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Retour de quinze jours au Guatemala English translation pending
De retour du guatemala.
Nous sommes partis 15 jours, trop court, mais super bien. voir le blog, pour le descriptif du voyage: Antigua/semuc champey/florés tikal/rio dulce livingston/antigua chichicastenango/panajachel/san pedro et retour bordeaux. a+ amis forumeurs
Nous sommes partis 15 jours, trop court, mais super bien. voir le blog, pour le descriptif du voyage: Antigua/semuc champey/florés tikal/rio dulce livingston/antigua chichicastenango/panajachel/san pedro et retour bordeaux. a+ amis forumeurs
Are we "bores" with our travel stories?
Reading an excerpt from "The Art of Boring People by Telling Your Travel Stories" by Matthias Debureaux first made me smile, then got me thinking… Are we "travel-bores" with our travel stories?
"Annoying is the one who, like Ulysses, had a wonderful trip. Because for every silver-tongued storyteller with marvelous tales, how many bores and nuisances… The traveler, drunk on grand images and magical encounters, has only one thing on their mind: pelting us with anecdotes, life lessons, and ideals. They’ll paint the most beautiful and distant Edens… the traveler has an endless pharmacy of stories. But nothing is designed to immunize us against travel tales. We should impose a quarantine on returning travelers. At least a dozen hours in a sobering cell. What’s the point? Months, years later, they’ll never miss an opportunity to reminisce. The evocation of their odyssey is a perpetual fireplace fire."
A provocative text, sure, but isn’t the person telling their travel story doing it mostly for themselves? Just to relive the joy of their trip? At friendly gatherings or with family, we sometimes have to endure the enthusiast… without necessarily sharing their passion for the destination!
The advantage of writing—and also of exchanges on sites like VF—is that only those who want to read a story do so… with the option to skip it anytime!
So, what do you think, authors and fans of travel stories published online?
Jean
P.S.: "The Art of Boring People by Telling Your Travel Stories" by Matthias Debureaux, Éditions Cavatines, 2005 Excerpts read in "The Taste of Travel" Éditions Mercure de France, 2008
P.S.: As a little wink… I still invite you to check out my latest travel story about a trip to the Aeolian Islands… see the story and photos by following this link: http://voyageforum.com/v.f?post=4409520;page=unread#unread
I hope I didn’t "bore" you too much with this story 😉
"Annoying is the one who, like Ulysses, had a wonderful trip. Because for every silver-tongued storyteller with marvelous tales, how many bores and nuisances… The traveler, drunk on grand images and magical encounters, has only one thing on their mind: pelting us with anecdotes, life lessons, and ideals. They’ll paint the most beautiful and distant Edens… the traveler has an endless pharmacy of stories. But nothing is designed to immunize us against travel tales. We should impose a quarantine on returning travelers. At least a dozen hours in a sobering cell. What’s the point? Months, years later, they’ll never miss an opportunity to reminisce. The evocation of their odyssey is a perpetual fireplace fire."
A provocative text, sure, but isn’t the person telling their travel story doing it mostly for themselves? Just to relive the joy of their trip? At friendly gatherings or with family, we sometimes have to endure the enthusiast… without necessarily sharing their passion for the destination!
The advantage of writing—and also of exchanges on sites like VF—is that only those who want to read a story do so… with the option to skip it anytime!
So, what do you think, authors and fans of travel stories published online?
Jean
P.S.: "The Art of Boring People by Telling Your Travel Stories" by Matthias Debureaux, Éditions Cavatines, 2005 Excerpts read in "The Taste of Travel" Éditions Mercure de France, 2008
P.S.: As a little wink… I still invite you to check out my latest travel story about a trip to the Aeolian Islands… see the story and photos by following this link: http://voyageforum.com/v.f?post=4409520;page=unread#unread
I hope I didn’t "bore" you too much with this story 😉
Vivre l'Inde du Sud début juillet-fin août 2010: vos conseils? English translation pending
Bonjour a tous.
Tout d'abord, je sais que ces sujets ont déjà été abordé, j'ai déjà beaucoup lu sur les questions que je me pose, mais étant donné qu'il s'agira de mon premier voyage, je préfère avoir un avis un peu plus personnel et rassurant.
Je compte partir en Inde en solo, ou accompagné (Mes amis ne sont pas aussi enthousiaste que moi, on verra plus tard pour eux;) de début Juillet a fin Aout 2010 (suivant les avions que je trouverais).
Ce sera mon premier voyage en solidaire, même si j'ai déjà beaucoup voyagé, c'était a chaque fois en groupe dans un organisme pour jeunes. Je me pose beaucoup de questions, notamment concernant mon age, j'ai 18 ans et je suis un mec, mes proches me déconseillent ce voyage seul, mais qu'importe, 18 ans, c'est l'age de raison, je m'auto permet ;) cependant, il est vrai que j'appréhende un peu, j'ai un moral d'acier mais je n'ai jamais été confronté a une situation comme celle ci et sachant que je compte partir approximativement deux mois, je ne sais pas trop comment m'y préparer. Est il dangereux de voyager en Inde seul a 18 ans ?
j'ai définitivement choisis l'Inde du Sud, car on m'en a énormément parlé et que les dires des forumeurs m'incitent a visiter cette partie du pays, il y a cependant le probleme de la mousson, d'apres ce que j'ai compris elle me semble évitable suivant le trajet mais je ne sais pas tout de meme pas si il est vraiment contre indiqué de partir dans ces conditions, surtout dans mon cas.
Ne connaissant de l'Inde que ce que j'ai lu sur ce forum, dans quelques bouquins, a la télé et dans les guides (que je consulte en ce moment) je ne sais pas trop par ou ni comment commencer, je sais seulement que j'ai deux mois pendant lesquel j'ai la possibilité de "vivre" la-bas. Je pense donc commencer mon périple a Chennai et le terminer a Mumbai (ou inversement) et entre découvrir le Tamil Nadu en général, et les états de Kerala et Goa, en passant bien sur par certains points incontournables, il me semble comme Ponticherry, Mysore, Munnar Cochin Kanniyakumari, Allepey, Mangalore, Hyderabad... Ces points ne sont pas dans l'ordre, car je serais incapable de dire pour des raisons pratiques (par rapport aux transports) comment les joindres, mais c'est tout de meme les principaux sites dont j'espere avoir la chance de profiter. Je ne sais pas encore combien de temps de m'attarderais dans chaque "point", je prefere limite en éliminer quelques uns plutot que de bacler mes découvertes. N'hésitez pas si vous avez des conseils et des coups de coeurs qui pourraient enrichir mon voyage, c'est pour ça que je suis la. J'aimerais autant découvrir la vie du quotidien des indiens que visiter les lieux touristiques, c'est pourquoi il me plairait aussi de visiter le centre de la péninsule "Karnataka", ou on m'a parlé de lieux extraordinaires comme Badami par exemple. A mon avis je pense que le voyage se fera surtout au feeling mais on m'a beaucoup parler de l'importance de bien reserver ses trains, donc je ne sais pas encore trop quoi faire. De plus, j'espere trouver quelques compagnons de route moyennant le fait de modifier un peu son itinéraire, l'assouplir. D'ailleurs si certains sont tentés un peu de compagnie dans le sud de l'Inde entre juillet et Aout, pourquoi ne pas faire un bout de chemin ensemble.
En ce qui concerne le logement sur place, on m'a dit que c'était facilement trouvable aux alentours des gares pour plus ou moins 400-500Rs/nuit dans des hôtels pas trop miteux, on m'a également parler de "chambre d'hotes" ou Courchsurfing mais je ne sais pas trop ce que ça vaut, ni comment les repérer. si vous avez des plans dans certaines villes, hotel ou hote, je suis preneur.
Je pense que j'en ai assez dit pour ce soir/matin, désolé c'est long, meme tres long mais bon comme je l'ai dit, c'est mon premier voyage serieux en solo, j'prefere précautionner. ;) Merci d'avance
Ce sera mon premier voyage en solidaire, même si j'ai déjà beaucoup voyagé, c'était a chaque fois en groupe dans un organisme pour jeunes. Je me pose beaucoup de questions, notamment concernant mon age, j'ai 18 ans et je suis un mec, mes proches me déconseillent ce voyage seul, mais qu'importe, 18 ans, c'est l'age de raison, je m'auto permet ;) cependant, il est vrai que j'appréhende un peu, j'ai un moral d'acier mais je n'ai jamais été confronté a une situation comme celle ci et sachant que je compte partir approximativement deux mois, je ne sais pas trop comment m'y préparer. Est il dangereux de voyager en Inde seul a 18 ans ?
j'ai définitivement choisis l'Inde du Sud, car on m'en a énormément parlé et que les dires des forumeurs m'incitent a visiter cette partie du pays, il y a cependant le probleme de la mousson, d'apres ce que j'ai compris elle me semble évitable suivant le trajet mais je ne sais pas tout de meme pas si il est vraiment contre indiqué de partir dans ces conditions, surtout dans mon cas.
Ne connaissant de l'Inde que ce que j'ai lu sur ce forum, dans quelques bouquins, a la télé et dans les guides (que je consulte en ce moment) je ne sais pas trop par ou ni comment commencer, je sais seulement que j'ai deux mois pendant lesquel j'ai la possibilité de "vivre" la-bas. Je pense donc commencer mon périple a Chennai et le terminer a Mumbai (ou inversement) et entre découvrir le Tamil Nadu en général, et les états de Kerala et Goa, en passant bien sur par certains points incontournables, il me semble comme Ponticherry, Mysore, Munnar Cochin Kanniyakumari, Allepey, Mangalore, Hyderabad... Ces points ne sont pas dans l'ordre, car je serais incapable de dire pour des raisons pratiques (par rapport aux transports) comment les joindres, mais c'est tout de meme les principaux sites dont j'espere avoir la chance de profiter. Je ne sais pas encore combien de temps de m'attarderais dans chaque "point", je prefere limite en éliminer quelques uns plutot que de bacler mes découvertes. N'hésitez pas si vous avez des conseils et des coups de coeurs qui pourraient enrichir mon voyage, c'est pour ça que je suis la. J'aimerais autant découvrir la vie du quotidien des indiens que visiter les lieux touristiques, c'est pourquoi il me plairait aussi de visiter le centre de la péninsule "Karnataka", ou on m'a parlé de lieux extraordinaires comme Badami par exemple. A mon avis je pense que le voyage se fera surtout au feeling mais on m'a beaucoup parler de l'importance de bien reserver ses trains, donc je ne sais pas encore trop quoi faire. De plus, j'espere trouver quelques compagnons de route moyennant le fait de modifier un peu son itinéraire, l'assouplir. D'ailleurs si certains sont tentés un peu de compagnie dans le sud de l'Inde entre juillet et Aout, pourquoi ne pas faire un bout de chemin ensemble.
En ce qui concerne le logement sur place, on m'a dit que c'était facilement trouvable aux alentours des gares pour plus ou moins 400-500Rs/nuit dans des hôtels pas trop miteux, on m'a également parler de "chambre d'hotes" ou Courchsurfing mais je ne sais pas trop ce que ça vaut, ni comment les repérer. si vous avez des plans dans certaines villes, hotel ou hote, je suis preneur.
Je pense que j'en ai assez dit pour ce soir/matin, désolé c'est long, meme tres long mais bon comme je l'ai dit, c'est mon premier voyage serieux en solo, j'prefere précautionner. ;) Merci d'avance
Marocco: le circuit des villes impériales English translation pending
De la soupe de pois chiches du café Hafa aux cocktails de fruits du El Minzah(1)
Tanger, ville des paradoxes, explose sous les projets pharaoniques de M6 (Mohamed VI) le roi bâtisseur.
Les bastions espagnols luttent difficilement contre les rocades et les périphériques dont les ingénieurs marocains dotent l’ancienne capitale du Rif.
Adieu, Matisse, adieu Delacroix, vive UBU, le règne des contraires : des troupeaux qui franchissent l’autoroute CEUTA-TANGER, de l’arrière-pays que l’on éventre pour laisser place à des autoroutes de containers…
Un pari superbe que tente M6, faire du Maroc et de Tanger particulièrement, la passerelle économique et touristique du grand Maghreb.
Les paysannes du Rif continueront-elles à fréquenter petit et grand Socco avec leurs paniers de légumes frais et les fruits de leurs jardins.
J’ai bien peur que le Vieux Tanger laisse la place à de nouvelles Canaries pour allemands en short, en troupeaux et en goguette..
Le tourisme de masse gagne déjà les grandes villes du pays. Adieu Tanger, sa Kasbah, sa médina et ses coupe-gorge du petit socco. Même le « café central » du petit socco a renouvelé son mobilier, seul le Tin gis semble rescapé de l’époque des grands voyageurs…
Au Hafa, le couple BHL- Arielle a dressé un grand mur à l’Est, « mur de la honte » disent les Tanjaoui, entre les terrasses du célèbre café et les terrasses à « la Le Corbusier » de leur grande villa de vacance.
Au bas des remparts, les camions, les niveleuses, les engins de chantier travaillent nuit et jour pour un bonheur des Tanjaoui qui tarde à venir, au moins pour le peuple de la rue.
Derrière les hauts murs des villas du Marshan, les enfants de l’élite continuent de danser « aux pieds du volcan » (Malcolm Lowry)
Les sardines grillées d’Abdelhaïm (2)
Cela faisait deux jours que j’alternais avec Pénélope les paradoxes gastronomiques, passant de la soupe de pois chiche du café Hafa aux cocktails du El-Minzah(pistaches et olives marocaines, tunisiennes, et romaines comprises…)
Cela faisait aussi deux nuits qu’elle supportait de plus en plus difficilement les chambres du Motel du Mira monte(domaine d’un vieil anglais derrière le quartier marshan- vaut le détour pour ses couchers de soleil sur le détroit) où nous luttions contre les punaises des bois, les moustiques, et le tic-tac d’un joint de robinet exténué…
Aujourd’hui, on se ferait, sans complexe, le « complexe »balnéaire d’Asilah, ma préférée, mais, avant, on irait sous les remparts du vieux fort portugais manger les sardines grillées d’Abdelhaïm…
En voici, la recette originale :
Vous allez à la guinguette croulant sous les frondaisons de lierre aux pieds du fortin(en face du parking gardé) : vous demandez à déjeuner de thés à la menthe et de sardines grillées…
Abdelhaïm vous emmène choisir vos sardines fraîches aux halles du port (10 dirhams) puis vous allez avec lui au four collectif du village et vous prenez rang entre deux cuissons de ménagères asiliennes, vous revenez dix minutes plus tard, vos vingt quatre sardines vous attendent sur un plateau de cuisson.
Abdelhaïm y ajoute trois sets en papier kraft, trois verres de thé à la menthe marocain sans sucre, trois galettes de pain chaud sorties du four.
Vous vous installez, ¨Pénélope, Ulysse et Abdel à l’ombre du lierre centenaire, face au port de pêche, puis vous dégustez le blanc des sardines grillées que vous avez soin d’étaler entre vos doigts sur des portions de pain chaud.
Vous cherchez à deviner qui a le plus faim ou qui est le plus gourmand.
Après, vous doublez les 10 dirhams d’Abdelhaïm et ceux du patron de la guinguette.
Vous refusez la promenade en calèche autour des remparts, prétextant qu’elle n’est faite que pour les amoureux…
A la recherche du jardin des Hespérides(3)
Pour mes lecteurs préférés, je ne rappellerai pas qu’Ulysse est un archéologue passionné de vieilles pierres, comme Pénélope, sa compagne, est une compulsive passionnée de cuirs et de chiffons (« fashion addicted »)
Aussi, on allait concilier les passions contradictoires du couple en prenant la direction de LIXUS et de LARACHE.
C’est dans les ruines de Lixus, ville fondée par les phéniciens sept siècles avant notre ère, quatorze siècles avant le Prophète, que, selon la légende, le géant Hercule accomplit le onzième de ses travaux :
« la cueillette des pommes d’or au jardin des Hespérides ».
Lors de mon précédent passage en 2006, je n’avais trouvé ni les pommes d’or, ni le site…
Cette fois-çi, avec Pénélope et son aide, j’espérais bien trouver autre chose que les fruits de mon imagination…
Le Maroc est comme dirait Giorgio13 (cf. carnet « via aurélie ») le pays où l’on remet les pendules à l’heure. Certes, on allait découvrir le site (5 Kms avant Larache sur la nationale)
Une grande grille en fer forgé verdâtre enserre le site et le protège du trafic de la route toute proche.
On devine la ferme phénicienne et ses bacs d’élevage (déjà, aurait dit Nicolas Hulot…)
On déniche au hasard d’un sentier les formes d’une « aula » partiellement enterrée, avec voûte en plein cintre (en parfait état de conservation)
On relève le plan parcellaire de la colonie phénicienne ou romaine, ou carthaginoise (les historiens s’y perdent)
On comprend surtout l’intérêt du site : la proximité des marais salants…toujours en activité dans la baie de l’oued LOSSOUR, peut-être même avec encore les mêmes techniques héritées des carthaginois…
Mais la végétation a repris ses droits, les 20% du site fouillé disparaissent sous les eucalyptus et les chardons, et autres fleurs des champs…
On ne verra ni les restes des arènes, ni ceux de l’amphithéâtre, de rares éboulis parsèment de ci de là les champs voisins entre estuaire et collines, des blocs de pierre de gros appareil pour toute trace du Jardin des Hespérides.
Les mythes d’Hercule, d’Ulysse, l’odyssée de l’ardent navigateur (mais que va nous trouver larabadeservis ?) disparaissent derrière le trafic de la nationale (excellente halte autoroutière avec jeux pour les enfants à 3 Kms)
Le circuit des villes impériales : Mekhnès : (4)
Pénélope n’ayant qu’un intérêt relatif pour les vieilles pierres, elle est restée dans la voiture tout le temps de ma visite du site archéologique de LIXUS, il a fallu modifier en catastrophe l’ambitieux voyage culturel : VOLUBILIS, la capitale romaine du royaume de JUBA( mais que va dire Arab2cervis ?) serait écartée de l’itinéraire au profit de MEKNES, FES et CHEFCHAOUEN…
A part CHEFCHAOUEN, capitale du chanvre indien, j’augurais que Pénélope serait séduite par l’aspect « capitale » des deux villes impériales.
C’est ainsi que l’on quitta le petit port d’Asilah où nous avions déjà nos habitudes pour rejoindre notre première capitale chérifienne…
Pour gagner MEKNES de la côte Ouest, on a le choix entre l’autoroute M6 ou les petites routes nationales qui traversent le Maroc agricole, et là, le choc est brutal : on découvre comment les tomates de nos supermarchés, en fait tous les légumes et agrumes étiquetés « Maroc » sont produits :
Des nuées d’ouvriers et d’ouvrières agricoles, habillés souvent de haillons, logés souvent pour la saison dans des huttes de pailles ou de bambous revêtues de plastiques de serres, s’échinent(le mot est très parlant) à produire pour l’Europe, agriculture intensive aidant, souvent avec les bras, la mécanisation étant souvent sommaire…
Pénélope découvre que le tourisme marocain peut se teinter de « grisailles »…
Heureusement, les paysages peu à peu se vallonnent et, Juin aidant, le vert des champs de tournesols et le blond presque blanc des champs de blé forment des camaïeu de Palestine( on dirait du « Pondy »…)
Le tracteur disparaît au profit de l’âne bâté et chevauché qui, par l’enfant qui part à la corvée d’eau, chargé de bidons de plastique, qui par l’ouvrier ou l’ouvrière agricole qui rentrent des champs.
Paysages de Judée et de Samarie : sur le flanc d’une montagne verte, dans un enclos, des enfants excite un âne à battre les tiges de blé fraîchement récoltées…
L’épisode de la « tourista » L5)
Ulysse était parti d’Europe avec les séquelles d’une grippe intestinale hivernal mal soignée : une doctoresse duchéroise avait même diagnostiqué une forme bénigne de H1-N1 dite « perversio de type 3 »…
Depuis quatre jours au pays des almoravides et des almohades, le syndrome de cette affection s’était déclenché au contact de la nourriture du « El Khaima » d’Asilah.
Ulysse avait ingéré des sortes de boulettes de viande suédoises (sic…) baignait dans une épaisse sauce pimentée, et avait commencé à ressentir fébrilité et choc intestinal dans la nuit qui avait suivi.
Le lendemain, ne sachant plus si c’était l’effet des coups de soleil subis autour de la piscine de l’hôtel(cf .photo ci-jointe) ou les conséquences de sa vieille grippe intestinale, Ulysse avait tenu à aller consulter un médecin local dans son cabinet : le docteur « El Arrawak »…
Celui-ci devant la description et les symptômes et l’état réel dans lequel se trouvait le compagnon de Pénélope, avait conclu à ce diagnostic :
« ce n’est pas du tout un H1-N1 de type perversion 3, mais si vous continuez à ne pas vous soigner, vous risquez de tomber dans une névrose psychosomatique de type obsessionnel compulsif avec aspect hypocondriaque, d’où les « cacarella » à répétition… »
banale névrose post-cristallisation, lui avait susurré le bon docteur El Arrawak.
« le seul remède est le vaccin, à petite dose, qui vous remettra sur pied en un rien de temps.. »
tant il est vrai que l’on soigne le mal par le mal… Sur ce, revigoré, Ulysse avait juré que l’on n’y reprendrait plus à manger n’importe quelles boulettes avariées, nappées de sauce industrielle.
Le problème, c’est qu’Ulysse adorait les kefta, petites boulettes de viande très pimentées, qui laissent une goût de « revenez-y » longtemps dans la bouche…
Les enfants guides des greniers de Moulay Ismaël (6)
« Déconstruction d’un séjour touristique dans le Nord Marocain », je parodie grossièrement Jacques Derrida, car ce voyage dans le Nord Marocain, Rif et cités impériales, je l’ai déjà effectué seul, il y a trois ans, au mois d’avril( il y avait alors de la neige dans le Rif…)
L’intérêt de ce voyage, répété à 3 ans d’intervalle, est de vérifier ce qui a changé, du regard du voyageur, du pays traversé, des marocains rencontrés…
Ce peuple est toute amabilité, gentillesse, humour et finesse, à condition que l’on accepte de laisser notre morgue d’européen et nos repères économiques.
L’hospitalité, tous les jours proposés, à l’occasion d’une rencontre, d’un échange, d’une conversation impromptue, hospitalité que l’on refuse en regrettant déjà de l’avoir refusée, est une constante au Maroc : l’échange avec l’employé de l’hôtel a-t-il une autre dimension que celui d’un hôte qui vous aurait accueilli dans la belle villa qu’il a construite pour ses vieux jours dans son village natal à 7 Kms au Nord d’Asilah ?
Je ne crois pas, comme la visite (hors circuit touristique) d’une partie ignorée du palais de Moulay Ismaël à MEKNES, offerte par deux gamins des rues, fans de Ronaldhino, parlant déjà un beau français, appris grâce aux contacts qu’ils ont déjà eus avec nos compatriotes…
Chaque jour, il n’y a pas d’heure que nous ne consacrions à débattre de leur cher Maroc, de leurs coutumes, de leur gastronomie, de leur économie.
Hier, c’était vendredi, jour de la prière et jour du couscous hebdomadaire :
« Vous verrez, vous avez l’impression d’avoir trop mangé, mais c’est une illusion : dans trois heures, vous appellerez le room service » (Mohamed, serveur au restaurant de l’Hôtel)
Gazelles dans les souks, gazelles autour de la piscine : (7)
L’islam marocain est comme l’Islam africain en général, très doux aux mœurs… Certes les jeunes gazelles sont un peu plus voilées, surtout dans les grandes métropoles, mais avec recherche et avec élégance, tandis que leurs marâtres, surtout à Tanger et à Fès, procèdent plus des mille et une nuits ou des « cigares du Pharaon »….
(c’est selon sa culture, selon que l’on privilégie Rimski-Korsakov ou Hergé( dans le cas de Hergé, il faut aussi avoir lu la trilogie : Les Cigares du Pharaon, Coke en stock etc.…)
des spécialistes de Hergé affirment qu’il a puisé ses modèles à Tanger et à Essaouira…
MEKNES, à ce titre, procède de l’Islam très doux : les gazelles que l’on a croisées le matin dans les souks, on les retrouve franchement canailles et européanisées autour des piscines des hôtels où l’on se remet des poussières et des chaleurs des caravansérails :
Elles ont pris nos allures, nos musiques, nos modes, nos défauts (la cigarette) à I80% et leurs regards de gazelles rendraient jalouse plus d’une européenne de type duché rien…
Douces mœurs où les pères sont très présents, surtout près de leurs enfants, pas du tout les cow-boys machos des pubs de cigarettes.
Lorsque la nounou n’est pas là pour en faire des petits mâles méditerranéens, ce sont de vrais pères présents, baby-sitters à la suédoise.
Tandis que leurs gazelles bronzent pour des harems inconnus, les pères initient leurs progénitures aux joies de la natation.
Cette société marocaine des piscines d’hôtels, certes privilégiée, est aussi une facette de la population rencontrée, après le conducteur de mulet dans les souks, le petit marchand de fleurs en papier qui accepte d’être payé avec une boîte de vaches qui rient, l’intellectuel vendeur de tapis exposant à la Foire de Nancy, qui sait tout du tapis berbère, qu’il soit prénuptial ou nuptial… Le guide de la Medersa, le dénicheur du Palais Mans Our et bien sûr :
ENMILI, le BOUANANIA, habit traditionnel – prix – confiance – satisfaction – KABBAK – ESSOUK – MEKNES – 4 fois merci –
« Le maraboutage de la turista » (8)
Malgré les soins locaux qu’il s’était prescrits (coca-cola et riz au maïs) , la turista d’Ulysse qu’il avait contractée à Asilah, avait tendance à résister. Il avait reçu une texto de son médecin préféré :
« stoppe les self médicaments services(SMS) » « il y a méprise sur le traitement » « soigne toi au Pervex3 »
N’ayant rien compris à cette ordonnance numérique, Ulysse, au hasard des boutiques du plus grand souk du Nord Maroc, allait se laisser tenter par la publicité d’un apothicaire local :
« BEN SALEM, paiement après résultats, voyant medium africain avec le don de son grand-père. Spécialiste de tout, retour d’affection, protection, désenvoûtement, amour durable, examen, retour du mari ou de la femme parti(e), travail, concours, attraction de clientèle pour vendeur, guérit tout complexe physique ou moral. SATISFACTION DANS TOUS LES DOMAINES ! (Travaille aussi par correspondance – reçoit tous les jours »
La description des compétences du marabout local aurait pu concurrencer Elizabeth Teissier et Christine Haas à la fois…
Il allait profiter du goût profond de Pénélope pour les kilims berbères et les tissus de soie naturelle de ENMILI DE BOUANANIA – prix – confiance- satisfaction – quatre fois merci, pour filer consulter le marabout apothicaire, deux rues après le palais MANJOUR.
La boutique de l’apothicaire aurait pu servir de salon au harem du palais Dar jamaï : zelliges et mosaïques bleues et blanches, fontaine asséchée, plafonds anciens finement décorés et peints, la boutique croulait sous des montagnes de tapis – le marabout était aussi marchand de tapis –
Et, entre deux piles, posé à même une chaise, un ordinateur potable de la troisième génération –version 2010 – d’un grand assembleur japonais que je ne citerai pas (paradoxe des souks marocains)
Après qu’Ulysse eut décrit ses symptômes au pseudo marabout, après le troisième thé, celui-ci lui prescrit cette curieuse ordonnance :
- 1 pervex le matin, - 1 nevrox au doppio doux amer, - et si les maux ne passent pas, de la poudre de ioolite en infusion dans la tisane du soir
FES, Ville impériale : (9)
S’il est une des villes impériales qui mérite le mieux ce qualificatif, c’est bien FES et ses 880.000 habitants, ses trois villes : la médina haute, la ville basse et la ville moderne…
J’avais d’ailleurs composé ce voyage à l’intention de Pénélope comme une symphonie :
- Tanger : ses brumes, ses brouillards, la violence des travaux entrepris (Furioso) - Asilah :le petit port, île grecque : (allegro) - Larache : (andante) - Mekhnès : la douce, la silencieuse, la digne (allegretto) - Fès : la multiple, la grande, la moyenâgeuse, l’universitaire, la culturelle (Fortissimo)
Pour la mise en bouche, avant même la pénétration dans la médina Fès El Bali, il faut aller la désirer du haut du Bjord Nord … du vieux fort, lorsque l’on contemple Fès, on voit toutes les grandes cités d’Orient :
Je cite :
« on conçoit que Fès ait pu rivaliser avec Cordoue ou avec Bagdad »
Garder la première demi-journée (entre 16 et 20 heures) à dénicher les merveilles (Palais Saada transformé en un salon de thé des mille et une nuits etc.…) Se recueillir au palais Mnebi, la résidence de Lyautey en I912, Ne pas hésiter à plonger de Bâb en bab (de porte en porte), à rompre le circuit touristique officiel pour s’égarer dans un souk d’artisans, Rejeter tout guide, Glisser une medersa (école coranique) entre deux pâtisseries, Siroter un thé à la menthe sans sucre, accompagné de pâtisseries fraîches à base d’amandes, Hésiter à rompre le charme, Monter sur les terrasses du palais de Lyautey et reprendre la maîtrise spectaculaire de cet enchevêtrement de poutres, de briques, de venelles venues du fond des âges, Où les petits métiers s’exercent encore comme il y a huit siècles, Admirer le rythme des mulets et des coursiers, Observer les sculpteurs sur marbre ou sur bois, la dextérité des brodeurs…
Pastilla, couscous et tagines : (10)
Un carnet de voyages n’est rien sans la saveur d’un carnet gourmand. Le Maroc ne laisse à nulle autre cuisine le soin d’expérimenter goûts et saveurs et, selon les régions traversées, l’appellation des plats gourmands, des pâtisseries du crû, valent à elles seules la description de leurs contenus.
- pastilla, mousse de semoule et crème de riz (Palais Jamaï Fès) - behketto ou tarte, poivron rouge et framboise(tarte au chocolat et aux poivrons) - salade d’aubergines (souks de Fès) - couscous aux épinards, tomates et poivrons confits (Mekhnès) - tagine d’artichauts aux tomates confites (Fès, palais des Mérinides) - filets de thons M’Charmel, pastel et tchekchouka (salade de tomates concassées) - polenta à l’huile d’argan et au miel (Asilah) - moelleux à la semoule et aux citrons (palais Jamaï) - chouriba à la noix de coco (palais Saada à Fès) - petites fleurs sablées (salon de thé – Fès) - pastilla de poulet à la confiture de courge (L’arabesque – Fès) - couscous de fruits secs à l’huile d’argan, avec menthe (meknès) - croquettes de dindes à l’estragon (Asilah)
il aurait été fastidieux de décliner les innombrables tagines, la variété des brochettes, des panini « en-cas » des room services…
la tagine ou les tagines restent cependant l’élémentaire basique et délicieux de cette cuisine, les restaurants des grands hôtels ayant une fâcheuse tendance à mettre sous le terme de « tagine » et surtout dans des assiettes de porcelaine industrielle « made in Macao » des plats qui n’ont de tagine que le nom.
Le chagrin d’amour de l’antiquaire du souk : (11)
Dans les souks de Fès, dans la ville basse, pas loin de la maison de Ibn Khaldun (sociologue arabe célèbre du XVième siècle) se trouve le magasin d’antiquités de may Kologhassi.
Son nom, d’origine turque, est trompeur : c’est celui d’une famille installée depuis des générations dans la ville basse et son magasin est un des plus beaux magasins d’antiquités de Fès.
Si vous avez le hasard de succomber à l’attrait des lampes anciennes, des coffres damasquinés, des meubles bas, des tapis qui meublent sa profonde échoppe, et si vous avez la chance de partager un thé à la menthe prolongé, il vous racontera l’histoire de son chagrin d’amour…
Il y a trois ans, assis sur le seuil de sa boutique, il hélait le chaland, le touriste pressé, avec une chance sur deux de le voir entrer dans son magasin « pour le plaisir des yeux »…
Chouf, Chouf (regarde) rien qu’un instant dans ma caverne d’Ali Baba…
Et, ce jour là, un couple d’étranger qu’il avait réussi à captiver, s’attarda plus longuement que d’habitude, le quatrième Muezzin avait chanté…
Derrière le thé, les Flags(bières locales) le grand étranger les appréciait comme les Spaten de son pays, pendant que sa petite femme n’avait d’yeux que pour le bel antiquaire oriental et May Kologhassi ne fut pas dupe du manège…
La cinquième Flag aidant, le grand étranger fatigué quitta la boutique pour regagner son hôtel, laissant sa petite femme négocier un cadenas Idrisside ancien du XII nième siècle, cadenas de coffre avec sa clé…
La négociation fut longue et quelques heures plus tard et quelques tapis de son arrière boutique froissés, May avait vendu son cadenas ancien à perte. Mais désormais, son cœur était brisé, la petite étrangère le lui avait acheté contre son corps au goût d’amande et de pruneaux…avec la légèreté de ces européennes de passage.
May Kologhassi en parle encore avec des larmes dans les yeux, il a gardé la clef du cadenas et rêve un jour que la petite acheteuse vienne la lui réclamer…
Ou Hilary trouble le séjour marocain d’Ulysse et de Pénélope : (12)
« ciao, Hilary, du circuit des villes impériales.bise fassi du pays des mille et une nuits. Signé : Ulysse »
« ciao, Hilary chérie, tu devrais changer de registre avec moi…grâce à moi, tu es désormais une héroïne de roman, lu par des milliers de lecteurs.. » signé : Ulysse
Elle ne décolérait pas de rage qu’il l’ait pris en modèle d’une héroïne d’un de ses carnets, mais, dans ce Maroc paisible, il n’y avait pas de place pour la furieuse Hilary…
Hilary, qui se croyait propriétaire de l’image qu’elle avait donnée d’elle-même. Elle lui faisait penser à Marie Despléchin poursuivant en justice son ex-mari pour des moments d’histoires familiales qu’il avait utilisés dans un de ses films.
Est-on jamais propriétaire de l’image que l’on se complaît à donner de soi-même dans un Forum public ? Peut-on trépigner de rage et qualifier de tous les noms d’oiseaux le modeste prosateur qui émaille ses carnets, pour les rendre plus vivants, des caractères d’un personnage qui lui avait semblé si vivant ?
Il en est du NET comme de la télévision, le numérique s’efface très vite de la mémoire visuelle, mais les sentiments et les comportements décrits restent imprimés dans la mémoire profonde.
