Lhorizon · 11 novembre 2024 à 9:54 · 143 photos 45 messages · 11 participants · 3 909 affichages | | | | 11 novembre 2024 à 9:54 Mexique: la magie du Yucatan Message 1 de 45 · Page 1 de 3 · 2 659 affichages · Partager Bonjour à tous,
Quel plaisir de retrouver VF après quelques années difficiles  Aussi, avant d'entrer dans le vif du sujet, bonne reprise à VF et surtout... bonne continuation...
Bon, du coup, je reprends (enfin) mes bonnes vieilles habitudes en publiant un nouveau carnet.
Avant de partir au Mexique à l'été 2023 en famille (en couple, avec nos deux garçons de 18 et 16 ans), je considérais, je ne sais même plus trop pourquoi, que le Yucatan était une destination trop touristique, trop classique, trop chère et surcotée !
Ce pays ne m'attirait donc pas spécialement mais, devant l'insistance de madame, qui y était déjà allée il y a longtemps, avant notre rencontre, et qui s'était promis de faire découvrir ce pays à nos fils, mes arguments n'ont pas pesé bien lourd.
Et tant mieux, car je dois bien avouer qu'elle a eu tellement raison de nous emmener là-bas ! Car au final, nous avons croisé beaucoup moins de touristes que nous ne le craignions (à part sur quelques sites) et les prix, dont on nous avait dit qu'ils étaient adaptés aux voisins américains (US) se sont avérés finalement bon marché. Bref, que du bonheur sur ces deux aspects là. Il ne restait plus qu'à ce que le voyage en lui-même soit beau et mémorable, et ce fut le cas...
1e étape : Isla Holbox et les requins-baleines
Holbox (qui se prononce « Holboche ») est une île superbe où l’on peut se détendre dans un cadre enchanteur.
Notre but principal en allant à Holbox est de plonger avec des requins-baleines. C’est donc la première chose que nous expliquons à notre hôtel, Los Arcos Holbox, dès notre arrivée. Il nous organise une excursion avec l’un des nombreux tours-opérateurs de l’île : Glendy Tours Holbox. Le départ a lieu le lendemain, tôt le matin.
Le programme de cette sortie est le suivant (c’est le même pour tous les tour-opérateurs, qui sont une trentaine !) : environ deux heures de bateau rapide, puis snorkeling avec les requins-baleines, puis nouveau trajet en bateau pour rejoindre la côte à Cabo Catoche pour le repas, puis encore du bateau pour aller faire du snorkeling sur un site assez poissonneux, après quoi l’on rentre. Au total, la sortie peut prendre huit heures, voire plus.
Outre mes deux fils et moi, il n’y a que deux autres clients à bord, un couple de français. Notre bateau est l’un des tout premiers à partir mais au bout de dix minutes, le pilote reçoit un appel radio. Nous faisons demi-tour sans la moindre explication, pour retourner sur le ponton du départ.
Là, une jeune femme qui se prend carrément pour une diva nous attend. Elle est mexicaine et monte à bord en nous snobant tous les cinq, mais en aguichant le pilote et le guide, lesquels du coup n’ont pas les yeux dans leur poche. Nous ne comprenons pas comment cette diva a pu convaincre notre tour-opérateur de faire faire demi-tour au bateau pour venir la chercher alors qu’elle n’avait pas réservé et que nous étions déjà loin. Nous repartons avec 20 minutes de retard.
Le trajet de deux heures passe étonnamment vite, et pour cause : nous croisons des dauphins à six reprises ! Ils se déplacent en sautant hors de l’eau. Un vrai bonheur. Nous nous arrêtons lorsqu’ils sont près du bateau.
La photo n'est pas très bonne, l’objectif ultra-grand-angle de ma GoPro rapetisse un peu les dauphins mais ça me permet quand même de ramener un souvenir.
Quelques exocets (les poissons dits « volants ») planent également à un ou deux mètres du bateau pendant que nous naviguons à pleine vitesse. Le faux-départ est oublié, la journée commence vraiment bien dans cette nature marine somptueuse...
Arrivés sur la zone où sont censés se trouver les grands squales, le guide nous explique qu’il faut maintenant scruter la mer jusqu’à ce que nous en apercevions un. Cela peut durer 5 minutes comme trois-quarts d’heure, nous dit-il, et si on n’a pas de chance, on n’en verra même aucun !
Une heure et demie plus tard, toujours rien ! Le capitaine met alors le cap sur une zone que nous apercevons au loin, où se trouvent déjà une bonne vingtaine de bateaux.
Il y a là en effet un requin-baleine juvénile (qui doit bien mesurer ses huit mètres quand même) et tous ces bateaux font la queue pour s’en approcher lentement à tour de rôle, afin de ne pas effrayer l’animal. Chacun passe une trentaine de secondes à quelques mètres de lui, moteur au ralenti, puis laisse la place au suivant, et ainsi de suite.
On a le droit de s’approcher ainsi à trois reprises, mais on n’a pas celui de plonger. C’est normal, une telle foule de plongeurs pour un seul animal lui provoquerait un gros coup de stress et ici, les requins sont protégés par la réglementation : la plongée avec les requins-baleines est strictement encadrée. Il y a d’ailleurs en permanence un bateau de garde-côtes avec nous, qui surveille les agissements de chacun.
Nous sommes partagés entre la chance de pouvoir observer un si bel animal, même depuis la surface, et la gêne que nous ressentons vis-à-vis de cette situation grotesque. Tous ces bateaux à la queue-leu-leu pour apercevoir vaguement ce requin pendant quelques secondes, soyons honnêtes : c’est ridicule. Bref, la situation est désagréable, et sans doute plus encore pour le requin que pour nous, finalement. Même s’il est vrai qu’il continue à avaler ses kilos de plancton comme si de rien n’était...
Quand c’est notre tour d’approcher, je plonge ma GoPro dans l’eau du bout du bras et je cadre au pif, en espérant que j’aurai une image correcte du squale.
Au troisième et dernier passage, la sixième cliente du bord, celle pour qui nous avons dû rebrousser chemin dix minutes après le départ, s’adresse discrètement au guide et au capitaine après avoir enfilé ses palmes (alors que, je le rappelle, personne n’a le droit de plonger). Elle veut qu’ils demandent aux garde-côtes de lui donner l’autorisation de plonger avec le requin, à elle toute seule ! Elle parle à voix basse pour que nous ne comprenions pas ce qu’elle leur propose en échange.
Les deux sbires s’exécutent et crient la demande aux officiels, devant tous les autres bateaux et sans aucune honte. Face à tant de témoins, les garde-côtes sont bien obligés de refuser. La diva ne lâche rien et demande aux deux sbires d’insister, ce qu’ils font mais le refus s’avère ferme et définitif.
Sur les bateaux les plus proches du nôtre, les occupants ont tous entendu et sont sidérés. Ils se moquent ostensiblement de cette bimbo qui n’a décidément pas froid aux yeux. Cachée derrière ses lunettes de soleil de star, elle les gratifie en retour d’un sourire dédaigneux. Pitoyable.
La rencontre avec le requin se termine, et nous repartons en mettant le cap sur Cabo Catoche, un site sur l’île d’ Holbox où nous allons manger.
Nous sommes un peu déçus de ne pas avoir eu la chance de croiser le banc habituel de requins-baleines (ils sont régulièrement plusieurs dizaines à nager ensemble !) mais c’est la loi de la nature, nous le savons bien.
Et en chemin, le coup de chance improbable se produit : un bateau qui nous précède est en train de mettre ses plongeurs à l’eau avec un couple de requins-baleines, adultes ceux-là. Nous les rejoignons et, pendant que nous mettons masque et tuba, le guide nous briefe. Il nous indique que mes fils et moi ferons partie de la première palanquée, puis le couple de français et la diva de la deuxième.
Mais Miss Monde, vraisemblablement mécontente de cet ordre de passage, se plaint discrètement au guide, lequel inverse finalement l’ordre de passage. Cela ne nous pose pas de problème particulier puisqu’on ne peut passer qu’une petite minute dans l’eau : nous ne sommes pas à une minute près.
Ils se mettent donc tous les trois à l’eau puis un instant plus tard, ils en terminent avec leur plongée. Mes 2 fils et moi, assis sur le rebord du bateau, masque sur le museau et tuba en bouche, sommes fin prêts à piquer enfin une tête. Mais le capitaine, au lieu de continuer à suivre le requin, n’a plus d’yeux que pour Miss Silicone ! Il en arrive même à lâcher la barre un court instant pour l’aider à se hisser à bord.
