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Trek au Kirghizistan en 2009 English translation pending
by Patounn · 2008-04-13 · 19 replies
Bonjour,

J'envisage de faire un trek au Kirghizistan pour 2009. Est-ce un bon choix pour un trek (marche en montagne) ? Quelle région de ce pays favoriser ? Est-il facile d'organiser un trek pour une dizaine de personnes en prenant une agence dans le pays du trek ? Je suppose que la langue touristique est l'anglais, trouve-t-on des guides français dans les agences? Quelle est la meilleure période pour faire un trek ? Quelle est la situation politique dans ce pays ? Merci, Patounn
Tunis-Tabarka-Ain Draham (Tunisie du nord-ouest) English translation pending
by Millenuits · 2008-04-08 · 2 replies
bonjour,

intro Quelqu'un, ailleurs qu'ici, avait posé questions en vue d'effectuer voyage en voiture ou caravane à deux ( mari et femme), sur "Tunisie du Nord Ouest", ( dénomination incorrecte mais courante)j'avais répondu, mais je me suis aperçu que, partant de TUNIS après débarquement du Bateau à La Goulettel, le circuit recherché ou envisagé risque de laisser à l'écart toute une partie très intéressante et parfois unique dans son genre complètement à l'écart, qui en gros, comprend la Tunisie du Nord et du Nord Ouest ce qui pourrait arriver quand on manque de renseignements sur un circuit documenté qui n'existe effectivement pas, et l'on risque en raison de la facilité ou des renseignements recueillis sur place à la hate de faire TUNIS LE KEF directement pour commencer un circuit "TUNISIE NORD OUEST" juste à partir du KEF vers le Sud ( Chebika, Sbeitla etc...)et obligerait à faire TUNIS-KEF directement.

J'ai donc pensé que la réponse esquissée pourrait être TUNIS-TABARKA-AIN DRAHAM, première étape d'un CIRCUIT dans un programme "TUNISIE DU NORD OUEST" recherché. Ce circuit est du plus grand intérêt par rapport à ce qui est habituellement connu de la Tunisie, et le sujet ici pourrait être utile et mis à part ici pour être visible ( j'avais donné ces réponses dans le cadre de réponses à questions posées, et que je remanie ici en sujet indépendant) donc pour tous ceux qui voudraient découvrir la Tunisie dans ses régions nord et nord ouest (sur une distance de plus ou moins 170km) et ouest ( plein sud c'est à dire, toutes zones limitrophes Algérie jusqu'au Sud tunisien chbika Sbeitla) qui est peu fréquenté, par tourisme, . Son intérêt réside dans le fait qu'il offre pour le visiteur une très grand nombre de découvertes en même temps des caractéristiques exclusives ou uniques qui font leurs identités ou spécificités : paysages, sites naturels, faune flore, traditions culinaires artisanales, activités, productions, les hommes, villes et villages, l'archéologie ou le patrimoine, etc... Attention ce ci n'est pas un guide, ni circuit à utiliser comme document de voyage, mais juste rédigé à ma manière pour faire envie d'y voyager, car je n'avais aucune carte sous les yeux pour être utilisé ainsi ( peut être que plus tard je préciserai étapes distances excates routes de ce circuit mais pour intstant, de toutes façon il y a lieu de compléter tant de choses à voir et que je n'ai pas forcément cité ici car il faudrait documents sous les yeux, ce qui n'est pas le cas, attention donc juste vous donner une idée de que l'on pourrait voir de ce côté de la Tunisie.

Si vous êtes intéressés comme le couple qui va bientôt y aller, vous devez préparer votre circuit avec carte avant de voyager.( sur ces 170 KM à peu près, de Tunis à Tabarka, pouvant être fait en une journée, dormir à Tabarka, où vous pouvez réserver à l'avance ( il y a un site sur tabarka à voir pour infos, ".... .org") et y rester si vous voulez autant que vous souhaiter, visiter Ain Draham et y revenir ou attendre pour le faire de quitter tabarka pour continuer votre circuit, Ain Draham est sur le même chemin que votre grand circuit "TUNISIE NORD OUEST" qui vous conduira de là, vers le sud. J'indique à titre personnel que l'on peut l'aborder (ce circuit partiel Tunis-tabarka-Ain Draham) simplement pour 1 à 3 semaines, avec ses propres moyens et temps, seul, à deux, ou tout petit groupe, documentation carte assez précise 1/50 000 par ex.

CHOIX du Circuit "TUNISIE DU NORD OUEST" le trajet Tunis le Kef est plus pauvre ( sites archéologiques, culturels, paysages " et autres approches même)en tout par rapport à l'autre, et vous risquez de le faire en une traite sans même rencontrer trop de choses intéressantes ou importantes.

OPTEZ POUR CE CIRCUIT PARTIEL: TUNIS-TABARKA-AIN DRAHAM " aussi:

DETAILS : (ne me suivez pas, je ne suis pas un guide, mais faites ces 9 pas... lol)

1***** Entre Tunis et Tabarka, il y a bcp de choses à voir ou à savoir, bien que ce trajet soit moins long que Tunis-Kef et vous y trouverez, à condition de faire de petites haltes ou crochets des endroits à connaitre ou voir comme Tunis-Ghar melh ( anciennement PORTO FARINA, port et arsenal du 16-17ème, avec paysage de barrière montagneuse abrupte délimitant espace du village de pêcheur),

2 ******d'aiileurs en quittant, il y a bien des points ( villages ou petites villes) de la côte que l'on peut sans trop s'attarder aller y boire café ou acheter quelques produits frais ( poissons, légumes ou fruits) ou artisanaux histoire de bien constater spécificités des tarditions culinaires, paysages, ou productions...

3 ******et en plein dans cet ensemble côtier que vous êtes entrain de parcourir, on trouvera naturellement ce qui est important et inévitable : Utique, et puis on pourrait trouver moyen de là, de s'aménager partiellement circuit pour bifurquer vers Ichkeul si l'on est inétressé par paysage naturel merveilleux (lac montagne faune et flore)....

4 ***** de toutes façons on pouvait de Tunis emprunter un tout autre circuit vers Tabarka par ex, par Tunis Bardo Djedeida( ouTébourba) Mateur.. ., ou Tunis, Borj Amri Bejà...,

5 ******mais si on restait dans celui emprunté, et au au trois quarts du chemin TUNIS-TABARKa, on entre dans un paysage spécifique de la Tunisie du Nord Ouest : de végétation, et de relief et climat dans lequel se situe Tabarka et qui est le plus arrosé en pluie de toute la Tunsie, et celà vaudrait la peine d'y passer pour telle ou telle particularités locales, (comme les mines de fer de la colonisation), des villages ou des sites qui ne sont certes pas spectaculaires mais permettent une connaissance des gens et du pays "profond" ...

6 *****20 km avant Tabarka, il y a un micro climat particulier qui concerne une zone très réduite touchant la côte, et qui mérite la curiosité en quittant route pour aller voir et sentir l'atmosphère" avant d'arriver à Tabarka.

7****** VOUS êtes arrivé? Vous avez mis 3H? ah non Personnellement je mettrais exprès une journée pour profiter de voir ce qui a été décris!!! mais comme vous voulez si vous êtes pressé d'arriver ici à TABRAKA y a tout pour manger dormir, louer, pêcher, parler, photographier acheter, nager, se soigner, réparer ... pas de souci sans oublier écrire vos mails et vous connecter mais comment dire..., le reste, le beau, le vrai ...tout le reste quoi, comment c'est? et là je pourrais vous résumer très succintement, il le faut : Zone Tabarka est le seul endroit de la Tunisie où tant de caractéristiques naturelles ont été réunis ici (al Hamdu lillah!) : la mer ( plage rocheuse avec aiguilles d'un côté et sableuse de l'autre, avec un accès à l'Ile ( devenue presqu'ile par l'aménagement) qui accueille Fort Gênois, rappelant lui, qu'il y a bien longtemps que Tabarka était connue pour son Corail rouge comme la partie jouxtante de l'Algérie d'ailleurs ; Et si vous êtes fumeur, c'est le pays des PIPES ; Et maintenant si l'on tournait le dos à la mer on verrait la ville éternellement petite sur le flanc de la Montagne étaler, ses maisons en tuile rouge, mais audelà c'est le domaine de la Forêt et de la Montagne jsuqu'à Ain Draham, où il ne neige plus, à notre reget à tous, comme avant!, mais toute la Zone peut se consoler d'avoir tous ces atouts, beautés, et même tranquilités réunies exclusivement ici.

8*****Montez donc vers Ain Draham, et en montant retournez vous en surplombant le tout, (magnifique, majestueux de beauté, vous verrez même l'Ile de la Galite, un peu à tribord peut être la sardaigne mais là moins sûr... )et avant de disparaitre dans les lacets de la route montagneuse à l'ombre du chêne liège dominant, chêne vert ou zeen qui est lui unique de toute la Méditerranée chez nous ou notre proche voisin l'algérie... Roulez doucement, Souriez, vous êtes filmé ou flashé, si vous ne savez pas que vous êtes en KHROUMIRIE, comme on dirait, mais pas loin en Algérie, Petite Kabylie eh oui, bcp de choses différentes pour faire une Tunisie .

9******Continuez Après vers vos sites préférés et cités par le Forum avant moi comme Bulla regia et les autres que vous saviez sur cette portion, mais promettez moi que vous allez surtout penser à voir, CHEMTOU, site archéo Important, qui est depuis Romains la source unique du marbre vert et admirez la reconstitution du processus de taille qui en a été réalisé, et ayez une pensée vers ces romains qui le faisaientt transporter par voie d'eau, eh oui, de la Medjerda qui aujourd'hui s'est tari et l'on ne voit plus comment celà pouvait se faire de l'extraction vers le plan d'eau et avec quel radeau ou bateau dans un mileu semi desertique, il pouvait arriver partout en Méditerranée?... si vous trouvez la réponse à votre retour écrivez-la nous ici à votre retour mais en attendant:

Bonne route et avant encore, bon choix de circuit.

Millenuits

(Ce message a été modifié par Millenuits le 7 avril 2008 à 23:04.)
Retour de l'hôtel Eldorador Club Palmeraie (fin mars 2008) English translation pending
by EliseChris · 2008-04-03 · 10 replies
Bonsoir à tous,

Nous sommes de retour d'une semaine passée avec notre petit garçon de 20 mois, à l'Eldorador Club Palmeraie à Marrakech. Si vous avez la chance d'être les prochains vacanciers à y aller, voici quelques infos. C'était la première fois que nous prenions l'avion avec notre bonhomme. Pour info, on peut prendre le sac à langer en bagage à main et ils acceptent les bouteilles d'eau pour les bébés. Pratique aussi, on peut garder la poussette jusqu'à la montée dans l'avion. Pour le reste, il faut prendre son mal en patience : 2h30 de voyage depuis Nantes, les attentes aux aéroports, puis la navette pour aller jusqu'à l'hôtel (une bonne demi-heure de trajet).

Concernant l'hôtel, nous l'avons trouvé vraiment très bien. Il est au milieu de la palmeraie (pas d'autres hôtels autour), avec un très grand et très beau parc. Les bâtiments s'intègrent très bien dans le paysage : de style marocain, couleur ocre, maximum deux étages. Bref, très agréable. Nous avons eu la chance d'avoir une grande chambre, le lit bébé était déjà installé à notre arrivée. Nous étions au calme avec vue sur les jardins. L'autre bâtiment qui entoure la piscine doit être un peu plus bruyant. Les chambres sont impeccables, tout en très bon état, le ménage très bien fait, serviettes changées tous les jours. Côté restaurant, on s'est régalé (et notre bonhomme aussi !!). Il y a pas mal de choix au buffet et toujours des spécialités marocaines (différentes crêpes le matin, du couscous et des tajines midi et soir, des pâtisseries). Il y a un buffet pour les petits avec toujours deux purées (légumes, pomme de terre, +/- viande) et de la compote (pomme, banane). Perso, j'avais emmené des assiettes par précaution et simplicité et le lait pour ses biberons. Mais il y a moyen de faire avec ce qui est proposé. Pas toujours des yaourts quand même. Il y a aussi un snack et un resto marocain (avec supplément). On peut demander des bouteilles d'eau aussi souvent que l'on veut (en formule tout inclus).

Côté activité, la piscine est grande, avec ce qu'il faut de transats. Elle est chauffée (modérément quand même !). Il y a une autre piscine à côté pour les petits, un peu plus chauffée je pense, elle est vraiment bien. Ce n'est pas une pataugeoire, il doit y avoir 50 cm d'eau. Notre bonhomme a adoré ! Et avec lui, on n'a pas trop profité de toutes les autres activités proposées : tennis, tir à l'arc, plein d'autres sports, cours de cuisine ou de danse, soirées spectacles ... etc. Il y a aussi des jeux dans le parc (toboggan, maison, bascules...etc) qui sont en très bon état. Il y a le baby eldo et le mini eldo à partir de 4 ans. On n'a pas testé mais les enfants qui étaient au mini club avaient l'air ravis. Tout le personnel (à la réception, au resto, les animateurs, les femmes de ménage) est vraiment sympatique et très serviable. Il ne faut pas hésiter à leur demander en cas de besoin.

L'hôtel est à une demi-heure de bus de la place de la Liberté (dans le Guéliz). De là, il faut un quart d'heure à pied pour rejoindre la place Jemaa-el-Fna. Il y a des navettes gratuites de l'hôtel toutes les heures environ, qu'il faut par contre réserver la veille. Pas de problème sur l'état des bus. On peut donc facilement se débrouiller comme ça. Ils proposent aussi des excursions. Nous avons fait la visite des souks et de la Medersa Ben Youssef, et palais et monuments (palais de la Bahia magnifique). L'intérêt c'est que le guide nous a balladé dans des ruelles typiques des souks, où nous ne nous serions pas aventurés tous seuls (vu notre sens de l'orientation !). Le jardin majorelle peut se faire seul et pour info, il faut s'y rendre tôt le matin (comme dans tous les autres lieux touristiques) pour ne pas faire la queue.

Nous avons passé de très bonnes vacances 😎... malheureusement déjà finies ! Si vous voulez d'autres renseignements ou photos, n'hésitez pas (on sait ce que c'est, on en cherchait avant de partir !). A bientôt 😉
Tour de l'Afrique de l'Ouest pendant quelques mois en 4x4 English translation pending
by Francis31 · 2008-03-26 · 65 replies
Cela faisait quelques années que l'idée me trottait dans la tète : faire un tour en Afrique pendant quelques mois en 4x4... En octobre 2006, mon épouse et moi demandons un congé sabbatique de 6 mois à nos employeur respectif et après accord de ceux ci (pas forcement content d'ailleurs...) je me met a la recherche d'un véhicule. Je trouve un Toyota land cruiser hj61 en décembre 06 et les week end précédent notre départ serons occupés à le préparer : révision de la boite de transfert, du pont arrière, des freins avant et remplacement des batteries.Le reste était en bon état. Après aménagement intérieur : rangements, aménagement d'une couchette pour notre fils Bastien qui part avec nous, pose d'une batterie auxiliaire et d'un frigo puis pose de 4 barres de toit et d'une tente de toit sans oublier un autoradio mp3, 5 pneus mixtes neufs et 2 plaques de désensablage fixées sous le pare choc arrière et voila pour le 4x4. Nous nous mettons à jour pour les vaccins et nous nous renseignons pour les traitements antipaludien, un peu de paperasse (permis de conduire international, carnet ATA pour le 4x4, fiche de renseignement pré remplie etc...) Nous partons avec un couple de copains en toyota bj75 et enfin le 2 octobre 2007 C'EST LE DEPART !! Passage de la frontière Espagnole à 15 h, achat cigarettes et gasoil puis bivouac dans un petit chemin. Le lendemain, il pleut, ca commence bien !! On roule jusqu'à Cuenca et on passe la nuit au bord d'une rivière. Le 4/10 a 7h30, c'est l'orage qui nous reveille! En route pour une journée encore pluvieuse puis campement vers Montoro au milieu des oliveraies (a perte de vue) Le jour suivant, nous arrivons a Tarifa (détroit de Gibraltar).Nous nous installons au camping (pour la douche), il fait beau donc baignade de rigueur ! Un panneau tourné vers la mer indique : Afrique 15 km ; à la nage cela risque d'etre long... Le lendemain, nous prenons les billets pour Tanger, départ le 8/10 . On s'installe sur la plage pour 2 jours de farniente. Traversée sans ennuis a part le mal de mer pour Bastien et à 11h30 nous sommes a Tanger, plein de gasoil, change et nous roulons jusqu'à Asilah pour passer la nuit au camping, il commence a faire chaud. Le 9/10 nous sommes à Rabat pour faire nos visas pour la Mauritanie . Un tour au cyber café et le soir, au camping, des militaires qui stationnent là pendant le ramadan nous offre un énorme couscous. ils sont là pour tirer avec un canon de 75 (vers la mer...) pour signifier la fin du jeune diurne.Entre le canon et les minarets, on ne dormira pas beaucoup ! Le lendemain, dépot des demandes de visa, marché, sieste et on assistera a un étrange trafic de nourriture entre militaires, gendarmes et commerçants.... Le surlendemain, nos visas en poche, départ pour Essaouira au camping "le calme" le bien nommé (on y restera 3 nuits)shopping dans la ville, courses et piscine au programme. Le 15/10 en route pour Tiznit. Arret au Marjanne d'Agadir pour les courses et surtout la bière introuvable ailleurs pendant le ramadan. Des Marocains nous donnerons de l'argent sur le parking pour qu'on leur ramène de la bibine et de l'alcool....On ressortira du magasin avec un plein caddie de bière!!! Camping a Tiznit, marché (il nous manque toujours quelque chose) et une bonne nuit avant le sahara occidental. A suivre
Jeux Oympiques de Pékin English translation pending
by Teamten · 2008-03-14 · 75 replies
salut à tous, J'aime le sport et je me réjouis à chaque approche des jeux olympiques... Néanmoins cette année je ne les regarderai pas, un geste qui ne sers à rien, juste pour ma "figure" en fait. Que les jeux qui sont symbole de la fraternité entre les peuples soit organisé par la Chine est une honte. Un pays au parti unique qui enferme ses dissidents, qui maltraite ses malades, qui fait si peu cas de l'individu est indigne d'organiser un tel évènement. J'invite tous ceux qui pense comme moi à boycotter les jeux à la télé, que les chaines fassent un score minable ! Que meme si les gouvernements se foutent bien pas mal de tout ça, les citoyens marquent leur désaprobation... J'espère qu'un maximum de forumeurs lirons mon message et " feront tourner " dans le petit temps que restera mon message avant destruction .... Une pétition peu etre aussi signée à :" boycottons les jeux olympique de Pékin ".

" C'est la monnaie qui dirige le monde, c'est la monnaie qui dirige la terre, c'est comme ça on n'peut rien y faire ..."

Les filles au Pérou, juillet 2007 English translation pending
by Coeuralouest · 2008-03-12 · 27 replies
Allez je me lance même s'il y a beaucoup beaucoup à raconter... Voyage forum m'a beaucoup aidé à préparer ce voyage, alors je vous renvoie l'appareil et j'espère que cela servira à d'autres voyageurs! Je recopie mon journal de bord, fruit de notre périple à ma chérie et à moi au Pérou en juillet 2007. Il y a pas mal d'infos pratiques, je suis une maniaque de l'organisation! C'est parti.... au programme le canyon de la Colca, le lac Titicaca, le Machu Picchu, Cuzco et Puerto Maldonado...

3 juillet 2007 Voilà ça y est! Cette fois on a pas raté l'avion. Cela fait même 15 minutes que l'on est dedans, reste 11h! oups! Ceci dit on est content, on pensait que le vol était de 14h. 2 films, un plateau repas et un sandwich plus tard, on en est à 7h de vol! Reste 4 h s’il est à l’heure c'est-à-dire un film et un plateau repas sans compter les quelques promenades pipi. C’est quand même long. La mamie espagnol d’à côté parle trop vite… l’espagnol… je suis déçue je ne comprends rien ! pfff et dire que j’ai passé du temps avec M. Assimil !

Il est 20h et on se couche ! Et oui, décalage horaire, nous ne sommes que de faibles femmes ! Un petit mot quand même avant. L’arrivée à Lima : dans le brouillard comme prévu. On le savait mais c’est étonnant. Accueil de Arturo à l’aéroport (on avait réservé sur internet), bien. Il nous emmène dehors, on sort de l’aéroport et on prend un taxi qu’il négocie lui-même. Pratique et rassurant. On ne sait pas le prix. Arrivées chez lui, vivantes, (ouf avec la conduite des gens en ville c’était pas gagné !) petite déception. Je ne sais pas à quoi on s’attendait exactement mais on a l’impression d’être chez une arrière grand-mère polonaise (euh j’ai rien contre les polonais hein !) et surtout on est gelées !! il fait 16° mais la maison est ouverte et sans chauffage comme dans les pays chaud… brrrr ça doit être la fatigue A part le confort sommaire, le choix d’Arturo est un bon choix. Il s’est occupé de réserver par téléphone et de faire livrer les billets de bus pour Aréquipa (55$ au total), nous fait visiter Lima demain matin, nous emmène manger le midi et nous dépose au terminal de bus ensuite. Précisons que son papa a son propre taxi. Pratique Dépense : 0 on paie tout demain
Mariage à Varadero avec un Cubain English translation pending
by Chanelle80 · 2008-03-11 · 396 replies
Bonjour je compte me marier en juin 2008 avec mon conjoint qui est cubain moi je suis canadienne. J'aimerais savoir si quelqu'un l'a déja fait a varadero et comment je fais pour l'organiser. Y a il un palais de justice ... Pour la réception après..... on m'a dit que c'etait impossible dans un hotel . Aidez-moi svp...
Emeutes à Douala au Cameroun (février 2008) English translation pending
by Cecile77 · 2008-02-26 · 42 replies
Bonjour, Avec une amie nous devions prendre aujourd'hui un vol pour Douala. Etant donné la situation actuellement tendue, nous avons reporté notre vol à vendredi matin. D'après notre amie qui est sur place et qui connaît du monde à Douala, les routes pour l'aéroport sont coupées et c'est ville morte là-bas. Du coup nous ne savons pas trop quoi faire : changer notre billet pour Yaoundé enoù la situation est pour l'instant plus calme mais apparemment la grève pourrait s'étendre. annuler complètement notre voyage partir vendredi matin si la situation se calme, en même temps cette date me semble un peu proche, j'ai peur que ce soit aps complètement rétablie d'ici là et j'ai pas envie de prendre des risques. Alors j'aimerais savoir si certains vous sont sur place quelle est la situation au Cameroun ? Que nous conseillez vous de faire ? Merci d'avance pour vos réponses. Cécile
De Ouarzazate à Merzuga (Maroc) English translation pending
by Mijoperette · 2008-02-26 · 3 replies
Dans mon précédent récit (Marrakech, nous revoilà), nous venions de quitter la petite Fatima. Je tremble de plaisir en pensant à la suite de notre voyage. Itinéraire de 204km à partir de Marrakech jusqu'à Ouarzazate, en passant par le col de TIZI-N-TICHKA. Puis, balade dans la vallée du Draà jusqu'à Merzouga, nuit dans l'erg Chebbi, retour à Marrakech, par la vallée du Dadès, pour revenir ensuite à Essaouira !... Bon, ça paraît un peu compliqué, mais non, la preuve .... -- Le coffre de la voiture est assez grand pour tous nos bagages. Ouf ! Nous avons eu un peu peur de ne pas tout caser ! Sortir de Marrakech n’est pas une simple affaire ! D’abord remplir le réservoir d’essence, puis consulter la boussole. De quel côté, Ouarzazate ? Il faut prendre la route qui passe par le col de Tizi-n-Tchika. Nous avons été prévenus, il ne faut pas oublier que nous sommes en vacances et prendre notre temps. Ouarzazate n’est qu’à 3h de voiture de Marrakech. Jean est tout heureux d’avoir un volant entre les mains, il pilote le 4X4 qui nous a été confié avec enthousiasme par Fouzia et son collègue. Bon d’accord, il y a un peu de jeu dans la direction, un feu arrière cassé, un impact sur le pare-brise, une des portes qui ne se ferme pas facilement et par ci, par là quelques éraflures du plus bel effet ! Mais il ronfle bien et on espère très fort qu’il nous amènera à bon port ! Nous les filles, confortablement installées à l’arrière du véhicule, essayons de ne rien rater du paysage qui défile. Les appareils à photos sont sortis de leur étui, prêts à capter l’évènement imprévu, le personnage insolite, les couleurs des costumes, celles des tapis exposés en plein soleil, prêts à témoigner de la diversité des régions que l’on traverse, des émotions qui nous saisissent devant certaines scènes de la vie campagnarde marocaine. Dès les premiers kilomètres, nous sommes surpris par l’aridité du paysage. Cette route, toute droite devant nous, traverse une plaine immense où « fleurissent » des tas de cailloux. Pratiquement pas d’habitations en vue, quelques arbres misérables qui s’obstinent à pousser là, et de temps en temps, un bout de champ, une tâche verte sur laquelle de pauvres gens travaillent, aidés dans leur labeur par de petits ânes dociles. Nous prenons un peu plus d’altitude et la végétation se fait un peu plus « dense ». Ce sont les cactées qui dominent, en particulier les figuiers de Barbarie. La route grimpe petit à petit, le paysage devient plus montagneux, des moutons arrachent quelques brins d’herbe à cette terre aride et caillouteuse. Les ravins se font plus impressionnants, les virages serrés sont négociés avec prudence. Les couleurs sont toujours aussi belles, mariant toutes les variations de l’ocre. Et puis, dans un virage plus large, la vue d’un bar nous incite à faire une pause. L’occasion de jouer « aux vases communicants », nous désaltérer et soulager nos vessies soumises à rude épreuve par les soubresauts du 4X4 ! Nous sommes accueillis aussi bruyamment que chaleureusement par un magnifique jeune homme. Il est habillé de bleu comme les hommes du désert, il a un sourire éclatant, de bonnes joues rebondies, il s’appelle Ahmed. Il nous suit dans le bar et nous le prenons pour le patron. Nous commandons cafés et rafraîchissements et demandons bien sûr : « les toilettes, SVP ? ». Le papier nous est dispensé avec parcimonie et c’est avec un peu d’appréhension que nous entrons à tour de rôle dans le « saint des saints ». Rudimentaire mais impeccable de propreté. Un trou dans le sol, une arrivée d’eau à l’aide d’un petit robinet et un seau qu’il faut remplir afin de « tirer la chasse » ! Et Ahmed qui nous félicite, car :-« il y en a qui pose la m… et qui ne boive rien ! ». Nous sommes des gens « bien » et cela fait plaisir d’être reconnu ! Il s’assied à notre table et de confidences en confidences, nous apprend qu’il tient la boutique accolée au bar. Nous comprenons vite que le respect qu’il éprouve à notre égard sera encore plus grand si nous lui achetons quelque chose ! Bon, on y va. On va bien trouver l’occasion de dépenser nos dirhams. Il y a longtemps qu’on ne leur a pas fait prendre l’air ! Nous flanchons pour de jolis chèches, bleus pour Michel et Huguette, vert pour moi. Jean ne cède pas et rigole de nous voir enturbannés de la sorte. Quand à Ahmed, il rit à gorge déployée ! Quoi ? On n’est pas beau ? Personnellement, je dirais même que Lilou est de loin celui qui s’arabise le plus vite ! Sacré Ahmed, il a réussi à nous vendre ces écharpes 10€ chacune ! On aurait dû se méfier quand il n’a pas insisté pour nous vendre autre chose ! Mais il est tellement sympathique que nous lui promettons de nous arrêter au retour. Les rares villages que l’on aperçoit se confondent avec la couleur du sol. Les montagnes plus loin ont des airs menaçants. De grandes murailles sévères surplombent de petits carrés verts de végétation. Ce sont les seuls signes qui témoignent de la présence d’êtres humains dans les parages ! La route s’élève doucement et le paysage change petit à petit. Ce sont maintenant des forêts de pins et de chênes. Certains villages sont entourés de noyers et nous pourrions y trouver de quoi nous restaurer. L’ascension se poursuit par de larges lacets dans un paysage montagnard où la végétation se réduit à de maigres prairies. Nous avons la chance de capter une jolie scène de la vie rurale. Une jeune bergère et ses quelques moutons. J’apprends que ces prairies s’appellent en berbère « tichka ». Comme le nom du col, le plus haut du Maroc, qui nous permettra de passer sur le versant saharien du Haut Atlas.

Et le sommet du col, tout proche. Nous sommes à 2260m d’altitude, les cimes sont légèrement enneigées. Après la gentillesse d’Ahmed et sa conception du commerce, voilà les « arnaqueurs » du Tizi-n-Tchika ! Ici, on vend des minéraux et fossiles dont l’authenticité est plus que douteuse ! Les pierres que brandissent les marchands scintillent dans la lumière. La plupart des améthystes ne sont que des cristaux de roche teints à l’aide d’encre violette. Je ne parlerai pas des « rubis et saphirs » aussi fabuleux que faux ! Le premier marchand (photo) est sympa et donc, réussit à nous vendre un petit objet à chacun. Mais le second a déclenché en moi une profonde aversion. Sous des airs bonaces, il cache une agressivité qui me hérisse le poil encore aujourd’hui !Les autres promettent de s’arrêter au retour, moi, je fais la tête ! Je n’ai vraiment pas envie de le revoir, celui-là ! Quelques kasbahs en bord de route dressent leurs murailles de terre ocre. Beaucoup sont en piteux état ! Je surprends un petit âne qui attend patiemment je ne sais quoi ! Nous approchons de Aït-Benhaddou. Et soudain, le choc ! A la sortie d’un large virage, la vue superbe du ksar rouge, hérissé de hautes tours en pisé, se dressant à flanc de colline nous laisse sans voix ! Il se trouve sur l’autre rive de la rivière en contre bas, le Mellah. On s’arrête pour mieux le contempler. Puis, laissant notre voiture en bordure de route, sous la surveillance d’un jeune homme qui nous servira de guide plus tard, nous optons à l’unanimité pour une pause réparatrice dans l’auberge la plus proche. Pas de problème, ce sera encore un tajine au poulet. Nous n’avons pas pensé à compter combien de fois nous avions choisi ce plat ! Petite plongée dans le guide touristique et nous sommes tout de suite plus savants ! (Le ksar de Aït-Benhaddou, l'un des plus fameux du Sud marocain, est désormais classé patrimoine de l'humanité par l'Unesco. Le décor du ksar a inspiré de nombreux cinéastes. David Lean y tourna pour Lawrence d'Arabie les scènes censées se dérouler à Aqaba.)

Nous franchissons facilement la rivière Mellah à gué. De gros sacs sont posés à distance irrégulière et c’est en sautant avec plus ou moins de grâce que nous arrivons sur l’autre rive. Le guide nous apprend que l’eau de la ou le...Mellah n’est utilisable ni pour les hommes ni pour les cultures. Il ou elle traverse d’anciennes mines de sel et charrie bien sûr des eaux impropres à la consommation. Nous nous promenons dans un lacis de ruelles et grimpons allègrement un sentier pierreux qui nous amène au sommet du ksar. La vue plongeante sur la rivière et la plaine alentour, l’immense grenier tout au fond, les tentes noires dressées au bord de l’eau pour un groupe de touristes, et juste en contre bas, les belles tours de pisé, nous rendent muets ! Et pour rendre muettes les deux filles, il en faut, vous le savez bien !





En visitant le village, nous sommes passés devant moult boutiques et avons été agréablement surpris de n’être importunés par aucun des marchands ! Nos illusions se sont envolées en redescendant du promontoire. Notre gentil guide nous propose de visiter la « maison berbère », il y en a paraît-il pour 5 minutes ! Comme il est sympa, va pour la visite. Nous sommes accueillis par un homme à l’imposante stature qui, aimablement, nous invite à boire le thé. Nous entrons dans une pièce où sol et murs sont recouverts de tapis. Des montagnes de tapis ! Nous nous asseyons par terre face à lui, notre guide sur le côté, toujours aussi discret. Sans s’arrêter de parler, notre hôte prépare le traditionnel thé de bienvenue. Nous sommes détendus et sourions à ses propos débonnaires. Il a commencé par une histoire amusante, suivie d’une devinette, nous rions, confiants et de bonne humeur. Il nous parle de la fabrication des tapis par les femmes de la montagne et nous dit qu’il n’a pas l’intention de nous en vendre. Nous sommes tout à fait rassurés, quand il nous annonce que par contre…Et le voilà qui attrape un beau coffre de bois et de cuir, jusque là caché derrière lui. Il y a à l’intérieur une profusion de bijoux « berbères » fabriqués, soi-disant dans le désert, et qui sont, bien sûr, uniques au monde ! Bon, nous y voilà ! Michel garde le sourire, Jean fronce les sourcils et nous deux, nous bavons d’envie devant les petites merveilles que le roublard a disposées devant nous ! Bien sûr, « il faut boire le thé, ne pas s’énerver et surtout ne pas parler du prix…on a le temps, ce n’est pas important…on achète, c’est bien, on n’achète pas, on reste ami ! » Bien entendu, il a vu que nous étions plus vulnérables que nos hommes et il essaie de nous appâter de toutes les façons. Il n’hésite pas le gros malin, à augmenter outrageusement les prix lorsqu’il voit que nous regardons plus particulièrement un article ! Finalement, ce sera un peu fâché quand même que nous le quitterons ! Notre guide ne bronche pas et continue à nous raconter l’histoire du village et de ses habitants. Nous lui sommes reconnaissants de ne pas nous montrer sa déception, car il ne touchera pas de bakchich auprès du marchand de bijoux. Nous compensons par un bon pourboire et reprenons la route. Nous sommes à une vingtaine de kilomètres de Ouarzazate et avons hâte de faire un brin de toilette. Je consulte le voucher qui nous permettra de loger à l’hôtel « LE ZAT ». C’est bien sur la route de Skoura, en direction des gorges du Dadès. Entrée de Ouarzazate. Nous passons comme une fusée devant la Casbah du Glaoui et je n’ai que le temps d’armer mon appareil photo, elle est déjà loin !



L’hôtel est moderne, l’eau de la piscine un peu fraîche et le serveur a un petit air d’Henri Salvador qui nous le rend tout à fait sympathique. Nous n’aurons qu’à nous féliciter du bon accueil qui nous est réservé partout où nous irons !

VENDREDI 1ER DECEMBRE 2007. La journée d’hier a été remplie d’images et de paysages les plus divers, les maisons et villages de pisé se sont succédés sur la route et la visite de Aït-Benhaddou a ravi nos yeux. Nous passons donc sans états d’âme particuliers devant la magnifique Casbah du Glaoui située à Telouèt, 1Km de Ouarzazate. (Voir la photo plus haut). Elle est d’une luminosité exceptionnelle et a été reconstruite avec des moyens financiers énormes. Les réalisateurs de cinéma s’y précipitent, on dit qu’Hemingway y séjourna et malgré cela, .... nous préférons faire la visite des studios de cinéma qui se trouvent à la sortie de la ville. Michel frétille comme un gardon à la pensée de se frotter aux prestigieux acteurs qui ont tourné là et fréquentent toujours cet endroit. D’immenses statues égyptiennes sont érigées aux abords du site. Munis du billet d’entrée, nous attendons patiemment qu’un guide soit libre pour commencer la visite. Huguette pose tranquillement et s’imagine être dans la peau de Cléopâtre. Nous nous attardons devant les affiches des films dont certaines scènes ont été tournées ici.

Notre guide est tout mignon et s’appelle Ali, je crois ! Il est marrant comme tout et démystifie une à une tous les histoires qui nous avaient faits rêver jusque là ! De l’illusion partout et du toc en veux-tu en voilà ! Des murs qui paraissaient faits en dur, ne sont en réalité fabriqués que de toile et de peinture. Des décors en trompe- l’œil, donnent le change jusqu’à ce qu’on s’en approche de près ! Eclats de rire quand on voit que tout est « bidon » ! On reste admiratif devant ce déploiement d’astuces les diverses. Vraiment aucun regret après cette visite qui nous a prouvé à quel point il est « facile » de manipuler tout un chacun ! Respect pour tous les acteurs de cette ville fantôme ! Un champ de pierres, immense devant nous, et un berger qui y mène ses moutons avec je ne sais quel espoir d’y trouver leur pitance ! Encore un qui va se faire prendre aux pièges des prestidigitateurs de cet endroit ! Le guide nous certifie que de grandes « batailles » cinématographiques se sont jouées là ! Bon ! On préfère le croire, car rien ne nous paraît plus réel ! « Laisse béton ! ». On s’amuse bien en passant d’une pièce à l’autre, les décors changent et nos délires aussi. Ali nous pose des devinettes : « Quel est le film qui a été tourné ici ? »-- Les idées les plus farfelues nous traversent l’esprit et nous lui en faisons part bruyamment ce qui le fait rire aux éclats ! Nous nous prenions pour des cinéphiles avertis, que non ! Chaque réponse est fausse ! Les garçons s’amusent à nous faire peur, bouuuuuuh ! Comme si on ne voyait pas que ce sont de faux ossements ! Quoique !!! Et puis on ne se lasse pas de jouer les reines dans ce décor « Hollywoodien » et, prendre la pose dans les escaliers qui mènent au trône de Cléopâtre n’est pas pour nous déplaire ! Il n’y a pas que Monica Bellucci sur la terre ! On me met une perruque et une couronne sur la tête, deux seins hauts placés et un régime « slim fast » pendant 2 ans, je n’aurais aucun mal pour lui ressembler…surtout de loin ! Et Ali qui rigole ! Il ne se fiche pas de nous quand même ! C’est qu’il en est bien capable, le bougre ! Direction la vallée du Dadès et plus précisément, TINERHIR aux orthographes les plus diverses, sans parler de la prononciation qui nous divisera souvent. La route qui va de Ouarzazate à Tinerhir, et au-delà jusqu’à Erfoud, a été nommée la « route des Kasbahs ». Difficile de rester insensible à la beauté de cette architecture de terre. Ces villages fortifiés, aux façades souvent décorées, ces colosses de terre puissants et fragiles à la fois sont vraiment impressionnants. Certaines kasbahs sont en piteux état, et les poteaux et fils électriques qui courent devant elles défigurent ces magnifiques bâtisses. Mais il doit être déjà suffisamment difficile de vivre là, et il serait bien mal venu de leur reprocher ce manque d’esthétisme provoqué par le peu de confort auquel ils ont droit. Un magnifique plan d’eau surprend à la sortie de la ville. C’est un lac de retenue sur le Drâa. Tout de suite, le paysage désertique, avec pour fond de décor une vue saisissante sur les sommets de l’Atlas. Certains dépassent largement les 3000 mètres. Plusieurs dizaines de kms plus loin, l’oasis de Skoura. L’œil sur la carte, nous nous interrogeons sur la possibilité de visiter le jour même les Gorges du Dadès et celles du Drâa. L’objectif est d’arriver à Boulmane-du-Dadès. Une centaine de kms nous en séparent, et la succession d’oasis et de kasbahs nous font patienter. Aux alentours de El-Kelaà M’Gouna, des enfants sur le bord de la route nous proposent des flacons et autres produits fabriqués à base d’eau de rose. On apprendra par la suite que la plupart de ces produits sont tout à fait artificiels, certaines eaux de rose étant elles-mêmes fabriquées à Casablanca ! La magie du Maroc ! Et les magnifiques kasbahs, encore et encore…jusqu’à Boulmane, embranchement à ne pas rater si on veut voir de plus près les célèbres gorges du Dadès.

Le début de la vallée est riant, les minuscules champs irrigués par le torrent, les vergers d’amandiers et de noyers offrent un paysage reposant. Les villages en terre rouge sont accrochés à la montagne. Un camaïeu de couleurs splendides. De l’autre côté de la rivière, une formation géologique extraordinaire. Elle est appelée le « cerveau de l’Atlas » ou « les doigts de singes ». Nous prendrons cette photo en revenant et les derniers rayons de soleil donnent à ces roches une couleur et une dimension surprenantes ! La route est bordée de petites auberges où il ferait bon s’arrêter, mais il y a tellement de choses à voir ! (symbole berbère sur pratiquement toutes les maisons) On croise des femmes qui portent de lourdes charges. Elles ont sur le dos de grands morceaux de tissu remplis d’herbes qui doivent servir à nourrir le bétail. D’autres s’en servent pour porter leur bébé ! Nous essayons le plus discrètement possible de saisir quelques personnages mais les images ne sont pas trop nettes ! Tant pis ! Notre chauffeur n’a pas l’intention de ralentir chaque fois que nous avons l’impression de faire la photo du siècle. De grands fous rires nous tordent le ventre. Lilou ne fait que râler, fustigeant Huguette qui soumet à rude épreuve les piles de son appareil. C’est vrai aussi ! Elle vise au petit bonheur la chance, tout ce qui pourrait devenir le scoop de l’année ! En fait, c’est surtout le montant des portières qu’elle photographie avec le plus de réussite. Je ris tellement que j’en prends à mon tour pour mon grade ! « Et l’autre (moi) avec son téléphone…Blip, blip, blip… » Ces vieux alors, pas moyen de rigoler ! Puis la route se fait plus étroite, les parois plus abruptes, plus menaçantes au dessus de nos têtes. La végétation se fait plus rare et tout à coup, une brève mais impressionnante montée en lacet nous permet d’avoir une vue saisissante sur les gorges. Plus d’une centaine de mètres de profondeur pour moins de dix de large ! Puis la route redescend doucement pour arriver au niveau de la rivière et là, c’est le spectacle à l’envers, l’immensité de ces murailles qui nous surplombent, nous écrase. Le soleil est encore assez haut pour pénétrer entre les parois verticales. Nous levons la tête à la limite du torticolis ! Le jeu de lumière entre eau et minéraux est vraiment fantastique. Dommage que la photo ne soit pas fidèle à ce que voient nos yeux ! La proximité de ces falaises est telle qu’il est impossible de faire quelque chose de bien. Tant pis ! Il commence à se faire tard et c’est à regret que nous rebroussons chemin Quelques notes sur la carte me rappelle le nom de cet endroit : « le défilé d’IMDIAZEN ».