Ulysse utilisait de temps son propre disque dur et ses lecteurs ne s’y trompaient pas, les images qu’il avait cru lire ou vivre sur le NET, il les renouvelait et, fort de son imagination, il avait su rendre crédibles une jeune novice, une ex-moniale, un spécialiste d’enluminures anciennes, un architecte dépressif, un archéologue amoureux, une Pénélope fidèle (tautologie).
Jusqu’à présent, seule la petite nonne avait cru se reconnaître dans les carnets délirants de Tomas(sic…selon Dolma) et rugissait de fureur rentrée…
Marocco 2009 le film (14)
Tourné entre le I et le I5 juin 2009, Marocco2009, le film a été réalisé par les acteurs suivants :
PRODUCTEUR : le groupe PPR (Pinault Printemps La redoute) la SOFREMI
SCENARIO ET REALISATION : Tomas3 avec dans les rôles de
Pénélope : Zébulette Ulysse : Tomas3 La poétesse : Tinitrane Le remetteur de pendules à l’heure : l’arab2Crvis Le marchand d’antiquités : May Kologhassi Hilary : Hilary L’assistante du professeur Manu : Cléo40 Le professeur Manu : Manu Le tourmondiste pressé : Arrawak Le chœur des trolls : victoire3615- victoria3617 – cléa40 Don Florian : Jean-Louis G. L’étranger dans le bazar : Achille Les figurants actifs et enthousiastes : Michagadir : Michagadir Iacalo : Iacalo Tarafabo : Tarafabo Mourtte : Mourtte
Les décors ont été tournés dans leur milieu naturel et nous remercions le Groupe Accor pour la qualité de ses prestations hôtelières sur les différents sites choisis. Les services des douanes de Tanger pour la visite des nouvelles installations portuaires – Les services médicaux du poste frontière de Ceuta pour la qualité de leur accueil – La compagnie de ferries FRS a pris soin du transport des différents acteurs et de leur matériel – - couverture photographique du reportage : laboratoires KODAK et FUJI
Tanger, ville des paradoxes, explose sous les projets pharaoniques de M6 (Mohamed VI) le roi bâtisseur.
Les bastions espagnols luttent difficilement contre les rocades et les périphériques dont les ingénieurs marocains dotent l’ancienne capitale du Rif.
Adieu, Matisse, adieu Delacroix, vive UBU, le règne des contraires : des troupeaux qui franchissent l’autoroute CEUTA-TANGER, de l’arrière-pays que l’on éventre pour laisser place à des autoroutes de containers…
Un pari superbe que tente M6, faire du Maroc et de Tanger particulièrement, la passerelle économique et touristique du grand Maghreb.
Les paysannes du Rif continueront-elles à fréquenter petit et grand Socco avec leurs paniers de légumes frais et les fruits de leurs jardins.
J’ai bien peur que le Vieux Tanger laisse la place à de nouvelles Canaries pour allemands en short, en troupeaux et en goguette..
Le tourisme de masse gagne déjà les grandes villes du pays. Adieu Tanger, sa Kasbah, sa médina et ses coupe-gorge du petit socco. Même le « café central » du petit socco a renouvelé son mobilier, seul le Tin gis semble rescapé de l’époque des grands voyageurs…
Au Hafa, le couple BHL- Arielle a dressé un grand mur à l’Est, « mur de la honte » disent les Tanjaoui, entre les terrasses du célèbre café et les terrasses à « la Le Corbusier » de leur grande villa de vacance.
Au bas des remparts, les camions, les niveleuses, les engins de chantier travaillent nuit et jour pour un bonheur des Tanjaoui qui tarde à venir, au moins pour le peuple de la rue.
Derrière les hauts murs des villas du Marshan, les enfants de l’élite continuent de danser « aux pieds du volcan » (Malcolm Lowry)
Les sardines grillées d’Abdelhaïm (2)
Cela faisait deux jours que j’alternais avec Pénélope les paradoxes gastronomiques, passant de la soupe de pois chiche du café Hafa aux cocktails du El-Minzah(pistaches et olives marocaines, tunisiennes, et romaines comprises…)
Cela faisait aussi deux nuits qu’elle supportait de plus en plus difficilement les chambres du Motel du Mira monte(domaine d’un vieil anglais derrière le quartier marshan- vaut le détour pour ses couchers de soleil sur le détroit) où nous luttions contre les punaises des bois, les moustiques, et le tic-tac d’un joint de robinet exténué…
Aujourd’hui, on se ferait, sans complexe, le « complexe »balnéaire d’Asilah, ma préférée, mais, avant, on irait sous les remparts du vieux fort portugais manger les sardines grillées d’Abdelhaïm…
En voici, la recette originale :
Vous allez à la guinguette croulant sous les frondaisons de lierre aux pieds du fortin(en face du parking gardé) : vous demandez à déjeuner de thés à la menthe et de sardines grillées…
Abdelhaïm vous emmène choisir vos sardines fraîches aux halles du port (10 dirhams) puis vous allez avec lui au four collectif du village et vous prenez rang entre deux cuissons de ménagères asiliennes, vous revenez dix minutes plus tard, vos vingt quatre sardines vous attendent sur un plateau de cuisson.
Abdelhaïm y ajoute trois sets en papier kraft, trois verres de thé à la menthe marocain sans sucre, trois galettes de pain chaud sorties du four.
Vous vous installez, ¨Pénélope, Ulysse et Abdel à l’ombre du lierre centenaire, face au port de pêche, puis vous dégustez le blanc des sardines grillées que vous avez soin d’étaler entre vos doigts sur des portions de pain chaud.
Vous cherchez à deviner qui a le plus faim ou qui est le plus gourmand.
Après, vous doublez les 10 dirhams d’Abdelhaïm et ceux du patron de la guinguette.
Vous refusez la promenade en calèche autour des remparts, prétextant qu’elle n’est faite que pour les amoureux…
A la recherche du jardin des Hespérides(3)
Pour mes lecteurs préférés, je ne rappellerai pas qu’Ulysse est un archéologue passionné de vieilles pierres, comme Pénélope, sa compagne, est une compulsive passionnée de cuirs et de chiffons (« fashion addicted »)
Aussi, on allait concilier les passions contradictoires du couple en prenant la direction de LIXUS et de LARACHE.
C’est dans les ruines de Lixus, ville fondée par les phéniciens sept siècles avant notre ère, quatorze siècles avant le Prophète, que, selon la légende, le géant Hercule accomplit le onzième de ses travaux :
« la cueillette des pommes d’or au jardin des Hespérides ».
Lors de mon précédent passage en 2006, je n’avais trouvé ni les pommes d’or, ni le site…
Cette fois-çi, avec Pénélope et son aide, j’espérais bien trouver autre chose que les fruits de mon imagination…
Le Maroc est comme dirait Giorgio13 (cf. carnet « via aurélie ») le pays où l’on remet les pendules à l’heure. Certes, on allait découvrir le site (5 Kms avant Larache sur la nationale)
Une grande grille en fer forgé verdâtre enserre le site et le protège du trafic de la route toute proche.
On devine la ferme phénicienne et ses bacs d’élevage (déjà, aurait dit Nicolas Hulot…)
On déniche au hasard d’un sentier les formes d’une « aula » partiellement enterrée, avec voûte en plein cintre (en parfait état de conservation)
On relève le plan parcellaire de la colonie phénicienne ou romaine, ou carthaginoise (les historiens s’y perdent)
On comprend surtout l’intérêt du site : la proximité des marais salants…toujours en activité dans la baie de l’oued LOSSOUR, peut-être même avec encore les mêmes techniques héritées des carthaginois…
Mais la végétation a repris ses droits, les 20% du site fouillé disparaissent sous les eucalyptus et les chardons, et autres fleurs des champs…
On ne verra ni les restes des arènes, ni ceux de l’amphithéâtre, de rares éboulis parsèment de ci de là les champs voisins entre estuaire et collines, des blocs de pierre de gros appareil pour toute trace du Jardin des Hespérides.
Les mythes d’Hercule, d’Ulysse, l’odyssée de l’ardent navigateur (mais que va nous trouver larabadeservis ?) disparaissent derrière le trafic de la nationale (excellente halte autoroutière avec jeux pour les enfants à 3 Kms)
Le circuit des villes impériales : Mekhnès : (4)
Pénélope n’ayant qu’un intérêt relatif pour les vieilles pierres, elle est restée dans la voiture tout le temps de ma visite du site archéologique de LIXUS, il a fallu modifier en catastrophe l’ambitieux voyage culturel : VOLUBILIS, la capitale romaine du royaume de JUBA( mais que va dire Arab2cervis ?) serait écartée de l’itinéraire au profit de MEKNES, FES et CHEFCHAOUEN…
A part CHEFCHAOUEN, capitale du chanvre indien, j’augurais que Pénélope serait séduite par l’aspect « capitale » des deux villes impériales.
C’est ainsi que l’on quitta le petit port d’Asilah où nous avions déjà nos habitudes pour rejoindre notre première capitale chérifienne…
Pour gagner MEKNES de la côte Ouest, on a le choix entre l’autoroute M6 ou les petites routes nationales qui traversent le Maroc agricole, et là, le choc est brutal : on découvre comment les tomates de nos supermarchés, en fait tous les légumes et agrumes étiquetés « Maroc » sont produits :
Des nuées d’ouvriers et d’ouvrières agricoles, habillés souvent de haillons, logés souvent pour la saison dans des huttes de pailles ou de bambous revêtues de plastiques de serres, s’échinent(le mot est très parlant) à produire pour l’Europe, agriculture intensive aidant, souvent avec les bras, la mécanisation étant souvent sommaire…
Pénélope découvre que le tourisme marocain peut se teinter de « grisailles »…
Heureusement, les paysages peu à peu se vallonnent et, Juin aidant, le vert des champs de tournesols et le blond presque blanc des champs de blé forment des camaïeu de Palestine( on dirait du « Pondy »…)
Le tracteur disparaît au profit de l’âne bâté et chevauché qui, par l’enfant qui part à la corvée d’eau, chargé de bidons de plastique, qui par l’ouvrier ou l’ouvrière agricole qui rentrent des champs.
Paysages de Judée et de Samarie : sur le flanc d’une montagne verte, dans un enclos, des enfants excite un âne à battre les tiges de blé fraîchement récoltées…
L’épisode de la « tourista » L5)
Ulysse était parti d’Europe avec les séquelles d’une grippe intestinale hivernal mal soignée : une doctoresse duchéroise avait même diagnostiqué une forme bénigne de H1-N1 dite « perversio de type 3 »…
Depuis quatre jours au pays des almoravides et des almohades, le syndrome de cette affection s’était déclenché au contact de la nourriture du « El Khaima » d’Asilah.
Ulysse avait ingéré des sortes de boulettes de viande suédoises (sic…) baignait dans une épaisse sauce pimentée, et avait commencé à ressentir fébrilité et choc intestinal dans la nuit qui avait suivi.
Le lendemain, ne sachant plus si c’était l’effet des coups de soleil subis autour de la piscine de l’hôtel(cf .photo ci-jointe) ou les conséquences de sa vieille grippe intestinale, Ulysse avait tenu à aller consulter un médecin local dans son cabinet : le docteur « El Arrawak »…
Celui-ci devant la description et les symptômes et l’état réel dans lequel se trouvait le compagnon de Pénélope, avait conclu à ce diagnostic :
« ce n’est pas du tout un H1-N1 de type perversion 3, mais si vous continuez à ne pas vous soigner, vous risquez de tomber dans une névrose psychosomatique de type obsessionnel compulsif avec aspect hypocondriaque, d’où les « cacarella » à répétition… »
banale névrose post-cristallisation, lui avait susurré le bon docteur El Arrawak.
« le seul remède est le vaccin, à petite dose, qui vous remettra sur pied en un rien de temps.. »
tant il est vrai que l’on soigne le mal par le mal… Sur ce, revigoré, Ulysse avait juré que l’on n’y reprendrait plus à manger n’importe quelles boulettes avariées, nappées de sauce industrielle.
Le problème, c’est qu’Ulysse adorait les kefta, petites boulettes de viande très pimentées, qui laissent une goût de « revenez-y » longtemps dans la bouche…
Les enfants guides des greniers de Moulay Ismaël (6)
« Déconstruction d’un séjour touristique dans le Nord Marocain », je parodie grossièrement Jacques Derrida, car ce voyage dans le Nord Marocain, Rif et cités impériales, je l’ai déjà effectué seul, il y a trois ans, au mois d’avril( il y avait alors de la neige dans le Rif…)
L’intérêt de ce voyage, répété à 3 ans d’intervalle, est de vérifier ce qui a changé, du regard du voyageur, du pays traversé, des marocains rencontrés…
Ce peuple est toute amabilité, gentillesse, humour et finesse, à condition que l’on accepte de laisser notre morgue d’européen et nos repères économiques.
L’hospitalité, tous les jours proposés, à l’occasion d’une rencontre, d’un échange, d’une conversation impromptue, hospitalité que l’on refuse en regrettant déjà de l’avoir refusée, est une constante au Maroc : l’échange avec l’employé de l’hôtel a-t-il une autre dimension que celui d’un hôte qui vous aurait accueilli dans la belle villa qu’il a construite pour ses vieux jours dans son village natal à 7 Kms au Nord d’Asilah ?
Je ne crois pas, comme la visite (hors circuit touristique) d’une partie ignorée du palais de Moulay Ismaël à MEKNES, offerte par deux gamins des rues, fans de Ronaldhino, parlant déjà un beau français, appris grâce aux contacts qu’ils ont déjà eus avec nos compatriotes…
Chaque jour, il n’y a pas d’heure que nous ne consacrions à débattre de leur cher Maroc, de leurs coutumes, de leur gastronomie, de leur économie.
Hier, c’était vendredi, jour de la prière et jour du couscous hebdomadaire :
« Vous verrez, vous avez l’impression d’avoir trop mangé, mais c’est une illusion : dans trois heures, vous appellerez le room service » (Mohamed, serveur au restaurant de l’Hôtel)
Gazelles dans les souks, gazelles autour de la piscine : (7)
L’islam marocain est comme l’Islam africain en général, très doux aux mœurs… Certes les jeunes gazelles sont un peu plus voilées, surtout dans les grandes métropoles, mais avec recherche et avec élégance, tandis que leurs marâtres, surtout à Tanger et à Fès, procèdent plus des mille et une nuits ou des « cigares du Pharaon »….
(c’est selon sa culture, selon que l’on privilégie Rimski-Korsakov ou Hergé( dans le cas de Hergé, il faut aussi avoir lu la trilogie : Les Cigares du Pharaon, Coke en stock etc.…)
des spécialistes de Hergé affirment qu’il a puisé ses modèles à Tanger et à Essaouira…
MEKNES, à ce titre, procède de l’Islam très doux : les gazelles que l’on a croisées le matin dans les souks, on les retrouve franchement canailles et européanisées autour des piscines des hôtels où l’on se remet des poussières et des chaleurs des caravansérails :
Elles ont pris nos allures, nos musiques, nos modes, nos défauts (la cigarette) à I80% et leurs regards de gazelles rendraient jalouse plus d’une européenne de type duché rien…
Douces mœurs où les pères sont très présents, surtout près de leurs enfants, pas du tout les cow-boys machos des pubs de cigarettes.
Lorsque la nounou n’est pas là pour en faire des petits mâles méditerranéens, ce sont de vrais pères présents, baby-sitters à la suédoise.
Tandis que leurs gazelles bronzent pour des harems inconnus, les pères initient leurs progénitures aux joies de la natation.
Cette société marocaine des piscines d’hôtels, certes privilégiée, est aussi une facette de la population rencontrée, après le conducteur de mulet dans les souks, le petit marchand de fleurs en papier qui accepte d’être payé avec une boîte de vaches qui rient, l’intellectuel vendeur de tapis exposant à la Foire de Nancy, qui sait tout du tapis berbère, qu’il soit prénuptial ou nuptial… Le guide de la Medersa, le dénicheur du Palais Mans Our et bien sûr :
ENMILI, le BOUANANIA, habit traditionnel – prix – confiance – satisfaction – KABBAK – ESSOUK – MEKNES – 4 fois merci –
« Le maraboutage de la turista » (8)
Malgré les soins locaux qu’il s’était prescrits (coca-cola et riz au maïs) , la turista d’Ulysse qu’il avait contractée à Asilah, avait tendance à résister. Il avait reçu une texto de son médecin préféré :
« stoppe les self médicaments services(SMS) » « il y a méprise sur le traitement » « soigne toi au Pervex3 »
N’ayant rien compris à cette ordonnance numérique, Ulysse, au hasard des boutiques du plus grand souk du Nord Maroc, allait se laisser tenter par la publicité d’un apothicaire local :
« BEN SALEM, paiement après résultats, voyant medium africain avec le don de son grand-père. Spécialiste de tout, retour d’affection, protection, désenvoûtement, amour durable, examen, retour du mari ou de la femme parti(e), travail, concours, attraction de clientèle pour vendeur, guérit tout complexe physique ou moral. SATISFACTION DANS TOUS LES DOMAINES ! (Travaille aussi par correspondance – reçoit tous les jours »
La description des compétences du marabout local aurait pu concurrencer Elizabeth Teissier et Christine Haas à la fois…
Il allait profiter du goût profond de Pénélope pour les kilims berbères et les tissus de soie naturelle de ENMILI DE BOUANANIA – prix – confiance- satisfaction – quatre fois merci, pour filer consulter le marabout apothicaire, deux rues après le palais MANJOUR.
La boutique de l’apothicaire aurait pu servir de salon au harem du palais Dar jamaï : zelliges et mosaïques bleues et blanches, fontaine asséchée, plafonds anciens finement décorés et peints, la boutique croulait sous des montagnes de tapis – le marabout était aussi marchand de tapis –
Et, entre deux piles, posé à même une chaise, un ordinateur potable de la troisième génération –version 2010 – d’un grand assembleur japonais que je ne citerai pas (paradoxe des souks marocains)
Après qu’Ulysse eut décrit ses symptômes au pseudo marabout, après le troisième thé, celui-ci lui prescrit cette curieuse ordonnance :
- 1 pervex le matin, - 1 nevrox au doppio doux amer, - et si les maux ne passent pas, de la poudre de ioolite en infusion dans la tisane du soir
FES, Ville impériale : (9)
S’il est une des villes impériales qui mérite le mieux ce qualificatif, c’est bien FES et ses 880.000 habitants, ses trois villes : la médina haute, la ville basse et la ville moderne…
J’avais d’ailleurs composé ce voyage à l’intention de Pénélope comme une symphonie :
- Tanger : ses brumes, ses brouillards, la violence des travaux entrepris (Furioso) - Asilah :le petit port, île grecque : (allegro) - Larache : (andante) - Mekhnès : la douce, la silencieuse, la digne (allegretto) - Fès : la multiple, la grande, la moyenâgeuse, l’universitaire, la culturelle (Fortissimo)
Pour la mise en bouche, avant même la pénétration dans la médina Fès El Bali, il faut aller la désirer du haut du Bjord Nord … du vieux fort, lorsque l’on contemple Fès, on voit toutes les grandes cités d’Orient :
Je cite :
« on conçoit que Fès ait pu rivaliser avec Cordoue ou avec Bagdad »
Garder la première demi-journée (entre 16 et 20 heures) à dénicher les merveilles (Palais Saada transformé en un salon de thé des mille et une nuits etc.…) Se recueillir au palais Mnebi, la résidence de Lyautey en I912, Ne pas hésiter à plonger de Bâb en bab (de porte en porte), à rompre le circuit touristique officiel pour s’égarer dans un souk d’artisans, Rejeter tout guide, Glisser une medersa (école coranique) entre deux pâtisseries, Siroter un thé à la menthe sans sucre, accompagné de pâtisseries fraîches à base d’amandes, Hésiter à rompre le charme, Monter sur les terrasses du palais de Lyautey et reprendre la maîtrise spectaculaire de cet enchevêtrement de poutres, de briques, de venelles venues du fond des âges, Où les petits métiers s’exercent encore comme il y a huit siècles, Admirer le rythme des mulets et des coursiers, Observer les sculpteurs sur marbre ou sur bois, la dextérité des brodeurs…
Pastilla, couscous et tagines : (10)
Un carnet de voyages n’est rien sans la saveur d’un carnet gourmand. Le Maroc ne laisse à nulle autre cuisine le soin d’expérimenter goûts et saveurs et, selon les régions traversées, l’appellation des plats gourmands, des pâtisseries du crû, valent à elles seules la description de leurs contenus.
- pastilla, mousse de semoule et crème de riz (Palais Jamaï Fès) - behketto ou tarte, poivron rouge et framboise(tarte au chocolat et aux poivrons) - salade d’aubergines (souks de Fès) - couscous aux épinards, tomates et poivrons confits (Mekhnès) - tagine d’artichauts aux tomates confites (Fès, palais des Mérinides) - filets de thons M’Charmel, pastel et tchekchouka (salade de tomates concassées) - polenta à l’huile d’argan et au miel (Asilah) - moelleux à la semoule et aux citrons (palais Jamaï) - chouriba à la noix de coco (palais Saada à Fès) - petites fleurs sablées (salon de thé – Fès) - pastilla de poulet à la confiture de courge (L’arabesque – Fès) - couscous de fruits secs à l’huile d’argan, avec menthe (meknès) - croquettes de dindes à l’estragon (Asilah)
il aurait été fastidieux de décliner les innombrables tagines, la variété des brochettes, des panini « en-cas » des room services…
la tagine ou les tagines restent cependant l’élémentaire basique et délicieux de cette cuisine, les restaurants des grands hôtels ayant une fâcheuse tendance à mettre sous le terme de « tagine » et surtout dans des assiettes de porcelaine industrielle « made in Macao » des plats qui n’ont de tagine que le nom.
Le chagrin d’amour de l’antiquaire du souk : (11)
Dans les souks de Fès, dans la ville basse, pas loin de la maison de Ibn Khaldun (sociologue arabe célèbre du XVième siècle) se trouve le magasin d’antiquités de may Kologhassi.
Son nom, d’origine turque, est trompeur : c’est celui d’une famille installée depuis des générations dans la ville basse et son magasin est un des plus beaux magasins d’antiquités de Fès.
Si vous avez le hasard de succomber à l’attrait des lampes anciennes, des coffres damasquinés, des meubles bas, des tapis qui meublent sa profonde échoppe, et si vous avez la chance de partager un thé à la menthe prolongé, il vous racontera l’histoire de son chagrin d’amour…
Il y a trois ans, assis sur le seuil de sa boutique, il hélait le chaland, le touriste pressé, avec une chance sur deux de le voir entrer dans son magasin « pour le plaisir des yeux »…
Chouf, Chouf (regarde) rien qu’un instant dans ma caverne d’Ali Baba…
Et, ce jour là, un couple d’étranger qu’il avait réussi à captiver, s’attarda plus longuement que d’habitude, le quatrième Muezzin avait chanté…
Derrière le thé, les Flags(bières locales) le grand étranger les appréciait comme les Spaten de son pays, pendant que sa petite femme n’avait d’yeux que pour le bel antiquaire oriental et May Kologhassi ne fut pas dupe du manège…
La cinquième Flag aidant, le grand étranger fatigué quitta la boutique pour regagner son hôtel, laissant sa petite femme négocier un cadenas Idrisside ancien du XII nième siècle, cadenas de coffre avec sa clé…
La négociation fut longue et quelques heures plus tard et quelques tapis de son arrière boutique froissés, May avait vendu son cadenas ancien à perte. Mais désormais, son cœur était brisé, la petite étrangère le lui avait acheté contre son corps au goût d’amande et de pruneaux…avec la légèreté de ces européennes de passage.
May Kologhassi en parle encore avec des larmes dans les yeux, il a gardé la clef du cadenas et rêve un jour que la petite acheteuse vienne la lui réclamer…
Ou Hilary trouble le séjour marocain d’Ulysse et de Pénélope : (12)
« ciao, Hilary, du circuit des villes impériales.bise fassi du pays des mille et une nuits. Signé : Ulysse »
« ciao, Hilary chérie, tu devrais changer de registre avec moi…grâce à moi, tu es désormais une héroïne de roman, lu par des milliers de lecteurs.. » signé : Ulysse
Elle ne décolérait pas de rage qu’il l’ait pris en modèle d’une héroïne d’un de ses carnets, mais, dans ce Maroc paisible, il n’y avait pas de place pour la furieuse Hilary…
Hilary, qui se croyait propriétaire de l’image qu’elle avait donnée d’elle-même. Elle lui faisait penser à Marie Despléchin poursuivant en justice son ex-mari pour des moments d’histoires familiales qu’il avait utilisés dans un de ses films.
Est-on jamais propriétaire de l’image que l’on se complaît à donner de soi-même dans un Forum public ? Peut-on trépigner de rage et qualifier de tous les noms d’oiseaux le modeste prosateur qui émaille ses carnets, pour les rendre plus vivants, des caractères d’un personnage qui lui avait semblé si vivant ?
Il en est du NET comme de la télévision, le numérique s’efface très vite de la mémoire visuelle, mais les sentiments et les comportements décrits restent imprimés dans la mémoire profonde.
Ulysse utilisait de temps son propre disque dur et ses lecteurs ne s’y trompaient pas, les images qu’il avait cru lire ou vivre sur le NET, il les renouvelait et, fort de son imagination, il avait su rendre crédibles une jeune novice, une ex-moniale, un spécialiste d’enluminures anciennes, un architecte dépressif, un archéologue amoureux, une Pénélope fidèle (tautologie).
Jusqu’à présent, seule la petite nonne avait cru se reconnaître dans les carnets délirants de Tomas(sic…selon Dolma) et rugissait de fureur rentrée…
Marocco 2009 le film (14)
Tourné entre le I et le I5 juin 2009, Marocco2009, le film a été réalisé par les acteurs suivants :
PRODUCTEUR : le groupe PPR (Pinault Printemps La redoute) la SOFREMI
SCENARIO ET REALISATION : Tomas3 avec dans les rôles de
Pénélope : Zébulette Ulysse : Tomas3 La poétesse : Tinitrane Le remetteur de pendules à l’heure : l’arab2Crvis Le marchand d’antiquités : May Kologhassi Hilary : Hilary L’assistante du professeur Manu : Cléo40 Le professeur Manu : Manu Le tourmondiste pressé : Arrawak Le chœur des trolls : victoire3615- victoria3617 – cléa40 Don Florian : Jean-Louis G. L’étranger dans le bazar : Achille Les figurants actifs et enthousiastes : Michagadir : Michagadir Iacalo : Iacalo Tarafabo : Tarafabo Mourtte : Mourtte
Les décors ont été tournés dans leur milieu naturel et nous remercions le Groupe Accor pour la qualité de ses prestations hôtelières sur les différents sites choisis. Les services des douanes de Tanger pour la visite des nouvelles installations portuaires – Les services médicaux du poste frontière de Ceuta pour la qualité de leur accueil – La compagnie de ferries FRS a pris soin du transport des différents acteurs et de leur matériel – - couverture photographique du reportage : laboratoires KODAK et FUJI
Endroits à visiter ou à éviter pour une semaine à La Havane? English translation pending
Bonjour,
Je compte partir seule à La Havane pour 7 jours vers la deuxième semaines de Juillet.
Je me demande si vous avez des suggestions d'endroits à visiter, où à éviter ??
J'hésite encore à prendre un tout inclus à Varadero et louer un casa particular pour 3 jours directement à la Havane. Est-ce que quelqu'un l'a déjà fait ..Commentaire ??
Sinon est-ce que les tout-inclus sont bien à la Havane coté plage. Le but de mon voyage est de visiter la Havane mais je veux aussi me reposer un peu sur une plage, disons 2 jours sur sept ..est-ce qu'il y a des plages près de la ville ?? commentaires ..??
Aussi, coté site de voyage et de rabais, , il y en a tellement.. est- ce que quelqu'un à des suggestions ??
Pour finir, est-ce qu'il y a des gens qui seront là-bas entre le 10 et le 17 juillet ??
Un gros merci !!
Je compte partir seule à La Havane pour 7 jours vers la deuxième semaines de Juillet.
Je me demande si vous avez des suggestions d'endroits à visiter, où à éviter ??
J'hésite encore à prendre un tout inclus à Varadero et louer un casa particular pour 3 jours directement à la Havane. Est-ce que quelqu'un l'a déjà fait ..Commentaire ??
Sinon est-ce que les tout-inclus sont bien à la Havane coté plage. Le but de mon voyage est de visiter la Havane mais je veux aussi me reposer un peu sur une plage, disons 2 jours sur sept ..est-ce qu'il y a des plages près de la ville ?? commentaires ..??
Aussi, coté site de voyage et de rabais, , il y en a tellement.. est- ce que quelqu'un à des suggestions ??
Pour finir, est-ce qu'il y a des gens qui seront là-bas entre le 10 et le 17 juillet ??
Un gros merci !!
Visiter Dublin ou Budapest? English translation pending
Bonjour à Tous !
Voila mon dilème : mes parents m'ont offert un week end à l'etranger avec ma soeur (3 jours exactement) à choisir entre plusieurs destinations... Nous somme tombées d'accord sur deux destinations qui nous intéressent : Dublan ou Budapest.
Mais je ne connais pas du tout ces deux villes, et j'aimerai avoir votre avis, si vous pouviez me conseiller : quelle est la plus surprenante, sympathique, bref celle ou je ne regretterai pas mon choix :)
Je suppose de tte facon que les deux sont sympas, mais qd même j'aimerai connaitre vos experiences !
Merci d'avance !
Voila mon dilème : mes parents m'ont offert un week end à l'etranger avec ma soeur (3 jours exactement) à choisir entre plusieurs destinations... Nous somme tombées d'accord sur deux destinations qui nous intéressent : Dublan ou Budapest.
Mais je ne connais pas du tout ces deux villes, et j'aimerai avoir votre avis, si vous pouviez me conseiller : quelle est la plus surprenante, sympathique, bref celle ou je ne regretterai pas mon choix :)
Je suppose de tte facon que les deux sont sympas, mais qd même j'aimerai connaitre vos experiences !
Merci d'avance !
Peut-on visiter la Suisse en hiver? English translation pending
😊,
salut à tous, me rendant à genève au mois de janvier prochain, j'aimerai savoir si vous pensez que c'est une bonne idée de vouloir faire du tourisme en hiver en Suisse, et que peux t-on faire, je n'aime pas trop les musées, mais j'aime bien les paysages naturels et l'architecture médiéval de certaines villes, pouvez-vous me donner quelques petites pistes, je vous en remercie beaucoup.
L'Afrique aurait-elle le syndrome de Stockholm? English translation pending
Bonsoir à tous,
A lire certains postes sur la culture africaine, la mondialisation, la perte des valeurs traditionnelles sur le continent... à lire aussi ceux qui accusent les colons d'avoir tout saccager.... je me demande pourquoi, d'un coté de nombreux africains rejetent, voire méprisent et accusent l'occident alors qu'en meme temps ils en revent jour et nuit ?
cela me fait penser au syndrome de stockolm (amour et dépendance à l'égard du preneur d'otage)
j'ai l'impression que les liens liés entre l'occident et l'afrique y ressemblent beaucoup. meme libre, l'otage reste attaché émotionellement à celui qui l'a mal traité, exploité, humilié.
qu'en pensez vous? connaissez vous ce syndrome (comment ce guérit il, symptomes...)
merci
A lire certains postes sur la culture africaine, la mondialisation, la perte des valeurs traditionnelles sur le continent... à lire aussi ceux qui accusent les colons d'avoir tout saccager.... je me demande pourquoi, d'un coté de nombreux africains rejetent, voire méprisent et accusent l'occident alors qu'en meme temps ils en revent jour et nuit ?
cela me fait penser au syndrome de stockolm (amour et dépendance à l'égard du preneur d'otage)
j'ai l'impression que les liens liés entre l'occident et l'afrique y ressemblent beaucoup. meme libre, l'otage reste attaché émotionellement à celui qui l'a mal traité, exploité, humilié.
qu'en pensez vous? connaissez vous ce syndrome (comment ce guérit il, symptomes...)
merci
Première visite en Inde English translation pending
Bonjour à tous,
Je prévois de faire mon 1er voyage pour l'inde, à force de regarder les merveilleux fims Hindi les paysages magnifiques, les couleurs somptueuses les traditions, l'envie de visiter le pays c'est faite sentir. Résultat je pars avec mon frère...à priori notre départ est pour le 26 août 2008, j'attends d'avoir nos visas avant de réserver. Je ne suis pas très aventurière, je lis sur ce site que beaucoup d'entre vous partes juste avec leurs sac à dos, moi je compte reserver un hotel à Mumbai, je ne veux pas faire de circuits, pour moi c'est pas des vacances tous les jours faire minimum 4h de car ce n'est pas mon truc. Par compte l'hotel dans lequel je vais ne prévois que les petits déjeuner connaissez-vous des endroits sympa ou manger du côté de mumbai je serais vers la plage Juhu, les bons plan pour les visites, les endoits à voir impérativement, les vaccins véritablement néccessaire???
En lisant vos commentaires, je m'aperçois que beaucoup d'entre vous sont partis une fois de depuis ne quitte plus cette destination, une commerçant indien qui tiens une boutique à paris m'a dit qu'il fallait plus de 7 vies pour visiter l'Inde...et vous combien de fois être-vous revenu à la vie?
Merci d'avance pour vos réponses Kari
Je prévois de faire mon 1er voyage pour l'inde, à force de regarder les merveilleux fims Hindi les paysages magnifiques, les couleurs somptueuses les traditions, l'envie de visiter le pays c'est faite sentir. Résultat je pars avec mon frère...à priori notre départ est pour le 26 août 2008, j'attends d'avoir nos visas avant de réserver. Je ne suis pas très aventurière, je lis sur ce site que beaucoup d'entre vous partes juste avec leurs sac à dos, moi je compte reserver un hotel à Mumbai, je ne veux pas faire de circuits, pour moi c'est pas des vacances tous les jours faire minimum 4h de car ce n'est pas mon truc. Par compte l'hotel dans lequel je vais ne prévois que les petits déjeuner connaissez-vous des endroits sympa ou manger du côté de mumbai je serais vers la plage Juhu, les bons plan pour les visites, les endoits à voir impérativement, les vaccins véritablement néccessaire???
En lisant vos commentaires, je m'aperçois que beaucoup d'entre vous sont partis une fois de depuis ne quitte plus cette destination, une commerçant indien qui tiens une boutique à paris m'a dit qu'il fallait plus de 7 vies pour visiter l'Inde...et vous combien de fois être-vous revenu à la vie?
Merci d'avance pour vos réponses Kari
Itinéraire historique américain? English translation pending
Bonjour,
je suis en train de préparer mon voyage pour l'Amérique du nord qui aura lieu dans deux ans.
Oui je sais cela fait loin, mais je n'ai pas beaucoup de revenu et j'économise pour voyager dans les deux pays qui compte le plus pour moi depuis que je suis tout jeune. Enfin bref, je souhaite préparer au mieux ce voyage. Pour ma part je souhaite venir aux USA tous les trois ans. Pour commencer, je m'attaque au nord est.
Je suis notamment passionné de l'histoire américaine, et si je viens dans ce pays, c'est en grande partie pour y découvrir des endroit important de cette histoire. Les autres grands lieux m'intéressent aussi.
