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Région des San (Namibie) English translation pending
Bonjour à tous,
On m'avait prévenue! A peine rentrée une seule idée en tête...y retourner.
Je souhaite visiter la partie est du pays, et entre autre la région des San.Pouvez-vous me conseiller les endroits les plus typiques, je voudrais passer quelques jours avec eux si c'est possible.
Quels sont les parcs les plus intéressants dans cette partie.
Au plaisir
Evelyne
Un mois de voyage au Guatemala English translation pending
Bonjour à tous,
Voici le récit de notre voyage. Il comprend des liens vers une sélection de photos. J'espère qu'il incitera d'autres à visiter ce pays si attachant.
Ponor
Carnet de voyage au Guatemala
En résumé : un voyage de un mois du 5 janvier au 4 fèvrier 2015 avec des séjours de chaque fois 4 jours dans 4 différentes zones, entrecoupés de déplacements ou de périodes de repos à notre base : Antigua
Intérêt des différentes zones :
Antigua : très jolie ville historique très homogène, monuments extraordinaires, culture, paysages, volcans, environs intéressants
Quetzaltenango et hautes terres occidentales= : départ d'excursions, monuments et ville ancienne, volcans, phénomènes volcanique, villages typiques des hauts plateaux
San Juan de la Laguna et lac Atitlan : cadre naturel spectaculaire, excursions en montagne ou autour du lac, visite des villages, vie traditionnelle Maya
El Remate et Tikal (région du Petén) : beau lac naturel avec nombreuses observations d'oiseaux, flore, papillons, excursions en forêt vierge, visite de l'exceptionnel site de Tikal avec son ensemble de temples très spectaculaire au milieu de la forêt et l'observation de la faune et de la végétation tropicale
Rio Dulce et Livingston (côte Caraïbe) : excursions sur le Rio Dulce, dans la mangrove, dans la forêt vierge et sur la côte caraïbe avec observation de la flore et de la faune abondantes et spectaculaires
Nous avons organisé tout nous-mêmes en nous basant sur les guides et les avis des internautes sur les différents forums de voyage ou des sites de réservation d'hôtels.
Nous avons pris la précaution d'apprendre les termes et expressions usuels en espagnol et cela a été utile . C'est assez facile pour des francophones.
Budget : en moyenne 35€ par personne par jour incluant les transports, logement, nourriture et excursions
S'y ajoute le vol Bruxelles-Madrid-Guatemala City : 1100€ par personne (IBERIA)
Matériel photo :
-1 Lumix LF1 compact avec viseur plus discret pour les photos de rue et dans les monuments -1 Lumix FZ200 pour les photos nature, apprécié pour sa légèreté, sa robustesse et sa polyvalence
Change : 10 quetzales(Q) = environ 1€
Timing :
Jour 1 : départ de Bruxelles à 7h55, arrivée à GUA à 16h30 et à Antigua par taxi à 19h (240Q) hôtel Las Piletas Jour2 : visite de Antigua Jour 3 : idem Jour 4 : idem Jour 5 : départ vers Flores par shuttle puis le bus de nuit Linea Dorada de 21h, Jour 6 : arrivée à Flores à 5h et départ vers El Remate par shuttle à 9h Hôtel Las Gardenas Jour 7 : promenades au bord du lac à El Remate Jour 8 : excursion au Biotopo Cerro Cahui, 6km de sentier balisé dans la jungle Jour 9 : visite de Tikal par shutlle Jour 10 : promenades le long du lac à El Remate Jour 11 : départ par transport privé vers Flores puis par bus Linea Dorada vers Rio Dulce et enfin par Lancha vers la Finca Tatin, le long du Rio Dulce près de Livingston Jour 12 : marche 5h dans la jungle de la Finca Tatin à Livingstonavec guide local et retour en Lancha Jour 13 : excursion en kayak dans la mangrove avec guide indigène et visite d'un village indigène Jour 14 : journée à Livingston avec promenade le long de la côte, aller et retour en Lancha Jour 15 : départ pour Rio Dulce en lancha puis par bus pullmann Litegua vers Antigua Jour 16 : repos et visites à Antigua Jour 17 : idem Jour 18 : départ en shuttle vers San Pedro de la Laguna puis en tuk-tuk vers San Juan de la Laguna au lac Atitlan. Logement dans une famille Maya. Jour 19 : promenade dans la montagne par sentier balisé et pêche en kayuko avec un pêcheur traditionnel Jour 20 : fiesta au village de San Pablo en tuk-tuk avec marché et danses traditionnelles Maya Jour 21 : visite du village de Santiago Atitlan en lancha depuis San Pedro Jour 22 : départ pour Quetzaltenango en chicken bus, hôtel Casa de Dona Mercedes Jour 23 : excursion avec guide au belvédère du volcan Santiagutio et observation des éruptions, départ en transport privé et retour en chicken bus Jour 24 : excursion avec chauffeur aux sources chaudes de Fuentes Georginas Jour 25 : repos à Quetzaltenango et achats Jour 26 : retour à Antigua par shuttle Jour 27 : repos à Antigua Jour 28 : visite de San Juan del Obispo en chicken bus et excursion sur les flancs du volcan Agua, visite du monastère baroque Jour 29 : visite de Jocotenango en chicken bus Jour 30 : départ vers Guatemala City aeroport en shutlle, décolage à 18h Jour 31 : arrivée à Madrid à 14h , transfert et arrivée à Bruxelles à 18h
Le voyage s'est déroulé comme sur des roulettes. Nos notions d'espagnols nous ont permis de comprendre les indications lors des déplacements, de communiquer avec la population et de négocier à l'occasion. Les gens ne parlent pas trop vite. C'est donc plus facile.
Nous n'avons pas eu de désagréments sérieux. Tout au plus un prix un peu gonflé pour un taxi à Flores et un tuk-tuk à San Pedro mais c'est notre faute : il fallait ne pas se dépècher et les faire un peu attendre d'autant plus que nous avions le temps. Pour le reste les gens ont toujours été très corrects, aimables, patients et serviables, toujours prêts à nous diriger ou à nous donner un renseignement. N'hésitez pas à leur demander des indications sur les moyens de transport, les prix , les choses intéressantes à voir.
La nourriture est bonne et bien équilibrée et les portions plus raisonnables qu'en Europe. Cela permet de perdre quelques kilos. Les fruits sont abondants et délicieux. Les jus de fruit frais coûtent la moitié de la bière. Le vin est cher et pas bon. On mange surtout du poulet (pollo) mais à Xela c'est plus varié et à Livingston il y a du bon poisson.
Le mois de janvier est favorable : il y a relativement peu de touristes et les températures sont agréables. Aucune pluie. Nous n'avons eu quasi aucune piqure d'insecte même en région tropicale mais nous avions mis du répulsif.
Il faut prévoir un peu de marge sur l'heure des shuttle : cela peut varier de 15 min avant s'il n'ont personne d'autre à 1/2h après s'ils ont beaucoup de passagers à prendre à différents endroits. Ils vous prennent toujours à votre hôtel mais ne vous déposent pas toujours exactement à l'endroit souhaité mais dans ce cas ce sera à proximité quand même. On a eu un cas où le shuttle faisait aussi bus local et alors il était bien rempli à certains moments. Même chose pour les lanchas : ils ne se déplacent pas que pour vous mais aussi pour faire des courses ou pour d'autres passagers. Soyez compréhensifs pour leurs contraintes : vous n'êtes pas pressés. Vous êtes en vacances.
On a beaucoup exagéré sur l'inconfort des chicken bus . Sur les grandes distances si vous êtes au départ vous avez une bonne place et vous la gardez. Sur les petites distances pareil. Par contre si vous devez monter au milieu du parcours vous risquez d'être un peu serré ou debout.
Les bus pullmann sont très confortables et comportent des toilettes. Les chicken bus pour les longues distances ne s'arrêtent pas . Il faut avoir une bonne vessie mais il y a toujours des servicios sanitarios à l'arrivée.
Les hôtels coûtent en moyenne 200 Q par nuit en chambre double. Pour ce prix à Antigua ou à Quetzaltenango ce sera simple mais correct, ailleurs plus grand et plus confortable.
Détail :
Antigua est une très jolie ville avec ses anciennes maisons basses, colorées et fleuries comportant souvent un agréable patio et de nombreux monuments baroques assez remarquables soit à l'état de ruine , suite à de graves tremblements de terre, soit en partie restaurés. Le marché est très pittoresque. On peut observer les éruptions du volcan Fuego depuis la ville .Il ne faut pas négliger les localités environnantes qu'on atteint facilement et à un prix dérisoire par chicken bus: San Juan del Obispo possède une magnifique église ancienne et un monastère attenant que l'on visite et on peut randonner sur les flancs du vocan Agua. Jocotenango n'est pas touristique mais a une belle église et de jolies maison. On peut y manger très bien à prix doux dans des comedor (le pepian, plat traditionnel, est excellent ) . On y voit plus la vie de tous les jours. La température est assez stable dans la région : un peu frais le matin puis 20-25°C.
Liens vers les photos :
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAAntigua?authuser=0&authkey=Gv1sRgCNiz1ZDcqtSKswE&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUASanJuanDO?authuser=0&authkey=Gv1sRgCMyNlKqMsMrBIQ&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAJocotenango?authuser=0&authkey=Gv1sRgCK6is97HoKOhswE&feat=directlink
La region du Peten est en zone tropicale. Il y fait chaud et humide mais les températures en janvier ne sont pas exagérées (25-30°C). Le grand lac est assez sain ce qui se traduit par la présence de très nombreux oiseaux aquatiques, d'autres oiseaux et de beaux papillons que l'on peut observer aisément. El Remate est une localité jolie et tranquille, bien située au bord du lac. Elle comprend une réserve naturelle (Biotopo : entrée 5Q) que l'on peut parcourir par un sentier balisé de 6km : la végétation est luxuriante mais les oiseaux et les animaux sont assez difficiles à voir tant les arbres sont hauts. Nous avons entendus des singes hurleurs d'assez près mais sans pouvoir les observer.
El Remate est à mi-chemin entre Flores et Tikal et on arrive donc aisément à cette zone de temples Mayas absolument impressionnante située au milieu de la forêt tropicale. Des sentiers permettent de visiter l'ensemble ainsi que d'observer assez facilement des singes araignée, des singes hurleurs , des perroquets et autres oiseaux exotiques qui se montrent assez peu farouches .
Liens vers les photos :
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAElRemate?authuser=0&authkey=Gv1sRgCOihvu-GypyV9AE&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUATikal?authuser=0&authkey=Gv1sRgCIGc2b_iptWNkAE&feat=directlink
Après un trajet en transport privé puis en bus Linea Dorada depuis El Remate jusqu'à Rio Dulce (4h) nous avons logé dans une finca située sur le Rio Dulce à proximité de Livingstone. On n'y arrive qu'en Lancha qui viendra vous chercher soit à Rio Dulce soit à Livingston. Elle se compose de bungalows individuels dispersés dans la jungle mais équipés de douches , cuvettes et toilettes et d'un espace convivial très agréable où les repas sont pris en commun. Elle propose des excursions guidées variées . Nous avons traversé la jungle avec un guide pendant 5h de la Finca à Livingston. Nous avons fait aussi une excursion guidée en kayak dans des petits canaux de la mangrove et vu beaucoup d'oiseaux, des iguanes et un énorme serpent. Nous avons aussi vu un village indigène traditionnel. Il y a quelques restrictions dues à la localisation comme l'électricité limitée mais c'est parfaitement acceptable.L'organisation des transports et des excursions est très souple et impeccable.
Le dernier jour nous nous sommes promenés le long de la côte caraïbe à Livingston. On y observe de près une multitude d'oiseaux . Les pélicans viennent presque vous manger dans la main. Les restaurants de Livingston servent d'excellents plats de poisson.
Liens vers les photos :
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAFincaTatin?authuser=0&authkey=Gv1sRgCIKopK7Di7WT3gE&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUALivingston?authuser=0&authkey=Gv1sRgCK2Lj7f3zp_dPA&feat=directlink
Quand vous êtes dans les zones tropicales n'espèrez pas faire une lessive car rien ne sèche si ce n'est le linge exposé en plein soleil aux heures de midi.
San Juan de la Laguna est une localité calme et authentique située au bord du lac Atitlan avec une population quasi exclusivement Maya qui maintient ses traditions et son identité. La communauté locale organise des activités pour les visiteurs. Nous avons logé dans une famille Maya et ce fut une expérience extraordinaire. Santos, le père de famille est guide ornithologique et peut vous emmener en excursion dans les montagnes environnantes.Nous avons fait en solo une excursion sur un belvédère dans la montagne par un sentier balisé par la communauté, fait de la pêche traditionnelle en kayuko avec un pêcheur, visité la fiesta du village voisin de San Pablo (sans un touriste en vue ) avec des danses traditionnelles très originales et impressionantes et visité le village de Santiago Atitlan sur une autre rive, avec son marché et son église remarquable. Températures comme à Antigua. Un des fils, Gaspard, nous accompagnait dans les villages ce qui nous permettait de visiter autrement qu'en touriste. Il apprenait le français. Donc nous l'aidions à réviser et lui nous corrigeait notre espagnol. Nous avons même appris quelques mots en Maya. Le lac Atitlan est malheureusement pollué par les pesticides des plantations de café qui l'entourent. La population piscicole et les oiseaux aquatiques sont en forte diminution et des plantes aquatiques envahissantes prolifèrent et doivent être évacuées régulièrement.
Liens vers les photos :
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUASanJuanAtitlan?authuser=0&authkey=Gv1sRgCPP_me3ps9bs6gE&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUASanPabloAtitlan?authuser=0&authkey=Gv1sRgCLev1sCqwe3W4gE&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUASantiagoAtitlan?authuser=0&authkey=Gv1sRgCIrg_M_X1eyHxAE&feat=directlink
Quetzaltenango (se dit localement Xela en prononçant Chela ) est une ville située dans les hautes terres à une altitude de 2333m. Ville universitaire elle possède une centre ancien assez joli. Elle est assez peu touristique et c'est un bon endroit pour appréhender la vie de tous les jours et pour acheter des souvenirs car les prix peuvent être la moitié de ceux d'Antigua. La gastronomie est assez variée, savoureuse et abordable. C'est le point de départ d'excursions plus ou moins sportives. Celle du belvédère du Santiagutio est assez accessible et permet d'observer d'une distance assez courte les éruptions du volcan qui a une activité très soutenue et assez spectaculaire. Nous avons été également aux Fuentes Georginas qui sont des bassins d'eau chaude volcanique dans lesquels on peut se baigner. Il y a de nombreuses localités intéressantes autour de Xela mais le temps nous a manqué. Températures fraiches la nuit et 20-25°C le jour. Soleil très fort en journée.
Liens vers les photos :
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAXela?authuser=0&authkey=Gv1sRgCNi6huDZg9bUGg&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUASantiaguito?authuser=0&authkey=Gv1sRgCN7J-o6J6fWIfQ&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAFuentesGeorginas?authuser=0&authkey=Gv1sRgCMv276_Tn6PG6gE&feat=directlink
Voici le récit de notre voyage. Il comprend des liens vers une sélection de photos. J'espère qu'il incitera d'autres à visiter ce pays si attachant.
Ponor
Carnet de voyage au Guatemala
En résumé : un voyage de un mois du 5 janvier au 4 fèvrier 2015 avec des séjours de chaque fois 4 jours dans 4 différentes zones, entrecoupés de déplacements ou de périodes de repos à notre base : Antigua
Intérêt des différentes zones :
Antigua : très jolie ville historique très homogène, monuments extraordinaires, culture, paysages, volcans, environs intéressants
Quetzaltenango et hautes terres occidentales= : départ d'excursions, monuments et ville ancienne, volcans, phénomènes volcanique, villages typiques des hauts plateaux
San Juan de la Laguna et lac Atitlan : cadre naturel spectaculaire, excursions en montagne ou autour du lac, visite des villages, vie traditionnelle Maya
El Remate et Tikal (région du Petén) : beau lac naturel avec nombreuses observations d'oiseaux, flore, papillons, excursions en forêt vierge, visite de l'exceptionnel site de Tikal avec son ensemble de temples très spectaculaire au milieu de la forêt et l'observation de la faune et de la végétation tropicale
Rio Dulce et Livingston (côte Caraïbe) : excursions sur le Rio Dulce, dans la mangrove, dans la forêt vierge et sur la côte caraïbe avec observation de la flore et de la faune abondantes et spectaculaires
Nous avons organisé tout nous-mêmes en nous basant sur les guides et les avis des internautes sur les différents forums de voyage ou des sites de réservation d'hôtels.
Nous avons pris la précaution d'apprendre les termes et expressions usuels en espagnol et cela a été utile . C'est assez facile pour des francophones.
Budget : en moyenne 35€ par personne par jour incluant les transports, logement, nourriture et excursions
S'y ajoute le vol Bruxelles-Madrid-Guatemala City : 1100€ par personne (IBERIA)
Matériel photo :
-1 Lumix LF1 compact avec viseur plus discret pour les photos de rue et dans les monuments -1 Lumix FZ200 pour les photos nature, apprécié pour sa légèreté, sa robustesse et sa polyvalence
Change : 10 quetzales(Q) = environ 1€
Timing :
Jour 1 : départ de Bruxelles à 7h55, arrivée à GUA à 16h30 et à Antigua par taxi à 19h (240Q) hôtel Las Piletas Jour2 : visite de Antigua Jour 3 : idem Jour 4 : idem Jour 5 : départ vers Flores par shuttle puis le bus de nuit Linea Dorada de 21h, Jour 6 : arrivée à Flores à 5h et départ vers El Remate par shuttle à 9h Hôtel Las Gardenas Jour 7 : promenades au bord du lac à El Remate Jour 8 : excursion au Biotopo Cerro Cahui, 6km de sentier balisé dans la jungle Jour 9 : visite de Tikal par shutlle Jour 10 : promenades le long du lac à El Remate Jour 11 : départ par transport privé vers Flores puis par bus Linea Dorada vers Rio Dulce et enfin par Lancha vers la Finca Tatin, le long du Rio Dulce près de Livingston Jour 12 : marche 5h dans la jungle de la Finca Tatin à Livingstonavec guide local et retour en Lancha Jour 13 : excursion en kayak dans la mangrove avec guide indigène et visite d'un village indigène Jour 14 : journée à Livingston avec promenade le long de la côte, aller et retour en Lancha Jour 15 : départ pour Rio Dulce en lancha puis par bus pullmann Litegua vers Antigua Jour 16 : repos et visites à Antigua Jour 17 : idem Jour 18 : départ en shuttle vers San Pedro de la Laguna puis en tuk-tuk vers San Juan de la Laguna au lac Atitlan. Logement dans une famille Maya. Jour 19 : promenade dans la montagne par sentier balisé et pêche en kayuko avec un pêcheur traditionnel Jour 20 : fiesta au village de San Pablo en tuk-tuk avec marché et danses traditionnelles Maya Jour 21 : visite du village de Santiago Atitlan en lancha depuis San Pedro Jour 22 : départ pour Quetzaltenango en chicken bus, hôtel Casa de Dona Mercedes Jour 23 : excursion avec guide au belvédère du volcan Santiagutio et observation des éruptions, départ en transport privé et retour en chicken bus Jour 24 : excursion avec chauffeur aux sources chaudes de Fuentes Georginas Jour 25 : repos à Quetzaltenango et achats Jour 26 : retour à Antigua par shuttle Jour 27 : repos à Antigua Jour 28 : visite de San Juan del Obispo en chicken bus et excursion sur les flancs du volcan Agua, visite du monastère baroque Jour 29 : visite de Jocotenango en chicken bus Jour 30 : départ vers Guatemala City aeroport en shutlle, décolage à 18h Jour 31 : arrivée à Madrid à 14h , transfert et arrivée à Bruxelles à 18h
Le voyage s'est déroulé comme sur des roulettes. Nos notions d'espagnols nous ont permis de comprendre les indications lors des déplacements, de communiquer avec la population et de négocier à l'occasion. Les gens ne parlent pas trop vite. C'est donc plus facile.
Nous n'avons pas eu de désagréments sérieux. Tout au plus un prix un peu gonflé pour un taxi à Flores et un tuk-tuk à San Pedro mais c'est notre faute : il fallait ne pas se dépècher et les faire un peu attendre d'autant plus que nous avions le temps. Pour le reste les gens ont toujours été très corrects, aimables, patients et serviables, toujours prêts à nous diriger ou à nous donner un renseignement. N'hésitez pas à leur demander des indications sur les moyens de transport, les prix , les choses intéressantes à voir.
La nourriture est bonne et bien équilibrée et les portions plus raisonnables qu'en Europe. Cela permet de perdre quelques kilos. Les fruits sont abondants et délicieux. Les jus de fruit frais coûtent la moitié de la bière. Le vin est cher et pas bon. On mange surtout du poulet (pollo) mais à Xela c'est plus varié et à Livingston il y a du bon poisson.
Le mois de janvier est favorable : il y a relativement peu de touristes et les températures sont agréables. Aucune pluie. Nous n'avons eu quasi aucune piqure d'insecte même en région tropicale mais nous avions mis du répulsif.
Il faut prévoir un peu de marge sur l'heure des shuttle : cela peut varier de 15 min avant s'il n'ont personne d'autre à 1/2h après s'ils ont beaucoup de passagers à prendre à différents endroits. Ils vous prennent toujours à votre hôtel mais ne vous déposent pas toujours exactement à l'endroit souhaité mais dans ce cas ce sera à proximité quand même. On a eu un cas où le shuttle faisait aussi bus local et alors il était bien rempli à certains moments. Même chose pour les lanchas : ils ne se déplacent pas que pour vous mais aussi pour faire des courses ou pour d'autres passagers. Soyez compréhensifs pour leurs contraintes : vous n'êtes pas pressés. Vous êtes en vacances.
On a beaucoup exagéré sur l'inconfort des chicken bus . Sur les grandes distances si vous êtes au départ vous avez une bonne place et vous la gardez. Sur les petites distances pareil. Par contre si vous devez monter au milieu du parcours vous risquez d'être un peu serré ou debout.
Les bus pullmann sont très confortables et comportent des toilettes. Les chicken bus pour les longues distances ne s'arrêtent pas . Il faut avoir une bonne vessie mais il y a toujours des servicios sanitarios à l'arrivée.
Les hôtels coûtent en moyenne 200 Q par nuit en chambre double. Pour ce prix à Antigua ou à Quetzaltenango ce sera simple mais correct, ailleurs plus grand et plus confortable.
Détail :
Antigua est une très jolie ville avec ses anciennes maisons basses, colorées et fleuries comportant souvent un agréable patio et de nombreux monuments baroques assez remarquables soit à l'état de ruine , suite à de graves tremblements de terre, soit en partie restaurés. Le marché est très pittoresque. On peut observer les éruptions du volcan Fuego depuis la ville .Il ne faut pas négliger les localités environnantes qu'on atteint facilement et à un prix dérisoire par chicken bus: San Juan del Obispo possède une magnifique église ancienne et un monastère attenant que l'on visite et on peut randonner sur les flancs du vocan Agua. Jocotenango n'est pas touristique mais a une belle église et de jolies maison. On peut y manger très bien à prix doux dans des comedor (le pepian, plat traditionnel, est excellent ) . On y voit plus la vie de tous les jours. La température est assez stable dans la région : un peu frais le matin puis 20-25°C.
Liens vers les photos :
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAAntigua?authuser=0&authkey=Gv1sRgCNiz1ZDcqtSKswE&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUASanJuanDO?authuser=0&authkey=Gv1sRgCMyNlKqMsMrBIQ&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAJocotenango?authuser=0&authkey=Gv1sRgCK6is97HoKOhswE&feat=directlink
La region du Peten est en zone tropicale. Il y fait chaud et humide mais les températures en janvier ne sont pas exagérées (25-30°C). Le grand lac est assez sain ce qui se traduit par la présence de très nombreux oiseaux aquatiques, d'autres oiseaux et de beaux papillons que l'on peut observer aisément. El Remate est une localité jolie et tranquille, bien située au bord du lac. Elle comprend une réserve naturelle (Biotopo : entrée 5Q) que l'on peut parcourir par un sentier balisé de 6km : la végétation est luxuriante mais les oiseaux et les animaux sont assez difficiles à voir tant les arbres sont hauts. Nous avons entendus des singes hurleurs d'assez près mais sans pouvoir les observer.
El Remate est à mi-chemin entre Flores et Tikal et on arrive donc aisément à cette zone de temples Mayas absolument impressionnante située au milieu de la forêt tropicale. Des sentiers permettent de visiter l'ensemble ainsi que d'observer assez facilement des singes araignée, des singes hurleurs , des perroquets et autres oiseaux exotiques qui se montrent assez peu farouches .
Liens vers les photos :
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAElRemate?authuser=0&authkey=Gv1sRgCOihvu-GypyV9AE&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUATikal?authuser=0&authkey=Gv1sRgCIGc2b_iptWNkAE&feat=directlink
Après un trajet en transport privé puis en bus Linea Dorada depuis El Remate jusqu'à Rio Dulce (4h) nous avons logé dans une finca située sur le Rio Dulce à proximité de Livingstone. On n'y arrive qu'en Lancha qui viendra vous chercher soit à Rio Dulce soit à Livingston. Elle se compose de bungalows individuels dispersés dans la jungle mais équipés de douches , cuvettes et toilettes et d'un espace convivial très agréable où les repas sont pris en commun. Elle propose des excursions guidées variées . Nous avons traversé la jungle avec un guide pendant 5h de la Finca à Livingston. Nous avons fait aussi une excursion guidée en kayak dans des petits canaux de la mangrove et vu beaucoup d'oiseaux, des iguanes et un énorme serpent. Nous avons aussi vu un village indigène traditionnel. Il y a quelques restrictions dues à la localisation comme l'électricité limitée mais c'est parfaitement acceptable.L'organisation des transports et des excursions est très souple et impeccable.
Le dernier jour nous nous sommes promenés le long de la côte caraïbe à Livingston. On y observe de près une multitude d'oiseaux . Les pélicans viennent presque vous manger dans la main. Les restaurants de Livingston servent d'excellents plats de poisson.
Liens vers les photos :
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAFincaTatin?authuser=0&authkey=Gv1sRgCIKopK7Di7WT3gE&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUALivingston?authuser=0&authkey=Gv1sRgCK2Lj7f3zp_dPA&feat=directlink
Quand vous êtes dans les zones tropicales n'espèrez pas faire une lessive car rien ne sèche si ce n'est le linge exposé en plein soleil aux heures de midi.
San Juan de la Laguna est une localité calme et authentique située au bord du lac Atitlan avec une population quasi exclusivement Maya qui maintient ses traditions et son identité. La communauté locale organise des activités pour les visiteurs. Nous avons logé dans une famille Maya et ce fut une expérience extraordinaire. Santos, le père de famille est guide ornithologique et peut vous emmener en excursion dans les montagnes environnantes.Nous avons fait en solo une excursion sur un belvédère dans la montagne par un sentier balisé par la communauté, fait de la pêche traditionnelle en kayuko avec un pêcheur, visité la fiesta du village voisin de San Pablo (sans un touriste en vue ) avec des danses traditionnelles très originales et impressionantes et visité le village de Santiago Atitlan sur une autre rive, avec son marché et son église remarquable. Températures comme à Antigua. Un des fils, Gaspard, nous accompagnait dans les villages ce qui nous permettait de visiter autrement qu'en touriste. Il apprenait le français. Donc nous l'aidions à réviser et lui nous corrigeait notre espagnol. Nous avons même appris quelques mots en Maya. Le lac Atitlan est malheureusement pollué par les pesticides des plantations de café qui l'entourent. La population piscicole et les oiseaux aquatiques sont en forte diminution et des plantes aquatiques envahissantes prolifèrent et doivent être évacuées régulièrement.
Liens vers les photos :
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUASanJuanAtitlan?authuser=0&authkey=Gv1sRgCPP_me3ps9bs6gE&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUASanPabloAtitlan?authuser=0&authkey=Gv1sRgCLev1sCqwe3W4gE&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUASantiagoAtitlan?authuser=0&authkey=Gv1sRgCIrg_M_X1eyHxAE&feat=directlink
Quetzaltenango (se dit localement Xela en prononçant Chela ) est une ville située dans les hautes terres à une altitude de 2333m. Ville universitaire elle possède une centre ancien assez joli. Elle est assez peu touristique et c'est un bon endroit pour appréhender la vie de tous les jours et pour acheter des souvenirs car les prix peuvent être la moitié de ceux d'Antigua. La gastronomie est assez variée, savoureuse et abordable. C'est le point de départ d'excursions plus ou moins sportives. Celle du belvédère du Santiagutio est assez accessible et permet d'observer d'une distance assez courte les éruptions du volcan qui a une activité très soutenue et assez spectaculaire. Nous avons été également aux Fuentes Georginas qui sont des bassins d'eau chaude volcanique dans lesquels on peut se baigner. Il y a de nombreuses localités intéressantes autour de Xela mais le temps nous a manqué. Températures fraiches la nuit et 20-25°C le jour. Soleil très fort en journée.
Liens vers les photos :
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAXela?authuser=0&authkey=Gv1sRgCNi6huDZg9bUGg&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUASantiaguito?authuser=0&authkey=Gv1sRgCN7J-o6J6fWIfQ&feat=directlink
https://picasaweb.google.com/102974482856632411540/GUAFuentesGeorginas?authuser=0&authkey=Gv1sRgCMv276_Tn6PG6gE&feat=directlink
Circuit découverte dans l'ouest des États-Unis English translation pending
Bonjour à tous ceux qui liront...
Après un séjour d'une dizaine de jours en Floride il y a déjà très longtemps (1990), ma femme et moi n'avons plus "pratiqué" les Etats Unis depuis… Etant plus "nature" que "culture" et désireux de retourner aux "States", nous avons décidés de faire un circuit "première approche" dans l'ouest américain, en voiture de location.
Après avoir envisagé un circuit bien trop ambitieux pour un séjour d'une quinzaine de jours, notre première décision a été de ne pas vouloir trop en faire, en prévoyant d'y revenir plus tard…
Les "mots clé" de notre circuit seront donc : Las Vegas, le Grand Canyon, Page , Monument Valley, Mesa Verde, Moab, Canyon Lands, Brice Canyon, Zion et Death Valley…
Les autres points d'intérêt majeurs (San Francisco, Los Angeles, Yellowstone, Yosemite, Monts Rushmore, etc…) seront pour une (ou plusieurs) autre(s) future(s) "expédition(s)".
Après avoir ébauché une première "maquette" de circuit et contraints par la nécessité de réserver nos vols rapidement, nous avons opté pour un aller-retour Marseille – Las Vegas via London Heathrow (nous résidons dans le Var), vols opérés par British Airways, avec un départ le 11 mai et retour le 28 mai 2015, ce qui nous laissera 17 jours sur place.
🤪 Première question : que penser de British Airways ? Est-ce un bon choix ? [ Il y a bien longtemps que nous n'avons plus eu recours à cette compagnie ]
🤪 Deuxième question : Je dispose d'un petit GPS Garmin pour lequel je vais acquérir la carte "Amérique du Nord", mais une carte papier reste indispensable pour éviter les "chemins à vaches" et autres "raccourcis" hasardeux, donc : quelle carte routière (couvrant principalement l'Arizona et l'Utah) prendre ? Quelqu'un a-t'il trouvé une carte satisfaisante ? Une étude rapide sur le net m'a permis de trouver une carte à l'échelle 1/1.000.000 intitulée "Carte des USA Sud-Ouest | ITM", mais je crains qu'elle ne soit pas suffisamment détaillée (???). J'ai aussi trouvé la carte "Carte routière de l'Utah (USA) | National Geographic" au 1/250.000ième et la carte "Carte routière de l'Arizona (USA) | National Geographic" au 1/650.000ième. Sont-elles adaptées ?
Merci d'avance pour vos réponse et à très vite pour la suite…
Après un séjour d'une dizaine de jours en Floride il y a déjà très longtemps (1990), ma femme et moi n'avons plus "pratiqué" les Etats Unis depuis… Etant plus "nature" que "culture" et désireux de retourner aux "States", nous avons décidés de faire un circuit "première approche" dans l'ouest américain, en voiture de location.
Après avoir envisagé un circuit bien trop ambitieux pour un séjour d'une quinzaine de jours, notre première décision a été de ne pas vouloir trop en faire, en prévoyant d'y revenir plus tard…
Les "mots clé" de notre circuit seront donc : Las Vegas, le Grand Canyon, Page , Monument Valley, Mesa Verde, Moab, Canyon Lands, Brice Canyon, Zion et Death Valley…
Les autres points d'intérêt majeurs (San Francisco, Los Angeles, Yellowstone, Yosemite, Monts Rushmore, etc…) seront pour une (ou plusieurs) autre(s) future(s) "expédition(s)".
Après avoir ébauché une première "maquette" de circuit et contraints par la nécessité de réserver nos vols rapidement, nous avons opté pour un aller-retour Marseille – Las Vegas via London Heathrow (nous résidons dans le Var), vols opérés par British Airways, avec un départ le 11 mai et retour le 28 mai 2015, ce qui nous laissera 17 jours sur place.
🤪 Première question : que penser de British Airways ? Est-ce un bon choix ? [ Il y a bien longtemps que nous n'avons plus eu recours à cette compagnie ]
🤪 Deuxième question : Je dispose d'un petit GPS Garmin pour lequel je vais acquérir la carte "Amérique du Nord", mais une carte papier reste indispensable pour éviter les "chemins à vaches" et autres "raccourcis" hasardeux, donc : quelle carte routière (couvrant principalement l'Arizona et l'Utah) prendre ? Quelqu'un a-t'il trouvé une carte satisfaisante ? Une étude rapide sur le net m'a permis de trouver une carte à l'échelle 1/1.000.000 intitulée "Carte des USA Sud-Ouest | ITM", mais je crains qu'elle ne soit pas suffisamment détaillée (???). J'ai aussi trouvé la carte "Carte routière de l'Utah (USA) | National Geographic" au 1/250.000ième et la carte "Carte routière de l'Arizona (USA) | National Geographic" au 1/650.000ième. Sont-elles adaptées ?
Merci d'avance pour vos réponse et à très vite pour la suite…
Kanchanaburi: perquisition au fameux "Tiger Temple" English translation pending
Plus de 100 tigres et de nombreuses espèces d’oiseaux protégées auraient été saisis par les autorités au Wat Pa Luang Ta Bua, plus connu sous le nom de "Tiger Temple" ("temple des tigres"), dans la province de Kanchanaburi (Ouest du pays). Cette opération comprenant plus d'une centaine de fonctionnaires liés au département forestier et des Parcs Nationaux, à l’armée et à la Police, aurait fait suite à des plaintes incriminant le temple dans le commerce illégal d’espèces sauvages.
Le 3 février dernier, les autorités auraient présenté un mandat de perquisition à un travailleur du temple qui aurait refusé de le signer, prétextant qu’il n’aurait pas le pouvoir de le faire et que le moine responsable du temple était à Bangkok pour se soigner. Après ce refus, les autorités auraient décidé malgré tout de pénétrer dans le temple et de commencer l'inspection des lieux.
Elles auraient saisi 38 calaos et mis en fourrière plus de 100 tigres.
Les autorités auraient également tenté de trouver 2 loups, des animaux rares et protégés, qui auraient été précédemment mis en cage devant le temple. En vain. Tous les calaos saisis, ainsi que les autres espèces d'oiseaux protégées, auraient été mis en cage et envoyés à la station de recherche sur la faune de Khao Pratap Chang à Ratchaburi (Ouest de la Thaïlande) pour y être soignés.
Les instances auraient confirmé que tous les oiseaux présents dans le temple seraient des espèces protégées et que quiconque posséderait ces animaux ou en ferait l'élevage serait dans l'obligation de posséder des permis octroyé par les autorités compétentes. Il semblerait que cela n'aurait pas été le cas pour le "Tiger Temple".
Concernant les 100 tigres présents dans le temple, ils feraient l'objet d'une mise en fourrière, le temps, pour les autorités de vérifier si les responsables de ce lieu touristique posséderaient les documents officiels les autorisant à élever et à utiliser ces animaux sauvages à des fins commerciales.
Parallèlement à ��a, les autorités poursuivraient leurs recherches concernant les 2 loups qui se seraient volatilisés, et exigeraient des éclaircissements de la part des responsables du temple quant aux circonstances de leur disparition.
Depuis plusieurs années, le "Tiger Temple" serait sous les feux nourris de nombreuses plaintes et critiques dues aux mauvais traitements dont seraient victimes ses animaux pensionnaires, tandis que la polémique enflerait quant à un possible trafic d'animaux sauvages, notamment en direction de certains pays voisins.
Sources : Thai PBS et Kohlidays (http://urlz.fr/1mUL) Retrouvez cet article sur le Blog : http://www.kohlidays.com/blog/kanchanaburi-perquisition-au-fameux-tiger-temple.html
Le 3 février dernier, les autorités auraient présenté un mandat de perquisition à un travailleur du temple qui aurait refusé de le signer, prétextant qu’il n’aurait pas le pouvoir de le faire et que le moine responsable du temple était à Bangkok pour se soigner. Après ce refus, les autorités auraient décidé malgré tout de pénétrer dans le temple et de commencer l'inspection des lieux.
Elles auraient saisi 38 calaos et mis en fourrière plus de 100 tigres.
Les autorités auraient également tenté de trouver 2 loups, des animaux rares et protégés, qui auraient été précédemment mis en cage devant le temple. En vain. Tous les calaos saisis, ainsi que les autres espèces d'oiseaux protégées, auraient été mis en cage et envoyés à la station de recherche sur la faune de Khao Pratap Chang à Ratchaburi (Ouest de la Thaïlande) pour y être soignés.
Les instances auraient confirmé que tous les oiseaux présents dans le temple seraient des espèces protégées et que quiconque posséderait ces animaux ou en ferait l'élevage serait dans l'obligation de posséder des permis octroyé par les autorités compétentes. Il semblerait que cela n'aurait pas été le cas pour le "Tiger Temple".
Concernant les 100 tigres présents dans le temple, ils feraient l'objet d'une mise en fourrière, le temps, pour les autorités de vérifier si les responsables de ce lieu touristique posséderaient les documents officiels les autorisant à élever et à utiliser ces animaux sauvages à des fins commerciales.
Parallèlement à ��a, les autorités poursuivraient leurs recherches concernant les 2 loups qui se seraient volatilisés, et exigeraient des éclaircissements de la part des responsables du temple quant aux circonstances de leur disparition.
Depuis plusieurs années, le "Tiger Temple" serait sous les feux nourris de nombreuses plaintes et critiques dues aux mauvais traitements dont seraient victimes ses animaux pensionnaires, tandis que la polémique enflerait quant à un possible trafic d'animaux sauvages, notamment en direction de certains pays voisins.
Sources : Thai PBS et Kohlidays (http://urlz.fr/1mUL) Retrouvez cet article sur le Blog : http://www.kohlidays.com/blog/kanchanaburi-perquisition-au-fameux-tiger-temple.html
Aventures en Houseboat et jet ski sur le lac Powell et Glen Canyon English translation pending
Notre voyage dans l'ouest effectué en septembre 2009 comportait deux parties: une terrestre avec une majorité de sites sauvages (coyote buttes south, white pocket, white valley, little finland, staircase canyon, passage canyon, secret canyon, sidestep canyon....) et une partie maritime dans Glen Canyon (lac Powell). Ce Carnet de voyage relate nos aventures parfois mouvementées et inoubliables sur le lac durant 7 jours du 11 au 17 septembre 2009
Jour 1 : Ca y est, le grand jour est enfin arrivé. Mais avant de partir de la Marina, le chemin est encore long. Première tâche de la journée : aller chercher le jet ski à l’autre bout de la ville. Il aurait été plus simple d’en louer un à la marina mais les tarifs y sont presque deux fois plus élevés…. Nous partons donc avec notre véhicule pour prendre possession de l’engin. Après les explications d’usage, dont les consignes en cas de retournement qui nous serviront plus tard…., Nous repartons avec un pick up muni d’une remorque direction la marina. Une fois sur la boat launch ramp, il faut reculer bien en ligne et cela ce n’est pas évident et je m’y prends à 3 reprises tant la visibilité arrière est faible. Une fois la remorque dans l’eau, je monte sur le jet direction la station essence pour y garer le jet et Lysiane prend le pick up pour m’y rejoindre. Une fois le jet garé, nous retournons en ville rendre le pick up et reprendre notre 4*4 et le garer pour la semaine. Deuxième étape, attacher le jet au bateau avant le départ. Une fois que c’est fait, je prends les commandes du monstre et le moins que l’on puisse dire c’est que le poids engendre beaucoup d’inertie donc peu maniable au premier abord. J’ai donc un peu de mal à me garer correctement à la station essence pour vérifier le plein d’essence mais cela ira mieux avec le temps. Cette fois ci, la check list est remplie, donc direction le grand large


et première constatation, la vitesse maximale s’avère moins élevée que prévue. Je tablais sur 10 miles à l’heure mais ce sera plutôt 8 donc il faudra que je revoie le programme à commencer par cette première journée où nous décidons d’aller jusqu’à dungeon canyon au lieu de Oak canyon. Après avoir pris nos repères avec les bouées, je m’écarte un peu du canal principal et rapidement nous nous apercevons trop tard que la profondeur n’est pas suffisante car le sonar sonne et le fond du bateau racle le fond. Marche arrière toute mais en oubliant quelque peu le jet ski dont la corde se prend dans l’hélice du moteur droit. Nous espérons à ce moment là que ce n’est pas grave et n’obligera pas à retourner à la marina pour réparer. Après avoir essayé de dérouler la corde, je me rends à l’évidence : il va falloir la couper. Je plonge donc dans l’eau avec mon couteau de randonnée pour couper la corde à la base de l’hélice. Au bout de quelques minutes, elle cède enfin et en tirant plusieurs fois sur le bout qui reste, j’arrive à libérer l’Hélice mais reste encore à vérifier si rien n’a été endommagé. Du coup, la corde est désormais plus courte et il faudra redoubler de vigilance lors des approches. Au moment de redémarrer les moteurs, je suis un peu tendu mais ouf ! plus de peur que de mal et nous réussissons à repartir sans encombre direction Dungeon Canyon. La navigation est très plaisante (c’est un peu un jeu de repérer les bouées en anticipation), on se relaie de temps en temps avec Lysiane et avec la musique dans la cabine et sur le pont, le niveau de confort est optimal.

Pour optimiser la journée, nous mangeons le midi en naviguant et en début d’après midi, nous arrivons à Dungeon Canyon . Il y a de nombreux emplacements pour parquer le bateau mais c’est une première pour nous et l’exercice est moins évident qu’il n’y parait. J’effectue une approche prudente, pendant que Lysiane s’occupe du jet ski en gardant toujours la corde tendue, et coupe les moteurs mais le temps de descendre sur la plage , de dérouler les cordes autour des ancres et de jeter celles-ci sur le pont pour que Lysiane les attache derrière, le bateau a eu le temps de dériver et repart vers le Large. Il faudra s’y reprendre à plusieurs reprises pour stabiliser le tout , planter les ancres profondément dans le sable et tendre les cordes à 45° par rapport au bateau. Le temps d’enfiler nos gilets de sauvetage et nous enfourchons le jet ski direction Rainbow Bridge situé à une vingtaine de kilomètres de là. Comme toujours l’après midi, le vent se lève sur le lac et il y a plus de vagues que le matin mais nous arrivons tout de même à filer à environ 40km/h dans un confort tout relatif surtout pour lysiane avec le sac à dos. Après environ 30 minutes de navigation nous arrivons au bout de rainbow canyon et il n’y a que l’embarras du choix pour s’y garer. Le pont est déjà partiellement dans l’ombre ce qui n’enlève rien à la beauté de l’endroit.



Le retour sera un peu plus secoué que l’aller, le lac étant plus agité. L’emplacement de notre bateau est des plus sympa avec un beau panorama




et nous profitons de notre première soirée à bord hors du port autour d’un bon T-bone cuit avec notre BBQ taille XXL.


Une fois ce festin terminé, nous avons profité sur le point supérieur d’une des plus belle nuit étoilée qu’il nous ait été donné de voir aux Etats Unis au son des Coyotes qui hurlent au loin
Jour 1 : Ca y est, le grand jour est enfin arrivé. Mais avant de partir de la Marina, le chemin est encore long. Première tâche de la journée : aller chercher le jet ski à l’autre bout de la ville. Il aurait été plus simple d’en louer un à la marina mais les tarifs y sont presque deux fois plus élevés…. Nous partons donc avec notre véhicule pour prendre possession de l’engin. Après les explications d’usage, dont les consignes en cas de retournement qui nous serviront plus tard…., Nous repartons avec un pick up muni d’une remorque direction la marina. Une fois sur la boat launch ramp, il faut reculer bien en ligne et cela ce n’est pas évident et je m’y prends à 3 reprises tant la visibilité arrière est faible. Une fois la remorque dans l’eau, je monte sur le jet direction la station essence pour y garer le jet et Lysiane prend le pick up pour m’y rejoindre. Une fois le jet garé, nous retournons en ville rendre le pick up et reprendre notre 4*4 et le garer pour la semaine. Deuxième étape, attacher le jet au bateau avant le départ. Une fois que c’est fait, je prends les commandes du monstre et le moins que l’on puisse dire c’est que le poids engendre beaucoup d’inertie donc peu maniable au premier abord. J’ai donc un peu de mal à me garer correctement à la station essence pour vérifier le plein d’essence mais cela ira mieux avec le temps. Cette fois ci, la check list est remplie, donc direction le grand large


et première constatation, la vitesse maximale s’avère moins élevée que prévue. Je tablais sur 10 miles à l’heure mais ce sera plutôt 8 donc il faudra que je revoie le programme à commencer par cette première journée où nous décidons d’aller jusqu’à dungeon canyon au lieu de Oak canyon. Après avoir pris nos repères avec les bouées, je m’écarte un peu du canal principal et rapidement nous nous apercevons trop tard que la profondeur n’est pas suffisante car le sonar sonne et le fond du bateau racle le fond. Marche arrière toute mais en oubliant quelque peu le jet ski dont la corde se prend dans l’hélice du moteur droit. Nous espérons à ce moment là que ce n’est pas grave et n’obligera pas à retourner à la marina pour réparer. Après avoir essayé de dérouler la corde, je me rends à l’évidence : il va falloir la couper. Je plonge donc dans l’eau avec mon couteau de randonnée pour couper la corde à la base de l’hélice. Au bout de quelques minutes, elle cède enfin et en tirant plusieurs fois sur le bout qui reste, j’arrive à libérer l’Hélice mais reste encore à vérifier si rien n’a été endommagé. Du coup, la corde est désormais plus courte et il faudra redoubler de vigilance lors des approches. Au moment de redémarrer les moteurs, je suis un peu tendu mais ouf ! plus de peur que de mal et nous réussissons à repartir sans encombre direction Dungeon Canyon. La navigation est très plaisante (c’est un peu un jeu de repérer les bouées en anticipation), on se relaie de temps en temps avec Lysiane et avec la musique dans la cabine et sur le pont, le niveau de confort est optimal.

Pour optimiser la journée, nous mangeons le midi en naviguant et en début d’après midi, nous arrivons à Dungeon Canyon . Il y a de nombreux emplacements pour parquer le bateau mais c’est une première pour nous et l’exercice est moins évident qu’il n’y parait. J’effectue une approche prudente, pendant que Lysiane s’occupe du jet ski en gardant toujours la corde tendue, et coupe les moteurs mais le temps de descendre sur la plage , de dérouler les cordes autour des ancres et de jeter celles-ci sur le pont pour que Lysiane les attache derrière, le bateau a eu le temps de dériver et repart vers le Large. Il faudra s’y reprendre à plusieurs reprises pour stabiliser le tout , planter les ancres profondément dans le sable et tendre les cordes à 45° par rapport au bateau. Le temps d’enfiler nos gilets de sauvetage et nous enfourchons le jet ski direction Rainbow Bridge situé à une vingtaine de kilomètres de là. Comme toujours l’après midi, le vent se lève sur le lac et il y a plus de vagues que le matin mais nous arrivons tout de même à filer à environ 40km/h dans un confort tout relatif surtout pour lysiane avec le sac à dos. Après environ 30 minutes de navigation nous arrivons au bout de rainbow canyon et il n’y a que l’embarras du choix pour s’y garer. Le pont est déjà partiellement dans l’ombre ce qui n’enlève rien à la beauté de l’endroit.



Le retour sera un peu plus secoué que l’aller, le lac étant plus agité. L’emplacement de notre bateau est des plus sympa avec un beau panorama




et nous profitons de notre première soirée à bord hors du port autour d’un bon T-bone cuit avec notre BBQ taille XXL.


