J'avais promis un sujet sur la nourriture de Okinawa...
Le voici!
L'archipel de Okinawa est réputé pour avoir la plus longue espérance de vie au
Japon: 78 ans pour les hommes et 86 ans pour les femmes... C'est ici que l'on rencontre la plus grande "concentration" de centenaires.
Plusieurs raisons à cela.
Tout d'abord, le côté social: les anciens sont en quelque sorte la fierté des villages. Ils sont toujours valorisés et invités aux réunions, discussions et autres fêtes des "moai", sortes de groupes d'amis habitant le même hameau, village ou quartier, durant lesquels leur avis est pris en compte lors des prises de décisions. Ils gardent donc une vise sociale active et de ce fait ne sont pratiquement jamais victimes de dépression ni de maladies cardiaques.
Deuxième aspect: la volonté de vivre. Se sentant reconnus, les anciens veulent continuer à rester actifs et se maintiennent en forme par des activités physiques, par exemple la pratique quotidienne du yoga. On appelle cela "Ikigai" ce qui veut dire approximativement: "ce pourquoi la vie mérite d'être vécue".
Dernier aspect, la nourriture. Le régime alimentaire de Okinawa est très sain, à base de riz blanc et de légumes cuits. De plus, les habitants appliquent un principe naturel de nutrition appelé "hara hachi bu" qui consiste à ne manger que quatre vingt pour cent de la capacité de son estomac et ne jamais grignoter entre deux repas. Beaucoup mangent les produits qu'ils cultivent, sainement, dans leur jardin.
En résumé, tous ces modes de vie très respectés des habitants de Okinawa contribuent à faire des anciens les "chefs spirituels" des villages. On devrait peut être s'en inspirer...
Mais revenons à ce qui nous intéresse aujourd'hui... la nourriture!
Personnellement, j'aime manger, déguster des saveurs nouvelles, des plats typiques de tous les endroits dans lesquels je me rends. Je me souviens encore de mon premier "nato" à
Matsuyama, mon calamar "vivant" à Okkaido, mon premier poisson "presque" vivant" à
Osaka, mon premier fugu... rien que des expériences sympa à vivre.
Donc, j'ai à peu près tout essayé à Miyakojima.
Autant vous le dire tout de suite, ici, on ne trouve pas de sushi, sashimi, yakitori, yakiniku... ou autres plats et préparations communes à pratiquement tout le reste du
Japon. Le climat, la culture et les traditions locales ont développé une autre forme de cuisine.
Les pieds de cochon dans un bol de Soba (déjà vu précédemment... je ne le remets pas).
Il faut dire que le cochon noir, importé de
Chine est la viande de base utilisée pour l'élaboration de la cuisine de l'île.
Il existe une infinité de variantes de ce plat. Le porc est cuit longuement dans une sauce à base de soja et aromatisé à l'alcool local, l'awamori.
Goya Champuru
En fait, "champuru" veut dire: mélange. On trouve des champuru de plusieurs compositions, mais le plus traditionnel est celui à base de goya, un légume ressemblant à un concombre "noa" mais qu'il faut cuisiner longuement pour en atténuer l'amertume... qui ne disparaît pas complètement, loin s'en faut.
Tako don: Pieuvre bouillie servie dans un bol de riz.
Tako soba. On remplace le riz par des soba. Le bouillon est à base de "dashi" confectionné avec une base constituée par des algues et de la bonite séchée finement découpée en copeaux.
Sumubari don: Du nom du restaurant qui propose ce plat à base de pieuvre aux algues. Ce sont les algues qui donnent cette couleur noire à la préparation.
Rafute: plat à base de porc très répandu dans tout le
Japon. Ici, il a la particularité d'être préparé avec du sucre de canne noir et de l'alcool local: Awamori. Fondant dans la bouche...
Sukugarasu: Alevins en saumure sur un cube de tofu. Subtil mélange d'amertume et de douceur. Souvant accompagné de Awamori.
Awamori... depuis le temps qu'on en parle! Un alcool au goût inimitable donné par la distillation d'une base de riz long fermentée avec de l'eau, de la levure et une algue noire: Kôji. C'est ce procédé qui lui donne son goût particulier, complètement différent du saké. Il titre entre 30° et 45° suivant l'âge.
Guru kun: Poisson typique de l'archipel de Okinawa. On en trouve dans beaucoup de restaurants. On retient plus le goût du sel de Okinawa que celui du poisson... On mange moins de poisson à Okinawa que dans le reste du
Japon car les eaux chaudes ne recèlent pas de bons poissons. Par contre, ils sont très beaux à voir...
Ika no wata ita me: Calamar cuit dans le jus de ses viscères... Ceci n'est possible que si il est extrêmement frais, quelques heures après la pèche au maximum. Donc c'est un plat assez rare qu'il ne faut surtout pas manquer, excellent!
Niku miso: Mélange de viande de porc et de sauce miso.
Autre présentation de taco rice.
Murasakiimo: patates douces violettes à la saveur sucrée. Ici servies en tempura et nature.
Miyako gyu: boeuf de Miyakojima. Assez rare pour justifier son prix. On ne le trouve que dans les restaurants haut de gamme.
Ishiyaki Taco rice: Cette version est servie en creuset, à la mode coréenne. Il arrive directement du four nappé de sauce... puis le serveur effectue le mélange sur la table. le résultat est moins photogénique, mais excellent!
Assortiment de curry. Pas vraiment de Okinawa, mais on l'a trouvé excellent!
Umi budo: raisin de mer. Cela craque sous la dent, un peu comme du caviar... ça libère sa dose d'iode... et ça n'a pas vraiment de goût, à par celui de la mer. Heureusement, on le trempe avant dans une sauce ponzu. A essayer quand même pour les sensations en bouche.
Sazae: Une sorte d'énorme bulot... un seul par personne suffit.
Tempura aux légumes de Okinawa, en particulier avec une algue: Muzuku.
Dragon fruit: Un des rares fruits avec les mangues.
Une dernière bière brassée localement.... "pour la route"... Brune ou blonde?
Voila un échantillon des plats principaux que j'ai mangé à Miyakojima.
Bien sur, il me manque quelques particularités exotiques comme "mimigaa", des oreilles de cochon effilées, ou "chiragaa", la peau de la face du porc... peut être cette année à Ishigaki, entre autres spécialité?
Demain, pour digérer, je vous emmènerai en plongée.
Explorer une grotte bleue, cela vous tente?