À l’arrivée au débarcadère après une heure de pirogue à moteur depuis
Nong Khiaw, une dizaine de laotiennes attendent de pied ferme les touristes pour leur proposer des bungalows avec vue sur la rivière book photos en main. Du jamais vu depuis 4 semaines au
Laos mais bon, pourquoi pas.
Bonjour, ton post est du début d'année mais je suis très surpris par ton analyse... La 1ère fois que je suis venu au
Laos, je me suis dit :
-" tiens... C'est la même chose au
Laos qu'au
Vietnam ! "
C'est pourtant une pratique courante dans les pays d'
Asie du sud-est que de voir à l'arrivée du bus ou du bateau des gens avec la carte de leur GH en main... Et quand on n'en voit pas, c'est qu'il n'y a pas beaucoup de choix tout simplement... Je serais curieux de connaître ton itinéraire pour avoir réussi à passer 4 semaines dans ce pays sans voir ça une seul fois... D'autant que pour arriver là tu as forcément traversé des villes... ou y a vraiment du monde à la sortie du bus ou du bateau...

...
Mais je voulais surtout réagir à ton attaque sur
Muang Ngoi car je suis justement allé dans ce coin là 2 mois avant toi... Je me rends compte que j'ai eu de la chance.

C'est fou comme un pays peut changer en 2 mois...

C'est déjà sympa d'arriver dans un bled sans entendre de moteur de bagnole ou de bus... Je vais donc te dire ce que j'ai vu 2 mois avant toi...
Mon long-boat est arrivé vers midi à peu près... Et oui, il y a un accueil au ponton et en remontant les escaliers pour tenter de choper l'un des 20 ou 30 touristes qui débarquent. En général, la plupart ne vont pas très loin... Et une fois arrivé dans la rue principal, il suffit de prendre son courage à deux mains et de se risquer à aller au bout de cette immense rue de "400m" de long environ et en arrivant à la moitié, on trouve déjà largement de la place...
L’accueil n'est pas tout le temps aussi souriant que dans les hôtels à 100€ de LP mais meilleur qu'à Muang Khua... Bon, la wifi ne marche pas tout le temps et l'eau chaude fait parfois défaut.. quelle horreur !!
Je trouve aussi que le soir, c'est trop bruyant, on trouve quelques soulards dans les bars du fond de la rue ou certains en profitent pendant l'happy hours pour boire 2 bières. On regrette vraiment le calme de
Vang Vieng d'il y a quelques années où des bistros aux noms de chouilles de
Luang Prabang, blindés d'aussies et yankees beuglant comme des veaux, des girafes de binouzes devant chacun de ces aventuriers.
Par chance, la plupart de ces vandales ne restant que 1 ou 2 nuits, on peut se promener tranquillement dans les alentours sans les croiser en campagne...
Enfin alentours, c'est vite dit... La majorité vont au view point à droite quand on est face à la Nam ou et voir la " cave " et les plus sportifs font l'autre point de vue à gauche qui est vraiment... beaucoup plus sportif...
Ceux qui sont téméraires prennent la piste et vont " explorer " les villages voisins... En partant tôt le matin, on réussi à éviter de se taper la dizaines de courageux qui y vont... Les uns prendront à droite au pont pour aller voir les cascades et les autres à gauche après la rivière ou quelques GH les attendent...
Après cette rivière, il faut avoir le cœur accroché et l'esprit guerrier car... On ne croise quasi plus un seul collègue de voyage... Il faudra monter et descendre une bonne dizaine de côtes qui cassent bien les pattes et traverser 2 fois la rivière le tout sous de magnifiques paysages. La piste petit à petit monte... Et si on ne rebrousse pas chemin avant que la nuit en tombe, on peut tomber sur un village très sympa au bout de 15,5 km de marche. Le village de Phon...
Il n'y a aucun restaurant ni aucune GH, ni même de boutiques, pas la moindre bouteille d'eau minérale donc il faut penser à en prendre pour ceux qui n'ont pas le foie habitué et pour le retour aussi...