Une fois ce festin terminé, nous avons profité sur le point supérieur d’une des plus belle nuit étoilée qu’il nous ait été donné de voir aux Etats Unis au son des Coyotes qui hurlent au loin
Discussion autour du concours photo février 2015 "Une photo qui donne envie de changer le monde" English translation pending
Les questions, les coups de gueule et les délires autour du concours photo de février 2015 : «Une photo qui donne envie de changer le monde» ;
c'est bien ici !
🙂
Pour participer au concours; c'est par ici
Le diaporama des photos proposées se trouve : là
🙂
Pour participer au concours; c'est par ici
Le diaporama des photos proposées se trouve : là
Retour d'Iran, les gens les plus gentils du monde English translation pending
Bonjour à tous,
Voici le prépost d'un CR sur l'IRAN en octobre 2014. Certains sur le forum ont suivi mes nombreuses tentatives, cette fois ce fût la bonne. Avant toute chose je voulais remercier, tous ceux qui postent des informations, des carnets et qui répondent aux messages privés lorsque l'on a besoin de précisions. C'est très très utile.
N'hésitez pas à me solliciter pour avoir des infos sur les voyages que j'ai fait, je serai ravi de vous aider.
Dans ce premier post, je vais vous mettre un petit bout de ce long périple qui m'a emmené de Trabzon (Turquie) au Détroit d'Ormuz (Sud Iran). Surtout sur la logistique. Vous en aurez un peu plus, sur l'excellent blog de voyage LONGS COURRIERS, qui a fait paraître aujourd'hui un article sur mon périple http://longscourriers.fr/...tive-etait-la-bonne/
Le périple a commencé à ISTANBUL avec quelques jours de fiesta et de jus de grenade. Puis j'ai filé sur TRABZON, le voyageur malin qui veut aller en Iran sait que c'est dans cette ville turque qu'il peut obtenir rapidement un visa. J'y ai d'ailleurs rencontré un letton qui faisait Lettonie - Laos en stop, un allemand qui allait en vélo à Shanghai, des japonais, encore des japonais, des chinois et des français.
Juste avant de vous expliquer les démarches à l'ambassade, quand vous aurez un moment là bas, pensez à vous perdre dans le marché aux poissons en bas de Trabzon, proche de la mer. Régalez vous d'assiettes de poissons grillées à 10TL, poser vous et regarder moi ça ! Ce café, ce thé, ces cris, ces couleurs aussi ! Et puis l'ivresse du voyage fait aussi que vous vous émerveillez pour tout, je suis resté des heures devant une geste impeccable d'un poissonnier pour dépecer de poisson !
L'ambassade, située en haut de la place principale (prendre la rue qui monte, puis après petit parc prendre à gauche), sont acceptés : les 10 premiers de chaque matin, formulaires, dépôt d'empreintes, le lieu est un peu froid, chacun ne bouge pas une oreille pour ne pas se mettre à dos le personnel qui nous accordera ou non le visa. Prenez des EUROS, 80, on vous demandera d'aller les porter à une banque (10min à pied) pour un virement sur le compte de l'ambassade.
Une fois votre visa en poche, vous avez 2 possibilités, en fait plusieurs chacun fait bien comme il veut !
Pour ma part, j'avais le choix entre rejoindre VAN et prendre le transasia express (ANKARA - TEHERAN) (il passe le jeudi vers 21H) ou en bus pour DOGUBAYEZIT passage de frontière à BARZAGAM. Direction la perse ! A vous l'iran, les tapis, les pistaches et les centrales nucléaires. Surtout à vous LA GENTILLESSE d'un pays POETIQUE.
-Vous pouvez aussi prendre en train un VAN - TABRIZ le mercredi-
A l'ambassade, je croise Nomou une japonaise que j'emmènerai avec moi pour 10h de bus de nuit, et un passage à l'aube de la frontière (stop final à gare routière de Dogubayezit, puis dolmus 7TL). Je suis pris d'hallucinations au petit matin, encore dans le car, j'observe la steppe et collines turques, vierges, mais j'y vois des stations de ski et des compétitions de VTT, je ne sais plus si je dors ou non. Je reprends mes esprits, nous arrivons à la gare routière, on chope le dolmus, lors de la halte dans la ville nous croisons Hihi une chinoise perdue souhaitant aussi se rendre en Iran. Elle se joint à nous. Ce coin est un peu compliqué, à Dogubayezit pas mal de monde a essayé d'escroquer Hihi, et Barzagam est un repère de filous (tu as la pression des français angoissés pour toi qui te mail ou te sms pour te dire que ça craint, au final tu commences à flipper un peu "est ce qu'on va me vendre en Syrie, est ce que je vais aller en prison si je dis quelque chose contre le régime à la frontière..." Vous voyez le délire?!!)
A Barzagam, pas mal d'hommes vous attendent après avoir passé les contrôles. Ils essaieront de vous escroquer sur tout, le change, les courses en taxi car ils vous en faudra un pour partir du post frontière (possible de faire à pied mais long). Puis en prendre un nouveau pour rejoindre la première ville avec station de bus. Barzagam est le seul endroit où vous devrez faire attention en Iran, ce n'est pas du tout représentatif. Vous avez rendez-vous au pays de la gentillesse, dîtes vous bien cela !
Post frontière, pas de fouilles de sacs, juste réécrire ce qu'on a déjà indiqué à l'ambassade, date de naissance, adresse sur place etc..et répondre à quelques questions "pourquoi vous venez ici, qu'est ce qu'on dit de l'iran chez vous, les allemands ne nous aiment pas n'est ce pas ? etc..." Je ne suis pas allemand monsieur ! Bon j'avoue j'ai acheté le douanier, je lui ai donné un porte clé Tour Eiffel !!! :) Juste pour vous dire no stress, tout se passera bien.
Ca y est ! nous voici Nomou, Hihi et moi libre de dévorer l'Iran ! La suite au prochain post, et si vous ne pouvez pas attendre, voir le lien plus haut dans le texte!
A venir, une rencontre avec des enfants de réfugiés afghans, 21H de train, des filles trop maquillés, un pêcheur à qui je donne de l'argent pour un poisson et qui le soir me porte un requin ! + 10000 rencontres ! C'est ça l'Iran. A très vite.
Dans ce premier post, je vais vous mettre un petit bout de ce long périple qui m'a emmené de Trabzon (Turquie) au Détroit d'Ormuz (Sud Iran). Surtout sur la logistique. Vous en aurez un peu plus, sur l'excellent blog de voyage LONGS COURRIERS, qui a fait paraître aujourd'hui un article sur mon périple http://longscourriers.fr/...tive-etait-la-bonne/
Le périple a commencé à ISTANBUL avec quelques jours de fiesta et de jus de grenade. Puis j'ai filé sur TRABZON, le voyageur malin qui veut aller en Iran sait que c'est dans cette ville turque qu'il peut obtenir rapidement un visa. J'y ai d'ailleurs rencontré un letton qui faisait Lettonie - Laos en stop, un allemand qui allait en vélo à Shanghai, des japonais, encore des japonais, des chinois et des français.
Juste avant de vous expliquer les démarches à l'ambassade, quand vous aurez un moment là bas, pensez à vous perdre dans le marché aux poissons en bas de Trabzon, proche de la mer. Régalez vous d'assiettes de poissons grillées à 10TL, poser vous et regarder moi ça ! Ce café, ce thé, ces cris, ces couleurs aussi ! Et puis l'ivresse du voyage fait aussi que vous vous émerveillez pour tout, je suis resté des heures devant une geste impeccable d'un poissonnier pour dépecer de poisson !
L'ambassade, située en haut de la place principale (prendre la rue qui monte, puis après petit parc prendre à gauche), sont acceptés : les 10 premiers de chaque matin, formulaires, dépôt d'empreintes, le lieu est un peu froid, chacun ne bouge pas une oreille pour ne pas se mettre à dos le personnel qui nous accordera ou non le visa. Prenez des EUROS, 80, on vous demandera d'aller les porter à une banque (10min à pied) pour un virement sur le compte de l'ambassade.
Une fois votre visa en poche, vous avez 2 possibilités, en fait plusieurs chacun fait bien comme il veut !
Pour ma part, j'avais le choix entre rejoindre VAN et prendre le transasia express (ANKARA - TEHERAN) (il passe le jeudi vers 21H) ou en bus pour DOGUBAYEZIT passage de frontière à BARZAGAM. Direction la perse ! A vous l'iran, les tapis, les pistaches et les centrales nucléaires. Surtout à vous LA GENTILLESSE d'un pays POETIQUE.
-Vous pouvez aussi prendre en train un VAN - TABRIZ le mercredi-
A l'ambassade, je croise Nomou une japonaise que j'emmènerai avec moi pour 10h de bus de nuit, et un passage à l'aube de la frontière (stop final à gare routière de Dogubayezit, puis dolmus 7TL). Je suis pris d'hallucinations au petit matin, encore dans le car, j'observe la steppe et collines turques, vierges, mais j'y vois des stations de ski et des compétitions de VTT, je ne sais plus si je dors ou non. Je reprends mes esprits, nous arrivons à la gare routière, on chope le dolmus, lors de la halte dans la ville nous croisons Hihi une chinoise perdue souhaitant aussi se rendre en Iran. Elle se joint à nous. Ce coin est un peu compliqué, à Dogubayezit pas mal de monde a essayé d'escroquer Hihi, et Barzagam est un repère de filous (tu as la pression des français angoissés pour toi qui te mail ou te sms pour te dire que ça craint, au final tu commences à flipper un peu "est ce qu'on va me vendre en Syrie, est ce que je vais aller en prison si je dis quelque chose contre le régime à la frontière..." Vous voyez le délire?!!)
A Barzagam, pas mal d'hommes vous attendent après avoir passé les contrôles. Ils essaieront de vous escroquer sur tout, le change, les courses en taxi car ils vous en faudra un pour partir du post frontière (possible de faire à pied mais long). Puis en prendre un nouveau pour rejoindre la première ville avec station de bus. Barzagam est le seul endroit où vous devrez faire attention en Iran, ce n'est pas du tout représentatif. Vous avez rendez-vous au pays de la gentillesse, dîtes vous bien cela !
Post frontière, pas de fouilles de sacs, juste réécrire ce qu'on a déjà indiqué à l'ambassade, date de naissance, adresse sur place etc..et répondre à quelques questions "pourquoi vous venez ici, qu'est ce qu'on dit de l'iran chez vous, les allemands ne nous aiment pas n'est ce pas ? etc..." Je ne suis pas allemand monsieur ! Bon j'avoue j'ai acheté le douanier, je lui ai donné un porte clé Tour Eiffel !!! :) Juste pour vous dire no stress, tout se passera bien.
Ca y est ! nous voici Nomou, Hihi et moi libre de dévorer l'Iran ! La suite au prochain post, et si vous ne pouvez pas attendre, voir le lien plus haut dans le texte!
A venir, une rencontre avec des enfants de réfugiés afghans, 21H de train, des filles trop maquillés, un pêcheur à qui je donne de l'argent pour un poisson et qui le soir me porte un requin ! + 10000 rencontres ! C'est ça l'Iran. A très vite.
Costa veut "tuer" le Samsara! English translation pending
je reviens d'une croisière aux caraibes sur le fortuna, et nous avons pris des renseignements pour une croisière sur le luminosa au mois de juin
aimant voyager en samsara, nous demandons donc un devis dans cette catégorie
et là, la personne nous regarde et nous demande si nous sommes au courant du " nouveau" samsara...
excitée, je m'imagine déjà de nouveaux avantages et de "privilèges" qui vont nous être proposés...
bing et bien non !!! c'est le contraire !!!
en un mot :rien ....il n'y a plus rien d'avantageux au samsara !!
résumons avant la catégorie samsara c'était :
- une chambre sous l'espace samsara, les enfants n'étant pas acceptés au spa, pas de gamins qui courent dans cet espace
- un accès privatif à l'espace samsara
- un accès illimité à l'espace spa
- un restaurant à part avec menus différents sans horaires de services, pas de placement obligatoire à table, et service soigné
-deux soins (massages ou autres) lors de la croisière
le nouveau samsara :
-les chambres ..bon elles ne peuvent pas bouger ...
- en novembre, sur le luminosa, nous ne pouvions plus bénéficier de l'accès privatif, il fallait obligatoirement passer par l'accueil du spa pour échanger la carte de la chambre contre un bracelet bipeur pour ouvrir les portes (auparavant on l'avait pour la semaine) donc si on veut aller chercher ou déposer quelque chose en cabine il faut reéchanger la carte avec le bracelet aller à sa cabine et recommencer ...avec au passage faire la queue si la personne de l'accueil est occupée...
- toujours l'accès au spa ..ça ça ne change pas !
- PLUS DE RESTAURANT !!!! le restaurant samsara ne fait plus parti des avantages ! il sera désormais en supplément !!
-PLUS de soins non plus !! fini !
moi perso je ne comprends pas !! quand j'ai demandé des explications, la personne m'a répondu que les personnes décisionnaires ne faisaient pas forcement de croisières et ne sont pas à l'écoute des clients !! sans blague !! elle a cherché à me rassurer en me disant que ce sera un essai, que peut être ils reviendront en arrière ...et moi j'ai répondu que "peut être " j'irai voir ailleurs et que je pense que d'autres feront comme moi !! ah oui comme autre argument, elle m'a fièrement annoncé que le prix des cabines samsara a été revu à la baisse aussi ! que maintenant ce n'est plus env 400 euros par rapport à une cabine premium, mais 200 ce qui correspond juste à une extension spa ... bref ...cette nouvelle politique une fois de plus à la baisse rentrera en action au mois d'avril ... cette société me déçoit de plus en plus, à trop tirer vers le bas elle va finir par y perdre ... dommage nous sommes maintenant tous les 2 gold pearl avec mon mari, mais je pense essayer d'autres compagnie et me refaire une nouvelle carte de fidélité ailleurs..
moi perso je ne comprends pas !! quand j'ai demandé des explications, la personne m'a répondu que les personnes décisionnaires ne faisaient pas forcement de croisières et ne sont pas à l'écoute des clients !! sans blague !! elle a cherché à me rassurer en me disant que ce sera un essai, que peut être ils reviendront en arrière ...et moi j'ai répondu que "peut être " j'irai voir ailleurs et que je pense que d'autres feront comme moi !! ah oui comme autre argument, elle m'a fièrement annoncé que le prix des cabines samsara a été revu à la baisse aussi ! que maintenant ce n'est plus env 400 euros par rapport à une cabine premium, mais 200 ce qui correspond juste à une extension spa ... bref ...cette nouvelle politique une fois de plus à la baisse rentrera en action au mois d'avril ... cette société me déçoit de plus en plus, à trop tirer vers le bas elle va finir par y perdre ... dommage nous sommes maintenant tous les 2 gold pearl avec mon mari, mais je pense essayer d'autres compagnie et me refaire une nouvelle carte de fidélité ailleurs..
Laisse les gondoles à Venise.... Il fait trop froid! English translation pending
Bonjour,
Pour les plus jeunes, voici ce qui m'a inspiré le titre de ce texte. Comme quoi avant on savait faire de la musique 😏
https://www.youtube.com/watch?v=Yr7nGf66JOE
Nous avions déjà visité Venise en Juillet 2004 et l'idée d'y aller en hiver avec moins de monde et une autre ambiance nous trottait dans la tête. Pour ce qui est de l'hiver, nous allons être servi car une vague de froid sibérien va s'abattre sur l'Europe entre Noël et Nouvel An. Pour ce qui est du monde, un peu raté aussi puisqu'au final, c'est bien rempli avec une 1/2 de touristes asiatiques. Assez impressionnant ! Mais, comme on le dit à chaque fois, il suffit de s'écarter des "autoroutes" bien balisées pour se retrouver seul.
J'ai fait une page complète avec des cartes de Venise et des iles de la lagune. Ca permet de tracer des itinéraires sur papier et d'imprimer par quartier.
Nous sommes donc partis en avion le Vendredi 26 Décembre 2014. Arrivée à 15h00.
Nous prenons un billet pour la navette Alilaguna. La Linea Rossa ( la + directe ) ne fonctionne qu'entre Avril et Octobre donc nous prenons la Linea Blu pour rejoindre Venise sur les quais à l'arrêt Arsenale. Le billet AR coûte 27€ et le trajet dure 1h15.
Notre hôtel, A tribute to Music, bizarre comme nom ... est donc sur le quai face à la lagune. Bien pratique quand on arrive par bateau car nous ne marcherons que 500m à peine. Le rapport Qualité/Prix est satisfaisant car pour 105€ en double avec petit-déjeuner, j'y croyais pas trop en cette période.

La chambre est mignonne, suffisamment grande pour caser les valises et ranger les doudounes. Nous n'avons pas l'option "vue sur lagune" mais cela donne sur une joli cour à l'arrière.

Une agréable surprise donc.
NOUVEAU : J'ai fini les pages plus détaillées sur mon site : http://www.vazyvite.com/2014_Venise/page/venise-2014.htm
Pour les plus jeunes, voici ce qui m'a inspiré le titre de ce texte. Comme quoi avant on savait faire de la musique 😏
https://www.youtube.com/watch?v=Yr7nGf66JOE
Nous avions déjà visité Venise en Juillet 2004 et l'idée d'y aller en hiver avec moins de monde et une autre ambiance nous trottait dans la tête. Pour ce qui est de l'hiver, nous allons être servi car une vague de froid sibérien va s'abattre sur l'Europe entre Noël et Nouvel An. Pour ce qui est du monde, un peu raté aussi puisqu'au final, c'est bien rempli avec une 1/2 de touristes asiatiques. Assez impressionnant ! Mais, comme on le dit à chaque fois, il suffit de s'écarter des "autoroutes" bien balisées pour se retrouver seul.
J'ai fait une page complète avec des cartes de Venise et des iles de la lagune. Ca permet de tracer des itinéraires sur papier et d'imprimer par quartier.
Nous sommes donc partis en avion le Vendredi 26 Décembre 2014. Arrivée à 15h00.
Nous prenons un billet pour la navette Alilaguna. La Linea Rossa ( la + directe ) ne fonctionne qu'entre Avril et Octobre donc nous prenons la Linea Blu pour rejoindre Venise sur les quais à l'arrêt Arsenale. Le billet AR coûte 27€ et le trajet dure 1h15.
Notre hôtel, A tribute to Music, bizarre comme nom ... est donc sur le quai face à la lagune. Bien pratique quand on arrive par bateau car nous ne marcherons que 500m à peine. Le rapport Qualité/Prix est satisfaisant car pour 105€ en double avec petit-déjeuner, j'y croyais pas trop en cette période.

La chambre est mignonne, suffisamment grande pour caser les valises et ranger les doudounes. Nous n'avons pas l'option "vue sur lagune" mais cela donne sur une joli cour à l'arrière.

Une agréable surprise donc.
NOUVEAU : J'ai fini les pages plus détaillées sur mon site : http://www.vazyvite.com/2014_Venise/page/venise-2014.htm
Impressions subjectives de mon voyage en Birmanie English translation pending
Salut à tous les membres de cet honorable forum,
Ayant copieusement pioché dans les discussions au sujet de la Birmanie, je me dois à mon tour d'apporter ma modeste contribution sur ce sujet.
Au préalable, je dois prévenir le lecteur que mes propos sont subjectifs et n'engagent que moi-même, De plus l'actualité évolue à une telle vitesse que certaines informations sont peut être déjà obsolètes.
Mon voyage s'est déroulé en mode routard et en solo du 27/11/2014 au 21/12/2014 soit 24 jours avec comme itinéraire : Mandalay ( 3j) ; Bagan ( 3j) ; Kalaw (2) ; Trek Kalaw-Lac Inle (3 j) ; Lac Inle ( 4j) ; Yangon ( 2j) ; Mawlamine (1j) ; Hpa-an (2j) ; Yangon ( 1j).
Description et commentaires : 1- Mandalay (3j) Arrivée à l'aéroport, ville étendue, location d'un vélo judicieuse, Change à l'aéroport mais obligation d'avoir des billets en très bon état et pour finir avec cette obsession des USD pas la peine d'en apporter si ce n'est que pour certaines entrées le change est plus intéressant avec des dollars qu'avec des Kya. A noter que si l'on voyage avec air Asia, la compagnie propose un bus pour rejoindre le dowtown ( 2 départs 8 et 13h), Mes balades préférées le pont U-Bhein où j'ai eu l'occasion de déguster un jus de fruits de la passion divin ! Mes papilles gustatives gardent encore le souvenir mémorable de cette saveur, Le coucher de soleil du côté de la colline où se trouve la pagode avec une petite grimpette de 1700 marches. Pour l'hébergement, j'ai trouvé une chambre chez l'habitant très sympa via un site dont je tairai le nom car on n'a pas le droit de faire de la publicité mais je peux donner des précisions en MP 2-Mandalay -Bagan : Descente en bateau pour touristes, Il est paraît-il rapide, j'ai trouvé le temps long (10h) et ennuyeux car les paysages sont monotones excepté le début où l'on aperçoit ces stupas à l'infini sur les hauteurs de la rive. 3- Bagan ( 3j) : Certes un très beau site mais j'ai préféré Angkor, Sukhotaï ou Borobudur, Cela étant les couchers de soleil sont magnifiques mais j'avoue que les Bouddhas au bout d'un moment je sature... 4-Bagan-Kalaw : trajet en mini-bus mais attention ça tourne alors mieux vaut être devant, 5-Kalaw (2 j) : Impression de fraîcheur, la ville n'a pas un grand charme mais j'ai eu la chance d'assister au grand marché dans le cycle des 5 jours et j'avoue que je me suis régalé car je crois bien que je préfère la fréquentation des marchés aux pagodes, temples et autre lieux sacrés, Un vrai bonheur ce marché avec les différentes ethnies que j'aurai pour certaines l'occasion de rencontrer sur le chemin du trek, J'en ai profité pour faire faire une reprise à mon jean un peu fatigué auprès d'une couturière du marché. Fou rire garanti ! 6- Kalaw-Lac Inle (3) : Trek avec un groupe de 5 personnes et deux charmantes guides Pao par l'intermédiaire de l'agence Samtrekking agence rôdée, toutefois être attentif à l'option choisie car il en existe une classique où tous les groupes se retrouvent le soir dans le même village et une autre option où c'est plus intime et donc plus discret. Ce qui fut notre cas de plus Nanka une des guides est originaire d'un village Pao où nous avons dormi le premier soir donc de sympathiques contacts notamment avec le vieil oncle qui parlait un peu l'anglais. En tout cas un de mes moments préférés dans ce voyage, la balade fut superbe découverte d'une campagne avec une mosaïque de champs multicolores et surtout l'occasion de voir les gens au cours de leurs travaux agricoles avec bien sûr à chaque fois un échange de sourires et de « mingalabar ». Le dernier jour par contre comme dans un entonnoir on se retrouve avec tous les touristes dans le même restaurant avant d'embarquer pour le lac Inle. 7- lac Inle -Nyaungshwe ( 4j) : J' ai séjourné à l'hôtel Inle Inn, assez bruyant et peu d'intimité mais la famille est très accueillante et fort serviable. Un de mes endroits préférés malgré la présence de nombreux touristes mais le site est étendu, Bien sûr les pêcheurs Inthas ne sont là que pour les touristes mais ils témoignent d'une pratique de pêche originale et unique, Si le bateau vous fatigue parce que trop bruyant il y a toujours la possibilité de louer un vélo pour visiter les marchés environnants où l'on a l'occasion de découvrir un artisanat intéressant. Pour sortir des sentiers battus, je suis allé au lac Sankar au sud du lac Inle, super balade avec des temples et des pagodes un peu décrépits mais dans de jolis sites et surtout moins fréquentés par les touristes. Mon amour pour le vin m'a incité à aller visiter les vignobles de Red Mountains à découvrir et à goûter, Etonnant de voir toutes ces vignes dans cette campagne et encore plus étonnant de voir les locaux boire du vin dans les cafés et restaurants, assez unique en Asie ! A propos de café, une mention pour « The French Touch » tenu par un français, endroit agréable avec de jolies photos, les tarifs sont plus élevés qu'ailleurs mais la qualité y est. Bref le lac Inle un bel endroit surtout en arrivant de Kalaw à pied. 8- Yangon (2 j) : Pas grand chose à dire de cette ville que je n'ai pas aimée, peu de charme. J' ai séjourné à l'auberge de jeunesse « For sisters » dans le dowtown délabré de Yangon contrairement à ce dit Christophe, le train circulaire n'a pas grand intérêt j'ai fait le tour complet durant trois heures et je m'y suis ennuyé ferme, Il faut reconnaître que le dowtown est sympa la nuit car très animé et pour y manger de nombreux stands, ça rappelle le Chinatown de Bangkok. 9-Mawlamine (1j ) : atmosphère étrangère, côté colonial un peu suranné mais pas de grand charme, 10- Hpa-an ( 2 j) : j' ai séjourné à l'hôtel Galaxy très sympa et serviable, organise des excursions mais bien se faire préciser l'itinéraire et surtout essayer d'avoir un guide et pas seulement un chauffeur. La campagne environnante est superbe, on redécouvre la beaué des paysages karstiques que l'on peut trouver au Vietnam ou en Chine. L'occasion de visiter des grottes, des temples des monastères une mention pour l'ascension du mont Zwegabin après une montée d'escaliers interminable, on arrive au sommet avec une vue magnifique et bien sûr un monastère comme chez nous certaines chapelles haut perchées. Bref, de belles balades dans cette campagne avec des images d'une Asie éternelle... En conclusion de mon voyage, la Birmanie n'est sûrement pas le plus beau pays d' Asie, je ne lui ai pas trouvé un charme fou, j'aurais aimé trouver parfois des endroits qui pourraient nous donner l'illusion d'être au paradis comme à Bali, au Vietnam, au nord de la Thaïlande bref de me faire rêver. De plus les hébergements sont chers et la qualité pas toujours au rendez-vous. Par contre et c'est ce qui m'a fait aimé ce voyage malgré tout, c'est la gentillesse et la spontanéité que les gens manifestent pour entrer en contact avec vous et bien sûr la qualité de cette relation humaine où le voyageur est un être privilégié n'a pas de prix ! Le sourire, l'envie de rendre service même si les slogans officiels les incitent à aider le touriste il me semble que les birmans le sont naturellement ou culturellement. A tous ceux qui auront l'occasion de découvrir ce pays, je leur souhaite un beau voyage en ayant à cœur de respecter les us et coutumes de ce pays.
Description et commentaires : 1- Mandalay (3j) Arrivée à l'aéroport, ville étendue, location d'un vélo judicieuse, Change à l'aéroport mais obligation d'avoir des billets en très bon état et pour finir avec cette obsession des USD pas la peine d'en apporter si ce n'est que pour certaines entrées le change est plus intéressant avec des dollars qu'avec des Kya. A noter que si l'on voyage avec air Asia, la compagnie propose un bus pour rejoindre le dowtown ( 2 départs 8 et 13h), Mes balades préférées le pont U-Bhein où j'ai eu l'occasion de déguster un jus de fruits de la passion divin ! Mes papilles gustatives gardent encore le souvenir mémorable de cette saveur, Le coucher de soleil du côté de la colline où se trouve la pagode avec une petite grimpette de 1700 marches. Pour l'hébergement, j'ai trouvé une chambre chez l'habitant très sympa via un site dont je tairai le nom car on n'a pas le droit de faire de la publicité mais je peux donner des précisions en MP 2-Mandalay -Bagan : Descente en bateau pour touristes, Il est paraît-il rapide, j'ai trouvé le temps long (10h) et ennuyeux car les paysages sont monotones excepté le début où l'on aperçoit ces stupas à l'infini sur les hauteurs de la rive. 3- Bagan ( 3j) : Certes un très beau site mais j'ai préféré Angkor, Sukhotaï ou Borobudur, Cela étant les couchers de soleil sont magnifiques mais j'avoue que les Bouddhas au bout d'un moment je sature... 4-Bagan-Kalaw : trajet en mini-bus mais attention ça tourne alors mieux vaut être devant, 5-Kalaw (2 j) : Impression de fraîcheur, la ville n'a pas un grand charme mais j'ai eu la chance d'assister au grand marché dans le cycle des 5 jours et j'avoue que je me suis régalé car je crois bien que je préfère la fréquentation des marchés aux pagodes, temples et autre lieux sacrés, Un vrai bonheur ce marché avec les différentes ethnies que j'aurai pour certaines l'occasion de rencontrer sur le chemin du trek, J'en ai profité pour faire faire une reprise à mon jean un peu fatigué auprès d'une couturière du marché. Fou rire garanti ! 6- Kalaw-Lac Inle (3) : Trek avec un groupe de 5 personnes et deux charmantes guides Pao par l'intermédiaire de l'agence Samtrekking agence rôdée, toutefois être attentif à l'option choisie car il en existe une classique où tous les groupes se retrouvent le soir dans le même village et une autre option où c'est plus intime et donc plus discret. Ce qui fut notre cas de plus Nanka une des guides est originaire d'un village Pao où nous avons dormi le premier soir donc de sympathiques contacts notamment avec le vieil oncle qui parlait un peu l'anglais. En tout cas un de mes moments préférés dans ce voyage, la balade fut superbe découverte d'une campagne avec une mosaïque de champs multicolores et surtout l'occasion de voir les gens au cours de leurs travaux agricoles avec bien sûr à chaque fois un échange de sourires et de « mingalabar ». Le dernier jour par contre comme dans un entonnoir on se retrouve avec tous les touristes dans le même restaurant avant d'embarquer pour le lac Inle. 7- lac Inle -Nyaungshwe ( 4j) : J' ai séjourné à l'hôtel Inle Inn, assez bruyant et peu d'intimité mais la famille est très accueillante et fort serviable. Un de mes endroits préférés malgré la présence de nombreux touristes mais le site est étendu, Bien sûr les pêcheurs Inthas ne sont là que pour les touristes mais ils témoignent d'une pratique de pêche originale et unique, Si le bateau vous fatigue parce que trop bruyant il y a toujours la possibilité de louer un vélo pour visiter les marchés environnants où l'on a l'occasion de découvrir un artisanat intéressant. Pour sortir des sentiers battus, je suis allé au lac Sankar au sud du lac Inle, super balade avec des temples et des pagodes un peu décrépits mais dans de jolis sites et surtout moins fréquentés par les touristes. Mon amour pour le vin m'a incité à aller visiter les vignobles de Red Mountains à découvrir et à goûter, Etonnant de voir toutes ces vignes dans cette campagne et encore plus étonnant de voir les locaux boire du vin dans les cafés et restaurants, assez unique en Asie ! A propos de café, une mention pour « The French Touch » tenu par un français, endroit agréable avec de jolies photos, les tarifs sont plus élevés qu'ailleurs mais la qualité y est. Bref le lac Inle un bel endroit surtout en arrivant de Kalaw à pied. 8- Yangon (2 j) : Pas grand chose à dire de cette ville que je n'ai pas aimée, peu de charme. J' ai séjourné à l'auberge de jeunesse « For sisters » dans le dowtown délabré de Yangon contrairement à ce dit Christophe, le train circulaire n'a pas grand intérêt j'ai fait le tour complet durant trois heures et je m'y suis ennuyé ferme, Il faut reconnaître que le dowtown est sympa la nuit car très animé et pour y manger de nombreux stands, ça rappelle le Chinatown de Bangkok. 9-Mawlamine (1j ) : atmosphère étrangère, côté colonial un peu suranné mais pas de grand charme, 10- Hpa-an ( 2 j) : j' ai séjourné à l'hôtel Galaxy très sympa et serviable, organise des excursions mais bien se faire préciser l'itinéraire et surtout essayer d'avoir un guide et pas seulement un chauffeur. La campagne environnante est superbe, on redécouvre la beaué des paysages karstiques que l'on peut trouver au Vietnam ou en Chine. L'occasion de visiter des grottes, des temples des monastères une mention pour l'ascension du mont Zwegabin après une montée d'escaliers interminable, on arrive au sommet avec une vue magnifique et bien sûr un monastère comme chez nous certaines chapelles haut perchées. Bref, de belles balades dans cette campagne avec des images d'une Asie éternelle... En conclusion de mon voyage, la Birmanie n'est sûrement pas le plus beau pays d' Asie, je ne lui ai pas trouvé un charme fou, j'aurais aimé trouver parfois des endroits qui pourraient nous donner l'illusion d'être au paradis comme à Bali, au Vietnam, au nord de la Thaïlande bref de me faire rêver. De plus les hébergements sont chers et la qualité pas toujours au rendez-vous. Par contre et c'est ce qui m'a fait aimé ce voyage malgré tout, c'est la gentillesse et la spontanéité que les gens manifestent pour entrer en contact avec vous et bien sûr la qualité de cette relation humaine où le voyageur est un être privilégié n'a pas de prix ! Le sourire, l'envie de rendre service même si les slogans officiels les incitent à aider le touriste il me semble que les birmans le sont naturellement ou culturellement. A tous ceux qui auront l'occasion de découvrir ce pays, je leur souhaite un beau voyage en ayant à cœur de respecter les us et coutumes de ce pays.
Nord-Ouest thaïlandais: descente de Mae Hong Son à Mae Sot/Tak puis rejoindre Nam Tok? English translation pending
Hello
Pas bcp d'infos sur le nord-ouest de Thailande Est-ce possible ? sécure ? et intéressant ? de faire en bus ou en songthaew: - descente de Mae Hong Son à Mae Sot / Tak - puis rejoindre Nam Tok et rivière Kwaï ? Comment ? Combien de temps ? Qui connait ? Merci d'avance
Pas bcp d'infos sur le nord-ouest de Thailande Est-ce possible ? sécure ? et intéressant ? de faire en bus ou en songthaew: - descente de Mae Hong Son à Mae Sot / Tak - puis rejoindre Nam Tok et rivière Kwaï ? Comment ? Combien de temps ? Qui connait ? Merci d'avance
Un anthropologue analyse la situation au Niger (janvier 2015) English translation pending
Article tout actuel de l'anthropologue Jean-Pierre Olivier de Sardan (Niamey, Marseille) qui pourrait vous intéresser. Olivier de Sardan vit et travaille la plupart du temps au Niger, à Niamey, où il a cofondé le LASDEL, Laboratoire d'Études et de Recherches sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local :
Bonjour
Veuillez trouver ci-joint, écrite en réponse à divers amis qui m’ont demandé des infos sur la situation au Niger, une analyse qui n’engage que moi, après ces deux journées terribles, marquée par des manifestations très violentes à Zinder puis Niamey contre la « une » de Charlie-Hebdo, au cours desquelles des églises (ou temples) et des bars ont été particulièrement ciblés (le siège d’Orange et le centre culturel français de Zinder ont été aussi brûlés)
1. Si la « une » de Charlie Hebdo était compréhensible et défendable dans un contexte très « parisien », elle constituait évidemment une provocation délibérée et grave vue depuis le monde musulman (toutes tendances confondues, et même si on peut penser que ce dessin ne méritait pas une telle réaction). Autrement dit les conséquences actuelles était entièrement prévisibles, et il me semble très irresponsable de la part de l’équipe de Charlie-Hebdo de ne pas en voir tenu compte.
2. Bien évidemment, l’ampleur des manifestations à Niamey ne peut s’expliquer seulement par cette « une ». Celle-ci a constitué une occasion en or (ou un prétexte) pour que s’exprime une tendance intégriste en progression constante au Niger, plus ou moins sympathisante de Boko Haram.
3. Mais Boko-Haram (qui reste encore très lié au contexte spécifique du Nord-Est du Nigéria, et maintenant du Nord Cameroun) ne fait pas (encore ?) du Niger une terre de combat, et n’était sans doute pas directement à la manoeuvre ; la manif n’était pas dirigée par ses membres. C’est là essentiellement la première apparition publique importante d’une idéologie « pro-Boko Haram », certes floue, et n’impliquant pas nécessairement un ralliement, qui est interne à la société « nigérienne »
4. Cette idéologie s’est manifestée de façon évidente dans le fait de prendre pour cible des églises et des bars. C’est la première fois au Niger que la religion chrétienne est attaquée de façon violente, meurtrière. Beaucoup d’entre nous sommes atterrés.
5. Cette même idéologie s’est aussi développée indépendamment de Boko Haram depuis deux décennies, à travers l’emprise croissante du fondamentalisme intolérant et du wahabisme, promus par l’Arabie saoudite et le Qatar, à coups de financements, de formations de clercs et de propagande. On a eu ainsi le rejet du code de la famille, les attaques contre les festivals de modes, ou encore des jeunes filles parfois molestées au marché pour leurs tenues trop occidentales. Les milieux populaires sont particulièrement touchés par cette idéologie : jeunes chômeurs ou demi-chômeurs surtout, mais aussi au-delà, écoliers, élèves coraniques, étudiants, petits cadres et parfois cadres moyens (enseignants par exemple)
6. Evidemment, la question est alors de savoir pourquoi l’extrémisme jihadiste séduit autant de Nigériens, malgré sa folie meurtrière. Bien sûr c’est d’abord parce que Boko Haram attaque l’Occident. Le sentiment anti-français persiste, avec les comptes non soldés de la colonisation et de la Françafrique (d’où l’attaque d’Orange et du centre culturel français). Mais il est relayé par un sentiment anti-occidental plus général, qui est alimenté par la morgue américaine, comme par la morgue des experts et des donneurs de leçons du développement, et la dépendance/mendicité envers l’Occident (d’où, à l’époque, l’approbation populaire assez large de l’attentat du 11 septembre)
7. Mais Boko Haram attaque aussi l’Etat national et la nomenklatura musulmane : ceci aussi séduit au Niger. où le rejet de la classe politique nigérienne est massif et profond, lié à la corruption croissante, à l’enrichissement débridé des élites, à l’importance du chômage, à l’échec de l’école occidentale
8. Au bout du compte c’est Boko Haram qui empoche la mise et devient le réceptacle de toutes les frustrations, car seul il s’attaque à l’ensemble des élites en place, et seul porte un changement radical. Il joue en un sens le même rôle au Nord Nigéria, au Nord Cameroun et au Niger que l’extrême droite en Europe (de même que les jihadistes au Mali).
9. En termes gramsciens, l’idéologie extrémiste a donc désormais une implantation populaire (tout en restant largement minoritaire) et gagne continuellement des points dans la bataille idéologique, dans le cadre d’une configuration générale de l’arène religieuse nigérienne qui est de plus en plus favorable aux versions salafistes de l’Islam, ceci d’autant plus que les versions modérées de l’Islam, bien que majoritaires, se taisent, plus ou moins apeurées et débordés par les surenchères, et ne mènent pas vraiment la bataille idéologique.
10. Une preuve évidente de cette démission de l’islam modéré comme de la classe politique est qu’il n’y a jamais eu de mobilisation populaire au Niger face à Boko Haram. Il est très grave qu’aucune manifestation n’ait jamais été organisée à Niamey en soutien aux victimes nigérianes de Boko Haram, que ce soit pour les lycéennes enlevées, ou après l’attentat contre la mosquée de Kano, par exemple. Personne n’a bougé, ce qui contraste évidemment tristement avec la réaction française face aux attentats contre Charlie Hebdo et la supérette kasher.
11. Même après ces deux jours, et les 10 morts et les églises et les bars incendiés, on attend toujours une condamnation claire et ferme par les partis ou les associations islamiques. La bataille idéologique n’est pas menée.
12. Aujourd’hui, le plus gros danger serait que les partis d’opposition soufflent sur les braises, et tentent d’instrumentaliser cet islamisme pro-Boko Haram pour déstabiliser le régime. Beaucoup d’analystes nigériens le pensent, et c’est ce que dit le gouvernement. Pour certains, ces manifestations auraient été plus ou moins organisées en sous-main par l’opposition. L’ennemi principal serait donc pour les partis d’opposition le pouvoir actuel, et ils seraient prêts à s’allier contre lui avec les extrémistes musulmans (autrement dit avec le diable). Evidemment, l’ennemi principal aujourd’hui au Niger est Boko Haram, bien plus dangereux pour nous que le Sud de la Lybie ou le Nord du Mali (et bien plus dangereux que Charlie-Hebdo, ajouterai-je !!)
13. Espérons que des leaders des partis d’opposition démentiront de tels soupçons et dénonceront les meurtres et les incendies d’églises et de bars.
Rêvons un peu : Et si, demain, une grande manif se déroulait à Niamey, avec toute la classe politique, contre Boko Haram, pour la tolérance religieuse, avec des pancartes portées par des imams « je suis chrétien » ?
Bonjour
Veuillez trouver ci-joint, écrite en réponse à divers amis qui m’ont demandé des infos sur la situation au Niger, une analyse qui n’engage que moi, après ces deux journées terribles, marquée par des manifestations très violentes à Zinder puis Niamey contre la « une » de Charlie-Hebdo, au cours desquelles des églises (ou temples) et des bars ont été particulièrement ciblés (le siège d’Orange et le centre culturel français de Zinder ont été aussi brûlés)
1. Si la « une » de Charlie Hebdo était compréhensible et défendable dans un contexte très « parisien », elle constituait évidemment une provocation délibérée et grave vue depuis le monde musulman (toutes tendances confondues, et même si on peut penser que ce dessin ne méritait pas une telle réaction). Autrement dit les conséquences actuelles était entièrement prévisibles, et il me semble très irresponsable de la part de l’équipe de Charlie-Hebdo de ne pas en voir tenu compte.
2. Bien évidemment, l’ampleur des manifestations à Niamey ne peut s’expliquer seulement par cette « une ». Celle-ci a constitué une occasion en or (ou un prétexte) pour que s’exprime une tendance intégriste en progression constante au Niger, plus ou moins sympathisante de Boko Haram.
3. Mais Boko-Haram (qui reste encore très lié au contexte spécifique du Nord-Est du Nigéria, et maintenant du Nord Cameroun) ne fait pas (encore ?) du Niger une terre de combat, et n’était sans doute pas directement à la manoeuvre ; la manif n’était pas dirigée par ses membres. C’est là essentiellement la première apparition publique importante d’une idéologie « pro-Boko Haram », certes floue, et n’impliquant pas nécessairement un ralliement, qui est interne à la société « nigérienne »
4. Cette idéologie s’est manifestée de façon évidente dans le fait de prendre pour cible des églises et des bars. C’est la première fois au Niger que la religion chrétienne est attaquée de façon violente, meurtrière. Beaucoup d’entre nous sommes atterrés.
5. Cette même idéologie s’est aussi développée indépendamment de Boko Haram depuis deux décennies, à travers l’emprise croissante du fondamentalisme intolérant et du wahabisme, promus par l’Arabie saoudite et le Qatar, à coups de financements, de formations de clercs et de propagande. On a eu ainsi le rejet du code de la famille, les attaques contre les festivals de modes, ou encore des jeunes filles parfois molestées au marché pour leurs tenues trop occidentales. Les milieux populaires sont particulièrement touchés par cette idéologie : jeunes chômeurs ou demi-chômeurs surtout, mais aussi au-delà, écoliers, élèves coraniques, étudiants, petits cadres et parfois cadres moyens (enseignants par exemple)
6. Evidemment, la question est alors de savoir pourquoi l’extrémisme jihadiste séduit autant de Nigériens, malgré sa folie meurtrière. Bien sûr c’est d’abord parce que Boko Haram attaque l’Occident. Le sentiment anti-français persiste, avec les comptes non soldés de la colonisation et de la Françafrique (d’où l’attaque d’Orange et du centre culturel français). Mais il est relayé par un sentiment anti-occidental plus général, qui est alimenté par la morgue américaine, comme par la morgue des experts et des donneurs de leçons du développement, et la dépendance/mendicité envers l’Occident (d’où, à l’époque, l’approbation populaire assez large de l’attentat du 11 septembre)
7. Mais Boko Haram attaque aussi l’Etat national et la nomenklatura musulmane : ceci aussi séduit au Niger. où le rejet de la classe politique nigérienne est massif et profond, lié à la corruption croissante, à l’enrichissement débridé des élites, à l’importance du chômage, à l’échec de l’école occidentale
8. Au bout du compte c’est Boko Haram qui empoche la mise et devient le réceptacle de toutes les frustrations, car seul il s’attaque à l’ensemble des élites en place, et seul porte un changement radical. Il joue en un sens le même rôle au Nord Nigéria, au Nord Cameroun et au Niger que l’extrême droite en Europe (de même que les jihadistes au Mali).
9. En termes gramsciens, l’idéologie extrémiste a donc désormais une implantation populaire (tout en restant largement minoritaire) et gagne continuellement des points dans la bataille idéologique, dans le cadre d’une configuration générale de l’arène religieuse nigérienne qui est de plus en plus favorable aux versions salafistes de l’Islam, ceci d’autant plus que les versions modérées de l’Islam, bien que majoritaires, se taisent, plus ou moins apeurées et débordés par les surenchères, et ne mènent pas vraiment la bataille idéologique.
10. Une preuve évidente de cette démission de l’islam modéré comme de la classe politique est qu’il n’y a jamais eu de mobilisation populaire au Niger face à Boko Haram. Il est très grave qu’aucune manifestation n’ait jamais été organisée à Niamey en soutien aux victimes nigérianes de Boko Haram, que ce soit pour les lycéennes enlevées, ou après l’attentat contre la mosquée de Kano, par exemple. Personne n’a bougé, ce qui contraste évidemment tristement avec la réaction française face aux attentats contre Charlie Hebdo et la supérette kasher.
11. Même après ces deux jours, et les 10 morts et les églises et les bars incendiés, on attend toujours une condamnation claire et ferme par les partis ou les associations islamiques. La bataille idéologique n’est pas menée.
12. Aujourd’hui, le plus gros danger serait que les partis d’opposition soufflent sur les braises, et tentent d’instrumentaliser cet islamisme pro-Boko Haram pour déstabiliser le régime. Beaucoup d’analystes nigériens le pensent, et c’est ce que dit le gouvernement. Pour certains, ces manifestations auraient été plus ou moins organisées en sous-main par l’opposition. L’ennemi principal serait donc pour les partis d’opposition le pouvoir actuel, et ils seraient prêts à s’allier contre lui avec les extrémistes musulmans (autrement dit avec le diable). Evidemment, l’ennemi principal aujourd’hui au Niger est Boko Haram, bien plus dangereux pour nous que le Sud de la Lybie ou le Nord du Mali (et bien plus dangereux que Charlie-Hebdo, ajouterai-je !!)
13. Espérons que des leaders des partis d’opposition démentiront de tels soupçons et dénonceront les meurtres et les incendies d’églises et de bars.
Rêvons un peu : Et si, demain, une grande manif se déroulait à Niamey, avec toute la classe politique, contre Boko Haram, pour la tolérance religieuse, avec des pancartes portées par des imams « je suis chrétien » ?
Réservation de location par internet: quelques idées pour essayer d'éviter de se faire arnaquer English translation pending
Dans ce forum il y a souvent des touristes qui nous rapportent leur déconvenue car il se sont fait arnaqués en réservant une location sur internet.
J'ai eu quelques idées qui peuvent aider ceux qui souhaitent éviter ces arnaques. Merci de les compléter/ et ou de critiquer.
Une petite astuce facile à mettre en oeuvre que ce soit avant la signature du contrat ou bien après.
Vous avez choisi votre location, elle est libre vous avez envie de conclure. Envoyez un mail demandant comment réserver. Une fois que le propriétaire vous a dit comment réserver (en général il faut tout d'abord envoyer de l'argent) postez une demande de réservation depuis une autre adresse mail pour la même location. Si le propriétaire ne vous dit pas qu'il est en train de conclure la location avec quelqu'un d'autre, ce n'est pas normal. On ne pratique pas le surbooking pour un appartement, ce n'est pas un avion !
Si vous avez déjà réservé et payé, et que vous vous posez des questions, utilisez la même tactique. Envoyez un mail pour demander si la location est libre avec une autre adresse mail.
Quand vous choisissez votre location, vous devez impérativement avoir son adresse.
Avec Google Map, vous pourrez aller la voir sur le web. Avec la vue satellite ou Streetview vous pourrez constater si les photos qui illustrent l'annonce ont l'air "vraies". De plus l'adresse exacte se révélera être un indicateur précieux au moment de choisir au mieux l'endroit de votre séjour.
N'hésitez pas à téléphoner au propriétaire. Il devrait comprendre le français. Il est toujours bon de nouer une relation au téléphone avant de conclure une location.
Maintenant voici une astuce plus compliquée à mettre en oeuvre. Mais cela vaut le coup que si vous avez encore un doute.
Vous pouvez rechercher où les photos de l'annonce apparaissent sur internet. Vous faites une recherche avec Google Image.
Ici le support de Google vous l'explique en détail.
Soit avec le "glissé déposer", l'url de l'image ou en l' important dans Google Image vous pourrez vérifier les annonces où elle apparaît.
Bien entendu, si elle apparaît dans d'autres annonces qui n'ont rien à voir avec la supposée location, laissez tomber tout de suite.
Si vous passez par une agence immobilière, il est indispensable de taper dans Google, "avis " suivi du nom de l'agence, et éventuellement le nom de l'endroit. Suivant les résultats de votre recherche, vous serez édifiés.
Vous pouvez aussi joindre l'office du tourisme de la localité pour demander si l'agence est sérieuse.
Je vous déconseille fortement de choisir une location à bas prix dans une agence immobilière. Sachant que l'agence immobilière prend généralement 30% de la location, si le prix est bas, il ne reste pas grand chose au propriétaire. Soit ce propriétaire est philanthropique, soit, plus sûrement, il se moque du confort de ses locataires et vous risquez d'être déçu.
En louant à un particulier on avoir de bonnes surprises, une fois les vérifications expliquées ci-dessus. Ou bien le propriétaire propose une location "classique". Ou bien il tient à chouchouter ses locataires. Il propose des horaires plus souples pour l'entrée et la sortie, la location est très bien équipée, il vous explique ce qu'il y a à visiter...
Le plus grand risque d'arnaque se situe pour les locations du mois d'août. En effet cette période est la période la plus demandée. Les demandes sont parfois plus de 10 fois supérieures à l'offre. Cela est dû en partie aux personnes qui ne peuvent absolument pas faire autrement. Durant cette période également les prix sont très élevés, c'est encore plus facile et tentant pour les escrocs d'essayer de gagner de l'argent facilement.
Bonnes vacances
Une petite astuce facile à mettre en oeuvre que ce soit avant la signature du contrat ou bien après.
Vous avez choisi votre location, elle est libre vous avez envie de conclure. Envoyez un mail demandant comment réserver. Une fois que le propriétaire vous a dit comment réserver (en général il faut tout d'abord envoyer de l'argent) postez une demande de réservation depuis une autre adresse mail pour la même location. Si le propriétaire ne vous dit pas qu'il est en train de conclure la location avec quelqu'un d'autre, ce n'est pas normal. On ne pratique pas le surbooking pour un appartement, ce n'est pas un avion !
Si vous avez déjà réservé et payé, et que vous vous posez des questions, utilisez la même tactique. Envoyez un mail pour demander si la location est libre avec une autre adresse mail.
Quand vous choisissez votre location, vous devez impérativement avoir son adresse.
Avec Google Map, vous pourrez aller la voir sur le web. Avec la vue satellite ou Streetview vous pourrez constater si les photos qui illustrent l'annonce ont l'air "vraies". De plus l'adresse exacte se révélera être un indicateur précieux au moment de choisir au mieux l'endroit de votre séjour.
N'hésitez pas à téléphoner au propriétaire. Il devrait comprendre le français. Il est toujours bon de nouer une relation au téléphone avant de conclure une location.
Maintenant voici une astuce plus compliquée à mettre en oeuvre. Mais cela vaut le coup que si vous avez encore un doute.
Vous pouvez rechercher où les photos de l'annonce apparaissent sur internet. Vous faites une recherche avec Google Image.
Ici le support de Google vous l'explique en détail.
Soit avec le "glissé déposer", l'url de l'image ou en l' important dans Google Image vous pourrez vérifier les annonces où elle apparaît.
Bien entendu, si elle apparaît dans d'autres annonces qui n'ont rien à voir avec la supposée location, laissez tomber tout de suite.
Si vous passez par une agence immobilière, il est indispensable de taper dans Google, "avis " suivi du nom de l'agence, et éventuellement le nom de l'endroit. Suivant les résultats de votre recherche, vous serez édifiés.
Vous pouvez aussi joindre l'office du tourisme de la localité pour demander si l'agence est sérieuse.
Je vous déconseille fortement de choisir une location à bas prix dans une agence immobilière. Sachant que l'agence immobilière prend généralement 30% de la location, si le prix est bas, il ne reste pas grand chose au propriétaire. Soit ce propriétaire est philanthropique, soit, plus sûrement, il se moque du confort de ses locataires et vous risquez d'être déçu.
En louant à un particulier on avoir de bonnes surprises, une fois les vérifications expliquées ci-dessus. Ou bien le propriétaire propose une location "classique". Ou bien il tient à chouchouter ses locataires. Il propose des horaires plus souples pour l'entrée et la sortie, la location est très bien équipée, il vous explique ce qu'il y a à visiter...
Le plus grand risque d'arnaque se situe pour les locations du mois d'août. En effet cette période est la période la plus demandée. Les demandes sont parfois plus de 10 fois supérieures à l'offre. Cela est dû en partie aux personnes qui ne peuvent absolument pas faire autrement. Durant cette période également les prix sont très élevés, c'est encore plus facile et tentant pour les escrocs d'essayer de gagner de l'argent facilement.
Bonnes vacances
Randonner seul et précaution avec les ours English translation pending
Bonjour,
Je compte partir un peu plus d'un mois au Canada entre mi-mai/mi-juin et je serai tout seul. Je compte faire des randos dans les grands parc nationaux (Gaspésie et Saguenay pour la partie Quebec et Banff, Jasper, Yoho, Kootenay dans la partie ouest).
J'ai lu les informations et les précautions à prendre sur le site http://www.pc.gc.ca mais étant seul, j'ai quand même une appréhension sur la rencontre des ours. Déjà je pense acheter des clochettes et les attacher à mon sac à dos. J'imagine que les clochettes peuvent s'acheter directement dans les centres visiteurs au Canada...? Que pensez vous aussi des sortes de pulvérisateurs au poivre (au cas où l'ours s'approcherait tres tres près^^)?
Pour le soir je compte dormir en auberge de jeunesse (après je ne sais pas s'il y en partout au Canada!?) donc pour ce qui est de mettre la nourriture dans la voiture ou loin de la tente ce sera pas un souci! Par contre, lorsqu'on est en rando, on a forcément de la nourriture dans le sac à dos... Les ours peuvent sentir si on a une petite quantité de nourriture dans le sac à dos?
Merci d'avance pour vos réponses et vos conseils.
Cédric.
Je compte partir un peu plus d'un mois au Canada entre mi-mai/mi-juin et je serai tout seul. Je compte faire des randos dans les grands parc nationaux (Gaspésie et Saguenay pour la partie Quebec et Banff, Jasper, Yoho, Kootenay dans la partie ouest).
J'ai lu les informations et les précautions à prendre sur le site http://www.pc.gc.ca mais étant seul, j'ai quand même une appréhension sur la rencontre des ours. Déjà je pense acheter des clochettes et les attacher à mon sac à dos. J'imagine que les clochettes peuvent s'acheter directement dans les centres visiteurs au Canada...? Que pensez vous aussi des sortes de pulvérisateurs au poivre (au cas où l'ours s'approcherait tres tres près^^)?
Pour le soir je compte dormir en auberge de jeunesse (après je ne sais pas s'il y en partout au Canada!?) donc pour ce qui est de mettre la nourriture dans la voiture ou loin de la tente ce sera pas un souci! Par contre, lorsqu'on est en rando, on a forcément de la nourriture dans le sac à dos... Les ours peuvent sentir si on a une petite quantité de nourriture dans le sac à dos?
Merci d'avance pour vos réponses et vos conseils.
Cédric.
Koh Tao: dangereux pour les touristes? English translation pending
Bonjour tous le monde!!
Est ce que quelqu'un connais bien koh tao actuellement? Avec le double meutre+ le français pendu pensez- vous que cette île est -elle sure pour les touristes? Je prévoyais de m'y rendre en Février j'ai déjà réserver mais avec tout ça je suis un peu inquiète. si quelqu'un peut m'éclairer..
Est ce que quelqu'un connais bien koh tao actuellement? Avec le double meutre+ le français pendu pensez- vous que cette île est -elle sure pour les touristes? Je prévoyais de m'y rendre en Février j'ai déjà réserver mais avec tout ça je suis un peu inquiète. si quelqu'un peut m'éclairer..
Voyage à cheval en Amérique du Sud English translation pending
Bonjour a tous, je me présente, je m’appelle Maxime j'ai 20 ans et je suis mécanicien agricole. Il y'a deux ans j'ai eu une idée qui est apparue dans ma tête: Traverser l’Amérique du sud (et si possible a cheval), j'y pense de temps en temps et cette idée est devenu un rêve et me revient de plus en plus souvent en tête.
Je ne compte pas le réaliser dans l’immédiat mais je me renseigne pour préparer sa petit a petit.
Comme je vous l'ai dis j'aimerai traverser l’Amérique latine a cheval, mais je n'ai pas d’itinéraire pour l'instant.
Si quelqu'un a déjà réalisé un voyage de la sorte, j'aimerai bien avoir son témoignage.
J'ai quelque question qui me viennent:
-Quels sont les pays a éviter ? (niveau sécurité, loi de traversé a cheval etc)
-Est il possible de rencontré les peuples indigènes ? (tribu du Pérou, ou tribu dans les forets, qui n'ont pas de rapport avec la civilisation)
-Est il facile d'acheter un cheval ? (si oui a quel prix)
Voila il me viendra plein d'autres question par la suite, si vous pouvez me donner le plus d'info possible.
Je souhaite faire mon voyage en ayant le moins possible de contact avec la civilisation, juste avec des petite tribus et petit villages indigène. J'envisage également de partager mon voyage avec une autre personne (que je n'ai pas encore trouvé) qui s'y connaîtra en chevaux (soin et tout sa)
Merci pour vos future réponses
L'Union Européenne veut renforcer le contrôle des passagers aériens English translation pending
Suite aux attaques terroristes en France, l'U.E. a décidé d'accélérer la création d'un fichier européen des données des passagers aériens.
Lire la suite...
L'indignation English translation pending
Bonsoir à toutes et tous
Ce n'est peut-être pas l'endroit mais j'ai envie de vous dire mon indignation (aucun mot n'est assez fort) suite au massacre qui s'est produit ce matin à Paris. Des policiers, des journalistes ont payé de leur vie notre droit à la liberté de la presse.
L'Afrique du Sud: 4x4 ou non? English translation pending
Bonjour à toutes et à tous,
Et meilleurs voeux pour cette nouvelle année....
Juste pour préciser que, avant de partir, nous avons lu maintes et maintes fois qu'il n'était pas nécessaire d'avoir un 4*4 en AFS!!! Alors évidemment, cela dépend de ce que l'on veut faire.... Mais si on veut sortir des sentiers battus, et des "nationales" ou "autoroutes", ennuyantes au possible, le 4*4, est INDISPENSABLE!!!!!!!!!!!!
Heureusement, nous avons malgré tout loué un 4*4, et ce fut sans regret aucun tellement on a découvert des espaces vierges, authentiques, sans goudron!!!!!! ;-)
Alors voilà; plutôt qu'être catégorique, on dit juste : si vous voulez rester dans l'entonnoir touristique, effectivement, une voiture normale suffit amplement En revanche si vous aimez l'aventure, le VRAI voyage, alors vous aurez besoin d'un 4*4......
Ce n'est qu'un conseil, libres à vous de le suivre... ou pas!.... ;-)
A bons lecteurs
Et meilleurs voeux pour cette nouvelle année....
Juste pour préciser que, avant de partir, nous avons lu maintes et maintes fois qu'il n'était pas nécessaire d'avoir un 4*4 en AFS!!! Alors évidemment, cela dépend de ce que l'on veut faire.... Mais si on veut sortir des sentiers battus, et des "nationales" ou "autoroutes", ennuyantes au possible, le 4*4, est INDISPENSABLE!!!!!!!!!!!!
Heureusement, nous avons malgré tout loué un 4*4, et ce fut sans regret aucun tellement on a découvert des espaces vierges, authentiques, sans goudron!!!!!! ;-)
Alors voilà; plutôt qu'être catégorique, on dit juste : si vous voulez rester dans l'entonnoir touristique, effectivement, une voiture normale suffit amplement En revanche si vous aimez l'aventure, le VRAI voyage, alors vous aurez besoin d'un 4*4......
Ce n'est qu'un conseil, libres à vous de le suivre... ou pas!.... ;-)
A bons lecteurs
Circuit 3 semaines dans l'Ouest américain English translation pending
Bonjour à tous !!
J'ai lu pas mal de post concernant l'ouest americains et j'ai esquisser un itinéraire que je souhaiterai vous soumettre pour avoir vos retours d'impressions. Tout les petits conseils sont bon a prendre !!!
Nous partons a 2 en amoureux et depuis longtemps notre envie de voyage porte sur cette destination...
Nous arrivons a Miami le 4 mai (le plus direct à partir de la guyane) et aimerions y passer 3 jours histoire de faire les Keys. Ensuite direction Phoenix par un vol interne le 7 ou le 8, on n'hésite encore... Disons le 8 ! Et nous voilà dans le vif du sujet : l'ébauche de mon plan de route ! Je vous laisse le lire et me laisser des suggestions si vous en avez.
8 mai : Miami-phoenix 9 mai/10 mai grand canyon 11 mai : page-lake Powell- antelope horse- shoe. 1jour suffis ? 12 mai : monument valley. 1 jour c'est de trop ? 13-14 mai : chelly canyon 15 mai : mesaverde 16-17-18 mai : moab 19 mai : capitole reef 20-21 mai : Bryce canyon 22 mai : zion park 23-24-25 : las vegas 26 mai : death valley 27-28-29 : San francisco 30 mai : San francisco-miami-cayenne
Voilà voila !!!!
Et pour finir quelques questions :
- connaissez vous des agences de location de voiture qui nous permettent de rendre la voiture dans un autres etat ? - j'avais lu quelque part que pour louer une voiture il fallait s'y prendre un peu a l'avance, car les agences nous laisserais le véhicule le lendemain, le temps de contrôler notre dossier de loc, et nos papiers, permis... c'est vrai ? - connaissez vous des routes conseillées à ne pas manquer entre mes différentes etapes ? - Connaissez vous des plans pour dormir ? On pensait faire moitié hotel moitié camping... - Au niveau des activités ça sera pas mal de Randonnées : qu'en ai t il de la chaleur au moi de mai ? Voir de la neige ? - Survol en hélico du GC si les moyens le permettent et pourquoi pas rafting sur le Colorado... L'avez vous fait ?
J'ai vu vos postes sur la route reliant Phoenix a GC, ca a l'air pas mal mais je ne sais pas si on peut le caser !! Le timing m'a l'air deja très chargé et nous voudrions quand même profiter à chaque étape !!! Pareil petit regret pour séquoia park/ Yosemite mais pas le temps pour tout... Je ne suis pas encore parti que je sais deja qu'il va nous falloir revenir !!!!
J'ai lu pas mal de post concernant l'ouest americains et j'ai esquisser un itinéraire que je souhaiterai vous soumettre pour avoir vos retours d'impressions. Tout les petits conseils sont bon a prendre !!!
Nous partons a 2 en amoureux et depuis longtemps notre envie de voyage porte sur cette destination...
Nous arrivons a Miami le 4 mai (le plus direct à partir de la guyane) et aimerions y passer 3 jours histoire de faire les Keys. Ensuite direction Phoenix par un vol interne le 7 ou le 8, on n'hésite encore... Disons le 8 ! Et nous voilà dans le vif du sujet : l'ébauche de mon plan de route ! Je vous laisse le lire et me laisser des suggestions si vous en avez.
8 mai : Miami-phoenix 9 mai/10 mai grand canyon 11 mai : page-lake Powell- antelope horse- shoe. 1jour suffis ? 12 mai : monument valley. 1 jour c'est de trop ? 13-14 mai : chelly canyon 15 mai : mesaverde 16-17-18 mai : moab 19 mai : capitole reef 20-21 mai : Bryce canyon 22 mai : zion park 23-24-25 : las vegas 26 mai : death valley 27-28-29 : San francisco 30 mai : San francisco-miami-cayenne
Voilà voila !!!!
Et pour finir quelques questions :
- connaissez vous des agences de location de voiture qui nous permettent de rendre la voiture dans un autres etat ? - j'avais lu quelque part que pour louer une voiture il fallait s'y prendre un peu a l'avance, car les agences nous laisserais le véhicule le lendemain, le temps de contrôler notre dossier de loc, et nos papiers, permis... c'est vrai ? - connaissez vous des routes conseillées à ne pas manquer entre mes différentes etapes ? - Connaissez vous des plans pour dormir ? On pensait faire moitié hotel moitié camping... - Au niveau des activités ça sera pas mal de Randonnées : qu'en ai t il de la chaleur au moi de mai ? Voir de la neige ? - Survol en hélico du GC si les moyens le permettent et pourquoi pas rafting sur le Colorado... L'avez vous fait ?
J'ai vu vos postes sur la route reliant Phoenix a GC, ca a l'air pas mal mais je ne sais pas si on peut le caser !! Le timing m'a l'air deja très chargé et nous voudrions quand même profiter à chaque étape !!! Pareil petit regret pour séquoia park/ Yosemite mais pas le temps pour tout... Je ne suis pas encore parti que je sais deja qu'il va nous falloir revenir !!!!
Derrière le Rideau de Bambou English translation pending
Partant du principe que tous les pays méritent d’être visités (au moins une fois !), je n’avais donc pas de raison pour ne pas aller en… Corée du Nord. Quand mon « Big Brother » lançât l’idée de faire notre premier voyage ensemble qui plus est dans le dernier pays ‘communiste’ au monde, ma réponse fut : « Let’s go ! »
Evidemment aller en Corée peut susciter quelques questions en particulier d’ordre moral « Est-ce que visiter un tel pays n’est pas cautionner son régime ? ». Peut-être mais pas sûr non plus car dans ce cas la liste des pays peu ou pas fréquentables est longue. Dans un passé récent on aurait pu inscrire sur cette liste l’Espagne de Franco, la Grèce des Colonels, le Maroc d’Hassan II, l’Afrique du Sud de l’apartheid, l’Indonésie de Suharto… etc. De nos jours, la situation n’est guère plus brillante en ce qui concerne de nombreux pays comme par exemple, l’Egypte (dictature, coup d’état), la Hongrie (gouvernement d’extrême droite, persécution des minorités), Israël (occupation) sans oublier ni la Russie de Poutine, la Chine ou quelques pays du Golfe Persique… ni le Zimbabwe de Mugabe et pourquoi pas les Etats Unis (peine de mort, Guantanamo…). Mais il y a aussi l’espoir qu’une porte entrebâillée pour des touristes peut, à plus ou moins brève échéance, permettre une plus grande ouverture sur le monde, davantage d’échange et de liberté pour les populations de ces pays-parias, ce qui est le cas, dans une certaine mesure, de la Birmanie voire même de Cuba. Il est donc important d’aller partout, de pouvoir échanger et d’ouvrir les yeux.
Dans le cas de la Corée du Nord, il n’est évidemment pas possible d’aller partout en toute liberté ni d’avoir des contacts directs avec la population puisque l’on est en permanence accompagné par des guides. Impossible également d’entendre d’autres sons de cloche que les discours propagandistes du régime en place. Il ne reste donc qu’à ouvrir les yeux et surtout à lire entre les lignes.
Contrairement à l’idée reçue, on peut donc faire du tourisme en Corée du Nord… à condition toutefois de passer par l’une des rares (mais de plus en plus nombreuses) agences de tourisme agréées par le gouvernement de Corée du Nord. Celle que nous avons choisie : Korea Konsult, se trouve à Stockholm et propose plusieurs séjours et itinéraires au départ de Pékin. Notre choix se porte sur un séjour de cinq jours à Pyongyang avec quelques excursions en dehors de la capitale. Quant aux formalités, elles sont prises en charge par l’agence, il nous faut seulement s’assurer que nous avons un visa chinois.
Pékin 15 Septembre
La magie des transports aériens a toujours quelque chose d’extraordinaire puisque je retrouve Luc comme prévu à l’aéroport de Pékin, à l’autre bout de nos mondes respectifs. Lui est parti la veille de Bruxelles via Moscou et est arrivé il y a juste une paire d’heures, au moment précis où je décollais de Hong Kong après une brève escale. Pour ma part, je suis parti de Perth il y a tout juste douze heures.
Cette année nous faisons vraiment fort puisque c’est la troisième fois que nous nous retrouvons en neuf mois (et à chaque fois sur un continent diffèrent !) alors que nous sommes parfois des années sans nous voir. Bizarrement c’est la première fois que nous voyageons à deux ! Ce voyage sera donc l’occasion de découvrir un nouveau pays mais surtout de ‘nous’ (re)découvrir.
A la sortie de l’aéroport, nous ne trouvons pas de taxi mais une navette qui nous amène dans le centre-ville après avoir parcouru une myriade d’autoroutes qui traversent des banlieues sans fin où poussent des barres d’immeubles plutôt déprimantes agrémentées ici et là d’immeubles futuristes.
Le ciel est presque bleu et la température délicieuse, je suis bien ravi d’avoir un petit break de l’hiver austral qui traine en longueur. En prime, je vais redécouvrir les plaisirs de l’heure d’été.
Le chauffeur du bus nous indique que nous sommes arrivés à destination mais ne précise pas où nous sommes exactement. Après un dialogue de sourds avec un chauffeur de taxi, nous décidons de marcher sur cette immense avenue qui croise d’autres immenses avenues à angle droit. Heureusement, un plan du métro à l’entrée d’une station nous permet de nous repérer. Puisque nous sommes à Fuxingmen et que nous allons jusqu’à Tian’anmen East, il nous suffit donc de continuer tout droit ! Une demi-heure plus tard, je reconnais le portrait du Grand Timonier sur le portique de l’entrée de la Cité Impériale et qui fait face à la Place Tiananmen.
Alors que j’ai mis des décades avant d’enfin connaitre Pékin, jamais je n’aurais imaginé me retrouver ici moins de seize mois après ma première visite. En tout cas rien n’a changé depuis la dernière fois. L’hôtel Emperor se trouve dans la première rue à gauche, une rue bordée d’arbres et qui longe les douves de la Cité Impériale. Nous le trouvons un peu par hasard tant son entrée est discrète. Par contre, les chambres, décorées par un designer allemand, le sont beaucoup moins.
Le temps de déposer les bagages et d’envoyer quelques messages rassurants à celles qui sont restées et nous voilà repartis vers la Place Tiananmen. Celle-ci est pavoisée de drapeaux chinois et de Bahreïn puisque l’émir est en visite officielle en ce moment. Les touristes se prennent en photos devant les soldats immobiles et au garde-à-vous, pendant que les balayeurs sur leur caddy électrique s’assurent qu’aucun papier ou cannette ne traine par terre.
Bientôt, un attroupement se forme au pied du mât où flotte la bannière étoilée chinoise. Le cérémonial du baisser du drapeau va bientôt commencer. Laissons ce moment de grande fierté aux patriotes. Pour notre part nous préférons compter les nombreuses cameras installées au sommet des lampadaires/haut-parleurs géants, admirer, près du mausolée de Mao, les statues des combattants révolutionnaires aux poses dynamiques, observer les badauds venus de monde entier ou encore contempler les façades rectilignes de bâtiments officiels qui entourent la place et celles bien plus exotiques et colorées de la Porte Zhengyangmen et la Tour d’Archers. Nous poursuivons la balade dans le quartier Dashian, une zone piétonnière récemment construite qui regroupe boutiques et restaurants dans un faux décor historique noyé sous les néons maintenant que la nuit est tombée. Une longue marche le long de quelques grands boulevards anonymes et sombres et nous voilà arrivés dans le District de Dongcheng devant un centre commercial luxueux où se trouve l’un des meilleurs restaurants dont la spécialité est le canard… pékinois : DaDong.
Les menus sont de véritables livres d’art bourrés de magnifiques photographies de plats admirablement présentés et définitivement appétissants. Le choix étant trop compliqué à faire, nous optons pour le menu dégustation qui comprend une succession de mets plus exquis les uns que les autres. L’hôtel n’est pas très loin et après ce repas pantagruélique, une petite balade digestive dans les rues calmes est exactement ce qu’il faut pour conclure cette première journée de vacances.
Pékin 16 Septembre
Un réveil tardif nous permet de récupérer un peu de la fatigue du voyage. Café sur la terrasse déserte et ensoleillée qui domine les arbres et les toits rouges de la Cité Interdite vraiment toute proche. A droite, vue imprenable sur la Colline de Charbon surmontée d’une jolie pagode. Derrière nous, perdue dans la brume de chaleur, nous apercevons à peine la multitude d’immeubles modernes qui ne cesse de pousser, toujours plus haut.
Le programme prévu pour la journée (ou de ce qui en reste…) est léger. Nous commençons par une petite marche dans les rues ombragées qui nous mènent jusqu’à l’entrée du parc Jingshan (celui aperçu de la terrasse de l’hôtel) qui fait face à la Cité Interdite. Ce parc, dont l’histoire remonte à plus de mille ans, est situé sur une colline artificielle édifiée avec la terre extraite des douves de la Cité Impériale et des canaux environnants, une tâche titanesque ! Il comprend cinq sommets sur lesquels s’élèvent cinq pavillons. Le plus important abrite un bouddha doré et offre une vue magnifique sur le Palais Impérial. Autrefois, le parc était une partie intégrante et le refuge des Empereurs. D’ailleurs l’un d’eux, Chongzhen (le dernier de la dynastie Ming), s’y pendit en 1644.
Les petits chemins qui grimpent au milieu des arbres et des buissons fleuris sont par endroits pentus mais agréables d’autant plus que nous passons à proximité de musiciens en train de dépoussiérer leurs instruments traditionnels. On ne peut rêver de dépaysement plus complet. Arrivés au sommet, nous retrouvons des dizaines de touristes qui se prennent allègrement en photos devant les toits de la Cité Impériale vêtus de costumes d’empereurs ou de concubines que des marchands malins louent à tour de bras. Pour ma part, c’est une plaque posée au sol qui m’attire car elle indique le centre géographique de Pékin.
Après être restés un long moment à contempler les différentes vues panoramiques embrumées (et à reprendre notre souffle !) nous reprenons la balade vers l’un des vieux quartiers (hutongs) qui résistent encore face aux assauts des promoteurs immobiliers. Succession de ruelles bordées de maisons basses dont les entrées discrètes s'ouvrent sur de larges cours intérieures que partagent plusieurs familles. Mais bien vite nous nous retrouvons sur ces larges et interminables avenues qui se ressemblent toutes et n’offrent que peu d’intérêt.
Nous finissons par trouver le Swissotel, un immeuble rond au pied d’un rond-point géant perpétuellement encombré par une circulation démentielle. Peu d’intérêt donc mais c’est ici que se trouve le siège de la compagnie aérienne nord-coréenne et où nos visas nous attendent.
Nous fêtons l’évènement en allant prendre un late brunch dans l’un des restaurants de l’hôtel avant de prendre un taxi qui nous emmène au 798 Art District un peu plus au nord de la ville.
Dashanzi, la banlieue où nous débarquons une demi-heure plus tard, est un bien curieux quartier. Coincé entre des autoroutes et voies rapides, il est composé d’un amalgame de barres d’immeubles délabrées et flambant neuves, de friches industrielles et d’usines désaffectées. C’est d’ailleurs dans l’un de ces nombreux complexes militaro-industriels tombés en ruines à la fin des années 80 que se situe cette zone artistique qui rassemble musées, galeries d’art, ateliers, boutiques et cafés à la mode.
Construit dans les années 50 en collaboration étroite avec l’URSS et la RDA, le complexe industriel de Dashanzi devait permettre à la Chine de produire des composants électroniques auparavant importés d’URSS. Il comprenait plusieurs usines ainsi que des logements pour les travailleurs et s’étendait sur 500 000 m². L’architecture des lieux est unique, style Bauhaus un style aux formes simplifiées où la forme suit la fonction.
Il n’est pas question non plus de lésiner sur les moyens puisqu’une grande partie de l’équipement est transportée directement d’Allemagne de l’Est par le Transsibérien, une ligne de chemin de fer de quinze kilomètres est construite reliant directement le complexe à la gare centrale de Pékin.
Le complexe de Dashanzi devient vite un modèle du genre et la vitrine d’un communisme social qui associe travail et activités culturelles et sportives, où l’ouvrier méritant et sa famille sont pris en charge de la crèche jusqu’à la maison de retraite. Ce monde ‘merveilleux’ s’écroule vers la fin des années 80, date des premières réformes économiques lancées par Deng Xiaoping qui limitent les subventions aux entreprises d’état. Vers le milieu des années 90, la plupart des usines sont à l’abandon et la zone industrielle reconvertie en zone d’habitation.
C’est également à cette époque que le Département de la Sculpture et l’Académie Centrale des Beaux-Arts, toujours à la recherche d’ateliers spacieux, s’installent dans les locaux vacants. Ils sont bientôt suivis par des artistes d’Avant-Garde inspirés par l’architecture Bauhaus où les grands espaces intérieurs sont conçus pour laisser le maximum de lumière naturelle sur les lieux de travail. Ici, les plafonds courbés sont supportés par de arches tronquées au sommet puis remplacés par de larges baies vitrées inclinées en diagonale donnant ainsi aux toits un aspect de dents-de-scie et afin de minimiser les ombres toutes les fenêtres sont orientées au nord.
Nous déambulons dans ce dédale d’allées étroites aux murs couverts de graffitis et parsemé de sculptures avant-gardistes pour le moins surprenantes. Un monde déjanté et moqueur où le beau côtoie le laid, un monde que nous n’aurions jamais imaginé possible en Chine même en 2013. La Révolution Culturelle est à des années lumières ! Galeries du bizarre, de la provocation mais aussi des ateliers où l’art traditionnel est modernisé par des formes et des couleurs contemporaines. Une belle et surprenante découverte qui vaut absolument le détour.
Encore sous le charme, nous en oublions presque les embouteillages monstres sur le chemin du retour. Nous profitons encore de la douceur du soir pour aller prendre un verre sur la terrasse et regarder les effets de lumières sur les toits de la Cité Interdite. Ce soir, pas de menu gastronomique à la DaDong mais plus simplement une délicieuse soupe garnie et épicée sur une table bancale sur un bout de trottoir d’une rue tranquille.
Pékin 17 Septembre
De la fenêtre de la chambre, je regarde le ciel gris et nuageux qui annonce la pluie. Le temps de pendre un petit café accompagné de quelques tranches du kramick ramené de Bruxelles (Min Dieu qu’ché bon !), de plier les bagages et nous voilà en train de filer sur l’autoroute qui mène à l’aéroport. Notre chauffeur de taxi s’occupe à faire des jeux de roulette sur son portable, non seulement à l’arrêt dans les embouteillages mais également quand il dépasse des camions poursuivis de nuages d’embruns. Heureusement, il les perd tous je n’ose pas imaginer sa réaction s’il devait en gagner un !
Sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, nous arrivons à l’ancien terminal bien plus tôt que prévu. Nous pouvons donc nous noyer avec allégresse au milieu de la cohue qui règne dans le hall des départs. Mais où vont tous ces Chinois ?
En tout cas pas à Pyongyang car quand nous finissons par trouver les guichets d’Air Koryo, nous n’y trouvons que des Coréens du Nord (reconnaissables à leur petite taille et leur teint plus sombre mais surtout au pin à l’effigie du Grand Leader épinglé sur le revers de la veste) ensevelis sous des amoncellements de bagages plus ou moins bien ficelés plus un petit groupe de voyageurs aux cheveux gris et à l’accent british quelque peu dépassé par les évènements.
Fort heureusement, nous devons avoir une tête qui revient à l’agent en charge de l’enregistrement des bagages puisqu’il nous fait passer devant tout ce beau petit monde. Mais le temps gagné ici et rapidement perdu aux étapes suivantes : le passage à la sécurité suivi de celui des douanes surtout que nous y arrivons juste au changement de garde.
La porte d’embarquement C9 est située bien à l’écart, serions-nous déjà considérés comme des pestiférés ? Au moins nous avons l’embarras du choix pour ce qui est des banquettes en skaï. Bientôt nous retrouvons les petits Coréens, toujours aussi chargés mais cette fois de sacs remplis de bouteilles de whisky et de cartouches de cigarettes. Puis arrivent quelques petits groupes de touristes essentiellement allemands et scandinaves. Devant nous, des écrans plats géants diffusent des petits reportages sur les endroits à visiter à Pékin, sur les sportifs chinois en vue et même sur l’histoire du Parti Communiste. Ceux-ci sont constamment entrecoupés de publicités vantant les bonheurs de la société de consommation. Pauvre Grand Timonier, qui dans son mausolée climatisé, doit crier à la trahison !
13h. Enfin un peu d’animation du côté de la porte d’embarquement. Du sas vitré, nous apercevons notre beau Tupolev Tu-204-100B (j’ai révisé !) frappé aux couleurs de la République populaire démocratique de Corée mais tout ruisselant sous le crachin pékinois. Les jeunes hôtesses nous indiquent nos sièges et nous remettent le Pyongyang Times, un petit hebdomadaire de huit pages avec à sa une, une photographie du jeune Grand Leader tout sourire. L’intérieur de l’avion est nickel et les sièges de la classe économie sont spacieux et confortables (une rareté de nos jours !).
En attendant que tous les passagers s’installent, je feuillette le magazine Korea Today qui nous résume les grands évènements du mois précédent c’est-à-dire l’emploi du temps du jeune Grand Leader dont le portrait figure une ou plusieurs fois par page. Ici l’inauguration d’une centrale ou usine quelconque, là l’inauguration de la dernière zone urbaine, plus loin une visite d’une caserne accompagné d’une flopée d’anciens combattants souriants ou encore la visite d’une école cerné d’enfants admiratifs. Et toujours ce sourire étincelant, ce costume sombre et élégant et la coupe de cheveux du grand-père qui font apparaitre le jeune Grand Leader comme un demi Dieu, entouré d’une foule aux attitudes volontaires et aux mines radieuses. S’il y avait un Oscar Photoshop, nul doute qu’il irait aux illustrateurs nord-coréens !
Tous les passagers sont maintenant à bord, la majorité est composée de touristes occidentaux, le reste inclus des travailleurs nord-coréens de retour au bercail et quelques femmes (ou maitresses !) de l’élite revenues d’une expédition de shopping dans la capitale chinoise. Curieusement, les rangées de fauteuils du dernier quart de l’avion sont remplies à la dernière minute de paquets et de valises qui n’ont pas trouvé de place dans la soute à bagages.
La pluie occasionne un embouteillage sur les pistes et nous décollons avec près d’une heure de retard ce qui nous permet de feuilleter une fois encore les magazines et même d’étudier la prose révolutionnaire des articles critiquant la politique du Président Obama et vantant celle du jeune Grand Leader. Les hôtesses viennent rompre notre début d’ennui en nous servant des jus de fruit dilués et une espèce d’hamburger froid peu appétissant. En guise de divertissement, nous avons également droit au spectacle de Noël, ou la version nord-coréenne d’un show à la André Rieux où une dizaine de musiciennes en mini-jupes se dandinent en reprenant des airs populaires sur des clips de lancements de missile et sous les applaudissements rythmés de l’audience en uniforme.
Pratiquement au moment où nous survolons la frontière, l’épaisse couche de nuages gris cède la place à un beau ciel bleu et dégagé. Nous pouvons donc admirer par le hublot les paysages montagneux puis les plaines agricoles recouvertes de rizières et de champs jaunes et verts entrecoupés de rivières scintillantes et parsemés de villages aux maisons sagement alignées. De là-haut, nous avons parfois le sentiment de survoler des paysages de la France profonde des années 40 un paysage campagnard sans les balafres des infrastructures modernes.

