3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Doud2 · 14 avril 2016 à 12:02 · 27 photos 20 messages · 6 participants · 1 075 affichages | | | | 14 avril 2016 à 12:02 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 1 de 20 · 1 045 affichages · Partager Pour échapper à cette semaine sainte, nous avions opté de nous planquer à KIANGAN, iFUGAO. En chemin faisant, nous avions été étonnés par la population en déplacement et le trafic routier: bus, vans, voitures, motos etc Après 12-13h de route, et plusieurs changements, nous finissons par joindre Kiangan ce jeudi saint; ici, nous sommes en montagne, à plus de 300kms de Manille et à 20 de Lagawe, le premier gros patelin. A notre arrivée, en fin de matinée, le village ronronne au soleil qui perce les nuages: l' Office de Tourisme est fermée - ça commence bien - ainsi que un certain nombre de commerce; ça ne sent pas la grosse activité. Pas grand monde dans les rues. L' Auberge de Jeunesse est fermée aussi par une lourde chaine cadenassée, parfaiiittt. Nous continuons notre progression mais peu d' indications comme souvent. Devant un Sari-Sari store, deux dames agées sont assises et bavardes. - Où allez-vous comme cela ? demande l'une. - nous venons d'arriver et nous cherchons un hébergement - on lui répond - nous avons bien quelques adresses, le Luz Martin Homestay et le Crystal lodge quelque chose comme cela...et l'auberge des jeunes est fermée. Elle se lève, crache un jet de moma rougeatre dans la rue et décide de nous accompagner. - j' ai une grande maison et je suis seule dit-elle. Au Luz Martin, personne: les proprios sont partis en pique-nique sur les bords du lac Ambuwaya. Et l' autre est en rénovation. - j' ai une grande maison et je vis seule - dit encore Mamy - je suis séparée de mon mari, mes filles vivent aux USA et mon fils est quelque part vers Bayombong, je vous offre le couchage; ça ne me dérange pas. Une seule chose: je ne vous fais pas à manger; pour manger, vous vous débrouillez. Nous allons voir sa maison, une maison en bois qui a connu des moments plus fastes et qui commence maintenant à montrer des signes de fatigue, ceci dans un jardin fleuri. Les CR sont à l'extérieur dans la cour et la robinetterie n'est plus opérationnelle; la salle de bain, idem, la toilette se fait au tabo mais nous avons l'habitude depuis le temps. Il n' y a plus d'eau courante, la faute à une conduite éclatée quelque part et incessamment réparée mais les bidons, les bleus vous savez, sont remplis à raz. Une terrasse simple sur l'arrière donne sur la vallée et les rizières. Nous acceptons son offre. Mamy parle bien anglais avec l'accent de la montagne, un peu rrroulant et pour cause elle est ancienne institutrice du village. Elle porte un joli nom indigène et prétend avoir 80 ans. Elle se ressaisit: '' etes-vous mari et femme, car je ne reçois pas de couple non marié sous mon toit? " Sacré catho filipin... elle est obligée de nous croire sur parole faute de pouvoir présenter notre contrat de mariage. - allez faire un tour dans le village, je vais préparer votre chambre, faire les poussières. Dans le village, pas grand chose à se mettre sous la dent; quelques marchandes de fruits et légumes et quelques sari-sari. Des gens nous disent: bienvenue en IFUGAO et cela nous touche. un café et quelques gateaux, une banane feront l' affaire pour ce midi. A notre retour, la chambre est prête et Mamy nous fait ses recommandations sur les fermetures des portes, l'électricité, nous donne les clefs etc... elle nous confie sa maison, en sorte. Les 2 portes principales sont ornées de cranes traversés de tiges végétales comportant des morceaux de foie séché, objets protégeant la maison et éloignant les mauvais esprits; après cela, est-il nécessaire de fermer les portes à clef ? mamy connait pas mal de chose sur le coin et nous donne les premiers renseignements que nous cherchons. Après un peu de lessive, nous consacrons notre après-midi à la découverte des rizières de Bae toutes proches et de la cascade de Utuh ou Uto où des jeunes s'amusent; ce ne sont pas les plus belles du coin et la luminosité n' est pas très bonne. Ce soir, ce sera salade composée sur la terrasse; Mamy nous a fourni une petite table et deux chaises, la nuit tombe. Nous commençons à nous sentir chez nous. Nous n'allons pas trainer, nous sommes morts. Merci Mamy.
