Bonjour,
Les Camerounais sont les spécialistes de la "débrouille". En autres techniques pour gagner l'argent, ce sont les champions de ce que l'on appelle en pidgin, le "Bayam Sellam". Buying/selling. Le moindre petit gamin des rues est par exemple capable de fabriquer ou de faire fabriquer par sa mère des beignets et d'aller les vendre dans la rue pour gagner quelque menue monnaie.
Tous les camerounais et en particulier les Bamilékés ont le sens des affaires (et aussi de l'arnaque accessoirement) sans pour autant être sortis d'une grande école de commerce.
Il est naturel, que les vendeurs se soient adressés à toi bien que tu leur ai précisé que tu ne soit pas spécialiste du commerce d'objets d'art (tisanat). Dans leur esprit, et ils ont raison, selon l'expression consacrée, il n'y a pas besoin de sortir de Saint Cyr ou plutôt devrai-je dire d'HEC (Saint Cyr étant une école militaire et non une école de commerce

) pour acheter et revendre un produit en faisant un bénéfice. Je sais de quoi je parle je vends tous les jours à
Paris des voitures de luxe qui valent entre 30 000 et 200 000 € et pour cela je n'utilise en aucun cas ce que j'ai appris en école de commerce. Je n'écoute que mes convictions. (Premièrement écouter son client, deuxièmement me comporter avec lui comme j'aimerais que l'on me traite moi même si je venais dépenser un chèque avec beaucoup de zéros). Si je m'en tenais à ce que j'ai appris à l'école, je serais en train de refourger des vieux stocks de lave-linges chez Darty avec mon costume en solde et mon noeud de cravate façon VRP de chez Pernod-Ricard à des gogos naïfs et crédules.
Ton type du marché, il n'a pas fait HEC mais il sait alors que si tu marches dans son businness tu lui achèteras non seulement ses objets par lot, mais tu lui achèteras plus cher que s'il les vendait à un camerounais qui connais le prix de revient de l'objet. D'où crois tu que proviennent les statuettes que l'on trouve sur Ebay à presque 100 €

?
Et puis si tu lui achètes un objet 5 000 CFA qu'il aurait vendu à un camerounais 2 000 CFA. Si tu est capable de le revendre 60 000 en
France cela veux dire que tu commence à rendre ton commerce équitable pour ton fournisseur et toujours lucratif pour toi. (Il le sera complétement lorsque sur un prix de vente de 60 000 tu redonneras 30 000 à ton petit marchand du marché aux fleurs...). Cela se passe comme ça au pays des bisounours.
La base du commerce c'est que l'acheteur et le vendeur s'y retrouvent et non quand il y a une relation de force au détriement de l'un ou de l'autre.
Il n'y a pas de fillières officielles de revente d'objets d' art au
Cameroun, donc les vendeurs font flèches de tout bois avec les touristes, d'autant plus qu'un pro connaitrais les prix du marché alors qu'un touriste est facile à berner. Ton type ne te vois comme une touriste mais comme une blanche, soit une ouverture possible sur l'Europe. Les camerounais (et d'autres en provenance de pays dit "pauvres") savent provoquer la chance et forcer le destin.
Martin Luther King disais: "La véritable grandeur d'un homme ne se mesure pas à des moments où il est à son aise, mais lorsqu'il traverse une période de controverses et de défis.
Peu importe si c'est le grand père qui est malade, ou bien la faute des inondations, ou une fratrie à nourrir. Une chose est sure, la majorité des camerounais à besoin d'argent et "se cherche". En tous cas avec des méthodes plus ou moins honnetes parfois, ils ne restent pas les deux pieds dans le même sabot comme certains ici en
France qui dorment et quand ils se réveillent c'est pour aller défiler dans la rue casser les c...lles à ceux qui se fichent pas mal de leurs faux problèmes.
Cela dit tous ces petits vendeurs ne sont pas fondamentalement mal-honnêtes, il faut savoir acheter les choses à leur juste prix c'est tout. Et puis ils peuvent difficilement tromper sur la marchandise. Une statuette en ébène, il est facile de voir si elle est bien en ébène ou en contre-plaqué peint en noir.
Là où ils faut faire attention quand tu achètes c'est de vérifier ton paquet en partant. La spécialité du Marché Central de
Douala, c'est que tu achètes un bien, on ne l'emballe pas devant toi, et quand tu déballes à la maison tu as un vulgaire bout de bois avec du papier journal...

Cela s'est déjà vu.