Italie: Autour des volcans

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Pays de la dolce vita, du farniente, doté d’un riche patrimoine archéologique et culturel, l’Italie est également une terre de volcans. Au cours d’un récent voyage, j’ai découvert le plus impressionnant des volcans du pays, l’Etna ainsi que Naples et sa baie dominée par l’imposant Vésuve.

Avec ce texte d’impressions de voyage ne vous attendez pas à lire un reportage scientifique sur le volcanisme mais plutôt à parcourir un récit d’une balade dépaysante (et illustrée) autour de quelques volcans … Une balade évoquant aussi deux des îles-volcans des Eoliennes : Stromboli et Vulcano. Bien que ces souvenirs de visites estivales remontent déjà à quelques années, j’ai pensé qu’ils avaient leur place dans ce carnet de voyage. Aucune activité sismique dangereuse n’est annoncée … alors, suivez moi (sans risque) dans mon périple autour de ces quatre volcans italiens.

Cap au sud, direction la Sicile et le plus célèbre des volcans d’Italie, l’Etna.



Petit matin calme d’automne, les premiers rayons du soleil donnent une superbe teinte dorée aux façades de Messine. Et si l’aspect de la cité paraît si tranquille, l’histoire de la ville montre qu’il n’en a pas toujours été de la sorte. La date du 28 décembre 1908 est gravée dans toutes les mémoires siciliennes, ce jour-là, un terrible tremblement de terre a transformé en quelques minutes l’agglomération de l’époque en un champ de ruines … et surtout quel drame humain ! On a peine à imaginer que seuls 4000 habitants survécurent au cataclysme dans une ville qui en comptait 64000 juste avant les effroyables secousses telluriques.



Prenons la route en direction de l’Etna, le but de la visite du jour. Une très belle voie qui pour quitter la ville nous fait emprunter plusieurs tunnels creusés dans les flancs de la montagne côtière. Une centaine de kilomètres sépare le centre de Messine du fameux volcan. C’est seulement après avoir passé la belle Taormine (rendue célèbre par sa plage, son micro climat et son théâtre antique) que la vue s’ouvre sur la silhouette du géant de Sicile.



Fabio qui nous accompagne dans cette balade nous fait partager, en bon sicilien, sa fascination pour ce colosse volcanique. C’est cette montagne qu’il observe chaque matin depuis sa terrasse en buvant son cappuccino. Y-a-t-il un panache de fumée ? Le sommet de l’Etna est-il masqué par une auréole de brume ou ourlé d’une écharpe de nuages ? Et en hiver … le sommet est-il couvert de neige ? Voilà ce que scrutent quotidiennement les habitants de la région, enfin ceux dont les maisons possèdent une vue donnant sur le volcan. Quelques kilomètres plus loin, la route d’accès au massif volcanique nous oblige à quitter l’autostrada, àbifurquer sur la droiteet à emprunter une petite route qui serpente sur le versant sud de l’Etna. On le sait, les régions volcaniques sont particulièrement fertiles et c’est aussi le cas ici. Sur les bords de la voie se succèdent de nombreuses cultures méditerranéennes : parcelles de vignes, champs d’orangers et de citronniers, plantes maraîchères … l’agriculture, on l’a compris, est la principale ressource des habitants des abords de l’Etna. Une population assez dense rassemblée dans des villages que la route traverse. Cependant, en ce dimanche matin d’octobre, nous sommes obligés de contourner le gros bourg de Zeffrana dont le centre est bouclé à la circulation automobile. La raison ? C’est jour de la traditionnelle Ottobrata. Des festivités qui ont lieu dans le village chaque année en début d’automne, l’ambiance y est familiale et toujours décontractée.





On vient paraît-il de tous les environs afin de profiter des réjouissances locales. Procession, ripailles, musique et grande braderie dans toutes les ruelles. Les produits locaux de saisons y sont en vedettes. Sur les étalages et dans des paniers, le miel, les champignons et les châtaignes se font concurrence. Justement, à propos de châtaignes, le parcours qui fait suite au village chemine à travers de petits vallons boisés de châtaigniers, les bogues écrasées sur le bitume en témoignent. Et là, quelques promeneurs, paniers à la main, partent d’un bon pas pour une promenade en quête de châtaignes et pourquoi pas, de quelques champignons.



