Au commencement était les Indiens Lenape (Manhattas ou ‘’peuple véritable’’).
En 1524, l’explorateur florentin Giovanni da Verrazzano arrive sur les rivages de
Manhattan à bord du navire français La Dauphine. Il décime les indigènes qu’il trouve sur son chemin et baptise cette terre La Nouvelle-Angoulême en hommage à François Ier, roi de
France et comte d’Angoulême.
‘’Les Indiens Lenape ont cette distinction d’être les premiers possesseurs de la région côtière où s’élèvent aujourd’hui les villes de New York et Philadelphie. Ce sont eux qui, en 1626, vendirent l’ile de Manhattan aux Hollandais, gouvernée par Pierre Minuit.
Les Lenape tombèrent au XVIIIe siècle sous la coupe des Iroquois. Leurs mythologies respectives sont étroitement apparentées. Parmi les thèmes communs figure en bonne place le mythe d’origine de la femme tombée ou précipitée du monde céleste qui donne naissance à deux jumeaux, ou dont la fille unique deviendra elle-même mère de jumeaux aux tempéraments opposés, organisateurs du monde terrestre et de la société. Comme les Iroquois, les Lenape possédaient aussi un mythe d’émergence qui fait sortir les ancêtres des profondeurs de la terre. Par d’autres traits, les récits lenape se rattachent à l’ensemble algonkin. En revanche, le personnage d’un décepteur distinct du mauvais jumeau semble leur appartenir.
Il est amusant de noter que les Lenape interprétaient, - comme les Obijwa, d’ailleurs – dans un sens raciste une préfiguration de la théorie dumézilienne des trois fonctions : aux Noirs le Créateur donna la force physique qui les vouait au travail ; aux Indiens l’arc et les flèches, d’où leur amour de la liberté ; aux Blancs enfin les livres et la sagesse.’’
Source :
John Bierhorst,
Mythology of the Lenape. Guide and Texts. Tucson. The University of
Arizona Press. 1995, x + 148 p.
Cité par
Claude Levi-Stauss dans
Laboratoire d’anthropologie sociale, Collège de
France,
Paris.
DeCléricy