voici de la documentation venant d'un nutritionniste malgache, plus apte a répondre.paru sur Mada express
Le riz n'est pas qu'une simple nourriture mais plus qu'un symbole pour les Malgaches, les multiples adages et proverbes sur le sujet en témoignent.
« Si je ne mange pas de riz deux fois par jour, je ne me sens pas rassasié. Le soir, je n'arrive pas à dormir si je ne mange pas non plus de riz », relate Nantenaina Rasolonomenjanahary, un fonctionaire au sein du ministère de l'Éducation nationale.
Les paysans convertis en marchands ambulants saisonniers le long des trottoirs d'Antaninarenina suivent aussi un planning précis selon le calendrier cultural rizicole avant de migrer temporairement vers la capitale.
« Nous ne montons dans la capitale qu'après avoir cultivé le riz. Car le strict respect du calendrier cultural assure notre nourriture jusqu'à la prochaine saison », explique Tolotra Andriatiaray, agriculteur et commerçant.
Mais le riz n'apporte pas tous les nutriments nécessaires pour avoir une bonne hygiène alimentaire.
« Comme d'autres aliments, le riz possède ses apports bénéfiques en protéines et en glucides. Nombreux aussi sont les oligo-éléments que l'on ne trouve pas dans ce type de céréale, entre autres le calcium, le zinc, ou le fer », indique le professeur Roger Andrianasolo, nutritionniste de santé publique.
Il faut alors l'accompagner d'autres aliments. « Le riz accompagné de haricot est déjà suffisant et constitue presque un repas complet. Si le ménage a les moyens d'acheter de la viande, l'apport nutritionnel s'améliorera », enchaîne le professeur en nutrition.
Malheureusement ce conseil reste difficile à réaliser pour certains ménages. « Notre budget ne nous permet pas d'acheter de la viande au quotidien. Un plat de riz trois fois par jour avec des brèdes dépasse nos moyens financiers », relate Fanja Ramanantenasoa, une lavandière à Andohatapenaka.
A ce régime alimentaire, les membres de la famille risque la carence en nutriments.
« A court terme, manger du riz trois fois par jour ne nuit pas à la santé. Il permet d'avoir de l'énergie pour travailler. Mais à long terme, le riz sans accompagnement peut favoriser certaines maladies », prévient le professeur Roger Andrianasolo.
Anémie
Ainsi le principal problème nutritionnel qui se pose est un apport alimentaire insuffisant et déséquilibré. Associé à d'autres facteurs défavorables comme une activité intense, le régime « riz sans accompagnement » conduit à une malnutrition protéino-énergétique, d'anémie nutritionnelle, en particulier d'anémie ferriprive, d'avitaminose A et de troubles dûs à une carence en iode.
En outre, une carence du régime alimentaire en thiamine, riboflavine, calcium, vitamine C et zinc est aussi à craindre, mais souvent elle ne se manifeste pas sous forme de syndrome clinique patent.
Toutes ces carences peuvent entraîner la mort. Et ce sont les femmes enceintes et les enfants en âge de croissance qui sont les premières victimes.
« Les femmes perdent du sang durant l'accouchement. Alors que le taux de globules rouges est faible, moins de 7g/dcl, cas d'une anémie. Le risque de décès devient élevé dans ce cas », alerte le nutritionniste.
Cette malnutrition n'affecte pas seulement la santé. L'insuffisance en éléments nutritifs diminue également la productivité chez l'homme.
« Les Africains et ceux qui ont comme aliment de base le riz sont parfois taxés de paresseux. La paresse n'est pourtant pas génétique mais c'est plutôt l'insuffisance en énergie, en calcium ou en fer qui diminue le dynamisme des gens », explique le professeur Roger Andrianasolo.
Ainsi les 350 grammes de riz, pris par un adulte chaque jour, ne suffisent pas pour avoir une bonne hygiène alimentaire. « Il faut toujours l'accompagner de poisson, de céréale sec ou de viande » conclut le nutritionniste.
Vonjy Radasimalala
Vendredi 20 mai 2011