L’un des deux requins est déjà parti depuis quelques minutes, et le deuxième file un peu plus loin. D’autres bateaux arrivent et le capitaine repart faire la queue à 100 mètres du squale. Très vite, toujours plus de bateaux arrivent. Il y a finalement beaucoup trop de monde, le requin s’en va et il n’est plus possible de plonger.
Je suis bien sûr un peu déçu de ne pas avoir pu réaliser ce vieux rêve qui est le mien de plonger un jour avec un requin-baleine, même brièvement. Mais je suis surtout écoeuré pour mes deux fistons, qui se faisaient une joie de vivre ça. Je dis au guide ma façon de penser et je lui demande un dédommagement, non pas pour ne pas avoir pu plonger avec ce gros poisson car on n’est jamais assuré d’en voir un, la nature n’étant pas à notre disposition, mais pour nous avoir clairement zappés au moment où c’était notre tour de plonger. Il me promet un remboursement.
A la fin de la journée, arrivés à terre, il nous débarque tous et au moment où il s’apprête à partir, je lui rappelle qu’il doit me rembourser. Il accepte à nouveau, remonte tranquillement à bord et s’en va plein gaz comme si de rien n’était, avec le capitaine, comme deux grands lâches. Je n’arrive pas à y croire.
Bien sûr, de retour à notre hôtel (qui nous a réservé ce tour -opérateur : Glendy Tours), j’explique la situation et redemande mon remboursement. Le réceptionniste convoque le gérant, qui arrive avec le guide. Notre fuyard ne fait plus le fier. Intérieurement, je bous mais je prends sur moi pour garder mon calme pendant la discussion qui s’ensuit.
D’emblée, je mets un point d’honneur à regarder le pseudo-guide dans les yeux, tout en lui reprochant de s’être enfui comme un lâche. Je fais mon possible pour m’exprimer calmement, j’articule bien, je le fixe en permanence et je répète à plusieurs reprises que c’est un lâche, devant le gérant qui ne dit pas un mot. Le guide, de toute évidence, a reçu au préalable la consigne de son patron de la fermer car il ne bronche pas de tout l’entretien, lequel dure une bonne vingtaine de minutes.
Bref, je vous passe les détails mais au final, le gérant ne nous proposera que de nous offrir une autre excursion, le lendemain, en contrepartie de ce « désagrément ». Il s’agit uniquement de nager avec les poissons, pas de retourner voir les requins. Il admet donc leurs torts, mais comme nous devons partir justement le lendemain tôt le matin et assumer nos autres réservations pour la suite du voyage, nous ne pouvons pas accepter. Et lui, il refuse de nous rembourser.
Sur Tripadvisor, ce Glendy Tours est évalué très moyennement (sur une échelle de 1 à 5, il a la note de 3), mais il arrive surtout en 29e position seulement sur 36 tour-opérateurs nautiques qui sont notés par les clients. Je suis un peu remonté contre l’hôtel, qui a réservé pour nous un tel amateur.
Si vous voulez plonger avec les requins-baleines à Holbox, vous le ferez peut-être avec Glendy Tours. Et ça se passera peut-être bien, c’est en tout cas ce que je vous souhaite. Mais au vu du prix que coûte une telle excursion (3.000 pesos par personne, soit 160 euros environ !), je me permets quand même de vous suggérer de chercher rapidement sur le web, avant de partir, quels sont les prestataires les mieux notés : vous aurez forcément plus de chances que ça se passe bien avec ceux qui sont le mieux notés, plutôt qu’avec ceux qui sont aussi mal classés que Glendy Tours.
En revanche, si vous êtes une belle jeune femme, alors vous pouvez les choisir sans crainte : vous serez mieux reçue que les autres...
Pour en terminer avec cette excursion, je dois évoquer l’aspect respect de la nature, que mettent en avant tous les tours-opérateurs qui organisent cette activité. Ils nous expliquent qu’ils respectent les requins : on ne peut plonger simultanément que par deux ou trois maximum, et pendant quelques minutes seulement pour ne pas perturber ces géants des mers...
Nous y avons cru avant le départ, mais ce n’est pas ce que nous avons vu. Quand les requins sont introuvables sauf un, tout le monde se rue dessus et seule la présence permanente des garde-côtes empêche les tours-opérateurs de mettre leurs clients à l’eau.
Car pour le deuxième requin que nous avons vu, quand les plongeurs de notre bateau sont sortis de l’eau et que nous sommes partis faire la queue alors que c’était notre tour de plonger, d’autres bateaux sont arrivés assez rapidement et ont commencé à se ruer sur le pauvre requin qui, du coup, a fini par mettre les voiles.
En d’autres termes, il est clair que ces entreprises ne respectent les requins que lorsqu’elles sont contrôlées.
Bateau en marche arrière à un mètre d'un pélican
Et pour le snorkeling à proximité de Cabo Catoche, ils attirent les poissons quotidiennement en les nourrissant, ce qui est normalement une pratique à proscrire. Car ensuite, ces poissons ne savent plus s’alimenter naturellement et deviennent dépendants de Glendy Tours et de ses concurrents.
Un petit mot quand même sur le reste de l’excursion. Cabo Catoche (le site où nous avons pris le repas, sur l’île d’ Holbox) est le point le plus septentrional de tout le Yucatan. L’endroit est paradisiaque.
Sur le chemin du retour, nous passerons une demi-heure à faire du snorkeling sur un site qui ne s’avère finalement poissonneux que parce que les tours-opérateurs ont la mauvaise idée de nourrir les poissons. Mais cette pratique non respectueuse de la nature est normalement à proscrire.
En plus, le gilet de sauvetage, comme dans de nombreux endroits au Yucatan d’ailleurs, est obligatoire !!
Étant plongeurs, nous n’avons pas trouvé ce site très intéressant mais objectivement, il devrait ravir tous ceux qui n’ont pas trop l’habitude de mettre la tête sous l’eau dans de beaux sites de plongée.
Nous avons détesté nous sentir prisonniers de ce gilet qui nous bloquait à la surface et pour ma part, ce que j’ai préféré finalement, c’est de pouvoir nager à côté d’un pélican assez peu farouche, qui palmait juste à côté de moi dans une eau verte.
Bon, on ne peut apparemment pas publier plus de 10 photos d'un coup sur VF, donc je reviens pour la suite du carnet dans un prochain message. Car après ces déboires de début du séjour, la suite du périple s'est avérée magnifique... | | | Annonce · Sponsorisé | | | ... et voici la suite...
Je vous parlais donc de mon pélican qui nageait dans des eaux vertes à un mètre de moi : le voilà !
En conclusion, notre rêve de plonger avec des requins-baleines est tombé à l’eau, contrairement à nous qui sommes restés à bord ! Mais ce n’est pas grave finalement car il nous reste 18 à jours à profiter du Mexique , et ce ne sont pas ces types et leur dulcinée plastifiée qui vont nous gâcher le plaisir.
La suite de notre périple dans le Yucatan va s’avérer en effet grandiose et notamment, à défaut d’avoir pu plonger avec des requins-baleines, nous allons plonger dans quelques jours, nous ne le savons pas encore, avec un crocodile sauvage...
La bioluminescence
Tout à l’ouest de l’île (à 15 mn de la petite ville d’ Holbox en voiturette de golf) se trouve un site de bioluminescence réputé : dans l’eau, le plancton est lumineux en pleine nuit.
Les photos que j’avais vues vues sur le web montraient une eau très lumineuse d’un bleu métallique impressionnant, en pleine nuit. C’était magnifique.
Si vous avez vu les mêmes images, alors ne vous y trompez pas : le plancton brille un peu mais beaucoup moins que sur ces photos, et il émet une lumière non pas bleue mais plutôt grisâtre. Bref, c’est magique pour les enfants, intéressant pour les plus curieux, mais globalement plutôt décevant (décidément...).
Mais peut-être cette teinte bleutée et très lumineuse varie-t-elle en fonction de la saison, ou des conditions de l’eau...
Les plages
L’île d’ Holbox est pourvue de grandes et magnifiques plages de sable blanc.
Dans la ville d’ Holbox, elles sont colonisées par les hôtels mais dès qu’on s’éloigne un peu, on trouve des endroits paradisiaques : sable blanc donc, mer tantôt verte et tantôt turquoise, cocotiers...
Street-art
De nombreux murs sont joliment graffés à Holbox. En voici un aperçu.
Voilà, c'est fini pour Holbox mais le périple continue... | | | 2e étape : Rio Lagartos et Las Coloradas
Après avoir quitté l’île d’ Holbox en bateau pour rejoindre le continent, nous nous rendons à Rio Lagartos, toujours dans le nord du Yucatan.
Cette petite ville calme vit notamment du tourisme mais paradoxalement, nous n’avons vu que très peu de visiteurs.
Le bon plan consiste à visiter la réserve de Ria Lagartos au petit matin, c’est pourquoi il est souhaitable d’arriver sur place la veille.
Si c’est le cas, on peut profiter de la fin d’après-midi (le jour de l’arrivée sur place) pour visiter les deux cénotes de Peten Mac et Chikila, qui sont situés à la sortie de la ville.
Le lendemain matin, on visite donc la réserve de biosphère en bateau et l’après-midi, on peut se rendre à Las Coloradas.
Le cénote Peten Mac
On accède au cénote Peten Mac par un agréable chemin qui serpente à travers la végétation.
Après quelques minutes de marche, ce sentier débouche sur un petit cénote très sauvage, cerné par un ponton et situé dans la jungle.
Dans ce cénote vivent deux crocodiles sauvages qui, lors de notre venue, ne se montrent pas tout de suite. Tout en guettant les gros reptiles, nous discutons avec deux guides locaux. C’est leur jour de repos et ils terminent leur partie de pêche. Ils n’ont pas attrapé le moindre poisson mais ils savourent quelques bières en pleine nature : il suffit parfois de pas grand-chose pour être heureux...
Nous leur expliquons que nous aurions bien aimé pouvoir observer ces deux crocodiles. Immédiatement, l’un d’eux attrape sa canne à pêche, avec le bout de laquelle il tapote sans discontinuer la surface de l’eau.
Le résultat ne se fait pas attendre : en quelques secondes, un premier crocodile approche assez rapidement, un peu comme un petit chien à l’appel de son maître, suivi de près par le second. La scène est incroyable.
Ils nous expliquent alors que les rares visiteurs qui viennent jusqu’ici offrent parfois aux deux habitants du cénote un peu de nourriture (le nourrissage des animaux sauvages est évidemment une pratique à proscrire, dans l’intérêt des animaux...). C’est pourquoi ils ont ainsi accouru à l’appel du guide, espérant obtenir un petit quelque chose à se mettre sous la quenotte. Les deux reptiles resteront de longues minutes à quelques mètres de nous, flottant paisiblement à la surface.
Le guide nous explique que les jours précédents, la femelle a construit son nid à proximité du ponton. Il faut donc éviter d’approcher cette zone en présence de la future maman car, si ce crocodile d’eau douce n’est pas agressif envers les humains, il peut le devenir ponctuellement s’il croit qu’on va s’en prendre à son nid ou à ses oeufs.
Le nid de maman croco
Pendant que nous discutons avec ces deux guides sympas qui nous racontent des histoires passionnantes sur la nature locale, l’un des deux sauriens plonge tranquillement, la gueule grande ouverte.
Il disparaît alors mais son congénère reste en surface à quatre ou cinq mètres à peine du ponton, ce qui me permet de le photographier de près.
Déjà 10 photos publiées ! La suite arrive... | | | Je mitraille donc ce croco de près, disais-je...
Avec quelques libellules curieuses en prime !
Inutile de préciser que, contrairement à la plupart des cénotes ouverts au public dans le Yucatan, on ne peut pas se baigner dans celui de Peten Mac ! Toutefois, cet endroit où nous n’avons croisé strictement aucun touriste pendant les quarante minutes passées sur place, est un régal pour les amoureux de la nature.
Nous quittons le cénote Peten Mac pour celui de Chikila, situé à quelques centaines de mètres de là.
Le cénote Chikila
Avant de venir visiter ces deux cénotes voisins (Chikila et Peten Mac), on nous a bien expliqué qu’on ne pouvait se baigner que dans celui de Chikila, à cause des deux crocodiles qui habitent celui de Peten Mac.
C’est ainsi qu’à peine arrivés à Chikila, nos deux fils se mettent en maillot et s’apprêtent à se jeter à l’eau pour se rafraîchir enfin, car l’atmosphère est suffocante avec une température extérieure et un taux d’humidité très élevés.
Et au moment de plonger, Victor, notre fils aîné, prononce cette phrase surréaliste : « on est bien d’accord, cet espèce de crocodile au fond, c’est un faux ? »
Nous ne sommes en effet pas méfiants car de jeunes enfants viennent tout juste de se baigner là, des dames lavent leur linge les pieds dans l’eau, et les locaux nous ont bien assuré avant de venir que les crocodiles ne pénétraient pas dans ce cénote, et qu’on pouvait donc s’y baigner sans crainte.
Mais la bestiole se met clairement à bouger au fond de l’eau : le faux crocodile est un vrai !
Nous sommes sidérés ! Nous en informons immédiatement les dames, qui n’ont pas l’air plus étonnées que ça et continuent à laver leur linge comme si de rien n’était.
Les gamins qui viennent de sortir de l’eau reviennent admirer la bête, en n’y trempant toutefois pas le moindre orteil cette fois !
Renseignements pris, il s’avère que ce cénote communique avec la mer voisine par un réseau de galeries immergées (comme la plupart des cénotes d’ailleurs) et que même si c’est rare, il arrive parfois qu’un crocodile vienne se glisser ici !
Celui-ci n’est pas bien gros et les locaux nous assurent que les quelques crocodiles qui arrivent dans ce cénote n’ont jamais attaqué aucun baigneur. Mais nous ressentons quand même une grosse frayeur rétrospective, en imaginant ce qui aurait pu arriver si nos fils avaient plongé juste à côté de lui.
Une fois la stupeur passée, nous rigolons tous les quatre ensemble de ce qui constituera, bien malgré nous, une belle anecdote de voyage...
Ria Lagartos, réserve de biosphère
La principale attraction de Rio Lagartos est sa réserve de biosphère, ainsi classée par l’Unesco. Elle s’appelle d’ailleurs Ria Lagartos, qui signifie l’estuaire des lézards (comprenez l’estuaire des crocodiles !), à ne pas confondre avec la ville de Rio Lagartos (située juste en face), la rivière des lézards.
La réserve se visite en bateau, idéalement au petit matin, car c’est le moment où les animaux se réveillent tout juste : encore à moitié endormis, ils sont plus faciles à observer.
En quelques minutes, on rejoint la mangrove située sur la rive d’en face, puis on navigue en serpentant dans les canaux.
Ria Lagartos est une zone d’une importance capitale pour la conservation de nombreuses espèces menacées. Certains animaux considérés en danger critique d’extinction, comme les tortues marines par exemple, se trouvent ainsi protégés.
Au niveau ambiance, la quiétude et le calme qui règnent dans la réserve correspondent parfaitement à un site aussi nature que celui-là.
Cet espace protégé permet d’observer de nombreux oiseaux un peu partout. Il fait d’ailleurs office de halte pour un certain nombre d’oiseaux migrateurs.
Parmi tous les volatiles qui vivent dans le coin, nous avons la chance d’apercevoir un balbuzard pêcheur. C’est un beau rapace de plus de 1m50 d’envergure, qui se nourrit quasi-exclusivement de poissons.
La pression de ses serres est si forte que parfois, lorsque le poisson qu’il a saisi s’avère trop lourd, il peut lui arriver de ne pas réussir à les desserrer à tel point... qu’il finit par se noyer !
Notre guide José nous explique qu’il y a quelques années, une partie de la mangrove n’a pas survécu au passage d’El Niño (ou plus précisément de la propagation de ses conséquences à l’échelle mondiale, El Niño étant localisé dans l’Océan Pacifique), ce phénomène climatique qui provoque une hausse importante de la température de l’eau.
La zone concernée n’est pas bien grande, mais c’est dans cet endroit apparemment sans vie que nous apercevons un crocodile.
Il a beau exhiber devant nous son impressionnante dentition, il n’attaque en principe jamais les humains puisqu’il se nourrit exclusivement de poissons, d’oiseaux et de petits mammifères.
Notez que si vous voulez optimiser vos chances d’apercevoir un crocodile, il faut partir de Rio Lagartos le plus tôt possible, c’est-à-dire vers 7h00-7h30 dernier délai. Car dès qu’il commence à faire chaud, ces gros reptiles ont tendance à aller se cacher dans la mangrove.
La visite en bateau se poursuit par une balade dans un marais salant dont l’eau arbore des couleurs étonnantes.
Puis on arrive sur le territoire des flamands roses. Là, il y a deux solutions : soit le guide respecte la réglementation, qui interdit d’approcher de trop près ces gracieux volatiles afin de ne pas les effrayer, soit il la transgresse allègrement afin de satisfaire ses clients, en espérant obtenir à la fin un pourboire.
Notre guide José, très pro, restera consciencieusement à l’écart. D’où les photos un peu lointaines qui illustrent cet article.
José nous explique qu’il y a quelques années, les flamands étaient beaucoup plus nombreux qu’aujourd’hui par ici. Les bateaux les approchaient de très près et souvent à grande vitesse, pour les contraindre à s’envoler devant l’objectif des touristes. Ces derniers étaient forcément ravis de leurs photos, réalisées au détriment des flamands effrayés.
Et bien sûr, ce qui devait arriver arriva : les flamands sont partis vivre ailleurs, loin des humains pour avoir la paix. Ils sont donc aujourd’hui beaucoup moins nombreux qu’avant, dans cette partie de la réserve accessible aux touristes même si, au final, on en aperçoit quand même quelques dizaines.
A noter qu’au cours de ces tours en bateau, on peut faire, si on le souhaite, une halte au milieu de l’estuaire pour s’enduire le corps de boue, puis se rincer dans l’eau une demi-heure plus tard. Nous ne l’avons pas fait mais c’est, paraît-il, du meilleur effet pour la peau...
C’est sur l’observation des flamands roses que le tour prend fin. Direction maintenant : Las Coloradas... | | | Salut! Quelle belle idée ! Un nouveau carnet sur le Yucatan! Nous y allons pour la première fois durant les 2 mois de l'été prochain avec nos deux garçons de 15 et 10 ans... Je vais suivre vos aventures en détails et avec plaisir 
Sylvain | | | Las Coloradas
Las Coloradas est situé à 25 minutes en voiture à l’est de Rio Lagartos.
A l’origine, le site actuel de Las Coloradas était un lieu où les Mayas produisaient du sel. Cette activité perdure aujourd’hui encore : l’eau de mer est stockée dans de grands bassins, puis s’évapore peu à peu sous le soleil torride de la région pendant que son sel se cristallise.
Cette eau est également chargée en algues, en plancton et en petites crevettes roses : ce sont elles qui transmettent cette couleur unique à l’eau (ainsi qu’aux flamands roses qui les mangent, d’ailleurs). Visuellement, ce paysage est assez spectaculaire.
Il y a quelques années, ce site était à peu près vierge de touristes. On pouvait même se baigner dans ces eaux roses pour faire des photos incroyables. Mais depuis que le drone d’un touriste s’est écrasé dans l’un de ces bassins, le polluant pour un bon moment, la baignade est interdite.
Lors de notre visite (juillet 2023), l’entrée était payante mais surtout, il était obligatoire d’être accompagné par un guide : on ne peut désormais plus se balader librement par ici.
Et ce n’est rien à côté de ce qui se trame : les autorités sont en train d’investir massivement sur ce site en construisant des infrastructures touristiques de grande envergure, tout autour de l’usine de production de sel. Le but affiché est clair : il s’agit de réaliser des recettes touristiques records...
Une fois que ces travaux seront terminés et que la capacité touristique sera décuplée, la question sera donc de savoir si le jeu en vaudra la chandelle : à notre avis, non.
En effet, la couleur de ces bassins, dont on fait le tour en une demi-heure, est étonnante et photogénique, c’est indéniable, mais pas au point de justifier les prix et le manque d’authenticité qui iront immanquablement avec...
Bon, je vais en rester là pour aujourd’hui, je publierai la suite très vite.
Si vous êtes arrivé/e/s jusque-là, merci de votre lecture | | | Salut Sylvain,
Nous nous sommes vraiment régalés dans le Yucatan (contre toute attente donc en ce qui me concerne !) et je vous souhaite à tous les quatre un superbe voyage là-bas vous aussi.
Si tu as des questions, n'hésite pas au fil du carnet, ce sera toujours un plaisir d'y répondre...
A bientôt. | | | Re - salut! La plongée avec les requins baleines étaient une des choses que nous voulions faire puisque nous passons 4 jours à Holbox mais la lecture de très (trop) nombreux commentaires négatifs vis à vis des pauvres requins nous ont dissuadé de le mettre sur la to-do-list... Plonger 1 min au milieu de la furie des bateaux, ça sera non... Dommage car cela nous a fait rêver au début de nos recherches.... | | | Salut Le Yucatan n'est pas sur ma To do list, mais j'embarque avec plaisir. Entre Miss Monde, les requins-baleines et le crocodile dans un cénote où il n'aurait pas du être, j’attends la suite avec impatience...  Belles photos et commentaires agréables à lire. Merci. | | | Salut Éric et merci pour ton comm, qui m'a bien fait rire 
La suite est pour bientôt mais elle ne sera peut-être pas aussi palpitante  toutefois, ça me fait plaisir de mettre en avant cette belle destination... | | | Pour en terminer avec Rio Lagartos, un petit mot sur l'hébergement.
Dans cette petite ville de 2.000 habitants, les hôtels sont concentrés le long du malecon : on n’a donc que l’embarras du choix. Si l’on a un peu de temps, on peut aller d’un hôtel à l’autre pour comparer les prix et faire jouer la concurrence.
Nous avons dormi à la Posada El Perico Marinero. Le prix était élevé (123 euros la nuit pour 4), c’était, et de loin, l’hébergement le plus cher de tout notre périple de 3 semaines mais pour cette étape-là, je voulais une piscine pour nos fils. Et c’est justement l’un des deux seuls hôtels de toute la ville avec piscine, ce qui n’est pas du luxe vu la chaleur accablante qui règne là-bas.
L’hôtel est légèrement excentré, ce qui en fait un lieu d’hébergement calme, et il suffit de 5 minutes de marche pour rejoindre le minuscule centre-ville.
L’hôtel comprend un restaurant sur place et un autre, très bon, dans le centre-ville (à 5 mn à pied), pour lequel les réceptionnistes de l’hôtel donnent des bons de réductions : le Perico Marinero. On y mange très bien, la situation sur le malecon est parfaite, les prix sont corrects et le personnel est accueillant.
En sirotant tranquillement l'apéro en terrasse, on a pu observer un raton-laveur traverser la rue, tout aussi tranquillement. Rien à dire, cette ville, qui est également fréquentée par de nombreux pélicans, est vraiment une ville-nature...
Et enfin, le guide. Pour en trouver un, il n’y a rien de plus simple ! On peut demander un guide à la réception des hôtels, c’est ce que nous avons fait à la Posada El Perico Marinero. On peut aussi se balader en ville, où l’on devient vite la cible des différents guides qui proposent leurs services. Toutefois, lorsqu’on refuse, ils ne sont pas insistants.
Attention : il y a les guides officiels, et les autres ! En général, ces derniers sont des pêcheurs qui emmènent les touristes sur leur bateau, car cette activité est bien plus rentable pour eux que la pêche. Mais ils n’ont reçu aucune formation pour ce métier de guide et ne donnent donc pas forcément des informations fiables.
Notre guide, Jose Ramos Gamboa, est un guide officiel que connaissaient tous ceux qui nous ont proposé leurs services sur le malecon, et tous nous ont dit que c’était un excellent guide, alors que c’était pourtant leur concurrent ! Après coup, c’est également l’impression que nous avons eue. C’est sans doute pourquoi plusieurs hôtels travaillent avec lui...
Le prix : 1.800 pesos (95 euros environ) le tour de 2 heures pour 4 personnes. Plutôt que de négocier le prix comme la plupart des gens, nous avons préféré négocier la durée et Jose a accepté de nous faire faire un tour de 3 heures au lieu de 2 pour le même tarif.
Si ça vous intéresse, n’hésitez pas à le joindre par téléphone ou via WhatsApp : (999) 910 57 83 – Par mail : contacto@riolagartosdiscovery.com (précisez son nom : Jose Ramos Gamboa) – Le site de son employeur : Rio Lagartos Discovery (différents types de tours sont organisés, y compris de nuit).