J'ai eu la grande chance le jour ou j'y suis passé de participer à une fête... Pour la 1ère fois les habitants voyaient l'éclairage public solaire arriver dans la petite rue principale... Nobody ne parle anglais, c'est donc le type qui est venu apporter le matos qui m'a appris qu'il fallait que je demande au chef du village un endroit où dormir... Celui ci m'a invité chez lui sans même me demander de l'argent... Ah, ça se perd le buisness...
Le repas a été court et curieux, personne ne m'a posé trop de question mais la barrière de la langue était là je pense car ils étaient amusés de me voir tenter de parler avec les mains ou en mimant. Du riz gluant dans une grosse natte et une omelette plutôt bonne je dirais même pour repas... Pas de Beer lao car le stock a été épuisé rapidement d'après ce que j'ai compris et ils attendent la prochaine livraison... Du " doum-doum " local sera servi pendant une heure ou deux... à 23h, tout le monde est déjà au lit... On m'a donné un matelas à l'étage ou je dors seul sous une moustiquaire qui a vécu quelques bombardements et j'écoute durant la nuit les ballades romantiques des souris et rats...

Le pire est à venir, le lendemain, les gens montrent une grande hostilité à mon égard... Je suis autorisé à prendre des photos des gens et du village comme bon il me semble et en souriant...
On vient me chercher dans la rue pour participer à une partie de pétanque. Sur un coup de bol pas possible, je réussi un coup ultra audacieux et sans le vouloir, je commence à leur mettre une rouste, je lève le pied et perd sur la fin... Mes hôtes sont très heureux de s'en être sorti... Quelles bandes de mauvais joueurs ces laotiens... Pour me punir, on m’emmène ensuite à l'école ou je fais le clown en m'asseyant avec les élèves et perturbant la classe. J'apprends à joueur au volley avec le pied à la récré et je me fais bien mater par ces bambins... Aucun respect pour les anciens.
J'ai oublié de préciser que le village est sur une crête. Le matin au réveil, la brume tenace cache toutes les vallées environnantes, mais celle ci épargne le village et c'est un spectacle magique de voir cette mer de nuages autour de moi...
Le midi, plusieurs familles veulent m'inviter à manger le riz. Je traine ensuite dans les environs et observe ce petit village le reste de la journée. Je passe une deuxième nuit au village et je retourne sur
Muang Ngoi. Il est possible de marcher encore pendant 10 km et d'arriver sur une piste plus roulante et ensuite le goudron pour faire la boucle sur
Nong Khiaw (petite ville avec un carrefour blindé de bistrots et d'agence de trekking

) mais cela n'a que peu d'intérêt à mon avis.
L'activité sur
Muang Ngoi est quand même limité... Il n' a pas de moines et donc impossible de se lever le matin à l'aube pour aller voir le tak et faire de très gros plans des moines comme les copains de LP.
Et il faudrait aussi ouvrir des bars pour qu'on puisse faire la fête comme à V-V ou dans les 4000 genre Don Det.
En tout cas ton pseudo qui montre que tu doit être le " Huggy les bons tuyaux " de VF est bien trouvé et je regrette de n'avoir pas pu lire tes conseils avisés avant d'y aller...

Bon, tu sembles avoir vu un peu plus de monde que moi et pour être franc, le village a considérablement changé depuis ma 1ère visite... Mais j'ai vu bien pire ailleurs...
Et je pense aussi qu'il faut être prudent lorsqu'on voyage durant la très haute saison... J'habite près de St Malo et du Mont Saint Michel... J'adore ces 2 villes et je déconseille fortement d'y aller en juillet-aout...
Allez si vous voulez aller à
Muang Ngoi hors haute saison touristique, malgré les barrages en constructions et la transformation du pays... Cela reste beaucoup plus humains que d’observer le comportement minable des " photographes " dès que ces sauvages croisent un moine ou des Hmongs.
Moi, j'ai bien aimé en tout cas.
rajout : j'ai vu que tu conseillais d'aller à
Vang vieng dans une autre discussion... Curieux...