Au sommet du col, juste avant d’entamer la descente en lacet sur Boulmane, une petite auberge juchée sur un piton rocheux attire notre attention. Il est l’heure du déjeuner et nous trouvons plus judicieux de nous arrêter là. C’est sympa comme tout, les gens sont charmants et sont prêts à confectionner un beau tajine dans l’heure. Photos sur les gorges en descendant des escaliers aux marches inégales, visite dans les toilettes « berbères » et Huguette qui tombe sous le charme d’un jeune homme. Celui-ci lui présente plusieurs tapis tissés par sa femme et elle se laisse aller ! Un beau tapis rouge en laine épaisse qui agrémentera l’entrée de sa maison. Toute fière, la Guichou ! La fin du repas sera animée car nous sommes les témoins d’un mini drame. Nous avons été intrigués dès notre arrivée par l’attitude d’un homme. Il a le verbe haut et le geste large, l’apanage qui sied à tout individu décontracté, bien dans sa peau et surtout au dessus de tout soupçon. Mais il en fait peut-être un peu trop et c’est sans surprise que nous découvrons qu’il n’est qu’un vulgaire petit escroc. Il a trouvé le moyen de partir sans payer et ce sont les cris de colère du restaurateur qui nous font lever d’un bond. Collés contre le bord de la rampe sur la terrasse qui surplombe la route, nous tentons avec force gestes, d’attirer l’attention du mauvais payeur, lui accordant encore le bénéfice du doute. Après tout, ce n’est peut-être que de l’étourderie ! Il est écoeuré le patron du resto ! On a maintenant la certitude qu’Arabes et Berbères ne sont pas copains du tout ! Allons bon ! Cap sur Boulmane-du-Dadès et direction Tinerhir. Un œil fébrile sur le voucher qui me donne l’adresse de l’hôtel : « la casbah de Tombouctou, 126, av.Bir Anzarane ». Fouette cocher ! Tinerhir est une étape importante et le point de départ de nombreuses excursions dont celle des célèbres Gorges du Todra. On nous en a tellement parlé que nous nous engageons dans la route qui y mène, négligeant l’entrée de la ville et la possibilité de rejoindre notre hôtel. La végétation luxuriante prouve que l’eau est toute proche. Les nombreux palmiers et arbres au bord du chemin poussiéreux cachent à demi les magnifiques casbahs de pisé de l’autre côté du torrent. Nous sommes pratiquement au niveau de la rivière. Et puis, la route s’élargit, et nous succombons sous le charme de la palmeraie, de la ville ocre et rouge que l’on découvre au loin, des champs minuscules, cultivés avec soin. Nous descendons de voiture et essayons de fixer sur la pellicule ce morceau de paradis ! Après avoir consulté la carte routière et compris que la nuit tomberait sur nous avant peu de temps, nous retournons sur nos pas et faisons notre entrée dans la ville. Celle-ci a l’air animé et la large avenue est bordée de magasins et d’ateliers artisanaux eux-mêmes situés sous de grandes arcades. Je repère la poste près d’un grand espace arboré et me souviens des cartes postales à envoyer aux amis. Ne pas reproduire la mésaventure de Marrakech et ne pas oublier de vérifier les adresses avant la mise en boîte ! (Certaines cartes ne sont parvenues à leur destinataire qu’au mois de février !!! Le « facteur à dromadaire » a eu bon dos ! Hi Hi Hi)

La Casbah de Tombouctou. Mais où est-elle ? Nous l’avons dépassée quand, tournant la tête j’aperçois, son enseigne lumineuse coincée entre deux magasins. Soupirs de soulagement, demi-tour. Garés devant une boutique qui vomit à tue-tête la dernière chanson à la mode, nous déplions nos jambes engourdies et prenons la mesure de notre fatigue. C’est un catalan, Roger Mimo, qui, amoureux de l’architecture du Maroc et particulièrement de cette région, a restauré une ancienne casbah. Le couloir qui mène à la réception, est tapissé de photos qui rappellent aux voyageurs l’ampleur des travaux effectués. Chaque chambre a son propre décor. Le mobilier en bois de laurier-rose, le crépi de terre sur les murs, les plafonds en tataoui, (Technique décorative : baguettes de lauriers, peintes, assemblées et entrecroisées entre les poutres d'un plafond, formant un décor géométrique), les tentures et rideaux aux couleurs chaudes et profondes, la jolie salle de bain, les sofas sur lesquels on peut s’écrouler, les lumières tamisées qui donnent une ambiance sensuelle à la pièce, nous font taper des mains de joie ! Vite, photo ! Finalement, un peu plus de lumière ne serait pas de trop ! Déjà que je suis un peu contrariée de l’épisode « promenade apéritive », il ne faut pas m’énerver ! Non, je rigole ! Mais c’est vrai aussi, pas moyen de flâner le nez au vent dans ce pays ! Mes cartes postales à la main, je marche aux côtés d’Huguette quand un jeune homme nous accoste. Il est « mimi » tout plein et parle bien le français. Il a l’air content de deviser avec nous et nous l’écoutons attentivement quand il nous parle de sa vie, de ses études. Nous sommes près du parc dont je parlais tout à l’heure et le bureau de poste n’est pas loin. Et voilà qu’un deuxième luron se joint à notre groupe ! (Peut-être même « larron !) Largement moins mignon que le premier et surtout beaucoup plus pressant ! L’ambiance change d’un coup et on a un petit mouvement de contrariété qu’il perçoit très vite. Alors il change de façon de faire et semble remarquer les cartes que je tiens à la main. Pour dissiper le malaise, je lui demande à quel endroit je pourrais déposer ces dernières. J’aperçois au même moment une boîte aux lettres sur la façade de la poste juste en face de nous et me dirige donc par là. Mais non, il me prend vigoureusement par le bras et me dit : « Non, non, par là c’est mieux ! »- Et je me retrouve propulsée à la vitesse « grand V » sur le côté gauche du bâtiment et devant une ouverture dans le mur qui ressemble à celle d’une ancienne boîte. Je proteste en lui disant : « Tu es sûr que mes cartes ne vont pas être perdues ? ». Il affirme énergiquement que je n’ai aucun souci à me faire, que c’est vraiment là qu’il faut que je pose mon courrier, bref, je cède car il est trop ch…, je ne dis pas le mot ! Je glisse avec appréhension mes cartes dans le trou béant et les lâche avec regret sous l’œil attentif de mon compagnon. Le bruit que je perçois me rassure quelque peu, on dirait que la boîte est bien remplie. Est-elle régulièrement vidée ? That’s the question ! Je me méfie de lui et l’avenir me prouvera que j’avais tort d’un côté et raison de l’autre ! Le courrier a bien été expédié, mais il est parvenu tellement tard à leur destinataire que je garde toujours un doute quant à la vélocité avec laquelle il a été traité ! C’est bien entendu au moment de les quitter que cela se complique un peu ! Ils essaient l’un et l’autre de nous retenir, veulent nous accueillir chez eux, nous invitent à prendre le thé et surtout, à admirer les tapis que fabriquent leurs mamans ! Et comme d’habitude, sans obligation d’achat !!! Du coup, fini la promenade, nous repartons vers l’hôtel ! Quelle barbe ! Il doit pourtant y avoir de jolies choses à voir dans cette ville ! Il y a devant La Casbah de Tombouctou, une cabine téléphonique. Guichou s’y engouffre, elle veut parler avec Floflo. Mais le bruit de la rue et le magasin de disques en face qui diffuse toujours à tue-tête le dernier tube, la gênent et elle est déçue de ne pouvoir entendre la petite. Plus loin un Point Phone va nous sauver. Pour quelques dirhams échangés avec le monsieur de service, nous pourrons communiquer avec nos enfants respectifs. Quel bonheur d’entendre leur voix ! Il faut aller se coucher, demain le programme est chargé. Visite des gorges du Todra puis départ vers Merzouga et les belles dunes ! J’ai des fourmis dans les jambes rien que d’y penser. Vite, vite !

Nous nous arrêtons pour la deuxième fois à l’endroit qui nous avait tant plu la veille. La lumière du matin magnifie la vue que nous avons sous les yeux. Tout paraît paisible jusqu’au moment où les pétarades d’un moteur de mobylette donnent l’alerte. Nous tournons la tête de ce côté quand Jean nous signale un autre intrus. Comme sorti de terre, un homme que nous n’avions pas vu, s’approche de nous. Nous rentrons dans la voiture, maudissant cette mauvaise habitude qu’ils ont tous : harceler les touristes ! Comme les gorges du Dadès, le départ se fait à peu près au niveau de la rivière et la vallée est assez large. De nombreux campings et auberges jalonnent le parcours, puis vient la partie la plus spectaculaire : un défilé de quelques dizaines de mètres de large avec des parois verticales de près de 300m de haut. Petite déception pour moi qui aurais bien voulu aller plus loin, mais il faut laisser la voiture et continuer à pied, alors…Et puis il y a encore du chemin à faire, ce soir nous devons dormir dans le désert…Youpi ! Jean est un peu préoccupé par cette étape et nous presse de partir. Retour sur Tinerhir et direction d’abord Erfoud, puis Merzouga représenté par un tout petit point sur la carte ! Je me rassure en regardant les derniers vouchers. Prochain contact : LE KSAR BICHA. Au moins 200 kilomètres à parcourir, il vaut mieux ne pas s’attarder. Erfoud est encore assez loin. Cette ville est importante car située à l’entrée du désert. On peut dire que c’est la capitale touristique de la région : hôtellerie florissante et nombreuses boutiques artisanales. Ici est commercialisée la fameuse « pierre d’Erfoud », pierre noire incrustée de fossiles. Nous allons avoir plus d’une fois la frayeur de notre vie, en évitant de justesse tout le long de la route qui nous mène à Merzouga, de téméraires vendeurs de pierre qui se jettent carrément sous nos roues. Cette route goudronnée s’étire devant nous et le contraste est frappant : la palmeraie, alimentée par l’eau qui coule invisible, déploie avec magnificence de superbes palmiers, tandis que quelques mètres plus loin, les cailloux fleurissent par milliers ! Des hommes creusent la terre pour dénicher sûrement les pierres qu’ils proposeront aux touristes, tandis qu’une femme, juchée sur un petit âne, vient de récolter quelques légumes dans un des jardins de l’oasis. Autrefois nomades, les populations berbères se sédentarisent de plus en plus et occupent pratiquement tous les endroits situés le long des points d’eau. Leur condition de vie est bien rude et c’est avec beaucoup de respect que nous les observons. Nous ne pourrons nous empêcher d’éprouver quelques remords, lorsque nous ne serons pas assez généreux.

Puis, très vite, changement de paysage. Les cailloux dominent, plus de palmiers même clairsemés à l’horizon, la plaine (hamada) est immense, la lumière intense. Le regard se perd. Devant nous, la route toute droite, et sur les côtés, au loin, très loin, les prémisses du désert tout proche. Pas de marchands de pierre dans le coin, nous en profitons pour faire une « pause pipi » derrière l’un des mamelons pierreux en bordure de route . C’est là que je prendrai en photo les petites fleurs, pensant que ce serait les dernières que nous aurions l’occasion de voir, pendant un bon moment ! On « grimpe » sur les monticules de sable, imaginant déjà être au pied des dunes ! Michel n’a pas quitté son chèche, il est fin prêt pour affronter le soleil du désert. On ne voit plus que ses yeux bleus, je me surprends à penser à Lauwrence d’Arabie ! Non, Huguette, je rigole ! Quoique, fais gaffe quand même ! Lit-elle dans mes pensées ? Elle se rapproche de son mari et ne le quitte pas ! Encore une heure de route pour arriver aux environs de Merzouga. Le ksar Bicha, est-il avant ou après la ville ? Nous scrutons attentivement chaque panneau en bord de route, car les dunes de l’erg Chebbi, bien qu’encore éloignées, sont maintenant visibles. Euréka ! Nous y sommes ! Quelques kilomètres avant merzouga, une pancarte sur le bord de la route. C’est là ! Quelques arbres, du sable et des constructions ici et là. Pas d’erreur, nous sommes arrivés ! Jean gare le 4x4 et nous descendons timidement, cherchant un interlocuteur qui nous rassurera. Dans le hall de la réception, quelques bagages sur le sol attirent notre attention. Ce sont ceux du jeune homme qui se dirige vers nous. Il nous dit tout d’une traite : Qu’il vient juste d’arriver, qu’il est le nouveau cuisinier, que le patron n’est pas là, mais que si on le veut, il nous fait quelque chose à manger ! Dis donc, il est à l’air aussi désorienté que nous ! Va pour une omelette au fromage (qui nous restera un peu sur l’estomac) et quelques fruits. Pas faciles à manger, les grenades ! Il est là, le beau Ali. Je ne résiste pas à l’envie de vous le montrer. Petit coup d’œil à Huguette . Ah, si on était plus jeune ou… si nos maris n’étaient pas là !

Et il est coquin comme tout, il se moque de notre accent et s’amuse à répéter nos phrases en exagérant notre prononciation. Morveux, va ! Le gars qui doit nous prendre en charge pour la « traversée » du désert n’est pas encore arrivé et on parle du Paris-Dakar, du Trophée des Gazelles…et voilà Ali qui nous propose une petite démonstration dans les dunes avec le 4x4 que nous a loué Fouzia ! Les premières vagues de dunes ne sont qu’à une centaine de mètres du ksar. On craint un peu pour le 4x4, mais Ali a l’air sûr de lui et nous affirme que c’est un exercice auquel il se livre souvent et ce, avec n’importe quelle voiture. Alors… ! Les garçons ont l’air intéressé, les filles l’air effrayé…mais il y va de notre honneur, il n’y aura pas de dégonflé dans la troupe ! Ali s’installe au volant, Jean est à côté de lui, Guichou, Lilou et moi sur la banquette arrière. J’allume la caméra. Départ…pour l’instant, ça va, le terrain est plat ! On grimpe tranquillement sur la première dune, la crête est suffisamment large pour ne pas s’inquiéter. Cool ! Tout d’un coup, Ali braque le volant à 90° et voilà la voiture qui plonge dans le creux de la dune ! Maman !!! La caméra ne filme plus que le sol et l’instant d’après, que le ciel ! Bonjour le reportage ! Les garçons restent stoïques tandis que les filles commencent à pousser des cris d’orfraie ! Il faut que je sois honnête, c’est surtout moi qui crie ! Guichou rit, toujours aussi placide devant le danger ! Elle a confiance, paraît-il ! Et Ali qui répète et répète la manœuvre pour que les gars comprennent bien comment il faut faire ! Quand le conducteur sent qu’il ne peut plus rouler facilement sur la dune, il faut qu’il en redescende « fissa » en braquant le volant de cette façon et cela sans aucune hésitation ! Autrement, gare à l’ensablement ! Stop. Ali descend et Jean se met au volant. Je ne veux pas montrer que j’ai peur et serre les dents. Je ne veux pas que Jean pense à autre chose qu’à la conduite de ce maudit engin! J’ai confiance, mais !!! Jean est attentif et suit scrupuleusement les consignes d’Ali. L’ambiance est chaude dans le 4x4, surtout sur la banquette arrière ! Les cris fusent souvent et la caméra valdingue de tous les côtés. Je suis sûre qu’on aura le « tournis » simplement en visionnant le film ! Et le ballet continue : je monte, je roule et je descends à 90° ! Bon sang de bonsoir ! Je commence à avoir chaud partout ! Stop ! Tout le monde descend ! Nous sommes sur une portion de terrain relativement plat et c’est Lilou qui prend le volant. Je ne comprends pas pourquoi Huguette panique ! N’aurait-elle pas confiance en son mari ? On roule un petit peu encore quand Ali nous conseille de descendre. Allons bon ! Ou il en a marre de nous entendre crier, ou il n’a pas trop confiance lui aussi ! Je penche gentiment pour la première hypothèse ! Jean prend la caméra et nous regardons le véhicule s’éloigner. Tout baigne ! On les voit se diriger vers une dune, y grimper quelques instants et puis…Que se passe-t-il ? 4x4 stoppé en plein élan, perché sur la crête de la dune. Lilou qui essaie de redémarrer et qui apparemment n’y arrive pas. Ali descend et regarde sous la voiture, alors là, la panique revient. Zut ! Pourvu qu’il n’y ait rien de cassé ! Comment allons nous faire pour continuer ? Nous les rejoignons au pas de course et constatons avec effroi que la voiture est ensablée. Tout le monde à quatre pattes ! Nous nous servons de nos mains comme pelle de fortune et essayons fébrilement de dégager les roues du sable qui les maintient prisonnières Plus de peur que de mal, Ali reprend le volant et nous ramène sagement au point de départ ! Allez, fini de faire des bêtises ! Revenons au ksar. Notre méhariste doit être arrivé ! Le voilà, il s’appelle Hassan, il a un sourire éblouissant et porte la tenue bleue des hommes du désert ! Les quatre dromadaires sont couchés sur le sable, jambes repliées sous le ventre. Leurs gros yeux ombragés de grands cils sont fixés sur nous. Ils mâchouillent je ne sais quoi et leurs mâchoires vont et viennent de façon fort disgracieuse d’un côté et de l’autre de leur bouche ! Hou lala ! Mon ventre a des gargouillis de mauvais augure ! Je regarde mes compagnons…ils ont un petit air qui me fait penser que je ne suis pas la seule à me poser des questions ! Nous avons noué tant bien que mal, notre chèche, Jean s’obstinant à ne rien vouloir sur le crâne ! Il a emporté son bonnet de ski bleu marine et le mettra sûrement plus tard. Hassan nous aide à grimper sur les bestioles, je me retrouve sur le premier, Guichou clôture la marche, les deux « gazous » entre nous deux. Ma pauvre monture doit supporter mon poids et celui des provisions qu’Hassan a chargées dans de gros sacs jaunes. Huguette a été la première à faire le grand saut. Hassan lui fait la courte échelle, lui permettant d’enjamber plus facilement la bestiole qui n’a pas arrêté pour autant de ruminer. Sont-ce des ruminants, ces camélidés-là ? Que oui, je viens de vérifier ! On sait aussi qu’ils n’ont qu’une bosse et on voudrait bien la voir ! On a l’impression qu’on pourrait mieux caler notre postérieur si elle était visible. Mais la selle est cachée elle aussi sous une couverture et c’est au petit bonheur que nous y posons notre fessier ! Il sera bien difficile de rectifier la position lorsque ces charmantes bêtes iront l’amble. Guichou est concentrée et tient fermement le devant de la selle. Nous l’observons avec attention. Hassan, tout en maintenant Huguette, donne un léger coup sur les pattes arrière du dromadaire. Oh, purée ! On voit Huguette partir vers l’avant, puis vers l’arrière, l’animal est maintenant debout. Guichou nous domine largement ! C’est au tour de Lilou ! Pas de panique, tout se passe bien. Jean se retrouve haut perché dans la minute qui suit. Allez, bibiche, c’est à toi ! Qu’il est gentil cet Hassan ! Il voit que j’ai un peu peur et fait tout ce qu’il faut pour me rassurer. Les quatre dromadaires sont reliés les uns aux autres par une corde dont Hassan tient une extrémité. Nous sommes équipés pour cette expédition comme des pros ! Chaussures et pantalons de montagne, chèches noués laborieusement sur la tête pour certains, sacs à dos remplis d’affaires de toilette et de quelques vêtements. Et Hassan qui trotte dans le sable avec des nu-pieds éculés ! Il se retourne de temps en temps pour surveiller ses nouveaux compagnons. C’est dans une position tout à fait « confortable » que nous faisons nos premiers pas : jambes écartelées, dos ronds, pieds ballants, les mains fermement accrochées au pommeau de la selle invisible, le corps soulevé et balancé tantôt à droite, tantôt à gauche. Ah, elle a fière allure la caravane ! Cette photo a été prise par Hassan qui, pour ce faire, a dévalé la pente, pieds nus. Les dromadaires doivent être habitués à tout ce cirque car, livrés à eux-mêmes, ils n’ont pas bougé d’un pouce. Heureusement pour nous, d’ailleurs !

Mais que font ces gosses ? Ils courent après nous et réclament des bonbons qu’Huguette s’empresse de distribuer. Notre guide rappelle à l’ordre les gamins et leur dit de s’en aller car les dromadaires n’apprécient pas leurs cris et commencent à manifester du mécontentement. Ils se mettent à blatérer, et je vois avec effroi, sortir de la bouche fendue de ma monture, une énorme langue toute tordue qui s’agite dans tous les sens. Sa tête qui pivote vers les intrus me rappelle le film dans lequel jouait Coluche : « Banzaï » ! A part que là, ça ne me fait pas rire, mais pas du tout ! On demande à Huguette d’en finir avec ses largesses ! Le ksar Bicha est pratiquement hors de vue. Plus qu’une heure et demie à être ballotté de la sorte, ce n’est pas la mer à boire ! Où est-elle la mer ? Pour le moment, nous naviguons au milieu de vaguelettes de dunes. Le terrain n’est pas trop accidenté et nous cheminons « cahin-caha », en essayant de garder une assise à peu près correcte. On arrive même à prendre des photos et on pose des questions à Hassan sur le relief qui est autour de nous. On apprend que ces premières dunes ne sont pas stables, contrairement à celles que nous verrons plus tard, et qu’elles se déplacent souvent au gré des vents. Quelques courageux palmiers consolident leur attache à ce sol mouvant et des traces blanches par terre amènent d’autres questions. Ce sont des traces de sel qui, après évaporation de la rosée ou de l’eau qui tombe parfois, affleurent le sol. L’erg Chebbi est le massif le plus important du Maroc, il s’étire sur une trentaine de kilomètres et sur une largeur maximale d’une dizaine de kilomètres. Nous allons dormir dans le creux de la plus haute dune de l’erg : 150m de haut, la dune ! Je suis impatiente de la voir ! Les crampes dans les jambes, les douleurs sournoises au creux des reins, les adducteurs qui sont soumis à rude épreuve, nous font faire la grimace. On se tortille en essayant de trouver une position plus confortable, mais les « chevaux du désert » opposent de la résistance ! On échange quelques conseils difficilement praticables, on geint le plus doucement possible pour qu’Hassan ne se paie pas notre tête ! On monte sur la crête des dunes et on redescend dans les creux…comme avec le 4x4, mais on crie moins fort ! Le temps commence à peser à certains, n’est-ce pas Jean ? Il me semble qu’il fait un peu la tête, l’Aspois ! Ah, ce n’est pas sur un âne qu’il est assis ! Quel extraordinaire paysage ! Le soleil qui baisse à l’horizon, joue avec le relief et donne des couleurs changeantes aux dunes qui nous entourent de tous les côtés. La couleur dominante tire sur le rose et le beige orangé, mais selon la face qui est éclairée, la palette des nuances s’élargit. Tout est douceur, les courbes, les teintes, le silence. Et Hassan, qui se met à fredonner, ajoute un peu plus au bonheur ambiant ! Le sourire rassurant d’Hassan et son doigt pointé dans une direction : le bivouac est en vue. Effectivement, on aperçoit une tache noire au pied d’une immense dune rose. C’est là que nous allons passer la nuit ! L’aventure continue et les surprises vont se succéder, pour notre plus grande joie. C’est avec quelques difficultés que nous descendons de nos montures. Aïe, aïe… ! Il faut redonner du jeu à nos articulations traumatisées ! Je commence à comprendre pourquoi Lucky Luke a les jambes arquées ! Le chamelier décharge les sacs qui sont sur la bête de bât, enlève les couvertures qui nous servaient d’amortisseurs, détachent les dromadaires et les fait coucher sur le sable à bonne distance de la tente. Ils les attachent ensuite les uns aux autres et les entravent pour empêcher toute velléité de fuite. Les animaux se laissent faire docilement et si la manoeuvre nous impressionne un peu, les voir continuer leur mastication sans broncher, nous rassure ! Le sol est jonché d’excréments et nous nous félicitons de ce que le campement soit plus loin. Nous dévalons la pente jusqu’à la grande tente noire et déposons en vrac nos affaires. Hassan nous suggère de grimper sur l’une des dunes qui nous entoure et de guetter le coucher du soleil. Ce sera aussi l’occasion de se cacher pour faire un petit pipi. On est des humains, pas vrai ? Les toilettes aseptisées dont rêvait Huguette ne sont pas au rendez-vous ! Nos hommes se sont étendus sur le sable, se croient-ils à la plage ? Et Jean qui n’a pas enlevé son anorak ! Nous partons à l’assaut de la dune sans complexe, d’un pas bien décidé.

Mais bien vite, le souffle nous manque et les muscles de nos jambes se raidissent. Il nous semble impossible de faire les derniers mètres ! Nos « gazous » tendent vers nous une main secourable que nous saisissons précipitamment ! Quel spectacle ! L’émotion m’envahit totalement. Mon rêve d’enfant s’est réalisé ! Assise sur la crête de la dune, je regarde autour de moi et ne vois qu’une immensité de sable aux couleurs merveilleuses, des courbes harmonieuses où le regard se perd et s’alanguit. Ma poitrine est soulevée par un gros soupir de contentement, et je regarde mes compagnons. Nous restons, tous les quatre, un grand moment sans parler. On essaie de réajuster nos coiffes, on est dans le désert ou on n’y est pas ! Jean a mis son bonnet !!! Heureusement, nous n'avons pas de miroir, ce qui nous laisse tout à fait décontractés, face à l'objectif ! 😎 La position que nous occupons n’est pas très confortable et nous enfonçons bien fort nos talons dans le sable qui glisse sous nos pieds. En face de nous, tout au loin, la barrière rocheuse (la hamada du Guir) qui sépare le Maroc de l’Algérie, pays natal de Guichou. Nous jouons à la petite chèvre de Mr Seguin en voyant derrière nous, tout en bas, le minuscule campement et la silhouette bleue d’Hassan. Notre guide a l’air bien actif. On le voit en train de défaire les sacs, il serait peut-être temps d’aller lui donner un coup de main, et de visiter notre « hôtel » ! Ce bivouac est un ensemble de plusieurs tentes, de toiles noires, lourdes et épaisses qui ne laissent passer, une fois les pans d’ouverture rabattus, ni la lumière, ni le froid, ni la chaleur. A la gauche de la photo, la grande chambre que nous partagerons tous les quatre. A côté d’elle, un espace assez large où sont entreposés couvertures, matelas et oreillers. Formant un angle droit avec ce que je viens de décrire, une tente plus importante où se déroulera le repas. Personnellement, Jean et moi connaissons les « joies » du camping. Guichou et Lilou vont apprendre à vivre au ras du sol et prendrons même du plaisir à s’étaler sur les coussins qui nous servent de siège ! Hassan s’active et pèle oignons, pommes de terre, tomates et poivrons. Il refuse gentiment notre aide et dit que tout sera prêt dans un moment ! Il a l’air un peu intimidé ou tout simplement préoccupé par toutes les tâches qu’il doit accomplir en si peu de temps. Nous le laissons vaquer à ses occupations et, mollement étendus sur les coussins, nous essayons de récupérer de la rando à dos de chameaux ! La nuit tombe tout doucement, le ciel s’étoile de plus en plus. Un trépied posé sur le sol et relié à une bonbonne de gaz accueillera le tajine, le lourd plat de terre brun vernissé que nous avons aperçu à l’entrée. Hassan a émincé les oignons, les pose au fond du plat et ajoute les morceaux de poulet. Il alterne les lamelles fines de pommes de terre, les rondelles de tomates et les lanières de poivrons, sale le tout avec du gros sel, met des épices et de l’huile, ferme le plat avec le couvercle en forme de cône qui permet à la vapeur condensée en fines gouttelettes de retomber sur les mets et de se mêler au jus ! Miam ! Les parfums qui s’échappent très rapidement du tajine sont tout à fait alléchants et nous serons soumis à rude épreuve pendant environ deux heures. Notre cuisinier est amusé par la curiosité qui nous anime.

Que fait-il maintenant ? Il émince à nouveau un gros oignon rouge, il coupe en minuscules dés les tomates, les poivrons verts, les concombres, et arrange harmonieusement le tout dans un grand plat. Il a gardé un concombre qu’il pèle, coupe en plus gros morceaux qu’il évide et met une olive noire dans chacun des trous ainsi faits. Le plat est maintenant agrémenté d’une jolie couronne de concombres aux olives ! Il est fier Hassan, de la jolie photo que nous lui montrons ! Le plat principal mijote doucement, la salade est prête, Hassan a l’air content de lui. Nous sommes installés plus ou moins confortablement sur les coussins, et il nous rejoint en tenant dans ses mains un taârija, instrument à percussion en céramique et cuir de chèvre. Je suis assise à côté de lui et il me tend une paire de crotales appelés aussi qarabek. Je suis sensée l’accompagner en rythmant avec ce truc-là le chant qu’il entonne pendant qu’il frappe avec ses doigts ou la paume de ses mains sur le taârija ! Je tourne et retourne dans mes mains ces morceaux de métal et reste perplexe quant à la manière de faire vibrer ce drôle d’outil ! Hassan rit de toutes ses dents et daigne enfin nous expliquer comment s’en servir. Effectivement, il y arrive beaucoup mieux ! Alors, chacun notre tour, nous allons essayer à sa plus grande joie, d’accompagner le chant monocorde et néanmoins enthousiaste qu’il recommence. On se coince les doigts, on n’arrive pas à suivre, peu importe, c’est vraiment une partie de rigolade ! Et puis voilà qu’il veut jouer aux devinettes et demande si on connaît des histoires. J’en ai une en mémoire, celle que nous a racontée le berbère « marchand de bijoux hors de prix » de Âït- Benhaddoù. --« Quelle différence y a-t-il entre un chameau et une femme ? »--Il me regarde et ses yeux noirs sont interrogateurs. Ah, je lui en bouche un coin !--« Avec un chameau, tu traverses le désert, avec une « gazelle », toute la vie ! » Et vlan ! Dans l’élan, on apprend qu’il a une femme « Fatima » et, je crois deux enfants, qu’il est pour les mariages d’amour, mais en même temps, on sent bien que le poids de la famille et le choix de celle-ci pour choisir une épouse « bien », est très important ! --« Car si les parents de la future épouse sont bien, il y a de fortes chances pour que la jeune fille le soit aussi !!! »--dixit Hassan ! Et ce n’est ni Guichou ni moi, qui avons été choisies sur ces critères, qui allons le contredire ! Devinette, avec gestes à l’appui : --« Qui est plein comme ça et vide comme ça ? » Il met tantôt la paume de la main vers le bas, doigts légèrement recourbés, tantôt tournée vers le haut ! C’est à notre tour d’avoir l’air interrogateur ! Assis en tailleur, il se balance d’avant en arrière en riant fort ! On lui fait répéter et le mystère reste entier. Alors il dit d’une voix puissante qu’il y a quelqu’un parmi nous qui pourrait répondre ! Allons bon ! Qui est-ce ? C’est Jean, et l’objet à deviner, il l’a sur la tête…son bonnet ! Quelle rigolade ! Ah quand on est heureux, il en faut peu !!! Tout content, le naïf Hassan ! Puisque c’est ça, on s’en rechante une autre ! Bon, les paroles, c’est plutôt difficile, mais l’air, no problem ! On arrive à fredonner le leitmotiv qu’il nous chante depuis le début ! Il s’amuse à nous appeler par l’équivalent en arabe, de nos prénoms : Mostafa (Jean), Mohammed (Michel), Radija (Huguette) et Fatima (Marie). Je ne garantis pas l’orthographe pour le pseudo de Guichou ! Le moment tant attendu, arrive. Le repas va nous être servi sous une tente berbère, au cœur du désert, par un superbe homme en bleu ! Le top du top !

Bien sûr, il a mis des fourchettes, mais le plat est au centre de la table et comme la coutume le veut, ce devrait être avec les doigts que nous devrions partager ce bon plat. J’observe Hassan et j’ai envie de faire comme lui. Je tiens un morceau de pain dans la main gauche et approche la main droite du plat. J’essaie d’attraper le plus adroitement possible la nourriture, en me servant seulement de trois doigts, « les doigts d’Adam ». L'expression "manger avec la fourchette d'Adam" est une phrase polie pour désigner le manque de savoir-vivre dans la manière de se nourrir ou pour assumer soi-même le fait de manger avec ses doigts. (manière de vous montrer, chers lecteurs, que je me suis enrichie au hasard de mes recherches !) 😉 Pas fastoche ! Mais j’y arrive quand même et déguste ce poulet cuit à l’étouffée avec gourmandise. Cela ressemble fort au poulet aux oignons que l’on fait cuire à la maison, mais avec un parfum de je ne sais quoi qui fleure bon les vacances ! Les derniers morceaux de pain enlèveront les dernières fibres « oignons-poulet » caramélisées au fond du tajine ! Re-miam ! Hassan débarrasse la table et ne veut pas être aidé. Il est tout fier de ses nouveaux « invités » et nous parle avec dédain de ces touristes, je crois Japonais, qui --« eux manger, dourmir, ci tout ! Fatigués, toujours fatigués !». Pas marrants, les Japonais ! Et voilà qu’il nous parle, japonais, allemand et anglais ! Quelques mots et expressions certes, mais là, il marque des points ! Sacré Hassan ! Et il rit à gorge déployée en voyant notre air stupéfait ! On lui pose plein de questions et il répond avec application. Il est quelquefois difficile de comprendre « son français », nous essayons de parler plus lentement pour qu’il comprenne le « notre » ! On demande de quelle matière est faite la tente. Il répond--« avec des bouts d’étoffes tissées par les femmes, avec de la laine de chèvre et de chameau », il ajoute et là, nous tendons l’oreille, perplexes, (Je vais écrire phonétiquement, du moins essayer !!!)--« et y en a disicour. » --Disicour ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Et il s’obstine à répéter ce mot, ne comprenant pas notre étonnement. Il ne parle plus, réfléchit puis, un éclair dans les yeux, il nous pose une autre devinette. -« Tu as une voiture--oui--Tu as quatre roues--oui--Alors, tu as une disicour-- ! Mais bon sang, oui, il y en a une « DE SECOURS » !!! On comprend alors ce qu’il voulait dire. Les femmes tissent toujours un morceau de tissu en plus pour pallier d’éventuelles déchirures dans la toile, la voilà la « toile disicour » ! Et allez, une autre pinte de rire ! Comme il rit aussi fort que nous en se tapant sur les cuisses, je me demande qui se moque de l’autre. Hum ! La nuit est complètement tombée depuis un bon moment, il serait temps d’aller faire un tour dehors. Brrr ! Il fait froid, et nous remettons bien entendu le chèche autour de notre tête. Il nous va si bien ! 🤪 Jean enfonce son bonnet au ras des oreilles ! Hassan nous promet de nous faire faire du « ski berbère » sur les dunes ! Il faut d’abord y grimper, sur les dunes ! Elles sont là, qui se détachent sur un ciel étoilé. Le silence est parfait, on a le nez fixé sur le firmament et Hassan nous dit d’observer le ciel attentivement. Les étoiles « ithri ou titrit » filantes sont légion dans le coin. Bien entendu, j’en vois plein et Jean se moque de moi en me disant que je me laisse influencer. Mais non, je suis sûre que j’en aie vues ! Je veux en avoir vues ! C’est trop beau, trop magique ! Et la lune qui nous sert d’éclairage a un bien joli nom en berbère : Ayour. On pourrait presque dire qu’on y voit comme en plein jour si ce n’était l’absence de couleurs ! Et Hassan qui rigole doucement devant notre émerveillement et qui se moque de nous en transformant en «ci tri jouli » le « Oh que c’est joli ! » qui nous échappe à chaque instant ! Allez, faudrait voir de là-haut ! Départ en fanfare et arrivée dans la douleur ! Encore les mains tendues pour les fragiles gazelles ! Ici, on a le droit et même le devoir d’être moins forte que les hommes. Quel bonheur ! On rit, on se bouscule, on fait semblant d’avoir peur ! Le sable file un peu sous nos pieds et la notion des distances nous est devenue étrangère. La tente paraît bien petite, tout en bas et Hassan veut nous faire descendre la dune en courant ! Droit devant nous ! Maman !!! Bien sûr les trois hommes ricanent devant nos appréhensions. Ils tiendront pourtant fermement nos mains pendant la descente. Mais qu’est-ce qu’on peut s’amuser dans le désert ! Une vraie cour de récré ! Quelques dizaines de mètres plus bas et il faut penser à « dourmir » comme dit Hassan. D’abord attraper les matelas, les draps, les couvertures, les coussins, tout cela à la lumière de la lune, aidée par la lampe tempête du guide et celle électrique de Jean. C’est à quatre pattes que nous entrons dans la chambrette. Nous disposons les quatre matelas sur des tapis qui nous isolent du sable. Les lisle d’un côté, les Lamazou de l’autre ! Ce n’est pas un club d’échangiste ici ! Il y a quelques trous dans la toile de notre côté et Jean chasse les courants d’air en les bouchant avec les sacs à dos !

Là encore, Hassan veut faire son boulot tout seul, je l’aide quand même à étendre les draps, à disposer les trois couvertures, (oui trois et elles ne seront pas de trop !) et il est exigeant, pas de faux plis, tout est au carré ! Les deux lits sont faits, Hassan disparaît, emportant avec lui la lampe tempête. C’est à la faible lueur des piles Wonder que nous nous déshabillons. Enfin, déshabiller n’est peut-être pas le mot le plus approprié, car si nous enlevons nos habits de « baroudeurs », c’est pour enfiler survêtements et pull-over, et même garder le bonnet sur la tête pour Jean ! On se faufile sous les couvertures en rigolant encore. Va-t-on pouvoir dormir ? Peut-être pas tout de suite ! La lampe de poche est éteinte, on essaie de reprendre notre sérieux, quand un sifflement se fait entendre du côté de la « chambre » de nos amis ! Ils sifflotent tous les deux en nous affirmant qu’ils ne peuvent s’endormir que de cette façon…et c’est reparti pour le fou rire ! La fatigue sera la plus forte et nous fera glisser dans les bras de Morphée. On aimerait se réveiller de bonne heure pour assister au lever du soleil ! 7h, vite, debout ! On remet les habits de la veille, la toilette se fait très succinctement, quelques lingettes imbibées nous servent de gant de toilette ! La portière en toile noire est tellement lourde que nos hommes doivent se mettre à deux pour la soulever ! Un petit pipi en cachette derrière la tente, brossage des dents vite fait ! Le soleil n’attend pas, il faut regrimper là-haut ! Quelle merveille encore une fois ! Mais c’est qu’ils deviennent très sensibles, les petits béarnais ! Assis au sommet pour la dernière fois, on assiste sans parler à l’apparition du « tafukt » (le joli nom du soleil en berbère). Comme il est content Hassan, ou plus sûrement après maintes recherches, AFSAN. Peu importe, il répond avec bonne humeur quand nous l’interpellons et nous a pardonné s’il y a erreur ! Le regard fixé sur la barrière rocheuse de la frontière algérienne, la hamada du Guir, nous n’arrivons pas à quitter notre poste de gué tout là-haut. Nous jouons avec le sable et le laissons filer entre nos doigts, admirant la couleur rose que lui donne le soleil naissant. Peu de paroles échangées, nous dégustons ce moment de plénitude et laissons notre regard errer sur cet espace magique. (J'ai rêvé de voir le désert pendant des années, et je trouve le moyen de ne pas ramener de sable ! Heureusement, les semelles de mes chaussures auront eu la bonne idée de pailler à mon étourderie. Je prélèverai avec soin sur un papier journal, les grains rosés de la belle dune, qui s'étaient cachés dans leurs crans. ils sont maintenant à l'abri dans un petit tube de verre ! Je suis un peu fada, par moment !) Hier était la première fois, ce matin, la dernière ! On a un peu le cœur gros ! Il faut se faire une raison et rejoindre notre guide qui est toujours en train de s’affairer près de la tente. Il prépare notre petit déjeuner et il faut lui faire honneur. Il y a sur la petite table basse tout ce qu’il faut pour passer un bon moment ! Le sempiternel thé à la menthe (ataye), le pain omni présent lui aussi (khoubz), le pot de confiture de facture européenne et les petits morceaux de beurre dans une coupelle, nous mettent en appétit ! « Saha » nous dit Hassan, bon appétit ! Nous lui répondons en chœur, --Saha- tout content de parler sa langue. Et j’ajoute pour le faire rire, au moment où il me sert le thé -« Choukrane bezef ». C’est garanti, à chaque fois, il rigole ! Quel bon public, cet Hassan ! Nous défaisons nos lits et rassemblons nos affaires personnelles pendant qu’Hassan range les ustensiles de cuisine dans un coin de la tente principale. Il recouvre le tout d’un linge et remplit à nouveau les sacs jaunes qu’il remet sur le dos de mon dromadaire. Eh oui, c’est encore moi qui porte tout ! D’ailleurs je suis la première à grimper la dune, déjà « bien » en place sur mon canasson ! Mes compagnons sont à pied et grimpe péniblement jusqu’à l’endroit où leurs montures les attendent paisiblement. Jean a eu un moment l’intention de faire le chemin du retour à pied, craignant pour ses jolies fesses ! Réflexion faite, il remonte sur le dromadaire qui n’attendait que lui ! Hassan entonne la litanie de circonstance, « Fatima, Radija, marhaba à Sahara…Mohammed et Mostafa etc…etc… » Et nous, ballottés comme des paquets de linge sale, essayant de garder le sourire malgré les douleurs récurrentes dans nos fessiers, dos, adducteurs et cie, chantonnons de concert. M’éloigner de ce site merveilleux me fait mal au cœur et j’emmagasine le maximum d’images. Hassan nous signale des traces sur le sable, c’est un fennec qui est passé par là ! Ici, ce sont sûrement celles d’un petit lapin ! Si je voyais le « Petit Prince » caché derrière une dune, je ne serais pas plus étonnée que ça ! Des touffes d’herbes raides et jaunies poussent de ci de là, et nos dromadaires tendent le cou pour les arracher plus facilement. Oh, la bestiole ! Ne te penche pas trop comme ça ! Et pas besoin de secouer tes pattes de cette façon ! Hassan nous explique que c’est à cause du sable qui pénètre entre leurs doigts de pieds ! Bon, alors c’est bon ! Cela ne ressemblait tout de même pas à des ruades, mais on est plus rassuré ! Le roulis, auquel on est soumis depuis un moment, nous endort un peu et les ombres qui s’étirent sur le sable nous hypnotisent. Attention au mirage ! Non, attention surtout au troupeau de dromadaires qui arrive droit sur nous ! Ceux-là ne sont pas attachés les uns aux autres et visiblement, aimeraient en découdre avec les notres ! Ils sont gardés par un jeune homme qui se fait enguirlander par Hassan. Notre guide fait de grands moulinets avec les bras, poussent de grands cris pour empêcher l’affrontement. Eh bien, les touristes n’en mènent pas large ! Manquerait plus qu’on soit désarçonné ! Boudiou, comme dit Guichou !

