Mise en garde habituelle pour éviter toute déconvenue : le récit qui suit est bien davantage un recueil d’infos pratiques qu’un carnet de voyage...
3ème périple en
Inde – Mais pourquoi donc ?...
- un riche passé historique empreint d’une forte ferveur religieuse qui se traduit par de nombreux temples, à l’architecture différente d’une région à une autre mais toujours originale, intéressante quelquefois même spectaculaire,
- dans cette région, le bonus de paysages vallonnés splendides. Des rizières, des champs de cannes à sucre, de bananiers, de cocotiers, de maïs, de tournesol se disputent le moindre lopin, créant un camaïeu de vert du plus bel effet,
- une gastronomie qui réjouit nos papilles,
- un réseau de transports locaux qui facilite énormément le voyage individuel.
Mais au-delà de ces raisons (qui ne sont en fait que des prétextes), ce qui nous attire en
Inde ce sont les Indiens. Un mode de vie, un mode de pensée, une religion, des rites bref une culture bien loin de la nôtre. Une vie sociale et religieuse étroitement liées qui donnent lieu à des scènes quotidiennes surprenantes, parfois dérangeantes, toujours fascinantes.
On en revient toujours plus sereins, plus indulgents, plus riches. De cette richesse que seule la découverte de l’autre apporte.
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
Sam 18 Novembre –
Vol sur Emirates : Paris CDG / Dubaï / BangaloreDim –
Arrivée du vol à 9h00 – Lalbagh Garden – Train de nuit vers
Badami (12h-1000 Rs)
Lun –
Badami: Temple de Buthanath – Les grottes –
3 nuits à BadamiMar – Aihole (bus-1h-26 Rs) –
Pattadakal (rickshaw-40min-150 Rs) – Retour
Badami (bus-45min-20 Rs)
Mer –
BadamiJeu – Hospet (bus-4h30-145 Rs) –
Hampi Bazaar (rickshaw-30min-150 Rs) –
4 nuits à Hampi Bazaar Ven –
HampiSam –
HampiDim –
HampiLun – Hassan (bus via Shimoga-6h-164 Rs puis 4h-124 Rs) –
2 nuits à HassanMar –
Belur (bus-45min-32 Rs) –
Halebid (bus-30min-18 Rs) – Retour Hassan (bus-45min-25 Rs)
Mer –
Mysore (bus-3h-95 Rs) : Palais du Maharaja
– Devaraja Market –
3 nuits à MysoreJeu – Srirangapatnam (bus-45min-13 Rs) – Retour
Mysore (bus-30min-18 Rs)
Ven – Somnathpur (bus via Bannur-45min-21 Rs puis 15min-9 Rs) – Retour
Mysore (bus-1h-30 Rs) - Brindavan Gardens (bus-1h-16 Rs) – Retour
Mysore (bus-1h-16 Rs)
Sam –
Bangalore (bus-3h-105 Rs) : Palais de Tippu Sultan – Krisna Rajendra Market –
Nuit à Bangalore Dim 02 Décembre –
Vol sur Emirates : Bangalore /Dubaï / Paris CDG
Les prix indiqués pour le train et les bus s'entendent par personne.
BUDGET :
Dépenses préalables : Vols réguliers sur la compagnie Emirates, réservés sur leur site
www.emirates.com
: 693 €/p l'A/R.
Train de nuit
Bangalore/
Badami : 1000 Rs/p (29 € pour nous 2).
Dépenses sur place (pour nous 2, hors achats de souvenirs perso)
: Hébergements : 218 €
Autres : 279 € (repas, transports, entrées des sites)
1 seul retrait cash en ATM (40 000 Rs) à l’aéroport qui couvrira toutes nos dépenses pour les 2 semaines.
Aucun paiement par CB.
Budget total tout compris (hors achats perso)
: 1912 €
Sans se priver.
GUIDES :Les mêmes que pour notre voyage au Tamil Nadu, 2 ans plus tôt :
Guide Bleu Inde du Sud – Un peu déçus (c'est bien la 1ère fois) par le manque de détail sur la religion hindou, le panthéon... La description de certains grands temples manquent parfois de précision et de plan.
