Qui ne connaît pas l'histoire et condamné à la revivre!
Qui connaît l'histoire est capable de comprendre les différences de contexte...
N'oublions pas non plus les "émeutes" dans les banlieues françaises, les conflits qui ont déchiré l'Europe, y compris très récemment... ou Charonne en
France, qui a aussi fait de nombreux morts.
C'est parce que je connais l'histoire que je sais qu'aucun pays, aussi "stable" qu'il semble, n'est à l'abri d'une dérive violente, sauf s'il est tout petit... Dans les années 80, en
Angleterre, il y avait très régulièrement des affrontements hyper violents, les skins, le paki-banshing. Le pays était effroyablement appauvri, personne n'aurait parié qu'il attirerait aujourd'hui autant de monde.
Qui pouvait prévoir, dans les années 80, la situation actuelle de la
Grèce ?
Que dire des tensions raciales aux
Etats-Unis ?
Tu peux remonter aux émeutes de
Constantine, aussi, pour dire que l'
Algérie est un pays dangereux... ou aux émeutes de Nabi Moussa pour dire qu'il est dangereux pour les juifs de s'installer en
Israël.
Ton vrai problème ? Tu n'as strictement de récent pour appuyer tes prétentions. Tu ne connais manifestement le
Maroc que de l'extérieur... exactement comme les américains qui voient en la
France un territoire dangereux partiellement soumis à la sharia.
Aujourd'hui, dans le contexte actuel, le
Maroc n'est ni plus, ni moins sûr que la
France.
Choisir à 35 ans un pays où on va passer sa retraite... :D :D ça me rapelle ce couple d'américains qui, dans les années 30, avaient fait une analyse poussée des risques, et avaient finalement choisi la destination qui leur semblait la plus sûre : Pearl Harbour.
Les prévisionnistes se plantent régulièrement. Les prévisions du Club de
Rome n'ont pas eu lieu, le
Maroc n'est toujours pas islamiste... d'ailleurs relire, huit ans après, le livre de Nicolas Beau (paru en 2006) est fascinant...
Quelques citations au hasard
Un des patrons de l’antiterrorisme en
France, resté un des experts en la matière place Beauvau, nous expliquait encore en octobre 2006 : « En matière d’intégrisme, la
Tunisie a tout verrouillé et nous ne craignons rien. L’
Algérie a réussi à crever l’abcès au prix d’énormes souffrances et de 150 000 morts. Le problème est derrière. En revanche, le
Maroc est la région qui est, de loin, la plus inquiétante
Je rigole tristement en lisant ces lignes... tristement parce que la preuve de leur fausseté est sanglante.
Ainsi, au printemps 2005, les experts du cabinet McKinsey engagés par le gouvernement marocain sont arrivés à la conclusion que le pays avait simplement raté le coche de la mondialisation et ne présentait plus aucun avantage compétitif
Là aussi, je dirais "ahem"... Le
Maroc développe une présence importante dans toute l'Afrique, il a réussi à se positionner comme tête de pont pour les investisseurs, surtout depuis le naufrage tunisien.
Sans être devin, on peut affirmer que deux périls menacent le royaume : une révolution de palais, qui prétendrait juguler les périls à la manière forte et dont on a le sentiment qu’elle est dans l’ombre encouragée par le propre frère du roi, Moulay Rachid ; ou l’instauration brutale d’un califat islamiste. Dans les deux cas, le
Maroc perdrait assurément le savant dosage de tradition et de modernité qui fut sa force jusqu’à présent.
Entre ces deux écueils, il y a sans doute place pour la voie étroite de la réforme conduite par un roi qui aurait pris – enfin ! – conscience de la montée des périls.
Le problème occidentaux comme Nicolas Beau, c'est que, malgré toute leur bonne volonté, ils ne connaissent pas le
Maroc de l'intérieur, celui que beaucoup d'entre nous, ici, connaissent. Que leur vision est faussée par ce manque de connaissance, même éventuellement de pratique de la langue arabe.
En réalité, même à l'époque de ce livre, le roi jouait la voie étroite de la réforme, confronté à beaucoup plus de difficultés que celles listées par ce journaliste, qui s'en tient, grosso modo au nord du pays (les bidonvilles de Casa, et les barons du haschich). Méconnaissant l'histoire, qui veut que toutes les révolutions, au
Maroc, viennent de ce sud "défavorisé" et profondément rural, traditionaliste, mélangé à des républicains militants dont je ne trouve pas non plus trace dans ce livre d'expert.
Malgré son manque de charisme "institutionnel", le roi est un très fin politique, qui connait parfaitement bien son pays.
Et puisque tu aimes les sources anciennes, je te donne celle-ci pour réfléchir un peu à la complexité du pays :
www.mezgarne.com/...uad-mourtada,2008,02
Tu ne le sais sans doute pas, mais trois des commentateurs sont des gens qui ont été aux premières loges du printemps arabe au
Maroc.