Sur les pentes du Vésuve
Dans mon récit évoquant mes balades autour de quelques volcans italiens, vous l'aviez peut-être remarqué, il manquait à propos du Vésuve le récit de l'ascension de son cône jusqu'au cratère. Faute de temps, je n'avais pu apprécier cette incontournable randonnée autour du célèbre volcan...
Cette lacune est maintenant comblée. Lors d'un récent périple en Italie passant par le Golfe de Naples, j'ai emprunté un des sentiers qui serpente sur les versants du Vésuve et permet ainsi de découvrir son impressionnant cratère...
Sur les rivages du magnifique golfe napolitain, quelque soit l'endroit où l'on se trouve, l'imposante silhouette du Mont
Vésuve aimante le regard. Avec ses 1281 mètres de haut, c'est vrai qu'il en impose. Il domine l'ensemble du panorama et puis il a tant marqué les esprits avec ses éruptions cataclysmiques... Bon, je ne vais pas vous refaire ici l'histoire détaillée de l’anéantissement de
Pompéi mais plutôt vous raconter ma balade sur les pentes du
Gran cono del Vesuvio.
Sur cette photo prise depuis
Naples, un gros nuage boursouflé situé à la verticale du volcan pourrait faire croire à un panache de fumées volcaniques, il n'en est rien ! Le
Vésuve si souvent présenté comme potentiellement très dangereux est actuellement bien sagement endormi... Le soleil brille et son sommet est dégagé, les conditions sont idéales pour aller découvrir de plus près ce fameux Mont
Vésuve.
Sur la route du volcan...
Voilà que l'on traverse maintenant l'agglomération de
Torre del Greco (environ 90 000 habitants). Elle s'avère être la zone habitée la plus proche du cratère qui est situé à seulement 6 kilomètres à vol d'oiseau ! Cette commune fait partie des lieux les plus « à risques » en cas d'éruption explosive.
On n'ose imaginer le pire... mais on sait cependant que les nuées ardentes chargées de gaz brûlants avaient dévalé les pentes du volcan à une vitesse d'environ 100 km/heure lors de la terrible éruption de l'an 79 après J.-C. C'était celle qui avait rayé de la carte la ville de
Pompéi, localisée un peu plus loin, à 9 km du cratère !
Passé les derniers immeubles, la route du
Vésuve sinue à travers une forêt dense et très verdoyante les arbustes, les chênes verts, les châtaigniers y sont nombreux avant de laisser un peu de place aux pins puis à une végétation plus clairsemée.
Le long de ce trajet à flanc de montagne quelques œuvres comme ces sculptures agrémentent le parcours. Celle-ci (photo), évoquant presque un petit moaï de l'île de Pâques, semble nous faire un drôle de clin d’œil.
Encore quelques lacets de bitume parcourus et c'est le terminus de la route (altitude 1000 m), il nous apparaît au débouché d'un ultime virage.
Après, la poursuite de la découverte du volcan se fait obligatoirement à pied et nécessite de s’acquitter d'un billet d'entrée (8 € en Sept 2015)... comme dans tout lieu touristique très fréquenté. En effet, quelques 200 000 visiteurs font chaque année, l'ascension du volcan. Le terme « ascension » n'est sans doute pas vraiment approprié car ici, la piste principale est balisée et sécurisée avec des barrières de bois, j'ai même vu un peu plus haut quelques ouvriers en train d'aplanir le large sentier afin d'enlever les pierres volcaniques acérées qui affleurent par endroits. Quant aux randonneurs les plus âgés, dès le départ on leur propose des bâtons de marche, histoire de les aider dans leurs efforts.
Plusieurs chemins serpentent sur les versants du
Vésuve, certains plus difficiles que d'autres nécessitent d'être accompagné d'un guide connaissant bien le terrain accidenté des lieux.
Nous voici partis par la voie classique pour environ 45 minutes de grimpette jusqu'à la crête du volcan. Progressivement, en foulant un sol volcanique composé de pierres ponces qui crissent sous les pas, le panorama s'ouvre à nos yeux.
