Il me semble que le
Ladakh, de par son extrême isolement, et sa culture tibétaine, constitue un cas très particulier au sein de l'Union Indienne. C'est un peu comme considérer que Wallis & Futuna sont représentatives de la République Française.
Blague à part, je connais la différence entre public et privé en
Inde, et je suis conscient du fait que, si l'enseignement universitaire est excellent dans ce pays, l'enseignement primaire y laisse nettement plus à désirer.
Cependant, les
Indian Institute of Technology, qui sont les Grandes Ecoles les plus difficiles à intégrer au monde, envoient des chasseurs de tête dans les petites écoles primaires des zones pauvres, afin d'y débusquer de futurs boursiers, qui constitueront 15% de leurs effectifs. Cela montre que l'
Inde commence à comprendre qu'elle ne doit pas gaspiller ses cerveaux, quelles que soient leurs origines.
Avec un enseignement public qui part davantage à la dérive chaque année, et seulement 9% d'élèves originaires des classes populaires dans nos Grandes Ecoles (il y en avait 20% il y a seulement 40 ans), je ne crois pas que nous ayons de grandes leçons à donner à la puissance montante, même encore imparfaite, qu'est l'
Inde.
Quant à moi, qui ai toujours fait des efforts à l'école sans avoir besoin de jouer (le jeu c'était dans la cour de récré, et à la maison quand les devoirs étaient finis), j'apprends aujourd'hui que l'on m'a pris pour une "outre vide". Je devais être aussi une "outre consentante", car j'ai eu le grand tort d'admirer danvantage les maîtres rigoureux et exigeants qui m'apportaient des connaissances solides, que ceux qui faisaient mille simagrées en voulant à tout prix que je m'exprime sans me donner la substance nécessaire.
Ma propre mère, issue d'un milieu ouvrier, et qui s'est inscrite toute seule en maternelle à l'âge de 4 ans, et s'est toujours débrouillée pour être première de la classe et obtenir les bourses lui permettant d'aller plus loin, était sans doute une "outre insondable".
Mon épouse indienne, également fille d'ouvriers, qui parlait 3 langues à dix ans, et traduisait en simultané le
Mahabarata télévisé hindi en langue tamoule aux gens de son quartier, devait être tellement "outre" qu'elle aurait eu de quoi outrer pour l'éternité tous les tenants de la nouvelle pédagogie.