Le début de mon périple commencera à Montréal (car l'avion au départ de Paris vers Montréal est moins chère), mais à partir de là je ne sais plus où aller.Vers Boston ?Vers New York ?Vers Washington ? ou autre.
Il est vrai que tout cela n'est pas facile, que ce soit la location de véhicule, trouver les hotels ou bien d'autre petit détail qui ne me viennent pas à l'esprit pour le moment.
Je serai vraiment ravi de pouvoir partager cette préparation avec des passionnés de ces pays.
je suis en train de préparer mon voyage pour l'Amérique du nord qui aura lieu dans deux ans.
Oui je sais cela fait loin, mais je n'ai pas beaucoup de revenu et j'économise pour voyager dans les deux pays qui compte le plus pour moi depuis que je suis tout jeune. Enfin bref, je souhaite préparer au mieux ce voyage. Pour ma part je souhaite venir aux USA tous les trois ans. Pour commencer, je m'attaque au nord est.
Je suis notamment passionné de l'histoire américaine, et si je viens dans ce pays, c'est en grande partie pour y découvrir des endroit important de cette histoire. Les autres grands lieux m'intéressent aussi.
Le début de mon périple commencera à Montréal (car l'avion au départ de Paris vers Montréal est moins chère), mais à partir de là je ne sais plus où aller.Vers Boston ?Vers New York ?Vers Washington ? ou autre.
Il est vrai que tout cela n'est pas facile, que ce soit la location de véhicule, trouver les hotels ou bien d'autre petit détail qui ne me viennent pas à l'esprit pour le moment.
Je serai vraiment ravi de pouvoir partager cette préparation avec des passionnés de ces pays.
Retour de notre fabuleux voyage en Nouvelle-Calédonie English translation pending
Bonjour, 🙂
Je tiens tout d'abord à remercier toutes les personnes qui ont pu m'aider à faire ce magnifique voyage. Il est difficile de faire surface après un tel voyage. Nous avons fait Nouméa, le tour de grande terre : le sud, Bourail, l'extrème nord, et l'est, puis Ouvéa, Lifou et l'ile des Pins qui est pour nous la plus belle des iles. Nous avons logé au gite Iya à Yaté dans le sud qui est très bien placé au bord d'une magnifique plage. A bourail au gite Nekweta dans une jolie case avec mezzanine, accueil très sympa. Dans le nord à Poingam, gite coup de coeur, bungalow au bord de la plage, personnel très aimable et accueillant, repas extra. A Hienghène au Club Med, jolis bungalows au bord de la mer. A Ouvéa gite chez Mowage, case au bord de la plage, mais accueil et nourriture pas extra. A Lifou chez Lilo Reve, dans une jolie case au milieu d'un jardin tropical et au bord de la mer, accueil super sympa et repas très bons. A l'ile des Pins chez Régis, bungalow face à la piscine naturelle, accueil trés sympa, repas moyen pour le prix. Le sud de grande terre et l'ile des pins avec les ilots brosse et Nokanhui ont été pour nous un vrai coup de coeur. Si vous avez des questions à poser et que je peux vous aider, faites le moi savoir.
Je tiens tout d'abord à remercier toutes les personnes qui ont pu m'aider à faire ce magnifique voyage. Il est difficile de faire surface après un tel voyage. Nous avons fait Nouméa, le tour de grande terre : le sud, Bourail, l'extrème nord, et l'est, puis Ouvéa, Lifou et l'ile des Pins qui est pour nous la plus belle des iles. Nous avons logé au gite Iya à Yaté dans le sud qui est très bien placé au bord d'une magnifique plage. A bourail au gite Nekweta dans une jolie case avec mezzanine, accueil très sympa. Dans le nord à Poingam, gite coup de coeur, bungalow au bord de la plage, personnel très aimable et accueillant, repas extra. A Hienghène au Club Med, jolis bungalows au bord de la mer. A Ouvéa gite chez Mowage, case au bord de la plage, mais accueil et nourriture pas extra. A Lifou chez Lilo Reve, dans une jolie case au milieu d'un jardin tropical et au bord de la mer, accueil super sympa et repas très bons. A l'ile des Pins chez Régis, bungalow face à la piscine naturelle, accueil trés sympa, repas moyen pour le prix. Le sud de grande terre et l'ile des pins avec les ilots brosse et Nokanhui ont été pour nous un vrai coup de coeur. Si vous avez des questions à poser et que je peux vous aider, faites le moi savoir.
Déplacements au Vietnam English translation pending
Rassurez-moi !
Je lis sur de nombreux posts les mots "moto" - "moto-taxi" - parcours derrière le chauffeur à "moto"...
J'ai peur de la moto et je refuse catégoriquement de monter derrière un chauffeur, si prudent et initié soit-il !!!
Y a-t-il quand même des taxis à quatre roues ??? 😐😐
Sont-ils beaucoup plus chers que les motos ?
Thanks
Thanks
MSC Musica, attention aux suppléments! SPA à 150€ English translation pending
Bonjour,
Donc de retour du MSC Musica.
Je demande à Bale où se trouve que le SPA est mentionné qu'il est payant à bord à 150€, voici la réponse originale: Dans notre catalogue, page 219 c’est écrit : « …sauna, massages, salon de beauté sont à la charge du passager. » C’est pas écrit combien ça coûte, mais c’est mentionné que c’est pas inclues.
Il est mentionné à nulle part dans le catalogue avec une * par exemple que le SPA est contre supplément, comme le fait Costa (tarif avec SPA et tarif sans SPA), c'est bien plus clair. Voir même les suppléments sont indiqué si vous réservez une cabine sans le SPA et de combiens sera le supplément.
C'est dommage de profiter du client de cette façon!
Voila en bref, la suite très bientôt
Bonne journée
Donc de retour du MSC Musica.
Je demande à Bale où se trouve que le SPA est mentionné qu'il est payant à bord à 150€, voici la réponse originale: Dans notre catalogue, page 219 c’est écrit : « …sauna, massages, salon de beauté sont à la charge du passager. » C’est pas écrit combien ça coûte, mais c’est mentionné que c’est pas inclues.
Il est mentionné à nulle part dans le catalogue avec une * par exemple que le SPA est contre supplément, comme le fait Costa (tarif avec SPA et tarif sans SPA), c'est bien plus clair. Voir même les suppléments sont indiqué si vous réservez une cabine sans le SPA et de combiens sera le supplément.
C'est dommage de profiter du client de cette façon!
Voila en bref, la suite très bientôt
Bonne journée
Mon périple indien: 17 jours, trop court... English translation pending
Paris Delhi
En arrivant à Delhi le soir, on est immédiatement rentré dans le bain ! Sans avoir aucune notion de la valeur de la roupie indienne, on s’est fait trimbaler par un taxi dans tous les coins sombres et sordides du vieux Delhi pour finalement trouver une chambre d’hôtel à 2h du mat… avec des puces pour seule compagnie.
La première chose qui nous ait choquée, outre la misère et la pauvreté, ce sont les vaches. Sacrées en Inde, elles sont PARTOUT. Dans les maisons, sur les trottoirs, au milieu des rues… Bien loin de nos bonnes normandes, elles, elles se nourrissent de poubelles et ont pour compagnie cochons, chiens et… enfants !
Un petit peu déboussolés le lendemain, nous avons souhaité quitter Delhi au plus vite pour rejoindre Agra par le train. La pollution, la chaleur, tout nous paraissait insupportable. Et là, grosse galère. On prenait un rickshaw (petit triporteur avec un moteur de mobylette) qui nous emmenait à chaque fois voir une agence de tourisme pour nous vendre un auto tour. Impossible d’acheter un billet de train. Au bout de 5h à se faire trimbaler d’agence en agence, on arrive enfin à la gare de New Delhi.
Le train express pour Agra… ça mange, ça parle fort, ça observe… une ambiance tout à fait particulière, mais pas désagréable. On s’éloignait de Delhi et c’est tout ce qui importait.
Agra Arrivés en pleine nuit, on a pris un rickshaw et de nouveau la course pour trouver un hôtel. Mais déjà, on se sentait moins oppressés, l’air était bien moins pollué et les rues paraissaient plus calmes. Le lendemain matin, notre petit rickshaw de la veille au soir (Salim) nous attendait pour nous faire visiter la ville. 1ère visite : Le Taj Mahal ! On entre dans une enceinte de grès rouge. Il y avait un monde incroyable. Les femmes drapées de saris de couleurs vives ainsi que les hommes avaient les yeux rivés sur nous. Il faut dire qu’il n’y a que très peu de touristes à cette saison (avril, la température est d'environ 45°). On avance tout doucement vers la porte centrale. Au moment où l’on aperçoit le Taj Mahal, une sensation incroyable, quasi indescriptible. Aucun mot ne peut réellement définir ce que nous ressentions. Les poils sur les bras qui se hérissent, le souffle coupé, les larmes qui montent ! Le Taj Mahal, le symbole de la perfection et du romantisme ! D’autres visites toutes aussi somptueuses, mais moins émouvantes. Mais à ne pas louper tout de même, le fort ! D’agra, on prend un bus pour Jaipur. Les routes, la conduite … un peu inquiétant et surtout très impressionnant. En Inde, le code de la route est basé sur sa croyance en Shiva et Ganesh… Heureusement pour nous détourner de la folie routière, des paysages incroyables, des animaux partout (vaches, gazelles, dromadaires…).
Jaipur (trajet en Bus) On s’est installé dans un ancien palais rénové en ghest house. Un jardin impeccable, une chambre propre et fraîche, une décoration fine et typique, un petit coin de paradis (attention réservation obligatoire) Le premier soir, on est monté sur une colline pour tenter d’observer le coucher de soleil. Notre petite grimpette (en sandales) a duré près de 45 min… vive le sport ! Mais l’effort en valait la peine. Une ballade agréable le long de remparts et de ruines. Toutefois impossible de voir le coucher de soleil… trop de pollution. Le lendemain, nous avons visité les monuments de la ville, génial ! Un observatoire gigantesque, totalement hors norme, le city palace somptueux et nickel, le palais des vents… Et puis, aussi quelque chose de… « touristique à donf » ! Pour aller au fort, on a pris un éléphant. Et pour finir la soirée en beauté on est allé au cinéma voir un Bollywood en Indi. C’est vraiment l’attraction à ne pas louper. C’est le cinéma le plus beau de l’Inde (kitch à souhait). Ça téléphone, ça parle, ça se lève, ça éclate de rire (chose rare en Inde) et ça pleure, la clim est à fond, le film dure 3 h (avec un entracte). Le film est un spectacle, mais la salle l’est encore plus. On est rentré en Rickshaw vélo, un vrai moment de bonheur.
Ajmer – Pushkar (trajet en Bus) Quelques visites dans Ajmer mais sans grandes convictions. Cité musulmane où nous n’étions pas très à notre aise. Bien trop souvent confrontés à la misère et à la lèpre, émotionnellement c’était difficilement supportable. Puskar était beaucoup plus calme et sympa. La petite ville est construite le long d’un lac et l’atmosphère y est tout à fait particulière. Piège dans lequel il ne faut pas tomber (et auquel nous avons échappé par chance OUF) : Les gens vous donnent des fleurs dans la main pour faire une offrande. Ensuite ils vous entourent jusqu’à ce que vous donniez de l’argent (parfois jusqu’à 1000 roupies pour se sortir de là). Il y avait une rue « commerçante », où l’on trouvait tout l’artisanat de l’inde : bijoux, vêtements, tissus, sculptures de bois et de marbre… des affaires à faire !
Jodhpur (trajet en Bus) A l’arrivée du bus des rickshaws nous ont littéralement sauté dessus. Ils étaient une dizaine à se disputer la course. Quel accueil ! Du haut de notre hôtel on dominait la ville, et on avait une vue imprenable sur le fort. Nos soirées était très sympas là bas. On a rencontré des touristes (français et allemand) avec qui nous avons partagé nos impressions sur l’Inde, des bières… On s’est un peu attardé dans la ville. Des commerces de toute sorte (beaucoup d’épices et de tissus). Des visites géniales !
Ranakpur (trajet en Bus) Une vallée située au milieu des montagnes, un endroit féerique. Là, on en avait un peu ras le bol de notre odeur indienne, de nos fringues sales, des puces, de la chaleur… on avait besoin de propreté et de repos. Alors on a dormi dans un palace ! S’il y a un endroit au monde où l’on peut se le permettre, c’est bien en Inde. L’hôtel, planté au milieu de nulle part encerclé de forêt et d’animaux ressemblait à la demeure d’un Maharadja (avec piscine). Notre chambre, une suite était… y’a pas de mot pour la décrire. Une salle de bain de marbre avec une ENORME piscine, ah non, c’était une baignoire. De style sobre, c’était un vrai bonheur. Le bémol (je rappelle que nous sommes dans le pays où la femme est moins considéré qu’un ver de terre) : au restaurant, mon ami a été servi avant moi et à lui, on lui a reculé sa chaise pour qu’il puisse s’asseoir. Au moment où l’on m’apporte mon plat (30 min après celui de mon ami), le serveur lui en sert la moitié. J’étais estomaquée ! ça m’a coupé l’appétit. Grrrrrrrrrrrrr Nous avons visité un temple Jaïn époustouflant ! 1444 colonnes toutes différentes les unes des autres – Marbre Blanc – Des idoles partout… La 2ème plus belle merveille de l’Inde après le Taj. La population locale était sympathique. Personne ne parlait anglais. Pour se déplacer, on faisait du stop, lorsque l’on attendait, tout le monde venait nous voir… et nous parler…
Udaipur (trajet en Bus) Le trajet en Bus était génial. Des fleurs, de jolies vallées, de beaux petits villages… A Udaipur on a eu un logement TOP. On dormait chez l’habitant, dans la maison d’un colonel et de sa femme, un couple charmant. En entrant dans leur demeure, une sérénité nous a envahie. Notre chambre se situait sur les toits et on avait une vue magnifique sur le lac (vide), les monuments (temples, palais, city palace…), la ville et ses milliers de bougies la nuit. Chaque nuit Udaipur s’éclairait avec ses feux d’artifices (pour les mariages). Tout était calme, on était vraiment bien. Un peu déçu par notre visite du city palace (un « style » vulgaire à notre goût), nous sommes ensuite allés voir un spectacle folklorique dans un ancien palais. On a quitté Udaipur avec beaucoup de nostalgie, ils faisaient bon d’y séjourner.
Daman via Ahmedabad via Surat via Vuapi (trajet en Bus) Après tant d’émotions, tant de visites, nous voulions nous reposer en bord de mer. Alors après Udaipur on a pris un bus pour Ahmedabad vers 10h du matin. A Ahmedabad en attendant notre bus pour Surat, on a retrouvé quelques habitudes européennes : on est allé se manger un macdo, puis on est allé se balader dans un supermarché et pour finir on est allé au ciné (voir un Bollywood évidemment). Et hop, à peine le temps de souffler que l’on a repris le bus direction Surat. Il paraît que la route était insupportable et très dangereuse (moi j’étais dans les bras d’un certain Morphée). Quand nous sommes arrivés à Surat, on a trouvé un homme (très certainement le seul) qui parlait anglais. Il nous a super bien indiqué le chemin pour aller jusqu’à Daman. Un vrai parcours du Combattant. Dans le bus, le vacarme était hallucinant. On a fait rire tout le monde en mettant les boules quiès (je ne suis pas certaine qu’ils connaissent). Parfois sur la route, les odeurs étaient tellement immondes que ça nous réveillait, on devait rester en apnée. Résultat, on est arrivé à Daman vers 10h30, soit près de 24h de transports. Ville de pêcheurs où le sable est noir et la mer très polluée. Laisse tomber le maillot de bains ! Des bans de poissons et de crabes morts tous le long de la rive. Quelques parcs très ombragés (payants car propres) dans lesquels il était bon de s’installer pour bouquiner.
Mumbay (anciennement Bombay), (trajet en train) On angoissait terriblement Bombay. Cette ville étant le plus grand bidonville de l’Inde (contrairement à ce que l’on pensait, ce n’est pas Calcutta). A Vuapi, nous avons attendu des heures le train. C’était très dur. Les mendiants, les lépreux et les handicapés étaient partout. Un homme s’est installé en face de nous pour nous aider. Il faut dire que quand une femme ou un enfant venait mendier, ils restaient pendant plusieurs dizaines de minutes à nous parler en Indi, à nous attirer le regard, nous attraper nos vêtements, nos mains pour attirer notre attention. L’homme les empêchait. Il était heureux de pouvoir communiquer avec nous et de se rendre utile. Il nous a emmené jusqu’à la voiture dans laquelle nous avions nos « places ». Une cohue inimaginable, rien à voir avec les grèves du RER parisien. Pour entrer dans le train on a lutté ! Je n’avais qu’une peur, c’était que mon ami n’arrive pas à se hisser à l'intérieur et reste sur le quai. Dans le train, j’avais l’impression que l’on nous amenait dans des camps de concentration. L’image est un peu forte, mais les trains bondés, les barreaux aux fenêtres, la chaleur, les gens qui s’évanouissent… et ce que l’on voyait de l’extérieur, c’était abominable. Des bidonvilles partout, des enfants en guenilles entrain de chercher de la nourriture dans les ordures… Arrivés à Bombay, un enfant mourrant (lépreux) face à nous, la souffrance se lisait sur son visage et sur son corps. Cette scène, c’était horrible, mais je crois que c’était pour que l’on oublie jamais qu’en 2005 y’a encore des gamins qui meurent dans la pauvreté et la maladie alors qu’un vaccin coûtant 15€ peut leur sauver la vie. Dernier petit truc (rigolo cette fois, quoi que sur le coup, j’en menais pas bien large) : Sur la plage de Bombay (un petit Miami), très propre, très grande, on a fait péter les maillots de bains, ENFIN ! Chacun notre tour on va se baigner, et lorsque je suis entrain de me faire sécher, j’entends « nice, beautiful, nice… ». Je lève la tête et la vision d’horreur !!!!! il y avait plein de mecs qui m’entouraient et qui me regardaient avec un air… en 2/2, j’ai remis tee-shirt et pantalon. Après un coucher de soleil magnifique sur cette plage on est parti à l’aéroport.
Mumbay – Paris
En bref, le voyage a été génial, même si nous avons vécu des moments très difficiles. Le plus dur, c’était dans les grandes villes. Je n’ai pas eu l’impression d’être en vacances mais plutôt à la découverte d’un nouveau monde. Un monde surprenant, parfois fantastique parfois cauchemardesque. De l’Inde on peut dire que c’est autant le pays des mille et une nuits, que la cours des miracles. On est revenu un peu déboussolé, mais heureux d’avoir vécu une aventure si passionnante.
J’espère ne pas vous avoir trop ennuyé avec mon petit roman, mais c’était difficile de faire plus court.
Agra Arrivés en pleine nuit, on a pris un rickshaw et de nouveau la course pour trouver un hôtel. Mais déjà, on se sentait moins oppressés, l’air était bien moins pollué et les rues paraissaient plus calmes. Le lendemain matin, notre petit rickshaw de la veille au soir (Salim) nous attendait pour nous faire visiter la ville. 1ère visite : Le Taj Mahal ! On entre dans une enceinte de grès rouge. Il y avait un monde incroyable. Les femmes drapées de saris de couleurs vives ainsi que les hommes avaient les yeux rivés sur nous. Il faut dire qu’il n’y a que très peu de touristes à cette saison (avril, la température est d'environ 45°). On avance tout doucement vers la porte centrale. Au moment où l’on aperçoit le Taj Mahal, une sensation incroyable, quasi indescriptible. Aucun mot ne peut réellement définir ce que nous ressentions. Les poils sur les bras qui se hérissent, le souffle coupé, les larmes qui montent ! Le Taj Mahal, le symbole de la perfection et du romantisme ! D’autres visites toutes aussi somptueuses, mais moins émouvantes. Mais à ne pas louper tout de même, le fort ! D’agra, on prend un bus pour Jaipur. Les routes, la conduite … un peu inquiétant et surtout très impressionnant. En Inde, le code de la route est basé sur sa croyance en Shiva et Ganesh… Heureusement pour nous détourner de la folie routière, des paysages incroyables, des animaux partout (vaches, gazelles, dromadaires…).
Jaipur (trajet en Bus) On s’est installé dans un ancien palais rénové en ghest house. Un jardin impeccable, une chambre propre et fraîche, une décoration fine et typique, un petit coin de paradis (attention réservation obligatoire) Le premier soir, on est monté sur une colline pour tenter d’observer le coucher de soleil. Notre petite grimpette (en sandales) a duré près de 45 min… vive le sport ! Mais l’effort en valait la peine. Une ballade agréable le long de remparts et de ruines. Toutefois impossible de voir le coucher de soleil… trop de pollution. Le lendemain, nous avons visité les monuments de la ville, génial ! Un observatoire gigantesque, totalement hors norme, le city palace somptueux et nickel, le palais des vents… Et puis, aussi quelque chose de… « touristique à donf » ! Pour aller au fort, on a pris un éléphant. Et pour finir la soirée en beauté on est allé au cinéma voir un Bollywood en Indi. C’est vraiment l’attraction à ne pas louper. C’est le cinéma le plus beau de l’Inde (kitch à souhait). Ça téléphone, ça parle, ça se lève, ça éclate de rire (chose rare en Inde) et ça pleure, la clim est à fond, le film dure 3 h (avec un entracte). Le film est un spectacle, mais la salle l’est encore plus. On est rentré en Rickshaw vélo, un vrai moment de bonheur.
Ajmer – Pushkar (trajet en Bus) Quelques visites dans Ajmer mais sans grandes convictions. Cité musulmane où nous n’étions pas très à notre aise. Bien trop souvent confrontés à la misère et à la lèpre, émotionnellement c’était difficilement supportable. Puskar était beaucoup plus calme et sympa. La petite ville est construite le long d’un lac et l’atmosphère y est tout à fait particulière. Piège dans lequel il ne faut pas tomber (et auquel nous avons échappé par chance OUF) : Les gens vous donnent des fleurs dans la main pour faire une offrande. Ensuite ils vous entourent jusqu’à ce que vous donniez de l’argent (parfois jusqu’à 1000 roupies pour se sortir de là). Il y avait une rue « commerçante », où l’on trouvait tout l’artisanat de l’inde : bijoux, vêtements, tissus, sculptures de bois et de marbre… des affaires à faire !
Jodhpur (trajet en Bus) A l’arrivée du bus des rickshaws nous ont littéralement sauté dessus. Ils étaient une dizaine à se disputer la course. Quel accueil ! Du haut de notre hôtel on dominait la ville, et on avait une vue imprenable sur le fort. Nos soirées était très sympas là bas. On a rencontré des touristes (français et allemand) avec qui nous avons partagé nos impressions sur l’Inde, des bières… On s’est un peu attardé dans la ville. Des commerces de toute sorte (beaucoup d’épices et de tissus). Des visites géniales !
Ranakpur (trajet en Bus) Une vallée située au milieu des montagnes, un endroit féerique. Là, on en avait un peu ras le bol de notre odeur indienne, de nos fringues sales, des puces, de la chaleur… on avait besoin de propreté et de repos. Alors on a dormi dans un palace ! S’il y a un endroit au monde où l’on peut se le permettre, c’est bien en Inde. L’hôtel, planté au milieu de nulle part encerclé de forêt et d’animaux ressemblait à la demeure d’un Maharadja (avec piscine). Notre chambre, une suite était… y’a pas de mot pour la décrire. Une salle de bain de marbre avec une ENORME piscine, ah non, c’était une baignoire. De style sobre, c’était un vrai bonheur. Le bémol (je rappelle que nous sommes dans le pays où la femme est moins considéré qu’un ver de terre) : au restaurant, mon ami a été servi avant moi et à lui, on lui a reculé sa chaise pour qu’il puisse s’asseoir. Au moment où l’on m’apporte mon plat (30 min après celui de mon ami), le serveur lui en sert la moitié. J’étais estomaquée ! ça m’a coupé l’appétit. Grrrrrrrrrrrrr Nous avons visité un temple Jaïn époustouflant ! 1444 colonnes toutes différentes les unes des autres – Marbre Blanc – Des idoles partout… La 2ème plus belle merveille de l’Inde après le Taj. La population locale était sympathique. Personne ne parlait anglais. Pour se déplacer, on faisait du stop, lorsque l’on attendait, tout le monde venait nous voir… et nous parler…
Udaipur (trajet en Bus) Le trajet en Bus était génial. Des fleurs, de jolies vallées, de beaux petits villages… A Udaipur on a eu un logement TOP. On dormait chez l’habitant, dans la maison d’un colonel et de sa femme, un couple charmant. En entrant dans leur demeure, une sérénité nous a envahie. Notre chambre se situait sur les toits et on avait une vue magnifique sur le lac (vide), les monuments (temples, palais, city palace…), la ville et ses milliers de bougies la nuit. Chaque nuit Udaipur s’éclairait avec ses feux d’artifices (pour les mariages). Tout était calme, on était vraiment bien. Un peu déçu par notre visite du city palace (un « style » vulgaire à notre goût), nous sommes ensuite allés voir un spectacle folklorique dans un ancien palais. On a quitté Udaipur avec beaucoup de nostalgie, ils faisaient bon d’y séjourner.
Daman via Ahmedabad via Surat via Vuapi (trajet en Bus) Après tant d’émotions, tant de visites, nous voulions nous reposer en bord de mer. Alors après Udaipur on a pris un bus pour Ahmedabad vers 10h du matin. A Ahmedabad en attendant notre bus pour Surat, on a retrouvé quelques habitudes européennes : on est allé se manger un macdo, puis on est allé se balader dans un supermarché et pour finir on est allé au ciné (voir un Bollywood évidemment). Et hop, à peine le temps de souffler que l’on a repris le bus direction Surat. Il paraît que la route était insupportable et très dangereuse (moi j’étais dans les bras d’un certain Morphée). Quand nous sommes arrivés à Surat, on a trouvé un homme (très certainement le seul) qui parlait anglais. Il nous a super bien indiqué le chemin pour aller jusqu’à Daman. Un vrai parcours du Combattant. Dans le bus, le vacarme était hallucinant. On a fait rire tout le monde en mettant les boules quiès (je ne suis pas certaine qu’ils connaissent). Parfois sur la route, les odeurs étaient tellement immondes que ça nous réveillait, on devait rester en apnée. Résultat, on est arrivé à Daman vers 10h30, soit près de 24h de transports. Ville de pêcheurs où le sable est noir et la mer très polluée. Laisse tomber le maillot de bains ! Des bans de poissons et de crabes morts tous le long de la rive. Quelques parcs très ombragés (payants car propres) dans lesquels il était bon de s’installer pour bouquiner.
Mumbay (anciennement Bombay), (trajet en train) On angoissait terriblement Bombay. Cette ville étant le plus grand bidonville de l’Inde (contrairement à ce que l’on pensait, ce n’est pas Calcutta). A Vuapi, nous avons attendu des heures le train. C’était très dur. Les mendiants, les lépreux et les handicapés étaient partout. Un homme s’est installé en face de nous pour nous aider. Il faut dire que quand une femme ou un enfant venait mendier, ils restaient pendant plusieurs dizaines de minutes à nous parler en Indi, à nous attirer le regard, nous attraper nos vêtements, nos mains pour attirer notre attention. L’homme les empêchait. Il était heureux de pouvoir communiquer avec nous et de se rendre utile. Il nous a emmené jusqu’à la voiture dans laquelle nous avions nos « places ». Une cohue inimaginable, rien à voir avec les grèves du RER parisien. Pour entrer dans le train on a lutté ! Je n’avais qu’une peur, c’était que mon ami n’arrive pas à se hisser à l'intérieur et reste sur le quai. Dans le train, j’avais l’impression que l’on nous amenait dans des camps de concentration. L’image est un peu forte, mais les trains bondés, les barreaux aux fenêtres, la chaleur, les gens qui s’évanouissent… et ce que l’on voyait de l’extérieur, c’était abominable. Des bidonvilles partout, des enfants en guenilles entrain de chercher de la nourriture dans les ordures… Arrivés à Bombay, un enfant mourrant (lépreux) face à nous, la souffrance se lisait sur son visage et sur son corps. Cette scène, c’était horrible, mais je crois que c’était pour que l’on oublie jamais qu’en 2005 y’a encore des gamins qui meurent dans la pauvreté et la maladie alors qu’un vaccin coûtant 15€ peut leur sauver la vie. Dernier petit truc (rigolo cette fois, quoi que sur le coup, j’en menais pas bien large) : Sur la plage de Bombay (un petit Miami), très propre, très grande, on a fait péter les maillots de bains, ENFIN ! Chacun notre tour on va se baigner, et lorsque je suis entrain de me faire sécher, j’entends « nice, beautiful, nice… ». Je lève la tête et la vision d’horreur !!!!! il y avait plein de mecs qui m’entouraient et qui me regardaient avec un air… en 2/2, j’ai remis tee-shirt et pantalon. Après un coucher de soleil magnifique sur cette plage on est parti à l’aéroport.
Mumbay – Paris
En bref, le voyage a été génial, même si nous avons vécu des moments très difficiles. Le plus dur, c’était dans les grandes villes. Je n’ai pas eu l’impression d’être en vacances mais plutôt à la découverte d’un nouveau monde. Un monde surprenant, parfois fantastique parfois cauchemardesque. De l’Inde on peut dire que c’est autant le pays des mille et une nuits, que la cours des miracles. On est revenu un peu déboussolé, mais heureux d’avoir vécu une aventure si passionnante.
J’espère ne pas vous avoir trop ennuyé avec mon petit roman, mais c’était difficile de faire plus court.
Chiang Mai: UNE seule vraie bonne raison d'y aller? English translation pending
Salut à tous.
Je me demande s'il ya une seule vraie bonne raison d'aller a CM ??
A lire le forum je m'aperçoit que tout est (semble ?) totalement artificiel et " spécialement fait pour plaire au touriste lambda ".
J'avais déja décidé que les visites de reserves ethnique se feraient sans nous. On peut faire partout ( enfin dans pas mal d'endroits) des promenade en éléphant. Pour ce qui est de voir la jungle Sawadeekha m'a totalement convaincu d'aller au Khao Yai.
Donc, que reste t-il a CM qu'on ne puisse voir/faire ailleurs ?
A lire le forum je m'aperçoit que tout est (semble ?) totalement artificiel et " spécialement fait pour plaire au touriste lambda ".
J'avais déja décidé que les visites de reserves ethnique se feraient sans nous. On peut faire partout ( enfin dans pas mal d'endroits) des promenade en éléphant. Pour ce qui est de voir la jungle Sawadeekha m'a totalement convaincu d'aller au Khao Yai.
Donc, que reste t-il a CM qu'on ne puisse voir/faire ailleurs ?
Lotus Air, sérieux? English translation pending
Bonjour à tous,
Avant de me rendre à Hurghada en Egypte avec cette compagnie charter egyptienne, je voulais vous demander si vous connaissiez cette cie ou avez déjà eu l'occasion de voler avec. Merci de me dire ce que valent les avions et si vous avez déjà entendu du bien ou du mal sur cette cie. Est-elle sûre ? Merci beaucoup pour vos renseignements précieux. 😉
Avant de me rendre à Hurghada en Egypte avec cette compagnie charter egyptienne, je voulais vous demander si vous connaissiez cette cie ou avez déjà eu l'occasion de voler avec. Merci de me dire ce que valent les avions et si vous avez déjà entendu du bien ou du mal sur cette cie. Est-elle sûre ? Merci beaucoup pour vos renseignements précieux. 😉
La part d'irrationnel en vous English translation pending
Alors voilà, on a tous des noms de destination qui nous font rêver depuis longtemps. Pas forcément parceque c'est beau, exotique ou très loin. Non, juste comme ça, parceque ça nous excite, d'une manière totalement inexpliquée et irrationnelle.
Pour ma part, j'avoue que les noms suivants me font décoller : Samarcande, Zanzibar, Kamtchatka, Terre Adélie, Kerguelen, Pondichery, Cartagena, Manitoba, Hindu Kush, ...
Et vous ?
Pour ma part, j'avoue que les noms suivants me font décoller : Samarcande, Zanzibar, Kamtchatka, Terre Adélie, Kerguelen, Pondichery, Cartagena, Manitoba, Hindu Kush, ...
Et vous ?
La "non-honnêteté" des Vietnamiens English translation pending
Est-ce quelqu'un peut me dire pourquoi ils manque de franchise à ce point ?
J'ai fait 2 voyages, j'y ai passé plusieurs mois, j'en ai jamais rencontré un seul d'honnête, j'en viens à me demander si ils connaissent ce terme.
Souvent c'est bête. Dernier exemple en date. Je demande à une copine ou plutôt pas en tout cas je ne doit pas être son ami malgré que sa mère me dise qu'elle aime m'avoir en ami si un n° est son Zalo. C'est pas dur de me dire oui ou non ou oui mais je ne m'en sert plus (vrai ou pas) et bien non elle a lu mais pas répondu, sa mère pareil.Elles utilisent les mêmes compte, c'est compliqué de savoir à qui je parle. Elle veux pas m'ajouter sur Zalo mais en même temps elle ne veux pas me mentir donc elle ne réponds pas.
J'ai pris cette exemple car c'est le plus récent mais en gros c'est ça : ne pas répondre, ne pas être honnête pour ne pas blesser. Ça part peut-être d'un bon sentiment mais c'est flagrant qu'ils ne sont pas honnête, ça me blesse encore plus.
J'ai fait 2 voyages, j'y ai passé plusieurs mois, j'en ai jamais rencontré un seul d'honnête, j'en viens à me demander si ils connaissent ce terme.
Souvent c'est bête. Dernier exemple en date. Je demande à une copine ou plutôt pas en tout cas je ne doit pas être son ami malgré que sa mère me dise qu'elle aime m'avoir en ami si un n° est son Zalo. C'est pas dur de me dire oui ou non ou oui mais je ne m'en sert plus (vrai ou pas) et bien non elle a lu mais pas répondu, sa mère pareil.Elles utilisent les mêmes compte, c'est compliqué de savoir à qui je parle. Elle veux pas m'ajouter sur Zalo mais en même temps elle ne veux pas me mentir donc elle ne réponds pas.
J'ai pris cette exemple car c'est le plus récent mais en gros c'est ça : ne pas répondre, ne pas être honnête pour ne pas blesser. Ça part peut-être d'un bon sentiment mais c'est flagrant qu'ils ne sont pas honnête, ça me blesse encore plus.
De Cahors à Aire-sur-l'Adour par le Chemin de Compostelle (GR65) English translation pending
21 septembre, 10:53 · Cahors ·
Chaque année, j'effectue un tronçon du Chemin de Compostelle. Après avoir parcouru ce chemin mythique du Puy à Aumont-Aubrac et l'année dernière de Aumont-Aubrac à Cahors me voici reparti pour 2 semaines sur la Via Podiensis.
Afin de ne pas me charger d’un livre, j’ai acheté l’application « Compostelle » qui fonctionne parfaitement sur mon téléphone Android. Après avoir téléchargé la carte du parcours, grâce au GPS je peux localiser ma position, voir les gîtes, points d’eau, magasins d’alimentation… J’ai réservé les gîtes la veille de mon arrivée et parfois le jour même. Ma première étape me conduira de Cahors à Lascabanes, soit 22 km.