Passés les bosquets, voilà que l’Etna nous apparaît au détour d’un virage, un cône surmonté d’un élégant panache de fumerolles. Super, le cratère vient d’éructer quelques gaz ! Ce grandiose cône s’avère être le volcan le plus élevé d’Europe, son sommet culmine à quelques 3350 mètres d’altitude … environ, car à vrai dire cette hauteur varie régulièrement au grès des éruptions successives. L’Etna n’est pas seulement le plus haut volcan d’Europe c’est aussi un des plus actifs au monde, sa dernière impressionnante éruption date de novembre 2013. Haroun Tazzief, le célèbre volcanologue à l’inimitable accent rocailleux avait un faible pour ce volcan, il l’a étudié tout au long de sa carrière de scientifique. Il aimait dire à son sujet qu’ici on pouvait observer tous les types d’activités volcaniques : émissions de gaz, projections éruptives de cendres et de scories et coulées de magma. Lors des colères de l’Etna la lave épaisse et abondante émane le plus souvent de bouches éruptives ou de failles rocheuses disséminées sur les versants du volcan. D’ailleurs la route vers le sommet sillonne parmi quelques anciennes coulées maintenant figées, un amoncellement chaotique de roches acérées et sombres.



Avec le temps, la végétation reprend progressivement ses droits et se mets à pousser entre les fissures des roches, les genets et les immortelles sont parmi les premières plantes à s’adapter à ces terrains quelque peu hostiles elles apportent ainsi de la couleur avec leurs petites fleurs jaune qui contrastent avec ce sol sombre. Plus en altitude, à même les champs de cendres noires, ce sont des coussinets d’astragalus qui ponctuent le paysage. Encore quelques lacets et l’on parvient au terminus de la route, un parking recouvert de bitume façonné sur le relief d’une ancienne coulée volcanique. Il est temps à présent d’aller fouler ce sol d’allure lunaire qui alterne entre champs de scories noires ou rouges et gros blocs magmatiques.





A chaque pas, les chaussures roulent et s’enfoncent un peu sur ce terrain pentu fait de gravas de lave et de poussières. Le tour du cratère principal, le Silvestri (éruption de 1986) est la balade la plus accessible et donc la plus fréquentée ! On fait ainsi en quelques minutes le chemin de crête avec le regard sans cesse hésitant entre la vue vertigineuse des versants et l’observation du fond du cratère.



Un peu plus en hauteur, la bouche éruptive millésime 2001 est encore plus impressionnante, on progresse d’abord sur une pente de poussières noires puis dans un environnement de cendres rouges, les pas crissent sur ce sol très particulier et que dire du point de vue. Etrange et captivant, on domine le cratère Silvestri et son chemin de ronde parcouru quelques minutes auparavant.



On peut aussi jeter un regard vers le sommet de l’Etna, beaucoup plus haut et qui nécessite pour l’atteindre une randonnée longue et bien plus sportive même si une partie du parcours peut être faite en télécabines puis en véhicules tout-terrain … des télécabines qui servent également en hiver. En effet, nous sommes ici dans une station de sport d’hiver où l’on peut pratiquer le ski de piste, lorsqu’il y a suffisamment de la neige.



Une station détruite par une coulée de magna, c’était lors de l’éruption de 2003 ! Aussi les bâtiments en bois, type chalets de montagnes, ceux qui accueillent les visiteurs ou les skieurs sont désormais amovibles … si un risque d’éruption est annoncé par les volcanologues qui auscultent en permanence l’Etna, les constructions peuvent être démontées et préservées. Pas bête l’idée ! Avant de quitter le site, observons cet amateur de lave, pas simplement pour la contempler ou l’étudier, non, il s’agit là d’un sculpteur qui exprime son art en utilisant cette matière originale, le magma solidifié. Un talentueux artiste dont les œuvres sont pour le moins peu communes.



Il y a des moments au cours des voyages où l’on savoure vraiment d’avoir été plutôt chanceux … comme en cette matinée illuminée par un soleil radieux. La vision de ces paysages volcaniques n’en a été que plus belle. Chanceux, car au moment de prendre la route du retour, une épaisse brume poussée par le vent est venue masquer en quelques minutes l’ensemble du volcan, depuis son sommet jusqu’aux versants … à l’image d’un rideau, s’abaissant pour clôturer le spectacle !



Le soleil, il sera bien présent lorsque l’on quittera le port de Messine. Une mer calme au joli ton de bleu, nous sommes sûrement sous la bienveillante protection de la Madone, sainte patronne de la ville dont on aperçoit la statue perchée au sommet de cette colonne. Le bateau s’engage maintenant dans le détroit qui sépare l’insulaire Sicile de la Calabre à l’extrémité de l’Italie continentale. Puis ensuite, ce seront les côtes nord de la Sicile que nous logerons alors que le soleil, en se couchant, nous offre un ciel embrasé.