3e étape : Valladolid et ses environs
Nous quittons Las Coloradas pour Valladolid, direction plein sud. En route, nous nous arrêtons au cénote Kikil pour piquer une tête. En bref, un cénote, c’est un gouffre rempli d’eau (et c’est bien un cénote, et non pas une !  ). Ces spécificités géologiques sont généralement situées en pleine nature et le plus souvent, la baignade y est délicieuse.
Kikil est fréquenté par un oiseau coloré présent en grand nombre, le motmot à sourcils bleus. Ces jolies boules de plumes multicolores passent leur temps à virevolter au-dessus de la tête des baigneurs pour regagner leurs nids, qu’ils ont construits sur les parois du cénote.
C’est un cénote assez joli, sauvage et peu fréquenté. Les quelques personnes présentes quand nous sommes arrivés ne sont pas restées longtemps et nous nous sommes vite retrouvés là tout seuls. Un régal.
Seul bémol : le port obligatoire du gilet de sauvetage.
Il y aurait près de 10.000 cénotes dans toute la péninsule du Yucatan. Leurs eaux rafraîchissantes sont si attrayantes qu’on a tendance à se baigner dans l’un d’entre eux (ou plusieurs) à peu près tous les jours.
Je ne vais donc pas détailler chacune de nos baignades dans ces sites naturels souvent exceptionnels car ça ne passionnera personne :smile:, j’en décrirai juste quelques-uns au fil de ce carnet. Toutefois, pour ceux que cela pourrait intéresser, j’ai écrit un article détaillé spécialement dédié à ces merveilles de la nature : La magie des cénotes
Le cénote Kikil constitue une halte parfaite et rafraîchissante entre Rio Lagartos et Valladolid.
Nous avons choisi cette ville coloniale, bien évidemment pour la visiter un peu, mais aussi pour pouvoir rayonner dans la région. Elle est en effet idéalement placée pour ça : sites archéologiques mayas et cénotes, notamment, sont situés tout autour. Il y a donc de quoi faire.
Des quatre villes coloniales que nous avons visitées, c’est Valladolid qui nous a le moins emballés. Attention, elle est jolie quand même et en plus, c’est une ville à taille humaine (50.000 habitants), contrairement à Mérida par exemple.
D’où l’avantage, selon nous, de faire le tour du Yucatan dans le sens contraire des aiguilles d’une montre : on commence par Valladolid et on finit par la superbe Campeche. Cela étant dit, chacun ses goûts bien sûr...
La place est dominée par l’église San Servacio, la plus grande de la ville.
Nous avons séjourné à l’hôtel San Clemente pour sa situation idéale : en plein centre-ville ! Il suffit de traverser la rue pour se retrouver aux pieds de l’église San Servacio, face à la place centrale.
Sa situation est donc exceptionnelle (la meilleure de tous les hôtels dans lesquels nous avons dormi dans les villes coloniales du Yucatan) et la terrasse pour le petit-déjeuner face à la piscine est très agréable.
Prix : 68 euros par nuit la chambre pour 4 (en plein mois de juillet, donc).
Nous avons donc rayonné autour de la ville et parmi tous les cénotes du coin, j’en citerai deux que nous avons beaucoup aimé et dans lesquels nous nous sommes retrouvés entièrement seuls la plupart du temps. Ce sont deux cénotes-grottes, et non pas comme souvent des cénotes en plein air.
Le cénote X’ux Ha :
Et le cénote Chihuan :
L'ambiance est particulière dans les cénotes-grottes : l'atmosphère y est très humide, les sons raisonnent, l'eau est délicieuse, et on a l'impression d'être privilégiés d'être là. | | | Sans transition, après la nature, passons aux vieilles pierres.
C’est entre Valladolid et Mérida que se situe le site sans doute le plus emblématique de tout le Yucatan : Chichen Itza.
Il s’agit d’une ancienne et vaste cité maya qui compta jusqu’à 50.000 habitants. Aujourd’hui, sa structure la plus connue, mondialement réputée, est la pyramide de Kukulcan, le Dieu serpent à plumes en l’honneur duquel elle fut érigée.
Bon, inutile de jouer au guide touristique sur ce site ultra-connu et incontournable du Yucatan, quelques images suffiront, mais ce célèbre site maya est impressionnant à visiter.
Le temple des guerriers
Les Tzompantli étaient des pans de murs sculptés, représentant des crânes humains empalés sur des piquets ! Cette violente pratique maya a réellement existé.
Les iguanes sont présents partout à Chichen Itza. Y compris sur les crânes du Tzompantli : aucun respect ces petites bêtes.
Toutes les villes mayas étaient bâties à proximité d’un ou plusieurs cénotes, ces gouffres qui constituaient la seule source d’eau de la région.
Le cénote Sagrado, à Chichen Itza
Sans transition, après les vieilles pierres mayas, nous passons à une activité nature qui n'existe que dans le Yucatan et nulle part ailleurs dans le monde : la plongée dans des cénotes.
Nous en avons fait deux, exceptionnelles, avec Scuba Tulum, un club qui nous a fait vivre une journée magnifique
Nous nous sommes rendus tout d’abord au cénote Ponderosa. Visuellement, ce magnifique cénote porte bien son surnom de Jardin d’Eden ! Situé au beau milieu d’une végétation luxuriante, son eau attrayante passe à peu près par tous les tons de verts et de bleus.
L’inconvénient, c’est qu’il est assez fréquenté : baigneurs, snorkelers et plongeurs, tout le monde vient se régaler dans ce superbe cénote. Mais on peut quand même y passer une demi-journée voire la journée entière tellement il est joli, agréable et parfaitement aménagé.
Après la mise à l’eau dans le bassin principal (celui de la photo ci-dessus), on pénètre dans un réseau de galeries et de grottes sous-marines. Claustrophobes s’abstenir.
Avant la pongée, on nous a prévenus qu'il fallait nager la brasse avec les palmes, plutôt que de battre des pieds comme au crawl. La raison ? Dans certains passages étroits, ça évite d'abîmer le sol et le plafond en les tapant avec les palmes.
Au bout du tunnel se trouve le clou du spectacle : des jeux de lumière subaquatiques impressionnants. En levant la tête, on aperçoit la jolie mangrove de l’autre côté de la surface. Elle est située dans un deuxième cénote, inaccessible à pied celui-là.
Les rayons du soleil se frayent un chemin à travers cette végétation tropicale puis transpercent la surface de l’eau jusqu’au fond du cénote. On dirait un décor de cinéma mais non, c’est juste la nature.
Difficile de rendre la grandeur et la beauté de ce spot de plongée avec une simple capture d'image de vidéo GoPro, je n'ai rien de mieux à vous proposer ! Mais ça permet de donner une idée de ce à quoi ça ressemble...
De retour dans le bassin du départ, une jolie petite tortue d’eau douce viendra nager tranquillement parmi nous. Une plongée sublime...
En sortant de l'eau, Isella, notre guide de plongée, nous donne le choix, pour la deuxième plongée que nous ferons l'après-midi, entre un cénote décoré d'une multitude de stalactites, et un autre dans la mangrove, ou vit un crocodile sauvage qui, je le précise tout de suite mais j'y reviendrai un peu plus tard en détail, est considéré par les autorités et les spécialistes qui le suivent régulièrement comme non dangereux pour l'homme.
Les deux plongées me font rêver, mais surtout la deuxième, car une telle opportunité ne se représentera sans doute jamais. Toutefois, je ne veux pas influencer mes fils, je leur demande donc ce qu'ils en pensent : "le crocodile, c'est stylé", m'entends-je répondre. Bon, adjugé, ce sera le croco.
J'ai encore atteint mon quota de photos, ou presque : à tout de suite... | | | La deuxième plongée de la journée aura lieu à Casa Cenote. C’est une sorte de petit lagon aux eaux d’un vert irréel et enchanteur. Il est cerné par une mangrove luxuriante.
Sa particularité, c’est qu’un crocodile sauvage y a élu domicile il y a plusieurs années. Pourtant, il y a tous les jours des gens qui s’y baignent ! Et régulièrement, le reptile vient même nager parmi eux, de la manière la plus pacifique qui soit. Cela fait des années que ça dure, et il n’a jamais attaqué personne.