Tout de suite après le pont de Valentré, vous vous engagez dans une montée très raide pour atteindre le plateau : vue superbe sur la ville de Cahors.

Pause déjeuner à Labastide-Marnhac où l'on trouve un café épicerie puis poursuite du chemin en ligne de crête avant de plonger dans la vallée de Lascabanes où j'arrive vers 16h30.
J'ai choisi Le Nid des Anges pour cette première étape : situé au coeur de Lascabanes, village fleuri du Quercy Blanc. Gîte d'une capacité d'accueil de 17 places, aménagé dans l'ancien presbytère datant du 19ème siècle. Bâtiment possédant une grande salle à manger voûtée et un très agréable jardin. Nous sommes une douzaine de pélerins ce toutes origines (Américains, Québécois, Australiens et Français à partager l'excellent dîner préparé par Cécile qui fait le maximum pour rendre cette étape agréable.
Le nid des Anges
Chaque année, j'effectue un tronçon du Chemin de Compostelle. Après avoir parcouru ce chemin mythique du Puy à Aumont-Aubrac et l'année dernière de Aumont-Aubrac à Cahors me voici reparti pour 2 semaines sur la Via Podiensis.
Afin de ne pas me charger d’un livre, j’ai acheté l’application « Compostelle » qui fonctionne parfaitement sur mon téléphone Android. Après avoir téléchargé la carte du parcours, grâce au GPS je peux localiser ma position, voir les gîtes, points d’eau, magasins d’alimentation… J’ai réservé les gîtes la veille de mon arrivée et parfois le jour même. Ma première étape me conduira de Cahors à Lascabanes, soit 22 km.

