bonjour et bon week-end,
Personnellement je n’ai jamais, moi non plus, vraiment eu ni le goût ni le talent pour marchander les prix... où que ce soit d’ailleurs et il est bien vrai que ce n’est pas trop dans la tradition américaine d’une manière générale. Encore que cela dépende. Au flea market c’est comme chez nous au marché aux puces, cela fait partie du jeu...
Mais si l’on s’en tient à ce qui touche à l’artisanat et l’art
Navajo (Pueblo...Zuni...Hopi...) on touche à un domaine d’une sensibilité un peu particulière. Sensibilité qu'il faut certes moduler selon le type d’interlocuteur à qui on a affaire : simple ‘vendor’ sur un flea market, artiste qui vend sa propre production sous les Arcades à
Santa Fé, trading post ou galerie qui revend une production artisanale ou artistique achetée à d’autres. Dans ce dernier cas le prix peut en effet être hautement fluctuant.
Dans un trading post il n’est pas forcément de mauvais goût de discuter le prix d’un
Navajo rug (par exemple). Je l’ai fait ou..tenté de le faire à plusieurs reprises en même temps d’ailleurs que des touristes ou résidents Américains à côté (avatar). Parfois le vendeur qui vous voit hésiter longuement vient vers vous et vous laisse d’ailleurs clairement entendre avant même que vous lui demandiez que, votre choix fait, il verra ce qu’il peut consentir. Parfois au contraire on voit de suite qu’il est inutile d’insister, voire d’aborder la question sauf à passer pour un... ‘redneck’ sorte d’icône du ‘’pequenot ‘ national

...
Mais c’est vrai qu’acheter directement à l’artiste ou l’artisan représente une démarche différente. Si vous allez voir l’artisan chez lui il serait par exemple tout à fait incongru, malséant sinon insultant de discuter le prix de son travail

. Si, à l’opposé, vous allez à une foire artisanale c’est peut-être déjà un peu différent...surtout en fin de foire... car on se situe dans un contexte s’affichant délibérément plus commercial.
Cette... épineuse question reste un étonnant sujet d’actualité aux
USA. La preuve en est ce repentir public d’un homme politique du
New Hampshire, rouge de honte

qui vient d’adresser, pas plus tard qu’en juin 2009, une lettre ouverte aux Navajos, pour s’excuser..... d’avoir, en 1961, il avait alors 11 ans

, marchandé l’achat d’une cravate bolo, prix demandé UN DOLLAR ; en prétendant qu’il n’avait que 75 cents pour finalement payer avec un billet de UN DOLLAR sorti de sa poche et donc de faire rendre la monnaie...25 cents....Le regard de réprobation de la femme
Navajo
...., il ne l’a jamais oublié dit-il. Imaginez donc le calvaire de cet homme qui a dû faire des cauchemars nocturnes

...pendant 48 ans avant de libérer sa conscience !
lire ci-dessous :
Monday, June 22, 2009
Filed Under:
Arts & Entertainment
|
National
A Democratic politician from
New Hampshire who is considering a run for
U.S.Senate
is apologizing for haggling with an Indian vendor in
New Mexico nearly a half-century ago.
Burt Cohen, 58, was 10 years old when his family visited
Santa Fe. He tricked an Indian woman into selling him a $1 bolo tie for 75 cents by saying he didn't have enough money to buy it.
"She gave me a quarter back with a disgusted look on her face, " Cohen wrote in a letter to media outlets in
New Mexico when he passed the woman a dollar bill. "The disgust became my own ever since that moment."
Cohen served in the
New Hampshire Legislature from 1990 to 2004. He wants to run for the Senate in 2010.
Get the Story:
N.H. politician sorry for portal haggling 48 years ago
(The
Santa Fe New Mexican 6/21)