Poissoluble · 15 février 2006 à 12:03 · Une photo 26 messages · 13 participants · 7 614 affichages | | | | 15 février 2006 à 12:03 Anthropologie de la mort à Madagascar Message 1 de 26 · Page 1 de 2 · 6 181 affichages · Partager Bonjour! Je fais partie d'un groupe de trois étudiantes, et nous désirons partir un mois cet été à Madagascar. Nous cherchons à obtenir une bourse et nous sommes donc en train de monter un projet à visées plus ou moins ethnologique ou anthropologique. Nous souhaiterions particulièrement traiter des "contes, légendes et rites de la mort" à Madagascar. Je voudrais donc savoir ici si, à votre avis, le sujet peut être traité ou si, cela étant trop fortement rattaché au sacré, ils refusent d'en parler avec les étrangers... | | | salut il y a de multiples revues, bouquins, docs, sur le sujet il vaut mieux avoir lu et vu un max avant de venir pour eviter les redites pas tres original quand meme sur place contacter les gasy concernes pas le problemes (facs, chercheurs ect.........) | | | À: Jipi · 15 février 2006 à 12:41 Re: Anthropologie de la mort à Madagascar Message 3 de 26 · Page 1 de 2 · 6 165 affichages · Partager Merci de ta réponse. Je me doute bien que le sujet n'est pas original mais nous avons décidé de le coupler à autre chose pour le rendre plus vivant. Et puis à 18 ans (toutes trois), nous ne pensons pas réellement à innover pour le moment, juste à faire nos premiers pas dans ces domaines qui nous intéressent.
Par contre, quels livres recommandes-tu le plus chaudement? | | | Bonjour,
Nous avons passe ces 7 derniers mois a Mada, et nous sommes desormais en Thailande pour la suite de notre periple familial de 2ans autour de l ocean Indien...
Il n y aura pas de problemes pour aborder ce sujet avec les malgaches, vous pourrez certainement assister a des ceremonies si vous vous comportez avec tact et discretion (le "Tsour", le retournement...). les malgaches sont discrets avec les "vazahas" (les blancs) pour ce qui est de leur vie privee, de leurs coutumes, mais si vous procedez avec tact au cours de vos rencontres ce sera certainement possible.
Durant notre sejour nous avons pu assister plusieurs fois a presque toutes les formes de ceremonies liees au sujet que tu souhaites traiter. Quand bien meme il a ete deja traite il n y a pas de raisons de ne pas le faire et pourquoi pas apporter un autre point de vue... Heureusement qu un livre ou meme plusieurs sur le meme sujet ne vient pqs clore un sujet de recherche.....
Je vais mettre en ligne sur notre site, 21 enregistrements des nombreux chants (beaucoup de chants de femmes, et aussi des percussions sur differents instruments type bambou, tambour... et aussi avec les pieds...) qui sont effectues durant ces ceremonies, au format MP3.
Bon courage dans votre projet.
Francis.
Le clavier sur lequel je tape est Thai, donc sans accents... desole... | | | À: Lafamily · 15 février 2006 à 13:34 Re: Anthropologie de la mort à Madagascar Message 5 de 26 · Page 1 de 2 · 6 152 affichages · Partager Bravo lafamily je vous suit depuis qq temps, je vous admire vraiment de partir avec des enfants en bas âge !
Quel merveilleux souvenirs allez vous leur donner !  Continuez on vous suit | | | À: Lafamily · 15 février 2006 à 14:13 Re: Anthropologie de la mort à Madagascar Message 6 de 26 · Page 1 de 2 · 6 146 affichages · Partager Merci mille fois pour votre message, et surtout, BRAVO! Votre idée de périple est tout simplement magnifique et j'espère que vous vous constituerez encore de beaux souvenirs.