Lonely Planet Inde du Sud (LP) – Edition 2009 – Je n’ai pas voulu acheter la dernière version, j’ai eu tort, celle-ci a vraiment vieilli, les tarifs (bus et hôtels) ont beaucoup augmenté en quelques années.
TRANSPORTS :
1 - Les vols Paris/
Dubaï/
Bangalore - Emirates
Achetés mi septembre en ligne sur le site d'Emirates
www.emirates.com
Toujours un plaisir que de voyager sur cette compagnie très fiable qui offre d’excellentes prestations à bord. Horaires confortables et escale très courte à
Dubaï.
En prime : le tronçon
Paris/
Dubaï du samedi se fait sur un Airbus A380.
L’ATM dans le hall des arrivées à
Bangalore fonctionne.
Bus pour rejoindre le centre-ville, juste à la sortie de l’aéroport : 170 Rs/p – 30 min – Clim’ poussée à fond ! Couvrez-vous !!
2 – Le trainSolapur Express #16535 -
Bangalore/
BadamiDépart de la gare Yesvantpur à 19h45 – Arrivée (prévue...) à
Badami à 07h33
J’ai trouvé toutes les infos ici :
www.indianrail.gov.in/
Mais impossible de réserver on line, ici normalement :
www.irctc.co.in/
- Pas faute d’avoir essayé... Je suis donc passée par une collègue de
Bangalore en lui envoyant le scan de nos passeports. Une heure plus tard, elle m’envoyait nos tickets électroniques ! 1000 Rs/p que j’ai remboursées par ces voleurs de Western Union.
La cohue devant les guichets de la gare de Yesvantpur ainsi que l’affluence dans le train lui-même nous ont donné raison d’avoir réservé (et voilà bien ce que je n’aime pas par rapport aux bus).
Les réservations sont nominatives, respectées et contrôlées.
12 heures pour parcourir les 589 km qui séparent les 2 villes. Arrivée avec 30 min de retard. Attention, lors des arrêts, aucune annonce n’est faite. A vous de guetter...
Grâce à ce site bourré d’infos pratiques
www.seat61.com/India.htm
, nous avions choisi des couchettes en classe 2A. Couverture, draps et oreiller sont fournis et arrivent petit à petit. C’était très convenable.
Les photos sont interdites dans la gare, on nous l’a rappelé gentiment.
3 – Les busJe vous invite à relire mon paragraphe sur le carnet du Tamil Nadu
(cliquer ici)
. Tout ce que j’y ai dit s’applique encore.
Les gros avantages du bus : c’est simple, fiable, immédiat, pas besoin de réserver, les départs (pour partout !) sont très fréquents, et surtout, c’est l’occasion de faire partie du spectacle, d’être au plus près de leur façon de vivre. On adore ces trajets, ces petites parenthèses qui, entre 2 visites culturelles de temples, apportent de la vie, des couleurs et des odeurs au voyage.
Mode d’emploi en 6 étapes :
1. rendez-vous à la gare routière,
2. repérez un employé de la compagnie KSTDC. Ici, comme au Tamil Nadu ou au
Kerala, ils sont encore vêtus d’un uniforme beige très reconnaissable,
3. indiquez-lui votre destination,
4. il vous dira dans quel bus monter et, éventuellement où descendre en route s’il y a une correspondance,
5. installez-vous dans le bus (préférer les places à l’avant : on est moins secoué, on a plus de place pour jambes et sacs à dos et on profite au mieux du paysage) et attendez le départ (jamais plus de quelques minutes),
6. après le départ, un employé de la compagnie (toujours en uniforme beige) passe parmi les voyageurs pour vendre les tickets. Précisez-lui où vous descendez, il émettra grâce à un petit automate un ticket indiquant coût et destination.
Vous aurez toujours quelqu’un pour vous prévenir quand vous devrez descendre.
Enfin, le coût est dérisoire et la durée équivalente au train.
C’est ultra simple. Plus que des inconditionnels, on est des vrais fanas !
Liaison Hampi – HassanTrès longue étape.
Depuis
Hampi, il faut commencer par rejoindre la gare routière de Hospet : 30 min de rickshaw réservé la veille (150-200 Rs) sur une route défoncée. C’est long et le matin, il fait frisquet !
