez-vous du prix ? Il faut absolument que je réserve très rapidement, d'où la nécessité de vos retours très précieux ;)
Concernant les transports, je pense louer une voiture classique. Pour le Red Center, je ne suis pas sûre de m'y retrouver avec la location de 4*4 => vous me confirmez que cela revient quand même bien plus cher qu'une voiture classique même si j'économise du temps (et de l'argent) en faisant le grand détour pour rejoindre Alice Springs ? Est-ce que le 4*4 me permettrait de ne pas manquer un "must" de la région ? Je suis un peu affolée des prix constatés pour les logements dans cette région ainsi que Darwin. Je me suis donc naturellement posée la question du camping car. Là aussi il me semble pas que ce soit si économique que ça vs voiture classique + hébergement (en tout cas pour le nombre de jours concernés). Pour le centre rouge, vu les températures et avec la présence d'un enfant de 4 ans, je préfère un hébergement en "dur" mais j'hésite quand même pour Darwin... Est-ce que cela vaudrait vraiment le coup ?
Je vous remercie 1000 fois par avance pour votre aide toujours très précieuse...
Walitila
Choisir un 4x4 pour voyager à deux (Islande) English translation pending
Bonjour,
Nous partons à 2 en juillet prochain pour 3 semaines, on souhaite faire le tour de l'Islande et quelques incursions dans les terres (Landmannalaugar, Kerlingarfjöll notamment) et nous dormirons en toile de tente (ou à l'arrière du 4x4 à l'occasion si cela est possible, mais j'imagine qu'il ne faut pas rêver !)
Les billets d'avion sont achetés il reste maintenant à réserver le 4x4, alors là même après avoir parcouru pas mal de sujets sur le forum et avoir visité les sites de Geysir, Rental car etc. j'ai vraiment du mal à me repérer, je me sens même carrément empotée ! Je regarde lesquels sont indiqués 4x4 et le prix indiqué, au delà de ça je ne sais comment faire un choix futé et j'aimerais m'y pencher sérieusement car c'est vraiment LE très gros poste de dépense du voyage !
Je vois sur le forum que le Gran Vitara revient souvent dans les messages mais dans la mesure où nous ne sommes que 2 avec des bagages limités (habitués aux treks donc matériel de camping assez peu volumineux) peut-être peut-on se tourner vers des modèles plus petits et donc moins onéreux ? Ou prendre un modèle moins "moderne" ?
Par exemple chez Blue Car Rental Car je vois que le Gran Vitara manuel est à près de 2800€ (pour les 3 semaines), ils proposent aussi un Jimny 4x4 manuel (ancien modèle) pour environ 2000€. La différence est significative, mais est-ce une "mauvaise économie" ? Avez-vous en tête d'autres modèles de 4x4 dans ces prix et suffisants pour 2 personnes ?
Mille mercis :)
Nous partons à 2 en juillet prochain pour 3 semaines, on souhaite faire le tour de l'Islande et quelques incursions dans les terres (Landmannalaugar, Kerlingarfjöll notamment) et nous dormirons en toile de tente (ou à l'arrière du 4x4 à l'occasion si cela est possible, mais j'imagine qu'il ne faut pas rêver !)
Les billets d'avion sont achetés il reste maintenant à réserver le 4x4, alors là même après avoir parcouru pas mal de sujets sur le forum et avoir visité les sites de Geysir, Rental car etc. j'ai vraiment du mal à me repérer, je me sens même carrément empotée ! Je regarde lesquels sont indiqués 4x4 et le prix indiqué, au delà de ça je ne sais comment faire un choix futé et j'aimerais m'y pencher sérieusement car c'est vraiment LE très gros poste de dépense du voyage !
Je vois sur le forum que le Gran Vitara revient souvent dans les messages mais dans la mesure où nous ne sommes que 2 avec des bagages limités (habitués aux treks donc matériel de camping assez peu volumineux) peut-être peut-on se tourner vers des modèles plus petits et donc moins onéreux ? Ou prendre un modèle moins "moderne" ?
Par exemple chez Blue Car Rental Car je vois que le Gran Vitara manuel est à près de 2800€ (pour les 3 semaines), ils proposent aussi un Jimny 4x4 manuel (ancien modèle) pour environ 2000€. La différence est significative, mais est-ce une "mauvaise économie" ? Avez-vous en tête d'autres modèles de 4x4 dans ces prix et suffisants pour 2 personnes ?
Mille mercis :)
Compte-rendu croisière tropicale CDF 2015 English translation pending
Bonjour
Comme promis, voici un petit CR de la croisière tropicale 2015 :
* départ le vendredi de marseille pour Paris orly par précaution pour éviter le stress du pré acheminement le samedi matin. On a dormi dans un hôtel proche de l'aéroport : mercur eparis ORLY : - points positifs de l'hôtel : proche de l'aéroport, navette gratuite toutes les 20 minutes, chambre propre et assez spacieuse pour nous quatre (deux adultes et deux enfants de 5 et 8 ans), rapport qualité prix pour la chambre (réservation via booking) - points négatifs : prix du petit déjeuner (16.90 euros) et un seul resto dans l'hôtel avec prix élevé (compter environ 18 euros pour un plat seulement), quantité light et très peu de choix, rien de prévu pour les enfants qui mangent comme les adultes avec des portions plus petites et prix ajusté.
* arrivée sur l'aéroport d'orly à 9h30 donc seulement 3 heures avant le départ. le comptoir d'enregistrement de croisière de france est au RDC, près du starbuck café (pas sur du tout de l'ortographe du mot) avec un panneau CDF. De toute façon, on le rpère assez vite au monde qui fait la queue...... Mais c'est bien organisée et très rapide. On avait pas fait de pré réservation de places dans l'avion car on s'était dit qu'au pire on serait deux par deux vu l'âge de nos filles. A l'aller comme au retour, on a été tous les quatre à côté (places différentes à l'aller qu'au retour). Mais certaines personnes voyageant avec des enfants plus agés (plus d e14 ans) se sont retrouvés tous séparés car ils se sont enregistrés dan sles derniers. Concernant le vol, on a décollé avec 1 heure de retard car l'embarquement à commenecr un peu tardivement et en plus l a fallu traverser tout l'aéroport en navette pour aller jusqu'à l'avion. il a fallu plusieurs rotatiosn de navette poue amener tout le monde et l'avion est grand (environ 700 places je pense) donc le temps que tout le monde trouve sa place , range ses valises cabines....... Le vol en lui même : on a eu le repas servi après 1h30 de vol soit vers 15h00 (départ à 13h30 au lieu de 12h25) : entrée, plat + dessert + boisson. C'était mangeable...... A noter qu'un "bar" est ouvert dans l'avion tout au long du voyage et les boissons non alcoolisées y sont servies à volonté. Deux films ont été proposés : tarzan et une comédie. Attention, il n'y a que des écrans individuels et pas d'écran central. Deux films imposés dans cet ordre et à l'heure choisise par la compagnie. Pas possible d'accéder aux films en dehors de la plage horaire programmée par la compagnie. Si vous avez des enfants, mieux aut prévoir de quoi les occuper un peu. pour ma part, j'avais pris une tablette tactile avec une clé USB contenat des films et DVD. Il y avait beaucoup d'enfants dans l'avion et mes filles ont vite fait connaissance avec une petite fille et elles ont passé les quatre dernières heures de vol à jouer ensemble. Du coup, on a sympathisé avec les parents avec qui ont a fait, du coup, les excursions.
* arrivée à saint domingue : on est descendu de l'aion pour monter directement dans un bus qui nous a amené au bateau (trajet d'environ 25 minutes) et on a retrouvé nos valises qui étaient en soute directement devant la porte de nos cabines environ 40 minutes après notre arrivée sur le bateau. Rien à redire au niveau de l'organisation : un bon point pour CDF.
* arrivée au bateau : visite de notre cabine (cabine extérieure vue mer ) : cabine un peu petite par rapport à COSTA et MSC (avec qui nous avons fait plusieurs croisières) mais assez de rangement et cabine claire. Par contre, nous avions un grand lit bas (vraiment très grand!!!!) et deux couchettes en hauteur avec des barrières de sécurité mais tellement haute que nos filles tombaient. Du coup, on a été obligé de dormir nous sur les couchettes du haut et les filles dans le grand lit. Toutes les cabines ne sont pas configurées pareil : dans certaines, il n'y a qu'une seule couchette en hauteur et un divan mais du coup cela empiète sur la superficie de la cabine. Pour le premier soir, que ce soit au resto du bateau ou à la cafétéria, c'était un buffet avec cuisine antillaise, pas de service à table. Pour les retardataires, tout était ouvert assez tard avec seulement une fermeture momentanée pendant l'exercice de sauvetage qui a eu lieu à 21h30 heure locale (assez rapide, 15 minutes au max).
Avant de commencer les escales, voici quelques remarques sur le bateau : * bateau assez petit mais du coup très convivial * nourriture de très bonne qualité. Moins de choix et de plat que sur costa et MSC (uniquement une entrée, un plat et un dessert, et c'est fromage ou dessert et pas les deux!!!!). pour moi c'était largement suffisant mais certaines personnes préféraient manger à la cafétéria qu'au resto le soir pour pouvoir manger un peu plus..... Seul bémol : le menu enfant qui a été le même du premier au dernier jour. Donc un peu lassant pour la petite dernière, la grande de 8 ans ayant eu droit au menu adulte. * bars : animation musicale essentiellement francophone ce qui m'alllait parfaitement. Très bons chanteurs. Rien à redire sur le tout inclus pour les boissons : on a pu siroter des cocktails très bon (que ce soit avec ou sans alcool) même si on a pas abusé. * animation au théâtre le soir : alors là franchement déçue, pas terrible du tout à part un seul soir (après cela dépend des goûts de chacun). Seule la soirée du 24 décembre était super avec les chants de noel, l'arrivée du père noel et la distribution des cadeaux. C'est la première fois en 8 croisière que je ne reste pas jusqu'à la fin du spectacle!!!!!! Mais comme on avait rencontré plusieurs couples, on a sqautté le bar avec animation musicale et de toute façon on ne se couchait jamis trop tard (23h00 maximum) pour être sur de pouvoir se lever le lendemain. * LE GROS POINT NOIR : LA VETUSTE DU BATEAU ET LES PROBLEMES DE PLOMBERIE : on a eu, à trois reprises, plus d'eau dans les toilettes suite à des problèmes de canalisations qui touchainet plusieurs ponts et très régulièrement (si ce n'est pas tous les jours) plusieurs des toilettes des espaces publics du bateau étaient hors service donc on a passé notre temps à trouver des toilettes en état de fonctionnement (du coup on a bien visité le navire lol!!!!). Il y a toujours des odeurs de peinture, des endroits du navire où on ne peut pas accéder en raiosn des travaux de rénovation qui sont fait petit à petit. * le club enfant : animatrice sympa, les filles ont voulu y aller tous les jours. Mais attention, pour ceux qui ont l'habitude de costa ou MSC, le club enfant n'est pas ouvert toute la journée mais eulement quelques heures par jour donc pas possible de descendre en excursions en laissant les enfants la journée ou la demi journée au club enfant. Pour nous, pas de souci car on profite au max de nos filles pendant les vacanecs donc elles font toujours les excursions avec nous. Club enfant ouvert le soir de 21h00 à 22h30 avec des jeux ou mini boum.
* LES EXCURIOSN AVEC CDF : il faut les réserver avant un jour fixé dans le journal des excurions et rappelé dans le journal de bord distribué chaque soir en cabine. Par expérience, nous savions que les excursions proposés par les compagnies de croisière sont beaucoup plus chère que si on se débrouille par soi même. Nous n'avons pris aucune excursion par CDF, tout fait par nous mêmes avec des couples recontrés dans l'avion ou à table avec qui nous avons passé de très bons moments.
PREMIERE ESCALE : LA ROMANA
Nous avons négociés un taxi pour BAYAHIBE (on était 6 adultes et 4 enfants) : 15 dollars par adultes ou 12 euros et on a payé que pour deux enfants (un payant = un gratuit lol). On a pris le taxi dircetment en sortant du bateu. Certaines personnes ont marché un peu (moins d'un quart d'heure) pour arriver sur une petite place où il y a avait d 'autres taxis et on gagné quelques dollars par personnes (13 dollars par adulte). Mais on avait hate de partir (on est parti à 7h40), pas trop l'habitude de marchander et envie de profiter au max du temps de l'escale. Arrivée à bayahibé, notre chauffeur nous présente un pêcheur qui se propose de nous amener à l'ile de saona et à la piscine naturelle. Les négociations s'engagnet grâce à benjamin qui parle parfaitement l'espagnol. Pour 25 dollars par personne et un enfant payant = un enfant gratuit, on fait affaire. Dans un petit bateau, direction l'ile de saona. Gilets de sauvetage obligatoire pour les enfants car cela secoue un peu surtout quand le bateau fait des virages serrés ou des accélérations subites destinées à amuser les enfants (ce qui est parfaitement réussi). En chemin, on voit plein de poissons volants et des dauphins. Notre pêcheur arrête même la bateau pour ne pas l'effrayer avec le bruit des moteurs ce qui nous permet de le vois d'assez près. On arrive à la plage principale de l'ile de saona les premiers, l'ile est encore déserte à part un^pêcheur avec sa cage remplie de langoustes. l'ile est vraiment magnifique, eau translucide, plage blanc, coctiers....La paradis sur terre..... Mais 20 minutes après notre arrivée, les autres (c'est à dire ceux qui ont pris l'excursion via CDF ou ceux qui ont négocié le tarif et donc perdu un peu de temps) arrivent et notre belle plage déserte ne l'est plus. Notre pêcheru voit notre désarroi et nous propose (sans supplément de prix) de nous amener sur une autre plage de l'ile de saona et là le bonheur, on est seul au monde à part un chien et un vendeur de noix de coco à qui on achète 2 noix de coco pour 3 dollars (elles sont juste excellentes). Après une longue baignade, direction la piscine naturelle. Notre pêcheur nous trouve un endroit un peu tranquille et nous montre des étoiles de mer que nous pourrons prendre (avce précaution pour ne pas leur faire mal) dans les mains. Là aussi belle baignade. Ensuite retour à bayahivé avec quelques explications données sur les hôtels situés sur le front de mer de bayahibé et retour au bateau avec notre taxi qui nous attendaient à bayahibé. Attention : ne payer qu'au retour, que ce soit le taxi ou le bateau pour être sur qu'il vous attende bien à l'heure convenue. On a laissé un petit pourboire au pêcheur car il a été top. Retour au bateau à 13h15 (tous à bord à 13h30) donc on a bien profité de notre escale. Résultat : on a payé 45 dollars de taxi et 75 dollars de bateau + 10 dollars de pourboire soit 130 dollars pour 4 avec un circuit identique à celui proposé par CDF mais plus calme, sans être avec tout les autres croisièristes au même endroit au même moment (ce qui enlève un peu le charme de l'ile déserte!!!). Avec CDF, pour 2 adultes et 2 enfants, l'excursions nous aurait coûté 236 euros!!!!! faites vos comptes!!!!!! De retour au bateau, on a mangé à la cafétéria (resto fermé vu l'heure) puis farniente à la piscine.
Voilà pour la première escale. J'espère que cela vous sera utile et vous fait déjà un peu voyagé.....
Comme promis, voici un petit CR de la croisière tropicale 2015 :
* départ le vendredi de marseille pour Paris orly par précaution pour éviter le stress du pré acheminement le samedi matin. On a dormi dans un hôtel proche de l'aéroport : mercur eparis ORLY : - points positifs de l'hôtel : proche de l'aéroport, navette gratuite toutes les 20 minutes, chambre propre et assez spacieuse pour nous quatre (deux adultes et deux enfants de 5 et 8 ans), rapport qualité prix pour la chambre (réservation via booking) - points négatifs : prix du petit déjeuner (16.90 euros) et un seul resto dans l'hôtel avec prix élevé (compter environ 18 euros pour un plat seulement), quantité light et très peu de choix, rien de prévu pour les enfants qui mangent comme les adultes avec des portions plus petites et prix ajusté.
* arrivée sur l'aéroport d'orly à 9h30 donc seulement 3 heures avant le départ. le comptoir d'enregistrement de croisière de france est au RDC, près du starbuck café (pas sur du tout de l'ortographe du mot) avec un panneau CDF. De toute façon, on le rpère assez vite au monde qui fait la queue...... Mais c'est bien organisée et très rapide. On avait pas fait de pré réservation de places dans l'avion car on s'était dit qu'au pire on serait deux par deux vu l'âge de nos filles. A l'aller comme au retour, on a été tous les quatre à côté (places différentes à l'aller qu'au retour). Mais certaines personnes voyageant avec des enfants plus agés (plus d e14 ans) se sont retrouvés tous séparés car ils se sont enregistrés dan sles derniers. Concernant le vol, on a décollé avec 1 heure de retard car l'embarquement à commenecr un peu tardivement et en plus l a fallu traverser tout l'aéroport en navette pour aller jusqu'à l'avion. il a fallu plusieurs rotatiosn de navette poue amener tout le monde et l'avion est grand (environ 700 places je pense) donc le temps que tout le monde trouve sa place , range ses valises cabines....... Le vol en lui même : on a eu le repas servi après 1h30 de vol soit vers 15h00 (départ à 13h30 au lieu de 12h25) : entrée, plat + dessert + boisson. C'était mangeable...... A noter qu'un "bar" est ouvert dans l'avion tout au long du voyage et les boissons non alcoolisées y sont servies à volonté. Deux films ont été proposés : tarzan et une comédie. Attention, il n'y a que des écrans individuels et pas d'écran central. Deux films imposés dans cet ordre et à l'heure choisise par la compagnie. Pas possible d'accéder aux films en dehors de la plage horaire programmée par la compagnie. Si vous avez des enfants, mieux aut prévoir de quoi les occuper un peu. pour ma part, j'avais pris une tablette tactile avec une clé USB contenat des films et DVD. Il y avait beaucoup d'enfants dans l'avion et mes filles ont vite fait connaissance avec une petite fille et elles ont passé les quatre dernières heures de vol à jouer ensemble. Du coup, on a sympathisé avec les parents avec qui ont a fait, du coup, les excursions.
* arrivée à saint domingue : on est descendu de l'aion pour monter directement dans un bus qui nous a amené au bateau (trajet d'environ 25 minutes) et on a retrouvé nos valises qui étaient en soute directement devant la porte de nos cabines environ 40 minutes après notre arrivée sur le bateau. Rien à redire au niveau de l'organisation : un bon point pour CDF.
* arrivée au bateau : visite de notre cabine (cabine extérieure vue mer ) : cabine un peu petite par rapport à COSTA et MSC (avec qui nous avons fait plusieurs croisières) mais assez de rangement et cabine claire. Par contre, nous avions un grand lit bas (vraiment très grand!!!!) et deux couchettes en hauteur avec des barrières de sécurité mais tellement haute que nos filles tombaient. Du coup, on a été obligé de dormir nous sur les couchettes du haut et les filles dans le grand lit. Toutes les cabines ne sont pas configurées pareil : dans certaines, il n'y a qu'une seule couchette en hauteur et un divan mais du coup cela empiète sur la superficie de la cabine. Pour le premier soir, que ce soit au resto du bateau ou à la cafétéria, c'était un buffet avec cuisine antillaise, pas de service à table. Pour les retardataires, tout était ouvert assez tard avec seulement une fermeture momentanée pendant l'exercice de sauvetage qui a eu lieu à 21h30 heure locale (assez rapide, 15 minutes au max).
Avant de commencer les escales, voici quelques remarques sur le bateau : * bateau assez petit mais du coup très convivial * nourriture de très bonne qualité. Moins de choix et de plat que sur costa et MSC (uniquement une entrée, un plat et un dessert, et c'est fromage ou dessert et pas les deux!!!!). pour moi c'était largement suffisant mais certaines personnes préféraient manger à la cafétéria qu'au resto le soir pour pouvoir manger un peu plus..... Seul bémol : le menu enfant qui a été le même du premier au dernier jour. Donc un peu lassant pour la petite dernière, la grande de 8 ans ayant eu droit au menu adulte. * bars : animation musicale essentiellement francophone ce qui m'alllait parfaitement. Très bons chanteurs. Rien à redire sur le tout inclus pour les boissons : on a pu siroter des cocktails très bon (que ce soit avec ou sans alcool) même si on a pas abusé. * animation au théâtre le soir : alors là franchement déçue, pas terrible du tout à part un seul soir (après cela dépend des goûts de chacun). Seule la soirée du 24 décembre était super avec les chants de noel, l'arrivée du père noel et la distribution des cadeaux. C'est la première fois en 8 croisière que je ne reste pas jusqu'à la fin du spectacle!!!!!! Mais comme on avait rencontré plusieurs couples, on a sqautté le bar avec animation musicale et de toute façon on ne se couchait jamis trop tard (23h00 maximum) pour être sur de pouvoir se lever le lendemain. * LE GROS POINT NOIR : LA VETUSTE DU BATEAU ET LES PROBLEMES DE PLOMBERIE : on a eu, à trois reprises, plus d'eau dans les toilettes suite à des problèmes de canalisations qui touchainet plusieurs ponts et très régulièrement (si ce n'est pas tous les jours) plusieurs des toilettes des espaces publics du bateau étaient hors service donc on a passé notre temps à trouver des toilettes en état de fonctionnement (du coup on a bien visité le navire lol!!!!). Il y a toujours des odeurs de peinture, des endroits du navire où on ne peut pas accéder en raiosn des travaux de rénovation qui sont fait petit à petit. * le club enfant : animatrice sympa, les filles ont voulu y aller tous les jours. Mais attention, pour ceux qui ont l'habitude de costa ou MSC, le club enfant n'est pas ouvert toute la journée mais eulement quelques heures par jour donc pas possible de descendre en excursions en laissant les enfants la journée ou la demi journée au club enfant. Pour nous, pas de souci car on profite au max de nos filles pendant les vacanecs donc elles font toujours les excursions avec nous. Club enfant ouvert le soir de 21h00 à 22h30 avec des jeux ou mini boum.
* LES EXCURIOSN AVEC CDF : il faut les réserver avant un jour fixé dans le journal des excurions et rappelé dans le journal de bord distribué chaque soir en cabine. Par expérience, nous savions que les excursions proposés par les compagnies de croisière sont beaucoup plus chère que si on se débrouille par soi même. Nous n'avons pris aucune excursion par CDF, tout fait par nous mêmes avec des couples recontrés dans l'avion ou à table avec qui nous avons passé de très bons moments.
PREMIERE ESCALE : LA ROMANA
Nous avons négociés un taxi pour BAYAHIBE (on était 6 adultes et 4 enfants) : 15 dollars par adultes ou 12 euros et on a payé que pour deux enfants (un payant = un gratuit lol). On a pris le taxi dircetment en sortant du bateu. Certaines personnes ont marché un peu (moins d'un quart d'heure) pour arriver sur une petite place où il y a avait d 'autres taxis et on gagné quelques dollars par personnes (13 dollars par adulte). Mais on avait hate de partir (on est parti à 7h40), pas trop l'habitude de marchander et envie de profiter au max du temps de l'escale. Arrivée à bayahibé, notre chauffeur nous présente un pêcheur qui se propose de nous amener à l'ile de saona et à la piscine naturelle. Les négociations s'engagnet grâce à benjamin qui parle parfaitement l'espagnol. Pour 25 dollars par personne et un enfant payant = un enfant gratuit, on fait affaire. Dans un petit bateau, direction l'ile de saona. Gilets de sauvetage obligatoire pour les enfants car cela secoue un peu surtout quand le bateau fait des virages serrés ou des accélérations subites destinées à amuser les enfants (ce qui est parfaitement réussi). En chemin, on voit plein de poissons volants et des dauphins. Notre pêcheur arrête même la bateau pour ne pas l'effrayer avec le bruit des moteurs ce qui nous permet de le vois d'assez près. On arrive à la plage principale de l'ile de saona les premiers, l'ile est encore déserte à part un^pêcheur avec sa cage remplie de langoustes. l'ile est vraiment magnifique, eau translucide, plage blanc, coctiers....La paradis sur terre..... Mais 20 minutes après notre arrivée, les autres (c'est à dire ceux qui ont pris l'excursion via CDF ou ceux qui ont négocié le tarif et donc perdu un peu de temps) arrivent et notre belle plage déserte ne l'est plus. Notre pêcheru voit notre désarroi et nous propose (sans supplément de prix) de nous amener sur une autre plage de l'ile de saona et là le bonheur, on est seul au monde à part un chien et un vendeur de noix de coco à qui on achète 2 noix de coco pour 3 dollars (elles sont juste excellentes). Après une longue baignade, direction la piscine naturelle. Notre pêcheur nous trouve un endroit un peu tranquille et nous montre des étoiles de mer que nous pourrons prendre (avce précaution pour ne pas leur faire mal) dans les mains. Là aussi belle baignade. Ensuite retour à bayahivé avec quelques explications données sur les hôtels situés sur le front de mer de bayahibé et retour au bateau avec notre taxi qui nous attendaient à bayahibé. Attention : ne payer qu'au retour, que ce soit le taxi ou le bateau pour être sur qu'il vous attende bien à l'heure convenue. On a laissé un petit pourboire au pêcheur car il a été top. Retour au bateau à 13h15 (tous à bord à 13h30) donc on a bien profité de notre escale. Résultat : on a payé 45 dollars de taxi et 75 dollars de bateau + 10 dollars de pourboire soit 130 dollars pour 4 avec un circuit identique à celui proposé par CDF mais plus calme, sans être avec tout les autres croisièristes au même endroit au même moment (ce qui enlève un peu le charme de l'ile déserte!!!). Avec CDF, pour 2 adultes et 2 enfants, l'excursions nous aurait coûté 236 euros!!!!! faites vos comptes!!!!!! De retour au bateau, on a mangé à la cafétéria (resto fermé vu l'heure) puis farniente à la piscine.
Voilà pour la première escale. J'espère que cela vous sera utile et vous fait déjà un peu voyagé.....
Derrière le Rideau de Bambou English translation pending
Partant du principe que tous les pays méritent d’être visités (au moins une fois !), je n’avais donc pas de raison pour ne pas aller en… Corée du Nord. Quand mon « Big Brother » lançât l’idée de faire notre premier voyage ensemble qui plus est dans le dernier pays ‘communiste’ au monde, ma réponse fut : « Let’s go ! »
Evidemment aller en Corée peut susciter quelques questions en particulier d’ordre moral « Est-ce que visiter un tel pays n’est pas cautionner son régime ? ». Peut-être mais pas sûr non plus car dans ce cas la liste des pays peu ou pas fréquentables est longue. Dans un passé récent on aurait pu inscrire sur cette liste l’Espagne de Franco, la Grèce des Colonels, le Maroc d’Hassan II, l’Afrique du Sud de l’apartheid, l’Indonésie de Suharto… etc. De nos jours, la situation n’est guère plus brillante en ce qui concerne de nombreux pays comme par exemple, l’Egypte (dictature, coup d’état), la Hongrie (gouvernement d’extrême droite, persécution des minorités), Israël (occupation) sans oublier ni la Russie de Poutine, la Chine ou quelques pays du Golfe Persique… ni le Zimbabwe de Mugabe et pourquoi pas les Etats Unis (peine de mort, Guantanamo…). Mais il y a aussi l’espoir qu’une porte entrebâillée pour des touristes peut, à plus ou moins brève échéance, permettre une plus grande ouverture sur le monde, davantage d’échange et de liberté pour les populations de ces pays-parias, ce qui est le cas, dans une certaine mesure, de la Birmanie voire même de Cuba. Il est donc important d’aller partout, de pouvoir échanger et d’ouvrir les yeux.
Dans le cas de la Corée du Nord, il n’est évidemment pas possible d’aller partout en toute liberté ni d’avoir des contacts directs avec la population puisque l’on est en permanence accompagné par des guides. Impossible également d’entendre d’autres sons de cloche que les discours propagandistes du régime en place. Il ne reste donc qu’à ouvrir les yeux et surtout à lire entre les lignes.
Contrairement à l’idée reçue, on peut donc faire du tourisme en Corée du Nord… à condition toutefois de passer par l’une des rares (mais de plus en plus nombreuses) agences de tourisme agréées par le gouvernement de Corée du Nord. Celle que nous avons choisie : Korea Konsult, se trouve à Stockholm et propose plusieurs séjours et itinéraires au départ de Pékin. Notre choix se porte sur un séjour de cinq jours à Pyongyang avec quelques excursions en dehors de la capitale. Quant aux formalités, elles sont prises en charge par l’agence, il nous faut seulement s’assurer que nous avons un visa chinois.
Pékin 15 Septembre
La magie des transports aériens a toujours quelque chose d’extraordinaire puisque je retrouve Luc comme prévu à l’aéroport de Pékin, à l’autre bout de nos mondes respectifs. Lui est parti la veille de Bruxelles via Moscou et est arrivé il y a juste une paire d’heures, au moment précis où je décollais de Hong Kong après une brève escale. Pour ma part, je suis parti de Perth il y a tout juste douze heures.
Cette année nous faisons vraiment fort puisque c’est la troisième fois que nous nous retrouvons en neuf mois (et à chaque fois sur un continent diffèrent !) alors que nous sommes parfois des années sans nous voir. Bizarrement c’est la première fois que nous voyageons à deux ! Ce voyage sera donc l’occasion de découvrir un nouveau pays mais surtout de ‘nous’ (re)découvrir.
A la sortie de l’aéroport, nous ne trouvons pas de taxi mais une navette qui nous amène dans le centre-ville après avoir parcouru une myriade d’autoroutes qui traversent des banlieues sans fin où poussent des barres d’immeubles plutôt déprimantes agrémentées ici et là d’immeubles futuristes.
Le ciel est presque bleu et la température délicieuse, je suis bien ravi d’avoir un petit break de l’hiver austral qui traine en longueur. En prime, je vais redécouvrir les plaisirs de l’heure d’été.
Le chauffeur du bus nous indique que nous sommes arrivés à destination mais ne précise pas où nous sommes exactement. Après un dialogue de sourds avec un chauffeur de taxi, nous décidons de marcher sur cette immense avenue qui croise d’autres immenses avenues à angle droit. Heureusement, un plan du métro à l’entrée d’une station nous permet de nous repérer. Puisque nous sommes à Fuxingmen et que nous allons jusqu’à Tian’anmen East, il nous suffit donc de continuer tout droit ! Une demi-heure plus tard, je reconnais le portrait du Grand Timonier sur le portique de l’entrée de la Cité Impériale et qui fait face à la Place Tiananmen.
Alors que j’ai mis des décades avant d’enfin connaitre Pékin, jamais je n’aurais imaginé me retrouver ici moins de seize mois après ma première visite. En tout cas rien n’a changé depuis la dernière fois. L’hôtel Emperor se trouve dans la première rue à gauche, une rue bordée d’arbres et qui longe les douves de la Cité Impériale. Nous le trouvons un peu par hasard tant son entrée est discrète. Par contre, les chambres, décorées par un designer allemand, le sont beaucoup moins.
Le temps de déposer les bagages et d’envoyer quelques messages rassurants à celles qui sont restées et nous voilà repartis vers la Place Tiananmen. Celle-ci est pavoisée de drapeaux chinois et de Bahreïn puisque l’émir est en visite officielle en ce moment. Les touristes se prennent en photos devant les soldats immobiles et au garde-à-vous, pendant que les balayeurs sur leur caddy électrique s’assurent qu’aucun papier ou cannette ne traine par terre.
Bientôt, un attroupement se forme au pied du mât où flotte la bannière étoilée chinoise. Le cérémonial du baisser du drapeau va bientôt commencer. Laissons ce moment de grande fierté aux patriotes. Pour notre part nous préférons compter les nombreuses cameras installées au sommet des lampadaires/haut-parleurs géants, admirer, près du mausolée de Mao, les statues des combattants révolutionnaires aux poses dynamiques, observer les badauds venus de monde entier ou encore contempler les façades rectilignes de bâtiments officiels qui entourent la place et celles bien plus exotiques et colorées de la Porte Zhengyangmen et la Tour d’Archers. Nous poursuivons la balade dans le quartier Dashian, une zone piétonnière récemment construite qui regroupe boutiques et restaurants dans un faux décor historique noyé sous les néons maintenant que la nuit est tombée. Une longue marche le long de quelques grands boulevards anonymes et sombres et nous voilà arrivés dans le District de Dongcheng devant un centre commercial luxueux où se trouve l’un des meilleurs restaurants dont la spécialité est le canard… pékinois : DaDong.
Les menus sont de véritables livres d’art bourrés de magnifiques photographies de plats admirablement présentés et définitivement appétissants. Le choix étant trop compliqué à faire, nous optons pour le menu dégustation qui comprend une succession de mets plus exquis les uns que les autres. L’hôtel n’est pas très loin et après ce repas pantagruélique, une petite balade digestive dans les rues calmes est exactement ce qu’il faut pour conclure cette première journée de vacances.
Pékin 16 Septembre
Un réveil tardif nous permet de récupérer un peu de la fatigue du voyage. Café sur la terrasse déserte et ensoleillée qui domine les arbres et les toits rouges de la Cité Interdite vraiment toute proche. A droite, vue imprenable sur la Colline de Charbon surmontée d’une jolie pagode. Derrière nous, perdue dans la brume de chaleur, nous apercevons à peine la multitude d’immeubles modernes qui ne cesse de pousser, toujours plus haut.
Le programme prévu pour la journée (ou de ce qui en reste…) est léger. Nous commençons par une petite marche dans les rues ombragées qui nous mènent jusqu’à l’entrée du parc Jingshan (celui aperçu de la terrasse de l’hôtel) qui fait face à la Cité Interdite. Ce parc, dont l’histoire remonte à plus de mille ans, est situé sur une colline artificielle édifiée avec la terre extraite des douves de la Cité Impériale et des canaux environnants, une tâche titanesque ! Il comprend cinq sommets sur lesquels s’élèvent cinq pavillons. Le plus important abrite un bouddha doré et offre une vue magnifique sur le Palais Impérial. Autrefois, le parc était une partie intégrante et le refuge des Empereurs. D’ailleurs l’un d’eux, Chongzhen (le dernier de la dynastie Ming), s’y pendit en 1644.
Les petits chemins qui grimpent au milieu des arbres et des buissons fleuris sont par endroits pentus mais agréables d’autant plus que nous passons à proximité de musiciens en train de dépoussiérer leurs instruments traditionnels. On ne peut rêver de dépaysement plus complet. Arrivés au sommet, nous retrouvons des dizaines de touristes qui se prennent allègrement en photos devant les toits de la Cité Impériale vêtus de costumes d’empereurs ou de concubines que des marchands malins louent à tour de bras. Pour ma part, c’est une plaque posée au sol qui m’attire car elle indique le centre géographique de Pékin.
Après être restés un long moment à contempler les différentes vues panoramiques embrumées (et à reprendre notre souffle !) nous reprenons la balade vers l’un des vieux quartiers (hutongs) qui résistent encore face aux assauts des promoteurs immobiliers. Succession de ruelles bordées de maisons basses dont les entrées discrètes s'ouvrent sur de larges cours intérieures que partagent plusieurs familles. Mais bien vite nous nous retrouvons sur ces larges et interminables avenues qui se ressemblent toutes et n’offrent que peu d’intérêt.
Nous finissons par trouver le Swissotel, un immeuble rond au pied d’un rond-point géant perpétuellement encombré par une circulation démentielle. Peu d’intérêt donc mais c’est ici que se trouve le siège de la compagnie aérienne nord-coréenne et où nos visas nous attendent.
Nous fêtons l’évènement en allant prendre un late brunch dans l’un des restaurants de l’hôtel avant de prendre un taxi qui nous emmène au 798 Art District un peu plus au nord de la ville.
Dashanzi, la banlieue où nous débarquons une demi-heure plus tard, est un bien curieux quartier. Coincé entre des autoroutes et voies rapides, il est composé d’un amalgame de barres d’immeubles délabrées et flambant neuves, de friches industrielles et d’usines désaffectées. C’est d’ailleurs dans l’un de ces nombreux complexes militaro-industriels tombés en ruines à la fin des années 80 que se situe cette zone artistique qui rassemble musées, galeries d’art, ateliers, boutiques et cafés à la mode.
Construit dans les années 50 en collaboration étroite avec l’URSS et la RDA, le complexe industriel de Dashanzi devait permettre à la Chine de produire des composants électroniques auparavant importés d’URSS. Il comprenait plusieurs usines ainsi que des logements pour les travailleurs et s’étendait sur 500 000 m². L’architecture des lieux est unique, style Bauhaus un style aux formes simplifiées où la forme suit la fonction.
Il n’est pas question non plus de lésiner sur les moyens puisqu’une grande partie de l’équipement est transportée directement d’Allemagne de l’Est par le Transsibérien, une ligne de chemin de fer de quinze kilomètres est construite reliant directement le complexe à la gare centrale de Pékin.
Le complexe de Dashanzi devient vite un modèle du genre et la vitrine d’un communisme social qui associe travail et activités culturelles et sportives, où l’ouvrier méritant et sa famille sont pris en charge de la crèche jusqu’à la maison de retraite. Ce monde ‘merveilleux’ s’écroule vers la fin des années 80, date des premières réformes économiques lancées par Deng Xiaoping qui limitent les subventions aux entreprises d’état. Vers le milieu des années 90, la plupart des usines sont à l’abandon et la zone industrielle reconvertie en zone d’habitation.
C’est également à cette époque que le Département de la Sculpture et l’Académie Centrale des Beaux-Arts, toujours à la recherche d’ateliers spacieux, s’installent dans les locaux vacants. Ils sont bientôt suivis par des artistes d’Avant-Garde inspirés par l’architecture Bauhaus où les grands espaces intérieurs sont conçus pour laisser le maximum de lumière naturelle sur les lieux de travail. Ici, les plafonds courbés sont supportés par de arches tronquées au sommet puis remplacés par de larges baies vitrées inclinées en diagonale donnant ainsi aux toits un aspect de dents-de-scie et afin de minimiser les ombres toutes les fenêtres sont orientées au nord.
Nous déambulons dans ce dédale d’allées étroites aux murs couverts de graffitis et parsemé de sculptures avant-gardistes pour le moins surprenantes. Un monde déjanté et moqueur où le beau côtoie le laid, un monde que nous n’aurions jamais imaginé possible en Chine même en 2013. La Révolution Culturelle est à des années lumières ! Galeries du bizarre, de la provocation mais aussi des ateliers où l’art traditionnel est modernisé par des formes et des couleurs contemporaines. Une belle et surprenante découverte qui vaut absolument le détour.
Encore sous le charme, nous en oublions presque les embouteillages monstres sur le chemin du retour. Nous profitons encore de la douceur du soir pour aller prendre un verre sur la terrasse et regarder les effets de lumières sur les toits de la Cité Interdite. Ce soir, pas de menu gastronomique à la DaDong mais plus simplement une délicieuse soupe garnie et épicée sur une table bancale sur un bout de trottoir d’une rue tranquille.
Pékin 17 Septembre
De la fenêtre de la chambre, je regarde le ciel gris et nuageux qui annonce la pluie. Le temps de pendre un petit café accompagné de quelques tranches du kramick ramené de Bruxelles (Min Dieu qu’ché bon !), de plier les bagages et nous voilà en train de filer sur l’autoroute qui mène à l’aéroport. Notre chauffeur de taxi s’occupe à faire des jeux de roulette sur son portable, non seulement à l’arrêt dans les embouteillages mais également quand il dépasse des camions poursuivis de nuages d’embruns. Heureusement, il les perd tous je n’ose pas imaginer sa réaction s’il devait en gagner un !
Sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, nous arrivons à l’ancien terminal bien plus tôt que prévu. Nous pouvons donc nous noyer avec allégresse au milieu de la cohue qui règne dans le hall des départs. Mais où vont tous ces Chinois ?
En tout cas pas à Pyongyang car quand nous finissons par trouver les guichets d’Air Koryo, nous n’y trouvons que des Coréens du Nord (reconnaissables à leur petite taille et leur teint plus sombre mais surtout au pin à l’effigie du Grand Leader épinglé sur le revers de la veste) ensevelis sous des amoncellements de bagages plus ou moins bien ficelés plus un petit groupe de voyageurs aux cheveux gris et à l’accent british quelque peu dépassé par les évènements.
Fort heureusement, nous devons avoir une tête qui revient à l’agent en charge de l’enregistrement des bagages puisqu’il nous fait passer devant tout ce beau petit monde. Mais le temps gagné ici et rapidement perdu aux étapes suivantes : le passage à la sécurité suivi de celui des douanes surtout que nous y arrivons juste au changement de garde.
La porte d’embarquement C9 est située bien à l’écart, serions-nous déjà considérés comme des pestiférés ? Au moins nous avons l’embarras du choix pour ce qui est des banquettes en skaï. Bientôt nous retrouvons les petits Coréens, toujours aussi chargés mais cette fois de sacs remplis de bouteilles de whisky et de cartouches de cigarettes. Puis arrivent quelques petits groupes de touristes essentiellement allemands et scandinaves. Devant nous, des écrans plats géants diffusent des petits reportages sur les endroits à visiter à Pékin, sur les sportifs chinois en vue et même sur l’histoire du Parti Communiste. Ceux-ci sont constamment entrecoupés de publicités vantant les bonheurs de la société de consommation. Pauvre Grand Timonier, qui dans son mausolée climatisé, doit crier à la trahison !
13h. Enfin un peu d’animation du côté de la porte d’embarquement. Du sas vitré, nous apercevons notre beau Tupolev Tu-204-100B (j’ai révisé !) frappé aux couleurs de la République populaire démocratique de Corée mais tout ruisselant sous le crachin pékinois. Les jeunes hôtesses nous indiquent nos sièges et nous remettent le Pyongyang Times, un petit hebdomadaire de huit pages avec à sa une, une photographie du jeune Grand Leader tout sourire. L’intérieur de l’avion est nickel et les sièges de la classe économie sont spacieux et confortables (une rareté de nos jours !).
En attendant que tous les passagers s’installent, je feuillette le magazine Korea Today qui nous résume les grands évènements du mois précédent c’est-à-dire l’emploi du temps du jeune Grand Leader dont le portrait figure une ou plusieurs fois par page. Ici l’inauguration d’une centrale ou usine quelconque, là l’inauguration de la dernière zone urbaine, plus loin une visite d’une caserne accompagné d’une flopée d’anciens combattants souriants ou encore la visite d’une école cerné d’enfants admiratifs. Et toujours ce sourire étincelant, ce costume sombre et élégant et la coupe de cheveux du grand-père qui font apparaitre le jeune Grand Leader comme un demi Dieu, entouré d’une foule aux attitudes volontaires et aux mines radieuses. S’il y avait un Oscar Photoshop, nul doute qu’il irait aux illustrateurs nord-coréens !
Tous les passagers sont maintenant à bord, la majorité est composée de touristes occidentaux, le reste inclus des travailleurs nord-coréens de retour au bercail et quelques femmes (ou maitresses !) de l’élite revenues d’une expédition de shopping dans la capitale chinoise. Curieusement, les rangées de fauteuils du dernier quart de l’avion sont remplies à la dernière minute de paquets et de valises qui n’ont pas trouvé de place dans la soute à bagages.
La pluie occasionne un embouteillage sur les pistes et nous décollons avec près d’une heure de retard ce qui nous permet de feuilleter une fois encore les magazines et même d’étudier la prose révolutionnaire des articles critiquant la politique du Président Obama et vantant celle du jeune Grand Leader. Les hôtesses viennent rompre notre début d’ennui en nous servant des jus de fruit dilués et une espèce d’hamburger froid peu appétissant. En guise de divertissement, nous avons également droit au spectacle de Noël, ou la version nord-coréenne d’un show à la André Rieux où une dizaine de musiciennes en mini-jupes se dandinent en reprenant des airs populaires sur des clips de lancements de missile et sous les applaudissements rythmés de l’audience en uniforme.
Pratiquement au moment où nous survolons la frontière, l’épaisse couche de nuages gris cède la place à un beau ciel bleu et dégagé. Nous pouvons donc admirer par le hublot les paysages montagneux puis les plaines agricoles recouvertes de rizières et de champs jaunes et verts entrecoupés de rivières scintillantes et parsemés de villages aux maisons sagement alignées. De là-haut, nous avons parfois le sentiment de survoler des paysages de la France profonde des années 40 un paysage campagnard sans les balafres des infrastructures modernes.

Nous descendons rapidement, l’aéroport semble être situé au beau milieu des champs. Sur le tarmac, nous passons en revue la flotte des avions à hélices d’Air Koryo soigneusement astiquée par quelques mécaniciens qui ne lèvent même pas la tête au passage notre avion. Des bâtiments en construction encadrent une espèce de hangar flambant neuf. Le comité d’accueil, formé d’hommes et de jeunes femmes portant des uniformes de couleurs différentes, se presse lentement autour de la passerelle bleue que l’on vient d’arrimer. Dans l’avion, l’on entend déjà les crépitements des appareils photo.
Dehors, la douceur de la fin d’après-midi nous surprend agréablement mais nous avons à peine le temps de l’apprécier car on nous fait signe d’accélérer le mouvement, pas question de faire attendre les quatre douaniers installés derrière leur pupitre en bois. Formalités rapides et presque chaleureuses puis nous nous retrouvons dans une espèce de gymnase d’école aux murs blancs. Un tapis roulant grinçant et éternellement vide d���un côté, au fond deux ou trois machines pour l’inspection des valises et de l’autre côté, une petite vitrine et une table sur tréteaux remplies de souvenirs. Une jeune femme vient justement de l’ouvrir et commence à étendre des drapeaux, des poupées, quelques cartes postales, posters et boites de thé au ginseng sans oublier les œuvres écrites par les trois grands Leaders et abondamment illustrées de photographies similaires à celles du magazine épluché dans l’avion. Pour moi ce sera la carte de la Corée réunifiée à 2 Euros. What a bargain ! Pas de problème de change puisque seuls les Euros sont acceptés !
Depuis maintenant près d’une heure nous ne voyons défiler sur ce satané tapis roulant qui perce les oreilles que des paquets ficelés des passagers nord-coréens qui sont promptement embarqués par des jeunes militaires. Nous avons donc largement le temps d’apprendre par cœur le tableau des arrivées d’aujourd’hui : deux vols en provenance de Pékin, un venant de Shenyang (une grosse ville de province située de l’autre côté de la frontière) et le dernier, plutôt surprenant, en provenance de Koweït !?
Nous finissons par récupérer nos valises puis après avoir enregistrés les portables de Luc aux guichets de la sécurité, nous faisons connaissance avec nos guides, le chauffeur et nos cinq compagnons de voyage qui nous attendaient sur le parking en terre battue près du minibus.
Deux guides pour sept touristes… nous sommes soignés ! Le monsieur discret et plus âgé (Monsieur Ho) sera pour les francophones (c’est-à-dire pour nous deux) tandis que la jeune fille souriante (Hyun) sera pour les anglophones (c’est-à-dire les cinq autres).
Le soleil commence à tomber doucement alors que nous roulons sur une route complètement déserte au milieu des champs de maïs. Hyun prend d’emblée les choses en main, en tout cas le micro, et nous résume en quelques minutes plusieurs siècles de l’histoire de la Corée avant de s’étendre plus longuement sur la période 1950-1953. Puis, alors que nous approchons des premiers faubourgs de Pyongyang, elle nous annonce le programme des festivités pour le reste de la journée. Celui-ci se résume à un rapide tour en ville (puisque nous sommes déjà très en retard, se navre-t-elle !), à l’achat d’un bouquet de fleurs que nous irons déposer au pied des statues géantes des ex-Grands Leaders avant de nous recueillir quelques instants. Ça promet ! Mais nous savions également que cela faisait partie du deal quand on vient en Corée du Nord… Les touristes ont ici des devoirs à remplir !!!
Des fenêtres du bus, nous découvrons les premières rues du centre-ville. Barres d’immeubles colorées, larges trottoirs bordées d’arbres où flânent de nombreux piétons profitant de la douceur de cette fin de journée. Chantiers de construction encore en pleine activité, portraits géants des ex-Grands Leaders, espaces verts, drapeaux et bannières. Aux croisements des avenues, nous sommes fascinés par la chorégraphie mécanique mais toujours gracieuse des agentes de la circulation en uniforme blanc immaculé qui font respecter le code de la route. Les chauffeurs de bus, trams, camions ainsi que ceux des 4x4, Mercedes ou des berlines japonaises sont littéralement menés à la baguette.
Derrière les bâtiments monumentaux à la soviétique qui abritent divers ministères, se trouve un autre bâtiment encore plus grand : la Bibliothèque Nationale. Blanc et à colonnades, il est surmonté de toits verts à la chinoise, Monsieur Ho émerge d’un demi-sommeil pour nous confier que ce temple du savoir ne contient pas moins de 30 millions de volumes… Toutefois, il ne précise pas si ce sont des volumes différents ou bien les invendus des œuvres et des biographies des ex-Grands Leaders. C’est également là, ajoute-t-il, qu’il a appris le français (qu’il parle admirablement bien d’ailleurs) et quatre autres langues du coup je regarde ce palais avec des yeux bien plus admiratifs.
C’est près de la fontaine que nous trouvons nos bouquets de fleurs. Ils sont magnifiques malgré leur petit air de recyclé et ne sont pas trop chers (5 Euros). Direction le parc de Mansudae sur les hauteurs, pour aller (enfin) saluer les copains. La nuit est maintenant tombée ce qui nous permet d’admirer les effets de lumières sur les immeubles modernes de la ville. Accompagnés par le chant des grillons invisibles, nous faisons quelques pas sur le chemin qui grimpe vers l’esplanade vide et dominée par deux énormes statues brillantes sous les feux des projecteurs. Sur un piédestal en marbre, le Grand Père, la main tendue, et le Père, la main dans la poche, nous souhaitent la bienvenue.