Nous descendons rapidement, l’aéroport semble être situé au beau milieu des champs. Sur le tarmac, nous passons en revue la flotte des avions à hélices d’Air Koryo soigneusement astiquée par quelques mécaniciens qui ne lèvent même pas la tête au passage notre avion. Des bâtiments en construction encadrent une espèce de hangar flambant neuf. Le comité d’accueil, formé d’hommes et de jeunes femmes portant des uniformes de couleurs différentes, se presse lentement autour de la passerelle bleue que l’on vient d’arrimer. Dans l’avion, l’on entend déjà les crépitements des appareils photo.
Dehors, la douceur de la fin d’après-midi nous surprend agréablement mais nous avons à peine le temps de l’apprécier car on nous fait signe d’accélérer le mouvement, pas question de faire attendre les quatre douaniers installés derrière leur pupitre en bois. Formalités rapides et presque chaleureuses puis nous nous retrouvons dans une espèce de gymnase d’école aux murs blancs. Un tapis roulant grinçant et éternellement vide d’un côté, au fond deux ou trois machines pour l’inspection des valises et de l’autre côté, une petite vitrine et une table sur tréteaux remplies de souvenirs. Une jeune femme vient justement de l’ouvrir et commence à étendre des drapeaux, des poupées, quelques cartes postales, posters et boites de thé au ginseng sans oublier les œuvres écrites par les trois grands Leaders et abondamment illustrées de photographies similaires à celles du magazine épluché dans l’avion. Pour moi ce sera la carte de la Corée réunifiée à 2 Euros. What a bargain ! Pas de problème de change puisque seuls les Euros sont acceptés !
Depuis maintenant près d’une heure nous ne voyons défiler sur ce satané tapis roulant qui perce les oreilles que des paquets ficelés des passagers nord-coréens qui sont promptement embarqués par des jeunes militaires. Nous avons donc largement le temps d’apprendre par cœur le tableau des arrivées d’aujourd’hui : deux vols en provenance de Pékin, un venant de Shenyang (une grosse ville de province située de l’autre côté de la frontière) et le dernier, plutôt surprenant, en provenance de Koweït !?
Nous finissons par récupérer nos valises puis après avoir enregistrés les portables de Luc aux guichets de la sécurité, nous faisons connaissance avec nos guides, le chauffeur et nos cinq compagnons de voyage qui nous attendaient sur le parking en terre battue près du minibus.
Deux guides pour sept touristes… nous sommes soignés ! Le monsieur discret et plus âgé (Monsieur Ho) sera pour les francophones (c’est-à-dire pour nous deux) tandis que la jeune fille souriante (Hyun) sera pour les anglophones (c’est-à-dire les cinq autres).
Le soleil commence à tomber doucement alors que nous roulons sur une route complètement déserte au milieu des champs de maïs. Hyun prend d’emblée les choses en main, en tout cas le micro, et nous résume en quelques minutes plusieurs siècles de l’histoire de la Corée avant de s’étendre plus longuement sur la période 1950-1953. Puis, alors que nous approchons des premiers faubourgs de Pyongyang, elle nous annonce le programme des festivités pour le reste de la journée. Celui-ci se résume à un rapide tour en ville (puisque nous sommes déjà très en retard, se navre-t-elle !), à l’achat d’un bouquet de fleurs que nous irons déposer au pied des statues géantes des ex-Grands Leaders avant de nous recueillir quelques instants. Ça promet ! Mais nous savions également que cela faisait partie du deal quand on vient en Corée du Nord… Les touristes ont ici des devoirs à remplir !!!
Des fenêtres du bus, nous découvrons les premières rues du centre-ville. Barres d’immeubles colorées, larges trottoirs bordées d’arbres où flânent de nombreux piétons profitant de la douceur de cette fin de journée. Chantiers de construction encore en pleine activité, portraits géants des ex-Grands Leaders, espaces verts, drapeaux et bannières. Aux croisements des avenues, nous sommes fascinés par la chorégraphie mécanique mais toujours gracieuse des agentes de la circulation en uniforme blanc immaculé qui font respecter le code de la route. Les chauffeurs de bus, trams, camions ainsi que ceux des 4x4, Mercedes ou des berlines japonaises sont littéralement menés à la baguette.
Derrière les bâtiments monumentaux à la soviétique qui abritent divers ministères, se trouve un autre bâtiment encore plus grand : la Bibliothèque Nationale. Blanc et à colonnades, il est surmonté de toits verts à la chinoise, Monsieur Ho émerge d’un demi-sommeil pour nous confier que ce temple du savoir ne contient pas moins de 30 millions de volumes… Toutefois, il ne précise pas si ce sont des volumes différents ou bien les invendus des œuvres et des biographies des ex-Grands Leaders. C’est également là, ajoute-t-il, qu’il a appris le français (qu’il parle admirablement bien d’ailleurs) et quatre autres langues du coup je regarde ce palais avec des yeux bien plus admiratifs.
C’est près de la fontaine que nous trouvons nos bouquets de fleurs. Ils sont magnifiques malgré leur petit air de recyclé et ne sont pas trop chers (5 Euros). Direction le parc de Mansudae sur les hauteurs, pour aller (enfin) saluer les copains. La nuit est maintenant tombée ce qui nous permet d’admirer les effets de lumières sur les immeubles modernes de la ville. Accompagnés par le chant des grillons invisibles, nous faisons quelques pas sur le chemin qui grimpe vers l’esplanade vide et dominée par deux énormes statues brillantes sous les feux des projecteurs. Sur un piédestal en marbre, le Grand Père, la main tendue, et le Père, la main dans la poche, nous souhaitent la bienvenue.

Hyun nous demande de former une ligne, puis à son signal de faire une petite courbette avant d’avancer ensemble pour déposer nos bouquets parmi la centaine d’autres déposés auparavant. Puisque nous sommes tous des gens éduqués et polis, nous nous prêtons volontiers à ce petit cérémonial sans trop pouffer de rire.
Quelques moments plus tard, nous regagnons le minibus et partons vers notre hôtel. Le Yanggakdo Hotel, situé sur une ile au milieu du fleuve Taedong (très pratique pour garder des touristes trop curieux…), est une tour d’une quarantaine d’étages qui ne paie pas de mine avec un lobby en marbre trop petit, la moitié des ascenseurs en panne, des restaurants lugubres y compris le panoramique au dernier étage mais les chambres, très années 80, sont suffisamment confortables. Et surprise, à la télévision on peut capter en plus des chaines chinoises et russes, CNN et la BBC.
Le repas, que nous prenons dans l’un des quatre restaurants, est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage : un couple suédo-danois résidant à Zurich, deux amis Suédois, l���un habitant Stockholm l’autre Bangkok et un Danois travaillant à Séoul. Leur moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans Luc et moi faisons office de doyens. En tout cas le courant passe très bien. Quant au buffet, bien que déjà bien dévalisé par les précédents groupes de touristes, il recèle de plein de mets inconnus et tous excellents.
Pyongyang 18 Septembre
En tirant les rideaux, je découvre la ville couverte d’une brume qui peine à se dissiper. Je n’imaginais pas voir une ville si étendue ni autant de bâtiments modernes. Sur le fleuve, quelques barges remontent lentement à contre-courant. Plus près, un dragueur s’active sérieusement, son ronronnement mécanique est couvert par une musique, entrecoupée de longues phrases ressemblant à des slogans, diffusée par des haut-parleurs invisibles. Au milieu, sur leur petite embarcation bien solitaire, deux pêcheurs lancent leurs filets.


Le petit déjeuner se prend dans l’une des immenses salles au rez-de-chaussée au décor zen et kitsch à la fois. Sur la quarantaine de tables rondes, seules trois ou quatre sont occupées par une poignée de touristes. Au menu : omelette et salade de choux, toasts, confitures et une tasse de café soluble. Une jeune fille en costume traditionnel surveille le toaster pendant que sa collègue fait le passe-passe avec LA bouilloire électrique de l’hôtel. Le gradé est lui en charge du bocal de Nescafé et s’assure de ne mettre qu’une demi-cuiller de précieux granulés par tasse et prend un air catastrophé dès que l’on lui demande une seconde tasse.
Nous retrouvons guides et compagnons de voyage dans le lobby où l’on ne risque pas de se perdre. Hyun nous annonce le changement de programme dû, nous dit-elle, aux terribles inondations de la semaine dernière qui ont non seulement détruit un pont mais également rendu impraticable la route pour aller aux montagnes de Myohyangsan. Nous ne pourrons donc pas visiter le temple bouddhiste de Bohyon, ni la Vallée de Manpok et pire ni visiter l’Exposition de la Fraternité Internationale, un musée qui regroupe une impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders par des dignitaires étrangers.
Mais pas d’inquiétude, nous rassure-t-elle de suite, il y a un plan B. Celui-ci comprend la visite d’une toute aussi impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders mais cette fois par les Coréens (inclus ceux de la diaspora, précise-t-elle !), puis nous aurons également la chance d’aller visiter l’usine de mise-en-bouteille de l’eau de la plus importante source du pays, de visiter l’institut agricole et une ferme modèle et apothéose de la journée : la visite du barrage de P’i Do où nous prendrons notre déjeuner. Au retour, visite du Musée de la Guerre. Waouh !
Nous sommes tellement excités par ce nouveau programme que nous précipitons dans le minibus, pauvre Monsieur Ho doit courir derrière nous.
Après avoir traversé les ZUP monumentales à l’ouest de la ville, nous bifurquons à droite sur une petite route de campagne bordée de rizières. Au bout de la route, au pied des collines boisées, se trouve un imposant bâtiment blanc sans fenêtre entouré de pelouses impeccables et d’une grille bien gardée.
Une charmante guide en costume traditionnel (jaune et bleu celui-là) nous prend en charge. Dès l’entrée nous devons chausser des chaussons en feutre, pas question d’abimer le marbre puis passer un sas à fort courant d’air, pas question d’amener nos microbes et enfin déposer nos possessions dans un vestiaire aussi vaste que celui de l’Opéra de Paris, pas question d’affoler les portiques électroniques ni de prendre en photo les précieux cadeaux. Une fois assurée que personne ne mâchouille plus de chewing-gum, elle nous prie de la suivre dans les couloirs de cet immense palais glacial et glacé, marbré des colonnes aux escaliers, des murs aux plafonds et commence à réciter ses commentaires où tout doit être chiffré, mesuré, quantifié avec le maximum de superlatifs possible. Première salle, première vitrine, premier arrêt. « Et voici, un fauteuil recouvert de peaux de tigre, offert au Grand Leader par un couple de paysans du nord de la péninsule ». Un peu plus loin. « Et voici, la première machine à laver sortie de l’usine Numéro 75 et offerte par les valeureux ouvriers de notre patrie » Le ton est donné. Plus que 9 998 cadeaux à admirer !
En fait, la guide ne s’arrête que quelques instants devant certains objets considérés comme les plus importants mais pas toujours les plus beaux ni les plus intéressants. On y trouve de tout, du dessin, à la tapisserie, de la théière au bassinet, du bibelot en bois sculpté à la figurine en porcelaine mais ce sont évidemment les portraits du Grand Leader qui dominent, de l’immense fresque en canevas sur fond d’usines fumantes et de champs moissonnés au délicat médaillon fait en plumes d’oiseaux rares.
Une salle, deux salles, trois salles… il faut presser le pas car si nous ne sommes que sept, nous nous arrêtons à chaque fois à sept endroits différents, une manière de maximaliser nos ressources et talents pour dénicher l’objet le plus kitsch pour ne pas dire le plus moche.
Nous passons à l’étage, celui où sont exposés les cadeaux offerts par les « autres » Coréens. Ainsi, nous découvrons toute une série de Walkman offerte par un fan, une Toyota offerte par un chef d’entreprise sud-coréen, des écrans plats de toutes les tailles et des portables (encore dans leurs emballages !) offerts par Mr Samsung ou encore toute une série de mobilier de salles à manger, plus affreuses les unes que les autres, gracieusement offertes par un Coréen né au Nord mais qui a fait fortune au Sud (le contraire eut été étonnant !). Nous n’oublions pas ni les louches en or, ni les baguettes incrustées de pierres précieuses.
Enfin, il ne nous reste que la dernière salle mais certainement « la plus importante » nous affirme notre hôtesse. Deux soldats poussent les deux immenses portes et nous laissent découvrir une immense salle de réception blanche dominée par deux imposantes statues blanches représentant les deux Ex-Grands-Leaders souriants et éclairées par des lumières roses.
Il nous faut, comme hier, former une ligne et s’incliner. Ah, cette courbette la n’était pas prévue dans le programme ! En guise de récompense nous pouvons jeter un œil sur les cadeaux les plus précieux comme ce magnifique meuble chinois finement ciselé, cette défense d’éléphant sculptée, ce bloc de jade (le plus grand au monde confirme-t-elle) et clou du clou cette toile représentant le fils de l’Ex-Grand Leader en armure (et portant ses lunettes) sur un dragon… plus fort que Don Quichotte et que Saint George réunis !
Heureux de retrouver la chaleur du soleil et de chasser la fraicheur de l’air conditionné, nous commentons sur la bizarrerie de cet endroit à mi-chemin entre un musée des Arts et Métiers d’une ville de province oubliée et d’une exposition de listes de mariage de beaufs pour super-beaufs. Puis de nous demander quel sera le sort de toutes ces horreurs quand il n’y aura plus de Grands Leaders…
Nous repartons vers l’ouest en prenant l’autoroute cette fois une extraordinaire trouée au travers un paysage de forêts et de champs. Les autoroutes nord-coréennes sont aussi larges que celles de Los Angeles mais avec zéro circulation. Rien, pas même un camion sur des kilomètres, juste quelques cyclistes et un véhicule militaire venant dans le sens opposé et que nous évitons de justesse ! En effet, les nids de poule étant tellement nombreux et profonds que seule la voie du milieu est à peu près fréquentable, elle est donc l’objet de toutes les convoitises et est l’occasion pour les chauffeurs (une espèce rare sous ces cieux) de tester leurs nerfs ; ce n’est qu’à la vue des casquettes et des épaulettes que le nôtre finit par céder avec un soupir exaspéré.
Plus loin, nous quittons les cahots de l’autoroute pour ceux des petites routes de campagne bordées de petits ruisseaux et d’alignements d’arbres au tronc blanchi. Les cyclistes sont aussi dignes et presque aussi nombreux qu’à Amsterdam. Leurs porte-bagages sont souvent chargés de gros sacs ce qui les oblige à pousser leur vélo à la moindre petite montée.
Nous passons devant quelques communes, toutes bâties sur un modèle identique. Derrière un petit muret séparant les champs du village, on aperçoit des habitations toujours bien alignées, composées soit de petits immeubles en béton de deux ou trois étages, parfois peints mais le plus souvent pas entièrement terminés, soit de petites villas entourées de petits jardins et potagers et, remplaçant nos églises ou temples, un hall communal orné de bannières. De l’intérieur de notre minibus, l’atmosphère est champêtre et paisible et les paysages baignés de soleil fort agréables.
Un chemin mène à un bâtiment blanc aux vitres fumées qui abrite la Kangso Yaksu Mineral Water Bottle Factory. Nous sommes accueillis par le directeur de l’usine, un petit homme à la chevelure dégarnie qui le fait ressembler à Mao et portant une chemisette décorée d’un petit badge affichant les portraits souriants des deux ex-Grands Leaders. Peut-être avons-nous interrompu sa sieste et veut-il y retourner rapidement car à peine réunis dans le hall d’entrée, il prend sa longue règle et se lance dans de longues explications techniques illustrées par des schémas, des cartes et des photos accrochés aux murs et prestement traduites par Hyun.
Ainsi nous apprenons que l’activité principale de cette usine (la plus importante de la patrie chérie), consiste à mettre en bouteille l’eau de la source d’à côté (la meilleure eau du pays) et que la grande astuce est d’injecter du gaz pour avoir de l’eau gazeuse, « encore faut-il avoir les bons dosages », nous prévient-il ! Et le voilà parti dans un cours de chimie 101 qui ne passionne pas vraiment l’audience plus intéressée à admirer les posters des ex (et présent) Grands Leaders venus inspecter les lieux à plusieurs reprises au cours des dernières décades.
Au moment précis où nous passons les portes vitrées et pénétrons dans une grande salle où il règne une chaleur accablante, voilà la chaine qui se met en route dans un vacarme de bouteilles qui se cognent, les ouvrières masquées prennent leurs positions avec un air concentré. Les bouteilles sont remplies d’eau, capsulées, étiquetées puis mises dans des cageots ou cartons qui seront exportées… « principalement vers la Chine » conclut-il fièrement. Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une petite salle climatisée pour une dégustation gratuite. Nous avons même l’opportunité d’acheter (en Euros, svp) toute la gamme des bouteilles. Ceci-dit l’eau est vraiment excellente et vaut bien notre Perrier national.
Une demi-heure plus tard, nous roulons vers la prochaine étape : la ferme modèle, située quelques kilomètres plus loin, à proximité de la petite ville de Kangso. Une route bordée d’arbustes et de jeunes pins conduit jusqu’au vaste parking vide situé en face d’un grand bâtiment carré en béton. Plus loin à gauche, nous apercevons, au pied d’une colline ornée de slogans géants, quelques petits blocs d’appartements noyés dans la végétation et quelques bâtiments plus anciens regroupés autour d’une cour. Une espèce d’obélisque couvert de caractères rouges et un mur de mosaïques représentant le Grand Leader assis parmi des paysans et donnant des conseils pour améliorer les rendements des récoltes (c’est ce qu’indique la légende en bas !) complètent le décor. Il y a également une bande son puisque les haut-parleurs de mauvaise qualité diffusent une litanie de ce qui parait être des slogans, de quoi maintenir le moral et la morale révolutionnaires (et surement empêcher les travailleurs de faire une petite sieste).
Hyun revient avec le chef de la commune. Nous le reconnaissons de suite grâce à son uniforme : un costume avec des manches courtes et porté sans chemise. Après nous avoir souhaité la bienvenue il nous demande de le suivre sur un petit chemin qui mène sur une petite esplanade dominée par un ensemble de statues aussi brillantes que le tissu de son costume. La scène représente l’ex-Grand Leader (le grand-père) souriant, le regard fixé vers l’horizon, entouré de paysans eux aussi souriants, le regard porté vers l’ex-Grand Leader. Tout simplement magnifique. Ce qui l’est moins est le fait que nous devons une fois encore nous aligner et saluer une nouvelle statue. Certes la maitrise de la chorégraphie de courbettes s’améliore à chaque fois (moins celle des fou-rires !).
Devoir accompli, nous écoutons sagement le chef nous chanter sa leçon monotone apprise par cœur mais que Hyun met du cœur à rendre plus mélodieuse. Chiffres, rendements, records, variétés et qualité des récoltes, nouvelles techniques de production, enseignement de haute qualité, tout y passe, tout est dûment traduit et tout ressort de l’autre oreille. Quand notre Danois trop curieux pose la question : « Quand est-il de la mécanisation ? » nous vivons en direct une scène du film «Lost in translation», le chef nous propose alors avec un sourire radieux d’aller voir les serres où murissent les tomates (les meilleures du pays… bien sûr !).



Direction les serres donc où nous attend une autre jeune fille portant un costume éblouissant, jaune et blanc et ruban rouge. Le chef en profite pour s’éclipser discrètement. « Oui vous pouvez entrer dans les serres pour voir la grosseur de nos tomates et la qualité supérieure de nos concombres. » lance-t-elle. Les sept hochements de la tête admiratifs semblent la combler de bonheur.
De l’autre côté des serres se trouvent les bâtiments de l’Institut de Recherche Agricole mais pas question d’aller voir de plus près, « Nos chercheurs sont très occupés ». Nous nous contentons donc de faire des coucous aux gamins, quelque peu étonnés de notre présence, d’encourager un petit groupe d’hommes et de femmes en train de pousser un mini tracteur en panne et de regarder un technicien perché sur son échelle en train de fixer un petit panneau solaire.
« Et voici notre visite de la ferme modèle qui se conclue. » nous annonce Hyun. « Nous allons maintenant voir le plus long barrage du pays. » poursuit-elle.
Nous retrouvons l’autoroute géante, déserte et cabossée jusqu’à l’entrée de la ville de Nampho. Les rues côté recto ressemblent à celles de la capitale : succession de barres d’immeubles aux façades fraichement peintes, des trottoirs bordés d’arbres que partagent piétons et cyclistes. Pour ce qui est du côté verso, c’est un peu moins glorieux et entre deux barres on peut apercevoir brièvement des petites maisons les unes sur les autres dans un état plus ou moins délabré.
Nous passons devant une paire d’usines, de casernes et, à mesure que nous approchons du port, nous apercevons rapidement quelques entrepôts et des quais plutôt vides. Plus loin nous longeons à gauche des marais salants et à droite des champs de céréales qui s’étendent jusqu’aux berges du fleuve Taedong qui prend des allures de baie à mesure que nous approchons de la Mer de Chine. Sur l’autre rive, l’enchevêtrement de montagnes et collines se perd dans une brume de chaleur persistante.
L’entrée du barrage est marquée par une arche et une guérite gardée par des jeunes soldats flottant dans leurs uniformes trop grands. Je comprends maintenant que le barrage n’est pas un barrage hydro-électrique comme je le pensais mais une ‘simple’ digue construite à l’embouchure du fleuve. Construit aux débuts des années 80 par des milliers de soldats (il faut bien les occuper ces braves !) et inauguré en 1986, ce barrage, long de huit kilomètres, relie les deux rives via l’ile de P’i Do et comprend trois écluses ouvertes à marée basse. Il permet ainsi de séparer l’eau salée de la mer de l’eau douce du fleuve et d’augmenter ainsi la superficie des terres irriguées.
A gauche de la route, une vingtaine de cargos attendent patiemment leur tour, à droite les embarcations sont échouées sur le sable, marée descendante oblige. Sur la route nous ne croisons que des militaires et pour la première fois des marins qui ont l’air plus ‘cool’. Le chauffeur de notre minibus nous dépose au pied du phare-monument-musée situé au sommet de l’ile. De là, nous admirons de la vue panoramique sur la baie, les écluses et la mer que l’on aperçoit au fond avant d’aller prendre notre pique-nique (excellent et copieux) dans le restaurant du phare et attendre l’arrivée de la guide officielle du barrage...
Digestion au soleil en écoutant une nouvelle récitation de chiffres entrecoupés d’adjectifs qualificatifs, comparatifs et surtout superlatifs sans oublier bien sur les références aux Grands Leaders et à leur vision. Ici non plus pas question d’approcher de plus près. « Les écluses sont dans une zone militaire. » prévient la guide en fronçant les sourcils, « Et la vue est bien mieux d’où nous sommes. » ajoute-t-elle avec un léger sourire. Contentons-nous donc de la vue générale.
Il est temps de reprendre le chemin du retour en prenant la même autoroute toujours aussi déserte jusqu’à l’immense Avenue de la Révolution bordée d’immeubles blancs. Le chauffeur nous balade dans plusieurs quartiers de la ville, la seule différence est la densité et la hauteur des tours d’appartements. Quel que soit le quartier, nous passons constamment devant des chantiers de construction. Ici d’autres appartements à différents stages de finition, là des installations sportives. Plus loin ceux d’une rénovation d’un parc ou d’une restauration d’une route.
Certains travaux peuvent durer des décennies, comme celui de cet hôtel, le Ryungyong Hotel, en forme d’élégante pyramide de verre qui du haut de ses 105 étages (330 m) domine la ville. Commencés en 1987, les travaux sont abandonnés en 1992, une fois la carcasse terminée. Manque de fonds, pénurie d’équipement et de matériaux, le building reste à l’abandon jusqu’en 2008 date de la reprise des travaux de finition extérieure qui se terminent en 2012. Aujourd’hui, nous informe Mr Ho, les ouvriers aménagent l’intérieur. A voir le peu d’activité qui règne au pied du building, on peut en douter.