B Images attachées: | | | À: Doud2 · 14 avril 2016 à 13:53 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 2 de 20 · 1 021 affichages · Partager j'espère que tous ceux qui cherchent de l'authentique s'inspireront de ton post ! | | | À: Doud2 · 14 avril 2016 à 15:41 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 3 de 20 · 934 affichages · Partager Bravo!!!! Comme quoi la foi de la mamy  en voulant fuir la chrétienté  et ses dévotions, vous a épargné une nuit à la belle étoile  .....bande de mécréants! Lol....... Attention la prochaine fois ne pas oublier l'original du livret de famille attestant que vous ne vivez pas dans le pécher  Lol | | | À: Cottetcottet · 14 avril 2016 à 21:42 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 4 de 20 · 918 affichages · Partager en fait, c'est le but. Nous avons rencontré les gens du village, certains semblaient désolés du peu d'intérêt porté à Kiangan. C'est vrai, tout le monde fonce à Banaue, Sagada etc sans s'arrêter ici. Les rizières de Nagacadan et Julugan sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO et possèdent des atouts, dommage. En 3 jours, nous avons fini par croisé 2 white faces, suisses allemands et quasiment pas de philippins en voyage. Et là, le contact a été fantastique, tout différent des hauts lieux touristiques. Quand j'ai eu la faiblesse de dire que j'écrivais dans VF (j'avais expliqué ce que c'était), on m'a demandé d'écrire sur Kiangan. Voilà, voyageurs en recherche de chemins détournés, ce lieu est pour vous.
B | | | À: Doud2 · 15 avril 2016 à 13:54 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 5 de 20 · 903 affichages · Partager Le lendemain, c'est vendredi saint, temps nuageux avec éclaircies. Notre premier objectif est prendre le petit dej, et le seul restaurant du coin digne de ce nom (car il a des tables et des chaises) chez Sam ou Sam's restaurant restera fermé. Nous finirons par le prendre ce dej sur un coin de planche autour du Marché. C'est là que nous rencontrerons Elma, la proprio du sari store. Elma, elle sait pas mal de chose sur le quartier: elle nous file des tuyaux et nous montre des photos sur son ordi; car Elma, elle a un portable dans sa petite boutique, oui. Elma est étonnée de nous voir là, mais emballée aussi et nous encourage à tout visiter. On promet de se revoir. Mamy Estela est debout depuis l'aube, elle ne mange rien, épaisse comme un doigt et chique toute la journé; et crache autant. Quand nous lui demandons ce que cela lui apporte de chiquer, elle nous répond que c'est bon pour les dents. La preuve, elle en a presque plus, de même pour ses copines. C'est leur culture. Mamy Estela nous encourage à assister à un ''wedding'' car avec les vacances de Paques, il y a beaucoup de mariage dans la campagne en ce moment et tout le monde est invité grace à un affichage public: avis, la population est invitée au mariage de Mr et Mrs...tel jour à tel heure et à tel endroit, vrai. Pour l'heure, notre plan du jour est de faire une rando vers Maggok en abordant les rizières en terrasse de Nagacadan, classées par l'UNESCO. Pour cela, il faut se faire déposer par tricycle à 3kms à Belong junctiun pour 75p pour deux puis descendre le chemin à droite vers Nagacadan. De là, il faut traverser la rivière par un joli pont couvert et remonter en face, croiser un village, poursuivre en longeant la jungle, belle végétation. Peu de chance de se tromper en suivant le chemin principal, facile. Il fait très lourd et en deux heures, nous atteignons le col sans croiser personne et basculons du côté de Maggok; nous finissons en nage. Surprise, de l'autre côté du col, nous trouvons une large voie taillée à flanc de montagne, dans un coin perdu... Un peu plus loin se trouve un view-deck en béton, nous nous arrêttons là pour le casse-croute et la vue: des montagnes, des montagnes à perte de vue, impressionnant. On peut apercevoir quelques maisons plus bas, Maggok sans doute; et plus loin, Hungduan, joignable à pied pour ceux que cela intéresse. Nous n'irons pas plus loin, il fait vraiment trop lourd. En 1h 45, nous serons de retour. A Belong, assoiffés, nous commandons deux cokes; le jeune tenancier du sari store nous dit: vous êtes français ? je reconnais votre language. Et là, il nous raconte son histoire. Il avait passé 2 années à Bruxelles à tenter des