Dumela (c'est sesotho ?),
un grand MERCI pour ces magnifiques photos : le jeune batteur, me semble-t-il, est en train de devenir un nouveau Louis Moholo

, pour moi
the best drummer ever de l'
Afrique du sud (
en.wikipedia.org/wiki/Louis_Moholo
) et un des meilleurs du monde, vécu plusieurs fois en concert. Le seul un peu triste à voir sur les photos, c'est que ces gamins se caillent les meules. Brrrrrrrrrrrrrr...

J'ai recherché un peu : dans Nketia 1974, on ne trouve rien (un classique du genre certes mais a entre-temps "commencé à rouiller"). Il traite bien les vièles monocordes mais ne mentionne que telles de l'
Ethiopie, de la zone de savane ouest-africaine (chez les Wolof/
Sénégal, les Sonraï/Tombouctou-Mali, les Djerma/Niger, les Dagomba/
Ghana) et de l'
Afrique de l'est (
Tanzanie,
Ouganda,
Kenya). Dans Arnaud/Lecomte 2006, la
segankuru est mentionnée et attribuée sans équivoque au peuple tswana.
Mais même parmi le peuple tswana, les divers (sous-)groupes ont leur propre nom pour cet instrument. Donc, il y a aussi la
segaba, la
dinudi, la
siwumba et la
sebinjolo. A l'extérieur du peuple tswana, la situation est pareille : tout groupe ethnique a son nom pour cette vièle monocorde. Les Zulu disent
isicelekeshe, les Daramara
gorita, les Xhosa
ikatari et les Mpondo
isigankuri. "
The only plausible explanation of this differentiation in naming the same musical instrument is ethnosemantics, that is, different communities and societies would have their own vocabulary in identifying the various musical instruments, and these may be used for more than one instrument." (Phuthego 1999 : 121) Bon, je vais continuer car les cordophones africaines m'intéressent très particulièrement...
Si vous arrivez à trouver et ouvrir Dargie 1986, regardez les photos 15 (
ikatari), 16 (
gorita) et 18 (
igitali, la "guitare"). Intéressant ! (désolé, je ne trouve plus le lien ; c'est un docu pdf)
Pour redonner juste un peu, j'ai trouvé une belle photo qui décore la reliure d'un livre dans ma bibliothèque : la photo montre un travailleur migrant mozambiquain (du peupe tsonga possiblement) dans une mine sud-africaine. Cet homme fait de la musique avec un
chipendani, un arc-en-bouche (monocorde), qu'il joue avec la bouche et! avec une baguette. La photo a été prise au
Transvaal...
Références :
Arnaud, Gérald/Henri Lecomte (2006).
Musiques de toutes les Afriques.
Paris : Fayard.
Nketia, Joseph H. Kwabena (1974).
The Music of Africa.
New York : Norton.
Brearley, John (1996). "The Segankuru – a 'Bush Fiddle' or a Bowed Bow? Some of its Exponents and their Songs",
Botswana Notes and Records, vol.28 : 121-144.
Dargie, Dave (1986). "Musical bows in Southern Africa",
Africa Insight, vol.16,1 : 42-52.
Phuthego, Mothusi (1999). "'Segaba', an Africain zither and its potential for music education",
Botswana Notes and Records, vol.31 : 119-128.
Bon week-end, Hery
Image attachée: