Enseigante de Français à Alger et coordinatrice Tamra · 15 novembre 2014 à 15:49 7 messages · 2 participants · 1 243 affichages | | | | 15 novembre 2014 à 15:49 Enseigante de Français à Alger et coordinatrice Message 1 de 7 · 1 240 affichages · Partager Bonjour, salem alikoum
Je suis binationale et je travaille actuellement comme enseignante de Français dans une école privée. Je suis formée pour enseigner, mes qualifications sont françaises. Connaissez-vous le salaire d'une enseignant dans le primaire et secondaire en Algérie ?
Comme je viens de France j'ai l'impression d'être lésée et pourtant je suis qualifiée et normalement compétente. J'avais d'abord trouvé un poste de coordinatrice de français, je devais former les enseignants, corriger leur méthode pédagogique, m'occuper de la discipline de la classe, détecter les problèmes d'apprentissage des enfants, faire les cours de soutien, etc... plein temps tout cela pour la modique somme de... (même salaire que les enseignantes)
J'ai donc changé d'école, on essaie de me faire le même coup mais là je suis un peu plus difficile, j'ai pris une classe en charge, je ne veux pas coordonner, et là on me propose de faire du soutien pour deux autres classes pour le même salaire. L'enseignante propose de me donner la majorité de ses élèves pendant son cours et elle propose que je la dirige, chose que je refuse de faire..
Je crois que je suis nulle en négociation
Merci pour votre aide | | | À: Tamra · 22 novembre 2014 à 20:22 Re: Enseigante de Français à Alger et coordinatrice Message 2 de 7 · 1 163 affichages · Partager Je crois que ma question ne vous inspire pas.. | | | À: Tamra · 22 novembre 2014 à 21:48 Re: Enseigante de Français à Alger et coordinatrice Message 3 de 7 · 1 157 affichages · Partager Bonjour Tamra,
J'avais lu ton message avec attention, mais il est très difficile de te répondre. On ne connaît pas les clauses de ton contrat, ce que tu as pu, ou pas, négocier avant que tu prennes ton poste. Je pense en effet que la question des capacités à négocier est assez centrale. Mais il est clair que les salaires sont très différents de ceux des enseignants français !
Ces emplois en Algérie sont dans des centres associatifs ? Privés ?
Cordialement, Murielle | | | À: Elhine · 26 novembre 2014 à 20:27 Re: Enseigante de Français à Alger et coordinatrice Message 4 de 7 · 1 106 affichages · Partager C'est des écoles privées agréées par l'état. Sincèrement je les trouve vraiment malhonnête. J'ai décidé d'arrêter avec la seconde école. Je ne demande pas un salaire français mais un salaire algérien aux normes. La directrice voulait que je vienne le mardi, chose que j'ai refusé car je n'ai aucune classe, là j'ai eu droit de la part de la directrice au chantage de baisser mon salaire, ils n'ont aucun professionnalisme. Ils voulaient que je fasse de la p é d a g o g i e, on se serait cru dans un Molière, Monsieur Jourdain, version algérienne.. Je devais encore fois enseigner faire les cours de soutiens de deux classes, revoir les programmes des maternelles, faire la disciplines et les aider en pédagogie pour un salaire de misère.
Personne ne travaille le mardi après-midi mais moi elle tenait que je vienne. Ils m'ont aussi proposé le samedi, mais n'importe quoi.. Comme on dit en France trop bon trop.. Moi aussi avec mon air niais à la Brendon Fraser..
Pour le contrat je n'ai rien signé, ils ne sont en rien sérieux, je ne suis même pas encore assurée, lorsque j'ai annoncé mon départ, là le directeur (ils sont trois, deux directeurs et une directrice et c'est moi l'enseignante qui doit me coltiner la discipline, la pédagogie, la formation de leurs enseignants qui ne connaissent rien à l'enseignement), donc le directeur me dit je vous le fais signer demain.. Ma décision était prise et j'étais à bout.
Je vous donne un exemple : un jour le transport du travail n'est pas venu donc j'ai dû me débrouiller, environ 4 heures de routes, durant cette matinée il s'est passé des histoires avec un de mes élèves (les merveilleuses décisions de la directrice mettre un ado de 13/14 ans avec des petits de 9/10, en CM2) celui-ci a ramené un couteau à cran d’arrêt et a menacé de tuer les élèves et sa prof aussi.. Lorsque je suis arrivée la secrétaire et la surveillante me disent ils ont trouvé un coupe ongle dans son sac.. Je rentre en classe et là les enfants maîtresse maîtresse, si vous saviez combien on a pleuré et ils me racontèrent tout tout tout. Ce merveilleux élève est bien sur protégé par une direction vraiment bizarre, il passe quand même en conseil de discipline et bien sur je n'y assiste pas alors que je suis son enseignante et d'après ce que j'ai compris il restera parmi nous wa Allahou a'lem puisque depuis hier j'ai quitté.
