Concert polémique du chanteur colombien Juanes dimanche à
Cuba LA HAVANE - Le chanteur colombien Juanes, rendu célèbre par son tube
« La Camisa negra », se produira dimanche sur la place de la Révolution de
La Havane à l'occasion d'un "concert pour la paix", qui a provoqué la colère des anticastristes cubains. Plus de 500.000 spectateurs sont attendus sur cette place qui fut le théâtre des principaux discours anti-impérialistes de Fidel Castro, en retraite médicale depuis trois ans, mais aussi de la messe historique célébrée en 1998 par le pape Jean Paul II.
Et plus de 160 journalistes étrangers sont arrivés à
La Havane pour couvrir ce concert, retransmis en direct sur plusieurs chaînes de télévision et sur des sites internet. Depuis des semaines, des exilés cubains accusent Juanes d'apporter son soutien à la « dictature cubaine » et d'avoir troqué sa « chemise noire » (la camisa negra) pour la chemise rouge des communistes au pouvoir à
La Havane.
Lors d'une manifestation dans leur fief de
Miami, en
Floride, des anticastristes ont brisé ses disques à coups de marteau.
Juanes, qui réside à
Miami, a même déposé une plainte après avoir reçu une menace de mort. Vendredi, le vice-ministre cubain de la Culture, Abel Acosta, a encore accusé les radios de
Miami d'appeler les Cubains à "réaliser des actes de vandalisme durant le concert" pour donner au monde l'image d'un "peuple divisée".
Juanes assure de son côté que ce spectacle "n'a rien à voir" avec la politique. « Ce concert est un geste humanitaire. Nous devons susciter l'espoir et le rêve. L'art doit être une arme puissante en faveur de la paix, au-delà des différences », a-t-il déclaré jeudi lors d'une conférence de presse à
Madrid. « Nous avons subi plusieurs attaques, mais je crois que nos rêves et qu'une initiative honnête comme celle de +Paix sans frontières+, sont plus forts que la peur », a ajouté le chanteur, très populaire en Amérique latine.
Juanes, 37 ans, doit se produire avec plusieurs artistes espagnols, cubains et latino-américains, parmi lesquels Yotuel Romero, du groupe Orishas, Los Van Van, Miguel Bose ou encore Silvio Rodriguez. Il a reçu le soutien de plus d'une trentaine des 75 opposants cubains détenus en 2003, qui estiment que ce concert contribuera à la réconciliation dans l'île.
Le dissident Oswaldo Paya lui a aussi demandé jeudi de chanter une chanson pour la libération des prisonniers politiques, qui sont environ 200 selon l'opposition, considérés par le gouvernement comme des "mercenaires" des
Etats-Unis. Vendredi soir, une foule d'ouvriers s'affairait pour finir d'installer la scène. Juanes s'y produira entre l'imposante silhouette d'Ernesto Che Guevara, dessinée sur la façade du ministère de l'Intérieur, et le monument érigé en l'honneur du héros national, Jose Marti. (©AFP / 18 septembre 2009 20h34)