En regardant l’horizon en direction du Nord, la silhouette d’une île se détache. Comme émergeant du fond des abysses, c’est un cône presque parfait qui apparaît dans cette atmosphère crépusculaire. A son sommet on distingue un panache formant un long nuage. Je reconnais là, l’aspect caractéristique de l’île volcan Stromboli … et voilà que me reviens en mémoire mes souvenirs de visite datant d’il y a quelques années. * Stromboli, le volcan phare des îles Eoliennes avec son village de pêcheurs, minuscule, au pied de l’imposante montagne et sa plage de sable volcanique, noir comme du charbon.





Mais le souvenir le plus fort de mon passage à Stromboli est sans aucun doute la vision de l’activité éruptive. En effet, le cratère crache à intervalles réguliers des gerbes de magma incandescent. Un spectacle fascinant auquel j’avais assisté depuis la mer, c’était en début de nuit et la lave en feu déchirait la pénombre, un grand souvenir !



Suite de ce récit : "Autours des volcans italiens" ... à Vulcano et à Naples au pied du Vésuve : message suivant ->

Et plus de détails avec cet autre récit de souvenirs plus anciens, déjà en ligne sur VF : *Récit de voyage à Stromboli et Vulcano … et dans les autres Îles Eoliennes : Sur VF : http://voyageforum.com/v.f?post=4409520;#4409520
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE Jemaflor Veteran ·
Autre souvenir des Eoliennes, Vulcano, l’île du dieu Vulcain. Certes le volcan n’est pas aussi haut que l’Etna mais gravir ses pentes sous un soleil de plomb en plein mois d’août ne s’oublie pas. Pour parvenir au bord du cratère à 499 mètres, il faut emprunter un sentier à flanc de volcan et traverser les coulées de boues (sèches).



La récompense de la randonnée se trouve à l’arrivée sur la crête du cratère. Des fumerolles jaillissent çà et là, l’odeur du soufre y est par moment quelque peu suffocante, heureusement le vent balaye rapidement ces effluves et laisse voir des roches volcaniques recouvertes de soufre, bien jaune. Et puis, du haut du cratère il y a le panorama dont on bénéficie, c’est grandiose. La vue s’étend sur le reste de l’île mais surtout bien au-delà, sur la mer et sur l’île de Lipari.



Cette petite activité volcanique, des fumerolles, n’a rien à voir avec la furie des anciennes éruptions du volcan de Vulcano telles qu’elles ont pu se produire dans un lointain passé. Ce volcan est de type explosif, c'est-à-dire que d’énormes bombes volcaniques peuvent être projetées lors des éruptions. On peut en voir quelques exemples à l’autre bout de l’île comme ce mastodonte de lave … dont la silhouette évoque celle d’un gros ours. On ne prend aucun risque en s’approchant de cette sculpture naturelle, « l’ours » de magma figé est inoffensif mais son pelage fait de pierres acérées n’a rien d’une fourrure soyeuse !



A Vulcano, l’activité volcanique permet aussi aux visiteurs de bénéficier de l’effet thérapeutique des boues thermales. Près du port, un bassin naturel s’avère être un lieu très animé. Les amateurs de soins naturels n’hésitent pas à braver l’odeur ambiante pour se plonger dans une eau opaque et grisâtre. La présence de sédiments d’alun et leurs propriétés astringentes confèrent à ces boues des propriétés reconnues pour leurs bienfaits. Lors de ma visite, j’avais tenté l’expérience. Souvenirs ….



En pénétrant dans le bassin, on avance tout d’abord prudemment tellement l’eau est trouble et le sol glissant. La température moyenne est d’environ 35°C et la sensation est plutôt plaisante. Après ce bain original, il faut se rincer, soit dans les douches près du bassin (payantes !) ou dans la mer toute proche. Là, c’est gratuit et l’on bénéficie d’un soin supplémentaire, un massage énergique de la plante des pieds tellement les galets sont nombreux ! Mais surtout, quelle agréable sensation, l’eau ici est parfaitement translucide et partout animée d’une multitude de petites bulles : un véritable jacuzzi naturel du à l’activité volcanique du sol. Et une fois bien rincé et séché, on constate que la peau est peut être plus douce … mais aussi parfumée d’une tenace odeur de soufre, il fallait s’y attendre !