Dans cette ville entièrement reconstruite, l’unique bâtiment historique que nous apercevons se trouve au milieu d’un rond-point fleuri. Sur son piédestal en pierre et son double toit vert relevé sur les bords, ce portique en bois ressemble (en plus modeste) aux portes impériales que l’on trouve à Pékin.
Les embouteillages, il y en a quelques-uns, sont l’occasion d’observer de plus près les passagers des trams et des bus et de se rendre compte qu’ils ont les mêmes têtes fatiguées, les mêmes yeux cernés que les passagers d’un bus à Paris ou à New York. La seule différence est que personne ne lit, ni n’écoute de la musique. Quelques-uns, surtout les enfants, une fois la surprise passée, nous font de grands signes et sourires, mais la plupart nous ignore complètement, comme si la présence d’étrangers n’avait rien d’extraordinaire.
Une arche, des alignements de statues, des jets d’eau entourant une statue massive d’un soldat portant un drapeau, une pelouse jusqu’aux marches d’un bâtiment blanc avec un fronton d’arcades, et d’où émerge un flot continu de visiteurs, pas de doute nous sommes bien arrivés au Musée de la Guerre. Mais avant de pénétrer dans ce lieu sacré de la République, une jeune femme en uniforme vient se présenter. Elle sera notre guide et en sa compagnie nous passons en revue la série de statues de glorieux soldats en situation d’héroïsme aigu, puis les restes des prises de guerre diverses : armements, tanks, avions et summum du summum le célèbre navire de guerre américain l’USS Pueblo, capturé en Janvier 1968.

Comme navire de guerre, il n’a vraiment rien de terrifiant puisse qu’il ne s’agit plutôt que d’un petit cargo transformé en navire espion par les Américains. Mais cette prise de guerre permit (et permet encore) d’être un excellent élément de propagande pour la patrie techniquement toujours en guerre. Plus que la prise en elle-même, c’est la saga qui suivit qui fit couler beaucoup d’encre. Les 82 membres d’équipage survivants furent torturés avant d’être finalement libérés en Décembre 1968 en échange d’une lettre officielle d’excuses du gouvernement américain.
Allons-y pour la visite à bord qui n’a rien d’extraordinaire sauf les impacts de balle (marqués en rouge) et la réalisation que la vie à bord ne devait pas être rigolote tous les jours tant tout semble minuscule. Quant à la salle contenant les instruments d’écoute, elle permet de réaliser les avancées technologiques effectuées depuis 68 ! Nous suivons la casquette de notre guide jusqu’au pied de la statue monumentale aperçue plus tôt. Nous aurions dû nous en douter car la voilà qui nous fait signe de former une ligne. Ca va nous connaissons le scenario… à part que cette fois, il y a une variante. En effet, le jeune Danois du groupe la voyant saluer, décide de l’imiter et nous de faire comme lui. Pas de courbette donc mais un beau salut militaire qui prend de court nos guides qui se lancent des regards inquiets avant d’éclater de rire… discrètement quand même !
Nous pénétrons enfin dans le musée, inauguré quelques mois plus tôt. Escalier spectaculaire, lustre démentiel, longues galeries, vitrines de scènes de guerre reconstituées, visiblement de quoi impressionné les nombreux patriotes du pays… et les maintenir dans la pensée du sacrifice. Nous passons devant une multitude de vitrines remplies de médailles, d’armes de tous calibres, de lettres personnelles et de documents officiels, de peintures et de dessins, de bannières, de bustes de vaillants héros. Arrêt prolongé devant la statue du plus grand soldat de l’armée victorieuse et surement le préféré de notre guide qui nous explique que malgré ses jambes brisées, ses bras fracassés, il continuât à tirer avec sa mitrailleuse avec ses dents et tuât au moins une centaine d’ennemis. On n’en fait plus des comme ça !
Nous poursuivons vers une salle de projection où nous est projeté un film nous expliquant la version nord-coréenne des évènements qui ont précédés la guerre de Corée et en énumérant les provocations américaines. Nous en concluons que pour commencer la guerre en Irak, Bush Junior n’a fait que suivre l’exemple de ses prédécesseurs.
Quelques problèmes de queue devant les ascenseurs obligent notre capitaine/guide à changer de stratégie et d’opter pour les escaliers de secours pour accéder à l’étage supérieur où se trouve une salle panoramique avec un dôme genre planétarium jetée dans la pénombre. Mais il n’y a pas de planètes à observer ici, seulement des scènes de combats que l’on découvre à mesure que l’immense plateau sur lequel nous sommes installés complète sa rotation. Effets de bruits et lumières sur des scènes composées de peintures et d’objets réels. La guerre en 360° et en 3D. Paisibles rizières, avions, bombardements, destruction de villes et de villages, feu, sang, tranchées, tanks, reconquête et drapeau qui flotte de nouveau sur un champ de ruines. Epoustouflant, particulièrement pour les oreilles. Je ne sais pas ce qui était le plus pénible, le bruit des armes ou bien la voix du commentateur.
Hyun regarde sa montre avec impatience car nous sommes parait-il en retard, que le restaurant nous attend et qu’il faut traverser la ville. Re-petit tour en ville, les différentes bannières et affiches de propagande nous servent de points de repère et nous commençons maintenant à reconnaitre les principales avenues et rues du centre-ville.
De l’extérieur, rien n’indique que nous sommes arrivés au restaurant. Pas d’enseigne, ni de lumière particulière. D’une manière générale, les rues n’ont pas vraiment de signes distinctifs pour désigner les magasins ou les boutiques, tout au moins nous ne les reconnaissons pas. Les seuls commerces que nous avons parfois repérés, comme par exemple les magasins de fruits et légumes, sont les espèces de kiosques situés au pied des immeubles.
Nous devons être dans les beaux quartiers car en face du restaurant, le drapeau roumain flotte mollement derrière les murs de l’ambassade. Etre posté à Pyongyang doit être une sacrée punition, en tout cas une punition considérée comme trop sévère par le gouvernement français qui n’a pas d’ambassadeur ici.
La petite salle de restaurant, située à l’étage, est archi pleine… de touristes. Menu unique mais une fois encore excellent. Nous goutons ainsi au célèbre Hot Pot nord-coréen. N’en perdant pas une pour revenir sur la bravoure et l’ingéniosité des soldats nord-coréens durant la guerre de Corée, Hyun nous raconte que la recette vient d’un soldat affamé mais génial qui eut la brillante idée faire cuire un bouillon de poisson dans son casque et d’y mettre tout ce qu’il pouvait trouver. Ses compagnons d’infortune l’imitèrent et voilà comment la recette nationale est née ! Ah évidemment, ce ne sont pas nos Poilus qui auraient pensé à ça !!!
Heureusement pour nous, ce soldat était gourmet car il n’ajoutât que des bonnes choses comme du chou, des lamelles de bœuf, de la coriandre, des épices, d’autres légumes, des pâtes, du tofu, des piments, des champignons…etc. et terminât son œuvre en apothéose en y cassant un œuf. C’est fou ce que l’on peut trouver dans les tranchées à cent mètres des lignes ennemies ! Les serveuses gracieuses et souriantes tournent autour des tables en s’assurant que nous ajoutons nos ingrédients dans le bon ordre et que nous ne nous mettons pas le feu à la nappe avec nos braseros foireux.
Suants mille et une gouttes mais l’estomac bien calé, nous voilà partis pour le dernier volet du programme de la journée : les Arirang Mass Games.
Les jeux de masse sont devenus au cours de ces dernières années une spécialité du pays. Après avoir vu à la télévision australienne il y a quelques années un documentaire britannique (A state of mind), je ne veux pas louper l’occasion de les voir.
Les jeux de masse sont un spectacle de quatre-vingt-dix minutes composé de ballets et d’exercices de gymnastique synchronisés accompagnés de musique et d’effets spéciaux auxquels participent plus de… 100 000 personnes ! En fait aucun autre pays au monde ne serait capable aujourd’hui de mobiliser tant de monde pour un spectacle avec si peu de spectateurs payants. Si les prix varient de 350 à 80 Euros, il n’y a en fait que très peu de touristes qui assistent à ce spectacle extravagant qui n’a lieu que quatre fois par semaine de la mi-Juillet à la mi-Septembre (quand ils ne sont pas annulés à la dernière minute, comme c’est parfois le cas). Les participants sélectionnés, parfois dès l’âge de cinq ans, s’entrainent pendant des heures entières dès que les beaux jours arrivent.
Si les jeux de masse ne sont pas une invention nord-coréenne (les premiers jeux de masse apparaissent au XIXème siècle avec les mouvements nationalistes d’Europe orientale, ils incarnent la jeunesse, la force, le militarisme et l'unité), les Nord-Coréens leur ont donné une autre dimension.
La philosophie de l’ex-Grand Leader derrière ce genre d’évènements n’est guère différente de celles des anciens leaders de ces mouvements nationalistes européens quand il déclare : « La gymnastique de masse est importante au niveau de la formation et au développement des enfants à l’idéal communiste. Elle les aide à acquérir une idéologie révolutionnaire, à élargir leur connaissance dans un grand nombre de domaines, à participer aux activités culturelles et à maintenir une morphologie saine et solide, qualités de base requises pour devenir un vrai Communiste. La gymnastique de masse apprend également aux écoliers la discipline, l'organisation et le collectivisme. »
En route donc pour le Stade du Premier Mai, (« Le plus grand au monde ! » précise Mr Ho) situé sur une autre ile au milieu du fleuve. Le long de la route, nous dépassons des cohortes de jeunes et de moins jeunes en uniforme, des membres de famille des participants et des groupes d’écoliers et de travailleurs qui se dirigent en marchant dans la pénombre vers les immenses parkings qui entourent les arcades en béton de l’arène puis se regroupent près des fontaines illuminées.
Au milieu de cette foule des grands soirs, il règne une atmosphère de trépidation. Malgré la cohue tout semble bien rodé et hyper organisé. Aucune bousculade alors que l’on sent l’excitation monter à mesure que nous approchons des dernières marches. Nous franchissons le dernier portique et découvrons l’intérieur de cette gigantesque enceinte à demi-couverte et prenons place sur nos sièges en plastique en haut des gradins réservés aux invités de marque. En face, de l’autre côté de la pelouse synthétique verte, les gradins sont occupés par 10 000 enfants portant des panneaux qu’ils bougent dans un ensemble parfait pour former d’immenses images tout en poussant des cris à l’unisson qui nous envoient des frissons dans le dos. Les panneaux qu’ils tiennent sont en fait des livrets comportant une centaine de pages. Chaque page est donc comme un pixel d’une photo et quand 10 000 pixels changent en même temps, c’est une nouvelle image qui apparait. Il faut le zoom de l’appareil photo pour distinguer les petites têtes qui dépassent à peine. Incroyable.
Les gradins sont loin d’être pleins quand les lumières s’éteignent, que les premiers feux d’artifices éclatent dans le ciel et que retentissent les premières notes de musique annonçant ainsi le début du spectacle.
Et quel spectacle ! Tout simplement extraordinaire. Sans aucun répit, la ‘pelouse’ est constamment envahie par des milliers de participants en costume colorés qui effectuent des chorégraphies parfaitement synchronisées décrivant des scènes remplies de symboles historiques, folkloriques et politiques plus ou moins faciles à décoder. Une musique rythmée aux accents militaires, des effets de lumières et de lasers en plus des enfants-pixels complètent l’ensemble. Du très grand spectacle, terriblement impressionnant. Soldats, judokas, jeunes femmes, enfants, gymnastes exceptionnels, acrobates, trapézistes tout y passe et tous affichent le même sourire figé et le même visage concentré. Dès que les portraits des ex-Grands Leaders apparaissent, les applaudissements redoublent d’intensité.


Mais c’est déjà le grand final, tous les participants (bien plus nombreux que les spectateurs) reviennent sur la piste sous les hourrahs de l’audience galvanisée devant tant de prouesses et de couleurs. Il faut un long moment avant de revenir sur terre et ‘digérer’ ce grand moment auquel nous venons d’assister. La réflexion et les questions viendront plus tard.
A la sortie, les stands proposant posters et t-shirts (et les livres de la doctrine Juche !) font le plein le gouvernement a trouvé là un bon filon à exploiter ! Pyongyang 19 Septembre
Ce matin le petit déjeuner est servi dans le restaurant panoramique, au dernier étage... à condition de pouvoir y accéder car après dix bonnes minutes d’attente toujours pas d’ascenseur. Autre problème, l’ascenseur qui vient enfin d’arriver doit avoir le vertige et être de santé délicate car il décide de descendre et de s’arrêter à pratiquement tous les étages. Ainsi, nous découvrons qu’en dessous du dix-septième, les étages sans moquette, à l’éclairage plus que faiblard et aux murs tachés sont réservés au personnel. Arrivés au rez-de-chaussée, l’homme de garde aux gants blancs et à la grande casquette a dû suivre la même formation que les agentes de la circulation car dès qu’il nous voit il tend le bras et lève la main pour arrêter les passants dans le corridor puis nous regarde et balance gracieusement l’autre bras en pointant l’index vers l’ascenseur en face. Comment a-t-il compris que nous étions descendus pour mieux remonter reste un mystère… en tout cas quelle perspicacité et quelle efficacité !
Evidemment, quand finalement nous arrivons au restaurant panoramique, le buffet a été en grande partie dévalisé mais qu’importe il reste plein de toasts et de la confiture. Quel soulagement également de découvrir que l’hôtel possède une deuxième bouilloire électrique et que le gardien du pot de Nescafé est plus cool que son collègue d’en bas. Peut-être une question d’altitude !?
Le restaurant panoramique semble souffrir de symptômes identiques à ceux de l’ascenseur. Une demi-rotation puis arrêt complet. Quant à la vue panoramique, elle est plutôt restreinte, les laveurs de carreaux ont certainement d’autres chats à fouetter et la brume matinale persiste et signe. Cependant notre petite ile, qui n’a hélas rien à voir avec l’Ile de la Cité, reste partiellement dégagée mais ne révèle rien de bien excitant, à moins d’être un spécialiste en travaux en bâtiments. Mais il me semble qu’un autre hôtel verra le jour… un jour !
Comme d’hab, les doyens sont les premiers ! En attendant le Club des 5… autres, nous observons l’animation dans le lobby. C’est qu’il y en a ce matin avec le départ des athlètes participant aux Championnats d’haltérophilie d’Asie qui se déroulent en ce moment à Pyongyang. D’ailleurs nous avons appris hier qu’un évènement historique avait eu lieu : pour la première fois le drapeau sud-coréen avait été hissé en Corée du Nord après la victoire d’un ‘compatriote’ du sud. Plus loin, des hommes d’affaires chinois sont accueillis en grande pompe par des officiels. Dehors plusieurs groupes de touristes chinois sont en train de fumer comme des cheminées.
Ca y est tout le monde est là et tous avons suivi les recommandations d’Hyun de ne pas mettre ni jeans ni t-shirt car aujourd’hui nous allons rencontrer les ex-Grands Leaders… Aujourd’hui est également un jour férié où l’on célèbre la Fête de Qing Ming, une journée consacrée au culte des Ancêtres et en Corée du Nord, les ancêtres inclus les valeureux soldats morts pour la Mère Patrie et bien sur les ex-Grands Leaders. C’est donc une journée exceptionnelle qui nous attend.
Le soleil brille sur les rues bien plus animées qu’hier. Les piétons ont envahi les trottoirs, beaucoup de femmes portent des robes traditionnelles très colorées, les hommes sont en costume et le reste de la population a sorti les plus beaux uniformes. Les queues aux arrêts de bus sont plus longues et les stations de métro grouillent de monde.
Nous quittons la ville, passons devant de vastes parcs aux arbres alignés comme des sentinelles et d’immenses pelouses dignes des meilleurs terrains de golf et arrivons au Palais-Mémorial Kumusan, un bâtiment rectiligne gris et moche, orné des portraits des défunts Leaders à la denture éblouissante. Le Palais du Soleil, construit en 1976, était la résidence officielle du grand-père avant de devenir à sa mort en 1994 son mausolée (une idée du fils !). Le fils, flippant à l’idée de vivre avec un cadavre, se fit construire une autre résidence plus proche de la capitale. A la mort du fils (en 2011), le petit-fils (le jeune Grand Leader actuel), surement par soucis d’économie (!) et peut-être pour des raisons pratiques (!!) installât la dépouille de son père sous le même toit que celle du grand-père. Coup double donc, ce n’est pas un cadavre mais deux que nous allons de ce pas saluer.



Mais pas de précipitation. D’abord nous devons patienter dans un hall d’honneur en compagnie d’une cinquantaine d’autres touristes étrangers, eux aussi en tenue de gala. Ensuite, nous devons nous mettre en rang par quatre sous une galerie ombragée. Cette opération prend un certain temps contrairement aux Nord-Coréens qui a peine débarqués du tramway s’alignent impeccablement de manière instinctive.
Enfin, un gradé donne le signal de marche. La colonne s’ébranle par petits groupes en faisant des mouvements d’accordéon sous les regards effarés des locaux qui eux ont gardé le petit doigt sur la couture du pantalon. Direction les vestiaires pour y laisser tout ce qui est interdit d’emporter à l’intérieur de ce haut lieu sacré. L’instinct bordélique des Occidentaux revenant au galop, les guides s’efforcent de remettre un peu d’ordre dans les lignes, une manœuvre inutile puisque dix mètres plus loin nous passons en file indienne sur des tapis gorgés de désinfectant puis à la fouille.
Nous nous dirigeons ensuite vers une succession de longs tapis roulants similaires à ceux que l’on trouve dans les aéroports. Sur les murs en marbre sont accrochés des photos représentant les ex-Grands Leaders dans le feu de l’action révolutionnaire. Enfin nous émergeons dans une immense salle aux colonnes de marbre, réalignement et attente avant de pénétrer dans une autre pièce où la statue du Grand-Père rigolard, baignée dans une lumière tamisée, nous toise de toute sa hauteur.
Passage dans un sas où soufflent de puissants courants d’air décoiffant. A peine le temps de réajuster nos mèches rebelles et de se remettre par quatre que nous pénétrons dans une salle au haut plafond plongée dans la pénombre. Au centre, un cercueil en verre contient le corps du grand-père dont on n’aperçoit que la tête à l’aspect cireux, le reste du corps étant recouvert d’un drapeau rouge (une manière comme une autre d’égailler un peu l’atmosphère lugubre qui règne ?!).
Tout en écoutant distraitement une musique propice au recueillement, nous observons attentivement les personnes qui nous précèdent car ce n’est pas le moment de se planter de script ni de froisser les soldats gantés, l’index sur la gâchette de leur mitraillette. Quatre par quatre nous nous présentons au pied du sarcophage, comptons mentalement jusqu’à cinq avant de faire une première courbette, belote sur le côté gauche et rebelote sur le côté droit (pour des raisons de politesse, il n’y a pas de courbette à faire devant la tête dégarnie…). Et d’un !
Nous passons dans la pièce suivante. Changement radical de décor puisque dans cette pièce nous découvrons… un wagon de train ?!?! Il s’agit en fait du wagon dans lequel le grand-père effectuait ses voyages officiels. Sur le mur figure une grande carte du monde sur laquelle des lignes bleues et rouges clignotent elles représentent ses déplacements dans le pays et à l’étranger. A côté, un panneau lumineux indique le nombre des voyages effectués et le total des kilomètres parcourus dans ce wagon. Une estrade permet de jeter un œil à l’intérieur et d’apprécier la simplicité (toute relative) du Grand Leader. Salon, bureau de travail à un bout, chambre et salle de bain de l’autre mais cette partie-là reste cachée derrière des vitres fumées, respectons son intimité, les Nord-Coréens sont des gens pudiques.
La pièce d’à côté contient sa voiture officielle. Heureux Grand Leader qui contrairement à Janis n’a pas du implorer Lord pour avoir sa Mercedes-Benz ! Puis viennent les galeries vitrées derrière lesquelles sont exposés d’autres possessions, ses nombreuses médailles et décorations reçues du monde entier (enfin presque !), sa collection de diplômes honorifiques (ainsi que les pompeux costumes et couvre-leaders qui vont avec) sans oublier les documents officiels écrits de sa propre main. Quelques photos du Grand Leader posant avec d’autres leaders du monde sont là pour nous convaincre que le grand-père jouait dans la cour des très grands (Staline, Mao, Castro, Tito), des moins grands (Honecker, Ceausescu, Husak) et parfois au-delà des frontières du Communisme puisqu’il est même aux côtés d’Arafat, de Moubarak et de Kadhafi !
D’autres couloirs mènent à la pièce où repose l’ex-Grand Leader fils. Repetición de la jugada… Même musique, même décorum, même cercueil en verre, seule la tête est différente. Quant à nos courbettes… nous approchons de la nomination pour le prochain Oscar. Mais la concurrence est rude car parmi les régiments de soldats et de soldates qui nous suivent, certains ont déjà sorti leur mouchoir pour y sécher quelques larmes. Cependant quelques-unes semblent être réellement affectées et leurs sanglots paraissent sincères. Et de deux !
Ce qui est bon pour un Grand Leader l’est également pour l’autre Grand Leader. Lui aussi a droit à son wagon (mobilier plus ‘moderne’), ses voitures officielles, y compris un buggy de golf modifié et encore plus fort son yacht (?!) reposant dans un faux bassin (comment est-il arrivé ici celui-là ?).
Re longs et lents tapis roulants en direction de la sortie cette fois. Ceux de l’autre côté sont maintenant remplis de Nord-Coréens en route pour rendre hommage aux défunts préservés. Ils nous observent discrètement et silencieusement. Que peuvent-ils bien penser en nous voyant ?
Hyun nous annonce maintenant que nous avons quartier libre (pendant vingt minutes) dans les jardins du palais et que nous aurons ainsi l’occasion de nous mêler à la population locale. Chic alors !
Nous apprenons que ces beaux jardins agrémentés de parterres fleuris, de fontaines et de plans d’eau, ont été créés par le petit-fils (l’actuel jeune Grand Leader donc) lui-même et qu’il a même supervisé tous les travaux de rénovation. Pauvres architectes et jardiniers, je n’ose pas imaginer à quel point ils ont dû trembler… Mais peut-être est-il un boss cool ?
Nous nous dispersons donc parmi les groupes de soldats en uniforme et de femmes portant des robes amples cintrées en dessous de la poitrine et aux longs rubans flottant au vent qui attendent patiemment leur tour pour prendre une photo de groupe devant les portraits géants des défunts aux dents blanches comme la neige. D’autres groupes lancent de la nourriture aux gros poissons et aux canards en rigolant et peut-être en rêvant d’en avoir d’aussi dodus dans leur assiette ce soir.
Je me dirige vers un portail ouvert qui donne vers une avenue déserte et des rails de tramway mais le soldat de garde veille. Comme son copain de l’ascenseur un peu plus tôt ce matin, il me fait le coup de la main tendue et du balancement de bras l’index en pointant en direction des jardins.
Après avoir pu constater combien la population locale est raffinée, souriante, sereine et ouverte nous pouvons regagner notre minibus. L’étape suivante se situe sur la colline que l’on aperçoit derrière les toits du palais-mémorial et que l’on rejoint en traversant d’autres espaces intensément verts.
Nous voilà au pied du Cimetière National des Martyres de la Guerre marqué par un portique et une longue série d’escaliers. C’est également un endroit qui offre une intéressante vue panoramique sur la capitale et ses principaux édifices.
Après un court exercice de grimpette nous atteignons les premières terrasses où sont alignés les bustes des plus valeureux combattants. Dans les allées fleuries nous rencontrons de nombreuses personnes en uniforme mais aussi des familles en balade profitant d’un jour férié ensoleillé. Un peu plus haut se trouve un monument en granite rouge et une autre rangée de bustes. Celui au centre, représentant une femme, reçoit le plus d’attention et de bouquets de fleurs. Les Nord-Coréens sont donc aussi des gens galants ! « Non ! » s’exclame Hyun presque offusquée, « Il s’agit de Kang Pan-sok, l’héroïne la plus importante du pays, une activiste communiste pendant la guerre d’indépendance. C’est aussi la mère de notre Eternel Grand Leader (le grand-père ». Ceci explique donc pourquoi tous ces groupes font la queue pour prendre la photo souvenir devant la mère de Dieu pour qui aucun bouquet n’est trop beau. Nous n’y coupons pas, alignement-courbette devant le buste de Madame Mère mais cette fois nous sommes observés avec grande attention par la foule.
Quelques sentiers parcourent le reste de la colline qui est également une réserve naturelle fréquentée par les Pyongyangites avides d’exercice et de tranquillité. Nos guides, toujours pleins de sollicitude, s’assurent que nous revenons dans le droit chemin et bien qu’il ne soit pas encore midi, l’excuse de l’heure du repas tombe à point. Nous regagnons les grandes avenues animées du centre, quant aux parcs du centre-ville, ils sont remplis de famille en train de pique-niquer.
Une fois encore la salle de restaurant se trouve à l’étage, mais ici en plus de la petite boutique de souvenirs du rez-de-chaussée, l’endroit comporte une terrasse ombragée (la première que nous voyons) fréquentée par des familles en train de consommer des jus et des crèmes glacées. Le menu d’aujourd’hui comporte en plus des petits plats habituels (toujours délicieux) des beignets de crevettes et de poissons (tempura) et une rondelle d’un gâteau roulé. Les écrans plats installés au-dessus de la mini-scène de karaoké diffusent en boucle le même spectacle de Noel que nous avons déjà vu dans l’avion… mais ce coup-ci nous aurons l’occasion de voir le grand finale.
L’un des Suédois ayant émis le souhait de prendre un café (un vrai !) nous remontons dans le minibus pour parcourir une paire de centaines de mètres jusqu’au prochain hôtel de luxe (apparemment la marche sur l’avenue parmi la foule des grands jours doit être trop fatigante pour nous !).
Le lobby, d’un style plus que douteux avec ses faux palmiers lumineux et son escalier en marbre, ressemble davantage à ceux que l’on peut trouver à Abu Dhabi. Une hôtesse nous accueille et nous conduit dans un salon privé encore plus ‘tropical’. Lumière tamisée, plantes luxurieuses en plastique, et mobilier de jardin en fer. Personne n’a osé retirer le petit sapin de Noel décoré de guirlandes clignotantes qui repose derrière la colonne centrale, à moins qu’il ne s’agisse d’un excès de zèle et de prévoyance de la part du manager. Ici la télé diffuse les derniers tubes… de musique classique modernisée, interprétés par un pianiste inspiré sur un fond de paysage enneigé. Sur le bar trône une machine à café flambant neuve gardée par deux jeunes ‘barwomen’. A 6 Euros l’expresso, notre Suédois commence à regretter son idée, en tout cas il ne propose pas de tournée générale…
Re-petit tour en bus pour une balade digestive dans un grand et superbe parc. Par contre celui-ci est entièrement désert. Sur les immenses pelouses immaculées aucune famille en train de pique-niquer ou de jouer au ballon. Un peu plus loin se trouve la chaumière (fraichement restaurée) où vécut la famille du Grand Leader avant son exil en Manchourie. Une autre guide nous attend.
Le temps d’ajuster son micro et la voilà partit dans la récitation d’un texte appris par cœur dans un anglais parfait. Seules les envolées lyriques sur les premières années de la vie du grand-père sonnent légèrement faux et malgré ses efforts répétés, elle n’arrive pas à nous soutirer la moindre larme. Pas même, quand en nous montrant parmi les trois cruches, qui servaient de réservoir d’eau à la famille, celle qui est toute bosselée, elle récite des sanglots dans la gorge : « La famille était si pauvre qu’elle ne pouvait pas s’offrir de belles cruches ». Peut-être que la description de la féroce répression japonaise envers cette pauvre famille patriotique et les malheurs familiaux auront plus d’effets espère-t-elle en entamant une autre déclamation. Hélas, elle doit se rendre à l’évidence : ces cinq jeunes Scandinaves ne font guère preuve d’une grande compassion et les deux frères versent dans un cynisme poli. Il ne lui reste plus qu’à nous montrer le puits familial un peu plus loin et à nous faire gouter l’eau fraiche, celle-là même qui rafraichissait son Grand Leader et le rendait si fort, si intelligent et si beau. Goutons donc cette potion magique !
Une petite promenade dans le sous-bois à regarder une paire d’écureuils se poursuivre dans les arbres nous permet de chasser de nos esprits tous les malheurs qui accablèrent le futur héros national.
Chapitre suivant : la visite du métro, objet de fierté pour la nation toute entière. Tous les touristes étrangers de passage dans la capitale nord-coréenne y ont droit, enfin ont le droit de parcourir quelques stations accompagnés de leurs guides. Pendant le trajet pour rejoindre la station de métro, Hyun nous explique la marche à suivre et l’histoire de cette huitième merveille de modernité.
Commencé en 1965, le métro comprend dix-sept stations reparties sur deux lignes. Sa mise en service a lieu entre 1973 et 1975 et les deux dernières stations sont achevées en 1987. Le style « Réaliste socialiste » des stations et le design du réseau sont calqués sur ceux du métro de Moscou, quant aux noms des stations (Gloire, Camarade, Innovation, Terre dorée…) ils font directement référence aux idéaux de la révolution nord-coréenne plutôt qu’à leur situation géographique. En ce qui concerne les records, puisqu’il en faut, le métro de Pyongyang est le moins cher au monde (10 trajets pour 5 petits cents) et parmi les plus profonds (plus de 100 mètres parait-il). Sur ce dernier point, le traumatisme des bombardements et la perspective d’un conflit nucléaire y sont peut-être pour quelque chose !
16 heures, c’est presque l’heure de pointe alors que nous passons devant les portillons de la station Puhŭng située sur la ligne Chŏllima. Des escaliers roulants plutôt raides nous emmènent vers les profondeurs souterraines où grouille une foule endimanchée. Dans les couloirs aux murs blancs et vierges pas de musiciens en train de faire la manche, seulement les programmes de la radio nationale diffusée par des haut-parleurs nasillards. En haut des derniers escaliers, nous découvrons les quais de la station Revitalisation, tout un programme !
Plafond blanc orné de moulures décoratives et de chandeliers colorés, murs en arcades agrémentés de panneaux en bronze et au centre de deux magnifiques mosaïques montrant des scènes de travailleurs enthousiastes et souriants en pleine action. Mais c’est bien sur celle au fond du quai qui est la plus belle et la plus imposante puisqu’elle représente le Grand-Père Leader casquette sur le crane, l’imperméable ouvert, entouré de toute la gamme des travailleurs en habits de travail en train d’essayer de le rattraper, le tout sur un fond de pylônes électriques et de cheminées crachant des nuages de fumées grises, synonymes de progrès et de modernité mais pas très écolo.
Comme les travailleurs nord-coréens ne sont jamais fatigués, on ne trouve pas de banc sur les quais, par contre comme ils sont toujours avides d’information, on y trouve des vitrines où ils peuvent dévorer les pages de leur quotidien favori : le Rodong Sinmun et y découvrir les dernières photos du Petit-Fils Leader.
Les rames de métro se suivent rapidement. Elles ressemblent à celles qui circulaient à Berlin (Est et Ouest) avant la réunification (peut-être un signe ?!). L’intérieur est plutôt sobre et sombre, banquettes en longueur, panneaux en formica imitation bois et l’unique décoration sont les deux petits portraits de qui l’on sait (pas moyen d’échapper à leurs sourires !)


Quant aux passagers, ils font comme si nous n’existions pas, seuls quelques gamins nous jettent quelques regards furtifs. Il faut attendre soit cette petite fille qui veut coute-que-coute toucher les cheveux blonds de l’unique fille de notre groupe soit cet homme légèrement ébréché qui tient absolument à nous céder sa place pour que quelques rires et regards plus directs soient échangés.
La station suivante, Gloire, est encore plus imposante avec ses voutes soutenues par de colonnes en marbre sculptées et enjolivées de dorures. Au plafond pendent de superbes lustres en forme de bouquets de fleurs de toutes les couleurs et les murs sont décorés de mosaïques massives représentant des parcs fleuris, le fleuve et la ville. Celle située près de la sortie montre un paysage grandiose composé de lacs, de montagnes et de fleurs sauvages.
Cinq stations plus loin, tout le monde descend, nous sommes arrivés à Triomphe. Ici, en plus de la statue dorée du Grand Leader l’Ancien déclamant derrière un pupitre, le bras tendu vers un avenir radieux, nous découvrons d’autres immenses mosaïques exaltant le travail, le socialisme et la révolution. Une représentation du Réalisme Socialiste dans toute sa splendeur… sous forme de bande dessinée géante !
Nous retrouvons la lumière du jour pour découvrir une autre fierté nationale et un autre record du monde : l’Arc de Triomphe de Pyongyang. Plus haut de plusieurs mètres mais bien moins triomphant que celui de Napoléon, ce monument, inauguré pour les soixante-dix ans du Leader Eternel en 1982, glorifie encore un peu plus (quand on veut, on peut !) ses exploits militaires au cours de la guerre d’indépendance (1925-1945). L’architecte en chef, un petit malin désirant se faire bien voir, eut même l’idée d’utiliser 25500 blocs de granite blanc, soit un bloc pour chaque jour de la vie d’un homme de soixante-dix ans.
Sur la droite, une allée bordée de statues de sportifs en pleine action conduit à l’entrée d’un autre stade. Juste à côté, une autre mosaïque gigantesque marque l’endroit où le Grand-Père Immortel fit son plus beau discours, un jour de… victoire surement ! Plus loin, au-dessus du parc qui recouvre une partie de la colline, la tour des télécommunications déploie ses antennes.
Hyun nous rappelle que c’est maintenant l’heure de faire du shopping et qu’il faut traverser le rond-point par le passage souterrain. Dans le magasin de souvenirs nous découvrons ce que le pays a à offrir à ses touristes : robes traditionnelles, costumes de Leader, tableaux, posters, statuettes de soldats, boites de thé, bouteilles d’alcool et plus étrange des boites de comprimés de Sang Royal frais apparemment très efficaces pour les personnes souffrantes de maladie du cœur (et peut-être de cœur ?!), de perte de mémoire et de… troubles radioactifs !!!
Ce n’est pas ici que nous dépenserons des fortunes, ni dans le magasin suivant d’ailleurs, une librairie proposant tous les écrits des ex-Leaders (le présent Leader n’étant pas encore un écrivain célèbre), la collection complète, en plusieurs langues, de la Pensée du Juche (doctrine stalinienne revue et corrigée par le Suprême Grand-Père lui-même) et quelques ouvrages illustrés sur l’art ou la géographie de la République populaire démocratique de Corée.
Puisqu’il nous reste encore du temps libre, Hyun nous propose d’aller visiter la place Kim Il-sung, l’équivalent nord-coréen de la place Tiananmen. Située sur la rive gauche du fleuve, elle est le cœur de la capitale, l’endroit où ont lieu toutes les grandes manifestations populaires et défilés militaires régulièrement organisés par l’état. Elle est dominée par la Bibliothèque Nationale et entourée d’autres imposants bâtiments qui abritent, on imagine, des ministères. Sur la rive d’en face, se trouve la Tour du Juche surmontée d’une flamme rouge.
La place est déserte, enfin presque car quelques enfants profitent de l’espace pour faire du patin à roulettes sous les regards bienveillants des ex-Grands Leaders. Le sol est couvert de centaines de symboles et de numéros peints de couleurs différentes qui servent de marques pour les troupes lors des défilés. Le long de l’esplanade qui longe les berges, des aires de jeux et des courts de basket et volleyball ont été aménagés. Ils sont les points de rendez-vous favoris pour les jeunes sportifs et les parents qui amènent leurs enfants s’amuser sur les manèges.
Au bord de l’eau, quelques pêcheurs surveillent leur ligne. Plus loin, une dizaine de pédalos font des ronds dans l’eau. Une partie de volley se crée à l’improviste entre quelques membres du groupe et des jeunes locaux. C’est le premier contact direct avec des Nord-Coréens depuis notre arrivée. Comme quoi le sport peut faire tomber des barrières. Bientôt quelques badauds et cyclistes s’arrêtent pour observer cette scène qui, à voir leurs regards étonnés, ne doit pas se dérouler très souvent.
La nuit commence à tomber alors que nous regagnons l’hôtel. Le repas se prend dans le troisième restaurant de l’hôtel, le plus petit mais aussi celui qui a le plus grand écran de télévision. Ça tombe bien puisque le journal télévisé vient de commencer ! Les premières vingt minutes sont consacrées aux dépôts des couronnes de fleurs au Cimetière National des Martyres de la Guerre par les pontes de l’état. C’est amusant de retrouver à la télévision les endroits que nous avons visités le matin même, d’ailleurs nous reconnaissons le buste de la Mère de Dieu. C’est également l’occasion de juger la plus belle courbette. Notre palme va aux généraux, vainqueurs haut-la-main. Les vingt minutes suivantes sont consacrées aux cérémonies identiques qui ont eu lieu dans le reste du pays. Quel dommage, nous ne verrons pas la fin car notre programme de la journée continue aussi le soir…
Ayant émis le désir d’en connaitre un peu plus sur la vie nocturne de la capitale, Hyun nous propose d’aller visiter une micro-brasserie près de la Tour du Juche. Pourquoi pas ?
On ne peut pas dire que la Rive Droite beigne sous les feux des projecteurs. Dans les rues déjà désertes les lampadaires ne diffusent qu’un semblant de lumière. Tout semble avoir été réservé pour l’illumination de la Tour du Juche et les statues géantes qui occupent les jardins au pied de la tour. Puisque nous sommes juste à côté, autant aller voir de plus près cette structure, croisement entre un obélisque et un phare. C’est aussi l’occasion d’admirer les illuminations sur la Rive Gauche (qui elle ne semble pas connaitre les mêmes restrictions).
Décidément les soixante-dix ans du Grand-Père Leader furent l’occasion de grands travaux puisqu’en plus de l’Arc de Triomphe, on lui dédia également cette tour. Haute de 150 mètres, elle est composée de blocs de granite blanc (gris maintenant) et est surmontée d’une flamme rouge qui brille dans la nuit. Comme l’architecte de cette tour voulait être aussi bien vu que l’architecte de l’Arc de Triomphe, il décidât lui aussi d’utiliser 25 500 blocs (tricheur, va !) mais il s’arrangeât à les empiler en 70 « étages » (histoire d’avoir un bon point supplémentaire !!!).
Dans les jardins, nous apercevons une dizaine de jeunes gens assis au pied des statues en train d’étudier. La présence de la tour serait-elle une source d’inspiration ? Peut-être mais le fait que ce petit parc soit le seul endroit de la capitale à ne pas subir de coupure de courant doit surement y être pour quelque chose…
Jamais nous n’aurions trouvé l’entrée de cette micro-brasserie car elle est située dans une espèce d’immeuble résidentiel au deuxième ou troisième étage et qu’aucune enseigne n’indique ce lieu de débauche.
Nous pénétrons dans une salle plongée dans une demi-pénombre, un bar en bois, des poutres en bois, des tables et des chaises en bois et les murs recouverts de panneaux en bois, on pourrait se croire dans un chalet… en bois, un soir d’après-ski, il ne manque que le feu de… bois. Seules trois tables sont occupées, l’une par un couple d’Occidentaux, les deux autres par des touristes asiatiques qui ne tardent pas à partir. Au menu : trois variétés de bière : houblon, orge-réglisse ou riz.
Pendant qu’une partie du groupe distrait les guides-accompagnateurs, les autres entament la conversation avec le couple qui s’avère être un homme d’affaires polonais résident à Pyongyang et l’ambassadrice tchèque. Evidemment, le son de cloche à propos de la situation actuelle du pays est à l’opposé de celui de nos guides, le leur est plus conforme à ce que nous savons déjà via les media non nord-coréens. Pénuries de tout (surtout en hiver), trafics en tout genre, contrôles permanents, répression… « Tout fout le camp mais il y a quand même du fric à faire. » nous assure l’homme d’affaires en guise d’étrange conclusion !?
Quant à la bière de riz ? Pas mal du tout, en prime elle m’a permis d’apprendre quelques mots de coréen très facilement… mais peut-être pas de m’en souvenir le lendemain matin !!!
Pyongyang 20 Septembre
Les matins à l’hôtel Yanggakdo se suivent et se ressemblent, seule l’heure du rendez-vous dans le lobby varie. Aujourd‘hui c’est 8 heures… à part que les deux copains Suédois ont oublié de se réveiller. Ah, le bonheur des voyages en groupe !
Hyun est inquiète, ce retard lui crée un problème car nous risquons soit de faire attendre les militaires (jamais une bonne idée) soit carrément louper la visite de la Zone Démilitarisée ou DMZ (mauvais coup pour la propagande). La DMZ est une zone tampon coupant la péninsule en deux au niveau du 38ème parallèle nord et qui est devenue après les accords d’armistice de 1953 la frontière entre les deux Corées.
La traversée du centre-ville et des banlieues au sud se fait rapidement. Nous passons sans nous arrêter à proximité du monument de la Réunification, une espèce d’arche en pierre symbolisé par deux femmes tenant un globe puis retrouvons l’autoroute du sud aussi déserte et aussi pleine de nids de poule que celle que nous avons empruntée pour aller à Nampho.

Le temps est doux mais devient de plus en plus nuageux à mesure que nous descendons vers le sud. L’autoroute traverse un paysage de champs puis de montagnes et de vallées que parcourent des rivières plus ou moins larges. Les champs paraissent être prêts pour la moisson mais restent désespérément vides d’activité. Ici et là, nous n’apercevons très brièvement que quelques groupes de paysans une serpe à la main, aucun tracteur, aucune charrette. Les villages que nous discernons parfois au loin ressemblent, en moins pimpant, à ceux remarqués deux jours plus tôt. Dans les pâtures même le bétail est absent. En fait pendant tout le trajet jusqu’à Kaesong (situé à environ150 kilomètres de Pyongyang) nous ne voyons qu’à deux reprises une dizaine de chèvres et quelques bœufs.
A mi-chemin, arrêt au restoroute ! On s’y croirait presque en voyant cet édifice en béton qui enjambe la Reunification Highway. Hélas pas de cafeteria avec vue panoramique sur l’autoroute, seulement des toilettes malodorantes qui fuient. Tant pis pour les malheureux qui n’auraient pas pris une bonne bouffée d’air avant d’ouvrir la porte. Sur le petit parking, deux jeunes femmes ont dressé des tréteaux remplis de babioles, de pommes, de sachets de poissons séchés, de canettes, de paquets de cigarettes et de bouteilles d’alcool et tiennent fermement le thermos d’eau chaude. Ici la tasse de Nescafé coute le même prix que le bol de noodles importées directement de Chine : 1€
A gauche, les sommets des montagnes se perdent dans les nuages gris, à droite les anciens méandres d’une rivière disparaissent sous une immense retenue d’eau créée par un barrage. Encore quelques tunnels et voilà la ville de Kaesong entourée par une chaine de montagnes. Plus loin, Monsieur Ho me montre les toits des usines et des hangars de la zone industrielle (actuellement fermée) créée avec des capitaux sud-coréens pour utiliser la main-d’œuvre nord-coréenne tellement bon marché. « On y fabrique de tout, pièces détachées, vêtements, chaussures, produits alimentaires et de très bonne qualité. » m’affirme-t-il. Ce qu’il n’ajoute pas est le fait que cette récente fermeture entraine un véritable marasme économique pour la région et le pays.
Les choses sérieuses commencent car nous sommes sur le point d’arriver au premier contrôle de la zone démilitarisée marquée par une arche en béton, un slogan et un panneau nous indiquant que Séoul n’est qu’à 70 kilomètres !
Tout le monde descend sous les regards vigilants des sentinelles armées et se réfugie dans un bâtiment qui fait office de… magasin de souvenirs !? On y trouve absolument les mêmes choses que la veille, seul l’éventail des thés et boissons au ginseng est plus large et peut-être aussi celui des casquettes proclamant « Korea is One », détail quelque peu saugrenu alors que nous sommes justement sur la ligne qui la divise en deux !
Hyun peut souffler car ce n’est pas son groupe qui est en retard mais un autre plus important qui finit par débarquer une demi-heure plus tard. Nous reconnaissons quelques têtes aperçues soit à l’aéroport soit pendant la visite du mausolée.
Nous suivons le gradé dans la pièce suivante et nous nous plaçons en demi-cercle devant la grande carte schématique qui détaille la frontière et les installations des deux côtés de la frontière. L’homme à la casquette, un capitaine ou un major quand même, prend sa longue règle et pointe plusieurs symboles et lignes en expliquant le pourquoi du parce que et énumère les choses à faire et à ne pas faire. Ses propos sont traduits par Hyun et il en ressort que pour notre protection nous serons escortés par ses collègues, que nous devrons suivre les chemins balisés car nous pourrions marcher sur une mine, qu’il n’est pas conseillé de faire des gestes brusques ni de courir et que nous avons vraiment de la chance d’être du bon côté de la ligne, Vive l’Armée Populaire. « Des questions ? Tout le monde dehors, en file indienne. » traduit Hyun.
Nous passons donc un par un dans un passage dans le mur en béton sous les regards cette fois inquisiteurs des soldats et remontons dans nos bus respectifs qui attendent déjà de l’autre côté. Nous roulons une paire de kilomètres sur une petite route qui traverse des champs et des marécages avant de redescendre pour visiter les bâtiments où ont été signés les accords d’armistice et qui font office maintenant de musée.
Dans la première salle, on découvre plusieurs tables et des chaises ?! « Tout a été laissé tel quel. » insiste le capitaine/major après avoir détaillé les difficiles négociations. Nous passons ensuite dans le bâtiment suivant, bien plus grand puisqu’il a servi aux cérémonies officielles. « Ce bâtiment a été construit en quelques jours par les soldats de l’armée populaire victorieuse, sous l’ordre de l’Eternel Leader. » précise le gradé. Sur les murs sont accrochés des photos d’époque montrant les acteurs principaux, des copies des documents signés et quelques scènes de guerre et de destruction. Au centre, une grande table sur laquelle reposent les documents officiels et drapeaux des délégations protégés par des boites en verre.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, un petit retour en arrière n’est pas inutile et révèle quelques surprises. Tout commence donc en 1910, année de l’annexion de la Corée par le Japon. L’occupation cruelle et impitoyable donne lieu à des soulèvements populaires qui sont rapidement et durement réprimés. Massacres, expulsions et exil mais aussi résistance et création de comités populaires qui combattent l’occupant dans l’ensemble de la péninsule.
La première surprise donc est d’apprendre que l’idée d’une division de la Corée remonte à la conférence de Yalta de 1945, quand Américains et Soviétiques s’accordent pour occuper militairement et conjointement (et de manière provisoire) la Corée une fois la victoire sur les forces d’occupation japonaise acquise. Les Américains proposent comme limite le 38éme parallèle. Deuxième surprise, ce sont les Russes qui arrivent les premiers en Corée (Aout 1945) avec dans les rangs de l’Armée Rouge… le Grand-Père ! Les Américains débarquent en Septembre, après la capitulation japonaise et le départ des troupes japonaises.
S’ensuit une période d’instabilité et l’émergence de nombreuses factions politiques aussi bien communistes que nationalistes conservateurs supportées par chacune des deux forces occupantes. Les déchirements internes et l’occupation conjointe accentuent la division malgré la promesse d’élections communes sous l’égide des Nations Unies.
Au nord, l’Union Soviétique, considérant l’Organisation Nations Unies comme étant pro-occidentale (la Chine est, à cette époque, représentée par les nationalistes de Chiang Kai-shek) bloque l’entrée de la Commission de l’ONU chargée de superviser les élections générales. Le soutien de Moscou permet au Grand-Père de prendre le pouvoir qui s’empresse de prendre deux mesures populaires : la mise en œuvre d’une réforme agraire et l’épuration de l’ancienne administration coloniale.
Au sud, les Etats Unis refusent de reconnaitre les comités populaires qui représentent au niveau local le Comité pour la préparation de l’indépendance issu de la Résistance, et soutiennent une coalition conservatrice menée par Syngman Rhee et rassemblant nationalistes, propriétaires fonciers, hommes d’affaires et anciens collaborateurs de l’appareil colonial.
Chacun des deux camps met donc en place son homme fort que des élections, organisées séparément, permettent de légitimer. En Aout 1948, les élections au sud donnent naissance à la République de Corée, celles au nord, organisées le mois suivant, à la République Populaire Démocratique de Corée. L’épuration des opposants peut commencer et ce des deux côtés, entrainant ainsi d’importants mouvements de population de chaque côté de la frontière. En 1949, les forces d’occupation se retirent complètement au nord… mais partiellement au sud.
Les incidents de frontière sont permanents. Le 25 Juin 1950, Grand-Père ne tenant plus lance ses troupes vers le sud. Leur progression est rapide, en quelques semaines elles ont envahi la quasi-totalité de la péninsule. En Septembre 1950, les Etats-Unis, contraints d’agir, sollicitent l’intervention des Nations Unies. Les débarquements à Pusan et à Inchon permettent de repousser l’armée nord-coréenne pratiquement jusqu’à la frontière chinoise. En Novembre 1950, c’est l’armée chinoise qui entre en scène, elle lance une contre-offensive et repousse, en Janvier 1951, les forces de l’ONU bien en dessous du 38ème parallèle. Pendant les deux années qui suivent les offensives sont suivies de contre-offensives, toutes aussi meurtrières les unes que les autres, enfin le front se stabilise au niveau de la frontière initiale.
Le 25 Juillet 1953, après plus de trois millions de morts, l’armistice est signé à Panmunjeon, un petit village situé près de la ligne de front, plus précisément dans les bâtiments que nous sommes en train de visiter.
La frontière actuelle correspond à la ligne de cessez-le-feu fixée au moment de la signature de l’armistice. Les accords stipulent également que les troupes doivent se retirer de deux kilomètres de part et d’autre de la ligne, créant ainsi une zone démilitarisée longue de 240 kilomètres et large de… 4 kilomètres. Les accords détaillent également combien de soldats peuvent patrouiller dans la DMZ ainsi que le type d’armement autorisé. Mais ceci n’empêche pas les nombreux incidents de frontière de se produire d’ailleurs plus de cinq cents soldats sud-coréens (surement davantage au nord mais ça c’est secret-défense !) et une cinquante de soldats américains sont morts depuis la fin des hostilités. Le plus récent ne remonte qu’à quatre jours quand un homme fut abattu par des soldats sud-coréens alors qu’il tentait de gagner à la nage la rive nord-coréenne près de Paju.
Parmi les incidents les plus importants on trouve la découverte de tunnels nord-coréens et aussi celui appelé « Incident de la hache » qui se déroule en 1976. Huyn me promet de raconter la suite sur le chemin du retour, car il faut y aller… notre capitaine/major s’impatiente.
Troisième surprise, il existe deux villages dans la DMZ, Kijong-dong Tae au nord et Sung Dong au sud. Des fenêtres du minibus nous apercevons, au-delà des champs, les toits bleus des maisons et des petits immeubles de Kijong-dong Tae. Bizarrement ce village serait parait-il inhabité, les bâtiments que nous voyons ne seraient que des coquilles vides !? Nous apercevons également (pas facile de l’ignorer), juste à côté du village, un immense mat en haut duquel flotte le drapeau nord-coréen. Erigé dans les années quatre-vingts, ce mat de 160 mètres (oui, un record mondial à l’époque !) fut la réponse à celui érigé quelques temps plus tôt par les Sud-Coréens (le leur ne fait que 98 mètres).
Bien, cette fois nous arrivons au cœur du cœur de la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area), l’endroit où ont eu lieu toutes les négociations depuis 1953 et qui consiste en un ensemble de bâtiments divers de part et d’autre de la Ligne de Démarcation Militaire.
Sur le parking, réalignement par rangée de quatre puis en avant au pas cadencé sur le sentier qui mène jusqu’aux marches du Panmungak, un édifice de trois étages qui fait face à la Freedom House située juste en face. Au centre, six bâtiments bas, parfaitement alignés sur la Ligne de Démarcation Militaire, sont gardés par des soldats nord-coréens (les soldats sud-coréens restent invisibles). Notre bon militaire nous propose d’aller admirer la vue de la terrasse du troisième étage.
Voilà donc le Rideau de Bambou. Bien moins angoissant que le Mur de Berlin mais tout aussi impressionnant et surement tout aussi efficace ! Aucune activité de l’autre côté, pas même une âme qui vive ! L’unique animation vient des sentinelles nord-coréennes qui font quelques relèves de garde, histoire de chasser leur ennui.
Bref rien à signaler au sud ! En fait, à part le mat sud-coréen, une tourelle d’observation déguisée en pagode et quelques arbres, nous ne voyons pas grand-chose du reste de la péninsule.