A ce stade du récit, il faut faire tomber un mythe : les crocodiles ne sont pas forcément tous des mangeurs d’hommes, loin de là. Cela dépend des espèces et de leur répartition géographique, les crocodiles d’eau douce étant généralement peu voire pas agressifs, à la différence des crocodiles marins.
Le crocodile de Casa Cenote est un crocodile de Morelet. Il s’agit d’une espèce de crocodiles d’eau douce qui ne s’approchent guère des humains, même s’il faut bien évidemment toujours rester prudent : si on le menace ou si on l’approche d’un peu trop près, il peut devenir agressif pour se défendre.
Son menu alimentaire est essentiellement composé de poissons, de mammifères et d’oiseaux. Pas d’humains.
Le crocodile de Morelet ne dépasse guère les trois mètres à l’âge adulte. Celui de Casa Cenote, encore jeune, en mesure environ deux actuellement.
Ce crocodile de Casa Cenote est donc connu des locaux depuis des années, à tel point qu’ils lui ont donné un prénom, Pancho, et même un surnom affectueux : Panchito ! La bête est devenue la star des lieux et, si les baigneurs ne se bousculent pas forcément au portillon, il y en a quand même tous les jours quelques-uns qui nagent ici. Certains viennent même de loin pour le voir de près ! C’est donc notre cas.
La plongée commence dans ce qui est bien souvent le territoire des crocodiles : la mangrove.
Longer cette jolie végétation la tête sous l’eau en guettant un crocodile est une expérience unique. La mangrove vue du dessous est superbe, ses multiples dégradés de verts se reflètent à la surface en scintillant au soleil, et je regrette tellement de ne pas avoir un appareil photo qui puisse restituer fidèlement ces magnifiques images. Heureusement, elles restent gravées dans ma mémoire.
Après avoir longé la mangrove pendant quelques minutes à très faible profondeur (un à trois mètres), nous passons carrément... en-dessous ! C’est ainsi que nous nous retrouvons à palmer dans un réseau inattendu de tunnels et de galeries, qui traversent même une ou deux petites grottes sous-marines.
Ce genre de plongées de type spéléo présentent un certain nombre de particularités :
- Il y fait évidemment très sombre (ce qui n’arrange décidément pas la qualité de mes photos !).
- Surtout, dans ces tunnels sous-marins entièrement immergés, il est impossible de remonter à la surface pour respirer à l’air libre puisque... il n’y a pas de surface ! Il faut d’ailleurs signer une décharge (stipulant qu’on a bien été informé/e) avant la plongée.
- Il est obligatoire de plonger au fil d’Ariane, que déroule mètre après mètre notre guide, la plongeuse expérimentée Isella.
- Le/la guide, justement, doit obligatoirement avoir une habilitation spécifique aux plongées spéléo, en plus des diplômes habituels de prof de plongée.
- Enfin, ce cénote communique avec la mer par les galeries sous-marines. Un peu d’eau de mer salée pénètre ainsi dans le cénote, mais elle ne se mélange pas à l’eau douce. Cette séparation entre l’eau salée et l’eau douce s’appelle halocline. L’eau salée étant naturellement plus dense que l’eau douce, elle stagne au fond où, étonnamment, on arrive quand même à la distinguer visuellement de l’eau douce. Car elle ressemble à une sorte de grande nappe d’huile. Dès qu’on nage dedans, tout devient trouble, un peu comme quand on ouvre les yeux sous l’eau sans masque. Ce manque de visibilité n’est pas ce qu’il y a de plus rassurant quand on guette un crocodile sauvage, mais cette expérience déstabilisante vaut le détour.
Voilà pour le décor de cette plongée surréaliste...
Le long de ce réseau de galeries sous-marines, quelques trouées dans la mangrove au-dessus de nos têtes laissent passer les rayons du soleil, ce qui est visuellement du plus bel effet.
Et oui, un photographe pro avec de l’excellent matos photo de plongée est venu nous tirer le portrait là-dessous, d’où la bien meilleure qualité des images ci-dessus.
Quand nous sortons du tunnel, nous savons que c’est plus précisément ici que commence le territoire de Panchito. Car pendant son briefing précédant la plongée, Isella nous a bien expliqué que notre grand saurien dentu vivait essentiellement dans cette partie-là du cénote, dès la sortie des galeries.
Et en effet, à peine extirpés des tunnels, elle nous fait immédiatement de grands signes, pointant du doigt la surface de l’eau. Dans un premier temps, nous n’apercevons aucun crocodile à l’horizon. Face à notre passivité, Isella joint ses deux coudes pour former un grand V avec ses deux avant-bras puis claque ses deux mains, mimant une mâchoire qui se referme brusquement !
Le doute n’est plus permis, Panchito est quelque part par là.
Et en effet, nous finissons par apercevoir sa patte palmée juste sous la surface de l’eau, délicatement posée sur la mangrove, au milieu des rayons du soleil. Le reste de la bête est donc au-dessus de la surface, non visible pour nous à cet instant précis.
A part quelques bouts de racines, tout est noir autour de cette patte et l’eau est chargée en particules, mais l’instant est fascinant à vivre.
Isella nous fait signe que nous allons remonter à la surface, pour le voir de plus près et en entier. Du coup, l’adrénaline aussi monte un peu mais pas tant que ça, car nous nous sentons tous les trois d’une étonnante sérénité.
Nous nous demandons dans quelle posture nous allons le trouver de l’autre côté de la surface : sera-t-il en train de nous observer ? ou sur la défensive ? ou la gueule ouverte ? Et bien en fait, une fois à la surface, il s’avère... qu’il pique un somme !
Il est à quatre ou cinq mètres de nous, tranquillement affalé sur la mangrove à l’ombre de la végétation, où il somnole. Du moins en a-t-il l’air, car nous voyons bien qu’il nous observe quand même du coin de son oeil entrouvert. Mais il n’est évidemment pas plus agressif qu’il ne l’a jamais été avec personne et il se repose paisiblement, vraisemblablement habitué aux visiteurs tels que nous.
Impossible de prendre une photo correcte de lui, à cause de l’objectif ultra-grand angle de ma GoPro qui éloigne et rapetisse Panchito. En plus, il est caché dans l’ombre de la mangrove et ce fort contraste, entre les basses lumières de l’ombre de la végétation et les hautes lumières des feuillages en plein soleil, ne facilite pas non plus la prise de vues.
Mais tant pis, le moment est intense quand même pour mes deux fils et moi. A tour de rôle, ils me demandent de leur tirer le portrait devant la bête.
Nous savourons à fond ces deux petites minutes passées avec ce compagnon singulier, qui n’aura au final pas bougé une écaille !
Mais il faut déjà repartir. Nous remettons la tête sous l’eau en espérant qu’il fasse de même, car il paraît que l’observation d’un crocodile qui se dandine dans l’eau vaut son pesant d’or.
Mais non : Panchito préfère continuer tranquillement sa sieste, malgré les poissons sous la surface qui viennent le narguer sans relâche jusque devant ses quenottes. Mais peut-être est-il justement sur la digestion de son dernier repas... | | | La plongée est terminée, nous rentrons pour débriefer.
Avant de venir au Mexique, j’avais lu beaucoup d’infos diverses et variées sur le web, à propos de Panchito. Donc avant et après cette plongée, j’interroge Isella pour essayer de faire le tri entre toutes ces infos, car certaines m’intriguent. Par exemple, j’avais lu que Panchito mesurait un mètre et ne grandissait plus, ou encore que le cénote était fermé et donc inaccessible aux autres crocodiles, etc.
Un sourire au coin des lèvres, Isella dément diplomatiquement ces fake news. Elle nous explique que ce crocodile est régulièrement suivi par les autorités, qui l’ont d’ailleurs mesuré et pesé encore récemment. Il a grandi un peu et pris du poids depuis les mesures précédentes, ce qui est normal. Selon les spécialistes, il est encore à l’âge « adolescent » et du haut de ses deux mètres, il ne présente actuellement aucun danger pour l’homme.
Elle nous explique également que, comme à peu près tous les cénotes, celui-ci communique bel et bien avec la mer par un réseau de galeries sous-marines. Et contrairement à ce que j’ai lu sur le web, il arrive, même si c’est rare, que d’autres crocodiles y pénètrent.
Mais ce grand reptile est par nature un animal territorial : il défend notamment son nid, ou encore les zones dans lesquelles il se nourrit, etc. C’est pourquoi les congénères de Panchito qui arrivent parfois jusqu’ici ne restent jamais bien longtemps sur son territoire...
