2 septembre :
Lever de bonne heure. Petit déjeuner bien meilleur que la fois précédente. Cette fois ci, je n’ai pas demandé de conseil à mon hôtelier.
Je roule vers
Zion. Au programme du jour : Left Fork of North Creek, randonnée plus connue sous le nom de «
The Subway ». Comme CBN et CBS, c’est une rando à permis. J’ai réservé le mien sur internet quasiment la veille de mon départ suite à l’inondation du canyon
Havasupai qui m’a obligé à revoir complètement cette partie du voyage.
J'arrive à
Zion que je traverse d'est en ouest avant de remonter au nord sur la Kolob Terrace road.
Sur la Kolob Terrace Road.
Début de la randonnée : descente dans le canyon.
C’est une longue et difficile randonnée. Le sentier n’est pas très bien défini. Souvent il disparaît et passe régulièrement d’un côté à l’autre du torrent. Sans parler des amas de rochers à franchir. Mais il fait très beau et je me sens en pleine forme.
Au bout de deux heures commencent à apparaître les premières cascades rouges mais le Subway est encore loin. Photographiquement parlant, je regrette de ne pas avoir de filtre neutre assez opaque. J’ai vissé ensemble un ND4 et un ND8 mais ça n’est pas suffisant pour des photos de filé d’eau en pleine lumière. Bon, c’est joli quand même, non ?
J’arrive enfin au Subway. Lieu fascinant, d’autant que je m’y retrouve tout seul. Quelle atmosphère incroyable ! On se croirait dans une sorte de sanctuaire. En plus, cette fois, j’ai pensé à prendre des sandwiches. Je ne rentrerais donc pas en rampant.
Je reste sur place une bonne demi-heure. J’aurais bien aimé découvrir la partie haute mais pas moyen d’y accéder.
Le retour est très long. Je rattrape un trio de femmes assez âgées qui, quoique visiblement habituées à randonner, sont un peu perdues. Je les aide à retrouver le sentier, puis je repars en avant, me sentant un peu coupable de les abandonner à leur sort.
Longtemps après, dans la grande remontée vers le haut du canyon où se termine la rando, je me retourne pour voir si je les aperçois. Je crois deviner leurs silhouettes au loin.
En arrivant au parking, deux hommes du même âge me demandent si je n’ai pas croisé trois femmes d’âges murs sur mon chemin. Je leur confirme le fait.
Mine de rien ça me rassure : si elles ne sont pas de retour avant la nuit, il y aura au moins quelqu’un pour lancer les recherches.
Je passe la nuit au
El Rio. La chambre d’à côté est occupée par deux citoyens suisses que j’avais croisés dans la Wave quelques jours auparavant. L’ouest est décidément tout petit (et les restaurants de Springdale très chers).
3 septembre :
Je me lève à nouveau très tôt.
Les photos de
Thierry sur
ouestusa.fr m’ont donné très envie de faire la
West Rim Trail. Problème : il faut disposer de deux véhicules et deux conducteurs ou bien se faire conduire sur place par quelqu’un d’autre. Je me renseigne auprès des différents guides du coin mais aucun n’a prévu de navette pour s’y rendre aujourd’hui. Je suis obligé de renoncer.
Je me décide pour une incursion dans
les Narrows. Un tas de monde au départ, il y en aura beaucoup moins quelques centaines de mètres plus loin.
Je range mes affaires dans un sac étanche et enfile mes chaussures de plastique. Wouaff ! L’eau est glacée ! En m’aidant de mon trépied comme canne, j’avance prudemment car les trous sont nombreux et l’eau est assez haute, sans doute à cause des récents orages. De temps à autre, je fais un arrêt photo. C’est tout un chantier que de poser le trépied, sortir l’appareil du sac, prendre le cliché et recommencer l’opération à l’envers. Mais je suis content d’avoir pris ces précautions quand je me retrouve à basculer en arrière suite à un malencontreux faux pas.
Au bout d’une heure, je commence à en avoir marre de risquer la catastrophe à chaque pas. Je décide de faire demi-tour. Je ne suis pas allé aussi loin que je l’aurais souhaité mais je manque un peu de courage aujourd’hui (ce que l’après midi va d’ailleurs confirmer). Un petit habitant des lieux me souhaite bienvenue sur la terre ferme.