La frontière semble si facile à franchir. C’est surement ce qu’a dû penser ce touriste russe quand il est venu en visite officielle en Novembre 1984 et qu’il a décidé de courir vers le sud en criant qu’il demandait l’asile politique. S’ensuit un échange de coups de feu. Résultat trois soldats nord-coréens et un soldat sud-coréen furent tués mais le transfuge réussît son coup !
Heureusement, rien de tel aujourd’hui et nous pouvons regagner le bus tranquillement. Les militaires sont maintenant souriants et nous font des grands signes d’au revoir. Ils sont surement soulagés de nous voir partir et de retourner à leur tranquillité. En plus il semblerait que la récolte des cigarettes auprès des touristes qui tenaient à se faire prendre en photo en leur compagnie a été bonne.
Dernière surprise, la DMZ est devenu au fil des années et malgré ses champs de mines et ses barrières de barbelés, la réserve naturelle la mieux préservée au monde (un record indirect cette fois !). Elle est maintenant un refuge pour plusieurs espèces animales en voie de disparition et l’on parle même de la mettre sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial… ou même de la transformer en Parc de la Paix ?!
Il ne nous reste plus qu’à prendre le chemin du retour jusqu’à Kaesong où nous prenons un autre déjeuner copieux caché sous une douzaine de petites cloches.
Il ne reste pas grand-chose de l’ancienne capitale du Royaume de Corée, ici aussi la guerre a fait des ravages. On n’y trouve pas non plus les splendides et grandioses avenues à la Pyongyang mais plutôt des rues bordées d’immeubles décrépis, des terrains vagues et une petite rivière qui ne respire pas la santé.
Après le repas, nous allons visiter le marchand officiel de cartes postales et de timbres. Nous visitons également l’ensemble d’anciens temples transformés en centre d’éducation, annexe de l’université locale. Il existe donc quelques vestiges de l’ancien régime… mais point de statues des bouddhas.
Il est temps de reprendre la route. Pendant le trajet, Huyn expose sa version du fameux incident de la hache, un incident tout bête mais qui faillit dégénérer en une guerre totale entre les deux pays.
Tout commence donc le 18 Aout 1976, (une période où, à la suite de tentatives de kidnapping et d’accrochages divers, la tension sur la frontière est extrême) quand un groupe de soldats américains et sud-coréens décide de couper les branches d’un arbre qui cache la ligne de mire de l’un de leurs postes d’observation. L’opération devait se dérouler la semaine précédente en présence de soldats nord-coréens mais pour cause de pluie elle fut annulée. Le 18 donc, l’opération d’élagage commence mais est vite interrompue par l’arrivée d’un groupe de soldats nord-coréens. Le Capitaine Pak de la glorieuse armée populaire démocrate demande au Capitaine Bonifas de l’armée impérialiste d’arrêter immédiatement mais Bonifas fait la sourde oreille. Pak fait demander du renfort puis redemande à Bonifas d’arrêter. Bonifas ordonne de continuer l’élagage, ce qui a le don d’énerver un peu plus Pak qui finit par ordonner l’attaque. Massacre à la hache ou courageuse bataille (selon le camp) qui se termine par la mort de deux officiers américains.
Le Grand-Père dénonce l’agression impérialiste et obtient le soutien des nations non-alignées, Ford et ses conseillers décident de monter une opération de grande envergure pour aller couper l’arbre et le président sud-coréen Park Chung-hee préfère temporiser.
Trois jours plus tard, alerte maximale et mobilisation générale. Celle-ci implique des centaines de troupiers, des hélicoptères, des B52 et même le porte-avions Midway ! Les Américains armés de tronçonneuses coupent l’arbre sous les regards incrédules des Nord-Coréens alors que les hélicoptères tournoient au-dessus de la DMZ. Quarante-deux minutes plus, les Américains et Sud-Coréens remballent sans qu’un coup de feu ait été tiré… On n’ose pas imaginer les conséquences si le Grand-Père avait réagi. En tout cas depuis cet incident, les deux parties se sont accordées à ne plus traverser la ligne de démarcation.
Après la pause Nescafé au resto-route toujours aussi peu fréquenté, c’est Monsieur Ho qui vient me faire la causette. En plus de nos discrètes transactions monétaires (€10 contre des Wongs souvenirs), nous bavardons de chose et d’autre, de nos vies respectives et de nos familles. Ainsi j’apprends que son métier de traducteur lui a permis d’accompagner des délégations en Chine, en Russie, en Roumanie, en Allemagne de l’Est et même en Côte d’Ivoire et en Haute-Volta (ce qui m’indique que ses voyages ne sont pas récents, puisque la Haute-Volta s’appelle le Burkina Fasso depuis 1984!) et qu’il aimerait bien visiter d’autres endroits mais qu’hélas depuis la chute du Socialisme, le choix des destinations se réduit. Il m’apprend également qu’il est veuf, sa femme est morte d’un cancer et ce malgré la qualité de la médecine traditionnelle mise en place en Corée du Nord (?!), que son jeune fils rêve de devenir ingénieur car il adore les ordinateurs, qu’il habite près du centre de Pyongynag, qu’il travaille beaucoup avec les touristes chinois et déplore le peu de touristes français qui visitent la Corée du Nord, mais heureusement il y a toujours quelques touristes suisses pour lui permettre de parler français. Puis viennent ses questions l’Australie (qu’il ne semble pas connaitre du tout), la vie que je mène là-bas et sur les possibilités d’y émigrer. Au travers cette longue conversation, je me rends rapidement compte qu’il n’est pas dupe ni complètement « brainwashed » mais plutôt résigné. Sa situation de traducteur le place plutôt bien dans l’échelle sociale, l’accès aux devises étrangères lui permet ainsi qu’à sa famille un certain confort et le contact avec l’étranger et les étrangers lui apportent une fenêtre sur l’extérieur que la majorité de ses concitoyens n’ont pas. Pour autant il ne semble pas être envieux de la vie occidentale car « ici tout est gratuit et personne ne paie d’impôts » ajoute-t-il. Son modèle, peut-être parce qu’il y va plus souvent, reste la Chine « Communiste et moderne. ». Quant à la réunification, il y croit, « L’important ce n’est pas le modèle économique mais la culture commune. ».
Peut-être, mais à observer la réunification allemande, on a compris que c’est bien le premier qui influence la seconde… au grand désespoir des Allemands de l’Est !
Mais voilà déjà les boulevards de la capitale. Nous arrivons devant le Palais des Enfants. « Vite vite, il faut se dépêcher car la représentation des enfants talentueux a déjà commencé. » nous dit Hyun en accélérant le mouvement. Dans le noir, nous nous installons dans de confortables fauteuils le plus discrètement possible. L’audience composée de touristes et d’écoliers semble être hypnotisée par ce spectacle préparé par les enfants, définitivement talentueux. Les numéros sont courts, variés, plaisants, amusants et parfois même époustouflants et se succèdent rapidement sans interruption. Musiciens, acrobates, danseurs, chanteurs, tous ont du répéter des centaines de fois pour arriver à un tel niveau de professionnalisme. Chaque geste, chaque mimique, chaque pas a été minutieusement étudié, il en résulte un manque de spontanéité mais le talent de ces p’tits bout’choux est tout simplement extraordinaire.
L’un de nos Suédois, devant maintenant passer un coup de fil mystérieux et urgentissime à son ambassade, nous voilà de nouveau à faire la tournée des grands hôtels de la capitale (heureusement peu nombreux), car ce sont les seuls endroits susceptibles d’avoir des téléphones publics. Pour le reste du groupe c’est l’occasion de visiter d’autres avenues grandioses et d’autres lobbies d’hôtel. Pas vraiment passionnant mais cette tournée nous permet de voir l’équipe nationale de football chinoise revenir de l’entrainement. Evidemment ce n’est pas l’équipe d’Espagne mais bon, on a les stars que l’on peut !
Et voilà maintenant notre jeune danois qui propose d’aller manger une pizza !? En effet, il a lu dans un guide que le Père Leader avait développé un gout prononcé pour les pizze, à tel point qu’il fit venir un pizzaiolo pour qu’il apprenne à ses chefs comment faire les meilleures pizze (… au monde ?!). Depuis les pizzerias sont devenues des endroits populaires à Pyongyang. Surprise et flattée devant tant de connaissance sur les gouts du Père Leader, Hyun chamboule le programme et nous voilà en route pour la plus célèbre pizzeria de la capitale.
Au-dessus de la porte, un néon rouge et vert nous annonce la couleur. A l’intérieur, un bar, une mini-scène de karaoké, quelques tables sur deux niveaux et une partie cuisine ouverte sur la salle et où s’activent deux élégantes jeunes filles devant les fours à bois.
La chanteuse reprend quelques vieux tubes européens, l’écran de TV diffuse le programme de Noel (que nous connaissons déjà !), deux tablées d’Allemands s’empiffrent et trinquent, dans un coin deux jeunes couples locaux (et friqués !) s’aiment (apparemment) pendant qu’au bar trois mecs vident des bières en matant la chanteuse. Notre Suédois se rachète en nous offrant une bouteille de Chianti (moins chère que six expressos !). Pour ce qui est des pizze : deliziose. Un bon point pour le Père Leader.
Après cet intermezzo impromptu nous reprenons le programme prévu. Puisque nous en sommes déjà à notre dernière soirée, le programme consiste en un diner d’adieu dans le restaurant coréen où est servi le plus copieux hot pot… Décidemment, on les aime les hot pots dans ce pays !
Mais c’est vrai que celui-ci est vraiment exceptionnel, c’est la version Deluxe. En plus il est servi avec une espèce de saké (pas rancuniers ces Nord-Coreens !) et accompagné de la bouteille de Chianti ramenée de la pizzeria !? Et pour la première fois nos guides s’attablent avec nous. Savoureux dernier repas et chaleureux moment aux parfums de fin d’aventure. En effet, nos compagnons de voyage reprendront l’avion pour Pékin demain matin tôt alors que nous prendrons le train en fin de matinée.
Tous, sommes d’accord pour dire que l’« aventure » valait la peine même si elle a été appréciée à des degrés différents. Contrairement à nous, nos cinq Scandinaves, n’ayant pas eu l’occasion de connaitre d’autres pays communistes, n’apprécient peut-être pas les différences que nous avons remarquées tout à long de ce séjour par rapport à l’Europe de l’Est des années quatre-vingts par exemple.
Bon voyage et qui sait à la revoyure !
Pyongyang 21 Septembre
Ce matin, pas la peine de se presser puisque notre train ne part pas avant dix heures trente. Aujourd’hui les ascenseurs sont en forme et obéissants, idem pour le toaster et puisque nous sommes les derniers dans le restaurant panoramique nous ne devons même pas partager la bouilloire.
Brève attente dans le lobby désert. Huyn et Mr Ho reviennent de l’aéroport où ils ont déposé, comme prévu, nos ex-compagnons de voyage. Il ne nous reste plus qu’à monter dans notre minibus et à filer vers la gare toute proche. En route, les passagers des bus surchargés lancent des regards envieux sur les sièges vides du minibus.
Nos guides nous évitent la cohue qui règne autour de la gare et nous poussent dans la salle d’attente des invités de marque. Les gros fauteuils sont couverts de napperons en dentelle semblent être aussi anciens que la gare (rebâtie vers la fin des années cinquante). En tout cas ils sont confortables. Mr Ho revient avec nos billets tamponnés, nous pouvons donc passer la porte qui mène au quai incroyablement large. Le train est déjà là et la locomotive arrive doucement. Les vieux wagons verts nord-coréens sont réservés aux locaux, les deux autres, plus récents sont chinois et réservés aux quelques étrangers qui font le voyage jusqu’à Dandong ou Pékin.
Notre compartiment, qui comprend quatre couchettes est rempli de valises ! Pas de panique, ce sont seulement nos voisins (des Chinois-Coréens ou des Coréens Chinois de retour à la maison) qui se sont trompés de compartiment. Dernier au-revoir à nos charmants et attachants guides qui nous remercient d’être venus en Corée du Nord. Photo souvenir avant de monter dans le train.
Coups de sifflet, fermeture des portes et installation dans notre compartiment maintenant vide. Nous le partageons avec un officiel nord-coréen qui, dès que le train démarre, quitte son costume pour se mettre en pyjama et part rejoindre ses collègues dans le compartiment d’à côté, et un homme d’affaires chinois en train de tester la gamme de sonneries disponibles sur son portable. Super !
Par la fenêtre, nous regardons défiler les banlieues de la capitale qui ne tardent pas à laisser place aux étendues de champs. Un ciel bien gris annonce la pluie. Plus tard une jeune fille prend la commande du déjeuner, menu unique. Elle est suivie du contrôleur qui distribue une flopée de formulaires de douane en chinois et en coréen (?!).
Les bas-côtés le long de la voie de chemin de fer sont couverts de magnifiques fleurs jaunes et mauves, agréables touches de couleurs qui tranchent avec la grisaille environnante. L’allure pépère et le roulis régulier sont propices à l’endormissement mais les arrêts en gare, assez fréquents, sont autant de sursauts. Les gares se ressemblent toutes : bâtiments rectangulaires blanchis surmontés des portraits des deux poster-boys nationaux et entourés petits jardinets ornés de pots de fleurs. Sur les voies de garage quelques wagons anciens sont laissés à l’abandon, ailleurs c’est une locomotive emboutie qui rouille en paix.
Les paysages sont heureusement plus variés. Coté compartiment ce sont des champs encadrés de collines encore boisées au sommet, des plaines parsemées de petits villages entourés de haies ou de murs, des bocages parcourus par de larges rivières et bientôt remplacés par des marécages qui s’étendent jusqu’à la côte. Coté couloir, ce sont des petites montagnes qui viennent trempés leurs orteils dans la longue plaine côtière. C’est aussi le coté le plus animé puisqu’une route longe la voie ferrée et c’est également de ce côté que se situent les petites villes, les grosses bourgades et quelques usines.
L’architecture varie à mesure que l’on se dirige vers le nord. Les maisons basses, style fermettes tout en longueur, aux toits couverts de tuiles grises et aux murs plus ou moins blancs des villages sont remplacées par une version plus coquette à mi-chemin puis disparaissent complètement pour laisser place aux enfilades de petits immeubles en béton de trois ou quatre étages laissés à des stades de finition très variables.
La jeune fille revient à l’heure prévue avec un sac plastique contenant des barquettes de riz, de viande et de légumes, une bouteille d’eau et des baguettes. Pas vraiment appétissant mais pourtant très bon… surtout si l’on aime rogner les os !
La promenade digestive ne nous mène pas très loin. Les wagons locaux, longs dortoirs collectifs baignés dans un mélange d’arômes indéfinissables mais tirant vers le répulsif, n’incitent vraiment pas à la visite. Jeux, discussion et lecture meublent le reste du voyage.
Le soleil et le ciel bleu reviennent et illuminent le vaste tapis jaune des rizières qui a fini par remplacer les marécages. Notre compagnon de compartiment pointe au loin les montants d’un immense pont en construction et marmonne « Dandong ». Il s’agit du nouveau pont qui, une fois terminé, reliera la Chine à la Corée du Nord. Nous approchons donc de la frontière et de la ville de Sinuiji dont nous apercevons déjà les premières banlieues décrépies et les usines.
Au-delà des rizières émergent la ville de Dandong et sa multitude de buildings modernes. Le contraste entre les deux rives de la rivière Yalou qui sépare les deux pays est saisissant. Le train finit par s’arrêter complètement. Les passagers des autres wagons envahissent les quais puis disparaissent vers les passerelles. Le personnel militaire fait des va-et-vient puis se décide à monter dans le train pour inspecter les bagages et embarquer les passeports.
Surprise, le douanier qui examine nos valises parle français et se sent d’humeur bavarde ! Evidemment le fait que deux frères puissent avoir des passeports de différentes nationalités le surprend un peu mais pas autant que les paquets de Gauloises Made in Germany recouverts de messages de santé en russe ! Les quelques paquets que nous lui proposons partent discrètement au fond de sa poche, ils ont un effet magique car ils accélèrent la fouille et nous évitent une inspection plus approfondie des appareils photos alors que dans le compartiment d’à côté les seuls mots prononcés par leur douanier sont « Delete photo, delete photo. »
L’attente est longue et l’unique distraction consiste à regarder ces pauvres terrassiers (et terrassières !) sans pelles, ni gants en train de mettre des cailloux sur des chiffons et de les balancer sur les remblais. Deux heures plus tard, premiers signes de mouvements dû au changement de locomotive et de voie. Les douaniers distribuent les passeports au petit bonheur la chance et Luc se retrouve avec le passeport néo-zélandais de l’un des occupants du compartiment du fond !?
Le soleil est sur le point de se coucher alors que nous franchissons le pont de l’amitié sino-coréenne édifié vers la fin des années trente… par les Japonais. L’autre pont, construit vers 1910, fut en partie détruit par les Américains au début de la guerre de Corée et n’a jamais été reconstruit. Je ne sais pas si l’on y danse dessus mais, à voir le nombre de touristes, on s’y promène. Ce ‘pont cassé’ est devenu l’attraction touristique de Dandong car il offre une vue encore plus proche de la Corée du Nord.
Ce passage entre ces deux rives ou plutôt entre ces deux mondes n’est pas sans rappeler le contraste qui existait entre les deux Berlin dans les années quatre-vingts. D’un côté la désolation triste et sombre, de l’autre une orgie de néons, une débauche de richesse et de modernité. Quel extraordinaire contraste.

Quelques minutes plus tard le train s’arrête dans la gare ultra moderne de Dandong. Nouveaux formulaires à remplir et autre défilé de douaniers, ceux-là sont moins sympas mais bien plus efficaces. Nouvelle longue attente, d’autres wagons sont rattachés au notre, reste à trouver la locomotive. Notre compagnon de compartiment nous quitte une fois son passeport tamponné.
Je retrouve le cérémonial des contrôleurs chinois qui se mettent au garde-à-vous devant chaque porte du train et du chef de gare qui salue tout ce qui bouge et lance des coups de sifflet dans toutes les directions. Le train s’ébranle lentement et passe en revue les immeubles illuminés par de savants effets de lumières.
Nous partons à la recherche du wagon-restaurant. Pas une mince affaire car il faut remonter seize wagons archipleins de Chinois qui ont envahis les étroits couloirs déjà encombrés par une multitude de paquets ficelés. Certains assis sur les strapontins préparent le repas du soir, d’autres regardent des films sur leur écran portable, jouent au ma-jong ou encore discutent. Les pauvres contrôleurs que nous croisons ont déjà l’air épuisé. Miracle voilà enfin le wagon restaurant… lui aussi archiplein !
Un Canadien, apparemment habitué des us et coutumes locales, nous apprend qu’il y a un menu unique et qu’il faut attendre une heure. L’important est de trouver une place assise à l’une des tables. La chance est avec nous, une se libère devant nous et il suffit parfois d’ ‘oublier’ quelques règles de politesse… La commande est passée reste à attendre les plats… en compagnie de deux armoires à glace tchèques.
Les plats arrivent au compte-gouttes, poisson, légumes puis un quart d’heure plus tard, poulet, pates puis après un autre quart d’heure porc, d’autres légumes et enfin le riz. Les deux Tchèques ayant perdu patience après le premier plat n’auront gouté qu’au poisson (partagé en quatre) et qu’aux haricots ! Jamais nous n’avons mangé autant pour si peu !
Nous ne risquons pas de nous perdre puisque nous sommes dans le wagon de queue. L’officiel nord-coréen brièvement aperçu ce matin au départ à regagner sa couchette et ronfle déjà. Nous n’allons pas tarder à l’imiter.
Entre Shenyang et Tianjin 22 Septembre
Une chape grise recouvre l’éternel chantier qu’est devenue la Chine. Des grappes de tours d’immeubles connectées par d’immenses avenues envahissent lentement mais surement les rizières et les champs et remplacent inexorablement les vieux villages. Il pourrait être n’importe quelle heure mais il est déjà 7h et nous devrions arriver à Pékin vers 9h30. Si le train K28 (Dandong-Pékin) n’est pas le plus rapide (14 heures pour 1132 km), ses couchettes sont au moins très confortables.
A l’heure pile nous entrons en gare de Pékin. Il y règne une atmosphère similaire à celle de la gare de Lyon un jour de grand départ multiplié par dix, allez x 3 car c’est Dimanche ! Nous suivons la foule vers la sortie et nous nous retrouvons sur le vaste parvis. Les queues aux stations de taxi sont interminables. C’est un handicapé et son tuk-tuk qui sauve la situation. Certes le prix de la course, vu l’inconfort et la courte distance est phénoménal mais il y a des sacrifices qu’il faut savoir faire… Coincé la valise sur les genoux tout en aspirant les gaz des pots d’échappement, je l’entends déjà en train de se vanter à la pause devant ses collègues : « Vous savez pas les mecs, ce matin j’ai comme gagné le Lotto avec ces deux rigolos, ils avaient même un air de ressemblance ! Et même que quand ils ont sorti leurs Euros, j’les ai en plus entubé avec le taux de change. Des bleus qu’y z’étaient. Pas besoin de bosser demain, tranquillou ».
Heureux d’avoir accompli notre BA (bonne action pour les non-Scouts !) de la journée auprès de ce brave monsieur, nous découvrons notre chambre luxueuse louée au rabais quelques jours plus tôt sur Internet (comme quoi ce que l’on gagne ici on le perd là et vice-versa…).
Quelques heures plus tard, nous prenons un taxi (un vrai) pour aller visiter le Temple du Ciel, un monument incontournable de Pékin situé au milieu d’un grand parc. Un petit coup d’autoroute urbaine et nous débarquons vingt minutes plus tard devant la porte sud et rejoignons les nombreux groupes de touristes venus de toutes les provinces de Chine et de Xio-Navarre et arborant des casquettes de toutes les couleurs.
Une lecture des panneaux d’information nous apprend que l’ensemble date du tout début du XVème siècle et comporte des ajouts datant du XVIème siècle. Ce complexe est le lieu où les Empereurs des dynasties Ming et Qing, qui en tant qu’intermédiaires entre l’humanité et le royaume c��leste, offraient des sacrifices au ciel et priaient pour l’obtention de moissons exceptionnelles. Son organisation est liée à la cosmologie chinoise dont l'équilibre reposait sur l'Empereur et son respect des rites. La disposition des différents édifices ainsi que leur forme et leur couleur reprend la thématique du Ciel (bâtiments ronds avec des tuiles bleues) et de la Terre (enceintes carrées et tuiles vertes)
Nous suivons l’allée principale qui mène à l’Autel Circulaire édifié en 1530 puis reconstruit en 1740. Passé le mur d’enceinte carré, nous découvrons une étendue herbeuse et au centre l’autel rond composé de trois terrasses culminant au centre dans une représentation symbolique du chiffre 9. Le chiffre 9 et ses multiples ayant une importante valeur symbolique, il y a donc 9 cercles concentriques qui radient de la pierre centrale, le premier cercle comprend 9 pierres et le dernier 81 (9x9) pierres taillées au millimètre près (qu’ils ont dû bien s’amuser les tailleurs !). Idem pour les marches, toujours par groupes de 9. Quant à la balustrade qui entoure la terrasse, elle comprend 360 balustres en marbre.
Curieusement de nombreux vieux touristes chinois font la queue pour se mettre quelques secondes sur la pierre centrale et une fois dessus claquer des mains ?! Superstition, vœu ? Une explication est donnée par un écriteau : ‘Lorsqu'on se tient sur cette pierre centrale, le bruit que l'on fait en tapant des mains ou en parlant est amplifié’.
Un peu plus loin nous pénétrons dans une autre enceinte ronde (la Voûte Céleste Impériale) qui comprend un pavillon en forme de rotonde construit sur un tertre en marbre et surmonté d’un toit conique et deux autres édifices rectangulaires abritant des tablettes et des peintures. Celui de gauche est dédié au Yang (divinité du soleil) celui à droite au Yin (divinité de la Lune). C’est beau la culture quand même ! Ici aussi il existe une curiosité sonore mais vu la foule qui se bouscule nous ne risquerons pas de l’entendre ! Parait-il donc qu’il existe trois dalles sonores : ‘Si l’on tape des mains devant la première dalle, on obtient un simple écho, si l’on refait l’expérience devant la deuxième, l’écho est double et triple devant la troisième’. Il faudra revenir la nuit pour tenter l’expérience !!!
Il est temps de faire une pause et de s’éloigner un peu de la foule. Ce n’est pas l’espace qui manque (le parc fait plus de 270 hectares !) ni les endroits paisibles sous les pins-cyprès (il n’y a que ça et par milliers !). C’est aussi l’occasion d’observer les Pékinois en train de pratiquer le Taichi et le Qigong (variantes de gymnastique traditionnelle chinoise) ou encore d’admirer ces danseurs qui font tournoyer des longs rubans et d’écouter ces musiciens jouer de leurs anciens instruments (tant qu’ils ne chantent pas c’est tout bon !).
Nous poursuivons la visite-balade en empruntant le Pont Danbi, une espèce de promenade surélevée de 360 mètres de long et presque 30 de large, composé de deux parties différentes, l’une pour les Empereurs, l’autre pour les Princes et autres dignitaires. Il relie le temple la Voute Céleste Impériale au Temple des prières pour de bonnes moissons et est aussi appelé la Voie Sacrée normal puisqu’il est censé nous emmener au Paradis. Peut-être est-ce pour cela qu’il a la particularité d’avoir son extrémité au nord légèrement plus haute que celle au sud ?
Une fois franchie l’enceinte marquée par une magnifique porte située en haut de quelques marches usées et glissantes, nous pénétrons dans une cour dominée par un somptueux bâtiment posé sur trois terrasses en marbre superposées. Le temple, haut de 38 mètres et d’un diamètre de 30 mètres, entièrement en bois (et sans un seul clou parait-il !) est surmonté de trois toits ronds en tuiles bleues. La rotonde qui s’élève devant nous a été reconstruite (en 1889) à l’identique de l’originale (édifiée en 1420).
A l'extérieur, au milieu de l’escalier, trois pierres représentent les nuages, le phœnix et le dragon. A l'intérieur, quatre grosses colonnes symbolisent les quatre saisons au centre, puis douze colonnes symbolisent les douze mois de l'année et encore douze autres les divisions d'une journée. Enfin, les 28 dernières représentent les 28 constellations.
Juste à l’est, se trouve le Temple du Jeûne qui comme son nom l’indique était le lieu où l’Empereur et ses ministres jeûnaient pendant trois jours avant chaque cérémonie. Il sert maintenant de salle d’exposition retraçant la récente restauration du temple (pour les J.O. de 2008).
Nous apprenons également que les dernières cérémonies sacrificielles consacrées au ciel ne furent interdites le gouvernement de la République Chinoise qu’en 1911. Le Temple du Ciel aura donc été le témoin de 654 actes d'adoration céleste pratiqués par 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Depuis 1918, il est ouvert en tant que parc public.
Après en avoir fait le tour une paire de fois et admirer les magnifiques décorations pleines de couleurs, il est temps de se perdre dans les allées de cet immense parc. Nous sommes attirés par des chants que nous entendons au loin. Juste à côté des Sept Pierres (représentant les sept sommets du Mont Taishan, une montagne sacrée en Chine), quelques musiciens sont entourés d’une chorale qui chante des airs populaires repris en cœur par la foule. Plus loin nous assistons à une partie de Go. Sur le chemin de la sortie nous croisons des familles venues prendre une bouffée d’oxygène ou venues faire un peu d’exercices physiques.
Nous retrouvons brièvement les grands boulevards bruyants avant de nous perdre dans le Hutong Xiaoxi et sa multitude de petites rues tranquilles. Enfin nous retrouvons dans le quartier piétonnier de Dashian que nous connaissons déjà. C’est apparemment la période des soldes et les magasins regorgent de clients avides de faire des affaires. Trop peu pour nous, après une bonne soupe nous regagnons notre hôtel en métro.
Aux infos, j’apprends que le typhon Usagi fait des siennes, que l’aéroport de Hong Kong est fermé et que tous les vols transitant par Hong Kong sont annulés demain (le jour de mon départ !). Manquait plus que ça tiens !
Coups de fils à droite à gauche, qui après de longues attentes, ne m’apprennent pas autre chose : les vols sur Hong Kong sont bien annulés et il est inutile d’aller à l’aéroport demain !
Les angoisses tendant à creuser l’estomac, nous ressortons à la recherche d’un resto. Il fait nuit et le quartier ne semble pas être le meilleur pour trouver ce que l’on cherche. Par contre nous n’aurions pas de problème si nous voulions nous faire couper les cheveux… un dimanche à 21h.30 !!!
Finalement, après une marche plus longue que prévue nous atterrissons dans une espèce de bistro jazzy qui aurait plus sa place à New York qu’à Pékin mais voilà, c’est bien la preuve nous vivons à l’heure de la mondialisation !
23h. C’est sur les images de la BBC montrant les queues de voyageurs bloqués dans les salles d’attente de l’aéroport d’Hong Kong que je m’endors. Mauvaise nuit en perspective !
Pékin 23 Septembre
Le réveil sonne très tôt ce matin. Aux nouvelles télévisées, le typhon semble avoir épargné la ville de Hong Kong. Je suis déjà pendu au téléphone et apprends que mon vol a bien été annulé. Reste plus qu’à aller rendre visite aux bureaux de la Cathay Pacific situés à perpette les olivettes pour essayer de trouver une autre solution.
Dehors il pleut. Marche et métro jusqu’aux Twin Towers (eh oui il y en a aussi à Pékin… moins imposantes mais encore debout, elles !). Bizarrement, je suis l’unique client ! Tant mieux car l’on me trouve un vol de remplacement avec Air China via Sydney qui part dans quatre heures ! Célébrations au Starbuck d’en bas avant de filer à l’hôtel faire la valise et prendre le métro jusqu’à l’aéroport. Au revoir précipité. A quand et sur quel continent les prochaines retrouvailles ?
Le voyage du retour est bien plus long et plus pénible que celui de l’aller. Air China est loin d’égaler la qualité et le service de la Cathay Pacific en plus ce détour par Sydney double pratiquement la durée du voyage. Mais voilà ! L’imprévu c’est aussi l’épice des voyages !
Conclusion:
Depuis mon retour, la Corée du Nord et son Jeune Grand Leader ont continué, d’une manière ou d’une autre à dominer une partie des actualités : limonage puis exécution de l’oncle, inauguration d’une station de ski, menaces de guerre suivies de propositions de paix, propositions de réformes économiques, visite controversée d’un joueur de basket américain, procès et emprisonnement d’un missionnaire américano-coréen, diffusion de nouvelles photos de camps de travail… etc. Incroyable comme ce petit pays, qui devrait être aussi insignifiant qu’un petit pays africain, fait autant parler de lui.
La Corée du Nord est-elle réellement une menace ?
Une armée d’un million de soldats et l’arme nucléaire peuvent le faire croire mais, sans être expert en la matière, il s’agit d’une armée sous-équipée, bien endoctrinée mais peu motivée, un peu comme l’était celle de Saddam (pourtant tant redoutée par la presse américaine !). L’arme nucléaire peut certainement créer de sérieux dégâts mais son utilisation entrainerait une réplique catastrophique pour la Corée du Nord que l’on imagine mal le Jeune Grand Leader (ni Obama ou Poutine d’ailleurs) appuyer le premier sur bouton rouge. La rhétorique nord-coréenne n’impressionne même plus la population sud-coréenne comme l’ont montré les dernières menaces d’essais nucléaires. Pour la Corée du Nord, l’arme nucléaire est avant tout un moyen permettant de poursuivre des négociations politiques et économiques avec leur pire ennemi : les Etats Unis d’Amérique.
La division de la péninsule est-elle inéluctable ?
Une chose est certaine : l’actuelle séparation des Corées (elle dure depuis soixante ans maintenant) est un statuquo qui profite à tout le monde. L’état de guerre permet à la Corée du Nord le maintien du régime politique en place qui repose sur une mobilisation permanente et impose des sacrifices à une population isolée et enfermée. Il permet aux Etats Unis de maintenir d’importantes bases militaires proches de la Chine et d’offrir une relative protection à ses deux alliés principaux de la région : la Corée du Sud et le Japon. Pour la Chine, la Corée du Nord est une zone tampon capitale et sur laquelle elle pèse politiquement, c’est aussi est une excuse supplémentaire pour augmenter son budget militaire et tenter de rétablir l’équilibre des forces face aux Etats Unis.
Sur le plan économique, une réunification (toujours envisagée comme une mainmise du Sud sur le Nord) pourrait créer des problèmes à tout le monde et s’avérer être catastrophique, particulièrement sur le plan humanitaire, pour la Corée du Sud qui n’a certainement pas les moyens financiers d’absorber un aussi gros morceau et pour la Chine (réfugiés). Pour le Japon, comme pour la Chine d’ailleurs, une Corée unifiée aurait le potentiel de devenir une puissance économique concurrente trop importante. Pour les Etats Unis, ils perdraient un pied sur le continent asiatique. En fait, à l’heure actuelle, la seule puissance régionale susceptible de supporter une réunification coréenne serait… la Russie. Quel paradoxe !
Vaut-il mieux être Nord ou Sud-Coréen ?
Pour ma part rien ne m’a donné envie de m’installer en Corée du Nord et je ne connais pas (encore !) la Corée du Sud. Je suis donc bien heureux de pouvoir retrouver l’Australie. En fait c’est une question à laquelle seuls les Coréens peuvent répondre. Le problème est que les Nordistes ne peuvent pas aller au Sud ni les Sudistes aller au Nord pour faire la comparaison, leurs gouvernements respectifs le leur interdisant !
Point de vue confort, infrastructure, modernité… etc. le Sud l’emporte haut la main.
Point de vue pollution, le Nord est mieux placé puisque moins développé.
Point de vue politique, la dictature au Nord s’est installée, celle au Sud s’effiloche avec le temps mais n’est pas encore enterrée complètement. L’actuelle présidente Park Geun-hye, la fille d’un précèdent dictateur, semble parfois regretter le bon vieux temps. Les partis politiques sont corrompus, le Parlement prend parfois des allures de ring de boxe, les manifestations sont parmi les plus radiales et les plus violentes et la presse de plus en plus en liberté surveillée. Certes rien de comparable avec la chape de plomb au Nord.
Point de vue éducation, au Nord gratuite mais limitée, peu de moyens, et très encadrée. Au Sud, extrêmement chère, compétitive et épuisante. Une jeunesse endoctrinée et militante au Nord, une jeunesse désabusée et déprimée au Sud.
Point de vue social, c’est quand même le point fort des régimes communistes même s’il reste de sérieuses lacunes comme par exemples la qualité des logements et la qualité des soins. Pendant ce court séjour je n’ai pas vu de mendiants, ni d’affamés, dans la capitale ou dans les régions traversées (mais peut-être étaient-ils déjà dans des camps spéciaux ou aux cimetières !). Par contre, je viens de lire dans le Weekly Guardian (31/01/14) un article de Chico Harlan du Washignton Post sur les personnes âgées oubliées en Corée du Sud où l’on apprend qu’il est fréquent de rencontrer dans les rues de Séoul des petits vieux survivre en faisant les poubelles ou en ramassant des cartons, en fait 50% des personnes âgées sont pauvres (un record, tiens un autre ! dans les pays industrialisés) et que le taux de suicide a triplé depuis 2010. En effet, il n’y a pas de régime de retraite pour cette génération qui a reconstruit le pays après la guerre, et le pourcentage d’enfants s’occupant de leurs parents âgés est passé en quinze ans, de 90% à 37%, en cause un changement des mentalités et des pressions financières de plus en plus fortes. Si tout est gris au Nord, tout n’est pas rose au Sud non plus…
La solution serait donc de naitre au Nord, de travailler au Sud et de prendre sa retraite au Nord ou alors de faire ce que de plus en plus de jeunes (Sud)-Coréens font : immigrer le plus loin possible de cette foutue péninsule !
La page aux photos: ICI et d’autres liens intéressants: Urbanisme de Pyongyang www.academia.edu/...nalysis_of_Pyongyang_
Frontière inter-coréenne ceriscope.sciences-po.fr/...ela-la-guerre-froide
Evidemment aller en Corée peut susciter quelques questions en particulier d’ordre moral « Est-ce que visiter un tel pays n’est pas cautionner son régime ? ». Peut-être mais pas sûr non plus car dans ce cas la liste des pays peu ou pas fréquentables est longue. Dans un passé récent on aurait pu inscrire sur cette liste l’Espagne de Franco, la Grèce des Colonels, le Maroc d’Hassan II, l’Afrique du Sud de l’apartheid, l’Indonésie de Suharto… etc. De nos jours, la situation n’est guère plus brillante en ce qui concerne de nombreux pays comme par exemple, l’Egypte (dictature, coup d’état), la Hongrie (gouvernement d’extrême droite, persécution des minorités), Israël (occupation) sans oublier ni la Russie de Poutine, la Chine ou quelques pays du Golfe Persique… ni le Zimbabwe de Mugabe et pourquoi pas les Etats Unis (peine de mort, Guantanamo…). Mais il y a aussi l’espoir qu’une porte entrebâillée pour des touristes peut, à plus ou moins brève échéance, permettre une plus grande ouverture sur le monde, davantage d’échange et de liberté pour les populations de ces pays-parias, ce qui est le cas, dans une certaine mesure, de la Birmanie voire même de Cuba. Il est donc important d’aller partout, de pouvoir échanger et d’ouvrir les yeux.
Dans le cas de la Corée du Nord, il n’est évidemment pas possible d’aller partout en toute liberté ni d’avoir des contacts directs avec la population puisque l’on est en permanence accompagné par des guides. Impossible également d’entendre d’autres sons de cloche que les discours propagandistes du régime en place. Il ne reste donc qu’à ouvrir les yeux et surtout à lire entre les lignes.
Contrairement à l’idée reçue, on peut donc faire du tourisme en Corée du Nord… à condition toutefois de passer par l’une des rares (mais de plus en plus nombreuses) agences de tourisme agréées par le gouvernement de Corée du Nord. Celle que nous avons choisie : Korea Konsult, se trouve à Stockholm et propose plusieurs séjours et itinéraires au départ de Pékin. Notre choix se porte sur un séjour de cinq jours à Pyongyang avec quelques excursions en dehors de la capitale. Quant aux formalités, elles sont prises en charge par l’agence, il nous faut seulement s’assurer que nous avons un visa chinois.
Pékin 15 Septembre
La magie des transports aériens a toujours quelque chose d’extraordinaire puisque je retrouve Luc comme prévu à l’aéroport de Pékin, à l’autre bout de nos mondes respectifs. Lui est parti la veille de Bruxelles via Moscou et est arrivé il y a juste une paire d’heures, au moment précis où je décollais de Hong Kong après une brève escale. Pour ma part, je suis parti de Perth il y a tout juste douze heures.
Cette année nous faisons vraiment fort puisque c’est la troisième fois que nous nous retrouvons en neuf mois (et à chaque fois sur un continent diffèrent !) alors que nous sommes parfois des années sans nous voir. Bizarrement c’est la première fois que nous voyageons à deux ! Ce voyage sera donc l’occasion de découvrir un nouveau pays mais surtout de ‘nous’ (re)découvrir.
A la sortie de l’aéroport, nous ne trouvons pas de taxi mais une navette qui nous amène dans le centre-ville après avoir parcouru une myriade d’autoroutes qui traversent des banlieues sans fin où poussent des barres d’immeubles plutôt déprimantes agrémentées ici et là d’immeubles futuristes.
Le ciel est presque bleu et la température délicieuse, je suis bien ravi d’avoir un petit break de l’hiver austral qui traine en longueur. En prime, je vais redécouvrir les plaisirs de l’heure d’été.
Le chauffeur du bus nous indique que nous sommes arrivés à destination mais ne précise pas où nous sommes exactement. Après un dialogue de sourds avec un chauffeur de taxi, nous décidons de marcher sur cette immense avenue qui croise d’autres immenses avenues à angle droit. Heureusement, un plan du métro à l’entrée d’une station nous permet de nous repérer. Puisque nous sommes à Fuxingmen et que nous allons jusqu’à Tian’anmen East, il nous suffit donc de continuer tout droit ! Une demi-heure plus tard, je reconnais le portrait du Grand Timonier sur le portique de l’entrée de la Cité Impériale et qui fait face à la Place Tiananmen.
Alors que j’ai mis des décades avant d’enfin connaitre Pékin, jamais je n’aurais imaginé me retrouver ici moins de seize mois après ma première visite. En tout cas rien n’a changé depuis la dernière fois. L’hôtel Emperor se trouve dans la première rue à gauche, une rue bordée d’arbres et qui longe les douves de la Cité Impériale. Nous le trouvons un peu par hasard tant son entrée est discrète. Par contre, les chambres, décorées par un designer allemand, le sont beaucoup moins.
Le temps de déposer les bagages et d’envoyer quelques messages rassurants à celles qui sont restées et nous voilà repartis vers la Place Tiananmen. Celle-ci est pavoisée de drapeaux chinois et de Bahreïn puisque l’émir est en visite officielle en ce moment. Les touristes se prennent en photos devant les soldats immobiles et au garde-à-vous, pendant que les balayeurs sur leur caddy électrique s’assurent qu’aucun papier ou cannette ne traine par terre.
Bientôt, un attroupement se forme au pied du mât où flotte la bannière étoilée chinoise. Le cérémonial du baisser du drapeau va bientôt commencer. Laissons ce moment de grande fierté aux patriotes. Pour notre part nous préférons compter les nombreuses cameras installées au sommet des lampadaires/haut-parleurs géants, admirer, près du mausolée de Mao, les statues des combattants révolutionnaires aux poses dynamiques, observer les badauds venus de monde entier ou encore contempler les façades rectilignes de bâtiments officiels qui entourent la place et celles bien plus exotiques et colorées de la Porte Zhengyangmen et la Tour d’Archers. Nous poursuivons la balade dans le quartier Dashian, une zone piétonnière récemment construite qui regroupe boutiques et restaurants dans un faux décor historique noyé sous les néons maintenant que la nuit est tombée. Une longue marche le long de quelques grands boulevards anonymes et sombres et nous voilà arrivés dans le District de Dongcheng devant un centre commercial luxueux où se trouve l’un des meilleurs restaurants dont la spécialité est le canard… pékinois : DaDong.
Les menus sont de véritables livres d’art bourrés de magnifiques photographies de plats admirablement présentés et définitivement appétissants. Le choix étant trop compliqué à faire, nous optons pour le menu dégustation qui comprend une succession de mets plus exquis les uns que les autres. L’hôtel n’est pas très loin et après ce repas pantagruélique, une petite balade digestive dans les rues calmes est exactement ce qu’il faut pour conclure cette première journée de vacances.
Pékin 16 Septembre
Un réveil tardif nous permet de récupérer un peu de la fatigue du voyage. Café sur la terrasse déserte et ensoleillée qui domine les arbres et les toits rouges de la Cité Interdite vraiment toute proche. A droite, vue imprenable sur la Colline de Charbon surmontée d’une jolie pagode. Derrière nous, perdue dans la brume de chaleur, nous apercevons à peine la multitude d’immeubles modernes qui ne cesse de pousser, toujours plus haut.
Le programme prévu pour la journée (ou de ce qui en reste…) est léger. Nous commençons par une petite marche dans les rues ombragées qui nous mènent jusqu’à l’entrée du parc Jingshan (celui aperçu de la terrasse de l’hôtel) qui fait face à la Cité Interdite. Ce parc, dont l’histoire remonte à plus de mille ans, est situé sur une colline artificielle édifiée avec la terre extraite des douves de la Cité Impériale et des canaux environnants, une tâche titanesque ! Il comprend cinq sommets sur lesquels s’élèvent cinq pavillons. Le plus important abrite un bouddha doré et offre une vue magnifique sur le Palais Impérial. Autrefois, le parc était une partie intégrante et le refuge des Empereurs. D’ailleurs l’un d’eux, Chongzhen (le dernier de la dynastie Ming), s’y pendit en 1644.
Les petits chemins qui grimpent au milieu des arbres et des buissons fleuris sont par endroits pentus mais agréables d’autant plus que nous passons à proximité de musiciens en train de dépoussiérer leurs instruments traditionnels. On ne peut rêver de dépaysement plus complet. Arrivés au sommet, nous retrouvons des dizaines de touristes qui se prennent allègrement en photos devant les toits de la Cité Impériale vêtus de costumes d’empereurs ou de concubines que des marchands malins louent à tour de bras. Pour ma part, c’est une plaque posée au sol qui m’attire car elle indique le centre géographique de Pékin.
Après être restés un long moment à contempler les différentes vues panoramiques embrumées (et à reprendre notre souffle !) nous reprenons la balade vers l’un des vieux quartiers (hutongs) qui résistent encore face aux assauts des promoteurs immobiliers. Succession de ruelles bordées de maisons basses dont les entrées discrètes s'ouvrent sur de larges cours intérieures que partagent plusieurs familles. Mais bien vite nous nous retrouvons sur ces larges et interminables avenues qui se ressemblent toutes et n’offrent que peu d’intérêt.
Nous finissons par trouver le Swissotel, un immeuble rond au pied d’un rond-point géant perpétuellement encombré par une circulation démentielle. Peu d’intérêt donc mais c’est ici que se trouve le siège de la compagnie aérienne nord-coréenne et où nos visas nous attendent.
Nous fêtons l’évènement en allant prendre un late brunch dans l’un des restaurants de l’hôtel avant de prendre un taxi qui nous emmène au 798 Art District un peu plus au nord de la ville.
Dashanzi, la banlieue où nous débarquons une demi-heure plus tard, est un bien curieux quartier. Coincé entre des autoroutes et voies rapides, il est composé d’un amalgame de barres d’immeubles délabrées et flambant neuves, de friches industrielles et d’usines désaffectées. C’est d’ailleurs dans l’un de ces nombreux complexes militaro-industriels tombés en ruines à la fin des années 80 que se situe cette zone artistique qui rassemble musées, galeries d’art, ateliers, boutiques et cafés à la mode.
Construit dans les années 50 en collaboration étroite avec l’URSS et la RDA, le complexe industriel de Dashanzi devait permettre à la Chine de produire des composants électroniques auparavant importés d’URSS. Il comprenait plusieurs usines ainsi que des logements pour les travailleurs et s’étendait sur 500 000 m². L’architecture des lieux est unique, style Bauhaus un style aux formes simplifiées où la forme suit la fonction.
Il n’est pas question non plus de lésiner sur les moyens puisqu’une grande partie de l’équipement est transportée directement d’Allemagne de l’Est par le Transsibérien, une ligne de chemin de fer de quinze kilomètres est construite reliant directement le complexe à la gare centrale de Pékin.
Le complexe de Dashanzi devient vite un modèle du genre et la vitrine d’un communisme social qui associe travail et activités culturelles et sportives, où l’ouvrier méritant et sa famille sont pris en charge de la crèche jusqu’à la maison de retraite. Ce monde ‘merveilleux’ s’écroule vers la fin des années 80, date des premières réformes économiques lancées par Deng Xiaoping qui limitent les subventions aux entreprises d’état. Vers le milieu des années 90, la plupart des usines sont à l’abandon et la zone industrielle reconvertie en zone d’habitation.
C’est également à cette époque que le Département de la Sculpture et l’Académie Centrale des Beaux-Arts, toujours à la recherche d’ateliers spacieux, s’installent dans les locaux vacants. Ils sont bientôt suivis par des artistes d’Avant-Garde inspirés par l’architecture Bauhaus où les grands espaces intérieurs sont conçus pour laisser le maximum de lumière naturelle sur les lieux de travail. Ici, les plafonds courbés sont supportés par de arches tronquées au sommet puis remplacés par de larges baies vitrées inclinées en diagonale donnant ainsi aux toits un aspect de dents-de-scie et afin de minimiser les ombres toutes les fenêtres sont orientées au nord.
Nous déambulons dans ce dédale d’allées étroites aux murs couverts de graffitis et parsemé de sculptures avant-gardistes pour le moins surprenantes. Un monde déjanté et moqueur où le beau côtoie le laid, un monde que nous n’aurions jamais imaginé possible en Chine même en 2013. La Révolution Culturelle est à des années lumières ! Galeries du bizarre, de la provocation mais aussi des ateliers où l’art traditionnel est modernisé par des formes et des couleurs contemporaines. Une belle et surprenante découverte qui vaut absolument le détour.
Encore sous le charme, nous en oublions presque les embouteillages monstres sur le chemin du retour. Nous profitons encore de la douceur du soir pour aller prendre un verre sur la terrasse et regarder les effets de lumières sur les toits de la Cité Interdite. Ce soir, pas de menu gastronomique à la DaDong mais plus simplement une délicieuse soupe garnie et épicée sur une table bancale sur un bout de trottoir d’une rue tranquille.
Pékin 17 Septembre
De la fenêtre de la chambre, je regarde le ciel gris et nuageux qui annonce la pluie. Le temps de pendre un petit café accompagné de quelques tranches du kramick ramené de Bruxelles (Min Dieu qu’ché bon !), de plier les bagages et nous voilà en train de filer sur l’autoroute qui mène à l’aéroport. Notre chauffeur de taxi s’occupe à faire des jeux de roulette sur son portable, non seulement à l’arrêt dans les embouteillages mais également quand il dépasse des camions poursuivis de nuages d’embruns. Heureusement, il les perd tous je n’ose pas imaginer sa réaction s’il devait en gagner un !
Sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, nous arrivons à l’ancien terminal bien plus tôt que prévu. Nous pouvons donc nous noyer avec allégresse au milieu de la cohue qui règne dans le hall des départs. Mais où vont tous ces Chinois ?
En tout cas pas à Pyongyang car quand nous finissons par trouver les guichets d’Air Koryo, nous n’y trouvons que des Coréens du Nord (reconnaissables à leur petite taille et leur teint plus sombre mais surtout au pin à l’effigie du Grand Leader épinglé sur le revers de la veste) ensevelis sous des amoncellements de bagages plus ou moins bien ficelés plus un petit groupe de voyageurs aux cheveux gris et à l’accent british quelque peu dépassé par les évènements.
Fort heureusement, nous devons avoir une tête qui revient à l’agent en charge de l’enregistrement des bagages puisqu’il nous fait passer devant tout ce beau petit monde. Mais le temps gagné ici et rapidement perdu aux étapes suivantes : le passage à la sécurité suivi de celui des douanes surtout que nous y arrivons juste au changement de garde.
La porte d’embarquement C9 est située bien à l’écart, serions-nous déjà considérés comme des pestiférés ? Au moins nous avons l’embarras du choix pour ce qui est des banquettes en skaï. Bientôt nous retrouvons les petits Coréens, toujours aussi chargés mais cette fois de sacs remplis de bouteilles de whisky et de cartouches de cigarettes. Puis arrivent quelques petits groupes de touristes essentiellement allemands et scandinaves. Devant nous, des écrans plats géants diffusent des petits reportages sur les endroits à visiter à Pékin, sur les sportifs chinois en vue et même sur l’histoire du Parti Communiste. Ceux-ci sont constamment entrecoupés de publicités vantant les bonheurs de la société de consommation. Pauvre Grand Timonier, qui dans son mausolée climatisé, doit crier à la trahison !
13h. Enfin un peu d’animation du côté de la porte d’embarquement. Du sas vitré, nous apercevons notre beau Tupolev Tu-204-100B (j’ai révisé !) frappé aux couleurs de la République populaire démocratique de Corée mais tout ruisselant sous le crachin pékinois. Les jeunes hôtesses nous indiquent nos sièges et nous remettent le Pyongyang Times, un petit hebdomadaire de huit pages avec à sa une, une photographie du jeune Grand Leader tout sourire. L’intérieur de l’avion est nickel et les sièges de la classe économie sont spacieux et confortables (une rareté de nos jours !).
En attendant que tous les passagers s’installent, je feuillette le magazine Korea Today qui nous résume les grands évènements du mois précédent c’est-à-dire l’emploi du temps du jeune Grand Leader dont le portrait figure une ou plusieurs fois par page. Ici l’inauguration d’une centrale ou usine quelconque, là l’inauguration de la dernière zone urbaine, plus loin une visite d’une caserne accompagné d’une flopée d’anciens combattants souriants ou encore la visite d’une école cerné d’enfants admiratifs. Et toujours ce sourire étincelant, ce costume sombre et élégant et la coupe de cheveux du grand-père qui font apparaitre le jeune Grand Leader comme un demi Dieu, entouré d’une foule aux attitudes volontaires et aux mines radieuses. S’il y avait un Oscar Photoshop, nul doute qu’il irait aux illustrateurs nord-coréens !
Tous les passagers sont maintenant à bord, la majorité est composée de touristes occidentaux, le reste inclus des travailleurs nord-coréens de retour au bercail et quelques femmes (ou maitresses !) de l’élite revenues d’une expédition de shopping dans la capitale chinoise. Curieusement, les rangées de fauteuils du dernier quart de l’avion sont remplies à la dernière minute de paquets et de valises qui n’ont pas trouvé de place dans la soute à bagages.
La pluie occasionne un embouteillage sur les pistes et nous décollons avec près d’une heure de retard ce qui nous permet de feuilleter une fois encore les magazines et même d’étudier la prose révolutionnaire des articles critiquant la politique du Président Obama et vantant celle du jeune Grand Leader. Les hôtesses viennent rompre notre début d’ennui en nous servant des jus de fruit dilués et une espèce d’hamburger froid peu appétissant. En guise de divertissement, nous avons également droit au spectacle de Noël, ou la version nord-coréenne d’un show à la André Rieux où une dizaine de musiciennes en mini-jupes se dandinent en reprenant des airs populaires sur des clips de lancements de missile et sous les applaudissements rythmés de l’audience en uniforme.
Pratiquement au moment où nous survolons la frontière, l’épaisse couche de nuages gris cède la place à un beau ciel bleu et dégagé. Nous pouvons donc admirer par le hublot les paysages montagneux puis les plaines agricoles recouvertes de rizières et de champs jaunes et verts entrecoupés de rivières scintillantes et parsemés de villages aux maisons sagement alignées. De là-haut, nous avons parfois le sentiment de survoler des paysages de la France profonde des années 40 un paysage campagnard sans les balafres des infrastructures modernes.