En ce qui concerne votre message et les informations que vous me communiquez, cela m'apporte beaucoup. J'avais en effet peur que la "mort", thème très sacré là-bas soit inaccessible pour les étrangers. Maintenant, c'est à nous de faire preuve de tact, de nous intégrer dans les ethnies. Mais nous avons décidé de partir aussi pour cette raison: nous voulons apprendre à lâcher notre regard "européen" pour nous intégrer réellement. De plus, j'ai un respect extrême pour les différentes cultures, surtout pour les plus petites.
J'irai passer du temps sur votre site, n'hésitez pas à me contacter quand vos mp3 seront en ligne. J'ai réellement beaucoup d'admiration pour ce que vous faites.
Bon courage et à bientot! | | | La mort en elle même n'est aps une sujet tabou pour les malgaches, mais par contre certaines ethnies (certaines !!) n'aiment pas trop que l'on prenne des photos, voir les tombes.
Les mort tiennent un rôle important dans la vie des malgaches, (culte des ancetres).
Sinon des questions sur l'antropologie, il faut passer à l'université de Tananarivo (Ankatso), ils ont une grande bibliothèque, en ce moment je n'ai pas d'adresse bien précise sur ces chercheurs, mais je suis sur que cela doit exister.
J'espere que cela vous ont légèrement éclairé vos lanterne, mais comme c'est un domaine que je ne maitrise pas trop alors c'est tout ce que j'ai à dire pour vous aider.
A+ | | | À: Ramiaraka · 16 février 2006 à 10:09 Re: Anthropologie de la mort à Madagascar Message 8 de 26 · Page 1 de 2 · 6 105 affichages · Partager Merci pour toutes ces précieuses informations.
Je vais, dès maintenant, chercher à écrire aux chercheurs de l'université de Tananarivo. Ce serait génial de pouvoir rentrer en communication avec eux avant de partir (mon voyage devrait avoir lieu en juillet)
Par contre, étant donné que je veux faire un voyage à but "documentaire", il va falloir que je prenne des photos, voire même que je filme. Votre commentaire sur les ethnies n'aimant pas être prises en photos (ou qui n'aiment pas qu'on s'approche des tombes et qu'on les photographie) m'interpelle donc. Pourriez-vous, de façon plutot générale, me dire quelles sont les ethnies qui y sont le plus opposées?
Merci pour votre aide. | | | S'il vous plait, c'est quoi votre but pour ce voyage? Mais je tiens vous informer que ce ne sont pas tous les malgaches qui pratique des rites bizares pour la mort!
MOi, je suis en train de monter un projet, au contraire pour sensibilser les gens de ne pas trop depenser pour ce rite minable, surtout pour le retournement des morts.
Aloris si votre objectif c'est de nous generaliser et dire dans le monde qu'on est célèbre pour cela! puisque cela va encore aggraver les choses!ils vont voir qu'il ya des "vazaha" qui sont interessés, desolée, je vais prier pour que vous n'obtiendrez pas votre bourse! | | | À: Piko · 16 février 2006 à 12:24 Re: Anthropologie de la mort à Madagascar Message 10 de 26 · Page 1 de 2 · 6 098 affichages · Partager Il ne s'agit pas de "rites bizarres". Enfin ce n'est pas cela que je veux montrer. Alors mon but est de monter un dossier comparatif entre les légendes et les rites de la mort bretons et les légendes et les rites de la mort malgache.
Bref. Je ne cherche pas à généraliser ni quoi que ce soit, je veux partir dans une ethnie en particulier et passer du temps à observer leurs coutumes.
De toute façon, c'est quelque chose de connu que la mort est réellement sacrée à Madagascar (d'où peut-être le message que vous avez laissé). Je ne cherche qu'à DECOUVRIR.
Il n'y a pas lieu d'aggraver les choses donc, puisque ce n'est pas une propagande des rites que nous voulons faire, mais nous cherchons à observer. | | | Les malgaches sont composé en tout et pour tout de 18 ethnies, mais comme je ne les connais pas tous très bien, Mais une chose est sur c'est que si c'est pour le culte des ancetres, dont je crois que c'est une des thèmes principal de votre recherche, c'est un peu tard car c'est pas la bonne saison en ce moment, car il font cela au mois de Novembre-Decembre (enfin à ma connaissance),
Sinon pour les ethnies qui n'aiment pas trop que l'on photographie les tombes de leurs ancetres ce seont ceux du Sud Est (je ne suis pas sur   ).
Sinon pour les ethnies du haut plateau, cela ne leurs pose aucun problème, ils sont plutot fièr de montre cette culture aux européens.
Mais il faut vraiement que vous entriez en contact avec des spécialistes, car je n'en suis pas  
faites des recherches avec les mots suivant ANKATSO, université d' antananarivo, chercheur...
Bon je vous laisse, et à plus | | | À: Piko · 16 février 2006 à 13:37 Re: Anthropologie de la mort à Madagascar Message 12 de 26 · Page 1 de 2 · 6 050 affichages · Partager Piko,
la culture n'est en rien zarbi.
Une identification culturelle, c'est ce qui fait d'un peuple, d'une race à une autre. Sa différence, sa souveraineté, son respect, son admiration....   .
Dit à un japonais que le rite du thé vert fait perdre du temps et de l'argent, il n'a qu'a le prendre dans une machine à café. c'est un peu pareil ce que tu demande.
A+ | | | À: Ramiaraka · 16 février 2006 à 13:51 Re: Anthropologie de la mort à Madagascar Message 13 de 26 · Page 1 de 2 · 6 049 affichages · Partager Merci beaucoup ramiaraka pour toutes ces précisions. Elles sont claires et me permettront d'orienter mes recherches. Comme je pense partir plutôt au Nord de l'Ile je pense que je ne serai pas réellement concernée par les problèmes des ethnies qui ne veulent pas qu'on s'approchent des tombeaux de leurs ancêtres.
Merci encore une fois pour ton aide | | | Si c'est dans le Nord de l'ile, c'est à dire Diego et ses alentours, attendez mon retour sur Mada pour que je puisse me reseigner sur place. Car en ce moment je suis à Paris. Mais je préfère que vous me le rappelier cela par MP, comme cela je n'oublierai pas cela
A+ | | | Bonjour, J'ai été plusieurs fois invité pour des famadihana et pour d'autres rites plus ou moins traditionnels. J'étais alors immergé en plein coeur de villages retirés à vivre au rythme local... concernant votre question, j'aimerais attirer ton attention sur plusieurs points. Mada compte 18 ethnies et au moins autant de pratiques différentes bien qu'une unité religieuse est perceptible La religiosité est très présente dans les villages et tend même à définir un fonctionnement social et de toute manière un mode de pensée, un rapport au monde Mada est une terre de métissage. Le catholicisme (et certainement des préceptes de la culture dont il est issu) a été imposé aux malgaches par les colonisateurs. Les traditions religieuses et le culte des ancêtres ont perdurés car pratiqués de manière cachée. Au sortir de la colonisation, elles ont pu renaître et se mêler en même temps à la religion imposée dans un habile syncrétisme, sans forcément qu'il y ait dualité entre les deux chez les pratiquants. L'arrangement pourrait peut être se traduire ainsi: un dieu chrétien comme dieu créateur et des ancêtres à qui on adresse toutes formes de prières.
ces petits points pour dire : qu'il est important de bien comprendre le mode de pensée et la culture avant d'aborder cette question. qu'on note souvent une pudeur vis à vis des vazaha. C'est le temps, l'échange et le partage qui la lève. Soyez patient et faites attention aux fady que les malgaches sont accueillants et ne savent pas dire non. A vous de veiller au respect... préférez l'autre en tant qu'être plutôt qu'en tant que sujet à observer...
