J'avais organisé mon séjour au préalable avec l'agence Travel Notoria au travers de nombreux échanges de mails avec son responsable, Artem, qui parle français. Depuis le temps que je tournais autour et que j'en avais envie, j'ai donc fini par aller au
Turkménistan.
AsghabatPaytagt Hotel. Aucune idée du prix : les 2 nuits que j'ai passées dans cet hôtel étaient incluses dans le coût total (550€ sur 6 jours). Commençons par l'aspect logistique : le Paytagt est très bien situé, ma chambre était petite et présentait quelques défauts, mais elle était propre et le ménage était fait tous les jours. Le petit déj n'était pas compris, je suis allé le prendre dans un café situé juste en face sur le grand boulevard, c'était très bien.
La ville maintenant : surréaliste, comme je l'imaginais. Une partie sud faite de bâtiments en marbre blanc où pas grand monde ne semble travailler et encore moins vivre. Je me demande combien de ces bâtiments servent réellement. Au nord, les gens, loin de tous vivre dans des immeubles en marbre blanc. Des policiers partout autour des bâtiments officiels. Des trottoirs où il est interdit de marcher (devant la présidence par exemple). Pas mal de travaux car Asghabat accueillera les jeux asiatiques en 2017. Evidemment, ils feront les choses en grand.
Cette ville est donc délirante, mais on peut s'y balader très facilement : le bus ne coûte que 0,20 manat (soit... 5 centimes), donc je montais dans le premier qui passait, je voyais où il m'emmenait et je changeais quand je n'étais pas satisfait. Pas de ticket, l'argent se donne au vendeur en descendant. A part le bus, pour moi qui venais d'
Iran, les prix n'étaient plus du tout les mêmes. Quelques restos et pubs cités par le LP n'existent plus (ou alors je suis complètement débile car je ne les ai pas trouvés). J'ai passé une soirée au British Pub et une autre au "Domino Karaoké", en face du centre commercial Yimpas. Il faut savoir qu'à Asghabat, tous ces endroits festifs ferment à 23h. Après, c'est à la maison ou en boîte. Il faut savoir aussi qu'à part au Sofitel (qui possède également un ATM qui accepte au moins les Visa), je n'ai pas trouvé de wifi. Alors je n'ai certes pas cherché comme un damné, mais de ce qu'on m'en a dit le wifi n'est pas très répandu, pour des raisons que chacun comprendra. Il y a plus de portraits du président actuel (et de statues de l'ancien) que d'accès wifi à Asghabat.
TurkmenbashiJ'avais ensuite décidé de passer 2 jours au bord de la Caspienne. Le programme avait été défini avec l'agence turkmène bien avant mon arrivée. J'avais préféré la ville de
Turkmenbashi à la 'station balnéaire' (nouvellement créée)
Avaza. Pas une idée de génie car j'étais à l'hôtel
Turkmenbashi, un peu éloigné de la ville. J'ai quand même été visiter
Turkmenbashi pendant une après-midi : ça ne m'a pas semblé très captivant. J'ai donc passé deux soirées dans mon hôtel... surréaliste, évidemment : il est énorme (comme le Kochar, cité par le LP), doté d'une piscine et de courts de tennis qui n'ont probablement plus servi depuis longtemps (en espérant qu'ils aient servi au moins un jour). Pareil pour la salle de fitness. Pareil pour le wifi, bien sûr : "nié rabotaït" ("il ne fonctionne pas" en russe, car personne n'y parle vraiment anglais). Le restaurant est ouvert, il est plutôt bon. J'y ai mangé seul le premier soir, dans une salle de peut-être 100 places où les tables étaient toujours soigneusement dressées, pour un prix correct : entre 7 et 10 euros pour une salade, un plat et une boisson. Le second soir, on était une poignée. Forcément, avec une telle activité, on se demande pourquoi ils ont été construire cet hôtel énorme. En tout cas la chambre était vaste, avec la clim, mais la (seule ?) télécommande pour la régler est entre les mains d'un technicien.
Expérience très étrange, donc. Je n'étais pas le seul client, mais je pense quand même que le personnel de l'hôtel était plus nombreux que les clients ! Pour ceux qui seraient amenés à séjourner au
Turkmenbashi Hotel, mettez-vous un livre ou quelques films/séries de côté, ça vous occupera. Ou sinon il y a la télévision dans les chambres, avec l'impayable journal télévisé tout entier dédié à la gloire du président. C'est à voir, vraiment !
AvazaJ'y ai passé une journée.
Avaza n'est pas vraiment une station balnéaire, plutôt une succession de grands hôtels (et encore plus en construction) ayant chacun leur petit bout de plage et leur piscine. On ne déambule pas à
Avaza comme on déambule sur la Promenade des Anglais : on choisit l'hôtel où on passera la journée. Il y a bien des bouts de plage publics, mais sans aucune infrastructure. J'ai donc choisi, au hasard, l'hôtel Serdar : j'y suis entré, on ne m'a rien demandé ; je me suis installé au bord de la piscine, on ne m'a toujours rien demandé ; j'en suis reparti, on m'a laissé faire. J'ai simplement été déjeuner dans leur restaurant, qui était bon.
Evidemment, les hôtels d'
Avaza sont énormes. Evidemment, ils sont loin d'être remplis. Pourtant, ils en construisent davantage. Allez comprendre ! Je me souviens avoir lu ici même le récit d'un forumiste qui avait passé une semaine sur la Caspienne à
Avaza. S'il passe par là, qu'il m'explique ce qu'il avait fait pour s'occuper pendant tout ce temps, je serais curieux de savoir.
NohurPetit village situé dans les montagnes, avec de l'autre côté l'
Iran. J'y ai passé une nuit dans une famille sélectionnée par l'agence. Communication impossible entre nous, dommage. Pour une fois que je me retrouvais seul avec une vraie famille turkmène ! Nohur est un village intéressant, déjà parce que la police n'y est pas présente, ensuite parce que ses habitants parlent un dialecte que les autres turkmens ne comprennent pas, enfin parce qu'ils ont comme tradition d'apposer des cornes de chèvres sur leurs pierres tombales. Quant à la famille choisie par l'agence, certes le confort était sommaire (matelas posé à même le sol), mais il y avait des toilettes, une douche et les repas étaient copieux.
En conclusion de cette courte découverte du
Turkménistan (6 jours), je reste sur mon image initiale d'un pays très étrange. Détail intéressant : personne n'est venu me parler. Quand j'ai pris le bus seul, quand j'étais seul dans les hôtels, personne n'est venu discuter avec moi. C'est à peine si j'ai pu arracher un ou deux sourires aux filles de la réception dans les hôtels. Non que je sois quelqu'un de particulièrement intéressant, mais c'est vraiment très différent des autres pays d'
Asie centrale. Sans parler de l'
Iran, d'où je venais avant d'arriver au
Turkménistan. Autre chose : je pensais qu'il n'y avait plus de Russes au
Turkménistan. Erreur, en tout cas à Asghabat.
Ce pays m'intriguait, j'y suis allé (très peu de temps, encore une fois) et je ne pense pas que j'y retournerai. Mais c'est une expérience !