Rencontre privilégiée entre deux dunes. La femme d’Hassan, accompagnée de ses enfants, à la recherche d’herbe à chameaux, nous offre un joli sourire. On taquine Hassan en lui disant que sa femme s’ennuyait de lui et que c’est pour ça qu’elle vient à sa rencontre ! Il rit, Hassan de toutes ses dents ! On fouille nos poches à la recherche de friandises et on leur donne la bouteille d’eau que l’on n’a pas bue. Moins de poésie dans l’air depuis un moment. Est-ce parce que nous apercevons loin devant, les premières constructions bétonnées des multiples ksars de Merzouga ? Est-ce parce que les dunes sont plus petites, plus espacées et que nous sentons bien que le voyage initiatique prend fin ? Awah, chouf ! (J’y crois pas, regarde !) Quelle désillusion ! Une sonnerie ténue parvient à mes oreilles, Hassan a un « tilifoune » (je n’invente rien, ça s’écrit comme ça ! Hi hi hi ! ) caché sous sa djellaba ! Le patron doit appeler, d’autres clients attendent sûrement ! Voilà qui sonne le glas de notre « aventure », redescendons sur terre…et d’abord de nos dromadaires ! Aïe…Ouille…dur de reprendre contact avec le sol ! Besslâma, Hassan, Ali et l’erg Chebbi ! (Au revoir !)

Les bagages sont chargés dans le coffre et nous n’avons vraiment pas le temps de nous attendrir outre mesure ! C’est Lilou qui prend le volant et je n’y vois personnellement aucun inconvénient puisqu’il n’y a plus de dunes à grimper !!! Juste une longue étape à faire, car il n’y a pas moins de 400kms qui nous séparent de Zagora. Un coup d’œil sur la carte routière et passage obligé dans la ville de Merzouga où nous aurions aimer faire le plein d’essence. Mais les regards curieux et, nous semble-t-il, peu amènes de ses habitants, ne nous incitent pas à nous attarder ! Les a priori ont du mal à s’estomper ! Dès que l’on se retrouve au milieu de la multitude, les mauvais réflexes jouent encore ! C’est sûrement jour de marché et le souk s’étale tout le long de la rue principale. Il est vrai que les touristes sont peu nombreux et bien sûr, nous avons l’impression d’être observés plus attentivement. Alors, n’écoutant que notre « courage », nous demandons à Michel d’accélérer et de sortir le plus rapidement possible de la ville ! Il faut revenir sur nos pas, direction Rissani, et ce ne sera que deux heures plus tard, à la sortie d’une ville dont je ne me rappelle plus le nom, que nous ferons le plein du 4x4 et celui de notre petit ventre ! La jeune fille qui prend notre commande n’a pas l’air de s’affoler, nous sommes les seuls clients, du moins pour le déjeuner, et elle envoie tout simplement un adolescent, chercher légumes et cigarettes au marché que nous venons de traverser ! Puis elle préparera le tajine aux légumes et nous le servira en terrasse ! Plus frais, tu meurs ! Pendant ce temps, comme nous sommes au premier poste pour surveiller tout ce qui bouge autour de nous, nous nous amusons à commenter l’animation qui règne au niveau des pompes à essence. Ce n’est qu’un va et vient de voitures et camionnettes aux fortunes les plus diverses ! Apparemment, certaines servent de taxi et nous voyons avec stupeur, s’entasser dans l’une d’elles, un nombre incroyable de gens ! Le fou rire nous prend, quand d’autres personnes prennent place sur la galerie ! Y a-t-il un code de la route au Maroc ? Bien sûr, mais il est transgressé tellement souvent qu’on pourrait en douter ! Il fait chaud, la lumière du soleil puissante. La végétation est rare et la poussière que soulèvent les pneus de la voiture, dense. Nous roulons sur une route droite, aux balisages inexistants. Le paysage est splendide, une immense étendue désertique et la barrière rocheuse du djebel Ougnat sur notre droite, puis plus loin, celle impressionnante du djebel Sarhro.

On approche de Tazzarine, quelques palmiers apportent un peu de fraîcheur à notre itinéraire. La ville, ou ce que l’on en aperçoit, est assez moderne, les cybercafé, les téléboutiques et restaurants sont nombreux. Et puis, jusqu’à Nekob, ce n’est qu’une suite d’oasis et de kasbahs. Plusieurs oueds venant de l’Atlas, irriguent cette région qui vit de l’agriculture. (Maïs, blé, fèves et des tomates quand l’eau est assez abondante.) oasis et jdebel Sarhro kasbahs le Draà
Thaïlande: fermeture d'établissements et pas d'alcool ce week-end! (23-24 février 2008) English translation pending
by Davdevil75 · 2008-02-24 · 31 replies
Sawat dee kaap on se croirait au elections.....Pareil, les disco fermer et pas d'alcool dans les resto et bar..... Cette fois c'est pour Boudha, jeudi etais ferier pour Boudha et ce week end no alcool..... C'est un carnage ca pour les commerce, deux week en en decembre et la rebelotte.... Y a vraiment des lois et tradition etrange....
Hôtel Gran Club Santa Lucia English translation pending
by Marts · 2008-02-17 · 35 replies
Bonjour, je part pour santa lucia le 11 mars a l'hotel gran club santa lucia et j'aimerais avoir des informations sur cette hotel, car il y a beaucoup de commentaire positif et negatif et pendant un instant j'ai regrette d'aller la-bas.merci de bien vouloir men dire davantage martine
Infirmière au Canada? English translation pending
by Magalito · 2008-02-12 · 23 replies
hello everybody !!! nice to meet you !!! 😉 je suis à la recherche d'infos concernant les possibilités de travail en tant qu'infirmière au canada. Avec mon compagnon, nous desirons tenter de monter un projet pour aller vivre une aventure là bas. A ce jour, je débute mes recherches et tente de recueillir auprés de vous des infirmations precieuses sur les possibilités de bosser au canada en tant qu'IDE. merci d'avance pour l'interet porté à ma requête !!! "Sois en paix avec ton travail. Si tu en es capable, ton travail sera bien fait et les autres feront le leur. Tes pensées, les valeurs que tu défends passeront dans le travail que tu accomplis. Et il sera bon " ELEN EXLEY 🙁
Trajet Uyuni (Bolivie) - San Pedro (Chili) English translation pending
by MyriamJ · 2008-02-11 · 24 replies
Bonjour !

Y'a t'il quelqu'un parmis vous qui connaît la façon la plus simple (et la plus rapide) pour passer d'Uyuni en Bolivie jusqu'à San Pedro, au Chili ?

Merci d'avance !

😎
Bundi, Udaipur et Chittorgarh au Rajasthan English translation pending
by Sarangui · 2008-02-07 · 29 replies
bonjour, qui a aimé et peut me donner des infos sur Bundi, ces connexions transport avec Udaipur, Delhi (y a t-il des possibilités train/bus) et autres villes du Raj+ idem sur Chittor.
Californie: Point Lobos, "17-Mile Drive" et Point Reyes English translation pending
by Manza · 2008-02-05 · 17 replies
J'ai prévu de faire la cote au mois d'aout, et je me pose quelques questions.

Lors de ma journée Monterey-Carmel, Point Lobos parait plus interressant que la 17 mile Drive, qui est parfois décrite comme une route autant cotiere que residentielle (pas mal de maisons de riches). Qu'en pensez vous ? laquelle privilégier ?

Ensuite lors d'une autre journée j'ai prévu de faire Sausalito-Tiburon et eventuellement de pousser jusqu à Inverness Point Reyes, ça à l'air tres sauvage et tres beau. Mais je me demande si cela ne va pas faire "doublon" avec la ballade Point Lobos/17 miles.

Dans l'absolu j'aimerais avoir l'avis de quelqu un qui a fait ces 3 endroits 😏.

merci à tous
Partir à la retraite en Thaïlande English translation pending
by Accolade · 2008-02-03 · 62 replies
Salut à tous, 🙂 J’aimerais ouvrir ou relancer un post au sujet de « Vous » les retraités Français, Belges, Suisses etc… qui ont, ou vont s’installer quelques années en Thaïlande pendant leur pré ou post Retraite. Vous ! qui êtes déjà installés, j’aimerais …et je suis certains que nous sommes nombreux à vouloir mieux connaître, comprendre votre démarche. Aborder l’aspect financier, l’adaptation, les regrets et les surprises, les réussites et les échecs. Aborder votre vision du futur. Les mille et une questions que nous nous posons en France, comment appréhender sa retraite ou, quand, comment. Maroc, Tunisie, …Asie et tous ceux qui se disent comme moi, que nous n’aurons plus les moyens de vivre en France. Ou inversement un pied en France un autre en Asie. Rêve ou Réalité. ? Merci pas avance de ne pas torpiller ce post.😕
Péripéties en Thaïlande English translation pending
by Jamelinho · 2008-02-02 · 290 replies
ayé je suis de retour de thailande apres environ 20jours de hauts et de bas... mais il nous est arive pas mal de galeres... on etait trois... donc je commence, depart de roissy le 12janvier, arive au dessus de l allemagne, l avion fait demi tout, suite a un probleme technique, donc oblige de dormir dans un hotel a roissy, pour prendre un autre vol le lendemain matin...ca commence mal! bref, on arive a bankok, on prends un taxi juska pattaya, pour y sejourner un ou deux jours car on a entendut que la bas on pouvait faire de bonnes affaires pour les vetements... malheureusement, la ville avc walking street nous a degoutté, que d prostituées de tout les cotes et ce n est pas notre style, donc voila, pour l instant rien de bien beau a voir pour nous... environ deux jours plus tard on pars sur pukhet a pattong beach et la, on perds ou on se fait voler nos trois passeports ainsi que 300euros ki se trouvaient dns la meme sacoche. je dis "perdu ou voles" car mon pote est sur a 95% d avoir laisse la sacoche dns la chambre de l hotel donc voila. le lendemain, on pars faire du jetski, puis en revenant, ptet dix minutes en retard, les loueurs, une quinzaine, nous attendent de pieds fermes... on se dit qu ils sont certainement enerve car on a un peu de retard mais eux nous parlent du retard, mais aussi de fait que nous sommes allé loin de la rive, en meme temps quand on loue un jet c est pour se faire plaisir nan? mais surtout ils nous demandent 800euros de reparations car soi disant il ya d rayures sur l un des jet. du vrai nimporte quoi... evidemment nous, on les envoie un peu chier ce qui est normal, surtout qu avec leur anglais a deux sous c difficile de se faire comprendre mais bon...ils nous suivent jusqu a l hotel nous reclamant leurs sous, c etait limite l embrouille, mais la vraie, mais d apres ce qu on nous a dit, la bas, si tu apelles la police, en cas de litiges, ils donnent toujours raison aux thailandais... donc on reste poste a l entree de l hotel, car o moins la bas il ya une camera, donc sil se passe quelque chose preuve se fera... finalement apres plus de 5ou 6heures on lache et jen etais degoute, 180euros alors que nous etions dans notre droit... nous n avons rien fait d illegal, c dur de se dire que j ai travaille pour cet argent et que finalemnt il part en fumee pour des fils de p.... desole pour la vulgarite mais la je pese mes mots. en bref nous avons perdu 480euros en 24heurs; c pas mal nan?? le lendemain, on se casse de cette ville, direction kho phi phi et la, le reve a enfin commence, plages de reves, soleil magnifique, bronzage et tout le tralala... enfin mon billet d avion commencait a etre rentabilisé... en gros une fois sur les iles, il n y a plus eut de galeres... nous avons fait les plages de koh phi phi, long beach, monkey bech maya bay, etc, puis ensuite sommes allés a krabi ou c etait pas mal non plus... puis ensuite retour sur pattaya pour recuperer des vetements commandes, et aussi visiter crocodile farmer, nous avons posé avec d tigres ki rugissaient, des elephants, et nous sommes assis sur d crocodiles. pas mal nan? puis retour a bangkok direction l ambassade, pour se faire faire un laisser passer pour remplacer nos passeports, puis retour a paris apres avoir notamment oublie un sac dans l un des taxis que nous avions empruntés la veille, le taxi driver s etait rendut a notre hotel pour nous le rendre mais ne nous voyant pas a la reception, plutot que de laisser le sac, il a prefere laisser son numero de telephone, pour kon le rapl et pour kon le paie... manque de pots pour moi je n ai pas eut le temps de recuperer ce sac... la moralite de ce message que je laisse, c est que si vous partez en thailande, mefiez vous de tout les thailandais, ils n en veulent qu a votre argent, rares sont ceux avec qui nous avons sympathisés. personnelement, quand on me demande un service, si jpeu le rendre jle fais; la bas, sils peuvent le rendre ils vont te demander des sous... c est malheureux a dire mais c est bel et bien vrai... mais ca reste mon plus beau voyage... il faut eviter les grandes villes c est tout...
Alsace à vélo? English translation pending
by Michèle101 · 2008-01-28 · 15 replies
Début juillet, nous arriverons à Strasbourg afin d'y passer quelques jours. Quelqu'un aurait une suggestion d'itinéraire pour environ 6 jours de vélo-camping? Le long du Rhin ou plutôt Saverne, Obernai, Riquewhir ? Par la suite nous voulons traverser à Donaueschingen par train et ainsi faire la route du Danube jusqu'à Budapest! Est-ce possible à partir de Colmar jusqu'à Donaueschingen par train? Aussi, si nous manquons de temps pour reprendre l'avion à Budapest (retour prévu début août), quelle étape du Danube devrions-nous faire par train (donc celle qui serait la moins intéressante)? P.s. pour l'Alsace, nous avons aussi la possibilité d'arriver à Mulhouse plutôt que Strasbourg! J'attends impatiemment vos infos afin de mieux réserver mes vols. Un gros merci à l'avance! Michèle
Bangladesh: quinze jours de balade English translation pending
by Laptitmarie · 2008-01-20 · 65 replies
Revenant de 15 jours de balade au Bangladesh, je voudrais partager mon expérience et impressions.

Avant de partir

Ambassade du Bangladesh

En Belgique Rue J. Jordaens 29-31 1000 Bruxelles Tel. 02.640.56.06
http://www.bangladeshembassy.be/index.htm En France 39, rue Erlanger, 75016 Paris Tel. 4651-9033 http://www.ambafrance-bd.org/article.php3?id_article=273 Au Canada Haut-commissariat de la République populaire du Bangladesh 275, rue Bank bureau 302, Ottawa, Ontario, Canada, K2P 2L6 Tel (613) 236-0138, -0139 www.bdhc.org mail : bangla@rogers.com Pour obtenir mon visa à Bruxelles, j’ai du fournir :

1 formulaire de demande dûment rempli sur place 1 copie recto verso de la carte d’identité 1 copie des tickets d’avion aller-retour 1 adresse sur place + l’itinéraire prévu (que j’ai inventé puisque je n’avais rien prévu de précis) 3 photos d’identité 50 €

La demande a été faite le matin et j’ai reçu les visas le lendemain après-midi. En tant que touriste, nous ne savions avoir qu’un visa à entrée simple de 3 mois mais il est spécifiquement stipulé que je n’avais droit d’être sur le territoire qu’entre les 2 dates des tickets d’avion…..

Au Bangladesh

Pour les belges, il faut s’adresser à l’ambassade de France ou à Delhi. Ambassade de Belgique 50-N Shantipath, Chanakyapuri New Delhi 110021 Tel + (91) (11) 42.42.80.00 Fax + (91) (11) 42.42.80.02 E-mail : NewDelhi@diplobel.be Ambassade de France House 18, Road 108, Gulshan, Dhaka Haut-commissariat du CanadaHouse 16A, Road 48 Gulshan – 2 DHaka 1212 Tél. : +880 2 988 7091~7

Ticket d'avion en pleine période rouge avec Qatar Airways : 920€

Quelques chiffres

140.000 d’habitants= 1000 hab./ km2 dont 30% en ville 87% de musulmans-12% de hindous-0.5% de bouddhistes-0.4% de chrétiens

Nombre de visiteurs dans les pays d’Asie en 2006 : Bhoutan 17.000 - Bangladesh 25.000 (inclus voyageurs d’affaires et bénévoles ong) -Mongolie 386.000 visiteurs - Thaïlande 13, 88 millions….

Aujourd’hui, l’Euro vaut 100 takas, le dollar canadien vaut 66 takas.

Les emblèmes du pays

Hymne national : Amar Shonar Bangla Animal : Tigre du Bengale Oiseau : Oriental Magpie Robin (genre de pie) Poisson : Hilsa Fleur : Lotus blanc Fruit : Jack fruit Sport : Kabadi Un des sports les plus anciens de l'histoire, le Kabaddi alterne le jeu d'attaque et de défense entre deux équipes de 6 joueurs. Un chasseur doit aller toucher un adversaire et revenir dans son camp sans se faire toucher. A tout moment, il peut se faire plaquer et risque l'expulsion du terrain. C'est un sport qui s'apparente à la lutte ou encore au rugby.

Le drapeau du Bangladesh est vert frappé d'un disque rouge légèrement décalé vers la hampe. Le rouge symbolise le sang des Bangladais tués depuis 1947 lors des affrontements avec le Pakistan. Le vert symbolise la vitalité, la jeunesse et les terres agricoles.

A retenir

Le vendredi est jour de prière, donc, comme le dimanche chez nous. Le deuxième jour « off » est le samedi.

Février 2007

Comme toujours, c’est maintenant que nous devons nous décider oú nous allons partir en décembre pendant les congés scolaires de Noël. Etant donné que c’est une période rouge, donc cher, je m’y mets longtemps à l’avance pour avoir des tickets d’avion à des prix raisonnables. Nous avons 3 options : le Sri Lanka, le Myanmar ou le Bangladesh oú un ami indien de Kolkata à encore de la famille et nous propose de l’accompagner. Nous optons vite pour le Bangladesh car le Myanmar ne me botte pas trop et le Sri Lanka est hors de prix.

Entre-temps, la situation de notre ami a changé et il ne sait plus nous accompagner mais qu’à cela ne tienne, nous découvrirons seuls ce pays qui m’intrigue. Mais pourquoi il n’y a jamais personne qui en parle ? Enfin, oui, on en parle régulièrement pour annoncer une violente tornade, une mousson qui a tué des milliers de gens, un cyclone qui a presque rayé une partie du pays ou un tremblement de terre…..

Quand j’ai mes tickets de la Qatar Airways en main, autour de moi j’entend : « Mais qu’est-ce que tu vas foutre là-bas ? Tu ne sais pas encore que c’est un pays pauvre ?!? Qu’ils sont toujours sous eaux ?!? Qu’il y a plein de maladies dangereuses ?!? Et dis, tu te rends compte que tu vas dans un pays musulman ? Tu vas devoir porter la burka…..et les fondamentalistes, tu en fais quoi ?!?...

En juin, un copain bangladais de mon frère nous invite à la « Boishaki Mela », le nouvel an bengali (là-bas, on est en 1414…). On est reçu comme des rois et nous sommes installés en tant que « VIP » au premier rang. Nous sommes que quelques occidentaux dans la salle, nous nous sentons privilégiés et c’est avec joie que nous participons à la fête. On passe l’ après-midi à discuter avec l’une et l’autre personne qui nous donne des idées pour visiter le pays ou nous vante son village d’origine. Nous goûtons aux plats préparés pour l’occasion tout en regardant le spectacle. Voilà notre premier contact avec le pays.

Ensuite, mise à part le dernier Lonely Planet qui date de 2004, je n’ai plus qu’à surfer sur la toile pour amasser des renseignements.

Quelques sites intéressants :

Transports fluviaux : http://www.mos.gov.bd/biwtc.htmChemins de fer : http://www.railway.gov.bd/default.asp Foule de renseignements : http://www.virtualbangladesh.com/bd_contents.html Banglapedia : http://banglapedia.search.com.bd/Un peu de tout : http://www.discoverybangladesh.com/index.html Tous les jours, des nouvelles images de Dhaka : http://dhakadailyphoto.blogspot.com/ Patrimoine mondial de l’Unesco : http://whc.unesco.org/fr/etatsparties/bd

L'itinéraire parcouru. En bleu, les trajets en bateau. En noir, les trajets en bus.



Thaïlande et Birmanie (troisième partie) English translation pending
by Exposure · 2008-01-19 · 8 replies
Hello,

En décembre 2007 et janvier 2008 je suis aller en Birmanie en passant évidement par la Thaïlande. Lors de ce voyage, j'ai pris quelques notes que je vais vous livrer ici en plusieurs parties afin de ne pas faire un post beaucoup trop long.La première partie, du 14 au 19 décembre concerne la Thaïlande ou j'ai du rester un peu plus longtemps que prévu à cause de mon visa pour la Birmanie. --> ICI La deuxième partie, du 20 au 26 décembre concerne la Birmanie de Yangoon à Mandalay. --> ICI La troisième partie, du 27 décembre au 2 janvier concerne la Birmanie de Mandalay au lac Inlé La dernière partie du 3 janvier au 8 janvier concerne la Birmanie puis un petit bout de la Thaïlande. --> ICI Bonne lecture et d'avance merci pour vos commentaires, c'est toujours agréable et encourageant.

Yvan

27 décembre 2007 - Dans la ville de Mandalay



Réveil un peu tardif ce matin et je quitte l’hôtel vers 9h30. Aujourd’hui, je souhaite découvrir Mandalay car c’est la seule journée que j’ai ici. Je négocie uun taxi pour m’emmener à la pagode Mahamuni qui est au sud de Mandalay. 3000 kiats aller-retour. Cette Pagode est vraiment très jolie. Pour le Myanmar, il s’agit d’une des plus célèbres Pagode. Dans l’entrée de la pagode, il y a une galerie de petites boutiques qui grouille de monde. Cette pagode est presqu’aussi vivante que la Shwedagon de Yangoon. A l’intérieur, je rencontre un moine qui m’emmène près du Bouddha en bronze représentant Mahamuni. Le rituel veut que les hommes apposent des feuilles d’or sur le bouddha. Je dépose 5 feuilles d’or à différents endroits. Autour de cette pagode, il y a une pièce contenant des bronzes d’Angkor subtilisés par les Thaï puis par les birmans à Ayuttaya. Les gens viennent toucher ces bronzes à l’endroit ou ils ont mal, pour faire disparaitre le mal.

En repartant, mon taxi me propose de visiter d’autres choses en modifiant son prix évidement. Pas de changement pour moi, nous retournons vers l’hôtel. Retour donc vers l’hôtel, à la clock tower d’ou je me pose pour prendre un thé Birmans et un pancake. Là, je rencontre un Birmans professeur d’Anglais et sa nièce qui est étudiante. Nous discutons essentiellement de livres en Birmanie. Je lui demande ou est ce que je pourrais trouver des livres sur l’histoire de la Birmanie. Sa nièce connaît un bookshop et se propose de m’emmener.

Nous voici partis vers le bookshop ou il y a quelques livres intéressant mais rien d’extra-ordinaire. Nous poursuivons vers le marché de la 84ème rue. Je crois que je n’ai jamais vu un tel marché de ma vie. ici ça grouille de monde et ça reste très authentique. Il y a largement de quoi y passer la journée entière. Chatuchak à Bangkok est complètement insignifiant à coté de celui là, c’est simplement fabuleux.

En sortant du marché, je récupère un pick-up, le bus local pour aller dans le nord vers la colline de Mandalay et les pagodes qui sont au pied. Une fois au pied de la colline, je visite la paya Sandamuni qui se trouve au sud-est de la colline. A l’intérieur, autour du stuppa principal recouvert d’or, se trouve une multitude de petits stuppas blanc avec le sommet en or. Cette pagode contient 1774 stèles de marbres portant sur le Tripitaka.

De l’autre coté de la rue se trouve la paya Kuthodaw. Sur le même principe que la précédente, elle contient de nombreux stuppas blanc coiffés d’or. Ici, à l’intérieur de chaque stuppa se trouve une pierre gravée comme on peux en voir au vietnam. En tout, il y a 729 stèles reprenant l’intégralité des 15 livres du Tripitaka. Pour cela, cette pagode est aussi appelé, le plus grand livre du monde.

Toujours au même endroit, il y a la paya Kyauktawgyi. Dans cette pagode se trouve un Bouddha de 8m de haut taillé dans un seul bloc de marbre. Tout autour de la pagode, 80 stuppas contiennent les 80 disciples éveillés du Bouddha.

En sortant de cette pagode je pars à l’ascension de la montagne de Mandalay et de ses 230 mètres. Tout au long de l’ascension il y a quelques temples et des vues magnifiques sur Mandalay. Tout en hau, il faut prendre des escalators pour gravir les derniers mètres. Les escalators parisiens pieds nus c’est un grand moment.

En haut il y a un temple très joli qui surplombe Mandalay. En regardant vers le fleuve, il est possible de voir les nombreux temples de Mandalay, son terrain de golf, l’université de médecine et la prison qui sont les trois gros ensembles qui se détachent le plus. Sur la gauche, se trouve le palais de Mandalay que je ne visiterai pas à cause du travail forcé utilisé pour sa reconstruction.

Le soleil se couche doucement et la vue est vraiment magnifique même si elle est un peu perturbé par les dizaines de touristes qui débarquent juste 10 minutes avant le coucher du soleil, comme si le reste n’avais pas d’importance.

Je fais la descente à pied presque dans le noir alors qu’il y a une queue énorme de touristes qui patientent pour descendre en ascenseur puis en bus climatisé. En bas de la colline je prend un pick-up pour le marché de nuit ou je vais manger une soupe de nouille. Probablement la moins cher de mon séjour à 300 kiats. En rentrant, je croise Laurence avec qui je vais prendre un Milk Shake avant de quitter Mandalay.

Notre bus de nuit part à 21 heures et il faut que l’on y soit à 20h30. Sur place, c’est la grosse surprise, l’état du bus est plus que déplorable. On se demande même s’il peut rouler et si notre bus n’est pas plutôt un de ceux, tout neuf, qui se trouve derrière. Eh bien non, c’est bien celui-là. Un peu avant 21 heures nous montons à bord. A nouveau grosse surprise, l’intérieur est rempli de sorte de sac de pomme de terre dans l’allée centrale sur un mètre de haut. Pour rentrer, il nous faut enjamber la roue de secours puis tous ces sacs en se disant qu’à notre place se sera mieux. Une fois au pied de notre siège, ce n’est pas mieux, il y a également pleins de sacs qui nous laissent très peu de place sur un siège complètement pourri.

En roulant, je m’aperçois que la fenêtre ne ferme pas et laisse un jour de quelques centimètres, suffisamment pour me frigorifier avec les genoux dans le mentons pendant tous le trajet. La route jusqu’à Bagan est une sorte de piste horrible et pleine de trou qui m’empêchent de dormir même 5 minutes. Vers minuit, notre bus fait un stop que je prends comme un grand soulagement.

28 décembre 2007 - La plaine de Bagan



Plus le temps passe et moins j’arrive à m’endormir dans le bus. Finalement nous arrivons à 6 heures du matin à Bagan dans une cabane gouvernementale pour payer le droit d’entrée du site. Le gars face à nous n’a pas du tout de monnaie et chacun nous lui sortons un billet de 50USD. Résultat, retour dans le bus pour poursuivre vers Bagan et acheter le billet à l’hôtel ce qui me parait beaucoup plus simple et évite cette espèce de cabane qui n’a aucun sens puisqu’aucun hôtel ne peut vous louer une chambre sans ce pass qu’il peut vous fournir.

Dès la sortie du bus un trishaw se propose de nous trouver un hôtel. Dans le même bus que nous, il y a un israélien et Sonya une chinoise de Hong-Kong. Nous voici donc sur deux trishaw plus un troisième pour les bagage. L’objectif est de trouver des chambres single à 3USD. La première Guesthouse que nous visitons est sympa mais à 5USD. Sur la route nous visitons la guesthousehouse Lucky seven. Ils n’ont qu’une chambre au rez de chaussée juste devant la porte. nous visitons une autre guesthouse dont j’ai perdu le nom à 4USD. l’israélien décide de rester ici et le trishaw nous dépose à la Pyinsa Rup. Nous avons 3 chambres à 3USD, une avec un lit double, une avec deux lits simple et une petite avec un lit simple. Pour choisir nous demandons au gars de l’hôtel de mélanger les clefs et de distribuer. J’obtiens la grande chambre avec lit double. Nous nous donnons rendez vous 20 minutes plutard pour partir directement à vélo et ne pas perdre la journée à cause de la fatigue, personne n’a dormi de la nuit. Laurence vient me réveiller en frappant à ma porte car je m’étais complètement endormi.

Il nous fait payer la taxe de 10USD que le gouvernement perçoit pour chaque visiteur. Ensuite nous allons chercher des vélo au Ever One qui se trouve pas très loin de l’hôtel. Après une discussion, nous arrivons à avoir 3 vélos pour la journée et pour 800 kiats chacun. Nous partons à la découverte des temples en traversant doucement le village de Nyaung U qui se réveil doucement. Bizarrement, malgré ne pas avoir dormi, je ne me sens pas fatigué.

A la sortie de Nyaung U sur la route qui longe la rivière nous prenons à droite vers la Shwezidon paya. Là, nous tombons sur 2 petits temples très jolis d’architecture très simple et contenant chacun un Bouddha différent, blanc et habillé d’une couleur bleu très sombre. Juste derrièr, il y a la Shwezidon paya. En y allant à pied, j’entends des enfants qui chantent dans une petite maison en bambou. Je m’approche et une dame m’invite à rentrer pour assister à une répétition d’un prochain festival. Dans cette toute petite maison, il y a 8 petites filles qui doivent avoir entre 6 et 8 ans qui répètent avec un sérieux magistral. A la fin de la répétition, elles me saluent toutes en me faisant un sourire, c’est craquant.

La paya Shwezidon ressemble aux pagodes en cloche en or que j’ai déjà vu à plusieurs repris, la Bautataung ou Shwedagon de Yangoon ou encore la Mahamuni de Mandalay. Celle-ci à la particularité d’être la première construite dans ce style. A l’intérieur de la pagode, il y a une représentation des 37 nats puis aux 4 coins de grands Bouddha en bronze. En se baladant avec Laurence dans la pagode, une nonne nous interpelle et nous promène jusqu’aux bords de l’Ayeyarwadi en nous présentant son monastère. Elle a 14 ans et porte la tenue classique avec un drap orange replié en guise de couvre chef.

Sur le retour vers nos vélos, nous croisons des moines qui nous posent quelques questions puis nous croisons des gamins qui se mettent à jouer autour de la nonne. Nous retrouvons Sonya dans la pagode puis reprenons nos vélos. Très vite nous avons des temples partout autour de nous et les visitons au gré des chemins que nous empruntons en allant vers le sud-ouest.

Les temples sont presque tous différents tout en conservant certains aspects identiques comme la pointe du stuppa. A l’intérieur se trouve toujours au moins un Bouddha blanc. Le midi, nous arrivons près d’un temple autour duquel se prépare un festival. Nous mangeons sur place et continuons notre balade dans ces chemins et ce décor fabuleux. C’est difficilement descriptible, mais cette balade à vélo est vraiment extra-ordinaire.

En fin de journée, nous nous lançons à la recherche d’un temple depuis lequel on puisse assister au coucher du soleil. Ce n’est pas si simple que ça car peu de temples permettent de monter à leur sommet. De là haut, la vue de tous les temples dans la plaine au soleil couchant est fabuleuse. Nous arrivons 45 minutes et restons à contempler ce paysage dans un silence bouddhique comme je les adore.

En rentrant à la nuit tombée, nous allons manger un morceau au village puis nous coucher, car, malgré une journée vraiment fabuleuse la fatigue se fait bien sentir.

29 décembre 2007 - Bagan et le mont Popa



Aujourd’hui, nous avons décidé d’aller tous les 3 au mont Popa qui se trouve à 53 kilomètre de Bagan. Le gars de l’hôtel nous a indiqué ou l’on pouvait prendre un taxi pick-up pour s’y rendre à 6000 kiats au lieu de 30USD en taxi. A 8h30 nous sommes à la station des pick-up et rencontrons un canadien vivant à Singapour et qui pars pour passer la nuit au mont Popa. Notre pick-up est en fait le taxi local. Il est très vite plein de gens qui vont un peu partout sur le chemin.

A bord, il y a un Népalais qui vit à Pyin U Lwin et qui va au mont Popa avec sa famille. Le trajet est assez long et chaotique mais très agréable. A force on s’habitue à l’état des route du Myanmar. Nous passons sur une piste en sable à mi-chemin. A cette endroit, il y a une nurserie. Au milieu de la piste je vois une personne en fauteuil roulant essayant d’avancer très difficilement. On ne voit pas d’handicapé au Myanmar et cette vision est étrange.

Nous arrivons au pied du mont Popa vers 11h et notre pick-up en repars vers 13h. Pendant l’ascension nous voyons des singes partout. En voulant en photographier un, il me fait d’énormes sourires. Ca fait rire tous le monde autour de moi. A mi-chemin, l’ascension se fait pied nu et, tout au long de la montée il y a de petits temples dédiés au nats. Par endroit, il y a des balcons donnant des vues impressionnantes sur la campagne environnante. Au sommet, il y a un grand temple qui surplombe tous le rocher.

En redescendant, nous mangeons une soupe de nouilles entre deux temples. Le canadien que nous avons croisé à l’allée reste dormir ici dans un monastère et nous rentrons avec notre pick-up. Il semble que ces pick-up n’attendent pas toujours tous leurs passagers, et la femme de notre népalais du Pyin U Lwin attends depuis plus d’une heure dedans de peur de rater le départ.

A mi-chemin, notre pick-up s’arrête pour une pause dans un endroit spécialisé dans le sucre de palmier. Ce sure est vendu dans d’assez grosse quantité et j’essaie d’en acheter pour seulement 100 kiats. La vendeuse ne semble pas vouloir vendre moins que ces sachets déjà préparé à 700 kiats, finalement elle m’offre un de ces gros sachets. C’est adorable.

Une fois à Nyaung U vers 15h nous renégocions nos vélos pour 300 kiats histoire de retourner voir le coucher du soleil sur la plaine de Bagan. Cette fois nous allons au temple Buledi. La vue est une fois de plus superbe. Pas très loin de nous, une montgolfière se prépare à décoller. Nous avons pas mal d’avance et retrouvons le calme serein de la veille, c’est magique.

Juste avant le coucher du soleil, 2 couples de français arrive bruyamment et, en montant, une des femmes dit “mais c’est comme hier” et décide de redescendre. Tous les gens qui nous ont rejoins chuchottent à voix basse pour ne pas briser le silence sauf ces français. Pendant ce temps, avec Laurence, on ne dit rien du tout pour ne pas qu’ils nous adresse la parole.

Nous rentrons doucement puis allons manger un morceau en ville. En rentrant à l’hôtel nous discutons pendant deux heures avec un gars de l’hôtel. Il nous raconte les sports favori au Myanmar, sa famille pauvre de 8 personnes, comment il est allé à l’école puis à l’université, pourquoi sa soeur a arrêté l’école très tôt, la mort de son frère ainé dans un accident et la très grande estime pour son père. Je monte dans ma chambre préparer mes affaires car demain je pars à 3h30 pour le lac Inlé.

30 décembre 2007 - Une journée de bus vers Inlé



3 heures du matin, le réveil sonne, c’est plutôt dur. A 4 heures, le bus passe me prendre et nous partons pour la station de bus ou tous le monde nous attends. Le bus pars à l’heure et les sièges sont beaucoup plus agréable et confortable que le bus qui m’a emmené à Bagan. Sur le toit notre cargaison est énorme, mobylette, grosss boites en bois, pleins de sacs et quelques personnes qui feront le voyage là haut.

Vers 5h30, le bus s’arrête pour un petit déjeuner que j’apprécie tout particulièrement. Chapati et thé Birmans dans un tea shop. La route est tout aussi difficile qu’ailleurs. J’arrive quand même à dormir e, une femme birmane s’endors sur mon épaule. Par endroit nous avons une sorte de bitume à d’autre une piste et toujours beaucoup de sable qui vole partout.

Le midi, nous faisons une longue pause. Une chose me surprends pendant cette pause, entre 30 et 50 énormes camions militaires transportent chacun une toute petite camionnette et passent à toute vitesse devant nous sans trop se soucier des autres usagers de cette route. Quand on connait le coût de l’essence par rapport au coût de la vie ici, c’est affligeant.

La suite de notre trajet se fait sur une piste en pleine montagne. Par moment, le camion devant nous envoi tellement de sable qu’il est impossible de voir devant nous. Cela n’empêche pas notre chauffeur de doubler en klaxonnant à tue-tête. Au bord de la route, le peu de végétation est de la même couleur que la route tellement la poussière de vole se trouve partout.

A un croisement un peu plus étroit que d’autres, notre bus entre en contact avec un camion venant dans l’autre sens. Notre bus a été éventré comme une boite de sardines sur un bon mètre. Après 30 minutes de discussion, nous repartons, un des membres de l’équipage inscrivant sur sa main, la plaque d’immatriculation du camion.

Notre bus arrive à Kalaw vers 15h30. Moi qui pensait arriver au lac Inlé vers 13h… Nous arrivons à Shwe Nyaung, la jonction à 17h30. De là je prend un taxi avec deux couples d’allemans qui permet de payer seulement 3000 kiats par personne. Le taxi est une vieille voiture anglaise des années 1960 avec un moteur toyota diesel tout neuf ou plutôt beaucoup plus récent. Nous faisons le tour des hôtels, le Queen Inn est malheureusement plein et je trouve une chambre au Mingalabar Inn pour 5USD avec salle de bain et eau chaude, une première depuis Yangoon, le grand luxe en somme.

Première petite balade en ville ou je rencontre une charmante femme à la sortie de la grande pagode. Elle me propose de venir visiter sa boutique près du musée lorsque j’aurai un peu de temps. Je mange juste à coté de l’hôtel. Bizarrement, c’est beaucoup plus cher que dans la rue et pas meilleur. En rentrant à l’hôtel, je lis jusqu’à ce que l’électricité se coupe pour m’endormir. Ma première impression pour cette ville est que le soir il y fait très froid…

31 décembre 2007 - Nyaung Shwe près du lac Inlé



Avec le trajet de la veille, je me lève un peu plus tard pour simplement aller me balader en vélo. Trouver un vélo en état après 9 heures ne semble pas évident mais cela me permet de découvrir un petit peu le village. La pagode juste derrière la Guesthouse puis l’animation de la rue principale. Le vendeur de ticket de loterie qui pousse son chariot avec une musique locale très forte. Les nonnes en file indienne pour l’aumône.

Je trouve mon vélo à la poste et j’y rencontre deux allemandes que j’avais rencontré à Mandalay. Je pars en direction de Namthé puis des sources d’eaux chaudes. Namthé est un tout petit village sur le bord du canal. La pagode semble être en construction et elle contient un énorme Bouddha encore recouvert d’échafaudage en bois. Je ne suis manifestement pas à l’endroit ou je voulais aller mais je me laisse voguer au gré des chemins et des “hello” des gens que je croise. Des enfants s’amusent à se voir sur mon appareil photographique, des femmes sortent la tête de leur maison sur pilotis en bambou à mon passage pour me saluer, d’autres font la lessive dans le canal. Les hommes pêchent ou préparent les champs avec leurs mains. Cet endroit est extra-ordinaire.

Je fais demi-tour pour traverser le canal car il semble que Namthé ne soit pas placé du bon coté du canal sur mon guide. La route de l’autre coté est une piste complètement abimée. Les vélos et les mobylettes passent sur les bords ou c’est praticable, les autres véhicules très rares passent difficilement au milieu. Cette route est protégée du soleil, de part et d’autres par de grands arbres. De chaque coté c’est le lac, parfois quelque peu aménagé en canaux ou zone de pêche. Des maisons sur pilotis bordent la route, ce paysage est magique.

Je m’arrête quelques instants sur le bord de la route pour contempler ce paysage. Un canoë local passe avec un vieux couple qui me saluent. Une mobylette passe en me souhaitant une bonne année, puis un camion plein de moines, une personne portant deux énormes sacs ressemblant à des balles de foins, quelques plus gros véhicules surpris de me voir là à écrire sur un cahier.

Je retourne doucement vers le village, je croise un homme très agé habillé d’un longyi bleu et d’une chemise blanche en fumant un cheroots avec une certaine fierté en marchant au milieu de nul part sur cette route. Un peu à l’écart de la route il y a une école sur pilotis. Un joli bâtiment en teck très foncé et avec des fenêtres en bois recouvert de bleu et encadrées de blanc. Plus loin, j’emprunte un sentier surélevé qui me conduit à un petit monastère avec trois petits stuppa blanc juste devant. Le monastère semble aussi en teck et a la couleur foncé caractéristique de la région et de cette matière. L’endroit paraît vide et je suis comme au milieu du lac.