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Le jour n’est pas encore levé mais déjà on distingue le relief du massif du Vésuve. Sa crête se détache sur ce fond de ciel éclairé par les premières lueurs de l’aurore. Un nouveau jour est en train de naître alors que nous progressons dans le Golfe de Naples. Une des plus belles baies au monde dominée par ce célèbre volcan qui par le passé a été à l’origine de terribles catastrophes. Tout le monde connait l’histoire tragique de Pompéi et d’Herculanum, deux citées rayées de la carte lors de l’éruption cataclysmique du 24 Août de l’An 79. En peu de temps, des nuées ardentes chauffées à 350° C ont tout carbonisé sur leur passage avant qu’une épaisse couche de cendres recouvre les environs, versants du volcan et villes alentour.

La région de Naples est riche en sites particulièrement intéressants à découvrir. On peut avoir un aperçu de la vie à l’époque de Pompéi en visitant son site archéologique méticuleusement mis au jour en 1748. Quant aux amateurs de randonnées, ils seront enchantés de faire le tour du cratère à 1281 mètres d’altitude en parcourant le chemin de crête du Grand Cono (non, ce n’est pas une injure ! mais cela signifie « cône » en italien !). Quant à moi, ne connaissant pas la ville de Naples, deuxième agglomération d’Italie, c’est par sa visite que je vais avoir un premier aperçu de cette région. Le soleil est maintenant levé et illumine par sa lumière cuivrée le Fort, les immeubles de la ville jusqu’au Château Sant’ Elmo, au sommet de la colline.



Si l’on veut avoir une idée de l’ambiance napolitaine, il faut se diriger vers le cœur historique de la cité. Allons-y ! Naples a la réputation d’être une ville bruyante et sale à l’image de beaucoup d’agglomérations du Sud. J’aurai aimé constater le contraire mais il est vrai que dans les ruelles et sur les trottoirs, dans la vieille ville, on voit quelques détritus, beaucoup de papiers et des graffitis … mais pas seulement ! Beautés architecturales et atmosphère typique de la vie napolitaine sont aussi au rendez-vous et c’est heureux.





La via Benedetto croce est une rue parmi les plus animées des vieux quartiers, il est plaisant d’y flâner le regard attentif à tous les détails que l’on observe. C’est une rue piétonne rectiligne, longue et étroite bordée d’immeubles à étages. Bien sûr le linge sèche aux fenêtres et des scooters pétaradants se faufilent parmi les passants. Près du square San Dominico, en plein centre, une agréable odeur de pain frais envahie l’atmosphère, plus loin place au traditionnel café, je croise un serveur portant sur un plateau deux cafés fumants et accompagnés de deux verres d’eau c’est ainsi que l’on sert le café ici où il est de tradition d’avaler une gorgée d’eau avant de savourer le breuvage noir, histoire de mieux apprécier sa saveur corsé. Les spécialités culinaires de la région ne sont pas en reste dans cette rue commerçante. Les fameuses pasta sont abondamment exposées sur cette devanture qui s’adresse aux visiteurs de passage. Des pâtes de toutes catégories jusqu’aux spaghettis si longs … on se demande s’ils ne sont pas vendus « au mètre ! ». Des sachets de plantes aromatiques et d’épices pour accompagner comme il se doit les plats de pâtes « à la napolitaine » côtoient les flacons de Limoncello, la savoureuse liqueur préparée avec des citrons locaux. Quant aux piments cornes rouge, ils sont chers au cœur des napolitains. Ces corniciello font office de porte-bonheur, on en voit un peu partout, dans les boutiques mais également accrochés aux fenêtres ou balcons. Les touristes ne peuvent y échapper, on vous en propose en porte-clés souvenirs à chaque coin de rue !





La déambulation nous mène sur l’élégante Piazza del Gesu Nuovo. Des façades colorées en rouge, rose ou ocre et une haute colonne décorent ce lieu. L’église Gesu Nuovo (XVl ème, style Baroque napolitain) complète cet ensemble architectural. Sur la droite de la photo on voit une partie de l’originale façade à bossage en pointes de diamants. L’intérieur est somptueux : marbres polychromes, dôme doré et plafond richement décoré.



A deux pas, une autre église vaut que l’on s’y arrête, plus qu’une église, Santa Chiara est une Basilique à laquelle est adossé un monastère. Le cloître est remarquable avec des faïences évoquant des scènes champêtres. De style Gothique baroque (début de la construction en 1310), l’architecture intérieure de la basilique paraît moins fastueuse que celle de sa voisine, l’église Gesu Nuovo. Cependant, le sol et son dallage avec cette étoile de marbre à l’entrée de la nef ne manque d’attirer le regard.



