Bonjour,
Espérons effectivement que tout se passe bien à
Zurich.
Pour info, voici ce que dit le site Swissinfo sur le sujet :
Arménie-
Turquie: une paix difficile à faire passerLégende photo: Le message politique de ces supporters, brandit lors d'un match ayant opposé l'
Arménie et la
Turquie à
Erevan pour la qualification Mondiaux de 2010 en
Afrique du sud sera-t-il entendu? Mercredi prochain, le match retour aura lieu à
Bursa en
Turquie. (Reuters)
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La signature, prévue en principe samedi à
Zürich, d'un accord de normalisation entre la
Turquie et l'
Arménie confirme le rôle de médiatrice joué par la
Suisse, largement inspirée par les
Etats-Unis. Dans sa grande majorité, la diaspora arménienne, de
Suisse et d'ailleurs, rejette cet accord.Un courage indéniable: il en fallu et il en faudra encore aux gouvernements turc et arménien qui s'apprêtent donc à rétablir des relations diplomatiques interrompues en 1993. La
Turquie fermait alors sa frontière en soutien à l'
Azerbaïdjan en conflit avec l'
Arménie pour le contrôle de l'enclave du Haut-Karabakh, peuplé d'Arméniens.
Côté turc, la concession est donc de taille : rien n'a été obtenu quant au règlement de cette question alors qu'Ankara en a longtemps fait une condition sine qua non de toute ouverture vers l'
Arménie.
Côté arménien, on entérine le tracé des frontières tel qu'établi par le Traité de
Kars de 1921, pourtant honni et contesté. Et on accepte ce à quoi on s'est toujours opposé : l'établissement d'une sous-commission d'experts pour étudier la disparition des Arméniens d'Anatolie en 1915 dans des déportations et massacres que la
Turquie refuse de nommer génocide.
La diplomatie du footballLa cérémonie diplomatique et policée de samedi à
Zürich aura rapidement son pendant populaire et sportif : quatre jours après, à
Bursa en
Turquie, ce sera le fameux match de football retour du 14 octobre entre l'
Arménie et la
Turquie auquel le Président Sirkassian devrait se rendre pour encourager son équipe.
Puis il faudra que les Parlements nationaux ratifient ces accords, ce qui ne devrait pas être impossible puisque les deux partis au pouvoir en
Turquie comme en
Arménie sont majoritaires dans leur Parlement respectif. Mais la violence des critiques venant de l'opposition, en
Turquie comme en
Arménie, risque de déstabiliser les opinions publiques.
« L'
Arménie est tombée dans le piège tendue par la
Turquie, le fossé entre la diaspora et l'
Arménie va se creuser encore davantage. »
Sarkis Shahinian, président de l'Association
Suisse-
Arménie La parole aux opposantsEn
Turquie, le leader de l'extrême droite nationaliste accuse le gouvernement d'avoir bradé les intérêts de la
Turquie ainsi que ceux de l'
Azerbaïdjan, le pays frère avec lequel nous formons « une nation, deux états » selon le slogan des années 90.
En
Arménie, les nationalistes du Dashnak crient à la trahison : avec cet accord, disent-ils, l'
Arménie n'est même pas sûre de sortir du blocus dans laquelle la
Turquie l'a mise il y a seize ans en fermant les frontières puisque le premier ministre turc déclarait, encore récemment et en contradiction avec les termes du protocole numéro un qu'il liait la réouverture de celles-ci au retrait des troupes arméniennes du Haut-Karabakh.
Pour la diaspora arménienne, c'est Votch (non)!C'est aussi de l'extérieur à l'
Arménie et à la
Turquie que proviennent des critiques. Dans sa grande majorité, la diaspora arménienne rejette cette normalisation. Elle a même publié plusieurs encarts dans la presse occidentale avec un titre explicite: Votch (Non, en arménien).
Le Président Sirkassian a pris son bâton de pèlerin et s'est rendu cette semaine auprès des communautés arméniennes de
France, des
Etats-Unis, du
Liban et de
Russie qui le considèrent désormais comme un «traitre».
Ainsi l'énergique Président de l'Association
Suisse-
Arménie ne cache pas son agacement pour cette façon de «nous traiter par-dessus la jambe, à la dernière minute». S'il considère que ces deux protocoles (cf colonne de droite) «manquent de maturité politique», Sarkis Shahinian tient à porter la critique sur le plan juridique.
L'accord trouvé «annule la validité de l'arbitrage sur les frontières de 1920 et, concernant le conflit du Haut-Karabakh, ne mentionne ni le droit d'un peuple à son autodétermination ni le rôle d'intermédiaire de l'
Arménie» explique-t-il.
C'est aussi l'axe de travail de la sous-commission d'experts qui inquiète cet
Arménie n qui a perdu une partie de sa famille dans le génocide de 1915. «Je crains qu'on traite de cette question sous l'angle historique, pas criminel, ce qui exclue toute réparation», dit le porte drapeau des quelque 2000 Arméniens vivant en
Suisse.
Et de conclure : «L'
Arménie est tombée dans le piège tendue par la
Turquie, le fossé entre la diaspora et l'
Arménie va se creuser encore davantage».
La confiance de Charles AznavourDifficile alors pour les quelques Arméniens de la diaspora qui soutiennent l'accord turco-arménien de se faire entendre.
Certes Charles Aznavour a déclaré qu'il fallait faire « confiance au Président Sirkassian » comme il se devait sans doute de le dire en tant que nouvel Ambassadeur d'
Arménie en
Suisse.
Car ils ne serait pas plus de 10 à 20% à s'enthousiasmer pour cette avancée diplomatique tel cet Arménien de
Genève qui préfère d'ailleurs garder l'anonymat : « je suis relativement enthousiaste ; il faut faire le pas de la réconciliation arméno-turque si c'est au prix de concessions mutuelles ».
Et précise-t-il « ce qui choque la diaspora c'est que le gouvernement d'
Arménie nous a complètement marginalisé et se permet de parler en notre nom alors que nous, la diaspora sommes héritiers du génocide ». Voilà bien ce que craignent les Arméniens de
Suisse, de
France ou des
Etats-Unis : que cette normalisation des relations turco-arméniennes s'opèrent au mépris de la justice historique qui leur est due.
Ariane Bonzon, swissinfo.ch