Nous descendons rapidement, l’aéroport semble être situé au beau milieu des champs. Sur le tarmac, nous passons en revue la flotte des avions à hélices d’Air Koryo soigneusement astiquée par quelques mécaniciens qui ne lèvent même pas la tête au passage notre avion. Des bâtiments en construction encadrent une espèce de hangar flambant neuf. Le comité d’accueil, formé d’hommes et de jeunes femmes portant des uniformes de couleurs différentes, se presse lentement autour de la passerelle bleue que l’on vient d’arrimer. Dans l’avion, l’on entend déjà les crépitements des appareils photo.
Dehors, la douceur de la fin d’après-midi nous surprend agréablement mais nous avons à peine le temps de l’apprécier car on nous fait signe d’accélérer le mouvement, pas question de faire attendre les quatre douaniers installés derrière leur pupitre en bois. Formalités rapides et presque chaleureuses puis nous nous retrouvons dans une espèce de gymnase d’école aux murs blancs. Un tapis roulant grinçant et éternellement vide d’un côté, au fond deux ou trois machines pour l’inspection des valises et de l’autre côté, une petite vitrine et une table sur tréteaux remplies de souvenirs. Une jeune femme vient justement de l’ouvrir et commence à étendre des drapeaux, des poupées, quelques cartes postales, posters et boites de thé au ginseng sans oublier les œuvres écrites par les trois grands Leaders et abondamment illustrées de photographies similaires à celles du magazine épluché dans l’avion. Pour moi ce sera la carte de la Corée réunifiée à 2 Euros. What a bargain ! Pas de problème de change puisque seuls les Euros sont acceptés !
Depuis maintenant près d’une heure nous ne voyons défiler sur ce satané tapis roulant qui perce les oreilles que des paquets ficelés des passagers nord-coréens qui sont promptement embarqués par des jeunes militaires. Nous avons donc largement le temps d’apprendre par cœur le tableau des arrivées d’aujourd’hui : deux vols en provenance de Pékin, un venant de Shenyang (une grosse ville de province située de l’autre côté de la frontière) et le dernier, plutôt surprenant, en provenance de Koweït !?
Nous finissons par récupérer nos valises puis après avoir enregistrés les portables de Luc aux guichets de la sécurité, nous faisons connaissance avec nos guides, le chauffeur et nos cinq compagnons de voyage qui nous attendaient sur le parking en terre battue près du minibus.
Deux guides pour sept touristes… nous sommes soignés ! Le monsieur discret et plus âgé (Monsieur Ho) sera pour les francophones (c’est-à-dire pour nous deux) tandis que la jeune fille souriante (Hyun) sera pour les anglophones (c’est-à-dire les cinq autres).
Le soleil commence à tomber doucement alors que nous roulons sur une route complètement déserte au milieu des champs de maïs. Hyun prend d’emblée les choses en main, en tout cas le micro, et nous résume en quelques minutes plusieurs siècles de l’histoire de la Corée avant de s’étendre plus longuement sur la période 1950-1953. Puis, alors que nous approchons des premiers faubourgs de Pyongyang, elle nous annonce le programme des festivités pour le reste de la journée. Celui-ci se résume à un rapide tour en ville (puisque nous sommes déjà très en retard, se navre-t-elle !), à l’achat d’un bouquet de fleurs que nous irons déposer au pied des statues géantes des ex-Grands Leaders avant de nous recueillir quelques instants. Ça promet ! Mais nous savions également que cela faisait partie du deal quand on vient en Corée du Nord… Les touristes ont ici des devoirs à remplir !!!
Des fenêtres du bus, nous découvrons les premières rues du centre-ville. Barres d’immeubles colorées, larges trottoirs bordées d’arbres où flânent de nombreux piétons profitant de la douceur de cette fin de journée. Chantiers de construction encore en pleine activité, portraits géants des ex-Grands Leaders, espaces verts, drapeaux et bannières. Aux croisements des avenues, nous sommes fascinés par la chorégraphie mécanique mais toujours gracieuse des agentes de la circulation en uniforme blanc immaculé qui font respecter le code de la route. Les chauffeurs de bus, trams, camions ainsi que ceux des 4x4, Mercedes ou des berlines japonaises sont littéralement menés à la baguette.
Derrière les bâtiments monumentaux à la soviétique qui abritent divers ministères, se trouve un autre bâtiment encore plus grand : la Bibliothèque Nationale. Blanc et à colonnades, il est surmonté de toits verts à la chinoise, Monsieur Ho émerge d’un demi-sommeil pour nous confier que ce temple du savoir ne contient pas moins de 30 millions de volumes… Toutefois, il ne précise pas si ce sont des volumes différents ou bien les invendus des œuvres et des biographies des ex-Grands Leaders. C’est également là, ajoute-t-il, qu’il a appris le français (qu’il parle admirablement bien d’ailleurs) et quatre autres langues du coup je regarde ce palais avec des yeux bien plus admiratifs.
C’est près de la fontaine que nous trouvons nos bouquets de fleurs. Ils sont magnifiques malgré leur petit air de recyclé et ne sont pas trop chers (5 Euros). Direction le parc de Mansudae sur les hauteurs, pour aller (enfin) saluer les copains. La nuit est maintenant tombée ce qui nous permet d’admirer les effets de lumières sur les immeubles modernes de la ville. Accompagnés par le chant des grillons invisibles, nous faisons quelques pas sur le chemin qui grimpe vers l’esplanade vide et dominée par deux énormes statues brillantes sous les feux des projecteurs. Sur un piédestal en marbre, le Grand Père, la main tendue, et le Père, la main dans la poche, nous souhaitent la bienvenue.

Hyun nous demande de former une ligne, puis à son signal de faire une petite courbette avant d’avancer ensemble pour déposer nos bouquets parmi la centaine d’autres déposés auparavant. Puisque nous sommes tous des gens éduqués et polis, nous nous prêtons volontiers à ce petit cérémonial sans trop pouffer de rire.
Quelques moments plus tard, nous regagnons le minibus et partons vers notre hôtel. Le Yanggakdo Hotel, situé sur une ile au milieu du fleuve Taedong (très pratique pour garder des touristes trop curieux…), est une tour d’une quarantaine d’étages qui ne paie pas de mine avec un lobby en marbre trop petit, la moitié des ascenseurs en panne, des restaurants lugubres y compris le panoramique au dernier étage mais les chambres, très années 80, sont suffisamment confortables. Et surprise, à la télévision on peut capter en plus des chaines chinoises et russes, CNN et la BBC.
Le repas, que nous prenons dans l’un des quatre restaurants, est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage : un couple suédo-danois résidant à Zurich, deux amis Suédois, l���un habitant Stockholm l’autre Bangkok et un Danois travaillant à Séoul. Leur moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans Luc et moi faisons office de doyens. En tout cas le courant passe très bien. Quant au buffet, bien que déjà bien dévalisé par les précédents groupes de touristes, il recèle de plein de mets inconnus et tous excellents.
Pyongyang 18 Septembre
En tirant les rideaux, je découvre la ville couverte d’une brume qui peine à se dissiper. Je n’imaginais pas voir une ville si étendue ni autant de bâtiments modernes. Sur le fleuve, quelques barges remontent lentement à contre-courant. Plus près, un dragueur s’active sérieusement, son ronronnement mécanique est couvert par une musique, entrecoupée de longues phrases ressemblant à des slogans, diffusée par des haut-parleurs invisibles. Au milieu, sur leur petite embarcation bien solitaire, deux pêcheurs lancent leurs filets.


Le petit déjeuner se prend dans l’une des immenses salles au rez-de-chaussée au décor zen et kitsch à la fois. Sur la quarantaine de tables rondes, seules trois ou quatre sont occupées par une poignée de touristes. Au menu : omelette et salade de choux, toasts, confitures et une tasse de café soluble. Une jeune fille en costume traditionnel surveille le toaster pendant que sa collègue fait le passe-passe avec LA bouilloire électrique de l’hôtel. Le gradé est lui en charge du bocal de Nescafé et s’assure de ne mettre qu’une demi-cuiller de précieux granulés par tasse et prend un air catastrophé dès que l’on lui demande une seconde tasse.
Nous retrouvons guides et compagnons de voyage dans le lobby où l’on ne risque pas de se perdre. Hyun nous annonce le changement de programme dû, nous dit-elle, aux terribles inondations de la semaine dernière qui ont non seulement détruit un pont mais également rendu impraticable la route pour aller aux montagnes de Myohyangsan. Nous ne pourrons donc pas visiter le temple bouddhiste de Bohyon, ni la Vallée de Manpok et pire ni visiter l’Exposition de la Fraternité Internationale, un musée qui regroupe une impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders par des dignitaires étrangers.
Mais pas d’inquiétude, nous rassure-t-elle de suite, il y a un plan B. Celui-ci comprend la visite d’une toute aussi impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders mais cette fois par les Coréens (inclus ceux de la diaspora, précise-t-elle !), puis nous aurons également la chance d’aller visiter l’usine de mise-en-bouteille de l’eau de la plus importante source du pays, de visiter l’institut agricole et une ferme modèle et apothéose de la journée : la visite du barrage de P’i Do où nous prendrons notre déjeuner. Au retour, visite du Musée de la Guerre. Waouh !
Nous sommes tellement excités par ce nouveau programme que nous précipitons dans le minibus, pauvre Monsieur Ho doit courir derrière nous.
Après avoir traversé les ZUP monumentales à l’ouest de la ville, nous bifurquons à droite sur une petite route de campagne bordée de rizières. Au bout de la route, au pied des collines boisées, se trouve un imposant bâtiment blanc sans fenêtre entouré de pelouses impeccables et d’une grille bien gardée.
Une charmante guide en costume traditionnel (jaune et bleu celui-là) nous prend en charge. Dès l’entrée nous devons chausser des chaussons en feutre, pas question d’abimer le marbre puis passer un sas à fort courant d’air, pas question d’amener nos microbes et enfin déposer nos possessions dans un vestiaire aussi vaste que celui de l’Opéra de Paris, pas question d’affoler les portiques électroniques ni de prendre en photo les précieux cadeaux. Une fois assurée que personne ne mâchouille plus de chewing-gum, elle nous prie de la suivre dans les couloirs de cet immense palais glacial et glacé, marbré des colonnes aux escaliers, des murs aux plafonds et commence à réciter ses commentaires où tout doit être chiffré, mesuré, quantifié avec le maximum de superlatifs possible. Première salle, première vitrine, premier arrêt. « Et voici, un fauteuil recouvert de peaux de tigre, offert au Grand Leader par un couple de paysans du nord de la péninsule ». Un peu plus loin. « Et voici, la première machine à laver sortie de l’usine Numéro 75 et offerte par les valeureux ouvriers de notre patrie » Le ton est donné. Plus que 9 998 cadeaux à admirer !
En fait, la guide ne s’arrête que quelques instants devant certains objets considérés comme les plus importants mais pas toujours les plus beaux ni les plus intéressants. On y trouve de tout, du dessin, à la tapisserie, de la théière au bassinet, du bibelot en bois sculpté à la figurine en porcelaine mais ce sont évidemment les portraits du Grand Leader qui dominent, de l’immense fresque en canevas sur fond d’usines fumantes et de champs moissonnés au délicat médaillon fait en plumes d’oiseaux rares.
Une salle, deux salles, trois salles… il faut presser le pas car si nous ne sommes que sept, nous nous arrêtons à chaque fois à sept endroits différents, une manière de maximaliser nos ressources et talents pour dénicher l’objet le plus kitsch pour ne pas dire le plus moche.
Nous passons à l’étage, celui où sont exposés les cadeaux offerts par les « autres » Coréens. Ainsi, nous découvrons toute une série de Walkman offerte par un fan, une Toyota offerte par un chef d’entreprise sud-coréen, des écrans plats de toutes les tailles et des portables (encore dans leurs emballages !) offerts par Mr Samsung ou encore toute une série de mobilier de salles à manger, plus affreuses les unes que les autres, gracieusement offertes par un Coréen né au Nord mais qui a fait fortune au Sud (le contraire eut été étonnant !). Nous n’oublions pas ni les louches en or, ni les baguettes incrustées de pierres précieuses.
Enfin, il ne nous reste que la dernière salle mais certainement « la plus importante » nous affirme notre hôtesse. Deux soldats poussent les deux immenses portes et nous laissent découvrir une immense salle de réception blanche dominée par deux imposantes statues blanches représentant les deux Ex-Grands-Leaders souriants et éclairées par des lumières roses.
Il nous faut, comme hier, former une ligne et s’incliner. Ah, cette courbette la n’était pas prévue dans le programme ! En guise de récompense nous pouvons jeter un œil sur les cadeaux les plus précieux comme ce magnifique meuble chinois finement ciselé, cette défense d’éléphant sculptée, ce bloc de jade (le plus grand au monde confirme-t-elle) et clou du clou cette toile représentant le fils de l’Ex-Grand Leader en armure (et portant ses lunettes) sur un dragon… plus fort que Don Quichotte et que Saint George réunis !
Heureux de retrouver la chaleur du soleil et de chasser la fraicheur de l’air conditionné, nous commentons sur la bizarrerie de cet endroit à mi-chemin entre un musée des Arts et Métiers d’une ville de province oubliée et d’une exposition de listes de mariage de beaufs pour super-beaufs. Puis de nous demander quel sera le sort de toutes ces horreurs quand il n’y aura plus de Grands Leaders…
Nous repartons vers l’ouest en prenant l’autoroute cette fois une extraordinaire trouée au travers un paysage de forêts et de champs. Les autoroutes nord-coréennes sont aussi larges que celles de Los Angeles mais avec zéro circulation. Rien, pas même un camion sur des kilomètres, juste quelques cyclistes et un véhicule militaire venant dans le sens opposé et que nous évitons de justesse ! En effet, les nids de poule étant tellement nombreux et profonds que seule la voie du milieu est à peu près fréquentable, elle est donc l’objet de toutes les convoitises et est l’occasion pour les chauffeurs (une espèce rare sous ces cieux) de tester leurs nerfs ; ce n’est qu’à la vue des casquettes et des épaulettes que le nôtre finit par céder avec un soupir exaspéré.
Plus loin, nous quittons les cahots de l’autoroute pour ceux des petites routes de campagne bordées de petits ruisseaux et d’alignements d’arbres au tronc blanchi. Les cyclistes sont aussi dignes et presque aussi nombreux qu’à Amsterdam. Leurs porte-bagages sont souvent chargés de gros sacs ce qui les oblige à pousser leur vélo à la moindre petite montée.
Nous passons devant quelques communes, toutes bâties sur un modèle identique. Derrière un petit muret séparant les champs du village, on aperçoit des habitations toujours bien alignées, composées soit de petits immeubles en béton de deux ou trois étages, parfois peints mais le plus souvent pas entièrement terminés, soit de petites villas entourées de petits jardins et potagers et, remplaçant nos églises ou temples, un hall communal orné de bannières. De l’intérieur de notre minibus, l’atmosphère est champêtre et paisible et les paysages baignés de soleil fort agréables.
Un chemin mène à un bâtiment blanc aux vitres fumées qui abrite la Kangso Yaksu Mineral Water Bottle Factory. Nous sommes accueillis par le directeur de l’usine, un petit homme à la chevelure dégarnie qui le fait ressembler à Mao et portant une chemisette décorée d’un petit badge affichant les portraits souriants des deux ex-Grands Leaders. Peut-être avons-nous interrompu sa sieste et veut-il y retourner rapidement car à peine réunis dans le hall d’entrée, il prend sa longue règle et se lance dans de longues explications techniques illustrées par des schémas, des cartes et des photos accrochés aux murs et prestement traduites par Hyun.
Ainsi nous apprenons que l’activité principale de cette usine (la plus importante de la patrie chérie), consiste à mettre en bouteille l’eau de la source d’à côté (la meilleure eau du pays) et que la grande astuce est d’injecter du gaz pour avoir de l’eau gazeuse, « encore faut-il avoir les bons dosages », nous prévient-il ! Et le voilà parti dans un cours de chimie 101 qui ne passionne pas vraiment l’audience plus intéressée à admirer les posters des ex (et présent) Grands Leaders venus inspecter les lieux à plusieurs reprises au cours des dernières décades.
Au moment précis où nous passons les portes vitrées et pénétrons dans une grande salle où il règne une chaleur accablante, voilà la chaine qui se met en route dans un vacarme de bouteilles qui se cognent, les ouvrières masquées prennent leurs positions avec un air concentré. Les bouteilles sont remplies d’eau, capsulées, étiquetées puis mises dans des cageots ou cartons qui seront exportées… « principalement vers la Chine » conclut-il fièrement. Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une petite salle climatisée pour une dégustation gratuite. Nous avons même l’opportunité d’acheter (en Euros, svp) toute la gamme des bouteilles. Ceci-dit l’eau est vraiment excellente et vaut bien notre Perrier national.
Une demi-heure plus tard, nous roulons vers la prochaine étape : la ferme modèle, située quelques kilomètres plus loin, à proximité de la petite ville de Kangso. Une route bordée d’arbustes et de jeunes pins conduit jusqu’au vaste parking vide situé en face d’un grand bâtiment carré en béton. Plus loin à gauche, nous apercevons, au pied d’une colline ornée de slogans géants, quelques petits blocs d’appartements noyés dans la végétation et quelques bâtiments plus anciens regroupés autour d’une cour. Une espèce d’obélisque couvert de caractères rouges et un mur de mosaïques représentant le Grand Leader assis parmi des paysans et donnant des conseils pour améliorer les rendements des récoltes (c’est ce qu’indique la légende en bas !) complètent le décor. Il y a également une bande son puisque les haut-parleurs de mauvaise qualité diffusent une litanie de ce qui parait être des slogans, de quoi maintenir le moral et la morale révolutionnaires (et surement empêcher les travailleurs de faire une petite sieste).
Hyun revient avec le chef de la commune. Nous le reconnaissons de suite grâce à son uniforme : un costume avec des manches courtes et porté sans chemise. Après nous avoir souhaité la bienvenue il nous demande de le suivre sur un petit chemin qui mène sur une petite esplanade dominée par un ensemble de statues aussi brillantes que le tissu de son costume. La scène représente l’ex-Grand Leader (le grand-père) souriant, le regard fixé vers l’horizon, entouré de paysans eux aussi souriants, le regard porté vers l’ex-Grand Leader. Tout simplement magnifique. Ce qui l’est moins est le fait que nous devons une fois encore nous aligner et saluer une nouvelle statue. Certes la maitrise de la chorégraphie de courbettes s’améliore à chaque fois (moins celle des fou-rires !).
Devoir accompli, nous écoutons sagement le chef nous chanter sa leçon monotone apprise par cœur mais que Hyun met du cœur à rendre plus mélodieuse. Chiffres, rendements, records, variétés et qualité des récoltes, nouvelles techniques de production, enseignement de haute qualité, tout y passe, tout est dûment traduit et tout ressort de l’autre oreille. Quand notre Danois trop curieux pose la question : « Quand est-il de la mécanisation ? » nous vivons en direct une scène du film «Lost in translation», le chef nous propose alors avec un sourire radieux d’aller voir les serres où murissent les tomates (les meilleures du pays… bien sûr !).



Direction les serres donc où nous attend une autre jeune fille portant un costume éblouissant, jaune et blanc et ruban rouge. Le chef en profite pour s’éclipser discrètement. « Oui vous pouvez entrer dans les serres pour voir la grosseur de nos tomates et la qualité supérieure de nos concombres. » lance-t-elle. Les sept hochements de la tête admiratifs semblent la combler de bonheur.
De l’autre côté des serres se trouvent les bâtiments de l’Institut de Recherche Agricole mais pas question d’aller voir de plus près, « Nos chercheurs sont très occupés ». Nous nous contentons donc de faire des coucous aux gamins, quelque peu étonnés de notre présence, d’encourager un petit groupe d’hommes et de femmes en train de pousser un mini tracteur en panne et de regarder un technicien perché sur son échelle en train de fixer un petit panneau solaire.
« Et voici notre visite de la ferme modèle qui se conclue. » nous annonce Hyun. « Nous allons maintenant voir le plus long barrage du pays. » poursuit-elle.
Nous retrouvons l’autoroute géante, déserte et cabossée jusqu’à l’entrée de la ville de Nampho. Les rues côté recto ressemblent à celles de la capitale : succession de barres d’immeubles aux façades fraichement peintes, des trottoirs bordés d’arbres que partagent piétons et cyclistes. Pour ce qui est du côté verso, c’est un peu moins glorieux et entre deux barres on peut apercevoir brièvement des petites maisons les unes sur les autres dans un état plus ou moins délabré.
Nous passons devant une paire d’usines, de casernes et, à mesure que nous approchons du port, nous apercevons rapidement quelques entrepôts et des quais plutôt vides. Plus loin nous longeons à gauche des marais salants et à droite des champs de céréales qui s’étendent jusqu’aux berges du fleuve Taedong qui prend des allures de baie à mesure que nous approchons de la Mer de Chine. Sur l’autre rive, l’enchevêtrement de montagnes et collines se perd dans une brume de chaleur persistante.
L’entrée du barrage est marquée par une arche et une guérite gardée par des jeunes soldats flottant dans leurs uniformes trop grands. Je comprends maintenant que le barrage n’est pas un barrage hydro-électrique comme je le pensais mais une ‘simple’ digue construite à l’embouchure du fleuve. Construit aux débuts des années 80 par des milliers de soldats (il faut bien les occuper ces braves !) et inauguré en 1986, ce barrage, long de huit kilomètres, relie les deux rives via l’ile de P’i Do et comprend trois écluses ouvertes à marée basse. Il permet ainsi de séparer l’eau salée de la mer de l’eau douce du fleuve et d’augmenter ainsi la superficie des terres irriguées.
A gauche de la route, une vingtaine de cargos attendent patiemment leur tour, à droite les embarcations sont échouées sur le sable, marée descendante oblige. Sur la route nous ne croisons que des militaires et pour la première fois des marins qui ont l’air plus ‘cool’. Le chauffeur de notre minibus nous dépose au pied du phare-monument-musée situé au sommet de l’ile. De là, nous admirons de la vue panoramique sur la baie, les écluses et la mer que l’on aperçoit au fond avant d’aller prendre notre pique-nique (excellent et copieux) dans le restaurant du phare et attendre l’arrivée de la guide officielle du barrage...
Digestion au soleil en écoutant une nouvelle récitation de chiffres entrecoupés d’adjectifs qualificatifs, comparatifs et surtout superlatifs sans oublier bien sur les références aux Grands Leaders et à leur vision. Ici non plus pas question d’approcher de plus près. « Les écluses sont dans une zone militaire. » prévient la guide en fronçant les sourcils, « Et la vue est bien mieux d’où nous sommes. » ajoute-t-elle avec un léger sourire. Contentons-nous donc de la vue générale.
Il est temps de reprendre le chemin du retour en prenant la même autoroute toujours aussi déserte jusqu’à l’immense Avenue de la Révolution bordée d’immeubles blancs. Le chauffeur nous balade dans plusieurs quartiers de la ville, la seule différence est la densité et la hauteur des tours d’appartements. Quel que soit le quartier, nous passons constamment devant des chantiers de construction. Ici d’autres appartements à différents stages de finition, là des installations sportives. Plus loin ceux d’une rénovation d’un parc ou d’une restauration d’une route.
Certains travaux peuvent durer des décennies, comme celui de cet hôtel, le Ryungyong Hotel, en forme d’élégante pyramide de verre qui du haut de ses 105 étages (330 m) domine la ville. Commencés en 1987, les travaux sont abandonnés en 1992, une fois la carcasse terminée. Manque de fonds, pénurie d’équipement et de matériaux, le building reste à l’abandon jusqu’en 2008 date de la reprise des travaux de finition extérieure qui se terminent en 2012. Aujourd’hui, nous informe Mr Ho, les ouvriers aménagent l’intérieur. A voir le peu d’activité qui règne au pied du building, on peut en douter.

Dans cette ville entièrement reconstruite, l’unique bâtiment historique que nous apercevons se trouve au milieu d’un rond-point fleuri. Sur son piédestal en pierre et son double toit vert relevé sur les bords, ce portique en bois ressemble (en plus modeste) aux portes impériales que l’on trouve à Pékin.
Les embouteillages, il y en a quelques-uns, sont l’occasion d’observer de plus près les passagers des trams et des bus et de se rendre compte qu’ils ont les mêmes têtes fatiguées, les mêmes yeux cernés que les passagers d’un bus à Paris ou à New York. La seule différence est que personne ne lit, ni n’écoute de la musique. Quelques-uns, surtout les enfants, une fois la surprise passée, nous font de grands signes et sourires, mais la plupart nous ignore complètement, comme si la présence d’étrangers n’avait rien d’extraordinaire.
Une arche, des alignements de statues, des jets d’eau entourant une statue massive d’un soldat portant un drapeau, une pelouse jusqu’aux marches d’un bâtiment blanc avec un fronton d’arcades, et d’où émerge un flot continu de visiteurs, pas de doute nous sommes bien arrivés au Musée de la Guerre. Mais avant de pénétrer dans ce lieu sacré de la République, une jeune femme en uniforme vient se présenter. Elle sera notre guide et en sa compagnie nous passons en revue la série de statues de glorieux soldats en situation d’héroïsme aigu, puis les restes des prises de guerre diverses : armements, tanks, avions et summum du summum le célèbre navire de guerre américain l’USS Pueblo, capturé en Janvier 1968.

Comme navire de guerre, il n’a vraiment rien de terrifiant puisse qu’il ne s’agit plutôt que d’un petit cargo transformé en navire espion par les Américains. Mais cette prise de guerre permit (et permet encore) d’être un excellent élément de propagande pour la patrie techniquement toujours en guerre. Plus que la prise en elle-même, c’est la saga qui suivit qui fit couler beaucoup d’encre. Les 82 membres d’équipage survivants furent torturés avant d’être finalement libérés en Décembre 1968 en échange d’une lettre officielle d’excuses du gouvernement américain.
Allons-y pour la visite à bord qui n’a rien d’extraordinaire sauf les impacts de balle (marqués en rouge) et la réalisation que la vie à bord ne devait pas être rigolote tous les jours tant tout semble minuscule. Quant à la salle contenant les instruments d’écoute, elle permet de réaliser les avancées technologiques effectuées depuis 68 ! Nous suivons la casquette de notre guide jusqu’au pied de la statue monumentale aperçue plus tôt. Nous aurions dû nous en douter car la voilà qui nous fait signe de former une ligne. Ca va nous connaissons le scenario… à part que cette fois, il y a une variante. En effet, le jeune Danois du groupe la voyant saluer, décide de l’imiter et nous de faire comme lui. Pas de courbette donc mais un beau salut militaire qui prend de court nos guides qui se lancent des regards inquiets avant d’éclater de rire… discrètement quand même !
Nous pénétrons enfin dans le musée, inauguré quelques mois plus tôt. Escalier spectaculaire, lustre démentiel, longues galeries, vitrines de scènes de guerre reconstituées, visiblement de quoi impressionné les nombreux patriotes du pays… et les maintenir dans la pensée du sacrifice. Nous passons devant une multitude de vitrines remplies de médailles, d’armes de tous calibres, de lettres personnelles et de documents officiels, de peintures et de dessins, de bannières, de bustes de vaillants héros. Arrêt prolongé devant la statue du plus grand soldat de l’armée victorieuse et surement le préféré de notre guide qui nous explique que malgré ses jambes brisées, ses bras fracassés, il continuât à tirer avec sa mitrailleuse avec ses dents et tuât au moins une centaine d’ennemis. On n’en fait plus des comme ça !
Nous poursuivons vers une salle de projection où nous est projeté un film nous expliquant la version nord-coréenne des évènements qui ont précédés la guerre de Corée et en énumérant les provocations américaines. Nous en concluons que pour commencer la guerre en Irak, Bush Junior n’a fait que suivre l’exemple de ses prédécesseurs.
Quelques problèmes de queue devant les ascenseurs obligent notre capitaine/guide à changer de stratégie et d’opter pour les escaliers de secours pour accéder à l’étage supérieur où se trouve une salle panoramique avec un dôme genre planétarium jetée dans la pénombre. Mais il n’y a pas de planètes à observer ici, seulement des scènes de combats que l’on découvre à mesure que l’immense plateau sur lequel nous sommes installés complète sa rotation. Effets de bruits et lumières sur des scènes composées de peintures et d’objets réels. La guerre en 360° et en 3D. Paisibles rizières, avions, bombardements, destruction de villes et de villages, feu, sang, tranchées, tanks, reconquête et drapeau qui flotte de nouveau sur un champ de ruines. Epoustouflant, particulièrement pour les oreilles. Je ne sais pas ce qui était le plus pénible, le bruit des armes ou bien la voix du commentateur.
Hyun regarde sa montre avec impatience car nous sommes parait-il en retard, que le restaurant nous attend et qu’il faut traverser la ville. Re-petit tour en ville, les différentes bannières et affiches de propagande nous servent de points de repère et nous commençons maintenant à reconnaitre les principales avenues et rues du centre-ville.
De l’extérieur, rien n’indique que nous sommes arrivés au restaurant. Pas d’enseigne, ni de lumière particulière. D’une manière générale, les rues n’ont pas vraiment de signes distinctifs pour désigner les magasins ou les boutiques, tout au moins nous ne les reconnaissons pas. Les seuls commerces que nous avons parfois repérés, comme par exemple les magasins de fruits et légumes, sont les espèces de kiosques situés au pied des immeubles.
Nous devons être dans les beaux quartiers car en face du restaurant, le drapeau roumain flotte mollement derrière les murs de l’ambassade. Etre posté à Pyongyang doit être une sacrée punition, en tout cas une punition considérée comme trop sévère par le gouvernement français qui n’a pas d’ambassadeur ici.
La petite salle de restaurant, située à l’étage, est archi pleine… de touristes. Menu unique mais une fois encore excellent. Nous goutons ainsi au célèbre Hot Pot nord-coréen. N’en perdant pas une pour revenir sur la bravoure et l’ingéniosité des soldats nord-coréens durant la guerre de Corée, Hyun nous raconte que la recette vient d’un soldat affamé mais génial qui eut la brillante idée faire cuire un bouillon de poisson dans son casque et d’y mettre tout ce qu’il pouvait trouver. Ses compagnons d’infortune l’imitèrent et voilà comment la recette nationale est née ! Ah évidemment, ce ne sont pas nos Poilus qui auraient pensé à ça !!!
Heureusement pour nous, ce soldat était gourmet car il n’ajoutât que des bonnes choses comme du chou, des lamelles de bœuf, de la coriandre, des épices, d’autres légumes, des pâtes, du tofu, des piments, des champignons…etc. et terminât son œuvre en apothéose en y cassant un œuf. C’est fou ce que l’on peut trouver dans les tranchées à cent mètres des lignes ennemies ! Les serveuses gracieuses et souriantes tournent autour des tables en s’assurant que nous ajoutons nos ingrédients dans le bon ordre et que nous ne nous mettons pas le feu à la nappe avec nos braseros foireux.
Suants mille et une gouttes mais l’estomac bien calé, nous voilà partis pour le dernier volet du programme de la journée : les Arirang Mass Games.
Les jeux de masse sont devenus au cours de ces dernières années une spécialité du pays. Après avoir vu à la télévision australienne il y a quelques années un documentaire britannique (A state of mind), je ne veux pas louper l’occasion de les voir.
Les jeux de masse sont un spectacle de quatre-vingt-dix minutes composé de ballets et d’exercices de gymnastique synchronisés accompagnés de musique et d’effets spéciaux auxquels participent plus de… 100 000 personnes ! En fait aucun autre pays au monde ne serait capable aujourd’hui de mobiliser tant de monde pour un spectacle avec si peu de spectateurs payants. Si les prix varient de 350 à 80 Euros, il n’y a en fait que très peu de touristes qui assistent à ce spectacle extravagant qui n’a lieu que quatre fois par semaine de la mi-Juillet à la mi-Septembre (quand ils ne sont pas annulés à la dernière minute, comme c’est parfois le cas). Les participants sélectionnés, parfois dès l’âge de cinq ans, s’entrainent pendant des heures entières dès que les beaux jours arrivent.
Si les jeux de masse ne sont pas une invention nord-coréenne (les premiers jeux de masse apparaissent au XIXème siècle avec les mouvements nationalistes d’Europe orientale, ils incarnent la jeunesse, la force, le militarisme et l'unité), les Nord-Coréens leur ont donné une autre dimension.
La philosophie de l’ex-Grand Leader derrière ce genre d’évènements n’est guère différente de celles des anciens leaders de ces mouvements nationalistes européens quand il déclare : « La gymnastique de masse est importante au niveau de la formation et au développement des enfants à l’idéal communiste. Elle les aide à acquérir une idéologie révolutionnaire, à élargir leur connaissance dans un grand nombre de domaines, à participer aux activités culturelles et à maintenir une morphologie saine et solide, qualités de base requises pour devenir un vrai Communiste. La gymnastique de masse apprend également aux écoliers la discipline, l'organisation et le collectivisme. »
En route donc pour le Stade du Premier Mai, (« Le plus grand au monde ! » précise Mr Ho) situé sur une autre ile au milieu du fleuve. Le long de la route, nous dépassons des cohortes de jeunes et de moins jeunes en uniforme, des membres de famille des participants et des groupes d’écoliers et de travailleurs qui se dirigent en marchant dans la pénombre vers les immenses parkings qui entourent les arcades en béton de l’arène puis se regroupent près des fontaines illuminées.
Au milieu de cette foule des grands soirs, il règne une atmosphère de trépidation. Malgré la cohue tout semble bien rodé et hyper organisé. Aucune bousculade alors que l’on sent l’excitation monter à mesure que nous approchons des dernières marches. Nous franchissons le dernier portique et découvrons l’intérieur de cette gigantesque enceinte à demi-couverte et prenons place sur nos sièges en plastique en haut des gradins réservés aux invités de marque. En face, de l’autre côté de la pelouse synthétique verte, les gradins sont occupés par 10 000 enfants portant des panneaux qu’ils bougent dans un ensemble parfait pour former d’immenses images tout en poussant des cris à l’unisson qui nous envoient des frissons dans le dos. Les panneaux qu’ils tiennent sont en fait des livrets comportant une centaine de pages. Chaque page est donc comme un pixel d’une photo et quand 10 000 pixels changent en même temps, c’est une nouvelle image qui apparait. Il faut le zoom de l’appareil photo pour distinguer les petites têtes qui dépassent à peine. Incroyable.
Les gradins sont loin d’être pleins quand les lumières s’éteignent, que les premiers feux d’artifices éclatent dans le ciel et que retentissent les premières notes de musique annonçant ainsi le début du spectacle.
Et quel spectacle ! Tout simplement extraordinaire. Sans aucun répit, la ‘pelouse’ est constamment envahie par des milliers de participants en costume colorés qui effectuent des chorégraphies parfaitement synchronisées décrivant des scènes remplies de symboles historiques, folkloriques et politiques plus ou moins faciles à décoder. Une musique rythmée aux accents militaires, des effets de lumières et de lasers en plus des enfants-pixels complètent l’ensemble. Du très grand spectacle, terriblement impressionnant. Soldats, judokas, jeunes femmes, enfants, gymnastes exceptionnels, acrobates, trapézistes tout y passe et tous affichent le même sourire figé et le même visage concentré. Dès que les portraits des ex-Grands Leaders apparaissent, les applaudissements redoublent d’intensité.


Mais c’est déjà le grand final, tous les participants (bien plus nombreux que les spectateurs) reviennent sur la piste sous les hourrahs de l’audience galvanisée devant tant de prouesses et de couleurs. Il faut un long moment avant de revenir sur terre et ‘digérer’ ce grand moment auquel nous venons d’assister. La réflexion et les questions viendront plus tard.
A la sortie, les stands proposant posters et t-shirts (et les livres de la doctrine Juche !) font le plein le gouvernement a trouvé là un bon filon à exploiter ! Pyongyang 19 Septembre
Ce matin le petit déjeuner est servi dans le restaurant panoramique, au dernier étage... à condition de pouvoir y accéder car après dix bonnes minutes d’attente toujours pas d’ascenseur. Autre problème, l’ascenseur qui vient enfin d’arriver doit avoir le vertige et être de santé délicate car il décide de descendre et de s’arrêter à pratiquement tous les étages. Ainsi, nous découvrons qu’en dessous du dix-septième, les étages sans moquette, à l’éclairage plus que faiblard et aux murs tachés sont réservés au personnel. Arrivés au rez-de-chaussée, l’homme de garde aux gants blancs et à la grande casquette a dû suivre la même formation que les agentes de la circulation car dès qu’il nous voit il tend le bras et lève la main pour arrêter les passants dans le corridor puis nous regarde et balance gracieusement l’autre bras en pointant l’index vers l’ascenseur en face. Comment a-t-il compris que nous étions descendus pour mieux remonter reste un mystère… en tout cas quelle perspicacité et quelle efficacité !
Evidemment, quand finalement nous arrivons au restaurant panoramique, le buffet a été en grande partie dévalisé mais qu’importe il reste plein de toasts et de la confiture. Quel soulagement également de découvrir que l’hôtel possède une deuxième bouilloire électrique et que le gardien du pot de Nescafé est plus cool que son collègue d’en bas. Peut-être une question d’altitude !?
Le restaurant panoramique semble souffrir de symptômes identiques à ceux de l’ascenseur. Une demi-rotation puis arrêt complet. Quant à la vue panoramique, elle est plutôt restreinte, les laveurs de carreaux ont certainement d’autres chats à fouetter et la brume matinale persiste et signe. Cependant notre petite ile, qui n’a hélas rien à voir avec l’Ile de la Cité, reste partiellement dégagée mais ne révèle rien de bien excitant, à moins d’être un spécialiste en travaux en bâtiments. Mais il me semble qu’un autre hôtel verra le jour… un jour !
Comme d’hab, les doyens sont les premiers ! En attendant le Club des 5… autres, nous observons l’animation dans le lobby. C’est qu’il y en a ce matin avec le départ des athlètes participant aux Championnats d’haltérophilie d’Asie qui se déroulent en ce moment à Pyongyang. D’ailleurs nous avons appris hier qu’un évènement historique avait eu lieu : pour la première fois le drapeau sud-coréen avait été hissé en Corée du Nord après la victoire d’un ‘compatriote’ du sud. Plus loin, des hommes d’affaires chinois sont accueillis en grande pompe par des officiels. Dehors plusieurs groupes de touristes chinois sont en train de fumer comme des cheminées.
Ca y est tout le monde est là et tous avons suivi les recommandations d’Hyun de ne pas mettre ni jeans ni t-shirt car aujourd’hui nous allons rencontrer les ex-Grands Leaders… Aujourd’hui est également un jour férié où l’on célèbre la Fête de Qing Ming, une journée consacrée au culte des Ancêtres et en Corée du Nord, les ancêtres inclus les valeureux soldats morts pour la Mère Patrie et bien sur les ex-Grands Leaders. C’est donc une journée exceptionnelle qui nous attend.
Le soleil brille sur les rues bien plus animées qu’hier. Les piétons ont envahi les trottoirs, beaucoup de femmes portent des robes traditionnelles très colorées, les hommes sont en costume et le reste de la population a sorti les plus beaux uniformes. Les queues aux arrêts de bus sont plus longues et les stations de métro grouillent de monde.
Nous quittons la ville, passons devant de vastes parcs aux arbres alignés comme des sentinelles et d’immenses pelouses dignes des meilleurs terrains de golf et arrivons au Palais-Mémorial Kumusan, un bâtiment rectiligne gris et moche, orné des portraits des défunts Leaders à la denture éblouissante. Le Palais du Soleil, construit en 1976, était la résidence officielle du grand-père avant de devenir à sa mort en 1994 son mausolée (une idée du fils !). Le fils, flippant à l’idée de vivre avec un cadavre, se fit construire une autre résidence plus proche de la capitale. A la mort du fils (en 2011), le petit-fils (le jeune Grand Leader actuel), surement par soucis d’économie (!) et peut-être pour des raisons pratiques (!!) installât la dépouille de son père sous le même toit que celle du grand-père. Coup double donc, ce n’est pas un cadavre mais deux que nous allons de ce pas saluer.



Mais pas de précipitation. D’abord nous devons patienter dans un hall d’honneur en compagnie d’une cinquantaine d’autres touristes étrangers, eux aussi en tenue de gala. Ensuite, nous devons nous mettre en rang par quatre sous une galerie ombragée. Cette opération prend un certain temps contrairement aux Nord-Coréens qui a peine débarqués du tramway s’alignent impeccablement de manière instinctive.
Enfin, un gradé donne le signal de marche. La colonne s’ébranle par petits groupes en faisant des mouvements d’accordéon sous les regards effarés des locaux qui eux ont gardé le petit doigt sur la couture du pantalon. Direction les vestiaires pour y laisser tout ce qui est interdit d’emporter à l’intérieur de ce haut lieu sacré. L’instinct bordélique des Occidentaux revenant au galop, les guides s’efforcent de remettre un peu d’ordre dans les lignes, une manœuvre inutile puisque dix mètres plus loin nous passons en file indienne sur des tapis gorgés de désinfectant puis à la fouille.
Nous nous dirigeons ensuite vers une succession de longs tapis roulants similaires à ceux que l’on trouve dans les aéroports. Sur les murs en marbre sont accrochés des photos représentant les ex-Grands Leaders dans le feu de l’action révolutionnaire. Enfin nous émergeons dans une immense salle aux colonnes de marbre, réalignement et attente avant de pénétrer dans une autre pièce où la statue du Grand-Père rigolard, baignée dans une lumière tamisée, nous toise de toute sa hauteur.
Passage dans un sas où soufflent de puissants courants d’air décoiffant. A peine le temps de réajuster nos mèches rebelles et de se remettre par quatre que nous pénétrons dans une salle au haut plafond plongée dans la pénombre. Au centre, un cercueil en verre contient le corps du grand-père dont on n’aperçoit que la tête à l’aspect cireux, le reste du corps étant recouvert d’un drapeau rouge (une manière comme une autre d’égailler un peu l’atmosphère lugubre qui règne ?!).
Tout en écoutant distraitement une musique propice au recueillement, nous observons attentivement les personnes qui nous précèdent car ce n’est pas le moment de se planter de script ni de froisser les soldats gantés, l’index sur la gâchette de leur mitraillette. Quatre par quatre nous nous présentons au pied du sarcophage, comptons mentalement jusqu’à cinq avant de faire une première courbette, belote sur le côté gauche et rebelote sur le côté droit (pour des raisons de politesse, il n’y a pas de courbette à faire devant la tête dégarnie…). Et d’un !
Nous passons dans la pièce suivante. Changement radical de décor puisque dans cette pièce nous découvrons… un wagon de train ?!?! Il s’agit en fait du wagon dans lequel le grand-père effectuait ses voyages officiels. Sur le mur figure une grande carte du monde sur laquelle des lignes bleues et rouges clignotent elles représentent ses déplacements dans le pays et à l’étranger. A côté, un panneau lumineux indique le nombre des voyages effectués et le total des kilomètres parcourus dans ce wagon. Une estrade permet de jeter un œil à l’intérieur et d’apprécier la simplicité (toute relative) du Grand Leader. Salon, bureau de travail à un bout, chambre et salle de bain de l’autre mais cette partie-là reste cachée derrière des vitres fumées, respectons son intimité, les Nord-Coréens sont des gens pudiques.
La pièce d’à côté contient sa voiture officielle. Heureux Grand Leader qui contrairement à Janis n’a pas du implorer Lord pour avoir sa Mercedes-Benz ! Puis viennent les galeries vitrées derrière lesquelles sont exposés d’autres possessions, ses nombreuses médailles et décorations reçues du monde entier (enfin presque !), sa collection de diplômes honorifiques (ainsi que les pompeux costumes et couvre-leaders qui vont avec) sans oublier les documents officiels écrits de sa propre main. Quelques photos du Grand Leader posant avec d’autres leaders du monde sont là pour nous convaincre que le grand-père jouait dans la cour des très grands (Staline, Mao, Castro, Tito), des moins grands (Honecker, Ceausescu, Husak) et parfois au-delà des frontières du Communisme puisqu’il est même aux côtés d’Arafat, de Moubarak et de Kadhafi !
D’autres couloirs mènent à la pièce où repose l’ex-Grand Leader fils. Repetición de la jugada… Même musique, même décorum, même cercueil en verre, seule la tête est différente. Quant à nos courbettes… nous approchons de la nomination pour le prochain Oscar. Mais la concurrence est rude car parmi les régiments de soldats et de soldates qui nous suivent, certains ont déjà sorti leur mouchoir pour y sécher quelques larmes. Cependant quelques-unes semblent être réellement affectées et leurs sanglots paraissent sincères. Et de deux !
Ce qui est bon pour un Grand Leader l’est également pour l’autre Grand Leader. Lui aussi a droit à son wagon (mobilier plus ‘moderne’), ses voitures officielles, y compris un buggy de golf modifié et encore plus fort son yacht (?!) reposant dans un faux bassin (comment est-il arrivé ici celui-là ?).
Re longs et lents tapis roulants en direction de la sortie cette fois. Ceux de l’autre côté sont maintenant remplis de Nord-Coréens en route pour rendre hommage aux défunts préservés. Ils nous observent discrètement et silencieusement. Que peuvent-ils bien penser en nous voyant ?
Hyun nous annonce maintenant que nous avons quartier libre (pendant vingt minutes) dans les jardins du palais et que nous aurons ainsi l’occasion de nous mêler à la population locale. Chic alors !
Nous apprenons que ces beaux jardins agrémentés de parterres fleuris, de fontaines et de plans d’eau, ont été créés par le petit-fils (l’actuel jeune Grand Leader donc) lui-même et qu’il a même supervisé tous les travaux de rénovation. Pauvres architectes et jardiniers, je n’ose pas imaginer à quel point ils ont dû trembler… Mais peut-être est-il un boss cool ?
Nous nous dispersons donc parmi les groupes de soldats en uniforme et de femmes portant des robes amples cintrées en dessous de la poitrine et aux longs rubans flottant au vent qui attendent patiemment leur tour pour prendre une photo de groupe devant les portraits géants des défunts aux dents blanches comme la neige. D’autres groupes lancent de la nourriture aux gros poissons et aux canards en rigolant et peut-être en rêvant d’en avoir d’aussi dodus dans leur assiette ce soir.
Je me dirige vers un portail ouvert qui donne vers une avenue déserte et des rails de tramway mais le soldat de garde veille. Comme son copain de l’ascenseur un peu plus tôt ce matin, il me fait le coup de la main tendue et du balancement de bras l’index en pointant en direction des jardins.
Après avoir pu constater combien la population locale est raffinée, souriante, sereine et ouverte nous pouvons regagner notre minibus. L’étape suivante se situe sur la colline que l’on aperçoit derrière les toits du palais-mémorial et que l’on rejoint en traversant d’autres espaces intensément verts.
Nous voilà au pied du Cimetière National des Martyres de la Guerre marqué par un portique et une longue série d’escaliers. C’est également un endroit qui offre une intéressante vue panoramique sur la capitale et ses principaux édifices.
Après un court exercice de grimpette nous atteignons les premières terrasses où sont alignés les bustes des plus valeureux combattants. Dans les allées fleuries nous rencontrons de nombreuses personnes en uniforme mais aussi des familles en balade profitant d’un jour férié ensoleillé. Un peu plus haut se trouve un monument en granite rouge et une autre rangée de bustes. Celui au centre, représentant une femme, reçoit le plus d’attention et de bouquets de fleurs. Les Nord-Coréens sont donc aussi des gens galants ! « Non ! » s’exclame Hyun presque offusquée, « Il s’agit de Kang Pan-sok, l’héroïne la plus importante du pays, une activiste communiste pendant la guerre d’indépendance. C’est aussi la mère de notre Eternel Grand Leader (le grand-père ». Ceci explique donc pourquoi tous ces groupes font la queue pour prendre la photo souvenir devant la mère de Dieu pour qui aucun bouquet n’est trop beau. Nous n’y coupons pas, alignement-courbette devant le buste de Madame Mère mais cette fois nous sommes observés avec grande attention par la foule.
Quelques sentiers parcourent le reste de la colline qui est également une réserve naturelle fréquentée par les Pyongyangites avides d’exercice et de tranquillité. Nos guides, toujours pleins de sollicitude, s’assurent que nous revenons dans le droit chemin et bien qu’il ne soit pas encore midi, l’excuse de l’heure du repas tombe à point. Nous regagnons les grandes avenues animées du centre, quant aux parcs du centre-ville, ils sont remplis de famille en train de pique-niquer.
Une fois encore la salle de restaurant se trouve à l’étage, mais ici en plus de la petite boutique de souvenirs du rez-de-chaussée, l’endroit comporte une terrasse ombragée (la première que nous voyons) fréquentée par des familles en train de consommer des jus et des crèmes glacées. Le menu d’aujourd’hui comporte en plus des petits plats habituels (toujours délicieux) des beignets de crevettes et de poissons (tempura) et une rondelle d’un gâteau roulé. Les écrans plats installés au-dessus de la mini-scène de karaoké diffusent en boucle le même spectacle de Noel que nous avons déjà vu dans l’avion… mais ce coup-ci nous aurons l’occasion de voir le grand finale.
L’un des Suédois ayant émis le souhait de prendre un café (un vrai !) nous remontons dans le minibus pour parcourir une paire de centaines de mètres jusqu’au prochain hôtel de luxe (apparemment la marche sur l’avenue parmi la foule des grands jours doit être trop fatigante pour nous !).
Le lobby, d’un style plus que douteux avec ses faux palmiers lumineux et son escalier en marbre, ressemble davantage à ceux que l’on peut trouver à Abu Dhabi. Une hôtesse nous accueille et nous conduit dans un salon privé encore plus ‘tropical’. Lumière tamisée, plantes luxurieuses en plastique, et mobilier de jardin en fer. Personne n’a osé retirer le petit sapin de Noel décoré de guirlandes clignotantes qui repose derrière la colonne centrale, à moins qu’il ne s’agisse d’un excès de zèle et de prévoyance de la part du manager. Ici la télé diffuse les derniers tubes… de musique classique modernisée, interprétés par un pianiste inspiré sur un fond de paysage enneigé. Sur le bar trône une machine à café flambant neuve gardée par deux jeunes ‘barwomen’. A 6 Euros l’expresso, notre Suédois commence à regretter son idée, en tout cas il ne propose pas de tournée générale…
Re-petit tour en bus pour une balade digestive dans un grand et superbe parc. Par contre celui-ci est entièrement désert. Sur les immenses pelouses immaculées aucune famille en train de pique-niquer ou de jouer au ballon. Un peu plus loin se trouve la chaumière (fraichement restaurée) où vécut la famille du Grand Leader avant son exil en Manchourie. Une autre guide nous attend.
Le temps d’ajuster son micro et la voilà partit dans la récitation d’un texte appris par cœur dans un anglais parfait. Seules les envolées lyriques sur les premières années de la vie du grand-père sonnent légèrement faux et malgré ses efforts répétés, elle n’arrive pas à nous soutirer la moindre larme. Pas même, quand en nous montrant parmi les trois cruches, qui servaient de réservoir d’eau à la famille, celle qui est toute bosselée, elle récite des sanglots dans la gorge : « La famille était si pauvre qu’elle ne pouvait pas s’offrir de belles cruches ». Peut-être que la description de la féroce répression japonaise envers cette pauvre famille patriotique et les malheurs familiaux auront plus d’effets espère-t-elle en entamant une autre déclamation. Hélas, elle doit se rendre à l’évidence : ces cinq jeunes Scandinaves ne font guère preuve d’une grande compassion et les deux frères versent dans un cynisme poli. Il ne lui reste plus qu’à nous montrer le puits familial un peu plus loin et à nous faire gouter l’eau fraiche, celle-là même qui rafraichissait son Grand Leader et le rendait si fort, si intelligent et si beau. Goutons donc cette potion magique !
Une petite promenade dans le sous-bois à regarder une paire d’écureuils se poursuivre dans les arbres nous permet de chasser de nos esprits tous les malheurs qui accablèrent le futur héros national.
Chapitre suivant : la visite du métro, objet de fierté pour la nation toute entière. Tous les touristes étrangers de passage dans la capitale nord-coréenne y ont droit, enfin ont le droit de parcourir quelques stations accompagnés de leurs guides. Pendant le trajet pour rejoindre la station de métro, Hyun nous explique la marche à suivre et l’histoire de cette huitième merveille de modernité.
Commencé en 1965, le métro comprend dix-sept stations reparties sur deux lignes. Sa mise en service a lieu entre 1973 et 1975 et les deux dernières stations sont achevées en 1987. Le style « Réaliste socialiste » des stations et le design du réseau sont calqués sur ceux du métro de Moscou, quant aux noms des stations (Gloire, Camarade, Innovation, Terre dorée…) ils font directement référence aux idéaux de la révolution nord-coréenne plutôt qu’à leur situation géographique. En ce qui concerne les records, puisqu’il en faut, le métro de Pyongyang est le moins cher au monde (10 trajets pour 5 petits cents) et parmi les plus profonds (plus de 100 mètres parait-il). Sur ce dernier point, le traumatisme des bombardements et la perspective d’un conflit nucléaire y sont peut-être pour quelque chose !
16 heures, c’est presque l’heure de pointe alors que nous passons devant les portillons de la station Puhŭng située sur la ligne Chŏllima. Des escaliers roulants plutôt raides nous emmènent vers les profondeurs souterraines où grouille une foule endimanchée. Dans les couloirs aux murs blancs et vierges pas de musiciens en train de faire la manche, seulement les programmes de la radio nationale diffusée par des haut-parleurs nasillards. En haut des derniers escaliers, nous découvrons les quais de la station Revitalisation, tout un programme !
Plafond blanc orné de moulures décoratives et de chandeliers colorés, murs en arcades agrémentés de panneaux en bronze et au centre de deux magnifiques mosaïques montrant des scènes de travailleurs enthousiastes et souriants en pleine action. Mais c’est bien sur celle au fond du quai qui est la plus belle et la plus imposante puisqu’elle représente le Grand-Père Leader casquette sur le crane, l’imperméable ouvert, entouré de toute la gamme des travailleurs en habits de travail en train d’essayer de le rattraper, le tout sur un fond de pylônes électriques et de cheminées crachant des nuages de fumées grises, synonymes de progrès et de modernité mais pas très écolo.
Comme les travailleurs nord-coréens ne sont jamais fatigués, on ne trouve pas de banc sur les quais, par contre comme ils sont toujours avides d’information, on y trouve des vitrines où ils peuvent dévorer les pages de leur quotidien favori : le Rodong Sinmun et y découvrir les dernières photos du Petit-Fils Leader.
Les rames de métro se suivent rapidement. Elles ressemblent à celles qui circulaient à Berlin (Est et Ouest) avant la réunification (peut-être un signe ?!). L’intérieur est plutôt sobre et sombre, banquettes en longueur, panneaux en formica imitation bois et l’unique décoration sont les deux petits portraits de qui l’on sait (pas moyen d’échapper à leurs sourires !)