Quittons le centre historique pour retrouver la baie et les bords de mer. Lungomare la longue avenue/ promenade en front de mer s’étend sur 5 km, le lieu est prisé par les napolitains qui apprécient, on les comprend, se retrouver ici en bord de mer et de plage. La route conduit ensuite sur les hauteurs de la colline de Posillipo, ce quartier chic constitue un belvédère à la vue imprenable sur l’ensemble du Golfe de Naples : mer, côte, île de Capri et massif du Vésuve. Quel panorama ! Avec ces quelques brumes de chaleur, certes la silhouette du volcan s’estompe quelque peu à l’horizon mais la mer conserve son bleu soutenu. En regardant les demeures cossues et leurs terrasses idéalement placées face à cette vue incomparable, on se prend à rêver (et à jalouser ?) les heureux propriétaires qui jouissent du matin au soir, et tout au long de l’année, d’un tel point de vue.



Retour en ville, plus précisément dans la Galerie Umberto Ier. Ceux qui connaissent la célèbre Galerie milanaise retrouveront là quelques similitudes. Immanquablement et dès l’entrée, on se met à lever les yeux et à admirer cette verrière, le dôme, les impressions de symétrie dans la structure métallique, les effets de lumière et de transparence, la décoration … Ensuite seulement, on dirige son regard vers le sol, lui aussi admirable avec son beau dallage de marbre. Au centre, juste sous le dôme, ce sont les signes du zodiaque que représente cette marquèterie de marbres colorés. Les prendre tous en photo est impossible, pas assez de recul et puis les passants sont nombreux, finalement je vais en choisir un … lequel ? La Balance, le signe sous lequel je suis né. Après avoir apprécié le lieu, du plafond jusqu’au sol, il est bon de flâner devant les vitrines des boutiques, de nombreuses marques de luxe y ont pignon sur … galerie. Certaines lors de ma visite étaient en travaux, masquées en partie par de laids échafaudages … la Galerie napolitaine se refait donc une beauté pour devenir encore plus belle, s’il en était besoin.



A l’extérieur le trafic auto est devenu plus intense et beaucoup plus bruyant qu’en début de matinée. Coups de klaxons et scooters se faufilant entre les autos sont indissociables de l’ambiance urbaine de Naples. Au-delà de cet alignement de scooters, on aperçoit une des grandes places de la ville.





En découvrant la vaste Piazza Del Plebiscito, on ne peut s’empêcher de penser au Panthéon de Rome. La ressemblance est flagrante lorsqu’on observe l’architecture de la Basilique St François de Paule située au centre d’un alignement de colonnes disposées en un régulier arc de cercle. Cette Place pavée est entièrement réservée aux piétons, aucun secteur n’est dédié aux autos, c’est idéal pour valoriser la perspective de cet ensemble architectural.

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En cette fin d’après-midi, le soleil illumine généreusement le grand Vésuve ainsi que son acolyte le volcan Somma, situé à ses côtés. Une double silhouette volcanique, certes dominatrice mais sagement assoupie pour le moment … mais pour combien de temps encore ? La dernière importante éruption date de 1944 et jamais, depuis que les scientifiques observent avec attention le volcan, il n’a été observé de périodes de pause aussi longue entre deux conséquentes éruptions. Alors, à quand la prochaine colère dévastatrice du Vésuve ? Connaissant la puissance destructrice de ce volcan constatée par le passé et sachant que 600 000 personnes habitent dans la zone rouge considérée la plus à risque, il y a de quoi être inquiet! Mais comme aucun signe n’annonce le début d’un nouveau cycle éruptif, il est donc temps de profiter sans retenue de ce panorama à nulle autre pareille.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
FD FDB Globetrotter ·
Très belles photos qui me rappellent plein de bons souvenirs... Grazie ! [;)]
Faby
FM Fmaej Globetrotter ·
Quel plaisir de te retrouver ici , Jean , avec ce nouveau récit de ton voyage si bien illustré !

surtout Naples et alentours que j'ai visité il y a 10 ans ! j'ai tant aimé Naples ...! le Vésuve silencieux et menaçant malgré tout !

très belles photos comme toujours . [:)]
CL Clae65 Veteran ·
Superbe, vraiment. Merci
CA Capucine18 Globetrotter ·
[;)]Bonjour Jean ,

Comme d'habitude un plaisir de te lire et surtout d'admirer tes photos.

J'attendais depuis longtemps de découvrir l'Etna j'ai eu le plaisir de "faire sa connaissance" en 2012 et en prime j'ai eu le Stromboli.

L'Etna : Il était recouvert par la neige, nous étions fin novembre et il fumait , fumait... notre guide nous as dit dans 8 jours il va cracher le feu et bien elle avait raison ! quelques jours après notre retour l'Etna se déchaînait ...



Quand au Stromboli, et bien j'ai eu le plaisir après une attente ...assez longue sur le balcon de la cabine de notre paquebot d'admirer le lever du soleil ... . A l'aller j'avais réussi à voir une colonne de feu mais pas été assez rapide pour ..l'immortaliser !



Bonne journée et merci de ton partage .

Capucine 18
http://capucine-18.blog4ever.com/blog/index-432368.html

https://voyages-photos-mes-passions.blog4ever.com/
JE Jemaflor Veteran ·
Merci Liliane pour ton passage et ce complément, Magnifiques photos avec le sommet de l'Etna enneigé. La neige est arrivée une dizaine de jours (fin octobre) après ma visite, c'est vrai qu'il est encore plus impressionnant et esthétique avec ce sommet glacé. Tes photos du Stromboli sont splendides avec ce soleil sur le versant et ce ciel coloré, quant à prendre les gerbes de magma depuis la mer, c'est pas évident !
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
FD FDB Globetrotter ·
Juin 2011, la neige n'avait pas encore disparu et l'Etna fumait...
Faby
JE Jemaflor Veteran ·
Jolie la photo avec le sommet couvert de neige et le champ de coquelicots en premier plan, très belle composition avec un bon contraste de teintes. Merci pour ce complément photo à propos de l'Etna.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
DI Dice Veteran ·
superbes photos cela me rappelle beaucoup de souvenirs [:)]
"Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page" http://fontainesderome.tumblr.com/
BE Bellatoscana Regular ·
Tu est un artiste.
JE Jemaflor Veteran ·
Sur les pentes du Vésuve

Dans mon récit évoquant mes balades autour de quelques volcans italiens, vous l'aviez peut-être remarqué, il manquait à propos du Vésuve le récit de l'ascension de son cône jusqu'au cratère. Faute de temps, je n'avais pu apprécier cette incontournable randonnée autour du célèbre volcan … Cette lacune est maintenant comblée. Lors d'un récent périple en Italie passant par le Golfe de Naples, j'ai emprunté un des sentiers qui serpente sur les versants du Vésuve et permet ainsi de découvrir son impressionnant cratère …

Sur les rivages du magnifique golfe napolitain, quelque soit l'endroit où l'on se trouve, l'imposante silhouette du Mont Vésuve aimante le regard. Avec ses 1281 mètres de haut, c'est vrai qu'il en impose. Il domine l'ensemble du panorama et puis il a tant marqué les esprits avec ses éruptions cataclysmiques ... Bon, je ne vais pas vous refaire ici l'histoire détaillée de l’anéantissement de Pompéi mais plutôt vous raconter ma balade sur les pentes du Gran cono del Vesuvio.



Sur cette photo prise depuis Naples, un gros nuage boursouflé situé à la verticale du volcan pourrait faire croire à un panache de fumées volcaniques, il n'en est rien ! Le Vésuve si souvent présenté comme potentiellement très dangereux est actuellement bien sagement endormi … Le soleil brille et son sommet est dégagé, les conditions sont idéales pour aller découvrir de plus près ce fameux Mont Vésuve.



Sur la route du volcan ... Voilà que l'on traverse maintenant l'agglomération de Torre del Greco (environ 90 000 habitants). Elle s'avère être la zone habitée la plus proche du cratère qui est situé à seulement 6 kilomètres à vol d'oiseau ! Cette commune fait partie des lieux les plus « à risques » en cas d'éruption explosive. On n'ose imaginer le pire … mais on sait cependant que les nuées ardentes chargées de gaz brûlants avaient dévalé les pentes du volcan à une vitesse d'environ 100 km/heure lors de la terrible éruption de l'an 79 après J.-C. C'était celle qui avait rayé de la carte la ville de Pompéi, localisée un peu plus loin, à 9 km du cratère !

Passé les derniers immeubles, la route du Vésuve sinue à travers une forêt dense et très verdoyante les arbustes, les chênes verts, les châtaigniers y sont nombreux avant de laisser un peu de place aux pins puis à une végétation plus clairsemée. Le long de ce trajet à flanc de montagne quelques œuvres comme ces sculptures agrémentent le parcours. Celle-ci (photo), évoquant presque un petit moaï de l'île de Pâques, semble nous faire un drôle de clin d’œil.