L'innovation sur ce sujet me laisse perplexe, il y a déjà eu des études... J'ai souvent peur que les blancs préfèrent les racines de l'Afrique à l'Afrique contemporaine; peut être ce besoin absolu de retour aux sources inhérent à notre société rationnelle... Mais est ce bien là qu'est la richesse?
veloma | | | À: Ettenrev · 17 février 2006 à 11:48 Re: Anthropologie de la mort à Madagascar Message 16 de 26 · Page 1 de 2 · 5 989 affichages · Partager Merci de ta réponse ettenrev
Si je reprends, comme toi, point par point: Mada compte 18 ethnies, oui, mais à priori nous nous fixons sur les coutumes d'UNE ethnie dans laquelle nous souhaitons vivre un mois. A priori, pour l'instant nous avons pensé partir chez les Antankaranas. "La religiosité est très présente dans les villages et tend même à définir un fonctionnement social et de toute manière un mode de pensée, un rapport au monde " Oui, oui, c'est le but de notre voyage que d'identifier de quelle manière la religion et le sacré (par l'intermédiaire des contes, légendes et rites de la mort) jouent sur le fonctionnement de toute une société.En ce qui concerne tes différents points sur le respect, je suis tout à fait d'accord avec toi. Je vais depuis très longtemps en Tunisie, où chaque fois c'est le même travail d'intégration (mais sur la pointe des pieds pour ne pas nuire à ceux qui sont là). Bref, je ne vais absolument pas à Madagascar pour leur nuire, piétiner leur culture ou quoi que ce soit. Et j'ESPERE que mon message d'entrée n'a pas donné cette impression."L'innovation sur ce sujet me laisse perplexe, il y a déjà eu des études..." Ah oui, mais, je le répéte, je n'ai que 18 ans, je n'ai pas la prétention d'innover dans le domaine de l'ethnologie. J'essaie juste de trouver des sujets intéressants pour pouvoir APPRENDRE."J'ai souvent peur que les blancs préfèrent les racines de l'Afrique à l'Afrique contemporaine" Sans doute que ce que tu dis est assez vrai. En même temps. Si je pars à Madagascar vivre dans une ethnie pendant un mois, je vais bien vivre avec mes contemporains? Je vais m'intéresser à leurs rites actuels? Si j'avais voulu m'intéresser aux racines de l'Afrique, j'aurais pu me contenter de lire.
Bref, voilà. En tout cas merci pour ta réponse la plupart de tes informations m'ont été précieuses. | | | Bonjour Je connais trop peu le Nord pour donner des conseils toutefois il y aura des tas de choses à voir, écouter, apprendre en général.
Sur les hauts plateaux en tous les cas, les fetes, lanonana ou famadihana ont lieu durant l hiver austral car c est la période ou les paysans (la société malgache est à 85% rurale) ont finis les récoltes et ont donc moins de travail (hormis les contre saison). Juillet Aout et Septembre sont les mois ou le plus d évènements ont lieu. D ailleurs les betsileo du nord reviennent souvent chez eux a ce moment la en cas de fetes.
Si la religion chrétienne (protestantisme et catholicisme) a bcp d influence sur les hauts plateaux c est bcp moins vrai sur les cotes ou l animisme est encore tres pregnant. En outre les malgaches, meme durant la colonisation, ont toujours mêlé religion chrétienne et traditions ancestrales. Le culte des ancetres n a jamais disparu et encore aujourd hui, les chrétiens vivent cette relation particulière avec leurs morts sans probleme. Lire a ce propos les livres du pere Profita qu on trouve a Mada et qui a bcp étudié cela. Il n est pas un moment de la vie ou on ne verse un peu de rhum local (toaka gasy) en hommage aux ancetres, il n'est pas de plus grande douleur pour un malgache que d etre oublié de ses descendants a la mort (etre seul ou etre sorti du tombeau familial pour x raisons). Sur les hauts plateaux d ailleurs tu pourras remarquer des pierres levées, les vatolahy (littéralement pierre homme) pour se rappeler des morts qu on a pas encore pu mettre dans le tombeau familial (car morts loin par exemple) et qui jalonnent le paysage. Certaines sont ornées de cornes de zebu pour temoigner de la richesse des gens. La taille de la pierre aussi est relative a la richesse de la famille et de la personne (on paye au cm).