études et connaissait la France. De la France, il connaissait surtout TAIZÉ (communauté monastique chrétienne oecuménique) près de Macon; il avait passé là 2 mois en prière, chant et méditation. De l'Europe, il retenait la propreté (cleanliness) et les bonnes routes. Il avait fini par arréter ses études; il était natif de Kalinga, quel parcours ! Retour vers le village à pied, faute de tricycle; nous passons devant le Kiangan shrine (mémorial de guerre sur le lieu de la reddition du gral Yamashita, il sera pendu peu après pour crimes de guerre) et le Ifugao museum que nous ne visiterons pas, la journée étant déja chargée. Vendredi Saint oblige, un grand chemin de croix est dressé dans le village...en tant que mécréants, nous ne le suivrons pas. Mamy Estela est peu visible, elle disparait puis réapparait d'un seul coup sans bruit; nous la trouvons parfois accroupie au sol dans sa salle à manger, devant la grande table, elle fait du crochet pendant des heures. Elle a le temps de nous raconter qu'elle était partie vivre chez ses filles aux USA, mais enfermée toute la journée dans des logements sans voir personne car tout le monde part au boulot, elle n' a pas tenu le coup; elle est revenue en Ifugao, ça se comprend. La montagne lui manquait.
A la tombée de la nuit, les barbecues s'installent dans les rues avec les traditionnelles brochettes d'intestins de poulet ou de pattes de volaille (5 pesos only) ainsi que de petits poussins cuits, de teinte rougeatre servis dans un gobelet comme une douceur, nous n'avons pas tenté ces derniers. Pour le poisson: ti lapia ou bangus grillés au choix. Nous avons fini par trouvé des lumpias. Ce soir, sur notre terrasse, ce sera lumpias-crudités-fruit avant que la pluie nous chasse.
B Images attachées: | | | À: Doud2 · 15 avril 2016 à 17:25 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 6 de 20 · 886 affichages · Partager Passionnant ton reportage Bernard, a bientot de lire, le troisiéme jour de ta sainte semaine! Bonnes* photos too ! Merci! | | | À: Zebududonpap · 15 avril 2016 à 19:40 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 7 de 20 · 873 affichages · Partager tu as de la chance Diego, il n' y a que 3 jours à cette semaine sainte   j'ai regardé la docu sur Ayala et Sy, toujours intéressant j'aime bien aussi Lucio Tan (Allied Bank, PAL, Tanduay etc) particulièrement corrompu - diton - et ayant corrompu beaucoup de monde glups B | | | À: Doud2 · 16 avril 2016 à 19:06 · Modifié le 16 avr. 2016 à 19:25 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 8 de 20 · 847 affichages · Partager Kiangan se situe à 1200m d'altitude et le samedi, c'est jour de grand marché. Les paysans descendent des environs en amenant leur produit et pour faire les courses; c'est très animé et coloré. Ca bouge enfin ! Nous n'avons toujours pas rencontré de visages pâles dans le coin, nous devons être les seuls sans doute. Nous croisons beaucoup de femmes agées pliées en deux; après une vie entière consacrée aux rizières, elles ne peuvent plus se redresser. Sacré travail ! Nous trainons là pour nous imprégner de l'atmosphère et goûter aux spécialités. Les prix sont donnés, on se demande comment les vendeurs peuvent s'en sortir. Ce pays, quand les vrais prix sont pratiqués, est étonnamment bon marché, pas de doute. Sans compter les cadeaux: - " je te le donne. et pourquoi tu me le donnes ? parce que c'est cadeau (gift) ". Des gens souvent étonnants. Et de belles photos à faire. Plus tard, il est prévu d'aller au mariage vers le hameau de PULITANG, à quelques kilomètres, dans les rizières en terrasses de Julungan, classées aussi à l'UNESCO. Le temps est un peu couvert mais il ne pleut plus. Elma a décidé de nous accompagner. Hate d' y être, il parait qu' il y aura des danses indigènes. Images attachées: | | | À: Doud2 · 16 avril 2016 à 19:51 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 9 de 20 · 841 affichages · Partager Super!  , j'aime aussi cette complicité, merci de la partager, je ne peux le faire! | | | À: Doud2 · 16 avril 2016 à 20:39 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 10 de 20 · 835 affichages · Partager Coucou !  Je viens moins souvent.....mais lorsque ça m'arrive, je ne manque pas de te lire. Pas déçue  Ce sont ces récits qui donnent envie. Simples....Racontés simplement.... Le voyage....