Encore quelques lacets de bitume parcourus et c'est le terminus de la route (altitude 1000 m), il nous apparaît au débouché d'un ultime virage. Après, la poursuite de la découverte du volcan se fait obligatoirement à pied et nécessite de s’acquitter d'un billet d'entrée (8 € en Sept 2015)… comme dans tout lieu touristique très fréquenté. En effet, quelques 200 000 visiteurs font chaque année, l'ascension du volcan. Le terme « ascension » n'est sans doute pas vraiment approprié car ici, la piste principale est balisée et sécurisée avec des barrières de bois, j'ai même vu un peu plus haut quelques ouvriers en train d'aplanir le large sentier afin d'enlever les pierres volcaniques acérées qui affleurent par endroits. Quant aux randonneurs les plus âgés, dès le départ on leur propose des bâtons de marche, histoire de les aider dans leurs efforts. Plusieurs chemins serpentent sur les versants du Vésuve, certains plus difficiles que d'autres nécessitent d'être accompagné d'un guide connaissant bien le terrain accidenté des lieux. Nous voici partis par la voie classique pour environ 45 minutes de grimpette jusqu'à la crête du volcan. Progressivement, en foulant un sol volcanique composé de pierres ponces qui crissent sous les pas, le panorama s'ouvre à nos yeux.



En contrebas, une longue coulée grise contraste avec le vert de la végétation. Il s'agit de magma pétrifié, le témoignage de la dernière grande éruption du Vésuve, celle de 1944. Une éruption de type effusive avec expulsion de lave s'épandant en torrents sur les flancs de la montagne ou plutôt entre les deux cônes volcaniques. On le constate sur cette vue et aussi sur les autres photos où apparaît la silhouette du Mont Vésuve, il y a bien deux volcans dominant le Golfe de Naples, le Vésuve donc, le plus haut avec ses 1281 mètres et également à ses côtés le Somma, 1149 mètres (seulement).



Paradoxalement, afin de reprendre son souffle lors de cette montée, chaque randonneur fait des pauses en tournant le regard vers des vues véritablement … à couper le souffle ! Le panorama est grandiose. Il s'étale du pied du volcan et embrasse toute la baie de Naples. La vue se perd au-delà de l'agglomération de 4 millions d'habitants (la seconde plus grande ville d'Italie) vers la Mer Tyrrhénienne. Au loin, parmi les brumes de chaleur on perçoit la silhouette des caps et des îles, Ischia …







Côté versant du volcan l'observation vaut aussi le coup d’œil avec des champs de blocs rocheux et de scories volcaniques. Certaines coulées tirent vers le rouge, d'autres sont nettement plus sombres, allant du gris au noir. Mais par endroits ces étendues de pierres et de cendres sont agrémentées de quelques plantes fleuries peu à peu la nature réapparaît surtout à la surface des coulées les plus anciennes et dans les interstices, entre les fissures des pierres laviques.



Avant d'atteindre le sentier qui chemine sur la crête du volcan, le parcours passe devant un premier abris, il fait office de local pour les guides accompagnateurs et sert aussi de buvette pour les randonneurs très assoiffés par la petite ascension...

Tous les regards sont maintenant attirés par la vue de l'impressionnant cratère : 300 mètres de profondeur et environ 400 mètres de diamètre. Tout au fond, un amas d'éboulis encombre la bouche du Vésuve. On ne peut que le constater, actuellement le volcan est bien en phase de repos, seules quelques fumerolles s'échappent des fissures d'une des parois de l'intérieur du cône.





Le Vésuve est en permanence sous haute surveillance, plusieurs capteurs sismiques et chimiques sont disséminés sur les versants du cratères. Les volcanologues sont aux aguets, ils observent et analysent quotidiennement l'activité du monstre volcanique. Il y a bien, nous dit-on, des centaines de secousses telluriques enregistrées chaque année, mais aucune pouvant faire craindre une phase de réveil du Vésuve … enfin pour l'instant ! Selon les scientifiques, la phase de réveil débutera par un tremblement de terre et ensuite on devrait assister à l'éruption. Impossible de prévoir la date de la prochaine colère du Vésuve mais les spécialistes s'accordent pour affirmer qu'elle devrait être explosive … et donc dévastatrice ! L'histoire des éruptions antérieures et la structure géo-morphologique du Mont Vésuve montrent que deux catégories d'éruptions (effusive ou explosive) alternent généralement entre elles et la dernière en 1944 était … de type effusive ! De plus, cela fait donc 70 ans que le volcan est en phase de sommeil … une des plus longues périodes de son histoire sans aucune éruption !



