Bien que nous ayons beaucoup voyagés, nous avons été confronté pour la première fois aux agissements illégaux d’un policier. Nous aimerions vous raconter notre expérience.
Pour débuter: une chose doit être claire et précise: nous sommes les seuls responsables de ne pas avoir respecter la loi en vigueur, et aurions dû être (légalement) sanctionné. Cependant, le représentant de la loi (policier municipal de la ville de
Mexico) à fait preuve de manoeuvres ilégales dans le seul et unique but de nous soutirer de l’argent illégalement exigé de notre part.
Lors de la location d’une voiture pour une période de 58 jours à l’aéroport de
Mexico auprès de Europcar, nous nous sommes aperçus qu’une feuille 8 ½ X 11 avait été collé à l’intérieur de la lunette arrière du véhicule.
Lors des préparatifs de locations dans le local de la firme, le préposé nous avait très brièvement mentionné la presence de ce permis qui permettait de circuler dans la ville pour une période de 24 heures. Il a aussi mentionné que nous devions faire une demande de circuler à nouveau pour une période de 24 heures lors de notre retour à
Mexico.
Le lendemain, nous avons retiré cette feuille, et enregistré mentallement le site Internet où presenter une demande. Grave erreur... la feuille aurait dû être conservée dans le coffre à gants pour nous rappeler d’entreprendre les demarches en temps et lieu...
Retour à
Mexico deux jours avant notre depart pour le
Québec. À moins de 400 mètres de notre hôtel, un policier nous fait signe de nous tasser. Il nous fait patienter environ 5 minutes puis vient à notre rencontre. Il s’agit du policier R. Ramirez avec carte d’identité et photo. Son matricule apparait aussi, mais nous l’avons par la suite oublié.
Il nous dit que nous n’avons pas la “vignette” nécessaire pour circuler dans la ville, ce qui est tout à fait exact. 58 jours passés plus tard, nous avions bien sûr, oublié.
Il sait très bien qu’il a affaire à des gringos, mais parle néanmoins très vite comme s’il s’adressait à ses propres concitoyens. Nos cerveaux fonctionnent à 100 à l’heure, et débutons par “implorer” sa clémence puisque nous sommes à 400 mètres de notre hôtel (où on doit laisser nos bagages avant de poursuivre vers l’aéroport pour remettre la voiture).
Il ne veut rien savoir. Nous lui demandons ensuite quelle est le coût de l’amende pour cette infraction. Il répond que nous devons le suivre jusqu’à la fourrière, et que la situation serait “éclaircie” là-bas. Franchement, avons-nous le choix?
Nous le suivons pour une période d’environ 15 minutes. Il passé systématiquement sur tous les feux rouges (il est policieur après tout, non?). En bons conducteurs soucieux des lois (hum!), nous décidons de respecter tous les feux, ce qui le met en rogne puisqu’il decide de “remonter” un boulevard dit “sens unique” pour nous déclarer le plus sérieusement du monde que l’on peut “laissez faire” les feux rouge. Ah! bon...
Nous arrivons près d’une guérite qui donne sur un grand espace alphalté où sont stationnés plusieurs voitures. S’agit-il vraiment d’une fourrière ou du stationnement d’un poste de police? No se...
On se place devant la guérite, mais il nous faire signe de ne pas entrer, mais plutôt de se garer devant une énorme cloture qui bloque la vue sur la fourrière/poste de police. Tiens, tiens, tiens...
Il descend de sa moto, et se place devant la vitre du conducteur. Je remarque illico que son identification a disparue. Le tout semblait fixé par du Velcro, car je vois deux de ces bandes vides. J’ai un sens de l’humour des plus cyniques, et je m’exclame à mon copain: son nom est désormais “personne”, et à cet instant précis je realise que nous sommes ses prochaines victimes, et que nous allons lui payer une formidable vacances à
Acapulco dont sa jeune famille va se rappeler pour longtemps...
Bon, toute l’histoire s’est déroulée sur une période de 2 heures trente, car les “négociations” pour faire baisser la somme furent longues et quelque peu rocambolesques. N’ayez crainte, je vais vous fournir la version allégée...
Il nous dit que l’amende à payer est de 8000 P. Après 90 jours dans ce pays, nous connaissons parfaitement la valeur de cette somme, et on ne peut se retenir de littéralement pouffer de rire quand il éructe nonchalamment le montant.