Hyun nous demande de former une ligne, puis à son signal de faire une petite courbette avant d’avancer ensemble pour déposer nos bouquets parmi la centaine d’autres déposés auparavant. Puisque nous sommes tous des gens éduqués et polis, nous nous prêtons volontiers à ce petit cérémonial sans trop pouffer de rire.
Quelques moments plus tard, nous regagnons le minibus et partons vers notre hôtel. Le Yanggakdo Hotel, situé sur une ile au milieu du fleuve Taedong (très pratique pour garder des touristes trop curieux…), est une tour d’une quarantaine d’étages qui ne paie pas de mine avec un lobby en marbre trop petit, la moitié des ascenseurs en panne, des restaurants lugubres y compris le panoramique au dernier étage mais les chambres, très années 80, sont suffisamment confortables. Et surprise, à la télévision on peut capter en plus des chaines chinoises et russes, CNN et la BBC.
Le repas, que nous prenons dans l’un des quatre restaurants, est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage : un couple suédo-danois résidant à Zurich, deux amis Suédois, l’un habitant Stockholm l’autre Bangkok et un Danois travaillant à Séoul. Leur moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans Luc et moi faisons office de doyens. En tout cas le courant passe très bien. Quant au buffet, bien que déjà bien dévalisé par les précédents groupes de touristes, il recèle de plein de mets inconnus et tous excellents.
Pyongyang 18 Septembre
En tirant les rideaux, je découvre la ville couverte d’une brume qui peine à se dissiper. Je n’imaginais pas voir une ville si étendue ni autant de bâtiments modernes. Sur le fleuve, quelques barges remontent lentement à contre-courant. Plus près, un dragueur s’active sérieusement, son ronronnement mécanique est couvert par une musique, entrecoupée de longues phrases ressemblant à des slogans, diffusée par des haut-parleurs invisibles. Au milieu, sur leur petite embarcation bien solitaire, deux pêcheurs lancent leurs filets.


Le petit déjeuner se prend dans l’une des immenses salles au rez-de-chaussée au décor zen et kitsch à la fois. Sur la quarantaine de tables rondes, seules trois ou quatre sont occupées par une poignée de touristes. Au menu : omelette et salade de choux, toasts, confitures et une tasse de café soluble. Une jeune fille en costume traditionnel surveille le toaster pendant que sa collègue fait le passe-passe avec LA bouilloire électrique de l’hôtel. Le gradé est lui en charge du bocal de Nescafé et s’assure de ne mettre qu’une demi-cuiller de précieux granulés par tasse et prend un air catastrophé dès que l’on lui demande une seconde tasse.
Nous retrouvons guides et compagnons de voyage dans le lobby où l’on ne risque pas de se perdre. Hyun nous annonce le changement de programme dû, nous dit-elle, aux terribles inondations de la semaine dernière qui ont non seulement détruit un pont mais également rendu impraticable la route pour aller aux montagnes de Myohyangsan. Nous ne pourrons donc pas visiter le temple bouddhiste de Bohyon, ni la Vallée de Manpok et pire ni visiter l’Exposition de la Fraternité Internationale, un musée qui regroupe une impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders par des dignitaires étrangers.
Mais pas d’inquiétude, nous rassure-t-elle de suite, il y a un plan B. Celui-ci comprend la visite d’une toute aussi impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders mais cette fois par les Coréens (inclus ceux de la diaspora, précise-t-elle !), puis nous aurons également la chance d’aller visiter l’usine de mise-en-bouteille de l’eau de la plus importante source du pays, de visiter l’institut agricole et une ferme modèle et apothéose de la journée : la visite du barrage de P’i Do où nous prendrons notre déjeuner. Au retour, visite du Musée de la Guerre. Waouh !
Nous sommes tellement excités par ce nouveau programme que nous précipitons dans le minibus, pauvre Monsieur Ho doit courir derrière nous.
Après avoir traversé les ZUP monumentales à l’ouest de la ville, nous bifurquons à droite sur une petite route de campagne bordée de rizières. Au bout de la route, au pied des collines boisées, se trouve un imposant bâtiment blanc sans fenêtre entouré de pelouses impeccables et d’une grille bien gardée.
Une charmante guide en costume traditionnel (jaune et bleu celui-là) nous prend en charge. Dès l’entrée nous devons chausser des chaussons en feutre, pas question d’abimer le marbre puis passer un sas à fort courant d’air, pas question d’amener nos microbes et enfin déposer nos possessions dans un vestiaire aussi vaste que celui de l’Opéra de Paris, pas question d’affoler les portiques électroniques ni de prendre en photo les précieux cadeaux. Une fois assurée que personne ne mâchouille plus de chewing-gum, elle nous prie de la suivre dans les couloirs de cet immense palais glacial et glacé, marbré des colonnes aux escaliers, des murs aux plafonds et commence à réciter ses commentaires où tout doit être chiffré, mesuré, quantifié avec le maximum de superlatifs possible. Première salle, première vitrine, premier arrêt. « Et voici, un fauteuil recouvert de peaux de tigre, offert au Grand Leader par un couple de paysans du nord de la péninsule ». Un peu plus loin. « Et voici, la première machine à laver sortie de l’usine Numéro 75 et offerte par les valeureux ouvriers de notre patrie » Le ton est donné. Plus que 9 998 cadeaux à admirer !
En fait, la guide ne s’arrête que quelques instants devant certains objets considérés comme les plus importants mais pas toujours les plus beaux ni les plus intéressants. On y trouve de tout, du dessin, à la tapisserie, de la théière au bassinet, du bibelot en bois sculpté à la figurine en porcelaine mais ce sont évidemment les portraits du Grand Leader qui dominent, de l’immense fresque en canevas sur fond d’usines fumantes et de champs moissonnés au délicat médaillon fait en plumes d’oiseaux rares.
Une salle, deux salles, trois salles… il faut presser le pas car si nous ne sommes que sept, nous nous arrêtons à chaque fois à sept endroits différents, une manière de maximaliser nos ressources et talents pour dénicher l’objet le plus kitsch pour ne pas dire le plus moche.
Nous passons à l’étage, celui où sont exposés les cadeaux offerts par les « autres » Coréens. Ainsi, nous découvrons toute une série de Walkman offerte par un fan, une Toyota offerte par un chef d’entreprise sud-coréen, des écrans plats de toutes les tailles et des portables (encore dans leurs emballages !) offerts par Mr Samsung ou encore toute une série de mobilier de salles à manger, plus affreuses les unes que les autres, gracieusement offertes par un Coréen né au Nord mais qui a fait fortune au Sud (le contraire eut été étonnant !). Nous n’oublions pas ni les louches en or, ni les baguettes incrustées de pierres précieuses.
Enfin, il ne nous reste que la dernière salle mais certainement « la plus importante » nous affirme notre hôtesse. Deux soldats poussent les deux immenses portes et nous laissent découvrir une immense salle de réception blanche dominée par deux imposantes statues blanches représentant les deux Ex-Grands-Leaders souriants et éclairées par des lumières roses.
Il nous faut, comme hier, former une ligne et s’incliner. Ah, cette courbette la n’était pas prévue dans le programme ! En guise de récompense nous pouvons jeter un œil sur les cadeaux les plus précieux comme ce magnifique meuble chinois finement ciselé, cette défense d’éléphant sculptée, ce bloc de jade (le plus grand au monde confirme-t-elle) et clou du clou cette toile représentant le fils de l’Ex-Grand Leader en armure (et portant ses lunettes) sur un dragon… plus fort que Don Quichotte et que Saint George réunis !
Heureux de retrouver la chaleur du soleil et de chasser la fraicheur de l’air conditionné, nous commentons sur la bizarrerie de cet endroit à mi-chemin entre un musée des Arts et Métiers d’une ville de province oubliée et d’une exposition de listes de mariage de beaufs pour super-beaufs. Puis de nous demander quel sera le sort de toutes ces horreurs quand il n’y aura plus de Grands Leaders…
Nous repartons vers l’ouest en prenant l’autoroute cette fois une extraordinaire trouée au travers un paysage de forêts et de champs. Les autoroutes nord-coréennes sont aussi larges que celles de Los Angeles mais avec zéro circulation. Rien, pas même un camion sur des kilomètres, juste quelques cyclistes et un véhicule militaire venant dans le sens opposé et que nous évitons de justesse ! En effet, les nids de poule étant tellement nombreux et profonds que seule la voie du milieu est à peu près fréquentable, elle est donc l’objet de toutes les convoitises et est l’occasion pour les chauffeurs (une espèce rare sous ces cieux) de tester leurs nerfs ; ce n’est qu’à la vue des casquettes et des épaulettes que le nôtre finit par céder avec un soupir exaspéré.
Plus loin, nous quittons les cahots de l’autoroute pour ceux des petites routes de campagne bordées de petits ruisseaux et d’alignements d’arbres au tronc blanchi. Les cyclistes sont aussi dignes et presque aussi nombreux qu’à Amsterdam. Leurs porte-bagages sont souvent chargés de gros sacs ce qui les oblige à pousser leur vélo à la moindre petite montée.
Nous passons devant quelques communes, toutes bâties sur un modèle identique. Derrière un petit muret séparant les champs du village, on aperçoit des habitations toujours bien alignées, composées soit de petits immeubles en béton de deux ou trois étages, parfois peints mais le plus souvent pas entièrement terminés, soit de petites villas entourées de petits jardins et potagers et, remplaçant nos églises ou temples, un hall communal orné de bannières. De l’intérieur de notre minibus, l’atmosphère est champêtre et paisible et les paysages baignés de soleil fort agréables.
Un chemin mène à un bâtiment blanc aux vitres fumées qui abrite la Kangso Yaksu Mineral Water Bottle Factory. Nous sommes accueillis par le directeur de l’usine, un petit homme à la chevelure dégarnie qui le fait ressembler à Mao et portant une chemisette décorée d’un petit badge affichant les portraits souriants des deux ex-Grands Leaders. Peut-être avons-nous interrompu sa sieste et veut-il y retourner rapidement car à peine réunis dans le hall d’entrée, il prend sa longue règle et se lance dans de longues explications techniques illustrées par des schémas, des cartes et des photos accrochés aux murs et prestement traduites par Hyun.
Ainsi nous apprenons que l’activité principale de cette usine (la plus importante de la patrie chérie), consiste à mettre en bouteille l’eau de la source d’à côté (la meilleure eau du pays) et que la grande astuce est d’injecter du gaz pour avoir de l’eau gazeuse, « encore faut-il avoir les bons dosages », nous prévient-il ! Et le voilà parti dans un cours de chimie 101 qui ne passionne pas vraiment l’audience plus intéressée à admirer les posters des ex (et présent) Grands Leaders venus inspecter les lieux à plusieurs reprises au cours des dernières décades.
Au moment précis où nous passons les portes vitrées et pénétrons dans une grande salle où il règne une chaleur accablante, voilà la chaine qui se met en route dans un vacarme de bouteilles qui se cognent, les ouvrières masquées prennent leurs positions avec un air concentré. Les bouteilles sont remplies d’eau, capsulées, étiquetées puis mises dans des cageots ou cartons qui seront exportées… « principalement vers la Chine » conclut-il fièrement. Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une petite salle climatisée pour une dégustation gratuite. Nous avons même l’opportunité d’acheter (en Euros, svp) toute la gamme des bouteilles. Ceci-dit l’eau est vraiment excellente et vaut bien notre Perrier national.
Une demi-heure plus tard, nous roulons vers la prochaine étape : la ferme modèle, située quelques kilomètres plus loin, à proximité de la petite ville de Kangso. Une route bordée d’arbustes et de jeunes pins conduit jusqu’au vaste parking vide situé en face d’un grand bâtiment carré en béton. Plus loin à gauche, nous apercevons, au pied d’une colline ornée de slogans géants, quelques petits blocs d’appartements noyés dans la végétation et quelques bâtiments plus anciens regroupés autour d’une cour. Une espèce d’obélisque couvert de caractères rouges et un mur de mosaïques représentant le Grand Leader assis parmi des paysans et donnant des conseils pour améliorer les rendements des récoltes (c’est ce qu’indique la légende en bas !) complètent le décor. Il y a également une bande son puisque les haut-parleurs de mauvaise qualité diffusent une litanie de ce qui parait être des slogans, de quoi maintenir le moral et la morale révolutionnaires (et surement empêcher les travailleurs de faire une petite sieste).
Hyun revient avec le chef de la commune. Nous le reconnaissons de suite grâce à son uniforme : un costume avec des manches courtes et porté sans chemise. Après nous avoir souhaité la bienvenue il nous demande de le suivre sur un petit chemin qui mène sur une petite esplanade dominée par un ensemble de statues aussi brillantes que le tissu de son costume. La scène représente l’ex-Grand Leader (le grand-père) souriant, le regard fixé vers l’horizon, entouré de paysans eux aussi souriants, le regard porté vers l’ex-Grand Leader. Tout simplement magnifique. Ce qui l’est moins est le fait que nous devons une fois encore nous aligner et saluer une nouvelle statue. Certes la maitrise de la chorégraphie de courbettes s’améliore à chaque fois (moins celle des fou-rires !).
Devoir accompli, nous écoutons sagement le chef nous chanter sa leçon monotone apprise par cœur mais que Hyun met du cœur à rendre plus mélodieuse. Chiffres, rendements, records, variétés et qualité des récoltes, nouvelles techniques de production, enseignement de haute qualité, tout y passe, tout est dûment traduit et tout ressort de l’autre oreille. Quand notre Danois trop curieux pose la question : « Quand est-il de la mécanisation ? » nous vivons en direct une scène du film «Lost in translation», le chef nous propose alors avec un sourire radieux d’aller voir les serres où murissent les tomates (les meilleures du pays… bien sûr !).



Direction les serres donc où nous attend une autre jeune fille portant un costume éblouissant, jaune et blanc et ruban rouge. Le chef en profite pour s’éclipser discrètement. « Oui vous pouvez entrer dans les serres pour voir la grosseur de nos tomates et la qualité supérieure de nos concombres. » lance-t-elle. Les sept hochements de la tête admiratifs semblent la combler de bonheur.
De l’autre côté des serres se trouvent les bâtiments de l’Institut de Recherche Agricole mais pas question d’aller voir de plus près, « Nos chercheurs sont très occupés ». Nous nous contentons donc de faire des coucous aux gamins, quelque peu étonnés de notre présence, d’encourager un petit groupe d’hommes et de femmes en train de pousser un mini tracteur en panne et de regarder un technicien perché sur son échelle en train de fixer un petit panneau solaire.
« Et voici notre visite de la ferme modèle qui se conclue. » nous annonce Hyun. « Nous allons maintenant voir le plus long barrage du pays. » poursuit-elle.
Nous retrouvons l’autoroute géante, déserte et cabossée jusqu’à l’entrée de la ville de Nampho. Les rues côté recto ressemblent à celles de la capitale : succession de barres d’immeubles aux façades fraichement peintes, des trottoirs bordés d’arbres que partagent piétons et cyclistes. Pour ce qui est du côté verso, c’est un peu moins glorieux et entre deux barres on peut apercevoir brièvement des petites maisons les unes sur les autres dans un état plus ou moins délabré.
Nous passons devant une paire d’usines, de casernes et, à mesure que nous approchons du port, nous apercevons rapidement quelques entrepôts et des quais plutôt vides. Plus loin nous longeons à gauche des marais salants et à droite des champs de céréales qui s’étendent jusqu’aux berges du fleuve Taedong qui prend des allures de baie à mesure que nous approchons de la Mer de Chine. Sur l’autre rive, l’enchevêtrement de montagnes et collines se perd dans une brume de chaleur persistante.
L’entrée du barrage est marquée par une arche et une guérite gardée par des jeunes soldats flottant dans leurs uniformes trop grands. Je comprends maintenant que le barrage n’est pas un barrage hydro-électrique comme je le pensais mais une ‘simple’ digue construite à l’embouchure du fleuve. Construit aux débuts des années 80 par des milliers de soldats (il faut bien les occuper ces braves !) et inauguré en 1986, ce barrage, long de huit kilomètres, relie les deux rives via l’ile de P’i Do et comprend trois écluses ouvertes à marée basse. Il permet ainsi de séparer l’eau salée de la mer de l’eau douce du fleuve et d’augmenter ainsi la superficie des terres irriguées.
A gauche de la route, une vingtaine de cargos attendent patiemment leur tour, à droite les embarcations sont échouées sur le sable, marée descendante oblige. Sur la route nous ne croisons que des militaires et pour la première fois des marins qui ont l’air plus ‘cool’. Le chauffeur de notre minibus nous dépose au pied du phare-monument-musée situé au sommet de l’ile. De là, nous admirons de la vue panoramique sur la baie, les écluses et la mer que l’on aperçoit au fond avant d’aller prendre notre pique-nique (excellent et copieux) dans le restaurant du phare et attendre l’arrivée de la guide officielle du barrage...
Digestion au soleil en écoutant une nouvelle récitation de chiffres entrecoupés d’adjectifs qualificatifs, comparatifs et surtout superlatifs sans oublier bien sur les références aux Grands Leaders et à leur vision. Ici non plus pas question d’approcher de plus près. « Les écluses sont dans une zone militaire. » prévient la guide en fronçant les sourcils, « Et la vue est bien mieux d’où nous sommes. » ajoute-t-elle avec un léger sourire. Contentons-nous donc de la vue générale.
Il est temps de reprendre le chemin du retour en prenant la même autoroute toujours aussi déserte jusqu’à l’immense Avenue de la Révolution bordée d’immeubles blancs. Le chauffeur nous balade dans plusieurs quartiers de la ville, la seule différence est la densité et la hauteur des tours d’appartements. Quel que soit le quartier, nous passons constamment devant des chantiers de construction. Ici d’autres appartements à différents stages de finition, là des installations sportives. Plus loin ceux d’une rénovation d’un parc ou d’une restauration d’une route.
Certains travaux peuvent durer des décennies, comme celui de cet hôtel, le Ryungyong Hotel, en forme d’élégante pyramide de verre qui du haut de ses 105 étages (330 m) domine la ville. Commencés en 1987, les travaux sont abandonnés en 1992, une fois la carcasse terminée. Manque de fonds, pénurie d’équipement et de matériaux, le building reste à l’abandon jusqu’en 2008 date de la reprise des travaux de finition extérieure qui se terminent en 2012. Aujourd’hui, nous informe Mr Ho, les ouvriers aménagent l’intérieur. A voir le peu d’activité qui règne au pied du building, on peut en douter.

Dans cette ville entièrement reconstruite, l’unique bâtiment historique que nous apercevons se trouve au milieu d’un rond-point fleuri. Sur son piédestal en pierre et son double toit vert relevé sur les bords, ce portique en bois ressemble (en plus modeste) aux portes impériales que l’on trouve à Pékin.
Les embouteillages, il y en a quelques-uns, sont l’occasion d’observer de plus près les passagers des trams et des bus et de se rendre compte qu’ils ont les mêmes têtes fatiguées, les mêmes yeux cernés que les passagers d’un bus à Paris ou à New York. La seule différence est que personne ne lit, ni n’écoute de la musique. Quelques-uns, surtout les enfants, une fois la surprise passée, nous font de grands signes et sourires, mais la plupart nous ignore complètement, comme si la présence d’étrangers n’avait rien d’extraordinaire.
Une arche, des alignements de statues, des jets d’eau entourant une statue massive d’un soldat portant un drapeau, une pelouse jusqu’aux marches d’un bâtiment blanc avec un fronton d’arcades, et d’où émerge un flot continu de visiteurs, pas de doute nous sommes bien arrivés au Musée de la Guerre. Mais avant de pénétrer dans ce lieu sacré de la République, une jeune femme en uniforme vient se présenter. Elle sera notre guide et en sa compagnie nous passons en revue la série de statues de glorieux soldats en situation d’héroïsme aigu, puis les restes des prises de guerre diverses : armements, tanks, avions et summum du summum le célèbre navire de guerre américain l’USS Pueblo, capturé en Janvier 1968.

Comme navire de guerre, il n’a vraiment rien de terrifiant puisse qu’il ne s’agit plutôt que d’un petit cargo transformé en navire espion par les Américains. Mais cette prise de guerre permit (et permet encore) d’être un excellent élément de propagande pour la patrie techniquement toujours en guerre. Plus que la prise en elle-même, c’est la saga qui suivit qui fit couler beaucoup d’encre. Les 82 membres d’équipage survivants furent torturés avant d’être finalement libérés en Décembre 1968 en échange d’une lettre officielle d’excuses du gouvernement américain.
Allons-y pour la visite à bord qui n’a rien d’extraordinaire sauf les impacts de balle (marqués en rouge) et la réalisation que la vie à bord ne devait pas être rigolote tous les jours tant tout semble minuscule. Quant à la salle contenant les instruments d’écoute, elle permet de réaliser les avancées technologiques effectuées depuis 68 ! Nous suivons la casquette de notre guide jusqu’au pied de la statue monumentale aperçue plus tôt. Nous aurions dû nous en douter car la voilà qui nous fait signe de former une ligne. Ca va nous connaissons le scenario… à part que cette fois, il y a une variante. En effet, le jeune Danois du groupe la voyant saluer, décide de l’imiter et nous de faire comme lui. Pas de courbette donc mais un beau salut militaire qui prend de court nos guides qui se lancent des regards inquiets avant d’éclater de rire… discrètement quand même !
Nous pénétrons enfin dans le musée, inauguré quelques mois plus tôt. Escalier spectaculaire, lustre démentiel, longues galeries, vitrines de scènes de guerre reconstituées, visiblement de quoi impressionné les nombreux patriotes du pays… et les maintenir dans la pensée du sacrifice. Nous passons devant une multitude de vitrines remplies de médailles, d’armes de tous calibres, de lettres personnelles et de documents officiels, de peintures et de dessins, de bannières, de bustes de vaillants héros. Arrêt prolongé devant la statue du plus grand soldat de l’armée victorieuse et surement le préféré de notre guide qui nous explique que malgré ses jambes brisées, ses bras fracassés, il continuât à tirer avec sa mitrailleuse avec ses dents et tuât au moins une centaine d’ennemis. On n’en fait plus des comme ça !
Nous poursuivons vers une salle de projection où nous est projeté un film nous expliquant la version nord-coréenne des évènements qui ont précédés la guerre de Corée et en énumérant les provocations américaines. Nous en concluons que pour commencer la guerre en Irak, Bush Junior n’a fait que suivre l’exemple de ses prédécesseurs.
Quelques problèmes de queue devant les ascenseurs obligent notre capitaine/guide à changer de stratégie et d’opter pour les escaliers de secours pour accéder à l’étage supérieur où se trouve une salle panoramique avec un dôme genre planétarium jetée dans la pénombre. Mais il n’y a pas de planètes à observer ici, seulement des scènes de combats que l’on découvre à mesure que l’immense plateau sur lequel nous sommes installés complète sa rotation. Effets de bruits et lumières sur des scènes composées de peintures et d’objets réels. La guerre en 360° et en 3D. Paisibles rizières, avions, bombardements, destruction de villes et de villages, feu, sang, tranchées, tanks, reconquête et drapeau qui flotte de nouveau sur un champ de ruines. Epoustouflant, particulièrement pour les oreilles. Je ne sais pas ce qui était le plus pénible, le bruit des armes ou bien la voix du commentateur.
Hyun regarde sa montre avec impatience car nous sommes parait-il en retard, que le restaurant nous attend et qu’il faut traverser la ville. Re-petit tour en ville, les différentes bannières et affiches de propagande nous servent de points de repère et nous commençons maintenant à reconnaitre les principales avenues et rues du centre-ville.
De l’extérieur, rien n’indique que nous sommes arrivés au restaurant. Pas d’enseigne, ni de lumière particulière. D’une manière générale, les rues n’ont pas vraiment de signes distinctifs pour désigner les magasins ou les boutiques, tout au moins nous ne les reconnaissons pas. Les seuls commerces que nous avons parfois repérés, comme par exemple les magasins de fruits et légumes, sont les espèces de kiosques situés au pied des immeubles.
Nous devons être dans les beaux quartiers car en face du restaurant, le drapeau roumain flotte mollement derrière les murs de l’ambassade. Etre posté à Pyongyang doit être une sacrée punition, en tout cas une punition considérée comme trop sévère par le gouvernement français qui n’a pas d’ambassadeur ici.
La petite salle de restaurant, située à l’étage, est archi pleine… de touristes. Menu unique mais une fois encore excellent. Nous goutons ainsi au célèbre Hot Pot nord-coréen. N’en perdant pas une pour revenir sur la bravoure et l’ingéniosité des soldats nord-coréens durant la guerre de Corée, Hyun nous raconte que la recette vient d’un soldat affamé mais génial qui eut la brillante idée faire cuire un bouillon de poisson dans son casque et d’y mettre tout ce qu’il pouvait trouver. Ses compagnons d’infortune l’imitèrent et voilà comment la recette nationale est née ! Ah évidemment, ce ne sont pas nos Poilus qui auraient pensé à ça !!!
Heureusement pour nous, ce soldat était gourmet car il n’ajoutât que des bonnes choses comme du chou, des lamelles de bœuf, de la coriandre, des épices, d’autres légumes, des pâtes, du tofu, des piments, des champignons…etc. et terminât son œuvre en apothéose en y cassant un œuf. C’est fou ce que l’on peut trouver dans les tranchées à cent mètres des lignes ennemies ! Les serveuses gracieuses et souriantes tournent autour des tables en s’assurant que nous ajoutons nos ingrédients dans le bon ordre et que nous ne nous mettons pas le feu à la nappe avec nos braseros foireux.
Suants mille et une gouttes mais l’estomac bien calé, nous voilà partis pour le dernier volet du programme de la journée : les Arirang Mass Games.
Les jeux de masse sont devenus au cours de ces dernières années une spécialité du pays. Après avoir vu à la télévision australienne il y a quelques années un documentaire britannique (A state of mind), je ne veux pas louper l’occasion de les voir.
Les jeux de masse sont un spectacle de quatre-vingt-dix minutes composé de ballets et d’exercices de gymnastique synchronisés accompagnés de musique et d’effets spéciaux auxquels participent plus de… 100 000 personnes ! En fait aucun autre pays au monde ne serait capable aujourd’hui de mobiliser tant de monde pour un spectacle avec si peu de spectateurs payants. Si les prix varient de 350 à 80 Euros, il n’y a en fait que très peu de touristes qui assistent à ce spectacle extravagant qui n’a lieu que quatre fois par semaine de la mi-Juillet à la mi-Septembre (quand ils ne sont pas annulés à la dernière minute, comme c’est parfois le cas). Les participants sélectionnés, parfois dès l’âge de cinq ans, s’entrainent pendant des heures entières dès que les beaux jours arrivent.
Si les jeux de masse ne sont pas une invention nord-coréenne (les premiers jeux de masse apparaissent au XIXème siècle avec les mouvements nationalistes d’Europe orientale, ils incarnent la jeunesse, la force, le militarisme et l'unité), les Nord-Coréens leur ont donné une autre dimension.
La philosophie de l’ex-Grand Leader derrière ce genre d’évènements n’est guère différente de celles des anciens leaders de ces mouvements nationalistes européens quand il déclare : « La gymnastique de masse est importante au niveau de la formation et au développement des enfants à l’idéal communiste. Elle les aide à acquérir une idéologie révolutionnaire, à élargir leur connaissance dans un grand nombre de domaines, à participer aux activités culturelles et à maintenir une morphologie saine et solide, qualités de base requises pour devenir un vrai Communiste. La gymnastique de masse apprend également aux écoliers la discipline, l'organisation et le collectivisme. »
En route donc pour le Stade du Premier Mai, (« Le plus grand au monde ! » précise Mr Ho) situé sur une autre ile au milieu du fleuve. Le long de la route, nous dépassons des cohortes de jeunes et de moins jeunes en uniforme, des membres de famille des participants et des groupes d’écoliers et de travailleurs qui se dirigent en marchant dans la pénombre vers les immenses parkings qui entourent les arcades en béton de l’arène puis se regroupent près des fontaines illuminées.
Au milieu de cette foule des grands soirs, il règne une atmosphère de trépidation. Malgré la cohue tout semble bien rodé et hyper organisé. Aucune bousculade alors que l’on sent l’excitation monter à mesure que nous approchons des dernières marches. Nous franchissons le dernier portique et découvrons l’intérieur de cette gigantesque enceinte à demi-couverte et prenons place sur nos sièges en plastique en haut des gradins réservés aux invités de marque. En face, de l’autre côté de la pelouse synthétique verte, les gradins sont occupés par 10 000 enfants portant des panneaux qu’ils bougent dans un ensemble parfait pour former d’immenses images tout en poussant des cris à l’unisson qui nous envoient des frissons dans le dos. Les panneaux qu’ils tiennent sont en fait des livrets comportant une centaine de pages. Chaque page est donc comme un pixel d’une photo et quand 10 000 pixels changent en même temps, c’est une nouvelle image qui apparait. Il faut le zoom de l’appareil photo pour distinguer les petites têtes qui dépassent à peine. Incroyable.
Les gradins sont loin d’être pleins quand les lumières s’éteignent, que les premiers feux d’artifices éclatent dans le ciel et que retentissent les premières notes de musique annonçant ainsi le début du spectacle.
Et quel spectacle ! Tout simplement extraordinaire. Sans aucun répit, la ‘pelouse’ est constamment envahie par des milliers de participants en costume colorés qui effectuent des chorégraphies parfaitement synchronisées décrivant des scènes remplies de symboles historiques, folkloriques et politiques plus ou moins faciles à décoder. Une musique rythmée aux accents militaires, des effets de lumières et de lasers en plus des enfants-pixels complètent l’ensemble. Du très grand spectacle, terriblement impressionnant. Soldats, judokas, jeunes femmes, enfants, gymnastes exceptionnels, acrobates, trapézistes tout y passe et tous affichent le même sourire figé et le même visage concentré. Dès que les portraits des ex-Grands Leaders apparaissent, les applaudissements redoublent d’intensité.


Mais c’est déjà le grand final, tous les participants (bien plus nombreux que les spectateurs) reviennent sur la piste sous les hourrahs de l’audience galvanisée devant tant de prouesses et de couleurs. Il faut un long moment avant de revenir sur terre et ‘digérer’ ce grand moment auquel nous venons d’assister. La réflexion et les questions viendront plus tard.
A la sortie, les stands proposant posters et t-shirts (et les livres de la doctrine Juche !) font le plein le gouvernement a trouvé là un bon filon à exploiter ! Pyongyang 19 Septembre
Ce matin le petit déjeuner est servi dans le restaurant panoramique, au dernier étage... à condition de pouvoir y accéder car après dix bonnes minutes d’attente toujours pas d’ascenseur. Autre problème, l’ascenseur qui vient enfin d’arriver doit avoir le vertige et être de santé délicate car il décide de descendre et de s’arrêter à pratiquement tous les étages. Ainsi, nous découvrons qu’en dessous du dix-septième, les étages sans moquette, à l’éclairage plus que faiblard et aux murs tachés sont réservés au personnel. Arrivés au rez-de-chaussée, l’homme de garde aux gants blancs et à la grande casquette a dû suivre la même formation que les agentes de la circulation car dès qu’il nous voit il tend le bras et lève la main pour arrêter les passants dans le corridor puis nous regarde et balance gracieusement l’autre bras en pointant l’index vers l’ascenseur en face. Comment a-t-il compris que nous étions descendus pour mieux remonter reste un mystère… en tout cas quelle perspicacité et quelle efficacité !
Evidemment, quand finalement nous arrivons au restaurant panoramique, le buffet a été en grande partie dévalisé mais qu’importe il reste plein de toasts et de la confiture. Quel soulagement également de découvrir que l’hôtel possède une deuxième bouilloire électrique et que le gardien du pot de Nescafé est plus cool que son collègue d’en bas. Peut-être une question d’altitude !?
Le restaurant panoramique semble souffrir de symptômes identiques à ceux de l’ascenseur. Une demi-rotation puis arrêt complet. Quant à la vue panoramique, elle est plutôt restreinte, les laveurs de carreaux ont certainement d’autres chats à fouetter et la brume matinale persiste et signe. Cependant notre petite ile, qui n’a hélas rien à voir avec l’Ile de la Cité, reste partiellement dégagée mais ne révèle rien de bien excitant, à moins d’être un spécialiste en travaux en bâtiments. Mais il me semble qu’un autre hôtel verra le jour… un jour !
Comme d’hab, les doyens sont les premiers ! En attendant le Club des 5… autres, nous observons l’animation dans le lobby. C’est qu’il y en a ce matin avec le départ des athlètes participant aux Championnats d’haltérophilie d’Asie qui se déroulent en ce moment à Pyongyang. D’ailleurs nous avons appris hier qu’un évènement historique avait eu lieu : pour la première fois le drapeau sud-coréen avait été hissé en Corée du Nord après la victoire d’un ‘compatriote’ du sud. Plus loin, des hommes d’affaires chinois sont accueillis en grande pompe par des officiels. Dehors plusieurs groupes de touristes chinois sont en train de fumer comme des cheminées.
Ca y est tout le monde est là et tous avons suivi les recommandations d’Hyun de ne pas mettre ni jeans ni t-shirt car aujourd’hui nous allons rencontrer les ex-Grands Leaders… Aujourd’hui est également un jour férié où l’on célèbre la Fête de Qing Ming, une journée consacrée au culte des Ancêtres et en Corée du Nord, les ancêtres inclus les valeureux soldats morts pour la Mère Patrie et bien sur les ex-Grands Leaders. C’est donc une journée exceptionnelle qui nous attend.
Le soleil brille sur les rues bien plus animées qu’hier. Les piétons ont envahi les trottoirs, beaucoup de femmes portent des robes traditionnelles très colorées, les hommes sont en costume et le reste de la population a sorti les plus beaux uniformes. Les queues aux arrêts de bus sont plus longues et les stations de métro grouillent de monde.
Nous quittons la ville, passons devant de vastes parcs aux arbres alignés comme des sentinelles et d’immenses pelouses dignes des meilleurs terrains de golf et arrivons au Palais-Mémorial Kumusan, un bâtiment rectiligne gris et moche, orné des portraits des défunts Leaders à la denture éblouissante. Le Palais du Soleil, construit en 1976, était la résidence officielle du grand-père avant de devenir à sa mort en 1994 son mausolée (une idée du fils !). Le fils, flippant à l’idée de vivre avec un cadavre, se fit construire une autre résidence plus proche de la capitale. A la mort du fils (en 2011), le petit-fils (le jeune Grand Leader actuel), surement par soucis d’économie (!) et peut-être pour des raisons pratiques (!!) installât la dépouille de son père sous le même toit que celle du grand-père. Coup double donc, ce n’est pas un cadavre mais deux que nous allons de ce pas saluer.



Mais pas de précipitation. D’abord nous devons patienter dans un hall d’honneur en compagnie d’une cinquantaine d’autres touristes étrangers, eux aussi en tenue de gala. Ensuite, nous devons nous mettre en rang par quatre sous une galerie ombragée. Cette opération prend un certain temps contrairement aux Nord-Coréens qui a peine débarqués du tramway s’alignent impeccablement de manière instinctive.
Enfin, un gradé donne le signal de marche. La colonne s’ébranle par petits groupes en faisant des mouvements d’accordéon sous les regards effarés des locaux qui eux ont gardé le petit doigt sur la couture du pantalon. Direction les vestiaires pour y laisser tout ce qui est interdit d’emporter à l’intérieur de ce haut lieu sacré. L’instinct bordélique des Occidentaux revenant au galop, les guides s’efforcent de remettre un peu d’ordre dans les lignes, une manœuvre inutile puisque dix mètres plus loin nous passons en file indienne sur des tapis gorgés de désinfectant puis à la fouille.
Nous nous dirigeons ensuite vers une succession de longs tapis roulants similaires à ceux que l’on trouve dans les aéroports. Sur les murs en marbre sont accrochés des photos représentant les ex-Grands Leaders dans le feu de l’action révolutionnaire. Enfin nous émergeons dans une immense salle aux colonnes de marbre, réalignement et attente avant de pénétrer dans une autre pièce où la statue du Grand-Père rigolard, baignée dans une lumière tamisée, nous toise de toute sa hauteur.
Passage dans un sas où soufflent de puissants courants d’air décoiffant. A peine le temps de réajuster nos mèches rebelles et de se remettre par quatre que nous pénétrons dans une salle au haut plafond plongée dans la pénombre. Au centre, un cercueil en verre contient le corps du grand-père dont on n’aperçoit que la tête à l’aspect cireux, le reste du corps étant recouvert d’un drapeau rouge (une manière comme une autre d’égailler un peu l’atmosphère lugubre qui règne ?!).
Tout en écoutant distraitement une musique propice au recueillement, nous observons attentivement les personnes qui nous précèdent car ce n’est pas le moment de se planter de script ni de froisser les soldats gantés, l’index sur la gâchette de leur mitraillette. Quatre par quatre nous nous présentons au pied du sarcophage, comptons mentalement jusqu’à cinq avant de faire une première courbette, belote sur le côté gauche et rebelote sur le côté droit (pour des raisons de politesse, il n’y a pas de courbette à faire devant la tête dégarnie…). Et d’un !
Nous passons dans la pièce suivante. Changement radical de décor puisque dans cette pièce nous découvrons… un wagon de train ?!?! Il s’agit en fait du wagon dans lequel le grand-père effectuait ses voyages officiels. Sur le mur figure une grande carte du monde sur laquelle des lignes bleues et rouges clignotent elles représentent ses déplacements dans le pays et à l’étranger. A côté, un panneau lumineux indique le nombre des voyages effectués et le total des kilomètres parcourus dans ce wagon. Une estrade permet de jeter un œil à l’intérieur et d’apprécier la simplicité (toute relative) du Grand Leader. Salon, bureau de travail à un bout, chambre et salle de bain de l’autre mais cette partie-là reste cachée derrière des vitres fumées, respectons son intimité, les Nord-Coréens sont des gens pudiques.
La pièce d’à côté contient sa voiture officielle. Heureux Grand Leader qui contrairement à Janis n’a pas du implorer Lord pour avoir sa Mercedes-Benz ! Puis viennent les galeries vitrées derrière lesquelles sont exposés d’autres possessions, ses nombreuses médailles et décorations reçues du monde entier (enfin presque !), sa collection de diplômes honorifiques (ainsi que les pompeux costumes et couvre-leaders qui vont avec) sans oublier les documents officiels écrits de sa propre main. Quelques photos du Grand Leader posant avec d’autres leaders du monde sont là pour nous convaincre que le grand-père jouait dans la cour des très grands (Staline, Mao, Castro, Tito), des moins grands (Honecker, Ceausescu, Husak) et parfois au-delà des frontières du Communisme puisqu’il est même aux côtés d’Arafat, de Moubarak et de Kadhafi !
D’autres couloirs mènent à la pièce où repose l’ex-Grand Leader fils. Repetición de la jugada… Même musique, même décorum, même cercueil en verre, seule la tête est différente. Quant à nos courbettes… nous approchons de la nomination pour le prochain Oscar. Mais la concurrence est rude car parmi les régiments de soldats et de soldates qui nous suivent, certains ont déjà sorti leur mouchoir pour y sécher quelques larmes. Cependant quelques-unes semblent être réellement affectées et leurs sanglots paraissent sincères. Et de deux !
Ce qui est bon pour un Grand Leader l’est également pour l’autre Grand Leader. Lui aussi a droit à son wagon (mobilier plus ‘moderne’), ses voitures officielles, y compris un buggy de golf modifié et encore plus fort son yacht (?!) reposant dans un faux bassin (comment est-il arrivé ici celui-là ?).
Re longs et lents tapis roulants en direction de la sortie cette fois. Ceux de l’autre côté sont maintenant remplis de Nord-Coréens en route pour rendre hommage aux défunts préservés. Ils nous observent discrètement et silencieusement. Que peuvent-ils bien penser en nous voyant ?
Hyun nous annonce maintenant que nous avons quartier libre (pendant vingt minutes) dans les jardins du palais et que nous aurons ainsi l’occasion de nous mêler à la population locale. Chic alors !
Nous apprenons que ces beaux jardins agrémentés de parterres fleuris, de fontaines et de plans d’eau, ont été créés par le petit-fils (l’actuel jeune Grand Leader donc) lui-même et qu’il a même supervisé tous les travaux de rénovation. Pauvres architectes et jardiniers, je n’ose pas imaginer à quel point ils ont dû trembler… Mais peut-être est-il un boss cool ?
Nous nous dispersons donc parmi les groupes de soldats en uniforme et de femmes portant des robes amples cintrées en dessous de la poitrine et aux longs rubans flottant au vent qui attendent patiemment leur tour pour prendre une photo de groupe devant les portraits géants des défunts aux dents blanches comme la neige. D’autres groupes lancent de la nourriture aux gros poissons et aux canards en rigolant et peut-être en rêvant d’en avoir d’aussi dodus dans leur assiette ce soir.
Je me dirige vers un portail ouvert qui donne vers une avenue déserte et des rails de tramway mais le soldat de garde veille. Comme son copain de l’ascenseur un peu plus tôt ce matin, il me fait le coup de la main tendue et du balancement de bras l’index en pointant en direction des jardins.
Après avoir pu constater combien la population locale est raffinée, souriante, sereine et ouverte nous pouvons regagner notre minibus. L’étape suivante se situe sur la colline que l’on aperçoit derrière les toits du palais-mémorial et que l’on rejoint en traversant d’autres espaces intensément verts.
Nous voilà au pied du Cimetière National des Martyres de la Guerre marqué par un portique et une longue série d’escaliers. C’est également un endroit qui offre une intéressante vue panoramique sur la capitale et ses principaux édifices.
Après un court exercice de grimpette nous atteignons les premières terrasses où sont alignés les bustes des plus valeureux combattants. Dans les allées fleuries nous rencontrons de nombreuses personnes en uniforme mais aussi des familles en balade profitant d’un jour férié ensoleillé. Un peu plus haut se trouve un monument en granite rouge et une autre rangée de bustes. Celui au centre, représentant une femme, reçoit le plus d’attention et de bouquets de fleurs. Les Nord-Coréens sont donc aussi des gens galants ! « Non ! » s’exclame Hyun presque offusquée, « Il s’agit de Kang Pan-sok, l’héroïne la plus importante du pays, une activiste communiste pendant la guerre d’indépendance. C’est aussi la mère de notre Eternel Grand Leader (le grand-père ». Ceci explique donc pourquoi tous ces groupes font la queue pour prendre la photo souvenir devant la mère de Dieu pour qui aucun bouquet n’est trop beau. Nous n’y coupons pas, alignement-courbette devant le buste de Madame Mère mais cette fois nous sommes observés avec grande attention par la foule.
Quelques sentiers parcourent le reste de la colline qui est également une réserve naturelle fréquentée par les Pyongyangites avides d’exercice et de tranquillité. Nos guides, toujours pleins de sollicitude, s’assurent que nous revenons dans le droit chemin et bien qu’il ne soit pas encore midi, l’excuse de l��heure du repas tombe à point. Nous regagnons les grandes avenues animées du centre, quant aux parcs du centre-ville, ils sont remplis de famille en train de pique-niquer.
Une fois encore la salle de restaurant se trouve à l’étage, mais ici en plus de la petite boutique de souvenirs du rez-de-chaussée, l’endroit comporte une terrasse ombragée (la première que nous voyons) fréquentée par des familles en train de consommer des jus et des crèmes glacées. Le menu d’aujourd’hui comporte en plus des petits plats habituels (toujours délicieux) des beignets de crevettes et de poissons (tempura) et une rondelle d’un gâteau roulé. Les écrans plats installés au-dessus de la mini-scène de karaoké diffusent en boucle le même spectacle de Noel que nous avons déjà vu dans l’avion… mais ce coup-ci nous aurons l’occasion de voir le grand finale.
L’un des Suédois ayant émis le souhait de prendre un café (un vrai !) nous remontons dans le minibus pour parcourir une paire de centaines de mètres jusqu’au prochain hôtel de luxe (apparemment la marche sur l’avenue parmi la foule des grands jours doit être trop fatigante pour nous !).
Le lobby, d’un style plus que douteux avec ses faux palmiers lumineux et son escalier en marbre, ressemble davantage à ceux que l’on peut trouver à Abu Dhabi. Une hôtesse nous accueille et nous conduit dans un salon privé encore plus ‘tropical’. Lumière tamisée, plantes luxurieuses en plastique, et mobilier de jardin en fer. Personne n’a osé retirer le petit sapin de Noel décoré de guirlandes clignotantes qui repose derrière la colonne centrale, à moins qu’il ne s’agisse d’un excès de zèle et de prévoyance de la part du manager. Ici la télé diffuse les derniers tubes… de musique classique modernisée, interprétés par un pianiste inspiré sur un fond de paysage enneigé. Sur le bar trône une machine à café flambant neuve gardée par deux jeunes ‘barwomen’. A 6 Euros l’expresso, notre Suédois commence à regretter son idée, en tout cas il ne propose pas de tournée générale…
Re-petit tour en bus pour une balade digestive dans un grand et superbe parc. Par contre celui-ci est entièrement désert. Sur les immenses pelouses immaculées aucune famille en train de pique-niquer ou de jouer au ballon. Un peu plus loin se trouve la chaumière (fraichement restaurée) où vécut la famille du Grand Leader avant son exil en Manchourie. Une autre guide nous attend.
Le temps d’ajuster son micro et la voilà partit dans la récitation d’un texte appris par cœur dans un anglais parfait. Seules les envolées lyriques sur les premières années de la vie du grand-père sonnent légèrement faux et malgré ses efforts répétés, elle n’arrive pas à nous soutirer la moindre larme. Pas même, quand en nous montrant parmi les trois cruches, qui servaient de réservoir d’eau à la famille, celle qui est toute bosselée, elle récite des sanglots dans la gorge : « La famille était si pauvre qu’elle ne pouvait pas s’offrir de belles cruches ». Peut-être que la description de la féroce répression japonaise envers cette pauvre famille patriotique et les malheurs familiaux auront plus d’effets espère-t-elle en entamant une autre déclamation. Hélas, elle doit se rendre à l’évidence : ces cinq jeunes Scandinaves ne font guère preuve d’une grande compassion et les deux frères versent dans un cynisme poli. Il ne lui reste plus qu’à nous montrer le puits familial un peu plus loin et à nous faire gouter l’eau fraiche, celle-là même qui rafraichissait son Grand Leader et le rendait si fort, si intelligent et si beau. Goutons donc cette potion magique !
Une petite promenade dans le sous-bois à regarder une paire d’écureuils se poursuivre dans les arbres nous permet de chasser de nos esprits tous les malheurs qui accablèrent le futur héros national.
Chapitre suivant : la visite du métro, objet de fierté pour la nation toute entière. Tous les touristes étrangers de passage dans la capitale nord-coréenne y ont droit, enfin ont le droit de parcourir quelques stations accompagnés de leurs guides. Pendant le trajet pour rejoindre la station de métro, Hyun nous explique la marche à suivre et l’histoire de cette huitième merveille de modernité.
Commencé en 1965, le métro comprend dix-sept stations reparties sur deux lignes. Sa mise en service a lieu entre 1973 et 1975 et les deux dernières stations sont achevées en 1987. Le style « Réaliste socialiste » des stations et le design du réseau sont calqués sur ceux du métro de Moscou, quant aux noms des stations (Gloire, Camarade, Innovation, Terre dorée…) ils font directement référence aux idéaux de la révolution nord-coréenne plutôt qu’à leur situation géographique. En ce qui concerne les records, puisqu’il en faut, le métro de Pyongyang est le moins cher au monde (10 trajets pour 5 petits cents) et parmi les plus profonds (plus de 100 mètres parait-il). Sur ce dernier point, le traumatisme des bombardements et la perspective d’un conflit nucléaire y sont peut-être pour quelque chose !
16 heures, c’est presque l’heure de pointe alors que nous passons devant les portillons de la station Puhŭng située sur la ligne Chŏllima. Des escaliers roulants plutôt raides nous emmènent vers les profondeurs souterraines où grouille une foule endimanchée. Dans les couloirs aux murs blancs et vierges pas de musiciens en train de faire la manche, seulement les programmes de la radio nationale diffusée par des haut-parleurs nasillards. En haut des derniers escaliers, nous découvrons les quais de la station Revitalisation, tout un programme !
Plafond blanc orné de moulures décoratives et de chandeliers colorés, murs en arcades agrémentés de panneaux en bronze et au centre de deux magnifiques mosaïques montrant des scènes de travailleurs enthousiastes et souriants en pleine action. Mais c’est bien sur celle au fond du quai qui est la plus belle et la plus imposante puisqu’elle représente le Grand-Père Leader casquette sur le crane, l’imperméable ouvert, entouré de toute la gamme des travailleurs en habits de travail en train d’essayer de le rattraper, le tout sur un fond de pylônes électriques et de cheminées crachant des nuages de fumées grises, synonymes de progrès et de modernité mais pas très écolo.
Comme les travailleurs nord-coréens ne sont jamais fatigués, on ne trouve pas de banc sur les quais, par contre comme ils sont toujours avides d’information, on y trouve des vitrines où ils peuvent dévorer les pages de leur quotidien favori : le Rodong Sinmun et y découvrir les dernières photos du Petit-Fils Leader.
Les rames de métro se suivent rapidement. Elles ressemblent à celles qui circulaient à Berlin (Est et Ouest) avant la réunification (peut-être un signe ?!). L’intérieur est plutôt sobre et sombre, banquettes en longueur, panneaux en formica imitation bois et l’unique décoration sont les deux petits portraits de qui l’on sait (pas moyen d’échapper à leurs sourires !)