En rentrant dans Nyaung Shwe, je me pose pour prendre un théBirmans et ce qui ressemble à un chapati et un churros sans sucre. Juste à coté de moi, s’installe une très vieille dame qui vient aussi prendre un thé Birmans et un chapati. De temps en temps nous sommes enfumé par le poële qui recrache sa fumée à l’intérieur. A l’intérieur du tea shop, quelques Birmans s’amusent devant des sketches à la télévision. De l’autre coté du chemin de terre il y a une petite boutique en bambou qui vend un peu de tout, des shampoings ou savon en sachet pour une utilisation, des sucreries ou sorte de gâteau d’apéritif et quelques ustensiles pour le quotidien. le gars que j’ai croisé avec ses deux énormes balles de paille vient justement ici pour décharger. Il ouvre ces grandes boîtes et en sors plein de sorte de galette de riz qui ressemble un peu à des crêpes cassantes. A droite de cette boutique, il y a un coiffeur qui coupe les cheveux d’un client presque dans la rue. Il me propose une coupe de cheveux que je refuse en lui disant que mes cheveux sont déjà trop court.

Je continu à me balader un peu au hasard dans le village. Ce qui est étrange et magique à la fois, c’est que dans certaines rues on se retrouve en pleine campagne avec des maisons sur pilotis, des palmiers, des canards dans la rivières et, l’instant d’après, dans une rue avec des tea shops, ses restaurants mobile, du monde qui circule à vélo ou en mobylette et des gamins qui jouent au cerf-volant en le laissant souvent se perdre dans les fils électriques de la ville.

Au détour d’une rue près du Bouddha Museum, une femme m’interpelle depuis une petite boutique en bambou et à moitié sur pilotis sur le bord de la route. Il s’agit de la femme que j’ai croisé la veille près de la grande pagode. Elle m’invite à entrer et m’asseoi. Elle me propose du thé chinois puis du thé Birmans et me fait gouter deux choses qu’elle a acheté au marché ce matin. Je dis chose car je n’ai aucune idée de ce que c’est mais c’est excellent. Nous discutons d’un peu de tout, de la vie qui est très cher ici à cause du tourisme, de la composition de sa famille, de la Shwedagon pagoda de Yangonn ou elle rêve d’aller un jour dans sa vie. Dans sa famille, elle a 3 sœurs et deux frères. Aucune d’elle n’est mariée et elle garde la fille de son frèe qui dors juste derrière dans la maison.

Pendant que nous discutons, une allemande rencontré la veille dans le bus vient se joindre à nous. Nous continuons la discussion à 3 et, étrangement elle ne cherche pas à nous vendre quoique se soit, juste une allusion à ses prix qui sont standard puis nous enchainons sur d’autres sujets. La petite fille se réveil et nous rejoins. Elle semble un peu effrayée mais c’est surtout qu’elle n’est pas bien réveillée. Très vite elle nous bafouille trois mots en anglais, c’est adorable.

Un homme se joint à nous pendant cinq minutes mais sans nous adresser la parole. Il s’asseoit, questionne la jeune femme puis repars sans même nous dire au revoir. Elle nous propose de venir manger chez elle un soir, l’idée est très tentante mais j’ai peur de devoir refuser à cause d’un prix prohibitif. Je lui dis que c’est étrange d’avoir fait un musée pour Bouddha. En souriant, elle m’explique qu’auparavant c’était un musée pour le peuple Shan mais que le gouvernement l’a changé en musée pour Bouddha. Ça reste étrange pour moi.

Nous quittons cette jeune femme chacun de notre coté et je continu à déambuler dans les ruelles de Nyaung Shwe à vélo. Je croise à nouveau une trentaine de nonnes en file indienne qui viennent faire l’aumône. Contrairement aux moines qui ne font l’aumône que très tôt le matin, les nonnes le font deux fois par jour. Puis je me retrouve dans une ruelle qui borde la rivière et ou il y a pleins de monastères en enfilade. Les moines passent d’un monastère à l’autre en me saluant. Des femmes se lavent dans la rivière et d’autres me saluent lorsque je passe devant elles. Cette ville est extra-ordinaire.

J’arrive à la grande pagode de la ville. Il n’y a presque personne à cette heure. A l’intérieur, il y a quatre Bouddhas dont un plus grand que les autres. Tous semble beaucoup plus lisses qu’ailleurs et semble être fait de deux or différents. Tous les murs et les colonnes sont recouvert de rouge et d’or. De petites vitrines contiennent des bouddhas et des nats. A l’extérieur, c’est très différent, à l’exception du grand stuppa du centre et des plus petits au pied, tous le reste est blanc avec quelques liserés rouge. Je pense à cette femme que j’ai rencontré hier et aujourd’hui, et qui vient prier ici chaque jour. J’aurai vraiment voulu rester beaucoup plus longtemps avec elle et sa nièce pour en apprendre beaucoup plus.

J’essai d’aller voir le coucher de soleil près du pont en bois. Je croise un moine à mobylette, c’est marrant. En m’écartant du centre, je suis un peu au milieu de nul part et je regarde assis au bord ‘un petit chemin de terre, pratiquement les pieds dans l’eau, le soleil se coucher pour la dernière fois en 2007.

Je retourne vers le centre ville pour me poser et manger un morceau. Devant un tea shop, je trouve une espèces de chips et de la pâte qui cuit dans une sorte d’assiette qui ressemble à celle que l’on utilise pour manger les escargots mais en beaucoup plus grand. C’est délicieux. Pendant que je mange, un des couples d’allemand dont la fille que j’ai croisé cet après-midi, se joint à moi et essai aussi cette cuisine. Nous discutons de chose et d’autre et notamment de partager un bateau le lendemain. Rendez-vous est fixé à 6h30 demain matin près du pont en bois.

La nuit est bien tombée maintenant et je rapporte mon vélo puis je rentre à l’hôtel pour prendre une douche et faire laver quelques fringues. N’ayant pas d’électricité dans la chambre, je demande à utiliser une prise pour charger mon appareil photographique et mon ipod. J’en profite pour lire sur la terrasse de l’hôtel. Juste derrière l’hôtel vers la grande pagode, il y a de la musique très forte, comme un groupe de rock qui joue.

Je sors quelques instants à nouveau pour me balader. Dans la rue, tout est éteins, seul quelques néons accrochés aux lampadaires clignotent de temps en temps. Vers l’avenue principale, tout est dans l’obscurité, la ville semble être sans électricité à l’exception de quelque groupes électrogènes en place pour l’occasion. Juste à coté de la grande pagode, il y a effectivement un concert ou se presse beaucoup de monde y compris beaucoup de moines. La musique ne m’est pas inconnu mais les paroles sont en Birmans. Juste à coté se trouve une petite boutique ou il y a des télévisions branchées sur des consoles de jeux vidéo. C’est marrant de voir des moines jouer au football sur des consoles de jeux vidéos puis se presser au concert juste à coté.

Avec la ville complètement dans l’obscurité, j’admire le ciel magnifique, remplit d’étoiles qui scintillent. J’ai l’impression de ne jamais avoir vu un ciel aussi beau. A l’hôtel, ils font un feu à l’entrée. En guise de bonne année, ils m’apportent une assiette avec 7 petites brochettes, c’est extra.

Demain lorsque je me réveillerai, il sera exactement minuit en France, le passage de la nouvelle année. Je me sens tellement bien loin de tout cela…

1er janvier 2008 - Kuang Dang et Nyaung Shwe



Le réveil à 5h30 étant trop difficile, je ne suis pas aller rejoindre les deux couples d’allemands pour la balade en bateau. J’ai pris mon petit déjeuner à 8 heures en compagnie de deux retraités français qui partaient aujourd’hui pour Yangoon. L’un d’eux était surprenant car il ne semblait pas croire ce qui se raconte sur les problèmes avec le gouvernement. C’est vrai que rien n’est apparent mais je ne peux oublier le regard de ce gars qui a été emmené de force dans le poste de police de Yangoon. Le regard fantomatique de ces enfants travaillant sur les route. La crainte que j’ai lu sur le visage d’une personne lorsqu’elle a prononcée les mots liberté et indépendance. Les gens qui s’incruste dans les discussions avec les moines juste deux minutes le temps de comprendre de quoi l’on parle. L’inquiétude des gens qui entendent des bruits bizarre quand il vous parle ou encore cette rencontre plutôt menaçante un soir dans les rues de Mandalay. Rien est apparent et la paranoïa est bien entretenue de sorte que chacun se comporte comme s’il était surveillé en permanence que se soit vrai ou non.

Il est déjà 8h30 et, dans l’école juste en face, des centaines d’enfants font la gymnastique du matin avant d’entrer dans la classe. Notre discussion s’éternise et il est maintenant trop tard pour le bateau aujourd’hui. J’ai donc à nouveau loué un vélo pour aller jusqu’au village de Kuang Dang. Les bords de la route sont tout aussi animé que la veille et je croise un combat de coq un peu improvisé au milieu du chemin. Plus loin, la route est recouverte d’une sorte de bitume défraichi et très abimé. Somme toute, c’est beaucoup plus facile avec le vélo.

Au bout de 45 minutes, j’arrive à Nyaung Wunn Kyaung puis 15 minutes plus tard à Kuang Dang. Sur le chemin, j’ai croisé Laurence et Christine de Mandalay qui faisait le trajet à pied. J’ai voulu aller jusqu’à Kuang Dang car aujourd’hui c’est le jour du marché. Ce marché est vraiment typique. J’y achète du riz gluant cuit dans du bambou ainsi qu’une sorte de biscuit recouvert de sucre de canne. C’est toujours pratique pour le distribuer aux moines ou aux gamins qui réclament souvent quelques choses. Au retour, je m’arrête dans un village très artisanale, puis je monte me poser quelques instants à la pagode de Nyaung Wunn Kyaung.

En repartant de Nyaung Wunn Kyaung, je cherche les fameuses sources chaudes qui devraient se trouver juste ici. Malheureusement, cela ne saute pas aux yeux et je ne les trouve pas. Je vois juste le Cherry Spa, un hôtel de luxe en construction au milieu de nul part.

En rentrant tout doucement, j’emprunte les chemins de traverse, tantôt à droite vers le lac, tantôt à gauche vers la montagne. j’y rencontre une famille qui broie de la canne à sucre et puis la fait cuire dans de grand four. L’odeur et la fumée qui s’en dégage embaume toute la campagne, c’est divin. Je passe dans un tout petit village au bord du lac ou je rencontre un très jeune moine qui fait sa lessive. Plus loin, il y a un chemin de terre qui se dirige vers le lac avec une bonne pente et me conduit pratiquement sans rien faire à part lever les jambes et laisser les pédales tourner dans un autre village près du lac. J’y croise un potier, une fille qui tisse le bambou, un homme qui prépare la roue d’un charriot et un autre qui répare son bateau.

Sur les rues perpendiculaires de la dernière route, je fais la rencontre de 2 jeunes garçons dont l’un d’eux est moine. Je partage avec eux les quelques gâteaux que j’ai acheté au marché de Kuang Dang, ils sont ravis et avec le sourire éclatant. C’est marrant mais cette dernière portion de route, celle qui mène au pont en bois de Nyaung Shwe, toutes les routes de droite conduisent vers des monastères et les routes de gauche vers des villages sur pilotis. Je prends une de ces route vers un village pendant près d’une demi-heure et je me pose pour admirer les oiseaux qui vive ici, sur le lac Inlé. Des hérons, des canards et beaucoup d’autres espèces dont je ne connais malheureusement pas les noms. C’est à peu près la pire heure pour voir cela et je me dis qu’au lever du soleil, le spectacle doit être plus que grandiose. Les gens qui me croisent sont surpris de me voir là avec mon énorme objectif, simplement à regarder les oiseaux. Je rencontre un moine qui fait du vélo, un autre en mobylette sans doute plus pressé puis deux très jeunes garçons qui jouent et court partout.

En arrivant à Nyaung Shwe, je passe devant la boutique de la veille et la jeune femme m’invite à nouveau prendre le thé et discuter. La petite nièce est en pleine forme aujourd’hui. Elle joue avec un pistolet en plastique et passe son temps à vouloir me serrer la main. Une fois à droite, une fois à gauche. Je lui fait un baise main et elle trouve ça très drôle puis elle dit qu’elle me trouve très joli. Après tout, c’est vrai que la vérité sort de la bouche des enfants… J’ai du attraper froid avec ces nuits glaciales et je ne me sens vraiment pas bien pendant la discussion. La jeune femme se propose d’aller me chercher des médicaments aux marchés pour me soigner. En même temps elle semble s’inquièter des bruits juste derrière sa boutique et change à chaque fois de sujet.

Je fini par les laisser pour aller me coucher à l’hôtel. En voyant dans quel état j’arrive à l’hôtel, un des employés m’apporte un jus de citron, c’est vraiment adorable. Pour manger, je repars au même endroit que la veille puis juste à coté pour manger des nouilles. Pendant que je mange, les gens dans la rue lèvent tous la tête vers le ciel. Il y a un mini feu d’artifice.

En quittant le centre pour mon hôtel, les rues sont longées dans un noir total. Une fois de plus, il n’y a pas d’électricité à Nyaung Shwe. Je m’installe sur la terrasse de l’hôtel pour rédiger le récit de ma journée. La charmante dame de l’hôtel m’apporte un mug de thé chinois. Cet hôtel n’a rien d’extra-ordinaire mais les gens y sont vraiment adorable et attachant.

En me couchant, je ressens quelques douleurs à l’estomac, j’ai la gorge prise et ma température est de 39° mais j’ai l’impression d’être le plus heureux des hommes dans ce pays si étrange et fascinant à la fois.

2 janvier 2008 - Le lac inlé



Réveil à 6 heures, la nuit a encore été très froid et ma crève se maintiens malheureusement. Je prend le petit déjeuner sur la terrasse et pendant que le soleil se lève dans un ciel un peu couvert, une centaine de moines viennent faire l’aumône devant l’hôtel. La jeune femme de l’hôtel se précipite pour leur servir du riz dans chacun de leur bol d’aumône qu’ils ouvrent en se présentant devant elle. Une dame assez âgée passe dans la rue en criant toujours le même mot que je ne comprend pas, j’imagine qu’elle cherche à vendre quelques choses qu’elle porte sur la tête. De nouveau, une centaine de moines défilent et la jeune femme de l’hôtel accours avec son riz.

J’enfile mon ipod pour rejoindre Laurence et Christine au pont de bois de Nyaung Shwe pour partager un bateau en direction du lac Inlé. Avec l’Ipod, je ne suis pas harcelé pour les bateaux à mon arrivé sur le pont puis j’écoute “Beyond Rangoon” de Hans Zimmer. Cette musique, ici, avec la ville qui se réveil, rend l’ambition encore plus délicieuse. nous partons dans une sorte de long canoë propulsé par un moteur qui fait un bruit effroyable avec une hélice qui effleure l’eau et génère une gerbe d’eau qui doit être aussi longue que le bateau. Nous sommes quatre à bord, les uns derrière les autres, mais j’ai compté plus de 25 personnes dans un bateau identique mais chargé de Birmans qui entraient dans Nyaung Shwe.

En glissant sur le canal qui mène au lac, je reconnais le village de Namthé avec son monastère et son grand Bouddha blanc visible de très loin. Doucement nous arrivons sur le lac. Le ciel est couvert de nuages qui se mélangent avec une brume épaisse. L’horizon n’existe plus, seul quelques petits points à la surface montrent qu’il y a un peu d’activité, des pêcheurs avec leurs canoës.

A mesure que l’heure tourne, la brume se dissipe et les nuages laissent apparaitre peu à peu le haut des montagnes et les grands stuppa blanc qui parsème ces montagnes. Un peu partout sur le lac, il y a des pêcheurs. Ils pêchent soit en plongeant une nasse soit en installant un petit filet. Tous utilisent un bras et une jambe pour tenir leur rame., si bien qu’ils sont en équilibre sur une jambe et utilisent l’autre bras pour planter leurs nasses dans le fond du lac ou déplier leurs filets de pêche.

De temps en temps, un grand canoë à moteur nous dépasse avec son énorme gerbe alors que nous ralentissons auprès des pêcheurs. Des mouettes tournent autour de nous en quête d’un morceau de gâteau ou autre nourriture. La brume à maintenant complètement disparue et, de part et d’autre du lac les montagnes parsemées de stuppa nous dominent. L’eau est devenu transparente et nous laisse découvrir un lac peu profond et couvert d’algue.

Lorsque nous entrons dans le premier village, des sortes de perdrix tourbillonnent autour de nous, les maisons en bambou sur pilotis se reflètent sur les canaux comme dans un miroir. Les enfants accours aux fenêtres pour nous saluer, apparaissent sur leurs balcons ou vont sur les petits ponts pour nous faire un signe et nous envoyer quelques sourires et des poignées de bisous. Nous nous arrêtons dans une grande pagode construite un peu comme une étoile. A l’intérieur, il n’y a pas de bouddha mais des sortes de pierres sur lesquelles les hommes apposent des feuilles d’or.

En repartant, notre bateau tombe subitement en panne au milieu du lac. Quelques grands canoës passent et demandent à notre chauffeur s’il a besoin d’un coup de main. Après quelques coups de marteau, tout rentre dans l’ordre. Nous arrivons dans un grand marché bordé de centaines de grand canoës comme le notre. Aux premiers abord, il est nettement plus touristique que celui de la veille ou je suis aller en vélo. Il y a énormément de stand dédiés aux touristes près du débarcadère. J’y achète quelques sucrerie puis me pose dans un tea shop pour prendre un thé birmans et regarder ce marché vivre de lui même. Certaines femmes sont habillées en noir avec une sorte de foulard orange sur la tête. Un veille homme presque édenté et coiffé d’un chapeau d’aventurier passe doucement avec son cherroots et répands cette fumée tout autour de lui. Ce marché c’est un peu celui de la veille mais en beaucoup plus grand.

Nous poursuivons notre balade, en traversant à nouveau quelques villages avec à chaque fois ces enfants qui accours pour nous saluer. Nous décidons de nous arrêter pour déjeuner, mais ici, le choix se limite aux quelques restaurants prévus spécifiquement pour les touristes. Lorsque nous avons fini notre plat de nouille sauté, notre chauffeur est un peu à cours d’idée sachant qu’on lui a demandé de ne pas aller dans certains endroits que nous avons jugé un peu trop attrape touristes. Il nous propose de voir une fabrique de soit avant d’aller rejoindre Indein dans le sud du lac. Cette fabrique est situé dans une maison sur pilotis et semble bien adapté pour accueillir beaucoup de touristes. A notre arrivée les machines manuelles se mettent en route. C’est sympa, mais présenté comme ça, évidement je n’accroche pas trop, ça ne fait pas authentique mais il fallait s’y attendre. Après une visite du rez de chaussée, nous nous dirigeons vers la sortie lorsque le propriétaire nous interpelle en nous expliquant qu’il y a aussi des choses à visiter à l’étage. En effet, nous avions oublié de passer par la case boutique. Et dans cette boutique, pour le cas ou nous ne serions pas intéressé par la soie, il y a une seconde boutique d’objets pour touristes en tout genre.

En allant vers Indein, notre chauffeur nous fait visiter une fabrique de bateaux du lac Inlé. Sous un toit en tôles ondulées et sous tenu par du bambou, quatre bateaux sont en train d’être construit à la main. Nous ne sommes pas très réceptif à ce genre de chose et nous repartons cette fois directement à Indein.

Pour rejoindre Indein nous empruntons un canal presqu’au sud du lac. Ce canal serpente sans arrêt, nous croisons d’autres bateaux comme le notre, des gens qui marchent sur le bord du canal, des enfants qui courent avec leurs sacs d’école sur le dos, des buffles qui dorment dans l’eau et ou seul les cornes et le museau sortent de l’eau. Pendant que nous glissons lentement sur ce canal j’écoute à nouveau “Beyond Rangoon” de Hans Zimmer. Cela masque un peu le bruit du moteur et ajoute à l’ambiance magique de l’endroit. le débarcadère d’Indein plante un décor pas très authentique. des boutiques à touriste un peu partout, des gamins qui parlent toutes les langues en vendant des colliers et, le thé chinois habituellement gratuit qui est payant ici.

Une fois passé cette sorte de barrage, le village d’Indein est ravissant. Le sol est couvert d’une terre marron très très claire un peu sablonneuse, d’un peu d’herbe brulée par le soleil. il y a beaucoup de végétation, des palmiers bien sûr et également d’autres arbres dont je ne connais pas les noms. La Pagode d’Indein se trouve sur une petite colline qui recouvre tout Indein. Pour y aller nous traversons le marché qui est vide aujourd’hui. Il semble énorme, toutes les structures sont en bambou et se mélange harmonieusement avec la couleur du sol dans une ambiance un peu surréaliste. Au bout du marché, il y a l’entrée de la pagode, ou plutôt le début d’un long chemin protégé par de magnifiques colonnes et un toit selon l’architecture local en double pan. De part et d’autres des colonnes, il y a quelques boutiques de souvenirs pour touristes qui s’intercalent avec des stands vides. Ce n’est pas un jour d’affluence et nous ne croisons que très peu de personne. Cinq femmes vêtu de noir avec un chapeau traditionnel orange et un lourd paquetage en osier sur le dos nous suivent pendant un long moment. Elles me regardent en discutant entre elle, impressionnées par mon appareil photo, peut-être aussi ma façon de m’habiller ou ma couleur de peau. De temps en temps elles sourient et rigolent entre elles tout en avançant dans le patio ombragé de la pagode. C’est dans ces moments que j’aimerai comprendre le birmans et pouvoir parler avec elles, pouvoir savoir ce qu’elles pensent.

Au fur et à mesure que l’on avance, nous découvrons de très vieux petits stuppas plantés entre les arbres qui bordent le patio désormais. En arrivant à la pagode, nous rencontrons un très jeune garçon qui porte son plus jeune frère sur le dos. Il se tient avec l’épaule et la joue appuyé sur une colonne. Son regard est complètement vide et rempli d’une tristesse que rien ne semble pouvoir effacer. La photo qui fait habituellement sourire, ne change en rien son regard vide, il est comme figé dans la tristesse que même les larmes n’assèchent plus. Il ne nous dira aucun mot mais un message est quand même passé, un message assez flou pour nos yeux d’européens et, à nouveau j’ai en regret de ne pouvoir parler avec lui en birmans.

Les derniers mètres avant l’entrée dans la pagode sont constitués par un escalier ou il nous faut enlever nos chaussures. il n’y a presque plus de végétation autour de nous mais plein de petits stuppas dans des états très variables. Certains sont complètement restaurés et brillent de part leur couleur or, d’autres éblouissent par leur blancheurs et certains semblent à l’abandon depuis des centaines d’année. La pagode en elle même n’a rien d’extra-ordinaire mais ce qui attire le regard c’est le nombre de stuppas qui l’entoure. Ils semblent enchevêtrés les uns dans les autres. Ils rivalisent de beauté et forme un dégradé de couleurs allant de l’or à la pierre en passant par le jaune, le blanc, le gris du béton des nouveau au rouge des vieux en brique. Sur certains, il y a une plaque de remerciement pour la restauration, pour la France, l’Allemagne…

En repassant dans le patio, un très vieux monsieur vend de très vieux manuscrits bouddhiques. C’est vraiment émouvant de tourner ces vieilles feuilles grises très épaisses puis d’y découvrir des écrits sur la principale religion birmane. Avec ces livres couverts de cuir brodé et reliée par la largeur, l’expression “rongé par le temps” prend ici tout son sens en effleurant ces pages abimées par les années. Malheureusement, ça me semble trop gros pour en rapporter un, c’est bien dommage.

Dans le village, il y a un tournoi de volley juste à coté du marché. Le contour du terrain est marqué par des tiges de bambou étendu au sol pour former un grand rectangle. le filet est tenu également par du bambou de plus grosse section mais l’ensemble garde la même robustesse que le métal. De chaque coté du filet, il y a une équipe, une en jaune et l’autre en bleu. L’arbitre, lui, est assis sur une grand chaise de tennis et les spectateurs s’entassent tout autour du terrain, debout sur les cotés formant la longueur du terrain et assis sur sa largeur. Un groupe de moines vient en spectateur tout près de l’arbitre. Le coup de sifflet est donné, l’arbitre hurle dans son micro, les joueurs se déchainent, les spectateurs supportent en hurlant et en applaudissant pendant que dans un coin du marché des gens pas vraiment intéressés par le volley discutent et boivent un thé birmans à l’ombre d’un tea shop improvisé.

Juste à coté du terrain de volley, c’est la grande place du village qui semble être en train de se préparer pour une fête. des gens plantent des petits morceaux de bambou comme pour délimiter de petites parcelles. Des centaines d’enfants dans l’uniforme scolaire national, un longyi vert et une chemise blanche, court de partout autour de nous, c’est la sortie de l’école. Certains se tiennent la main, d’autres jouent au ballon. Nous traversons le pont de l’embarcadère avec beaucoup d’entres eux qui nous saluent et nous offrent un sourire. Ils disparaissent sur les bords d’un petit canal qui pars dans la forêt alors que nous rejoignons plus loin notre bateau.

Une fois sur le bateau, nous reprenons le canal en direction du lac et j’écoute à nouveau “Beyond Rangoon” en me laissant bercer par les petits mouvements du bateau. Notre chauffeur nous conduit au monastère des chats sauteurs. Un endroit qui semble bien dédié au touriste. Le monastère en lui même n’a rien d’extra-ordinaire, il est aussi joli que tous les autres monastères en teck que j’ai pu voir jusque là. L’intérieur en revanche est bien différent. Il y a de très très jolis bouddhas au centre, alors qu’habituellement ces monastères sont plutôt vides. Par endroit, il y a des chats évidement. Puis vient le moment ou un moine tinte une cloche pour qu’un jeune garçon fasse sauter les chats dans un petit cercle. C’est marrant, mais sans plus, enfin je ne regrette pas d’être venu au moins pour le monastère.

En remontant le lac notre chauffeur traverse un charmant village qui contient en son centre un charmant temple sur pilotis. Il est comme planté au milieu de ce qui forme comme un rond point d’eau au milieu du village et brille de mille feux avec ses incrustations de miroir, ses fenêtres encadrées de blanc, ses murs rouge et son toit multipan assez proche de l’architecture thaïlandaise.

Pour finir cette balade, notre chauffeur nous invite chez lui. il habite dans un tout petit village dans une maison sur pilotis. A l’intérieur, toute la famille s’attachent à fabriquer des cheroots, de la feuille de tabac jusqu’à la bague de marque. Il y en a des milliers partout et tous les hommes ont ce cigare pincés par leurs lèvres. Nous partons un peu précipitamment car le soleil se couche déjà sur l’horizon montagneux qui bordent le lac et le village. Finalement, nous assistons à une grande partie du coucher de soleil à glisser à toute vitesse vers le centre du lac et le reste à dériver jusqu’à ce que le soleil disparaisse derrière la montagne. Même si cette fois nous n’avons pas vu grand chose, c’est un spectacle toujours aussi captivant.

Sur le trajet retour, le chauffeur à troqué sa place à un frère ou un cousin et se trouve juste en face de moi assis sur le fond du canoë. Pendant tous le trajet il me pose plein de questions que je lui renvoi systématiquement. J’apprends qu’il a 22 ans, qu’il n’est pas marié, qu’il n’a pas de petite amie, pas d’enfant et qu’il a toujours vécu ici. Il m’explique également que les grandes fumées qui partent de la montagne sont les fabriques de sucre de cannes. Nous rentrons doucement vers Nyaung Shwe, la nuit recouvre le lac et le froid prend sa place.

A l’arrivée, Laurence négocie une journée de trek pour le lendemain. Les discussions sont quelques peu difficile ici, elle commence à 6USD et fini à 6USD. Pour manger, nous retournons tous les trois dans le centre ville et ses quelques tea shop que j’apprécie énormément.

A SUIVRE...
Voyage parmi les dieux au Rajasthan en novembre 2008 English translation pending
by Maloukie · 2008-01-16 · 13 replies
bonjour à vous tous je suis nouvelle sur le forum et vous remerci par avance de vos avis et conseils.

je souhaite partir un mois en inde du nord et plus particulierement au rajasthan, je prepars actuellement mon itineraire. je m interesse de tres pres à leurs cultures et particulierement à leur croyances. je souhaiterais voir un maximum de temple, alors je m en remet à vous pour me conseiller des lieu.je pensai arriver sur delhi en passant par:jaipur pushkar ajmer jodhpur ranakpur udaipur kota khajuraho gwalior agra mathura et retour sur delhi. _je voulais savoir si pour vous il m etais possible de passer par tout ces endroits en restant une moyenne de2 jours par endroit? _si dans ces endroit je pourai voir de nombreuses statues à l effigie de :indra, ganesha, hanuman, brahma vishnu et shiva??? etant mon premier voyage en inde _je voulais savoir à votre avis si un tatouage de 15 cm de ganesha etais bien vu ou pas ? merci à tout les amoureux (de la mythologie) hindou et aux voyageurs en tout genre.à bientot.
Nouvelle-Zélande en novembre 2008 en sac à dos et en stop English translation pending
by Yannickbr · 2008-01-15 · 16 replies
Bonjour à tous,

Je souhaite partir en novembre en Nouvelle Zélande pour un mois, avec mon sac a dos et le pouce levé aux bords des routes. Mon idée de départ serait de faire une ile en un mois... en gros faire le tour de celle ci...oui mais laquelle?

J'ai compris que celle du sud était "plus froide" que celle du nord et plus sauvage ...je ne suis pas une petite nature mais je veux pas me la jouer fou furieux alors que ca sera mon premier voyage dans cet esprit là.

Je compte alterner les nuits dans ma tente et dans les B&B, la perspective de ce voyage est l'experience et la rencontre humaine avant tout et non pas l'aspect sportif (randonnée, surf, plongée, ...) bien que je me ferais une joie de faire toute ces activitées mais ce n'est pas ma priorité.

Ce projet me semble réalisable mais votre avis d'initié m'interesse beaucoup, surtout au niveau du choix de l'ile, de l'itinéraire et du matériel.

Merci beaucoup, Cordialement, Yannick.
Choix d'un vélo couché English translation pending
by Rouky · 2008-01-07 · 119 replies
Bonjour à tous,

voilà, c'est décidé, cette année je me lance dans l'aventure "vélo couché". Je pars en effet début avril pour quelques mois de vélo. Je souhaite troquer mon bon vieux vélo droit contre un vélo couché ( pour l'expérience, parce que mes genoux me remercieront ...).

Une fois la décision prise, reste à choisir le modèle et là c'est un peu le flou! Autant la comparaison pour un vélo droit est accessible autant pour les vélos couchés, à part les commentaires des constructeurs, je suis bien incapable d'expliquer pourquoi celui-là sera plus stable et celui-là plus solide...

Malgré tout mon choix se porte pour le moment sur l'Optima Condor .

Qu'en pensez-vous? Avez-vous d'autres modèles à me conseiller et pour quelles raisons? Pour faciliter les réponses, je précise que je vais parcourir toutes sortes de routes (goudronnées, pistes) et reliefs ( tibet).

Parmi les options proposées par chaque constructeur, certaines sont-elles réellement nécessaires ( appuie tête, siege carbonne etc).

Un grand merci par avance pour toutes les informations que vous pourrez m'apporter.
Ranch Nazinga ou Parc des Deux-Balé au Burkina Faso English translation pending
by Didine204 · 2008-01-06 · 32 replies
Bonsoir, Je suis toujours en pleine préparation pour mon séjour au burkina.

Amoureuse et passionnée par la photographie et la nature, j'envisage la posibilité de passer un moment dans une réserve (deux trois jours). Je sais que le Burkina n'égalera pas le Botswana ou l'Afrique du Sud de ce côté là (sans méchansté aucune) mais je m'en voudrais d'être en Afrique sans profité de sa faune. En plus, je sais que le Burkina est un lieu de passage pour les éléphant et c'est tant mieux car c'est un animal qui me fascine. Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion d'en voir lors de mon premier séjour au Burkina mais si je pouvais en voire cette fois ça serait magnifique.

J'envisage donc de passer soit par le parc des deux Balé soit par Nazinga, les deux n'étant - par manque de temps- malheureusement pas possible (avec une petites préférence pour Nazinga après de longue lecture sur le net)

Je suis donc à la recherche de témoignage de personne ayant visité Nazinga (t bien sur aussi de ceux qui ont visité les deux balé).

j'ai quelque quetions (ci-dessous) qui me trote dans la tête, en voici quelques une Quel budget faut il plus ou moins compter pour la visite Combien de jours passé sur place Sur le net, j'ai vu qu'il y avait moyen de faire un "safari photo" au ranch Nazinga. Quelqu'un l'a t'il fait? de quoi s'agit il exactement? Je partirai en principe de Bobo ou de Koudougou savez vous si il y a des bus de prévu ou si il vaut mieux y aller par ces propre moyens (louer une voiture…)?

Je sais que ça fait beaucoup de question mais, toutes les expériences sont bonnes à partagées (bonnes ou mauvaises, je prends tout) alors a vous la parole…

Un grand merci à vous tous qui m'aider à réaliser un de mes plus grands rêves. Amandine (ps désolé pour mon orthographe)
Randonnée à vélo longue distance et mini budget matériel English translation pending
by Aurelmouth · 2008-01-03 · 50 replies
Bonjour à tous,

je compte me mettre au vélo de longue distance mais j'ai un gros souci...de budget !!!

En me renseignant un peu partout, je ne trouve que des posts avec un vélo qui coute cher, du matos qui coute cher, etc...

Donc je vous expose ce que je souhaiterais faire et vous me dites si ça relève de la psychiatrie...

- Mon objectif est de faire essentiellement de la route. Le Ventoux est prévu pour début Mai avec départ du Luc en Provence. Rouler hors routes ne me motive pas pour l'instant.

- Je pense me doter d'une remorque car j'ai cru comprendre que les roues arrières n'aimaient pas trop les sacoches. Et ça me parait plus adapté. Mais au niveau tarif dur dur. Je ne sais pas encore trop comment je vais my prendre.

- Pour le vélo, je m'oriente vers un VTC ou VTT avec pneu route pour privilégier une position haute.

En terme de vélo, à lire les posts j'ai l'impression que rien n'est possible avec un vélo à 100 Euros !!! Et pourtant c'est bien ce que je voudrais...

En bref, avec un budget de 100 Euros, que me conseillez vous ? En neuf ou occas. Les vélo de décath, intersport… dans ces budget là sont ils si indignes que cela ? J’attends vos proposiions. J’en ai vu d’occas de déacth qui valent 250 euros à 99 euros. Sinon, quel est l’essentie que je dois avoir pour ce prix là ?

Pour la remorque/sacoches, que me conseillez vous avec un budget de 100 Euros grd maxi. Les sacoches abiment elles vraiment le vélo ? C’est sur que je pref la remorque mais les tarifs sont très chers, à moins de prendre une remorque pour enfant sur ebay, elle ne fait que 14.5kg…

Voilà je ne détaille pas plus en espérant discutez avec vous sur mes choix.

Merci et bonne route…
Voyage romancé à Hué (Vietnam) English translation pending
by Elfia · 2008-01-03 · 5 replies
Bonjour, En 2004, je suis allée au Vietnam. A mon retour, j’ai écrit ce texte qui reprend la partie du voyage qui s’est déroulée à Hué pendant le Festival franco-vietnamien. J’y reprends mon vécu mais de façon romancée, c’est-à-dire que l’histoire est complètement fictive mais basée sur l’existant : les lieux, les personnes (dont j’ai changé les noms …), du ressenti. Le texte s’intitule « My », un prénom qui signifie beauté. Il raconte l’histoire d’une femme, Clélia Rivière qui se trouve à Hué pour écrire un guide touristique sur la ville. Comme c’est l’époque du festival franco-vietnamien de Hué, elle rencontre deux artistes, l’un Français, l’autre vietnamien qui rivalisent à tous les niveaux (art, civilisation, amour). Le récit est entrelardé d’extraits du guide touristique que la femme est en train d’écrire, ce qui permet au lecteur d’apprendre en même temps l’Histoire du lieu dans lequel se situe l’action.

Voici dans son intégralité ce texte que j'ai voulu être une approche originale du Vietnam d'aujourd'hui.

Elle s'appelle Clélia Rivière. Rivière, c'est son nom de jeune fille qu'elle a repris après son divorce. Divorcée sans enfants, voilà ce qu'elle est selon l'Etat Civil français. Sans enfant vivant. Leur fils aurait eu vingt-deux ans. Elle en a quarante-huit et elle est encore belle. La chambre qui est autour d'elle est une chambre d'hôtel du premier étage de l'Hué Majestic Hotel. Clélia Rivière est à Hué, au Vietnam, dans le centre de ce pays qui s'étire le long de la Mer de Chine méridionale comme une échine de dragon. Au Nord, Hanoi et la baie d'Halong. Au Sud, Saigon et les mangroves du Mékong. Elle est à Hué pour écrire un livre sur la ville. Un coopérant de l'Alliance française de Hanoi lui a conseillé de s'adresser à Buu Y, le traducteur attitré de Sartre et de Camus, historien et grand érudit de la ville.

Elle est à Hué depuis six semaines et elle s'y plaît. Elle aime la ville, la rencontre avec Buu Y et l'écriture qui en découle. Buu Y est un homme charmant, cultivé, raffiné. Ils se voient trois fois par semaine. Clélia enregistre l'interview, la réécoute et agence les informations en un texte cohérent.

A sa table de travail, le nez contre le mur, la femme travaille sur l'une des premières interviews de l’historien, celui où il décrit la ville. Elle s'en est imprégnée et a rendu un texte qu'elle relit à voix haute dans le ronronnement domestique de la climatisation et du ventilateur fixé au plafond. Dehors, la température atteint 40°C. Le taux d'humidité s'approche de 90%. Il pleut. Il y a trois jours, un terrible typhon s'est abattu sur la mer de Chine, s'y rattachant en un nombril dont le cordon ombilical serait une colonne d'eau reliant la terre et le ciel.

Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La Citadelle. La ville de Hué fut bâtie sur le modèle du Pékin de l'empire Ming, c'est-à-dire dans une période comprise entre 1368 et 1644. Elle comportait trois villes gigognes : la ville capitale (Khin Thàn), la ville impériale (Hoàng Than) et la Cité pourpre interdite (Tu-Câm-Thânh). Conformément à la géomancie et à la cosmogonie chinoise, l'entité architecturale a été inscrite dans un espace protégé par de multiples sites et divinités propitiatoires, par exemple la Dame céleste, dont la pagode se dresse sur un tertre à deux kilomètres de la ville. Ce tertre est la Montagne magique qui abrite les dieux protecteurs du sol. A deux kilomètres au Sud, le tertre du district méridional (Nam Giao) est le tertre du sacrifice du Ciel. Il est calqué sur le modèle de l'esplanade du temple du Ciel à Pékin, avec ses quatre terrasses symbolisant le monde souterrain, la Terre et le Ciel. A trois kilomètres au Sud-Ouest, la colline Ngu-Binh (Ecran du roi) et ses cinq terrasses concentriques seraient plutôt un paravent naturel et cosmologique protégeant le palais contre les forces et les courants néfastes. La ville capitale était la citadelle, le siège du Pouvoir, un Pouvoir héréditaire mais mâtiné de méritocratie. C'était le siège de la pensée et de la culture. La cité impériale était le siège de la famille régnante, des commis de l'Etat et des médecins. La Cité pourpre interdite abritait le souverain et sa maison, au sens féodal du terme, ainsi que les eunuques. Toujours selon la tradition chinoise, la citadelle était traversée par un axe Nord-Sud symbolique. La partie Est, aînée, supérieure, masculine et civile, regroupait les activités culturelles avec les bibliothèques, les jardins, le théâtre et le mandarinat civil. La partie Ouest, cadette, inférieure, féminine et militaire, abritait les princesses et les concubines ainsi que le mandarinat militaire. C'était un lieu dont la conception fut dès le départ magique et mystique, flottant entre la terre et le ciel, comme le lotus qui s'enracine dans la vase et se dresse vers le ciel.

Clélia Rivière maudit cette pluie assommante qui tabasse de l'autre côté de la vitre et l'empêche à la fois de travailler et de sortir. Toutes les eaux du ciel dévalent en cascades des toits sur le balcon, sur la fontaine en bas dans la cour de l'hôtel. Eaux chaudes et touffues, chevelure liquide tombant sur les épaules nues de la ville. Pour se consoler, elle appelle le bar, commande un jus de fruit. Un vrai jus de fruit, fait avec des fruits frais et qui glisse dans la gorge avec le coulé glacé d'un reptile. Le plaisir lui chavire les yeux. Elle allume le téléviseur. Des images défilent en boucle. Des images de Hué et de son festival dont c'est aujourd'hui l'ouverture. Des cérémonies doivent se dérouler à la Citadelle et Buu Y doit monter à la tribune pour faire un exposé. Les images télévisées montrent que le festival est au point mort. En ville, c'est la désolation. Les fragiles décors de papier et de bambou qui habillaient l'esplanade pendouillent tristement. Les calligraphes et les peintres ont plié boutique. Le kiosque est désert et aussi la terrasse du Paradise Garden. Repliés au dessus des tables, les parasols ressemblent à des flamants roses dormant sur une patte. La fresque murale des étudiants des Beaux-Arts de Hué parade devant les bancs vides. C'est un désastre. Et à la Citadelle, c'est l'attente. Certains pontes ne sont pas encore arrivés car l'activité de Phu Bai, l'aéroport de Hué, a été suspendue en raison des conditions météorologiques. Les voitures policières attendent en bout de piste tous gyrophares éteints.