Je te salue humblement. Bises. Sabina | | | À: Sabinamgf · 16 avril 2016 à 21:47 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 11 de 20 · 828 affichages · Partager Coucou !  Je viens moins souvent.....mais lorsque ça m'arrive, je ne manque pas de te lire. Pas déçue  Ce sont ces récits qui donnent envie. Simples....Racontés simplement.... Le voyage....
Je te salue humblement. Bises. Sabina
he je suis content que tu sois passée par là  bises B | | | À: Doud2 · 17 avril 2016 à 1:52 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 12 de 20 · 817 affichages · Partager Tu nous mets l'eau a la bouche. Ce sera donc un de nos prochain deplacements. Amities et grosses bises a vous deux. Denis & Co | | | À: Doud2 · 17 avril 2016 à 15:15 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 13 de 20 · 797 affichages · Partager Vers 11heures, nous avons pris la direction de Pulitang, avec Elma et sa fille, une gamine malicieuse; le tricycle nous a déposés sur la route au niveau de Imbintoc et là, nous n'étions pas tous seuls, il y avait déja du monde. Nous sommes descendus vers les rizières de Julungan, il suffisait de suivre les gens qui se rendaient au mariage par le sentier. Nous entendions de loin résonner les gongs ifugaos nommés aussi gangsas. Nous avons traversé un ruisseau, puis de l'autre côté, entamé une petite escalade et rapidement nous avons atteint un groupe de maisons: ici était Pulitang. Une espèce de grande tente circulaire était dressée sous laquelle des hommes et des femmes, parfois des enfants dansaient au son des gangsas. Tout autour des gens étaient assis, certains derrière des tables, très sérieusement comme derrière un bureau de vote; posées sur les tables, des jarres pansues en terre cuite. En deuxième rideau, des gens debouts ou accroupis regardaient, ça faisait du monde, en final.
Tous les quatre, nous nous sommes mis dans un coin et nous avons regardé: c' était captivant et intriguant, ces danses et le son des gongs étaient captivants. Des gens passaient, surtout les femmes, nous touchaient le bras en nous disant '' Bienvenue à IFUGAO '' ou encore '' Bienvenue à la Montagne''. Très vite, nous nous sommes retrouvés avec des gobelets de rice wine dans les mains. Le vin de riz, c'est la boisson des festivités ici. J'aime ça le vin de riz, je l'avoue, quand il est doux avec un petit goût de fumée.
Il y avait un aboyeur derrière un micro, il animait la fête: il appellait à la danse les représentants des différentes communautés, celles de Banaue ou de Hungduan ou encore les représentants des différents barangays ou puroks. Parfois, cela faisait beaucoup de danseurs...parfois un seul danseur, cela dépendait. La durée de la danse était assez courte. Les gens étaient habillés simplement, comme tous les jours mais beaucoup portaient des chaussures de montagne; de rares personnes étaient vétues d'habits traditionnels. Dans la danse, on pouvait noter des variantes suivant les villages; parfois les gestes pouvaient êtres plus vifs, plus appuyés. De même, il y avait des variantes entre les gestes des hommes et des femmes. Il y avait une nette ressemblance avec les danses des Indiens d' Amérique du Nord, me semblait-il. Nous avons fini par repérer les mariés, en fait ils étaient assis très discrètement dans un coin parmi la foule. Il y eut aussi la danse des councilors puisque on était en période électorale, ainsi que la danse des seniors citizens, celle aussi des jeunes etc Puis, l'animateur a annoncé la danse des ''visitors''; nous avons compris que cela nous était destiné et en tant que visiteurs, nous étions deux. Les gangsas ont commencé à résonner et on nous a pressés vers la piste, un ou deux danseurs nous ont accompagnés pour nous guider. Nous avons dansé pour les mariés du mieux possible et nous n'avons pas semblé ridicules; non, non, l'assistance ne s'est pas moquée, nous avons reçu aussi quelques remerciements. Traditionnellement, après la danse, on s'approche d'une table, on inscrit son nom sur un cahier et on fait un don, participant ainsi aux frais causés par la fête; puis on repart...avec un verre de vin de riz car les grandes jarres posées sur les tables en sont remplies. Est venu aussi le temps de la danse des mariés: les mariés n'étaient pas n'importe qui, un couple de 35-40 ans, classieux, distingués. Ils n'avaient pas les traits rudes des montagnards. Elle portait une jolie robe courte et élégante de couleur crème et...des talons hauts assortis, lui était habillé sobrement avec une chemisette à col ouvert. Très étonnant.
Elma s'est approchée et a dit que le lunch allait être servi. Ah bon, il y a aussi un lunch? Le lunch était servi à deux endroits distinctifs pour éviter la cohue. Tout le monde se mettait en file indienne sagement, chacun son tour. Nous avons été servis d'un énorme assiette contenant du riz, pancit, quelque chose indéterminée cuite au sang, un gros os avec de la chair (sans doute du boeuf). L'assiette étant en carton, nous nous sommes evertués à ne rien renverser, puis à manger debout avec les doigts en faisant des boulettes. Pas commode. Quelqu'un nous a attirés vers un coin de table dans une maison, c' était mieux. Une autre personne a distribué quelques cuillères en plastique et là c'était le luxe mais beaucoup d'invités mangeaient avec les doigts. A notre assiette est venu se rajouter un gobelet de bouillon gras mais ce fut trop pour nous. Nous n'avons pas pu finir nos assiettes, trop copieux. Et les danses avaient repris, les gens semblaient très attachés à leur danse traditionnelle, cela nous a surpris. C' était aussi très émouvant de les voir danser, je ne sais pourquoi. Il se programmait maintenant quelques morceaux de musique moderne, alors l'animateur annonçait en roulant les R: maintenant un morceau de RRRock Music. Nous avons commencé à songer à repartir, l'après-midi était bien entamé et des visiteurs prenaient le chemin du retour. Nous avons traversé de nouveau les rizières de Julungan: ces rizières présentent de nombreux rochers noirs de type volcanique, ce qui donne un aspect particulier. Moins étendues que leurs voisines, elles avaient un côté plus intime. Revenus sur la route, il n' y avait plus de tricycle, alors avec Elma et sa fille, nous avons attaqué le retour vers Kiangan à pied. Une superbe journée: nuageuse mais il n'avait pas plu. Images attachées: | | | À: Doud2 · 18 avril 2016 à 10:46 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 14 de 20 · 768 affichages · Partager Sur la route, nous avons atteint Imbulic-lic stone , un énorme rocher posé dans un virage; nous avons payé une taxe et nous avons grimpé les marches jusqu'au sommet, de là il y avait un joli point de vue sur la vallée et les rizières. Nous avons bavardé un peu avec de jeunes touristes filipins avant de redescendre. C'est à ce moment-la que nous avons rencontré un couple de Suisses allemands, les premiers occidentaux depuis 3 jours: ils avaient choisi l'option location de voiture et en étaient ravis; ils logeaient au Lena's pension une pension dont nous ne soupçonnions pas l'existence.
Sur le chemin du retour, une voiture nous a embarqués et conduit jusqu' à Kiangan, nous épargnant les derniers kms; des pick-ups passaient avec des gens endormis sur la plateforme: les festivités et le vin de riz faisaient leur effet.