Bus pour Shimoga – 164 Rs – 180 km – 6 heures
La gare de Shimoga est grande, aérée, moderne.
Correspondance pour New Hassan – 124 Rs – 149 km – 4 heures
On a quitté
Hampi à 6h30, attrapé un bus à 7h pour Shimoga, un autre à 13h10 pour New Hassan que nous avons atteint finalement à 17h15. C’est long et fatigant... heureusement, la route est belle.
A la gare de Hospet, j’ai cru comprendre qu’il y avait des bus directs pour New Hassan. Comme celui pour Shimoga partait, nous n’avons pas tergiversé mais je pense que ça vaut le coup de se renseigner un peu mieux qu’on ne l’a fait. Ca peut permettre de gagner 1 ou 2 heures précieuses. On aurait dû se renseigner dès notre arrivée à Hospet, 3 jours plus tôt. On est toujours trop pressé d’aller chercher notre point de chute... Mais une fois à
Hampi, on ne revient plus à Hospet pour s’informer...
Deux gares à Mysore : La CBS – City Bus Stand qui dessert la ville et les environs proches.
La Suburban Bus Stand d’où partent les grandes lignes.
Pas bien loin l’une de l’autre. Srirangapatnam est desservi par les 2.
4 – Les rickshawsPas de harcèlement, ils sont juste là quand vous en avez besoin. Pas d'arnaque sur le prix demandé. C'est généralement raisonnable. Autour de 20-30 Rs la course en ville.
Un peu moins sympa à
Bangalore. L’effet grande ville...
HEBERGEMENTS :Evidemment, aucune réservation préalable ici.
Petit dej jamais inclus. Paiement cash. Nous avons toujours négocié un peu les prix.
Tous extraits du LP - Aucun problème de disponibilité.
Nous n’avons jamais opté pour l’AC, inutile à cette époque. Le ventilo suffit, les chambres en sont toutes pourvues.
Salle de bain à l’indienne : une grande pièce carrelée qui réunit les WC, le lavabo, une douchette, un robinet, un seau, une louche. Rafraîchissant !
Pas de coup de cœur particulier dans ces hébergements. Hormis à
Bangalore, on a choisi des hôtels et des chambres basiques, toutes spacieuses et propres. Mais aucune n’avait une petite touche personnelle qui aurait apporté un peu de charme et de chaleur. Juste fonctionnelles.
Badami - Mookambika Deluxe850 Rs
Bien situé, face à la gare routière.
Et en face d’une petite boulangerie où, tôt le matin, vous trouverez des petits pains ronds simples et délicieux.
Hampi Bazaar - Gopi Guesthouse700 Rs
Petite chambre basique au 1er étage (chambre n ° 16), lumineuse, spacieuse et propre. Moustiquaire.
A 2 pas du Gopi Restaurant, sur le toit terrasse où nous avons pris quasiment tous nos repas.
Après avoir visité 4 autres GH dans
Hampi Bazaar, celle-ci nous a paru vraiment un cran au dessus. Notamment pour la taille de la chambre et, surtout, pour son côté très lumineux.
Sans qu’on puisse vraiment parler d’un coup de cœur, nous avons bien aimé cette étape à
Hampi. Malgré le fait que la bourgade soit actuellement un véritable chantier, car en pleine reconstruction (et mon petit doigt me dit que ça va durer un moment), l’ambiance y est douce ; le restaurant y a contribué pour beaucoup.
Sur l’autre rive (Virupapur Gaddi), une petite bourgade, née de rien, aligne entre rizières et rivière, ses guesthouses, restaurants, boutiques etc... C’est effectivement beaucoup plus calme que
Hampi Bazaar, très joli quand les rizières sont vertes, moins tassé, mais... tout aussi peu authentique, peut-être même moins. Gros inconvénient : la nécessité, pour traverser la rivière, d’utiliser un bac pas très fréquent et dont le dernier service est à 18h. En lisant le LP, on avait hésité. On n’a finalement pas regretté notre choix d’être resté sur
Hampi Bazaar. Moins captifs.
Hassan – Jewel Rock Hotel780 Rs
Aucun charme, totalement impersonnel. Et rien pour rattraper une salle de bains à peine propre...
