Dépêche AFP de ce 25 mars.
Le séisme de magnitude 6,8 qui a frappé l'Est de la
Birmanie jeudi a fait au moins 75 morts et plus de cent blessés, selon un bilan provisoire qui risque d'augmenter lorsque les secours parviendront à accéder à certaines zones pour l'heure inaccessibles.
La secousse est survenue en plein triangle d'or, aux confins de la
Birmanie, de la
Thaïlande et du
Laos, une zone montagneuse difficile d'accès mais théâtre d'un très actif commerce transfrontalier.
Elle a été particulièrement violente dans des communes situées entre les villes de Tachilek et Kengtung, d'où proviennent pour l'instant toutes les victimes birmanes, et d'où les informations ne parviennent qu'au compte-gouttes.
Le bilan en
Birmanie est monté à plus de 74 morts et environ 110 blessés dans cinq communes distinctes, dont celle de Tarlay et Mine Lin, particulièrement touchées, a indiqué une source birmane à l'AFP sous couvert de l'anonymat.
«Selon nos informations, plus de 130 bâtiments se sont effondrés», a-t-elle ajouté en craignant que le bilan ne s'aggrave encore. «Nous essayons d'atteindre les zones isolées (...). L'armée, la police et les autorités locales veulent chercher des blessés dans les zones affectées mais les routes sont toujours coupées».
Côté Thaïlandais, une femme de 52 ans a été tuée dans le district de Mae Sai, à proximité de la frontière, selon la police locale.
L'épicentre du séisme, qui s'est produit à une profondeur d'une dizaine de kilomètres, a été localisé par l'Institut de géophysique américain (USGS) à 90 kilomètres au
nord
Chiang Rai (nord de la
Thaïlande), en territoire birman.
Chris Herink, directeur en
Birmanie de l'organisation humanitaire World Vision, qui dispose d'une trentaine d'employés dans la zone, a indiqué que des répliques s'étaient poursuivies dans la matinée.
«Il ne me semble pas y avoir de dégâts d'infrastructures catastrophiques bien que beaucoup de bâtiments soient fissurés (...). Mais les zones rurales sont sources
d'inquiétude», a-t-il expliqué à l'AFP par téléphone depuis Rangoun. «Il y aura d'autres mauvaises nouvelles au cours de la journée, je le crains».
Le séisme a été ressenti dans une zone très étendue, provoquant des scènes de panique même si seules la
Birmanie et la
Thaïlande ont fait état de victimes.
Des secousses ont été perçues dans des immeubles élevés de
Bangkok.
Naypyidaw, la capitale birmane, située à plusieurs centaines de kilomètres plus au sud, et
Mandalay ont aussi un peu tremblé, de même que
Vientiane.
A Louang Namtha, dans le nord du
Laos, «ça a tremblé un peu, peut-être pendant deux minutes», a indiqué Adrian Schuhbeck, employé de la coopération allemande.
Au
Vietnam, les secousses ont été ressenties à
Hanoï ainsi que dans plusieurs localités du nord, dont la petite ville montagneuse de
Dien Bien Phu, à 350 kilomètres de l'épicentre. «Plusieurs grands bâtiments ont tremblé dans le nord du
Vietnam et à
Hanoï et cela a provoqué une certaine panique chez les gens», a précisé Le Huy Minh, directeur adjoint de l'Institut national de géophysique.
La Radio nationale de
Chine a confirmé pour sa part que le séisme avait été ressenti dans la province du Yunnan (sud-ouest). Il a provoqué des fissures dans des maisons et des écoles, les craintes de réplique poussant de nombreux habitants à passer la nuit dehors.
Le séisme est intervenu 13 jours après celui qui a déclenché au
Japon un tsunami destructeur, qui a fait un total de 27.000 morts et disparus, selon le dernier bilan.
Mais
Birmanie et
Japon se trouvent sur des plaques tectoniques différentes et les deux séismes ne sont probablement pas liés. Aucun avis d'alerte au tsunami n'a été émis, la secousse tellurique s'étant produite loin à l'intérieur des terres.