Après un onéreux mais succulent repas de composé de barbecue ribbs, je me lance dans
Angel’s Landing.
Cette fois ci, la rando est plus que balisée. C’est un véritable ruban d’asphalte qui me mène au sommet. Du moins jusqu’à ce que débute la montée finale vers Angel’s landing.
J’y vais ? j’y vais pas ? Franchement, ce truc me fout la trouille. Je teste la solidité de la chaine et je me rends compte que je suis méchamment sujet au vertige. En plus, il y a pas mal de vent. Je me lance tout de même. Je ne suis pas venu jusque là pour faire demi tour, merde !
J’arrive à un petit col fort opportunément nommé (je l’apprendrais plus tard) «
le col des dégonflés ». Je tente d’aller plus loin mais je me sens pas très en confiance. Carrément plaqué contre la paroi, je décide piteusement de renoncer. Je décide néanmoins de ne pas redescendre tout de suite et d'aller faire quelques pas sur le
West rim trail qui se termine ici et dispense quelques vues spectaculaires.
Pour couronner cette glorieuse journée, je décide d’acheter quelques cartes postales dans la galerie de
Michael Fatali, célèbre photographe de l’ouest. Je lis : 1.00 $ la carte, 3.00 $ les cinq. Je me rends à la caisse. Je tends mes cinq cartes.
-
Vous êtes sûr ? me demande la caissière.
-
Ben, oui.
-
Alors c’est 300 $.J’ai bien entendu, et vous avez bien lu. Il fallait comprendre cent dollar la carte, format 10 / 15 cm. Sans blague ! Il se prend pour Michel-Ange ou quoi, celui là ? Je ne suis pas le premier à me faire avoir si j’en juge l’air compréhensif de la caissière. Je vais précautionneusement reposer les cartes dans leur présentoir. Fatali de malheur, tu n’auras pas mon fric !
Au final, le bilan du jour est, comment dirais-je... mitigé : un ratage, deux renoncements et une arnaque.
04 septembre :
Dernier lever à
Zion et une ultime randonnée au programme de la matinée :
Middle fork of Taylor creek. Une petite marche de deux heures aller retour. De la rigolade. Pas la plus chouette des randos non plus, même si le final ne manque pas de grandeur.
Midi, il me faut maintenant rejoindre
Vegas.La route est assez rapide et je me gare en milieu d’après midi au parking du
LUXOR.
Pas grand chose à dire sur le reste de la journée qui consiste en une promenade sur
le Strip et dans les casinos, rythmé par trois spectacles des fontaines du
Bellagio que j’adore. Un truc me choque : le nombre de grues et de constructions en cours un peu partout. C’est plus la capitale du jeu mais celle des travaux publics.
Le Hall d'arrivée du LUXOR.
C'est la fête au Flamingo !
Je me couche assez tôt (pour
Vegas). Cette ville, je suis toujours content d’y arriver mais, à chaque fois, j’en ai ma claque au bout de quelques heures.
05 septembre :
Matinée passée dans la piscine du
Luxor. Un peu de brasse coulée, un peu de crawl, la routine, quoi !
Puis, quelques pas dans l'hôtel et promenade sur
le Strip ainsi que dans quelques casinos pas vus la veille, Wynn, Palazzo, etc.
Très vite, le syndrome
Vegas me reprend. J’ai envie de sortir de cette ville. Ca tombe bien, j’avais prévu de passer l’après midi dans la
Valley of Fire.
Je me rends d’abord au visitor center. Je tombe sur un car de français, membres du CE d’une quelconque entreprise, qui semblent éberlués à l’idée que je puisse voyager seul.
Puis c’est une exploration du secteur de Rainbow Vista qui tourne un peu court. Il fait une chaleur à crever. Je renonce à suivre toutes les pistes indiquées par PTS. Je gagne un secteur ombragé et je m’accorde une petite sieste.
