Salut !
Rapide présentation : j'ai fais plus de 2000 kms de randonnée pédestre en
France, essentiellement en solitaire, quand j'étais plus jeune (dans les années 90 surtout, maintenant j'ai 44 ans et j'ai arrêté). Donc je connais.
Ton idée me paraît excellente mais à bien préparer, parce que ça risque de tourner en cauchemar sans précautions. Ton but est manifestement spirituel, donc il faut bien avoir conscience que les éventuelles douleurs et souffrances vont t'empêcher d'avoir l'esprit tourné vers le plus bel aspect de cette marche, ce que tu recherche. Donc voir tous moyens de les éviter, et y aller très très progressivement. C'est une contrainte importante que tu vas imposer à ton corps, qui n'en a pas l'habitude, alors il faudra que tu prenne l'habitude de l'écouter sous peine de le payer rapidement...
Les conseils plus haut me paraissent très bien. Ce qui me vient à l'esprit en premier, adapté à ton cas :
Tu devrais faire "un galop d'essai" de 2 jours une semaine avant de partir. Pour voir si c'est OK, équipement, chaussures, forme physique... Investis pour les chaussures, et sac le plus léger possible. Au tout début, après une demi-journée de marche voire moins, tu te déchausses et tu regardes où ça frotte sur les pieds. Moi je mettais des pansements en prévention des ampoules, si elles arrivent, une aiguille et un fil, on laisse le fil dedans pour que le liquide s'écoule doucement.
Il ne faut surtout pas présager de ses forces et augmenter tout doucement le nombre de kms par jour. Au début de mes grandes randonnées je faisais bien attention de ne pas dépasser 20 bornes pa jour même si je me sentais bien. Au bout de 3 jours, le corps habitué, je pouvais augmenter graduellement et je faisais plutôt ensuite des étapes de 30 kms environ. Mesure ton rythme : quand tu t'apercevra que tu marche plus vite ça veut dire que tu es fatigué et qu'il faut faire attention parce que tes genoux risquent d'en prendre un coup (et là c'est la fin du voyage et peut-être des séquelles si tu forces).
Pour la lecture, plutôt un recueil de poèmes. C'est ce qu'il y a de plus adapté, et aussi des textes de chansons.
Le changement en soi, je le ressentais pas avant 3 ou 4 jours. Enfin libéré, la tête débarrassée des miasmes de ma vie. Etre enfin soi. Un être "tout yeux tout oreilles", difficile à expliquer.
Pour le coup de la tente, je suis pas trop sûr. Après ma première randonnée qui a tournée en cauchemar (j'avais seize ans, un sac de 20 kgs alors que j'étais épais comme une aiguille, des pataugas...), j'ai définitivement abandonné les nuits en plein air. Je couchais plutôt ensuite en chambre d'hôtes, gîtes d'étapes, petits hôtels, ce qui me permettait de rencontrer du monde (seul toute la journée c'est déjà pas mal) et de me libérer de la bouffe (le lyophilisé on s'en lasse vite sans compter qu'on a TRES faim). On n'est pas tous pareil, peut-être que toi tu peux le faire mais il me semble que la barre est assez haute, sur deux mois. Ah oui et puis le froid la nuit c'est dès que tu grimpes, tu as la rosée aussi...
Dans "Chemin faisant" de Jacques Lacarrière, j'ai retrouvé absolument toutes les sensations vécues en randonnée. Une bonne idée de lecture. Tiens, traverse un jour une gare abandonnée avec les rails envahis par les herbes... sensation garantie.
Donc voilà, sinon l'itinéraire me paraît bien. J'ai un grand souvenir de mon arrivée au Puy, terme d'une longue rando débutée à
Brive-la-Gaillarde. J'étais passé par les rives du Lot, puis l'Aubrac, un paysage dur, lunaire, où on s'en prend plein les mirettes.... Je crois que le
Vercors n'est pas mal non plus mais je ne connais pas.