Salut,
A 2-3 heures de
Luang Prabang ? Donc sur la N7, entre Phou Khoun et
Phonsavan, au nord de la zone spéciale de Xaisomboun.
La première fois que j'ai voulu emprunter cette piste pour me rendre à
Phonsavan, c'était en 1999. Mais à cette époque absolument aucun transport régulier ne la parcourait. D'ailleurs, pour se rendre de
Vientiane à
Phonsavan, il fallait effectuer un hallucinant détour par le nord, un trajet qui nécessitait alors trois jours au total. C'était la seule possibilité.
J'ignorais alors la raison d'une absence de liaison directe Phou Khoun/
Phonsavan. Je me disais probablement vaguement que la piste devait être trop impraticable, et que c'était la seule raison.
Voulant néanmoins tenter le coup, j'avais décidé de m'arrêter à Phou Khoun. J'y suis arrivé un matin vers 10 heures, et j'ai attendu au bord de la route. Pendant trois jours. Le surlendemain soir un gros camion bâché est finalement passé. Le chauffeur, incroyablement nerveux et anxieux (ce fait m'a marqué car un Lao si anxieux, c'est rare !), a accepté d'embarquer trois Lao, mais pas moi. Pourtant, après beaucoup d'insistance, il a fini par céder.
Il faisait déjà nuit quand nous sommes partis. Le trajet, qui doit nécessiter désormais deux ou trois heures sur cette voie dorénavant asphaltée, a duré 11 heures. Et il fut infernal. La piste était effectivement épouvantable et nous étions terriblement secoués, entassés pêle-mêle dans la remorque, perchés au-dessus d'un bric-à-brac de sacs et de ferrailles auxquels on se cognait alors sans cesse.
La région était encore très boisée, et les abords de la piste n'avaient pas encore été rasés comme c'est le cas désormais, afin de la
sécuriser. Pour ajouter au charme de la balade, des branches venaient alors souvent frapper la bâche.
Mais ce qui m'avait le plus surpris, c'est que la majeure partie du trajet, nous l'avons effectuée tous feux éteints, à la seule clarté de la lune. J'avais essayé d'en connaître la raison en questionnant le chauffeur lors d'une halte (il y en eu plusieurs, nécessaires pour déblayer la piste de petits éboulements de pierres qui l'encombraient parfois) mais je fus bien vite invité à me taire. Les jours suivants, à
Phonsavan, j'en avais un peu parlé à quelques personnes, mais on me faisait des réponses très évasives. Puis je ne m'en étais plus préoccupé.
Deux ou trois ans plus tard, je me suis à nouveau arrêté à Phou Khoun, avec cette fois l'idée d'aller me promener à pied pendant un jour ou deux vers l'ouest, une région qui semblait prometteuse sur la carte. Mais c'est seulement au bout d'une heure, en forêt, que j'ai croisé deux types armés qui m'ont ordonné de faire demi-tour. Ils ne semblaient pas postés mais en marche vers Phou Khoun. J'ai d'abord feint l'incompréhension mais leur deuxième semonce fut radicale.
Bref, tout ça ne donne pas beaucoup de réponses à tes questionnements, hein ?!
Bon, je n'ai pas le courage d'en écrire plus, et je le ferais très mal. Alors essaye de lire le bouquin ci-dessous. Il est passionnant et il répondra sans aucun doute à ces questions. Regarde aussi
, il traite du même sujet. L'endroit visible à 4' est celui, probablement à seulement quelques kilomètres près, où tu as croisé tes militaro-miliciens.
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