Quant aux passagers, ils font comme si nous n’existions pas, seuls quelques gamins nous jettent quelques regards furtifs. Il faut attendre soit cette petite fille qui veut coute-que-coute toucher les cheveux blonds de l’unique fille de notre groupe soit cet homme légèrement ébréché qui tient absolument à nous céder sa place pour que quelques rires et regards plus directs soient échangés.
La station suivante, Gloire, est encore plus imposante avec ses voutes soutenues par de colonnes en marbre sculptées et enjolivées de dorures. Au plafond pendent de superbes lustres en forme de bouquets de fleurs de toutes les couleurs et les murs sont d��corés de mosaïques massives représentant des parcs fleuris, le fleuve et la ville. Celle située près de la sortie montre un paysage grandiose composé de lacs, de montagnes et de fleurs sauvages.
Cinq stations plus loin, tout le monde descend, nous sommes arrivés à Triomphe. Ici, en plus de la statue dorée du Grand Leader l’Ancien déclamant derrière un pupitre, le bras tendu vers un avenir radieux, nous découvrons d’autres immenses mosaïques exaltant le travail, le socialisme et la révolution. Une représentation du Réalisme Socialiste dans toute sa splendeur… sous forme de bande dessinée géante !
Nous retrouvons la lumière du jour pour découvrir une autre fierté nationale et un autre record du monde : l’Arc de Triomphe de Pyongyang. Plus haut de plusieurs mètres mais bien moins triomphant que celui de Napoléon, ce monument, inauguré pour les soixante-dix ans du Leader Eternel en 1982, glorifie encore un peu plus (quand on veut, on peut !) ses exploits militaires au cours de la guerre d’indépendance (1925-1945). L’architecte en chef, un petit malin désirant se faire bien voir, eut même l’idée d’utiliser 25500 blocs de granite blanc, soit un bloc pour chaque jour de la vie d’un homme de soixante-dix ans.
Sur la droite, une allée bordée de statues de sportifs en pleine action conduit à l’entrée d’un autre stade. Juste à côté, une autre mosaïque gigantesque marque l’endroit où le Grand-Père Immortel fit son plus beau discours, un jour de… victoire surement ! Plus loin, au-dessus du parc qui recouvre une partie de la colline, la tour des télécommunications déploie ses antennes.
Hyun nous rappelle que c’est maintenant l’heure de faire du shopping et qu’il faut traverser le rond-point par le passage souterrain. Dans le magasin de souvenirs nous découvrons ce que le pays a à offrir à ses touristes : robes traditionnelles, costumes de Leader, tableaux, posters, statuettes de soldats, boites de thé, bouteilles d’alcool et plus étrange des boites de comprimés de Sang Royal frais apparemment très efficaces pour les personnes souffrantes de maladie du cœur (et peut-être de cœur ?!), de perte de mémoire et de… troubles radioactifs !!!
Ce n’est pas ici que nous dépenserons des fortunes, ni dans le magasin suivant d’ailleurs, une librairie proposant tous les écrits des ex-Leaders (le présent Leader n’étant pas encore un écrivain célèbre), la collection complète, en plusieurs langues, de la Pensée du Juche (doctrine stalinienne revue et corrigée par le Suprême Grand-Père lui-même) et quelques ouvrages illustrés sur l’art ou la géographie de la République populaire démocratique de Corée.
Puisqu’il nous reste encore du temps libre, Hyun nous propose d’aller visiter la place Kim Il-sung, l’équivalent nord-coréen de la place Tiananmen. Située sur la rive gauche du fleuve, elle est le cœur de la capitale, l’endroit où ont lieu toutes les grandes manifestations populaires et défilés militaires régulièrement organisés par l’état. Elle est dominée par la Bibliothèque Nationale et entourée d’autres imposants bâtiments qui abritent, on imagine, des ministères. Sur la rive d’en face, se trouve la Tour du Juche surmontée d’une flamme rouge.
La place est déserte, enfin presque car quelques enfants profitent de l’espace pour faire du patin à roulettes sous les regards bienveillants des ex-Grands Leaders. Le sol est couvert de centaines de symboles et de numéros peints de couleurs différentes qui servent de marques pour les troupes lors des défilés. Le long de l’esplanade qui longe les berges, des aires de jeux et des courts de basket et volleyball ont été aménagés. Ils sont les points de rendez-vous favoris pour les jeunes sportifs et les parents qui amènent leurs enfants s’amuser sur les manèges.
Au bord de l’eau, quelques pêcheurs surveillent leur ligne. Plus loin, une dizaine de pédalos font des ronds dans l’eau. Une partie de volley se crée à l’improviste entre quelques membres du groupe et des jeunes locaux. C’est le premier contact direct avec des Nord-Coréens depuis notre arrivée. Comme quoi le sport peut faire tomber des barrières. Bientôt quelques badauds et cyclistes s’arrêtent pour observer cette scène qui, à voir leurs regards étonnés, ne doit pas se dérouler très souvent.
La nuit commence à tomber alors que nous regagnons l’hôtel. Le repas se prend dans le troisième restaurant de l’hôtel, le plus petit mais aussi celui qui a le plus grand écran de télévision. Ça tombe bien puisque le journal télévisé vient de commencer ! Les premières vingt minutes sont consacrées aux dépôts des couronnes de fleurs au Cimetière National des Martyres de la Guerre par les pontes de l’état. C’est amusant de retrouver à la télévision les endroits que nous avons visités le matin même, d’ailleurs nous reconnaissons le buste de la Mère de Dieu. C’est également l’occasion de juger la plus belle courbette. Notre palme va aux généraux, vainqueurs haut-la-main. Les vingt minutes suivantes sont consacrées aux cérémonies identiques qui ont eu lieu dans le reste du pays. Quel dommage, nous ne verrons pas la fin car notre programme de la journée continue aussi le soir…
Ayant émis le désir d’en connaitre un peu plus sur la vie nocturne de la capitale, Hyun nous propose d’aller visiter une micro-brasserie près de la Tour du Juche. Pourquoi pas ?
On ne peut pas dire que la Rive Droite beigne sous les feux des projecteurs. Dans les rues déjà désertes les lampadaires ne diffusent qu’un semblant de lumière. Tout semble avoir été réservé pour l’illumination de la Tour du Juche et les statues géantes qui occupent les jardins au pied de la tour. Puisque nous sommes juste à côté, autant aller voir de plus près cette structure, croisement entre un obélisque et un phare. C’est aussi l’occasion d’admirer les illuminations sur la Rive Gauche (qui elle ne semble pas connaitre les mêmes restrictions).
Décidément les soixante-dix ans du Grand-Père Leader furent l’occasion de grands travaux puisqu’en plus de l’Arc de Triomphe, on lui dédia également cette tour. Haute de 150 mètres, elle est composée de blocs de granite blanc (gris maintenant) et est surmontée d’une flamme rouge qui brille dans la nuit. Comme l’architecte de cette tour voulait être aussi bien vu que l’architecte de l’Arc de Triomphe, il décidât lui aussi d’utiliser 25 500 blocs (tricheur, va !) mais il s’arrangeât à les empiler en 70 « étages » (histoire d’avoir un bon point supplémentaire !!!).
Dans les jardins, nous apercevons une dizaine de jeunes gens assis au pied des statues en train d’étudier. La présence de la tour serait-elle une source d’inspiration ? Peut-être mais le fait que ce petit parc soit le seul endroit de la capitale à ne pas subir de coupure de courant doit surement y être pour quelque chose…
Jamais nous n’aurions trouvé l’entrée de cette micro-brasserie car elle est située dans une espèce d’immeuble résidentiel au deuxième ou troisième étage et qu’aucune enseigne n’indique ce lieu de débauche.
Nous pénétrons dans une salle plongée dans une demi-pénombre, un bar en bois, des poutres en bois, des tables et des chaises en bois et les murs recouverts de panneaux en bois, on pourrait se croire dans un chalet… en bois, un soir d’après-ski, il ne manque que le feu de… bois. Seules trois tables sont occupées, l’une par un couple d’Occidentaux, les deux autres par des touristes asiatiques qui ne tardent pas à partir. Au menu : trois variétés de bière : houblon, orge-réglisse ou riz.
Pendant qu’une partie du groupe distrait les guides-accompagnateurs, les autres entament la conversation avec le couple qui s’avère être un homme d’affaires polonais résident à Pyongyang et l’ambassadrice tchèque. Evidemment, le son de cloche à propos de la situation actuelle du pays est à l’opposé de celui de nos guides, le leur est plus conforme à ce que nous savons déjà via les media non nord-coréens. Pénuries de tout (surtout en hiver), trafics en tout genre, contrôles permanents, répression… « Tout fout le camp mais il y a quand même du fric à faire. » nous assure l’homme d’affaires en guise d’étrange conclusion !?
Quant à la bière de riz ? Pas mal du tout, en prime elle m’a permis d’apprendre quelques mots de coréen très facilement… mais peut-être pas de m’en souvenir le lendemain matin !!!
Pyongyang 20 Septembre
Les matins à l’hôtel Yanggakdo se suivent et se ressemblent, seule l’heure du rendez-vous dans le lobby varie. Aujourd‘hui c’est 8 heures… à part que les deux copains Suédois ont oublié de se réveiller. Ah, le bonheur des voyages en groupe !
Hyun est inquiète, ce retard lui crée un problème car nous risquons soit de faire attendre les militaires (jamais une bonne idée) soit carrément louper la visite de la Zone Démilitarisée ou DMZ (mauvais coup pour la propagande). La DMZ est une zone tampon coupant la péninsule en deux au niveau du 38ème parallèle nord et qui est devenue après les accords d’armistice de 1953 la frontière entre les deux Corées.
La traversée du centre-ville et des banlieues au sud se fait rapidement. Nous passons sans nous arrêter à proximité du monument de la Réunification, une espèce d’arche en pierre symbolisé par deux femmes tenant un globe puis retrouvons l’autoroute du sud aussi déserte et aussi pleine de nids de poule que celle que nous avons empruntée pour aller à Nampho.

Le temps est doux mais devient de plus en plus nuageux à mesure que nous descendons vers le sud. L’autoroute traverse un paysage de champs puis de montagnes et de vallées que parcourent des rivières plus ou moins larges. Les champs paraissent être prêts pour la moisson mais restent désespérément vides d’activité. Ici et là, nous n’apercevons très brièvement que quelques groupes de paysans une serpe à la main, aucun tracteur, aucune charrette. Les villages que nous discernons parfois au loin ressemblent, en moins pimpant, à ceux remarqués deux jours plus tôt. Dans les pâtures même le bétail est absent. En fait pendant tout le trajet jusqu’à Kaesong (situé à environ150 kilomètres de Pyongyang) nous ne voyons qu’à deux reprises une dizaine de chèvres et quelques bœufs.
A mi-chemin, arrêt au restoroute ! On s’y croirait presque en voyant cet édifice en béton qui enjambe la Reunification Highway. Hélas pas de cafeteria avec vue panoramique sur l’autoroute, seulement des toilettes malodorantes qui fuient. Tant pis pour les malheureux qui n’auraient pas pris une bonne bouffée d’air avant d’ouvrir la porte. Sur le petit parking, deux jeunes femmes ont dressé des tréteaux remplis de babioles, de pommes, de sachets de poissons séchés, de canettes, de paquets de cigarettes et de bouteilles d’alcool et tiennent fermement le thermos d’eau chaude. Ici la tasse de Nescafé coute le même prix que le bol de noodles importées directement de Chine : 1€
A gauche, les sommets des montagnes se perdent dans les nuages gris, à droite les anciens méandres d’une rivière disparaissent sous une immense retenue d’eau créée par un barrage. Encore quelques tunnels et voilà la ville de Kaesong entourée par une chaine de montagnes. Plus loin, Monsieur Ho me montre les toits des usines et des hangars de la zone industrielle (actuellement fermée) créée avec des capitaux sud-coréens pour utiliser la main-d’œuvre nord-coréenne tellement bon marché. « On y fabrique de tout, pièces détachées, vêtements, chaussures, produits alimentaires et de très bonne qualité. » m’affirme-t-il. Ce qu’il n’ajoute pas est le fait que cette récente fermeture entraine un véritable marasme économique pour la région et le pays.
Les choses sérieuses commencent car nous sommes sur le point d’arriver au premier contrôle de la zone démilitarisée marquée par une arche en béton, un slogan et un panneau nous indiquant que Séoul n’est qu’à 70 kilomètres !
Tout le monde descend sous les regards vigilants des sentinelles armées et se réfugie dans un bâtiment qui fait office de… magasin de souvenirs !? On y trouve absolument les mêmes choses que la veille, seul l’éventail des thés et boissons au ginseng est plus large et peut-être aussi celui des casquettes proclamant « Korea is One », détail quelque peu saugrenu alors que nous sommes justement sur la ligne qui la divise en deux !
Hyun peut souffler car ce n’est pas son groupe qui est en retard mais un autre plus important qui finit par débarquer une demi-heure plus tard. Nous reconnaissons quelques têtes aperçues soit à l’aéroport soit pendant la visite du mausolée.
Nous suivons le gradé dans la pièce suivante et nous nous plaçons en demi-cercle devant la grande carte schématique qui détaille la frontière et les installations des deux côtés de la frontière. L’homme à la casquette, un capitaine ou un major quand même, prend sa longue règle et pointe plusieurs symboles et lignes en expliquant le pourquoi du parce que et énumère les choses à faire et à ne pas faire. Ses propos sont traduits par Hyun et il en ressort que pour notre protection nous serons escortés par ses collègues, que nous devrons suivre les chemins balisés car nous pourrions marcher sur une mine, qu’il n’est pas conseillé de faire des gestes brusques ni de courir et que nous avons vraiment de la chance d’être du bon côté de la ligne, Vive l’Armée Populaire. « Des questions ? Tout le monde dehors, en file indienne. » traduit Hyun.
Nous passons donc un par un dans un passage dans le mur en béton sous les regards cette fois inquisiteurs des soldats et remontons dans nos bus respectifs qui attendent déjà de l’autre côté. Nous roulons une paire de kilomètres sur une petite route qui traverse des champs et des marécages avant de redescendre pour visiter les bâtiments où ont été signés les accords d’armistice et qui font office maintenant de musée.
Dans la première salle, on découvre plusieurs tables et des chaises ?! « Tout a été laissé tel quel. » insiste le capitaine/major après avoir détaillé les difficiles négociations. Nous passons ensuite dans le bâtiment suivant, bien plus grand puisqu’il a servi aux cérémonies officielles. « Ce bâtiment a été construit en quelques jours par les soldats de l’armée populaire victorieuse, sous l’ordre de l’Eternel Leader. » précise le gradé. Sur les murs sont accrochés des photos d’époque montrant les acteurs principaux, des copies des documents signés et quelques scènes de guerre et de destruction. Au centre, une grande table sur laquelle reposent les documents officiels et drapeaux des délégations protégés par des boites en verre.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, un petit retour en arrière n’est pas inutile et révèle quelques surprises. Tout commence donc en 1910, année de l’annexion de la Corée par le Japon. L’occupation cruelle et impitoyable donne lieu à des soulèvements populaires qui sont rapidement et durement réprimés. Massacres, expulsions et exil mais aussi résistance et création de comités populaires qui combattent l’occupant dans l’ensemble de la péninsule.
La première surprise donc est d’apprendre que l’idée d’une division de la Corée remonte à la conférence de Yalta de 1945, quand Américains et Soviétiques s’accordent pour occuper militairement et conjointement (et de manière provisoire) la Corée une fois la victoire sur les forces d’occupation japonaise acquise. Les Américains proposent comme limite le 38éme parallèle. Deuxième surprise, ce sont les Russes qui arrivent les premiers en Corée (Aout 1945) avec dans les rangs de l’Armée Rouge… le Grand-Père ! Les Américains débarquent en Septembre, après la capitulation japonaise et le départ des troupes japonaises.
S’ensuit une période d’instabilité et l’émergence de nombreuses factions politiques aussi bien communistes que nationalistes conservateurs supportées par chacune des deux forces occupantes. Les déchirements internes et l’occupation conjointe accentuent la division malgré la promesse d’élections communes sous l’égide des Nations Unies.
Au nord, l’Union Soviétique, considérant l’Organisation Nations Unies comme étant pro-occidentale (la Chine est, à cette époque, représentée par les nationalistes de Chiang Kai-shek) bloque l’entrée de la Commission de l’ONU chargée de superviser les élections générales. Le soutien de Moscou permet au Grand-Père de prendre le pouvoir qui s’empresse de prendre deux mesures populaires : la mise en œuvre d’une réforme agraire et l’épuration de l’ancienne administration coloniale.
Au sud, les Etats Unis refusent de reconnaitre les comités populaires qui représentent au niveau local le Comité pour la préparation de l’indépendance issu de la Résistance, et soutiennent une coalition conservatrice menée par Syngman Rhee et rassemblant nationalistes, propriétaires fonciers, hommes d’affaires et anciens collaborateurs de l’appareil colonial.
Chacun des deux camps met donc en place son homme fort que des élections, organisées séparément, permettent de légitimer. En Aout 1948, les élections au sud donnent naissance à la République de Corée, celles au nord, organisées le mois suivant, à la République Populaire Démocratique de Corée. L’épuration des opposants peut commencer et ce des deux côtés, entrainant ainsi d’importants mouvements de population de chaque côté de la frontière. En 1949, les forces d’occupation se retirent complètement au nord… mais partiellement au sud.
Les incidents de frontière sont permanents. Le 25 Juin 1950, Grand-Père ne tenant plus lance ses troupes vers le sud. Leur progression est rapide, en quelques semaines elles ont envahi la quasi-totalité de la péninsule. En Septembre 1950, les Etats-Unis, contraints d’agir, sollicitent l’intervention des Nations Unies. Les débarquements à Pusan et à Inchon permettent de repousser l’armée nord-coréenne pratiquement jusqu’à la frontière chinoise. En Novembre 1950, c’est l’armée chinoise qui entre en scène, elle lance une contre-offensive et repousse, en Janvier 1951, les forces de l’ONU bien en dessous du 38ème parallèle. Pendant les deux années qui suivent les offensives sont suivies de contre-offensives, toutes aussi meurtrières les unes que les autres, enfin le front se stabilise au niveau de la frontière initiale.
Le 25 Juillet 1953, après plus de trois millions de morts, l’armistice est signé à Panmunjeon, un petit village situé près de la ligne de front, plus précisément dans les bâtiments que nous sommes en train de visiter.
La frontière actuelle correspond à la ligne de cessez-le-feu fixée au moment de la signature de l’armistice. Les accords stipulent également que les troupes doivent se retirer de deux kilomètres de part et d’autre de la ligne, créant ainsi une zone démilitarisée longue de 240 kilomètres et large de… 4 kilomètres. Les accords détaillent également combien de soldats peuvent patrouiller dans la DMZ ainsi que le type d’armement autorisé. Mais ceci n’empêche pas les nombreux incidents de frontière de se produire d’ailleurs plus de cinq cents soldats sud-coréens (surement davantage au nord mais ça c’est secret-défense !) et une cinquante de soldats américains sont morts depuis la fin des hostilités. Le plus récent ne remonte qu’à quatre jours quand un homme fut abattu par des soldats sud-coréens alors qu’il tentait de gagner à la nage la rive nord-coréenne près de Paju.
Parmi les incidents les plus importants on trouve la découverte de tunnels nord-coréens et aussi celui appelé « Incident de la hache » qui se déroule en 1976. Huyn me promet de raconter la suite sur le chemin du retour, car il faut y aller… notre capitaine/major s’impatiente.
Troisième surprise, il existe deux villages dans la DMZ, Kijong-dong Tae au nord et Sung Dong au sud. Des fenêtres du minibus nous apercevons, au-delà des champs, les toits bleus des maisons et des petits immeubles de Kijong-dong Tae. Bizarrement ce village serait parait-il inhabité, les bâtiments que nous voyons ne seraient que des coquilles vides !? Nous apercevons également (pas facile de l’ignorer), juste à côté du village, un immense mat en haut duquel flotte le drapeau nord-coréen. Erigé dans les années quatre-vingts, ce mat de 160 mètres (oui, un record mondial à l’époque !) fut la réponse à celui érigé quelques temps plus tôt par les Sud-Coréens (le leur ne fait que 98 mètres).
Bien, cette fois nous arrivons au cœur du cœur de la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area), l’endroit où ont eu lieu toutes les négociations depuis 1953 et qui consiste en un ensemble de bâtiments divers de part et d’autre de la Ligne de Démarcation Militaire.
Sur le parking, réalignement par rangée de quatre puis en avant au pas cadencé sur le sentier qui mène jusqu’aux marches du Panmungak, un édifice de trois étages qui fait face à la Freedom House située juste en face. Au centre, six bâtiments bas, parfaitement alignés sur la Ligne de Démarcation Militaire, sont gardés par des soldats nord-coréens (les soldats sud-coréens restent invisibles). Notre bon militaire nous propose d’aller admirer la vue de la terrasse du troisième étage.
Voilà donc le Rideau de Bambou. Bien moins angoissant que le Mur de Berlin mais tout aussi impressionnant et surement tout aussi efficace ! Aucune activité de l’autre côté, pas même une âme qui vive ! L’unique animation vient des sentinelles nord-coréennes qui font quelques relèves de garde, histoire de chasser leur ennui.
Bref rien à signaler au sud ! En fait, à part le mat sud-coréen, une tourelle d’observation déguisée en pagode et quelques arbres, nous ne voyons pas grand-chose du reste de la péninsule.

La frontière semble si facile à franchir. C’est surement ce qu’a dû penser ce touriste russe quand il est venu en visite officielle en Novembre 1984 et qu’il a décidé de courir vers le sud en criant qu’il demandait l’asile politique. S’ensuit un échange de coups de feu. Résultat trois soldats nord-coréens et un soldat sud-coréen furent tués mais le transfuge réussît son coup !
Heureusement, rien de tel aujourd’hui et nous pouvons regagner le bus tranquillement. Les militaires sont maintenant souriants et nous font des grands signes d’au revoir. Ils sont surement soulagés de nous voir partir et de retourner à leur tranquillité. En plus il semblerait que la récolte des cigarettes auprès des touristes qui tenaient à se faire prendre en photo en leur compagnie a été bonne.
Dernière surprise, la DMZ est devenu au fil des années et malgré ses champs de mines et ses barrières de barbelés, la réserve naturelle la mieux préservée au monde (un record indirect cette fois !). Elle est maintenant un refuge pour plusieurs espèces animales en voie de disparition et l’on parle même de la mettre sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial… ou même de la transformer en Parc de la Paix ?!
Il ne nous reste plus qu’à prendre le chemin du retour jusqu’à Kaesong où nous prenons un autre déjeuner copieux caché sous une douzaine de petites cloches.
Il ne reste pas grand-chose de l’ancienne capitale du Royaume de Corée, ici aussi la guerre a fait des ravages. On n’y trouve pas non plus les splendides et grandioses avenues à la Pyongyang mais plutôt des rues bordées d’immeubles décrépis, des terrains vagues et une petite rivière qui ne respire pas la santé.
Après le repas, nous allons visiter le marchand officiel de cartes postales et de timbres. Nous visitons également l’ensemble d’anciens temples transformés en centre d’éducation, annexe de l’université locale. Il existe donc quelques vestiges de l’ancien régime… mais point de statues des bouddhas.
Il est temps de reprendre la route. Pendant le trajet, Huyn expose sa version du fameux incident de la hache, un incident tout bête mais qui faillit dégénérer en une guerre totale entre les deux pays.
Tout commence donc le 18 Aout 1976, (une période où, à la suite de tentatives de kidnapping et d’accrochages divers, la tension sur la frontière est extrême) quand un groupe de soldats américains et sud-coréens décide de couper les branches d’un arbre qui cache la ligne de mire de l’un de leurs postes d’observation. L’opération devait se dérouler la semaine précédente en présence de soldats nord-coréens mais pour cause de pluie elle fut annulée. Le 18 donc, l’opération d’élagage commence mais est vite interrompue par l’arrivée d’un groupe de soldats nord-coréens. Le Capitaine Pak de la glorieuse armée populaire démocrate demande au Capitaine Bonifas de l’armée impérialiste d’arrêter immédiatement mais Bonifas fait la sourde oreille. Pak fait demander du renfort puis redemande à Bonifas d’arrêter. Bonifas ordonne de continuer l’élagage, ce qui a le don d’énerver un peu plus Pak qui finit par ordonner l’attaque. Massacre à la hache ou courageuse bataille (selon le camp) qui se termine par la mort de deux officiers américains.
Le Grand-Père dénonce l’agression impérialiste et obtient le soutien des nations non-alignées, Ford et ses conseillers décident de monter une opération de grande envergure pour aller couper l’arbre et le président sud-coréen Park Chung-hee préfère temporiser.
Trois jours plus tard, alerte maximale et mobilisation générale. Celle-ci implique des centaines de troupiers, des hélicoptères, des B52 et même le porte-avions Midway ! Les Américains armés de tronçonneuses coupent l’arbre sous les regards incrédules des Nord-Coréens alors que les hélicoptères tournoient au-dessus de la DMZ. Quarante-deux minutes plus, les Américains et Sud-Coréens remballent sans qu’un coup de feu ait été tiré… On n’ose pas imaginer les conséquences si le Grand-Père avait réagi. En tout cas depuis cet incident, les deux parties se sont accordées à ne plus traverser la ligne de démarcation.
Après la pause Nescafé au resto-route toujours aussi peu fréquenté, c’est Monsieur Ho qui vient me faire la causette. En plus de nos discrètes transactions monétaires (€10 contre des Wongs souvenirs), nous bavardons de chose et d’autre, de nos vies respectives et de nos familles. Ainsi j’apprends que son métier de traducteur lui a permis d’accompagner des délégations en Chine, en Russie, en Roumanie, en Allemagne de l’Est et même en Côte d’Ivoire et en Haute-Volta (ce qui m’indique que ses voyages ne sont pas récents, puisque la Haute-Volta s’appelle le Burkina Fasso depuis 1984!) et qu’il aimerait bien visiter d’autres endroits mais qu’hélas depuis la chute du Socialisme, le choix des destinations se réduit. Il m’apprend également qu’il est veuf, sa femme est morte d’un cancer et ce malgré la qualité de la médecine traditionnelle mise en place en Corée du Nord (?!), que son jeune fils rêve de devenir ingénieur car il adore les ordinateurs, qu’il habite près du centre de Pyongynag, qu’il travaille beaucoup avec les touristes chinois et déplore le peu de touristes français qui visitent la Corée du Nord, mais heureusement il y a toujours quelques touristes suisses pour lui permettre de parler français. Puis viennent ses questions l’Australie (qu’il ne semble pas connaitre du tout), la vie que je mène là-bas et sur les possibilités d’y émigrer. Au travers cette longue conversation, je me rends rapidement compte qu’il n’est pas dupe ni complètement « brainwashed » mais plutôt résigné. Sa situation de traducteur le place plutôt bien dans l’échelle sociale, l’accès aux devises étrangères lui permet ainsi qu’à sa famille un certain confort et le contact avec l’étranger et les étrangers lui apportent une fenêtre sur l’extérieur que la majorité de ses concitoyens n’ont pas. Pour autant il ne semble pas être envieux de la vie occidentale car « ici tout est gratuit et personne ne paie d’impôts » ajoute-t-il. Son modèle, peut-être parce qu’il y va plus souvent, reste la Chine « Communiste et moderne. ». Quant à la réunification, il y croit, « L’important ce n’est pas le modèle économique mais la culture commune. ».
Peut-être, mais à observer la réunification allemande, on a compris que c’est bien le premier qui influence la seconde… au grand désespoir des Allemands de l’Est !
Mais voilà déjà les boulevards de la capitale. Nous arrivons devant le Palais des Enfants. « Vite vite, il faut se dépêcher car la représentation des enfants talentueux a déjà commencé. » nous dit Hyun en accélérant le mouvement. Dans le noir, nous nous installons dans de confortables fauteuils le plus discrètement possible. L’audience composée de touristes et d’écoliers semble être hypnotisée par ce spectacle préparé par les enfants, définitivement talentueux. Les numéros sont courts, variés, plaisants, amusants et parfois même époustouflants et se succèdent rapidement sans interruption. Musiciens, acrobates, danseurs, chanteurs, tous ont du répéter des centaines de fois pour arriver à un tel niveau de professionnalisme. Chaque geste, chaque mimique, chaque pas a été minutieusement étudié, il en résulte un manque de spontanéité mais le talent de ces p’tits bout’choux est tout simplement extraordinaire.
L’un de nos Suédois, devant maintenant passer un coup de fil mystérieux et urgentissime à son ambassade, nous voilà de nouveau à faire la tournée des grands hôtels de la capitale (heureusement peu nombreux), car ce sont les seuls endroits susceptibles d’avoir des téléphones publics. Pour le reste du groupe c’est l’occasion de visiter d’autres avenues grandioses et d’autres lobbies d’hôtel. Pas vraiment passionnant mais cette tournée nous permet de voir l’équipe nationale de football chinoise revenir de l’entrainement. Evidemment ce n’est pas l’équipe d’Espagne mais bon, on a les stars que l’on peut !
Et voilà maintenant notre jeune danois qui propose d’aller manger une pizza !? En effet, il a lu dans un guide que le Père Leader avait développé un gout prononcé pour les pizze, à tel point qu’il fit venir un pizzaiolo pour qu’il apprenne à ses chefs comment faire les meilleures pizze (… au monde ?!). Depuis les pizzerias sont devenues des endroits populaires à Pyongyang. Surprise et flattée devant tant de connaissance sur les gouts du Père Leader, Hyun chamboule le programme et nous voilà en route pour la plus célèbre pizzeria de la capitale.
Au-dessus de la porte, un néon rouge et vert nous annonce la couleur. A l’intérieur, un bar, une mini-scène de karaoké, quelques tables sur deux niveaux et une partie cuisine ouverte sur la salle et où s’activent deux élégantes jeunes filles devant les fours à bois.
La chanteuse reprend quelques vieux tubes européens, l’écran de TV diffuse le programme de Noel (que nous connaissons déjà !), deux tablées d’Allemands s’empiffrent et trinquent, dans un coin deux jeunes couples locaux (et friqués !) s’aiment (apparemment) pendant qu’au bar trois mecs vident des bières en matant la chanteuse. Notre Suédois se rachète en nous offrant une bouteille de Chianti (moins chère que six expressos !). Pour ce qui est des pizze : deliziose. Un bon point pour le Père Leader.
Après cet intermezzo impromptu nous reprenons le programme prévu. Puisque nous en sommes déjà à notre dernière soirée, le programme consiste en un diner d’adieu dans le restaurant coréen où est servi le plus copieux hot pot… Décidemment, on les aime les hot pots dans ce pays !
Mais c’est vrai que celui-ci est vraiment exceptionnel, c’est la version Deluxe. En plus il est servi avec une espèce de saké (pas rancuniers ces Nord-Coreens !) et accompagné de la bouteille de Chianti ramenée de la pizzeria !? Et pour la première fois nos guides s’attablent avec nous. Savoureux dernier repas et chaleureux moment aux parfums de fin d’aventure. En effet, nos compagnons de voyage reprendront l’avion pour Pékin demain matin tôt alors que nous prendrons le train en fin de matinée.
Tous, sommes d’accord pour dire que l’« aventure » valait la peine même si elle a été appréciée à des degrés différents. Contrairement à nous, nos cinq Scandinaves, n’ayant pas eu l’occasion de connaitre d’autres pays communistes, n’apprécient peut-être pas les différences que nous avons remarquées tout à long de ce séjour par rapport à l’Europe de l’Est des années quatre-vingts par exemple.
Bon voyage et qui sait à la revoyure !
Pyongyang 21 Septembre
Ce matin, pas la peine de se presser puisque notre train ne part pas avant dix heures trente. Aujourd’hui les ascenseurs sont en forme et obéissants, idem pour le toaster et puisque nous sommes les derniers dans le restaurant panoramique nous ne devons même pas partager la bouilloire.
Brève attente dans le lobby désert. Huyn et Mr Ho reviennent de l’aéroport où ils ont déposé, comme prévu, nos ex-compagnons de voyage. Il ne nous reste plus qu’à monter dans notre minibus et à filer vers la gare toute proche. En route, les passagers des bus surchargés lancent des regards envieux sur les sièges vides du minibus.
Nos guides nous évitent la cohue qui règne autour de la gare et nous poussent dans la salle d’attente des invités de marque. Les gros fauteuils sont couverts de napperons en dentelle semblent être aussi anciens que la gare (rebâtie vers la fin des années cinquante). En tout cas ils sont confortables. Mr Ho revient avec nos billets tamponnés, nous pouvons donc passer la porte qui mène au quai incroyablement large. Le train est déjà là et la locomotive arrive doucement. Les vieux wagons verts nord-coréens sont réservés aux locaux, les deux autres, plus récents sont chinois et réservés aux quelques étrangers qui font le voyage jusqu’à Dandong ou Pékin.
Notre compartiment, qui comprend quatre couchettes est rempli de valises ! Pas de panique, ce sont seulement nos voisins (des Chinois-Coréens ou des Coréens Chinois de retour à la maison) qui se sont trompés de compartiment. Dernier au-revoir à nos charmants et attachants guides qui nous remercient d’être venus en Corée du Nord. Photo souvenir avant de monter dans le train.
Coups de sifflet, fermeture des portes et installation dans notre compartiment maintenant vide. Nous le partageons avec un officiel nord-coréen qui, dès que le train démarre, quitte son costume pour se mettre en pyjama et part rejoindre ses collègues dans le compartiment d’à côté, et un homme d’affaires chinois en train de tester la gamme de sonneries disponibles sur son portable. Super !
Par la fenêtre, nous regardons défiler les banlieues de la capitale qui ne tardent pas à laisser place aux étendues de champs. Un ciel bien gris annonce la pluie. Plus tard une jeune fille prend la commande du déjeuner, menu unique. Elle est suivie du contrôleur qui distribue une flopée de formulaires de douane en chinois et en coréen (?!).
Les bas-côtés le long de la voie de chemin de fer sont couverts de magnifiques fleurs jaunes et mauves, agréables touches de couleurs qui tranchent avec la grisaille environnante. L’allure pépère et le roulis régulier sont propices à l’endormissement mais les arrêts en gare, assez fréquents, sont autant de sursauts. Les gares se ressemblent toutes : bâtiments rectangulaires blanchis surmontés des portraits des deux poster-boys nationaux et entourés petits jardinets ornés de pots de fleurs. Sur les voies de garage quelques wagons anciens sont laissés à l’abandon, ailleurs c’est une locomotive emboutie qui rouille en paix.
Les paysages sont heureusement plus variés. Coté compartiment ce sont des champs encadrés de collines encore boisées au sommet, des plaines parsemées de petits villages entourés de haies ou de murs, des bocages parcourus par de larges rivières et bientôt remplacés par des marécages qui s’étendent jusqu’à la côte. Coté couloir, ce sont des petites montagnes qui viennent trempés leurs orteils dans la longue plaine côtière. C’est aussi le coté le plus animé puisqu’une route longe la voie ferrée et c’est également de ce côté que se situent les petites villes, les grosses bourgades et quelques usines.
L’architecture varie à mesure que l’on se dirige vers le nord. Les maisons basses, style fermettes tout en longueur, aux toits couverts de tuiles grises et aux murs plus ou moins blancs des villages sont remplacées par une version plus coquette à mi-chemin puis disparaissent complètement pour laisser place aux enfilades de petits immeubles en béton de trois ou quatre étages laissés à des stades de finition très variables.
La jeune fille revient à l’heure prévue avec un sac plastique contenant des barquettes de riz, de viande et de légumes, une bouteille d’eau et des baguettes. Pas vraiment appétissant mais pourtant très bon… surtout si l’on aime rogner les os !
La promenade digestive ne nous mène pas très loin. Les wagons locaux, longs dortoirs collectifs baignés dans un mélange d’arômes indéfinissables mais tirant vers le répulsif, n’incitent vraiment pas à la visite. Jeux, discussion et lecture meublent le reste du voyage.
Le soleil et le ciel bleu reviennent et illuminent le vaste tapis jaune des rizières qui a fini par remplacer les marécages. Notre compagnon de compartiment pointe au loin les montants d’un immense pont en construction et marmonne « Dandong ». Il s’agit du nouveau pont qui, une fois terminé, reliera la Chine à la Corée du Nord. Nous approchons donc de la frontière et de la ville de Sinuiji dont nous apercevons déjà les premières banlieues décrépies et les usines.
Au-delà des rizières émergent la ville de Dandong et sa multitude de buildings modernes. Le contraste entre les deux rives de la rivière Yalou qui sépare les deux pays est saisissant. Le train finit par s’arrêter complètement. Les passagers des autres wagons envahissent les quais puis disparaissent vers les passerelles. Le personnel militaire fait des va-et-vient puis se décide à monter dans le train pour inspecter les bagages et embarquer les passeports.
Surprise, le douanier qui examine nos valises parle français et se sent d’humeur bavarde ! Evidemment le fait que deux frères puissent avoir des passeports de différentes nationalités le surprend un peu mais pas autant que les paquets de Gauloises Made in Germany recouverts de messages de santé en russe ! Les quelques paquets que nous lui proposons partent discrètement au fond de sa poche, ils ont un effet magique car ils accélèrent la fouille et nous évitent une inspection plus approfondie des appareils photos alors que dans le compartiment d’à côté les seuls mots prononcés par leur douanier sont « Delete photo, delete photo. »
L’attente est longue et l’unique distraction consiste à regarder ces pauvres terrassiers (et terrassières !) sans pelles, ni gants en train de mettre des cailloux sur des chiffons et de les balancer sur les remblais. Deux heures plus tard, premiers signes de mouvements dû au changement de locomotive et de voie. Les douaniers distribuent les passeports au petit bonheur la chance et Luc se retrouve avec le passeport néo-zélandais de l’un des occupants du compartiment du fond !?
Le soleil est sur le point de se coucher alors que nous franchissons le pont de l’amitié sino-coréenne édifié vers la fin des années trente… par les Japonais. L’autre pont, construit vers 1910, fut en partie détruit par les Américains au début de la guerre de Corée et n’a jamais été reconstruit. Je ne sais pas si l’on y danse dessus mais, à voir le nombre de touristes, on s’y promène. Ce ‘pont cassé’ est devenu l’attraction touristique de Dandong car il offre une vue encore plus proche de la Corée du Nord.
Ce passage entre ces deux rives ou plutôt entre ces deux mondes n’est pas sans rappeler le contraste qui existait entre les deux Berlin dans les années quatre-vingts. D’un côté la désolation triste et sombre, de l’autre une orgie de néons, une débauche de richesse et de modernité. Quel extraordinaire contraste.

