Comme il ne m'a pas semblé voir l'info relayée sur le forum, je vous la transmet:
A
Rangoon, le samedi 7 mai 2005, onze personnes ont été tuées dans des attentats, d'après la junte au pouvoir, tandis que des témoins évoquaient un bilan de plusieurs dizaines de morts et pres de 200 blessés, après les attaques les plus meurtières en
Birmanie en plus de 40 ans de régime militaire.
La junte accuse en bloc les ethnies indépendantistes et le gouvernement en exil. Cependant ceux-ci n'ont jamais utiliser des actes terroristes visant les civils. L'article de Libé qui suit titre directement en mettant en cause la junte elle-même, ce qui me semble largement probable
Quelqu"un aurait-il d'autres infos ?
article de Libération:
La junte pourrait avoir organisé l'attaque de samedi pour garder son emprise sur le pays.
Par Arnaud DUBUS
lundi 09 mai 2005 (Liberation - 06:00)
Bangkok de notre correspondant
Deux jours après un quadruple attentat à la bombe à
Rangoon, la capitale birmane, le mystère règne toujours quant aux organisateurs de ce qui constitue le plus grave acte terroriste dans le pays depuis que les militaires ont pris le pouvoir, en 1962. Selon des témoins, des dizaines de personnes ont été tuées quand quatre bombes de forte puissance ont explosé presque simultanément, samedi après-midi, dans trois centres commerciaux de
Rangoon et de la banlieue proche. «J'ai compté au moins 20 personnes mortes, certaines avaient été décapitées, d'autres n'avaient plus leurs membres», a indiqué à l'AFP un Birman qui se trouvait dans le centre commercial Dagon. L'une des bombes a explosé au Trade Center de
Rangoon alors que se tenait une foire pour promouvoir des produits thaïlandais. La junte a annoncé un bilan officiel de 11 tués et 162 blessés, tout en indiquant qu'il pourrait s'aggraver.
Autonomie. Le quotidien officiel du pouvoir The New Light of
Myanmar accuse en bloc trois groupes de guérillas ethniques (l'Union nationale Karen, l'armée de l'
Etat Shan et un groupe Karenni), ainsi que le gouvernement birman en exil, d'avoir perpétré cette opération terroriste pour déstabiliser le pays. Ces groupes de guérillas ethniques, qui luttent depuis quarante ou cinquante ans pour obtenir l'autonomie vis-à-vis de l'Etat central birman, n'ont jamais recouru à des actes terroristes visant des civils, par principe et aussi de peur de perdre tout soutien dans le monde occidental. Se battant dans des poches de territoire proches de la frontière thaïlandaise, ils ont des moyens d'action dans la capitale limités. «Il est très douteux que ces groupes rebelles sur la frontière puissent infiltrer
Rangoon avec des explosifs. C'est même complètement impossible. Vous savez combien la sécurité est stricte à
Rangoon», estime Aung Zaw, rédacteur en chef du magazine birman
Irrawaddy. Le gouvernement en exil, formé de parlementaires élus lors du scrutin de 1990 dont les résultats n'ont jamais été acceptés par la junte , a toujours mené une campagne non-violente pour établir la démocratie.
Autres scénarios. Hypothèse non envisagée par la junte mais peut-être plus plausible : les attentats meurtriers pourraient refléter les luttes internes au sein de l'appareil militaire. L'an dernier, le Premier ministre Khin Nyunt, qui contrôlait les services de renseignements, a été emprisonné pour corruption. Ses partisans restent nombreux et disposent à la fois du matériel et des réseaux pour organiser une opération aussi sophistiquée. «Nous pensons qu'il s'agit d'ex-officiers des services de renseignements vivant dans la clandestinité, qui sont en colère contre la faction au pouvoir», explique Zin Linn, porte-parole du gouvernement birman en exil. D'autres n'écartent pas un scénario machiavélique selon lequel la junte elle-même aurait organisé le carnage, pour justifier son emprise sur le pouvoir, à un moment où elle est sous forte pression internationale pour une transition démocratique.