La culture des hauts plateaux est extremement riche et passionnante, pour cela vous pouvez lire la Monographie du Betsileo, ca date de 1930 mais il y a ttes les legendes et histoires qui sont encore vraies (des kalanoro aux vazimba et aux kinoly, ces petits squelettes qui laissent des tas de manioc sur leur passage). Elle n est jamais morte et rien ni personne n a pu la détruire.
Mais comme vous allez au Nord cela aura malheureusement moins d intéret pour vous.
Au fait ces fetes et ces rites sont de plus en plus difficiles a vivre dans le contexte actuel avec la paupérisation croissante de la population. Tout cela coute extremement cher et je comprends que cela enerve certains de voir qu on consacre plus aux morts qu aux vivants qui souffrent. Mais sans cela, que restera t il vraiment aux gens ?
Si vous participez a une fete ou une ceremonie, essayez de prendre le max d infos avant sur les us et coutumes et de venir avec qqu un qui connait les gens, une petite enveloppe avec un billet ou du riz seront des présents adéquats en général. A bien gérer car trop peu c est pas bien, mais trop non plus car les gens se sentiront redevables. Les présents sont normalement obligatoires car les fetes sont des evenements lourds. Mais bien s informer avant. Certaines choses peuvent etre taboues ici et pas la.
Bonne étude. | | | salut, je crois que ca va être un peu difficile pour vous
il est vrai qu'il y a 18 ethnies à Madagascar mais pour les us et coutumes il y a en beaucoup plus. Citons par exemple chez les Betsileo: ceux d' Ambositra et Fandriana pratiquent le retournement des morts ou "famadihana" alors que ceux de Fianarantsoa, Alakamisy et Mahasoabe ne le font pas. En général + de 90% des malgaches croient aux ancêtres et ont leur façon de le montrer.
Du coté des Antakarana c'est beaucoup + compliqué. Un éventail même. Il y a les "Doany" (lieu tabou et sacré) les tromba et des sacrifices de tous genre. Il faut bien choisir l'endroit et le clan qu'on va étudier parce que même s'ils sont tous des Antakarana, leurs rites varient d'un endroit à un autre, surtout les rites funéraires. Ils sont aussi les plus discrets et les plus jaloux de leurs cultures. Il faut user de beaucoup de tacts et de diplomatie pour les approcher.Rares sont les Vazaha qui ont réussi. J'avoue que même pour un malgache "pas Antakarana", il est difficile d'y arriver. IL y a trop de tabou, de fady et on risque de profaner à chaque pas et à chaque geste. Faudra bien faire gaffe. Surtout faire semblant de croire aux ancêtres et à leurs tabous. Les respecter en tant qu'identité culturelle même si on sait que ça se rapproche de + en + de l'absurde.
Je ne peux m'empêcher de placer une petite info comme entrée dans la matière.