Elma voulait nous faire découvrir le rocher de Duit, nous avons pris un tricycle et nous avons fini par joindre Duit stone par un chemin un peu défoncé. En réalité, il s'agissait d'une colline rocheuse très abrupte, assez difficile à gravir. Sortant de la végétation, nous avons atteint le sommet en compagnie de quelques villageois; du sommet, on avait une vue à 360 degrés sur le voisinage, un bel endroit étrange. Les rochers présentaient à cet endroit des anfractuosités dont certaines semblaient aménagées. Pouvait-il s'agir d'un lieu sacré, d'un sanctuaire ou tombeaux? Elma n'en avait pas connaissance. Elle avait entendu dire que des combattants s'etaient réfugiés ici lors de la dernière guerre mondiale. Nous sommes redescendus prudemment par l'autre versant, nous avons traversés des plantations de tomates et autres légumes et Elma nous a conduits à sa maison, elle habitait par là. Elle aurait aimé que nous dormions chez elle mais c'était un peu difficile, un peu loin de tout. La journée se terminait, bien remplie.
Le dimanche, nous nous sommes levés tôt, nous avons bouclé nos sacs à dos, nous avons fait un dernier tour de la maison qu'il fallait quitter. Nous avons recherché Estela, elle était déja accroupie au sol dans la salle à manger à crocheter. - vous partez, elle a dit impassible. - nous partons pour Banaue...combien on te doit pour le séjour? - vous me devez rien, c'est gratuit, je vous l'ai déja dit. - oui mais il y a l'eau, le courant, les draps... Nous avons développé des arguments...elle a regardé le billet que nous avions préparé, alors elle a accepté. Elle s'est relevée, toujours digne, elle nous a serré dans ses bras et elle nous a dit: que dieu vous protège ! Au dessus de la porte, en sortant il y avait le crane qui nous avait protégés aussi sans doute. Estela, il me semble, n'est pas sortie, elle est restée dans la maison. Nous sommes partis sans nous retourner, un peu émus, le village était encore endormi. Nous avons laissé derrière nous les Alluwac, les Indungdung, les Aginaya, les Kindipan, tous ces beaux noms indigènes...
Voilà voyageurs, si vous cherchez à sortir des chemins battus, ces endroits vous attendent.
ps hébergements:
- Kiangan youth hostel - Lena's Pension House - Kiangan Viewpoint Homestay - Luz Martin Homestay - Jo & Son's Store & Homestay.
B Images attachées: | | | À: Doud2 · 18 avril 2016 à 20:42 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 15 de 20 · 752 affichages · Partager Bernard Lopez :Rendez vous en terre inconnue, une parenthèse inattendue! | | | À: Zebududonpap · 18 avril 2016 à 22:10 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 16 de 20 · 744 affichages · Partager Bernard Lopez :Rendez vous en terre inconnue, une parenthèse inattendue! 
Moqueur en plus! le Diego  je pourrais avouer que je m'en suis inspiré mais pas possible car on n'a pas la tv car on n'a pas l'électricité en France profonde  | | | À: Doud2 · 19 avril 2016 à 11:23 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 17 de 20 · 733 affichages · Partager | | | À: Zebududonpap · 19 avril 2016 à 15:30 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 18 de 20 · 719 affichages · Partager c'était pour dire une bétise  ça a été dur, j'écris avec un doigt parfois deux  Kiangan, un bel endroit, pourtant bien noté par le LPlanet, peu visité, ayant du potentiel et...bon marché il manque un endroit oú manger correctement as-tu un copain qui voudrait monter un truc? | | | À: Doud2 · 21 avril 2016 à 10:31 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 19 de 20 · 696 affichages · Partager | | | À: Doud2 · 4 décembre 2016 à 1:44 Re: 3 jours à tuer pour la Semaine sainte: Kiangan, Philippines (récit) Message 20 de 20 · 531 affichages · Partager Mabuhay, Merci Bernard, quel régal de lire ce post. ! De belles journées d’évasion en perspective, loin des itinéraires surbalisés ! Djo | Discussions similaires sur les Philippines: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 990 visiteurs en ligne depuis une heure! |