en général, la communauté du voyage, elle voyage, elle ne se pose pas. elle ne veut pas se compliquer la vie avec un restau-bar. elle voyage et se repose aussi.
RESTAURATION : ici tu fabriques 100 repas x 15 ou 18 € pour tes clients : ça te donne 1650 €.. tu as 40 à 60% de charges et frais de personnel et
il te reste donc 600 à 700 € : c'est le prix de ton billet d'avion pour
Bombay.
à cinq tables et dix repas par jour (ce qui est peu, une toute petite salle - pour démarrer -), tu as fabriqué / vendu tes 100 repas en dix jours. tu peux extrapoler et passer à 300 pour le mois (pour commencer...).
maintenant plaçons-nous en
Inde (à Goa par exemple) et mettons le prix d'un joli repas à un prix moyen de... trois euros (!)...
il te faudra alors travailler cinq ou six fois plus longtemps (15 ou 18 € divisés par 3 €) pour te payer le même billet d'avion (disons 4 à 5 fois plus longtemps, si le billet acheté à
Bombay est moins cher que le billet acheté à
Paris).
pour passer un mois de vacances à
Paris ou La Charité sur Loire, il te faudra aussi 5 fois plus de temps... c'est vrai, tu auras le soleil de Goa 9 mois sur 12 (la mousson 3 mois)
lorsque tu travailles cinq mois en
France puis prends un mois entier de vacances, tu peux t’offrir dans cinquante pays hors d'Europe une vie de nabab (disons une vie de "riche"), mais pas l'inverse.
si tu le fais deux fois de suite, en un an tu as passé deux mois de très belles vacances et il te reste, avec tes dix mois de travail, une cagnotte (épargne), car tu as pu ne pas tout dépenser...
- jusqu'ici, je n'ai pas évoqué les complications administratives...
- je n'ai pas non plus parlé de la barrière de la langue (parles-tu au moins portugais ? ou le patois goanais ?)
- sais-tu que tu ne peux pas acheter de terre en
Inde (sinon cet immense pays appartiendrait déjà tout entier à une centaine de milliardaires) et que tu dois t'associer à 50-50 avec un indien pour toute entreprise, artisanale, agricole, industrielle ou commerciale si tu "te poses" en
Inde. normal. mais ce partenaire, le connais-tu bien et lui fais-tu toute confiance ? est-il bosseur ?
- je ne suis pas certain que tu aies déjà l'expérience de la restauration ou du commerce/clientèle en
France... comment vas-tu débuter dans ce métier à Goa ?
- connais-tu la gastronomie indienne et sauras-tu guider tes employés afin que ton repas ait la réputation qui permette à ton restau, disons en un an, d'être concurrentiel et d'obtenir une bonne réputation à Goa et dans les meilleurs guides gastronomiques, comme le Lonely Planet (sourire) ?
imaginons que tu sois déjà riche : pourquoi ne ferais-tu pas travailler 5 employés "français" en
France, plutôt que 15 ou 20 goanais ? encore une fois, ta marge ici sera cinq fois plus forte que ta marge à Goa. tu prendras de plus belles vacances encore ! par exemple en
Suisse à Gstaad ou en
Norvège.
quelle conclusion te donner ?... si tu n'as pas déjà compris..
allez, j'en choisi une seule : si jusqu'à présent l'
Inde n'a pas encore acquis le niveau de développement de la
Thaïlande et reste (pour une dizaine d'années, pas plus) "ouverte et accueillante" dans ces formes de coopération économique (où tu apportes ton savoir-faire d'occidental), elle progresse et bientôt (en
Inde) on verra (comme en
Thaïlande), des personnes venir te trouver après deux ou trois ans, pour te racheter ton petit ou grand restau qui marche bien, à un prix que tu n'auras pas choisi. à ce prix "fixé" sans toi, et les manières de ton interlocuteur indien, tu comprendras qu'il vaut mieux que tu rentres au pays : celui où tu vis en ce moment et qui, malgré l'hiver, est le meilleur pays au monde pour faire une carrière dans la restauration.
si après dix ans ici tu deviens un chef (excellent restaurateur), tu pourras songer à vendre tes services très chèrement dans une grande ville américaine. les yankees adorent notre cuisine et sont prêts à payer cent dollars pour un bon repas, disons un repas gastronomique. que de vacances de nabab en perspective !
tu piges ?
s'il te prenait l'idée de faire de la restauration en amateur dilettante à Goa, je prie le ciel que tu ne deviennes pas, en deux ans, un mendiant.
je te rassure, je ne suis pas dur avec toi. mon speech vaut de l'or et pour toi, il est gratuit.
tu penses bien que si ton projet était lumineux et facile, un million de personnes l'aurait réalisé depuis mille ans et Goa ne serait pas Goa.