Pour terminer et sans transition, je dois préciser que le site est globalement assez poissonneux dans l’ensemble, ce qui rend cette pongée atypique encore plus belle.
Je ne retire que deux regrets, sans grande importance finalement, de cette rencontre de Panchito : ne pas l’avoir vu nager, et ne pas avoir pu le prendre correctement en photo.
Bien sûr, nous aurions aimé le voir nager autour de nous mais d’un autre côté, nous aurions aussi pu ne pas l’apercevoir du tout.
En effet, il arrive que Panchito soit sorti du cénote quand des visiteurs viennent l’observer, ou encore qu’il soit trop bien caché dans la mangrove pour qu’on puisse déceler sa présence. Ces visiteurs-là repartent donc bredouilles, c’est pourquoi nous savourons la chance que nous avons eue de pouvoir le voir et l’approcher : nous ne sommes pas près d’oublier ce moment.
Il est important d’insister sur un point : le crocodile est un animal que beaucoup de gens considèrent comme effrayant. A juste titre sans doute au vu de sa dentition et de la puissance phénoménale de sa mâchoire. Mais tous les crocodiles ne sont pas des mangeurs d’humains, et certains d’entre eux, c’est le cas du crocodile de Morelet, espèce à laquelle appartient Panchito, ne sont pas agressifs envers les humains.
A titre de comparaison, le crocodile de Morelet adulte mesure 3 mètres et pèse 200 kilos. Les deux espèces de crocodiles les plus dangereuses du monde (le crocodile du Nil, en Afrique, et le crocodile marin, en Asie du sud-est et en Australie, mesurent, eux, 6 mètres et pèsent jusqu’à... une tonne !
Au final, la rencontre de Panchito fut un grand moment pour nous. Cette plongée unique s’avère être l’une des plus mémorables de toutes celles que nous avons jamais faites, grâce à Panchito le croco bien sûr, mais aussi pour les galeries sous-marines et pour la beauté de la mangrove, si belle à observer depuis le dessous...
Enfin, pour ceux que ça intéresse, je recommande vivement Scuba Tulum, qui nous a magnifiquement accueillis et guidés, notamment grâce à Isella, notre guide de plongée, et sa collègue à terre, Gwadalupe. N’hésitez pas à les contacter, que ce soit pour plonger avec Panchito ou ailleurs...
Quelques infos pratiques pour ceux qui seraient intéressé/e/s par des plongées à Tulum, avec ou sans Panchito...
1/ Tout d’abord concernant le cénote de Panchito, attention, il existe deux cénotes portant le nom de Casa Cenote, à quelques kilomètres de distance l’un de l’autre !
Celui dont nous parlons dans cet article s’appelle également Cenote Manatee (ou Manati). C’est bien là que vit Panchito.
Il ne faut pas le confondre avec l’autre Casa Cenote, plus souvent appelé Cenote Xpuha, situé à une vingtaine de kilomètres plus au nord.
Enfin, on peut aller à la rencontre de Panchito simplement à la nage et non pas forcément en plongée. Il y a un plan du cénote affiché à l’entrée.
Sur le plan ci-dessus, la mise à l’eau est située en bas à gauche (main entrance), et Panchito vit le plus souvent dans la zone située en haut à droite (entre Crack Passage et Cavern limit).
Autrement, pour plus de précisions, il suffit de demander aux locaux présents sur place.
2/ Nous avons plongé avec Scuba Tulum – Adresse : calle sagitario Ote. 8, Tulum, QR 77780 – Téléphone : 01.984.115.2336 – Mail : scubatulum@gmail.com
C’est un club comme on les aime : accueil simple et amical, conditions de sécurité respectées mais sans la prise de tête qui va parfois avec, présence de quelques clients mais pas trop comme dans certains clubs où c’est l’usine.
Les deux interlocutrices que nous avons eues, Gwadalupe et Isella, ont toujours su rester simples et ouvertes. Elles ont répondu patiemment à nos nombreuses questions et nous ont appris une foule de choses passionnantes, sur les crocodiles mais aussi sur la nature du Yucatan, les habitants, leur mode de vie etc.
Comme toutes les plongées au Mexique, le prix n’est pas donné mais il est conforme à ceux pratiqués dans les différents clubs de plongée de Tulum : 2 plongées pour 150 euros par personne (mais quelles plongées !). Dans tous les cénotes, il faut y ajouter les frais d’entrée : pour Casa Cénote, c’est 200 pesos par personne (environ 10-11 euros).
En conclusion, nous gardons un magnifique souvenir de l’expérience de plongée vécue avec ce club.
A noter que, outre les plongées dans les différents cénotes de la région, Scuba Tulum organise aussi des plongées dans l’océan voisin.
Bien sûr, il existe également la possibilité de s’adresser aux nombreux autres clubs de plongée de Tulum, qui se rendent tous régulièrement sur ce spot.
Voilà pour aujourd'hui, à bientôt pour la suite... | | | 4/ Izamal, la ville jaune
Sur la route qui va de Valladolid à Merida, il y a une petite étape sympa à faire : Izamal.
Il s’agit d’une petite ville (15.000 habitants) dont les ruelles sont très peu animées, et même carrément désertes lors de notre venue.
5/ Merida
Après le calme reposant d’Izamal, nous allons découvrir l’agitation de Mérida. Avec son million d’habitants, elle est généralement considérée comme la “capitale” du Yucatan.
Comme Valladolid, Mérida jouit d’une situation géographique idéale, ce qui permet d’en faire un excellent point de chute pour rayonner dans les alentours.
C'est donc d'ici que nous irons visiter un autre site Maya réputé, Uxmal (à 78 km), et faire trempette dans différents cénotes du coin.
Parmi les visites à faire dans cette grande ville, nous avons particulièrement apprécié le palais du gouverneur. Il abrite de grandes peintures murales retraçant l’histoire tragique des mayas, signées du peintre mexicain Fernando Castro Pacheco.
Autre incontournable, le palais municipal. Le meilleur moment pour l'admirer est la tombée de la nuit, lorsque sa tour et ses arcades s’illuminent.
Enfin, classique mais efficace : quand on aime les couleurs et les senteurs des marchés latinos, alors on n'a que l’embarras du choix à Mérida. Le marché San Benito et le marché Santa Ana, notamment, sont situés à quelques minutes de marche de la place centrale.
Nous quittons Mérida, jolie ville chargée d’histoire, pour Uxmal. | | | 6/ La cité maya d’Uxmal
Pendant longtemps, la région d’ Uxmal (qui se prononce « Ouchmal ») compta très peu d’habitants pour une raison simple : les cénotes étaient beaucoup plus rares dans cette partie du Yucatan qu’ailleurs, et cette pénurie d’eau rendait la région difficilement habitable.
Le bâtiment principal de ce merveilleux site est la pyramide du Devin. On l’appelle aussi pyramide de la Diseuse de bonne aventure, ou encore pyramide du Magicien ! Et la magie, c’est justement ce qui opère quand on admire ce superbe édifice haut de 40 mètres, avec bien moins de touristes qu’à Chichen Itza.
Bon, je ne vais pas vous bombarder de photos de tous les édifices du site, une ou deux suffiront, mais Uxmal est très agréable à visiter.
Le quadrilatère des nonnes, dont les experts ne savent avec certitude ce à quoi il pouvait bien servir !
Le site est beaucoup, mais vraiment beaucoup moins fréquenté que Chichen Itza, car il n'est pas situé sur les routes les plus touristiques du Yucatan.
Le palais du Gouverneur
Un peu plus loin, le palais du gouverneur est considéré comme un chef-d’oeuvre architectural, caractérisé notamment par un grand raffinement. Sa centaine de mètres de long est décorée par près de 20.000 petits éléments sculptés (personnages, masques etc.)
Quant aux gardiens des vieilles pierres mayas, ils sont toujours présents bien sûr.
7/ La plus belle ville coloniale : Campeche
Aah, Campeche ! Ce n'est pas pour rien qu'elle est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.
Contrairement aux autres villes coloniales situées à l’intérieur de la péninsule, Campeche a les pieds dans l’eau : elle borde le golfe du Mexique.
Comme dans de nombreuses villes mexicaines, la place centrale ou zocalo, nommée place de l’Indépendance à Campeche, est un peu le coeur de la ville.