En contrebas, une longue coulée grise contraste avec le vert de la végétation. Il s'agit de magma pétrifié, le témoignage de la dernière grande éruption du
Vésuve, celle de 1944. Une éruption de type effusive avec expulsion de lave s'épandant en torrents sur les flancs de la montagne ou plutôt entre les deux cônes volcaniques.
On le constate sur cette vue et aussi sur les autres photos où apparaît la silhouette du Mont
Vésuve, il y a bien deux volcans dominant le Golfe de
Naples, le
Vésuve donc, le plus haut avec ses 1281 mètres et également à ses côtés le Somma, 1149 mètres (seulement).
Paradoxalement, afin de reprendre son souffle lors de cette montée, chaque randonneur fait des pauses en tournant le regard vers des vues véritablement... à couper le souffle !
Le panorama est grandiose. Il s'étale du pied du volcan et embrasse toute la
baie de Naples. La vue se perd au-delà de l'agglomération de 4 millions d'habitants (la seconde plus grande ville d'
Italie) vers la Mer Tyrrhénienne. Au loin, parmi les brumes de chaleur on perçoit la silhouette des caps et des îles,
Ischia...
Côté versant du volcan l'observation vaut aussi le coup d’œil avec des champs de blocs rocheux et de scories volcaniques. Certaines coulées tirent vers le rouge, d'autres sont nettement plus sombres, allant du gris au noir. Mais par endroits ces étendues de pierres et de cendres sont agrémentées de quelques plantes fleuries peu à peu la nature réapparaît surtout à la surface des coulées les plus anciennes et dans les interstices, entre les fissures des pierres laviques.
Avant d'atteindre le sentier qui chemine sur la crête du volcan, le parcours passe devant un premier abris, il fait office de local pour les guides accompagnateurs et sert aussi de buvette pour les randonneurs très assoiffés par la petite ascension...
Tous les regards sont maintenant attirés par la vue de l'impressionnant cratère : 300 mètres de profondeur et environ 400 mètres de diamètre. Tout au fond, un amas d'éboulis encombre la bouche du
Vésuve. On ne peut que le constater, actuellement le volcan est bien en phase de repos, seules quelques fumerolles s'échappent des fissures d'une des parois de l'intérieur du cône.
Le
Vésuve est en permanence sous haute surveillance, plusieurs capteurs sismiques et chimiques sont disséminés sur les versants du cratères. Les volcanologues sont aux aguets, ils observent et analysent quotidiennement l'activité du monstre volcanique. Il y a bien, nous dit-on, des centaines de secousses telluriques enregistrées chaque année, mais aucune pouvant faire craindre une phase de réveil du
Vésuve... enfin pour l'instant !
Selon les scientifiques, la phase de réveil débutera par un tremblement de terre et ensuite on devrait assister à l'éruption. Impossible de prévoir la date de la prochaine colère du
Vésuve mais les spécialistes s'accordent pour affirmer qu'elle devrait être explosive... et donc dévastatrice !
L'histoire des éruptions antérieures et la structure géo-morphologique du Mont
Vésuve montrent que deux catégories d'éruptions (effusive ou explosive) alternent généralement entre elles et la dernière en 1944 était... de type effusive ! De plus, cela fait donc 70 ans que le volcan est en phase de sommeil... une des plus longues périodes de son histoire sans aucune éruption !
Face à ces prévisions alarmistes, tout l'enjeu pour les volcanologues est de donner l'alerte suffisamment tôt. Les Autorités locales ont élaboré en cas d'éruption imminente un plan d'évacuation des populations locales. Une vingtaine de communes au pied du volcan se trouvent ainsi placées en zone rouge, celles à évacuer en priorité. Et cela concerne environ... 600 000 personnes !
Ces habitants devront rapidement fuir en cas de danger potentiel. Mais par où s'éloigner ?