Attendre, c'est tout ce qu'il y a à faire. Attendre que l'inspiration vienne ou que la pluie cesse permettant une sortie. Les dieux asiatiques choisissent de faire une éclaircie. Ils relèvent leurs bras gonflés de pluie et s'ébrouent. Quelques gouttes attardées restent pendues à l'arrondi des tuiles puis se détachent une à une pour tomber avec un bruit mat sur le béton et le bois. Clélia s'habille en hâte. Un pantalon, un tee shirt, des sandalettes. Pas très protocolaire mais tant pis. En dernière couche, elle se chape d'un imperméable bleu à capuche qui couvre tout son corps comme une toile de tente. Pour les Vietnamiens, c'est même un abri familial sous lequel les cyclistes ou les motobykers abritent leur femme et leurs enfants embarqués avec eux. Dehors, Clélia aspire goulûment les senteurs concentrées par la pluie. Odeurs des végétaux : arbres, mousses, pelouses, bambous, plantes de toutes sortes, amalgamées dans un magma olfactif indistinct. Les sucs en pleine effervescence ont une épaisseur de miel. Ils débordent et ruissellent. Le ruissellement est la quintessence du Vietnam, sa substance. Ruissellement des pluies, des fleuves, de la mer, de l'eau des rizières. Ruissellement des hommes qui évoluent comme des bancs de poissons. Dans les rues, les gens se pressent, confluent vers le centre de la ville où il doit se passer quelque chose, enfin. Il fait sombre. Le Vietnam étant situé presque sur l'Equateur, le soir tombe tôt en cette saison. Le pylône de la radio qui fait face à l'Hué Majestic Hôtel a déjà allumé ses lampes. On dirait un sapin de Noël. La femme a troqué les taxis et xe om (moto-taxis) contre une bicyclette de location. Pour écrire la ville, elle a besoin de la lire. Elle la lit à vélo, traçant des sillons qui sont comme les pliures d'une lettre d'amour cent et cent fois relues. Son vélo se trouve à l'abri sous l'auvent de l'hôtel. Elle l'enfourche. Roule. L'embiellage fiévreux de ses jambes l'enfonce comme une racine dans le ventre bouillant de la ville. Elle rejoint la foule en route vers la cité impériale où les cérémonies d'ouverture doivent se dérouler. Elle suit la rue Lé Loî qui longe la Rivière des Parfums, passe devant le QG français du Festival, franchit le pont vers la Citadelle. Les bannières de la Tour du Drapeau claquent au vent. Dans les douves qui cernent la forteresse, les lotus ont refermé sur leur coeur jaune leur ventre rose pastel acidulé.

La cérémonie d'ouverture a bien lieu mais elle est écourtée. Sans quitter sa chaise longue sous son parasol devenu parapluie, le gardien du parking fait signe à la femme de continuer sa route car il n'y a plus de place sur l'emplacement qui est de son ressort. Une Petite Bleue lui désigne les arbres qui jalonnent la route vers le parc Thin Tam. Elle adosse son vélo au tronc d'un arbre et l'attache avec une chaîne cadenassée. Les Petits Bleus sont des jeunes, filles ou garçons, employés par la ville pendant toute la durée du Festival. Nombre d'entre eux sont étudiants. Certains fréquentent le Cercle francophone ou le Centre français. Clélia trouve qu'ils font jolis dans le paysage. Elle les appelle tendrement «mes Libellules bleues». A la tribune, les discours se succèdent. C'est long et ennuyeux comme toutes les interventions officielles du monde. Bruyant aussi. Les haut-parleurs, la musique, la circulation, les gens ... Et à nouveau la pluie.

C'est la débandade. Les gens courent de partout en poussant des cris d'enfants. Avec leurs imperméables, ils ressemblent à des fantômes de couleurs vives. Ce bain d'eau et de foule est terriblement excitant. De nouveau, c'est la course folle. A nouveau, Clélia Rivière intègre et s'agglomère à la foule qui coule comme une lave en fusion vers le centre de la ville. Elle dépasse les jeunes filles du défilé en Ao Dai blanc qui courent à la marge de la rue. Il fait nuit noire. Leur silhouette se découpe dans le faisceau lumineux des phares. La robe relevée jusqu'aux genoux, le non-la (chapeau conique en feuilles de latanier) baissé jusqu'au nez, elles ont perdu de leur superbe. On dirait des Cendrillon transformées en citrouilles. La circulation enfle au fur et à mesure que s'agglutine le flot humain, à pied, en vélo, en motocyclette, en pousse-pousse, en automobile. Elle file, file, emportant chacun dans son flux.

Aveuglée par les éclats de lumière que jettent les phares, Clélia ne voit plus rien, elle ne sait plus où elle est. C'est comme si elle avait changé de dimension, comme si elle avait été lancée sur orbite, façon E.T. dans le film de Spielberg. Une sensation de plénitude l'envahit. La masse en mouvement arrive à pleine vitesse au pont Tran Tien, ce superbe mécano de l'école Eiffel, avec ses arches tendues comme des arcs. La pluie redouble. La femme file. L'eau ruisselle sur son dos de tortue bleue, ses chaussures sont gorgées d'eau. Si ce mauvais temps persiste, bientôt viendra la moisissure et son lent processus de digestion, de dissolution, qui travaille comme un levain les tissus et les chairs. Le pont est là. D'abord passer dans l'entonnoir du rétrécissement de la route, négocier le passage, en douceur, suivant le rythme de la vague. C'est comme une plongée en apnée. Dans un vrombissement de sang battant dans les tempes, la foule franchit le pont. Des projecteurs et des lasers inondent de couleurs fluo le squelette métallique. L'acier des poutrelles étincelle de mille étoiles acérées. Le temps est comme suspendu au-dessus de la rivière. Il y a quelques années, il y a eu de terribles inondations et, au niveau du pont, on a repêché une dizaine de noyés. Au moment où Clélia pense à ces gens, le pont l'éjecte. Elle prend une grande goulée d'air. Dans l'élargissement de la route retrouvée, elle récupère sa respiration. L'allure de la vague ralentit car elle se rapproche du centre de la ville et la grande route se divise en de multiples rues. Clélia ne veut pas rentrer à l'Hué Majestic Hôtel par la grande artère et son rond-point centrifugeur alors elle prend la rue qui offre dans sa perspective le pylône lumineux dressé près de l'hôtel. En avant toute vers ce phare qui brille dans la nuit.

Les véhicules se sont raréfiés. La femme est pratiquement seule à défiler entre les vitrines aveugles des échoppes qui flanquent les deux côtés de la rue. La vie s'arrête tôt au Vietnam, sauf dans quelques lieux nocturnes où se retrouvent les classes privilégiées et les adolescentes qui vendent la Tiger Beer. Il ne pleut plus. Le ciel est d'une profondeur océane. La femme rentre en musardant le nez en l'air. Elle a quitté la ville et roule entre des rangées d'arbres. Dans l'obscurité, elle voit trop tard la branche qui empiète sur la voie. L'écart qu'elle fait pour l'éviter la désarçonne et la flanque par terre complètement sonnée. - «Tu t'es fait mal ? »

Elle lève les yeux, les dirige vers l'endroit d'où est venue la voix. Ses yeux voient l'homme. Les pieds de l'homme chaussés de bottines orthopédiques. Ses yeux remontent les jambes torses jusqu'au visage. L'homme a des cheveux noir corbeau, reliés en queue de cheval dans la nuque. Il a les dents jaunes des fumeurs. Il est assis sur l'un de ces tabourets de couleurs criardes qui s'épanouissent sur les trottoirs des pays du Sud. Derrière lui, appuyées contre le mur, des béquilles. Il dit son nom : Long.

* ** Le magnétophone mange le disque comme s'il en avait faim. La voix de Buu Y se déroule dans la chambre, enroule ses spirales dans les tentures que la femme a fermées pour que reste dehors les rumeurs de la ville. Buu Y raconte Hué, Hué la Française, belle comme une buée sur du verre, dont le nom dérivé de Hoa signifie harmonie. Il raconte la Rivière des Parfums, cette rivière qui porte la ville sur sa hanche comme une femme son enfant :

«La légende dit que la rivière s'appelle la Rivière des Parfums parce que les princesses de Hué se baignaient dans ses eaux avec des huiles parfumées mais je crois qu'on lui a donné ce nom à cause de la plante odorante que l'on trouve à sa source. C'est une plante médicinale mais j'ai oublié son nom. »

Le magnétophone crachouille. Feuillettement de papiers, murmures, pas qui s'éloignent emmenant la voix dans leur sillage. La femme entend à peine : «Excusez-moi, je reviens». Au-dessus de sa tête, Buu Y foule le plancher. Il cherche dans ses livres le nom de la plante qui a baptisé la Rivière des Parfums. Elle l'entend chantonner. Pendant tout ce temps que Buu Y cherche le nom de la plante dans ses livres, Clélia passe en revue la pièce dans laquelle elle se trouve. C'est une grande pièce, confortable et bien éclairée. La bibliothèque est copieusement garnie. On y trouve des livres de Marguerite Yourcenar, Michel Tournier, Marguerite Duras, Jacques Lacarrière, Pierre Loti. Tous les auteurs qu'elle aime. Buu Y apprécie que la femme apprécie. Il n'a pas trouvé le nom de la plante mais elle doit pouvoir trouver dans les documents qu'il lui prête. C'est à ce moment-là que Clélia Rivière décide de connaître la ville en creux, en visitant les lieux qui la cernent et donc la dessinent. La ligne claire se trace en remontant par bateau le cours de la rivière vers les Tombeaux des Rois et la Pagode de la Dame céleste.

L'embarcadère se trouve au-delà du Pont Tran Tien. Les bateaux touristiques sont à quai, tout près du guichet où l'on achète les billets. Les visites de groupe se font sur des bateaux genre Bateaux Mouche. Ils sont familiers dans le paysage, avec leur proue cannelée en forme de dragon et l'oeil peint sur chaque côté de l'étrave qui leur donne l'air de loucher. Ils portent les couleurs du Vietnam qui sont le jaune et le bleu.

Clélia Rivière veut être seule alors elle négocie une excursion individuelle sur une petite embarcation, visiblement un sampan reconverti. Une femme la fait monter à bord en la tirant par la main. Il faut se déchausser puis s'asseoir à même le fond du sampan. Un homme s'active aux machines. Le bruit du moteur et le glissement de l'eau contre la coque emplissent le corps de Clélia. Le sampan longe la berge. Des petits sentiers de terre remontent du fleuve vers l'arrière des maisons. Dans la pénombre des patios, la femme devine une table, quelques poteries, du linge. Plantées dans l'eau, des femmes épluchent des légumes. Les détritus vont directement dans la rivière. Quelques poules, quelques canards, des enfants qui jouent, qui font signe au bateau qui passe, qui s'en va. C'est une vie grouillante, humide et chaude qui s'épanouit au derrière de la ville, au bout de ses boyaux. La femme laisse sa main glisser dans l'eau, les doigts écartés en éventail. Le vent qui tourbillonne dans l'habitacle ouvert est agréable même si par moment il rabat les odeurs grasses du moteur. La batelière entre dans sa deuxième phase de travail : vendre à la touriste les articles qu'elle transporte dans son panier. Des cartes postales, des calligraphies, des porte-clés. Ostensiblement, Clélia détourne les yeux, les laisse flotter sur le paysage qui défile. Elle refuse de se laisser divertir, de se gaspiller en relations mercantiles. L'embarcation dépasse des sampans à l'ancre au milieu du fleuve pour remonter du sable et des graviers. La femme constate qu'il y a seulement quelques semaines, les villages sampaniers étaient plus proches de la ville. Elle se dit qu'ils ont du être refoulés à cause du festival et que les gens du Peuple de l'eau, plus encore que les ethnies des montagnes, sont les Manouches du Vietnam.

La Rivière des Parfums va vers le Sud de la ville où se trouvent les Tombeaux des Rois. Il y en a sept, éparpillés dans les campagnes, tous bâtis selon les même plans et comprenant cinq éléments : une cours peuplée de statues, un pavillon abritant une stèle sur laquelle un panégyrique du défunt a été gravé par son fils héritier, un temple, un pavillon des plaisirs et enfin la tombe proprement dite. Le site a été choisi dans la stricte observance de la géomancie chinoise : parce qu'il est baigné par un cours d'eau et barré à l'horizon par un massif montagneux. Plusieurs tombeaux sont des copies d'édifices chinois mais certains témoignent d'une influence européenne. Tous ont été construits du vivant de leur futurs occupants, mandarins, rois ou empereurs. Le document de Buu Y égrenne la litanie des noms : Gia Long, Minh Mang, Tu Duc, Duc Duc, Dong Khanh, Thieu Tri et Khai Dinh.

L'accostage à l'embarcadère de la Pagode de la Dame céleste est assez sportif. Le sampan accosté dérive et s'écarte de la rive avant que la femme ait sauté à quai. Les bateliers rient. Ils se vengent gentiment de la touriste qui a refusé d'entrer dans leur dialectique. La pagode a été construite en 1601 par le Seigneur Nguyen Hoang, en hommage au héro d'une légende dans lequel il s'identifiait. Cette légende dit qu'une fée en habits rouges et verts a prédit qu'un roi érigerait une pagode en cet endroit.

Un sentier grimpe du débarcadère aux marches qui mènent à la tour. La configuration des lieux fait penser à une tortue. Au Vietnam, la tortue est un animal sacré au même titre que la licorne, le dragon et le phénix. Le dragon représente le masculin et le phénix, le féminin. La tortue est symbole de longévité et la licorne, symbole de bonté et gage de paix. Des animaux secondaires les rejoignent dans la mythologie comme la grue, le lion, la chauve-souris et le poisson. Erigée sur la colline, la tour compte sept étages. Comme dans tous les édifices religieux, on trouve des autels, une cloche et des statues. Les matériaux utilisés sont la pierre, la brique et le bois. Le site est un chantier de l'Unesco. Des ouvriers s'activent à restaurer les tomettes et les balustrades. Parmi eux, plusieurs femmes. Il y en a beaucoup sur les chantiers. Elles sont en charge du mortier, qu'elles gâchent dans des brouettes et montent dans des seaux à l'aide de poulies. L'activité prosaïque et profane ne fait pas oublier qu'il s'agit d'un monastère. Par la porte discrète qu'a emprunté un jardinier, la femme sort de l'enceinte de la pagode et, marchant entre le mur et le champ qui le longe, elle se dirige vers la tête du domaine. Des voix lui parviennent. Celles de bonzes en prière qu'elle ne verra pas. Dans un Vietnam reconverti au stalinisme, les persécutions religieuses s'amplifient. Des prêtres et des bonzes disparaissent. Dans un passage de la pagode, deux statues se font face. L'une est le général rouge qui personnifie la colère.

* **

Clélia Rivière revoit régulièrement Long. Comme un vieux cheval retourne à son étable, elle retrouve pratiquement chaque soir la galerie d'art que tient l'infirme dans le quartier artistique de Hué. Il expose quelques jeunes élèves de l'école des Beaux-Arts qu'il a pris sous son aile. Le métier d'artiste est difficile partout mais dans ce pays qui louvoie entre le dollar et l'art officiel, l'artiste devient carrément schizophrène. A moins de s'abîmer dans la peau de l'artiste maudit, beaucoup d'entre eux font naufrage et disparaissent corps et âme dans des professions de subsistance. Pratiquant la maïeutique comme M Jourdain faisait de la prose, Long aide les jeunes artistes à maintenir le cap en mettant à leur disposition un atelier et un espace d'exposition. Il y a bien quelques rivalités - les artistes ont un ego sur-gonflé et les décisions cristallisent les jalousies - mais dans l'ensemble ça se passe bien. On voit même se dessiner de véritables mouvements artistiques autour de techniques ancestrales comme l'estampe, la laque ou la calligraphie. Les puristes et les nostalgiques crient au scandale mais les artistes persistent et signent. Long tient sa galerie de main de maître et, du haut de ses jambes torses, règne sur la vie artistique de Hué.

La femme le voit le soir, quand la galerie baigne dans la clarté électrique et que les toiles reflètent une lumière magique, mystérieuse, comme venue d'ailleurs, de l'envers de la vie, là où les choses changent de visage et de sens. Clélia et Long s'asseyent sur les tabourets colorés placés sur le trottoir et ils parlent. Long est francophone. Ca devient rare au Vietnam où l'Anglais taille des croupières au Français depuis des décennies. Les personnes d'un certain âge comme Long le parle encore mais les jeunes, de moins en moins. Ils ont adopté l'Anglais, la langue des affaires. Surtout les garçons. Les jeunes filles sont restées fidèles au Français, la langue du coeur, du romantisme, du Prince Charmant. En fait, les Vietnamiens apprécient à son juste prix leur indépendance mais ils constatent qu'ils préfèrent les Français aux Américains. Comme disent nombre d'entre eux : « Les Américains, ils viennent, ils prennent et ils partent. Les Français, ils construisent des hôpitaux et des écoles.» Long est francophone et aussi francophile. Il aime la littérature française. Il fait l'éducation - culturelle et sentimentale - de ses jeunes avec des romans. Des romans d'amour, surtout mais dont le sexe est absent. On ne parle pas de sexe au Vietnam. Il aime surtout la chanson française, Ferré, Brel et Brassens. Ecouter "gare au gorille" dans la nuit vietnamienne en sirotant un verre d'alcool de riz et en dégustant une poignée de riz gluant acheté à une échoppe ambulante …

Quand ses amis sont là, il y a toujours quelqu’un qui propose de jouer au petit train. Le jeu consiste à boire de l'alcool de riz dans un verre commun à toute la tablée. Lorsqu'un participant met trop de temps à vider le verre qui lui a été rempli, les autres le pressent de faire passer le train. A ce petit jeu, il n'y a rien à gagner, seulement à perdre. Son temps, ses moyens, son quant-à-soi, sa réputation. Les Vietnamiens aiment saouler le Blanc. Comme le rire, l'ivresse destitue le dominant. Lorsque la femme commence à chavirer sur son tabouret, ils rient, avec tendresse, sans méchanceté. Ca lui fait plaisir à la femme de leur donner ce qu'ils attendent : la proximité avec une femme, qui plus est européenne et qui leur est totalement exotique.

Un soir, un de ces soirs de grandes agitations où l'on refait le monde à ras de terre dans les effluves de l'alcool et du fleuve, un jeune homme débarque à la galerie. Long fait les présentations. Clélia, Olivier. C'est une sorte de scène biblique où le Christ fait les présentations entre Jean et sa mère, les offrant l'un à l'autre. Olivier est grand, brun, séduisant. Il porte la barbe soigneusement négligée des baroudeurs. Les premiers mots qu’elle entend de lui : - «Il n'est pas là Tao ?»

Long lui répond qu'il ne l'a pas vu de la journée. En repartant, Olivier jette :

- «Tu diras à Tao que je suis passé et que je suis au Phuong Nam.»

Long répond mais le jeune homme est déjà trop loin pour entendre : - « Je ne pense pas qu'il repasse à la galerie aujourd'hui mais demain il sera à la citadelle.»

A la femme, il dit : «Il prépare le Festival. Tao et Olivier, c’est comme deux frères. Ils se connaissent depuis longtemps. Nicolas était étudiant à Lyon. Il est venu à Hué pour étudier la peinture monumentale communiste mais il a découvert la BD vietnamienne. Tao est peintre, graphiste, laqueur et, calligraphe. Ils se sont rencontrés et ils travaillent ensemble à une BD franco-vietnamienne ou vietnamo-française, je ne sais pas. L’écrivain français dit : ils ne feront plus qu’un, oui, mais lequel ?»

C'est ainsi que Clélia rencontre Olivier. Ce n'est pas encore vraiment une rencontre, plutôt la chevelure d'une comète qui passe dans la lumière cendrée de la lune. Une improbable rencontre entre, d’une part, un jeune artiste qui crèche dans une modeste pension de famille, bouffe le pho (soupe), dans les restaurants de poussière ainsi appelé parce qu'on y mange quasiment par terre et côtoie les Vietnamiens les moins installés. Et d’autre part, une femme d’âge mûre qui loge dans un hôtel de luxe, mange dans les restaurants français et qui dans la solitude de l'écrivain, ne rencontrant qu'un membre de l'élite vietnamienne. D'habitude, Clélia mange à la Carambole, un restaurant où l’on sert de la cuisine française. La carambole, c’est cette plante contre poison de la laque, une substance extraite du laquier et qui a la particularité d'être allergisante. Ce soir-là, la femme choisit de manger dans l'un de ces restaurants vietnamiens où l'on sert des mets typiques comme les fruits de mer, les rouleaux de printemps et le potage au nid d'hirondelle. La cuisine vietnamienne amalgame différentes influences culinaires : française, chinoise, cambodgienne, laotienne, thaïlandaise ... Elle utilise le Nuoc Nam, qui est la sauce traditionnelle faite à partir d'anchois frais mais aussi les piments et les fines herbes, l'aneth, le coriandre, la menthe et le basilic. La femme connaît cette spécialité chinoise qu'est le potage de nid d'hirondelle. Elle sait que c'est une soupe concoctée à partir des nids minuscules de la salangane, un martinet encore appelé hirondelle de mer. Ces nids sont constitués par les filaments de salive des oiseaux et, lorsqu'ils sont dans un bouillon, ils se dissolvent en fines nouilles. Elle connaît mais elle n'a jamais goûté.

A partir de ce moment où elle a rencontré Olivier et goûté au potage de nid d'hirondelles, son esprit s'ouvre comme une mangue mûre pour accueillir les ingrédients de la vie vietnamienne et les amalgamer à son esprit occidental. Finis les rendez-vous alignés sur les aiguilles d'une montre. Elle y va à l'instinct quand elle sent que c'est le moment, que la personne qu'elle veut voir sera là à son arrivée, que les évènements n'auront pas lieu sans elle, que les choses se feront naturellement, inéluctablement, comme un enfant se fait dans le sein de sa mère et vient à la lumière.

Lorsque elle entre dans la Cité pourpre interdite, Olivier est là, arpentant à grands pas la cour qui s'étend entre les bâtiments. Ici aussi, c'est le règne du bois, de la tomette et de la brique, des couleurs rouges et or, matériaux chauds de l'intimité. La Cité pourpre est la partie de la citadelle qui était réservée aux mandarins et à leur famille. Pendant toute la durée du Festival, elle abrite deux expositions, une de photographies et une de Bande Dessinée.

L'expo de photographies s'appelle "Avoir vingt ans au Vietnam." C'est une exposition collective qui présente les oeuvres réalisées par les étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts et de la Culture d'Ho Chi Minh Ville dans le cadre d'une collaboration avec l'Ecole Supérieure de la Photographie d'Arles. Les photos sont suspendues sous l'auvent du palais comme des oriflammes. La femme les regarde, une à une, aspirée par elles. L'expression est riche, il y a de l'idée, du talent. L'une d'elle retient particulièrement son attention. Un portrait de vieille femme vietnamienne. Derrière elle, il y a un trou dans le mur de briques. Au-delà d'elle, on voit la campagne, un pré planté d'un arbre. Clélia Rivière se dit que chaque être humain est une brique d'un mur qui enclôt un ravissant jardin. La vieille femme sourit de toute sa bouche édentée. Un delta de rides se dessine autour de ses yeux. Les yeux rivés vers l'horizon, elle semble incarner tous les espoirs d'un Peuple tendu vers l'avenir. L'exposition de BD s'intitule "Kémoï". Elle est le fruit d'une master class avec des auteurs français autour d'une démarche artistique qui consiste à utiliser les techniques traditionnelles asiatiques pour raconter des histoires. Le Vietnam connaît peu la BD, à part les mangas japonais et quelques Comics américains que les jeunes lisent, assis devant les librairies ambulantes. Les bulles vietnamiennes n'en sont donc encore qu'à leurs premiers balbutiements. L'expo présente les oeuvres d'une trentaine d'étudiants, dont celles de Tao, l'ami de Olivier, le protégé de Long. Il expose un superbe dessin représentant des petits personnages qui marchent sur la ligne d'horizon. Il y a coulé le Vietnam quotidien : un porteur de paniers à balancier, un cyclopousse, un chien qui suit un gamin qui court le nez levé vers un nuage d'où tombe la pluie. Le sol est noir, comme courbé sous le ciel qui occupe presque tout le tableau, un ciel jaune, gorgé de toutes ces eaux de l'Asie, de ces ruissellements qui font les Peuples si fertiles, si drus. Et si dangereux lorsque viennent les crues.

Clélia rejoint Olivier sur les escaliers de pierre de la cour intérieure. Il a déballé ses cartons à dessins et étalés les dessins sur le sol. Des sanguines, des fusains, des pastels, aussi des caricatures et des croquis de toutes sortes. Sur une planche, il a croqué les jardiniers du parc : une femme arrosant les parterres, son foulard remonté jusqu'aux yeux. Deux hommes accroupis, repiquant des touffes d'herbe dans les lacunes des pelouses, avec des gestes qui sont les mêmes que ceux du repiquage du riz dans les rizières. En quelques coups de crayon nerveux, Olivier a cueilli les corps en mouvement dans un ballet virevoltant d'une rapidité folle. Il voudrait en faire un dessin animé.

- «Il te plaît celui-là? Garde-le, je te le donne», dit-il à Clélia en lui tendant un dessin de buffle.

* **

Le magasin n'est pas une échoppe classique mais une supérette qui fait penser à ces drugstores-garages qui jalonnent la Route Sixty Six aux Etats-Unis. Comme les bateaux qui sillonnent la Rivière des Parfums, elle est peinte en bleu et en jaune. Son étrave arrondie s'avance à l'intersection de deux artères importantes. Il y a une ouverture de chaque côté mais c'est encore fermé. Il n'est pas sept heures. Assis sur le trottoir, les marchands de journaux sont encore en train de se répartir les journaux à distribuer par secteur. Clélia Rivière aurait voulu de l'eau en bouteille. Question de sécurité alimentaire. Dans la rue Lé Loï, le QG du festival ne propose qu'une cuve en inox avec un seul gobelet pour tous. Attaché à la cuve par une ficelle, le gobelet ressemble à un appât. La supérette est peut-être le Tati ou la Samaritaine de demain. On y trouve de tout et les produits achetés par les Occidentaux ont des prix fixes et étiquetés, ce qui est appréciable pour ceux comme Clélia qui ne savent pas marchander.

Le marché où elle se rend si tôt matin se trouve de l'autre côté du pont, sur les rives du fleuve. Il est déjà bondé et la femme doit fendre la foule comme un coin fend une bûche pour y pénétrer. Chargés de caisses et d'objets hétéroclites, les cyclopousses se fraient un chemin dans les allées. Les hommes prennent garde de ne pas bousculer les étals aménagés à même le sol. Sinon les imprécations des femmes jaillissent et les suivent comme des malédictions.

Dans des hamacs suspendus au-dessus des étals dorment des enfants nus. L'arrière du marché, sa partie cachée est un lieu de vie. Des familles entières y vivent, installées sur des lits de fer comme sur des radeaux. Tout au fond, relié à la rivière par une plage sale, c'est le marché aux poissons. Une barque vient d'y accoster. Le poisson est débarqué en vrac et conditionné dans des caisses en polystyrène sur un lit de glace. La glace est vendue à un étal proche. Elle provient d'une petite unité de fabrication sous la forme d’un bloc oblong que le vendeur débite et concasse à la demande. Le poisson est d'une appétissante fraîcheur. Une eau rosâtre suinte des corps vif-argent et se distille goutte-à-goutte dans la rigole qui longe le trottoir, baignant d'innombrables pieds nus. Les odeurs sautent à la gorge, vives et coupantes comme la lame des couteaux qui écaille, éviscère. L'oeil de Clélia cueille au vol les éclats luisants des écailles, des couteaux et de la glace aux multiples facettes de diamant.

On trouve aussi des crevettes, des crustacés, des poulpes. Encore vivants, les poulpes. L'un d'eux tente de s'évader en escaladant la paroi de la caisse, arc-bouté sur ses tentacules. Quand il est sur le sol, il s'échappe en se traînant. C'est peine perdue. La petite fille qui tient l'étal le récupère et le remet dans sa caisse, sous les rires des spectateurs. Devant cette scène de cruauté tranquille, Clélia a le coeur qui se serre. Elle est pourtant venue au devant de cette cruauté, enfin prête à mettre en danger ses sentiments et son bel agencement du monde. Elle savait en pénétrant sur le marché qu'elle risquait la rencontre avec des images qui la brusqueraient. C'est pour cela qu'elle s'est amenée là, cherchant en détournant les yeux le marché à la viande. Et sur ce marché, les chiens de race à viande. Le marché à la viande se trouve un peu plus loin. Têtes de porcs, charpies de chairs sanguinolentes, ossements de nacre bleue s'épanouissent sur les étals ou à même le sol. C'est toute la beauté de la mort au travail avec ses outils de prédilection : le temps, la chaleur et les mouches. Le système de réfrigération par glace utilisé pour le poisson n'est pas utilisé pour la viande. Clélia Rivière voit les échoppes du marché se mettre à tourner devant elle. Son estomac retourné la rappelle à l'ordre. Elle ne doit pas aller plus loin dans l'insupportable. A coups de talon nerveux, elle remonte à la surface du marché, reprend pied devant les étals qui flottent sur ses rives. En vrac, des chapeaux coniques, du tissu, des ustensiles ménagers, des plantes médicinales, des légumes et des fruits.

Tous les fruits du jardin d'Eden vietnamien. Ceux que la femme connaît : les mangues, les bananes, les noix de coco, les oranges, les ananas, les papayes ... Ceux qu'elle a découvert et qui viennent grossir ses connaissances sensorielles et botaniques. La pomme cannelle, encore appelée anone ou carossol, gros fruit de la famille des ananas, recouvert d'une peau verte à écailles et dont la chair est onctueuse et sucrée. Le ramboutan, fruit à l'écorce rouge et à la chair un peu caoutchouteuse qui rappelle celle du litchi. On l’appelle d'ailleurs le litchi chevelu à cause des longs filaments que présente son écorce. Le salak, petit fruit en forme de poire dont l'écorce est épaisse et écailleuse et la chair, pâle et croquante. Le tamarin, aussi nommé datte indienne, fruit à forte teneur en acide tartrique, ce qui en fait un produit domestique à double usage : pour cuisiner et pour astiquer les cuivres. Les Anglais en raffolent sous forme de confiture, de gelée et de chutney tandis qu'ils sont très appréciés sous forme de boulettes par … les éléphants. Et toute cette macédoine : le salk, le logan, le mangoustan, petit fruit violet recouvert d'une écorce dure et dont la chair blanche et douce est légèrement acidulée et délicieusement parfumée. Et le durian, fruit à chair jaune très apprécié sous forme de chewing-gum, de glace, de crème ou de confiture mais dont l'odeur est si nauséabonde qu'à Singapour il est interdit de séjour dans les transports en commun. Un peu semblable mais avec moins d'épines : le jaque. Et semblable au pamplemousse mais en moins acide : le pomelo.

Le riz aussi est d'une diversité infinie. En quelques années, le Vietnam est devenu l'un des plus importants producteurs et exportateurs de riz au monde. Les problématiques liées à l'utilisation des pesticides ont d'ailleurs fait leur apparition. Ironie de l'Histoire : on parle à nouveau de dioxine, ce composant de l'agent orange, utilisé comme défoliant par les Américains pendant la guerre.

Tous sens en éveil, Clélia se laisse griser par la luxuriance du marché de Hué. Elle s'assied à une échoppe ambulante de boissons. Elle sait qu'elle n'aime pas le jus de canne pressé à la grande roue manuelle mais comment choisir parmi toutes les boissons possibles à base de fruits et de lait de coco, parfois coulé sur des haricots ou un triangle de fromage "La vache qui rit" ? Des boissons colorées qui font de l’œil mais dont le goût n’est pas toujours bon. La femme choisit au hasard et le hasard lui fait une fleur. Elle sirote à petits coups satisfaits le jus laiteux filandreux de téguments vert menthe. Elle n'a pas vu arriver la petite fille. Elle ne l’a pas vu venir mais elle est là, devant elle, les cuisses appuyées contre la table basse. Elle comprend que l'enfant veut lui vendre quelque chose. Une babiole, un colifichet, une verroterie quelconque. Elle se dit qu'elle ne prend aucun risque à traiter avec la petite. Pas comme avec cette marchande du Col des Nuages, passage obligé sur la route vers la cité balnéaire de Hoi Han et Da-Nang, qui a littéralement dépecé son pécule. Elle sort quelques dongs de sa poche. Le visage de la fillette se fend d'un grand sourire puis disparaît sous la table. Comme un diable sortant d'une boîte, l'enfant ressurgit, déployant devant elle un éventail mauve et rose. Clélia a vu l'éventail mais surtout les mains qui le tenaient. Ou plutôt l'absence de mains pour le tenir. Les bras de la petite fille ne sont que des moignons. Ils s'arrêtent un peu après le coude. D'où vient cette mutilation ? D'une malformation de naissance, d'un accident, de la guerre, de l'agriculture intensive ? Clélia Rivière achète l'éventail à la petite. Pas par pitié mais parce que l'objet est beau et qu'il lui parle.

Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La colonisation. La Cité s'appela Phu Xuan . Il fallut la défendre, d'abord dans des guerres contre les Chams, les Khmers et le clan Thrin. Puis vinrent des jacqueries menées par les paysans pauvres, les Chams, les minorités ethniques et les marchands chinois. Ce qu'on appela la révolte des Tây-Son. Le tout jeune prince Nguyen Anh en appela au Siam et à la France. Il obtint l'appui de Monseigneur Pigneau de Behaine qui engagea des mercenaires français. Hué entrait dans la stratégie prosélyte de l'Eglise et dans la stratégie coloniale de la France. En gages, il envoya Canh, son fils de quatre ans à la cours de France. La dynastie des Nguyen récupéra son fief qui devint la capitale du Vietnam sous le nom de Hué. En France, c'était la Révolution. On oublia de renvoyer le petit Prince Canh dans sa famille. Il mourut en exil à la cours, de langueur ou de maladie Occidentale.

Les festivaliers ont établi leurs quartiers au Phuong Nam, un restaurant populaire qui fait aussi location de cycles. Les vélos s'alignent devant l'établissement comme des chevaux à l'attache devant un saloon. Clélia, Olivier et Tao dînent ensemble en refaisant le monde. Olivier s'abstient de pancakes à la banane car il a fait une jolie allergie. Il avait des boutons partout. Cette allergie lui vaut d'être interdit de séjour dans l'atelier que Long met à la disposition des artistes dans le sous-sol de la galerie. Car, s'il est allergique à la banane, sans doute l'est-il aussi à la laque. Autour d'eux, les autres attablés font partie du décor, simples silhouettes d'un théâtre d'ombre qui se joue dans les coulisses du festival. Les conversations barattent les sujets actuels : la mode, la musique, l'art, les éternelles guerres américaines. Chacun fait son beurre des dialectiques qui s'établissent entre vainqueurs et perdants des guerres, colonisés et colonisateurs, autochtones et étrangers. My sert à table. My est la jeune serveuse du Phuong Nam. Elle parle Anglais et Français. Tous les étrangers qui ont convergé vers Hué pour le Festival viennent à elle, phalènes aux ailes blanches éperdus de lumière. My signifie belle. Et elle est belle, My, comme une eau vive, une vouivre.

Désignant Olivier, My demande à Clélia : - «C'est ton fils ? »

La table est secouée de rires. Tao lance la boutade : - «Oui, c'est sa mère, sa maman du Vietnam.»

Le surnom lui reste : la maman du Vietnam. Elle ramène son "fils" à l'Hué Majestic Hôtel. Pour qu'il mette ses vêtements au pressing, prenne un bain dans la baignoire étincelante et pique une tête dans la piscine. La piscine est sur le toit, ouverte, offerte sur le ciel. La femme y va la nuit pour habiter ses insomnies. Elle s'allonge sur le dos, se laisse flotter sous le ciel étoilé qui courbe vers elle ses larges épaules de nègre en amour. Par l'esprit, elle plane sur la ville endormie. Elle sait les gens dormant dans les maisons, dans les monastères et sur les sampans amarrés aux rives de la Rivière des Parfums, cerfs volants aquatiques. En bas, dans le hall d'accueil, le gardien dort en pointillé sur sa natte, la tête posée sur son oreiller en osier, une moustiquaire tombant en pluie sur son dos nu. Les bruits des trains montent jusqu'à elle, venus de la gare toute proche. La ville est longée par la grande ligne Hanoi-Ho-Chi-Minh-Ville. Depuis quelques années, le train de la Réunification recoud inlassablement les deux Vietnam déchirés par la paix qui a suivi la guerre. Les bruits lui parviennent assourdis par l'éloignement et par l'eau qui emplit ses oreilles.

Au fils du temps, Clélia et Olivier nourrissent une relation étrange, en marge de tous liens naturels. Ils échangent leurs histoires, leurs goûts, leurs lieux. La Carambole s'acoquine avec le Phuong Nam, les nids d'hirondelle, avec le pho. Clélia devient une habituée de l'hôtel Loan où loge Olivier. Dès qu'elle quitte Buu Y, elle s'y rend. La maison est au fond d'une impasse. Pour l'atteindre, il faut d'abord passer devant la femme qui habite dans un renfoncement du mur, sorte de guetteur embusqué dans sa guérite et qui réclame un droit de passage. Clélia l'appelle "ma pirate de la mer de Chine". Elle met longtemps à comprendre pourquoi la clocharde est tolérée dans l'impasse. En fait, elle fait office de signal d'alarme. Elle prévient les familles qui habitent l'impasse que l'ogresse arrive et qu'il faut récupérer les enfants. L'hôtel Loan est une pension de famille à la Française. Sa clientèle est constituée de couples français venus pour adopter un enfant de l'orphelinat tout proche. Les mères de l'impasse fantasment sur l'enlèvement de leurs enfants.

Une fois dans l'hôtel, Clélia rejoint la salle commune. Elle s'assied dans le fauteuil qui tourne le dos à la télévision et fait face à l'aquarium. Elle pose ses rêves sur le dos des poissons et se laisse porter. A pas glissés, l'hôtesse dépose sur un coin de la table basse la théière de l'accueil, remplie d'un thé parfumé et fumant. La femme se sert, boit à petites gorgées comme l'on marche à petits pas dans une allée fleurie. D'une main distraite, elle feuillette le Courrier du Vietnam. Le journal francophone de Hanoi parle du festival, des spectacles, du dîner impérial balayé par la pluie. Olivier vient ou ne vient pas. C'est sans importance. Ils n'ont pas vraiment besoin de se voir. Les liens qui les unissent se tissent sans eux, à leur insu.

Qui a décidé d'aller faire un tour à la mer ? Clélia a beau retourner la question en tous sens dans sa mémoire, elle ne se souvient plus. Est-ce Olivier ? Est-ce Tao ? Et si c'était My ? Ce n'est pas elle en tous, cas, de cela elle est sûre. Elle n'aime pas la mer. Ils y vont en motocyclettes. Olivier prend My en croupe. Clélia monte derrière Tao. Il faut sortir de la ville pour atteindre la plage. Les deux motos filent sur la route. Des camions les dépassent en klaxonnant. Les deux passagères font de grands signes aux chauffeurs qui éclatent de rire. My porte l'équipement que portent les Vietnamiennes pour se protéger du soleil : un masque en tissus et des gants qui montent jusqu'aux coudes. Le temps est superbe. Avec la vitesse qui sèche les aisselles, une agréable sensation de froid s'insinue sous les chemises. Le vent effiloche les cheveux. C'est pur plaisir que cette course en équilibre sur la force libérée d'une moto. My se cramponne des deux mains au porte-bagages, le corps rejeté loin en arrière pour ne pas toucher le dos de l'homme qui conduit. Clélia a noué ses bras autour de la taille de Tao. Elle la serre comme si elle voulait se souder à l'homme, ne plus faire qu'un avec lui. L'intérieur transpirant de ses cuisses collent à l'étoffe de son jean et la brûle. Sous un pont, un vieil homme les salue, leur indique le chemin avec son bâton. Il sait que tous les gens à peau blanche cherchent la mer, le soleil à l'aplomb de la mer comme un ballon de lave.

La plage est presque à l'embouchure de la Rivière des Parfums, rivière qui en fait est un fleuve puisqu'elle se jette dans la mer. La mer est la mer de Chine méridionale. Une paillote accueille les baigneurs. Les deux couples s'avancent, longent la mer, passent devant des barques retournées coques au ciel devant lesquelles des pêcheurs recousent leurs filets. Un enfant joue avec un cerf volant. Clélia sort sa caméra, s'attarde près des hommes. Gros plan sur les crabes et les coquillages qui affleurent à la surface grisée du sable. Olivier, Tao et My sont déjà loin, glissant tous les trois vers la mer. D'autres jeunes hommes nagent déjà au large, atteignant presque une barque de pêcheurs. Olivier et Tao se mettent à courir en larguant derrière eux leurs vêtements. My s'est assise sur le sable, à quelques mètres d'une maison coloniale désaffectée. Elle ne se baigne pas. Elle ne sait pas si elle aime ou si elle n'aime pas. Elle ne l'a jamais fait. Au Vietnam, les femmes ne se baignent pas. Clélia rejoint My sur le sable. Elles sont ensemble, seules. Deux femmes devant une maison rose, attendant le retour des hommes et des enfants. Elles parlent.

My commence : - «Je viens d'un tout petit village. Mon père est pêcheur. On n'a pas beaucoup d'argent à la maison alors je travaille au Phuong Nam. Mais ce n’est pas pour toujours. Je voudrais être guide. Je voudrais aller à l'Université du Tourisme de Hué.»

Elle n'exige rien, My, elle demande gentiment, comme en s'excusant. Elle ne veut pas, elle voudrait. S'il vous plaît. Elle fait des politesses à la vie qui en fait rarement.

Clélia continue : - «J'écris des livres touristiques. Ca me fait voyager, voir des gens. Mais parfois, je me demande où je suis. Les aéroports, les villes, tout se ressemble. J'ai parfois l'impression d'être un somnambule en équilibre sur un toit. J'ai peur de me réveiller et de tomber.»

My : - «Tu vis seule ?»