Discussions discussions, palabres palabres, moins de 5 minutes plus tard, la somme est réduite par magie à 6000 P.
Difficile à croire, mais notre espagnol parlé devient de plus en plus ardu. À certains moments, je prend les pourparlers en main, et à d’autres occasions, c’est mon conjoint.
Ah! oui... j’avais oublié de mentionner que le policier nous avait confié qu’il ne comprenait pas un traître mot d’anglais, et qu’il ne le parlait pas aussi... Nous avons nous aussi rapidement pris la même approche, ce qui explique les négo de plus de 2 heures. Ça prend du temps, pour trouver l’angle ideal pour de telles palabres, non?
Je m’éloigne donc du “couple maudit” formé du policieur et de mon conjoint pour investiguer de plus près le groupe de 7/8 policieurs qui placotent nonchalamment près de la guérite. De bout en blanc, je demande si l’un deux comprend l’anglais. Ils me regardent comme si j’étais un extraterrestre. Je n’en n’attendait pas moins d’eux... Ils restent obstinément coîts et regardent ailleurs...
Je decide d’appeller Europcar. Par miracle, je tombe sur un préposé qui baragouine la langue de Shakespeare. Je raconte l’histoire, et je sens dans son timbre de voix que le mec ne pourra pas influence grand chose... Effectivement, Il nous souhaitent: bonne chance et raccroche illico.
Bon, il faut trouver un scenario plus punché, car les discussions s’enlisent. Il est quand même fascinant qu’un policier puisse passer autant de temps sur un “dossier” sans devoir justifier son absence... On est rendu à 90 minutes...
J’accouche de ce scenario que je met en branle tout en avertissant sommairement mon conjoint de ce que je m’apprête à faire.
J’ouvre le coffre, et je commence à sortir les bagages, 2 énormes sacs à dos, 2 très grandes caisses de plastique (nos 5 carpettes et tout le tralala), et je dis au policier que nous allons appeler un taxi, laisser la voiture ici, prendre la clé, et quitter pour aller remettre celle-ci à Europcar. Un bluff monumental, car nous avons versés une caution de 15000 P sur la voiture. Scénario probable: Europcar viendra chercher la voiture, et nous dira que le coût aura été de 14999 P. Nous on sera au
Canada, avec cette somme très conséquente perdue...
Ah! ah! le coup semble porter fruit, car le prix descend à 4000P. Ce n’est pas la “vente de feu” que nous escomptions, mais c’est prometteur!
Jusqu’à présent, dans ces négociations incroyablement alambiquées et rocambolesques, nous avions insistés auprès du policier pour avoir un reçu official dans le but de contester le tout devant les instances officielles, comme ils dissent... On voulait aussi une preuve formelle à montrer à d’autres policiers pour montrer que nous avions payé l’amende au cas où on se ferait arrêter une seconde fois en route vers l’hôtel ou l’aéroport.
Nous décidons de laisser tomber cette demande, et nous nous retrouvons à 3000P. Ben cou donc, on vas-tu se retouver à zero P dans les prochaines 6 heures?
Bon, nous en sommes à 150 minutes, et il fait de plus en chaud (au sens propre du terme). Nous disons à notre corps defendant: oui. Il nous remet aussitôt son gant de motocycliste. Nous sommes éberlués, et ne comprenons pas du tout ce geste. On sort l’argent, et on le lui remet. Ses yeux risquent de sortir de leurs orbites quand il voit les billets passer de nos mains aux siennes. Il prend les pesos comme si c’était du combustible nucléaire irradié, et le fourre dans ses pantalons. À voir ses yeux de merlans frits, on comprend que le gant jouait le role de l’enveloppe brune. Décidément, on a beaucoup à apprendre sur le sujet...
Encore une fois: nous sommes responsables de cette mésaventure, car nous n’avions pas le permis requis. Mais certaines questions brûlent mes lèvres:Aurions-nous pu procéder d’une autre façon? Prendre son badge en photo? Insister pour aller à un “vrai” poste de police? Vos avis et suggestions sont les bienvenus en vue de d’autres longs voyages en voiture au
Mexique dans ce merveilleux pays dont nous gardons de doux et agréables souvenirs malgré cet episode peu glorieux pour la réputation des policieurs mexicains.
P.S. Ce site n'acceptant pas les fichiers.pdf, je ne peux afficher le minuscule laissez-passer remis par le "policier".