Par la route ? On imagine les embouteillages d'autant que lors d'un exercice de simulation, la pagaille était telle qu'il y a même eu des accidents entre véhicules de secours ! Alors par la mer ? Il faudra compter avec le probable tsunami accompagnant le tremblement de terre et le retrait de la mer d'environ 400 mètres qu'il devrait provoquer, sans parler des vagues !
De plus, il faut imaginer l'angoisse des populations des communes jouxtant les zones classées rouges théoriquement non prioritaires, elles devraient tranquillement attendre le feu vert des autorités pour enfin quitter leur zone, difficile de croire que la consigne serait scrupuleusement respectée !
Ne pensons plus à l'éventuelle catastrophe et vivons pleinement l'instant présent en contemplant une fois encore lors de la descente cette vue époustouflante dont on bénéficie depuis le sommet du volcan.
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Le
Vésuve n'engendre pas seulement quelques frayeurs potentielles aux habitants de la région. En effet, les versants du volcan sont fertiles et on y cultive, entre autre, la vigne.
Sur la route du retour, au détour d'un virage, nous faisons une halte désaltérante. En guise d'apéritif et accompagné d'une tranche de pain aromatisé d'huile d'olive extra vierge et de tomates broyées nous dégustons un des produits régionaux, le fameux
vin Lacryma christi. La légende raconte que le Christ aurait versé quelques larmes en découvrant les lieux... d'où le nom donné au vin local.
D'ordinaire dans tout récit de voyage, l'enthousiasme de la découverte aidant, on vante à grand renforts de superlatifs les produits locaux. J'avoue n'avoir pas grand chose à commenter à propos du breuvage proposé si ce n'est qu'il me laisse le souvenir d'un vin
rosso... bien léger ! Mais était-ce un des meilleurs crus de cette appellation ? Impossible donc d'avoir un avis général avec seulement une dégustation.
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Arrivé dans le centre de
Naples, passons sans transition au dessert et celui-là m'a enchanté. Souvenir d'une pause... café, au Gambrinus.
Le
Gran Caffe Gambrinus est une adresse renommée, les napolitains s'y pressent en nombre, les touristes aussi ! Un décor stylé au charme rétro et surtout un plaisir pour les papilles.
De l'expresso, serré comme il se doit, aux cafés plus élaborés...
Et ce sera Un café Gambrinus pour moi, et Un ! La composition (café, cacao, mousse de lait, crème fouettée, sucre, biscuit) m'a séduit... la dégustation m'a comblé.
Le
Gran Caffe Gambrinus est non seulement un café avec terrasse mais c'est aussi une pâtisserie, l'occasion de déguster une des spécialités locales les
sfogliatelle. Une gourmandise à la croûte croustillante à souhait et fourrée d'une crème à base de ricotta et parfumée à la cannelle...
Il faut jouer des coudes pour gagner une place au comptoir (photo, où vous pouvez remarquer que j'ai entamé ma pâtisserie avant même de faire la photo, c'était si appétissant!).
Un dernier détail à signaler, ce
Gran Caffe est réputé mais les prix y sont abordables, par exemple au comptoir : 2 € le
Caffe Gambrinus, 2,5 € la part de
Sfogliatelle...mais pour une place en terrasse (s'il y en a) il faut ajouter, je crois, 4,5 €.
Ensuite ? Vient le moment d'un plaisante balade digestive entre l'immense et très élégante
Place du Plébiscite puis le long des rues de la vielle ville. Ici, c'est
Naples comme on l'imagine et comme on l'apprécie avec cette atmosphère inimitable : ruelles étroites enserrées entre de hauts immeubles, du linge aux fenêtres, des enseignes, des panneaux d'interdiction dont on se joue et cette vie grouillante, entre passants s'exclamant haut et fort et les inévitables scooters, fumants et pétaradants...
Voilà que j'en ai déjà oublié, comme la plupart des napolitains, la menace qui pèse ici avec la proximité du dangereux Volcan. Pourtant, la silhouette du
Vésuve doublé de celle du Somma trône toujours au dessus de la baie... mais par bonheur, le massif volcanique reste profondément assoupi, espérons que c'est pour bien longtemps encore.