Quant aux passagers, ils font comme si nous n’existions pas, seuls quelques gamins nous jettent quelques regards furtifs. Il faut attendre soit cette petite fille qui veut coute-que-coute toucher les cheveux blonds de l’unique fille de notre groupe soit cet homme légèrement ébréché qui tient absolument à nous céder sa place pour que quelques rires et regards plus directs soient échangés.
La station suivante, Gloire, est encore plus imposante avec ses voutes soutenues par de colonnes en marbre sculptées et enjolivées de dorures. Au plafond pendent de superbes lustres en forme de bouquets de fleurs de toutes les couleurs et les murs sont décorés de mosaïques massives représentant des parcs fleuris, le fleuve et la ville. Celle située près de la sortie montre un paysage grandiose composé de lacs, de montagnes et de fleurs sauvages.
Cinq stations plus loin, tout le monde descend, nous sommes arrivés à Triomphe. Ici, en plus de la statue dorée du Grand Leader l’Ancien déclamant derrière un pupitre, le bras tendu vers un avenir radieux, nous découvrons d’autres immenses mosaïques exaltant le travail, le socialisme et la révolution. Une représentation du Réalisme Socialiste dans toute sa splendeur… sous forme de bande dessinée géante !
Nous retrouvons la lumière du jour pour découvrir une autre fierté nationale et un autre record du monde : l’Arc de Triomphe de Pyongyang. Plus haut de plusieurs mètres mais bien moins triomphant que celui de Napoléon, ce monument, inauguré pour les soixante-dix ans du Leader Eternel en 1982, glorifie encore un peu plus (quand on veut, on peut !) ses exploits militaires au cours de la guerre d’indépendance (1925-1945). L’architecte en chef, un petit malin désirant se faire bien voir, eut même l’idée d’utiliser 25500 blocs de granite blanc, soit un bloc pour chaque jour de la vie d’un homme de soixante-dix ans.
Sur la droite, une allée bordée de statues de sportifs en pleine action conduit à l’entrée d’un autre stade. Juste à côté, une autre mosaïque gigantesque marque l’endroit où le Grand-Père Immortel fit son plus beau discours, un jour de… victoire surement ! Plus loin, au-dessus du parc qui recouvre une partie de la colline, la tour des télécommunications déploie ses antennes.
Hyun nous rappelle que c’est maintenant l’heure de faire du shopping et qu’il faut traverser le rond-point par le passage souterrain. Dans le magasin de souvenirs nous découvrons ce que le pays a à offrir à ses touristes : robes traditionnelles, costumes de Leader, tableaux, posters, statuettes de soldats, boites de thé, bouteilles d’alcool et plus étrange des boites de comprimés de Sang Royal frais apparemment très efficaces pour les personnes souffrantes de maladie du cœur (et peut-être de cœur ?!), de perte de mémoire et de… troubles radioactifs !!!
Ce n’est pas ici que nous dépenserons des fortunes, ni dans le magasin suivant d’ailleurs, une librairie proposant tous les écrits des ex-Leaders (le présent Leader n’étant pas encore un écrivain célèbre), la collection complète, en plusieurs langues, de la Pensée du Juche (doctrine stalinienne revue et corrigée par le Suprême Grand-Père lui-même) et quelques ouvrages illustrés sur l’art ou la géographie de la République populaire démocratique de Corée.
Puisqu’il nous reste encore du temps libre, Hyun nous propose d’aller visiter la place Kim Il-sung, l’équivalent nord-coréen de la place Tiananmen. Située sur la rive gauche du fleuve, elle est le cœur de la capitale, l’endroit où ont lieu toutes les grandes manifestations populaires et défilés militaires régulièrement organisés par l’état. Elle est dominée par la Bibliothèque Nationale et entourée d’autres imposants bâtiments qui abritent, on imagine, des ministères. Sur la rive d’en face, se trouve la Tour du Juche surmontée d’une flamme rouge.
La place est déserte, enfin presque car quelques enfants profitent de l’espace pour faire du patin à roulettes sous les regards bienveillants des ex-Grands Leaders. Le sol est couvert de centaines de symboles et de numéros peints de couleurs différentes qui servent de marques pour les troupes lors des défilés. Le long de l’esplanade qui longe les berges, des aires de jeux et des courts de basket et volleyball ont été aménagés. Ils sont les points de rendez-vous favoris pour les jeunes sportifs et les parents qui amènent leurs enfants s’amuser sur les manèges.
Au bord de l’eau, quelques pêcheurs surveillent leur ligne. Plus loin, une dizaine de pédalos font des ronds dans l’eau. Une partie de volley se crée à l’improviste entre quelques membres du groupe et des jeunes locaux. C’est le premier contact direct avec des Nord-Coréens depuis notre arrivée. Comme quoi le sport peut faire tomber des barrières. Bientôt quelques badauds et cyclistes s’arrêtent pour observer cette scène qui, à voir leurs regards étonnés, ne doit pas se dérouler très souvent.
La nuit commence à tomber alors que nous regagnons l’hôtel. Le repas se prend dans le troisième restaurant de l’hôtel, le plus petit mais aussi celui qui a le plus grand écran de télévision. Ça tombe bien puisque le journal télévisé vient de commencer ! Les premières vingt minutes sont consacrées aux dépôts des couronnes de fleurs au Cimetière National des Martyres de la Guerre par les pontes de l’état. C’est amusant de retrouver à la télévision les endroits que nous avons visités le matin même, d’ailleurs nous reconnaissons le buste de la Mère de Dieu. C’est également l’occasion de juger la plus belle courbette. Notre palme va aux généraux, vainqueurs haut-la-main. Les vingt minutes suivantes sont consacrées aux cérémonies identiques qui ont eu lieu dans le reste du pays. Quel dommage, nous ne verrons pas la fin car notre programme de la journée continue aussi le soir…
Ayant émis le désir d’en connaitre un peu plus sur la vie nocturne de la capitale, Hyun nous propose d’aller visiter une micro-brasserie près de la Tour du Juche. Pourquoi pas ?
On ne peut pas dire que la Rive Droite beigne sous les feux des projecteurs. Dans les rues déjà désertes les lampadaires ne diffusent qu’un semblant de lumière. Tout semble avoir été réservé pour l’illumination de la Tour du Juche et les statues géantes qui occupent les jardins au pied de la tour. Puisque nous sommes juste à côté, autant aller voir de plus près cette structure, croisement entre un obélisque et un phare. C’est aussi l’occasion d’admirer les illuminations sur la Rive Gauche (qui elle ne semble pas connaitre les mêmes restrictions).
Décidément les soixante-dix ans du Grand-Père Leader furent l’occasion de grands travaux puisqu’en plus de l’Arc de Triomphe, on lui dédia également cette tour. Haute de 150 mètres, elle est composée de blocs de granite blanc (gris maintenant) et est surmontée d’une flamme rouge qui brille dans la nuit. Comme l’architecte de cette tour voulait être aussi bien vu que l’architecte de l’Arc de Triomphe, il décidât lui aussi d’utiliser 25 500 blocs (tricheur, va !) mais il s’arrangeât à les empiler en 70 « étages » (histoire d’avoir un bon point supplémentaire !!!).
Dans les jardins, nous apercevons une dizaine de jeunes gens assis au pied des statues en train d’étudier. La présence de la tour serait-elle une source d’inspiration ? Peut-être mais le fait que ce petit parc soit le seul endroit de la capitale à ne pas subir de coupure de courant doit surement y être pour quelque chose…
Jamais nous n’aurions trouvé l’entrée de cette micro-brasserie car elle est située dans une espèce d’immeuble résidentiel au deuxième ou troisième étage et qu’aucune enseigne n’indique ce lieu de débauche.
Nous pénétrons dans une salle plongée dans une demi-pénombre, un bar en bois, des poutres en bois, des tables et des chaises en bois et les murs recouverts de panneaux en bois, on pourrait se croire dans un chalet… en bois, un soir d’après-ski, il ne manque que le feu de… bois. Seules trois tables sont occupées, l’une par un couple d’Occidentaux, les deux autres par des touristes asiatiques qui ne tardent pas à partir. Au menu : trois variétés de bière : houblon, orge-réglisse ou riz.
Pendant qu’une partie du groupe distrait les guides-accompagnateurs, les autres entament la conversation avec le couple qui s’avère être un homme d’affaires polonais résident à Pyongyang et l’ambassadrice tchèque. Evidemment, le son de cloche à propos de la situation actuelle du pays est à l’opposé de celui de nos guides, le leur est plus conforme à ce que nous savons déjà via les media non nord-coréens. Pénuries de tout (surtout en hiver), trafics en tout genre, contrôles permanents, répression… « Tout fout le camp mais il y a quand même du fric à faire. » nous assure l’homme d’affaires en guise d’étrange conclusion !?
Quant à la bière de riz ? Pas mal du tout, en prime elle m’a permis d’apprendre quelques mots de coréen très facilement… mais peut-être pas de m’en souvenir le lendemain matin !!!
Pyongyang 20 Septembre
Les matins à l’hôtel Yanggakdo se suivent et se ressemblent, seule l’heure du rendez-vous dans le lobby varie. Aujourd‘hui c’est 8 heures… à part que les deux copains Suédois ont oublié de se réveiller. Ah, le bonheur des voyages en groupe !
Hyun est inquiète, ce retard lui crée un problème car nous risquons soit de faire attendre les militaires (jamais une bonne idée) soit carrément louper la visite de la Zone Démilitarisée ou DMZ (mauvais coup pour la propagande). La DMZ est une zone tampon coupant la péninsule en deux au niveau du 38ème parallèle nord et qui est devenue après les accords d’armistice de 1953 la frontière entre les deux Corées.
La traversée du centre-ville et des banlieues au sud se fait rapidement. Nous passons sans nous arrêter à proximité du monument de la Réunification, une espèce d’arche en pierre symbolisé par deux femmes tenant un globe puis retrouvons l’autoroute du sud aussi déserte et aussi pleine de nids de poule que celle que nous avons empruntée pour aller à Nampho.

Le temps est doux mais devient de plus en plus nuageux à mesure que nous descendons vers le sud. L’autoroute traverse un paysage de champs puis de montagnes et de vallées que parcourent des rivières plus ou moins larges. Les champs paraissent être prêts pour la moisson mais restent désespérément vides d’activité. Ici et là, nous n’apercevons très brièvement que quelques groupes de paysans une serpe à la main, aucun tracteur, aucune charrette. Les villages que nous discernons parfois au loin ressemblent, en moins pimpant, à ceux remarqués deux jours plus tôt. Dans les pâtures même le bétail est absent. En fait pendant tout le trajet jusqu’à Kaesong (situé à environ150 kilomètres de Pyongyang) nous ne voyons qu’à deux reprises une dizaine de chèvres et quelques bœufs.
A mi-chemin, arrêt au restoroute ! On s’y croirait presque en voyant cet édifice en béton qui enjambe la Reunification Highway. Hélas pas de cafeteria avec vue panoramique sur l’autoroute, seulement des toilettes malodorantes qui fuient. Tant pis pour les malheureux qui n’auraient pas pris une bonne bouffée d’air avant d’ouvrir la porte. Sur le petit parking, deux jeunes femmes ont dressé des tréteaux remplis de babioles, de pommes, de sachets de poissons séchés, de canettes, de paquets de cigarettes et de bouteilles d’alcool et tiennent fermement le thermos d’eau chaude. Ici la tasse de Nescafé coute le même prix que le bol de noodles importées directement de Chine : 1€
A gauche, les sommets des montagnes se perdent dans les nuages gris, à droite les anciens méandres d’une rivière disparaissent sous une immense retenue d’eau créée par un barrage. Encore quelques tunnels et voilà la ville de Kaesong entourée par une chaine de montagnes. Plus loin, Monsieur Ho me montre les toits des usines et des hangars de la zone industrielle (actuellement fermée) créée avec des capitaux sud-coréens pour utiliser la main-d’œuvre nord-coréenne tellement bon marché. « On y fabrique de tout, pièces détachées, vêtements, chaussures, produits alimentaires et de très bonne qualité. » m’affirme-t-il. Ce qu’il n’ajoute pas est le fait que cette récente fermeture entraine un véritable marasme économique pour la région et le pays.
Les choses sérieuses commencent car nous sommes sur le point d’arriver au premier contrôle de la zone démilitarisée marquée par une arche en béton, un slogan et un panneau nous indiquant que Séoul n’est qu’à 70 kilomètres !
Tout le monde descend sous les regards vigilants des sentinelles armées et se réfugie dans un bâtiment qui fait office de… magasin de souvenirs !? On y trouve absolument les mêmes choses que la veille, seul l’éventail des thés et boissons au ginseng est plus large et peut-être aussi celui des casquettes proclamant « Korea is One », détail quelque peu saugrenu alors que nous sommes justement sur la ligne qui la divise en deux !
Hyun peut souffler car ce n’est pas son groupe qui est en retard mais un autre plus important qui finit par débarquer une demi-heure plus tard. Nous reconnaissons quelques têtes aperçues soit à l’aéroport soit pendant la visite du mausolée.
Nous suivons le gradé dans la pièce suivante et nous nous plaçons en demi-cercle devant la grande carte schématique qui détaille la frontière et les installations des deux côtés de la frontière. L’homme à la casquette, un capitaine ou un major quand même, prend sa longue règle et pointe plusieurs symboles et lignes en expliquant le pourquoi du parce que et énumère les choses à faire et à ne pas faire. Ses propos sont traduits par Hyun et il en ressort que pour notre protection nous serons escortés par ses collègues, que nous devrons suivre les chemins balisés car nous pourrions marcher sur une mine, qu’il n’est pas conseillé de faire des gestes brusques ni de courir et que nous avons vraiment de la chance d’être du bon côté de la ligne, Vive l’Armée Populaire. « Des questions ? Tout le monde dehors, en file indienne. » traduit Hyun.
Nous passons donc un par un dans un passage dans le mur en béton sous les regards cette fois inquisiteurs des soldats et remontons dans nos bus respectifs qui attendent déjà de l’autre côté. Nous roulons une paire de kilomètres sur une petite route qui traverse des champs et des marécages avant de redescendre pour visiter les bâtiments où ont été signés les accords d’armistice et qui font office maintenant de musée.
Dans la première salle, on découvre plusieurs tables et des chaises ?! « Tout a été laissé tel quel. » insiste le capitaine/major après avoir détaillé les difficiles négociations. Nous passons ensuite dans le bâtiment suivant, bien plus grand puisqu’il a servi aux cérémonies officielles. « Ce bâtiment a été construit en quelques jours par les soldats de l’armée populaire victorieuse, sous l’ordre de l’Eternel Leader. » précise le gradé. Sur les murs sont accrochés des photos d’époque montrant les acteurs principaux, des copies des documents signés et quelques scènes de guerre et de destruction. Au centre, une grande table sur laquelle reposent les documents officiels et drapeaux des délégations protégés par des boites en verre.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, un petit retour en arrière n’est pas inutile et révèle quelques surprises. Tout commence donc en 1910, année de l’annexion de la Corée par le Japon. L’occupation cruelle et impitoyable donne lieu à des soulèvements populaires qui sont rapidement et durement réprimés. Massacres, expulsions et exil mais aussi résistance et création de comités populaires qui combattent l’occupant dans l’ensemble de la péninsule.
La première surprise donc est d’apprendre que l’idée d’une division de la Corée remonte à la conférence de Yalta de 1945, quand Américains et Soviétiques s’accordent pour occuper militairement et conjointement (et de manière provisoire) la Corée une fois la victoire sur les forces d’occupation japonaise acquise. Les Américains proposent comme limite le 38éme parallèle. Deuxième surprise, ce sont les Russes qui arrivent les premiers en Corée (Aout 1945) avec dans les rangs de l’Armée Rouge… le Grand-Père ! Les Américains débarquent en Septembre, après la capitulation japonaise et le départ des troupes japonaises.
S’ensuit une période d’instabilité et l’émergence de nombreuses factions politiques aussi bien communistes que nationalistes conservateurs supportées par chacune des deux forces occupantes. Les déchirements internes et l’occupation conjointe accentuent la division malgré la promesse d’élections communes sous l’égide des Nations Unies.
Au nord, l’Union Soviétique, considérant l’Organisation Nations Unies comme étant pro-occidentale (la Chine est, à cette époque, représentée par les nationalistes de Chiang Kai-shek) bloque l’entrée de la Commission de l’ONU chargée de superviser les élections générales. Le soutien de Moscou permet au Grand-Père de prendre le pouvoir qui s’empresse de prendre deux mesures populaires : la mise en œuvre d’une réforme agraire et l’épuration de l’ancienne administration coloniale.
Au sud, les Etats Unis refusent de reconnaitre les comités populaires qui représentent au niveau local le Comité pour la préparation de l’indépendance issu de la Résistance, et soutiennent une coalition conservatrice menée par Syngman Rhee et rassemblant nationalistes, propriétaires fonciers, hommes d’affaires et anciens collaborateurs de l’appareil colonial.
Chacun des deux camps met donc en place son homme fort que des élections, organisées séparément, permettent de légitimer. En Aout 1948, les élections au sud donnent naissance à la République de Corée, celles au nord, organisées le mois suivant, à la République Populaire Démocratique de Corée. L’épuration des opposants peut commencer et ce des deux côtés, entrainant ainsi d’importants mouvements de population de chaque côté de la frontière. En 1949, les forces d’occupation se retirent complètement au nord… mais partiellement au sud.
Les incidents de frontière sont permanents. Le 25 Juin 1950, Grand-Père ne tenant plus lance ses troupes vers le sud. Leur progression est rapide, en quelques semaines elles ont envahi la quasi-totalité de la péninsule. En Septembre 1950, les Etats-Unis, contraints d’agir, sollicitent l’intervention des Nations Unies. Les débarquements à Pusan et à Inchon permettent de repousser l’armée nord-coréenne pratiquement jusqu’à la frontière chinoise. En Novembre 1950, c’est l’armée chinoise qui entre en scène, elle lance une contre-offensive et repousse, en Janvier 1951, les forces de l’ONU bien en dessous du 38ème parallèle. Pendant les deux années qui suivent les offensives sont suivies de contre-offensives, toutes aussi meurtrières les unes que les autres, enfin le front se stabilise au niveau de la frontière initiale.
Le 25 Juillet 1953, après plus de trois millions de morts, l’armistice est signé à Panmunjeon, un petit village situé près de la ligne de front, plus précisément dans les bâtiments que nous sommes en train de visiter.
La frontière actuelle correspond à la ligne de cessez-le-feu fixée au moment de la signature de l’armistice. Les accords stipulent également que les troupes doivent se retirer de deux kilomètres de part et d’autre de la ligne, créant ainsi une zone démilitarisée longue de 240 kilomètres et large de… 4 kilomètres. Les accords détaillent également combien de soldats peuvent patrouiller dans la DMZ ainsi que le type d’armement autorisé. Mais ceci n’empêche pas les nombreux incidents de frontière de se produire d’ailleurs plus de cinq cents soldats sud-coréens (surement davantage au nord mais ça c’est secret-défense !) et une cinquante de soldats américains sont morts depuis la fin des hostilités. Le plus récent ne remonte qu’à quatre jours quand un homme fut abattu par des soldats sud-coréens alors qu’il tentait de gagner à la nage la rive nord-coréenne près de Paju.
Parmi les incidents les plus importants on trouve la découverte de tunnels nord-coréens et aussi celui appelé « Incident de la hache » qui se déroule en 1976. Huyn me promet de raconter la suite sur le chemin du retour, car il faut y aller… notre capitaine/major s’impatiente.
Troisième surprise, il existe deux villages dans la DMZ, Kijong-dong Tae au nord et Sung Dong au sud. Des fenêtres du minibus nous apercevons, au-delà des champs, les toits bleus des maisons et des petits immeubles de Kijong-dong Tae. Bizarrement ce village serait parait-il inhabité, les bâtiments que nous voyons ne seraient que des coquilles vides !? Nous apercevons également (pas facile de l’ignorer), juste à côté du village, un immense mat en haut duquel flotte le drapeau nord-coréen. Erigé dans les années quatre-vingts, ce mat de 160 mètres (oui, un record mondial à l’époque !) fut la réponse à celui érigé quelques temps plus tôt par les Sud-Coréens (le leur ne fait que 98 mètres).
Bien, cette fois nous arrivons au cœur du cœur de la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area), l’endroit où ont eu lieu toutes les négociations depuis 1953 et qui consiste en un ensemble de bâtiments divers de part et d’autre de la Ligne de Démarcation Militaire.
Sur le parking, réalignement par rangée de quatre puis en avant au pas cadencé sur le sentier qui mène jusqu’aux marches du Panmungak, un édifice de trois étages qui fait face à la Freedom House située juste en face. Au centre, six bâtiments bas, parfaitement alignés sur la Ligne de Démarcation Militaire, sont gardés par des soldats nord-coréens (les soldats sud-coréens restent invisibles). Notre bon militaire nous propose d’aller admirer la vue de la terrasse du troisième étage.
Voilà donc le Rideau de Bambou. Bien moins angoissant que le Mur de Berlin mais tout aussi impressionnant et surement tout aussi efficace ! Aucune activité de l’autre côté, pas même une âme qui vive ! L’unique animation vient des sentinelles nord-coréennes qui font quelques relèves de garde, histoire de chasser leur ennui.
Bref rien à signaler au sud ! En fait, à part le mat sud-coréen, une tourelle d’observation déguisée en pagode et quelques arbres, nous ne voyons pas grand-chose du reste de la péninsule.

La frontière semble si facile à franchir. C’est surement ce qu’a dû penser ce touriste russe quand il est venu en visite officielle en Novembre 1984 et qu’il a décidé de courir vers le sud en criant qu’il demandait l’asile politique. S’ensuit un échange de coups de feu. Résultat trois soldats nord-coréens et un soldat sud-coréen furent tués mais le transfuge réussît son coup !
Heureusement, rien de tel aujourd’hui et nous pouvons regagner le bus tranquillement. Les militaires sont maintenant souriants et nous font des grands signes d’au revoir. Ils sont surement soulagés de nous voir partir et de retourner à leur tranquillité. En plus il semblerait que la récolte des cigarettes auprès des touristes qui tenaient à se faire prendre en photo en leur compagnie a été bonne.
Dernière surprise, la DMZ est devenu au fil des années et malgré ses champs de mines et ses barrières de barbelés, la réserve naturelle la mieux préservée au monde (un record indirect cette fois !). Elle est maintenant un refuge pour plusieurs espèces animales en voie de disparition et l’on parle même de la mettre sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial… ou même de la transformer en Parc de la Paix ?!
Il ne nous reste plus qu’à prendre le chemin du retour jusqu’à Kaesong où nous prenons un autre déjeuner copieux caché sous une douzaine de petites cloches.
Il ne reste pas grand-chose de l’ancienne capitale du Royaume de Corée, ici aussi la guerre a fait des ravages. On n’y trouve pas non plus les splendides et grandioses avenues à la Pyongyang mais plutôt des rues bordées d’immeubles décrépis, des terrains vagues et une petite rivière qui ne respire pas la santé.
Après le repas, nous allons visiter le marchand officiel de cartes postales et de timbres. Nous visitons également l’ensemble d’anciens temples transformés en centre d’éducation, annexe de l’université locale. Il existe donc quelques vestiges de l’ancien régime… mais point de statues des bouddhas.
Il est temps de reprendre la route. Pendant le trajet, Huyn expose sa version du fameux incident de la hache, un incident tout bête mais qui faillit dégénérer en une guerre totale entre les deux pays.
Tout commence donc le 18 Aout 1976, (une période où, à la suite de tentatives de kidnapping et d’accrochages divers, la tension sur la frontière est extrême) quand un groupe de soldats américains et sud-coréens décide de couper les branches d’un arbre qui cache la ligne de mire de l’un de leurs postes d’observation. L’opération devait se dérouler la semaine précédente en présence de soldats nord-coréens mais pour cause de pluie elle fut annulée. Le 18 donc, l’opération d’élagage commence mais est vite interrompue par l’arrivée d’un groupe de soldats nord-coréens. Le Capitaine Pak de la glorieuse armée populaire démocrate demande au Capitaine Bonifas de l’armée impérialiste d’arrêter immédiatement mais Bonifas fait la sourde oreille. Pak fait demander du renfort puis redemande à Bonifas d’arrêter. Bonifas ordonne de continuer l’élagage, ce qui a le don d’énerver un peu plus Pak qui finit par ordonner l’attaque. Massacre à la hache ou courageuse bataille (selon le camp) qui se termine par la mort de deux officiers américains.
Le Grand-Père dénonce l’agression impérialiste et obtient le soutien des nations non-alignées, Ford et ses conseillers décident de monter une opération de grande envergure pour aller couper l’arbre et le président sud-coréen Park Chung-hee préfère temporiser.
Trois jours plus tard, alerte maximale et mobilisation générale. Celle-ci implique des centaines de troupiers, des hélicoptères, des B52 et même le porte-avions Midway ! Les Américains armés de tronçonneuses coupent l’arbre sous les regards incrédules des Nord-Coréens alors que les hélicoptères tournoient au-dessus de la DMZ. Quarante-deux minutes plus, les Américains et Sud-Coréens remballent sans qu’un coup de feu ait été tiré… On n’ose pas imaginer les conséquences si le Grand-Père avait réagi. En tout cas depuis cet incident, les deux parties se sont accordées à ne plus traverser la ligne de démarcation.
Après la pause Nescafé au resto-route toujours aussi peu fréquenté, c’est Monsieur Ho qui vient me faire la causette. En plus de nos discrètes transactions monétaires (€10 contre des Wongs souvenirs), nous bavardons de chose et d’autre, de nos vies respectives et de nos familles. Ainsi j’apprends que son métier de traducteur lui a permis d’accompagner des délégations en Chine, en Russie, en Roumanie, en Allemagne de l’Est et même en Côte d’Ivoire et en Haute-Volta (ce qui m’indique que ses voyages ne sont pas récents, puisque la Haute-Volta s’appelle le Burkina Fasso depuis 1984!) et qu’il aimerait bien visiter d’autres endroits mais qu’hélas depuis la chute du Socialisme, le choix des destinations se réduit. Il m’apprend également qu’il est veuf, sa femme est morte d’un cancer et ce malgré la qualité de la médecine traditionnelle mise en place en Corée du Nord (?!), que son jeune fils rêve de devenir ingénieur car il adore les ordinateurs, qu’il habite près du centre de Pyongynag, qu’il travaille beaucoup avec les touristes chinois et déplore le peu de touristes français qui visitent la Corée du Nord, mais heureusement il y a toujours quelques touristes suisses pour lui permettre de parler français. Puis viennent ses questions l’Australie (qu’il ne semble pas connaitre du tout), la vie que je mène là-bas et sur les possibilités d’y émigrer. Au travers cette longue conversation, je me rends rapidement compte qu’il n’est pas dupe ni complètement « brainwashed » mais plutôt résigné. Sa situation de traducteur le place plutôt bien dans l’échelle sociale, l’accès aux devises étrangères lui permet ainsi qu’à sa famille un certain confort et le contact avec l’étranger et les étrangers lui apportent une fenêtre sur l’extérieur que la majorité de ses concitoyens n’ont pas. Pour autant il ne semble pas être envieux de la vie occidentale car « ici tout est gratuit et personne ne paie d’impôts » ajoute-t-il. Son modèle, peut-être parce qu’il y va plus souvent, reste la Chine « Communiste et moderne. ». Quant à la réunification, il y croit, « L’important ce n’est pas le modèle économique mais la culture commune. ».
Peut-être, mais à observer la réunification allemande, on a compris que c’est bien le premier qui influence la seconde… au grand désespoir des Allemands de l’Est !
Mais voilà déjà les boulevards de la capitale. Nous arrivons devant le Palais des Enfants. « Vite vite, il faut se dépêcher car la représentation des enfants talentueux a déjà commencé. » nous dit Hyun en accélérant le mouvement. Dans le noir, nous nous installons dans de confortables fauteuils le plus discrètement possible. L’audience composée de touristes et d’écoliers semble être hypnotisée par ce spectacle préparé par les enfants, définitivement talentueux. Les numéros sont courts, variés, plaisants, amusants et parfois même époustouflants et se succèdent rapidement sans interruption. Musiciens, acrobates, danseurs, chanteurs, tous ont du répéter des centaines de fois pour arriver à un tel niveau de professionnalisme. Chaque geste, chaque mimique, chaque pas a été minutieusement étudié, il en résulte un manque de spontanéité mais le talent de ces p’tits bout’choux est tout simplement extraordinaire.
L’un de nos Suédois, devant maintenant passer un coup de fil mystérieux et urgentissime à son ambassade, nous voilà de nouveau à faire la tournée des grands hôtels de la capitale (heureusement peu nombreux), car ce sont les seuls endroits susceptibles d’avoir des téléphones publics. Pour le reste du groupe c’est l’occasion de visiter d’autres avenues grandioses et d’autres lobbies d’hôtel. Pas vraiment passionnant mais cette tournée nous permet de voir l’équipe nationale de football chinoise revenir de l’entrainement. Evidemment ce n’est pas l’équipe d’Espagne mais bon, on a les stars que l’on peut !
Et voilà maintenant notre jeune danois qui propose d’aller manger une pizza !? En effet, il a lu dans un guide que le Père Leader avait développé un gout prononcé pour les pizze, à tel point qu’il fit venir un pizzaiolo pour qu’il apprenne à ses chefs comment faire les meilleures pizze (… au monde ?!). Depuis les pizzerias sont devenues des endroits populaires à Pyongyang. Surprise et flattée devant tant de connaissance sur les gouts du Père Leader, Hyun chamboule le programme et nous voilà en route pour la plus célèbre pizzeria de la capitale.
Au-dessus de la porte, un néon rouge et vert nous annonce la couleur. A l’intérieur, un bar, une mini-scène de karaoké, quelques tables sur deux niveaux et une partie cuisine ouverte sur la salle et où s’activent deux élégantes jeunes filles devant les fours à bois.
La chanteuse reprend quelques vieux tubes européens, l’écran de TV diffuse le programme de Noel (que nous connaissons déjà !), deux tablées d’Allemands s’empiffrent et trinquent, dans un coin deux jeunes couples locaux (et friqués !) s’aiment (apparemment) pendant qu’au bar trois mecs vident des bières en matant la chanteuse. Notre Suédois se rachète en nous offrant une bouteille de Chianti (moins chère que six expressos !). Pour ce qui est des pizze : deliziose. Un bon point pour le Père Leader.
Après cet intermezzo impromptu nous reprenons le programme prévu. Puisque nous en sommes déjà à notre dernière soirée, le programme consiste en un diner d’adieu dans le restaurant coréen où est servi le plus copieux hot pot… Décidemment, on les aime les hot pots dans ce pays !
Mais c’est vrai que celui-ci est vraiment exceptionnel, c’est la version Deluxe. En plus il est servi avec une espèce de saké (pas rancuniers ces Nord-Coreens !) et accompagné de la bouteille de Chianti ramenée de la pizzeria !? Et pour la première fois nos guides s’attablent avec nous. Savoureux dernier repas et chaleureux moment aux parfums de fin d’aventure. En effet, nos compagnons de voyage reprendront l’avion pour Pékin demain matin tôt alors que nous prendrons le train en fin de matinée.
Tous, sommes d’accord pour dire que l’« aventure » valait la peine même si elle a été appréciée à des degrés différents. Contrairement à nous, nos cinq Scandinaves, n’ayant pas eu l’occasion de connaitre d’autres pays communistes, n’apprécient peut-être pas les différences que nous avons remarquées tout à long de ce séjour par rapport à l’Europe de l’Est des années quatre-vingts par exemple.
Bon voyage et qui sait à la revoyure !
Pyongyang 21 Septembre
Ce matin, pas la peine de se presser puisque notre train ne part pas avant dix heures trente. Aujourd’hui les ascenseurs sont en forme et obéissants, idem pour le toaster et puisque nous sommes les derniers dans le restaurant panoramique nous ne devons même pas partager la bouilloire.
Brève attente dans le lobby désert. Huyn et Mr Ho reviennent de l’aéroport où ils ont déposé, comme prévu, nos ex-compagnons de voyage. Il ne nous reste plus qu’à monter dans notre minibus et à filer vers la gare toute proche. En route, les passagers des bus surchargés lancent des regards envieux sur les sièges vides du minibus.
Nos guides nous évitent la cohue qui règne autour de la gare et nous poussent dans la salle d’attente des invités de marque. Les gros fauteuils sont couverts de napperons en dentelle semblent être aussi anciens que la gare (rebâtie vers la fin des années cinquante). En tout cas ils sont confortables. Mr Ho revient avec nos billets tamponnés, nous pouvons donc passer la porte qui mène au quai incroyablement large. Le train est déjà là et la locomotive arrive doucement. Les vieux wagons verts nord-coréens sont réservés aux locaux, les deux autres, plus récents sont chinois et réservés aux quelques étrangers qui font le voyage jusqu’à Dandong ou Pékin.
Notre compartiment, qui comprend quatre couchettes est rempli de valises ! Pas de panique, ce sont seulement nos voisins (des Chinois-Coréens ou des Coréens Chinois de retour à la maison) qui se sont trompés de compartiment. Dernier au-revoir à nos charmants et attachants guides qui nous remercient d’être venus en Corée du Nord. Photo souvenir avant de monter dans le train.
Coups de sifflet, fermeture des portes et installation dans notre compartiment maintenant vide. Nous le partageons avec un officiel nord-coréen qui, dès que le train démarre, quitte son costume pour se mettre en pyjama et part rejoindre ses collègues dans le compartiment d’à côté, et un homme d’affaires chinois en train de tester la gamme de sonneries disponibles sur son portable. Super !
Par la fenêtre, nous regardons défiler les banlieues de la capitale qui ne tardent pas à laisser place aux étendues de champs. Un ciel bien gris annonce la pluie. Plus tard une jeune fille prend la commande du déjeuner, menu unique. Elle est suivie du contrôleur qui distribue une flopée de formulaires de douane en chinois et en coréen (?!).
Les bas-côtés le long de la voie de chemin de fer sont couverts de magnifiques fleurs jaunes et mauves, agréables touches de couleurs qui tranchent avec la grisaille environnante. L’allure pépère et le roulis régulier sont propices à l’endormissement mais les arrêts en gare, assez fréquents, sont autant de sursauts. Les gares se ressemblent toutes : bâtiments rectangulaires blanchis surmontés des portraits des deux poster-boys nationaux et entourés petits jardinets ornés de pots de fleurs. Sur les voies de garage quelques wagons anciens sont laissés à l’abandon, ailleurs c’est une locomotive emboutie qui rouille en paix.
Les paysages sont heureusement plus variés. Coté compartiment ce sont des champs encadrés de collines encore boisées au sommet, des plaines parsemées de petits villages entourés de haies ou de murs, des bocages parcourus par de larges rivières et bientôt remplacés par des marécages qui s’étendent jusqu’à la côte. Coté couloir, ce sont des petites montagnes qui viennent trempés leurs orteils dans la longue plaine côtière. C’est aussi le coté le plus animé puisqu’une route longe la voie ferrée et c’est également de ce côté que se situent les petites villes, les grosses bourgades et quelques usines.
L’architecture varie à mesure que l’on se dirige vers le nord. Les maisons basses, style fermettes tout en longueur, aux toits couverts de tuiles grises et aux murs plus ou moins blancs des villages sont remplacées par une version plus coquette à mi-chemin puis disparaissent complètement pour laisser place aux enfilades de petits immeubles en béton de trois ou quatre étages laissés à des stades de finition très variables.
La jeune fille revient à l’heure prévue avec un sac plastique contenant des barquettes de riz, de viande et de légumes, une bouteille d’eau et des baguettes. Pas vraiment appétissant mais pourtant très bon… surtout si l’on aime rogner les os !
La promenade digestive ne nous mène pas très loin. Les wagons locaux, longs dortoirs collectifs baignés dans un mélange d’arômes indéfinissables mais tirant vers le répulsif, n’incitent vraiment pas à la visite. Jeux, discussion et lecture meublent le reste du voyage.
Le soleil et le ciel bleu reviennent et illuminent le vaste tapis jaune des rizières qui a fini par remplacer les marécages. Notre compagnon de compartiment pointe au loin les montants d’un immense pont en construction et marmonne « Dandong ». Il s’agit du nouveau pont qui, une fois terminé, reliera la Chine à la Corée du Nord. Nous approchons donc de la frontière et de la ville de Sinuiji dont nous apercevons déjà les premières banlieues décrépies et les usines.
Au-delà des rizières émergent la ville de Dandong et sa multitude de buildings modernes. Le contraste entre les deux rives de la rivière Yalou qui sépare les deux pays est saisissant. Le train finit par s’arrêter complètement. Les passagers des autres wagons envahissent les quais puis disparaissent vers les passerelles. Le personnel militaire fait des va-et-vient puis se décide à monter dans le train pour inspecter les bagages et embarquer les passeports.
Surprise, le douanier qui examine nos valises parle français et se sent d’humeur bavarde ! Evidemment le fait que deux frères puissent avoir des passeports de différentes nationalités le surprend un peu mais pas autant que les paquets de Gauloises Made in Germany recouverts de messages de santé en russe ! Les quelques paquets que nous lui proposons partent discrètement au fond de sa poche, ils ont un effet magique car ils accélèrent la fouille et nous évitent une inspection plus approfondie des appareils photos alors que dans le compartiment d’à côté les seuls mots prononcés par leur douanier sont « Delete photo, delete photo. »
L’attente est longue et l’unique distraction consiste à regarder ces pauvres terrassiers (et terrassières !) sans pelles, ni gants en train de mettre des cailloux sur des chiffons et de les balancer sur les remblais. Deux heures plus tard, premiers signes de mouvements dû au changement de locomotive et de voie. Les douaniers distribuent les passeports au petit bonheur la chance et Luc se retrouve avec le passeport néo-zélandais de l’un des occupants du compartiment du fond !?
Le soleil est sur le point de se coucher alors que nous franchissons le pont de l’amitié sino-coréenne édifié vers la fin des années trente… par les Japonais. L’autre pont, construit vers 1910, fut en partie détruit par les Américains au début de la guerre de Corée et n’a jamais été reconstruit. Je ne sais pas si l’on y danse dessus mais, à voir le nombre de touristes, on s’y promène. Ce ‘pont cassé’ est devenu l’attraction touristique de Dandong car il offre une vue encore plus proche de la Corée du Nord.
Ce passage entre ces deux rives ou plutôt entre ces deux mondes n’est pas sans rappeler le contraste qui existait entre les deux Berlin dans les années quatre-vingts. D’un côté la désolation triste et sombre, de l’autre une orgie de néons, une débauche de richesse et de modernité. Quel extraordinaire contraste.