Quelques minutes plus tard le train s’arrête dans la gare ultra moderne de Dandong. Nouveaux formulaires à remplir et autre défilé de douaniers, ceux-là sont moins sympas mais bien plus efficaces. Nouvelle longue attente, d’autres wagons sont rattachés au notre, reste à trouver la locomotive. Notre compagnon de compartiment nous quitte une fois son passeport tamponné.
Je retrouve le cérémonial des contrôleurs chinois qui se mettent au garde-à-vous devant chaque porte du train et du chef de gare qui salue tout ce qui bouge et lance des coups de sifflet dans toutes les directions. Le train s’ébranle lentement et passe en revue les immeubles illuminés par de savants effets de lumières.
Nous partons à la recherche du wagon-restaurant. Pas une mince affaire car il faut remonter seize wagons archipleins de Chinois qui ont envahis les étroits couloirs déjà encombrés par une multitude de paquets ficelés. Certains assis sur les strapontins préparent le repas du soir, d’autres regardent des films sur leur écran portable, jouent au ma-jong ou encore discutent. Les pauvres contrôleurs que nous croisons ont déjà l’air épuisé. Miracle voilà enfin le wagon restaurant… lui aussi archiplein !
Un Canadien, apparemment habitué des us et coutumes locales, nous apprend qu’il y a un menu unique et qu’il faut attendre une heure. L’important est de trouver une place assise à l’une des tables. La chance est avec nous, une se libère devant nous et il suffit parfois d’ ‘oublier’ quelques règles de politesse… La commande est passée reste à attendre les plats… en compagnie de deux armoires à glace tchèques.
Les plats arrivent au compte-gouttes, poisson, légumes puis un quart d’heure plus tard, poulet, pates puis après un autre quart d’heure porc, d’autres légumes et enfin le riz. Les deux Tchèques ayant perdu patience après le premier plat n’auront gouté qu’au poisson (partagé en quatre) et qu’aux haricots ! Jamais nous n’avons mangé autant pour si peu !
Nous ne risquons pas de nous perdre puisque nous sommes dans le wagon de queue. L’officiel nord-coréen brièvement aperçu ce matin au départ à regagner sa couchette et ronfle déjà. Nous n’allons pas tarder à l’imiter.
Entre Shenyang et Tianjin 22 Septembre
Une chape grise recouvre l’éternel chantier qu’est devenue la Chine. Des grappes de tours d’immeubles connectées par d’immenses avenues envahissent lentement mais surement les rizières et les champs et remplacent inexorablement les vieux villages. Il pourrait être n’importe quelle heure mais il est déjà 7h et nous devrions arriver à Pékin vers 9h30. Si le train K28 (Dandong-Pékin) n’est pas le plus rapide (14 heures pour 1132 km), ses couchettes sont au moins très confortables.
A l’heure pile nous entrons en gare de Pékin. Il y règne une atmosphère similaire à celle de la gare de Lyon un jour de grand départ multiplié par dix, allez x 3 car c’est Dimanche ! Nous suivons la foule vers la sortie et nous nous retrouvons sur le vaste parvis. Les queues aux stations de taxi sont interminables. C’est un handicapé et son tuk-tuk qui sauve la situation. Certes le prix de la course, vu l’inconfort et la courte distance est phénoménal mais il y a des sacrifices qu’il faut savoir faire… Coincé la valise sur les genoux tout en aspirant les gaz des pots d’échappement, je l’entends déjà en train de se vanter à la pause devant ses collègues : « Vous savez pas les mecs, ce matin j’ai comme gagné le Lotto avec ces deux rigolos, ils avaient même un air de ressemblance ! Et même que quand ils ont sorti leurs Euros, j’les ai en plus entubé avec le taux de change. Des bleus qu’y z’étaient. Pas besoin de bosser demain, tranquillou ».
Heureux d’avoir accompli notre BA (bonne action pour les non-Scouts !) de la journée auprès de ce brave monsieur, nous découvrons notre chambre luxueuse louée au rabais quelques jours plus tôt sur Internet (comme quoi ce que l’on gagne ici on le perd là et vice-versa…).
Quelques heures plus tard, nous prenons un taxi (un vrai) pour aller visiter le Temple du Ciel, un monument incontournable de Pékin situé au milieu d’un grand parc. Un petit coup d’autoroute urbaine et nous débarquons vingt minutes plus tard devant la porte sud et rejoignons les nombreux groupes de touristes venus de toutes les provinces de Chine et de Xio-Navarre et arborant des casquettes de toutes les couleurs.
Une lecture des panneaux d’information nous apprend que l’ensemble date du tout début du XVème siècle et comporte des ajouts datant du XVIème siècle. Ce complexe est le lieu où les Empereurs des dynasties Ming et Qing, qui en tant qu’intermédiaires entre l’humanité et le royaume céleste, offraient des sacrifices au ciel et priaient pour l’obtention de moissons exceptionnelles. Son organisation est liée à la cosmologie chinoise dont l'équilibre reposait sur l'Empereur et son respect des rites. La disposition des différents édifices ainsi que leur forme et leur couleur reprend la thématique du Ciel (bâtiments ronds avec des tuiles bleues) et de la Terre (enceintes carrées et tuiles vertes)
Nous suivons l’allée principale qui mène à l’Autel Circulaire édifié en 1530 puis reconstruit en 1740. Passé le mur d’enceinte carré, nous découvrons une étendue herbeuse et au centre l’autel rond composé de trois terrasses culminant au centre dans une représentation symbolique du chiffre 9. Le chiffre 9 et ses multiples ayant une importante valeur symbolique, il y a donc 9 cercles concentriques qui radient de la pierre centrale, le premier cercle comprend 9 pierres et le dernier 81 (9x9) pierres taillées au millimètre près (qu’ils ont dû bien s’amuser les tailleurs !). Idem pour les marches, toujours par groupes de 9. Quant à la balustrade qui entoure la terrasse, elle comprend 360 balustres en marbre.
Curieusement de nombreux vieux touristes chinois font la queue pour se mettre quelques secondes sur la pierre centrale et une fois dessus claquer des mains ?! Superstition, vœu ? Une explication est donnée par un écriteau : ‘Lorsqu'on se tient sur cette pierre centrale, le bruit que l'on fait en tapant des mains ou en parlant est amplifié’.
Un peu plus loin nous pénétrons dans une autre enceinte ronde (la Voûte Céleste Impériale) qui comprend un pavillon en forme de rotonde construit sur un tertre en marbre et surmonté d’un toit conique et deux autres édifices rectangulaires abritant des tablettes et des peintures. Celui de gauche est dédié au Yang (divinité du soleil) celui à droite au Yin (divinité de la Lune). C’est beau la culture quand même ! Ici aussi il existe une curiosité sonore mais vu la foule qui se bouscule nous ne risquerons pas de l’entendre ! Parait-il donc qu’il existe trois dalles sonores : ‘Si l’on tape des mains devant la première dalle, on obtient un simple écho, si l’on refait l’expérience devant la deuxième, l’écho est double et triple devant la troisième’. Il faudra revenir la nuit pour tenter l’expérience !!!
Il est temps de faire une pause et de s’éloigner un peu de la foule. Ce n’est pas l’espace qui manque (le parc fait plus de 270 hectares !) ni les endroits paisibles sous les pins-cyprès (il n’y a que ça et par milliers !). C’est aussi l’occasion d’observer les Pékinois en train de pratiquer le Taichi et le Qigong (variantes de gymnastique traditionnelle chinoise) ou encore d’admirer ces danseurs qui font tournoyer des longs rubans et d’écouter ces musiciens jouer de leurs anciens instruments (tant qu’ils ne chantent pas c’est tout bon !).
Nous poursuivons la visite-balade en empruntant le Pont Danbi, une espèce de promenade surélevée de 360 mètres de long et presque 30 de large, composé de deux parties différentes, l’une pour les Empereurs, l’autre pour les Princes et autres dignitaires. Il relie le temple la Voute Céleste Impériale au Temple des prières pour de bonnes moissons et est aussi appelé la Voie Sacrée normal puisqu’il est censé nous emmener au Paradis. Peut-être est-ce pour cela qu’il a la particularité d’avoir son extrémité au nord légèrement plus haute que celle au sud ?
Une fois franchie l’enceinte marquée par une magnifique porte située en haut de quelques marches usées et glissantes, nous pénétrons dans une cour dominée par un somptueux bâtiment posé sur trois terrasses en marbre superposées. Le temple, haut de 38 mètres et d’un diamètre de 30 mètres, entièrement en bois (et sans un seul clou parait-il !) est surmonté de trois toits ronds en tuiles bleues. La rotonde qui s’élève devant nous a été reconstruite (en 1889) à l’identique de l’originale (édifiée en 1420).
A l'extérieur, au milieu de l’escalier, trois pierres représentent les nuages, le phœnix et le dragon. A l'intérieur, quatre grosses colonnes symbolisent les quatre saisons au centre, puis douze colonnes symbolisent les douze mois de l'année et encore douze autres les divisions d'une journée. Enfin, les 28 dernières représentent les 28 constellations.
Juste à l’est, se trouve le Temple du Jeûne qui comme son nom l’indique était le lieu où l’Empereur et ses ministres jeûnaient pendant trois jours avant chaque cérémonie. Il sert maintenant de salle d’exposition retraçant la récente restauration du temple (pour les J.O. de 2008).
Nous apprenons également que les dernières cérémonies sacrificielles consacrées au ciel ne furent interdites le gouvernement de la République Chinoise qu’en 1911. Le Temple du Ciel aura donc été le témoin de 654 actes d'adoration céleste pratiqués par 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Depuis 1918, il est ouvert en tant que parc public.
Après en avoir fait le tour une paire de fois et admirer les magnifiques décorations pleines de couleurs, il est temps de se perdre dans les allées de cet immense parc. Nous sommes attirés par des chants que nous entendons au loin. Juste à côté des Sept Pierres (représentant les sept sommets du Mont Taishan, une montagne sacrée en Chine), quelques musiciens sont entourés d’une chorale qui chante des airs populaires repris en cœur par la foule. Plus loin nous assistons à une partie de Go. Sur le chemin de la sortie nous croisons des familles venues prendre une bouffée d’oxygène ou venues faire un peu d’exercices physiques.
Nous retrouvons brièvement les grands boulevards bruyants avant de nous perdre dans le Hutong Xiaoxi et sa multitude de petites rues tranquilles. Enfin nous retrouvons dans le quartier piétonnier de Dashian que nous connaissons déjà. C’est apparemment la période des soldes et les magasins regorgent de clients avides de faire des affaires. Trop peu pour nous, après une bonne soupe nous regagnons notre hôtel en métro.
Aux infos, j’apprends que le typhon Usagi fait des siennes, que l’aéroport de Hong Kong est fermé et que tous les vols transitant par Hong Kong sont annulés demain (le jour de mon départ !). Manquait plus que ça tiens !
Coups de fils à droite à gauche, qui après de longues attentes, ne m’apprennent pas autre chose : les vols sur Hong Kong sont bien annulés et il est inutile d’aller à l’aéroport demain !
Les angoisses tendant à creuser l’estomac, nous ressortons à la recherche d’un resto. Il fait nuit et le quartier ne semble pas être le meilleur pour trouver ce que l’on cherche. Par contre nous n’aurions pas de problème si nous voulions nous faire couper les cheveux… un dimanche à 21h.30 !!!
Finalement, après une marche plus longue que prévue nous atterrissons dans une espèce de bistro jazzy qui aurait plus sa place à New York qu’à Pékin mais voilà, c’est bien la preuve nous vivons à l’heure de la mondialisation !
23h. C’est sur les images de la BBC montrant les queues de voyageurs bloqués dans les salles d’attente de l’aéroport d’Hong Kong que je m’endors. Mauvaise nuit en perspective !
Pékin 23 Septembre
Le réveil sonne très tôt ce matin. Aux nouvelles télévisées, le typhon semble avoir épargné la ville de Hong Kong. Je suis déjà pendu au téléphone et apprends que mon vol a bien été annulé. Reste plus qu’à aller rendre visite aux bureaux de la Cathay Pacific situés à perpette les olivettes pour essayer de trouver une autre solution.
Dehors il pleut. Marche et métro jusqu’aux Twin Towers (eh oui il y en a aussi à Pékin… moins imposantes mais encore debout, elles !). Bizarrement, je suis l’unique client ! Tant mieux car l’on me trouve un vol de remplacement avec Air China via Sydney qui part dans quatre heures ! Célébrations au Starbuck d’en bas avant de filer à l’hôtel faire la valise et prendre le métro jusqu’à l’aéroport. Au revoir précipité. A quand et sur quel continent les prochaines retrouvailles ?
Le voyage du retour est bien plus long et plus pénible que celui de l’aller. Air China est loin d’égaler la qualité et le service de la Cathay Pacific en plus ce détour par Sydney double pratiquement la durée du voyage. Mais voilà ! L’imprévu c’est aussi l’épice des voyages !
Conclusion:
Depuis mon retour, la Corée du Nord et son Jeune Grand Leader ont continué, d’une manière ou d’une autre à dominer une partie des actualités : limonage puis exécution de l’oncle, inauguration d’une station de ski, menaces de guerre suivies de propositions de paix, propositions de réformes économiques, visite controversée d’un joueur de basket américain, procès et emprisonnement d’un missionnaire américano-coréen, diffusion de nouvelles photos de camps de travail… etc. Incroyable comme ce petit pays, qui devrait être aussi insignifiant qu’un petit pays africain, fait autant parler de lui.
La Corée du Nord est-elle réellement une menace ?
Une armée d’un million de soldats et l’arme nucléaire peuvent le faire croire mais, sans être expert en la matière, il s’agit d’une armée sous-équipée, bien endoctrinée mais peu motivée, un peu comme l’était celle de Saddam (pourtant tant redoutée par la presse américaine !). L’arme nucléaire peut certainement créer de sérieux dégâts mais son utilisation entrainerait une réplique catastrophique pour la Corée du Nord que l’on imagine mal le Jeune Grand Leader (ni Obama ou Poutine d’ailleurs) appuyer le premier sur bouton rouge. La rhétorique nord-coréenne n’impressionne même plus la population sud-coréenne comme l’ont montré les dernières menaces d’essais nucléaires. Pour la Corée du Nord, l’arme nucléaire est avant tout un moyen permettant de poursuivre des négociations politiques et économiques avec leur pire ennemi : les Etats Unis d’Amérique.
La division de la péninsule est-elle inéluctable ?
Une chose est certaine : l’actuelle séparation des Corées (elle dure depuis soixante ans maintenant) est un statuquo qui profite à tout le monde. L’état de guerre permet à la Corée du Nord le maintien du régime politique en place qui repose sur une mobilisation permanente et impose des sacrifices à une population isolée et enfermée. Il permet aux Etats Unis de maintenir d’importantes bases militaires proches de la Chine et d’offrir une relative protection à ses deux alliés principaux de la région : la Corée du Sud et le Japon. Pour la Chine, la Corée du Nord est une zone tampon capitale et sur laquelle elle pèse politiquement, c’est aussi est une excuse supplémentaire pour augmenter son budget militaire et tenter de rétablir l’équilibre des forces face aux Etats Unis.
Sur le plan économique, une réunification (toujours envisagée comme une mainmise du Sud sur le Nord) pourrait créer des problèmes à tout le monde et s’avérer être catastrophique, particulièrement sur le plan humanitaire, pour la Corée du Sud qui n’a certainement pas les moyens financiers d’absorber un aussi gros morceau et pour la Chine (réfugiés). Pour le Japon, comme pour la Chine d’ailleurs, une Corée unifiée aurait le potentiel de devenir une puissance économique concurrente trop importante. Pour les Etats Unis, ils perdraient un pied sur le continent asiatique. En fait, à l’heure actuelle, la seule puissance régionale susceptible de supporter une réunification coréenne serait… la Russie. Quel paradoxe !
Vaut-il mieux être Nord ou Sud-Coréen ?
Pour ma part rien ne m’a donné envie de m’installer en Corée du Nord et je ne connais pas (encore !) la Corée du Sud. Je suis donc bien heureux de pouvoir retrouver l’Australie. En fait c’est une question à laquelle seuls les Coréens peuvent répondre. Le problème est que les Nordistes ne peuvent pas aller au Sud ni les Sudistes aller au Nord pour faire la comparaison, leurs gouvernements respectifs le leur interdisant !
Point de vue confort, infrastructure, modernité… etc. le Sud l’emporte haut la main.
Point de vue pollution, le Nord est mieux placé puisque moins développé.
Point de vue politique, la dictature au Nord s’est installée, celle au Sud s’effiloche avec le temps mais n’est pas encore enterrée complètement. L’actuelle présidente Park Geun-hye, la fille d’un précèdent dictateur, semble parfois regretter le bon vieux temps. Les partis politiques sont corrompus, le Parlement prend parfois des allures de ring de boxe, les manifestations sont parmi les plus radiales et les plus violentes et la presse de plus en plus en liberté surveillée. Certes rien de comparable avec la chape de plomb au Nord.
Point de vue éducation, au Nord gratuite mais limitée, peu de moyens, et très encadrée. Au Sud, extrêmement chère, compétitive et épuisante. Une jeunesse endoctrinée et militante au Nord, une jeunesse désabusée et déprimée au Sud.
Point de vue social, c’est quand même le point fort des régimes communistes même s’il reste de sérieuses lacunes comme par exemples la qualité des logements et la qualité des soins. Pendant ce court séjour je n’ai pas vu de mendiants, ni d’affamés, dans la capitale ou dans les régions traversées (mais peut-être étaient-ils déjà dans des camps spéciaux ou aux cimetières !). Par contre, je viens de lire dans le Weekly Guardian (31/01/14) un article de Chico Harlan du Washignton Post sur les personnes âgées oubliées en Corée du Sud où l’on apprend qu’il est fréquent de rencontrer dans les rues de Séoul des petits vieux survivre en faisant les poubelles ou en ramassant des cartons, en fait 50% des personnes âgées sont pauvres (un record, tiens un autre ! dans les pays industrialisés) et que le taux de suicide a triplé depuis 2010. En effet, il n’y a pas de régime de retraite pour cette génération qui a reconstruit le pays après la guerre, et le pourcentage d’enfants s’occupant de leurs parents âgés est passé en quinze ans, de 90% à 37%, en cause un changement des mentalités et des pressions financières de plus en plus fortes. Si tout est gris au Nord, tout n’est pas rose au Sud non plus…
La solution serait donc de naitre au Nord, de travailler au Sud et de prendre sa retraite au Nord ou alors de faire ce que de plus en plus de jeunes (Sud)-Coréens font : immigrer le plus loin possible de cette foutue péninsule !
La page aux photos: ICI et d’autres liens intéressants: Urbanisme de Pyongyang www.academia.edu/...nalysis_of_Pyongyang_
Frontière inter-coréenne ceriscope.sciences-po.fr/...ela-la-guerre-froide
Evidemment aller en Corée peut susciter quelques questions en particulier d’ordre moral « Est-ce que visiter un tel pays n’est pas cautionner son régime ? ». Peut-être mais pas sûr non plus car dans ce cas la liste des pays peu ou pas fréquentables est longue. Dans un passé récent on aurait pu inscrire sur cette liste l’Espagne de Franco, la Grèce des Colonels, le Maroc d’Hassan II, l’Afrique du Sud de l’apartheid, l’Indonésie de Suharto… etc. De nos jours, la situation n’est guère plus brillante en ce qui concerne de nombreux pays comme par exemple, l’Egypte (dictature, coup d’état), la Hongrie (gouvernement d’extrême droite, persécution des minorités), Israël (occupation) sans oublier ni la Russie de Poutine, la Chine ou quelques pays du Golfe Persique… ni le Zimbabwe de Mugabe et pourquoi pas les Etats Unis (peine de mort, Guantanamo…). Mais il y a aussi l’espoir qu’une porte entrebâillée pour des touristes peut, à plus ou moins brève échéance, permettre une plus grande ouverture sur le monde, davantage d’échange et de liberté pour les populations de ces pays-parias, ce qui est le cas, dans une certaine mesure, de la Birmanie voire même de Cuba. Il est donc important d’aller partout, de pouvoir échanger et d’ouvrir les yeux.
Dans le cas de la Corée du Nord, il n’est évidemment pas possible d’aller partout en toute liberté ni d’avoir des contacts directs avec la population puisque l’on est en permanence accompagné par des guides. Impossible également d’entendre d’autres sons de cloche que les discours propagandistes du régime en place. Il ne reste donc qu’à ouvrir les yeux et surtout à lire entre les lignes.
Contrairement à l’idée reçue, on peut donc faire du tourisme en Corée du Nord… à condition toutefois de passer par l’une des rares (mais de plus en plus nombreuses) agences de tourisme agréées par le gouvernement de Corée du Nord. Celle que nous avons choisie : Korea Konsult, se trouve à Stockholm et propose plusieurs séjours et itinéraires au départ de Pékin. Notre choix se porte sur un séjour de cinq jours à Pyongyang avec quelques excursions en dehors de la capitale. Quant aux formalités, elles sont prises en charge par l’agence, il nous faut seulement s’assurer que nous avons un visa chinois.
Pékin 15 Septembre
La magie des transports aériens a toujours quelque chose d’extraordinaire puisque je retrouve Luc comme prévu à l’aéroport de Pékin, à l’autre bout de nos mondes respectifs. Lui est parti la veille de Bruxelles via Moscou et est arrivé il y a juste une paire d’heures, au moment précis où je décollais de Hong Kong après une brève escale. Pour ma part, je suis parti de Perth il y a tout juste douze heures.
Cette année nous faisons vraiment fort puisque c’est la troisième fois que nous nous retrouvons en neuf mois (et à chaque fois sur un continent diffèrent !) alors que nous sommes parfois des années sans nous voir. Bizarrement c’est la première fois que nous voyageons à deux ! Ce voyage sera donc l’occasion de découvrir un nouveau pays mais surtout de ‘nous’ (re)découvrir.
A la sortie de l’aéroport, nous ne trouvons pas de taxi mais une navette qui nous amène dans le centre-ville après avoir parcouru une myriade d’autoroutes qui traversent des banlieues sans fin où poussent des barres d’immeubles plutôt déprimantes agrémentées ici et là d’immeubles futuristes.
Le ciel est presque bleu et la température délicieuse, je suis bien ravi d’avoir un petit break de l’hiver austral qui traine en longueur. En prime, je vais redécouvrir les plaisirs de l’heure d’été.
Le chauffeur du bus nous indique que nous sommes arrivés à destination mais ne précise pas où nous sommes exactement. Après un dialogue de sourds avec un chauffeur de taxi, nous décidons de marcher sur cette immense avenue qui croise d’autres immenses avenues à angle droit. Heureusement, un plan du métro à l’entrée d’une station nous permet de nous repérer. Puisque nous sommes à Fuxingmen et que nous allons jusqu’à Tian’anmen East, il nous suffit donc de continuer tout droit ! Une demi-heure plus tard, je reconnais le portrait du Grand Timonier sur le portique de l’entrée de la Cité Impériale et qui fait face à la Place Tiananmen.
Alors que j’ai mis des décades avant d’enfin connaitre Pékin, jamais je n’aurais imaginé me retrouver ici moins de seize mois après ma première visite. En tout cas rien n’a changé depuis la dernière fois. L’hôtel Emperor se trouve dans la première rue à gauche, une rue bordée d’arbres et qui longe les douves de la Cité Impériale. Nous le trouvons un peu par hasard tant son entrée est discrète. Par contre, les chambres, décorées par un designer allemand, le sont beaucoup moins.
Le temps de déposer les bagages et d’envoyer quelques messages rassurants à celles qui sont restées et nous voilà repartis vers la Place Tiananmen. Celle-ci est pavoisée de drapeaux chinois et de Bahreïn puisque l’émir est en visite officielle en ce moment. Les touristes se prennent en photos devant les soldats immobiles et au garde-à-vous, pendant que les balayeurs sur leur caddy électrique s’assurent qu’aucun papier ou cannette ne traine par terre.
Bientôt, un attroupement se forme au pied du mât où flotte la bannière étoilée chinoise. Le cérémonial du baisser du drapeau va bientôt commencer. Laissons ce moment de grande fierté aux patriotes. Pour notre part nous préférons compter les nombreuses cameras installées au sommet des lampadaires/haut-parleurs géants, admirer, près du mausolée de Mao, les statues des combattants révolutionnaires aux poses dynamiques, observer les badauds venus de monde entier ou encore contempler les façades rectilignes de bâtiments officiels qui entourent la place et celles bien plus exotiques et colorées de la Porte Zhengyangmen et la Tour d’Archers. Nous poursuivons la balade dans le quartier Dashian, une zone piétonnière récemment construite qui regroupe boutiques et restaurants dans un faux décor historique noyé sous les néons maintenant que la nuit est tombée. Une longue marche le long de quelques grands boulevards anonymes et sombres et nous voilà arrivés dans le District de Dongcheng devant un centre commercial luxueux où se trouve l’un des meilleurs restaurants dont la spécialité est le canard… pékinois : DaDong.
Les menus sont de véritables livres d’art bourrés de magnifiques photographies de plats admirablement présentés et définitivement appétissants. Le choix étant trop compliqué à faire, nous optons pour le menu dégustation qui comprend une succession de mets plus exquis les uns que les autres. L’hôtel n’est pas très loin et après ce repas pantagruélique, une petite balade digestive dans les rues calmes est exactement ce qu’il faut pour conclure cette première journée de vacances.
Pékin 16 Septembre
Un réveil tardif nous permet de récupérer un peu de la fatigue du voyage. Café sur la terrasse déserte et ensoleillée qui domine les arbres et les toits rouges de la Cité Interdite vraiment toute proche. A droite, vue imprenable sur la Colline de Charbon surmontée d’une jolie pagode. Derrière nous, perdue dans la brume de chaleur, nous apercevons à peine la multitude d’immeubles modernes qui ne cesse de pousser, toujours plus haut.
Le programme prévu pour la journée (ou de ce qui en reste…) est léger. Nous commençons par une petite marche dans les rues ombragées qui nous mènent jusqu’à l’entrée du parc Jingshan (celui aperçu de la terrasse de l’hôtel) qui fait face à la Cité Interdite. Ce parc, dont l’histoire remonte à plus de mille ans, est situé sur une colline artificielle édifiée avec la terre extraite des douves de la Cité Impériale et des canaux environnants, une tâche titanesque ! Il comprend cinq sommets sur lesquels s’élèvent cinq pavillons. Le plus important abrite un bouddha doré et offre une vue magnifique sur le Palais Impérial. Autrefois, le parc était une partie intégrante et le refuge des Empereurs. D’ailleurs l’un d’eux, Chongzhen (le dernier de la dynastie Ming), s’y pendit en 1644.
Les petits chemins qui grimpent au milieu des arbres et des buissons fleuris sont par endroits pentus mais agréables d’autant plus que nous passons à proximité de musiciens en train de dépoussiérer leurs instruments traditionnels. On ne peut rêver de dépaysement plus complet. Arrivés au sommet, nous retrouvons des dizaines de touristes qui se prennent allègrement en photos devant les toits de la Cité Impériale vêtus de costumes d’empereurs ou de concubines que des marchands malins louent à tour de bras. Pour ma part, c’est une plaque posée au sol qui m’attire car elle indique le centre géographique de Pékin.
Après être restés un long moment à contempler les différentes vues panoramiques embrumées (et à reprendre notre souffle !) nous reprenons la balade vers l’un des vieux quartiers (hutongs) qui résistent encore face aux assauts des promoteurs immobiliers. Succession de ruelles bordées de maisons basses dont les entrées discrètes s'ouvrent sur de larges cours intérieures que partagent plusieurs familles. Mais bien vite nous nous retrouvons sur ces larges et interminables avenues qui se ressemblent toutes et n’offrent que peu d’intérêt.
Nous finissons par trouver le Swissotel, un immeuble rond au pied d’un rond-point géant perpétuellement encombré par une circulation démentielle. Peu d’intérêt donc mais c’est ici que se trouve le siège de la compagnie aérienne nord-coréenne et où nos visas nous attendent.
Nous fêtons l’évènement en allant prendre un late brunch dans l’un des restaurants de l’hôtel avant de prendre un taxi qui nous emmène au 798 Art District un peu plus au nord de la ville.
Dashanzi, la banlieue où nous débarquons une demi-heure plus tard, est un bien curieux quartier. Coincé entre des autoroutes et voies rapides, il est composé d’un amalgame de barres d’immeubles délabrées et flambant neuves, de friches industrielles et d’usines désaffectées. C’est d’ailleurs dans l’un de ces nombreux complexes militaro-industriels tombés en ruines à la fin des années 80 que se situe cette zone artistique qui rassemble musées, galeries d’art, ateliers, boutiques et cafés à la mode.
Construit dans les années 50 en collaboration étroite avec l’URSS et la RDA, le complexe industriel de Dashanzi devait permettre à la Chine de produire des composants électroniques auparavant importés d’URSS. Il comprenait plusieurs usines ainsi que des logements pour les travailleurs et s’étendait sur 500 000 m². L’architecture des lieux est unique, style Bauhaus un style aux formes simplifiées où la forme suit la fonction.
Il n’est pas question non plus de lésiner sur les moyens puisqu’une grande partie de l’équipement est transportée directement d’Allemagne de l’Est par le Transsibérien, une ligne de chemin de fer de quinze kilomètres est construite reliant directement le complexe à la gare centrale de Pékin.
Le complexe de Dashanzi devient vite un modèle du genre et la vitrine d’un communisme social qui associe travail et activités culturelles et sportives, où l’ouvrier méritant et sa famille sont pris en charge de la crèche jusqu’à la maison de retraite. Ce monde ‘merveilleux’ s’écroule vers la fin des années 80, date des premières réformes économiques lancées par Deng Xiaoping qui limitent les subventions aux entreprises d’état. Vers le milieu des années 90, la plupart des usines sont à l’abandon et la zone industrielle reconvertie en zone d’habitation.
C’est également à cette époque que le Département de la Sculpture et l’Académie Centrale des Beaux-Arts, toujours à la recherche d’ateliers spacieux, s’installent dans les locaux vacants. Ils sont bientôt suivis par des artistes d’Avant-Garde inspirés par l’architecture Bauhaus où les grands espaces intérieurs sont conçus pour laisser le maximum de lumière naturelle sur les lieux de travail. Ici, les plafonds courbés sont supportés par de arches tronquées au sommet puis remplacés par de larges baies vitrées inclinées en diagonale donnant ainsi aux toits un aspect de dents-de-scie et afin de minimiser les ombres toutes les fenêtres sont orientées au nord.
Nous déambulons dans ce dédale d’allées étroites aux murs couverts de graffitis et parsemé de sculptures avant-gardistes pour le moins surprenantes. Un monde déjanté et moqueur où le beau côtoie le laid, un monde que nous n’aurions jamais imaginé possible en Chine même en 2013. La Révolution Culturelle est à des années lumières ! Galeries du bizarre, de la provocation mais aussi des ateliers où l’art traditionnel est modernisé par des formes et des couleurs contemporaines. Une belle et surprenante découverte qui vaut absolument le détour.
Encore sous le charme, nous en oublions presque les embouteillages monstres sur le chemin du retour. Nous profitons encore de la douceur du soir pour aller prendre un verre sur la terrasse et regarder les effets de lumières sur les toits de la Cité Interdite. Ce soir, pas de menu gastronomique à la DaDong mais plus simplement une délicieuse soupe garnie et épicée sur une table bancale sur un bout de trottoir d’une rue tranquille.
Pékin 17 Septembre
De la fenêtre de la chambre, je regarde le ciel gris et nuageux qui annonce la pluie. Le temps de pendre un petit café accompagné de quelques tranches du kramick ramené de Bruxelles (Min Dieu qu’ché bon !), de plier les bagages et nous voilà en train de filer sur l’autoroute qui mène à l’aéroport. Notre chauffeur de taxi s’occupe à faire des jeux de roulette sur son portable, non seulement à l’arrêt dans les embouteillages mais également quand il dépasse des camions poursuivis de nuages d’embruns. Heureusement, il les perd tous je n’ose pas imaginer sa réaction s’il devait en gagner un !
Sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, nous arrivons à l’ancien terminal bien plus tôt que prévu. Nous pouvons donc nous noyer avec allégresse au milieu de la cohue qui règne dans le hall des départs. Mais où vont tous ces Chinois ?
En tout cas pas à Pyongyang car quand nous finissons par trouver les guichets d’Air Koryo, nous n’y trouvons que des Coréens du Nord (reconnaissables à leur petite taille et leur teint plus sombre mais surtout au pin à l’effigie du Grand Leader épinglé sur le revers de la veste) ensevelis sous des amoncellements de bagages plus ou moins bien ficelés plus un petit groupe de voyageurs aux cheveux gris et à l’accent british quelque peu dépassé par les évènements.
Fort heureusement, nous devons avoir une tête qui revient à l’agent en charge de l’enregistrement des bagages puisqu’il nous fait passer devant tout ce beau petit monde. Mais le temps gagné ici et rapidement perdu aux étapes suivantes : le passage à la sécurité suivi de celui des douanes surtout que nous y arrivons juste au changement de garde.
La porte d’embarquement C9 est située bien à l’écart, serions-nous déjà considérés comme des pestiférés ? Au moins nous avons l’embarras du choix pour ce qui est des banquettes en skaï. Bientôt nous retrouvons les petits Coréens, toujours aussi chargés mais cette fois de sacs remplis de bouteilles de whisky et de cartouches de cigarettes. Puis arrivent quelques petits groupes de touristes essentiellement allemands et scandinaves. Devant nous, des écrans plats géants diffusent des petits reportages sur les endroits à visiter à Pékin, sur les sportifs chinois en vue et même sur l’histoire du Parti Communiste. Ceux-ci sont constamment entrecoupés de publicités vantant les bonheurs de la société de consommation. Pauvre Grand Timonier, qui dans son mausolée climatisé, doit crier à la trahison !
13h. Enfin un peu d’animation du côté de la porte d’embarquement. Du sas vitré, nous apercevons notre beau Tupolev Tu-204-100B (j’ai révisé !) frappé aux couleurs de la République populaire démocratique de Corée mais tout ruisselant sous le crachin pékinois. Les jeunes hôtesses nous indiquent nos sièges et nous remettent le Pyongyang Times, un petit hebdomadaire de huit pages avec à sa une, une photographie du jeune Grand Leader tout sourire. L’intérieur de l’avion est nickel et les sièges de la classe économie sont spacieux et confortables (une rareté de nos jours !).
En attendant que tous les passagers s’installent, je feuillette le magazine Korea Today qui nous résume les grands évènements du mois précédent c’est-à-dire l’emploi du temps du jeune Grand Leader dont le portrait figure une ou plusieurs fois par page. Ici l’inauguration d’une centrale ou usine quelconque, là l’inauguration de la dernière zone urbaine, plus loin une visite d’une caserne accompagné d’une flopée d’anciens combattants souriants ou encore la visite d’une école cerné d’enfants admiratifs. Et toujours ce sourire étincelant, ce costume sombre et élégant et la coupe de cheveux du grand-père qui font apparaitre le jeune Grand Leader comme un demi Dieu, entouré d’une foule aux attitudes volontaires et aux mines radieuses. S’il y avait un Oscar Photoshop, nul doute qu’il irait aux illustrateurs nord-coréens !
Tous les passagers sont maintenant à bord, la majorité est composée de touristes occidentaux, le reste inclus des travailleurs nord-coréens de retour au bercail et quelques femmes (ou maitresses !) de l’élite revenues d’une expédition de shopping dans la capitale chinoise. Curieusement, les rangées de fauteuils du dernier quart de l’avion sont remplies à la dernière minute de paquets et de valises qui n’ont pas trouvé de place dans la soute à bagages.
La pluie occasionne un embouteillage sur les pistes et nous décollons avec près d’une heure de retard ce qui nous permet de feuilleter une fois encore les magazines et même d’étudier la prose révolutionnaire des articles critiquant la politique du Président Obama et vantant celle du jeune Grand Leader. Les hôtesses viennent rompre notre début d’ennui en nous servant des jus de fruit dilués et une espèce d’hamburger froid peu appétissant. En guise de divertissement, nous avons également droit au spectacle de Noël, ou la version nord-coréenne d’un show à la André Rieux où une dizaine de musiciennes en mini-jupes se dandinent en reprenant des airs populaires sur des clips de lancements de missile et sous les applaudissements rythmés de l’audience en uniforme.
Pratiquement au moment où nous survolons la frontière, l’épaisse couche de nuages gris cède la place à un beau ciel bleu et dégagé. Nous pouvons donc admirer par le hublot les paysages montagneux puis les plaines agricoles recouvertes de rizières et de champs jaunes et verts entrecoupés de rivières scintillantes et parsemés de villages aux maisons sagement alignées. De là-haut, nous avons parfois le sentiment de survoler des paysages de la France profonde des années 40 un paysage campagnard sans les balafres des infrastructures modernes.

Nous descendons rapidement, l’aéroport semble être situé au beau milieu des champs. Sur le tarmac, nous passons en revue la flotte des avions à hélices d’Air Koryo soigneusement astiquée par quelques mécaniciens qui ne lèvent même pas la tête au passage notre avion. Des bâtiments en construction encadrent une espèce de hangar flambant neuf. Le comité d’accueil, formé d’hommes et de jeunes femmes portant des uniformes de couleurs différentes, se presse lentement autour de la passerelle bleue que l’on vient d’arrimer. Dans l’avion, l’on entend déjà les crépitements des appareils photo.
Dehors, la douceur de la fin d’après-midi nous surprend agréablement mais nous avons à peine le temps de l’apprécier car on nous fait signe d’accélérer le mouvement, pas question de faire attendre les quatre douaniers installés derrière leur pupitre en bois. Formalités rapides et presque chaleureuses puis nous nous retrouvons dans une espèce de gymnase d’école aux murs blancs. Un tapis roulant grinçant et éternellement vide d���un côté, au fond deux ou trois machines pour l’inspection des valises et de l’autre côté, une petite vitrine et une table sur tréteaux remplies de souvenirs. Une jeune femme vient justement de l’ouvrir et commence à étendre des drapeaux, des poupées, quelques cartes postales, posters et boites de thé au ginseng sans oublier les œuvres écrites par les trois grands Leaders et abondamment illustrées de photographies similaires à celles du magazine épluché dans l’avion. Pour moi ce sera la carte de la Corée réunifiée à 2 Euros. What a bargain ! Pas de problème de change puisque seuls les Euros sont acceptés !
Depuis maintenant près d’une heure nous ne voyons défiler sur ce satané tapis roulant qui perce les oreilles que des paquets ficelés des passagers nord-coréens qui sont promptement embarqués par des jeunes militaires. Nous avons donc largement le temps d’apprendre par cœur le tableau des arrivées d’aujourd’hui : deux vols en provenance de Pékin, un venant de Shenyang (une grosse ville de province située de l’autre côté de la frontière) et le dernier, plutôt surprenant, en provenance de Koweït !?
Nous finissons par récupérer nos valises puis après avoir enregistrés les portables de Luc aux guichets de la sécurité, nous faisons connaissance avec nos guides, le chauffeur et nos cinq compagnons de voyage qui nous attendaient sur le parking en terre battue près du minibus.
Deux guides pour sept touristes… nous sommes soignés ! Le monsieur discret et plus âgé (Monsieur Ho) sera pour les francophones (c’est-à-dire pour nous deux) tandis que la jeune fille souriante (Hyun) sera pour les anglophones (c’est-à-dire les cinq autres).
Le soleil commence à tomber doucement alors que nous roulons sur une route complètement déserte au milieu des champs de maïs. Hyun prend d’emblée les choses en main, en tout cas le micro, et nous résume en quelques minutes plusieurs siècles de l’histoire de la Corée avant de s’étendre plus longuement sur la période 1950-1953. Puis, alors que nous approchons des premiers faubourgs de Pyongyang, elle nous annonce le programme des festivités pour le reste de la journée. Celui-ci se résume à un rapide tour en ville (puisque nous sommes déjà très en retard, se navre-t-elle !), à l’achat d’un bouquet de fleurs que nous irons déposer au pied des statues géantes des ex-Grands Leaders avant de nous recueillir quelques instants. Ça promet ! Mais nous savions également que cela faisait partie du deal quand on vient en Corée du Nord… Les touristes ont ici des devoirs à remplir !!!
Des fenêtres du bus, nous découvrons les premières rues du centre-ville. Barres d’immeubles colorées, larges trottoirs bordées d’arbres où flânent de nombreux piétons profitant de la douceur de cette fin de journée. Chantiers de construction encore en pleine activité, portraits géants des ex-Grands Leaders, espaces verts, drapeaux et bannières. Aux croisements des avenues, nous sommes fascinés par la chorégraphie mécanique mais toujours gracieuse des agentes de la circulation en uniforme blanc immaculé qui font respecter le code de la route. Les chauffeurs de bus, trams, camions ainsi que ceux des 4x4, Mercedes ou des berlines japonaises sont littéralement menés à la baguette.
Derrière les bâtiments monumentaux à la soviétique qui abritent divers ministères, se trouve un autre bâtiment encore plus grand : la Bibliothèque Nationale. Blanc et à colonnades, il est surmonté de toits verts à la chinoise, Monsieur Ho émerge d’un demi-sommeil pour nous confier que ce temple du savoir ne contient pas moins de 30 millions de volumes… Toutefois, il ne précise pas si ce sont des volumes différents ou bien les invendus des œuvres et des biographies des ex-Grands Leaders. C’est également là, ajoute-t-il, qu’il a appris le français (qu’il parle admirablement bien d’ailleurs) et quatre autres langues du coup je regarde ce palais avec des yeux bien plus admiratifs.
C’est près de la fontaine que nous trouvons nos bouquets de fleurs. Ils sont magnifiques malgré leur petit air de recyclé et ne sont pas trop chers (5 Euros). Direction le parc de Mansudae sur les hauteurs, pour aller (enfin) saluer les copains. La nuit est maintenant tombée ce qui nous permet d’admirer les effets de lumières sur les immeubles modernes de la ville. Accompagnés par le chant des grillons invisibles, nous faisons quelques pas sur le chemin qui grimpe vers l’esplanade vide et dominée par deux énormes statues brillantes sous les feux des projecteurs. Sur un piédestal en marbre, le Grand Père, la main tendue, et le Père, la main dans la poche, nous souhaitent la bienvenue.

Hyun nous demande de former une ligne, puis à son signal de faire une petite courbette avant d’avancer ensemble pour déposer nos bouquets parmi la centaine d’autres déposés auparavant. Puisque nous sommes tous des gens éduqués et polis, nous nous prêtons volontiers à ce petit cérémonial sans trop pouffer de rire.
Quelques moments plus tard, nous regagnons le minibus et partons vers notre hôtel. Le Yanggakdo Hotel, situé sur une ile au milieu du fleuve Taedong (très pratique pour garder des touristes trop curieux…), est une tour d’une quarantaine d’étages qui ne paie pas de mine avec un lobby en marbre trop petit, la moitié des ascenseurs en panne, des restaurants lugubres y compris le panoramique au dernier étage mais les chambres, très années 80, sont suffisamment confortables. Et surprise, à la télévision on peut capter en plus des chaines chinoises et russes, CNN et la BBC.
Le repas, que nous prenons dans l’un des quatre restaurants, est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage : un couple suédo-danois résidant à Zurich, deux amis Suédois, l’un habitant Stockholm l’autre Bangkok et un Danois travaillant à Séoul. Leur moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans Luc et moi faisons office de doyens. En tout cas le courant passe très bien. Quant au buffet, bien que déjà bien dévalisé par les précédents groupes de touristes, il recèle de plein de mets inconnus et tous excellents.
Pyongyang 18 Septembre
En tirant les rideaux, je découvre la ville couverte d’une brume qui peine à se dissiper. Je n’imaginais pas voir une ville si étendue ni autant de bâtiments modernes. Sur le fleuve, quelques barges remontent lentement à contre-courant. Plus près, un dragueur s’active sérieusement, son ronronnement mécanique est couvert par une musique, entrecoupée de longues phrases ressemblant à des slogans, diffusée par des haut-parleurs invisibles. Au milieu, sur leur petite embarcation bien solitaire, deux pêcheurs lancent leurs filets.


Le petit déjeuner se prend dans l’une des immenses salles au rez-de-chaussée au décor zen et kitsch à la fois. Sur la quarantaine de tables rondes, seules trois ou quatre sont occupées par une poignée de touristes. Au menu : omelette et salade de choux, toasts, confitures et une tasse de café soluble. Une jeune fille en costume traditionnel surveille le toaster pendant que sa collègue fait le passe-passe avec LA bouilloire électrique de l’hôtel. Le gradé est lui en charge du bocal de Nescafé et s’assure de ne mettre qu’une demi-cuiller de précieux granulés par tasse et prend un air catastrophé dès que l’on lui demande une seconde tasse.
Nous retrouvons guides et compagnons de voyage dans le lobby où l’on ne risque pas de se perdre. Hyun nous annonce le changement de programme dû, nous dit-elle, aux terribles inondations de la semaine dernière qui ont non seulement détruit un pont mais également rendu impraticable la route pour aller aux montagnes de Myohyangsan. Nous ne pourrons donc pas visiter le temple bouddhiste de Bohyon, ni la Vallée de Manpok et pire ni visiter l’Exposition de la Fraternité Internationale, un musée qui regroupe une impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders par des dignitaires étrangers.
Mais pas d’inquiétude, nous rassure-t-elle de suite, il y a un plan B. Celui-ci comprend la visite d’une toute aussi impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders mais cette fois par les Coréens (inclus ceux de la diaspora, précise-t-elle !), puis nous aurons également la chance d’aller visiter l’usine de mise-en-bouteille de l’eau de la plus importante source du pays, de visiter l’institut agricole et une ferme modèle et apothéose de la journée : la visite du barrage de P’i Do où nous prendrons notre déjeuner. Au retour, visite du Musée de la Guerre. Waouh !
Nous sommes tellement excités par ce nouveau programme que nous précipitons dans le minibus, pauvre Monsieur Ho doit courir derrière nous.
Après avoir traversé les ZUP monumentales à l’ouest de la ville, nous bifurquons à droite sur une petite route de campagne bordée de rizières. Au bout de la route, au pied des collines boisées, se trouve un imposant bâtiment blanc sans fenêtre entouré de pelouses impeccables et d’une grille bien gardée.
Une charmante guide en costume traditionnel (jaune et bleu celui-là) nous prend en charge. Dès l’entrée nous devons chausser des chaussons en feutre, pas question d’abimer le marbre puis passer un sas à fort courant d’air, pas question d’amener nos microbes et enfin déposer nos possessions dans un vestiaire aussi vaste que celui de l’Opéra de Paris, pas question d’affoler les portiques électroniques ni de prendre en photo les précieux cadeaux. Une fois assurée que personne ne mâchouille plus de chewing-gum, elle nous prie de la suivre dans les couloirs de cet immense palais glacial et glacé, marbré des colonnes aux escaliers, des murs aux plafonds et commence à réciter ses commentaires où tout doit être chiffré, mesuré, quantifié avec le maximum de superlatifs possible. Première salle, première vitrine, premier arrêt. « Et voici, un fauteuil recouvert de peaux de tigre, offert au Grand Leader par un couple de paysans du nord de la péninsule ». Un peu plus loin. « Et voici, la première machine à laver sortie de l’usine Numéro 75 et offerte par les valeureux ouvriers de notre patrie » Le ton est donné. Plus que 9 998 cadeaux à admirer !
En fait, la guide ne s’arrête que quelques instants devant certains objets considérés comme les plus importants mais pas toujours les plus beaux ni les plus intéressants. On y trouve de tout, du dessin, à la tapisserie, de la théière au bassinet, du bibelot en bois sculpté à la figurine en porcelaine mais ce sont évidemment les portraits du Grand Leader qui dominent, de l’immense fresque en canevas sur fond d’usines fumantes et de champs moissonnés au délicat médaillon fait en plumes d’oiseaux rares.
Une salle, deux salles, trois salles… il faut presser le pas car si nous ne sommes que sept, nous nous arrêtons à chaque fois à sept endroits différents, une manière de maximaliser nos ressources et talents pour dénicher l’objet le plus kitsch pour ne pas dire le plus moche.
Nous passons à l’étage, celui où sont exposés les cadeaux offerts par les « autres » Coréens. Ainsi, nous découvrons toute une série de Walkman offerte par un fan, une Toyota offerte par un chef d’entreprise sud-coréen, des écrans plats de toutes les tailles et des portables (encore dans leurs emballages !) offerts par Mr Samsung ou encore toute une série de mobilier de salles à manger, plus affreuses les unes que les autres, gracieusement offertes par un Coréen né au Nord mais qui a fait fortune au Sud (le contraire eut été étonnant !). Nous n’oublions pas ni les louches en or, ni les baguettes incrustées de pierres précieuses.
Enfin, il ne nous reste que la dernière salle mais certainement « la plus importante » nous affirme notre hôtesse. Deux soldats poussent les deux immenses portes et nous laissent découvrir une immense salle de réception blanche dominée par deux imposantes statues blanches représentant les deux Ex-Grands-Leaders souriants et éclairées par des lumières roses.
Il nous faut, comme hier, former une ligne et s’incliner. Ah, cette courbette la n’était pas prévue dans le programme ! En guise de récompense nous pouvons jeter un œil sur les cadeaux les plus précieux comme ce magnifique meuble chinois finement ciselé, cette défense d’éléphant sculptée, ce bloc de jade (le plus grand au monde confirme-t-elle) et clou du clou cette toile représentant le fils de l’Ex-Grand Leader en armure (et portant ses lunettes) sur un dragon… plus fort que Don Quichotte et que Saint George réunis !
Heureux de retrouver la chaleur du soleil et de chasser la fraicheur de l’air conditionné, nous commentons sur la bizarrerie de cet endroit à mi-chemin entre un musée des Arts et Métiers d’une ville de province oubliée et d’une exposition de listes de mariage de beaufs pour super-beaufs. Puis de nous demander quel sera le sort de toutes ces horreurs quand il n’y aura plus de Grands Leaders…
Nous repartons vers l’ouest en prenant l’autoroute cette fois une extraordinaire trouée au travers un paysage de forêts et de champs. Les autoroutes nord-coréennes sont aussi larges que celles de Los Angeles mais avec zéro circulation. Rien, pas même un camion sur des kilomètres, juste quelques cyclistes et un véhicule militaire venant dans le sens opposé et que nous évitons de justesse ! En effet, les nids de poule étant tellement nombreux et profonds que seule la voie du milieu est à peu près fréquentable, elle est donc l’objet de toutes les convoitises et est l’occasion pour les chauffeurs (une espèce rare sous ces cieux) de tester leurs nerfs ; ce n’est qu’à la vue des casquettes et des épaulettes que le nôtre finit par céder avec un soupir exaspéré.
Plus loin, nous quittons les cahots de l’autoroute pour ceux des petites routes de campagne bordées de petits ruisseaux et d’alignements d’arbres au tronc blanchi. Les cyclistes sont aussi dignes et presque aussi nombreux qu’à Amsterdam. Leurs porte-bagages sont souvent chargés de gros sacs ce qui les oblige à pousser leur vélo à la moindre petite montée.
Nous passons devant quelques communes, toutes bâties sur un modèle identique. Derrière un petit muret séparant les champs du village, on aperçoit des habitations toujours bien alignées, composées soit de petits immeubles en béton de deux ou trois étages, parfois peints mais le plus souvent pas entièrement terminés, soit de petites villas entourées de petits jardins et potagers et, remplaçant nos églises ou temples, un hall communal orné de bannières. De l’intérieur de notre minibus, l’atmosphère est champêtre et paisible et les paysages baignés de soleil fort agréables.
Un chemin mène à un bâtiment blanc aux vitres fumées qui abrite la Kangso Yaksu Mineral Water Bottle Factory. Nous sommes accueillis par le directeur de l’usine, un petit homme à la chevelure dégarnie qui le fait ressembler à Mao et portant une chemisette décorée d’un petit badge affichant les portraits souriants des deux ex-Grands Leaders. Peut-être avons-nous interrompu sa sieste et veut-il y retourner rapidement car à peine réunis dans le hall d’entrée, il prend sa longue règle et se lance dans de longues explications techniques illustrées par des schémas, des cartes et des photos accrochés aux murs et prestement traduites par Hyun.
Ainsi nous apprenons que l’activité principale de cette usine (la plus importante de la patrie chérie), consiste à mettre en bouteille l’eau de la source d’à côté (la meilleure eau du pays) et que la grande astuce est d’injecter du gaz pour avoir de l’eau gazeuse, « encore faut-il avoir les bons dosages », nous prévient-il ! Et le voilà parti dans un cours de chimie 101 qui ne passionne pas vraiment l’audience plus intéressée à admirer les posters des ex (et présent) Grands Leaders venus inspecter les lieux à plusieurs reprises au cours des dernières décades.
Au moment précis où nous passons les portes vitrées et pénétrons dans une grande salle où il règne une chaleur accablante, voilà la chaine qui se met en route dans un vacarme de bouteilles qui se cognent, les ouvrières masquées prennent leurs positions avec un air concentré. Les bouteilles sont remplies d’eau, capsulées, étiquetées puis mises dans des cageots ou cartons qui seront exportées… « principalement vers la Chine » conclut-il fièrement. Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une petite salle climatisée pour une dégustation gratuite. Nous avons même l’opportunité d’acheter (en Euros, svp) toute la gamme des bouteilles. Ceci-dit l’eau est vraiment excellente et vaut bien notre Perrier national.
Une demi-heure plus tard, nous roulons vers la prochaine étape : la ferme modèle, située quelques kilomètres plus loin, à proximité de la petite ville de Kangso. Une route bordée d’arbustes et de jeunes pins conduit jusqu’au vaste parking vide situé en face d’un grand bâtiment carré en béton. Plus loin à gauche, nous apercevons, au pied d’une colline ornée de slogans géants, quelques petits blocs d’appartements noyés dans la végétation et quelques bâtiments plus anciens regroupés autour d’une cour. Une espèce d’obélisque couvert de caractères rouges et un mur de mosaïques représentant le Grand Leader assis parmi des paysans et donnant des conseils pour améliorer les rendements des récoltes (c’est ce qu’indique la légende en bas !) complètent le décor. Il y a également une bande son puisque les haut-parleurs de mauvaise qualité diffusent une litanie de ce qui parait être des slogans, de quoi maintenir le moral et la morale révolutionnaires (et surement empêcher les travailleurs de faire une petite sieste).
Hyun revient avec le chef de la commune. Nous le reconnaissons de suite grâce à son uniforme : un costume avec des manches courtes et porté sans chemise. Après nous avoir souhaité la bienvenue il nous demande de le suivre sur un petit chemin qui mène sur une petite esplanade dominée par un ensemble de statues aussi brillantes que le tissu de son costume. La scène représente l’ex-Grand Leader (le grand-père) souriant, le regard fixé vers l’horizon, entouré de paysans eux aussi souriants, le regard porté vers l’ex-Grand Leader. Tout simplement magnifique. Ce qui l’est moins est le fait que nous devons une fois encore nous aligner et saluer une nouvelle statue. Certes la maitrise de la chorégraphie de courbettes s’améliore à chaque fois (moins celle des fou-rires !).
Devoir accompli, nous écoutons sagement le chef nous chanter sa leçon monotone apprise par cœur mais que Hyun met du cœur à rendre plus mélodieuse. Chiffres, rendements, records, variétés et qualité des récoltes, nouvelles techniques de production, enseignement de haute qualité, tout y passe, tout est dûment traduit et tout ressort de l’autre oreille. Quand notre Danois trop curieux pose la question : « Quand est-il de la mécanisation ? » nous vivons en direct une scène du film «Lost in translation», le chef nous propose alors avec un sourire radieux d’aller voir les serres où murissent les tomates (les meilleures du pays… bien sûr !).



Direction les serres donc où nous attend une autre jeune fille portant un costume éblouissant, jaune et blanc et ruban rouge. Le chef en profite pour s’éclipser discrètement. « Oui vous pouvez entrer dans les serres pour voir la grosseur de nos tomates et la qualité supérieure de nos concombres. » lance-t-elle. Les sept hochements de la tête admiratifs semblent la combler de bonheur.
De l’autre côté des serres se trouvent les bâtiments de l’Institut de Recherche Agricole mais pas question d’aller voir de plus près, « Nos chercheurs sont très occupés ». Nous nous contentons donc de faire des coucous aux gamins, quelque peu étonnés de notre présence, d’encourager un petit groupe d’hommes et de femmes en train de pousser un mini tracteur en panne et de regarder un technicien perché sur son échelle en train de fixer un petit panneau solaire.
« Et voici notre visite de la ferme modèle qui se conclue. » nous annonce Hyun. « Nous allons maintenant voir le plus long barrage du pays. » poursuit-elle.
Nous retrouvons l’autoroute géante, déserte et cabossée jusqu’à l’entrée de la ville de Nampho. Les rues côté recto ressemblent à celles de la capitale : succession de barres d’immeubles aux façades fraichement peintes, des trottoirs bordés d’arbres que partagent piétons et cyclistes. Pour ce qui est du côté verso, c’est un peu moins glorieux et entre deux barres on peut apercevoir brièvement des petites maisons les unes sur les autres dans un état plus ou moins délabré.
Nous passons devant une paire d’usines, de casernes et, à mesure que nous approchons du port, nous apercevons rapidement quelques entrepôts et des quais plutôt vides. Plus loin nous longeons à gauche des marais salants et à droite des champs de céréales qui s’étendent jusqu’aux berges du fleuve Taedong qui prend des allures de baie à mesure que nous approchons de la Mer de Chine. Sur l’autre rive, l’enchevêtrement de montagnes et collines se perd dans une brume de chaleur persistante.
L’entrée du barrage est marquée par une arche et une guérite gardée par des jeunes soldats flottant dans leurs uniformes trop grands. Je comprends maintenant que le barrage n’est pas un barrage hydro-électrique comme je le pensais mais une ‘simple’ digue construite à l’embouchure du fleuve. Construit aux débuts des années 80 par des milliers de soldats (il faut bien les occuper ces braves !) et inauguré en 1986, ce barrage, long de huit kilomètres, relie les deux rives via l’ile de P’i Do et comprend trois écluses ouvertes à marée basse. Il permet ainsi de séparer l’eau salée de la mer de l’eau douce du fleuve et d’augmenter ainsi la superficie des terres irriguées.
A gauche de la route, une vingtaine de cargos attendent patiemment leur tour, à droite les embarcations sont échouées sur le sable, marée descendante oblige. Sur la route nous ne croisons que des militaires et pour la première fois des marins qui ont l’air plus ‘cool’. Le chauffeur de notre minibus nous dépose au pied du phare-monument-musée situé au sommet de l’ile. De là, nous admirons de la vue panoramique sur la baie, les écluses et la mer que l’on aperçoit au fond avant d’aller prendre notre pique-nique (excellent et copieux) dans le restaurant du phare et attendre l’arrivée de la guide officielle du barrage...
Digestion au soleil en écoutant une nouvelle récitation de chiffres entrecoupés d’adjectifs qualificatifs, comparatifs et surtout superlatifs sans oublier bien sur les références aux Grands Leaders et à leur vision. Ici non plus pas question d’approcher de plus près. « Les écluses sont dans une zone militaire. » prévient la guide en fronçant les sourcils, « Et la vue est bien mieux d’où nous sommes. » ajoute-t-elle avec un léger sourire. Contentons-nous donc de la vue générale.
Il est temps de reprendre le chemin du retour en prenant la même autoroute toujours aussi déserte jusqu’à l’immense Avenue de la Révolution bordée d’immeubles blancs. Le chauffeur nous balade dans plusieurs quartiers de la ville, la seule différence est la densité et la hauteur des tours d’appartements. Quel que soit le quartier, nous passons constamment devant des chantiers de construction. Ici d’autres appartements à différents stages de finition, là des installations sportives. Plus loin ceux d’une rénovation d’un parc ou d’une restauration d’une route.
Certains travaux peuvent durer des décennies, comme celui de cet hôtel, le Ryungyong Hotel, en forme d’élégante pyramide de verre qui du haut de ses 105 étages (330 m) domine la ville. Commencés en 1987, les travaux sont abandonnés en 1992, une fois la carcasse terminée. Manque de fonds, pénurie d’équipement et de matériaux, le building reste à l’abandon jusqu’en 2008 date de la reprise des travaux de finition extérieure qui se terminent en 2012. Aujourd’hui, nous informe Mr Ho, les ouvriers aménagent l’intérieur. A voir le peu d’activité qui règne au pied du building, on peut en douter.

Dans cette ville entièrement reconstruite, l’unique bâtiment historique que nous apercevons se trouve au milieu d’un rond-point fleuri. Sur son piédestal en pierre et son double toit vert relevé sur les bords, ce portique en bois ressemble (en plus modeste) aux portes impériales que l’on trouve à Pékin.
Les embouteillages, il y en a quelques-uns, sont l’occasion d’observer de plus près les passagers des trams et des bus et de se rendre compte qu’ils ont les mêmes têtes fatiguées, les mêmes yeux cernés que les passagers d’un bus à Paris ou à New York. La seule différence est que personne ne lit, ni n’écoute de la musique. Quelques-uns, surtout les enfants, une fois la surprise passée, nous font de grands signes et sourires, mais la plupart nous ignore complètement, comme si la présence d’étrangers n’avait rien d’extraordinaire.
Une arche, des alignements de statues, des jets d’eau entourant une statue massive d’un soldat portant un drapeau, une pelouse jusqu’aux marches d’un bâtiment blanc avec un fronton d’arcades, et d’où émerge un flot continu de visiteurs, pas de doute nous sommes bien arrivés au Musée de la Guerre. Mais avant de pénétrer dans ce lieu sacré de la République, une jeune femme en uniforme vient se présenter. Elle sera notre guide et en sa compagnie nous passons en revue la série de statues de glorieux soldats en situation d’héroïsme aigu, puis les restes des prises de guerre diverses : armements, tanks, avions et summum du summum le célèbre navire de guerre américain l’USS Pueblo, capturé en Janvier 1968.