Tout de suite après le pont de Valentré, vous vous engagez dans une montée très raide pour atteindre le plateau : vue superbe sur la ville de Cahors.

Pause déjeuner à Labastide-Marnhac où l'on trouve un café épicerie puis poursuite du chemin en ligne de crête avant de plonger dans la vallée de Lascabanes où j'arrive vers 16h30.
J'ai choisi Le Nid des Anges pour cette première étape : situé au coeur de Lascabanes, village fleuri du Quercy Blanc. Gîte d'une capacité d'accueil de 17 places, aménagé dans l'ancien presbytère datant du 19ème siècle. Bâtiment possédant une grande salle à manger voûtée et un très agréable jardin. Nous sommes une douzaine de pélerins ce toutes origines (Américains, Québécois, Australiens et Français à partager l'excellent dîner préparé par Cécile qui fait le maximum pour rendre cette étape agréable.
Le nid des AngesMare au café (Luxembourg ville) English translation pending
La patronne, une pétillante brunette au regard arabica, est en verve ce matin. Au facteur qui lui demande une signature :
- Non, pas besoin de hublots. C’est une des rares choses que ma mère ait réussies. J’ai plus de dix à chaque œil, j’aurais pu être pilote de chasse...
Deux minutes plus tard, elle embraye sur le sujet number one au hitparade des conversations grand-ducales, les bouchons. Elle s’adresse cette fois à un habitué, sans doute un ouvrier occupé sur un chantier voisin. Tignasse explosée, la gueule enfarinée, vautré sur le zinc, il n’a pas pris la peine d’enlever sa doudoune fatiguée pour engloutir un jambon-beurre-cornichons-moutarde qu’il arrose avec des cafés serrés. Au quatrième petit noir, il donne son avis sur la question : - Moi, j’me fais baiser si je pars après six heures moins le quart. Il suffit d’un accrochage et tout est bloqué sur l’A31. Mais le temps passe : - Allez, j’dois du temps à des gens, ça s'appelle l’esclavage… Son voisin et collègue n’a pas pipé mot jusque là. Il se lève pour passer à la caisse et brandit L’essentiel, le quotidien gratuit : - Karine, regarde, aujourd’hui le café est gratuit, c’est marqué dans le journal !
Une Française, sans doute échappée d’une pub pour Europe Ecologie-Les Verts, la trentaine chatoyante, arborant une crinière aux reflets ambrés, pull en laine pesto basilic et pantalon en velours côtelé granny smith, commande un lait de soja. Elle raconte à sa copine ou collègue que, depuis qu’elle a lu dans un journal qu’un Américain avait soigné son cancer métastasé en phase terminale en prenant tous les jours du bicarbonate de soude mélangé à du sirop d’érable alors que, même la chimio ne pouvait plus rien pour lui, elle avale cette mixture tous les matins au petit dej’. - Si t’as pas de sirop d’érable, le miel ça le fait aussi. - T’as un cancer en phase terminale ? s’inquiète l’autre biche. - Non, mais à titre préventif… - Moi, mon gynéco m’a dit que les femmes en manque de vitamine D étaient plus sujettes au cancer du sein que les autres. En même temps, si t’as des carences, peu importe lesquelles, tu peux te choper tous les cancers. - Le mieux pour que l’organisme absorbe la vitamine D au maximum, c’est de prendre le soleil entre 11h et et 15h. Mais bon, en même temps, si tu t’exposes trop, bonjour le cancer de la peau… La conversation ne tarit pas. Il est ensuite question d’un gloss-lèvres à base de potiron, idéal pour affronter hiver.
Un retraité trace des cercles sur le sol avec sa canne. Il explique à la patronne qui lui a demandé en allemand s’il ne voulait pas se laisser tenter par le dernier croissant restant que, si elle n’y voit pas d’inconvénients et si elle ne parle pas luxembourgeois, il préfère lui répondre en français : - Le luxembourgeois, je le comprends mais je ne le parle pas. C’est de la faute aux Luxembourgeois, on nous adresse toujours la parole en français ou en allemand ! - Chez moi, du temps des Boches, on nous forçait à parler allemand… Alors on parlait français en cachette à la maison.
La causette prend un virage à 180°. Il est alors question des jeunes et du système scolaire français.
- Je reconnais que mes fils font souvent les cons et sont flemmards. Je sais que je devrais être plus sévère avec eux, mais j’y arrive pas… Mais alors, dans leur collège, ils sont tout le temps au taquet, y’a un de ces stress ! Les profs ne leur transmettent plus aucune valeur. D’ailleurs, on dirait que, s’ils pouvaient mettre un rideau entre eux et les élèves, ils se sentiraient mieux. De mon temps, les profs savaient se faire respecter et s’impliquaient beaucoup plus. Ils organisaient même des ateliers qui fonctionnaient sur la base du bénévolat. Mais maintenant, y’a plus d’absentéisme chez les eux que chez les élèves !
Les deux ouvriers n’ont toujours pas pris la tangente. Il faut dire que le spectacle de la rue n’invite pas à sortir. Brume, pluie, buée. Un temps de plombier zingueur. L’hirsute demande à la patronne si elle veut toujours changer sa serrure, parce qu’il connait un système blindé de chez blindé, quasi inviolable. La réponse est couverte par les décibels de la radio poussée à fond. Un chanteur égrène en allemand des initiales et des acronymes sur un rythme hiphop... RAF LSD und FKK HNO EKG und AOK… Au dernier refrain, HSV, VfB rime avec olé, olé** (…)
- Les assurances, non merci. Dès que j’ai un problème, y’a jamais personne qui rembourse. La protection juridique, elle sert à rien. Tous les mêmes connards !
** Traduction : RAF : Fraction Armée Rouge LSD : stimulant non dérivé du café FKK : camp de naturistes HNO : ORL EKG : électrocardiogramme AOK : Assurance maladie HSB : club de foot (Hambourg) VfB : club de foot (Stuttgart) Olé olé : olé olé
Deux minutes plus tard, elle embraye sur le sujet number one au hitparade des conversations grand-ducales, les bouchons. Elle s’adresse cette fois à un habitué, sans doute un ouvrier occupé sur un chantier voisin. Tignasse explosée, la gueule enfarinée, vautré sur le zinc, il n’a pas pris la peine d’enlever sa doudoune fatiguée pour engloutir un jambon-beurre-cornichons-moutarde qu’il arrose avec des cafés serrés. Au quatrième petit noir, il donne son avis sur la question : - Moi, j’me fais baiser si je pars après six heures moins le quart. Il suffit d’un accrochage et tout est bloqué sur l’A31. Mais le temps passe : - Allez, j’dois du temps à des gens, ça s'appelle l’esclavage… Son voisin et collègue n’a pas pipé mot jusque là. Il se lève pour passer à la caisse et brandit L’essentiel, le quotidien gratuit : - Karine, regarde, aujourd’hui le café est gratuit, c’est marqué dans le journal !
Une Française, sans doute échappée d’une pub pour Europe Ecologie-Les Verts, la trentaine chatoyante, arborant une crinière aux reflets ambrés, pull en laine pesto basilic et pantalon en velours côtelé granny smith, commande un lait de soja. Elle raconte à sa copine ou collègue que, depuis qu’elle a lu dans un journal qu’un Américain avait soigné son cancer métastasé en phase terminale en prenant tous les jours du bicarbonate de soude mélangé à du sirop d’érable alors que, même la chimio ne pouvait plus rien pour lui, elle avale cette mixture tous les matins au petit dej’. - Si t’as pas de sirop d’érable, le miel ça le fait aussi. - T’as un cancer en phase terminale ? s’inquiète l’autre biche. - Non, mais à titre préventif… - Moi, mon gynéco m’a dit que les femmes en manque de vitamine D étaient plus sujettes au cancer du sein que les autres. En même temps, si t’as des carences, peu importe lesquelles, tu peux te choper tous les cancers. - Le mieux pour que l’organisme absorbe la vitamine D au maximum, c’est de prendre le soleil entre 11h et et 15h. Mais bon, en même temps, si tu t’exposes trop, bonjour le cancer de la peau… La conversation ne tarit pas. Il est ensuite question d’un gloss-lèvres à base de potiron, idéal pour affronter hiver.
Un retraité trace des cercles sur le sol avec sa canne. Il explique à la patronne qui lui a demandé en allemand s’il ne voulait pas se laisser tenter par le dernier croissant restant que, si elle n’y voit pas d’inconvénients et si elle ne parle pas luxembourgeois, il préfère lui répondre en français : - Le luxembourgeois, je le comprends mais je ne le parle pas. C’est de la faute aux Luxembourgeois, on nous adresse toujours la parole en français ou en allemand ! - Chez moi, du temps des Boches, on nous forçait à parler allemand… Alors on parlait français en cachette à la maison.
La causette prend un virage à 180°. Il est alors question des jeunes et du système scolaire français.
- Je reconnais que mes fils font souvent les cons et sont flemmards. Je sais que je devrais être plus sévère avec eux, mais j’y arrive pas… Mais alors, dans leur collège, ils sont tout le temps au taquet, y’a un de ces stress ! Les profs ne leur transmettent plus aucune valeur. D’ailleurs, on dirait que, s’ils pouvaient mettre un rideau entre eux et les élèves, ils se sentiraient mieux. De mon temps, les profs savaient se faire respecter et s’impliquaient beaucoup plus. Ils organisaient même des ateliers qui fonctionnaient sur la base du bénévolat. Mais maintenant, y’a plus d’absentéisme chez les eux que chez les élèves !
Les deux ouvriers n’ont toujours pas pris la tangente. Il faut dire que le spectacle de la rue n’invite pas à sortir. Brume, pluie, buée. Un temps de plombier zingueur. L’hirsute demande à la patronne si elle veut toujours changer sa serrure, parce qu’il connait un système blindé de chez blindé, quasi inviolable. La réponse est couverte par les décibels de la radio poussée à fond. Un chanteur égrène en allemand des initiales et des acronymes sur un rythme hiphop... RAF LSD und FKK HNO EKG und AOK… Au dernier refrain, HSV, VfB rime avec olé, olé** (…)
- Les assurances, non merci. Dès que j’ai un problème, y’a jamais personne qui rembourse. La protection juridique, elle sert à rien. Tous les mêmes connards !
** Traduction : RAF : Fraction Armée Rouge LSD : stimulant non dérivé du café FKK : camp de naturistes HNO : ORL EKG : électrocardiogramme AOK : Assurance maladie HSB : club de foot (Hambourg) VfB : club de foot (Stuttgart) Olé olé : olé olé
Grand concours de photo – mars 2016 « Mon Village / Ma Ville / Ma Région » English translation pending
Mon Village / Ma Ville / Ma Région
Comptez sur un mec qui marche déjà la tête à l’envers pour venir avec l’idée de prendre l’essence de ce concours… à l’envers ! Cette fois, il ne s’agit pas de proposer des clichés de voyages à l’étranger avec un thème précis mais plutôt de nous faire découvrir votre propre environnement, celui que vous côtoyez la plus grande partie de l’année, celui que l’on finit presque par oublier qu’il existe, celui auquel on souhaite parfois même échapper en partant découvrir d’autres horizons.
Ce mois-ci, je vous propose de découvrir ou de redécouvrir les lieux proches de chez vous et de nous les faire découvrir afin de nous donner l’envie de venir les voir de plus près. Je vous nomme ambassadeurs/ambassadrices de votre village, de votre ville, de votre région (province/canton/état). Carrément ! A vous de nous le ou les présenter au travers de votre regard.
Deux cas de figure : Le Village/ la Ville/ la Région de votre naissance, Le Village/ la Ville/ la Région où vous résidez actuellement.
Aucun de ces deux cas de figure n’est exclusif, c’est-à-dire que vous pouvez proposer une, deux ou trois photos pour l’un ou/et l’autre de ces deux cas de figure. Limpide non !
Cerise sur le gâteau : Zéro restriction sur le thème de la photo, aucun hors sujet en ce qui me concerne. (une éventuelle censure n’est pas de mon ressort mais de celui du webmaster) Le clocher de l’église, la devanture de la boulangerie, le visage de la charcutière, un monument, une terrasse de café, un arbre, des champs, une chaine de montagnes, une station de métro, un musée, un mur, un château, une fanfare, une fête, un artiste de rue, un détail, une vue panoramique, le banc de votre premier baiser… la liste est infinie.
Cadeau empoisonné : Cette liberté totale risque d’être enivrante mais aussi d’être paralysante puisque tous les thèmes sont permis et qu’il n’y a pas de garde-fou. Je vous lâche dans le grand bain et sans bouée par-dessus le marché !
Mes souhaits : Le premier est celui de vous faire sortir de la maison et d’arpenter les rues de votre village/ville ou les chemins de votre région avec votre appareil photo en bandoulière. Prenez l’air, humez le Printemps qui arrive (enfin ça c’est pour certains !), posez un nouveau regard à ce qui vous entoure. Vaste programme et surtout aucune excuse possible ! Et puis, il est également temps de donner une chance à ceux qui ne partent pas (pour diverses raisons) vers des destinations lointaines.
Le deuxième souhait est que vous vous révéliez… un peu, beaucoup, passionnément. D’en connaitre un peu plus sur qui se cache derrière les pseudos. De savoir d’où vous venez, pourquoi vous habitez à tel endroit et qu’est-ce qui fait que vous aimez un lieu en particulier. J’espère que vous serez nombreux à partager vos photos et tout aussi nombreux à me rejoindre sur le fil de la discussion et surtout qu’il y aura plein de bavardes et de bavards.
« Mais c’est un véritable détournement du concours cette histoire ! » diront les puristes de ce concours de photos. Peut-être, surement même ! Mais en ce me concerne, les photos ne seront ce mois-ci qu’une excuse pour découvrir d’autres regards sur le monde qui nous entoure. Je n’ai pas ni le don ni la passion photographique, j’aime prendre des photos ici et là juste pour me faire des souvenirs, tant mieux quand elles sont réussies. Je l’avoue, mon intérêt cette fois est d’en profiter pour connaitre un peu mieux ceux et celles… derrière l’objectif. Mais rassurez-vous, les discrets et les timides pourront le rester en toute quiétude et pourront se concentrer sur leurs talents photographiques pour que nous puissions tous admirer et envier le résultat de leur travail.
« Ah ouais mais ceux qui habitent à l’étranger ont un avantage, c’est pas juste ça ! » Taratata, tous les expatriés n’habitent pas dans des paradis exotiques, votre village/ville/région contient aussi des merveilleux endroits, des perles cachées… à vous de les découvrir et de donner ainsi le mal du pays à ces expatriés.
Le dernier souhait est que ce concours ne s’essouffle pas, bien au contraire qu’il rassemble davantage de participants. J’espère donc que le sujet de ce mois-ci va permettre de ratisser large, de faire revenir ceux qui se seraient égarés et peut-être même de faire changer d’avis ceux qui auraient des envies de s’égarer !!! Je compte sur vous pour rameuter les autres et je compte également sur le webmaster pour donner plus de proéminence à ce concours en le rendant plus visible sur le site.
La mission du mois : Prouver que le Voyage, l’Aventure et la Découverte commencent bien au coin de la rue et nous donner l’envie de venir… chez vous ! Bonnes balades donc et bonne chance.
Les modalités du concours : Attention, à titre exceptionnel, je me permets deux petites modifications et j’espère que Lahaut (l’investigateur de ces magnifiques concours) ne m’en voudra pas de trop.
La première concerne les heures de fermeture du concours et du vote. Ras-le-bol d’avoir comme référence l’heure de Paris. Cette fois, ce sera l’heure de… Pyongyang, (eh oui j’ose !) Quand il est midi à Londres (GMT – Greenwich Mean Time), il est 13h à Paris (GMT+1h), il est seulement 07h à Montréal (GMT-5h) mais il est déjà 20h30 (GMT+8.30) à Pyongyang (depuis que le Grand Leader en a décidé ainsi en Aout 2015 !). Voilà bien un truc qui va vous faire travailler les méninges.
La seconde modification celle-ci me tient à cœur depuis mes premières participations à ce concours de photos. N’ayant pas lu les instructions concernant l’attribution des points (eh oui j’suis comme ça !), j’avais donné un ½ point (un demi-point) à chacune des deux photos que je n’arrivais pas à départager pour la troisième place. Gros froncements de sourcils de la part de quelques-uns ! C’est qui cet inconnu qui crée l’embrouille ? Je suis donc rentré dans les rangs en me promettant que si un jour je gagnais ce concours, je modifierais cette règle car combien de fois j’ai (nous avons) agonisé au moment du vote et éliminer un participant pour un petit rien. Je remarque que c’était également le cas pour Masterpo cette fois-ci !
Eh bien en Mars je fais ce qui me plait (mon anniversaire étant le 21 Mars). Donc exceptionnellement, si vous hésitez entre deux photos pour la troisième place du podium (et uniquement pour la troisième place), je vous autorise à attribuer deux fois un ½ point (un demi-point) (tiens, je me découvre un coté rebelle, un peu Grand Leader sur les bords !).
Je récapitule vous pouvez poster jusqu'à trois photos (prises par vous-même uniquement), chacune dans un message différent, en indiquant leur numéro (1, 2 ou 3). Toutes les explications concernant ces photos sont plus que bienvenues.
Vous avez jusqu'au Vendredi 25 Mars 2016, 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)) pour présenter vos œuvres. Alors le vote pourra commencer et se terminera le Jeudi 30 Mars à 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)).
Vous voterez pour trois (ou quatre) photos maximum (et minimum), en indiquant clairement le nom du participant choisi suivi du numéro de sa photo. La première photo de votre vote se verra attribuer trois points, la seconde deux et la troisième un seul. Toutefois, il vous sera possible de placer deux exæquos pour la troisième place. Auquel cas, les deux photos placées à la troisième place se verront attribuer un ½ point (un demi-point) chacune.
Les votes comportant plus de quatre photos ne seront pas pris en compte. Le gagnant est celui qui aura proposé la photo obtenant le plus de points. En cas d'exæquos, le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places, et à défaut, de secondes. Enfin, en cas d'égalité parfaite, le gagnant sera celui ou celle qui aura obtenu son score avant l'autre. Ce vainqueur aura alors la lourde tâche de choisir un thème à son tour pour le concours d’Avril 2016 qu'il organisera. Les exæquos à une autre place que la première ne seront pas départagés. Enfin, il n'est nul besoin de participer au concours pour voter. Merci de ne poster sur ce fil que des photos pour le concours, puis à compter du Vendredi 25 Mars à 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)), uniquement les votes.
Un fil de discussions autour de ce concours est ouvert ici : voyageforum.com/...-ma-region-d7387900/
Photorama: photos.google.com/...d3EzSlNVYjJlck5KN2lB
Comptez sur un mec qui marche déjà la tête à l’envers pour venir avec l’idée de prendre l’essence de ce concours… à l’envers ! Cette fois, il ne s’agit pas de proposer des clichés de voyages à l’étranger avec un thème précis mais plutôt de nous faire découvrir votre propre environnement, celui que vous côtoyez la plus grande partie de l’année, celui que l’on finit presque par oublier qu’il existe, celui auquel on souhaite parfois même échapper en partant découvrir d’autres horizons.
Ce mois-ci, je vous propose de découvrir ou de redécouvrir les lieux proches de chez vous et de nous les faire découvrir afin de nous donner l’envie de venir les voir de plus près. Je vous nomme ambassadeurs/ambassadrices de votre village, de votre ville, de votre région (province/canton/état). Carrément ! A vous de nous le ou les présenter au travers de votre regard.
Deux cas de figure : Le Village/ la Ville/ la Région de votre naissance, Le Village/ la Ville/ la Région où vous résidez actuellement.
Aucun de ces deux cas de figure n’est exclusif, c’est-à-dire que vous pouvez proposer une, deux ou trois photos pour l’un ou/et l’autre de ces deux cas de figure. Limpide non !
Cerise sur le gâteau : Zéro restriction sur le thème de la photo, aucun hors sujet en ce qui me concerne. (une éventuelle censure n’est pas de mon ressort mais de celui du webmaster) Le clocher de l’église, la devanture de la boulangerie, le visage de la charcutière, un monument, une terrasse de café, un arbre, des champs, une chaine de montagnes, une station de métro, un musée, un mur, un château, une fanfare, une fête, un artiste de rue, un détail, une vue panoramique, le banc de votre premier baiser… la liste est infinie.
Cadeau empoisonné : Cette liberté totale risque d’être enivrante mais aussi d’être paralysante puisque tous les thèmes sont permis et qu’il n’y a pas de garde-fou. Je vous lâche dans le grand bain et sans bouée par-dessus le marché !
Mes souhaits : Le premier est celui de vous faire sortir de la maison et d’arpenter les rues de votre village/ville ou les chemins de votre région avec votre appareil photo en bandoulière. Prenez l’air, humez le Printemps qui arrive (enfin ça c’est pour certains !), posez un nouveau regard à ce qui vous entoure. Vaste programme et surtout aucune excuse possible ! Et puis, il est également temps de donner une chance à ceux qui ne partent pas (pour diverses raisons) vers des destinations lointaines.
Le deuxième souhait est que vous vous révéliez… un peu, beaucoup, passionnément. D’en connaitre un peu plus sur qui se cache derrière les pseudos. De savoir d’où vous venez, pourquoi vous habitez à tel endroit et qu’est-ce qui fait que vous aimez un lieu en particulier. J’espère que vous serez nombreux à partager vos photos et tout aussi nombreux à me rejoindre sur le fil de la discussion et surtout qu’il y aura plein de bavardes et de bavards.
« Mais c’est un véritable détournement du concours cette histoire ! » diront les puristes de ce concours de photos. Peut-être, surement même ! Mais en ce me concerne, les photos ne seront ce mois-ci qu’une excuse pour découvrir d’autres regards sur le monde qui nous entoure. Je n’ai pas ni le don ni la passion photographique, j’aime prendre des photos ici et là juste pour me faire des souvenirs, tant mieux quand elles sont réussies. Je l’avoue, mon intérêt cette fois est d’en profiter pour connaitre un peu mieux ceux et celles… derrière l’objectif. Mais rassurez-vous, les discrets et les timides pourront le rester en toute quiétude et pourront se concentrer sur leurs talents photographiques pour que nous puissions tous admirer et envier le résultat de leur travail.
« Ah ouais mais ceux qui habitent à l’étranger ont un avantage, c’est pas juste ça ! » Taratata, tous les expatriés n’habitent pas dans des paradis exotiques, votre village/ville/région contient aussi des merveilleux endroits, des perles cachées… à vous de les découvrir et de donner ainsi le mal du pays à ces expatriés.
Le dernier souhait est que ce concours ne s’essouffle pas, bien au contraire qu’il rassemble davantage de participants. J’espère donc que le sujet de ce mois-ci va permettre de ratisser large, de faire revenir ceux qui se seraient égarés et peut-être même de faire changer d’avis ceux qui auraient des envies de s’égarer !!! Je compte sur vous pour rameuter les autres et je compte également sur le webmaster pour donner plus de proéminence à ce concours en le rendant plus visible sur le site.
La mission du mois : Prouver que le Voyage, l’Aventure et la Découverte commencent bien au coin de la rue et nous donner l’envie de venir… chez vous ! Bonnes balades donc et bonne chance.
Les modalités du concours : Attention, à titre exceptionnel, je me permets deux petites modifications et j’espère que Lahaut (l’investigateur de ces magnifiques concours) ne m’en voudra pas de trop.
La première concerne les heures de fermeture du concours et du vote. Ras-le-bol d’avoir comme référence l’heure de Paris. Cette fois, ce sera l’heure de… Pyongyang, (eh oui j’ose !) Quand il est midi à Londres (GMT – Greenwich Mean Time), il est 13h à Paris (GMT+1h), il est seulement 07h à Montréal (GMT-5h) mais il est déjà 20h30 (GMT+8.30) à Pyongyang (depuis que le Grand Leader en a décidé ainsi en Aout 2015 !). Voilà bien un truc qui va vous faire travailler les méninges.
La seconde modification celle-ci me tient à cœur depuis mes premières participations à ce concours de photos. N’ayant pas lu les instructions concernant l’attribution des points (eh oui j’suis comme ça !), j’avais donné un ½ point (un demi-point) à chacune des deux photos que je n’arrivais pas à départager pour la troisième place. Gros froncements de sourcils de la part de quelques-uns ! C’est qui cet inconnu qui crée l’embrouille ? Je suis donc rentré dans les rangs en me promettant que si un jour je gagnais ce concours, je modifierais cette règle car combien de fois j’ai (nous avons) agonisé au moment du vote et éliminer un participant pour un petit rien. Je remarque que c’était également le cas pour Masterpo cette fois-ci !
Eh bien en Mars je fais ce qui me plait (mon anniversaire étant le 21 Mars). Donc exceptionnellement, si vous hésitez entre deux photos pour la troisième place du podium (et uniquement pour la troisième place), je vous autorise à attribuer deux fois un ½ point (un demi-point) (tiens, je me découvre un coté rebelle, un peu Grand Leader sur les bords !).
Je récapitule vous pouvez poster jusqu'à trois photos (prises par vous-même uniquement), chacune dans un message différent, en indiquant leur numéro (1, 2 ou 3). Toutes les explications concernant ces photos sont plus que bienvenues.
Vous avez jusqu'au Vendredi 25 Mars 2016, 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)) pour présenter vos œuvres. Alors le vote pourra commencer et se terminera le Jeudi 30 Mars à 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)).
Vous voterez pour trois (ou quatre) photos maximum (et minimum), en indiquant clairement le nom du participant choisi suivi du numéro de sa photo. La première photo de votre vote se verra attribuer trois points, la seconde deux et la troisième un seul. Toutefois, il vous sera possible de placer deux exæquos pour la troisième place. Auquel cas, les deux photos placées à la troisième place se verront attribuer un ½ point (un demi-point) chacune.
Les votes comportant plus de quatre photos ne seront pas pris en compte. Le gagnant est celui qui aura proposé la photo obtenant le plus de points. En cas d'exæquos, le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places, et à défaut, de secondes. Enfin, en cas d'égalité parfaite, le gagnant sera celui ou celle qui aura obtenu son score avant l'autre. Ce vainqueur aura alors la lourde tâche de choisir un thème à son tour pour le concours d’Avril 2016 qu'il organisera. Les exæquos à une autre place que la première ne seront pas départagés. Enfin, il n'est nul besoin de participer au concours pour voter. Merci de ne poster sur ce fil que des photos pour le concours, puis à compter du Vendredi 25 Mars à 07h30 (heure de Pyongyang (GMT + 8h30)), uniquement les votes.
Un fil de discussions autour de ce concours est ouvert ici : voyageforum.com/...-ma-region-d7387900/
Photorama: photos.google.com/...d3EzSlNVYjJlck5KN2lB
Discussion sur le concours photo de juin 2015 - Contrastes English translation pending
Le concours est lancé, ça se passe ici !
Concours photo du mois de novembre 2013: "Allo!" English translation pending
Bonjour à tous 🙂
« Allo » en France, « Pronto » en Italie, « Moshi Moshi » au Japon ou « Anno » en Russie, voilà ce que l’on dit ou entend lorsque l’on décroche son téléphone. Aujourd’hui, près de 75 % des terriens possèdent un téléphone portable. Le nombre total d’abonnements dépassait 6 milliards en 2012… (http://www.lemonde.fr/..._1734969_651865.html)
Ainsi, je vous propose de publier 3 photos pour illustrer ce thème. Le téléphone (portable ou fixe) comme outil de communication (orale ou écrite). Je ne souhaite pas élargir le concours aux autres fonctions du téléphone moderne (photographie, visionnage de film, gps ou autres…) Ainsi les cabines téléphoniques, les personnes qui téléphonent ou consultent leur téléphone pourront apparaître sur les photos et ces dernières devront nous faire voyager…
Publication des photos du vendredi 1er novembre au jeudi 21 novembre 2013 au soir (0h00 heure de Paris)
Chaque membre peut poster jusqu'à 3 photos numérotées (Photo n°1, Photo n°2, Photo n°3 dans 3 messages différents) accompagnées d’un commentaire (lieu, prise de vue…)
Votes ouverts à tous (participants ou non) du vendredi 22 novembre au jeudi 28 novembre 2013 au soir (0h00 heure de Paris). Photo n°1 = 3 pts Photo n°2 = 2 pts Photo n°3 = 1 pt
La photo gagnante est celle qui obtiendra le plus de points. Le vainqueur aura l’immense honneur d'organiser le concours du mois de décembre. En cas d'égalité le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places.
La discussion, c’est par ici : http://voyageforum.com/...-2013-allo-d6235229/
Le diaporama de notre ami Herikles, c’est ici :https://picasaweb.google.com/...&feat=direct...
L’ensemble des thèmes proposés depuis les débuts de ce concours, c’est par là : http://herikles.free.fr/.VF/VFconcours.html
Je vous laisse, je dois répondre à un coup de fil…😉
« Allo » en France, « Pronto » en Italie, « Moshi Moshi » au Japon ou « Anno » en Russie, voilà ce que l’on dit ou entend lorsque l’on décroche son téléphone. Aujourd’hui, près de 75 % des terriens possèdent un téléphone portable. Le nombre total d’abonnements dépassait 6 milliards en 2012… (http://www.lemonde.fr/..._1734969_651865.html)
Ainsi, je vous propose de publier 3 photos pour illustrer ce thème. Le téléphone (portable ou fixe) comme outil de communication (orale ou écrite). Je ne souhaite pas élargir le concours aux autres fonctions du téléphone moderne (photographie, visionnage de film, gps ou autres…) Ainsi les cabines téléphoniques, les personnes qui téléphonent ou consultent leur téléphone pourront apparaître sur les photos et ces dernières devront nous faire voyager…
Publication des photos du vendredi 1er novembre au jeudi 21 novembre 2013 au soir (0h00 heure de Paris)
Chaque membre peut poster jusqu'à 3 photos numérotées (Photo n°1, Photo n°2, Photo n°3 dans 3 messages différents) accompagnées d’un commentaire (lieu, prise de vue…)
Votes ouverts à tous (participants ou non) du vendredi 22 novembre au jeudi 28 novembre 2013 au soir (0h00 heure de Paris). Photo n°1 = 3 pts Photo n°2 = 2 pts Photo n°3 = 1 pt
La photo gagnante est celle qui obtiendra le plus de points. Le vainqueur aura l’immense honneur d'organiser le concours du mois de décembre. En cas d'égalité le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de premières places.
La discussion, c’est par ici : http://voyageforum.com/...-2013-allo-d6235229/
Le diaporama de notre ami Herikles, c’est ici :https://picasaweb.google.com/...&feat=direct...
L’ensemble des thèmes proposés depuis les débuts de ce concours, c’est par là : http://herikles.free.fr/.VF/VFconcours.html
Je vous laisse, je dois répondre à un coup de fil…😉
Que mettez-vous toujours dans votre sac (à dos) ou petite valise? English translation pending
Bonjour 🙂,
Voilà, quel est pour vous "la" ou les choses que vous emportez toujours dans votre sac (à dos), petite valise ou gande valise...pour petit ou grand voyage...?
Pour moi, j'apprécie ce moment de lire des livres justement sur les voyages au cours de mes voyages, donc j'en ai toujours sur moi...dans la valise, puis après toujours un dans mon sac pour s'arrêter n'importe où et goûter au livre dans un endroit étranger..
Ciao😉 A bientôt pour de nouvelles histoires... M
Voilà, quel est pour vous "la" ou les choses que vous emportez toujours dans votre sac (à dos), petite valise ou gande valise...pour petit ou grand voyage...?
Pour moi, j'apprécie ce moment de lire des livres justement sur les voyages au cours de mes voyages, donc j'en ai toujours sur moi...dans la valise, puis après toujours un dans mon sac pour s'arrêter n'importe où et goûter au livre dans un endroit étranger..
Ciao😉 A bientôt pour de nouvelles histoires... M
Compostelle: hébergement sur le Camino francés English translation pending
Bonjour,
je pars en mai du Puy à Compostelle. J'ai acheté les guides de Rando Editions ainsi que le Miam Miam Dodo pour les hébergements sur la partie française.Est-ce qu'il est nécessaire d'avoir un guide des hébergements, sachant que le premier arrivé est servi ? Si oui, pouvez-vous m'en conseiller sur la partie espagnole ? Merci à tous
Isabelle
je pars en mai du Puy à Compostelle. J'ai acheté les guides de Rando Editions ainsi que le Miam Miam Dodo pour les hébergements sur la partie française.Est-ce qu'il est nécessaire d'avoir un guide des hébergements, sachant que le premier arrivé est servi ? Si oui, pouvez-vous m'en conseiller sur la partie espagnole ? Merci à tous
Isabelle
Tourisme à Nanaimo (Colombie Britannique) English translation pending
Bonjour,
Dans le cadre du voyage que je prépare en Colombie Brittanique l'été prochain, je suis en train d'essayer d'organiser ma petite affaire sur l'île de Vancouver qui est la dernière partie des 3 semaines que nous passerons sur place.
Dans l'idée, j'ai prévu un truc comme ça:
dimanche 14 aout: route de Whistler à Nanaimo avec traversée en Ferry (4h - Ferry inclus) Lundi 15 aout: Ucluetet Mardi 16 aout: Tofino-Ucluetet Mercredi 17 aout: Victoria Jeudi 18 aout; Victoria Vendredi 19 aout: Vancouver Samedi 20 aout: Vancouver Dimanche 21 aout: Départ vers la France
Tout ça me fait une petite semaine dans le secteur. La question que je me pose est la suivante: Le 14 aout en arrivant de Whistler, est-il réaliste de filer directement à Ucluetet (soit au moins 3 heures de route depuis Nanaimo et son ferry) ou bien est-ce-que on peut passer l'après-midi à Nanaimo sans tourner en rond au bout de une heure?
Il y a des sorties en mer proposées assez régulièrement sur la côte. Connaissez vous prestataires que vous avez apprécié?
Merci de votre aide et de vos suggestions.
FreD.
dimanche 14 aout: route de Whistler à Nanaimo avec traversée en Ferry (4h - Ferry inclus) Lundi 15 aout: Ucluetet Mardi 16 aout: Tofino-Ucluetet Mercredi 17 aout: Victoria Jeudi 18 aout; Victoria Vendredi 19 aout: Vancouver Samedi 20 aout: Vancouver Dimanche 21 aout: Départ vers la France
Tout ça me fait une petite semaine dans le secteur. La question que je me pose est la suivante: Le 14 aout en arrivant de Whistler, est-il réaliste de filer directement à Ucluetet (soit au moins 3 heures de route depuis Nanaimo et son ferry) ou bien est-ce-que on peut passer l'après-midi à Nanaimo sans tourner en rond au bout de une heure?
Il y a des sorties en mer proposées assez régulièrement sur la côte. Connaissez vous prestataires que vous avez apprécié?
Merci de votre aide et de vos suggestions.
FreD.
Quelques chiffres du forum "Croisières" English translation pending
Ce soir, j'ai le blues, alors comme chaque fois que j'ai le blues, je me plonge dans les chiffres... C'est fou de que c'est apaisant les chiffres...
Ce grand forum qu'est VF a au moment de mon pointage 3 154 974 contribution.
le forum spécifique des croisières n'en est qu'un tout petit coin, avec ses 111 131 contributions, soit de l'ordre de 3,5% des contributions totales du forum...
Mais savez vous que sur ces 111 131 contributions, 11234 soit 10% de tout le forum croisière ont été écrites par trois membres :
- BRUNO06220 - ALCATI - DESBELL83
et on passe à 11% si j'ajoute ma modeste contribution...
Par mois, ces 4 membres (en me comptant) écrivent en ce moment (à eux 4) 600 contributions...
avec une mention spéciale pour Bruno qui a lui seul écrit en ce moment presque 300 contributions par mois...
et puis si je voulais approfondir, il y a une bonne dizaine d'autres qui participent activement à ce forum, pour en aider des centaines, qui préparent une première, ou un nième croisière... et qui prennent, (ou prenaient 😕 ) un réel plaisir à faire plus qu'écrire, mais à animer ce forum...
Cette quinzaine de membres "actifs", ça doit faire facile le quart de ce forum... On se demande ce qu'il resterait de ce forum si, de tristesse, ils décidaient tous de partir... 😕
PS : quand j'ai le blues, ça dure jamais très longtemps... mais je dois être assez souvent à Paris dans les semaines qui viennent... Et comme j'emporte pas forcément mon portable, il pourrait y avoir des "blancs"... vous affolez pas, les filles, je reviens vite... là, sans doute dès dimanche soir... 😎
et un toast pour ALCATI ! 😐
Bientôt sur cet écran : "ALCATI - Le retour" ! on veut y croire très fort ! 😉
Ce grand forum qu'est VF a au moment de mon pointage 3 154 974 contribution.
le forum spécifique des croisières n'en est qu'un tout petit coin, avec ses 111 131 contributions, soit de l'ordre de 3,5% des contributions totales du forum...
Mais savez vous que sur ces 111 131 contributions, 11234 soit 10% de tout le forum croisière ont été écrites par trois membres :
- BRUNO06220 - ALCATI - DESBELL83
et on passe à 11% si j'ajoute ma modeste contribution...
Par mois, ces 4 membres (en me comptant) écrivent en ce moment (à eux 4) 600 contributions...
avec une mention spéciale pour Bruno qui a lui seul écrit en ce moment presque 300 contributions par mois...
et puis si je voulais approfondir, il y a une bonne dizaine d'autres qui participent activement à ce forum, pour en aider des centaines, qui préparent une première, ou un nième croisière... et qui prennent, (ou prenaient 😕 ) un réel plaisir à faire plus qu'écrire, mais à animer ce forum...
Cette quinzaine de membres "actifs", ça doit faire facile le quart de ce forum... On se demande ce qu'il resterait de ce forum si, de tristesse, ils décidaient tous de partir... 😕
PS : quand j'ai le blues, ça dure jamais très longtemps... mais je dois être assez souvent à Paris dans les semaines qui viennent... Et comme j'emporte pas forcément mon portable, il pourrait y avoir des "blancs"... vous affolez pas, les filles, je reviens vite... là, sans doute dès dimanche soir... 😎
et un toast pour ALCATI ! 😐
Bientôt sur cet écran : "ALCATI - Le retour" ! on veut y croire très fort ! 😉
Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites en dehors des sentiers battus (Partie n°3) English translation pending
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
JOUR 8 : de Lost City à Valley of the Gods
Après une excellente nuit, je fais quelques pas pour admirer le lever du soleil sur le canyon. Au loin, apparaissent les buttes de Monument Valley. Je n’apprécie que davantage mon petit déjeuner face à un tel paysage.


Ce matin, je ne croise toujours personne jusqu’à la route goudronnée.
Sur la San Juan River, le raft de l’excursion qui va de Bluff à Mexican Hat :

La première visite de la journée sera pour les pétroglyphes de Wolfman Panel.
Pour y parvenir, la piste n’est pas longue et la balade est facile.
Je trouve ces pétroglyphes particulièrement esthétiques et bien mis en valeur sur la paroi rocheuse.


Ils datent de la période des Basketmakers, comme les pictographes de "Many Hands Cave" que j’ai vus hier.
Le nom du panel ne fait pas référence à un loup-garou mais à l’empreinte de patte que l’on voit à gauche de cette photo :

J’ai un faible pour ce bel oiseau stylisé, peut être un vautour ?

Vous avez sans doute remarqué les impacts de balle sur les photos précédentes. Sur la suivante, on voit nettement que le pétroglyphe circulaire a servi de cible à de stupides « rednecks », qui devaient avoir moins de cervelle dans le crâne qu’il ne restait de poudre dans les douilles de leur fusil 😠.
Je me demande si le motif du milieu représente une plante ou bien une arête de poisson avec sa tête.

Je continue la piste pour me rendre au parking du trailhead des ruines de Monarch Cave.
Au moment où je m’apprête à entamer la randonnée, se garent 2 voitures dont sortent 6 personnes. Ce sont des retraités anglais, résolument « british » dans leur look, leur attitude et l’humour dont ils font preuve. Ils me demandent s’ils sont bien au départ de Monarch Cave, car ils n’ont pour toute indication qu’un tracé manuscrit que leur a dessiné un des responsables du Recapture Lodge (où ils logent à Bluff) au dos d’une carte de visite du motel. Comme ils plaisantent avec détachement sur le fait qu’ils vont probablement se perdre dans le wilderness avec des indications aussi succinctes, je leur commente ma carte topographique pour leur indiquer précisément le chemin. Je pars tandis qu’ils entament leurs préparatifs dans la bonne humeur, nous nous disons « à tout à l’heure » puisque l’aller/retour à Monarch Cave se fait via un unique chemin au fond d’un des canyons qui s’ouvrent juste après le wash arboré.
La balade est d’un intérêt moyen et les ruines ne me laissent pas un souvenir impérissable. Le fait qu’elles ne soient qu’à moitié éclairées et le souvenir encore frais des vastes ruines visitées la veille y sont sans doute pour quelque chose.

De retour à la voiture, je m’étonne de ne pas avoir croisé le groupe d’Anglais. Ils ont dû s’enfoncer dans le mauvais canyon, j’espère qu’ils s’en apercevront rapidement pour revenir sur leurs pas avant de s’épuiser à chercher les ruines au mauvais endroit.
Après avoir roulé jusqu’au trailhead de Procession Panel, j’entreprends une balade qui n’est ni longue ni difficile mais nécessite de disposer d’informations précises pour arriver à destination, le trajet se faisant essentiellement sur du slickrock avec des cairns éloignés et parfois peu visibles (mais si un bon sens de l’orientation est indispensable, le GPS ne l’est pas).
Le panel de petroglyphes est remarquable car il s’étire sur plus de 5 mètres et on y décompte 179 personnages, dont la plupart convergent en trois rangées en direction d’un cercle. Est-ce une procession funéraire ? Une célébration ? Un autre rite religieux ? Les avis des experts divergent... mais dans tous les cas ce panel vaut le déplacement.


Certains des petits bonshommes sont très amicaux :

On y voit également les traditionnels cervidés au corps trapu :


Même le slickrock participe à l’esthétique du lieu :

En parcourant 200 mètres supplémentaires, j’atteins le bord de la falaise de Comb Ridge. Le point de vue sur les vastes étendues du plateau de Cedar Mesa est impressionnant. Il s’étend sur des dizaines de kilomètres et je peux deviner les canyons où je me rendrai dans deux semaines : Road Canyon, Scheik Canon, Mule Canyon…


Je me restaure avant d’entamer le chemin du retour. Procession Panel est désormais au soleil, le filtre polarisant est nécessaire pour faire ressortir les pétroglyphes et éliminer les reflets.


Je m’attarde sur les cactus en fleur qui égayent le trajet.


Ma prochaine étape est Valley of the Gods où je compte enfin réaliser une chose qui me tient à cœur depuis longtemps (à chaque passage sur la piste !) : randonner sur la mesa et bivouaquer au pied de ses buttes qui rappellent Monument Valley, sans toutefois atteindre la majesté de ce lieu mythique. Ce lieu a pour lui d’autres atouts : le site n’étant pas sur la réserve navajo (mais géré par le BLM), il est totalement libre d’accès, on peut y randonner et y camper, il est resté sauvage, on n’y rencontre quasiment personne et surtout pas un étal de vente de bijoux ou une « bétaillère à touristes » ici ou là.
De la piste, cette année en très bon état, j’observe la mesa sur laquelle je projette de grimper (juste au nord de l’inscription Rudolph and Santa Claus sur la carte topographique) pour surplomber les buttes environnantes.

Il n’y a pas de sentiers officiels ou de randonnées référencées à Valley of the Gods, mais j’ai trouvé sur Internet quelques photos d’un groupe qui s’était baladé sur la mesa en étant guidé par un local. A l’aide de ces clichés, d’une carte topographique et de Google Earth en 3D, j’ai pu reconstituer le chemin qu’ils avaient parcouru et que j’envisage de suivre à mon tour en cette seconde partie d’après-midi.
Je me gare au lieu de bivouac que j’ai choisi : au bout d’une courte piste rocailleuse, un emplacement de camping niché au pied de la butte faisant face à Castle Butte, tout au nord de la piste de Valley of the Gods.
J’entreprends la remontée d’un canyon vers l’ouest, il n’y a pas de chemin mais uniquement quelques cairns espacés sur les premières centaines de mètres. Bien que l’étroit canyon soit encombré de rochers et de blocs, la progression n’est pas difficile, à l’exception d’un ressaut assez haut qu’il faut contourner en passant sur un talus très raide, qui deviendrait dangereusement glissant par temps humide.
Je parviens à l’endroit (repéré sur Google Earth) où la paroi verticale est temporairement interrompue par une forte pente qui permet de grimper sur la mesa. Ce que ne peut pas montrer Google, c’est qu’il s’agit d’un éboulis aussi raide qu’instable, où des rochers de bonne taille se dérobent sous les pieds en créant de micro-avalanches de pierres 😐. Je monte avec précaution, en m’aidant souvent des mains et en testant la stabilité des rochers, et je laisse quelques cairns pour retrouver le meilleur chemin possible quand je reviendrai au crépuscule. A cause de ce passage délicat où on peut vraiment se faire mal en glissant ou être blessé par un bloc qui basculerait, je déconseille fortement cette balade à ceux qui sont avec des enfants, ne se sentent pas à l’aise pour crapahuter dans des éboulis ou n’acceptent pas de prendre de risques.
Une fois parvenu au sommet, la marche sur le slickrock devient facile mais il faut savoir s’orienter et prendre les bonnes options pour progresser directement vers l’extrémité de la mesa.
La randonnée est de plus en plus belle au fur et à mesure que je m’approche des points de vue sur la vallée et ses monolithes, même si le soleil joue à cache-cache avec les nuages.





Peu après être passé devant une ouverture joliment éclairée…

… je peux apprécier la vue à travers une mignonne petite arche.


Il ne me reste plus qu’à me rendre tout au bout de la mesa en admirant le panorama.

J’observe Castle Butte (à droite) et, en me concentrant, je peux voir mon SUV garé juste en face (sur la photo ce n’est qu’un minuscule point noir à gauche du dernier virage)

Je m’attarde à l’extrémité de la mesa…


Sur le trajet du retour, la lumière de fin d’après-midi se fait plus douce.



Je descends l’éboulis sans trop glisser, entraînant tout de même quelques pierres dans mon sillage, puis le canyon du retour à la lumière déclinante du crépuscule.
Il fait presque nuit quand j’arrive au bivouac. Après m’être régalé de filets de saumon, j’observe le ciel étoilé où se découpe la masse imposante de Castle Butte. Il règne un silence total, je ressens un peu les mêmes sensations de sérénité que lors de certains bivouacs dans les canyons du Sahara.
Après avoir longtemps prolongé cette contemplation nocturne, je me glisse dans mon duvet, satisfait d’avoir réalisé aujourd’hui un souhait vieux de plusieurs années 🙂 qui confirme qu’on peut encore trouver des balades intéressantes et originales dans des sites pourtant bien connus.
JOUR 9 : de Valley of the Gods à White & Red Canyon
Je quitte mon bivouac avant le lever du soleil car il vaut mieux prendre du recul pour admirer les buttes s’éclairer progressivement.
La mesa à l’extrémité de laquelle j’ai randonné hier après-midi s’illumine d’abord…

… puis, progressivement, toutes les buttes alentour.


Un couple occupe un emplacement de camping sauvage et, me voyant photographier à proximité, ils m’invitent gentiment à partager leur petit déjeuner. Ils avaient remarqué mon véhicule hier en fin d’après-midi et s’étaient installés hors de vue pour que nous ayons chacun l’impression d’avoir Valley of the Gods pour nous tout seuls. Ce sont de jeunes retraités de l’Idaho. L’homme est un vrai baroudeur (il y a deux mois, il s’est rendu seul au beau milieu de The Maze, dans Canyonlands, avec son Range Rover aménagé), mais sa femme est moins aventurière. Il est également passionné de ruines et d’art rupestre indien, tout comme moi. Nous parlons un moment de certains de nos lieux favoris du Southwest, après quoi il me tend sa carte de visite et me propose de le contacter au cas où je reviendrais seul une prochaine fois dans la région et que je chercherais un partenaire pour quelques explorations. Sympa !


Je ne tarde pas à quitter Valley of the Gods car la lumière devient crue et je dois être arrivé avant 10 heures à Navajo National Monument pour participer à la visite de ruines indiennes avec les rangers. Kent, un ami des environs de Sedona (Arizona) rencontré grâce à Pascale/Kashtin et Alain, doit m’y rejoindre.
En jetant un dernier coup d’œil au paysage, je me demande ce qui a poussé des Américains à nommer « De Gaulle and his troops » la butte à deux pointes que l’on voit à droite de la photo ci-dessous. Comme les Américains ne portent pas de Gaulle dans leur cœur, je me demande s’il s’agit d’un hommage à une figure historique française ou au contraire d’une allusion ironique au faible nombre de soldats qui l’avaient rallié en Angleterre. Cette question restera probablement sans réponse…

Sur la route, je sacrifie à l’incontournable cliché de l’arrivée matinale sur Monument Valley.

Pour changer un peu, de retour à la maison, j’en ferai une interprétation en « quasi » noir et blanc.

A 9 h 45, je suis au Visitor Center de Navajo National Monument, prêt à m’inscrire à la visite guidée des ruines de Betatakin à laquelle je n’avais pas pu participer il y a quelques années, car l’accès en était interdit suite à la chute d’un gros bloc tombé du plafond de l’alcôve. Même si j’ai été voir avec mon ami Peter, en 2003, les ruines encore plus reculées et mieux conservées de Keet Seel dans ce même parc (27 km de randonnée ce jour-là !), j’ai également envie de me rendre à l’intérieur de celles de Batatakin que j’ai déjà observées plusieurs fois du point de vue qui leur fait face.
Hélas, le ranger navajo m’annonce qu’il n’y a que deux visites par semaine à cette époque de l’année et que ce n’est pas le bon jour 😮. Je lui fais remarquer que sur le site web officiel du National Park Service il est indiqué une visite quotidienne de ces ruines mais, imperturbable, il me tend un imprimé en me disant que tout y est clairement expliqué. Après avoir lu ce papier (dont le contenu est identique à celui du site web), je lui montre qu’il indique aussi une visite quotidienne démarrant à 10 heures. Il relit l’imprimé devant moi, fronce les sourcils et, sans essayer de trouver une justification à cette « erreur », se contente de dire qu’il faudra modifier le texte du papier et du site web : cela ne change rien au fait qu’il n’y a en ce moment que deux visites par semaine et il faudra que je revienne. Je me demande si ce n’est pas une conséquence des restrictions budgétaires dues à la crise, avec moins de rangers disponibles pour accompagner les visites.
Une fois de plus, je dois me contenter du point de vue sur Betatakin. C’est frustrant 😕 ! La prochaine fois, je téléphonerai directement au Visitor Center avant de venir.