Trop loin du centre ville. Restaurant désert. Ambiance à mourir.
Aucun intérêt, je déconseille vivement.
Mysore – The Maurya Residency1400 Rs (ttc)
Agréable, bien propre et vraiment confortable.
L’hôtel Parklane juste voisin, est un poil plus cher, mais est bien agréable aussi avec notamment un restau-terrasse très sympa.
Bangalore – JP Cordial (ancien Hari International) www.jpcordial.com/accommodation.htm
3500 Rs (ttc et petit dej inclus)
Hors catégorie. Hôtel luxueux dont la clientèle est composée exclusivement d’hommes d’affaires.
Rien à redire. Finalement, pas bien cher pour ce niveau.
REPAS :Notre voyage nous a souvent amenés dans de petites bourgades où l’on trouvait des gargotes plutôt que des restaurants.
Mavalli Tiffin Room à
Bangalore – Lalbagh Road à côté du grand parc
Une institution.
A 12h30, service unique et plat unique de thali pour tous. Le restau est bondé et les clients suivants s’entassent dans la salle d’attente attenante (si, si !) pour le 2ème service. Préparez-vous à partager votre table. Nous étions avec 2 étudiants dont ce déjeuner représentait leur sortie dominicale.
160 Rs le thali, ce qui fait cher pour un thali mais c’est justifié. Il est excellent.
Gopi Restaurant à
Hampi Bazaar – à quelques mètres de la Guesthouse
Un toit-terrasse vraiment sympa avec jolie vue sur le gopuram du temple de Virupaksha.
Belle carte, prix raisonnable, bonne cuisine, accueil chaleureux.
C’est devenu notre point de ralliement lors de notre séjour à
Hampi et un de nos meilleurs souvenirs de voyage.
Mango Tree à
HampiPetites tables étagées au bord de la rivière Thungabhadra. C’est très joli, très sympa et très bon.
J’y ai fait mon meilleur repas, le Mango Tree Special Curry à 120 Rs. C’était divin. Je fêtais ce jour-là mes 50 ans ! Peut-il exister plus beau souvenir ?
Golden Caves à
Badami, à côté du Mookambika.
Petite gargote sans charme mais bonne nourriture à des prix très très légers.
Quelques prix (moyens) :
Dans un restaurant :Thali : autour de 80 Rs (immanquable !)
Egg biryani : autour de 120 Rs (60 Rs au Golden Caves de
Badami)
Un veg curry : autour de 80 Rs
Plain rice : autour de 30 Rs
Plain naan : autour de 25 Rs
Un coca (300 ml) : 20 Rs
Un litre d’eau : 20 Rs
Un jus de fruit frais : 40 Rs
Un lassi : 60 Rs
Un thé : 10 Rs
Dans la rue :Un litre d’eau : 12 Rs
Un petit pain rond dans une boulangerie : 3-4 Rs
Un masalavada (petit beignet frit d’épices et de farine de dal) : 2-3 Rs
Une banane : 3 Rs
Un ananas complet épluché et découpé : 30-40 Rs
Un tchai (thé au lait) : 2-3 Rs
Un verre de jus de canne à sucre : 8 à 20 Rs, selon le lieu et la taille du verre (on s’en est fait une orgie !)
L’ITINERAIRE :J’ai eu bien du mal à concocter l’itinéraire. 2 semaines c’est court. Surtout en bus local. Comme toujours, on a fait le choix de ne pas courir. Tant pis pour les sultanats du Deccan :
Bijapur, Gulbarga et Bidar. Quant à Goa, n’en parlons pas, c’était trop loin et pas dans l’esprit de notre voyage. Et puis, pour être tout à fait honnête, je ne suis pas bien sûre d’avoir très envie d’aller à Goa... J’ai peut-être tort, je n’avais pas non plus envie d’aller aux
Canaries... (cf mon dernier carnet).
Badami était donc le point le plus au Nord de notre boucle. C’est pourquoi, nous avons décidé d’y aller directement, en train, pour redescendre ensuite tranquillement vers
Bangalore.