Là je sens que je vais devoir batailler pour avoir mon salaire. | | | À: Tamra · 26 novembre 2014 à 21:51 Re: Enseigante de Français à Alger et coordinatrice Message 5 de 7 · 1 091 affichages · Partager Bonjour,
A partir du moment où vous commencez à travailler sans contrat (pour X raisons : démarches longues, il manque un papier, etc), vous êtes totalement à la merci de la direction. Très souvent, ces directeurs n'ont qu'un objectif : gagner de l'argent. La pédagogie est le cadet de leur souci. Sauf pour créer une image de leur école et attirer les inscriptions d'élèves ! Et comment gagner de l'argent en attendant les inscriptions ? En promettant des salaires qui ne viennent pas ! Je pense qu'il est inutile de batailler pour votre salaire : pas de contrat, vous êtes partie... Ils n'ont plus rien à gagner avec vous, n'imaginez pas qu'ils vont "perdre" de l'argent ! Ne regrettez pas votre départ. rien n'aurait bougé !
Bon courage pour trouver un autre emploi dans l'enseignement, digne de ce nom !
Cordialement, Murielle
PS : il existe beaucoup d'exemples similaires au Maroc. | | | À: Elhine · 27 novembre 2014 à 6:27 Re: Enseigante de Français à Alger et coordinatrice Message 6 de 7 · 1 077 affichages · Partager Je suis stupide j'aurai dû attendre mon salaire et partir. Comme je suis de France, je pense que leur but était aussi que je forme leur personnel et byebye, soutirez le maximum de moi, c'est vraiment des êtres méchants pour ne pas dire autre chose.
Dans la première école, c'était tricherie à volonté. La première insistait jusqu'à ce que l'enfant donne la bonne réponse et la seconde elle, donnait carrément les réponses, laissaient les enfants se donner les réponses, montraient, expliquaient les exercices pendant les évaluations, mettaient les mauvais élèves au fond, ne préparait pas ses cours, etc.
En gros n'importe quoi.
Je vais aller vers le public, le privé n'est qu'une machine à fric, l'achat d'une multitude de livres qui ne servent à rien, la non compétence pour gérer les élèves en difficultés, les mauvais repas, des enseignements ne connaissant rien à leur domaine.
Pour mon salaire, je vais quand même écrire à l'Académie, ce n'est pas normal. Je signalerai l'école.
Pourquoi ne donne-t-il pas de contrat ? En France le premier jour l'URSSAF doit le savoir, en Algérie c'est l'auberge espagnole.. Le pire est que lorsque je suis arrivée il se plaignait que des profs quittaient, pour ma classe je suis la troisième enseignante et mon problème est la direction dans les deux écoles. | | | À: Tamra · 27 novembre 2014 à 10:56 Re: Enseigante de Français à Alger et coordinatrice Message 7 de 7 · 1 067 affichages · Partager Bonjour Tamra, Il ne faut pas comprendre le monde du travail de l' Algérie sur des références du système français. Je connais un peu le système marocain. Déclarer un salarié n'avait pas beaucoup d'importance jusqu'à très récemment encore (tant pour l'employeur que pour l'employé). Ça n'ouvrait pas des droits comme en France : sécurité sociale, chômage, retraite, etc. Déclarer, ça coûtait (ça coûte) cher à l'employeur (cotisation) et ça ne rapportait pas grand chose au salarié. Voire c'était même autant d'argent qui sortait de la poche de l'employeur pour aller vers l'état, et non dans la poche du salarié. Il existe au Maroc et en Algérie tant d'emplois "au black" qui sont très souples à prendre et à laisser. Avec beaucoup d'abus aussi, on est bien d'accord ; mais les Algériens sont à l'aise avec ce système ; pas nous. Ça reste du contrat ; entre 2 personnes. Pas besoin de déclaration pour que ça marche. Nous, on sait pas faire ça ! De plus, la culture du travail en France nous a habitués à nous accrocher le plus longtemps possible à "notre" poste. Le monde du travail en France souffre de rigidité : manque de souplesse, et de mobilité.
Quant aux formations professionnelles, aux autorisations d'ouvrir une école sans garanties de compétences... là aussi, il faut aller chercher dans l'histoire sociale du pays pour comprendre toutes les différences !
Je pense que pour trouver sa place dans le monde du travail algérien, il faut se défaire des normes françaises et comprendre les normes algériennes. Bon courage !
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