Une seconde balade aboutit à une vue sur un petit canyon où se niche une forêt d’aspens (peupliers trembles).

Kent n’étant pas encore arrivé, je discute au Visitor Center avec le ranger navajo au sujet des ruines indiennes que l’on peut trouver dans la région. Quand j’évoque celles de « Lost City » (sans lui préciser que j’y étais il y a deux jours), il me répond qu’elles sont « off-limits » (accès interdit sauf avec un guide) et m’explique pourquoi (voir Partie n° 2 de ce carnet).
C’est l’occasion de donner quelques précisions concernant les autorisations de visite non encadrée de sites se situant sur les réserves indiennes du Southwest (notamment navajo et hopi) qui recouvrent une partie de cette région.
Ces indications proviennent à la fois des sites web officiels des tribus concernées (où les informations sont parfois cachées dans les FAQ), de discussions avec des rangers indiens comme celui de Navajo National Monument, de l’expérience d’un de mes amis qui vit et travaille sur la réserve navajo depuis plus d’une dizaine d'années et d’autres personnes de mes connaissances ayant l’habitude d’explorer ces réserves (entre autres, des photographes). Si tous ceux qui ont l’habitude de les visiter connaissent les règles (qu’ils ne respectent pas toujours...), elles ne sont pas largement diffusées, notamment auprès des touristes, ce qui fait qu'on peut les enfreindre en toute bonne foi (ou en faisant semblant de l'être 😇), surtout en plein milieu du wilderness désertique où cela ne semble a priori déranger personne (pas de clôtures, pas d’habitations, pas d’élevage, pas de cultures…). Mais si on est pris sur place par les Indiens (rangers, policiers tribaux, famille ayant la jouissance de cette terre...) qui veulent les faire respecter, alors « nul c'est censé ignorer la loi tribale » et on peut être a minima dévisagé avec réprobation, faire l’objet du rappel des règles, être sommé plus ou moins poliment de s'en aller, subir les menaces d’un Indien agressif (cela m'est arrivé cette année) ou s’en prenant au véhicule, devoir payer une amende ou même se retrouver emmené au poste de police tribal 😕…
C’est à titre informatif que je donne ces indications, sans garantie car elles peuvent évoluer très vite, afin que chaque lecteur puisse décider de visiter ou non certains sites, en toute connaissance de cause et en en assumant éventuellement les risques. Je ne me positionne pas ici en défenseur du respect des règles concernant les terres indiennes (je serais bien mal placé pour le faire !), mais je ne vous encourage évidemment pas non plus à faire des visites sans les respecter (comme cela m’arrive ainsi qu’à de nombreux visiteurs) et je ne rentrerai pas dans des polémiques sur ce sujet.
Je rappelle également que rouler avec son véhicule de location en dehors des routes goudronnées, ce qui est la plupart du temps nécessaire pour visiter les sites sur des réserves indiennes, est formellement interdit par tous les grands loueurs (qui, en outre, précisent en toutes lettres dans leur contrat que sur les pistes on n’est plus assuré). Les forumeurs de VF le savent bien puisque le sujet est très souvent évoqué dans les posts, mais à la lecture de leurs carnets de voyage (y compris celui-ci) ou en regardant leurs photos, on peut constater que la plupart d’entre eux ne respectent pas cette interdiction et en assument les risques.
La première règle « par défaut »chez les Indiens du Southwest est que dans leurs réserves on peut rouler (sauf exceptions signalées) sur les routes goudronnées et les pistes d'usage public (c'est-à-dire celles qui ont un numéro du type IR XX ou équivalent sur les cartes et/ou sur place un panneau avec leur numéro, elles sont généralement plus larges et mieux entretenues) à l’exception de toutes les autres pistes réputées d’usage privé (c'est pour cela que je me suis fait agresser par un Navajo sur l’une d’elles alors qu'il m'a bien précisé que j'aurais pu rouler sans problème sur la piste numérotée passant à quelques miles de là).
La seconde règle est que l’on n'a pas le droit de sortir de ces pistes d'usage public pour aller se balader à pied et photographier sur les terres de la réserve navajo (même s'il n'y a ni barrière, ni clôture, ni panneaux d'interdiction) sans avoir préalablement obtenu un « hiking permit » à l’un des rares endroits où ils sont vendus (uniquement quatre lieux de vente pour toute la réserve). Mais ce n’est pas si simple, car certaines zones restent interdites même avec un permis, d’autres comportent des restrictions de visite…tout cela n’étant pas clairement écrit. L’expérience montre que l’obtention ou non d’un permis peut fluctuer, notamment en fonction de la personne qui est censée le délivrer et qui n’est pas forcément très au courant ou bien n’en fait qu’à sa tête. En peu de temps, un de mes amis a obtenu un permis pour visiter un site précis, puis quand il a voulu y retourner on le lui a refusé 😮, enfin on le lui a donné à la troisième demande. Cette obtention d’un permis peut aussi dépendre de la fréquentation du site : peu visité, il est vendu sans problème, dans le cas contraire, il peut n’être plus délivré ou bien faire l’objet d’une exploitation commerciale exclusive (Antelope Canyon, Canyon X, Secret Canyon) et alors les tarifs privés s’envolent 😠.
Mais si le « hiking permit » est une condition nécessaire, ce n’est pas forcément suffisant car certains Indiens ne veulent pas que des Blancs viennent sur les terres dont ils ont la jouissance et ils n’ont cure d’un permis qu’ils ne reconnaissent pas et qui a pu être donné par une autorité située à plus d’une centaine de kilomètres de chez eux. Vous aurez beau brandir votre permis en règle, face à un Indien récalcitrant il faudra partir même en étant de bonne foi (expérience vécue par un de mes amis et confirmée par le Navajo agressif qui nous a bien dit que le fait d’avoir un permis valide n’aurait rien changé pour lui).
Parallèlement, en dehors des campings officiels, le camping et le bivouac sont partout interdits sans obtention préalable d’un « camping permit » (qui doit s’ajouter au « hiking permit »).
En ce qui concerne la réserve hopi, c’est beaucoup plus simple, la randonnée et le camping sont partout interdits sauf si on est accompagné d’un guide local accrédité (voir ici).
De manière non officielle, ces règles ne sont plus appliquées si on est « invité » par les Indiens ayant la jouissance de ces terres, ce qui signifie en pratique qu’on a généralement obtenu leur autorisation en leur payant directement un droit de passage (dans le cas où, par exemple, l’obtention du permis devrait se faire à une grande distance du site visité où que le lieu où il doit être délivré est fermé). Mais comment être certain qu’on a payé (de la main à la main) celui qui peut réellement donner l’autorisation et que le prochain Indien rencontré ne réclamera pas lui aussi un droit de passage ? Tout peut dépendre également de la fréquentation du site visité : tel Indien qui pouvait tolérer sans rien demander une visite sporadique de quelques rares touristes discrets (même sans permis), peut quelque temps plus tard exiger un droit de passage et, si la fréquence augmente et gêne trop sa tranquillité, interdire totalement l’accès au site (en mettant ou non des panneaux d’interdiction) même avec un permis (exemple vécu par un ami local pour la visite d’une arche).
Maintenant, vous comprenez sûrement mieux pourquoi mes amis et moi ne communiquons pas la localisation des sites encore confidentiels situés sur les réserves indiennes.
Revenons au déroulement de mon voyage…
Kent finit par arriver au Visitor Center de Navajo National Monument dans son SUV 4 x 4 Nissan XTerra. C’est un vrai baroudeur qui a exploré le Southwest avec sa femme Sue pendant trente ans, avec notamment plusieurs backpackings dans des endroits reculés du Grand Canyon. Nous sommes contents de nous retrouver car, après la mémorable expédition de trois jours en avril 2006 où je l’avais guidé à White Pocket et Coyote Buttes South, nous ne nous étions revus que quelques jours à Sedona durant l’été 2007. Le lunch pris sur la très agréable aire de pique-nique du parc durera longtemps, car nous avons plein de choses à nous raconter.
Nous avons décidé de nous rendre cet après-midi à White & Red Canyon que Kent ne connaît pas mais où je me suis déjà rendu deux fois (en 2006 et 2007). Comme j’adore cet endroit, j’ai plaisir à y retourner. En chemin, Kent doit faire des provisions dans une station-]service. En l’attendant, je demande confirmation de l’entrée de la piste au caissier navajo, qui a l’air particulièrement enjoué, car je n’y suis jamais allé par là et je ne veux pas me retrouver sur une piste privée menant à une habitation indienne. Il devine immédiatement où je compte me rendre et me dit que c’est son endroit préféré dans la région : il aime y aller seul pour se ressourcer et il lui semble que là-bas certains hoodoos sont des animaux ou des personnages pétrifiés… Du coup, il me dessine un plan au dos d’un long ticket de caisse, indiquant à chaque intersection s’il faut tourner à droite ou à gauche, donnant des repères visuels… C’est vraiment très sympathique et je suis surpris d’une telle sollicitude. Dommage que ce site ne soit pas sur ses terres, j’aurais pu lui demander une autorisation de visite !
Kent étant ravitaillé pour au moins deux jours, nous partons rapidement sur la piste avec le plan du Navajo. Je compte les intersections et suis les indications mais, à l’une d’entre elles, le « ticket de caisse » indique de tourner à gauche alors que de moi-même j’aurais été tout droit. Faisant davantage confiance aux indications d’un Indien du cru qu’à mon sens de l’orientation, je tourne à gauche mais la piste s’éloigne visiblement de la direction voulue et au bout d’un moment je préfère faire demi-tour pour revenir à l’intersection et aller tout droit. C’était effectivement la bonne solution, il a suffi que je rate une intersection ou que le Navajo en oublie une sur son schéma pour que tout soit décalé dans le comptage. Nous n’avons perdu qu’une demi-heure et nous arrivons en seconde partie d’après midi à "White & Red Canyon".
Ceux que ce site attireront inévitablement doivent savoir que l’accès n’y est pas autorisé en visite individuelle, d’autant plus que les Indiens de cette réserve ont une aversion pour la photographie (des personnes, des villages et de leurs alentours, certains minoritaires intransigeants étendant l’interdiction à la totalité du territoire de la réserve) alors qu’ici les appareils photo « chauffent » ! Le fait que les visiteurs, encore peu nombreux, n'aient généralement pas eu de problème ne doit pas faire illusion, c’est simplement parce que le site n'est pas très surveillé. C’est donc le principe du « pas vu, pas pris ! ». Cependant, en 2008, une de mes connaissances suisse a dû quitter le site sur la demande d'un ranger indien qui lui a bien confirmé qu’il était « off limits ». Toujours en 2008, un correspondant de mes amis allemands Steffen et Isabel a eu affaire à un ranger indien plus agressif car le touriste ne déguerpissait pas assez vite et essayait de négocier. En 2009, le forumeur Angelo/Mokahlki (voir son "]carnet de voyage) m'a écrit (en m’autorisant à le citer) que lors de sa visite « Une grosse jeep est arrivée au ralenti, a observé notre véhicule stationné un peu plus loin et est passée au pas presque sur nos pieds. Les 2 Indiens qui étaient à l'intérieur nous ont dévisagés et franchement leurs regards traduisaient une hostilité flagrante à voir des visiteurs en ces lieux. » Vous voilà prévenus !
Malgré cela, comme White & Red Canyon est en pleine zone désertique et qu’on n’a pas l’impression de gêner qui que ce soit, on est évidemment tenté de le visiter. Je ne fais pas exception à la règle et c’est la troisième fois que je m’y rends depuis l’été 2006. Avec Steffen, nous avons cherché cette localisation un certain temps à partir de la seule photo que nous en connaissions (« Happily ever after » de Michael Fatali). Ce ne fut pas facile avec si peu peu d’informations et c’est finalement Steffen qui l’a trouvé le premier au printemps 2006 avec Isabel et notre ami commun Tony qui vit sur la réserve navajo. Un Américain ayant donné sur Internet le véritable nom du lieu en 2007 😮, ce site a commencé à être régulièrement visité à partir de 2008 (notamment par quelques membres de VF) et j’espère que des clôtures et panneaux « No trespassing » ne vont pas apparaître bientôt, rendant toute visite impossible.
Nous commençons par explorer le secteur nord de cet endroit superbe où une montagne rouge et blanche abrite des hoodoos, des aiguilles, des pyramides…




Au pied de la montagne, on trouve des rochers très colorés aux formes variées.



Certains rochers font penser à des menhirs.

D’autres semblent peints…

… comme ce tableau d’art moderne…

… ou cet incroyable visage féminin masqué !
Je comprends mieux quand le Navajo disait voir ici des personnages pétrifiés.

Au plaisir renouvelé de visiter ce site, s’ajoute celui de voir Kent particulièrement heureux 🙂 de le découvrir à son tour, de l’explorer et de le photographier « extensivement ».

Nous nous dirigeons maintenant vers l’autre secteur du site, celui qui abrite la fameuse formation que nous avons appelée « The Castle » et qui était le sujet de la photo de Michael Fatali.

The Castle se trouve tout au bout d’une rangée de hoodoos.

Voici une photo prise en 2006…

… et une autre prise cette année.

Vous constaterez que l’érosion continue toujours son travail et, cette fois-ci, elle a malheureusement entraîné la chute du sommet d’un gros hoodoo (en 2008) 😕.
Vu de trois quarts, The Castle me fait penser à un château de Walt Disney ou de Louis II de Bavière

Une vue plus classique...

… et un clin d’œil/hommage 😉 à la photo de Michael Fatali.

Nous continuons notre ballade vers un groupe de hoodoos qui me fait penser à une classe écoutant son professeur ou à une troupe de soldats au garde-à-vous devant un officier.


Avec également une mascotte « bébé hoodoo » ?

Ici, un couple de lions de mer…

… là, une fissure colorée.

Une belle montagne rouge et blanche…


… se termine par une petite famille de hoodoos.

Dans tout ce secteur, nous sommes choqués de voir des traces de pneus partout, certains visiteurs particulièrement feignants n’ayant même pas eu le courage de laisser leur véhicule au bord de la piste et de marcher quelques dizaines de mètres jusqu’au pied des hoodoos. Honte sur eux 😠!
A l’extrémité est du site, une pyramide surplombe la falaise et un chapelet de rochers rouges veinés de blanc s’étire dans le wash. Nous y resterons jusqu’au coucher du soleil.



Je me remémore l’extraordinaire coucher de soleil, avant un orage, auquel Elisabeth et moi avions eu la chance d’assister en 2007. Si les conditions étaient difficiles (vent violent apportant quelques gouttes de pluie et du sable qui cinglaient le visage et rendaient la photographie très difficile), c’était sans conteste la plus belle lumière que nous ayons jamais vue 🙂.
Après un superbe arc en ciel idéalement placé…

… nous avions admiré un ciel véritablement biblique dont on se demandait ce qui allait en sortir !

C’était un moment extraordinaire que les Américains qualifieraient de « once in a life time ». Fascinés, nous étions restés jusqu’au tout début des précipitations, nous étions alors partis immédiatement et avions foncé sur la piste à une vitesse déraisonnable pour fuir l’orage qui éclata au-dessus de nous au moment même où nous parvenions à la route goudronnée. Il était tellement dantesque que, par prudence, toutes les voitures s’arrêtaient sur le bas-côté. Nous avions échappé de très peu à une vraie galère….
Mais rien de tout cela aujourd’hui, il fait grand beau et nous n’avons vu absolument personne alors que la nuit commence à tomber. Nous décidons donc de prendre le risque de bivouaquer sur place, loin de la piste principale. Après un dîner plutôt copieux car nous partageons nos provisions, nous rejoignons nos SUV respectifs pour une nuit réparatrice. Bonne nuit, Kent !

JOUR 10 : de White & Red Canyon à Red Canyon
Dès notre réveil, et sans bouger nos véhicules, nous profitons du spectacle.

Les rochers rouges que nous avions admirés au coucher du soleil sont tout aussi beaux à son lever.

Une courte marche nous permet de voir White & Red Canyon s’éclairer progressivement.



On trouve en chemin des micro-badlands colorés.


Durant cette promenade très matinale, nous avons été accompagnés par le chant particulièrement mélodieux d’un oiseau que je n’arriverai jamais à voir et qui s’arrêtera moins d’une heure après le lever du soleil. Ce chant qui résonnait dans la falaise, plein de joie et de vigueur, était le seul son que nous pouvions entendre dans ce site isolé. Il a considérablement agrémenté la balade en lui donnant une dimension sonore inattendue, en parfaite harmonie avec nos émotions visuelles. Ce chant si agréable restera associé à White & Red Canyon car je n’en ai malheureusement jamais entendu de semblable pendant tout le reste du voyage.
Au petit déjeuner, Kent apprécie toujours autant que les années précédentes les crêpes bretonnes vanillées que j’ai amenées de France. En attendant que je finisse de ranger mes affaires, il étudie un de ses guides, tranquillement assis à l’ombre de son SUV.

Nous reprenons la piste puis la route pour rejoindre John avec qui j’ai convenu d’un rendez-vous dans une station-service, à la suite de notre rencontre à King of Wings. Tony, photographe créatif, que j’ai rencontré grâce à Laurent Martrès lors d’une randonnée à Cobra Arch, et avec qui j’ai ensuite passé plusieurs jours à explorer la réserve navajo en compagnie de Steffen, devait nous rejoindre mais il a dû annuler à cause d’un empêchement. Dommage, c’est avec plaisir que je l’aurais revu (John aussi car il le connaît également), il aurait fait un excellent « quatrième », non pas pour jouer à la belote mais pour partager avec nous sa grande connaissance de la réserve, puisqu’il y travaille et réside dans le cadre du programme d’assistance médicale gratuite aux Navajos.
John est à l’heure et m’offre d’appétissants cookies que sa femme a confectionnés hier à mon intention. Vraiment sympa 🙂!
Ce matin, la visite d’Arch Slot Canyon est au programme. Il s’agit d’un des sites confidentiels que j’avais photographiés avec Tony et Steffen en 2005 et qui avaient poussé John à prendre contact avec nous, car il était très étonné que nous les connaissions. Après avoir emprunté plusieurs pistes successives, nous garons nos trois 4 x 4 dans un endroit très isolé et peu visible, puis nous nous préparons à descendre dans le « slot canyon » (canyon dit « fente » parce que particulièrement étroit).
A notre grande surprise, arrive un gros pick-up dont descendent deux Indiens Navajos plutôt jeunes. Ils s’approchent et nous disent que nous sommes sur leurs terres et qu’il va falloir nous acquitter d’un droit de passage, ce qui ne nous pose aucun problème s’il reste raisonnable. Tandis que John leur parle de notre passion pour les « red rocks » et les slot canyons, je remarque que l’un d’eux porte des éperons. Je lance donc une discussion sur les chevaux, escomptant que c’est une passion pour eux, ce qui s’avère être le cas. Bientôt, ils nous racontent qu’ils sont à la recherche d’un étalon qui s’est enfui la nuit précédente car il a entendu des juments en liberté à proximité de leur propriété. S’ensuivent alors quelques plaisanteries sur l’attitude bien compréhensible de cet étalon « victime » de son attirance pour les charmes du sexe opposé, preuve que cinq bonshommes de culture, de nationalité et d’âge différents, qui se retrouvent au milieu de nulle part, peuvent facilement trouver à s’entendre sur certains sujets « universels » 😉. Que les lectrices de ce carnet veuillent bien nous en excuser 😊. C’est le bon moment pour partager les cookies tout frais que m’avait offerts John et qui ont un franc succès. Quand nous leur demandons combien nous leur devons pour le droit de passage, ils nous disent qu’ils sont très contents d’avoir passé un bon moment avec nous et que nous sommes leurs invités sur leurs terres. Lorsque ces sympathiques Navajos nous quittent avec de grands signes de la main, nous sommes contents non seulement d’avoir obtenu leur autorisation de visite mais aussi d’avoir transformé une situation potentielle de tension en moment de franche convivialité 🙂.
Il est temps de se rendre au bord du slot canyon en portant les échelles que John a apportées, la plus grande servant à descendre au fond du canyon (environ 6 mètres plus bas), la seconde à passer les difficultés rencontrées à l’intérieur même du canyon. L’ambiance est à la rigolade car nous avons bien conscience d’être plutôt ridicules avec nos échelles qui ne font pas vraiment « aventuriers », mais nous n’avons pas de matériel de canyoning et de toute façon nous ne saurions pas où attacher une corde puisqu’il n’y a pas d’arbres assez proches et qu’il n’est pas question de planter des pitons.

Je ne souhaite pas revivre la situation d’octobre 2005, lorsque nous étions venus ici avec Tony et Steffen sans échelle ni corde, car Tony avait auparavant réussi à entrer et sortir du canyon sans équipement par une « dry fall » (ressaut rocheux qui peut se transformer en cascade) pas totalement verticale. Mais depuis sa dernière visite, des orages avaient emporté le sable et creusé le fond du canyon d’environ deux mètres, ce qui avait changé la donne. Par prudence, Tony était donc resté en haut tandis que Steffen et moi descendions sans problème en désescaladant, glissant et sautant. Une fois l’arche photographiée, nous nous étions rendu compte que nous ne pouvions plus remonter la dry fall car elle était trop glissante, il n’y avait pas de prises et le canyon était trop large pour en sortir « en opposition » (en s’appuyant sur ses deux parois). J’avais donc fait la courte échelle à Steffen qui était ensuite monté sur mes épaules (elles s’en sont souvenues pendant plusieurs jours) pour se battre dans la dry fall en utilisant différentes techniques d’opposition et d’adhérence avec toutes les parties du corps, afin d’attraper le trépied photographique que lui tendait Tony, et de s’en servir pour se tracter. Comme je n’avais personne pour m’aider du bas, j’avais dû faire un montage avec de grosses pierres, en coinçant un morceau de bois pour y monter en équilibre sur un pied, m’inspirant de ce qu’avait fait Edward Abbey à Havasupai (comme on peut le lire dans Desert solitaire). Il m’avait fallu plusieurs essais et chutes, puis utiliser toutes les techniques d’escalade que j’avais pratiquées pendant des années, pour arriver à attraper le trépied salvateur de Tony, au prix d’écorchures et de quelques centimètres carrés de peau bien râpée 😕. Ce jour-là, les parois du canyon ont pu arborer une nuance de rouge supplémentaire ! Sans Tony resté en haut, nous aurions été dans une belle galère, simplement parce que le canyon était un peu plus creusé que d’habitude. Cette expérience m’a conduit à davantage de prudence et à ne plus jamais descendre si je ne suis pas a priori certain de pouvoir remonter, surtout en étant seul. Je vous encourage à en faire autant, dans les slot canyons ou ailleurs !
Une fois l’échelle positionnée à l’aide de la corde, nous descendons au fond du slot canyon. Bien sûr, il ne vaut pas l’inégalable Antelope Canyon, mais au moins ici nous sommes seuls et il y a plusieurs passages intéressants que nous prenons plaisir à voir et à photographier.




L’intérêt principal de ce canyon est la jolie petite arche qu’il abrite :

Je constate que la lumière du mois de mai y est moins belle que celle du mois d’octobre (à la même heure), à cause de la position du soleil, comme le montre cette photo prise en 2005 (il s’agit d’une photo papier scannée).

La remontée sur le plateau par l’échelle n’est qu’une formalité.
Satisfait de cette matinée, nous retournons à la station-service pour manger, nous rafraîchir et convenir du programme des prochaines vingt-quatre heures. Sans l’avoir jamais évoqué auparavant, John et moi avons la même idée : retourner à l’endroit que je nomme « Red Canyon » suite à ma visite de 2007, lui s’y est également rendu en 2008, afin de trouver d’autres hoodoos remarquables que nous n’avions pas vus la première fois et dont nous avons trouvé la localisation entre-temps. Nous prenons la route puis la quittons pour de nombreux miles de piste car ces formations rocheuses sont situées en plein wilderness, dans un secteur isolé de tout au cœur d’une zone désertique, ce qui explique pourquoi seuls 4 photographes professionnels accompagnés de guides navajos en ont jusqu’ici publié des photos. Cette fois-ci, je suis bien content que nous soyons plusieurs et avec 3 SUV 4 x 4, car ma précédente visite en solitaire avait été risquée, il faut bien le reconnaître.
Trouver la localisation de ces « nouveaux » hoodoos a été le fruit d’une recherche collective avec Steffen, Isabel, Tony et John, qui nous a amenés à combiner des recherches approfondies, des analyses dignes de Sherlock Holmes, l’utilisation extensive de Google Earth et notre expérience du terrain. Steffen, Isabel et Tony se sont rendus sur place lors de leur voyage du début 2009 et c’est maintenant à moi de guider notre petite caravane sur les pistes secondaires qui s’enfoncent dans le wilderness. Certains passages sont traîtres car le sable y est mou (je me fais même surprendre et je dois utiliser les vitesses courtes pour m’en sortir), d’autres sections sont au contraire entièrement sur du slickrock et la piste devient accidentée et difficile à suivre car on ne sait plus où elle passe.

Tout se passe bien jusqu’à ce que nous croisions un Navajo sur une moto de forte cylindrée avec des pneus extra larges, il y a un enfant sur la selle devant lui et aucun des deux ne porte de casque. Au regard noir et très appuyé qu’il m’a jeté lors du croisement effectué à très petite vitesse, je pressens que cela ne va pas bien se passer et je suis sa progression dans le rétroviseur. Après avoir croisé Kent, il fait demi-tour, le rattrape et l’arrête. Avec John, nous attendons à plus d’une centaine de mètres, mais comme la discussion dure nous allons les rejoindre. L’ambiance est plus que tendue, le Navajo est furieux que nous roulions sur cette piste et il profère des menaces 😠 : « Si j’avais eu mon 4 x 4 avec le fusil dedans je vous aurais tiré dessus », « Si j’avais vu vos véhicules garés au bord de la piste j’aurais crevé les pneus pour que vous vous desséchiez dans le désert », « Je vais appeler mes frères pour qu’ils vous cassent la figure », « Je n’ai que faire d’un hiking permit des autorités navajos car ici c’est chez moi »… et j’en passe ! Il nous appelle les « White eyes », ce qui est une manière méprisante de parler des Blancs qu’il nous dit ne pas aimer (tout particulièrement les Californiens, nous ne saurons pas pourquoi). Il est plein de rancœur et semble en vouloir à tout le monde, même aux autres Navajos trop permissifs à son goût. Kent, qui entend tout cela depuis le début, finit par lui répondre : « De toute façon, vous n’aurez pas mon scalp ! », en montrant son crâne dégarni, ce qui n’est pas pour calmer le Navajo ! John ne lui répond rien et me glisse à l’oreille qu’il vaut mieux partir immédiatement. Comme il n’y a plus rien à perdre et que je suis très motivé pour cette exploration préparée depuis plusieurs mois, je leur propose de me laisser négocier, le fait que je sois un étranger pouvant aider. Il me vient à l’esprit la phrase d’un de mes professeurs de techniques de commercialisation (il y a trente ans) qui disait : « C’est quand le client a dit non que la véritable négociation peut commencer. »
Malgré les agressions verbales répétées 😕, durant toute notre discussion je resterai très poli, humble et respectueux 😇, sans toutefois faire la « carpette » ou le Blanc culpabilisé par l’Histoire. Je demande au Navajo pourquoi il ne veut pas nous laisser continuer même en lui payant un droit de passage et il nous donne toutes les raisons qui ont conduit à sa haine des Blancs : les exactions des volontaires de Kit Carson et la « Longue Marche » au XIXe siècle, la spoliation des ressources naturelles, la pollution radioactive suite à l’exploitation de l’uranium, etc. Connaissant l’histoire des Indiens auxquels je me suis intéressé, j’abonde dans son sens et lui montre que je sais de quoi je parle en prenant des exemples et des faits précis. Son agressivité finit par retomber car il est difficile de rester furieux envers quelqu’un qui est de votre avis et montre qu’il vous respecte, mais aussi parce que je lui fais admettre que si un Navajo a peu de choses à voir avec un Iroquois, il en de même pour les Blancs : mes ancêtres cultivateurs en France n’avaient rien à voir non plus avec les volontaires de Kit Carson qui ont affamé les Navajos dans le Canyon de Chelly.
L’atmosphère s’améliore nettement mais je n’obtiens toujours pas l’autorisation de passer. Je continue âprement la négociation avec deux moments qui seront décisifs : d’une part quand le Navajo me parle de son aïeul qui s’était installé dans le secteur pour fuir les Blancs et pratiquer sa médecine, je lui montre sans hésiter un point précis dans le paysage totalement désertique en lui disant qu’il s’était installé là et que nous allons contourner ce secteur pour respecter sa volonté et sa mémoire. Je n’ai pas montré ce point par hasard (n’oubliez pas mes nombreuses recherches pour préparer cette visite) mais c’était quand même un coup de poker qui a fonctionné car je vois que notre homme est déstabilisé et se demande comment cet étranger peut bien connaître le lieu précis d’habitation de son aïeul 😮. D’autre part quand, profitant de l’avantage, je vais chercher un paquet de crêpes bretonnes vanillées que je lui offre pour ses enfants et pour le dérangement, indépendamment du fait qu’il nous laisse passer ou non. Il hésite à accepter ce cadeau, surtout parce que cela pourrait le rendre redevable selon certaines coutumes indiennes, mais il finit par le faire. Quelques minutes plus tard, j’obtiens le droit de passage espéré 🙂, uniquement pour cette fois-ci et avec interdiction formelle de revenir, sinon il mettrait ses menaces précédentes à exécution, menaces valables pour tous les Blancs qui s’aventureraient sur ses terres… Encore un effort supplémentaire et j’obtiens le droit de camper cette nuit, afin que le conducteur citadin inexpérimenté que je suis 😉 ne risque de se perdre ou d’avoir un problème en prenant le chemin du retour dans la pénombre, l’après midi étant déjà bien avancé. Je lui promets de ne pas révéler la localisation des hoodoos que nous allons voir et lui assure que nous entamerons le chemin du retour immédiatement après avoir pris notre petit déjeuner.
Pour le principe plus que pour l’argent, il nous demande quand même un droit de passage mais sans rien préciser, et nous lui donnons chacun 5 $. Nous le remercions chaleureusement pour son autorisation et, quand nous partons, il nous souhaite bonne route et esquisse même un sourire ! Qui aurait pu le prévoir il y a seulement une heure, quand nous avions entamé notre relation sur de mauvaises bases ?
Soulagés de ne pas devoir annuler notre exploration, nous reprenons la piste et arrivons à destination. Nous sommes assez loin du lieu de rencontre avec le Navajo et John pense que nous ne sommes plus sur ses terres (ou alors celles-ci seraient immenses). Mais comment le savoir ?
Nous choisissons notre lieu de bivouac dans un endroit discret et partons immédiatement randonner, car nous avons pris une bonne heure de retard à cause de cette rencontre imprévue. Du coup, nous n’explorons que très peu les alentours et nous dirigeons rapidement vers les hoodoos, surnommés « Duck Rocks », qui ont motivé notre venue dans ce lieu précis.
On les voit d’abord de profil…

… puis par en dessous…

… avant de s’en approcher. Il y a même une petite arche en bonus !