Comme navire de guerre, il n’a vraiment rien de terrifiant puisse qu’il ne s’agit plutôt que d’un petit cargo transformé en navire espion par les Américains. Mais cette prise de guerre permit (et permet encore) d’être un excellent élément de propagande pour la patrie techniquement toujours en guerre. Plus que la prise en elle-même, c’est la saga qui suivit qui fit couler beaucoup d’encre. Les 82 membres d’équipage survivants furent torturés avant d’être finalement libérés en Décembre 1968 en échange d’une lettre officielle d’excuses du gouvernement américain.
Allons-y pour la visite à bord qui n’a rien d’extraordinaire sauf les impacts de balle (marqués en rouge) et la réalisation que la vie à bord ne devait pas être rigolote tous les jours tant tout semble minuscule. Quant à la salle contenant les instruments d’écoute, elle permet de réaliser les avancées technologiques effectuées depuis 68 ! Nous suivons la casquette de notre guide jusqu’au pied de la statue monumentale aperçue plus tôt. Nous aurions dû nous en douter car la voilà qui nous fait signe de former une ligne. Ca va nous connaissons le scenario… à part que cette fois, il y a une variante. En effet, le jeune Danois du groupe la voyant saluer, décide de l’imiter et nous de faire comme lui. Pas de courbette donc mais un beau salut militaire qui prend de court nos guides qui se lancent des regards inquiets avant d’éclater de rire… discrètement quand même !
Nous pénétrons enfin dans le musée, inauguré quelques mois plus tôt. Escalier spectaculaire, lustre démentiel, longues galeries, vitrines de scènes de guerre reconstituées, visiblement de quoi impressionné les nombreux patriotes du pays… et les maintenir dans la pensée du sacrifice. Nous passons devant une multitude de vitrines remplies de médailles, d’armes de tous calibres, de lettres personnelles et de documents officiels, de peintures et de dessins, de bannières, de bustes de vaillants héros. Arrêt prolongé devant la statue du plus grand soldat de l’armée victorieuse et surement le préféré de notre guide qui nous explique que malgré ses jambes brisées, ses bras fracassés, il continuât à tirer avec sa mitrailleuse avec ses dents et tuât au moins une centaine d’ennemis. On n’en fait plus des comme ça !
Nous poursuivons vers une salle de projection où nous est projeté un film nous expliquant la version nord-coréenne des évènements qui ont précédés la guerre de Corée et en énumérant les provocations américaines. Nous en concluons que pour commencer la guerre en Irak, Bush Junior n’a fait que suivre l’exemple de ses prédécesseurs.
Quelques problèmes de queue devant les ascenseurs obligent notre capitaine/guide à changer de stratégie et d’opter pour les escaliers de secours pour accéder à l’étage supérieur où se trouve une salle panoramique avec un dôme genre planétarium jetée dans la pénombre. Mais il n’y a pas de planètes à observer ici, seulement des scènes de combats que l’on découvre à mesure que l’immense plateau sur lequel nous sommes installés complète sa rotation. Effets de bruits et lumières sur des scènes composées de peintures et d’objets réels. La guerre en 360° et en 3D. Paisibles rizières, avions, bombardements, destruction de villes et de villages, feu, sang, tranchées, tanks, reconquête et drapeau qui flotte de nouveau sur un champ de ruines. Epoustouflant, particulièrement pour les oreilles. Je ne sais pas ce qui était le plus pénible, le bruit des armes ou bien la voix du commentateur.
Hyun regarde sa montre avec impatience car nous sommes parait-il en retard, que le restaurant nous attend et qu’il faut traverser la ville. Re-petit tour en ville, les différentes bannières et affiches de propagande nous servent de points de repère et nous commençons maintenant à reconnaitre les principales avenues et rues du centre-ville.
De l’extérieur, rien n’indique que nous sommes arrivés au restaurant. Pas d’enseigne, ni de lumière particulière. D’une manière générale, les rues n’ont pas vraiment de signes distinctifs pour désigner les magasins ou les boutiques, tout au moins nous ne les reconnaissons pas. Les seuls commerces que nous avons parfois repérés, comme par exemple les magasins de fruits et légumes, sont les espèces de kiosques situés au pied des immeubles.
Nous devons être dans les beaux quartiers car en face du restaurant, le drapeau roumain flotte mollement derrière les murs de l’ambassade. Etre posté à Pyongyang doit être une sacrée punition, en tout cas une punition considérée comme trop sévère par le gouvernement français qui n’a pas d’ambassadeur ici.
La petite salle de restaurant, située à l’étage, est archi pleine… de touristes. Menu unique mais une fois encore excellent. Nous goutons ainsi au célèbre Hot Pot nord-coréen. N’en perdant pas une pour revenir sur la bravoure et l’ingéniosité des soldats nord-coréens durant la guerre de Corée, Hyun nous raconte que la recette vient d’un soldat affamé mais génial qui eut la brillante idée faire cuire un bouillon de poisson dans son casque et d’y mettre tout ce qu’il pouvait trouver. Ses compagnons d’infortune l’imitèrent et voilà comment la recette nationale est née ! Ah évidemment, ce ne sont pas nos Poilus qui auraient pensé à ça !!!
Heureusement pour nous, ce soldat était gourmet car il n’ajoutât que des bonnes choses comme du chou, des lamelles de bœuf, de la coriandre, des épices, d’autres légumes, des pâtes, du tofu, des piments, des champignons…etc. et terminât son œuvre en apothéose en y cassant un œuf. C’est fou ce que l’on peut trouver dans les tranchées à cent mètres des lignes ennemies ! Les serveuses gracieuses et souriantes tournent autour des tables en s’assurant que nous ajoutons nos ingrédients dans le bon ordre et que nous ne nous mettons pas le feu à la nappe avec nos braseros foireux.
Suants mille et une gouttes mais l’estomac bien calé, nous voilà partis pour le dernier volet du programme de la journée : les Arirang Mass Games.
Les jeux de masse sont devenus au cours de ces dernières années une spécialité du pays. Après avoir vu à la télévision australienne il y a quelques années un documentaire britannique (A state of mind), je ne veux pas louper l’occasion de les voir.
Les jeux de masse sont un spectacle de quatre-vingt-dix minutes composé de ballets et d’exercices de gymnastique synchronisés accompagnés de musique et d’effets spéciaux auxquels participent plus de… 100 000 personnes ! En fait aucun autre pays au monde ne serait capable aujourd’hui de mobiliser tant de monde pour un spectacle avec si peu de spectateurs payants. Si les prix varient de 350 à 80 Euros, il n’y a en fait que très peu de touristes qui assistent à ce spectacle extravagant qui n’a lieu que quatre fois par semaine de la mi-Juillet à la mi-Septembre (quand ils ne sont pas annulés à la dernière minute, comme c’est parfois le cas). Les participants sélectionnés, parfois dès l’âge de cinq ans, s’entrainent pendant des heures entières dès que les beaux jours arrivent.
Si les jeux de masse ne sont pas une invention nord-coréenne (les premiers jeux de masse apparaissent au XIXème siècle avec les mouvements nationalistes d’Europe orientale, ils incarnent la jeunesse, la force, le militarisme et l'unité), les Nord-Coréens leur ont donné une autre dimension.
La philosophie de l’ex-Grand Leader derrière ce genre d’évènements n’est guère différente de celles des anciens leaders de ces mouvements nationalistes européens quand il déclare : « La gymnastique de masse est importante au niveau de la formation et au développement des enfants à l’idéal communiste. Elle les aide à acquérir une idéologie révolutionnaire, à élargir leur connaissance dans un grand nombre de domaines, à participer aux activités culturelles et à maintenir une morphologie saine et solide, qualités de base requises pour devenir un vrai Communiste. La gymnastique de masse apprend également aux écoliers la discipline, l'organisation et le collectivisme. »
En route donc pour le Stade du Premier Mai, (« Le plus grand au monde ! » précise Mr Ho) situé sur une autre ile au milieu du fleuve. Le long de la route, nous dépassons des cohortes de jeunes et de moins jeunes en uniforme, des membres de famille des participants et des groupes d’écoliers et de travailleurs qui se dirigent en marchant dans la pénombre vers les immenses parkings qui entourent les arcades en béton de l’arène puis se regroupent près des fontaines illuminées.
Au milieu de cette foule des grands soirs, il règne une atmosphère de trépidation. Malgré la cohue tout semble bien rodé et hyper organisé. Aucune bousculade alors que l’on sent l’excitation monter à mesure que nous approchons des dernières marches. Nous franchissons le dernier portique et découvrons l’intérieur de cette gigantesque enceinte à demi-couverte et prenons place sur nos sièges en plastique en haut des gradins réservés aux invités de marque. En face, de l’autre côté de la pelouse synthétique verte, les gradins sont occupés par 10 000 enfants portant des panneaux qu’ils bougent dans un ensemble parfait pour former d’immenses images tout en poussant des cris à l’unisson qui nous envoient des frissons dans le dos. Les panneaux qu’ils tiennent sont en fait des livrets comportant une centaine de pages. Chaque page est donc comme un pixel d’une photo et quand 10 000 pixels changent en même temps, c’est une nouvelle image qui apparait. Il faut le zoom de l’appareil photo pour distinguer les petites têtes qui dépassent à peine. Incroyable.
Les gradins sont loin d’être pleins quand les lumières s’éteignent, que les premiers feux d’artifices éclatent dans le ciel et que retentissent les premières notes de musique annonçant ainsi le début du spectacle.
Et quel spectacle ! Tout simplement extraordinaire. Sans aucun répit, la ‘pelouse’ est constamment envahie par des milliers de participants en costume colorés qui effectuent des chorégraphies parfaitement synchronisées décrivant des scènes remplies de symboles historiques, folkloriques et politiques plus ou moins faciles à décoder. Une musique rythmée aux accents militaires, des effets de lumières et de lasers en plus des enfants-pixels complètent l’ensemble. Du très grand spectacle, terriblement impressionnant. Soldats, judokas, jeunes femmes, enfants, gymnastes exceptionnels, acrobates, trapézistes tout y passe et tous affichent le même sourire figé et le même visage concentré. Dès que les portraits des ex-Grands Leaders apparaissent, les applaudissements redoublent d’intensité.


Mais c’est déjà le grand final, tous les participants (bien plus nombreux que les spectateurs) reviennent sur la piste sous les hourrahs de l’audience galvanisée devant tant de prouesses et de couleurs. Il faut un long moment avant de revenir sur terre et ‘digérer’ ce grand moment auquel nous venons d’assister. La réflexion et les questions viendront plus tard.
A la sortie, les stands proposant posters et t-shirts (et les livres de la doctrine Juche !) font le plein le gouvernement a trouvé là un bon filon à exploiter ! Pyongyang 19 Septembre
Ce matin le petit déjeuner est servi dans le restaurant panoramique, au dernier étage... à condition de pouvoir y accéder car après dix bonnes minutes d’attente toujours pas d’ascenseur. Autre problème, l’ascenseur qui vient enfin d’arriver doit avoir le vertige et être de santé délicate car il décide de descendre et de s’arrêter à pratiquement tous les étages. Ainsi, nous découvrons qu’en dessous du dix-septième, les étages sans moquette, à l’éclairage plus que faiblard et aux murs tachés sont réservés au personnel. Arrivés au rez-de-chaussée, l’homme de garde aux gants blancs et à la grande casquette a dû suivre la même formation que les agentes de la circulation car dès qu’il nous voit il tend le bras et lève la main pour arrêter les passants dans le corridor puis nous regarde et balance gracieusement l’autre bras en pointant l’index vers l’ascenseur en face. Comment a-t-il compris que nous étions descendus pour mieux remonter reste un mystère… en tout cas quelle perspicacité et quelle efficacité !
Evidemment, quand finalement nous arrivons au restaurant panoramique, le buffet a été en grande partie dévalisé mais qu’importe il reste plein de toasts et de la confiture. Quel soulagement également de découvrir que l’hôtel possède une deuxième bouilloire électrique et que le gardien du pot de Nescafé est plus cool que son collègue d’en bas. Peut-être une question d’altitude !?
Le restaurant panoramique semble souffrir de symptômes identiques à ceux de l’ascenseur. Une demi-rotation puis arrêt complet. Quant à la vue panoramique, elle est plutôt restreinte, les laveurs de carreaux ont certainement d’autres chats à fouetter et la brume matinale persiste et signe. Cependant notre petite ile, qui n’a hélas rien à voir avec l’Ile de la Cité, reste partiellement dégagée mais ne révèle rien de bien excitant, à moins d’être un spécialiste en travaux en bâtiments. Mais il me semble qu’un autre hôtel verra le jour… un jour !
Comme d’hab, les doyens sont les premiers ! En attendant le Club des 5… autres, nous observons l’animation dans le lobby. C’est qu’il y en a ce matin avec le départ des athlètes participant aux Championnats d’haltérophilie d’Asie qui se déroulent en ce moment à Pyongyang. D’ailleurs nous avons appris hier qu’un évènement historique avait eu lieu : pour la première fois le drapeau sud-coréen avait été hissé en Corée du Nord après la victoire d’un ‘compatriote’ du sud. Plus loin, des hommes d’affaires chinois sont accueillis en grande pompe par des officiels. Dehors plusieurs groupes de touristes chinois sont en train de fumer comme des cheminées.
Ca y est tout le monde est là et tous avons suivi les recommandations d’Hyun de ne pas mettre ni jeans ni t-shirt car aujourd’hui nous allons rencontrer les ex-Grands Leaders… Aujourd’hui est également un jour férié où l’on célèbre la Fête de Qing Ming, une journée consacrée au culte des Ancêtres et en Corée du Nord, les ancêtres inclus les valeureux soldats morts pour la Mère Patrie et bien sur les ex-Grands Leaders. C’est donc une journée exceptionnelle qui nous attend.
Le soleil brille sur les rues bien plus animées qu’hier. Les piétons ont envahi les trottoirs, beaucoup de femmes portent des robes traditionnelles très colorées, les hommes sont en costume et le reste de la population a sorti les plus beaux uniformes. Les queues aux arrêts de bus sont plus longues et les stations de métro grouillent de monde.
Nous quittons la ville, passons devant de vastes parcs aux arbres alignés comme des sentinelles et d’immenses pelouses dignes des meilleurs terrains de golf et arrivons au Palais-Mémorial Kumusan, un bâtiment rectiligne gris et moche, orné des portraits des défunts Leaders à la denture éblouissante. Le Palais du Soleil, construit en 1976, était la résidence officielle du grand-père avant de devenir à sa mort en 1994 son mausolée (une idée du fils !). Le fils, flippant à l’idée de vivre avec un cadavre, se fit construire une autre résidence plus proche de la capitale. A la mort du fils (en 2011), le petit-fils (le jeune Grand Leader actuel), surement par soucis d’économie (!) et peut-être pour des raisons pratiques (!!) installât la dépouille de son père sous le même toit que celle du grand-père. Coup double donc, ce n’est pas un cadavre mais deux que nous allons de ce pas saluer.



Mais pas de précipitation. D’abord nous devons patienter dans un hall d’honneur en compagnie d’une cinquantaine d’autres touristes étrangers, eux aussi en tenue de gala. Ensuite, nous devons nous mettre en rang par quatre sous une galerie ombragée. Cette opération prend un certain temps contrairement aux Nord-Coréens qui a peine débarqués du tramway s’alignent impeccablement de manière instinctive.
Enfin, un gradé donne le signal de marche. La colonne s’ébranle par petits groupes en faisant des mouvements d’accordéon sous les regards effarés des locaux qui eux ont gardé le petit doigt sur la couture du pantalon. Direction les vestiaires pour y laisser tout ce qui est interdit d’emporter à l’intérieur de ce haut lieu sacré. L’instinct bordélique des Occidentaux revenant au galop, les guides s’efforcent de remettre un peu d’ordre dans les lignes, une manœuvre inutile puisque dix mètres plus loin nous passons en file indienne sur des tapis gorgés de désinfectant puis à la fouille.
Nous nous dirigeons ensuite vers une succession de longs tapis roulants similaires à ceux que l’on trouve dans les aéroports. Sur les murs en marbre sont accrochés des photos représentant les ex-Grands Leaders dans le feu de l’action révolutionnaire. Enfin nous émergeons dans une immense salle aux colonnes de marbre, réalignement et attente avant de pénétrer dans une autre pièce où la statue du Grand-Père rigolard, baignée dans une lumière tamisée, nous toise de toute sa hauteur.
Passage dans un sas où soufflent de puissants courants d’air décoiffant. A peine le temps de réajuster nos mèches rebelles et de se remettre par quatre que nous pénétrons dans une salle au haut plafond plongée dans la pénombre. Au centre, un cercueil en verre contient le corps du grand-père dont on n’aperçoit que la tête à l’aspect cireux, le reste du corps étant recouvert d’un drapeau rouge (une manière comme une autre d’égailler un peu l’atmosphère lugubre qui règne ?!).
Tout en écoutant distraitement une musique propice au recueillement, nous observons attentivement les personnes qui nous précèdent car ce n’est pas le moment de se planter de script ni de froisser les soldats gantés, l’index sur la gâchette de leur mitraillette. Quatre par quatre nous nous présentons au pied du sarcophage, comptons mentalement jusqu’à cinq avant de faire une première courbette, belote sur le côté gauche et rebelote sur le côté droit (pour des raisons de politesse, il n’y a pas de courbette à faire devant la tête dégarnie…). Et d’un !
Nous passons dans la pièce suivante. Changement radical de décor puisque dans cette pièce nous découvrons… un wagon de train ?!?! Il s’agit en fait du wagon dans lequel le grand-père effectuait ses voyages officiels. Sur le mur figure une grande carte du monde sur laquelle des lignes bleues et rouges clignotent elles représentent ses déplacements dans le pays et à l’étranger. A côté, un panneau lumineux indique le nombre des voyages effectués et le total des kilomètres parcourus dans ce wagon. Une estrade permet de jeter un œil à l’intérieur et d’apprécier la simplicité (toute relative) du Grand Leader. Salon, bureau de travail à un bout, chambre et salle de bain de l’autre mais cette partie-là reste cachée derrière des vitres fumées, respectons son intimité, les Nord-Coréens sont des gens pudiques.
La pièce d’à côté contient sa voiture officielle. Heureux Grand Leader qui contrairement à Janis n’a pas du implorer Lord pour avoir sa Mercedes-Benz ! Puis viennent les galeries vitrées derrière lesquelles sont exposés d’autres possessions, ses nombreuses médailles et décorations reçues du monde entier (enfin presque !), sa collection de diplômes honorifiques (ainsi que les pompeux costumes et couvre-leaders qui vont avec) sans oublier les documents officiels écrits de sa propre main. Quelques photos du Grand Leader posant avec d’autres leaders du monde sont là pour nous convaincre que le grand-père jouait dans la cour des très grands (Staline, Mao, Castro, Tito), des moins grands (Honecker, Ceausescu, Husak) et parfois au-delà des frontières du Communisme puisqu’il est même aux côtés d’Arafat, de Moubarak et de Kadhafi !
D’autres couloirs mènent à la pièce où repose l’ex-Grand Leader fils. Repetición de la jugada… Même musique, même décorum, même cercueil en verre, seule la tête est différente. Quant à nos courbettes… nous approchons de la nomination pour le prochain Oscar. Mais la concurrence est rude car parmi les régiments de soldats et de soldates qui nous suivent, certains ont déjà sorti leur mouchoir pour y sécher quelques larmes. Cependant quelques-unes semblent être réellement affectées et leurs sanglots paraissent sincères. Et de deux !
Ce qui est bon pour un Grand Leader l’est également pour l’autre Grand Leader. Lui aussi a droit à son wagon (mobilier plus ‘moderne’), ses voitures officielles, y compris un buggy de golf modifié et encore plus fort son yacht (?!) reposant dans un faux bassin (comment est-il arrivé ici celui-là ?).
Re longs et lents tapis roulants en direction de la sortie cette fois. Ceux de l’autre côté sont maintenant remplis de Nord-Coréens en route pour rendre hommage aux défunts préservés. Ils nous observent discrètement et silencieusement. Que peuvent-ils bien penser en nous voyant ?
Hyun nous annonce maintenant que nous avons quartier libre (pendant vingt minutes) dans les jardins du palais et que nous aurons ainsi l’occasion de nous mêler à la population locale. Chic alors !
Nous apprenons que ces beaux jardins agrémentés de parterres fleuris, de fontaines et de plans d’eau, ont été créés par le petit-fils (l’actuel jeune Grand Leader donc) lui-même et qu’il a même supervisé tous les travaux de rénovation. Pauvres architectes et jardiniers, je n’ose pas imaginer à quel point ils ont dû trembler… Mais peut-être est-il un boss cool ?
Nous nous dispersons donc parmi les groupes de soldats en uniforme et de femmes portant des robes amples cintrées en dessous de la poitrine et aux longs rubans flottant au vent qui attendent patiemment leur tour pour prendre une photo de groupe devant les portraits géants des défunts aux dents blanches comme la neige. D’autres groupes lancent de la nourriture aux gros poissons et aux canards en rigolant et peut-être en rêvant d’en avoir d’aussi dodus dans leur assiette ce soir.
Je me dirige vers un portail ouvert qui donne vers une avenue déserte et des rails de tramway mais le soldat de garde veille. Comme son copain de l’ascenseur un peu plus tôt ce matin, il me fait le coup de la main tendue et du balancement de bras l’index en pointant en direction des jardins.
Après avoir pu constater combien la population locale est raffinée, souriante, sereine et ouverte nous pouvons regagner notre minibus. L’étape suivante se situe sur la colline que l’on aperçoit derrière les toits du palais-mémorial et que l’on rejoint en traversant d’autres espaces intensément verts.
Nous voilà au pied du Cimetière National des Martyres de la Guerre marqué par un portique et une longue série d’escaliers. C’est également un endroit qui offre une intéressante vue panoramique sur la capitale et ses principaux édifices.
Après un court exercice de grimpette nous atteignons les premières terrasses où sont alignés les bustes des plus valeureux combattants. Dans les allées fleuries nous rencontrons de nombreuses personnes en uniforme mais aussi des familles en balade profitant d’un jour férié ensoleillé. Un peu plus haut se trouve un monument en granite rouge et une autre rangée de bustes. Celui au centre, représentant une femme, reçoit le plus d’attention et de bouquets de fleurs. Les Nord-Coréens sont donc aussi des gens galants ! « Non ! » s’exclame Hyun presque offusquée, « Il s’agit de Kang Pan-sok, l’héroïne la plus importante du pays, une activiste communiste pendant la guerre d’indépendance. C’est aussi la mère de notre Eternel Grand Leader (le grand-père ». Ceci explique donc pourquoi tous ces groupes font la queue pour prendre la photo souvenir devant la mère de Dieu pour qui aucun bouquet n’est trop beau. Nous n’y coupons pas, alignement-courbette devant le buste de Madame Mère mais cette fois nous sommes observés avec grande attention par la foule.
Quelques sentiers parcourent le reste de la colline qui est également une réserve naturelle fréquentée par les Pyongyangites avides d’exercice et de tranquillité. Nos guides, toujours pleins de sollicitude, s’assurent que nous revenons dans le droit chemin et bien qu’il ne soit pas encore midi, l’excuse de l��heure du repas tombe à point. Nous regagnons les grandes avenues animées du centre, quant aux parcs du centre-ville, ils sont remplis de famille en train de pique-niquer.
Une fois encore la salle de restaurant se trouve à l’étage, mais ici en plus de la petite boutique de souvenirs du rez-de-chaussée, l’endroit comporte une terrasse ombragée (la première que nous voyons) fréquentée par des familles en train de consommer des jus et des crèmes glacées. Le menu d’aujourd’hui comporte en plus des petits plats habituels (toujours délicieux) des beignets de crevettes et de poissons (tempura) et une rondelle d’un gâteau roulé. Les écrans plats installés au-dessus de la mini-scène de karaoké diffusent en boucle le même spectacle de Noel que nous avons déjà vu dans l’avion… mais ce coup-ci nous aurons l’occasion de voir le grand finale.
L’un des Suédois ayant émis le souhait de prendre un café (un vrai !) nous remontons dans le minibus pour parcourir une paire de centaines de mètres jusqu’au prochain hôtel de luxe (apparemment la marche sur l’avenue parmi la foule des grands jours doit être trop fatigante pour nous !).
Le lobby, d’un style plus que douteux avec ses faux palmiers lumineux et son escalier en marbre, ressemble davantage à ceux que l’on peut trouver à Abu Dhabi. Une hôtesse nous accueille et nous conduit dans un salon privé encore plus ‘tropical’. Lumière tamisée, plantes luxurieuses en plastique, et mobilier de jardin en fer. Personne n’a osé retirer le petit sapin de Noel décoré de guirlandes clignotantes qui repose derrière la colonne centrale, à moins qu’il ne s’agisse d’un excès de zèle et de prévoyance de la part du manager. Ici la télé diffuse les derniers tubes… de musique classique modernisée, interprétés par un pianiste inspiré sur un fond de paysage enneigé. Sur le bar trône une machine à café flambant neuve gardée par deux jeunes ‘barwomen’. A 6 Euros l’expresso, notre Suédois commence à regretter son idée, en tout cas il ne propose pas de tournée générale…
Re-petit tour en bus pour une balade digestive dans un grand et superbe parc. Par contre celui-ci est entièrement désert. Sur les immenses pelouses immaculées aucune famille en train de pique-niquer ou de jouer au ballon. Un peu plus loin se trouve la chaumière (fraichement restaurée) où vécut la famille du Grand Leader avant son exil en Manchourie. Une autre guide nous attend.
Le temps d’ajuster son micro et la voilà partit dans la récitation d’un texte appris par cœur dans un anglais parfait. Seules les envolées lyriques sur les premières années de la vie du grand-père sonnent légèrement faux et malgré ses efforts répétés, elle n’arrive pas à nous soutirer la moindre larme. Pas même, quand en nous montrant parmi les trois cruches, qui servaient de réservoir d’eau à la famille, celle qui est toute bosselée, elle récite des sanglots dans la gorge : « La famille était si pauvre qu’elle ne pouvait pas s’offrir de belles cruches ». Peut-être que la description de la féroce répression japonaise envers cette pauvre famille patriotique et les malheurs familiaux auront plus d’effets espère-t-elle en entamant une autre déclamation. Hélas, elle doit se rendre à l’évidence : ces cinq jeunes Scandinaves ne font guère preuve d’une grande compassion et les deux frères versent dans un cynisme poli. Il ne lui reste plus qu’à nous montrer le puits familial un peu plus loin et à nous faire gouter l’eau fraiche, celle-là même qui rafraichissait son Grand Leader et le rendait si fort, si intelligent et si beau. Goutons donc cette potion magique !
Une petite promenade dans le sous-bois à regarder une paire d’écureuils se poursuivre dans les arbres nous permet de chasser de nos esprits tous les malheurs qui accablèrent le futur héros national.
Chapitre suivant : la visite du métro, objet de fierté pour la nation toute entière. Tous les touristes étrangers de passage dans la capitale nord-coréenne y ont droit, enfin ont le droit de parcourir quelques stations accompagnés de leurs guides. Pendant le trajet pour rejoindre la station de métro, Hyun nous explique la marche à suivre et l’histoire de cette huitième merveille de modernité.
Commencé en 1965, le métro comprend dix-sept stations reparties sur deux lignes. Sa mise en service a lieu entre 1973 et 1975 et les deux dernières stations sont achevées en 1987. Le style « Réaliste socialiste » des stations et le design du réseau sont calqués sur ceux du métro de Moscou, quant aux noms des stations (Gloire, Camarade, Innovation, Terre dorée…) ils font directement référence aux idéaux de la révolution nord-coréenne plutôt qu’à leur situation géographique. En ce qui concerne les records, puisqu’il en faut, le métro de Pyongyang est le moins cher au monde (10 trajets pour 5 petits cents) et parmi les plus profonds (plus de 100 mètres parait-il). Sur ce dernier point, le traumatisme des bombardements et la perspective d’un conflit nucléaire y sont peut-être pour quelque chose !
16 heures, c’est presque l’heure de pointe alors que nous passons devant les portillons de la station Puhŭng située sur la ligne Chŏllima. Des escaliers roulants plutôt raides nous emmènent vers les profondeurs souterraines où grouille une foule endimanchée. Dans les couloirs aux murs blancs et vierges pas de musiciens en train de faire la manche, seulement les programmes de la radio nationale diffusée par des haut-parleurs nasillards. En haut des derniers escaliers, nous découvrons les quais de la station Revitalisation, tout un programme !
Plafond blanc orné de moulures décoratives et de chandeliers colorés, murs en arcades agrémentés de panneaux en bronze et au centre de deux magnifiques mosaïques montrant des scènes de travailleurs enthousiastes et souriants en pleine action. Mais c’est bien sur celle au fond du quai qui est la plus belle et la plus imposante puisqu’elle représente le Grand-Père Leader casquette sur le crane, l’imperméable ouvert, entouré de toute la gamme des travailleurs en habits de travail en train d’essayer de le rattraper, le tout sur un fond de pylônes électriques et de cheminées crachant des nuages de fumées grises, synonymes de progrès et de modernité mais pas très écolo.
Comme les travailleurs nord-coréens ne sont jamais fatigués, on ne trouve pas de banc sur les quais, par contre comme ils sont toujours avides d’information, on y trouve des vitrines où ils peuvent dévorer les pages de leur quotidien favori : le Rodong Sinmun et y découvrir les dernières photos du Petit-Fils Leader.
Les rames de métro se suivent rapidement. Elles ressemblent à celles qui circulaient à Berlin (Est et Ouest) avant la réunification (peut-être un signe ?!). L’intérieur est plutôt sobre et sombre, banquettes en longueur, panneaux en formica imitation bois et l’unique décoration sont les deux petits portraits de qui l’on sait (pas moyen d’échapper à leurs sourires !)


Quant aux passagers, ils font comme si nous n’existions pas, seuls quelques gamins nous jettent quelques regards furtifs. Il faut attendre soit cette petite fille qui veut coute-que-coute toucher les cheveux blonds de l’unique fille de notre groupe soit cet homme légèrement ébréché qui tient absolument à nous céder sa place pour que quelques rires et regards plus directs soient échangés.
La station suivante, Gloire, est encore plus imposante avec ses voutes soutenues par de colonnes en marbre sculptées et enjolivées de dorures. Au plafond pendent de superbes lustres en forme de bouquets de fleurs de toutes les couleurs et les murs sont d��corés de mosaïques massives représentant des parcs fleuris, le fleuve et la ville. Celle située près de la sortie montre un paysage grandiose composé de lacs, de montagnes et de fleurs sauvages.
Cinq stations plus loin, tout le monde descend, nous sommes arrivés à Triomphe. Ici, en plus de la statue dorée du Grand Leader l’Ancien déclamant derrière un pupitre, le bras tendu vers un avenir radieux, nous découvrons d’autres immenses mosaïques exaltant le travail, le socialisme et la révolution. Une représentation du Réalisme Socialiste dans toute sa splendeur… sous forme de bande dessinée géante !
Nous retrouvons la lumière du jour pour découvrir une autre fierté nationale et un autre record du monde : l’Arc de Triomphe de Pyongyang. Plus haut de plusieurs mètres mais bien moins triomphant que celui de Napoléon, ce monument, inauguré pour les soixante-dix ans du Leader Eternel en 1982, glorifie encore un peu plus (quand on veut, on peut !) ses exploits militaires au cours de la guerre d’indépendance (1925-1945). L’architecte en chef, un petit malin désirant se faire bien voir, eut même l’idée d’utiliser 25500 blocs de granite blanc, soit un bloc pour chaque jour de la vie d’un homme de soixante-dix ans.
Sur la droite, une allée bordée de statues de sportifs en pleine action conduit à l’entrée d’un autre stade. Juste à côté, une autre mosaïque gigantesque marque l’endroit où le Grand-Père Immortel fit son plus beau discours, un jour de… victoire surement ! Plus loin, au-dessus du parc qui recouvre une partie de la colline, la tour des télécommunications déploie ses antennes.
Hyun nous rappelle que c’est maintenant l’heure de faire du shopping et qu’il faut traverser le rond-point par le passage souterrain. Dans le magasin de souvenirs nous découvrons ce que le pays a à offrir à ses touristes : robes traditionnelles, costumes de Leader, tableaux, posters, statuettes de soldats, boites de thé, bouteilles d’alcool et plus étrange des boites de comprimés de Sang Royal frais apparemment très efficaces pour les personnes souffrantes de maladie du cœur (et peut-être de cœur ?!), de perte de mémoire et de… troubles radioactifs !!!
Ce n’est pas ici que nous dépenserons des fortunes, ni dans le magasin suivant d’ailleurs, une librairie proposant tous les écrits des ex-Leaders (le présent Leader n’étant pas encore un écrivain célèbre), la collection complète, en plusieurs langues, de la Pensée du Juche (doctrine stalinienne revue et corrigée par le Suprême Grand-Père lui-même) et quelques ouvrages illustrés sur l’art ou la géographie de la République populaire démocratique de Corée.
Puisqu’il nous reste encore du temps libre, Hyun nous propose d’aller visiter la place Kim Il-sung, l’équivalent nord-coréen de la place Tiananmen. Située sur la rive gauche du fleuve, elle est le cœur de la capitale, l’endroit où ont lieu toutes les grandes manifestations populaires et défilés militaires régulièrement organisés par l’état. Elle est dominée par la Bibliothèque Nationale et entourée d’autres imposants bâtiments qui abritent, on imagine, des ministères. Sur la rive d’en face, se trouve la Tour du Juche surmontée d’une flamme rouge.
La place est déserte, enfin presque car quelques enfants profitent de l’espace pour faire du patin à roulettes sous les regards bienveillants des ex-Grands Leaders. Le sol est couvert de centaines de symboles et de numéros peints de couleurs différentes qui servent de marques pour les troupes lors des défilés. Le long de l’esplanade qui longe les berges, des aires de jeux et des courts de basket et volleyball ont été aménagés. Ils sont les points de rendez-vous favoris pour les jeunes sportifs et les parents qui amènent leurs enfants s’amuser sur les manèges.
Au bord de l’eau, quelques pêcheurs surveillent leur ligne. Plus loin, une dizaine de pédalos font des ronds dans l’eau. Une partie de volley se crée à l’improviste entre quelques membres du groupe et des jeunes locaux. C’est le premier contact direct avec des Nord-Coréens depuis notre arrivée. Comme quoi le sport peut faire tomber des barrières. Bientôt quelques badauds et cyclistes s’arrêtent pour observer cette scène qui, à voir leurs regards étonnés, ne doit pas se dérouler très souvent.
La nuit commence à tomber alors que nous regagnons l’hôtel. Le repas se prend dans le troisième restaurant de l’hôtel, le plus petit mais aussi celui qui a le plus grand écran de télévision. Ça tombe bien puisque le journal télévisé vient de commencer ! Les premières vingt minutes sont consacrées aux dépôts des couronnes de fleurs au Cimetière National des Martyres de la Guerre par les pontes de l’état. C’est amusant de retrouver à la télévision les endroits que nous avons visités le matin même, d’ailleurs nous reconnaissons le buste de la Mère de Dieu. C’est également l’occasion de juger la plus belle courbette. Notre palme va aux généraux, vainqueurs haut-la-main. Les vingt minutes suivantes sont consacrées aux cérémonies identiques qui ont eu lieu dans le reste du pays. Quel dommage, nous ne verrons pas la fin car notre programme de la journée continue aussi le soir…
Ayant émis le désir d’en connaitre un peu plus sur la vie nocturne de la capitale, Hyun nous propose d’aller visiter une micro-brasserie près de la Tour du Juche. Pourquoi pas ?
On ne peut pas dire que la Rive Droite beigne sous les feux des projecteurs. Dans les rues déjà désertes les lampadaires ne diffusent qu’un semblant de lumière. Tout semble avoir été réservé pour l’illumination de la Tour du Juche et les statues géantes qui occupent les jardins au pied de la tour. Puisque nous sommes juste à côté, autant aller voir de plus près cette structure, croisement entre un obélisque et un phare. C’est aussi l’occasion d’admirer les illuminations sur la Rive Gauche (qui elle ne semble pas connaitre les mêmes restrictions).
Décidément les soixante-dix ans du Grand-Père Leader furent l’occasion de grands travaux puisqu’en plus de l’Arc de Triomphe, on lui dédia également cette tour. Haute de 150 mètres, elle est composée de blocs de granite blanc (gris maintenant) et est surmontée d’une flamme rouge qui brille dans la nuit. Comme l’architecte de cette tour voulait être aussi bien vu que l’architecte de l’Arc de Triomphe, il décidât lui aussi d’utiliser 25 500 blocs (tricheur, va !) mais il s’arrangeât à les empiler en 70 « étages » (histoire d’avoir un bon point supplémentaire !!!).
Dans les jardins, nous apercevons une dizaine de jeunes gens assis au pied des statues en train d’étudier. La présence de la tour serait-elle une source d’inspiration ? Peut-être mais le fait que ce petit parc soit le seul endroit de la capitale à ne pas subir de coupure de courant doit surement y être pour quelque chose…
Jamais nous n’aurions trouvé l’entrée de cette micro-brasserie car elle est située dans une espèce d’immeuble résidentiel au deuxième ou troisième étage et qu’aucune enseigne n’indique ce lieu de débauche.
Nous pénétrons dans une salle plongée dans une demi-pénombre, un bar en bois, des poutres en bois, des tables et des chaises en bois et les murs recouverts de panneaux en bois, on pourrait se croire dans un chalet… en bois, un soir d’après-ski, il ne manque que le feu de… bois. Seules trois tables sont occupées, l’une par un couple d’Occidentaux, les deux autres par des touristes asiatiques qui ne tardent pas à partir. Au menu : trois variétés de bière : houblon, orge-réglisse ou riz.
Pendant qu’une partie du groupe distrait les guides-accompagnateurs, les autres entament la conversation avec le couple qui s’avère être un homme d’affaires polonais résident à Pyongyang et l’ambassadrice tchèque. Evidemment, le son de cloche à propos de la situation actuelle du pays est à l’opposé de celui de nos guides, le leur est plus conforme à ce que nous savons déjà via les media non nord-coréens. Pénuries de tout (surtout en hiver), trafics en tout genre, contrôles permanents, répression… « Tout fout le camp mais il y a quand même du fric à faire. » nous assure l’homme d’affaires en guise d’étrange conclusion !?
Quant à la bière de riz ? Pas mal du tout, en prime elle m’a permis d’apprendre quelques mots de coréen très facilement… mais peut-être pas de m’en souvenir le lendemain matin !!!
Pyongyang 20 Septembre
Les matins à l’hôtel Yanggakdo se suivent et se ressemblent, seule l’heure du rendez-vous dans le lobby varie. Aujourd‘hui c’est 8 heures… à part que les deux copains Suédois ont oublié de se réveiller. Ah, le bonheur des voyages en groupe !
Hyun est inquiète, ce retard lui crée un problème car nous risquons soit de faire attendre les militaires (jamais une bonne idée) soit carrément louper la visite de la Zone Démilitarisée ou DMZ (mauvais coup pour la propagande). La DMZ est une zone tampon coupant la péninsule en deux au niveau du 38ème parallèle nord et qui est devenue après les accords d’armistice de 1953 la frontière entre les deux Corées.
La traversée du centre-ville et des banlieues au sud se fait rapidement. Nous passons sans nous arrêter à proximité du monument de la Réunification, une espèce d’arche en pierre symbolisé par deux femmes tenant un globe puis retrouvons l’autoroute du sud aussi déserte et aussi pleine de nids de poule que celle que nous avons empruntée pour aller à Nampho.

Le temps est doux mais devient de plus en plus nuageux à mesure que nous descendons vers le sud. L’autoroute traverse un paysage de champs puis de montagnes et de vallées que parcourent des rivières plus ou moins larges. Les champs paraissent être prêts pour la moisson mais restent désespérément vides d’activité. Ici et là, nous n’apercevons très brièvement que quelques groupes de paysans une serpe à la main, aucun tracteur, aucune charrette. Les villages que nous discernons parfois au loin ressemblent, en moins pimpant, à ceux remarqués deux jours plus tôt. Dans les pâtures même le bétail est absent. En fait pendant tout le trajet jusqu’à Kaesong (situé à environ150 kilomètres de Pyongyang) nous ne voyons qu’à deux reprises une dizaine de chèvres et quelques bœufs.
A mi-chemin, arrêt au restoroute ! On s’y croirait presque en voyant cet édifice en béton qui enjambe la Reunification Highway. Hélas pas de cafeteria avec vue panoramique sur l’autoroute, seulement des toilettes malodorantes qui fuient. Tant pis pour les malheureux qui n’auraient pas pris une bonne bouffée d’air avant d’ouvrir la porte. Sur le petit parking, deux jeunes femmes ont dressé des tréteaux remplis de babioles, de pommes, de sachets de poissons séchés, de canettes, de paquets de cigarettes et de bouteilles d’alcool et tiennent fermement le thermos d’eau chaude. Ici la tasse de Nescafé coute le même prix que le bol de noodles importées directement de Chine : 1€
A gauche, les sommets des montagnes se perdent dans les nuages gris, à droite les anciens méandres d’une rivière disparaissent sous une immense retenue d’eau créée par un barrage. Encore quelques tunnels et voilà la ville de Kaesong entourée par une chaine de montagnes. Plus loin, Monsieur Ho me montre les toits des usines et des hangars de la zone industrielle (actuellement fermée) créée avec des capitaux sud-coréens pour utiliser la main-d’œuvre nord-coréenne tellement bon marché. « On y fabrique de tout, pièces détachées, vêtements, chaussures, produits alimentaires et de très bonne qualité. » m’affirme-t-il. Ce qu’il n’ajoute pas est le fait que cette récente fermeture entraine un véritable marasme économique pour la région et le pays.
Les choses sérieuses commencent car nous sommes sur le point d’arriver au premier contrôle de la zone démilitarisée marquée par une arche en béton, un slogan et un panneau nous indiquant que Séoul n’est qu’à 70 kilomètres !
Tout le monde descend sous les regards vigilants des sentinelles armées et se réfugie dans un bâtiment qui fait office de… magasin de souvenirs !? On y trouve absolument les mêmes choses que la veille, seul l’éventail des thés et boissons au ginseng est plus large et peut-être aussi celui des casquettes proclamant « Korea is One », détail quelque peu saugrenu alors que nous sommes justement sur la ligne qui la divise en deux !
Hyun peut souffler car ce n’est pas son groupe qui est en retard mais un autre plus important qui finit par débarquer une demi-heure plus tard. Nous reconnaissons quelques têtes aperçues soit à l’aéroport soit pendant la visite du mausolée.
Nous suivons le gradé dans la pièce suivante et nous nous plaçons en demi-cercle devant la grande carte schématique qui détaille la frontière et les installations des deux côtés de la frontière. L’homme à la casquette, un capitaine ou un major quand même, prend sa longue règle et pointe plusieurs symboles et lignes en expliquant le pourquoi du parce que et énumère les choses à faire et à ne pas faire. Ses propos sont traduits par Hyun et il en ressort que pour notre protection nous serons escortés par ses collègues, que nous devrons suivre les chemins balisés car nous pourrions marcher sur une mine, qu’il n’est pas conseillé de faire des gestes brusques ni de courir et que nous avons vraiment de la chance d’être du bon côté de la ligne, Vive l’Armée Populaire. « Des questions ? Tout le monde dehors, en file indienne. » traduit Hyun.
Nous passons donc un par un dans un passage dans le mur en béton sous les regards cette fois inquisiteurs des soldats et remontons dans nos bus respectifs qui attendent déjà de l’autre côté. Nous roulons une paire de kilomètres sur une petite route qui traverse des champs et des marécages avant de redescendre pour visiter les bâtiments où ont été signés les accords d’armistice et qui font office maintenant de musée.
Dans la première salle, on découvre plusieurs tables et des chaises ?! « Tout a été laissé tel quel. » insiste le capitaine/major après avoir détaillé les difficiles négociations. Nous passons ensuite dans le bâtiment suivant, bien plus grand puisqu’il a servi aux cérémonies officielles. « Ce bâtiment a été construit en quelques jours par les soldats de l’armée populaire victorieuse, sous l’ordre de l’Eternel Leader. » précise le gradé. Sur les murs sont accrochés des photos d’époque montrant les acteurs principaux, des copies des documents signés et quelques scènes de guerre et de destruction. Au centre, une grande table sur laquelle reposent les documents officiels et drapeaux des délégations protégés par des boites en verre.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, un petit retour en arrière n’est pas inutile et révèle quelques surprises. Tout commence donc en 1910, année de l’annexion de la Corée par le Japon. L’occupation cruelle et impitoyable donne lieu à des soulèvements populaires qui sont rapidement et durement réprimés. Massacres, expulsions et exil mais aussi résistance et création de comités populaires qui combattent l’occupant dans l’ensemble de la péninsule.
La première surprise donc est d’apprendre que l’idée d’une division de la Corée remonte à la conférence de Yalta de 1945, quand Américains et Soviétiques s’accordent pour occuper militairement et conjointement (et de manière provisoire) la Corée une fois la victoire sur les forces d’occupation japonaise acquise. Les Américains proposent comme limite le 38éme parallèle. Deuxième surprise, ce sont les Russes qui arrivent les premiers en Corée (Aout 1945) avec dans les rangs de l’Armée Rouge… le Grand-Père ! Les Américains débarquent en Septembre, après la capitulation japonaise et le départ des troupes japonaises.
S’ensuit une période d’instabilité et l’émergence de nombreuses factions politiques aussi bien communistes que nationalistes conservateurs supportées par chacune des deux forces occupantes. Les déchirements internes et l’occupation conjointe accentuent la division malgré la promesse d’élections communes sous l’égide des Nations Unies.
Au nord, l’Union Soviétique, considérant l’Organisation Nations Unies comme étant pro-occidentale (la Chine est, à cette époque, représentée par les nationalistes de Chiang Kai-shek) bloque l’entrée de la Commission de l’ONU chargée de superviser les élections générales. Le soutien de Moscou permet au Grand-Père de prendre le pouvoir qui s’empresse de prendre deux mesures populaires : la mise en œuvre d’une réforme agraire et l’épuration de l’ancienne administration coloniale.
Au sud, les Etats Unis refusent de reconnaitre les comités populaires qui représentent au niveau local le Comité pour la préparation de l’indépendance issu de la Résistance, et soutiennent une coalition conservatrice menée par Syngman Rhee et rassemblant nationalistes, propriétaires fonciers, hommes d’affaires et anciens collaborateurs de l’appareil colonial.
Chacun des deux camps met donc en place son homme fort que des élections, organisées séparément, permettent de légitimer. En Aout 1948, les élections au sud donnent naissance à la République de Corée, celles au nord, organisées le mois suivant, à la République Populaire Démocratique de Corée. L’épuration des opposants peut commencer et ce des deux côtés, entrainant ainsi d’importants mouvements de population de chaque côté de la frontière. En 1949, les forces d’occupation se retirent complètement au nord… mais partiellement au sud.
Les incidents de frontière sont permanents. Le 25 Juin 1950, Grand-Père ne tenant plus lance ses troupes vers le sud. Leur progression est rapide, en quelques semaines elles ont envahi la quasi-totalité de la péninsule. En Septembre 1950, les Etats-Unis, contraints d’agir, sollicitent l’intervention des Nations Unies. Les débarquements à Pusan et à Inchon permettent de repousser l’armée nord-coréenne pratiquement jusqu’à la frontière chinoise. En Novembre 1950, c’est l’armée chinoise qui entre en scène, elle lance une contre-offensive et repousse, en Janvier 1951, les forces de l’ONU bien en dessous du 38ème parallèle. Pendant les deux années qui suivent les offensives sont suivies de contre-offensives, toutes aussi meurtrières les unes que les autres, enfin le front se stabilise au niveau de la frontière initiale.
Le 25 Juillet 1953, après plus de trois millions de morts, l’armistice est signé à Panmunjeon, un petit village situé près de la ligne de front, plus précisément dans les bâtiments que nous sommes en train de visiter.
La frontière actuelle correspond à la ligne de cessez-le-feu fixée au moment de la signature de l’armistice. Les accords stipulent également que les troupes doivent se retirer de deux kilomètres de part et d’autre de la ligne, créant ainsi une zone démilitarisée longue de 240 kilomètres et large de… 4 kilomètres. Les accords détaillent également combien de soldats peuvent patrouiller dans la DMZ ainsi que le type d’armement autorisé. Mais ceci n’empêche pas les nombreux incidents de frontière de se produire d’ailleurs plus de cinq cents soldats sud-coréens (surement davantage au nord mais ça c’est secret-défense !) et une cinquante de soldats américains sont morts depuis la fin des hostilités. Le plus récent ne remonte qu’à quatre jours quand un homme fut abattu par des soldats sud-coréens alors qu’il tentait de gagner à la nage la rive nord-coréenne près de Paju.
Parmi les incidents les plus importants on trouve la découverte de tunnels nord-coréens et aussi celui appelé « Incident de la hache » qui se déroule en 1976. Huyn me promet de raconter la suite sur le chemin du retour, car il faut y aller… notre capitaine/major s’impatiente.
Troisième surprise, il existe deux villages dans la DMZ, Kijong-dong Tae au nord et Sung Dong au sud. Des fenêtres du minibus nous apercevons, au-delà des champs, les toits bleus des maisons et des petits immeubles de Kijong-dong Tae. Bizarrement ce village serait parait-il inhabité, les bâtiments que nous voyons ne seraient que des coquilles vides !? Nous apercevons également (pas facile de l’ignorer), juste à côté du village, un immense mat en haut duquel flotte le drapeau nord-coréen. Erigé dans les années quatre-vingts, ce mat de 160 mètres (oui, un record mondial à l’époque !) fut la réponse à celui érigé quelques temps plus tôt par les Sud-Coréens (le leur ne fait que 98 mètres).
Bien, cette fois nous arrivons au cœur du cœur de la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area), l’endroit où ont eu lieu toutes les négociations depuis 1953 et qui consiste en un ensemble de bâtiments divers de part et d’autre de la Ligne de Démarcation Militaire.
Sur le parking, réalignement par rangée de quatre puis en avant au pas cadencé sur le sentier qui mène jusqu’aux marches du Panmungak, un édifice de trois étages qui fait face à la Freedom House située juste en face. Au centre, six bâtiments bas, parfaitement alignés sur la Ligne de Démarcation Militaire, sont gardés par des soldats nord-coréens (les soldats sud-coréens restent invisibles). Notre bon militaire nous propose d’aller admirer la vue de la terrasse du troisième étage.
Voilà donc le Rideau de Bambou. Bien moins angoissant que le Mur de Berlin mais tout aussi impressionnant et surement tout aussi efficace ! Aucune activité de l’autre côté, pas même une âme qui vive ! L’unique animation vient des sentinelles nord-coréennes qui font quelques relèves de garde, histoire de chasser leur ennui.
Bref rien à signaler au sud ! En fait, à part le mat sud-coréen, une tourelle d’observation déguisée en pagode et quelques arbres, nous ne voyons pas grand-chose du reste de la péninsule.

