"A quel point cette ascension est difficile, est-ce la montée, le mal de l'altitude, sa durée ?"
Cette ascension, au-delà de son coût dont il faut avoir conscience, est difficile en raison de la rapidité (3 jours) à laquelle on passe de 1400 m à 4800 m, et des contraintes imposées à un organisme non habitué à ce genre d'effort en altitude, mais aussi une dernière étape où dans la même journée il faut se taper dans la nuit les 1000 derniers mètres d'ascension à un rythme très lent et pas à pas, mais aussi "dans la foulée" une redescente de 2000 mètres de dénivelé avec des jambes déjà bien entamées par le super-effort des très longues premières heures de montée... où il est cependant nécessaire de gérer et d'"en garder sous la semelle".
Pour ce type d'effort très particulier, être un peu ou beaucoup sportif ne suffit pas (souvenir de marathoniens
a priori "vainqueurs auto-proclamés" assez déçus
a posteriori d'avoir dû renoncer !) : il faut aussi un super-mental que l'on ne peut malheureusement jamais être certain de posséder avant d'avoir vécu ce type d'expérience...
"Avez-vous déjà eu le retour de personne ayant abandonné en cours de route... ?"
Lors de mon expérience personnelle, les 2/3 du groupe n'ont pas atteint le sommet, et les statistiques officielles, si elles existent et si elles sont fiables, attesteront d'un taux d'échec supérieur à 50 %. La majorité des abandons se situe lors de la dernière étape d'ascension, mais il n'est pas rare de voir des gens s'arrêter avant, même à partir de 3000 m, pour cause de mal des montagnes ou d'affections respiratoires ponctuelles qui diminuent souvent de façon sensible les capacités physiques des marcheurs, notamment en matière de "récupération".
"... et si oui, pour quelle raison ?"
Pour les raisons exposées ci-dessus, auxquelles il convient de rajouter une très mauvaise connaissance de ses capacités physiques et mentales, que ne sauront jamais compenser une envie et une motivation d'enfer, aussi sincères soient-elle...

Conclusion : bien se préparer à un effort continu sur une longue durée et sur plusieurs jours (6 en l'occurrence), bien connaître les règles de prudence élémentaires, les réactions de son corps, en se disant que le plus dur est toujours devant mais qu'en prenant son temps et en mettant un pied devant l'autre, on n'a jamais été aussi près du but !