L’endroit est superbe et les deux hoodoos « frères » sont uniques, combinant forme originale et belles couleurs.
Nous restons jusqu’au coucher du soleil pour contempler tranquillement ce spectacle et photographier tout notre saoul, partageant notre joie de pouvoir en bénéficier.




Nous rentrons au bivouac dans la lumière du crépuscule.
John sort une bouteille de Margarita et nous prenons l’apéritif en portant des toasts au Navajo qui nous a finalement autorisés à passer, à Steffen et Isabel que nous connaissons tous les trois, à Tony qui aurait dû être parmi nous ce soir et à Laurent Martrès qui a tellement contribué à notre découverte de l’Ouest. Mes deux amis me portent aussi un toast pour le résultat inespéré de la négociation.
Le repas est joyeux et arrosé de bon vin californien amené par Kent 😎. Nous discutons tardivement sous les étoiles puis décidons d’un réveil bien avant l’aube pour aller voir le lever du soleil sur d’autres hoodoos situés dans le secteur.
Pour une fois, j’ai du mal à m’endormir après cette journée riche en émotions.
JOUR 11 : de Red Canyon à Page
Il fait encore nuit quand nous émergeons de nos SUV. Nous partons randonner dès les toutes premières lueurs de l’aube.
Nous arrivons suffisamment tôt pour nous installer tranquillement afin de voir les premiers rayons du soleil éclairer progressivement cette superbe formation rocheuse, surnommée « Eye of the Needle ».




Nous jetons un rapide coup d’œil aux alentours mais nous ne pouvons pas explorer le secteur durant la matinée, comme je l’avais prévu, car nous avons promis au Navajo de partir immédiatement après le petit déjeuner et, par honnêteté, celui-ci doit avoir lieu à une heure normale.


Le lever de soleil à Eye of the Needle nous ayant beaucoup plu, c’est sans trop de regret que nous rentrons au bivouac. Au petit déjeuner, nous mangeons mon dernier sachet de crêpes bretonnes, ce qui me fera un argument de moins dans le cas d’une autre rencontre difficile avec un Indien.
A 8 h 30 nous roulons sur la piste en direction de la sortie, la promesse au Navajo est donc tenue.
Du coup, nous ne pourrons pas montrer à Kent, comme je l’avais prévu pour cet après-midi, l’autre secteur intéressant de Red Canyon, celui que j’ai été visiter en 2007 et qui comprend d’autres formations esthétiques, comme celle surnommée « Sky City »…


… ainsi que de belles traces de dinosaures.

Sur la piste qui mène à la route goudronnée, nous croisons à nouveau le Navajo qui nous a autorisés à passer et camper, cette fois-ci au volant d’un gros pick-up quasiment neuf (avec des options extérieures tape à l’oeil) qui tracte une remorque. Dessus, sa moto de grosse cylindrée et un puissant quad rutilant. Il semble avoir un niveau de vie supérieur à la majorité des autres Indiens et beaucoup apprécier la technologie de ces Blancs qu’il déteste. Je m’arrête pour le saluer, étant resté sur la bonne impression du sourire qu’il avait esquissé la veille en nous quittant. Mais ce matin son visage est fermé 🙁 et il semble contenir son agressivité. A-t-il trouvé que je lui avais extorqué son autorisation ou bien sa famille lui a-t-elle reproché de l’avoir donnée ? Il reconnaît que nous avons bien tenu parole pour quitter ses terres à l’heure convenue mais me rappelle que cette autorisation était unique et ne sera pas renouvelée, s’il nous revoit ici il mettra ses menaces à exécution. D’ailleurs, il prend en photo les plaques d’immatriculation de John et de Kent avec son téléphone portable « pour se souvenir de leur véhicule au cas où ils reviendraient ». Nous atteignons la route sans rencontrer personne d’autre.
Le programme initial de la journée ayant été sérieusement écourté 😕, nous essayons d’envisager autre chose mais nous sommes quelque peu refroidis pour faire à nouveau du « hors des sentiers battus » sur la réserve navajo. Kent, déjà très satisfait de tout ce qu’il a vu d’original en si peu de temps, préfère retourner chez lui car demain il doit se rendre à Phoenix. Nous convenons d’un rendez-vous le week-end prochain à Escalante 🙂.
Avec John, nous nous rendons à Tuba City où nous passons un certain temps sur Internet dans un Cyber café puis nous allons prendre un lunch dans un restaurant navajo où nous mangeons très correctement.
En début d’après-midi, nous nous rendons à Coal Mine Canyon.
Nous commençons par prendre une piste qui longe le canyon quelques miles à l’est de l’éolienne « repère ». On y trouve quelques points de vue disséminés mais qui valent le détour, même si à cette heure la lumière n’est pas favorable.
Par exemple, ce point de vue vers l’ouest…


… et celui-ci vers l’est.

Nous nous rendons ensuite au point de vue « classique » près de l’éolienne. Je me souviens avoir fait une marche de 2 heures au fond du canyon en pleine journée durant l’été 2001, quand c’était encore autorisé, mais c’était un tel four avec la réflexion du soleil sur les parois blanches que je ne l’avais pas appréciée.
Nous restons nous balader sur le rim pour observer ce joli canyon plein de hoodoos aux couleurs pastel:




Avant de repartir chez lui, à Cortez, John me dit qu’il me contactera quand je serai à Moab, en fin de séjour, pour que nous passions à nouveau une journée ensemble. Je m’en réjouis par avance 🙂. Une dernière photo souvenir et nous prenons la route chacun de notre côté, en direction de Page en ce qui me concerne.

J’arrive à Page en fin d’après-midi où je me décide pour la balade de Hidden Gardens (qui se trouve entre la ville et le barrage), réputée très agréable à cette heure de la journée.
C’est effectivement le cas, la courte balade suit un sentier puis des cairns dans un joli paysage de slickrock où on peut apercevoir un bras du Lake Powell.


Les gardens sont des spots de végétation principalement nichés sous une alcôve qui prend une teinte dorée dans cette lumière de fin de journée.

Je reste jusqu’au moment où les derniers rayons du soleil embrasent le slickrock et en font ressortir les détails.


Après un ravitaillement au Wall Mart de Page, où je m’achète pour le dîner une bonne salade fraîche composée et une glace individuelle Ben & Jerry’s, je quitte la ville et me rends de nuit sur la Cottonwood Canyon Road. Après quelques miles faciles, je retrouve un emplacement de bivouac que j’ai déjà utilisé une année précédente.
Je m’endors en espérant être tiré au sort à la loterie de Coyote Buttes North le lendemain matin.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
JOUR 8 : de Lost City à Valley of the Gods
Après une excellente nuit, je fais quelques pas pour admirer le lever du soleil sur le canyon. Au loin, apparaissent les buttes de Monument Valley. Je n’apprécie que davantage mon petit déjeuner face à un tel paysage.


Ce matin, je ne croise toujours personne jusqu’à la route goudronnée.
Sur la San Juan River, le raft de l’excursion qui va de Bluff à Mexican Hat :

La première visite de la journée sera pour les pétroglyphes de Wolfman Panel.
Pour y parvenir, la piste n’est pas longue et la balade est facile.
Je trouve ces pétroglyphes particulièrement esthétiques et bien mis en valeur sur la paroi rocheuse.


Ils datent de la période des Basketmakers, comme les pictographes de "Many Hands Cave" que j’ai vus hier.
Le nom du panel ne fait pas référence à un loup-garou mais à l’empreinte de patte que l’on voit à gauche de cette photo :

J’ai un faible pour ce bel oiseau stylisé, peut être un vautour ?

Vous avez sans doute remarqué les impacts de balle sur les photos précédentes. Sur la suivante, on voit nettement que le pétroglyphe circulaire a servi de cible à de stupides « rednecks », qui devaient avoir moins de cervelle dans le crâne qu’il ne restait de poudre dans les douilles de leur fusil 😠.
Je me demande si le motif du milieu représente une plante ou bien une arête de poisson avec sa tête.

Je continue la piste pour me rendre au parking du trailhead des ruines de Monarch Cave.
Au moment où je m’apprête à entamer la randonnée, se garent 2 voitures dont sortent 6 personnes. Ce sont des retraités anglais, résolument « british » dans leur look, leur attitude et l’humour dont ils font preuve. Ils me demandent s’ils sont bien au départ de Monarch Cave, car ils n’ont pour toute indication qu’un tracé manuscrit que leur a dessiné un des responsables du Recapture Lodge (où ils logent à Bluff) au dos d’une carte de visite du motel. Comme ils plaisantent avec détachement sur le fait qu’ils vont probablement se perdre dans le wilderness avec des indications aussi succinctes, je leur commente ma carte topographique pour leur indiquer précisément le chemin. Je pars tandis qu’ils entament leurs préparatifs dans la bonne humeur, nous nous disons « à tout à l’heure » puisque l’aller/retour à Monarch Cave se fait via un unique chemin au fond d’un des canyons qui s’ouvrent juste après le wash arboré.
La balade est d’un intérêt moyen et les ruines ne me laissent pas un souvenir impérissable. Le fait qu’elles ne soient qu’à moitié éclairées et le souvenir encore frais des vastes ruines visitées la veille y sont sans doute pour quelque chose.

De retour à la voiture, je m’étonne de ne pas avoir croisé le groupe d’Anglais. Ils ont dû s’enfoncer dans le mauvais canyon, j’espère qu’ils s’en apercevront rapidement pour revenir sur leurs pas avant de s’épuiser à chercher les ruines au mauvais endroit.
Après avoir roulé jusqu’au trailhead de Procession Panel, j’entreprends une balade qui n’est ni longue ni difficile mais nécessite de disposer d’informations précises pour arriver à destination, le trajet se faisant essentiellement sur du slickrock avec des cairns éloignés et parfois peu visibles (mais si un bon sens de l’orientation est indispensable, le GPS ne l’est pas).
Le panel de petroglyphes est remarquable car il s’étire sur plus de 5 mètres et on y décompte 179 personnages, dont la plupart convergent en trois rangées en direction d’un cercle. Est-ce une procession funéraire ? Une célébration ? Un autre rite religieux ? Les avis des experts divergent... mais dans tous les cas ce panel vaut le déplacement.


Certains des petits bonshommes sont très amicaux :

On y voit également les traditionnels cervidés au corps trapu :


Même le slickrock participe à l’esthétique du lieu :

En parcourant 200 mètres supplémentaires, j’atteins le bord de la falaise de Comb Ridge. Le point de vue sur les vastes étendues du plateau de Cedar Mesa est impressionnant. Il s’étend sur des dizaines de kilomètres et je peux deviner les canyons où je me rendrai dans deux semaines : Road Canyon, Scheik Canon, Mule Canyon…


Je me restaure avant d’entamer le chemin du retour. Procession Panel est désormais au soleil, le filtre polarisant est nécessaire pour faire ressortir les pétroglyphes et éliminer les reflets.


Je m’attarde sur les cactus en fleur qui égayent le trajet.


Ma prochaine étape est Valley of the Gods où je compte enfin réaliser une chose qui me tient à cœur depuis longtemps (à chaque passage sur la piste !) : randonner sur la mesa et bivouaquer au pied de ses buttes qui rappellent Monument Valley, sans toutefois atteindre la majesté de ce lieu mythique. Ce lieu a pour lui d’autres atouts : le site n’étant pas sur la réserve navajo (mais géré par le BLM), il est totalement libre d’accès, on peut y randonner et y camper, il est resté sauvage, on n’y rencontre quasiment personne et surtout pas un étal de vente de bijoux ou une « bétaillère à touristes » ici ou là.
De la piste, cette année en très bon état, j’observe la mesa sur laquelle je projette de grimper (juste au nord de l’inscription Rudolph and Santa Claus sur la carte topographique) pour surplomber les buttes environnantes.

Il n’y a pas de sentiers officiels ou de randonnées référencées à Valley of the Gods, mais j’ai trouvé sur Internet quelques photos d’un groupe qui s’était baladé sur la mesa en étant guidé par un local. A l’aide de ces clichés, d’une carte topographique et de Google Earth en 3D, j’ai pu reconstituer le chemin qu’ils avaient parcouru et que j’envisage de suivre à mon tour en cette seconde partie d’après-midi.
Je me gare au lieu de bivouac que j’ai choisi : au bout d’une courte piste rocailleuse, un emplacement de camping niché au pied de la butte faisant face à Castle Butte, tout au nord de la piste de Valley of the Gods.
J’entreprends la remontée d’un canyon vers l’ouest, il n’y a pas de chemin mais uniquement quelques cairns espacés sur les premières centaines de mètres. Bien que l’étroit canyon soit encombré de rochers et de blocs, la progression n’est pas difficile, à l’exception d’un ressaut assez haut qu’il faut contourner en passant sur un talus très raide, qui deviendrait dangereusement glissant par temps humide.
Je parviens à l’endroit (repéré sur Google Earth) où la paroi verticale est temporairement interrompue par une forte pente qui permet de grimper sur la mesa. Ce que ne peut pas montrer Google, c’est qu’il s’agit d’un éboulis aussi raide qu’instable, où des rochers de bonne taille se dérobent sous les pieds en créant de micro-avalanches de pierres 😐. Je monte avec précaution, en m’aidant souvent des mains et en testant la stabilité des rochers, et je laisse quelques cairns pour retrouver le meilleur chemin possible quand je reviendrai au crépuscule. A cause de ce passage délicat où on peut vraiment se faire mal en glissant ou être blessé par un bloc qui basculerait, je déconseille fortement cette balade à ceux qui sont avec des enfants, ne se sentent pas à l’aise pour crapahuter dans des éboulis ou n’acceptent pas de prendre de risques.
Une fois parvenu au sommet, la marche sur le slickrock devient facile mais il faut savoir s’orienter et prendre les bonnes options pour progresser directement vers l’extrémité de la mesa.
La randonnée est de plus en plus belle au fur et à mesure que je m’approche des points de vue sur la vallée et ses monolithes, même si le soleil joue à cache-cache avec les nuages.





Peu après être passé devant une ouverture joliment éclairée…

… je peux apprécier la vue à travers une mignonne petite arche.


Il ne me reste plus qu’à me rendre tout au bout de la mesa en admirant le panorama.

J’observe Castle Butte (à droite) et, en me concentrant, je peux voir mon SUV garé juste en face (sur la photo ce n’est qu’un minuscule point noir à gauche du dernier virage)

Je m’attarde à l’extrémité de la mesa…


Sur le trajet du retour, la lumière de fin d’après-midi se fait plus douce.



Je descends l’éboulis sans trop glisser, entraînant tout de même quelques pierres dans mon sillage, puis le canyon du retour à la lumière déclinante du crépuscule.
Il fait presque nuit quand j’arrive au bivouac. Après m’être régalé de filets de saumon, j’observe le ciel étoilé où se découpe la masse imposante de Castle Butte. Il règne un silence total, je ressens un peu les mêmes sensations de sérénité que lors de certains bivouacs dans les canyons du Sahara.
Après avoir longtemps prolongé cette contemplation nocturne, je me glisse dans mon duvet, satisfait d’avoir réalisé aujourd’hui un souhait vieux de plusieurs années 🙂 qui confirme qu’on peut encore trouver des balades intéressantes et originales dans des sites pourtant bien connus.
JOUR 9 : de Valley of the Gods à White & Red Canyon
Je quitte mon bivouac avant le lever du soleil car il vaut mieux prendre du recul pour admirer les buttes s’éclairer progressivement.
La mesa à l’extrémité de laquelle j’ai randonné hier après-midi s’illumine d’abord…

… puis, progressivement, toutes les buttes alentour.


Un couple occupe un emplacement de camping sauvage et, me voyant photographier à proximité, ils m’invitent gentiment à partager leur petit déjeuner. Ils avaient remarqué mon véhicule hier en fin d’après-midi et s’étaient installés hors de vue pour que nous ayons chacun l’impression d’avoir Valley of the Gods pour nous tout seuls. Ce sont de jeunes retraités de l’Idaho. L’homme est un vrai baroudeur (il y a deux mois, il s’est rendu seul au beau milieu de The Maze, dans Canyonlands, avec son Range Rover aménagé), mais sa femme est moins aventurière. Il est également passionné de ruines et d’art rupestre indien, tout comme moi. Nous parlons un moment de certains de nos lieux favoris du Southwest, après quoi il me tend sa carte de visite et me propose de le contacter au cas où je reviendrais seul une prochaine fois dans la région et que je chercherais un partenaire pour quelques explorations. Sympa !


Je ne tarde pas à quitter Valley of the Gods car la lumière devient crue et je dois être arrivé avant 10 heures à Navajo National Monument pour participer à la visite de ruines indiennes avec les rangers. Kent, un ami des environs de Sedona (Arizona) rencontré grâce à Pascale/Kashtin et Alain, doit m’y rejoindre.
En jetant un dernier coup d’œil au paysage, je me demande ce qui a poussé des Américains à nommer « De Gaulle and his troops » la butte à deux pointes que l’on voit à droite de la photo ci-dessous. Comme les Américains ne portent pas de Gaulle dans leur cœur, je me demande s’il s’agit d’un hommage à une figure historique française ou au contraire d’une allusion ironique au faible nombre de soldats qui l’avaient rallié en Angleterre. Cette question restera probablement sans réponse…

Sur la route, je sacrifie à l’incontournable cliché de l’arrivée matinale sur Monument Valley.

Pour changer un peu, de retour à la maison, j’en ferai une interprétation en « quasi » noir et blanc.

A 9 h 45, je suis au Visitor Center de Navajo National Monument, prêt à m’inscrire à la visite guidée des ruines de Betatakin à laquelle je n’avais pas pu participer il y a quelques années, car l’accès en était interdit suite à la chute d’un gros bloc tombé du plafond de l’alcôve. Même si j’ai été voir avec mon ami Peter, en 2003, les ruines encore plus reculées et mieux conservées de Keet Seel dans ce même parc (27 km de randonnée ce jour-là !), j’ai également envie de me rendre à l’intérieur de celles de Batatakin que j’ai déjà observées plusieurs fois du point de vue qui leur fait face.
Hélas, le ranger navajo m’annonce qu’il n’y a que deux visites par semaine à cette époque de l’année et que ce n’est pas le bon jour 😮. Je lui fais remarquer que sur le site web officiel du National Park Service il est indiqué une visite quotidienne de ces ruines mais, imperturbable, il me tend un imprimé en me disant que tout y est clairement expliqué. Après avoir lu ce papier (dont le contenu est identique à celui du site web), je lui montre qu’il indique aussi une visite quotidienne démarrant à 10 heures. Il relit l’imprimé devant moi, fronce les sourcils et, sans essayer de trouver une justification à cette « erreur », se contente de dire qu’il faudra modifier le texte du papier et du site web : cela ne change rien au fait qu’il n’y a en ce moment que deux visites par semaine et il faudra que je revienne. Je me demande si ce n’est pas une conséquence des restrictions budgétaires dues à la crise, avec moins de rangers disponibles pour accompagner les visites.
Une fois de plus, je dois me contenter du point de vue sur Betatakin. C’est frustrant 😕 ! La prochaine fois, je téléphonerai directement au Visitor Center avant de venir.


Une seconde balade aboutit à une vue sur un petit canyon où se niche une forêt d’aspens (peupliers trembles).

Kent n’étant pas encore arrivé, je discute au Visitor Center avec le ranger navajo au sujet des ruines indiennes que l’on peut trouver dans la région. Quand j’évoque celles de « Lost City » (sans lui préciser que j’y étais il y a deux jours), il me répond qu’elles sont « off-limits » (accès interdit sauf avec un guide) et m’explique pourquoi (voir Partie n° 2 de ce carnet).
C’est l’occasion de donner quelques précisions concernant les autorisations de visite non encadrée de sites se situant sur les réserves indiennes du Southwest (notamment navajo et hopi) qui recouvrent une partie de cette région.
Ces indications proviennent à la fois des sites web officiels des tribus concernées (où les informations sont parfois cachées dans les FAQ), de discussions avec des rangers indiens comme celui de Navajo National Monument, de l’expérience d’un de mes amis qui vit et travaille sur la réserve navajo depuis plus d’une dizaine d'années et d’autres personnes de mes connaissances ayant l’habitude d’explorer ces réserves (entre autres, des photographes). Si tous ceux qui ont l’habitude de les visiter connaissent les règles (qu’ils ne respectent pas toujours...), elles ne sont pas largement diffusées, notamment auprès des touristes, ce qui fait qu'on peut les enfreindre en toute bonne foi (ou en faisant semblant de l'être 😇), surtout en plein milieu du wilderness désertique où cela ne semble a priori déranger personne (pas de clôtures, pas d’habitations, pas d’élevage, pas de cultures…). Mais si on est pris sur place par les Indiens (rangers, policiers tribaux, famille ayant la jouissance de cette terre...) qui veulent les faire respecter, alors « nul c'est censé ignorer la loi tribale » et on peut être a minima dévisagé avec réprobation, faire l’objet du rappel des règles, être sommé plus ou moins poliment de s'en aller, subir les menaces d’un Indien agressif (cela m'est arrivé cette année) ou s’en prenant au véhicule, devoir payer une amende ou même se retrouver emmené au poste de police tribal 😕…
C’est à titre informatif que je donne ces indications, sans garantie car elles peuvent évoluer très vite, afin que chaque lecteur puisse décider de visiter ou non certains sites, en toute connaissance de cause et en en assumant éventuellement les risques. Je ne me positionne pas ici en défenseur du respect des règles concernant les terres indiennes (je serais bien mal placé pour le faire !), mais je ne vous encourage évidemment pas non plus à faire des visites sans les respecter (comme cela m’arrive ainsi qu’à de nombreux visiteurs) et je ne rentrerai pas dans des polémiques sur ce sujet.
Je rappelle également que rouler avec son véhicule de location en dehors des routes goudronnées, ce qui est la plupart du temps nécessaire pour visiter les sites sur des réserves indiennes, est formellement interdit par tous les grands loueurs (qui, en outre, précisent en toutes lettres dans leur contrat que sur les pistes on n’est plus assuré). Les forumeurs de VF le savent bien puisque le sujet est très souvent évoqué dans les posts, mais à la lecture de leurs carnets de voyage (y compris celui-ci) ou en regardant leurs photos, on peut constater que la plupart d’entre eux ne respectent pas cette interdiction et en assument les risques.
La première règle « par défaut »chez les Indiens du Southwest est que dans leurs réserves on peut rouler (sauf exceptions signalées) sur les routes goudronnées et les pistes d'usage public (c'est-à-dire celles qui ont un numéro du type IR XX ou équivalent sur les cartes et/ou sur place un panneau avec leur numéro, elles sont généralement plus larges et mieux entretenues) à l’exception de toutes les autres pistes réputées d’usage privé (c'est pour cela que je me suis fait agresser par un Navajo sur l’une d’elles alors qu'il m'a bien précisé que j'aurais pu rouler sans problème sur la piste numérotée passant à quelques miles de là).
La seconde règle est que l’on n'a pas le droit de sortir de ces pistes d'usage public pour aller se balader à pied et photographier sur les terres de la réserve navajo (même s'il n'y a ni barrière, ni clôture, ni panneaux d'interdiction) sans avoir préalablement obtenu un « hiking permit » à l’un des rares endroits où ils sont vendus (uniquement quatre lieux de vente pour toute la réserve). Mais ce n’est pas si simple, car certaines zones restent interdites même avec un permis, d’autres comportent des restrictions de visite…tout cela n’étant pas clairement écrit. L’expérience montre que l’obtention ou non d’un permis peut fluctuer, notamment en fonction de la personne qui est censée le délivrer et qui n’est pas forcément très au courant ou bien n’en fait qu’à sa tête. En peu de temps, un de mes amis a obtenu un permis pour visiter un site précis, puis quand il a voulu y retourner on le lui a refusé 😮, enfin on le lui a donné à la troisième demande. Cette obtention d’un permis peut aussi dépendre de la fréquentation du site : peu visité, il est vendu sans problème, dans le cas contraire, il peut n’être plus délivré ou bien faire l’objet d’une exploitation commerciale exclusive (Antelope Canyon, Canyon X, Secret Canyon) et alors les tarifs privés s’envolent 😠.
Mais si le « hiking permit » est une condition nécessaire, ce n’est pas forcément suffisant car certains Indiens ne veulent pas que des Blancs viennent sur les terres dont ils ont la jouissance et ils n’ont cure d’un permis qu’ils ne reconnaissent pas et qui a pu être donné par une autorité située à plus d’une centaine de kilomètres de chez eux. Vous aurez beau brandir votre permis en règle, face à un Indien récalcitrant il faudra partir même en étant de bonne foi (expérience vécue par un de mes amis et confirmée par le Navajo agressif qui nous a bien dit que le fait d’avoir un permis valide n’aurait rien changé pour lui).
Parallèlement, en dehors des campings officiels, le camping et le bivouac sont partout interdits sans obtention préalable d’un « camping permit » (qui doit s’ajouter au « hiking permit »).
En ce qui concerne la réserve hopi, c’est beaucoup plus simple, la randonnée et le camping sont partout interdits sauf si on est accompagné d’un guide local accrédité (voir ici).
De manière non officielle, ces règles ne sont plus appliquées si on est « invité » par les Indiens ayant la jouissance de ces terres, ce qui signifie en pratique qu’on a généralement obtenu leur autorisation en leur payant directement un droit de passage (dans le cas où, par exemple, l’obtention du permis devrait se faire à une grande distance du site visité où que le lieu où il doit être délivré est fermé). Mais comment être certain qu’on a payé (de la main à la main) celui qui peut réellement donner l’autorisation et que le prochain Indien rencontré ne réclamera pas lui aussi un droit de passage ? Tout peut dépendre également de la fréquentation du site visité : tel Indien qui pouvait tolérer sans rien demander une visite sporadique de quelques rares touristes discrets (même sans permis), peut quelque temps plus tard exiger un droit de passage et, si la fréquence augmente et gêne trop sa tranquillité, interdire totalement l’accès au site (en mettant ou non des panneaux d’interdiction) même avec un permis (exemple vécu par un ami local pour la visite d’une arche).
Maintenant, vous comprenez sûrement mieux pourquoi mes amis et moi ne communiquons pas la localisation des sites encore confidentiels situés sur les réserves indiennes.
Revenons au déroulement de mon voyage…
Kent finit par arriver au Visitor Center de Navajo National Monument dans son SUV 4 x 4 Nissan XTerra. C’est un vrai baroudeur qui a exploré le Southwest avec sa femme Sue pendant trente ans, avec notamment plusieurs backpackings dans des endroits reculés du Grand Canyon. Nous sommes contents de nous retrouver car, après la mémorable expédition de trois jours en avril 2006 où je l’avais guidé à White Pocket et Coyote Buttes South, nous ne nous étions revus que quelques jours à Sedona durant l’été 2007. Le lunch pris sur la très agréable aire de pique-nique du parc durera longtemps, car nous avons plein de choses à nous raconter.
Nous avons décidé de nous rendre cet après-midi à White & Red Canyon que Kent ne connaît pas mais où je me suis déjà rendu deux fois (en 2006 et 2007). Comme j’adore cet endroit, j’ai plaisir à y retourner. En chemin, Kent doit faire des provisions dans une station-]service. En l’attendant, je demande confirmation de l’entrée de la piste au caissier navajo, qui a l’air particulièrement enjoué, car je n’y suis jamais allé par là et je ne veux pas me retrouver sur une piste privée menant à une habitation indienne. Il devine immédiatement où je compte me rendre et me dit que c’est son endroit préféré dans la région : il aime y aller seul pour se ressourcer et il lui semble que là-bas certains hoodoos sont des animaux ou des personnages pétrifiés… Du coup, il me dessine un plan au dos d’un long ticket de caisse, indiquant à chaque intersection s’il faut tourner à droite ou à gauche, donnant des repères visuels… C’est vraiment très sympathique et je suis surpris d’une telle sollicitude. Dommage que ce site ne soit pas sur ses terres, j’aurais pu lui demander une autorisation de visite !
Kent étant ravitaillé pour au moins deux jours, nous partons rapidement sur la piste avec le plan du Navajo. Je compte les intersections et suis les indications mais, à l’une d’entre elles, le « ticket de caisse » indique de tourner à gauche alors que de moi-même j’aurais été tout droit. Faisant davantage confiance aux indications d’un Indien du cru qu’à mon sens de l’orientation, je tourne à gauche mais la piste s’éloigne visiblement de la direction voulue et au bout d’un moment je préfère faire demi-tour pour revenir à l’intersection et aller tout droit. C’était effectivement la bonne solution, il a suffi que je rate une intersection ou que le Navajo en oublie une sur son schéma pour que tout soit décalé dans le comptage. Nous n’avons perdu qu’une demi-heure et nous arrivons en seconde partie d’après midi à "White & Red Canyon".
Ceux que ce site attireront inévitablement doivent savoir que l’accès n’y est pas autorisé en visite individuelle, d’autant plus que les Indiens de cette réserve ont une aversion pour la photographie (des personnes, des villages et de leurs alentours, certains minoritaires intransigeants étendant l’interdiction à la totalité du territoire de la réserve) alors qu’ici les appareils photo « chauffent » ! Le fait que les visiteurs, encore peu nombreux, n'aient généralement pas eu de problème ne doit pas faire illusion, c’est simplement parce que le site n'est pas très surveillé. C’est donc le principe du « pas vu, pas pris ! ». Cependant, en 2008, une de mes connaissances suisse a dû quitter le site sur la demande d'un ranger indien qui lui a bien confirmé qu’il était « off limits ». Toujours en 2008, un correspondant de mes amis allemands Steffen et Isabel a eu affaire à un ranger indien plus agressif car le touriste ne déguerpissait pas assez vite et essayait de négocier. En 2009, le forumeur Angelo/Mokahlki (voir son "]carnet de voyage) m'a écrit (en m’autorisant à le citer) que lors de sa visite « Une grosse jeep est arrivée au ralenti, a observé notre véhicule stationné un peu plus loin et est passée au pas presque sur nos pieds. Les 2 Indiens qui étaient à l'intérieur nous ont dévisagés et franchement leurs regards traduisaient une hostilité flagrante à voir des visiteurs en ces lieux. » Vous voilà prévenus !
Malgré cela, comme White & Red Canyon est en pleine zone désertique et qu’on n’a pas l’impression de gêner qui que ce soit, on est évidemment tenté de le visiter. Je ne fais pas exception à la règle et c’est la troisième fois que je m’y rends depuis l’été 2006. Avec Steffen, nous avons cherché cette localisation un certain temps à partir de la seule photo que nous en connaissions (« Happily ever after » de Michael Fatali). Ce ne fut pas facile avec si peu peu d’informations et c’est finalement Steffen qui l’a trouvé le premier au printemps 2006 avec Isabel et notre ami commun Tony qui vit sur la réserve navajo. Un Américain ayant donné sur Internet le véritable nom du lieu en 2007 😮, ce site a commencé à être régulièrement visité à partir de 2008 (notamment par quelques membres de VF) et j’espère que des clôtures et panneaux « No trespassing » ne vont pas apparaître bientôt, rendant toute visite impossible.
Nous commençons par explorer le secteur nord de cet endroit superbe où une montagne rouge et blanche abrite des hoodoos, des aiguilles, des pyramides…




Au pied de la montagne, on trouve des rochers très colorés aux formes variées.



Certains rochers font penser à des menhirs.

D’autres semblent peints…

… comme ce tableau d’art moderne…

… ou cet incroyable visage féminin masqué !
Je comprends mieux quand le Navajo disait voir ici des personnages pétrifiés.

Au plaisir renouvelé de visiter ce site, s’ajoute celui de voir Kent particulièrement heureux 🙂 de le découvrir à son tour, de l’explorer et de le photographier « extensivement ».