Face à ces prévisions alarmistes, tout l'enjeu pour les volcanologues est de donner l'alerte suffisamment tôt. Les Autorités locales ont élaboré en cas d'éruption imminente un plan d'évacuation des populations locales. Une vingtaine de communes au pied du volcan se trouvent ainsi placées en zone rouge, celles à évacuer en priorité. Et cela concerne environ ... 600 000 personnes ! Ces habitants devront rapidement fuir en cas de danger potentiel. Mais par où s'éloigner ? Par la route ? On imagine les embouteillages d'autant que lors d'un exercice de simulation, la pagaille était telle qu'il y a même eu des accidents entre véhicules de secours ! Alors par la mer ? Il faudra compter avec le probable tsunami accompagnant le tremblement de terre et le retrait de la mer d'environ 400 mètres qu'il devrait provoquer, sans parler des vagues ! De plus, il faut imaginer l'angoisse des populations des communes jouxtant les zones classées rouges théoriquement non prioritaires, elles devraient tranquillement attendre le feu vert des autorités pour enfin quitter leur zone, difficile de croire que la consigne serait scrupuleusement respectée !



Ne pensons plus à l'éventuelle catastrophe et vivons pleinement l'instant présent en contemplant une fois encore lors de la descente cette vue époustouflante dont on bénéficie depuis le sommet du volcan.

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Le Vésuve n'engendre pas seulement quelques frayeurs potentielles aux habitants de la région. En effet, les versants du volcan sont fertiles et on y cultive, entre autre, la vigne. Sur la route du retour, au détour d'un virage, nous faisons une halte désaltérante. En guise d'apéritif et accompagné d'une tranche de pain aromatisé d'huile d'olive extra vierge et de tomates broyées nous dégustons un des produits régionaux, le fameux vin Lacryma christi. La légende raconte que le Christ aurait versé quelques larmes en découvrant les lieux … d'où le nom donné au vin local. D'ordinaire dans tout récit de voyage, l'enthousiasme de la découverte aidant, on vante à grand renforts de superlatifs les produits locaux. J'avoue n'avoir pas grand chose à commenter à propos du breuvage proposé si ce n'est qu'il me laisse le souvenir d'un vin rosso … bien léger ! Mais était-ce un des meilleurs crus de cette appellation ? Impossible donc d'avoir un avis général avec seulement une dégustation.

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Arrivé dans le centre de Naples, passons sans transition au dessert et celui-là m'a enchanté. Souvenir d'une pause … café, au Gambrinus.



LeGran Caffe Gambrinus est une adresse renommée, les napolitains s'y pressent en nombre, les touristes aussi ! Un décor stylé au charme rétro et surtout un plaisir pour les papilles. De l'expresso, serré comme il se doit, aux cafés plus élaborés … Et ce sera Un café Gambrinus pour moi, et Un ! La composition (café, cacao, mousse de lait, crème fouettée, sucre, biscuit) m'a séduit … la dégustation m'a comblé. Le Gran Caffe Gambrinus est non seulement un café avec terrasse mais c'est aussi une pâtisserie, l'occasion de déguster une des spécialités locales les sfogliatelle. Une gourmandise à la croûte croustillante à souhait et fourrée d'une crème à base de ricotta et parfumée à la cannelle … Il faut jouer des coudes pour gagner une place au comptoir (photo, où vous pouvez remarquer que j'ai entamé ma pâtisserie avant même de faire la photo, c'était si appétissant!). Un dernier détail à signaler, ce Gran Caffe est réputé mais les prix y sont abordables, par exemple au comptoir : 2 € le Caffe Gambrinus, 2,5 € la part de Sfogliatelle …mais pour une place en terrasse (s'il y en a) il faut ajouter, je crois, 4,5 €.



Ensuite ? Vient le moment d'un plaisante balade digestive entre l'immense et très élégante Place du Plébiscite puis le long des rues de la vielle ville. Ici, c'est Naples comme on l'imagine et comme on l'apprécie avec cette atmosphère inimitable : ruelles étroites enserrées entre de hauts immeubles, du linge aux fenêtres, des enseignes, des panneaux d'interdiction dont on se joue et cette vie grouillante, entre passants s'exclamant haut et fort et les inévitables scooters, fumants et pétaradants …



Voilà que j'en ai déjà oublié, comme la plupart des napolitains, la menace qui pèse ici avec la proximité du dangereux Volcan. Pourtant, la silhouette du Vésuve doublé de celle du Somma trône toujours au dessus de la baie … mais par bonheur, le massif volcanique reste profondément assoupi, espérons que c'est pour bien longtemps encore.

Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/

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