Notons que les Antankarana et les Sakalava, les deux grands tribus au nord et nord ouest de l'île ont le même ancêtre et donc la même base dans les us et rites funéraires. Selon la légende, cet ancêtre commun s'appelait Andriandahifotsy, le grand roi, le roi blanc, le fondateur. Il a eu deux petits fils à qui il a legué son royaume. Les deux héritiers ont donc reçu, l'un s'appelant Vala, la terre et l'autre, Kôzobe tout ce qui se trouve dessus. Celui qui a reçu en héritage la terre a laissé à son cousin Kôzobe le royaume parce que c'est à lui de régner sur tout ce qui est sur terre. Quand le roi Radama I, fils du roi héros de Tana, le célèbre Ombalahibemaso, a décidé d'unir tous les malgaches en attaquant les autres groupes ethniques, Kôzobe le roi aurait décidé de négocier pour éviter l'affrontement. Son frère Vala, alors très fâché parce que son frère n'a pas voulu défendre la terre, décide de chasser son cousin, C'est de lui qu'est sortie la phrase très célèbre: -Enlève ton "Hazomanga" (le mat du drapeau royal), de la terre que tu n'as pas voulu défendre parce que la terre m'appartient-. Vala a donc banni son cousin, celui ci est parti vers le nord pour créer les Antakarana. Lui est resté l'ancêtre des Sakalava. Lors de la séparation Vala a déclaré que Kôzobe et ses descendant ne seront jamais enterrés dans "sa terre" quand ils mourront. D'ou l'ancien coutume Antankarana de ne pas ensevelir leurs morts mais de les mettre dans un cercueil qu'ils jettent au fond d'un lac ou dans la mer. C'est pourquoi il y a plein de "Doany" sur les lacs, en pleine mer et sur certaines rivières.
Pour la documentation je vous conseil de lire Siméon RAJAONA, FANONY Fulgence, FEELEY-HARNIK Gillian, RAHAMEFY Adolphe et surtout Noël J. GUEUNIER.
Allez y doucement et faites gaffe.
A + | | | À: Mamykely · 26 février 2006 à 13:09 Re: Anthropologie de la mort à Madagascar Message 19 de 26 · Page 1 de 2 · 5 860 affichages · Partager Merci mille fois pour cette réponse très complète et réellement enrichissante. Nous allons retravailler notre dossier en consèquence, en réfléchissant à ne pas heurter les populations, à prendre en compte chacune de leurs coutumes pour ne pas faire de gaffes. En tout cas, merci mille fois. En espèrant que j'aurai le bonheur de rediscuter du sujet avec vous. | | | Salut,   Il faut préciser que la légende que je viens de citer plus haut est en partie historiquement attestée. Les personnages cités, Andriandahifotsy, le prince blanc et ses deux petits fils Vala et Kôzobe ont bien existés. Le prince blanc vécut à la fin du XVIIe siècle et beaucoup de chercheurs ont réussi à le prouver. Toutes les légendes célèbres dans le nord se situent donc au VIIIe siècle, c’est l' époque « semi – légendaire » de l'île. C’est le passage du roi Radama I dans le nord, datée précisément de 1823, qui a été ajouté pour mettre un peu de sel dans la légende. Il est possible qu’il y a eu une grande querelle entre les deux cousins d’où la séparation. Mais la version légende la plus connue est celle que j’ai racontée. Cette querelle persiste même jusqu’aujourd’hui parce que les deux lignées réclament le droit de culte sur le doany (lieu sacré, le tombeau) du prince blanc. Ce doany est le lieu principal pour les rites des deux tribus parce qu’il représente l’origine. Le problème réside sur leurs tabous respectifs par ce que depuis la séparation, chacune a créé et inventé ses propres tabous. Par exemple les Antakarana, issus de la lignée de l’argent, utilisent toujours de l’argent dans les rituels et évitent d’utiliser de l’or car ce métal représente la lignée rivale (la lignée de l’or, les Sakalava). Pour les Antakarana, les Sakalava profanent le doany d’Andriandahifotsy s’ils y utilisent de l’or et les Sakalava ne veulent pas non plus que les Antakarana y amènent de l’argent.
Ceci n’est pas dans le but de vous décourager. Je vous encourage très sincèrement de poursuivre et de réaliser votre projet. Recoltez le max d'info, trouvez le bon endroit, le meilleur guide (un vrai Antakarana) local et foncez.On espère que vous réussissiez à éclairer un peu tous ces mystères sur les légendes et les rites de la mort dans les régions nord de l’île. La culture locale en sera plus riche, merci d’avance.
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