Quelques minutes plus tard le train s’arrête dans la gare ultra moderne de Dandong. Nouveaux formulaires à remplir et autre défilé de douaniers, ceux-là sont moins sympas mais bien plus efficaces. Nouvelle longue attente, d’autres wagons sont rattachés au notre, reste à trouver la locomotive. Notre compagnon de compartiment nous quitte une fois son passeport tamponné.
Je retrouve le cérémonial des contrôleurs chinois qui se mettent au garde-à-vous devant chaque porte du train et du chef de gare qui salue tout ce qui bouge et lance des coups de sifflet dans toutes les directions. Le train s’ébranle lentement et passe en revue les immeubles illuminés par de savants effets de lumières.
Nous partons à la recherche du wagon-restaurant. Pas une mince affaire car il faut remonter seize wagons archipleins de Chinois qui ont envahis les étroits couloirs déjà encombrés par une multitude de paquets ficelés. Certains assis sur les strapontins préparent le repas du soir, d’autres regardent des films sur leur écran portable, jouent au ma-jong ou encore discutent. Les pauvres contrôleurs que nous croisons ont déjà l’air épuisé. Miracle voilà enfin le wagon restaurant… lui aussi archiplein !
Un Canadien, apparemment habitué des us et coutumes locales, nous apprend qu’il y a un menu unique et qu’il faut attendre une heure. L’important est de trouver une place assise à l’une des tables. La chance est avec nous, une se libère devant nous et il suffit parfois d’ ‘oublier’ quelques règles de politesse… La commande est passée reste à attendre les plats… en compagnie de deux armoires à glace tchèques.
Les plats arrivent au compte-gouttes, poisson, légumes puis un quart d’heure plus tard, poulet, pates puis après un autre quart d’heure porc, d’autres légumes et enfin le riz. Les deux Tchèques ayant perdu patience après le premier plat n’auront gouté qu’au poisson (partagé en quatre) et qu’aux haricots ! Jamais nous n’avons mangé autant pour si peu !
Nous ne risquons pas de nous perdre puisque nous sommes dans le wagon de queue. L’officiel nord-coréen brièvement aperçu ce matin au départ à regagner sa couchette et ronfle déjà. Nous n’allons pas tarder à l’imiter.
Entre Shenyang et Tianjin 22 Septembre
Une chape grise recouvre l’éternel chantier qu’est devenue la Chine. Des grappes de tours d’immeubles connectées par d’immenses avenues envahissent lentement mais surement les rizières et les champs et remplacent inexorablement les vieux villages. Il pourrait être n’importe quelle heure mais il est déjà 7h et nous devrions arriver à Pékin vers 9h30. Si le train K28 (Dandong-Pékin) n’est pas le plus rapide (14 heures pour 1132 km), ses couchettes sont au moins très confortables.
A l’heure pile nous entrons en gare de Pékin. Il y règne une atmosphère similaire à celle de la gare de Lyon un jour de grand départ multiplié par dix, allez x 3 car c’est Dimanche ! Nous suivons la foule vers la sortie et nous nous retrouvons sur le vaste parvis. Les queues aux stations de taxi sont interminables. C’est un handicapé et son tuk-tuk qui sauve la situation. Certes le prix de la course, vu l’inconfort et la courte distance est phénoménal mais il y a des sacrifices qu’il faut savoir faire… Coincé la valise sur les genoux tout en aspirant les gaz des pots d’échappement, je l’entends déjà en train de se vanter à la pause devant ses collègues : « Vous savez pas les mecs, ce matin j’ai comme gagné le Lotto avec ces deux rigolos, ils avaient même un air de ressemblance ! Et même que quand ils ont sorti leurs Euros, j’les ai en plus entubé avec le taux de change. Des bleus qu’y z’étaient. Pas besoin de bosser demain, tranquillou ».
Heureux d’avoir accompli notre BA (bonne action pour les non-Scouts !) de la journée auprès de ce brave monsieur, nous découvrons notre chambre luxueuse louée au rabais quelques jours plus tôt sur Internet (comme quoi ce que l’on gagne ici on le perd là et vice-versa…).
Quelques heures plus tard, nous prenons un taxi (un vrai) pour aller visiter le Temple du Ciel, un monument incontournable de Pékin situé au milieu d’un grand parc. Un petit coup d’autoroute urbaine et nous débarquons vingt minutes plus tard devant la porte sud et rejoignons les nombreux groupes de touristes venus de toutes les provinces de Chine et de Xio-Navarre et arborant des casquettes de toutes les couleurs.
Une lecture des panneaux d’information nous apprend que l’ensemble date du tout début du XVème siècle et comporte des ajouts datant du XVIème siècle. Ce complexe est le lieu où les Empereurs des dynasties Ming et Qing, qui en tant qu’intermédiaires entre l’humanité et le royaume c��leste, offraient des sacrifices au ciel et priaient pour l’obtention de moissons exceptionnelles. Son organisation est liée à la cosmologie chinoise dont l'équilibre reposait sur l'Empereur et son respect des rites. La disposition des différents édifices ainsi que leur forme et leur couleur reprend la thématique du Ciel (bâtiments ronds avec des tuiles bleues) et de la Terre (enceintes carrées et tuiles vertes)
Nous suivons l’allée principale qui mène à l’Autel Circulaire édifié en 1530 puis reconstruit en 1740. Passé le mur d’enceinte carré, nous découvrons une étendue herbeuse et au centre l’autel rond composé de trois terrasses culminant au centre dans une représentation symbolique du chiffre 9. Le chiffre 9 et ses multiples ayant une importante valeur symbolique, il y a donc 9 cercles concentriques qui radient de la pierre centrale, le premier cercle comprend 9 pierres et le dernier 81 (9x9) pierres taillées au millimètre près (qu’ils ont dû bien s’amuser les tailleurs !). Idem pour les marches, toujours par groupes de 9. Quant à la balustrade qui entoure la terrasse, elle comprend 360 balustres en marbre.
Curieusement de nombreux vieux touristes chinois font la queue pour se mettre quelques secondes sur la pierre centrale et une fois dessus claquer des mains ?! Superstition, vœu ? Une explication est donnée par un écriteau : ‘Lorsqu'on se tient sur cette pierre centrale, le bruit que l'on fait en tapant des mains ou en parlant est amplifié’.
Un peu plus loin nous pénétrons dans une autre enceinte ronde (la Voûte Céleste Impériale) qui comprend un pavillon en forme de rotonde construit sur un tertre en marbre et surmonté d’un toit conique et deux autres édifices rectangulaires abritant des tablettes et des peintures. Celui de gauche est dédié au Yang (divinité du soleil) celui à droite au Yin (divinité de la Lune). C’est beau la culture quand même ! Ici aussi il existe une curiosité sonore mais vu la foule qui se bouscule nous ne risquerons pas de l’entendre ! Parait-il donc qu’il existe trois dalles sonores : ‘Si l’on tape des mains devant la première dalle, on obtient un simple écho, si l’on refait l’expérience devant la deuxième, l’écho est double et triple devant la troisième’. Il faudra revenir la nuit pour tenter l’expérience !!!
Il est temps de faire une pause et de s’éloigner un peu de la foule. Ce n’est pas l’espace qui manque (le parc fait plus de 270 hectares !) ni les endroits paisibles sous les pins-cyprès (il n’y a que ça et par milliers !). C’est aussi l’occasion d’observer les Pékinois en train de pratiquer le Taichi et le Qigong (variantes de gymnastique traditionnelle chinoise) ou encore d’admirer ces danseurs qui font tournoyer des longs rubans et d’écouter ces musiciens jouer de leurs anciens instruments (tant qu’ils ne chantent pas c’est tout bon !).
Nous poursuivons la visite-balade en empruntant le Pont Danbi, une espèce de promenade surélevée de 360 mètres de long et presque 30 de large, composé de deux parties différentes, l’une pour les Empereurs, l’autre pour les Princes et autres dignitaires. Il relie le temple la Voute Céleste Impériale au Temple des prières pour de bonnes moissons et est aussi appelé la Voie Sacrée normal puisqu’il est censé nous emmener au Paradis. Peut-être est-ce pour cela qu’il a la particularité d’avoir son extrémité au nord légèrement plus haute que celle au sud ?
Une fois franchie l’enceinte marquée par une magnifique porte située en haut de quelques marches usées et glissantes, nous pénétrons dans une cour dominée par un somptueux bâtiment posé sur trois terrasses en marbre superposées. Le temple, haut de 38 mètres et d’un diamètre de 30 mètres, entièrement en bois (et sans un seul clou parait-il !) est surmonté de trois toits ronds en tuiles bleues. La rotonde qui s’élève devant nous a été reconstruite (en 1889) à l’identique de l’originale (édifiée en 1420).
A l'extérieur, au milieu de l’escalier, trois pierres représentent les nuages, le phœnix et le dragon. A l'intérieur, quatre grosses colonnes symbolisent les quatre saisons au centre, puis douze colonnes symbolisent les douze mois de l'année et encore douze autres les divisions d'une journée. Enfin, les 28 dernières représentent les 28 constellations.
Juste à l’est, se trouve le Temple du Jeûne qui comme son nom l’indique était le lieu où l’Empereur et ses ministres jeûnaient pendant trois jours avant chaque cérémonie. Il sert maintenant de salle d’exposition retraçant la récente restauration du temple (pour les J.O. de 2008).
Nous apprenons également que les dernières cérémonies sacrificielles consacrées au ciel ne furent interdites le gouvernement de la République Chinoise qu’en 1911. Le Temple du Ciel aura donc été le témoin de 654 actes d'adoration céleste pratiqués par 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Depuis 1918, il est ouvert en tant que parc public.
Après en avoir fait le tour une paire de fois et admirer les magnifiques décorations pleines de couleurs, il est temps de se perdre dans les allées de cet immense parc. Nous sommes attirés par des chants que nous entendons au loin. Juste à côté des Sept Pierres (représentant les sept sommets du Mont Taishan, une montagne sacrée en Chine), quelques musiciens sont entourés d’une chorale qui chante des airs populaires repris en cœur par la foule. Plus loin nous assistons à une partie de Go. Sur le chemin de la sortie nous croisons des familles venues prendre une bouffée d’oxygène ou venues faire un peu d’exercices physiques.
Nous retrouvons brièvement les grands boulevards bruyants avant de nous perdre dans le Hutong Xiaoxi et sa multitude de petites rues tranquilles. Enfin nous retrouvons dans le quartier piétonnier de Dashian que nous connaissons déjà. C’est apparemment la période des soldes et les magasins regorgent de clients avides de faire des affaires. Trop peu pour nous, après une bonne soupe nous regagnons notre hôtel en métro.
Aux infos, j’apprends que le typhon Usagi fait des siennes, que l’aéroport de Hong Kong est fermé et que tous les vols transitant par Hong Kong sont annulés demain (le jour de mon départ !). Manquait plus que ça tiens !
Coups de fils à droite à gauche, qui après de longues attentes, ne m’apprennent pas autre chose : les vols sur Hong Kong sont bien annulés et il est inutile d’aller à l’aéroport demain !
Les angoisses tendant à creuser l’estomac, nous ressortons à la recherche d’un resto. Il fait nuit et le quartier ne semble pas être le meilleur pour trouver ce que l’on cherche. Par contre nous n’aurions pas de problème si nous voulions nous faire couper les cheveux… un dimanche à 21h.30 !!!
Finalement, après une marche plus longue que prévue nous atterrissons dans une espèce de bistro jazzy qui aurait plus sa place à New York qu’à Pékin mais voilà, c’est bien la preuve nous vivons à l’heure de la mondialisation !
23h. C’est sur les images de la BBC montrant les queues de voyageurs bloqués dans les salles d’attente de l’aéroport d’Hong Kong que je m’endors. Mauvaise nuit en perspective !
Pékin 23 Septembre
Le réveil sonne très tôt ce matin. Aux nouvelles télévisées, le typhon semble avoir épargné la ville de Hong Kong. Je suis déjà pendu au téléphone et apprends que mon vol a bien été annulé. Reste plus qu’à aller rendre visite aux bureaux de la Cathay Pacific situés à perpette les olivettes pour essayer de trouver une autre solution.
Dehors il pleut. Marche et métro jusqu’aux Twin Towers (eh oui il y en a aussi à Pékin… moins imposantes mais encore debout, elles !). Bizarrement, je suis l’unique client ! Tant mieux car l’on me trouve un vol de remplacement avec Air China via Sydney qui part dans quatre heures ! Célébrations au Starbuck d’en bas avant de filer à l’hôtel faire la valise et prendre le métro jusqu’à l’aéroport. Au revoir précipité. A quand et sur quel continent les prochaines retrouvailles ?
Le voyage du retour est bien plus long et plus pénible que celui de l’aller. Air China est loin d’égaler la qualité et le service de la Cathay Pacific en plus ce détour par Sydney double pratiquement la durée du voyage. Mais voilà ! L’imprévu c’est aussi l’épice des voyages !
Conclusion:
Depuis mon retour, la Corée du Nord et son Jeune Grand Leader ont continué, d’une manière ou d’une autre à dominer une partie des actualités : limonage puis exécution de l’oncle, inauguration d’une station de ski, menaces de guerre suivies de propositions de paix, propositions de réformes économiques, visite controversée d’un joueur de basket américain, procès et emprisonnement d’un missionnaire américano-coréen, diffusion de nouvelles photos de camps de travail… etc. Incroyable comme ce petit pays, qui devrait être aussi insignifiant qu’un petit pays africain, fait autant parler de lui.
La Corée du Nord est-elle réellement une menace ?
Une armée d’un million de soldats et l’arme nucléaire peuvent le faire croire mais, sans être expert en la matière, il s’agit d’une armée sous-équipée, bien endoctrinée mais peu motivée, un peu comme l’était celle de Saddam (pourtant tant redoutée par la presse américaine !). L’arme nucléaire peut certainement créer de sérieux dégâts mais son utilisation entrainerait une réplique catastrophique pour la Corée du Nord que l’on imagine mal le Jeune Grand Leader (ni Obama ou Poutine d’ailleurs) appuyer le premier sur bouton rouge. La rhétorique nord-coréenne n’impressionne même plus la population sud-coréenne comme l’ont montré les dernières menaces d’essais nucléaires. Pour la Corée du Nord, l’arme nucléaire est avant tout un moyen permettant de poursuivre des négociations politiques et économiques avec leur pire ennemi : les Etats Unis d’Amérique.
La division de la péninsule est-elle inéluctable ?
Une chose est certaine : l’actuelle séparation des Corées (elle dure depuis soixante ans maintenant) est un statuquo qui profite à tout le monde. L’état de guerre permet à la Corée du Nord le maintien du régime politique en place qui repose sur une mobilisation permanente et impose des sacrifices à une population isolée et enfermée. Il permet aux Etats Unis de maintenir d’importantes bases militaires proches de la Chine et d’offrir une relative protection à ses deux alliés principaux de la région : la Corée du Sud et le Japon. Pour la Chine, la Corée du Nord est une zone tampon capitale et sur laquelle elle pèse politiquement, c’est aussi est une excuse supplémentaire pour augmenter son budget militaire et tenter de rétablir l’équilibre des forces face aux Etats Unis.
Sur le plan économique, une réunification (toujours envisagée comme une mainmise du Sud sur le Nord) pourrait créer des problèmes à tout le monde et s’avérer être catastrophique, particulièrement sur le plan humanitaire, pour la Corée du Sud qui n’a certainement pas les moyens financiers d’absorber un aussi gros morceau et pour la Chine (réfugiés). Pour le Japon, comme pour la Chine d’ailleurs, une Corée unifiée aurait le potentiel de devenir une puissance économique concurrente trop importante. Pour les Etats Unis, ils perdraient un pied sur le continent asiatique. En fait, à l’heure actuelle, la seule puissance régionale susceptible de supporter une réunification coréenne serait… la Russie. Quel paradoxe !
Vaut-il mieux être Nord ou Sud-Coréen ?
Pour ma part rien ne m’a donné envie de m’installer en Corée du Nord et je ne connais pas (encore !) la Corée du Sud. Je suis donc bien heureux de pouvoir retrouver l’Australie. En fait c’est une question à laquelle seuls les Coréens peuvent répondre. Le problème est que les Nordistes ne peuvent pas aller au Sud ni les Sudistes aller au Nord pour faire la comparaison, leurs gouvernements respectifs le leur interdisant !
Point de vue confort, infrastructure, modernité… etc. le Sud l’emporte haut la main.
Point de vue pollution, le Nord est mieux placé puisque moins développé.
Point de vue politique, la dictature au Nord s’est installée, celle au Sud s’effiloche avec le temps mais n’est pas encore enterrée complètement. L’actuelle présidente Park Geun-hye, la fille d’un précèdent dictateur, semble parfois regretter le bon vieux temps. Les partis politiques sont corrompus, le Parlement prend parfois des allures de ring de boxe, les manifestations sont parmi les plus radiales et les plus violentes et la presse de plus en plus en liberté surveillée. Certes rien de comparable avec la chape de plomb au Nord.
Point de vue éducation, au Nord gratuite mais limitée, peu de moyens, et très encadrée. Au Sud, extrêmement chère, compétitive et épuisante. Une jeunesse endoctrinée et militante au Nord, une jeunesse désabusée et déprimée au Sud.
Point de vue social, c’est quand même le point fort des régimes communistes même s’il reste de sérieuses lacunes comme par exemples la qualité des logements et la qualité des soins. Pendant ce court séjour je n’ai pas vu de mendiants, ni d’affamés, dans la capitale ou dans les régions traversées (mais peut-être étaient-ils déjà dans des camps spéciaux ou aux cimetières !). Par contre, je viens de lire dans le Weekly Guardian (31/01/14) un article de Chico Harlan du Washignton Post sur les personnes âgées oubliées en Corée du Sud où l’on apprend qu’il est fréquent de rencontrer dans les rues de Séoul des petits vieux survivre en faisant les poubelles ou en ramassant des cartons, en fait 50% des personnes âgées sont pauvres (un record, tiens un autre ! dans les pays industrialisés) et que le taux de suicide a triplé depuis 2010. En effet, il n’y a pas de régime de retraite pour cette génération qui a reconstruit le pays après la guerre, et le pourcentage d’enfants s’occupant de leurs parents âgés est passé en quinze ans, de 90% à 37%, en cause un changement des mentalités et des pressions financières de plus en plus fortes. Si tout est gris au Nord, tout n’est pas rose au Sud non plus…
La solution serait donc de naitre au Nord, de travailler au Sud et de prendre sa retraite au Nord ou alors de faire ce que de plus en plus de jeunes (Sud)-Coréens font : immigrer le plus loin possible de cette foutue péninsule !
La page aux photos: ICI et d’autres liens intéressants: Urbanisme de Pyongyang www.academia.edu/...nalysis_of_Pyongyang_
Frontière inter-coréenne ceriscope.sciences-po.fr/...ela-la-guerre-froide
Hôtel Valentin Perla Blanca Cayo Santa Maria English translation pending
bonjour je prévois faire un voyage de 15 jours a cayo santa maria l an dernier je suis aller a cayo coco tout était ok pour santa maria je voudrais avoir des infos sur l hotel valantin perla blanca le service la bouffe la plage et la temperature je pars le 4 mars dernier depart de bagotville merci j, espere avoir des infos
polo
polo
New York, du très beau au très laid... English translation pending
28 décembre 2014 à 14:20
New York, le beau et le vrai!
Bonjour,
Après quelques trois jours passés dans cette capitale du monde, j'en ai rapporté des images sublimes mais aussi une terrible réalité que le visiteur en courant ne regarde pas, mais qui laisse un goût très amer quand on revient en France. Vous pouvez voir ce petit film: http://www.dailymotion.com/video/kbjN6BjtLUkzdp8XuUt
Merci d'avance de vos commentaires!
New York, le beau et le vrai!
Bonjour,
Après quelques trois jours passés dans cette capitale du monde, j'en ai rapporté des images sublimes mais aussi une terrible réalité que le visiteur en courant ne regarde pas, mais qui laisse un goût très amer quand on revient en France. Vous pouvez voir ce petit film: http://www.dailymotion.com/video/kbjN6BjtLUkzdp8XuUt
Merci d'avance de vos commentaires!
Même les compagnies aériennes low cost se mettent en grève! English translation pending
Salut à tous,
Quand les salariés d'une grande compagnie aérienne régulière (du style Air France) se mettent en grève, les réactions de mécontents fusent ici (ou ailleurs) à vitesse grand "V" ! 😉
Mais quand il s'agit des salariés d'une compagnie aérienne low cost... Cela passe assez curieusement "presque" inaperçu ! 😮 Tout de même assez bizarre, non ?!
Alors... rétablissons un petit peu l'équilibre : http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/12/22/chez-easyjet-le-coup-de-rabot-sur-les-bonus-ne-passe-pas_4545033_3234.html
Zut alors ! 😕 Mais comment va faire le "petit Papa Noël" pour... retourner au pôle Nord ?! 🤪 😏
Marco
Quand les salariés d'une grande compagnie aérienne régulière (du style Air France) se mettent en grève, les réactions de mécontents fusent ici (ou ailleurs) à vitesse grand "V" ! 😉
Mais quand il s'agit des salariés d'une compagnie aérienne low cost... Cela passe assez curieusement "presque" inaperçu ! 😮 Tout de même assez bizarre, non ?!
Alors... rétablissons un petit peu l'équilibre : http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/12/22/chez-easyjet-le-coup-de-rabot-sur-les-bonus-ne-passe-pas_4545033_3234.html
Zut alors ! 😕 Mais comment va faire le "petit Papa Noël" pour... retourner au pôle Nord ?! 🤪 😏
Marco
Construction du canal au Nicaragua English translation pending
Bonsoir
Il semble que le projet fou soit finalement lancé :
http://www.liberation.fr/monde/2014/12/22/le-nicaragua-creuse-son-canal_1168677
Y a t'il quelqu'un sur place, un local, qui puisse nous parler du sentiment de la population ?
Y a t'il quelqu'un sur place, un local, qui puisse nous parler du sentiment de la population ?
Nos plus belles photos 2014 English translation pending
Bonjour à tous les voyageurs photographes du monde 🙂
Bienvenue à notre rendez-vous annuel: "Et si nous terminions l'année en partageant nos plus belles photos 2014 ?"
Je vous propose de poster votre top 10 (maximum car choisir c'est éliminer, éliminer c'est progresser 😛) - la majorité réalisées en voyage - D'autres pour nous faire découvrir un coin de votre pays, ville, village, jardin, maison, cabane... - 1 ou 2 en thème libre
On essaye de ne pas tricher, la photo devra être réalisée en 2014 (attention les exifs sont bavards 😉), qualité de rigueur mais n'oublions pas que nous ne sommes que d'humbles amateurs !
Merci de ne pas tout proposer dans le même message afin d'aérer le fil en postant remarques, critiques ou conseils (bienvenus).
Bienvenue à notre rendez-vous annuel: "Et si nous terminions l'année en partageant nos plus belles photos 2014 ?"
Je vous propose de poster votre top 10 (maximum car choisir c'est éliminer, éliminer c'est progresser 😛) - la majorité réalisées en voyage - D'autres pour nous faire découvrir un coin de votre pays, ville, village, jardin, maison, cabane... - 1 ou 2 en thème libre
On essaye de ne pas tricher, la photo devra être réalisée en 2014 (attention les exifs sont bavards 😉), qualité de rigueur mais n'oublions pas que nous ne sommes que d'humbles amateurs !
Merci de ne pas tout proposer dans le même message afin d'aérer le fil en postant remarques, critiques ou conseils (bienvenus).
Maroc: que du plaisir, comme d'habitude! English translation pending
Bonjour à tous,
Tout juste rentré d'un voyage de plus de 2 mois au Maroc, je tiens à rassurer tous ceux qui se posent encore des questions.
Allez-y tranquillement, tout va bien.
L'accueil a été encore plus chaleureux cette année, les annulations étaient tellement nombreuses, les Marocains étaient vraiment heureux de rencontrer les Européens qui avaient fait le voyage....C'étaient surtout les Français , les grands absents cet automne.
Mais, les choses semblaient avoir évoluer entre octobre et décembre.Cette semaine à Marrakech, on était nombreux, alors que le 2 octobre c'était très calme.
Dans le sud les camping-caristes étaient bien présents sur le bord de mer.
Bon voyage à ceux qui partent bientôt.
Visiter Auschwitz avec des enfants? (Pologne) English translation pending
bonjour à tous,
nous préparons notre voyage pour l'été prochain en Pologne. Nous réfléchissons encore à inclure Auchwitz à notre programme. Il ne s'agirait pas d'une visite touristique "normale", mais d'une démarche plus profonde participant au devoir de mémoire qui est pour nous essentiel. Pour autant il est difficile de savoir si y emmener nos enfants serait prématurés, s'ils pourraient être marqués de manière traumatisante. Ils auront 15 et 11 ans ; c'est bien sur pour le plus jeune que nous avons ce doute ...
certains d'entre vous ayant déjà eu la même question, ou ayant emmené leurs enfants à Auchwitz peuvent-ils nous conseiller ?
merci d'avance amicalement
nous préparons notre voyage pour l'été prochain en Pologne. Nous réfléchissons encore à inclure Auchwitz à notre programme. Il ne s'agirait pas d'une visite touristique "normale", mais d'une démarche plus profonde participant au devoir de mémoire qui est pour nous essentiel. Pour autant il est difficile de savoir si y emmener nos enfants serait prématurés, s'ils pourraient être marqués de manière traumatisante. Ils auront 15 et 11 ans ; c'est bien sur pour le plus jeune que nous avons ce doute ...
certains d'entre vous ayant déjà eu la même question, ou ayant emmené leurs enfants à Auchwitz peuvent-ils nous conseiller ?
merci d'avance amicalement
Compte rendu Méditerranée antique neoRomantica du 21 novembre English translation pending
Méditerranée antique à bord du COSTA néoROMANTICA. Départ du 21 novembre 2014
21 novembre-Marseille
Tout commence à l’aéroport de Lyon Saint Exupéry à bord d’un TGV Ouigo pour Marseille Saint Charles. La navette Costa jusqu’au terminal de croisière, l’enregistrement dans le triste « terminal/hangar » et l’embarquement. Découverte de la cabine, du Today et du sésame avec lequel nous nous dirigeons illico vers le buffet GIARDINO (rien mangé, rien bu depuis le « p’tit dej »). Nous voilà fin prêts pour le délicieux « Quatre heures ». Nous découvrons le personnel toujours aussi cosmopolite et accueillant. Retour à la cabine, les valises sont arrivées, rangement, plus rien à déplacer pendant 11 jours, c’est super car pendant une trentaine d’années nous avons voyagé en changeant d’hôtel au moins 2 à 3 fois par semaine. C’est l’heure de l’exercice de sécurité, tout le monde semble se prêter gentiment à cette obligation en dehors de quelques Smartphonistes et photographes indisciplinés. Nous ferons l’impasse sur la traditionnelle réunion d’information. Retour à la cabine, on se rafraichit avant d’aller explorer le navire, petit tour d’orientation avant de savourer un premier cocktail. Bien que « sister ship » du Classica, le néoRomantica propose une autre disposition de cabine (extérieure Premium, pont 6 London) plus confortable. Les déplacements sont aisés, placards et penderies sont spacieux. L’écran plat de grande dimension est situé face au lit, les boiseries de l’entrée sont claires et joliment décorées. Dîner au restaurant BOTTICELLI : Une vingtaine de minutes d’attente pour être placés. L’attente peut se faire en musique Piazza ITALIA avec le bip qui vous prévient lorsque votre table se libère. (L’attente annoncée est exacte et la suite ne vous déçoit pas). C’est la seule fois en onze jours où nous avons du patienter pour être placés. Personnel aux petits soins. Belle carte, vins agréables. Nous finissons tranquillement la soirée dans l’ambiance de la Piazza Italia.
22 novembre-Gênes Petit déjeuner pour moi au Botticelli, en cabine pour mon épouse avant de partir en excursion à Gênes. Visite à pied de la ville historique après avoir fait le tour du port en bateau. Au passage nous apercevons le Costa Classica en cale sèche (prévu) et le Célébration dont la croisière vient d’être annulée. (Les informations transmises par les passagers sont confuses, voire contradictoires et à vrai dire nous nous en moquons). Nous gagnons le port antique, la Cathédrale San Lorenzo, la rue Garibaldi et ses orgueilleux palais, les collections du Palais Balbi (Van Dick et Caravage). Retour au bateau…. La vie à bord, salle de Gym, casino etc. Je reparlerai plus tard des excursions 23 novembre-Civitavecchia Nous empruntons la navette des autorités portuaires puis nous promenons sur le front de mer et autour des fortifications. Le temps est clément, on fête la sainte Cécile, concert de l’harmonie locale qui anime également la grand-messe. Déjeuner à bord et je retourne cette fois « pédibus » prendre quelques photos. 24 novembre-Reggio Nous empruntons la navette Costa (6.95€x2) qui nous dépose sur le front de mer très proche du centre ville. Certains prétendront que le tarif est prohibitif compte tenu de la distance. Je réponds que lorsqu’on n’à pas de très bonnes jambes il vaut mieux les utiliser pour arpenter les rues et les musées plutôt que pour traverser les zones portuaires souvent sans intérêt. Petit Hic…. Les commerces et les monuments n’ouvrent qu’à 16 heures, itou pour l’escalator menant à la ville haute, Dieu merci le musée est ouvert. Les bronzes de Riace y sont magnifiquement présentés. On peut y voir également quelques bas reliefs et des variations sur le thème des fameux bronzes. Il s’agit d’œuvres d’artistes peintres locaux qui en ont fait don au musée. Hélas après 16 heures ……la nuit tombe! Mais sur le quai les producteurs de Clémentine nous accueillent chaleureusement pour une dégustation de leurs succulents fruits dont certains croisiéristes rempliraient bien leurs poches et leurs cabas. C’est bien connu on meurt de faim en croisière !!!!! 25 novembre-Navigation Journée propice à la visite du bateau, à taille humaine dit on ! En effet plus court de 60 à 70 m que ses grands frères comme le Pacifica ou le Luminosa que nous croisons, il n’en possède pas moins 12 ponts. Les volumes sont certes moins impressionnants. Ici pas d’atrium avec ascenseurs panoramiques mais les espaces communs sont agréables, la décoration plus sobre, de bon ton, sans luxe tapageur. Bref pas kitch du tout ! La boutique est spacieuse, les différents salons ou « Lounges » sont confortables voire « cosy » pour les canapés d’angle et tables hautes en aplomb sur la mer. Il faut préciser que le salon principal « le cabaret Vienna » occupe toute la largeur du navire (plus de 30m) ce qui en fait un espace comparable aux grands bars des plus gros navires. Passés régulièrement par la superbe œnothèque nous n’y avons jamais vu âme qui vive à l’exception des maîtres du lieu. Aussi ne nous y sommes pas attardés. Peut-être faudra t’il penser à réaménager l’espace ou revoir la formule. Pas de théâtre ! Un souci pour nombre de blogueurs, pas pour nous. Nous avons pu voir les spectacles sans aucune gêne. Ma critique portera plus sur le niveau des spectacles eux-mêmes. Ventriloque, mime, magicien, chanteur à voix -artistes extérieurs- ont réalisé de bonnes prestations mais les productions « maison » malgré la bonne volonté des artistes nous ont laissés sur notre faim. Il s’agit la d’un avis tout personnel mais je le répète nous avons toujours assisté aux représentations dans d’excellentes conditions. Il est agréable de diner au restaurant « Botticelli » sans contrainte horaire, d’autant plus agréable que les menus sont bien élaborés et variés. Les spécialités régionales sont mises en valeur, les mets sont bien présentés, les assiettes sont attrayantes et la cuisine soignée. A noter que le buffet « Giardino » agrémenté de sa vue panoramique ne démérite pas… bien au contraire et à tous les services. Qui dit navigation dit piscine et animation. Si le temps était clément pour la saison et le soleil toutefois présent bien que les journées fussent courtes, il y eut beaucoup de siestes sur les transats. Pour ma part ce fut bain à remous et le passage matinal quotidien à la salle de sport. N’étant pas client SAMSARA je n’ai fait que passer à proximité du spa. Le Lido Saint Tropez vitré latéralement et mi couvert avec ces canapés en rotin et ses grands coussins est un espace agréable même en cette saison avancée. Le personnel ici comme ailleurs est toujours attentif et plus que sympathique voire amical sans être jamais familier. Le Lido jouxte la bibliothèque et le point internet. On peut également y accéder par le Grill et pizzeria Capri qui ne nous ont jamais inspirés. A la poupe sous la statue, au-delà des cheminées, plus intime est le Lido Monte Carlo avec la piscine en gradins et le bain à remous. Un espace privatif y est aménagé.
26 novembre-Kalamata Il ne fait pas très beau ce matin mais nous avons accosté quasiment en ville. Nous traversons le quai, la route et nous voila en ville ou presque. Le centre historique, plus haut, est à une bonne demi-heure de marche. Nous y flânerons sous la pluie (j’achète un nouveau chapeau) dans les ruelles. Nous visitons au passage de superbes églises Orthodoxes et reviendrons en taxi. Nous appareillons à 16 heures pour Izmir que nous atteindrons demain en début d’après midi. C’est la soirée que nous avons choisie pour dîner au restaurant « Club néoROMANTICA ». La fête des papilles dans un cadre feutré et élégant, un service attentionné et un tarif plus que raisonnable dans de telles conditions. Nous passons cette merveilleuse soirée en compagnie du couple d’amis blogueurs que nous avons rencontré en début de croisière. Nous nous retrouvions tous les soirs pour l’apéro et le dîner au bar Tango animé par un guitariste talentueux ou un excellent duo paraguayen. Le « All inclusive » dont je parlerai plus tard est également accepté dans ce restaurant. 27 novembre-Izmir Le soleil a refait son apparition et nous voguons tranquillement vers Izmir. Nous croisons la marine de guerre en manœuvres, ce qui retardera quelque peu notre arrivée. En excursion pour la visite d’Izmir, les bus ne sont pas très loin mais le trafic est intense. Tour d’orientation puis visite de l’intéressant musée archéologique. Continuation vers Karsiyaka pour un temps libre puis traversée du golfe jusqu’à Konak. Un arrêt place de l’horloge toute illuminée avant de retourner au bateau toujours dans le trafic. L’appareillage n’est pas décalé, il faut donc hâter le pas pour traverser le terminal. Il en résulte une certaine animosité de la part de quelques acheteurs compulsifs de dernière minute qui aimeraient récupérer la demi-heure perdue à l’arrivée……. ! 28 novembre-Athènes Une navette du port nous conduit de la proximité du bateau (100m) au terminal sur un trajet de 200/250 m Nous connaissons déjà Athènes, le temps est couvert, la vue du mont Lycabette ne sera pas terrible, nous prenons donc le nouveau bus X80 juste à la sortie du port (4€x2 pour 24 heures sur tout le réseau). Nous passons la matinée à Plaka. Je retournerai à terre l’après midi pour trotter dans le Pirée. 29 novembre-navigation C’est la journée où certains s’ennuient. Allez savoir pourquoi ? Un moment au lido, un bon bouquin, une partie de carte, un verre entre amis, une séance de marche, de pédalage ou de muscu, un quizz, un cours de cuisine, ce n’est pas notre truc mais un cours de danse pourquoi pas ? Cyrielle notre charmante hôtesse francophone nous présente la vie à bord du navire, les coulisses du néoROMANTICA, une vidéo des cuisines, de la blanchisserie, des quartiers de l’équipage etc. Une excursion le matin même en places limitées proposait cette découverte du bateau. Cyrielle répond ensuite à toutes les questions, même les plus indiscrètes (horaires de travail, contrats, salaires, couverture sociale) avec beaucoup de franchise. Comment peut-on trouver le temps long ? Ne seraient-ce pas les mêmes qui trouvent leur cabine bruyante, les portions minimalistes, les ascenseurs pas assez rapides et j’en passe….. Notre cabine extérieure est au pont 6 à proximité des ascenseurs…… pas un bruit sinon le clapotis des vagues et le ronronnement rassurant des moteurs. (C’est en rentrant que cela va nous manquer !) Une journée en mer c’est aussi le moment des soldes et des ventes flash. Il faut bien le dire, comme sur tous les navires, à part les ventes périodiques habituelles de bijoux fantaisie, coffrets de montres, lunettes de soleil et autres colifichets, les produits de luxe tels que les montres de marque, les sacs à main et la confection restent rigoureusement au même prix durant la croisière. Il n’est donc pas utile de se presser devant les grilles et de se bousculer à l’ouverture des boutiques !!!!!!!!!! 30 novembre-La Valette Superbe approche de l’île de Malte, ce rayon de soleil sur les remparts, cette lumière, c’est l’image que j’avais gardée de ma première visite il y a déjà 44 ans! Tout a pourtant mal commencé cette fois. ü Une première excursion achetée à une agence extérieure : annulée faute de participants. ü Une autre excursion achetée sur le bateau : annulée faute de participants francophones. Nous verrons donc sur place, nous aurions pu prendre le Hop on-hop off ou négocier un taxi. Devant l’abondance du choix nous avons opté pour l’ascenseur à 1€ l’aller retour qui mène directement au jardin supérieur de Barrakka et au centre de la Valette. De là nous flânons en ville, nous regrettons la fermeture des édifices religieux après les offices. Respectueux des cultes nous n’avons pas visité ces lieux pendant les offices et en sommes restés un peu frustrés. Un soleil éclatant une promenade agréable à la découverte des palais, des « Bow windows » et des panoramas toujours différents. Un tour à bord du petit train et retour au bateau. Une fois de plus je retourne à terre l’après midi, par les escaliers cette fois et j’arpente les ruelles à la découverte des coupoles et des points de vue sur les ports et la mer. Ruelles en pentes, escaliers, palais aux jardins en fleurs, un enchantement avant le retour au bateau au coucher de soleil. 1er décembre- navigation C’est la dernière journée à bord, la réunion de débarquement, les derniers achats pour beaucoup, les bagages à boucler et la vie continue. Je reviens parler des excursions : si l’organisation est parfaite et les guides à la hauteur de nos espérances il me semble que Costa ne respecte pas son contrat « néoCOLLECTION ». Nous avions compris que les groupes de ce concept ne dépassaient pas 25 personnes or nous nous retrouvions dans un bus de plus de 50 places, certes de grand confort mais quasiment complet. J’ignore ce qu’il en est exactement pour les autres excursions. Parmi les croisiéristes nous ayant communiqué leurs impressions sur les sites visités et leurs guides respectifs, aucun n’a mentionné l’occupation ou la capacité des bus. Je ne présente jamais ce genre de réclamation au personnel de bord -en l’occurrence Cyrielle notre charmante hôtesse francophone- qui a bien d’autres chats à fouetter…. tout au long de la croisière. Si Costa, interrogé par courrier me répond à ce sujet, je ne manquerai pas de vous en faire part. Beaucoup d’entre nous s’interrogent sur le bien fondé du « All inclusive » ou sur son surcoût en néoCOLLECTION. La carte des bars est inchangée, je n’ai pas constaté d’augmentation de celle-ci depuis le mois de mars dernier, le choix est toujours aussi vaste dans les consommations incluses. La différence tarifaire réside dans le choix des vins sélectionnés et nouveaux chaque jour au restaurant ü Vini DOP (Wines with Protected Designation of Origin) ü Vini IGP (Wines with Protected Geographical Indication) ü Vini IGT (Typical Geographical Indication) qui ont remplacés les traditionnels vins de table italiens servis au verre sur l’ensemble de la flotte. Ceci étant dit avec un apéritif cocktail avant chaque repas, du vin et de l’eau à table, un…ou plusieurs cafés et rafraichissements dans la journée, le forfait est amorti, je vous ferais grâce du cocktail éventuel de la soirée et de l’exonération des 15% de service. La croisière reste une merveilleuse façon de voyager et de vivre dans un certain luxe sans les contraintes et les restrictions de la vie quotidienne ou la peur du gendarme (alcotest !!). Je n’imagine plus me passer des ces moments de détente et de liberté ou les fumeurs -dont je ne suis pas- côtoient joyeusement les non fumeurs, les sportifs côtoient les oisifs, les danseurs de salon côtoient les adeptes de country ou de techno…. les joueurs de carte, les pongistes, les joggeurs etc Et tout ce petit monde à de rares exceptions, se salue, se congratule, se lie, partage sa table ou son canapé.
2 décembre-Marseille Il a plu sur Marseille, les préposés aux bagages du port autonome sont en grève. Pour être positif je dirais qu’étant prévenus la veille par un courrier joint au dernier Today, (tout le monde reçoit le Today) cela nous a permis de ne pas boucler nos valises pour les laisser dans les couloirs. Aubaine supplémentaire, nous ne sommes pas obligés de quitter la cabine à 8 heures, nous prenons donc le petit déjeuner tranquillement au Giardino. Etiquettes de bagages orange notre débarquement est prévu à 9h45. Dès 9h30 nous sommes invités à débarquer par les passerelles et non par l’échelle de coupée ce qui facilite grandement le port des bagages. Nous ne comprenons pas l’irritation de croisiéristes qui semblent ne pas avoir pris connaissance de l’information et s’en prennent au personnel Costa en rien responsable de l’arrêt de travail des « dockers » marseillais . Ils sont heureusement largement minoritaires. Je les classe dans la cohorte détestable des soit disant « otages » coutumiers du « nous n’avons jamais eu d’information » qui nous assomment avec leurs conversations privées pendant les repas ou les excursions en gardant le Smartphone collé à l’oreille pendant les annonces ou l’exercice de sécurité….quand ils y participent. Le personnel Costa, toujours attentif, porte assistance aux passagers moins agiles. Nous attendons quelques minutes notre bus de transfert et c’est la fin du voyage.
Tout commence à l’aéroport de Lyon Saint Exupéry à bord d’un TGV Ouigo pour Marseille Saint Charles. La navette Costa jusqu’au terminal de croisière, l’enregistrement dans le triste « terminal/hangar » et l’embarquement. Découverte de la cabine, du Today et du sésame avec lequel nous nous dirigeons illico vers le buffet GIARDINO (rien mangé, rien bu depuis le « p’tit dej »). Nous voilà fin prêts pour le délicieux « Quatre heures ». Nous découvrons le personnel toujours aussi cosmopolite et accueillant. Retour à la cabine, les valises sont arrivées, rangement, plus rien à déplacer pendant 11 jours, c’est super car pendant une trentaine d’années nous avons voyagé en changeant d’hôtel au moins 2 à 3 fois par semaine. C’est l’heure de l’exercice de sécurité, tout le monde semble se prêter gentiment à cette obligation en dehors de quelques Smartphonistes et photographes indisciplinés. Nous ferons l’impasse sur la traditionnelle réunion d’information. Retour à la cabine, on se rafraichit avant d’aller explorer le navire, petit tour d’orientation avant de savourer un premier cocktail. Bien que « sister ship » du Classica, le néoRomantica propose une autre disposition de cabine (extérieure Premium, pont 6 London) plus confortable. Les déplacements sont aisés, placards et penderies sont spacieux. L’écran plat de grande dimension est situé face au lit, les boiseries de l’entrée sont claires et joliment décorées. Dîner au restaurant BOTTICELLI : Une vingtaine de minutes d’attente pour être placés. L’attente peut se faire en musique Piazza ITALIA avec le bip qui vous prévient lorsque votre table se libère. (L’attente annoncée est exacte et la suite ne vous déçoit pas). C’est la seule fois en onze jours où nous avons du patienter pour être placés. Personnel aux petits soins. Belle carte, vins agréables. Nous finissons tranquillement la soirée dans l’ambiance de la Piazza Italia.
22 novembre-Gênes Petit déjeuner pour moi au Botticelli, en cabine pour mon épouse avant de partir en excursion à Gênes. Visite à pied de la ville historique après avoir fait le tour du port en bateau. Au passage nous apercevons le Costa Classica en cale sèche (prévu) et le Célébration dont la croisière vient d’être annulée. (Les informations transmises par les passagers sont confuses, voire contradictoires et à vrai dire nous nous en moquons). Nous gagnons le port antique, la Cathédrale San Lorenzo, la rue Garibaldi et ses orgueilleux palais, les collections du Palais Balbi (Van Dick et Caravage). Retour au bateau…. La vie à bord, salle de Gym, casino etc. Je reparlerai plus tard des excursions 23 novembre-Civitavecchia Nous empruntons la navette des autorités portuaires puis nous promenons sur le front de mer et autour des fortifications. Le temps est clément, on fête la sainte Cécile, concert de l’harmonie locale qui anime également la grand-messe. Déjeuner à bord et je retourne cette fois « pédibus » prendre quelques photos. 24 novembre-Reggio Nous empruntons la navette Costa (6.95€x2) qui nous dépose sur le front de mer très proche du centre ville. Certains prétendront que le tarif est prohibitif compte tenu de la distance. Je réponds que lorsqu’on n’à pas de très bonnes jambes il vaut mieux les utiliser pour arpenter les rues et les musées plutôt que pour traverser les zones portuaires souvent sans intérêt. Petit Hic…. Les commerces et les monuments n’ouvrent qu’à 16 heures, itou pour l’escalator menant à la ville haute, Dieu merci le musée est ouvert. Les bronzes de Riace y sont magnifiquement présentés. On peut y voir également quelques bas reliefs et des variations sur le thème des fameux bronzes. Il s’agit d’œuvres d’artistes peintres locaux qui en ont fait don au musée. Hélas après 16 heures ……la nuit tombe! Mais sur le quai les producteurs de Clémentine nous accueillent chaleureusement pour une dégustation de leurs succulents fruits dont certains croisiéristes rempliraient bien leurs poches et leurs cabas. C’est bien connu on meurt de faim en croisière !!!!! 25 novembre-Navigation Journée propice à la visite du bateau, à taille humaine dit on ! En effet plus court de 60 à 70 m que ses grands frères comme le Pacifica ou le Luminosa que nous croisons, il n’en possède pas moins 12 ponts. Les volumes sont certes moins impressionnants. Ici pas d’atrium avec ascenseurs panoramiques mais les espaces communs sont agréables, la décoration plus sobre, de bon ton, sans luxe tapageur. Bref pas kitch du tout ! La boutique est spacieuse, les différents salons ou « Lounges » sont confortables voire « cosy » pour les canapés d’angle et tables hautes en aplomb sur la mer. Il faut préciser que le salon principal « le cabaret Vienna » occupe toute la largeur du navire (plus de 30m) ce qui en fait un espace comparable aux grands bars des plus gros navires. Passés régulièrement par la superbe œnothèque nous n’y avons jamais vu âme qui vive à l’exception des maîtres du lieu. Aussi ne nous y sommes pas attardés. Peut-être faudra t’il penser à réaménager l’espace ou revoir la formule. Pas de théâtre ! Un souci pour nombre de blogueurs, pas pour nous. Nous avons pu voir les spectacles sans aucune gêne. Ma critique portera plus sur le niveau des spectacles eux-mêmes. Ventriloque, mime, magicien, chanteur à voix -artistes extérieurs- ont réalisé de bonnes prestations mais les productions « maison » malgré la bonne volonté des artistes nous ont laissés sur notre faim. Il s’agit la d’un avis tout personnel mais je le répète nous avons toujours assisté aux représentations dans d’excellentes conditions. Il est agréable de diner au restaurant « Botticelli » sans contrainte horaire, d’autant plus agréable que les menus sont bien élaborés et variés. Les spécialités régionales sont mises en valeur, les mets sont bien présentés, les assiettes sont attrayantes et la cuisine soignée. A noter que le buffet « Giardino » agrémenté de sa vue panoramique ne démérite pas… bien au contraire et à tous les services. Qui dit navigation dit piscine et animation. Si le temps était clément pour la saison et le soleil toutefois présent bien que les journées fussent courtes, il y eut beaucoup de siestes sur les transats. Pour ma part ce fut bain à remous et le passage matinal quotidien à la salle de sport. N’étant pas client SAMSARA je n’ai fait que passer à proximité du spa. Le Lido Saint Tropez vitré latéralement et mi couvert avec ces canapés en rotin et ses grands coussins est un espace agréable même en cette saison avancée. Le personnel ici comme ailleurs est toujours attentif et plus que sympathique voire amical sans être jamais familier. Le Lido jouxte la bibliothèque et le point internet. On peut également y accéder par le Grill et pizzeria Capri qui ne nous ont jamais inspirés. A la poupe sous la statue, au-delà des cheminées, plus intime est le Lido Monte Carlo avec la piscine en gradins et le bain à remous. Un espace privatif y est aménagé.
26 novembre-Kalamata Il ne fait pas très beau ce matin mais nous avons accosté quasiment en ville. Nous traversons le quai, la route et nous voila en ville ou presque. Le centre historique, plus haut, est à une bonne demi-heure de marche. Nous y flânerons sous la pluie (j’achète un nouveau chapeau) dans les ruelles. Nous visitons au passage de superbes églises Orthodoxes et reviendrons en taxi. Nous appareillons à 16 heures pour Izmir que nous atteindrons demain en début d’après midi. C’est la soirée que nous avons choisie pour dîner au restaurant « Club néoROMANTICA ». La fête des papilles dans un cadre feutré et élégant, un service attentionné et un tarif plus que raisonnable dans de telles conditions. Nous passons cette merveilleuse soirée en compagnie du couple d’amis blogueurs que nous avons rencontré en début de croisière. Nous nous retrouvions tous les soirs pour l’apéro et le dîner au bar Tango animé par un guitariste talentueux ou un excellent duo paraguayen. Le « All inclusive » dont je parlerai plus tard est également accepté dans ce restaurant. 27 novembre-Izmir Le soleil a refait son apparition et nous voguons tranquillement vers Izmir. Nous croisons la marine de guerre en manœuvres, ce qui retardera quelque peu notre arrivée. En excursion pour la visite d’Izmir, les bus ne sont pas très loin mais le trafic est intense. Tour d’orientation puis visite de l’intéressant musée archéologique. Continuation vers Karsiyaka pour un temps libre puis traversée du golfe jusqu’à Konak. Un arrêt place de l’horloge toute illuminée avant de retourner au bateau toujours dans le trafic. L’appareillage n’est pas décalé, il faut donc hâter le pas pour traverser le terminal. Il en résulte une certaine animosité de la part de quelques acheteurs compulsifs de dernière minute qui aimeraient récupérer la demi-heure perdue à l’arrivée……. ! 28 novembre-Athènes Une navette du port nous conduit de la proximité du bateau (100m) au terminal sur un trajet de 200/250 m Nous connaissons déjà Athènes, le temps est couvert, la vue du mont Lycabette ne sera pas terrible, nous prenons donc le nouveau bus X80 juste à la sortie du port (4€x2 pour 24 heures sur tout le réseau). Nous passons la matinée à Plaka. Je retournerai à terre l’après midi pour trotter dans le Pirée. 29 novembre-navigation C’est la journée où certains s’ennuient. Allez savoir pourquoi ? Un moment au lido, un bon bouquin, une partie de carte, un verre entre amis, une séance de marche, de pédalage ou de muscu, un quizz, un cours de cuisine, ce n’est pas notre truc mais un cours de danse pourquoi pas ? Cyrielle notre charmante hôtesse francophone nous présente la vie à bord du navire, les coulisses du néoROMANTICA, une vidéo des cuisines, de la blanchisserie, des quartiers de l’équipage etc. Une excursion le matin même en places limitées proposait cette découverte du bateau. Cyrielle répond ensuite à toutes les questions, même les plus indiscrètes (horaires de travail, contrats, salaires, couverture sociale) avec beaucoup de franchise. Comment peut-on trouver le temps long ? Ne seraient-ce pas les mêmes qui trouvent leur cabine bruyante, les portions minimalistes, les ascenseurs pas assez rapides et j’en passe….. Notre cabine extérieure est au pont 6 à proximité des ascenseurs…… pas un bruit sinon le clapotis des vagues et le ronronnement rassurant des moteurs. (C’est en rentrant que cela va nous manquer !) Une journée en mer c’est aussi le moment des soldes et des ventes flash. Il faut bien le dire, comme sur tous les navires, à part les ventes périodiques habituelles de bijoux fantaisie, coffrets de montres, lunettes de soleil et autres colifichets, les produits de luxe tels que les montres de marque, les sacs à main et la confection restent rigoureusement au même prix durant la croisière. Il n’est donc pas utile de se presser devant les grilles et de se bousculer à l’ouverture des boutiques !!!!!!!!!! 30 novembre-La Valette Superbe approche de l’île de Malte, ce rayon de soleil sur les remparts, cette lumière, c’est l’image que j’avais gardée de ma première visite il y a déjà 44 ans! Tout a pourtant mal commencé cette fois. ü Une première excursion achetée à une agence extérieure : annulée faute de participants. ü Une autre excursion achetée sur le bateau : annulée faute de participants francophones. Nous verrons donc sur place, nous aurions pu prendre le Hop on-hop off ou négocier un taxi. Devant l’abondance du choix nous avons opté pour l’ascenseur à 1€ l’aller retour qui mène directement au jardin supérieur de Barrakka et au centre de la Valette. De là nous flânons en ville, nous regrettons la fermeture des édifices religieux après les offices. Respectueux des cultes nous n’avons pas visité ces lieux pendant les offices et en sommes restés un peu frustrés. Un soleil éclatant une promenade agréable à la découverte des palais, des « Bow windows » et des panoramas toujours différents. Un tour à bord du petit train et retour au bateau. Une fois de plus je retourne à terre l’après midi, par les escaliers cette fois et j’arpente les ruelles à la découverte des coupoles et des points de vue sur les ports et la mer. Ruelles en pentes, escaliers, palais aux jardins en fleurs, un enchantement avant le retour au bateau au coucher de soleil. 1er décembre- navigation C’est la dernière journée à bord, la réunion de débarquement, les derniers achats pour beaucoup, les bagages à boucler et la vie continue. Je reviens parler des excursions : si l’organisation est parfaite et les guides à la hauteur de nos espérances il me semble que Costa ne respecte pas son contrat « néoCOLLECTION ». Nous avions compris que les groupes de ce concept ne dépassaient pas 25 personnes or nous nous retrouvions dans un bus de plus de 50 places, certes de grand confort mais quasiment complet. J’ignore ce qu’il en est exactement pour les autres excursions. Parmi les croisiéristes nous ayant communiqué leurs impressions sur les sites visités et leurs guides respectifs, aucun n’a mentionné l’occupation ou la capacité des bus. Je ne présente jamais ce genre de réclamation au personnel de bord -en l’occurrence Cyrielle notre charmante hôtesse francophone- qui a bien d’autres chats à fouetter…. tout au long de la croisière. Si Costa, interrogé par courrier me répond à ce sujet, je ne manquerai pas de vous en faire part. Beaucoup d’entre nous s’interrogent sur le bien fondé du « All inclusive » ou sur son surcoût en néoCOLLECTION. La carte des bars est inchangée, je n’ai pas constaté d’augmentation de celle-ci depuis le mois de mars dernier, le choix est toujours aussi vaste dans les consommations incluses. La différence tarifaire réside dans le choix des vins sélectionnés et nouveaux chaque jour au restaurant ü Vini DOP (Wines with Protected Designation of Origin) ü Vini IGP (Wines with Protected Geographical Indication) ü Vini IGT (Typical Geographical Indication) qui ont remplacés les traditionnels vins de table italiens servis au verre sur l’ensemble de la flotte. Ceci étant dit avec un apéritif cocktail avant chaque repas, du vin et de l’eau à table, un…ou plusieurs cafés et rafraichissements dans la journée, le forfait est amorti, je vous ferais grâce du cocktail éventuel de la soirée et de l’exonération des 15% de service. La croisière reste une merveilleuse façon de voyager et de vivre dans un certain luxe sans les contraintes et les restrictions de la vie quotidienne ou la peur du gendarme (alcotest !!). Je n’imagine plus me passer des ces moments de détente et de liberté ou les fumeurs -dont je ne suis pas- côtoient joyeusement les non fumeurs, les sportifs côtoient les oisifs, les danseurs de salon côtoient les adeptes de country ou de techno…. les joueurs de carte, les pongistes, les joggeurs etc Et tout ce petit monde à de rares exceptions, se salue, se congratule, se lie, partage sa table ou son canapé.
2 décembre-Marseille Il a plu sur Marseille, les préposés aux bagages du port autonome sont en grève. Pour être positif je dirais qu’étant prévenus la veille par un courrier joint au dernier Today, (tout le monde reçoit le Today) cela nous a permis de ne pas boucler nos valises pour les laisser dans les couloirs. Aubaine supplémentaire, nous ne sommes pas obligés de quitter la cabine à 8 heures, nous prenons donc le petit déjeuner tranquillement au Giardino. Etiquettes de bagages orange notre débarquement est prévu à 9h45. Dès 9h30 nous sommes invités à débarquer par les passerelles et non par l’échelle de coupée ce qui facilite grandement le port des bagages. Nous ne comprenons pas l’irritation de croisiéristes qui semblent ne pas avoir pris connaissance de l’information et s’en prennent au personnel Costa en rien responsable de l’arrêt de travail des « dockers » marseillais . Ils sont heureusement largement minoritaires. Je les classe dans la cohorte détestable des soit disant « otages » coutumiers du « nous n’avons jamais eu d’information » qui nous assomment avec leurs conversations privées pendant les repas ou les excursions en gardant le Smartphone collé à l’oreille pendant les annonces ou l’exercice de sécurité….quand ils y participent. Le personnel Costa, toujours attentif, porte assistance aux passagers moins agiles. Nous attendons quelques minutes notre bus de transfert et c’est la fin du voyage.
Nosy Be suite aux événements dramatiques (fin 2014) English translation pending
bonjour, je ne trouve pas de discussions recentes sur Nosy be suite aux evenements dramatiques
est ce que maintenant on peut aller a Nosy be avec moins d'angoisses en esperant un climat plus serein