De chaque côté, elle est bordée de jolies arcades : jaunes d’un côté de la place, rouges de l’autre.
| | | Ce qui fait surtout le charme de Campeche, ce sont ses innombrables façades de maisons colorées, même si elles sont parfois un poil défraîchies.
La ville a beaucoup de charme et bénéficie en plus d’un gros avantage : elle n’est pas encore trop touristique car, un peu comme Uxmal, elle est relativement éloignée du circuit que font la plupart des voyageurs au Yucatan.
Si l’on trouve des façades colorées dans les autres villes coloniales du Yucatan, ce n’est rien comparé au centre-ville de Campeche : il y en a partout !
Nous avons eu un coup de coeur pour Campeche : si nous devions n’en conseiller qu’une, ce serait celle-là.
La prochaine étape sera l'une des plus mémorables de notre voyage : visiter une nouvelle cité Maya, mais la plus authentique pour nous car isolée dans la jungle et donc sans aucun touriste ou presque. Et ce, après avoir passé une nuit dans la jungle. | | | Génial, tout ce que vous avez fait est sur notre périple! Et la prochaine étape ne serait-elle pas Calakmul?.... | | | Gagné ! | | | 8/ Dormir dans la jungle et visiter la cité maya de Calakmul
Bon, je précise tout de suite que lorsque je parle de dormir dans la jungle, je n’évoque pas une expédition à la Mike Horn ! Il s’agit simplement de passer une nuit sous une tente dans un petit campement isolé, à la lisière de la jungle de Calakmul. C’est bien mieux qu’un petit hôtel et pour les voyageurs de base comme nous, cela suffit amplement à vivre une expérience dépaysante et inoubliable.
L’emplacement de ce campement est un peu moins éloigné de la cité Maya (52 km) que les autres hébergements de la région (60 km). Calakmul est tellement isolé qu'en se levant tôt le matin, après avoir parcouru cette distance, on arrive sur le site qui est... désert ! Avoir un site maya en pleine jungle pour soi tout seul, c'est classe quand même non ?...
Pour se rendre à Calakmul, il faut passer par le petit village de Conhuas, situé sur la route 186. A sept kilomètres au sud est situé le Campamento Yaax’ Che, dans la jungle, c'est donc là que nous avons dormi.
L'entrée du campement Yaax’ Che
Dès notre arrivée, nous vivons une expérience rare paraît-il, mais qui nous met immédiatement dans l’ambiance de la jungle. Après avoir marché à peine une vingtaine de mètres, juste après les panneaux de bienvenue de la photo ci-dessus, nous nous trouvons nez-à-nez avec... un serpent corail au venin mortel ! Le décor est planté.
Ce petit reptile est aussi joli que dangereux puisque parmi tous les serpents, son venin est l’un des plus puissants. Il ne faut donc pas se fier à sa modeste taille d’une cinquantaine de centimètres seulement.
Bref, nous comprenons vite qu’il va nous falloir bien regarder où nous mettons les pieds, notamment quand la nuit sera tombée et que nous marcherons ici à la lumière de nos frontales...
Nous quittons notre ami sans pattes pour être accueillis par deux quadrupèdes une vingtaine de mètres plus loin : deux singes-araignées jouent dans les arbres au-dessus de nos têtes.
En une poignée de minutes à peine, notre premier contact avec les habitants de cette jungle dans laquelle nous allons dormir va donc au-delà de nos espérances.
Le troisième animal qui nous signale sa présence n’est ni aussi sympa que les singes, ni aussi dangereux que le serpent : ce sont les moustiques ! Il n’y en a pas des hordes, mais suffisamment pour que nous nous tartinions rapidement d’anti-moustique.
Parmi les autres habitants de la jungle, signalons la néphile. Mais c’est quoi cette bête, me demanderez-vous ? C’est une jolie araignée d’une dizaine de centimètres de long, gracile et colorée, qui tisse la plus grande toile du monde arachnide.
Mais surtout, cette grande toile est extrêmement solide et collante puisque même des oiseaux comme les colibris s’y font piéger. Si solide d’ailleurs qu’elle est étudiée dans le but d’améliorer la fabrication... des gilets pare-balles !
Bien d’autres animaux peuplent la jungle. Quelques gros félins notamment vivent dans le coin comme les deux stars des lieux, le jaguar et le puma, mais ils sont peu nombreux dans une vaste zone et par conséquent, il est rare de pouvoir les observer. Nous n’en verrons pas.
Mais revenons-en au campement : il est composé de neuf tentes seulement. Elles sont suffisamment espacées et toutes abritées par un toit en tôle, afin de parer aux fortes pluies saisonnières.
Lors de notre venue, il n’y a pas foule : seules deux tentes en plus de la nôtre sont occupées, ce qui conforte notre sensation d’isolement. Même les gérants ne dorment pas là.
Le confort est modeste bien sûr mais ça, nous le savions avant d’arriver. Dans les tentes, il y a juste les matelas.
Dans un tel cadre, le campement est forcément très respectueux de la nature : toilettes sèches, tri sélectif, récupérateurs d’eau, tout est fait pour préserver l’environnement, lequel est exceptionnel par ici.
Il n’y a évidemment ni eau courante, ni électricité dans le coin. Dans chaque douche a donc été préparé un seau rempli d’eau pour que les visiteurs puissent se laver. Mais il faut bien dire que la couleur marronnasse de cette eau, ainsi que son opacité, nous dissuadent vite de prendre la douche dont nous avons pourtant rêvé toute la journée.
C’est un peu dommage, tellement le taux d’humidité élevé nous fait transpirer, mais à la roots comme à la roots : nous ne nous attendions pas non plus à un quatre étoiles, et nous savourons malgré tout la chance que nous allons avoir de passer la nuit dans un tel site.
Une fois installés, nous prenons en sens inverse le petit chemin par lequel nous sommes arrivés. A un petit kilomètre du campement est situé le restaurant Oxte’ Tun, très roots lui aussi : un toit en tôle, quelques piliers en bois et aucun mur. Sa simplicité se fond parfaitement dans la jungle qui l’entoure et comme le campement, c’est exactement le genre d’endroit que nous sommes venus chercher ici.
Il est tenu par des locaux, Manuel, Laeticia et Fernando.
Fernando
Le premier contact avec eux n’est pas très chaleureux. Du coup, nous sommes un peu déçus mais en voyant Laeticia s’activer derrière ses fourneaux, nous ne pouvons nous empêcher de la bombarder de questions sur la gastronomie mexicaine. Ça les déride et ils deviennent vite plus souriants et sympas.
Laeticia
Pour la petite histoire, Laeticia maîtrise parfaitement la cuisine mexicaine car avec le peu d’ingrédients dont elle dispose ici, elle arrive à nous régaler. Donc si vous passez par là, n’hésitez pas à faire une petite halte dans ce délicieux petit restaurant de bord de route : Oxte’ Tun.
Le soleil se couche tôt ici et du coup, nous aussi !
L’intérêt de dormir dans la jungle est double pour nous. D’un point de vue purement pratique, nous ne sommes pas trop loin de la cité Maya et nous pourrons donc y arriver dès l’ouverture demain matin, histoire de ne pas croiser trop de touristes.
Mais pour des voyageurs comme nous, à qui il ne faut pas grand-chose pour s'émerveiller (et tant mieux d'ailleurs), l’intérêt consiste avant tout à dormir dans un cadre inhabituel, au son des cris des animaux de la jungle.
Finalement, on n’entend pas tant d’animaux que ça la nuit, mais ils font suffisamment de bruit pour que lorsqu’ils se manifestent, on ne puisse pas les rater !
Tout d’abord, la musique de fond est assurée par les cigales, qui ne s’arrêtent jamais. Bien que le niveau sonore soit élevé, c’est une berceuse très efficace.
Ensuite, on entend de temps en temps des singes, qui communiquent entre eux par des sortes de grondements brefs et sourds. Ils se répondent alors qu’ils sont éloignés les uns des autres, du coup, ces cris assez puissants semblent surgir de tous les côtés de la tente.
De temps en temps, on entend aussi des cris non identifiés.
Et enfin, juste avant le lever du jour, on est réveillé par différents chants d’oiseaux, en général assez mélodieux.
Passer une nuit dans un endroit aussi nature et aussi isolé a un côté enchanteur, notamment quand on est habitué aux bruits et aux odeurs de la ville. | Carnets similaires sur le Mexique: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 7 304 visiteurs en ligne depuis une heure! |