La frontière semble si facile à franchir. C’est surement ce qu’a dû penser ce touriste russe quand il est venu en visite officielle en Novembre 1984 et qu’il a décidé de courir vers le sud en criant qu’il demandait l’asile politique. S’ensuit un échange de coups de feu. Résultat trois soldats nord-coréens et un soldat sud-coréen furent tués mais le transfuge réussît son coup !
Heureusement, rien de tel aujourd’hui et nous pouvons regagner le bus tranquillement. Les militaires sont maintenant souriants et nous font des grands signes d’au revoir. Ils sont surement soulagés de nous voir partir et de retourner à leur tranquillité. En plus il semblerait que la récolte des cigarettes auprès des touristes qui tenaient à se faire prendre en photo en leur compagnie a été bonne.
Dernière surprise, la DMZ est devenu au fil des années et malgré ses champs de mines et ses barrières de barbelés, la réserve naturelle la mieux préservée au monde (un record indirect cette fois !). Elle est maintenant un refuge pour plusieurs espèces animales en voie de disparition et l’on parle même de la mettre sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial… ou même de la transformer en Parc de la Paix ?!
Il ne nous reste plus qu’à prendre le chemin du retour jusqu’à Kaesong où nous prenons un autre déjeuner copieux caché sous une douzaine de petites cloches.
Il ne reste pas grand-chose de l’ancienne capitale du Royaume de Corée, ici aussi la guerre a fait des ravages. On n’y trouve pas non plus les splendides et grandioses avenues à la Pyongyang mais plutôt des rues bordées d’immeubles décrépis, des terrains vagues et une petite rivière qui ne respire pas la santé.
Après le repas, nous allons visiter le marchand officiel de cartes postales et de timbres. Nous visitons également l’ensemble d’anciens temples transformés en centre d’éducation, annexe de l’université locale. Il existe donc quelques vestiges de l’ancien régime… mais point de statues des bouddhas.
Il est temps de reprendre la route. Pendant le trajet, Huyn expose sa version du fameux incident de la hache, un incident tout bête mais qui faillit dégénérer en une guerre totale entre les deux pays.
Tout commence donc le 18 Aout 1976, (une période où, à la suite de tentatives de kidnapping et d’accrochages divers, la tension sur la frontière est extrême) quand un groupe de soldats américains et sud-coréens décide de couper les branches d’un arbre qui cache la ligne de mire de l’un de leurs postes d’observation. L’opération devait se dérouler la semaine précédente en présence de soldats nord-coréens mais pour cause de pluie elle fut annulée. Le 18 donc, l’opération d’élagage commence mais est vite interrompue par l’arrivée d’un groupe de soldats nord-coréens. Le Capitaine Pak de la glorieuse armée populaire démocrate demande au Capitaine Bonifas de l’armée impérialiste d’arrêter immédiatement mais Bonifas fait la sourde oreille. Pak fait demander du renfort puis redemande à Bonifas d’arrêter. Bonifas ordonne de continuer l’élagage, ce qui a le don d’énerver un peu plus Pak qui finit par ordonner l’attaque. Massacre à la hache ou courageuse bataille (selon le camp) qui se termine par la mort de deux officiers américains.
Le Grand-Père dénonce l’agression impérialiste et obtient le soutien des nations non-alignées, Ford et ses conseillers décident de monter une opération de grande envergure pour aller couper l’arbre et le président sud-coréen Park Chung-hee préfère temporiser.
Trois jours plus tard, alerte maximale et mobilisation générale. Celle-ci implique des centaines de troupiers, des hélicoptères, des B52 et même le porte-avions Midway ! Les Américains armés de tronçonneuses coupent l’arbre sous les regards incrédules des Nord-Coréens alors que les hélicoptères tournoient au-dessus de la DMZ. Quarante-deux minutes plus, les Américains et Sud-Coréens remballent sans qu’un coup de feu ait été tiré… On n’ose pas imaginer les conséquences si le Grand-Père avait réagi. En tout cas depuis cet incident, les deux parties se sont accordées à ne plus traverser la ligne de démarcation.
Après la pause Nescafé au resto-route toujours aussi peu fréquenté, c’est Monsieur Ho qui vient me faire la causette. En plus de nos discrètes transactions monétaires (€10 contre des Wongs souvenirs), nous bavardons de chose et d’autre, de nos vies respectives et de nos familles. Ainsi j’apprends que son métier de traducteur lui a permis d’accompagner des délégations en Chine, en Russie, en Roumanie, en Allemagne de l’Est et même en Côte d’Ivoire et en Haute-Volta (ce qui m’indique que ses voyages ne sont pas récents, puisque la Haute-Volta s’appelle le Burkina Fasso depuis 1984!) et qu’il aimerait bien visiter d’autres endroits mais qu’hélas depuis la chute du Socialisme, le choix des destinations se réduit. Il m’apprend également qu’il est veuf, sa femme est morte d’un cancer et ce malgré la qualité de la médecine traditionnelle mise en place en Corée du Nord (?!), que son jeune fils rêve de devenir ingénieur car il adore les ordinateurs, qu’il habite près du centre de Pyongynag, qu’il travaille beaucoup avec les touristes chinois et déplore le peu de touristes français qui visitent la Corée du Nord, mais heureusement il y a toujours quelques touristes suisses pour lui permettre de parler français. Puis viennent ses questions l’Australie (qu’il ne semble pas connaitre du tout), la vie que je mène là-bas et sur les possibilités d’y émigrer. Au travers cette longue conversation, je me rends rapidement compte qu’il n’est pas dupe ni complètement « brainwashed » mais plutôt résigné. Sa situation de traducteur le place plutôt bien dans l’échelle sociale, l’accès aux devises étrangères lui permet ainsi qu’à sa famille un certain confort et le contact avec l’étranger et les étrangers lui apportent une fenêtre sur l’extérieur que la majorité de ses concitoyens n’ont pas. Pour autant il ne semble pas être envieux de la vie occidentale car « ici tout est gratuit et personne ne paie d’impôts » ajoute-t-il. Son modèle, peut-être parce qu’il y va plus souvent, reste la Chine « Communiste et moderne. ». Quant à la réunification, il y croit, « L’important ce n’est pas le modèle économique mais la culture commune. ».
Peut-être, mais à observer la réunification allemande, on a compris que c’est bien le premier qui influence la seconde… au grand désespoir des Allemands de l’Est !
Mais voilà déjà les boulevards de la capitale. Nous arrivons devant le Palais des Enfants. « Vite vite, il faut se dépêcher car la représentation des enfants talentueux a déjà commencé. » nous dit Hyun en accélérant le mouvement. Dans le noir, nous nous installons dans de confortables fauteuils le plus discrètement possible. L’audience composée de touristes et d’écoliers semble être hypnotisée par ce spectacle préparé par les enfants, définitivement talentueux. Les numéros sont courts, variés, plaisants, amusants et parfois même époustouflants et se succèdent rapidement sans interruption. Musiciens, acrobates, danseurs, chanteurs, tous ont du répéter des centaines de fois pour arriver à un tel niveau de professionnalisme. Chaque geste, chaque mimique, chaque pas a été minutieusement étudié, il en résulte un manque de spontanéité mais le talent de ces p’tits bout’choux est tout simplement extraordinaire.
L’un de nos Suédois, devant maintenant passer un coup de fil mystérieux et urgentissime à son ambassade, nous voilà de nouveau à faire la tournée des grands hôtels de la capitale (heureusement peu nombreux), car ce sont les seuls endroits susceptibles d’avoir des téléphones publics. Pour le reste du groupe c’est l’occasion de visiter d’autres avenues grandioses et d’autres lobbies d’hôtel. Pas vraiment passionnant mais cette tournée nous permet de voir l’équipe nationale de football chinoise revenir de l’entrainement. Evidemment ce n’est pas l’équipe d’Espagne mais bon, on a les stars que l’on peut !
Et voilà maintenant notre jeune danois qui propose d’aller manger une pizza !? En effet, il a lu dans un guide que le Père Leader avait développé un gout prononcé pour les pizze, à tel point qu’il fit venir un pizzaiolo pour qu’il apprenne à ses chefs comment faire les meilleures pizze (… au monde ?!). Depuis les pizzerias sont devenues des endroits populaires à Pyongyang. Surprise et flattée devant tant de connaissance sur les gouts du Père Leader, Hyun chamboule le programme et nous voilà en route pour la plus célèbre pizzeria de la capitale.
Au-dessus de la porte, un néon rouge et vert nous annonce la couleur. A l’intérieur, un bar, une mini-scène de karaoké, quelques tables sur deux niveaux et une partie cuisine ouverte sur la salle et où s’activent deux élégantes jeunes filles devant les fours à bois.
La chanteuse reprend quelques vieux tubes européens, l’écran de TV diffuse le programme de Noel (que nous connaissons déjà !), deux tablées d’Allemands s’empiffrent et trinquent, dans un coin deux jeunes couples locaux (et friqués !) s’aiment (apparemment) pendant qu’au bar trois mecs vident des bières en matant la chanteuse. Notre Suédois se rachète en nous offrant une bouteille de Chianti (moins chère que six expressos !). Pour ce qui est des pizze : deliziose. Un bon point pour le Père Leader.
Après cet intermezzo impromptu nous reprenons le programme prévu. Puisque nous en sommes déjà à notre dernière soirée, le programme consiste en un diner d’adieu dans le restaurant coréen où est servi le plus copieux hot pot… Décidemment, on les aime les hot pots dans ce pays !
Mais c’est vrai que celui-ci est vraiment exceptionnel, c’est la version Deluxe. En plus il est servi avec une espèce de saké (pas rancuniers ces Nord-Coreens !) et accompagné de la bouteille de Chianti ramenée de la pizzeria !? Et pour la première fois nos guides s’attablent avec nous. Savoureux dernier repas et chaleureux moment aux parfums de fin d’aventure. En effet, nos compagnons de voyage reprendront l’avion pour Pékin demain matin tôt alors que nous prendrons le train en fin de matinée.
Tous, sommes d’accord pour dire que l’« aventure » valait la peine même si elle a été appréciée à des degrés différents. Contrairement à nous, nos cinq Scandinaves, n’ayant pas eu l’occasion de connaitre d’autres pays communistes, n’apprécient peut-être pas les différences que nous avons remarquées tout à long de ce séjour par rapport à l’Europe de l’Est des années quatre-vingts par exemple.
Bon voyage et qui sait à la revoyure !
Pyongyang 21 Septembre
Ce matin, pas la peine de se presser puisque notre train ne part pas avant dix heures trente. Aujourd’hui les ascenseurs sont en forme et obéissants, idem pour le toaster et puisque nous sommes les derniers dans le restaurant panoramique nous ne devons même pas partager la bouilloire.
Brève attente dans le lobby désert. Huyn et Mr Ho reviennent de l’aéroport où ils ont déposé, comme prévu, nos ex-compagnons de voyage. Il ne nous reste plus qu’à monter dans notre minibus et à filer vers la gare toute proche. En route, les passagers des bus surchargés lancent des regards envieux sur les sièges vides du minibus.
Nos guides nous évitent la cohue qui règne autour de la gare et nous poussent dans la salle d’attente des invités de marque. Les gros fauteuils sont couverts de napperons en dentelle semblent être aussi anciens que la gare (rebâtie vers la fin des années cinquante). En tout cas ils sont confortables. Mr Ho revient avec nos billets tamponnés, nous pouvons donc passer la porte qui mène au quai incroyablement large. Le train est déjà là et la locomotive arrive doucement. Les vieux wagons verts nord-coréens sont réservés aux locaux, les deux autres, plus récents sont chinois et réservés aux quelques étrangers qui font le voyage jusqu’à Dandong ou Pékin.
Notre compartiment, qui comprend quatre couchettes est rempli de valises ! Pas de panique, ce sont seulement nos voisins (des Chinois-Coréens ou des Coréens Chinois de retour à la maison) qui se sont trompés de compartiment. Dernier au-revoir à nos charmants et attachants guides qui nous remercient d’être venus en Corée du Nord. Photo souvenir avant de monter dans le train.
Coups de sifflet, fermeture des portes et installation dans notre compartiment maintenant vide. Nous le partageons avec un officiel nord-coréen qui, dès que le train démarre, quitte son costume pour se mettre en pyjama et part rejoindre ses collègues dans le compartiment d’à côté, et un homme d’affaires chinois en train de tester la gamme de sonneries disponibles sur son portable. Super !
Par la fenêtre, nous regardons défiler les banlieues de la capitale qui ne tardent pas à laisser place aux étendues de champs. Un ciel bien gris annonce la pluie. Plus tard une jeune fille prend la commande du déjeuner, menu unique. Elle est suivie du contrôleur qui distribue une flopée de formulaires de douane en chinois et en coréen (?!).
Les bas-côtés le long de la voie de chemin de fer sont couverts de magnifiques fleurs jaunes et mauves, agréables touches de couleurs qui tranchent avec la grisaille environnante. L’allure pépère et le roulis régulier sont propices à l’endormissement mais les arrêts en gare, assez fréquents, sont autant de sursauts. Les gares se ressemblent toutes : bâtiments rectangulaires blanchis surmontés des portraits des deux poster-boys nationaux et entourés petits jardinets ornés de pots de fleurs. Sur les voies de garage quelques wagons anciens sont laissés à l’abandon, ailleurs c’est une locomotive emboutie qui rouille en paix.
Les paysages sont heureusement plus variés. Coté compartiment ce sont des champs encadrés de collines encore boisées au sommet, des plaines parsemées de petits villages entourés de haies ou de murs, des bocages parcourus par de larges rivières et bientôt remplacés par des marécages qui s’étendent jusqu’à la côte. Coté couloir, ce sont des petites montagnes qui viennent trempés leurs orteils dans la longue plaine côtière. C’est aussi le coté le plus animé puisqu’une route longe la voie ferrée et c’est également de ce côté que se situent les petites villes, les grosses bourgades et quelques usines.
L’architecture varie à mesure que l’on se dirige vers le nord. Les maisons basses, style fermettes tout en longueur, aux toits couverts de tuiles grises et aux murs plus ou moins blancs des villages sont remplacées par une version plus coquette à mi-chemin puis disparaissent complètement pour laisser place aux enfilades de petits immeubles en béton de trois ou quatre étages laissés à des stades de finition très variables.
La jeune fille revient à l’heure prévue avec un sac plastique contenant des barquettes de riz, de viande et de légumes, une bouteille d’eau et des baguettes. Pas vraiment appétissant mais pourtant très bon… surtout si l’on aime rogner les os !
La promenade digestive ne nous mène pas très loin. Les wagons locaux, longs dortoirs collectifs baignés dans un mélange d’arômes indéfinissables mais tirant vers le répulsif, n’incitent vraiment pas à la visite. Jeux, discussion et lecture meublent le reste du voyage.
Le soleil et le ciel bleu reviennent et illuminent le vaste tapis jaune des rizières qui a fini par remplacer les marécages. Notre compagnon de compartiment pointe au loin les montants d’un immense pont en construction et marmonne « Dandong ». Il s’agit du nouveau pont qui, une fois terminé, reliera la Chine à la Corée du Nord. Nous approchons donc de la frontière et de la ville de Sinuiji dont nous apercevons déjà les premières banlieues décrépies et les usines.
Au-delà des rizières émergent la ville de Dandong et sa multitude de buildings modernes. Le contraste entre les deux rives de la rivière Yalou qui sépare les deux pays est saisissant. Le train finit par s’arrêter complètement. Les passagers des autres wagons envahissent les quais puis disparaissent vers les passerelles. Le personnel militaire fait des va-et-vient puis se décide à monter dans le train pour inspecter les bagages et embarquer les passeports.
Surprise, le douanier qui examine nos valises parle français et se sent d’humeur bavarde ! Evidemment le fait que deux frères puissent avoir des passeports de différentes nationalités le surprend un peu mais pas autant que les paquets de Gauloises Made in Germany recouverts de messages de santé en russe ! Les quelques paquets que nous lui proposons partent discrètement au fond de sa poche, ils ont un effet magique car ils accélèrent la fouille et nous évitent une inspection plus approfondie des appareils photos alors que dans le compartiment d’à côté les seuls mots prononcés par leur douanier sont « Delete photo, delete photo. »
L’attente est longue et l’unique distraction consiste à regarder ces pauvres terrassiers (et terrassières !) sans pelles, ni gants en train de mettre des cailloux sur des chiffons et de les balancer sur les remblais. Deux heures plus tard, premiers signes de mouvements dû au changement de locomotive et de voie. Les douaniers distribuent les passeports au petit bonheur la chance et Luc se retrouve avec le passeport néo-zélandais de l’un des occupants du compartiment du fond !?
Le soleil est sur le point de se coucher alors que nous franchissons le pont de l’amitié sino-coréenne édifié vers la fin des années trente… par les Japonais. L’autre pont, construit vers 1910, fut en partie détruit par les Américains au début de la guerre de Corée et n’a jamais été reconstruit. Je ne sais pas si l’on y danse dessus mais, à voir le nombre de touristes, on s’y promène. Ce ‘pont cassé’ est devenu l’attraction touristique de Dandong car il offre une vue encore plus proche de la Corée du Nord.
Ce passage entre ces deux rives ou plutôt entre ces deux mondes n’est pas sans rappeler le contraste qui existait entre les deux Berlin dans les années quatre-vingts. D’un côté la désolation triste et sombre, de l’autre une orgie de néons, une débauche de richesse et de modernité. Quel extraordinaire contraste.