Notre parcours s’est effectivement avéré facile et léger. Mais qu’il est bon, en
Inde tout particulièrement, de pouvoir flâner. Les occasions de perdre son temps ne manquent pas : passer 3 heures là où 1 peut suffire tant la sculpture y est belle, se poser le long d’un ghat et regarder les femmes laver leur linge, les brahmanes préparer des offrandes, les buffles se baigner avec délectation, s’arrêter en chemin pour déguster un ananas tout frais découpé, un verre de jus de canne à sucre, se perdre dans un marché aux fleurs et y retourner le lendemain tellement il est beau !... L’
Inde ne se prête pas à la course.
Lors de ce périple, le style architectural est d’un intérêt croissant : d’abord le style un peu lourd des Chalukyas (
Badami-
Pattadakal-Aihole) puis le style des Vijayanagar (
Hampi) où les magnifiques temples sont disséminés au milieu d’un chaos de rochers, enfin l’apothéose, avec l’architecture Hoysala (
Belur-
Halebid-Somnathpur), sans doute la plus ornée de l’
Inde. Pour notre plus grand bonheur, l’émerveillement est allé crescendo.
LES SITES :
Prix des entrées : entre 100 et 250 Rs le billet. Certains temples sont gratuits.
Aihole (100 Rs)
et Pattadakal (250 Rs)
Nous avons fait une erreur. Voici quelques conseils pour vous aider à mieux faire...
Les temples de
Pattadakal sont tous regroupés, 2 heures suffisent très largement. Ceux d’Aihole sont beaucoup plus disséminés et, d’un point de vue architectural, un peu moins intéressants que ceux de
Pattadakal. Par contre, le charme d’Aihole réside dans le village en lui-même qui s’est installé sur les vestiges de quelques temples. Il me parait donc judicieux de commencer par
Pattadakal. Ensuite, un bus ou, à défaut, un rickshaw vous emmènera à Aihole où vous pourrez passer le reste de la journée à parcourir ce petit village où les buffles dorment adossés à des murs vieux de plus de 1500 ans...
Nous avons fait la boucle dans l’autre sens et n’avons pas pu flâner dans Aihole comme on l’aurait souhaité ne sachant pas trop ce que
Pattadakal nous réservait et combien de temps il faudrait.
On l’a beaucoup regretté.
HampiIl faut au moins 2 jours pleins pour découvrir le site grandiose des Vijayanagar. 1 jour supplémentaire est le bienvenu pour profiter d’un des plus beaux paysages qu’on ait vu en
Inde. En effet, de gros rochers roses parsèment et décorent une nature vallonnée recouverte de cultures variées. Cannes à sucre, cocotiers, bananiers, rizières bordent les enceintes des temples, offrant des paysages fabuleux, merveilleux, tout droit sortis du Livre de la Jungle. La rivière Tungabhadra apporte une touche finale, toute de sérénité et de douceur.
Les temples très souvent envahis par des hordes de singes tapageurs et facétieux sont magnifiques. Nos préférés furent le temple d’Achyuta Raya que l’on a découvert depuis la colline, au bout de la voie à portique (à l’Ouest, à l’opposé du temple de Virupaksha), celui de Vitthala (250 Rs) et celui de Hazara Rama dont les piliers de granit noir poli nous ont beaucoup impressionnés.
Des vélos sont disponibles, pour 40 ou 50 Rs la journée selon leur état. Même neufs, ces vélos sont bien lourds, sans vitesse et les vallons du site rendent la promenade bien peu agréable. Lors de notre dernier jour, nous avons abandonné ces gros tanks pour partir à pied et revenir en rickshaw.
Ne manquez pas d’aller déjeuner au Mango Tree, c’est vraiment un endroit magique.
Belur – Halebid – Somnathpur (100 Rs)
3 magnifiques temples de la période des Hoysalas. Le granit est devenu dentelle sous les instruments des sculpteurs.
Notre préféré :
Halebid. De peu... Les 3 méritent d’être vus.
Belur et
Halebid se font facilement dans la journée en empruntant les bus. C’est facile et rapide. Enfin, le rapide indien...
