Merci Shiva pour ton témoignage, qui me rappelle qu'il me faut maintenant rendre compte de mon voyage. Au moins de cette visite de Qal'eh Rudkhan.
A Fuman, j'ai trouvé aisément un savari pour Qaleh Rudkhan (3 000 rials). A ceci près qu'il s'agissait de Qal'eh Rudkhan Bazar, c'est à dire le village, et non de Qal'eh Daneh, la base de départ pour l'ascension vers le château. Juste quelques 7-8 km de différence :- (
Pour continuer jusqu'à Qal'eh Daneh, le chauffeur proposait de poursuivre sur une base "dar baste" (= taxi privé) pour la modeste somme de 30 000 rials ! Refus de ma part, je sors du savari et commence à marcher courageusement avec mon gros sac à dos. Aucun effet sur mon savari qui fait tout simplement demi-tour, des clients l'attendant en direction de Fuman. Aucun autre véhicule aux aguets dans les alentours.
Qu'à cela ne tienne, je poursuis le long de la route, non pas que je compte effectuer les 7-8 km à pied, mais je suis confiant que je vais bien trouver un transport alternatif. Quelques voitures passent, mais sans me solliciter. De quoi me laisser le temps de réfléchir :
- la route monte selon une pente modérée mais régulière, et il fait chaud (il est midi).
- pas très malin de s'échiner sur le macadam, alors que la réelle ascension reste à venir pour monter jusqu'au château.
- le programme de la journée est conséquent, puisqu'après Qal'eh Rudkhan, je compte coucher ce soir à
Ardabil.
- 30 000 rials me semblent bien excessifs pour cette courte distance, mais, converti en euros (moins de 2,5 euros), ce n'est pas grand chose pour le touriste européen que je suis.
Considérations suffisantes pour accepter la proposition d'un vieux bonhomme sur sa motocyclette : je ne parle pas persan, mais je comprends qu'il propose de m'emmener pour 10 000 rials. Topes là, et j'embarque à l'arrière !
Départ de la base à Qal'eh Daneh : 12h20 (pas idéal, mais j'avais passé la matinée à Masuleh)
Arrivée au château : 13h25, soit
1h05 plus tard, et ce sans me presser, mais en montant régulièrement tout en conversant avec quelques iraniens, sans arrêt prolongé. Par un presque quinqua, bon marcheur, mais sans le moindre exercice physique.
La montée est raide, mais plus que la pente, elle est rendue pénible par :
- un chemin cimenté hérissé de pierres (compréhensible pour limiter les glissades, mais c'est tout de même pénible), et pas très bien dessiné (souvent en direct face à la pente, et non serpentant en pente douce comme dans les Alpes).
- le fait d'avoir dû porter toutes mes affaires, car aucune autorité n'a accepté de conserver mes affaires à la base de départ.
- une forte chaleur humide. J'en ai vraiment beaucoup sué, d'autant que j'avais une douzaine de kilos sur le dos, ainsi que 2 x 1,5 litres d'eau (au départ).
Il y avait beaucoup de touristes (tous iraniens), mais éparpillés sur toute la montée, et donc pas envahissants. L'ensemble de la montée se fait à travers les sous-bois, protégeant du soleil à défaut d'apporter la fraîcheur.
Je suis resté environ 30 mn à déambuler dans le château et à prendre des photos. Le château est bien conservé et la nature environnante tranche avec la plupart des paysages iraniens par sa verdure et sa relative exhubérance.
Resdescente en environ 40 mn, sans me presser, en restant prudent pour ne pas risquer de me tordre le pied.
Pas le moindre savari pour rejoindre Fuman, tous les chauffeurs faisant bloc pour une course "dar baste" au tarif de 40 000 rials. Etant pressé, j'ai fini par craquer, sans attendre d'être pris en charge par des touristes repartant (en général, les touristes iraniens viennent en groupe, et leur véhicule est déjà bien rempli).
Qal'eh Rudkhan reste une
belle excursion que j'ai eu plaisir à faire, même si mon Lonely Planet a mal supporté mon coup de suée.
Fabrice