Clélia raconte les années qui sédimentent dans sa mémoire, avec son compagnon et l'enfant qui est venu, qui est reparti. La vie qui sépare ce que la mort n'a pas séparé. Les deux femmes versent l'une contre l'autre, leur tête se touchant. On dirait qu'un voile les recouvre, les isole du monde extérieur, de la plage, de Tao et d’Olivier qui leur font des grands signes, loin, loin dans la mer, voyant la maison si petite.

My : - «Moi aussi, je veux me marier, avoir des enfants, une maison.» Clélia, riant : - «Tu attends le Prince Charmant, ma belle.»

Tout bas, elle ajoute : - «Et si c'est un étranger, tu partiras avec lui ? »

My ne répond pas.

Les deux femmes se taisent. Elles regardent les deux hommes qui s'ébattent dans la mer comme des enfants. Derrière eux, marchant en équilibre sur la ligne de l'horizon, un paquebot découpe sur le ciel sa silhouette sombre. Clélia s'est avancée dans l'eau et filme. Olivier et Tao viennent vers elle en s'éclaboussant. Leurs piaillements cristallins ensemencent la mer.

- «Elle est bonne, tu aurais du venir», lui lance Olivier.

Ils sortent de l'eau. La baignade est finie. Clélia filme Olivier, Tao et My qui prennent le chemin du retour. Ils dansent, virevoltent. Clélia a l'impression de tenir entre ces doigts une fragile bougie. Instants magiques. Ecrivaine, elle tente de distiller, d'extraire le suc de ce temps d'éternité fugace mais elle se dit qu'il faudrait le talent d'un Rimbaud pour en rendre toute l'incandescence.

Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Champa. Au IIIème siècle de l'ère chrétienne, le Vietnam était le fief du Royaume de Champa et du Peuple Cham qui s'était formé à partir de populations austroasiatiques et d'Austronésiens indianisés. Les villes principales du Royaume étaient Shinapura, Indrapura, Vijaya et Kandarpupura. Le Royaume était en effet sous influence indienne pour la vie spirituelle et sous influence chinoise pour la vie matérielle. Son principal rival était l'empire Khmer. Le Champa connut son apogée au Xème siècle. A ce moment-là, l'ethnie Viet qui se libérait du joug chinois millénaire se tourna vers la péninsule indochinoise qu'elle entreprit de conquérir au détriment des Chams. Vivant sur une économie d'invasions et de pillages, les Chams n'avaient développé ni agriculture ni d'Etat intérieur, c'est en partie à cause de cela qu'ils n'ont pas pu à résister aux menées vietnamiennes. En 1306, le roi Jaya Shimhavraman III tenta d'instaurer une alliance avec les Viets en épousant une princesse vietnamienne. Dans la corbeille de mariage, il mit deux districts, dont celui de Kandarpupura. La paix obtenue par cette alliance ne tint pas mais la cité resta aux mains des Vietnamiens. Elle devint Hué. Le dernier roi fut tué en 1692 et le Champa fut vassalisé. En 1822, le pouvoir honorifique des derniers rois fut aboli et ce fut la fin du Royaume de Champa. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques milliers de Chams. Ils sont complètement métissés et aculturés.

Appuyé sur ses béquilles, Long donne des charges de buffle dans les meubles de la galerie. D'un coup de béquille, il balaye à travers la pièce la théière de l'accueil posée sur la table. L'infirme est furieux. Il invective un homme qui s'éloigne à grands pas, la tête rentrée dans les épaules, les poings serrés au fond de ses poches. Aux premiers mots de la dispute, les jeunes peintres se sont réfugiés au fond de l'atelier, en bas de l'escalier. Habitués aux éclats du maître, ils n'ont pas eu peur. Ils se sont simplement retirés comme on se met à l'abri de la pluie en attendant qu'elle cesse. Clélia les a suivis, maudissant le hasard qui l'a fait passer chez Long à ce moment-là. Elle passait juste pour récupérer son éventail qu'elle avait oublié et maintenant, elle est bloquée dans l'atelier, sans oser traverser la galerie pour se retrouver dehors.

Les peintres sont des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts de Hué. Tao est leur professeur à l'école et leur donne des cours particuliers dans son atelier privé. Ca lui permet de vivre et de continuer son travail de Bande dessinée et de laque artistique. La laque, c'est allergisant mais c'est aussi salissant, façon huile de vidange, se dit la femme en voyant les taches sur les chiffons qui traînent autour des bacs posés par terre le long des murs.

Elle a débarqué en pleine séance de dessin avec un modèle qui pose devant les chevalets. Le modèle est un adolescent. Il pose assis sur un tabouret de bar, seulement vêtu d'un short, c'est-à-dire aussi nu que le permet la morale vietnamienne. Seul Tao a franchi le tabou, avec sa « masseuse aux seins nus », un tableau en laque qui n'est encore jamais sorti de l'atelier et qui semble puni, le nez contre le mur. Les tableaux des étudiants sont encore à l'état d'esquisse. On voit les grands traits au crayon qui déterminent la masse des corps, la rattachent à la ligne du squelette. Tao et les élèves discutent âprement. Clélia ne comprend pas mais elle devine que c'est en rapport avec la dispute qui s'est déroulée en haut entre Long et l'homme qui est parti.

Dans la galerie, Long grommelle encore des gouttelettes d’injures mais le gros de la tempête est passé. Clélia remonte à la surface de la galerie.

- «Tu es encore là, toi ?», dit-il en la voyant émerger. - « Ben oui, j'attendais que tu te calmes avant de sortir.»

Elle ramasse les éclats de la théière explosée sur le carrelage. - «Qu'est-ce qui s'est passé ?»

Long explique : - «Cet homme, un Anglais ou un Allemand, je ne sais pas, c'est tous pareils, voulait acheter des tableaux. Il donnait de l'argent mais pour encore d'autres tableaux, faits très vite parce qu'il part bientôt. J'ai dit : les peintres de ma galerie, c'est pas des machines. C'est des artistes. Le business c'est pas ici.»

Clélia approuve l'esprit de Long mais elle comprend que cet esprit ne soit pas partagé par tous. Ce devait être le sujet de la dispute dont elle a été témoin dans l'atelier. Peut-être les cyniques ont-ils raison : il faut vendre son âme au diable tant qu'il est preneur sinon après, on ne la vend plus, on la donne.

Dans cette bataille qui oppose les purs et les opportunistes, elle ne sait pas qui a raison. Ce qu'elle sait, c'est qu'il lui a fait peur, ce Long pur, coulé dans l'or incorruptible de l'idéal le plus haut et qui a pris le pas sur le Long ivrogne, pétri de faiblesse et d'indulgence. Elle se dit qu'il y a des enjeux qu'elle ignore. Ce qu'elle sait aussi, c'est qu'elle n'est pas allergique à la laque. La substance l'imprègne avec une telle force qu'elle en tomberait évanouie.

Attablé au Paradise Garden, Tao raconte à Olivier la colère de Long. Le jeune Français rit mais pas Tao : - «Il trouve qu'on travaille trop ensemble. Pour le concours, il voudrait qu'on fasse chacun notre dessin, pas un dessin ensemble.»

Le concours de peinture sur le sol se déroule le long de la Rivière des Parfums, dans la rue qui longe la rivière jusqu'au Paradise Garden. Ouvert à tous, il fait partie des animations gratuites proposées à la population huéenne dont une grande partie est trop pauvre pour s'offrir le dîner impérial ou les spectacles qui se déroulent dans la Citadelle. Il y a des animations intéressantes comme le concours de cerf-volant, les concerts en plein air, le défilé de mode de Minh Hanh, les joutes nautiques, le Tour Vert en cyclopousse et la fête de Nam Giao. C'est presque un festival off. Olivier et Tao participent au concours de peinture sur le sol.

Olivier ne rit plus. Il interroge : - «Qu'est-ce que ça veut dire, ça, qu'on travaille trop ensemble. Qu'est-ce qui lui prend à Long ? C'est lui-même qui nous a inscrits tous les deux. Ca fait des semaines qu'on travaille sur ce projet. Parle. Tu veux quoi, toi ? Dessiner seul ou faire notre projet ?»

Olivier et Tao dessinent ensemble. Ils n'ont pas vraiment de modèle mais ils disposent de quelques ébauches étalées devant eux, au pied des gens qui les regardent. Plusieurs peintres sont à l'ouvrage, chacun occupant l'espace qui lui a été dévolu lors de son inscription. Ils se passent les pots de peinture et s'échangent les pinceaux. L'ambiance est bonne. Il fait beau. Les parasols du Paradise Garden sont déployés au dessus des tables, toutes occupées. Sous le regard des badeaux, la route se couvre de couleurs et de formes. Clélia est venue se poster devant les deux jeunes gens mais ils l'ont chassée, la menaçant de leurs pinceaux comme d'une tapette à mouche. Va-t-en, la mouche du coche. Elle est partie, poussée dans le dos par les rires comme une barque qui a pris le vent dans sa voile.

- «Je reviendrai tout à l'heure», lance-t-elle par dessus son épaule. - «C'est ça, maman du Vietnam, reviens tout à l'heure».

La femme se sent légère, libre comme une sauvagine sur les bords d'un chemin ou dans une jachère. Elle en a terminé avec Buu Y. Toutes les interviews sont en boîte et la rédaction de son livre est bien avancée. Pour se récompenser, ils se sont offerts le repas impérial. Pendant toute la nuit, ils ont goûté en cascade aux mets qui étaient servis autrefois à la cours de l’empereur. Des jeunes filles en Ao daï faisaient le service et le repas était ponctué de spectacles pyrotechniques. C'était il y a trois jours. A l'heure où elle s'éloigne de Olivier et de Tao peignant sur le sol, Clélia se sent comme une mère de famille dont les enfants sont à l'école et qui peut disposer de sa journée à sa guise, avec un temps que ne canalise aucun horaire et qui s'étend en nappe jusque aux plages de la nuit.

Comme un oiseau de passage, elle se pose à une table de la terrasse du Paradise Garden. Musardant dans la carte, elle commande une bière de Hué. Le breuvage ambré dévale dans sa gorge. La bière de Hué est sa bière préférée mais c'est surtout l'instant qu'elle sirote, cet instant qui est encore une disponibilité mais qui bientôt sera une attente. Le cyclo qui pose sur l'affiche du Tour Vert vient de lui faire de l'oeil. Elle a décidé de le suivre. Le Tour Vert est une animation gratuite mise sur pied par une association d'étudiants et la Région Nord Pas-de-Calais, très impliquée au Vietnam. Il propose aux festivaliers de visiter la Citadelle en cyclo-pousse. Le départ se fait juste là, devant le café, en prenant d'abord un bateau touristique.

Clélia embarque avec une dizaine de passagers, Français pour la plupart. Les chaussures s'accouplent sur le pont. Ici aussi l'ambiance est bonne. La journée du Tour Vert et la journée de la peinture sur le sol devraient se dérouler en parallèle avant de converger vers le point des retrouvailles : le dessin terminé. Le bateau s'est mis dans le fil du fleuve et glisse lentement. Les passagers font connaissance. Le voyage sur cette arche de Noé vietnamienne n'est pas très long. Bientôt, le bateau rejoint les cyclopousses qui attendent. Il y a plusieurs corporations de cyclo-pousses, chacune affectée à la désserte d'un lieu donné : la gare, le marché ... et portant ses propres couleurs. Les chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule mais ils le louent à la corporation à laquelle ils sont affiliés. En cas d'arrêt de travail, leur corporation leur verse une indemnité mais une indemnité toujours moins élevée que ce qu'ils toucheraient en travaillant. Rude sagesse qui donne des leçons à l'Etat Providence. Les cyclos ont chargé leur touriste dans la nacelle qu'ils vont pousser devant eux en pédalant pendant plusieurs kilomètres. Ils se sont mis en route en file indienne, menés par les coups de klaxons du cyclo de tête. Clélia a un peu honte de se laisser porter ainsi comme un paquet, un cadavre par un homme qu'elle trouve frêle. Dans les côtes, les hommes pédalent en danseuse. La femme voit leur dos s'incurver, la sueur assombrir leur tee-shirt entre les omoplates. Le long du trajet, les enfants saluent les équipages par des hello tonitruants. Saluts sincères ou relevant d'une consigne nationale, comment savoir ?

La procession des cyclos du Tour Vert longe les remparts de la Citadelle, faisant haltes à des points touristiques où les cyclistes peuvent se reposer pendant que leur passager se dégourdit les jambes en se mirant dans le visage souriant du Vietnam : l'étang où l'on peut regarder les pêcheurs et pêcher soi-même, le lac Thin Tam où les empereurs venaient se reposer et où se donne le spectacle des marionnettes sur l'eau, les remparts épineux de tours, le potager qui s'épanouit au pied de l'une d'elles. Dans ce potager, tous les légumes des repas quotidiens : oignons, coriandre, bettes ... Des hommes et des femmes y évoluent, tout à leur tâches : récolter des légumes frais, en remplir un panier, semer, sarcler, désherber ... Un vieil homme est debout, appuyé sur le manche de sa pioche, mâchonnant un brin d'herbe. C'est un paysan comme il en pousse partout sur la Terre. Au centre du potager se trouve une citerne. On peut y puiser au seau mais elle est équipée d'un système à pédales pour remonter l'eau dans une gouttière aqueduc qui l'achemine dans les rigoles d'irrigation. Dans la pénombre de la citerne, on voit un serpent qui ondule à la surface de l'eau. Instants de paix, de sérénité, d'harmonie. L'harmonie de Hué la belle. C'est là, en cet instant, que Clélia Rivière trouve le titre de son livre : Hué la belle.

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Le soir tombe sur la Rivière des Parfums. Sur la route, les artistes ont fini leurs oeuvres, sauf Tao et Olivier qui sont toujours penchés sur leur fresque. Les mouvements qu'ils font enroulent leurs membres autour de leur tronc en une chorégraphie élégante et tonique. On dirait des danseurs de tango, dont les corps tour à tour s'épousent et se repoussent. Gestes larges, amoureux. My les regarde en souriant, les yeux brillant dans la lumière mourante. Derrière eux, dans le flou de l'éloignement, des vieux et des vieilles font leur Taï chi, semblables à des arbres qui se balancent dans la brise du soir. Clélia s'est mêlée à eux qui ont élargi leur cercle pour la recevoir. C'est dans cette clairière humaine qu'elle se prépare à voir le tableau que les deux jeunes hommes ont peint pendant qu'elle faisait le Tour Vert.

My et Clélia ont convergé vers le tableau. Courbées vers le sol, les deux femmes ont poussé un cri d'étonnement et d'admiration. Le tableau représente une tour de verre et d'acier dressée vers un ciel flambant de soleil. La lumière argentée qui tombe sur les vitrages donne une impression de noblesse et de force. L'effet est obtenu par le jeu de la lumière qui tombe d'un lampadaire sur la peinture qui contient des paillettes argentées. La tour émerge d'une colline de terre brute complètement noire et mate qui semble vouloir l'absorber, la résorber dans sa masse. L'artiste vietnamien et l'artiste français ont marié des matériaux et des effets contraires : le brillant et le mat, le plein et le vide, l'horizontal et le vertical, l'apparu à la lumière et le disparu dans l'ombre. Ils ont incarné la dialectique entre le primitif et le moderne, le féminin et le masculin. Ces deux parties sont contraires mais aussi complémentaires. Elles agissent à la manière des ogives dans les cathédrales gothiques : c'est leur antagonisme même qui, créant l'équilibre des forces, permet à l'édifice d'exister. Planté dans la terre noire, un lotus pousse sa tige à l'intérieur de la tour transparente jusqu'en son sommet d'où elle émerge par une fenêtre ouverte. La fleur éclose laisse voir son coeur blanc et jaune, fragile comme un oeuf, symbole de naissance et de renouveau. Le tableau est d'une grande beauté et les avis sont unanimes : il a ses chances pour le concours.

La bande prolonge la magie à la galerie de Long. Long a installé sa natte derrière son bureau et somnole. Tao et Olivier font une bataille d'experts autour des concepts de modernité et de tradition. La conversation se fait en français et en anglais, pour arriver à dire en substance :

- Olivier : «Je ne dis pas qu'on copie, je dis qu'on a des influences, qu'on s'enracine dans les arts passés et dans l'époque à laquelle on vit. On est des passants, des passeurs.»

- Tao : «Ce n'est pas vrai, la création est jaillissement, spontanéité. Elle vient d'ailleurs. Il ne faut pas rester prisonnier des anciennes techniques, des anciennes façon de penser.»

- Olivier : «C’est ça : du passé faisons table rase. Mais, vous n’en avez pas marre de la révolution, vous n’avez pas assez donné ? Tu n’as pas compris que les révolutionnaires sont des fous qui poussent les gens dans le mur.» - Clélia : «Foi, feu, folie, ils ont tout compris, ces petits.» My ne dit rien.

- Tao : «Le communisme, ce n'est pas fou. C'est le progrès. Les choses bougent au Vietnam. L'art et la culture sont très vivants.»

- Olivier : «Mais de quoi tu parles, il n'y a plus que l'argent qui compte. Tu as vu, il y a des magasins, on n' y vend que des coffres-forts. Et dans les rues, il y a de plus en plus de 4X4.»

- Tao : «Oh, shit, Olivier. On veut pas rester pauvres. On veut vivre, être heureux, écouter de la musique. On est jeune.»

S'adressant à My : «Toi aussi, My, tu veux une autre vie. Etre riche. Etre libre.»

My nage entre deux eaux : - «Je veux tout ça mais pour ma famille, mon village. Le plus important, c'est l'amour. Je voudrais un homme que j'aime et qui m'aime. Beau et gentil. Comme vous deux.»

Tao fait le geste de jouer de violon. Clélia l'arrête. Elle ne veut pas que l'on abîme les rêves de My. Ce ne sont pas des rêves superficiels, ce sont les sentiments les plus profonds et les plus universels, le noyau dur de l'Humanité. Et elle est l'éternel féminin : entre les deux son coeur balance.

- Tao s'enflammant : «On ne parle pas de politique et de sentiments, on parle d'art, d'architecture, de construction, de techniques, de matières. Moi, j'aime le béton, le verre, le métal. Le pont Tran Tien, la gare de Dalat, c'est magnifique. J'aime les buildings comme on a dessiné sur la route. La transparence, la lumière. On vient d'inventer le béton translucide, on va pouvoir faire beaucoup de choses.»

- Olivier : «Je n'aime pas ces matériaux de la transparence, la transparence, c’est totalitaire. Je préfère les matériaux de l'intimité. La pierre et le bois. C'est des matières naturelles, primitives. Quand tu les travailles, que tu les tailles, que tu les sculptes, tu as du vivant devant toi. Tu dois en tenir compte. Si tu donnes un mauvais coup de ciseau dans la pierre ou le bois, la matière éclate. Le fer, le béton, le verre sont des matériaux qui se coulent. Tu imposes la forme et si elle ne te plaît pas, tu refonds la matière et tu la recoules à nouveau. C'est de l'abus de pouvoir, de la dictature. Tu fais ça avec la matière et tu fais ça avec les gens.» - My : « Je pense comme toi Olivier. Le bois et la pierre, c'est plus joli. On est plus heureux dedans.»

Olivier se penche vers la jeune fille, prend sa tête entre ses mains et dépose sur son front un baiser très tendre. Dans la salle d'exposition, Long tousse et se retourne sur sa natte. D'une voix ensommeillée, il fredonne une chansonnette. Une chansonnette française que Clélia connaît mais ne reconnaît pas tout de suite. Prenant l'air au vol, elle rappelle les mots de sa mémoire à sa bouche. Ca lui revient. Elle chantonne à son tour : «On s'était connu, on s'est reconnu ...» La chanson de Jules et Jim.

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Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La DMZ (Demilitarized Zone). La zone démilitarisée s'étend le long de la rivière Ben Hai et du 17ème parallèle. Elle a été créée en 1954 par les accords de Genève et divise le pays en deux zones d'influence : au Nord, la zone communiste et au Sud, la zone capitaliste américaine, occidentale. C'est un peu ce qui a été fait en Allemagne après la guerre 40-45 avec le camp Occidental et le camp soviétique séparé par le mur de Berlin. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, cette stratégie n'a pas favorisé la paix. Le camp communiste s'est trouvé conforté et il y a eu la guerre. Deux armées étaient en présence : l'ARVN (Armée de la République du Vietnam) pour le Sud allié aux Américains et l'APVN (Armée Populaire du Vietnam) pour le Nord communiste gouverné par le Viet-Minh encore appelé Viet Cong. A partir de 1967, les Nord-Vietnamiens ont mis en place toute une logistique pour approvisionner les maquis du Sud Vietnam en matériel de guerre. Pour ne pas être repérés par les armées du Sud et leurs alliés américains, ils évoluaient sur un itinéraire parfaitement invisible : la piste Ho-Chi Minh. Dans la plus grande discrétion, ils ont acheminé munitions, explosifs, armes ... Pendant plusieurs mois, les bombardements américains furent impuissants à couper le cordon ombilical constitué entre le Nord et le Sud par la colonne de fourmis humaines. Situé au centre du Vietnam, Hué fut une pièce importante du dispositif. Au nord de la ville, Khé San en était même le centre. C'est là que les Américains et leurs alliés Sud-Vietnamien, voulant éviter leur Diên Biên Phu, précipitèrent leur fin. C'était en février 1968, lors de l'offensive du Têt.

Clélia veut prendre quelques photos du Festival pour illustrer le chapitre de son livre sur l'Hué actuel. Il lui faudrait des vues des joutes nautiques et du jeu d'échecs humain. Pour savoir lequel de ces spectacles elle va voir en premier, elle sacrifie à la passion des Vietnamiens pour les jeux de hasard : elle joue à pile ou face. Le jeu d'échecs rafle la mise. Le spectacle a lieu dans la Citadelle. Il fait très chaud. Une fois de plus, la femme regrette de ne pas avoir son éventail qui est toujours chez Long.

L'échiquier est disposé sur la place, un homme-pièce dressé sur chaque case. Le jeu d'échecs vietnamien est différent du jeu occidental. Il y a par exemple moins de cases. Les deux joueurs se font face, perchés au sommet de chaises en bambou hautes comme des sièges de maître-nageur. Les hommes-pièces portent les couleurs de leur joueur respectif. A leur ordre, ils se déplacent sur l'échiquier, chacun interprétant un pas selon la pièce qu'il représente : la tour, le pion, le cavalier ... Traçant son cercle autour du carré, Clélia photographie le jeu des hommes dans la lumière compacte. C'est très spectaculaire mais, les deux joueurs étant de force égale, la partie est très longue, si longue que l'un des hommes-pièces finit par s'évanouir au milieu de sa danse des sabres. Clélia suit le groupe qui emmène l'homme inerte à l'ombre d'un bosquet d'arbres, là où un poste de secours a été installé. L'endroit est frais, sombre, vif. Des rochers gris se dressent, retombant en rocaille hérissée d'épineux. La tente du poste de secours partage les lieux avec l'échoppe d'un marchand d'oiseaux. Dans les cages alignées, des dizaines d'oiseaux qui pépient, confiants. Ont-ils conscience qu'ils sont des oiseaux à souhaits et qu'en tant que tels ils ne sont pas vraiment prisonniers? Celui qui les achète les relâche en effet après les avoir investis d'un voeu, d'une prière. En fait, ces oiseaux sont des messagers qui font la navette entre la terre et le ciel, simple retour aux origines des anges. Le marchand est entrain de prendre un oiseau dans une cage et de le placer dans une cage plus petite, tenue par une main de femme. C'est en zoomant pour saisir la scène que Clélia reconnaît My.

D'instinct, elle se jette en arrière, se dissimule sous l'auvent de la tente. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle pense que la rencontre qui s'amorce entre elle et My ne doit pas avoir lieu, que la scène n'est pas écrite. Elle laisse My s'éloigner, portant dans une main la cage avec l'oiseau et dans l'autre, un éventail déployé qu'elle reconnaît être le sien. Pourquoi Long a-t-il donné son éventail à My. Il savait bien que c'était à elle. Elle se dit qu'elle tirera cette affaire au clair plus tard. Pour remplir ses mains vides, elle achète au marchand un Non bai ton, un de ces chapeaux coniques en bambou et en feuilles de palmier, ornés de poèmes d'amour, de chansons, de proverbes ou de dessins seulement visibles de l'intérieur quand on regarde le chapeau à contre-jour.

Direction les berges de la Rivière des Parfums où se déroulent les joutes nautiques. Douze équipes sont en lice, toutes sponsorisées par le plus bel hôtel de la ville. Chaque pirogue compte un barreur et sept rameurs. A l'ombre des grands arbres, l'eau est moins jaune, plus orangée, safranée, plutôt, comme la robe des bonzes. Une course va commencer. Les embarcations piaffent sur la ligne ondulante du départ. Le départ va être donné par un agent de police, commissaire de course avec quelques-uns de ses collègues. Le départ est donné. Les pirogues s'élancent. Sous les encouragements de la foule, les rameurs se désarticulent autour de leurs rames. Les frêles embarcations filent, étirant le peloton. Les hurlements de la foule les soulèvent comme une houle. Tous les coups semblent permis : se percuter, s'agripper aux bouées pour gagner du temps dans les virages, même changer de rameur en cours de route. Un jeune homme s'est jeté à l'eau. Il nage comme un forcené vers une embarcation, la rejoint, monte à bord et prend la place d'un rameur épuisé. Peine perdue. L'embarcation se laisse distancer. L'issue de la course commence à se dessiner. Trois pirogues sont en tête et se battent pour la victoire. Le spectacle est époustouflant. Lorsque la première pirogue atteint la bouée d'arrivée, la foule explose. C'était une première manche. Pour conserver les faveurs divines, les gagnants retournent au milieu de la rivière où ils larguent des offrandes aux dieux.

A l'intérieur des terres, la liesse populaire est à son comble. Debout sur un banc, des vieux tapent de leurs pieds nus en cadence, arrimés l'un à l'autre par leurs bras. Un peu plus loin, des adolescents perchés sur un arbre hèlent les rameurs en riant. Clélia pense immédiatement au Bandar Log, le Peuple Singe du Livre de la Jungle, si gais, si jeunes. Et qui font des proies si faciles pour le prédateur hypnotique. La vase des berges de la rivière a laissé place à une prairie d'herbe courte sous laquelle la terre, broyée par d'innombrables pieds nus, affleure par plaques. Deux fillettes conversent sur un rocher. L'autre moitié du monde, l'autre moitié du ciel. Elles ne regardent pas les joutes. Qu'en verraient-elles d'ailleurs avec le mur d'adultes qui leur bouche la vue ? Leurs regards sont tournés de l'autre côté, vers la colline qui s'éloigne par vague vers la ville. Elles regardent les deux garçons qui viennent vers elles. Deux petits Mowgli qui évoluent loin de la fête, au rythme de leur temps propre. D'un pas glissé, ils avancent vers les fillettes, ralentissent quand ils arrivent à leur hauteur et accélèrent le pas quand ils les ont dépassées. Il n'y a eu aucunes paroles échangées, aucuns regards. C'est si comme les filles et les garçons s'étaient reconnus à des substances chimiques invisibles, sortes de phéromones qui régiraient les relations enfantines. Les deux garçons portent une casquette et un short rouge gansé d'un galon blanc qui galbe l'arrondi des hanches. Ils marchent côte à côte en se tenant par la main. L'un des deux est très jeune, six ans, peut-être. L'autre est déjà un pré adolescent. Clélia leur emboîte le pas et les suit sur un chemin bordé de flamboyants. Le chemin mène à une fontaine. La fontaine est une de ces pompes à bras qu'il faut actionner pour faire s'écouler l'eau. Les deux enfants s'y arrêtent. Le plus grand des garçons empoigne le bras de la pompe et fait couler un flot d'eau bulleuse. Le petit y glisse les jambes et se met à les frotter. Maladroit, trop petit, il ne parvient pas à nettoyer la crasse qui séchait en cuirasse sur ses cuisses et que l'eau draine en de magnifiques lettres calligraphiées. Le plus grand tente de l'aider mais il est handicapé par la nécessité de pomper. Clélia a posé les mains à côté des mains de l'enfant. Pendant un instant, ils sont un couple de rameurs unis dans un même effort. Le garçon lâche le bras de la pompe et va rejoindre l'autre garçon dans le fil de l'eau qui coule sans discontinuer. Avec des gestes qui sont de vraies caresses, le grand frotte les jambes du petit, doucement, tendrement. Sont-ils frères ou simples camarades de jeux, futurs amis, amants, peut-être ? La grâce évanescente qui émane des corps mouillés nimbe Clélia d'un bonheur tremblant. Elle se dit que ces deux elfes feux follets qui s'ébattent à quelques pas de la Rivière des Parfums ramènent au paganisme le plus échevelé.

Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Caodaïsme. La religion caodaïe ou Caodaisme est née en 1919 sur l'île de Phu Quoc lorsque l'être suprême nommé Cao Daï est apparu à Ngô Van Chieû, un fonctionnaire de l'Administration française. Elle s'est propagée dans le Sud du Vietnam à partir de 1920 autour d'une pensée syncrétique du Bouddhisme, du Christianisme, du Taoïsme, du Confucianisme et de l'Islam. Symbolisé par un oeil géant, le dieu est secondé par des Saints étonnants parmi lesquels Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Winston Churchill, Sun Yat Se, Moïse et Brahma. Elle est assise sur cinq commandements : tu ne tueras aucune créature vivante, tu ne convoiteras pas, tu ne vivras pas dans le luxe, tu ne succomberas pas à la tentation et tu ne prononceras pas de calomnie. Dès ses origines, la religion caodaïe s'adressa aux pauvres, surtout les paysans dépossédés et devint un mouvement nationaliste, anticolonialiste et subversif. Elle évolua dans les conflits en faisant des alliances opportunistes : avec les Japonais contre les Français, avec les Américains contre le Viet Minh, avec le Viet-Minh, contre le Vietnam du Sud. Après la réunification en 1975, la Religion fut déconsidérée. Les dirigeants, les fidèles et les prêtres furent persécutés. Les terres des paysans caodaïstes furent confisquées. Aujourd'hui, la religion caodaïe compte deux millions d'adeptes et un million de temples. Elle est surtout implantée dans le delta du Mékong, dans le Sud du Vietnam. La cathédrale ou grand temple se trouve à Tay Ninh.

L'aube est à peine levée sur la colline de Nam Giao. Une légère brume s'évapore du sol comme l'haleine d'un dragon endormi. L'aube est à peine levée et pourtant, la foule est déjà dense, tassée sur les trottoirs par les policiers en chemises vertes. Personne ne voudrait rater l'évènement qui se prépare : la procession de Nam Giao. C'est un évènement pour les touristes mais surtout pour le peuple vietnamien. C'est en effet la première fois que la procession a lieu depuis sa suppression en 1945, date à laquelle Ho Chi Minh a jeté à bas de l’Histoire la monarchie des Nguyen que les Français d'Indochine avait conservé pour préserver la cohésion nationale. Clélia Rivière connaît l'histoire. Buu Y lui a expliqué. Lui-même est descendant des Nguyen. La procession se déroulait une fois par an entre la Cité pourpre interdite et la colline de Nam Giao. C'était une procession comme toutes les processions : rituelle et sensée attirer les bénédictions du ciel sur la ville. L'empereur se rendait en grande pompe sur la colline de Nam Giao. A cette occasion, les concubines du souverain, vêtues de robes bleues, dansaient sur des chants traditionnels et toute l'armée défilait : les fantassins, les archers, la cavalerie. Des combats de tigres et d'éléphants étaient organisés. Symbole de puissance, le pachyderme représentait le roi. Il ne perdait donc jamais. Au besoin, on attachait le tigre à un poteau enfoncé dans le sol. Massée sur le passage de la procession, la foule rendait un culte à l'empereur.

Aujourd'hui, après des années sans procession, la foule de Hué est toujours là, fidèle au rendez-vous. Avec raison car la procession est magnifique même si ce n’est plus un rite mais une simple parade. Plus de cent cinquante figurants défilent en costume, accompagnés d'une dizaine de chevaux et de cinq éléphants. Le régime communiste veut reprendre toute cette symbolique de la puissance à son compte et pour le pays en pleine expansion mais il ne veut pas que soient attisés les tisons mal éteints de la royauté sur lequel souffle déjà le vent de la démocratie. La procession doit se garder d’ouvrir la voie à une sorte de restauration de l'ancien régime. Elle est et doit rester une simple fête folklorique. Pour bien marquer la procession au sceau du communisme, en tête du cortège défilent des jeunes porteurs de drapeaux portant le drapeau rouge à étoile jaune de la République Socialiste. Pour éviter l'apologie de la royauté, la procession ne suit que le trajet du retour de la colline de Nam Gio vers la Cité interdite. Il est de notoriété en effet que parfois le souverain ne retournait pas à la Cité interdite avec la procession mais qu'il restait quelques jours sur ses terres. Ce tour de passe-passe permet de faire l'impasse sur l'empereur qui n'est même pas incarné par un comédien et dont la chaise à porteur rouge et or défile vide.

Clélia Rivière a suivi la parade depuis la colline jusque la cité interdite en prenant beaucoup de photos. La parade s'est terminée sur la place de la Tour du Drapeau, sous le regard de l'oncle Ho dont l'affiche trône au-dessus de la porte monumentale. Sitôt le cortège disloqué, la foule s'est décomprimée, distendue, élargie comme un fleuve quand un barrage cède. Dans les tourbillons de la fête, Clélia se retrouve seule devant la chaise à porteurs. Elle la regarde, fixement, longuement. Il lui semble que la chaise vide a les bras ballants d'une mère quand l'enfant est parti. Elle ressent un curieux malaise. Des images se bousculent devant ses yeux. Le dernier roi Nguyen, la chaise vide, le petit prince Canh, son enfant à elle, mort depuis si longtemps. Peu à peu, ces visages s'effacent derrière un autre visage, flou, comme flottant sur un miroir d'eau. Le visage d’Olivier.

Hué Majestic Hotel, la nuit. Clélia est étendue sur son lit, les yeux grands ouverts fixés sur le ventilateur de plafond dont la rotation des pales l'hypnotisent. D'un mouvement lent, régulier, lancinant comme l'écoulement du sable dans un sablier, les pales du ventilateur brassent la pâte molle d'un air alourdi de produit insecticide. Des sensations bizarres se diffusent dans le corps de la femme comme un poison mortel. Bien qu’elle ne soit pas malade, ses chairs sont chevillées au lit par la fièvre. Si elle était superstitieuse, elle dirait qu'on lui a jeté un sort. Un gecko de delirium tremens asiatique s'incruste près de l'interrupteur, juste derrière sa tête, immobile comme une idée fixe. La femme le regarde, le salue familièrement. La vie reflue en elle et tout son corps s'ébranle pour accueillir la superbe vision. C'est ainsi que son oeil accroche les images qui défilent dans le téléviseur dont elle a comme d'habitude coupé le son.

Le téléviseur montre en rediffusion des images du Festival de Hué. Des images de la peinture sur la route près du Paradise Garden. Gros plan sur le tableau d’Olivier et de Tao. Le spectateur reçoit comme un coup de poing la tour vitrée, éblouissante, avec son lotus qui vrille à l'intérieur, cherchant la lumière. Le tableau a remporté le premier prix du concours. Dans la citadelle, c'est la remise des prix. Le prix est remis par Buu Y. Les images montrent Tao s'avançant vers Buu Y, recevant un objet que la femme ne prend pas la peine d'identifier tant elle est sidérée. Tao est seul. Olivier n'est pas là. Elle se dit que peut-être il n'était pas libre à ce moment-là, qu'il était appelé ailleurs. En même temps qu'elle énonce ces mots, sa conscience la plus profonde lui crie que ce n'est pas possible. Le téléviseur vient régler son conflit intérieur : en bas de l'écran s'est inscrit le nom du vainqueur : Tao Ngô Quâc.

Voir My. Elle doit voir My. La jeune fille doit savoir ce qui s'est passé pendant qu'elle était sur la colline de Nam Giao. My est au Phuong Nam, attablée avec des festivaliers qui l'ont invitée à dîner. L'ambiance n'est pas à la fête. Les convives sont abattus, les mines sont défaites. - «Je peux te parler, My ?», dit Clélia.

La femme prend la jeune fille par les épaules et l'entraîne dehors marcher sous les grands arbres. My raconte : - «Le jury a donné le prix à Tao. Pas à Olivier. Le président du jury a dit que c'est seulement Tao qui était inscrit pour participer. Olivier n'est pas inscrit. Le prix c'est seulement pour Tao. Ce n'est pas juste. J'ai dit à Tao. Il a dit qu'il est pas sa faute. C'est Long qui a inscrit. Olivier n'était pas content. Je disais la consolation mais il était grande colère. Tao et Olivier ont disputé dans la citadelle près les expositions. Ils criaient. Olivier a cassé la belle Bande Dessinée de Tao.»

- «Celle avec le petit bonhomme et le chien qui courent sous la pluie ?»

- «Oui, celle-là. J'avais peur qu'ils cassent d'autres aussi mais des gens les ont chassés. On a couru, c'était la folie. On est venu sur l'esplanade du symposium, tu sais les sculptures des artistes internationaux. Tao et Oliviers se sont battus.»

- «Ils se sont battus !»

- «Des coups de poings, des coups de pied. Ils ont roulé par terre. Les visages étaient pleins de sang. Je ne savais pas faire quoi. J'étais toute seule. Je me suis sauvée.»

My pleure. Clélia la console : - «Tu as bien fait, My, on ne peut rien faire quand les hommes se battent. Il faut attendre qu'ils soient fatigués et qu'ils s'arrêtent tout seuls. C'est comme ça.»

Tout en marchant, My et Clélia sont arrivées devant l'arbre qui, à l'intersection de ses branches maîtresse, abrite un autel bouddhique. Une bougie se consume lentement devant la divinité, allumée par quelque pieuse âme. Les deux femmes se font face et se tiennent enlacées.

My : - «Maman du Vietnam, je suis tellement désolée. J'avais lâché un oiseau pour un voeu. Mon voeu c'était...»

Clélia a mis la main sur la bouche de My : - «Chuut, on ne dit pas un voeu ...»

Elle essuie le visage mouillé de la jeune fille qui glisse dans un sourire : - «Long m'a donné ton éventail, je l'ai donné à Olivier pour qu'il te le rende.»

- «C'est gentil, ma belle. Je lui demanderai quand je le verrai. Maintenant, tu vas retourner chez toi, te reposer. Moi, je vais m'occuper de nos deux lascars. Si déjà je les retrouve parce que va savoir où ils sont.»

- «Tao est parti chez Long mais Olivier, je ne sais pas.»

Tao est chez Long, en effet. Ils sont assis face à face à la table basse du petit train des jours heureux. Long a les mains posées à plat sur la table. Appuyé contre le mur, le dos bien redressé, il a ramené sous lui ses jambes torses. Dans cette stature, son handicap s'efface. On ne s'étonnerait pas de le voir se lever et s'en aller. Tao, au contraire, est tassé, recroquevillé sur son siège. On dirait que son corps s'est vidé de ses os. Clélia s'approche des deux hommes qui se poussent pour lui faire de la place. Pendant un long moment, ils se regardent sans mots dire. C'est la femme qui rompt le silence :

- «Te voilà bien arrangé, Tao !»

Tao a le nez tuméfié, une croûte de sang séché s'accroche à son sourcil gauche. Il tente un sourire prudent mais Long le foudroie du regard. Clélia comprend que Tao n'est pas le maître du jeu, qu'il n'a pas voix au chapitre. Elle se tourne alors franchement vers Long : - «Olivier et Tao ont travaillé ensemble. Tu le sais bien. Pourquoi il n'y a que Tao qui a eu le prix ?»

Long répond : - «Je ne sais pas. C'est une erreur. C'est la vie. Il ne faut pas se disputer pour cela. Il y a toujours des moyens de s'arranger. Tu diras à Olivier que Tao n'a rien fait, qu'il peut s'en aller tranquille.»

Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : L'offensive du Têt. En février 1968, pendant la fête du Têt, le nouvel an vietnamien, des milliers de communistes menés par un éminent stratège, le général Giap, attaquent simultanément des cibles dans cent cinq centres urbains. Ils infiltrent Saigon où ils prennent l'ambassade et le QG américains. Les troupes sud-vietnamiennes sont surprises car elles pensaient que la bataille allait avoir lieu à Khé Sanh, près de Hué. Une bataille s'y déroule en effet et aussi à Hué. Les Nord-vietnamiens ont pris la ville et se sont retranchés dans la citadelle. Pendant vingt cinq jours, sous les bombardements assidus des B 52, ils maintiennent leurs positions. Ils en profitent aussi pour régler quelques comptes. Ils abattent, décapitent et brûlent vives trois mille personnes dont des fonctionnaires, des policiers et toute personne soupçonnée d'avoir des sympathies pour le gouvernement de Saigon ou leur allié américain. Ces atrocités n'émeuvent pas l'opinion publique car à ce moment-là les regards sont braqués sur les massacres de My Shon (My Lai), au Sud de Da-Nang. Le 16 mars, des unités de l’armée américaine ont débarqué à My Lai pour une expédition punitive suite à la morts de GI’s. Ils ont massacré tout le village, jusqu'aux animaux dont ils ont jeté les corps dans les puits pour empoisonner l'eau. Des soldats se sont interposés comme Thomson, Colburn et Andreotta qui ont posé leur hélicoptère entre les soldats et les villageois. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont reconnu qu'il n'y avait pas d'ennemis ce jour-là à My Lai et qu'en fait de bataille c'était bel et bien un massacre. Thomson et Colburn ont reçu la plus haute médaille militaire du courage pour un acte commis hors affrontement avec l'ennemi. Andreotta est mort au combat. L'offensive du Têt fut le début de la fin pour le camp du Sud. Si les Sud-Vietnamiens gagnèrent de toute évidence la guerre sur le terrain en écrasant le Nord communiste, ils la perdirent sur le terrain politique. L'offensive du Têt avait en effet révélé que sans les Américains le Sud ne pouvait sortir vainqueur de la guerre civile. Cette révélation démobilisatrice renforcée par le retournement de l'opinion publique mondiale amena le retrait des troupes américaines. Ces faits viennent comme en écho des massacres qui eurent lieu en 1883 lors de la prise de Hué par les troupes de la colonisation française. Dénoncés dans la presse par Pierre Loti, écrivain et journaliste, ces massacres ont induit la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie.

" Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. " " Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. "

Les mots de Long résonnent dans la tête de Clélia, ses pensées se bousculent tandis qu'elle traverse à grands coups de pédales la ville assoupie. Olivier peut s'en aller tranquille ... Ainsi donc Olivier veut partir. Peu à peu la question se formule : Olivier veut-il partir ? Puis se décline en plusieurs autres questions : pourquoi Olivier voudrait-il partir ? Pourquoi Olivier devrait-il partir ? Sans s'en rendre compte, Clélia a pris le chemin qui mène à la pension Loan. La route lui parait si longue et elle a si mal au genou qu'elle finit par larguer son vélo pour héler un taxi. L'homme qui baragouine un anglais approximatif ne comprend pas sa demande. Elle la reformule dans tous les sens mais rien n'y fait. En désespoir de cause, elle fait ce par quoi elle aurait dû commencer : noter l'adresse sur un bout de papier et le mettre sous les yeux de l'homme. L'anglais écrit met généralement tout le monde d'accord. En effet, l'homme comprend, aquièse et démarre. Il roule mais pas longtemps. Au rond-point extérieur de la ville, une ambulance bloque la circulation. Des véhicules immobiles, un attroupement, des policiers ... Les décors et les acteurs de l'urgence sont en scène. Pour quel drame, quelle tragédie ??? En tous cas, Clélia ne sera pas au rang des spectateurs. Apercevant un motobyker, elle demande au chauffeur du taxi de la déposer. Le chauffeur tente de la retenir mais elle jette sur son siège un billet de cinq euros et sort de la voiture. Le motobyker l'emmène. Se faufilant dans les encombrements, il va à une allure raisonnable mais il lui prend de faire un détour à travers la ville. La femme a beau lui tirer la manche pour le diriger ainsi qu'elle le ferait avec la bride d'un cheval, il continue, arguant :

- " Hué, by night, it's beautiful".

C'est vrai que c'est beau Hué la nuit mais Clélia a un but et elle est pressée de l'atteindre. Elle pense que le motobyker veut seulement rallonger la course pour se faire plus de money. C'est de bonne guerre, OK, bénies soient les leçons de marchandage prises avec Olivier sur le petit marché des bords de la rivière. C'est ce qu'elle se dit tandis que la moto mène son interminable digression. A l'arrivée devant l'hôtel Loan, le motobyker passe à l'offensive, réclamant pour sa divagation une somme extravagante que Claire refuse de payer. Elle sort de sa poche une liasse de billets de dongs qu’elle tend à l’homme. L'homme repousse sa main et mouline sa colère avec ses bras de cuir. Se surprenant elle-même, la femme ne se laisse pas impressionner. Elle invective l'homme en anglais et menace d'appeler la police. Instantanément, l'homme se calme, prend la liasse de billets qui flotte à sa portée. L'affaire conclue, chacun va son chemin. Clélia se dirige vers la pension de famille qu'elle voit au bout de l'impasse. Son pas se fait ample, apaisé, comme la respiration dans le sommeil. L'entrée se rapproche. Marchant sur un nuage, Clélia est presque joyeuse.

Soudain, la femme est là, devant elle, allongeant son ombre sur elle. La pirate de la mer de Chine. Comme une pieuvre, elle prend Clélia dans les tentacules de ses bras et l'entraîne au fond de son antre. C'est une sorte d’appentis, avec une paillasse nue au-dessus de laquelle pend une de ces lanternes de papier que fabriquent les handicapés de Ho Ian, le village balnéaire très fréquenté des environs de Da-Nang. Des bruits montent d'une caisse rangée tout au fond du réduit. La femme fait signe à l'autre femme d'aller voir. Clélia s'avance, courbée en deux pour ne pas se cogner la tête au plafond. Elle se méfie autant de la caisse qui est devant elle que de la pirate qui la suit. Si c'est traquenard, elle est perdue car qui va savoir qu'elle est là. Parvenue à la caisse, la surplombant, elle voit. Il y a un chien. Pas un de ces petits chiens asiatiques qui vivent au Vietnam, totalement libres, sans laisse, sans autre niche que la maison de leurs maîtres. Non, un chien de grande race, de ceux qui sont élevés comme animaux à viande. Il dort. A son cou, un collier en ficelle et une médaille marquée au nom de "babi". La pirate est radieuse. Elle dit des mots que Clélia ne comprend pas mais qui contiennent toute la joie, toute la fierté de d’une mère. Car babi est bien son enfant, adopté dans la solitude et la marginalité de l'impasse. C'est pour Clélia un moment de terrible acuité que ce moment où elle prend conscience qu'il faut traverser le miroir des apparences pour se retrouver soi. Elle s'incline devant la femme et lui tend la photo de son fils qui, depuis des années l'accompagne partout. Elle lui tend la photo « à la vietnamienne », c'est-à-dire en la tenant à deux mains, signe de révérence envers une personne respectable.

Les deux femmes sont assises l’une à côté de l’autre sur le bord du trottoir lorsque arrive l'ambulance. C'est l'ambulance rattachée au QG du festival. Ensemble, elles suivent des yeux le véhicule jusqu'à l'endroit où il s'arrête. Juste devant elles. D'un bond, elles sont debout. Les infirmiers passent devant elles en trombe, poussant une civière. Ils vont jusqu'au bout de l'impasse, s'engouffrent dans l'hôtel, reviennent avec la civière chargée d'un corps. Dès qu'elle a identifié Olivier, Clélia Rivière se met à la remorque de l'équipage. Une angoisse sourde lui ligote les membres. A l'ambulancier qui lui demande si elle est de la famille, elle dit : - «Oui, je suis sa mère.»

Elle embarque dans l'ambulance. Olivier gît sur la civière. Il a le visage rouge, gonflé. La femme se précipite : - «Mon pauvre petit, il t'a massacré, Tao, le petit fumier. Le salaud». L'infirmier : - «Mais, qu'est-ce que vous dites, vous êtes folle ? Ce ne sont pas des traces de coups, il fait une allergie. Sûrement une allergie à la laque : regardez les cloques et les vésicules qui sont en train de se former. Et ses mains, elles sont couvertes d’eczéma ».

Se penchant sur lui : - «Tiens … qu’est-ce qu’il a dans la main ?»

L’infirmier desserre les doigts du garçon et voit : un objet racorni, comme rongé … un bout de carambole.

Comme Clélia lui prend les mains, Olivier ouvre les yeux, la reconnaît, lui dit en hachant ses mots comme une radio qui perd son signal par intermittence : - «Maman ... çà brûle ... ton éventail, My me l'a donné.»

L'infirmier, lui mettant le masque à oxygène : - « Je trouve qu'il respire mal. Je ne sais pas comment il a fait son compte mais il s'en est pris jusque dans les poumons.»

Dans la salle d'attente de l'hôpital, Clélia feuillette le document que lui a laissé l'infirmier pour la faire patienter utile - pour lui comme pour elle car il la sent investie, investigatrice. Le document est une brochure technique.

Dans la collection « Les techniques traditionnelles asiatiques » : « La laque ». Le terme laque provient du sanscrit "Lakh" qui signifie brillant, lumineux. Il a donné le mot arabe Lakk qui est devenu laque en Occident quand les premiers objets laqués y sont arrivés au retour des croisades. Le terme sanscrit définit une certaine qualité de lumière, donc de clarté. Les initiés disent qu’un laque - le mot laque est féminin quand il désigne la matière mais il est masculin quant il désigne l’objet laqué - Les initiés disent qu’un laque est comme le ciel durant la nuit, qu’il peut être de couleur très sombre mais cependant très clair dans son éclat, comme s’il avait une lumière intérieure. Ils emploient des expressions telles que « confus comme l’eau boueuse », « mêlé comme un étang boueux », « sans plus de transparence que l’opacité même », « obscurs comme l’eau trouble ». La technique traditionnelle de la laque est donc presque une mystique, une initiation qui demande minutie et patience, vertus existentielles de la culture asiatique. Elle se fait à partir de la laque. La laque est un suc laiteux qui provient du laquier, un arbre de la famille des toxidendrons qui ressemble au figuier. Ce lait est l'équivalent du latex pour le caoutchouc. Avec l'ajout de quelques autres produits, il devient une résine que l'on utilise crue ou cuite dans la technique de la laque. Cette technique se fait au départ d’un support de bois, soit une plaque, soit un objet et comprend une opération plusieurs fois répétée. Cette opération consiste à apposer une couche de laque sur le support, à la polir pour obtenir un lissé parfait et à le mettre sécher dans une sorte de chaudière à vapeur. Une laque de bonne qualité peut compter une trentaine de couches. La dernière est constituée d’une laque très fine soigneusement poncée pour recevoir le décor final. Les décorations principales sont les feuilles d’or et d’argent, les pierres taillées semi-précieuses, la nacre, la coquille d’oeuf ou les écailles de tortues (aujourd’hui interdites car la tortue est une espèce protégée). Mise en garde : la laque contient de l'urushiol, une substance allergisante qui provoque démangeaisons, dermatites, eczéma, érythème, cloques et vésicules, avec risques d'infections secondaires par grattage. Il arrive aussi parfois que les poumons soient touchés lorsqu'il y a inhalation mais c'est rare, le plus souvent la contamination se fait par contact. La substance étant très prégnante, sa toxicité est persistante, c'est pourquoi il est impératif de laver les objets contaminés.

Olivier a des lésions aux poumons. Il doit être rapatrié. Clélia lui a ramené ses affaires qu'elle a ramassées dans tous les lieux qui jalonnaient sa vie vietnamienne: la pension Loan, le Phuong Nam, la galerie de Long, le QG du festival ... Ils se reverront en France, ils se le sont promis. En attendant, la femme se sent seule, vide. Elle a perdu le fil de sa présence à Hué. Qu'est-ce qu'elle fait là, en pleine nuit, sur les gradins du parc Thin Tam, à regarder un spectacle de marionnettes sur l'eau. Un homme vient s'asseoir à côté d'elle. Un vieil homme, petit, osseux, sec comme un bout de bois. Il ramasse ses jambes sous lui, s'entoure de ses bras, s'y amenuise, se réduit tellement qu'il finit par n'être pas plus grand qu'un enfant. Le spectacle se déroule, racontant des histoires de paysans vivant dans les marécages et les rizières, des histoires peuplées de dragons et de buffles, de pêcheurs et de musiciens. Des histoires universelles. Clélia ne voit rien, n'entend rien. Elle se dit qu'elle va partir aussi. Rassembler ses affaires, son ordinateur, ses livres ... Déjà, elle a récupéré son éventail. Il est dans sa main, déployé. Il n'est plus très propre. A passer ainsi de main en main, il s'est sali. Une traînée noirâtre, un peu grasse, court le long d'une pliure. Ce sera difficile à ravoir, se dit-elle, et si je le lave, il perdra les souvenirs qui s’y rattachent ... My qui le tient devant le marchand d’oiseau, qui le donne à Olivier, comme un gage qui les lient tous les trois … Des images tombent dans ses yeux ... des objets qui flottent sur l'eau, des hommes troncs dont les jambes disparaissent dans l'eau, des hommes qui manipulent des marionnettes. FIN Cette histoire a été écrite à partir de mon voyage au Vietnam avec l’association « La rencontre de l’autre », de Donzy-le-National, en Bourgogne. Elle est librement inspirée de personnes et de lieux existants qui ont été utilisés comme support de mon imaginaire. Les prénoms ont été choisis en fonction de leur signification :

Tao signifie Création Long Dragon My Belle Clélia la femme du silence Olivier l’homme inquiet
Vol de bagages sur le bateau à Koh Phi Phi English translation pending
by Capsule44 · 2007-12-31 · 25 replies
En février 2007, nous nous sommes fait volé un sac de voyage sur le bateau qui nous ramenait à Krabi de Kho pi pi. Bien evidemment nous ne nous en sommes appercu qu'à l'arrivée et rien à faire. Avec toute la bonne volonté des thais .... c'est un touriste qui nous l'a volé dans l'ile donc meme s'il faut entasser vos sacs avec tous les autres dans la cale suivez votre sac au moins jusqu'à son endroit de stockage le temps du trajet. Bon voyage à tous. Pour ma part je repars en Fevrier 2008. Joelle
Les Indiens Lakota, véritable nom des Sioux, ont rompu les traités signés par leurs ancêtres... English translation pending
by Athénais · 2007-12-23 · 382 replies
...Il y a plus de 150 ans



"Nous ne sommes plus citoyens des Etats-Unis d'Amérique", a annoncé mercredi dans une conférence de presse le représentant des descendants de Sitting Bull et Crazy Horse, Russel Means. Une délégation de responsables Lakotas a indiqué qu'ils se retiraient unilatéralement des traités signés avec le gouvernement fédéral, certains datant d'il y a plus de 150 ans. Les traités représentent "des mots sans valeur sur du papier sans valeur" et ont été "violés maintes fois afin de voler notre culture, notre terre et nos coutumes", indiquent les responsables de la tribu dans un message adressé au département d'Etat. "Nous ne sommes plus citoyens des Etats-Unis d'Amérique et tous ceux qui vivent dans les régions des cinq Etats que comprend notre territoire sont libres de nous rejoindre", a déclaré Russel Means. Ce territoire comprend des régions du Nebraska, du Dakota du sud, du Dakota du nord, du Montana et du Wyoming (nord-ouest des Etats-Unis). "Nous avons signé 33 traités avec les Etats-Unis qui n'ont pas été respectés", a indiqué pour sa part Phyllis Young, une militante de la cause indienne qui a aidé à organiser le première conférence internationale sur les droits des indigènes en 1977. Des leaders Lokotas se sont également rendus en délégations auptrès des ambassades de Bolivie, du Chili, d'Afrique du Sud et du Vénézuela. Ils comptent entreprendre une mission diplomatique dans plusieurs pays au cours des prochains mois, ont-ils annoncé.

Les Lakotas ont été la seule tribu à infliger une défaite à l'armée américaine. Une des leurs figures légendaires, Sitting Bull, est connu pour avoir défait le général Custer à la bataille de Little Big Horn en 1876 dans le Montana. Mais le 29 décembre 1890, l'armée US massacrait 200 Indiens Lakotas, dont des femmes et des enfants, à Wounded Knee.

Le point de vue que je partage: Les lakotas, les navajos, les hopis, et les chumash entre autres (ils sont loin d'être les seuls), n'ont pas perdu leurs cultures qui si elles ne sont pas encore florissantes, du moins sont énergiquement ré-émergentes.

Beaucoup de nations natives redeveloppent leurs langages, comme l'ont fait les grecs et les israéliens au 20e siècle. Ils ouvrent même leurs propres écoles et universités (en collaboration avec des ethnologues et des linguistes). Peu à peu la tutelle abusive du gouvernement fédérale est discréditée, même dans l'esprit de + en + d'américains d'origine européenne. Pas seulement par la continuation des brimades et le parcage en réserve, mais aussi la meilleure connaissance de leur propre histoire nationale cachée (l'internet c'est très pratique et les natifs américains communiquent ces faits maintenant), le vol de million de m3 de pétrole par an appartenant aux navajos, les autres ressources minérales des réserves indiennes exploitées en leur nom, mais dont l'état "oublie" de redistribuer les dividendes aux tribus, les belles vallées californiennes qui appartiennent de droit aux chumahs, et dont la population est si faible (ranches immenses dont les travailleurs habitent "en ville" assez loins), que leur rétrocession ne changerait presque rien pour la société californienne (si, ça changerait énormément pour les énormes "propriétaires"terriens dont, surtout pour les vignobles, certains sont français) :Celle de Santa Inès qui produit tous ces vins et où les chumash sont "autorisés"à exploiter un casino pour subvenir aux besoins de la tribu, mais pas à développer des logements pour remplacer leur bidonvilles, ni à annexer (même au prix du marché ou+) de nouveau terrains vacants (trop de développement c'est pas écolo: l'argument, s'il n'était écœurant de mauvaise fois, aurait de quoi faire sourire de la part de ce fanclub de Bushistes acharnés).celle d'Ojai, un territoire sacré, où le comté de Ventura a eu le culot de vouloir installer une décharge publique quasiment au pied d'un de leurs monticules funéraires ancestraux (On a complètement ignoré leurs objections, mais comme Larry Hagman , qui y a un ranch, a dit niet: la chose ne s'est pas faites ) etc... Je ne crois pas qu'il existe une tribu, sur tout ce continent, (et sur tous les continents, en fait) qui n'ait souffert de spoliation. Il y a peu, le Canada a finalement autorisé une "autonomie" aux Inuits sur leur territoire du Nunavut. Tout à la fois j'espère, et je n'ose espérer, que va venir le temps où tous les peuples indigènes auront ce droit, où une véritable fédération pacifique verra éventuellement le jour à la place des USA, Canada et Mexique, qui donnera toute sa place à tous les peuples d'Amérique du Nord. De ceux qui sont arrivés il y a 10 000 ans, à ceux qui sont arrivés "hier".

Je me prends à rêver qu'un jour, au moyen Orient, en Afrique, partout il en sera ainsi! Joyeux Noël ( en Lakota ) Wanikiya tonpi wowiyuskin / Omaka teca oiyokipi
Népal - Novembre 2007 English translation pending
by Nancy · 2007-12-15 · 21 replies
Pour tous les voyageurs, Katmandou est une destination mythique. Pour diverses raisons ... Moi, ce sont les yeux … Ces yeux de Bouddha sur les stupas, mi-clos, apaisants, ce regard détaché, sage, impassible … Ils m’ont toujours attirée, à la limite de l’hypnose … Et puis, l’Himalaya … Le pays du Mont Everest. Le toit du monde … excusez du peu ! Les hauts sommets me fascinent et j’ai pour eux un respect presque … humain. Et pourtant, au départ, notre voyage devait être plus culturel que sportif. On s’est même longtemps demandé si nous allions ou non faire un trek … Pas question en tous cas d’y consacrer nos 3 semaines. Mais enfin quand même ?… Aller au Népal sans s’approcher des sommets ?... C’était peut-être dommage … En bons cartésiens que nous sommes, nous avons fini par couper la poire en 2 : faisons le plus court des grands treks et consacrons le reste du temps à Katmandou et à sa vallée. Que de joie, que d’émerveillement, que de surprises mais aussi que de frustrations nous a réservés ce choix !

NOTRE PERIPLE EN 3 SEMAINES :

Jeu 1er Nov- Vol GulfAir Paris/Bahrein – Longue escale et nuit à Bahrein Ven- Vol GulfAir Bahrein/Katmandou - Nuit à Katmandou (International GH) Sam - A pied : Swayambhunath Stupa – Durbar Square de Katmandou - Nuit à Katmandou Dim - Bus vers Pokhara (bus touristique – 7 heures) - Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel) Lun - Trek de Jomsom J1 - Envol pour Jomsom - Nuit à Kagbeni (New Asia Trekker’s Home) Mar - Trek J2 - Nuit à Muktinath (Shree Muktinath Hotel) Mer- Trek J3 - Nuit à Marpha ( Dhaulagiri GH) Jeu - Trek J4 - Nuit à Kalopani/Lete (Kasturi Cottage) Ven- Trek J5 - Nuit à Tatopani (Hotel Himalaya) Sam- Trek J6 - Nuit à Shikha (Moonlight GH) Dim - Trek J7 - Nuit à Ghorepani (Kamala Lodge) Lun - Trek J8 - Nuit à Tikhe Dhunga (Chandra GH) Mar- Trek J9 - Transfert en bus de Nayapul à Pokhara – Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel) Mer - Bus vers Katmandou (bus touristique – 9 heures) - Nuit à Katmandou (International GH) Jeu - Katmandou - Nuit à Katmandou (Holy Himalaya Hotel) Ven - Patan (taxi : 150 Rs l’aller + 150 Rs le retour) - Nuit à Katmandou Sam - Katmandou - Nuit à Katmandou Dim- Pashupathinath (taxi 120 Rs) – Bodhnath (à pied depuis Pashu) - Retour taxi (150 Rs) - Nuit à Katmandou Lun- Kirtipur (bus local 9 Rs/p) – Chobar (à pied) – Patan (à pied) - Retour taxi (150 Rs) - Nuit à Katmandou Mar- Bhaktapur (minibus express 15 Rs/p) - Changu Narayan (taxi 300 Rs A/R depuis Bhaktapur) – Retour minibus (18 Rs) - Nuit à Katmandou Mer- Katmandou - Nuit à Katmandou Jeu- Bhaktapur (minibus 15 Rs/p aller et 18 retour) - Nuit à Katmandou Ven 23 Nov–Aéroport (taxi 300 Rs) - Vols GulfAir Katmandou/Bahrein/Paris

BUDGET :

La Roupie Népalaise (Rs) Cours : 1 € = 90 Rs

Dépenses préalables : Vols réguliers GulfAir Paris/Katmandou via Bahrein : 989 €/p = 1 978 €

Principales dépenses sur place (pour nous 2, hors achats perso de souvenirs) : Trek de Jomsom par Nepal Ecology Treks : 467 €/p = 934 € payé cash sur place Hôtel : 300 US$ en TC pour 11 nuits (hors trek) Cash et CB : 550 € (transport, repas, entrées)

Je le répète à chaque fois, ce que je rapporte ici n’a qu’une valeur indicative … Evidemment, on peut dormir et manger à Katmandou pour vraiment beaucoup moins cher ... Ce budget correspond à un niveau confortable (hôtel confortable et restaurant midi et soir).

Vous trouverez partout des petits bureaux de change, ouverts tous les jours. Taux affichés, identiques partout, sans commission. Il devient alors très facile de changer nos euros, petit à petit, au fil de l’eau. Demandez un reçu si vous voulez pouvoir les rechanger à l’aéroport avant de partir. Je me suis fait avoir … J’y ai vu un signe : nous voilà obligés de revenir !

GUIDES :

Lonely Planet Népal - Version française 5è édition – Septembre 2006 – Excellentissime - Nécessaire et suffisant. Guide du Routard Népal Tibet – 2007-2008 - Inutile. Ca fait 17 ans qu’on voyage, 17 ans qu’on peste contre le GdR, 17 ans qu’on continue à l’acheter … Allez comprendre … 🤪

TRANSPORTS :1 - Vols Paris/Bahrein/Katmandou – GulfAir Aucun vol direct vers Katmandou depuis Paris. C’est donc forcément long … Achetés début mai sur le site Voyages-sncf : 989 € l’A/R. J’étais assez contente de ma trouvaille. Au moment de l’achat, l’escale à Bahrein à l’aller était de quelques heures. Les mois passant, elle s’est allongée, allongée, allongée … Au final, nous avons dû passer la nuit à Bahrein (tous frais payés par GulfAir bien sûr). Bon, une nuit ça va, mais je n’y passerais pas mes vacances ! Contact avec GulfAir très courtois. Nous avons fait reconfirmer notre vol de retour, le Lonely Planet insistant sur la nécessité de le faire. L’hôtel s’en est chargé gracieusement et efficacement. De fait, le vol Katmandou/Bahrein était surbooké et nous avons été … surclassés !! (j’en connais une qui va ENFIN arrêter de se la péter maintenant 😛 !) C’est magique !! Je dis souvent que si on gagnait au loto, on ne changerait rien à notre façon de voyager SAUF qu’on se paierait la classe business.

2 – Taxi sur place Négociez la course avant de partir. Le mieux c’est d’avoir une idée du prix (cf Lonely Planet) et de l’annoncer. Le chauffeur va rabioter quelques dizaines de Rs et tout le monde est content. J’ai indiqué le prix des taxis qu’on a pris dans mon itinéraire, plus haut.

3 - Bus Epique !! Nous, on est des fanas de bus. Les paysages défilent, la vie dans le bus est typique et les arrêts pour manger sont sympas … Bref, on a là l’impression d’être au plus près de la population et des habitudes locales. Ici, le problème ce ne sont pas les bus, ce sont les bouchons aux abords de Katmandou. D’ailleurs, ça s’applique aussi aux taxis.

4 - Katmandou Des bouchons monstres ! Pire qu’à Paris. Des klaxons. Du gaz carbonique. Des motos, des camionnettes, des voitures, des minibus, une vache, 25 chiens, des piétons … bref, un immense bordel. Surtout en début et fin de journée. Pensez-y pour vos déplacements (surtout pour rejoindre l’aéroport). Thamel est quasi déserte en milieu d’après-midi.

HEBERGEMENT :

Katmandou : Sur les conseils avisés de Sawaddeekha (merci Régine !), nous avions réservé par internet nos 2 premières nuits d’hôtel à l’International Guest House (cliquer ici) en deluxe (25$-20% car résa via internet). A l’arrivée, ils n’ont pu nous proposer qu’une standard à 20$ (-20% aussi) + 13% de taxes + 3$ pour les 2 petits dej (soit 21$ au total). On prend. L’hôtel est situé dans une rue au calme à l’Ouest de Thamel ; il est très agréable, bourré de charme, avec un joli petit jardin dans lequel est servi le petit déjeuner pour les moins frileux. Néanmoins, les chambres standards sont assez petites, un peu vieillottes mais les douches sont puissantes et bien chaudes. Pas de groupe électrogène (et à Katmandou, ça a son importance !) Système de consignes de bagages (gratuit) très sécurisé pour ceux qui partent en trek : d’une part un local sous clé pour les bagages (avec étiquetage de chaque sac) et, d’autre part, des coffres individuels pour les valeurs. C’est vraiment sûr. Moi, la grande inquiète, je suis partie en trek l’esprit totalement libre, avec pour seule inquiétude celle de ne pas perdre la clé du coffre ! Gérable !... Avant de partir, on réserve une nuit pour notre retour, en deluxe cette fois svp. Au retour … encore pas de deluxe et le patron prend de haut notre tentative de négociation sur les prix quand on lui dit qu’on veut rester 9 nuits. Il nous la joue "c’est complet". On n’en croit pas un mot et ça nous agace un peu ; on ne dit rien mais, 1 heure plus tard, on avait trouvé un autre hôtel pour le reste du séjour. Des fois, on est un peu tête de cochon (pas Lorrains pour rien !). Et quand le soir, le patron, avec un grand sourire, nous a annoncé que finalement il avait réussi à se débrouiller pour nous garder notre petite chambre pour les 8 nuits supplémentaires, ce n’est pas sans une certaine jubilation contenue qu’on lui a sorti "too late, we’ll check out tomorrow". 😎 A part ça, pas de conclusion hâtive : c’est un très chouette endroit, bien situé, et très au calme. Paiement en TC $, sans commission.

Nous avons donc émigré ensuite pour le reste du séjour à l’Hotel Holy Himalaya (ex Dynasty) (cliquer ici). Dans une petite rue déserte, à l’Est de Thamel. Rien à voir avec le précédent : grand complexe impersonnel, sans charme particulier, mais très propre ; grande chambre lumineuse avec belle salle de bain complète. Eau bien chaude. Groupe électrogène. Internet 24h/24 en libre service (d’une lenteur effroyable comme partout !). Thé à volonté. Eau à 9rs (en refill). Accueil souriant et agréable. Nous avons pu choisir entre plusieurs chambres qu’ils nous ont proposées d’emblée à 30$ ttc petit dej inclus. On a gagné ici en confort ce qu’on a perdu en charme. Mais, c’est aussi une très bonne adresse que je recommande également. Paiement en TC $, sans commission.

Pokhara : 2 nuits passées à l’Hotel Moonlight (cliquer ici), intégrées au package trekking réservé auprès de Nepal Ecology Trek. Certes bien situé au bord du lac, mais aucun charme voire un peu tristounet. Un filet d’eau chaude. Accueil froid. Restaurant glauque. Vous avez compris : une adresse à oublier ! Heureusement, c’était avant et après le trek. Avant, on était surexcité, après on était euphorique. Donc, ça ne nous a pas gênés plus que ça ….

REPAS :

Le service est lent. Partout. Comptez 20 minutes mini entre la commande et le service. Le summum a été atteint au Ganesh (Freak Street) où on a attendu plus d’une heure nos 2 plats alors que nous étions les seuls clients … Une fois qu’on le sait, on prévoit : mon carnet de voyage s’est rempli principalement sur les tables des restaurants en attendant la commande … Attention aussi aux prix affichés, dans les restaurants un peu chics (genre Kilroy’s) : il faut rajouter 13% de taxes. De nombreuses pâtisseries proposent des viennoiseries, des brownies, des tartes, des gâteaux … plus savoureux les uns que les autres. Quelques vendeurs de fruits dans la rue jusque tard. Enfin tard … entendons-nous … nous à 20h, on était rentrés … on est des vraies poules en voyage. On a beaucoup profité des restaurants en toit-terrasse, à Bodnath, sur les Durbar Square de Patan et de Bhaktapur. C’est très agréable et encore mieux si on dispose de la table en bord de terrasse. Pour cela, c’est facile, arrivez un peu avant midi, vous serez les premiers. Le Taleju Restaurant sur Dubar Square à Patan permet de dominer toute la place tout en ayant les sommets en arrière-plan. Superbe vue. A Bodnath, un toit terrasse (il y en a beaucoup) permet de jolies photos des Yeux … En dehors du trek, nos repas se composaient généralement d’une seule entrée pour nous 2 (souvent des momos), d’un plat de riz avec de temps en temps du poulet, de 2 naans (pure gourmandise) et d’un grand pot de thé noir. Un tel régime tournait autour de 700 Rs pour nous 2. Les momos : cuits à la vapeur ou frits, ils sont toujours vendus par 10. Ca ressemble aux Dim Sum, les vapeurs d’Asie du SE (je ne prends pas de risque, ne sachant pas précisément si les Dim Sum sont chinois, thaïlandais ou vietnamiens 😉 …). Bref, donc, un beignet de légumes dans une feuille de riz. Nous n’avons testé que les végé momos vapeur. Qualité très variable selon la fraîcheur et les légumes à l’intérieur. Nos préférés : ceux du Jatra (aux épinards) à 90 Rs (toujours les 10) mais peut-être parce que c’était les premiers ! Egalement ceux du Helena’s (105 Rs), bien moelleux. Ceux du Yak Café (50 Rs) par contre étaient vraiment secs … Le dahl baht : voir § suivant car c’est surtout lors du trek que nous en avons mangé.

Quelques prix : Les prix sont très variables d’un restau à un autre … Une bouteille d’eau (1 litre) : autour de 15 Rs Une assiette de 10 momos végétariens vapeur : entre 40 et 110 Rs Une bouteille de bière (600 ml) : autour de 200 Rs – L’Everest est très douce. Un plat végétarien (dahl baht, fried rice, biryani, chop suey, chow mein …) : entre 100 et 250 Rs Un plain naan : de 25 à 70 Rs – Nos préférés : ceux du Helena’s. Une théière familiale de thé noir (4 tasses au moins) : entre 40 et 100 Rs Très difficile de trouver du coca light ou bien à 100 Rs la canette. A ce prix là, on s’est enfilé des litres de thé.

Voici quelques adresses qu’on a bien aimées : (Vous trouverez les adresses dans le Lonely Planet ou sur un plan touristique de Katmandou)

1 - Dans Thamel

Loin devant, le Helena’s. Ce n’est pas un petit restau cosy, plutôt un grand machin, sur plusieurs étages, aux grandes pièces et grandes tables. Pas beaucoup de charme, ça fait un peu grande cantine. Mais l’accueil est vraiment souriant et la nourriture est succulente. En plus, il y a vraiment de la place et on peut s’y installer pour lire ou écrire son carnet en attendant son repas. On y est allé 4 fois ! 110 Rs la théière familiale avec 3 sachets de thé. Ils la remplissent d’eau chaude gracieusement une fois vide et les sachets infusent encore suffisamment ; 105 Rs les vege momos (ultra frais) ; entre 150 et 250 Rs le plat végétarien (fried rice, biryani, moussaka …) ; 45 Rs le naan tout chaud et tout moelleux. Bref, autour de 700 Rs pour nous 2.

Tashi Deleg : Tout autre ambiance pour ce petit restaurant tibétain qu’il faut trouver. Il est caché au fond d’un couloir. Vous pourrez y tester le fameux tongba (bière de millet chaude). Surprenant, pas mauvais, mais on n’y est pas revenu … Les plats y sont copieux, un peu lourdauds mais vraiment pas chers. Excellents momos (70 Rs). Autour de 400 Rs pour nous 2.

Roadhouse Café : Belle pizzeria tout en bois. Les pizzas, cuites au feu de bois, sont énormes et délicieuses. Autour de 350 Rs la pizza. Ca change du riz …

Kilroy’s Rest : Restaurant réputé, huppé, bondé. Ici, les serviettes sont en tissu … Beaucoup plus cher mais ça vaut le coup. On paie notre repas complet (plats de mouton et de poulet / riz / naan / vrais desserts / 1 bière) 1943 Rs ttc. Pensez aux 13% de taxe à ajouter aux prix de la carte. Ouf … 🤪 Ca les vaut, c’est délicieux mais attention, certains plats sont très pimentés. La carte est sympa, pleine d’humour. Une belle adresse pour un repas en amoureux, surtout en cas de panne d’électricité, les bougies apportant un romantisme fou ! Paiement par CB sans commission.

Thamel House Rest : Restaurant traditionnel dans une belle demeure sur plusieurs étages. Arrivez tôt pour pouvoir profiter de la salle sous le toit. Ambiance chaleureuse où l’on mange assis par terre (ah, oui, il faut aimer ça …) Service à la carte ou bien menu complet de 12 ou 15 (je ne sais plus) plats. En fait, c’est une version très raffinée du dhal bhat. Version vegé ou non. On a pris un de chaque. Ici, le service est rapide ! Quelques momos (pas 10, 5 ou 6 je crois), parmi les meilleurs qu’on ait mangés suivi du dhal bhat. Ils vous disent à chaque fois ce qu’ils vous servent. C’est bon, servi à volonté, comme tous les dhal bhat. Cadre agréable. Forcément plus cher (500 ou 600 Rs le menu végé ou non) … A faire une fois.

2 - Dans Freak Street, du côté de Durbar Square

Ganesh Rest : 400 Rs pour 2 plat vég et 1 grand pot de thé. C’est très bon, pas cher mais vraiment sale et vraiment, mais alors vraiment long ! C’est le seul endroit où je n’ai pas été à mon aise pour manger … Nos verres ont été essuyés avec une méchante lavette grise traînant par terre … Je ne crois pas être chochotte mais j’ai trouvé là ma limite …

Par contre, pas bien loin, le Snowman Restaurant est, parait-il, très réputé pour ses gâteaux. Après l’expérience un peu tristounette du Ganesh Rest, on a envie de se remonter le moral et on ne résiste pas, on commande 2 apple crumble, 1 brownie, 1 chocolat chaud et 1 thé. Euh oui oui, on n’était que tous les 2 … On s’est demandé où on avait pris nos 2 kilos. Je crois que je sais … Enfin, tant pis pour les kilos, n’hésitez pas, c’est un grand moment 🙂 ! Cet endroit nous a rappelé le café de Solitaire en Namibie. Pas du tout pour l’ambiance bien sûr, mais pour le mythe qu’il transporte : passage obligé …

3 - A Chobar

Chobar Village : Suivez les panneaux, il est tout en haut … Très bel endroit, bien aménagé, très calme, accueil chaleureux. Pas un rat … Cuisine quelconque mais superbe vue sur toute la vallée.

4 - A Bhaktapur

Ne manquez pas de goûter les yaourts et les sikarnis (yaourt aux noisettes et fruits), spécialité de la ville. Le café Nyatapola est hors de prix mais les tables en balcon jouissent d’une belle vue sur la place et le grand temple. Au moins, pour y prendre un thé et un sikarni …

LE TREKKING :

Au départ, nous n’avions pas envisagé de trekking. Dans mon salon, quand je pensais à un trekking au Népal, je voyais des cordées sur neige avec piolets et crampons … Pas pour nous tout ça … Allez, peut-être 2 ou 3 jours dans la région de Katmandou … Finalement, à la lecture de différentes infos, j’ai d’abord compris que mon imagination avait déliré et qu’on ratait sans doute quelque chose. D’autant qu’on adore marcher ! Enfin, il y a eu les échanges avec Sawaddeekha qui nous ont totalement convaincus de faire le plus court des grands treks : le trek de Jomsom. Ca nous a semblé être un bon compromis pour tester notre condition physique, notre endurance en altitude et découvrir la logistique d’un trek (relation au porteur, relation au guide, manger, dormir, se laver …). Bref, des questions qu’on se pose tous (j’en suis sûre !) tant qu'on ne l'a pas vécu. Et tout ça dans des paysages paraît-il fabuleux. Donc, nous voilà décidés : c’était parti pour le trek de Jomsom !

On pensait tout organiser depuis Katmandou auprès des nombreuses agences citées dans les guides. En réfléchissant un peu, on a fini par se dire (10 jours avant notre départ !) que ce ne serait sûrement pas très facile et de toute façon très long de comparer les offres sur place ; on se voyait mal courir d’une agence à une autre. Or, toutes ces agences ont des sites et des adresses e-mail. Vive Internet ! En 10 minutes notre demande fut envoyée à 5 agences. Réponse immédiate. On constate que les devis sont assez comparables. Quelques compléments d’infos, quelques modifs … tout est possible, c’est du sur mesure, c’est facile. On finit par se décider. On opte pour Nepal Ecology Trek, d’une part pour leur réputation (unanime sur le Net), d’autre part pour le sérieux de leurs réponses et leur écoute de nos besoins. Réservation sur parole, sans acompte. Ils n’ont apparemment pas de site internet (en tous cas, pas trouvé …) mais voici leur e-mail : ecotrek@mos.com.np Leur package comprend : les services d’un guide anglophone et d’un porteur, de Katmandou à Katmandou les transferts de Katmandou à Pokhara et retours en bus touristique (pour nous 4) les 2 nuits d’hôtel à Pokhara avec petit dej (pour nous 4) le vol Pokhara / Jomsom (pour nous 4) le trek en pension complète (pour nous 4) les permis de l’ACAP la location de 2 sacs de couchage (North Face ou simili, excellent état, propre et bien chaud) 934 € au total que je paierai en liquide (et en €) à un responsable de l’agence venu nous rencontrer à la GuestHouse de Katmandou le samedi matin. Il nous présente notre guide Santa qui nous donne rendez-vous pour le transfert à Pokhara le lendemain matin. Je reviendrai plus loin sur le coût. A propos du permis(2000 Rs/p), l’agence s’est chargée de les faire grâce à un scan de nos passeports et à 2 photos numériques (qu’on a faites dans notre salon !), le tout envoyé par mail … Efficace !

1 - La randonnée en elle-même Le trek de Jomsom constitue la fin du très fameux Tour des Annapurnas, après le passage du col de Thorung à 5400m. C’est un trek facile : 9 jours de marche maxi, 3 à 6h de marche par jour, 3800m au point le plus haut (à Muktinath), sentiers sans danger, quelques ponts suspendus en bon état. Ce circuit traverse fréquemment de jolis villages de pierre, très authentiques. Paysages superbes, variés, et chaînes des Annapurnas et des Dhaulagiris en toile de fond. Je dis bien en toile de fond : ne vous attendez pas sur ce trek à être au pied des grands sommets.

Rappel de nos étapes et durée de marche Lun - J1 - Envol pour Jomsom - 2h30 de marche - Nuit à Kagbeni (New Asia Trekker’s Home) Mar - J2 -4h de marche - Nuit à Muktinath (Shree Muktinath Hotel) Mer- J3 -5h de marche - Nuit à Marpha ( Dhaulagiri GH) Jeu - J4 - 5h de marche - Nuit à Kalopani/Lete (Kasturi Cottage) Ven- J5 -6h de marche - Nuit à Tatopani (Hotel Himalaya) Sam- J6 - 3h30 de marche - Nuit à Shikha (Moonlight GH) Dim - J7 -3h de marche - Nuit à Ghorepani (Kamala Lodge) Lun - J8 - Montée vers Poon Hill +4h de marche - Nuit à Tikhe Dhunga (Chandra GH) Mar - J9 - 2h30 de marche - Transfert en bus de Nayapul à Pokhara – Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel)

Nous avons suivi les conseils d’internautes et de VFistes (encore merci Sawaddeekha !) en coupant en 2 la longue montée de Tatopani vers Ghorepani. Nous n’avons pas regretté ! La descente de Ghorepani vers Nayapul peut se faire aussi en une seule étape. L’arrêt à Tikhe Dhunga permet juste d’assurer le bus local à Nayapul en y arrivant assez tôt. La montée à Poon Hill permet d’atteindre en 40 minutes un plateau duquel, par temps clair, on peut assister à un magnifique lever de soleil sur le Dhaulagiri et les Annapurnas. Nous sommes partis vers 5h et étions redescendus au lodge à 7h30 pour le petit déjeuner. La montée est facile mais ça monte bien donc on a chaud. Par contre, une fois en haut, ça caille vraiment. C’est le moment de tout prendre. Pour ma part, j’avais même gardé mon pantalon polaire et enfilé mon surpantalon coupe-vent. J’étais bien … Thé ou chocolat chaud dispo là haut bien sûr. Emportez quelques roupies, trop sympa !… Ne boudez surtout pas ce point de vue même si se lever à 4h30 dans le froid et la nuit, ce n’est pas hyper cool. Vous serez payés de vos efforts. Pas de regret sur les étapes choisies. On gardera ce découpage pour la prochaine fois … 😉 J’avais entendu dire que le sentier était sale. Je n’ai pas trouvé. De gros efforts ont sans doute été faits. Les villages sont aussi bien entretenus et très accueillants. Notre préféré est Marpha, de très loin !