Je me redresse aux alentours de 17h00. Le soleil et maintenant à la bonne hauteur pour partir vers l’objectif avoué de cette journée : réaliser le
White Domes loop trail au coucher du soleil.
Je parcours la route courte mais magnifique, une des plus belles de l’ouest à mon avis, qui va de Rainbow vista aux White Domes.
Le parking est vide, pas étonnant à cette heure. Je commence la promenade (parler de randonnée serait un tantinet exagéré). Je manque de me tordre la cheville au même endroit que l’année dernière. Exactement sur le même rocher.
« Etonnant, non ? », dirait monsieur Cyclopède. «
Tordant ! », répondrait l’amateur de calembours.
La ballade est belle. Plein de jolies couleurs, un petit slot canyon, de grandes perspectives qui filent vers l’horizon. L’ouest en résumé. J’adore décidément cet endroit et le coucher de soleil est à la hauteur.
La nuit est tombée lorsque je rentre à
Vegas. Je n’ai pas prévu d’hôtel pour ce soir. J’ai mon vol de retour dans la matinée et je me suis dit qu’une nuit blanche à
Vegas clôturerait ce voyage de la meilleure façon. Je me gare au Stratosphère et je monte au dernier étage pour quelques photos aériennes de la ville illuminée. L'interdiction d'apporter un trépied là-haut rend la photo difficile. je me débrouille avec les moyens du bord en m'appuyant contre une lunette d'observation.
Je me rends compte que je suis vraiment très fatigué et que cette nuit blanche est encore une idée à la con. De là haut, je repère un petit motel à deux pas du Stratosphère. Je redescends y prendre une chambre. Je n’ai même plus envie d’aller faire un tour à Freemont street comme je l’avais planifié.
Le problème de ces petits motels Végassiens, c’est que leur population est assez haute en couleur. On y croise principalement flambeurs impénitents, femmes de petite vertu aux tarifs modérés et amateurs de substances plus ou moins prohibées. Et justement, j’ai l’impression qu’il y a un peu de tout cela dans la chambre d’à côté. Heureusement que j’ai le sommeil lourd.
06 septembre :
7 heures. Je sors de ma chambre. Le type de la chambre d’à côté ouvre sa porte à mon passage. Complètement à poil, le mec. Vu la nuit qu’il semble avoir passé, il a de la ressource pour être debout à cette heure. Manquerait plus qu’il me reproche de l’avoir réveillé !
Je traine un peu dans la Freemont street. Puis je me trompe de route pour aller à l’aéroport. Heureusement que j’ai de la marge.
La fille qui enregistre mes bagages a un livre de grammaire française posé sur son comptoir. Elle se prépare à partir en vacances à
Paris.
Je décolle en fin de matinée sous le soleil.
La première partie du vol est magnifique. Sans que j’aie eu à lui demander, le pilote nous fait survoler plusieurs des sites que j’ai visités, me permettant ainsi de les revoir une ultime fois. Ces américains sont décidément d’une sollicitude à toute épreuve.
Admirez dans l’ordre la
Valley of Fire,
Navajo Bridge, Page (avec
Antelope Canyon sur sa droite), le
lake Powell et les méandres de Gooseneck.
Note : remarquez Antelope Canyon qui serpente à la droite de la ville (en bas à gauche de l'image).
Sur ce, je vous donne rendez-vous à l'année prochaine puisque je vais repartir avec une troupe de huit personnes.
Eh oui, le problème de toutes ces jolies photos qu’on fait là bas, c’est que ça encourage les vocations...
So Long.
JD
Remerciement à tous ceux dont les conseils m'ont été précieux pour la préparation de ce voyage, au premier rang desquels Thierry alias
Wavemaster et son formidable et indispensable site : "
Ouestusa.fr", Philippe alias
Sedonax pour m'avoir mis sur la piste de Paria Outpost (entre autres conseils avisés), Jean-Luc alias
Vazyvite dont le site du même nom m'a fait passer de bons moments. Il y en a plein d'autres, ils se reconnaîtront.
Et merci également à Pascale alias
Kashtin qui m'a encouragé à réaliser ce carnet de voyage et sans qui il ne serait sans doute pas fait.