Attention, à
Halebid, vous recevrez peut-être un reçu « officiel » contre la consigne de vos chaussures. Reçu qui indique un prix de 100 Rs par paire ! Au retour, nous donnerons, comme les Indiens qui nous avaient d’ailleurs mis en garde, 6 Rs pour nous 2. Il n’y a pas eu de discussion.
Mysore Le palais du maharaja (200 Rs) est hyper kitsch. Il vaut néanmoins l’heure et demie que vous y passerez. L’audio guide gratuit agrémente la visite d’un commentaire détaillé très intéressant. Prenez le temps d’aller le récupérer contre une caution de 2000 Rs ou votre passeport. Voilà qui donne une idée du faste de ces cours vieilles de seulement quelques décennies.
Retour à la vie quotidienne en arpentant le Devaraja Market, somptueux, haut en couleurs et en odeurs. On passerait des heures à admirer le geste que l’on sent ancestral des ces hommes ou de ces femmes qui tressent ces guirlandes de fleurs destinées aux dieux. Marché très vivant, très coloré, très photogénique.
Le jardin de Brindavan a occupé notre dernier après-midi à
Mysore. 1 heure de bus depuis le City Bus Stand. Il mérite d’être vu peut-être plus pour l’animation joyeuse qui y règne que pour ses massifs de fleurs. Après une grosse hésitation, nous ne sommes pas restés pour le spectacle sons et lumières. La foule impressionnante de locaux qu’il a attirée et que nous avons croisée nous a laissés penser que nous avions peut-être eu tort...
SrirangapatnamOn arrive à la gare de Srirangapatnam à 8h. Gare déserte ou quasiment... aucun rickshaw... Bizarre. On comprend vite : le palais d’été n’ouvre qu’à 9h. On est trop matinaux.
Les sites à visiter sont répartis un peu partout et le LP ne fournit aucun plan, aucune indication, on ne sait pas par où partir... Petit, non, gros coup de gueule de Philippe contre ce guide qui ne fait pas son boulot. Un passant nous envoie sur la route du Gumbaz. Bon... on avance, un peu perdus, pas mal agacés. On finit, évidemment, par être rattrapés par un rickshaw. On négocie pour 130 Rs qu’il nous emmène au Gumbaz puis qu’il nous laisse au Tipu Sultan Summer Palace (car à vrai dire, on a horreur d’être attendus, ça nous stresse, on préfère marcher ou prendre des rickshaws au coup par coup. Mais ne pas être attendus. C’est comme ça, on ne changera plus à notre âge).
Le mausolée Gumbaz se visite assez rapidement.
Le Tipu Sultan Summer Palace (100 Rs) est merveilleux. Pas un centimètre carré qui ne soit peint. C’est impressionnant et ça justifie cette virée. A l’entrée du palais, vous trouverez un panneau d’information présentant un grand plan de la bourgade avec tous les points d’intérêt. Voilà enfin le plan qui manque au LP ! Une petite photo et hop, c’est parti pour une suite facile, à pied.
Du palais, vous pouvez rejoindre le temple à pied en traversant le joli petit village, en passant sous les vieux restes des murs d’enceinte. Le temple, en activité, ne m’a pas laissé un grand souvenir...
En sortant, nous avons rejoint la rivière. Par curiosité. Bien récompensés, nous y avons passé 2 heures à contempler de magnifiques moments de vie sur les ghats : cérémonie religieuse, lavandières, bain... dans un cadre bucolique. Un beau moment, évidemment pas prévu dans le plan de visites...