Quelques minutes plus tard le train s’arrête dans la gare ultra moderne de Dandong. Nouveaux formulaires à remplir et autre défilé de douaniers, ceux-là sont moins sympas mais bien plus efficaces. Nouvelle longue attente, d’autres wagons sont rattachés au notre, reste à trouver la locomotive. Notre compagnon de compartiment nous quitte une fois son passeport tamponné.
Je retrouve le cérémonial des contrôleurs chinois qui se mettent au garde-à-vous devant chaque porte du train et du chef de gare qui salue tout ce qui bouge et lance des coups de sifflet dans toutes les directions. Le train s’ébranle lentement et passe en revue les immeubles illuminés par de savants effets de lumières.
Nous partons à la recherche du wagon-restaurant. Pas une mince affaire car il faut remonter seize wagons archipleins de Chinois qui ont envahis les étroits couloirs déjà encombrés par une multitude de paquets ficelés. Certains assis sur les strapontins préparent le repas du soir, d’autres regardent des films sur leur écran portable, jouent au ma-jong ou encore discutent. Les pauvres contrôleurs que nous croisons ont déjà l’air épuisé. Miracle voilà enfin le wagon restaurant… lui aussi archiplein !
Un Canadien, apparemment habitué des us et coutumes locales, nous apprend qu’il y a un menu unique et qu’il faut attendre une heure. L’important est de trouver une place assise à l’une des tables. La chance est avec nous, une se libère devant nous et il suffit parfois d’ ‘oublier’ quelques règles de politesse… La commande est passée reste à attendre les plats… en compagnie de deux armoires à glace tchèques.
Les plats arrivent au compte-gouttes, poisson, légumes puis un quart d’heure plus tard, poulet, pates puis après un autre quart d’heure porc, d’autres légumes et enfin le riz. Les deux Tchèques ayant perdu patience après le premier plat n’auront gouté qu’au poisson (partagé en quatre) et qu’aux haricots ! Jamais nous n’avons mangé autant pour si peu !
Nous ne risquons pas de nous perdre puisque nous sommes dans le wagon de queue. L’officiel nord-coréen brièvement aperçu ce matin au départ à regagner sa couchette et ronfle déjà. Nous n’allons pas tarder à l’imiter.
Entre Shenyang et Tianjin 22 Septembre
Une chape grise recouvre l’éternel chantier qu’est devenue la Chine. Des grappes de tours d’immeubles connectées par d’immenses avenues envahissent lentement mais surement les rizières et les champs et remplacent inexorablement les vieux villages. Il pourrait être n’importe quelle heure mais il est déjà 7h et nous devrions arriver à Pékin vers 9h30. Si le train K28 (Dandong-Pékin) n’est pas le plus rapide (14 heures pour 1132 km), ses couchettes sont au moins très confortables.
A l’heure pile nous entrons en gare de Pékin. Il y règne une atmosphère similaire à celle de la gare de Lyon un jour de grand départ multiplié par dix, allez x 3 car c’est Dimanche ! Nous suivons la foule vers la sortie et nous nous retrouvons sur le vaste parvis. Les queues aux stations de taxi sont interminables. C’est un handicapé et son tuk-tuk qui sauve la situation. Certes le prix de la course, vu l’inconfort et la courte distance est phénoménal mais il y a des sacrifices qu’il faut savoir faire… Coincé la valise sur les genoux tout en aspirant les gaz des pots d’échappement, je l’entends déjà en train de se vanter à la pause devant ses collègues : « Vous savez pas les mecs, ce matin j’ai comme gagné le Lotto avec ces deux rigolos, ils avaient même un air de ressemblance ! Et même que quand ils ont sorti leurs Euros, j’les ai en plus entubé avec le taux de change. Des bleus qu’y z’étaient. Pas besoin de bosser demain, tranquillou ».
Heureux d’avoir accompli notre BA (bonne action pour les non-Scouts !) de la journée auprès de ce brave monsieur, nous découvrons notre chambre luxueuse louée au rabais quelques jours plus tôt sur Internet (comme quoi ce que l’on gagne ici on le perd là et vice-versa…).
Quelques heures plus tard, nous prenons un taxi (un vrai) pour aller visiter le Temple du Ciel, un monument incontournable de Pékin situé au milieu d’un grand parc. Un petit coup d’autoroute urbaine et nous débarquons vingt minutes plus tard devant la porte sud et rejoignons les nombreux groupes de touristes venus de toutes les provinces de Chine et de Xio-Navarre et arborant des casquettes de toutes les couleurs.
Une lecture des panneaux d’information nous apprend que l’ensemble date du tout début du XVème siècle et comporte des ajouts datant du XVIème siècle. Ce complexe est le lieu où les Empereurs des dynasties Ming et Qing, qui en tant qu’intermédiaires entre l’humanité et le royaume céleste, offraient des sacrifices au ciel et priaient pour l’obtention de moissons exceptionnelles. Son organisation est liée à la cosmologie chinoise dont l'équilibre reposait sur l'Empereur et son respect des rites. La disposition des différents édifices ainsi que leur forme et leur couleur reprend la thématique du Ciel (bâtiments ronds avec des tuiles bleues) et de la Terre (enceintes carrées et tuiles vertes)
Nous suivons l’allée principale qui mène à l’Autel Circulaire édifié en 1530 puis reconstruit en 1740. Passé le mur d’enceinte carré, nous découvrons une étendue herbeuse et au centre l’autel rond composé de trois terrasses culminant au centre dans une représentation symbolique du chiffre 9. Le chiffre 9 et ses multiples ayant une importante valeur symbolique, il y a donc 9 cercles concentriques qui radient de la pierre centrale, le premier cercle comprend 9 pierres et le dernier 81 (9x9) pierres taillées au millimètre près (qu’ils ont dû bien s’amuser les tailleurs !). Idem pour les marches, toujours par groupes de 9. Quant à la balustrade qui entoure la terrasse, elle comprend 360 balustres en marbre.
Curieusement de nombreux vieux touristes chinois font la queue pour se mettre quelques secondes sur la pierre centrale et une fois dessus claquer des mains ?! Superstition, vœu ? Une explication est donnée par un écriteau : ‘Lorsqu'on se tient sur cette pierre centrale, le bruit que l'on fait en tapant des mains ou en parlant est amplifié’.
Un peu plus loin nous pénétrons dans une autre enceinte ronde (la Voûte Céleste Impériale) qui comprend un pavillon en forme de rotonde construit sur un tertre en marbre et surmonté d’un toit conique et deux autres édifices rectangulaires abritant des tablettes et des peintures. Celui de gauche est dédié au Yang (divinité du soleil) celui à droite au Yin (divinité de la Lune). C’est beau la culture quand même ! Ici aussi il existe une curiosité sonore mais vu la foule qui se bouscule nous ne risquerons pas de l’entendre ! Parait-il donc qu’il existe trois dalles sonores : ‘Si l’on tape des mains devant la première dalle, on obtient un simple écho, si l’on refait l’expérience devant la deuxième, l’écho est double et triple devant la troisième’. Il faudra revenir la nuit pour tenter l’expérience !!!
Il est temps de faire une pause et de s’éloigner un peu de la foule. Ce n’est pas l’espace qui manque (le parc fait plus de 270 hectares !) ni les endroits paisibles sous les pins-cyprès (il n’y a que ça et par milliers !). C’est aussi l’occasion d’observer les Pékinois en train de pratiquer le Taichi et le Qigong (variantes de gymnastique traditionnelle chinoise) ou encore d’admirer ces danseurs qui font tournoyer des longs rubans et d’écouter ces musiciens jouer de leurs anciens instruments (tant qu’ils ne chantent pas c’est tout bon !).
Nous poursuivons la visite-balade en empruntant le Pont Danbi, une espèce de promenade surélevée de 360 mètres de long et presque 30 de large, composé de deux parties différentes, l’une pour les Empereurs, l’autre pour les Princes et autres dignitaires. Il relie le temple la Voute Céleste Impériale au Temple des prières pour de bonnes moissons et est aussi appelé la Voie Sacrée normal puisqu’il est censé nous emmener au Paradis. Peut-être est-ce pour cela qu’il a la particularité d’avoir son extrémité au nord légèrement plus haute que celle au sud ?
Une fois franchie l’enceinte marquée par une magnifique porte située en haut de quelques marches usées et glissantes, nous pénétrons dans une cour dominée par un somptueux bâtiment posé sur trois terrasses en marbre superposées. Le temple, haut de 38 mètres et d’un diamètre de 30 mètres, entièrement en bois (et sans un seul clou parait-il !) est surmonté de trois toits ronds en tuiles bleues. La rotonde qui s’élève devant nous a été reconstruite (en 1889) à l’identique de l’originale (édifiée en 1420).
A l'extérieur, au milieu de l’escalier, trois pierres représentent les nuages, le phœnix et le dragon. A l'intérieur, quatre grosses colonnes symbolisent les quatre saisons au centre, puis douze colonnes symbolisent les douze mois de l'année et encore douze autres les divisions d'une journée. Enfin, les 28 dernières représentent les 28 constellations.
Juste à l’est, se trouve le Temple du Jeûne qui comme son nom l’indique était le lieu où l’Empereur et ses ministres jeûnaient pendant trois jours avant chaque cérémonie. Il sert maintenant de salle d’exposition retraçant la récente restauration du temple (pour les J.O. de 2008).
Nous apprenons également que les dernières cérémonies sacrificielles consacrées au ciel ne furent interdites le gouvernement de la République Chinoise qu’en 1911. Le Temple du Ciel aura donc été le témoin de 654 actes d'adoration céleste pratiqués par 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Depuis 1918, il est ouvert en tant que parc public.
Après en avoir fait le tour une paire de fois et admirer les magnifiques décorations pleines de couleurs, il est temps de se perdre dans les allées de cet immense parc. Nous sommes attirés par des chants que nous entendons au loin. Juste à côté des Sept Pierres (représentant les sept sommets du Mont Taishan, une montagne sacrée en Chine), quelques musiciens sont entourés d’une chorale qui chante des airs populaires repris en cœur par la foule. Plus loin nous assistons à une partie de Go. Sur le chemin de la sortie nous croisons des familles venues prendre une bouffée d’oxygène ou venues faire un peu d’exercices physiques.
Nous retrouvons brièvement les grands boulevards bruyants avant de nous perdre dans le Hutong Xiaoxi et sa multitude de petites rues tranquilles. Enfin nous retrouvons dans le quartier piétonnier de Dashian que nous connaissons déjà. C’est apparemment la période des soldes et les magasins regorgent de clients avides de faire des affaires. Trop peu pour nous, après une bonne soupe nous regagnons notre hôtel en métro.
Aux infos, j’apprends que le typhon Usagi fait des siennes, que l’aéroport de Hong Kong est fermé et que tous les vols transitant par Hong Kong sont annulés demain (le jour de mon départ !). Manquait plus que ça tiens !
Coups de fils à droite à gauche, qui après de longues attentes, ne m’apprennent pas autre chose : les vols sur Hong Kong sont bien annulés et il est inutile d’aller à l’aéroport demain !
Les angoisses tendant à creuser l’estomac, nous ressortons à la recherche d’un resto. Il fait nuit et le quartier ne semble pas être le meilleur pour trouver ce que l’on cherche. Par contre nous n’aurions pas de problème si nous voulions nous faire couper les cheveux… un dimanche à 21h.30 !!!
Finalement, après une marche plus longue que prévue nous atterrissons dans une espèce de bistro jazzy qui aurait plus sa place à New York qu’à Pékin mais voilà, c’est bien la preuve nous vivons à l’heure de la mondialisation !
23h. C’est sur les images de la BBC montrant les queues de voyageurs bloqués dans les salles d’attente de l’aéroport d’Hong Kong que je m’endors. Mauvaise nuit en perspective !
Pékin 23 Septembre
Le réveil sonne très tôt ce matin. Aux nouvelles télévisées, le typhon semble avoir épargné la ville de Hong Kong. Je suis déjà pendu au téléphone et apprends que mon vol a bien été annulé. Reste plus qu’à aller rendre visite aux bureaux de la Cathay Pacific situés à perpette les olivettes pour essayer de trouver une autre solution.
Dehors il pleut. Marche et métro jusqu’aux Twin Towers (eh oui il y en a aussi à Pékin… moins imposantes mais encore debout, elles !). Bizarrement, je suis l’unique client ! Tant mieux car l’on me trouve un vol de remplacement avec Air China via Sydney qui part dans quatre heures ! Célébrations au Starbuck d’en bas avant de filer à l’hôtel faire la valise et prendre le métro jusqu’à l’aéroport. Au revoir précipité. A quand et sur quel continent les prochaines retrouvailles ?
Le voyage du retour est bien plus long et plus pénible que celui de l’aller. Air China est loin d’égaler la qualité et le service de la Cathay Pacific en plus ce détour par Sydney double pratiquement la durée du voyage. Mais voilà ! L’imprévu c’est aussi l’épice des voyages !
Conclusion:
Depuis mon retour, la Corée du Nord et son Jeune Grand Leader ont continué, d’une manière ou d’une autre à dominer une partie des actualités : limonage puis exécution de l’oncle, inauguration d’une station de ski, menaces de guerre suivies de propositions de paix, propositions de réformes économiques, visite controversée d’un joueur de basket américain, procès et emprisonnement d’un missionnaire américano-coréen, diffusion de nouvelles photos de camps de travail… etc. Incroyable comme ce petit pays, qui devrait être aussi insignifiant qu’un petit pays africain, fait autant parler de lui.
La Corée du Nord est-elle réellement une menace ?
Une armée d’un million de soldats et l’arme nucléaire peuvent le faire croire mais, sans être expert en la matière, il s’agit d’une armée sous-équipée, bien endoctrinée mais peu motivée, un peu comme l’était celle de Saddam (pourtant tant redoutée par la presse américaine !). L’arme nucléaire peut certainement créer de sérieux dégâts mais son utilisation entrainerait une réplique catastrophique pour la Corée du Nord que l’on imagine mal le Jeune Grand Leader (ni Obama ou Poutine d’ailleurs) appuyer le premier sur bouton rouge. La rhétorique nord-coréenne n’impressionne même plus la population sud-coréenne comme l’ont montré les dernières menaces d’essais nucléaires. Pour la Corée du Nord, l’arme nucléaire est avant tout un moyen permettant de poursuivre des négociations politiques et économiques avec leur pire ennemi : les Etats Unis d’Amérique.
La division de la péninsule est-elle inéluctable ?
Une chose est certaine : l’actuelle séparation des Corées (elle dure depuis soixante ans maintenant) est un statuquo qui profite à tout le monde. L’état de guerre permet à la Corée du Nord le maintien du régime politique en place qui repose sur une mobilisation permanente et impose des sacrifices à une population isolée et enfermée. Il permet aux Etats Unis de maintenir d’importantes bases militaires proches de la Chine et d’offrir une relative protection à ses deux alliés principaux de la région : la Corée du Sud et le Japon. Pour la Chine, la Corée du Nord est une zone tampon capitale et sur laquelle elle pèse politiquement, c’est aussi est une excuse supplémentaire pour augmenter son budget militaire et tenter de rétablir l’équilibre des forces face aux Etats Unis.
Sur le plan économique, une réunification (toujours envisagée comme une mainmise du Sud sur le Nord) pourrait créer des problèmes à tout le monde et s’avérer être catastrophique, particulièrement sur le plan humanitaire, pour la Corée du Sud qui n’a certainement pas les moyens financiers d’absorber un aussi gros morceau et pour la Chine (réfugiés). Pour le Japon, comme pour la Chine d’ailleurs, une Corée unifiée aurait le potentiel de devenir une puissance économique concurrente trop importante. Pour les Etats Unis, ils perdraient un pied sur le continent asiatique. En fait, à l’heure actuelle, la seule puissance régionale susceptible de supporter une réunification coréenne serait… la Russie. Quel paradoxe !
Vaut-il mieux être Nord ou Sud-Coréen ?
Pour ma part rien ne m’a donné envie de m’installer en Corée du Nord et je ne connais pas (encore !) la Corée du Sud. Je suis donc bien heureux de pouvoir retrouver l’Australie. En fait c’est une question à laquelle seuls les Coréens peuvent répondre. Le problème est que les Nordistes ne peuvent pas aller au Sud ni les Sudistes aller au Nord pour faire la comparaison, leurs gouvernements respectifs le leur interdisant !
Point de vue confort, infrastructure, modernité… etc. le Sud l’emporte haut la main.
Point de vue pollution, le Nord est mieux placé puisque moins développé.
Point de vue politique, la dictature au Nord s’est installée, celle au Sud s’effiloche avec le temps mais n’est pas encore enterrée complètement. L’actuelle présidente Park Geun-hye, la fille d’un précèdent dictateur, semble parfois regretter le bon vieux temps. Les partis politiques sont corrompus, le Parlement prend parfois des allures de ring de boxe, les manifestations sont parmi les plus radiales et les plus violentes et la presse de plus en plus en liberté surveillée. Certes rien de comparable avec la chape de plomb au Nord.
Point de vue éducation, au Nord gratuite mais limitée, peu de moyens, et très encadrée. Au Sud, extrêmement chère, compétitive et épuisante. Une jeunesse endoctrinée et militante au Nord, une jeunesse désabusée et déprimée au Sud.
Point de vue social, c’est quand même le point fort des régimes communistes même s’il reste de sérieuses lacunes comme par exemples la qualité des logements et la qualité des soins. Pendant ce court séjour je n’ai pas vu de mendiants, ni d’affamés, dans la capitale ou dans les régions traversées (mais peut-être étaient-ils déjà dans des camps spéciaux ou aux cimetières !). Par contre, je viens de lire dans le Weekly Guardian (31/01/14) un article de Chico Harlan du Washignton Post sur les personnes âgées oubliées en Corée du Sud où l’on apprend qu’il est fréquent de rencontrer dans les rues de Séoul des petits vieux survivre en faisant les poubelles ou en ramassant des cartons, en fait 50% des personnes âgées sont pauvres (un record, tiens un autre ! dans les pays industrialisés) et que le taux de suicide a triplé depuis 2010. En effet, il n’y a pas de régime de retraite pour cette génération qui a reconstruit le pays après la guerre, et le pourcentage d’enfants s’occupant de leurs parents âgés est passé en quinze ans, de 90% à 37%, en cause un changement des mentalités et des pressions financières de plus en plus fortes. Si tout est gris au Nord, tout n’est pas rose au Sud non plus…
La solution serait donc de naitre au Nord, de travailler au Sud et de prendre sa retraite au Nord ou alors de faire ce que de plus en plus de jeunes (Sud)-Coréens font : immigrer le plus loin possible de cette foutue péninsule !
La page aux photos: ICI et d’autres liens intéressants: Urbanisme de Pyongyang www.academia.edu/...nalysis_of_Pyongyang_
Frontière inter-coréenne ceriscope.sciences-po.fr/...ela-la-guerre-froide
Nos plus belles photos 2014 English translation pending
Bonjour à tous les voyageurs photographes du monde 🙂
Bienvenue à notre rendez-vous annuel: "Et si nous terminions l'année en partageant nos plus belles photos 2014 ?"
Je vous propose de poster votre top 10 (maximum car choisir c'est éliminer, éliminer c'est progresser 😛) - la majorité réalisées en voyage - D'autres pour nous faire découvrir un coin de votre pays, ville, village, jardin, maison, cabane... - 1 ou 2 en thème libre
On essaye de ne pas tricher, la photo devra être réalisée en 2014 (attention les exifs sont bavards 😉), qualité de rigueur mais n'oublions pas que nous ne sommes que d'humbles amateurs !
Merci de ne pas tout proposer dans le même message afin d'aérer le fil en postant remarques, critiques ou conseils (bienvenus).
Bienvenue à notre rendez-vous annuel: "Et si nous terminions l'année en partageant nos plus belles photos 2014 ?"
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On essaye de ne pas tricher, la photo devra être réalisée en 2014 (attention les exifs sont bavards 😉), qualité de rigueur mais n'oublions pas que nous ne sommes que d'humbles amateurs !
Merci de ne pas tout proposer dans le même message afin d'aérer le fil en postant remarques, critiques ou conseils (bienvenus).
Costa vs MSC, un gagnant? English translation pending
Bonsoir à toutes et à tous,
Certains le savent déjà, je viens de rentrer de ma première croisière avec Costa après 15 croisières avec MSC et 1 avec Croisières de France (pour situer mon profil pour celles et ceux qui ne me connaissent pas) en 4 ans. Pour compléter mon profil, je précise que nous voyageons avec notre dernière de 12 ans et prenons la croisière comme un hôtel se déplaçant (plus de contraintes de défaire et refaire les bagages comme lors d'un circuit pour voyager). Nous privilégions par goût et pour le volet financier, les escales en solo. A toutes fins utiles, mon blog (http://escales.blog.free.fr.blog.free.fr/index.php) de comptes rendus relate nos expériences positives ou négatives sur le déroulé des escales parcourues. Je tente au possible comme beaucoup de mettre des éléments d'informations afin d’aider tout à chacun à préparer ses futures escales si besoin est.
Sur les forums français où je prépare mes escales, et également sur celui de VF, je lis souvent les pro-Costa contre les pro-MSC.
Pourquoi le choix de Costa ou de MSC pour nous plutôt que d'autres compagnies (J'élimine du débat Croisières de France que nous avons déjà testé et je ne remettrai pas ici mes impressions sur l'Horizon) ? Pour le moment, ces compagnies sont plus intéressantes pour les familles car les enfants de moins de 18 ans ne paient que les frais dits portuaires (et les frais de service à la fin de la croisière) alors que chez les autres compagnies, les enfants sont considérés comme des adultes et paient donc le prix fort.
Mais il est toujours difficile de se faire une opinion au travers de l'avis des autres car chacun est différent et à des attentes différentes, d'autant que certains sont objectifs et d’autres non.
Bien que client privilégié chez MSC dorénavant (les cartes de fidélités tendent à faire rester le primo-croisiériste dans le sillage de la compagnie choisie pour sa première croisière en lui octroyant un pourcentage de réduction de plus en plus important sur le prix de ses prochaines croisières), nous avons profité d'un recadrage sur les vacances scolaires des bateaux MSC sur des parcours de croisière que nous connaissons déjà en attendant l'arrivée de leurs nouveaux bateaux (+ ceux qui vont être agrandis) afin de tester Costa.
Ce qui suit après est donc un avis personnel qui je l’espère tentera de rester le plus objectif qui soit (mais qui dit opinion dit forcément un peu de subjectivité non ?). Je ne suis en aucun cas une professionnelle du tourisme et ne tire aucun bénéfice de mes propos (je dis cela car des personnes m’écrivent en me demandant si je suis tour-opérateur ou si je fais partie de VF etc….).
C'est également un avis provisoire n'ayant que l'expérience d'un bateau chez Costa et que Costa a d'autres gammes de bateau (type neoromantica, bateau plus grand ou plus petit) et donc d’autres organisations. C’est le cas pour MSC également qui as de grandes lignes directrices sociétales dans son organisation mais la gestion interne mis en place sur chaque bateau est propre au personnel de direction du moment.
Pour être juste, lorsque je compare le Costa Pacifica à un bateau MSC, je prends en comparaison un bateau de même gamme comme le MSC Magnifica.
Source Wikipédia / base de comparaison : - Costa Pacifica (http://fr.wikipedia.org/wiki/Costa_Pacifica) = bateau de 2009 – Construit en Italie (chantiers Fincantieri) pour 500 millions d'euros – 290 m de longueur – Tonnage de 114 150 tonnes / Propulsion 6 moteurs Diesel – 1504 cabines – 3780 passagers au maximum – Équipage 1000 à 1100 – Bateaux dits jumeaux : Ex-Concordia / Serena / Favolosa et Fascinosa – 17 ponts (dont 13 pour les passagers)
- MSC Magnifica (http://fr.wikipedia.org/wiki/MSC_Magnifica) = bateau de 2009 – Construit en France (STX France) pour 360 millions d'euros – 293,80 m de longueur – Tonnage de 93 330 tonnes / Propulsion 5 moteurs Diesel – 1 257 cabines – 2250 passagers au maximum – Équipage 1014 – Bateaux dits jumeaux : Poésia / Orchestra – 16 ponts (dont 12 pour les passagers)
Au point de vue lieu de construction du bateau
Bien sûr mon esprit Cocorico est forcément très subjectif et préfère les bateaux MSC car de fabrication française (bien que 2 des prochains bateaux en commandes proviendront des mêmes chantiers italiens qui fabriquent les bateaux Costa).
Au point de vue de la conception du bateau
Pour moi le gagnant c'est MSC car les bateaux (de même calibre et de durée de vie donc) sont beaucoup plus simples pour s'orienter. Après 12 jours à bord du Pacifica, je me perdais encore. Il y a également plus de portes menant aux ponts latéraux chez MSC. Costa en privilégiant les recoins pour le côté intimiste et les ouvertures pour créer des espaces avec des plafonds haut de 3 ponts voir plus, à limiter de ce fait l'espace commun (moins de place pour des bars et pour trouver une place assise pour boire un verre le soir et écouter de la musique ou autre, il y a intérêt à arriver de bonne heure). Et pour retrouver quelqu'un, on peut vite faire un marathon si l'on a pas penser à mettre l'application Costa sur son téléphone. De manière général, l'intérieur du Pacifica est sombre (beaucoup plus que les bateaux MSC que nous avons pu tester) car la plupart des fenêtres ont des barres de métal dessus.
Au point de vue décoration du bateau
Là, c'est bien entendu subjectif (tous les goûts sont dans la nature ne dit-on pas). Pour ma part, je préfère MSC car plus classe, moins dâté et plus reposant pour les yeux. Pas mal de revêtements utilisés sur le Pacifica apparaissent très « factices ». Les myriades de petites ampoules sont agressives pour les yeux ce qui est accentué par le manque de luminosité naturelle. Pas terrible pour les personnes ayant tendance aux migraines.
Au point de vue de l'organisation à Nice pour prendre le bus
Costa arrive en tête. Une dame Costa que l'on ne pouvait pas manquer visuellement attendait en face de la sortie principale de la gare et n'hésitait pas à interpeller les personnes lorsqu'elle voyait les étiquettes Costa sur les valises afin de les orienter vers le dépose-minute à droite de la gare (gare dans le dos). Arrivés à ce niveau, une autre dame prenait les noms des personnes et orientait ensuite vers le bus ou nous pouvions mettre les valises et monter dedans. Le personnel était entièrement francophone contrairement à MSC. Cerise sur le gâteau, des bus étaient arrivés tôt et nous avons pu partir dès 11 heures au lieu de 12h15 comme initialement prévu, ce qui nous a permis d'arriver tôt à Savone (13h20 contre 14h45 prévu).
Au niveau de l'enregistrement au port d'embarquement
Là, c'est vraiment partagé. Bien que le système d'enregistrement en amont de chez Costa soit plus performant que MSC (pas de perte de temps pour enregistrer sa carte bleue à l'embarquement et remise des cartes en cabine directement et non fabrication à l'embarquement), le temps d'attente est étrangement long alors que le système aurait du permettre à Costa d'être plus performant. Je parle bien entendu pour un client lambda qui ne possède pas de priorité de par sa carte de fidélité.
A l’arrivée au lieu d’embarquement, les procédures diffèrent donc :
Chez MSC : Lorsque l’on descend du bus en provenance de Nice, les bagages sont pris en charge. On est invité à descendre et à se rendre jusqu’à la file d’attente menant au guichet d’enregistrement. La file est toujours impressionnante mais il y a toujours un grand nombre de personnel qui écluse la foule dans des délais assez corrects en général. Arrivé au guichet, on remet notre carnet de voyage (document généralement imprimé envoyé par l’agence de voyage avec le numéro de contrat MSC), on prend chaque personne de la cabine en photo numérique et on règle le formulaire de règlement des dépenses (Carte bleue ou espèces). On nous remet les cartes personnelles de croisière (une pour chaque membre). Puis on est dirigé vers le passage douane et vers le photographe pour prendre une photo d’embarquement. S’en suit plusieurs petits stands pour découvrir les offres pendant la croisière (clubs enfant, forfaits boissons, excursions, SPA). Au stand des boissons, est mis à disposition des boissons pour se rafraîchir. Une fois à bord, il y a un stand en lien avec la sécurité pour les enfants où l’on met au moins de 12 ans un bracelet et où l’on fournit un gilet de sauvetage spécial enfant. On est ensuite orienté vers la cabine par le personnel.
Chez Costa : Lorsque l’on descend du bus en provenance de Nice, les bagages sont pris en charge également. On nous donne un numéro et un papier sanitaire à remplir. On nous invite ensuite à rejoindre la salle d’attente en attendant que l’on appelle notre numéro. La période d’enregistrement était programmée entre 13h et 15h30 avec un départ du bateau à 16h30. Comme je l’évoquais plus haut, nous sommes arrivés à 13h20. Au départ, nous pensions passer relativement rapidement car moins de paperasserie à faire à l’embarquement puisque l’enregistrement de la carte bleue était pré-établie en amont et qu’il fallait reconfirmer à bord la carte bleue dans l’une des bornes à cet effet sur le bateau. Nous avons attendu dans un premier temps dans la salle d’attente face au guichet d’enregistrement. Nous avons finalement été profités de la terrasse du café annexée à la salle d’attente. Pendant l’attente, nous avons récupéré sur une table non signalisée un programme du club enfant. Notre numéro n’a pas été appelé avant 16h10. Au guichet 2 personnes, une pour récupérer le formulaire sanitaire dans le bus et l’autre pour récupérer le formulaire d’embarquement présent dans notre carnet de voyage et prendre une photo (presque 3 heures d’attente pour 10 secondes au guichet ?!?!?). Puis passage en douane (scan des sacs) par 2 douaniers puis photo juste après la montée sur le bateau. Du personnel fait signe d’avancer vers le bureau des excursions (au fond derrière, un stand d’1 mètre pas très visible, il y avait un stand pour les forfaits boissons). Et là, on se débrouille car la chaîne de personnel jusqu’aux ascenseurs n’était pas tenue. Un peu perdu dans ce nouveau décor où nous n’avions pas nos marques habituelles. 5 Minutes se passent avant que le personnel revienne en place et direction la chambre qui est ouverte. Sur le lit, on trouve le journal de bord du jour, les cartes de croisière, les informations pour le service de table le soir, les informations sur les excursions et un gilet de sauvetage pour enfant. au point du vue information à l'embarquement : MSC est plus performant. Après l'enregistrement dans les ports principaux, l’enfilade de stands donne les tarifs et les informations sur les boissons, les clubs enfants, les excursions. Chez Costa, il faut aller à la pêche aux informations pour le club enfant et les tarifs du SPA.
au point de vue information à bord
je trouve le journal de bord de MSC plus clair car certaines informations sur le Today Costa manquent ou sont peu lisibles. Pour avoir certaines informations, il faut forcément demander chez Costa car il y a très peu d'information sur les packages boissons (les dépliants sont en général caché sur le promontoire des bars et étaient non fournis au restaurant). Idem pour le SPA (qui apparaissent au fur et à mesure sur une table à l’entrée du SPA tout au long de la croisière mais souvent que des dépliants sans tarifs), le studio de musique...alors que chez MSC l'information est quasi-systématiquement affiché sur le côté des bars; Costa dispose de totems interactifs multilingues proposant pas mal d'informations et la réception du bateau renvoie la plupart du temps à l'utilisation de ces totems (cela limite le nombre de personnel et le nombre de langues utilisées à l'accueil ?). Les totems sont assez pratiques mais sont pris d’assaut (voir inaccessible) au début de la croisière.
au point de vue information sur la télévision
le plus de Costa est de pouvoir consulter ses dépenses à bord. Enfin, je n’ai pas revérifié sur les dernières croisières MSC car nous avons pris l’habitude d’aller à la comptabilité puisque l’on ne pouvait pas le faire auparavant.
au point de vue films à la télévision
sur les bateaux de ce format chez MSC, les films étaient gratuits mais payants pour les grands bateaux. Sur le Pacifica, c'était payant.
au point de vue SPA
je n'ai pas testé le SPA payant de Costa mais contrairement à MSC, il y a un sauna homme et un sauna femme gratuits sur le Costa Pacifica sinon, pour le reste des prestations du SPA, Costa est plus cher à l’unité et pousse à prendre des forfaits sur l’ensemble de la croisière qui en prenant un forfait sur l’ensemble de la croisière, devient moins chez que MSC.
au point de vue salle de sport
MSC fait signer une décharge, pas Costa. Le matériel à disposition gratuitement est similaire pour les 2 compagnies. Par contre, il n'y a pas sur le Pacifica d'espace permettant de s'étirer ou autre (le seul espace au sol disponible est fermé et réservé aux activités payantes tel que pilates, yoga et vélos d'appartement supplémentaires payants). De même, pas de vue possible sur la mer chez Costa car les vitres ouvertes sur la mer arrive au niveau des épaules lorsque l'on est sur un appareil. Au lieu de pouvoir regarder la mer, on regarde le mur directement, pas top. Même s'il est noté qu'il faut être en tenue de sport et que la salle est interdite aux enfants, personne de chez Costa ne faisait respecter ces règles. Du coup, bienvenue au royaume des mômes et des mamies en tong. Super difficile par moment également d'avoir un appareil disponible (normalement 20 mn d'utilisation par appareil). Pour finir, pas vu de matériel pour nettoyer un appareil après utilisation. Sinon, les horaires d'utilisation sont quasi les mêmes pour les 2 compagnies
au point de vue tarifaire boisson
Costa est globalement plus cher
au point de vue frais de service / Hôtelier
Costa est plus cher que MSC. Chez Costa, le prix diffère du bateau et de la zone de navigation de la croisière. Chez MSC, le prix diffère uniquement de la zone de navigation de la croisière. A noter qu’en cas de non satisfaction, MSC indique dans ses clauses qu’il est possible de ne pas payer ces frais : http://voyageforum.com/...acultatifs-d6769399/
au point de vue boutique
COSTA apparaît plus cher sur les cigarettes, sur la boutique logo (ex : maquette bateau en métal 19€90 chez MSC – Made in China, plus de 30 € chez Costa – made in Italy), etc...
accès aux piscines, jacuzzis, transats
Beaucoup de monde et de non civisme. Pas de personnel Costa pour empêcher les enfants (même les bébés en couche) de barboter dans les jacuzzis. En règle général, lorsqu'il y a abus, les règles sont appliqués dès signalement à la réception chez MSC où ce phénomène est plus isolé (en particulier pendants les vacances d'été en méditerranée).
accès à la cafétéria
On peut manger à proximité des piscines chez Costa alors que c'est interdit chez MSC pour des questions d'hygiène. Sur le Pacifica, il n'était pas rare de voir certains se ballader en maillot de bain ou pied nus à la cafétéria alors qu'une nouvelle fois c'est interdit chez MSC pour des questions d'hygiène. Gros bémol chez Costa, la cafétéria est fermée le soir à partir de 17 heures. Grosse déception car nous étions au 2ème service et les enfants dormaient sur la table le soir alors que nous aurions pu comme chez MSC les faire manger avant à la cafétéria. Un buffet a été miraculeusement ouvert un seul soir pendant la croisière mais l'information n'était pas relayée dans le journal de bord. Possibilité de manger dans un restaurant payant le soir (MSC a également des restaurants thématiques payants) sur le Pacifica : soit 25 € par personne dans le restaurant indiqué comme gastronomique soit 4 € pour une pizza servi dans une partie de la cafétéria où l’on a mis des nappes sur les tables.
au niveau de la nourriture à la cafétéria
c'est du classique. Idem chez les 2 compagnies mais nous utilisons rarement à la cafétéria à cause du bruit et de l'effervescence qui tend à se marcher dessus et/ou à se montrer agressif. au niveau de la nourriture au restaurant inclus dans le prix de la croisière : c'est partagé. MSC est très linéaire dans les goûts proposés et est quasi constant sur la qualité gustative. MSC ne fait pas du gastronomique à la française mais c’est relativement correct (ratio prix de la croisière / service fourni). Chez Costa, en tout cas sur le Pacifica, c'était soit excellent, soit très médiocre. Il n'y avait pas de juste milieu. Du coup, on alternait entre le fait d'être hyper ravi (fromage, poisson, pâtisserie, yaourt....) ou hyper pas content (pâtes parfois pas cuites, pains rassis, viandes souvent trop cuites, pizza bof). Du coup, entre les bonnes et mauvaises surprises (surtout s'il l'on ne peut compenser à la cafétéria le soir), je préfère MSC même si cela ne frôle pas le 4 étoiles gustatif, au moins, on est sur de manger à sa faim). Nous avons fait la connaissance d'un croisiériste italien qui nous déclarait qu'au bout de 42 croisières uniquement chez Costa en 8 ans, il arrêtait les frais et commencerait à rechercher pour sa prochaine croisière un autre croisiériste car il était de plus en plus déçu par l'offre culinaire. Le menu enfant n'est pas très varié et les enfants de nos amis étaient lassés au bout de 4 jours. A noter également, que MSC propose toujours des grillades au cas où le menu ne convienne pas.
au point de vue de l'organisation du petit-déjeuner au restaurant
Chez MSC, la majeure partie des plats est à la commande et des serveurs apportent à chaque table jus de fruit reconstitué, brioches et viennoiseries, pains, cafés, chocolat = une carte donnée à chaque personne attablée. Chez Costa, le café et chocolat est servi à table. Il y a un buffet (donc on en revient comme à la cafétéria ce que l’on ne recherche pas en choisissant de venir au restaurant) et l'on peut commander certains choses également. Il y a une seule carte toutefois pour commander posée sur la table mais selon le serveur, il était très difficile de passer une commande et la carte du menu disparaît très rapidement ainsi que le serveur ce qui empêche de manière général de passer commande et oblige à utiliser le buffet froid. Le buffet propose fromage, yaourt en saladier, jus de fruit, fruits, charcuterie, kellogs, lait.... Comme il est difficile de passer entre les tables, il y a pas mal d'incidents surtout avec les enfants. Au point de vue de l’attente pour aller au restaurant : Sur le Pacifica, il fallait être extrêmement patient pour avoir une table le matin et le midi et il fallait éviter d’arriver 30 mn avant la fermeture sinon on était refoulé. Les gens qui attendaient en devenaient agressifs par moment. Nous n’avons jamais connu cela chez MSC. Le soir, pour éviter la cohue comme le midi, nous passions par la porte arrière du restaurant.
au point de vue club enfant et adolescent (12-17 ans)
Les enfants de nos amis n'avaient pas envie de tester le club enfant et notre fille n'a pas testé le club ado pour rester avec eux. Cela semble similaire mais Costa n'emmène pas les enfants au spectacle le soir. De même, certains intitulés m'ont un peu choquée pour le club ado Costa (Speed dating, le couple idéal...) qui peuvent éventuellement se comprendre pour des ados de 17 ans mais à 12 ans ????
au point de vue des jeux proposés aux enfants (hors salle de jeux vidéos)
Table de ping-pong et autres est payant chez Costa. Prévoir un budget car c'est le coin de rencontre des ados ou raquettes et balle de ping-pong- MSC met à disposition des jeux de sociétés et le signale chaque jour dans le journal de bord. Pas vu de système de ce genre chez Costa, ni d'information sur le journal de bord à ce sujet.
au point du vue du spectacle le soir au théâtre
MSC est largement meilleur. Les spectacles Costa étaient bien mieux que Croisières de France tout de même. MSC a vraiment des spectacles qui intègrent à l'occasion des artistes indépendants. Sur le Pacifica, les bons spectacles correspondaient aux spectacles d'artistes indépendants (Le ventriloque que nous avons vu sur le Pacifica, nous l'avions vu sur MSC sur le Splendida). Les autres spectacles sont constitués de tableaux posés les uns à côté des autres la plupart du temps sans fil conducteur. Et quand il y a soirée de Gala, les spectacles MSC sont vraiment plus jolis que ceux des autres jours. Chez Costa, chaque journée est similaire. Il n'y a pas de différenciation ni de côté spectaculaire.
au point de vue animation
les animateurs ont plus de mal à parler le français sur Costa et réduisent souvent les animations à l'italien et ce, malgré que nous étions plus de 1000 français à bord.
Animation au restaurant Pour les 2 compagnies, il y a un repas que l'on peut qualifier d'améliorer pour les soirs de gala. Le décorum est plus beau chez Costa (chandelier avec bougie allumée en plus des fleurs fraiches tous les jours). De même, chez Costa, les serveurs ont une tenue différente tous les jours (idems pour les serveurs sur le bateau) ce qui est agréable à l'oeil. Chez MSC, il y a une animation quasi-identique sur chaque bateau MSC (gâteau, chanson) à la fin d'un repas de gala ce qui complète la soirée de gala avec le spectacle amélioré également. Chez Costa, la fin du repas est classique car pas d'animation spécifique. Cela ne met pas de touche finale à la soirée de gala. L'animation chez Costa se fait chaque journée en mer et par contre, cela met le feu au restaurant beaucoup plus que chez MSC. Un compromis des 2 compagnies serait excellent.
Soirée de gala du commandant
Chez MSC, un pot est offert à l’ensemble des croisiéristes ce qui n’était pas le cas chez Costa. Pour les 2 compagnies, possibilité de prendre une photo avec le commandant.
Au point de vue Bingo et Casino
les sommes à gagner me paraissent globalement plus importantes chez MSC. Le casino chez Costa n'est pas envahi de fumée de cigarettes contrairement à MSC. L'endroit le plus frais le soir, les bars étant extrêmement chauds le soir (pour pousser à la consommation ?)
au point de vue situation de cabine (comparaison cabine intérieure)
là, c'est subjectif également. D’habitude, chez MSC, nous prenons une cabine intérieure sans soucis car nous n’y faisons que dormir sauf pour certaines destinations et en fonction des promotions. Nous étions au pont 1 sur le Pacifica en cabine intérieure. Si c'était à recommencer, je prendrai une cabine à partir du 4 ème pont sur ce bateau. Certes, c'est pratique pour sortir en premier lors des escales mais le fait d'être de remonter pour aller aux bars intérieurs et accéder au point de ralliement en cas d'urgence (sans compter le changement de sens des escaliers entre le pont 3 et le pont 4) me donne l'impression d'être dans la cale du bateau bien que nous soyons à 5 mètres au dessus de l'eau. D’autant que contrairement à MSC, j’avais tendance à fuir les espaces communs du bateau (migraine à cause des lumières, environnement bruyants). En plus du pont 4 à minima, j’opterai également vers une cabine à hublot à minima. au point de vue de l'organisation de la cabine intérieure : la douche et les rangements sont plus pratiques chez Costa. Le sèche-cheveu est mieux chez MSC (insuffisant chez Costa pour des Cheveux longs pour ma part). Par contre, notre literie était plus que bof sur le Pacifica. Mais pour nos amis, c’était très bien. Un truc pas terrible sur le Pacifica par rapport à MSC lorsque l’on a des enfants : les lits du plafond ne sont jamais ranger dans le plafond dans la journée, ils sont justes rabattus le long du mur mais c’est très gênant lorsqu’il y a 2 enfants dans la cabine.
au point du vue du personnel
il y a plus de diversité en terme de nationalité chez MSC ; Pour ce qui est de l’amabilité, tout dépend du personnel sur lequel on tombe. au point de vue de la valorisation du personnel
MSC a son employé du mois honoré par sa photo à la réception et souvent évoqué et présenté lors d'un spectacle. Chez Costa, un des spectacles est fait par des membres du personnel Costa.
au point du vue du ménage dans les chambres et du couloir
la, c'est très subjectif et dépend entièrement du personnel alloué à la cabine (idem pour les serveurs au restaurant ou dans les bars. Donc, je vais rester que sur la partie non subjective en restant sur l'organisation visible. Chez MSC, il y a un responsable de cabine qui est aidé par une femme / ou homme de ménage pour un certain nombre de cabine. Chez Costa, nous n'avons vu que le cabiniste pour un certain nombre de cabine. Chez MSC, le cabiniste et son aide sont chargés de l'entretien du couloir desservant leur cabine. Chez Costa, il y avait une équipe de 3 personnes qui nettoyaient l'ensemble des couloirs (vu 1 seule fois sur croisière de 11 jours). au niveau du désembarquement : le principe d'organisation est le même pour les deux compagnies. Par contre, chez MSC, avant de monter dans le bus, on donne le nom des personnes qui y montent avant de monter. Là, sur le Pacifica, c'était le chaos, on mettait les valises dans un bus avant de savoir si on pouvait réellement y monter (nos noms n'ont pas été demandé). Sympa de voyager séparer de ces enfants et de son conjoint.
le service dans les bars
assez long en général pendant les heures creuses sur le Pacifica sauf si vous aller au Bar directement. Après 17 heures, il y a plus de serveurs. Il doit y avoir un transfert de personnel (celui de la cafétéria est répercuté sur le restaurant ou les bars à partir de 17 heures à priori)
Demande carte de fidélité
Chez MSC, il faut remplir un formulaire que l’on doit demander et rendre à l’accueil. Un certain délai est nécessaire pour recevoir sa carte de fidélité. Chez Costa, il faut mettre sa carte dans le totem d’information dans la rubrique carte de fidélité. Rien à remplir et on reçoit notre numéro de carte dans les 10 jours par courriel.
Questionnaire de satisfaction
Chez MSC, tout le monde le reçoit dans sa cabine. Généralement, le serveur principal et la cabiniste montre la case qu’il faut cocher si l’on est content d’eux. Pour Costa, il faut allez au totem d’information dans la bonne rubrique, indiquer son adresse mail afin de recevoir le questionnaire par courrier électronique.
Points existants chez Costa qui n’existe pas chez MSC : - l'application smartphone Costa pour avoir accès au totem, à son journal de bord en version informatisée et surtout pouvoir appeler quelqu'un d'autre à bord directement sur son portable. Par contre, il y a des bugs (j'ai jamais réussi à le mettre en fonction l'application sur mon I-Phone). Mon mari en cours de route a perdu le son. Par contre, cela fonctionnait très bien sur les téléphones de nos amis. - Lorsque l’on utilise le téléphone de la chambre pour appeler la réception, notre appel est orienté vers une personne parlant la langue des personnes présentes dans la cabine. - Concours de talents. Le gagnant peut gagner une croisière et se voir offrir un contrat d’artiste par COSTA si c’est vraiment bien. - Visite possible mais payante des cuisines chez Costa - Des conférences thématiques chez Costa.
Voilà, j'espère avoir fait un assez bon tour mais si j'ai oublié quelque chose, je complèterai.
Bonne soirée (et bonne lecture pour les courageux 😉)
Catherine
Certains le savent déjà, je viens de rentrer de ma première croisière avec Costa après 15 croisières avec MSC et 1 avec Croisières de France (pour situer mon profil pour celles et ceux qui ne me connaissent pas) en 4 ans. Pour compléter mon profil, je précise que nous voyageons avec notre dernière de 12 ans et prenons la croisière comme un hôtel se déplaçant (plus de contraintes de défaire et refaire les bagages comme lors d'un circuit pour voyager). Nous privilégions par goût et pour le volet financier, les escales en solo. A toutes fins utiles, mon blog (http://escales.blog.free.fr.blog.free.fr/index.php) de comptes rendus relate nos expériences positives ou négatives sur le déroulé des escales parcourues. Je tente au possible comme beaucoup de mettre des éléments d'informations afin d’aider tout à chacun à préparer ses futures escales si besoin est.
Sur les forums français où je prépare mes escales, et également sur celui de VF, je lis souvent les pro-Costa contre les pro-MSC.
Pourquoi le choix de Costa ou de MSC pour nous plutôt que d'autres compagnies (J'élimine du débat Croisières de France que nous avons déjà testé et je ne remettrai pas ici mes impressions sur l'Horizon) ? Pour le moment, ces compagnies sont plus intéressantes pour les familles car les enfants de moins de 18 ans ne paient que les frais dits portuaires (et les frais de service à la fin de la croisière) alors que chez les autres compagnies, les enfants sont considérés comme des adultes et paient donc le prix fort.
Mais il est toujours difficile de se faire une opinion au travers de l'avis des autres car chacun est différent et à des attentes différentes, d'autant que certains sont objectifs et d’autres non.
Bien que client privilégié chez MSC dorénavant (les cartes de fidélités tendent à faire rester le primo-croisiériste dans le sillage de la compagnie choisie pour sa première croisière en lui octroyant un pourcentage de réduction de plus en plus important sur le prix de ses prochaines croisières), nous avons profité d'un recadrage sur les vacances scolaires des bateaux MSC sur des parcours de croisière que nous connaissons déjà en attendant l'arrivée de leurs nouveaux bateaux (+ ceux qui vont être agrandis) afin de tester Costa.
Ce qui suit après est donc un avis personnel qui je l’espère tentera de rester le plus objectif qui soit (mais qui dit opinion dit forcément un peu de subjectivité non ?). Je ne suis en aucun cas une professionnelle du tourisme et ne tire aucun bénéfice de mes propos (je dis cela car des personnes m’écrivent en me demandant si je suis tour-opérateur ou si je fais partie de VF etc….).
C'est également un avis provisoire n'ayant que l'expérience d'un bateau chez Costa et que Costa a d'autres gammes de bateau (type neoromantica, bateau plus grand ou plus petit) et donc d’autres organisations. C’est le cas pour MSC également qui as de grandes lignes directrices sociétales dans son organisation mais la gestion interne mis en place sur chaque bateau est propre au personnel de direction du moment.
Pour être juste, lorsque je compare le Costa Pacifica à un bateau MSC, je prends en comparaison un bateau de même gamme comme le MSC Magnifica.
Source Wikipédia / base de comparaison : - Costa Pacifica (http://fr.wikipedia.org/wiki/Costa_Pacifica) = bateau de 2009 – Construit en Italie (chantiers Fincantieri) pour 500 millions d'euros – 290 m de longueur – Tonnage de 114 150 tonnes / Propulsion 6 moteurs Diesel – 1504 cabines – 3780 passagers au maximum – Équipage 1000 à 1100 – Bateaux dits jumeaux : Ex-Concordia / Serena / Favolosa et Fascinosa – 17 ponts (dont 13 pour les passagers)
- MSC Magnifica (http://fr.wikipedia.org/wiki/MSC_Magnifica) = bateau de 2009 – Construit en France (STX France) pour 360 millions d'euros – 293,80 m de longueur – Tonnage de 93 330 tonnes / Propulsion 5 moteurs Diesel – 1 257 cabines – 2250 passagers au maximum – Équipage 1014 – Bateaux dits jumeaux : Poésia / Orchestra – 16 ponts (dont 12 pour les passagers)
Au point de vue lieu de construction du bateau
Bien sûr mon esprit Cocorico est forcément très subjectif et préfère les bateaux MSC car de fabrication française (bien que 2 des prochains bateaux en commandes proviendront des mêmes chantiers italiens qui fabriquent les bateaux Costa).
Au point de vue de la conception du bateau
Pour moi le gagnant c'est MSC car les bateaux (de même calibre et de durée de vie donc) sont beaucoup plus simples pour s'orienter. Après 12 jours à bord du Pacifica, je me perdais encore. Il y a également plus de portes menant aux ponts latéraux chez MSC. Costa en privilégiant les recoins pour le côté intimiste et les ouvertures pour créer des espaces avec des plafonds haut de 3 ponts voir plus, à limiter de ce fait l'espace commun (moins de place pour des bars et pour trouver une place assise pour boire un verre le soir et écouter de la musique ou autre, il y a intérêt à arriver de bonne heure). Et pour retrouver quelqu'un, on peut vite faire un marathon si l'on a pas penser à mettre l'application Costa sur son téléphone. De manière général, l'intérieur du Pacifica est sombre (beaucoup plus que les bateaux MSC que nous avons pu tester) car la plupart des fenêtres ont des barres de métal dessus.
Au point de vue décoration du bateau
Là, c'est bien entendu subjectif (tous les goûts sont dans la nature ne dit-on pas). Pour ma part, je préfère MSC car plus classe, moins dâté et plus reposant pour les yeux. Pas mal de revêtements utilisés sur le Pacifica apparaissent très « factices ». Les myriades de petites ampoules sont agressives pour les yeux ce qui est accentué par le manque de luminosité naturelle. Pas terrible pour les personnes ayant tendance aux migraines.
Au point de vue de l'organisation à Nice pour prendre le bus
Costa arrive en tête. Une dame Costa que l'on ne pouvait pas manquer visuellement attendait en face de la sortie principale de la gare et n'hésitait pas à interpeller les personnes lorsqu'elle voyait les étiquettes Costa sur les valises afin de les orienter vers le dépose-minute à droite de la gare (gare dans le dos). Arrivés à ce niveau, une autre dame prenait les noms des personnes et orientait ensuite vers le bus ou nous pouvions mettre les valises et monter dedans. Le personnel était entièrement francophone contrairement à MSC. Cerise sur le gâteau, des bus étaient arrivés tôt et nous avons pu partir dès 11 heures au lieu de 12h15 comme initialement prévu, ce qui nous a permis d'arriver tôt à Savone (13h20 contre 14h45 prévu).
Au niveau de l'enregistrement au port d'embarquement
Là, c'est vraiment partagé. Bien que le système d'enregistrement en amont de chez Costa soit plus performant que MSC (pas de perte de temps pour enregistrer sa carte bleue à l'embarquement et remise des cartes en cabine directement et non fabrication à l'embarquement), le temps d'attente est étrangement long alors que le système aurait du permettre à Costa d'être plus performant. Je parle bien entendu pour un client lambda qui ne possède pas de priorité de par sa carte de fidélité.
A l’arrivée au lieu d’embarquement, les procédures diffèrent donc :
Chez MSC : Lorsque l’on descend du bus en provenance de Nice, les bagages sont pris en charge. On est invité à descendre et à se rendre jusqu’à la file d’attente menant au guichet d’enregistrement. La file est toujours impressionnante mais il y a toujours un grand nombre de personnel qui écluse la foule dans des délais assez corrects en général. Arrivé au guichet, on remet notre carnet de voyage (document généralement imprimé envoyé par l’agence de voyage avec le numéro de contrat MSC), on prend chaque personne de la cabine en photo numérique et on règle le formulaire de règlement des dépenses (Carte bleue ou espèces). On nous remet les cartes personnelles de croisière (une pour chaque membre). Puis on est dirigé vers le passage douane et vers le photographe pour prendre une photo d’embarquement. S’en suit plusieurs petits stands pour découvrir les offres pendant la croisière (clubs enfant, forfaits boissons, excursions, SPA). Au stand des boissons, est mis à disposition des boissons pour se rafraîchir. Une fois à bord, il y a un stand en lien avec la sécurité pour les enfants où l’on met au moins de 12 ans un bracelet et où l’on fournit un gilet de sauvetage spécial enfant. On est ensuite orienté vers la cabine par le personnel.
Chez Costa : Lorsque l’on descend du bus en provenance de Nice, les bagages sont pris en charge également. On nous donne un numéro et un papier sanitaire à remplir. On nous invite ensuite à rejoindre la salle d’attente en attendant que l’on appelle notre numéro. La période d’enregistrement était programmée entre 13h et 15h30 avec un départ du bateau à 16h30. Comme je l’évoquais plus haut, nous sommes arrivés à 13h20. Au départ, nous pensions passer relativement rapidement car moins de paperasserie à faire à l’embarquement puisque l’enregistrement de la carte bleue était pré-établie en amont et qu’il fallait reconfirmer à bord la carte bleue dans l’une des bornes à cet effet sur le bateau. Nous avons attendu dans un premier temps dans la salle d’attente face au guichet d’enregistrement. Nous avons finalement été profités de la terrasse du café annexée à la salle d’attente. Pendant l’attente, nous avons récupéré sur une table non signalisée un programme du club enfant. Notre numéro n’a pas été appelé avant 16h10. Au guichet 2 personnes, une pour récupérer le formulaire sanitaire dans le bus et l’autre pour récupérer le formulaire d’embarquement présent dans notre carnet de voyage et prendre une photo (presque 3 heures d’attente pour 10 secondes au guichet ?!?!?). Puis passage en douane (scan des sacs) par 2 douaniers puis photo juste après la montée sur le bateau. Du personnel fait signe d’avancer vers le bureau des excursions (au fond derrière, un stand d’1 mètre pas très visible, il y avait un stand pour les forfaits boissons). Et là, on se débrouille car la chaîne de personnel jusqu’aux ascenseurs n’était pas tenue. Un peu perdu dans ce nouveau décor où nous n’avions pas nos marques habituelles. 5 Minutes se passent avant que le personnel revienne en place et direction la chambre qui est ouverte. Sur le lit, on trouve le journal de bord du jour, les cartes de croisière, les informations pour le service de table le soir, les informations sur les excursions et un gilet de sauvetage pour enfant. au point du vue information à l'embarquement : MSC est plus performant. Après l'enregistrement dans les ports principaux, l’enfilade de stands donne les tarifs et les informations sur les boissons, les clubs enfants, les excursions. Chez Costa, il faut aller à la pêche aux informations pour le club enfant et les tarifs du SPA.
au point de vue information à bord
je trouve le journal de bord de MSC plus clair car certaines informations sur le Today Costa manquent ou sont peu lisibles. Pour avoir certaines informations, il faut forcément demander chez Costa car il y a très peu d'information sur les packages boissons (les dépliants sont en général caché sur le promontoire des bars et étaient non fournis au restaurant). Idem pour le SPA (qui apparaissent au fur et à mesure sur une table à l’entrée du SPA tout au long de la croisière mais souvent que des dépliants sans tarifs), le studio de musique...alors que chez MSC l'information est quasi-systématiquement affiché sur le côté des bars; Costa dispose de totems interactifs multilingues proposant pas mal d'informations et la réception du bateau renvoie la plupart du temps à l'utilisation de ces totems (cela limite le nombre de personnel et le nombre de langues utilisées à l'accueil ?). Les totems sont assez pratiques mais sont pris d’assaut (voir inaccessible) au début de la croisière.
au point de vue information sur la télévision
le plus de Costa est de pouvoir consulter ses dépenses à bord. Enfin, je n’ai pas revérifié sur les dernières croisières MSC car nous avons pris l’habitude d’aller à la comptabilité puisque l’on ne pouvait pas le faire auparavant.
au point de vue films à la télévision
sur les bateaux de ce format chez MSC, les films étaient gratuits mais payants pour les grands bateaux. Sur le Pacifica, c'était payant.
au point de vue SPA
je n'ai pas testé le SPA payant de Costa mais contrairement à MSC, il y a un sauna homme et un sauna femme gratuits sur le Costa Pacifica sinon, pour le reste des prestations du SPA, Costa est plus cher à l’unité et pousse à prendre des forfaits sur l’ensemble de la croisière qui en prenant un forfait sur l’ensemble de la croisière, devient moins chez que MSC.
au point de vue salle de sport
MSC fait signer une décharge, pas Costa. Le matériel à disposition gratuitement est similaire pour les 2 compagnies. Par contre, il n'y a pas sur le Pacifica d'espace permettant de s'étirer ou autre (le seul espace au sol disponible est fermé et réservé aux activités payantes tel que pilates, yoga et vélos d'appartement supplémentaires payants). De même, pas de vue possible sur la mer chez Costa car les vitres ouvertes sur la mer arrive au niveau des épaules lorsque l'on est sur un appareil. Au lieu de pouvoir regarder la mer, on regarde le mur directement, pas top. Même s'il est noté qu'il faut être en tenue de sport et que la salle est interdite aux enfants, personne de chez Costa ne faisait respecter ces règles. Du coup, bienvenue au royaume des mômes et des mamies en tong. Super difficile par moment également d'avoir un appareil disponible (normalement 20 mn d'utilisation par appareil). Pour finir, pas vu de matériel pour nettoyer un appareil après utilisation. Sinon, les horaires d'utilisation sont quasi les mêmes pour les 2 compagnies
au point de vue tarifaire boisson
Costa est globalement plus cher
au point de vue frais de service / Hôtelier
Costa est plus cher que MSC. Chez Costa, le prix diffère du bateau et de la zone de navigation de la croisière. Chez MSC, le prix diffère uniquement de la zone de navigation de la croisière. A noter qu’en cas de non satisfaction, MSC indique dans ses clauses qu’il est possible de ne pas payer ces frais : http://voyageforum.com/...acultatifs-d6769399/
au point de vue boutique
COSTA apparaît plus cher sur les cigarettes, sur la boutique logo (ex : maquette bateau en métal 19€90 chez MSC – Made in China, plus de 30 € chez Costa – made in Italy), etc...
accès aux piscines, jacuzzis, transats
Beaucoup de monde et de non civisme. Pas de personnel Costa pour empêcher les enfants (même les bébés en couche) de barboter dans les jacuzzis. En règle général, lorsqu'il y a abus, les règles sont appliqués dès signalement à la réception chez MSC où ce phénomène est plus isolé (en particulier pendants les vacances d'été en méditerranée).
accès à la cafétéria
On peut manger à proximité des piscines chez Costa alors que c'est interdit chez MSC pour des questions d'hygiène. Sur le Pacifica, il n'était pas rare de voir certains se ballader en maillot de bain ou pied nus à la cafétéria alors qu'une nouvelle fois c'est interdit chez MSC pour des questions d'hygiène. Gros bémol chez Costa, la cafétéria est fermée le soir à partir de 17 heures. Grosse déception car nous étions au 2ème service et les enfants dormaient sur la table le soir alors que nous aurions pu comme chez MSC les faire manger avant à la cafétéria. Un buffet a été miraculeusement ouvert un seul soir pendant la croisière mais l'information n'était pas relayée dans le journal de bord. Possibilité de manger dans un restaurant payant le soir (MSC a également des restaurants thématiques payants) sur le Pacifica : soit 25 € par personne dans le restaurant indiqué comme gastronomique soit 4 € pour une pizza servi dans une partie de la cafétéria où l’on a mis des nappes sur les tables.
au niveau de la nourriture à la cafétéria
c'est du classique. Idem chez les 2 compagnies mais nous utilisons rarement à la cafétéria à cause du bruit et de l'effervescence qui tend à se marcher dessus et/ou à se montrer agressif. au niveau de la nourriture au restaurant inclus dans le prix de la croisière : c'est partagé. MSC est très linéaire dans les goûts proposés et est quasi constant sur la qualité gustative. MSC ne fait pas du gastronomique à la française mais c’est relativement correct (ratio prix de la croisière / service fourni). Chez Costa, en tout cas sur le Pacifica, c'était soit excellent, soit très médiocre. Il n'y avait pas de juste milieu. Du coup, on alternait entre le fait d'être hyper ravi (fromage, poisson, pâtisserie, yaourt....) ou hyper pas content (pâtes parfois pas cuites, pains rassis, viandes souvent trop cuites, pizza bof). Du coup, entre les bonnes et mauvaises surprises (surtout s'il l'on ne peut compenser à la cafétéria le soir), je préfère MSC même si cela ne frôle pas le 4 étoiles gustatif, au moins, on est sur de manger à sa faim). Nous avons fait la connaissance d'un croisiériste italien qui nous déclarait qu'au bout de 42 croisières uniquement chez Costa en 8 ans, il arrêtait les frais et commencerait à rechercher pour sa prochaine croisière un autre croisiériste car il était de plus en plus déçu par l'offre culinaire. Le menu enfant n'est pas très varié et les enfants de nos amis étaient lassés au bout de 4 jours. A noter également, que MSC propose toujours des grillades au cas où le menu ne convienne pas.
au point de vue de l'organisation du petit-déjeuner au restaurant
Chez MSC, la majeure partie des plats est à la commande et des serveurs apportent à chaque table jus de fruit reconstitué, brioches et viennoiseries, pains, cafés, chocolat = une carte donnée à chaque personne attablée. Chez Costa, le café et chocolat est servi à table. Il y a un buffet (donc on en revient comme à la cafétéria ce que l’on ne recherche pas en choisissant de venir au restaurant) et l'on peut commander certains choses également. Il y a une seule carte toutefois pour commander posée sur la table mais selon le serveur, il était très difficile de passer une commande et la carte du menu disparaît très rapidement ainsi que le serveur ce qui empêche de manière général de passer commande et oblige à utiliser le buffet froid. Le buffet propose fromage, yaourt en saladier, jus de fruit, fruits, charcuterie, kellogs, lait.... Comme il est difficile de passer entre les tables, il y a pas mal d'incidents surtout avec les enfants. Au point de vue de l’attente pour aller au restaurant : Sur le Pacifica, il fallait être extrêmement patient pour avoir une table le matin et le midi et il fallait éviter d’arriver 30 mn avant la fermeture sinon on était refoulé. Les gens qui attendaient en devenaient agressifs par moment. Nous n’avons jamais connu cela chez MSC. Le soir, pour éviter la cohue comme le midi, nous passions par la porte arrière du restaurant.
au point de vue club enfant et adolescent (12-17 ans)
Les enfants de nos amis n'avaient pas envie de tester le club enfant et notre fille n'a pas testé le club ado pour rester avec eux. Cela semble similaire mais Costa n'emmène pas les enfants au spectacle le soir. De même, certains intitulés m'ont un peu choquée pour le club ado Costa (Speed dating, le couple idéal...) qui peuvent éventuellement se comprendre pour des ados de 17 ans mais à 12 ans ????
au point de vue des jeux proposés aux enfants (hors salle de jeux vidéos)
Table de ping-pong et autres est payant chez Costa. Prévoir un budget car c'est le coin de rencontre des ados ou raquettes et balle de ping-pong- MSC met à disposition des jeux de sociétés et le signale chaque jour dans le journal de bord. Pas vu de système de ce genre chez Costa, ni d'information sur le journal de bord à ce sujet.
au point du vue du spectacle le soir au théâtre
MSC est largement meilleur. Les spectacles Costa étaient bien mieux que Croisières de France tout de même. MSC a vraiment des spectacles qui intègrent à l'occasion des artistes indépendants. Sur le Pacifica, les bons spectacles correspondaient aux spectacles d'artistes indépendants (Le ventriloque que nous avons vu sur le Pacifica, nous l'avions vu sur MSC sur le Splendida). Les autres spectacles sont constitués de tableaux posés les uns à côté des autres la plupart du temps sans fil conducteur. Et quand il y a soirée de Gala, les spectacles MSC sont vraiment plus jolis que ceux des autres jours. Chez Costa, chaque journée est similaire. Il n'y a pas de différenciation ni de côté spectaculaire.
au point de vue animation
les animateurs ont plus de mal à parler le français sur Costa et réduisent souvent les animations à l'italien et ce, malgré que nous étions plus de 1000 français à bord.
Animation au restaurant Pour les 2 compagnies, il y a un repas que l'on peut qualifier d'améliorer pour les soirs de gala. Le décorum est plus beau chez Costa (chandelier avec bougie allumée en plus des fleurs fraiches tous les jours). De même, chez Costa, les serveurs ont une tenue différente tous les jours (idems pour les serveurs sur le bateau) ce qui est agréable à l'oeil. Chez MSC, il y a une animation quasi-identique sur chaque bateau MSC (gâteau, chanson) à la fin d'un repas de gala ce qui complète la soirée de gala avec le spectacle amélioré également. Chez Costa, la fin du repas est classique car pas d'animation spécifique. Cela ne met pas de touche finale à la soirée de gala. L'animation chez Costa se fait chaque journée en mer et par contre, cela met le feu au restaurant beaucoup plus que chez MSC. Un compromis des 2 compagnies serait excellent.
Soirée de gala du commandant
Chez MSC, un pot est offert à l’ensemble des croisiéristes ce qui n’était pas le cas chez Costa. Pour les 2 compagnies, possibilité de prendre une photo avec le commandant.
Au point de vue Bingo et Casino
les sommes à gagner me paraissent globalement plus importantes chez MSC. Le casino chez Costa n'est pas envahi de fumée de cigarettes contrairement à MSC. L'endroit le plus frais le soir, les bars étant extrêmement chauds le soir (pour pousser à la consommation ?)
au point de vue situation de cabine (comparaison cabine intérieure)
là, c'est subjectif également. D’habitude, chez MSC, nous prenons une cabine intérieure sans soucis car nous n’y faisons que dormir sauf pour certaines destinations et en fonction des promotions. Nous étions au pont 1 sur le Pacifica en cabine intérieure. Si c'était à recommencer, je prendrai une cabine à partir du 4 ème pont sur ce bateau. Certes, c'est pratique pour sortir en premier lors des escales mais le fait d'être de remonter pour aller aux bars intérieurs et accéder au point de ralliement en cas d'urgence (sans compter le changement de sens des escaliers entre le pont 3 et le pont 4) me donne l'impression d'être dans la cale du bateau bien que nous soyons à 5 mètres au dessus de l'eau. D’autant que contrairement à MSC, j’avais tendance à fuir les espaces communs du bateau (migraine à cause des lumières, environnement bruyants). En plus du pont 4 à minima, j’opterai également vers une cabine à hublot à minima. au point de vue de l'organisation de la cabine intérieure : la douche et les rangements sont plus pratiques chez Costa. Le sèche-cheveu est mieux chez MSC (insuffisant chez Costa pour des Cheveux longs pour ma part). Par contre, notre literie était plus que bof sur le Pacifica. Mais pour nos amis, c’était très bien. Un truc pas terrible sur le Pacifica par rapport à MSC lorsque l’on a des enfants : les lits du plafond ne sont jamais ranger dans le plafond dans la journée, ils sont justes rabattus le long du mur mais c’est très gênant lorsqu’il y a 2 enfants dans la cabine.
au point du vue du personnel
il y a plus de diversité en terme de nationalité chez MSC ; Pour ce qui est de l’amabilité, tout dépend du personnel sur lequel on tombe. au point de vue de la valorisation du personnel
MSC a son employé du mois honoré par sa photo à la réception et souvent évoqué et présenté lors d'un spectacle. Chez Costa, un des spectacles est fait par des membres du personnel Costa.
au point du vue du ménage dans les chambres et du couloir
la, c'est très subjectif et dépend entièrement du personnel alloué à la cabine (idem pour les serveurs au restaurant ou dans les bars. Donc, je vais rester que sur la partie non subjective en restant sur l'organisation visible. Chez MSC, il y a un responsable de cabine qui est aidé par une femme / ou homme de ménage pour un certain nombre de cabine. Chez Costa, nous n'avons vu que le cabiniste pour un certain nombre de cabine. Chez MSC, le cabiniste et son aide sont chargés de l'entretien du couloir desservant leur cabine. Chez Costa, il y avait une équipe de 3 personnes qui nettoyaient l'ensemble des couloirs (vu 1 seule fois sur croisière de 11 jours). au niveau du désembarquement : le principe d'organisation est le même pour les deux compagnies. Par contre, chez MSC, avant de monter dans le bus, on donne le nom des personnes qui y montent avant de monter. Là, sur le Pacifica, c'était le chaos, on mettait les valises dans un bus avant de savoir si on pouvait réellement y monter (nos noms n'ont pas été demandé). Sympa de voyager séparer de ces enfants et de son conjoint.
le service dans les bars
assez long en général pendant les heures creuses sur le Pacifica sauf si vous aller au Bar directement. Après 17 heures, il y a plus de serveurs. Il doit y avoir un transfert de personnel (celui de la cafétéria est répercuté sur le restaurant ou les bars à partir de 17 heures à priori)
Demande carte de fidélité
Chez MSC, il faut remplir un formulaire que l’on doit demander et rendre à l’accueil. Un certain délai est nécessaire pour recevoir sa carte de fidélité. Chez Costa, il faut mettre sa carte dans le totem d’information dans la rubrique carte de fidélité. Rien à remplir et on reçoit notre numéro de carte dans les 10 jours par courriel.
Questionnaire de satisfaction
Chez MSC, tout le monde le reçoit dans sa cabine. Généralement, le serveur principal et la cabiniste montre la case qu’il faut cocher si l’on est content d’eux. Pour Costa, il faut allez au totem d’information dans la bonne rubrique, indiquer son adresse mail afin de recevoir le questionnaire par courrier électronique.
Points existants chez Costa qui n’existe pas chez MSC : - l'application smartphone Costa pour avoir accès au totem, à son journal de bord en version informatisée et surtout pouvoir appeler quelqu'un d'autre à bord directement sur son portable. Par contre, il y a des bugs (j'ai jamais réussi à le mettre en fonction l'application sur mon I-Phone). Mon mari en cours de route a perdu le son. Par contre, cela fonctionnait très bien sur les téléphones de nos amis. - Lorsque l’on utilise le téléphone de la chambre pour appeler la réception, notre appel est orienté vers une personne parlant la langue des personnes présentes dans la cabine. - Concours de talents. Le gagnant peut gagner une croisière et se voir offrir un contrat d’artiste par COSTA si c’est vraiment bien. - Visite possible mais payante des cuisines chez Costa - Des conférences thématiques chez Costa.
Voilà, j'espère avoir fait un assez bon tour mais si j'ai oublié quelque chose, je complèterai.
Bonne soirée (et bonne lecture pour les courageux 😉)
Catherine
Croisière "Perles des Antilles" sur le Costa Magica (janvier 2015) English translation pending
bonjour, ma femme et moi partons avec le costa magica en janvier 2015 pour cette croisière aux Antilles .
nous avons besoin de vos conseils et astuces lors des excursions proposées par costa ou voir par soi même. lesquelles sont a privilégier ou nn ?
merci
nous avons besoin de vos conseils et astuces lors des excursions proposées par costa ou voir par soi même. lesquelles sont a privilégier ou nn ?
merci
Route 66 depuis Chicago avant les grands parcs de l'Ouest English translation pending
Bonjour
Nous partons cet Eté avec mon mari et mes enfants aux usa (3 enfants de 12, 16 et 18 ans). Arrivée Chicago départ Los Angeles pour faire la route 66 puis plusieurs parcs de l Ouest.
J'ai déjà ouvert une discussion concernant la visite des parcs et çe n'est pas sur cette partie de l'itinéraire que je m'interroge aujourd'hui.
Avant les parcs, , nous comptons donc faire la route 66, pour partie sur l'autoroute qui la longe et pour partie sur la route 66 elle même. Les étapes seraient, après 3 nuits àChicago, saint Louis Springfield Oklahoma city Amarillo puis Santa Fe puis direction les parcs. Avec 1 nuit par étape et 300 à 500 km par jour.
Ce qui veut dire que pendant 3 semaines, à part 3 nuits à Chicago au début et 3 nuits à LA à la fin du voyage, nous ferions 10 étapes d'1 nuit ou 2 nuits maxi et environ 4600 km.
Certains d'entre vous ont ils fait cette expérience? Quels conseils donneriez vous sur la partie du circuit qui concerne la route 66? Cela vaut-il la peine? L'alternative étant de faire un vol intérieur de Chicago vers les parcs, ce qui nous ferait "économiser" 4 nuits et pas mal de km, mais la découverte en moins.
Merci d'avance pour vos réponses
Discussion autour du Concours Photo de novembre 2014 "C'est ma tournée" English translation pending
Bonsoir,
Un nouveau concours photo vient d'être lancé sur le forum Photographie et vidéo en voyage. Il s'intitule "C'est ma tournée !" et se trouve ici.
Seules les photos doivent y être postées et à compter du 23 novembre 2014, seulement les votes. Ce fil recevra tous les autres messages.
Le diaporama des photos proposées se trouve là.
Un nouveau concours photo vient d'être lancé sur le forum Photographie et vidéo en voyage. Il s'intitule "C'est ma tournée !" et se trouve ici.
Seules les photos doivent y être postées et à compter du 23 novembre 2014, seulement les votes. Ce fil recevra tous les autres messages.
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Concours Photo Novembre 2014 "C'est ma tournée!" English translation pending
Bonsoir,
Je déclare ouvert ce jour le 52e concours de photo VF. 52... C'est dire le nombre d'idées déjà prises, de découragements passagers, de frustrations pénibles, que la recherche d'un tel thème génère.
Je voulais initialement un thème purement graphique, mais conscient du tollé que je risquais de rencontrer, j'ai délaissé cette idée. Une couleur ? Rouge ? Trop facile. Et en relisant pour la x-ième fois la liste des 51 thèmes déjà abordés, une idée, plus consensuelle, a germé.
L'avant-dernier thème de l'année sera donc : C'est ma tournée ! (novembre 2014).
Un café abandonné près de la route 66, des rousses irlandaises buvant d'autres rousses irlandaises dans un pub de Limerick, une taverne bavaroise, des bédouins sirotant un thé à la menthe sous la fraîcheur des acacias, un distributeur de boissons, des moines bhoutanais avalant de la tsampa à l'abri des murs d'un dzong, un verre de Cola US dans un McDo... passe-temps ou réconfort, boire est pratiqué sous toutes les latitudes.
Votre photo présentera aussi bien des gens en train de boire ou des boissons typiques que des endroits où l'on trouve les premiers et les secondes.
il lui apporta du vin et il se mit à boire.
Pour participer, merci de poster jusqu'à trois photos, de préférence chacune dans un message différent, en indiquant leur numéro (1, 2 ou 3). Toute anecdote ou explication sur ces photos sera la bienvenue, sauf si elles se passent de commentaire (mettez au moins la localisation). Ces photos devront respecter le thème mais surtout être une invitation au voyage, ce qui manque parfois dans les images proposées. Essayez d'apporter du plaisir à ceux qui regarderont vos photos.
Vous avez jusqu'au samedi 22 novembre 2014, minuit (heure de Paris) pour présenter vos oeuvres. Le vote aura lieu du lendemain, dimanche 23 novembre, zéro heure au samedi 29 novembre, minuit. Vous voterez pour trois photos maximum, en indiquant le plus clairement possible le nom de l'auteur(e) et le numéro de la photo. La première photo de votre vote se verra attribuer trois points, la seconde deux et la troisième un seul.
Le gagnant est celui qui obtiendra le plus de points. En cas d'ex aequo, le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places, à défaut, de secondes. Enfin, en cas d'égalité parfaite, le gagnant sera celui ou celle qui aura obtenu son score avant l'autre. Ce vainqueur aura alors la lourde tâche de choisir un thème à son tour pour le concours de décembre qu'il organisera. Les ex aequo à une autre place que la première ne seront pas départagés.
Il n'est nul besoin de participer au concours pour voter. Merci de ne poster sur ce fil que des photos pour le concours, et à compter du dimanche 23, seulement les votes. Un fil Discussions autour de ce concours a été ouvert.
Bon concours ! Ganbatte kudasai !
Fil parallèle consacré aux discussions : ici Diaporama présentant les photos proposées : là
Je déclare ouvert ce jour le 52e concours de photo VF. 52... C'est dire le nombre d'idées déjà prises, de découragements passagers, de frustrations pénibles, que la recherche d'un tel thème génère.
Je voulais initialement un thème purement graphique, mais conscient du tollé que je risquais de rencontrer, j'ai délaissé cette idée. Une couleur ? Rouge ? Trop facile. Et en relisant pour la x-ième fois la liste des 51 thèmes déjà abordés, une idée, plus consensuelle, a germé.
L'avant-dernier thème de l'année sera donc : C'est ma tournée ! (novembre 2014).
Un café abandonné près de la route 66, des rousses irlandaises buvant d'autres rousses irlandaises dans un pub de Limerick, une taverne bavaroise, des bédouins sirotant un thé à la menthe sous la fraîcheur des acacias, un distributeur de boissons, des moines bhoutanais avalant de la tsampa à l'abri des murs d'un dzong, un verre de Cola US dans un McDo... passe-temps ou réconfort, boire est pratiqué sous toutes les latitudes.
Votre photo présentera aussi bien des gens en train de boire ou des boissons typiques que des endroits où l'on trouve les premiers et les secondes.
il lui apporta du vin et il se mit à boire.
Pour participer, merci de poster jusqu'à trois photos, de préférence chacune dans un message différent, en indiquant leur numéro (1, 2 ou 3). Toute anecdote ou explication sur ces photos sera la bienvenue, sauf si elles se passent de commentaire (mettez au moins la localisation). Ces photos devront respecter le thème mais surtout être une invitation au voyage, ce qui manque parfois dans les images proposées. Essayez d'apporter du plaisir à ceux qui regarderont vos photos.
Vous avez jusqu'au samedi 22 novembre 2014, minuit (heure de Paris) pour présenter vos oeuvres. Le vote aura lieu du lendemain, dimanche 23 novembre, zéro heure au samedi 29 novembre, minuit. Vous voterez pour trois photos maximum, en indiquant le plus clairement possible le nom de l'auteur(e) et le numéro de la photo. La première photo de votre vote se verra attribuer trois points, la seconde deux et la troisième un seul.
Le gagnant est celui qui obtiendra le plus de points. En cas d'ex aequo, le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places, à défaut, de secondes. Enfin, en cas d'égalité parfaite, le gagnant sera celui ou celle qui aura obtenu son score avant l'autre. Ce vainqueur aura alors la lourde tâche de choisir un thème à son tour pour le concours de décembre qu'il organisera. Les ex aequo à une autre place que la première ne seront pas départagés.
Il n'est nul besoin de participer au concours pour voter. Merci de ne poster sur ce fil que des photos pour le concours, et à compter du dimanche 23, seulement les votes. Un fil Discussions autour de ce concours a été ouvert.
Bon concours ! Ganbatte kudasai !
Fil parallèle consacré aux discussions : ici Diaporama présentant les photos proposées : là
Qui part le 31 janvier 2015 sur le Costa Magica (Caraïbes)? English translation pending
Bonjour,
Ca y est nous avons réservé une nouvelle croisière aux Caraïbes 🙂!!!
Cette année ce sera sur le Costa Magica au départ de Point à Pitre le 31 janvier 2015.
Personne d'inscrit dans le calendrier de Ericat à ce jour, mais je sais par expérience que cela ne veut rien dire, alors, partez vous à cette date ? Nous pourrions ainsi partager des infos et pourquoi pas, se retrouver sur le bateau pour faire des excursions ensemble😉
Ca y est nous avons réservé une nouvelle croisière aux Caraïbes 🙂!!!
Cette année ce sera sur le Costa Magica au départ de Point à Pitre le 31 janvier 2015.
Personne d'inscrit dans le calendrier de Ericat à ce jour, mais je sais par expérience que cela ne veut rien dire, alors, partez vous à cette date ? Nous pourrions ainsi partager des infos et pourquoi pas, se retrouver sur le bateau pour faire des excursions ensemble😉
July 2014: Finally Back!!! So Excited to Show the West to the Kids!
After nearly 2 years of waiting (yeah, like many of you, we wanted to hit the road again as soon as we got back to France... but first, we had to fill up the piggy bank!), here we are at last—July, the month we’ve been waiting for!
We’ve got 30 days of exploring new places ahead of us, as well as revisiting some spots we loved back in 2012.
Here’s the plan: - Joshua Tree NP - Las Vegas - Valley of Fire SP - Yant Flat - Zion NP (Angel’s Landing) - Bryce Canyon NP (Fairyland Loop trail) - Devils Garden on the HITTR - Capitol Reef NP - Grand Teton NP - Yellowstone NP: Old Faithful - Yellowstone NP: Norris Geyser Basin and Mammoth Hot Springs - Yellowstone NP: Grand Canyon of the Yellowstone - West Thumb and Grand Teton NP - Flaming Gorge - Colorado NM and Fisher Towers - Moab: Arches - Moab: Canyonlands and Corona Arch - Moab: Canyonlands - Moab: rafting and Dead Horse Point SP - Natural Bridges NM and Valley of the Gods - Monument Valley and Horseshoe Bend - Coyote Buttes South - Grand Canyon NP (North Rim) - Grand Canyon NP (North Rim) and Navajo Bridge - Sedona - From Sedona to Tucson - Arizona-Sonora Desert Museum and Saguaro NP - Tombstone
Practical details:
- I’d read that it was better to book flight tickets directly on an airline’s website rather than through a comparison site. So, I spent months searching for reasonably priced tickets for two adults and two kids from Paris to Las Vegas for the outbound trip and from Tucson to Paris for the return. I mostly checked Air France, KLM, and British Airways, but prices were always around 4600 €. Not finding anything, we eventually went through a comparison site: Ebookers. We bought our tickets in mid-December: Paris/Atlanta with Air France, then Atlanta/Los Angeles with Delta for the outbound trip, and Tucson/Atlanta with Delta, then Atlanta/Paris with Air France for the return. Total cost: 4300 €. The layover on the outbound trip made me a little nervous because it was only 2 hours and 15 minutes. A month later, we got an email from Ebookers saying the layover had been reduced to 1 hour and 40 minutes! And a few months after that, it was down to just 1 hour and 30 minutes... So, we called Air France directly (we didn’t go through Ebookers, and it wasn’t a problem), and they put us on different flights. The new layover was 2 hours and 10 minutes—still not a ton of time, but I felt better than with 1 hour and 30 minutes. And anyway, we figured we’d see how it went!
- For the car, we tried several comparison sites, and in the end, AutoEurope won this year: 808 € for a 30-day rental of a Chevrolet Impala through Thrifty. The second driver was free for the entire trip since we picked up the car in California.
- We didn’t rent a GPS or buy one—we just downloaded Sygic on our two phones and bought the US map. I don’t remember the exact amount, but it cost us around 30 €.
- For hotels, I either booked directly on the sites (Xanterra, Grand Canyon Lodge, etc.) or used Hotels.com (to earn nights through their Welcome Rewards program) or Booking.com (when hotels weren’t available on Hotels.com). I always compared the price on Hotels.com with the hotel’s direct rate, but they were usually the same. So, for the same price, I’d rather earn a night with Welcome Rewards! We’d set a budget of 100 € per night on average, and we stuck to it pretty well—the final average came out to 101.20 € when including everything (nights + taxes + any nightly fees + parking fees + bank fees).
- As for luggage, we didn’t want to overpack! So, we left with one medium suitcase for Calista, one for me, one large suitcase for Hugo and Yannick, and a sports bag with Calista’s booster seat (we could’ve taken it on the plane with us, but I didn’t want to lug it around the airport during the layover). That sports bag came in handy on the way back, too—because, as everyone knows, you always come back with more than you left with! Each of us also had a backpack as a carry-on.
Before wrapping up this intro and getting into the real details, I’d like to thank everyone who contributed to my discussions and helped me improve our itinerary!
Quick intro for those who don’t know us: Yannick (36), Peggy (36), Hugo (11), and Calista (8).
Here’s the plan: - Joshua Tree NP - Las Vegas - Valley of Fire SP - Yant Flat - Zion NP (Angel’s Landing) - Bryce Canyon NP (Fairyland Loop trail) - Devils Garden on the HITTR - Capitol Reef NP - Grand Teton NP - Yellowstone NP: Old Faithful - Yellowstone NP: Norris Geyser Basin and Mammoth Hot Springs - Yellowstone NP: Grand Canyon of the Yellowstone - West Thumb and Grand Teton NP - Flaming Gorge - Colorado NM and Fisher Towers - Moab: Arches - Moab: Canyonlands and Corona Arch - Moab: Canyonlands - Moab: rafting and Dead Horse Point SP - Natural Bridges NM and Valley of the Gods - Monument Valley and Horseshoe Bend - Coyote Buttes South - Grand Canyon NP (North Rim) - Grand Canyon NP (North Rim) and Navajo Bridge - Sedona - From Sedona to Tucson - Arizona-Sonora Desert Museum and Saguaro NP - Tombstone
Practical details:
- I’d read that it was better to book flight tickets directly on an airline’s website rather than through a comparison site. So, I spent months searching for reasonably priced tickets for two adults and two kids from Paris to Las Vegas for the outbound trip and from Tucson to Paris for the return. I mostly checked Air France, KLM, and British Airways, but prices were always around 4600 €. Not finding anything, we eventually went through a comparison site: Ebookers. We bought our tickets in mid-December: Paris/Atlanta with Air France, then Atlanta/Los Angeles with Delta for the outbound trip, and Tucson/Atlanta with Delta, then Atlanta/Paris with Air France for the return. Total cost: 4300 €. The layover on the outbound trip made me a little nervous because it was only 2 hours and 15 minutes. A month later, we got an email from Ebookers saying the layover had been reduced to 1 hour and 40 minutes! And a few months after that, it was down to just 1 hour and 30 minutes... So, we called Air France directly (we didn’t go through Ebookers, and it wasn’t a problem), and they put us on different flights. The new layover was 2 hours and 10 minutes—still not a ton of time, but I felt better than with 1 hour and 30 minutes. And anyway, we figured we’d see how it went!
- For the car, we tried several comparison sites, and in the end, AutoEurope won this year: 808 € for a 30-day rental of a Chevrolet Impala through Thrifty. The second driver was free for the entire trip since we picked up the car in California.
- We didn’t rent a GPS or buy one—we just downloaded Sygic on our two phones and bought the US map. I don’t remember the exact amount, but it cost us around 30 €.
- For hotels, I either booked directly on the sites (Xanterra, Grand Canyon Lodge, etc.) or used Hotels.com (to earn nights through their Welcome Rewards program) or Booking.com (when hotels weren’t available on Hotels.com). I always compared the price on Hotels.com with the hotel’s direct rate, but they were usually the same. So, for the same price, I’d rather earn a night with Welcome Rewards! We’d set a budget of 100 € per night on average, and we stuck to it pretty well—the final average came out to 101.20 € when including everything (nights + taxes + any nightly fees + parking fees + bank fees).
- As for luggage, we didn’t want to overpack! So, we left with one medium suitcase for Calista, one for me, one large suitcase for Hugo and Yannick, and a sports bag with Calista’s booster seat (we could’ve taken it on the plane with us, but I didn’t want to lug it around the airport during the layover). That sports bag came in handy on the way back, too—because, as everyone knows, you always come back with more than you left with! Each of us also had a backpack as a carry-on.
Before wrapping up this intro and getting into the real details, I’d like to thank everyone who contributed to my discussions and helped me improve our itinerary!
Quick intro for those who don’t know us: Yannick (36), Peggy (36), Hugo (11), and Calista (8).