Nous nous dirigeons maintenant vers l’autre secteur du site, celui qui abrite la fameuse formation que nous avons appelée « The Castle » et qui était le sujet de la photo de Michael Fatali.

The Castle se trouve tout au bout d’une rangée de hoodoos.

Voici une photo prise en 2006…

… et une autre prise cette année.

Vous constaterez que l’érosion continue toujours son travail et, cette fois-ci, elle a malheureusement entraîné la chute du sommet d’un gros hoodoo (en 2008) 😕.
Vu de trois quarts, The Castle me fait penser à un château de Walt Disney ou de Louis II de Bavière

Une vue plus classique...

… et un clin d’œil/hommage 😉 à la photo de Michael Fatali.

Nous continuons notre ballade vers un groupe de hoodoos qui me fait penser à une classe écoutant son professeur ou à une troupe de soldats au garde-à-vous devant un officier.


Avec également une mascotte « bébé hoodoo » ?

Ici, un couple de lions de mer…

… là, une fissure colorée.

Une belle montagne rouge et blanche…


… se termine par une petite famille de hoodoos.

Dans tout ce secteur, nous sommes choqués de voir des traces de pneus partout, certains visiteurs particulièrement feignants n’ayant même pas eu le courage de laisser leur véhicule au bord de la piste et de marcher quelques dizaines de mètres jusqu’au pied des hoodoos. Honte sur eux 😠!
A l’extrémité est du site, une pyramide surplombe la falaise et un chapelet de rochers rouges veinés de blanc s’étire dans le wash. Nous y resterons jusqu’au coucher du soleil.



Je me remémore l’extraordinaire coucher de soleil, avant un orage, auquel Elisabeth et moi avions eu la chance d’assister en 2007. Si les conditions étaient difficiles (vent violent apportant quelques gouttes de pluie et du sable qui cinglaient le visage et rendaient la photographie très difficile), c’était sans conteste la plus belle lumière que nous ayons jamais vue 🙂.
Après un superbe arc en ciel idéalement placé…

… nous avions admiré un ciel véritablement biblique dont on se demandait ce qui allait en sortir !

C’était un moment extraordinaire que les Américains qualifieraient de « once in a life time ». Fascinés, nous étions restés jusqu’au tout début des précipitations, nous étions alors partis immédiatement et avions foncé sur la piste à une vitesse déraisonnable pour fuir l’orage qui éclata au-dessus de nous au moment même où nous parvenions à la route goudronnée. Il était tellement dantesque que, par prudence, toutes les voitures s’arrêtaient sur le bas-côté. Nous avions échappé de très peu à une vraie galère….
Mais rien de tout cela aujourd’hui, il fait grand beau et nous n’avons vu absolument personne alors que la nuit commence à tomber. Nous décidons donc de prendre le risque de bivouaquer sur place, loin de la piste principale. Après un dîner plutôt copieux car nous partageons nos provisions, nous rejoignons nos SUV respectifs pour une nuit réparatrice. Bonne nuit, Kent !

JOUR 10 : de White & Red Canyon à Red Canyon
Dès notre réveil, et sans bouger nos véhicules, nous profitons du spectacle.

Les rochers rouges que nous avions admirés au coucher du soleil sont tout aussi beaux à son lever.

Une courte marche nous permet de voir White & Red Canyon s’éclairer progressivement.



On trouve en chemin des micro-badlands colorés.


Durant cette promenade très matinale, nous avons été accompagnés par le chant particulièrement mélodieux d’un oiseau que je n’arriverai jamais à voir et qui s’arrêtera moins d’une heure après le lever du soleil. Ce chant qui résonnait dans la falaise, plein de joie et de vigueur, était le seul son que nous pouvions entendre dans ce site isolé. Il a considérablement agrémenté la balade en lui donnant une dimension sonore inattendue, en parfaite harmonie avec nos émotions visuelles. Ce chant si agréable restera associé à White & Red Canyon car je n’en ai malheureusement jamais entendu de semblable pendant tout le reste du voyage.
Au petit déjeuner, Kent apprécie toujours autant que les années précédentes les crêpes bretonnes vanillées que j’ai amenées de France. En attendant que je finisse de ranger mes affaires, il étudie un de ses guides, tranquillement assis à l’ombre de son SUV.

Nous reprenons la piste puis la route pour rejoindre John avec qui j’ai convenu d’un rendez-vous dans une station-service, à la suite de notre rencontre à King of Wings. Tony, photographe créatif, que j’ai rencontré grâce à Laurent Martrès lors d’une randonnée à Cobra Arch, et avec qui j’ai ensuite passé plusieurs jours à explorer la réserve navajo en compagnie de Steffen, devait nous rejoindre mais il a dû annuler à cause d’un empêchement. Dommage, c’est avec plaisir que je l’aurais revu (John aussi car il le connaît également), il aurait fait un excellent « quatrième », non pas pour jouer à la belote mais pour partager avec nous sa grande connaissance de la réserve, puisqu’il y travaille et réside dans le cadre du programme d’assistance médicale gratuite aux Navajos.
John est à l’heure et m’offre d’appétissants cookies que sa femme a confectionnés hier à mon intention. Vraiment sympa 🙂!
Ce matin, la visite d’Arch Slot Canyon est au programme. Il s’agit d’un des sites confidentiels que j’avais photographiés avec Tony et Steffen en 2005 et qui avaient poussé John à prendre contact avec nous, car il était très étonné que nous les connaissions. Après avoir emprunté plusieurs pistes successives, nous garons nos trois 4 x 4 dans un endroit très isolé et peu visible, puis nous nous préparons à descendre dans le « slot canyon » (canyon dit « fente » parce que particulièrement étroit).
A notre grande surprise, arrive un gros pick-up dont descendent deux Indiens Navajos plutôt jeunes. Ils s’approchent et nous disent que nous sommes sur leurs terres et qu’il va falloir nous acquitter d’un droit de passage, ce qui ne nous pose aucun problème s’il reste raisonnable. Tandis que John leur parle de notre passion pour les « red rocks » et les slot canyons, je remarque que l’un d’eux porte des éperons. Je lance donc une discussion sur les chevaux, escomptant que c’est une passion pour eux, ce qui s’avère être le cas. Bientôt, ils nous racontent qu’ils sont à la recherche d’un étalon qui s’est enfui la nuit précédente car il a entendu des juments en liberté à proximité de leur propriété. S’ensuivent alors quelques plaisanteries sur l’attitude bien compréhensible de cet étalon « victime » de son attirance pour les charmes du sexe opposé, preuve que cinq bonshommes de culture, de nationalité et d’âge différents, qui se retrouvent au milieu de nulle part, peuvent facilement trouver à s’entendre sur certains sujets « universels » 😉. Que les lectrices de ce carnet veuillent bien nous en excuser 😊. C’est le bon moment pour partager les cookies tout frais que m’avait offerts John et qui ont un franc succès. Quand nous leur demandons combien nous leur devons pour le droit de passage, ils nous disent qu’ils sont très contents d’avoir passé un bon moment avec nous et que nous sommes leurs invités sur leurs terres. Lorsque ces sympathiques Navajos nous quittent avec de grands signes de la main, nous sommes contents non seulement d’avoir obtenu leur autorisation de visite mais aussi d’avoir transformé une situation potentielle de tension en moment de franche convivialité 🙂.
Il est temps de se rendre au bord du slot canyon en portant les échelles que John a apportées, la plus grande servant à descendre au fond du canyon (environ 6 mètres plus bas), la seconde à passer les difficultés rencontrées à l’intérieur même du canyon. L’ambiance est à la rigolade car nous avons bien conscience d’être plutôt ridicules avec nos échelles qui ne font pas vraiment « aventuriers », mais nous n’avons pas de matériel de canyoning et de toute façon nous ne saurions pas où attacher une corde puisqu’il n’y a pas d’arbres assez proches et qu’il n’est pas question de planter des pitons.

Je ne souhaite pas revivre la situation d’octobre 2005, lorsque nous étions venus ici avec Tony et Steffen sans échelle ni corde, car Tony avait auparavant réussi à entrer et sortir du canyon sans équipement par une « dry fall » (ressaut rocheux qui peut se transformer en cascade) pas totalement verticale. Mais depuis sa dernière visite, des orages avaient emporté le sable et creusé le fond du canyon d’environ deux mètres, ce qui avait changé la donne. Par prudence, Tony était donc resté en haut tandis que Steffen et moi descendions sans problème en désescaladant, glissant et sautant. Une fois l’arche photographiée, nous nous étions rendu compte que nous ne pouvions plus remonter la dry fall car elle était trop glissante, il n’y avait pas de prises et le canyon était trop large pour en sortir « en opposition » (en s’appuyant sur ses deux parois). J’avais donc fait la courte échelle à Steffen qui était ensuite monté sur mes épaules (elles s’en sont souvenues pendant plusieurs jours) pour se battre dans la dry fall en utilisant différentes techniques d’opposition et d’adhérence avec toutes les parties du corps, afin d’attraper le trépied photographique que lui tendait Tony, et de s’en servir pour se tracter. Comme je n’avais personne pour m’aider du bas, j’avais dû faire un montage avec de grosses pierres, en coinçant un morceau de bois pour y monter en équilibre sur un pied, m’inspirant de ce qu’avait fait Edward Abbey à Havasupai (comme on peut le lire dans Desert solitaire). Il m’avait fallu plusieurs essais et chutes, puis utiliser toutes les techniques d’escalade que j’avais pratiquées pendant des années, pour arriver à attraper le trépied salvateur de Tony, au prix d’écorchures et de quelques centimètres carrés de peau bien râpée 😕. Ce jour-là, les parois du canyon ont pu arborer une nuance de rouge supplémentaire ! Sans Tony resté en haut, nous aurions été dans une belle galère, simplement parce que le canyon était un peu plus creusé que d’habitude. Cette expérience m’a conduit à davantage de prudence et à ne plus jamais descendre si je ne suis pas a priori certain de pouvoir remonter, surtout en étant seul. Je vous encourage à en faire autant, dans les slot canyons ou ailleurs !
Une fois l’échelle positionnée à l’aide de la corde, nous descendons au fond du slot canyon. Bien sûr, il ne vaut pas l’inégalable Antelope Canyon, mais au moins ici nous sommes seuls et il y a plusieurs passages intéressants que nous prenons plaisir à voir et à photographier.




L’intérêt principal de ce canyon est la jolie petite arche qu’il abrite :

Je constate que la lumière du mois de mai y est moins belle que celle du mois d’octobre (à la même heure), à cause de la position du soleil, comme le montre cette photo prise en 2005 (il s’agit d’une photo papier scannée).

La remontée sur le plateau par l’échelle n’est qu’une formalité.
Satisfait de cette matinée, nous retournons à la station-service pour manger, nous rafraîchir et convenir du programme des prochaines vingt-quatre heures. Sans l’avoir jamais évoqué auparavant, John et moi avons la même idée : retourner à l’endroit que je nomme « Red Canyon » suite à ma visite de 2007, lui s’y est également rendu en 2008, afin de trouver d’autres hoodoos remarquables que nous n’avions pas vus la première fois et dont nous avons trouvé la localisation entre-temps. Nous prenons la route puis la quittons pour de nombreux miles de piste car ces formations rocheuses sont situées en plein wilderness, dans un secteur isolé de tout au cœur d’une zone désertique, ce qui explique pourquoi seuls 4 photographes professionnels accompagnés de guides navajos en ont jusqu’ici publié des photos. Cette fois-ci, je suis bien content que nous soyons plusieurs et avec 3 SUV 4 x 4, car ma précédente visite en solitaire avait été risquée, il faut bien le reconnaître.
Trouver la localisation de ces « nouveaux » hoodoos a été le fruit d’une recherche collective avec Steffen, Isabel, Tony et John, qui nous a amenés à combiner des recherches approfondies, des analyses dignes de Sherlock Holmes, l’utilisation extensive de Google Earth et notre expérience du terrain. Steffen, Isabel et Tony se sont rendus sur place lors de leur voyage du début 2009 et c’est maintenant à moi de guider notre petite caravane sur les pistes secondaires qui s’enfoncent dans le wilderness. Certains passages sont traîtres car le sable y est mou (je me fais même surprendre et je dois utiliser les vitesses courtes pour m’en sortir), d’autres sections sont au contraire entièrement sur du slickrock et la piste devient accidentée et difficile à suivre car on ne sait plus où elle passe.

Tout se passe bien jusqu’à ce que nous croisions un Navajo sur une moto de forte cylindrée avec des pneus extra larges, il y a un enfant sur la selle devant lui et aucun des deux ne porte de casque. Au regard noir et très appuyé qu’il m’a jeté lors du croisement effectué à très petite vitesse, je pressens que cela ne va pas bien se passer et je suis sa progression dans le rétroviseur. Après avoir croisé Kent, il fait demi-tour, le rattrape et l’arrête. Avec John, nous attendons à plus d’une centaine de mètres, mais comme la discussion dure nous allons les rejoindre. L’ambiance est plus que tendue, le Navajo est furieux que nous roulions sur cette piste et il profère des menaces 😠 : « Si j’avais eu mon 4 x 4 avec le fusil dedans je vous aurais tiré dessus », « Si j’avais vu vos véhicules garés au bord de la piste j’aurais crevé les pneus pour que vous vous desséchiez dans le désert », « Je vais appeler mes frères pour qu’ils vous cassent la figure », « Je n’ai que faire d’un hiking permit des autorités navajos car ici c’est chez moi »… et j’en passe ! Il nous appelle les « White eyes », ce qui est une manière méprisante de parler des Blancs qu’il nous dit ne pas aimer (tout particulièrement les Californiens, nous ne saurons pas pourquoi). Il est plein de rancœur et semble en vouloir à tout le monde, même aux autres Navajos trop permissifs à son goût. Kent, qui entend tout cela depuis le début, finit par lui répondre : « De toute façon, vous n’aurez pas mon scalp ! », en montrant son crâne dégarni, ce qui n’est pas pour calmer le Navajo ! John ne lui répond rien et me glisse à l’oreille qu’il vaut mieux partir immédiatement. Comme il n’y a plus rien à perdre et que je suis très motivé pour cette exploration préparée depuis plusieurs mois, je leur propose de me laisser négocier, le fait que je sois un étranger pouvant aider. Il me vient à l’esprit la phrase d’un de mes professeurs de techniques de commercialisation (il y a trente ans) qui disait : « C’est quand le client a dit non que la véritable négociation peut commencer. »
Malgré les agressions verbales répétées 😕, durant toute notre discussion je resterai très poli, humble et respectueux 😇, sans toutefois faire la « carpette » ou le Blanc culpabilisé par l’Histoire. Je demande au Navajo pourquoi il ne veut pas nous laisser continuer même en lui payant un droit de passage et il nous donne toutes les raisons qui ont conduit à sa haine des Blancs : les exactions des volontaires de Kit Carson et la « Longue Marche » au XIXe siècle, la spoliation des ressources naturelles, la pollution radioactive suite à l’exploitation de l’uranium, etc. Connaissant l’histoire des Indiens auxquels je me suis intéressé, j’abonde dans son sens et lui montre que je sais de quoi je parle en prenant des exemples et des faits précis. Son agressivité finit par retomber car il est difficile de rester furieux envers quelqu’un qui est de votre avis et montre qu’il vous respecte, mais aussi parce que je lui fais admettre que si un Navajo a peu de choses à voir avec un Iroquois, il en de même pour les Blancs : mes ancêtres cultivateurs en France n’avaient rien à voir non plus avec les volontaires de Kit Carson qui ont affamé les Navajos dans le Canyon de Chelly.
L’atmosphère s’améliore nettement mais je n’obtiens toujours pas l’autorisation de passer. Je continue âprement la négociation avec deux moments qui seront décisifs : d’une part quand le Navajo me parle de son aïeul qui s’était installé dans le secteur pour fuir les Blancs et pratiquer sa médecine, je lui montre sans hésiter un point précis dans le paysage totalement désertique en lui disant qu’il s’était installé là et que nous allons contourner ce secteur pour respecter sa volonté et sa mémoire. Je n’ai pas montré ce point par hasard (n’oubliez pas mes nombreuses recherches pour préparer cette visite) mais c’était quand même un coup de poker qui a fonctionné car je vois que notre homme est déstabilisé et se demande comment cet étranger peut bien connaître le lieu précis d’habitation de son aïeul 😮. D’autre part quand, profitant de l’avantage, je vais chercher un paquet de crêpes bretonnes vanillées que je lui offre pour ses enfants et pour le dérangement, indépendamment du fait qu’il nous laisse passer ou non. Il hésite à accepter ce cadeau, surtout parce que cela pourrait le rendre redevable selon certaines coutumes indiennes, mais il finit par le faire. Quelques minutes plus tard, j’obtiens le droit de passage espéré 🙂, uniquement pour cette fois-ci et avec interdiction formelle de revenir, sinon il mettrait ses menaces précédentes à exécution, menaces valables pour tous les Blancs qui s’aventureraient sur ses terres… Encore un effort supplémentaire et j’obtiens le droit de camper cette nuit, afin que le conducteur citadin inexpérimenté que je suis 😉 ne risque de se perdre ou d’avoir un problème en prenant le chemin du retour dans la pénombre, l’après midi étant déjà bien avancé. Je lui promets de ne pas révéler la localisation des hoodoos que nous allons voir et lui assure que nous entamerons le chemin du retour immédiatement après avoir pris notre petit déjeuner.
Pour le principe plus que pour l’argent, il nous demande quand même un droit de passage mais sans rien préciser, et nous lui donnons chacun 5 $. Nous le remercions chaleureusement pour son autorisation et, quand nous partons, il nous souhaite bonne route et esquisse même un sourire ! Qui aurait pu le prévoir il y a seulement une heure, quand nous avions entamé notre relation sur de mauvaises bases ?
Soulagés de ne pas devoir annuler notre exploration, nous reprenons la piste et arrivons à destination. Nous sommes assez loin du lieu de rencontre avec le Navajo et John pense que nous ne sommes plus sur ses terres (ou alors celles-ci seraient immenses). Mais comment le savoir ?
Nous choisissons notre lieu de bivouac dans un endroit discret et partons immédiatement randonner, car nous avons pris une bonne heure de retard à cause de cette rencontre imprévue. Du coup, nous n’explorons que très peu les alentours et nous dirigeons rapidement vers les hoodoos, surnommés « Duck Rocks », qui ont motivé notre venue dans ce lieu précis.
On les voit d’abord de profil…

… puis par en dessous…

… avant de s’en approcher. Il y a même une petite arche en bonus !

L’endroit est superbe et les deux hoodoos « frères » sont uniques, combinant forme originale et belles couleurs.
Nous restons jusqu’au coucher du soleil pour contempler tranquillement ce spectacle et photographier tout notre saoul, partageant notre joie de pouvoir en bénéficier.




Nous rentrons au bivouac dans la lumière du crépuscule.
John sort une bouteille de Margarita et nous prenons l’apéritif en portant des toasts au Navajo qui nous a finalement autorisés à passer, à Steffen et Isabel que nous connaissons tous les trois, à Tony qui aurait dû être parmi nous ce soir et à Laurent Martrès qui a tellement contribué à notre découverte de l’Ouest. Mes deux amis me portent aussi un toast pour le résultat inespéré de la négociation.
Le repas est joyeux et arrosé de bon vin californien amené par Kent 😎. Nous discutons tardivement sous les étoiles puis décidons d’un réveil bien avant l’aube pour aller voir le lever du soleil sur d’autres hoodoos situés dans le secteur.
Pour une fois, j’ai du mal à m’endormir après cette journée riche en émotions.
JOUR 11 : de Red Canyon à Page
Il fait encore nuit quand nous émergeons de nos SUV. Nous partons randonner dès les toutes premières lueurs de l’aube.
Nous arrivons suffisamment tôt pour nous installer tranquillement afin de voir les premiers rayons du soleil éclairer progressivement cette superbe formation rocheuse, surnommée « Eye of the Needle ».




Nous jetons un rapide coup d’œil aux alentours mais nous ne pouvons pas explorer le secteur durant la matinée, comme je l’avais prévu, car nous avons promis au Navajo de partir immédiatement après le petit déjeuner et, par honnêteté, celui-ci doit avoir lieu à une heure normale.


Le lever de soleil à Eye of the Needle nous ayant beaucoup plu, c’est sans trop de regret que nous rentrons au bivouac. Au petit déjeuner, nous mangeons mon dernier sachet de crêpes bretonnes, ce qui me fera un argument de moins dans le cas d’une autre rencontre difficile avec un Indien.
A 8 h 30 nous roulons sur la piste en direction de la sortie, la promesse au Navajo est donc tenue.
Du coup, nous ne pourrons pas montrer à Kent, comme je l’avais prévu pour cet après-midi, l’autre secteur intéressant de Red Canyon, celui que j’ai été visiter en 2007 et qui comprend d’autres formations esthétiques, comme celle surnommée « Sky City »…


… ainsi que de belles traces de dinosaures.

Sur la piste qui mène à la route goudronnée, nous croisons à nouveau le Navajo qui nous a autorisés à passer et camper, cette fois-ci au volant d’un gros pick-up quasiment neuf (avec des options extérieures tape à l’oeil) qui tracte une remorque. Dessus, sa moto de grosse cylindrée et un puissant quad rutilant. Il semble avoir un niveau de vie supérieur à la majorité des autres Indiens et beaucoup apprécier la technologie de ces Blancs qu’il déteste. Je m’arrête pour le saluer, étant resté sur la bonne impression du sourire qu’il avait esquissé la veille en nous quittant. Mais ce matin son visage est fermé 🙁 et il semble contenir son agressivité. A-t-il trouvé que je lui avais extorqué son autorisation ou bien sa famille lui a-t-elle reproché de l’avoir donnée ? Il reconnaît que nous avons bien tenu parole pour quitter ses terres à l’heure convenue mais me rappelle que cette autorisation était unique et ne sera pas renouvelée, s’il nous revoit ici il mettra ses menaces à exécution. D’ailleurs, il prend en photo les plaques d’immatriculation de John et de Kent avec son téléphone portable « pour se souvenir de leur véhicule au cas où ils reviendraient ». Nous atteignons la route sans rencontrer personne d’autre.
Le programme initial de la journée ayant été sérieusement écourté 😕, nous essayons d’envisager autre chose mais nous sommes quelque peu refroidis pour faire à nouveau du « hors des sentiers battus » sur la réserve navajo. Kent, déjà très satisfait de tout ce qu’il a vu d’original en si peu de temps, préfère retourner chez lui car demain il doit se rendre à Phoenix. Nous convenons d’un rendez-vous le week-end prochain à Escalante 🙂.
Avec John, nous nous rendons à Tuba City où nous passons un certain temps sur Internet dans un Cyber café puis nous allons prendre un lunch dans un restaurant navajo où nous mangeons très correctement.
En début d’après-midi, nous nous rendons à Coal Mine Canyon.
Nous commençons par prendre une piste qui longe le canyon quelques miles à l’est de l’éolienne « repère ». On y trouve quelques points de vue disséminés mais qui valent le détour, même si à cette heure la lumière n’est pas favorable.
Par exemple, ce point de vue vers l’ouest…


… et celui-ci vers l’est.

Nous nous rendons ensuite au point de vue « classique » près de l’éolienne. Je me souviens avoir fait une marche de 2 heures au fond du canyon en pleine journée durant l’été 2001, quand c’était encore autorisé, mais c’était un tel four avec la réflexion du soleil sur les parois blanches que je ne l’avais pas appréciée.
Nous restons nous balader sur le rim pour observer ce joli canyon plein de hoodoos aux couleurs pastel:




Avant de repartir chez lui, à Cortez, John me dit qu’il me contactera quand je serai à Moab, en fin de séjour, pour que nous passions à nouveau une journée ensemble. Je m’en réjouis par avance 🙂. Une dernière photo souvenir et nous prenons la route chacun de notre côté, en direction de Page en ce qui me concerne.

J’arrive à Page en fin d’après-midi où je me décide pour la balade de Hidden Gardens (qui se trouve entre la ville et le barrage), réputée très agréable à cette heure de la journée.
C’est effectivement le cas, la courte balade suit un sentier puis des cairns dans un joli paysage de slickrock où on peut apercevoir un bras du Lake Powell.


Les gardens sont des spots de végétation principalement nichés sous une alcôve qui prend une teinte dorée dans cette lumière de fin de journée.

Je reste jusqu’au moment où les derniers rayons du soleil embrasent le slickrock et en font ressortir les détails.


Après un ravitaillement au Wall Mart de Page, où je m’achète pour le dîner une bonne salade fraîche composée et une glace individuelle Ben & Jerry’s, je quitte la ville et me rends de nuit sur la Cottonwood Canyon Road. Après quelques miles faciles, je retrouve un emplacement de bivouac que j’ai déjà utilisé une année précédente.
Je m’endors en espérant être tiré au sort à la loterie de Coyote Buttes North le lendemain matin.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Retour de Bayahibe (janvier 2010) English translation pending
Bonjour,
Nous sommes repartis à Bayahibé cette année, l'année dernière, il nous avait été prévenu par tél que nous partions un jour plus tard car une escale aux Bahamas avait été prévue au dernier moment, cette année on nous a annoncé à l'agence, pas d'escale, au tour opérator de Roissy ou nous avons été cherché nos billets car à l'agence il ne les délivre plus, juste une convocation, j'ai redemandé s'il y avait une escale, on me répond non, arrivée à l'enregistrement on voit escale à Santiago!!!!!! nous devions partir à 8h55, plus le temps passé plus on nous annonçait du retard, notre arrivée à Bayahibé était prévue heure locale à 15h40, nous sommes partis à 13h40, avons fait un détour par l'Irlande , longeait la coté américaine car il y avait des grèves et interdiction de survoler certains pays, finalement nous sommes arrivés à Bayahibé à 1h50 du matin. On nous a laissé entendre que nous pouvions demander à l'agence des indemnités, est ce vrai? Sinon voyage fabuleux, rencontre avec les locaux, Bopart j'ai porté 30 cahiers, stylos, 2kg de bonbons il faut bien cela et les casquettes, les gosses adorent cela. Les Dominicains toujours aussi adorables et pour une fois pas trop d'Italiens, donc plus de respect ce que nous avons apprécié, on se rend compte malgré tout que la crise est là pour tout le monde, personnel réduit mais service fait convenablement, paysages fabuleux et nouvelle animation à Bayahibé l'Aqua Nautas, le temps était moins bon que l'année dernière à la même époque mais malgré tout chaud. Nous avons rencontré quelques haitiens mais nous n'avons pu les questionner, ils étaient trop éprouvés par ce qui arrive chez eux et nous avons respecté. Les animations le soir au théatre superbes, ainsi que sur la plage et devant le bar principal. J'ai le regret d'informer que ceux qui connaissaient Jean Michel que celui-ci nous a quitté en juillet dernier, c'est sa femme qui tient la boutique, personne adorable qui a accepté que nous la prenions en photo. Et que ceux qui partent après nous n'aient aucune appréhension, nous ne risquons rien, nous sommes bien encadrés et par rapport à Haiti, malgré une réplique que nous avons su plus tard deux jours avant que l'on parte, nous n'avons rien ressenti. Bon voyage donc à vous.
Nous sommes repartis à Bayahibé cette année, l'année dernière, il nous avait été prévenu par tél que nous partions un jour plus tard car une escale aux Bahamas avait été prévue au dernier moment, cette année on nous a annoncé à l'agence, pas d'escale, au tour opérator de Roissy ou nous avons été cherché nos billets car à l'agence il ne les délivre plus, juste une convocation, j'ai redemandé s'il y avait une escale, on me répond non, arrivée à l'enregistrement on voit escale à Santiago!!!!!! nous devions partir à 8h55, plus le temps passé plus on nous annonçait du retard, notre arrivée à Bayahibé était prévue heure locale à 15h40, nous sommes partis à 13h40, avons fait un détour par l'Irlande , longeait la coté américaine car il y avait des grèves et interdiction de survoler certains pays, finalement nous sommes arrivés à Bayahibé à 1h50 du matin. On nous a laissé entendre que nous pouvions demander à l'agence des indemnités, est ce vrai? Sinon voyage fabuleux, rencontre avec les locaux, Bopart j'ai porté 30 cahiers, stylos, 2kg de bonbons il faut bien cela et les casquettes, les gosses adorent cela. Les Dominicains toujours aussi adorables et pour une fois pas trop d'Italiens, donc plus de respect ce que nous avons apprécié, on se rend compte malgré tout que la crise est là pour tout le monde, personnel réduit mais service fait convenablement, paysages fabuleux et nouvelle animation à Bayahibé l'Aqua Nautas, le temps était moins bon que l'année dernière à la même époque mais malgré tout chaud. Nous avons rencontré quelques haitiens mais nous n'avons pu les questionner, ils étaient trop éprouvés par ce qui arrive chez eux et nous avons respecté. Les animations le soir au théatre superbes, ainsi que sur la plage et devant le bar principal. J'ai le regret d'informer que ceux qui connaissaient Jean Michel que celui-ci nous a quitté en juillet dernier, c'est sa femme qui tient la boutique, personne adorable qui a accepté que nous la prenions en photo. Et que ceux qui partent après nous n'aient aucune appréhension, nous ne risquons rien, nous sommes bien encadrés et par rapport à Haiti, malgré une réplique que nous avons su plus tard deux jours avant que l'on parte, nous n'avons rien ressenti. Bon voyage donc à vous.
Inde du Nord: vos coups de coeur? English translation pending
Bonjour à tous,
je me suis beaucoup renseigné sur ce forum à partir des précédentes discutions. Cela m'a aidé pour l'organisation d'un circuit de deux semaines en Inde. Dès lors, je ne vais pas vous demandez vos conseils d'itinéraires en Inde du Nord (déjà plein de discutions 🙂).
En revanche, je veut bien que vous me donniez quels ont été vos coups de coeur hors des sentiers battus qui se trouve près des grandes villes ou bien sur les routes qui joignent ces grandes villes (Dehli, Bénarès, Kota, Orchha, Kota, Bundi, Agra, Jodhpur, Jaipur, Udaipur...).
Il peut s'agir de petites villes, villages, campagnes, des parcs naturels, visites dans des montagnes ou même des quartiers peu touristiques de grandes villes... Toutes sortes de choses à voir ou à faire mais auxquelles on ne pense pas, ou que l'on ne trouve pas forcément dans les guides.
Voilà, j'attend vos réponses avec impatience. 😎
En vous remerciant🙂
je me suis beaucoup renseigné sur ce forum à partir des précédentes discutions. Cela m'a aidé pour l'organisation d'un circuit de deux semaines en Inde. Dès lors, je ne vais pas vous demandez vos conseils d'itinéraires en Inde du Nord (déjà plein de discutions 🙂).
En revanche, je veut bien que vous me donniez quels ont été vos coups de coeur hors des sentiers battus qui se trouve près des grandes villes ou bien sur les routes qui joignent ces grandes villes (Dehli, Bénarès, Kota, Orchha, Kota, Bundi, Agra, Jodhpur, Jaipur, Udaipur...).
Il peut s'agir de petites villes, villages, campagnes, des parcs naturels, visites dans des montagnes ou même des quartiers peu touristiques de grandes villes... Toutes sortes de choses à voir ou à faire mais auxquelles on ne pense pas, ou que l'on ne trouve pas forcément dans les guides.
Voilà, j'attend vos réponses avec impatience. 😎
En vous remerciant🙂