DIVERS :L’accueil : les rues sont encombrées de gravats, d’ordures, de bouses, les maisons sont délabrées, jamais finies et déjà en ruines, les bus inconfortables, crasseux, bruyants, les locaux indisciplinés, toujours procéduriers à outrance (l’achat d’un malheureux bibelot dans un magasin d’état m’a valu une facture en 4 exemplaires !). Pourtant, c’est la 3ème fois que nous nous rendons en
Inde et ce ne sera pas la dernière. Car nulle part ailleurs, on ne ressent un tel envoutement pour les scènes de la vie quotidienne. Dans les marchés, dans les rues des villages, sur la route, sur les ghats, partout... les gestes sont maîtrisés, ancestraux, immuables... Ce tailleur qui repasse une chemise à l’aide d’un énorme fer empli de tisons ardents, cette vieille femme assise en tailleur sur son étal qui enfile avec dextérité ses fleurs coupées pour en faire une guirlande interminable, ce vieil homme aussi squelettique que ses bœufs qui, debout sur son char guide sa monture sur une grande route à contre sens, ces lavandières qui rythment l’atmosphère du village par le claquement de leur linge, cet homme sexagénaire qui, avec une souplesse stupéfiante, en équilibre improbable sur un bout de rocher glissant, lave soigneusement sa tenue complète que l’on devine unique, ces prêtres, gras et bedonnants, qui, en amont de la rivière remplissent leur devoir d’offrandes... Et cette fillette que l’on croise sur un sentier de terre qui, trouvant sans doute que le don de son merveilleux sourire n’était pas suffisant, revient vers Philippe pour lui donner timidement son unique bonbon et qui s’envole aussi vite, presque gênée de son audace...
C’est pour être spectateurs, aussi discrets que possible, de ces merveilleux instants de vie que nous venons, que nous revenons en
Inde. Et nous savons que bien vite les désagréments (car, oui, il y en a) ne seront plus rien à côté de ce que l’
Inde nous apporte. A chaque fois.
La carte bancaire : utilisée une seule fois pour le retrait cash à l’aéroport. Contrairement au Tamil Nadu, on a pu retirer une grosse somme en une seule fois. La commission forfaitaire est alors bien rentabilisée.
Le climat à cette époque : très agréable : 25-30° en moyenne. Ni étouffant, ni humide, ni trop chaud, juste bien, comme un beau mois de juin chez nous. Souvent, un petit vent apporte un peu d'air, donc, jamais cette impression désagréable de chape de plomb...
Vêtements : une petite polaire légère n’est pas superflue. Nous la portions quand on partait tôt le matin, surtout dans les rickshaws, et parfois en soirée. Des sandales à scratch me paraissent toujours être idéales pour ce type de voyage où on se déchausse constamment pour visiter les temples. A cette époque, les chaussettes ne sont pas utiles pour se protéger des brûlures dans les temples (comme ce fut le cas dans le Tamil Nadu en Août).
L’affluence touristique à cette époque : bien peu de touristes occidentaux. Par contre une belle et joyeuse affluence d’Indiens des états voisins.
Les problèmes de santé : eau capsulée, très facile à trouver.
Les moustiques : un peu le soir, surtout à
Hampi. On s’est contenté d’un bon répulsif (5 sur 5 tropic)
Photos : pensez à apporter un pied pour pouvoir photographier l’intérieur très sombre des temples. Un simple gorillapod suffit. Et là encore, préparez-vous à jouer les starlettes car les touristes Indiens (qui disposent généralement d’un appareil photo) aiment nous photographier. Plaisir partagé. Osez photographier une première femme dans un marché et montrez-lui son portrait. Devant son sourire, ses voisines, curieuses, admiratives et envieuses ne manqueront pas de vous demander la même chose. Vous reviendrez avec une longue galerie de portraits. Photos faciles, sans aucun marchandage, jamais...
L'
artisanat : quelques babioles achetées à l’emporium Cauvery de
Mysore. On a aussi rapporté de petits blocs de sucre candi achetés 5 Rs pièce au marché de
Mysore. Pour remplacer agréablement le miel dans une tisane.
On a beaucoup aimé :
Hampi et ses temples cachés, hantés par le fantôme du roi Louis
Les temples Hoysalas, d’une belle finesse
Encore et toujours : prendre le bus !
Laisser le temps s’écouler, assis sur des ghats
Boire du jus de canne à sucre, fraîchement pressée
Le climat idéal de cette période
On a moins aimé : 
Les klaxons
L’odeur un peu écœurante du ghee qui brûle dans les lampes votives des temples
Bangalore, polluée, bruyante, inintéressante
En conclusion : L’Inde n’a pas d’équivalent. J’ai toujours refusé d’engager des amis à y aller. L’envie doit venir de soi, être une démarche personnelle, une réflexion lucide et profonde. L’Inde est un voyage qui doit se sentir et qui devient, à un moment donné, une nécessité. Ou pas.En ce qui nous concerne, on n’en a pas encore fini !