Itinéraire de 17 jours en Islande: vos avis? English translation pending
Bonjour,
Nous prévoyons de partir l'été 2015 pour 3 semaines (trajet compris à partir de Nantes, d'où l'évaluation approximative de 17 jours sur place). Nous envisageons de louer un véhicule sur place et de faire exclusivement du camping.
Voici ce qui est envisagé (je n'ai pas encore affiné jour par jour, je commence tout juste à étudier ça ) : https://www.google.com/...heRHlrs.k0Ws3vOrdIcM
Pour donner un peu de contexte : le road trip est notre façon habituelle de voyager, nous avons notamment fait le tour de l'Ecosse en 3 semaines : road trip à raison de 200 km/ jour environ et "camping" sauvage dans le Partner. Nous aimons cette façon de découvrir le pays, rester plusieurs nuits au même endroit ne nous convient pas en général. Cependant le but n'est absolument pas de TOUT voir au détriment du plaisir de prendre son temps voire de glandouiller de ci de là selon les envies.
Je crains que cet itinéraire ne soit un peu trop ambitieux mais j'hésite encore beaucoup sur quelles parties sacrifier, il y en a même que j'ai envie d'ajouter ! Dans ce sens j'ai quelques questions précises mais toute critique ou proposition pour retirer un passage ou en ajouter un sera bienvenue.
- L'itinéraire tel quel est-il selon vous réaliste ou "trop speed" ? - Devrais-je ajouter un passage par le Laki (quitte à sacrifier autre chose en échange) ? - Même question que la précédente concernant les alentours du Langjökull (côté Kerlingarfjoll et côté Barnafoss ) - Est-ce préférable de passer par le ferry plutôt que par la route entre les péninsules de Vestfirdhir et Snaefellsnes ? - Je pensais louer un 4x4 mais en parcourant les forums je constate que ce n'est pas toujours indispensable (notamment possibilité de prendre le bus pour le Landmannalaugar). Pour cet itinéraire qui comporte quand-même quelques petites incursions vers l'intérieur du pays, n'est-ce pas fortement conseillé ?
Merci à vous :)
PS : je me suis très fortement inspirée des blogs suivants pour commencer à découvrir et faire mes choix, alors merci beaucoup à eux d'avoir partagé leur expérience : http://www.roadtrip-islande.com/ http://islande-ete-2009.blogspot.fr/
Nous prévoyons de partir l'été 2015 pour 3 semaines (trajet compris à partir de Nantes, d'où l'évaluation approximative de 17 jours sur place). Nous envisageons de louer un véhicule sur place et de faire exclusivement du camping.
Voici ce qui est envisagé (je n'ai pas encore affiné jour par jour, je commence tout juste à étudier ça ) : https://www.google.com/...heRHlrs.k0Ws3vOrdIcM
Pour donner un peu de contexte : le road trip est notre façon habituelle de voyager, nous avons notamment fait le tour de l'Ecosse en 3 semaines : road trip à raison de 200 km/ jour environ et "camping" sauvage dans le Partner. Nous aimons cette façon de découvrir le pays, rester plusieurs nuits au même endroit ne nous convient pas en général. Cependant le but n'est absolument pas de TOUT voir au détriment du plaisir de prendre son temps voire de glandouiller de ci de là selon les envies.
Je crains que cet itinéraire ne soit un peu trop ambitieux mais j'hésite encore beaucoup sur quelles parties sacrifier, il y en a même que j'ai envie d'ajouter ! Dans ce sens j'ai quelques questions précises mais toute critique ou proposition pour retirer un passage ou en ajouter un sera bienvenue.
- L'itinéraire tel quel est-il selon vous réaliste ou "trop speed" ? - Devrais-je ajouter un passage par le Laki (quitte à sacrifier autre chose en échange) ? - Même question que la précédente concernant les alentours du Langjökull (côté Kerlingarfjoll et côté Barnafoss ) - Est-ce préférable de passer par le ferry plutôt que par la route entre les péninsules de Vestfirdhir et Snaefellsnes ? - Je pensais louer un 4x4 mais en parcourant les forums je constate que ce n'est pas toujours indispensable (notamment possibilité de prendre le bus pour le Landmannalaugar). Pour cet itinéraire qui comporte quand-même quelques petites incursions vers l'intérieur du pays, n'est-ce pas fortement conseillé ?
Merci à vous :)
PS : je me suis très fortement inspirée des blogs suivants pour commencer à découvrir et faire mes choix, alors merci beaucoup à eux d'avoir partagé leur expérience : http://www.roadtrip-islande.com/ http://islande-ete-2009.blogspot.fr/
Géonautes en Afrique Australe: 5000 kilomètres, 5 semaines, 4 aventuriers et un camping-car (Namibie et Botswana) English translation pending
Avec nos enfants de 10 et 8 ans, cet été nous sommes partis à la découverte de la Namibie et du Botswana, à la recherche des grands espaces que nous aimons tant et des animaux de la savane. Nostalgiques d'un précédent long voyage en camping-car en Amérique du Sud, nous avons décidé d'en louer un à Windhoek pour ces cinq semaines. Tous les détails pratiques de ce voyage font l'objet d'un autre post assez exhaustif, que vous pouvez lire ici:
http://voyageforum.com/discussion/5-semaines-en-namibie-botswana-retour-experience-d6700317/
Des terres arides du désert du Namib en passant par Etosha, puis les rives de la rivière Chobe et les Chutes Victoria, notre voyage nous a portés jusqu'au dédale des canaux du delta de celui qui ne rejoint jamais la mer, l'Okavango.
Avant d'attaquer ce journal de voyage, tel que je l'ai écrit sur place, au jour le jour, voici notre itinéraire sur la carte:

Bonne évasion et bonne lecture!
Première partie: de Windhoek à Sesriem
lundi 28 juillet
Il fait encore nuit noire à 5h du matin heure locale (décalage 1h), lorsque l'A330 de Air Namibia se pose sur la piste. Le froid nous saisit sur le tarmac. Pas de doute, ici c'est l'hiver, il fait près de 0 degrés ce matin! Mais miracle, tous nos bagages, acheminés de Varsovie via Francfort, sont bien là! À la sortie dans le hall public de l'aérogare, un jeune homme nous accueille avec une pancarte "Welcome famille Olszewski". Notre accompagnateur se plaint lui aussi du froid, mais il est en bermuda! Il nous accompagne à la camionnette estampillée Bobo Campers puis nous conduit chez notre loueur. En route, nous apercevons nos premiers springboks et singes dans la vallée assez aride que la route traverse.
Chez Bobo Campers l'accueil est agréable, mais le véhicule nous déçoit un peu dès le premier coup d'œil: c'est vrai qu'il est d'une propreté irréprochable, mais il est néanmoins un peu vieillot et certaines choses auraient pu être mieux conçues. Les explications pour la prise en main sont assez sommaires (on passe plus de temps sur la paperasse), mais cela ne nous inquiète pas plus que ça, vu que nous sommes des "campings caristes expérimentés" ;) . Nous prenons enfin la route, en oubliant le produit pour la cassette des toilettes sur la table de l'accueil!
Pourtant, à peine 2 km plus loin, un voyant orange s'allume sur le tableau de bord (ah le voyant orange...le meilleur ennemi du voyageur au long cours!), et Thomas décide de faire tout de suite demi-tour. Le responsable mécanique de Bobo ne sait pas vraiment ce que ça représente, mais nous dit de ne pas nous inquiéter, de faire monter le moteur dans les tours, pour brûler une éventuelle petite crasse détectée au niveau des injecteurs. Après tout, ce n'est pas notre véhicule, et le louer doit nous fournir une assistance en cas de panne, alors on ne s'inquiète pas outre mesure et on reprend la route.
C'est une journée technique qui nous attend, forcément pénible car ce sont nos premiers pas dans un pays inconnu, dans une ville inconnue, après une nuit dans l'avion... D'abord une étape supermarché et "bottle store" (l'alcool se vend dans des magasins spécialisés), pour faire le plein de provisions. Puis essence, carte SIM pour le téléphone portable et forfait data pour se connecter à Internet via une clé 3G (les réseaux Wifi seront quasi-inexistants sur toute la première partie du voyage). A la station essence, un namibien à qui nous demandons notre route non seulement nous invite à le suivre jusque-là où nous voulons aller, mais nous laisse aussi sa carte de visite pour qu'on puisse l'appeler si on a besoin de quoi que ce soit! Les gens, noirs ou blancs, nous paraissent d'emblée extrêmement gentils et accueillants.
La banlieue de Windhoek ne nous fait pas grande impression, et nous ne souhaitons pas nous attarder plus qu'absolument nécessaire, la conduite à gauche dans un environnement urbain (heureusement le trafic n'est pas dense!) est assez stressante comme ça.
Nous quittons enfin la ville en début d'après-midi, direction le sud, et nous nous arrêtons pour cassez la croûte un peu plus tard sur un parking au bord de la nationale. Les singes curieux s'approchent de notre étrange véhicule.
Nous quittons la route peu avant la petite ville de Rehoboth, et nous engageons sur une large piste sur une dizaine de kilomètres. Nous retrouvons le "ripio" comme on l'appelait en Amérique du Sud, la tôle ondulée formée par le passage des 4x4 à grande vitesse sur la piste de terre tassée. Mais nous sommes quasi seuls à l'emprunter, alors nous pouvons zigzaguer comme nous voulons pour trouver les portions les plus roulantes.
Nous avons prévu de passer la nuit au Lake Oanob Resort, un camping au bord d'un lac de barrage. On nous accueille avec un verre de jus de fruits et nous avons l'embarras du choix de l'emplacement, car l'endroit est presque désert hors-saison et en semaine.

La vue sur le plan d'eau est assez surprenante dans l'environnement aride du centre namibien en plein milieu de la saison sèche. Il n'y a pas d'animaux (à part le chien du resort qui traîne autour de nous toute la soirée), mais ça sent bon les vacances: les enfants jouent au bord du lac et les grands font une petite balade qui offre différents points de vue sur le lac, le soleil se couchant derrière les collines en cadeau.
Nous croisons un couple de français en petite berline de location qui nous racontent être arrivés la veille à Windhoek mais avoir dû passer deux journée à régler tous les aspects pratiques en ville - nous nous estimons donc heureux (et un peu plus organisés ;) ) d'avoir pu tout boucler en une grosse demi-journée.

Il n'y a pas d'eau dans la piscine, mais le bain ne serait de toute manière pas une très bonne idée: à peine le soleil couché, il fait bien frais pour ne pas dire froid! Mais nous passons une très agréable soirée dehors autour de notre premier braai (barbecue): le feu nous réchauffe pendant que l'excellente viande de bœuf est sur la grille et les pommes de terre cuisent dans les braises. En fin de repas, les enfants font griller des chamallows, puis tout le monde profite d'une douche bien chaude dans les "ablutions" privées qui jouxtent notre place de camping.
mardi 29 juillet
Nous quittons le lac Oanob à l'aube : autant prendre le rythme, en Namibie il vaut mieux se réveiller tôt pour profiter de la journée, car la nuit tombe tôt également - nous sommes en hiver.... Après un petit ravitaillement en combustible dans la petite ville de Rehoboth, encore enveloppée dans la brume, nous prenons la piste vers les montagnes du Naukluft, que nous devons traverser, alors que les enfants sont encore au lit. Les secousses dues à l'état de la piste ne semblent pas les déranger outre mesure...

Après le petit déjeuner pris sur le chemin d'accès vers une ferme isolée au milieu de nulle part, un choix se présente: l'itinéraire à travers le Naukluft via le Spreetshoogte pass est réputé grandiose, mais la piste est raide semble-t-il. Le Reemshoogte est le choix le plus sage, mais ça nous titille de prendre le Spreetshoogte! Là où les routes se séparent il y a un minuscule village qui a son poste de police, et nous décidons d'y prendre quelques renseignements. La jeune policière sort de la maison adjacente, avec un petit chien aux trousses. Alors que je discute avec elle, Thomas joue avec le chien et fait semblant de vouloir le prendre avec nous. Elle me confirme qu'on peut emprunter le Spreetshoogte, et elle met Thomas en garde: "If you steal my dog I will arrest you myself!".
On part en rigolant, et un peu plus loin nous ne sommes pas déçus de notre choix: la vue du point culminant du passage dans la montagne est grandiose, à perte de vue. La route est pavée, donc en excellent état, et le marquage impeccable.
Comme souvent, oser, ça paye! Nous faisons une halte photo assez courte, car le vent souffle fort là-haut!

Dans la descente nous croisons une équipe au travail en train de consolider-réparer la route. Ils nous demandent de l'eau et nous leur en offrons, avec toute notre reconnaissance pour leur dur travail dans cet environnement hostile.
La piste rejoint les plaines et devient toute droite jusqu'à l'horizon. les terres clôturées d'une part et d'autres sont couvertes d'herbes sèches et de quelques rares arbres ou arbustes.

Pour déjeuner nous arrivons à Solitaire, une halte bien connue des voyageurs en Namibie, au carrefour des pistes principales du coin, un drôle d'endroit. Il y a une station essence, un petit magasin, un camping mais surtout une boulangerie dont le renom, grâce à son apfel strudel, a dépassé les frontières de la Namibie dans la communauté des voyageurs.

Nous faisons une bonne pause sur sa terrasse ombragée à déguster des pâtisseries salées et sucrées. Mais, pour être francs, nous sommes déçus du fameux apfel strudel, que nous trouvons lourd et la portion généreuse impossible à finir, même à deux!
Andréas profite de cette pause pour grimper dans chaque carcasse de vieille voiture qui décore les lieux et Diane pour nourrir les suricates qui tournent autour des véhicules garés sur le parking.

En s'approchant de Sesriem, notre étape pour les deux prochaines nuits, la piste, victime de l'intérêt touristique majeur du lieu, devient mauvaise et secoue le camping-car au point de faire tomber la porte du placard à vêtements de ses gonds! Mais les environs s'animent, nous voyons dans les plaines des autruches, des gemsboks, des springboks...

Après cette grosse matinée de route, nous voilà enfin à l'entrée du Parc National de Sesriem. Nous prenons possession de notre joli emplacement de camping réservé des mois à l'avance, puis c'est pause détente autour de la piscine...glaciale. Qu'à cela ne tienne, les enfants font des sauts à n'en plus finir!
Nous avons prévu de nous offrir le coucher du soleil derrière la dune Elim, située à quelques kilomètres du camping. La montée, qui ne semble pas si longue ni si dure au premier abord, se montre beaucoup plus longue et ardue une fois passé la première crête, et le soleil est déjà passé derrière la dune! Mais nous ne lâchons pas l'affaire, nous le poursuivons toujours plus loin et toujours plus haut. Enfin au bout, après presqu'une heure de montée ardue, nous arrivons à temps pour le voir se coucher. Belle récompense pour nos efforts!
La nuit est tombée lorsque nous rentrons au camping, et c'est à la lampe torche et par un raccourci à travers champs que nous rejoignons le Sossusvlei lodge voisin. Le buffet de son restaurant est, de l'avis unanime des voyageurs "à ne pas rater", et ce n'est pas nous qui allons les contredire. Sur une belle terrasses sous les étoiles du désert, nous nous régalons d'excellentes grillades de gibier (pas moins de 12 sortes de game, dont nos préférés seront l'impala, le zèbre et le springbok), des légumes à la plancha et une bonne bouteille de rosé sud-africain.
mercredi 30 juillet
Le réveil sonne à 5h10, on franchit la grille du parc à 5h25 et on n'est pas les premiers! Les phares de nombreux véhicules percent la nuit encore noire, lancés sur le ruban d'asphalte, dans la vallée, entre les dunes. La plupart s'arrêtent sur le parking de la dune 45, celle du lever du soleil par excellence. Laissant les enfants encore endormis dans le camping-car, on attaque la montée à notre tour lorsque les premières lueurs du jour commencent à percer à l'horizon.


Nous dépassons beaucoup de monde et nous nous trouvons une place à l'écart tout en haut. Tout autour de nous, petit à petit, les dunes s'embrase dans le soleil levant. Et une fois le disque orange au-dessus de l'horizon, le spectacle n'est pas fini: les couleurs et les contrastes sont saisissants, avec la plaine herbeuse jaune et les quelques arbres au pied des dunes. Un régal pour les photos...

Après la montée assez ardue, la descente est un jeu d'enfant: on s'élance à pleine vitesse dans le sable encore frais, vers le pied de la dune.


Une fois de retour dans Blanche (c'est le nom que les enfants ont donné au camping-car), alors que les enfants émergent doucement, nous parcourons les 15 derniers kilomètres jusqu'au parking "tout véhicule" de Sossusvlei. En effet, les cinq derniers kilomètres se font dans du sable profond, donc après le petit-déjeuner nous prendrons une navette 4x4. Les enfants adorent, ils lèvent les bras comme dans les montagnes russes!

Nous descendons près de Dead Vlei et de Big Daddy, la dune la plus haute du monde. Après une petite marche d'approche, l'étendue blanche de l'ancien lac salé asséché est à nos pieds. Entouré de dunes hautes, le salar est parsemé de troncs d'arbres morts, pour la plupart encore debout. Encore une fois les couleurs sont magnifiques dans la lumière du matin.


Andréas est infatigable, il monte les dunes là où la pente est la plus raide, pour redescendre en roulant. Il veut aller au sommet de Big Daddy et Thomas est d'accord pour l'accompagner!
Ni de une ni de deux, ils partent avec une seule gourde sous un soleil de plomb. Avec Diane, on attend longtemps à l'ombre d'un arbre mort au beau milieu du Vlei...et je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter...on voit des toutes petites fourmis gravir la dune...on ne peut même pas être sûres que ce sont bien eux! Au bout d'une petite éternité ils se lancent du sommet, tout droit...et bien entendue la descente est beaucoup plus rapide! La seule victime de cette aventure aura été l'appareil photo de secours qui aura pas bien supporté tout ce sable.

De retour vers le point d'arrêt des navettes, nous devons demander de l'eau à d'autres touristes qui sont avec leur véhicule et toutes leurs provisions...car nous sommes à sec. La navette nous emmène vers Sossusvlei, mais l'endroit nous semble beaucoup moins magique que Deadvlei, et, comme tout le monde est assoiffé, affamé et assoiffé, nous décidons de ne pas nous y arrêter et de retourner au parking des véhicules non-4x4.

En fin d'après-midi, alors que les enfants se reposent devant un film dans Blanche, les adultes descendent dans le Canyon de Sesriem qui se trouve à quelques kilomètres du camping. Dans sa partie la plus étroite, là où le soleil n'arrive jamais jusqu'au fond du canyon, il y a des bassins d'eau verdâtre et de nombreux oiseaux ont fait leurs nids dans les parois. Ici il fait frais et humide, quelle différence avec le climat du désert quelques dix mètres plus haut!

A très bientôt pour la suite du récit!
http://voyageforum.com/discussion/5-semaines-en-namibie-botswana-retour-experience-d6700317/
Des terres arides du désert du Namib en passant par Etosha, puis les rives de la rivière Chobe et les Chutes Victoria, notre voyage nous a portés jusqu'au dédale des canaux du delta de celui qui ne rejoint jamais la mer, l'Okavango.
Avant d'attaquer ce journal de voyage, tel que je l'ai écrit sur place, au jour le jour, voici notre itinéraire sur la carte:

Bonne évasion et bonne lecture!
Première partie: de Windhoek à Sesriem
lundi 28 juillet
Il fait encore nuit noire à 5h du matin heure locale (décalage 1h), lorsque l'A330 de Air Namibia se pose sur la piste. Le froid nous saisit sur le tarmac. Pas de doute, ici c'est l'hiver, il fait près de 0 degrés ce matin! Mais miracle, tous nos bagages, acheminés de Varsovie via Francfort, sont bien là! À la sortie dans le hall public de l'aérogare, un jeune homme nous accueille avec une pancarte "Welcome famille Olszewski". Notre accompagnateur se plaint lui aussi du froid, mais il est en bermuda! Il nous accompagne à la camionnette estampillée Bobo Campers puis nous conduit chez notre loueur. En route, nous apercevons nos premiers springboks et singes dans la vallée assez aride que la route traverse.
Chez Bobo Campers l'accueil est agréable, mais le véhicule nous déçoit un peu dès le premier coup d'œil: c'est vrai qu'il est d'une propreté irréprochable, mais il est néanmoins un peu vieillot et certaines choses auraient pu être mieux conçues. Les explications pour la prise en main sont assez sommaires (on passe plus de temps sur la paperasse), mais cela ne nous inquiète pas plus que ça, vu que nous sommes des "campings caristes expérimentés" ;) . Nous prenons enfin la route, en oubliant le produit pour la cassette des toilettes sur la table de l'accueil!
Pourtant, à peine 2 km plus loin, un voyant orange s'allume sur le tableau de bord (ah le voyant orange...le meilleur ennemi du voyageur au long cours!), et Thomas décide de faire tout de suite demi-tour. Le responsable mécanique de Bobo ne sait pas vraiment ce que ça représente, mais nous dit de ne pas nous inquiéter, de faire monter le moteur dans les tours, pour brûler une éventuelle petite crasse détectée au niveau des injecteurs. Après tout, ce n'est pas notre véhicule, et le louer doit nous fournir une assistance en cas de panne, alors on ne s'inquiète pas outre mesure et on reprend la route.
C'est une journée technique qui nous attend, forcément pénible car ce sont nos premiers pas dans un pays inconnu, dans une ville inconnue, après une nuit dans l'avion... D'abord une étape supermarché et "bottle store" (l'alcool se vend dans des magasins spécialisés), pour faire le plein de provisions. Puis essence, carte SIM pour le téléphone portable et forfait data pour se connecter à Internet via une clé 3G (les réseaux Wifi seront quasi-inexistants sur toute la première partie du voyage). A la station essence, un namibien à qui nous demandons notre route non seulement nous invite à le suivre jusque-là où nous voulons aller, mais nous laisse aussi sa carte de visite pour qu'on puisse l'appeler si on a besoin de quoi que ce soit! Les gens, noirs ou blancs, nous paraissent d'emblée extrêmement gentils et accueillants.
La banlieue de Windhoek ne nous fait pas grande impression, et nous ne souhaitons pas nous attarder plus qu'absolument nécessaire, la conduite à gauche dans un environnement urbain (heureusement le trafic n'est pas dense!) est assez stressante comme ça.
Nous quittons enfin la ville en début d'après-midi, direction le sud, et nous nous arrêtons pour cassez la croûte un peu plus tard sur un parking au bord de la nationale. Les singes curieux s'approchent de notre étrange véhicule.
Nous quittons la route peu avant la petite ville de Rehoboth, et nous engageons sur une large piste sur une dizaine de kilomètres. Nous retrouvons le "ripio" comme on l'appelait en Amérique du Sud, la tôle ondulée formée par le passage des 4x4 à grande vitesse sur la piste de terre tassée. Mais nous sommes quasi seuls à l'emprunter, alors nous pouvons zigzaguer comme nous voulons pour trouver les portions les plus roulantes.
Nous avons prévu de passer la nuit au Lake Oanob Resort, un camping au bord d'un lac de barrage. On nous accueille avec un verre de jus de fruits et nous avons l'embarras du choix de l'emplacement, car l'endroit est presque désert hors-saison et en semaine.

La vue sur le plan d'eau est assez surprenante dans l'environnement aride du centre namibien en plein milieu de la saison sèche. Il n'y a pas d'animaux (à part le chien du resort qui traîne autour de nous toute la soirée), mais ça sent bon les vacances: les enfants jouent au bord du lac et les grands font une petite balade qui offre différents points de vue sur le lac, le soleil se couchant derrière les collines en cadeau.
Nous croisons un couple de français en petite berline de location qui nous racontent être arrivés la veille à Windhoek mais avoir dû passer deux journée à régler tous les aspects pratiques en ville - nous nous estimons donc heureux (et un peu plus organisés ;) ) d'avoir pu tout boucler en une grosse demi-journée.

Il n'y a pas d'eau dans la piscine, mais le bain ne serait de toute manière pas une très bonne idée: à peine le soleil couché, il fait bien frais pour ne pas dire froid! Mais nous passons une très agréable soirée dehors autour de notre premier braai (barbecue): le feu nous réchauffe pendant que l'excellente viande de bœuf est sur la grille et les pommes de terre cuisent dans les braises. En fin de repas, les enfants font griller des chamallows, puis tout le monde profite d'une douche bien chaude dans les "ablutions" privées qui jouxtent notre place de camping.
mardi 29 juillet
Nous quittons le lac Oanob à l'aube : autant prendre le rythme, en Namibie il vaut mieux se réveiller tôt pour profiter de la journée, car la nuit tombe tôt également - nous sommes en hiver.... Après un petit ravitaillement en combustible dans la petite ville de Rehoboth, encore enveloppée dans la brume, nous prenons la piste vers les montagnes du Naukluft, que nous devons traverser, alors que les enfants sont encore au lit. Les secousses dues à l'état de la piste ne semblent pas les déranger outre mesure...

Après le petit déjeuner pris sur le chemin d'accès vers une ferme isolée au milieu de nulle part, un choix se présente: l'itinéraire à travers le Naukluft via le Spreetshoogte pass est réputé grandiose, mais la piste est raide semble-t-il. Le Reemshoogte est le choix le plus sage, mais ça nous titille de prendre le Spreetshoogte! Là où les routes se séparent il y a un minuscule village qui a son poste de police, et nous décidons d'y prendre quelques renseignements. La jeune policière sort de la maison adjacente, avec un petit chien aux trousses. Alors que je discute avec elle, Thomas joue avec le chien et fait semblant de vouloir le prendre avec nous. Elle me confirme qu'on peut emprunter le Spreetshoogte, et elle met Thomas en garde: "If you steal my dog I will arrest you myself!".
On part en rigolant, et un peu plus loin nous ne sommes pas déçus de notre choix: la vue du point culminant du passage dans la montagne est grandiose, à perte de vue. La route est pavée, donc en excellent état, et le marquage impeccable.
Comme souvent, oser, ça paye! Nous faisons une halte photo assez courte, car le vent souffle fort là-haut!

Dans la descente nous croisons une équipe au travail en train de consolider-réparer la route. Ils nous demandent de l'eau et nous leur en offrons, avec toute notre reconnaissance pour leur dur travail dans cet environnement hostile.
La piste rejoint les plaines et devient toute droite jusqu'à l'horizon. les terres clôturées d'une part et d'autres sont couvertes d'herbes sèches et de quelques rares arbres ou arbustes.

Pour déjeuner nous arrivons à Solitaire, une halte bien connue des voyageurs en Namibie, au carrefour des pistes principales du coin, un drôle d'endroit. Il y a une station essence, un petit magasin, un camping mais surtout une boulangerie dont le renom, grâce à son apfel strudel, a dépassé les frontières de la Namibie dans la communauté des voyageurs.

Nous faisons une bonne pause sur sa terrasse ombragée à déguster des pâtisseries salées et sucrées. Mais, pour être francs, nous sommes déçus du fameux apfel strudel, que nous trouvons lourd et la portion généreuse impossible à finir, même à deux!
Andréas profite de cette pause pour grimper dans chaque carcasse de vieille voiture qui décore les lieux et Diane pour nourrir les suricates qui tournent autour des véhicules garés sur le parking.

En s'approchant de Sesriem, notre étape pour les deux prochaines nuits, la piste, victime de l'intérêt touristique majeur du lieu, devient mauvaise et secoue le camping-car au point de faire tomber la porte du placard à vêtements de ses gonds! Mais les environs s'animent, nous voyons dans les plaines des autruches, des gemsboks, des springboks...

Après cette grosse matinée de route, nous voilà enfin à l'entrée du Parc National de Sesriem. Nous prenons possession de notre joli emplacement de camping réservé des mois à l'avance, puis c'est pause détente autour de la piscine...glaciale. Qu'à cela ne tienne, les enfants font des sauts à n'en plus finir!
Nous avons prévu de nous offrir le coucher du soleil derrière la dune Elim, située à quelques kilomètres du camping. La montée, qui ne semble pas si longue ni si dure au premier abord, se montre beaucoup plus longue et ardue une fois passé la première crête, et le soleil est déjà passé derrière la dune! Mais nous ne lâchons pas l'affaire, nous le poursuivons toujours plus loin et toujours plus haut. Enfin au bout, après presqu'une heure de montée ardue, nous arrivons à temps pour le voir se coucher. Belle récompense pour nos efforts!
La nuit est tombée lorsque nous rentrons au camping, et c'est à la lampe torche et par un raccourci à travers champs que nous rejoignons le Sossusvlei lodge voisin. Le buffet de son restaurant est, de l'avis unanime des voyageurs "à ne pas rater", et ce n'est pas nous qui allons les contredire. Sur une belle terrasses sous les étoiles du désert, nous nous régalons d'excellentes grillades de gibier (pas moins de 12 sortes de game, dont nos préférés seront l'impala, le zèbre et le springbok), des légumes à la plancha et une bonne bouteille de rosé sud-africain.
mercredi 30 juillet
Le réveil sonne à 5h10, on franchit la grille du parc à 5h25 et on n'est pas les premiers! Les phares de nombreux véhicules percent la nuit encore noire, lancés sur le ruban d'asphalte, dans la vallée, entre les dunes. La plupart s'arrêtent sur le parking de la dune 45, celle du lever du soleil par excellence. Laissant les enfants encore endormis dans le camping-car, on attaque la montée à notre tour lorsque les premières lueurs du jour commencent à percer à l'horizon.


Nous dépassons beaucoup de monde et nous nous trouvons une place à l'écart tout en haut. Tout autour de nous, petit à petit, les dunes s'embrase dans le soleil levant. Et une fois le disque orange au-dessus de l'horizon, le spectacle n'est pas fini: les couleurs et les contrastes sont saisissants, avec la plaine herbeuse jaune et les quelques arbres au pied des dunes. Un régal pour les photos...

Après la montée assez ardue, la descente est un jeu d'enfant: on s'élance à pleine vitesse dans le sable encore frais, vers le pied de la dune.


Une fois de retour dans Blanche (c'est le nom que les enfants ont donné au camping-car), alors que les enfants émergent doucement, nous parcourons les 15 derniers kilomètres jusqu'au parking "tout véhicule" de Sossusvlei. En effet, les cinq derniers kilomètres se font dans du sable profond, donc après le petit-déjeuner nous prendrons une navette 4x4. Les enfants adorent, ils lèvent les bras comme dans les montagnes russes!

Nous descendons près de Dead Vlei et de Big Daddy, la dune la plus haute du monde. Après une petite marche d'approche, l'étendue blanche de l'ancien lac salé asséché est à nos pieds. Entouré de dunes hautes, le salar est parsemé de troncs d'arbres morts, pour la plupart encore debout. Encore une fois les couleurs sont magnifiques dans la lumière du matin.


Andréas est infatigable, il monte les dunes là où la pente est la plus raide, pour redescendre en roulant. Il veut aller au sommet de Big Daddy et Thomas est d'accord pour l'accompagner!
Ni de une ni de deux, ils partent avec une seule gourde sous un soleil de plomb. Avec Diane, on attend longtemps à l'ombre d'un arbre mort au beau milieu du Vlei...et je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter...on voit des toutes petites fourmis gravir la dune...on ne peut même pas être sûres que ce sont bien eux! Au bout d'une petite éternité ils se lancent du sommet, tout droit...et bien entendue la descente est beaucoup plus rapide! La seule victime de cette aventure aura été l'appareil photo de secours qui aura pas bien supporté tout ce sable.

De retour vers le point d'arrêt des navettes, nous devons demander de l'eau à d'autres touristes qui sont avec leur véhicule et toutes leurs provisions...car nous sommes à sec. La navette nous emmène vers Sossusvlei, mais l'endroit nous semble beaucoup moins magique que Deadvlei, et, comme tout le monde est assoiffé, affamé et assoiffé, nous décidons de ne pas nous y arrêter et de retourner au parking des véhicules non-4x4.

En fin d'après-midi, alors que les enfants se reposent devant un film dans Blanche, les adultes descendent dans le Canyon de Sesriem qui se trouve à quelques kilomètres du camping. Dans sa partie la plus étroite, là où le soleil n'arrive jamais jusqu'au fond du canyon, il y a des bassins d'eau verdâtre et de nombreux oiseaux ont fait leurs nids dans les parois. Ici il fait frais et humide, quelle différence avec le climat du désert quelques dix mètres plus haut!

A très bientôt pour la suite du récit!
De Cape Town à Johannesburg English translation pending
Note aux nouveaux lecteurs:
Bonjour, Au départ il ne s agissait que d'un voyage. Au fil du temps c'est devenu un tournicota en afs et dans les pays voisins... Donc on fera ensemble, si vous le voulez ce tournicoti tournicota en passant par les différentes régions d'afs avec en supplément le Lesotho, le pays Swazi, un bout de Bots et un bout de Namibie.
Un petit compte-rendu sur notre dernier voyage en AFS (le N°14). Le parcours : Cape Town, Paternoster, Cederberg, Clanwilliam, Upington, Augrabies, Kuruman, Madikwe, Cradle of Humankind, Joburg. Tout a été fait par nos soins via le net et en direct.
L’avion : Turkish CDG Istanbul Cape Town et retour Joburg Istanbul CDG. Le transfert à Istanbul se fait facilement dans les 2 heures allouées. A Joburg, il s’agit d’une escale technique…Le plein, les niveaux et le pare-brise ? Et on prend des passagers. Vol de nuit. Arrivée à CapeTown vers 13 heures. 750 €. Les compagnies aériennes ont décidé que les passagers devaient se contenter de peu de place…Idem chez Turkish mais pareil qu’avec Lufthansa, AF ou autres…A380 ou pas.
La voiture : Un Fortuner 4x4 de Toyota, extra, voiture en ordre, aucun souci. La version 4x4 avait son intérêt pour le Cederberg, un côté rassurant aux Augrabies et ailleurs…Un SUV était tout à fait suffisant même si moins rassurant sauf dans le Cederberg vu ce que nous voulions faire.
Après coup, seule l’étape d’Upington était inutile. Les Augrabies valent le long détour.
Septembre…Un poil trop tard pour les fleurs de la West Coast et du Cederberg mais un poil trop tôt pour les Augrabies et la route avant et après Clanwilliam. Tout cela dépend des pluies…Et je ne suis pas prévisionniste météo !
Dissertons plus précisément :
Cape Town :
Comme d’habitude, les chiens renifleurs sont des beagles…Et pas des Bergers Belges ou des Bergers Allemands. Plus sympas peut-être mais le contrôle discret est loin d’être anodin. On peut changer son liquide dès l’aéroport, le prix de la commission n’est pas catastrophique ! Notre point de chute est une guest house à Camps Bay.
Camps Bay a beaucoup d’avantages.
L’ambiance est plus cool. La situation permet d’aller facilement dans toutes les directions…Le centre-ville, la région des vins, la péninsule, la route de l’Est, les sites de Table Mountain, Signal Hills, Lion’s Head, le quartier malais…Bref, on est à peu de distance de tout ! L’endroit est superbe, la plage aussi même si l’eau est « frisquette++ ». Nombreux restos sur Camps Bay drive et passage des bustouristiques (qui peuvent être très utiles).
Se lever tôt ! C’est le premier conseil en AFS ! La nuit tombe vers 18 heures. Les restos sont au taquet à 19 heures. Donc on se lève tôt et si Table Mountain est dégagée…On y va !C’est le meilleur moment (pas encore de queues, une vue très claire). Autre conseil : La montée de Lion’s Head…Montée pas difficile ne nécessitant qu’un peu de gambettes (une bonne matinée en tout, prenez de l’eau, c’est safe)…Le pied intégral et à mon sens la meilleure vue sur…tout ! L’apéro du soir sur Signal Hill ? La passion des sud af pour les sundowners est exotique…C’est aussi un plan valable. Après Table Mountain ou Lion’s Head…Un petit tour surWaterfront. Attention, on retombe sur le touristique plein pot mais on y mange et on y achète des cartes postales…Surtout on prend le bateau pour Robben Island.
Robben Island : Vous pouvez réserver via le net. Certaines traversées sont complètes. Evitez si possible celle de 12/13 heures car le plus de monde et le bateau le plus lent du monde ! Evidemment avec le soleil la vue sur la baie vaut à elle seule la traversée…Mais c’est pour la prison que vous y allez ! Nous y étions au début des années 2000 donc 3 ou 4 ans seulement après qu’elle soit visitable. Il y soufflait un vent d’enthousiasme, de volonté d’expliquer, de dire et de pardonner… 10 ans plus tard, ce sont toujours les anciens prisonniersqui font la visite principale mais le vent est retombé… Le public aussi a changé…Quelquefois plus intéressé par son Facebook, acheter une glace ou glousser avec son voisin… J’en reviens cette année avec un goût un peu amer… Robben Island attraction touristique appartenant au passé ou mémoire vivante d’un passé proche et lourd ? Acteurs et spectateurs ont changé ? En bien ?
La péninsule du Cap : Evidemment à faire et mérite sa journée ! Quelques conseils : Allez-y via la route Ouest après la route touristique payante qui suit Hout Bay. C’est plus joli, bien plus… Attention babouins qui savent parfaitement et très rapidement ouvrir la portière de votre voiture (passagers ou pas !). Donc avoir l’obsession de la fermeture centralisée des portières. Les randonneurs ne sont ridicules armés d’un bâton. Prenezgarde à votre sac. Ne résistez pas en cas d’intervention babouine ! Après le petit « funiculaire » prenez le petitcircuit pour aller au bout du bout de la pointe. Ne confondez pas Cape Point et Cape of Good Hope. Ouvrez vos yeux pour chercher les baleines…Et plutôt côté Est et au pied des falaises.
Faites coucou aux Dassies (Damans, Roch Hyrax) pas timides mais ce n’est pas une raison pour les nourrir ou essayer de les toucher. N’oubliez pas qu’ils font partie du même embranchement que les éléphants ! Le resto de la pointe du Cap est touristique, certes mais pratique. Revenez par Simon’s Town pour voir les pingouins de BouldersBeach.
Hermanus : Une excursion (1h30 de route) incontournable par beau tempset à la bonne saison. Des baleines quelques fois comme s’il en pleuvait. Une route le long de la côte (à l’aller) qui est un enchantement… et passez par Betty’s Bay pour voir ou revoir des pingouins(plus, pour 15 rands, dans un coin moins aménagé…mais plus pour longtemps). Voilà nos 3 journées bien occupées…
Ce qui a changé en 15 ans (j’y reviendrai souvent) : Moins de bidons villes et avec de l’éclairage, de l’eau…Plusde quartiers pas riches mais moins pauvres. Une plus grande mixité. Les noirs… Remarque : Je dis les noirs sans racisme ou autre connotation. Quand vous êtes sud af on vous demande, même si vous êtes blonde comme les blés de vous définir comme « white » (blancs), « coloured » (métis)ou « black » (noir). Pour moi, c’est un fait pas un jugement…De toute façon nous avons tous et toutes le même grand-père ou la même grand-mère (j’yreviendrai).
Donc, les noirs sont aussi des clients dans les restos…On voit des couples mixtes…Sur la route, il y a 15 ans (moins à Cape Town qu’ailleurs), sur la route voiture = blancs. Si voiture avec non blancs = voiture pourrie.Aujourd’hui, ce n’est plus vrai. On voit beaucoup d’homosexuels… qui ne se cachent pas. (Noussommes à Cape Town mais cela a aussi changé). On voit beaucoup de noirs venant de RDC. Il y a un stade de foot pour moi totalement anachronique enplein milieu de Cape Town.
Pour une première intervention c’est suffisant pour aujourd’hui…
Michel
PS : tout ceci n’est que mon opinion ou mon ressenti.
Bonjour, Au départ il ne s agissait que d'un voyage. Au fil du temps c'est devenu un tournicota en afs et dans les pays voisins... Donc on fera ensemble, si vous le voulez ce tournicoti tournicota en passant par les différentes régions d'afs avec en supplément le Lesotho, le pays Swazi, un bout de Bots et un bout de Namibie.
Un petit compte-rendu sur notre dernier voyage en AFS (le N°14). Le parcours : Cape Town, Paternoster, Cederberg, Clanwilliam, Upington, Augrabies, Kuruman, Madikwe, Cradle of Humankind, Joburg. Tout a été fait par nos soins via le net et en direct.
L’avion : Turkish CDG Istanbul Cape Town et retour Joburg Istanbul CDG. Le transfert à Istanbul se fait facilement dans les 2 heures allouées. A Joburg, il s’agit d’une escale technique…Le plein, les niveaux et le pare-brise ? Et on prend des passagers. Vol de nuit. Arrivée à CapeTown vers 13 heures. 750 €. Les compagnies aériennes ont décidé que les passagers devaient se contenter de peu de place…Idem chez Turkish mais pareil qu’avec Lufthansa, AF ou autres…A380 ou pas.
La voiture : Un Fortuner 4x4 de Toyota, extra, voiture en ordre, aucun souci. La version 4x4 avait son intérêt pour le Cederberg, un côté rassurant aux Augrabies et ailleurs…Un SUV était tout à fait suffisant même si moins rassurant sauf dans le Cederberg vu ce que nous voulions faire.
Après coup, seule l’étape d’Upington était inutile. Les Augrabies valent le long détour.
Septembre…Un poil trop tard pour les fleurs de la West Coast et du Cederberg mais un poil trop tôt pour les Augrabies et la route avant et après Clanwilliam. Tout cela dépend des pluies…Et je ne suis pas prévisionniste météo !
Dissertons plus précisément :
Cape Town :

Comme d’habitude, les chiens renifleurs sont des beagles…Et pas des Bergers Belges ou des Bergers Allemands. Plus sympas peut-être mais le contrôle discret est loin d’être anodin. On peut changer son liquide dès l’aéroport, le prix de la commission n’est pas catastrophique ! Notre point de chute est une guest house à Camps Bay.
Camps Bay a beaucoup d’avantages.

L’ambiance est plus cool. La situation permet d’aller facilement dans toutes les directions…Le centre-ville, la région des vins, la péninsule, la route de l’Est, les sites de Table Mountain, Signal Hills, Lion’s Head, le quartier malais…Bref, on est à peu de distance de tout ! L’endroit est superbe, la plage aussi même si l’eau est « frisquette++ ». Nombreux restos sur Camps Bay drive et passage des bustouristiques (qui peuvent être très utiles).
Se lever tôt ! C’est le premier conseil en AFS ! La nuit tombe vers 18 heures. Les restos sont au taquet à 19 heures. Donc on se lève tôt et si Table Mountain est dégagée…On y va !C’est le meilleur moment (pas encore de queues, une vue très claire). Autre conseil : La montée de Lion’s Head…Montée pas difficile ne nécessitant qu’un peu de gambettes (une bonne matinée en tout, prenez de l’eau, c’est safe)…Le pied intégral et à mon sens la meilleure vue sur…tout ! L’apéro du soir sur Signal Hill ? La passion des sud af pour les sundowners est exotique…C’est aussi un plan valable. Après Table Mountain ou Lion’s Head…Un petit tour surWaterfront. Attention, on retombe sur le touristique plein pot mais on y mange et on y achète des cartes postales…Surtout on prend le bateau pour Robben Island.
Robben Island : Vous pouvez réserver via le net. Certaines traversées sont complètes. Evitez si possible celle de 12/13 heures car le plus de monde et le bateau le plus lent du monde ! Evidemment avec le soleil la vue sur la baie vaut à elle seule la traversée…Mais c’est pour la prison que vous y allez ! Nous y étions au début des années 2000 donc 3 ou 4 ans seulement après qu’elle soit visitable. Il y soufflait un vent d’enthousiasme, de volonté d’expliquer, de dire et de pardonner… 10 ans plus tard, ce sont toujours les anciens prisonniersqui font la visite principale mais le vent est retombé… Le public aussi a changé…Quelquefois plus intéressé par son Facebook, acheter une glace ou glousser avec son voisin… J’en reviens cette année avec un goût un peu amer… Robben Island attraction touristique appartenant au passé ou mémoire vivante d’un passé proche et lourd ? Acteurs et spectateurs ont changé ? En bien ?
La péninsule du Cap : Evidemment à faire et mérite sa journée ! Quelques conseils : Allez-y via la route Ouest après la route touristique payante qui suit Hout Bay. C’est plus joli, bien plus… Attention babouins qui savent parfaitement et très rapidement ouvrir la portière de votre voiture (passagers ou pas !). Donc avoir l’obsession de la fermeture centralisée des portières. Les randonneurs ne sont ridicules armés d’un bâton. Prenezgarde à votre sac. Ne résistez pas en cas d’intervention babouine ! Après le petit « funiculaire » prenez le petitcircuit pour aller au bout du bout de la pointe. Ne confondez pas Cape Point et Cape of Good Hope. Ouvrez vos yeux pour chercher les baleines…Et plutôt côté Est et au pied des falaises.

Faites coucou aux Dassies (Damans, Roch Hyrax) pas timides mais ce n’est pas une raison pour les nourrir ou essayer de les toucher. N’oubliez pas qu’ils font partie du même embranchement que les éléphants ! Le resto de la pointe du Cap est touristique, certes mais pratique. Revenez par Simon’s Town pour voir les pingouins de BouldersBeach.
Hermanus : Une excursion (1h30 de route) incontournable par beau tempset à la bonne saison. Des baleines quelques fois comme s’il en pleuvait. Une route le long de la côte (à l’aller) qui est un enchantement… et passez par Betty’s Bay pour voir ou revoir des pingouins(plus, pour 15 rands, dans un coin moins aménagé…mais plus pour longtemps). Voilà nos 3 journées bien occupées…
Ce qui a changé en 15 ans (j’y reviendrai souvent) : Moins de bidons villes et avec de l’éclairage, de l’eau…Plusde quartiers pas riches mais moins pauvres. Une plus grande mixité. Les noirs… Remarque : Je dis les noirs sans racisme ou autre connotation. Quand vous êtes sud af on vous demande, même si vous êtes blonde comme les blés de vous définir comme « white » (blancs), « coloured » (métis)ou « black » (noir). Pour moi, c’est un fait pas un jugement…De toute façon nous avons tous et toutes le même grand-père ou la même grand-mère (j’yreviendrai).
Donc, les noirs sont aussi des clients dans les restos…On voit des couples mixtes…Sur la route, il y a 15 ans (moins à Cape Town qu’ailleurs), sur la route voiture = blancs. Si voiture avec non blancs = voiture pourrie.Aujourd’hui, ce n’est plus vrai. On voit beaucoup d’homosexuels… qui ne se cachent pas. (Noussommes à Cape Town mais cela a aussi changé). On voit beaucoup de noirs venant de RDC. Il y a un stade de foot pour moi totalement anachronique enplein milieu de Cape Town.
Pour une première intervention c’est suffisant pour aujourd’hui…
Michel
PS : tout ceci n’est que mon opinion ou mon ressenti.