2 - Condition physique Nous aimons marcher. Sans être des montagnards (on est Lorrains et on habite en banlieue parisienne !) on crapahute régulièrement à Fontainebleau (circuit des 25 bosses pour ceux qui connaissent) et on y a usé nos chaussures de marche avant le départ. Nous avons 45 ans, pas de problèmes de santé particuliers, une alimentation et des habitudes de vie saines. Partant de là, nous n’avons eu aucun problème. Pas de courbature, pas de problème de souffle, pas d’ampoule. Aucune difficulté technique, c’est de la randonnée, ni alpinisme ni escalade. J’ose dire que c’est ouvert à tous ceux qui sont en bonne santé et qui aiment marcher. Mal des montagnes : vous savez qu’aucun entraînement ne peut permettre d’éviter ce désagrément. Seule l’acclimatation lente y contribue. Ce trek ne monte pas très haut. Et même en arrivant à Jomsom en avion (une hérésie en terme d’acclimatation !!), ça ne pose pas de problème. Soyons honnêtes, notre boîte de Doliprane (j’ai lu que pour combattre le mal des montagnes, le paracétamol était préférable à l’aspirine) y est passée quand même et nous mouchions un peu de sang. Mais rien d’inquiétant ou de vraiment gênant. Et les genoux ? 2 écoles : avec ou sans bâtons. Nous, on fait partie de l’école sans. Ce sont les descentes qui bousillent les genoux. Et il y en a !… Nous étions très attentifs à faire travailler les muscles et non les articulations. Ca oblige à descendre avec les genoux très légèrement fléchis et à freiner la descente pour éviter les à-coups mais c’est efficace. Les cuisses et les mollets travaillent et l’articulation du genou est beaucoup moins sollicitée. Bon, que les pros ne me tombent pas dessus, ce sont nos conclusions personnelles ! Et puis après, on a des mollets et des cuisses en béton !...

3 - Les ponts Dans mon salon … je voyais des ponts de singe : une grosse liane sur laquelle on marche en équilibre en s’aidant de 2 autres lianes pour les mains. C’est vrai qu’on voit souvent les yacks passer sur de tels ponts, accrochés par les cornes pour garder leur équilibre … 😛 Sur le terrain, bien sûr, c’est tout autre chose. Ce sont des ponts métalliques pour la majorité (1 ou 2 encore en bois), larges, protégés de part et d’autre par un grillage de plus d’un mètre de hauteur où même les mules n’hésitent pas une seconde. Aucun danger. Bien sûr ça tangue un peu. Bien sûr c’est à claire voie. Parfois (très très rarement) le grillage est béant sur 20 cm (pas même de quoi passer un pied !). Je fais la fière maintenant mais le premier est quand même assez impressionnant. Et puis, on s’habitue et j’ai même réussi à m’arrêter au milieu du dernier (pour la photo, histoire d’en mettre plein la vue à certaine !). Non, je n’ai pas trop regardé en bas quand même !... Enfin bref, pour les inquiets du vide comme moi, soyez rassurés, ça se passe bien. Mieux que la chaîne sur l’Olive Trail en Namibie !!

4 - Le racket des maoïstes Toujours dans mon salon, j’imaginais l’assaut d’un groupe d’une dizaine de communistes, l’œil sévère, armés jusqu’aux dents, kalachnikov à l’épaule, le verbe haut, exigeant leur dû. Et nous de nous soumettre, sans oser les regarder, tendant les billets réclamés en tremblant, et repartant, heureux d’avoir échappé à une mort certaine. Ah, j’vous le dis, j’ai une imagination débordante quand il s’agit de se faire peur toute seule. Sur le terrain, un peu avant Jomsom (au retour de Muktinath), nous apercevons une vieille cahute en bois et 2 mecs, cools, se marrant ensemble. Ils viennent vers nous, tout sourire. Tiens, que veulent-ils ? Et d’un seul coup, ARGH ! je comprends, je vois le drapeau rouge, le marteau, la faucille !! Ce sont eux !!.... comment ça ce sont eux ??... Mais où sont les kalachnikovs, les tanks, les bazookas ?…. Au final, c’est d’un gentil racket dont il s’agit, négociable même. Ils nous remettent un reçu sur l’obole perçue en nous engageant à bien le garder pour le présenter à un éventuel autre groupe et ne pas avoir à payer 2 fois. Grand sourire, échange d’amabilités, photos … bref, je m’étais vraiment fait un film et non, là décidément pas de quoi pavaner en racontant qu’on a survécu aux rackets des maoïstes … Maintenant, ne vous méprenez pas, je ne les défends pas pour autant et je n’en conclus pas qu’ils sont de doux agneaux angéliques … Pour notre part, nous avons payé 500 Rs pour nous 2. Notre guide nous a affirmé que c’est grâce à ses talents de négociateurs que nous avons payé si peu. D’ordinaire c’est 2000 Rs/p. C’était peut-être vrai.

5 - Logistique La logistique est très facilitée par les nombreux petits villages traversés où l’on peut toujours trouver à boire et bien souvent s’y nourrir (ah les tartes aux pommes !!) et y dormir. C’est l’embarras du choix ! Des fontaines jalonnent le parcours. Une pastille de micropur et c’est reparti ! Nous profitions aussi très souvent d’une pause pour boire un black tea dans une tea shop, ou mieux encore un chocolat chaud (du vrai, avec plus de lait que d’eau). Très chaud. Avec un crumble aux pommes, sur fond d’Himalaya … Vous imaginez ? C’est à pleurer !!! Dans ces conditions, une gourde d’1 litre pour nous 2 nous a largement suffi tout au long du parcours.

5.1 - Les lodges Aucun lodge n’était réservé. C’est bien sûr toujours Santa qui nous a guidés vers les lodges de son choix, en nous demandant si ça nous convenait (ce qui a toujours été le cas). C’est quoi un lodge ? Dans mon salon (dernière fois, promis 😛) … j’imaginais des refuges de montagne, avec une immense salle/dortoir où se superposaient trois étages de lits en rangs d’oignons … (j’ai connu ça à la caverne Dufour à la Réunion). Ici, c’est vraiment mieux que ça. Nous avons toujours eu une chambre pour 2. Certes, sommaire : 2 lits, 2 matelas (vraiment minces !), 2 oreillers. Soyons clairs, ça n’incite pas aux câlins … Toujours un petite table où poser son sac à dos. Parfois une prise électrique qui permettait (quand elle fonctionnait) de recharger la batterie de l’appareil photo. WC communs, assez souvent à la turque, avec papier et eau. Douches communes, pas toujours chaudes, parfois dans le même local que les wc, parfois, juste un robinet. Et parfois 1 seule douche pour 10 ou 15 chambres … C’est très sommaire, c’est froid mais c’est propre. Pour ma part, je me suis lavée complètement tous les jours (mais c’est sûr que les Lorrains sont un peu moins frileux que les Drômois 😛 …). Chambre, wc et douches ne sont pas chauffés. Il faut donc un bon duvet et avoir vraiment une grosse envie pour avoir le courage de se relever la nuit … Pensez-y avant de boire le dernier thé du soir … La salle à manger commune est la seule pièce chauffée, soit par un poêle, soit par des braseros glissés sous les grandes tables elles-mêmes recouvertes de couvertures qui vous tombent sur les genoux. En soirée, tous les trekkeurs se retrouvent dans cette pièce pour y manger, lire, jouer, discuter … Ambiance toujours sympa, décontractée et simple. Nous y avons fait de belles rencontres. Notamment 2 jeunes Japonaises ne parlant pas un mot d’Anglais mais tellement ouvertes, tellement joviales, tellement communicatives qu’on prenait un grand plaisir à se retrouver d’une étape à une autre … Elles ont même réussi à nous apprendre un jeu (une histoire de pouces levés) qui nous a tous (guides, porteurs, trekkeurs) beaucoup amusés. Séquence fou rire. Comme quoi, le langage parlé ne fait pas tout … Mais est-il un voyageur qui en doutait encore ?… Nous étions plus couverts dans les lodges que sur le chemin, d’autant plus que les Népalais ont la fâcheuse habitude de laisser les portes grandes ouvertes (il faut bien le reconnaître, les Népalais sont encore moins frileux que les Lorrains …). Bref, on se couvrait donc : pantalon polaire, chaussettes de laine (prévoyez des sandales à scratch plutôt que des tongs …), T-shirt manches longues, petite et grosse polaire, écharpe polaire. Indispensable également de disposer d’un sac de couchage bien chaud. Je dormais avec une chemisette style Damart et des chaussettes. Je vous l’ai dit, ça n’incite pas aux câlins … Cela étant dit, ainsi parés, nous n’avons jamais souffert du froid. Je n’ai pas de remarque particulière sur nos lodges. Le New Asia Trekker’s Home était de loin le plus confortable (sanitaires privés) mais tous étaient bien. Aucun à éviter absolument. On s’est offert une tarte aux pommes (oh ? 😇) à l’Eagle Nest Guest House de Ghasa (entre Kalopani et Tatopani) et ce lodge nous a paru vraiment vraiment bien … presque douillet … Et l’apple pie était divine !! On a retenu son nom pour la prochaine fois …

5.2 - Les repas Nous arrivions au lodge généralement un peu après midi, pour y déjeuner. Tous les lodges proposent une carte longue et variée (mais la même partout). Contrairement à ce qui était stipulé dans notre devis, Santa nous a toujours laissés libres de choisir tout ce qu’on voulait. Tous les guides font ça apparemment : ils disposent d’un forfait pour l’hébergement et les repas et si les trekkeurs sont raisonnables tout le monde y gagne … nous en liberté, eux sur le forfait. On n’a jamais dû le dépasser puisque, jusqu’au bout, on a eu "carte libre" pour les 3 repas par jour (le petit déj aussi est à la carte). On n’a jamais abusé non plus (mais on n’avait pas envie). Ni bière, ni dessert … Juste un bon gros dahl baht et une grosse théière de thé noir et on était heureux. Entre la commande du déjeuner et l’arrivée de votre plat, il faut bien compter … au moins 30 minutes (moi, j’en profitais pour me doucher !). Aussi, pour le dîner, les lodges ont-ils pris l’habitude de prendre la commande dans le courant de l’après-midi et de vous demander à quelle heure vous voulez être servis (généralement, entre 18 et 19h). Idem pour le petit déj, la commande est passée la veille en indiquant l’heure de service. Le rituel est toujours le même : vous notez dans un cahier votre numéro de chambre, votre commande et l’heure. Lents mais bien organisés ! Les frais de repas et d’hébergement sont totalement pris en charge par le guide. Rien à débourser (hormis le thé que nous sirotions dans l’après midi et que nous payions aussitôt). Pour information (pour notre prochain trek et pour VF !!), j’ai noté que chacun de nos 3 repas revenait en moyenne à 500 Rs pour nous 2 (soit 1500 au total) et que la nuit en lodge coûtait entre 100 et 150 Rs pour un confort simple (sanitaires communs).

5.3 - Le fameux dahl baht C’est le plat national du Népal, a fortiori du trek. Très nourrissant, très copieux puisque servi à volonté, très bon, nous, on ne s’en est pas lassé !! Une énorme assiette de riz cuit vapeur et autour un curry de légumes, une soupe de lentilles, des épinards, des achards. Tout est resservi à volonté et dès que votre assiette se vide, ils arrivent avec les gamelles. C’est génial. Je vous assure que, lorsque vous avez marché 4 ou 5 heures, l’estomac dans les talons, ce plat bien chaud est divin. Le serait-il autant un samedi soir ici à Paris avec des amis, je n’en suis pas si sûre … mais, là, en montagne, il avait toute sa saveur ! Vous devez goûter ça ! Et goûtez le vite car si vous aimez, vous pourrez y revenir !

5.4 - L’équipement (à cette époque, début Novembre) Dans la journée, il fait doux mais on sent qu’on est en altitude. Le matin, on démarrait (entre 7h30 et 8h) avec 4 couches (T-shirt + polaire légère + grosse polaire + coupe-vent). Généralement, après 1 heure de marche, nous tombions le GoreTex (coupe vent et grosse polaire) et parfois même la polaire légère (surtout si on montait !). La partie de Jomsom vers Kagbeni est très ventée. Le coupe-vent est très appréciable ici, ainsi que des lunettes de soleil (pour protéger les yeux des grains de sable qui volent). Finalement, nous n’avons jamais souffert du froid pendant la journée.

Notre sac à dos (1 seul pour nous 2) pesait environ 14 kg (sacs de couchage compris). Eh bien, vous savez quoi ? on a encore ramené du linge propre ! On emporte toujours trop ! Sur ce trek, on transpire peu, on ne se salit pas, on peut se laver facilement et il n’est pas utile de changer de T-shirt tous les jours. Bien sûr au bout de 5 jours, je ne dis pas que je sentais encore l’Ariel Grand Large mais je ne faisais pas fuir mes voisins non plus, je vous assure … Après la douche, je m’habillais d’une tenue propre pour la fin de journée. Et le lendemain matin, je ré-enfilais ma tenue de marche qui avait eu le temps de s’aérer. Un changement de T-shirt au bout de 5 jours et voilà ! Sachez néanmoins qu’il fait froid la nuit et qu’un slip lavé ne sera pas sec le lendemain matin … Pensez aux protections jetables, c’est idéal (d’accord, ce sont des déchets qui polluent, c’est vrai …). Un soutien gorge de sport est plus confortable. Comment ça "pour quoi faire ?" ? Même pour les petits gabarits comme moi, c’est plus agréable.

Voilà ce que j’ai utilisé en 9 jours : 2 T-shirt manches courtes (en fibre technique, c’est mieux pour éviter la sensation de froid après transpiration) 1 T-shirt manches longues, un peu épais, pour le soir (je ne l’ai pas porté en journée) 1 polaire légère (journée et soir) 1 pantalon de rando coton 1 surpantalon imperméable et coupe-vent (Lafuma, entièrement zippé, très bien, trouvé chez Go Sport) 1 pantalon polaire (pour le soir ou sous le surpantalon pour monter à Poon Hill) 1 grosse polaire 1 coupe-vent Gore Tex 2 paires de chaussettes de rando 3 slips, 2 SG 1 chemisette manches longues style Damart (mais moins chère que Damart) pour la nuit Bonnet, écharpe, gants

Indispensable : Chargeur pour votre batterie d’appareil photo numérique (pas besoin d’adaptateur mais les prises ne fonctionnent pas toujours bien) Lampe frontale pour les pannes d’électricité (courantes si j’ose dire !!) et aussi pour lire au lit quand l’interrupteur est près de la porte … Vous trouverez des piles rondes de rechange partout. Protection solaire, mais n’emportez pas 25 flacons, il n’y a que le visage qui est exposé … un petit tube suffit (et toc, encore 50 gr d’économisé !) Des mouchoirs en papier : on mouche beaucoup. Ceux vendus sur place sont ultra fins et se transforment en dentelle après une seule narine. Pas très agréable … Offrez-vous ce petit luxe d’apporter vos Kleenex habituels. Des sandales et non des tongs, pour pouvoir garder des chaussettes. C’est vraiment agréable de quitter les chaussures à l’étape. Du papier toilette pour vos besoins dans les petites tea houses en chemin. Un peu de lecture. Pour ma part j’ai lu Annapurna premier 8000 de Maurice Herzog. En dehors des passionnés de montagnes, ce livre n’a aucun intérêt SAUF ici !! On est dans ses pas, il cite des villages qu’on traverse, des sommets qui nous dominent, des cols qu’on aperçoit … Fabuleux ! Je le conseille. Un jeu de cartes. De l’argent liquide : pour payer les dépenses hors repas (les thés, les tartes aux pommes, les maoïstes …). On a dépensé 60€ pour nous 2 pendant les 9 jours de trek (ça file vite quand même …). Ne cherchez pas à tout prix à n’emporter que des petites coupures, les billets de 500 Rs ne posent aucun problème. Prenez soin de votre permis de l’ACAP, vous aurez à le présenter assez souvent. Nous avions laissé nos passeports dans le coffre de Katmandou. Mais vous en aurez besoin ainsi qu'une photo d'identité si vous devez faire ce permis sur place.

5.5 - Une journée type Petit déjeuner autour de 7h Départ entre 7h30 et 8h Arrivée à l’étape entre 11 et 13h Repas / Douche Visite du village / Lecture / Ecriture / Recherche d’une tarte aux pommes (encore ??!!) / Repos … Dîner entre 18h et 18h30 Dodo vers 20h

6 - Santa, le guide et Divi, le porteur Nos relations ont été agréables, amicales et saines, d’autant plus que Santa avait une attitude très paternelle et très protectrice envers le jeune Divi. Ce qui n’est pas toujours le cas ... Divi ne nous attendait pas. Il marchait à son rythme, à savoir très très vite (en sandales de plastique !) avec de nombreuses pauses assez courtes. Santa, lui, démarrait avec nous. Son niveau d’Anglais était vraiment très faible et ne nous permettait aucune discussion. Ce qui ne nous gênait pas beaucoup, et lui non plus apparemment. Nous marchions côte à côte, sans non plus être collés. Parfois il s’arrêtait pour discuter avec un copain et l’écart se creusait. Nous sommes même montés à Poon Hill seuls car il avait une gueule de bois à gérer …. Lors des pauses, il est de coutume et de bon ton de payer l’ensemble des consommations. Mais ils étaient tous 2 bien moins gourmands que nous ! Qu’est-ce qu’on a pu manger comme tartes aux pommes !! Aux étapes, guides et porteurs se retrouvaient tous ensemble pour manger, boire de l’alcool de pomme et jouer aux cartes. De temps à autre (entre 2 donnes), un petit coup d’œil, un petit sourire pour vérifier que tout allait bien pour nous. Pas du tout envahissants et je pense que Santa a vite compris que ça ne nous gênait pas (ceux qui ont lu mes précédents carnets savent que nous ne sommes pas très liants). Il vivait sa vie, nous la nôtre, en bonne entente. C’était parfait pour nous. Lors de l’étape à Muktinath, nous avons passé la soirée avec un couple d’Allemands, nos guides et nos porteurs. A 8, tous ensemble à la même grande table pour profiter du brasero à nos pieds. Mais ce fut la seule fois. Le porteur des Allemands n’était d’ailleurs pas du tout à son aise … Le pourboire. Toujours un peu délicat … Surtout ne pas les brimer, mais sans donner trop non plus … Nous avons suivi les conseils d’autres trekkeurs disant de prévoir 3€ pour le guide par jour de trek et 2€ pour le porteur. Nous avons donné 2500 Rs à chacun. Pas eu envie de faire de différence.

7 - Le bilan

7.1 - L’agence Nepal Ecology Trek Je pense vraiment que NET est une excellente agence. Tous les guides qu’on a croisés (de chez NET ou non) nous ont dit que NET était correcte avec ses guides et ses porteurs. Par ailleurs, les bénéfices servant des œuvres humanitaires, ça aide à ouvrir le porte-monnaie pour une somme aussi lourde … Car, tout de même, la satisfaction n’exclut pas le bilan et il faut bien convenir que passer par une agence (même locale, je ne parle pas des agences françaises !) revient très cher. En comptant très large, j’ai estimé avoir payé plus du double du prix de revient (salaire, hébergement et repas de nos 2 compagnons de voyage inclus). Aucun regret bien sûr, d’abord c’est pour la bonne cause, on a fait travailler un guide et un porteur et on n’aurait jamais imaginé partir seul pour une première approche de l’Himalaya. On a payé notre confort, notre tranquillité d’esprit et notre sécurité. On a rencontré en chemin plusieurs couples faisant le grand Tour seuls, sans guide, sans porteur. Liberté totale … C’est vraiment faisable … Clairement, sur ce trek, le guide est inutile. Il n’y a aucune ambiguïté de parcours, du monde partout (Népalais et trekkeurs) pour vous aiguiller si nécessaire, des lodges en abondance et les maoïstes sont calmes. Si c’était à refaire, et toujours dans le cadre d’un premier voyage, je conseillerais, l’embauche d’un seul guide/porteur, directement (hors agence). Dans ce cas, il faut embaucher quelqu’un recommandé par d’autres pour éviter de tomber sur des filous … Sawaddeekha (entre autres !) donne le mail de son guide/porteur dans son post (cliquer ici).

7.2 - Le trek en lui-même ENCHANTES !! Mais avec un énorme goût de TROP PEU au final … On s’aperçoit que décidément on aime marcher ! Notre but est atteint. Ce trek était une première approche. Nous voulions voir ce qu’était un trek dans l’Himalaya, nous voulions voir si nous avions la condition physique pour le faire, l’esprit, le goût, l’envie d’aller plus loin. On a répondu … Résultat : en arrivant à Katmandou, on a couru acheter une carte du Tour des Annapurnas au 1/100 000 pour préparer le prochain. Que nous ferons seuls, cette fois, puisque maintenant on sait où on va, on peut se le permettre. En prévoyant 4 semaines (pour 16 à 20 jours de trek), ça nous parait large et prudent, tout le temps nécessaire pour s’acclimater et parer aux imprévus. Thorung La, attends-nous, on revient ! Maintenant il faut que j’explique à mon patron que je veux partir 4 semaines … pas gagné !! 🤪

KATMANDOU :

Rien de ce que je peux dire ici ne suffira à vous en donner une image exacte. Tant mieux ! La première impression que fait Katmandou (surtout en arrivant en début de soirée, période de rush) est déconcertante. Katmandou est la ville de tous les contrastes : le sublime côtoie le sordide, le spirituel côtoie l’immonde … Mais voilà qui fait tout son charme. Jamais vu ville plus bruyante, plus polluée, plus délabrée. Les ordures jonchent les rues, apportant avec elles leurs lots d’odeurs ! Imaginez un peu : des femmes magnifiques dans leurs saris vifs et colorés, assises au milieu des gravats ; un doux fumet de curry couvert d’un seul coup par l’odeur âcre de l’urine ; un rat crevé devant un temple de Ganesh ( !) ; des embouteillages monstres, bruyants, juste aux abords d’une petite cour sereine où du linge sèche sur un temple … Ce sont ces contrastes aussi marqués qui rendent Katmandou fascinante. Soyez prévenus, Katmandou n’est pas Luang Prabang, loin s’en faut. Mais que ça ne vous empêche pas de plonger avec délices dans cette ville intemporelle.

Swayambhunath 100 Rs (guichet tout en haut des marches) – Tous les prix indiqués s’entendent par personne Depuis Thamel, on peut s’y rendre à pied : les explications du Lonely Planet dégrossissent, les Népalais font le reste. Ils devinent tous où vous allez quand vous êtes dans le coin … Environnement agréable, long escalier pour atteindre le stupa où les singes se donnent en spectacle. Nous avons supposé que nous y étions un jour de fête, tant les Népalaises aux saris rouges étaient nombreuses. Superbes scènes d’offrandes. Tous les sens sont sollicités : la vue en premier lieu avec tout ce rouge déployé, l’odorat avec les bougies et les petites lampes à huile, l’ouïe avec le son des clochettes que tous font tinter pour appeler les divinités, le toucher avec les moulins à prières qu’on n’a pas manqué de faire virevolter nous aussi. Pour nous ne manquait que le goût. Les Népalais l’ont eux développé au cours d’un grand repas rituel partagé au sein du temple, à même le sol, des journaux en guise d’assiettes. Notre premier temple, nos premiers Yeux, nos premières rencontres, nos premiers portraits. Belle visite, le ton de notre voyage était donné !

Durbar Square 200 Rs Si vous comptez y passer plus d’une fois, ne manquez pas de demander un pass. Il vous faut une photo d’identité et votre passeport. Si vous avez le temps, ne cherchez pas à la comprendre en une seule fois. Venez-y en fin d’après midi, avec une belle lumière rasante et laissez-vous simplement porter par l’ambiance, perdez-vous dans ce dédale de temples newar et shikhara. Et puis revenez, cette fois pour une visite plus approfondie, plus studieuse. Arrivez, cette fois, tôt le matin quand la place commence seulement à s’animer. Montez en haut de Maju Dega et prenez le temps de lire vos guides. Le petit plan fourni par le guichet et le Lonely Planet suffisent pour faire une visite complète et agréable. Mais si vous préférez être guidés, vous n’aurez que l’embarras du choix … Nous, nous préférons toujours être seuls et avons écarté gentiment les guides qui proposaient leurs services. Lonely Planet, plan et boussole à la main, on vit alors notre visite un peu comme une chasse aux trésors, et les efforts que l’on fait pour découvrir tel ou tel indice nous permettent de nous approprier le lieu, de noter les détails truculents et de fixer les images. On aime cette quête. Le musée Tribhuvan (250 Rs) n’a d’intérêt que pour l’architecture du bâtiment. Le contenu, à la gloire des derniers rois, m’a prodigieusement barbée (et je reste polie) ! Le berceau du roi, la tétine du roi, le jouet du roi, une photo du roi avec Machin, et encore une avec Bidule, et encore une avec Truc … Pfff … En plus, que c’est grand … Je pense qu’on peut vraiment en faire l’économie …

Pashupatinath 250 Rs Pour ce prix, vous n’aurez accès qu’à l’extérieur. L’entrée du temple est interdit aux non-hindouistes. On y va en taxi depuis Thamel (120 Rs). Je suis un peu mal à l’aise avec cette visite … Pashupatinath se situe au bord de la rivière sacrée Bagmati le long de laquelle ont lieu très régulièrement des crémations. Agglutinés le long de la rive opposée, on assiste à ce spectacle bien orchestré. J’ai beau y assister avec discrétion et humilité, je ne peux pas m’empêcher de m’interroger sur le bien fondé de ma présence. Bien sûr c’est une cérémonie, intéressante sur le plan culturel, et s’il s’agissait d’un mariage ou d’un baptême, je n’aurais aucun scrupule. Le problème c’est la mort … Autant il me parait sain et agréable d’assister à la joie des gens, autant j’ai plus de mal avec le chagrin. Quelle est la part de voyeurisme ?... Bon, je n’ai pas répondu à cette question … et je suis toujours partagé entre l’enrichissement culturel que m’a apporté cette cérémonie si loin de nos coutumes, et la gêne et le sentiment d’avoir peut-être manqué de compassion et de respect. A l’Est de la rivière s’élève un large escalier avec, de part et d’autre, une forêt de chatryas dédiés à Shiva. Dans ce dédale de petits temples, quelques sadhous, plus ou moins comédiens, attendent le touriste pour monnayer une photo. Bref, voici un endroit intéressant mais qui m’a laissé un souvenir mitigé … A chacun de voir …

Bodhnath 100 Rs On rejoint Bodhnath à pied depuis Pashupatinath à travers villages et champs grâce aux explications claires du Lonely Planet. Bien peu de touristes ici finalement comparé à l’affluence à Thamel le soir. Ce n’est peut-être pas ce que la majorité vient chercher. Peu importe, tant mieux pour moi ! Car les Yeux, ceux que l’on voit partout, c’est ici !! Un cube doré sur un dôme blanc festonné de guirlandes de peinture jaune. Et la musique sacrée Om mani padme hum qui partout résonne, relaxante, lancinante. Tous dans le même sens, Népalais et Tibétains tournent autour du stupa en faisant valser les moulins. Et dominant toute cette ferveur, ce Regard impassible, envoûtant … Mon regard à moi se voile … Séquence émotion. Nous tournerons nous aussi autour du stupa, d’un lent pas de sénateur, comme il convient. Un tour, 2 tours, 10 tours … jusqu’à plus soif, jusqu’à pouvoir se décrocher de ce lieu magique. Une fois encore, je prends conscience ici du privilège et de la chance que j’ai de pouvoir réaliser mes rêves.

Thamel Quartier touristique de Katmandou qui regorge de petits hôtels et de bons restaurants. Sans parler des boutiques, des agences, des bureaux de change … tout est fait pour les touristes. Absolument aucune authenticité, pourtant ce quartier vivant n’est pas désagréable. Il est en tout cas extrêmement pratique. Vous y trouverez entre autres de nombreuses librairies vendant des livres (ben oui !) mais aussi et surtout des cartes détaillées de tout le Népal, vraiment pas chères. Quand Philippe veut me faire plaisir, il ne m’emmène pas dans une bijouterie, il m’emmène à l’IGN. Alors là, comme il disait, j’étais comme une gamine dans une confiserie, les yeux écarquillés, ne sachant plus où donner de la tête, totalement survoltée. Je crois même l’avoir un peu saoulé 😇 … Nous y avons acheté les cartes qui nous serviront à préparer notre retour …

LA VALLEE :

1 – Bhaktapur

Minibus express : 15 Rs/p l’aller, 18 le retour. Bhaktapur, savamment restaurée, est un joyau !

Durbar Square 750 Rs – Avec votre n° de passeport, le guichetier indiquera au dos du billet la durée de validité que vous lui demanderez Nous savions que nous reviendrions … Comme pour Katmandou, une première visite où on a goûté l’ambiance, flâné dans les rues et consacré du temps pour Changu Narayan. La veille de notre départ, nous y sommes revenus. L’impression d’être déjà en terrain connu, le plaisir de retrouver ce que l’on a adoré 2 jours plus tôt. Revenir, c’est bénéficier d'un bonus. Pourtant, pour être parfaitement honnête la Durbar Square de Bhaktapur n’est pas ma préférée mais on est quand même à un très haut niveau d’émerveillement … Pour contempler le temple Nyatapola depuis la terrasse du café éponyme, il faut accepter de payer le prix fort … c’est hors de prix. Mais que le sikarni (yaourt local agrémenté de noisettes et de fruits) y est bon !! Allez, petit luxe …

Changu Narayan 60 Rs A défaut du bus local vraiment trop bondé, on revient à Durbar Square où on négocie âprement un taxi pour nous y emmener, nous attendre et nous redescendre. 300 Rs l’A/R. Route défoncée comme il se doit, qui s’élève vers un temple superbe, haut en couleurs. Nous y arrivons un jour de fête. Le monde, le rouge, les tikas épaisses et colorées sur tous les fronts (hommes, femmes et enfants) ne nous laissent pas en douter. Une fois de plus, nous passerons davantage de temps à admirer les gens et leurs coutumes que les sculptures des étais de bois (pourtant d’une rare finesse). Nous redescendrons trop sagement (et un peu à regret) retrouver notre taxi au bout d’une heure, durée d’attente convenue avec le chauffeur. Sommes-nous trop disciplinés ?…

2 – Patan

Taxi de Thamel à Patan Dokha pour 150 Rs. Là encore, nous suivons l’itinéraire du Lonely Planet qui nous entraîne de petites ruelles en minuscules passages couverts, de cours en cours, toutes pourvues de leur petit temple, de leur bassin, de leur puits. L’objectif est d’atteindre Durbar Square en profitant de toutes les splendeurs de Patan. Superbe balade.

Golden Temple 25 Rs Un peu lourd (à mon goût) mais superbe ! Montez à l’étage visiter le monastère bouddhiste.

Durbar Square 200 Rs Mon préféré … c’est mon esprit cartésien qui parle : celui-là est tiré au cordeau ! Le toit terrasse du Taleju Restaurant domine toute la place, avec les montages en toile de fond.

Musée 250 Rs Remarquable, didactique, on y passerait des heures. Belle muséographie, belles pièces, nombreuses clés sur l’iconographie bouddhiste et hindouiste. On y apprend beaucoup de choses, facilement, pour peu qu’on lise l’Anglais …

3 – Kirtipur et Chobar

Kirtipur est un petit village agréable qui permet de découvrir les environs de la capitale. Nous nous y sommes rendus en bus (9Rs/p) et ensuite, à l’aide du Lonely Planet, d’une boussole et des habitants, nous avons visité les lieux. Jolies petites ruelles de briques rouges avec partout des petits temples, tout poisseux de paraffine et enduits de pigments rouges, orange, jaunes au point parfois de ne plus reconnaître la divinité … Perdez-vous et profitez. Ce n’est pas bien grand, on ne risque rien …

Nous quittons Kirtipur à pied pour rejoindre Chobar. Toujours grâce aux indications des villageois, nous y arriverons sans problème par une agréable promenade dans la campagne, le long des rizières. N’hésitez pas. Avant de chercher les fameuses gorges, on décide d’aller manger … Le Chobar Village est réputé. Repas quelconque (voir § plus haut) mais surtout vue superbe sur toute la vallée et accueil chaleureux. La gorge de Chobar ne vaut pas tripette … surtout quand on rentre de l’Annapurna … Mais qu’importe, elle fournit un objectif à une jolie balade en campagne.

Nous rejoignons ensuite Patan à pied (ça fait un petit bout quand même) pour revoir encore Durbar Square. Nous y sommes arrivés à 17h15, la nuit tombait, les bibelotiers remballaient leur étals, quelques ampoules à droite à gauche formaient des ombres sur les grands temples … ambiance magique … Enfin, taxi pour rentrer à Thamel (150 Rs et ½ h de bouchon …).

C’est une très belle journée mais Patan et Bhaktapur restent prioritaires. C’est parce que nous avions le temps …

DIVERS :

L’accueil : souriants, gentils, aimables, serviables … un vrai bonheur Logistique : pensez à apporter des photos d’identité. Au moins 2 : une pour le pass de Durbar Square de Katmandou, une autre pour le permis de trekking. Vous trouverez tout à Thamel ou à Pokhara. On a acheté 2 gourdes en métal à Pokhara la veille de partir en trek, vraiment pas chères (400 Rs chaque). On en a eu pour notre argent : elles fuyaient !... D’ailleurs, elles sont restées au Népal … Pannes d’électricité fréquentes et parfois assez longues. Certains lieux (hôtels, boutiques, restau) ont des groupes électrogènes, d’autres pas … On a mangé aux bougies au Kilroy’s, c’était super ! Finir sa douche dans le noir, ça l’est moins … Les cybercafés sont très nombreux, pas chers mais les tarifs varient du simple au décuple ! Débit effroyablement long … Il faut parfois ½ h d’attente pour avoir enfin accès à la messagerie. 10 minutes pour faire un beau grand message détaillé, je me relis, oui, c’est bien, ouf ! allez "ENVOYER" et vlan … panne de courant !!! j’ai failli jeter la souris sur l’écran … Bref, n’entrez pas dans un cybercafé sans votre bouquin, une petite heure devant vous … et une bonne dose de fatalisme … La carte bancaire : oui, elle peut servir, pour les achats un peu plus coûteux. Nous l’avons utilisé 2 fois : un restau (le Kilroy’s) et l’achat d’un mandala. Je ne l’ai pas utilisée en retrait cash, j’avais apporté des € et des TC en $ (mais pourquoi donc des TC en $ ?? Je les traîne depuis 17 ans, j’en ai marre, on a décidé de les utiliser …). Le climat à cette époque : sec, lumineux, doux. N’oubliez pas une polaire pour les soirées à Katmandou. Sans faire froid, il fait frais … Vous pouvez oublier les débardeurs et les shorts. Pour nous Lorrains, ça nous semble être le temps idéal pour voyager ! Je déteste transpirer !.... L’affluence touristique à cette époque : énorme, disparate, beaucoup de groupes de Français sur le trek. Thamel se vide de ses touristes en journée. Ambiance plus cool … Il devient alors agréable d’y flâner. Les problèmes de santé : ni Philippe, ni moi-même n’avons souffert de tourista. Nous buvions de l’eau en bouteille ou purifiée à la pastille (l’équivalent de Micropur) et nous nous lavions les dents à l’eau du robinet. Pas de précautions particulières non plus sur les légumes, les fruits et les crudités. Hors de question de s’en priver, on a juste habitué nos estomacs progressivement. Je suis convaincue qu’à trop prendre de précaution, on ne s’immunise pas et que c’est comme ça qu’on finit sur les toilettes … Ca n’engage que moi et je dégage toute responsabilité bla bla bla … Par contre, on a beaucoup souffert de la gorge et des bronches à Katmandou, très sûrement à cause de la pollution. Mais quoi, on n’allait quand même pas se trimballer avec un masque ?… On en a vu ! Les devantures des pharmacies regorgent de Strepsil. Comme quoi !… L’air pur de Paris a suffi à nous remettre sur pieds … Quoi ?... 😇 L’itinéraire : notre choix a été très particulier : un "petit grand" trek qui occupe la moitié du séjour et le reste à Katmandou. On aurait pu aller à Chitwan ou à Bardia, je sais Sawaddeekha, tu avais insisté sur ce point … On aurait dû courir … On a fait le choix de se poser … On ne regrette pas, Katmandou mérite qu’on s’en imprègne pour passer derrière l’écran, sinon, on risque de repartir avec juste la vision d’une ville dépotoir … Affaire de temps, affaire de choix, affaire d’envie ... Nous avons privilégié le confort de se poser 8 jours dans le même hôtel et de rayonner. Peut-être aurions-nous dû consacrer une nuit à Bhaktapur pour profiter de la ville le soir. On a peut-être été un peu mous sur ce coup-là … Photos : portraits faciles pour peu que vous disposiez d’un numérique et que vous montriez le résultat. Les voisins voudront voir et vous demanderont d’être pris eux aussi. Ca peut parfois durer longtemps … Un jour, j’ai vu un touriste faire une photo d’un Népalais, en guenilles, un peu hagard, pauvre hère … Certes, allure vraiment exotique. Le photographe demande à sa femme de se mettre à côté (tel un trophée). Gros rire niais de la femme, elle s’exécute et s’approche de notre homme, assez près pour être dans le cadre, mais pas trop non plus des fois que ses puces aient envie de changer de propriétaire … sourire conquérant de la femme, regard perdu du pauvre homme, voilà, c’est parfait, la photo est faite. La femme rejoint son mari affairé à vérifier son œuvre tout en rejoignant déjà son groupe. Ils n’auront pas un regard, pas un geste, pas un merci pour le pauvre homme qui est resté planté comme un I, le regard totalement éperdu. J’ai été lâche, ils n’étaient pas Français et je ne me suis pas sentie capable de les insulter en Anglais. Mais j’aurais dû le faire en Français. Le numérique a un énorme avantage : celui de partager avec son sujet la photo faite. Et ce moment de partage est divin : le regard s’illumine, il touche l’écran, un sourire point, pudique, et levant alors les yeux vers moi, il me remercie encore plus que moi je ne le faisais. Gratitude partagée, échange de sourires, les mots sont inutiles, l’émotion passe. Ce moment est bien plus important que la photo en elle-même. Prenez en photo un enfant porté par sa mère et regardez le sourire et l’air fier de la mère devant le résultat. On n’oublie pas de tels moments. Combien de portraits ai-je fait, que je n’ai pas conservés, juste pour créer cet instant magique ! L'artisanat : beaucoup de babioles sympa pour faire plaisir à moindre frais … Rien d’extraordinaire en terme de sculptures sur bois, les pays d’Asie du Sud-Ouest proposent un artisanat bien plus fini. Les boutiques "d’antiquités" disposent parfois de belles pièces (de bronze notamment) mais attention aux prix. Nous avons aimé les peintures (aquarelles, huiles, mandalas). Aucun conseil, c’est tellement affaire de goût. Prenez le temps avant d’acheter car les qualités varient beaucoup d’un artiste à un autre. Les boutiques de Thamel ferment entre 19 et 20h et ouvrent assez tard (vers 10h). Ambiance agréable dans les boutiques, les vendeurs vous hèlent sans agressivité et avec le sourire.

On a beaucoup aimé : 🙂 Le trek - Etre dominés par des plus de 8000. Dormir dans des sacs de couchage bien chauds dans des chambres bien froides Les apple crumble de Marpha … et d’ailleurs Les magnifiques temples newar aux fines sculptures sur bois, prélude des pagodes chinoises

On a moins aimé : 😕 Sentir les mollards passer parfois bien près … A Bodhnath, j’en ai pris une éclaboussure sur la main. Beurk, beurk, beurk … Ah, quels cracheurs !! Les klaxons La minceur des matelas

En conclusion ... Que de joie, que d’émerveillement, que de surprises mais aussi que de frustrations nous a réservés ce choix, disais-je en intro ! Il est très peu de pays dont on soit revenu en disant qu’on y retournerait. Le Népal en est un. Certes, les yeux de Bouddha sont envoûtants, énigmatiques ; Katmandou est fascinante, tellement fatigante, polluée, bruyante, mais tellement hors du temps, chatoyante, joyeuse, hallucinante ; les Népalais sont d’une gentillesse et d’une patience incomparables ; les dahl baht sont délicieux … Mais au-delà de tout ça, ce qui nous a émerveillés, ce sont les montagnes, ces sommets blancs majestueux. Ce sont eux que nous voulons revoir. Correction ! Pas seulement en fait, c’est un tout. Ce qu’on veut revoir, ce qu’on veut revivre, c’est l’arrivée dans les villages de pierre, le sourire des villageois en chemin, le chocolat chaud qui réchauffe les doigts engourdis, les repas roboratifs mais toujours hauts en saveur, les mules, les yacks souvent croisés sur les sentiers, les porteurs qui malgré leur charge continuent à sourire, les paysages changeants, variés, toujours grandioses, les ponts, défi vaincu à ma peur du vide, les soirées autour d’un brasero emmitouflés dans 2 polaires, les nuits froides et noires, chacun blotti dans son sac de couchage bien douillet, à se sourire sans rien se dire … Non, ce qu’on veut revoir, ce ne sont pas les montagnes, ce n’est pas vrai. Ce qu’on veut revoir, finalement … c’est le Népal. Thorung La, on reviendra.
Tracter sa voiture derrière son camping-car? English translation pending
by Colladeze · 2007-11-28 · 670 replies
je tracte ma voiture derriere mon camping car en toute légalité...et oui c'est permis car nous sommes européens peu de gens le savent. Mon épouse étant handicapée je me suis intéressé au probleme de tracter sa voiture pour les déplacements hors des campings et les visites des sites lorsque nous partons si des personnes sont intérésées je suis a leur dispositions pour montrer le systeme. monCC un RAPIDO962 et ma voiture une AX diesel salutations 😎

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